« Grand pouvoir = grandes responsabilités »

"Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités" : un sage enseignement que "Spiderman" a appris à ne jamais oublier...

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » : un sage enseignement que « Spiderman » a appris à ne jamais oublier…

Y compris des ennuis….. C’est à prendre (en entier) ou à laisser….

 

Voici une prière, en Matt.9v37-38 que nous accompagnons volontiers du classique : « le Seigneur pourvoira ». Or, nous oublions souvent que Dieu sauve et bénit de façon incarnée. Mais qui fera le travail censé être fait par le corps de Christ si celui-ci ne le fait pas ? « Dieu pourvoira-t-il » ?

Lecture de Matt.10v1-33 (comparer avec Jacq.2v14-17) :

L’on note, dans ce passage, qu’après avoir demandé à ses disciples de « prier pour que le maître de la moisson pousse (à coup de pied)des ouvriers dans la moisson », le Seigneur Jésus-Christ envoie lui-même ses disciples, deux par deux.

Il leur donne un titre (« apôtre », c’est-à-dire : « envoyé »), un pouvoir(« guérir », « chasser les démons ») et une mission. « Cool », pourrait-on dire. Mais le moins « cool » est à venir, puisque Jésus leur recommande de ne prendre « ni argent, ni sac, ni chaussure », expliquant qu’ils dépendront de ceux qui les recevront. D’autre part, il leur faudra s’attendre à ce que leur message (« cool », en apparence) et eux-mêmes soient rejetés.

En gros, Jésus nous envoie, « avec des avantages » et des « privilèges », semble-t-il, mais « comme des agneaux au milieu des loups », avec une promesse de persécutions certaines plus que de résultats….

Heureusement, ce qui compte le plus pour Jésus – qui nous avertit tout de même à l’avance de ce que cela coûte de le suivre et d’être envoyé par Lui, et de ne pas craindre les persécuteurs – c’est de faire preuve de fidélité et de savoir « qu’il suffit au disciple d’être comme son maître ». Ni plus, ni moins. Et ce Maître que nous servons est Celui qui « est venu, non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie comme la rançon de plusieurs » (Marc 10v45).

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« Êtes-vous miséricordieux ? Pourquoi ? Parce que Jésus…. » est sorti de sa zone de confort !

Une très belle trouvaille qui tombe à pic par les temps qui courent, repérée sur l’excellent blogue de Philippe Golaz, théologien suisse et amateur de sport et de photographie.

Texte du Dr Arturo G. Azurdia, Professeur de Théologie Pastorale au Western Seminary à Portland, Oregon. Mis en musique par Beautiful Eulogy. La vidéo, en « VO » :

Et une partie du texte traduit en français par Philippe Golaz lui-même :

« Êtes-vous miséricordieux ? Pourquoi ? Parce que Jésus a guéri le malade. Parce que Jésus a nourri les foules. Parce que Jésus a donné des jambes à l’estropié. Parce que Jésus a rendu la vue à l’aveugle. Parce que Jésus a ouvert les oreilles du sourd.

Parce que Jésus a trouvé des prostituées et des collecteurs d’impôts, et les a attirés dans la sphère de Son amour ! Parce que Jésus a touché l’intouchable, aimé le détestable, pardonné l’impardonnable, et accueilli l’indésirable ! Parce que Jésus, même maintenant, sauve celui qui autrement serait perdu. Pourquoi ? Parce qu’ils le méritent ?! (…) Nous sommes ici car Jésus Christ n’a pas dit dans une froide indifférence « Donne-leur ce qu’ils méritent, ils en sont les seuls responsables. » Jésus Christ est la miséricorde de Dieu, et nous voyant dans notre misère et dans notre besoin, il ne se contente pas de compatir pour nous : il prend les actions nécessaires pour nous libérer de notre détresse.

Il quitte la gloire éternelle des Cieux et la parfaite communion de la Trinité, Il s’abaisse vers nous, vit avec nous, souffre comme nous, meurt pour nous ! Comprenez-vous cela ? En avez-vous fait l’expérience ? »

L’intégralité de la traduction à lire ici.

Autre version : https://youtu.be/npaZ0ez1080

Ecologie et accueil de réfugiés en Auvergne-Rhône-Alpes : ou comment renier tout un héritage et un enseignement

Accueillir le réfugié, c'est "chrétien" ? (Dessin de "PrincessH", pour "La Croix", octobre 2016)

Accueillir le réfugié, c’est « chrétien » ? (Dessin de « PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

Comment est-il possible de renier un héritage ? Un héritage historique, spirituel et moral, par exemple ? Ou même tout un enseignement et l’esprit de cet enseignement ?

Voici deux faits récents, particulièrement révélateurs, en guise d’illustration : l’un ayant trait aux migrants et l’autre à l’écologie.

Premièrement, un reportage de France 3 Auvergne, diffusé en septembre 2016, rappelle que Le Chambon-sur-Lignon(43), 2500 habitants, seul village d’Auvergne à avoir été reconnu comme « Justes parmi les Nations », a été depuis des siècles une terre d’accueil pour tous les persécutés.  En effet, depuis le Moyen-Âge, il « n’a cessé d’accueillir la misère du monde. Des protestants persécutés par les catholiques, aux républicains espagnols ; des orphelins, aux enfants juifs cachés ici et dans toutes les communes environnantes pendant la guerre, les habitants du Haut-Lignon ont fait preuve de générosité ».

Or, si la majorité du conseil municipal, tout comme les élus de l’opposition, ont déclaré leur volonté d’accueillir des réfugiés et, notamment, ceux qui sortiront de Calais après le démantèlement de sa « Jungle », madame la maire de cette petite commune auvergnate, Eliane Wauquiez, préfère temporiser : elle refuse de soumettre l’accueil des réfugiés au vote du conseil municipal, « (souhaitant) au final que le procès-verbal n’enregistre pas cet engagement [d’accueillir des migrants] et ne le manifeste pas », a ainsi expliqué sur France 3 Auvergne Hervé Routier, conseiller municipal de l’opposition.

Elle s’aligne ainsi sur la position de son fils, Laurent Wauquiez, qui préfèrerait ne pas voir un seul (migrant) arriver en Auvergne Rhône-Alpes. Le président de la Région avait ainsi déclaré qu’il aiderait les maires à trouver des solutions juridiques pour ne pas avoir à accueillir de réfugiés sur leurs communes(1)…

Selon Alain Jakubovitz, le président de la LICRA, Laurent Wauquiez (par ailleurs, agrégé d’histoire)  renie l’héritage du Chambon sur Lignon, en refusant d’accueillir 1784 migrants (aux frais de l’Etat)en Auvergne Rhône Alpes, la deuxième région plus riche de France, peuplée de près de 8 millions d’habitants…..(2)

 

"Pardonnez-moi, Seigneur, car j'ai surpêché", dit ce "grand pêcheur" devant l'Eternel... (Dessin de Patrick Chapatte)

« Pardonnez-moi, Seigneur, car j’ai surpêché », dit ce « grand pêcheur » devant l’Eternel…
(Dessin de Patrick Chapatte)

Deuxièmement, on note, à l’instar de Mahaut Herrmann, dans la revue d’écologie intégrale « Limite », la multiplication de déclarations insultantes et outrancières contre les écologistes, par le même Laurent Wauquiez  : En décembre 2015, une lettre aux agriculteurs dénonçait les dangereux alliés du PS, les « ayatollahs écologistes ». Sitôt élu, il promettait d’évincer « toutes ces structures doryphores qui vivent sur la bête et ne se préoccupent que de la beauté du paysage, mais se moquent de l’agriculture », comprendre les associations de protection de l’environnement. Et pour justifier la suppression des fonds alloués par conventions aux associations de protection de l’environnement et la convention à trois millions d’euros signée avec les chasseurs, son vice-président délégué à la chasse et à la pêche déclarait sans vergogne : « il y a deux façons de voir la ruralité, la préservation de la biodiversité, l’aménagement du territoire : soit on le voit du côté des bobos des villes, soit on discute avec les acteurs du monde rural qui connaissent le territoire parce qu’ils le pratiquent tous les jours et tous les week-ends lorsqu’ils chassent ». « Terroristes, insectes ravageurs des pommes de terre, et non des moindres, « les doryphores » étaient aussi, pendant la dernière guerre, le surnom de l’occupant allemand : voilà de quoi un président de région qui est allé draguer le vote catholique traite ceux qui se consacrent à la sauvegarde de la maison commune ».

Bref, c’est tout un héritage, mais aussi tout un enseignement, qui est ainsi renié par celui qui est généralement présenté comme un « catholique engagé avec réalisme dans le monde tel qu’il est », dont « les idées politiques (seraient) ancrées dans une foi chrétienne pleinement assumée avec intelligence », mais dont le discours se résume à : « vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ».

 Pourtant, le rôle de Laurent Wauquiez,  en tant que responsable politique et élu, devrait être de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir. Son rôle, en tant que chrétien convaincu, devrait être de démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de discours « twittables ». La peur nourrit la peur. Un chrétien(qui suit le Christ et son enseignement) responsable devrait, au contraire, 1) expliquer que le plus célèbre des jeunes réfugiés en Egypte a dit : « j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli » (Matt.25v 43-45  cf Jean 1v11), et 2) rappeler qui a (re)commandé « d’aimer l’étranger… » et de « ne pas porter atteinte à ses droits »( Lév 19v33, Deut 10v18-19 ; Deut 24v17, 27v19)

Un chrétien responsable devrait aussi rappeler que, lorsqu’il créa le monde, Dieu a confié à l’Homme la responsabilité de « cultiver, garder » et protéger la terre(Gen.2v15). L’homme devait se comporter en sage et responsable intendant. Et vu que seul Dieu est le propriétaire de toute chose, nous ne sommes chez Lui qu’en tant qu’ « émigrés et hôtes » (Lévitique 25v23 ; 1 Chron.29v14-16 ;  Ps.50v9-15… cf 1 Pie. 1v1 ; 1 Pie.2v11). Comme le souligne Erri de Luca dans « Noyau d’olive », les verbes du travail et de la garde de la terre, « avad » et « shamar » sont les mêmes que celui du service[ou du culte] dû à Dieu (cf Exode 10v26). D’autre part, « le verbe shamar est traduit par « garder » quand il s’agit de la terre et « observer » quand on se réfère aux commandements de Dieu. De fait, La terre nous est confiée, comme Ecriture transmise. Or, le nombre d’espèces en voie d’extinction ou la dégradation manifeste de l’environnement trace un sombre bilan. Sans conteste, l’être humain s’est éloigné du mandat originel et a lamentablement « raté la cible ». Et « rater la cible », c’est pécher.

Bref, il nous faudrait aujourd’hui un nouveau prophète Jérémie, pour se tenir « à la porte de la maison de l’Eternel » et proclamer : « Ecoutez la parole de l’Eternel, Vous tous, hommes de Juda, qui entrez par ces portes, Pour vous prosterner devant l’Eternel! Ainsi parle l’Eternel des armées, le Dieu d’Israël: Réformez vos voies et vos oeuvres, Et je vous laisserai demeurer dans ce lieu. Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses, en disant: C’est ici le temple de l’Eternel, le temple de l’Eternel, Le temple de l’Eternel! Si vous réformez vos voies et vos oeuvres, Si vous pratiquez la justice envers les uns et les autres, Si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve….. » (Jer.7v2-6)

Et un nouveau prophéte Osée, appelant à écouter la parole de l’Eternel, et à faire le lien entre l’activité humaine et le désastre écologique : « Parce qu’il n’y a point de vérité, point de miséricorde, Point de connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que parjures et mensonges, Assassinats, vols et adultères; On use de violence, on commet meurtre sur meurtre. C’est pourquoi le pays sera dans le deuil, Tous ceux qui l’habitent seront languissants, Et avec eux les bêtes des champs et les oiseaux du ciel; Même les poissons de la mer disparaîtront »(Osée 4v1-3)

En attendant, comme le relève encore Mahaut Herrmann dans « Limite », c’est, entre autres, le blogueur Koz, hérissé par la multiplication des discours politiques anti-réfugiés et inquiet de leur succès auprès des chrétiens, qui choisit de monter au créneau : « Un homme politique n’est jamais obligé de se présenter comme croyant. S’il décide de le faire, il doit assumer une certaine cohérence pour lui-même et parce qu’il n’engage pas que lui », juge-t-il. « Cette cohérence n’est certes facile pour personne, et il faut accepter des divergences d’interprétation. Mais quand un politique cherche manifestement à bénéficier de la bienveillance politique des catholiques et prend des chemins qui s’écartent visiblement de la doctrine sociale de l’Eglise, il faut à un moment donné refuser de suivre, et faire comprendre que le catholicisme n’est pas un argument de campagne. C’est aussi à nous, simples fidèles, de ne pas laisser préempter la doctrine sociale de l’Église. »

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Dans le cas de Laurent Wauquiez , celui-ci « a clairement choisi, par pur souci de communication, de rechercher le vote des catholiques. Il a également manifestement choisi d’occuper un créneau, en se faisant connaître au moyen d’interventions publiques dénonçant les migrants et l’assistanat », poursuit le blogueur. « On peut certes avoir une position réservée sur la question difficile de l’accueil des migrants, on peut diverger sur le traitement social du chômage. Mais voir avant tout des assistés quand on voit des pauvres ou des chômeurs, voir avant tout une nuisance quand on voit des migrants[ou des écologistes], tout en se revêtant soi-même d’une onction catholique, ça n’est plus acceptable. Il nous appartient de dire que nous ne sommes pas dupes, et que nous ne cautionnons pas. »  L’association Sœur Emmanuelle a elle aussi haussé le ton après la tentative de Laurent Wauquiez de placer ses propos intransigeants sous le patronage de celle qu’on surnomme « petite sœur des chiffonniers ». Le communiqué ne laisse aucune place au doute : « étant donné sa faible connaissance de Sœur Emmanuelle, Monsieur Wauquiez n’est pas autorisé à parler à la place de celle-ci »(3). Et pas mieux à la place des pauvres…

 

Pour aller plus loin sur cette thématique des migrations et des étrangers, par ailleurs centrale et presque omniprésente dans la Bible, voir :

Sur le site catholique interbible, quelques textes bibliques à lire et à étudier, avec ces questions : Lesquels des textes bibliques vous inspirent le plus ? Devant l’étranger, la Bible prescrit diverses attitudes : du génocide à l’amour. Quelle est l’attitude biblique dominante selon vous? Quel est votre rapport à l’étranger? Et pourquoi ?

Et sur le même site, un quizz sur cet inépuisable sujet.

Deux articles évangéliques :
– Celui d’Emile Nicole : « L’attitude à l’égard de l’étranger d’après l’Ancien Testament », dans « Promesses », revue de réflexion biblique.

– Cet autre d’Eric Lemaître sur l’accueil de l’étranger, paru sur le site « Info Chrétienne ».

Et sur l’écologie :

« Bible, création et écologie » de Scott Mac Carty, dans la revue « Promesses ».

Ces autres ressources sur le site « Ethique sociale chrétienne ».

Et ces autres, sur Pep’s café, dont quelques livres : « La pollution et la mort de l’homme », de Francis Schaeffer ; « Dieu, l’écologie et moi », de Dave Bookless ; « Laudato si », du Pape François.

 

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.rue89lyon.fr/2016/09/22/migrants-famille-wauquiez-fait-barrage-tradition-accueil-chambon-sur-lignon/. Laurent Wauquiez a lancé une pétition nationale pour « dire non au Plan Cazeneuve de répartition des migrants dans nos régions », invoquant le risque de la multiplication des « jungles » de Calais dans le pays. Argument réfuté par le ministère de l’Intérieur cité par Libération : « près de 6000 personnes de Calais ont déjà été orientées vers des CAO (centres d’accueil et d’orientation) depuis le 27 octobre 2015, parfois même dans la région de Laurent Wauquiez, sans même qu’il s’en aperçoive ! »( http://www.liberation.fr/france/2016/10/02/refugies-les-francais-les-bras-a-demi-ouverts_1518484 ) Et comme l’indiquait Le Dauphiné le 15 septembre dernier, la région que préside Laurent Wauquiez, a accueilli 1390 migrants ses 12 derniers mois et dispose au total de 8000 places d’accueil. http://www.ledauphine.com/politique/2016/09/14/1-784-migrants-iront-dans-la-region

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/21/les-intox-de-laurent-wauquiez-sur-la-repartition-des-migrants-de-calais_5001453_4355770.html

http://www.lepoint.fr/societe/migrants-la-lettre-au-vitriol-de-jacques-livchine-a-laurent-wauquiez-20-09-2016-2069962_23.php



(2) A noter cette anecdote, partagée par LW à La Vie en 2012, et qui s’avère aujourd’hui savoureuse : Visitant le Mont-Saint-Michel, il découvre, « dans l’abbatiale, une statue montre l’archange saint Michel en lutte contre le diable. Ce qui lui inspire cette réflexion : « Satan n’est pas enraciné dans le mal. Il est d’abord un serviteur de Dieu, puis il fait le choix du mal. Le mal est dans la vie, inscrit dans notre diversité. Que l’on soit chrétien ou non, il faut toujours se rappeler ce choix. De même, la politique est dans un équilibre entre cynisme, dureté des affrontements, et idéal. Les deux sont liés. Il serait utopique de dire qu’il n’y a pas de rapports de force. Pour autant, il serait caricatural de penser qu’il n’y a pas d’idéaux et de convictions. Il faut réussir à trouver le juste équilibre entre les deux ». Ce qui n’est pas toujours aisé », conclut l’article de La vie (http://www.lavie.fr/actualite/france/laurent-wauquiez-le-catholique-engage-24-01-2012-23375_4.php ). En effet !

Interrogé par le même hebdomadaire, l’agrégé d’histoire estime que les risques pour une démocratie qui n’écoute par la détresse de ses classes moyennes restent « l’extrémisme, la haine de l’autre, l’intolérance », estimant que « l’exemple le plus marquant reste la république de Weimar » : le « premier régime démocratique en Allemagne dans l’entre-deux-guerres » a été « incapable de s’occuper de ses classes moyennes. Hitler a prospéré sur ce terreau d’inquiétude pour le transformer en vote nazi. Une société qui n’écoute pas la détresse de ses classes moyennes tourne le dos à son avenir ». Et que dire de celle qui n’écoute pas la détresse des migrants ? Et écoute ceux qui « prospère sur (cet autre) terreau d’inquiétude » pour le transformer en vote ? http://www.lavie.fr/actualite/france/laurent-wauquiez-je-ne-veux-pas-d-une-droite-des-riches-27-01-2012-23529_4.php

 

(3) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/migrants-laurent-wauquiez-rappele-a-l-ordre-par-l-association-soeur-emmanuelle_1835272.html

 

 

 

 

« Ensemble, Prions pour l’Education et l’Ecole » : oui, mais…pour quelle école ?

La question reste celle "des valeurs". Mais quelles "valeurs" ?

Une « bonne école » pour nos enfants : oui, mais…laquelle ?

Nous voulons tous « de bonnes écoles » pour nos enfants, et nous prions pour cela. Mais qu’est-ce qu’une « bonne école » ?

Qu’elle soit publique ou privée, « confessionnelle » (« chrétienne », par exemple) ou non, qu’est-ce qui fait la qualité d’une école ? Ses performances scolaires, son classement parmi « les 100 meilleures écoles de France », sa capacité à faire progresser l’ensemble des élèves,  son climat, son ouverture, ses valeurs « philosophiques, spirituelles et morales », les activités qu’elle propose, le niveau de formation des enseignants, l’innovation pédagogique, les ressources et « les sponsors » de l’établissement…..?

Doit-elle former des « citoyens éclairés », des « professionnels insérés », des « adultes épanouis » ?

Les attentes sur l’école – qui doit être tout à la fois ce qui précède – sont nombreuses et parfois contradictoires…. Les critères se superposent, sans que nous prenions le temps de hiérarchiser nos exigences.

Pour nous aider dans cette réflexion – et pour mieux prier pour ce qui reste peut-être l’une des plus belles institutions qui soit – « Sciences humaines », une revue indépendante qui a pour ambition de nous aider à « comprendre l’humain et la société », nous concocte en ce moment même un numéro spécial pour faire le point sur nos attentes collectives. Sortie prévue à la mi-octobre. En attendant, c’est à nous de répondre, que nous soyons élève, parent, professeur, ancien élève, chef d’établissement, chercheur :

Qu’est-ce qui nous motive en premier lieu dans le choix (ou l’évitement) d’une école ? Qu’est-ce qu’une bonne école, selon nous, pour les enfants d’aujourd’hui ?

Sciences Humaines nous invite à participer à une enquête sur leur site web. Les contributions sont susceptibles d’être publiées dans le magazine et/ou sur le site de la revue.

Voir aussi le dossier publié dans le numéro d’octobre de « Sciences Humaines » : « qu’est-ce qu’une bonne école ? »  et ces autres ressources sur l’éducation.

N’hésitez pas non plus à nous faire part de vos attentes/réflexions en commentaires, au pied de cet article.

Sur ce, bon week-end !

 

Le mythe du « mythe fondateur » : L’art de raconter des histoires sur l’Histoire à des fins politiques

L’histoire outragée, martyrisée, fantasmée…..Ou l’art de chercher des voix de façon primaire…

« Ne dis pas: D’où vient que les jours passés étaient meilleurs que ceux ci? Car ce n’est point par sagesse que tu demandes cela »(Eccl.7v10).

 L’Histoire est un « marronnier » qui revient périodiquement….à l’approche de chaque élection, en France. Ainsi, « l’histoire serait mal enseignée à l’école », au point que l’enseignement actuel ferait « douter de notre histoire » (bigre !), comme l’a déploré fin août l’ancien premier ministre (et également candidat à la primaire de la droite pour la présidentielle de 2017) François Fillon(1).

 Plus récemment encore, Nicolas Sarkozy (ex-président sortant, battu à l’élection présidentielle de 2012 et à nouveau candidat pour cette même élection en 2017 – misant peut-être sur l’absence de mémoire des français) a déclaré, lors d’un meeting à Franconville (Val-d’Oise), lundi 19 septembre : « Dès que l’on devient français, nos ancêtres sont gaulois. »(2)

Une petite phrase qui a provoqué « le buzz » pendant plusieurs jours, mais qui n’est pas un scoop. Car, en réalité, « Nicolas Sarkozy nous sert Lavisse »(3), comme le souligne le blogueur catholique « Phylloscopus ». Et ce, alors que, comme l’a rappelé Libération, Nicolas Sarkozy moquait, en mai dernier, « l’apprentissage de l’histoire façon  manuel de Lavisse ». 

En effet, l’idée « gauloise » comme « mythe fondateur » est « une fumisterie de la IIIe République », comme le rappelle, parmi d’autres, le journaliste Patrice de Plunkett(4). Car, « contrairement à ce qu’affirment des facebookers « patriotes », les Gaulois ne sont pas le « mythe fondateur » de la nation française. La France existait sans ce mythe gaulois (et depuis des siècles) quand cette fable apparut en 1900 : dans l’école laïque obligatoire. Ce fut le mensonge d’Ernest Lavisse, pontife de l’Instruction publique : « Il y a deux mille ans la France s’appelait la Gaule ».

Toutes ces petites phrases d’hommes politiques témoignent « d’une vision fantasmée de l’Histoire », proche de ce que les historiens appellent le « roman national ». Ce discours (ou cet imaginaire) « spécial origines », mélange de faits historiques et de légendes enjolivant la réalité, est un cliché perpétuel, construit pour créer une continuité culturelle, géographique et ethnique du peuple français[de là à parler de « la race française »….], de sa langue et de son territoire à travers l’histoire – alors que la France est le fruit de multiples recompositions. Pourtant, selon certains candidats à l’élection présidentielle, il faudrait revenir à ce grand « récit national », avec ses rois, ses « grands hommes » et « ses grands mythes », sous prétexte d’imposer aux élèves « une certaine identité de la France ». En clair, pour paraphraser la phrase mythique du célèbre film de John Ford, « L’Homme qui tua Liberty Valence » (1962), il s’agirait de faire « le choix national » d’« imprimer la légende »,  puisque « la légende » nous paraît « plus belle que la réalité ».

Ainsi, la France de la IIIe république qui sortait vaincue de la guerre de 1870 avec l’Allemagne avait besoin de structurer sa jeunesse dans un imaginaire guerrier et vaillant. Les historiens ont donc « ressorti des placards » Vercingétorix pour les garçons et Jeanne d’Arc pour les filles, à des fins patriotiques, pour peaufiner un vrai « mythe créateur de la France »(5), en sacrifiant au passage la vérité historique….une démarche par ailleurs « empruntée » aux intellectuels allemands de l’époque, rappelle encore Patrice de Plunkett(6).

La France contemporaine, quant à elle, se dit originaire de la résistance gaullienne, bien qu’il  s’agisse d’une demi-vérité (7). Et quand la France moderne se dit originaire de la révolution de 1789, la France dite « éternelle » se dit originaire de « Charlemagne » ou de « Clovis ». Et aujourd’hui, veut-on croire, mieux vaut se construire « autour » d’une origine glorieuse (même si elle est fantasmée et mythique), et « contre » des ennemis « du dehors » jugés menaçants.

Mais c’est là confondre l’Histoire (avec un « grand H ») avec le « story telling », qui est « l’art de raconter des histoires ».

Comme le rappelle le blogueur « Zeboute »(8), « tout le monde se souvient des contes que l’on nous racontait quand nous étions enfants », qui « développaient notre imaginaire », et « permettaient d’expulser nos peurs, nos angoisses. Par une structuration du récit, qui donnait toujours un sens ». En général, « les gens » – et particulièrement « les enfants » –  aiment bien les histoires, plutôt que les discours rationnels et les arguments « qui peuvent être rébarbatifs ». Plutôt que de raisonner et de penser, qui nécessite un effort intellectuel, ils préfèrent « les histoires qui parlent à (leur) cœur », « faciles à appréhender ». C’est pourquoi nous sommes le plus souvent enclin à croire les mensonges, plutôt qu’à nous attacher à la vérité, parce que croire des mensonges nous arrange. Alors que la vérité nous dérange.

Bref, connaître l’Histoire est plus que jamais d’actualité, pour ne pas laisser à d’autres le soin de « fantasmer », « réécrire l’Histoire » ou de nous « raconter des histoires ». L’enjeu est de taille, puisqu’un peuple qui ne connaît pas l’Histoire (et son histoire) reste un peuple esclave.

Face à cette instrumentalisation, que peuvent les professeurs d’histoire pour éviter, devant leurs élèves, de devenir de vulgaires propagandistes ? On lira avec profit sur Bastamag(9) l’entretien de Véronique Servat, professeur d’histoire-géographie en collège et membre du collectif Aggiornamento histoire-géo et du Comité de vigilance face aux usages publics de l’histoire (CVUH), collectif de professeurs d’histoire et d’historiens né en réaction au vote de la loi du 23 février 2005 dont l’article 4 insistait sur les « effets positifs de la colonisation » et en prescrivait l’enseignement. Il y est notamment rappelé qu’enseigner l’histoire, en tant qu’enseignant ou universitaire, c’est avant tout un métier. Ainsi, un professeur d’histoire « fait réfléchir ses élèves à ce qu’est une source historique, ce qu’est un point de vue, comment on les confronte, comment on critique un document. L’histoire, c’est un questionnement, c’est une problématisation des sources et des points de vue. Ce n’est en aucun cas une contemplation béate d’un passé révolu ». Et ce, d’autant plus qu' »aujourd’hui, le citoyen vit dans l’espace européen, il vit dans l’espace mondial. Cette vision purement hexagonale de l’histoire n’a plus aucun sens ».

Mais laissons « le mot de la fin au blogueur catholique « Phylloscopus »(10) , déjà cité plus haut, qui nous invite à nous poser une question fondamentale, au-delà de la diversion du « buzz » sur les Gaulois :  « Et vu la violence des débats sur « l’identité nationale » et sa présence dans le débat politique, cette question, nous avons intérêt à nous la poser(….) C’est une question assez semblable, en fait, au débat sur la juste manière de commémorer Verdun, rappelez-vous : que mettons-nous derrière le terme « nos ancêtres », et quel est le rôle de la mémoire historique dans notre citoyenneté, dans notre façon d’être au pays où nous vivons ? Et c’est ce qui est réellement intéressant ». Et Phylloscopus de dénoncer dans «  cet exclusivisme [qui se cache derrière « les Gaulois »] une espèce de croyance bizarre, selon laquelle il n’existerait pas de voies possibles entre l’appropriation personnelle et le rejet pur et simple (sinon la franche hostilité). Ou vos ancêtres sont gaulois, fût-ce purement imaginaire, ou vous êtes un ennemi de la France, de la République, des racines chrétiennes, du vivre ensemble et des Trente-deux fromages menacés, voire un suppôt d’Harald Schumacher et de Monsieur Foote. Comme si l’on ne pouvait aimer ou tout simplement accepter que ce dont on est propriétaire, ce qui relève de notre avoir d’individu. Déchéance du sens du collectif ».

 

 

Notes :

(1) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/pour-francois-fillon-la-colonisation-visait-a-partager-sa-culture_1825773.html

(2) http://www.huffingtonpost.fr/2016/09/19/nicolas-sarkozy-franconville-integration-ancetres-gaulois_n_12090072.html

(3) https://phylloscopus.wordpress.com/2016/09/20/par-toutatis-sarkozy-nous-sert-lavisse/

(4) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/09/21/sarkozyx-en-fait-toujours-trop-5850681.html

(5) http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/09/20/01016-20160920ARTFIG00186-nos-ancetres-les-gaulois8230histoire-d-une-expression-controversee.phphttp://www.liberation.fr/tribune/2004/12/30/denationaliser-l-histoire-de-france_504451

(6) http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/09/21/sarkozyx-en-fait-toujours-trop-5850681.html

(7) http://lewebpedagogique.com/aguedet/files/2012/11/THEME-1-Les-m%C3%A9moires-de-la-Seconde-Guerre-mondiale.pdf

(8) https://zeboute-infocom.com/2015/04/22/le-story-telling-ou-lart-de-raconter-des-histoires/

(9) http://www.bastamag.net/Face-a-l-offensive-reactionnaire-L-histoire-ce-n-est-en-aucun-cas-la

(10) https://phylloscopus.wordpress.com/2016/09/20/par-toutatis-sarkozy-nous-sert-lavisse/