« Captain fantastic » : un film dérangeant sur l’éducation et la transmission d’une vision du monde

"Captain fantastic", de Matt Ross(2016) : "préparer au monde", là est la question !

« Captain fantastic », de Matt Ross(2016) : « préparer au monde », là est la question !

« Captain fantastic »(1) est le titre trompeur d’un curieux film américain vu cet été, donnant à penser qu’il s’agit d’un énième « blockbuster » mettant en scène des super-héros !

En réalité, si « personnages d’exception » il y a, ils n’ont pas de « super pouvoirs ». Le film traite plutôt de la liberté de choix : liberté de choix d’éducation et de vie, de croyance…et de fin de vie, indépendamment – et de façon alternative – aux institutions/modèles/ idées dites « classiques »/« dominantes » (sociales, économiques, religieuses…). Ainsi, le refus du matérialisme, de la société de consommation, de l’hypocrisie et de l’égoïsme grégaire….

Pour mieux l’analyser et l’apprécier, il convient premièrement de bannir le mot « intéressant » de notre vocabulaire, et de prendre pour fil conducteur la scène-clé de l’analyse de « Lolita » de Nabokov par Kielyr, l’une des filles de la famille. De même que ce roman « ose affronter le malaise du lecteur en adoptant le point de vue de Humbert Humbert »(2), l’on pourra juger ce film particulièrement dérangeant, puisqu’il présente un point de vue susceptible de remettre en question nos principes fondateurs, valeurs et « philosophies de vie ».

Et justement, il s’agit justement de ne pas perdre de vue qu’il s’agit là d’un point de vue : celui d’un père entraînant ses enfants dans son choix de vie, dont la légitimité peut être elle-même questionnée et remise en question. Néanmoins, le film, via son personnage principal, nous pousse à nous interroger sur la normalité, ce qu’est « connaître », et sur ce qu’est une « éducation véritable », cohérente, ouverte sur le monde et ancrée dans le monde réel, qui élève vraiment et conduit sur le chemin de l’autonomie.

D’autre part, le chrétien que vous êtes, et qui avez vu le film, a pu être choqué par la façon dont votre foi est ici déconsidérée, alors qu’une philosophie spécifique(le bouddhisme – il faut bien compenser le refus de Dieu par une autre forme de spiritualité !) est mise en avant. La meilleure attitude sera sans doute de prendre un certain recul et d’être prêt à répondre de la meilleure façon possible aux défis soulevés par le film, d’autant plus qu’un christianisme bien compris ne devrait pas conduire à cautionner une vie matérialiste, consumériste, irresponsable, injuste, égoïste, au mépris des autres et de la création. « Aimer son Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force »(Deut.6v5), et « de toute sa pensée », ajoute le Seigneur Jésus-Christ(Luc 10v27), conduit à « aimer son prochain, comme soi-même »(Lévit.19v8). Et « la grâce » de Dieu, « source de salut pour tous les hommes, nous enseigne…à vivre pieusement, sagement, justement » (Tite 2v12 ).

Et l’on se souviendra qu’ « Eduquer, ou élever un enfant, c’est « conduire hors de »(educere), cf Jean 10v3. « C’est l’aider à tirer de lui-même ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, à se hausser (elevare) dans son corps et son âme, dans tout son être spirituel », soit lui apprendre « à sortir de lui » et à rencontrer les autres. « Par éducation », l’on entend aussi « la somme totale des processus par lesquels une société transmet d’une génération à l’autre son expérience et son héritage accumulés dans les domaines social, intellectuel et religieux »(3).

 

 

 

 

Notes :

(1)  « Captain fantastic ». Réalisation : Matt Ross(USA, 2016). Avec : Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay

Prix de la mise en scène dans la catégorie « Un certain regard » au Festival de Cannes 2016.

Résumé : Dans les forêts reculées du nord-ouest des États-Unis, vivant isolé de la société, Ben, un père dévoué, a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Niveau/âge : à partir du lycée – jeune adulte

Extrait : 

(2) http://www.critikat.com/panorama/festival/festival-de-cannes-2016/captain-fantastic.html

Autres critiques :

http://www.leblogducinema.com/critiques/captain-fantastic-lutopie-melodramatique-94457/

http://www.cinechronicle.com/2016/05/cannes-2016-captain-fantastic-de-matt-ross-critique-104505/

(3) Voir http://larevuereformee.net/articlerr/n244/leducation-protestante-chemin-vers-la-liberte 

 

« La discipline positive » de Dieu

"Et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils"(Deut.8v5).

« Et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils »(Deut.8v5).

Proposer une étude biblique sur le sujet de la discipline, même « positive », n’est sans doute pas ce qui est le plus populaire. Néanmoins, une telle thématique me paraît garder toute sa pertinence en cette période d’été, où chacun est invité au relâchement, comme à « laisser son cerveau au placard ». Voici donc, en guise de réflexion et de méditation, avec quelques prolongements possibles :

Hébreux 12v7-13 : « C’est pour votre éducation que vous souffrez. C’est en fils que Dieu vous traite. Quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ? Si vous êtes privés de la correction, dont tous ont leur part, alors vous êtes des bâtards et non des fils. Nous avons eu nos pères terrestres pour éducateurs, et nous nous en sommes bien trouvés ; n’allons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits et recevoir de lui la vie ? Eux, en effet, c’était pour un temps, selon leurs impressions, qu’ils nous corrigeaient ; lui, c’est pour notre profit, en vue de nous communiquer sa sainteté. Toute correction, sur le moment, ne semble pas sujet de joie, mais de tristesse. Mais plus tard, elle produit chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit de paix et de justice. Redressez donc les mains défaillantes et les genoux chancelants, et pour vos pieds, faites des pistes droites, afin que le boiteux ne s’estropie pas, mais plutôt qu’il guérisse »(TOB).

Deutéronome 8v2-5 : « Tu te souviendras de toute la route que le SEIGNEUR ton Dieu t’a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté ; ainsi il t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, observer ses commandements. Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne(1) que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du SEIGNEUR. Ton manteau ne s’est pas usé sur toi, ton pied n’a pas enflé depuis quarante ans, et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils« (TOB).

2 Samuel 7v12-15 : « Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j’élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j’établirai fermement sa royauté. C’est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom, et j’établirai à jamais son trône royal. Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. S’il commet une faute, je le corrigerai en me servant d’hommes pour bâton et d’humains pour le frapper. Mais ma fidélité ne s’écartera point de lui…. » (TOB)

2 Timothée 4v1-5 : « Je t’adjure en présence de Dieu et du Christ Jésus, qui viendra juger les vivants et les morts, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, menace, exhorte, toujours avec patience et souci d’enseigner. Viendra un temps, en effet, où certains ne supporteront plus la saine doctrine, mais, au gré de leurs propres désirs et l’oreille leur démangeant, s’entoureront de quantité de maîtres. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité, vers les fables ils se retourneront. Mais toi cependant, sois sobre en toutes choses, supporte la souffrance, fais œuvre d’évangéliste, remplis ton ministère »(TOB).

Tite 2v11-12 : « Car elle s’est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde, pour que nous vivions dans le temps présent avec réserve[ou : sagesse], justice et piété »(TOB).

Prolongements :

  • « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son oeuvre », dit Jésus(Jean 4v34). « Dieu est amour », rappelle l’apôtre Jean (1 Jean 4v8). Dieu est « amour pour sa création et amour personnel pour chacun. Jésus dit que sa nourriture est de faire la volonté de Dieu. C’est sa joie, le moteur de sa vie, le but de son existence. Ce ne peut donc être ni pesant ni de l’ordre du devoir. Cela relève du désir, de l’élan de vie, de la relation aimante de celui qui se sait aimé. C’est un acte de vie que de faire la volonté de Dieu(…). Faire la volonté de Dieu est la réponse personnelle de chaque individu au dessein de Dieu(…). La volonté, le désir de Dieu ne peuvent en aucun cas être en contradiction avec nos désirs et nos aspirations les plus authentiques(…)car Dieu est créateur de ces désirs-là(….)Le désir est essentiel à la vie. Dans le désir est la vie ; en éteignant le désir, nous éteignons la vie. Il n’est pas possible de tuer, de nier, d’interdire le désir, sous peine d’être des morts-vivants. Mais nous ne pouvons pas non plus désirer n’importe quoi, n’importe comment, sous prétexte que l’essentiel est de nous faire plaisir, car alors nous allons vers la destruction »(D’après Simone PACOT. L’Evangélisation des profondeurs. Cerf, 2001. Epiphanie initiations, pp. 141-144).

 

  • « Dans la nouvelle école – « détruite en temps de paix » – à reconstruire, « il s’agit(…)d’accéder à toutes les disciplines(…)de transposition de la démesure en mesure(…). La maîtrise des passions, savamment conduite, permet tout simplement [à l’élève]de se rendre maître de lui-même[de se discipliner le corps et l’esprit], c’est à dire de s’avoir », conditions nécessaires, au préalable, « de l’accès possible aux savoirs[disciplinaires] »….Cette nouvelle école permettrait « à chacun, non de vivre ses passions[et d’avoir « tout, tout de suite »], comme le dit la publicité, mais de les rendre productives, autant pour lui que pour les autres »(D’après Dany-Robert DUFOUR. L’individu qui vient. Folio essais, 2015, pp.350-361)

 

  • A lire, encore : Jane NELSEN(Adapt. de Béatrice SABATE). La Discipline positive. Poche Marabout, 2014.

 

Bonnes lecture, étude et méditation !

 

Note :

(1)Laquelle manne « était comme de la graine de coriandre(…)blanc, avec un goût de beignets au miel »(Ex.16v31).

Comment je suis devenu stupide

Quand devenir "un peu stupide" serait "intelligent", puisqu'"essayer d'être intelligent est stupide" ! (Première de couverture du roman de Martin Page)

Quand devenir « un peu stupide » serait « intelligent », puisqu' »essayer d’être intelligent est stupide » !
(Première de couverture du roman de Martin Page)

Enfin, pas moi….il s’agit du titre d’un roman de Martin Page(1), au éditions J’ai Lu (2002), découvert via le stand de l’ACSI, lors du dernier séminaire Mathurin Cordier, qui a eu lieu du 26 au 28 février 2016, en Alsace(2).

Une proposition particulièrement audacieuse, mais ô combien pertinente !

De quoi s’agit-il ?

 

« J’ai eu à cœur de connaître la sagesse et de connaître la folie et la sottise… » (Eccl.1v17)

L’intelligence fait-elle le bonheur ? Pour Antoine, 25 ans, diplômé d’araméen, de biologie et de cinéma, c’est non. Car selon lui, ce sont précisément son intelligence et sa lucidité qui lui gâchent l’existence. Aussi décide-t-il de renoncer à penser. Il envisage d’abord de devenir alcoolique, c’est-à-dire, « quelqu’un qui a une maladie socialement reconnue ». Car une fois « ivre », il n’aurait plus besoin de penser, il ne le pourrait plus ». Mais, dès le premier verre, il sombre dans un coma éthylique. Il s’intéresse ensuite au suicide, mais la mort ne l’attire décidément pas. Considérant qu’il a été « stupide d’essayer d’être si intelligent », il décide de devenir « un peu stupide » – ce qui serait, selon lui, « intelligent », et de nature à l’aider à mieux s’intégrer dans la société : il se fait prescrire de l’ « heurozac », remplace les parties d’échecs par le jeu du Monopoly, renonce à être un consommateur responsable, se rend au Mc Donald’s, s’achète des vêtements de marque, vide son appartement de tout ce qui peut stimuler son esprit et se procure une télévision. Puis, il devient trader….Jusqu’où ira l’expérience ?

 Ce petit roman malin et curieux (avec peut-être une pointe d’autobiographie) nous offre une critique lucide des travers notre société actuelle, à la manière de l’Ecclésiaste (mais sans la clé finale du chapitre 12), tout en « banalisant » ou « normalisant » certaines évolutions sociétales. Le livre est bien écrit, souvent drôle et facile à lire, mais pas simpliste pour autant. Il invite au recul et à la réflexion sur l’intelligence, les normes et standards de réussite et de bonheur, ou encore sur la place de celui qui est « hors-norme ». Il ne devrait pas non plus manquer d’ interpeller tout enseignant et pédagogue sur sa propre philosophie de l’éducation : quelle place donner à toutes les formes d’intelligence ? L’école doit-t- elle « préparer à la vie en société » ? Et si oui, à quelle société ? Comment découvrir qui l’on est vraiment et cultiver son individualité, en étant réellement heureux, libre et ouvert à l’autre, à mille lieux des impasses de l’égoïste aux comportements grégaires et suivant ses propres désirs? Face à l’utilitarisme pour qui toute vérité est « utile », et face au pragmatisme de la réussite personnelle qui choisit de sacrifier au passage la morale publique, le rôle de l’école ne serait-il pas, justement, d’apprendre à penser véritablement ?

A lire, en guise de prolongement : les livres de la Genèse, Job, des Proverbes, l’Ecclesiaste, et les Evangiles de Matthieu, Marc, Luc et Jean… Autant d’invitations à revenir de façon permanente à la source, pour se retrouver soi-même : soit par un retour et une réconciliation avec son créateur, « le Dieu véritable et la vie éternelle », « le Cep », le Dieu trinitaire, le Père Céleste et « la source des eaux vives ». Un préalable nécessaire à une réconciliation avec soi-même, les autres et toute création. L’individu saura qui il est s’il sait à qui il appartient véritablement, et s’il sait tisser du lien et (re)découvrir le sens de l’altérité.

 

Notes :

(1) Né en 1975, Martin Page passe sa jeunesse en banlieue sud de Paris. Étudiant dilettante, il ne fait que des premières années : il étudie le droit, la sociologie, la linguistique,  la psychologie, la philosophie, l’histoire de l’art et l’anthropologie. « Comment je suis devenu stupide » est son premier roman, paru en 2001.

(2) Le séminaire « Mathurin Cordier », organisé par l’AESPEF(Association des Etablissements Scolaires Protestants Evangéliques Francophones), rassemble les différents acteurs des écoles protestantes évangéliques en francophonie, mais aussi les éducateurs les parents, les enseignants chrétiens dans le public.

L’ACSI est l’Association Internationales des Ecoles Chrétiennes. Elle est la plus grande organisation protestante-évangélique d’écoles chrétiennes dans le monde. Elle propose une assistance sans ingérence et offre des services sans obligation de la part des écoles membres. Son but est de fortifier les écoles chrétiennes et d’équiper les éducateurs chrétiens.

 

 

 

Ensemble, les Pères, Priez pour l’Education et l’Ecole

L'éducation, cela concerne aussi les hommes, et les pères.

L’éducation, cela concerne aussi les hommes, et les pères.

Vous les pères, et de manière générale, nous les hommes. Et ce, au nom de « l’Eternel des Armées », ce « Héros qui sauve » ! Ce Père, qui nous aime et nous éduque !(Deut.8) Et au nom du Seigneur Jésus-Christ, le Maître qui enseigne.

– Parce que nous, les « mâles »(« Zakhar »), sommes ceux « qui se souviennent » et « qui transmettent » à la génération suivante ce qui leur a été confié.

– Parce que l’homme, époux et père, est un sacrificateur dans sa maison.

– Parce qu’il y a un enjeu de vie ou de mort, liant l’enfant et l’éducation.

– Parce que l’enfant connaît trois lieux d’influences : l’Ecole, la Famille, l’Eglise….plus un quatrième et un cinquième. Où et avec qui passe-t-il le plus de temps ? Et quand vous vous retrouvez tous « en famille », à la maison, l’enfant est-il vraiment « là », avec vous ? « Il y a plusieurs demeures(ou plusieurs pièces) dans la maison (du) Père », dit Jésus (Jean 14v2). Et aucune ne devrait être étanche. Peut-on circuler de l’une à l’autre, de manière interdépendante ? La famille vit-elle vraiment « ensemble » ?
A moins que les uns et les autres ne soient chacun dans son coin ou sur son écran ?

Parce que si ce n’est pas le père qui enseigne et éduque l’enfant, ce seront ses paires. Lesquels se « ressourcent » via les jeux vidéo, la télévision, internet…

Ensemble, les Pères, les hommes ! Prions et intercédons pour l’Education et l’Ecole, ce week-end ! Main dans la main avec nos épouses et les sœurs de notre église. Car nous sommes concernés. Nous sommes tous concernés.

Ne les oubliez pas : ce vendredi 12 février, c’est la journée internationale des enfants-soldats

Au Soudan, d'anciens enfants soldats laissent derrière eux leurs armes pour montrer qu'ils retournent à une vie normale (UNICEF)

Au Soudan, d’anciens enfants soldats laissent derrière eux leurs armes pour montrer qu’ils retournent à une vie normale (UNICEF)

« Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel ».(Lévit.18v21)

Incroyable mais vrai, mais cela existe encore au XXIe siècle : selon l’ONU, il reste 250 000 enfants-soldats, impliqués de manière directe ou indirecte dans des conflits armés dans le monde ! Plus de 2 millions d’enfants soldats ont été tués lors des dix dernières années.
Ils ont entre 7 et 18 ans et sont rattachés aux forces armées. Ils ne sont pas toujours « soldats », mais peuvent servir en tant que cuisiniers, porteurs, messagers, espions ou de détecteurs de mines. Témoins de conflits ou forcés d’y prendre part, ils sont avant tout des victimes : asservis, exploités, violentés, abusés sexuellement, blessés ou tués… Pendant plusieurs mois ou plusieurs années, leur vie quotidienne n’est plus celle d’enfants de leur âge : leur droit à l’enfance et à l’éducation est littéralement violé et volé.
Les continents où le nombre d’enfants soldats est le plus élevé sont l’Afrique (République Démocratique du Congo, Tchad, Ouganda, Mali) et l’Asie (Myanmar, Népal, Pakistan, Philippines ou Sri Lanka). Les enfants-soldats sont également présents sur le continent américain, notamment en Colombie depuis de très nombreuses années.

Les raisons de l’engagement des enfants soldats, nombreuses et parfois complexes, restent la pauvreté et le manque d’éducation, sans compter un contexte de guerre déjà très difficile. Une partie des enfants sont contraints de devenir enfants soldats sous la menace ou alors sont enlevés à leur famille.

Le 12 février, c’est leur journée internationale. Pour ne pas les oublier et pour faire le point sur les droits de l’enfant. Cette date n’a pas été choisie au hasard, puisqu’elle coïncide avec le jour de l’entrée en vigueur du Protocole facultatif se rapportant à la Convention relative aux droits de l’enfant, le 12 février 2002. Ce document de l’ONU interdit à quiconque l’utilisation d’enfants-soldats à travers le monde, et exige que l’âge minimum pour le recrutement obligatoire et la participation directe à un conflit armé soit de 18 ans.
A signaler, encore, l’action de diverses branches de l’ONU, lesquelles, en collaboration avec des ONG (organisations non gouvernementales), prennent en charge des opérations de démobilisation et de démilitarisation des enfants. Et ce, avec des résultats intéressants. À cela s’ajoutent des programmes de réinsertion de ces enfants dans leur communauté et dans leur famille d’origine. Depuis l’an 2000, dans le monde, presque 100 000 anciens enfants soldats ont été accompagnés pour qu’ils puissent retrouver une vie normale.
Vous connaissez certainement une ou plusieurs ONG travaillant dans ce sens, à soutenir.

 
Pour aller plus loin :
Un exemple de journée pédagogique par Le Réseau canadien In-Terre-Actif, secteur jeunesse du Comité de Solidarité/Trois-Rivières, qui « un outil d’éducation à la citoyenneté permettant aux jeunes d’être sensibilisés aux enjeux mondiaux actuels et de jouer un rôle en solidarité internationale ». Ce réseau propose, dans un dossier d’éducation à la citoyenneté, des fiches d’activités pour les élèves et des guides pour les enseignants sur 4 thématiques liées à la guerre dont celle les enfants-soldats.

Exemples d’actions proposées aux(et avec les) enfants :

1)Adopter des comportements pacifiques au quotidien, notamment dans notre façon de t’exprimer (au « je » plutôt qu’au « tu », avec respect et honnêteté sans brusquer les gens). Tenter de résoudre nos conflits avec des mots et une médiation plutôt qu’avec des gestes violents.
2) Dans notre quotidien, éviter d’acheter et d’offrir des jouets qui renforcent une culture de la violence. Choisir des jeux pacifiques et qui stimulent la créativité de l’enfant.

3) Se rappeler que la guerre n’est pas un jeu et que beaucoup d’enfants autour du monde meurent dans des contextes de guerre et doivent combattre avec de vraies armes.
4) Se joindre ou, s’il n’existe pas déjà, fonder un comité d’élèves-médiateurs dans son école, dont l’objectif serait de contribuer à promouvoir le pacifisme et la résolution non-violente des conflits.

Autres liens :

Amnesty International – Enfants et droits humains
UNICEF (Fonds des Nations Unies pour l’enfance) – Les enfants-soldats
Le travail de l’UNICEF : « déposer les armes et construire un avenir »

Child Soldiers International
Nations Unies – Les enfants et les conflits armés

 

A lire :
« Une arme dans la tête », de Claire Mazard. Flammarion jeunesse, 2014 (Tribal). Un roman sur le sujet, pour adolescents(à partir de 14 ans).
« Le jeu a cessé quand nous avons eu de vraies armes et quand nous avons croisé le caporal »
A 10 ans, Apollinaire est enrôlé dans l’armée d’un pays d’Afrique comme enfant soldat. Drogué, il devient « Conan l’effaceur » et commet les pires atrocités. Lorsque Wamba, son meilleur ami, est tué, il s’enfuit. Recueillit par un prêtre, il arrive clandestinement en France. Là, il devient un « mineur isolé » et tente d’oublier le passé au sein d’un foyer et l’apprentissage d’un métier. Mais peut-il oublier la violence dont il a fait preuve pendant quatre ans ? Comment racheter ses fautes ? Comment vivre-et non plus survivre ?
Un livre fort, sensible et intelligent, sur le difficile retour à la vie « normale » d’un ancien enfant-soldat hanté par ses souvenirs. A lire pour les plus grands, surtout, pour sensibiliser à une thématique peu connue et pour prendre toute la mesure de la valeur du droit à l’enfance et à l’éducation.

 

 

A étudier :
« Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer à Moloch, et tu ne profaneras point le nom de ton Dieu. Je suis l’Eternel ».(Lévit.18v21 + Lévit.20v1-7) ; Deut.12v31, 18v10….Jer.32v35
Qui sont nos « Moloch » d’aujourd’hui ?

Ce soir : « Ensemble, Prions pour l’Education et l’Ecole », et notamment contre « la pub pour enfants »

La pub pour enfants passera-t-elle par nos députés et sénateurs ? Encourageons toute bonne initiative contre le "formatage publicitaire" des (très) jeunes cerveaux" !

La pub pour enfants passera-t-elle par nos députés et sénateurs ? Encourageons toute bonne initiative contre le « formatage publicitaire » des (très) jeunes cerveaux » !

Dans le prolongement de cette précédente exhortation, nous vous invitons à nouveau à prier et intercéder, ce soir, pour l’ Education et l’Ecole, enjeu fondamental pour notre temps. Ce qui était vrai hier l’est toujours tout autant pour aujourd’hui.
Parmi les thématiques, nous proposons, dans cet ordre : les besoins des familles – à ce sujet, voici une parole de Jésus-Christ pour eux : « ne crains pas, crois seulement »(Marc 5v36), des élèves/étudiants, des professeurs et éducateurs ; l’école publique et privée ; la politique éducative de notre pays ; les projets d’alternatives éducatives(y compris scolaires)chrétiennes, tout événement faisant la promotion d’une éducation fondée et centrée sur Jésus-Christ et la Bible. Et, en guise d’antidote à tout cloisonnement, pour l’unité des différents acteurs du domaine éducatif (« la corde à trois brins » : « Famille, Ecole, Eglise »- tous trois complémentaires dans le domaine éducatif), comme pour l’unité des différentes œuvres éducatives.
Sans oublier d’encourager, par l’intercession, toutes « les bonnes initiatives » parlementaires dans les domaines de l’éducation.

Par exemple, ce qui concerne « la pub pour enfants ».
A ce sujet, je vous renvoie à cette note de blogue du journaliste catholique Patrice de Plunkett, qui se réjouit d’une « bonne surprise hier soir[15/01] pour les écologistes à l’Assemblée nationale. La proposition de loi du sénateur Europe Ecologie-Les Verts André Gattolin visant à supprimer la pub des programmes pour enfants sur la télévision publique à l’horizon 2018 a été adoptée. Elle l’avait déjà été au Sénat ». Pour le sénateur des Hauts-de-Seine, qui « s’attendait pourtant à un tout autre résultat », « c’est un joli coup : « Plus qu’une victoire politique, c’est une victoire sociétale car nous avons reposé ce débat. Ça répond à une attente forte de l’opinion. Même si (sa) loi ne passe pas, il serait vraiment très difficile de ne pas faire quelque chose dans les trois années à venir », selon le sénateur EELV(….)
Sur le fond, les raisons d’appliquer la mesure sont pourtant nombreuses. « L’enjeu ultime de cette bataille politique », au-delà d’un simple argument « comptable » ou économique, est de « limiter strictement les effets de la publicité, notamment en matière d’obésité. Une question de santé publique, d’autant plus cruciale qu’avec « 8,3 millions de jeunes de 4 à 14 ans, la France est aujourd’hui le principal marché « enfants » pour les annonceurs publicitaires à la télévision devant le Royaume-Uni et l’Allemagne », précisent les auteurs de cette proposition de loi »(cf La Croix). D’autre part, André Gattolin, père « de cinq enfants de tous les âges », est bien placé pour savoir « comment un enfant ne fait pas la différence entre un contenu publicitaire et un programme normal. C’est sympa et ludique (…) mais on les leurre beaucoup. On les incite aussi au grignotage ». Mais la ministre de la culture Fleur Pellerin n’entend pas lâcher l’affaire : « Le vote de ce soir ne clôt pas le débat », a-t-elle ensuite prévenu par communiqué : « je continuerai à me battre pour conforter les moyens et l’indépendance du service public de l’audiovisuel ».
Bref, vigilance constante ! Car, comme le commente Patrice de Plunkett, « le formatage publicitaire des cerveaux enfantins doit être combattu. L’honneur des politiques serait de le combattre. Certains osent le faire ? Merci à eux ». Encourageons-les.

 

Faut-il supprimer la pub pour enfants ? Reportage de Mounir Soussi, sur Public Sénat

Faut-il supprimer la pub pour enfants ? Reportage de Mounir Soussi, sur Public Sénat

Suivre le dossier législatif sur le site du Sénat (Voir aussi ce reportage sur Public Sénat)
En parallèle, voici un exemple de Fiche pédagogique proposé pour les 4-8 ans, dans le cadre de la 13ème semaine des médias à l’école, en Suisse romande(7-11 mars 2016). Voir sur l’excellent site e-media.ch « Choco Leo ou comment on emballe nos enfants »
Les arguments marketing sont peu discutés en famille ou à l’école. Or, c’est en prenant conscience des stratégies publicitaires que l’enfant développe un avis critique.
Et encore sur le site Habilomedia : « comment les spécialistes marketing ciblent les enfants ».

Prions pour l’Education, cet enjeu fondamental pour notre temps

Que "semez-vous" dans les générations présentes ? De là l'enjeu vital de l'éducation et la culture !

Que « semez-vous » dans les générations présentes ? Que sèmerez-vous dans les générations à venir ? De là l’enjeu vital de l’éducation et la culture !

Connaissez-vous L’éléphant ? Non pas le pachyderme, mais la revue qui est convaincue que « la culture générale et l’éducation contribueront à sauver le monde ». Une idée jugée « désuète, à l’heure où toute la connaissance du monde est à portée de clic ».

« A l’approche de sa mort, Darwin reconnut à plusieurs reprises dans ses écrits que deux choses auraient perdu de leur intérêt à mesure qu’il vieillissait », relève Francis Schaeffer dans « La Pollution et la mort de l’homme » (BLF, 2015) : la perte des plaisirs de l’art et de la nature. Et Francis Schaeffer déclarer être convaincu « que ce qui affecte aujourd’hui toute notre culture n’est rien d’autre que ce que Darwin avait vécu en son temps »(op. cit., p 10).

Bien avant lui, Hannah Arendt faisait ce même rapprochement troublant entre la nature et la culture : le mot « culture », d’origine romaine, vient de « cultiver », « demeurer », « prendre soin », « entretenir », « préserver », dans le sens « de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine »(« la crise de la culture »; Folio essais, 2014, p 271). Mais alors que « les Romains tendaient à considérer l’art comme une espèce d’agriculture, de culture de la nature, les Grecs tendaient à considérer même l’agriculture comme un élément de fabrication, comme appartenant aux artifices techniques ingénieux et adroits, par lesquels l’homme, plus effrayant que tout ce qui est, domestique et domine la nature ». Les Grecs comprenaient l’activité de labourer la terre-« ce que nous considérons comme la plus naturelle et la plus paisible des activités humaines »-comme « une entreprise audacieuse, violente dans laquelle, année après année, la terre, inépuisable et infatigable, est dérangée et violée. Les Grecs ne savaient pas ce qu’est la culture parce qu’ils ne cultivaient pas la nature mais plutôt arrachaient aux entrailles de la terre les fruits que les dieux avaient caché aux hommes », selon la formule d’Hésiode. Quel rapprochement faites-vous, notamment avec les enjeux climatiques et environnementaux ?

Bref, « culture au sens d’aménager la nature en un lieu habitable pour un peuple », et culture au sens de transmission (de « prendre soin », de « garder » un patrimoine spirituel et moral) « déterminent encore aujourd’hui le contenu et le sens de ce que nous avons en tête quand nous parlons de culture »(op. cit., pp 272-273).

L’on pourrait également inclure l’éducation parmi les enjeux cruciaux de notre temps. Souvenez-nous : la revue citée plus haut estime que « l’éducation et la culture générale sauveront le monde ».

Les chrétiens-notamment évangéliques-en sont-ils convaincus eux-mêmes ? Estiment-ils vital de prier pour l’éducation ? A moins qu’ils ne considèrent l’éducation, la culture(et la nature) comme jadis les Grecs anciens ? De manière « technicienne » et « pragmatique » ?

Car « éduquer, ou élever un enfant, c’est l’aider à tirer de lui-même (educere) ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, à se hausser (elevare) dans son corps et son âme, dans tout son être spirituel. Par éducation, nous entendons aussi la somme totale des processus par lesquels une société transmet d’une génération à l’autre son expérience et son héritage accumulés dans les domaines social, intellectuel et religieux », rappelle Luc Bussière, philosophe, pasteur et écrivain, dans un article consacré à l’éducation protestante, pour « La Revue Réformée ».

Y -a-t-il de la lumière chez vous ?Prions donc ensemble pour l’éducation. Dans ces temps difficiles qui sont les nôtres, face aux « ténèbres épaisses »[les extrémismes religieux et politiques] qui environnent notre pays (Ex.10v22-23), tout chrétien se devrait d’être à mille lieux de réagir par la peur, l’ignorance ou la violence. Au contraire, « C’est par Sa lumière que nous voyons la lumière », dit le psaume 36v9. De même qu’ « il y avait de la lumière dans les lieux où habitaient tous les enfants d’Israël » en Egypte(Exode 10v23), nous nous devons, tous ensemble, en tant qu’ « enfants de lumière », de faire promptement briller notre lumière, de façon proactive, et non de façon réactive ou vindicative(cf Eph.5v8-9).  Pour cela, la meilleure posture reste celle de nous mettre volontairement à genoux devant notre Père céleste (plutôt que de plier, par fatalisme ou résignation) pour intercéder en faveur de l’Education et de l’Ecole (privée comme publique). En faveur d’une éducation durable, pleine de sens, inspirée, fondée sur Jésus-Christ et la Bible.

« Armons-nous de force, dans le Seigneur (Jésus-Christ), de Sa force toute puissante »(Eph.6v10. TOB), sachant que « nos armes ne sont pas charnelles », mais bien spirituelles(2 Cor.10v4 ; Eph.6v11 et ss) : « elles sont puissantes et efficaces pour renverser les forteresses » et les faux raisonnements(2 Cor.10v4 et ss). Et tout commence par les pensées* !

A l’heure où certains peuvent se désoler : « dans quel monde vivons-nous ? », un vieil adage juif tend plutôt à se questionner ainsi : « dans quel monde vivront-ils ? ». C’est en effet une meilleure question : que laissons-nous à cette génération ? De nouvelles idoles, ou un héritage durable, porteur de sens ?

Prions ensemble pour l’éducation !

 

Note :

*Voici un petit test, particulièrement révélateur. Que révélera-t-il de votre côté ? Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/05/29/testez-vous-nommez-ces-marques-nommez-ces-plantes/

Comment choisissent-ils d’accéder à l’éducation ? En prenant des risques…

Samuel, 13 ans, et ses deux frères..."sur le chemin de l'école"(un film de Pascal Plisson, 2013)

Samuel, 13 ans, et ses deux frères… »sur le chemin de l’école »(un film de Pascal Plisson, 2013)

Que faire, un mercredi pluvieux qui n’invite pas à rire ou à sourire, et qui plus est, durant la semaine de Soukkot ?

Cette fête biblique, dont nous avions parlé la semaine dernière, est la fête du souvenir et de la joie : souvenir de la précarité(et même de la vanité) de l’existence et de nos biens, souvenir de la fidélité de Dieu qui a d’ailleurs Lui-même partagé cette précarité(en habitant dans une tente-le Tabernacle-dans le désert, au milieu de Son peuple, et en s’incarnant cf Jean 1v14, Hébreux 4v15)pour nous permettre d’entrer dans la joie véritable. La joie véritable étant possible lorsque nous nous attachons aux choses durables et, surtout, lorsque le Seigneur est à Sa place « dans Son temple »(1 Cor.6v19), dans nos vies.

Dans ce contexte, et à l’heure où l’on peut apprendre que le moral des français est au plus bas**, il est toujours édifiant, pour ne pas dire « utile », de voir ou revoir le film documentaire « Sur le chemin de l’école » de Pascal Plisson(2013). Lequel nous invite à rechercher ce qui est durable, tout en nous permettant de relativiser quelque peu.

Car l’« on oublie trop souvent que l’école est une chance », ouvre le documentaire. « Dans certaines régions du monde, le chemin de l’école est un parcours du combattant et le savoir, une conquête. Chaque matin, parfois au péril de leur vie, des enfants héroïques s’engagent sur le chemin de la connaissance ». Voici, parmi d’autres, quatre enfants : « (ils) vivent aux quatre coins du globe mais partagent la même soif d’apprendre. Ils ont compris que seule l’instruction leur permettra d’améliorer leur vie, et c’est pour cela que chaque jour, dans des paysages incroyables, ils se lancent dans un périple à haut risque qui les conduira vers le savoir.
Jackson, 11 ans, vit au Kenya et parcourt matin et soir quinze kilomètres avec sa petite sœur au milieu de la savane et des animaux sauvages…
Zahira, 12 ans, habite dans les montagnes escarpées de l’Atlas marocain, et c’est une journée de marche exténuante qui l’attend pour rejoindre son internat avec ses deux amies…
Samuel, 13 ans, vit en Inde et chaque jour, les quatre kilomètres qu’il doit accomplir sont une épreuve parce qu’il n’a pas l’usage de ses jambes. Ses deux jeunes frères poussent pendant plus d’une heure son fauteuil roulant bricolé jusqu’à l’école…
C’est sur un cheval que Carlos, 11 ans, traverse les plaines de Patagonie sur plus de dix-huit kilomètres. Emmenant sa petite sœur avec lui, il accomplit cet exploit deux fois par jour, quel que soit le temps… »

Des enfants vivant dans la précarité, mais pourtant toujours souriants, reconnaissants, estimant que le chemin vers une éducation digne de ce nom est une belle aventure et qu’il vaut la peine d’y investir quelques années de leur précieuse vie.

Mention spéciale à Samuel, 13 ans, qui nous donne une leçon de vie et le sens de la véritable richesse : « l’on vient au monde sans rien », et l’on repart de la même façon de ce monde, constate-t-il.  Or, l’un de ses camarades a été retiré de l’école par ses parents, « qui sont riches ». Alors que lui, Samuel, bien que pauvre et handicapé des jambes, y va (à l’école), pour devenir médecin plus tard, afin de soigner « les autres enfants comme lui. »

 

En bref :

« Sur le chemin de l’école », un film de Pascal Plisson (France, 2013)

A partir de 7 ans.

Lauréat César 2014 du meilleur film documentaire

La bande annonce :

Et la chanson du film :

 

Notes :

* Voir ces critiques du film sur critikat, La Croix, Les Cahiers pédagogiques.

**Voir aussi http://www.20minutes.fr/economie/1458583-20141013-france-vraiment-depressive

 

« (In)culture au poing ! »(2) Le dico de PEP’S CAFE !

Souvenez-vous, le 4 octobre 2013, nous lancions notre premier « dictionnaire des idées reçues »*, à la manière de celui de Gustave Flaubert.
Le voici de retour(notre dictionnaire, pas Flaubert) : nullement exhaustif , mais volontairement sélectif. Des « idées reçues »*(ou « pas reçues »), pour prendre du recul, par rapport à notre façon de considérer Dieu, et particulièrement ce que nous croyons savoir…du savoir, de l’éducation, de l’apprentissage, d’un maître et d’un disciple, et de la façon dont nous construisons nos propres échelles de valeurs.
N’hésitez pas à vous prêter à ce petit jeu (littéraire et intellectuel) et nous proposer vos propres définitions !

 

« Ancien » : ne veut pas dire « périmé »(voir « nouveau »).

« Apprendre » : on ne sait pas vraiment ce qu’est « apprendre », aujourd’hui. Apprendre fait peur, car « apprendre », c’est toujours se transformer, changer, s’ouvrir, être touché, remis en question, bouleversé, « passé à la moulinette »…

« Cravate » : « ne sert à rien », « objet de croyance »(dixit Alain Auderset). Mon pasteur prêche ou célèbre la Sainte-Cène sans cravate : est-ce un « homme de Dieu » ? Ce savant présente sa nouvelle découverte sans cravate : peut-on le prendre au sérieux ?(voir « Le Petit Prince » de Saint-Exupéry)

« Disciple » : implique une « discipline » et un maître. Celui qui est son propre maître est l’élève d’un imbécile. Le disciple fait le maître, mais « n’est pas plus que le maître ». Voir « maître ».

« Eduquons ! » Se dit deux fois de suite, à l’exclamative. Exprime plus un besoin fondamental qu’une insulte.

« Indépendant » : ne veut pas dire « libre ».

« Libre » : à ne pas confondre avec « indépendance ».

« Maître » : n’est pas « celui qui sait », par rapport à « celui qui ignore ». Tout « savant » n’est pas, de fait, un « maître ». On reconnaît le maître à sa manière de vivre, son humilité et à sa capacité de « transmettre », de donner du sens à ce que nous ignorons ou connaissons(ou croyons connaître). Voir « disciple » et « savoir ».

« Nouveau » : ne le reste généralement pas longtemps. Voir « Ancien ».

« Parler » : « Dieu parle une fois, deux fois(ou : tantôt d’une manière, tantôt d’une autre)et l’on n’y prend pas garde »(Job 33v14). Il est remarquable que Dieu ait choisit de nous parler ou de se révéler de cette manière particulière, au travers d’un livre(la Bible)et d’une personne(Jésus-Christ).

« Perdu, « (re)trouvé » : Vous avez certainement entendu ici ou là le témoignage de quelqu’un qui a déclaré avoir « trouvé Dieu ». En réalité, nous ne « trouvons pas Dieu ». Dieu n’était pas perdu. C’est Dieu qui, descendant du ciel, nous a trouvé, après nous avoir longuement et patiemment cherché(cf Jean 1v1-14). Le meilleur exemple à ce sujet est la parabole de la brebis, dite « perdue » et « retrouvée » dans Luc 15v1-7.

« Savoir » : un savoir est ce qui se transmet. Confondu aujourd’hui avec « compétence ». L’on construit, aujourd’hui, son savoir, « seul », de façon « individuelle », via « internet », « la télévision »…voire « les jeux vidéos »…à l’exclusion des livres et des êtres humains. Voir « maître » et « disciple ».

« Silence » : celui de Dieu, bien entendu. Est révélateur d’une écoute, d’une disponibilité de Dieu, plus que d’une « absence de Dieu ».

« Valeur »(échelle de) : subjectif. Plutôt que de parler de « valeurs bibliques » ou de « valeurs chrétiennes », préférons le terme de « vertu biblique ». Les valeurs  de Dieu ne sont pas les nôtres. Une évidence et un lieu commun. Mais jugeons plutôt de ce qui fait la joie du berger retrouvant, non pas « une », mais « la » brebis perdue, et de ce qui fait la joie dans le ciel : Luc 15v3-7. Voir « perdu, (r)etrouvé ».

 

Notes :

* « Idées reçues », c’est aussi la première BD d’Alain Auderset. Et aussi ma première BD, par laquelle je suis entré dans l’univers de cet auteur.

 

« D’une génération à l’autre : quelle transmission ? » On en parle au Salon de l’Education chrétienne(28-29 mai 2014)

6ème Salon de l'Education chrétienne(28-29 mai 2014) Recto

6ème Salon de l’Education chrétienne(28-29 mai 2014)
Recto

Chacun connaît peut-être ce proverbe, dont l’auteur est inconnu : « celui qui s’est fait tout seul est l’élève d’un imbécile ».

Une telle affirmation, à contre-courant de l’individualisme ambiant et du mythe du « self made man », nous invite, sans langue de bois, à (re)considérer la façon dont nous apprenons, ainsi que la pertinence de toute transmission.

Mais qu’est-ce que « transmettre » ? Qui transmet ? A qui ? Et, surtout, que transmettre ? Dans quel but ?

« La transmission manifeste la continuité tout autant que la finitude des individus destinés à disparaître et à laisser la place » à ceux qui arrivent, peut-on lire dans « Transmettre, apprendre », de Marcel Gauchet, Marie-Claude Blais et Dominique Ottavi (Ed.Stock, 2014, p 60).

Enfin, Selon le professeur de philosophie Angélique del Rey*, « la transmission »est « le point d’ancrage d’une résistance, au sens de pouvoir créer autre chose ». Or, la transmission « est de plus en plus compliquée. Beaucoup d’observateurs parlent de coupure de transmission. Transmettre, c’est permettre que des valeurs, des savoirs, des savoirs-faire soient intégrés par les nouvelles générations, qu’elles s’en imprègnent et les transforment à leur façon ».

 

« D’une génération à l’autre : quelle transmission ? »  est un sujet d’actualité. Il sera le thème d’un prochain événement éducatif, le Salon de l’Éducation chrétienne**, qui aura lieu le jeudi(férié)29 mai, à Saint-Denis, de 9h00 à 18h00.

Il sera ouvert par « Athée non pratiquant »,

"Athée non pratiquant" : un show d'Alain Auderset, qui ne vous laisser pas froid...

« Athée non pratiquant » : un show d’Alain Auderset, qui ne vous laissera pas froid…

 

 

le one man show décapant d’Alain Auderset, à destination des jeunes à partir de 12 ans et adultes, croyants et leurs amis non croyants, le mercredi 28 mai à 19h30 (arrivée conseillée à 19h00).

 

 

 

 

 

 

Toute la journée du jeudi,

6ème Salon de l'Education chrétienne(28-29 mai 2014) Programme détaillé

6ème Salon de l’Education chrétienne(28-29 mai 2014)
Programme détaillé

des plénières avec Dany Hameau et Daniel Neuhaus, une table ronde, des ateliers-avec notamment Jacques Caruel, pour formateur, de nombreux exposants( stands associatifs servant la jeunesse, la famille, l’Ecole et l’Eglise), des animations gratuites pour les enfants de 3 à 12 ans.

Informations, inscriptions et billetterie du spectacle sur le site :

http://www.salon-educationchretienne.fr

La vidéo, en résumé : http://youtu.be/DwAulemQL5I .

 

 

La cause de l’Éducation étant fédératrice(c’est l’affaire de tous), chacun, se sentant concerné ou interpellé, est le bienvenu : qu’il soit jeune, parent, grand-parent, professionnel de l’éducation et de l’enseignement, « leader de jeunes » ou engagé dans un ministère parmi la jeunesse et les enfants, pasteur, ancien, prêtre, diacre….

N’hésitez pas à venir réfléchir et discuter avec nous sur cette thématique de la transmission, et à découvrir quelques alternatives (chrétiennes) éducatives. N’hésitez pas non plus à relayer l’information autour de vous !

A bientôt !

 

 

Notes :

* auteur de « A l’école des compétences »(La Découverte, 2010) et de « La tyrannie de l’évaluation(La découverte, 2013). Propos recueillis dans le cadre d’un débat publié dans le numéro 100 de juin 2013 de « La Décroissance », pp 14-15 et dont nous avons déjà parlé dans ce billet du 27 juin 2013.

** Le Salon de l’Education chrétienne est un événement éducatif interdénominationnel, organisé depuis 2008 par l’association « Dessine-moi une école »(Je suis l’un des responsables), membre de la Fédération Protestante de France). Il est au service des intérêts éducatifs et spirituels de la jeunesse, de la famille et de l’Eglise. Plus d’infos ici : http://www.salon-educationchretienne.fr/

 

A noter que le blogue prendra une pause durant ce mois de mai, jusqu’à la fin de l’événement et reprendra début juin.