Foireux liens de Novembre (36) : « mythes et légendes »

Les « Foireux liens » de Novembre : une édition qui nous donne l’occasion d’explorer et d’écorner quelques mythes….

Bonjour ! Vos « Foireux liens » tant attendus sont de retour ! Cette édition nous donne l’occasion d’explorer et d’écorner quelques mythes, qu’il s’agisse de la « pensée unique » et de la liberté d’expression, de la mémoire et de l’apprentissage, de « laisser agir notre colère pour se sentir mieux », de Greta Thunberg ou des 30 ans de la chute du mur de Berlin. Egalement au menu de ces « foireux liens » : fermetures d’églises en Algérie, laïcité, accusations de « prosélytisme », réforme de l’Assurance-Chômage et privatisations en France, conversions de célébrités au Christianisme, reconnaissance faciale …..

1) Fermetures d’églises en Algérie : « L’État invoque la loi, mais il existe d’autres explications »

Les autorités algériennes ont procédé à la mise sous scellés de plusieurs églises depuis le 15 octobre. Si ces fermetures n’ont rien d’exceptionnel, c’est surtout leur multiplication récente qui interpelle, d’autant plus qu’elles touchent principalement les églises protestantes de Kabylie.

2) La laïcité bousculée par le voile

Après trois semaines de polémiques ininterrompues sur le voile musulman, des représentants religieux s’inquiètent de voir poindre une définition plus rigide de la laïcité, qui voudrait renvoyer les religions au domaine strictement privé.

3) Réponse des AFP et du CNEF aux propos de Madame la sénatrice sur « les évangélistes ».

Lettre cosignée par la fédération nationale des associations familiales protestantes et le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) adressé à Madame la sénatrice Laurence Rossignol en réponse à ses propos sur les  » évangélistes  » sur France Inter.

4) Accusé de prosélytisme pour avoir fait étudier la Bible : « L’acharnement contre cet enseignant est aberrant »

L’Éducation nationale fait appel de la réhabilitation d’un professeur accusé de prosélytisme pour avoir fait étudier la Bible à ses élèves. Pour l’historien François Huguenin, le débat sur la laïcité souffre d’une confusion entre la religion en elle-même, et l’usage politique qui peut en être fait.

5) Ce n’est pas Eric Zemmour le problème mais la légitimité que lui confèrent les médias

« Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire » : la phrase de Voltaire que les défenseurs d’Éric Zemmour s’emploient à réactiver n’est-elle pas des plus commodes ?

Tout démocrate est pour la liberté d’expression, sauf à se l’octroyer de façon exclusive. Mais la question concernant Éric Zemmour, nouveau chroniqueur attitré de CNews n’est pas là. Elle est dans ce phénomène nouveau de notre société postmoderne : les modes de diffusion et de circulation de la parole. Toute parole personnelle, dès lors qu’elle se répand dans les réseaux sociaux et qu’elle est prise en relais par les médias d’information, devient ce qu’on appelle une « parole publique ». La question est : qu’est-ce qui légitime une parole publique ?

Ce n’est donc pas ses propos que l’on examine ici, mais leur légitimité comme parole publique.

Voir aussi https://philitt.fr/2019/10/11/ce-que-revele-le-mythe-de-la-censure-deric-zemmour/

6) Climat : Finissons-en avec Greta Thunberg (et avec les excuses foireuses)

Quand on peut lire ceci sur un certain site que je ne nommerai pas : « Je suppose que si on écoute un peu les nouvelles il est impossible de ne pas avoir entendu parler de Greta Thunberg et son discours extraordinaire(ment culpabilisant) aux Nations Unies [« culpabilisant » ? Pour qui ?]. Elle est certaine que la fin du monde c’est dans dix ans… Et la planète se fait faire la morale par une fillette (sic)de 16 ans…Sainte-Greta, une fillette de 16 ans… », l’on peut lire mieux ailleurs sur le même sujet : « Oui, arrêtons avec Greta Thunberg. Ça suffit. Personne n’a été autant injurié en public par notre classe politique et médiatique en ce siècle, pas même les terroristes les plus barbares, que Greta dans cet incroyable défilé compilé sur son compte Twitter. « Vestale fiévreuse », a vociféré l’un d’eux : mesdemoiselles, surtout suédoises, votre job c’est d’être sexy pour faire vendre des bagnoles. Compris ? ». Pour le grand public, ce qu’elle dit est nouveau, sorti de nulle part (…) Pour (les) écolos de terrain, (qui réunissent) depuis des décennies données, études, expériences de terrain, le phénomène Greta Thunberg ne change rien sur le fond. Son message ? Mais c’est (celui des écologistes). Sa présence n’est que la concrétisation du fait que l’alerte écologique venue de la science a fini par assez imprégner société pour que de telles figures émergent. Une tendance sans visage a fini par s’en donner une. Voilà tout. Elle n’apporte, si l’on peut dire, « rien » qu’un espoir nouveau d’être entendus ».

Voir aussi l’analyse du « rapport du club de Rome » par Jean-Marc Jancovici :

Le rapport Meadows & al. fait probablement partie, comme le rapport du GIEC sur le changement climatique aujourd’hui, de ces documents que 99% des personnes qui le citent n’ont pas lu, vu la quantité de conclusions que l’on attribue à ce papier dont on ne trouve pas trace lecture faite. Ainsi, il est fréquent d’entendre que le Club de Rome (en fait l’équipe Meadows) aurait « prédit » la fin du pétrole pour l’an 2000, ce qui n’est pas arrivé, et donc qu’il y a urgence à ne tenir aucun compte de ce travail prospectif, qui ne peut être qu’une oeuvre fantaisiste de quelques farfelus terrorisés par l’avenir. Mais il n’y a nulle trace d’une telle prévision sur la pénurie de pétrole en l’an 2000 dans ce rapport Meadows ! (…) En fait, non seulement ce rapport n’a pas « prédit » la fin du pétrole en 2000, mais il n’a pas plus prédit quoi que ce soit d’autre de manière précise. Sa seule conclusion forte est que la croissance matérielle perpétuelle conduira tôt ou tard à un « effondrement » du monde qui nous entoure, et que, même en étant très optimiste sur les capacités technologiques à venir, l’aptitude à recycler ou à économiser les matières premières que nous consommons, le contrôle de la pollution, ou encore le niveau des ressources naturelles (…), l’effondrement se produit avant 2100.

7) Aux États-Unis, les fous du climat

Parmi les soutiens farouches au climatosceptique Donald Trump, une majorité chrétienne conservatrice, dont des évangéliques. En Suisse romande, leur discours ne passe pas. Au contraire.La Haute école de théologie (HET-pro), institution protestante de sensibilité évangélique, organise en novembre prochain une journée d’étude sur l’environnement. Cette journée doit «donner à chacun la possibilité de se construire une position fondée bibliquement sur la question de l’écologie» à travers de nombreux exemples théologiques et pratiques. A mille lieues du climatoscepticisme de leurs coreligionnaires américains.

8) Berlin 1989-2019 : derrière la saga de la “Chute-du-Mur”

Le peuple de RDA ne s’était pas débarrassé du SED (et de la Stasi) pour être jeté en masse au chômage par le capitalisme de la RFA. C’est pourtant ce qui lui est arrivé….

9) « Je n’ai jamais vu ça, un durcissement aussi violent » : des agents de Pôle emploi « horrifiés » par la réforme

La réforme de l’Assurance-chômage entre en vigueur ce 1er novembre. 1,3 million de demandeurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient. Basta ! a rencontré des agents de Pôle emploi qui décryptent le nouveau système et ses conséquences.

10) Privatisation d’Aéroports de Paris : les réseaux Macron en plein conflits d’intérêts ?

De la loi votée à l’Assemblée nationale privatisant Aéroports de Paris jusqu’aux acheteurs potentiels de l’entreprise publique, on retrouve les réseaux Macron à la manœuvre. Une forte interconnexion entre politique et intérêts privés qui pose question. La loi dite Pacte, pour « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises », adoptée au printemps 2019, prévoit la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), de la Française des Jeux, mais aussi d’Engie et de GRTgaz, sa filiale en charge des gazoducs et des terminaux gaziers français.

11) Interdiction de la reconnaissance faciale : la lettre adressée par la CNIL à la présidence de la région PACA
La CNIL a  estimé que le dispositif de reconnaissance faciale installé à l’entrée de deux lycées de la région PACA était illicite au regard du RGPD. La situation provoque la fureur des élus locaux Christian Estrosi, Eric Ciotti et Renaud Muselier. Next INpact diffuse la lettre adressée par la CNIL à la présidence de la région PACA.

12) Mastodon, Diaspora, PeerTube… : des alternatives « libres » face aux géants du Net et à leur monde orwellien

En vingt ans, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ont investi notre quotidien, colonisé nos imaginaires, mis la main sur nos données personnelles. Peut-on leur échapper ? Pour chacun de ces services, les alternatives aux « Gafam » existent déjà, et rassemblent, pour certaines d’entre elles, plusieurs millions d’utilisateurs. Basta ! nous les présente.

13) Avez-vous une mémoire visuelle ou auditive ?

Nous pensons tous avoir des facilités plutôt dans l’une ou l’autre, mais c’est une idée reçue. Chaque information est traitée par plusieurs aires cérébrales. Pour apprendre et retenir mieux, il faut être capable d’étudier un sujet sous différents angles. Encore un neuromythe qui tombe !

14) Est-ce bénéfique de libérer sa colère ?

Un mythe existe : il est sain d’exprimer sa colère. Et s’il faut la libérer, quoi de mieux que de se lâcher sur un punching ball. Un coussin ! Mythe ou réalité ?  Lisez le résultat d’études sur le sujet.

15) Les droits culturels, un chemin vers l’altérité

Les « droits culturels » sont souvent méconnus. Pourtant, en permettant à chacun de composer sa manière d’être au monde, ils confèrent le droit de participer à la vie de la cité et rendent possible la relation, au-delà de nos différences.

16) Jésus, l’Eglise, et Kanye West

Tout le monde n’est pas enchanté de la conversion de Kanye West et de la sortie de son dernier album. Si ce n’est pas très étonnant venant des milieux athées, cela me pose des questions quand cela vient des milieux chrétiens. Et si nous apprenions plutôt à nous en réjouir ?

Voir aussi : Kanye West, Justin Bieber, que faire avec les conversions de célébrités ?

Quand une célébrité se réclame du christianisme, nous voyons se manifester une paire de réactions parmi les chrétiens. Certains se précipitent pour louer la superstar et pour partager, tous azimuts, les grandes choses qui sont dites au sujet de l’amour et de la grâce de Dieu. D’autres jettent un œil circonspect sur cette célébrité, répondant avec cynisme pour ce qui concerne les paroles et les actions de la star. Qu’y a-t-il sous la surface de ces réactions courantes ? Je me demande parfois si notre réponse à des conversions de célébrités n’en dit pas plus sur nous que sur les célébrités en question. Voici pourquoi.

17) Pourquoi tant de chrétiens ne veulent plus fréquenter nos églises ?

Au milieu des années 80, tous les chrétiens étaient fiers d’appartenir à une Église locale. Mais ça, c’était il y a 30 ans. Aujourd’hui, les chrétiens sans Église ne cessent d’augmenter. Ce n’est pourtant pas les Églises qui manquent, surtout si on ajoute toutes celles qui s’implantent ici et là. Alors, pourquoi l’idée d’appartenir à une communauté chrétienne locale déplaît-elle autant maintenant ?

Et le dernier pour la route :  Osez la Parole !

Nos choix de chants pourraient suggérer que c’est moi qui dis à Dieu pourquoi je suis là et ce que j’attends de Lui. On serait ainsi tombé dans une conception anthropocentrique de la louange. Cependant, si le but de la louange est de rencontrer le Dieu de la Bible, de l’entendre, de l’écouter, j’aimerais suggérer qu’écouter ses paroles plutôt que les nôtres ne peut qu’être bénéfique.

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en janvier.

Foireux liens de septembre (35) : (in)cohérence des luttes

Les « Foireux liens » font leur rentrée en septembre

Bonjour ! Les « Foireux liens » font leur rentrée ! Au menu de cette 35ème édition : Amazonie, réforme des retraites, bioéthique, économie sous angle chrétien, lutte contre les violences faites aux femmes …..Bonne lecture !

 

1) L’Amazonie brûle. Le scepticisme flambe

Panorama : « La forêt du Midi aussi. Ça repousse et ça lui fait même du bien. » ; « Rien de nouveau. Mais ça permet d’attaquer un président souverainiste et qui défend les valeurs. Sinon comment vous expliquez cette hystérie alors que pendant des années les ONG n’ont rien dit ? » ; « Il y a autant d’incendies en Afrique et ça ne gêne personne. C’est bien la preuve que la forêt, en réalité, n’intéresse pas les écolos. ». « L’Amazonie n’est pas le poumon de la planète : un poumon ça absorbe l’oxygène, ça n’en produit pas ! » Voyons voir.

Voir aussi https://www.bastamag.net/Amazonie-incendies-deforestation-Bolsonaro-soja-boeufs-fazendeiros-corruption-peuples-autochtones

2) Baisse des pensions, creusement des inégalités : ce qu’annonce le projet de réforme des retraites

Les grandes lignes du projet de réforme de retraites de Macron ont été dévoilées en plein mois de juillet. Le passage au système à points, l’abandon du calcul sur les 25 meilleures années, et la possibilité d’un taux plein à seulement 64 ans auront une conséquence évidente : la réduction des pensions et le creusement des inégalités entre retraités, cadres et ouvriers, hommes et femmes. Tout en ouvrant un peu plus les retraites aux marchés financiers, via le système de la capitalisation.

L’argument des partisans d’un recul de l’âge de la retraite, on le connaît : l’espérance de vie augmente, donc il faut bien travailler plus longtemps pour financer la totalité des pensions. La logique semble imparable. Mais c’est oublier qu’espérance de vie et espérance de vie en bonne santé sont deux choses biens différentes……

3) « Bioéthique : les musulmans absents et les Evangéliques exclus des auditions »

C’est l’un des moments attendus du processus législatif sur la bioéthique. La commission spéciale chargée d’examiner le projet de loi a reçu le 29 août les représentants des cultes. En novembre 2012, les députés avaient reçus six représentants religieux pour entendre leur position sur le mariage entre personnes de même sexe. Cette année, ils ne seront que trois : Haim Korsia, Grand rabbin de France, Pierre d’Ornellas, archevêque de Rennes et responsable du groupe de travail des évêques de France sur la bioéthique, et François Clavairoly, président de la Fédération protestante de France (FPF).

PMA pour les couples de femmes et les femmes seules : la position de François Clavairoly

Auditionné lors de la commission spéciale bioéthique,  le  Président de la Fédération Protestante de France (FPF) se montre « réticent » à l’ouverture de la PMA à des femmes célibataires et aux couples de femmes. Il ne souhaite pas « encourager la fabrication d’enfants à la demande » et refuse « une médecine visant à satisfaire des souhaits ». Il dit « réticence et donc vigilance ».

4) Campus protestant fait peau neuve

Lancé le 18/10/17 à l’initiative de deux pasteurs également journalistes, Antoine Nouis et Jean-Luc Mouton, Campus protestant produit et met en ligne gratuitement des vidéos de conférences, de colloques, d’enseignements, de cours et de présentations de livres. Le site propose 5 rubriques thématiques : BibleThéologieEthiqueHistoireReligions, et 6 formats : Conférences et colloques, Les mots de la foi, Évangile du dimanche, En librairie, Cours et enseignements, 5 min pour comprendre. L’objectif : inciter tout un chacun à se former et à s’informer sur la pensée chrétienne de tradition protestante et sur les grands moments passés ou récents du Protestantisme et de ses composantes. Campus protestant est complété d’une chaîne YouTube, d’une page Facebook et d’un compte Twitter.

5) Comment étudier l’Economie sous un angle chrétien ?

Le sujet du Travail et de l’Economie est peut-être le moins abordé dans l’église évangélique, au point où l’on est persuadé que le christianisme et la Bible n’ont rien à dire sur notre modèle économique. Si jamais la Bible a quelque chose à en dire, c’est pour condamner le méchant socialisme et soutenir le « capitalisme » (mais allez savoir quelle définition…). Comment alors faire émerger une véritable vision chrétienne de notre étude de l’économie, en évitant les erreurs courantes dans les traitements évangéliques de l’Economie ? Un super article à ne pas manquer !

Voir aussi cette série sur les « emplois vains ».

6) Culte Michée France du 20 octobre : pour une économie généreuse

Une invitation à vivre un prochain culte Michée France du 20 octobre 2019 sur le thème de « L’économie généreuse » avec une emphase sur l’économie sociale et solidaire comme moyen pour l’Église de briller dans le tissu économique de la ville où elle se trouve. Plus d’infos sur

7) En panne ou épuisé : le burn out

« Essayons-nous de sauver le monde par nos propres forces ? »

Eglise de Nonza, Cap corse

 

8) Entendre l’appel de Dieu : pas sur portable !

[« Piqué » sur le blogue de Patrice de Plunkett, journaliste catholique]

 

 

 

 

 

9) (Le faux) évangile dit « de la prospérité » résumé dans cette vidéo :

10) (La) formation « Libérer » fait sa rentrée :

Libérer ! est une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris. Libérer ! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance. J’en parle ici.

Renseignement et inscription à la première session, qui aura lieu les 05 et 06 octobre 2019 à Paris, au palais de la femme.

11) Grenelle contre les violences faites aux femmes : Une pasteure baptiste réagit

Mardi 3 septembre, le Grenelle contre les violences faites aux femmes s’est ouvert à Matignon. Jusqu’au 25 novembre, il rassemblera acteurs de terrain, forces de l’ordre, familles de victimes et juristes. Joëlle Sütter-Razanajohary, pasteure de l’Église évangélique baptiste de Metz, s’exprime sur un fléau qui ne s’arrête pas aux portes des églises.

Lutte contre la violence faite aux femmes : l’incohérence

(Lu sur twitter) : « Incohérence pure que d’organiser d’un côté un #grenelledesviolencesconjugales afin que le corps des femmes ne soit plus martyrisé et de l’autre préparer le chemin de la #GPA qui transformera ce même corps en « supermarché à bébé » ! »

12) J comme … Jézabel ?

Beaucoup de femmes qui enseignent se sont déjà faites traiter de « Jézabel ». Il suffit pour s’en convaincre de lire les #thingsonlychristianwomenhear [#ChosesQueSeulesLesFemmesChrétiennesEntendent] sur Twitter ou de discuter brièvement avec des femmes en situation d’enseignement dans les Églises.

13) Hongrie : le christianisme de façade à l’index

Des églises rénovées et une rhétorique gouvernementale conservatrice qui s’appuie sur le christianisme : autant de paravents qui cachent en Hongrie une polarisation de la société avec un nombre croissant de sans-abri. Dans ce pays européen où le populisme bat son plein, reportage auprès de figures de résistance…

14) Le Grand Débat : Qui avait raison dans le conflit entre Paul et Barnabas ? 

Dans l’émission « Que dit la Bible », sur le blog Le Bon Combat, une question sur un passage bien connu du livre des Actes : « Qui avait raison dans le conflit entre Paul et Barnabas ? (Actes 15v36-40) Le fait que le récit suive Paul par la suite et le fait que l’Eglise ait recommandé Paul n’implique-t-il pas que c’est ce dernier qui avait raison ? » Afin de répondre à cette question, Guillaume Bourin traite des points suivants :  (1) Le contexte menant à ce conflit (2) Les motivations de chaque protagoniste (3) Peut-on réellement répondre à la question de départ ? (4) Peut-on réellement parler de conflit ou de division ?

15) « L’heure de vérité a sonné ». Grand mélomane, l’internaute « Jean-Luc 1er degré » a remarqué « que certains artistes ne se gênaient pas pour asséner des contre-vérités dans leurs chansons ». N’écoutant que son courage, il a décidé de nous les révéler sur twitter. « Et tant pis s’il faut écorner le mythe ! »

Ainsi, « Je me présente, je m’appelle Henri », affirme Daniel Balavoine dans « Le chanteur ». Son prénom n’est pourtant pas Henri mais Daniel.

U.S.A. for Africa signe un immense tube en 1985 avec « We are the World » (« Nous sommes le monde »). Un mensonge éhonté : le collectif ne réunit que 44 artistes alors que le monde compte 6 milliard d’habitants.

Dans « Rockollection » (1977), Laurent Voulzy déclare : « On a tous dans le cœur une petite fille oubliée. » En réalité, on a tous dans le cœur deux oreillettes et deux ventricules.

Etc…

16) Non, les jeunes ne sont pas de plus en plus violents ! Dix idées reçues sur la délinquance des mineurs

Les « jeunes délinquants » seraient plus violents, moins punis que leurs aînés. La justice serait à leur égard indulgente, lente, inefficace. Autant de préjugés non confirmés par les faits. Alors que la ministre Nicole Belloubet envisage de réformer par ordonnance la justice des enfants – donc sans débat parlementaire – voici dix idées reçues démontées par des professionnels du secteur.

Ce texte est issu du guide « Idées fausses sur la justice des mineurs : déminons le terrain ! 10 réponses pour en finir avec les préjugés ». Le texte complet est disponible à cette adresse.

17) Selon que vous serez médiatique ou misérable

Savez-vous qui a écrit de l’Abbé Pierre « Il est petit, épais comme un Juif version Buchenwald, porte des binocles pour mieux voir le fric (…) et une barbe de père Noël pouilleux qui serait resté trop longtemps à distribuer des cadeaux aux pensionnaires d’Auschwitz. Faut dire, vu le nombre de cheminées qu’il y avait là-haut, il devait y avoir du pain (grillé) sur ces planches qui ont servi à casser du Youpe, etc. » ? Ou bien encore à propos de la famine en Ethiopie « Après les six millions de Juifs soi-disant morts dans les camps en carton pâte que la Metro Goldwyn Meyer a fait construire un peu partout en Europe pour le compte (en banque) de quelques Juifs avides de pognon, on réinvente l’actualité pour renflouer les caisses de quelques dictateurs nègres dont le roseau de 30 cm ne suffit plus à aguicher les putains d’Adis-Abeba. » Et c’est encore le même qui a dit  « En fait, ces nègres maigres n’existent pas. Ce ne sont que les négatifs des photos truquées par les Juifs sur les prétendus camps de la mort. » ? Ces propos sont des écrits de jeunesse de Yann Moix. Révélés lundi par l’Express, ils étaient déjà   pardonnés dimanche par toute la communauté germanopratine, à commencer par son protecteur et mentor, BHL lui-même. Sauf que « l’indulgence pour l’erreur de jeunesse, il faut la plaider pour tous ou se taire ».

18) Signes, prodiges et miracles dans le Nouveau Testament

Une nouvelle série à suivre sur le blog de Timothée Minard, adaptation d’une conférence donnée lors de la cérémonie de clôture de l’Institut Supérieur de Théologie Évangélique (Antananarivo – Madagascar), le 13 juillet 2019.

Du même auteur : « la diversité des ministères : réflexions à partir d’Ephésiens 4 ».  La mention des « apôtres, prophètes, évangélistes, pasteurs et enseignants » en Éphésiens 4.11 est parfois utilisée pour organiser la vie de l’Église autour de ces « cinq ministères ». Cela a certes le mérite de questionner la tradition protestante qui s’est généralement focalisée autour du seul ministère de direction de l’Église locale, qu’il soit nommé pasteur ou ancien. Dans cet article, l’auteur montre néanmoins qu’il n’est pas forcément judicieux de se focaliser sur ces « 5 ministères », encourageant à retenir « l’esprit » de ce texte : celui-ci nous interpelle sur la nécessité de prendre en compte de la diversité des ministères, une diversité voulue par Dieu.

19) Taux élevé de fécondité en France : « Il faut chercher les explications ailleurs que dans la présence des immigrées »

Beaucoup de gens pensent que si le taux de fécondité est si élevé en France, […] c’est parce que les immigrées font beaucoup d’enfants. Les statistiques racontent une autre histoire. » Et ces chiffres balayent au passage plusieurs idées reçues

20) The Family… la face sombre d’un pseudo-évangélisme conquérant

Une enquête au cœur d’une organisation chrétienne conservatrice super secrète à Washington D.C. nommée The Fellowship Foundation, mais appelée en interne The Family. Selon Jeff Sharlet, l’auteur du livre publié en 2008 sur lequel se base la série, ses membres croient que « le vrai message du Christ n’est pas tant l’amour que la force ». Bien sûr, cela peut sembler quelque peu assez innocent au premier regard, enfin jusqu’à ce que tu réalises que l’organisation a beaucoup de pouvoir dans le monde entier, et qu’elle ne l’utilise pas vraiment forcément pour le meilleur…

Et le dernier pour la route :  Trouver des livres gratuits sur le web

 Certains parmi mes lecteurs me demandent parfois « où trouver des livres gratuits ». Personnellement, je n’en fournis pas, mais peux vous orienter vers certains sites ressources : ainsi, ce blogue au nom prédestiné, lequel fait la promotion et la catégorisation de livres électroniques chrétiens disponibles en français (près de 1000 ouvrages différents).

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en Novembre.

 

 

 

 

 

 

« Création en crise ? » Un numéro de Promesses consacré à l’écologie

En 2100, la Terre privée d’ours polaires
Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04
L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

Contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre, l’intérêt des protestants évangéliques aux questions écologiques n’a jamais cessé, et ce, depuis quarante ans.

En témoigne ce numéro de juillet-septembre 2019 de la revue « Promesses »(1), lequel soumet « quelques approches bibliques de l’écologie » à notre réflexion, nous invitant à un regard équilibré à ce sujet. En prime, notre recension de « La pollution et la mort de l’homme » de Francis Schaeffer, initialement parue sur Pep’s Café le blogue !

Au-delà de ces pistes « théo-écologiques » sérieuses, non exhaustives – j’ai particulièrement apprécié « l’avenir de la création » de Joël Prohin (à propos des « nouveaux cieux » et de la « nouvelle terre ») et l’article documenté d’Hélène Farelly sur les OGM – il s’agira, pour le lecteur, d’en tirer des conséquences cohérentes et pratiques : louer Dieu pour sa création ; vivre dans ce monde en témoin, de manière responsable, et dans l’espérance…..C’est ainsi que ce numéro aura atteint son objectif !

Plus d’informations/s’abonner à la revue ici.

 

 

 

Note :

(1) A lire, nos articles sur la revue : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/04/05/la-revue-promesses-edification-reflexion-et-application/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/09/14/dans-les-coulisses-de-promesses-revue-de-reflexion-biblique/

La question « théo » du mois : Dieu va-t-il détruire la Terre lors du retour de Jésus-Christ ?

Nommez ces marques ; nommez ces plantes (Source : Adbusters)

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de proposer ce test « nommez ces logos, nommez ces plantes » à trois leaders d’église évangélique, respectivement âgés de la vingtaine, 30 et 50 ans. Evidemment, si les trois ont su rapidement (en quelques secondes) nommer les marques, ils ont eu quelques difficultés pour nommer ne serait-ce qu’un quart des plantes. Mais le plus éloquent a été leur incapacité unanime d’en tirer des conclusions théologiques, sociologiques et pratiques (en gros, ils « ne voyaient pas le problème », « n’y pouvant de toute façon rien »), estimant les enjeux écologiques « secondaires »….Ils ne sont sans doute pas les seuls parmi les chrétiens évangéliques.

Pour nous aider à discerner la portée de cet enjeu, voici une question « théo » posée sur le site « 1001 questions » : « lors du retour du Seigneur, la Terre sera-t-elle régénérée ou bien complètement détruite, puis remplacée par la Jérusalem céleste ? »

Comme l’explique le répondant, « certains passages de l’Ecriture abordant la fin des temps décrivent une sorte de destruction totale, effectivement, comme dans la 2e lettre de Pierre, au chapitre 3, qui rappelle le précédent du déluge. Mais ce qui disparaîtra, est-il précisé au v.10, ce sont les éléments célestes (les astres etc), qui désignent, dans ce langage codé qu’est le style dit « apocalyptique », l’ordre actuel du monde. Les astres y figurent les puissances spirituelles qui prétendent le régenter à la place de Dieu (comparer avec Marc 13,24-25). La Terre et ce qu’elle contient sera, pour sa part, jugée, toujours selon le même verset. Ce passage de l’épître (de Pierre) se termine par le célèbre « nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera », au v 13.

L’adjectif utilisé dans le texte grec original pour « nouveau » est kainos, ce qui est « renouvelé », et non neos, ce qui est neuf, au sens d’inédit. Autrement dit, ce n’est pas un autre monde que le Seigneur prépare par son règne à venir, c’est ce monde abîmé, blessé, en souffrance, marqué par le mal et la mort, mais qu’il vient totalement relever, purifier, transformer, délivrer (1)…..Le jugement du monde ancien est intervenu à Golgotha, à la mort de Jésus[…..] et la nouvelle création a commencé le 3e jour après, au matin de sa Résurrection ».

De fait, loin d’être « secondaire », cette question est en réalité très pertinente, entraînant une réponse aux conséquences pratiques très importantes, comme nous pouvons le constater en lisant la suite de l’explication du répondant sur 1001 questions.
Note : 
(1) Nous retrouvons la même idée dans « Dieu, l’écologie et moi » de Dave Bookless, directeur théologique d’A Rocha, selon laquelle, à la fin des temps, Dieu ne va pas détruire ou anéantir la terre, mais va plutôt la renouveler et la purifier. Et comme toute bonne orthodoxie entraîne une bonne orthopraxie, de telles convictions théo-écologiques, fondées bibliquement, entraînent plusieurs conséquences pratiques, liées à la formation de disciple, la louange, le style de vie et la mission.

 

Quand l’homme dépasse les bornes…

« L’homme s’est affranchi au fil de son histoire, de son jardin, de ce modèle social dans lequel il est né pour aller conquérir tour à tour la matière et fonder la ville ». (Eric Lemaître)
Source image : Rawpixel

Quand l’homme « dépasse les bornes », il se retrouve déconnecté de ce qui lui est naturel, avec les conséquences suivantes décrites dans « Vision urbaine, sociale et économique dans une perspective biblique », une intéressante analyse d’Eric Lemaître, parue dans « La Déconstruction de l’homme ».  Ce nouveau blogue, par ailleurs partenaire de PEP’S CAFE, est consacré à la critique du système technicien, dans l’esprit de Jacques Ellul.

Dans son article, Eric nous rappelle que la ville est « devenue une création de l’homme à l’envers du jardin où l’homme avait été pourtant placé ». Or, un tel « projet d’urbanisme préfigure l’éloignement de l’homme de tout projet en contact avec la création (et) de tout projet en relation avec son créateur », bien présent dans les Ecritures bibliques. D’ailleurs, saviez-vous que nous pouvons y lire cette recommandation divine….de borner la ville d’une « ceinture verte » ?

Bonne découverte et bonne lecture !

 

« Tout, tout, tout autour de moi…parle de toi ! »

 

Vidéo[avec un chant de Philippe Decourroux] réalisée afin d’accompagner la conférence « Annoncez le à toute la création » donnée par Nathanaël Bechdolff en juillet 2016 dans le Gard à L’Etoile du Matin (l’Espèrou), à Osny (Val d’Oise) et à Fives-Lille (Nord). Le texte de ladite conférence est à découvrir sur le site « Construire une éthique sociale chrétienne » de mon ami Alain Ledain. Ne manquez pas de le saluer et de l’encourager de ma part, si vous vous y rendez.

 

« La pollution et la mort de l’homme » : un point de vue chrétien sur l’écologie

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, Plus de 40 ans après…

Lisez ce livre ou la planète va mourir !

 Pourquoi (re) parler d’un livre sur l’écologie, écrit pour la première fois en 1971 et réédité fin 2015(1), au moment où la COP 21 se déroulait à Paris, en France ?

Il y a plus d’un an, et parce qu’elle connaît ma sensibilité particulière sur le sujet, la blogueuse Ludivine(2) m’a mis sur la piste d’une réédition par BLF (sortie en octobre) : « la pollution et la mort de l’homme : un point de vue chrétien sur l’écologie » de Francis Schaeffer, philosophe et théologien calviniste (1912-1984).

Comme me l’a expliqué Ruben, directeur de BLF éditions, que je remercie pour sa disponibilité et pour m’avoir envoyé gracieusement le livre par la suite, « ce projet est né au Canada, chez notre partenaire Cruciforme. Ils avaient l’opportunité de rééditer quelques livres de Francis Schaeffer dont La Pollution et la mort de l’homme. À BLF Éditions, nous apprécions beaucoup l’auteur et le sujet abordé était on ne peut plus actuel. C’est pour cela qu’on l’a pris dans notre catalogue à la veille de la COP21. Entre les climato sceptiques et ceux qui ont une vision très humaniste de la Création, il nous semblait pertinent de porter une voix évangélique qui présente une vision biblique de la Création. Elle se résume très bien dans la citation de Francis Schaeffer : Nier la valeur de la création revient à insulter le Créateur ».

 Voilà une excellente initiative, de nature (sans jeux de mots !) à contribuer à promouvoir les enjeux écologiques !

Ecrit au moment des premières prises de conscience pour la cause écologique(3), La Pollution et la mort de l’homme reste toujours aussi actuel sur un sujet qui n’a jamais cessé de l’être (Plus de 40 ans plus tard, les premières alertes se sont malheureusement avérées exactes !), et le relire aujourd’hui se justifie pour ses multiples intérêts : historique, sociologique, philosophique et théologique. Il est également révélateur de l’intérêt des protestants évangéliques aux questions environnementales, et ce, depuis quarante ans, contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre.

Le titre est explicite : il s’agit d’une question de vie ou de mort ! « La mort de l’homme ». Car, prévient Francis Schaeffer, « si l’homme est incapable de résoudre ses problèmes écologiques, ses ressources vont disparaître » et même « il n’aura plus tout l’oxygène nécessaire à sa respiration si l’équilibre des océans est trop dérangé » (p 11).

 Or, tout le monde (ou presque) s’en moque : Francis Schaeffer rappelle avec pertinence qu’ « à l’approche de sa mort, Darwin reconnut à plusieurs reprises dans ses écrits que deux choses auraient perdu de leur intérêt à mesure qu’il vieillissait » : la perte des plaisirs de l’art et de la nature. Et Francis Schaeffer déclarer être convaincu « que ce qui affecte aujourd’hui toute notre culture n’est rien d’autre que ce que Darwin avait vécu en son temps » (op. cit., p 10)(4). Les protestants évangéliques, pourtant « attachés à la saine doctrine » mais qui ne montrent pas « le bon exemple aux incroyants » en ne se préoccupant pas de nature et de culture, [là, c’est moi qui souligne] seraient-ils donc « darwinistes » sans le savoir ?

Dans le même ordre d’idée, Francis Schaeffer soulève, pour mieux la réfuter, une erreur d’interprétation relative au mandat créationnel de l’homme, commise depuis l’universitaire Lynn White en 1967 : le commandement donné par Dieu à l’Homme en Genèse 1 de « dominer » signifie-t-il « permis d’exploiter sans mesure » des ressources susceptibles d’être « infinies » ? Le Christianisme serait-il responsable de la pollution et de la crise écologique ? S’appuyant sur les Ecritures, Francis Schaeffer répond non : au contraire même, la foi chrétienne bibliquement fondée, bien comprise et vécue avec authenticité, conduit à garder (protéger) la terre et non à la détruire.

Cette vision juste, bonne et sage de la création reste le meilleur antidote, selon Schaeffer, aux impasses d’autres philosophies et visions du monde non bibliques de la nature : les  visions « romantiques » et panthéistes (« l’homme ne vaudrait pas plus qu’un brin d’herbe »), pragmatiques, techniciennes, utilitaristes et matérialistes (la nature n’aurait pas de valeur en elle-même, puisqu’elle ne servirait qu’à servir l’homme), lesquelles ne sauraient être de meilleures solutions pour résoudre les problèmes écologiques. Pas plus qu’un pseudo-christianisme « médiocre » et « platonique » (désincarné et déconnecté des réalités) ne saurait être une vision fidèle à la pensée biblique sur la création.

A l’inverse, selon Francis Schaeffer, « individuellement et collectivement », les chrétiens devraient être de ceux qui s’appliquent dans leur vie pratique à être, par la grâce de Dieu, un facteur de rédemption, de guérison et de réconciliation « entre Dieu et l’homme, entre l’homme et lui-même, entre l’homme et son prochain, entre l’homme et la nature et au sein de la nature elle-même ». (op. cit. pp77-78). Le chrétien qui connaît et aime le Dieu qui est amour et créateur, est censé agir avec amour, intégrité et respect envers ce que Dieu a créé.

Et à l’heure où le principe de précaution est sans cesse remis en question, quand il n’est pas dénigré(5), sous prétexte qu’il serait « un frein à l’innovation », le plaidoyer de Francis Schaeffer prend tout son sens et toute sa pertinence pour notre génération : le chrétien devrait être celui qui accepte de s’autolimiter, c’est-à-dire de « ne pas faire tout ce qu’il peut », pour en tirer un maximum de bénéfices. En toute cohérence, il saura dire « non » ou « stop » à tout abus de notre « sœur (la Terre) si pure, si belle », comme à toute tentative de traiter un homme « en objet de consommation, destiné à rapporter le plus de bénéfices possibles » (op. cit.pp 83-85).

Son devoir sera « de refuser aux hommes le droit de violer notre terre », comme il leur est refusé « de violer nos femmes » (op. cit. p 80). Loin de toute crainte de perdre, ce choix éthique, inspiré par une vision biblique, permettra au contraire à l’homme de recevoir « bien plus que cela », sur le long terme et de façon durable : l’amour et des relations authentiques, libératrices et porteuses de sens.

Conclusion : j’ai apprécié ce livre, reçu dans des circonstances particulières, et l’ai trouvé stimulant, fluide et facile à lire, quoique parfois répétitif. Mais cela reste un « défaut » mineur. Ceci dit, il me paraît tout à fait recommandable pour qui souhaite, avec « un cœur honnête (loyal) et bon »(Luc 8v15) examiner les bonnes raisons bibliques de se sentir concernés par l’écologie. D’autant plus que l’écologie, c’est la « bonne gestion » responsable et respectueuse de « notre maison commune », non pour notre seul intérêt mais aussi pour le bien des autres, avec le souci de « servir » la Terre comme nous servirions ou rendrions un culte à notre Dieu créateur(6).

 

 

 

Notes :

(1) La version anglaise fut publiée en 1971 et traduite en français en 1974 : Francis Schaeffer, La pollution et la mort de l’homme, Guebwiller, LLB, 1974. Réédition BLF, 2015.

(2) A lire, son excellente critique de l’ouvrage publiée sur son blogue.

(3) Nous pouvons dater le premier avertissement de la crise écologique, et peut-être le premier déclencheur du mouvement environnemental, en 1962, année marquée par la sortie du livre de la biologiste Rachel Carson, « le Printemps silencieux ».  C’est à ce moment que sont nés les mouvements comme « les verts » et que s’est développée une conscience écologique. En Europe, les premiers ministères de l’environnement datent de 1970(pour la GB) et 1971 (pour la France). Ensuite, la première conférence sur l’environnement a été organisée par les nations unies à Stockholm en 1972. Voir cette synthèse http://www.cemfrance.org/bibleecologie.pdf

(4) Bien avant lui, Hannah Arendt faisait ce même rapprochement troublant entre la nature et la culture : le mot « culture », d’origine romaine, vient de « cultiver », « demeurer », « prendre soin », « entretenir », « préserver », dans le sens « de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine » (« la crise de la culture »; Folio essais, 2014, p 271). Mais alors que « les Romains tendaient à considérer l’art comme une espèce d’agriculture, de culture de la nature, les Grecs tendaient à considérer même l’agriculture comme un élément de fabrication, comme appartenant aux artifices techniques ingénieux et adroits, par lesquels l’homme, plus effrayant que tout ce qui est, domestique et domine la nature ». Les Grecs comprenaient l’activité de labourer la terre-« ce que nous considérons comme la plus naturelle et la plus paisible des activités humaines »-comme « une entreprise audacieuse, violente dans laquelle, année après année, la terre, inépuisable et infatigable, est dérangée et violée. Les Grecs ne savaient pas ce qu’est la culture parce qu’ils ne cultivaient pas la nature mais plutôt arrachaient aux entrailles de la terre les fruits que les dieux avaient caché aux hommes »….(op. cit., pp 272-273).

(5)Le principe de précaution a intégré la Constitution française en 2005, par Jacques Chirac alors que la droite était majoritaire au Parlement. Il y a bientôt vingt ans, le Conseil d’État s’appuyait sur le principe de précaution pour empêcher la culture de maïs transgénique en France. Depuis, le principe de précaution est invoqué pour tenter de freiner la banalisation de produits toxiques, des pesticides aux perturbateurs endocriniens, en passant par les nanoparticules.

(6) En effet, j’ai été frappé de découvrir qu’en hébreu, les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes que celui du service (ou du culte) dû à Dieu : laavod et haadama, « servir le sol » (Genèse 2v5) et laavod et Yod Elohenu, « servir Dieu notre Elohim » (Exode 10v26).

 

Ecologie et accueil de réfugiés en Auvergne-Rhône-Alpes : ou comment renier tout un héritage et un enseignement

Accueillir le réfugié, c'est "chrétien" ? (Dessin de "PrincessH", pour "La Croix", octobre 2016)

Accueillir le réfugié, c’est « chrétien » ? (Dessin de « PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

Comment est-il possible de renier un héritage ? Un héritage historique, spirituel et moral, par exemple ? Ou même tout un enseignement et l’esprit de cet enseignement ?

Voici deux faits récents, particulièrement révélateurs, en guise d’illustration : l’un ayant trait aux migrants et l’autre à l’écologie.

Premièrement, un reportage de France 3 Auvergne, diffusé en septembre 2016, rappelle que Le Chambon-sur-Lignon(43), 2500 habitants, seul village d’Auvergne à avoir été reconnu comme « Justes parmi les Nations », a été depuis des siècles une terre d’accueil pour tous les persécutés.  En effet, depuis le Moyen-Âge, il « n’a cessé d’accueillir la misère du monde. Des protestants persécutés par les catholiques, aux républicains espagnols ; des orphelins, aux enfants juifs cachés ici et dans toutes les communes environnantes pendant la guerre, les habitants du Haut-Lignon ont fait preuve de générosité ».

Or, si la majorité du conseil municipal, tout comme les élus de l’opposition, ont déclaré leur volonté d’accueillir des réfugiés et, notamment, ceux qui sortiront de Calais après le démantèlement de sa « Jungle », madame la maire de cette petite commune auvergnate, Eliane Wauquiez, préfère temporiser : elle refuse de soumettre l’accueil des réfugiés au vote du conseil municipal, « (souhaitant) au final que le procès-verbal n’enregistre pas cet engagement [d’accueillir des migrants] et ne le manifeste pas », a ainsi expliqué sur France 3 Auvergne Hervé Routier, conseiller municipal de l’opposition.

Elle s’aligne ainsi sur la position de son fils, Laurent Wauquiez, qui préfèrerait ne pas voir un seul (migrant) arriver en Auvergne Rhône-Alpes. Le président de la Région avait ainsi déclaré qu’il aiderait les maires à trouver des solutions juridiques pour ne pas avoir à accueillir de réfugiés sur leurs communes(1)…

Selon Alain Jakubovitz, le président de la LICRA, Laurent Wauquiez (par ailleurs, agrégé d’histoire)  renie l’héritage du Chambon sur Lignon, en refusant d’accueillir 1784 migrants (aux frais de l’Etat)en Auvergne Rhône Alpes, la deuxième région plus riche de France, peuplée de près de 8 millions d’habitants…..(2)

 

"Pardonnez-moi, Seigneur, car j'ai surpêché", dit ce "grand pêcheur" devant l'Eternel... (Dessin de Patrick Chapatte)

« Pardonnez-moi, Seigneur, car j’ai surpêché », dit ce « grand pêcheur » devant l’Eternel…
(Dessin de Patrick Chapatte)

Deuxièmement, on note, à l’instar de Mahaut Herrmann, dans la revue d’écologie intégrale « Limite », la multiplication de déclarations insultantes et outrancières contre les écologistes, par le même Laurent Wauquiez  : En décembre 2015, une lettre aux agriculteurs dénonçait les dangereux alliés du PS, les « ayatollahs écologistes ». Sitôt élu, il promettait d’évincer « toutes ces structures doryphores qui vivent sur la bête et ne se préoccupent que de la beauté du paysage, mais se moquent de l’agriculture », comprendre les associations de protection de l’environnement. Et pour justifier la suppression des fonds alloués par conventions aux associations de protection de l’environnement et la convention à trois millions d’euros signée avec les chasseurs, son vice-président délégué à la chasse et à la pêche déclarait sans vergogne : « il y a deux façons de voir la ruralité, la préservation de la biodiversité, l’aménagement du territoire : soit on le voit du côté des bobos des villes, soit on discute avec les acteurs du monde rural qui connaissent le territoire parce qu’ils le pratiquent tous les jours et tous les week-ends lorsqu’ils chassent ». « Terroristes, insectes ravageurs des pommes de terre, et non des moindres, « les doryphores » étaient aussi, pendant la dernière guerre, le surnom de l’occupant allemand : voilà de quoi un président de région qui est allé draguer le vote catholique traite ceux qui se consacrent à la sauvegarde de la maison commune ».

Bref, c’est tout un héritage, mais aussi tout un enseignement, qui est ainsi renié par celui qui est généralement présenté comme un « catholique engagé avec réalisme dans le monde tel qu’il est », dont « les idées politiques (seraient) ancrées dans une foi chrétienne pleinement assumée avec intelligence », mais dont le discours se résume à : « vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ».

 Pourtant, le rôle de Laurent Wauquiez,  en tant que responsable politique et élu, devrait être de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir. Son rôle, en tant que chrétien convaincu, devrait être de démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de discours « twittables ». La peur nourrit la peur. Un chrétien(qui suit le Christ et son enseignement) responsable devrait, au contraire, 1) expliquer que le plus célèbre des jeunes réfugiés en Egypte a dit : « j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli » (Matt.25v 43-45  cf Jean 1v11), et 2) rappeler qui a (re)commandé « d’aimer l’étranger… » et de « ne pas porter atteinte à ses droits »( Lév 19v33, Deut 10v18-19 ; Deut 24v17, 27v19)

Un chrétien responsable devrait aussi rappeler que, lorsqu’il créa le monde, Dieu a confié à l’Homme la responsabilité de « cultiver, garder » et protéger la terre(Gen.2v15). L’homme devait se comporter en sage et responsable intendant. Et vu que seul Dieu est le propriétaire de toute chose, nous ne sommes chez Lui qu’en tant qu’ « émigrés et hôtes » (Lévitique 25v23 ; 1 Chron.29v14-16 ;  Ps.50v9-15… cf 1 Pie. 1v1 ; 1 Pie.2v11). Comme le souligne Erri de Luca dans « Noyau d’olive », les verbes du travail et de la garde de la terre, « avad » et « shamar » sont les mêmes que celui du service[ou du culte] dû à Dieu (cf Exode 10v26). D’autre part, « le verbe shamar est traduit par « garder » quand il s’agit de la terre et « observer » quand on se réfère aux commandements de Dieu. De fait, La terre nous est confiée, comme Ecriture transmise. Or, le nombre d’espèces en voie d’extinction ou la dégradation manifeste de l’environnement trace un sombre bilan. Sans conteste, l’être humain s’est éloigné du mandat originel et a lamentablement « raté la cible ». Et « rater la cible », c’est pécher.

Bref, il nous faudrait aujourd’hui un nouveau prophète Jérémie, pour se tenir « à la porte de la maison de l’Eternel » et proclamer : « Ecoutez la parole de l’Eternel, Vous tous, hommes de Juda, qui entrez par ces portes, Pour vous prosterner devant l’Eternel! Ainsi parle l’Eternel des armées, le Dieu d’Israël: Réformez vos voies et vos oeuvres, Et je vous laisserai demeurer dans ce lieu. Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses, en disant: C’est ici le temple de l’Eternel, le temple de l’Eternel, Le temple de l’Eternel! Si vous réformez vos voies et vos oeuvres, Si vous pratiquez la justice envers les uns et les autres, Si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve….. » (Jer.7v2-6)

Et un nouveau prophéte Osée, appelant à écouter la parole de l’Eternel, et à faire le lien entre l’activité humaine et le désastre écologique : « Parce qu’il n’y a point de vérité, point de miséricorde, Point de connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que parjures et mensonges, Assassinats, vols et adultères; On use de violence, on commet meurtre sur meurtre. C’est pourquoi le pays sera dans le deuil, Tous ceux qui l’habitent seront languissants, Et avec eux les bêtes des champs et les oiseaux du ciel; Même les poissons de la mer disparaîtront »(Osée 4v1-3)

En attendant, comme le relève encore Mahaut Herrmann dans « Limite », c’est, entre autres, le blogueur Koz, hérissé par la multiplication des discours politiques anti-réfugiés et inquiet de leur succès auprès des chrétiens, qui choisit de monter au créneau : « Un homme politique n’est jamais obligé de se présenter comme croyant. S’il décide de le faire, il doit assumer une certaine cohérence pour lui-même et parce qu’il n’engage pas que lui », juge-t-il. « Cette cohérence n’est certes facile pour personne, et il faut accepter des divergences d’interprétation. Mais quand un politique cherche manifestement à bénéficier de la bienveillance politique des catholiques et prend des chemins qui s’écartent visiblement de la doctrine sociale de l’Eglise, il faut à un moment donné refuser de suivre, et faire comprendre que le catholicisme n’est pas un argument de campagne. C’est aussi à nous, simples fidèles, de ne pas laisser préempter la doctrine sociale de l’Église. »

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Dans le cas de Laurent Wauquiez , celui-ci « a clairement choisi, par pur souci de communication, de rechercher le vote des catholiques. Il a également manifestement choisi d’occuper un créneau, en se faisant connaître au moyen d’interventions publiques dénonçant les migrants et l’assistanat », poursuit le blogueur. « On peut certes avoir une position réservée sur la question difficile de l’accueil des migrants, on peut diverger sur le traitement social du chômage. Mais voir avant tout des assistés quand on voit des pauvres ou des chômeurs, voir avant tout une nuisance quand on voit des migrants[ou des écologistes], tout en se revêtant soi-même d’une onction catholique, ça n’est plus acceptable. Il nous appartient de dire que nous ne sommes pas dupes, et que nous ne cautionnons pas. »  L’association Sœur Emmanuelle a elle aussi haussé le ton après la tentative de Laurent Wauquiez de placer ses propos intransigeants sous le patronage de celle qu’on surnomme « petite sœur des chiffonniers ». Le communiqué ne laisse aucune place au doute : « étant donné sa faible connaissance de Sœur Emmanuelle, Monsieur Wauquiez n’est pas autorisé à parler à la place de celle-ci »(3). Et pas mieux à la place des pauvres…

 

Pour aller plus loin sur cette thématique des migrations et des étrangers, par ailleurs centrale et presque omniprésente dans la Bible, voir :

Sur le site catholique interbible, quelques textes bibliques à lire et à étudier, avec ces questions : Lesquels des textes bibliques vous inspirent le plus ? Devant l’étranger, la Bible prescrit diverses attitudes : du génocide à l’amour. Quelle est l’attitude biblique dominante selon vous? Quel est votre rapport à l’étranger? Et pourquoi ?

Et sur le même site, un quizz sur cet inépuisable sujet.

Deux articles évangéliques :
– Celui d’Emile Nicole : « L’attitude à l’égard de l’étranger d’après l’Ancien Testament », dans « Promesses », revue de réflexion biblique.

– Cet autre d’Eric Lemaître sur l’accueil de l’étranger, paru sur le site « Info Chrétienne ».

Et sur l’écologie :

« Bible, création et écologie » de Scott Mac Carty, dans la revue « Promesses ».

Ces autres ressources sur le site « Ethique sociale chrétienne ».

Et ces autres, sur Pep’s café, dont quelques livres : « La pollution et la mort de l’homme », de Francis Schaeffer ; « Dieu, l’écologie et moi », de Dave Bookless ; « Laudato si », du Pape François.

 

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.rue89lyon.fr/2016/09/22/migrants-famille-wauquiez-fait-barrage-tradition-accueil-chambon-sur-lignon/. Laurent Wauquiez a lancé une pétition nationale pour « dire non au Plan Cazeneuve de répartition des migrants dans nos régions », invoquant le risque de la multiplication des « jungles » de Calais dans le pays. Argument réfuté par le ministère de l’Intérieur cité par Libération : « près de 6000 personnes de Calais ont déjà été orientées vers des CAO (centres d’accueil et d’orientation) depuis le 27 octobre 2015, parfois même dans la région de Laurent Wauquiez, sans même qu’il s’en aperçoive ! »( http://www.liberation.fr/france/2016/10/02/refugies-les-francais-les-bras-a-demi-ouverts_1518484 ) Et comme l’indiquait Le Dauphiné le 15 septembre dernier, la région que préside Laurent Wauquiez, a accueilli 1390 migrants ses 12 derniers mois et dispose au total de 8000 places d’accueil. http://www.ledauphine.com/politique/2016/09/14/1-784-migrants-iront-dans-la-region

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/21/les-intox-de-laurent-wauquiez-sur-la-repartition-des-migrants-de-calais_5001453_4355770.html

http://www.lepoint.fr/societe/migrants-la-lettre-au-vitriol-de-jacques-livchine-a-laurent-wauquiez-20-09-2016-2069962_23.php



(2) A noter cette anecdote, partagée par LW à La Vie en 2012, et qui s’avère aujourd’hui savoureuse : Visitant le Mont-Saint-Michel, il découvre, « dans l’abbatiale, une statue montre l’archange saint Michel en lutte contre le diable. Ce qui lui inspire cette réflexion : « Satan n’est pas enraciné dans le mal. Il est d’abord un serviteur de Dieu, puis il fait le choix du mal. Le mal est dans la vie, inscrit dans notre diversité. Que l’on soit chrétien ou non, il faut toujours se rappeler ce choix. De même, la politique est dans un équilibre entre cynisme, dureté des affrontements, et idéal. Les deux sont liés. Il serait utopique de dire qu’il n’y a pas de rapports de force. Pour autant, il serait caricatural de penser qu’il n’y a pas d’idéaux et de convictions. Il faut réussir à trouver le juste équilibre entre les deux ». Ce qui n’est pas toujours aisé », conclut l’article de La vie (http://www.lavie.fr/actualite/france/laurent-wauquiez-le-catholique-engage-24-01-2012-23375_4.php ). En effet !

Interrogé par le même hebdomadaire, l’agrégé d’histoire estime que les risques pour une démocratie qui n’écoute par la détresse de ses classes moyennes restent « l’extrémisme, la haine de l’autre, l’intolérance », estimant que « l’exemple le plus marquant reste la république de Weimar » : le « premier régime démocratique en Allemagne dans l’entre-deux-guerres » a été « incapable de s’occuper de ses classes moyennes. Hitler a prospéré sur ce terreau d’inquiétude pour le transformer en vote nazi. Une société qui n’écoute pas la détresse de ses classes moyennes tourne le dos à son avenir ». Et que dire de celle qui n’écoute pas la détresse des migrants ? Et écoute ceux qui « prospère sur (cet autre) terreau d’inquiétude » pour le transformer en vote ? http://www.lavie.fr/actualite/france/laurent-wauquiez-je-ne-veux-pas-d-une-droite-des-riches-27-01-2012-23529_4.php

 

(3) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/migrants-laurent-wauquiez-rappele-a-l-ordre-par-l-association-soeur-emmanuelle_1835272.html

 

 

 

 

« Pendant la COP21 »(1) : pour « sauver la Terre », faut-il espérer du « développement durable » et raisonner avec une cervelle de colibri ?

Car, ne l’oublions pas, à la fin de l’édifiante histoire racontée par Pierre Rahbi, la forêt brûle….

L’écologie et les questions relatives aux enjeux climatiques intéressent-ils les évangéliques, qu’ils soient jeunes ou moins jeunes ? Je serai tenté de répondre « oui », puisque nous bénéficions d’au moins 30 ans de contributions évangéliques sur le sujet*. Mais c’est plutôt la perplexité qui m’emporte, après examen-par contraste-de certains sites ou blogues théologiques actuels, que j’aime parfois consulter, vu que les articles sur la question me paraissent-sauf erreur- plutôt rares, quand ils ne sont pas inexistants.

Sensible aux enjeux écologiques et environnementaux, je suis donc toujours intéressé par toutes les réflexions-surtout quand elles émanent d’évangéliques-sur ce sujet, chaque fois que j’en trouve. C’est ainsi que j’ai lu avec intérêt ce billet publié sur La Rebellution, intitulé : « COP21 et développement durable : Sauvons la planète ? »

J’aimerai « positiver », car cette contribution a au moins le mérite d’exister sur un site de (et pour) jeunes, même si ladite contribution n’a recueilli, à ce jour, aucun commentaire depuis sa publication. Mais je conclurai que l’article m’a malheureusement laissé sur ma faim, me paraissant « pécher » sur trois points, et notamment sur des questions de vocabulaire, présentées comme des évidences.

1)L’article débute par une introduction consacrée à la COP21, avant d’enchaîner avec « le sujet du développement durable », comme si ce concept était à lui seul synonyme de problématique écologique. L’auteur, Nicolas B., souligne que « dans les milieux évangéliques, le sujet du développement durable est abordé avec des pincettes. C’est un sujet parfois mis de côté en soutenant  qu’il y a quand même des choses plus importantes… ». Mais le plus exact serait de dire (et je serai d’accord avec l’auteur sur cette formulation) que les questions environnementales sont abordées « avec des pincettes dans les milieux évangéliques »(ou « certains », « de manière générale » ?), comme s’il y avait « mieux à faire » (Ou pour des raisons idéologiques, ajouterai-je). D’autre part, Nicolas B. relève également à juste titre d’autres extrêmes pour des raisons idéologiques, qu’il s’agisse de dégrader la planète « pour hâter le retour de Jésus » ou « de mettre l’accent d’une manière démesurée sur ce thème ». Ce qui est tout aussi démesuré que de négliger les thématiques environnementales et écologiques.

 2)Nicolas B. retient également l’analyse d’un article de Pierre Barthélémy, découvert sur « passeur de sciences », un des blogs du journal Le Monde, et jugé par lui « très intéressant ». L’auteur, un journaliste, estime que « la Terre a déjà subi tellement de cataclysmes que peu importe ce qui arrive, elle survivra toute seule d’une manière ou d’une autre. En fait, l’Homme, en détruisant son habitat est en train de s’autodétruire ». Pour Francis Schaeffer, dans « la pollution et la mort de l’homme »(Réédition BLF, 2015-nous en parlerons bientôt), c’est là une vision purement « pragmatique et égoïste » : la terre, création de Dieu, a une valeur en elle-même, et ne saurait être « une chose » aux ressources illimitées que l’on pourrait exploiter à sa guise. « L’Eglise devrait refuser aux hommes le droit de violer notre terre, comme on leur refuse le droit de violer nos femmes », ajoute crûment Francis Schaeffer(op. cit., p80, 87).

Or, sans expliquer pourquoi, Nicolas B. juge que « cette manière de penser » (est-elle biblique ?) du journaliste serait de nature à « recentrer le débat » (et sur quoi, d’ailleurs ?), et susceptible de « changer notre engagement envers le développement durable ». Mais envers le développement durable, ou envers la planète ? Il ne s’agit pas de confondre, mais de bien comprendre de quoi l’on parle. Qu’est-ce que « le développement durable » ?

Le développement durable est un concept présenté comme une réponse au défi de trouver dès aujourd’hui des solutions agricoles, industrielles et urbaines, susceptibles de nuire le moins possible à l’environnement, tout en permettant de nourrir et d’abriter au mieux le plus grand nombre d’individus. Et ce, bien entendu, sans freiner le progrès économique, technologique, et scientifique. Cette expression forgée par l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature(IUCN) en 1980 (traduction maladroite de « Sustainable development » ou « développement soutenable ») est entrée dans le vocabulaire courant lorsque fut publié le rapport** de Mme Brundtland en 1987, qui était à l’époque Premier ministre de Norvège et Présidente de la Commission mondiale sur l’environnement et le développement. Ledit rapport précise que le développement actuel doit aussi permettre aux générations futures de vivre dans des conditions de confort optimales. Il a été popularisé lors du Sommet de la Terre de Rio, en juin 1992.

Frédéric Baudin, directeur de « Culture Environnement Médias » (CEM : association « ancrée dans le protestantisme », qui a pour objet de promouvoir les valeurs chrétiennes dans les domaines de la culture, de l’environnement et des média) et auteur d’un document important (« La protection de l’environnement dans une perspective chrétienne. Pour une éthique de la Création : Bible et écologie »)estime que ce concept de développement durable pose un problème de cohérence : « l’idéal ainsi défini et les ambitions sont élevés, mais ils sont contrariés par les appétits humains les plus irrationnels et les moins maîtrisables » dénoncés dans la Bible »(op. cit., p 16). Je rajouterai également que le concept « développement durable » se heurte à une contradiction entre les rapports entre « développement » et « environnement », lesquels  renvoient à ceux, non moins problématiques, entre l’économie et l’écologie.

Comme mentionné plus haut, l’expression française « développement durable » est un dérivé(une dérive ?) de la version anglaise « développement soutenable » : « soutenable » renvoit aux capacités limitées de la Terre, tandis que « durable » est signe qu’un développement peut durer. Mais jusqu’à quel point ?

Est-il possible de prétendre atteindre un développement illimité dans un monde limité, aux ressources non moins limitées ? Est-il « souhaitable », « soutenable » de faire de l’économie (qui ne devrait être qu’un moyen) une fin en soi ?

Le développement durable serait-il alors « une imposture » ?

Certains le croient***. Il est temps pour les chrétiens évangéliques de s’arrêter pour réfléchir, pour évaluer la pertinence de ce qui pourrait bien être un mythe moderne.

3) En fin de compte, la réponse serait-elle dans « la sagesse (ou « l’espérance ») du colibri », récemment mise en avant par la commission d’éthique protestante évangélique, partenaire du CNEF ?

Au passage, le texte de la Commission éthique sur l’environnement et le climat est globalement très bon, soulevant bien le problème et les enjeux. Il souligne notamment avec justesse que « tout est lié », dans le sens d’une interdépendance des questions climatiques avec de nombreux autres aspects, conduisant à une réflexion plus globale susceptible d’ouvrir bien des horizons (y compris pour le comportement de chacun). Le lien est fait avec la responsabilité et la mission de l’Eglise, dans la proclamation et l’affirmation de l’Evangile.

Or, déclare Luc Olekhnovitch : « Face à l’énormité des problèmes écologiques et humains, ne nous résignons pas mais faisons notre part, c’est l’espérance du colibri, en attendant la venue de notre Seigneur qui établira une nouvelle terre où la justice habitera. »

Pour ceux qui ne connaîtraient pas cette fable amérindienne, racontée par Pierre Rhabi, fondateur(2007) du mouvement…« Les Colibris », justement, voici de quoi il s’agit : « un jour, dit la légende, il y eut un immense incendie de forêt. Tous les animaux terrifiés, atterrés, observaient impuissants le désastre. Seul le petit colibri s’activait, allant chercher quelques gouttes avec son bec pour les jeter sur le feu. Après un moment, le tatou tatillon, et agacé par cette agitation dérisoire lui dit : « hé, colibri ! Tu n’es pas fou ? Ce n’est pas avec ces gouttes d’eau que tu vas éteindre le feu ! ». Et le colibri lui répondit : « je le sais, mais je fais ma part. »

Tout cela est très joli, bien gentil et… « très sage », effectivement. Mais la parabole reste limitée.

A ce sujet, Frédéric Baudin déploreop. cit. p 38) que « nous nous contentons souvent de mesures « écologiques » individuelles [ « la goutte d’eau » du colibris-soit «faire notre part »] pour continuer à vivre de la même façon, tout en nous donnant bonne conscience. Nous sommes ainsi inondés de bons conseils visant à préserver notre environnement : fermer le robinet lorsqu’on se lave les dents, éteindre les lumières inutiles, préférer les douches aux bains, isoler nos maisons, etc. Toutes ces mesures, utiles et efficaces si l’on considère qu’elles ont un impact lorsqu’elles sont multipliées à l’échelle d’une population tout entière, restent toutefois superficielles sur le fond : elles semblent nous dispenser de choisir un autre mode de vie, plus respectueux des limites de notre planète, de ce qui la peuple et la compose, de l’être humain même. Ce sont des mesures en trompe-l’œil, sans relief, limitées à la dimension de l’homme et orientées vers lui seul »***.

Et il n’a échappé à personne que les petites gouttes d’eau que le gentil colibri dépose avec son bec n’y font rien, puisqu’à la fin, la forêt brûle…..

La légende pourrait avoir la suite suivante**** : alors arriva devant colibri, l’escargot qui lui tint à peu près ce langage : « dis donc colibri, comme disait Héraclite d’Ephèse, il faut mieux éteindre la démesure plus que l’incendie ! ». « Mais qu’est-ce que cela veut dire », demanda le colibri interdit ? « Cela veut dire que les solutions sont certes individuelles, mais aussi collectives, et qu’à le négliger on fait le jeu de l’individualisme forcené qui est justement la cause de l’incendie », répondit l’escargot. « Que faire, alors ? » demanda le colibri. « Eh bien, on pourrait s’arrêter pour réfléchir et ne pas réagir de manière impulsive…et faire appel à tous les animaux, qui pourraient, par exemple, faire la chaîne avec des seaux… » Et sans oublier de prévenir tout risque d’incendie à l’avenir.

A vous d’écrire la suite !

Conclusion provisoire :

Bref, au-delà de l’action « du » chrétien, de façon personnelle et individuelle***** (il faut effectivement bien commencer), il importe avant tout de penser « le témoignage » et l’action sur un plan global, collectif, communautaire, comme nous y invite le modèle du corps de Christ (cf 1 Cor.1214, Eph.4-6, Rom.12). Et, surtout, de penser de manière interdépendante, puisque tout est lié. C’est ainsi que nos actions paraîtront moins dérisoires.

 

Notes :

* Une bibliographie est prévue, prochainement. A noter que « La Terre, je gère » a été le thème de l’édition 2011 du grand rassemblement évangélique de Lognes(2000 personnes, cette année). De l’aveu des organisateurs à l’ouverture du colloque, à l’époque : « Écologie, environnement, développement durable » sont autant de questions qui prennent une importance croissante dans le débat public, mais qui restent peu abordées dans notre milieu évangélique francophone ». De fait, si des associations évangéliques (comme A Rocha France-qui organise une grande journée le 5 décembre prochain -avec le pasteur Frédéric Baudin) sont engagées sur le terrain en faveur de l’environnement, la théologie évangélique se fait jusqu’à présent peu entendre sur les questions d’écologie. Et maintenant ?

** Voir https://fr.wikisource.org/wiki/Notre_avenir_%C3%A0_tous_-_Rapport_Brundtland ou http://wwwv1.agora21.org/dd.html

*** Voir :

Christine Partoune, Michel Ericx, « Le développement durable – analyse critique », in « Diversité culturelle », répertoire d’outils créés par les formateurs de l’Institut d’Eco-Pédagogie (IEP), actualisé en septembre 2011 URL : http://www.institut-eco-pedagogie.be/spip/?article59

« Le Mythe du développement durable », un article de Florence Rodhain et Claude Llena, publié dans la revue Entropia, en janvier-février 2006 : http://www.entropia-la-revue.org/IMG/pdf/pre_ventique_RodhainLlena.pdf

Le site du réseau ACDD, qui rassemble des chercheurs et acteurs ayant une approche critique du développement durable / ville durable : http://www.reseaucritiquesdeveloppementdurable.fr/axe-5-durabilite-techniciste/presentation-2

Un hors-série d’Alternatives économiques consacré au « développement durable » (http://www.alternatives-economiques.fr/les-critiques-de-la-croissance-et-le-developpement-durable_fr_art_339_27569.html )

Latouche Serge, « L’imposture du développement durable ou les habits neufs du développement. », Mondes en développement 1/2003 (no 121) , p. 23-30 URL : www.cairn.info/revue-mondes-en-developpement-2003-1-page-23.htm. DOI : 10.3917/med.121.0023.

« Comment peut-on encore croire au développement durable ? » Le débat du mensuel « La Décroissance », novembre 2015, numéro 124, pp 18-19

*** comme le relève le journaliste et éditeur Pierre Thiesset : « Paradoxalement, le changement collectif, la solidarité procéderaient donc de l’addition d’une multitude de choix individuels(…), d’une juxtaposition de comportements atomisés, et non plus d’un élan national… ». Et il n’y aurait plus de société, « seulement des individus qui font des petits gestes ». Ce n’est sans doute « pas un hasard si la rhétorique de Pierre Rabhi rencontre un tel succès à la fois dans les rangs d’écolos sincères, mais aussi auprès (…) de publicitaires comme Séguéla ou de libéraux trans-humanistes comme Attali, qui tous l’écoutent avec bienveillance…. »(La Décroissance de novembre 2014. Relayé ici)

Du même Pierre Thiesset, interviewé par Mahaut Herrmann, pour la revue « Limite » : « Il y a un risque à tout miser sur les petits gestes individuels et la construction d’alternatives « par en bas ». Bien sûr, il est indispensable d’opter pour la simplicité volontaire, d’effectuer un travail sur soi et de chercher à construire des rapports sociaux libérés de la marchandise, ici et maintenant, si l’on désire vraiment se défaire de l’emprise de l’économie et de la technique sur nos vies. Mais, comme l’écrit Harald Welzer dans son livre Les Guerres du climat, « il est politiquement irresponsable de donner l’impression qu’on pourrait résoudre par des précautions prises individuellement des problèmes qui sont dus au principe économique de la croissance par exploitation des ressources ». Le mot d’ordre des Colibris, du « chacun fait sa part », peut parfaitement se couler dans l’idéologie libérale actuelle : comme s’il n’y avait pas de société, comme s’il suffisait de changer les comportements de consommateurs atomisés pour lutter contre le changement climatique. Pour prendre un exemple parlant : ce n’est pas parce que 200 000 personnes achètent un panier dans une Amap pendant que 98 % de la population s’alimente en grande distribution que cela ressuscitera la paysannerie, aujourd’hui laminée….».

**** Suite imaginée par le mensuel « La Décroissance », dans une BD intitulée « Colibri le décroissant » (Numéro de février 2014n 106, pp 10-11)

*****  Voir une très intéressante discussion entre un internaute, le blogueur « Tribonien » et Philippe Viguier, co-auteur de « L’Evangile et le citoyen » (Ed. Clé) en commentaire de cet article paru sur Le Bon Combat : http://leboncombat.fr/comment-etre-a-la-fois-chretien-et-citoyen/