Les 4 Evangiles – les films : et si l’on regardait ensemble la Bible « mot à mot » ?

 

La Pep’sette a eu l’occasion d’assister à l’avant-première d’un film sur l’Evangile de Marc, organisée jeudi 16/05 par l’Alliance Biblique Française, à la Maison de l’Espérance, à Paris. Voici ce qu’elle en a pensé : 

Le film sur l’évangile de Marc dure 2 h, mais loin de m’ennuyer, j’ai été captivée par de superbes images, des prises de vues assez originales et un rythme relativement rapide, en comparaison des films traditionnels sur Jésus. La singularité de ce concept unique est cette agréable voix off, qui narre tout le texte de l’évangile de bout en bout, dans la version « Parole de vie », au style direct et simple. Les décors du Maroc, lieu du tournage, sont magnifiques et le jeu des acteurs, que j’imagine pour la plupart être des autochtones, me semble naturellement professionnel ; en d’autres termes « on s’y croirait ! ». J’aime aussi beaucoup le personnage de Jésus [joué par Selva Rasalingam, un acteur britannique], qui ne ressemble en rien à ceux stéréotypés d’Hollywood.

Ce film s’inscrit dans un projet plus global, d’envergure internationale : nous faire vivre l’expérience unique de « regarder la Bible mot à mot », en nous donnant « le récit intégral des 4 Evangiles en images ». Ce projet, du nom de « Lumo Project », a pour but de rendre les évangiles en film disponibles dans de nombreuses langues, dont la langue de Molière, dans le but de les partager au plus grand nombre.

Mon objectif serait de le diffuser en privé à un groupe de personnes qui ne seraient pas encore lecteurs de la Bible et d’en faire un sujet de discussion. Le seul hic est la longueur du film, sachant que les trois autres évangiles sont encore plus longs (au total 12 h de visionnage). D’où la possibilité de se procurer le Kit « Et si on regardait la Bible? » auprès de l’Alliance Biblique Française, dans lequel se trouve, outre un coffret de 4 DVD des films, une affiche qui peut être personnalisée et des conseils pour mettre en place une projection – par exemple, dans son église – mais surtout une proposition, remarquablement présentée, de découpage en 6 séances du film sur l’évangile le plus court (Marc), avec des fiches d’animations pour organiser une soirée débat sur chacun des évangiles.

Les kits de projection seront disponibles à partir de fin mai 2019, auprès de l’Alliance Biblique Française : plus d’informations ici.

En revanche, ne seront disponibles dans les librairies, à cette date, que les seuls coffrets de 4 DVD, sans le kit « et si on regardait la Bible ? »

 

 En bref : 

4 évangiles – les films ont été réalisés par David Batty(Royaume-Uni), et s’appuient sur les recherches théologiques, historiques et archéologiques les plus récentes :

– L’évangile de Matthieu (2014), durée : 190 minutes
– L’évangile de Marc (2015), durée : 123 minutes
– L’évangile de Luc (2015), durée : 205 minutes
– L’évangile de Jean (2014), durée : 161 minutes

 

 

 

 

 

 

 

Eduquer à la paix : une urgence

A quelle condition peut-on avoir une paix durable…une « vraie paix » ?

Le 8ème Salon de l’Education chrétienne a eu lieu le week-end des 12-13 avril. Son thème était « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? »

Plus qu’un thème d’actualité, éduquer à la paix est avant tout une urgence : « recherche la paix et poursuis-la », tel est l’impératif du psaume 34 de David, qui s’adresse à nous encore aujourd’hui. Et ce, d’autant plus que la paix ne nous est pas naturelle : il nous faut l’apprendre sans cesse, d’une génération à l’autre.

Ainsi, par exemple, pour commémorer le centenaire de la guerre de 1914-1918, les élèves de CM2 ont été invités à participer à un grand projet pédagogique national en Histoire-géographie et en Education aux médias, intitulé « les enfants pour la paix », avec des journées académiques prévues (« le printemps pour la paix ») en avril, dans le but de développer leurs connaissances sur la première guerre mondiale mais aussi à les amener à réfléchir et à débattre sur la notion de paix. Cela est fondamental, d’autant plus que la guerre de 1914-1918 s’est terminée par une fausse paix, laquelle a préparé la guerre suivante !

Ceci dit, pour paraphraser Jacques Ellul, le fait de parler sans cesse de paix est à la fois une bonne chose et un très mauvais signal. Car, écrit le penseur protestant, « quand on parle avec insistance d’une chose, c’est qu’elle n’existe pas »(1). Tant parler de paix est en soi révélateur que nous ne vivons pas la paix, quand bien même nous jouirions d’une relative tranquillité.

De fait, chaque génération doit redécouvrir et vivre la paix véritable, laquelle n’est pas l’absence de ce qui nous dérange, mais l’établissement de ce qui est juste et bon.

A ce sujet, et en guise d’illustration, voici une anecdote(2) de l’écrivain napolitain Erri De Luca, à l’époque où il était chauffeur de convois humanitaires en Bosnie, fin 1993, à la demande d’un groupe de catholiques d’Emilie-Romagne (Italie du Nord). Ces « pratiquants fervents recueillent toute une masse de dons spontanés dans leur région et les distribuent là-bas en différents endroits, chez les Bosniaques : catholiques, musulmans et Serbes, là où on en a besoin. Au milieu de cette guerre minutieuse dont les multiples fronts passent même entre deux maisons, ils cherchent un geste de paix et d’amitié. ils ne vont pas décharger leurs camions dans des dépôts(….)mais dans de nombreuses localités, apportant avec leurs marchandises de dépannage la valeur ajoutée d’un petit groupe, escorte solidaire ». Erri De Luca les accompagne, car, seul, reconnaît-il, il n’aurait « jamais trouvé ou même pas cherché la paix, la piste pour y accéder ». Il se contente de nous partager le témoignage exemplaire de ce petit groupe, qui a compris le sens de la prière et l’impératif du psaume 34 de David : « recherche la paix et poursuis-la ».

 

[Prochain billet mercredi prochain]

 

 

Note :

(1) Ellul, Jacques. Vivre et penser la liberté. Labor et Fides, 2019, p 157

(2) De Luca, Erri. L’ordre de D. IN Alzaia. Bibliothèque Rivages, 1998, pp 105-106

 

 

« Rendre productifs les conflits : mission (im)possible ? » Olivier Abel au 8ème Salon de l’Education chrétienne

Comment tirer le meilleur du conflit ? Avec Olivier Abel, dans le cadre du 8ème Salon de l’Education chrétienne (13 avril 2019), consacré à l’éducation à la paix. Source : ADMUE

Comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique et qui débutera samedi 13 avril, à 9h30 !

Vous êtes jeunes adultes, parents, grands-parents, acteurs de l’éducation ou de l’instruction, professionnels, les inscriptions des adultes sont individuelles, gratuites (libre participation aux frais) et obligatoires avant le 8 avril. Voir ici.

Pensez à inscrire aussi vos enfants de 3 à 12 ans aux animations prévues, si vous souhaitez qu’ils y participent !

Et, en ouverture du Salon, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure » ! Destiné à tous les publics, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

Informations et programme détaillé ici.

« Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ? » Ou quand “la France (serait) un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”

Un film dont l’ambition est « moins de dénoncer les préjugés que d’admettre la drôle d’équation suivante : puisque tout le monde est raciste, alors personne ne l’est vraiment »….

Dans Qu’est-ce qu’on a encore fait au bon Dieu ?(2018), vu récemment, suite de « Qu’est-ce qu’on a fait au bon Dieu »(2014), vu aussi, les parents Verneuil [joués par Christian Clavier et Chantal Lauby] ont fini par accepter leurs gendres « algérien », « juif », « chinois » et « africain », mais ces derniers veulent quitter la France, pour rejoindre l’Algérie, la Chine, l’Inde et Israël. Sonnés par ce nouveau coup dur, les Verneuil décident de tout mettre en oeuvre pour leur faire aimer la France….

Comme on ne change pas une formule qui gagne, le film reprend les recettes (ficelles ?) du précédent (12 millions d’entrées) mais aussi tous ses défauts : aborder tout un tas de sujets sensibles/de société/d’actualité pour n’en approfondir aucun. Comme l’analyse finement l’auteur de cette chronique pour Critikat(1), son ambition est « moins de dénoncer les préjugés que d’admettre la drôle d’équation suivante : puisque tout le monde est raciste, alors personne ne l’est vraiment(2). Dès lors, il ne peut y avoir de transformation mais seulement une transactionpuisque c’est un mariage, entre deux femmes [avec une absence totale d’enjeux dramatiques, dirai-je] qui réunira la famille, l’essentiel étant, au fond, de mettre les conflits de côté ». L’ambivalence du film tient à son double-discours, (défendant notamment) l’idée, formulée par l’écrivain Sylvain Tesson, que “la France est un paradis peuplé de gens qui se croient en enfer”, tournant en ridicule tous les débats qui la divisent pour prôner (une supposée) réconciliation(1).

Mais ladite réconciliation se confond en réalité dans le film avec « tranquillité » ou « tranquillisant », la paix avec « apaisement » et « zone de confort ». Sauf que la paix n’est pas l’absence de conflit ou de ce qui dérange, mais plutôt l’établissement de ce qui est bon(3).

« D’une manière générale », comme l’écrivait « l’apôtre du Swag » à propos du premier opus, sur le blog collectif les cahiers libres(4), « on devrait se méfier d’un film qui prêche la tolérance, car ce terme est piégé. On parle de tolérance quand on ne veut pas parler d’un véritable accueil inconditionnel. C’est sous couvert d’apaisement que l’on impose de nouvelles normes à peines moins étroites que les anciennes, pas plus libératrices que les représentations racistes qu’elles chassent » [ou prétendent chasser].

 

En bref :

Qu’est-ce qu’on a encore fait au Bon Dieu ? Film français de Philippe de Chauveron (2018). Avec : Christian Clavier (Claude Verneuil), Chantal Lauby (Marie Verneuil), Ary Abittan (David Maurice Isaac Benichou), Medi Sadoun (Rachid Abdul Mohammed Ben Assem), Frédéric Chau (Chao Pierre Paul Ling), Noom Diawara (Charles Koffi),Frédérique Bel (Isabelle Suzanne Marie Verneuil-Ben Assem, 1re fille des Verneuil), Julia Piaton (Odile Huguette Marie Verneuil-Benichou, 2e fille des Verneuil), Émilie Caen (Ségolène Chantal Marie Verneuil-Ling, 3e fille des Verneuil), Élodie Fontan (Laure Evangeline Marie Verneuil-Koffi, 4e fille des Verneuil)

Date de sortie française : 30 janvier 2019 (encore en salles).

 

Notes :

(1) D’après https://www.critikat.com/actualite-cine/critique/quest-quon-dieu/ Voir aussi https://www.la-croix.com/Culture/Cinema/Quest-quon-encore-fait-Bon-Dieu-hymne-France-terroirs-2019-01-30-1200999166

(2) ….ceci affirmé face au constat d’un racisme encore trop présent dans la France d’aujourd’hui. Le niveau des préjugés racistes se stabilise, la tendance à la baisse des actes racistes constatés se confirme, avec toutefois une progression inquiétante des actes les plus violents, et une dangereuse forme d’accoutumance au racisme « ordinaire ». Cf le 27ème rapport annuel de la Commission nationale consultative des droits de l’homme (CNCDH) sur l’état du racisme, de l’antisémitisme et de la xénophobie en France (publié le 24/05/18) , en s’appuyant notamment sur des études de l’institut Ipsos, de chercheurs de Sciences Po, de l’Insee, sur des déclarations d’associations, ou encore sur les chiffres des plaintes en commissariat ou gendarmerie. Voir https://www.cncdh.fr/sites/default/files/180322_cp_rapport_lutte_contre_le_racisme_2017_0.pdf et https://www.cncdh.fr/sites/default/files/essentiels_du_rapport_racisme_2017_-_pour_impression_ok_1.pdf

(3) A ce propos, « rendre productifs les conflits, mission (im)possible ? » Ou comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique, samedi 13 avril, à 9h30. Inscriptions en ligne gratuite mais obligatoire avant le 08 avril.

(4) Voir http://cahierslibres.fr/2014/06/quest-ce-quon-fait-au-bon-dieu/

Vivre et penser la liberté » : un inédit de Jacques Ellul à découvrir

Un inédit d’Ellul, penseur protestant qui a su dénoncer l’illusion de la tentation technicienne du contrôle absolu….

As-tu lu Ellul ?

Si ce n’est pas le cas, et si tu ne sais pas encore par quoi commencer, tu peux « t’attaquer » au récent (et copieux !)  « Vivre et penser la liberté », un inédit de Jacques Ellul (1912-1994) – pour ma part, en cours de lecture – éclairé par les notes et compléments de Jean-Philippe Quadri, professeur de physique-chimie de Bordeaux(1).

En effet, ce recueil de textes de 1936 à 1992, jusque-là inédits/confidentiels et consacré à la liberté, est une bonne porte d’entrée pour découvrir les versants sociologiques et théologiques de l’oeuvre de ce penseur protestant qui a su, prophétiquement, dénoncer l’illusion de la tentation technicienne du contrôle absolu sur tout ce qui nous entoure.

Plus encore, cet ouvrage sur ce thème éternel nous invite à « changer la vie » en retrouvant « la liberté d’être ». Laquelle liberté n’est pas la toute-puissance ou l’illimité du « toujours plus plus », mais la liberté de décider ne pas faire tout ce que l’on peut faire, au nom de l’amour et pour le bien de l’autre.

 

En bref : Vivre et penser la liberté » : un inédit de Jacques Ellul, édition et notes de Jean-Philippe Qadri, Labor et Fides, 2019, 632 p., 34 €

Sommaire

Préface de Michel Rodes
Note au lecteur de Jean-Philippe Qadri
Symboles et abréviations

PRÉLUDE

  1. – Les structures de la liberté (1972)

Première partie 
SOCIÉTÉ, CHRISTIANISME ET ÉGLISE

  1. – L’évolution de l’idée de liberté depuis 1936 (1950)
    3. – Changer la vie (1974)
    4. – La liberté fondatrice de l’Europe (1982)
    5. – Les menaces actuelles sur la liberté (c.1983)
    6. – Déterminismes et liberté (c.1986)
    7. – Liberté et autonomies (1984)
    8. – Essai sur le problème de la liberté religieuse (1958)
    9. – Le droit à l’erreur (1964)
    10. – Problèmes de notre société (1946)

Deuxième partie 
DIEU, JÉSUS-CHRIST ET L’HOMME

  1. – La foi vécue (1986)
    12. – Dieu de liberté (1990)
    13. – L’ambiguïté de la liberté (1971)
    14. – Renonciation au monde (c.1938)
    15. – Le désert (c.1975)
    16. – Le dur inventeur de la liberté (1991)
    17. – Foi chrétienne et libération (1986)
    18. – Leçons sur l’éthique de la liberté (1972)
    19. – Le sens de la liberté chez saint Paul (1951)
    20. – La loi de la liberté (1974)
    21. – L’accomplissement de la liberté (1973)


Troisième partie
ARTICLES DE PRESSE 1947-1984

  1. – L’affaire Miller (c.1947)
    23. – Le jugement impossible (1949)
    24. – L’Université à Canossa (1953)
    25. – La liberté de l’Église (1957)
    26. – Les inconscients (1961)
    27. – Le sexe ou la mort (1972)
    28. – La blancheur de la liberté (1974)
    29. – L’ordinateur et la liberté (1980)
    30. – La Croix et la liberté (1982)
    31. – Responsabilité du christianisme dans la nature et la liberté (1983)
    32. – École et liberté (1983-1984)

 

Note : 

(1) Que  j’ai eu l’occasion de rencontrer à Reims, en février, lors de sa conférence-présentation du livre à la bibliothèque de la Maison Saint-Sixte, sur aimable invitation d’un émule d’Ellul, Eric Lemaître – que j’apprends à connaître et à apprécier, et que je voyais pour la première fois. Ne manquez pas de découvrir son blogue, partenaire de Pep’s café, et son livre éponyme « La Déconstruction de l’homme », au sous-titre – « critique du système technicien » – révélateur de l’influence d’Ellul.

 

L’action du mois : « bien choisir » sa Bible

Le mois de la Bible est en mars ! Une période durant laquelle le Livre des livres est mis à l’honneur.

Qu’est-ce que la Bible ? Comment (bien) choisir sa Bible ? Pourquoi tant de versions ?

Autant de questions susceptibles de trouver leurs réponses, non pas « sur internet », mais en se rendant dans les nombreuses librairies chrétiennes participantes au « mois de la Bible ».

Le « mois de la Bible » ?

Il s’agit d’un événement d’envergure nationale, présenté par l’ Alliance biblique française, les Éditions Bibli’O ainsi que le Syndicat des Libraires de Littérature Religieuse, et qui aura lieu du 1er au 31 mars, période durant laquelle le Livre des livres est mis à l’honneur.

Vous trouverez certainement une librairie participante près de chez vous. Vous rendre dans ce type de lieu est une excellente occasion de rencontrer des « vrais gens » très sympas et qualifiés (les libraires) qui se feront une joie de répondre à toutes vos questions concernant la Bible et de vous orienter vers la Bible la plus adaptée à vos besoins ou aux besoins de votre entourage.

 

En savoir plus ici.

Découvrir le livret du mois de la Bible.

 

« Madame la Pasteure, un prêche humoristique » : bientôt au Salon de l’Education chrétienne

« Peut-on faire rire en parlant de Dieu, de la vie et de la mort ? »

Madame la Pasteure se retrouve seule à un service funèbre. Et si Eve revenait sur terre voir ce que nous sommes devenus ? Et si Marie était enceinte aujourd’hui ? Quel épisode de l’Ancien Testament se prêterait le mieux pour une télé-réalité ? Découvrez le dialogue émanant de la rencontre avec un jeune, croyant aux extra-terrestres. Et si une conseillère en marketing athée allait au paradis rencontrer Dieu pour lui proposer de rendre son message….plus attractif et lucratif ?

A l’occasion du 8e Salon de l’Education Chrétienne, qui aura lieu prochainement en région parisienne, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure », un prêche humoristique et « one woman show » de Françoise Dorier, laquelle – ce n’est pas un gag – est vraiment pasteure « dans la vraie vie » ! (1)

Destiné à tous les publics, croyants ou non, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu, de la vie et de la mort ? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

 

Plus d’infos ici.

Inscription gratuite (libre PAF) et obligatoire avant le 08 avril.

 

 

Note : 

(1) https://regardsprotestants.com/culture/francoise-dorier-du-stand-up-pastoral et https://www.la-croix.com/Religion/Protestantisme/Francoise-Dorier-profession-pasteure-humoriste-2018-03-28-1200927377

 

 

 

 

 

Prochainement à Paris : le 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

« Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » sera le prochain thème du 8ème Salon de l’Education chrétienne (12-13 avril 2019)

Bientôt sur Paris : la 8e édition du Salon de l’Education chrétienne !

Vous êtes chaleureusement invités.

Depuis 10 ans, l’association « Dessine-moi une école » organise cet événement interdénominationnel en région parisienne. Il est pour tous ceux et celles qui ont ou auront une responsabilité éducative au sein de la Famille, l’Ecole ou l’Eglise, et aura lieu les 12 et 13 avril 2019 à Clichy-sous-bois (93).

Comme chaque année, pour vous servir, plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et soirée artistique d’ouverture, avec un « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes. Une belle occasion de rencontrer des acteurs de l’éducation et de l’instruction, comme de réfléchir et de nous entretenir ensemble, dans la convivialité et la simplicité, sur des enjeux éducatifs.

Plénières et ateliers avec des intervenants de qualité, animations enfants, exposants et « one woman show » humoristique de « Madame la Pasteure » à destination des jeunes et des moins jeunes.

A noter le thème de cette 8ème édition, toujours pertinent mais qui garde toute son actualité : « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? » (En savoir plus  sur le site du Salon de l’Education chrétienne)

 

Cet événement est gratuit (participation libre) et nous espérons sincèrement vous y (re)voir ! Invitez vos amis !

(Inscriptions obligatoires avant le 8 Avril)

 

A très bientôt, l’équipe « Dessine-moi une école » (ADMUE)*

* L’Association « Dessine-moi une école » (loi 1901 à but non lucratif et apolitique) a pour buts de 1/ promouvoir l’éducation et de l’instruction de personnes notamment par le biais de salons, conférences, formations ; 2/ créer, gérer des établissements scolaires et soutenir la création d’autres établissements de même type.
Elle est membre de la Fédération Protestante de France(FPF).

Vivez l’expérience « Sola Scriptura » : lectures publiques intégrales de livres de la Bible

Lecture publique des livres de la bible dans leur intégralité, sans commentaire, chaque lundi soir, par le comédien Thierry Kazazian, avec aérations musicales et entracte, dans les locaux de l’Alliance Biblique Française, à Paris

Lundi dernier, j’ai eu l’occasion de vivre une singulière expérience à Paris, avec mon épouse : l’expérience « Sola Scriptura » (« l’Ecriture seule »).

« Sola Scriptura » est le premier pilier(1) de la Réforme(1517). Cela ne signifie pas que le chrétien ne peut pas lire autre chose que la Bible, mais plutôt que les Ecritures Bibliques « seules » constituent l’unique et ultime autorité du chrétien en matière de foi et de vie, autorité à ne pas mettre sur le même plan que la tradition et l’interprétation de l’Eglise. « Sola scriptura » signifie aussi : le sens historique ou littéral « seul », sans le sens allégorique, lequel est estimé peu sérieux par les Réformateurs car autorisant des interprétations très (trop) fantaisistes(2).

Dans le même esprit, « Sola Scriptura » est aussi cette opportunité offerte tous les lundis soirs, depuis le 08 janvier 2018, par l’Alliance biblique française, dans ses locaux à Paris, de venir écouter les textes bibliques récités dans leur intégralité par le comédien Thierry Kazazian, sans commentaire(3). Le livre lu lundi dernier était 2 Rois et nous étions en petit comité (7 personnes en tout – certains étant des habitués) Le son est bon et la voix du comédien agréable. On relève des « aérations musicales » bien choisies entrecoupant les lectures et un entracte convivial bienvenu, permettant d’échanger avec les présents. Cette lecture, qui s’inscrit dans une tradition orale qui fut la norme pendant des milliers d’années, nous permet de nous retrouver en immersion totale au cœur du texte biblique, pour une meilleure vue d’ensemble de ce dernier.

Excellente idée que de proposer une telle rencontre dans un lieu ouvert à tous, distinct d’une église, où chacun est libre d’entrer, de rester, de sortir et de revenir. Une parenthèse à s’accorder dans son agenda, pour vivre un moment privilégié pour entendre, comprendre et réfléchir personnellement et ensemble à toute la Parole de Dieu, accessible à tous ! Bien entendu, certains livres bibliques sont moins évidents que d’autres à lire et à écouter. Mais à choisir entre une série télé, une soirée fast food ou bowling entre amis, un cinoche ou deux heures d’écoute de la Parole de Dieu, il vaut la peine de tenter au moins une fois l’expérience «  Sola Scriptura », si vous êtes sur Paris à ce moment !

 

En bref :

Lecture publique des livres de la bible dans leur intégralité, sans commentaire, par le comédien Thierry Kazazian, avec aérations musicales et entracte. Entrée gratuite. Participation libre.

Alliance biblique française. 3 rue Sainte Lucie, 75015 PARIS (Métro Charles Michel ou Félix Faure)
Entrée libre

Prochain rendez-vous : lundi 03 septembre 2018 (2 Chroniques), jusqu’au 17 décembre

 

Notes : 

(1) Les Réformateurs ont exprimé leurs convictions en cinq formules significatives commençant par Sola ou solus (seul). La première d’entre elles, Sola Scriptura (l’Ecriture seule), commandait les autres : Solus Christus (Christ seul), Sola Gratia (la grâce seule), Sola Fide (la foi seule), Soli Deo Gloria (à Dieu seul la gloire),

(2) Voir https://www.museeprotestant.org/notice/la-reforme-et-la-bible-la-sola-scriptura/

(3) Voir https://lire.la-bible.net/118/fiche/actualites/fiche/10942

Programme des lectures : https://issuu.com/alliancebibliquefrancaise/docs/affiche_lecture_bibliques

Page facebook : https://www.facebook.com/Sola-Scriptura-1538229722939562/

 

« Watch it (again) » : « La leçon » de Ionesco

Un professeur timide et bégayant domine peu à peu (jusqu’à commettre l’irréparable) son élève, une jeune fille à l’innocence pleine d’assurance et de sottise, qu’il préparait au « doctorat total ».

Il y a quelques mois, j’ai eu l’occasion de voir « La Leçon » d’Eugène Ionesco(1), avec mon épouse, au théâtre de La Huchette, à Paris. Cette pièce en un seul acte, représentée pour la première fois en 1951, et jouée sans interruption dans ce même théâtre depuis 1957, est un « drame comique », appellation qui est déjà en soi un non-sens.  Cela n’est guère étonnant puisque cette pièce est représentative de ce que l’on appelle « le théâtre de l’absurde », qui apparaît dans le contexte de l’après-guerre (1939-1945). A l’issue de ce conflit mondial, l’homme découvre avec ivresse son plein potentiel en matière de « destruction massive ». Mais ce qu’il a « gagné » en pouvoir – semble-t-il illimité- se paye au prix lourd de la perte de son humanité, suite à la découverte des camps de la mort et aux bombardements nucléaires d’Hiroshima et Nagasaki. Cette déshumanisation se perçoit, comme Ionesco veut le démontrer dans son théâtre, dans cette incapacité à communiquer, à user de la parole – d’une parole dont les mots fassent sens –alors même que « le langage est le propre de l’homme », « animal pas comme les autres ». S’inscrivant dans cette réflexion, cette « leçon », paradoxalement, ne nous enseigne « rien » : elle veut nous montrer à quel point le langage, censé servir à communiquer – et donc à créer du lien – se retrouve détourné en instrument du pouvoir et d’asservissement. Témoignages du langage comme instrument du pouvoir, les règles de prise de parole à l’Assemblée Nationale ou au Sénat ; ou encore la situation classique du dîner ou de la réunion, où les présents n’ont pas « droit à la parole », sauf celui d’acquiescer au monologue du maître de céans/président de réunion.

Ici, le professeur, censé exercer une profession vouée à la transmission du savoir, s’empare peu à peu de la parole et la leçon devient cours magistral délirant et incohérent, noyant et subjuguant l’élève. Nous sommes bien loin du projet initial de Dieu, lequel est un Dieu qui ne se laisse pas voir mais qui parle. Et ce Dieu de la Parole aurait pu garder celle-ci exclusivement pour Lui. Sauf qu’Il a choisit de la partager à l’Homme exclusivement, Lui faisant même don de Celui qui est « la Parole faite chair »(Jean 1v1 et ss), soucieux de restaurer et d’entretenir une relation durable pour l’éternité avec nous.

 

Où voir « La Leçon » ? Par exemple à Paris, au théâtre de la Huchette, où elle est jouée sans interruption depuis 1957, avec « la Cancatrice chauve » ! A moins qu’elle ne soit jouée près de chez vous.

Sinon, le texte est disponible chez Gallimard, collection folio.

Extrait :

LE PROFESSEUR

(…) Arithmétisons donc un peu

L’ÉLÈVE
Oui, très volontiers, Monsieur.

LE PROFESSEUR
Cela ne vous ennuierait pas de me dire…

L’ÉLÈVE
Du tout, Monsieur, allez-y.

LE PROFESSEUR
Combien font un et un?

L’ÉLÈVE
Un et un font deux.

LE PROFESSEUR, émerveillé par le savoir de l’ÉIève.
Oh, mais c’est très bien. Vous me paraissez très avancée dans vos études. Vous aurez facilement votre doctorat total, Mademoiselle.

L’ÉLÈVE
Je suis bien contente. D’autant plus que c’est vous qui le dites.

LE PROFESSEUR
Poussons plus loin: combien font deux et un?

L’ÉLÈVE
Trois.

LE PROFESSEUR
Trois et un?

L’ÉLÈVE
Quatre.

LE PROFESSEUR
Quatre et un?

L’ÉLÈVE
Cinq.

LE PROFESSEUR
Cinq et un?

L’ÉLÈVE
six.

LE PROFESSEUR
Six et un?

L’ÉLÈVE
Sept

LE PROFESSEUR
Sept et un?

L’ÉLÈVE
Huit.

LE PROFESSEUR
Sept et un?

L’ÉLÈVE
Huit… bis.

LE PROFESSEUR
Très bonne réponse. Sept et un?

L’ÉLÈVE
Huit ter.

LE PROFESSEUR
Parfait Excellent. Sept et un?

L’ÉLÈVE
Huit quater. Et parfois neuf.

LE PROFESSEUR
Magnifique Vous êtes magnifique. Vous êtes exquise Je vous félicite chaleureusement, Mademoiselle Ce n’est pas la peine de continuer. Pour l’addition vous êtes magistrale. Voyons la soustraction. Dites-moi, seulement, si vous n’êtes pas épuisée, combien font quatre moins trois?

L’ÉLÈVE
Quatre moins trois?… Quatre moins trois?

LE PROFESSEUR
Oui. Je veux dire: retirez trois de quatre.

L’ÉLÈVE
Ça fait… sept?

LE PROFESSEUR
Je m’excuse d’être obligé de vous contredire. Quatre moins trois ne font pas sept. Vous confondez : quatre plus trois font sept, quatre moins trois ne font pas sept… Il ne s’agit plus d’additionner, il faut soustraire maintenant.

L’ÉLÈVE
s’efforce de comprendre. Oui… oui…

LE PROFESSEUR
Quatre moins trois font… Combien?… Combien?

L’ÉLÈVE
Quatre ?

LE PROFESSEUR
Non, Mademoiselle, ce n’est pas ça.

L’ÉLÈVE
Trois, alors.

LE PROFESSEUR
Non plus, Mademoiselle… Pardon, je dois le dire… ça ne fait pas ça… mes excuses.

L’ÉLÈVE
Quatre moins trois… Quatre moins trois… Quatre moins trois?… ça ne fait tout de même pas dix?

LE PROFESSEUR
Oh, certainement pas, Mademoiselle. Mais il ne s’agit pas de deviner, il faut raisonner. Tâchons de le déduire ensemble. Voulez-vous compter?

L’ÉLÈVE
Oui, Monsieur. Un…, deux… euh

LE PROFESSEUR
Vous savez bien compter? Jusqu’à combien savez vous compter?

L’ÉLÈVE
Je puis compter… à l’infini.

LE PROFESSEUR
Cela n’est pas possible, Mademoiselle.

L’ÉLÈVE
Alors, mettons jusqu’à seize.

LE PROFESSEUR
Cela suffit. Il faut savoir se limiter. Comptez donc, s’il vous plaît, je vous en prie.

L’ÉLÈVE
Un, deux…, et puis après deux, il y a trois… quatre…

LE PROFESSEUR
Arrêtez-vous, Mademoiselle. Quel nombre est plus grand? Trois ou quatre?

L’ÉLÈVE
Euh… trois ou quatre? Quel est le plus grand? Le plus grand de trois ou quatre? Dans quel sens le plus grand?

LE PROFESSEUR
Il y a des nombres plus petits et d’autres plus grands. Dans les nombres plus grands il y a plus d’unités que dans les petits…

L’ÉLÈVE
… Que dans les petits nombres?

LE PROFESSEUR
A moins que les petits aient des unités plus petites. Si elles sont toutes petites, il se peut qu’il y ait plus d’unités dans les petits nombres que dans les grands… s’il s’agit d’autres unités…

L’ÉLÈVE
Dans ce cas, les petits nombres peuvent être plus grands que les grands nombres?

LE PROFESSEUR
Laissons cela. ça nous mènerait beaucoup trop loin: sachez seulement qu’il n’y a pas que des nombres. il y a aussi des grandeurs, des sommes, il y a des groupes, il y a des tas, des tas de choses.telles que les prunes, les wagons, les oies, les pépins, etc. Supposons simplement, pour faciliter notre travail, que nous n’avons que des nombres égaux, les plus grands seront ceux qui auront le plus d’unités égales.

L’ÉLÈVE
Celui qui en aura le plus sera le plus grand? Ah, je comprends, Monsieur, vous identifez la qualité à la quantité.

LE PROFESSEUR
Cela est trop théorique, Mademoiselle, trop théorique. Vous n’avez pas à vous inquiéter de cela. Prenons notre exemple et raisonnons sur ce cas précis. Laissons pour plus tard les conclusions générales. Nous avons le nombre quatre et le nombre trois, avec chacun un nombre toujours égal d’unités; quel nombre sera le plus grand, le nombre plus petit ou le nombre plus grand?

L’ÉLÈVE
Excusez-moi, Monsieur… Qu’entendez-vous par le nombre le plus grand? Est-ce celui qui est moins petit que l’autre?

LE PROFESSEUR
C’est ça, Mademoiselle, parfait. Vous m’avez très bien compris.

L’ÉLÈVE
Alors, c’est quatre.

LE PROFESSEUR
Qu’est-ce qu’il est, le quatre? Plus grand ou plus petit que trois?

L’ÉLÈVE
Plus petit… non, plus grand.

LE PROFESSEUR
Excellente réponse. Combien d’unités avez-vous de trois à quatre?… ou de quatre à trois, si vous préférez?

L’ÉLÈVE
Il n’y a pas d’unités, Monsieur, entre trois et quatre. Quatre vient tout de suite après trois; il n’y a rien du tout entre trois et quatre!

LE PROFESSEUR
Je me suis mal fait comprendre. C’est sans doute ma faute. Je n’ai pas été assez clair.

L’ÉLÈVE
Non, Monsieur, la faute est mienne.

LE PROFESSEUR
Tenez. Voici trois allumettes. En voici encore une ça fait quatre. Regardez bien, vous en avez quatre j’en retire une, combien vous en reste-t-il? On ne voit pas les allumettes, ni aucun des objets, d’ailleurs, dont il est question; le professeur se lèvera de table, écrira sur un tableau inexistant avec une craie inexistante, etc.

L’ÉLÈVE
Cinq. Si trois et un font quatre, quatre et un font cinq.

LE PROFESSEUR
Ce n’est pas ça. Ce n’est pas ça du tout. Vous avez toujours tendance à additionner. Mais il faut aussi soustraire. Il ne faut pas uniquement intégrer. Il faut aussi désintégrer. C’est ça la vie. C’est ça la philosophie. C’est ça la science. C’est ça le progrès, la civilisation.

 

Note :

(1) Dramaturge d’origine roumaine, d’expression française (1912-1994). Père roumain et mère française. Il passe son enfance en France et son adolescence en Roumanie. Inquiet de la montée du fascisme et du nazisme dans son pays, où il voit tous ses amis y succomber, il regagne la France où il s’installe définitivement en 1942.