« C’était pas ça »

« Piqué » sur le compte twitter de Page #5F (05/06/21)

Pour aller plus loin, « read it (again) » : « souviens-toi, c’est de l’eau » et « comment, pour danah boyd, l’éducation aux médias ainsi (mal faite) peut être dangereuse et contre-productive ».

Foireux liens d’Avril (43) : projet de loi « principes républicains », « sécurité globale », « laïcité », « fin de vie », « inceste », « vaccination », « affaire Sarah Halimi »…

Les « Foireux liens » d’Avril : une actu sous le signe du respect, de la sécurité et de la liberté ! Vraiment ?

Chers amis, voici notre nouvelle édition de vos « foireux liens » tant attendus, depuis décembre 2020 : au menu, le projet de loi « confortant le respect des principes de la République » tel qu’il ressort des travaux et du vote du Sénat ; laïcité, la loi « sécurité globale », qui vient d’être votée ; « fin de vie », l’affaire Sarah Halimi, l’inceste, la vaccination et les vaccins et bien d’autres sujets ! A lire, non pas « cul sec », mais avec attention !

1)Le Sénat durcit le projet de loi confortant le respect des principes de la République

Les sénateurs ont modifié, lundi 12 avril, le projet de loi confortant le respect des principes de la République, en adoptant 139 amendements. Certaines évolutions à la portée symbolique très forte ou en lien avec l’actualité pourraient se heurter à un obstacle constitutionnel selon le gouvernement. Députés et sénateurs devront maintenant s’accorder en commission mixte paritaire.

Analyse de juristes ici. Pour en savoir plus sur le projet de loi, en l’état actuel, c’est .

Le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) analyse les amendements retenus par le Sénat et alerte sur l’arsenal excessif prévu dans ce projet de loi. Le dispositif actuel aboutit à une « laïcité de surveillance » dont tous les cultes feront les frais.

(Ré)écouter :

a)le podcast de l’émission L’invité de la FPF du 24 mars, dans laquelle Nicolas Cadène s’exprime sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République, dans ses apports comme ses limites, rejoignant ainsi certaines craintes soulevées dans le plaidoyer de la FPF.

b)la conférence Protestantisme & laïcité – hier, aujourd’hui, demain, organisée par le Pôle FPF – Île de France le 15 avril de 10h à 12h.  Autour de la table, Nicolas Cadène, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité et François Clavairoly, Président de la Fédération protestante de France, s’exprimeront sur la question de la laïcité et de son rapport aux religions. Ils reviendront également sur la proposition de loi renforçant le respect des principes de la République.  Ecouter la conférence (disponible en stream jusqu’au 29 avril 2021) sur https://www.twitch.tv/fpidf

Voir aussi sur le site de la Fédération Protestante de France (FPF).

A lire aussi le Texte commun de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France et de la Métropole orthodoxe de France (Patriarcat œcuménique).

Et à ne surtout pas manquer : l’historien Jean Baubérot a rencontré Marlène Schiappa lundi dernier, veille du lancement des Etats généraux de la laïcité. Malheureusement pour elle, l’historien a lu le petit livre [« Laïcité, point ! »]que la ministre déléguée avait consacré au sujet en 2018 et lui inflige une sérieuse correction de copie.

2)Le Parlement a définitivement adopté le 15/04/21 la proposition de loi sur la « sécurité globale », renommée « proposition de loi pour une sécurité globale préservant les libertés », dans les termes issus de la Commission mixte paritaire (CMP).
Le texte avait été déposé le 20 octobre 2020 par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot et plusieurs de leurs collègues. Il avait été adopté en première lecture avec modifications par l’Assemblée nationale le 24 novembre 2020, puis par le Sénat le 18 mars 2021. Le Sénat avait adopté le 7 avril 2021 le texte de compromis trouvé en commission mixte paritaire (CMP) le 29 mars.
Le gouvernement a engagé la procédure accélérée le 26 octobre 2020. La proposition de loi porte sur les outils de surveillance (caméras piétons, drones…) et la protection des forces de l’ordre (nouveau délit de provocation à l’identification d’un policier, pénalisation de l’achat de mortiers d’artifice…). Elle renforce, par ailleurs, les polices municipales et encadre les sociétés de sécurité privées.

L’Assemblée nationale s’est prononcée en seconde lecture par 75 voix contre 33 en faveur de ce texte très critiqué par les syndicats de journalistes et plusieurs ONG comme Amnesty International, qui estime qu’« entre les mains d’un gouvernement autoritaire, une telle loi deviendrait une dangereuse arme de surveillance et de répression de la population ».

3) Affaire Sarah Halimi : « …il y a 14 ans, un crime commis par un fou avait provoqué une telle émotion qu’on en avait fait une loi à des fins électorales… »

Kobili Traoré ne sera finalement pas jugé pour le meurtre de Sarah Halimi. La Cour de cassation a mis fin à quatre ans d’un vif débat médico-légal en rejetant, mercredi 14 avril, le pourvoi formulé par la famille de cette femme, une retraitée parisienne de confession juive âgée de 65 ans, tuée à son domicile parisien en avril 2017, qui contestait l’irresponsabilité pénale de son meurtrier prononcée, en décembre 2019, par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Une partie de l’opinion ne comprend pas cette décision et se demande si la grosse consommation volontaire de cannabis du meurtrier n’est pas justement à l’origine du meurtre.

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron. se la pose lui aussi, dans une interview au « Figaro » publiée dimanche 18/04 [«Prendre des stupéfiants et devenir comme fou ne devrait pas supprimer la responsabilité pénale»], demandant de changer « au plus vite » la loi sur l’irresponsabilité pénale après l’émotion suscitée par l’affaire Halimi.

Commentaire de l’avocat blogueur « Maître Eolas » sur twitter : « Ce qui est bien en France c’est que quelqu’un qui tombe dans le coma pendant 14 ans peut se réveiller et il n’est pas trop déboussolé. Car oui, il y a 14 ans, un crime commis par un fou avait provoqué une telle émotion qu’on en avait fait une loi à des fins électorales. C’était le début de la règle un fait divers = une loi. 13 ans après son vote, je vous laisse juger de l’efficacité de la loi du 25 février 2008 ». En effet, souvenez-vous

Invité lundi matin 19/04 sur Europe 1, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, s’exprime sur l’affaire Sarah Halimi : « La drogue ça ne peut pas être un permis de tuer, il faut changer la loi parce que la loi ne convient pas ». Sauf que « La drogue n’est pas et n’a jamais été une cause d’exonération de la responsabilité pénale, et Gabriel Attal, qui n’est pas un imbécile, le sait très bien quand il prononce ces paroles. C’est de la démagogie dans sa forme la plus pure », accuse Maître Eolas, sur twitter, 19/04.

Voir aussi, à ce sujet : « Drogue et alcool, discernement et responsabilité pénale », un article mis en ligne sur le blogue « Paroles de juges » de Michel Huyette en mai 2019, complété en janvier 2020, avant d’être remis à jour le 19/04/21. Et encore : « l’un des experts psy de l’affaire Sarah Halimi s’explique… » [à lire attentivement]

4) 12 raisons de dire non à l’euthanasie  et oui aux soins palliatifs.

Plus de 3 000 amendements avaient été déposés sur le texte pour « une fin de vie libre et choisie », du député Olivier Falorni (Libertés et territoires). En conséquence de quoi, les députés n’ont pas pu adopter dans les temps impartis le texte dans la soirée du 8 avril. Le texte, dont on voit mal l’urgence, alors que la France a dépassé jeudi 15/04 la barre des 100.000 morts du Covid, prévoit d’introduire un droit à une « aide médicalisée active » pour les patients atteints d’une maladie incurable, en phase avancée ou terminale. Seul l’article 1 a pu être voté, par une large majorité (240 voix pour, 48 contre). Invité de Parlement hebdo, sur Public Sénat et LCP-Assemblée nationale, Olivier Falorni souligne que le parcours du texte « n’est pas inachevé ». « Ce texte est suspendu momentanément. Il peut poursuivre son parcours », a-t-il affirmé, avant d’en « appeler au gouvernement et à la majorité » pour reprendre le flambeau, et l’inscrire à l’agenda. Le député de Charente-Maritime note qu’une « très large majorité s’est exprimée, transpartisane » et donc que le texte est « largement soutenu ».

En parallèle, voici 12 raisons de dire non à l’euthanasie (et oui aux soins palliatifs), établi par un collectif de plus de 175 associations de bénévoles en soins palliatifs. Ce collectif représente plusieurs milliers de bénévoles engagés quotidiennement dans l’accompagnement de patients en fin de vie. Leur respect pour la complexité de toute vie et de toute fin de vie, leur culture de la simple écoute voire du silence ne les conduit pas, ordinairement, à prendre la parole publiquement. Leur voix doit pourtant être entendue.

5) L’inceste : entendre, comprendre, dire

L’inceste a fait irruption dans le débat public il y a plus de trente ans, mais rien n’a été mis en place pour en finir avec ce fléau.

Voici un dossier réalisé en partenariat Basta/Politis à consulter ici.

Pour traiter de la vague #MeTooInceste et des violences sexuelles, la journaliste Nolwenn Weiler s’est entretenue avec l’anthropologue Dorothée Dussy. Un entretien publié en ligne sur basta!
Un thème de société qui est l’événement en Une du Portail des médias libres, une revue de presse des médias indépendants.

Voir aussi Violences sexuelles, la fin du silence ? Le livre de Camille Kouchner a brisé le silence qui entoure souvent les crimes d’inceste. Dans les familles, mais aussi dans le monde de l’art, de l’éducation, du spectacle, du sport… de plus en plus d’affaires de violences sexuelles éclatent au grand jour. Qu’en est-il de la prévention ? Que fait la justice ?

6) « Islamophobie » à Sciences Po Grenoble : de quoi s’agit-il ?

Le journaliste catholique Patrice de Plunkett se propose de revenir sur « l’affaire de Sciences Po Grenoble » dans un édito sur RCF… « De quoi s’agit-il ? Deux professeurs, discutant (avec d’autres) de l’intitulé d’un colloque universitaire sur les dangers idéologiques d’aujourd’hui, ont estimé que la notion d’ISLAMOPHOBIE n’était pas claire, et qu’on ne pouvait pas la mettre sur le même plan que l’ANTISÉMITISME – dont le sens, lui, est connu et indiscutable. Aussitôt la discussion a fait l’objet de fuites ! Des affiches étudiantes collées à l’entrée des bâtiments ont accusé les deux professeurs d’être (je cite) des “fascistes islamophobes”. Ces affiches, attaquant deux professeurs par leur nom, ont fait scandale et alerté les médias … La petite affaire est devenue un gros tapage.  Ainsi voilà un trouble à l’ordre public, fabriqué à partir d’une querelle de mots sur l’intitulé d’un colloque universitaire. Mais depuis le drame de Samuel Paty, on sait ce qui peut arriver quand on lance certaines rumeurs.On attend donc des pouvoirs publics qu’ils calment le jeu : or on les sent hésitants, pour deux raisons, expliquées par le journaliste Patrice de Plunkett dans une note de blogue.

A lire aussi l’édito de Guillaume Goubert, pour La Croix : Pour que « L’université (reste le) lieu du débat »

7) Vaccination obligatoire nécessaire dans une société démocratique

La Cour européenne des droits de l’homme, chargée de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l’homme, a estimé jeudi 08 avril que la vaccination obligatoire telle qu’elle est appliquée pour les enfants dans certains pays était « nécessaire dans une société démocratique ». Elle avait été saisie en République tchèque, où neuf vaccins sont obligatoires, par des enfants refusés à l’école maternelle car ils n’étaient pas vaccinés, ainsi que par un parent condamné à une amende pour ne pas avoir fait vacciner ses enfants.

« Cet arrêt vient conforter la possibilité d’une obligation vaccinale sous conditions dans l’actuelle épidémie de Covid-19 », a commenté Nicolas Hervieu, juriste spécialiste de la CEDH. Le juriste, qui enseigne à Sciences Po Paris, souligne «la marge d’appréciation laissée par la cour aux États dans leur politique de vaccination». Nicolas Hervieu relève également que la décision de la CEDH fait «le constat d’un consensus général sur les effets bénéfiques de la vaccination qui ne sont pas remis en cause par les effets secondaires inévitables, dès lors qu’il y a un contrôle scientifique strict». Et la cour, poursuit-il, endosse «le principe de solidarité sociale qui peut justifier que l’on impose la vaccination à tous, même ceux qui se sentent moins menacés par la maladie, dès lors qu’il s’agit de protéger les personnes les plus vulnérables»

8) »En toute bonne conscience » : Faut-il se faire vacciner malgré les essais sur des cellules issues d’avortement ?

Le Vatican a tranché. Le 21 décembre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – le bureau de surveillance du Vatican pour l’orthodoxie doctrinale – a estimé « moralement acceptable » pour les catholiques de recevoir les vaccins anti-Covid-19, bien que certains d’entre eux soient issus de recherches sur des cellules venant d’embryons avortés. Même les catholiques traditionalistes qui suivent l’enseignement de Mgr Lefèbvre, que l’on ne peut certainement pas taxer de complaisance avec l’avortement, se rangent à cette décision et recommandent la vaccination quel que soit le type de vaccin. 

Des protestants se montrent, eux aussi, favorables au vaccin. Tout en appelant à informer le grand public des différentes étapes de sa conception, faisant appel ou non à des cellules issues d’embryons avortés.

Voir aussi cet article du Dr Cambrelin [médecin généraliste et Vice-Président du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine – CPDH] qui engage une réflexion sur le « degré de responsabilité éthique » et le choix du « moindre mal », lorsqu’il le faut. Le lecteur trouvera également, en fin d’article, un tableau de classement des vaccins contre la Covid-19.  Enfin l’article résume la position actuelle du CPDH : « En l’absence de possibilité de choisir, nous recommandons aux personnes les plus fragiles de se faire vacciner, quel que soit le vaccin : cela ne constitue en rien une approbation des Interruptions Volontaires de Grossesse et ne va pas encourager ces dernières. Les vies à sauver grâce à la vaccination doivent être une considération première. Il serait toutefois souhaitable que les citoyens puissent avoir le choix du vaccin, et de la sorte se positionner sur une éthique qui n’encouragera pas les recherches scientifiques utilisant les lignées cellulaires d’origine fœtale. ».

9) Qu’y a-t-il dans le rapport de l’OMS sur l’origine de la pandémie?

Le rapport sur l’origine de la pandémie Covid-19 a été rendu public mardi 30 mars 2021 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui pilotait une mission internationale conjointe avec la Chine. Après plusieurs mois de travail, le constat reste décevant: aucune certitude n’a pu être établie concernant l’émergence de Sars-CoV-2. Le scénario le plus probable demeure celui d’une transmission du virus de l’animal à l’homme via un hôte intermédiaire, qui reste à identifier. L’OMS estime que «toutes les hypothèses restent sur la table». Analyse sur Heidi News.

10) Covid, climat, complot : matières à réflexion pour ceux qui cherchent des « infos complémentaires »

InfoChrétienne.com a publié du 16 au 19 mars 2021 une excellente série de 4 articles de Jean-François Mouhot, directeur d’A Rocha France. Cette série est consacrée à l’épidémie de complots en lien avec le Covid. Jean-François Mouhot y explore les liens entre ces « fake news » et le déni du changement climatique. Il montre également que ce sont souvent les mêmes personnes qui (a) diffusent des fausses informations mettant en doute la sévérité de la crise climatique ou la responsabilité de l’homme dans le rechauffement et (b) qui diffusent des intox concernant le Covid et les vaccins.

Retrouvez donc les différentes parties de l’article :

Covid, Climat, Complots: quelques pistes de réflexions… – Partie I

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions… – Partie II

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions… – Partie III

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions…- Partie IV

Sur la science du climat et le climato-scepticisme, la page « ressources » d’A Rocha France et la chaîne Youtube d’A Rocha France sont des bons points de départ pour nourrir sa réflexion.

11) Portrait d’Elisabeth Bik, chasseuse de fraudes des publications de Didier Raoult

Elisabeth Bik s’est fait un nom et une réputation sur Twitter. Elle y soulèves des énigmes depuis deux ans avec un seul fil conducteur: déceler les images frauduleuses dans les publications scientifiques. Du simple copié-collé à la manipulation caractérisée, les découvertes de la microbiologiste néerlandaise sont postées sous forme de rébus où elle invite sa communauté à deviner de quoi il s’agit. Son travail de fourmi a déjà permis de signaler 4000 publications sur le site spécialisé Pubpeer. En début de semaine, elle a publié sur Twitter une rafale d’images problématiques issues de publications scientifiques signées par le Pr Didier Raoult. Elle n’était pas à son coup d’essai puisqu’elle avait déjà questionné le travail du chercheur marseillais sur l’hydroxychloroquine en avril 2020. Didier Raoult l’a alors qualifiée de «chasseuse de sorcières» et, l’automne dernier, de «cinglée». Cela ne l’intimide pas du tout: elle continue son travail de vérification avec acharnement et surtout un certain plaisir. Heidi.news a pu échanger avec elle.

 «En fin de compte, si un scientifique est reconnu coupable d’une faute, ce n’est pas à cause des actions du lanceur d’alerte, mais à cause de ses propres actions.» (Elisabeth Bik)

12) Covid et lien social : l’ère de l’individualisme de masse

Chronique du journaliste-blogueur Patrice de Plunkett à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne. «  Les fêtes inciviques  se multiplient dans la rue en France : carnaval de six mille personnes à Marseille, manif dansante à Annecy, foule à Lorient… Le tout sans masques, sans distances sanitaires, et assorti de déclarations du genre : “Maintenant ces histoires de virus on s’en fout, ça ne nous concerne pas, on veut du fun et de la musique”, etc… » : ..Bien entendu les municipalités s’indignent : le maire UDI de Lorient dit que c’est « inadmissible », le maire socialiste de Marseille traite les fêtards d’ »irresponsables »… Qu’est-ce qui est “irresponsable” ? “Ce genre de comportements alors qu’on demande à nos concitoyens de respecter les gestes barrière”, expliquent les maires.  Bon. C’est irresponsable, en effet. Mais regardons pourquoi ces groupes ou ces foules tombent dans l’incivisme en ne respectant pas les gestes barrière… »

Voir aussi Covid-19 : pourquoi les médias continuent-ils à illustrer leurs sujets avec des images de foules en extérieur ? Depuis le début de la pandémie, les médias illustrent les risques liés au Covid par des photos de gens prenant le soleil sur la plage ou dans des parcs, alors que la plupart des contaminations se passent en lieux clos.

13) 34eme baromètre de confiance dans les médias ! La crise du Covid-19 réconcilie (un peu) les Français et les médias

Malgré son omniprésence et son caractère anxiogène, l’information sur la crise sanitaire a suscité un petit regain d’intérêt pour l’actualité. Les Français font preuve de lucidité dans les reproches adressés aux médias et dans l’utilité qu’ils leur confèrent. S’ils demeurent critiques envers le système d’information, ils se sentent plutôt bien informés par leurs médias de prédilection. Une enquête, à laquelle s’est associée la société Onepoint cette année, réalisée par Kantar Public pour La Croix entre le 7 et le 11 janvier, selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Voir aussi : Covid-19 : « Les journalistes ne sont pas là pour nous rassurer, mais pour nous informer » : Un an après le premier confinement, La Revue des médias revient avec Hélène Romeyer, professeure en science d l’information et de la communication (Université de Bougogne-Franche Comté], spécialiste de la médiatisation des questions de santé, sur le traitement médiatique hors norme de la crise liée à la Covid-19.

14) Stop au « journalistes-bashing »

Vous êtes leader spirituel ? Vous cassez du journaliste ? Ce n’est pas digne de Celui dont nous sommes ambassadeurs. Dans une société violente, ne cédons pas nous-mêmes à la surenchère. Frustrés, déçus, il y a parfois de quoi ! Ne jouons pas les victimes. Même si nous étions fondés à contester une déontologie, ne dérogeons pas à la nôtre : honorer Christ dans tous nos propos.

Mise au point d’Alain Stamp, nous invitant à tordre le cou à nos préjugés face à un article/reportage qui ne nous plaît pas, pour mieux comprendre certains des impératifs du journalisme. Et mieux respecter les hommes et les femmes qui composent cette profession, pour rester intègres.

15) Peut-on encore affirmer être un média — et toucher des aides à la presse — lorsqu’on ne rémunère pas sous le statut de journaliste? Interpellée par la rédaction de Science et Vie, la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot a ainsi missionné fin 2020 une enquête à ce sujet. Retardée à cause de l’hospitalisation de la ministre, touchée par le Covid-19, ses conclusions sont attendues fin juin 2021. Son rapport ayant été remis, il reste, selon Arrêts sur Images, «en cours d’analyse» par le ministère. Cette mission avait été accélérée par les appels à l’aide de la rédaction de Science & Vie, vampirisée par son propriétaire, Reworld. Depuis, la quasi-totalité des journalistes du magazine scientifique a claqué la porte.

La mission de réflexion sur les aides à la presse portera «sur les conditions d’accès aux aides à la presse et notamment celles relatives à la composition des rédactions» et livrera ses conclusions à «la mi-mars». Actuellement, «les titres de presse doivent» présenter un «apport éditorial significatif», mais «l’accès au régime économique de la presse (avec des aides à la clé: ndlr), via l’inscription sur les registres de la CPPAP, n’est assorti en tant que tel d’aucune condition quant à la présence de journalistes au sein des rédactions», explique le ministère de la Culture. Seules les rédactions des «services de presse en ligne d’information politique et générale doivent comporter au minimum un journaliste professionnel».

16) Les élus peuvent-ils bloquer l’accès ou restreindre la lecture de leurs comptes Twitter ?

A la suite d’une vague de cyberharcèlement, Marlène Schiappa a annoncé samedi 20/03 que son compte Twitter était passé en mode privé. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes ont déploré que le compte d’une ministre – jugé d’intérêt général – ne soit plus accessible au grand public. « Les comptes des membres du gouvernement doivent rester ouvert à toutes et tous », explique Guillaume Tatu, journaliste et élu local, qui a porté plainte en 2019 contre Richard Ferrand pour l’avoir bloqué sur Twitter.

La question s’était déjà posée aux Etats-Unis en 2018. Sept citoyens américains avaient déposé plainte contre le président Donald Trump, qui les avait bloqués sur le réseau social Twitter. La Cour fédérale avait alors considéré que le locataire de la Maison-Blanche n’était pas en mesure de les empêcher de le suivre, au nom de la liberté d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution américaine. « Le président présente le compte @realDonaldTrump comme un compte présidentiel par opposition à un compte personnel, et plus important encore, utilise le compte pour prendre des mesures qui ne peuvent être prises que par le président, en tant que président », avait alors déclaré la justice américaine.

De quoi créer une jurisprudence pour tous les élus et représentants de l’Etat qui utilisent les réseaux sociaux…analyse à lire ici.

17) Surprise pour Nicolas Sarkozy : les juges jugent en droit !

Les juges sont-ils en train d’empiéter sur le terrain politique au mépris de la séparation des pouvoirs ? C’est l’opinion du constitutionnaliste Bertrand Mathieu dans un entretien accordé à Actu-Juridique. Son collègue Dominique Rousseau lui répond : la condamnation de Nicolas Sarkozy n’est que l’application du principe de l’égalité de tous devant la loiC’est ainsi que Nicolas Sarkozy n’est pas victime des juges ; il est victime du principe d’égalité de tous devant la loi et devant la justice. Selon le code pénal, constitue un délit le fait pour une personne de solliciter d’une autre personne des informations privilégiées en échange d’une distinction ou de « toute autre décision favorable ».

18) Ecologie : La défense des mauvais biftecks

« Folie pour les uns, scandale pour les autres » : Tenons-nous en d’abord aux faits. La mairie écologiste de Lyon a reconduit une mesure prise par la majorité LREM précédente consistant à mettre en place dans les cantines scolaires un menu unique, sans viande mais avec œufs ou poisson, pendant le temps de la pandémie. Pourquoi un menu unique ? Pour fluidifier la file et limiter la transmission du virus dans la queue du self. Pourquoi sans viande ? Parce que cela permet de proposer un menu unique qui ne pose aucun problème rédhibitoire à quiconque.  En matière de végétarisme, le programme de la mairie n’est pas le menu unique vegan. C’est en toutes lettres dans le programme et le site de la ville : une alternative sans viande à chaque repas à l’horizon 2022.  Le tout avec une démarche de choix de produits locaux, 50% minimum des produits.  Qu’importe, on a vu Gérard Collomb, celui-là même qui avait pris la fameuse décision du menu unique, manifester juché sur un tracteur contre un délire idéologique s’attaquant à l’agriculture française. Et les médias locaux et nationaux d’emboîter le pas, omettant soigneusement de préciser l’initiateur réelle de la mesure, transformant le végétarien en vegan, le but sanitaire en « programme idéologique » et affirmant son caractère pérenne. Est-ce vrai, est-ce faux, aucune importance, l’important c’est de rappeler que « les écolos prennent des mesures idéologiques et délirantes ».

A lire, cette note de blogue de « Phylloscopus », chrétien naturaliste, qui s’interroge sur « les critères (à) remplir, pour qu’une décision écologiste ne soit pas qualifiée par principe de « délire idéologique imposé par une minorité ». De là, la triste leçon de cette histoire, c’est que peu importe la façon dont l’écologie est conduite ou déployée : si elle conduit à modifier, si peu que ce soit, notre horizon familier, elle fait scandale.

19) Emmanuel Faber évincé de son poste de PDG de Danone

Le conseil d’administration du groupe agroalimentaire Danone a annoncé (15/03) avoir « mis fin aux fonctions d’Emmanuel Faber comme président-directeur général ». Deux fonds d’investissement actionnaires du groupe français réclamaient son départ. Le président du fonds londonien Bluebell Capital, déclarait dans une interview au Monde fin février, qu’il fallait « laisser partir M. Faber », car « depuis sa prise de fonctions en tant que directeur général, en 2014, Danone délivre des résultats plus faibles que ceux de ses grands concurrents, Nestlé ou Unilever ». Le 1er mars, le conseil d’administration avait déjà voté la dissociation des fonctions de président et de directeur général, une mesure demandée par ce fonds. La décision prévoyait qu’un directeur général soit recruté. Dans une lettre du 3 mars, le fonds américain Artisan Partners souhaitait le départ d’Emmanuel Faber pour que le futur directeur général ait « la latitude nécessaire pour mettre en place une nouvelle orientation ».

Les fonds activistes, comme Bluebell Capital et Artisan Partners, sont des groupements d’investisseurs qui « cherchent à infléchir la stratégie des entreprises qu’ils jugent peu performantes en prenant une participation minoritaire à leur capital », explique dans le site The Conversation le professeur de finance Michel Albouy. Leur objectif est d’améliorer les résultats financiers et de faire ainsi remonter le cours de l’action de l’entreprise afin de réaliser une plus-value à la revente. Les fonds activistes ont tendance à cibler plus souvent les sociétés ayant un fort engagement en matière de responsabilité sociale des entreprises, c’est-à-dire celles qui intègrent ces préoccupations à leur activité en vue du bien commun, assurent dans une étude publiée en 2020 les professeurs en stratégie d’entreprise Rodolphe Durand, Mark DesJardine et Emilio Marti. Selon eux, ces fonds considèrent ces engagements sociaux et environnementaux comme « inutiles », car empêchant les actionnaires de maximiser leurs intérêts à court terme.

En savoir plus ici.

20) Le Mouvement de Lausanne

L’analyse mondiale de Lausanne cherche à fournir des informations stratégiques et crédibles et des connaissances issues d’un réseau international d’analystes évangéliques afin d’équiper les acteurs clés de la mission mondiale.

21) Le voyage musical : « histoire dont vous êtes le héros »

Parce que le confinement ne doit pas couper nos enfants de Dieu, voici le voyage musical » : Une proposition de catéchisme pour adolescents sous la forme d’une « histoire dont vous êtes le héros »

Et le dernier pour la route :

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« Biblical literalists when Jésus condemns the rich and blesses the poor » (Paru sur twitter, le 31/03/21)

« Informer, c’est choisir » : Rendez-vous avec un média indépendant pour comprendre comment

Bien informer ou l’art des choix. Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« Informer, c’est choisir ! » Et « choisir, c’est faire un beau geste », dit-on dans le monde des médias et du journalisme.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Bref, vous en avez marre de l’info commentée ?

Marre des patchworks d’éditos et de billets d’humeur, où le ressenti prend le pas sur l’information…. ?

Marre du « bâtonnage de dépêches » [symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, qui consiste à réécrire une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge et, au besoin, en rhabillant les titres, de façon à orienter la lecture dans un sens contraire au contenu initial…] ?

Marre de médias ou de newsletters prétendant à la « réinformation », substituant sa propre propagande sous prétexte d’en chasser une autre (supposée), se voulant mordant mais confondant l’ironie avec la diatribe ? Autant d’ « invitations au voyage », où « le LSD du jour » dérive en mauvais trip…

Enfin, marre de sites qui « ne nous informent pas » mais qui « affirment » les choses, ou prétendent « confirmer ce que l’on sait (ou croit savoir) déjà ?

Moi aussi. Mais n’en restons pas là.

Ce mercredi soir 17/03, 18h45, est l’occasion de rencontrer l’équipe de Brief Me pour découvrir les coulisses de ce média indépendant que je teste actuellement et qui nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes.

Ainsi, comment la rédaction de Brief Me choisit-elle les sujets ? Qui sont ses journalistes ? Comment fonctionne un média indépendant ?….Toutes les questions pourront être posées à l’équipe qui sera réunie pour nous, en direct sur Facebook et Youtube, ce mercredi 17 mars à 18h45.

Vous n’avez pas encore essayé Brief Me ? C’est le moment de le faire gratuitement et sans engagement ici, pendant 45 jours, pour mieux se rendre compte de la qualité du service.

 

 

Eduquer à l’image, c’est éduquer au discours

« Le film, on en discute (…)en général, le cinéma demande une élaboration après coup, donc un retour au discours, ne serait-ce qu’une brève discussion avec ses amis… »
Affiche du film de Ken Loach, (2014)

Quel regard chrétien sur le cinéma ?

Pour Vincent Miéville, dans un article sur le sujet publié sur Point Théo, il y a un impératif théologique et missiologique de dialoguer avec la culture*, et en particulier le cinéma.

*En particulier à la pop culture, souligne Vincent Miéville, dont le cinéma et les séries sont un aspect essentiel. « C’est elle qui imprègne le quotidien des gens, qui reflète les préoccupations et les mentalités de l’époque. Si nous voulons être pertinents dans notre annonce de l’Évangile, nous devons apprendre à lire la culture populaire ».

Pour qu’un tel dialogue soit fécond, il conviendrait alors « d’accueillir le film tel qu’il se présente à nous et non à partir de nos présupposés théologiques ou éthiques, au risque de les projeter artificiellement sur le film ».

Ainsi, « voir un film, c’est d’abord vivre une expérience, dans laquelle on s’identifie à tel ou tel personnage, on est touché par une scène ou une histoire qui entre en résonance avec notre expérience ou nos préoccupations. Il faut ensuite prendre du recul et réfléchir sur cette expérience, analyser le film. Mais d’abord en privilégiant une approche esthétique. Il s’agira, ensuite seulement, d’aller au-delà de l’expérience et de l’analyse, mais en les prenant tout de même en compte pour rendre justice au film lui-même et à l’expérience qu’il procure. On pourra alors chercher à nouer un dialogue entre le film et notre expérience chrétienne et/ou nos convictions de foi. Cela implique, bien-sûr, d’assumer qu’une œuvre d’art puisse être un vecteur de révélation de Dieu, en vertu de la révélation générale et de la grâce commune, et cela indépendamment même des intentions de l’artiste ».

Néanmoins, « dialoguer avec » le cinéma, n’est-ce pas courir le risque de « dialoguer avec le menteur », sachant qu’il n’y a pas plus menteur que le cinéma ?

Voici quelques citations d’experts sur le cinéma : 

« Un acteur est un menteur autorisé, mais c’est un menteur ». Sacha Guitry.

« Le cinéma est un hymne au mensonge fondé sur la croyance que les êtres humains sont réductibles à une projection sur deux dimensions ». Bernard Arcand

« Le cinéma ne dit pas autrement les choses, il dit autre chose ». Eric Rohmer

Et le documentaire n’est pas non « la vraie vie », sous prétexte qu’il ne s’agirait pas de fiction : c’est une construction, une mise en scène du réel.

Pour Kafka, qui fréquentait les salles obscures tous les après-midi, le cinéma est « un jouet magnifique. Mais je ne le supporte pas, peut-être parce que je suis trop visuel. Je suis un de ces êtres chez qui prime la vue. Or le cinéma perturbe la vision. La rapidité des mouvements et la succession précipitée des images vous condamnent à une vision superficielle de façon continue. Ce n’est pas le regard qui saisit les images, ce sont elles qui saisissent le regard. Elles submergent la conscience. Le cinéma contraint l’œil à endosser un uniforme, alors que jusqu’ici il était nu (…)Les films sont des volets de fer ». Puis apprenant qu’une salle de cinéma, à Prague, dans le quartier ouvrier de Zizkov, s’appelle « Cinéma des Aveugles » (la salle, une ancienne grange sommairement aménagée, restait propriété d’une Association d’aide aux aveugles), Kakfa eut un éclat de rire : « Cinéma des Aveugles ! Tous les cinémas devraient s’appeler comme ça. Ces bandes tressautantes ont pour seul effet de nous brouiller le monde réel » (1)

Enfin, il compare Charlie Chaplin à « un prothésiste dentaire (qui) fabrique de fausses dents (…)des prothèses de l’imagination. Ce sont ses films. C’est en général cela, le cinéma »(2).

S’interroger sur « notre regard chrétien » sur le cinéma est effectivement fondamental, d’autant plus que notre société (du spectacle ?) souffre terriblement de ce mal moderne qu’est l’indifférence, ou « l’incapacité de distinguer les différences », comme le définit Erri de Luca. Ce « trouble de la perception (empêche) de distinguer la différence entre réalité et mise en scène. On assiste, inerte, à un acte de violence, à un malheur, car on croit assister gratis à une représentation où l’on est tenu d’agir en spectateur. On n’a jamais vu personne dans le public sauter sur scène pour empêcher Othello de tuer Desdémone. Celui qui se croit spectateur profite du spectacle.

L’indifférence est un dérangement opposé à celui de Don Quichotte qui s’immisçait dans les affaires et les malheurs des autres. Lui aussi distinguait mal la réalité, souffrant pourtant d’interventionnisme extrême. Il fait même irruption dans un théâtre de marionnettes, saccageant les pantins qu’il prend pour ses ennemis. Il confond spectacle et réalité, il ne se contente jamais d’être spectateur. En écoutant les nouvelles télévisées, il faudrait se rincer les yeux avec le collyre fébrile de Don Quichotte. Se sentir un peu moins spectateur, un peu moins membre d’une « audience », un peu plus membre d’une chevalerie errante, erronée et irritable. » (3)

Et un peu moins captivé par le spectaculaire [de « spectare », « regarder »], comme en Eden, où le voir du serpent a primé sur le croire de Dieu ?

Ceci dit, il convient de ne pas se contenter d’une simple « éducation à l’image » pour privilégier « une éducation au discours« , comme nous y invite le philosophe Dany-Robert Dufour(4).

« L’éducation aux médias, c’est en fait arriver à parler de ce qu’on a vu. Comment on a été affecté par l’image. Comment ça fonctionne. Transmettre la capacité de voir des images, de sortir du « J’aime bien » ou « J’aime pas ». Parler du travail de l’image pour dépasser le ponctuel, l’expression du ressenti. Alors que dans toute l’histoire, les images étaient parlées. Même les images pour illettrés comme l’iconographie des églises. Ces images, ces scènes, les gens en connaissaient le texte, l’histoire, les prières qui les accompagnaient. Au cinéma l’image est élaborée. Elle pose un problème à celui qui la voit. Et à la sortie, il faut avoir élucidé ce problème. Il y a un après. Le film, on en discute. Sauf dans le cinéma sans auteur, où tout est prévisible, où il n’y a que des effets spéciaux qui redoublent les fantasmes de puissance du spectateur. Mais en général le cinéma demande une élaboration après coup, donc un retour au discours, ne serait-ce qu’une brève discussion avec ses amis, discussion qui oblige à justifier son point de vue, donc à entrer dans le discours »(5).

 

 

Notes :

(1) Gustav Janouch, Conversations avec Kafka (1951), trad. Bernard Lortholary, Paris, Maurice Nadeau, 1978, cité par Hanns Zichler, Kafka va au cinéma, Paris, Cahiers du cinéma, 1996, p. 10-11.

(2) Gustav Janouch, Conversations avec Kafka, p 159.

(3) Voir notre article « ce trouble de la perception appelé indifférence ».

(4) Voir son parcours

(5) Voir cette rencontre avec Dany-Robert Dufour sur le blogue de Michel Gheude à propos de « Télévision : il faut des mots pour apaiser l’image ».  Voir aussi Dufour Dany-Robert, « Télévision, école et fonction symbolique »Le Télémaque, 2002/2 (n° 22), p. 35-50.

 

Foireux liens d’octobre (41) : burn out, épuisement ou maltraitance professionnelle

Les « Foireux liens » d’automne : une actualité placée sous le signe de la souffrance au travail, qui n’épargne pas même les pasteurs ! (Source image : public domain pictures)

Bonjour à tous ! Les « Foireux liens » tant attendus sont de retour !

Au menu : burn out, management, rapport au travail, 1980, complotisme, prophéties en tout genre et impostures, Histoire et historiens, « fraude des pauvres » et « fraude des riches », café du commerce on line, bioéthique, savoir et foi….En vous souhaitant de bonnes lectures attentives et édifiantes !

 

1) C’est la rentrée : petites règles pour vivre ensemble, après le confinement : ou comment, en tant qu’être humain, se montrer tout simplement intelligent et ne pas attendre les règles, les décisions des autorisations en matière sanitaire ?

2) « On risque d’avoir un appauvrissement culturel de la population française »

Les réformes en cours de l’Éducation nationale, la focalisation sur les « EdTech », les technologies éducatives, ajoutées à la mauvaise formation des enseignants et aux politiques d’austérité, risquent de considérablement dégrader l’école publique. Entretien avec Stéphane Bonnéry, professeur en sciences de l’éducation.

3) Par la Foi : Déclaration commune suite à l’adoption de la loi bioéthique

L’équipe du blogue « Par la Foi » rend public une déclaration commune le 11/08/20, alors que l’Assemblée nationale a adopté en deuxième lecture le 31/07, devant un hémicycle vide aux quatre cinquièmes, au terme de 37 heures de débats et de 1250 amendements, le projet de loi relatif à la bioéthique. Ce dernier élargit notamment la PMA aux couples de femmes et aux femmes seules et confère de nouveaux droits pour les enfants nés d’une PMA. Députés et sénateurs se sont opposés sur de nombreux articles du texte, en particulier sur la « PMA pour toutes » et sur la recherche sur les cellules souches. Il ne s’agit là que d’une étape, puisque le texte va revenir devant le Sénat, avant qu’une commission paritaire composée de représentants des deux chambres ne tente de trouver un accord qui, d’ores et déjà, s’annonce difficile au regard des dissensus entre députés et sénateurs. Cette étape n’en était pas moins d’importance puisqu’on sait que, dans l’hypothèse où tout compromis s’avérerait impossible, il reviendra à l’Assemblée nationale, lors d’une troisième lecture, de décider de la version finale du texte.

Suivre les étapes du processus législatif et comprendre le projet de loi ici.

Selon les déclarants de Par la Foi, le plus inquiétant dans ce projet de loi est « la possibilité de procéder à un avortement jusqu’au terme de la grossesse, « en cas de détresse psychosociale ». Derrière un terme en apparence propre et technique, « c’est un grand flou qui permet de faire rentrer n’importe quelle motivation ou démotivation afin de procéder à un infanticide, avec la bénédiction de la République française ». Les déclarants « (veulent) parler afin que les générations suivantes sachent que l’Église n’est pas restée silencieuse… »

4) Lettre à moi d’il y a 2 ans

« Cher moi d’il y a 2 ans, ce que je vais t’écrire là, je sais que tu ne peux pas l’entendre là où tu es. Pas simplement à cause du soi-disant continuum spatio-temporel — techniquement il me suffirait de rétro-dater ce post de 2 ans pour que tu puisses le lire. Non, tu ne peux pas entendre ce que je vais dire parce que tu es trop con. Alors tu l’apprendras à la dure ». Une « curieuse lettre (à lui) d’il y a deux ans »[par son « lui » du futur] d’un pasteur « théologeek » publiée sur son blogue. Le « théologeek » en souffrance nous propose également quelques points de repère sur le burn out : ce phénomène encore méconnu, et en partie tabou, peut être un « simple » épuisement professionnel, mais être aussi doublé de maltraitance et de perversion.

Sur le burn-out, voir aussi ce symptôme d’un processus en six temps

Par définition, ce syndrome se réfère au travail. Pour autant, ses symptômes – épuisement émotionnel, dépersonnalisation, perte de l’estime de soi – touchent un individu. Et de fait, le burn-out participe de dynamiques subjectives combinant des éléments individuels, relationnels et organisationnels. Une dynamique globale à laquelle on peut donner le nom de « terridéalité » – la terreur (Terry) et l’idéalisation (-idéal-) créant une pseudo-réalité (-ité) dont le chiffre et le totem et la réalité le tabou – et où l’on distingue six phases successives.

5)  Management : Comment décloisonner l’entreprise et mettre fin aux silos organisationnels (et géographiques) ?

Note : De tels conseils dans un certain contexte sont-ils applicables pour l’Eglise ? A moins qu’ils ne vous aident à évaluer votre propre organisation.

Voir aussi Le créosote, ce manager performant qui détruit votre entreprise

Dans un contexte d’étude des facteurs de déclin des entreprises (silence imposé aux employés, talents qui n’en sont pas), zoom sur « le manager créosote », celui qui tue tout autour de lui pour s’épanouir.

6) David Graeber (1961-2020), auteur de « Bullshit jobs » : anthropologue… et chercheur en gestion ?

L’Américain David Graeber, anthropologue à la London School of Economics, est mort le mercredi 2 septembre à l’âge de 59 ans. Il laisse derrière lui un héritage important, souvent original, parfois controversé. Néanmoins, au bilan, sa carrière aura « fait bouger » les lignes sur notre rapport au travail, ses pratiques et son utilité dans et pour l’organisation.

Les conclusions de Graeber entrent ainsi en résonance avec la crise sanitaire de la Covid-19 qui aura montré qu’il existait des « emplois indispensables » et des « secteurs essentiels ». La crise aura aussi montré que les travailleurs « en première ligne », si souvent invisibles en temps déconfinés, étaient indispensables à la société.

Voir « une étude scolastique » des « bullshit jobs » sur le blogue Phileo Sophia

7) 1980, «l’an zéro» du monde contemporain ?

A l’Université de Lausanne, les professeurs Jérôme Meizoz et Gilles Philippe dirigent un numéro de la revue «Etudes de lettres» consacré à « 1980, l’an zéro du monde contemporain ». Une décennie marquée par l’individualisme et le consumérisme, et le néolibéralisme : L’injonction des années 1980, c’est d’être «soi-même» par la consommation. La littérature du développement personnel a commencé ces années-là, elle porte cette injonction centrale: découvre ta singularité et deviens toi-même. Elle invite à se réaliser au niveau individuel, et non plus au sein d’un groupe. Cela s’illustre notamment par la commercialisation du baladeur: on s’isole pour écouter de la musique, alors que c’était jusque-là une activité collective.

8) La phrase du mois : « La fraude des pauvres, c’est une pauvre fraude. La fraude des riches, elle, nous coûte beaucoup d’argent ! » (Fabien Gay, sénateur de Seine-Saint-Denis)

Petit rappel : Fraude au RSA = 800 millions d’euros ; Fraude à l’impôt sur les sociétés = 27 milliards d’euros

9) Permettre à chacun de manger à sa faim : l’idée d’une « Sécurité sociale de l’alimentation »

Imaginez un budget de 150 euros dédiés à l’alimentation, alloué chaque mois à tout le monde. Imaginez ensuite que vous décidiez collectivement, en fonction de critères débattus, des types d’aliments qui pourront être achetés avec ce budget. Une sécurité sociale de l’alimentation pourrait fonctionner ainsi, et transformer le système alimentaire.

10) La crise sanitaire de Covid-19 a donné un nouveau souffle aux théories du complot.

La crise sanitaire de Covid-19 a donné un nouveau souffle aux théories du complot. Pour mieux comprendre ce phénomène, Heidi.news a envoyé un journaliste en immersion, au cœur de la complosphère.

Mais que se passe-t-il dans le cerveau des complotistes? Pour y voir plus clair, voici un échange avec Sebastian Dieguez, chercheur en neurosciences au Laboratoire de sciences cognitives et neurologiques de l’Université de Fribourg. Auteur de l’ouvrage «Total Bullshit: au coeur de la post-vérité» paru en 2018, ce dernier a beaucoup écrit sur les complotismes. Il est également connu pour ses activités de satiriste, notamment dans le magazine romand Vigousse.

Voir aussi :

Pourquoi le prof Raoult fait-il encore parler de lui ?

Dans « Oh my fake », le portrait du professeur Didier Raoult, qui alimente polémiques, rumeurs, et théories du complot depuis plusieurs mois. Ici, il ne s’agit pas de répondre à la question « C’est vrai ou c’est faux ? » mais à « Pourquoi on y a cru ? »

Voir aussi, sur Acrimed : « Chloroquine, une saga médiatique » ou comment le débat autour de l’utilisation de la chloroquine comme traitement de l’infection au Covid-19 a pris une place considérable dans les médias.

Pourquoi l’imposture intellectuelle de Michel Onfray est-elle si problématique ?

Une opinion de Jean-Sébastien Philippart, titulaire d’un DEA en philosophie et agrégé (UCLouvain), chercheur indépendant.

Quand Rick Joyner prophétise une période de guerre civile aux USA

Le 3 septembre 2019, Rick Joyner est apparu dans « The Jim Bakker Show », où il a exhorté les chrétiens conservateurs à commencer à former des milices en vue d’une guerre civile à venir. Depuis plus d’un an, Joyner prétend que Dieu lui aurait donné « une vision » dans laquelle il lui est apparu « inévitable » que l’Amérique subisse une seconde guerre civile. Dans le cadre de l’émission, M. Joyner a dit à M. Bakker qu’il croit que le catalyseur de ce conflit viendra lorsque [tenez-vous bien] le gouvernement mettra en oeuvre des politiques de contrôle des armes à feu et commencera à tenter de confisquer les armes [Un appel notamment dénoncé sur twitter par Robin Reeves, lui-même Protestant évangélique, comme étant « une négation de l’Évangile ». A noter que chaque semaine, 25 enfants trouvent la mort à cause des armes à feu, en moyenne, aux États-Unis, où elles circulent beaucoup plus librement qu’en Europe. C’est ce que révèle une étude publiée en ligne par l’Académie américaine de pédiatrie. Les résultats montrent que les tirs sont la 2e cause de mortalité pour les enfants, derrière les accidents de la route cf https://pediatrics.aappublications.org/content/early/2017/06/15/peds.2016-3486 et https://www.planetoscope.com/Criminalite/1416-meurtres-par-armes-a-feu-aux-etats-unis.html ]

Fin du monde et Code secret de la Bible : un rabbin désigne l’année 2021

Le Rabbi Matityahu Glazerson, bien connu en Israël, communique régulièrement ses recherches de codes secrets dans la Torah : il avait ainsi prévu (dit-on) l’élection de Donald Trump avant novembre 2016, et trouvé le coronavirus et son origine chinoise en début 2020, intriqué dans un texte du livre du Lévitique qui contient des règles précises de consommation de viandes animales. Pour lui, tout le problème vient des organes de certains animaux, qui ne doivent absolument pas être consommés. Aujourd’hui, il prédit une attaque inévitable de l’Iran sur Israël et une fin du monde pour 2021.

L’histoire à l’encan

Si on désignait comme historiens tous ceux qui se mêlent d’histoire, le métier serait très largement pratiqué. La revendication se double parfois d’agressivité contre les adversaires qui disent le contraire mais aussi contre les historiens professionnels. Certains veulent réécrire l’histoire parce qu’elle ne leur convient pas. Les sources, la méthode, les concepts ? Peu importe. Ils ne vont tout de même pas entreprendre des études. Ils savent. Ils trouvent même quelques étonnants renforts parmi des intellectuels (peu nombreux mais bruyants).

11) Stefan Zweig contre Calvin

Comment la légende noire de Calvin s’est-elle construite ?  Frank Lestringant fait le point dans cet excellent article : Stefan Zweig contre Calvin (1936).

12) Les médias profitent-ils des réseaux sociaux ?

Un grand coup de gueule de Zeboute sur son blogue, sur la pratique de certains médias, lesquels, dénonciateurs des réseaux sociaux en profitent mais sans assumer ! Et Zeboute de souligner que la tendance des articles publiés sur le net se résume à certains titres parfois racoleurs, pour les journaux les moins sérieux (…) On ne lit que les titres. Sans lire le contenu. Sans même cliquer sur le média. Ce qui ne lui ramène aucune audience. car le constat est là : 70% des utilisateurs d’internautes ne lisent que les titres. Ne lisent pas le contenu. Mais par contre, ces utilisateurs prennent malin plaisir à commenter. Sans savoir, sans ayant pris connaissance des faits. Sans avoir lu l’article en question.  De là des dérives monumentales que tous les acteurs essayent (ou pas ) de juguler. Le café du commerce on-line !

13) Les conseils d’une féministe radicale pour « les conservateurs chrétiens »

Etienne Omnès, contributeur au blogue « Par la Foi »,  découvre en ce moment la théologie féministe. Plus précisément, via Beyond God the Father de Mary Daly, écrit en 1973. Mary Daly est une féministe radicale qui a grandi dans le milieu catholique. En plein milieu de son chapitre 2, Mary Daly adresse plusieurs conseils à ses « sœurs » pour opérer leur propre libération intérieure. À sa grande surprise, Etienne estime ces conseils très pertinents pour sa propre situation, en tant qu’homme et chrétien.

14) Parquet financier : aucune pression

Dans un avis rendu public ces jours-ci, le Conseil supérieur de la magistrature (CSM), chargé de veiller à l’indépendance de l’autorité judiciaire, a estimé qu’aucune « pression » du pouvoir exécutif, « au sens d’“influence coercitive” », n’avait été exercée sur le parquet national financier (PNF) dans l’enquête sur les époux Fillon. L’ancienne procureure du PNF Éliane Houlette avait déclaré en juin avoir subi des « pressions » du parquet général, avant de préciser que ses propos avaient été mal interprétés.

15) Une « écriture excluante » qui « s’impose par la propagande » : 32 linguistes listent les défauts de l’écriture inclusive

« Outre ses défauts fonctionnels, l’écriture inclusive pose des problèmes à ceux qui ont des difficultés d’apprentissage et, en réalité, à tous les francophones soudain privés de règles et livrés à un arbitraire moral. » Bien que favorables à la féminisation de la langue, plusieurs linguistes estiment l’écriture inclusive profondément problématique.

Voir aussi : Stylo ou clavier ?

Ecrire à la main crée des connexions neuronales qui n’existent pas avec un clavier. De plus, ce dernier n’aide pas à traiter correctement les informations transcrites. L’écriture manuscrite demeure donc la plus stimulante pour votre cerveau. À vos plumes !

16) « A boire et à manger » dans le libéralisme théologique

Concrètement, qu’est-ce que le libéralisme théologique ? Peut-il y avoir des bonnes choses à prendre dans ce mode de pensée ? Telle est la question d’un internaute sur le site 1001 questions. Réponse du Répondant à découvrir.

17) Read it (again) : Newbigin sur la confiance adéquate du chrétien

Initialement paru sur le blogue Theologeek, ce billet a été publié dans la revue Hokhma, n°101, 2013.

Quelle peut être la confiance du chrétien face à sa foi? Est-ce qu’il y a une connaissance chrétienne ? Et si oui, quel est le statut de cette connaissance face à d’autres savoirs, en particulier scientifiques? Quel interactions entre foi, doute et certitude dans la vie chrétienne ? La réponse généralement admise, que beaucoup de théologiens modernes admettent et diffusent, est que le « savoir » est à réserver aux disciplines scientifiques (dans un sens large, historiographie comprise). La foi, du domaine du personnel, de l’intime, se situe sur un autre registre, qui n’est pas celui de la connaissance. L’ordre du savoir est objectif, valable pour tous; il est le même pour tout le monde. Le domaine du croire est subjectif, personnel, et remettre le croire de l’autre en question passe pour de l’intolérance.

Cette conception du savoir et du croire est aujourd’hui bien ébranlée, et est très difficilement défendable telle quelle. Un auteur qui propose une vision alternative très riche, de manière relativement simple et accessible, est l’œcuméniste, missionnaire, pasteur et théologien anglais, Lesslie Newbigin (1909–1998).

18) Sortie du N°117 d’Hokhma spécial « mouvements confessants »

Le n°117 de Hokhma est disponible, avec un dossier spécial consacré aux mouvements confessants au sein des Églises réformées, avec des contributions de chacun de ces mouvements – principalement en France (le mouvement des « Attestants »), en Suisse (le mouvement R3) et en Belgique (le mouvement Unio Reformata ). à ces trois principaux mouvements se sont ajoutés des groupes moins connus, comme la Fraternité de l’Ancre pour le cas de l’Alsace Lorraine. De plus, ce dossier est élargi et enrichi de perspectives internationales, nous donnant un éclairage particulier sur les Pays-Bas, le Royaume-Uni et les mouvements oecuméniques en Europe.

Plus de détails dans l’Editorial de Michaël de Lucas

Découvrez également au complet la préface du numéro par Pierre Berthoud.

19) 3 ans déjà pour Plumes chrétiennes

Le blog Plumes chrétiennes fête ses trois ans : l’occasion de faire un petit bilan annuel sous forme de rétrospective. L’occasion aussi de découvrir ce blogue d’écrivains et poètes plein de pep’s !

 

Et le dernier pour la route :

20) Un nouveau site à suivre : « Théologus », pour « penser la foi et évangéliser la pensée ».

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont suscité votre intérêt. Prochaine édition en décembre.

 

 

« Info-divertissement » ou « piège à clics » : des dangers de la « konbinisation » de l’information pour les jeunes (et les moins jeunes)

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

« Usiner » en quelques minutes des articles insolites sur le dernier sujet qui agite les réseaux sociaux, y glisser des références flatteuses aux annonceurs publicitaires, saupoudrer l’ensemble de vidéos amusantes qui feront le tour d’Internet : la recette a porté à des sommets l’audience des « pure players » d’ »info-divertissement » [ou « d’infotainement »] entièrement dépendants de la publicité : Melty, Konbini ou encore BuzzFeed. La presse traditionnelle porte sur ces jeunes concurrents un regard ambivalent fait de mépris pour un journalisme ouvertement bâclé et de fascination pour le nombre de visites qu’il génère.

Je pense à certains médias chrétiens évangéliques francophones, qui me paraissent  surfer » sur cette mode : du site agrégateur de contenus, dit d' »actus (pas vraiment) chrétiennes » – assurément polémique, avec un style « humour cool gras », cynique et vulgaire – au (plus sympathique mais peu convaincant) blogue « lifestyle de jeunes chrétiens » – revendiquant un langage « djeun » , sous couvert de « parler cash », où l’on retrouve les « mots magiques « (en franglais dans le texte) : « challenger », « fun », « la life » « power… »…….

Sophie Eustache et Jessica Trochet nous livrent leur enquête sur ces « pièges à clic » dans un article disponible en accès libre sur Le Monde diplomatique, tandis que Sami Joutet, rédacteur à Topo [média étudiant suisse de l’université de Genève] « braque le projecteur » sur le phénomène d’une information « konbinisée » visant les « millenials » ou les 15-30 ans.

Au cœur du problème, le fait que le modèle économique soit à la base de la création de contenu. Dans quels domaines et jusqu’à quel stade l’efficience économique peut-elle affecter la création de contenu ? Comment choisit-on les sujets et la manière dont on va les traiter dans cette rédaction d’un nouveau genre ?

Comment peut-on espérer être en capacité de questionner et repenser un monde toujours plus complexe lorsque l’information se simplifie et que le langage s’appauvrit ? Est-il judicieux de laisser à des publicitaires et à des algorithmes la tâche élémentaire d’informer et d’élever intellectuellement toute une génération ?

Sans oublier « l’envers du décor acidulé », derrière lequel se cache un univers de forçats, avec un système reposant sur des auto-entrepreneurs précaires, et rappellant celui des cueilleurs saisonniers payés au kilo….

 

A lire « De l’information au piège à clics », par Sophie Eustache & Jessica Trochet. Le Monde diplomatique, août 2017 et « Quels dangers d’une information « Konbinisée » pour les jeunes ? » Par Sami Joutet. Topo, 14 février 2020.

« Comment s’informer » de Sophie Eustache : un guide pour initier les ados à la fabrication de l’info

« Comment s’informer » : un guide pratique pour les ados (mais aussi pour les adultes) pour s’initier aux coulisses des médias et de l’info !

« De l’info partout et tout le temps… » : aujourd’hui, dans notre société hyper-connectée, l’information colonise tous nos espaces, aussi bien publics qu’intimes.

Mais l’enjeu n’est pas tant de s’informer que de transformer cette information en connaissances, c’est à dire de se l’approprier et de l’analyser, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, comment faire le tri dans cette myriade d’informations qui nous parvient tous les jours ? Quel crédit leur porter ? Et ce, d’autant plus qu’une information n’est pas un produit naturel, puisqu’elle est produite par des êtres humains qui vivent en société et portent un certain regard sur le monde. Elle doit donc toujours être manipulée avec précaution. La journaliste Sophie Eustache propose un guide pertinent d’éducation aux médias, très utile et très accessible, pour aider les adolescents, dès 13 ans, à « naviguer sur les flots tumultueux et diluviens de l’information » (op. Cit., p 15). Il sera aussi lu avec profit par les adultes.

Publié dans la collection POCQQ (Pourquoi s’interroger ? Où s’informer ? Comment agir ? Qui est concerné ? Quand débattre ?), laquelle traite des sujets d’actualité pour les adolescents, « avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion » [déjà parus : qui sont les transhumanistes ? Où va le climat ? Pourquoi les végans ? …], cet ouvrage, illustré par Élodie Perrotin, aborde certaines questions. Les inévitables : « qu’est-ce que s’informer aujourd’hui ? Comment circule l’information ? Comment travaillent les journalistes ? »

Mais aussi : « l’information est-elle (réellement) libre ? A qui appartiennent les médias ? », nous sensibilisant à l’enjeu de l’indépendance de la presse – indépendance par rapport à l’Etat, mais aussi l’audience, les partis politiques, les industriels, les annonceurs, la publicité. En France, 10 milliardaires (des télécoms, des BTP, des banques et de l’armement) possèdent la majorité des médias.

Enfin, « l’objectivité est-elle possible ? », nous questionne encore l’auteure, nous invitant à prendre du recul par rapport au « fact checking », pratique journalistique visant à vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques ou d’autres personnalités publiques. L’enjeu n’étant pas tant de savoir si les « factcheckers » font un bon travail ou pas, mais plutôt de comprendre qui en profite.

Le chapitre « Que pouvons-nous faire ? » nous pousse à l’engagement. Parce que l’information n’est pas une marchandise mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation, nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse indépendante (sans pub et financée avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble à des solutions pour libérer la presse.

Le « guide de l’apprenti journaliste » donne des conseils pour se forger un esprit critique et faire attention aux « fake news » ; un lexique nous permet de comprendre « les mots du journaliste » (qu’est-ce qu’un « angle », « bâtonner une dépêche », un « chemin de fer », un « marronnier » ?…), et pour aller plus loin, une bibliographie complète est à consulter sur le site de l’éditeur.

A mettre dans toutes les mains !

 

En bref :

Comment s’informer, de Sophie Eustache / Elodie Perrotin. Editions du Ricochet, 2019 (Collection POCQQ)

Les 30 premières pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

Bien (s’)informer : voir l’intention avant l’action (Josué 22)

Dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement. Mais, est-ce que c’est B.I.E.N. ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

Un cas d’école, illustré en Josué 22  – un épisode biblique qui aurait pu mal tourner – et parfaitement applicable de nos jours, en ce qu’il nous donne une démarche de sagesse et de discernement dans le traitement informationnel et médiatique.

Il paraît simple d’informer. En réalité, il importe de prendre conscience que « la fabrique de l’info » parcourt un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Ici, « le fait brut » particulièrement « frappant » est cet autel monumental élevé par les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé, installés de l’autre côté du Jourdain, à l’écart des autres tribus (v10)(1).

« Les fils d’Israël apprirent qu’on disait : « Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé ont bâti un autel face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël. » Dès que les fils d’Israël l’apprirent, ils assemblèrent toute la communauté des fils d’Israël à Silo afin de lancer contre eux une attaque », pour ce qui est considéré comme « une infidélité » et un acte d’idolâtrie (v11-12) : l’élévation d’un autel concurrent de celui de Silo.

Aujourd’hui, rien n’a changé : dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement.

Heureusement, dans notre passage, les fils d’Israël ont le meilleur réflexe d’aller voir directement à la source. Ils envoient « auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé, au pays du Galaad », une commission d’enquête composée de « Pinhas, fils du prêtre Eléazar, ainsi que dix responsables avec lui, un responsable par tribu pour toutes les tribus d’Israël, chacun d’eux étant chef de sa famille patriarcale, selon les milliers d’Israël. Ils vinrent auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé au pays du Galaad et leur parlèrent en ces termes : « Ainsi parle toute la communauté du SEIGNEUR : Qu’est-ce que cette infidélité que vous commettez envers le Dieu d’Israël, que vous vous écartiez aujourd’hui du SEIGNEUR en vous bâtissant un autel et que vous vous révoltiez aujourd’hui contre le SEIGNEUR ? » (v13-16)

Une démarche bien inspirée, puisque les envoyés ont ainsi pu apprendre directement de la part des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé la réalité de leur intention, soit que l’autel bâti n’en était pas un et que l’infidélité supposée n’en était pas une ! (Lire vv21-30) Une fois bien informés, « les fils d’Israël se tinrent pour satisfaits et ils bénirent Dieu, ils renoncèrent à lancer contre eux une attaque et à ravager le pays qu’habitaient les fils de Ruben et les fils de Gad » (v33)

Que pouvons-nous retenir de ce passage ?

Premièrement, qu’une information ou l’acte d’informer est ce qui me renseigne avec exactitude sur ce que j’ignore et qui répond aux questions « (de) qui, (de) quoi, quand, où, comment, pourquoi ». Ou plus précisément encore : qui me parle de quoi, avec quelle légitimité, dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ?

Il est en effet fondamental de discerner l’intention avant l’action pour ne pas commettre d’erreur d’interprétation, erreur pouvant coûter très cher et s’avérer irréparable.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet :

Ainsi, en Josué 22v11-12, 16-19, s’agit-il d’un fait ou d’une opinion ?  D’un fait raconté ou expliqué ? L’information, comme quoi « les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé (auraient) bâti un autel (concurrent) face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël » et commis une infidélité envers Dieu, est-elle communiquée « à chaud » ou avec un certain recul, au reste du peuple ?

Cette information, d’après la façon dont elle est premièrement communiquée, rend-elle compte de tous les aspects importants du sujet ou d’une partie seulement de la réalité qu’elle prétend décrire ?
Ceux qui sont ainsi « informés » en savent-ils assez pour se faire leur propre opinion et bien agir ?

Enfin, il reste à aborder la question de l’objectivité de celui qui (s’)informe : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge (dans le bon sens du terme) sans parti pris. Certes, vous me direz sans doute qu’il est difficile de l’être « à 100 % », surtout lorsque nous sommes concernés et impliqués émotionnellement par le fait, mais celui qui (s’) informe se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement), tout en prenant en compte la diversité des points de vue.

Comme nous venons de le lire en Josué 22, l’objectivité d’une information est possible, à condition : de prendre la peine de vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées ; de privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; de ne pas porter de jugement moral ; d’expliquer sa démarche d’information ; de préciser les limites et le cadre de l’enquête ; de permettre à celui que l’on informe de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit/entend.

Aller plus loin :

Comment aurai-je agi, à la place des Israélites, hier, dans la même situation ? Et aujourd’hui ?

Maintenant, à vous de jouer !

 

Note : 

(1) Pour comprendre la situation de ces tribus, lire Nombres 32.

 

 

Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.