Foireux liens de septembre (35) : (in)cohérence des luttes

Les « Foireux liens » font leur rentrée en septembre

Bonjour ! Les « Foireux liens » font leur rentrée ! Au menu de cette 35ème édition : Amazonie, réforme des retraites, bioéthique, économie sous angle chrétien, lutte contre les violences faites aux femmes …..Bonne lecture !

 

1) L’Amazonie brûle. Le scepticisme flambe

Panorama : « La forêt du Midi aussi. Ça repousse et ça lui fait même du bien. » ; « Rien de nouveau. Mais ça permet d’attaquer un président souverainiste et qui défend les valeurs. Sinon comment vous expliquez cette hystérie alors que pendant des années les ONG n’ont rien dit ? » ; « Il y a autant d’incendies en Afrique et ça ne gêne personne. C’est bien la preuve que la forêt, en réalité, n’intéresse pas les écolos. ». « L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète : un poumon ça absorbe l’oxygène, ça n’en produit pas ! » Voyons voir.

Voir aussi https://www.bastamag.net/Amazonie-incendies-deforestation-Bolsonaro-soja-boeufs-fazendeiros-corruption-peuples-autochtones

2) Baisse des pensions, creusement des inégalités : ce qu’annonce le projet de réforme des retraites

Les grandes lignes du projet de réforme de retraites de Macron ont été dévoilées en plein mois de juillet. Le passage au système à points, l’abandon du calcul sur les 25 meilleures années, et la possibilité d’un taux plein à seulement 64 ans auront une conséquence évidente : la réduction des pensions et le creusement des inégalités entre retraités, cadres et ouvriers, hommes et femmes. Tout en ouvrant un peu plus les retraites aux marchés financiers, via le système de la capitalisation.

L’argument des partisans d’un recul de l’âge de la retraite, on le connaît : l’espérance de vie augmente, donc il faut bien travailler plus longtemps pour financer la totalité des pensions. La logique semble imparable. Mais c’est oublier qu’espérance de vie et espérance de vie en bonne santé sont deux choses biens différentes……

3) « Bioéthique : les musulmans absents et les Evangéliques exclus des auditions »

C’est l’un des moments attendus du processus législatif sur la bioéthique. La commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi a reçu le 29 août les représentants des cultes. En novembre 2012, les députés avaient reçus six représentants religieux pour entendre leur position sur le mariage entre personnes de même sexe. Cette année, ils ne seront que trois : Haim Korsia, Grand rabbin de France, Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique, et François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF).

PMA pour les couples de femmes et les femmes seules : la position de François Clavairoly

Auditionné lors de la commission spéciale bioéthique,  le  Président de la Fédération Protestante de France (FPF) se montre « réticent » à l’ouverture de la PMA à des femmes célibataires et aux couples de femmes. Il ne souhaite pas « encourager la fabrication d’enfants à la demande » et refuse « une médecine visant à satisfaire des souhaits ». Il dit « réticence et donc vigilance ».

4) Campus protestant fait peau neuve

Lancé le 18/10/17 à l’initiative de deux pasteurs également journalistes, Antoine Nouis et Jean-Luc Mouton, Campus protestant produit et met en ligne gratuitement des vidéos de conférences, de colloques, d’enseignements, de cours et de présentations de livres. Le site propose 5 rubriques thématiques : BibleThéologieEthiqueHistoireReligions, et 6 formats : Conférences et colloques, Les mots de la foi, Évangile du dimanche, En librairie, Cours et enseignements, 5 min pour comprendre. L’objectif : inciter tout un chacun à se former et à s’informer sur la pensée chrétienne de tradition protestante et sur les grands moments passés ou récents du Protestantisme et de ses composantes. Campus protestant est complété d’une chaîne YouTube, d’une page Facebook et d’un compte Twitter.

5) Comment étudier l’Economie sous un angle chrétien ?

Le sujet du Travail et de l’Economie est peut-être le moins abordé dans l’église évangélique, au point où l’on est persuadé que le christianisme et la Bible n’ont rien à dire sur notre modèle économique. Si jamais la Bible a quelque chose à en dire, c’est pour condamner le méchant socialisme et soutenir le « capitalisme » (mais allez savoir quelle définition…). Comment alors faire émerger une véritable vision chrétienne de notre étude de l’économie, en évitant les erreurs courantes dans les traitements évangéliques de l’Economie ? Un super article à ne pas manquer !

Voir aussi cette série sur les « emplois vains ».

6) Culte Michée France du 20 octobre : pour une économie généreuse

Une invitation à vivre un prochain culte Michée France du 20 octobre 2019 sur le thème de « L’économie généreuse » avec une emphase sur l’économie sociale et solidaire comme moyen pour l’Église de briller dans le tissu économique de la ville où elle se trouve. Plus d’infos sur

7) En panne ou épuisé : le burn out

« Essayons-nous de sauver le monde par nos propres forces ? »

Eglise de Nonza, Cap corse

 

8) Entendre l’appel de Dieu : pas sur portable !

[« Piqué » sur le blogue de Patrice de Plunkett, journaliste catholique]

 

 

 

 

 

9) (Le faux) évangile dit « de la prospérité » résumé dans cette vidéo :

10) (La) formation « Libérer » fait sa rentrée :

Libérer ! est une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris. Libérer ! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance. J’en parle ici.

Renseignement et inscription à la première session, qui aura lieu les 05 et 06 octobre 2019 à Paris, au palais de la femme.

11) Grenelle contre les violences faites aux femmes : Une pasteure baptiste réagit

Mardi 3 septembre, le Grenelle contre les violences faites aux femmes s’est ouvert à Matignon. Jusqu’au 25 novembre, il rassemblera acteurs de terrain, forces de l’ordre, familles de victimes et juristes. Joëlle Sütter-Razanajohary, pasteure de l’Église évangélique baptiste de Metz, s’exprime sur un fléau qui ne s’arrête pas aux portes des églises.

Lutte contre la violence faite aux femmes : l’incohérence

(Lu sur twitter) : « Incohérence pure que d’organiser d’un côté un #grenelledesviolencesconjugales afin que le corps des femmes ne soit plus martyrisé et de l’autre préparer le chemin de la #GPA qui transformera ce même corps en « supermarché à bébé » ! »

12) J comme … Jézabel ?

Beaucoup de femmes qui enseignent se sont déjà faites traiter de « Jézabel ». Il suffit pour s’en convaincre de lire les #thingsonlychristianwomenhear [#ChosesQueSeulesLesFemmesChrétiennesEntendent] sur Twitter ou de discuter brièvement avec des femmes en situation d’enseignement dans les Églises.

13) Hongrie : le christianisme de façade à l’index

Des églises rénovées et une rhétorique gouvernementale conservatrice qui s’appuie sur le christianisme : autant de paravents qui cachent en Hongrie une polarisation de la société avec un nombre croissant de sans-abri. Dans ce pays européen où le populisme bat son plein, reportage auprès de figures de résistance…

14) Le Grand Débat : Qui avait raison dans le conflit entre Paul et Barnabas ? 

Dans l’émission « Que dit la Bible », sur le blog Le Bon Combat, une question sur un passage bien connu du livre des Actes : « Qui avait raison dans le conflit entre Paul et Barnabas ? (Actes 15v36-40) Le fait que le récit suive Paul par la suite et le fait que l’Eglise ait recommandé Paul n’implique-t-il pas que c’est ce dernier qui avait raison ? » Afin de répondre à cette question, Guillaume Bourin traite des points suivants :  (1) Le contexte menant à ce conflit (2) Les motivations de chaque protagoniste (3) Peut-on réellement répondre à la question de départ ? (4) Peut-on réellement parler de conflit ou de division ?

15) « L’heure de vérité a sonné ». Grand mélomane, l’internaute « Jean-Luc 1er degré » a remarqué « que certains artistes ne se gênaient pas pour asséner des contre-vérités dans leurs chansons ». N’écoutant que son courage, il a décidé de nous les révéler sur twitter. « Et tant pis s’il faut écorner le mythe ! »

Ainsi, « Je me présente, je m’appelle Henri », affirme Daniel Balavoine dans « Le chanteur ». Son prénom n’est pourtant pas Henri mais Daniel.

U.S.A. for Africa signe un immense tube en 1985 avec « We are the World » (« Nous sommes le monde »). Un mensonge éhonté : le collectif ne réunit que 44 artistes alors que le monde compte 6 milliard d’habitants.

Dans « Rockollection » (1977), Laurent Voulzy déclare : « On a tous dans le cœur une petite fille oubliée. » En réalité, on a tous dans le cœur deux oreillettes et deux ventricules.

Etc…

16) Non, les jeunes ne sont pas de plus en plus violents ! Dix idées reçues sur la délinquance des mineurs

Les « jeunes délinquants » seraient plus violents, moins punis que leurs aînés. La justice serait à leur égard indulgente, lente, inefficace. Autant de préjugés non confirmés par les faits. Alors que la ministre Nicole Belloubet envisage de réformer par ordonnance la justice des enfants – donc sans débat parlementaire – voici dix idées reçues démontées par des professionnels du secteur.

Ce texte est issu du guide « Idées fausses sur la justice des mineurs : déminons le terrain ! 10 réponses pour en finir avec les préjugés ». Le texte complet est disponible à cette adresse.

17) Selon que vous serez médiatique ou misérable

Savez-vous qui a écrit de l’Abbé Pierre « Il est petit, épais comme un Juif version Buchenwald, porte des binocles pour mieux voir le fric (…) et une barbe de père Noël pouilleux qui serait resté trop longtemps à distribuer des cadeaux aux pensionnaires d’Auschwitz. Faut dire, vu le nombre de cheminées qu’il y avait là-haut, il devait y avoir du pain (grillé) sur ces planches qui ont servi à casser du Youpe, etc. » ? Ou bien encore à propos de la famine en Ethiopie « Après les six millions de Juifs soi-disant morts dans les camps en carton pâte que la Metro Goldwyn Meyer a fait construire un peu partout en Europe pour le compte (en banque) de quelques Juifs avides de pognon, on réinvente l’actualité pour renflouer les caisses de quelques dictateurs nègres dont le roseau de 30 cm ne suffit plus à aguicher les putains d’Adis-Abeba. » Et c’est encore le même qui a dit  « En fait, ces nègres maigres n’existent pas. Ce ne sont que les négatifs des photos truquées par les Juifs sur les prétendus camps de la mort. » ? Ces propos sont des écrits de jeunesse de Yann Moix. Révélés lundi par l’Express, ils étaient déjà   pardonnés dimanche par toute la communauté germanopratine, à commencer par son protecteur et mentor, BHL lui-même. Sauf que « l’indulgence pour l’erreur de jeunesse, il faut la plaider pour tous ou se taire ».

18) Signes, prodiges et miracles dans le Nouveau Testament

Une nouvelle série à suivre sur le blog de Timothée Minard, adaptation d’une conférence donnée lors de la cérémonie de clôture de l’Institut Supérieur de Théologie Évangélique (Antananarivo – Madagascar), le 13 juillet 2019.

Du même auteur : « la diversité des ministères : réflexions à partir d’Ephésiens 4 ».  La mention des « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et enseignants » en Éphésiens 4.11 est parfois utilisée pour organiser la vie de l’Église autour de ces « cinq ministères ». Cela a certes le mérite de questionner la tradition protestante qui s’est généralement focalisée autour du seul ministère de direction de l’Église locale, qu’il soit nommé pasteur ou ancien. Dans cet article, l’auteur montre néanmoins qu’il n’est pas forcément judicieux de se focaliser sur ces « 5 ministères », encourageant à retenir « l’esprit » de ce texte : celui-ci nous interpelle sur la nécessité de prendre en compte de la diversité des ministères, une diversité voulue par Dieu.

19) Taux élevé de fécondité en France : « Il faut chercher les explications ailleurs que dans la présence des immigrées »

Beaucoup de gens pensent que si le taux de fécondité est si élevé en France, […] c’est parce que les immigrées font beaucoup d’enfants. Les statistiques racontent une autre histoire. » Et ces chiffres balayent au passage plusieurs idées reçues

20) The Family… la face sombre d’un pseudo-évangélisme conquérant

Une enquête au cœur d’une organisation chrétienne conservatrice super secrète à Washington D.C. nommée The Fellowship Foundation, mais appelée en interne The Family. Selon Jeff Sharlet, l’auteur du livre publié en 2008 sur lequel se base la série, ses membres croient que « le vrai message du Christ n’est pas tant l’amour que la force ». Bien sûr, cela peut sembler quelque peu assez innocent au premier regard, enfin jusqu’à ce que tu réalises que l’organisation a beaucoup de pouvoir dans le monde entier, et qu’elle ne l’utilise pas vraiment forcément pour le meilleur…

Et le dernier pour la route :  Trouver des livres gratuits sur le web

 Certains parmi mes lecteurs me demandent parfois « où trouver des livres gratuits ». Personnellement, je n’en fournis pas, mais peux vous orienter vers certains sites ressources : ainsi, ce blogue au nom prédestiné, lequel fait la promotion et la catégorisation de livres électroniques chrétiens disponibles en français (près de 1000 ouvrages différents).

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en Novembre.

 

 

 

 

 

 

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.

Emmanuel Macron aux Bernardins : Discours « très brillant » ou « drôle de discours » ?

« Drôle de discours » ou « discours très brillant », « séduisant » ?

Invité par la Conférence des Évêques de France (CEF) à une soirée inédite au Collège des Bernardins, lundi 9 avril, le Président de la République a tenu, pour les uns, un « très brillant discours », ou pour les autres, « un drôle de discours » aux catholiques de France.

Ainsi, dans une récente note de blogue, le sociologue et historien du protestantisme Sébastien Fath nous partage son ressenti sur le fameux discours d’Emmanuel Macron, discours qu’il qualifie de « très brillant sur la laïcité et les relations entre l’Etat et les religions »(1). Une façon de le percevoir, bien sûr, car « Phylloscopus », un autre blogueur, catholique et naturaliste, le qualifie à l’inverse de « drôle de discours », dans lequel il perçoit la volonté manifeste du Président de « réparer le lien abîmé entre l’Église et l’État ». Mais, (se) questionne-t-il, s’agit-il vraiment d’un problème de lien entre l’Église et l’appareil d’État ? A moins qu’il ne s’agisse d’un problème de lien entre l’Église et la société ? Là est la nuance.

Voici, en complément de l’opinion de Sébastien Fath sur la question, cette intéressante analyse du blogueur, dont la pensée peut se résumer ainsi :

« Emmanuel Macron n’a pas cherché à dialoguer avec l’Église. Il lui a transmis une offre d’emploi, sans cacher le moins du monde le rapport de subordination qui s’ensuit. Il attend une Église En Marche, adhérente et soumise à la discipline de son parti. Il a proposé [le 09/04] à l’Église un poste de Chief Humanisation Officer dans la startup France. Ce poste, c’est un job, ou plutôt un stage non rémunéré, sous l’autorité du Président de la République, consistant à lubrifier sa politique en lui assurant un vernis d’humanisme qui servirait à faire taire les râleurs d’un côté et de l’autre. Le service d’humanisme-washing dont sa politique a besoin ».

En clair, ce discours serait celui d’un « commercial » ou d’un « manager », seule réalité connue par Emmanuel Macron. Je pense alors à « Huguenau », personnage du roman « Les Somnambules » d’Hermann Broch : dans ce roman, les hommes y sont établis dans des systèmes de valeurs différents, aucune entente n’est finalement possible entre eux. Certes, le personnage d’ Huguenau converse encore avec autrui, mais il y a cette lettre qu’il envoie, à la fin du livre, à un autre personnage, la veuve Esch, où il s’exprime entièrement dans son langage propre : le langage de l’individu entièrement commercial.

Voir aussi l’analyse du journaliste-blogueur Patrice de Plunkett, à consulter sur son blogue. Et lequel Patrice de Plunkett nous invite à lire le discours, qu’il qualifie de « long, riche en références érudites dans sa forme », mais « réduit au fond à trois signaux :

Je connais la maison Eglise, son histoire et son langage ;

Je saurai vous écouter ; 

Ça ne m’influencera en rien. 

Les deux premiers signaux sont là pour enrober le troisième, qui perce en plusieurs passages du discours ».

Enfin, les plus pressés se contenteront d’un résumé du discours.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

Note :

(1) Normalement, ce ne sont pas les relations entre « les Eglises et l’Etat » ?

 

La neige : chute ! Mais pas les commentaires…

Source : Météo France

La neige tombe sur notre beau pays et bloque tout….sauf les commentaires « des grands de notre temps aux calamités météorologiques », constate Phylloscopus, naturaliste catholique, dans une surprenante mais hilarante note de blogue. Jugez en vous-mêmes et relevez le défi de cet jeu édifiant, propre à occuper nos longues soirées d’hiver (qu’il y ait de la neige ou pas) : « retrouvez la source de ces vraies fausses déclarations ! »

Ainsi :

Sylvain Maillard, député du parti La République en marche (LREM) de Paris et membre de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale : « La grande majorité des flocons choisissent librement de tomber. » 

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes : « Assurer l’égalité des droits des flocon.n.es à atteindre le point de chute de leur choix est une priorité du gouvernement. »

Christian Estrosi, maire de Nice: « Grâce à notre réseau de vidéosurveillance, le premier d’Europe, pas un flocon n’a pu frapper les rues de Nice. »

Christophe Barbier, éditorialiste de l’hebdomadaire l’Express : « Les Français doivent apprendre à renoncer à leur cinquième centimètre de neige et aller travailler. »

WeDemain, une revue trimestrielle « pour changer d’époque » : « Il invente un mode de transport sur neige révolutionnaire grâce à deux planches de récupération fixées sous ses pieds, reliées à une application météo »

Les Echos, quotidien français d’information économique et financière d’orientation libérale : « Les fonctionnaires qui vident les sacs de neige sur nos têtes sont-ils trop nombreux ? »

Grégory Coupet, footballeur international français: « Cette chute de neige, je l’aurais arrêtée. »

Etc….

La suite à lire ici

 

 

Dieu a-t-il besoin d’être disculpé de la responsabilité de la tentation ?

Depuis le 03 décembre 2017, comme décidé et annoncé par la Conférence des Évêques de France, les catholiques ne seront plus « soumis à la tentation » en disant le Notre Père….

Ou quelles sont les raisons – et ses conséquences pratiques – du changement catholique  dans la formulation commune du Notre Père ?

 

La juriste-blogueuse « Aliocha » est revenue sur le fait qu’ « un million d’auditeurs ont entendu le philosophe Raphaël Enthoven affirmer [le 21/11/17] sur Europe 1  que les catholiques avaient modifié la célèbre prière du Notre Père par pure islamophobie. Il est exact que [depuis le 3 décembre], la phrase « Et ne nous soumet pas à la tentation » du Notre Père [a été] remplacée par « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Ceci dit, Aliocha nous invite à « (observer) la chronique de plus près », décomposant le raisonnement[qu’elle estime peu argumenté] du philosophe : les deux formules sont équivalentes, ne diffère que le verbe « soumettre ». Or le verbe « soumettre » renvoie nécessairement et uniquement à l’Islam (…). Donc si les catholiques suppriment « soumettre », c’est qu’ils le font à cause de l’Islam (…). Et s’ils le font à cause de l’Islam c’est pour s’en démarquer (…). Et s’ils s’en démarquent, ce ne peut être que par islamophobie (….).

« En réalité », souligne-t-elle, « et contrairement à ce qu’affirme le « philosophe », « les deux formules de cette prière sont si peu équivalentes que les débats ayant abouti à cette nouvelle traduction remontent aux années 60. (…) L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures. De fait, l’intervention de ce « philosophe » relève de l’erreur de débutant : affirmer sans la démontrer l’existence d’une corrélation entre deux événements, ici la modification d’une prière catholique et l’Islam ».

L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie donc pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures…..A moins qu’elle ne soit le reflet d’un rapport à (et d’une vision de) Dieu ? A ce propos, au-delà de la polémique soulevée par les propos de M. Enthoven [qui est, par la suite, revenu sur ses déclarations, en faisant son « mea culpa »], l’intéressante question de l’internaute « David » (cette « nouvelle traduction du Notre Père par l’Église catholique est-elle meilleure que la traduction œcuménique actuelle ? ») posée sur « 1001 questions », un site animé par le courant confessant protestant des « Attestants », permet de creuser un peu plus les raisons d’un tel changement.

Selon les « répondants » pasteurs et théologiens du site, « l’Église catholique a décidé ce changement dans la formulation commune du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » est remplacé par « ne nous laisse pas entrer en tentation »Le problème est que le verbe grec eispherein, que l’on trouve aussi bien dans le texte de Matthieu que dans celui de Luc, signifie bien « transporter, mener,  induire, conduire, faire entrer dans ». Et non pas « laisser entrer ». Ce n’est pas la même chose ! Les tentatives de justifier ce changement sur la base d’une source littérale araméenne de la prière de Jésus paraissent très conjecturales, et surtout guidées par un présupposé : « Dieu ne peut pas nous tenter, c’est l’œuvre du Diable ». Mais Dieu a-t-il « besoin » d’être « disculpé » de la responsabilité de la tentation ?

Les répondants Attestants relèvent que Jésus lui-même a été poussé au désert par l’Esprit Saint pour y être tenté, éprouvé, le Diable lui-même étant soumis à la volonté de Dieu. Jésus a été tenté (y compris à Gethsémané et sur la croix) dans sa foi, dans sa relation au Père ; La tentation est la condition de tout croyant. Dès que je crois, je suis exposé au combat -contre le doute. Et Paul précise que Dieu nous donne, avec l’épreuve-tentation, le moyen d’en sortir (1 Corinthiens 10v13).

La suite de la réponse à découvrir sur le site 1001 questions.

 

 

« Je respecte infiniment la liberté de conscience, mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne »

« L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ? »

Le simple fait de constater un stupéfiant niveau de tensions et de confusions autour des propos de « chrétiens en campagne », dans le cadre de cette élection présidentielle, devrait être de nature à nous interpeller : l’une invite à « un vote révolutionnaire » en faveur de la candidate d’extrême-droite, se persuadant qu’il ne s’agit pas d’un « vote d’adhésion » ; d’autres mettent Macron et Le Pen sur le même plan (au risque de banaliser celle-ci), appelant à « voter blanc » ou à glisser un bulletin « Jésus » dans l’urne (mais « son royaume » est-il « de ce monde » ? Peut-on « voter » pour Christ, comme s’il n’était qu’un « candidat », une « option », parmi d’autres ? ), parce que voter l’un ou l’autre serait dans tous les cas « soutenir (un) projet politique estampillé par la marque de la Bête, quel que soit son visage » ou « sceller une alliance inique pour la France »….Comment a-t-on pu en arriver là ?

Au milieu de toute cette agitation, « Zabou the terrible », une jeune blogueuse catholique au nom étrange, nous interpelle et nous fait part de ses incompréhensions, dans ce très beau texte intitulé « Pas l’indifférence ». Mais qu’est-ce que l’indifférence ? C’est un trouble de la perception ou « l’incapacité de distinguer les différences ».

Et « Zabou » de s’interroger, au lendemain d’élection :

(…) Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

(….) L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

La suite ici.

 

Présidentielle : Jésus serait-il « le président honoraire d’un club d’investissement » ?

Existe-t-il un « vote chrétien » ? Jésus serait-il le « président d’honneur » d’un parti quelconque ?
(Source : « Mockingbird »)

Pourquoi le « vote chrétien » est un mythe, et pourquoi « c’est heureux » qu’il en soit ainsi :

Dans un billet publié sur « Point théo », Louis Schweitzer, pasteur de la fédération baptiste et professeur d’éthique, nous invitait à prendre conscience du caractère complexe et paradoxal d’une élection : « Sans nous faire d’illusion sur les résultats d’une élection, nous devons avoir conscience qu’ils ne seront pourtant pas sans conséquences sur la vie concrète dans notre pays. Une des difficultés est que ces conséquences toucheront des domaines très variés. S’il n’y en avait qu’un, les choses seraient plus simples : nous chercherions de quel candidat nous nous sentons le plus proche et nous voterions pour lui. Malheureusement, nous nous sentons souvent proche de l’un sur un thème et d’un autre sur un autre sujet. Le grand danger, pour les chrétiens comme pour bien d’autres, serait de tout réduire à une unique question. Cette manière de faire est passionnelle et surtout réductrice »

Une intervention à rapprocher de ces deux autres, faites jeudi 30/03, le matin sur France Inter. Lesquelles ont été rapportées et commentées par le journaliste catholique Patrice de Plunkett sur son blogue : des curés de paroisses parisiennes soulignent, l’un, que l’Eglise ne donne « aucune consigne de vote » ; l’autre, que M. Fillon se dit chrétien mais que ça n’oblige pas à voter pour lui. En positif, le recteur de ND des Victoires propose un critère réellement chrétien : « Comment notre société peut-elle tolérer que des gens soient privés du nécessaire ? ». Le curé de St-Paul-St-Louis rappelle que l’Eglise ne lance pas d’anathèmes, mais que sa paroisse « accueille une famille de réfugiés syriens demandeurs d’asile ». Etc. On peut rapprocher ces propos du très récent discours de Mgr Pontier (président des évêques français). « Voilà ce que dit l’Eglise, dont nous sommes les pierres vivantes. Tout catholique devrait être en phase avec elle. Est-ce le cas ? » questionne Patrice de Plunkett. « Pas vraiment », répond-t-il, en s’étonnant d’ « un bizarre « vote catholique » qui refuserait les préconisations de l’Eglise… », « tournant le dos aux encycliques et préférer la doxa d’HEC ou les bricolages de la jeune Marion », et ce, « au nom de son « identité catholique » .

D’où l’intérêt de la tribune publiée le 27/03 dans Le Monde par trois jeunes catholiques (Anne Guillard, Pierre-Louis Choquet, Jean-Victor Elie) qui « refusent de laisser à la droite le monopole des valeurs chrétiennes », que Patrice de Plunkett cite, en mettant en gras les passages significatifs :

« D’après un sondage Ifop réalisé pour Famille chrétienne au début du mois de janvier 2017, 30 % des électeurs catholiques se disent prêts à voter pour François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, 29 % pour Marine Le Pen et 16 % pour Emmanuel Macron. Nous, une poignée de jeunes catholiques, refusons de laisser à la droite le monopole des « valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical, qui réponde aux exigences auxquelles nous appellent l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. Nous contestons la position des catholiques qui refusent a priori de considérer les candidatures de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon au motif que ceux-ci porteraient l’héritage d’une gauche foncièrement antireligieuse : l’enjeu de l’élection présidentielle est trop important pour donner autorité aux préjugés et se soustraire à l’examen attentif des programmes ainsi que des projets de société qu’ils dessinent. Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité. En publiant sa lettre encyclique Laudato si’ il y a deux ans à peine, le pape François appelait tous les hommes et femmes de bonne volonté, et en particulier les chrétiens, à se rassembler pour œuvrer collectivement à la construction d’une société plus inclusive, capable de réinventer son inscription dans des écosystèmes fragiles. Il a réitéré cet appel en février dernier, dans une lettre adressée aux représentants des mouvements sociaux de Californie, dans laquelle il a énergiquement rappelé : »Ne tombons pas dans le déni. Le temps nous est compté. Agissons. » […] 

Évidemment, poursuit Patrice de Plunkett, certains chrétiens « s’écrieront qu’on ne peut pas voter pour M. Mélenchon qui veut constitutionnaliser (?) le droit à l’IVG. Mais M. Fillon et Mme Le Pen, quant à eux, garantissent qu’ils ne toucheront pas à l’IVG : c’est quasiment la même chose que M. Mélenchon, à part certaines positions de principe. Si la question de l’IVG devait être considérée comme le critère catholique absolu dans un débat électoral, alors les catholiques ne pourraient voter pour personne : aucun des candidats ne propose de revenir sur l’IVG telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui. Tous certifient qu’ils veilleront sur son application ».

A l’inverse et à contre-courant, les jeunes signataires de la tribune du Monde rappellent qu’il existe d’autres critères chrétiens que la question (certes cruciale) du droit à la vie.  Mieux, ils les énumèrent. Les jeunes(et moins jeunes) chrétiens évangéliques sauront-ils faire de même ?

Lire l’intégralité de la note de blogue(partie 1) de Patrice de Plunkett ici. La partie 2 .

Foireux liens de janvier (19) : musulmans de France, revente ou échange de cadeaux, administration Trump, « christianisme identitaire », semaine universelle de prière 2017….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les premiers « Foireux liens » de l’année 2017 !

Enquête sur les musulmans de France, liste des infractions pouvant être sanctionnées à distance, revente ou échange de cadeaux, future administration Trump, affaire des cyberattaques russes, Semaine Universelle de Prière 2017, réédition de « Mein Kampf », scénario de « politique fiction » autour de l’élection de Marine Le Pen, et dilemme républicain autour de l’Obamacare….un menu post-fêtes plutôt copieux, pour ces « foireux liens » de janvier !

 

1) « Ces études sur l’Islam qui font polémique » : Découvert via un exemplaire de démonstration du « Monde des religions », reçu ce mois-ci : L’Institut Montaigne (un think tank créé en 2000) a publié, en septembre dernier, une enquête pionnière au fort potentiel polémique sur les musulmans de France intitulée : « Un islam français est possible », et qui a fait couler beaucoup d’encre. D’abord, parce qu’il est inhabituel de collecter des données personnelles religieuses pour les besoins d’un sondage. Ensuite, parce que ce sondage révèle que 28 % des musulmans interrogés peuvent être considérés comme « rigoristes ».  Si la majorité des musulmans ne s’y reconnaissent pas, pas moins de la moitié des 15-25 ans, eux, se rangent dans cette catégorie – ce qui ne signifie pas, préviennent les auteurs du rapport, qu’il s’agit d’individus « radicalisés ». Rapport à consulter ici ; En savoir plus sur le site du Monde ou du JDD.

 

2) Téléphone au volant et non-port de la ceinture verbalisables « à la volée » par caméra dès demain. Et même par radar automatique : Au travers d’un décret paru vendredi 30 décembre au Journal officiel, le gouvernement a modifié la liste des infractions pouvant être sanctionnées à distance, par le biais de caméras, ou même par radar automatique : téléphone au volant, non-port du casque, franchissement de lignes continues, dépassement dangereux, etc….A découvrir sur « nextinpact ».

3) « Déçu de vos cadeaux de Noël ? Votre joie d’hier a déjà fait « pschit » ? » BLF éditions croit tellement « qu’un excellent livre peut marquer durablement une vie » qu’ils sont prêts à vous proposer un étrange « deal » : Envoyez-leur vos cadeaux de Noël qui ne vous plaisent pas  et ils vous donnent le droit de choisir les livres de leur catalogue que vous souhaitez recevoir en échange. Question « à 100 euros » : pourquoi cette démarche et que feront-ils des cadeaux ? Comme je suis curieux, j’ai posé la question à Ruben Nussbaumer, le Directeur, lequel m’a aimablement répondu : « l’initiative de fin d’année est un clin d’œil à notre communauté. Elle est à la fois originale et décalée, comme on aime bien l’être ! Et à la fois tout à fait sérieuse : nous croyons vraiment qu’un livre peut durablement marquer une vie et nous aimons tout faire pour mettre nos livres entre les mains d’un maximum de lecteurs.  Et au vu de ce qu’on a reçu, je confirme qu’un bon livre a une portée beaucoup plus grande que certains cadeaux reçus. On y retrouve des foulards, de la nourriture pour poisson, des boucles d’oreilles, une paire de ballerines, un livre de recettes nutella etc. ! On va donner quelques nouvelles sur Facebook de l’opération. Tout ce que je sais pour l’instant, c’est qu’elle a produit le sourire escomptée chez nos lecteurs. » Affaire à suivre ! En attendant, voir ici.

4) Mais que penser de cette tendance révélatrice de notre temps – la revente ou l’échange de ses cadeaux de Noël ? Le journaliste Patrice de Plunkett relève que, « selon les journaux, plus de 500 000 cadeaux de Noël ont été mis en vente (quelques clics de smartphone) dans les heures qui ont suivi le réveillon. Les plates-formes comme PriceMinister ou Le Bon Coin comptent sur 3,5 millions de cadeaux à revendre d’ici la mi-janvier. Le réflexe est désormais acquis : un cadeau  – qu’il soit « de Noël » ou non –  est un objet à revendre. Selon deux critères……» à découvrir ici.

5) « Perdu…retrouvé » et publié par le Canard enchaîné : le programme santé du candidat F. Fillon : « Cette perle (était) devenue introuvable sur le site du candidat qui ne contient plus qu’un inoffensif résumé », explique l’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi. En effet, poursuit-il, « au soir du 13 décembre, après le grand rétropédalage de Fillon sur la Sécu, son équipe a supprimé du site de campagne ses 16 pages de «propositions détaillées» sur la santé. »

6) « Les identitaires » veulent peser en politique. Une tendance révélatrice d’une évolution : le passage d’un Christianisme social et ouvert à un Christianisme davantage identitaire et tourné sur les questions de morale. « Être Chrétien » consiste alors essentiellement à défendre « une identité chrétienne ».  ….sauf que le christianisme « identitaire » est un piège.

7) Avec qui Trump va-t-il gouverner ? Son gouvernement sera-t-il « très chrétien » ? « Largement chrétien » ? Ou peut-il être vu comme « une réponse aux prières des chrétiens américains, réclamant à Dieu des chrétiens aux postes clés du gouvernement ? » Axelle Hazard, diplômée en sciences politiques, nous en dit un peu plus sur la future administration Trump, dans « The American Ballot Box – La politique américaine pour tous », un blogue passionnant et très bien informé. Cette administration sera composée de : Andrew Puzder, un patron de chaîne de fast-food opposé à l’augmentation du salaire minimum au ministère du Travail ; Steven Mnuchin, un ancien dirigeant de Goldman Sachs aux finances; Rex Tillerson, le PDG d’Exxon Mobil, aux Affaires étrangères(il entretient des relations très amicales avec Vladimir Poutine) ; Wilbur Ross, un milliardaire et un investisseur spécialisé dans le sauvetage d’entreprises au bord de la faillite, à l’économie…Et de Stephen Bannon, un journaliste à la tête de « Breitbart News Network » – un site web d’informations conservateur qui soutient Trump depuis le début de la campagne – comme « Chief Strategist and Senior Counselor », soit le plus proche conseiller et le responsable de la stratégie présidentielle, au sein de l’Executive Office of the President (EOP), l’équipe qui entoure directement le président à la Maison Blanche. Avant de prendre la tête de « Breitbart », Stephen Bannon a travaillé chez Goldman Sachs. Depuis qu’il a pris la direction de Breitbart, le site a de plus en plus régulièrement versé dans le nationalisme, la xénophobie et les théories du complot et est devenu l’une des références du mouvement alt-right, abréviation de « Alternative Right ». Ce groupe est informel et surtout actif sur le web, où il diffuse ses idées nationalistes (la nécessité de défendre la race blanche face au multiculturalisme notamment) et aussi sexistes.
Bref, les personnalités (la plupart sans expérience politique) choisies par Donald Trump pour former son gouvernement reflètent l’orientation très pro-business qu’il entend donner à sa future administration.
D’un coup d’œil, la liste régulièrement mise à jour. Et dans le détail, voir ici, ici et .

8) « Ensemble, prions pour la France » : La Semaine Universelle de Prière 2017 a débuté le 08 janvier et se terminera le 15 janvier. Une initiative placée sous le signe de la liberté de conscience, puisque 2017 marquera le cinquième centenaire de l’affichage par le réformateur Luther des 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l’église de Wittemberg. Désireuse de mettre en valeur le précieux héritage spirituel de cette époque, l’Alliance évangélique européenne a choisi de baser la semaine universelle de prière sur la redécouverte des soli par la Réforme protestante : « le Christ seul, l’Écriture seule, la grâce seule, la foi seule » (mais pas « la gloire de Dieu seule » ?)….. Découvrir les sujets de prière proposés par le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) (pour nos autorités, nos départements, nos villes et nos quartiers, la liberté de dire et de vivre l’Evangile en France, être des réseaux de solidarité), les lieux de prière et les méditations quotidiennes proposées par l’Alliance Evangélique européenne.

9) “Le délit de solidarité avec les sans-papiers n’a pas disparu“ : Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur pour avoir aidé des migrants.

10) Classes de défense globale : quand l’armée fait son entrée dans les écoles et les collèges : Des enfants coachés par l’armée dès l’école élémentaire ? C’est le cas en France, depuis quelques années, grâce à des partenariats établis entre l’armée et l’Éducation nationale. Il existe plus de 80 « classes de défense globale » visant souvent des « publics en difficulté », avec l’objectif notamment de « réduire d’éventuels problèmes d’incivilités ». Les enseignants des établissements concernés n’échappent pas à une formation obligatoire à la défense nationale.

11) L’affaire des cyberattaques russes. Préparez-vous à entendre encore beaucoup parler de la Russie et des cyberattaques qu’elle aurait menées contre le Parti Démocrate en 2017. Le point sur ce que vous devez savoir : De quoi la Russie est-elle accusée ?

12) « Mein Kampf », le bon combat ? Marteler sur Twitter « qu’il ne fallait pas rééditer Mein Kampf, pour protéger la démocratie », et parce que cela va « banaliser les idées nauséabondes », «  c’est au mieux jouer à se faire peur, au pire prendre les gens pour des imbéciles », relève le naturaliste catholique et blogueur Phylloscopus. « C’est prôner une démocratie où le peuple est dénigré au point qu’on le croit bien capable de se laisser berner par ce torchon ». Mais « qu’avons-nous fait de notre monde pour qu’en 2017, nous puissions craindre que la vision nazie puisse de nouveau, sachant ce qu’elle a fait, susciter l’enthousiasme ?(…) Un coup d’œil aux programmes des prochaines élections nous renseigne : rien. Pauvreté, précarité, pression – sans limites, à l’infini ».

13) Note au Premier ministre : que se passera-t-il si Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle ? 7 mai 2017, 20h. Marine Le Pen est élue présidente de la République. Quelles seraient les conséquences pour les institutions ? Pourra-t-elle disposer d’une majorité parlementaire ? Quelle résistance opposeraient fonctionnaires, médias et société civile ? Dans une note fictive au chef du gouvernement, un haut fonctionnaire envisage froidement un scénario.

14) France Inter met fin aux ondes longues et dit bon vent à sa météo marine.

15) « Le dilemme de la semaine » : Etats-Unis, encore, pour terminer. Les Républicains semblent bien décidés à faire de l’abrogation de l’Affordable Care Act, plus connu sous le nom d’Obamacare, l’une de leurs priorités lors des prochaines semaines. Mais cela ne sera peut-être pas aussi simple que cela. En effet, des millions d’américains pourraient perdre leur couverture santé du jour au lendemain. C’est pourquoi les Républicains promettent non seulement d’abroger l’Obamacare mais aussi de le remplacer par une autre loi plus efficace. Quel est le problème? Il semblerait que cette nouvelle loi ne soit pas encore tout à fait prête. Par conséquent, les Républicains sont confrontés à un véritable dilemme. Faut-il abroger tout de suite l’Obamacare ou attendre que la loi de remplacement soit prête?

 

Pourquoi « la question des valeurs », comme critère de vote, est une notion « piégée »…

Ce qui est digne "ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité" : par exemple, la vie d’un enfant, son éducation...

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité »(Dany-Robert Dufour): voilà ce qui pourrait guider nos choix de vote….Mais est-ce le cas ?

Madeleine de Jessey, porte-parole de « Sens commun », courant du parti « Les Républicains » issu de La Manif Pour Tous, est interrogée par « Famille chrétienne », hebdomadaire familial français catholique, sur la très large victoire de François Fillon au premier tour de la primaire de la droite et du centre – qui n’est pas le premier tour de la présidentielle (20/11/16) :
A la question « François Fillon est perçu comme un candidat économiquement très libéral et qui peut être en contradiction avec la Doctrine sociale de l’Église, notamment sur la notion d’option préférentielle pour les pauvres. Qu’en pensez-vous ? », elle déclare « (comprendre) ces inquiétudes car nous les avions nous-mêmes lorsque nous avons rencontré François Fillon en juin dernier. Nous lui avions parlé de cet ultralibéralisme dont on l’accuse parfois. Il nous avait répondu que la première cause de pauvreté en France était le chômage, que les mesures drastiques qu’il proposait n’étaient pas une fin en soi mais uniquement un moyen pour libérer l’emploi, et redonner confiance, notamment aux jeunes générations très affectées par le chômage ». Rassurée, elle veut se persuader qu’ « il y a chez lui une volonté de remettre l’homme au cœur de notre économie ».

A l’inverse, le journaliste – également catholique – Patrice de Plunkett voit dans le vote Fillon un « piège subtil ». Car à « l’appât du vote utile Fillon ajoute une odeur alléchante : celle des « valeurs », mot vide de sens mais qui subjugue ». Il cite un article du Monde (23/11) qui « décrit ainsi des paroissiens d’Angers se bousculant autour de l’appât : « Fillon représente le plus les valeurs auxquelles je crois, les valeurs de famille, de droiture », dit l’une. « Ça fait longtemps que je vote par défaut, mais là je m’y retrouve », dit l’autre ». Mais « qu’ont-ils tous en tête ? » s’interroge Patrice de Plunkett. « Presque uniquement la loi Taubira ». Chez « Sens commun », de l’aveu de Madeleine de Jessey, son porte-parole, on aimerait aussi « qu’à terme la loi Taubira soit totalement détricotée  », considérant « que cette loi est mauvaise, et qu’une loi mauvaise ne peut rester en vigueur pour le bien de la société tout entière ». Comme cette circulaire (abrogée en 2015) susceptible de fragiliser des centaines de milliers d’associations, signée le 18 janvier 2010, dans la plus grande discrétion par le premier ministre de l’époque, un certain François Fillon ?

Mais « on sait que Fillon n’abolira pas (la loi Taubira) ? Ça ne fait rien : on se dit qu’il « aurait bien voulu » et ça fait presque le même effet. On se satisfait de cette odeur de « valeurs », parfum d’un vase vide ». Qu’importe alors son programme économique d’un libéralisme assumé, qui donne « le choix des larmes »(1), « aux antipodes de Laudato Si(2) et d’Evangelii gaudium »(3) ? Le catho sociologique n’entend pas ce que dit le Magistère [Les protestants « historiques » et protestants-évangéliques se réfèreront certainement, quant à eux, à la Bible, Parole de Dieu, et non aux discours/programmes des hommes politiques]. Il n’entend que ses propres « valeurs » (forcément « catholiques » puisque ce sont les siennes) », ce qui « le conduit à ignorer ce que peut dire le pape sur les sujets dérangeants : surtout ce pape-là, suspect d’idées de gauche ».
A l’appui de sa démonstration, Patrice de Plunkett souligne l’attitude « des deux paroissiens Anne et Pierre », qui, interrogés par Le Monde, « restent silencieux sur la proposition de Fillon de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires » durant le prochain quinquennat. Ainsi, « qu’importe que l’Etat nous prive de policiers ou de soignants indispensables ? Ce qui compte aux yeux d’Anne-et-Pierre, c’est qu’ « au niveau des valeurs de la famille et des valeurs chrétiennes », Juppé « c’est zéro ». Pourquoi est-ce chrétiennement zéro ? Parce que c’est « un homme de gauche déguisé en homme de droite » ! (Qu’il puisse y avoir des chrétiens de gauche n’effleure pas ces deux paroissiens) ». Le journaliste du Monde aurait aussi pu leur demander « pourquoi le programme si « familial » de Fillon ne favorise que les familles aisées ; Anne et Pierre auraient gardé le silence », assure encore Patrice de Plunkett. Car « ce qui dérange n’existe pas »(voir l’intégralité de sa note de blogue) .

En effet, que pèsera ce programme « si familial », si la famille (surtout celles « des classes pauvres et moyennes ») se retrouve précarisée par l’autre versant – économique libéral- de cette même politique, et si les papas rentrent de plus en plus tard, le soir, en semaine et le week-end, et même le dimanche ?

Plusieurs remarques à cela encore :
D’abord, ces commentaires choisis d’internautes, réagissant pertinemment à l’article de Patrice de Plunkett :

« ….ils me surprennent toujours les gens très émus, par ces embryons qu’on ne voit pas, par l’avortement[sujet en soi déjà très, très important], et qui refusent de se laisser toucher par les gens qu’on licencie en masse, par le type qui fait la manche à la sortie du supermarché. C’est très très surprenant cette émotion sélective. Le salarié qu’on licencie, la fille mère à l’oreille de qui le planning familial susurre qu’avorter c’est pas si mal, c’est le Christ lui-même. C’est pas moi qui le dis, c’est le Christ Lui-même qui l’a dit [dans Matt.25v36 et ss, par exemple].
Soyez sympas, atterrissez », dit ND / | 22/11/2016

En effet, « Comment prétendre aimer ce Dieu que l’on ne voit pas, alors que l’on n’aime pas son frère(ou son prochain) que l’on voit », écrivait l’apôtre Jean dans sa première lettre ? (1 Jean 4v20)

– Un autre internaute, « Cyril B / | 22/11/2016 », voit, quant à lui, « deux façons d’être chrétien en politique en France (4):
1) Ou bien (…) on dresse un tableau avec en colonne les « sujets de société » (avortement, euthanasie…); et en ligne le nom des candidats. Et dans chaque case on coche « d’accord avec le pape » ou « pas d’accord avec le pape ». Indépendamment du fait que la réduction de la doctrine de l’Eglise aux questions de mœurs est scabreuse, cette démarche des cases à cocher est vraiment ridicule », puisqu’ « elle montre des chrétiens qui ne votent pas en conscience, mais qui se cherchent un hypothétique permis de voter [pour « le candidat des valeurs chrétiennes » – en 2012, certains avaient cru devoir discerner ce label à Nicolas Sarkozy] que le pape [ou leur prêtre ou leur pasteur] serait censé leur donner. Les chrétiens seraient donc les suiveurs d’un gourou qui soulagerait leur conscience électorale. Ce n’est pas seulement nier la liberté que Dieu nous a donné, c’est surtout une paresse qui dispense d’exercer son discernement.
2) Une autre façon d’être chrétien en politique en France, c’est de faire le constat objectif que l’heure n’est pas à la désignation d’un candidat miraculeux [un homme ou une femme « providentiel(le) », un « messie politique » ] mais plutôt à une réflexion profonde. Avant que ne paraisse la Jeanne d’Arc de la Vème République qui boutera les mauvaises lois hors de France, il faut lui donner les moyens pour, c’est-à-dire poser des fondations. Comme dit le psaume: « quand les fondations sont en ruine, que peut faire le juste ? ».
Et « précisément », ajoute l’internaute, « il y a un problème de fondation dans le catholicisme politique de France. Ne serait-ce que parce que la doctrine de l’Eglise [ou la Bible, les enseignements du Christ, diraient les protestants]est mal comprise par les cathos eux-mêmes ? Or Jésus dit en Matthieu 7 que quand une maison est mal fondée, sa ruine est très grande. Il ajoute aussi qu’il faut creuser longtemps avant de poser les fondations ». Et, ajouterai-je, la différence entre « les chrétiens sableux » et « les chrétiens établis sur le roc », se perçoit entre les premiers, qui se contentent « d’écouter la parole de Christ » sans la mettre en pratique, et les seconds, qui « qui écoutent la parole de Christ et y obéissent » (Matt.7v24-25)

 

"Honorer", c'est donner du poids, le juste poids. Et non pas être léger ou "lourd"...

« Honorer », c’est donner du poids, le juste poids. Mais notre posture fait-elle preuve de « deux poids, deux mesures », concernant « les valeurs chrétiennes » ou « les principes bibliques » ?

Du côté protestants-évangéliques, je citerai :
« Michée France », qui veut mobiliser le monde protestant, particulièrement évangélique, contre l’extrême pauvreté, et nous interpelle de la sorte :
Lorsqu’on parle des « valeurs » ou « principes bibliques », on y englobe rarement les causes de la pauvreté et de l’injustice sociale. « … Dans les questions de morale individuelle, du respect de la vie (avortement, euthanasie, …), de morale sexuelle (l’homosexualité, …), lorsque des croyants interpellent les gouvernants, demandent que la loi impose la morale et manifestent, parfois dans la rue, leur mécontentement, il est peu demandé de justifier bibliquement les actions de plaidoyer (…) Pourquoi faire deux poids deux mesures : au loin, au près, questions morales, questions sociales », alors qu’ « il n’y a pas dans l’Ancien Testament de disjonction entre la justice sociale et la morale sexuelle » ?
– Et Philippe Malidor, journaliste à Réforme, auteur et traducteur, dans « Si j’étais président… – Le sel du scrutin présidentiel », le 16/02/2012(cité sur notre blogue), lequel nous questionne dans le même esprit : « Dans les milieux chrétiens, singulièrement évangéliques, les débats tournent souvent autour des affaires de bioéthique. Il est vrai que celles-ci engagent, et pour longtemps, des choix de société dont la facture se paiera dans une ou deux générations. Les discussions autour de l’avortement ou de l’euthanasie ne sont absolument pas méprisables. Faut-il pour autant faire de ces sujets l’alpha et l’oméga du choix à faire devant l’urne ? Faut-il insister davantage sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, 65 millions de citoyens vivants ? Quid de la justice, de l’équité, de l’honnêteté en affaires, de la santé, de l’emploi, de l’éducation, de la morale publique, du droit d’opinion et de religion ? »
Ne serait-il pas temps de découvrir, dans la Bible et non dans les déclarations (« pieuses » ou non) des candidats aux élections, que « les points non négociables » de Dieu sont plus étendus que les nôtres ? Cf Deut.10v17-19 ; Ezech.16v49-50, 22v7 ; Jer.5v28, 7v1-8 ; Osée 4v1-3 ; Lévit.18-19….

 

 

Notes :
(1) Son programme économique repose sur la priorité absolue donnée à la croissance : fin des 35 heures, suspension de la loi sur la pénibilité [Qui oblige, depuis le 1er janvier 2015, les chefs d’entreprises à recenser les salariés exposés au travail de nuit, aux 3-8, aux tâches répétitives et aux caissons hyperbares. Les ouvriers et employés concernés gagneront ainsi le droit à partir plus tôt à la retraite. Or le patronat s’est engagé dans un boycott qui ne dit pas son nom], la dégressivité des allocations familiales, une nouvelle réforme des retraites et un allégement social de 35 milliards « pour la compétitivité des entreprises », la réduction de 500.000 du nombre de fonctionnaires et la suppression du principe de précaution (jugé « dévoyé et arbitraire ») de la constitution (article 5 de la charte de l’environnement, 2005 : « Lorsque la réalisation d’un dommage, bien qu’incertaine en l’état des connaissances scientifiques, pourrait affecter de manière grave et irréversible l’environnement, les autorités publiques veillent, par application du principe de précaution et dans leurs domaines d’attributions, à la mise en œuvre de procédures d’évaluation des risques et à l’adoption de mesures provisoires et proportionnées afin de parer à la réalisation du dommage » cf http://www.lemonde.fr/programmes/environnement/le-principe-de-precaution). Il entend contourner l’action du parlement, en usant du référendum, « pour faire sauter les conservatismes ».

(2) Encyclique du pape François sur l’écologie, publiée le 18 juin 2015.

(3) Une exhortation apostolique du pape François émise le 24 novembre 2013, et concernant la mission première de l’Église dans le monde moderne : l’évangélisation.

(4) Invité de l’émission « Coram Deo », à écouter sur le blogue théo « Le bon Combat », le pasteur Florent Varak, quant à lui, en voit en une autre, qui serait éloigné du « lobbying » et de la « théocratie ». Il estime par ailleurs qu’il est « très difficile » de déterminer « ce que serait un programme politique chrétien ».