« Interview avec Dieu » : un film sage

Avant de pouvoir parler « directement » à Dieu via l’interview, le journaliste, diplômé en théologie, est formé pour parler de Dieu, mais sera-t-il capable de parler à Dieu, de le tutoyer, de l’interpeller…?

« Rentré d’un reportage en Afghanistan, Paul Asher a du mal à surmonter les séquelles de cette expérience. Son mariage est en perdition et sa foi est mise à l’épreuve, lorsqu’il se voit proposer une interview avec un homme qui prétend être Dieu. Si vous pouviez interroger Dieu, quelles questions lui poseriez-vous ? »

 

Vu récemment, « interview avec Dieu » est un film original par son sujet et plein de promesses, sans être nécessairement LE film à voir absolument au cinéma. Mais il aura réussi l’exploit de faire se déplacer en salles, un dimanche après-midi, un public majoritairement chrétien, certains habitués aux standards hollywoodiens, pour voir un film, certes bien joué, mais antispectaculaire au possible, et en VOST, qui plus est.

Ceci dit, « interview avec Dieu » s’avère plutôt décevant sur le fond et le choix du point de vue de Paul Asher, personnage principal de journaliste croyant, ne garantit pas l’identification du spectateur. Celui-ci, quoiqu’en « crise », est déjà acquis à l’existence de Dieu. Comble pour un journaliste professionnel, ses questions bien « trop sages » ne « malmènent » pas trop « le personnage de Dieu », lequel apparaît dans le film comme un père bienveillant en costume cravate, non dénué d’humour, mais plutôt consensuel.

De là cette question : pour qui ce film est-il ? A qui s’adresse-t-il ? Pour celui « qui se croit croyant », aurai-je envie de répondre.

En effet, le film nous invite à réfléchir sur ce qu’est être croyant, pointant deux obstacles majeurs nous empêchant de l’être vraiment : l’incapacité à parler à Dieu et de pardonner [la surprise du film vient de l’identité de qui doit pardonner à qui].

Ainsi, la foi est présentée dans le film comme un don de Dieu et « un processus » : le croyant est donc celui qui renouvelle sans cesse son acte de foi, de croyance (envers Dieu), qui le renouvelle régulièrement – sinon tous les jours – avec l’insistance du participe présent : « croyant »(1).

Le « croyant » est aussi celui qui sait s’adresser à Dieu et ne saurait s’étonner que Dieu puisse répondre à sa prière (2), à l’inverse de Paul Asher !

Avant de pouvoir parler « directement » à Dieu via l’interview, le journaliste, diplômé en théologie, est sans doute formé pour parler de Dieu, mais se montre incapable de s’adresser vraiment à lui, de le tutoyer, de l’interpeller, ne serait-ce pour récriminer ou blasphémer, comme le fait Job.

Paradoxalement, là est sans doute la limite du film (mais aussi sa force involontaire ?) pas tout à fait réussi, en nous donnant à voir cette incapacité. Et rarement sous-titre n’aura été aussi ironique : « Si vous pouviez interroger Dieu, quelles questions (meilleures que celles posées par le journaliste dans le film)  lui poseriez-vous ? »

 

En résumé :

Interview avec Dieu, de Perry Lang (USA, 2018). Avec Brenton Thwaites, Yael Grobglas, Charlbi Dean Kriek , David Strathairn. Distribué par SAJE.

Note d’intention du scénariste
Ken Aguado, scénariste et producteur du film a témoigné des raisons qui l’ont poussé à écrire et produire Interview avec Dieu.

« C’est la 1ère fois que j’écrivais un scénario, et probablement comme beaucoup de scénaristes débutants, je voulais écrire quelque chose de marquant, qui soit le fruit du coeur. J’ai été inspiré après un voyage en Israël. J’avais des idées très précises sur ce que je voulais aborder, alors j’ai voulu être authentique dans mon écriture. J’ai écrit mon script en six semaines environ, principalement pendant la période de Thanksgiving jusqu’au nouvel an où le travail est plus calme.

Je suis un professionnel d’Hollywood et je m’étais fait la promesse que ma version d’un film sur la foi contiendrait les valeurs narratives qui me tiennent à coeur. J’ai été particulièrement attentif à ne pas laisser mes convictions personnelles prendre le dessus sur ma créativité. Je pense que le message est altéré lorsque le spectateur est amené à trop réfléchir plutôt qu’à se laisser faire face au divertissement. Toutefois, cela permet aussi de pousser le spectateur à être concentré sur des personnages convaincants et à vouloir en savoir plus, scènes après scènes. C’est ce que j’ai essayé de faire avec Interview avec Dieu. Et si le film vous fait aussi réfléchir, j’en suis heureux. » (3)

 

 

 

Notes :

(1) https://www.la-croix.com/Archives/2009-08-13/Dossier.-Entretien-Erri-De-Luca-ecrivain-Je-reste-incapable-de-donner-le-tu-a-la-divinite-_NP_-2009-08-13-351360

(2) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/09/06/prier-est-un-acte-dangereux/

(3) https://www.sajedistribution.com/files/saje/films/Interview%20avec%20Dieu/DP-INTERVIEW%20AVEC%20DIEU.pdf

 

Watch it (again) : le Flambeur de Karel Reisz

« Flamber », c’est se consumer. Un « flambeur » est un joueur qui joue particulièrement gros.

« Le Flambeur » (The Gambler), libre adaptation du roman « le joueur » de Dostoïevski, est un film rare sur le sujet de l’addiction, réalisé en 1974 par Karel Reisz (1926-2002). « Dans la forme, c’est un thriller américain », confie le réalisateur britannique d’origine tchécoslovaque(1), qui trouve son « film réussi »(2). Le spectateur pourra en juger lui-même et même juger de l’originalité du propos, puisqu’il est possible de le (re)voir en version restaurée en salle depuis le 12 juin 2019. Mon frère en Christ Pierre-Louis et moi l’avons vu récemment. Nous vous partageons ici nos remarques.

« Le Flambeur », c’est Axel Breed, un professeur de littérature obsessionnel névrosé. Joué par James Caan, ce personnage est « épris – pas de façon rationnelle – d’une sorte de conception dostoïevskienne de la liberté existentielle »(2) – une liberté sans Christ et donc misérable – et pris par le démon du jeu, jusqu’au risque absolu (jouer sa propre vie dans un final sidérant).

Son entourage (sa mère, sa petite amie…) tente bien de le détourner de sa voie, mais il redouble de vice pour finalement « chercher à perdre le plus possible ».  En effet, plus addict au danger qu’au jeu en lui-même, Axel Breed « pense un court instant surmonter la logique naturelle des choses [voir ses cours à l’université sur le « 2+2 = 5 »] et la transcender par sa prise de risque. C’est cette adrénaline qui est recherchée par le parieur compulsif, la défaite est indispensable au plaisir des rares victoires et le gain n’a finalement que peu d’importance ». Le personnage joué par James Caan, dans sa fuite en avant, (…) prend des risques insensés alors qu’il est renfloué, défiant la chance à l’excès lorsqu’elle lui sourit enfin »(3). Un besoin de sensations fortes qui peut s’expliquer par la volonté de sortir de son milieu juif 100 % sécurisé, respectable et aisé, mais étouffant.

Quand finalement Axel Breed est emmené dans une cave par les maffieux à qui il doit une somme vertigineuse (on pense qu’il sera torturé), il joint les mains – en signe de repentance ? A moins qu’il ne s’agisse d’un signe d’espérance d’avoir « rien qu’une dernière » chance de se compromettre, nous ne le savons pas. Cette scène est suivie de deux nouvelles « histoires », avec l’affaire du match truqué de basketball et la scène finale lui offrant concrètement de perdre la face pour de bon.

Ce film nous offre une description fidèle et complexe d’un homme pris dans les chaînes, ignorant ou tenant pour folie l’Évangile du Christ, « puissance de Dieu pour le salut de quiconque croît… » (Rom.1v16) et promesse de « vie abondante » (Jean 10v10). Mais le même Evangile nous annonce que rien n’a pu empêcher l’homme possédé par « la légion » de démons de s’approcher de Jésus (dont le nom signifie « Dieu sauveur » et « Dieu élargit »), pour être libéré (Marc 5v1-15).

A l’heure où le jeu en ligne nous est vendu à force de pub comme « cool » et urbain, Le Flambeur est une plongée hallucinante et oppressante dans l’enfer de l’addiction, doublé d’un sévère avertissement, et une fine analyse de ses répercutions morales et affectives, en attendant des études plus sérieuses sur son impact spirituel.

 

En bref :

Le flambeur (The Gambler), un film de Karel Reisz (USA. 1974). Avec : James Caan (Axel Freed), Paul Sorvino (Hips), Lauren Hutton (Billie), Morris Carnovsky (A. R. Lowenthal), Jacqueline Brookes (Naomi Freed), Burt Young (Carmine), Carmine Caridi (Jimmy) 1h51

 

 

Notes :

(1) Né en Tchécoslovaquie, il est arrivé en Angleterre à l’âge de 12 ans, pour fuir le nazisme qui décimera ensuite toute sa famille.

(2) http://www.jeunecinema.fr/spip.php?article1712

(3) http://www.dvdclassik.com/critique/le-flambeur-reisz

Les 4 Evangiles – les films : et si l’on regardait ensemble la Bible « mot à mot » ?

 

La Pep’sette a eu l’occasion d’assister à l’avant-première d’un film sur l’Evangile de Marc, organisée jeudi 16/05 par l’Alliance Biblique Française, à la Maison de l’Espérance, à Paris. Voici ce qu’elle en a pensé : 

Le film sur l’évangile de Marc dure 2 h, mais loin de m’ennuyer, j’ai été captivée par de superbes images, des prises de vues assez originales et un rythme relativement rapide, en comparaison des films traditionnels sur Jésus. La singularité de ce concept unique est cette agréable voix off, qui narre tout le texte de l’évangile de bout en bout, dans la version « Parole de vie », au style direct et simple. Les décors du Maroc, lieu du tournage, sont magnifiques et le jeu des acteurs, que j’imagine pour la plupart être des autochtones, me semble naturellement professionnel ; en d’autres termes « on s’y croirait ! ». J’aime aussi beaucoup le personnage de Jésus [joué par Selva Rasalingam, un acteur britannique], qui ne ressemble en rien à ceux stéréotypés d’Hollywood.

Ce film s’inscrit dans un projet plus global, d’envergure internationale : nous faire vivre l’expérience unique de « regarder la Bible mot à mot », en nous donnant « le récit intégral des 4 Evangiles en images ». Ce projet, du nom de « Lumo Project », a pour but de rendre les évangiles en film disponibles dans de nombreuses langues, dont la langue de Molière, dans le but de les partager au plus grand nombre.

Mon objectif serait de le diffuser en privé à un groupe de personnes qui ne seraient pas encore lecteurs de la Bible et d’en faire un sujet de discussion. Le seul hic est la longueur du film, sachant que les trois autres évangiles sont encore plus longs (au total 12 h de visionnage). D’où la possibilité de se procurer le Kit « Et si on regardait la Bible? » auprès de l’Alliance Biblique Française, dans lequel se trouve, outre un coffret de 4 DVD des films, une affiche qui peut être personnalisée et des conseils pour mettre en place une projection – par exemple, dans son église, dans une maison ou dans un café – mais surtout une proposition, remarquablement présentée, de découpage en 6 séances du film sur l’évangile le plus court (Marc), avec des fiches d’animations pour organiser une soirée débat sur chacun des évangiles.

Les kits de projection seront disponibles à partir de fin mai 2019, auprès de l’Alliance Biblique Française : plus d’informations ici.

En revanche, ne seront disponibles dans les librairies, à cette date, que les seuls coffrets de 4 DVD, sans le kit « et si on regardait la Bible ? »

 

 En bref : 

4 évangiles – les films ont été réalisés par David Batty(Royaume-Uni), et s’appuient sur les recherches théologiques, historiques et archéologiques les plus récentes :

L’évangile de Matthieu (2014) :  le plus populaire des évangiles pendant les premiers siècles du Christianisme. Rédigé pour une communauté chrétienne qui commençait à se distinguer du monde juif, cet évangile cherche à démontrer que Jésus était le Messie en qui les anciennes prophéties d’un Sauveur envoyé par Dieu trouvaient leur accomplissement (durée : 190 minutes).
L’évangile de Marc (2015) :  il pose la question « qui est Jésus ? » En faisant suivre le chemin que Jésus a suivi, il aide à comprendre peu à peu que Jésus est Fils de Dieu en acceptant d’être tout à fait un homme et en obéissant à Dieu. Mais sa personne et sa mission restent entourées d’un mystère (durée : 123 minutes).
L’évangile de Luc (2015) : plus que tous les autres, l’évangile selon Luc s’apparente à une oeuvre biographique de l’époque. Luc est la voix du narrateur qui présente Jésus comme le Sauveur de tous – toujours du côté des pauvres, des exclus et des marginaux de la société (durée : 205 minutes).
L’évangile de Jean (2014) : il présente Jésus comme la Parole de Dieu, Parole de vie. Il raconte des actions extraordinaires  de Jésus, appelés des signes. Elles montrent que Jésus est le Fils de Dieu. Puis, il raconte de longues conversations par lesquelles Jésus fait découvrir aux gens qui il est et pourquoi le Père l’a envoyé dans le monde (durée : 161 minutes).

Eduquer à la paix : une urgence

A quelle condition peut-on avoir une paix durable…une « vraie paix » ?

Le 8ème Salon de l’Education chrétienne a eu lieu le week-end des 12-13 avril. Son thème était « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? »

Plus qu’un thème d’actualité, éduquer à la paix est avant tout une urgence : « recherche la paix et poursuis-la », tel est l’impératif du psaume 34 de David, qui s’adresse à nous encore aujourd’hui. Et ce, d’autant plus que la paix ne nous est pas naturelle : il nous faut l’apprendre sans cesse, d’une génération à l’autre.

Ainsi, par exemple, pour commémorer le centenaire de la guerre de 1914-1918, les élèves de CM2 ont été invités à participer à un grand projet pédagogique national en Histoire-géographie et en Education aux médias, intitulé « les enfants pour la paix », avec des journées académiques prévues (« le printemps pour la paix ») en avril, dans le but de développer leurs connaissances sur la première guerre mondiale mais aussi à les amener à réfléchir et à débattre sur la notion de paix. Cela est fondamental, d’autant plus que la guerre de 1914-1918 s’est terminée par une fausse paix, laquelle a préparé la guerre suivante !

Ceci dit, pour paraphraser Jacques Ellul, le fait de parler sans cesse de paix est à la fois une bonne chose et un très mauvais signal. Car, écrit le penseur protestant, « quand on parle avec insistance d’une chose, c’est qu’elle n’existe pas »(1). Tant parler de paix est en soi révélateur que nous ne vivons pas la paix, quand bien même nous jouirions d’une relative tranquillité.

De fait, chaque génération doit redécouvrir et vivre la paix véritable, laquelle n’est pas l’absence de ce qui nous dérange, mais l’établissement de ce qui est juste et bon.

A ce sujet, et en guise d’illustration, voici une anecdote(2) de l’écrivain napolitain Erri De Luca, à l’époque où il était chauffeur de convois humanitaires en Bosnie, fin 1993, à la demande d’un groupe de catholiques d’Emilie-Romagne (Italie du Nord). Ces « pratiquants fervents recueillent toute une masse de dons spontanés dans leur région et les distribuent là-bas en différents endroits, chez les Bosniaques : catholiques, musulmans et Serbes, là où on en a besoin. Au milieu de cette guerre minutieuse dont les multiples fronts passent même entre deux maisons, ils cherchent un geste de paix et d’amitié. ils ne vont pas décharger leurs camions dans des dépôts(….)mais dans de nombreuses localités, apportant avec leurs marchandises de dépannage la valeur ajoutée d’un petit groupe, escorte solidaire ». Erri De Luca les accompagne, car, seul, reconnaît-il, il n’aurait « jamais trouvé ou même pas cherché la paix, la piste pour y accéder ». Il se contente de nous partager le témoignage exemplaire de ce petit groupe, qui a compris le sens de la prière et l’impératif du psaume 34 de David : « recherche la paix et poursuis-la ».

 

[Prochain billet mercredi prochain]

 

 

Note :

(1) Ellul, Jacques. Vivre et penser la liberté. Labor et Fides, 2019, p 157

(2) De Luca, Erri. L’ordre de D. IN Alzaia. Bibliothèque Rivages, 1998, pp 105-106

 

 

« Rendre productifs les conflits : mission (im)possible ? » Olivier Abel au 8ème Salon de l’Education chrétienne

Comment tirer le meilleur du conflit ? Avec Olivier Abel, dans le cadre du 8ème Salon de l’Education chrétienne (13 avril 2019), consacré à l’éducation à la paix. Source : ADMUE

Comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique et qui débutera samedi 13 avril, à 9h30 !

Vous êtes jeunes adultes, parents, grands-parents, acteurs de l’éducation ou de l’instruction, professionnels, les inscriptions des adultes sont individuelles, gratuites (libre participation aux frais) et obligatoires avant le 8 avril. Voir ici.

Pensez à inscrire aussi vos enfants de 3 à 12 ans aux animations prévues, si vous souhaitez qu’ils y participent !

Et, en ouverture du Salon, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure » ! Destiné à tous les publics, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

Informations et programme détaillé ici.

« Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? » Ou quand “la France (serait) un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”

Un film dont l’ambition est « moins de dénoncer les préjugés que d’admettre la drôle d’équation suivante : puisque tout le monde est raciste, alors personne ne l’est vraiment »….

Dans Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?(2018), vu récemment, suite de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu »(2014), vu aussi, les parents Verneuil [joués par Christian Clavier et Chantal Lauby] ont fini par accepter leurs gendres « algérien », « juif », « chinois » et « africain », mais ces derniers veulent quitter la France, pour rejoindre l’Algérie, la Chine, l’Inde et Israël. Sonnés par ce nouveau coup dur, les Verneuil décident de tout mettre en oeuvre pour leur faire aimer la France….

Comme on ne change pas une formule qui gagne, le film reprend les recettes (ficelles ?) du précédent (12 millions d’entrées) mais aussi tous ses défauts : aborder tout un tas de sujets sensibles/de société/d’actualité pour n’en approfondir aucun. Comme l’analyse finement l’auteur de cette chronique pour Critikat(1), son ambition est « moins de dénoncer les préjugés que d’admettre la drôle d’équation suivante : puisque tout le monde est raciste, alors personne ne l’est vraiment(2). Dès lors, il ne peut y avoir de transformation mais seulement une transactionpuisque c’est un mariage, entre deux femmes [avec une absence totale d’enjeux dramatiques, dirai-je] qui réunira la famille, l’essentiel étant, au fond, de mettre les conflits de côté ». L’ambivalence du film tient à son double-discours, (défendant notamment) l’idée, formulée par l’écrivain Sylvain Tesson, que “la France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”, tournant en ridicule tous les débats qui la divisent pour prôner (une supposée) réconciliation(1).

Mais ladite réconciliation se confond en réalité dans le film avec « tranquillité » ou « tranquillisant », la paix avec « apaisement » et « zone de confort ». Sauf que la paix n’est pas l’absence de conflit ou de ce qui dérange, mais plutôt l’établissement de ce qui est bon(3).

« D’une manière générale », comme l’écrivait « l’apôtre du Swag » à propos du premier opus, sur le blog collectif les cahiers libres(4), « on devrait se méfier d’un film qui prêche la tolérance, car ce terme est piégé. On parle de tolérance quand on ne veut pas parler d’un véritable accueil inconditionnel. C’est sous couvert d’apaisement que l’on impose de nouvelles normes à peines moins étroites que les anciennes, pas plus libératrices que les représentations racistes qu’elles chassent » [ou prétendent chasser].

 

En bref :

Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? Film français de Philippe de Chauveron (2018). Avec : Christian Clavier (Claude Verneuil), Chantal Lauby (Marie Verneuil), Ary Abittan (David Maurice Isaac Benichou), Medi Sadoun (Rachid Abdul Mohammed Ben Assem), Frédéric Chau (Chao Pierre Paul Ling), Noom Diawara (Charles Koffi),Frédérique Bel (Isabelle Suzanne Marie Verneuil-Ben Assem, 1re fille des Verneuil), Julia Piaton (Odile Huguette Marie Verneuil-Benichou, 2e fille des Verneuil), Émilie Caen (Ségolène Chantal Marie Verneuil-Ling, 3e fille des Verneuil), Élodie Fontan (Laure Evangeline Marie Verneuil-Koffi, 4e fille des Verneuil)

Date de sortie française : 30 janvier 2019 (encore en salles).

 

Notes :

(1) D’après https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/quest-quon-dieu/ Voir aussi https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Quest-quon-encore-fait-Bon-Dieu-hymne-France-terroirs-2019-01-30-1200999166

(2) ….ceci affirmé face au constat d’un racisme encore trop présent dans la France d’aujourd’hui. Le niveau des préjugés racistes se stabilise, la tendance à la baisse des actes racistes constatés se confirme, avec toutefois une progression inquiétante des actes les plus violents, et une dangereuse forme d’accoutumance au racisme « ordinaire ». Cf le 27ème rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur l’état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France (publié le 24/05/18) , en s’appuyant notamment sur des études de l’institut Ipsos, de chercheurs de Sciences Po, de l’Insee, sur des déclarations d’associations, ou encore sur les chiffres des plaintes en commissariat ou gendarmerie. Voir https://www.cncdh.fr/sites/default/files/180322_cp_rapport_lutte_contre_le_racisme_2017_0.pdf et https://www.cncdh.fr/sites/default/files/essentiels_du_rapport_racisme_2017_-_pour_impression_ok_1.pdf

(3) A ce propos, « rendre productifs les conflits, mission (im)possible ? » Ou comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique, samedi 13 avril, à 9h30. Inscriptions en ligne gratuite mais obligatoire avant le 08 avril.

(4) Voir http://cahierslibres.fr/2014/06/quest-ce-quon-fait-au-bon-dieu/

Vivre et penser la liberté » : un inédit de Jacques Ellul à découvrir

Un inédit d’Ellul, penseur protestant qui a su dénoncer l’illusion de la tentation technicienne du contrôle absolu….

As-tu lu Ellul ?

Si ce n’est pas le cas, et si tu ne sais pas encore par quoi commencer, tu peux « t’attaquer » au récent (et copieux !)  « Vivre et penser la liberté », un inédit de Jacques Ellul (1912-1994) – pour ma part, en cours de lecture – éclairé par les notes et compléments de Jean-Philippe Quadri, professeur de physique-chimie de Bordeaux(1).

En effet, ce recueil de textes de 1936 à 1992, jusque-là inédits/confidentiels et consacré à la liberté, est une bonne porte d’entrée pour découvrir les versants sociologiques et théologiques de l’oeuvre de ce penseur protestant qui a su, prophétiquement, dénoncer l’illusion de la tentation technicienne du contrôle absolu sur tout ce qui nous entoure.

Plus encore, cet ouvrage sur ce thème éternel nous invite à « changer la vie » en retrouvant « la liberté d’être ». Laquelle liberté n’est pas la toute-puissance ou l’illimité du « toujours plus plus », mais la liberté de décider ne pas faire tout ce que l’on peut faire, au nom de l’amour et pour le bien de l’autre.

 

En bref : Vivre et penser la liberté » : un inédit de Jacques Ellul, édition et notes de Jean-Philippe Qadri, Labor et Fides, 2019, 632 p., 34 €

Sommaire

Préface de Michel Rodes
Note au lecteur de Jean-Philippe Qadri
Symboles et abréviations

PRÉLUDE

  1. – Les structures de la liberté (1972)

Première partie 
SOCIÉTÉ, CHRISTIANISME ET ÉGLISE

  1. – L’évolution de l’idée de liberté depuis 1936 (1950)
    3. – Changer la vie (1974)
    4. – La liberté fondatrice de l’Europe (1982)
    5. – Les menaces actuelles sur la liberté (c.1983)
    6. – Déterminismes et liberté (c.1986)
    7. – Liberté et autonomies (1984)
    8. – Essai sur le problème de la liberté religieuse (1958)
    9. – Le droit à l’erreur (1964)
    10. – Problèmes de notre société (1946)

Deuxième partie 
DIEU, JÉSUS-CHRIST ET L’HOMME

  1. – La foi vécue (1986)
    12. – Dieu de liberté (1990)
    13. – L’ambiguïté de la liberté (1971)
    14. – Renonciation au monde (c.1938)
    15. – Le désert (c.1975)
    16. – Le dur inventeur de la liberté (1991)
    17. – Foi chrétienne et libération (1986)
    18. – Leçons sur l’éthique de la liberté (1972)
    19. – Le sens de la liberté chez saint Paul (1951)
    20. – La loi de la liberté (1974)
    21. – L’accomplissement de la liberté (1973)


Troisième partie
ARTICLES DE PRESSE 1947-1984

  1. – L’affaire Miller (c.1947)
    23. – Le jugement impossible (1949)
    24. – L’Université à Canossa (1953)
    25. – La liberté de l’Église (1957)
    26. – Les inconscients (1961)
    27. – Le sexe ou la mort (1972)
    28. – La blancheur de la liberté (1974)
    29. – L’ordinateur et la liberté (1980)
    30. – La Croix et la liberté (1982)
    31. – Responsabilité du christianisme dans la nature et la liberté (1983)
    32. – École et liberté (1983-1984)

 

Note : 

(1) Que  j’ai eu l’occasion de rencontrer à Reims, en février, lors de sa conférence-présentation du livre à la bibliothèque de la Maison Saint-Sixte, sur aimable invitation d’un émule d’Ellul, Eric Lemaître – que j’apprends à connaître et à apprécier, et que je voyais pour la première fois. Ne manquez pas de découvrir son blogue, partenaire de Pep’s café, et son livre éponyme « La Déconstruction de l’homme », au sous-titre – « critique du système technicien » – révélateur de l’influence d’Ellul.

 

L’action du mois : « bien choisir » sa Bible

Le mois de la Bible est en mars ! Une période durant laquelle le Livre des livres est mis à l’honneur.

Qu’est-ce que la Bible ? Comment (bien) choisir sa Bible ? Pourquoi tant de versions ?

Autant de questions susceptibles de trouver leurs réponses, non pas « sur internet », mais en se rendant dans les nombreuses librairies chrétiennes participantes au « mois de la Bible ».

Le « mois de la Bible » ?

Il s’agit d’un événement d’envergure nationale, présenté par l’ Alliance biblique française, les Éditions Bibli’O ainsi que le Syndicat des Libraires de Littérature Religieuse, et qui aura lieu du 1er au 31 mars, période durant laquelle le Livre des livres est mis à l’honneur.

Vous trouverez certainement une librairie participante près de chez vous. Vous rendre dans ce type de lieu est une excellente occasion de rencontrer des « vrais gens » très sympas et qualifiés (les libraires) qui se feront une joie de répondre à toutes vos questions concernant la Bible et de vous orienter vers la Bible la plus adaptée à vos besoins ou aux besoins de votre entourage.

 

En savoir plus ici.

Découvrir le livret du mois de la Bible.

 

« Madame la Pasteure, un prêche humoristique » : bientôt au Salon de l’Education chrétienne

« Peut-on faire rire en parlant de Dieu, de la vie et de la mort ? »

Madame la Pasteure se retrouve seule à un service funèbre. Et si Eve revenait sur terre voir ce que nous sommes devenus ? Et si Marie était enceinte aujourd’hui ? Quel épisode de l’Ancien Testament se prêterait le mieux pour une télé-réalité ? Découvrez le dialogue émanant de la rencontre avec un jeune, croyant aux extra-terrestres. Et si une conseillère en marketing athée allait au paradis rencontrer Dieu pour lui proposer de rendre son message….plus attractif et lucratif ?

A l’occasion du 8e Salon de l’Education Chrétienne, qui aura lieu prochainement en région parisienne, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure », un prêche humoristique et « one woman show » de Françoise Dorier, laquelle – ce n’est pas un gag – est vraiment pasteure « dans la vraie vie » ! (1)

Destiné à tous les publics, croyants ou non, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu, de la vie et de la mort ? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

 

Plus d’infos ici.

Inscription gratuite (libre PAF) et obligatoire avant le 08 avril.

 

 

Note : 

(1) https://regardsprotestants.com/culture/francoise-dorier-du-stand-up-pastoral et https://www.la-croix.com/Religion/Protestantisme/Francoise-Dorier-profession-pasteure-humoriste-2018-03-28-1200927377

 

 

 

 

 

Prochainement à Paris : le 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

« Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » sera le prochain thème du 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

Bientôt sur Paris : la 8e édition du Salon de l’Education chrétienne !

Vous êtes chaleureusement invités.

Depuis 10 ans, l’association « Dessine-moi une école » organise cet événement interdénominationnel en région parisienne. Il est pour tous ceux et celles qui ont ou auront une responsabilité éducative au sein de la Famille, l’Ecole ou l’Eglise, et aura lieu les 12 et 13 avril 2019 à Clichy-sous-bois (93).

Comme chaque année, pour vous servir, plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et soirée artistique d’ouverture, avec un « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes. Une belle occasion de rencontrer des acteurs de l’éducation et de l’instruction, comme de réfléchir et de nous entretenir ensemble, dans la convivialité et la simplicité, sur des enjeux éducatifs.

Plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes.

A noter le thème de cette 8ème édition, toujours pertinent mais qui garde toute son actualité : « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » (En savoir plus  sur le site du Salon de l’Education chrétienne)

 

Cet événement est gratuit (participation libre) et nous espérons sincèrement vous y (re)voir ! Invitez vos amis !

(Inscriptions obligatoires avant le 8 Avril)

 

A très bientôt, l’équipe « Dessine-moi une école » (ADMUE)*

* L’Association « Dessine-moi une école » (loi 1901 à but non lucratif et apolitique) a pour buts de 1/ promouvoir l’éducation et de l’instruction de personnes notamment par le biais de salons, conférences, formations ; 2/ créer, gérer des établissements scolaires et soutenir la création d’autres établissements de même type.
Elle est membre de la Fédération Protestante de France(FPF).