« Kohélet 11v1 » ou quand le sang versé donne le sens d’un verset

« Jette ton pain – et pas ton poing – sur le visage des eaux et tu le retrouveras…. » : quand le sens d’un verset biblique peut venir d’un choc !

Voici une étonnante expérience d’exégèse(1), vécue et racontée par l’écrivain napolitain Erri de Luca, lequel, à l’époque où il était ouvrier maçon, lisait dans l’original « une page tous les matins entre cinq heures trente et six heures trente », heure à laquelle il sortait pour commencer sa journée de travail. Chose remarquable : il garde encore aujourd’hui cette habitude et ce même horaire, alors qu’il n’est plus maçon.

« Pendant ce temps paisible où la plupart des gens sont silencieux, je cherche à approfondir un verset auquel je me suis attaché », raconte-t-il. « A travers sa langue mère, il m’arrive de trouver d’autres sens possibles, confrontant ma lecture avec les autres traductions.

Un matin, je m’étais arrêté au chapitre 11 du livre que nous appelons Ecclésiaste » et que les Juifs appellent  « kohélet ». J’en lisais le premier verset : jette ton pain sur le visage des eaux, car après bien des jours tu le retrouveras. C’est la splendide invitation à se priver du nécessaire, le pain justement, pour accomplir une offrande. Même si la jeter dans les eaux est un pur gaspillage, cela relève malgré tout d’un échange total avec la création et avec les autres, un échange réglé par une générosité céleste, voire absurde. Un acte de pure offrande est tôt ou tard dédommagé : jette donc ton pain sur le visage des eaux.

Pourtant, la traduction de la deuxième moitié du verset ne me convainquait pas : après bien des jours tu le retrouveras. Il me paraissait pauvrement symétrique, un retour de courrier, cet intervalle de jours après lesquels la parabole de l’offrande, comme celle du boomerang, serait revenue tout entière dans les mains du lanceur. L’échange entre l’offrande et son retour était-il vraiment aussi mécanique ? Je n’avais plus le temps d’y penser, l’heure s’était écoulée, la lumière pâle des vitres avertissait de l’arrivée du jour. Je sortis donc, je partis travailler oubliant le beau verset du réveil.

(…) Sur le chantier, je prends mon rythme intérieur, j’exécute en mesure le travail avec le marteau, la pelle ou la truelle. Je me répète intérieurement ou à voix basse un refrain que j’ai trouvé dans la Bible et que chantaient les maçons quand ils reconstruisaient les défenses de Jérusalem :

Cashal coah hassabbal

Veafar arbè

Veanacnu lo nucal

Livnot bahoma

Ce qui veut dire : « la force manque au manœuvre, et la poussière est grande, et nous ne pourrons pas construire le mur ». Cette rengaine m’aide à garder un rythme, à travailler en mesure(…).

Le jour du verset 11v1 de Kohélet, je ne répétais pas l’habituelle cantilène, parce que je réfléchissais au sens des mots du matin, le pain jeté qui ensuite revenait. Ce fut une erreur : en échange de cette distraction, un coup de marteau rata le ciseau et arracha un bout de chair de ma main, faisant sortir plus de sang que nécessaire(…). Le sang coula sur les gravats et j’en fis gicler autour de moi en secouant la main. « Jette ton pain sur le visage des eaux », le verset du matin me revint à l’esprit comme une plaisante réplique, tandis que j’agitais la main en répandant mon pain-sang sur le visage des eaux-gravats. Cette petite facétie chassa le problème du coup reçu d’une bouffée de sourire. (…)Ma main endolorie me renvoyait encore au verset du matin : « après bien des jours tu le retrouveras ». Je continuais la plaisanterie avec moi-même : la blessure allait me gêner pendant bien des jours et non pas après bien des jours, pendant bien des jours et non pas après bien des jours. Je me le répétai deux, trois fois et soudain je compris : le verset de Kohélet devait être traduit autrement : « envoie ton pain sur le visage des eaux, car dans bien des jours tu le retrouveras ». Oui, tu retrouveras cette singulière offrande spontanée, insensée, tu la retrouveras la recevant en échange de nombreuses fois, dans bien des jours. Elle ne te sera pas restituée selon une simple symétrie, selon le raisonnable postulat de la physique par lequel à chaque action correspond une action égale et contraire, elle ne te sera pas rendue comme un prêt ou un remboursement, mais tu la retrouveras multipliée au fil des jours. Car la grâce ajoute du sien et largement, pour récompenser celui qui offre son propre pain au courant. Au généreux, elle rend avec excès. Kohélet a su qu’une loi mystérieuse de Dieu ressemble à celle de la nature selon laquelle la semence jetée par le paysan sur la surface de la terre revient, dans le temps, démesurément grandie sous forme de plante, d’arbre, de récolte.

Arrivé chez moi, je cherchai dans une justification grammaticale en interrogeant l’hébreu dans le vieux livre et je la trouvai, elle était là, à la surface des lettres. Le verset m’en offrait la confirmation, il employait la préposition « dans », qui avait été traduite librement par « après ». (….)  Je ne dois pas taire mon bonheur de ce jour-là. J’avais amendé pour mon compte et ma consommation la traduction d’un petit verset de l’histoire sacrée infinie et cela s’était passé avec le concours indispensable du corps, du fer, de la chair et d’une grimace de douleur. Je me surpris à penser que la vérité pouvait venir d’un choc, apparaître en même temps que le sang. »

 

Note :

(1)De Luca, Erri. Kohélet 11v1 IN Comme une langue au palais. Arcades/Gallimard, 2006, pp  77-82.

« En marche », au crible de la Bible…

Choisir de traduire « en marche » pour les béatitudes pose un problème théologique….

Une question insolite, justifiée par l’actualité, a été posée sur le site « 1001 questions » : « La politique nous incite à relire les béatitudes(1) avec le choix d’André Chouraqui [dans sa traduction de la Bible] : « En Marche ! ». Qu’en penser ?

La réponse donnée à l’internaute nous invite à en « rester au texte », tout « en nous réjouissant que l’actualité nous incite à lire la Bible. Pour comprendre le terme que Jésus a utilisé, on peut s’appuyer sur la version grecque des Septante », laquelle « traduit toujours par l’équivalent grec « makarios », heureux, un mot formé sur l’une des deux racines hébraïques « ’ashar ». Le nom à l’état construit pluriel « ’asherei » en hébreu ne signifie pas « en marche » (aucune préposition « be » ou « le »), mais littéralement « bonheurs de ». C’est l’adjectif « makarioi » (pluriel) qu’on lit dans les béatitudes. Le projet d’André Chouraqui était un projet très libre, en particulier par rapport à l’exactitude linguistique, bien qu’il ait été par ailleurs capable de trouvailles géniales.

Choisir de traduire par « en marche » pour les béatitudes pose un problème théologique, car cela transforme la promesse du Christ – qui seul peut dire les béatitudes, et seulement à ses disciples – en une sorte de do it yourself ……

La suite ici.

 

 

Note :

(1) A lire, dans l’Evangile selon Matthieu, ch.5v1-11.

 

La « Table du Seigneur » : « un bouleversement de l’ordre social » d’après Wilfred Monod

« Faites ceci en mémoire de moi », dit Jésus : Un des rares gestes que le Seigneur nous a explicitement demandé de reproduire.

« Quel rêveur, quel réformateur, quel anarchiste a jamais proposé d’inviter le patron et le manœuvre au même repas, pour les faire boire à la même coupe ? Et pourtant, la sainte cène opère ce miracle ; l’éboueur y porte la coupe à ses lèvres et la passe au député, qui boit après lui…(1)

Dans la simplicité de cet acte sans phrase, il y a quelque chose de surnaturel, et qui nous dépasse au point de nous troubler étrangement. L’Évangile y apparaît comme l’énergie égalitaire par excellence. Jusque là, seule la mort pouvait prétendre nous rendre tous égaux face à elle. Toutefois, la mort crée, brutalement, une égalité involontaire entre les personnes, tandis que l’Évangile suscite, harmonieusement, une égalité des vivants consciente et volontaire.
Cette communion que nous célébrons tous autour de cette table est un bouleversement de l’ordre social, un ferment de réformes sans limites, une image de l’humanité future, le germe de la “nouvelle terre où la justice habitera”.
Ce pain a une histoire. […]
Pour faire la bouchée de pain qui nous est offerte à la table sainte, il a fallu presque un an d’efforts et de collaboration obstinée avec la pluie et avec les rayons du soleil, et tout le travail des hommes, du grainetier à l’agriculteur, du semeur au moissonneur, du transporteur au distributeur, du grossiste au meunier, du meunier au boulanger, du boulanger à cette table.
Ce pain est la nourriture la plus noble qui existe ; c’est le sacrement de la communion avec la nature généreuse et c’est le sacrement de la solidarité humaine, solidarité avec l’humanité au travail, qui a permis que cette nourriture soit sur cette table. Mais ce pain est aussi le symbole d’une inégalité meurtrière. Qui possède le pain, est maître de celui qui ne le possède pas. Un pain, entre nos doigts, est un attribut de pouvoir ; il nous octroie la puissance de dicter nos conditions à un affamé. Si un petit morceau de ce pain tombait sur la place centrale d’un village du Soudan, on verrait des créatures déshumanisées se ruer avec frénésie vers ce trésor, et se piétiner sans merci dans la poussière.
Le morceau de pain est au centre du monde ; le jour où toute l’humanité sera pleinement assurée d’en manger, marquera l’avènement du genre humain à la dignité humaine ; c’est alors qu’il se dégagera, définitivement, de l’animalité.
Ce pain et cette coupe sont au centre du monde pour nous ce matin, comme pour beaucoup de chrétiens qui célèbrent ce même repas en ce même jour : par le fruit de la vigne, par les épis de blé et le travail des hommes, nous nous souvenons de Jésus-Christ, qui s’est présenté à nous comme le Pain vivant, et comme la vigne.
Il a vécu parmi nous, mais nous ne l’avons pas accueilli. Il a été trahi et mené jusqu’à l’abîme de la mort. Le soir, avant d’être livré, il a pris du pain, et, après avoir rendu grâces, l’a donné à ses disciples en disant : “Ceci est mon corps, livré pour vous”. De même, à la fin du repas, il a pris la coupe, et, après avoir rendu grâces, il la leur a donnée et a dit : “Ceci est mon sang, le sang de l’Alliance nouvelle et éternelle, qui est répandu pour beaucoup, pour la rémission des péchés. Faites ceci en mémoire de moi toutes les fois que vous en boirez.”
Le Seigneur Jésus-Christ, le lendemain, a été livré, il a été élevé sur la croix. Il est mort. Le Pain vivant a été foulé au pied, et c’est un outrage pour l’humanité entière, l’humanité sous-alimentée, affamée et assoiffée.
Il est mort, mais Dieu l’a rendu à la vie. De même, Dieu nous conduit, à sa suite, de la mort vers la vie, dans l’attente de son Royaume« .

Texte utilisé pour la célébration de la cène, adapté d’extraits de l’ouvrage de Wilfred Monod (1867-1943, pasteur et théologien réformé français) sur la célébration de la Cène, et « piqué » sur blog.vraiment.net

 

 

Notes :

(1)Aujourd’hui, dans certaines églises, chacun a son godet et l’on prie « en petits groupes », pas automatiquement « mixtes » – le député ne se retrouvant pas forcément avec l’éboueur….

Quand le Seigneur reviendra sur la Terre, trouvera-t-il encore des « pasteurs » ?

L’Église d’aujourd’hui a besoin de « vrais pasteurs », c’est-à-dire de personnes disponibles pour veiller, accompagner et soigner ceux que le Seigneur, « le Souverain Berger » leur a confié. Source : Rawpixel

Les églises d’aujourd’hui ne manquent pas de « ministères » !

En effet, il existe des ministères « de louange », centrés sur l’adoration ; des ministères dits « diaconaux », qui prennent soin des gens sur le plan matériel ; et il y a des ministères de « relation d’aide », très marqués par la vision du monde de la psychologie, parfois plus que par l’anthropologie biblique, et travaillant la plupart du temps hors des églises locales et communautés réelles, alors que c’est au cœur des relations que l’on guérit ses relations.

Mais ce qui semble être un atout cache une réalité plus problématique : si les églises ne manquent pas de ministères, on n’y trouve presque plus de « pasteurs » ou de « bergers » au sens biblique du terme, C’est-à-dire des personnes qui, sans être forcément des « clercs », passent l’essentiel de leur temps à prendre soin et à accompagner. Le verbe « accompagner » signifie « partager son pain avec » [ce qui a aussi donné « copain »] et tout accompagnement dit « pastoral » est avant tout « fraternel », de fait enraciné dans la vie communautaire. Quand je suis accompagné spirituellement ou que j’accompagne quelqu’un d’autre, je fais route avec lui jusqu’au partage du pain (de la Cène) qui révèle Christ ressuscité, comme l’illustre la scène( !) des pèlerins d’Emmaüs en Luc 24v28-35.

Or, dans certaines églises protestantes « historiques » et protestantes évangéliques, ceux que l’on appelle « pasteurs » sont en réalité des « docteurs » ou des enseignants : ils ont « BAC +++ », connaissent la philosophie antique et moderne, ainsi que l’hébreu et le grec anciens. Dans les églises évangéliques, les « pasteurs » sont en réalité des « évangélistes », avec parfois un charisme de guérison, appelant tous les dimanches à la conversion. Certains sont des « apôtres », préoccupés par le nombre d’implantations d’églises. D’autres encore sont des « prophètes », exhortant le troupeau à ne plus être perdu, alors que leur rôle serait justement de les faire paître.

L’Église d’aujourd’hui ne manque pas de « ministères » mais a grand besoin de « vrais pasteurs », c’est-à-dire de personnes disponibles pour veiller, accompagner et soigner ceux que le Seigneur, « le Souverain Berger »(Hébr.13v20) leur a confié.

Quelle serait alors « la fiche de poste » pour un « vrai pasteur » ? A ce sujet, la Bible, Ancien et Nouveau Testaments, peut nous éclairer.

Il est premièrement celui sur qui l’on peut compter. Il n’est pas le propriétaire du troupeau mais celui qui rend compte de chacune des brebis qu’on lui a confié – et qu’il ne choisit pas (1 Pie.5v2)- parfois au péril de sa vie (Jean 10v11)

Voici, en guise d’illustration, une scène saisissante en Amos 3v12 : le berger est celui qui ose lutter avec le lion qui a sauté sur son troupeau, pour lui arracher « deux pattes » et « un bout d’oreille » de la brebis attrapée. Il doit rapporter les restes de l’animal et du combat au propriétaire du troupeau, pour montrer que la brebis a été perdue malgré lui, dans un guet-apens et non pas égarée par sa faute.

Et si des brebis distraites se sont égarées « un jour de nuages et de brouillard » (Ez.34v12), il se doit de partir à leur recherche, jusqu’à ce qu’il les trouve, obéissant à l’appel de Dieu(cf Luc 15v4)   . Aucune ne doit manquer à l’appel.  Il est celui qui  compte et recompte les brebis, « les connaissant toutes par leur nom » (Jean 10v3), et qui les accompagne dans toutes les saisons de la vie, de leur naissance à leur mort.

Il est intéressant de noter qu’il est demandé au berger du troupeau de se préoccuper du nombre confié. Non pour l’augmenter- Ce sera le travail du « pécheur d’hommes »(Marc 1v17) – mais pour veiller à sa croissance, avant tout qualitative. Et ce, à l’instar de Dieu, qui se concentre sur un seul peuple, qu’Il a « choisi », « élu », « mis à part », et qu’Il appelle à être « saint », parce que Lui est « Saint » (Lévit.11v44).

Enfin, le berger n’est pas celui qui « envoie paître » mais celui qui « sort devant » le troupeau (Jean 10v4) et le fait aller là où il va et s’arrêter là où il s’arrête : « les verts pâturages » (Ps.23v2-3), propre à nourrir les brebis. Ce qui implique que le berger sache où il va, lire et suivre les instructions du ciel.

 

 

Sources/inspi :

Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed. Première partie, 2010, pp 175-176

De Luca, Erri. Le métier d’Abel IN Comme une langue au palais. Arcades/Gallimard, 2006, pp 9-27.

Voir aussi :

Marshall/Payne. L’essentiel dans l’Eglise : apprendre de la vigne et de son treillis. IBG/Clé, 2014 (pour redécouvrir ce qu’est le « sacerdoce universel, selon Eph.4v1-16)

Baxter, Richard. Le pasteur chrétien. Impact héritage, 2017 (ou la version électronique gratuite)

Kallemeyn, Harold. La visite pastorale IN La Revue réformée, N° 228 – 2004/3 – JUIN 2004 – TOME LV. L’auteur se propose d’étudier quelques fondements bibliques de la visite pastorale à partir des chapitres 2 et 3 de la Genèse. Dans cette présentation, un sens assez large est donné au mot « pastoral » pour inclure la tâche des anciens, des diacres et des aumôniers qui, avec le « pasteur titulaire », sont appelés à rendre visite au nom du Christ.

 

Des films à voir avec son père, pour sa fête

Le 18 juin : « un appel » pour les pères, « appelés » à être des pères, tout simplement !

La fête des pères aura lieu le 18 juin, cette année.

Ces derniers entendront-ils leur « appel » personnel ?

 

Au-delà du jeu de mot facile, l’occasion est là pour offrir à son père, non pas une énième cravate ou un briquet, mais de voir ou revoir ensemble un film original susceptible d’interpeller et de faire parler.

Voici donc des films, la plupart déjà chroniqués sur « Pep’s café », où il est question de pères appelés « à se lever » et à « s’exposer » pour 1)« revenir », afin de retrouver celui que l’on a soi-même abandonné, le croyant perdu ou 2)« (re)devenir » une source d’inspiration :

« Courageous ». Avec sa fameuse « résolution »…..à faire signer à des pères réunis en week-end ?

« De toutes nos forces » :  un film tiré d’une histoire vraie, celle d’une redoutable épreuve qui réconcilie un père avec son fils handicapé.

« Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), bien avant “Revenant”. Avec une très belle scène particulièrement insolite, propre à faire prendre conscience de la force et à la valeur de la vie et de l’amour et une dernière réplique marquante, qui rappelle Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

Mais aussi à 3) « accompagner », pour aider à persévérer dans une démarche personnelle : « A Perfect day ».

Ou tout simplement 4) pour être « aimant », jusqu’au don de soi : « CJ7 » (1).

Avec une belle compétition entre un père et son fils, pour savoir qui écrasera le plus de cafards avec les pieds !

C’est à tout cela que l’on reconnaît un père, dit-on….

Et vous ? Que proposeriez-vous, pour enrichir cette liste ?

En attendant, bonne fête à tous les papas !

 

Note :

(1) Si vous avez de jeunes enfants, c’est le film idéal, mais à condition de ne pas chercher à en savoir trop, pour ne pas gâcher l’effet de surprise. La scène de début vaut son pesant d’or, puisqu’elle illustre assez bien le décalage possible entre « les valeurs » qu’un père peut donner à son fils et « les valeurs » dominantes, celles « de la majorité » : lorsqu’un professeur demande aux élèves d’une école privée huppée ce qu’ils veulent faire plus tard, les petites filles expriment leurs rêves de célébrité et les petits garçons ambitionnent de devenir riches et puissants. Dickie, quant à lui, déclare vouloir devenir « quelqu’un de pauvre », parce que l’essentiel pour être respecté-« même si on n’a pas d’argent »-selon ce que lui a enseigné son papa, manœuvre sur un chantier, est d’être « gentil », « pas bagarreur », « travailleur » et « de ne pas raconter de salades ». Un « rêve » qui provoque les moqueries de la classe et l’incompréhension du professeur…..

Je suis un nouveau chrétien et je n’ai pas d’église proche de chez moi : que faire ?

Dans le choix d’une église, il est important de « prier pour que le Seigneur vous conduise, en vous ouvrant au fait qu’il peut vous mener dans une communauté un peu différente de celle que vous désireriez, à priori, fréquenter ». Source : Pixabay

Une nouvelle question parmi d’autres, et une proposition de réponse courte, à découvrir sur le site « 1001 questions » :

La Bible nous dit que le croyant est appelé à rejoindre une communauté, pour être enseigné, partager avec des frères et sœurs, prier et vivre la Sainte-Cène (Actes 2/42-43). Elle dit aussi, un peu plus loin, que c’est le Seigneur lui-même, qui ajoute ceux qui se convertissent à l’Eglise, communauté des croyant appelée à se vivre dans le concret de la rencontre d’autres croyants (Actes 2/47). Si vous vous êtes converti, si vous avez mis votre confiance en Jésus et vous êtes engagés à sa suite, il n’est nul doute que vous êtes appelés à le servir dans une communauté chrétienne, selon vos dons (1 Corinthiens 12).
Que faire si vous habitez loin d’une communauté chrétienne ? Prier pour que le Seigneur vous conduise, en vous ouvrant au fait qu’il peut vous mener dans une communauté un peu différente de celle que vous désireriez, à priori, fréquenter.

La suite à découvrir ici.

Des outils pour trouver une église véritablement « locale », c’est-à-dire géographiquement proche de chez vous :

https://eglisedansmaville.com/ 

(Un site internet géré par l’association « Eglise Dans ma Ville » et qui s’adresse d’abord aux personnes en recherche et qui se questionnent sur l’existence de Dieu et leur identité. Le site permet de trouver une église protestante en fonction de sa proximité géographique et non en fonction de sa dénomination)

http://www.eglises.org/

(La liste des Églises évangéliques compilée par le CNEF pour l’Annuaire Évangélique. L’on peut y trouver les Églises de la France métropolitaine, ses DOM-TOM et du Luxembourg)

 

 

« Interpellant » ou « scandalisant », les Evangéliques ?

Les Évangéliques assumeront-ils, avec compassion et intégrité, leur « rôle prophétique dans la société » ou ne seront-ils qu’ « un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit », cf 1 Cor.13v1 ? Source : Pixabay.

J’ai déjà entendu ce dicton : « ne pose pas de question sur la foi mais vis de telle façon que ta vie pose questions ». Justement : quelles questions ?

L’on a pu déplorer le niveau de tensions et de bêtises autour des propos de « chrétiens en campagne », durant la présidentielle ou juger, à l’instar de Yannick Imbert, que ladite campagne a été, du côté chrétien[Évangéliques, en tout cas !], un relatif désastre, au point où les chrétiens ont pas été vraiment des « lumières du monde »(1)… Les Évangéliques se prépareront-ils mieux aux prochaines, à savoir les législatives ?

Dans cette perspective, voici quelques exemples de nature à inspirer une bonne (et intelligente) mobilisation politique des protestants évangéliques :

1) Dans la continuité avec son action auprès des candidats à la présidentielle, Michée France encourage les églises à écrire aux candidats aux élections législatives de leur circonscription. Son objectif est de faire entendre la voix des « sans voix » aux prochains députés afin qu’ils prennent des décisions en considérant la situation des plus démunis. Les propositions de Michée France faites aux candidats à la présidentielle seront jointes à cette lettre. Elles concernent 5 domaines d’action importants pour la lutte contre la pauvreté au niveau national et international :

L’aide publique au développement

La lutte contre la corruption

L’économie sociale et solidaire

Le respect de l’environnement

L’accueil des plus fragiles (SDF, handicapés, migrants, …)

La suite à lire ici sur le site de Michée France.

Inspiré par l’Évangile, Michée France œuvre pour mobiliser les protestants, notamment évangéliques, à lutter contre la pauvreté et les injustices ET pour leur donner les moyens d’interpeler les décideurs, en particulier politiques, sur les engagements qu’ils ont pris.

 

2) Si les Évangéliques choisissent de ne pas « interpeller » les puissants, de façon spirituelle et biblique, ils courent le risque d’être « interpellés » eux-mêmes, pour leur comportement estimé « interpellant » ou « scandalisant », comme en témoigne ce « rappel à l’ordre politique » du CNEF aux évangéliques français(2) :

Dans son allocution prononcé lors de l’Assemblée plénière du Conseil national des évangéliques français (Cnef), mardi 30 mai à Paris, [qui a notamment lancé à cette occasion Cnef Solidarité, qui regroupe toutes les actions sociales des chrétiens évangéliques]  son président Étienne Lhermenault  a regretté que la dernière campagne présidentielle ait révélé l’évolution politique de certains évangéliques vers l’adhésion à des « discours de rejet et de haines ».

Il a aussi déploré « une focalisation sur les questions de sexualité au détriment des questions sociales », assurant que nous devons être alertés par « les relais que trouve ce genre de propos sur les réseaux sociaux. Il circule dans notre milieu évangélique des discours trompeurs qui caricaturent la foi, ridiculisent l’Évangile et entraînent bien des nôtres dans de vains combats ». Au sein d’une société très sécularisée, certains« vibrent dès qu’ils perçoivent (ou imaginent) une inspiration vaguement chrétienne » susceptible de défendre des « valeurs » chrétiennes. Mais cette notion même de « valeur » est, à ses yeux, « ambiguë » car si une valeur « n’a plus Dieu », elle peut se transformer en « idole » et produire une « morale rigide asservissante ».

Une « idée folle, parce que naïve et toujours démentie, selon laquelle il suffirait qu’un chrétien emporte la magistrature suprême pour changer durablement la face d’un pays » (Dessin d’Andy Singer).

Un autre des « pièges » relevé par Étienne Lhermenault pour « l’évangélisme mondial et à un moindre degré pour l’évangélisme français », est « celui de la conquête du pouvoir politique ». Et le président du Cnef de dénoncer l’« idée folle, parce que naïve et toujours démentie, (selon laquelle) il suffirait qu’un chrétien emporte la magistrature suprême pour changer durablement la face d’un pays ».

Enfin, a-t-il encore souligné, « notre combat en tant que corps de Christ n’est pas de conquérir le pouvoir politique, mais de garder les mains libres pour assumer notre rôle prophétique dans la société ».

Lire l’intégralité du discours d’Etienne Lhermenault, prononcé lors de l’assemblée plénière du CNEF, mardi 30 mai.

 

3) Enfin, à écouter sur « Coram Deo », l’émission hebdomadaire du blogue « Le Bon Combat » et de CFOI-FM (station de radio québécoise qui diffuse de la programmation religieuse) qui propose « un regard chrétien sur le monde ».  Son « épisode 34 » aborde la question du « fondamentalisme » dit « évangélique » ou « suis-je un fondamentalo-legalisti-messianico-pietiste ? »

Résumé : Il fut un temps où l’expression « fondamentaliste » revêtait une connotation très positive. Or, de nos jours, être fondamentaliste est rarement considéré positivement. Comment ce mot a-t-il pu évoluer aussi mal ? À quoi reconnaît-on les tendances fondamentalistes et légalistes ? Fondamentalisme et conservatisme sont-ils deux termes synonymes ? En quoi sont-ils similaires et différents ?

Pour répondre à ces questions, les théologiens, pasteurs et animateurs de blogues, Guillaume Bourin et Pascal Denault, lequel avait déjà écrit un court billet sur cette question en répondant à la question : « Réformé et fondamentaliste….synonymes ? »

 

 

 

Notes :

(1) Voir ses prises de positions sur TGC – Evangile 21 https://www.thegospelcoalition.org/evangile21/article/je-me-repens-de-la-campagne-presidentielle et son propre blogue https://landofthebluemoon.wordpress.com/2017/05/08/la-politique-du-faux-temoignage/

(2) A lire, cet article paru dans la Croix, daté du 02/06/17.

 

 

 

Et si l’on interpellait les jeunes au moyen de la vérité ?

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ? « Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller » (Kévin deYoung)

Kevin DeYoung, pasteur et auteur, écrit :

« Les personnes qui fréquentent nos Églises ne sont pas stupides. Elles ont la faculté d’apprendre. Mais dans leur grande majorité, elles n’ont tout simplement pas eu d’enseignement adéquat. Personne ne les a incitées à méditer une pensée profonde ou à entreprendre la lecture d’un livre difficile. Personne ne leur a demandé de définir leur foi en termes bibliques et théologiques. Nous n’avons pratiquement rien espéré de nos jeunes, et nous n’avons rien obtenu en retour non plus. Il y a environ deux générations, les jeunes de vingt ans se mariaient, fondaient une famille, exerçaient un métier ou se trouvaient sur le front à combattre les Nazis. Aujourd’hui, des jeunes de trente-cinq ans sont rivés sur Facebook, sans direction, et en quête d’identité. On les a dorlotés au lieu de les interpeller ». (Voir le contexte de cet extrait sur TGC – Evangile 21, le 02/06/17). De les interpeller au moyen de la vérité.

Mais « qu’est-ce que la vérité ? », demande-t-on encore aujourd’hui, à l’instar d’un Ponce Pilate à Jésus. Mais souhaitons-nous entendre la réponse, ou sortirons-nous de la présence de Jésus, avant d’entendre la réponse ?
Bien sûr, il est plus « tendance » de dire aux jeunes (ou aux moins jeunes) d’aujourd’hui : « Tu veux prendre telle décision ? Prends-la. Tu ne veux pas prendre telle décision ? Ne la prends pas. Fais-ce-que-tu-veux-comme-tu-veux ! Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».
Justement, sur quels critères ? Et si ce que l’on croit, expérimente et décide, est faux ou mensonger ? Et comment une jeunesse sans direction, en quête d’identité, peut-elle le discerner, si elle n’est pas enseignée ?

C’est pourquoi, faisons le pari, non de la facilité mais de l’intelligence. Et osons interpeller les jeunes au moyen de la vérité !

« L’image de Dieu » ou une drôle (et nouvelle) façon de gouverner

Qu’est-ce que « l’image de Dieu » ? Et qu’est-ce que « gouverner à Son image » ? Voici « The image of God », une vidéo de la série « The Bible Project », dont nous avions déjà parlé, à voir ensemble pour en discuter après, à l’approche des législatives des 11 et 18 juin prochains :

 

« Autrefois et maintenant » : Éphésiens 4v17-5v1-9

« Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière… »

Voici donc ce que je dis et atteste dans le Seigneur : ne vivez plus comme vivent les païens que leur intelligence conduit au néant. Leur pensée est la proie des ténèbres, et ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qu’entraîne chez eux l’endurcissement de leur cœur. Dans leur inconscience, ils se sont livrés à la débauche, au point de s’adonner à une impureté effrénée.

Pour vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins c’est bien de lui que vous avez entendu parler, si c’est lui qui vous a été enseigné, conformément à la vérité qui est en Jésus : il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité.

Vous voilà donc débarrassés du mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.

Êtes-vous en colère ? ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment. Ne donnez aucune prise au diable.

Celui qui volait, qu’il cesse de voler ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler honnêtement de ses mains, afin d’avoir de quoi partager avec celui qui est dans le besoin.

Aucune parole pernicieuse ne doit sortir de vos lèvres, mais, s’il en est besoin, quelque parole bonne, capable d’édifier et d’apporter une grâce à ceux qui l’entendent.

N’attristez pas le Saint Esprit, dont Dieu vous a marqués comme d’un sceau pour le jour de la délivrance.

Amertume, irritation, colère, éclats de voix, injures, tout cela doit disparaître de chez vous, comme toute espèce de méchanceté.

Soyez bons les uns pour les autres, ayez du cœur ; pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. (Eph.4v17-32)

Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. De débauche, d’impureté, quelle qu’elle soit, de cupidité, il ne doit même pas être question parmi vous ; cela va de soi pour des saints. Pas de propos grossiers, stupides ou scabreux : c’est inconvenant ; adonnez-vous plutôt à l’action de grâce. Car, sachez-le bien, le débauché, l’impur, l’accapareur – cet idolâtre – sont exclus de l’héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu.

Que personne ne vous dupe par de spécieuses raisons : c’est bien tout cela qui attire la colère de Dieu sur les rebelles.

Ne soyez donc pas leurs complices.

Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité. (Eph.5v1-9. TOB)

 

Après votre lecture et méditation personnelle de ce texte, vous pouvez aussi écouter cette prédication : « vivre l’esprit de la communauté » (Eph.4v25-5v2)