L’action du mois : Soutenir des médias indépendants, sans pub

Infographie sur les médias : plutôt que de se demander s’ils sont « de gauche » ou « de droite », demandons-nous plutôt à qui ils appartiennent et pourquoi. Source : Le Monde Diplomatique/ACRIMED, janvier 2017

Sur son compte twitter, Sébastien Fath remercie Médiapart de lui avoir proposé un entretien sur le thème « Pourquoi l’évangélisme est la nouvelle religion planétaire », sachant que plus d’un chrétien sur quatre, dans le monde, est évangélique. Lors de cet entretien, nourri par des questions jugées « pertinentes et détaillées » par l’historien [notamment sur l’adaptation à la pandémie], Sébastien Fath a expliqué « les raisons du succès de ce courant protestant radical en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, mais aussi en France dans les quartiers populaires ». Pour ceux qui ne connaissent pas, Médiapart est un journal d’information en ligne participatif, indépendant, sans publicité ni subvention et qui ne vit que des abonnements de ses lecteurs. L’entretien est disponible en intégralité (pour les abonnés seulement) sur le site de Médiapart, depuis le 13 avril 2021.

Comme le souligne Sébastien Fath, soutenir de tels médias indépendants qui reposent sur ce modèle économique participatif, sans pub, sans subvention et sans actionnaires, « c’est un outil de démocratie, et un bon moyen de s’informer et de débattre ».

Parmi eux :

Basta! qui fait le pari « d’un média d’intérêt général, indépendant, sans publicité et en accès libre en ligne, investi sur les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques. Basta défend un journalisme d’impact, nourri de reportages et d’enquêtes, pour apporter sa contribution à la nécessaire transformation sociale, écologique et économique de notre société ».

Saviez-vous qu’il est possible de financer gratuitement Basta ! en utilisant Lilo, le moteur de recherche français et solidaire, qui ne collecte pas vos données ? Chaque recherche sur Lilo vous crédite d’une goutte d’eau, représentant quelques centimes d’euros. À tout moment, vous pouvez reverser vos gouttes à basta ! et contribuer ainsi à financer ce média gratuitement, sans débourser un euro. En savoir plus ici.

Brief Me, un autre média indépendant, nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes.

Il est aussi possible de tester Brief Me gratuitement et sans engagement ici, pendant 45 jours, pour mieux se rendre compte de la qualité du service.

 

« Informer, c’est choisir » : Rendez-vous avec un média indépendant pour comprendre comment

Bien informer ou l’art des choix. Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« Informer, c’est choisir ! » Et « choisir, c’est faire un beau geste », dit-on dans le monde des médias et du journalisme.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Bref, vous en avez marre de l’info commentée ?

Marre des patchworks d’éditos et de billets d’humeur, où le ressenti prend le pas sur l’information…. ?

Marre du « bâtonnage de dépêches » [symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, qui consiste à réécrire une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge et, au besoin, en rhabillant les titres, de façon à orienter la lecture dans un sens contraire au contenu initial…] ?

Marre de médias ou de newsletters prétendant à la « réinformation », substituant sa propre propagande sous prétexte d’en chasser une autre (supposée), se voulant mordant mais confondant l’ironie avec la diatribe ? Autant d’ « invitations au voyage », où « le LSD du jour » dérive en mauvais trip…

Enfin, marre de sites qui « ne nous informent pas » mais qui « affirment » les choses, ou prétendent « confirmer ce que l’on sait (ou croit savoir) déjà ?

Moi aussi. Mais n’en restons pas là.

Ce mercredi soir 17/03, 18h45, est l’occasion de rencontrer l’équipe de Brief Me pour découvrir les coulisses de ce média indépendant que je teste actuellement et qui nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes.

Ainsi, comment la rédaction de Brief Me choisit-elle les sujets ? Qui sont ses journalistes ? Comment fonctionne un média indépendant ?….Toutes les questions pourront être posées à l’équipe qui sera réunie pour nous, en direct sur Facebook et Youtube, ce mercredi 17 mars à 18h45.

Vous n’avez pas encore essayé Brief Me ? C’est le moment de le faire gratuitement et sans engagement ici, pendant 45 jours, pour mieux se rendre compte de la qualité du service.

 

 

Brief me : La newsletter qui libère de la peur de manquer « l’info à ne pas manquer ».

« Comment bien s’informer » : un enjeu d’aujourd’hui, d’autant plus que l’information n’est pas une marchandise à consommer, mais un bien commun à défendre…

Il n’est pas simple d’informer, comme de s’informer. L’un et l’autre est exigeant, assorti d’une très grande responsabilité.
Qu’attendre d’un journaliste ? Tout d’abord-cela paraît tellement évident – qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information.
Ensuite, expliquer, décrypter, donner à comprendre et engager à l’action…avec « l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser » ou « Réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien. »
Une telle exigence est-elle facile à satisfaire ? Où la trouver ? Comment l’atteindre ?

Il existe pléthore de sites gratuits dits « d’information ». Du côté chrétien, le ton et le style varient d’un site à l’autre (du sérieux/mesuré au volontairement plus polémique, revendiquant un style d’« humour cool gras », cynique et vulgaire. Mais le modèle est généralement le même, rappelant les « breaking news » ou médias « d’info en continu » : parce que la société évangélique française serait assez consommatrice d’une info de qualité courte, qu’on peut lire le matin au petit déjeuner ou en allant au travail [ou même pendant le culte ou une réunion !], il est généralement proposé des choix de brèves/articles courts, revues de presse, et amorces d’articles (le plus souvent « rhabillés » par la rédaction qui change les titres) francophones/étrangers traduits qui renvoient aux contenus d’autres médias(l’important est la source de ces sites), ayant trait le plus souvent de la vie des Églises, des sujets de société, les chrétiens persécutés, la politique, parfois(mais plus rarement, à des degrés divers) la culture, la science/l’environnement et du socio-économique, et pas mal de « people et d’insolite » (avec la tentation du « buzz »). Les productions personnelles se traduisent pour l’essentiel par des chroniques/billets d’humeur – quand il ne s’agit pas « d’info commentée » – des membres de la rédaction et/ou d’auteurs « invités ». Mais vu que tous ces sites se trouvent dans un contexte d’hyper concurrence, je constate un phénomène de mimétisme dans le choix des sujets et des angles.

L’on pourrait croire que l’activité principale de ces sites consiste en un « recyclage de dépêches ». Mais il est plus exact de dire que qu’il consiste à condenser des dépêches. Un média composé de dépêches complètes, bien qu’effroyablement monotone, serait beaucoup plus complet que ce type de sites. De là le sentiment d’une absence totale de « ligne éditoriale » et donc que rien de ce qui est fait n’est pensé, réfléchi, argumenté ou qu’aucun sens n’est donné aux « infos brutes » présentées. Ce que l’on voit, c’est un conglomérat d’articles, où plein de choses (certaines pouvant être bonnes ou réellement édifiantes) qui se juxtaposent aléatoirement, ou selon l’humeur, ou selon les critères du rédacteur en chef. Ces sites, même les plus sérieux, n’échappent pas toujours à l’écueil de l’information sensationnelle ou émotionnelle, où il s’agit plus de « faire sentir ce qui se passe » que de mettre l’information en perspective(1).
Le danger serait alors de se contenter de « lire en diagonale »(le plus souvent les seuls titres et le paragraphe), de « râler » ou de s’indigner de façon stérile, avant d’oublier ce qu’on vient de lire(2).

Or, informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Bref, vous en avez marre de l’info commentée ? Marre des patchworks d’éditos et de billets d’humeur, où le commentaire prend le pas sur l’information…. ? Marre de médias prétendant à la « réinformation », substituant sa propre propagande sous prétexte d’en chasser une autre (supposée), se voulant mordant mais confondant l’ironie avec la diatribe ? Autant d’ « invitations au voyage », où « le LSD du jour » dérive en mauvais trip…

Enfin, marre de sites qui « ne nous informent pas » mais qui « affirment » les choses, ou prétendent « confirmer ce que l’on sait (ou croit savoir) déjà ? Ou encore, marre de l’info konbinisée ? (3)

Moi aussi. Mais n’en restons pas là.

Brief me : un nouveau régime contre « l’infobésité » (Source image : public domain pictures)

Depuis plusieurs semaines, je teste Brief.me, une expérience de « slow media ». A l’opposé d’une certaine façon tonitruante de « faire de l’info », Brief me se veut plutôt simple, apaisé et apaisant, sans pollution sonore ou visuelle.

Le principe ? Un e-mail tous les soirs à 18h30 [et le samedi matin pour leur édition du week-end.] qui nous livre, de façon sobre, sans parti pris et sans pub, l’essentiel de l’actu triée, résumée et expliquée par une équipe de journalistes expérimentés.

Cette newsletter hiérarchise et condense l’actualité nationale et internationale la plus significative et la plus pertinente, ce qui exclue « le people », « l’insolite », les faits divers, les résultats sportifs, sauf s’ils ont une portée plus large, au-delà de l’événement lui-même, ou s’ils sont le reflet d’une tendance.

Le mardi, nous sommes invités à choisir entre trois sujets qui seront traités dans l’édition du samedi matin, laquelle « revient sur un sujet de la semaine avec une approche historique ». Par exemple, le Parquet national financier, le démantèlement des centrales nucléaires, ou le Venezuela. Finalement, c’est le sujet sur les centrales nucléaires qui a été choisi.

Brief me est donc un « slow média » que je trouve original sur plusieurs aspects :

A l’heure où l’on nous dit que « les e-mails, c’est fini », Brief me mise sur le format newsletter, lequel fait la force du média. On y retrouve la qualité éditoriale d’un vrai journal papier, avec la hiérarchisation (car « informer, c’est choisir » et choisir, « c’est faire un beau geste ») et la mise-en-page. Le mail – une lettre qui m’est personnellement destinée – a l’avantage de créer du lien avec le lecteur-abonné, favorisant l’échange et le contact direct.

Ensuite, Brief me se veut sans parti pris, revendiquant une ligne journalistique, mais pas de ligne politique – ce qui nous rappelle Albert Londres (« la seule ligne que je connaisse, c’est celle de chemin de fer »). Son objectif est d’apporter de l’information dite « neutre »(est-ce possible ? Le choix des sujets révèle forcément des préférences), permettant aux lecteurs de construire leurs propres opinions, et non d’exposer la sienne.

Autre originalité : Brief me n’est pas un service de « curation », ou un agrégateur de contenu, ou même une simple revue de presse, qui se contenterait de reprendre des articles déjà publiés sur d’autres sites.

L’équipe de journalistes expérimentés produit un contenu propre et réalise un véritable travail journalistique, en prenant le temps de sélectionner les informations qui leur semblent pertinentes, puis de les vérifier avant de les formuler de la manière la plus claire, précise et synthétique possible. Il arrive assez souvent qu’ils abandonnent un article en cours de route, faute de fiabilité. Des liens vers ces sources sont insérés dans la newsletter si le lecteur souhaite approfondir le sujet mais l’objectif n’est pas de faire cliquer.

Une démarche qui nous libère du temps pour la journée et nous libère de la peur de manquer « l’info à ne pas manquer ».

Car l’enjeu est bien savoir bien s’informer aujourd’hui. D’autant plus que l’information n’est pas une marchandise à consommer, mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation. Nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse/les médias indépendants (sans pub et financés avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble sur ce qu’est une information véritable/en quoi consiste l’acte d’informer, comme à des solutions pour libérer la presse.

Dans son Farenheit 451, roman décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé, Ray Bradbury nous présente les trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation) : la qualité de l’information, le loisir d’assimiler cette information, et la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler.  Voilà ce qui est fondamental pour l’homme.

Il est possible de tester Brief me gratuitement et sans aucun engagement pendant 45 jours, avant de choisir (ou non) l’abonnement payant (4,90 € par mois pour un abonnement annuel). En effet, produire une information d’intérêt général de qualité, accessible à tous, a un coût.

Je serai très intéressé par votre avis sur ce « slow média » !

 

 

 

Notes :

(1) Voir notre article « existe-t-il une information chrétienne ? »

(2) Voir notre article « un bon journaliste ne lit pas et ne nous donne pas à lire en diagonale

(3) Sur l’information « konbinisée » et autres « pièges à clics », voir notre article

« Comment s’informer » de Sophie Eustache : un guide pour initier les ados à la fabrication de l’info

« Comment s’informer » : un guide pratique pour les ados (mais aussi pour les adultes) pour s’initier aux coulisses des médias et de l’info !

« De l’info partout et tout le temps… » : aujourd’hui, dans notre société hyper-connectée, l’information colonise tous nos espaces, aussi bien publics qu’intimes.

Mais l’enjeu n’est pas tant de s’informer que de transformer cette information en connaissances, c’est à dire de se l’approprier et de l’analyser, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, comment faire le tri dans cette myriade d’informations qui nous parvient tous les jours ? Quel crédit leur porter ? Et ce, d’autant plus qu’une information n’est pas un produit naturel, puisqu’elle est produite par des êtres humains qui vivent en société et portent un certain regard sur le monde. Elle doit donc toujours être manipulée avec précaution. La journaliste Sophie Eustache propose un guide pertinent d’éducation aux médias, très utile et très accessible, pour aider les adolescents, dès 13 ans, à « naviguer sur les flots tumultueux et diluviens de l’information » (op. Cit., p 15). Il sera aussi lu avec profit par les adultes.

Publié dans la collection POCQQ (Pourquoi s’interroger ? Où s’informer ? Comment agir ? Qui est concerné ? Quand débattre ?), laquelle traite des sujets d’actualité pour les adolescents, « avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion » [déjà parus : qui sont les transhumanistes ? Où va le climat ? Pourquoi les végans ? …], cet ouvrage, illustré par Élodie Perrotin, aborde certaines questions. Les inévitables : « qu’est-ce que s’informer aujourd’hui ? Comment circule l’information ? Comment travaillent les journalistes ? »

Mais aussi : « l’information est-elle (réellement) libre ? A qui appartiennent les médias ? », nous sensibilisant à l’enjeu de l’indépendance de la presse – indépendance par rapport à l’Etat, mais aussi l’audience, les partis politiques, les industriels, les annonceurs, la publicité. En France, 10 milliardaires (des télécoms, des BTP, des banques et de l’armement) possèdent la majorité des médias.

Enfin, « l’objectivité est-elle possible ? », nous questionne encore l’auteure, nous invitant à prendre du recul par rapport au « fact checking », pratique journalistique visant à vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques ou d’autres personnalités publiques. L’enjeu n’étant pas tant de savoir si les « factcheckers » font un bon travail ou pas, mais plutôt de comprendre qui en profite.

Le chapitre « Que pouvons-nous faire ? » nous pousse à l’engagement. Parce que l’information n’est pas une marchandise mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation, nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse indépendante (sans pub et financée avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble à des solutions pour libérer la presse.

Le « guide de l’apprenti journaliste » donne des conseils pour se forger un esprit critique et faire attention aux « fake news » ; un lexique nous permet de comprendre « les mots du journaliste » (qu’est-ce qu’un « angle », « bâtonner une dépêche », un « chemin de fer », un « marronnier » ?…), et pour aller plus loin, une bibliographie complète est à consulter sur le site de l’éditeur.

A mettre dans toutes les mains !

 

En bref :

Comment s’informer, de Sophie Eustache / Elodie Perrotin. Editions du Ricochet, 2019 (Collection POCQQ)

Les 30 premières pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Tous les médias mentent-ils ?

« On t’a fait connaître, ô homme,ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(publié le 3 mai 2017)

« Tous les médias » mentent-ils ? Nous trompent-ils, se trompent-ils tous sur Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (1)?

Un certain Guy Millière en est convaincu et nous le fait vivement savoir dans un texte publié initialement sur « Dreuz info » le 03/11/19, et relayé par certains sites sous le titre « Les médias mentent. « Non, Trump n’est pas “mis en difficulté” par une “procédure de destitution”. Il n’y a toujours pas de procédure de destitution conforme ». La version originale du titre de ladite tribune est encore plus éloquente : « Un procès de Moscou mené par des disciples de Staline se tient à Washington ».

Cet article m’a été communiqué récemment [comme sans doute à plein d’autres] par une connaissance chrétienne que j’estime. Mais le plus gênant dans l’affaire est que cette personne est certainement convaincue d’avoir un bon motif (spirituel ? A des fins d’édification ?) de le faire.

D’une manière générale, lorsque l’on nous communique une information, nous devons impérativement nous poser les questions suivantes, avant de relayer quoique ce soit à tous nos contactsQui me parle de quoi ? Avec quelle légitimité ? Dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, et quand bien même elle proviendrait d’un ami/proche (quelles sont, d’ailleurs, ses propres motivations ?), celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée plusieurs fois. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Dit autrement et crûment : si nous croyons une chose uniquement parce qu’un proche/ami/figure d’autorité nous l’a dit, nous sommes mûrs pour la manipulation.

Ceci dit, voyons ensemble ce qu’il en est, concernant le texte de Guy Millière.

D’abord, son auteur. Les notices wikipédia et wikibéral nous renseignent sur cet « essayiste néo-conservateur français »(2).

Ensuite, le genre du texte. Cet article est une tribune d’opinionexprimant une vision personnelle sur l’actualité. Il s’agit aussi d’un jugement : soit un énoncé persuasif, interprétatif, passionnel, s’adressant aux sens, aux émotions ou aux bas instincts (peur, désir, colère…). Et non d’une analyse (Étude minutieuse et précise, faite pour dégager les éléments qui constituent un ensemble, pour l’expliquer, l’éclairer et faisant appel à la raison).

Le texte se distingue également par son style outrancier, aux accents pamphlétaires. Pour rappel, le pamphlet est un « court écrit satirique et polémique, souvent politique, d’un ton violent et polémique, qui défend une cause, se moque, critique ou calomnie quelqu’un ou quelque chose » (Synonymes : diatribe, libelle). Son principal défaut vient de son absence d’efficacité, due à sa violence excessive, l’usage fréquent de la mauvaise foi et le fait que son contenu se périme très vite, trop proche de l’actualité.

Son auteur, M. Millière, nous donne son opinion sur la politique américaine, ce qui est son droit le plus absolu, sauf qu’il la martèle avec force [par des « non », « non », « non »] pour lui donner le caractère de l’absolu.

« Tous les médias (Le Figaro, Le Point, Le Monde, La Croix…) mentent » donc….sauf celui qui affirme ceci« Quelques mots relevés dans des articles de la presse française concernant ce que manigancent les Démocrates en ce moment à Washington : “les Démocrates sont en position de force pour gagner en 2020”, “Trump a été élu in extremis”, “Trump est mis en difficulté par une procédure de destitution”, “Donald Trump a abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles, notamment en gelant l’argent pour forcer Kiev à coopérer”. Bien sûr, tout est faux. Dire que les Démocrates ont mis en œuvre une procédure de destitution est faux aussi. Reprenons les choses dans l’ordre ».

L’article « pèche » par excès d’arguments et par diabolisation – tout serait « tout blanc, tout noir » (Républicains vs Démocrates) – ou par exagération, amalgame : il mêle les propos apologétiques, flatteurs (sur Donald Trump, principalement, mais aussi louant « le seul article publié sur le sujet dans la presse française qui soit présentable » – en l’occurrence, le mensuel « Causeur »), discriminants, discréditant, calomnieux et dépréciatifs. Il généralise et donc stigmatise (Ce qui suit est à lire à petites doses ) :

« Non, les Démocrates ne sont pas “en position de force” pour gagner. Pour l’heure, les trois candidats qui sont en tête dans les élections primaires sont deux marxistes à penchants antisémites et très islamophiles, Elizabeth Warren et Bernie Sanders (qui montre qu’on peut être né juif, antisémite et islamophile), et un socialiste qui a des déficiences mentales, et un passé de corruption massive, Joe Biden (…)Non, Trump n’est pas “mis en difficulté” par une “procédure de destitution”. Il n’y a toujours pas de procédure de destitution conforme aux textes et à la loi. [Impeachment qualifiée de « BULLSHIT » par l’intéressé ](…) Le parti Démocrate aura tout juste fait un peu davantage la démonstration de ce qu’il est devenu un parti totalitaire et répugnant. Les grands médias américains auront eux-mêmes fait un peu davantage la démonstration de ce qu’ils sont devenus des officines de vile propagande et de désinformationLes grands médias français auront fait un peu plus la démonstration qu’ils sont des sous officines de propagande et de désinformation(….) Le reste de ce qui est publié sur le sujet en France est bon pour la poubelle, et si la poubelle est assez grande, on pourrait y jeter les auteurs des articles en même temps que les articles, ils y seraient à leur place(sic)….. La déontologie journalistique n’existe plus du tout. (…)Si des gens tels que Nancy Pelosi [Présidente de la Chambre des Représentants, à majorité démocrate], Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Joe Biden, Pete Buttigieg, Adam Schiff, devaient l’emporter, c’en serait fini de la démocratie américaine. Je viens d’apercevoir un titre en concluant cet article : “Nancy Pelosi, la bête noire de Donald Trump”. Un titre exact pourrait être : “Nancy Pelosi, la bête immonde qui menace la démocratie américaine”(sic). Etc….

Le problème de cette critique, outre son style outrancier, c’est que, comme dans la fameuse parabole, le roi révèle aux aveugles qu’ils se trompent tous, sauf que, bien sûr, le roi n’est pas aveugle. Dans notre cas, affirmer ainsi que « tous les médias mentent », c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses/lecture de l’actualité est supérieure à toutes les autres. C’est là que le bât blesse. Car ce type de chroniqueur n’applique pas cette règle à lui-même. Désormais il faut se méfier de tout le monde. Sauf de lui.  S’il convient de ne pas être naïf, en croyant que « tout serait vrai » sur internet ou dans les médias, il est un autre extrême à éviter : croire ou faire croire que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes.

A l’inverse, souligne le Pasteur Gilles Boucomont dans un autre contexte, quand bien même le Seigneur connait ce qui est dans le cœur de l’homme et nous invite à la prudence, il ne veut pas que nous soyons pris dans un discours paranoïaque. Comme lui-même a été envoyé par le Père, Lui-même nous envoie proclamer et manifester le Règne de Dieu en faisant des choses significatives, propres à transformer positivement la vie des gens : guérir, purifier, libérer et rendre chacun acteur de sa libération.

Ainsi, un média digne de ce nom pourra « être critique, mordant à l’occasion, mais préférera l’ironie à la diatribe, ne sera jamais défaitiste et ne se revendiquera délibérément d’aucune mouvance politique. Il aura l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser », et aura l’ambition de réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien (3).

Une bonne prédication est censée nous conduire à l’humilité [nous, pécheurs que nous sommes, du prédicateur qui se le prêche d’abord à lui-même, à l’auditeur], exalter le Sauveur et promouvoir la sainteté. En comparaison, celui qui prétend nous informer se doit de nous inviter au recul, expliquer, engager les gens à agir, ainsi que démonter les discours de la peur ou de haine et non d’alimenter ces derniers à coup de chroniques enflammées et lapidaires, au mépris de la dignité humaine, remplaçant une supposée propagande par une autre.

L’objectivité est la qualité de celui qui informe, soit de décrire des faits avec exactitude et juger sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais celui qui prétend nous informer sérieusement se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Rien de tel dans cette tribune, laquelle, particulièrement clivante, est également dangereuse, puisqu’elle polarise sur autre chose (ici Trump) que Christ, ce qui s’appelle de l’idolâtrie, poussant les lecteurs à se diviser en partis antagonistes.

Il est stupéfiant qu’un tel article ait pu être relayé dans le milieu chrétien.

Nous, chrétiens, avons une très grande responsabilité, puisque nous sommes appelés au discernement, propre à l’adulte (Hébr.5v14). Exerçons-nous donc au discernement. Les médias peuvent se tromper et certains journalistes refuser de reconnaître leurs erreurs. C’est pourquoi nous avons besoin de discernement, lequel est un don de Dieu. « Et nous n’avons pas à faire des guides ecclésiaux avec des bons-points ou à produire de la haine et du dénigrement », rappelle encore Gilles Boucomont.

Demandons également la sagesse. Non pas une sagesse « bas de plafond ». Celle-là « ne vient pas d’en haut ; elle est terrestre, animale, démoniaque » (Jacq.3v15). Mais plutôt « la sagesse d’en haut », laquelle « est « tout d’abord pure, puis pacifique, douce et raisonnable ; riche en bonté et en actions bonnes ; sans parti pris et sans hypocrisie. Ceux qui créent la paix autour d’eux sèment dans la paix et la récolte qu’ils obtiennent, c’est une vie juste » (Jacq.3v17-18).

Pour aller plus loin, lire nos autres articles sur l’évaluation de l’information.

 

 

Notes : 

(1) Comprendre le processus et les raisons, concernant Donald Trump.

(2) Outre son argumentation « en faveur de l’invasion de l’Irak » en 2003 et son soutien au candidat Donald Trump, durant la campagne de la dernière élection présidentielle américaine (Après l’élection de ce dernier, il est « l’un des commentateurs francophones qui expliquent et soutiennent résolument l’action du nouveau président américain par de nombreux articles et par un livre »), ses positions économiques se rapprochent du libéralisme, façon Hayek, qu’il a co-traduit. De fait, « Guy Millière jette un regard très critique sur la France et est l’auteur de plusieurs ouvrages polémiques qui la décrivent comme gangrenée et condamnée à terme par l’étatisme de droite comme de gauche ».

Parmi ses propositions (qu’il espère voir mises en pratique par un « visionnaire » qu’il appelle de ses voeux), publiées le 07 février 2012 sur Dreuz info, sous le titre « une leçon d’économie pour les candidats(nuls) à l’élection présidentielle » et relayées notamment ici  : « Il a été démontré depuis longtemps que les administrations publiques fonctionnent sur un mode radicalement différent du monde de fonctionnement des entreprises. Une entreprise est incitée, c’est sa raison d’être, à faire des profits : c’est ainsi qu’elle se développe et contribue à la croissance. Une administration est incitée à faire des pertes : c’est là la condition qui lui permet de demander des budgets plus importants année après année. La privatisation de toutes les activités du gouvernement qui sont privatisables fera passer celles-ci du statut d’administration à celui d’entreprise, et doit impérativement être mise en œuvre. D’une même façon, une réforme du système de santé mettant en place un système d’assurances privées et de comptes épargne santé devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de santé. Une réforme du système de retraite faisant passer celui-ci d’un fonctionnement de répartition, qui relève de l’escroquerie et ressemble à un plan façon Bernard Madoff, à un fonctionnement de capitalisation devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de retraites ». Par les temps qui courent, une telle déclaration vaut aujourd’hui son pesant de cacahuètes….

(3) Tel était le projet du défunt Tigre, « curieux magazine magazine » (2006-2014)

Bien (s’)informer : voir l’intention avant l’action (Josué 22)

Dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement. Mais, est-ce que c’est B.I.E.N. ? Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

Un cas d’école, illustré en Josué 22  – un épisode biblique qui aurait pu mal tourner – et parfaitement applicable de nos jours, en ce qu’il nous donne une démarche de sagesse et de discernement dans le traitement informationnel et médiatique.

Il paraît simple d’informer. En réalité, il importe de prendre conscience que « la fabrique de l’info » parcourt un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Ici, « le fait brut » particulièrement « frappant » est cet autel monumental élevé par les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé, installés de l’autre côté du Jourdain, à l’écart des autres tribus (v10)(1).

« Les fils d’Israël apprirent qu’on disait : « Les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé ont bâti un autel face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël. » Dès que les fils d’Israël l’apprirent, ils assemblèrent toute la communauté des fils d’Israël à Silo afin de lancer contre eux une attaque », pour ce qui est considéré comme « une infidélité » et un acte d’idolâtrie (v11-12) : l’élévation d’un autel concurrent de celui de Silo.

Aujourd’hui, rien n’a changé : dès que les internautes apprennent ce qui se chuchote sur la toile, ils sont prompts à le relayer immédiatement.

Heureusement, dans notre passage, les fils d’Israël ont le meilleur réflexe d’aller voir directement à la source. Ils envoient « auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé, au pays du Galaad », une commission d’enquête composée de « Pinhas, fils du prêtre Eléazar, ainsi que dix responsables avec lui, un responsable par tribu pour toutes les tribus d’Israël, chacun d’eux étant chef de sa famille patriarcale, selon les milliers d’Israël. Ils vinrent auprès des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé au pays du Galaad et leur parlèrent en ces termes : « Ainsi parle toute la communauté du SEIGNEUR : Qu’est-ce que cette infidélité que vous commettez envers le Dieu d’Israël, que vous vous écartiez aujourd’hui du SEIGNEUR en vous bâtissant un autel et que vous vous révoltiez aujourd’hui contre le SEIGNEUR ? » (v13-16)

Une démarche bien inspirée, puisque les envoyés ont ainsi pu apprendre directement de la part des fils de Ruben, des fils de Gad et de la demi-tribu de Manassé la réalité de leur intention, soit que l’autel bâti n’en était pas un et que l’infidélité supposée n’en était pas une ! (Lire vv21-30) Une fois bien informés, « les fils d’Israël se tinrent pour satisfaits et ils bénirent Dieu, ils renoncèrent à lancer contre eux une attaque et à ravager le pays qu’habitaient les fils de Ruben et les fils de Gad » (v33)

Que pouvons-nous retenir de ce passage ?

Premièrement, qu’une information ou l’acte d’informer est ce qui me renseigne avec exactitude sur ce que j’ignore et qui répond aux questions « (de) qui, (de) quoi, quand, où, comment, pourquoi ». Ou plus précisément encore : qui me parle de quoi, avec quelle légitimité, dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ?

Il est en effet fondamental de discerner l’intention avant l’action pour ne pas commettre d’erreur d’interprétation, erreur pouvant coûter très cher et s’avérer irréparable.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet :

Ainsi, en Josué 22v11-12, 16-19, s’agit-il d’un fait ou d’une opinion ?  D’un fait raconté ou expliqué ? L’information, comme quoi « les fils de Ruben, les fils de Gad et la demi-tribu de Manassé (auraient) bâti un autel (concurrent) face au pays de Canaan, à Gueliloth du Jourdain, du côté des fils d’Israël » et commis une infidélité envers Dieu, est-elle communiquée « à chaud » ou avec un certain recul, au reste du peuple ?

Cette information, d’après la façon dont elle est premièrement communiquée, rend-elle compte de tous les aspects importants du sujet ou d’une partie seulement de la réalité qu’elle prétend décrire ?
Ceux qui sont ainsi « informés » en savent-ils assez pour se faire leur propre opinion et bien agir ?

Enfin, il reste à aborder la question de l’objectivité de celui qui (s’)informe : L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge (dans le bon sens du terme) sans parti pris. Certes, vous me direz sans doute qu’il est difficile de l’être « à 100 % », surtout lorsque nous sommes concernés et impliqués émotionnellement par le fait, mais celui qui (s’) informe se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement), tout en prenant en compte la diversité des points de vue.

Comme nous venons de le lire en Josué 22, l’objectivité d’une information est possible, à condition : de prendre la peine de vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées ; de privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; de ne pas porter de jugement moral ; d’expliquer sa démarche d’information ; de préciser les limites et le cadre de l’enquête ; de permettre à celui que l’on informe de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit/entend.

Aller plus loin :

Comment aurai-je agi, à la place des Israélites, hier, dans la même situation ? Et aujourd’hui ?

Maintenant, à vous de jouer !

 

Note : 

(1) Pour comprendre la situation de ces tribus, lire Nombres 32.

 

 

De vraies solutions aux fausses nouvelles : Comment reconnaître les Fake news ?

Comment repérer des fausses informations ? Voici une excellente infographie de l’ IFLA, La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (1), disponible en plusieurs langues. Voici sa version en français.

Une infographie de l’IFLA (Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques) pour apprendre à détecter les Fake news

Une contribution essentielle, car l’enjeu est de taille : Les libertés d’accès à l’information et à l’expression en ligne sont menacées. La diffusion d’informations délibérément trompeuses, ou « fausses nouvelles », risque de compromettre la confiance en l’Internet, alors que des attitudes restrictives de la part de certaines autorités et de certains services limitent les droits de l’homme fondamentaux.

Pour l’IFLA, aucune de ces situations n’est souhaitable. Lorsque les gens sont déconnectés de l’Internet, ils risquent de perdre l’accès à des informations et des idées qui renforcent le développement de nos vies et les enrichissent. 

Afin de répondre à ces risques, l’IFLA a développé une infographie sur la détection des fausses nouvelles ; il s’agit d’un outil simple mais efficace pour procurer une alternative, basée sur la conviction que l’éducation est la meilleure manière de donner confiance aux utilisateurs, et de rendre inexcusable la censure abusive de la part des gouvernements.

Cette infographie a rencontré beaucoup de succès. Elle a été traduite dans 37 langues, et a été reprise dans des lettres d’information, des kits éducatifs, et sur CNN International. Ce succès est aussi le résultat d’un processus de réflexion de professionnels de l’information qui ont utilisé les infographies de différentes manières, en les adaptant à leurs besoins locaux.

La suite sur le site de l’IFLA.

Voir aussi ce tutoriel canadien (Québec) également proposé par des bibliothécaires, pour apprendre à connaître et à appliquer les critères d’évaluation de la qualité des sources d’information.

Et maintenant, à vous de jouer !

 

Note :

(1)La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA) est la principale organisation représentant les intérêts des bibliothèques et des services d’information et de leurs usagers. Au niveau mondial elle est le porte-parole de la profession des bibliothèques et de l’information.

 

 

Comment bien parler du film « Sausage Party » : ou quand informer n’est pas donner son opinion

Il est toujours délicat de parler de certains sujets, au « parfum de scandale », même dans le but honorable d’alerter, mais avec le double-risque de faire « de la pub » au sujet dénoncé, en nourrissant la polémique, et de s’enfermer dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile. Bref, soit on n’en parle pas du tout, soit on en parle. Mais alors on en parle bien. Par exemple, du film « Sausage party », au sujet duquel vous avez certainement été alerté récemment.

 

Commençons par rappeler quelques évidences :

  • Une information est un savoir, un ensemble de connaissances, et non une opinion. Une information est censée répondre aux questions de base suivantes : « qui/quoi/quand/où/comment/pourquoi ». Or, nous réduisons trop souvent l’information à la seule expression d’une vision sur l’actualité, survalorisant l’opinion, le « coup de gueule », « l’édito » ou le commentaire.
  • La recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer est un art difficile. Très difficile. Surtout si nous admettons que la recherche de la vérité doit être notre objectif majeur, étant la condition d’une information digne de ce nom, crédible.
  • Informer, c’est (toujours) choisir : de parler d’un fait et pas d’un autre ; de choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information.
  • Informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur.
  • Un témoin est celui qui rend compte de ce qu’il a vu/entendu/rencontré personnellement. Il n’est pas un simple « relais » d’une information lue/entendue quelque part, à partir de sources de seconde, voire de troisième main.
  • Le rôle de tout média devrait être de«  rassurer[ou d’inviter à prendre du recul], d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages », lisait-on dans ce manifeste de la revue « R de Réel », le 1er mai 2002.
  • « Celui qui sait » a le devoir d’alerter – mais non d’alarmer – en veillant à le faire de façon pertinente.
  • « Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience, telles que pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations… »(1)
  • Face à l’information, nous avons trois possibilités : l’ignorer, ou réagir ou la lire, réfléchir et agir en connaissance de cause.

Ceci dit, aller voir « Sausage party » n’est pas ma priorité, et ne l’ayant pas vu, je me garderai de juger sur le fond. Je me contenterai, pour équilibrer ce que l’on peut lire ici ou là sur la toile, de renvoyer à une démarche qui m’a paru pertinente et correspondre aux exigences rappelées plus haut, et ce, d’autant plus qu’elle semble (sauf erreur) unique à ce jour : il s’agit de l’analyse du film par Vincent M.T., intitulée «  Sausage Party : l’éléphant, le nazi et l’idole », publiée le 05 décembre 2016 sur le site « Visio Mundus »(2).

L’auteur de cet article rappelle une autre évidence : « « Qui dit film d’animation ne dit pas film pour enfants »(3). Et tout film n’est pas fait pour les enfants. « C’est malheureusement cette association d’idées qui a porté de nombreux parents à exposer involontairement leurs enfants à une scène pornographique, incluse à la fin. Certes, il aurait été judicieux de prévenir les audiences, par exemple en déconseillant le film aux moins de 16 ans » [perso, j’ai l’impression que certaines indications d’âge pourraient être relevées de trois ou quatre ans de plus, au moins, pour certains films]. En accord avec Vincent M.T., « on peut s’interroger sur le scandale » et se demander « pourquoi le contenu explicitement sexuel fait réagir, mais pas la violence gore (tout aussi présente) ? » Notre indignation serait-elle sélective ? Le péché ne serait-il « que » sexuel ?

Au-delà de cet aspect et des « clichés navrants dont est rempli ce film », Vincent M.T. nous invite à faire « l’effort de nous intéresser au message essentiel du récit, pour tenter d’en comprendre le discours »(3). En effet, même s’il ne recommande « pas d’aller voir ce film, il attire un large public, et il se peut qu’on se retrouve à en discuter avec des amis ». Le défi sera de dépasser une simple posture « moraliste », pour aborder d’autres enjeux cruciaux, tels que les croyances et les philosophies, les questions de vie ou de mort, de liberté et de libération, de sens.

D’autre part, Vincent M.T., qui a manifestement vu le film pour être en mesure de parler de ce qu’il a vu, nous fait le résumé de l’histoire : celle-ci « se déroule dans un supermarché où tous les produits alimentaires sont vivants et attendent impatiemment d’être choisis par les humains, qu’ils révèrent comme des dieux, pour être emmenés au-delà des portes du magasin vers un monde meilleur. Chacun a sa version des règles à respecter pour être sélectionné par les « dieux », et une idée précise de ce à quoi ressemble « l’au-delà ». Mais voilà, un petit groupe d’aliments vient à découvrir l’horrible vérité : les humains dévorent les aliments ! Ce groupe tente de prévenir les autres pour fomenter une révolte. Malheureusement, les produits alimentaires sont très attachés à leurs croyances… »

 En clair, « la thèse de ce film est que les religions ne sont que des histoires inventées pour aider l’humanité à faire face à l’horrible vérité, à savoir, que les forces qui gouvernent notre monde sont cruelles et absurdes, et nous n’avons aucune emprise sur elles. Les religions font de ces forces des divinités et prétendent qu’on peut s’en sortir : il y a des règles à suivre et une récompense dans l’au-delà ». Toutes « ces religions, ces histoires inventées » nous empêchent « de profiter pleinement de la vie ici-bas, notamment de laisser cours à toutes nos pulsions ». Mais il y a une contradiction ou un paradoxe, dans cette critique, que soulève Vincent M.T. : « le roi des aveugles » de la célèbre parabole de l’éléphant « révèle à (d’autres) aveugles qu’ils se trompent tous, et que chacun ne détient qu’une partie de la vérité… », mais en réalité, « le roi n’est pas aveugle », puisque « celui qui révèle la vérité voit la vérité clairement et dans son ensemble. Affirmer que personne ne détient la vérité, c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses est supérieure à toutes les autres ».

Dans le film, cette vision du monde – « supérieure à toutes les autres »- est « l’hédonisme – l’idée que le sens de la vie humaine est la recherche du plaisir ». Et, soulignerai-je, le plus grand pourvoyeur du plaisir (que l’on serait « en droit d’obtenir, tout de suite ») reste aujourd’hui « le divin marché »(4). Et « cette vision du monde nous est donc présentée exactement de la même manière que les religions qu’elle critique : quiconque ne s’y rallie pas est forcément en train de « réprimer » ses pulsions, et c’est mal ». Une forme de « moralisme » qui ne dit pas son nom, en somme.

Quelle devrait alors être notre position face à cette croyance et à cette nouvelle injonction (« No limits », « jouis sans entrave », sur les plans économique et culturel/sociétal) ? Certainement pas, selon le pasteur Gilles Boucomont(5), de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »).

Notre positionnement face à cette croyance mise en avant dans le film ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».

Et, s’interroge Vincent M.T., « que pouvons-nous répondre, en tant que chrétiens, face aux accusations « d’immaturité » et « de passéisme » pour toutes les idées non-hédonistes, donc particulièrement les opinions religieuses ?  La réponse dans son article, à lire dans son intégralité.

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.bastamag.net/Site-d-informations-independant

(2)Visio Mundus est géré par deux théologiens réformés : Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la Faculté Jean Calvin, faculté de théologie d’Aix-en-Provence ; Vincent M.T., consultant en qualité logicielle, traducteur à ses heures, et actuellement inscrit en Master à la Faculté Jean Calvin. Via ce site, les auteurs souhaitent « discerner et démontrer la présence et la vérité de la foi en Dieu – le Dieu de la Bible – au sein de notre culture, et ainsi proclamer avec toujours plus de pertinence la grâce reçue et vécue en Christ. C’est ce qui s’appelle faire de l’apologétique culturelle » (https://www.visiomundus.fr/mission-et-vision/).

(3) Voir cette excellente fiche détaillée du film, à découvrir sur le site « Quels films pour nos enfants » . Une autre critique du film est à lire  sur le site Critikat.

(4) Voir le livre éponyme de Dany-Robert Dufour, par ailleurs auteur de « L’Individu qui vient ».

(5) D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première Partie, 2010, p 92.

« Si tu entends dire…. » : vérifie avant de publier !

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans "The Baltimore Sun" in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans « The Baltimore Sun » in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Et non le contraire !
« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu te hâteras de colporter la nouvelle à toute ta parenté, tes amis, tes voisins et tu les inviteras à faire promptement de même… » (Deut.13v13-15. TOB)

Si c’est ce que tu lis dans ta Bible, alors change de Bible. Et pourtant, c’est ce que certains d’entre nous ont tendance à faire : publier d’abord (sur twitter, sur facebook…) et vérifier ensuite, une fois les dégâts constatés. Quand la vérification est faite !

Le passage exact est en réalité celui-ci :

« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu feras des recherches, tu t’informeras, tu mèneras une enquête approfondie…. » (Deut.13v13-15. TOB)

 
« Si tu entends dire…. »

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…
Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Nous devons aussi toujours citer la source exacte. Si nous ne la trouvons pas, nos « lanternes rouges » devraient aussitôt s’allumer.

Une information – qui n’est pas une opinion – répond généralement à ces six questions : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi. Je serai véritablement informé si j’ai des réponses claires à toutes ces questions. A noter que le rôle et la responsabilité de celui ou celle dont c’est le métier d’informer est « de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages ».
Parmi d’autres, le journaliste et essayiste Jean-Luc Martin-Lagardette(1) nous invite aux bons réflexes suivants, face à l’information :

Premièrement, il importe avant tout d’être conscient que si une information est collectée, mise en forme et diffusée par quelqu’un, c’est parce que ce quelqu’un a intérêt à le faire : par exemple, pour des raisons économiques/financières, mais aussi idéologiques, affectives ou morales. L’intérêt de l’émetteur (est-il également le producteur de l’info, ou juste un « relai » ?) n’est pas un mal en soi, surtout quand il est clairement affiché. « Mais il y a manipulation quand l’intérêt véritable de l’émetteur est caché, et quand il ne sert pas le contenu du message »(1).

Ensuite, dira-je, lorsque l’on me communique une information, je dois impérativement me poser les questions suivantes avant de relayer quoique ce soit à tous mes contacts : qui me le dit ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

D’autre part, « informer, c’est choisir. Et choisir, c’est renoncer ». Néanmoins, il est essentiel d’être impartial, soit de manifester l’attitude « de celui qui voir les choses sans parti pris et de qui est capable de rendre des faits de la façon la plus complète possible, sans omettre ce qui nous gène »(1). Deux qualités permettent d’atteindre l’impartialité attendue : être honnête (par rapport à nous-mêmes) et équitable (par rapport aux personnes).

Ainsi, au cas où nous aurions « entendu dire », sommes-nous allés chercher l’information « à la source », sur le terrain ? Avons-nous pris l’avis de toutes les personnes concernées ? Ou bien n’avons-nous qu’une information de « seconde » ou de « troisième main » ?

Savons-nous de quand date l’information ?

Avons-nous négligé certaines sources, même si elles peuvent nous paraître « farfelues », « saugrenues » ?

Ex : « Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes » (Luc 24v11)

Nous contentons-nous de sources « officielles » ou « institutionnelles » ? Reproduisons-nous sans enquête et sans vérification d’autres sources ?

Ex : « (les principaux sacrificateurs) après s’être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l’apprend, nous l’apaiserons, et nous vous tirerons de peine. Les soldats prirent l’argent, et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s’est répandu parmi les Juifs, jusqu’à ce jour ».(Matt.28v11-15)

Gardons-nous de la distance avec les sources « amies » ou proches de notre référentiel cognitif ou idéologique ? Avons-nous pris le temps d’étudier les sources « ennemies » ou opposées, ou « différentes » ?

Nous savons aussi qu’un « témoin unique » est un « témoin nul » : avons-nous pris la peine de multiplier les sources (au moins « deux ou trois » vrais « témoins » cf Deut.17v6), si possible concurrentes ?

Développons-nous une pensée personnelle, ou bien reproduisons-nous celle du groupe, de notre groupe ?

Avons-nous correctement « hiérarchisé » l’information ? C’est-à-dire, mettons-nous bien avant ce qui est capital, vital, le plus important, ce qui est de nature à édifier, et non à divertir, distraire ? Ne grossissons-nous pas des broutilles, pour créer et nourrir le scandale, au détriment de faits plus impliquants ?(1)
Bref, s’informer et informer correctement prend du temps, et peut être dangereux. Certains journalistes ou reporters en savent quelque chose ! Mais nous pouvons nous montrer moins exigeants et plus « légers », par paresse ou même…lâcheté.

 

Pour aller plus loin :

La fin de notre passage (vv15-16) peut nous paraître plutôt « raide ». Néanmoins, elle me paraît édifiante à deux points de vue :

  • Etre « bien informé », après une enquête sérieuse, est une chose. Agir en conséquence en est une autre. C’est même la suite logique.
  • Etre informé, c’est être responsable. Et les premiers informés – et donc les premiers responsables – restent les autorités et les habitants de la ville coupable d’idolâtrie, qui ont choisi le « laisser faire », croyant sans doute(à tort) « bien garder ». L’on comprend alors mieux la conséquence du jugement, en rapport avec la négligence relevée. Nul ne peut dire, dans ce cas : « je ne savais pas !… »

Maintenant, à vous de jouer, face à l’information !

 

 
Notes :

(1) D’après Martin-Lagardette, Jean-Luc. Décryptez l’information. Dangles éditions, 2014, PP 7-9, 46-47
Le même JL Martin-Lagardette, lors d’un atelier sur « la transparence comme outil », a estimé « qu’il faudrait instaurer politiquement, juridiquement, économiquement, professionnellement la base d’un droit à l’information. Il serait nécessaire de se battre pour cela. Il faudrait affirmer et inscrire, peut-être dans la Constitution, le droit du citoyen a être correctement informé, c’est-à-dire être éclairé le plus objectivement et impartialement possible sur tous les enjeux de la vie démocratique afin qu’il puisse former librement son opinion personnelle(…)La liberté d’expression ou d’opinion existe, pas celui du droit du public à être informé correctement. Cela n’a rien à voir. Il n’y a pas encore de droit à l’information ». (p 16 du doc)
Université d’été 2005 de la communication sur le développement durable de l’ACIDD(Association Communication et Information (& Innovation) pour le développement durable) et Comité 21. Sur « le droit à l’information », voir cet article du 27/10/14(« le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences ») sur Acrimed.

Et encore :
Sur le site « 24h dans une rédaction ».

Notre article sur l’évaluation de l’information sur le web.

« Et c’est ainsi qu’on fabrique colère et lassitude chez le téléspectateur frustré … »

« ….au lieu de lui donner les outils pour raisonner et participer au débat ».

A découvrir cet excellent récent billet de blogue d’Aliocha, journaliste, à propos de deux grands événements récents : la coupe du monde 2014 et la grève de la SNCF…et de la façon dont on nous en informe : une information « optimale », « en continu », pour le premier, et une information « bien moins optimale », pour le second. Et avec quelles conséquences  ? Et, surtout(la réponse à cette dernière question, telle « la morale de l’histoire », peut faire mal)pourquoi un tel traitement de la part des médias ?

Car, enfin, qu’attendons-nous des médias ?

Pour en savoir plus, lire ici : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/06/16/des-emmerdes-et-des-jeux/