« L’espérance(vivante), pas l’espoir » : Première épître de Pierre (introduction)

On connaît le vieux dicton « tant qu’il y a de la vie, il y a de l’espoir »…un proverbe qui n’est pas « biblique », mais romain (de Cicéron ou Sénèque).

En effet, la Bible ne parle pas « d’espoir »….mais « d’espérance ».

"Soyons plein d'espérance !"Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Lu sur un forum  philosophique :
« L’espoir est relatif à l’existence humaine quotidienne, matérielle. Il se rapporte à une situation désirable sans que ce que cela soit assuré. Même s’il y a de la confiance dans l’espoir, il y a forcément de l’ignorance à l’égard de l’avenir. Cela s’accompagne d’une attente, mais aussi de la crainte. La crainte d’un mal à venir qui serait la non-réalisation du bien à venir. Il est donc conditionnel et incertain.
L’espérance fait appel au moins à un principe transcendant, qui dépasse notre seul monde. Un incroyant complet ne peut faire l’expérience de l’espérance s’il est complètement incroyant ».

L’espérance, selon la Bible et selon Dieu, n’est pas déterminée par le fait de vivre. Elle repose en Dieu. Elle est « une espérance vivante ».
Cette « espérance vivante » est le thème de cette première épître de Pierre, que je vous propose d’étudier (de façon hebdomadaire)pour commencer un premier cycle, qui se poursuivra avec la Première épître de Jean et l’épître de Paul aux Galates.

Avant de commencer l’ étude de la Première épître de Pierre, familiarisons-nous d’abord avec son auteur, les destinataires de l’épître et les raisons de sa rédaction. Un document d’étude(avec un plan) est proposé ici : Infos de base étude biblique 1 Pierre

L’étude prendra la forme d’une série de questions, auxquelles nous ne donnerons pas de suite la réponse. Libre à vous de poster vos réponses en commentaire, par exemple, ou de nous les envoyer.

A noter que si l’on n’a pas de Bible sous la main, l’épître peut se lire en ligne.

L’AUTEUR

Comment l’auteur de l’épître se présente t-il en 1 Pierre1v1 ?

Que savons-nous de l’apôtre Simon Pierre par l’ensemble du Nouveau Testament ? Voir, notamment, Jean 1 ; Matthieu 14, 16 et 26 ; Marc 1, 5 et 14 ; Actes 3, 10 et Galates 2v1-14.

Quel nom Jésus lui a-t-il donné ? Pourquoi ?

 
DATE ET LIEU

L’un et l’autre sont incertains.

D’où Pierre écrit-il, selon 1 Pie.5v13 ?

Note sur « La Babylone » mentionnée en 5v13 : il est possible qu’il s’agisse de la célèbre ville du bord de l’Euphrate et où se trouvait une importante communauté juive. Beaucoup pensent qu’il s’agissait de Rome, appelée « Babylone » de manière figurative ou « codée ». En tout cas, il semble certain que Pierre n’a pas fondé l’église de Rome, puisque Paul avait pour principe de « ne pas bâtir sur le fondement d’autrui » (Rom.15v20). Ainsi, si Pierre avait fondé Rome, Paul n’y serait pas allé évangéliser.

DESTINATAIRES 

Comment Pierre les appelle-t-il ?(1 Pie 1v1-2a)

Soyons attentifs sur chacun des termes qualifiant les destinataires de l’épître, dans ce passage : que signifient-ils ? Quelles conclusions pourrions-nous en tirer, notamment pour nous personnellement ?

BUTS DE L’EPÎTRE

Elle se découvre en 1 Pierre 5v1-4, 12-14.

Quels commandements particuliers le Seigneur Jésus avait-il donné à Pierre, en Luc 22v32 et en Jean 21v15-17 ?

En écrivant cette épître, Pierre a-t-il fait ce qui lui était demandé ?
Pourquoi étudier cette lettre aujourd’hui ?

Quels sont les trois ou quatre MOTS CLES de l’épître ? (cf notamment 1 Pie.5v10)

 

Bonne étude !

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Les « 10 commandements » de l’interprète de la Parole de Dieu

 

Curieux étudiant par Petr Kratochvil

Curieux étudiant par Petr Kratochvil
La Parole nous parlera si nous la laissons nous parler. Si nous la faisons parler, nous n’entendrons que notre propre voix.

 1) La Bible est la Parole de Dieu et elle est la seule vérité (1 Thes.2v13, Jean 17v17). Tous les hommes que Dieu a utilisés pour des réveils étaient attachés à Christ et à l’Ecriture (2 Chr.34).

2) La prière et la conduite du Saint-Esprit (Jean 16v13)

Le Saint-Esprit nous a été donné pour que nous soyons conduits dans toute la vérité. Nous devons à la fois chercher la pensée de Dieu par la prière et aussi tenir compte de ce qu’il communique par le moyen de nos frères et sœurs en Christ.

3) Nous avons reçu un esprit de « sobre bon sens » (2 Tim.1v7, 1 Cor.10v15) : Recevons simplement ce que le Seigneur nous dit et donnons aux termes employés leur sens courant. Avant de voir des « types », voyons-y la réalité.

4) « Boire directement l’eau vive à la source, plutôt qu’au réservoir ». Aller directement au texte biblique, car Dieu nous a parlé par l’Ecriture et non par des commentaires. Si ceux-ci sont utiles, l’Ecriture est seule Parole de Dieu, et seule inspirée.

5) Etre honnête et vrai (Luc 10v26) : est-ce que nous ne comprenons pas ce que nous lisons, ou est-ce que nous ne voulons tout simplement pas obéir à ce que nous comprenons ?

6) Lire l’explicite avant de chercher l’implicite (Matt.15v2-6)

Des « fondamentaux », dans la Parole de Dieu, tels que l’amour et la justice, et des préceptes simples, tel qu’honorer ses parents. Toute explication allant contre ces principes clairs doit nous être suspecte.

7) Ne pas chercher confirmation de ce que l’on pense ou l’approbation de ce que l’on a déjà décidé de faire (Matt.4v5-7) : La Parole nous parlera si nous la laissons nous parler. Si nous la faisons parler, nous n’entendrons que notre propre voix.

8) La règle des « deux ou trois témoins » (2 Cor.13v1) : il est important de ne pas établir de doctrine sur la base d’un seul verset. Toutes les doctrines importantes peuvent être établies par de nombreux versets et leur contexte.

9) Ne pas confondre l’esprit et la lettre (Jean 6v63, 2 cor.3v6) et l’esprit prime sur la lettre :

« Mettez en pratique la parole, et ne vous bornez pas à l’écouter, en vous trompant vous-mêmes par de faux raisonnements. Car, si quelqu’un écoute la parole et ne la met pas en pratique, il est semblable à un homme qui regarde dans un miroir son visage naturel, et qui, après s’être regardé, s’en va, et oublie aussitôt quel il était. Mais celui qui aura plongé les regards dans la loi parfaite, la loi de la liberté, et qui aura persévéré, n’étant pas un auditeur oublieux, mais se mettant à l’oeuvre, celui-là sera heureux dans son activité ».(Jacq.1v22-25)

Notre attachement à la Parole écrite doit nous amener à produire du fruit dans notre marche pratique quotidienne, sinon il n’est qu’intellectuel, « nous nous séduisons nous-même ».

10) Interpréter les versets « obscurs », difficiles, par des versets plus clairs (2 Pie. 3v16)

Sans oublier le « 11ème commandement » : « Chercher Christ dans les Ecritures », puisqu’elles parlent et témoignent de Lui.

Et commençant par Moïse et par tous les prophètes, il leur expliquait, dans toutes les écritures, les choses qui le regardent(…)Ce sont ici les paroles que je vous disais quand j’étais encore avec vous, qu’il fallait que toutes les choses qui sont écrites de moi dans la loi de Moïse, et dans les prophètes, et dans les psaumes, fussent accomplies.(Luc 24v27, 44)

 

(Inspiré de Pierre Oddon : « Examiner chaque jour les Ecritures ». Séminaire « Boire à la Source »)

Introduction à la première série d’études systématiques de livres de la Bible

Selon Dawson Trotman, le fondateur des « Navigateurs », si l’on veut avoir une bonne prise en main de la Parole de Dieu, la Bible (appelée par ailleurs « l’épée de l’Esprit », cf Eph.6v17), et une compréhension saine, il existe cinq voies privilégiées.

Blé par George Hodan

Blé par George Hodan

Toutes doivent bien fonctionner :
« Entendre »(ou écouter), par exemple lors de prédications.

« Lire » : de façon régulière et systématique chaque livre de la bible d’un bout à l’autre, pour avoir une vue d’ensemble des Ecritures.
Il est possible de le faire en un an. Nous proposerons prochainement plusieurs cycles de lectures.

« Etudier » : soit « le plat de résistance » de celui qui veut scruter ou sonder véritablement la Parole de Dieu(Jacq.1v25).
Cette discipline fait l’objet de cette partie du blogue et c’est particulièrement celle-ci(outre la lecture systématique de la Bible en un an) que nous souhaitons
encourager.

« Mémoriser »

« Méditer » : cette fonction est essentielle, puisqu’elle trouve son application en relation avec les autres activités précédentes. Ainsi, nous lisons et méditons la Bible ; nous étudions et méditions la bible, etc…
Loin de « faire le vide » dans notre esprit, méditer la Parole de Dieu nous permet de comprendre ce que nous lisons, de nous en imprégner et d’en tirer des applications pratiques dans nos vies.

(D’après « Former des disciples » de W. Henrichsen. Ed. Farel, 1995. PP.92-97)

Mais revenons à l’étude de la Bible.

A la base, il y a un groupe d’étude biblique pour hommes de mon église, que nous avions constitué depuis trois ans.
L’idée première qui avait motivé une telle démarche partait du constat que si nous apprenons des uns des autres, nous avons aussi tous besoin d’une base de vérité.

Main, main, main par George Hodan

Main, main, main par George Hodan

Or, le Seigneur Jésus, qui est « la Parole faite chair »(Jean 1v14) a dit que la « Parole(de Dieu) est la vérité »(Jean 17v17).

D’où(mensuellement)une étude systématique et un partage  d’un livre de la Parole de Dieu sur l’année.
La finalité d’une telle activité est de se donner les outils pour s’Equiper, s’Edifier et s’Exhorter à être un homme selon (le cœur de)Dieu, et un « homme fait » (1 Cor.14v20 et Hébr.5v14), à la ressemblance de Christ.

Le Seigneur Jésus Lui-même a par ailleurs rappelé que « les Ecritures rendent témoignage de(Lui) », cf Jean 5v39.

Cette étude est proposée ici, en parallèle de celle menée avec le groupe, avec pour programme un premier cycle de livres :

-la 1ère épître de Jean, l’épître de l’amour et du fondement
-l’épître de Paul aux Galates, l’épître de la grâce
-la 1ère épître de Pierre, l’épître de l’espérance et du sens de l’épreuve

Nous commencerons à éditer, dans les billets suivants, l’étude en cours qui est celle de la première épître de Pierre.

Enfin, en guise de conclusion provisoire à cette introduction, pourquoi lire et étudier ensemble la Bible ?

-Tout simplement, parce que la Bible ne nous a pas été donnée pour augmenter nos connaissances mais pour inspirer notre conduite(cf « Vivre sous la grâce », de Jerry Bridges. Ed. Farel, 1996, p159).
Pour grandir, mûrir : il est important de se constituer des convictions, des certitudes, sur un fondement de vérité
Et parce qu’elle est une réponse aux tentations : on lira à ce sujet dans les évangiles (Matt.4v1-11)avec profit comment le Seigneur Jésus a su répondre aux trois tentations du diable. Grâce à trois citations(provenant toutes du livre du Deutéronome)appropriées à chacune tentation. Ainsi, comme le recommande Jerry Bridges(op. cit., pp153-154), sachons nous-même opposer un verset précis, une parole précise à une tentation précise.

(A suivre)

« Fenêtre » (A lire avant le 20h)

(Piqué dans le journal « La Décroissance », décembre 2012-janvier 2013, numéro 95, p9)

« Y a toujours un crétin pour enrichir les discussions du poncif suivant :

Les médias sont une fenêtre sur le monde.

Les médias : une fenêtre sur le monde...des médias.La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

Les médias : une fenêtre sur le monde…des médias.
La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

Bon, admettons.  Si le principal média, c’est la télé, massivement regardée entre 20h00 et 22h00, alors qu’est-ce qu’on voit par la fenêtre ?

19h57 : consomme ! Du pâté pour chat, une bagnole, des tartinettes, c’que tu veux, mais consommes !(Des tartinettes de pubs)

20h00 : le journal : c’est la crise. Faut faire profil bas, ne pas moufter.

20h02 : un spécialiste explique qu’il va falloir faire des sacrifices-pour pouvoir concurrencer la chine et pour renouer avec la croissance.

20h03 : les riches sont malheureux car on les taxe trop.

20h04. reportage : il y a des pauvres qui trichent avec les Allocs.

20h05 : les bienfaits du gaz de schiste et d’un nouvel aéroport nantais.

Et jusqu’à 20h30 : la guerre. La délinquance, la drogue, l’immigration clandestine et l’Islam rampant dans nos banlieues.

20h31 : consomme !

20h32 : météo(il pleut)

20h33 : consomme !

20h35 : une bande-annonce pour un film avec un tueur psychopathe

20h36 : consomme !

21h00 : des séries. Au choix : des sociopathes séquestrent, violent et tuent à tour de bras. Des terroristes projettent des attentats sanglants et des bimbos des deux sexes, narcissiques et incultes, célèbrent leur soif de pognon et de pouvoir.

Le tout entrelardé de pages de « consomme ! »

On referme la fenêtre sur ce monde hideux. La vie est ailleurs.

Un livre à découvrir : « La joie de craindre Dieu »

Ami lecteur, tu as sans doute remarqué, en fouillant dans les rayons de ta librairie chrétienne favorite, ce livre à la couverture jaune qui est La Joie de craindre Dieu, de Jerry Bridges.

"La joie de craindre Dieu" : le genre de livre qui tente d'attirer l'attention...

« La joie de craindre Dieu » : le genre de livre qui tente d’attirer l’attention…

Il y a bien le mot « joie » dans le titre, mais tu retiens surtout l’expression « craindre Dieu ».

Bigre, te dis-tu alors : voilà donc un titre bien étrange et paradoxal. Quelle joie y aurait-il à craindre Dieu ? Perplexe, tu t’interroges : ne serait-ce pas là un livre légaliste ?
Une discussion avec l’un des responsables de la librairie t’incite à aller plus loin, à savoir lire le résumé de quatrième de couverture.
L’éditeur nous assure qu’il s’agit là « d’un ouvrage d’une grande profondeur, actuel, concret qui touche le cœur. Très utile pour faire le point et progresser dans la foi. Il s’adresse à tous ceux qui ont soif d’une communion plus étroite avec Dieu et de vivre la joie qui en découle ».
A ce stade, il se peut que tu reposes le livre, en te disant que, finalement, il n’est pas pour toi…..
…..A moins que, courageux, tu ne le feuillettes, en commençant, par exemple, par la préface (tu sais, c’est la partie que personne ne lit jamais…).
L’auteur, Jerry Bridges, te prévient d’emblée qu’il ne vit « pas toujours pleinement » la vérité présentée dans ce livre. « C’est ce que je désire, et ce vers quoi je tends, mais je n’ai pas encore atteint le but (….). Ainsi, en lisant cette étude, pensez à moi comme à un compagnon de route en chemin avec vous. Je ne suis pas déjà au sommet, en train de vous exhorter à m’y rejoindre. Au contraire, j’en suis au même point que vous, et nous regardons ensemble vers le sommet de cette montagne appelée crainte de Dieu. Cette ascension est un défi, mais aussi une joyeuse expédition. »

Sans doute rassuré, et l’intérêt éveillé, tu poursuis alors ta lecture. Mais des questions continuent à se bousculer dans ta tête :

« La joie de craindre Dieu ? Comment peut-on aimer avoir peur ?
Etre chrétien signifie avoir une relation personnelle avec Dieu, mais comment peut-on avoir une relation avec quelqu’un que l’on craint ? ».
En réponse à ces objections, Jerry Bridges explique que la Bible dit que « Dieu prend plaisir en ceux qui le craignent et qu’Il les comble de bénédictions.
C’est donc un sujet qui mérite toute notre attention ».
A travers une « parabole » moderne racontant l’évolution des relations entre le marine Butch Mc Gregor et son général, l’auteur s’efforce de donner une juste perception de ce qu’est la crainte de Dieu. Il nous encourage à dépasser
le simple fait d’être « effrayé » (une crainte «  servile ») et à découvrir plusieurs niveaux de cette notion complexe : la peur, le respect, l’admiration, l’émerveillement et l’amour. La véritable crainte de Dieu,
c’est progresser de l’une à l’autre de ces étapes, afin d’approfondir une relation plus vraie et plus intime avec le Seigneur. C’est aussi un mélange de 1)respect ou de vénération, parce que nous reconnaissons
combien Dieu en est digne, 2)d’admiration face à ses nombreuses et glorieuses qualités, et 3)d’émerveillement devant son amour infini -cet amour qui consiste, « non point en ce que nous avons aimé Dieu,
mais en ce qu’il nous a aimés et a envoyé son Fils comme victime expiatoire pour nos péchés ». (1 Jean 4v10).
De fait, la véritable crainte de Dieu aura pour effet de développer en nous l’adoration, l’amour, la louange, mais aussi un profond désir de sainteté (Voir 2 Cor. 7v1). Car plus on apprend à connaître Dieu tel qu’Il est vraiment, plus on l’aime et cherche à l’honorer.

C’est alors que te reviennent en mémoire des exemples d’hommes de la Bible, qui ont eu cette « crainte respectueuse de Dieu », comme Jacob dans Gen.28v16-17, Pierre, dans Luc 5 ou l’apôtre Jean, dans Apocalypse 1v17. Tu te demanderas peut-être si cette crainte de Dieu est réelle dans ta vie ? Si tu la comprends et la pratique bien ? La Joie de craindre Dieu, qui est un rare ouvrage disponible sur la question,  pourra effectivement t’aider à faire le point. Comme le rappelle l’auteur, qui cite John Murray, nous devrions craindre Dieu, car « la crainte de Dieu est l’âme de la piété, l’énergie d’une vie pieuse ». Et « ce sont les saints qui sont dans le pays, les hommes pieux (qui) sont l’objet de toute mon affection », dit l’Eternel (Ps.16v3).

En effet, si le propre de notre société actuelle est son absence de crainte de Dieu, Heb. 12v28-29 nous rappelle que « notre Dieu est un feu dévorant » et que nous lui devons « un culte qui lui soit agréable avec piété et crainte ». Nous aimons parfois voir un Dieu indulgent, et donc à notre image, quelque peu « neutralisé ». Mais « Dieu est-il inoffensif ? (…) Non, Dieu n’est pas inoffensif, mais il est bon, rappelle l’auteur, et nous devons garder ces deux aspects en mémoire si nous désirons comprendre et pratiquer la crainte de l’Eternel. C’est alors que, dans Sa bonté, Il nous conduira vers une authentique crainte de Dieu. »

La joie de craindre Dieu, par Jerry Bridges.  Editions La Maison de la Bible, 2004 (285 p)

« Un verre d’eau fraîche en son nom »

La première mouture de ce billet date du 28/06/09.
A l’époque, une première idée (« une vision » ?) m’était venue de « donner à boire aux gens ».

Aussi simple que d'offrir un verre d'eau en Son nom...

Aussi simple que d’offrir un verre d’eau en Son nom…

Soit de distribuer, sans conditions, des petites bouteilles d’eau non étiquetées aux passants du quartier défavorisé de mon église, lors d’un été chaud.

A l’époque, les passages bibliques qui avaient inspiré une telle idée étaient : Esaïe 55v1, et (surtout) Matt.10v8b-« vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement »-ou même Jean 7v37(« si quelqu’un a soif, qu’il vienne à moi et qu’il boive »).

Parler n’était pas le plus important, mais seulement en cas de questions au sujet des motifs de cette distribution : « faire du bien », « bénir de la part de Dieu », en donnant simplement de l’eau.

Apprendre ainsi à donner sans condition, et à aimer les gens, c’est « affirmer l’évangile ».

Au moment que je réécris ces lignes, le passage d’un livre(« Le Christianisme en bleu de travail » de Richard Exley-Edition Vida, 1994)me revient en mémoire : « on demanda un jour à Saint-Augustin à quoi ressemble l’amour ? Il répondit :
Il a des mains pour aider les autres.
Il a des pieds pour se hâter vers les pauvres et les nécessiteux.
Il a des yeux pour voir la misère et le besoin.
Il a des oreilles pour entendre les soupirs et le chagrin des hommes[je rajouterai : « et pour entendre le cri de ceux qui ploient sous le joug », cf Exode 2v23-25]
Voilà ce à quoi ressemble l’amour.

Jean le bien-aimé l’exprima en ces termes :
 (Jésus-Christ) a donné sa vie pour nous. Nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères. Si quelqu’un possède les biens du monde, qu’il voie son frère dans le besoin et qu’il lui ferme son cœur, comment l’amour de Dieu demeurera-t-il en lui ? Petits enfants, n’aimons pas en parole ni avec la langue, mais en action et en vérité(1 Jean 3v16-18). »

[« Le Christianisme en bleu de travail », p15]

Quelques pages en arrière, Richard Exley relève que pour des paroissiens d’une petite église des Appalaches, « dans son essence, le christianisme ne consiste pas en sermons ou en chants, mais en bonté-un verre d’eau fraîche en son nom(…). Parfois, à l’heure de la tragédie, cela signifie apporter du réconfort, ou des encouragements à une famille dans la tourmente. Dans d’autres circonstances, nous contribuons à célèbrer un quarantième ou un vingt-cinquième anniversaire de mariage. Faire simplement ce que nous pouvons pour que notre lumière brille. Dans certains endroits, cela s’appelle l’église. Moi, je l’appelle le christianisme en bleu de travail. »(op cit. p9)
…..

« Notre regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé » : introduction de la série thématique

Il est parfois rassurant d’avoir une vision binaire, pour ne pas dire « simple » des choses et des gens. Et notre regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé, est particulièrement révélateur à cet égard :

"3 singes modernes"

Voici ce que seraient, de nos jours, les fameux « trois petits singes » : « je ne vois rien, trop ébloui par le tape-à-l’oeil ; je n’entends rien, les oreilles rassasiées de trop d’infos ; et je ne dis rien, trop occupé à consommer ! »

 

Leur présence parmi nous questionne et dérange souvent, dans des contextes d’abondance, des situations de tentations de repli(identitaire)sur soi et face à une logique de « rétribution »(« bénédiction » ou « malédiction » selon nos actions). Car enfin, n’auraient-ils pas « tort »(dans le sens de « responsables ») d’être ce qu’ils sont ?

Quel est notre regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé ? Et surtout, d’où vient ce regard ?

Jadis, selon Lévitique 18-20, le peuple d’Israël était exhorté à régler sa conduite et ses œuvres sur la révélation (et le fait) que l’Eternel était leur Dieu.
Le nom de l’Eternel (et donc ce qu’Il est)était impliqué dans leur caractère et leur manière de vivre. Et non la comparaison d’un homme (ou d’un groupe, d’une idéologie…) avec un autre. Dieu est Dieu et non pas un homme, cf Osée 11v9.

Dieu (et Sa Parole) détermine ce qui est bien ou mal, et non le contraire. Cela était vrai hier, à l’époque de l’Ancien et du Nouveau Testament. Cela est toujours vrai aujourd’hui.
Et parce que Dieu ne change pas, il est plus que jamais nécessaire de « plonger »(ou de « replonger »)nos regards dans notre Bible, la Parole de Dieu, pour découvrir ou redécouvrir qui est Dieu et quelle est Sa pensée, notamment concernant Son regard sur le pauvre, l’étranger et l’éprouvé.

Puisse cette modeste série d’études thématiques (notre première proposée ici-trois parties prévues) nous aider.

Bonne lecture et bonne étude !

N’hésitez pas à poster vos questions, réactions et commentaires à la suite du présent article et des suivants.

Notre regard sur le mariage : «contrat» ou «alliance» ?

"Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

« Le mariage, un contrat ? Plutôt une alliance.
Anneaux de mariage par Petr Kratochvil

Créé en 1941 dans la résistance par le père jésuite Pierre Chaillet, « Témoignage Chrétien » (se veut)un magazine d’inspiration chrétienne ouvert à toutes celles et ceux qui, croyants ou non, comptent – entre autres – sur les forces de l’esprit pour résister à une société de pure consommation. http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/70-ans-de-resistance/Default-14-3204.xhtml

Familier de cette publication-que je lis depuis 2007-j’apprécie sa façon de rappeler que Dieu est « le Dieu de la veuve, de l’orphelin, du pauvre et de l’étranger », ainsi que ses prises de position concernant la bioéthique.

Pourtant, à la lecture de leur tribune publiée sur leur site et intitulée : « Mariage pour tous, un progrès humain », « Déclaration de Témoignage chrétien à propos de la Loi sur le mariage pour tous et à l’occasion des manifestations du 16 décembre 2012 et du 13 janvier 2013 » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Divers/Mariage-pour-tous-un-progres-humain/Default-56-4260.xhtml?vosreactions=pos#derniere_reaction ), quelque chose ne colle pas et ne me paraît pas tourner rond.
Habituellement capable d’analyse et de recul nécessaire dans son traitement de l’actualité et sur d’autres sujets, TC paraît ici singulièrement sur la défensive sur le sujet du « mariage pour tous ».

En porte à faux avec l’église catholique, d’autres médias chrétiens catholiques (La Croix…) ou de personnalités proches des milieux « chrétiens de gauche » (Ex : http://www.lemonde.fr/idees/article/2013/01/09/chretien-et-progressiste-j-irai-manifester-contre-le-mariage-pour-tous_1814532_3232.html ; http://plunkett.hautetfort.com/archive/2013/01/14/ce-qui-va-naitre-du-13-janvier-2013.html#more ; http://chretiensdegauche.com/2012/11/20/834-electeurs-de-gauche-invitent-le-gouvernement-a-ouvrir-un-dialogue-approfondi-sur-le-mariage-pour-tous/#more-571 , http://www.chretiensdegauche.eu/ ….), le journal témoigne par ailleurs, dans sa défense du projet de loi du gouvernement, d’une certaine faiblesse dans l’argumentation, ainsi que d’une vision unilatérale et partisane. Etonnant pour une publication qui revendique pourtant « une voix critique mais constructive, engagée mais sans dogmatisme… » (http://www.temoignagechretien.fr/ARTICLES/Qui-sommes-nous-?/Notre-offre-dactualite/Default-14-3200.xhtml ).
A l’inverse, un « Réforme » a su offrir à ses lecteurs une pluralité de points de vue sur le « mariage pour tous » (http://www.reforme.net/une/societe/contre-mariage-protestants-mobilisent ).

Pour ma part, j’estime que la meilleure réponse à ce que l’on présente comme un « progrès humain » reste la défense et le respect du mariage (contre la banalisation du divorce), tel qu’il a été conçu « dès le commencement ». Et c’est bien notre regard sur le mariage(comme sur la vie)qui change tout.
De fait, parce que TC déclare ne pas croire « que le mariage pour tous dissoudra la société », et parce qu’il se persuade que « le divorce n’a pas fait disparaître le mariage », considérant « le projet de loi actuel » comme « une avancée réelle », je me suis décidé à répondre ce qui suit sur le site même du magazine. Voici quelques extraits :

Cher TC (…) à l’instar de nombreux lecteurs, je vous témoigne ici mon étonnement et mon désaccord face à votre « Déclaration ». D’abord, face à une absence totale de débat sérieux sur ce sujet au sein de TC, d’autant plus que ledit sujet ne fait pas l’unanimité parmi les personnes notamment dites de gauche (chrétiennes ou non). On se serait attendu à lire régulièrement dans vos colonnes les prises de position de personnalités opposées au projet de loi sur « le mariage pour tous », et que l’on ne saurait taxer « d’homophobes » (qualificatif disqualifiant, par ailleurs bien commode pour imposer le silence).
Malheureusement, je constate avec tristesse et incompréhension, une absence flagrante de tribunes « contradictoires » sur TC. J’espère que cet « oubli » sera bientôt réparé dans la prochaine nouvelle mouture du journal. Étonnement, enfin, face aux arguments de votre manifeste et particulièrement votre conception du mariage qui me paraît contradictoire avec vos combats habituels.

Ainsi, vous considérez le mariage comme « un contrat (…)qui peut légalement se rompre, ou se renouveler ». Une déclaration qui m’a surpris pour son argumentaire paradoxalement très libéral, car en porte à faux avec ce que je crois avoir compris de l’esprit et du fondement de votre journal. Or, c’est de la conception du mariage que découle tout le reste. En comparaison, il est intéressant de relever que dans le numéro 86 de février 2012 de « La Décroissance », Raoul Anvélaut écrivait notamment ce qui suit, dans un article consacré au Pacs : « Qu’est-ce que le mariage ? C’est un engagement devant des communautés (familiale, nationale, universelle) dont doit découler, par exemple, le soutien à son ou sa conjoint-e, et ce, quoi qu’il lui arrive. C’est un acte purement symbolique, qui ne pourra jamais rentrer dans une logique comptable. (….)le Pacs est parfaitement en phase avec son époque. Toute la dimension d’engagement du mariage est vidée au profit d’un simple « contrat », parfait produit de la logique marchande. L’autre n’est alors plus qu’une marchandise, comme une machine à laver le linge ou une automobile. Quand il ne fonctionne plus, ou simplement qu’il ne me plaît plus, je peux rompre le contrat et le changer contre un nouveau produit…. » Un écho à Erri De Luca, qui, dans sa relecture des « Dix Paroles », relève que « Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ». (Et il dit, p. 79-80) Et c’est en toute logique que Raoul Anvélaut conclue en jugeant que l’ « on ne peut s’effrayer devant la destruction de la nature et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales du même système qui les engendre… »

De même, pour paraphraser ce dernier, je dirai que l’on ne peut s’effrayer(ou s’indigner), du « désordre anthropologique(effectivement réel) d’une société dont les formes de consommation, de production et de partage sont si peu respectueuses de la personne humaine et de sa dignité » et rester simultanément aveugle aux conséquences sociales (également bien réelles) d’un mariage vidé de son sens(en jugeant à tort cette inquiétude « abstraite »-et ce n’est pas une simple question de mot ou de vocabulaire)

A l’inverse des positions de votre tribune relatives au mariage, quelles sont celles du Seigneur Jésus-Christ (dont votre journal porte fièrement le nom) ? Celui-ci nous invite à revenir « au commencement »(cf Matt.19). Et « au commencement », déclare Jésus, « le créateur fit l’homme et la femme »(v4) Adam une fois créé, Dieu constata « qu’il n’était pas bon que l’homme soit seul »(Gen.2v18)….Adam donna des noms aux animaux, mais sans trouver de « vis à vis »(Gen.2v20). Aussi Dieu décida-t-il de lui former une aide, un « vis-à-vis », à partir d’une de ses côtes. Après que l’homme eut reconnu sa femme comme « étant os de ses os et chair de sa chair », Dieu déclara : « C’est pourquoi l’homme quittera son père et sa mère, et s’attachera à sa femme, et ils deviendront une seule chair » (Gen. 2v24)

Le mariage, « un contrat » ? Plutôt une alliance. Une création de Dieu qui unit un homme et une femme ayant décidé un plan de vie commun. Je vous remercie par avance, dans votre belle et noble ambition de « témoigner chrétien » et donc de « témoigner Christ », de donner plus de place et tout son sens au mariage, tel qu’il a été conçu « au commencement ». Ce ne sera que pure cohérence avec votre combat, et de nature à lui donner encore plus de poids.

Affaire à suivre…

« Il est convenable de faire ce qui est juste »

« Cherchez d’abord le royaume de Dieu et sa justice, et toutes choses vous seront données par-dessus. »(Matt.6v33)

« Celui qui s’élève sera abaissé et celui qui s’abaisse sera élevé »(Luc 14v11)

Lecture :

« Alors Jésus vint de la Galilée au Jourdain vers Jean, pour être baptisé par lui.
Mais Jean s’y opposait, en disant : C’est moi qui ai besoin d’être baptisé par toi, et tu viens à moi !
Jésus lui répondit : Laisse faire maintenant, car il est convenable que nous accomplissions ainsi tout ce qui est juste. Et Jean ne lui résista plus.
Dès que Jésus eut été baptisé, il sortit de l’eau. Et voici, les cieux s’ouvrirent, et il vit l’Esprit de Dieu descendre comme une colombe et venir sur lui.
Et voici, une voix fit entendre des cieux ces paroles : Celui-ci est mon Fils bien-aimé, en qui j’ai mis toute mon affection ».
(Matt.3v13-17)

Pourquoi cette approbation du Père sur Jésus, lors de son baptême ?

« Il est convenable de faire ce qui est juste », a dit le Seigneur(v15)

Et qu’est-ce qui est juste ?

Obéir à Dieu, accomplir Sa volonté, vivre conformément à la volonté de Dieu(c’est à dire « selon sa justice »), vivre conformément à ce qui est juste selon Dieu.
Vivre pour plaire à Dieu.

Avec la promesse qu' »heureux ceux qui ont soif de justice(ou « Heureux ceux qui ont faim et soif de vivre comme Dieu le demande »), car ils seront rassasiés. »(Matt.5v6)

C’est aussi confesser publiquement(en paroles, en actes) le Seigneur Jésus.

Avec la promesse que « Quiconque donc (le) confessera devant les hommes, (lui) aussi (nous confessera) devant (son) Père qui est dans les cieux. »(Matt.10v33)

Et Jésus a vécu en accomplissant la volonté du Père :
« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne mettrai pas dehors celui qui vient à moi ;
car je suis descendu du ciel pour faire, non ma volonté, mais la volonté de celui qui m’a envoyé.
Or, la volonté de celui qui m’a envoyé, c’est que je ne perde rien de tout ce qu’il m’a donné, mais que je le ressuscite au dernier jour.
La volonté de mon Père, c’est que quiconque voit le Fils et croit en lui ait la vie éternelle ; et je le ressusciterai au dernier jour ».(Jean 6v37-40)

Lui-même peut déclarer et promettre que si « Quiconque boit de cette eau-ci aura de nouveau soif(…)celui qui boira de l’eau que je lui donnerai, moi, n’aura plus soif à jamais;
mais l’eau que je lui donnerai, sera en lui une fontaine d’eau jaillissant en vie éternelle »(Jean 4v14-15).

J’ai soif de ta justice, Seigneur !

« Deux jambes ou un bout d’oreille… » : des restes dérisoires ?

Je ne crois pas aux coïncidences.

Ce matin, un verset du livre du prophète Amos me revient subitement en mémoire :
« Ainsi dit l’Éternel: Comme le berger sauve de la gueule du lion
deux jambes ou un bout d’oreille, ainsi seront sauvés les fils d’Israël… »(Amos 3v12)

agneau-belantLa dernière fois que j’ai lu ce passage, c’était il y a environ deux mois(Le 30/10/12 pour être exact): il était cité dans deux livres lus le même jour, à quelques heures d’intervalle :
« A qui est cet enfant? » de Bill Wilson, engagé dans un ministère d’évangélisation parmi les enfants des banlieues défavorisées de New York(PP 183-184) et « Première heure » d’Erri de Luca, écrivain italien, dont on reparlera encore une autre fois(PP 9-10).

Le premier, qui se questionne sur ce que signifie « un coeur de berger », commente cette illustration d’un lion, d’un agneau et d’un berger contenue dans Amos 3v12. « Un agneau se fait prendre dans la mâchoire d’un agneau, mais on ne sait pas pourquoi il s’est fait attraper…on nous dit seulement qu’il est pris(…)L’agneau est pris dans la gueule du lion. Le berger arrive et se trouve confronté à deux choix. Dans ce cas-ci, il agit(…)Le berger accourt et essaie de retirer l’agneau des mâchoires du lion. Il s’y efforce tellement qu’il finit par arracher la patte de l’agneau… », puis « une autre patte », même si l’agneau est en train de mourir. Et « dans un ultime effort », même si son geste paraît désespéré et au risque de voir le lion se retourner contre lui*, « il attrape et déchire un morceau d’oreille de l’agneau.
Deux jambes et un bout d’oreille-pourquoi ? »

Bill Wilson n’a peut-être « que deux pattes et un morceau d’oreille ». Son engagement pour sortir des enfants défavorisés de leurs misères morales, sociales et spirituelles peut paraître « dérisoire ». Néanmoins, il reste persuadé que nous savons pourquoi l ne baisse pas les bras.

(* une autre histoire de berger ne craignant pas pour sa vie peut se lire dans l’évangile selon Jean 10v11-15, 17-18)

Cette histoire de morceaux de jambes ou d’oreille arrachés à la gueule d’un lion a beaucoup réconforté Erri de Luca, comme lui-même l’explique dans la préface de son livre, « Première heure » : « tout au long de (ses)années de vie d’ouvrier », celui qui est maintenant un écrivain feuilletait « les Saintes Ecritures et leur hébreu ancien une heure avant de partir au travail. Il (lui)semblait ainsi saisir un peu de chaque jour nouveau avant qu’il ne soit dérobé par la fatigue(…)Encore maintenant, alors (qu’il)n’exerce plus ce métier, (ll a)gardé cette habitude et cet horaire. »

Pour Erri de Luca, cette « heure prise au reste de la journée est le bout d’oreille, la patte (qu’il a) retirée au gaspillage inexorable, grand dévorateur du temps accordé ».

« Un bout d’oreille, deux jambes »…des morceaux qui peuvent paraître dérisoires, mais quels morceaux !
« Un bout d’oreille » pour écouter Dieu dès le matin, à travers la Bible, Parole de Dieu ; et « deux jambes », pour « marcher », mettre en pratique ce que l’on aura reçu et compris de la Parole du jour.

Ainsi, écouter sans avoir la volonté d’appliquer est perte de temps et vain(l’inverse est aussi vrai).

« Qui es-tu Seigneur ? » et « que veux-tu que je fasse », demandait Paul à Jésus, sur le chemin de Damas(Actes 9v5-6).
Si l’on ne se pose pas la deuxième question, il est inutile de se poser la première.

Bonne journée à vous !