« Le seul avenir de l’abstention, c’est l’autocratie »

Abstention, danger !    

Le battage sondagier autour des législatives des 12 et 19 juin a pu semblé bien timide, comparé à celui de l’avant-présidentielle. Certes, l’exercice s’avère plus délicat sur 577 circonscriptions, mais parlons net : passée « l’élection reine »(sic), le scrutin parlementaire a-t-il aussi peu mobilisé qu’en 2017 (57,4 % d’abstention au second tour) ?   

Réponse : 52,5 % des personnes inscrites sur les listes électorales ne sont pas allées voter dimanche 12 juin. L’abstention atteint ainsi un niveau record pour un premier tour des élections législatives.

Il y a quelque chose de baroque dans cette « monarchie républicaine ». On s’y élève contre une concentration élyséenne indue – et réelle  – du pouvoir, mais on y mise tout sur ladite autorité « jupitérienne » [ce « degré zéro » de la politique se discerne même lors des appels au vote du haut de la chaire, en église, quand il y en a – en soi scandaleux et d’ailleurs interdit – exclusivement focalisés sur « la présidentielle », mais jamais sur les municipales, départementales, régionales, ou législatives, et encore moins européennes]. 

Curieuse manière d’en appeler à la fois à un rééquilibrage des pouvoirs prenant mieux en compte les réalités de terrain, et de bouder le moment d’y pourvoir.   Les députés portent, eux aussi, un double corps, en tant qu’élus d’un territoire et de la nation tout entière. Cette articulation est, par principe, nécessaire à la survie d’une démocratie décentralisée, comme le rappelaient Pierre Dharréville (député communiste depuis 2017 dans la 13ème circonscription des Bouches-du-Rhône) et Barbara Pompili (« marcheuse », ancienne ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Castex, de 2020 à 2022) dans le dossier « En notre nom », troisième volet d’une série politique proposée par la Revue Projet.  

Le désamour parlementaire mêle en fait plusieurs aspects, quitte à les confondre. Une représentativité formelle défaillante (plus de 60 % de cadres supérieurs dans l’hémicycle, 39  % de femmes et 450 députés issus de la tranche d’âge 40-69 ans) et un reflet tronqué des fractures partisanes. De là, une légitimité jugée contestable, ajoutée à l’hostilité envers toute forme de représentation. Qu’on se souvienne des Gilets jaunes.    

Tout ceci appelle refonte institutionnelle, meilleure considération du citoyen et nouveau pacte politique. 

Tout, sauf le silence des urnes. Le seul avenir de l’abstention, c’est l’autocratie. 

En toile de fond des dernières élections, une crise de défiance historique entre les Français et leurs élus. Comment faire évoluer le système représentatif pour le rapprocher des attentes des citoyens ? Dans ce dossier à (re)découvrir, 3e volet de la série « Réinvestir la démocratie », la Revue Projet propose un état des lieux sans concessions et ouvre le débat sur les nouveaux enjeux à même de faire renaître la représentation.

Bonne lecture édifiante !

« La Parole de Dieu pour toi » : Exode et Proverbes

« La Parole de Dieu est pour toi » : un choix judicieux de premiers titres de commentaires bibliques pour s’en convaincre !
(Source image : BLF éditions)

«Avez-vous compris tout cela ? » leur demanda Jésus. « Oui », répondirent-ils.  Il leur dit : Ainsi donc, tout spécialiste des Écritures qui devient disciple du royaume des cieux est semblable à un maître de maison qui tire de son trésor des choses nouvelles et des choses anciennes. » (Matt.13v51-52. NFC)

Tu as certainement lu ou entendu dire quelque part : « Puisque les Écritures se suffisent à elles-mêmes, pourquoi avons-nous toujours besoin de sources extérieures pour interpréter et actualiser ? »

Etre persuadé que l’Ecriture est « sans erreur » ne signifie pas que la Bible soit un livre toujours facile à interpréter et à actualiser. Il est donc toujours utile de lire les commentaires des théologiens – lesquels ne sont ni inspirés, ni à mettre sur le même plan que la Bible – quand ils arrivent à être moins compliqués que le texte qu’ils commentent !

Bonne nouvelle : tu t’en doutais certainement, mais « la Parole de Dieu (est) pour toi » – quel que soit ton âge, ton niveau de connaissances bibliques, que tu sois jeune chrétien ou affermi dans la foi – et pas uniquement pour les spécialistes. 

C’est aussi le titre d’une « nouvelle » collection de commentaires se voulant « bibliques », « pratiques » et « pour tous », traduite en français et édités par BLF.

Chaque titre peut se lire « comme un livre normal à lire passionnément et rapidement », comme le précise son introduction, pour s’ « émerveiller devant le panorama de l’enseignement d’un livre biblique ».

Il peut aussi s’apprécier comme un livre de méditation quotidienne, propre au « culte personnel ». A cette fin, chaque chapitre se divise en deux ou trois parties plus courtes, d’une taille adaptée pour être lues rapidement après avoir étudié par soi-même le texte biblique. Suivent, en fin de chaque partie, les questions « réfléchir pour agir » pour nous aider à vivre et à appliquer la Parole de Dieu.

Enfin, le commentaire peut être lu comme un outil pour s’équiper à l’enseignement de la Bible dans les divers contextes propres à chacun.

Deux titres sont disponibles depuis mercredi 25/05 – deux beaux volumes en rouge, conçus pour durer – reçus en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie : « Exode pour toi » de Tim Chester et « Proverbes pour toi » de Kathleen Nielson.

Un choix judicieux, car l’Exode est un récit de libération et de la naissance d’un peuple, tandis que les Proverbes nous parlent de la sagesse selon Dieu. J’ai notamment apprécié le parti pris de l’auteure du deuxième commentaire d’exposer le développement logique du livre plutôt que thématique.

Plus précisément, comme me l’a expliqué BLF, que je remercie pour toutes les réponses apportées à mes questions, le choix de ces deux premiers titres, pour faire connaître la collection en France, « s’est fait par rapport à notre lien avec Evangile 21 qui est coéditeur de ces livres. Une conférence a eu lieu [fin mai] à Genève, sur le thème de l’Exode. Cela explique notre choix de commencer la collection avec ce titre. D’autre part Kathleen Nielson (auteure de Proverbes pour toi) était oratrice à cette même conférence. Cela a donc orienté notre choix pour le deuxième titre ».

Cette collection est « nouvelle », avec des guillemets. Elle n’est, en réalité, « pas si nouvelle » que cela, puisqu’il s’agit effet d’une traduction de l’anglais de la collection « God’s word for you », publié par « The Good Book Company ».

« La Parole de Dieu pour toi » : Le choix du tutoiement, pour le titre de cette collection en français (comme pour mon accroche !), peut surprendre et déstabiliser. Il se justifie pleinement, d’après BLF, « pour que le lecteur se sente concerné personnellement en tant qu’individu », de sorte « qu’il sache que cela est pour lui ».

Quant au slogan de promotion de la série [« Même l’Ancien Testament peut vous émerveiller »], cela part d’un constat de la part de l’éditeur. « Les chrétiens ont souvent plus de mal à être émerveillés par l’Ancien Testament et à y voir toutes les richesses et les manifestations de la gloire, la puissance ainsi que la grâce de Dieu. Pourtant c’est bien le cas ! »

Une série à découvrir pour s’en convaincre !

Les prochains volumes de la collection seront: Juges, Ruth, 1 et 2 Samuel.

En bref :

« Exode pour toi », de Tim Chester. BLF éditions, 2022

Présentation de la collection
Préface à l’Exode
Introduction

Chapitre 1 – Exode 1 et 2 Un peuple et une terre
Chapitre 2 – Exode 3 et 4 L’importance d’un nom
Chapitre 3 – Exode 5 et 6 Quand la situation s’aggrave au lieu de s’améliorer
Chapitre 4 – Exode 7 à 11 Dieu contre le pharaon
Chapitre 5 – Exode 12 et 13 Libéré pour servir
Chapitre 6 – Exode 14.1 à 15.21 Passer sur la rive Est
Chapitre 7 – Exode 15.22 à 17.7 Ronchonnements ou reconnaissance? 
Chapitre 8 – Exode 17.8 à 19.6 Un beau-père, une mission et de la sagesse 
Chapitre 9 – Exode 19.7-26 et 20.18-26 Rencontre sur la montagne de Dieu
Chapitre 10 – Exode 20 à 24 La loi de Dieu et la vie en Christ
Chapitre 11 – Exode 25 à 27 Retrouver le chemin de la maison
Chapitre 12 – Exode 28 à 30 La garde-robe du prêtre
Chapitre 13 – Exode 32 Le veau d’or et le Dieu de miséricorde
Chapitre 14 – Exode 33 et 34 Montre-moi ta gloire
Chapitre 15 – Exode 31 et 35 à 40 Un avant-goût de la gloire de Dieu

Appendice: Carte de l’Exode
Notes

« Proverbes pour toi », de Kathleen Nielson. BLF éditions, 2022

Présentation de la collection
Préface aux Proverbes
Introduction

Chapitre 1 – Proverbes 1.1-7 Rencontre avec la sagesse
Chapitre 2 – Proverbes 1.8 à 3.35 Les voix de la sagesse
Chapitre 3 – Proverbes 4.1 à 6.35 Les deux chemins
Chapitre 4 – Proverbes 7.1 à 9.18 L’appel d’une femme
Chapitre 5 – Proverbes 10 Prêt pour les proverbes?
Chapitre 6 – Proverbes 11.1 à 13.25 Par ici et par là
Chapitre 7 – Proverbes 14.1 à 16.9 L’Éternel au centre
Chapitre 8 – Proverbes 16.1 à 19.29 Vivre dans les contrastes
Chapitre 9 – Proverbes 20.1 à 22.16 Fin du premier recueil de Salomon
Chapitre 10 – Proverbes 22.17 à 24.34 Les paroles des sages
Chapitre 11 – Proverbes 25.1 à 29.27 Reprise de Salomon
Chapitre 12 – Proverbes 30 La crainte de l’Éternel: un regard personnel 
Chapitre 13 – Proverbes 31 La sagesse vécue

Notes

Disponibles dans toutes les bonnes librairies, ici et , ou chez l’éditeur, à l’unité ou en pack.

Ascension

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Le livre des Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament, « commence avec le dernier éloignement de Jésus, son élévation au ciel(1). Jésus a continué à apparaître aux siens durant quarante jours et Luc, dans son évangile, tient à nous écrire qu’ils le virent vivant, donc non pas comme une vision, mais dans sa plénitude physique(2). C’est la belle promesse de la résurrection : qu’elle restitue les formes concrètes, que les sens en soient les témoins.

De ce jour d’adieu, après lequel Jésus ne devait plus apparaître à ses apôtres, il reste écrit un bref dialogue en ouverture du livre des Actes des Apôtres ; deux répliques seulement, mais essentielles. Certains demandent à Jésus si le moment du royaume d’Israël est proche, celui qui marque le temps final du monde. En réponse, ils obtiennent un refus, car il ne leur appartient pas de connaître ce temps-là. En revanche, ajoute Jésus, c’est à eux que revient la force de devenir ses témoins dans le monde. Jésus enseigne ainsi qu’il est vain de s’interroger sur les temps de l’échéance de la confection du monde, il est vain de chercher dans les Saintes Ecritures ou ailleurs, dans les livres d’astronomie, sa date d’extinction. De nombreuses prévisions d’apocalypse ont été tentées, mais il ne nous appartient pas de connaître le terme de l’histoire. Il appartient à l’homme, s’il a la foi, de devenir témoin auprès des autres de la nouvelle sacrée[« l’Evangile »]. Et de sentir dans cette foi la force d’accomplir ce devoir [ou cette mission]. Et pour écarter morgue et orgueil, qu’il sache[ce témoin]que cette force[ou cette puissance(3)] vient d’en haut et non pas d’eux-mêmes, qu’elle leur a été donnée par grâce et non par mérite.

Au terme du bref entretien, les apôtres le voient se hisser au-dessus d’eux et flotter en l’air pour disparaître dans un nuage. Ils ne voient pas plus loin, les sens ne vont pas plus loin, ni les leurs, ni les nôtres. Plus loin, il y a seulement la foi et cette force[cette puissance]qui descend d’en haut, saisit une personne et la lance dans le monde pour raconter.

Tel est le témoin direct, celui qui vient au nom de Dieu ». Mais les autres ? « Tous ceux qui n’ont ni force ni foi » ? Ils « peuvent du moins reconnaître dans ces personnes l’empreinte digitale, la trace du soulier de Dieu. Alors, même celui qui a du mal avec le ciel peut devenir un témoin indirect. Même s’il n’a pas vu Jésus se hisser dans les airs, il peut dire qu’il a vu la force de la foi descendre dans un de ses semblables. Il peut dire qu’il a vu la nouvelle dans un autre. »(Erri de Luca. Ascension IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 36-38)

Nous-mêmes, ayant à la fois « la foi et la force », et qui n’étions pas présents, pouvons témoigner : « Jésus ? Nous « l’aimons sans l’avoir vu et nous croyons en Lui sans le voir encore, nous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse »(1 Pie.1v8). D’autant plus qu’il « viendra de la même manière » qu’il a été vu s’en être allé au ciel »(Actes 1v11)

Ecouter aussi, sur France culture : « l’Ascension, bien plus qu’un départ », avec la pasteure Caroline Bretones, de la paroisse du Marais, qui nous invite à observer ce récit biblique qui raconte la montée de Jésus au ciel, raconté par deux fois par l’évangéliste Luc, et qui plonge les disciples dans une sorte « d’entre deux » déstabilisant, mais ô combien nécessaire pour aller plus loin.

Initialement paru le 06 mai 2016 et mis à jour pour l’occasion.

Notes : 

(1) Lire le récit en Actes 1v1-11, livre dont Luc est également l’auteur.

(2) Résurrection sans laquelle « notre foi est vaine » cf 1 Cor.15v1-18. Voir aussi Luc 24.

(3) Cette « force » ou cette « puissance » est en réalité une personne divine : le Saint-Esprit(Actes 1v8, cf Jean 14v1616)

De l’imagination, « cette faculté transversale »

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

« L’imagination est ici la faculté de nous mettre à la place d’autrui, mais sans nous croire véritablement à sa place, et sans nous en faire une image. C’est un art délicat. D’autant plus délicat que l’imagination baigne dans l’imaginaire dominant d’une époque, d’un milieu, d’une culture ».

(Olivier Abel. De l’humiliation : le nouveau poison de notre société. Les Liens qui Libèrent, 2022, p 78)

« De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”, d’Olivier Abel

Le philosophe Olivier Abel parle « du poison de l’humiliation » lors de l’émission « 28′ », sur Arte (26/04/22)

« ….Nous sommes très sensibles à la violence comme à l’injustice, et c’est certainement légitime. Mais nous sommes beaucoup moins sensibles à l’humiliation », constate Olivier Abel(1), professeur de philosophie et d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier, dans « Arrêtons l’humiliation ! »(2).

Or, trop de femmes, d’hommes, d’enfants, se sentent régulièrement humiliés. Souvent ignoré, ce sentiment peut entraîner des dégâts considérables : se propager à toutes les sphères de la vie et amener l’humilié à devenir à son tour humiliant. Nos institutions permettent-elles à chacun de trouver sa place ?

Une interrogation pressante qui lui inspire “De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”. Dans cet ouvrage (en cours) paru le 16 février 2022 aux éditions Les liens qui libèrent, Olivier Abel observe la dimension politique et sociale de l’humiliation : nous aurions d’un côté un discours humiliant, qui nous traite comme des “homo economicus”, avec l’injonction « consomme ! ». Et de l’autre des manipulations, de la peur ressentie par la population française.

L’humiliation joue également un rôle important dans l’histoire, vu que la Turquie et la Russie ont souvent été humiliées par l’Occident, et les Européens en paient le prix aujourd’hui.

Outre son intervention à ce sujet, lors de l’émission citée plus haut, le 26/04/22 sur Arte et que je vous recommande, Olivier Abel était également « l’invité du jour » de Paris direct, sur France 24 :

Bonne écoute !

Notes :

(1) Voir son site perso, qui présente ses travaux.

(2) Un article d’une troublante actualité, paru initialement dans la revue Projet le 17/11/16

Que choisir : Notre environnement ou notre économie ?

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, 40 ans après…

 « Si vous pensez vraiment que notre environnement est moins important que notre économie, essayez juste d’arrêter de respirer le temps que vous comptiez votre argent ». Guy McPherson (1)

A lire : « la pollution et la mort de l’homme », notre recension du livre de Francis Schaeffer

Et « pourquoi je crains le réchauffement climatique », une analyse de Charles Eisenstein, philosophe américain et conférencier, dont les travaux couvrent un large éventail de sujets, de l’histoire de la civilisation humain à l’économie du don, en passant par l’écologie.

Initialement paru le 16/06/2021

Note :

(1) Guy Mc Pherson (né en 1960) est un ancien professeur d’université d’écologie. Il a quitté le monde de la recherche universitaire, et la vie dans la société américaine pour exploiter, conformément à ses valeurs,  une ferme écologique, changement  qu’il a décrit dans un livre, ‘Walk away from the Empire‘ et dans son blog.  Le livre ‘Going dark’ expose ses inquiétudes pour la Planète. Aujourd’hui, il expérimente personnellement un mode de vie écologique. Il élève des chèvres et  cultive son jardin. Ses recherches l’ont mené à prendre très au sérieux la vitesse à laquelle les espèces vivantes disparaissent aujourd’hui et le changement climatique (Source : Le Temps.ch)

Un défi spirituel : « Rester calme aujourd’hui »

« Lâchez les armes ! Reconnaissez que je suis Dieu !
Je triomphe des nations, je triomphe de la terre ».
(Psaume 46v11. TOB)

« Dis plutôt : ils sont heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui lui obéissent » (Luc 11v28. PDV)

Parole du jour

Comme il est facile de lire ou d’entendre les mots de l’Ecriture et de les oublier ! Jésus dit à un auditeur enthousiaste que la véritable bénédiction vient de la persévérance. Les paroles de Jésus peuvent nous émouvoir par leur beauté ou leur idéal élevé ; mais la charge émotionnel ne conduit pas à l’action, son effet est semblable à celui d’une cartouche à blanc : un éclair, du bruit, un peu de fumée, et rien de plus.

Méditation

Rester calme aujourd’hui va demander de la concentration. Avant d’être agités par le stress de la journée, nous avons besoin de trouver le silence intérieur et de savoir que Dieu est Dieu. Devant tout ce qui réclame dans l‘urgence notre temps, notre attention et nos engagements, nous devons discerner ce qui est d’une importance centrale. Pour cela, nous avons besoin de tranquillité, la tranquillité du centre autour duquel tournent les événements, la tranquillité de Dieu qui agit selon son dessein, et non pas selon celui qui crie le dernier ou le plus fort.

Prière

Quand tu as parlé, Ô Dieu créateur, tu as fait sortir l’ordre du chaos. Mets de l’ordre dans ma vie, afin que je puisse ne pas être distrait par le bruit et la confusion de ce qui est urgent, en perdant de vue ce qui a une véritable importance. Dans toute cette clameur, aide-moi à entendre ta voix, et lorsque je l’entends, donne-moi la grâce de lui obéir, par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Notre Père

« Notre Père qui es aux cieux,
fais connaître à tous qui tu es,
fais venir ton Règne,
fais se réaliser ta volonté
sur la terre à l’image du ciel.
Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin,
pardonne-nous nos torts envers toi,
comme nous-mêmes nous avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous,
et ne nous conduis pas dans la tentation,
mais délivre-nous du Tentateur ».

(Matt.6v9-13. TOB)

(Source : d’après « Chaque matin, chaque soir : un compagnon pour la prière quotidienne », de Paul Sheppy. Editions Olivétan, 2011, p32)

« Bientôt Pâques ! » Un voyage biblique pour toute la famille

(Source image : BLF éditions)

Le saviez-vous ? Dieu est le Dieu de la fête et de la joie. Il a à cœur la réjouissance et a mis en nous le sens de la réjouissance !

Le saviez-vous ? Pâque (sans « s ») ou « Pessah » est l’une des fêtes bibliques majeures pour nos amis juifs, laquelle, selon le livre de l’Exode, est une fête de la mémoire, du souvenir de ce que Dieu a fait pour Son peuple, et de la liberté.

De même, la fête la plus importante – et le meilleur moment de l’année – pour les chrétiens n’est pas Noël…mais Pâques !

Cette fête célèbre en effet la résurrection de Jésus-Christ, de là son importance, car « si Christ n’est pas ressuscité, notre foi est vaine » (1 Cor.15v12-19), avec cette espérance que notre dernier ennemi, la mort, n’aura pas le dernier mot !

« Bientôt Pâques ! », c’est le cri de ceux qui accueillent une fête tant attendue, et aussi le titre d’un livre d’Ed Drew, paru chez BLF, qui nous propose de la vivre comme un voyage biblique pour toute la famille en 10 minutes par jour, grâce à des animations simples, courtes et adaptées à tous.

En effet, cette fête n’est pas faite ( !) pour être fêtée seul : elle est une occasion de se réjouir à plusieurs, à l’instar des hébreux qui devaient se retrouver à plusieurs familles dans les maisons, pour manger leur agneau pascal.

Ce voyage biblique nous fait cheminer à travers l’Évangile selon Luc et certains passages de l’Ancien Testament, pour découvrir l’histoire la plus époustouflante jamais racontée : la mort et la résurrection de Jésus-Christ.

Chaque jour, en marchant sur les traces de Jésus, nous découvrons une nouvelle histoire :

  • Louer le retour du roi lorsque Jésus entre dans Jérusalem sur un ânon.– Écouter comment un homme innocent est condamné à la punition suprême.
  •  Pleurer la mort du roi de l’univers.
  • Goûter au soulagement de savoir que la souffrance de Christ nous conduit dans son royaume.
  •  Contempler le roi ressuscité.
  •  Imaginer la colline à l’extérieur de Jérusalem, depuis laquelle les disciples regardent leur meilleur ami être enlevé au ciel pour régner.
  • Découvrir la plus grande histoire de toute l’Histoire de l’humanité.

Il suffit de consacrer dix minutes par jour pour se préparer à Pâques en famille, ou, s’il n’y a pas d’enfants, en couple ou entre amis.

Il y a cinq études par semaine, mais si le rythme de cinq études par semaine paraît irréaliste, les « histoires clés » sont indiquées dans le livre pour nous aider.

Le point fort du livre réside dans les animations dynamiques et créatives proposées, faciles à suivre, basées sur l’Évangile de Luc. Des questions sont adaptées à tous les âges, 3-4 ans, 5-7 ans, 7-12 ans, adolescents et adultes, pour n’oublier personne, et devraient susciter des discussions passionnantes en famille ou entre amis.

A bientôt, à Pâques ! « Le Seigneur est réellement ressuscité ! »

En bref : « Bientôt Pâques ! Un voyage biblique pour toute la famille en 10 minutes par jour », de Ed Drew. BLF éditions, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie !

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, ici ou .

L’auteur : Pendant douze ans, Ed Drew a travaillé auprès des enfants dans une église de la banlieue londonienne. Il est actuellement le directeur de Faith in Kids (faithinkids.org). Il est marié à Mary et a trois enfants.

Table des matières

Avant de commencer

Tableau des histoires clés

Jour 1 : Le retour du Roi
Jour 2 : La promesse d’un Roi monté sur un ânon
Jour 3 : Le grand ménage dans le temple
Jour 4 : Tous contre Jésus
Jour 5 : Exactement comme Jésus l’avait dit
Jour 6 : Le corps et le sang
Jour 7 : Comme un agneau
Jour 8 : La grande déclaration de Pierre
Jour 9 : Jésus boit la pire coupe
Jour 10 : Arrêté par les gardes
Jour 11 : Abandonné
Jour 12 : Harcelé, battu, ridiculisé
Jour 13 : Je suis
Jour 14 : Il n’a rien fait de mal
Jour 15 : Crucifie-le ! Crucifie-le !
Jour 16 : Cloué sur une croix
Jour 17 : C’est par ses blessures que nous sommes guéris
Jour 18 : Sauve-toi toi-même
Jour 19 : Sauvé de justesse !
Jour 20 : Les ténèbres et le voile déchiré
Jour 21 : Traité comme un ver
Jour 22 : Il est mort
Jour 23 : Déposé dans un tombeau
Jour 24 : La mort promise
Jour 25 : Il n’est pas ici !
Jour 26 : Du grand n’importe quoi ?
Jour 27 : Vu (mais pas reconnu)
Jour 28 : Comme un feu dans notre cœur
Jour 29 : Il a reçu tout pouvoir pour l’éternité
Jour 30 : Vu, touché, nourri
Jour 31 : Proclamez son nom
Jour 32 : Il est parti, mais nous sommes dans la joie !
Jour 33 : Un Vendredi saint et bon !
Jour 34 : Quelle joie !

Chronologie biblique

Conseils pratiques

L’action du mois : (re)découvrir qu’après « Mozart, que l’on assassine », c’est « le Christ que l’on refoule aux frontières »

Comment la Bible inspire les artistes…mais aussi nous rend créatifs pour aider Notre prochain ? (Source image : ABF)

Voici Mars, et nous sommes en plein mois de la Bible !

A l’initiative de l’Alliance Biblique Française (ABF), et en collaboration avec le syndicat des libraires de littérature religieuse, cet événement annuel vise à faire connaître la Bible, mais aussi ses différentes traductions et éditions, dans le but de susciter l’intérêt de tous envers Le Livre des livres.

Cette édition est aussi l’occasion de découvrir l’influence de la Bible sur notre culture et notre société – vous parlez en effet « Bible » sans le savoir ! (1)– et à quel point elle inspire « en bien et en beau », dans divers domaines de l’art, ou, tout simplement, la vie des artistes, écrivains, cinéastes, peintres, musiciens ou chanteurs !

Visitez le site dédié pour découvrir les libraires participantes proches de chez vous, ainsi que les médias partenaires et les kits d’animations, qu’il s’agisse d’un magazine gratuit, d’un ciné – ou d’un livre – débat, d’une activité de création artistique destinée aux enfants et faisant le lien entre l’écologie et Dieu, ou d’une activité réflective autour d’un tableau de Rembrandt….et bien d’autres choses encore sur la Bible !

Se (re)plonger dans la Bible nous permet aussi de (re)découvrir ce qu’elle dit exactement à propos de l’accueil et de l’amour de l’étranger, en guise d’antidote à toute instrumentalisation, et à l’heure de l’exode de centaines de milliers d’Ukrainiens qui fuient la guerre, suite à l’invasion de leur pays par la Russie, le 24/02/22, selon le dernier recensement de l’ONU. L’Alliance Biblique Française nous explique comment il est possible de soutenir la Société biblique ukrainienne, dans son aide aux civils.

Erri de Luca – lequel compte parmi les auteurs tirant leur inspiration de la Bible à découvrir sur le site du Mois de la Bible, relève dans « Comme une langue au palais » (2) que « Le début du Nouveau Testament ne part pas de zéro, à partir de Jésus, mais ressent le besoin de nommer les générations qui l’ont précédé. Ces dernières croisent David, ancêtre obligatoire du Messie, pour les juifs et les chrétiens (…)Trois douzaines et demie de générations se succèdent dans l’espace des seize premiers vers de Matthieu, des noms d’hommes devenus des stations d’une ligne aboutissant au terminus du monde, au Messie. Au milieu de la liste, exceptionnellement et par contraste, se détachent trois femmes [étrangères] ». Une est Rahab, la prostituée de Jéricho qui sauva les espions envoyés par Josué. Les deux autres étrangères au peuple du livre sont Tamar, la cananéenne, et Ruth, la moabite. Elles épousent des juifs, restent veuves sans enfants. Elles se dépensent sans compter pour rester dans la maison et dans la foi rencontrée. Puissantes de fertilité réprimée et inexaucée, elles donneront des fils à la terre et aux gens de Judas, quatrième fils de Jacob. Elles donneront des fils à la descendance du Messie.

Tamar et Ruth : deux femmes d’autres peuples entrent dans la lignée la plus sacrée et ont le très pur privilège d’être les premiers noms féminins du Nouveau Testament, avant même celui de Marie. La vie de Ruth se passe au temps des Juges (….), la période qui suit la conquête de la Terre promise mais non offerte en cadeau (….) Quand disparaît la génération du désert, témoin des colossales interventions de Dieu, manne comprise, les Hébreux se dispersent. Ils subissent les offensives des autres peuples(…).

Parmi les différents peuples qui arrivaient à l’emporter alors sur Israël, il y eut les Moabites, qui vivaient à l’est du Jourdain. Leur domination sera brisée par un téméraire attentat. Ehud, un gaucher de la descendance de Benjamin, réussira à plonger sa courte épée jusqu’à la garde dans le surabondant embonpoint d’Eglon, roi de Moab. Et il parviendra aussi à s’échapper et à appeler à l’insurrection. Pendant la révolte, dix mille Moabites tombent (…) aux gués du Jourdain [Juges 3v15-30]. Quand on lit, en ouverture du livre de Ruth, qu’une famille juive émigre en terre de Moab au temps des Juges, il faut savoir que les relations entre les deux peuples n’étaient pas cordiales. Et pourtant, la famille d’Elimélekh, une femme et deux fils, fuyant la famine de la terre de Judée, est accueillie avec générosité. Les habitants de Moab les hébergent, donnent une épouse aux deux fils. Ce peuple, malgré les deuils de la guerre, a accueilli les émigrants de la nécessité (…). C’est une des histoires que les générations apprennent et se transmettent. Tout lecteur a le droit de se sentir héritier du tout, d’en souligner un verset, une figure. Ici, on célèbre Ruth, femme de conjonction des deux alliances, les testaments réunis pour nous dans le format Bible » (2).

Ainsi, Antoine Nouis souligne que le commandement stipulant, en Exode 22v19-23, que « Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux qu’au SEIGNEUR (YHWH) seul sera frappé d’anathème » précède cet autre qui dit : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas : vous avez été des immigrés en Egypte. Vous n’affligerez jamais la veuve ni l’orphelin. Si tu les affliges et qu’ils crient vers moi, j’entendrai leurs cris ; je me mettrai en colère, et je vous tuerai par l’épée : vos femmes seront veuves, et vos enfants orphelins » (3).

Les commentateurs en déduisent que la fidélité au Seigneur induit les instructions sur les prochains. Autant il faut rejeter les dieux étrangers, autant il faut être bienveillant avec les étrangers eux-mêmes. Les devoirs envers les étrangers sont évoqués à 36 reprises dans la Torah (les 5 premiers livres de l’Ancien Testament, la première partie de la Bible), soit plus souvent que les commandements relatifs à l’amour de Dieu, à la circoncision et à l’interdiction du mensonge et du vol. Les étrangers sont associés aux veuves et aux orphelins, car ce sont les catégories les plus fragiles de la population qui ont besoin d’être protégées par la loi. En associant la veuve, l’orphelin et l’étranger, la Bible nous invite à avoir le même regard d’accueil pour l’étranger que pour les précaires de notre pays. Si le thème de la protection de l’étranger est répété si souvent, c’est que notre réaction première consiste à nous méfier de l’étranger, à redouter qu’il ne soit une menace pour notre confort et notre sécurité. C’est pourquoi la Bible appelle à la mémoire du temps où le peuple était en esclavage en Egypte cf Deutéronome 26v5-9 (3).

Les chrétiens doivent s’en souvenir aussi, sachant qu’ils sont eux-mêmes « étrangers et voyageurs sur la terre » et « vivant dans la dispersion » cf 1 Pie.1v1 et Hébr.11v13.

Certains sages sont allés jusqu’à dire que l’asservissement en Egypte n’avait d’autre but que d’enseigner l’amour de l’étranger (cf Matt.7v12). Ceux qui ont été étrangers savent ce que cela signifie de vivre au milieu d’un peuple différent(3), et se souviennent de la décision de Pharaon, inspirée par la peur d’un supposé et fantasmatique « grand remplacement », en Exode 1v9-10 : « Voici que le peuple des fils d’Israël est trop nombreux et trop puissant pour nous. Prenons donc de sages mesures contre lui, pour qu’il cesse de se multiplier. En cas de guerre, il se joindrait lui aussi à nos ennemis, il se battrait contre nous et il sortirait du pays ». Initiative sans doute louée à l’époque par certains comme étant « une décision courageuse » et « de bon sens »….

Une société qui ne prête pas attention à l’étranger, la veuve et à l’orphelin est une société du chacun pour soi, ce qui finit par dégénérer dans la violence entre ses membres (3) : Rappelons également, en attendant la fête de Pourim, l’intrigue d’Haman (motivée par la haine pour un seul au départ) auprès du roi Xerxès, en Esther 3v8 et ss, pour se débarrasser d’un peuple jugé « à part. Ils sont partout, infiltrés parmi tous les peuples, dans toutes les provinces de ton royaume ; leurs lois les distinguent de tout peuple, et ils n’agissent pas selon les lois du roi : il n’est pas dans ton intérêt de les laisser en repos… ».

Après « Mozart », que « l’on assassine »(4), voici comment le Christ Lui-même, par ailleurs l’un des plus jeunes refugiés de l’histoire, pourrait être refoulé aux frontières par une politique migratoire restrictive, martelée – ô ironie du sort – par de prétendus « défenseurs de la chrétienté » sans le Christ. Car, dit le Christ aux nations, qui seront notamment jugées sur leur accueil ou leur non-accueil, rendant vaines toutes les justifications (théologiques ou non) possibles : « … j’étais étranger et vous m’avez recueilli (….) Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela pour l’un de ces plus petits, l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. (….) J’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli (….) Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous n’avez pas fait cela pour l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Matt.25v35,40, 43, 45).

Notes :

(1) « Travailler à la sueur de son front », « baisser les bras », « rien de nouveau sous le soleil », « récolter ce que l’on sème », « s’en laver les mains »…autant d’expressions de la Bible !

(2) A lire dans le recueil éponyme d’Erri de Luca. Arcades Gallimard, 2006, pp 85-91. Du même, l’on retrouve ce commentaire de la généalogie du Messie : « Les Saintes du scandale ». Folio, 2014.

(3) D’après Nouis, Antoine.  La Bible. Commentaire intégral verset par verset/1. Le pentateuque. Olivetan/Salvator, 2021, pp 329-330. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

(4) Expression de Saint-Exupéry, dans « Terre des hommes » (1939) – reprise par Gilbert Cesbron pour le titre de l’un de ses romans (1966) : « Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné. » (Saint-Exupéry, op. cit., Folio, p 182)

L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible, de Bob Ekblad

« Malheur à vous, pauvres, car vous n’êtes que des assistés ! » (Luc 6v24 et Jacques 5v1)

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a choisi pour son service afin d’apporter la bonne nouvelle aux riches » (Luc 4v18)

« Heureux celui qui s’intéresse au riche ! Au jour du malheur l’Éternel le délivre… » (Psaume 41v1)

« Opprimer le riche, c’est outrager celui qui l’a fait; Mais avoir pitié de lopulent, c’est l’honorer (Prov.14v31).

Si c’est là ce que vous lisez dans votre Bible, changez de Bible.

Pourtant, c’est ce qui est parfois dit du haut de la chaire, ou ailleurs, donnant à penser que les affirmations ci-dessus se trouveraient réellement dans la Bible, et que Jésus serait venu apporter « une (bien) mauvaise nouvelle aux pauvres ».

C’est ainsi que « dans l’expérience de nombreuses personnes, la Bible a été utilisée comme une arme contre elles par des gens en position d’autorité », qu’il s’agisse des parents, des enseignants, des évangélistes, des pasteurs, des prêtres ou des missionnaires », souligne Bob Ekblad dans « L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible » (p33), paru aux éditions Scriptura en février 2022.

« Un pasteur dit à une jeune femme séropositive qu’elle ne doit pas toucher la Bible parce qu’elle est impure ». Un autre « pasteur conseille à une femme victime d’abus répétés de la part de son mari de continuer à se soumettre à lui ». Ou encore, « une famille chrétienne dit à l’un des siens sans emploi que son chômage est une punition de Dieu pour son péché », quand une autre « laisse son enfant handicapé à la maison pour aller à l’église, parce que son échec à être guéri fait honte à la famille (….). A chaque fois, la Bible est utilisée pour proclamer cette mauvaise nouvelle » (op. cit., p 10)

Alors que « le mois de la Bible » approche, événement organisé par l’Alliance Biblique Française, en collaboration avec le syndicat des libraires de littérature religieuse, quoi de mieux que cet ouvrage de Bob Ekblad que j’attendais (et l’un des meilleurs lus à ce jour), pour (re)découvrir en quoi l’Evangile est le message libérateur et renversant qui se trouve dans l’Écriture [une bonne nouvelle « proclamée premièrement aux pauvres » cf Luc 4v18-19] et le plus clairement énoncé dans la vie et l’enseignement de Jésus de Nazareth ?

Ecrit 12 ans après « Lire la Bible avec les exclus »(Olivetan, 2008), qui décrit une première tentative de communiquer une lecture libératrice de la Bible avec les personnes « aux marges », « ce livre donne un aperçu de cet Évangile de la résistance » et « inclut des perspectives et des suggestions sur la façon de recevoir et de préparer des études de la Bible qui engendrent une transformation holistique. Le point central de ce livre est de proposer des manières pratiques d’animer des conversations autour de la Bible dans des situations de marginalité, avec des personnes qui n’ont pas l’habitude d’être appelées par Dieu » (op. cit., p 16).

Mais, « bonne nouvelle » : cette bonne nouvelle découverte parmi les détenus, les toxicomanes et les membres de gangs peut aussi « enflammer les cœurs des personnes participant à des cercles plus ordinaires ou du courant majoritaire, qui trouvent la Bible terne, sans lien avec leurs vies, ou bien étrangère et problématique ». Bob Ekblad est ainsi « convaincu que lire la Bible peut nourrir notre foi et inspirer des actions de libération qui apporteront des transformations personnelles et sociales » (op. cit., p 17).

 « L’Évangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible » est un manuel de « formation » attendu et bienvenu, qui cherche à aider ses lecteurs à oser « envisager l’étendue de la révolution de Jésus pour que nous puissions y participer plus pleinement » (op. cit, p 18).

La partie 1 du livre nous invite à nous « préparer à des rencontres libératrices » :

Dans le chapitre 1, il s’agit de suivre le « commandant Jésus », né dans un monde marqué par l’oppression et l’injustice pour annoncer et incarner ce que Bob Ekblad appelle « le mouvement de libération globale de Dieu », et de découvrir sa stratégie « d’infiltration derrière les lignes ennemies de façon clandestine ».

Le chapitre 2 identifie les postulats essentiels sous-jacents à des lectures libératrices de l’Ecriture (« Jésus est la révélation de Dieu » et « incarne l’amour acharné de Dieu » ; Jésus inaugure une nouvelle façon de combattre le mal qui fait la différence entre les ennemis « en chair et en os » et les ennemis spirituels ; « le péché ne nous sépare pas de Dieu » ou si notre péché nous fait nous détourner de Dieu, Dieu n’est pas « empêché » de nous chercher activement…) , ainsi que les pièges à éviter : s’attendre à de mauvaises nouvelles en lisant la Bible, domestiquer l’Ecriture, les lectures « moralistes » et « héroïques » (en cherchant des modèles « exemplaires » à imiter), la passivité, le fatalisme, l’incroyance et le cynisme….

Le chapitre 3 décrit la mission plus large de Dieu à travers l’Ecriture, avec un excellent et pertinent « survol » de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui vaut le détour.

Le chapitre 4 nous propose une étude de cas avec la rencontre entre Jésus et la femme samaritaine, sans oublier sa communauté.

La partie 2 se concentre sur les manières d’animer des études bibliques interactives ou « rencontres libératrices » :

Comment nous caler sur la vision de Jésus (chapitre 5)

Comment pouvons-nous entendre et percevoir des révélations prophétiques (chapitre 6)

Comment préparer des messages libérateurs (chapitre 7)

Comment animer des études bibliques dans différents contextes (chapitre 8)

Comment employer les dons de l’Esprit décrits en 1 Corinthiens 12 et en Romains 12 comme « des tactiques de guérilla » ou « de résistance », pour la gloire de Dieu, en « bons intendants de la grâce si diverse de Dieu » (1 Pierre 4v10-11), que l’on conduise des études bibliques, que l’on prêche ou que l’on enseigne(chapitre 9).

Au final, une approche audacieuse – qui pourra rebuter – et salutaire, privilégiant une saine déconstruction/reconstruction dans une perspective libératrice, dont nous avons le plus grand besoin. Stimulant, dense et éclairant, « L’Evangile renversant » m’a beaucoup apporté sur le plan personnel, et encouragé à poursuivre et transmettre une pratique d’enseignement et d’animation biblique dans cet esprit.

Manuel pratique solidement étayé sur le plan biblique, à mi-chemin entre la théologie et le témoignage, le livre est aussi particulièrement recommandable en ce qu’il invite à nous attacher et à nous laisser conduire par le « Dieu véritable » –Père, Fils et Saint-Esprit (lequel ne connaît pas de frontière dénominationnelle). Car si Jésus-Christ peut nous être familier, il ne saurait être domestiqué, puisqu’Il ne cesse d’être Seigneur quand il parle.

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En bref : « L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible », de Bob Ekblad*. Editions Scriptura, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication à l’Alliance Biblique Française, que je remercie, ainsi que les éditions Scriptura.

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, notamment ici.

*Par l’auteur de « Lire la Bible avec les exclus » (Olivetan, 2008) et « accueillir l’exclu » (Scriptura, 2019).

Pasteur de l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, docteur en théologie en Ancien Testament, aumônier à la prison de Skagit, Bob Ekblad est directeur exécutif de Tierra Nueva et du séminaire du peuple à Burlington, Etat de Washington. Il enseigne et anime de nombreux groupes de lecture de la Bible à travers le monde. Avec sa femme Gracie, ils vivent près de Seattle sur la côte Ouest des Etats-Unis mais se rendent régulièrement en France pour donner des formations.

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