Enjeux écologiques et climatiques : des ressources pour s’informer, se sensibiliser, réfléchir et agir

Crédits carbone ? Par Andy Singer

Crédits carbone ?
Par Andy Singer

La COP21 s’est terminée vendredi 11 décembre 2015, avec un accord qui a été beaucoup commenté et analysé(1). Mais ce n’est pas une raison pour ne plus reparler d’écologie ou de climat par la suite. L’intérêt de la présente bibliographie – non exhaustive – que nous vous proposons est de vous inviter, non seulement à vous informer, vous sensibiliser, réfléchir aux enjeux écologiques, environnementaux et climatiques, mais aussi de vous inviter à agir de façon cohérente. Son esprit est de vous inviter à considérer les enjeux économiques, sociaux, sociétaux et écologiques de façon non cloisonnés/opposés, mais de manière globale, interdépendante. Car « tout est lié ». D’autre part, il s’agit de vous inviter à un regard biblique de la création, pour une vision juste, vraie, bonne et sage de la création. Le meilleur antidote, selon nous, aux impasses du matérialisme, de l’ utilitarisme et du pragmatisme(2), d’une part, comme aux impasses d’une pensée « néo-païenne » et panthéiste, divinisant la Terre en l’appelant « notre mère ». Enfin, seront privilégiées les contributions protestantes/protestantes évangéliques (sans oublier les catholiques, par exemple), pour rappeler l’intérêt de ces derniers aux questions environnementales, et ce, depuis quarante ans, contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre.

 

Bibliographie « Ecologie, économie, social et société », évidemment à ne pas lire d’une traite :

1)La source : la Bible. Soit le fondement de toute pensée véritablement écologique, même si là n’est pas son sujet principal. L’occasion de découvrir, notamment, ce qu’ont à nous apprendre le pentateuque, les psaumes, les prophètes Amos, Osée, Esaïe, Jérémie…et le Nouveau Testament, dont les 4 Evangiles, les Actes, Romains, 1-2 Corinthiens, Ephésiens, Jacques….

 

2) Déclarations/confessions de foi :

L’Engagement du cap(2010), un texte important sur l’engagement chrétien dans le monde, dans la lignée des fondements posés par le manifeste de Manille(1989) et la Déclaration de Lausanne(1974)   ;

3ème Déclaration de Chicago(1986) sur l’application de l’enseignement biblique (not. L’Art. XVI) ;

Déclarations de la Fédération Protestante de France (FPF) et de ses partenaires sur les enjeux environnementaux et climatiques.

 

3)Document de synthèse et autres articles :

« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne Pour une éthique de la Création : Bible et écologie », par Frédéric BAUDIN Directeur de Culture Environnement Médias (CEM)

Du même Frédéric BAUDIN : « Bible et écologie, protection de l’environnement et responsabilité chrétienne » IN « La revue Réformée », 2 mars 2005, numéro 232, vol.LVI.

 « Bible, création, écologie », article de Scott Mac CARTY IN « Promesses », revue de réflexion biblique, janvier-mars 2010, numéro 171 (Dossier « Foi et société »)

 

4) De très bonnes Revues, sans pub et au modèle économique original :

« L’Ecologiste »: une revue indépendante et trimestrielle de référence, à découvrir peut-être en priorité pour se tenir informé des grands enjeux de l’écologie. Lancé en 2000, « L’Ecologiste » se présente comme l’édition française de « The Ecologist », revue britannique fondée en 1970.
La revue promeut la mise en place d’une société «stable», considérant que «la société industrielle, le libre-échange, la mondialisation économique et les multinationales engendrent des mécanismes de destruction de la nature et de la société qui s’étendent aujourd’hui à toutes les actions humaines et à la planète elle-même». C’est donc en toute logique que la revue se montre critique envers le développement durable, les OGM, le gaz de schiste, certains « grands projets inutiles »comme l’EPR, l’Aéroport de Notre-Dames-des-Landes ou la construction de nouvelles lignes de TGV….mais aussi contre « le mariage pour tous », en 2013(3).

« La Décroissance » :  « le journal de la joie de vivre » et « premier journal d’écologie politique ». Créée en 2004 par Vincent Cheynet et Bruno Clémentin, fondateur de « Casseurs de pub », « La Décroissance » est un mensuel critique qui veut incarner un projet d’écologie politique radical, sans compromis ni compromissions, et promouvoir une société basée sur « la décroissance soutenable »(sachant qu’une croissance perpétuelle est illusoire sur une planète aux ressources limitées). Un étonnant journal, particulièrement intransigeant(au risque de demeurer marginal), et qui rend intelligent, offrant débats, chroniques, « coups de gueule », interviews, témoignages, articles de fond, et dessins.

« Silence » : une revue alternative et participative, publiée depuis 1982, donnant toute sa place aux expérimentations écologiques, sociales et non-violentes.

« L’Age de faire » : Sympa mensuel « grand public », paru pour la première fois en octobre 2005 et fondé par l’association « L’âge de faire ». Edité depuis 2011 par une SCOP(Société coopérative de production, sans actionnaires), « L’Age de faire » propose « des outils pour réinventer le monde » : « savoir » et « comprendre », pour « agir », dans les domaines de l’écologie, la citoyenneté et la solidarité, au niveau local comme international.

 

5)Sites et blogues :

Basta mag : média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale. Un « must » et un modèle du genre, de nature à inspirer des médias chrétiens dignes de ce nom, vu qu’il tient à jouer non « un rôle de simple relais (…) mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».  Nous apprécions son refus des cloisonnements des thématiques et la large place accordée à l’enquête, aux reportages de terrain et aux témoignages, avec ce souci d’apporter informations originales et analyses complémentaires sur l’actualité sociale et écologique.

Construire une éthique sociale chrétienne : être chrétien dans la cité – Eveiller les consciences : à l’origine, le blogue perso d’Alain Ledain, dont j’ai eu la joie de faire la connaissance récemment, devenu un site collectif. Une approche pertinente de questions rarement débattues dans le milieu évangélique, à signaler et à encourager.  On y trouve notamment un dossier « foi et écologie ».

Manicore, le site personnel de Jean-Marc Jancovici, ingénieur conseil en organisation, lequel propose services et connaissances dans les domaines de l’énergie et du climat. Riche et pertinent dans son contenu, très pédagogique et non dénué d’humour dans la forme. A noter sa position en faveur de l’option nucléaire, susceptible, selon lui, de réduire l’effet de serre et parce qu’il n’existerait pas d’alternative renouvelable capable de le remplacer….A moins qu’il n’existe d’autres alternatives capables, non de remplacer, mais de réduire le poids du nucléaire ?

Et encore : Reporterre, « le quotidien de l’écologie » dans ses dimensions politique et sociale, avec un espace de tribunes pour réfléchir et débattre.

Sans oublier les sites de Jean Gadrey et Eric Jaffrain, pour d’autres approches de l’économie….

Du côté catholique, trois sites dignes d’intérêt et à suivre :

Eglises & Ecologies(E&E) : un site d’actualité de la prise de conscience écologique chrétienne ; un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.

Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste – auteur notamment de « L’écologie, de la Bible à nos jours » –  et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. « Parce que ça existe ».

 

 

6)Organisations :

A Rocha : une association qui se donne pour mission de protéger l’environnement dans une perspective chrétienne, mais aussi de sensibiliser le public « aux liens entre les choix de vie et leurs impacts écologiques et planétaires ainsi qu’aux profondes injustices qu’ils accentuent vis-à-vis des populations les plus démunies, et de proposer des alternatives durables et respectueuses tant des hommes que de l’environnement »

Défi Michée : un mouvement mondial chrétiens qui se donne pour mission d’interpeller les gouvernants, quant à la lutte contre la pauvreté et à la justice sociale. Il se veut aussi sensibiliser les chrétiens sur ces questions. Le site ne semble pas mis à jour mais l’on y trouve quantité de ressources intéressantes sur tous les sujets économiques et sociaux, sans oublier l’environnement.

GIEC : le groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat.

Réseau Action climat (Fédère des associations engagées dans la lutte contre les changements climatiques. A explorer, son décryptage de la cop 21 : http://macop21.fr/ ).

 

7)Livres :

A lire absolument et prioritairement :

BOOKLESS, Dave. « Dieu, l’écologie et moi ». Je sème, 2014 (dossier Vivre). Selon le directeur théologique d’ A Rocha International, « nous avons mal compris ce que doit être notre relation à la planète. La solution à la crise écologique ne réside pas simplement dans une meilleure technologie et quelques choix politiques difficiles. Cela va beaucoup plus loin : jusqu’au coeur de qui nous sommes. » Une invitation enthousiaste à (re)découvrir le message biblique concernant Dieu, sa création, l’alliance et la place de l’homme en son sein, et une approche théologique audacieuse.

La pollution et la mort de l'homme : un "classique" qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après...

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après…

SCHAEFFER, Francis. « La pollution et la mort de l’homme ». BLF, 2015. Une excellente initiative de la part de cet éditeur évangélique que de rééditer l’ouvrage du penseur calviniste Francis Schaeffer, initialement paru chez nous en 1974, et qui fut sans doute l’un des plus vigoureux plaidoyer en faveur d’une saine gestion des ressources et de la protection de la nature dans les milieux protestants évangéliques : comment la foi chrétienne, fondée sur la Bible, bien comprise et vécue avec authenticité, conduit à garder la terre et non à la détruire. Une rare – et très bonne – critique du livre à lire sur ce blogue, en attendant la nôtre.

OUAKNIN, Marc-Alain. « Zeugma : mémoire biblique et déluge contemporain ». Seuil, 2013(Points Essais). Une réflexion profonde et perspicace sur « l’éthique du futur » -« le principe de responsabilité »- dans le Judaïsme. Et une bonne approche de la pensée d’Hans JONAS, un auteur pas facile d’accès. Analyse ici.

PAPE FRANCOIS. « Laudato si ». Salvator, 2015. Un texte fort pertinent « sur la sauvegarde de la maison commune »(c’est le sens de « écologie »), certes empreint de culture catholique. Il n’empêche qu’il reste à découvrir, d’autant plus que, cette fois, le sujet de l’écologie n’est pas « dillué » au milieu d’autres textes, mais faisant l’objet de toute une encyclique.

Et encore : « Terre créée, terre abîmée, terre promise. Ecologie et théologie en dialogue ». Editions Olivetan, 2014. Une publication qui fait suite au colloque « Terre créée, terre abîmée, terre promise », tenu à l’Institut Protestant de Théologie, Faculté de Paris, les 30 novembre et 1er décembre 2014, à l’initiative de la commission Eglise et société de la Fédération Protestante de France et du réseau Bible et création de l’Eglise protestante unie de France.

Voir aussi :

« Les limites à la croissance (dans un monde fini) », de Donella et Dennis MEADOWS, Jorgen RANDERS. Rue de l’Echiquier, 2012 (Version considérablement affinée du fameux rapport dit du « club de Rome », publié en 1972, mise à jour en 2004 et traduite en français).

 » Printemps silencieux » de Rachel CARSON. Wildproject, 2014(Domaine sauvage). Peut-être le premier avertissement de la crise écologique, et le premier déclencheur du mouvement environnemental, en 1962, année de sortie du livre de la biologiste américaine. L’ouvrage – toujours actuel – qui dénonce les dangers liés aux pesticides, contribua à l’interdiction du DDT aux USA en 1972.

« Renverser nos manières de penser », entretiens avec l’économiste Serge LATOUCHE(Fayard, 2014. Collection « Mille et une nuits »). Un penseur de la Décroissance.

« Nos limites »(Ed. Le Centurion, 2014) de Gaultier BES, Axel Nørgaard ROKVAM et Marianne DURANO(Regard d’une génération sur les évolutions économiques, sociales et sociétales de notre temps. Par des initiateurs du mouvement des « Veilleurs »),

« La reproduction artificielle de l’humain » d’Alexis ESCUDERO (Le Monde à l’envers, 2014),

« Just people », Défi Michée(LLB, 2015) : serions-nous injustes sans le savoir ? Voici un manuel pour sensibliser et inspirer les chrétiens intéressés par la problématique de la pauvreté et de la justice sociale à « vivre justement ». Une remise en question de nos styles de vie dans une perspective biblique.

Si vous avez « la chance » d’en trouver un exemplaire : « le chrétien et les défis de la vie moderne »(T.1). Ed. Sator, 1987, de John STOTT.

« A la reconquête de l’éducation chrétienne » d’Albert GREENE. Ed. ACSI, 2013 (Entre autre, comment un programme éducatif chrétien devrait aussi inclure notamment « création et alliance »)…

Et pourquoi pas, ces romans jeunesse sur l’écologie : 

Bleu toxic, de Christophe Léon. Seuil, 2011. Deux nouvelles évoquant deux catastrophes industrielles vécues par deux adolescents : au Japon, en 1956, dans la baie de Minamata, et en Inde, en 1984, à Bhopal.

Carbon diaries 2015, de Saci Lloyd. Pocket jeunesse, 2012. Réchauffement climatique (Voir aussi, du même auteur, Carbon diaries 2017. Pocket jeunesse, 2013)

Céleste ma planète, de Timothée de Fombelle. Gallimard jeunesse, 2009 (Folio junior). Pollution

Les enquêtes de Logicielle : Cinq degrés de trop, de Christian Grenier. Rageot, 2008. Réchauffement climatique

La Colère des Hérissons, de Jacques Cassabois. Hachette, 2013. Gaz de schiste

Mon père n’est pas un héros : Fukushima, de Christophe Léon. Oskar éditions, 2013 (Court métrage). Nucléaire

Tchernobyl: bienvenue en enfer, de Pascale Perrier et Sylvie Baussier. Oskar jeunesse, 2011 (Histoire & société). Nucléaire

Typos : Fragments de vérité (T. 1 ), de Pierdomenico Baccalario. Flammarion, 2014. En Afrique, un dictateur détruit les champs et les puits, dans le but inavouable d’affamer son peuple pour financer son armée, en détournant l’argent des ONG. Les membres de TYPOS, un journal clandestin, devront mettre à jour ce scandale humanitaire, mais il faudra compter avec K-lab, une redoutable multinationale qui vent du mensonge au plus offrant. Moins réussi, mais sur une thématique essentielle : Typos : poison noir (T.2), de Guido Sgardoli. Flammarion, 2014. Une micro bactérie, appelé le « poison noir » s’attaque aux récoltes, entrainant une crise alimentaire et économique sans précédent. Une puissante société, AgroGen, prétend avoir trouvé un anti-virus….

 

8) BD :

« Tchernobyl, un nuage sans fin », éditée par AFMT (Association Française des Malades de la Tyrroïdes)/MING, 2016

GOODWIN, M. ; BURR, Dan E.. Economix : la première histoire de l’économie en BD. Ed. Les Arènes, 2013

9) Films : « Soleil vert » de Richard Fleischer(1973), avec Charlton Heston(surtout, ne vous faites pas raconter la fin !) ; « Nos enfants nous accuseront » de JP Jaud(2009) ; « solutions locales pour désordre global » de Coline Serreau(200) ; « la planète blanche » de Thierry Piantanida et Thierry Ragobert(2006) ; « le jour d’après » de Roland Emmerich(2004) ; « une vérité qui dérange » de Davis Guggenheim(2006), avec Al Gore ; « le cauchemar de Darwin » de Huber Sauper(2005) ; « Alamar » de Pedro González-Rubio(2009 ; « Même la pluie » d’Icíar Bollaín(2010) ; « The land of hope » de Sono Sion(2010) ;« Colorado », mini-série de John Wilder(1978-79), avec Robert Conrad, Richard Chamberlain…d’après l’oeuvre de James A. Michener….

10)Les grands dossiers, outre le climat, d’après « Bastamag » :

L’agriculture, les OGM, l’enjeu alimentaire et les alternatives au modèle productiviste
L’habitat écologique
La crise financière et ses conséquences sociales
La santé au travail et le management par le stress
Les pratiques sociales et environnementales des entreprises et les alternatives portées par le secteur de l’économie solidaire
Les questions posées par l’émergence de nouvelles technologies : nanomatériaux, nano-aliments, semences de synthèses, transhumanisme…

Sans oublier les questions sociétales : la famille, l’éducation….

 

Notes :

(1) Par exemple, ici : http://macop21.fr/accord-de-paris-sur-le-climat-tout-reste-a-faire-pour-quil-devienne-historique-2/ ; http://www.bastamag.net/A-Paris-les-Etats-s-accordent-pour-sauver-le-climat-mais-ne-precisent-pas ;http://reporterre.net/Climat-qu-y-a-t-il-vraiment-dans-l-accord-de-Paris

(2) « Utilitarisme » : ou comment renoncer à la prudence dans l’action, misant sur un futur hypothétique, en ignorant le présent ; « pragmatisme » : ou l’adieu à la vérité, au profit de la seule expérience. Voir DUFOUR, Dany-Robert. L’individu qui vient…après le libéralisme. Folio, 2015, pp 114-124.

(3) Voir la prise de position du rédacteur en chef Thierry Jaccaud dans son édito intitulé « vérité pour tous ».

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Foireux liens de janvier(13) : « treize embêtant ! »

« Si cela vous fait plaisir…cela ne coûte pas cher ! » Dessin d’Yves Montagne, publié le 18 novembre 2014, le lendemain de « soirée des dupes » de Sens commun

« Si cela vous fait plaisir…cela ne coûte pas cher ! » Ou l’enjeu de la crédibilité en politique.
Dessin d’Yves Montagne, publié le 18 novembre 2014, le lendemain de « soirée des dupes » de Sens commun

Voici nos treizièmes « foireux liens », par aileurs-comme par un fait exprès-au nombre de treize. Ce qui sera « treize embêtant » pour certains superstitieux. Mais au-delà du calembour facile, les divers enjeux soulevés sont de taille, puisqu’ils touchent, tour à tour, à la crédibilité politique, la laïcité, l’éducation, le code du travail, le TAFTA, la concentration multimédia, la figure du « self made man », la croissance, la prospérité…et même la fragilité, « bonne » ou « mauvaise ». Prenez donc le temps d’une bonne lecture et d’une bonne réflexion !

1) « C’était couru : Sarkozy ne touchera pas à la loi Taubira », annonce le journaliste Patrice de Plunkett sur son blogue, avec un petit air de « je vous avais prévenu ! »

« Après le livre d’Alain Juppé, qui n’a jamais caché son approbation du « mariage pour tous », voici le livre de Nicolas Sarkozy qui ne l’a jamais désapprouvé… mais laissa croire le contraire. Le Figaro nous apprend que si l’ex-président de la République est élu en 2017, il ne touchera pas à la loi Taubira.
Ce n’est pas une surprise… mais la seule surprise, c’est que certains (qui ont sans doute cru que NS pouvait être « le candidat des valeurs chrétiennes ») en soient surpris : En 2011 M. Sarkozy était vaguement favorable à l’idée d’un mariage gay. En 2013 il s’est gardé de prendre position. En 2016 il continue dans la même ligne ».

A lire, également, les réactions du blogueur « Koztoujours », qui soulève tout l’enjeu de la crédibilité du politique.

2) Le Premier Ministre serait-il le « pompier pyromane » de la laïcité ? s’interroge le sociologue Sébastien Fath sur son blogue :

« On est en plein paradoxe. Le premier Ministre français Manuel Valls, qu’on a connu beaucoup mieux inspiré, a quelque peu égratigné l’exigence laïque en volant au secours, devant les amis du CRIF, d’une intellectuelle retraitée(1) de plus en plus citée par le Front National, dont de récents propos sur Europe 1 contribuent à banaliser l’islamophobie . Et pourtant, le Premier ministre actuel de la République française s’est cru compétent, tel un pompier pyromane, pour donner des leçons de laïcité à l’excellent travail d’équipe conduit par Nicolas Cadène (rapporteur) et Jean-Louis Bianco (président) à la tête de l’Observatoire de la Laïcité, une structure publique qui s’évertue à défendre et sauver le socle laïque dont la France se réclame ».

En réaction, 150 universitaires et chercheurs(2) rappellent, dans une lettre de soutien adressée au président de la République, le «travail salutaire» à la tête de l’Observatoire de la laïcité de Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène alors qu’ils sont contestés par le Premier ministre.

Voir aussi :
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/01/20/l-absurde-querelle-de-la-laicite-5747747.html ; http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/19/quel-debat-autour-de-la-laicite_4850049_4355770.html ; http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2016/01/20/nouvelles-3064766.html

3) Un site pour décrypter la réforme du collège
Par une équipe d’une vingtaine de personnes, très majoritairement des professeurs en poste en collège, et accueillant aussi des parents d’élèves dans leur équipe.
Ils sont aujourd’hui 28 à rédiger et mettre en forme les remarques et les questionnements de bien plus d’enseignants et de parents d’élèves.

 

4) Débat sur le code du travail : vous avez certainement déjà entendu ça et là que le code du travail français serait « trop gros », quand il ne serait pas « un carcan » empêchant « la libération des richesses de ce pays ». Parallèlement au projet de réforme Badinter, voici quelques rappels sur ce qu’est un code du travail, et sur ce qu’il en est vraiment du nôtre, en comparaison de ses voisins européens, pour casser quelques idées reçues, ainsi qu’une analyse sur les raisons de vouloir « moderniser » le code du travail.
5) Les grandes manœuvres de concentration multimédia :
Un phénomène qui pose un vrai problème de pluralisme de l’information et donc de bonne santé de la démocratie. Chrétiens, vous êtes tout autant concernés par ce phénomène que les « non chrétiens », vu que l’acte s’informer est sans doute « une seconde nature » pour vous.
D’autant plus que l’on assiste, ces derniers mois, à une accélération inédite des rachats de médias, de nature à soulever l’inquiétude ou l’indignation des journalistes.

A lire, ces analyses de Julia Cagé, économiste de la presse, et d’Acrimed, qui soulève que si les journalistes « ont largement posé la question de l’indépendance éditoriale dans un univers médias très concentré, ils ont aussi largement éludé celle des raisons profondes de ces vagues de concentrations ».

6) Est-il possible de « bloquer les funestes accords dits de « libre échange » en 2016… ?
L’économiste Jean Gadrey « positive », mais pour inciter à poursuivre les mobilisations contre le traité transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis ou « TAFTA ». Il relève « plusieurs bonnes nouvelles récentes », et rappelle que dans le passé ont été bloqués 1) l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement), un projet proche du Tafta, abandonné en 1998 à la suite d’une opposition française, 2) l’ACTA, accord commercial dit anti-contrefaçon, rejeté par le Parlement européen en 2012 à la suite de fortes mobilisations, 3) et même L’AGCS (Accord général sur le commerce des services), plus ou moins gelé à l’OMC depuis 2005/2006.

Rappels ici, si vous avez raté le début de l’épisode : https://www.laquadrature.net/fr/TAFTA ; http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/13/si-vous-n-avez-rien-suivi-au-tafta-le-grand-traite-qui-effraie_4788413_4355770.html ; http://multinationales.org/Tafta-l-elaboration-des-normes-et-des-lois-bientot-confiee-aux-lobbies ; http://www.bastamag.net/Accord-Europe-Etats-Unis-que-nous et cf http://www.bastamag.net/Tafta-comment-la-cooperation-reglementaire-permet-deja-aux-lobbys-industriels-d

7) Nous sommes entrés dans « Le troisième âge du suffrage universel », selon Alain Garrigou :
Une intéressante réflexion d’actualité sur le suffrage universel, qui, depuis son origine, a reposé sur « un fondement élémentaire : que les citoyens s’en servent(…)correctement, en somme qu’ils deviennent des électeurs réguliers ». Le deuxième âge du suffrage universel est « celui de son évidence », celui de « la participation, comprise à la fois comme désir spontané et comme devoir intériorisé de s’exprimer. Tout au long d’un siècle environ, ce fut une assurance d’efficacité. Cette croyance est en train de se déliter ». Bienvenue dans « le troisième âge du suffrage universel », qui est « celui qui voit, après les électeurs apprentis, les citoyens arbitres des luttes politiques devenir leurs otages » : ces derniers « refusent le jeu et lorsqu’ils reprennent éventuellement le chemin des bureaux de vote », c’est pour être « plus contre que pour ».

8) « Une croissance contre nature ». Extrait du prochain livre d’Eric Jaffrain « la guérison de l’économie ». Sortie prévue en 2016 aux Editions Jouvence. A lire sur le site de l’auteur cette réflexion sur « la croissance », tant attendue par les politiques et industriels « comme un messie qui semble être le seul capable de résorber le chômage et d’augmenter le niveau de vie de la population, ou encore de réduire la pauvreté ». Mais cette croissance-dont la venue certaine est sans cesse annoncée par les prophètes du XXIe siècle, mais que l’on attend toujours-en avons-nous vraiment besoin ? A-t-elle du sens aujourd’hui ?

Et puisque l’on parle de « croissance »,

9) Voici le compte-rendu par Steve Morales de sa visite d’une « megachurch » prônant l’évangile de la prospérité, publié sur TGC Evangile21. L’article va bien au-delà d’une dénonciation « classique », et c’est ce qui fait tout son intérêt : « Nul besoin de partager une nouvelle vidéo montrant des pratiques ridicules des églises prônant l’évangile de la prospérité. Partageons l’Évangile lors de tête-à-tête, et démontrons patiemment en quoi le Seigneur Jésus vaut bien plus que toutes les promesses de richesses terrestres ». En clair, « arrêtez de dénoncer sur votre page facebook ces faux docteurs. Cherchez plutôt à amener avec douceur ceux qui les écoutent à Christ ».

Peut-être le pendant de cet autre article sur une certaine « abomination ».

10) Une urgence : casser le mythe du self made man, « un mythe dangereux » qui mène inévitablement à l’idolâtrie et à la fin d’un peuple, comme nous le rappelle l’Ecriture.

Ce « mythe moderne », le documentariste Pierre Carles appelait déjà à « le briser », dans une interview sur Acrimed : Cessons « d’appréhender la société par le seul biais de l’individu, soit la figure du self made man, du héros entrepreneur ou du sauveur providentiel qui ont contaminé les JT et les magazines d’information, avec le message implicite que la collectivité n’a pas d’importance, que l’individu existe en dehors d’elle, qu’il s’est forgé tout seul. Car c’est ça, l’idéologie de l’information télévisée, sa propagande »
11) « Pour ou contre le baptême d’enfant ? Et si c’était plus compliqué que ça… ? »
Comment dépasser le fameux « choix binaire de type baptême / pas baptême »(des enfants), avec l’alternative(plus biblique) de la présentation d’enfant (ou bénédiction d’enfant)-que nous pratiquons dans notre église.
Une intéressante et honnête réflexion sur le blogue du théologien suisse Philippe Golaz.

12) « Et si l’on parlait du sacerdoce universel, plutôt que de se limiter à un lectorat exclusif de pasteurs » ? A lire sur TGC – Evangile 21 : L’auteure-qui est une femme- n’est « pas intéressée par la prédication dominicale ». Mais elle chérit « l’espoir qu’un jour tout cela se soldera par un sermon sur le sacerdoce universel des croyants : Mes frères, nous ne sommes pas tous des frères. Chérissez la fraternité du ministère pastoral, mais pour l’amour de l’église, invitez vos sœurs à trouver leur place dans le ministère, une place que vous auriez voulu offrir à un homme par réflexe ».
Et si vous n’êtes pas superstitieux, voici un treizième et dernier lien, dans la série « Leurs Meilleurs vœux : en guise de rattrapages » :
13)Celui d’Alain Ledain, publié fin 2015 sur son blog « Ethique chrétienne » : « Une courte méditation sur la fragilité », où il s’agit « de choisir entre la bonne et la mauvaise fragilité, entre la vie et la mort (c’est-à-dire entre la relation ou la séparation relationnelle), entre l’acceptation de ce que nous sommes (fragiles) ou le masque lassant de la performance et de la compétitivité ».

 

 

 

Notes :

(1) Qui s’était « taillée la part du lion » dans les colonnes du journal « le 1 » , pour expliquer « comment parler de la laïcité à nos enfants », et ce, alors qu’elle n’est pas spécialiste de la question.

 
(2) Dont Olivier ABEL, professeur de philosophie, IPT de Paris, Fonds Ricoeur, Jean BAUBEROT, président honoraire EPHE, ancien titulaire chaire Histoire et sociologie de la laïcité, fondateur du Groupe Sociétés, religions, laïcités, Rachid BENZINE, historien, herméneutique coranique, IPT Paris, Jean-Dominique DURAND, professeur émérite histoire contemporaine, université Jean-Moulin, Lyon-3, Etienne FOUILLOUX, professeur émérite en histoire contemporaine, université Lumière, Lyon 2, Sébastien FATH, chargé de recherche CNRS, Groupe Sociétés Religions Laïcités, Raphaël LIOGIER, professeur, IEP Aix-en-Provence, Collège International de Philosophie, Paris, coresponsable du réseau Sociologie et Religions de l’AFS, Michel WIEVIORKA, directeur d’études, EHESS, European Research Council, Président du directoire de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Jean-Paul WILLAIME, directeur d’études émérite EPHE, ancien directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités…….

Entre deux tours : le temps des analyses

Vous disposez d'un grand pouvoir, en tant que citoyen : le pouvoir de vote. Qu'en ferez-vous ? (Première de couverture du roman "La Lucidité" de José Saramago)

Vous disposez d’un grand pouvoir, en tant que citoyen : le pouvoir de vote. Qu’en ferez-vous ?
(Première de couverture du roman « La Lucidité » de José Saramago)

Note : merci de ne pas « zapper » trop vite ce qui suit, car, même si « vous n’êtes pas du monde, vous êtes tout de même « dans le monde ». Et vous votez. Des études bibliques sont proposées en fin d’article, pour nourrir votre réflexion.

« La déferlante FN[en tête dans six régions*] du premier tour était annoncée, attendue(…)La seule chose surprenante, c’est la surprise officielle à l’annonce de ce résultat », observe le journaliste Patrice de Plunkett sur son blogue. Il estime que « la classe médiatico-politique », qui « ne comprend pas pourquoi cinq millions et demi de Français dont 95 % ne semblent pas extrémistes (si l’on en croit les reportages eux-mêmes !) se sont tournés dimanche vers le vote FN » devrait « changer de lunettes ».

Mais souhaite-t-on véritablement « changer de lunettes » ?
Pour le juriste-blogueur catholique « Thomas More », qui redevient régulier sur la toile, « nombreux sont ceux qui refusent de faire un diagnostic honnête de l’état de la société française par peur de ce qu’ils y découvriraient ». Un « déni de la réalité sociale » qui conduit notamment « à jeter l’anathème sur des auteurs tels que Laurent Bouvet ou Christophe Guilluy ». Et l’on aurait tort, estime le juriste blogueur, qui nous propose son intéressante analyse de l’ouvrage de L. Bouvet, « Le sens du peuple ». On peut, à l’instar de « Thomas More », ne pas rejoindre l’ « esprit laïc trop étroit » de ce premier auteur, mais on appréciera si son diagnostic est juste ou non. Même si « la politique » n’est « pas trop votre truc » (mais plutôt la théologie, par exemple), ne zappez pas trop vite ce qui suit, car il y a matière à vous faire réfléchir sur comment « être chrétien dans la cité ».
Le point de vue est le suivant :
Pour Laurent Bouvet, il importe, pour la gauche « d’abandonner le progressisme pour reconquérir le peuple » et « retrouver le sens du peuple ». Une « invitation » qui devrait être « adressée à l’ensemble des mouvements politiques, y compris de droite, même si c’est au prix d’une dose de populisme »**. Ce « populisme de gauche » impliquerait de « renoncer au libéral-multiculturalisme », d’ « écouter la révolte du peuple contre les élites », de « réviser la position de la gauche à l’égard de la mondialisation », et de « réaffirmer l’importance d’une laïcité stricte***… sans pour autant adopter les valeurs conservatrices et autoritaires et la xénophobie de certains populistes de droite ». Un élément intéressant : Laurent Bouvet propose également « de détacher l’individu moderne de sa réduction libérale à l’homo œconomicus pour lui redonner son plein pouvoir (empowerment), c’est-à-dire les moyens de peser sur sa destinée de citoyen libre, autonome et autodéterminé, individuellement et collectivement ». En gros, il invite chacun à reprendre son autorité légitime de citoyen, plutôt que de se résigner à n’être qu’un consommateur….Mais les notions de « liberté », d' »autonomie » et d' »autodétermination » sont autant d’éléments nécessitant à eux seuls toute une analyse, qui ne saurait être réduite en une simple allusion de deux lignes. Nous y reviendrons ultérieurement(notamment, sur la question de la liberté), dans un prochain billet.

Voilà pour « le populisme de gauche ». Et quel serait un « populisme modéré de droite », selon « Thomas More » ? Un populisme « moins étatiste et plus modeste que son homologue de gauche », « plus ouvert à la société civile (y compris dans sa composante religieuse) et défendre scrupuleusement le principe de subsidiarité ». Il devrait également « cesser de soutenir que le libéralisme et la mondialisation sont bénéfiques pour tout le monde[et peut-être aussi arrêter de clamer que l’austérité serait un programme]. Ce serait donc une forme de conservatisme populaire qu’il faudrait garantir contre toute forme de xénophobie ».
A noter qu’un autre blogueur catholique, le naturaliste « Phylloscopus », rappelle, dans sa recension de l’encyclique papale « Laudato si », que la subsidiarité consiste « à régler un problème au plus bas niveau disposant des moyens pour le faire », et « certainement pas en un blanc-seing accordé, en toutes circonstances, à la liberté individuelle ».**** On lui laissera d’ailleurs « le mot de la fin », en vous invitant à aller consulter son excellente analyse « globale » intitulée : « l’écologie(et la foi)contre la peur ». Encore un catholique ? Si vous en trouvez d’autres pertinentes, sur de tels sujets, et qui soient évangéliques, faites-moi signe. Ceci est aussi un appel à vocation.
Etudes bibliques : les devoirs de tout responsable, comme ceux du peuple : Prov.31v8-9 ; Ezéch.34 ; Juges 8v22-23 ; Juges 9 ; 1 Rois 12v3 et ss ; Luc 22v22-27. Voir aussi ce que le Seigneur Jésus a toujours refusé de faire, surtout « pour prouver quelque chose », en Matt.4v1-11 et Matt.12v38 et ss.

 

 

Notes :

*Les décodeurs du Monde : résultat, commune après commune, de la liste arrivée en tête : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/visuel/2015/12/07/regionales-2015-commune-par-commune-la-liste-qui-est-arrivee-en-tete_4826510_4355770.html ; comportement électoral par sexe, âge, qualification et domaine d’activité :
http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/12/07/regionales-le-front-national-premier-parti-chez-les-jeunes-qui-votent_4826431_4355770.html

** Et puisque l’on parle de « populisme », voir l’analyse du sociologue des religions Raphaël Liogier : http://www.bastamag.net/Raphael-Liogier-Ce-populisme-qui ; https://blogs.mediapart.fr/remy-p/blog/271213/ce-populisme-qui-vient-de-raphael-liogier-ou-les-dangers-du-populisme-liquide ; http://www.slate.fr/tribune/82831/populisme-liquide

*** A propos de la laïcité, voir les travaux du sociologue et historien Jean Bauberot https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog/091215/la-laicite-110-ans-apres-la-loi-de-1905 ; https://blogs.mediapart.fr/jean-bauberot/blog

****cf « Laudato si », paragraphe 196 : « le principe de subsidiarité…donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, mais qui exige en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir ». Et pour une contribution protestante importante à ce sujet, voir les thèses de Johannes Althusius(1556-1637).

« Foireux liens » de juin(10) : « louange (trop ?) contemporaine »

Notre louange "contemporaine" : que me "chantez-vous là" ?

Notre louange « contemporaine » : que me « chantez-vous là » ?

Notre louange (serait-elle trop) contemporaine ? Si oui, qu’entendre par là ? A découvrir, pour ces 10èmes « foireux liens », des articles de la Rebellution, de Théologeek, Yannick Imbert(« la grâce dans l’encrier »), Daniel Saglietto (La Revue Réformée)…sur cet inépuisable sujet, ainsi que sur « la professionnalisation » et l’activisme dans l’Eglise. Et bien d’autres sujets !

 

Témoignage d’un « leader de louange », sur « La Rebellution ».

« Le danger mortel de la louange contemporaine », un article (au titre polémique, mais très édifiant, à lire absolument)sur « Theologeek ». Avec ce commentaire d’un internaute(« Emmanuel ») : Nous connaissons aujourd’hui « le modèle des chantres qui conduisent la louange, avec un orchestre, des choristes et surtout une liste de chants préparée en avance: une révolution difficile à mesurer aujourd’hui par une génération plus jeune. Mais ne serions-nous pas allés trop loin dans ce modèle ? Les chantres ont-ils piqué la louange à l’église ? Serait-il temps d’y réfléchir et de sortir de l’excès pour revenir à l’équilibre ? Ou mieux de redonner la louange à l’église… ? »

« L’influence de notre culture sur la louange » de Daniel Saglietto, également passionné de musique, pour La Revue Réformée :
Nos nouveaux cantiques sont-ils « saturés » de l’Evangile, offrant, à un monde qui est en pleine « dérive », une vision du « trône de Dieu » et de « l’agneau immolé qui se tient debout » ? Ou sont-ils des « dérivés » de la culture ambiante, « vaporisés » d’un « parfum évangélique » : le relativisme, l’individualisme, le consumérisme thérapeutique, le sentimentalisme « mielleux » ?

 
« Pourquoi Les hommes ne chantent plus. Ou : l’érotisation de Jésus (?) ». Par Yannick Imbert, Professeur d’Apologétique et d’Histoire de l’Eglise (Faculté Jean Calvin, Institut de Théologie Protestante et Evangélique), sur son blog « La grâce dans l’encrier » : « ….Oui les hommes sont présents. Ils semblent chanter mais, malgré (son) audition limitée, (l’auteur a) quand même l’impression que nous faisions tous du playback ». Plusieurs raisons à cela, dont la première « est la professionnalisation de nos chants, voire de nos « groupes de louange »(…)Déjà que ces messieurs ne sont pas forcément portés au chant (…)mais si en plus vous nous mettez devant les yeux un groupe de cinq musiciens et de trois chanteurs avec micros : (1) Je suis porté à vous écouter plus qu’à chanter, et (2) j’ai un bon prétexte pour ne pas chanter puisque de toute façon, personne ne s’entend chanter ! Et ainsi, certains de nos cultes sont devenus des scènes musicales. La qualité musicale est excellente(…)Mais le message envoyé est souvent : Bienvenue ! On espère que vous allez apprécier le show ! Laissez les pro chanter et contentez-vous d’apprécier ». Est-ce vrai dans toutes les églises ? Et dans la vôtre ?

 

 

 
« Hors sujet » et autres sujets :

Du même Yannick Imbert : « Chroniques des Mystagogues » : Si le démagogue guide par le sentiment et la facilité ; le mystagogue, quant à lui, guide en voilant le sens de ce qu’il dit.

Ex : « LES JEUNES SONT L’AVENIR DE L’ÉGLISE »

Ex : « SOYONS PROS ! LA TYRANNIE DU PERFORMING »

Ex : « TU N’AS PAS D’HUMOUR » (ou « Il faut être cool »)

 

Sur TGC Evangile 21 :

« 10 raisons de diminuer les activités de votre église » : êtes-vous concerné ? 😉

« Discipline » : vous avez dit « discipline » ? Le sujet serait-il « tabou » ?

 

Après ce tour d’horizon évangélique, nous terminons par ce zoom sur un blogueur catholique, de nature, peut-être, à inspirer les protestants également présents sur la toile :

« Koz Toujours a 10 ans ! Interview d’Erwan Le Morhedec »
Par Charles Vaugirard, 27 mai 2015, pour « les Cahiers libres »
“L’important n’est pas de réussir, ce qui ne dure jamais ; mais d’avoir été là, ce qui est ineffaçable” cette citation de Jacques Maritain est la devise du blog « Koztoujours, tu m’interesses » tenu par Erwan Le Morhedec, alias « Koz ». Ce blog a eu dix ans le 1er juin : Dix ans de présence sur le Web, dix ans “qu’il est là” au coeur de l’actualité. Interview en exclusivité pour Les Cahiers Libres.

Extraits :
Charles Vaugirard : En 10 ans, Internet et la blogosphère ont beaucoup évolué, notamment avec l’arrivée de Facebook et Twitter. Comment ces réseaux sociaux ont impacté le débat sur Internet et les échanges sur votre blog ?
Koz : Je crois que, malheureusement, ils ont tué les blogs et, en grande partie, l’idée d’une démocratie numérique. Ils ont asséché les blogs, noyé des vocations dans la masse anonyme de Twitter ou le cercle communautaire de Facebook. Finalement, le citoyen qui tenait une occasion d’exister, au moyen d’une position étayée, a vu cette occasion lui échapper. Ce qui portait la promesse d’un débat un peu structuré s’est perdu dans des saillies éphémères. C’est vraiment une occasion manquée.
Twitter et Facebook ont en commun de favoriser un débat hystérisé. Parce que l’un comme l’autre favorise l’immédiateté. Twitter, lui, privilégie le discours péremptoire puisque la nuance ne tient pas en 140 caractères. Quant à Facebook, le fonctionnement de son algorithme favorise ce qui suscite des réactions, et fait donc remonter le formidable comme le scandaleux. Le complotiste fonctionne aussi très bien puisqu’il suscite la réaction de ceux qui adhèrent comme de ceux qui contestent.
J’ajouterais encore que Facebook a restreint le paysage à ce que vos (plus ou moins) proches vous en montrent, alors que le web avait à l’origine l’avantage d’ouvrir nos horizons.
Quel conseil donneriez-vous à un chrétien qui souhaiterait créer son blog ?
Je ne donnerais pas un conseil différent à un chrétien ou à un non-chrétien. Certes, « à ceux à qui il a été beaucoup donné, il sera beaucoup demandé » (de mémoire), et donc l’exigence est plus forte pour un chrétien. Il lui appartient de s’assurer qu’il n’écrit rien qui soit en contradiction avec sa foi et, lorsque des contradictions intérieures se font jour, de chercher à comprendre d’où elles viennent et à quelles éventuelles faiblesses elles puisent en lui(…)Il lui appartient aussi d’agir en chrétien, que ce soit par le souci de la vérité – et donc, pour commencer, en vérifiant ce qu’il diffuse – ou dans son comportement… et de se relever chaque fois qu’il tombe, en gardant le regard sur son horizon(…)Dans les temps présents, je pense qu’il lui est demandé tout à la fois de ne pas céder sur la vérité pour gagner en confort, que ce soit au sein de la société ou parmi les chrétiens eux-mêmes, et d’être véritablement un artisan de paix, dans un monde qui ne manque pas de boutefeux.

 

 

Elle croit et croît, de surcroit !

J’ai déjà eu l’occasion de parler de blogues édifiants. Notamment, de ce blogue chrétien « perso »-en réalité pas si « perso » que cela dans son esprit, puisque « Ludivine », son auteure, partage « ce qu’elle a appris elle-même et des autres » : études et méditations personnelles, réflexions, témoignages, lectures édifiantes…D’où son nom : « Bible et Partage ». Sa spécificité : « tous les sujets ont un rapport avec Dieu ».
Nous aimons le sérieux et l’esprit de ce blogue, dont l’auteure explique « que la personnalité du blogueur influence l’esprit du blog, les sujets. Ce que l’on vit, ce qui nous interpelle se retrouvent dans le blog. Pour moi son esprit c’est moi ! ».

 
Depuis dimanche 1er février, nous pouvons découvrir son nouveau projet de blogue : http://www.ellecroit.com/, pensé par des femmes et « pour des femmes qui croient en Lui et qui veulent croître en Lui et pour Lui ». Pour toutes les femmes chrétiennes-mariées, célibataires, mères seules ou mariées à un non-encore-chrétien… jeunes converties ou aînées dans la foi, adolescentes ou femmes plus mûres…. Un seul point commun : c’est pour « elle », qui « croit »(en Jésus-Christ) et (veut) « croît(re) » dans sa foi !

Arrêtons-nous un instant sur l’excellent jeu de mots (et de son, qui me parle particulièrement) « avec les verbes croire et croître qui à la 3ème personne du singulier sont identiques à un chapeau près ! » Ou comment résumer en un mot la pensée d’un blog.

Un blogue qui se veut un lieu d’encouragement, d’édification, de partage et de repos*. Nous, les hommes, ne sommes donc pas directement concernés. Néanmoins, assure son auteure, le blogue ne nous est pas « du tout interdit ».
Alors, certes, nous y viendrons, sur la pointe des pieds, histoire d’apprendre et de tenter de comprendre les « codes », les « façons de parler » ou « de voir les choses » des femmes chrétiennes.

Mais la particularité (et l’autre intérêt-surtout de nos jours) de ce blogue, outre qu’il est pour celle qui « croit » et « croît », est qu’il se veut un espace de partage chaleureux pour celle qui se sait être une femme et qui n’a pas envie d’être un homme. Au-delà des clichés.
Car la femme qui croit et croît ne doit pas être « moins pertinente bibliquement » mais elle doit aussi « avoir de bon fondement en Jésus Christ, connaître sa Bible » et pas seulement pour « méditer proverbes 31 » !

Mais la femme qui croit et croît est aussi celle qui veut « vivre pleinement » sa « féminité en Dieu », celle qu’il a voulu pour elle, « ni moins, ni plus ». Femme et non féministe, de surcroit.

 
Notes :

* Les rubriques :

« Croissance » : études, méditations pour croire et croître, et donc pour s’affermir dans la foi (Ex : http://www.ellecroit.com/pourquoi-perseverer/ )

« Relation » : Pour mieux vivre nos relations (http://www.ellecroit.com/etre-la-pour-une-amie-qui-souffre/ )

« Rencontre » : ou la page des interviews ! Excellente idée, vu que cela manque sur la plupart des blogues évangéliques. Un invité nous raconte son parcours, son métier, une tranche de sa vie, une passion, une cause qui lui tient à cœur….(Ex : http://www.ellecroit.com/myriam-illustratrice-et-animatrice-volume/ )

« Choix de vie » : une rubrique inspirante pour faire des choix éclairés ! (Ex : http://www.ellecroit.com/travailler-ou-etre-mere-au-foyer/ )

« Lecture » : le titre dit tout ! La page des livres ! Envisagera-t-on d’y intégrer toutes sortes de lectures-images fixes, animées… ?(Ex : http://www.ellecroit.com/vous-avez-dit-oui-a-quoi/ )

« Ressources pratiques » : celle-ci, fort originale et particulièrement bluffante pour sa rigueur, a pour angle « Les tableaux, graphiques, shémas ou tout autre support récapitulatif », lesquels ont pour intérêt de nous permettre de « voir d’un coup d’oeil un ensemble d’information ».

En voici actuellement deux, réalisés par Ludivine elle-même :
– une fort intéressante infographie des « stats » du sociologue S. Fath sur les protestants évangéliques de par le monde
– et une excellente chronologie des livres des prophètes dans l’histoire d’Israël :
http://www.ellecroit.com/category/ressources/

Foireux liens(6) : « pour quoi faire ? » ou « Est-ce un bien ? »

 

Une foire aux médias(chrétiens)et non des "foireux médias" !

Une foire aux liens pour questionner l’usage : des pratiques, des « progrès », des mots…

« Le progrès fait rage », avait coutume de dire un célèbre chroniqueur radio !Voici une sélection de ce qui nous est présenté comme un « progrès » ou une « avancée », sous prétexte que ce serait « plus pratique », voire « plus utile ». De telles affirmations ne nous dispensent heureusement pas de nous questionner à ce sujet. A noter enfin que la réflexion nécessaire sur « l’usage » touche aussi aux mots, auxquels il est aussi vital de redonner le juste poids.

 
1) »Ecrire à la main n’est plus utile », juge-t-on en Finlande.

Je l’ai appris hier soir : dès 2016, et ce, bien après les Etats-Unis, les enfants finlandais n’apprendront plus à écrire à la main, mais sur un clavier. Une « compétence » (on ne parle déjà plus de « savoir »-qui se transmet)jugée plus « utile » par l’Office national de l’Education., révèle un blog de la BBC qui reprend l’article d’un journal finlandais.

Et ailleurs-en Allemagne ou en Belgique ? http://www.ufapec.be/nos-analyses/2813-apprentissage-ecriture-sur-ordi/ ; http://www.lalibre.be/debats/ripostes/l-apprentissage-de-l-ecriture-cursive-est-il-revolu-51c980923570b73efa89f0f5 ; http://www.lesoir.be/299198/article/studeo/2013-08-14/abandonner-l-ecriture-cursive-pour-clavier-un-debat-irreel

Est-ce une bonne ou mauvaise idée ? Et en France, c’est possible ?
Ce qu’en pense le linguiste Alain Bentolila.

 

2)« ONU: Les enfants ont droit au sexe, à la drogue et à l’avortement » : une information relayée notamment par le CPDH, encore bien peu commentée(à part peut-être ici) et que l’on peut lire sur c-fam.org : « La terre compte aujourd’hui une jeunesse plus nombreuse que jamais. D’après le dernier rapport du Fonds de l’Onu pour la Population (UNFPA), c’est le moment ou jamais de faire des progrès sans précédent, mais cela requiert que les futures générations soient moins nombreuses. Les instructions de l’ UNFPA visent à ce que le « dividende démographique » garantisse un libre accès à l’avortement aux adolescents, l’abrogation de l’âge minimal de consentement aux relations sexuelles, et l’affaiblissement du rôle des parents dans la formation sexuelle de leurs enfants ».
La principale préoccupation de l’UNFPA est donc de mettre un frein à la croissance démographique. Et si l’on se trompait de cible ? Et si la vraie question était liée au partage des ressources et non à la diminution de la population ? Cette offensive « malthusienne » n’est toutefois pas neuve. Déjà, en 2009

 

"Quand le système repose sur notre envie d'acheter" Ou "Adoracion Capital" (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

« Quand le système repose sur notre envie d’acheter »
Ou « Adoracion Capital » (2014) Huile sur toile de Patrick McGrath Muñiz.

3) Grenoble, première ville française sans publicité ? Une expérience qui s’attire les foudres de Jacques Séguéla qui a déclaré : « C’est criminel(…)Si vous abaissez l’envie d’acheter, vous courez directement vers la fin du système(…)Ce n’est pas parce que les banques ont fait sauter le système qu’il faut s’en prendre à l’affichage(…)Méfions-nous des castrateurs d’imaginaire ! C’est le début de toute dictature. » Où l’on apprend, en vrac, que(comme le commente le journaliste Patrice de Plunkett) : notre « imaginaire » dépend de la pub ; tout recul de la pub est une avancée de « la dictature » ; « le système » repose sur notre « envie d’acheter ».

 

4) Le transhumanisme est-il un « humanisme » ? Oeuvre-t-il pour « le bien de l’humanité » ?
Nous en avons déjà parlé ici, sur notre blogue.
Pour rappel, les transhumanistes se sont réunis à Paris, les 20, 21 et 22 novembre derniers, dans le but de réfléchir aux multiples façons (via les progrès technologiques) d’atteindre « l’homme augmenté ». L’occasion de prendre du recul à ce propos et de réfléchir, outre à leur influence actuelle, aux conséquences éthiques, spirituelles et morales d’un tel mouvement de pensée : lire  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/11/14/face-a-l-offensive-du-transhumanisme-5489852.html et http://www.lefigaro.fr/vox/societe/2014/11/20/31003-20141120ARTFIG00268-le-transhumanisme-n-est-pas-un-humanisme.php . Ce dernier article, découvert via la dernière « foire aux liens » de « Notre Eglise point com », me paraît toucher juste : « certains préfèrent évoquer l’espoir de technologies intelligentes utilisées dans l’intérêt de l’homme, de manière bienveillante. Mais tout ce qu’il sera donné à l’homme de faire, il le fera. L’histoire nous a par trop de fois montré combien l’homme ivre de liberté en oublie sa conscience…».

D’autres réflexions sur « l’usage » : donner du poids(le juste poids), cela va aussi pour les mots.

5) Un numéro de Libération(découvert grâce à cette note de Patrice de Plunkett éditée sur son blogue) consacre une double page à Erri de Luca, 64 ans, écrivain napolitain polyglotte, bibliste hébraïsant (neuf essais ou traductions) et militant écologiste… ce passionné de la Bible, qui se présente comme quelqu’un « qui ne croît pas », pourrait faire honte à certains croyants qui la négligent ou nient qu’elle est « la Parole de Dieu ». L’entretien tourne autour des questions bibliques, et notamment des problèmes (ardus) de traduction de l’hébreu. Lire ici : http://www.liberation.fr/societe/2014/11/07/j-aime-toucher-la-langue-originelle_1138745
6) « Les mots ont un poids, un sens et une histoire. Quand on les utilise sans réfléchir à leur contenu ou à leur passé, on s’englue dans les préjugés », écrivait il y a quelques années la journaliste et écrivain Jacqueline Rémy. Une remarque qui revient en mémoire de Joseph Gynt(co-fondateur des « Cahiers libres »), au regard des derniers débats agricolo-environnementaux. A lire ici : http://cahierslibres.fr/2014/11/edito-grand-mal-mots/

7) Et quand les mots sont des nombres : une exégèse d’Ezech.47 par Pneumatis, en lien avec Jean : http://www.pneumatis.net/2014/11/mais-le-temple-dont-il-parlait-cetait-son-corps/

8)« Doxa » :
Un mot grec employé par Parménide et surtout Platon pour désigner l’opinion, les idées reçues que la pensée rationnelle devait combattre, puis concept sociologique que Pierre Bourdieu, notamment, a développé pour caractériser l’opinion publique, ses interprètes (les doxosophes), ainsi qu’un type de perception du monde constitué par l’évidence des choses (le rapport doxique). Un mot guère connu, du moins jusqu’à ce que politiques, polémistes et « débatteurs » s’en emparent, discutant(ou remettant en cause) les conclusions de scientifiques et d’historiens.
A lire, sur le sujet, un excellent billet d’Alain Garrigou, professeur de science politique à l’université de Paris Ouest Nanterre et directeur de l’Observatoire des sondages, qui a le mérite de réactualiser ces propos de Thucydide : « En voulant justifier des actes considérés jusque-là comme blâmables, on changea le sens ordinaire des mots » (La guerre du Péloponnèse, CXXXII, III). Un phénomène observé par l’historien pendant la guerre du Péloponnèse (430-404 AC) « quand les Athéniens désemparés par la prolongation du conflit perdaient le sens des mots. Comme hier, la longue crise d’aujourd’hui fait perdre la faculté de juger ».

9) Repérer et décrypter, au-delà du vernis, les mots « qui tuent » : c’est la mission d’un site « qui repère les dérives racistes et antisémites des cadres du Front national » : « Un site internet mis en ligne le 10 novembre, Lentente.net, se propose « d’observer le Front national (FN) » et de traquer les dérives de tous les cadres ou futurs candidats du parti, alors que le FN organise son congrès les 29 et 30 novembre 2014 à Lyon. Depuis que Marine Le Pen, en succédant à son père, a pris la tête du parti et s’est attelée à le « normaliser », et après la victoire aux municipales d’élus d’extrême droite dans une dizaine de communes, une nouvelle forme d’opposition au FN voit le jour », peut-on apprendre sur Fait religieux. Comme le déclarent les animateurs du site dans une courte présentation, « la présence du Front national n’est pas la première raison de la faiblesse du débat d’idées dans l’espace médiatique : mais elle occupe trop les pensées et les discours politiques ».

Et on terminera par là :

10) Focus sur une nouvelle pratique : la curation

Ce terme vient de l’ancien français « curation » qui désigne le traitement d’une maladie. La maladie qui nous intéresse ici est « l’infobésité »(ou « surcharge informationnelle », dans le sens que « trop d’information, tue l’information »). La curation peut alors être considérée comme « un remède ». Ou, selon le blogueur « Zeboute », consultant en sciences de l’information et de la communication, « une alternative intéressante, puisqu’elle permet continuellement de « recycler » ou « dépoussiérer » la connaissance. Pas des éléments de « buzz », mais des vieux articles, des liens url surannés qui nous relient dans la webosphère sur ce qu’il y a de plus précieux : l’intelligence humaine ».
La curation provient également de l’anglais « curator » qui désigne tout type de gardien d’un héritage culturel (conservateur de musée, bibliothécaire, etc.) chargé de prendre soin des œuvres dont il a la charge, de les rassembler et de les organiser pour mieux les diffuser au public.
Pour « Zeboute », encore, « le bon curator » doit donc donner du sens au contenu qu’il diffuse. Comme le bibliothécaire qui conseille le lecteur.
A condition de ne pas contribuer à « l’infobésité » en relayant une information qui existe déjà, ou déjà relayée par d’autres, et de respecter le droit d’auteur.

Appliqué à l’Internet, la curation consiste à sélectionner, éditer et partager les contenus jugés comme étant les plus pertinents du web, pour une requête ou un sujet donné.
Mais qui va sélectionner l’information ? Sur quels critères ? Dans quel but ? Quel est son intérêt ? Réponse dans cet autre billet de « Zeboute », qui nous propose un « Focus sur cette nouvelle pratique de la curation » des chaînes d’info en continu, « en temps réel » et « au plus vite ». Une pratique « dont la valeur ajoutée pour l’organe médiatique est faible, puisqu’il suffit de « copier/coller » les dépêches AFP. Une tâche ingrate dévolue à un stagiaire. Qui ne mange pas le midi, car à midi, l’info ne s’arrête pas ».
Une dénonciation de l’usage général réservé aux stagiaires, et « d’un journalisme trop concentré sur l’instantanéité de l’information, plutôt que producteur de sens ».

 
11)Connaissez-vous les « non-conférences » ?
À la recherche d’une méthodologie pour animer des discussions théologiques dans sa paroisse, qui soit aisée à organiser, si possible sans préparation, bienfaisante pour la réflexion individuelle et communautaire, conviviale, Olivier Keshavjee s’est souvenu « des non-conférences (unconference), un concept de conférence particulièrement intéressant ». Il nous invite à le découvrir ici , tout en exprimant son « envie de vivre des cultes sur ce modèle ». Néanmoins, comme il l’explique lui-même, ce modèle n’a rien de neuf, puisqu’ « inventé par une Madame L’Esprit, et théorisé par Monsieur De Tarse, dans une lettre Aux Corinthiens, tome 1, ch. 14, v. 26) ».

Foireux liens(5) : « à fuir » ou « à éviter »…

Ce n’est pas une question de « morale », mais de « vie ou de mort »…
Face à la banalité ou à la « normalité »(ou ce que l’on veut nous présenter comme tels) de certaines situations, expressions, réactions, décisions, comportements ou même d’objets qui envahissent notre quotidien, certains ne manquent pas de faire de la résistance. Et de nous mettre en garde. Car l’apathie est un danger. Et si l’apathie, elle reviendra…
Nos « foireux liens » font donc leur rentrée de septembre, avec cette petite sélection, privilégiant certains blogs de « juristes » de la « cathosphère », sur le thème de ce qui est « à fuir » ou « à éviter ». De quoi réfléchir pour mieux résister, plutôt que de subir, au-delà de l’indignation simple, et nous inviter à privilégier le fondamental…
« C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie »(1 Cor.10v14)

« Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune ».(1 Cor.6v12)

« Fuyez la fornication: quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps ». (2 Cor.6v18)

« Mais évite les discours vains et profanes, car ceux qui s’y livrent iront plus avant dans l’impiété ». (2 Tim.2v16)

« Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur. Combat le bon combat de la foi… »(1 Tim.6v11-12)

 

« Les français sont-ils des veaux ? » ou Gleeden : place aux anticorps
Un billet de « Koztoujours », publié sur son blogue le 4 septembre 2014, par rapport à nos capacités de « résistance » ou de « tolérance » face à ce qui est affiché de façon ostentatoire, y compris sur les bus :

« Est-ce une coïncidence, un acte manqué, la Providence ? La société Gleeden semble choisir les moments où l’actualité la plus chaude étale crûment devant nos yeux les conséquences personnelles ultimes de l’infidélité – jusqu’à la tentative de suicide de la personne trompée – pour enfoncer un coin supplémentaire dans notre dignité collective par ses campagnes perverses.
Refuser ces campagnes doit être le réflexe de tous, doit être la réaction collective spontanée. Cela s’applique au site et à son principe, ainsi qu’à sa promotion publique, et cela va chercher au-delà, au rang même de notre capacité à former une société.
(…) Mais si votre conscience ne se révolte pas spontanément devant ces affiches, c’est que vous êtes des veaux. C’est que cette société, dans ce qu’elle a d’ultimement mercantile, individualiste, et oppressive, a fait de vous les veaux dont elle a besoin ».

Lire la suite sur http://www.koztoujours.fr/gleeden-place-aux-anticorps

 
Heureux celui par qui le scandale arrive !
Un « coup de griffe » d’Aliocha, journaliste, dans une note publiée sur son blogue le 05/09/14
« Tout le monde connait la formule « Malheur à celui par qui le scandale arrive » mais sait-on d’où elle vient ? De l’évangile de Luc : »Jésus dit à ses disciples : Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent !
Il vaudrait mieux pour lui qu’on mît à son cou une pierre de moulin et qu’on le jetât dans la mer ». Rassurez-vous fidèles lecteurs, je ne m’en vais pas ici prêcher. La morale n’est pas dans l’air du temps. Elle heurte trop la liberté conçue comme absence de limite et surtout le droit de jouir sans entrave. Vous savez, ce droit dont les médias au sens large nous rappellent à chaque seconde qu’il est sacré et absolu, et pour cause, c’est en appuyant sur ce mécanisme que la société de consommation fourgue à un prix prohibitif le bonheur frelaté d’acheter n’importe quoi(…)Toujours est-il que je voulais juste attirer l’attention sur l’inversion de paradigme qu’est en train d’opérer notre société hyper médiatisée : le scandale désormais est la voie royale vers le bonheur ».

La suite : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/09/05/test/

 

L’île au Trésor : la banque et les finances publiques
Par « Thomas More », qui signe son grand retour après une longue absence sur son blogue, dans un billet daté du 29 août 2014 :
« Vous vous souvenez, au Bourget, un dimanche de janvier 2012, François Hollande qui est encore candidat à la présidence de la République proclame « Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage […], il ne sera pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance » ! La lutte contre la finance devait passer notamment par la séparation des activités dites spéculatives des activités traditionnelles (collecte des dépôts et octroi de crédit) au sein des groupes bancaires remettant en cause le modèle français dit de la banque universelle. Lors d’un récent colloque organisé par Mustapha Mekki et nos centres de recherches respectifs sur le thème du lobbying responsable, j’ai eu l’occasion d’exposer les grandes lignes de l’action de lobbying menée par les banques pour entraver le projet de séparation bancaire en 2013. Parmi les leviers d’influence, il en est un qui semblait assez méconnu : il s’agit des liens entre la banque et l’Etat moderne, au sens large du terme. Ces liens ont permis une plus grande proximité entre le pouvoir et la finance, notamment en France pour de multiples raisons tenant tant à la formation des élites qu’à une longue période de nationalisation des banques mais aussi à une grande familiarité entre l’administration des finances publiques, notamment le Trésor, et la Banque de France, d’une part, et la direction des établissements de crédit, d’autre part…… »

La suite : http://thomasmore.wordpress.com/2014/08/29/lile-au-tresor-la-banque-et-les-finances-publiques/
Article que l’on peut compléter par cette TRIBUNE de Gaël Giraud du CNRS, sur Challenges : d’après le chercheur, le diagnostic de l’ex-ministre de l’Economie était juste: « la question de savoir qui, de l’industrie ou de la finance, est prioritaire en France ».

« L’ex-ministre de l’Economie Arnaud Montebourg avait au moins compris deux choses: la première, c’est qu’il n’y a pas de prospérité économique sans une industrie puissante ; la seconde, c’est que, pour ressusciter l’industrie française, il faut une politique interventionniste audacieuse de l’État.
C’est pour avoir défendu ce point de vue qu’il a été limogé et, du point de vue du débat économique, c’est pourtant lui qui a raison. La politique d’austérité européenne repose sur un diagnostic erroné: le déni du risque déflationniste qui pèse sur notre continent surendetté.
L’Etat n’est pas l’acteur le plus endetté en zone euro (90% du Pib en moyenne, sous forme de dette publique), c’est le secteur bancaire (350%) qui l’est. L’entêtement à donner la priorité au désendettement public a déjà fait la preuve de son inefficacité dans les pays du sud européen. Le seul acteur à qui une telle politique peut bénéficier, ce sont les banques, fragilisées par l’excès de dettes publiques qu’elles détiennent, et qui seraient au tapis si l’Etat français perdait sa côte d’amour avec les marchés….. »

La suite : http://www.challenges.fr/economie/20140828.CHA7074/et-si-montebourg-avait-raison.html

 

Dans la rubrique « ces nouveaux objets qui envahissent notre quotidien », La cigarette électronique, alternative inoffensive ou nouveau produit dangereux ?
Se questionne Thomas Clerget dans un article publié le 8 septembre 2014 sur Bastamag :
« Apparue il y a quatre ans, la cigarette électronique et ses volutes de vapeur garanties sans goudron ni cancérogènes inondent le marché. Au point d’apparaître, y compris pour une partie des milieux médicaux, comme une alternative possible au tabac, dont la consommation continue de tuer, en France, près de 73 000 personnes par an. Mais le risque existe aussi d’une banalisation de l’e-cigarette, ouvrant la porte à de nouvelles formes de dépendance à la nicotine. Cela d’autant plus que les majors du tabac s’intéressent de très près aux opportunités offertes par ce nouveau marché… Une enquête pour éviter l’enfumage ».

L’essentiel sur http://www.bastamag.net/La-cigarette-electronique

 

Après toutes ces mises en garde, « coups de gueule », « coups de griffe » ou « exhortations négatives », quelques exemples « positifs » :

Gaultier Bès et Marianne Durano : veilleurs au nom de leur foi
Le mouvement des Veilleurs, protestataires non-violents et actifs notamment contre le mariage pour tous, a frappé l’opinion ces derniers mois. Rencontre avec Gaultier Bès et Marianne Durano, militants, qui viennent de publier un petit livre percutant sur « l’écologie intégrale ». Si vous l’avez manqué…

Face à « certains étudiants qui [semblent] avoir perdu ce sens du bien commun, car témoignant d’une liberté poussée à l’extrême, dont le slogan dominant est le « pourquoi pas ? », lequel permet toutes les expériences. Une posture terriblement déshumanisante », le témoignage d’un autre cheminement : « la conversion au Christ, un fondement solide pour [notre] vie et [notre] réflexions », qui permet de « s’ouvrir à la différence de l’autre »..

Interview à découvrir ici : http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Gaultier-Bes-et-Marianne-Durano-veilleurs-au-nom-de-leur-foi

Ou là : http://www.editions-lecenturion.fr/fr/actualites/actualite/82/un-entretien-avec-les-auteurs-de-nos-limites-dans-pelerin-magazine

 

Tu diras à ton fils…
Un billet sous le signe de la rentrée et du Deutéronome, par le bibliste Pneumatis, publié le 29 août 2014 sur son blogue éponyme

Ou l’on parle de transmission(« religieuse »), « des commandements bibliques », d’une « tradition fondatrice », et « de ce qui fait l’homme, de ce qui fait un homme »…d’abord et avant tout au sein de la famille, d’un père à son fils, et ce, sans exclure la pédagogie. Car, « il se trouve que, malgré leur incroyable talent et leur grande compétence pédagogique (pour ceux que je connais) », son auteur croit « que la transmission religieuse par l’école est vouée à l’échec, dans le cadre de l’idéologie scolaire actuelle. Au catéchisme scolaire, la tradition biblique n’est pas transmise, elle est apprise, comme le sont les mathématiques. Or la Bible, avant de s’apprendre – ce qui est nécessaire – doit d’abord, quand c’est possible, se transmettre ».

A lire la suite de cet excellent article : http://www.pneumatis.net/2014/08/tu-diras-a-ton-fils/

 

 

 

Bonnes lectures !

L’Eglise vers le monde ou le monde dans l’Eglise ? (ou Blogueurs, « culture du débat » et Eglise)

Dans un billet récent publié sur son blogue, le sociologue du protestantisme Sébastien Fath rappelle ce que l’historien Pierre-Yves Kirchleger avait souligné en 2011 dans une synthèse publiée dans La Nouvelle France protestante(aux pages 353-369) : « entre stratégies informative, argumentative, expressive ou englobante, internet alimente une intense présence protestante ».

Présence protestante, qui n’est plus uniquement à la télévision depuis longtemps, mais prenant « un rôle croissant dans le débat ecclésial, y compris chez les catholiques », comme le fait observer l’hebdomadaire La Vie, dans une analyse de Marie-Lucile Kubacki (28/03/14) qui a pour titre : « Les blogueurs sont-ils en train de changer l’ambiance de l’Eglise ? » Analyse que je commenterai de façon indirecte.

Le rédacteur du site d' »Actus chrétiennes » (plus un blogue se livrant principalement à de l’agrégation de contenus, qu’un véritable « portail ») , qui reprend quasi intégralement ladite analyse de La Vie, donne d’ailleurs la conclusion suivante :
« Si le milieu évangélique ne craint pas le schisme en raison de sa constitution nébuleuse, l’émergence de nouveaux médias comme Actu-Chretienne.Net (qui attire désormais plus de 200.000 visites par mois), d’un certain nombre de blogs, et l’utilisation massive des réseaux sociaux, changent profondément la conception de l’Eglise ».
Et lequel « rédacteur » de se réjouir de ce qu’il considère comme un « nouveau pouvoir médiatique (fonctionnant) comme un formidable contre-pouvoir face à un institutionnel qui en avait guère l’habitude »(sic). Chaque église locale ne se résumerait ainsi plus « à son cercle de fidèles », mais se retrouverait « de facto comme une composante du village mondiale (re-sic). La moindre dérive scandaleuse, mais également, la moindre innovation étonnante, (serait) rapidement exposée sur la place publique et (ferait) l’objet des commentaires de chacun, sans omettre d’influencer notre pensée ».
Ainsi, estime-t-il, « les pasteurs (qui)faisaient seuls office de «maître à penser» dans leur petite communauté… se trouvent désormais contrariés, d’une part, par les visions divergentes de leurs confrères dont les prédications sont écoutées par les fidèles de leur église, mais également par une nouvelle caste de penseurs qui jouent leur rôle de troublions(re-re-sic) : les chroniqueurs ! »

Faut-il se réjouir de cette « innovation » ?

En réalité, « quoi de nouveau sous le soleil » ? En vérité, rien, semble-t-il. Et en vérité, je m’avoue déçu par le billet de Sébastien Fath qui me paraît manquer de profondeur, se contentant, d’une part, de publier des « avis de décès » ou « d’hibernation » de certains sites ou portails évangéliques*, et de l’autre, de faire la promotion d’un blogue en particulier, sous prétexte du « nombre » de visites par mois**.
Le Tigre magazine rappelait déjà, en septembre 2007, que « poster un commentaire sur un blog, réagir à des articles, classer la pertinence de liens, discuter de vidéos d’actualité » caractérisait ce que l’on appelle « le web 2.0 », soit la « deuxième version » d’Internet, où les hiérarchies habituelles de l’émetteur vers le récepteur du message sont abolies. Les internautes deviennent des acteurs à part entière ». Mais, précise « Le Tigre », « il ne faut cependant pas oublier que l’Internet « 1.0 » était déjà un outil ouvert, permettant à n’importe qui de créer un site ». Et de rappeler le cas du livre du docteur Gubler sur le cancer de Mitterrand (Le Grand Secret), interdit à sa sortie, « mis en ligne[en janvier 1996] par un anonyme qui avait tapé l’intégralité du texte… »
D’autre part, poursuit Le Tigre, « Le blog, forme la plus connue du web 2.0 n’est pas une révolution médiatique, mais tout simplement technique : les plates-formes apparues depuis quelques années permettent à quiconque n’y connaissant rien en informatique de publier du contenu sur Internet, ce qui était réservé, jusqu’à la fin des années 1990, aux courageux prêts à mettre les mains dans le cambouis ». Ensuite, « alors que se développaient les blogs, vint le « commentaire » : la possibilité, pour le lecteur, de publier un petit texte au pied de l’article »  et donc d’interagir avec l’auteur du billet.
La quantité(ou la profusion) de commentaires implique-t-elle de facto la qualité desdits commentaires publiés sur le web ? Des exemples choisis « au hasard » se passent de commentaires***. Mais si l’on veut commenter le phénomène, qu’en penser ? Loin de mettre en valeur l’essentiel ou « l’innovant », l’édifiant, il s’agit d’ « une forme de café du commerce à l’échelle d’Internet, où n’importe qui vient discuter de n’importe quoi, sans sens ni raison. Il ne s’agit évidemment pas de critiquer cette forme de discussion, qui en tant que telle a une évidente utilité, mais de montrer l’hypocrisie flagrante de médias classiques[ou même de certains blogueurs] prompts à dénoncer les ragots, rumeurs voire mensonges qui circulent sur Internet, en leur opposant leur sérieux, leur rigueur, leur sens de l’analyse — tout en laissant n’importe qui dire n’importe quoi au pied de leurs articles ».
« N’importe quoi », ou des propos antisémites et racistes, des vidéos choquantes, des rumeurs et diffamations(du lynchage public, sous prétexte de « transparence »), sans parler d’effet de sur médiatisation d’anecdotes sans intérêt/qui font « buzz »(ou même de sujets populistes).

D’autant plus, qu’aujourd’hui, parallèlement aux commentaires, relève le Tigre, s’ajoutent notations ou classements sur les sites en ligne…Car, sur Internet, « les articles les plus notés[les plus populaires et pas forcément les plus pertinents] sont les plus en vue, ils sont donc les plus vus, et donc les plus notés : vous avez dit démocratie ?

Cela s’appelle plutôt le libéralisme : une main invisible », en réalité « sans contre-pouvoir ni encadrement extérieur, classe et hiérarchise. Cette main invisible, c’est, par exemple, Google qui amplifie les phénomènes : une page « monte » d’autant plus dans le classement Google, et donc plus est visible, qu’un nombre plus important de pages renvoient vers elle… Or cette organisation de l’information souffre de présupposés idéologiques, à la manière de la presse traditionnelle mais sur des sujets différents ».

Cette illusion de démocratie participative, comme de « sacerdoce universel des croyants » soi-disant restauré à l’échelle du Web, où le rôle de « sacrificateur » ne serait plus réservé aux « spécialistes », masque l’existence d’une nouvelle « caste » de « maîtres du prêt à penser », une nouvelle « aristocratie », tyrannique : celle des « chroniqueurs » ou des « Editocrates », qui disent ce qu’il faut penser plutôt que d’encourager à penser, à l’instar de ceux que l’on peut lire dans la presse généraliste quotidienne ou hebdomadaire.
Mais, au-delà de l’établissement de ce que l’on croit être un « contre-pouvoir », ce qui semble peut-être le plus réjouir le rédacteur d' »Actu », c’est la perspective d’introduire « la (nouvelle)culture du débat »**** dans l’Eglise, à l’image de ce qui règne sur son propre blogue.

« Nouvelle culture du débat, stylistique transversale et désormais obligatoire », que dénonce fort opportunément le pasteur Gilles Boucomont dans un récent billet, car en lien « avec la banalisation du libéralisme théologique[de même que le libéralisme sociétal, économique et social ?] ». Une « culture » que Gilles Boucomont définit selon « les 10 commandements suivants » :

1.Il n’y a pas de Vérité supérieure
« Il n’y a pas de Vérité ultime, mais seulement des vérités »(…) Il y a pourtant, malgré la diversité des points de vue, une Vérité particulière, en Christ… »
2. La Vérité naît de la discussion
Soit « que la Vérité sortirait non de la bouche des enfants mais de la discussion, du débat. Comme si l’acte même de la discussion et du débat était sacramentel. (…)Toute parole ne se vaut pas, les commentaires des stars du football sur les remaniements ministériels ne suffisent-ils pas à le prouver ?
3. L’opinion du peuple est la moyenne des opinions ou l’opinion médiane
La culture du débat pose que l’opinion générale est l’opinion de la majorité, ce qui est une première altération. Elle pose ensuite que l’opinion moyenne est la moyenne des opinions — deuxième altération ; voire qu’elle est l’opinion médiane (…) — troisième altération. En Eglise, elle pose implicitement que cette opinion médiane serait, de surcroît, l’opinion de Dieu lui-même…

Or… il s’avère que le peuple s’égare dans sa conviction majoritaire, notamment quand il demande de mettre fin au système collégial des Juges pour instaurer la Royauté. C’est enfin la vox populi, vox dei qui a crucifié le Christ. 
4. La Raison est souveraine pour trancher
La culture du débat prône que la discussion permettra à chacun d’exercer son libre arbitre pour trancher, et établir, notamment quant à l’éthique, une opinion individuelle. Mais elle étend le raisonnement aux soubassements de la foi. Il n’y a donc plus de Vérité qui s’impose, mais bien le bon vouloir de la raison individuelle, possiblement éclairée, ou habilement aveuglée, par différentes instances.
5. La Bible depuis le Monde
Et non plus la lecture de toutes les Ecritures depuis le roc solide de Christ, pour pouvoir jeter un regard sur le monde….
6. Le refus du christocentrisme
Pour la culture du débat, le christocentrisme est un exclusivisme. Toute pensée universaliste est suspecte car elle est le terreau des totalitarismes. Un christocentrisme trop fort serait donc une forme d’intolérance, car il préconiserait une voie unique pour accéder au divin alors que tous les chemins autour de la montagne permettent d’accéder à son sommet.
Or… Christ semble être le seul chemin vers le Père, si l’on donne encore un peu de valeur à la parole biblique. Il semble aussi être le seul chemin vers la Vie éternelle, la Vie majuscule.
7. Respect et temps de parole
La culture du débat est un démocratisme égalitariste drastique prêt à fantasmer que toute opinion doive être exprimée. Qu’importe qu’une opinion soit celle de 80% des gens, elle sera exprimée comme UNE opinion. (…)Or… si quelqu’un doit avoir une parole qui a plus de poids, c’est celui qui parle selon l’Esprit de Dieu. (…)C’est la personne qui est sacrée, pas ses opinions.
8. Le primat de l’émotion
Comme toutes les paroles ont la même valeur, l’émotion fait foi. Elle permet de refuser l’idée qu’un péché soit un péché. Elle permet de donner une valeur intrinsèque à une expérience vécue parce que le seul fait qu’elle ait été vécue la sacralise.
Or… la psychologie des foules montre à quel point l’émotion est un phénomène manipulatoire. On peut retourner une foule sur un seul témoignage ému, fût-il le comble d’une manifestation idolâtrique ou démoniaque. Le primat de l’émotion interdit toute espèce de prise de recul.
9. Malheur à ceux qui pensent hors du présent cadre
La culture du débat se veut un rempart aux universalismes étroits et exclusifs[ou à la pensée dite « unique »]. Or elle est le point d’apogée de l’hégémonie culturelle occidentale. Le relativisme est une idolâtrie. Si tu n’es pas relativisme, tu es le Mal incarné.
Donc… le relativisme est en réalité le pire des absolutismes. Il est le fruit de la supériorité occidentale et du triomphalisme post-colonial. Il produit les intégrismes en les excluant de la zone de bienséance.
10. L’unité au prix du mensonge
Il s’agit souvent d’un système paradoxalement autoritaire, ou toute voix différenciée, fondamentalement et profondément différente, est sommée de se taire. Il faut rester dans le cadre, ne pas choquer, taire des vérités pour maintenir l’unité.
La culture du débat est donc un produit paradoxal d’une culture de chrétienté en fin de vie, en cela qu’elle est l’inverse symétrique du projet divin exprimé dans la collégialité et la circulation de la Parole régulée par l’Esprit de Dieu. Autant la dérive césaropapiste est lisible pour les protestants comme étant un sous-produit paradoxal d’une Eglise fondée par un homme dont l’autorité et le Royaume n’étaient pas de ce monde, autant nous avons plus de mal en milieu luthéro-réformé à voir à quel point la culture du débat est tout aussi idolâtrique et dangereuse dans son absolutisation telle que nous l’avons connue dans les décennies précédentes.
Il faut débattre, mais ne pas idolâtrer le débat ! »

Et Gilles Boucomont de conclure : « La culture du débat est un paravent de vertu pour se dérober à l’autorité profonde des Ecritures telle que nous la révèle le témoignage intérieur du Saint-Esprit. Continuerons-nous longtemps à jouer avec les projets de Dieu pour son Eglise ? »

Conclusion :
Bref, il est essentiel de veiller et de garder ce que nous avons reçu, pour que l’Eglise reste l’Eglise, pour être corps de Christ, « lumière et sel » dans ce monde, et non réduite à un gigantesque et futile « café du commerce » ou « talk show » où l’on s’empoigne pour faire le buzz. Il est essentiel que l’Eglise aille vers le monde(comme Jésus nous envoie)et non que le monde entre dans l’Eglise. Il est enfin essentiel que les pasteurs et enseignants soient réellement pasteurs et enseignants pour l’édification du corps de Christ, plutôt que de vulgaires polémistes ou « éditocrates ».
Enfin, il me paraît aussi inquiétant de considérer que le numérique, les réseaux sociaux, seraient LA réponse à une dérive « césaro-papiste » de l’Eglise. Car si cette innovation technique favorisait la communion réelle des membres du corps de Christ(« Actu » parle d’ailleurs de « village global »-un village où l’on cancane ?)cela se saurait ! Car si les réseaux sociaux permettent et facilitent une certaine communication, ces derniers exacerbent en réalité un individualisme farouche, où l’on est replié, isolé, sur lui-même. En tout cas, ils ne sauraient se substituer à la communion réelle et véritable du corps de Christ, qui est un organisme vivant et non une organisation  ou une structure désincarnée.
 Vivons donc cette communion réelle, selon les principes de la Parole(1 Cor.12-14, Rom.12-15, Ephésiens…..), plutôt que par procuration, et redécouvrons(plutôt que de réinventer)ce qu’est véritablement l’Eglise.
Car l’Eglise n’a pas besoin de (ou de plus de) »débat », mais de communion, de relation, et d’édification sur un fondement unique, qui a déjà été posé : Jésus-Christ(1 Corinthiens 3v11).
Dans ce cadre, les blogues chrétiens***** pourront être utiles(je ne boude pas les blogues, puisque, après tout, j’en tiens un), s’ils se distinguent par la qualité, le dialogue(et non le mépris) et contribuent(fondés sur Christ) à l’édification du corps de Christ, en lien avec celui-ci.

 

Notes :
*« Pour durer et peser, il n’y a décidément pas de formule magique, web ou pas », conclue Sébastien Fath dans le billet cité plus haut. En réalité, il n’y a pas lieu de s’étonner de l’échec de certains sites, quand « la formule » de ceux-ci se résume à de l’agrégation d’un même contenu toujours identique et sans cesse remâché, rabâché, et de toute façon relayé ailleurs. Et ce, sans apporter de « valeur ajoutée » : une information réellement édifiante, éclairée et éclairante ; des reportages, des articles de fond, des analyses sérieuses et étayées….bref, un véritable journalisme de qualité(qui ne s’improvise pas)libéré des logiques commerciales et publicitaires, pour des lecteurs exigeants.
**Mais combien de visiteurs réels par mois ? Calculer leur nombre n’est pas simple, selon Le Tigre magazine, « car changer d’adresse IP n’est pas très compliqué : si on n’a pas une IP fixe, il suffit de redémarrer son modem ADSL. Si on a une IP fixe, on peut facilement pirater les connexions wifi non-protégées de ses voisins. Et il y a encore plus simple : demander à ses amis de commenter ou de voter pour ou contre un article.
Cette « nouvelle démocratie électronique » est en fin de compte illusoire : on peut plutôt parler d’une aristocratie déguisée. Une poignée de votants bien organisés font très facilement basculer le vote, vu le faible nombre de suffrages exprimés. On ne saurait mieux montrer la fragilité de l’outil. Et rappeler que les commentaires qui pullulent sont souvent truqués ».
Enfin (c’est aussi vrai pour Internet que pour la presse papier ou la radio), « les lecteurs qui écrivent des commentaires (même si le geste est beaucoup plus simple) sont minoritaires. Il suffit pour s’en convaincre de comparer le nombre de visiteurs au nombre de messages postés ».
 ****  Dans mon « dictionnaire des idées reçues », je proposais les définitions suivantes des termes « débat » et « culture du débat » :
Débat : mot magique, prétexte, justification (à l’instar de l’ «  Art »). Ne vise pas toujours l’accord. Lui préférer le dialogue et la discussion. A Pep’s café ! on aime tellement le débat qu’on lui a consacré une page et un billet
Culture du débat : c’est le « donnez-nous de la viande » moderne. Jugé urgent, prioritaire, pour l’Eglise.
***** Il existe par ailleurs d’excellents blogues, dont nous avons déjà parlé dans nos « foire aux médias » : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/03/07/foire-aux-medias3-blogues-et-sites/

Foire aux médias(3) : blogues et sites

Suite de notre « Foire aux médias »(mais non « foireux médias ») poursuivie et -avec les blogues chrétiens.
Un blogue personnel, selon Henrik Lindell, « sert fondamentalement à promouvoir l’intelligence de son auteur propriétaire ». Il doit « stimuler et énerver les gens. Il doit aussi susciter la réflexion, quitte à bousculer les idées reçues de ses visiteurs. Ces derniers doivent pouvoir commenter les articles ». Et, je dirai même plus, il doit permettre une certaine interactivité avec ses lecteurs, dans un esprit de respect mutuel et de réciprocité.

Voici des blogues qui correspondent à peu près à ces critères. Nous les divisons en « Proto- » et « Catho- » sphères !

« La protosphère » ou blogosphère protestante évangélique :

Sébastien Fath. Le « weblog citoyen » d’un chercheur au CNRS, historien et sociologue dans le domaine des religions. Sébastien Fath est spécialisé dans l’étude sur le protestantisme évangélique, dont il est lui-même issu : son blogue constitue à lui seul une source intéressante en cette matière. Mais l’on trouve aussi des réflexions ou des « coups de gueule »-que nous ne partageons pas toujours ou que nous ne trouvons personnellement pas toujours très convaincants-sur des sujets de société, de la politique et plein d’autres encore.

Construire une éthique sociale chrétienne. A la base, « le blogue perso » d’Alain Ledain, un ami et un des fondateurs de l’association Actes 6(une mine au service des associations loi 1901 ou 1905 :  assistance dans la gestion administrative et financière ; outils, formations et logiciels),  qui s’intéresse à l’éthique sociale chrétienne. Le titre du blogue( « construire une éthique sociale chrétienne »), particulièrement éloquent, est à découvrir pour son approche des questions sociales, dans laquelle nous nous retrouvons. A noter que depuis quelques années, le blogue s’est « dépersonnalisé » et ouvert à d’autres auteurs. Parallèlement, avec Eric Lemaître, Alain Ledain a également réuni un groupe de chrétiens de différentes confessions, partageant les mêmes pensées sur l’éthique sociale et désireux de travailler ensemble. L’objectif de ces « Eveilleurs » est de « défendre une éthique sociale chrétienne, de travailler à un éveil des consciences et de lutter contre toutes les formes d’exclusion sans cette détestation de l’homme et de sa vulnérabilité ».

Elle croit : Un excellent blogue, autant dans son esprit que dans son contenu, pensé par des femmes et « pour des femmes qui croient en Jésus-Christ et qui veulent croître en Lui et pour Lui ». Pour toutes les femmes chrétiennes-mariées, célibataires, mères seules ou mariées à un non-encore-chrétien… jeunes converties ou aînées dans la foi, adolescentes ou femmes plus mûres…. Nous en avons parlé ici.

Géographie des religions : le blogue de Frédéric Dejean, un ancien élève de l’ENS Lyon. Agrégé de géographie, il a soutenu en novembre 2010 une thèse intitulée « Les dimensions spatiales des Eglises évangéliques et pentecôtistes dans une commune de banlieue parisienne (Saint-Denis) et dans deux arrondissements montréalais (Rosemont et Villeray) ».
Il est actuellement chercheur post-doctoral à l’Institut d’urbanisme de l’Université de Montréal.
Son travail de recherche, notamment visible sur son blogue perso, porte sur les dimensions spatiales des faits religieux(particulièrement à travers l’exemple des évangéliques et pentecôtistes) dans le contexte urbain contemporain, sous les angles culturel, social et institutionnel.
Un sujet étonnant et passionnant à découvrir, pour son approche pluridisciplinaire originale et les réflexions qu’il suscite.

Notre église point com  :  un blogue-ressource chrétien, jadis« pour étrangers et voyageurs », dont nous avions déjà parodié la « La foire aux liens » hebdomadaire. Ce qui était au départ le blogue personnel de Stéphane Kapitaniuk est devenu, depuis, une grosse entreprise collective qui a pour nouveau nom « Tout Pour Sa Gloire ». Son objectif ? Développer « une vision chrétienne du monde », soit « voir comme Dieu voit et vivre comme Dieu veut ».

Génération Hillsong Nutella : Un étonnant blogue évangélique, dont nous avons déjà parlé, qui ne ressemble à aucun autre, et qui se distingue par son mystère, son originalité, son humour, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, par sa générosité, à mille lieux du cynisme et du fatalisme ambiants : car  GHN ne « cherche rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce que son auteure a reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Le sous-titre « Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire » fait d’ailleurs écho à cet essentiel, faisant l’essence du blogue.

Theologeek : l’excellent blogue personnel d’Olivier Keshavjee, théologien et fils(sauf erreur)de Shafique Keshavjee. Où l’on parle de théologie, philosophie des sciences, libertés digitales et autres geekeries… « avec l’art de poser des questions qui dérangent de manière intelligente« , comme l’a déjà dit quelqu’un d’autre avant moi.

Le Bon Combat : un édifiant blogue « réformé d’un point de vue théologique et baptiste d’un point de vue ecclésiologique ». Une mine de ressources. Animé par Mandimby Ranaivoarisoa, Pascal Denault, Raphaël Charrier, Daniel Saglietto et Guillaume Bourin(le fondateur).

 

Autres sites protestants évangéliques

CPDH : Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine
Fondé par Daniel Rivaud en 1999(il succède à « sentinelle » créé en 1997), il regroupe des chrétiens issus de toute la mouvance protestante en France et en Europe, et se veut le promoteur d’une réflexion protestante au débat éthique : respect de la dignité humaine, la défense et la protection des droits de l’enfant, de la femme, et de l’homme d’une manière générale, la protection du droit à la vie de tout être humain, de sa conception jusqu’à sa mort naturelle.
Le CPDH opère un travail de sensibilisation (des églises et des chrétiens à leur rôle dans la société), de veille et de diffusion de l’information sur internet : « anticiper sur l’actualité », et « coller à l’actualité », de sorte à faire entendre un point de vue protestant évangélique sur ces sujets. À cela s’ajoutent : le « CPDH Actualités », revue de presse mensuelle à laquelle on peut s’abonner et que l’on peut recevoir par courrier ou par e-mail ; et son journal Informations, Prières et Actions(IPA)

Une démarche et une action, « non de manière dogmatique, mais dans un rôle d’interpellation et de proposition ; non pour juger ou condamner, mais pour avertir, dans une démarche alliant vérité et compassion. »
A suivre, en parallèle de l’approche de « Construire une éthique chrétienne », évoquée ci-dessus.

Complémentaire du CPDH, la Commission d’éthique protestante évangélique est composée de représentant de l’UEEL (Union des Eglises Evangéliques Libres de France), de la FEEBF (Fédération des Eglises Evangéliques Baptises de France) et de l’UNEPREF (Union des Eglises Protestantes Réformées Evangéliques de France), et collabore aussi avec le CNEF. A lire pour ses excellents dossiers et prises de position sur tous les sujets(bioéthique, famille, fin de vie, éthique sociale chrétienne, l’accueil de l’étranger…)
Christnet : Officiellement lancé en octobre 2000, Christnet est un forum chrétien suisse visant à apporter une réflexion critique sur des sujets touchant aux domaines du social, de l’économie, de l’environnement, de la culture et du développement. Son objectif est de rassembler, de faire discuter et (inter)agir des chrétiens intéressés et préoccupés par des questions d’ordre social et écologique. Quatre forums sont organisés chaque année sur des thèmes très divers tels que l’écologie, la finance, la politique nationale et internationale, le genre, les alternatives économiques.  Voir aussi :  http://www.christnet.ch/sites/default/files/Regard_chretien_mondialisation.pdf

Samizdat : site francophone(québecquois) évangélique de Paul Gosselin, titulaire d’une maîtrise en anthropologie sociale. Après avoir vécu en Nouvelle Ecosse, en Californie et sur l’île de Vancouver, il s’est installé au Québec. Créé en 1999, Samizdat a pour buts « de servir la communauté évangélique francophone internationale et d’informer le chrétien ainsi que le non-chrétien sur une grande diversité de sujets tout en maintenant l’intégrité de la vision du monde judéo-chrétienne » : outre la théologie, les arts, la musique, la littérature, les sciences(naturelles, humaines), « les origines »…On y fait la promotion d’artistes et littéraires évangéliques francophones, sans oublier de mettre en ligne des textes qui représentent une bonne diversité des positions que l’on peut rencontrer chez les évangéliques. Un regard évangélique pluridisciplinaire.

TGC – Evangile 21 :   Evangile 21, la version française de la Gospel Coalition, un blogue et un site, a pour but de « promouvoir la centralité de l’évangile dans la vie, l’église et le ministère pour les générations futures ». Au menu(alléchant) : Bible, culture, théologie, histoire de l’Église. On peut également y découvrir  « Le Dieu qui se dévoile », guide quotidien commenté par Don Carson pour découvrir la Bible en une année, ainsi que le Catéchisme de Heidelberg, chaque dimanche.

Visio Mundus : un blogue original, consacré à « l’apologétique culturelle ». Fondé et animé par deux théologiens réformés : Yannick Imbert et Vincent M.T.. Une démarche actuellement plutôt rare, à souligner et à suivre.

 

« Cathosphère » ou « Blogosphère catholique » :

Eglises & Ecologies(E&E), Actualité de la prise de conscience écologique chrétienne : un espace éditorial qui tente de suivre l’actualité des Eglises (et des associations)chrétiennes(dans un sens large : catholique, luthéro-réformée, évangéliques, orthodoxe) en lien avec les thématiques de l’écologie. C’est aussi un lieu riche en ressources dans ce domaine. L’usage du pluriel dans le titre du blogue est significatif : il privilégie une vision non restreinte ou exclusive de « l’Eglise » et de « l’écologie », donnant à voir et à comprendre 1)la diversité des sensibilités chrétiennes et 2)le caractère « pluridisciplinaire » de l’écologie.
L’auteur de ce blog est Dominique Lang, prêtre assomptionniste, scientifique de formation et journaliste (La Croix et actuellement Pèlerin). Il a participé au lancement de la revue « Les Cahiers de Saint Lambert » et collabore aussi – de temps en temps- à la revue Projet.

En chemin vers Ecbatane : soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… ». Un éternel sujet si essentiel, mais traité sous un angle original. A l’instar de GHN, un étonnant blogue qui allie la qualité du fond à la qualité de la forme : c’est suffisamment rare pour être signalé. Edifiant et conforme à l’esprit « évangélique ».
Thomas More (droit, politique et société) : Placé sous le patronage de saint Thomas More, patron des responsables politiques, ce blogue(à ne pas confondre avec le « think thank » libéral éponyme) d’un juriste analyse « des questions juridiques et politiques dans une perspective chrétienne ». Nous aimons l’ indépendance et la relative honnêteté intellectuelle de celui qui ne croit pas « à la neutralité et à l’objectivité, seulement à l’honnêteté, et qui reconnaît « pouvoir se tromper mais ne pas chercher à tromper »

 
Patrice de Plunkett : un catholique et « laïc de base qui se trouve être journaliste »(et par ailleurs, essayiste et conférencier), comme il le dit lui-même sur son blogue ouvert depuis 2005. Et ledit blogue est à la fois très réactif et très intelligent sur tous les sujets d’actualité ayant un rapport avec la pensée sociale catholique, défendue par son auteur.

 
Pneumatis : un intéressant blogue d’exégèse, de l’association éponyme, qui « entend promouvoir les études bibliques en faisant plus particulièrement appel aux racines juives de la foi chrétienne ».

 
La plume d’Aliocha, « chroniques journalistiques » : une plume(et non un clavier), mais une plume bien affutée. Celle qui a choisit son pseudo en référence à Aliocha Karamazov[personnage des « Frères Karamazov », de Dostoïevski] parle sur son blogue de journalisme : au sens large ou économique, juridique ou technique. Diplômée d’un 3ème cycle de droit de l’université de Paris II Panthéon Assas, l’auteure a exercé « trois ans en cabinet d’avocat avant de devenir journaliste en 1995 par les hasards de la vie ». Le journalisme est son métier, mais aussi surtout sa passion.

 

Phylloscopus inornatus : le blogue d’un naturaliste catholique. Parce que ça existe. Et qui n’oublie pas de s’émerveiller et de rendre grâce à son créateur.

 
Les Cahiers libres : ouverts depuis le 4 octobre 2013, « les Cahiers » sont une excellente jeune publication catholique, plein de « pep’s », animée par six rédacteurs, aidés de contributeurs occasionnels ou réguliers(dont Pep’s Café ! ). Comme me l’a expliqué Benoît, l’un des fondateurs, « Les Cahiers sont nés 1)d’un constat d’un besoin de faire entendre une voix différente au sein de la blogosphère catholique et 2)d’une volonté de mutualiser les forces de quelques blogueurs pour créer un lieu de dialogue, de débat et de réflexion sur le web. Dans l’esprit des « Cahiers de la quinzaine » de Charles Péguy, l’objectif est à la fois de jouer le jeu médiatique tout en cherchant à y introduire « une crise », « une ouverture », « une brèche pour la pensée ». Les « Cahiers » se distinguent également par le ton(« ne pas utiliser les méthodes du monde, toujours rester dans la charité »), la diversité des sujets(actu politique, internationale ; dignité de la vie ; solidarité ; philo; théologie; spiritualité; art ; économie…), le désir d’ouvrir l’horizon du web chrétien en ne parlant pas que « des sujets qui font buzz », et le choix de privilégier des articles de fond (donc long) permettant une formation biblique, philosophique, théologique, des jeunes chrétiens ».

(Pour en savoir plus sur la blogosphère catholique, voir également ici)

 

 

Suite et fin du dossier, avec, prochainement, une certaine « presse pas pareil »(non chrétienne).

Foire aux médias(2) : Des sites pour s’approcher de Dieu et pour aller plus loin avec Dieu

Suite de notre dossier « Foire aux médias », débuté avec les médias chrétiens.

Voici aujourd’hui des sites pour s’approcher de Dieu, et pour aller plus loin avec Dieu [Mise à jour le 15/08/16]

Atoi2voir : « questions de la vie, questions sur Dieu ». C’est l’excellent site « tout public »  d’Agapé France, une association protestante évangélique et mission de jeunesse qui multiplie ses actions d’évangélisation dans différents milieux-la famille, les minorités, le sport, les étudiants(avec « Campus Pour Christ », que nous avons connu à Lyon, il y a très longtemps)…. Au travers d’articles, d’interviews, de témoignages et d’un forum, atoi2voir.com se veut un lieu privilégié pour explorer les petites et grandes questions de la vie. Il aborde des questions de la société contemporaine (développement de soi, vie affective, relations, dépendances, éthique…), notamment les aspects spirituels (existence de Dieu, vie après la mort, religions)…et présente le message de la Bible et de l’Evangile d’une manière claire.
Il est également possible de suivre toute une série de parcours interactifs pour découvrir la foi chrétienne : Pour ceux/celles qui pensent que Dieu existe peut-être, et qui veulent acquérir une certitude ; Pour ceux/celles qui se posent la question de savoir si Jésus-Christ a dit et montré qu’il était Dieu ; Pour ceux/celles qui croient en l’existence de Dieu et qui veulent découvrir une relation personnelle avec Dieu au travers de Jésus-Christ ; l’évangile en vidéos, pour ceux qui s’intéressent à la foi chrétienne et qui souhaitent découvrir le sens de la venue de Jésus.

Guide Express’O : ou prendre le temps de 4 minutes pour passer une bonne journée ! Chaque jour, un court passage biblique, une méditation et une prière. Sans oublier « l’ère du temps » : un éclairage biblique et spirituel sur un sujet d’actualité.

Info-bible : très ancien site d’information sur la Bible né le 11 août 2000, qui provient du dédoublement du site info-sectes(créé le 13 mai 2000, qui informe sur « les sectes, religions et mouvements de pensée »)
La sobriété du site peut rebuter, mais elle est un atout au service de son contenu. Info-Bible est un très bon site, simple, sérieux, fonctionnel et pédagogique. Il permet « de connaître la bonne nouvelle du salut gratuit en Jésus Christ, selon le message essentiel de la Bible », et de découvrir(lire et même télécharger) en ligne le texte intégral de la Bible(avec un choix de version ou traduction). Le site propose également, outre des cours bibliques gratuits, divers articles(sur la foi et la vie chrétienne, la personne de Jésus-Christ, Bible et archéologie, l’histoire de l’Eglise, l’ésotérisme, les anges…), des messages(à lire ou à écouter)de l’évangéliste Fernand Legrand, une « FAQ Bible », les questions les plus courantes que l’on se pose sur Dieu, le salut, la mort et l’éternité…Et ce, dans une optique chrétienne non confessionnelle. Comme disent les auteurs, Pierre et Daniel Oddon, évangélistes :  « même si nous n’avons pas de paroisse à remplir, nous connaissons une personne formidable, Jésus-Christ, dont nous aimons parler ». C’est là l’essentiel. Ne passons pas à côté !

Question suivante : un site web qui a pour but d’enrichir la réflexion des étudiants francophones sur les questions existentielles. Il propose à chacun la possibilité de se forger une opinion éclairée sur la foi chrétienne et sur la Bible.

Un Poisson dans le Net : un autre excellent site chrétien francophone, de ressources évangéliques-l’un des premiers du genre, ouvert le 1er mars 1996. « Nettement » au service de l’évangile, dont nous avons parlé ici.

 

 

Spécial jeunesse :
Ta Jeunesse : un des rares journaux d’édification chrétienne dédiés aux jeunes. Gratuit, de qualité tant dans son contenu que dans sa présentation. A lire, une présentation ici.

 
La Rebellution, « le blog qui défie tes attentes ». « Rébellution » est un mot-valise, composé de « rébellion » et de « révolution ». Une rébellion de jeunes chrétiens non pas contre des autorités instituées par Dieu, mais contre les exigences médiocres de notre société. Le blogue, écrit par des jeunes pour des jeunes, a du « pep’s » et contient quantité de ressources pour booster sa foi et nous encourager à vivre pour Dieu. Il est la version francophone d’un mouvement(« rebelution », avec un seul « l ») initié par Alex et Brett Harris.

Si vous êtes anglophone, ne manquez pas de découvrir la version « originale », laquelle met également en avant des projets humanitaires, sociaux et caritatifs.

(A suivre, avec, prochainement : « protosphère » et « cathosphère »)