Ensemble, jeûnons et prions pour les personnes en première ligne (et donc exposées) face au coronavirus(2)

« Veillez et priez » (Source image : public domain pictures)

Ensemble, jeûnons et prions pour la bénédiction et la protection de tous ceux qui maintiennent les fonctions vitales de notre société et qui oeuvrent en première ligne face à l’épidémie, se trouvant donc particulièrement exposés. Dans le prolongement des sujets précédents :

 

13h00-14h00 : Prions pour les femmes, en première ligne pour affronter l’épidémie. Elles composent l’essentiel des personnels soignants, au contact direct des malades, et courent donc davantage le risque d’être infectées.

Note : En France : 78 % de femmes parmi le million de personnes qui composent la fonction publique hospitalière. 90 % pour les infirmières et les aides-soignantes, et 45 % pour les médecins (Sans oublier que 90 % des caissières, 82 % des enseignantes de primaire, 90 % du personnel dans les EHPAD sont des femmes. Sans même parler du personnel de crèche et de garderie mobilisés pour garder les enfants de toutes ces femmes mobilisées en première ligne.

Prions nominativement pour les sœurs concernées de nos communautés.

14h00-15h00 : Prions pour que toutes ces personnes exposées soient préservées de toute atteinte à soi et logique/posture sacrificielle [exaltation sacrificielle « du héros »] et reçoivent tout le soutien, la protection et les moyens nécessaires pour faire leur travail dignement et sur le long terme (pas seulement en cette période de crise sanitaire)

15h00-16h00 : Prions pour que nous restions enseignés sur ce qui fait l’identité de l’Eglise

Comprenons que l’Église signifie dans la Bible « assemblée » et que l’Église locale est fondamentalement un rassemblement. L’Eglise locale existe quand ceux qui appartiennent à Jésus-Christ et confessent que « Jésus est Seigneur » sont assemblés au même endroit et au même moment en Son Nom cf Matt.18v20.

Ressentons la perte temporaire de ne pouvoir actuellement nous rassembler et aspirons au retour du rassemblement pour mieux l’apprécier. Comprenons que les substituts numériques, même parfois utiles (culte/prédication/prière en ligne ou à distance) ne sont que temporaires et ne peuvent être des alternatives viables/idéales à la réalité.

Honorons et aimons l’Eglise, en ayant confiance en Celui qui bâtit Son Eglise et gardons confiance que « les portes du séjour des morts ne prévaudront point contre elle [l’Église] ».

16h00-17h00 : Prions pour que notre « quarantaine dans le désert » soit féconde, sainte, victorieuse et triomphante, en gardant les yeux fixés sur Notre Seigneur Jésus-Christ, qui est lui-même sorti victorieux d’une situation de « quarantaine » et de tentation (cf Matt.4v1-11). Que la volonté de Notre Seigneur soit faite et non la nôtre, pendant cette période.

17h00-18h00 : Prions pour l’unité des foyers confinés. Pour que les hommes et femmes prennent fermement leur position en Christ dans leurs foyers et revêtent le caractère de Christ dans leur relation aux éventuels membres du foyer. Pour que le sang de Jésus-Christ soit plaidé [cf Hébr.9 et 10v10, 19 ; 1 Jean 1v7 ….] et que le fruit de l’esprit soit manifesté au long de chaque journée pour fermer tout accès à l’ennemi.

 

L’Eglise en quarantaine est-elle toujours l’Église ?

« L’Eglise locale existe quand les gens sont assemblés au même endroit et au même moment pour adirer le Seigneur… » (Source : Pixabay)

Nous vivons actuellement une crise sanitaire jusque là inédite, de nature à marquer notre génération. En effet, beaucoup de choses devraient changer – ou être remises en question – lorsque cette crise sera terminée. Jusqu’à quel point ? L’avenir nous le dira. Le drame serait que nous  repartions de plus belle « comme avant », sans avoir appris quoique ce soit.

Parmi ces questionnements qui ne manquent pas en ce moment : vu que les rassemblements sont interdits ou du moins, très limités, jusqu’à quel ordre (à l’heure où j’écris ces lignes), que va-t-il advenir de l’Eglise locale, en tant qu’expression visible/concrète de l’Eglise avec un grand « E » ? « L’Église locale va-t-elle mourir du virus COVID-19 ? », s’interroge d’ailleurs à ce sujet Michael Caron, nous invitant à revenir aux bases de ce que la Bible enseigne sur l’importance et la signification de l’Église locale….« .

En guise de complément et de prolongement, Daniel Henderson se propose d’ajouter quelques points à cette réflexion sur le culte, dans un article publié sur « Revenir à l’Evangile », l’excellent blogue de Publications chrétiennes, maison d’édition québecquoise fondée en 1958.

« L’Eglise locale existe quand les gens sont assemblés au même endroit et au même moment pour adorer le Seigneur, entendre la Parole de Dieu et prendre le repas de Seigneur. Dans ce moment inédit, on va sûrement faire des changements, mais comme on ne peut pas se réunir au même endroit et en même temps, il y a plusieurs activités de l’Église qu’on ne pourra plus faire.  L’Église locale est un groupe de chrétiens qui se réunissent régulièrement au nom de Christ pour manifester officiellement leur appartenance à Jésus-Christ et à son royaume, par la prédication de l’Évangile et les ordonnances de l’Évangile, ainsi que pour veiller les uns sur les autres. Mais, lorsque nous ne pouvons pas nous réunir, sommes-nous toujours l’Église ?

(…) N’essayons pas de remplacer rapidement ce qui a été perdu, mais aidons les gens à ressentir la perte et aspirons à son retour. Si nous prenons soin de nos membre et que nous les enseignons bien, imaginez le premier dimanche où nous nous réunirons à nouveau et prendrons le repas du Seigneur. J’ai hâte !  Marshall McLuhan a fait remarquer que « le médium est le message », et que « le contenu de tout médium nous aveugle sur son caractère ». En d’autres termes, si nous choisissons un médium ou un outil conçu pour la consommation passive, nous serons formés au fil du temps pour être des consommateurs religieux passifs. Si, en revanche, nous choisissons un moyen qui nous permet d’être plus présents et plus participatifs les uns avec les autres, nous serons formés au fil du temps pour être des participants actifs à l’œuvre de l’Évangile… »

(…) Ainsi, « regarder le culte en ligne n’est pas un substitut valable à l’église. Il n’existe pas de substitut valable à l’église. Regarder un sermon en ligne n’est pas un substitut valable au ministère de la Parole. Les substituts numériques ne sont pas du tout des substituts. Cela dit, dans des moments comme celui-ci, nous pouvons être en mesure d’utiliser la technologie pour aider les gens, mais voici le point, nous ne devons pas penser à ces alternatives comme des alternatives viables à la réalité. Ce sont des alternatives temporaires, moins qu’idéales ».  

Et Daniel Henderson d’enchaîner avec « quelques suggestions pratiques » :

1.Au lieu de diffuser un groupe qui fait la louange comme on fait le dimanche matin, on peut offrir aux gens des partitions de chants connus par l’assemblée ou partager des vidéos sur YouTube avec des paroles (voir sur cantiques.fr) qui facilitent le chant en groupe et en famille.

2.On peut diffuser une prédication sur Facebook ou YouTube, mais comme prédicateur, on doit réaliser qu’on ne prêche pas à une salle, mais dans des salons. Le dimanche matin, notre principal auditoire est la congrégation, mais avec les gens en confinement, notre principal auditoire est des familles au foyer. Le prédicateur se doit donc de parler directement à la caméra, pas aux gens invisibles dans la salle.

3.Utiliser des outils de vidéoconférence pour rencontrer des groupes de personnes plus petits au sein de notre église nous permet de discuter de nos craintes et de nos inquiétudes et de ce que nous apprenons au cours de notre temps dans le monde. Utiliser des outils de vidéoconférence permet également d’équiper les parents à faire le culte en famille (lire la Bible, prier et chanter). Autant de moyens pour encourager les gens à rester en contact durant la semaine.

4.Sans oublier plusieurs manières de continuer d’être l’Église pendant la crise…..

 

 

 

 

Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

Le « Globish » : la langue des « winners » ou la nouvelle Novlangue ? A moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne…

Dans une note de blogue récente, le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett braque le projecteur sur la « singulière inhumanité d’élues macronistes »lors du débat sur une proposition du groupe centriste UDI-Agir visant à allonger de cinq à douze jours le congé du salarié en cas de décès d’un enfant : cinq jours n’étant pas suffisants pour que les parents puissent “reprendre pied”, expliquait le rapporteur UDI de la proposition de loi, Guy Bricout. La proposition a été rejetée par le bloc macroniste, sur intervention personnelle de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, traduite par un amendement de la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs et soutenue (avec férocité) par la députée LREM Sereine Mauborgne. Les trois femmes se sont acharnées à dire que la proposition Bricout allait “pénaliser les entreprises”, et que si vraiment les parents en deuil d’un enfant avaient besoin d’un délai, ce n’était pas à l’employeur de le leur accorder : ils n’avaient qu’à se faire offrir des jours de RTT par leurs collègues de travail ! L’inhumanité des trois femmes a choqué les députés de gauche et de droite, qui ont fait part de leur “honte”.

Dans une autre note suivant la première et publiée le 02/02 (« Congé de deuil parental : carence humaine à LREM »), le même Patrice de Plunkett souligne également à quel point « l’attitude du député [LREM du Val de Marne] Frédéric Descrozaille [interrogé sur l’inhumanité de phrases proférées par la ministre du Travail et plusieurs députées LREM, lors du débat de LCI vers 23h, le 01/02] a fait voir au téléspectateur le mur mental qui sépare le logiciel des macroniens et les réalités humaines (…) Interrogé là-dessus, l’élu du Val-de-Marne, sueur au front, s’est évertué à parler hors du sujet. Il paraissait gêné d’avoir à répondre d’un manque d’humanité ; visiblement il eût préféré se lancer dans les litanies « techniques » sous lesquelles ce parti a coutume de noyer les problèmes. L’une des invité(e)s, la députée EELV Sandra Regol, lui a donc reproché – non sans ironie – de sembler incapable de reconnaître une faute de son camp : celle de Mmes Pénicaud, Vaucouleurs et Mauborgne (…..). Ainsi mis dos au mur, M. Descrozaille a fini par reconnaître la faute des trois macroniennes. Il l’a même reconnue deux fois. Une première fois en français – et une seconde fois en globish, comme pour valider le « oui, c’était une faute » par un « yes, it was a mistake » : le globish étant la langue des choses sérieuses dans le petit monde dont fait partie LREM… Voilà par quelle catégorie sociétale nous sommes gouvernés depuis 2017″, conclut avec ironie Patrice de Plunkett.

Pour rappel, le « globish » (un mot-valise signifiant « anglais global » ou « anglais planétaire ») est une version simplifiée – appauvrie ? – de l’anglais comprenant 1500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue), à moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne, est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d’échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcement avec des anglophones. Promue par le français Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Et qui fait notamment l’impasse sur l’apprentissage d’un accent anglophone.

De là, ces réactions intéressantes d’internautes à l’article de Patrice de Plunkett, concernant la place du « globish » dans notre quotidien, non seulement « séculier » mais aussi ecclésial. Extraits :

GLOBISH ET MANAGEMENT

1: Sur l’usage de l’anglais au milieu d’une conversation française:

Une personne qui parle globish dans une conversation en français veut généralement dire autre chose que la traduction mot-à-mot. Ainsi:
– Quelqu’un qui dit « why not » après une proposition en français ne dit pas « pourquoi pas » mais « ça me fait [……] ».
– Quelqu’un qui décrit une personne comme « open » ne dit pas qu’elle est « ouverte » mais qu’elle est un « imbécile heureux ».
– Quelqu’un qui dit qu’il a « challengé » son équipe ne dit pas qu’il l’a « mise au défi » mais plutôt qu’il « lui a mis une pression pas forcément saine ».
(…)
Depuis le temps que j’entends parler globish au travail je commence à mettre sur pied un lexique.

2: Sur l’opportunité de prolonger le congé pour enfant décédé:

Mme Pénicaud ira sûrement expliquer que les parents risquent de provoquer la mort de leur enfant pour se payer plus de congés. D’ailleurs, ça arrive tellement souvent qu’un salarié perde son enfant que cette réforme risquait de faire peser une contrainte énoooooorme sur les entreprises.
Je me rappelle, un soir qu’on venait de servir la soupe aux personnes de la rue, nous avions constaté que l’un d’entre eux était pâle et tournait de l’œil. Bref, il avait la grippe. Nous lui disions: « Ne va pas travailler demain, tu es malade. » (oui il bossait, comme un tiers des gens de la rue). Il a répondu: « Je ne peux pas, je risque des jours de carence. » Drôlement malin ces réformes pour « responsabiliser » les salariés. On épuise un travailleur malade qui ira contaminer ses collègues.

3: Sur la mentalité LREM:

Le message des chrétiens a toute sa place pour contrecarrer les schémas de pensée macronistes. Qu’est-ce qu’il y a de plus important que le profit d’une entreprise dans cette société matérialiste? Dieu serait mort alors qu’est-ce qui obligerait à prendre soin des autres? Les chrétiens ne cherchent pas à faire la preuve de l’existence de Dieu mais à montrer la dignité divine de chaque homme par Jésus-Christ. « Pour toi j’ai frappé l’Egypte, Kush et Seba à ta place. […] Tu as du prix à mes yeux » (Is 43). La bonne nouvelle des chrétiens, c’est cette dignité incommensurable qu’il y a dans le dernier des chômeurs et qui justifie les plus grands sacrifices économiques, y compris au détriment des ténors du CAC 40. « Si c’est un homme » aurait dit Primo Levi. Chrétien deviens ce que tu es… comme on dit.  Écrit par : Cyril B / | 03/02/2020

GLOBISH AUSSI DANS L’EGLISE

Globish au Palais-Bourbon, globish aussi dans l’Église avec ce titre qui en dit long : « Étudiant et chrétien, influenceur ou follower ? » On nage en pleine culture marketing : l’influenceur, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée, « est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing ». ‘Influenceur’ est du globish hâtivement francisé (‘influencer’ en anglais) ; ‘suiveur’ eut sans doute été trop vieillot et franchouillard pour qu’on le préfère à son équivalent dans la langue de Shakespeare, évidemment dans le vent. Ces étudiants en grandes écoles se disent « gênés » de témoigner de leur foi : on les comprend car c’est la société libérale et liquide dans son ensemble qui va à contre-courant du message chrétien. Mais n’était-ce pas déjà le cas au temps du Christ ? (…) Ni ‘influenceurs’ ni ‘followers’ mais pleinement chrétiens dans les actes gratuits du quotidien (…), voilà le conseil que je donnerais humblement à ces étudiants : assurément, c’est par le témoignage concret et l’exemple donné que l’on évangélise, bien davantage que par toutes techniques de marketing qui parlent moins à Dieu qu’à Mammon. Des deux, il n’en est qu’un que nous puissions choisir. Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2020

Une manifestation de la gloire de Dieu : une approche biblique du leadership et du gouvernement de l’église locale

En quoi la structure de l’église peut-elle être « une manifestation de la gloire de Dieu » ?

Le titre de l’ouvrage interpelle et incite à la lecture.

Le contenu nous surprend lorsque nous découvrons que, selon son angle, cette « manifestation de la gloire de Dieu » est en lien avec la structure de l’église ! Mieux encore, d’après Mark Dever, son auteur, nous ferions bien de nous en soucier. Car, loin d’être un point secondaire ou « une invention des hommes », l’organisation de l’église trouve son mode d’emploi dans les Écritures bibliques. Comme si Dieu nous exhortait Lui-même de la sorte, dans Sa Parole, à la manière d’Hébreux 8v5 : « ayez soin de tout faire d’après le modèle qui vous est montré ». Organisée, l’église l’est bien, et ce, dès le début de son histoire, comme nous l’apprennent les nombreux exemples du Nouveau Testament : les premiers chrétiens se rencontraient ainsi à des moments précis, ils procédaient à des élections, avaient des responsables, exerçaient la discipline, recueillaient les offrandes, écrivaient des lettres de recommandation, administraient les ordonnances [baptême et Cène) et tenaient à certaines exigences pour devenir membres.

Le livre est lui-même…structuré en quatre parties, chacune consacrée à un aspect essentiel de l’organisation de l’église, recevant un enseignement clair de la part des Ecritures : les diacres, les anciens, la congrégation (l’assemblée) et l’adhésion à l’église locale.

Savoir que la Parole peut ainsi nous servir de fondement pour harmoniser notre vie communautaire nous libère de la tyrannie des dernières modes managériales de l’église, laquelle n’est ni « une caserne », ni une « start up », mais « une institution vivante », « un organisme viable et un corps ».
Une église ainsi organisée selon le conseil de Dieu sera marquée par la sainteté, l’unité et l’amour. C’est ainsi qu’elle manifestera la gloire de Dieu, permettant à chacun de reconnaître qui Il est [cf Matt.6v9]. L’enjeu est de taille, car l’inverse est malheureusement vrai.

Un livre court mais dense, utile et pratique, susceptible de servir de base à une réflexion et à une action collectives, pour une réforme saine et biblique de son église locale.

 

En bref : Une manifestation de la gloire de Dieu : une approche biblique du leadership et du gouvernement de l’église locale, de Mark Dever. Editions Cruciforme, 2019 (9 Marks). Ouvrage reçu gracieusement « en service presse »  de la part de BLF éditions (partenaire avec Cruciforme), que je remercie. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

Extrait à découvrir ici.

Les Jeunes sont-ils « l’avenir de l’église » ?

Devons-nous nous réjouir lorsqu’une église assemble essentiellement des « jeunes » ? (Source : rawpixel)

Enfin une génération de jeunes qui se lèvent pour Jésus ! C’était super de voir une église dans laquelle il n’y a que des jeunes … ça bouge enfin ! Il n’y avait pas de vieux, personne de plus de 50 ans. Les responsables c’était les jeunes ! Enfin une église de jeunes, et ça c’est vraiment l’avenir de l’église !

Je crois que c’est le temps que Dieu a choisi pour lever une grande armée de jeunes—une génération de Josué. Des jeunes qui brûlent de passion pour Jésus et qui ont le coeur de voir une transformation radicale dans leur nation.

*

« Voilà. Ce sont les générations Josué, Daniel ou encore Joseph ! Il y en a autant que de « jeunes » dans les pages de la Bible. Et chacun y va de son personnage biblique. Etrangement la seule « jeune » qu’on ne trouve pas … c’est Marie. Et oui ! Pas de « Génération Marie » sur le web évangélique. Pas de Génération Timothée non plus (c’est plutôt la mode des « Formations Timothée). Et comme il faut faire « dans le temps » pour être crédible, on affuble de sigles improbables les nouvelles formations. « Génération Joseph 2.0 » … pourquoi pas. Inventons un slogan : « La nouvelle mise à jour des jeunes qui s’engagent pour ranimer le feu dans l’église ».

Ceci dit « franco » par Yannick Imbert,  professeur d’apologétique et doyen de la Faculté Jean Calvin à Aix-en-Provence dans…« un vieil article » mais ô combien d’actualité.

Et ce qui précède ne « ne sont que quelques commentaires » qu’il déclare avoir « entendu assez régulièrement », tout en étant « bien certain que ce genre de commentaires (nous) sont aussi bien familiers. Ils font les titres des journaux chrétiens, et font l’objet de livres et articles de mission, d’évangélisation. On appellera le « feu » du renouveau à venir sur « cette » génération—sans préciser pour autant de quelle génération il peut bien s’agir ! C’est bien en tous cas le sens des commentaires dans le deuxième paragraphe en italique en début d’article ».

« Cependant », précise-t-il, « c’est le premier commentaire en italique qui me perturbe particulièrement. Alors autant le dire de suite, ce n’est pas je pense que les jeunes ne sont pas importants dans l’église. Leur place est très importante et je ne suis pas convaincu qu’ils l’aient encore vraiment trouvée. Je ne veux donc pas insinuer dans le reste de ces quelques pages que nous n’avons pas à nous préoccuper des jeunes dans l’église. Je crois même que lorsque nous disons que les jeunes sont « l’avenir » de l’église nous insinuons en fait sans le vouloir qu’ils sont l’avenir de l’église et pas son présent. Ce qui est une sérieuse erreur ». Plus encore, Yannick Imbert se dit « plus que sceptique quant à cette réjouissance irréfléchie face à une « église de jeunes ». Pour le demander clairement : devons-nous nous réjouir lorsqu’une église assemble essentiellement des « jeunes »—ce par quoi beaucoup veulent dire les moins de 30 ans ? Faut-il se réjouir qu’il y ait plus de jeunes que de « vieux »—ce par quoi d’autres veulent dire les plus de 35-40, dont je fais donc quasiment partie ? »

Yannick Imbert nous répond et nous explique en deux temps trois mouvements pourquoi « il ne faut pas forcément s’en réjouir, et que dans la situation présente il ne faut peut-être pas du tout s’en réjouir ».

L’une des clés de réponse concerne la nature du mandat missionnaire de l’église, lequel mandat, « résumé par l’envoi de Matt.28 », concerne le monde entier. Ce mandat commence « par ceux qui nous sont proches, déjà au niveau national. Il nous faut aller par toute la terre faire des disciples, les baptiser et leur enseigner à garder le fondement biblique communiqué par Dieu dans sa révélation. Il nous faut donc aller vers. Et vers qui ? Vers tous ceux qui composent la diversité démographique du monde dans lequel nous vivons !

En d’autres termes, il faut que notre ministère, que l’effort missionnaire, diaconal, et évangélisateur de nos églises reflète (plus ou moins) les conditions de notre société. Conditions ethniques, socio-économiques, et bien sûr, démographiques. Autant dire qu’une église manifeste que son ministère est pertinent pour notre société lorsqu’elle manifeste qu’elle est prémices du royaume, c’est à dire qu’elle proclame qu’elle est ambassadrice de la réconciliation. On pense souvent que cette réconciliation touche d’abord, et essentiellement, les rapports entre hommes et femmes, ou encore entre peuples et personnes d’origines religieuses différentes. Mais cette réconciliation ne s’applique-t-elle pas finalement à tout ce qui divise les autres communautés humaines ? Là où des pays sont divisés à cause de la « race » ou de l’origine ethnique et tribale. Là où des communautés étaient divisées par leur genre biologique, notre société contemporaine n’est-elle pas divisée … démographiquement ? Ne sommes-nous pas dans une société du mythe de la jeunesse éternelle, une société qui valorise la jeunesse et parce que ses seniors dans des lieux soit disant « adaptés » lorsqu’ils ne sont plus productifs ou « utiles » pour la société ? L’église, ambassadrice de la réconciliation n’aurait-elle pas un message d’espérance à proclamer ? Et d’ailleurs, ne faudrait-il pas le vivre ? »

Lire la suite sur son blogue.

 

 

Foireux liens de Novembre (36) : « mythes et légendes »

Les « Foireux liens » de Novembre : une édition qui nous donne l’occasion d’explorer et d’écorner quelques mythes….

Bonjour ! Vos « Foireux liens » tant attendus sont de retour ! Cette édition nous donne l’occasion d’explorer et d’écorner quelques mythes, qu’il s’agisse de la « pensée unique » et de la liberté d’expression, de la mémoire et de l’apprentissage, de « laisser agir notre colère pour se sentir mieux », de Greta Thunberg ou des 30 ans de la chute du mur de Berlin. Egalement au menu de ces « foireux liens » : fermetures d’églises en Algérie, laïcité, accusations de « prosélytisme », réforme de l’Assurance-Chômage et privatisations en France, conversions de célébrités au Christianisme, reconnaissance faciale …..

1) Fermetures d’églises en Algérie : « L’État invoque la loi, mais il existe d’autres explications »

Les autorités algériennes ont procédé à la mise sous scellés de plusieurs églises depuis le 15 octobre. Si ces fermetures n’ont rien d’exceptionnel, c’est surtout leur multiplication récente qui interpelle, d’autant plus qu’elles touchent principalement les églises protestantes de Kabylie.

2) La laïcité bousculée par le voile

Après trois semaines de polémiques ininterrompues sur le voile musulman, des représentants religieux s’inquiètent de voir poindre une définition plus rigide de la laïcité, qui voudrait renvoyer les religions au domaine strictement privé.

3) Réponse des AFP et du CNEF aux propos de Madame la sénatrice sur « les évangélistes ».

Lettre cosignée par la fédération nationale des associations familiales protestantes et le CNEF (Conseil National des Evangéliques de France) adressé à Madame la sénatrice Laurence Rossignol en réponse à ses propos sur les  » évangélistes  » sur France Inter.

4) Accusé de prosélytisme pour avoir fait étudier la Bible : « L’acharnement contre cet enseignant est aberrant »

L’Éducation nationale fait appel de la réhabilitation d’un professeur accusé de prosélytisme pour avoir fait étudier la Bible à ses élèves. Pour l’historien François Huguenin, le débat sur la laïcité souffre d’une confusion entre la religion en elle-même, et l’usage politique qui peut en être fait.

5) Ce n’est pas Eric Zemmour le problème mais la légitimité que lui confèrent les médias

« Je ne suis pas d’accord avec vous, mais je me battrai pour que vous ayez le droit de le dire » : la phrase de Voltaire que les défenseurs d’Éric Zemmour s’emploient à réactiver n’est-elle pas des plus commodes ?

Tout démocrate est pour la liberté d’expression, sauf à se l’octroyer de façon exclusive. Mais la question concernant Éric Zemmour, nouveau chroniqueur attitré de CNews n’est pas là. Elle est dans ce phénomène nouveau de notre société postmoderne : les modes de diffusion et de circulation de la parole. Toute parole personnelle, dès lors qu’elle se répand dans les réseaux sociaux et qu’elle est prise en relais par les médias d’information, devient ce qu’on appelle une « parole publique ». La question est : qu’est-ce qui légitime une parole publique ?

Ce n’est donc pas ses propos que l’on examine ici, mais leur légitimité comme parole publique.

Voir aussi https://philitt.fr/2019/10/11/ce-que-revele-le-mythe-de-la-censure-deric-zemmour/

6) Climat : Finissons-en avec Greta Thunberg (et avec les excuses foireuses)

Quand on peut lire ceci sur un certain site que je ne nommerai pas : « Je suppose que si on écoute un peu les nouvelles il est impossible de ne pas avoir entendu parler de Greta Thunberg et son discours extraordinaire(ment culpabilisant) aux Nations Unies [« culpabilisant » ? Pour qui ?]. Elle est certaine que la fin du monde c’est dans dix ans… Et la planète se fait faire la morale par une fillette (sic)de 16 ans…Sainte-Greta, une fillette de 16 ans… », l’on peut lire mieux ailleurs sur le même sujet : « Oui, arrêtons avec Greta Thunberg. Ça suffit. Personne n’a été autant injurié en public par notre classe politique et médiatique en ce siècle, pas même les terroristes les plus barbares, que Greta dans cet incroyable défilé compilé sur son compte Twitter. « Vestale fiévreuse », a vociféré l’un d’eux : mesdemoiselles, surtout suédoises, votre job c’est d’être sexy pour faire vendre des bagnoles. Compris ? ». Pour le grand public, ce qu’elle dit est nouveau, sorti de nulle part (…) Pour (les) écolos de terrain, (qui réunissent) depuis des décennies données, études, expériences de terrain, le phénomène Greta Thunberg ne change rien sur le fond. Son message ? Mais c’est (celui des écologistes). Sa présence n’est que la concrétisation du fait que l’alerte écologique venue de la science a fini par assez imprégner société pour que de telles figures émergent. Une tendance sans visage a fini par s’en donner une. Voilà tout. Elle n’apporte, si l’on peut dire, « rien » qu’un espoir nouveau d’être entendus ».

Voir aussi l’analyse du « rapport du club de Rome » par Jean-Marc Jancovici :

Le rapport Meadows & al. fait probablement partie, comme le rapport du GIEC sur le changement climatique aujourd’hui, de ces documents que 99% des personnes qui le citent n’ont pas lu, vu la quantité de conclusions que l’on attribue à ce papier dont on ne trouve pas trace lecture faite. Ainsi, il est fréquent d’entendre que le Club de Rome (en fait l’équipe Meadows) aurait « prédit » la fin du pétrole pour l’an 2000, ce qui n’est pas arrivé, et donc qu’il y a urgence à ne tenir aucun compte de ce travail prospectif, qui ne peut être qu’une oeuvre fantaisiste de quelques farfelus terrorisés par l’avenir. Mais il n’y a nulle trace d’une telle prévision sur la pénurie de pétrole en l’an 2000 dans ce rapport Meadows ! (…) En fait, non seulement ce rapport n’a pas « prédit » la fin du pétrole en 2000, mais il n’a pas plus prédit quoi que ce soit d’autre de manière précise. Sa seule conclusion forte est que la croissance matérielle perpétuelle conduira tôt ou tard à un « effondrement » du monde qui nous entoure, et que, même en étant très optimiste sur les capacités technologiques à venir, l’aptitude à recycler ou à économiser les matières premières que nous consommons, le contrôle de la pollution, ou encore le niveau des ressources naturelles (…), l’effondrement se produit avant 2100.

7) Aux États-Unis, les fous du climat

Parmi les soutiens farouches au climatosceptique Donald Trump, une majorité chrétienne conservatrice, dont des évangéliques. En Suisse romande, leur discours ne passe pas. Au contraire.La Haute école de théologie (HET-pro), institution protestante de sensibilité évangélique, organise en novembre prochain une journée d’étude sur l’environnement. Cette journée doit «donner à chacun la possibilité de se construire une position fondée bibliquement sur la question de l’écologie» à travers de nombreux exemples théologiques et pratiques. A mille lieues du climatoscepticisme de leurs coreligionnaires américains.

8) Berlin 1989-2019 : derrière la saga de la “Chute-du-Mur”

Le peuple de RDA ne s’était pas débarrassé du SED (et de la Stasi) pour être jeté en masse au chômage par le capitalisme de la RFA. C’est pourtant ce qui lui est arrivé….

9) « Je n’ai jamais vu ça, un durcissement aussi violent » : des agents de Pôle emploi « horrifiés » par la réforme

La réforme de l’Assurance-chômage entre en vigueur ce 1er novembre. 1,3 million de demandeurs d’emploi, dont les plus précaires, verront leurs indemnités baisser dans l’année qui vient. Basta ! a rencontré des agents de Pôle emploi qui décryptent le nouveau système et ses conséquences.

10) Privatisation d’Aéroports de Paris : les réseaux Macron en plein conflits d’intérêts ?

De la loi votée à l’Assemblée nationale privatisant Aéroports de Paris jusqu’aux acheteurs potentiels de l’entreprise publique, on retrouve les réseaux Macron à la manœuvre. Une forte interconnexion entre politique et intérêts privés qui pose question. La loi dite Pacte, pour « plan d’action pour la croissance et la transformation des entreprises », adoptée au printemps 2019, prévoit la privatisation d’Aéroports de Paris (ADP), de la Française des Jeux, mais aussi d’Engie et de GRTgaz, sa filiale en charge des gazoducs et des terminaux gaziers français.

11) Interdiction de la reconnaissance faciale : la lettre adressée par la CNIL à la présidence de la région PACA
La CNIL a  estimé que le dispositif de reconnaissance faciale installé à l’entrée de deux lycées de la région PACA était illicite au regard du RGPD. La situation provoque la fureur des élus locaux Christian Estrosi, Eric Ciotti et Renaud Muselier. Next INpact diffuse la lettre adressée par la CNIL à la présidence de la région PACA.

12) Mastodon, Diaspora, PeerTube… : des alternatives « libres » face aux géants du Net et à leur monde orwellien

En vingt ans, Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft ont investi notre quotidien, colonisé nos imaginaires, mis la main sur nos données personnelles. Peut-on leur échapper ? Pour chacun de ces services, les alternatives aux « Gafam » existent déjà, et rassemblent, pour certaines d’entre elles, plusieurs millions d’utilisateurs. Basta ! nous les présente.

13) Avez-vous une mémoire visuelle ou auditive ?

Nous pensons tous avoir des facilités plutôt dans l’une ou l’autre, mais c’est une idée reçue. Chaque information est traitée par plusieurs aires cérébrales. Pour apprendre et retenir mieux, il faut être capable d’étudier un sujet sous différents angles. Encore un neuromythe qui tombe !

14) Est-ce bénéfique de libérer sa colère ?

Un mythe existe : il est sain d’exprimer sa colère. Et s’il faut la libérer, quoi de mieux que de se lâcher sur un punching ball. Un coussin ! Mythe ou réalité ?  Lisez le résultat d’études sur le sujet.

15) Les droits culturels, un chemin vers l’altérité

Les « droits culturels » sont souvent méconnus. Pourtant, en permettant à chacun de composer sa manière d’être au monde, ils confèrent le droit de participer à la vie de la cité et rendent possible la relation, au-delà de nos différences.

16) Jésus, l’Eglise, et Kanye West

Tout le monde n’est pas enchanté de la conversion de Kanye West et de la sortie de son dernier album. Si ce n’est pas très étonnant venant des milieux athées, cela me pose des questions quand cela vient des milieux chrétiens. Et si nous apprenions plutôt à nous en réjouir ?

Voir aussi : Kanye West, Justin Bieber, que faire avec les conversions de célébrités ?

Quand une célébrité se réclame du christianisme, nous voyons se manifester une paire de réactions parmi les chrétiens. Certains se précipitent pour louer la superstar et pour partager, tous azimuts, les grandes choses qui sont dites au sujet de l’amour et de la grâce de Dieu. D’autres jettent un œil circonspect sur cette célébrité, répondant avec cynisme pour ce qui concerne les paroles et les actions de la star. Qu’y a-t-il sous la surface de ces réactions courantes ? Je me demande parfois si notre réponse à des conversions de célébrités n’en dit pas plus sur nous que sur les célébrités en question. Voici pourquoi.

17) Pourquoi tant de chrétiens ne veulent plus fréquenter nos églises ?

Au milieu des années 80, tous les chrétiens étaient fiers d’appartenir à une Église locale. Mais ça, c’était il y a 30 ans. Aujourd’hui, les chrétiens sans Église ne cessent d’augmenter. Ce n’est pourtant pas les Églises qui manquent, surtout si on ajoute toutes celles qui s’implantent ici et là. Alors, pourquoi l’idée d’appartenir à une communauté chrétienne locale déplaît-elle autant maintenant ?

Et le dernier pour la route :  Osez la Parole !

Nos choix de chants pourraient suggérer que c’est moi qui dis à Dieu pourquoi je suis là et ce que j’attends de Lui. On serait ainsi tombé dans une conception anthropocentrique de la louange. Cependant, si le but de la louange est de rencontrer le Dieu de la Bible, de l’entendre, de l’écouter, j’aimerais suggérer qu’écouter ses paroles plutôt que les nôtres ne peut qu’être bénéfique.

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en janvier.

Débat sur la fin de Marc 16 : les chrétiens ont-t-ils reçu l’autorité de guérir et faire des miracles « au nom de Jésus » ?

« Problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus » ?

En Marc 16v17-20, le Seigneur Jésus énumère « les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en (son) nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. » 

1. Une affirmation « problématique »

Nous comprenons de ce passage que l’Église a reçu de Dieu l’autorité de guérir et de réaliser des miracles « au Nom de Jésus ». Mais le pasteur Florent Varak, s’exprimant sur les blogues Le Bon Combat – lors de l’émission « Que dit la Bible ? » le 26/10/17 (1) – et TPSG (2), ne croit pas que ce soit la bonne interprétation. Il estime même « problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens sont appelés à guérir et qu’ils ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus ».

De sensibilité « cessationiste » [certains dons ont été donnés à l’Église pour un temps et pour un objectif précis. Une fois cet objectif réalisé ou accompli, ces dons ont cessé], Il croit que Dieu guérit quand il le souhaite et comme il le souhaite, notamment en réponse à la prière, parfois avec l’onction d’huile mais que le mandat confié aux apôtres d’accomplir des miracles « en nom et place du Seigneur » est révolu.

D’après lui, les miracles mentionnés en Marc 16 se retrouvent dans le livre des Actes, où ils ne sont exercés que par deux catégories de personnes liées à l’apostolat [Les Apôtres et les diacres]. Il souligne que dans Marc 16, Jésus reproche aux apôtres leur incrédulité, de sorte que la clause « ceux qui auront cru » est très probablement à comprendre comme « ceux qui auront cru parmi les apôtres ».

Sauf que…..

Si l’on peut se sentir soi-même incrédule, à l’instar de l’internaute Francine (1) dont nous reprenons et synthétisons l’argumentaire, ce n’est paradoxalement pas sur ce que rapporte la fin de Marc, mais plutôt sur les propos de Florent Varak, lesquels s’avèrent « problématiques ». Et comme les apôtres en entendant les femmes qui leur rapportaient que le tombeau était vide au matin de la résurrection, nous pourrions même penser « qu’il plaisante ».

1) Ainsi, dire : Ceux qui ont cru parmi les apôtres, implique en bonne logique française, qu’il y en avait donc parmi les apôtres qui n’ont pas cru, et qui par conséquent n’avaient pas à faire des miracles. Si ce n’est pas ce que veut dire l’intervenant, il faut qu’il reformule autrement : parmi ceux qui auront cru, seuls les apôtres etc… mais ce n’est pas ce que dit le texte de Marc 16.

D’autre part, si l’on tient compte du contexte du passage, ce que ne fait pas Florent Varak, l’incrédulité reprochée aux apôtres v. 11, est celle qu’ils ont manifestée au récit des femmes. Jean lui-même n’a cru qu’au moment où il a vu le tombeau vide, il le déclare. Pierre s’en est retourné de sa course au tombeau tout perplexe, il n’a donc cru réellement qu’après. L’incrédulité du v. 13 se rapporte à celle qui suit le récit des pèlerins d’Emmaüs ; Thomas en particulier est incrédule. Plus tard il s’écrie devant le Seigneur ressuscité : Mon Seigneur et mon Dieu !

Par conséquent le contexte de Allez dans tout le monde, prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné ne peut se rapporter aux apôtres qui ont déjà surmonté leur incrédulité naturelle, et que le Seigneur envoie maintenant dans le monde. Du reste ne savons-nous pas que Pierre et Jean qui n’avaient pas cru auparavant, ont fait ensuite de grands miracles ?

2) Ensuite, il est faux de dire que du temps de Paul, seuls les apôtres et les diacres à qui ils avaient imposé les mains accomplissaient des miracles. Nous lisons dans 1 Corinthiens 12v7-10 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues ».

Paul inclut dans la liste des dons celui de faire des miracles ; il serait d’une mauvaise foi éhontée, de répondre qu’il ne pensait alors qu’à lui-même et aux autres apôtres. Tout le contexte montre qu’il parle des églises en général, et de leurs membres en général. La question de savoir si ce don a ensuite cessé est sans rapport avec celle de savoir combien l’avaient au temps des apôtres !

3) Enfin, Florent Varak n’assume toujours pas la mesure [ou la cohérence] de sa position dite « cessationiste ». D’après lui, dans toute l’Histoire de l’Église, seuls une vingtaine de croyants ont reçu le don d’accomplir des miracles, de manière plus ou moins suivie (12 apôtres + 7 diacres). De nature généreuse, Florent Varak est probablement prêt à doubler ce nombre, sachant qu’il faut toujours laisser au Seigneur une certaine marge ; 40 témoins donc au premier siècle faisant des miracles, sur au plus une ou deux centaines de milliers.

A présent au 21ième siècle, c’est par centaines de millions que se comptent les chrétiens charismatiques. Supposons qu’il en existe 500 millions ; d’après leur théologie ils croient que le don des miracles est encore accordé par le Saint Esprit aujourd’hui. Mais c’est rare ils en conviennent : 1/10000 peut-être on ne sait pas… ce qui fait toujours 500 M/10000= 50 000 chrétiens ayant le don des miracles ! et s’ils en font 10 chacun, on arrive à 500 000 miracles contemporains. Qu’est cette pauvre quarantaine d’apôtres et de diacres du livre des Actes en comparaison ?

Si Monsieur Varak veut être cohérent au niveau de son cessationisme, il faut qu’il dise que ce n’est pas 1/10000 qui reçoivent le don, mais ZÉRO ; TOUS les charismatiques (seraient alors) dans l’erreur. Une grave erreur puisqu’ils se permettent d’attribuer au Saint Esprit ce qui ne vient pas de lui. En conséquence, le Pasteur Varak doit immédiatement avertir le CNEF de sa découverte, et prendre les mesures appropriées, en cas de non-réaction. Sinon cela reste du cessationisme d’opérette : Il est donc incohérent et bassement opportuniste pour les cessationistes de se regrouper avec les charismatiques sous l’étiquette générale d’ « Évangéliques de France ».

 

Nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour mener le bon combat…

2. Ceci dit, pour revenir à la question de départ, les chrétiens ont-ils reçu l’autorité de guérir et de faire des miracles « au nom de Jésus » ?

Si l’on considère l’Eglise, à l’instar de Florent Varak dans son « conte de la circulation routière »(2), comme un automobiliste lambda qui ne saurait se prévaloir d’une quelconque autorité pour réguler la circulation, à l’inverse du policier en fonction « revêtu de son uniforme », l’on déniera alors à l’Église tout mandat pour guérir « au nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire en son nom, en tant que son représentant, muni de son autorité. En concédant que le chrétien « garderait le privilège d’intercéder auprès du Père, grâce à la médiation accomplie de Jésus et de prier « au nom de Jésus », c’est-à-dire selon l’accès que Christ nous permet d’avoir au Père par la rédemption »(2).

Position peu cohérente là encore, puisque dans ce cas, la logique serait de dénier à l’Eglise toute capacité d’agir « au nom de Jésus » (lier et délier, baptiser et faire des disciples, demander quoique ce soit au nom de Jésus – même pour seulement intercéder….cf Matt.18v18-20, 28v18-20 et Jean 14v13-14, 15v16, 17v18….)

A l’inverse, souligne le pasteur Gilles Boucomont(3), si nous considérons que « baptisés en Christ, nous avons revêtu Christ » (Gal.3v27), nous comprenons alors que nous ne nous prenons pas pour Jésus, mais que nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour continuer son œuvre. Dans ce cas, nous nous trouvons dans la position du policier en fonction revêtu de son uniforme.

A l’instar d’une secrétaire qui refuserait (avec pour sanction le licenciement pour faute professionnelle) d’écrire une lettre sur les instructions de son patron, alors que cette tache entre dans ses attributions les plus élémentaires, nous passons notre temps à dire à Dieu de faire des choses que Lui nous a demandé de faire dans les Ecritures…. tout en dépensant une énergie folle à vouloir faire ce que lui seul peut faire [nous sauver tout seul ou sauver, convaincre les autres] ! Et ce, alors qu’Il nous a donné toutes une série d’indications très précises quant à ce qui nous incombe, et inversement ce qui est de son registre(3).

Ainsi, certains considèrent comme « un privilège » d’ « intercéder » pour les malades(2), soit de demander à Dieu qu’Il intervienne pour leur guérison. Ce n’est pas faux dans le sens où la guérison est toujours un don de Dieu. Sauf que les Ecritures bibliques présentent la guérison comme un charisme (cf 1 Cor.12v4-11) qui doit être exercé par les croyants au nom de Jésus, et non pas demandé par les croyants à Dieu.

Et ce, d’autant plus, comme le souligne Gilles Boucomont, qu’aucune allusion à la demande de guérison ne se trouve dans le Notre Père, et qu’aucun texte biblique ne nous dise de prier pour les malades en demandant à Dieu la guérison. Même « la prise en charge des malades par la communauté et les Anciens décrite par Jacques dans son épître (ch.5v14-16) est très active, puisque dans l’onction d’huile est manifestée la guérison, pas seulement espérée. C’est une démarche active de l’Eglise, corps de Christ contre la maladie qui abîme l’un de ses membres »(3).

A l’inverse, de nombreux passages nous donnent pour instruction de guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons cf Matt.10v8 ; Luc 10v9, 17-20 ; Marc 16v15-20

Ayant « revêtus Christ », nous avons, non à intercéder ou à demander à Dieu d’intervenir à notre place, mais à exercer la prière d’autorité, laquelle est une prière où l’on va chercher sa légitimité et son autorité pour intervenir nous-mêmes sur le réel. Parce que Jésus ne nous demande pas d’intercéder pour les malades mais bien de les guérir. Pas d’intercéder pour les lépreux mais de les purifier. Pas d’intercéder pour les morts mais de les ressusciter. Pas d’intercéder pour la délivrance, mais de chasser nous-mêmes les esprits mauvais.

Soit d’agir « au Nom de Jésus » de manière significative dans la vie des gens, et de manifester ainsi cette annonce impérative que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Encore une fois, il ne s’agit pas de nous prendre pour Dieu, en nous croyant personnellement aptes à guérir, comme s’il s’agissait d’un automatisme – il s’agit de guérir les malades au Nom de Jésus et selon la volonté de Dieu, au moment opportun, et non de manière stéréotypée. Dieu nous appelle à collaborer avec Lui (cf Marc 16v20), en nous demandant d’assumer l’autorité qu’Il nous donne, à la manière de Christ.

« Se dérober à nos prérogatives, c’est retarder la venue du Règne de Dieu, en nous-mêmes et dans ceux que nous voudrions bénir »(3).

 

 

Notes : 

(1) Cf http://leboncombat.fr/fin-marc-serpents/

(2) Cf https://florentvarak.toutpoursagloire.com/miracles-guerisons-et-marc-16-1ere-partie/

(3) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le bon combat. Editions Première Partie, 2011, pp 227-231. Du même : Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Editions Première Partie, 2010.

Foireux liens de mai (33) : « fuir le monde » ou « s’engager dans le monde »

Les « Foireux liens » de mai : Européennes, réforme, feuilletons…

Bonjour ! Voici notre 33ème édition des « Foireux liens ». Au menu, Européennes 2019, projet de réforme « de la défiance », nouveaux épisodes de feuilletons politico-médiatico-judiciaires, Notre Dame de Paris, Vincent Lambert, GAFA, Transhumanisme, Fake news, travail dominical, Amazon….

Bonne lecture !

 

1) Européennes : « Tout ça pour ça » : Le score RN se ramène finalement à 23,3 %, soit 0,9 % d’avance sur la liste LREM (d’où même nombre de sièges à Strasbourg), et font moins bien qu’en 2014. Les macronistes se retrouvent un peu ballots après avoir clamé pendant des semaines qu’une vague brune déferlait et que seul M. Macron pouvait en préserver les peuples… Il n’y avait pas de vague brune : on le savait d’avance.

Voir aussi : Européennes 2019 : Les résultats des élections dans toute l’Union

Ce scrutin modifie les équilibres politiques dans l’hémicycle. « Contexte », média web français spécialisé sur les institutions, les politiques publiques et la fabrique de la loi, publie une série d’infographies sur les résultats, à comparer avec la composition du Parlement 2014-2019.

Et : découvrez les 74 députés français du Parlement européen

RN : 5 millions d’euros d’argent public détournés, une 20aine d’élus mis en examen, 40 collaborateurs soupçonnés dont la tête de liste aux Européennes 2019. Résultat : 1er parti français au Parlement européen durant les 5 prochaines années…

2) Ecole : Le projet de loi « de la défiance » amendé et adopté par le Sénat

Mardi 21 mai, le Sénat a approuvé le projet de loi « pour une école de la confiance » par 213 voix contre 95, après l’avoir largement amené (60 amendements adoptés, dont certains controversés, telle la possibilité d’une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme, ou cet autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires). Les sénateurs ont également supprimé l’amendement qui prévoyait la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), des structures qui regroupent un collège avec plusieurs écoles. Cette annonce avait suscité la colère grandissante des enseignants et des parents d’élèves. Députés et Sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d’accord pour une adoption définitive rapide d’un texte inspirant, jusqu’à présent « la défiance » des enseignants et des parents.

Voir aussi le projet de loi « Pour une école de la confiance ».

3) Notre-Dame de Paris : une étrange manoeuvre financière risque de disperser les donateurs
Président de la Fondation du patrimoine depuis 2017, Guillaume Poitrinal décide unilatéralement de clore la souscription Notre-Dame et de diriger une partie de l’argent vers d’autres chantiers. Désarroi chez les donateurs. Désapprobation au ministère de la Culture, aux Monuments nationaux, à la Fondation Notre-Dame, à la Fondation de France. Et perplexité de l’opinion….

4) Affaire Vincent Lambert : le monde politique divisé après la reprise des traitements

La reprise des traitements étant acquise, les parents du patient réclament désormais son transfert, tandis que les responsables politiques opposent droit à la vie et droit à mourir dans la dignité.

Voir aussi : Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?

5)  Pourquoi vous ne pouvez plus acheter chez Amazon

Lorsque vous achetez sur Amazon, tout est fluide, rapide. Tout est simple pour vous. Et c’est une réalité. Mais à quel prix ? Je ne parle pas du prix de ce que vous achetez. Mais le prix de votre petite conscience. Préférez-vous rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? Ainsi, voulez-vous vous offrir le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? Seriez vous d’accord d’être licencié par une machine ? Voulez-vous cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? Voulez-vous être surveillé dans votre chambre par Amazon ? Etc….

Voir aussi : Sept femmes enceintes licenciées par Amazon : 7 procès en 8 ans

Et Chez Amazon, un algorithme vire les employés « pas productifs »

6) Vous n’arrivez pas à vous déconnecter des GAFA ? Embrouillez-les !

Vous n’échapperez pas à la surveillance de masse, mais vous pouvez la gêner. Le livre « Obfuscation, vie privée, mode d’emploi » explique comment…

7) Quand Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel

Nous nous sommes trompés sur un point essentiel : Internet n’est pas une utopie mais un outil. Et pour comprendre cet outil nous devrions nous replonger dans les lectures d’Ivan Illich. Pour lui dès qu’un outil est institutionnalisé et s’impose comme ce qu’il qualifie de « monopole radical », un outil dont personne ne peut se passer et dont l’usage devient une injonction de consommation, il devient dysfonctionnel et détruit l’objectif qu’il est censé servir (…) En quelques années, Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel. Il était censé rapprocher les hommes, il les fracture. Au lieu de rendre la planète plus intelligente, il développe une sous-culture de la médiocrité.

8) Non, les « digital natives » ne sont pas tous des geeks, ils ne savent pas forcément utiliser les outils disponibles en ligne et ils ne font pas preuve d’un esprit critique à toute épreuve devant les flots d’information. Ne confondons pas la familiarité avec un médium et la connaissance approfondie de la manière de s’en servir. La ligne de partage ne passe pas par la date de naissance mais par la culture générale et l’éducation aux médias numériques.

9) Quand la paresse intellectuelle nous rend plus facilement manipulable

Aujourd’hui, l’information doit se faire la plus brève possible pour être susceptible d’attirer l’attention du chaland au risque de paraître “relou” et se faire zapper. Combien de fois ai-je entendu : “Mais tu es sûre que tu ne veux pas transmettre ton témoignage aussi en vidéo car tu attirerais plus de monde, tu sais les gens de nos jours n’aiment plus lire blablablablabla?” Sauf que l’information de qualité ne peut pas se résumer en quelques caractères….

10) «Attaque» de la Pitié-Salpêtrière. La fake news venait de l’Intérieur

Non, contrairement à ce qu’a affirmé Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, l’hôpital parisien n’a pas été pris d’assaut et dégradé par des manifestants mercredi 1er mai. Décryptage d’un emballement inquiétant.

11) Quand Marine Le Pen prônait l’interdiction des manifestations en période d’urgence

En mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, Marine Le Pen [qui se présente aujourd’hui comme la « grande défenseure des Gilets jaunes »] fustigeait les manifestations, appelant à leur interdiction, ainsi qu’au renforcement des forces de répression. A (re)découvrir, cet article publié sur Public Sénat et datant de 2016….

12) Le Conseil économique, social et environnemental : une institution méconnue, méprisée… et précieuse

La Ve République dispose avec lui d’une institution capable d’anticiper les grands mouvements sociaux, d’apprécier les évolutions de la société et de s’en faire le porte-voix. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles institutions, il serait sage d’utiliser celles qui existent déjà et dont c’est le rôle tel que prévu par la Constitution. Par exemple, le conseil économique, social et environnemental, de nature à être force de proposition sur tous les grands thèmes de société et anticiper d’éventuels difficultés ou blocages. C’est ainsi qu’il était en mesure d’anticiper le mouvement des « gilets jaunes », sans forcément avoir été écouté…..

13) Licenciements chez Cora : le «chaos législatif» du travail dominical

Le licenciement pour faute grave de deux salariés de la chaîne d’hypermarchés, opposés au travail le dimanche, pose à nouveau la question de son encadrement. Si les employés sont censés avoir le droit de refuser, ils n’en ont pas souvent la possibilité concrète.

14) Le succès du coaching à l’épreuve du professionnalisme

L’émoi suscité par l’émission de France Inter, diffusée en novembre 2018, sur « les dérives du coaching », met en exergue l’enjeu de la professionnalisation des coachs. Dans ce secteur en pleine expansion, la certification par les associations professionnelles (ICF, SF Coach…) ou écoles est un premier pas, mais elle n’est pas suffisante à la formation de professionnels compétents. Ceux-ci ont besoin de s’ouvrir à des approches leur permettant de mieux comprendre les contextes dans lesquels ils interviennent et d’instruire les dilemmes et tensions qui surgissent de leur pratique (…). Trois critiques alimentent de manière récurrente les analyses sociologiques du coaching.

15) Écriture inclusive et exclusion sociale

Les complexités de l’écriture inclusive ne sont pas seulement techniques si l’on considère les conséquences sociales éventuelles. Ne nuiraient-elles pas à l’égalité sociale ?

16) Des médias s’unissent pour documenter les effets du changement climatique en France

Fin 2018, Basta !MediapartPolitisReporterre et la Revue Projet se sont associés pour constituer un groupe de journalistes sur le climat. Jeudi dernier, 18 avril, ces médias ont poursuivi ce travail collectif en publiant sur leurs sites respectifs, une deuxième série d’articles concernant l’impact de la crise climatique en France chez les jeunes, les victimes de catastrophes naturelles, les agriculteurs, les personnes souffrant d’allergies… Un site baptisé « Jiec.fr » pour « Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat » est dédié à ces publications communes.

17) Bygmalion :Sarkozy sera bien jugé en correctionnelle

C’est un nouveau pas vers un procès en correctionnelle pour Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 17 mai, que rien ne s’opposait à ce que l’ancien président soit jugé dans l’affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

La justice reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé au moins 42,8 millions d’euros, soit plus de 20 millions d’euros au-dessus du plafond autorisé, grâce à un système de facturation frauduleux. L’ex-chef de l’Etat a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce délit, mais sa défense a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester cette décision. Franceinfo répond à cinq questions sur cette décision.

18) Mais que devient François Fillon ?

François Fillon sera bel et bien jugé pour détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Son épouse, Pénélope Fillon, est quant à elle renvoyée devant le tribunal pour complicité et recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. S’il va donc bien devoir répondre de ses actes passés devant la justice, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy coule, depuis sa retraite forcée de la vie politique, des jours plutôt heureux. Il ne lui a, en effet, pas fallu plus de trois mois après sa cuisante défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle pour décrocher un job en or, en devenant associé du prestigieux fonds d’investissement Tikehau Capital.

19) Etats-Unis : Comment le parti républicain a abandonné la question du porno

Autrefois, la lutte contre la pornographie était au coeur du combat culturel américain. Aujourd’hui, la porno est une énorme industrie – nocive – sans réels adversaires. Qu’est-il arrivé ?

20) Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques

Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar à une période où, en Europe, beaucoup s’engagent dans des politiques identitaires , il est très important que les chrétiens aient une juste compréhension de leur propre identité et sachent que penser et comment prier et s’engager dans les questions politiques. C’est notamment le cas devant la tentation de réagir en se conduisant comme un groupe identitaire en présence des défis du libéralisme et de l’islam….

21) L’État, la Société se porteraient-ils mieux ou moins bien si les chrétiens étaient mêlés au pouvoir ?

A la dernière présidentielle, suite aux résultats du premier tour (Macron-Le Pen), certains chrétiens voire pasteurs, sur les réseaux sociaux ou blogs avaient appellé à « investir la société, ne pas juste être spectateur mais acteur ». Investir, d’accord, mais de quelle manière ?

22) Comment faire Église aujourd’hui ? Le point de vue d’un Attestant

Pascal Geoffroy, pasteur, membre des Attestants, revient sur la création de ce mouvement, au regard de l’histoire.

23) Une communauté nourrie par la prière

Dans un précédent article, le pasteur Philippe Golaz expliquait que « la prière était ce qui permettait de rester spirituellement vivant, en étant relié au Père ». Plus récemment, lui-même a mis un frein à sa frénésie du faire et à la pile de projets en attentes pour prendre un temps d’écoute et de discernement. De là cette conviction que la première chose à faire, était de réinvestir le domaine de la prière. Que si la relation au Père n’était pas entretenue en amont, alors tout le reste serait vide de sens et ne porterai pas de fruit, ou alors beaucoup plus difficilement.

24) « The Bible Project » maintenant en français

Connaissez-vous le site “The Bible Project” ? Lancé en 2014, ce site qui contient de nombreuses vidéos est une véritable mine d’or pour tous ceux qui veulent creuser les Écritures. A l’occasion des fêtes de Pâques, une version du site et des vidéos est désormais accessible en français.

25) Quand je croyais que Dieu voulait que je sois avec un non croyant

Une note de blogue adressée aux “missionnaires de l’amour” autrement dit tous ceux et celles qui pensent que Dieu les appellent à être en couple avec des personnes ne partageant pas leur foi pour les convertir par la suite.

26) Quand Rien créa Tout

Toi, tu crois en rien », réplique Paul (joué par Edouard Baer), musicien tendance punk-anar à son fils, dans « la lutte des classes » de Michel Leclerc(2019). Olivier Keshavjee, le théologeek, nous partage sa traduction autorisée d’un article de Joe Carter, lequel propose une tentative de méta‐narratif athée‐matérialiste simple et compréhensible qui explicite la question de la compréhension de soi. Il s’agit donc du regard constructif d’un chrétien sur une vision du monde scientifique réductionniste ontologique…..

27) Le corps, humus sans espoir

Nous vivons, et nous mourons. C’est un fait indépassable de la vie humaine. Qui que nous soyons, dans ce monde dans lequel nous vivons maintenant, nous vivons et nous mourons. Pour ceux qui voient s’éteindre des proches, que cela signifie-t-il ? Douleur, perte, deuil. Séparation. Dans ce processus de deuil, ce qui arrive au corps de la personne décédée a de l’importance. L’humanité a d’ailleurs toujours eu conscience de cela, d’où l’importance des rites funéraires qui apparaissent très tôt dans l’histoire humaine. Les deux « rites » autorisés en France sont la crémation et l’inhumation. Mais une autre alternative a fait le titre d’un article du Monde : l’humusation, c’est à dire la transformation du corps en humus.

28)Aux origines du transhumanisme

Le récit transhumaniste commence dès le livre de la genèse, le premier livre du pentateuque avec cette promesse « vous ne mourrez pas », tous les mythes et légendes anciennes, celles des sumériens de la Mésopotamie, des fables de l’odyssée de Homère, l’élixir des alchimistes des chinois et leurs pilules d’immortalité, nous rapportent des rêves de dépassement de l’humanité et de conquêtes contre la mort.

L’histoire très ancienne de ces récits nous évoquent de fait la mémoire d’une humanité à la quête de son paradis perdu et sa volonté de conquérir le fruit interdit en gommant si possible le récit construit de la civilisation humaine fondée depuis la chute, sur l’idée de la mort. Décryptage sur le blog « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître, partenaire de Pep’s café.

29)Sortir ! Recension du livre de Natalia Trouiller, un essai sur la stratégie que l’église devrait adopter pour traverser notre époque post-moderne.

Comment se fait-il que nous soyons plus prompt à considérer l’impureté du monde et vouloir le fuir, plutôt que de vouloir comme Christ nous incarner dedans et embrasser à pleine bouche son impureté et sa crasse pour la purifier par l’Esprit?

Réponse, selon l’auteur: Parce que nous avons développé une disposition collective de type gnostique. Nous séparons le corps de l’âme, nous rejetons la matière pour embrasser le pur spirituel, nous fuyons le monde pour embrasser la Connaissance Salvatrice. Nous nous satisfaisons de connaissance et de saine doctrine, en refusant de nous laisser transformer par elle pour agir ensuite. Nous avons développé un habitus de cathare. Et ce n’est pas un compliment. La suite sur Phileo-sophia, le blog d’Etienne Omnès.

Et le dernier pour la route :

30) « Les plantes sont extraordinaires : c’est un modèle décentralisé dont tous les membres participent à la décision »

Pour Stefano Mancuso, fondateur du laboratoire de neurobiologie végétale, tout ce que nous construisons au niveau de nos organisations sociales est bâti sur le modèle du corps animal. Or les animaux – humains compris – ne représentent que 0,3 % de la vie sur la terre, bien moins que les trois autres catégories que sont les végétaux, les champignons et les êtres monocellulaires. L’écrasante majorité des êtres vivants utilise des modèles différents du nôtre, qui est très fragile. Il suffit d’enlever la tête et toute l’organisation s’écroule. Il y a eu des empires, comme ceux des Aztèques et des Incas, des civilisations très avancées, dont l’organisation reposait exclusivement sur l’Empereur. Il a suffi aux Espagnols de s’attaquer à ce dernier pour que tout le système s’écroule instantanément. Par son organisation horizontale, une plante survit même si, par exemple, un animal mange ou détruit une partie de son corps, quand un animal meurt dès qu’un de ses organes vitaux ou son cerveau sont ôtés ou détruits. Comment ce modèle peut nous inspirer dans l’organisation des sociétés humaines ?

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en juillet.

 

 

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

« Etrangers dans la cité » ou quand l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise

L’Eglise ne doit pas s’inquiéter « d’être dans le monde » mais « comment être dans le monde, sous quelle forme et dans quel but »(Hauerwas/Willimon. Etrangers dans la cité)

Voici là l’un de mes meilleurs livres lus cette année, reçu dans des circonstances particulières, et dont je vous recommande vivement la lecture : « Etrangers dans la cité » de Stanley Hauerwas et William H. Willimon (Ed. du Cerf, 2016). Il y est question de l’Eglise (celle de Jésus-Christ) et de la façon dont elle est appelée par Son Seigneur à être visible, en étant ni « du monde » ou « hors du monde », mais bien « dans le monde ». En clair : l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise, et les chrétiens doivent assumer le fait d’être « des exilés en terre étrangère » (op. cit, p 51).

Cette édition d’ « Etrangers dans la cité » (par ailleurs catholique et non protestante/évangélique, comme on aurait pu s’y attendre) est la première traduction française de l’édition « anniversaire » d’un best-seller (« vendu à 1 million d’exemplaires » dans son édition américaine d’origine !) publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014. L’ouvrage, qui a pour auteurs deux méthodistes américains (l’évêque William H. Willimon, qui a rédigé un avant-propos, et le théologien et éthicien Stanley Hauerwas, qui a rédigé la postface), reste toujours aussi stimulant et pertinent pour notre temps. Il semble pourtant encore trop peu connu en France et me paraît particulièrement recommandable à tous ceux qui estiment que l’on pourrait « être chrétien sans église » et/ou que le summum de « la maturité spirituelle » serait une vie marquée par l’indépendance ou « la liberté individuelle » rationnelle de choix (par ailleurs héritée des Lumières).

Dans cette édition française figure également une préface tout aussi percutante des traducteurs Grégoire Quévreux et Guilhem Riffaut. Intitulée de façon provocatrice « Babylone à domicile », elle souligne que « l’Eglise, quand elle est fidèle à Jésus-Christ » et au véritable Evangile (pas le faux, dit « de la prospérité » !), « s’oppose nécessairement au monde », « un monde malade de son propre vide : le McWorld », né de « la mcdonaldisation » de la société, standardisée sur le modèle du « fast-food »(op.cit., pp8-13, 23). Et cette Eglise fidèle s’oppose alors aux « piliers du McWorld » (le nihilisme, le matérialisme, le capitalisme et l’individualisme), « lorsqu’elle lui rappelle la foi en Dieu et son Fils, son éloge d’une vie simple et spirituelle fondée sur l’amour du prochain et vécue communautairement, loin du consumérisme acharné et de la concurrence rapace de tous avec tous » (op.cit., p23). C’est là « la chose la plus précieuse (que l’Eglise fidèle) a à apporter (à ce) monde » (op.cit., pp 26-27).

Sinon, Willimon et Hauerwas nous invitent à nous poser les bonnes questions (non plus « devons-nous croire ? » mais « que devons-nous croire ? », op. cit., p63 et non plus « Dieu existe-t-il ? » mais « quel Dieu existe ? », op.cit., p164). Et à nous réjouir de ce que, « quelque part entre 1960 et 1980, un vieux monde dépassé (ait) pris fin, laissant la place à « un monde nouveau et excitant », « en attente d’être exploré »(op.cit., p53).

« Le vieux monde » qui a disparu est « la chrétienté », ou « l’Église constantinienne » – marquée par une si étroite collaboration entre l’Église et l’Etat, que l’un et l’autre en sont confondus. Le christianisme a paru pendant des siècles en tirer profit par l’influence qu’il s’imaginait avoir sur le temporel. La disparition de ce régime a laissé désemparées plusieurs générations de chrétiens.

« Le monde nouveau et excitant, en attente d’être exploré » est celui qui s’ouvre aux chrétiens, libres désormais de proclamer l’Evangile et d’incarner une véritable contre-culture, missions impossibles si « la tâche sociale de l’Église est d’être l’un des nombreux auxiliaires dociles de l’État » (op.cit. p. 85), ou si l’Eglise reste « le supplément d’âme de la société marchande » (op. cit., p 27).

Rejetant les compromissions et les impasses du sécularisme de l’Église « militante » (« libérale », « progressiste », oeuvrant à réformer la société) et de l’individualisme de l’Église « conversionniste » (« conservatrice », travaillant au changement intérieur des individus), l’une et l’autre n’ayant rien de sérieux (et de neuf) à dire à la société, Willimon et Hauerwas optent pour une Église confessante, qui n’est ni « le juste milieu », ni une synthèse des deux précédentes.

Pour une telle église, « fidèle plus qu’efficace », être « le plus crédible » et « le plus efficace » ne consiste pas à rendre l’Evangile plus « crédible et compréhensible » pour le monde, au risque de dénaturer le message, mais à être « quelque chose que le monde n’est pas et ne pourra jamais être » sans le Christ (op.cit., pp 93-95) :

« Ilot culturel au milieu d’une culture étrangère », l’Eglise ne doit pas œuvrer pour « améliorer » le monde, mais préparer le Royaume (ou Règne) de Dieu en bâtissant ce qui est « la stratégie sociale la plus créative que (les chrétiens ont) à offrir » (op. cit.p. 147), prémices d’une nouvelle création en Christ. L’Eglise n’a donc pas seulement une éthique sociale chrétienne : elle « est » une éthique sociale chrétienne, étant une communauté de foi vivante, visible et inspirante (certes, dans la faiblesse) où sont vécus les principes de vie du Règne de Dieu enseignés par Jésus dans le Sermon sur la Montagne : suivre Jésus et vivre ensemble autrement, choisir la vérité au mensonge, remettre en question « une bonne idée » de garderie à l’église (pour les membres qui auraient besoin « de travailler plus pour gagner plus » de quoi s’acheter une deuxième voiture…), confronter les « Ananias et Saphira » plutôt que de (les) rassurer, prendre soin de manière collective et concrète d’un couple proche du divorce, donner et recevoir le pardon, aimer nos ennemis et prier pour ceux qui nous persécutent….bref, « être parfaits », comme « Notre Père Céleste est parfait », Lui qui « fait lever son soleil aussi bien sur les méchants que sur les bons, il fait pleuvoir sur ceux qui lui sont fidèles comme sur ceux qui ne le sont pas » (Matt.5v45, 48).

Contrairement à une idée reçue, le Sermon sur la montagne n’encourage pas un individualisme héroïque, puisqu’il le tient en échec. Il n’est donc pas à vivre seul, ce qui serait impossible, mais nécessairement au sein d’une communauté (l’Eglise) et autour d’un grand récit (celui de la révélation biblique dont le centre est Jésus-Christ). C’est ainsi que sera effectivement et concrètement annoncé « une Bonne Nouvelle premièrement pour les pauvres », et proclamé « aux captifs la libération… » (Luc 4v18).

« Objections ! »

Une telle approche, qualifiable de « radicale », sera-t-elle intégralement adoptée ? Stimulante et interpellante, elle est toutefois susceptible d’être critiquée comme étant « sectaire » (cf la posture d’une Eglise repliée sur elle-même), « pessimiste » ou « binaire » (l’Église présentée comme « l’unique planche de salut face à une société éclatée »). Ainsi, Dieu est-il exclusivement actif dans la communauté des chrétiens ou agit-il aussi dans la vie des hommes et des femmes de bonne volonté qui n’appartiennent pas à une «Église visible» ? « Dieu offre-t-il le salut à un petit nombre de croyants seulement ? Le monde n’est-il pas un lieu habité par l’Esprit de Dieu ? Un agnostique individualiste ne peut-il pas trouver dans sa vie un chemin de vérité ? La sagesse de ce dernier ne peut-elle rien apporter aux chrétiens ?…… »

D’autres objecteront : « une foi réellement incarnée peut-elle se passer d’entrer en dialogue avec la culture ? Le modèle suggéré par les auteurs est-il vraiment pertinent pour penser les défis de la foi chrétienne dans une France sécularisée, tentée par toutes sortes de replis identitaires ? » (pour ne pas dire « communautaristes ») Ce à quoi répondent indirectement Willimon et Hauerwas, pour qui « les chrétiens se doivent d’être très soupçonneux vis-à-vis de tout discours communautariste », surtout « lorsque les gens sont totalement privés de perspectives ou d’une vision du monde cohérente ».

D’autres encore estimeront « critiquable » l’affirmation comme quoi « l’éthique chrétienne (n’aurait pas) de sens pour des non-chrétiens » et dénonceront comme un « excès de langage » ce qui consiste à qualifier tout projet d’une éthique universellement compréhensible d’« hérésie diabolique ». Si « l’éthique chrétienne découlant de la foi au Christ est folie pour le monde, est-elle pour autant incompréhensible ? L’éthique chrétienne ne vient-elle pas réveiller la conscience que Dieu a déjà placée en chacun ? »

« A nous de jouer ! » (Mais ce n’est pas un jeu)

Ces objections et interrogations une fois formulées (dans le but – conscient ou inconscient – de « rationaliser » le propos d’ « Etrangers dans la cité » ?), et après avoir bien débattu sur le web et/ou IRL, les chrétiens oseront-ils être enfin l’Eglise, « dans le monde sans être du monde » ?

Non pas, comme le précisent Willimon et Hauerwas, pour être « la communauté pour la communauté » (op.cit., p138), mais pour être fidèles à Jésus, dans l’humilité et en vérité.

En parallèle, le mieux que l’on puisse souhaiter à « Etrangers dans la cité », à l’instar du vœu de ses auteurs, c’est d’être lu et perçu « comme un livre d’espérance », source d’inspiration, par ceux qui continuent de croire que « Dieu n’abandonnera jamais Son Eglise » (op.cit., p 282)

 

En bref :

Stanley Hauerwas, William H. Willimon, Étrangers dans la cité (Resident Alliens. Life in the Christian Colony), traduit et préfacé par G. Quévreux et G. Riffault, Editions du Cerf, 2016(collection Essais). Disponible chez l’éditeur et dans toute bonne librairie.