Tous les médias mentent-ils ?

« On t’a fait connaître, ô homme,ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(publié le 3 mai 2017)

« Tous les médias » mentent-ils ? Nous trompent-ils, se trompent-ils tous sur Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (1)?

Un certain Guy Millière en est convaincu et nous le fait vivement savoir dans un texte publié initialement sur « Dreuz info » le 03/11/19, et relayé par certains sites sous le titre « Les médias mentent. « Non, Trump n’est pas “mis en difficulté” par une “procédure de destitution”. Il n’y a toujours pas de procédure de destitution conforme ». La version originale du titre de ladite tribune est encore plus éloquente : « Un procès de Moscou mené par des disciples de Staline se tient à Washington ».

Cet article m’a été communiqué récemment [comme sans doute à plein d’autres] par une connaissance chrétienne que j’estime. Mais le plus gênant dans l’affaire est que cette personne est certainement convaincue d’avoir un bon motif (spirituel ? A des fins d’édification ?) de le faire.

D’une manière générale, lorsque l’on nous communique une information, nous devons impérativement nous poser les questions suivantes, avant de relayer quoique ce soit à tous nos contactsQui me parle de quoi ? Avec quelle légitimité ? Dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, et quand bien même elle proviendrait d’un ami/proche (quelles sont, d’ailleurs, ses propres motivations ?), celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée plusieurs fois. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Dit autrement et crûment : si nous croyons une chose uniquement parce qu’un proche/ami/figure d’autorité nous l’a dit, nous sommes mûrs pour la manipulation.

Ceci dit, voyons ensemble ce qu’il en est, concernant le texte de Guy Millière.

D’abord, son auteur. Les notices wikipédia et wikibéral nous renseignent sur cet « essayiste néo-conservateur français »(2).

Ensuite, le genre du texte. Cet article est une tribune d’opinionexprimant une vision personnelle sur l’actualité. Il s’agit aussi d’un jugement : soit un énoncé persuasif, interprétatif, passionnel, s’adressant aux sens, aux émotions ou aux bas instincts (peur, désir, colère…). Et non d’une analyse (Étude minutieuse et précise, faite pour dégager les éléments qui constituent un ensemble, pour l’expliquer, l’éclairer et faisant appel à la raison).

Le texte se distingue également par son style outrancier, aux accents pamphlétaires. Pour rappel, le pamphlet est un « court écrit satirique et polémique, souvent politique, d’un ton violent et polémique, qui défend une cause, se moque, critique ou calomnie quelqu’un ou quelque chose » (Synonymes : diatribe, libelle). Son principal défaut vient de son absence d’efficacité, due à sa violence excessive, l’usage fréquent de la mauvaise foi et le fait que son contenu se périme très vite, trop proche de l’actualité.

Son auteur, M. Millière, nous donne son opinion sur la politique américaine, ce qui est son droit le plus absolu, sauf qu’il la martèle avec force [par des « non », « non », « non »] pour lui donner le caractère de l’absolu.

« Tous les médias (Le Figaro, Le Point, Le Monde, La Croix…) mentent » donc….sauf celui qui affirme ceci« Quelques mots relevés dans des articles de la presse française concernant ce que manigancent les Démocrates en ce moment à Washington : “les Démocrates sont en position de force pour gagner en 2020”, “Trump a été élu in extremis”, “Trump est mis en difficulté par une procédure de destitution”, “Donald Trump a abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles, notamment en gelant l’argent pour forcer Kiev à coopérer”. Bien sûr, tout est faux. Dire que les Démocrates ont mis en œuvre une procédure de destitution est faux aussi. Reprenons les choses dans l’ordre ».

L’article « pèche » par excès d’arguments et par diabolisation – tout serait « tout blanc, tout noir » (Républicains vs Démocrates) – ou par exagération, amalgame : il mêle les propos apologétiques, flatteurs (sur Donald Trump, principalement, mais aussi louant « le seul article publié sur le sujet dans la presse française qui soit présentable » – en l’occurrence, le mensuel « Causeur »), discriminants, discréditant, calomnieux et dépréciatifs. Il généralise et donc stigmatise (Ce qui suit est à lire à petites doses ) :

« Non, les Démocrates ne sont pas “en position de force” pour gagner. Pour l’heure, les trois candidats qui sont en tête dans les élections primaires sont deux marxistes à penchants antisémites et très islamophiles, Elizabeth Warren et Bernie Sanders (qui montre qu’on peut être né juif, antisémite et islamophile), et un socialiste qui a des déficiences mentales, et un passé de corruption massive, Joe Biden (…)Non, Trump n’est pas “mis en difficulté” par une “procédure de destitution”. Il n’y a toujours pas de procédure de destitution conforme aux textes et à la loi. [Impeachment qualifiée de « BULLSHIT » par l’intéressé ](…) Le parti Démocrate aura tout juste fait un peu davantage la démonstration de ce qu’il est devenu un parti totalitaire et répugnant. Les grands médias américains auront eux-mêmes fait un peu davantage la démonstration de ce qu’ils sont devenus des officines de vile propagande et de désinformationLes grands médias français auront fait un peu plus la démonstration qu’ils sont des sous officines de propagande et de désinformation(….) Le reste de ce qui est publié sur le sujet en France est bon pour la poubelle, et si la poubelle est assez grande, on pourrait y jeter les auteurs des articles en même temps que les articles, ils y seraient à leur place(sic)….. La déontologie journalistique n’existe plus du tout. (…)Si des gens tels que Nancy Pelosi [Présidente de la Chambre des Représentants, à majorité démocrate], Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Joe Biden, Pete Buttigieg, Adam Schiff, devaient l’emporter, c’en serait fini de la démocratie américaine. Je viens d’apercevoir un titre en concluant cet article : “Nancy Pelosi, la bête noire de Donald Trump”. Un titre exact pourrait être : “Nancy Pelosi, la bête immonde qui menace la démocratie américaine”(sic). Etc….

Le problème de cette critique, outre son style outrancier, c’est que, comme dans la fameuse parabole, le roi révèle aux aveugles qu’ils se trompent tous, sauf que, bien sûr, le roi n’est pas aveugle. Dans notre cas, affirmer ainsi que « tous les médias mentent », c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses/lecture de l’actualité est supérieure à toutes les autres. C’est là que le bât blesse. Car ce type de chroniqueur n’applique pas cette règle à lui-même. Désormais il faut se méfier de tout le monde. Sauf de lui.  S’il convient de ne pas être naïf, en croyant que « tout serait vrai » sur internet ou dans les médias, il est un autre extrême à éviter : croire ou faire croire que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes.

A l’inverse, souligne le Pasteur Gilles Boucomont dans un autre contexte, quand bien même le Seigneur connait ce qui est dans le cœur de l’homme et nous invite à la prudence, il ne veut pas que nous soyons pris dans un discours paranoïaque. Comme lui-même a été envoyé par le Père, Lui-même nous envoie proclamer et manifester le Règne de Dieu en faisant des choses significatives, propres à transformer positivement la vie des gens : guérir, purifier, libérer et rendre chacun acteur de sa libération.

Ainsi, un média digne de ce nom pourra « être critique, mordant à l’occasion, mais préférera l’ironie à la diatribe, ne sera jamais défaitiste et ne se revendiquera délibérément d’aucune mouvance politique. Il aura l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser », et aura l’ambition de réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien (3).

Une bonne prédication est censée nous conduire à l’humilité [nous, pécheurs que nous sommes, du prédicateur qui se le prêche d’abord à lui-même, à l’auditeur], exalter le Sauveur et promouvoir la sainteté. En comparaison, celui qui prétend nous informer se doit de nous inviter au recul, expliquer, engager les gens à agir, ainsi que démonter les discours de la peur ou de haine et non d’alimenter ces derniers à coup de chroniques enflammées et lapidaires, au mépris de la dignité humaine, remplaçant une supposée propagande par une autre.

L’objectivité est la qualité de celui qui informe, soit de décrire des faits avec exactitude et juger sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais celui qui prétend nous informer sérieusement se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Rien de tel dans cette tribune, laquelle, particulièrement clivante, est également dangereuse, puisqu’elle polarise sur autre chose (ici Trump) que Christ, ce qui s’appelle de l’idolâtrie, poussant les lecteurs à se diviser en partis antagonistes.

Il est stupéfiant qu’un tel article ait pu être relayé dans le milieu chrétien.

Nous, chrétiens, avons une très grande responsabilité, puisque nous sommes appelés au discernement, propre à l’adulte (Hébr.5v14). Exerçons-nous donc au discernement. Les médias peuvent se tromper et certains journalistes refuser de reconnaître leurs erreurs. C’est pourquoi nous avons besoin de discernement, lequel est un don de Dieu. « Et nous n’avons pas à faire des guides ecclésiaux avec des bons-points ou à produire de la haine et du dénigrement », rappelle encore Gilles Boucomont.

Demandons également la sagesse. Non pas une sagesse « bas de plafond ». Celle-là « ne vient pas d’en haut ; elle est terrestre, animale, démoniaque » (Jacq.3v15). Mais plutôt « la sagesse d’en haut », laquelle « est « tout d’abord pure, puis pacifique, douce et raisonnable ; riche en bonté et en actions bonnes ; sans parti pris et sans hypocrisie. Ceux qui créent la paix autour d’eux sèment dans la paix et la récolte qu’ils obtiennent, c’est une vie juste » (Jacq.3v17-18).

Pour aller plus loin, lire nos autres articles sur l’évaluation de l’information.

 

 

Notes : 

(1) Comprendre le processus et les raisons, concernant Donald Trump.

(2) Outre son argumentation « en faveur de l’invasion de l’Irak » en 2003 et son soutien au candidat Donald Trump, durant la campagne de la dernière élection présidentielle américaine (Après l’élection de ce dernier, il est « l’un des commentateurs francophones qui expliquent et soutiennent résolument l’action du nouveau président américain par de nombreux articles et par un livre »), ses positions économiques se rapprochent du libéralisme, façon Hayek, qu’il a co-traduit. De fait, « Guy Millière jette un regard très critique sur la France et est l’auteur de plusieurs ouvrages polémiques qui la décrivent comme gangrenée et condamnée à terme par l’étatisme de droite comme de gauche ».

Parmi ses propositions (qu’il espère voir mises en pratique par un « visionnaire » qu’il appelle de ses voeux), publiées le 07 février 2012 sur Dreuz info, sous le titre « une leçon d’économie pour les candidats(nuls) à l’élection présidentielle » et relayées notamment ici  : « Il a été démontré depuis longtemps que les administrations publiques fonctionnent sur un mode radicalement différent du monde de fonctionnement des entreprises. Une entreprise est incitée, c’est sa raison d’être, à faire des profits : c’est ainsi qu’elle se développe et contribue à la croissance. Une administration est incitée à faire des pertes : c’est là la condition qui lui permet de demander des budgets plus importants année après année. La privatisation de toutes les activités du gouvernement qui sont privatisables fera passer celles-ci du statut d’administration à celui d’entreprise, et doit impérativement être mise en œuvre. D’une même façon, une réforme du système de santé mettant en place un système d’assurances privées et de comptes épargne santé devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de santé. Une réforme du système de retraite faisant passer celui-ci d’un fonctionnement de répartition, qui relève de l’escroquerie et ressemble à un plan façon Bernard Madoff, à un fonctionnement de capitalisation devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de retraites ». Par les temps qui courent, une telle déclaration vaut aujourd’hui son pesant de cacahuètes….

(3) Tel était le projet du défunt Tigre, « curieux magazine magazine » (2006-2014)

Bien (s’)informer : voir l’intention avant l’action (Josué 22)

Dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement. Mais, est-ce que c’est B.I.E.N. ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

Un cas d’école, illustré en Josué 22  – un épisode biblique qui aurait pu mal tourner – et parfaitement applicable de nos jours, en ce qu’il nous donne une démarche de sagesse et de discernement dans le traitement informationnel et médiatique.

Il paraît simple d’informer. En réalité, il importe de prendre conscience que « la fabrique de l’info » parcourt un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Ici, « le fait brut » particulièrement « frappant » est cet autel monumental élevé par les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé, installés de l’autre côté du Jourdain, à l’écart des autres tribus (v10)(1).

« Les fils d’Israël apprirent qu’on disait : « Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé ont bâti un autel face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël. » Dès que les fils d’Israël l’apprirent, ils assemblèrent toute la communauté des fils d’Israël à Silo afin de lancer contre eux une attaque », pour ce qui est considéré comme « une infidélité » et un acte d’idolâtrie (v11-12) : l’élévation d’un autel concurrent de celui de Silo.

Aujourd’hui, rien n’a changé : dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement.

Heureusement, dans notre passage, les fils d’Israël ont le meilleur réflexe d’aller voir directement à la source. Ils envoient « auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé, au pays du Galaad », une commission d’enquête composée de « Pinhas, fils du prêtre Eléazar, ainsi que dix responsables avec lui, un responsable par tribu pour toutes les tribus d’Israël, chacun d’eux étant chef de sa famille patriarcale, selon les milliers d’Israël. Ils vinrent auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé au pays du Galaad et leur parlèrent en ces termes : « Ainsi parle toute la communauté du SEIGNEUR : Qu’est-ce que cette infidélité que vous commettez envers le Dieu d’Israël, que vous vous écartiez aujourd’hui du SEIGNEUR en vous bâtissant un autel et que vous vous révoltiez aujourd’hui contre le SEIGNEUR ? » (v13-16)

Une démarche bien inspirée, puisque les envoyés ont ainsi pu apprendre directement de la part des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé la réalité de leur intention, soit que l’autel bâti n’en était pas un et que l’infidélité supposée n’en était pas une ! (Lire vv21-30) Une fois bien informés, « les fils d’Israël se tinrent pour satisfaits et ils bénirent Dieu, ils renoncèrent à lancer contre eux une attaque et à ravager le pays qu’habitaient les fils de Ruben et les fils de Gad » (v33)

Que pouvons-nous retenir de ce passage ?

Premièrement, qu’une information ou l’acte d’informer est ce qui me renseigne avec exactitude sur ce que j’ignore et qui répond aux questions « (de) qui, (de) quoi, quand, où, comment, pourquoi ». Ou plus précisément encore : qui me parle de quoi, avec quelle légitimité, dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ?

Il est en effet fondamental de discerner l’intention avant l’action pour ne pas commettre d’erreur d’interprétation, erreur pouvant coûter très cher et s’avérer irréparable.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet :

Ainsi, en Josué 22v11-12, 16-19, s’agit-il d’un fait ou d’une opinion ?  D’un fait raconté ou expliqué ? L’information, comme quoi « les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé (auraient) bâti un autel (concurrent) face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël » et commis une infidélité envers Dieu, est-elle communiquée « à chaud » ou avec un certain recul, au reste du peuple ?

Cette information, d’après la façon dont elle est premièrement communiquée, rend-elle compte de tous les aspects importants du sujet ou d’une partie seulement de la réalité qu’elle prétend décrire ?
Ceux qui sont ainsi « informés » en savent-ils assez pour se faire leur propre opinion et bien agir ?

Enfin, il reste à aborder la question de l’objectivité de celui qui (s’)informe : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge (dans le bon sens du terme) sans parti pris. Certes, vous me direz sans doute qu’il est difficile de l’être « à 100 % », surtout lorsque nous sommes concernés et impliqués émotionnellement par le fait, mais celui qui (s’) informe se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement), tout en prenant en compte la diversité des points de vue.

Comme nous venons de le lire en Josué 22, l’objectivité d’une information est possible, à condition : de prendre la peine de vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées ; de privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; de ne pas porter de jugement moral ; d’expliquer sa démarche d’information ; de préciser les limites et le cadre de l’enquête ; de permettre à celui que l’on informe de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit/entend.

Aller plus loin :

Comment aurai-je agi, à la place des Israélites, hier, dans la même situation ? Et aujourd’hui ?

Maintenant, à vous de jouer !

 

Note : 

(1) Pour comprendre la situation de ces tribus, lire Nombres 32.

 

 

De vraies solutions aux fausses nouvelles : Comment reconnaître les Fake news ?

Comment repérer des fausses informations ? Voici une excellente infographie de l’ IFLA, La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (1), disponible en plusieurs langues. Voici sa version en français.

Une infographie de l’IFLA (Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques) pour apprendre à détecter les Fake news

Une contribution essentielle, car l’enjeu est de taille : Les libertés d’accès à l’information et à l’expression en ligne sont menacées. La diffusion d’informations délibérément trompeuses, ou « fausses nouvelles », risque de compromettre la confiance en l’Internet, alors que des attitudes restrictives de la part de certaines autorités et de certains services limitent les droits de l’homme fondamentaux.

Pour l’IFLA, aucune de ces situations n’est souhaitable. Lorsque les gens sont déconnectés de l’Internet, ils risquent de perdre l’accès à des informations et des idées qui renforcent le développement de nos vies et les enrichissent. 

Afin de répondre à ces risques, l’IFLA a développé une infographie sur la détection des fausses nouvelles ; il s’agit d’un outil simple mais efficace pour procurer une alternative, basée sur la conviction que l’éducation est la meilleure manière de donner confiance aux utilisateurs, et de rendre inexcusable la censure abusive de la part des gouvernements.

Cette infographie a rencontré beaucoup de succès. Elle a été traduite dans 37 langues, et a été reprise dans des lettres d’information, des kits éducatifs, et sur CNN International. Ce succès est aussi le résultat d’un processus de réflexion de professionnels de l’information qui ont utilisé les infographies de différentes manières, en les adaptant à leurs besoins locaux.

La suite sur le site de l’IFLA.

Voir aussi ce tutoriel canadien (Québec) également proposé par des bibliothécaires, pour apprendre à connaître et à appliquer les critères d’évaluation de la qualité des sources d’information.

Et maintenant, à vous de jouer !

 

Note :

(1)La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA) est la principale organisation représentant les intérêts des bibliothèques et des services d’information et de leurs usagers. Au niveau mondial elle est le porte-parole de la profession des bibliothèques et de l’information.

 

 

Existe-t-il une « information chrétienne » ?

« On t’a fait connaître », ô média chrétien, »ce qui est bien et ce que l’Eternel demande de toi » (Michée 6v8). Image découverte sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

…..une actu « chrétienne », ou même des infos « évangéliques » ?

 

Question susceptible d’être jugée « provocatrice », mais qui a son importance, puisqu’il convient de s’entendre sur ce qu’il convient d’appeler « information », et en quoi consiste l’acte d’informer.

Mais d’abord, que serait une « information chrétienne » ? Une information produite par un chrétien, selon des principes chrétiens ? Une information destinée (exclusivement) à un public chrétien ? Ou une information reflétant les valeurs de l’Évangile ? (1)

 

1) L’information produite par des chrétiens : cette approche définit la qualité de l’information produite et publiée en fonction de son producteur/rédacteur, qui peut se présenter comme « journaliste » ou non. Nous en déduisons alors qu’une information ne peut qu’être d’inspiration chrétienne si elle est réalisée par quelqu’un qui connaît le Christ comme son sauveur et seigneur personnel. Mais se pose alors la question de l’influence du péché/des principes du monde dans le travail du producteur d’info. Pour le dire autrement, la foi affichée du producteur d’info suffit-elle pour définir comme « chrétienne » une info qui peut être futile, mensongère ou traitée de façon peu rigoureuse ou racoleuse ? (2) A l’inverse, une information serait-elle moins chrétienne, si elle était réalisée dans le respect de la déontologie du journalisme (sans contradiction avec les principes bibliques) par un journaliste non chrétien ?

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

Ainsi, qu’est-il vital de relayer/publier ? Qu’un pasteur se noie/se fasse dévorer par des crocodiles en voulant marcher sur l’eau pour imiter le Christ ?(3) Des faits divers donnant l’impression d’une insécurité croissante ? Ou de rappeler « qu’il est rare que le terrorisme, dans un pays occidental, devienne une cause première de mortalité ». Et qu’ « en France, les accidents de la route tuent vingt fois plus, les accidents domestiques 70 fois plus, les suicides 60 fois, et le tabac trois cents (…) Si la sécurité est la première des libertés, rationnellement, c’est d’abord cette sécurité médicale et sanitaire qui devrait truster les unes ». Or, « il n’en est rien. Pourquoi ? »

2) L’information destinée (exclusivement) à un public chrétien : dans cette optique, la qualité chrétienne de l’information est déterminée par le public auquel elle est destinée. Quand une population compte suffisamment de personnes se considérant « chrétienne » (de conviction, de culture ou d’éducation), elle représente ce que l’on appelle « un marché » pour toutes sortes de médias qui s’affichent « chrétiens » ou sont conçus pour promouvoir une vision du monde et une communication au service d’œuvres chrétiennes. Reste à savoir si ces médias visent la pertinence (informer selon un besoin d’information et de façon fiable) ou la popularité et la rentabilité (qui ne sont pas des gages de qualité ou d’authenticité !)

3) L’information au service de l’Eglise/œuvres chrétiennes : Cette approche définit la qualité chrétienne d’une information par son contenu, à des fins de communication. Dans ce cas, le site chrétien jouera un rôle de « relai d’information pour les œuvres », avec un rôle de communication et de sensibilisation. Une approche « utilitariste », qui n’a rien de honteuse en soi, pourvu que l’objectif soit clairement affiché(4).

4) L’information reflétant les valeurs de l’Évangile : Une approche qui détermine la qualité chrétienne par son contenu mais aussi surtout par son processus d’élaboration. Mais comment définir des qualités chrétiennes ? Reconnaitrait-on une « info chrétienne » parce qu’elle serait « positive » ? Un reportage sur les dessous de nos portables serait-il « moins chrétien » ?

5) Parler de la contribution chrétienne aux médias et au traitement de l’information serait sans doute plus juste, mais dans ce domaine, les chrétiens sont-ils « les premiers dans les bonnes œuvres » ? Nous y reviendrons plus loin.

Vous connaissez certainement ces « pure players » du web de confession évangélique revendiquant ce label : « Actus chrétiennes »(2010), « Chrétiens.info » (édité par « Le Journal chrétien »), « Evangéliques info »(2015) du groupe Alliance Presse (qui édite notamment « Christianisme aujourd’hui »),  « infochrétienne » (Né en 2013 sous le titre de « info-évangélique », puis re-baptisé « infochrétienne » en 2015), et le dernier-né « l’observateur chrétien »(2016).

Qu’en penser ? Personnellement, même si le sérieux de certains d’entre eux n’est pas à remettre en cause (d’autres me paraissent toutefois à éviter), je n’en suis pas fan pour plusieurs raisons que je vais expliquer maintenant, en précisant au passage ce que j’attends d’un média digne de ce nom.

Premièrement, si le ton et le style varient d’un site à l’autre (sérieux ou mesuré pour « Journal chrétien » ou « Evangélique.info » ; volontairement plus polémique, revendiquant un style d’« humour cool gras », cynique et vulgaire, pour « Actus chrétiennes »….), le modèle est généralement le même, rappelant les « breaking news » ou médias « d’info en continu » : parce que « la société évangélique française » serait « assez consommatrice d’une info de qualité courte, qu’on peut lire le matin au petit déjeuner ou en allant au travail »(5) ou même pendant le culte ou une réunion, il est proposé des choix de brèves/articles courts, revues de presse, et amorces d’articles (le plus souvent « rhabillés » par la rédaction qui change les titres) francophones/étrangers traduits qui renvoient aux contenus d’autres médias(l’important est la source de ces sites), ayant trait le plus souvent de la vie des Églises, des sujets de société, les chrétiens persécutés, la politique, parfois(mais plus rarement, à des degrés divers) la culture, la science/l’environnement et du socio-économique, et pas mal de « people et d’insolite » (avec la tentation du « buzz »). Les productions personnelles se traduisent pour l’essentiel par des chroniques/billets d’humeur des membres de la rédaction et/ou d’auteurs « invités ». Mais vu que tous ces sites se trouvent dans un contexte d’hyper concurrence, l’on peut constater un phénomène de mimétisme dans le choix des sujets et des angles.
 Une chose me frappe : la place donnée au « storytelling » type « 2.0 », ou le récit dit « édifiant », avec l’impression de voir la société appréhendée uniquement par le seul biais de l’individu : la figure du « self made man », du « héros entrepreneur » ou du « sauveur providentiel », aurait-il contaminé ces médias chrétiens, après les JT et les magazines d’information séculiers, avec le message implicite que la collectivité n’aurait pas d’importance, que l’individu existe en dehors d’elle, et qu’il s’est forgé tout seul ?Autre écueil, auquel n’échappent pas certains sites : l’approche « moralisante »(6) et partisane(7).
L’on pourrait croire que l’activité principale de ces sites consiste en « recyclage de dépêches », mais il est plus exact de dire que qu’il consiste à condenser des dépêches. Un média composé de dépêches complètes, bien qu’effroyablement monotone, serait beaucoup plus complet que ce type de sites. De là le sentiment d’une absence totale de « ligne éditoriale » et donc que rien de ce qui est fait n’est pensé, réfléchi, argumenté ou qu’aucun sens n’est donné aux « infos brutes » présentées. Ce que l’on voit, c’est un conglomérat d’articles, où plein de choses (certaines pouvant être bonnes ou réellement édifiantes) qui se juxtaposent aléatoirement, ou selon l’humeur, ou selon les critères du rédacteur en chef. Ces sites, même les plus sérieux, n’échappent pas toujours à l’écueil de l’information sensationnelle ou émotionnelle, où il s’agit plus de « faire sentir ce qui se passe » que de mettre l’information en perspective(8).
Le danger serait alors de se contenter de « lire en diagonale »(le plus souvent les seuls titres et le paragraphe), de « râler » ou de s’indigner de façon stérile, avant d’oublier ce qu’on vient de lire.

Et maintenant, qu’est-ce que j’attends d’un média sérieux, digne de ce nom ? Quelle pourrait être une contribution chrétienne aux médias et au traitement de l’information ?

Que les chrétiens aient préalablement réfléchi à ce que sont respectivement l’information, l’acte d’informer, l’objectivité et le rôle du journaliste. Ensuite, qu’ils aient intégré les problématiques suivantes dans la construction de leur projet médiatique : à l’heure où nous pouvons presque tout savoir en temps réel, est-il indispensable de tout savoir ? Comment faire le tri entre les informations ? Comment faire la part des choses entre l’essentiel et le futile ? Comment distinguer le vrai du faux, le fictif du réel, le mensonge de la vérité ? S’informer est-il un besoin ou un devoir ? Une responsabilité ? Et pourquoi s’informer ?

Ainsi, une information ou l’acte d’informer est ce qui renseigne avec exactitude sur ce que l’on ignore et qui répond aux questions « qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ». L’information n’est pas une opinion mais un élément de connaissance vérifiable, qui s’adresse/s’impose à tous. Et la condition d’une information digne de ce nom, crédible, est la recherche de la vérité. Sur ce point, le « journaliste chrétien » est censé avoir un avantage sur le journaliste séculier : il croit en la vérité absolue ou qu’il existe une vérité. A l’inverse, le journaliste non chrétien, qui estime que la vérité n’est pas atteignable, a renoncé à la chercher. Il ne lui reste alors plus que son honnêteté (ou sa mauvaise foi) par rapport à ses croyances (ce à quoi il tient) ou ses convictions (ce qui le porte) et non plus par rapport à la réalité.

Ensuite, informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

A l’inverse, le but de la communication est « autre » que d’informer avec exactitude : influencer/susciter un acte, un comportement, des valeurs, un style de vie…. La communication présente les meilleures facettes d’un produit/organisme/personne afin que celui qui reçoit ce message y réponde favorablement.

L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais tout journaliste sérieux se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, l’objectivité de celui nous informe me paraît possible à condition de : vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées[ce qui implique de revaloriser le reportage], et donc de ne pas se contenter de rester derrière un écran à recycler des brèves ; privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; ne pas porter de jugement moral ou moralisant ; expliquer sa démarche (comment l’œuvre est construite) ;  préciser les limites et le cadre de l’enquête ; permettre au spectateur/lecteur de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit(9).

L’on est donc en droit d’attendre des médias qu’ils expliquent, invitent au recul et nous engagent à agir, comme à démonter les discours de la peur, plutôt que d’alimenter cette dernière à coup de reportages.

Enfin, journaliste est une profession non réglementée : n’importe qui peut se revendiquer comme tel. Mais elle nécessite un minimum de formation, pour construire une pensée correcte, être capable de prendre de la distance avec ses propres émotions et présupposés, discerner le vrai du faux, l’essentiel du futile…. Le journaliste se distingue de toute autre personne s’exprimant dans un média, non parce que ses analyses seraient plus pertinentes, mais parce qu’il est chargé d’une mission d’intérêt général : rapporter des faits précis de façon exacte et impartiale, pour le public et en son nom. Il ne saurait donc être « un publiciste » ou « un propagandiste » au service d’intérêts privés. Ou alors il s’appellera « attaché de presse », « porte-parole », « communicant », mais pas « journaliste ».

Les médias véhiculent-ils une vision du monde ?
(Goodwin/Burr. Economix)

Ceci dit, un média (chrétien ou non) peut-il véhiculer une vision du monde ?

Bien entendu.

Interviewé par Society, le 09 décembre 2016, David Pujadas, le journaliste estimé « le plus crédible de France », est revenu sur le traitement de l’information dans son JT : « Oui, le journal véhicule sans doute une vision du monde: l’idée implicite que le salut et le bonheur résident dans la consommation ou l’accumulation des richesses. […] Or la croissance non mesurée, l’attention portée aux autres, […] c’est essentiel dans une société. Mais on ne la traite pas. En ce sens, oui, il y a une idéologie cachée »(10).

Basta !, un média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale, en défend une autre : constitué d’une équipe de journalistes et de militants associatifs, il a pour but de contribuer « à donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre ».

En comparaison, selon le journaliste Henrik Lindell (« Dieuetmoi », « Horizons évangéliques », « Témoignage Chrétien », et actuellement « La Vie »), un « média chrétien » doit être « ancré dans la foi en Christ, pédagogique, pratique et indépendant de toute institution ecclésiale (et même politique) ». Il doit « s’intéresser à l’innovation et s’inscrire résolument dans la fraternité ». Il doit être « un témoignage authentique de la relation entre l’individu et Dieu. Et être au service de tous les chrétiens et de tous ceux qui s’intéressent à la foi ».

Ceci dit, on gardera sans cesse à l’esprit qu’un média chrétien peut être « un mini-stère » (au service des autres) à soutenir et jamais « un magi-stère »(11). En clair, un média digne de ce nom aura l’ambition de faire réfléchir ses lecteurs, et non de dire ce qu’il faut penser.

 

Quelques médias (chrétiens ou non) aux projets me paraissant originaux/ambitieux, inspirés et inspirants :

 Le Tigre magazine, « curieux magazine curieux » (2006-2014) : voir aussi la conception du journalisme de la part de l’un de ses co-fondateurs, Raphaël Meltz, qui tient à préciser qu’il n’est pas journaliste.

Basta ! (depuis 2008) : Site d’informations indépendant sur les enjeux sociaux et environnementaux , dont nous avons parlé plus haut.

Les Cahiers libres (Depuis 2013) : « dans le monde sans en être ». Un excellent blog catholique collectif.

La Croix (depuis 1880 !) : « le meilleur quotidien de France », qui « fait le choix d’une information qui aide à comprendre, à agir et à dialoguer pour rendre, à sa manière de l’actualité nationale et internationale ».

Réforme : hebdomadaire protestant d’actualité, qui se démarque par sa manière de problématiser et de donner sa place à de vrais débats.

Et le manifeste de la Revue XXI qui privilégie « l’information en grand format » et les « grands papiers », à une époque où le public « lirait peu ».

 

 

 

Notes :

(1)Le questionnement et la structure du présent paragraphe s’inspire de l’article de Jonathan Hanley « existe-t-il un art chrétien ? », paru dans « GBU magazine », printemps 2016, semestriel N°13, pp 6-7.

(2) Exemples de ce manque de rigueur ou traitement racoleur : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/01/13/agressions-de-cologne-dun-certain-traitement-mediatique-qui-sappelle-batonnage/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/09/06/un-bon-journaliste-ne-lit-pas-et-ne-nous-donne-pas-a-lire-en-diagonale/

(3) Relayé par http://www.evangeliques.info/articles/1970/01/01/cameroun-un-pasteur-se-noie-pour-avoir-voulu-marcher-sur-l-eau-9654.html  ; https://actualitechretienne.wordpress.com/2015/05/20/noyade-dun-pasteur-il-a-voulu-imiter-jesus-en-marchant-sur-les-eaux/ ; https://www.infochretienne.com/devore-crocodiles-pasteur-voulait-marcher-leau/ [Supprimé, après sa parution il y a 4 jours] et plus récemment par https://actualitechretienne.wordpress.com/2017/05/18/derive-mystique-il-tente-de-recreer-un-miracle-de-jesus-et-se-fait-devorer-par-des-crocodiles/ . Mais il s’agit d’une « infaux », semble-t-il.

(4) Voir la différence entre information et communication.

(5)  http://www.evangeliques.info/articles/2015/06/07/encore-besoin-de-medias-chretiens-12487.html

(6) Il est ainsi possible d’analyser un dessin animé controversé de bien des manières : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/12/07/comment-bien-parler-du-film-sausage-party-ou-quand-informer-nest-pas-donner-son-opinion/

(7) Voir ces choix d’articles sur Donald Trump, Marine Le Pen et François Fillon, en comparaison avec ceux consacrés à Emmanuel Macron, par exemple : https://www.infochretienne.com/trumpette-a-sonne-lete-proche/ ; https://chretien.news/macron-vs-le-pen/ ; https://chretien.news/presidentielles-et-erreur-canadienne/ ; https://www.infochretienne.com/le-choix-de-la-france-vu-damerique-le-pen-ou-la-charia/https://www.infochretienne.com/jestime-quil-urgent-de-prier-francois-fillon-reste-lice/ ; https://chretien.news/la-france-a-elu-le-peche-sexuel-comme-president/ [Article supprimé et modifié] ; https://actualitechretienne.wordpress.com/2017/05/02/bishop-claudio-je-voyais-marine-le-pen-avec-une-couronne-et-emmanuel-macron-avec-des-cornes/ ; https://actualitechretienne.wordpress.com/?s=Donald+Trump ; https://actualitechretienne.wordpress.com/?s=Marine+Le+Pen

(8) Un effort à noter dans ce domaine, par exemple pour « Journal chrétien », qui invite son lecteur à vérifier l’origine de l’information et sa première date de parution… Une simple vérification permettant d’éviter « de s’indigner sans raison » !

(9) A ce sujet, certains médias choisissent de fermer la possibilité de commenter, tandis que d’autres (« Actus chrétiennes ») revendiquent d’être « l’espace libre du débat ». Mais l’on a de quoi rester perplexe face à des commentaires qui prennent des allures de « café du commerce » à l’échelle d’Internet, où n’importe qui vient discuter de n’importe quoi, sans sens ni raison. Il ne s’agit évidemment pas de critiquer cette forme de discussion, qui en tant que telle a une évidente utilité, mais de montrer l’hypocrisie flagrante de médias dits « chrétiens » prompts à dénoncer les ragots, rumeurs voire mensonges qui circulent sur Internet, en leur opposant leur sérieux, leur rigueur, leur sens de l’analyse — tout en laissant n’importe qui dire n’importe quoi au pied de leurs articles. Ainsi, on cherche encore l’utilité d’ouvrir un débat de ce type, qui a eu pour effet de libérer sans contrôle une parole décomplexée en faveur des idées d’un parti d’extrême-droite….

A l’inverse, voici ce qui me paraît être les conditions d’un bon débat : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/05/09/debat-sur-le-debat-les-questions-que-jaimerai-voir-posees/

(10) Cf http://www.lexpress.fr/actualite/medias/oui-il-y-a-une-ideologie-cachee-le-mea-culpa-de-david-pujadas-sur-son-20h_1858994.html (comparer avec ce que le documentariste Pierre Carles disait de David Pujadas en 2010, sur Acrimed : « Plein de gens pensent qu’il fait correctement et honnêtement son boulot. Le pouvoir qu’il exerce ne consiste pas à dire aux téléspectateurs ce qu’ils doivent penser, mais à orienter leur perception du monde, par exemple en minimisant l’existence des conflits sociaux par une importance excessive accordée aux informations institutionnelles, aux résultats sportifs, aux faits divers, au « people »… Il ne cire pas ouvertement les pompes des dominants, mais écarte ou minore les informations susceptibles de les mettre dans l’embarras, comme la hausse des inégalités entre riches et pauvres, ou la misère économique, relationnelle et intellectuelle à laquelle le pouvoir condamne les sans-grades. C’est en ce sens qu’il détient une lourde responsabilité : non pas en télécommandant les gens, mais en occupant le terrain par des sujets futiles et en nous imposant un vocabulaire partisan »)

(11) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/04/11/leglise-vers-le-monde-ou-le-monde-dans-leglise-ou-blogueurs-culture-du-debat-et-eglise/

Comment bien parler du film « Sausage Party » : ou quand informer n’est pas donner son opinion

Il est toujours délicat de parler de certains sujets, au « parfum de scandale », même dans le but honorable d’alerter, mais avec le double-risque de faire « de la pub » au sujet dénoncé, en nourrissant la polémique, et de s’enfermer dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile. Bref, soit on n’en parle pas du tout, soit on en parle. Mais alors on en parle bien. Par exemple, du film « Sausage party », au sujet duquel vous avez certainement été alerté récemment.

 

Commençons par rappeler quelques évidences :

  • Une information est un savoir, un ensemble de connaissances, et non une opinion. Une information est censée répondre aux questions de base suivantes : « qui/quoi/quand/où/comment/pourquoi ». Or, nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire.
  • La recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer est un art difficile. Très difficile. Surtout si nous admettons que la recherche de la vérité doit être notre objectif majeur, étant la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.
  • Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur.
  • Un témoin est celui qui rend compte de ce qu’il a vu/entendu/rencontré personnellement. Il n’est pas un simple « relais » d’une information lue/entendue quelque part, à partir de sources de seconde, voire de troisième main.
  • Le rôle de tout média devrait être de«  rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.
  • « Celui qui sait » a le devoir d’alerter – mais non d’alarmer – en veillant à le faire de façon pertinente.
  • « Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience, telles que pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations… »(1)
  • Face à l’information, nous avons trois possibilités : l’ignorer, ou réagir ou la lire, réfléchir et agir en connaissance de cause.

Ceci dit, aller voir « Sausage party » n’est pas ma priorité, et ne l’ayant pas vu, je me garderai de juger sur le fond. Je me contenterai, pour équilibrer ce que l’on peut lire ici ou là sur la toile, de renvoyer à une démarche qui m’a paru pertinente et correspondre aux exigences rappelées plus haut, et ce, d’autant plus qu’elle semble (sauf erreur) unique à ce jour : il s’agit de l’analyse du film par Vincent M.T., intitulée «  Sausage Party : l’éléphant, le nazi et l’idole », publiée le 05 décembre 2016 sur le site « Visio Mundus »(2).

L’auteur de cet article rappelle une autre évidence : « « Qui dit film d’animation ne dit pas film pour enfants »(3). Et tout film n’est pas fait pour les enfants. « C’est malheureusement cette association d’idées qui a porté de nombreux parents à exposer involontairement leurs enfants à une scène pornographique, incluse à la fin. Certes, il aurait été judicieux de prévenir les audiences, par exemple en déconseillant le film aux moins de 16 ans » [perso, j’ai l’impression que certaines indications d’âge pourraient être relevées de trois ou quatre ans de plus, au moins, pour certains films]. En accord avec Vincent M.T., « on peut s’interroger sur le scandale » et se demander « pourquoi le contenu explicitement sexuel fait réagir, mais pas la violence gore (tout aussi présente) ? » Notre indignation serait-elle sélective ? Le péché ne serait-il « que » sexuel ?

Au-delà de cet aspect et des « clichés navrants dont est rempli ce film », Vincent M.T. nous invite à faire « l’effort de nous intéresser au message essentiel du récit, pour tenter d’en comprendre le discours »(3). En effet, même s’il ne recommande « pas d’aller voir ce film, il attire un large public, et il se peut qu’on se retrouve à en discuter avec des amis ». Le défi sera de dépasser une simple posture « moraliste », pour aborder d’autres enjeux cruciaux, tels que les croyances et les philosophies, les questions de vie ou de mort, de liberté et de libération, de sens.

D’autre part, Vincent M.T., qui a manifestement vu le film pour être en mesure de parler de ce qu’il a vu, nous fait le résumé de l’histoire : celle-ci « se déroule dans un supermarché où tous les produits alimentaires sont vivants et attendent impatiemment d’être choisis par les humains, qu’ils révèrent comme des dieux, pour être emmenés au-delà des portes du magasin vers un monde meilleur. Chacun a sa version des règles à respecter pour être sélectionné par les « dieux », et une idée précise de ce à quoi ressemble « l’au-delà ». Mais voilà, un petit groupe d’aliments vient à découvrir l’horrible vérité : les humains dévorent les aliments ! Ce groupe tente de prévenir les autres pour fomenter une révolte. Malheureusement, les produits alimentaires sont très attachés à leurs croyances… »

 En clair, « la thèse de ce film est que les religions ne sont que des histoires inventées pour aider l’humanité à faire face à l’horrible vérité, à savoir, que les forces qui gouvernent notre monde sont cruelles et absurdes, et nous n’avons aucune emprise sur elles. Les religions font de ces forces des divinités et prétendent qu’on peut s’en sortir : il y a des règles à suivre et une récompense dans l’au-delà ». Toutes « ces religions, ces histoires inventées » nous empêchent « de profiter pleinement de la vie ici-bas, notamment de laisser cours à toutes nos pulsions ». Mais il y a une contradiction ou un paradoxe, dans cette critique, que soulève Vincent M.T. : « le roi des aveugles » de la célèbre parabole de l’éléphant « révèle à (d’autres) aveugles qu’ils se trompent tous, et que chacun ne détient qu’une partie de la vérité… », mais en réalité, « le roi n’est pas aveugle », puisque « celui qui révèle la vérité voit la vérité clairement et dans son ensemble. Affirmer que personne ne détient la vérité, c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses est supérieure à toutes les autres ».

Dans le film, cette vision du monde – « supérieure à toutes les autres »- est « l’hédonisme – l’idée que le sens de la vie humaine est la recherche du plaisir ». Et, soulignerai-je, le plus grand pourvoyeur du plaisir (que l’on serait « en droit d’obtenir, tout de suite ») reste aujourd’hui « le divin marché »(4). Et « cette vision du monde nous est donc présentée exactement de la même manière que les religions qu’elle critique : quiconque ne s’y rallie pas est forcément en train de « réprimer » ses pulsions, et c’est mal ». Une forme de « moralisme » qui ne dit pas son nom, en somme.

Quelle devrait alors être notre position face à cette croyance et à cette nouvelle injonction (« No limits », « jouis sans entrave », sur les plans économique et culturel/sociétal) ? Certainement pas, selon le pasteur Gilles Boucomont(5), de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »).

Notre positionnement face à cette croyance mise en avant dans le film ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

Et, s’interroge Vincent M.T., « que pouvons-nous répondre, en tant que chrétiens, face aux accusations « d’immaturité » et « de passéisme » pour toutes les idées non-hédonistes, donc particulièrement les opinions religieuses ?  La réponse dans son article, à lire dans son intégralité.

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.bastamag.net/Site-d-informations-independant

(2)Visio Mundus est géré par deux théologiens réformés : Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin, faculté de théologie d’Aix-en-Provence ; Vincent M.T., consultant en qualité logicielle, traducteur à ses heures, et actuellement inscrit en Master à la Faculté Jean Calvin. Via ce site, les auteurs souhaitent « discerner et démontrer la présence et la vérité de la foi en Dieu – le Dieu de la Bible – au sein de notre culture, et ainsi proclamer avec toujours plus de pertinence la grâce reçue et vécue en Christ. C’est ce qui s’appelle faire de l’apologétique culturelle » (https://www.visiomundus.fr/mission-et-vision/).

(3) Voir cette excellente fiche détaillée du film, à découvrir sur le site « Quels films pour nos enfants » . Une autre critique du film est à lire  sur le site Critikat.

(4) Voir le livre éponyme de Dany-Robert Dufour, par ailleurs auteur de « L’Individu qui vient ».

(5) D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, p 92.

« Si tu entends dire…. » : vérifie avant de publier !

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans "The Baltimore Sun" in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans « The Baltimore Sun » in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Et non le contraire !
« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu te hâteras de colporter la nouvelle à toute ta parenté, tes amis, tes voisins et tu les inviteras à faire promptement de même… » (Deut.13v13-15. TOB)

Si c’est ce que tu lis dans ta Bible, alors change de Bible. Et pourtant, c’est ce que certains d’entre nous ont tendance à faire : publier d’abord (sur twitter, sur facebook…) et vérifier ensuite, une fois les dégâts constatés. Quand la vérification est faite !

Le passage exact est en réalité celui-ci :

« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu feras des recherches, tu t’informeras, tu mèneras une enquête approfondie…. » (Deut.13v13-15. TOB)

 
« Si tu entends dire…. »

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…
Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Nous devons aussi toujours citer la source exacte. Si nous ne la trouvons pas, nos « lanternes rouges » devraient aussitôt s’allumer.

Une information – qui n’est pas une opinion – répond généralement à ces six questions : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi. Je serai véritablement informé si j’ai des réponses claires à toutes ces questions. A noter que le rôle et la responsabilité de celui ou celle dont c’est le métier d’informer est « de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages ».
Parmi d’autres, le journaliste et essayiste Jean-Luc Martin-Lagardette(1) nous invite aux bons réflexes suivants, face à l’information :

Premièrement, il importe avant tout d’être conscient que si une information est collectée, mise en forme et diffusée par quelqu’un, c’est parce que ce quelqu’un a intérêt à le faire : par exemple, pour des raisons économiques/financières, mais aussi idéologiques, affectives ou morales. L’intérêt de l’émetteur (est-il également le producteur de l’info, ou juste un « relai » ?) n’est pas un mal en soi, surtout quand il est clairement affiché. « Mais il y a manipulation quand l’intérêt véritable de l’émetteur est caché, et quand il ne sert pas le contenu du message »(1).

Ensuite, dira-je, lorsque l’on me communique une information, je dois impérativement me poser les questions suivantes avant de relayer quoique ce soit à tous mes contacts : qui me le dit ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

D’autre part, « informer, c’est choisir. Et choisir, c’est renoncer ». Néanmoins, il est essentiel d’être impartial, soit de manifester l’attitude « de celui qui voir les choses sans parti pris et de qui est capable de rendre des faits de la façon la plus complète possible, sans omettre ce qui nous gène »(1). Deux qualités permettent d’atteindre l’impartialité attendue : être honnête (par rapport à nous-mêmes) et équitable (par rapport aux personnes).

Ainsi, au cas où nous aurions « entendu dire », sommes-nous allés chercher l’information « à la source », sur le terrain ? Avons-nous pris l’avis de toutes les personnes concernées ? Ou bien n’avons-nous qu’une information de « seconde » ou de « troisième main » ?

Savons-nous de quand date l’information ?

Avons-nous négligé certaines sources, même si elles peuvent nous paraître « farfelues », « saugrenues » ?

Ex : « Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes » (Luc 24v11)

Nous contentons-nous de sources « officielles » ou « institutionnelles » ? Reproduisons-nous sans enquête et sans vérification d’autres sources ?

Ex : « (les principaux sacrificateurs) après s’être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l’apprend, nous l’apaiserons, et nous vous tirerons de peine. Les soldats prirent l’argent, et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s’est répandu parmi les Juifs, jusqu’à ce jour ».(Matt.28v11-15)

Gardons-nous de la distance avec les sources « amies » ou proches de notre référentiel cognitif ou idéologique ? Avons-nous pris le temps d’étudier les sources « ennemies » ou opposées, ou « différentes » ?

Nous savons aussi qu’un « témoin unique » est un « témoin nul » : avons-nous pris la peine de multiplier les sources (au moins « deux ou trois » vrais « témoins » cf Deut.17v6), si possible concurrentes ?

Développons-nous une pensée personnelle, ou bien reproduisons-nous celle du groupe, de notre groupe ?

Avons-nous correctement « hiérarchisé » l’information ? C’est-à-dire, mettons-nous bien avant ce qui est capital, vital, le plus important, ce qui est de nature à édifier, et non à divertir, distraire ? Ne grossissons-nous pas des broutilles, pour créer et nourrir le scandale, au détriment de faits plus impliquants ?(1)
Bref, s’informer et informer correctement prend du temps, et peut être dangereux. Certains journalistes ou reporters en savent quelque chose ! Mais nous pouvons nous montrer moins exigeants et plus « légers », par paresse ou même…lâcheté.

 

Pour aller plus loin :

La fin de notre passage (vv15-16) peut nous paraître plutôt « raide ». Néanmoins, elle me paraît édifiante à deux points de vue :

  • Etre « bien informé », après une enquête sérieuse, est une chose. Agir en conséquence en est une autre. C’est même la suite logique.
  • Etre informé, c’est être responsable. Et les premiers informés – et donc les premiers responsables – restent les autorités et les habitants de la ville coupable d’idolâtrie, qui ont choisi le « laisser faire », croyant sans doute(à tort) « bien garder ». L’on comprend alors mieux la conséquence du jugement, en rapport avec la négligence relevée. Nul ne peut dire, dans ce cas : « je ne savais pas !… »

Maintenant, à vous de jouer, face à l’information !

 

 
Notes :

(1) D’après Martin-Lagardette, Jean-Luc. Décryptez l’information. Dangles éditions, 2014, PP 7-9, 46-47
Le même JL Martin-Lagardette, lors d’un atelier sur « la transparence comme outil », a estimé « qu’il faudrait instaurer politiquement, juridiquement, économiquement, professionnellement la base d’un droit à l’information. Il serait nécessaire de se battre pour cela. Il faudrait affirmer et inscrire, peut-être dans la Constitution, le droit du citoyen a être correctement informé, c’est-à-dire être éclairé le plus objectivement et impartialement possible sur tous les enjeux de la vie démocratique afin qu’il puisse former librement son opinion personnelle(…)La liberté d’expression ou d’opinion existe, pas celui du droit du public à être informé correctement. Cela n’a rien à voir. Il n’y a pas encore de droit à l’information ». (p 16 du doc)
Université d’été 2005 de la communication sur le développement durable de l’ACIDD(Association Communication et Information (& Innovation) pour le développement durable) et Comité 21. Sur « le droit à l’information », voir cet article du 27/10/14(« le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences ») sur Acrimed.

Et encore :
Sur le site « 24h dans une rédaction ».

Notre article sur l’évaluation de l’information sur le web.

« Et c’est ainsi qu’on fabrique colère et lassitude chez le téléspectateur frustré … »

« ….au lieu de lui donner les outils pour raisonner et participer au débat ».

A découvrir cet excellent récent billet de blogue d’Aliocha, journaliste, à propos de deux grands événements récents : la coupe du monde 2014 et la grève de la SNCF…et de la façon dont on nous en informe : une information « optimale », « en continu », pour le premier, et une information « bien moins optimale », pour le second. Et avec quelles conséquences  ? Et, surtout(la réponse à cette dernière question, telle « la morale de l’histoire », peut faire mal)pourquoi un tel traitement de la part des médias ?

Car, enfin, qu’attendons-nous des médias ?

Pour en savoir plus, lire ici : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/06/16/des-emmerdes-et-des-jeux/

Du « Hollande bashing » à la télévision iranienne : et si on allait au-delà du « voile » ?

« Et nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d’Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager.
Mais ils sont devenus durs d’entendement. Car jusqu’à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l’Ancien Testament,
et il ne se lève pas, parce que c’est en Christ qu’il disparaît.
Jusqu’à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est jeté sur leurs coeurs ;
mais lorsque les coeurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté.
Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ».(2 Cor.3v13-17)

« Christine Boutin, voilée sur une chaîne iranienne » :
Christine Boutin et Jean-Claude Martinez se sont livrés mardi 12 novembre à une attaque en règle de François Hollande sur une chaîne d’information internationale iranienne diffusée en langue anglaise.
Dans l’émission, Christine Boutin apparaît voilée…

Et c’est tout. Tel est la brève très brève et très « neutre », datée du 22 novembre 2013(avec un lien vers une vidéo publiée sur le site du Figaro) que consacre le blog « actualités chrétiennes » à cet événement.
Une brève plutôt préoccupée par l’anecdote du voile, puisque l’on retrouve ce terme deux fois : une fois dans le titre et une fois dans le corps de la brève.

Cette histoire de "voile" : du vent !

Cette histoire de « voile » : du vent !

Mais, puisque l’on attend d’un journaliste qu’il explique, décrypte, et nous donne à comprendre, il aurait été plus pertinent d’expliquer ou de préciser que « La télévision iranienne exige que les femmes, qu’elles soient étrangères ou non, se drapent d’un voile pour respecter les bonnes mœurs ». Il s’agit là d’« un choix de cohérence » pour madame Boutin, « qui s’était opposée à la loi sur le voile et avait soutenu le choix d’une candidate NPA (extrême gauche) d’apparaître voilée », comme le rappelle le Huffingtonpost.
Mais il aurait été encore plus pertinent de se questionner quant à la pertinence de l’intervention de Mme Boutin sur Press TV, une chaîne de télévision, par ailleurs créée en 2007 sur le modèle de Russia Today, par l’État iranien et opérée par l’Islamic Republic of Iran Broadcasting(IRIB). Press TV s’était fait retirer sa licence par le Royaume-Uni en janvier 2012 pour manque d’indépendance éditoriale par rapport à Téhéran. « La chaîne satellitaire relaye à l’envie la propagande radicale du régime iranien, versant fréquemment dans le conspirationnisme à caractère antisémite. Press TV accuse ainsi régulièrement les Juifs d’avoir organisé les attentats du 11-Septembre, d’être derrière la crise financière ou, plus récemment, d’avoir commandité la tuerie de l’école de Sandy Hook. Elle accueille également sur son antenne plusieurs propagandistes négationnistes. Elle compte enfin au nombre de ses collaborateurs réguliers l’ancien député britannique Derek Conway, l’ex-maire de Londres Ken Livingston, le leader du Respect Party, George Galloway, ou encore l’islamologue suisse Tariq Ramadan ».

Car quitte à respecter les traditions, pourquoi ne pas respecter celle pourtant en usage pour les responsables politiques de ne pas critiquer leur pays lorsqu’ils sont à l’étranger ? « Qui plus est lorsque celui-ci est engagé dans un bras de fer international ? »

Car, précisons-le, le Président François Hollande, cible des attaques de Mme Boutin, est partisan d’une ligne dure dans les négociations sur le nucléaire iranien.
Aurait-t-elle fait(et de façon maladroite, de surcroit) « le jeu de la propagande iranienne », s’interroge BFMTV ?

D’ailleurs, il peut paraître curieux que la source d’information du blog ait été « Le Figaro » et non justement BFMTV, qui a pourtant été le premier à relayer l’événement….

Mais il est vrai que BFMTV a l’inconvénient d’apporter les précisions suivantes :

Que Jean-Claude Martinez, qui était aux côtés de Mme Boutin, ait été cadre du FN et que les deux se soient « associés cet été pour présenter des listes pro-famille(sous le label « Force vie »)aux élections européennes de juin 2014″.

Mais de tout cela, on ne le lira pas sur le blog d' »actualités chrétiennes ».

Mais cette emphase(révélatrice)mise sur le « voile de Mme Boutin » contribuerait-il justement à couvrir pudiquement ce qui aurait été utile et nécessaire de soulever ? Car, après tout, le rôle du journaliste n’est-il pas d’informer et non de faire diversion(ou de divertir ?) ?
Du coup, pour répondre à une exigence d’éthique journalistique qui ne serait pas en toc, nous pourrions paraphraser le passage de 2 Corinthiens 3 en en-tête de cet article comme suit :
« Jusqu’à ce jour, quand on lit l’actualité avec certaines lunettes, un voile est jeté sur l’entendement….et jusqu’à ce jour le même voile demeure
quand on lit l’actualité avec certaines lunettes…
Mais lorsque l’on recherche réellement et ardemment la vérité(ou si l’on s’attache à la vérité) et non confirmation, le voile (peut être) ôté ».

« La vérité est en Jésus », nous dit encore l’Ecriture(Eph.4v21). Jésus, qui est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6)

A lire et à voir :

« A la télé iranienne, l’offensive musclée et voilée de Boutin contre Hollande », avec une vidéo. Le 21/11/2013 à 17:31. Info mise à jour le 21/11/2013 à 18:03

Et ce compte-rendu ici.

« Foireux liens »

Qui ne connaît pas la foire aux liens* ?
Ou le top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement les plus amusants/insolites) sites internet de la semaine ou du mois ?

Exercice presque obligé (mais on n’est pas obligé) de tout blogueur qui se respecte, il a l’avantage d’exhumer ici ou là une pépite au milieu des scories.

Mais sur quels critères faire la promotion de tel ou tel site ? Car qu’est-ce que « les meilleurs sites » ? Les « plus intéressants » ou « dignes d’intérêt » ? Par rapport à quoi ?
« Pertinence ou popularité ? »  SVP, que choisir ? Là est la question…

…. et « question » liens, voici la petite sélection de Pep’s Café !
Essentiellement des sites d’informations(avec des blogues chrétiens) qui nous paraissent remarquables pour les raisons que chacun discernera sans doute :

1) Le Gorafi : « depuis 1826, toute l’information de sources contradictoires »**, lit-on en sous-titre.
Le Gorafi est né sur Twitter en février 2012, pendant la campagne présidentielle. Il apparaît sous la forme d’un blogue en mai avant un sérieux relookage en septembre de la même année.

« Au hasard », par exemple :

http://www.legorafi.fr/2013/03/20/toulouse-il-se-fait-abattre-de-46-balles-dans-le-corps-pour-avoir-demande-un-pain-au-chocolat/ ***

http://www.legorafi.fr/2013/10/15/lutte-contre-le-fn-francois-hollande-pourrait-creer-la-surprise-en-proposant-dappliquer-son-programme-electoral/

http://www.legorafi.fr/2013/10/01/pole-emploi-un-autre-bug-aurait-permis-a-des-demandeurs-demploi-de-trouver-du-travail/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/76-des-conseillers-dorientation-affirment-avoir-ete-eux-memes-mal-orientes/

http://www.legorafi.fr/2013/06/10/fort-boyard-un-candidat-oublie-dans-la-cellule-dune-epreuve-retrouve-7-ans-plus-tard/

http://www.legorafi.fr/2012/09/03/trop-souriant-dans-le-metro-il-finit-en-garde-a-vue/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/lump-accuse-la-gauche-de-se-servir-du-desastre-de-la-primaire-de-marseille-pour-masquer-lechec-de-brignoles/

Ce vrai site « d’infaux » **** parodie les sites d’ « infos », en diffusant des scoops bidons-limite racoleurs-avec l’air de ne pas y toucher : multiples rubriques, austère apparence, ton et titres informatifs qui plaisent à Google…Toute ressemblance avec de « véritables » médias en ligne(« pure player », webzines…)n’est pas forcément une pure coïncidence…d’autant plus que certaines « infaux » sont parfois jugées crédibles au point d’être reprises telles quelles par la presse traditionnelle*****.

Car malheur au lecteur ou même au journaliste trop pressé/paresseux/lisant en diagonale ou croyant avoir trouvé le scoop : il court le risque d’être pris au piège !

Pour écrire leurs articles, les journalistes du Gorafi se mettent « dans la tête d’un journaliste stupide qui ne comprend pas ce dont il parle et qui s’adresse à des gens stupides ». Avec une exigence d’écriture : « Il faut que ça ressemble à un article avec les codes que l’on retrouve dans la presse française. Tous les petits détails sur lesquels le spectateur va se focaliser. »

Ingénieux, mais il fallait y penser ! De nature à faire réfléchir à la « fabrique de l’information » et, surtout,  à la tendance à relayer tout et n’importe quoi.
Plus que satirique, il nous paraît d’ailleurs plutôt « ironique », puisque « La satire s’affiche comme une force d’opposition, un discours critique sur le pouvoir. L’ironie, elle, est un trompe-l’œil, dont le plaisir est de se faire passer pour vraie pendant un certain laps de temps. C’est une construction du discours qui, à la différence des autres formes de dissimulation (mensonge, hypocrisie, flatterie), ne vaut que si elle est démasquée. Mais encore faut-il qu’elle le soit, démasquée ».

Le Gorafi serait-il l’exemple même d’un « engagement par l’ironie », forçant les lecteurs à se positionner sur ce qu’ils entendent ?****** « Faire prendre conscience des paroles dites, apprendre à réécouter les discours établis, faire douter : par le décalage, l’ironie redonne du sens aux mots employés par les politiciens ». C’est par l’ironie que l’on « (teste) la capacité de révolte d’un auditoire. »
Car comme le dit si bien lui-même Le Gorafi, qui renvoie d’ailleurs à la responsabilité du lecteur : «C’est aux gens de faire un travail pour avoir du recul, pour vérifier leurs informations. »

2) Basta mag : « site d’information indépendant sur l’actualité sociale et environnementale. Constitué d’une équipe de journalistes et de militants associatifs, Basta ! contribue à donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre. Le site est édité depuis décembre 2008 par l’association Alter-médias ».
Basta !, comme l’explique les auteurs, « est d’abord un appel(…) face (aux différentes crises)en Europe et dans le monde : crise économique, crise environnementale, crise de la démocratie, crise sociale,… un appel qui suscite une résistance. (…) qui doit se traduire par un engagement en faveur d’une autre société….. »
L’équipe de journalistes de Basta ! se veut « engagée », de convictions, consciente de (devoir) « jouer un rôle. Pas un rôle de simple relais ou de rigide organe de presse, sûr de sa vérité, mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».
Sont ainsi privilégiés la diversité des sources – expertises d’ONG, « lanceurs d’alerte », chercheurs et universitaires, élus, représentants syndicaux, acteurs des mouvements sociaux, collectifs citoyens, journalistes indépendants, militants associatifs, réseaux de partenaires dans les pays du Sud… –ainsi que l’enquête journalistique, les reportages sur le terrain et les témoignages« Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience (pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations…) et ne pas tomber dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile ».

« Au hasard », par exemple :
Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut (15 juillet 2013)

Paradoxe : les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches !(16 octobre 2013)
A Toulouse, un autre internet, solidaire et non-commercial, c’est possible ! (15 octobre 2013)
Délinquance : « Depuis dix ans, la frénésie sécuritaire est globalement inefficace » (7 octobre 2013)

Bref, un champ à occuper pour les protestants évangéliques. A ma connaissance, en dehors de « Réforme » et de « Christianisme aujourd’hui », pour la presse papier, et peut-être « Christnet », il n’existe rien d’équivalent(francophone, du moins) en ligne au Gorafi ou à Basta.
Deux sites chrétiens :

3)Ecbatane : « en chemin vers Ecbatane », soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… »

4)Génération Hillsong Nutella : Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire.
Deux blogues chrétiens(nous nous suivons respectivement)très différents(Hillsong est évangélique, Ecbatane catholique), mais avec un point commun : leur mystère, leur originalité, leur fraicheur, leur humour, leur sympathie, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, leur générosité : tous deux ne « cherchent rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce qu’ils ont reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Bref, des blogues généreux, tout simplement et qui allient la qualité du fond à la qualité de la forme-c’est suffisamment rare pour être signalé. Et c’est ce qui les rend édifiants et conformes à l’esprit « évangélique ».
« Au hasard », par exemple :

La tarte au citron vert meringué et les licornes******* pour Ecbatane,

Un petit schéma, et un test(« quel veilleur êtes-vous ? ») pour Génération Hillsong Nutella, dont l’explication du nom du blogue se découvre ici !

Et le dernier pour la route :

5) « 10 conseils pour payer son carburant moins cher »[super !*]

Par Seb Musset, bloggueur qui se présente comme quelqu’un qui « Filme, écrit, blogue. N’appartient à aucun parti, organisation politique ou site reprenant les textes des blogueurs sans les rémunérer. Ce blog est la continuité de (ses) livres, ou l’inverse, et n’existe qu’avec (notre) soutien et (nos) commentaires… »

 

 

Notes :
* « La foire aux liens », que nous avons gentiment parodiée dans le titre du présent billet en « foireux liens », est une rubrique de « Notre église point com », un édifiant blogue ressource chrétien(nous nous suivons respectivement) « pour étrangers et voyageurs » à fréquenter. Son fondateur et animateur principal aime les livres et le sous-titre de son blogue me parle : j’aurai aimé l’inventer !(Le sous-titre, pas le blogue).

Mais si nos liens ne sont pas « foireux », nos jeux de mots le sont…

** Deux indices sont soumis à la sagacité des lecteurs dans cette présentation : sauriez-vous les retrouver ? A propos du Gorafi, lire « about » ce site.

*** Un article 1)qui a été tellement pris au sérieux que certains médias se sont faits l’écho d’une montée irrépressible de la délinquance dans la ville rose…et 2)qui a tellement circulé que le site serait passé à 984 000 visiteurs uniques en mars, selon les chiffres Google Analytics. Depuis sa publication le 20 mars 2013, l ‘article en question compterait à lui seul 824 000 pages vues. (http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php)

**** Une expression piquée à Rue 89.

***** Exemples :  http://www.lesinrocks.com/2013/06/11/actualite/le-gorafi-le-faux-site-dinfo-qui-cartonne-11400828/ ; http://www.20minutes.fr/medias/1104741-sites-parodiques-comme-garofi-sont-ils-si-inoffensifs ; http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php

****** Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/04/inculture-au-poing-le-dico-de-peps-cafe/ (Entrée « ironie »)

******* Les licornes, ça existe ! Nous y croyons aussi sur Pep’s Café ! puisque nous en avons rencontrée au moins une ! 😉