En réponse à Adam qui échoue, Yeshouh, Celui qui réussit

Jésus n’est pas venu dans ce monde adulte, comme un « super-héro », mais bébé, passant par toutes les étapes de la vie. Source image : bibleetpartage.com

Merci Père de nous avoir donné Jésus.

Voyant que nous n’arrivions pas à vivre ton projet, tu nous as envoyé Celui qui a réussi à vivre le projet et à être en harmonie avec toi : Non pas « le premier Adam », celui qui échoue, mais « le Nouvel Adam », Yeshouh (Jésus),  qui réussit.

Et merci de ne pas nous l’avoir envoyé adulte, comme un « messie botté et casqué », mais bébé, dans la faiblesse même, le faisant passer par toutes les étapes de la vie. Ce que nous avons vécu, il l’a aussi vécu et a été éprouvé comme nous, à part le péché (cf Jean 8v46 et Hébr.4v15)

 

« C’est ainsi qu’il est écrit : le premier homme Adam fut un être animal doué de vie, le dernier Adam est un être spirituel donnant la vie. Mais ce qui est premier, c’est l’être animal, ce n’est pas l’être spirituel ; il vient ensuite.

Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel.

Tel a été l’homme terrestre, tels sont aussi les terrestres, et tel est l’homme céleste, tels seront les célestes. Et de même que nous avons été à l’image de l’homme terrestre, nous serons aussi à l’image de l’homme céleste ». (1 Cor.15v45-49)

« Oui, par un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a frappé tout le monde. Mais par le seul Jésus-Christ, les êtres humains reçoivent beaucoup plus de Dieu : il leur donne gratuitement ses bienfaits et il les rend justes. Par le Christ, ils vivront et ils seront rois avec lui.

 Finalement, la faute d’un seul a eu pour résultat de condamner tous les êtres humains. De même, l’action juste d’un seul a pour résultat de rendre justes tous les êtres humains, et par là, ils ont la vie.

Autrefois, un seul homme a refusé d’obéir à Dieu, et un grand nombre de gens sont devenus pécheurs. De même, un seul homme a obéi, et un grand nombre de gens seront rendus justes ». (Rom.5v17-19)

 

 

La prière façon « évangile de prospérité » n’est pas la prière biblique

Aurons-nous l’humilité de demander à Jésus de nous apprendre à prier, comme nous lui demanderions de nous apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

La prière façon « évangile de prospérité » (1) est la prière perçue comme une demande, un deal avec l’invisible en vue d’en retirer quelque avantage ; du spirituel qui apporte des bénéfices en termes de développement personnel, de santé, de productivité, et autres pratiques diverses destinées à connaître l’avenir…..

A ce stade, lorsque la prière est tellement centrée sur elle-même ou sur celui qui prie, au point que celui avec qui je suis censé être en relation ne compte plus, alors ce n’est déjà plus une prière….  Au contraire, rappelle Michael Reeves dans « Retrouver la joie de prier » (2), citant une expression de Jean Calvin, « la prière est le principal moyen d’expression de la vraie foi », que nous accueillons avec reconnaissance, et le principal moyen de la confiance authentique dans le Dieu vivant et vrai, lequel est un Dieu relationnel parce que « Trine », Père, Fils, Saint-Esprit (3).

 

 

Notes :

(1) Concernant « l’Evangile » dit de la prospérité, et l’Evangile tout court, voir le documentaire « American Gospel : Christ alone ».

(2) Voir notre recension de l’ouvrage.

(3) Avec l’honnêteté de dire que « la seule chose que nous sachons, c’est que nous ne savons pas prier » !

 

Prendre ses désirs pour la réalité

Il est essentiel, notamment pour un chrétien, de ne pas prendre « ses vessies pour des lanternes » ou de prendre ses désirs pour la réalité » (Source image : public domain pictures)

Ce soir, vendredi 6 novembre 2020, à 20h : formation « Libé! confinés » par zoom, proposée par l’équipe Libérer! sur le thème (toujours d’actualité !) Autorité vs. Toute-puissance ou « Comment restaurer et déployer notre autorité en Jésus-Christ, notamment dans la prière ou le combat spirituel, sans pour autant basculer dans la pensée toute-puissante où nous finirions par croire que notre volonté est forcément celle de Dieu ? »

Plus d’infos sur le cycle de formations « Libé! confinés » ici.
Attention : Fermeture des inscriptions à 14h. Réouverture samedi soir pour les vendredis suivants. Vous n’avez pas besoin de vous réinscrire si vous l’êtes déjà.
Si vous les avez raté, lire nos articles : « deux façons de demander : savoir ou obtenir » (pouvant être associé à nos façons de prier) et ce qu’est un « blasphème sans rémission » pour Dieu.

L’Action du mois : la prière pour les oiseaux

Une prière pour tous les oiseaux du monde que nous sommes, sans oublier les moineaux et leur dignité (source image : public domain pictures)

Une prière originale d’Eric George (pasteur EPUDF Versailles), 17/03/13, découvert « par hasard » cet été via le bulletin d’une paroisse protestante.

 

Dieu notre père

Nous voulons te prier pour tous les oiseaux du monde

Et surtout pour tous ceux à qui nous donnons des noms d’oiseaux

 

Nous te prions bien sûr pour ceux que nous appelons

Mon poussin, mon canard, ma poulette

Tous ceux, qu’avec ou sans surnom, nous aimons

 

Nous te prions également pour ceux que nous appelons vautour

Et pour les faucons de guerre

Ceux-là qui croient pouvoir puiser leur force et leur vie

Dans la faiblesse et la mort et des autres

Donne-nous d’être face à eux des témoins vigilants

Donne-nous ton esprit de prophétie qui dénonce l’oppression

Et annonce la justice.

 

Nous te prions pour ceux que l’on appelle pigeons

Donne nous d’accepter de faire, aux yeux de ce monde, partie de ceux-là

Donne-nous de réaliser ta parole « Heureux les doux, heureux les simples »

 

Nous te prions pour les triples buses, les bécasses et les têtes de linottes

Donne-nous d’accueillir avec amour et patience les limites de nos frères et de nos sœurs

Donne-nous la lucidité et l’humour nécessaires pour reconnaître et assumer nos propres limites

 

Nous te prions pour ceux que nous voyons

Majestueux comme des aigles

Libère nous de l’aigreur et de l’idolâtrie

Et permets-nous de prendre notre place aux services des autres

 

Fais sortir leur tête du sable aux autruches

Fais atterrir un peu les albatros

Donne aux coqs l’humilité

Et rend aux moineaux la dignité

 

Nous te remercions pour les colombes

Annonciatrices de paix et d’espoir

Pour les alouettes, porteuses d’espérance

Et pour les pinsons qui nous communiquent leur joie

 

Seigneur,

Que ton Royaume germe sur la terre

Et qu’il rassemble dans son feuillage

Tous ces oiseaux que nous sommes

 

 

 

 

Retrouver la joie de prier

Une invitation décomplexante et stimulante

Voici un petit livre décomplexant, en ce qu’il ne s’adresse pas à ceux qui savent prier, les experts « es prière », ou à ceux qui, décomplexés, pratiquent ce qu’ils appellent « prière, mais qui n’est en réalité qu’un monologue sans fin.

Bonne nouvelle : il s’adresse à tous ceux qui, comme moi, ne savent pas prier ou ayant longtemps fui la prière. En effet, constate Michael Reeves, son auteur, qui se met dans le lot, « nous ne sommes pas doués pour la prière. C’est malheureusement vrai pour la plupart d’entre nous, et cela ne devrait pas nous étonner », car « nous sommes tous pécheurs » (1). Et nous connaissons « l’ami des pécheurs », Jésus-Christ (1), et qui, du pharisien et du publicain venus au temple pour prier, est reparti justifié.

Il ne s’agit pas non plus d’un manuel sur la prière.

Il s’agit d’une invitation stimulante et bienfaisante à « retrouver la joie de prier », joie que l’on a pu perdre, en étant trop centré sur la prière perçue comme « une chose que le chrétien doit faire » ou comme un domaine dans lequel nous devons progresser….A ce stade, lorsque la prière est tellement centrée sur elle-même ou sur celui qui prie, au point que celui avec qui je suis censé être en relation ne compte plus, alors ce n’est déjà plus une prière….

Au contraire, rappelle Michael Reeves, citant une expression de Jean Calvin, « la prière est le principal moyen d’expression de la vraie foi », que nous accueillons avec reconnaissance, et le principal moyen de la confiance authentique dans le Dieu vivant et vrai, lequel est un Dieu relationnel parce que « Trine », Père, Fils, Saint-Esprit.

« Prier, c’est encore respirer »(2). Pas plus qu’on ne respire l’oxygène ou l’azote isolés, pas davantage le souffle de la prière ne s’alimente isolément de Dieu.

La prière consiste donc à s’en remettre à un Père bon et puissant « au lieu d’être livré à une effrayante solitude où tout dépend de nous. La prière, c’est l’antithèse de l’autonomie. Elle est notre non à l’indépendance (et à) l’ambition personnelle » (3)

Le livre est très court (61 pages). Sans doute pour mieux nous inviter, non à « causer » sans fin de la prière, mais à vite rejoindre Dieu, lequel nous attend déjà, pour « causer » avec Lui en toute assurance et confiance, dans la liberté d’un enfant de Dieu devant Son Père, qui ne cherche plus à obtenir ou à arracher quelque chose, mais qui apprend à recevoir.

 

En bref : « Retrouver la joie de prier », de Michael Reeves. Editions Cruciforme, 2020. Reçu gracieusement de la part de BLF éditions, que je remercie. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

 

Notes :

(1) « Retrouver la joie de prier », de Michael Reeves, p 1, 17

(2) Comme l’écrivait Kierkegaard dans son « Traité du désespoir » (pp 105-106)

(3) Michael Reeves, op., cit., p 43

Ensemble, jeûnons et prions pour les personnes en première ligne (et donc exposées) face au coronavirus(2)

« Veillez et priez » (Source image : public domain pictures)

Ensemble, jeûnons et prions pour la bénédiction et la protection de tous ceux qui maintiennent les fonctions vitales de notre société et qui oeuvrent en première ligne face à l’épidémie, se trouvant donc particulièrement exposés. Dans le prolongement des sujets précédents :

 

13h00-14h00 : Prions pour les femmes, en première ligne pour affronter l’épidémie. Elles composent l’essentiel des personnels soignants, au contact direct des malades, et courent donc davantage le risque d’être infectées.

Note : En France : 78 % de femmes parmi le million de personnes qui composent la fonction publique hospitalière. 90 % pour les infirmières et les aides-soignantes, et 45 % pour les médecins (Sans oublier que 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne.

Prions nominativement pour les sœurs concernées de nos communautés.

14h00-15h00 : Prions pour que toutes ces personnes exposées soient préservées de toute atteinte à soi et logique/posture sacrificielle [exaltation sacrificielle « du héros »] et reçoivent tout le soutien, la protection et les moyens nécessaires pour faire leur travail dignement et sur le long terme (pas seulement en cette période de crise sanitaire)

15h00-16h00 : Prions pour que nous restions enseignés sur ce qui fait l’identité de l’Eglise

Comprenons que l’Église signifie dans la Bible « assemblée » et que l’Église locale est fondamentalement un rassemblement. L’Eglise locale existe quand ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et confessent que « Jésus est Seigneur » sont assemblés au même endroit et au même moment en Son Nom cf Matt.18v20.

Ressentons la perte temporaire de ne pouvoir actuellement nous rassembler et aspirons au retour du rassemblement pour mieux l’apprécier. Comprenons que les substituts numériques, même parfois utiles (culte/prédication/prière en ligne ou à distance) ne sont que temporaires et ne peuvent être des alternatives viables/idéales à la réalité.

Honorons et aimons l’Eglise, en ayant confiance en Celui qui bâtit Son Eglise et gardons confiance que « les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle [l’Église] ».

16h00-17h00 : Prions pour que notre « quarantaine dans le désert » soit féconde, sainte, victorieuse et triomphante, en gardant les yeux fixés sur Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est lui-même sorti victorieux d’une situation de « quarantaine » et de tentation (cf Matt.4v1-11). Que la volonté de Notre Seigneur soit faite et non la nôtre, pendant cette période.

17h00-18h00 : Prions pour l’unité des foyers confinés. Pour que les hommes et femmes prennent fermement leur position en Christ dans leurs foyers et revêtent le caractère de Christ dans leur relation aux éventuels membres du foyer. Pour que le sang de Jésus-Christ soit plaidé [cf Hébr.9 et 10v10, 19 ; 1 Jean 1v7 ….] et que le fruit de l’esprit soit manifesté au long de chaque journée pour fermer tout accès à l’ennemi.

 

Ensemble, jeûnons et prions pour les personnes en première ligne (et donc exposées) face au coronavirus

« Veillez et priez » (source image : public domain pictures)

Ensemble, jeûnons et prions pour la bénédiction et la protection de tous ceux qui maintiennent les fonctions vitales de notre société et qui oeuvrent en première ligne face à l’épidémie, se trouvant donc particulièrement exposés.

9h00-10h00 :  Les personnels soignants, engagés dans la lutte pour sauver l’hôpital depuis un an, mais dont la parole était jusque-là méprisée.

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons exerçant ces professions

10h00-11h00 : Les salariés des transports publics, les pompiers, les gardiens de la paix.

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons exerçant ces professions

11h00-12h00 : Les employés des supermarchés, les livreurs, les facteurs, ceux qui évacuent nos déchets, qui produisent et distribuent l’eau et l’énergie, qui entretiennent les réseaux de télécommunications…

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons exerçant ces professions

12h00-13h00 : ceux qui sont plus durement touchés (travailleurs précaires, sans abris, réfugiés).

Prions nominativement pour les frères et sœurs de nos communautés/ceux que nous connaissons se trouvant dans ces situations.

(A suivre)

Le Psaume des assassins

« David demande à être lavé de (sa) faute, à être rendu plus blanc que neige… » (Source : public domain pictures)

On appelle psaume de pénitence le psaume 51, mais il n’est pas triste, ni plaintif ; il est au contraire tumultueux. David répond d’une faute grave, il l’expie et il épuise l’éloquence de sa peine. [David, en tant que roi d’Israël, était le représentant officiel de Dieu parmi son peuple; Mais, il a trahi cette confiance sacrée en commettant un crime de façon intentionnelle] : il a envoyé à la mort au combat un homme pour épouser sa femme, la splendide Batshéba. Du haut de sa volonté de roi, il a donné l’ordre scélérat qui a été exécuté : Urie le Hittite est laissé seul dans la mêlée. Dieu, en colère contre lui, lui enlève l’enfant premier-né de cette union et l’éloigne même du trône pour une longue période  [2 Sam.11 et 12]

(….)

David expie la peine infligée et ensuite, par ce psaume, demande à Dieu [qu’il n’appelle pas ‘‘YHWH’’ alors que c’est le nom caractéristique du livre II des Psaumes] d’effacer sa faute. Il emploie le verbe mahà que le prophète Esaîe attribue à Dieu en annonçant qu’il effacera une larme sur chaque visage [Es.25v8]. David demande à être lavé de cette faute, à être rendu plus blanc que neige et, au cours de sa requête, il décharge son terrible impératif à Dieu : Hazzilèni middammim, « libère-moi des sangs »(v16). Ce n’est pas une prière mais un ordre [ !] et qui contient le plus brutal des « tu » d’un homme à l’adresse de Dieu.

David a participé à de nombreux combats. Il a commencé enfant en abattant le colosse Goliath et en lui tranchant sa grosse tête, puis il a combattu pour Saül et puis pour son royaume. Il a commis des massacres, mais il doit répondre d’un seul sang versé : celui de Urie le Hittite, le mari de Batshéba. Et il emploie le pluriel « sangs » comme est au pluriel celui d’Abel versé par Caïn [Gen.4v10]

« Libère-moi des sangs » : l’impératif de David ne laisse pas de répit à Dieu, il ne penche pas vers une prière que l’on peut éluder. Dans le vers précédent, il lui a dit : « j’enseignerai tes chemins aux coupables ». C’est ainsi : un homme qui se repent et obtient le pardon peut enseigner les autres, parce qu’il a connu les chemins, les a perdus et puis a su les retrouver. Ce n’est pas celui qui enseigne sans discontinuer qui est un maître, mais celui qui brusquement apprend.

A la fin, le psaume offre une parole chère à ceux qu’irrite le faste de certaines cérémonies religieuses. David leur assure que : « les sacrifices d’Elohim sont un esprit brisé, un cœur brisé ». Dieu accueille près de lui l’homme blessé, tel est le sacrifice qui lui plaît, non pas la grande pompe de l’indemme. David l’a appris de Samuel, prophète et prêtre en Israël, qui l’oignit roi à la place de Saül. Il avait déjà vainement enseigné [à ce dernier] : « obéir est préférable au sacrifice, écouter est préférable au gras des moutons » (1 Sam.15v22). David va plus loin et définit la manière d’écouter et d’obéir : un cœur brisé.

Et au terme de cette lecture d’un psaume d’aventures : le monde est plein d’assassins, verseurs des sans d’autrui(1). [L’on peut alors souhaiter] à chacun d’entre eux, à chaque assassin, d’arriver à atteindre l’impératif de David. Hazzilèni middammim, qu’il paie ou non sa dette envers les hommes, c’est le vers 16 du psaume 51 qui est son but. Car il y a un moment où tout assassin sera de nouveau seul avec sa victime. Tout autour, il n’y aura ni guerre ni haine pour le soutenir, le justifier, l’approuver. Il sera seul et, sans le vers de David, il ne sera rien.

(D’après  « le psaume des assassins » IN De Luca, Erri. Première heure. Folio, 2012, pp 123-125)

 

 

Note : 

(1) Cf Matt.5v21-22

Prier est un acte dangereux….

« Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux…. » (Matt.6v9-13)

Le Notre Père à la sauce « Sketch-up »(1) !

Un homme récite mécaniquement le Notre Père et surprise ! Voilà que Dieu lui répond. Le dialogue qui s’ensuit montre combien chaque demande de cette prière engage celui qui la formule, au point de changer radicalement sa vie et d’impacter ses relations.

En bonus, une piste de réponse pour ceux qui n’aiment pas réciter une prière pourtant enseignée par Jésus à ses disciples, se demandant si « elle est obligatoire pour bien prier » !

 

 

 

Note : 

(1) La compagnie théâtrale ! Voir cette interview de l’un de ses fondateurs et acteurs.

 

 

Quelle sera ta première prière ?

Ta première lecture de la Bible te conduira-t-elle à faire ta première prière ? (Source image : public domain pictures)

« Robinson Crusoe », roman  de Daniel De Foe (1719), est sans doute l’une des oeuvres les plus célèbres, mais aussi, paradoxalement, la plus mal connue. Qui peut, en effet, se vanter de l’avoir réellement lu ?

Autre paradoxe, « Robinson Crusoe » doit son succès à sa réputation de « livre pour la jeunesse » – un public pour lequel il n’était pas destiné à l’origine – et à des versions fort éloignées de celle de De Foe. En effet, le livre a été maintes fois dénaturé et mutilé par les éditeurs, pour être mis à la portée de leurs jeunes lecteurs. Il s’agit pourtant bien d’un ouvrage pour adultes, relatant d’abord le récit d’une conversion.

Pour ma part, je n’ai pas encore eu le loisir de le lire intégralement, mais, l’exhumant ces jours-ci des rayons ma bibliothèque, je tombe « par hasard » sur ce passage – point culminant du récit – où, dangereusement malade et accablé de solitude, Robinson en vient à se demander « Pourquoi Dieu a-t-il agi ainsi envers moi ? Qu’ai-je fait pour être ainsi traité ? » avant d’être repris dans sa conscience.

Cherchant à se soigner, il lui « revint en la pensée que les Brésiliens, dans toutes leurs maladies, ne prennent d’autres remèdes que leur tabac », et qu’il s’en trouve « un bout de rouleau tout à fait préparé » dans un de ses coffres.

« J’allai à ce coffre, conduit par le Ciel sans doute, car j’y trouvai tout à la fois la guérison de mon corps et de mon âme. Je l’ouvris et j’y trouvai ce que je cherchais, le tabac ; et, comme le peu de livres que j’avais sauvés y étaient aussi renfermés, j’en tirai une des Bibles dont j’ai parlé plus haut, et que jusqu’alors je n’avais pas ouvertes, soit faute de loisir, soit par l’indifférence. J’aveins donc une Bible, et je l’apportai avec le tabac sur ma table. (…) Durant ces opérations je pris la Bible et je commençai à lire ; mais j’avais alors la tête trop troublée par le tabac pour supporter une lecture. Seulement, ayant ouvert le livre au hasard, les premières paroles que je rencontrai furent celles-ci : — « Invoque-moi au jour de ton affliction, et je te délivrerai, et tu me glorifieras. »

Ces paroles étaient tout-à-fait applicables à ma situation ; elles firent quelque impression sur mon esprit au moment où je les lus, moins pourtant qu’elles n’en firent par la suite ; car le mot délivrance n’avait pas de son pour moi, si je puis m’exprimer ainsi. C’était chose si éloignée et à mon sentiment si impossible, que je commençai à parler comme le firent les enfants d’Israël quand il leur fut promis de la chair à manger — « Dieu peut-il dresser une table dans le désert ? » — moi je disais : — « Dieu lui-même peut-il me tirer de ce lieu ? » — Et, comme ce ne fut qu’après de longues années que quelque lueur d’espérance brilla, ce doute prévalait très souvent dans mon esprit ; mais, quoi qu’il en soit, ces paroles firent une très grande impression sur moi, et je méditai sur elles fréquemment. Cependant il se faisait tard (….) j’allai me mettre au lit ; mais avant de me coucher, je fis ce que je n’avais fait de ma vie, je m’agenouillai et je priai Dieu d’accomplir pour moi la promesse de me délivrer si je l’invoquais au jour de ma détresse (…)

Le 3. — La fièvre me quitta pour tout de bon ; cependant je ne recouvrai entièrement mes forces que quelques semaines après. Pendant cette convalescence, je réfléchis beaucoup sur cette parole : — « Je te délivrerai ; » — et l’impossibilité de ma délivrance se grava si avant en mon en mon esprit, qu’elle lui défendit tout espoir. Mais, tandis que je me décourageais avec de telles pensées, tout à coup j’avisai que j’étais si préoccupé de la délivrance de ma grande affliction, que je méconnaissais la faveur que je venais de recevoir, et je m’adressai alors moi-même ces questions : — « N’ai-je pas été miraculeusement délivré d’une maladie, de la plus déplorable situation qui puisse être et qui était si épouvantable pour moi ? Quelle attention ai-je fait à cela ? Comment ai-je rempli mes devoirs ? Dieu m’a délivré et je ne l’ai point glorifié ; c’est-à-dire je n’ai point été reconnaissant, je n’ai point confessé cette délivrance ; comment en attendrais-je une plus grande encore ? »

Ces réflexions pénétrèrent mon cœur ; je me jetai à genoux, et je remerciai Dieu à haute voix de m’avoir sauvé de cette maladie.

Le 4. — Dans la matinée je pris la Bible, et, commençant par le Nouveau-Testament, je m’appliquai sérieusement à sa lecture, et je m’imposai la loi d’y vaquer chaque matin et chaque soir, sans m’astreindre à certain nombre de chapitres, mais en poursuivant aussi longtemps que je le pourrais. Au bout de quelque temps que j’observais religieusement cette pratique, je sentis mon cœur sincèrement et profondément contrit de la perversité de ma vie passée. L’impression de mon songe se raviva, et ces paroles : — « Toutes ces choses ne t’ont point amené à repentance  » — m’affectèrent réellement l’esprit. C’est cette repentance que je demandais instamment à Dieu, lorsqu’un jour, usant la Sainte Écriture, je tombai providentiellement sur ce passage : — « Il est exalté prince et sauveur pour donner repentance et pour donner rémission. » — Je laissai choir le livre, et, élevant mon cœur et mes mains vers le ciel dans une sorte d’extase de joie, je m’écriai : — « Jésus, fils de David, Jésus, toi sublime prince et sauveur, donne-moi repentance ! »

Ce fut là réellement la première fois de ma vie que je fis une prière ; car je priai alors avec le sentiment de ma misère et avec une espérance toute biblique fondée sur la parole consolante de Dieu, et dès lors je conçus l’espoir qu’il m’exaucerait.

Le passage — « Invoque-moi, et je te délivrerai », — me parut enfin contenir un sens que je n’avais point saisi ; jusque-là je n’avais eu notion d’aucune chose qui pût être appelée délivrance, si ce n’est l’affranchissement de la captivité où je gémissais ; car, bien que je fusse dans un lieu étendu, cependant cette île était vraiment une prison pour moi, et cela dans le pire sens de ce mot. Mais alors j’appris à voir les choses sous un autre jour : je jetai un regard en arrière sur ma vie passée avec une telle horreur, et mes péchés me parurent si énormes que mon âme n’implora plus de Dieu que la délivrance du fardeau de ses fautes, qui l’oppressait. Quant à ma vie solitaire, ce n’était plus rien ; je ne priais seulement pas Dieu de m’en affranchir, je n’y pensais pas : tous mes autres maux n’étaient rien au prix de celui-ci. J’ajoute enfin ceci pour bien faire entendre à quiconque lira cet écrit qu’à prendre le vrai sens des choses, c’est une plus grande bénédiction d’être délivré du poids d’un crime que d’une affliction. (….)

Quoique ma vie fût matériellement toujours aussi misérable, ma situation morale commençait cependant à s’améliorer. Mes pensées étant dirigées par une constante lecture de l’Écriture sainte, et par la prière vers des choses d’une nature plus élevée, j’y puisais mille consolations qui m’avaient été jusqu’alors inconnues ; et comme ma santé et ma vigueur revenaient, je m’appliquai à me pourvoir de tout ce dont j’avais besoin et à me faire une habitude de vie aussi régulière qu’il m’était possible ».

(Daniel De Foe. Robinson Crusoe. Editions Rencontre, 1967, pp.122-127)