« Loi contre les séparatismes », ou « loi pour conforter les principes républicains » ? Le « top des flops » d’un projet

 

Depuis lundi 18 janvier, un projet de loi « confortant les principes républicains » est soumis à l’assemblée nationale. Il sera examiné par une commission spéciale avant d’être débattu en séance plénière à partir du 1er février. Auparavant appelé « projet de loi contre le séparatisme », il comprend 51 articles en débat, et fait l’objet de 1700 amendements (1).

Visant à lutter contre le séparatisme et les atteintes à la citoyenneté, il entend apporter des réponses au repli communautaire et au développement de l’islamisme radical [dont les plus récentes victimes ont été le professeur Samuel Paty et trois fidèles catholiques dans la basilique Notre-Dame de Nice], en renforçant le respect des principes républicains et en modifiant les lois sur les cultes.

Il est pourtant reproché à ce texte de porter paradoxalement atteinte aux libertés sans réussir à imposer suffisamment les principes républicains.

Jugeons-en plutôt : les religions organisées juridiquement sous forme de «cultes» devront prouver leur caractère religieux tous les cinq ans, sous peine d’être dissoutes; si elles reçoivent des fonds de l’étranger, elles devront faire certifier leurs comptes par un expert indépendant.  Sauf que l’islam n’est pas organisé juridiquement sous forme de «culte», mais «d’association» (1901). Cette nouvelle loi ne s’appliquera donc pas, de fait, à la religion musulmane. Quelles sont les religions organisées juridiquement sous forme de culte (1905) ? Le judaïsme et le protestantisme. Ce sont donc les synagogues, les temples protestants et les Églises évangéliques qui prendront de plein fouet les dispositions restrictives de la nouvelle loi, les catholiques ayant un statut à part (en 1907) (2).

De là ce « top des flops », pointé par le pasteur baptiste Laurent Descos, dans son analyse (en vidéo) du fameux projet de loi  :

Bon diagnostique, mauvaises solutions  

Les musulmans ne sont pas vraiment touchés 

Les protestants sont les premiers concernés / sanctionnés  

 

Alors, « Loi contre les séparatismes », ou « loi pour conforter les principes républicains » ? « Toi qui joues le jeu et respecte les règles, puisque tu es dans le viseur du législateur, voici de quoi comprendre et agir » avec la vidéo à consulter plus haut.

Vous l’avez peut-être vu passer : du même Laurent Descos, « préserver son image, trois règles à suivre » :

 

 

 

Notes : 

(1) https://www.vie-publique.fr/loi/277621-loi-separatisme-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique

(2) https://www.reformes.ch/politique/2021/01/separatisme-protestants-sacrifies-au-nom-de-la-lutte-anti-terrorisme-france-monde

 

Foireux liens de décembre (42) : protestantisme et laïcité, loi sécurité globale, immigration et héritage chrétien

Les « Foireux liens » de décembre : une actualité placée sous le signe des rapports entre laïcité et religions. Source image : public domain pictures

Chers lecteurs, voici la dernière édition de vos « Foireux liens » tant attendus, pour l’année 2020.  Au menu : Lois sécurité globale et séparatisme, protestantisme et laïcité, immigration et héritage chrétien, bilan de « la bataille des messes », « complots faciles », « pensée unique » et des témoignages….Bonne lecture !

 

1)INTERACTIF. Votre environnement est-il à risque? Calculez votre risque de contamination à la Covid-19 avec ce simulateur

Les chercheurs de l’Institut Max-Planck à Mayence ont développé un algorithme et ainsi démontré dans une étude publiée fin novembre qu’aérer régulièrement la pièce où vous vous trouvez permettait de faire baisser fortement le risque de transmission de la Covid-19. Grâce à leur modèle mathématique, Nice-Matin a construit ce simulateur pour nous aider à estimer le risque que présente notre environnement (et nos fêtes de fin d’année). La situation « de base » correspond à une pièce de 25m2 et de 2,50m de hauteur, sans ventilation ni fenêtre ouverte (un salon par exemple), dans laquelle nous resterions pendant 5 heures, avec 6 personnes sans masque dont une, infectée par le Sars-Cov-2 et contagieuse, parle environ 50% du temps (soit 2h30) à voix normale.Le risque individuel d’être contaminé serait de 30%. Avec une fenêtre ouverte 10 minutes toutes les heures, ce risque tombe à 12%.

À vous de modifier la taille de la pièce et ses caractéristiques (hauteur sous plafond, aération), le nombre de personnes qui s’y trouvent, la durée de l’événement, le port ou non du masque, le temps de parole et le volume sonore, pour les faire correspondre à votre situation.

https://pbs.twimg.com/media/EoZBJGWWEAID3AZ?format=jpg&name=4096x4096

2) Complots faciles

Vous êtes à court d’arguments face à un platiste, un antivax ou un Breton ? Plutôt que s’énerver inutilement, mieux vaut en rire… C’est ce que fait @ComplotsFaciles depuis quelques années, et ils s’apprêtent même à en faire un jeu.

En bonus, ce petit exercice : quand on vous parle d’une conspiration, au lieu d’essayer d’argumenter, rajoutez en une couche. Exemple – l’homme n’est jamais allé sur la lune – réponse : parce que tu crois vraiment que la lune existe ? Laissez mijoter quelques minutes et observez le résultat….

Sinon, vous pouvez toujours lire les témoignages de Julien (24 ans) et Leila (19 ans), lesquels racontent les raisons qui les ont attiré vers les théories conspirationnistes et la manière dont ils ont réussi à sortir de cet engrenage pour mieux appréhender le réel.

Voir aussi : « complotisme : mieux vaut prévenir que guérir », traduction d’un article d’Aleksandra Chichocka, directrice du département de psychologie politique à l’université du Kent, à Canterbury.

3) Peut-on être contre l’immigration et pour l’héritage chrétien ?

Certains leaders politiques confrontent le public à un dilemme. D’une part, ils veulent préserver l’héritage chrétien en Europe. Mais d’autre part, ils rivalisent d’idées pour accueillir le moins d’étrangers possible. Comment expliquer cette incohérence ?  Il est possible que ces politiques, notamment de droite, méconnaissent l’héritage chrétien. Lorsque le Pape François défend les migrants, leurs voix se lèvent pour dire qu’il serait un pape « de gauche ».  Or, depuis 70 ans, tous les papes ont défendu non seulement les migrants mais aussi un droit à l’immigration.

Le Pape François ne défend donc pas les immigrés parce qu’il serait « de gauche », mais parce qu’il est au sommet d’une institution dont la raison d’être est « d’agir en continuité avec la mission du Christ ».

4) Guiti News : un autre regard sur ce qui nous entoure

Vu sur l’hebdo protestant Réforme : Lancé par des journalistes français et étrangers ayant fui leur pays, le site d’information Guiti News porte un regard plus que bienvenu sur la situation des migrants, loin des fantasmes et des préjugés, et pour prendre conscience que l’on ne saurait réduire des personnes à un voyage qu’ils ont fait.

Découvrir le site https://guitinews.fr/

Voir aussi InfoMigrants, un site d’information destiné à lutter contre la désinformation dont sont victimes les migrants où qu’ils se trouvent : dans leur pays d’origine, sur la route, ou déjà dans le pays où ils espèrent bâtir une nouvelle vie

5) États-Unis. Donald Trump s’attaque à la loi Obama visant à encadrer et à améliorer l’alimentation des écoliers.

Dimanche 13 décembre, les États-Unis ont célébré les dix ans du Healthy, Hunger-Free Kids Act, littéralement la “loi pour des enfants en bonne santé et bien nourris”, adoptée par le Congrès américain en 2010 à l’initiative de Michelle Obama. Céréales complètes, baisse des quantités de sel et de “laits écrémés aromatisés”, le régime imposé aux écoles par son prédécesseur et grand adversaire n’a jamais convenu à Donald Trump. Quelques semaines avant de perdre le pouvoir, Donald Trump tente, encore une fois, de détricoter le travail de son prédécesseur, redoublant d’efforts pour rendre les normes alimentaires moins strictes, explique The Philadelphia Inquirer.

6) Bilan de la « Bataille des messes » : ni vainqueur, ni vainqueur

« La « bataille des messes » aura été l’un des fils rouges de cette année covidée, chez les catholiques et au-delà. Très au-delà », analyse le blogueur naturaliste catholique Phylloscopus. « Elle n’aura pas seulement fracturé l’Eglise de France [soit l’ensemble formé par les fidèles], ne sachant rien d’éventuelles divergences au sein de la CEF. Elles ont révélé [ce qui semble beaucoup plus grave pour le blogueur ] le gouffre qui sépare désormais les pratiquants, de quelque religion que ce soit, d’une part, et le reste de la société d’autre part ». Mais « comment en sommes-nous arrivés là ? Peut-être parce que l’esprit du temps est si imbibé d’utilitarisme qu’il récuse d’emblée tout ce qui ne lui semble pas rapporter, selon ses critères. (…..)  L’efficience du culte n’étant plus comprise, le culte a perdu toute valeur. Au mieux, il est assimilé à un spectacle : on met son autorisation sur un pied d’égalité avec l’accès aux cinémas ».

Et ce, d’autant plus que, dans ce contexte délirant, les théâtres jalousent les églises, lesquelles jalousent les centres commerciaux…

7) Foi & vie : « Protestantisme et laïcité, une histoire à reprendre »

Merci à Olivier Abel, professeur de philosophie éthique, pour m’avoir transmis l’information suivante : « Dans le contexte un peu tendu du « renforcement » législatif de la laïcité, et au cas probable où ce numéro de la revue (protestante et plus que centenaire) Foi & Vie nous aurait échappé,  voici le lien, sur lequel nous pouvons la télécharger librement. En bonus, Foi et vie protestantisme et laicité au format PDF, lequel nous donne un panel de diverses optiques sur la question, mais qui disent tous quelque chose de la sensibilité protestante sur la question. La revue Foi & Vie est passée intégralement au numérique depuis un peu plus d’un an, elle est gratuite, nous pouvons nous y inscrire pour recevoir gratuitement ses numéros (et ses archives !) en pdf d’une grande richesse. N’hésitez pas à diffuser ce lien autour de vous.

8) Matthieu Faucher lavé de toute accusation de prosélytisme

Accusé de prosélytisme, Matthieu Faucher, alors enseignant à Malicornay, est en conflit avec l’Education nationale depuis 2017. La cour administrative d’appel de Bordeaux estime que sa mutation d’office ne se justifiait pas. Par ailleurs, aucune faute professionnelle ne peut être retenue. « Il est (donc) enjoint au ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, d’affecter M. Faucher à l’école de Malicornay, dans un délai d’un mois », telle est la conclusion de la décision de la cour administrative de Bordeaux, laquelle estime que les lectures d’extraits de la Bible « ont présenté un caractère limité, et ne peuvent être regardées comme ayant eu pour objet ou pour effet de porter atteinte à la liberté de conscience des élèves ni comme ayant méconnu le principe de neutralité et de laïcité« .

Voir aussi cet article à lire dans La Nouvelle République.

9) 10 ans du CNEF: une inspiration pour la structuration de l’islam français ?

Le 15 décembre 2020, le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) a fêté ses dix ans d’existence.  Par rapport à la Fédération Protestante, l’autre grand réseau fédératif des protestants, c’est un petit nouveau.  Le CNEF n’a pas, pour l’heure, l’armature institutionnelle de son aînée. Et ses bases restent fragiles. Mais la dynamique enclenchée s’est révélée fructueuse au fil de la décennie 2010. Il rassemble aujourd’hui environ 60% du total protestant évangélique français (ce qui représente autour de 600.000 fidèles, sur un total d’environ un million, et a gagné sa crédibilité auprès des pouvoirs publics. L’ingrédient de la réussite? Une longue maturation « par le bas », sans incitation politique, portée par les églises, les réseaux (FEF d’un côté, pentecôtistes de l’autre). C’est au terme d’un lent parcours de rapprochement, de concertations multiples, d’échanges et de réflexions partagées, que ce projet d’œcuménisme intraprotestant, sur une base évangélique, s’est épanoui.  N’y a-t-il pas là des éléments à retenir dans les sempiternels débats sur la structuration de l’islam en France ? s’interroge l’historien Sébastien Fath dans une note de blogue.

10) Ce que le CNEF pense du projet de loi confortant les principes républicains….

Le projet de loi confortant les principes républicains a été adopté en conseil des ministres le 9 décembre. Il donne suite aux annonces du Président de la République pour lutter contre le séparatisme, lors de son discours du 2 octobre dernier.

Rendu public ces derniers jours, le texte a été étudié par le service juridique du CNEF, après échange avec le cabinet du ministre de l’Intérieur et le Bureau central des cultes qui ont demandé que des avis leurs soient retournés de la part du CNEF. Le Service pastoral du CNEF auprès des parlementaires se tient à l’écoute des députés et des sénateurs pour expliquer nos positionnements voire proposer des éléments pour des amendements. Le réseau des Délégués départementaux sera aussi consulté dans les prochains jours en vue de recueillir des avis de terrain.  Voici les principaux avis, synthèse de ce que le CNEF a envoyé au gouvernement sur ce texte. Un travail d’approfondissement et de propositions se poursuivra jusqu’à l’adoption du texte.

….Et ce qu’en pense la FPF dans une tribune critique dans les Echos

Le protestantisme français critique le projet de loi, présenté au conseil des ministres le 9 décembre 2020 et « renforçant les principes républicains » : une loi peu attractive pour l’islam, limitante et intrusive pour le protestantisme, l’un des principaux cultes concernés par le nombre des associations cultuelles.  Très concerné par ce projet de loi modifiant profondément une loi dont il a été un des plus fidèles soutiens, le protestantisme français constitue environ les deux tiers des associations cultuelles 1905. La FPF rappelle que la loi 1905, brandie comme un étendard par les tenants d’une laïcité restrictive de la liberté de culte, est en réalité une loi de liberté qui établit les termes du culte public. Elle rappelle en effet que si la République est laïque, la société elle-même dans son organisation ne l’est pas et doit être le lieu de la libre expression de tous les cultes. Les cultes signent par leur présence dans la société les deux dimensions qui se conjuguent : celle horizontale de la fraternité et celle verticale de la spiritualité.

11) Interview d’Emmanuel Macron sur Brut : a-t-il réussi à parler aux jeunes protestants ?

C’était l’événement politico-médiatique du vendredi 4 décembre. Ce jour-là, le président de la République a accordé une interview à Brut. Les vidéos du média en ligne sont regardées quotidiennement par 13 millions de spectateurs, dont plus de 60% ont moins de 35 ans. Ça tombe bien, Emmanuel Macron voulait tout particulièrement s’adresser aux jeunes. Ce jour-là, le chef de l’État a répondu aux questions de Rémy Buisine, journaliste de Brut, Yagmur Cengiz, journaliste qui travaille beaucoup dans les quartiers, et Thomas Snégaroff, journaliste professeur d’histoire. Ensemble, ils ont abordé les thèmes des violences policières, des contrôles au faciès, de la laïcité, de la place de l’islam dans la société, mais aussi du coronavirus, des Ouïghour, de l’environnement, etc.

Le ton était plus direct, plus détendu et les questions différentes de celles habituellement posées par les autres médias. Mais qu’en ont pensé les jeunes, notamment Elisabeth (19 ans) et Rosanne (26 ans), qui ont regardé « la version longue » ?

12) Rendez-vous manqué sur les religions entre des jeunes et leur secrétaire d’Etat

Retour sur le débat ayant eu lieu à Poitiers le 22 octobre dernier, entre Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat à la jeunesse, et une centaine de jeunes sélectionnés par la Fédération des centres sociaux, à propos de la laïcité et de la liberté d’expression, par La Vie et Politis.

13) Loi sécurité globale : vers une privatisation de la police ?

« Un homme […] est dans l’état de sécurité lorsqu’il peut prévoir qu’aucune violence ne lui sera faite, dont l’auteur ne serait empêché par » cet État « souverain à qui les hommes se sont tous assujettis ». Cette citation extraite du Leviathan de Thomas Hobbes de 1651 permet de rappeler que les États modernes se sont historiquement construits sur la promesse d’assurer la sécurité de leur population. Elle permet également de comprendre pourquoi ils se sont trouvés investis de ce que le sociologue Max Weber a qualifié de « monopole de la violence physique légitime » sur leur territoire. Mais ce monopole leur interdit-il de s’appuyer sur les forces du marché pour assurer le respect de l’ordre public établi par la loi ?

Non, à en croire la proposition de loi actuellement en discussion, relative à la sécurité globale. Le titre VII du texte contient en effet un certain nombre de dispositions renforçant le rôle du « secteur de la sécurité privée » présenté par ailleurs comme « un maillon essentiel du continuum de sécurité dans le pays, notamment dans un contexte de préparation de grands événements comme la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques de 2024 ». Le texte fait ce faisant œuvre de rupture dans la continuité

[A noter que le phénomène de la privatisation de la sécurité a déjà été analysé par le Tigre magazine en septembre 2009]

Voir aussi : Des outils pour un futur dirigeant autoritaire

Avec plusieurs lois adoptées ou en cours de débat en France, comme celle sur la diffusion d’images de policiers, Emmanuel Macron prend le risque de léguer des outils antidémocratiques à un futur dirigeant plus autoritaire, juge l’ancienne éditorialiste du New York Times Mira Kamdar dans le site The Atlantic (en anglais) :  « La France est assiégée et meurtrie. Le chômage de masse, la frustration que provoquent les restrictions liées au Covid-19 et la peur causée par de nouvelles attaques terroristes ne peuvent qu’exacerber les troubles et la division. Tout cela est évidemment une aubaine pour la dirigeante de l’extrême droite populiste, Marine Le Pen, adversaire la plus probable de Macron à l’élection présidentielle de 2022. La stratégie de Macron semble reposer sur trois volets : imposer un ordre strict, préparer des mécanismes de répression des manifestations de masse ; contrôler les reportages critiques dans la presse ; et s’approprier une partie du langage et des politiques de l’extrême droite pour la vaincre en lui volant suffisamment d’électeurs. Dans ce processus, la liberté que Macron défend si vigoureusement, et pour laquelle la France a tant sacrifié, est réduite par la loi, léguant à un futur dirigeant plus autoritaire une puissante palette d’outils antidémocratiques. » Mira Kamdar (https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2020/11/france-about-become-less-free/617195/)

En savoir plus sur la loi « Sécurité globale ».

14) Choix éditorial

 (Vu sur twitter le 02 décembre 2020) Vous l’avez certainement vu ou entendu en boucle sur les chaînes d’info : Le Président Emmanuel Macron a annoncé des « mesures restrictives et dissuasives » pour les Français voulant skier à l’étranger à Noël……Sauf que pour 10 millions de Français, la question n’est pas de savoir s’ils pourront skier à Noël, mais s’ils pourront manger à Noël.

15) La phrase du mois : « Plus on aide les gens, plus ils sont aptes à sortir de la trappe à pauvreté »  (Esther Duflo)

A moins que vous ne préfériez celle-ci :

« L’unicité de pensée de ceux qui ne suivent pas la pensée unique me laisse penser que la pensée unique n’est qu’une pensée parmi d’autres » (« Piquée » sur le compte twitter du pasteur Laurent Descos, 21/12/20)

16) Un pasteur auprès des sans-logis

La situation actuelle, en lien avec la pandémie de Covid-19, ne constitue pas uniquement un défi sanitaire. Elle entraîne également une explosion de la pauvreté en France. Entretien avec le pasteur Gilles Boucomont, président de la Mission évangélique Parmi les sans-logis à Paris.  Un contenu proposé par Croire et vivre le 7 décembre 2020

17) Christ & collecte 

Le confinement 2.0 a déjà promu comme palliatif à la fermeture générale la pratique du « click and collect ». Une fois dépassé l’agacement de l’expression anglaise, ce qui frappe c’est le primat du consumérisme qui se dégage de cette « solution » donnée à la société pour préserver la vie matérielle des consommateurs que nous sommes, quand bien même nous aurions envie d’être bien plus que des consommateurs…En Eglise nous vivons la pratique du Christ & collecte.

18) L’Évangile est une bonne nouvelle – pas un bon conseil (Timothy Keller)

Faire la distinction entre une nouvelle et un conseil est très important. Un conseil est un avis sur ce qu’il convient de faire. Une nouvelle est le récit Evènements qui se sont déjà produits. Un conseil vous incite à prendre une décision. Une nouvelle vous pousse à prendre acte de ce qui s’est produit pour agir en conséquence. Un conseil vous laisse la responsabilité d’agir. Une nouvelle indique que quelqu’un d’autre a déjà agi. Imaginons qu’une armée d’envahisseurs s’approche d’une ville. C’est d’experts militaires dont la ville a besoin ; elle a besoin de prendre conseil. Il faut que quelqu’un explique qu’il faudrait positionner des remparts de terre et creuser des tranchées là, que les tireurs doivent se poster là-haut et les chars ici, en bas.  Par contre, lorsqu’un grand roi a intercepté et défait une armée d’envahisseurs, de quoi la ville a-t-elle besoin ? Elle n’a pas besoin d’experts militaires ; elle a besoin de messagers, dont le mot correspondant en grec est angelos, les anges. Les messagers ne vont pas dire : « Voici ce qu’il faut que vous fassiez. » Ils vont plutôt dire : « Je vous apporte une nouvelle qui sera une grande joie. » Autrement dit: « Ne vous enfuyez plus ! Arrêtez la construction de fortifications. Arrêtez d’essayer de vous sauver vous-même. Le Roi vous a sauvé. » D’autres ont déjà agi, et cela change tout.

19) Comment devenir plus catholiques en s’inspirant des Evangéliques : Une belle recension du livre d’Henrik Lindell et de Pierre Jova par mon ami Alain Ledain, à lire sur son site « Ethique sociale chrétienne ». Ne manquez pas de le saluer de ma part, cela lui fera plaisir.

20) Pourquoi attachons nous du poids à telle ou telle idée ? Entretien avec Bertrand Labasse sur la valeur des informations

Pourquoi attachons nous du poids à telle ou telle idée ? La prolifération de discours parfois tout à fait délirants devrait inciter à réexaminer au fond les explications qu’on en donne. Bertrand Labasse est professeur aux départements de français et de communication de l’université d’Ottawa. Ses recherches concernent notamment l’étude des déterminants cognitifs et sociaux de la production et de la réception des informations médiatiques, scientifiques et culturelles. Il vient de publier en français « La valeur des informations. Ressorts et contraintes du marché des idées » (Presses de l’université d’Ottawa, 2020), dans lequel il propose un modèle pour expliquer la valeur que nous attribuons aux contenus qui nous sont proposés, mobilisant à la fois la pertinence cognitive (l’effort et l’effet, qui s’étagent tous les deux entre différents niveaux, du plus spontané au plus élaboré) et la convenance sociale (la proscription et la prescription, selon un continuum qui va, cette fois, de l’implicite et de l’explicite jusqu’au formel). Au risque, parfaitement assumé, de se voir reprocher de marier ainsi des registres d’explication relevant de disciplines différentes.

21) Contre l’hérésie numérique 

Les hérésies sont séduisantes et trompeuses mais elles ont un avantage : elles nous montrent que penser d’une façon ou d’une autre n’est pas indifférent. Il existe bien une hérésie numérique et nous sommes plongés dedans. Le numérique nous séduit, c’est sûr ; mais quand ça nous fait croire que ça nous rend libre, ça nous trompe : ça ne fait que nous mettre en capsule…

22) Lecteurs de sensibilité

Les « sensitivity readers » sont des personnes qui relisent des manuscrits pour en chasser les représentations fausses, les stéréotypes offensants, les propos racistes, homophobes ou négligents vis-à-vis des handicapés. Le site Cheek Magazine analyse ce phénomène, encore marginal et mal perçu en France. Certains y voient une forme de censure, quand d’autres estiment qu’il met en lumière un manque de diversité dans le domaine de l’édition

23) Insolite : Emprunter une personne

Au Danemark, il existe des bibliothèques où vous pouvez « emprunter » une personne. Chaque livre/humain porte un titre comme « autiste », « chômeur », « sidéen », « alcoolique », ou encore « musulman », « réfugié », « bipolaire », « obèse ». Une fois emprunté, votre « livre » vous racontera, pendant environ 30 minutes, son histoire fascinante. On demande au lecteur d’être curieux et de poser des questions, et aussi de respecter le livre et de le rapporter à temps pour que d’autres puissent en profiter. Au fil des pages, vous réaliserez peu à peu à quel point il ne faut pas juger un livre par sa couverture. Fondée il y a 19 ans à Copenhague, l’initiative du groupe The Human Library a pour objectif de lutter contre les préjugés par le dialogue. Aujourd’hui présent dans plus de 85 pays, l’organisme peut vous aider à organiser dans votre milieu une bibliothèque humaine. Ils sont aussi toujours à la recherche de nouveaux « livres à publier », si cela vous intéresse… pour autant que vous soyez plutôt du type « livre ouvert » !

Et le dernier pour la route :

« Brief me » : je vous ai déjà parlé sur ce blogue de ce média indépendant, sans publicité, au format épuré, qui explique et met en perspective l’actualité.

Brief me propose une newsletter chaque soir à 18h30. Le samedi matin, une édition du week-end permet d’approfondir en revenant à la source d’un sujet d’actualité de la semaine. Nous aimons, outre le format épuré, la profondeur des analyses et le service qui offre bien plus qu’une simple revue de presse ou ce qu’offrent habituellement les sites d’agrégation de contenu/d’ « actus commentées »/ »billets d’humeur » : l’équipe fait en effet un véritable travail journalistique, lequel consiste à mener une veille qui va bien au-delà des dépêches d’agences de presse. Des journalistes professionnels analysent chaque jour des centaines de sources pour sélectionner les informations qui leur semblent les plus pertinentes selon les rubriques. Chaque information retenue est d’abord vérifiée. Il leur arrive de renoncer à certains sujets s’il s’est avéré impossible de trouver des sources suffisamment fiables.

Il est possible de tester Brief me gratuitement pour se faire un avis.

 

Ces « foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en février 2021.

 

 

 

 

Foireux liens de juillet (34) : « vivre avec son temps », « être moderne »

Les « Foireux liens » de juillet : une actualité « chaude » qui nous invite à réfléchir en toute lucidité sur ce qu’est « être moderne »….

Bonjour ! Vous l’attendiez, la voici un peu plus tôt que d’habitude : la 34ème édition de vos « Foireux liens » !

Au menu : PMA/GPA, préjugés, canicule et droit du travail, néo-management, réchauffement climatique et économie circulaire, biométrie, modernité, antisémitisme et protestantisme, droits de l’homme…..Bonne lecture !

 

1)Le casse-tête de la PMA pour toutes

Le projet de loi sur la bioéthique est examiné par le Conseil d’Etat, il sera arbitré en juillet par Emmanuel Macron, présenté le 26 juillet en conseil des ministres, et adopté à la rentrée, sans doute à une majorité écrasante puisque ce texte-là sera voté aussi par les députés de gauche et même une grande partie des députés de droite. Oui : d’anciens adversaires du “mariage pour tous” vont voter la “PMA pour toutes”, c’est-à-dire la reconnaissance d’un “droit à l’enfant”, y compris pour les couples de femmes homosexuelles. Ce “droit à l’enfant” va contraindre le législateur à modifier, de fil en aiguille, des chapitres entiers du Code civil : tout ce qui concerne le droit de la famille et de la filiation ! Il faudra résoudre des problèmes sans précédent.

Voir aussi : Marketing : et voici la GPA (qui n’aura pas tardé !)

2)Un regard protestant sur la PMA

La Faculté Jean Calvin vient de mettre en ligne l’ensemble des interventions de son Carrefour théologique dédiée à la question de la PMA. Cette conférence, qui a lieu début mars 2019, regroupait des spécialistes comme Donald Cobb, Michel Johner, Rodrigo de Sousa, Anthony Perrot, Marjorie Legendre, Henri Blocher, Matthieu Améra, Jean-Philippe Bru, et Pierre-Sovann Chauny. La publication de ces ressources n’est pas un hasard, vu le calendrier législatif à ce sujet. De quoi nous inciter à prendre le temps d’écouter ces ressources

3) « Vivre avec son temps », « être moderne »

« La droite doit apprendre à vivre avec son temps. À devenir moderne, non par idéologie mais par évidence. C’est l’exigence posée à notre génération (….) Je propose que la droite se pose au moins la question de l’ouverture de la procréation médicalement assistée, qui serait une avancée sociale comme le furent de fait le mariage pour tous, et avant le PACS, et avant l’IVG »…..Dixit Geoffroy Didier, secrétaire général des Républicains et directeur de la campagne européenne du pourtant très conservateur (et anti-IVG) François-Xavier Bellamy, après la défaite historique de son parti à ces élections….

4) C’est l’été : petite FAQ Nature sauvage (v2019)

Bien sûr, l’actualité, ce n’est pas ça. L’actualité, c’est les gilets jaunes, les migrants, la GPA, et beaucoup d’autres choses encore. Et le climat. Mais aussi, c’est vrai, parfois, la perte de biodiversité.  C’est l’été. C’est une saison où on est souvent dehors, où on rencontre la Nature plus souvent. Et tout aussi fréquemment, on observe un phénomène curieux… et on appelle le naturaliste du coin pour en savoir plus ! Alors, voici quelques-unes de ces questions classiques….

5) Travailler en cas de forte chaleur, que dit le droit ?

La canicule sévit depuis ce lundi 24 juin et des mesures exceptionnelles sont prises dans différents domaines. Le plan canicule proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé précise les recommandations en cas de forte chaleur. Le brevet des collèges est reporté, des brumisateurs sont installés dans les maisons de retraite, mais qu’en est-il sur le lieu de travail ? Une rumeur urbaine tend à laisser croire que l’employeur est contraint par le code du travail au delà d’une certaine température. Or, il n’en est rien.

6) Occultisme en pack de six

Quand une marque d’eau minérale – propriété d’une multinationale – se met à tenir un inquiétant langage surnaturel…

7) Des sénateurs LR veulent une carte Vitale biométrique

Comment lutter contre la fraude aux prestations sociales ? Tout simplement en injectant un doigt de biométrie. C’est en tout cas l’idée portée par une proposition de loi présentée par les sénateurs LR Philippe Mouiller et Bruno Retailleau, soit Une carte embarquant les empreintes digitales du titulaire….

8) Néo-management ; « Looser », « opposant », « timide » : au CHU de Toulouse, un document suggère de cataloguer des soignants

Seriez-vous un « looser », fragilisé par des situations difficiles de travail ? Ou un « opposant » qui conteste trop souvent la direction ? Ou encore un « pessimiste » ? C’est en ces termes qu’une docteure influente a proposé de cataloguer les personnels soignants du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse qui participent à certaines réunions de crise, suite au décès d’un patient notamment. Une manière de « neutraliser » les avis divergents, et un exemple supplémentaire de la façon dont la parole des soignants est considérée par la hiérarchie, alors que les mouvements sociaux se multiplient au sein des hôpitaux publics.

9) Répondre aux préjugés

Marre de lire des commentaires mal informés sur les sites d’info en ligne ou sur les réseaux sociaux ?  Répondez-y ! Répondre aux idées reçues, mais pour quoi faire ? Le site Répondreauxpréjugés.com, de sensibilité progressiste et découvert via le blog de Zeboute, vise à décrypter les préjugés, idées reçues et fausses, que l’on trouve le plus souvent sur le net. Et surtout à proposer, avec un argumentaire thématique, des pistes de réponses. Ces réponses sont basées sur des sources en ligne, ainsi que sur des données factuelles ou chiffrées. A tester, en exerçant son discernement.

10) Réchauffement climatique : le déni

Comme il en a marre d’expliquer sur Twitter pourquoi il fallait agir contre le réchauffement climatique, Tristan Nitot [promoteur du libre et du respect de la vie privée, ancien président de Mozilla Europe et maintenant chez Qwant] explique tout dans un billet de blog intitulé « le déni ».

11) Pourquoi l’économie circulaire ne doit pas remplacer la sobriété

La double « externalité positive » de l’économie circulaire en fait un modèle pour l’économie de demain. Elle encourage la société à créer de la valeur tout en réduisant l’empreinte écologique de son activité, mais présente toutefois certaines limites, voire des effets pervers….

12) Affaire Torondel : coup dur pour la défense des droits humains en France

La Cour d’appel de Douai a confirmé, lundi 24 juin, la condamnation de Loan Torondel pour diffamation pour avoir publié sur Twitter une photographie de policiers se tenant au-dessus d’une des nombreuses personnes systématiquement expulsées des camps informels de Calais. Le communiqué d’Amnesty international.

13) Accueillir la souffrance qui dure

« ….la souffrance des autres nous met en échec, si nous nous donnons pour tâche de les aider à aller mieux. Il nous faut déplacer l’objectif ».

14) USA : « Les évangéliques soutiennent Trump par peur, pas pour des questions de foi. »

Éclairage en anglais.

15) Quand protestantisme rime avec antisémitisme

Retour sur un colloque qui s’est tenu à Oxford, en mai….

16) Sommes-nous prêts à accueillir une théologie du Royaume ?

Nous devons nous rendre prêts à accueillir une théologie du Royaume, ce qui très concrètement veut dire, à la suite de Paul (2 Cor 4) que l’évangile n’est pas que paroles, mais qu’il est une dynamique puissante, que le Saint-Esprit mobilise pour nous faire sortir de nos vies qui trop souvent manifestent plus la faillite et le désarroi, que la liberté et la joie qui résident en Christ.

Et les deux derniers pour la route :

17) Cet objet oublié : le petit commerce de proximité !

Le commerce de proximité, les magasins, les hyper marché ont disparu. Et on se retrouve seul devant un écran. Mais j’ai tout immédiatement et pas cher ! C’est génial ! Vraiment ?

18) S’accaparer ou conserver : Le choix des Poules

Admettons l’hypothèse suivante : vous possédez le même objet que votre voisin, le même. Mais celui-là a quelque chose de mieux que le vôtre : c’est votre voisin qui l’a.  La convoitise est un trait basique du comportement. Des poules en donnent même une illustration édifiante. Cela peut s’expliquer ainsi : deux systèmes, l’un intuitif et l’autre raisonné, agissent ensemble et il arrive que le premier prenne le pas sur le second.

 

Ces Foireux liens sont terminés. Je vous remercie d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en septembre.

 

 

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

« Read it (again) » : la Déclaration de Barmen (1934) ou quand l’Église sait dire « non »

L’Eglise saura-t-elle être l’Eglise aujourd’hui et dire « Oui » à son Seigneur Jésus et « Non, non, non et non ! » à « cette fausse doctrine », selon laquelle, en plus et à côté de la seule Parole de Dieu, « l’Eglise pourrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu…. » ?

L’Église n’a pas à s’inquiéter d’être « dans le monde » mais plutôt de savoir « comment » être dans le monde, « sous quelle forme et dans quel but ». Elle n’a pas non plus à choisir entre être ou « dans le monde et politiquement responsable » (1)  ou être « hors du monde et irresponsable, introvertie », estiment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, dans Étrangers dans la cité (2). Publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014, ce livre, co-écrit par deux pasteurs et théologiens méthodistes américains, garde une étonnante actualité. 

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours autoritaire, outrancier et raciste, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique/biblique (3), il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Représentatif de cette résistance spirituelle, un texte – cité par Stanley Hauerwas et William H. Willimon – est à découvrir absolument, puisqu’il garde toute son actualité aujourd’hui. Il s’agit de la déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934(4), laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » (op. cit., p 92).

Notons, comme nous y invitent en guise de commentaire Stanley Hauerwas et William H. Willimon, « la nature exclusive et non inclusive de cette déclaration, sa détermination non pas d’abord à faire ce qui est juste, mais à entendre ce qui est juste et à faire valoir la dimension impériale de la Seigneurie du Christ. La déclaration de Barmen tranche avec une Eglise toujours prête à altérer sa proclamation en fonction des désirs de César » (op. Cit., p 92).

 

 

Notes :

(1) Appel « à la responsabilité » perceptible, à travers, par exemple, « cette offre d’emploi » du Président Macron à l’Église.

(2) Ed. du Cerf, Paris 2016, p.91. Les auteurs se réjouissent de la fin historique du christianisme comme religion civile de l’Occident, qui a pour effet de pousser les chrétiens à retrouver la radicalité de la foi : l’Église, en tant que « communauté », « îlot culturel au milieu d’une culture étrangère », doit dorénavant se préoccuper d’être fidèle à l’Évangile sans chercher à s’adapter à la culture du temps. Parmi d’autres, ces recensions et analyses de l’ouvrage parus dans Hokhma et Etudes, la revue de culture contemporaine.

(3) Ainsi, le Brésil s’apprête à élire un candidat d’extrême-droite [très populaire parmi les électeurs chrétiens, 81 % de la population : les évangéliques votent pour lui à 36 %, et les catholiques à 24 %] à la présidentielle, revendiquant « des valeurs » dites « chrétiennes ». Une analyse à lire ici.

(4) Texte intégral de la déclaration de Barmen à consulter iciCe texte de la charte de la résistance spirituelle au nazisme a été adoptée à Barmen (Wuppertal), en Allemagne, en 1934, par des membres d’Eglises luthériennes, réformées et unies. 

Autres extraits :

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle il y aurait des domaines de notre vie dans lesquels nous n’appartiendrions pas à Jésus-Christ, mais à d’autres seigneur et dans lesquels nous n’aurions plus besoin de justification et de sanctification ».

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait abandonner le contenu de son message et son organisation à son propre bon plaisir ou aux courants successifs et changeants des convictions idéologiques et politiques ».

(…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».

Le Nouveau Catéchisme pour la cité : 52 méditations pour s’attacher aux vérités de Dieu

« Le Nouveau Catéchisme pour la Cité » ou la redécouverte d’une pratique ancienne, nous permettant de revisiter les bases essentielles de la foi, en nous posant les bonnes questions sur « la saine doctrine ».

« Catéchisme » est un terme qui peut sembler suspect, pour ne pas dire inutile, à beaucoup, pour peu que l’on en garde un mauvais souvenir, et « bien peu protestant » à tout évangélique qui se respecte.

Pourtant, « Catéchisme » (du grec « katechein ») signifie « enseigner oralement ou instruire avec des paroles », sous forme de questions-réponses. Et « les catéchètes » font partie des « dons-personnes » que Dieu a donné à l’Eglise, « afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude » (Eph.4v11-13. TOB).

Dans le même esprit, « Le Nouveau Catéchisme pour la Cité », co-édité par BLF (que je remercie pour me l’avoir gracieusement envoyé) et Evangile 21(1),  est une adaptation pour notre temps du catéchisme de Genève de Calvin(1541), des Petit et Grand catéchismes de Westminster (1648) et, surtout, du Catéchisme de Heidelberg(1563), l’un et l’autre représentatifs des richesses et des connaissances que l’on peut trouver dans tous les grands catéchismes de l’ère de la Réforme.

Cette édition dite « dévotionnelle » comprend 52 questions-réponses (soit une par semaine), chacune associée avec un texte biblique, un commentaire d’une figure historique (Augustin, Richard Baxter, John Bunyan, Jean Calvin, Martin Luther, Théodore Monod, Francis Schaeffer…), un commentaire contemporain anglophone ou francophone (Dominique Angers, Henri Blocher, Mike Evans, Kent Hughes, John Piper, Tim Keller, Kevin DeYoung, Paul Wells…) et une courte prière.

Il est divisé en trois sections :
Partie 1 : Dieu, la création et la chute, la loi (20 questions)
Partie 2 : Christ, la rédemption, la grâce (15 questions)
Partie 3 : Christ, la restauration, la croissance dans la grâce (17 questions)

Ce Nouveau Catéchisme nous permet de redécouvrir un type d’exercices auquel nous ne sommes pas(plus) habitués : revisiter les bases essentielles de la foi, en (nous) posant les bonnes questions sur « la saine doctrine » (par exemple : « quelle est notre unique assurance dans la vie comme dans la mort ? » « qui est Dieu ? »), pour une vie plus cohérente, à contre courant du conformisme ambiant, et pour être en mesure de répondre aux interrogations de nos contemporains, sur des bases solides et véritables, et ce, dans un contexte d’incertitudes et remises en cause permanentes.

Excellente idée que ce support agréable, lequel est prévu, non pour soi-même individuellement, mais pour un échange par semaine, au minimum à deux ou trois et à un niveau communautaire : en couple, dans le cadre familial ou dans le cadre d’un groupe de maison, d’un ministère aux enfants (pour peu qu’on l’adapte), voire pour toute l’église, pendant le culte ou une réunion d’étude/de prière. Le principe des questions-réponses favorise l’interaction et l’apprentissage par le dialogue et la mémorisation. Il permet « à la vérité biblique de s’enraciner profondément dans nos cœurs » (Tim Keller) et nourrit également notre vie de prière, nous conduisant dans l’adoration.

« Le Nouveau Catéchisme pour la Cité » est disponible en livre, à l’unité ou par pack de 5, chez l’éditeur et dans toutes les bonnes librairies, mais aussi accessible gratuitement au moyen d’une application web intégrée au site d’Evangile 21.

 

 

Note : 

(1) Cette édition est la version française du « New City Catechism », rédigé sous la direction de Tim Keller. De nombreux articles en anglais ont été traduits en français ; d’autres textes de la version originale ont été remplacés par des articles rédigés par des auteurs francophones.

« Protestants » : en fait…..

Du 27 au 29 septembre, des dizaines de milliers de protestants viendront des quatre coins de France à Paris, à l’occasion de « Protestants en fête ».
Le Palais omnisport de Bercy sera transformé en église géante, pour l’occasion, et le Week-End verra 150 animations dans tout Paris.

On notera qu’il s’agit de « Protestants en fête », et non de « la fête du Protestantisme ». « Protestants » est donc au pluriel, révélant la pluralité et la diversité(dans l’unité, autour des fondamentaux : « sole scriptura », « sola fide », « sola gratia », « solus Christus », « soli Deo gloria » )de cette famille, composée des Luthero-Réformés (regroupés en « église unie »)et des évangéliques(eux-mêmes très divers).

Protestants ? En fait….

….qui sont-ils ? Que(qui)croient-ils ?

Qu’est-ce et qui est-ce qui fait leur espérance ?
Claude Baty, l’initiateur de « Protestants en fête » et bientôt ex- président de la FPF, explique l’esprit de la manifestation* :
« Protestants en fête traduit  notre volonté de nous rassembler pour autre chose que la commémoration de nos malheurs historiques(…)Protestants en fête célèbre la vie, l’avenir. Les Protestants appartiennent à un peuple en marche, qui veut être témoin de l’Espérance. Selon St Augustin, l’espérance a deux beaux enfants : la colère et le courage. Les protestants savent s’indigner contre les injustices de ce monde et ils ont le courage de lutter pour que les choses changent, pour plus de fraternité et d’égalité. Ce courage, ils le puisent dans leur confiance en un Dieu qui les rend actifs ici et maintenant. La spiritualité chrétienne en général, protestante en particulier, n’est pas désincarnée, elle oeuvre dans le concret de notre société. Cette espérance que nous portons s’enracine dans notre foi en Dieu. »

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Puisque la manifestation est placée sous le signe de l’espérance**, profitons de l’occasion pour revisiter cette notion, qui ne doit pas être confondue ou simplifiée avec « l’espoir », dont nous avons déjà parlé ici, à l’occasion d’une étude biblique sur 1 Pierre.

Bon week-end ! Et puissiez-vous rencontrer l’espérance : Christ.

 

 

Notes :

*Entretien publié dans le « gratuit » de « Regardsprotestants », diffusé pour l’occasion. A lire également, dans La vie, cet entretien avec Sébastien Fath, chercheur au CNRS. Un autre entretien du même est à découvrir dans « Réforme ».

** Un « manifeste de l’espérance » peut être signé sur le site de « Protestants en fête » à Paris ou « Paris d’espérance ».