Ne faites pas d’impair : Dieu est « Père » et pas « mère »

Lectures bibliques

Papa propose un nouveau jeu……

Deutéronome 4:32-40

(….)
Reconnaissez donc aujourd’hui et gardez dans votre coeur cette vérité :
c’est le Seigneur qui est Dieu, là-haut dans le ciel et en bas sur la terre.
Il n’y a pas d’autres dieux que lui.
Respectez ses lois et ses commandements que je vous donne aujourd’hui.
Alors vous et vos enfants, vous serez heureux.
Et vous vivrez longtemps dans le pays
que le Seigneur votre Dieu vous donnera pour toujours.

Romains 8:14-17
Tous ceux que l’Esprit de Dieu conduit sont enfants de Dieu. Et l’Esprit que vous avez reçu ne fait pas de vous des esclaves qui ont encore peur, mais il fait de vous des enfants de Dieu. Et par cet Esprit, nous crions vers Dieu en lui disant : « Abba! Père ! ». L’Esprit Saint lui-même nous donne ce témoignage :
nous sommes enfants de Dieu. Alors, si nous sommes enfants de Dieu, nous recevrons en partage les biens promis par Dieu à son peuple, et ces biens, nous les recevrons avec le Christ. Oui, si nous participons à ses souffrances, nous participerons aussi à sa gloire.

………..Affronter la réalité ! Par Jim Benton [Piquée » sur le compte twitter de Laurent Descos, 09/05/18]

Message :

Nous découvrons dans ces passages des Écritures qu’il n’est pas du tout insignifiant d’appeler Dieu par un nom ou par un autre. Nous savons qu’il y a des tas de noms pour nommer Dieu, et chacun de ses noms s’appuie sur une identité particulière que nous voulons donner à celui à qui nous nous adressons.
Quand nous prions Dieu comme Tout-Puissant, nous ne prions pas du tout de la même façon que quand nous nous adressons au Christ, qui est passé par l’expérience de la croix. Prier le Dieu Tout-Puissant, c’est reconnaître que tous les possibles appartiennent à Dieu, qu’il est le Dieu de l’impossible qu’il est le Dieu qui peut tout (ce qui ne veut pas dire qu’il fait tout et en particulier qu’il ferait tout ce qu’on lui dit de faire…).
S’adresser à Dieu par un nom ou par un autre, c’est donc qualifier Dieu, de la même façon que l’on ne s’adresse pas sur le même ton à une même personne suivant les contextes. De temps en temps, un journaliste laisse échapper un « tu » à la place d’un « vous » qui dévoile qu’il connaît la personne au-delà de son rôle de journaliste, plutôt dans le registre de l’amitié.
Les protestants ont été appelés très tôt « les tutoyeurs de Dieu ». Non pas qu’il soit mieux de tutoyer Dieu que de le vouvoyer, mais simplement parce qu’en tutoyant Dieu on fait un choix. Et ce choix consiste à dire que la proximité, la confiance et l’intimité d’un « tu » sont plus importantes encore que la déférence et le respect d’un « vous ». Dieu n’a pas voulu être lointain mais bien proche, ce que nous reconnaissons et valorisons par l’usage du « tu »(1).
En qualifiant Dieu de « Père, Fils et Saint-Esprit », nos prédécesseurs dans la foi ont fait des choix très particuliers. Ils ont voulu mettre l’accent sur des facettes de Dieu bien particulières (…)
En choisissant d’appeler Dieu par le nom de Père principalement, les premiers chrétiens ont pris un risque. Il est souvent rappelé que cela a exaspéré nos frères aînés Juifs qu’on puisse appeler Dieu Père. A la rigueur qu’on dise « Dieu est comme un père pour nous », c’était recevable, et le Psaume 103 ne s’en prive pas. Mais l’appeler, le héler, le prier en l’appelant Père, c’était choquant. Car non seulement quand on nomme quelqu’un le nom qu’on lui donne dit des choses sur ce qu’il est, mais en plus, le nom qu’on lui donne décrit aussi comment nous nous positionnons par rapport à cette personne. Si nous nommons Dieu Père, alors cela signifie que nous nous reconnaissons comme enfants. Et c’est très compliqué de dire cela car alors, comment fonctionne cette paternité et cette filiation ? (….)

Paul, à la suite de Jésus-Christ tient fermement sur cette appellation de Dieu comme Père. C’est au cœur de sa foi.
Pourquoi Dieu a-t-il été appelé Père et non pas Mère ? Après tout on pourrait l’envisager ? Eh bien tout simplement parce que c’est bien comme Père que le Dieu d’Abraham, d’Isaac et de Jacob, le Dieu de Moïse et de Jésus-Christ, se comporte. Laissez tomber d’office l’argument ethnologique comme quoi Dieu serait père parce qu’il serait décrit comme tel dans une société patriarcale. Ce n’est pas là la vraie raison. Il est nommé Père tout simplement parce que le type de relation qu’il a avec l’humain est de l’ordre de la paternité beaucoup plus que de la maternité. Et ce n’est pas une histoire de féminisme ou de machisme. C’est simplement un type relationnel. On est toujours sûr de sa mère, tandis qu’on n’est jamais vraiment sûr de son père. Même avec les analyses ADN. L’être humain est complexe et si la maternité est un lien qu’il faut couper, la paternité est un lien qu’il faut construire. En tant que lien de personne à personne la paternité est beaucoup plus fragile que la maternité parce qu’elle naît d’une parole. Oui, la paternité ne tient qu’à la parole de la mère. On devient père dès que la mère d’un enfant dit à son enfant « C’est lui ton père ». Dès qu’elle le dit par des mots, par des gestes, par des attitudes et par une pratique. Un père est toujours adoptif. Alors bien sûr on souhaite à chacun que son géniteur naisse comme père assez rapidement après la naissance, mais c’est toujours conditionnel.
Dieu n’est pas en relation avec nous dans un mode relationnel où il faut couper un cordon. Il est devant nous comme cette relation paternelle qu’il faut au contraire tisser, construire et faire naître par une parole.
Si vous tenez à tout prix à chercher du maternel dans ce qui fait notre foi, n’allez – de grâce – pas chercher du côté de Marie. Non, la figure féminine qui construit notre foi, c’est tout simplement l’Église, la communauté. Elle est cette matrice, elle est cette mère où nous nous trouvons dès le début, elle exerce cette maternité qui nomme, qui essaye de dire à ses enfants, depuis le plus jeune âge : « Tu sais, tu peux avoir confiance en Dieu car c’est bien lui ton Père ». Quand nous accompagnons des enfants dans leur formation biblique, quand nous prenons soin des uns et des autres au moment où ils essayent de revivifier un lien avec Dieu dont ils sentent bien qu’il ne tient pas très bien, nous exerçons, à notre tour cette fonction maternelle qui essaye de nommer la paternité de celui qui est Père parce qu’il veut adopter tous ceux qui accepteront son amour.
L’enjeu est de taille pour la vie de nos communautés (….)C’est à l’Église que revient la tâche de contredire les mensonges qui courent autour de nous, [à propos de Dieu et à propos du père]……

Lire la suite de la prédication initialement donnée à l’Église réformée du Marais par le Pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 11 juin 2006, et disponible sur le blog « Au Nom de Jésus ».

Note : 

(1) C’est ainsi que l’on peut définir un croyant : celui qui dit « tu » à Dieu.

Ce que l’Eglise, communauté chrétienne, peut apporter à la génération « Z » (ou « Digitals Natives »)

Ce que l’Eglise, laquelle est la communauté chrétienne, peut apporter aux « Z/Digitals Natives »… (Source : rawpixel)

La semaine dernière, nous vous invitions à (re) découvrir les enseignements et échanges du séminaire « L’Eglise qui croît 3.0 » (08-09 mai 2020), lequel s’était attaqué au défi suivant : « ce qui va, peut et doit mourir/survivre/vivre », suite à la crise du Covid-19.

Parmi les ateliers proposés, retenons notamment celui-ci, intitulé « Greta Thunberg, Killian Mbappé et Billie Eilish entrent dans une église… » – L’Évangile et la génération Z – animé par Joseph Gotte et Edouard Vandeventer.  Les notes et réflexions  (dépassant largement le cadre d’un simple compte-rendu d’atelier) qui suivent sont d’une participante, Josiane Ngongang, que je remercie (ainsi que Joseph), pour son aimable autorisation à les partager ici.

Loin d’être « ringarde », ce que l’Eglise, communauté chrétienne, peut apporter à la génération « Z » (ou « Digitals Natives ») :

– un lieu de sécurité et de confiance: face à la peur et à l’angoisse auxquelles ils sont confrontés au quotidien (infos anxiogènes, surinformation,…), l’Eglise/les chrétiens peuvent leur apporter de la sécurité, des relations basées sur la confiance, des exemples de foi en Dieu, de l’aide concrète aussi – si besoin de refuge par ex.

– un lieu de relations incarnées : face à la virtualisation et digitalisation, l’église peut être le lieu de rencontres et partage de séquences de vie avec les Z. Grace à cela ils pourront voir concrètement comment l’Evangile est pertinent dans le concret et l’ordinaire de la vie et des relations.

Authenticité, vulnérabilité, pardon, vérité, écoute…autant de choses à découvrir et expérimenter via les relations.

– un lieu de relations constantes: face au désengagement (divorces, relations sans lendemain, parentalité absente..) l’Eglise peut être présente sur la durée, être une constante dans leur vie, toujours prête à les accueillir -même et surtout quand ils sont en situation délicate, en proie à la culpabilité et la honte. Persévérance, accueil, cheminement, accompagnement sont les mots clés.

– un laboratoire pour expérimenter: face à la soif spirituelle et l’ouverture à toutes les spiritualités, l’Eglise peut faciliter des expériences/rencontres avec le Saint Esprit pour les jeunes eux-mêmes ou du moins être le lieu où ils voient l’Esprit à l’œuvre tangiblement et profondément pour transformer les vies. Surprise et déplacement seront au rdv.

– un lieu de de formation et action: face au désir de se dépasser, de faire bouger les choses dans son époque, l’Eglise peut mobiliser les jeunes dans la mission que Dieu a pour leur vie. Les aider à la découvrir et les encourager à se joindre à ce que le Seigneur fait déjà – une cause énorme. L’Eglise peut les former au service et prendre des risques pour les faire progresser. Elle peut aussi les former à discerner le.s combat.s spirituel.s qui font rage autour d’eux et à se battre avec les armes spirituelles de Dieu pour tenir ferme et étendre le règne de Christ dans leur vie dans leur monde.

Enfin, l’Eglise est le lieu où les jeunes pourront être sensibilisés à la justice « holistique » de Dieu et se battre pour qu’elle progresse dans ce monde.

– un lieu de découverte: face à la grande question « qui suis je? » qui taraude la société et cette génération, l’Eglise peut être l’instrument par lequel chacun découvre qui il est vraiment, l’identité qui lui a été donnée en Christ et qui va donner un  sens à leur vie.

L’Eglise peut les aider à se libérer des injonctions à rentrer dans des cases souvent enfermantes et prévues par leur entourage ou la société.

Par l’Eglise chaque jeune peut rencontrer Jésus Christ et se mettre à marcher à sa suite, en communauté et en confiance.

Et c’est cela qui nous est demandé: faire des disciples de Christ (En les accueillant, en les découvrant, en les accompagnant, et …en apprenant d’eux.)

Le défi est de les rejoindre là où ils en sont et avec l’aide de Dieu les propulser bien plus loin, et en premier lieu dans les bras de leur Père Céleste.

Au-delà des programmes qui marchent bien (et qu’il ne faut pas forcément abandonner!), des bonnes prédications et illustrations,  nous avons un trésor inestimable et un flambeau à transmettre: la relation avec Dieu, et les uns avec les autres.

A la fin de la journée, les jeunes ne se souviendront pas forcément des programmes mais de comment ils auront été accueillis, encouragés, défiés, soutenus, pardonnés et AIMÉS par l’Eglise.

 

Que notre priorité soit d’aimer et transmettre l’amour de Dieu aux jeunes. Allons-y avec nos imperfections et faiblesses mais aussi avec la force, la sagesse et la persévérance que nous donnera le Saint Esprit !

L’acte du mois : penser ensemble « l’Eglise d’après »

« L’Eglise qui croît…quand même ! » Troisième édition les 8-9 mai 2020 pour penser « l’Eglise d’après » la « corona-crise » (Source image : public domain pictures)

Initialement publié le 04 mai 2020 et mis à jour pour l’occasion.

A la veille de la première vague de déconfinement, les 8 et 9 mai 2020, j’ai eu la joie de participer à la troisième édition du séminaire « L’Eglise qui croît », avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger et bien d’autres. Nous étions 380 inscrits environ, d’horizons ecclésiaux différents, certains venant de Mayotte et de l’île Maurice !

Cette conférence était initialement prévue en présentiel à Paris et consacrée au « réveil » et à la croissance selon l’Evangile.

(Heureuse) surprise, les organisateurs – quatre Eglises Attestantes(1) du Marais, de Belleville, de Cergy et de Saint-Germain-en-Laye – ont décidé de changer de fusil d’épaule, vu le contexte, pour nous inviter à réfléchir ensemble par zoom « sur ce qui va, peut ou doit mourir, ce qui va, peut ou doit survivre, et ce qui va, peut, ou doit vivre avec les défis que nous lance la Corona-crise ».

Ont été proposés trois modules de 2h, avec conférences et ateliers en ligne (2), de 50 min chacun, structurés de la façon suivante :

Vendredi 8/5 à 14h — MOURIR

Avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger, et Julien Coffinet, pasteur EPUDF de Saint-Germain-en-Laye

Vendredi 8/5 à 20h30 – SURVIVRE

Avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger, et Caroline Bretones, pasteure EPUDF du Marais (Paris)

SAMEDI 9/5 à 10h – VIVRE

Avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger, et Gilles Boucomon, pasteur EPUDF de Belleville.

 

Pour ma part, j’ai trouvé la qualité…croissante, repartant avec beaucoup plus de questions que de réponses au final !

J’ai aussi apprécié que nous ayons été, dans l’ensemble, sur la même longueur d’onde, concernant l’essence et la raison d’être de l’Eglise, avec sa forme incarnée.

Il est possible de (ré)écouter les trois tables rondes ici.

 

La semaine prochaine, nous verrons ce qu’il en est ressorti de l’un des ateliers intitulé « Greta Thunberg, Killian Mbappé et Billie Eilish entrent dans une église… » ou « L’Évangile et la génération Z », via les notes et réflexions d’une participante : « Ce que l’Eglise, communauté chrétienne, peut apporter à la génération « Z » (ou « Digitals Natives ») ».

 

 

Note :

(1) Attestants : mouvement de chrétiens confessants né en 2015 « du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ». De fait, les Attestants « partagent une même foi au Père créateur, au Christ Seigneur et sauveur, à l’Esprit Saint consolateur et puissant. Ils enracinent leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne n’exclut pas mais implique une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie ».

« Courant de conviction parmi d’autres dans l’EPUdF », ils souhaitent « promouvoir une façon de vivre la foi, la vie de famille, la formation, à la lumière d’une lecture exigeante de l’Evangile ». Ils se veulent, notamment, « force de proposition en matière de prière, de lecture de la Bible, d’édification pour la foi, de formation, d’accueil des plus humbles ».

Découvrir leur site et mes articles sur les Attestants.

(2) Aperçu des ateliers :

MOURIR : « Quand les ossements sont desséchés… comment redonner le souffle de l’Evangile aux vieilles Eglises »  ; « Changer les mentalités des leaders »; « devenir comme des enfants » ; « partir de rien »…..

SURVIVRE : « Une louange parfaite » ; « L’Eglise au temps de l’effondrement : comment préparer nos Eglises (les personnes et les activités, la façon d’être ensemble) à un monde qui va changer très vite ? » ; « Réparer les vivants au lieu de s’occuper des morts » et le règne de Dieu dans mon travail.

VIVRE : porter la dimension sociale de l’Evangile » ; « les modèles d’Eglise adéquats aux révolutions post-confinement » ; L’Évangile et la génération Z ; « Une Eglise créative qui inspire la société ».

 

« L’Eglise d’après » : c’est demain

Il est encore possible de rejoindre la réflexion collective pour penser « l’Eglise d’après »…jusqu’à quand ? ( Source : Pixabay)

Nous en avions parlé ici-même, ces jours-ci : sous l’angle de ce qui va, peut ou doit « Mourir, survivre ou vivre », la troisième édition du séminaire « L’Eglise qui croît » aura lieu les 08-09 mai, par zoom. Organisé par les Attestants, avec Anne-France de Boissière, Raphaël Anzenberger et bien d’autres.

Pour participer, il est nécessaire de s’inscrire.

 

Ré-ouvrir les églises : quelles pistes ?

Dans la perspective du déconfinement, pour se rassembler à nouveau ( Source : Pixabay)

Certains responsables d’Eglises ont réfléchi à plusieurs mesures pratiques – mais contraignantes – de réouverture des églises au public, pour des rassemblements respectueux des mesures sanitaires. Parmi les pistes préconisées, en attendant les prochaines consignes de déconfinement :

Doubler la distanciation sociale, laquelle doit être égale à deux mètres, ce qui signifie garder en gros une place sur quatre dans nos églises, en rendant visible ce qui est accessible…….

Multiplier les cultes. Entre deux célébrations dans la même journée, on prendra le temps de nettoyer l’église.

Veiller à un plan de circulation dans l’église pour éviter que les gens ne se croisent.

Ne pas oublier les gestes barrière : lavage des mains du célébrant avant de distribuer les espèces de la Sainte-Cène, pas de baiser de paix…..Attendre trois jours avant de compter les offrandes ou le faire avec des gants.

Renforcement des équipes existantes : accueil, ménage (avec tenue ad-hoc)…..

En fin de culte, lors des annonces, mise en valeur des lieux de soutien (de tous ordres) qui permettront au plus grand nombre de trouver réconfort et aide dans ces temps difficiles, sans oublier ceux et celles qui ne seraient pas venus.

 

Lire l’essentiel ici. Et aussi .

 

Ensemble, jeûnons et prions pour les personnes en première ligne (et donc exposées) face au coronavirus(2)

« Veillez et priez » (Source image : public domain pictures)

Ensemble, jeûnons et prions pour la bénédiction et la protection de tous ceux qui maintiennent les fonctions vitales de notre société et qui oeuvrent en première ligne face à l’épidémie, se trouvant donc particulièrement exposés. Dans le prolongement des sujets précédents :

 

13h00-14h00 : Prions pour les femmes, en première ligne pour affronter l’épidémie. Elles composent l’essentiel des personnels soignants, au contact direct des malades, et courent donc davantage le risque d’être infectées.

Note : En France : 78 % de femmes parmi le million de personnes qui composent la fonction publique hospitalière. 90 % pour les infirmières et les aides-soignantes, et 45 % pour les médecins (Sans oublier que 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne.

Prions nominativement pour les sœurs concernées de nos communautés.

14h00-15h00 : Prions pour que toutes ces personnes exposées soient préservées de toute atteinte à soi et logique/posture sacrificielle [exaltation sacrificielle « du héros »] et reçoivent tout le soutien, la protection et les moyens nécessaires pour faire leur travail dignement et sur le long terme (pas seulement en cette période de crise sanitaire)

15h00-16h00 : Prions pour que nous restions enseignés sur ce qui fait l’identité de l’Eglise

Comprenons que l’Église signifie dans la Bible « assemblée » et que l’Église locale est fondamentalement un rassemblement. L’Eglise locale existe quand ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et confessent que « Jésus est Seigneur » sont assemblés au même endroit et au même moment en Son Nom cf Matt.18v20.

Ressentons la perte temporaire de ne pouvoir actuellement nous rassembler et aspirons au retour du rassemblement pour mieux l’apprécier. Comprenons que les substituts numériques, même parfois utiles (culte/prédication/prière en ligne ou à distance) ne sont que temporaires et ne peuvent être des alternatives viables/idéales à la réalité.

Honorons et aimons l’Eglise, en ayant confiance en Celui qui bâtit Son Eglise et gardons confiance que « les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle [l’Église] ».

16h00-17h00 : Prions pour que notre « quarantaine dans le désert » soit féconde, sainte, victorieuse et triomphante, en gardant les yeux fixés sur Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est lui-même sorti victorieux d’une situation de « quarantaine » et de tentation (cf Matt.4v1-11). Que la volonté de Notre Seigneur soit faite et non la nôtre, pendant cette période.

17h00-18h00 : Prions pour l’unité des foyers confinés. Pour que les hommes et femmes prennent fermement leur position en Christ dans leurs foyers et revêtent le caractère de Christ dans leur relation aux éventuels membres du foyer. Pour que le sang de Jésus-Christ soit plaidé [cf Hébr.9 et 10v10, 19 ; 1 Jean 1v7 ….] et que le fruit de l’esprit soit manifesté au long de chaque journée pour fermer tout accès à l’ennemi.

 

L’Eglise en quarantaine est-elle toujours l’Église ?

« L’Eglise locale existe quand les gens sont assemblés au même endroit et au même moment pour adirer le Seigneur… » (Source : Pixabay)

Nous vivons actuellement une crise sanitaire jusque là inédite, de nature à marquer notre génération. En effet, beaucoup de choses devraient changer – ou être remises en question – lorsque cette crise sera terminée. Jusqu’à quel point ? L’avenir nous le dira. Le drame serait que nous  repartions de plus belle « comme avant », sans avoir appris quoique ce soit.

Parmi ces questionnements qui ne manquent pas en ce moment : vu que les rassemblements sont interdits ou du moins, très limités, jusqu’à quel ordre (à l’heure où j’écris ces lignes), que va-t-il advenir de l’Eglise locale, en tant qu’expression visible/concrète de l’Eglise avec un grand « E » ? « L’Église locale va-t-elle mourir du virus COVID-19 ? », s’interroge d’ailleurs à ce sujet Michael Caron, nous invitant à revenir aux bases de ce que la Bible enseigne sur l’importance et la signification de l’Église locale….« .

En guise de complément et de prolongement, Daniel Henderson se propose d’ajouter quelques points à cette réflexion sur le culte, dans un article publié sur « Revenir à l’Evangile », l’excellent blogue de Publications chrétiennes, maison d’édition québecquoise fondée en 1958.

« L’Eglise locale existe quand les gens sont assemblés au même endroit et au même moment pour adorer le Seigneur, entendre la Parole de Dieu et prendre le repas de Seigneur. Dans ce moment inédit, on va sûrement faire des changements, mais comme on ne peut pas se réunir au même endroit et en même temps, il y a plusieurs activités de l’Église qu’on ne pourra plus faire.  L’Église locale est un groupe de chrétiens qui se réunissent régulièrement au nom de Christ pour manifester officiellement leur appartenance à Jésus-Christ et à son royaume, par la prédication de l’Évangile et les ordonnances de l’Évangile, ainsi que pour veiller les uns sur les autres. Mais, lorsque nous ne pouvons pas nous réunir, sommes-nous toujours l’Église ?

(…) N’essayons pas de remplacer rapidement ce qui a été perdu, mais aidons les gens à ressentir la perte et aspirons à son retour. Si nous prenons soin de nos membre et que nous les enseignons bien, imaginez le premier dimanche où nous nous réunirons à nouveau et prendrons le repas du Seigneur. J’ai hâte !  Marshall McLuhan a fait remarquer que « le médium est le message », et que « le contenu de tout médium nous aveugle sur son caractère ». En d’autres termes, si nous choisissons un médium ou un outil conçu pour la consommation passive, nous serons formés au fil du temps pour être des consommateurs religieux passifs. Si, en revanche, nous choisissons un moyen qui nous permet d’être plus présents et plus participatifs les uns avec les autres, nous serons formés au fil du temps pour être des participants actifs à l’œuvre de l’Évangile… »

(…) Ainsi, « regarder le culte en ligne n’est pas un substitut valable à l’église. Il n’existe pas de substitut valable à l’église. Regarder un sermon en ligne n’est pas un substitut valable au ministère de la Parole. Les substituts numériques ne sont pas du tout des substituts. Cela dit, dans des moments comme celui-ci, nous pouvons être en mesure d’utiliser la technologie pour aider les gens, mais voici le point, nous ne devons pas penser à ces alternatives comme des alternatives viables à la réalité. Ce sont des alternatives temporaires, moins qu’idéales ».  

Et Daniel Henderson d’enchaîner avec « quelques suggestions pratiques » :

1.Au lieu de diffuser un groupe qui fait la louange comme on fait le dimanche matin, on peut offrir aux gens des partitions de chants connus par l’assemblée ou partager des vidéos sur YouTube avec des paroles (voir sur cantiques.fr) qui facilitent le chant en groupe et en famille.

2.On peut diffuser une prédication sur Facebook ou YouTube, mais comme prédicateur, on doit réaliser qu’on ne prêche pas à une salle, mais dans des salons. Le dimanche matin, notre principal auditoire est la congrégation, mais avec les gens en confinement, notre principal auditoire est des familles au foyer. Le prédicateur se doit donc de parler directement à la caméra, pas aux gens invisibles dans la salle.

3.Utiliser des outils de vidéoconférence pour rencontrer des groupes de personnes plus petits au sein de notre église nous permet de discuter de nos craintes et de nos inquiétudes et de ce que nous apprenons au cours de notre temps dans le monde. Utiliser des outils de vidéoconférence permet également d’équiper les parents à faire le culte en famille (lire la Bible, prier et chanter). Autant de moyens pour encourager les gens à rester en contact durant la semaine.

4.Sans oublier plusieurs manières de continuer d’être l’Église pendant la crise…..

 

 

 

 

Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

Le « Globish » : la langue des « winners » ou la nouvelle Novlangue ? A moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne…

Dans une note de blogue récente, le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett braque le projecteur sur la « singulière inhumanité d’élues macronistes »lors du débat sur une proposition du groupe centriste UDI-Agir visant à allonger de cinq à douze jours le congé du salarié en cas de décès d’un enfant : cinq jours n’étant pas suffisants pour que les parents puissent “reprendre pied”, expliquait le rapporteur UDI de la proposition de loi, Guy Bricout. La proposition a été rejetée par le bloc macroniste, sur intervention personnelle de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, traduite par un amendement de la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs et soutenue (avec férocité) par la députée LREM Sereine Mauborgne. Les trois femmes se sont acharnées à dire que la proposition Bricout allait “pénaliser les entreprises”, et que si vraiment les parents en deuil d’un enfant avaient besoin d’un délai, ce n’était pas à l’employeur de le leur accorder : ils n’avaient qu’à se faire offrir des jours de RTT par leurs collègues de travail ! L’inhumanité des trois femmes a choqué les députés de gauche et de droite, qui ont fait part de leur “honte”.

Dans une autre note suivant la première et publiée le 02/02 (« Congé de deuil parental : carence humaine à LREM »), le même Patrice de Plunkett souligne également à quel point « l’attitude du député [LREM du Val de Marne] Frédéric Descrozaille [interrogé sur l’inhumanité de phrases proférées par la ministre du Travail et plusieurs députées LREM, lors du débat de LCI vers 23h, le 01/02] a fait voir au téléspectateur le mur mental qui sépare le logiciel des macroniens et les réalités humaines (…) Interrogé là-dessus, l’élu du Val-de-Marne, sueur au front, s’est évertué à parler hors du sujet. Il paraissait gêné d’avoir à répondre d’un manque d’humanité ; visiblement il eût préféré se lancer dans les litanies « techniques » sous lesquelles ce parti a coutume de noyer les problèmes. L’une des invité(e)s, la députée EELV Sandra Regol, lui a donc reproché – non sans ironie – de sembler incapable de reconnaître une faute de son camp : celle de Mmes Pénicaud, Vaucouleurs et Mauborgne (…..). Ainsi mis dos au mur, M. Descrozaille a fini par reconnaître la faute des trois macroniennes. Il l’a même reconnue deux fois. Une première fois en français – et une seconde fois en globish, comme pour valider le « oui, c’était une faute » par un « yes, it was a mistake » : le globish étant la langue des choses sérieuses dans le petit monde dont fait partie LREM… Voilà par quelle catégorie sociétale nous sommes gouvernés depuis 2017″, conclut avec ironie Patrice de Plunkett.

Pour rappel, le « globish » (un mot-valise signifiant « anglais global » ou « anglais planétaire ») est une version simplifiée – appauvrie ? – de l’anglais comprenant 1500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue), à moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne, est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d’échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcement avec des anglophones. Promue par le français Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Et qui fait notamment l’impasse sur l’apprentissage d’un accent anglophone.

De là, ces réactions intéressantes d’internautes à l’article de Patrice de Plunkett, concernant la place du « globish » dans notre quotidien, non seulement « séculier » mais aussi ecclésial. Extraits :

GLOBISH ET MANAGEMENT

1: Sur l’usage de l’anglais au milieu d’une conversation française:

Une personne qui parle globish dans une conversation en français veut généralement dire autre chose que la traduction mot-à-mot. Ainsi:
– Quelqu’un qui dit « why not » après une proposition en français ne dit pas « pourquoi pas » mais « ça me fait [……] ».
– Quelqu’un qui décrit une personne comme « open » ne dit pas qu’elle est « ouverte » mais qu’elle est un « imbécile heureux ».
– Quelqu’un qui dit qu’il a « challengé » son équipe ne dit pas qu’il l’a « mise au défi » mais plutôt qu’il « lui a mis une pression pas forcément saine ».
(…)
Depuis le temps que j’entends parler globish au travail je commence à mettre sur pied un lexique.

2: Sur l’opportunité de prolonger le congé pour enfant décédé:

Mme Pénicaud ira sûrement expliquer que les parents risquent de provoquer la mort de leur enfant pour se payer plus de congés. D’ailleurs, ça arrive tellement souvent qu’un salarié perde son enfant que cette réforme risquait de faire peser une contrainte énoooooorme sur les entreprises.
Je me rappelle, un soir qu’on venait de servir la soupe aux personnes de la rue, nous avions constaté que l’un d’entre eux était pâle et tournait de l’œil. Bref, il avait la grippe. Nous lui disions: « Ne va pas travailler demain, tu es malade. » (oui il bossait, comme un tiers des gens de la rue). Il a répondu: « Je ne peux pas, je risque des jours de carence. » Drôlement malin ces réformes pour « responsabiliser » les salariés. On épuise un travailleur malade qui ira contaminer ses collègues.

3: Sur la mentalité LREM:

Le message des chrétiens a toute sa place pour contrecarrer les schémas de pensée macronistes. Qu’est-ce qu’il y a de plus important que le profit d’une entreprise dans cette société matérialiste? Dieu serait mort alors qu’est-ce qui obligerait à prendre soin des autres? Les chrétiens ne cherchent pas à faire la preuve de l’existence de Dieu mais à montrer la dignité divine de chaque homme par Jésus-Christ. « Pour toi j’ai frappé l’Egypte, Kush et Seba à ta place. […] Tu as du prix à mes yeux » (Is 43). La bonne nouvelle des chrétiens, c’est cette dignité incommensurable qu’il y a dans le dernier des chômeurs et qui justifie les plus grands sacrifices économiques, y compris au détriment des ténors du CAC 40. « Si c’est un homme » aurait dit Primo Levi. Chrétien deviens ce que tu es… comme on dit.  Écrit par : Cyril B / | 03/02/2020

GLOBISH AUSSI DANS L’EGLISE

Globish au Palais-Bourbon, globish aussi dans l’Église avec ce titre qui en dit long : « Étudiant et chrétien, influenceur ou follower ? » On nage en pleine culture marketing : l’influenceur, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée, « est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing ». ‘Influenceur’ est du globish hâtivement francisé (‘influencer’ en anglais) ; ‘suiveur’ eut sans doute été trop vieillot et franchouillard pour qu’on le préfère à son équivalent dans la langue de Shakespeare, évidemment dans le vent. Ces étudiants en grandes écoles se disent « gênés » de témoigner de leur foi : on les comprend car c’est la société libérale et liquide dans son ensemble qui va à contre-courant du message chrétien. Mais n’était-ce pas déjà le cas au temps du Christ ? (…) Ni ‘influenceurs’ ni ‘followers’ mais pleinement chrétiens dans les actes gratuits du quotidien (…), voilà le conseil que je donnerais humblement à ces étudiants : assurément, c’est par le témoignage concret et l’exemple donné que l’on évangélise, bien davantage que par toutes techniques de marketing qui parlent moins à Dieu qu’à Mammon. Des deux, il n’en est qu’un que nous puissions choisir. Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2020

Une manifestation de la gloire de Dieu : une approche biblique du leadership et du gouvernement de l’église locale

En quoi la structure de l’église peut-elle être « une manifestation de la gloire de Dieu » ?

Le titre de l’ouvrage interpelle et incite à la lecture.

Le contenu nous surprend lorsque nous découvrons que, selon son angle, cette « manifestation de la gloire de Dieu » est en lien avec la structure de l’église ! Mieux encore, d’après Mark Dever, son auteur, nous ferions bien de nous en soucier. Car, loin d’être un point secondaire ou « une invention des hommes », l’organisation de l’église trouve son mode d’emploi dans les Écritures bibliques. Comme si Dieu nous exhortait Lui-même de la sorte, dans Sa Parole, à la manière d’Hébreux 8v5 : « ayez soin de tout faire d’après le modèle qui vous est montré ». Organisée, l’église l’est bien, et ce, dès le début de son histoire, comme nous l’apprennent les nombreux exemples du Nouveau Testament : les premiers chrétiens se rencontraient ainsi à des moments précis, ils procédaient à des élections, avaient des responsables, exerçaient la discipline, recueillaient les offrandes, écrivaient des lettres de recommandation, administraient les ordonnances [baptême et Cène) et tenaient à certaines exigences pour devenir membres.

Le livre est lui-même…structuré en quatre parties, chacune consacrée à un aspect essentiel de l’organisation de l’église, recevant un enseignement clair de la part des Ecritures : les diacres, les anciens, la congrégation (l’assemblée) et l’adhésion à l’église locale.

Savoir que la Parole peut ainsi nous servir de fondement pour harmoniser notre vie communautaire nous libère de la tyrannie des dernières modes managériales de l’église, laquelle n’est ni « une caserne », ni une « start up », mais « une institution vivante », « un organisme viable et un corps ».
Une église ainsi organisée selon le conseil de Dieu sera marquée par la sainteté, l’unité et l’amour. C’est ainsi qu’elle manifestera la gloire de Dieu, permettant à chacun de reconnaître qui Il est [cf Matt.6v9]. L’enjeu est de taille, car l’inverse est malheureusement vrai.

Un livre court mais dense, utile et pratique, susceptible de servir de base à une réflexion et à une action collectives, pour une réforme saine et biblique de son église locale.

 

En bref : Une manifestation de la gloire de Dieu : une approche biblique du leadership et du gouvernement de l’église locale, de Mark Dever. Editions Cruciforme, 2019 (9 Marks). Ouvrage reçu gracieusement « en service presse »  de la part de BLF éditions (partenaire avec Cruciforme), que je remercie. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

Extrait à découvrir ici.

Les Jeunes sont-ils « l’avenir de l’église » ?

Devons-nous nous réjouir lorsqu’une église assemble essentiellement des « jeunes » ? (Source : rawpixel)

Enfin une génération de jeunes qui se lèvent pour Jésus ! C’était super de voir une église dans laquelle il n’y a que des jeunes … ça bouge enfin ! Il n’y avait pas de vieux, personne de plus de 50 ans. Les responsables c’était les jeunes ! Enfin une église de jeunes, et ça c’est vraiment l’avenir de l’église !

Je crois que c’est le temps que Dieu a choisi pour lever une grande armée de jeunes—une génération de Josué. Des jeunes qui brûlent de passion pour Jésus et qui ont le coeur de voir une transformation radicale dans leur nation.

*

« Voilà. Ce sont les générations Josué, Daniel ou encore Joseph ! Il y en a autant que de « jeunes » dans les pages de la Bible. Et chacun y va de son personnage biblique. Etrangement la seule « jeune » qu’on ne trouve pas … c’est Marie. Et oui ! Pas de « Génération Marie » sur le web évangélique. Pas de Génération Timothée non plus (c’est plutôt la mode des « Formations Timothée). Et comme il faut faire « dans le temps » pour être crédible, on affuble de sigles improbables les nouvelles formations. « Génération Joseph 2.0 » … pourquoi pas. Inventons un slogan : « La nouvelle mise à jour des jeunes qui s’engagent pour ranimer le feu dans l’église ».

Ceci dit « franco » par Yannick Imbert,  professeur d’apologétique et doyen de la Faculté Jean Calvin à Aix-en-Provence dans…« un vieil article » mais ô combien d’actualité.

Et ce qui précède ne « ne sont que quelques commentaires » qu’il déclare avoir « entendu assez régulièrement », tout en étant « bien certain que ce genre de commentaires (nous) sont aussi bien familiers. Ils font les titres des journaux chrétiens, et font l’objet de livres et articles de mission, d’évangélisation. On appellera le « feu » du renouveau à venir sur « cette » génération—sans préciser pour autant de quelle génération il peut bien s’agir ! C’est bien en tous cas le sens des commentaires dans le deuxième paragraphe en italique en début d’article ».

« Cependant », précise-t-il, « c’est le premier commentaire en italique qui me perturbe particulièrement. Alors autant le dire de suite, ce n’est pas je pense que les jeunes ne sont pas importants dans l’église. Leur place est très importante et je ne suis pas convaincu qu’ils l’aient encore vraiment trouvée. Je ne veux donc pas insinuer dans le reste de ces quelques pages que nous n’avons pas à nous préoccuper des jeunes dans l’église. Je crois même que lorsque nous disons que les jeunes sont « l’avenir » de l’église nous insinuons en fait sans le vouloir qu’ils sont l’avenir de l’église et pas son présent. Ce qui est une sérieuse erreur ». Plus encore, Yannick Imbert se dit « plus que sceptique quant à cette réjouissance irréfléchie face à une « église de jeunes ». Pour le demander clairement : devons-nous nous réjouir lorsqu’une église assemble essentiellement des « jeunes »—ce par quoi beaucoup veulent dire les moins de 30 ans ? Faut-il se réjouir qu’il y ait plus de jeunes que de « vieux »—ce par quoi d’autres veulent dire les plus de 35-40, dont je fais donc quasiment partie ? »

Yannick Imbert nous répond et nous explique en deux temps trois mouvements pourquoi « il ne faut pas forcément s’en réjouir, et que dans la situation présente il ne faut peut-être pas du tout s’en réjouir ».

L’une des clés de réponse concerne la nature du mandat missionnaire de l’église, lequel mandat, « résumé par l’envoi de Matt.28 », concerne le monde entier. Ce mandat commence « par ceux qui nous sont proches, déjà au niveau national. Il nous faut aller par toute la terre faire des disciples, les baptiser et leur enseigner à garder le fondement biblique communiqué par Dieu dans sa révélation. Il nous faut donc aller vers. Et vers qui ? Vers tous ceux qui composent la diversité démographique du monde dans lequel nous vivons !

En d’autres termes, il faut que notre ministère, que l’effort missionnaire, diaconal, et évangélisateur de nos églises reflète (plus ou moins) les conditions de notre société. Conditions ethniques, socio-économiques, et bien sûr, démographiques. Autant dire qu’une église manifeste que son ministère est pertinent pour notre société lorsqu’elle manifeste qu’elle est prémices du royaume, c’est à dire qu’elle proclame qu’elle est ambassadrice de la réconciliation. On pense souvent que cette réconciliation touche d’abord, et essentiellement, les rapports entre hommes et femmes, ou encore entre peuples et personnes d’origines religieuses différentes. Mais cette réconciliation ne s’applique-t-elle pas finalement à tout ce qui divise les autres communautés humaines ? Là où des pays sont divisés à cause de la « race » ou de l’origine ethnique et tribale. Là où des communautés étaient divisées par leur genre biologique, notre société contemporaine n’est-elle pas divisée … démographiquement ? Ne sommes-nous pas dans une société du mythe de la jeunesse éternelle, une société qui valorise la jeunesse et parce que ses seniors dans des lieux soit disant « adaptés » lorsqu’ils ne sont plus productifs ou « utiles » pour la société ? L’église, ambassadrice de la réconciliation n’aurait-elle pas un message d’espérance à proclamer ? Et d’ailleurs, ne faudrait-il pas le vivre ? »

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