« Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste ».

Qu’est-ce que la vérité ?

Question essentielle et fondamentale, s’il en est, puisque de la réponse dépend notre liberté. Rien moins. Nous y reviendrons.

La question avait été posée jadis par Pilate à Jésus. Le procurateur romain attendait-il une réponse ? Il semble malheureusement que non, puisque l’intéressé sortit avant de l’entendre.

Selon Héraclite, « qui cherche la vérité doit être prêt à l’inattendu, car elle est difficile à trouver et, quand on la rencontre, déconcertante ».

Il existe « une vérité qui dérange », à l’instar du film éponyme d’Al Gore.

Dans « L’ultimatum des trois mercenaires », l’ultime film de Robert Aldrich*-enfin disponible dans son intégralité chez Carlotta-qui décrit une société où l’image est omniprésente et fragmentée, et où l’on s’identifie à l’aide de numéros, le personnage du président des Etats-Unis estime que la vérité (et la transparence) est « un devoir des gouvernements, vis à vis des citoyens », qui sont jugés suffisamment mûrs pour « avoir le droit de savoir ».

Charles Péguy, enfin, a eu l’ambition de « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste. »**

Qu’est-ce que la vérité ?

D’après le Nouveau Dictionnaire Biblique Emmaüs, le mot hébreu ’emet’, dans l’Ancien Testament, généralement traduit par « vérité », est lié à un verbe qui veut dire « supporter, soutenir, établir », avec l’idée de solidité, de fidélité. Il est appliqué à des faits, qui peuvent être appréciés pour être vrais ou faux. C’est son sens intellectuel. Mais il a aussi le sens existentiel et moral qui présente la vérité en tant qu’attribut d’une personne : être vrai, c’est être droit, honnête, authentique, sûr, fidèle, juste, homme de parole…

La Vérité (absolue) existe-t-elle ?
La question est toujours d’actualité et un défi pour le chrétien, face au relativisme et à la « fuite de l’absolu », qui caractérise notre occident post-moderne et que dénonce d’ailleurs Paul Gosselin, anthropologue évangélique ( cf  http://assr.revues.org/6342 ; http://assr.revues.org/21575?lang=en )
Or, l’on sera peut être surpris de constater que cette « fuite de l’absolu » n’est pas le monopole du postmodernisme, puisqu’il est notamment revendiqué dans cet article découvert depuis peu et dont voici l’introduction : « Jusque maintenant, la seule religion qui officiellement interdit le mensonge, c’est l’Islam. Le christianisme le combat et le condamne mais ne l’interdit pas, ce qui serait ridicule ».

De quoi s’agit-il exactement ? L’auteur, présenté sous le nom d’ «Andrea De Filippi » dénonce « deux amendements relatifs à l’IVG et à la notion de « détresse » (…) qui ont été « votés par le Parlement, dans le cadre de la loi sur l’égalité  » homme-femme ». Outre le fait qu’il s’agit de postures électoralistes plus que discutables, il faut remarquer que l’un de ces deux amendements vise ni plus ni moins à interdire le mensonge ».

Une telle dénonciation, si le but est bien de mettre en garde contre les conséquences de tels amendements, peut se comprendre. Un décryptage (texte à l’appui***) aurait été pertinent et judicieux. Néanmoins, l’auteur plombe lui-même de façon maladroite son propre argumentaire(ou supposé tel). Car « Interdire le mensonge » (ce que supposerait le texte) ou « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui », semble être là le cœur du problème dénoncé par l’auteur, pour qui la fin justifie sans doute les moyens. Ce dernier se livre à un étonnant et inquiétant « plaidoyer », de toute façon peu convaincant (et fondé sur le silence, de fait de l’absence d’une seule citation biblique) sur le caractère supposé « relatif » de la vérité et du mensonge.
Cela fait beaucoup de suppositions ! On peut de fait douter du sérieux de l’auteur (dont l’identité affichée n’est peut-être que relative), et de sa capacité réelle à traiter et à maîtriser son sujet, autant dans les domaines théologiques et bibliques que juridiques. Sait-il en vérité de quoi il parle ?

Chacun jugera. Florilège :

 

« Nous savons tous que le mensonge est un concept plus que relatif ! »
Vous ne rêvez pas : c’est bien écrit. A la vingt-sixième ligne.
Ce « (nous) savons », loin d’apporter des certitudes solides, est plutôt de nature à « savonner » la marche des lecteurs sincères(chrétiens ou non), les entraînant sur un terrain glissant.

Car enfin, qu’est-ce que le mensonge ? Une « altération volontaire de la vérité dans le but de tromper ».
Contrairement à ce qui est affirmé plus haut, les Ecritures font plus que simplement « condamner » le mensonge : elles s’y opposent et l’interdisent radicalement (Ex.20v16, Deut .5v20), puisque le mensonge est associé à l’idolâtrie(Jér.10v14)et au rejet de Christ(1 Jean 2v22). A la base du péché, on trouve la volonté de « changer la vérité de Dieu en mensonge »(Rom.1v25). Le mensonge prend diverses formes, comme les demi-vérités, les faux poids, les faux serments, l’hypocrisie….

D’ailleurs, il est particulièrement périlleux de jouer avec la vérité et le mensonge, puisque « la colère de Dieu se révèle du ciel contre toute impiété et toute injustice des hommes qui retiennent injustement la vérité captive »(Rom.1v18).  De plus, « le faux témoin qui dit des mensonges », comme « celui qui excite des querelles entre frères », fait partie « des six choses que hait l’Éternel », et même « sept qui sont en abomination à son âme »(Prov.6v16-19, cf 12v22 et 14). « Celui qui dit des mensonges périra », annonce solennellement deux fois Prov.19v5, 9. Cf Lévitique 5v20-26, 2 Rois 5v20-27 et Deut.13v1-5.

Le Nouveau Testament n’est pas plus « cool » que le Premier à ce sujet : on relira cette histoire édifiante et malheureusement vraie dans Actes 5v1-11, et l’on se rappellera, en avec Apocalypse 21v8, 22v15, quelle est la part de ceux « qui aiment et pratiquent le mensonge ».

Pourquoi tant « intolérance biblique » vis à vis du mensonge ?
Cela s’explique par la nature de Dieu même : lequel est « lumière et il n’y a en Lui aucune ténèbres » (1 Jean 1v5). De fait, « Si nous disons que nous sommes en communion avec lui, et que nous marchions dans les ténèbres, nous mentons, et nous ne pratiquons pas la vérité. Mais si nous marchons dans la lumière, comme il est lui-même dans la lumière, nous sommes mutuellement en communion, et le sang de Jésus son Fils nous purifie de tout péché. Si nous disons que nous n’avons pas de péché, nous nous séduisons nous-mêmes, et la vérité n’est point en nous. Si nous confessons nos péchés, il est fidèle et juste pour nous les pardonner, et pour nous purifier de toute iniquité. Si nous disons que nous n’avons pas péché, nous le faisons menteur, et sa parole n’est point en nous ». (1 Jean 1v6-10)

Dieu ne ment point(Tite 1v2, Hebr.6v18) ; « L’Eternel est un Dieu de vérité »(Jer.10v10) et « la vie éternelle, c’est de connaître (le)seul vrai Dieu et Celui qu’il a envoyé, Jésus-Christ »(Jean 17v3)

Par contraste, Mme de Filippi invoque ses lecteurs supposés, dont « aucun n’(est censé)ignorer qu’en réalité, il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde, abstraction faite de la foi de chacun ».
Une affirmation fausse et dangereuse, qui tend à favoriser une foi subjective, ne reposant sur rien de solide ou d’absolu, puisque selon l’auteur, « il n’y a aucune vérité absolue en ce bas monde ». Bref, une subjectivité plus proche de la mauvaise foi et bien éloignée de « la foi subjective »(ou personnelle-que chacun doit s’approprier et donc vivre personnellement, de manière authentique) de Kierkegaard. N’est pas philosophe qui veut.

Mieux, l’auteur assène un « Qui peut encore croire, à part quelques extrémistes de tout bord – se manifestant aussi sur ce site d’ailleurs – que dire la vérité tout le temps est possible? »

Jésus-Christ, peut-être ? Lequel « extrémiste », à moins qu’il ne soit en vérité radical, a par ailleurs affirmé : « je suis le chemin, la vérité et la vie » ?(Jean 14v6). Lequel Jésus est « le Dieu véritable »(1 Jean 5v20), « Lui qui n’a point commis de péché, Et dans la bouche duquel il ne s’est point trouvé de fraude… »(1 Pie.2v22) ?

A l’inverse, Satan est « menteur et Père du mensonge »(Jean 8v44, 2 Cor.11v14). Sa technique n’a pas changé depuis le commencement : « proposer une bouteille contenant 99,9 % d’eau pure et 0,1 % de poison ». En buvant, ce n’est pas l’eau de la vérité qui vous tue, mais le poison qui y est mélangé[« pas touche » in Promesses janvier-mars 2014, 187 – « l’occultisme démasqué »)

La vérité peut-être elle connue ? Oui, car la vérité est incarnée en Jésus.  Elle « est en Jésus »(Eph.4v21). La vérité existe donc : elle est non seulement incarnée, mais aussi relationnelle, à l’instar de la vie éternelle. Elle n’est donc pas relative, mais absolue. Dieu la veut reproduite en nous, Ses enfants : Eph 4v15, 21-24

A quoi reconnaît-on les disciples de Jésus ? D’abord, à l’amour qu’ils ont les uns pour les autres. Ensuite, « Si vous demeurez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; alors vous connaîtrez la vérité, et la vérité vous rendra libres. »(Jean 8, 31 – 42)

A quoi reconnaît-on les enfants du Dieu véritable, qui est lumière ? Ils rejettent « les choses honteuses qui se font en secret », ils n’ont « point une conduite astucieuse », et ils n’altèrent « point la parole de Dieu. Mais, en publiant la vérité », ils se recommandent « à toute conscience d’homme devant Dieu » (2 Cor.4v2-4). Ils n’avancent pas masqués, agissent selon la vérité et « viennent à la lumière, afin que (leurs) œuvres soient manifestées, parce qu’elles sont faites en Dieu ». (Jean 3v19-21cf matt.5v14-16). Ils sont sanctifiés par la vérité(jean 17v17). Ils sont passés des ténèbres à la lumière, sont enfants de lumière et leur fruit consiste en toutes sortes de « bonté, justice, vérité »(1 Thes.5v5-6 ; Eph.5v8-13) : vérité relative ? Bonté relative ? Justice relative ?
A noter encore que le Saint-Esprit est « l’Esprit de vérité »(Jean 16v13) et la Parole de Dieu « est la vérité »(Jean 17v17)….à moins que les Ecritures n’aient qu’une autorité « relative » pour l’auteur ? Lequel auteur juge que « Nous mentons dans les faits, dans les attitudes, dans les paroles et tant mieux, parce que cela nous évite d’être totalement seuls et rejetés de partout ».
Un aveu personnel de l’auteur, qui n’aurait recours qu’au seul buzz pour exister ? Bref, prônons donc l’hypocrisie, levain des pharisiens (Luc 12v21).

Il est d’ailleurs singulier de pouvoir lire de tels propos sur un site s’affichant « évangélique », et qui ambitionne de donner à lire de « l’actualité chrétienne ». Il est aussi singulier que l’on ait pu écrire un tel article pour un tel site, et que le propre responsable dudit site ait pu accepter de publier un tel article.
Mais il est plus encore singulier qu’un tel article ayant provoqué plus de 100 commentaires(dont pas mal de hors-sujets) ait suscité si peu de réactions(voire presqu’aucune****) contre ce qui apparaît comme une apologie du relativisme, donnant à lire une vision caricaturale et fausse du Christianisme biblique.

Mais peut-être que cet article n’est-il en réalité qu’un vaste canular ? Faut-il le prendre « au second degré » ? Peut-être n’a-t-il en réalité pour seul but que de dénoncer le relativisme, sous le mode de l’ironie, en feignant de prendre sa défense ?
On peut rêver, mais non. La preuve étant les interventions du modérateur-le responsable du site (« Rédacteur »), qui se veut « pédagogue » pour expliquer l’intention de l’auteur :
Rédaction
23 janvier 2014 • 11 h 17 min
« Le christianisme n’interdit pas aux non chrétiens de vivre dans le mensonge ou dans de fausses croyances. C’est de cela qu’il s’agit ici ».

Ou pour rappeler à l’ordre celui qui, selon lui, n’a « rien compris à (la) chronique » :
Rédaction(23 janvier 2014 • 13 h 36 min)
« Lorsque le Christianisme a voulu « interdire le mensonge », cela s’appelait l’inquisition… On remet en place les bûchers au nom de la vérité absolue ou on accepte l’idée que interdire le mensonge chez les autres n’est pas une solution. Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. (Et le 8ème commandement***** s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… ne soyons pas comme les islamistes qui massacrent les non-musulmans qui refusent de se conformer à la charia) »

Cette mise au point de « Rédacteur » pose toutefois problème :

« Le mensonge, il faut le combattre par la vérité et non par l’interdiction. Et le 8ème commandement s’adresse aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… »

Or, 1) Si la vérité n’est que « relative », comment combattre le mensonge ? A moins de considérer le mensonge comme relatif ? Et 2)D’autre part, cette façon d’affirmer que « le 8ème commandement « (comme les autres) ne s’’adresserait qu' »aux Juifs et aux chrétiens, pas aux non croyants ou aux croyants des autres religions… » relègue de façon insultante Dieu comme un « dieu » purement et simplement tribal. Or, Dieu est le Dieu de la création toute entière et non pas seulement de l’Alliance.
Ensuite, ladite affirmation est plombée par la raison même du choix d’Israël comme « peuple élu »  ou « peuple-témoin »: Gen.12v1-3, Deut.4-9, et particulièrement face à Rom.2v11-16

 

 

Conclusion : « Il est plus facile de ruiner que de fonder »(Péguy)

Alors, « chrétiennes », les actus ? Relativement, peut-être. Mais dans l’absolu, pas vraiment.
Après le faux humour « cool », « Actu » ferait-il la promotion d’un nouveau concept, « décomplexé », « cool » et « tendance » ? « Tendance » amorale, et cynique, quasi-nihiliste ?

Bref, pour l’information et l’édification, mieux vaut aller voir ailleurs…

Pour lire, par exemple, ces excellents articles sur la vérité :

http://www.atoi2voir.com/atoi/visu_article.php?id_art=119&n1=1&n2=5&n3=36

http://www.larebellution.com/2012/12/28/moi-mentir-jamais-13/

http://www.larebellution.com/2012/12/29/moi-mentir-jamais-23/

http://www.larebellution.com/2012/12/30/moi-mentir-jamais-33/

http://larevuereformee.net/articlerr/n193/verite-et-foi

http://www.publicroire.com/hokhma/divers/article/quest-ce-que-la-verite-orientations-bibliques-dans-le-debat

 

 

Notes :

*L’ultimatum des trois mercenaires (Twilight’s Last Gleaming). Réalisé par Robert Aldrich(1977, USA-Allemagne de l’Ouest)
Avec : Burt Lancaster, Joseph Cotten, Charles Durning, Richard Jaeckel, Richard Widmark, Paul Winfield, Burt Young….
Résumé : Novembre 1981. Lawrence Dell (Burt Lancaster), un ancien général de l’US Air Force condamné pour meurtre, et trois autres codétenus parviennent à s’échapper de la prison militaire où ils sont enfermés et à s’emparer de Silo 3, une base de lancement de missiles nucléaires située dans le Nevada. Depuis le centre de contrôle, Dell contacte le général Mackenzie (Richard Widmark) et menace de lâcher les neuf têtes nucléaires qu’il a en sa possession sur l’U.R.S.S. s’il n’est pas mis directement en relation avec le président David T. Stevens (Charles Durning). Il expose à ce dernier ses revendications : 10 million de dollars, la mise à disposition de l’Air Force One pour quitter le sol américain et surtout que le président rende public un document du Conseil National de la Sécurité jusqu’ici tenu secret et qui éclairerait d’un jour nouveau l’intervention américaine au Vietnam. Stevens, qui doit lui-même se rendre à Silo 3 pour prouver sa bonne foi, découvre effaré l’existence de ce document.(source : dvdclassik)

**En créant Les Cahiers de la Quinzaine en 1900, Charles Péguy proposait un nouvel espace de réflexion critique, ancré dans son temps.
L’ambition des « Cahiers » tenait dans cette formule célèbre : « Dire la vérité, toute la vérité, rien que la vérité, dire bêtement la vérité bête, ennuyeusement la vérité ennuyeuse, tristement la vérité triste » (Lettre du provincial).
La quasi-totalité des Cahiers de la Quinzaine est disponible sur le site internet de la Bibliothèque universitaire de Toronto (Canada). Pour y accéder, cliquer ici, puis taper « Cahiers de la Quinzaine » dans l’outil de recherche « search ».
Chacun des documents peut être soit lu en ligne, soit téléchargé (format pdf notamment), le tout gratuitement.

*** Selon l’auteur, il s’agit d’ « interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ».
L’internaute Exhine(23 janvier 2014 • 21 h 08 min) donne heureusement à lire « le texte incriminé ». Lequel exhine de s’étonner(25 janvier 2014 • 13 h 34 min) « qu’aucun site » n’ait « pris la peine de donner les textes de loi et les amendements le modifiant, comme si la simple réalité n’était pas suffisante ou utile pour informer. Ou alors il faut penser que le bruit et la colère sont les objectifs recherchés ».

Article L2223-2
Est puni de deux ans d’emprisonnement et de 30000 euros d’amende le fait d’empêcher ou de tenter d’empêcher une interruption de grossesse ou les actes préalables prévus par les articles L. 2212-3 à L. 2212-8 :
– soit en perturbant de quelque manière que ce soit l’accès aux établissements mentionnés à l’article L. 2212-2, la libre circulation des personnes à l’intérieur de ces établissements ou les conditions de travail des personnels médicaux et non médicaux ;
– soit en exerçant des pressions morales et psychologiques, des menaces ou tout acte d’intimidation à l’encontre des personnels médicaux et non médicaux travaillant dans ces établissements, des femmes venues y subir une interruption volontaire de grossesse ou de l’entourage de ces dernières.
L’amendement déposé:
L’article L. 2223-2 du code de la santé publique est ainsi modifié :
1° Le premier alinéa est complété par les mots : « ou de s’informer sur ces actes » ;
2° Au dernier alinéa, après les mots : « y subir », sont insérés les mots : « ou s’informer sur ».

Et de commenter : « Je ne vois pas trop comment, sur base de cet amendement, on pourrait, je cite : « Interdire de parole ceux qui utilisent le mensonge pour discréditer l’avortement tel qu’il est pratiqué aujourd’hui ». On pourrait, tout au plus, interdire à certaines associations de se rendre dans les hôpitaux avec des prospectus mensongers, pour les remettre aux femmes qui ont déjà pris l’initiative de venir à l’hôpital.
Il n’est pas question de vérité ou de mensonge, il ne s’agit, dans ce cas précis, que d’une mesure limitée visant à protéger les femmes ayant déjà décidé. On ne pourra pas poursuivre les sites internet anti-IVG sur base du nouvel amendement.
Par ailleurs, en 1980, le conseil d’état a émis cet avis: « il ressort de ce texte éclairé par les travaux préparatoires de la loi que la disposition en cause, qui présente un caractère purement facultatif, n’a ni pour objet ni pour effet de priver la femme majeure du droit d’apprécier elle-même si sa situation justifie l’interruption de la grossesse » rendant l’idée même de « notion de détresse » vide de sens. Donc le nouvel amendement ne change rien à la situation ».
(…)

D’autres commentaires sur ce texte :
http://www.numerama.com/magazine/28111-editer-un-site-anti-ivg-pourrait-devenir-un-delit-penal.html

http://www.bfmtv.com/politique/projet-loi-egalite-hommes-femmes-dit-vraiment-texte-livg-690778.html

http://www.la-croix.com/Actualite/France/Avortement-les-deputes-votent-la-suppression-de-la-notion-de-detresse-2014-01-22-1094881

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/01/22/notion-de-detresse-dans-l-ivg-pour-ou-contre-quels-arguments_4352253_3224.html

 

****A part « Un pasteur », qui a du se sentir bien seul.
(23 janvier 2014 • 13 h 26 min) :
« Les moralistes ont donc eu tort d’énoncer le 8° commandement*** du décalogue sous la forme impérative bien connue de : « Tu ne mentiras point ». Car le mensonge n’étant que relatif, l’injonction est inapplicable, suite à des contestations sans fin.
Le « Tu ne tueras point » deviendra-t-il lui aussi caduc, si par aventure madame de Filippi venait à déclarer le concept de meurtre « plus que relatif » ? En tous cas ce qui est certain c’est que pour elle l’inconvénient de l’avortement n’est que « relatif ». Relatif à la détresse de la patiente.
En soi, il n’est pas mauvais d’avorter parce que Dieu serait absolument contre, mais parce que celle qui sera l’objet de cet acte médical, risque d’éprouver une « détresse », dont madame de Filippi a l’insigne courage de signaler aux médecins ignorants qu’elle peut survenir après l’avortement aussi bien qu’avant ».(…) Sur un autre fil un commenteur écrivait : « C’est une instrumentalisation subtile qui, sous le couvert d’un christianisme, vient tromper et déstabiliser les chrétiens de bonne foi. Compte tenu de ces observations, on peut dire que ce genre d’idéologie chrétienne n’a rien à voir avec le christianisme. »
Sur le coup je trouvais son jugement exagéré ; là je commence à penser qu’il a plus que relativement raison ».

***** Il s’agit en réalité du neuvième : voir son interprétation(intéressante et éclairante, du fait de sa connaissance de l’hébreu biblique) par Erri de Luca dans « Et Il dit »(Ed. Gallimard).
« Tu ne répondras pas dans ton compagnon en faux témoin ». Il te sera demandé et tu devras répondre. Souviens du premier, né d’une femme, qui a été interrogé : ce fut Caïn….suis-je le gardien de mon frère ? Du moment où il prononça la phrase, il s’enchaîna à elle. : il était devenu le gardien de son frère….Toi aussi, au moment où l’on te questionne, tu deviens le gardien de ton frère. »(op. cit. p83)

Voir aussi : « Tu ne soulèveras pas le nom de Yod ton Elohim pour l’imposture. Rien à voir avec la version où on lit : tu ne nommeras pas en vain. Qui peut décider quand ce nom est vain sur des lèvres ?… »Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations….tu n’oseras pas soulever ce nom pour soutenir une imposture…car n’absoudra pas Yod celui qui soulèvera son nom pour l’imposture. »….Lashàue, pour l’imposture, dit l’hébreu, rien à voir avec en vain.
On le comprend bien grâce à une autre ligne : tu ne répondras pas en témoin pour l’imposture(Lashàue)contre ton prochain »(Deutéronome/Devarim 5v20)
Op. cit. pp63-65

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Béatrice Bourges : la grève de la faim justifie-t-elle les moyens ?

Ou décryptage d’un chantage inutile.

Voici une intéressante analyse : « Béatrice Bourges et la grève de la faim », à propos d’un événement récent, publiée le 29 janvier 2014 dans « Les Cahiers libres ».

[Précision : quoique, chrétien protestant évangélique,  je sois attaché au respect du modèle biblique du mariage, de la famille-structure de base de la société, et de la vie-que je ne limite pas au début ou à la fin de vie, ou à « l’éthique » et aux questions exclusivement sociétales, je tiens à dire d’emblée que je ne suis ni proche de Mme Bourges-concernant l’esprit de ce qui l’anime, ses moyens et ses buts, ni proche de son mouvement, le « Printemps français », que je considère par ailleurs contradictoire avec LMPT, ainsi qu’avec la nature et l’esprit de l’évangile de Jésus-Christ].

Ceci dit, voici quelques extraits de l’analyse des « Cahiers » :

« On ne s’engage pas sans trembler pour traiter un tel sujet … La grève de la faim est une arme politique extrêmement puissante. Relayée par des journalistes avides d’infos sensationnelles, elle bénéficie souvent d’une bonne couverture médiatique.
(….) probablement consciente de la violence que peut avoir l’expression pour nos convictions évangéliques, Béatrice Bourges » déclare avoir entamé un « jeûne spirituel ». « Mais les médias ne s’y sont pas trompés : elle est entrée en grève de la faim, et ce tant que des députés n’initieront pas une procédure de destitution du Président de la République*.
[une grève de la faim, qui a par ailleurs suscité plusieurs réactions ironiques ]

Soyons clairs : cette grève de la faim est choquante, absurde et inutile, pour trois raisons.
Madame Bourges a-t-elle pris conseil avant de prendre sa décision ? (…)Arrêter de (nourrir son corps), le réduire à être le porte-drapeau d’une cause (même si elle est bonne … ce qu’il faut également discerner), c’est être complice volontaire de ma propre chosification : je ne suis plus quelqu’un, je suis quelque chose ! Je marche le long d’une ligne rouge, je joue avec ma vie, ma santé, mes nerfs, au gré de mon succès médiatique.
Bref, cette action est choquante car elle participe justement de la logique que nous avons combattue toute l’année dernière : la chosification de l’homme.

D’autant plus que cette action est parfaitement inutile, puisqu' »en appeler à l’article 68 est impossible. La procédure de la destitution n’a pas fait l’objet d’une loi organique.… »

Lire la suite ici.

Cette initiative, que je trouve personnellement malsaine, pose plusieurs problèmes d’ordre éthique et spirituel :

– L’usage du jeûne :  compte-tenu du sens du jeûne, ce dernier  ne saurait être banalisé ou dévoyé, au risque de perdre sa pertinence.

Le chrétien est appelé « le sel de la Terre » Mais « si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent ».(Matt.5v13) » dit Jésus.

 
-Le respect des autorités : Rom.13, 1 Pierre 2v11-17
Nous connaissons l’expression « toute autorité vient de Dieu » (Romains 13v1). Toutefois, il importe de bien la comprendre en prenant en compte son contexte littéraire, pour éviter tout fantasme, emballement, abus et prétexte pour asseoir toutes les formes d’autorité, même les plus oppressives. Sans oublier le contexte historique et politique(avec pour cadre de référence le pouvoir impérial romain des années 54 ap JC)
Bref, de quelle autorité Paul parle-t-il ? Quelles sont les caractéristiques principales d’une autorité qui peut se réclamer d’origine divine ?
« En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu n’avoir pas à craindre l’autorité? Fais le bien et tu recevras des éloges ; car elle est un instrument de Dieu pour te conduire au bien. Mais crains, si tu fais le mal ; car ce n’est pas pour rien qu’elle porte le glaive : elle est un instrument de Dieu pour faire justice et châtier qui fait le mal ». (Rom 13,3-4)

Quel est le rôle de l’autorité ?** Que doit-elle garantir ? Comment comprendre le passage « toute autorité vient de Dieu » ?
Dans quel cadre serait permise une « désobéissance civile », selon le moment où « il faut obéir à Dieu et non aux hommes » ?(relire le contexte en Actes 4v19)

D’autre part, Les chrétiens sont également exhortés, « comme étrangers et voyageurs sur la terre, à (s’)abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme.  (Ayant) au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils (les) calomnient comme s'(ils étaient) des malfaiteurs, ils remarquent (leurs) bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera ».
Soyons « soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. Car c’est la volonté de Dieu qu’en pratiquant le bien (nous réduisions) au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu ». Exerçons « la culture de l’honneur » : (Honorons) tout le monde; (aimons) les frères; (craignons) Dieu; honorez le roi ». (1 Pie.2v11-17)

Ceci dit,  je trouve qu’il y a là quelque chose d’hypocrite dans cet appel à  la destitution du président de la république :

on critique généralement les grèves et les manifs à caractère social ou pour la paix, le respect de l’environnement, ou en faveur des étrangers, sous prétexte qu’il s’agirait là de « contestations », d’un « non-respect des autorités », et on appelle à la révolte et à la rébellion contre un pouvoir légitimement élu. Appel variable selon le bord politique, bien entendu : a-t-on d’ailleurs entendu ou lu de tels appels ou initiatives contre la présidence précédente ?

Contradiction ?

On relèvera que ce qui permet notamment de discerner les faux enseignants est leur mépris de l’autorité (2 Pierre 2 v9-10). De par leur influence néfaste et dangereuse, ils séduisent d’autres croyants pour les inciter à les suivre. Nous sommes enfin avertis que « dans les derniers jours », nous assisterons à un renversement du respect du à l’autorité (2 Timothée 3 v1-5). Sommes-nous déjà dans ces temps ?

Devons-nous nous étonner de ce climat de rébellion ? Non, puisque la Bible nous révèle que Satan est  « le prince de ce monde » (2 Corinthiens 4 :4), « le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion », et qui influence(ou brouille) la communication.(Ephésiens 2 :2).
Notre défi et notre responsabilité, en tant que chrétiens, est de vivre à contre-courant des sirènes ou des buzz médiatiques, et de faire preuve de discernement(1 Jean 4 :1), caractéristique des « hommes faits ».

De fait, cette volonté de remise en question une autorité, au nom de la « démocratie » et de la défense de « nos libertés » ne cacherait-elle pas une volonté de pouvoir et de puissance ?

A propos du « Printemps français », de ses buts et de ses moyens d’action, l’internaute exhine (29 janvier 2014 • 21 h 20 min) donne à lire « ce qui est proposé sur le site du printemps français »:

« Nous promulguons la supériorité du « Droit naturel classique », hissant la sagesse au-dessus du consentement, sur le « Droit naturel égalitaire », faisant primer le consentement sur la sagesse.

Non pas que nous soyons opposés à la démocratie, mais cette dernière suppose des citoyens capables d’être gouvernés ET de gouverner, ce qui demeure, vu sous un angle réaliste, problématique. »

Et l’internaute de commenter : « On y parle de la « Trinité romaine , à savoir la trilogie : Tradition – Religion – Autorité » et s’inquiète pour le catholicisme[ou une certaine vision du catholicisme ? Dans l’esprit de l’Eglise et du Pape actuel ?], et pas pour le christianisme.

D’après certains, ce groupe serait proche de Civitas [mouvement intégriste, proche des lefebvristes et sans aucun rapport avec l’Eglise catholique. Son actuel secrétaire général est Alain Escadas, ancien du Front National de Belgique et candidat aux législatives belges sur les listes du parti d’extrême-droite Zut]et quand on lit un peu ce qu’ils espèrent voir arriver comme système de gouvernement, on peut le croire assez facilement. Ils voudraient voir des « sages » vous diriger, mais ils seraient, bien entendu, ceux qui désignent qui est sage et qui ne l’est pas. Les protestants seraient probablement mieux traités que les athées, mais resteraient-ils des citoyens de première catégorie?

Pour la méthode de communication, c’est simple, c’est expliqué sur leur site.

Principe 1: Pour révéler au grand jour les mensonges du pouvoir et l’injustice des nouveaux codes moraux qu’il tente de nous imposer, la transgression des règles est un mode d’action légitime. Nous ne sommes pas de ceux qui confondent la légalité avec la légitimité, les instruments du régime avec le bien fondé du pouvoir. Nous devons repousser les limites du système en révélant son impuissance face à la transgression. Affronter un pouvoir injuste passe par l’irrévérence, qui exerce sur lui une pression psychologique permanente… Sachons-nous en servir !

Principe3: Notre troisième mode d’action est la création de situations concrètes. L’événement provoqué devient le média du militantisme. Nous devons rechercher l’efficacité politique du témoignage jusque dans sa mise en scène. Il s’agit de perturber la codification convenue de l’information pour créer un sens différent. Le nouvel impératif de la politique est d’installer l’événement au centre du débat. C’est de cette manière que nous briserons l’encerclement médiatique ».

Bref, « la fin justifie les moyens », le mensonge est érigé en vertu(le chrétien sait pourtant que le diable est « le père du mensonge »), et une forme de dictature(une domination de « despotes » soit-disant « éclairés » ?) que l’on appelle de ses vœux : un nouvel évangile ? Plutôt un « autre » évangile, cf Galates 1. Mais cet « autre » n’est plus l’évangile. C’est une tromperie.

 

 

 

Notes :

*Voir : http://www.leparisien.fr/societe/manif-anti-hollande-la-porte-parole-du-printemps-francais-en-greve-de-la-faim-27-01-2014-3532819.php   et http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/29/on-ne-lache-rien-slogan-anti-catholique-par-excellence-5284532.html

**A lire avec profit :

Besoin d’un chef mais lequel ? par Michel Bertrand, IPT Montpellier : Quand les sondages parlent de défiance, retrouver un chemin de confiance.
Un texte toujours d’actualité, pour éviter les confusions.

Sur l’autorité : http://www.evangile-et-liberte.net/auteur_94_Bertrand-Michel

Et une conférence de Michel Bertrand : ET SI NOUS PRENIONS LA PAROLE ? Aix-en-Provence 11.10.2012
Question judicieuse ! L’essentiel étant de savoir comment et pourquoi !

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant (nous) paraît monstrueuse…

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Pourquoi nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir…

Aujourd’hui il pleut et notre monde paraît toujours plus désespérant, notamment touché par ces trois fléaux que sont la peur, l’ignorance et l’avidité. Les repères de notre société sont bouleversés. Et ce, dans tous les domaines : éducatif, sociétal et familial, économique et social, environnemental…A cela s’ajoutent montée des extrêmes et complaisances cyniques ou fatalistes avec lesdits extrêmes…

De quoi remonter le moral, n’est-ce pas ? 😉

Que nous reste-t-il pour ne pas tomber dans le désespoir ? Lors de l’édition de « Protestants en fête » de 2013, les Protestants avaient été encouragés à être des « semeurs d’espérance ». Vaste, noble et beau programme.

Ce matin, j’ai été conduit à feuilleter à nouveau mon exemplaire de « L’Invention de la Solitude » de Paul Auster*, lu il y a une douzaine d’années. Et particulièrement cet extrait qui m’était revenu en mémoire :

« Par ce que le monde est monstrueux. Par ce que le monde ne peut mener un homme qu’au désespoir, un désespoir si total, si absolu, que rien n’ouvrira la porte de cette prison, l’absence de toute espérance, A. s’efforce de regarder à travers les barreaux de sa cellule et découvre une pensée, une seule, qui le console quelque peu : l’image de son fils. Et pas uniquement son fils, mais un fils, une fille, nés de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme.
Par ce que le monde est monstrueux. Par ce qu’il ne paraît proposer aucun espoir d’avenir, A. regarde son fils et comprend qu’il ne doit pas se laisser aller au désespoir. Il y a la responsabilité de ce petit être, et par ce qu’il l’a engendré, il ne doit pas désespérer. Minute par minute, heure par heure, lorsqu’il demeure en présence de son fils, attentif à ses besoins, dévoué à cette jeune vie qui constitue une injonction permanente à demeurer dans le présent, il sent s’évanouir son désespoir. Et même si celui-ci persiste, il ne se l’autorise plus.

Doc 6

Gotlib ou « le drame du Biafrogallistan ». Source : Gotlib. « Désamorçage » In La rubrique à brac tome 4, 1973, PP 64-65

 

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant lui paraît monstrueuse. Plus monstrueuse encore que la monstruosité du monde lui-même.
Car elle prive le monde de sa seule consolation, et par ce qu’un monde dépourvu de consolation est imaginable, elle est monstrueuse ».
(Auster, Paul. L’invention de la solitude. pp98-99)

 

 

 

Par association d’idées, était-il facile à Hénoc de ne pas sombrer dans le désespoir, compte tenu du monde dans lequel il vivait ? Son monde était-il plus facile que le nôtre aujourd’hui ?

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Qu’est-ce qui « l’a fait tenir » ? Et lui a permis de vivre à contre-courant, de façon positive ? Et dont nous pourrions nous inspirer ?

« Hénoc(…)marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles »(Gen.5v22). Un homme de foi qui, avant son enlèvement, « avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu« (Hébr.11v5).

Une foi qui parle encore aujourd’hui.

 

 

 

 

Notes :

* Paul Auster(né en 1947) : l’écrivain new-yorkais le plus doué de sa génération et dont j’ai apprécié sa « Trilogie new-yorkaise » et « L’Invention de la Solitude », son premier livre, dont il est question plus haut. L’ouvrage comprend deux récits, écrits entre 1979 et 1981 :

– « Portrait d’un homme invisible », une nouvelle autobiographique dans lequel l’auteur retrace la vie de son père, un homme qui a toujours vécu sans bruit et en marge des autres et qui vient de mourir de façon inattendue.

-« Le Livre de la mémoire », une succession de textes (notés « Livre de la mémoire »), comme autant de quêtes solitaires de l’auteur sur  la solitude, la mémoire et le temps. On y retrouve le « Pinocchio » de Collodi, les prophètes Jonas et Jérémie, les Mille et une nuits…Et la citation publiée aujourd’hui sur ce blogue.

« Jésus revient » : es-tu « Marathanien » ou « marathonien » ?

Voyage par George Hodan   Les  chrétiens : des "voyageurs", "en séjour", dans ce monde

Voyage par George Hodan
Les chrétiens : des « voyageurs », « en séjour », dans ce monde

« Jésus revient ! » L’attends-tu ?

Comment l’attends-tu ? Comme un être cher ?

Pourquoi l’attendre ?

Parce que Jésus a dit qu’Il reviendrait. Notamment quatre fois dans le livre de l’Apocalypse.

Parce que le retour du Seigneur Jésus est l’un des plus importants des enseignements bibliques :

Le Nouveau Testament nous parle 9 fois de la nouvelle naissance, il nous parle 20 fois du baptême, 70 fois de la repentance et plus de 300 fois du retour de Jésus-Christ. Toutes les prophéties de l’Ancien Testament(près de 400) annonçant la première venue de Jésus-Christ se sont accomplies. Il est donc permis de croire que les prophéties concernant Sa deuxième venue s’accompliront elles aussi.

Je me souviens d’ailleurs d’une parole d’un moniteur, lorsque j’étais adolescent, en camp : Jésus-Christ revient. Il peut revenir ce soir, dans quelques minutes, dans quelques heures…ou dans quelques mois…Mais Il revient.

Tiens, d’ailleurs, depuis quand remonte le dernier enseignement que vous avez entendu sur le retour de Jésus ?

« Jésus revient ».

Quand revient-Il ?

« Bientôt », c’est à dire « promptement », « subitement ». A un moment où l’on ne s’y attendra pas.

Mais « quand » ?!

Jésus Lui-même l’a dit : « Ce n’est pas à vous de connaître les temps et les moments que le Père a réservé de sa propre autorité! »(Actes 1v7)

Mais l’important est ailleurs : plus que de spéculer sur les dates et les moments exacts de son retour, il importe davantage de se préparer à Son retour, et de veiller en travaillent de tout notre cœur pour le jour où nous le verrons enfin face à face.

Comment l’attendre ?

Faut-il, selon l’expression de Richard Borgman, dans son « Le Royaume équilibré de Dieu »,

être « marathanien »(vivre sur le court terme, « puisque Jésus revient ») ou « marathonien »(travailler sur le long terme, et être prêt pour le retour de Christ, puisqu’Il revient justement « bientôt », soit « promptement », « subitement »)*

La réponse semble être dans l’équilibre : « marathanien » et « marathonien ».

« Nous avons tous besoin de prier afin de mener une vie sainte comme si Jésus revenait ce soir, tout en faisant des projets et en nous préparant pour un éventuel long parcours. Comme l’a dit l’apôtre Paul, « la couronne de justice » est pour ceux qui combattent le bon combat(sans nécessairement gagner toutes les batailles), finissent la course(pas nécessairement à la première place), et gardent la foi(pas nécessairement celle qui est la plus grande) »** cf 2 Timothée 4v7-8

Alors ?

Peux-tu témoigner ainsi : Je crois que Jésus-Christ est mon sauveur et mon seigneur, et j’attends(désire)son retour ?

Si la réponse est oui, tu feras la différence ! Et l’on verra la différence !

A lire : Philippiens 3v10-17 ; 2 Tim.4v7-8 ; Matt.24 ; Marc 13v35-37 ; 1 Thes.4v13 ; Jean 14 ; 1 Cor. 15 ; Luc 17v34-36 ; 2 Pie.3

Notes :

* Borgman, Richard. La vie équilibrée de Dieu. Ed. Le Lion et l’agneau, 1994, pp 297-303

** op. cit. p 303

« Foireux liens » 2, le retour

Voici une nouvelle édition de nos « Foireux liens », inaugurés il y a plus de trois mois. Soit le « top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement des plus amusants/insolites) sites internet » des derniers mois.

Pour nos « foireux liens » de janvier, nous nous attarderons sur :

1) Quand l’internet (ou le virtuel) « bouffe » une énergie bien réelle. Laquelle ? La nôtre, bien sûr !

Une critique du film « Disconnect » dans « Croire et vivre », par Nicolas Ciarapica :

Jeune femme s'ennuie par Petr Kratochvil Il est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l'écoute de Dieu

Jeune femme s’ennuie par Petr Kratochvil
Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?

« Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?
Sortir du virtuel pour se reconnecter à notre environnement immédiat. Reprendre pied avec notre quotidien et retrouver le chemin de la communication avec nos proches que nous négligeons. C’est tout le propos, assez peu à la mode il faut le dire, du film d’Henry Alex Rubin ».

 
Numérique : cette empreinte écologique que les consommateurs ont bien du mal à voir, un article de Nolwenn Weiler, à lire sur Basta Mag !
« L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements ».

2)Culture numérique versus culture du livre. Un « débat » classique avec une impression de « déjà vu »,  que d’aucun voudront zapper…à moins de le prendre sous un autre angle. Par exemple,  l’internet, le numérique : une culture taillée sur mesure pour un nouveau polythéisme ?

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Extraits : « Avec l’humain multiconnecté de l’ère de l’Internet, des jeux vidéo et de leurs multiples écrans est en train de se constituer une nouvelle culture. Selon le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, qui vient de publier «Rêver, fantasmer, virtualiser» (Dunod), sous-titré «Du virtuel psychique au virtuel numérique», cette nouvelle culture des écrans s’oppose à la culture du livre autant d’un point de vue strictement culturel que sur les plans cognitif et psychologique.
(…)D’une culture à l’autre, on change complètement de modèle. On pourrait dire que la culture du livre est taillée sur mesure pour des religions monothéistes : un Dieu, un livre… Et puis un auteur, un lecteur. La culture Internet, bien au contraire, semble faite pour le polythéisme et donc la multiplication des références ».

Entretien à lire également en mode PDF

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

3) Notre rapport au livre :

Le message du Farenheit 451 de Ray Bradbury, ou Des trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation). Par « Phil », un blogueur-lecteur :

Farenheit 451 décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé. Ce que l’on appelle une « dystopie ».

« Quelle est le message de Ray Bradbury à travers la description de cette société qui détruit les livres ? Tout d’abord les autodafés se focalisent sur les livres alors que l’important n’est pas le livre en lui-même mais bien les idées qu’il véhicule. Ce n’est qu’un medium. La télé ou la radio pourraient en ce sens être un outil qui aiguise le sens critique mais les programmes diffusés dans le roman servent plutôt l’abrutissement des masses.

Ray Bradbury fait dire à un de ses personnages que les hommes ont besoin de trois éléments.
Tout d’abord, la qualité de l’information. Dans le roman, les livres montrent le vrai visage des choses, ils montrent la vie. Deuxième élément nécessaire : le loisir d’assimiler cette information. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être sans cesse dans l’action ou soumis à des messages en continu. Il faut pouvoir avoir du temps libre pour digérer l’information. Et le troisième élément est la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler. Un triptyque fait de libre circulation de l’information, de temps de loisir et de liberté. Voilà ce qui est fondamental pour l’homme ».

Bradbury donne l’espoir d’une nouvelle société qui se souvient, mais aura-t-elle le courage de créer la possibilité d’un échange créateur de nouvelles idées ?

La réponse ici, dans ce fort intéressant article de Tatjana Barazon :

Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce ou trois livres* qui parlent de livres pour saisir le rapport particulier que l’homme entretient avec eux, et qui montrent chacun une relation différente au livre en tant qu’objet :  Fahrenheit 451(encore), Auto-da-fé, et Ulysse.

Lecteur (ou homme) livre
Lecteur(ou homme) livré
Lecteur (ou homme) libre

« Fahrenheit 451 et Auto-da-fé font état de l’importance primordiale du livre pour l’individu et pour la société. Le livre est un symbole de la liberté créatrice de l’homme et de sa faculté d’exprimer ses émotions. Quand le livre est interdit et même brûlé, cette liberté est mise en danger. L’homme se perd dans le bonheur facile, et finit par s’anéantir. Le livre est considéré comme le plus grand obstacle au bonheur dans une société qui recherche l’absence de douleur.
L’isolement que constitue le livre et le rapport à lui reste cependant un danger quand la lecture devient enfermement. Dans Auto-da-fé d’Elias Canetti, c’est un savant sinologue, le professeur Kien, qui cherche à remplacer la vie par les livres. À la différence de Bradbury, Canetti n’imagine pas une société qui meurt par un manque de livre, mais plutôt un homme qui est anéanti par un « excès de littérature ». Le personnage de Kien démontre le danger d’un attachement total aux livres. Il finit aussi par se détruire parce qu’il ne cherche plus le contact de l’autre.

C’est chez Joyce, et notamment avec Ulysse que l’expérience du livre devient véritablement fructueuse, quand le lecteur arrive enfin à trouver goût à la vie à travers le livre ».

L’intégralité de l’article à découvrir ici :

Tatjana Barazon, « Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce », Conserveries mémorielles [En ligne], #5 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2008.

4) Respect de la vie : quels enjeux ?

– Qu’est-ce qui est « obscène » ?

« Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant d’argent que la moitié de la planète, ou plus exactement, les trois milliards et demi de personnes les plus pauvres. C’est le message du rapport « Working for the Few », publié par l’organisation caritative Oxfam, spécialisée dans les initiatives de développement, qui décrit l’écart grandissant entre les plus riches et les pauvres. Selon Oxfam, la croissance rapide des fortunes des super-riches menace le progrès continu de l’humanité.(…)
« Les riches ont saisi des opportunités aux dépends des pauvres et cela a contribué à créer une situation dans laquelle 7 personnes sur 10 dans le monde vivent dans des pays où les inégalités ont augmenté depuis les années 1980 », indique le rapport.
Oxfam veut que les dirigeants rassemblés au Forum Economique Mondial de Davos s’engagent sur un certain nombre de points, incluant le soutien à une taxation progressive, et l’utilisation des fonds publics pour promouvoir des soins de santé, une éducation et une protection sociale pour tous les citoyens ».

« La Mort n’est pas toujours leur métier », un billet du blogueur-juriste catholique « Thomas More » , blogueur que nous avons récemment cité ici, qui rappelle, à l’occasion du cas de Vincent Lambert que La loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Léonetti, est fondée sur un double refus : refus de l’acharnement thérapeutique ; refus de l’euthanasie. Le législateur refuse de légitimer la transgression de l’interdit de tuer tout en autorisant l’arrêt des traitements disproportionnés : cet équilibre, un peu ambigu (…)est l’originalité du droit français ».

Et de conclure ainsi : « Les personnes en état végétatif ou en état pauci-relationnel, ne sont peut-être plus des patients ordinaires pour les équipes médicales : elles restent des personnes humaines, vivantes à l’égard desquelles notre commune humanité impose respect, soin et attention. Elles nous invitent en réalité à remettre en cause la démarche éthique dominante et à réfléchir à une éthique de communion (V. B. de Malherbe, Le respect de la vie humaine dans une éthique de communion : Parole & silence 2006). Après les ambiguïtés du rapport Sicard, et le rappel de l’engagement 21 du candidat Hollande, cela devient urgent : Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité (CEF, Fin de vie) »

Voir aussi cet article de La Vie.

Et la position du Cnef sur la fin de vie.

-L’Eglise locale, havre de paix pour les homosexuels
Par Gilles Boucomont,  Eglise Protestante Unie du Marais,
publié dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15 des Cahiers de l’Ecole Pastorale.

Retour sur la période ayant débouché sur l’adoption finale du texte de loi dit du « mariage pour tous ». Gilles Boucomont relève que loin d’avoir été « un temps de débat, un temps de paroles », cela a été « plutôt un temps pour des cris. Cris de douleur de la communauté homosexuelle qui s’est souvent construite, à raison, mais parfois aussi à tort, dans une identité de rejet. Cris de colère des défenseurs du mariage, chrétiens ou non, attachés à une institution qui s’est forgée en France pour délimiter et encadrer natalité, filiation et transmission. Après tant de bruit », il est temps de « se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix.

(….) Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.
Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sures d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.
Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité ».

Voir aussi le texte de la commission d’éthique protestante évangélique “Aimer mon prochain homosexuel », en faveur d’une pastorale de l’homosexualité “qui soit digne, respectueuse et empreinte d’amour envers les personnes homosexuelles, tout en étant fidèle à la vérité biblique.

– « C’est de l’humour » : une phrase fétiche qui sert à justifier tout et n’importe quoi, à l’instar de « c’est de l’art » ou « c’est du débat ».
Mais peut-on souhaiter un « humour à tout prix », à l’instar d’une liberté « à tout prix » ou « totale » ? En réalité, l’humour est difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.

Sa meilleure définition est peut-être celle du Père Bourgoin, curé de la paroisse de l’Immaculée Conception à Paris, après qu’une quinzaine de comédiens aient fait irruption en plein office le 12 janvier dernier, pour les besoins d’une émission de Canal + :

« L’humour c’est beaucoup d’humilité et beaucoup d’amour ».

-Pour finir, toujours sous le signe du « respect », qui pense à prier positivement pour le président François Hollande ? Qui pense à privilégier le « blessing », plutôt que le « bashing » ?

« Les Cahiers libres », semble-t-il, un blogue catholique au sous-titre très évangélique(« dans le monde sans en être »)qui espère que « François Hollande acceptera) Jésus pour Sauveur »!

« La visite du président François Hollande au pape François est très attendue. Après une année de rapports crispés entre le gouvernement et les catholiques français on se demande tous à quoi va ressembler cette rencontre. Certains – anonymement nommés « collectif de catholiques de France » –, inquiets que le Pape François soit en rade de sujet de conversation avec notre président,lui adressent une lettre ouverte sous forme de pétition (…)dans laquelle ils lui demandent d’officiellement faire état [à François Hollande] du profond malaise et de l’inquiétude grandissante de nombreux catholiques de France face à la promotion par son gouvernement d’atteintes majeures aux droits fondamentaux de la personne humaine(Loi Taubira, PMA-GPA, recherches sur l’embryon humain, euthanasie, Gender, etc.) et face aux attaques dont ils sont l’objet quotidiennement (…)Et puis, pour être honnête… je me demande si ça sert à quelque chose que le pape parle de La Manif Pour Tous à notre président.

Après tout …quand Jésus a débarqué chez Zachée, a-t-il commencé par lui parler de son rapport à l’argent ?
Imaginez… Et si la « méthode-Zachée » marchait encore ? Et si l’annonce cash de l’amour fou de Jésus crucifié était la meilleure méthode ? »

La suite ici

La fin du monde : une perspective fermée ou ouverte ?

Sur ce, bons clics et bonnes lectures !

Et on retrouvera dans trois mois de prochains « foireux liens » !

 

Notes :

*A lire ou à relire :
Bradbury, Ray, Fahrenheit 451, (1953) 2000, Paris, Folio Science Fiction Gallimard. Un classique, qui plaira même à ceux qui n’aiment pas ou n’ont pas l’habitude de la science fiction.

Canetti, Elias, 1935, 1949, Auto-da-fé (Die Blendung), Paris, L’imaginaire, Gallimard. Excellent. Le livre qui m’a fait aimer la littérature il y a plus de vingt ans. Si vous ne connaissez pas, plongez-vous vite dedans !

Joyce, James. Ulysse(1914-1921). Paris, Folio, Gallimard ou London, Penguin Books. Un classique de la littérature anglophone, que je n’ai toujours pas lu. Ce « troisième livre », dont il est fait question dans l’article précédent, ne pourrait-il pas être remplacé par La Sainte Bible,  en fin de compte ? Ce ne sont pas les traductions diverses et complémentaires (consultables partout et notamment dans la partie « liens » de notre blogue)qui manquent.

« L’homme, au sein du luxe, s’il manque de raison, est pareil aux animaux : sa fin est certaine »

« Tout s’achète…tout a un prix… »

Justement……

.….Quel est le prix d’une âme ?*

Qui peut payer le prix ?

Qui a payé le prix ?

Qu’est-ce qu’une vie réussie ? Préparer son avenir ?

A quoi devons-nous consacrer notre vie ?

Beaucoup de questions, qui ne sauraient laisser indifférent, ni rester sans réponse ! 

De fait, réfléchissons-y ! Marquons une pause et lisons ensemble le Psaume 49, de nature à nous interpeller :

1 Au chef des chantres. Par les fils de Coré. Psaume.

2 Ecoutez ceci, vous toutes, ô nations, soyez attentifs, vous tous, habitants du globe,
3 les hommes d’humble condition comme les grands personnages, ensemble les riches et les pauvres!
4 Ma bouche prêche la sagesse, et la raison inspire les pensées de mon cœur.
5 Je prête l’oreille aux sentences poétiques, et prélude avec la harpe aux piquants aphorismes.
6 Pourquoi m’exposerais-je à avoir peur aux jours de l’adversité? à me voir enveloppé par le péché qui s’attacherait à mes talons?
7 De ceux qui se fient à leurs biens, et se glorifient de l’abondance de leurs richesses,
8 pas un ne saurait racheter son frère, ni donner à Dieu le coût de sa rançon.
9 Le rachat de leur âme est à trop haut prix, il faut y renoncer à jamais.
Pensent-ils donc vivre toujours, ne pas voir la tombe?
11 Ils remarquent pourtant que les sages meurent, tout comme périssent le fou et le sot, en laissant leurs biens à d’autres.
12 Ils s’imaginent que leurs maisons vont durer éternellement, leurs demeures de génération en génération, qu’ils attacheront leurs noms à leurs domaines.
3 Or les hommes ne se perpétuent pas dans leur splendeur; semblables aux animaux, ils ont une fin.
14 Cette attitude chez eux est pure folie: qu’ils puissent, de leur bouche, se déclarer satisfaits de l’avenir. Sélah!
15 Comme un troupeau ils s’avancent vers le Cheol; le matin venu, les hommes droits auront raison d’eux; le Cheol consume jusqu’à leur forme, ne leur servant [pas longtemps] de demeure.
16 Toutefois Dieu délivrera mon âme du Cheol, quand il lui plaira de me retirer. Sélah!
17 Ne sois pas alarmé si quelqu’un s’enrichit, et voit s’accroître le luxe de sa maison!
18 Car, quand il mourra, il n’emportera rien; son luxe ne le suivra point [dans la tombe].
19 Il a beau se dire heureux durant sa vie, s’attirer des hommages par son bien-être:
20 il ira rejoindre la génération de ses pères, qui plus jamais ne verront la lumière.
21 L’homme, au sein du luxe, s’il manque de raison, est pareil aux animaux: sa fin est certaine.
(Version du Rabbinat français)

A lire également :
1 Timothée 6v7-10
Luc 12v15-21; voir aussi 18v18-30
Jean 3v16

2 Corinthiens 8v9

 
Notes :

*A écouter : « Argent trop cher » du groupe « Téléphone »

« Je dis argent trop cher, trop grand, la vie n’a pas de prix
Je dis argent trop cher, trop grand, la vie n’a pas de prix
Argent trop cher, trop grand, la vie n’a pas de prix
Argent trop cher, trop grand, la vie n’a pas de prix
Pas de prix
Pas de prix
Pas de prix
Trop cher, trop grand
Trop cher, trop grand
Trop cher, trop grand
Trop cher
La vie n’a pas de prix, pas de prix »

Entre les trois manifs de janvier-février, quelle « convergence » ? Aucune !

Quel rapport entre ces trois manifestations qui doivent se succéder, en trois semaines, en janvier-février et censées  »converger » dans leurs intentions : 1. la  »marche pour la vie »*( 19 janvier); 2. un  »jour de colère  »(26 janvier) équivoque** ; 3. une  »manif pour tous » contre les  »projets anti-familiaux »*** ?(2 février) ?

« Aucun ! » selon le journaliste catholique Patrice de Plunkett, qui a consacré une note de blogue sur ce sujet :

« Quelque avis que l’on ait sur ces trois manifestations, leur différence de nature rend improbable la  »convergence » des trois**** – et suspect le slogan qui affirme cette  »convergence » »*****.

Et celui-ci de donner cette « conclusion d’étape » :  » l’idée d’une  »convergence des luttes » est exacte en elle-même (et en théorie) ; mais elle suppose un fil conducteur entre ces luttes. Ce fil n’existe pas aujourd’hui. Ce qui est proposé à sa place – un ultralibéralisme déguisé en populisme – est une imposture et une manipulation, inacceptables pour les catholiques cohérents ».

« Inacceptables », également pour les « protestants évangéliques cohérents » ?

L’essentiel(et les commentaires) à lire ici.

Sinon, voici une nouvelle qui devrait réjouir les partisans du « moins d’impôts » et de « l’allègement des charges pour les entreprises » : le président Hollande a annoncé(14/01/14) la suppression des cotisations familiales dans les entreprises, ce qui est jugé comme « un progrès libéral » pour Patrice de Plunkett.

Ce dernier relève encore que « consacrée lors de la conférence de presse élyséenne, c’était une exigence du Medef au nom de « la liberté d’entreprendre ». Qui financera maintenant ? On verra bien… »

« Les défenseurs de la famille » dénonceront-t-ils un tel cadeau,  notamment les 26 janvier et 2 février ?

On verra bien…

En attendant, la famille trouve un défenseur plutôt inattendu !

 

 

 

 

Notes :

*« La Marche pour la vie », manifestation annuelle contre l’avortement, est soutenue par une trentaine d’évêques de France et le Pape François. Cette connexion à la Conférence des Evêques de France garantit « que les directives du pape François – nouvelles en la matière – vont enrichir ce mouvement de toutes les dimensions sociales indiquées par l’exhortation La joie de l’Evangile… » juge Patrice de Plunkett.

** Des commanditaires, initiateurs et des financiers du « Jour de colère », on ne sait à peu près rien. Sauf que le mouvement semble disposer de certains moyens financiers(ce que sous-entend la présence d’un site internet créé pour l’occasion) et apparait comme un assemblage hétéroclite de groupuscules divers et variés, apparemment proches pour la plupart de « la droite de la droite », ou de l’extrême-droite, dont le  seul point commun semble être le « Anti-Hollandisme ». Voir la  liste impressionnante et sans fin, où l’on trouve de tout, y compris…un “Mouvement pour la Liberté de la Protection Sociale” (« Quitter la sécurité sociale »)qui milite pour… le démantèlement de la Sécurité sociale !

*** « Le dimanche 2 février prochain, dans 5 pays d’Europe des femmes et des hommes de toutes conditions ont décidé de marcher pour rappeler qu’un enfant a besoin d’un papa et d’une maman, que l’enfant n’est pas un objet ou que le ventre d’une femme n’est pas à louer pour permettre la concrétisation d’un « projet parental » qui passe par une gestation pour autrui (GPA) ou un détournement des pratiques médicales actuelles de Procréation Médicalement Assistée (PMA). Ces simples citoyens européens ont choisi, par milliers (millions ?) de marcher ensemble avec ceux de Hong Kong et de Taïwan (à quelques heures d’intervalle !), pour redire que la famille se construit autour et avec l’altérité sexuelle, que le mariage c’est l’union d’un homme et d’une femme, que modifier par arrêté les livrets de familles comme cela a été fait en France, afin d’y inscrire la possibilité d’avoir deux pères ou deux mères, ce n’est pas une perspective de justice et de vérité. »(extrait du communiqué de presse du CPDH, Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine)

**** Peut-être une « convergence » possible entre la manif du 19 janvier et celle du 2 février ?

*****Interviewé par le « Salon Beige » le 13 décembre dernier, François Billot de Lochner appellait à la fusion entre le « Jour de Colère » et « La Manif pour Tous »(LMPT), ainsi qu’à « la convergence de leurs luttes ».

La LMPT n’a pas annoncé participer à JDC, mais F. Billot de Lochner « n’imagine pas une seconde La Manif Pour Tous ne pas appeler à manifester le 26 janvier. À ma connaissance, la Manif Pour Tous ne revendique pas le monopole de la contestation. Nombreux sont les mouvements qui la soutiennent. Il est donc normal qu’elle soutienne en retour les initiatives qui sont complémentaires avec son message et ses revendications…. »

LMPT répondra-t-elle à ces « appels du pied » répétés ? La question est posée !

Pour ma part, je veux croire que cette dernière, constituée à la base comme étant « citoyenne », « apolitique »,  « multiconfessionnelle », et « non extrémiste », saura rester « pure » dans son essence, son esprit et ses buts.

Mais le fait que LMPT ait choisi justement de défiler le 2 février et non le 26 janvier, n’est-ce pas là une volonté affichée ne pas « mélanger les genres » ?

Et quand à la tentative de récupération politique, lors de la manifestation de Versailles, en décembre dernier…

La vie par Sa mort ? Un mystère !

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Lorsque nous plongeons nos regards dans les mystères de Dieu, nous nous sentons tout petits…

« Universalisme* versus prédestination » : ou peut-on faire « froidement » de la Haute-théologie à propos de l’amour de Dieu ou des raisons pour lesquelles Christ est mort ?

Tous sauvés ou seulement quelques-uns ?

« L’universalisme est la doctrine théologique que toutes les âmes seront finalement sauvés et qu’il n’y a pas de tourments de l’enfer ». « Il a pour fondement la croyance que le salut promis par Dieu bénéficiera à toute l’humanité, par le biais de la rédemption. L’universalisme s’oppose alors à la prédestination ».

«Nous appelons ‘prédestination’ le conseil éternel de Dieu, par lequel il a déterminé ce qu’il voulait faire de chaque homme. Car il ne les crée pas tous en pareille condition, mais ordonne les uns à la vie éternelle, les autres à l’éternelle damnation. Ainsi selon la fin pour laquelle est créé l’homme, nous disons qu’il est prédestiné à la mort ou à la vie.» écrit Calvin dans L’Institution chrétienne, III.xxi.5 (Aix-en-Provence: Kerygma, 1978) – cité par La Revue Réformée**.  (Article à lire pour éviter de simplifier la pensée de Calvin à ce sujet)

« Pour ou contre l’ universalisme » et « universalisme versus prédestination » sont de vieux « débats » récurrents de l’histoire de l’Eglise, notamment au sein du protestantisme.
En guise d’illustration, je relèverai  plusieurs réactions autour de “La vie par sa mort“[ou « The Death of Death in the Death of Christ »], ouvrage dit « polémique »(il affirme que la doctrine du salut universel ne serait pas fondée sur les Ecritures) de John Owen, pasteur et théologien puritain anglais, publié en 1647.
J’ai découvert l’existence de ce livre, ainsi que les diverses critiques et réflexions à son sujet, par le biais de certains blogues protestants évangéliques.

Mais au-delà des débats et analyses théologiques, il me paraît intéressant de relever ici les interrogations de Hillsong nutella à propos de l’ouvrage :

« Owen explique que Christ ne peut être mort pour tous les hommes, puisque tous les hommes ne sont pas sauvés ; son sacrifice n’aurait donc pas été suffisant, ce qui est d’après Owen une hypothèse insultante vis-à-vis de Dieu. Christ est donc mort pour une partie des hommes seulement, ceux que Dieu a élus.
Il donne plein d’arguments très précis ou plus généraux, fondés sur l’étude de nombreux passages de la Bible, pour appuyer sa thèse.
Je ne vais pas rentrer dans le commentaire systématique ici, bien qu’en plusieurs points ses arguments m’ont semblé discutables.
Ce qui me pose vraiment problème, c’est le corollaire de sa thèse : Dieu n’aime pas tous les hommes de la même façon, son amour ne va pas jusqu’à souhaiter leur salut à tous. Comment accepter cette idée ?
(…..)
En ce temps de l’Avent, un temps pour se souvenir et se laisser toucher par cet amour qui est venu jusqu’à nous, cet amour auquel nous sommes plus chers que les oiseaux que pourtant il nourrit, je ne peux pas imaginer que certains humains sont exclus de cet amour.
Tous aussi indignes de cet amour, comment certains en seraient-ils malgré tout bénéficiaires et d’autres exclus ?
Alors on peut discuter sur la prédestination et le libre-arbitre, c’est vrai. Owen en parle. Mais affirmer froidement que Christ n’est pas venu pour tous, ça dépasse ma compréhension ».

Pour ma part, je n’ai pas(encore) lu le livre(je n’en parlerai donc pas, en attendant de pouvoir le lire vraiment) ! 😉  ) Mais j’avoue que cette question me dépasse aussi. En fait, il est normal qu’elle nous dépasse tous, puisqu’elle nous révèle ainsi et de plus en plus un Dieu infini, qui ne ressemble pas à l’homme.
Heureusement ! Et c’est cette grandeur de Dieu qui nous émerveille.

Soyons donc émerveillés.

Néanmoins, je pense que Dieu « ne fait pas de favoritisme »(ou « acception de personnes » dans la Darby) et qu’Il n’exclue personne. Il a « tant aimé le monde qu’Il a donné Son Fils unique afin que quiconque croit ne périsse pas mais ait la vie éternelle »(Jean 3v16). Et Il « veut que tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité. » (1 Timothée 2.4).

Mais « tout le monde » le veut-il, alors qu’il le peut, puisque Dieu le veut et le rend possible ?
Semble-t-il que non, malheureusement.
C’est là que commence la responsabilité humaine.

Je suis conscient que c’est un peu court, et que ce n’est pas là « de la haute théologie ». D’ailleurs la critique de La Maison de la Bible prévient que le livre est « hard(u) » : « le sujet est compliqué et délicat. Le thème de la prédestination n’est en effet pas aisé à traiter; c’est un mystère que personne ne peut élucider claire-ment et de manière juste ».

Bref, en résumé :

« Prédestination » ? Mystère !
Amour et grâce de Dieu(pour tous les hommes, cf Tite 2v11) ? Mystère !

Néanmoins, Jésus-Christ est bien venu dans ce monde pour une « catégorie de gens » : les pécheurs(à la repentance), et non ceux qui se croient justes !(Matt.9v12-13 cf Luc 5:32)

Notes :

*Comme celui affiché par le pape François en septembre dernier, « rassurant les athées » comme l’a relevé Guillaume Bourin en réponse à un commentaire, sur son blogue ?

Lire le contenu(en français) de la fameuse lettre du Pape à Eugenio Scalfari, fondateur du journal « La Repubblica ».

Extraits : « J’en viens(écrit le Pape) ainsi aux trois questions que vous me posez dans votre article du 7 août. Il me semble que, dans les deux premières, ce qui vous tient à cœur c’est de comprendre l’attitude de l’Église envers celui qui ne partage pas la foi en Jésus. Avant tout, vous me demandez si le Dieu des chrétiens pardonne celui qui ne croit pas et ne cherche pas la foi. En admettant que – et c’est là la chose fondamentale – la miséricorde de Dieu n’a pas de limites si l’on s’adresse à lui d’un cœur sincère et contrit, la question pour qui ne croit pas en Dieu réside dans l’obéissance à sa propre conscience. Le péché, même pour celui qui n’a pas la foi, c’est d’aller contre sa conscience. Écouter et obéir à celle-ci signifie, en effet, se décider face à ce qui est perçu comme bien ou comme mal. Et c’est sur cette décision que se joue la nature bonne ou mauvaise de nos actions.

En deuxième lieu, vous me demandez si la pensée selon laquelle il n’existe aucun absolu et donc même pas une vérité absolue, mais uniquement une série de vérités relatives et subjectives, est une erreur ou un péché. Pour commencer, je ne parlerais pas, même pas pour celui qui croit, de vérité « absolue », en ce sens qu’absolu est ce qui est détaché, ce qui est privé de toute relation. Or, la vérité, selon la foi chrétienne, est l’amour de Dieu pour nous en Jésus-Christ. Donc, la vérité est une relation ! À tel point que même chacun de nous la saisit, la vérité, et l’exprime à partir de lui-même : de son histoire et de sa culture, du contexte dans lequel il vit, etc. Ceci ne signifie pas que la vérité soit variable et subjective, bien au contraire. Mais cela signifie qu’elle se donne à nous, toujours et uniquement, comme un chemin et une vie. Jésus lui-même n’a-t-il pas dit : « Je suis la voie, la vérité, la vie » ? En d’autres termes, dès lors que la vérité ne fait, en définitive, qu’un avec l’amour, elle exige l’humilité et l’ouverture pour être cherchée, accueillie et exprimée… »

** Voir cet article, cet autre et cet autre encore de « La Revue Réformée » ;  celui-ci de « Bible ouverte » et ce dernier de la revue « Promesses ».

« Maintenant, vous êtes le peuple de Dieu… »(1 Pierre 1v22-2v10)

Retour, en ce début d’année 2014, à notre étude la première épître de Pierre, entamée ici.

Dernièrement, nous avions vu que le chrétien est caractérisé par l’obéissance et la sainteté.

Sachant qu’il est exhorté à marcher individuellement « en espérance » et « dans la sainteté« , étudions maintenant à travers notre passage du jour(1 Pierre 1v222v10*) ce que sont les chrétiens ensemble et comment doivent-ils vivre ensemble.

Que forment les chrétiens ensemble ?(le corps de Christ ou l’Église)

Comment Pierre parle-t-il de l’Église dans ce passage, sachant qu’il utilise quatre images :

Q 1 : quelle est la première image utilisée pour désigner ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.1v22-23)

Pourquoi ?

Q1a : que partagent-ils ? Qu’ont-ils en commun ?(v22)

Qu’apprenons-nous sur cet amour dont parle Pierre ?

(A noter que l’apôtre utilise deux mots différents pour parler de l’amour : « philadelphia »-amour fraternel-et « agape »-l’amour de Dieu, qui est allé jusqu’au sacrifice)

Nature et origine de cet amour ? Lire Rom.5v5, Gal.5v22-23

Etapes et processus de cet amour ?(vv22-23) :

Que doit-il s’opérer d’abord ? Et ensuite ?(ce qui rend possible un véritable amour fraternel : lire 1 Jean 4v7-21 ; Col.3v16 ; Eph.5v18)

De quelle manière devons-nous aimer nos frères ? (v22)

Q1b : qu’ont-ils tous connu, initialement ?(1 Pie.1v23-25)

Comment entrons-nous dans « la famille de Dieu » ? (Jean 3v1-16, 1 Cor.12v13)

Comment sommes-nous « régénérés » ? (v23)

Quel est le rapport entre la Nouvelle naissance et l’amour fraternel ?(cf 1 Jean 4v7-21)

Q1c : que partagent-ils encore ?(1 Pie.2v1-3)

Que demande Pierre à ses lecteurs ? Pourquoi ? Un commandement « négatif »(cad, de rejeter…) cf 1 Pie.2v1, et un commandement « positif » cf 1 Pie.2v2-3 – comparer avec Ps.34v9.

Q2 : quelle est la deuxième image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v4-8)

Q2a : comment le Seigneur Jésus-Christ est-il désigné ici(v6) ? Cette idée vient-elle de la seule imagination de Pierre ou était-elle familière des lecteurs de l’apôtre ? (cf Es.28v16 ; 8v14 ; Ps.118v22 – comparer avec Matt.21v42 et Actes 4v11)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

Comment Pierre « innove-t-il » en utilisant cette image pour parler de Christ ? Comment est cette « pierre » ? Quel est son rôle ? Qui sont alors ceux qui sont édifiés sur Lui ?(vv4-8)

Pierre lui-même avait été désigné par le Seigneur comme « la pierre » sur laquelle Jésus « bâtirait son Eglise »(Matt.16v18). Est-ce à dire qu’il en est le « fondement vivant » ?(comparer avec 1 Pierre 1v4-8)

Q2b : que sont les chrétiens et que forment-ils ?(1 Pie.2v5, 9)

Sachant que l’apôtre écrit à des chrétiens qui vivent dans cinq provinces différentes….

Q3 : quelle est la troisième image de ce que sont les chrétiens ensemble ? Ce que Dieu a fait d’eux ?(1 Pie.2v5,9, cf Exode 19v6)

A noter que dans l’Ancien Testament, le peuple avait une sacrificature ou un sacerdoce. Dans le temple de Jérusalem, elle était exercée par ceux (et eux seuls)qui étaient aptes à cette charge. Quelle est la durée de cette sacrificature ? Et qui sont aujourd’hui « sacrificateurs » ? (Hebr.10v19-25)

A noter encore que seul Christ est sacrificateur et roi(Hebr.7). Dans l’Ancien Testament, un roi ne pouvait être sacrificateur et le seul qui tenta de l’être fut puni(2 Chron.26v16-21).

Comment alors les chrétiens peuvent-ils être à la fois « Rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5,9, cf Apoc.1v6 ; 2v26-27 ; 20v6)

Q3a : Dans quels buts les chrétiens sont-ils « rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5, 9)

Quels sont les sacrifices qui sont offerts ? (Rom.12v1 ; Hébr.13v15, 16 ; Philip.4v10-20) Et comment les offrir à Dieu ?(Hebr.13v15)

1 Pierre 1v9 : comparer avec Eph.5v8-14, Col.1v12. Qu’est-ce que « les vertus » de Celui qui « nous a appelé des ténèbres à sa merveilleuse lumière » ? Et  comment les annoncer ?(cf Matt.5v16, Hebr.13v16)

Q4 : quelle est la quatrième et dernière image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v9-10)

Le v10 est une citation d’Osée 1v6,9(comparer avec Rom.9v25) : que veut dire Pierre à ses destinataires en faisant allusion à ce prophète de l’Ancien Testament ?

 

 

Notes :

*1Pie.1
22    Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un coeur pur,
23    vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu:
24    parce que « toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe: l’herbe a séché et sa fleur est tombée,
25    mais la parole du Seigneur demeure éternellement ». Or c’est cette parole qui vous a été annoncée.

1Pie.2
1    Rejetant donc toute malice et toute fraude, et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances,
2    désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut,
3    si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon;
4    duquel vous approchant comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu,
5    vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, un sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ.
6    Parce qu’on trouve dans l’écriture: « Voici, je pose en Sion une maîtresse pierre de coin, élue, précieuse; et celui qui croit en elle ne sera point confus ».
7    C’est donc pour vous qui croyez, qu’elle a ce prix; mais pour les désobéissants, « la pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin »,
8    et une pierre d’achoppement et un rocher de chute, lesquels heurtent contre la parole, étant désobéissants, à quoi aussi ils ont été destinés.
9    Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière;
10    vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.

« Sans contrefaçon, je ne suis pas un garçon »(dit la fille) : le Dr Sax et les différences de sexes

« Les filles ne sont pas des garçons » :

Une évidence pour le Dr Sax*, qui donne une leçon de bon sens, démontrant que « les nouvelles valeurs » marchent sur la tête, selon une expression du journaliste Patrice de Plunkett. Et ce, alors que parler de différences des sexes fait « mauvais genre »….

A lire cet article de Philippe Coste : « Nier ce qui distingue les sexes nuit à l’enfant », publié sur le site de l’Express le 15/01/2014 depuis 18:37.

Leonard Sax est devenu célèbre aux Etats-Unis en écrivant qu’un garçon et une fille ne devraient pas être traités à l’identique.
Son dernier ouvrage, « Pourquoi les garçons perdent pied et les filles se mettent en danger » , publié chez Lattès, sort ce 15 janvier dans notre beau pays.

Extrait de l’interview :

Vos livres sur les différences naturelles entre les sexes sont des best-sellers aux Etats-Unis. Ils vous ont valu les Unes de la presse américaine, dont celle de Time Magazine, mais aussi des attaques violentes. On vous a mal compris?

« On m’a accusé d’être rétrograde, sexiste, adepte des stéréotypes. Tout cela parce que je cite des différences entre hommes et femmes. Différence ne veut pas dire inégalité. Egalité ne veut pas dire uniformité. Or des intellectuels, des psychologues et des enseignants s’acharnent à nier la notion même de genre. Certains préconisent même de bannir l’usage des mots « fille » et « garçon » dans les écoles élémentaires, parce qu’ils évoquent des stéréotypes discriminatoires !
En niant, en occultant ces distinctions entre sexes, on nuit à l’enfant. Chez lui comme à l’école, il se sent incompris, laissé en plan, sommé de se débrouiller seul face à une société qui, elle, fourmille de préjugés sexistes absurdes et se chargera de le façonner de manière malsaine ».

La suite ici.

Notes :

* A ne pas confondre avec celui de Jack Kerouac !

Diplômé en biologie et nanti d’un doctorat en psychologie, Leonard Sax est médecin généraliste dans une banlieue de Washington. Il s’est documenté, parcourant la planète, visitant des dizaines d’écoles et suivant personnellement des enfants pendant des années, avant de devenir un consultant pédagogique prisé dans le monde anglophone. Il estime que les filles et les garçons demandent chacun une attention particulière.
(Source : l’Express)

**« Moi c’est moi » de Den-Isa(album « Bonjour la différence »)