Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec

C’est un bien curieux recueil de prières à Dieu que les Psaumes, cette partie de la Bible, qui semblent dire tout et son contraire, soit à la fois l’absence et « le silence » de Dieu, la détresse et la misère de l’homme, le sentiment d’être abandonné et entourés d’ennemis ; mais aussi la louange, la victoire, la grande affirmation du pardon et de la bienveillance de Dieu.

De même, c’est là un bien curieux objet que ce « premier livre des Psaumes », édité par Bibli’O et reçu gracieusement en « service presse » cet été,  de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication auprès de l’Alliance Biblique Française, que je remercie chaleureusement, avant sa parution prévue le 23 septembre 2022.

Certes, les ouvrages de qualité sur les Psaumes ne manquent pas. Mais celui-ci est une excellente surprise !

Original à plus d’un titre, il nous propose une traduction comparée des versions en hébreu, mais aussi…en grec de la Septante, du premier livre des Psaumes (1–40), assortie de commentaires à la fois linguistique et spirituel, nous invitant à « avancer en eaux profondes ». En fin d’ouvrage, un lexique inédit avec plus de 110 pages d’aide à la lecture du texte grec.

L’auteure est Soeur Marie-Vincent, membre de la communauté catholique des Oblates de l’Eucharistie. Un ordre féminin contemplatif de droit diocésain. Elle vit en solitude depuis de nombreuses années. D’abord autodidacte dans l’étude du grec et de l’hébreu bibliques, elle a ensuite suivi une formation par correspondance avec la faculté de théologie de Toulouse.

L’ouvrage s’organise ainsi :

Pour chaque page occupée par les textes et les traductions, le lecteur peut lire, verset par verset, à gauche le texte hébreu massorétique, et à droite le texte grec de la Septante. L’un et l’autre sont suivis d’une traduction dont la typographie permet de visualiser rapidement les correspondances et les différences.

Suit un commentaire livre, au fil du texte, avec l’objectif d’éviter de redire ce que nous lisons dans les notes de nos Bibles.

Soeur Marie-Vincent précise que si elle n’a pas voulu « christianiser les Psaumes », des références sont toutefois données dans ce commentaire, signifiantes pour un mot ou une forme verbale qu’un lecteur chrétien saura apprécier.

Ce parti pris d’une traduction comparée pourra sans doute surprendre ou dérouter, mais l’auteure le justifie ainsi, dans l’avant-propos de l’ouvrage : « savoir que la traduction grecque de la Bible est le reflet de textes antérieurs au texte [hébreu] massorétique donne envie de s’y intéresser, de comparer et donc, de traduire ». Et la traduction dite de « la Septante rappelle au chrétien qui lit les Psaumes que ce texte a influencé les lectures postérieures de la Bible : celle d’écrivains juifs, des auteurs du Nouveau Testament et aussi des Pères de l’Eglise. Elle lui rappelle également que, de nos jours, des églises d’Orient lisent et prient la Parole de Dieu dans la Septante » (Le Premier livre des Psaumes. Avant propos, p 7).

Ce travail [réalisé dans le cadre d’une vie de solitude, il n’était initialement pas destiné à être publié] peut aussi sembler s’adresser à des initiés ou à des étudiants, en tant qu’outil d’étude idéal pour se préparer à une rentrée universitaire – ce qu’il peut être.

Cependant, souligne encore l’auteure dans son avant-propos, « tout être humain peut se reconnaître dans les Psaumes, avec les joies, les questions, les souffrances et les violences qui l’habitent, devant quelqu’un qui écoute, répond ou garde le silence, Dieu. Parce que les Psaumes permettent aux hommes et aux femmes de toute génération d’espérer, ce livre ne peut qu’être ouvert à tous ». Ce qui est la prière d’Israël est devenu la prière des chrétiens, demandant « d’y appliquer son intelligence et son cœur ; c’est le prix à payer pour en savourer tous les fruits » (op. cit., pp 7-8)

Un frère en Christ qui dit aimer la poésie, au point de la lire et de l’écrire, me partage « ne jamais sortir indemne », lorsqu’il se plonge dans les Psaumes : il a en effet l’impression que « la main de Dieu prend la (sienne) et (le) tire vers des lieux élevés ». Il y découvre « un Dieu du cœur » et apprend sans cesse à s’exprimer librement devant Lui. « Le livre des Psaumes me ramène sans cesse au Dieu Tri-Un Père, Fils, et Saint-Esprit. C’est mon livre de prière. C’est aussi mon plus agréable loisir ».

Qu’un tel plaisir soit partagé est ce que l’on peut souhaite de mieux à tout lecteur ! Puisse également cet ouvrage être utile au plus grand nombre, suscitant le désir et la joie d’approfondir la lecture des Psaumes dans les deux langues bibliques ! Une « invitation au voyage » assortie d’une promesse :

Comme le souligne Sœur Marie-Vincent dans son commentaire du psaume 25 [qui reste mon préféré], « méditer [celui-ci] en suivant le psalmiste, et nous aurons envie d’entrer dans le chemin de l’Alliance ; et nous serons étonnés de nous sentir corps et âme en repos devant Dieu plein d’amour et de vérité » (op. cit., p 186).

Et « l’homme qui craint Dieu, en se tenant dans le chemin de l’Alliance, qui est chemin d’amour et de vérité, connaît une intimité particulière ; il est dans le secret de Dieu » (op. cit., p 184).

En bref :

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec – Traductions et commentaires, de Sœur Marie-Vincent. Editions Bibli’O, septembre 2022. Disponible chez l’éditeur et/ou dans toutes les bonnes librairies.

Pierre et sa Montgolfière : un conte musical pour « se donner des ailes »

« S’il te plaît, donne-moi des ailes » est l’élan du coeur des élèves de l’école privée Protestante Les Sarments-93, de Villemomble, ainsi que le thème de leur année scolaire 2021-2022. 

Tout d’abord, les  élèves de maternelle et d’élémentaire ont découvert le conte musical « Pierre et sa montgolfière » de Serge Hubert et Elvine, sorti à l’automne 2021 et édité par les éditions Scriptura. Le travail commun – auteur, illustratrice, éditrice – a fait l’unanimité de tous, au sein de la communauté éducative !
Puis, invités dans les locaux de l’établissement par l’association « Dessine-moi une école », gestionnaire de l’école, l’auteur et l’illustratrice se sont prêtés avec enthousiasme au jeu de l’interview, répondant aux questions préparées par les élèves, le vendredi 25 mars après-midi. Enfants comme adultes ont vécu un moment de partage inoubliable !

L’équipe pédagogique a ensuite élaboré une comédie musicale inspirée de l’album. Les élèves de la compagnie des « Petits Sarments » ont ainsi joué leur première représentation le mardi 24 mai 2022 au théâtre Georges Brassens de Villemomble.

Ce qui suit est le message donné à cette occasion :

Pierre et sa Montgolfière est une histoire qui a germé dans l’imagination de son auteur Serge Hubert, après un voyage humanitaire au Sénégal, quand il a rencontré de nombreux orphelins qui vivaient dans des conditions vraiment difficiles.

Cette histoire est une parabole, une histoire tirée de la vie réelle et quotidienne, qui contient une vérité cachée à découvrir.

Cette histoire n’est pas seulement l’histoire de Pierre, mais la nôtre. Elle nous émeut et nous interpelle, cette histoire d’orphelin en quête de reconnaissance et d’adoption. Elle nous concerne même intimement.

Au début, Pierre survit dans sa décharge, ramassant des bouteilles qu’il espère voir acceptées à leur juste valeur.  Puis, il reçoit cette invitation inattendue à rejoindre « le pays des adoptés » qui lui « donne des ailes » et lui ouvre des horizons pour vivre autre chose, quelque chose de beaucoup plus beau et de beaucoup plus grand.

Cette bonne nouvelle lui vient du « semeur d’espoir ». L’Evangile nous apprend que ce « semeur d’espoir » n’est autre que Jésus-Christ, lequel se présente comme « le chemin », le seul chemin vers Dieu le Père.

Dieu est Père : c’est un langage pour dire qu’il est un Dieu relationnel. Dans l’Evangile, ce Père nous aime tellement qu’il nous appelle ses enfants. Il est un Père adoptif qui nous cherche jusqu’à ce qu’il nous trouve, pour adopter comme ses enfants tous ceux qui auront confiance en Lui et accepteront son amour.

La bonne nouvelle est que le Dieu de la Bible, de l’Evangile, pratique le recyclage : avec Lui, c’est « zéro déchet ». Comme pour Pierre, le Dieu de la Bible veut et peut s’emparer des « détritus de nos vies » pour en faire quelque chose de beau, de noble, de bon, et de juste.

Mais si ce Dieu existe, ce Dieu qui me cherche, attend-il quelque chose de moi ? Y-a-t-il quelque chose à faire pour attirer son attention, le convaincre, lui plaire ?

Autre bonne nouvelle : comme Pierre dans le conte, nous n’avons pas besoin de « mériter de vivre », de justifier notre vie par des actes pour être reconnus et aimés du Père.

C’est ainsi que « le juste vivra par la foi ». Cette affirmation de la Bible a une puissance libératrice. Elle nous dit que Dieu attend de l’homme la foi, rien que la foi, la confiance en Son amour de Père. La foi nous libère donc de notre quête désespérée d’être reconnus : se savoir accepté tel que nous sommes nous « donne des ailes », en nous redonnant confiance en nous-même et en nous permettant de l’accorder aux autres. Toutes nos actions de solidarités humaines, d’engagements associatifs ou politiques, en sont alors transformées : elles expriment désormais notre «merci », notre reconnaissance d’être accepté et aimé par Dieu. C’est ainsi qu’elles peuvent être des actions bonnes et gratuites.

En bref :

Pierre et sa montgolfière, un conte musical de Serge Hubert (auteur) et Elvine (illustratrice). Editions Scriptura, 2021

Album accompagné d’un CD audio, qui comporte le conte raconté ainsi que 7 chansons composées et chantées par Serge Hubert.

Disponible aussi en MP3 (à télécharger grâce à un mot de passe présent dans le livre)

Pour les 6-10 ans, mais les plus petits et les plus grands apprécieront également :

Le message d’espérance de l’Evangile est ainsi mis à la portée du plus grand nombre. Ferez-vous partie du voyage aérien ?

Renseignements : www.ecolelessarments.fr
Se procurer le livre chez l’éditeur, ou dans toutes les bonnes librairies.

Interview de l’auteur, Serge Hubert :

L’Ecole Les Sarments-93 remercie les auteurs Serge Hubert et Elvine pour leur participation et leur encouragement, ainsi que l’Alliance Biblique Française* et les éditions Scriptura pour leur soutien au projet de comédie musicale des « petits Sarments ».

*Voir le numéro de juin 2022 de son Biblioscope, en page 9.

Parents centrés sur l’Evangile : devenir une famille selon le coeur de Dieu

Mis au défi cet été par mon ami Pepscafé de réaliser une recension de Parents centrés sur l’Evangile, de Tim Chester & Ed Moll (2022), j’embarquai dans nos valises, quelque part entre couches et jouets, l’ouvrage d’une centaine de pages. Ce dernier a vocation d’accompagner les parents chrétiens à construire leur édifice familial sur le seul fondement véritable : Jésus-Christ. Edifiante, utile, pratico-pratique sans oublier la doctrine biblique, cette lecture a été pour moi un bénéfice. Mais pourquoi ? Lisez la suite !

Au premier coup d’œil : la forme au service du fond.

Vous êtes père ou mère de famille, vous disposez en moyenne de 2 minutes de calme entre chaque sollicitation : Parents centrés sur l’Evangile vous est destiné. Le livre est rédigé sous forme de chapitres courts et percutants, au sein desquels nous retrouvons des sous-parties identiques. Dans chaque chapitre, les parents sont guidés dans leur réflexion sur un principe de parentalité. La lecture est dynamique, passant successivement d’une situation du quotidien, à la méditation d’un texte biblique, à la compréhension biblique des enjeux identifiés, et à une phase de questionnement critique permettant aux parents de s’approprier personnellement les principes abordés.

Les sections peignant les situations du quotidien sont particulièrement utiles au lecteur. Derrière la scène de vie, le parent pourra lui-même considérer avec honnêteté son expérience et sa conception de la parentalité avant d’être confronté au miroir de la Parole de Dieu, seule règle de vie et de foi.

A tête reposé : un contenu centré sur l’Evangile.

Avec la même approche systématique sont abordés autant de thèmes en rapport à la vie de famille : témoigner de l’Evangile dans la famille, centrer sa perspective parentale sur la grâce, discipliner son enfant, enseigner la Parole de Dieu, servir Dieu en famille…

Ces thématiques aideront les parents à (re)penser un cadre familial où les enfants disposent d’un environnement ad hoc pour comprendre l’Evangile par l’exemple de parents chrétiens fidèles à Dieu et sa Parole. Ce livre expose les principaux moyens par lesquels Dieu utilise le cadre familial comme moyen de grâce au service des petits et grands par la connaissance de Christ, et le témoignage de la transformation que cette connaissance opère en chacun. Un pont intéressant est fait avec la vie de la famille dans le cadre de l’église locale (et vous, avez-vous déjà pensé à servir votre assemblée avec vos enfants ?).

L’utilité de ce livre ?

Un des points que j’ai mieux compris au cours de ma lecture, c’est que l’Evangile et ses implications a besoin d’être enseigné dans le domaine de la parentalité comme dans tout autre domaine de la vie du chrétien. Si celui-ci souhaite glorifier Dieu dans son rôle de père ou de mère, et pas seulement à appliquer une loi qui est en lui par l’exemple (imparfait) de ses propres parents, il doit renouveler sa conception de la parentalité en fonction du message de l’Evangile.

Parents centrés sur l’Evangile sera donc bien plus utile aux parents qui se savent en situation de besoin, qui constatent leur faillite à différents niveaux dans leurs responsabilités (et privilèges !) de parents. Il sera un outil didactique de qualité pour initier et conduire des discussions au sein de votre couple, de votre famille, de votre église locale, et même dans un contexte d’évangélisation (la famille aussi est appelée sur le champ de mission !).

Un dernier mot ?

Insistons finalement sur ce qui fait de ce livre un bienfait pour nous, parents, et nos enfants : la fidélité au message de la bonne nouvelle de Jésus-Christ, notre Sauveur, notre Seigneur. Le chrétien, parent ou enfant, est sauvé par grâce, au moyen de la foi en Christ, et par cette même grâce, Christ vit en lui, le faisant porter du fruit pour son royaume éternel. Tel est le témoignage important, qui ne fait pas défaut dans Parents centrés sur l’Evangile, et nous conduit à la raison d’être de nos familles comme de tout homme : glorifier le seul vrai Dieu, Père, Fils et Saint-Esprit.

Je remercie affectueusement Pepscafé pour son amitié en Christ, et pour m’avoir permis de connaître ce livre, pour mon édification et celle de toute ma famille !

Merci également à BLF éditions, pour m’avoir gracieusement offert cet ouvrage « en service presse ».

De mon ami et frère Pierre-Louis, « plume invitée » du jour, qui remercie tout le monde, et que je remercie d’avoir relevé ce défi !

En bref : Parents centrés sur l’Evangile : devenir une famille selon le cœur de Dieu, de Tim Chester & Ed Moll. BLF éditions, 2022 Disponible dans toutes les bonnes librairies, ici ou , ou chez l’éditeur.

Le top 10 des Magazines chrétiens à lire pendant l’été

Et si nous profitions de l’été pour (re)découvrir une presse résolument chrétienne, et donc revendiquant « Christ seul » ?

L’été est là et nous avons déjà évoqué la question existentielle du mois susceptible de se poser au moment de préparer sa valise en vue de grands voyages ! Comment réussir à bien choisir ses livres à emporter, et surtout comment les caser dans ladite valise ? Sans oublier les magazines ! 

Pep’s café!, également grand lecteur de périodique papier, vous propose son top 10 en matière de presse et publication chrétienne. Bonnes (re)découvertes !

Christ seul :  magazine des Eglises Evangéliques Mennonites de France, qui paraît 11 fois par an, et dont l’ objectif est « de contribuer à une foi et une éthique chrétiennes fondées sur Jésus-Christ, vécues en Eglise, pour le bien de tous ». Découvrir le site du journal et le blogue. Une bonne publication, au très beau nom, pour mieux connaître cette branche du protestantisme, issue du mouvement anabaptiste parfois qualifié de « Réforme radicale ». Ces premières « Eglises de professants » se caractérisent par : la primauté de la démarche personnelle de choix de la part du croyant, le baptême des seuls adultes, la pratique de la non-violence, et la participation de tous-sans distinction entre clercs et laïcs-« à une vie de simplicité, de partage et de prière ».

Croire et Vivre : Un magazine destiné à « donner l’envie de croire », quel que soit le lectorat mais particulièrement pour ceux qui se posent des questions sur leur foi. Il appartient à Croire-Publications, fruit de la rencontre de plusieurs revues complémentaires nées au sein de la FEEBF(Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France)  : Croire et lire, Hokhma, Les cahiers de l’école pastorale…

Foi & Vie, la revue de culture protestante. A la croisée de plusieurs courants théologiques, une excellente revue fondée en 1898, qui se propose de porter un regard chrétien (protestant) sur les mutations de notre monde.

La Croix. Fondé en 1880, un des meilleurs(le meilleur ?) quotidiens nationaux français, qui a su rester lui-même, indépendamment des modes. Appartenant au groupe Bayard, il prône un catholicisme moderne et progressiste. Points forts : informations internationales et couverture de faits sociaux. Pas de faits divers. A noter que le responsable du service photo est très à cheval sur les questions éthiques liées à l’image, le respect de la dignité des personnes faisant directement écho aux valeurs du journal.

La Croix, c’est aussi La Croix l’Hebdo, « le magazine des questions essentielles », qui, chaque semaine depuis le 04/10/19, nous invite à nous « extraire du flot de l’info, pour mieux comprendre les enjeux radicaux du monde et y trouver (notre) place ».

Le Christianisme Aujourd’hui : il est actuellement, à ma connaissance, le seul mensuel d’information et de réflexion protestant évangélique francophone de référence. A ce titre, une source d’information essentielle sur cette branche du christianisme. Né en 2003 de la fusion du « Christianisme au XXIe siècle » (fondé en 1871 !) et du mensuel « L’Avènement », il est publié en deux éditions distinctes, l’une française et l’autre suisse. Le Christianisme Aujourd’hui fait partie du groupe de presse protestant Alliance Presse, qui propose plusieurs magazines, notamment pour les enfants, les jeunes, la famille(Family), ou les femmes(SpirituElles).

Le Verbe : d’esprit évangélique (au sens premier du terme), le Verbe témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique, en conjuguant foi catholique et culture contemporaine. La joyeuse équipe québecquoise (journalistes, artistes, penseurs – chrétiens ou non) produit un magazine bimensuel de 20 pages (distribué gratuitement dans les places publiques), un numéro spécial biannuel (mook) de 116 pages (envoyé gratuitement par la poste aux abonnés), un site web animé par une quarantaine de collaborateurs réguliers et une émission de radio hebdomadaire, On n’est pas du monde (diffusée sur les ondes de Radio Galilée, Radio VM et aussi disponible en baladodiffusion). S’adresse aux hommes (et femmes) de bonne volonté, en quête de vérité, bonté et beauté. Rafraîchissant, édifiant et sympathique…d’autant plus que l’équipe du Verbe vit d’amour, d’eau fraîche et….de café !

« Limite ». Première revue d’écologie intégrale, fondée en septembre 2015, « Limite » entend peser dans le débat public pour promouvoir une conversion écologique à la fois radicale et enracinée. D’inspiration chrétienne, la revue est ouverte à toutes les personnes soucieuses d’opposer à la technique sans âme et au marché sans loi un mode de vie plus juste, plus décent et plus durable. Engagée sur les grands enjeux environnementaux, sociaux, économiques et bioéthiques de notre temps, « Limite » milite [répéter très vite, 10 fois de suite] avant tout pour la décroissance et la convivialité.

Promesses, revue de réflexion biblique : une excellente revue dont Pep’s Café! a déjà dit le plus grand bien. S’il y en avait qu’une, ce serait celle-là…Pour découvrir les coulisses de cette publication édifiante et pratique, à la longévité étonnante(elle paraît depuis 1967 !), et dont la mission est « d’être une référence biblique solide dans un monde en perte de repères », c’est par ici.

Réforme. Hebdomadaire emblématique du Protestantisme français. Créé à la Libération(le premier numéro paraît le 24 mars 1945) par Jean Bosc, Albert-Marie Schmidt, Denise Berthoud (la fille du pasteur Boegner) et Albert Finet, des protestants français, résistants actifs ou philosophiquement engagés. Réforme représente surtout les sensibilités réformée et luthérienne, mais est très ouvert à l’œcuménisme. On peut apprécier tout particulièrement sa volonté d’être « au plus près de l’actualité », son goût pour la confrontation des idées et les débats contradictoires par-delà les sensibilités, sa façon de « problématiser » et sa capacité à prendre des risques face aux grands événements de l’histoire contemporaine : en témoignent son engagement en faveur de la décolonisation, sa dénonciation des tortures pendant la guerre d’Algérie, son soutien de la construction européenne, sa recherche du sens de la contestation de mai 68, comme son opposition au choix de la France de développer l’énergie nucléaire et au surarmement….

Revue Projet : Une excellente publication qui propose des alternatives à « Notre projeeet ! », et entend, au croisement de l’action de terrain et de la réflexion universitaire, aider ses lecteurs à comprendre le monde, mais aussi à le réinventer.  La Revue Projet veut mettre en débat les questions politiques et sociales partiellement traitées ailleurs, et porte en particulier le souci du sort des plus fragiles et de l’avenir de la planète, de la vitalité démocratique comme des équilibres économiques et sociaux, en France, en Europe et dans le monde. 

Et (en anglais) le 11ème pour la route : Christianity Today : un excellent magazine mensuel d’information et de réflexion chrétien évangélique américain [si, si, ça existe !], basé à Carol Stream aux États-Unis. Fondé par Billy Graham, sa première publication remonte à 1956. Qualifié de « magazine phare de l’évangélisme » par le Washington Post et de « magazine évangélique grand public » par le New York Times, CT dispose également d’un site web, qui propose une sélection d’articles en français.

A part la Croix, La Croix l’hebdo, et Limite, disponibles sur abonnement et en kiosques/relais presse, la majorité de ce top 10 et+ est disponible sur abonnement et/ou en librairie chrétienne. 

« Perdu(e) : Quand le rêve tourne au cauchemar » ou le petit livre blanc des jeunes

Le coeur de l’Evangile dans un petit livre blanc pour jeunes

« C’est quoi, l’Evangile ? », m’a un jour demandé un jeune adulte, pourtant engagé dans l’enseignement, au sein de son église locale.

« L’Evangile ? Ca ne peut pas faire de mal », s’est dit un jour une jeune étudiante, avant de confesser Jésus-Christ comme son Sauveur et Seigneur.

« L’Evangile ? » Une bonne nouvelle qui se résume ainsi : Jésus accueille les pécheurs ! 

C’est là, en effet, le coeur du message de l’Evangile tel qu’il est présenté aux adolescents, de façon vivante, percutante et stimulante, par Jonty Allcock dans « Perdu(e) : quand le rêve tourne au cauchemar », paru aux éditions Scriptura le 13 mai 2022.

Dans ce but, ce « petit livre blanc des jeunes » illustré nous invite à une visite guidée impliquante pour (re)découvrir une histoire que Jésus raconte en Luc 15v11-32, parce qu’il est critiqué pour avoir « fait bon accueil aux pécheurs » et avoir mangé avec eux (v2) : l’histoire d’un père qui a deux fils. Le premier lui tourne le dos pour poursuivre son rêve d’aventure et de liberté. Le deuxième fils reste sagement à la maison. Mais bien vite, le rêve tourne au cauchemar, et nous comprenons le rapport entre le sous-titre et l’illustration du livre [un cochon confortablement installé dans un fauteuil, un verre de vin à la patte].

Nous comprenons aussi que le plus perdu des deux fils n’est pas celui que l’on pense, et ce que Jésus entend par « être perdu et retrouvé » par Dieu. Au fil de la lecture, nous allons de surprise en surprise, en étant surpris par le père, surpris par les fils et surpris….par ce que cette histoire nous raconte sur notre propre cœur !  Sans oublier la plus grande surprise de toutes…Une surprise carrément époustouflante, que vous découvrirez une fois que le livre entre les mains !

En bref : 

« Perdu(e) : quand le rêve tourne au cauchemar », de Jonty Allcock. Scriptura, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française, que je remercie !

Illustré, court et clair, avec des questions à chaque fin de chapitre, cet ouvrage, destiné aux adolescents à partir de 12 ans, est aussi un excellent outil pour les responsables jeunesse.

Recommandé, outre par Pep’s café!, par

Les Groupes Bibliques Lycéens (Laetitia Bardina),

Alpha Jeunes et Alpha Campus (Pascaline St Georges),

Et le Chemin Neuf Jeunes (Père Mustapha Amari)

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, dont celle-ci.

Pour les plus jeunes (dès 5 ans), je recommande également ce magnifique album de Christiane Herrlinger et Matthias Weber, intitulé « Le Fils prodigue », paru aux éditions Bibli’O en mai 2022.

« Le seul avenir de l’abstention, c’est l’autocratie »

Abstention, danger !    

Le battage sondagier autour des législatives des 12 et 19 juin a pu semblé bien timide, comparé à celui de l’avant-présidentielle. Certes, l’exercice s’avère plus délicat sur 577 circonscriptions, mais parlons net : passée « l’élection reine »(sic), le scrutin parlementaire a-t-il aussi peu mobilisé qu’en 2017 (57,4 % d’abstention au second tour) ?   

Réponse : 52,5 % des personnes inscrites sur les listes électorales ne sont pas allées voter dimanche 12 juin. L’abstention atteint ainsi un niveau record pour un premier tour des élections législatives.

Il y a quelque chose de baroque dans cette « monarchie républicaine ». On s’y élève contre une concentration élyséenne indue – et réelle  – du pouvoir, mais on y mise tout sur ladite autorité « jupitérienne » [ce « degré zéro » de la politique se discerne même lors des appels au vote du haut de la chaire, en église, quand il y en a – en soi scandaleux et d’ailleurs interdit – exclusivement focalisés sur « la présidentielle », mais jamais sur les municipales, départementales, régionales, ou législatives, et encore moins européennes]. 

Curieuse manière d’en appeler à la fois à un rééquilibrage des pouvoirs prenant mieux en compte les réalités de terrain, et de bouder le moment d’y pourvoir.   Les députés portent, eux aussi, un double corps, en tant qu’élus d’un territoire et de la nation tout entière. Cette articulation est, par principe, nécessaire à la survie d’une démocratie décentralisée, comme le rappelaient Pierre Dharréville (député communiste depuis 2017 dans la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône) et Barbara Pompili (« marcheuse », ancienne ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Castex, de 2020 à 2022) dans le dossier « En notre nom », troisième volet d’une série politique proposée par la Revue Projet.  

Le désamour parlementaire mêle en fait plusieurs aspects, quitte à les confondre. Une représentativité formelle défaillante (plus de 60 % de cadres supérieurs dans l’hémicycle, 39  % de femmes et 450 députés issus de la tranche d’âge 40-69 ans) et un reflet tronqué des fractures partisanes. De là, une légitimité jugée contestable, ajoutée à l’hostilité envers toute forme de représentation. Qu’on se souvienne des Gilets jaunes.    

Tout ceci appelle refonte institutionnelle, meilleure considération du citoyen et nouveau pacte politique. 

Tout, sauf le silence des urnes. Le seul avenir de l’abstention, c’est l’autocratie. 

En toile de fond des dernières élections, une crise de défiance historique entre les Français et leurs élus. Comment faire évoluer le système représentatif pour le rapprocher des attentes des citoyens ? Dans ce dossier à (re)découvrir, 3e volet de la série « Réinvestir la démocratie », la Revue Projet propose un état des lieux sans concessions et ouvre le débat sur les nouveaux enjeux à même de faire renaître la représentation.

Bonne lecture édifiante !

« La Parole de Dieu pour toi » : Exode et Proverbes

« La Parole de Dieu est pour toi » : un choix judicieux de premiers titres de commentaires bibliques pour s’en convaincre !
(Source image : BLF éditions)

«Avez-vous compris tout cela ? » leur demanda Jésus. « Oui », répondirent-ils.  Il leur dit : Ainsi donc, tout spécialiste des Écritures qui devient disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. » (Matt.13v51-52. NFC)

Tu as certainement lu ou entendu dire quelque part : « Puisque les Écritures se suffisent à elles-mêmes, pourquoi avons-nous toujours besoin de sources extérieures pour interpréter et actualiser ? »

Etre persuadé que l’Ecriture est « sans erreur » ne signifie pas que la Bible soit un livre toujours facile à interpréter et à actualiser. Il est donc toujours utile de lire les commentaires des théologiens – lesquels ne sont ni inspirés, ni à mettre sur le même plan que la Bible – quand ils arrivent à être moins compliqués que le texte qu’ils commentent !

Bonne nouvelle : tu t’en doutais certainement, mais « la Parole de Dieu (est) pour toi » – quel que soit ton âge, ton niveau de connaissances bibliques, que tu sois jeune chrétien ou affermi dans la foi – et pas uniquement pour les spécialistes. 

C’est aussi le titre d’une « nouvelle » collection de commentaires se voulant « bibliques », « pratiques » et « pour tous », traduite en français et édités par BLF.

Chaque titre peut se lire « comme un livre normal à lire passionnément et rapidement », comme le précise son introduction, pour s’ « émerveiller devant le panorama de l’enseignement d’un livre biblique ».

Il peut aussi s’apprécier comme un livre de méditation quotidienne, propre au « culte personnel ». A cette fin, chaque chapitre se divise en deux ou trois parties plus courtes, d’une taille adaptée pour être lues rapidement après avoir étudié par soi-même le texte biblique. Suivent, en fin de chaque partie, les questions « réfléchir pour agir » pour nous aider à vivre et à appliquer la Parole de Dieu.

Enfin, le commentaire peut être lu comme un outil pour s’équiper à l’enseignement de la Bible dans les divers contextes propres à chacun.

Deux titres sont disponibles depuis mercredi 25/05 – deux beaux volumes en rouge, conçus pour durer – reçus en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie : « Exode pour toi » de Tim Chester et « Proverbes pour toi » de Kathleen Nielson.

Un choix judicieux, car l’Exode est un récit de libération et de la naissance d’un peuple, tandis que les Proverbes nous parlent de la sagesse selon Dieu. J’ai notamment apprécié le parti pris de l’auteure du deuxième commentaire d’exposer le développement logique du livre plutôt que thématique.

Plus précisément, comme me l’a expliqué BLF, que je remercie pour toutes les réponses apportées à mes questions, le choix de ces deux premiers titres, pour faire connaître la collection en France, « s’est fait par rapport à notre lien avec Evangile 21 qui est coéditeur de ces livres. Une conférence a eu lieu [fin mai] à Genève, sur le thème de l’Exode. Cela explique notre choix de commencer la collection avec ce titre. D’autre part Kathleen Nielson (auteure de Proverbes pour toi) était oratrice à cette même conférence. Cela a donc orienté notre choix pour le deuxième titre ».

Cette collection est « nouvelle », avec des guillemets. Elle n’est, en réalité, « pas si nouvelle » que cela, puisqu’il s’agit effet d’une traduction de l’anglais de la collection « God’s word for you », publié par « The Good Book Company ».

« La Parole de Dieu pour toi » : Le choix du tutoiement, pour le titre de cette collection en français (comme pour mon accroche !), peut surprendre et déstabiliser. Il se justifie pleinement, d’après BLF, « pour que le lecteur se sente concerné personnellement en tant qu’individu », de sorte « qu’il sache que cela est pour lui ».

Quant au slogan de promotion de la série [« Même l’Ancien Testament peut vous émerveiller »], cela part d’un constat de la part de l’éditeur. « Les chrétiens ont souvent plus de mal à être émerveillés par l’Ancien Testament et à y voir toutes les richesses et les manifestations de la gloire, la puissance ainsi que la grâce de Dieu. Pourtant c’est bien le cas ! »

Une série à découvrir pour s’en convaincre !

Les prochains volumes de la collection seront: Juges, Ruth, 1 et 2 Samuel.

En bref :

« Exode pour toi », de Tim Chester. BLF éditions, 2022

Présentation de la collection
Préface à l’Exode
Introduction

Chapitre 1 – Exode 1 et 2 Un peuple et une terre
Chapitre 2 – Exode 3 et 4 L’importance d’un nom
Chapitre 3 – Exode 5 et 6 Quand la situation s’aggrave au lieu de s’améliorer
Chapitre 4 – Exode 7 à 11 Dieu contre le pharaon
Chapitre 5 – Exode 12 et 13 Libéré pour servir
Chapitre 6 – Exode 14.1 à 15.21 Passer sur la rive Est
Chapitre 7 – Exode 15.22 à 17.7 Ronchonnements ou reconnaissance? 
Chapitre 8 – Exode 17.8 à 19.6 Un beau-père, une mission et de la sagesse 
Chapitre 9 – Exode 19.7-26 et 20.18-26 Rencontre sur la montagne de Dieu
Chapitre 10 – Exode 20 à 24 La loi de Dieu et la vie en Christ
Chapitre 11 – Exode 25 à 27 Retrouver le chemin de la maison
Chapitre 12 – Exode 28 à 30 La garde-robe du prêtre
Chapitre 13 – Exode 32 Le veau d’or et le Dieu de miséricorde
Chapitre 14 – Exode 33 et 34 Montre-moi ta gloire
Chapitre 15 – Exode 31 et 35 à 40 Un avant-goût de la gloire de Dieu

Appendice: Carte de l’Exode
Notes

« Proverbes pour toi », de Kathleen Nielson. BLF éditions, 2022

Présentation de la collection
Préface aux Proverbes
Introduction

Chapitre 1 – Proverbes 1.1-7 Rencontre avec la sagesse
Chapitre 2 – Proverbes 1.8 à 3.35 Les voix de la sagesse
Chapitre 3 – Proverbes 4.1 à 6.35 Les deux chemins
Chapitre 4 – Proverbes 7.1 à 9.18 L’appel d’une femme
Chapitre 5 – Proverbes 10 Prêt pour les proverbes?
Chapitre 6 – Proverbes 11.1 à 13.25 Par ici et par là
Chapitre 7 – Proverbes 14.1 à 16.9 L’Éternel au centre
Chapitre 8 – Proverbes 16.1 à 19.29 Vivre dans les contrastes
Chapitre 9 – Proverbes 20.1 à 22.16 Fin du premier recueil de Salomon
Chapitre 10 – Proverbes 22.17 à 24.34 Les paroles des sages
Chapitre 11 – Proverbes 25.1 à 29.27 Reprise de Salomon
Chapitre 12 – Proverbes 30 La crainte de l’Éternel: un regard personnel 
Chapitre 13 – Proverbes 31 La sagesse vécue

Notes

Disponibles dans toutes les bonnes librairies, ici et , ou chez l’éditeur, à l’unité ou en pack.

Ascension

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Le livre des Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament, « commence avec le dernier éloignement de Jésus, son élévation au ciel(1). Jésus a continué à apparaître aux siens durant quarante jours et Luc, dans son évangile, tient à nous écrire qu’ils le virent vivant, donc non pas comme une vision, mais dans sa plénitude physique(2). C’est la belle promesse de la résurrection : qu’elle restitue les formes concrètes, que les sens en soient les témoins.

De ce jour d’adieu, après lequel Jésus ne devait plus apparaître à ses apôtres, il reste écrit un bref dialogue en ouverture du livre des Actes des Apôtres ; deux répliques seulement, mais essentielles. Certains demandent à Jésus si le moment du royaume d’Israël est proche, celui qui marque le temps final du monde. En réponse, ils obtiennent un refus, car il ne leur appartient pas de connaître ce temps-là. En revanche, ajoute Jésus, c’est à eux que revient la force de devenir ses témoins dans le monde. Jésus enseigne ainsi qu’il est vain de s’interroger sur les temps de l’échéance de la confection du monde, il est vain de chercher dans les Saintes Ecritures ou ailleurs, dans les livres d’astronomie, sa date d’extinction. De nombreuses prévisions d’apocalypse ont été tentées, mais il ne nous appartient pas de connaître le terme de l’histoire. Il appartient à l’homme, s’il a la foi, de devenir témoin auprès des autres de la nouvelle sacrée[« l’Evangile »]. Et de sentir dans cette foi la force d’accomplir ce devoir [ou cette mission]. Et pour écarter morgue et orgueil, qu’il sache[ce témoin]que cette force[ou cette puissance(3)] vient d’en haut et non pas d’eux-mêmes, qu’elle leur a été donnée par grâce et non par mérite.

Au terme du bref entretien, les apôtres le voient se hisser au-dessus d’eux et flotter en l’air pour disparaître dans un nuage. Ils ne voient pas plus loin, les sens ne vont pas plus loin, ni les leurs, ni les nôtres. Plus loin, il y a seulement la foi et cette force[cette puissance]qui descend d’en haut, saisit une personne et la lance dans le monde pour raconter.

Tel est le témoin direct, celui qui vient au nom de Dieu ». Mais les autres ? « Tous ceux qui n’ont ni force ni foi » ? Ils « peuvent du moins reconnaître dans ces personnes l’empreinte digitale, la trace du soulier de Dieu. Alors, même celui qui a du mal avec le ciel peut devenir un témoin indirect. Même s’il n’a pas vu Jésus se hisser dans les airs, il peut dire qu’il a vu la force de la foi descendre dans un de ses semblables. Il peut dire qu’il a vu la nouvelle dans un autre. »(Erri de Luca. Ascension IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 36-38)

Nous-mêmes, ayant à la fois « la foi et la force », et qui n’étions pas présents, pouvons témoigner : « Jésus ? Nous « l’aimons sans l’avoir vu et nous croyons en Lui sans le voir encore, nous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse »(1 Pie.1v8). D’autant plus qu’il « viendra de la même manière » qu’il a été vu s’en être allé au ciel »(Actes 1v11)

Ecouter aussi, sur France culture : « l’Ascension, bien plus qu’un départ », avec la pasteure Caroline Bretones, de la paroisse du Marais, qui nous invite à observer ce récit biblique qui raconte la montée de Jésus au ciel, raconté par deux fois par l’évangéliste Luc, et qui plonge les disciples dans une sorte « d’entre deux » déstabilisant, mais ô combien nécessaire pour aller plus loin.

Initialement paru le 06 mai 2016 et mis à jour pour l’occasion.

Notes : 

(1) Lire le récit en Actes 1v1-11, livre dont Luc est également l’auteur.

(2) Résurrection sans laquelle « notre foi est vaine » cf 1 Cor.15v1-18. Voir aussi Luc 24.

(3) Cette « force » ou cette « puissance » est en réalité une personne divine : le Saint-Esprit(Actes 1v8, cf Jean 14v1616)

De l’imagination, « cette faculté transversale »

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

« L’imagination est ici la faculté de nous mettre à la place d’autrui, mais sans nous croire véritablement à sa place, et sans nous en faire une image. C’est un art délicat. D’autant plus délicat que l’imagination baigne dans l’imaginaire dominant d’une époque, d’un milieu, d’une culture ».

(Olivier Abel. De l’humiliation : le nouveau poison de notre société. Les Liens qui Libèrent, 2022, p 78)

« De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”, d’Olivier Abel

Le philosophe Olivier Abel parle « du poison de l’humiliation » lors de l’émission « 28′ », sur Arte (26/04/22)

« ….Nous sommes très sensibles à la violence comme à l’injustice, et c’est certainement légitime. Mais nous sommes beaucoup moins sensibles à l’humiliation », constate Olivier Abel(1), professeur de philosophie et d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier, dans « Arrêtons l’humiliation ! »(2).

Or, trop de femmes, d’hommes, d’enfants, se sentent régulièrement humiliés. Souvent ignoré, ce sentiment peut entraîner des dégâts considérables : se propager à toutes les sphères de la vie et amener l’humilié à devenir à son tour humiliant. Nos institutions permettent-elles à chacun de trouver sa place ?

Une interrogation pressante qui lui inspire “De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”. Dans cet ouvrage (en cours) paru le 16 février 2022 aux éditions Les liens qui libèrent, Olivier Abel observe la dimension politique et sociale de l’humiliation : nous aurions d’un côté un discours humiliant, qui nous traite comme des “homo economicus”, avec l’injonction « consomme ! ». Et de l’autre des manipulations, de la peur ressentie par la population française.

L’humiliation joue également un rôle important dans l’histoire, vu que la Turquie et la Russie ont souvent été humiliées par l’Occident, et les Européens en paient le prix aujourd’hui.

Outre son intervention à ce sujet, lors de l’émission citée plus haut, le 26/04/22 sur Arte et que je vous recommande, Olivier Abel était également « l’invité du jour » de Paris direct, sur France 24 :

Bonne écoute !

Notes :

(1) Voir son site perso, qui présente ses travaux.

(2) Un article d’une troublante actualité, paru initialement dans la revue Projet le 17/11/16