« Priez le Père pour espérer donner et recevoir une éducation véritable »

Le sujet de la rentrée : Encourageons-nous à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « demandent, cherchent et frappent »

Lecture : Matt.7v7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira. Ou encore, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ».

Ce passage bien connu s’inscrit dans le contexte du « Sermon sur la montagne » (ch.5-7 de Matt.), un discours prononcé par le plus grand enseignant de tous les temps : Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’est pas « un » maître ou un enseignant, mais « le » maître et « le » Seigneur.

Il ne s’agit pas d’un « code moral » de « bonne conduite » pour devenir « un bon chrétien », mais de la charte de vie des enfants du Père Céleste. Il y est question de la justice du « royaume » ou plutôt, « du règne » de Dieu.

Nous pouvons y lire ce que devrait être la vie de famille des enfants du Père céleste, dont la vie est clairement placée sous le règne de Dieu. Et le règne de Dieu n’a pas de limite : il commence d’abord dans le domaine de ta vie où il ne règne pas. Quel est ce domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?

Ainsi, par exemple, l’éducation et l’instruction(1) : Christ règne-t-il dans ce domaine de vie, que tu estimes tellement vital pour tes enfants ? As-tu placé l’éducation et l’instruction de tes enfants sous le règne de Christ ? Si ce n’est pas lui, qui règne ?

C’est une question, non de « morale », relative à ce qui serait « bien ou mal », « bien vu » ou « mal vu », mais c’est une question de vie ou de mort. Pas moins. Et quoi de plus vital que de donner et recevoir une éducation véritable, là où Christ règne ?

Objectif : (S’)encourager à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « « demandent, cherchent et frappent », mais aussi à imiter la façon dont le Père céleste répond. D’habitude, à l’école, celui qui copie sur le voisin ou qui imite le prof est punit, mais dans ce cadre, à l’école de Jésus, comme la Bible nous l’enseigne (ex : en Éphésiens), nous sommes invités à « copier », imiter Dieu, Notre Père (pas à le « singer »). Encourageons-nous donc à « demander, chercher et frapper » pour recevoir mais aussi donner une éducation véritable, centrée sur Christ.

Dans notre passage de Matt.7v7-11, l’accent est mis sur la disponibilité du Père qui invite ses enfants à s’approcher de lui, pour qu’ils lui expriment en toute authenticité et simplicité leurs besoins. C’est ainsi que l’éducation véritable est un sujet de prière – de nos prières – et une préoccupation constante, de la même façon que nous veillons avec soin à l’habillement et à la nourriture de nos enfants.

Ensuite, voici un deuxième élément particulièrement frappant : il est d’emblée considéré ici que ceux qui demandent, cherchent et frappent, le font, non seulement pour recevoir une réponse, mais aussi parce qu’ils savent que c’est juste et légitime. Et parce que c’est juste et légitime, ils osent faire preuve de hardiesse, sans crainte d’être jugés.

Nous-mêmes, en tant qu’enfants du Père, du Royaume, nous sommes invités à « demander », « chercher » et à « frapper », car il y a là autant de promesses : « en effet », dit Jésus, « quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (v8).

Mais « demander » et « chercher » quoi ? « Frapper » pour quoi ? La fin du passage nous donne la clé : pour obtenir « de bonnes choses » (v11) et pour obtenir ce qui est juste, selon la volonté du Père. Il est bon de demander une bonne éducation et une bonne instruction pour nos enfants ; et il est aussi bon pour des enfants de demander une bonne éducation et une bonne instruction, car cela est juste.

« Demander » :

Tout parent cherche le meilleur pour ses enfants : si ses enfants demandent du pain, le parent ne lui donnera pas une pierre ; s’ils demandent du poisson, ils ne recevront pas un serpent, et, dit Luc, s’ils demandent un œuf, ils ne recevront pas un scorpion (Luc 11v12). Mais voilà, dit Jésus, nous sommes « méchants », « mauvais » et nous pouvons « nous planter ».

Nous demandons mal.

Jacques 4v2-3 dit : « Vous convoitez et ne possédez pas (….) Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs ».  La pub prétend connaître mieux que vous ce que vous et vos enfants ont besoin…. Qui, d’ailleurs, oriente vos façons de vous nourrir, vous habiller, divertir ?

Nous n’osons pas « demander, chercher, frapper », doutant de la légitimité de notre démarche.

Nous avons aussi parfois un mauvais réflexe : juger ceux qui revendiquent, parce qu’ils nous paraissent bruyants. Comment ainsi considérer, par exemple, la démarche de ces étudiants québécois, qui avaient manifesté en 2012 contre la hausse des droits d’inscription à l’université ? (Là c’était « le printemps érable » au lieu du « printemps arabe »)

Mais apprenons du Père, qui Lui-même nous écoute avec bienveillance, pour accueillir avec la même bienveillance la démarche des autres. Apprenons du Père pour encourager nos enfants à demander ce qui est bon. Lui nous encourage en nous disant : « vas-y, mon enfant, c’est juste et bon ! »

Comme Lui, reconnaissons dans les cris des enfants,  les cris de ceux qui « défaillent sur les places de la Cité. A leurs mères ils disent : Où sont le blé et le vin ? [une éducation et une instruction nourrissantes, sources de vie et de joie]quand ils défaillent comme des blessés sur les places de la Ville, quand leur vie s’échappe au giron de leurs mères » (Lam.2v11-12).

Nous pouvons « nous planter », mais nous pouvons nous rattraper par la grâce de Dieu.

Comment avoir l’assurance « de ne pas nous planter » ?

En demandant la sagesse : Jacq.1v5-8 nous assure que « si la sagesse nous fait défaut », nous pouvons « la demander au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle (nous) sera donnée ». Mais il s’agit de « demander avec foi, sans éprouver le moindre doute ».

« Chercher » :

Comme pour « demander », il y a aussi une promesse : « Qui cherche, trouve ».

Nous trouvons, parce que nous avons longuement cherché.

Ce que mon épouse aime, c’est que je lui rapporte quelque chose que j’ai trouvé pour elle et je l’ai trouvé parce que je l’ai longuement cherché.

Le marchand de la parabole a longuement cherché des perles fines. Et en ayant trouvé une de grand prix [elle n’a pas de prix], il vend tout ce qu’il a pour l’acheter. Et qu’est-ce qui a plus de valeur qu’une perle ? La sagesse (Job 28v18) !

Jésus trouve Philippe après l’avoir longuement cherché (Jean 1v43), pour lui dire : « suis-moi ».

Nous-mêmes, nous sommes des « trouvés de Dieu ». Mon frère, ma sœur, réjouis-toi que Dieu te cherche, car tu peux espérer qu’il te trouve. Mais toi, te laisseras-tu trouver ?

Parent, tu espères que tes enfants se laissent trouver par le Seigneur, mais espères-tu trouver, comme le marchand de la parabole, une école dispensant une éducation et une instruction de grand prix, là où l’on dispense la sagesse de Christ ?

Enfin, « frapper »

Frapper à des portes fermées.

L’on peut frapper pour ne pas être ouvert, comme le roi Joas, qui avait frappé trois fois avant de s’arrêter. S’il a pu ensuite remporter quelques batailles, il n’a pu remporter la victoire finale (2 Rois 13v14-19).

L’on peut frapper pour être ouvert : avec détermination et foi, « 5 ou 6 fois », parce qu’il y a urgence, parce que c’est une question de vie ou de mort, pour remporter la victoire de l’éducation véritable, pour nos enfants. Pour que s’ouvrent les portes d’écoles où une éducation véritable est dispensée, parce que Christ est au centre de l’école.

Les portes peuvent s’ouvrir : il s’agit ensuite d’avoir foi pour entrer et y faire entrer nos enfants.

 

Note : 

(1) Éduquer : faire se développer (un être vivant). Prendre soin. Instruire : transmettre à la génération future un ensemble de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune.

Publicités

Pour qui te lèves-tu, le matin ?

"Pratiquer", c'est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité ["Dieu, le premier servi"], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs ; nous avons fait du travail notre valeur suprême, la source de notre vie". Source : rawpixel

« Pratiquer », c’est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité [« Dieu, le premier servi »], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs….. »
Source : rawpixel

Êtes-vous un « pratiquant » ? Un « chrétien pratiquant » ? Qu’entendez-vous par là ?

Voici ce que Jésus peut nous apprendre à ce sujet :  Tandis que les foules se rassemblaient pour écouter son message, (Il) « se tenait retiré dans les déserts et priait » (Luc 5v16). La prière était sa priorité, même quand ses journées étaient chargées. Même dans les moments de grande occupation, il se levait « bien avant le jour » et s’en allait prier « dans les lieux déserts » (Marc 1v35). Lui qui portait pourtant les franges rituelles juives n’allait pas prier dans les synagogues : quand il s’y rendait, c’était pour prêcher (1).

Alors, « pratiquer » ? « Pratiquer », c’est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité [de sorte que Dieu « soit le premier servi », à notre réveil], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs ; nous avons fait du travail notre valeur suprême, la source de notre vie. Le « chrétien pratiquant » est-il celui qui glisse, entre ses occupations, une petite demi-heure[une heure, deux heures, tout au plus, et encore, s’il ne regarde pas tout le temps son smartphone pendant le service !]pour assister à une messe [ou à un culte] et s’estime ensuite « quitte » de ses « devoirs religieux » ?(1) Une drôle façon de considérer « la pratique », non ?

Et vous ? Comment considérez-vous « la pratique »(religieuse)  ? « Qui est le premier servi », au commencement de votre journée ?

 

Note :

(1) Delpech, Michel. J’ai osé Dieu. Points seuil, 2015, pp 94-95.

Ce « trouble de la perception » appelé « indifférence »

"Indifférence" : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène... Par Andy Singer

« Indifférence » : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène…
Par Andy Singer

Notre société souffre terriblement de ce mal moderne qu’est l’indifférence.

Mais qu’est-ce que l’indifférence ? Erri de Luca* le définit comme étant « l’incapacité de distinguer les différences ». Il ne s’agit donc pas d’un « je-m’en-foutisme face au monde, mais plutôt (d’un) trouble de la perception qui empêche de distinguer la différence entre réalité et mise en scène. On assiste, inerte, à un acte de violence, à un malheur, car on croit assister gratis à une représentation où l’on est tenu d’agir en spectateur. On n’a jamais vu personne dans le public sauter sur scène pour empêcher Othello** de tuer Desdémone. Celui qui se croit spectateur profite du spectacle.***

L’indifférence est un dérangement opposé à celui de Don Quichotte**** qui s’immisçait dans les affaires et les malheurs des autres. Lui aussi distinguait mal la réalité, souffrant pourtant d’interventionnisme extrême. Il fait même irruption dans un théâtre de marionnettes, saccageant les pantins qu’il prend pour ses ennemis. Il confond spectacle et réalité, il ne se contente jamais d’être spectateur. En écoutant les nouvelles télévisées, il faudrait se rincer les yeux avec le collyre fébrile de Don Quichotte. Se sentir un peu moins spectateur, un peu moins membre d’une « audience », un peu plus membre d’une chevalerie errante, erronée et irritable. »

La vie de Rees Howells, celui qui était "sur la brèche"

La vie de Rees Howells, celui qui était « sur la brèche »

« Indifférent » et « spectateur », Rees Howells ne l’était nullement. Ce mineur, qui a connu le réveil de 1904 au Pays de Galles, a vécu « en simple radical », au service exclusif du Seigneur Jésus-Christ. Un « exemple », inspiré par la vie de Georges Müller, pas forcément à imiter tel quel, mais sa foi et sa consécration, si(cf Hébr.13v7). Atteignons-nous ce standard de Dieu ? Pour ma part, je suis loin d’être « arrivé »….

Mais lisez l’histoire de cet homme qui s’est tenu « sur la brèche »***** en tant que fidèle intercesseur, et vous connaîtrez ce que signifie réellement « mes pensées ne sont pas vos pensées »(dit le Seigneur, cf Es.55v8), et en quoi le péché est « manquer le but » de Dieu. Rees Howells ne s’est pas rincé les yeux « avec le collyre fébrile de Don Quichotte », mais avec celui recommandé à toute personne se croyant croyante (Apoc.3v17-18). Bien qu’il ne semblait pas en avoir besoin, à vues humaines, du fait de sa piété, il dut (pour prétendre être « un chrétien » véritable)passer « par la nouvelle naissance(Jean 3v3), et fut formé « à l’école de Dieu », d’une manière particulière. Autant d’étapes le préparant à son appel-tout aussi particulier – d’intercesseur.

Notre façon de prier, et d’intercéder, témoigne peut-être de notre façon d’être et de vivre en ce monde : sommes-nous « spectateur » ou « acteur » ?

Car, apprenons-nous dans ce récit de la vie de Rees Howells, le secret de l’intercession est de « sortir de sa zone de confort » : il est dans l’identification de l’intercesseur à ceux pour lesquels il prie(cf ch.8 : « les clochards »), la souffrance et l’autorité. A ce sujet, Rees Howells a connu « ses plus belles victoire spirituelles » (tel libérer des alcooliques de « l’homme fort » cf Marc 3v27)par la seule intercession, en s’appuyant sur la promesse de Jean 15v7. Une promesse sans limites, mais dont l’accomplissement dépend de « la ferme position » de l’intercesseur par rapport au Christ, soit de l’obéissance à son commandement de « demeurer en Lui ». Et soit de « permettre au Saint-Esprit de vivre en nous la vie que le sauveur aurait vécue s’il s’était trouvé à notre place »(cf 1 Jean 2v6).

Christ est le modèle parfait de l’intercesseur(Es.53v12 ; Hébr.2v9, 5v8-15 ; 2 Cor.5v21, 8v9) : bien qu’étant actuellement au ciel, à la droite de Dieu(Eph.1v20-21 ; Hébr.1v1-4 cf Philip.2v1-11), il n’est pas non plus « spectateur » mais bien toujours « acteur »(Marc 16v19-20), en tant que notre « souverain sacrificateur »(Hébr.4v14). Il n’est « pas incapable de compatir à nos faiblesses », puisque, sur terre, il s’est identifié à nous, « éprouvé et tenté comme nous, à part le péché »(v15). Il s’est mis au même niveau que les personnes qu’il voulait toucher, en vivant avec eux, parmi eux, et en se donnant pour eux(Jean 1v9-14 ; 10v11-18). Pleinement homme, tout en étant pleinement Dieu, Il a pu être pleinement notre représentant(Hébr.9v15, 12v24 ; 1 Tim.2v4-6.

 

Etant « son corps »(Eph.1v22-23 ; Col.1v18 ; 1 Cor.12v27…), ferions-nous moins ?

 

 

 

Notes :

* « Indifférence » d’Erri de Luca. IN Alzaia. Rivages et Payot, 1998(Bibliothèque rivages), pp 95-96.

** Dans la pièce éponyme de W. Shakespeare

*** Et il veut en avoir pour son argent….

**** Personnage du roman éponyme de Cervantes.

***** « Sur la brèche », de Norman Crubb. CLC, 1979. Une lecture bouleversante, faite en deux jours cette semaine (pour la première fois sur kindle-qui est moins pratique qu’un « vrai livre » !), et qui m’a permis de prendre « un peu mieux » conscience des enjeux de l’intercession.

 

« Faites en tout temps par l’Esprit toutes sortes de prières »* : « A.G.I.S. ! »

« L’Evangile selon Marc(1v35)nous relate l’une des habitudes de Jésus : « vers le matin, pendant qu’il faisait encore sombre, il se leva et sortit pour aller dans un lieu désert où il se mit à prier ». Chacune de nos journées devrait débuter par un bref moment de communion avec le Seigneur, car c’est ainsi que le croyant reçoit sa nourriture spirituelle de la journée. Ce moment passé seul devant le Seigneur devrait être consacré à la prière et à la méditation de la Bible. Un simple acrostiche peut nous aider à débuter dans nos prières : AGIS ! »**

 

A, pour Adoration(cf 1 Cor.29v11-14), Aveu des fautes(ou : confession cf 1 Jean 1v9) et Actions de

Grâce(ou compter les bienfaits de Dieu, que Celui-ci nous accorde par Sa miséricorde cf Jacq.1v17, Ps.103 )

I, pour Intercession et

S, pour Supplication(Soit prier pour les autres : nos parents, nos amis, notre famille, notre église locale, notre pays….priez précisément avec foi en apprenant à connaître Sa volonté et attendez-vous à ce que Dieu vous réponde. Cf Jacq.5v16, 1 Tim.2v1-3, 1 Jean 5v14, Jean 9v31)

 

Alors…..AGIS !

 

 

 

Notes :

* Ephésiens 6v18

**D’après Henrichsen, W.. Former des disciples. Edition Farel, 1995, pp 79-81. Le principe convient aussi bien aux jeunes ou nouveaux convertis que l’on souhaite accompagner ou à tous ceux qui souhaitent persévérer dans la prière et dynamiser leur « culte personnel ».

Leanne Payne propose une autre approche possible, inspirée du canevas du « Notre Père »(Matt.6v9-13) : Parole(méditation des Ecritures), louange et reconnaissance, intercession, requête, pardon(cf « La Prière d’écoute ». Ed. Raphaël, 1996, pp20-21)

Chaque jour, deux rois viennent à toi….

Ce n'est pas une histoire de "tout blanc" ou "tout noir", de "bien" ou de "mal". C'est une question de vie ou de mort !

Ce n’est pas une histoire de « tout blanc » ou « tout noir », de « bien » ou de « mal ». C’est une question de vie ou de mort !

Lequel choisis-tu ?*

 

Lecture : Genèse 14v17-24

« Après qu’Abram fut revenu vainqueur(…), le roi de Sodome sortit à sa rencontre(…). Melchisédek, roi de Salem, fit apporter du pain et du vin. Il était sacrificateur du Dieu très haut. Il bénit Abram(…)et Abram lui donna la dîme de tout. Le roi de Sodome dit à Abram : donne-moi les personnes et prends pour toi les richesses. Abram répondit au roi de Sodome : je lève la main vers l’Eternel, le Dieu Très-Haut, maître du ciel et de la terre : je ne prendrai rien de tout ce qui est à toi, pas même un fil, ni un cordon de soulier… »

 

J’aime beaucoup ce récit.

Un homme sort vainqueur, avec son armée de quelque trois serviteurs, d’un combat contre cinq ennemis redoutables. Mais c’est toujours l’après-victoire qui s’avère être une épreuve encore plus redoutable.

Deux rois viennent alors à la rencontre du héros vainqueur. Le premier est devancé de façon opportune et providentielle par le second, une figure mystérieuse qui disparaîtra ensuite tout aussi mystérieusement, une fois sa mission accomplie.

Comme pour Abram, deux rois viennent à toi. Chaque jour. Et particulièrement après une victoire que tu viens de remporter. Lequel choisis-tu ? Qui va régner dans ta vie ?

« Le roi de Sodome », roi de la célèbre ville**, lequel te propose « les richesses » en échange « des personnes »(ou des âmes) ?

Ou Melchisédek, le roi de « justice et de paix »*** ?

 

Répondras-tu comme Abram, lequel refuse, de la part du roi de Sodome, ne serait-ce qu’un « fil »(Gen.14v23) ? Un fil est un élément apparemment insignifiant, sauf qu’il peut devenir une corde, un lien. « Le fil de la compromission ».

Accueilleras-tu « le roi de justice et de paix, lequel te bénit et t’apporte le premier repas de communion de l’histoire : du pain et du vin ?

Esaïe 9v5 nous enseigne que Jésus-Christ, le Messie, est appelé « Prince de Paix ». Ouvrons-lui la porte lorsqu’Il frappe et Il « entrera souper avec nous »(ou « prendre la cène » avec nous, cf TOB), apportant lui-même le repas. Confions-nous dans le Dieu sauveur, qui nous peut nous délivrer de tous nos ennemis**** et donnons-lui « la dîme de tout ». Ce temps de communion avec Lui nous nourrit, nous équipe, nous éclaire et nous permet(au-delà des apparences) de discerner « le véritable »(1 Jean 5v18-21).

Ayons donc « la foi d’Abram », qui implique une relation personnelle, véritable et vivante avec « le Dieu véritable et la vie éternelle ». (cf 1 Jean 5v20, Jean 17v3) : « sans la foi, il est impossible de plaire à Dieu, car il faut que celui qui s’approche croit que Dieu est, et qu’Il est le rémunérateur de ceux qui le cherchent ».(Hébr.11v6)*****

 

 

 

Notes :

* D’après un enseignement du pasteur Claude Houde : « relevez le défi 10/30 » (ou 10 jours de prières-de la Bible-avec Claude Houde)

** On connaît l’histoire de Sodome(comme celle de Gomorrhe) grâce à Genèse 13v12-13, 18v20-21, 19v1-29(Chacun pourra vérifier qu’il n’y a aucun « ange ninja » dans cet épisode du récit biblique….)et aussi grâce à Ezéchiel 16v49-50.

*** C’est le sens du nom de Melchisédek (« roi de justice »), et celui de « Salem »(« paix », « salut ») cf Hébreux 7v1-3 et ss

**** Cf Luc 11v21-22 ; Hébr.2v14-15 ; Col.2v9-15 ; 1 Cor.15v20-28 ; 1 Jean3v8, 4v4, 5v4-5….

***** « Beaucoup disent avoir la foi » : certes, ils croient que « Dieu existe », mais « cette foi n’est ni plus moins qu’une virtualité, une construction mentale ». Ils n’ont pas de véritable relation avec Lui. Ils ne disent rien à Dieu ou alors ils monologuent dans la prière, sans se préoccuper de savoir si Dieu leur dit quelque chose en retour. Or, Dieu existe dans le sens « qu’Il est disponible pour une relation, qu’Il est là pour nous. C’est nous qui ne sommes pas là pour Lui, la plupart du temps. Nous disons que nous voulons de Dieu dans notre vie »…en réalité, nous aspirons à un dieu à notre image, « qui serait une construction mentale pour nous émerveiller, nous émoustiller, nous faire sentir qu’on est vivant parce qu’il y a du mouvement là, à l’intérieur ». Laissons le virtuel, le fantasme, la construction mentale et « commençons par exister. Et notre foi deviendra relation. Un amour partagé ». (D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première partie, 2010, p 171)

« Plus », ce n’est pas forcément « mieux »…

Qui n’a pas déjà soupiré : « plus de toi, Seigneur ! » ?

« Plus », « plus, « plus »….

Mais ce désir de « plus de Dieu » ne cacherait-il pas en réalité un désir de…..« mieux (connaître Dieu) » ?

« La vie éternelle », a dit le Seigneur Jésus, « c’est de te connaître, toi seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17v3).
Et « le peuple qui connaît son Dieu sera fort et agira » (Daniel 11v32).

Concernant cette connaissance de (mieux de)Dieu, l’ exemple de Moïse* est particulièrement édifiant et fort actuel pour nous aujourd’hui :

Moïse est né de parents pieux. Il aurait pu « en rester à la foi de ses parents ». Néanmoins, il a eu, au cours de sa vie,

une révélation progressive de Dieu. Pas « plus », mais « toujours davantage », jusqu’à ce que Dieu « parle (avec lui) bouche à bouche » (Nombres 12v8)
Un élément fondamental du trait de caractère et de la vie de Moïse est à souligner : Moïse est connu comme un homme de prière, mais il est intéressant de noter que Moïse écoute Dieu beaucoup plus « qu’il ne parle à Dieu »* (cf les expressions récurrentes « l’Eternel dit à Moïse »)

Le secret de la vie de prière de Moïse : la prière d’écoute

Nombres 7v89 révèle le secret de toute la vie de prière de Moïse : celui-ci « entrait dans la tente d’assignation pour parler avec Lui, il entendait la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire qui était sur l’arche du témoignage, d’entre les deux chérubins; et il Lui parlait ». Moïse allait à l’écart, comme plus tard le Seigneur Jésus, pour un entretien personnel et quotidien avec Dieu. Il « entrait dans la tente d’assignation », d’abord pour écouter Dieu, puis pour lui parler.

Que trouvait-on dans la tente d’assignation, où Moïse entrait pour son « face à face avec Dieu » ?* Il s’y trouvait le propitiatoire (ou couvercle de l’arche, dans le lieu très saint du tabernacle), l’arche (contenant notamment les tables de la loi) et les chérubins.
Plus exactement, sur ce propitiatoire étaient deux chérubins, leurs faces tournées vers le propitiatoire et contemplant donc le sang mis sur le propitiatoire lors du grand jour des expiations (Lévit. 16:12-14).
Pour mémoire, le propitiatoire parle de l’œuvre de Christ à la croix(cf 1 Jean 2v1-2 et 1 Jean 4v10) ; l’arche, de la Parole de Dieu, et les chérubins, de la sainteté de Dieu.

Ces éléments pris dans leur ensemble (et non séparément)nous enseigne que :

Nous nous approchons de Dieu, sur la base de l’œuvre de Christ (accomplie) à la croix : « Dieu est amour. En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui; en ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés »(1 Jean 4v8-10).
Sa Parole doit demeurer en nous, pour que nos prières soient selon Sa volonté. (Jean 15v7)
Il est enfin essentiel de ne pas perdre de vue que Dieu est saint (« soyez saints, car je suis saint », cf Lévit.19v2 et 1 Pie.2v11)

Persévérer dans ce temps de communion avec Dieu nous permet d’apprendre à mieux discerner Sa volonté et Son plan pour nous. D’autant plus que ce temps est voulu de Dieu, qui nous attend pour ce rendez-vous avec lui, « dans le lieu secret »(Matt.6)

Moïse : un intercesseur pour son peuple

Intercéder, c’est se placer entre Dieu et un autre, et prier pour cet « autre ».

Moïse a bien des fois intercédé pour le peuple d’Israël, mais nous vous invitons à étudier en particulier trois événements :

-Rephidim, en Ex.17v8-13 ;

Le veau d’or en Ex.32v7-14 ;

-Les douze espions en Nombres 14v11-20

Les deux derniers cas sont similaires, et il est édifiant de considérer ce que Moïse a prié ou demandé, ce que Dieu Lui a proposé et ce que Moïse a répondu.

Enfin, Moïse a découvert progressivement qui est Dieu(lire, en parallèle, le Ps.90)

1)Une « première rencontre » a eu lieu au « Buisson ardent » (Ex.3v1-14). Dieu se présente et se révèle à lui comme le « Dieu de son père » (v6), le Dieu des promesses, le Dieu qui agit (v7) et « Celui qui est »(cf le premier élément de la foi en Hébr.11v6)
2)En Ex.19v16-21, une seconde révélation de Dieu permet à Moïse de découvrir que Dieu est saint(cf Hébr.12v18-29)
3)En Ex.33v18-23, et Ex.34v5-7, Moïse découvre enfin la bonté de Dieu.

En Exode 34 se manifeste là sans doute « l’un des sommets de la révélation de Dieu, dans tout l’Ancien Testament »**. Moïse se trouve sur le Sinaï pour recevoir les secondes tables de la loi-les premières ayant été brisées par Moïse face à l’idolâtrie du veau d’or.

« Moïse tailla deux tables de pierre comme les premières, et se leva de bon matin, et monta sur la montagne de Sinaï, comme l’Éternel le lui avait commandé, et prit en sa main les deux tables de pierre.
Et l’Éternel descendit dans la nuée, et se tint là avec lui, et cria le nom de l’Éternel.
Et l’Éternel passa devant lui, et cria: L’Éternel, l’Éternel! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité,
gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, qui visite l’iniquité des pères sur les fils, et sur les fils des fils, sur la troisième et sur la quatrième génération!«  (Ex.34v4-7)

La tradition hébraïque compte treize adjectifs dans les versets 6 et 7 de ce passage, relève Erri De LUCA**. « Israël répète ces vers dans les prières de sa journée la plus solennelle, le Yom Kippour. Ces deux vers contiennent un détail unique : le nom [de l »Eternel-ou plutôt le tétragramme : YHVH***] n’est répété deux fois qu’ici, une après l’autre(…)la tradition hébraïque enseigne que le nombre du tétragramme coïncide avec le mot un, qui est l’attribut par excellence de Dieu, plus le mot amour. C’est ainsi qu’à travers ces treize attributs et cette répétition unique du nom sacré nous apprenons que ces secondes tables ont été données avec encore plus d’amour que les premières, de la part de l’Eternel, caché dans un nuage du Sinaï.

Ces secondes tables, bien qu’égales aux premières, contiennent un amour plus intense. »**

Le résultat(Ex.34v29) en est que « Moïse descendit de la montagne de Sinaï, ayant les deux tables du témoignage dans sa main, en descendant de la montagne; et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu’il avait parlé avec l’Éternel ».

 

 

 

 

Notes :

*D’après « La Prière », de Georges ANDRE(Dépôt de Bibles et Traités Chrétiens, 1986), pp 47-54

**D’après « Nous sommes », d’Erri De LUCA. IN « Premières heures ». Gallimard, 2012(Folio), pp59-61

*** autre traduction, celle du Rabbinat français : « L’Éternel descendit dans la nuée, s’arrêta là, près de lui et proclama nominativement l’Éternel. 6 La Divinité passa devant lui et proclama: « ADONAÏ est l’Étre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité… »(Ex.34v5-6)

« En Lui, nous avons le souffle…et nous vivons »

Neige et fleurs par George HodanLe miracle de la vie...

Neige et fleurs par George Hodan
Le miracle de la vie…

Depuis quelques temps (au moins depuis février de cette année), je suis particulièrement préoccupé par le « souffle ». Le souffle de Dieu, s’entend. Soit de la vie et de l’inspiration.
On se souvient que lorsque « l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol », Il « souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. »(Gen.2v7)
De fait, il est vital de maintenir une communion avec Celui qui, seul, donne la vie.
Dépendre de Lui seul nous donne la fraîcheur du pain du jour dont nous avons besoin.
Dépendre de Lui seul nous permet d’abattre nos idoles et nos traditions, qui ont peut-être une apparence de vie, mais ne sont pas la vie.
A ce sujet, je notais dernièrement dans mon carnet, le 21 février, qu’Ezéchias « fit ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, selon tout ce qu’avait fait David, son père. Il ôta les hauts lieux, et brisa les statues, et coupa les ashères, et mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, car jusqu’à ces jours-là les fils d’Israël lui brûlaient de l’encens; et il l’appela: Nehushtan. »(2 Rois 18v3-4 )
Le serpent (cf Nombres 21v8-9 et cf Jean 3v14), s’il est une préfiguration de Christ, représente le passé. L’erreur est d’en faire une idole, une tradition, qui prendrait la place du seul Dieu, vivant et vrai.
De même, si nous nous basons sur nos réserves au lieu de rechercher la fraîcheur du pain du jour (et donc de dépendre de Dieu), « ça pue », cf épisode de la manne dans Exode 16v19-20, alors que Dieu est le Dieu du présent et de l’avenir, le Dieu vivant et vrai, qui nous donne le souffle.

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Jésus dit qu’il est « la résurrection et la vie »(Jean 11v25).
Du souffle, il en fallu au Seigneur, pour pousser un grand cri à la croix, avant d’expirer (Marc 15) : comment a-t-il eu ce souffle pour pousser un tel cri, quand on connaît la façon dont on meurt sur une croix ?
Du souffle (divin), il en faut pour courir la course (de fond, celle d’un marathonien)de la foi.

 

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Il faut enfin du souffle, pour être la bonne odeur de Christ, une odeur de vie donnant la vie (2 Cor.2v14-16)

 
Du souffle, enfin, il en a fallu pour animer des corps qui, autrement, n’auraient eu qu’une apparence de vie, selon Ezéchiel 37v1-9 : « Et je vis, et voici, il vint sur eux des nerfs et de la chair, et de la peau les recouvrit par-dessus; mais il n’y avait pas de souffle en eux. Et il me dit: Prophétise au souffle, prophétise, fils d’homme, et dis au souffle: Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel: Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu’ils vivent. »

Le fait de nous entretenir sur le  souffle ne doit pas nous limiter à un nouveau billet pour ce blogue ou au stade d’une simple ou seule réflexion théorique. En effet,  il nous arrive normalement à tous de soupirer après un « second souffle » ou un « nouveau souffle ». Nous pouvons alors expérimenter que Dieu « souffle » de façon pratique sur notre âme et sur le quotidien de nos vies personnelles et de nos actions, tel un souffle qui vient de l’intérieur et qui souffle vers l’extérieur : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va: il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3v8)

 
S’attendre à Lui avec foi nous permet d’expérimenter Proverbes 25v13 : « La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l’envoient: il restaure l’âme de son maître. »
La neige avait surpris, à cette époque de l’année. Cependant, sa fraîcheur est une bénédiction en un temps de labeur. De même aussi, le souffle de Dieu, qui donne vie(parfois de façon inattendue) à ce que nous faisons pour Lui, et à tout ce qui se construit pour Lui.
Dieu est vivant, Dieu est bon et donne de bonnes choses à Ses enfants. Dieu répond à nos soupirs, en Son temps, mais Son temps est toujours convenable.

40 jours sans viande, ni poisson : « soyons sobre pour veiller et prier »

Il y a quelques jours, je publiai un billet intitulé « jeûner pour avoir faim de Dieu », précédé d’un autre consacré à une étude de 1 Pierre 1-« une espérance vivante ».
On comprendra alors peut-être pourquoi mon attention a été retenue par une fort intéressante initiative, lors de la lecture d’un article de « Réforme » : « Initiative : un carême sans viande, ni poisson ».

Légumes frais par Mary LaFrance40 jours sans viande, ni poisson

Légumes frais par Mary LaFrance
40 jours sans viande, ni poisson

« Un chemin sans viande et sans poisson » pendant les 40 jours du carême, qui a commencé mercredi 13 février : voici une démarche originale proposée, sous forme de livret,  et dont la finalité est de « construire une espérance dans ce monde en proie au désespoir ». Les auteurs sont les « Chrétiens Unis pour la Terre »(CUT), un jeune mouvement qui allie foi et écologie. Et ce, alors que l’on découvre du cheval dans des lasagnes « pur bœuf » !

Une invitation à vivre une forme de sobriété radicale qui s’adresse à tout chrétien dans son quotidien. « Etre sobre » pour « veiller et prier » (1 Thes. 5 v 6 ; 1 Pier. 5 : 8)

Si je ne rejoins pas entièrement le mouvement CUT dans sa façon d’allier foi et écologie, j’estime que tout chrétien sera d’accord sur l’essentiel : veiller à ce que notre mode de vie ne soit ni une insulte, ni une menace, pour la création, dont Notre Père et Dieu sauveur est l’auteur, et dont nous sommes tous responsables. Ensuite, il est important qu’en toute chose, toute gloire et tout culte soit rendus à Dieu seul ! Chacun donc lira avec attention le livret et, « en éprouvant toute chose, retiendra ce qui est bon », en «s’abstenant de toute forme de mal» (1 Thes.5v21).

Les protestants-évangéliques se sentiront-ils concernés par une telle initiative ?  « De façon générale, les protestants ne font pas carême, une pratique considérée comme catholique et mettant l’accent sur les œuvres et le mérite », lit-on dans l’article de « Réforme ». Robin Sautter (pasteur à Arras, et l’un des animateurs du réseau « Bible et Création », qui participera à l’aventure) « rappelle que le jeûne était pratiqué par les Réformateurs ». Cette réalité est aujourd’hui plus répandue chez les évangéliques(certaines églises pratiquant un jeûne analogue, pour des raisons différentes) et les adventistes, dont la plupart sont végétariens. Le carême est aussi répandu « chez les luthéro-réformés hors de la France  », précise le pasteur. Cette année, en Allemagne, par exemple, les fidèles sont appelés à faire abstinence de… leur voiture pendant 40 jours. Cela s’appelle le « jeûne de l’auto ». De façon générale, les manières protestantes de faire carême sont plus sociales, c’est pourquoi Robin Sautter encourage ceux qui participent au carême sans viande et sans poisson à utiliser l’argent ainsi épargné pour faire un don ».