« Le guichet sait déjà »

Certains considèrent leur religion comme « un crédit » acquis en haut, obtenu au « guichet » de Dieu, auquel ils se rendent régulièrement pour solliciter quelque chose… (Source image : public domain pictures)

L’écrivain allemand Heinrich Heine (1797-1856) parle dans son livre « idées » de l’époque où, jeune, il apprenait le français, rapporte Erri de Luca(1). « Un jour, son maître lui demanda six fois de suite comment on disait « glaube », foi, en français. Et six fois de suite, d’une voix brisée par les larmes, le jeune Heine répondit : « le crédit ».

A la septième, le maître, rouge comme un coq, s’écria : « on dit religion ! » Et il fit pleuvoir des coups sur son dos sous les ricanements de la classe. En conclusion, Heine dit que lorsqu’il entend ce mot-là , ses joues s’empourprent et un frisson de terreur parcourt son échine.

L’erreur quelque peu comique de l’écrivain a pu être contagieuse. Certains considèrent leur religion comme un « crédit » acquis en haut, obtenu au « guichet » de Dieu, auquel ils se rendent régulièrement pour solliciter quelque chose. Comme les requêtes sont abondantes, ils se rendent dans les nombreuses chapelles des saints munis d’une liste de demandes de grâces qui vont de la note en classe à l’emploi, de la fortune en amour au succès sportif…..Cela tient plutôt du crédit que de la religion ».

Et lorsque la prière est tellement centrée sur elle-même ou sur celui qui prie, au point que celui avec qui je suis censé être en relation ne compte plus, alors ce n’est déjà plus une prière….Or, prier ne devrait être qu’une façon de s’adresser à Dieu, sans rien demander. « Car Dieu votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous le lui demandiez », rappelle Matt.6v8. « C’est ce que dit Jésus lorsqu’il enseigne comment prier et réciter pour la première fois le Notre Père. Le guichet sait déjà »(1).

A mille lieux du « deal avec l’invisible », en vue d’en retirer quelque avantage, « la prière est le principal moyen d’expression de la vraie foi »(2), que nous accueillons avec reconnaissance, et le principal moyen de la confiance authentique dans le Dieu vivant et vrai, lequel est un Dieu relationnel parce que « Trine », Père, Fils, Saint-Esprit.

 

Notes :

(1)De Luca, Erri. Crédit IN Alzaia. Rivages, 1998 (Bibliothèque Rivages), pp 49-50.

(2) Comme le rappelle Michael Reeves dans « Retrouver la joie de prier », citant une expression de Jean Calvin.

 

 

« Ils ont aimé leur prochain », 4 ans après…. : Interview exclusive de Nicolas Fouquet

« La particularité d’un livre, c’est qu’une fois mis en librairie, il vit sa vie par lui-même » (Nicolas Fouquet)

Dans la foulée d’échanges par mails avec Nicolas Fouquet sur son dernier livre collectif – « parlons mieux ! » ou 13 expressions évangéliques décryptées à la lumière de la Bible (co-édité par BLF Éditions / WET et paru le 24/02/21) – j’ai été intéressé de connaître l’impact de son premier livre, « ils ont aimé leur prochain » ou comment 31 chrétiens nous montrent la voie de la solidarité (BLF Éditions / SEL, 2017) , 4 ans plus tard, d’où cette interview spontanée et improvisée par mail. Merci à Nicolas Fouquet d’avoir relevé le défi au pied levé !

 

Pep’s café : Bonjour Nicolas, peux-tu te présenter ?

Nicolas Fouquet : Bonjour ! Je m’appelle Nicolas Fouquet. En quelques mots : je suis chrétien, marié et père d’une petite fille de 14 mois. Nous vivons dans l’Oise, près de Compiègne. Je travaille au SEL et depuis peu à BLF Éditions également. En parallèle, je mène différents projets notamment éditoriaux, qu’il s’agisse de livres ou de jeux de société [« Fouilles en Galilée », Bibli’O, 2020, et  « Les villageois de Baobila », SEL, 2018, pour sensibiliser aux questions de pauvreté. NDLR]

Pep’s café : 4 ans plus tard depuis la publication de ton premier livre – mettant en valeur une autre forme de collectif, puisqu’il donnait à lire 30 portraits d’hommes et femmes « qui ont aimé leur prochain », quel bilan en tires-tu ?

Nicolas Fouquet : A titre personnel, le bilan est extrêmement positif. Ce projet a été une expérience formatrice dans mon parcours. J’ai notamment découvert le milieu de l’édition, ce qui m’a permis par la suite de mener à bien d’autres projets de création (de livres ou de jeux de société). La publication de l’ouvrage a été l’occasion également d’entrer en relation avec de nombreuses personnes inspirantes, qu’il s’agisse du Dr Mukwege qui a signé la préface ou de professionnels des médias. Au niveau du SEL, qui est l’ONG protestante dans laquelle je travaille et le cadre dans lequel a été mené ce projet, le bilan est là aussi positif. Ce projet a été l’occasion d’encourager les chrétiens à allier foi et action en matière de solidarité. Le livre a alors été l’un des éléments d’une campagne de sensibilisation plus vaste mêlant émissions radios, exposition et publications sur le web.

PC : Quel public ton livre a-t-il touché ? Quelles actions a-t-il inspiré ?

NF : Il m’est extrêmement difficile de répondre à cette question. D’un point de vue comptable, c’est facile. Le livre a été vendu à 2600 exemplaires (d’après BLF Éditions), ce qui est un bon résultat dans le milieu de l’édition évangélique. Ensuite, pour en dire davantage, c’est plus compliqué… La particularité d’un livre, c’est qu’une fois mis en librairie, il vit sa vie par lui-même. L’auteur ou l’éditeur reçoit de temps à autres quelques commentaires de lecteurs, mais leur visibilité sur le public du livre ou son impact reste malheureusement limitée.

PC :  A l’heure du vedettariat et de la recherche d’hommes ou de femmes « providentiel(e)s », notre époque a plus que jamais besoin d’hommes et de femmes « ordinaires », comme ces chrétiens d’hier et d’aujourd’hui – qui acceptent de répondre à l’appel et aux projets de Dieu, pour accomplir avec « la force qu’Il donne » (1 Pie.4v11) des choses extraordinaires, qu’ils sont incapables de faire et ne sauraient faire autrement, dans le but de rendre visible le Dieu véritable et sauveur. Est-ce (encore) vrai, aujourd’hui ? En quoi et pourquoi selon toi ?

NF : Je pense que Dieu appelle à son service des personnes avec des profils différents et qu’il les conduit à avoir des « carrières » différentes également. Certains seront célèbres, d’autres moins. Dans le livre, se côtoient des William Wilberforce ou William Booth, le fondateur de l’Armée du Salut, avec des Philadelphe Delord ou Mathilda Wrede. Tous ont leur place dans le corps de Christ. Et aucun d’eux n’était un surhomme. Il s’agissait de gens ordinaires, comme vous et moi, qui se sont mis au service d’un Dieu extraordinaire. Ils ont mis leur foi en action en aimant leur prochain de manière concrète et peuvent nous inspirer encore aujourd’hui !

PC : Tu viens de citer, outre Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », William Wilberforce, William Booth – le fondateur de l’Armée du Salut – Philadelphe Delord ou Mathilda Wrede. J’imagine que ces noms, parmi « les 30 » de ton livre, ne sont pas donnés « au hasard ». En quoi t’inspirent-ils en particulier ? Quels autres, encore, parmi « les 30 », t’inspirent également ? 

NF : J’aurais pu en prendre d’autres mais j’ai pris ces différents exemples car ils reflètent bien à mes yeux la diversité du corps du Christ. Il y a des hommes et des femmes, de différentes nationalités, des gens célèbres et d’autres moins mais aussi des vocations différentes (actions auprès des prisonniers, des lépreux, pour l’abolition de l’esclavage, etc.). Au travers de cette diversité, j’espère que le lecteur comprendra que l’idée du livre n’est pas d’inviter à copier l’une ou l’autre de ces figures mais bien de trouver son propre appel. A titre personnel, j’ai été particulièrement marqué par le parcours d’Anthony Ashley-Cooper. Je ne le connaissais pas avant de travailler sur le livre et j’ai trouvé quelques rapprochements avec mon propre cheminement. Je n’ai pas été élu député au Parlement (britannique) comme lui 🙂 mais j’ai fait des études en Sciences Politiques et c’est un domaine d’engagement qui m’interpelle particulièrement.

PC : Un dernier chapitre laissé « en blanc » reste encore à écrire. A la suite de ces 30, serais-je, moi lecteur, le 31ème ? Et d’ailleurs, ce 31ème portrait « laissé en blanc », doit-il être nécessairement un individu [toi, moi ?] ou une communauté, l’Église ? Chacune et chacun pouvant ainsi agir de manière complémentaire et interdépendante, « holistique », à la fois de manière « locale et globale ». Qu’en dis-tu ?

NF : Le 31e portrait « laissé en blanc » était là pour inviter le lecteur à prendre la suite de ces figures de la solidarité. Aimer son prochain n’est pas un commandement réservé à quelques personnes spécifiques. Il concerne tous les chrétiens. Après, la forme que ça revêt concrètement peut varier d’une personne à l’autre. Nous ne sommes pas tous appelés à devenir des « professionnels de la solidarité ». Par conséquent, le 31e portrait est une interpellation pour chaque chrétien individuellement. Et c’est ensemble, avec la diversité et la complémentarité de nos appels et dons, que nous formons l’Église et que nous pouvons répondre aux besoins qui nous entourent.

PC : Le dernier mot est pour toi !

NF : Bonne lecture ! 🙂 Et plus encore, à vous de jouer pour le 31e portrait 😉

 

Merci Nicolas Fouquet !

 

En bref, les ouvrages de Nicolas Fouquet :

« Ils ont aimé leur prochain : 31 chrétiens nous montrent la voie de la solidarité » (BLF Editions / SEL, 2017)

« Parlons mieux ! » 13 théologiens décryptent 13 expressions évangéliques à la lumière de la Bible » (BLF Editions / WET, 2021).

Disponibles chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, par exemple ici ou .

Ce n’est pas ce qu’on voit qui importe (Luc 9v28-36)

Un complément édifiant de notre dernière recension de « La guerre des spectacles » de Tony Reinke, ouvrage consacré à ce qui nous captive si aisément, avec cette méditation étonnante du « Pain quotidien »*, relative à l’épisode de la Transfiguration, en Luc 9v28-36 :

Ou quand ce n’est pas ce qui captive notre regard qui importe….

Bonne écoute !

 

 

*Depuis le 16 mars 2020, « Le Pain quotidien » est une série de très courtes méditations (2 min maxi environ), postées chaque soir, à 20h00, sur youtube.

Mais enfin : qui est de bonne foi ?

Qu’est-ce qui différencie la « bonne foi » de la « mauvaise » ?

Travaillé par ce sujet, mon frère et ami Pierre-Louis s’est décidé de « monter au filet » comme on dit au tennis, pour s’attaquer au thème de la « bonne foi » et de ce qu’elle signifie pour lui d’après les Ecritures. Il nous propose cette lecture, laquelle résonne assez bien avec l’actualité outre-atlantique(1). Qu’il en soit remercié !

 

Accusations de fraude, votes par-dessus bord, démentis des accusés en charge de savoir compter… Toute cette histoire…

Nous amènerait-elle à en savoir plus sur deux notions associées à la foi ?

Fait amusant : bien que liées à la foi, nous les rencontrons généralement avant de recevoir la foi de Christ. Ces notions font souvent partie de notre tronc commun d’éducation, croyants ou non, dès l’âge de raison – cet âge équivaudrait à 7 ans d’après une source proche.

Quels sont ces deux opposés et que peuvent-ils bien vouloir définir à propos de « la foi » ?

A cet égard, le droit français nous aide à les appréhender de manière simple et précise.

La bonne foi est la croyance qu’a une personne de se trouver dans une situation conforme au droit, et la conscience d’agir sans léser les droits d’autrui.

La mauvaise foi est l’attitude volontaire et déloyale avec laquelle une personne agit envers une autre, afin de surprendre sa décision.

Un point commun existe entre ces deux notions pourtant opposées.

La bonne et la mauvaise foi sont définies sur la base d’un même point référence : le droit.

En bref, ce droit est définit par un code – ex. civil, pénal, fiscal – qui définit un ensemble de règles d’après lesquelles le sujet au droit – ex. le citoyen ou l’entreprise – doit se comporter d’une manière « droite », au risque d’être trouvé en défaut vis-à-vis de ce droit, et d’être sanctionné en conséquence.

Et si nous sommes enfants de Dieu, quel devient notre droit par excellence ?

La loi du Seigneur est parfaite, restaurant la vie (Psaumes 19.7a), et à la fois déclarant quiconque trébuche sur un seul point entièrement coupable (Jacques 2.10b). Conséquence, tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu (Romains 3.23).

Bonne nouvelle pour nous tous, cette loi a été accomplie (et non abolie) par Jésus-Christ (Matthieu 5.17). Il a réalisé pour nous l’expiation des péchés sur la croix. Nous sommes sauvés par grâce au moyen de la foi (Ephésiens 2.8). Ainsi s’accomplit la promesse faite en Habakuk 2.4b : « Le juste vivra par sa foi » – en tenant ferme, d’après la version NBS.

Et sinon, qu’est-ce qui différencie réellement la « bonne foi » de la « mauvaise » ?

Le sujet se conduisant avec une bonne foi ou en bon père de famille se croit en conformité au droit et ne croit pas léser le droit d’autrui. Il ne manipule pas, ne dissimule pas son motif d’agir pour induire en erreur  et soutirer un gain inavoué/inavouable.

Celui qui recherche un tel gain est de fait contraint d’employer un tour de chapeau pour manipuler autrui. Il emprunte une posture abusive et instrumentalise ou viole la loi. Il enfreint la liberté d’autrui, pour l’induire en erreur, l’amenant à une prise de décision biaisée, en faveur de son intérêt propre.

Quel angle de vue adopter si nous avons reçu « la foi de Christ » ?

Avant de proposer une réponse à cette question, examinons-nous nous mêmes, pour savoir si nous sommes dans la foi; éprouvons-nous nous-mêmes. Ne reconnaissons-nous pas que Jésus-Christ est en nous ? (2 Corinthiens 13.5, repris au nous)

Dieu pourrait-il qualifier de fidèle ou ayant la foi un enfant qui cherche à posséder l’objet des promesses qu’il s’est faite à lui-même, ou à d’autres hommes, plutôt qu’à obtenir, par la persévérance à bien faire, l’objet des promesses parfaites de Dieu que sont l’honneur, la gloire et l’immortalité ? (Romains 2.7) Et si nous faisons de Lui nos délices, ne nous donnera-t-il pas ce que nos cœurs désirent ? (Psaumes 37.4)

En définitive, nous devrions choisir une bonne fois si nous avons de meilleurs projets pour nous-mêmes ou si nous acceptons que Dieu ait souverainement formé des projets pour nous, projets de paix et non de malheur (Jérémie 29.11).

Et en espérant que nous serons en accord sur ce dernier point, nous pouvons nous engager à tenir ferme dans Sa bonne foi. Que notre moi soit comme un honnête président sortant acceptant de lâcher prise, pour Lui laisser le contrôle à bord en toute confiance  😉.

A écouter sur la même tonalité : Michael Card, That’s What Faith Must Be.

 

 

 

Note :

(1) Quelques éléments de contexte : Le candidat démocrate à l’élection présidentielle américaine du 03 novembre 2020, Joe Biden, a été déclaré vainqueur samedi dernier, après avoir franchi le seuil nécessaire de 270 grands électeurs, selon les résultats partiels transmis par les médias américains. Après l’annonce vendredi 13/11, au soir, des résultats qui manquaient encore, en Caroline du Nord et en Géorgie, Joe Biden l’emporte avec 306 grands électeurs contre 232 pour Donald Trump. Ce dernier refuse toujours de reconnaître la victoire de son adversaire.

Alors que Donald Trump tourne en boucle sur les réseaux sociaux en dénonçant des tricheries et fraudes massives, plusieurs autorités électorales américaines ont indiqué jeudi 12 novembre dans un communiqué commun, plus d’une semaine après la présidentielle, n’avoir trouvé « aucune preuve » de bulletins perdus ou modifiés, ou de systèmes de vote piratés.  « L’élection du 3 novembre a été la plus sûre de l’histoire des États-Unis », ont affirmé ces autorités locales et nationales en charge de la sécurité du scrutin – l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du ministère de la sécurité intérieure, ainsi que le Conseil de coordination de l’infrastructure électorale et les Comités exécutifs de coordination de l’infrastructure électorale.

« Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit », soulignent-elles dans leur communiqué.  « Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l’objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l’intégrité de nos élections », insistent-elles.

Source : https://www.la-croix.com/Monde/Presidentielle-americaine-aucune-preuve-fraude-affirme-autorites-2020-11-13-1201124395 (Voir aussi https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20201115-contestation-pour-fraude-un-grand-cabinet-d-avocats-l%C3%A2che-donald-trump ). Voir aussi https://www.20minutes.fr/monde/2927543-20201208-presidentielle-americaine-cour-supreme-coule-derniers-espoirs-donald-trump?xtor=RSS-176 et https://www.courrierinternational.com/article/etats-unis-elections-la-cour-supreme-aneantit-les-derniers-espoirs-de-trump

Au final, Donald Trump et ses alliés ont essuyé plus de 50 échecs devant la justice, dont deux devant la Cour suprême, pour faire invalider les résultats dans certains Etats ! Et même le leader républicain du Sénat, Mitch McConnel, a fini par reconnaître la victoire de Joe Biden, confirmée par le vote des grands électeurs, cessant de soutenir Donald Trump et ses accusations non fondées de « fraudes électorales » ! cf https://www.courrierinternational.com/article/election-presidentielle-americaine-le-puissant-senateur-mitch-mcconnell-lache-trump-son-tour

 

Le Défi biblique de l’été : l’épître de Paul aux Galates, par Louis-Michel

Pourquoi retournerions-nous sous la loi alors que nous sommes sauvés par la foi ? (Source image : public domain pictures)

Louis-Michel, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé de nombreux défis bibliques, nous présente l’épître de Paul aux Galates.

 

L’Épître :

Excusez mon originalité, mais j’imagine l’organisation télévisée d’un grand débat entre deux leaders : le premier représenterait la loi, le second serait le fer de lance de la foi. Incontestablement, c’est Paul, le défenseur de la foi qui l’emporte !

Il écrit sa lettre aux églises de Galatie en 49 ap. J.-C. Des prédicateurs partisans de la loi de Moïse pour les chrétiens veulent détourner les membres des églises de la foi toute simple que Paul avait prêchée lors de son premier voyage missionnaire.

Le défi :

C’est très simple : Je dois choisir entre vivre par la loi, et vivre par la foi. Paul, aux Romains, parle de la foi avec ces mots : « La loi de foi ». C’est ce que Jésus a fait par Son Esprit, nous donner de vivre, non avec la lettre qui tue, mais avec l’Esprit qui vivifie ! D’ailleurs, Luther, reprenant un mot de la Bible, s’écrie : « Mon juste vivra par la foi ! »

L’interpellation :

Ne nous laissons pas prendre par le légalisme ! C’est la plus grande menace contre l’Eglise. En effet, pourquoi retournerions-nous sous la loi alors que nous sommes sauvés par la foi ? Parce que nous voulons une église parfaite, sans aucun défaut, parce que nous voulons une belle apparence ?

Les versets :

« Nous avons compris qu’on est déclaré juste devant Dieu, non parce qu’on accomplit les oeuvres que commande la loi, mais uniquement par la foi en Jésus-Christ » (Ch.2:v.16).

« Tu n’es plus esclave, mais tu es fils ou fille, héritier des biens promis, grâce à Dieu » (Ch.4:v.7).

Question :

La loi vient des commandements de Dieu, doit-on les retirer de la Bible ? Il faut répondre à cela, que Jésus, à cause de l’amour divin, nous rend capables d’accomplir toute la loi selon l’Esprit !

 

 

 

« Croire » se conjugue au participe présent

« Le tu est le seul pronom qui convient à l’échange entre créature et créateur ».

Un athée, de « theos » (Dieu) et « a » (alpha, dite privative), est celui qui « se prive de Dieu, de l’énorme possibilité de l’admettre non pas tant pour soi que pour les autres. Il s’exclut de l’expérience de vie de bien des hommes. Dieu n’est pas une expérience, il n’est pas démontrable, mais la vie de ceux qui croient, la communauté des croyants, celle-là oui est une expérience [cf Actes 2v42-47 et 4v32-35]. L’athée la croit affectée d’illusion et il se prive ainsi de la relation avec une vaste partie de l’humanité », écrit l’écrivain napolitain Erri de Lucca dans « Participe présent » (IN Première heure, Folio, 2012, pp 16). Lui-même ne se définit pas comme « athée » mais comme « un homme qui ne croit pas ».

Par contraste, poursuit-il, « le croyant n’est pas celui qui a cru une fois pour toutes, mais celui qui, obéissant au participe présent du verbe, renouvelle son credo continuellement. Il admet le doute, il expérimente l’équilibre et l’équilibre instable avec la négation tout au long de sa vie ».

Erri de Luca est donc « un homme qui ne croit pas ». Mais « chaque jour », il se « lève très tôt » et « feuillette pour (son) usage personnel l’hébreu de l’Ancien Testament qui est (son) obstination et (son) intimité ». Mais « dans tout cela », il « reste non croyant », « quelqu’un qui lit à la surface des lettres et qui en tente la traduction selon la plus rigide obédience à cette surface révélée », se disant incapable de « s’adresser », de « tutoyer le livre et son auteur ».

En parlant du pronom « tu », il nous parle alors de Job, « car dans son livre le tu est le point le plus haut de sa relation avec Dieu. On lit à la fin du livre un long monologue de Dieu qui s’adresse à son Job. A la fin, il dit à un de ses amis qui se sont efforcés de consoler l’affligé : ma colère s’est enflammée en toi et tes deux compagnons car tu n’as pas parlé de moi correctement comme mon serviteur Job (Job 42v7). En quoi les trois amis de Job ont-ils commis une faute, en parlant de Dieu à leur compagnon ? Parce qu’ils n’ont pas parlé neconà, correctement ? Et pourtant, ils ont développé une vaste théologie, ils ont tenté de faire entrer le malheur survenu à leur ami dans un dessein divin de récompenses et de justice [ce que l’on appelle « une théologie de la rétribution »]. Ils ont réprouvé les réclamations de leur compagnon et lui ont même reproché sa protestation contre Dieu. Ils ont ainsi au contraire, et carrément, provoqué sa colère.

Job qui a maudit sa naissance et a parlé à Dieu sur un ton blasphématoire (au v20 du chapitre 7, il l’appelle notzer Adàm, sbire d’Adam, en faisant la caricature sarcastique de Iotzer Adàm, celui forme Adam), lui, en revanche, a parlé neconà, selon Dieu. Car il a fait avec Dieu ce que ne fait aucun des autres et qui donne à toute sa contestation, même âpre, un tour correct : il tutoie Dieu. Il s’adresse à lui avec le pronom de proximité, de l’urgence. Il ne le fait pas tout de suite, mais brusquement en plein chapitre 7 par une invocation directe, qui tranche avec ses lamentations précédentes et qui se traduit par un tu impératif, enfiévré et insolent : souviens-toi que ma vie est vent. Ici commence le tu pressant envers Dieu, le tu frontal qui le réconfortera et le justifiera. Le tu est le seul pronom qui convient à l’échange entre créature et créateur. Job le trouve au milieu de son épreuve, il ne le possède pas avant. Le tu est le saut du fossé que ses amis réunis autour de lui n’accompliront jamais au cours du livre. Ils restent dans leur retranchement, parlant de Dieu à la troisième personne, ne parlant jamais avec Dieu. Job le fait, il s’expose au danger, au découvert de la deuxième personne, et pour cette raison Dieu s’adressera à lui par le plus vaste discours des Saintes Ecritures, après celui du Sinaï.

Au verset qui suit celui de son reproche aux trois amis, Dieu leur ordonne, à ceux qui n’ont pas parlé neconà, correctement (il le répète), un sacrifice d’animaux qu’lls offriront par l’intermédiaire de Job, qui devient pour eux comme un prêtre [ce que Job était déjà pour ses enfants, au chapitre 1. Sauf que, contrairement à ce qui se fait d’habitude, Job le prêtre n’offrait jamais de sacrifice pour lui-même !]. Eux qui n’ont pas adopté le tu avec Dieu, qui ont parlé de lui à la troisième personne, devront s’adresser à une troisième personne, à Job, pour transmettre à Dieu l’offrande expiatoire ».

Ainsi, « cette histoire du tu dans le livre de Job » nous révèle « la profonde différence entre ceux qui croient et les autres. Celui qui croit tutoie Dieu, s’adresse à lui en parvenant à trouver en lui le sens, le hurlement ou le murmure, le lieu, église ou maison, ou air libre, l’heure, pour se détourner de lui-même et se placer vers son propre orient. A la lettre, l’orient est le lieu où reconnaître sa propre origine, où éprouver une appartenance et un lien avec le reste du monde créé ». Ceux qui ne croient pas peuvent certes en parler, car ils le lisent dans les Saintes Ecritures, le rencontrent autour de lui dans la vie des autres, des croyants, mais gardent « la distance abyssale de la troisième personne, qui n’est pas seulement un éloignement mais une séparation ».

A l’inverse, le croyant est celui qui « devient [par la foi] contemporain du Christ », (pour reprendre une expression du penseur chrétien Soren Kierkegaard) bien que plus de 2 000 ans nous sépare depuis son avènement. En ce sens, la foi abolit toutes les distances, spatiales et temporelles, puisque ce qui importe, c’est que le Christ me sauve, moi, aujourd’hui, là où je suis. C’est ainsi que l’Evangile est cette « puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit » (Rom.1v16). De quiconque croît aujourd’hui.

« Les trois amis, et aussi le quatrième, Elihou, venu s’ajouter à la fin de leur entretien et du livre [quoiqu’aucun reproche de Dieu n’ait été signalé à son sujet], offensent Dieu, car ils ne s’adressent pas à lui en tant que croyants, mais parlent de lui comme des avocats défendant un de leurs clients [se faisant par là même les défenseurs, parfois avec agressivité, d’une certaine orthodoxie]. Il est vrai que toute la théologie parle de Dieu à la troisième personne, mais elle possède et pratique, tout en spéculant à son sujet, le tu de la prière, alors que les amis de Job face à sa douleur ne s’adressent jamais à Dieu pour qu’il le secoure, mais défendent toujours la peine et la torture infligées à leur ami, au nom d’une justice infaillible qui ne frappe pas au hasard, encore moins à tort.

Pour Dieu, au contraire [au regard de ce que nous enseigne le livre de Job], même le blasphème est un tu et il (ne semble) pas considéré comme une faute quand il jaillit en pleine douleur ». Il le sait bien, puisqu’il est notre père. Nous sommes l’argile, c’est lui qui nous façonnes, tous nous sommes l’ouvrage de sa main cf Esaïe 64v7.

« Quand cette matière se trouve sous la pression de la douleur », retentit alors « ce tu de Job » : « Rappelle-toi : tu m’as façonné comme une argile, et c’est à la poussière que tu me ramènes » (Job 10v9).

Mais, rajouterai-je, le croyant sait qu’il a « un grand prêtre éminent, qui a traversé les cieux, Jésus, le Fils de Dieu ». C’est pourquoi il tient ferme la confession de foi. « Nous n’avons pas, en effet, un grand prêtre incapable de compatir à nos faiblesses ; il a été éprouvé en tous points à notre ressemblance, mais sans pécher. Avançons-nous donc avec pleine assurance vers le trône de la grâce, afin d’obtenir miséricorde et de trouver grâce, pour un secours en temps voulu ».(Hébr.4v14-16)

 

 

Le savon de Dieu

Quand Dieu nous passe un savon…. (source image : public domain pictures)

« Nettoyez vos mains, pécheurs » (Jacques 4v8)

Un « savon de Dieu » sans nuance, et une injonction ô combien paradoxale, puisque le verset suivant décourage d’emblée toutes nos tentatives d’y répondre :

« Tu aurais beau te lessiver à la soude, y rajouter quantité de potasse, devant moi, ta faute reste incrustée. » (Jérémie 2v22)

Un tel constat ne peut que susciter l’angoisse et le désespoir, celle de la culpabilité (ou de la conscience de sa faute) sans remède. Cependant, pour Kierkegaard, penseur chrétien, c’est le fait d’être « passible du désespoir » qui fait la supériorité de l’homme sur l’animal.

Toujours selon Kierkegaard, la forme la plus aboutie du désespoir est le scandale, lié au fait que le Christianisme ne s’adresse pas à la foule et mais à l’individu, lui offrant cette alternative et injonction : « scandalise-toi ou crois ! » 

De son côté, le psalmiste choisit la foi, ou plutôt, dans une variante de l’alternative précédente, il choisit « la crainte de Dieu » à « l’effroi ».

Les versets 3-4 du psaume 130 nous l’enseignent :  « si tu gardais le souvenir des iniquités, Eternel, Seigneur, qui pourrait subsister ? Mais le pardon se trouve auprès de toi, afin qu’on te craigne».

Craindre Dieu dans les Ecritures, loin de décourager, est en réalité libérateur, puisque celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, souligne Erri de Luca. Et le même d’ajouter que « celui qui craint Dieu le craint parce que de lui seul dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes ».

« Venez et plaidons ! dit l’Eternel. Si vos péchés sont comme le cramoisi, ils deviendront blancs comme la neige; S’ils sont rouges comme la pourpre, ils deviendront comme la laine ». (Es.1v18)

 

 

La philosophie pour les Nuls : « en éthique, une question, beaucoup de réponses »

[« Piqué » sur le compte twitter de Foi & vie, la revue protestante de culture, publié le 16/10/19. Né le 06 décembre 1980, Simon Butticaz est professeur ordinaire à la Faculté de théologie et de sciences des religions de l’Université de Lausanne. Il collabore à l’enseignement ainsi qu’à la recherche en Nouveau Testament et traditions chrétiennes anciennes au sein de l’Institut romand des sciences bibliques (IRSB), dont il est l’actuel Directeur]

Comment déplacer des montagnes et ne plus se faire une montagne d’une taupinière ?

« Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous… »

Lectures bibliques
Esaïe 41:14-16Les montagnes tu les écraseras
Matthieu 17:19-21Montagne, transporte-toi d’ici à là
Matthieu 21:21-22Montagne, jette-toi dans la mer
1 Corinthiens 13:1-3Une foi à transporter des montagnes

 

 

« En entendant ces quatre textes, on croirait que la seule fonction de la montagne, c’est d’être rasée, mise en miettes, écrasé, ou déplacées. Il s’agit sûrement d’un fantasme de base dans toutes les civilisations : restructurer l’espace, manifester qu’on est forts parce qu’on a changé concrètement cette nature qui nous domine si souvent. Et même à l’ère où une armada de bulldozer peut déplacer une colline pour la construction d’une autoroute, nous restons avec ce rêve : que nous puissions laisser notre marque sur l’espace.
Ceci dit, ni Esaïe, ni Jésus, ni Paul n’avaient une vocation à travailler dans les travaux publics. En réalité, ils nous parlent de notre rapport à Dieu au travers de ces images. Comment, effectivement, pourrions-nous prétendre déplacer les montages tous seuls ? C’est Pharaon qui prétend construire des montagnes pyramidales. C’est pharaon et ses successeurs, qu’ils s’appellent Haussmann, Bouygues ou autres, qui rêvent de déplacer les collines par leur propre force. Mais Esaïe, Jésus et Paul essayent d’utiliser cette image pour nous dire que nous aussi nous pouvons déplacer des montagnes. A la différence des grandes entreprises du BTP, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, ni de beaucoup de force comme en avaient besoin les architectes de Ramsès II, mais nous avons seulement besoin de renouveler notre alliance avec le constructeur d’origine, celui qui a fait les plans et qui a réalisé cette construction incroyable qu’on appelle la nature. Bref, Jésus dit bien à deux reprises dans l’évangiles de Matthieu qu’avec un peu de foi, on peut entrer dans un registre de la puissance de Dieu qui nous associe à son pouvoir créateur. Dieu a créé les montagnes. Si nous nous mettons d’accord avec lui et qu’il donne son approbation, nous pouvons déplacer les montagnes. C’est le mandat de l’humanité que d’administrer la création. Non pas pour le plaisir de déplacer les montagnes, mais pour aménager un territoire et en faire une terre à vivre, une terre où il fait bon vivre.
Pour autant, comme nous l’avons déjà suggéré, il ne s’agit pas d’un traité de Travaux Publics, et c’est assurément à d’autres montagnes que le prophète, le Sauveur et l’apôtre font référence. [Car ]ne dit-on pas dans notre langue : « Il s’en fait toute une montagne » ?
Dans cette expression, on évoque cette étrange capacité de l’être humain à mal évaluer les proportions. Quelque chose qui n’était pas si grand que cela à escalader devient un sommet alpin. Ne dit-on pas aussi « Se faire une montagne d’une taupinière » ? (…)
Il y a donc devant nous une grande diversité de montagnes à escalader (….)Mais bizarrement, les cimes les plus hautes dans notre tête ne sont pas forcément les plus hautes dans la réalité.
Prendre la parole en public va être pour beaucoup d’entre nous un sommet inatteignable ! Alors que ce n’est pas plus compliqué d’aligner quelques phrases devant 100 personnes que devant une.
Dire à quelqu’un qu’on l’aime pourra être pour nous un pic rocheux tout à fait inaccessible. Alors que c’est si bon pour l’autre d’entendre qu’il est aimé.
Que de taupinières qui deviennent des montagnes.
Finalement, nos problèmes sont parfois bizarrement évalués et bizarrement traités. Nous passons énormément de temps à solder des dossiers finalement très simples, et nous bâclons l’essentiel en ne voyant pas son importance. Bref, nous prenons cordes, mousquetons, et chaussures crantées pour escalader la taupinière et nous partons en tong sur l’Everest.
Une des capacités que Dieu veut restaurer en nous est de revenir à un peu de réalisme et de pragmatisme. Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous. Car il ne dit même pas qu’avec un peu de foi on pourra escalader les plus hauts sommets, mais bien qu’on déplacera la montagne. Ça c’est une solution à laquelle la plupart d’entre nous ne pense jamais. Quand vous avez une grosses montagne devant vous et que vous devez aller de l’autre côté, vous pensez à la contourner, à éviter le problème, à le fuir, à l’esquiver. Vous pensez, si vous êtes un peu plus courageux, à l’escalader. Mais Jésus propose une solution somme toute beaucoup plus simple : déplacer la montagne… Eh oui, il fallait y penser ! »

Lire la suite de cette prédication du pasteur Gilles Boucomont (2008) sur son blog vraiment net.

Et ne surtout pas manquer la fin, qui donne tout son sens au message !

 

« Christ notre gardien : lecture suivie de la lettre de Jude (2)

Au-delà de cette étude, « rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement ! »

Suite et fin de la visite guidée de l’épître (ou lettre) de Jude, entamée mercredi.

JUDE 1 : 14-16

  • C’est aussi pour qu’Hénoc, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Il s’agit d’Hénoc qui a marché avec Dieu et qui été enlevé sans passer par la mort physique (Genèse 5 / 1 Chroniques 1 / Hébreux 11 : 5 ). Hénoc a prophétisé le retour de Christ et le Jugement Dernier selon Mc Arthur (1 Th 3).
  • Voici que le Seigneur est venu avec ses saintes troupes : D’autres versions proposent « ses saintes myriades ». Il s’agit des anges qui Le servent (v.14).
  • … pour exercer un jugement contre tous : Ce jugement concerne les actes d’impiété et les paroles dures. Cela m’amène à demander à Dieu qu’en tant que chrétien je ne prononce que des « paroles assaisonnées de sel », remplies de Sa saveur (v.15) !
  • Toujours mécontents, ces hommes se plaignent sans cesse de leur sort : Les gens qui se plaignent de tout et tout le temps sont des plaies pour eux-mêmes et pour les autres !
  • Et marchent suivant leurs désirs : Ils sont incapables de s’intégrer dans la société, et refusent de se plier joyeusement à la volonté de Dieu ! Leurs discours impressionnent et flattent les autres mais ils sont creux et ne servent que leur intérêt personnels (v.16). Ils ne sont pas remplis de l’amour de Dieu (1 Cor. 13).

JUDE 1 : 17-19

  • Quant à vous, bien-aimés : Jude s’adresse à ses frères en Christ comme au verset 3. Il leur montre son tour pour eux. L’expression « quant à vous » révèle son désir de les responsabiliser.
  • Souvenez-vous : Dans le Livre des Actes, la communauté chrétienne persévérait dans l’enseignement des Apôtres (des 12 choisis par Jésus avec Matthias à la place de Judas). Cet enseignement était fondé sur Jésus-Christ (v.17).
  • Ils vous disaient : D’abord, les Apôtres ont enseigné sur « la fin des temps ». L’une des caractéristiques est la moquerie. Des « moqueurs » vivront donc selon leurs propres voies (désirs, souhaits, volontés …). Dans ce cas, le « désir » est le moteur dont le carburant est l’impiété (injustice, iniquité …) – (v.18).
  • Ce sont ceux qui provoquent des divisions : Ces divisions concernent d’une part la doctrine (par exemple, on enseignera une fausse paix …), d’autre part la pratique de la doctrine (par exemple, on vivra selon une paix sociale obligatoire selon une pensée unique …). Ces gens n’ont pas l’Esprit Saint en eux. C’est leur « chair » ou « nature propre » qui domine leur volonté !!! (v.19).

JUDE 1 : 20-25

  • Quant à vous, bien-aimés … Jude répète cette formule (ouverture v.17) pour insister sur l’importance de son exhortation.
  • Edifiez-vous sur votre très sainte foi et priez par le Saint-Esprit : En quelque sorte, l’Église ne doit pas oublier l’enseignement de Christ et de ses apôtres, mais doit en plus, s’édifier (se construire) sur la foi lui venant de Dieu (Ephésiens 2 / Hébreux 11), et vivre (respirer) dans la prière par l’Esprit (peut-être les « soupirs inexprimables » de l’épître aux Romains ?). En tout cas, rien de charnel ne doit s’y mêler !!! (v.20).
  • Maintenez-vous dans l’amour de Dieu en attendant le jour … D’un côté il y a l’enracinement dans l’amour (selon l’apôtre Paul), de l’autre il y a le maintien dans l’amour. C’est là que se révèle la volonté d’être fidèle à Jésus-Christ. Il faut toujours garder à l’esprit que nous vivons de l’amour de Dieu, que nous dépendons de Lui, et c’est bien cet amour divin qui nous permet d’attendre Son retour et la vie éternelle (v.21).
  • Ayez compassion … La compassion vient de l’amour de Dieu. C’est une émotion divine qui était en Christ. Mais afin qu’elle accomplisse la volonté de Dieu, cette compassion est accompagnée du discernement. Dans ce cas, il s’agit en particulier des personnes qui contestent (version Genève 1979). Il faut donc aimer les contestataires sans accepter l’esprit et le contenu de la contestation (v.22).
  • Quant aux autres : Ceux qui vivent dans le péché peuvent être « arrachés au feu » (à la condamnation). C’est avec une sainte crainte (celle d’être fidèle à Dieu) que nous les approchons, sans faire de compromis avec leur péché (symbolisé par la souillure du vêtement – voir Apocalypse 22 : 14) – (v.23).
  • A celui : Il s’agit de Dieu bien sûr. Les versets 24 et 25 forment la « doxologie » de la lettre de Jude (la note finale à son discours).
  • Qui peut vous garder de toute chute … Il met tout à notre disposition pour que nous ne chutions pas pendant notre marche avec Lui.
  • Et vous faire paraître devant Sa gloire irréprochables et dans l’allégresse : Cette gloire représente tout ce qui émane du trône de Dieu. Paul désirait présenter l’Église sans tache, sans ride au Jour du Seigneur. Jean aussi dans Apoc.22 : 14 en parlant de « laver leur robe ». Même idée dans le mot « irréprochables ». Ceci n’est pas une œuvre humaine. Nous devenons irréprochables par Jésus, son sang versé pour le pardon. Avec la grâce il y a l’allégresse, une joie puissante explosant en louange. Jésus nous permet de nous purifier, de nous sanctifier pour le « grand jour » !
  • Oui, à Dieu seul sage, qui nous a sauvés par Jésus-Christ, appartiennent gloire, majesté, force et puissance : Nous rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement !

 

Lecture suivie proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur, que je remercie chaleureusement. Base de l’étude : Bible Thompson 21 / Bible avec commentaires de McArthur /  Le Christ dans toutes les Écritures (A-M Hodgkin) / La Bible du Semeur / BS 21 (archéologie et histoire) / L’Epître de Jude (Samuel Benetreau).