Le Psaume des assassins

« David demande à être lavé de (sa) faute, à être rendu plus blanc que neige… » (Source : public domain pictures)

On appelle psaume de pénitence le psaume 51, mais il n’est pas triste, ni plaintif ; il est au contraire tumultueux. David répond d’une faute grave, il l’expie et il épuise l’éloquence de sa peine. [David, en tant que roi d’Israël, était le représentant officiel de Dieu parmi son peuple; Mais, il a trahi cette confiance sacrée en commettant un crime de façon intentionnelle] : il a envoyé à la mort au combat un homme pour épouser sa femme, la splendide Batshéba. Du haut de sa volonté de roi, il a donné l’ordre scélérat qui a été exécuté : Urie le Hittite est laissé seul dans la mêlée. Dieu, en colère contre lui, lui enlève l’enfant premier-né de cette union et l’éloigne même du trône pour une longue période  [2 Sam.11 et 12]

(….)

David expie la peine infligée et ensuite, par ce psaume, demande à Dieu [qu’il n’appelle pas ‘‘YHWH’’ alors que c’est le nom caractéristique du livre II des Psaumes] d’effacer sa faute. Il emploie le verbe mahà que le prophète Esaîe attribue à Dieu en annonçant qu’il effacera une larme sur chaque visage [Es.25v8]. David demande à être lavé de cette faute, à être rendu plus blanc que neige et, au cours de sa requête, il décharge son terrible impératif à Dieu : Hazzilèni middammim, « libère-moi des sangs »(v16). Ce n’est pas une prière mais un ordre [ !] et qui contient le plus brutal des « tu » d’un homme à l’adresse de Dieu.

David a participé à de nombreux combats. Il a commencé enfant en abattant le colosse Goliath et en lui tranchant sa grosse tête, puis il a combattu pour Saül et puis pour son royaume. Il a commis des massacres, mais il doit répondre d’un seul sang versé : celui de Urie le Hittite, le mari de Batshéba. Et il emploie le pluriel « sangs » comme est au pluriel celui d’Abel versé par Caïn [Gen.4v10]

« Libère-moi des sangs » : l’impératif de David ne laisse pas de répit à Dieu, il ne penche pas vers une prière que l’on peut éluder. Dans le vers précédent, il lui a dit : « j’enseignerai tes chemins aux coupables ». C’est ainsi : un homme qui se repent et obtient le pardon peut enseigner les autres, parce qu’il a connu les chemins, les a perdus et puis a su les retrouver. Ce n’est pas celui qui enseigne sans discontinuer qui est un maître, mais celui qui brusquement apprend.

A la fin, le psaume offre une parole chère à ceux qu’irrite le faste de certaines cérémonies religieuses. David leur assure que : « les sacrifices d’Elohim sont un esprit brisé, un cœur brisé ». Dieu accueille près de lui l’homme blessé, tel est le sacrifice qui lui plaît, non pas la grande pompe de l’indemme. David l’a appris de Samuel, prophète et prêtre en Israël, qui l’oignit roi à la place de Saül. Il avait déjà vainement enseigné [à ce dernier] : « obéir est préférable au sacrifice, écouter est préférable au gras des moutons » (1 Sam.15v22). David va plus loin et définit la manière d’écouter et d’obéir : un cœur brisé.

Et au terme de cette lecture d’un psaume d’aventures : le monde est plein d’assassins, verseurs des sans d’autrui(1). [L’on peut alors souhaiter] à chacun d’entre eux, à chaque assassin, d’arriver à atteindre l’impératif de David. Hazzilèni middammim, qu’il paie ou non sa dette envers les hommes, c’est le vers 16 du psaume 51 qui est son but. Car il y a un moment où tout assassin sera de nouveau seul avec sa victime. Tout autour, il n’y aura ni guerre ni haine pour le soutenir, le justifier, l’approuver. Il sera seul et, sans le vers de David, il ne sera rien.

(D’après  « le psaume des assassins » IN De Luca, Erri. Première heure. Folio, 2012, pp 123-125)

 

 

Note : 

(1) Cf Matt.5v21-22

Prier est un acte dangereux….

« Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux…. » (Matt.6v9-13)

Le Notre Père à la sauce « Sketch-up »(1) !

Un homme récite mécaniquement le Notre Père et surprise ! Voilà que Dieu lui répond. Le dialogue qui s’ensuit montre combien chaque demande de cette prière engage celui qui la formule, au point de changer radicalement sa vie et d’impacter ses relations.

En bonus, une piste de réponse pour ceux qui n’aiment pas réciter une prière pourtant enseignée par Jésus à ses disciples, se demandant si « elle est obligatoire pour bien prier » !

 

 

 

Note : 

(1) La compagnie théâtrale ! Voir cette interview de l’un de ses fondateurs et acteurs.

 

 

Quelle sera ta première prière ?

Ta première lecture de la Bible te conduira-t-elle à faire ta première prière ? (Source image : public domain pictures)

« Robinson Crusoe », roman  de Daniel De Foe (1719), est sans doute l’une des oeuvres les plus célèbres, mais aussi, paradoxalement, la plus mal connue. Qui peut, en effet, se vanter de l’avoir réellement lu ?

Autre paradoxe, « Robinson Crusoe » doit son succès à sa réputation de « livre pour la jeunesse » – un public pour lequel il n’était pas destiné à l’origine – et à des versions fort éloignées de celle de De Foe. En effet, le livre a été maintes fois dénaturé et mutilé par les éditeurs, pour être mis à la portée de leurs jeunes lecteurs. Il s’agit pourtant bien d’un ouvrage pour adultes, relatant d’abord le récit d’une conversion.

Pour ma part, je n’ai pas encore eu le loisir de le lire intégralement, mais, l’exhumant ces jours-ci des rayons ma bibliothèque, je tombe « par hasard » sur ce passage – point culminant du récit – où, dangereusement malade et accablé de solitude, Robinson en vient à se demander « Pourquoi Dieu a-t-il agi ainsi envers moi ? Qu’ai-je fait pour être ainsi traité ? » avant d’être repris dans sa conscience.

Cherchant à se soigner, il lui « revint en la pensée que les Brésiliens, dans toutes leurs maladies, ne prennent d’autres remèdes que leur tabac », et qu’il s’en trouve « un bout de rouleau tout à fait préparé » dans un de ses coffres.

« J’allai à ce coffre, conduit par le Ciel sans doute, car j’y trouvai tout à la fois la guérison de mon corps et de mon âme. Je l’ouvris et j’y trouvai ce que je cherchais, le tabac ; et, comme le peu de livres que j’avais sauvés y étaient aussi renfermés, j’en tirai une des Bibles dont j’ai parlé plus haut, et que jusqu’alors je n’avais pas ouvertes, soit faute de loisir, soit par l’indifférence. J’aveins donc une Bible, et je l’apportai avec le tabac sur ma table. (…) Durant ces opérations je pris la Bible et je commençai à lire ; mais j’avais alors la tête trop troublée par le tabac pour supporter une lecture. Seulement, ayant ouvert le livre au hasard, les premières paroles que je rencontrai furent celles-ci : — « Invoque-moi au jour de ton affliction, et je te délivrerai, et tu me glorifieras. »

Ces paroles étaient tout-à-fait applicables à ma situation ; elles firent quelque impression sur mon esprit au moment où je les lus, moins pourtant qu’elles n’en firent par la suite ; car le mot délivrance n’avait pas de son pour moi, si je puis m’exprimer ainsi. C’était chose si éloignée et à mon sentiment si impossible, que je commençai à parler comme le firent les enfants d’Israël quand il leur fut promis de la chair à manger — « Dieu peut-il dresser une table dans le désert ? » — moi je disais : — « Dieu lui-même peut-il me tirer de ce lieu ? » — Et, comme ce ne fut qu’après de longues années que quelque lueur d’espérance brilla, ce doute prévalait très souvent dans mon esprit ; mais, quoi qu’il en soit, ces paroles firent une très grande impression sur moi, et je méditai sur elles fréquemment. Cependant il se faisait tard (….) j’allai me mettre au lit ; mais avant de me coucher, je fis ce que je n’avais fait de ma vie, je m’agenouillai et je priai Dieu d’accomplir pour moi la promesse de me délivrer si je l’invoquais au jour de ma détresse (…)

Le 3. — La fièvre me quitta pour tout de bon ; cependant je ne recouvrai entièrement mes forces que quelques semaines après. Pendant cette convalescence, je réfléchis beaucoup sur cette parole : — « Je te délivrerai ; » — et l’impossibilité de ma délivrance se grava si avant en mon en mon esprit, qu’elle lui défendit tout espoir. Mais, tandis que je me décourageais avec de telles pensées, tout à coup j’avisai que j’étais si préoccupé de la délivrance de ma grande affliction, que je méconnaissais la faveur que je venais de recevoir, et je m’adressai alors moi-même ces questions : — « N’ai-je pas été miraculeusement délivré d’une maladie, de la plus déplorable situation qui puisse être et qui était si épouvantable pour moi ? Quelle attention ai-je fait à cela ? Comment ai-je rempli mes devoirs ? Dieu m’a délivré et je ne l’ai point glorifié ; c’est-à-dire je n’ai point été reconnaissant, je n’ai point confessé cette délivrance ; comment en attendrais-je une plus grande encore ? »

Ces réflexions pénétrèrent mon cœur ; je me jetai à genoux, et je remerciai Dieu à haute voix de m’avoir sauvé de cette maladie.

Le 4. — Dans la matinée je pris la Bible, et, commençant par le Nouveau-Testament, je m’appliquai sérieusement à sa lecture, et je m’imposai la loi d’y vaquer chaque matin et chaque soir, sans m’astreindre à certain nombre de chapitres, mais en poursuivant aussi longtemps que je le pourrais. Au bout de quelque temps que j’observais religieusement cette pratique, je sentis mon cœur sincèrement et profondément contrit de la perversité de ma vie passée. L’impression de mon songe se raviva, et ces paroles : — « Toutes ces choses ne t’ont point amené à repentance  » — m’affectèrent réellement l’esprit. C’est cette repentance que je demandais instamment à Dieu, lorsqu’un jour, usant la Sainte Écriture, je tombai providentiellement sur ce passage : — « Il est exalté prince et sauveur pour donner repentance et pour donner rémission. » — Je laissai choir le livre, et, élevant mon cœur et mes mains vers le ciel dans une sorte d’extase de joie, je m’écriai : — « Jésus, fils de David, Jésus, toi sublime prince et sauveur, donne-moi repentance ! »

Ce fut là réellement la première fois de ma vie que je fis une prière ; car je priai alors avec le sentiment de ma misère et avec une espérance toute biblique fondée sur la parole consolante de Dieu, et dès lors je conçus l’espoir qu’il m’exaucerait.

Le passage — « Invoque-moi, et je te délivrerai », — me parut enfin contenir un sens que je n’avais point saisi ; jusque-là je n’avais eu notion d’aucune chose qui pût être appelée délivrance, si ce n’est l’affranchissement de la captivité où je gémissais ; car, bien que je fusse dans un lieu étendu, cependant cette île était vraiment une prison pour moi, et cela dans le pire sens de ce mot. Mais alors j’appris à voir les choses sous un autre jour : je jetai un regard en arrière sur ma vie passée avec une telle horreur, et mes péchés me parurent si énormes que mon âme n’implora plus de Dieu que la délivrance du fardeau de ses fautes, qui l’oppressait. Quant à ma vie solitaire, ce n’était plus rien ; je ne priais seulement pas Dieu de m’en affranchir, je n’y pensais pas : tous mes autres maux n’étaient rien au prix de celui-ci. J’ajoute enfin ceci pour bien faire entendre à quiconque lira cet écrit qu’à prendre le vrai sens des choses, c’est une plus grande bénédiction d’être délivré du poids d’un crime que d’une affliction. (….)

Quoique ma vie fût matériellement toujours aussi misérable, ma situation morale commençait cependant à s’améliorer. Mes pensées étant dirigées par une constante lecture de l’Écriture sainte, et par la prière vers des choses d’une nature plus élevée, j’y puisais mille consolations qui m’avaient été jusqu’alors inconnues ; et comme ma santé et ma vigueur revenaient, je m’appliquai à me pourvoir de tout ce dont j’avais besoin et à me faire une habitude de vie aussi régulière qu’il m’était possible ».

(Daniel De Foe. Robinson Crusoe. Editions Rencontre, 1967, pp.122-127)

« De qui est cette effigie ? » (2)

Dieu dit : « Faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance, et qu’il soumette les poissons de la mer, les oiseaux du ciel, les bestiaux, toute la terre et toutes les petites bêtes qui remuent sur la terre ! » Dieu créa l’homme à son image, à l’image de Dieu il le créa ; mâle et femelle il les créa. Dieu les bénit et Dieu leur dit : « Soyez féconds et prolifiques, remplissez la terre et dominez-la. Soumettez les poissons de la mer, les oiseaux du ciel et toute bête qui remue sur la terre ! »  (Gen.1v26-28)

« L’image de ce que (l’homme) est, et de ce qu’il représente doit décider de sa destinée. Il a été créé à l’image de Dieu et lui appartient. Il a été créé pour prier Dieu », publions-nous ici-même la semaine précédente. Mais quel rapport entre le fait de « représenter Dieu » et la prière, nous demandions-nous ?

Selon Andrew Murray, la prière fait partie intégrante de cette merveilleuse ressemblance d’origine divine et est à l’image et la ressemblance (1) terrestre de la communion qui existe entre le Père, le Fils et le Saint-Esprit (2).

Plus nous méditons sur ce que représente la prière, plus nous méditons sur sa merveilleuse puissance auprès de Dieu, plus nous sommes portés à nous demander ce que l’homme est en réalité. Qui est l’homme pour que Dieu lui accorde une telle influence auprès de Lui au ciel ? Le péché nous a tellement avilis que nous n’avons plus la moindre notion de ce que nous sommes vraiment ou de ce que nous devrions être. Nous devons nous tourner vers le récit de Dieu sur la création de l’homme pour découvrir le but véritable de la création. C’est dans Genèse aussi que nous retrouvons les qualités dont Dieu a revêtu sa créature pour lui permettre d’atteindre le but fixé par lui.

La destinée de l’homme a été clairement établie par Dieu dès l’instant de la création. Sa destinée était de peupler la terre et d’établir sa domination sur tout ce qui existe sur la planète. Ces expressions nous démontrent que la destinée de l’homme était de représenter Dieu et de gouverner le monde entier. L’homme devait agir [au nom de Dieu] en qualité de vice-roi (gouverneur). Etant lui-même soumis à Dieu, il devait garder toutes choses soumises à Dieu (….). La position que l’homme devait occuper et la puissance dont il devait disposer se devaient d’être à la mesure de sa destinée.

(….) L’homme, en qualité de représentant de Dieu, devait donc gouverner le monde. Tout aurait dû s’accomplir selon la volonté et l’autorité de l’homme. Suivants les conseils et les requêtes de l’être humain, le ciel aurait répandu de bien riches bénédictions sur la terre. La prière était le canal naturel, le moyen de communication direct, pour assurer et maintenir une relation constante entre le Roi dans les cieux et son fidèle serviteur (….). Les destinées de la terre étaient confiées aux désirs de l’homme et à sa volonté, par la puissance de la prière.

[L’homme devait donc gouverner la terre comme représentant de Dieu, agissant au Nom de Dieu et comme Dieu, mais pas sans Dieu, et non pas dans le but d’asservir/détruire la création]

Hélas ! Le péché a tout changé. La chute de l’homme a entraîné la malédiction de Dieu sur toute la création. Mais grâce à la rédemption, le début d’une glorieuse restauration de la dignité humaine a déjà pu se réaliser. C’est en considérant tous ces faits, que nous pouvons voir quelle puissance se dégage de la prière du fidèle serviteur de Dieu, une force assez puissante pour influencer les destinées de ceux qui entrent en contact avec le Seigneur. Nous pouvons le constater avec Abraham, lorsque Dieu a décidé de se former un peuple duquel seraient issus des rois (…..).

Voilà ce que devait être la destinée de l’homme, suivant les desseins de Dieu. En plus de nous révéler cette destinée, les Ecritures nous démontrent aussi comment Dieu avait pu confier à l’homme une œuvre aussi élevée, [en le créant] à sa propre image. Dieu n’avait pas imposé de décrets sans confier à l’homme une aptitude correspondant à ses lois [« Justice et droit », « bonté et fidélité » cf Ps.89v15]. Etre à l’image de Dieu et dominer (…) ne pouvait être possible pour l’homme à moins qu’il ne fut d’une essence compatible à celle Dieu. Il existait donc un accord et une harmonie internes entre Dieu et l’homme. Il y avait chez l’homme un début de ressemblance avec Dieu qui lui donnait une capacité réelle, une aptitude lui permettant de devenir le médiateur du monde devant Dieu. L’homme devait être prophète, sacrificateur et roi, pour interpréter la volonté de Dieu, pour représenter la nature dans ses besoins, pour recevoir et dispenser les richesses de Dieu. C’était sa ressemblance à Dieu qui rendait l’homme capable de porter la règle divine. Il ressemblait véritablement à Dieu ; il pouvait comprendre et interpréter ses plans, et il devait les accomplir. C’est pourquoi Dieu lui avait confié ce merveilleux privilège qui lui permettait de tout demander et de tout obtenir.

Le péché a « frustré » les plans de Dieu pour un certain temps, mais la prière est demeurée ce qu’elle était avant la chute de l’homme. La prière représente la preuve tangible de notre ressemblance à Dieu, elle reste le véhicule de notre communion avec l’infini et l’invisible (…). La prière n’est pas seulement un cri d’appel à la pitié, elle est la plus haute expression de l’homme conscient de ses origines divines, conscient d’avoir été créé pour exécuter les décisions de l’Eternel. La grâce a restauré ce que le péché a détruit. Ce que le premier Adam a perdu, le deuxième l’a reconquis. En Jésus-Christ, l’homme reprend sa première place, et l’Eglise qui demeure en Christ hérite de la promesse : demandez…et vous le verrez s’accomplir.

Une telle promesse ne peut en aucun cas servir premièrement à des fins personnelles. Elle s’adresse aux sarments qui portent du fruit (…) ceux qui demeurent en Christ (….), ceux qui ne vivent que pour l’œuvre et la gloire du Père. A tous ceux-là, il a été donné de comprendre comment la nouvelle naissance les a ramenés sur le chemin de leur destinée originale, et de comprendre aussi comment l’image de Dieu et sa ressemblance a été restaurée en eux (….).

Tout avait été confié à l’homme, parce qu’il avait été créé à l’image de Dieu sur la terre. Et tout est tombé avec lui dans sa chute : la création tout entière souffre et gémit…mais l’homme a été racheté, la restauration de sa première dignité a débuté. Et la grande pensée de Dieu, son but éternel et la venue du royaume [ou du règne de Dieu] dépendent de son peuple. Nous devons demeurer en Christ, prendre position en lui, le Souverain sacrificateur, et prier avec assurance devant Dieu. Effigie de Dieu, représentant (de) Dieu, l’homme racheté doit déterminer l’histoire de cette terre par ses prières. L’homme a été créé, il a été racheté pour prier et il doit dominer par la prière !(2)

 

Notes :

(1) Notons que Dieu souhaite au départ créer l’humain « à son image » et « selon sa ressemblance ». Cependant, il s’avère que l’homme n’est créé « qu’à l’image de Dieu », et non « à sa ressemblance ». (Gen.1v27). Que nous manque-t-il pour qu’à l’image s’ajoute la ressemblance ? Une réponse à ce manque se trouve en 1 Cor.15v45-49 : vivre en homme spirituel !

(2) D’après « De qui est l’effigie ? » IN Andrew Murray. Voici comment vous devez prier : méditations sur la prière. Distributions Évangéliques du Québec, 1982, pp 105-110.

 

 

 

De qui est cette effigie ?

De qui est ton effigie ? De la réponse à cette question dépend ta destinée ! (« Denier de Tibère », empereur romain à l’époque de Jésus)

« Ils lui présentèrent un denier. (Jésus) leur demanda : de qui sont cette effigie et cette inscription ? » (Matt.22v20)

« Puis Dieu dit : faisons l’homme à notre image, selon notre ressemblance » (Gen. 1v26)

« De qui est cette effigie ? »

C’est par cette question que Jésus réussit à déjouer ses ennemis qui voulaient le prendre en défaut. Il trancha ainsi la question du tribut à payer. Cette question et le principe qui en découle peuvent être appliqués d’une façon plus générale et universelle. Et nous pouvons l’appliquer encore davantage à l’homme lui-même.

L’image de ce qu’il est, et de ce qu’il représente doit décider de sa destinée. Il a été créé à l’image de Dieu et lui appartient. Il a été créé pour prier Dieu »(1).

Quel rapport entre le fait de « représenter Dieu » et la prière ? Nous le saurons mercredi prochain !

 

 

 

Note :

(1) « De qui est l’effigie ? » IN Andrew Murray. Voici comment vous devez prier : méditations sur la prière. Distributions Évangéliques du Québec, 1982, p 105.

 

As-tu peur du silence ?

C’est dans le silence qu’on apprend de Dieu et qu’Il nous parle ! Sommes-nous prêts à rester dans le silence ?

« Il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose sous le ciel (…) un temps pour se taire et un temps pour parler… » (Eccl.3v1, 7.TOB)

« Le SEIGNEUR combattra pour vous, et vous, vous garderez le silence ». (Ex.14v14. NBS)

« Il est bon d’espérer en silence le salut du Seigneur » (Lam. 3v26. TOB)

 

Le silence est quelque chose que certains ne comprennent pas, ou fuient même !

Pourquoi avons-nous peur du silence ?

Les enfants ont beaucoup de mal à se taire. C’est pourquoi on leur apprend qu’il y a un moment solennel pendant le culte, où il faut se taire.

Mais il y a différentes façons de se taire :

Nous pouvons être silencieux à cause de l’amertume qui est dans notre cœur et on n’écoute pas le Seigneur nous dire : « silence mon enfant ».

Un mari et une femme peuvent rester silencieux et ils se comprennent !

Nous pouvons rester silencieux en prière, pour écouter ce que le Saint-Esprit veut nous dire, car il parle doucement.

Dans l’Apocalypse, il y eut dans le ciel un silence d’une demi-heure, avant que les coupes d’or de parfum soient ouvertes ; ces coupes représentent « les prières des saints ».

Et c’est dans le silence que le Seigneur peut venir à notre secours (Lam.3v26). C’est ainsi que Joseph apprend de Dieu dans le silence de la prison.

De même, Daniel dans la fosse aux lions et Jérémie au fond du puits ont fait silence et Dieu est puissamment intervenu !

C’est donc dans le silence qu’on apprend de Dieu et qu’Il nous parle !

Et nous, sommes-nous prêts à rester dans le silence ? Sommes-nous prêts à faire taire ce qui nous bouscule ? Nos cœurs sont tellement remplis de choses ! Faisons silence entre mari et femme, avec nos enfants ! Souvent le Seigneur nous appelle et nous ne l’entendons pas !

[Repéré sur le bulletin de l’église protestante évangélique de Bobigny, daté de juin 2018]

« Priez le Père pour espérer donner et recevoir une éducation véritable »

Le sujet de la rentrée : Encourageons-nous à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « demandent, cherchent et frappent »

Lecture : Matt.7v7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira. Ou encore, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ».

Ce passage bien connu s’inscrit dans le contexte du « Sermon sur la montagne » (ch.5-7 de Matt.), un discours prononcé par le plus grand enseignant de tous les temps : Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’est pas « un » maître ou un enseignant, mais « le » maître et « le » Seigneur.

Il ne s’agit pas d’un « code moral » de « bonne conduite » pour devenir « un bon chrétien », mais de la charte de vie des enfants du Père Céleste. Il y est question de la justice du « royaume » ou plutôt, « du règne » de Dieu.

Nous pouvons y lire ce que devrait être la vie de famille des enfants du Père céleste, dont la vie est clairement placée sous le règne de Dieu. Et le règne de Dieu n’a pas de limite : il commence d’abord dans le domaine de ta vie où il ne règne pas. Quel est ce domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?

Ainsi, par exemple, l’éducation et l’instruction(1) : Christ règne-t-il dans ce domaine de vie, que tu estimes tellement vital pour tes enfants ? As-tu placé l’éducation et l’instruction de tes enfants sous le règne de Christ ? Si ce n’est pas lui, qui règne ?

C’est une question, non de « morale », relative à ce qui serait « bien ou mal », « bien vu » ou « mal vu », mais c’est une question de vie ou de mort. Pas moins. Et quoi de plus vital que de donner et recevoir une éducation véritable, là où Christ règne ?

Objectif : (S’)encourager à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « « demandent, cherchent et frappent », mais aussi à imiter la façon dont le Père céleste répond. D’habitude, à l’école, celui qui copie sur le voisin ou qui imite le prof est punit, mais dans ce cadre, à l’école de Jésus, comme la Bible nous l’enseigne (ex : en Éphésiens), nous sommes invités à « copier », imiter Dieu, Notre Père (pas à le « singer »). Encourageons-nous donc à « demander, chercher et frapper » pour recevoir mais aussi donner une éducation véritable, centrée sur Christ.

Dans notre passage de Matt.7v7-11, l’accent est mis sur la disponibilité du Père qui invite ses enfants à s’approcher de lui, pour qu’ils lui expriment en toute authenticité et simplicité leurs besoins. C’est ainsi que l’éducation véritable est un sujet de prière – de nos prières – et une préoccupation constante, de la même façon que nous veillons avec soin à l’habillement et à la nourriture de nos enfants.

Ensuite, voici un deuxième élément particulièrement frappant : il est d’emblée considéré ici que ceux qui demandent, cherchent et frappent, le font, non seulement pour recevoir une réponse, mais aussi parce qu’ils savent que c’est juste et légitime. Et parce que c’est juste et légitime, ils osent faire preuve de hardiesse, sans crainte d’être jugés.

Nous-mêmes, en tant qu’enfants du Père, du Royaume, nous sommes invités à « demander », « chercher » et à « frapper », car il y a là autant de promesses : « en effet », dit Jésus, « quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (v8).

Mais « demander » et « chercher » quoi ? « Frapper » pour quoi ? La fin du passage nous donne la clé : pour obtenir « de bonnes choses » (v11) et pour obtenir ce qui est juste, selon la volonté du Père. Il est bon de demander une bonne éducation et une bonne instruction pour nos enfants ; et il est aussi bon pour des enfants de demander une bonne éducation et une bonne instruction, car cela est juste.

« Demander » :

Tout parent cherche le meilleur pour ses enfants : si ses enfants demandent du pain, le parent ne lui donnera pas une pierre ; s’ils demandent du poisson, ils ne recevront pas un serpent, et, dit Luc, s’ils demandent un œuf, ils ne recevront pas un scorpion (Luc 11v12). Mais voilà, dit Jésus, nous sommes « méchants », « mauvais » et nous pouvons « nous planter ».

Nous demandons mal.

Jacques 4v2-3 dit : « Vous convoitez et ne possédez pas (….) Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs ».  La pub prétend connaître mieux que vous ce que vous et vos enfants ont besoin…. Qui, d’ailleurs, oriente vos façons de vous nourrir, vous habiller, divertir ?

Nous n’osons pas « demander, chercher, frapper », doutant de la légitimité de notre démarche.

Nous avons aussi parfois un mauvais réflexe : juger ceux qui revendiquent, parce qu’ils nous paraissent bruyants. Comment ainsi considérer, par exemple, la démarche de ces étudiants québécois, qui avaient manifesté en 2012 contre la hausse des droits d’inscription à l’université ? (Là c’était « le printemps érable » au lieu du « printemps arabe »)

Mais apprenons du Père, qui Lui-même nous écoute avec bienveillance, pour accueillir avec la même bienveillance la démarche des autres. Apprenons du Père pour encourager nos enfants à demander ce qui est bon. Lui nous encourage en nous disant : « vas-y, mon enfant, c’est juste et bon ! »

Comme Lui, reconnaissons dans les cris des enfants,  les cris de ceux qui « défaillent sur les places de la Cité. A leurs mères ils disent : Où sont le blé et le vin ? [une éducation et une instruction nourrissantes, sources de vie et de joie]quand ils défaillent comme des blessés sur les places de la Ville, quand leur vie s’échappe au giron de leurs mères » (Lam.2v11-12).

Nous pouvons « nous planter », mais nous pouvons nous rattraper par la grâce de Dieu.

Comment avoir l’assurance « de ne pas nous planter » ?

En demandant la sagesse : Jacq.1v5-8 nous assure que « si la sagesse nous fait défaut », nous pouvons « la demander au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle (nous) sera donnée ». Mais il s’agit de « demander avec foi, sans éprouver le moindre doute ».

« Chercher » :

Comme pour « demander », il y a aussi une promesse : « Qui cherche, trouve ».

Nous trouvons, parce que nous avons longuement cherché.

Ce que mon épouse aime, c’est que je lui rapporte quelque chose que j’ai trouvé pour elle et je l’ai trouvé parce que je l’ai longuement cherché.

Le marchand de la parabole a longuement cherché des perles fines. Et en ayant trouvé une de grand prix [elle n’a pas de prix], il vend tout ce qu’il a pour l’acheter. Et qu’est-ce qui a plus de valeur qu’une perle ? La sagesse (Job 28v18) !

Jésus trouve Philippe après l’avoir longuement cherché (Jean 1v43), pour lui dire : « suis-moi ».

Nous-mêmes, nous sommes des « trouvés de Dieu ». Mon frère, ma sœur, réjouis-toi que Dieu te cherche, car tu peux espérer qu’il te trouve. Mais toi, te laisseras-tu trouver ?

Parent, tu espères que tes enfants se laissent trouver par le Seigneur, mais espères-tu trouver, comme le marchand de la parabole, une école dispensant une éducation et une instruction de grand prix, là où l’on dispense la sagesse de Christ ?

Enfin, « frapper »

Frapper à des portes fermées.

L’on peut frapper pour ne pas être ouvert, comme le roi Joas, qui avait frappé trois fois avant de s’arrêter. S’il a pu ensuite remporter quelques batailles, il n’a pu remporter la victoire finale (2 Rois 13v14-19).

L’on peut frapper pour être ouvert : avec détermination et foi, « 5 ou 6 fois », parce qu’il y a urgence, parce que c’est une question de vie ou de mort, pour remporter la victoire de l’éducation véritable, pour nos enfants. Pour que s’ouvrent les portes d’écoles où une éducation véritable est dispensée, parce que Christ est au centre de l’école.

Les portes peuvent s’ouvrir : il s’agit ensuite d’avoir foi pour entrer et y faire entrer nos enfants.

 

Note : 

(1) Éduquer : faire se développer (un être vivant). Prendre soin. Instruire : transmettre à la génération future un ensemble de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune.

Pour qui te lèves-tu, le matin ?

"Pratiquer", c'est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité ["Dieu, le premier servi"], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs ; nous avons fait du travail notre valeur suprême, la source de notre vie". Source : rawpixel

« Pratiquer », c’est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité [« Dieu, le premier servi »], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs….. »
Source : rawpixel

Êtes-vous un « pratiquant » ? Un « chrétien pratiquant » ? Qu’entendez-vous par là ?

Voici ce que Jésus peut nous apprendre à ce sujet :  Tandis que les foules se rassemblaient pour écouter son message, (Il) « se tenait retiré dans les déserts et priait » (Luc 5v16). La prière était sa priorité, même quand ses journées étaient chargées. Même dans les moments de grande occupation, il se levait « bien avant le jour » et s’en allait prier « dans les lieux déserts » (Marc 1v35). Lui qui portait pourtant les franges rituelles juives n’allait pas prier dans les synagogues : quand il s’y rendait, c’était pour prêcher (1).

Alors, « pratiquer » ? « Pratiquer », c’est avant tout appliquer la parole qui nous intime de faire de la prière notre première activité [de sorte que Dieu « soit le premier servi », à notre réveil], bien avant le travail. Nous avons malheureusement inversé les valeurs ; nous avons fait du travail notre valeur suprême, la source de notre vie. Le « chrétien pratiquant » est-il celui qui glisse, entre ses occupations, une petite demi-heure[une heure, deux heures, tout au plus, et encore, s’il ne regarde pas tout le temps son smartphone pendant le service !]pour assister à une messe [ou à un culte] et s’estime ensuite « quitte » de ses « devoirs religieux » ?(1) Une drôle façon de considérer « la pratique », non ?

Et vous ? Comment considérez-vous « la pratique »(religieuse)  ? « Qui est le premier servi », au commencement de votre journée ?

 

Note :

(1) Delpech, Michel. J’ai osé Dieu. Points seuil, 2015, pp 94-95.

Ce « trouble de la perception » appelé « indifférence »

"Indifférence" : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène... Par Andy Singer

« Indifférence » : trouble de la perception, empêchant de distinguer la réalité de la mise en scène…
Par Andy Singer

Notre société souffre terriblement de ce mal moderne qu’est l’indifférence.

Mais qu’est-ce que l’indifférence ? Erri de Luca* le définit comme étant « l’incapacité de distinguer les différences ». Il ne s’agit donc pas d’un « je-m’en-foutisme face au monde, mais plutôt (d’un) trouble de la perception qui empêche de distinguer la différence entre réalité et mise en scène. On assiste, inerte, à un acte de violence, à un malheur, car on croit assister gratis à une représentation où l’on est tenu d’agir en spectateur. On n’a jamais vu personne dans le public sauter sur scène pour empêcher Othello** de tuer Desdémone. Celui qui se croit spectateur profite du spectacle.***

L’indifférence est un dérangement opposé à celui de Don Quichotte**** qui s’immisçait dans les affaires et les malheurs des autres. Lui aussi distinguait mal la réalité, souffrant pourtant d’interventionnisme extrême. Il fait même irruption dans un théâtre de marionnettes, saccageant les pantins qu’il prend pour ses ennemis. Il confond spectacle et réalité, il ne se contente jamais d’être spectateur. En écoutant les nouvelles télévisées, il faudrait se rincer les yeux avec le collyre fébrile de Don Quichotte. Se sentir un peu moins spectateur, un peu moins membre d’une « audience », un peu plus membre d’une chevalerie errante, erronée et irritable. »

La vie de Rees Howells, celui qui était "sur la brèche"

La vie de Rees Howells, celui qui était « sur la brèche »

« Indifférent » et « spectateur », Rees Howells ne l’était nullement. Ce mineur, qui a connu le réveil de 1904 au Pays de Galles, a vécu « en simple radical », au service exclusif du Seigneur Jésus-Christ. Un « exemple », inspiré par la vie de Georges Müller, pas forcément à imiter tel quel, mais sa foi et sa consécration, si(cf Hébr.13v7). Atteignons-nous ce standard de Dieu ? Pour ma part, je suis loin d’être « arrivé »….

Mais lisez l’histoire de cet homme qui s’est tenu « sur la brèche »***** en tant que fidèle intercesseur, et vous connaîtrez ce que signifie réellement « mes pensées ne sont pas vos pensées »(dit le Seigneur, cf Es.55v8), et en quoi le péché est « manquer le but » de Dieu. Rees Howells ne s’est pas rincé les yeux « avec le collyre fébrile de Don Quichotte », mais avec celui recommandé à toute personne se croyant croyante (Apoc.3v17-18). Bien qu’il ne semblait pas en avoir besoin, à vues humaines, du fait de sa piété, il dut (pour prétendre être « un chrétien » véritable)passer « par la nouvelle naissance(Jean 3v3), et fut formé « à l’école de Dieu », d’une manière particulière. Autant d’étapes le préparant à son appel-tout aussi particulier – d’intercesseur.

Notre façon de prier, et d’intercéder, témoigne peut-être de notre façon d’être et de vivre en ce monde : sommes-nous « spectateur » ou « acteur » ?

Car, apprenons-nous dans ce récit de la vie de Rees Howells, le secret de l’intercession est de « sortir de sa zone de confort » : il est dans l’identification de l’intercesseur à ceux pour lesquels il prie(cf ch.8 : « les clochards »), la souffrance et l’autorité. A ce sujet, Rees Howells a connu « ses plus belles victoire spirituelles » (tel libérer des alcooliques de « l’homme fort » cf Marc 3v27)par la seule intercession, en s’appuyant sur la promesse de Jean 15v7. Une promesse sans limites, mais dont l’accomplissement dépend de « la ferme position » de l’intercesseur par rapport au Christ, soit de l’obéissance à son commandement de « demeurer en Lui ». Et soit de « permettre au Saint-Esprit de vivre en nous la vie que le sauveur aurait vécue s’il s’était trouvé à notre place »(cf 1 Jean 2v6).

Christ est le modèle parfait de l’intercesseur(Es.53v12 ; Hébr.2v9, 5v8-15 ; 2 Cor.5v21, 8v9) : bien qu’étant actuellement au ciel, à la droite de Dieu(Eph.1v20-21 ; Hébr.1v1-4 cf Philip.2v1-11), il n’est pas non plus « spectateur » mais bien toujours « acteur »(Marc 16v19-20), en tant que notre « souverain sacrificateur »(Hébr.4v14). Il n’est « pas incapable de compatir à nos faiblesses », puisque, sur terre, il s’est identifié à nous, « éprouvé et tenté comme nous, à part le péché »(v15). Il s’est mis au même niveau que les personnes qu’il voulait toucher, en vivant avec eux, parmi eux, et en se donnant pour eux(Jean 1v9-14 ; 10v11-18). Pleinement homme, tout en étant pleinement Dieu, Il a pu être pleinement notre représentant(Hébr.9v15, 12v24 ; 1 Tim.2v4-6.

 

Etant « son corps »(Eph.1v22-23 ; Col.1v18 ; 1 Cor.12v27…), ferions-nous moins ?

 

 

 

Notes :

* « Indifférence » d’Erri de Luca. IN Alzaia. Rivages et Payot, 1998(Bibliothèque rivages), pp 95-96.

** Dans la pièce éponyme de W. Shakespeare

*** Et il veut en avoir pour son argent….

**** Personnage du roman éponyme de Cervantes.

***** « Sur la brèche », de Norman Crubb. CLC, 1979. Une lecture bouleversante, faite en deux jours cette semaine (pour la première fois sur kindle-qui est moins pratique qu’un « vrai livre » !), et qui m’a permis de prendre « un peu mieux » conscience des enjeux de l’intercession.