Foireux liens de mai (39) : boîtes à outils spirituels

Les « Foireux liens » de Mai : une sélection de « boîtes à outils spirituels » (Source image : public domain pictures)

Bonjour ! Vos « Foireux liens » tant attendus sont de retour ! La crise du Coronavirus aura eu au moins un effet positif : être inspirante pour tous ceux soucieux de poursuivre leur mission d’édification, d’information et d’annonce. Voici donc un petit échantillon (avec pas mal de vidéos) de ce qui nous est proposé sur le web pour nourrir notre foi et notre réflexion, et inspirer une action porteuse de sens. Bonnes découvertes !

 

En introduction, le Guide de reprise des Eglises Evangéliques par le CNEF, paru le 20 mai : Afin d’aider les églises ou les oeuvres dans la reprise éventuelle de leurs activités, le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) a réuni dans un Guide pratique de reprise de l’activité des associations protestantes évangéliques toutes les consignes et recommandations utiles. C’est en lien étroit avec les Délégués départementaux du CNEF et le ministère de l’Intérieur que ce guide a été réalisé, et en consultant en particulier le Protocole national de déconfinement. Le Conseil d’État a jugé le 18 mai que le gouvernement devait publier (avant le 26 mai) un décret autorisant les lieux de culte à accueillir du public. Ce guide sera actualisé en fonction des directives du décret à venir.

1) Le pain quotidien

A découvrir, « le pain quotidien », la vidéo méditative du confinement, postée sur youtube à 20h tous les soirs. Lancée dès le 16 mars.

2) Le Réveil (matin) : La guérison miraculeuse (un regard historique)

Dans cette édition (15 mai) du « Réveil », émission matinale en facebook live à 7h00 (redif sur youtube à 9h00), les pasteurs Julien et Anne Coffinet, des paroisses de Cergy, Saint-Germain-en-Laye et Dreux, s’entretiennent d’une enquête historique de Fadiey Lovsky et David Bouillon qui a été retracée dans le livre : « l’Eglise et les malades, du 2e siècle à nos jours ». L’occasion de parler de la prière de guérison, de la continuité ou non des miracles dans notre vie d’Eglise, de l’interprétation du Nouveau Testament. Un contenu à retrouver sur leur chaîne « Vous Etes Le Temple ».

3) Un site « Franchement top » : publications filtrées à l’ère du coronavirus

….parce qu’à l’ère de la fake news, un discernement offert est un vrai service rendu !

Un site à l’initiative de pasteurs membres des Attestants [qui animent par ailleurs « 1001 questions »], un groupe confessant de l’Eglise protestante unie de France, qui ont été préoccupés dès le début de la crise du coronavirus par les contenus foisonnants que l’internet proposait pour meubler l’ennui du confinement. Parmi tous ces contenus, beaucoup sont douteux et peu recommandables. D’où ce site de recommandation, qui n’engage que la bonne volonté du lecteur, et en amont le désir de bien faire de ses auteurs. Avec forcément des failles, des manques, des erreurs, comme dans toute expérience humaine, donc…

Explication de la démarche par l’administrateur du site.

« Au hasard », parmi leurs recommandations, ce site essentiel alors que nous sommes souvent perdus dans le temps et que nous avons besoin de regarder le calendrier pour savoir quel jour nous sommes…..

4) Comment, pour danah boyd, l’éducation aux médias ainsi (mal) faite peut être dangereuse et contre-productive

L’éducation aux médias, telle qu’elle est pratiquée actuellement, est-elle LA (bonne) solution pour lutter contre la désinformation ?  danah boyd, anthropologue et chercheuse chez Microsoft, fondatrice et présidente de Data & Society, était intervenue en mars 2018 lors de SWSX EDU à Austin (Texas), où elle y jouait un rôle « provocateur » et de « stimulant du débat ».  Dans sa présentation, elle a invité l’auditoire et les éducateurs en général à « remettre en questions leurs hypothèses sur l’éducation aux médias ». Elle a examiné « l’instabilité de notre écosystème médiatique » aujourd’hui en réseau pour ensuite aborder la question suivante : « vers quel type d’éducation aux médias devrions nous travailler ? »

5) Pour ne pas se tromper de « bon combat » : pourquoi le moralisme n’est ni la solution, ni la mission de l’Eglise

Dans le livre de l’Apocalypse, Jésus a écrit sept lettres à sept villes d’Asie Mineure. Il ne les a pas adressées aux hôtels de ville. Il les a écrites et envoyées aux Églises. Prenons quelques instants pour y réfléchir. Dans les derniers chapitres des Écritures, le Seigneur n’a pas donné à son Église la mission de « convertir la culture ». Il n’a pas conseillé à son peuple d’influencer le pouvoir politique pour implanter la moralité, ou pour protester contre la façon de gouverner des hommes immoraux. À vrai dire, il n’a instauré aucune révolution culturelle ni implanté une quelconque stratégie politique.

Aujourd’hui, l’Église (…) doit comprendre que Dieu n’a pas appelé son peuple hors du monde pour entreprendre une guerre contre la culture de la société. Nous n’avons pas le mandat de gagner du terrain sur le monde actuel, comme une force opérant superficiellement « pour ramener ce pays à Dieu ». Nous devons écarter l’illusion que la moralité de nos ancêtres a jadis fait de l’Amérique « une nation chrétienne ». Il n’y a jamais eu de nation chrétienne, seulement des chrétiens.

6) « L’Eglise qui croît (quand même) 3.0 » : les trois tables rondes en vidéo

A la veille de la première vague de déconfinement, les 8 et 9 mai 2020 a eu lieu par zoom la troisième édition du séminaire « L’Eglise qui croît », avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger et bien d’autres, annoncé notamment sur ce blogue. Ayant eu la joie de compter parmi les participants, je reviendrai certainement plus tard sur cet événement. En attendant, il est désormais possible de (re)visionner les trois tables-rondes du séminaire, lequel nous a invité à réfléchir ensemble « sur ce qui va, peut ou doit mourir, ce qui va, peut ou doit survivre, et ce qui va, peut, ou doit vivre avec les défis que nous lance la Corona-crise ».

7)« Chroniques en miettes » sur un « monde en pièces »

« J’hésitais entre deux qualifications pour décrire à la fois notre siècle et l’irruption de la Reine Corona dans notre univers humain, un monde en miettes ou un monde en pièces. J’ai choisi le monde en pièces pour illustrer ce livre que je m’apprête d’achever, qui a été écrit sous forme de chroniques. Tout au long de ces pages et au fil de ces textes, j’ai souhaité partager une vision très personnelle de cet événement brusque et brutal, à la fois, interpellant et dérangeant », nous explique Eric Lemaître, socio-économiste et blogueur. Lequel, s’il veut bien me passer cette facétie, prend en effet le pain du système technicien, serre le poing et des phalanges broie la grosse croûte bien sèche. Il ouvre la main et répand ses pensées en miettes, qu’il nous donne à goûter les unes après les autres sur « La Déconstruction de l’homme », blogue partenaire avec Pep’s café!

8) L’Eglise dématérialisée

Le temps de confinement généralisé de ces derniers mois nous a tous contraints à une rupture quasi-totale des interactions sociales. Les églises n’ont pas été fermées, mais on a interdit aux chrétiens de se rassembler — ce qui revenait un peu au même. Du jour au lendemain, la crise Covid-19 aura provoqué la dématérialisation de l’Église, complètement inimaginable sauf dans les scénarios apocalyptiques à la Tim Lahaye, ce qui a entraîné un blocage de la vie cultuelle habituelle. Une réflexion du blogue Le Sarment.

9) Un corps numérique ? Une évaluation de la “Zoom-Cène”

Le développement des cultes évangéliques en « live » sur le web interroge : vivons-nous durant cette période des « vrais cultes » (avec d’autres moyens), ou s’agit-il plutôt de « substituts », utiles et nécessaires, mais qui ne peuvent prétendre à remplacer simplement le rassemblement communautaire ? Y-a-t-il un sens théologique au rassemblement concret des croyants en un même lieu ? Cette question mérite d’autant plus d’être creusée qu’au prix du mètre carré, la pertinence de l’investissement dans un lieu de culte en serait forcément affectée. La question de la Cène nous offre une porte d’entrée dans cette réflexion.

10) 7 idées chrétiennes ressuscitées par la crise

Les idées chrétiennes ont ce pouvoir exceptionnel de ressusciter chaque fois qu’on les croyait mortes pour de bon. Résurgence inattendue de l’essentiel au cœur d’un monde superficiel, la crise sanitaire que nous vivons révèle la vraie nature de l’homme : un être profondément relationnel, dont la vie consiste avant tout à penser et aimer. Plus encore, ladite crise se présente à nous telle une sorte de « burnout » salutaire du postmodernisme. Comme si notre monde qui tournait trop vite et n’allait nulle part s’est épuisé et est désormais contraint de se mettre sur pause. Arrêt forcé qui lui permet d’examiner sa conscience et de se remémorer des idées plus pérennes que périmées. Analyse pertinente à lire sur le blogue du Verbe, lequel a pour mission de « témoigner de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine ».

11) Souffrance intérieure du chrétien : « jusques à quand ? »

Si vous l’avez raté, voici une recension du livre de Pascal Denault : Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, parue sur Pep’s café !

12) L’économie selon Dieu

Et si la Bible avait des choses à nous dire sur l’économie ? Étienne Omnès, des blogues « phileo-sophia » et « par la foi », pense qu’elle a en fait beaucoup de choses à dire et que les chrétiens ne devraient pas éviter les sujets économiques car tout appartient au Seigneur, y compris nos corps et ce que nous faisons avec eux, ce qui comprend notre travail. Voici son excellente conférence (en vidéo) donnée début février 2020 à l’Église Évangélique Évidence (hispanophone).

Voir aussi Quel système économique chrétien doit-on choisir ? Et Comment étudier l’Economie sous un angle chrétien

13) Le Covid-19 et le Général de Gaulle

On l’a oublié aujourd’hui, mais le monde a connu une crise sanitaire très semblable à celle de 2020 : la grippe de Hong-Kong de 1968 qui a tué non pas 130 000 personnes dans le monde, comme le Covid-19 à la mi-avril, mais largement plus d’un million, à une époque où la planète comptait moins de 4 milliards d’hommes. La moitié moins qu’aujourd’hui…

En France, cette même grippe de 1968 a tué 17 000 personnes, sur une population de 50 millions d’habitants (contre 65 millions en 2020). C’est dire si l’alerte a été sévère. Pour autant, le système de santé n’a pas été débordé, on n’a pas confiné toute une population chez elle, l’économie ne s’est pas arrêtée, bref, personne n’a pensé une seconde qu’une grippe, aussi contagieuse soit-elle, allait provoquer un collapsus économique planétaire semblable à la crise de 1929. » Et ce, pour une raison très simple….

14) Le Scandale des nouveaux-nés bloqués en Ukraine…et ailleurs

« La maternité de substitution commerciale relève de la vente d’enfant », selon la définition des Nations Unies : « un enfant est donné pour de l’argent. Les enfants, comme tous les êtres humains, ont le droit d’être protégés. Tout d’abord, contre le marché. Or, la maternité de substitution est un marché », dénonce le Corp [collectif pour le respect de la personne, militant pour l’abolition de la maternité de substitution – la GPA], dans un communiqué sur les enfants bloqués en Ukraine.

Et le dernier pour la route :

15) Raconter une « histoire par en bas » de la crise….ou quand « Ils et elles sont en première ligne et racontent leur quotidien, loin de la com’ gouvernementale »

Bastamag nous partage des récits de femmes et hommes trop souvent minorés. Avec sa série vidéo « Paroles de terrain » lancée le 20 mars dernier, Basta fait entendre celles et ceux que le Covid-19 a frappé en premier : ces soignants, sapeurs-pompiers, infirmières aux urgences ou en psychiatrie, anesthésistes qui, déjà avant la crise, manquaient de moyens, de lits, de personnel, et qui se sont retrouvés durant des semaines à gérer la pénurie de matériel de protection. Plusieurs personnes interviewées ont d’ailleurs eu le Covid – dans le cadre de leur travail, selon elles.

A travers leurs voix, ces reportages veulent lutter contre l’oubli : des mois de grèves juste avant l’épidémie, dans tout le pays, pour réclamer plus de moyens et de personnels pour leurs établissements, contre le démantèlement de l’hôpital public, sa gestion managériale, ses restrictions budgétaires. Relayer l’alerte de ces aides-soignants en Ehpad sur la prise en charge des résidents qui se dégrade. L’indignation de couturières face à la vente par des industriels de masques et blouses qu’elles ont cousus bénévolement. La colère d’enseignants confrontés à la fermeture de classes à la rentrée prochaine, tout en devant appliquer des consignes de « distanciation sociale » depuis le 11 mai jugées maltraitantes pour les enfants.

Le témoignage d’un employé d’Amazon à l’entrepôt de Brétigny-sur-Orge sur ses conditions de travail a contribué à documenter une plainte. Déposée par Solidaires et Les Amis de la Terre, cette plainte demandait l’arrêt de l’activité d’Amazon France. Le 14 avril, le tribunal de Nanterre a ordonné à la multinationale de limiter son activité à la livraison de produits essentiels (alimentaire, santé, hygiène) et d’évaluer les risques pour les salariés, dans les 24 heures et sous astreinte d’un million d’euros par jour de retard.

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils auront suscité votre intérêt. Prochaine édition en juillet.

 

Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

Le « Globish » : la langue des « winners » ou la nouvelle Novlangue ? A moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne…

Dans une note de blogue récente, le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett braque le projecteur sur la « singulière inhumanité d’élues macronistes »lors du débat sur une proposition du groupe centriste UDI-Agir visant à allonger de cinq à douze jours le congé du salarié en cas de décès d’un enfant : cinq jours n’étant pas suffisants pour que les parents puissent “reprendre pied”, expliquait le rapporteur UDI de la proposition de loi, Guy Bricout. La proposition a été rejetée par le bloc macroniste, sur intervention personnelle de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, traduite par un amendement de la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs et soutenue (avec férocité) par la députée LREM Sereine Mauborgne. Les trois femmes se sont acharnées à dire que la proposition Bricout allait “pénaliser les entreprises”, et que si vraiment les parents en deuil d’un enfant avaient besoin d’un délai, ce n’était pas à l’employeur de le leur accorder : ils n’avaient qu’à se faire offrir des jours de RTT par leurs collègues de travail ! L’inhumanité des trois femmes a choqué les députés de gauche et de droite, qui ont fait part de leur “honte”.

Dans une autre note suivant la première et publiée le 02/02 (« Congé de deuil parental : carence humaine à LREM »), le même Patrice de Plunkett souligne également à quel point « l’attitude du député [LREM du Val de Marne] Frédéric Descrozaille [interrogé sur l’inhumanité de phrases proférées par la ministre du Travail et plusieurs députées LREM, lors du débat de LCI vers 23h, le 01/02] a fait voir au téléspectateur le mur mental qui sépare le logiciel des macroniens et les réalités humaines (…) Interrogé là-dessus, l’élu du Val-de-Marne, sueur au front, s’est évertué à parler hors du sujet. Il paraissait gêné d’avoir à répondre d’un manque d’humanité ; visiblement il eût préféré se lancer dans les litanies « techniques » sous lesquelles ce parti a coutume de noyer les problèmes. L’une des invité(e)s, la députée EELV Sandra Regol, lui a donc reproché – non sans ironie – de sembler incapable de reconnaître une faute de son camp : celle de Mmes Pénicaud, Vaucouleurs et Mauborgne (…..). Ainsi mis dos au mur, M. Descrozaille a fini par reconnaître la faute des trois macroniennes. Il l’a même reconnue deux fois. Une première fois en français – et une seconde fois en globish, comme pour valider le « oui, c’était une faute » par un « yes, it was a mistake » : le globish étant la langue des choses sérieuses dans le petit monde dont fait partie LREM… Voilà par quelle catégorie sociétale nous sommes gouvernés depuis 2017″, conclut avec ironie Patrice de Plunkett.

Pour rappel, le « globish » (un mot-valise signifiant « anglais global » ou « anglais planétaire ») est une version simplifiée – appauvrie ? – de l’anglais comprenant 1500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue), à moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne, est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d’échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcement avec des anglophones. Promue par le français Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Et qui fait notamment l’impasse sur l’apprentissage d’un accent anglophone.

De là, ces réactions intéressantes d’internautes à l’article de Patrice de Plunkett, concernant la place du « globish » dans notre quotidien, non seulement « séculier » mais aussi ecclésial. Extraits :

GLOBISH ET MANAGEMENT

1: Sur l’usage de l’anglais au milieu d’une conversation française:

Une personne qui parle globish dans une conversation en français veut généralement dire autre chose que la traduction mot-à-mot. Ainsi:
– Quelqu’un qui dit « why not » après une proposition en français ne dit pas « pourquoi pas » mais « ça me fait [……] ».
– Quelqu’un qui décrit une personne comme « open » ne dit pas qu’elle est « ouverte » mais qu’elle est un « imbécile heureux ».
– Quelqu’un qui dit qu’il a « challengé » son équipe ne dit pas qu’il l’a « mise au défi » mais plutôt qu’il « lui a mis une pression pas forcément saine ».
(…)
Depuis le temps que j’entends parler globish au travail je commence à mettre sur pied un lexique.

2: Sur l’opportunité de prolonger le congé pour enfant décédé:

Mme Pénicaud ira sûrement expliquer que les parents risquent de provoquer la mort de leur enfant pour se payer plus de congés. D’ailleurs, ça arrive tellement souvent qu’un salarié perde son enfant que cette réforme risquait de faire peser une contrainte énoooooorme sur les entreprises.
Je me rappelle, un soir qu’on venait de servir la soupe aux personnes de la rue, nous avions constaté que l’un d’entre eux était pâle et tournait de l’œil. Bref, il avait la grippe. Nous lui disions: « Ne va pas travailler demain, tu es malade. » (oui il bossait, comme un tiers des gens de la rue). Il a répondu: « Je ne peux pas, je risque des jours de carence. » Drôlement malin ces réformes pour « responsabiliser » les salariés. On épuise un travailleur malade qui ira contaminer ses collègues.

3: Sur la mentalité LREM:

Le message des chrétiens a toute sa place pour contrecarrer les schémas de pensée macronistes. Qu’est-ce qu’il y a de plus important que le profit d’une entreprise dans cette société matérialiste? Dieu serait mort alors qu’est-ce qui obligerait à prendre soin des autres? Les chrétiens ne cherchent pas à faire la preuve de l’existence de Dieu mais à montrer la dignité divine de chaque homme par Jésus-Christ. « Pour toi j’ai frappé l’Egypte, Kush et Seba à ta place. […] Tu as du prix à mes yeux » (Is 43). La bonne nouvelle des chrétiens, c’est cette dignité incommensurable qu’il y a dans le dernier des chômeurs et qui justifie les plus grands sacrifices économiques, y compris au détriment des ténors du CAC 40. « Si c’est un homme » aurait dit Primo Levi. Chrétien deviens ce que tu es… comme on dit.  Écrit par : Cyril B / | 03/02/2020

GLOBISH AUSSI DANS L’EGLISE

Globish au Palais-Bourbon, globish aussi dans l’Église avec ce titre qui en dit long : « Étudiant et chrétien, influenceur ou follower ? » On nage en pleine culture marketing : l’influenceur, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée, « est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing ». ‘Influenceur’ est du globish hâtivement francisé (‘influencer’ en anglais) ; ‘suiveur’ eut sans doute été trop vieillot et franchouillard pour qu’on le préfère à son équivalent dans la langue de Shakespeare, évidemment dans le vent. Ces étudiants en grandes écoles se disent « gênés » de témoigner de leur foi : on les comprend car c’est la société libérale et liquide dans son ensemble qui va à contre-courant du message chrétien. Mais n’était-ce pas déjà le cas au temps du Christ ? (…) Ni ‘influenceurs’ ni ‘followers’ mais pleinement chrétiens dans les actes gratuits du quotidien (…), voilà le conseil que je donnerais humblement à ces étudiants : assurément, c’est par le témoignage concret et l’exemple donné que l’on évangélise, bien davantage que par toutes techniques de marketing qui parlent moins à Dieu qu’à Mammon. Des deux, il n’en est qu’un que nous puissions choisir. Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2020

Foireux liens de septembre (35) : (in)cohérence des luttes

Les « Foireux liens » font leur rentrée en septembre

Bonjour ! Les « Foireux liens » font leur rentrée ! Au menu de cette 35ème édition : Amazonie, réforme des retraites, bioéthique, économie sous angle chrétien, lutte contre les violences faites aux femmes …..Bonne lecture !

 

1) L’Amazonie brûle. Le scepticisme flambe

Panorama : « La forêt du Midi aussi. Ça repousse et ça lui fait même du bien. » ; « Rien de nouveau. Mais ça permet d’attaquer un président souverainiste et qui défend les valeurs. Sinon comment vous expliquez cette hystérie alors que pendant des années les ONG n’ont rien dit ? » ; « Il y a autant d’incendies en Afrique et ça ne gêne personne. C’est bien la preuve que la forêt, en réalité, n’intéresse pas les écolos. ». « L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète : un poumon ça absorbe l’oxygène, ça n’en produit pas ! » Voyons voir.

Voir aussi https://www.bastamag.net/Amazonie-incendies-deforestation-Bolsonaro-soja-boeufs-fazendeiros-corruption-peuples-autochtones

2) Baisse des pensions, creusement des inégalités : ce qu’annonce le projet de réforme des retraites

Les grandes lignes du projet de réforme de retraites de Macron ont été dévoilées en plein mois de juillet. Le passage au système à points, l’abandon du calcul sur les 25 meilleures années, et la possibilité d’un taux plein à seulement 64 ans auront une conséquence évidente : la réduction des pensions et le creusement des inégalités entre retraités, cadres et ouvriers, hommes et femmes. Tout en ouvrant un peu plus les retraites aux marchés financiers, via le système de la capitalisation.

L’argument des partisans d’un recul de l’âge de la retraite, on le connaît : l’espérance de vie augmente, donc il faut bien travailler plus longtemps pour financer la totalité des pensions. La logique semble imparable. Mais c’est oublier qu’espérance de vie et espérance de vie en bonne santé sont deux choses biens différentes……

3) « Bioéthique : les musulmans absents et les Evangéliques exclus des auditions »

C’est l’un des moments attendus du processus législatif sur la bioéthique. La commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi a reçu le 29 août les représentants des cultes. En novembre 2012, les députés avaient reçus six représentants religieux pour entendre leur position sur le mariage entre personnes de même sexe. Cette année, ils ne seront que trois : Haim Korsia, Grand rabbin de France, Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique, et François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF).

PMA pour les couples de femmes et les femmes seules : la position de François Clavairoly

Auditionné lors de la commission spéciale bioéthique,  le  Président de la Fédération Protestante de France (FPF) se montre « réticent » à l’ouverture de la PMA à des femmes célibataires et aux couples de femmes. Il ne souhaite pas « encourager la fabrication d’enfants à la demande » et refuse « une médecine visant à satisfaire des souhaits ». Il dit « réticence et donc vigilance ».

4) Campus protestant fait peau neuve

Lancé le 18/10/17 à l’initiative de deux pasteurs également journalistes, Antoine Nouis et Jean-Luc Mouton, Campus protestant produit et met en ligne gratuitement des vidéos de conférences, de colloques, d’enseignements, de cours et de présentations de livres. Le site propose 5 rubriques thématiques : BibleThéologieEthiqueHistoireReligions, et 6 formats : Conférences et colloques, Les mots de la foi, Évangile du dimanche, En librairie, Cours et enseignements, 5 min pour comprendre. L’objectif : inciter tout un chacun à se former et à s’informer sur la pensée chrétienne de tradition protestante et sur les grands moments passés ou récents du Protestantisme et de ses composantes. Campus protestant est complété d’une chaîne YouTube, d’une page Facebook et d’un compte Twitter.

5) Comment étudier l’Economie sous un angle chrétien ?

Le sujet du Travail et de l’Economie est peut-être le moins abordé dans l’église évangélique, au point où l’on est persuadé que le christianisme et la Bible n’ont rien à dire sur notre modèle économique. Si jamais la Bible a quelque chose à en dire, c’est pour condamner le méchant socialisme et soutenir le « capitalisme » (mais allez savoir quelle définition…). Comment alors faire émerger une véritable vision chrétienne de notre étude de l’économie, en évitant les erreurs courantes dans les traitements évangéliques de l’Economie ? Un super article à ne pas manquer !

Voir aussi cette série sur les « emplois vains ».

6) Culte Michée France du 20 octobre : pour une économie généreuse

Une invitation à vivre un prochain culte Michée France du 20 octobre 2019 sur le thème de « L’économie généreuse » avec une emphase sur l’économie sociale et solidaire comme moyen pour l’Église de briller dans le tissu économique de la ville où elle se trouve. Plus d’infos sur

7) En panne ou épuisé : le burn out

« Essayons-nous de sauver le monde par nos propres forces ? »

Eglise de Nonza, Cap corse

 

8) Entendre l’appel de Dieu : pas sur portable !

[« Piqué » sur le blogue de Patrice de Plunkett, journaliste catholique]

 

 

 

 

 

9) (Le faux) évangile dit « de la prospérité » résumé dans cette vidéo :

10) (La) formation « Libérer » fait sa rentrée :

Libérer ! est une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris. Libérer ! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance. J’en parle ici.

Renseignement et inscription à la première session, qui aura lieu les 05 et 06 octobre 2019 à Paris, au palais de la femme.

11) Grenelle contre les violences faites aux femmes : Une pasteure baptiste réagit

Mardi 3 septembre, le Grenelle contre les violences faites aux femmes s’est ouvert à Matignon. Jusqu’au 25 novembre, il rassemblera acteurs de terrain, forces de l’ordre, familles de victimes et juristes. Joëlle Sütter-Razanajohary, pasteure de l’Église évangélique baptiste de Metz, s’exprime sur un fléau qui ne s’arrête pas aux portes des églises.

Lutte contre la violence faite aux femmes : l’incohérence

(Lu sur twitter) : « Incohérence pure que d’organiser d’un côté un #grenelledesviolencesconjugales afin que le corps des femmes ne soit plus martyrisé et de l’autre préparer le chemin de la #GPA qui transformera ce même corps en « supermarché à bébé » ! »

12) J comme … Jézabel ?

Beaucoup de femmes qui enseignent se sont déjà faites traiter de « Jézabel ». Il suffit pour s’en convaincre de lire les #thingsonlychristianwomenhear [#ChosesQueSeulesLesFemmesChrétiennesEntendent] sur Twitter ou de discuter brièvement avec des femmes en situation d’enseignement dans les Églises.

13) Hongrie : le christianisme de façade à l’index

Des églises rénovées et une rhétorique gouvernementale conservatrice qui s’appuie sur le christianisme : autant de paravents qui cachent en Hongrie une polarisation de la société avec un nombre croissant de sans-abri. Dans ce pays européen où le populisme bat son plein, reportage auprès de figures de résistance…

14) Le Grand Débat : Qui avait raison dans le conflit entre Paul et Barnabas ? 

Dans l’émission « Que dit la Bible », sur le blog Le Bon Combat, une question sur un passage bien connu du livre des Actes : « Qui avait raison dans le conflit entre Paul et Barnabas ? (Actes 15v36-40) Le fait que le récit suive Paul par la suite et le fait que l’Eglise ait recommandé Paul n’implique-t-il pas que c’est ce dernier qui avait raison ? » Afin de répondre à cette question, Guillaume Bourin traite des points suivants :  (1) Le contexte menant à ce conflit (2) Les motivations de chaque protagoniste (3) Peut-on réellement répondre à la question de départ ? (4) Peut-on réellement parler de conflit ou de division ?

15) « L’heure de vérité a sonné ». Grand mélomane, l’internaute « Jean-Luc 1er degré » a remarqué « que certains artistes ne se gênaient pas pour asséner des contre-vérités dans leurs chansons ». N’écoutant que son courage, il a décidé de nous les révéler sur twitter. « Et tant pis s’il faut écorner le mythe ! »

Ainsi, « Je me présente, je m’appelle Henri », affirme Daniel Balavoine dans « Le chanteur ». Son prénom n’est pourtant pas Henri mais Daniel.

U.S.A. for Africa signe un immense tube en 1985 avec « We are the World » (« Nous sommes le monde »). Un mensonge éhonté : le collectif ne réunit que 44 artistes alors que le monde compte 6 milliard d’habitants.

Dans « Rockollection » (1977), Laurent Voulzy déclare : « On a tous dans le cœur une petite fille oubliée. » En réalité, on a tous dans le cœur deux oreillettes et deux ventricules.

Etc…

16) Non, les jeunes ne sont pas de plus en plus violents ! Dix idées reçues sur la délinquance des mineurs

Les « jeunes délinquants » seraient plus violents, moins punis que leurs aînés. La justice serait à leur égard indulgente, lente, inefficace. Autant de préjugés non confirmés par les faits. Alors que la ministre Nicole Belloubet envisage de réformer par ordonnance la justice des enfants – donc sans débat parlementaire – voici dix idées reçues démontées par des professionnels du secteur.

Ce texte est issu du guide « Idées fausses sur la justice des mineurs : déminons le terrain ! 10 réponses pour en finir avec les préjugés ». Le texte complet est disponible à cette adresse.

17) Selon que vous serez médiatique ou misérable

Savez-vous qui a écrit de l’Abbé Pierre « Il est petit, épais comme un Juif version Buchenwald, porte des binocles pour mieux voir le fric (…) et une barbe de père Noël pouilleux qui serait resté trop longtemps à distribuer des cadeaux aux pensionnaires d’Auschwitz. Faut dire, vu le nombre de cheminées qu’il y avait là-haut, il devait y avoir du pain (grillé) sur ces planches qui ont servi à casser du Youpe, etc. » ? Ou bien encore à propos de la famine en Ethiopie « Après les six millions de Juifs soi-disant morts dans les camps en carton pâte que la Metro Goldwyn Meyer a fait construire un peu partout en Europe pour le compte (en banque) de quelques Juifs avides de pognon, on réinvente l’actualité pour renflouer les caisses de quelques dictateurs nègres dont le roseau de 30 cm ne suffit plus à aguicher les putains d’Adis-Abeba. » Et c’est encore le même qui a dit  « En fait, ces nègres maigres n’existent pas. Ce ne sont que les négatifs des photos truquées par les Juifs sur les prétendus camps de la mort. » ? Ces propos sont des écrits de jeunesse de Yann Moix. Révélés lundi par l’Express, ils étaient déjà   pardonnés dimanche par toute la communauté germanopratine, à commencer par son protecteur et mentor, BHL lui-même. Sauf que « l’indulgence pour l’erreur de jeunesse, il faut la plaider pour tous ou se taire ».

18) Signes, prodiges et miracles dans le Nouveau Testament

Une nouvelle série à suivre sur le blog de Timothée Minard, adaptation d’une conférence donnée lors de la cérémonie de clôture de l’Institut Supérieur de Théologie Évangélique (Antananarivo – Madagascar), le 13 juillet 2019.

Du même auteur : « la diversité des ministères : réflexions à partir d’Ephésiens 4 ».  La mention des « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et enseignants » en Éphésiens 4.11 est parfois utilisée pour organiser la vie de l’Église autour de ces « cinq ministères ». Cela a certes le mérite de questionner la tradition protestante qui s’est généralement focalisée autour du seul ministère de direction de l’Église locale, qu’il soit nommé pasteur ou ancien. Dans cet article, l’auteur montre néanmoins qu’il n’est pas forcément judicieux de se focaliser sur ces « 5 ministères », encourageant à retenir « l’esprit » de ce texte : celui-ci nous interpelle sur la nécessité de prendre en compte de la diversité des ministères, une diversité voulue par Dieu.

19) Taux élevé de fécondité en France : « Il faut chercher les explications ailleurs que dans la présence des immigrées »

Beaucoup de gens pensent que si le taux de fécondité est si élevé en France, […] c’est parce que les immigrées font beaucoup d’enfants. Les statistiques racontent une autre histoire. » Et ces chiffres balayent au passage plusieurs idées reçues

20) The Family… la face sombre d’un pseudo-évangélisme conquérant

Une enquête au cœur d’une organisation chrétienne conservatrice super secrète à Washington D.C. nommée The Fellowship Foundation, mais appelée en interne The Family. Selon Jeff Sharlet, l’auteur du livre publié en 2008 sur lequel se base la série, ses membres croient que « le vrai message du Christ n’est pas tant l’amour que la force ». Bien sûr, cela peut sembler quelque peu assez innocent au premier regard, enfin jusqu’à ce que tu réalises que l’organisation a beaucoup de pouvoir dans le monde entier, et qu’elle ne l’utilise pas vraiment forcément pour le meilleur…

Et le dernier pour la route :  Trouver des livres gratuits sur le web

 Certains parmi mes lecteurs me demandent parfois « où trouver des livres gratuits ». Personnellement, je n’en fournis pas, mais peux vous orienter vers certains sites ressources : ainsi, ce blogue au nom prédestiné, lequel fait la promotion et la catégorisation de livres électroniques chrétiens disponibles en français (près de 1000 ouvrages différents).

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en Novembre.

 

 

 

 

 

 

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.

Emmanuel Macron aux Bernardins : Discours « très brillant » ou « drôle de discours » ?

« Drôle de discours » ou « discours très brillant », « séduisant » ?

Invité par la Conférence des Évêques de France (CEF) à une soirée inédite au Collège des Bernardins, lundi 9 avril, le Président de la République a tenu, pour les uns, un « très brillant discours », ou pour les autres, « un drôle de discours » aux catholiques de France.

Ainsi, dans une récente note de blogue, le sociologue et historien du protestantisme Sébastien Fath nous partage son ressenti sur le fameux discours d’Emmanuel Macron, discours qu’il qualifie de « très brillant sur la laïcité et les relations entre l’Etat et les religions »(1). Une façon de le percevoir, bien sûr, car « Phylloscopus », un autre blogueur, catholique et naturaliste, le qualifie à l’inverse de « drôle de discours », dans lequel il perçoit la volonté manifeste du Président de « réparer le lien abîmé entre l’Église et l’État ». Mais, (se) questionne-t-il, s’agit-il vraiment d’un problème de lien entre l’Église et l’appareil d’État ? A moins qu’il ne s’agisse d’un problème de lien entre l’Église et la société ? Là est la nuance.

Voici, en complément de l’opinion de Sébastien Fath sur la question, cette intéressante analyse du blogueur, dont la pensée peut se résumer ainsi :

« Emmanuel Macron n’a pas cherché à dialoguer avec l’Église. Il lui a transmis une offre d’emploi, sans cacher le moins du monde le rapport de subordination qui s’ensuit. Il attend une Église En Marche, adhérente et soumise à la discipline de son parti. Il a proposé [le 09/04] à l’Église un poste de Chief Humanisation Officer dans la startup France. Ce poste, c’est un job, ou plutôt un stage non rémunéré, sous l’autorité du Président de la République, consistant à lubrifier sa politique en lui assurant un vernis d’humanisme qui servirait à faire taire les râleurs d’un côté et de l’autre. Le service d’humanisme-washing dont sa politique a besoin ».

En clair, ce discours serait celui d’un « commercial » ou d’un « manager », seule réalité connue par Emmanuel Macron. Je pense alors à « Huguenau », personnage du roman « Les Somnambules » d’Hermann Broch : dans ce roman, les hommes y sont établis dans des systèmes de valeurs différents, aucune entente n’est finalement possible entre eux. Certes, le personnage d’ Huguenau converse encore avec autrui, mais il y a cette lettre qu’il envoie, à la fin du livre, à un autre personnage, la veuve Esch, où il s’exprime entièrement dans son langage propre : le langage de l’individu entièrement commercial.

Voir aussi l’analyse du journaliste-blogueur Patrice de Plunkett, à consulter sur son blogue. Et lequel Patrice de Plunkett nous invite à lire le discours, qu’il qualifie de « long, riche en références érudites dans sa forme », mais « réduit au fond à trois signaux :

Je connais la maison Eglise, son histoire et son langage ;

Je saurai vous écouter ; 

Ça ne m’influencera en rien. 

Les deux premiers signaux sont là pour enrober le troisième, qui perce en plusieurs passages du discours ».

Enfin, les plus pressés se contenteront d’un résumé du discours.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

Note :

(1) Normalement, ce ne sont pas les relations entre « les Eglises et l’Etat » ?

 

La neige : chute ! Mais pas les commentaires…

Source : Météo France

La neige tombe sur notre beau pays et bloque tout….sauf les commentaires « des grands de notre temps aux calamités météorologiques », constate Phylloscopus, naturaliste catholique, dans une surprenante mais hilarante note de blogue. Jugez en vous-mêmes et relevez le défi de cet jeu édifiant, propre à occuper nos longues soirées d’hiver (qu’il y ait de la neige ou pas) : « retrouvez la source de ces vraies fausses déclarations ! »

Ainsi :

Sylvain Maillard, député du parti La République en marche (LREM) de Paris et membre de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale : « La grande majorité des flocons choisissent librement de tomber. » 

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes : « Assurer l’égalité des droits des flocon.n.es à atteindre le point de chute de leur choix est une priorité du gouvernement. »

Christian Estrosi, maire de Nice: « Grâce à notre réseau de vidéosurveillance, le premier d’Europe, pas un flocon n’a pu frapper les rues de Nice. »

Christophe Barbier, éditorialiste de l’hebdomadaire l’Express : « Les Français doivent apprendre à renoncer à leur cinquième centimètre de neige et aller travailler. »

WeDemain, une revue trimestrielle « pour changer d’époque » : « Il invente un mode de transport sur neige révolutionnaire grâce à deux planches de récupération fixées sous ses pieds, reliées à une application météo »

Les Echos, quotidien français d’information économique et financière d’orientation libérale : « Les fonctionnaires qui vident les sacs de neige sur nos têtes sont-ils trop nombreux ? »

Grégory Coupet, footballeur international français: « Cette chute de neige, je l’aurais arrêtée. »

Etc….

La suite à lire ici

 

 

Dieu a-t-il besoin d’être disculpé de la responsabilité de la tentation ?

Depuis le 03 décembre 2017, comme décidé et annoncé par la Conférence des Évêques de France, les catholiques ne seront plus « soumis à la tentation » en disant le Notre Père….

Ou quelles sont les raisons – et ses conséquences pratiques – du changement catholique  dans la formulation commune du Notre Père ?

 

La juriste-blogueuse « Aliocha » est revenue sur le fait qu’ « un million d’auditeurs ont entendu le philosophe Raphaël Enthoven affirmer [le 21/11/17] sur Europe 1  que les catholiques avaient modifié la célèbre prière du Notre Père par pure islamophobie. Il est exact que [depuis le 3 décembre], la phrase « Et ne nous soumet pas à la tentation » du Notre Père [a été] remplacée par « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Ceci dit, Aliocha nous invite à « (observer) la chronique de plus près », décomposant le raisonnement[qu’elle estime peu argumenté] du philosophe : les deux formules sont équivalentes, ne diffère que le verbe « soumettre ». Or le verbe « soumettre » renvoie nécessairement et uniquement à l’Islam (…). Donc si les catholiques suppriment « soumettre », c’est qu’ils le font à cause de l’Islam (…). Et s’ils le font à cause de l’Islam c’est pour s’en démarquer (…). Et s’ils s’en démarquent, ce ne peut être que par islamophobie (….).

« En réalité », souligne-t-elle, « et contrairement à ce qu’affirme le « philosophe », « les deux formules de cette prière sont si peu équivalentes que les débats ayant abouti à cette nouvelle traduction remontent aux années 60. (…) L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures. De fait, l’intervention de ce « philosophe » relève de l’erreur de débutant : affirmer sans la démontrer l’existence d’une corrélation entre deux événements, ici la modification d’une prière catholique et l’Islam ».

L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie donc pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures…..A moins qu’elle ne soit le reflet d’un rapport à (et d’une vision de) Dieu ? A ce propos, au-delà de la polémique soulevée par les propos de M. Enthoven [qui est, par la suite, revenu sur ses déclarations, en faisant son « mea culpa »], l’intéressante question de l’internaute « David » (cette « nouvelle traduction du Notre Père par l’Église catholique est-elle meilleure que la traduction œcuménique actuelle ? ») posée sur « 1001 questions », un site animé par le courant confessant protestant des « Attestants », permet de creuser un peu plus les raisons d’un tel changement.

Selon les « répondants » pasteurs et théologiens du site, « l’Église catholique a décidé ce changement dans la formulation commune du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » est remplacé par « ne nous laisse pas entrer en tentation »Le problème est que le verbe grec eispherein, que l’on trouve aussi bien dans le texte de Matthieu que dans celui de Luc, signifie bien « transporter, mener,  induire, conduire, faire entrer dans ». Et non pas « laisser entrer ». Ce n’est pas la même chose ! Les tentatives de justifier ce changement sur la base d’une source littérale araméenne de la prière de Jésus paraissent très conjecturales, et surtout guidées par un présupposé : « Dieu ne peut pas nous tenter, c’est l’œuvre du Diable ». Mais Dieu a-t-il « besoin » d’être « disculpé » de la responsabilité de la tentation ?

Les répondants Attestants relèvent que Jésus lui-même a été poussé au désert par l’Esprit Saint pour y être tenté, éprouvé, le Diable lui-même étant soumis à la volonté de Dieu. Jésus a été tenté (y compris à Gethsémané et sur la croix) dans sa foi, dans sa relation au Père ; La tentation est la condition de tout croyant. Dès que je crois, je suis exposé au combat -contre le doute. Et Paul précise que Dieu nous donne, avec l’épreuve-tentation, le moyen d’en sortir (1 Corinthiens 10v13).

La suite de la réponse à découvrir sur le site 1001 questions.

 

 

« Je respecte infiniment la liberté de conscience, mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne »

« L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ? »

Le simple fait de constater un stupéfiant niveau de tensions et de confusions autour des propos de « chrétiens en campagne », dans le cadre de cette élection présidentielle, devrait être de nature à nous interpeller : l’une invite à « un vote révolutionnaire » en faveur de la candidate d’extrême-droite, se persuadant qu’il ne s’agit pas d’un « vote d’adhésion » ; d’autres mettent Macron et Le Pen sur le même plan (au risque de banaliser celle-ci), appelant à « voter blanc » ou à glisser un bulletin « Jésus » dans l’urne (mais « son royaume » est-il « de ce monde » ? Peut-on « voter » pour Christ, comme s’il n’était qu’un « candidat », une « option », parmi d’autres ? ), parce que voter l’un ou l’autre serait dans tous les cas « soutenir (un) projet politique estampillé par la marque de la Bête, quel que soit son visage » ou « sceller une alliance inique pour la France »….Comment a-t-on pu en arriver là ?

Au milieu de toute cette agitation, « Zabou the terrible », une jeune blogueuse catholique au nom étrange, nous interpelle et nous fait part de ses incompréhensions, dans ce très beau texte intitulé « Pas l’indifférence ». Mais qu’est-ce que l’indifférence ? C’est un trouble de la perception ou « l’incapacité de distinguer les différences ».

Et « Zabou » de s’interroger, au lendemain d’élection :

(…) Banalisation de la violence,

Banalisation de l’exclusion,

Banalisation d’une politique qui semble trop lointaine ?

Banalisation du drame d’une France divisée.

Je ne mets pas tout sur le même plan,

Mais je m’interroge.

En 2002, j’étais lycéenne,

La présence d’un extrême au 2nd tour avait été choc

… Et réaction !

Une France dans la rue : des craintes, des « plus jamais ça »…

C’était maladroit mais c’était heureux.

Et aujourd’hui ?

Indifférence.

 

Malgré son nombre croissant de voix,

Je ne peux faire du FN un parti comme un autre,

Je ne peux pas dire : on a juste à choisir entre l’extrême-droite, le centre gauche fan de gros sous, le vote blanc ou l’abstention,

Je ne peux pas le dire en oubliant que, dans un des possibles, il y a « extrême »,

Je ne veux pas de la banalisation de l’extrémisme,

Je refuse cette indifférence crasse face à l’inacceptable !

Qu’on se le dise : je ne juge pas ceux qui le font,

Mais je ne parviens pas à comprendre comment on peut être chrétien et voter FN.

 Je respecte infiniment la liberté de conscience

Mais il n’y a pas d’indifférence chrétienne :

Comment ne pas réagir ?

(….) L’indifférence tranquille n’est-il pas ventre trop fécond du fleurissement des extrêmes ?  

La suite ici.

 

Présidentielle : Jésus serait-il « le président honoraire d’un club d’investissement » ?

Existe-t-il un « vote chrétien » ? Jésus serait-il le « président d’honneur » d’un parti quelconque ?
(Source : « Mockingbird »)

Pourquoi le « vote chrétien » est un mythe, et pourquoi « c’est heureux » qu’il en soit ainsi :

Dans un billet publié sur « Point théo », Louis Schweitzer, pasteur de la fédération baptiste et professeur d’éthique, nous invitait à prendre conscience du caractère complexe et paradoxal d’une élection : « Sans nous faire d’illusion sur les résultats d’une élection, nous devons avoir conscience qu’ils ne seront pourtant pas sans conséquences sur la vie concrète dans notre pays. Une des difficultés est que ces conséquences toucheront des domaines très variés. S’il n’y en avait qu’un, les choses seraient plus simples : nous chercherions de quel candidat nous nous sentons le plus proche et nous voterions pour lui. Malheureusement, nous nous sentons souvent proche de l’un sur un thème et d’un autre sur un autre sujet. Le grand danger, pour les chrétiens comme pour bien d’autres, serait de tout réduire à une unique question. Cette manière de faire est passionnelle et surtout réductrice »

Une intervention à rapprocher de ces deux autres, faites jeudi 30/03, le matin sur France Inter. Lesquelles ont été rapportées et commentées par le journaliste catholique Patrice de Plunkett sur son blogue : des curés de paroisses parisiennes soulignent, l’un, que l’Eglise ne donne « aucune consigne de vote » ; l’autre, que M. Fillon se dit chrétien mais que ça n’oblige pas à voter pour lui. En positif, le recteur de ND des Victoires propose un critère réellement chrétien : « Comment notre société peut-elle tolérer que des gens soient privés du nécessaire ? ». Le curé de St-Paul-St-Louis rappelle que l’Eglise ne lance pas d’anathèmes, mais que sa paroisse « accueille une famille de réfugiés syriens demandeurs d’asile ». Etc. On peut rapprocher ces propos du très récent discours de Mgr Pontier (président des évêques français). « Voilà ce que dit l’Eglise, dont nous sommes les pierres vivantes. Tout catholique devrait être en phase avec elle. Est-ce le cas ? » questionne Patrice de Plunkett. « Pas vraiment », répond-t-il, en s’étonnant d’ « un bizarre « vote catholique » qui refuserait les préconisations de l’Eglise… », « tournant le dos aux encycliques et préférer la doxa d’HEC ou les bricolages de la jeune Marion », et ce, « au nom de son « identité catholique » .

D’où l’intérêt de la tribune publiée le 27/03 dans Le Monde par trois jeunes catholiques (Anne Guillard, Pierre-Louis Choquet, Jean-Victor Elie) qui « refusent de laisser à la droite le monopole des valeurs chrétiennes », que Patrice de Plunkett cite, en mettant en gras les passages significatifs :

« D’après un sondage Ifop réalisé pour Famille chrétienne au début du mois de janvier 2017, 30 % des électeurs catholiques se disent prêts à voter pour François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, 29 % pour Marine Le Pen et 16 % pour Emmanuel Macron. Nous, une poignée de jeunes catholiques, refusons de laisser à la droite le monopole des « valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical, qui réponde aux exigences auxquelles nous appellent l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. Nous contestons la position des catholiques qui refusent a priori de considérer les candidatures de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon au motif que ceux-ci porteraient l’héritage d’une gauche foncièrement antireligieuse : l’enjeu de l’élection présidentielle est trop important pour donner autorité aux préjugés et se soustraire à l’examen attentif des programmes ainsi que des projets de société qu’ils dessinent. Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité. En publiant sa lettre encyclique Laudato si’ il y a deux ans à peine, le pape François appelait tous les hommes et femmes de bonne volonté, et en particulier les chrétiens, à se rassembler pour œuvrer collectivement à la construction d’une société plus inclusive, capable de réinventer son inscription dans des écosystèmes fragiles. Il a réitéré cet appel en février dernier, dans une lettre adressée aux représentants des mouvements sociaux de Californie, dans laquelle il a énergiquement rappelé : »Ne tombons pas dans le déni. Le temps nous est compté. Agissons. » […] 

Évidemment, poursuit Patrice de Plunkett, certains chrétiens « s’écrieront qu’on ne peut pas voter pour M. Mélenchon qui veut constitutionnaliser (?) le droit à l’IVG. Mais M. Fillon et Mme Le Pen, quant à eux, garantissent qu’ils ne toucheront pas à l’IVG : c’est quasiment la même chose que M. Mélenchon, à part certaines positions de principe. Si la question de l’IVG devait être considérée comme le critère catholique absolu dans un débat électoral, alors les catholiques ne pourraient voter pour personne : aucun des candidats ne propose de revenir sur l’IVG telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui. Tous certifient qu’ils veilleront sur son application ».

A l’inverse et à contre-courant, les jeunes signataires de la tribune du Monde rappellent qu’il existe d’autres critères chrétiens que la question (certes cruciale) du droit à la vie.  Mieux, ils les énumèrent. Les jeunes(et moins jeunes) chrétiens évangéliques sauront-ils faire de même ?

Lire l’intégralité de la note de blogue(partie 1) de Patrice de Plunkett ici. La partie 2 .