Le savon de Dieu

Quand Dieu nous passe un savon…. (source image : public domain pictures)

« Nettoyez vos mains, pécheurs » (Jacques 4v8)

Un « savon de Dieu » sans nuance, et une injonction ô combien paradoxale, puisque le verset suivant décourage d’emblée toutes nos tentatives d’y répondre :

« Tu aurais beau te lessiver à la soude, y rajouter quantité de potasse, devant moi, ta faute reste incrustée. » (Jérémie 2v22)

Un tel constat ne peut que susciter l’angoisse et le désespoir, celle de la culpabilité (ou de la conscience de sa faute) sans remède. Cependant, pour Kierkegaard, penseur chrétien, c’est le fait d’être « passible du désespoir » qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal.

Toujours selon Kierkegaard, la forme la plus aboutie du désespoir est le scandale, lié au fait que le Christianisme ne s’adresse pas à la foule et mais à l’individu, lui offrant cette alternative et injonction : « scandalise-toi ou crois ! » 

De son côté, le psalmiste choisit la foi, ou plutôt, dans une variante de l’alternative précédente, il choisit « la crainte de Dieu » à « l’effroi ».

Les versets 3-4 du psaume 130 nous l’enseignent :  « si tu gardais le souvenir des iniquités, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne».

Craindre Dieu dans les Ecritures, loin de décourager, est en réalité libérateur, puisque celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, souligne Erri de Luca. Et le même d’ajouter que « celui qui craint Dieu le craint parce que de lui seul dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes ».

« Venez et plaidons ! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine ». (Es.1v18)

 

 

Confinement : pensez à faire le plein de livres !

Faire 5 bonnes lectures intelligentes par jour : un acte tout aussi essentiel que de consommer 5 fruits et légumes par jour ! (Source image : public domain pictures)

Aussi important que les pâtes, le riz, l’eau, les conserves ou le papier toilette, en cas de confinement…pensez à faire le plein de livres !

Si vous n’avez pas d’idée, voici quelques suggestions de lectures à découvrir sur Pep’s café! le blogue ici, ici ou .
Et, bien sûr, on évite d’acheter sur Amazon !
La technique ? Installer l’extension Amazon Killer pour les livres (Chrome ou Firefox). On cherche un livre sur Amazon, on clique dessus, et hop ! on est renvoyé vers le site de vraies librairies.
Voir aussi ces autres alternatives pour les soutenir.

Coronavirus : et si demain, votre église était « empêchée » de se réunir ?

« Et si votre Eglise était empêchée de se réunir ? Plus de programmes/de réunions, mais davantage de temps pour les contacts interpersonnels et les rencontres en tête à tête…. »( Source : Pixabay)

Quelle est la priorité dans notre église ? « La vigne » (Les personnes et le progrès de l’Evangile) ou son « treillis » (les structures et les programmes) ? C’est à partir de cette image parlante que Colin Marshall et Tony Payne nous proposent une réflexion dérangeante, voire limite provocatrice, mais dans un soucis constant de fidélité scripturaire, dans un ouvrage(1) paru aux éditions clés en 2014, et, pour ma part, lu il y a 4 ans environ.  Ce livre garde toute sa pertinence aujourd’hui, nous encourageant à nous concentrer sur « l’essentiel dans l’église » : consacrer du temps dans la formation de personnes pour les rendre aptes à travailler à leur tour dans « la vigne » – témoigner, accompagner, visiter et aider d’autres à grandir….

Ce type de priorité conduit les communautés à réfléchir, par et pour elles-mêmes, aux changements radicaux à envisager. Pour nous aider à faire le premier pas, et en guise de conclusion, les auteurs nous invitent à imaginer « une situation inattendue » (2) qui pouvait l’être au moment de la parution de leur livre, mais qui prend une soudaine actualité en ce moment.

Imaginons donc  la chose suivante : « au moment où nous écrivons ces lignes, les premiers signes inquiétants d’une pandémie de grippe porcine font les gros titres des bulletins d’informations partout dans le monde [actuellement, c’est le coronavirus]. Imaginez que la pandémie atteigne votre région et que, par mesure de prévention et de santé publique, tous les rassemblements de plus de trois personnes soient interdits par arrêté gouvernemental pour une durée de dix-huit mois. Comment votre communauté de 120 [300, 500 ou +] membres pourrait-elle continuer à fonctionner sans rencontre régulière d’aucune sorte dans les locaux de l’Eglise, ni groupes de maison de plus de trois personnes ? »

Cela serait-il un drame ? Pas forcément, soulignent les auteurs, suggérant des pistes nouvelles.

« Si vous étiez le pasteur, que feriez-vous ? Vous enverriez régulièrement lettres et courriels aux gens sous votre responsabilité, vous téléphoneriez, vous enregistreriez un podcast. Mais comment le travail régulier d’enseignement, de prédication et d’accompagnement pastoral serait-il assuré ? Comment la communauté serait-elle encouragée à persévérer dans l’amour et dans les œuvres bonnes en des circonstances si éprouvantes (….) ? » [sans compter les cultes hebdomadaires, les réunions de prière/de louange et toutes les activités périphériques nombreuses et variées]. Il n’y aurait plus de réunions (…), plus de cours (…). Plus rien.

Bien sûr, vous pourriez revenir à l’ancienne pratique (sic) des visites des membres de votre communauté de maison en maison et faire du porte à porte dans votre quartier, à la recherche de nouveaux contacts, mais comment, en tant que pasteur, rencontrer et enseigner chacun des 120 adultes de votre communauté, sans compter leurs enfants et les nouveaux contacts rencontrés lors du porte-à-porte ? Vous auriez besoin d’aide. Vous commenceriez par rencontrer [ou passer du temps] régulièrement [avec une dizaine de personnes] parmi les plus mûr(e)s de votre communauté [les membres du conseil spirituel/d’église/conseil presbytéral seraient déjà prioritaires], deux par deux, pendant les deux premiers mois, tout en restant en relation avec les autres par téléphone, par courriel [ou tout autre moyen de communication à distance]. Vous formeriez [ou chargeriez, si elles sont déjà formées] ces personnes] pour [l’accompagnement pastoral de leur propre famille et la formation régulière de deux ou trois personnes à faire de même]. Pendant que ce travail relationnel battrait son plein, vous choisiriez un autre groupe de personnes à former [par exemple, pour le suivi de nouveaux contacts].

Les contacts interpersonnels et les rencontres en tête à tête seraient nombreux. Toutefois, il n’ y aurait ni cultes à assurer, ni comités, ni rencontres du conseil d’église, ni séminaires/réunions/programmes, ni groupes de maison – en fait, aucune activité de groupe à gérer, ni événement à organiser, ni fonds à trouver [le pied !]…..seulement un enseignement personnel et une formation [de « disciples faiseurs de disciples »] qui se poursuivraient malgré tout ».

Et les auteurs de conclure par « la question vraiment intéressante » : au bout des dix-huit mois, une fois la situation « revenue à la normale » et l’interdiction gouvernementale levée, les programmes et autres activités de l’église doivent-ils nécessairement repartir de plus belle ? Que ferions-nous différemment ?

La balle est dans notre camp. Mais n’attendons pas une épidémie/pandémie pour y réfléchir !

 

Pour aller plus loin encore, à lire sur Pep’s café! : Comment décourager/favoriser l’engagement bénévole des « laïcs » ?

 

 

 

Notes : 

(1) Marshall, Colin et Payne, Tony. L’Essentiel dans l’Eglise : apprendre de la vigne et de son treillis. Editions Clé, 2014 (Collection Réflexions IBG). Disponible ici ou dans toutes les bonnes librairies. Voir également ces recensions de l’ouvrage ici ou .

(2) op. cit., pp 179-180

Sommes-nous déjà dans « Eumeswil », la contre-utopie « sans espérance » et « sans croyance » ?

« Eumeswil », la contre-utopie : y sommes-nous déjà ?

« Eumeswil » est un roman – « du détachement et de la lucidité », d’après sa quatrième de couverture – d’Ernst Jünger (1895-1998), publié en 1977.

L’État universel s’est déjà réalisé et disloqué en un archipel de petits États, dont Eumeswil, une cité utopique ou contre-utopique. Car « Eumeswil est peuplé d’individus auprès de qui aucune idée, aucune valeur, aucune forme de pensée complexe n’est prise au sérieux, ni tenue en quelque estime », souligne le naturaliste blogueur [ça existe]« Phylloscopus » dans une fine analyse dont je recommande la lecture. Cette cité-Etat est dominée du haut de la Casbah par un tyran appelé le Condor. Ce dernier méprise les braves démocrates d’Eumeswil, leurs réunions qu’ils croient secrètes, leurs bavardages inefficaces.

Le narrateur, Martin, alias Manuelo Venator, est un jeune historien qui travaille toutes les nuits comme steward à la Casbah : il devient ainsi le contemplateur privilégié des puissants, admis dans la «zone interdite». Plutôt qu’un roman, « Eumeswil » est la radiographie de cette étrange cité par ce non moins étrange observateur.

« Pourquoi se plonger dans cette œuvre bizarre [lue il y a une vingtaine d’années en fac d’histoire], à l’écriture alambiquée, et jamais rééditée en français ? »(1), nous questionne « Phylloscopus » ?

« Vous l’avez deviné », répond-t-il : « parce qu’Eumeswil est tout près de nous ».

Qu’est-ce donc qu’Eumeswil ? Une cité-Etat « décadente », marquée par « le marché libre, le soft power et le relativisme cynique absolu », où il n’y a « point d’espérance, de transcendance, ni même de pensée », et où « les hommes se complaisent à ne plus croire en rien de tout cela ; y triomphe la figure – non pas de l’anarchiste, luttant contre toute forme de pouvoir et de loi – mais de l’anarque, incarnée par le narrateur ». L’anarchiste est à l’anarque, selon l’auteur, ce que le monarchiste est au monarque. « C’est un observateur réticent qui « connaît la loi, sans la reconnaître » et a « banni la société de lui-même ». Il ne combat pas le pouvoir : il en prend acte, mais s’en extrait par une absolue liberté d’esprit [Lui aussi dédaigne lui aussi les amis du peuple, les opposants, plus ou moins manipulés par la police]. Il n’en vit pas moins au cœur de cette société qu’il bannit de lui-même, et bénéficie de ses ressources. Posture sans issue, et d’ailleurs le narrateur finira par accompagner le dictateur dans une expédition-suicide…… »

« Sans idées », Eumeswil est aussi une cité « sans Histoire », où « le temps semble y être arrêté ou devenu cyclique, bien que « les catacombes » y injectent un certain progrès technique, qui ne remet plus rien, fondamentalement, en cause….. Eumeswil pourrait bien préfigurer la quintessence de notre siècle, dans la perfection aboutie d’une cellule, carrée, peinte en blanc, proprette, éclairée d’un néon bien aux normes, et murée ». Or, un prisonnier peut-il se dire libre parce qu’il fait ce qu’il veut dans sa cellule ?

Y sommes-nous déjà ? Comment en sortir ?

Lire la suite pour le savoir….

 

 

 

 

Note : 

(1) Edition La Table ronde, collection Vermillon, ou Gallimard, Folio

 

 

 

 

 

 

« Comment s’informer » de Sophie Eustache : un guide pour initier les ados à la fabrication de l’info

« Comment s’informer » : un guide pratique pour les ados (mais aussi pour les adultes) pour s’initier aux coulisses des médias et de l’info !

« De l’info partout et tout le temps… » : aujourd’hui, dans notre société hyper-connectée, l’information colonise tous nos espaces, aussi bien publics qu’intimes.

Mais l’enjeu n’est pas tant de s’informer que de transformer cette information en connaissances, c’est à dire de se l’approprier et de l’analyser, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, comment faire le tri dans cette myriade d’informations qui nous parvient tous les jours ? Quel crédit leur porter ? Et ce, d’autant plus qu’une information n’est pas un produit naturel, puisqu’elle est produite par des êtres humains qui vivent en société et portent un certain regard sur le monde. Elle doit donc toujours être manipulée avec précaution. La journaliste Sophie Eustache propose un guide pertinent d’éducation aux médias, très utile et très accessible, pour aider les adolescents, dès 13 ans, à « naviguer sur les flots tumultueux et diluviens de l’information » (op. Cit., p 15). Il sera aussi lu avec profit par les adultes.

Publié dans la collection POCQQ (Pourquoi s’interroger ? Où s’informer ? Comment agir ? Qui est concerné ? Quand débattre ?), laquelle traite des sujets d’actualité pour les adolescents, « avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion » [déjà parus : qui sont les transhumanistes ? Où va le climat ? Pourquoi les végans ? …], cet ouvrage, illustré par Élodie Perrotin, aborde certaines questions. Les inévitables : « qu’est-ce que s’informer aujourd’hui ? Comment circule l’information ? Comment travaillent les journalistes ? »

Mais aussi : « l’information est-elle (réellement) libre ? A qui appartiennent les médias ? », nous sensibilisant à l’enjeu de l’indépendance de la presse – indépendance par rapport à l’Etat, mais aussi l’audience, les partis politiques, les industriels, les annonceurs, la publicité. En France, 10 milliardaires (des télécoms, des BTP, des banques et de l’armement) possèdent la majorité des médias.

Enfin, « l’objectivité est-elle possible ? », nous questionne encore l’auteure, nous invitant à prendre du recul par rapport au « fact checking », pratique journalistique visant à vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques ou d’autres personnalités publiques. L’enjeu n’étant pas tant de savoir si les « factcheckers » font un bon travail ou pas, mais plutôt de comprendre qui en profite.

Le chapitre « Que pouvons-nous faire ? » nous pousse à l’engagement. Parce que l’information n’est pas une marchandise mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation, nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse indépendante (sans pub et financée avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble à des solutions pour libérer la presse.

Le « guide de l’apprenti journaliste » donne des conseils pour se forger un esprit critique et faire attention aux « fake news » ; un lexique nous permet de comprendre « les mots du journaliste » (qu’est-ce qu’un « angle », « bâtonner une dépêche », un « chemin de fer », un « marronnier » ?…), et pour aller plus loin, une bibliographie complète est à consulter sur le site de l’éditeur.

A mettre dans toutes les mains !

 

En bref :

Comment s’informer, de Sophie Eustache / Elodie Perrotin. Editions du Ricochet, 2019 (Collection POCQQ)

Les 30 premières pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Ma Quête, de Josef Ben-Eliezer

Un encouragement à chercher et à trouver « au bon endroit »

Ce petit livre est « à l’honneur » sur le site de la librairie Jean Calvin, de Paris. C’est ce qui m’a d’abord intrigué. Une discussion avec l’un des libraires – passionné par l’ouvrage – a fini par me convaincre de l’intérêt historique et existentiel de cette « quête » de Josef Ben-Eliezer (1929-2013).

Diogène cherchait un homme. Josef, lui, cherchait « la fraternité (…) une réponse à la souffrance de l’humanité ». Il la cherchait même « ardemment », prêt à donner sa vie pour une telle cause : « J’ai un grand désir d’éprouver une fois dans ma vie, dans mon cœur, la réponse à la souffrance la plus profond de l’humanité. Quand bien même je ne vivrais la réponse à cette question qu’un bref instant, cela me suffirait. » (Ma quête, p 108)

« Né en juillet 1929 à Francfort, en Allemagne,  de parents Juifs d’Europe orientale, arrivés quelques années plus tôt de Pologne » (op. cit., p 1), Josef grandit dans un environnement sécurisé. Bientôt, il fut le témoin de l’assaut de la Pologne par l’armée hitlérienne et chercha refuge en Union Soviétique pour être finalement exilé en Sibérie, avec sa famille. Echappant tout juste à la mort de famine et maladies, il fit son chemin en traversant l’Asie du Sud et arriva enfin dans l’Etat d’Israël.  Après l’horreur de l’Holocauste, il était absolument déterminé à se battre pour l’indépendance de sa nouvelle patrie. Mais en tant que soldat, l’inhumanité de la guerre continuait à le poursuivre ainsi que la question suivante : « Pourquoi est-ce que les hommes et les femmes ne peuvent pas vivre ensemble dans la paix ? » Sa soif de justice le conduit à fréquenter divers groupes marxistes. Il trouvera finalement les réponses à ses questions dans un contexte inattendu……

Un témoignage aux allures de roman d’aventure, sauf qu’il s’agit du récit authentique d’une quête de toute une vie : une quête de justice, (de fraternité) et de paix, toujours essentielle et encore d’actualité. Car sans justice, pas de paix.

Court et percutant, accessible dès l’adolescence, ce récit est un encouragement pour chacun à chercher et à persévérer dans sa propre « quête » existentielle, particulièrement à une époque où l’on ne va pas plus loin, si l’objet de notre recherche n’est pas à portée de main.

Ce récit est aussi un encouragement à chercher « au bon endroit », et surtout à trouver. Car « la quête (perpétuelle) pour la quête » n’est pas un moteur suffisant. Toute quête a un but, qui peut être atteint.

Dans le cas de Josef, cet athée rebelle à tout engagement dans la foi, a fait plus que vivre une expérience « de conversion religieuse ». Il a surtout découvert un nouveau centre de vie : « Jésus et son enseignement simple mais radical sur le Royaume de Dieu. Affranchi de la recherche désespérée qui le consumait, c’était désormais son enthousiasme pour une cause qui le dépassait qui le faisait avancer. » (op.cit., p 110),

 

En bref :

Ma Quête, de Josef Ben-Eliezer. Plough Publishing House, 2015.

Se le procurer chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

 

« Par delà le bien et le mal » : l’antimorale de la Bible

Plutôt que d’ouvrir la Bible pour y chercher des réponses à nos questions, il convient d’être « ouvert » soi-même et à l’écoute de la Parole, pour y chercher des questions que Dieu nous pose personnellement…

Si Ellul démolit « les idoles sécularisées » comme la technique, l’État ou l’argent, il n’épargne pas non plus « les idoles chrétiennes ». Dans « Le Vouloir et le faire », il lance plusieurs piques contre la morale dite « chrétienne ». En quoi le christianisme constitue-t-il, d’après lui, une « antimorale » ?

Telle est l’une des questions posées par la revue Philitt à Frédéric Rognon (1), dans le cadre d’un grand entretien(2) consacré au penseur protestant Jacques Ellul (1912-1994). En guise de réponse, Frédéric Rognon souligne que « Ellul propose (…) une lecture originale de la Bible », à contre courant des lectures « moralisantes ». En effet, explique-t-il, « traditionnellement, on fait de la Bible un livre moral. On parle d’ailleurs souvent d’une « morale judéo-chrétienne » qui serait fondée sur la Bible. Pour Ellul la Bible propose au contraire une antimorale ».

Selon Frédéric Rognon, le penseur protestant refuse même « de voir dans la Bible un simple manuel répondant à nos questions morales (« Que dois-je faire ? »). Pour lui, les Écritures n’ont pas vocation à répondre à nos questions, car cela reviendrait à leur imposer nos propres perspectives, sans respect pour le texte biblique lui-même. Il faut donc plutôt se mettre à l’écoute de la Parole et y chercher des questions que Dieu nous pose personnellement, et non des réponses à nos propres questions. Ellul relève ainsi de nombreuses questions que Dieu pose »(2).

Plus exactement, la Bible nous pose principalement trois questions : une question confessante : « Qui dites-vous que je suis ? »(Marc 8v29), une question éthique : « Qu’as-tu fait de ton frère ? »(Gen.4v9), et une question existentielle quant à notre quête : « Qui cherches-tu ? »(Jean 20v15). Nous sommes donc interrogés, et invités à donner une réponse confessante, une réponse éthique et une réponse existentielle, par la parole et par notre vie (3).

« La Bible, loin de constituer un manuel de morale que le chrétien doit suivre de manière quasi-automatique pour avoir bonne conscience, [interpelle], questionne l’homme, (remettant) en cause la fausse sécurité morale qu’il se donne (2). 

D’autre part, ajoute Frédéric Rognon, « Ellul conteste également la lecture moraliste de la Bible en lisant les textes traditionnellement interprétés de manière morale sous un nouvel angle. Le Décalogue est sans doute l’exemple le plus parlant. Alors qu’il est traditionnellement interprété comme dix commandements normatifs, dix règles morales à suivre, Ellul note que les formes verbales de ces « commandements », en hébreu, peuvent autant être traduites par un futur qu’un impératif. En s’inspirant notamment de la lecture juive, il choisit de les traduire au futur. Plutôt que dix impératifs, le Décalogue constitue alors dix promesses faites à l’homme qui se tourne vers Dieu. Il faut ainsi comprendre : « Si tu n’as pas d’autre Dieu que moi alors, je te le promets, tu ne convoiteras pas, tu ne commettras pas d’adultère, tu ne voleras pas, tu ne tueras pas… » Non pas « ne tue pas » mais « je te promets que tu ne seras pas mis en situation de tuer si tu me fais confiance »(2).

Plus exactement, rajouterai-je, il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est, non pas « un commandement », mais le rappel d’une libération : « C’est moi le SEIGNEUR, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, « tu n’auras pas d’autres dieux face à moi »…(Ex.20v1-3).

« La Bible délivre donc un message existentiel plutôt qu’un message moral d’après Ellul. Si on prend les évangiles, Jésus s’attaque ainsi aux plus moraux des hommes que sont les pharisiens. Ceux qui respectaient la Loi avec le plus grand scrupule et qui l’interprètent de manière morale sont justement ceux que Jésus critique en mettant l’amour au-dessus de tout « commandement ». La morale est ainsi transcendée, transfigurée et subvertie par l’amour »(2).

 

Notes :

(1) Frédéric Rognon est professeur de philosophie à la faculté de théologie protestante de l’université de Strasbourg. Il a publié des ouvrages sur plusieurs théologiens du XXe siècle, comme Dietrich Bonhoeffer, ou des études de figures majeures du christianisme contemporain, comme Martin Luther King. En particulier, il s’est intéressé au théologien protestant Jacques Ellul, dont il peut être considéré comme le principal spécialiste français [ou l’un des principaux, si l’on compte Jean-Philippe Qadri, auteur d’une édition critique de textes inédits de Jacques Ellul – « vivre et pensée la liberté »] comme en témoignent les ouvrages « Jacques Ellul. Une pensée en dialogue » (Labor et Fides, 2007, rééd. en 2013) ou « Générations Ellul. Soixante héritiers de la pensée de Jacques Ellul » (Labor et Fides, 2012).

(2) Voir https://philitt.fr/2019/11/14/frederic-rognon-jacques-ellul-voit-dans-la-bible-un-message-anarchiste/

(3) Voir  https://www.jacques-ellul.org/influences/la-bible

« L’Affaire Mila » : « vies privées »

« L’affaire Mila » ou le révélateur d’une crise de notre époque, dans laquelle nous vivons l’oubli ou la négation de l’intime….

« L’affaire Mila » – du prénom d’une lycéenne de 16 ans – est révélatrice d’un phénomène inquiétant : après avoir tenu des propos insultants envers la religion musulmane dans une « story » instagram, elle est persécutée et menacée par des milliers de jeunes, des deux sexes, nés en France et de nationalité française. « Outre les insultes et les menaces de mort ou de viol, certains internautes, qui l’ont reconnue, dévoilent son identité, son adresse, celle de son lycée » (1).

« Plusieurs vidéos massivement partagées et commentées sur les réseaux sociaux reprennent les extraits de cette story Instagram (…)Depuis la publication de ces vidéos, plusieurs hashtags ont émergé (#JesuisMila et #JesuispasMila), symbolisant un débat extrêmement polarisé autour de la jeune fille, désormais cible de cyberharcèlement »(2).

Ceci dit, ce qui se vit est également révélateur d’une crise de notre époque, à l’heure où il est normal, banal et « moderne » de s’exprimer « en live » et en public sur les réseaux @sociaux, sans soucis de protéger son identité numérique. Un peu comme si l’on ouvrait la porte de sa chambre à une foule d’inconnus. En effet, Internet, ce n’est pas « privé ». Cette crise est perçue par Marc-Alain Ouaknin, rabbin et docteur en philosophie, comme une « crise de l’intimité ».

Comme il l’explique très bien dans son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains » (3), nous vivons en effet « l’époque de l’oubli [ou de la négation ?] de l’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société ». Or, poursuit-il, « l’éthique n’est possible qu’à partir de l’existence de l’intime. L’intime de la maison n’est pas fuite du monde et de l’autre, mais la condition même de leur rencontre…. » (Zeugma, p 497).

Selon Ouaknin, le texte biblique est de nature à nous ouvrir de nouvelles perspectives sur cette question de l’intime. Il cite en particulier « cet épisode [de Genèse 9v20 et ss] où, après être sorti de l’arche, Noé (…) plante une vigne et s’énivre de son vin, pour finir dénudé dans l’intimité de sa tente. Un des trois fils, Cham, entre dans la tente et voit son père nu. « Et Cham, le père de Canaan, vit la nudité de son père et il raconta à ses deux frères à l’extérieur »[v22]. Des commentateurs estiment que « ce texte suggère (….) que la faute de Cham n’est pas d’avoir vu la nudité de son père, mais de n’avoir regardé que cette nudité et de l’avoir racontée à ses frères » (op .cit., p 499). Dès la sortie de l’arche, le langage est perverti dans son utilisation par Cham qui entre dans le monde de la médisance. Et, souligne Marc-Alain Ouaknin, « médire, ce n’est pas mentir, mais réduire la complexité d’une situation ou d’un être à une seule dimension. La médisance réduit la conscience que l’on peut avoir de la complexité d’autrui en le réduisant à une seule de ses fonctions, en n’en voyant qu’un point sans le mettre en relation avec les autres, sans prendre en considération les interactions, les liens et les marges (…). Cham est dans une pulsion qui transforme son voir en parole sans attendre que son père puisse prendre la parole, dire quelque chose, expliquer, s’expliquer. Cham est dans l’aussitôt. Il voit et aussitôt se met à parler sans laisser à son père le temps d’une parole, d’un commentaire, et sans se laisser à lui-même la possibilité d’élaborer un discours, une raison, un logos. Il ne se fait pas accueil pour une parole (…). Aucune parole ne peut résider chez lui, en lui. Il est sans intériorité et ne comprend ni ne respecte l’intériorité de l’autre, ici son père. Il raconte à ses frères qui sont à l’extérieur. Sa bouche est toujours tournée vers cette extériorité sans retenue, ce que l’hébreu nomme l’insolence, houtspa, mot qui veut dire littéralement « extérieur-bouche ».

La médisance, c’est nier chez l’autre le droit à l’intime et chez soi l’existence de cet intime, lieu d’un temps de maturation d’une parole qui pourra être dite ou retenue. Et en niant le droit de l’autre à l’intime, c’est le réduire à son dévoilement, son apocalypse [« révélation » et non « catastrophe »], sans lui donner le temps de retrouver son for intérieur dans lequel il pourrait se ressaisir et élaborer une parole d’explication et de transmission. Médire, c’est ne pas respecter la part de mystère qui est à l’origine de toute créature.

Cham maudit son père et est maudit en retour, comme s’il se maudissait lui-même. Pris dans l’émotion produite par la nudité de son père, aucune place n’est donnée au discours et aux commentaires qui auraient pu être faits. Une forme de ressenti obstrue la possibilité d’une pensée rationnelle et devient fondement du non-entendement, de la pulsion et de l’intolérance ».(op.cit., pp 500-501)

Le propre de cette génération, piégée par des polarisations extrêmement violentes ?

Face aux deux écueils d’une vie marquée par la démesure (la croyance dans le mythe moderne du « tout est possible »), et d’une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, il est heureusement permis d’espérer.

Marc-Alain Ouaknin, dans son commentaire de cet épisode biblique, rappelle que « Shem et Yafet, les deux autres frères, vont à la fois réparer la faute de Cham » et rendre possible « une éthique de la juste parole (4), du bien dire, (c’est-à-dire), de la bénédiction. Ils font réparation de la médisance, réparation qui sera ritualisée plus loin dans le texte biblique dans le rituel de guérison [et purification] du lépreux [l’ostracisé de l’époque, cf Lévitique 14].

Le bien dire de la bénédiction consiste tout d’abord à rétablir l’intime de l’autre. C’est ainsi que les frères prennent une couverture [qui est autre que les « couvertures médiatiques »] qu’ils posent sur leurs épaules pour la déposer sur le corps de leur père en marchant en arrière, sans regarder sa nudité. » (op.cit., p 502)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Vêtir ceux qui sont nus », telle est la réponse à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée. Sans doute l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques.

 

Aller plus loin : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/15/limitation-de-jesus-christ-veiller-a-son-intimite/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/20/le-pseudonymat-nest-pas-un-anonymat/

 

 

Notes :

(1) Le déroulé de l’histoire : https://www.lci.fr/justice/jesuismila-menacee-de-mort-et-de-viol-pour-avoir-insulte-l-islam-sur-instagram-mila-16-ans-porte-plainte-2143516.html

(2) https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/22/mila-une-jeune-femme-de-16-ans-a-t-elle-ete-exfiltree-de-son-lycee-par-la-police-suite-a-une-video-a_1774539

(3) Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013. Voir notre article sur l’ouvrage.

(4) Bénir, c’est effectivement dire du bien de quelqu’un, mais pas dans le sens de quelque chose que nous trouverions « sympa » ou « cool ». C’est tout simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : c’est ainsi que cette chose est juste et vraie. D’autre part, bénir, c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité.

 

 

Deux albums (sinon rien) pour parler du deuil et du pardon

Peut-on espérer une nouvelle vie quand tout est brisé ?

Voici deux albums récents, reçus en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie, pour nous parler de deux sujets sensibles et essentiels : « Plus jamais d’au-revoir » de Lauren Chandler (l’épreuve face à la maladie et le deuil suite au « départ » d’un proche) et « l’ami qui pardonne » de Dan Dewitt (le pardon de ce qui semble impardonnable et la restauration de relations brisées) – mon préféré. Tous deux superbement illustrés par Catalina Echeverri, dont j’ai aussi apprécié les partis pris graphiques.

« Plus jamais d’au revoir » ou l’espérance d’une vie où l’on dira « au revoir » à tous les « au revoir »….

Le premier album raconte « la vraie histoire », tirée de l’évangile selon Jean, de ce que n’a pas fait et a fait Jésus, lorsqu’il a appris que son ami Lazare est mort des suites d’une maladie.
Le second album raconte une autre « histoire vraie », également tirée des évangiles (Notamment Marc 14, Jean 18 et 21). « L’ami qui pardonne », c’est Jésus. Celui qui a eu besoin de son pardon est Simon Pierre, qui a fait semblant, par trois fois, de ne pas le connaître. Pourtant, il s’était déclaré ami de Jésus, prêt à mourir pour lui et jurant de ne jamais le laisser tomber.

Mais, par-delà ces sujets éternels, ces lectures sont autant d’occasions d’apprendre aux plus jeunes que ces « histoires vraies » ne sont pas uniquement des « histoires » (même « vraies »). Ce qui nous est raconté est toujours actuel. Il nous est ainsi possible d’espérer en une nouvelle vie et un avenir, surtout quand nous pensons que « tout est fini », et d’avoir toute confiance en Celui qui est la source de notre espérance.

Jésus est cet ami fidèle et fiable, qui nous pardonne.

Jésus est en effet ici présenté comme un ami, compatissant et consolateur, lorsque nous sommes dans le deuil, suite au « départ » d’un proche. Il est aussi celui qui nous aime, toujours fidèle et digne de confiance – alors que nous sommes pas du tout fiables et dignes de confiance – nous relevant (plutôt que de nous ‘ »enfoncer ») « encore, encore et encore » quand nous tombons « encore, encore et encore ».

Deux beaux albums touchants et parfois drôles, d’une grande portée théologique, et facilitant l’échange sur des sujets difficiles pour des enfants, comme pour des adultes. A découvrir et à faire découvrir, en guise de témoignage que Celui en qui nous mettons notre confiance fait « toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5) !

 

En bref : 

« Plus jamais d’au revoir. Jésus, Lazare et la tombe vide : la vraie histoire », de Lauren Chandler. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

« L’Ami qui pardonne. Pierre a mal agi et Jésus lui a pardonné : la vraie histoire », de Dan Dewitt. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

 

« Vous n’avez qu’un seul guide, le Christ »

En quête de sens ? Vers qui se tourner ?

« Mais vous, ne vous faites pas appeler “rabbi”, car vous êtes tous égaux et vous n’avez qu’un seul maître. N’appelez personne sur la terre votre “père”, car vous n’avez qu’un seul père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler “guide”, car vous n’avez qu’un seul guide, le Christ. », dit Jésus (Matt.23v8-10)

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles qui donnent la vie éternelle » (Jean 6v68)

Le drame serait que l’on vienne nous voir, nous chrétiens, notamment engagés dans des services d’accompagnement spirituel/de « relation d’aide », comme on va voir un « gourou » ou « un marabout » (aujourd’hui, on dirait : « un homme de Dieu » ou « un saint homme »), à l’instar de ce personnage décrit par La Bruyère dans ses « caractères » :

Irène se transporte à grands frais en Épidaure, voit Esculape dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. D’abord elle se plaint qu’elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire. Elle dit qu’elle est le soir sans appétit ; l’oracle lui ordonne de dîner peu. Elle ajoute qu’elle est sujette à des insomnies ; et il lui prescrit de n’être au lit que pendant la nuit. Elle lui demande pourquoi elle devient pesante, et quel remède ; l’oracle répond qu’elle doit se lever avant midi, et quelques fois de se servir de ses jambes pour marcher. Elle lui déclarer que le vin lui est nuisible : l’oracle lui dit de boire de l’eau ; qu’elles a des indigestions : et il ajoute qu’elle fasse la diète.

« Ma vue s’affaiblit, dit Irène. Prenez des lunettes, dit Escupale. Je m’affaiblis moi-même, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que je l’ai été. C’est, dit le dieu, que vous vieillissez. 

Mais quel moyen de guérir cette langueur ? 

Le plus court, Irène, c’est de mourir, comme on fait votre mère et votre aïeul. 

Fils d’Apollon, s’écrit Irène, quel conseil me donnez-vous ? Est-ce là toute cette science qui vous fait révérer de toute la terre, Que m’apprenez-vous de rare et de mystérieux, et ne savais-je pas tous ces remèdes que vous m’enseignez ? 

Que n’en usiez-vous donc, répond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abréger vos jours par un long voyage ?

[La Bruyère. Les Caractères, « De l’homme », 35. GF, 1994, pp 271-272]

 

Dans le même ordre d’idée, voici ce qu’il est possible de répondre à ceux qui nous demandent « de prier pour eux ».