Bien (s’)informer : voir l’intention avant l’action (Josué 22)

Dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement. Mais, est-ce que c’est B.I.E.N. ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

Un cas d’école, illustré en Josué 22  – un épisode biblique qui aurait pu mal tourner – et parfaitement applicable de nos jours, en ce qu’il nous donne une démarche de sagesse et de discernement dans le traitement informationnel et médiatique.

Il paraît simple d’informer. En réalité, il importe de prendre conscience que « la fabrique de l’info » parcourt un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Ici, « le fait brut » particulièrement « frappant » est cet autel monumental élevé par les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé, installés de l’autre côté du Jourdain, à l’écart des autres tribus (v10)(1).

« Les fils d’Israël apprirent qu’on disait : « Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé ont bâti un autel face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël. » Dès que les fils d’Israël l’apprirent, ils assemblèrent toute la communauté des fils d’Israël à Silo afin de lancer contre eux une attaque », pour ce qui est considéré comme « une infidélité » et un acte d’idolâtrie (v11-12) : l’élévation d’un autel concurrent de celui de Silo.

Aujourd’hui, rien n’a changé : dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement.

Heureusement, dans notre passage, les fils d’Israël ont le meilleur réflexe d’aller voir directement à la source. Ils envoient « auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé, au pays du Galaad », une commission d’enquête composée de « Pinhas, fils du prêtre Eléazar, ainsi que dix responsables avec lui, un responsable par tribu pour toutes les tribus d’Israël, chacun d’eux étant chef de sa famille patriarcale, selon les milliers d’Israël. Ils vinrent auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé au pays du Galaad et leur parlèrent en ces termes : « Ainsi parle toute la communauté du SEIGNEUR : Qu’est-ce que cette infidélité que vous commettez envers le Dieu d’Israël, que vous vous écartiez aujourd’hui du SEIGNEUR en vous bâtissant un autel et que vous vous révoltiez aujourd’hui contre le SEIGNEUR ? » (v13-16)

Une démarche bien inspirée, puisque les envoyés ont ainsi pu apprendre directement de la part des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé la réalité de leur intention, soit que l’autel bâti n’en était pas un et que l’infidélité supposée n’en était pas une ! (Lire vv21-30) Une fois bien informés, « les fils d’Israël se tinrent pour satisfaits et ils bénirent Dieu, ils renoncèrent à lancer contre eux une attaque et à ravager le pays qu’habitaient les fils de Ruben et les fils de Gad » (v33)

Que pouvons-nous retenir de ce passage ?

Premièrement, qu’une information ou l’acte d’informer est ce qui me renseigne avec exactitude sur ce que j’ignore et qui répond aux questions « (de) qui, (de) quoi, quand, où, comment, pourquoi ». Ou plus précisément encore : qui me parle de quoi, avec quelle légitimité, dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ?

Il est en effet fondamental de discerner l’intention avant l’action pour ne pas commettre d’erreur d’interprétation, erreur pouvant coûter très cher et s’avérer irréparable.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet :

Ainsi, en Josué 22v11-12, 16-19, s’agit-il d’un fait ou d’une opinion ?  D’un fait raconté ou expliqué ? L’information, comme quoi « les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé (auraient) bâti un autel (concurrent) face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël » et commis une infidélité envers Dieu, est-elle communiquée « à chaud » ou avec un certain recul, au reste du peuple ?

Cette information, d’après la façon dont elle est premièrement communiquée, rend-elle compte de tous les aspects importants du sujet ou d’une partie seulement de la réalité qu’elle prétend décrire ?
Ceux qui sont ainsi « informés » en savent-ils assez pour se faire leur propre opinion et bien agir ?

Enfin, il reste à aborder la question de l’objectivité de celui qui (s’)informe : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge (dans le bon sens du terme) sans parti pris. Certes, vous me direz sans doute qu’il est difficile de l’être « à 100 % », surtout lorsque nous sommes concernés et impliqués émotionnellement par le fait, mais celui qui (s’) informe se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement), tout en prenant en compte la diversité des points de vue.

Comme nous venons de le lire en Josué 22, l’objectivité d’une information est possible, à condition : de prendre la peine de vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées ; de privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; de ne pas porter de jugement moral ; d’expliquer sa démarche d’information ; de préciser les limites et le cadre de l’enquête ; de permettre à celui que l’on informe de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit/entend.

Aller plus loin :

Comment aurai-je agi, à la place des Israélites, hier, dans la même situation ? Et aujourd’hui ?

Maintenant, à vous de jouer !

 

Note : 

(1) Pour comprendre la situation de ces tribus, lire Nombres 32.

 

 

Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.

Comment, pour danah boyd, l’éducation aux médias ainsi (mal) faite peut être dangereuse et contre-productive

La plupart des gens croient que les gens qu’ils connaissent sont crédules face à de fausses informations, mais qu’ils sont eux-mêmes équipés pour séparer le blé de l’ivraie…

L’éducation aux médias, telle qu’elle est pratiquée actuellement, est-elle LA (bonne) solution pour lutter contre la désinformation ?

danah boyd [Prénom et Nom en minuscules], anthropologue et chercheuse chez Microsoft, fondatrice et présidente de Data & Society(1), est intervenue en mars 2018 lors de SWSX EDU à Austin (Texas), où elle y jouait un rôle « provocateur » et de « stimulant du débat ».

Dans sa présentation, elle a invité l’auditoire et les éducateurs en général à « remettre en questions leurs hypothèses sur l’éducation aux médias ». Elle a examiné « l’instabilité de notre écosystème médiatique » aujourd’hui en réseau pour ensuite aborder la question suivante : « vers quel type d’éducation aux médias devrions nous travailler ? »

Sans remettre en cause l’éducation aux médias et le travail des enseignants, qui font ce qu’ils peuvent dans ce domaine, boyd estime que dans le contexte actuel, et ainsi (mal) faite, celle-ci peut être dangereuse et contre-productive. La chercheuse souligne que « l’éducation aux médias est régulièrement proposée comme solution au problème des fausses nouvelles », alors que les enjeux sociaux et politiques sont bien plus vastes et complexes.

Toutefois, elle a admis « ne pas savoir » quel serait « le rôle des éducateurs dans le paysage médiatique contemporain » ou « quel genre d’éducation aux médias a du sens ». Elle a aussi reconnu que certaines de ses approches sont limitées.

Mais comme il lui paraît « injuste de mettre fin à un tel discours sans offrir une voie à suivre », elle nous fait « une supposition éclairée », tout en admettant que « c’est vraiment délicat parce que la plupart des gens aiment suivre leur instinct plus que leur esprit. Personne ne veut entendre qu’ils se font avoir ».

Parmi les pistes préconisées, elle estime « utile d’aider les gens à comprendre leur propre psychologie » en les sensibilisant aux biais cognitifs et à la façon dont ils sont sensibles aux informations (celles acceptées et celles rejetées) ; elle souligne combien il est « important d’aider les étudiants à vraiment apprécier les différences épistémologiques. En d’autres termes, pourquoi les gens de différentes visions du monde interprètent-ils différemment le même contenu ? (….) D’un point de vue éducatif, cela signifie renforcer la capacité d’entendre et d’embrasser véritablement le point de vue de quelqu’un d’autre et d’enseigner aux gens à comprendre le point de vue d’autrui tout en maintenant fermement leur point de vue ». (….)

L’objectif est donc « de comprendre les multiples façons de donner du sens au monde et de s’en servir pour interpréter les médias ». Mais la méthode préconisée a ses limites, de l’aveu de la chercheuse, puisqu’ « apprécier le point de vue de quelqu’un qui est profondément toxique(sic) n’est pas toujours psychologiquement stabilisant » ; et « ce n’est pas parce que vous savez que vous êtes manipulé que vous pouvez y résister ».

Bref, pour danah boyd, dans un paysage médiatique qui va devenir de plus en plus complexe, les éducateurs ont un rôle essentiel à jouer pour aider les individus et les sociétés à (y) naviguer. « Mais la voie à suivre ne consiste pas à croiser les informations ou à apprendre aux gens à évaluer les sources. (…) Nous vivons aujourd’hui dans un monde de réseaux. Nous devons comprendre comment ces réseaux sont entrelacés (….)Par-dessus tout, nous devons reconnaître que l’information peut être, est, et sera, transformée en arme de nouvelles manières ».

Et « tant que nous ne commencerons pas à comprendre (la) réponse (de certains jeunes) à notre société des médias, nous ne serons pas en mesure de produire des interventions responsables (…) Nous devons commencer à élaborer une réponse en réseau à ce paysage en réseau. Et cela commence par la compréhension des différentes façons de construire la connaissance. »

Le défi est de taille pour tous ceux qui ont ou auront une responsabilité éducative, parmi la jeunesse, au sein de la famille, l’école ou l’église, surtout quand les chrétiens ne sont pas toujours « les premiers dans les bonnes oeuvres » dans ce domaine ! Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Quelle est votre approche de l’éducation aux médias ?

Pour découvrir l’intégralité du discours de danah boyd, lire une traduction libre de Lucas Gruez, Doctorant en Sciences de l’information et de la communication,

 

Extraits de l’intervention de danah boyd :

« La désinformation est contextuelle. La plupart des gens croient que les gens qu’ils connaissent sont crédules face à de fausses informations, mais qu’ils sont eux-mêmes équipés pour séparer le blé de l’ivraie. Le sentiment général est que nous pouvons vérifier les faits et modérer notre façon de sortir de ce casse-tête. Cela échouera. N’oubliez pas que pour beaucoup de gens dans ce pays, l’éducation et les médias sont considérés comme l’ennemi – deux institutions qui essaient d’avoir du pouvoir sur la façon dont les gens pensent. Deux institutions qui tentent d’affirmer leur autorité sur l’épistémologie ». (p 5)

« La majorité des Américains ne font pas confiance aux médias. Il y a beaucoup d’explications à cela -perte des informations locales, stimuli financiers, difficulté à faire la distinction entre opinion et reportage, etc. Mais que signifie encourager les gens à critiquer les récits des médias alors qu’ils sont déjà prédisposés contre les médias d’information ? »

 « Cela ne veut pas dire que nous ne devrions pas essayer d’éduquer les gens. Ou que produire des penseurs critiques est intrinsèquement une mauvaise chose. Je ne veux pas d’un monde plein de moutons. Mais je ne veux pas non plus supposer naïvement ce que l’éducation aux médias pourrait faire en réponse à une guerre culturelle déjà en cours. Je veux que nous nous attaquions à la réalité… » (p 7)

 

 

Notes : 

(1) Pour en savoir plus sur cette chercheuse iconoclaste, voir aussi « danah boyd, anthropologue de la génération numérique », sur Le Monde (20/08/14) et « Rencontre avec danah boyd » sur Owni (30/08/10)

De vraies solutions aux fausses nouvelles : Comment reconnaître les Fake news ?

Comment repérer des fausses informations ? Voici une excellente infographie de l’ IFLA, La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (1), disponible en plusieurs langues. Voici sa version en français.

Une infographie de l’IFLA (Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques) pour apprendre à détecter les Fake news

Une contribution essentielle, car l’enjeu est de taille : Les libertés d’accès à l’information et à l’expression en ligne sont menacées. La diffusion d’informations délibérément trompeuses, ou « fausses nouvelles », risque de compromettre la confiance en l’Internet, alors que des attitudes restrictives de la part de certaines autorités et de certains services limitent les droits de l’homme fondamentaux.

Pour l’IFLA, aucune de ces situations n’est souhaitable. Lorsque les gens sont déconnectés de l’Internet, ils risquent de perdre l’accès à des informations et des idées qui renforcent le développement de nos vies et les enrichissent. 

Afin de répondre à ces risques, l’IFLA a développé une infographie sur la détection des fausses nouvelles ; il s’agit d’un outil simple mais efficace pour procurer une alternative, basée sur la conviction que l’éducation est la meilleure manière de donner confiance aux utilisateurs, et de rendre inexcusable la censure abusive de la part des gouvernements.

Cette infographie a rencontré beaucoup de succès. Elle a été traduite dans 37 langues, et a été reprise dans des lettres d’information, des kits éducatifs, et sur CNN International. Ce succès est aussi le résultat d’un processus de réflexion de professionnels de l’information qui ont utilisé les infographies de différentes manières, en les adaptant à leurs besoins locaux.

La suite sur le site de l’IFLA.

Voir aussi ce tutoriel canadien (Québec) également proposé par des bibliothécaires, pour apprendre à connaître et à appliquer les critères d’évaluation de la qualité des sources d’information.

Et maintenant, à vous de jouer !

 

Note :

(1)La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA) est la principale organisation représentant les intérêts des bibliothèques et des services d’information et de leurs usagers. Au niveau mondial elle est le porte-parole de la profession des bibliothèques et de l’information.

 

 

« Foireux liens » de janvier (25) : le sens des luttes

Les « Foireux liens » de janvier 2018 : pour mieux réfléchir au sens de nos luttes

Et (re)voici nos « Foireux liens », revue de presse bimestrielle. Pour cette édition de janvier 2018 : Sens du service, de Noël (même si c’est déjà passé) et Christianisme « identitaire » vs Christianisme « réel » ; jouets connectés, Johnny Hallyday, culture médiatique, esprit critique, jeunesse et génération Y, travail et chômage, uberisation, écriture inclusive…et bien d’autres sujets encore !

1) Le lavement des pieds : de la domination au service

Laver les pieds, c’est la « podothérapie » proposée par Jésus ! Une histoire de pieds pour une autre manière d’être en relation. Face au mal, aux idées de grandeur et de domination, Jésus exprime en gestes quelle est la liberté de servir et quelle est sa seigneurie.

2) Noël déserte les pubs ? Bon débarras !

Coup de tonnerre sur nos pauvres sociétés européennes : une certaine marque de bière très connue ne produira plus de « bière de Noël » mais de la « bière d’hiver ». Dans le même temps, ce même mot recule aux frontons des temples du commerce et des enseignes municipales. Exit Noël, la société laïque pare ses tables pour « les fêtes de fin d’année » ! Faut-il s’en inquiéter ? Avons-nous encore intérêt à combattre pour défendre le royaume du Christ sur des boîtes de chocolats ou les calendriers des postes ?

 Voir aussi : « qui veut imposer le Père Noël dans une église ? »

3) Gare aux jouets connectés à Noël !

La Cnil a adressé une mise en garde publique à un fabricant qui vend deux produits insuffisamment sécurisés. En outre, la façon dont les données personnelles sont collectées et traitées est très insatisfaisante au regard de la loi.

Voir aussi : Objets connectés : défis technologiques et enjeux sociétaux

Interview de Maryline Laurent, Professeur à Télécom SudParis et spécialiste des objets connectés.

4) Contrefaire l’opinion. Johnny et l’irréalité

La mort de Johnny Hallyday a déclenché une vague médiatique à la hauteur des événements les plus dramatiques (…) Comment ce déferlement unanimiste avait-il pu se développer contre la vérité et la raison ? Encore une fois, on se trompait d’objet en croyant que l’information enregistre simplement l’importance des événements et parle forcément des choses qu’elle désigne. Les médias étaient bien en peine de voir qu’ils fabriquaient eux-mêmes cette unanimité d’images et de papier. Était-ce encore de l’information que ces images et commentaires diffusés pendant une semaine, jusqu’à la tombe antillaise ?

5) Près de huit Français sur 10 croient à au moins une « théorie du complot », selon une étude. Une enquête de la Fondation Jean-Jaurès et de Conspiracy Watch, en lien avec l’Ifop et relayée par franceinfo, dévoile pour la première fois les croyances des Français en matière de « fake news ».

6) Peut-on enseigner l’esprit critique ?

Former l’esprit critique des élèves est devenu une priorité de l’école française, en réponse à la prolifération de thèses complotistes sur Internet. Mais comment faire ? Et de quoi parle-t-on au juste ? Analyse à lire dans le magazine Sciences Humaines.

7) Des médias envahissants : peut-on y faire quelque chose ? Les médias et les réseaux sociaux exercent aujourd’hui une grande influence sur la vie, le temps et l’attention des individus, menaçant parfois les relations dans la vie réelle. Peut-on y faire quelque chose ? Conseils de Pierre-André Lechot, un spécialiste en éducation aux médias, sur Christ seul. Voir son blog qui propose des pistes utiles pour questionner les écrans et leurs contenus.

8) Les nouvelles générations sont multi-tâches. Est-ce efficace ?
Dans les caractéristiques de nos jeunes milleniums, on leur attribue souvent la capacité à être multi-taches : Écrire un devoir tout en répondant à un tchat à sa copine. Et visionnant une vidéo youtube. Notre jeune génération est elle super héros ? Est-ce efficace ?

9) 3 moyens infaillibles de débarrasser l’église de ses jeunes

La plupart d’entre vous répondraient par un vibrant « Oui, évidemment ! » Pour quelle autre raison iriez-vous acheter toutes ces pizzas, proposer tous ces programmes et faire tout votre possible pour éduquer et prendre soin de vos ados ? Vous voulez les garder au sein de l’église. Mais lorsque l’on scrute les cœurs, un sentiment différent fait surface. C’est une chose que l’église n’admettra jamais à haute voix, tapie silencieusement et dangereusement sous la surface.

Voir aussi : « ne dites plus ne nous donnez plus de pizzas ; dites « je vous invite, c’est fait maison ». 

10) En débat : Je travaille, donc j’existe ?

De notre emploi dépendent nos revenus, notre projection dans l’avenir, notre reconnaissance, notre sentiment d’utilité. Est-ce bien raisonnable de tant faire peser sur lui ? Comment valoriser d’autres formes de contribution à la société ?

Voir aussi : Telle est leur quête : Jeunes au travail : à la recherche du sens perdu

En France, plus qu’ailleurs, on cherche à s’accomplir par le travail. Or tout semble joué dès 20 ans : il faut avoir réussi, mais aussi avoir choisi sa voie. D’où un stress record à l’école et la grande frustration de bien des salariés, qui se sentent « déviés » de leur vocation… et cherchent un sens à leur vie hors du travail. Un entretien éclairant avec la sociologue Cécile Van de Velde à découvrir dans la revue Projet.

« Le con trolle, le café chaud meurt ». Paru dans CQFD n°160 (décembre 2017), rubrique Chien méchant, illustré par Lasserpe

11) « Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »

Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. Bastamag les a rencontrés.

Voir aussi : Les chômeurs dans le viseur : Fainéant, dis merci à ton coach ! 

Ce jour-là, vous êtes une bonne vingtaine de demandeurs d’emploi convoqués par Popôle Saint-Charles, à Marseille, mais la liste de présence que la jeune conseillère fait tourner ne correspond pas au groupe rassemblé là. Alors elle vous demande d’ajouter vos noms, prénoms et identifiants à la main, à la suite de ceux d’une trentaine de glorieux absents, ce qui prend un certain temps (…) Armée d’un triste PowerPoint, elle finit par annoncer, sans trop d’enthousiasme, le lancement du fameux plan Activ’Emploi. Ce qui revient à reconnaître, pour elle et son collègue qui l’épaule sans trop savoir à quoi s’en tenir, leur obsolescence programmée en tant que conseillers. Car, en clair, Pôle emploi va sous-traiter votre accompagnement à une start-up du coaching, sans doute pour libérer ses agents des contingences du trivial contact humain…..

12) Que pensent les riches des pauvres ? 

« Je ne céderai rien aux fainéants, ni aux cyniques, ni aux extrêmes… »  Ces quelques mots, formulés en septembre dernier par le Président français à l’adresse des opposants à sa réforme du droit du travail, ont choqué l’opinion publique. Emmanuel Macron a expliqué que ses propos, contrairement à l’interprétation qui en avait été faite, ne visaient nullement les syndicalistes, ni les travailleurs. Soit. Toutefois, le président français n’en est pas à sa première phrase du genre. N’a-t-il pas dit qu’« une gare était un lieu où se croisaient des gens qui réussissent et des gens qui ne sont rien »… ? N’a-t-il pas qualifié « d’illettrés » des ouvriers d’une usine dont les portes menaçaient de fermer ? Ou encore de « chômeurs récidivistes » les personnes ayant connu plusieurs périodes de chômage ? Pertinent article à lire sur Christ Seul.

13) « Pourquoi sortons-nous de l’école avec des valeurs à l’exact opposé de celles qui nous ont motivés à y entrer ? »

Les écoles d’ingénieurs sont une spécificité de l’enseignement supérieur français. Couvrant les domaines de l’industrie, de la chimie, de l’agronomie ou encore de l’environnement, elles préparent leurs élèves à occuper des postes à responsabilités. Malgré leur statut généralement public, les multinationales y prennent une place de plus en plus importante, au nom du « rapprochement avec le monde de l’entreprise ». Témoignage de deux étudiant-e-s de l’une de ces écoles, AgroParisTech, championne des « sciences et industries du vivant et de l’environnement ».

14) Réforme de l’apprentissage : le pouvoir aux entreprises et non plus aux régions

Ou comment, en avril 2018, le gouvernement entend présenter un projet de loi de réforme de l’apprentissage qui transfère les compétences des régions vers les entreprises.

15)  « Si on ne fait rien, le Far West digital nous laminera »

Le mot « ubérisation » (du nom de la start-up américaine ubercab) est entré dans le vocabulaire depuis environ deux ans. Ce phénomène consiste en l’utilisation de services permettant aux professionnels et aux clients de se mettre en contact direct, de manière quasi instantanée, grâce à l’utilisation des nouvelles technologies. Or, « l’uberisation » de l’économie menace notre vieux modèle fondé sur le salariat. Piloter cette transition devient une urgence politique. Le point avec Bruno Teboul, vice-président du cabinet de conseil en innovation Keyrus et professeur à l’Ecole polytechnique et à l’université Paris-Dauphine.

16) Aux USA, l’écriture cursive fait son retour dans les salles de classe aux Etats-Unis

Après avoir préféré le clavier d’ordinateur au stylo, les USA font machine arrière. Selon des chercheurs, l’écriture cursive a une grande importance pour apprendre.

17) L’écriture inclusive à l’école : un combat erroné

Le 23 septembre dernier, l’éditeur scolaire Hatier a annoncé avoir édité un manuel de CE2 en écriture inclusive. Le 7 novembre dernier, 314 professeurs, à travers une tribune publiée sur le site Slate, ont indiqué ne plus vouloir enseigner la règle de grammaire résumée par la formule « le masculin l’emporte sur le féminin ». L’objectif des partisans de l’écriture inclusive est de combattre les préjugés sexistes et de lutter contre les inégalités hommes / femmes. Ils veulent mettre fin à la hiérarchisation des sexes. Mais la défense de l’écriture inclusive est-elle ce « bon combat » à mener, propre à faire l’égalité ? Analyse, « en aparté », par la journaliste Gaëlle Picut sur son blogue consacré à l’éducation et aux relations parents-enfants.

18) Le dossier dont tout le monde se moque (ou presque) : Rohingyas, un peuple sacrifié

Un million de Rohingyas vit en Birmanie. Musulmans sunnites originaires du Bangladesh, ils sont considérés comme des étrangers et apatrides. Victimes de multiples discriminations, un puissant mouvement de moines nationalistes ne cesse par ailleurs d’attiser la haine à leur encontre. Des milliers d’entre eux ont fui ces dernières années le pays par la mer pour rejoindre la Malaisie ou l’Indonésie. D’autres ont choisi le Bangladesh.

19) Index Mondial de Persécution des Chrétiens 2018 : 215 millions de chrétiens fortement persécutés dans le monde

Basé sur une étude de terrain, l’Index Mondial de Persécution des Chrétiens publié par Portes Ouvertes apporte une analyse objective de la situation vécue par 215 millions de chrétiens dans les pays où la persécution est forte à extrême. Le top 5 des « pires pays », extrait du rapport et tendances, sans oublier les 4 bonnes nouvelles de l’index 2018.

20) Grands projets inutiles ? L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes deux fois plus cher que moderniser celui de Nantes

« Réhabiliter Nantes-Atlantique coûterait deux fois moins cher que construire Notre-Dame-des-Landes. » C’est l’une des premières conclusions tirées du rapport des médiateurs sur le projet de Notre-Dame-des-Landes  , et livrées par le quotidien Ouest-France. Remis au premier ministre ce mercredi 13 décembre, le rapport a été coordonné par trois médiateurs nommés en juin dernier par le gouvernement, lequel doit rendre sa décision sur l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes au plus tard entre le 15 et le 30 janvier 2018.

Voir aussi : Le croirez-vous ? L’aéroport de Notre-Dame-des-Landes finalement remplacé par une centrale nucléaire. Suite au rapport des médiateurs sur le projet, le gouvernement a annoncé qu’il renonçait définitivement à faire construire un aéroport à Notre-Dame-des-Landes. La place laissée vacante servira à la construction d’une centrale nucléaire. « Que celui qui lit fasse attention ! » 

21) L’expo du moment : Le froid, un précieux allié

La Cité des Sciences nous propose une exposition didactique et ludique sur le concept de Froid, de nature à (r)éveiller les consciences quant à des sujets très actuels : le réchauffement climatique et la transition écologique. L’exposition se présente en trois parties : Les défis pour le vivant. Comment le corps humain réagit-il dans un environnement froid ? Quelles astuces pour se protéger ? Les défis pour la société. Réfrigération, congélation, climatisation… À quel point la technologie frigorifique a-t-elle modifié notre vie ? Les défis pour la science.  Quels sont les effets du froid sur la matière ?

Exposition Froid, ouverte tous les jours (sauf le lundi) du 5 décembre 2017 au 26 août 2018, de 10 h à 18 h à la Cité des Sciences au 30 avenue Corentin Cariou, 75019 Paris. 

 22) L’action du mois : s’accorder une parenthèse dans son agenda pour assister à une lecture publique des livres de la Bible.

Parce que la Bible a été écrite, non seulement pour être lue mais pour être entendue, prenez le temps d’une pause chaque lundi soir, 20h00 (si vous habitez Paris ou si vous vous trouvez dans le coin à ce moment-là) pour répondre à l’invitation de l’Action Biblique Française : venir écouter les textes bibliques récités par un comédien. Un moment unique et privilégié pour entendre, comprendre et réfléchir à la Parole de Dieu !

 

La « post-vérité » : un « bob’art »

La vérité est-elle morte, cédant la place à la « post-vérité » ?
(Couverture du Times du 23/03/17, avec une interview exclusive de Donald Trump)

« Post-vérité », c’est « le mot de l’année 2016 » pour le très sérieux et très prestigieux « Oxford English Dictionary ». Un choix qui a été jugé un peu trop « politique », en comparaison des années précédentes, quand le vapotage ou les émojis entraient dans le célèbre dictionnaire. « Clairement », précise le blogueur Alexandre Roberge sur « Thot cursus » (un site dédié à la promotion de la formation et de l’utilisation des outils numériques pour l’éducation et la culture), «  le dictionnaire anglais a voulu rappeler par son choix deux événements qui ont le plus marqué politiquement l’année 2016 : la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (le Brexit) et l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Dans les deux cas, les campagnes électorales ont fait surtout appel aux sentiments et aux aspects plus irrationnels des électeurs, quitte à devoir pour y arriver, mentir sciemment ».

Sinon, « étymologiquement », explique Alexandre Roberge «  le terme (post-vérité) est d’autant plus fascinant qu’il n’a pas le sens normal. « Post » veut d’habitude dire après mais ici il a perdu ce sens pour dire que cela ne s’applique pas. Ainsi, nous sommes donc dans une société « post-vérité » ou « post-factuelle » où les faits bruts sont supplantés par les émotions, l’opinion personnelle et même les mensonges »

Et comme « le dirait même plus » Jérôme Prekel dans un article intitulé « l’Ère de la post-vérité », publié sur son blogue « Le Sarment », ces mensonges « ne cherchent même pas à être crédibles », étant exprimés « de manière à faire vibrer les auditoires. Cette nouvelle expression (post-vérité) ne fait que remettre au goût du jour les ressorts du discours populiste, utilisé par les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes (synonyme de “fausses”) ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires ».

« À chacun sa vérité » sur Internet

Comment en est-on arrivé là ? La faute aux « auteurs postmodernes » comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur ? L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par le dernier numéro de « Sciences Humaines », rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

 Et les médias, là-dedans ?

S’il convient de se garder d’une attitude trop « sentimentale » et « naïve » à l’égard des médias (« tout serait vrai »), il convient également de se garder d’un autre extrême, tout aussi nocif (puisqu’ouvrant la porte au relativisme, au scepticisme et au complotisme), lequel prétend que « tout serait faux » dans les médias et sur internet (sauf celui qui affirme une telle chose !).

Néanmoins, un journaliste professionnel m’avait confié il y a deux ans que, pour lui, « la vérité », « ça ne veut pas dire grand-chose ». « Un bon journaliste », selon lui, est celui qui cherche à comprendre un événement et à vérifier l’information, en allant à la source. Néanmoins, selon lui, « il n’y (aurait) pas de vérité absolue », mais « des points de vue différents ». Une tendance confirmée par Jean-Luc Martin-Lagardette, lequel, journaliste et essayiste, relève qu’ « il y a belle lurette, en France, du moins », que ses collègues journalistes « ne croient plus en la vérité ! Et qu’ils ont cessé de la poursuivre. Selon eux, il serait « naïf » de croire que l’on peut atteindre la vérité », puisque « tout homme un tant soit peu cultivé sait bien que la vérité est hors d’atteinte » (Décryptez l’information, Dangles éditions, 2014, pp 14-15).

Bien entendu, souligne JL Martin-Lagardette, « idéalement parlant, ils ont raison : on ne peut pas parler de vérité absolue [plus exactement, nul ne peut prétendre « posséder » la vérité absolue, mais il peut s’en approcher, la connaître ou du moins, la désirer, la rechercher], mais pas moins, alors que de justice, de liberté, d’égalité ! Pour autant, devrions-nous abandonner toutes ces valeurs ? » Or, « nous avons besoin de la vérité », comme horizon à atteindre, d’autant plus que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible »(op. cit., pp 15-16).

Ironie du sort, les « clés de la presse », « la boîte à outils des professionnels de la presse », enquête, dans son dernier numéro de janvier 2017, sur la façon…..« dont les médias se mobilisent pour rétablir la vérité », à l’heure où le phénomène de « post-vérité » (leur) pose question !

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge»

Repère biblique

Jérôme Prekel, dans l’article cité plus haut, rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (nous en avons la preuve avec le phénomène de post-vérité qui se déploie actuellement sous nos yeux), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.

(…)Lorsque la société moderne décide de placer le mensonge exactement à la place de la vérité, en bricolant un élément de langage pour faire illusion, c’est le signe fort que nous sommes à une heure cruciale, proche de la situation décrite dans la prophétie de Paul. Nous voyons par exemple le Président du pays le plus puissant du monde se révéler comme un menteur compulsif, élu sur la base de ses mensonges, mais une grande partie des chrétiens continuent d’espérer avoir eu raison de voter pour lui. N’est-ce pas justement le signe d’un grand égarement ? » 

Ce débat amène toute la question de vérité avec un grand « V ». Et au-delà de la question philosophique de la réalité, beaucoup comptent sur la technologie pour lutter efficacement contre la désinformation. L’on citera les projets des géants Google, « Cross check » et de Facebook, « Crowd tangle », pour contrer les « fake news ». Toutefois, les algorithmes privilégient en général la popularité des articles. Sans compter qu’il serait surprenant qu’une intelligence artificielle puisse reconnaître la vérité quand cela n’est déjà pas évident pour des humains et, surtout,  d’autant plus qu’elle n’a pas de mémoire – historique….Signalons encore « le Décodex », lancé début février par l’équipe des « Décodeurs » du journal Le Monde, qui est un outil de vérification de la fiabilité des sites d’information. Sauf que tout n’est pas encore recensé et que l’on peut s’interroger sur la légitimité d’une source d’information à juger d’autres sources d’informations concurrentes fiables ou non, mais il s’agit déjà d’un début de réponse.

Resterait la solution éducative

« Éduquer la jeunesse » à l’information et au discernement (c’est le propre de la maturité, cf Hébr. 5v14) serait une façon de freiner le mouvement post-factuel. Par exemple, en rappelant que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible » ; en apprenant à adopter une démarche intellectuelle équilibrée se situant entre le « tout est vrai » et le « tout est faux » ; en apprenant à discerner le vrai du faux, la publicité(la communication) de l’information,  « l’infaux » parodique(ou non) de la véritable « info », l’information de l’opinion, et à savoir lâcher ses opinions pour mieux saisir la vérité….. Mais aussi en (ré)apprenant à lire….pas uniquement le titre mais tout un article, et pas « en diagonal » !

 

 

Aller plus loin :

http://www.e-media.ch/e-media/evenements/semaine_des_medias/mat_ped/theories_du_complot

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

http://www.meta-media.fr/2017/03/15/deux-fabricants-de-fake-news-sexpliquent.html

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

 

 

Foireux liens de mars (14): « choix de société, de vision du monde »

La question reste celle "des valeurs". Mais quelles "valeurs" ?

La question reste celle « des valeurs ». Mais quelles « valeurs » ?

De nouveaux « foireux liens », marqués par les attentats de Bruxelles et la fête de la Pâque, sans oublier une réflexion nécessaire sur nos visions du monde, face aux diverses crises actuelles :

1)Les Attentats de Bruxelles : paroles de chrétiens.

Revendiquées par l’État islamique, les attaques ravivent la douleur et la peur, quatre mois à peine après les attentats de Paris et après ceux de Turquie, du Mali, de Côte d’Ivoire. La rédaction de Réforme a donné la parole à des intellectuels protestants.

Voir notamment celle de F. Rognon, philosophe des religions : « il nous reste l’espérance chrétienne : non pas l’adaptation servile à une condition nouvelle de menaces permanentes, mais la traversée du danger, assurés que depuis les premières Pâques, le Christ nous précède, nous accompagne, nous porte ».

La première réaction du chrétien sera sans doute de prier, outre de manifester la compassion pour les victimes. Voici justement 10 sujets de prière à découvrir.

Mais « assez pleuré », réplique le blogueur Koztoujours, lequel en a « soupé des larmes(…) du pathos. Du compassionnel dans lequel on excelle. Assez de fournir aux terroristes et à leurs sympathisants le spectacle qu’ils espèrent, le tableau qu’ils attendent. Privons-les de la jouissance de ces scènes, même si cela suppose de faire violence à l’inclination sirupeuse de nos sociétés et de nos médias, de nous priver de l’auto-contemplation de notre statut de victimes – ultime collier d’immunité de notre époque. Aujourd’hui, c’est la colère qui prend la place. La colère, pas la haine. Mais la détermination(…) Il faut à tout cela une réponse policière, et si nous voulons bien dépasser les débats parlementaires insignifiants dans lesquels nous sommes englués, nous pourrions en débattre davantage. Mais il faut aussi une réponse politique, culturelle, intellectuelle, spirituelle, civilisationnelle ».

Et surtout, ne soyons pas dupes de « la stratégie de Daech pour miner l’Occident de l’intérieur » :  cet article publié dans « La Vie » a le mérite de rappeler que « la stratégie vis-à-vis des Occidentaux est la provocation : il s’agit de pousser leurs armées à intervenir sur le terrain. Le journaliste et ancien otage de Daech Nicolas Hénin raconte ainsi dans son livre Jihad Academy (Fayard) que la plupart des djihadistes de l’EI ont accueilli la nouvelle des bombardements occidentaux avec joie : pour eux, cela prouvait que la prophétie était en train de s’accomplir. Que faire alors pour contrer cette stratégie ? »

Dans le même esprit, Patrice de Plunkett analyse qu’avec les attentats de Bruxelles, « Daech fait encore un pas en avant…pour dresser les « communautés » les unes contre les autres » :

« De la part de Daech ce but fait partie d’une stratégie, celle de tous les terrorismes insurrectionnels : forcer deux populations à se séparer et s’affronter, en commençant par faire couler entre elles une rivière de sang. Atroce mais rationnel. Ce qui n’est pas rationnel, c’est de croire combattre Daech en appliquant la même logique de séparation et d’affrontement. Le vrai contreterrorisme n’est pas un « terrorisme contraire » mais le contraire du terrorisme. C’est ce que veut faire comprendre le général Bosser, chef d’état-major de l’armée de terre (CEMAT en jargon militaire) dans sa tribune du 21 mars au Figaro : appelant à la « cohésion nationale », il constate que l’ennemi progresse auprès de jeunes Français par une « offre de valeurs » que l’on ne peut combattre que par « une offre supérieure » ; la juste riposte au mythe djihadiste serait de « prendre l’ascendant dans le champ immatériel » en « rassemblant autour de nos valeurs », écrit le CEMAT ». Reste à savoir ce que sont « nos valeurs » ?

Quel impact ont les attentats sur les enfants ? pense à questionner « La Croix », se souciant des « dégâts collatéraux » ou des « éclats de grenade » susceptibles de toucher les plus jeunes.

Puisque l’on parle des enfants, demandons-nous

2) Qui veut la peau des petites écoles et des pédagogies innovantes ? Rares mais indispensables, des écoles élémentaires à une, deux ou trois classes, mêlant des enfants de plusieurs niveaux et de tous âges, existent encore. Ces petites écoles constituent le dernier service public, le dernier lieu de vie et d’attractivité des villages où elles sont implantées. Elles affichent souvent de bons résultats scolaires. Là où les pédagogies y sont innovantes, les enfants apprennent solidarité et démocratie. Pourtant, l’Éducation nationale veut en réduire le nombre. Reportage sur Bastamag.

 

3) Quel avenir pour les classes médias au collège ?

Les « classes médias » sont proposées par le CLEMI (Centre de Liaison de l’Enseignement et des Médias d’Information) dans l’académie de Paris, depuis 2012, au collège (en 6e, 5e ou 4e), au lycée et au lycée professionnel ainsi qu’en UP2A (unité pédagogique pour élèves allophones arrivants). Ces cours optionnels s’inscrivent dans le temps scolaire, au rythme de 2h par semaine et sont pris en charge par deux enseignants volontaires (dont un documentaliste), avec le parrainage d’un journaliste professionnel. L’objectif est de donner aux élèves des outils pour analyser et comprendre le fonctionnement médias, mais aussi de leur permettre de maîtriser l’expression médiatique à travers la création d’un journal scolaire, d’un blog, d’une Web radio, d’une Web TV ou encore d’un profil sur un réseau social.

« Il est indispensable d’avoir un temps identifié pour éduquer aux médias, sinon cette éducation ne se fait pas, ou dans l’urgence, comme on a pu le voir après les attentats, explique Étienne Récamier, coordonnateur du CLEMI de l’académie de Paris. Pourtant, ces classes sont aujourd’hui menacées par la réforme du collège[en porte à faux avec la volonté ministérielle de « créer au moins un média par collège et par lycée »]qui entrera en vigueur en septembre 2016. À ce jour, on ne sait pas si elles seront maintenues. »

 

4)Accord Canopé-Amazon pour initier les profs à l’auto-édition : les éditeurs scolaires inquiets. A lire ici :

En effet, il n’y a pas que les librairies de quartier qui sont menacées par le géant, dont le crédo est de supprimer tout (corps) intermédiaire entre l’auteur(« producteur » ?) et le lecteur(« consommateur » ?) : En apparence Amazon prétend « démocratiser » l’édition en permettant à n’importe quel auteur de proposer son ebook à la vente sur sa plateforme. Mais avec pour conséquence de se substituer à l’édition traditionnelle, Amazon devenant alors tout à la fois éditeur, producteur, diffuseur et vendeur. Avec, au final, une position de monopole au sein de l’industrie culturelle ?

Pour l’anecdote, rapportée dans Le Monde Diplomatique (1), le journaliste allemand Günter Wallraff (auteur de « tête de turc ») raconte avoir lui-même tenté un bras de fer avec le mastodonte du commerce en ligne : « Quand j’ai découvert les conditions de travail de ses ouvriers, j’ai immédiatement appelé au boycott et demandé à mon éditeur de retirer mes livres du site. Cela lui a posé problème : Amazon représente 15 % de ses ventes. Après avoir débattu de l’idée, la maison d’édition s’est néanmoins alignée sur mon exigence. Mais, désormais, Amazon se fournit chez des grossistes pour continuer de vendre mes livres ! Et cela, je ne peux malheureusement pas l’empêcher. Je suis donc critiqué par des gens qui me disent : “Tu fais de beaux discours, mais tes livres continuent d’être vendus sur Amazon”… En réalité, on ne peut pas combattre cette entreprise individuellement. C’est une multinationale organisée selon une idéologie bien définie. Son système ne nous pose pas la simple question, neutre, de savoir si nous voulons ou non consommer sur son site Internet ; il nous pose des questions politiques : celles de notre choix de société. » Et celui de notre vision du monde.

 

5) « Le protestantisme interrogé par la décroissance » : c’est à lire dans « L’âge de faire », une publication écologiste.

Martin Kopp est l’un des artisans de la mobilisation des religions autour de la justice climatique. Il prépare une thèse intitulée « Croire et décroître ? La théologie protestante interrogée par la décroissance selon Serge Latouche ». Entretien. Propos recueillis par Lisa Giachino pour le journal L’âge de faire.

Extrait : Pourquoi lier un auteur athée, Serge Latouche, et la théologie protestante ?

Martin Kopp : Je pense qu’il y a deux portes d’entrée dans la critique de la société de croissance. La critique écologiste rationnelle est un jugement de fait : la croissance n’est pas soutenable. Serge Latouche, lui, a une approche culturaliste et philosophique. Il porte un jugement de valeur : la croissance n’est pas souhaitable. Pour lui, la critique écologiste ne vient qu’ajouter un caractère d’urgence. Il estime que notre imaginaire social est colonisé par l’économie et qu’il n’y aura pas de transition écologique tant que l’imaginaire ne sera pas le bon. Cette porte d’entrée peut être reprise par les religions : quelle est notre vision de l’être humain, notre représentation du monde, notre hiérarchie de valeurs ? Est-ce que nous ne devrions pas, en tant que chrétiens, être dans une critique décroissante ?

 

6) Pourquoi la réforme du code du travail met en péril la santé et la sécurité des salariés ? Une pertinente mise en garde dans « Bastamag » contre d’autres « dégats collatéraux », de nature à redonner du sens à « la culture d’honneur », qui consiste, selon Dieu, à donner plus à ceux qui ont moins, cf 1 Cor.12v24 :

Chaque jour, trois personnes meurent de leur travail en France : plus d’un millier de décès chaque année dont les trois quarts à cause d’un accident du travail souvent évitable ou d’une maladie professionnelle. Si la prise en compte de la santé et de la sécurité des salariés a progressé depuis trois décennies, et permis de sauver des vies, le projet de loi de la ministre du Travail Myriam El Khomri risque de réduire ces avancées sociales à néant. Les organisations du travail et les cadences pourront être durcies, le suivi médical affaibli, et les salariés fragilisés seront remerciés par un licenciement. Quand le gouvernement prône l’insécurité au travail…

« La vie d’un entrepreneur est bien souvent plus dure que celle d’un salarié. Il ne faut jamais l’oublier. Il peut tout perdre, lui, et il a moins de garanties », expliquait le ministre de l’Économie Emmanuel Macron en janvier. Comme si les salariés, assurés d’un revenu en fin de mois et d’horaires de travail fixes, ne prenaient jamais de risques. Une petite phrase qui révèle une fois de plus l’ignorance totale du monde du travail et de ce qui s’y joue par une partie des dirigeants politiques, alors que le projet de réforme du Code du travail fait peser une menace sur la santé et la sécurité des salariés.

L’enquête à lire ici.

 

7) Nous voici en plein week-end de (la ) Pâque. Etes-vous prêts à « passer le cap » ?

L’occasion de nous souvenir que « Tout (a été) accompli » : à lire, sur TGC – Evangile 21, la sixième partie de la série « Les Derniers Jours de Jésus », publié par Desiring God pour la Semaine Sainte de 2014. Cette série est inspirée par le nouveau livre « The Final Days of Jesus » (« Les Derniers Jours de Jésus ») de Justin Taylor et Andreas Kostenberger.

Vendredi 3 avril 33. Le jour le plus sombre de l’histoire humaine – mais la plupart des humains n’en ont aucune idée. À Rome, Tibère s’occupe des nombreuses tâches qui incombent à un empereur. Partout, dans le monde habité, des enfants naissent, des gens mangent et boivent, se marient et sont donnés en mariage, font des affaires au marché, pilotent des navires marchands, sont engagés dans des batailles. Des enfants jouent, des vieilles femmes se livrent au commérage, des jeunes hommes à la convoitise, et des gens meurent. Mais aujourd’hui, une mort en particulier, brutale, horrible, la pire et la meilleure de toutes les morts humaines….

Mais cette fête est moins l’occasion de « fêter la mort du Seigneur » que Sa Résurrection. A ce sujet, « comment peut-on affirmer que Jésus est ressuscité? Jésus est ressuscité ! À l’approche de Pâques, il est bon de réaffirmer nos raisons de croire. Matthieu Giralt a résumé un article de Matt Perman, qui met en avant les preuves historiques de la résurrection de Jésus. Extrait :   « Si nous nions la résurrection, nous sommes devant 3 mystères inexplicables et nous devons alors donner une explication pour ces 3 faits. Mais si Christ est ressuscité, alors tous ces faits s’éclairent ».

 

Pour finir, un sujet dont il convient de dépasser le caractère polémique, pour aller plus loin dans la réflexion :

8) 400 entreprises menacent de boycotter l’État de Georgie, lit-on depuis le 29 février sur « 8ème étage », le site qui se fait fort de « différencier l’information de l’actualité ».
Une coalition de plus de 400 entreprises s’oppose ouvertement à un projet de « loi sur la liberté religieuse », aussi connu sous le nom de « First Amendment Defense Act » (FADA), que l’État de Géorgie pourrait très prochainement adopter d’ici le 3 mai.. Elles considèrent en effet qu’il ne s’agit ni plus ni moins que d’une forme déguisée de discrimination envers les couples de personnes de même sexe. En réaction, plus de 400 entreprises opérant sur le territoire de Géorgie ont décidé de s’opposer ouvertement à cette « loi sur la liberté religieuse » et de s’engager en faveur d’un « traitement équitable de tous les Géorgiens et de leurs visiteurs ». Dans les rangs de la coalition, baptisée Georgia Prospers, un certain nombre de géants américains comme Coca-Cola, Delta ou encore Home Depot.
Les conséquences économiques de l’adoption d’une telle loi pourraient être catastrophiques pour la Géorgie. La chambre de commerce et l’office de tourisme de la ville d’Atlanta ont réalisé deux études indépendantes à ce sujet et estiment que les pertes potentielles pourraient s’élever à un voire deux milliards de dollars. Il existe déjà un précédent en la matière aux États-Unis. En Indiana, un projet de loi similaire a coûté plus de 60 millions de dollars à l’État (environ 55 millions d’euros), et ce avant même son adoption, rapporte l’agence AP.
Récemment, j’apprends encore que Disney et Marvel menacent de ne plus tourner dans cet état, pour les mêmes raisons(2).
Qui l’emportera ? Le souci des « valeurs »…ou celui des « valeurs » ? Les Evangéliques boycotteront-ils à leur tour Disney et Marvel ? (Ce qui leur permettrait de proposer d’autres films d’autres origines et non exclusivement anglophones à leurs enfants…)
Mais au-delà du débat sur ce sujet épineux(reste à décrypter dans le détail le contenu et les conséquences d’une telle loi, même si l’on croit au modèle biblique du mariage), il est aussi intéressant de s’interroger sur le poids économique des entreprises privées, lesquelles sont susceptibles de « peser » sur les décisions politiques, influençant le processus législatif – l’intérêt privé et financier l’emportant sur « le bien commun ». Nous avons ici un cas de « liberté de conscience », de nature à télescoper une question de « discrimination ». Ailleurs, « le chantage économique » peut concerner un refus de normes d’hygiène/santé publique ou environnementales….

 

Sur ce, bon WE !

 

 

Notes : 

(1) Le même « Monde diplomatique » rappelle que « pour la seule année 2012, l’Association des libraires américains (American Booksellers Association, ABA) évaluait à quarante-deux mille le nombre d’emplois anéantis par Amazon dans le secteur : 10 millions de dollars de chiffre d’affaires pour la multinationale représenteraient trente-trois suppressions d’emplois dans la librairie de proximité ».

(2) Voir sur http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Disney-Marvel-et-AMC-boycottent-la-Georgie-a-cause-d-une-loi-anti-LGBT ; http://www.theguardian.com/film/2016/mar/23/disney-marvel-georgia-religious-liberty-bill-boycott