« Watch it » (again) : Forum des Attestants du 14 mai : « Transmettre l’Évangile, une question de vie ou de mort »

Source image : attester.fr

Le 14 mai 2022, de 9h30 à 17h00, a eu lieu un forum ouvert à tous, 100 % zoom, organisé par l’association des Attestants*, autour du thème: Transmettre l’Évangile : Question de vie ou de mort.

Pourquoi cette thématique ?

Les organisateurs du forum le justifient ainsi : « Alors que la guerre vient de faire son tragique retour à l’est du continent européen, provoquant son cortège de morts, de blessés et de réfugiés, le thème de ce Forum 2022 est hélas particulièrement pertinent et actuel. Nous sommes en pleine fin de crise du Covid en France et alors que le thème de l’héritage s’invitait dans la campagne présidentielle, la guerre en Ukraine lui donne une très forte dimension.

Dans le contexte du débat synodal de l’EPUdF sur Mission de l’Église et ministères, le thème de la transmission de l’Évangile doit bien évidemment prendre une place primordiale. En effet, parmi toutes les facettes de la mission de l’Église, le témoignage de la foi et la transmission de l’Évangile tiennent une place centrale et unique pour tous les chrétiens.

Dans un monde post-moderne où l’individualisme et le prétendu accomplissement personnel sont devenus norme absolue, comment dire le plan de Dieu pour chaque homme et chaque femme de notre temps ? Comment assumer cet héritage formidable que nous avons reçu, en vivre pleinement et le transmettre à notre tour pour que la vie du Ressuscité vienne remplir l’existence d’un maximum de nos contemporains ? Comment transmettre l’Évangile en tout temps et en tout lieu en commençant au plus près de nous, au sein de nos familles, auprès de nos amis, de nos collègues, et de tous ceux avec qui nous vivons au quotidien ? Indépendamment des circonstances sanitaires ou géopolitiques, la transmission de cet Évangile, qui remplit toute notre existence et fonde notre espérance, revêt une urgence pour notre monde tourmenté. Cette urgence est brûlante pour nos Églises.

Cette mission n’est pas celle des seuls spécialistes, théologiens, biblistes, etc. ; elle est celle de chaque chrétien membre du corps du Christ. Chacun à notre niveau et avec les dons que nous avons reçus, nous devons assumer l’Évangile reçu en héritage pour le transmettre à notre tour. C’est pourquoi dans le cadre de notre Forum 2022 nous allons réfléchir et nous former ensemble sur ce thème essentiel, afin d’être à même de remplir la mission que le Christ lui-même nous a confiée ».

Au programme [cliquez sur chaque intervenant ci-dessous pour (re)découvrir leur contribution]

De 9 h 30-12 h 30, table ronde animée par Marie-Christine CARAYOL, coach et intervenante en thérapie sociale, avec

  • Pierre-Yves KIRSCHLEGER, maître de conférences d’Histoire contemporaine, Université Paul-Valéry, Montpellier
  • Louis SCHWEITZER, professeur émérite d’éthique de la Faculté libre de théologie évangélique, Vaux-sur-Seine
  • Antoine NOUIS, docteur en théologie, co-fondateur de campusprotestant.com

14 h-17 h, Ateliers

  • Dire l’Évangile de façon compréhensible
  • Transmettre l’Évangile dans le scoutisme
  • Transmettre en manifestant son ouverture dans un accueil bienveillant, l’exemple des Parcours Alpha
  • Comment orienter sur l’essentiel en partant des préoccupations et questions posées ?
  • Transmettre l’Évangile dans une Œuvre sociale
  • Témoigner dans la famille
  • Transmettre et partager l’Évangile dans le couple
  • Témoigner auprès des enfants
  • Grands-parents témoins
  • Témoigner auprès des musulmans
  • Annoncer l’Évangile dans une société post-moderne
  • Témoigner en milieu sportif

Renseignements sur cet événement.

*Un événement organisé par les Attestants ; ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples de même sexe. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

Découvrir leur site et mes articles sur ce mouvement.

Initialement paru le 06 mai 2022 et mis à jour pour l’occasion

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Thyatire

« Quelles sont les occasions de chute qui sont tapies à notre porte ? Ces choses tellement communes que nous n’y prenons pas garde ? »

Quatrième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Thyatire, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

L’importance de Thyatire au premier siècle n’était pas politique. Ce n’était pas un important centre administratif (comme Corinthe), religieux (comme Éphèse), ou culturel (comme Athènes). La valeur de Thyatire tenait à sa place financière et commerciale. Remarquons que ce que Jésus remet en cause, ce sont des attitudes qui sont nourries par cette importance commerciale de Thyatire : « Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’inconduite et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. » (Ap. 2.20) L’inconduite et la viande sacrifiée aux idoles.

Ce n’est pas anodin, et nous devons prendre cela à cœur. La tentation de nous éloigner de Jésus passe par ce qui est le plus commun et le plus important dans la société autour de nous. À Thyatire, il est facile d’imaginer que les occasions de chute étaient liées aux attentes et structures commerciales de la ville, y compris les pratiques semi-cultuelles qui y étaient attachées. Et dans notre cas… quelles sont les occasions de chute qui sont tapies à notre porte ? Quelles sont ces choses tellement communes que nous n’y prenons pas garde et au sujet desquelles Jésus lui-même nous reprend, avec un avertissement aussi ferme que sérieux ? L’Esprit, qui parlait aux sept Églises peut nous donner la sagesse de le découvrir !

Laissons notre attention se porter sur le résultat de la tentation, le fruit de ce faux enseignement. Il n’est pas d’abord doctrinal, mais éthique. Il ne concerne pas premièrement un article de foi, mais la manière dont la foi est vécue. Le Jésus de la grande vision du chapitre 1 s’attend à ce que ses disciples vivent leur allégeance à ce nouveau Seigneur tout le temps, et pas simplement en mots. La bonne nouvelle se manifeste dans une vie vécue fidèlement, y compris lorsque cela suppose de vivre différemment.

Jésus nous appelle à vivre pleinement la foi qu’il a donnée. Il reprend fermement, mais il laisse aussi la porte ouverte au pardon. Lorsque nous serions tentés de condamner des frères ou des sœurs à cause de telle inconduite éthique ou politique, Jésus dit : « Mais à vous, à tous les autres de Thyatire, qui n’ont pas cette doctrine et n’ont pas, comme ils disent, connu les profondeurs de Satan, je dis : Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau. Seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme, jusqu’à ce que je vienne. » (Ap. 2.24-25). C’est une exhortation à être fermes en lui, à ne pas nous détacher de lui. C’est une parole d’espérance qu’il nous laisse !

Prochain épisode, la semaine prochaine : Sardes.

En ce moment, j’écoute « Comigo estas » de Rachel Novaes

La connaissiez-vous ? Rachel Novaes est une chanteuse, musicienne, et compositrice chrétienne. Depuis 20 ans, elle partage, à travers sa musique, l’amour transformateur de Dieu aux côtés de son mari Marcelo Novaes (à la guitare). 

A découvrir (ci-dessus) l’un de ses titres : « Comigo estas » (Tu es avec moi).

Et bien d’autres compositions encore sur sa chaîne.

Découvrir également son site et son témoignage lors du culte du 19/06 au temple du Marais (Paris), où elle animait la louange.

Bonne écoute !

Le buzz évangélique du mois : Dieu… « au contrôle » de CNews ?

Au-delà du « buzz évangélique », il s’agit ici de dépasser « l’anecdotique » pour privilégier une réflexion et une méditation biblique sur ce qu’est être « « bienheureux » et « joyeux », et sur ce que signifie « bénir » et être « un témoin fidèle et véritable ».

Cela vous a peut-être échappé : La vidéo a été tournée le dimanche 27 mars 2022, diffusée sur YouTube le 3 avril 2022, mais n’a fait le buzz qu’à la faveur d’un tweet daté du 2 juillet 2022, devenu viral, de Joao Gabriel, doctorant guadeloupéen en Histoire à l’université John-Hopkins de Baltimore, aux États-Unis. Cette vidéo, c’est celle de la journaliste Christine Kelly, ex-membre du CSA (2009-2015) et animatrice, depuis 2019, de l’émission « Face à l’info », sur CNews, invitée, aux côtés de Samuel Pruvot de Famille chrétienne, à venir sur la scène de l’église évangélique MLK de Créteil pour évoquer « ce que les candidats à la présidentielle pensent de Jésus ». Face à une salle comble, elle explique au pasteur Ivan Carluer, qu’elle est venue « pour témoigner de la puissance de Dieu » et à quel point sa foi guide au quotidien son travail.

Pour décrypter cette séquence, Arrêt sur image a invité en plateau le pasteur Ivan Carluer et Linda Caille, journaliste, spécialiste des questions religieuses. En visio, Joao Gabriel, doctorant cité plus haut et Jean-Paul Willaime, sociologue des religions, directeur d’études à l’EPHE.

« Alleluia » ? Gloire à Dieu » ? Pas si vite ! Personnellement, j’ai trouvé cette prestation particulièrement gênante.

Comprenons-nous bien : le problème n’est pas le fait, pour « un professionnel », de témoigner publiquement (à l’église ou ailleurs) de sa foi dans son travail ou de lui donner un sens spirituel.

Le problème est qu’il ne s’agit pas de n’importe quel travail, de n’importe quelle émission et de n’importe quelle chaîne.

Comme souligné en introduction, Christine Kelly est en effet présentatrice de l’émission controversée « Face à l’info », diffusée sur la non moins controversée chaîne CNews(1) – que je ne regarde pas, qui s’est faite porte-voix, entre autres, du racisme le plus décomplexé – avec à ses côtés, le polémiste Éric Zemmour(2) avant qu’il ne devienne candidat d’extrême droite d’inspiration maurassienne à l’élection présidentielle.

Celle qui a toujours nié sa responsabilité dans la condamnation d’Éric Zemmour pour « complicité de provocation à la haine raciale » envers les mineurs isolés étrangers, raconte à l’assistance qu’elle a « laissé (Dieu) piloter envers et contre tous, envers les insultes et les menaces. Et je me dis, si tu m’envoies là, c’est que tu as une mission, je ne sais pas laquelle, mais je vais la faire. »

Une mission pas si simple à assumer puisque la présentatrice qui était sous contrat avec Cyril Hanouna au moment où on lui a proposé le poste raconte avoir été ostracisée par ses proches pour avoir accepté d’aller sur CNews. Mais cela ne l’empêche pas de voir le fait de Dieu dans les succès d’audience de l’émission, et dans l’ascension politique d’Éric Zemmour une sorte de projet cautionné par Dieu. « Une chose est sûre, c’est que quand il est arrivé dans cette émission c’était l’homme le plus détesté de France et après il a pu être candidat à la présidentielle. » [Ledit candidat par ailleurs battu au premier tour de la présidentielle avec 7,7 % des voix et battu au premier tour des législatives, avec 0 élus pour son parti]

Dieu, « au contrôle de CNews » ? Mais l’on comprend mal comment Celui qui se déclare comme « le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l’impartial et l’incorruptible, qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’émigré en lui donnant du pain et un manteau. Vous aimerez l’émigré, car au pays d’Egypte vous étiez des émigrés » (Deut.10v17-19), voudrait d’une telle émission où Christine Kelly a continué à collaborer quotidiennement avec Eric Zemmour en roue libre, alors que celui-ci a été condamné à plusieurs reprises pour incitation à la haine et injure raciale, notamment pour ses propos à l’égard des mineurs isolés étrangers tenus sur son plateau et mollement modérés par l’animatrice.

Sans oublier les propos tenus par le polémiste, en toute fin d’émission, le 23/10/19 : « Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence par massacrer les musulmans, et même certains juifs. Et bien moi, je suis aujourd’hui du côté du général Bugeaud. C’est ça être Français« . Propos tenus en direct, non relevés, ni modérés par l’animatrice Christine Kelly qui s’est contentée d’une conclusion laconique : « Merci messieurs. Vous êtes partis sur un accord, vous finissez sur un désaccord« , avant d’annoncer la suite du programme sur CNews(3).

Ce qui est étonnant de la part d’une ex-membre du CSA, qui a pourtant su s’adresser avec assurance devant l’assemblée de MLK….

On le comprend d’autant plus mal que l’accueil de l’étranger est une préoccupation transversale de l’Ancien Testament et que la non stigmatisation des personnes (ou des groupes de personnes) est une préoccupation permanente du Nouveau Testament.

Arrêt sur image a d’ailleurs et notamment demandé pourquoi lors de cette séquence sur scène le pasteur hôte Ivan Carluer n’interroge jamais Christine Kelly sur les raisons qui l’ont poussée à continuer à collaborer quotidiennement avec Eric Zemmour, bien que ce dernier ait été multi-condamné. « Parce que je ne fais pas de politique », justifie-t-il, estimant que Christine Kelly se serait laissée déborder par Eric Zemmour.  « Je n’ai pas le droit de faire la politique. Je ne valide pas Zemmour. Ce qui m’intéresse c’est Christine Kelly qui assume sa foi. Je suis chez elle à ce moment-là, on fait famille. Et elle-même n’est pas politique ». Pourtant, c’était bien là LA question à poser à l’invité, susceptible d’impulser une édifiante discussion sur les limites d’un engagement au prix de la compromission….

De là ma gêne exprimée ici face à cette prestation de Christine Kelly à MLK.

C’est aussi gênant pour Joao Gabriel, lequel explique, sur twitter, que « lorsqu’on associe les bénédictions de Dieu à la réussite d’une émission, alors que cette émission a joué un rôle dans la diffusion des idées d’extrême droite, c’est une façon de normaliser l’extrême droite par des biais différents », soulignant que « le discours de Kelly sur l’audimat qui explose est important dans le sens où il joue avec un lieu commun de la pensée évangélique : si un truc prospère, c’est que Dieu y concourt ». Sauf que des psaumes, comme le psaume 37, ou le psaume 73, nous disent le contraire.

Gênant aussi quand le pasteur Ivan Carluer avance qu’Éric Zemmour « a eu de la chance » d’avoir à ses côtés Christine Kelly, déclarant : « Je pense M. Zemmour, que vous avez été béni ». C’est certes son point de vue, mais précisons que « Bienheureux » (« ashré », en hébreu) est le premier mot par lequel commence le livre des Psaumes (1v1), dans la Bible, mais aussi le sermon ou grand discours de Jésus sur la montagne, rapporté dans les Evangiles selon Matthieu et Luc. Mais plus que « bienheureux », le mot « ashré » signifie « joie », au singulier : « joyeux l’homme qui n’est pas allé dans le conseil des impies, ne s’est pas tenu dans le chemin des pécheurs et n’a pas demeuré dans la demeure des railleurs » [ou, selon la septante, traduction grecque de l’ancien testament, « ne s’est pas assis dans la chaire des pestilents », cad ceux qui enseignent une doctrine pernicieuse].

« Un groupe bénit ce qu’il cautionne. Pas ce qu’il trouve gentil ou joli », souligne sur son blogue le pasteur Gilles Boucomont de l’église protestante de Belleville. « Ce qu’il pense bon et bien pour l’existence à long terme du groupe. Mais il faut aller plus en profondeur dans la réalité biblique pour comprendre ce que bénir veut dire dans les Ecritures. La bénédiction première dans le fil du récit biblique est celle du créateur qui lance son “C’est bon !” (TOV) au fil des réalités qu’il a créées en ordonnant le chaos (TOHU wa BOHU) initial. C’est bon quand la confusion entre le lumineux et le ténébreux cesse, quand l’entremêlement du mouillé et du sec touche à sa fin. Et ce n’est pas bon comme une catégorie de la morale, mais comme un décret divin. C’est bon parce que Dieu dit que c’est bon. C’est bon parce que Dieu décide et proclame haut et fort que c’est bon ».

« Bénir », ce n’est donc pas « dire du bien » de (et à) quelqu’un, parce que nous pensons que c’est sympa ou « cool » de le dire, mais élever la voix (ou prendre la plume) pour seulement et simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : soit dire une chose juste et vraie. Nous disons que « c’est bon », « très bon », ou « pas bon », parce que Dieu dit que c’est le cas.

Dieu peut-il alors dire que ce qui se donne à voir et à entendre sur CNews est « bon », voire même « très bon » et « à sa gloire », « pour l’édification de tous », vu l’esprit et la ligne éditoriale de la chaîne ?

C’est ainsi qu’il est tout sauf anodin de venir expliquer en public, en tant que chrétien, « à quel point » notre foi « guide au quotidien notre travail » : c’est une responsabilité, puisque c’est rendre visible le Christ, notre Seigneur, affirmant que le « Règne de Dieu s’est approché », dans un esprit de service, en bon témoin fidèle et véritable.

Ce qui est attendu d’un boulanger, qu’il soit chrétien ou non, c’est qu’il fasse du bon pain. De même, chacun dans son domaine, pour un médecin chrétien, un boucher chrétien, un professeur des écoles chrétien, un artiste chrétien ou un journaliste chrétien.

Aller plus loin :

Ce que pourrait être une contribution chrétienne aux médias et au traitement de l’information

Etre un meilleur chrétien grâce au journalisme 

Une vision chrétienne du journalisme : ce que signifie « se laisser conduire par l’Esprit saint »

Notes :

(1) Anciennement nommée I-Télé, CNews s’est faite porte-voix, entre autres joyeusetés, du racisme le plus décomplexé. Éric Zemmour y officie ainsi quatre fois par semaine dans l’émission Face à l’info présentée par Christine Kelly. C’est dans ce cadre qu’il a donné cette considération sur les mineurs étrangers isolés, le 29 septembre 2020 : « Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs. C’est tout ce qu’ils sont ». [propos mollement modérés par Christine Kelly : « Eric Zemmour, vraiment ? Il n’y a pas de juste milieu ? » , un « pas tous », et par un « on vous laisse la responsabilité de vos propos »] Un dérapage ? Non, une tradition chez cet admirateur du général Bugeaud, qui le 31 août 2019 balançait au sujet d’agressions estivales : « On sait que les victimes s’appellent Mélanie et les assassins Youssef. » Éric Zemmour a été mis en demeure en 2019 par le CSA pour avoir vanté l’action de ce militaire lors de la conquête de l’Algérie, sans être modéré ou recadré par l’animatrice Christine Kelly, dans le cadre de l’édition du 23 octobre 2019 de « Fac à l’info » : « Quand le général Bugeaud arrive en Algérie, il commence à massacrer les musulmans, et même certains juifs. Et bien moi, je suis aujourd’hui du côté du général Bugeaud. C’est ça être français ! » [émission indisponible à ce jour en replay, y compris sur le site de la chaîne CNews. Voir ce compte-rendu sur https://www.ozap.com/actu/-je-suis-du-cote-du-general-bugeaud-eric-zemmour-fait-l-apologie-des-massacres-coloniaux-en-algerie-sur-cnews/584990 et https://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2019/12/03/le-csa-met-en-demeure-cnews-pour-des-propos-d-eric-zemmour-sur-la-guerre-d-algerie_6021460_3236.html ]

Loin de causer du tort à la chaîne, cette stratégie éditoriale semble au contraire porter ses fruits : les taux d’audience ne cessent de grimper. L’été 2020, CNews a dépassé LCI pour devenir la deuxième chaîne d’information française derrière BFM TV, caracolant régulièrement au-dessus de la barre des 500 000 téléspectateurs [et atteint près d’un million de téléspectateurs en 2021, ce qui permet à CNews d’arriver largement en tête des chaînes d’information sur cette tranche horaire et contribue à son succès croissant face à BFM TV] (cf https://basta.media/25-heures-devant-CNews-Zemmour-Praud-chaine-ou-prospere-ideologie-reactionnaire-extreme-droite ).

(2) Promoteur du fantasme « du grand remplacement » et réhabilitant Pétain, ce candidat s’est déclaré « pour l’Eglise et contre le Christ », instrumentalisant le christianisme

(3) Des propos qui, pour le CSA, contreviennent à plusieurs des obligations de la chaîne, jugeant que ces propos « ont pu être perçus » comme « une légitimation de violences commises par le passé à l’encontre de personnes de confession musulmane mais aussi comme une incitation à la haine ou à la violence à l’égard de cette même catégorie de la population ». En outre, le régulateur estime que CNews, en diffusant ces propos en direct « sans réaction ni même modération » de la part de l’animatrice, a manqué à son obligation de garder la maîtrise de son antenne, qui s’impose en toutes circonstances.

Mercredi 13 juillet 2022, le Conseil d’Etat a rejeté les demandes d’Eric Zemmour et de CNews pour annuler l’amende de 200.000 euros infligée à la chaîne par le régulateur des médias pour « incitation à la haine » et « à la violence » après les propos du polémiste d’extrême-droite sur les mineurs migrants isolés. Au coeur du litige, une sanction du CSA (devenu ARCOM) prise en mars 2021 pour ces mêmes propos. La plus haute juridiction administrative en France a en effet estimé que « la sanction litigieuse est fondée », motivant sa décision comme suit : « D’une part, sur la méconnaissance par la chaîne CNews de son obligation de ne pas diffuser de programmes incitant à la haine et de ne pas encourager des comportements discriminatoires » et « d’autre part, sur un manquement à son obligation de maîtrise de l’antenne ».

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Pergame

« Quand l’activité de l’ennemi est tellement forte, nous avons l’impression qu’il règne là. Mais le silence du Seigneur sur ce fameux « trône de Satan » laisse entendre que l’Eglise ne devait pas d’abord s’inquiéter des attaques de l’ennemi »
(Scène du film « 007 Spectre » de Sam Mendes (2015)

Troisième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Pergame, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

Il y a des fois où, dans notre vie chrétienne, les difficultés sont tellement grandes que nous ne savons plus quoi faire. C’est pareil dans la vie d’une Eglise : il y a tellement d’oppositions que nous avons l’impression de vivre une attaque directe de l’Ennemi, lui qui ne cesse pas de tenter de détruire le peuple de Dieu. Notre pasteur est en burn-out, l’Eglise vient de vivre une division, il y a eu des trahisons dans l’Eglise, et des destructions de propriétés. Le groupe d’évangélisation a même été insulté en pleine rue. Dans ces cas-là, nous pourrions avoir l’impression de vivre une attaque de Satan.

Et cela peut être le cas ! C’était bien cela pour l’Eglise de Pergame, car là était le trône de Satan (2.13). L’activité de l’Ennemi était tellement forte, qu’on pouvait avoir l’impression qu’il régnait là. Est-ce que nous pensons que le monde dans lequel nous vivons est le pire qui puisse être ? Peut-être. La question en fait n’est pas aussi essentielle. Ce qui importe ici c’est l’exhortation du Seigneur. Cet encouragement est double.

D’une part, le silence du Seigneur sur ce fameux « trône de Satan » laisse entendre que l’Eglise ne devait pas d’abord s’inquiéter des attaques de Satan, mais regarder à la sainteté de sa vie… à sa fidélité. Ceci est renforcé, d’autre part, par le reproche du Seigneur. Celui-ci est adressé à l’Eglise elle-même. Avec humilité, elle doit prendre conscience qu’elle s’est acclimatée à sa culture. Elle a accepté, et même encouragé, ce qui ne devrait pas l’être. Ce qui est dénoncé, et pour lequel il doit y avoir confession, c’est de prendre l’Evangile pour prétexte à une liberté absolue. Je fais ce que je veux, car de toute façon Jésus m’aime. Oui… il nous accueille comme nous sommes, mais ne veux pas que nous restions comme nous sommes. Il désire que nous devenions comme lui !

Enfin, il y a la merveilleuse promesse finale, qui est probablement la plus belle de toutes celles adressées aux Eglises de l’Apocalypse : « Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée et un caillou blanc ; sur ce caillou est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, sinon celui qui le reçoit » (2.17). Christ nous donne un nom nouveau, qu’il choisit pour nous ! Voilà une récompense merveilleuse surtout si… ce nom était le sien, comme dans le chapitre 14.

Porter le nom de Christ, voilà un beau résumé de l’Evangile !

Prochain épisode : Thyatire

En ce moment, j’écoute : « Elohim Ta’ase She Nigdal », de Chaim Israel (et autres chants de louange hébraïques)

En ce moment revient en boucle cette anthologie de chants de louange hébraïques [près de 2h20 d’écoute], dont « Elohim Ta’ase She Nigdal », de Chaim Israël [à partir de 02:01], de nature à nous faire voyager.

Les paroles en français :

Même si la peur survient,
Et que la guerre menace d’éclater,
L‘amour de Dieu est ma force dans la vie.
Ma bouche dira tes louanges,
Les cieux chantent tes œuvres,
Je prie pour que nous obtenions la bénédiction de la joie.

Dieu fais que nous grandissions,
Que nous accomplissions les commandements sans cesse,
Que nous aimions toute chose et que nous éclairions les ténèbres,
Que nous brillions comme une étoile dans l’espace.
Dieu fais que nous grandissions,
Que nous nous réjouissions et que nous dansions, que nous aimions aimer,
Que nous recevions tout sans poser de question,
Seigneur.


Les nuages sont au-dessus de nous,
Un immense bonheur habite notre cœur,
Les cieux sont vastes et nous recueillons les instants,
Le jour viendra de nouveau
Où notre cœur battra dans le firmament,
Un amour suprême et une union avec la lumière éternelle.

Dieu fais que nous grandissions…

L’anthologie musicale, dans le détail : bonne écoute !

01. In Time N – Avinu malkeinu [02:01]

02.Chaim Israel – Elohim Ta’ase She Nigdal [04:01]

03. Yosi Azulai – Avi HaTov SheBaShamaim [05:02]

04.Lehakat Segol – Hine ani [07:40]

05.Yosef Karduner -Aleinu [03:32]

06.Etti Ankri – Baruh haShem [04:13]

07.HaSodot OST – Venisgav Hashem [03:15]

08.Yehouda Zeitoun – Ata Nisi [03:19]

09.Yariv Goldman – Rahamim Avakesh [04:01]

10.Chaim Israel – Ata Kadosh [04:27]

11.Moshav Band – Shabos Kodesh [03:53]

12.Lakahat Sagol – Shir Lamaalot [07:28]

13.Ben Snof – Shuvi [03:40]

14.Kobi Aflalo – Shma [04:24]

15.Moshe Perets – Shir Lemaalot [06:42]

16.Gad Elbaz – Yedid Nefesh [03:09]

17.Chaim Israel – Shar veOhev [03:35]

18.Josef Chaim (Arthur Akilov) – Avinu Malkeinu [06:49]

19.Shoham Simchi – Shorashai [03:55]

20.Boaz Mauda Ft. Sirusho & Jelena Tomasevic – Time To Pray [04:12]

21.Various Artists & the B’Nai Jeshurun Congregation – Adon Olam [03:11]

22.Chaim Israel – Adon Hakol [03:37]

 23.DD & Apple Pai – Baruh Adonai [03:50]

24.Diwan HaLev – Keayal Taarog [04:47]

25.Eyal Golan – Malchey Hamlachim [04:06]

26.Boaz Mauda – Lahzor Habaita [03:40]

27.Yossi Azulai – Vehi Sheamda [05:09]

28.Jonathan Settel – Adonai S’fatai [04:04]

 29.Yehouda Zeitoun – Mi Kamoha [04:20]

30.Yossi Azulay – Elohim leoreh hayam [04:41]

31.HaSodot OST – Shomer Israel [03:02]

32.Etti Ankri – Mizmor leDavid [04:02]

33.Iris & Ofer Portugaly with Israeli Gospel Choir – Yom Gadol [03:50]

Le top 10 des Magazines chrétiens à lire pendant l’été

Et si nous profitions de l’été pour (re)découvrir une presse résolument chrétienne, et donc revendiquant « Christ seul » ?

L’été est là et nous avons déjà évoqué la question existentielle du mois susceptible de se poser au moment de préparer sa valise en vue de grands voyages ! Comment réussir à bien choisir ses livres à emporter, et surtout comment les caser dans ladite valise ? Sans oublier les magazines ! 

Pep’s café!, également grand lecteur de périodique papier, vous propose son top 10 en matière de presse et publication chrétienne. Bonnes (re)découvertes !

Christ seul :  magazine des Eglises Evangéliques Mennonites de France, qui paraît 11 fois par an, et dont l’ objectif est « de contribuer à une foi et une éthique chrétiennes fondées sur Jésus-Christ, vécues en Eglise, pour le bien de tous ». Découvrir le site du journal et le blogue. Une bonne publication, au très beau nom, pour mieux connaître cette branche du protestantisme, issue du mouvement anabaptiste parfois qualifié de « Réforme radicale ». Ces premières « Eglises de professants » se caractérisent par : la primauté de la démarche personnelle de choix de la part du croyant, le baptême des seuls adultes, la pratique de la non-violence, et la participation de tous-sans distinction entre clercs et laïcs-« à une vie de simplicité, de partage et de prière ».

Croire et Vivre : Un magazine destiné à « donner l’envie de croire », quel que soit le lectorat mais particulièrement pour ceux qui se posent des questions sur leur foi. Il appartient à Croire-Publications, fruit de la rencontre de plusieurs revues complémentaires nées au sein de la FEEBF(Fédération des Églises Évangéliques Baptistes de France)  : Croire et lire, Hokhma, Les cahiers de l’école pastorale…

Foi & Vie, la revue de culture protestante. A la croisée de plusieurs courants théologiques, une excellente revue fondée en 1898, qui se propose de porter un regard chrétien (protestant) sur les mutations de notre monde.

La Croix. Fondé en 1880, un des meilleurs(le meilleur ?) quotidiens nationaux français, qui a su rester lui-même, indépendamment des modes. Appartenant au groupe Bayard, il prône un catholicisme moderne et progressiste. Points forts : informations internationales et couverture de faits sociaux. Pas de faits divers. A noter que le responsable du service photo est très à cheval sur les questions éthiques liées à l’image, le respect de la dignité des personnes faisant directement écho aux valeurs du journal.

La Croix, c’est aussi La Croix l’Hebdo, « le magazine des questions essentielles », qui, chaque semaine depuis le 04/10/19, nous invite à nous « extraire du flot de l’info, pour mieux comprendre les enjeux radicaux du monde et y trouver (notre) place ».

Le Christianisme Aujourd’hui : il est actuellement, à ma connaissance, le seul mensuel d’information et de réflexion protestant évangélique francophone de référence. A ce titre, une source d’information essentielle sur cette branche du christianisme. Né en 2003 de la fusion du « Christianisme au XXIe siècle » (fondé en 1871 !) et du mensuel « L’Avènement », il est publié en deux éditions distinctes, l’une française et l’autre suisse. Le Christianisme Aujourd’hui fait partie du groupe de presse protestant Alliance Presse, qui propose plusieurs magazines, notamment pour les enfants, les jeunes, la famille(Family), ou les femmes(SpirituElles).

Le Verbe : d’esprit évangélique (au sens premier du terme), le Verbe témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique, en conjuguant foi catholique et culture contemporaine. La joyeuse équipe québecquoise (journalistes, artistes, penseurs – chrétiens ou non) produit un magazine bimensuel de 20 pages (distribué gratuitement dans les places publiques), un numéro spécial biannuel (mook) de 116 pages (envoyé gratuitement par la poste aux abonnés), un site web animé par une quarantaine de collaborateurs réguliers et une émission de radio hebdomadaire, On n’est pas du monde (diffusée sur les ondes de Radio Galilée, Radio VM et aussi disponible en baladodiffusion). S’adresse aux hommes (et femmes) de bonne volonté, en quête de vérité, bonté et beauté. Rafraîchissant, édifiant et sympathique…d’autant plus que l’équipe du Verbe vit d’amour, d’eau fraîche et….de café !

« Limite ». Première revue d’écologie intégrale, fondée en septembre 2015, « Limite » entend peser dans le débat public pour promouvoir une conversion écologique à la fois radicale et enracinée. D’inspiration chrétienne, la revue est ouverte à toutes les personnes soucieuses d’opposer à la technique sans âme et au marché sans loi un mode de vie plus juste, plus décent et plus durable. Engagée sur les grands enjeux environnementaux, sociaux, économiques et bioéthiques de notre temps, « Limite » milite [répéter très vite, 10 fois de suite] avant tout pour la décroissance et la convivialité.

Promesses, revue de réflexion biblique : une excellente revue dont Pep’s Café! a déjà dit le plus grand bien. S’il y en avait qu’une, ce serait celle-là…Pour découvrir les coulisses de cette publication édifiante et pratique, à la longévité étonnante(elle paraît depuis 1967 !), et dont la mission est « d’être une référence biblique solide dans un monde en perte de repères », c’est par ici.

Réforme. Hebdomadaire emblématique du Protestantisme français. Créé à la Libération(le premier numéro paraît le 24 mars 1945) par Jean Bosc, Albert-Marie Schmidt, Denise Berthoud (la fille du pasteur Boegner) et Albert Finet, des protestants français, résistants actifs ou philosophiquement engagés. Réforme représente surtout les sensibilités réformée et luthérienne, mais est très ouvert à l’œcuménisme. On peut apprécier tout particulièrement sa volonté d’être « au plus près de l’actualité », son goût pour la confrontation des idées et les débats contradictoires par-delà les sensibilités, sa façon de « problématiser » et sa capacité à prendre des risques face aux grands événements de l’histoire contemporaine : en témoignent son engagement en faveur de la décolonisation, sa dénonciation des tortures pendant la guerre d’Algérie, son soutien de la construction européenne, sa recherche du sens de la contestation de mai 68, comme son opposition au choix de la France de développer l’énergie nucléaire et au surarmement….

Revue Projet : Une excellente publication qui propose des alternatives à « Notre projeeet ! », et entend, au croisement de l’action de terrain et de la réflexion universitaire, aider ses lecteurs à comprendre le monde, mais aussi à le réinventer.  La Revue Projet veut mettre en débat les questions politiques et sociales partiellement traitées ailleurs, et porte en particulier le souci du sort des plus fragiles et de l’avenir de la planète, de la vitalité démocratique comme des équilibres économiques et sociaux, en France, en Europe et dans le monde. 

Et (en anglais) le 11ème pour la route : Christianity Today : un excellent magazine mensuel d’information et de réflexion chrétien évangélique américain [si, si, ça existe !], basé à Carol Stream aux États-Unis. Fondé par Billy Graham, sa première publication remonte à 1956. Qualifié de « magazine phare de l’évangélisme » par le Washington Post et de « magazine évangélique grand public » par le New York Times, CT dispose également d’un site web, qui propose une sélection d’articles en français.

A part la Croix, La Croix l’hebdo, et Limite, disponibles sur abonnement et en kiosques/relais presse, la majorité de ce top 10 et+ est disponible sur abonnement et/ou en librairie chrétienne. 

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : lettre à l’église de Smyrne

Une LETTRE très courte et très simple à comprendre….(Source image : public domain pictures)

Deuxième épisode de notre série de l’été« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse.

Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Smyrne, par Louis-Michel, que je remercie pour sa contribution.

Il était une fois l’histoire incroyable d’une LETTRE envoyée par l’apôtre Jean à l’ange de l’assemblée de Smyrne (aujourd’hui son nom est Izmir) … (Apocalypse Ch.2 v.8-11).

Jean écrit ici une LETTRE très courte et très simple à comprendre par les destinataires de l’église de Smyrne (en Asie mineure). Cette LETTRE n’est pas du tout la même que celle adressée à l’ange de l’église d’Éphèse. Elle s’adapte aux chrétiens concernés. Le Seigneur rappelle quelques réalités dans le vécu de Smyrne : Je connais tes oeuvres, ta détresse et ta pauvreté … pourtant tu es riche … et le « Fils de l’homme » précise la présence épouvantable de calomnies de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas (v.9).

Ce groupe de personnes forment une synagogue de SatanAu verset 10, les chrétiens de Smyrne sont avertis d’une persécution imminente orchestrée par le diable ! En effet, la divinité de Smyrne était LE CULTE DE ROME à travers l’image de Tibère. Les habitants de Smyrne ont reçu l’autorisation de construire ce Temple en l’an 26 ap. JC. Toute la ville, dont le port était le plus important de l’Asie, brillait de mille feux grâce une architecture moderne et efficace, avec des bâtiments splendides, des symboles de la spiritualité liée au culte de l’Empereur …

L’archéologie et l’histoire nous aident à comprendre ce que devaient vivre les chrétiens de cette grande et glorieuse cité. Face à l’abondance de Smyrne, les chrétiens semblaient si fragiles et si pauvres, des gens sans défense dont on pouvait profiter sans risque …

Et la LETTRE d’ambassade du Seigneur remet tout en cause !

Qui passera par l’épreuve ? Les chrétiens, c’est vrai.

Qui sera fidèle jusqu’à donner sa vie ? Les chrétiens c’est encore vrai.

Qui recevra la couronne de vie ? Alléluia ! Les chrétiens !!! Rappelons-nous que seule la victoire permettait au vainqueur de parader devant l’Empereur de Rome avec une couronne au-dessus de sa tête …

Qui n’aura pas à souffrir la seconde mort (celle du Jugement dernier) ? Les chrétiens que Dieu aura conduit à travers cette épreuve satanique courte mais violente (v.10).

Oui, la LETTRE annonce une épreuve terrible, mais elle annonce aussi la fin glorieuse de ceux qui se sont attachés au Seigneur jusqu’au bout !

Smyrne était UNE BELLE ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE qui vivait un évangile authentique et puissant. Grâce à l’encouragement du Seigneur, cette église a pu passer le temps de l’épreuve.

On pourrait nommer ce groupe de croyants, au fil des ans, les « serviteurs souffrants » pour reprendre une expression du prophète Esaïe. En effet, plus tard, l’un des plus célèbres disciples de Jean, Polycarpe, mourra à Smyrne comme un martyr, en 155 ap. JC …

Qu’apprenons-nous aujourd’hui ? Si le temps actuel est difficile, la fin sera glorieuse, pourvu que nous restions sans cesse dans la présence de notre Bien-aimé Sauveur : Jésus.

AMEN !

Prochain épisode, la semaine prochaine, par un nouveau contributeur : Pergame.

« Perdu(e) : Quand le rêve tourne au cauchemar » ou le petit livre blanc des jeunes

Le coeur de l’Evangile dans un petit livre blanc pour jeunes

« C’est quoi, l’Evangile ? », m’a un jour demandé un jeune adulte, pourtant engagé dans l’enseignement, au sein de son église locale.

« L’Evangile ? Ca ne peut pas faire de mal », s’est dit un jour une jeune étudiante, avant de confesser Jésus-Christ comme son Sauveur et Seigneur.

« L’Evangile ? » Une bonne nouvelle qui se résume ainsi : Jésus accueille les pécheurs ! 

C’est là, en effet, le coeur du message de l’Evangile tel qu’il est présenté aux adolescents, de façon vivante, percutante et stimulante, par Jonty Allcock dans « Perdu(e) : quand le rêve tourne au cauchemar », paru aux éditions Scriptura le 13 mai 2022.

Dans ce but, ce « petit livre blanc des jeunes » illustré nous invite à une visite guidée impliquante pour (re)découvrir une histoire que Jésus raconte en Luc 15v11-32, parce qu’il est critiqué pour avoir « fait bon accueil aux pécheurs » et avoir mangé avec eux (v2) : l’histoire d’un père qui a deux fils. Le premier lui tourne le dos pour poursuivre son rêve d’aventure et de liberté. Le deuxième fils reste sagement à la maison. Mais bien vite, le rêve tourne au cauchemar, et nous comprenons le rapport entre le sous-titre et l’illustration du livre [un cochon confortablement installé dans un fauteuil, un verre de vin à la patte].

Nous comprenons aussi que le plus perdu des deux fils n’est pas celui que l’on pense, et ce que Jésus entend par « être perdu et retrouvé » par Dieu. Au fil de la lecture, nous allons de surprise en surprise, en étant surpris par le père, surpris par les fils et surpris….par ce que cette histoire nous raconte sur notre propre cœur !  Sans oublier la plus grande surprise de toutes…Une surprise carrément époustouflante, que vous découvrirez une fois que le livre entre les mains !

En bref : 

« Perdu(e) : quand le rêve tourne au cauchemar », de Jonty Allcock. Scriptura, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française, que je remercie !

Illustré, court et clair, avec des questions à chaque fin de chapitre, cet ouvrage, destiné aux adolescents à partir de 12 ans, est aussi un excellent outil pour les responsables jeunesse.

Recommandé, outre par Pep’s café!, par

Les Groupes Bibliques Lycéens (Laetitia Bardina),

Alpha Jeunes et Alpha Campus (Pascaline St Georges),

Et le Chemin Neuf Jeunes (Père Mustapha Amari)

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, dont celle-ci.

Pour les plus jeunes (dès 5 ans), je recommande également ce magnifique album de Christiane Herrlinger et Matthias Weber, intitulé « Le Fils prodigue », paru aux éditions Bibli’O en mai 2022.

Comment étudier l’Economie sous un angle chrétien (au risque de se faire traiter de « socialiste »)

« Ce qui ne va pas avec le conservatisme », selon Christopher Lasch : Non seulement (les conservateurs) n’expliquent pas suffisamment la destruction des « valeurs traditionnelles », mais ils se rangent involontairement du côté des forces sociales qui ont contribué à leur destruction (Source image : public domain pictures)

Vous avez certainement lu ce texte – actuellement viral sur les réseaux @sociaux depuis mai 2022 – et attribué à un certain pasteur méthodiste Dave Barnhart : 

« Les enfants à naître » sont un groupe bien pratique à défendre. Ils ne vous demandent jamais rien. Ils sont moralement simples, au contraire des prisonniers, des victimes d’addictions, ou des pauvres chroniques ; ils ne ressentent pas la condescendance et ne se plaignent pas que vous ne soyez pas politiquement correct ; contrairement aux veuves, ils ne vous demandent pas de questionner le patriarcat ; contrairement aux orphelins, ils ne demandent ni argent, ni éducation, ni soin ; contrairement aux étrangers, ils n’apportent pas le bagage racial, culturel et religieux que vous n’aimez pas ; ils vous permettent de vous sentir bien quant à vous même sans avoir besoin de créer ou maintenir des relations ; et quand ils sont nés, vous pouvez les oublier, parce qu’ils cessent d’être à naître. C’est comme si en naissant ils mouraient pour vous. Vous pouvez aimer les enfants à naître sans avoir à changer sérieusement votre propre richesse, pouvoir ou privilège, sans ré-imaginer les structures sociales, vous excuser ou faire des réparations à quiconque. Ils sont, en fin de compte, les gens parfaits à aimer si vous aimez dire que vous aimez Jésus mais n’aimez pas en fait tout ce qui respire. Les prisonniers ? Les immigrants ? Les malades ? Les pauvres ? Les veuves ? Les orphelins ? Tous les groupes spécifiquement mentionnés dans la Bible ? Ils sont tous jetés au diable au profit des enfants à naître« .

Précisons-le : Ce texte a vraiment été écrit par le pasteur Barnhart. Ce dernier, qui est pasteur à l’église méthodiste unie Saint Junia à Birmingham, en Alabama(1), a publié ce message pour la première fois sur sa page Facebook en 2018. À l’époque, les élus de l’Alabama étaient en train d’adopter un amendement à la constitution de l’État qui « reconnaîtrait les droits de l’enfant à naître » afin de garantir que « les fonds de l’État [n’iraient] pas au financement des soins d’avortement », selon AL .com .

Une prise de position qui lui a valu récemment cette « réponse courte » sur la toile : « Cause toujours, anabaptiste »(2) (sic – comme si c’était une insulte ! C’est le signe que le pasteur Barnhart a touché juste), et cette « réponse longue » : « Ce genre d’attaque [comprendre : ce genre de prise de position du pasteur Barnhart] présuppose que la seule façon de militer pour une cause sociale est la façon socialiste(sic), avec ses conceptions et ses stratégies ». Accusation classique, mais plutôt réductrice et de nature à noyer le poisson pour ne pas traiter le sujet dans le fond. 

Car tout lecteur de la Bible sait que le Seigneur est bien « le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l’impartial et l’incorruptible, qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’émigré en lui donnant du pain et un manteau. Vous aimerez l’émigré, car au pays d’Egypte vous étiez des émigrés » (Deut.10v17-19), que celui « qui opprime le faible outrage son Créateur, mais qui a pitié du pauvre l’honore » (Prov.14v31), et que nous n’avons pas à mêler « des cas de partialité à (notre) foi en notre glorieux Seigneur Jésus Christ« , par exemple, en déroulant le tapis rouge au riche, tout en accordant la place du déshonneur au pauvre. (Jacq.2v1-9)

Comme l’écrivait Philippe Malidor, journaliste à Réforme, auteur et traducteur, dans « Si j’étais président…  – Le sel du scrutin présidentiel » (16/02/2012) : « Faut-il insister davantage sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, 65 millions de citoyens vivants ? Quid de la justice, de l’équité, de l’honnêteté en affaires, de la santé, de l’emploi, de l’éducation, de la morale publique, du droit d’opinion et de religion ? » 

Ce constat en appelle un autre, tel celui formulé par Etienne Omnès dans un excellent article intitulé « comment étudier l’économie sous un angle chrétien », paru sur son blogue en 2019 : d’après lui, la question du Travail et de l’Economie « est peut-être ce qui est le moins abordé dans l’église évangélique », et le sujet « dont on se désintéresse le plus, au point où l’on est persuadé que le christianisme et la Bible n’ont rien à dire sur notre modèle économique. Si jamais la Bible a quelque chose à en dire, c’est pour condamner le méchant socialisme et soutenir le « capitalisme » (mais allez savoir quelle définition…). En comparaison, les catholiques romains ont le mérite d’avoir une doctrine sociale EUX ».

De son propre aveu, Etienne savait « que c’était probablement un sujet important(3) », mais il n’en avait « pas fait une priorité » avant de lire Christopher Lasch sur « ce qui ne va pas avec le conservatisme ». L’une de ces critiques en particulier lui parlait : Les conservateurs partent du principe que la déréglementation et le retour au marché libre résoudront tout, favorisant une renaissance de l’éthique du travail et une résurgence des « valeurs traditionnelles ». Non seulement ils n’expliquent pas suffisamment la destruction de ces valeurs, mais ils se rangent involontairement du côté des forces sociales qui ont contribué à leur destruction, par exemple dans leur plaidoyer pour une croissance illimitée.

« Pour moi qui ai toujours grandi dans un milieu où l’on tempêtait sans cesse contre les « attaques contre la famille », c’était une révélation », explique Etienne : « le plus grand des ennemis de la Famille, ce n’était pas l’Etat, mais le Marché. Cela est confirmé par cette autre citation, sur l’effet des banales pubs que vous consommez à la télé : Le fait n’est pas que la publicité manipule le consommateur ou influence directement ses choix. Le fait est que cela fait du consommateur un toxicomane, incapable de vivre sans des pertes de plus en plus importantes de stimulation et d’excitation d’origine externe (…). Pour Lasch – et il a raison- la publicité qu’ingurgite mes fils est bien plus destructrice que les délires(sic) de Marlène Schiappa »  [laquelle vient de faire son retour dans le gouvernement Borne, en tant que secrétaire d’Etat chargée de l’économie sociale et solidaire et de la vie associative ].

Et « à partir de ce moment-là », poursuit Etienne, « j’étais convaincu qu’étudier le Marché était une des tâches les plus urgentes et fondamentales que je pouvais faire.

Mais comment ?

Et surtout, comment en sortir une vision chrétienne ? »  

L’article courageux d’Etienne, qui lui vaudrait certainement aujourd’hui de se faire traiter de « socialiste » par les laudateurs du « capatalism », se propose premièrement de pointer « les erreurs courantes dans les traitements évangéliques de l’Economie » :

(….)

1.    [Les Evangéliques] n’étudient que ce que la Bible dit du Travail, sans jamais chercher à l’appliquer. On aboutit à des platitudes inutiles du genre : « le travail c’est nécessaire pour l’homme, la pénibilité n’est qu’une punition temporaire ». Pendant ce temps, une usine ferme, créant 10 suicides et 20 divorces et là-dessus pas un mot

2.    Ils essaient de l’appliquer mais sont extrêmement superficiel en économie: (…..)

3.    Ils étudient correctement ce que dit la Bible, ils sont sérieux dans leur application à l’économie, mais ils interagissent avec une idée et non le réel. [C’est ainsi que le chrétien qui parlera des relations contractuelles entre patrons et employés] devra parler des forces de négociations inégales, et même de l’utilité des syndicats, voire même de [ce que les dernières « lois sociales » changent] sur la façon dont les « petits » sont traités….

Puis, il nous propose quelques pistes et principes sur ce qu’il convient de faire pour une économie sous un angle chrétien :

1.    Commencez par bien connaître votre théologie 

2.    Commencez par des traités chrétiens sur l’économie 

3.    Lisez les livres d’économistes, en vous concentrant sur ceux qui sont le plus cités. 

4.    Etudiez des sujets concrets, évitez les sujets abstraits. 

5.    Faites le tri. (…..) apprenez à distinguer les faits et les commentaires, l’évènement et son explication. Soyez tolérants dans les explications données, (….) Profitez-en pour élargir votre horizon intellectuel.

6.    Partez du réel et non de la Bible. (…..)

Une quête passionnante à poursuivre !

Lire l’intégralité de son article ici.

Notes : 

(1) Barnhart exploite un réseau d’églises de maison appelé l’Église méthodiste unie Saint Junia. L’Église Méthodiste Unie Saint Junia se décrit sur sa page Facebook et sur ce blogue comme « une communauté diversifiée de pécheurs, de saints et de sceptiques qui se joignent à Dieu dans le renouvellement de toutes choses ».

(2)Un Michel de l’Hospital (1504-1573), chancelier de France (ministre de la justice et premier ministre) aurait sans doute eu les mêmes mots, prononcés lors de son Discours de tolérance devant les états généraux d’Orléans, le 13 décembre 1560, dans l’espoir de rapprocher les Français : « Ôtons ces mots diaboliques, noms de partis, factions et séditions, luthériens, huguenots, papistes, ne changeons le nom de chrétiens ! » https://www.herodote.net/L_apologie_de_la_tolerance-synthese-428.php

(3) C’est un sujet d’autant plus important que le journaliste américain Michael Goodwin part lui aussi d’un constat simple dans « Economix : la première histoire de l’économie en BD », réalisé avec Dan E. Burr (Ed. Les Arènes, 2013. Mise à jour en 2019) : « Tout le monde se pose des questions sur l’économie. Et si les spécialistes sont perplexes[voire même n’y comprennent plus rien du tout ou ne maîtrisent plus rien du tout], comment pouvons-nous comprendre ce qui se passe ? (op. cit., p 8).  Or, l’économie régit une part importante de notre vie quotidienne. L’étudier, c’est comprendre et expliquer comment les êtres humains s’organisent pour produire, échanger, consommer…des biens et des services dans le cadre d’une société. Il existe différents concepts, que nous avons du mal à maîtriser, ainsi que différentes théories économiques, qui sont parfois contredites par les faits. D’autre part, ajoute l’auteur, « nous sommes citoyens d’une démocratie. La plupart des sujets à propos desquels nous votons relèvent de l’économie. C’est de notre responsabilité de comprendre ce pour quoi nous votons ».  

Et Mammon est le seul dieu que Jésus appelle de son nom dans l’Evangile, tout en soulignant qu’il est impossible de « servir Dieu et Mammon » (Mt 6.24). Une déclaration radicale par ailleurs prophétique, soulignant ce sur quoi l’Eglise doit se positionner, et ce, d’autant plus que « Mammon » est omniprésent dans l’espace public. Voir aussi, sur cet éternel sujet, cet article et cet autre.