En ce moment, j’écoute : « Mon ancre et ma voile » de David Durham

« Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide… » (Hébr.6v19)

En ce moment, j’écoute « Mon ancre et ma voile », ce chant de David Durham(1).

Il y est question de Dieu et celui qui chante est un croyant, parce qu’il parle directement avec Lui en Lui disant « tu »(2) : « Dieu, tu es ma force, ma consolation ». Je suis donc un croyant, parce que je peux dire « tu » à Dieu !

Je suis un croyant parce que je peux m’adresser librement à Lui, crier à Lui, l’appeler, avec l’espérance et la certitude que Dieu est bien là, qu’Il m’entend et qu’Il me répond (3).

Le croyant n’est pas un croyant (uniquement) des œuvres passées de Dieu : « Ta voix a triomphé de l’ouragan, remporté le combat ». Il témoigne d’un acte de foi sans cesse renouvelé, sinon tous les jours, envers Dieu : « Tu m’offres chaque jour ton infaillible amour. Toi qui as fixé le cours des étoiles, Sois mon ancre, sois ma voile ! »

Le croyant, celui qui dit « tu » à Dieu, est aussi celui qui se sait (et accepte d’être) pardonné et sait pardonner(4) : « Ta grâce m’appelle à lever les yeux et suivre ton chemin. Ta miséricorde coule de la croix, Ton sang m’a racheté. Tout ce que je suis me vient de toi. Sans fin je te louerai ».

Alors ? Es-tu un croyant ?

Pour ma part, je retiens aujourd’hui de ce chant cette expression « Ta voix a triomphé de l’ouragan… », laquelle me rappelle ces psaumes :

« Rendez à l’Eternel gloire pour son nom! Prosternez-vous devant l’Eternel avec des ornements sacrés!  La voix de l’Eternel retentit sur les eaux, Le Dieu de gloire fait gronder le tonnerre; L’Eternel est sur les grandes eaux.  La voix de l’Eternel est puissante, La voix de l’Eternel est majestueuse.… » (Ps.29v1-4)

« Les fleuves élèvent, ô Eternel! Les fleuves élèvent leur voix, Les fleuves élèvent leurs ondes retentissantes.  Plus que la voix des grandes, des puissantes eaux, Des flots impétueux de la mer, L’Eternel est puissant dans les lieux célestes.… » (Ps.93v3-4)

 

 

 

Notes : 

(1) Mon ancre et ma voile. Paroles : David Durham. Musique : David Durham et Rolf Schneider (2003). JEM 3-792.

Ecouter cette autre version chantée ; et cette version instrumentale

(2) Comme dirait l’écrivain napolitain Erri de Luca.

(3) A noter qu’un « silence » est une réponse, qui ne signifie pas nécessairement « une absence » ou « une distance » de Dieu, mais plutôt Sa disponibilité.

(4) Voir notre article sur Erri de Luca et le pardon.

 

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 « Man in the Wilderness » : ou un « revenant » qui trouve « des raisons d’être sans colère ».

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

J’ai eu l’occasion de revoir récemment un film sur le sujet suivant : « 1820. Un trappeur, laissé pour mort après avoir été blessé par un grizzly, tente de survivre au sein d’une nature hostile avec une seule idée en tête : se venger de ses anciens compagnons… »

Le film, d’après le « pitch »,  c’est « The Revenant », me diriez-vous !

Ce film d’aventure américain(pas vu) avec Léonardo Di Caprio, réalisé, coécrit et coproduit par Alejandro González Iñárritu, sorti en 2015, plusieurs nominés et récompensés aux Oscars(1).

 
Avant « The Revenant », il y a « Le Convoi sauvage ».

Le réalisateur Alejandro González Iñárritu, ainsi que son acteur principal Leonardo Di Caprio, ont bien eu leur Oscar, mais sans que soit « rendu à César » ce qui lui appartient ! En effet, l’histoire – « incroyable mais vraie » – racontée par The Revenant, a  déjà fait l’objet d’un film, réalisé en 1971, par Richard C. Sarafian, d’origine arménienne : « Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), avec Richard Harris et John Huston dans les rôles principaux.

Je me souviens de l’avoir vu sur une vieille télévision en noir et blanc, en famille, lorsque j’étais enfant. Je garde en mémoire le bateau monté sur roues, tiré par des mules, traversant la prairie, avec son capitaine tout en noir et coiffé d’un haut-de-forme…lequel ordonnant à un moment « de tirer » au canon « sur rien ». Je me souviens du trappeur (Zachary Bass), laissé pour mort après avoir été déchiqueté par un ours (scène que je n’avais pas vue) et veillé par ses compagnons, avant d’être abandonné par eux. Puis s’efforçant de survivre et lisant sa Bible à un lapin qu’il a recueilli. J’ai oublié de quel passage il s’agit, mais je me souviens avoir été surpris par la fin, par l’attitude du héros envers ceux qui l’ont abandonné, qui était toute autre de ce à quoi je m’attendais. Je me souviens aussi des flash-backs, dont « un cours de religion », où le jeune Zachary Bass est censé répondre à coups de baguettes que « Dieu est celui qui a créé la terre et les cieux ! »

"Le convoi sauvage" : ici, tiré par une vingtaine de mules.

« Le convoi sauvage » : ici, tiré par une vingtaine de mules.

Bien des années après, j’ai pu le revoir il y a une dizaine de jours, profitant d’une édition DVD(Wildside), sortie en mars 2016. Je peux dire qu’il supporte parfaitement de nouvelles visions. Le rythme est tranquille, contemplatif, avec quelques scènes d’action.

Il s’agit d’un film qui parle beaucoup de Dieu. J’ai fini par comprendre que le verset lu par le héros, Zachary Bass, à son lapin, est Job 14v14-15 : « si l’homme une fois mort pouvait revivre, J’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu’à ce que mon état vînt à changer ».

Il est intéressant de constater que le v.15 de Job 14 dit ceci : « Tu appellerais alors, et je te répondrais ».

Mais, dès son plus jeune âge, Zachary Bass a plutôt choisi de tourner le dos à Dieu, du fait d’un parcours personnel particulièrement tragique : à sa belle-mère qui l’invite à « faire avec » un drame personnel (je ne dirai pas lequel) par un « c’est la volonté de Dieu » (on dirait aujourd’hui : « Dieu est au contrôle »), il répond ne pas accepter « cette volonté-là ».

Mais face à ce révolté, Dieu « surprend » en ne faisant pas ce que nous attendrions qu’Il fasse :

Ainsi, il y a cette scène où le héros se résout à arracher quelques pages de sa Bible(les pages blanches ?) quand il ne trouve rien d’autre pour allumer le feu qui l’empêchera de mourir de froid. L’on pourrait y voir un geste sacrilège – car peut-on brûler un texte sacré, quelle qu’en soit la raison ? – ou se dire que « oui, on peut », pour une question de vie ou de mort, et y trouver là un signe de la miséricorde divine. Les lecteurs de la Bible se souviendront peut-être des pains de propositions que seuls les prêtres pouvaient manger et que David, pourchassé par Saül, a pu manger (cf 1 Sam. 21v3-5, Lévit. 24v8-9, et cf le commentaire du Seigneur Jésus-Christ à ce propos en Matt.12v2-4).

Je reviens sur un autre élément important, que je n’avais pas perçu, lors de ma première vision du film, il y a très, très longtemps : il y est question de pères – de père biologique et de père d’adoption – et de leurs relations/non relations avec leurs fils. Ainsi, l’on apprend que Zachary Bass est le protégé du capitaine Henry, lequel l’a recueilli et adopté enfant comme son propre fils, alors qu’il avait fui le pensionnat, orphelin et en révolte contre Dieu. Son « père spirituel » l’abandonnera pourtant – donnant même l’ordre de l’achever, le croyant à l’article de la mort, comme Zachary avait lui-même abandonné son fils qu’il n’a pas vu naître, dans sa colère contre Dieu.

Enfin, il faut parler de la fin, qui est plutôt édifiante. La connaître ne vous empêchera pas d’apprécier le film, si vous décidez de le voir, mais vous pouvez « zapper » le paragraphe qui suit.

Laissé pour mort, le héros survivra et « renaîtra ». Il se tiendra debout, réapprendra à marcher, à survivre, puis à (re)vivre. Il assistera même à une scène insolite et particulièrement belle : l’accouchement d’une Indienne en pleine nature, et ce (rappelons-le) alors qu’il n’a pas assisté à la naissance de son fils.

D’abord porté par sa soif de vengeance, il prendra conscience de l’absurdité de celle-ci, face à la force et à la valeur de la vie et de l’amour. Comme je l’ai lu ailleurs, il n’ira pas jusqu’à « embrasser » ses ennemis quand il les retrouve, mais, ayant « appris »(« par ce qu’il a souffert ») « que la vengeance est un plat qui ne se mange pas »(2),  il sera en mesure d’accorder le pardon libérateur, tout autant à ceux qui l’ont abandonné qu’à lui-même.

La dernière réplique, qui m’avait déjà marqué la première fois – « j’ai un fils. Je vais le chercher » – me fait aujourd’hui penser à Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

A l’heure où l’on parle beaucoup (trop ?) de « la culture d’honneur », sans savoir peut-être ce que c’est, on notera enfin que Richard Harris n’a décroché aucune récompense pour son rôle dans « le Convoi sauvage », sauf erreur de ma partRichard Sarafian, le réalisateur, explique dans un bonus fort intéressant, que le film a été quelque peu « plombé » au moment de sa sortie par la concurrence de « Jeremiah Johnson », film à plus gros budget de Sydney Pollack, avec Robert Redford. Le producteur ayant préféré tout miser sur ce dernier, et rien sur le premier. C’est l’inverse « de la culture d’honneur », qui est de « donner plus à ceux qui ont moins ».

A vous maintenant « d’honorer ce travail », en découvrant sur DVD une véritable épopée initiatique (et un cheminement spirituel), certes modeste(3), mais non moins émouvante, de Richard C. Sarafian, susceptible de vous marquer longtemps.

 

En bref :

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness)
États-Unis – 1971
Réalisation : Richard C. Sarafian
Scénario : Jack DeWitt
Image : Gerry Fisher
Montage : Geoffrey Foot
Musique : Johnny Harris
Producteur : Sandy Howard
Interprétation : Richard Harris (Zachary Bass), John Huston (Cpt. Filmore Henry), Prunella Ransome (Grace Bass), Percy Herbert (Fogarty)…
Durée : 1h44

Edition DVD : WildSide vidéo, mars 2016

 

Pour se donner une idée :

 

Et à écouter, la bande originale du film :

 

Notes :

(1)Partiellement adapté du roman Le Revenant de Michael Punke, fondé sur une histoire vraie, celle de l’exploit accompli en 1823 par le trappeur Hugh Glass. Il a bénéficié de douze nominations aux oscars 2016 et en a remporté seulement trois : celui du meilleur réalisateur pour Alejandro González Iñárritu, celui du meilleur acteur pour Leonardo DiCaprio, et celui de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki, ainsi que trois Golden Globes, dans les catégories meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dans un film dramatique

(2)Formule géniale piquée dans « Le Convoi sauvage, le film avant « Revenant », sur le site « Salon littéraire ». L’article comporte quelques autres perles et un ou deux parallèles(qui m’étaient également venus à l’idée), que je me suis permis de reprendre. Autre critique à lire, par exemple sur Dvdclassik.

(3)Tourné en Espagne avec un petit budget et des Gitans dans le rôle des Indiens !

Défi apologétique : comment répondriez-vous à Erri de Luca, au sujet du pardon ?

Erri de Luca, un écrivain qui entretient un rapport paradoxal avec la foi et les Ecritures

Erri de Luca, un écrivain qui entretient un rapport paradoxal avec la foi et les Ecritures

Chères lectrices, chers lecteurs, voici un petit « défi apologétique » :
Que répondriez-vous, au sujet du pardon, à l’écrivain napolitain Erri de Luca, actuellement l’un des écrivains les plus lus au monde, qui se déclare non pas « athée », mais « comme quelqu’un qui ne croit pas », et qui vit un rapport particulier avec les Ecritures (qu’il lit « dans le texte », notamment l’hébreu biblique) ?
L’idée étant d’inviter chacune et chacun à (faire) réfléchir très sérieusement aux façons pertinentes de répondre aux interrogations/doutes de nos contemporains, et ce, dans le respect de leur personne.

En 2003, Erri de Luca déclarait, lors d’un entretien(1) : « Je ne suis pas croyant, parce que je n’ai aucune possibilité d’avoir à faire avec le pardon, ni je n’admets d’être pardonné, ni je ne peux pardonner, mais je peux oublier, oui, ça m’arrive et j’oublie, j’oublie souvent et c’est un pardon mineur, c’est un pardon biologique, mais je ne peux pas admettre le pardon parce que le mal est inextricable, on ne peut pas l’annuler, c’est fait… Tout ce que l’on peut faire, c’est se pardonner à soi-même: se promettre que le moment où l’on se retrouvera dans la même circonstance on ne fera plus la même chose, quand dans la même circonstance on comprend qu’il y a une variante possible ; c’est un peu la fin de Trois Chevaux, là, il y a le livre au lieu du pistolet, de l’arme, il y a une autre possibilité de faire face à la même circonstance. Il y a cette histoire d’un rabbin polonais qui voyageait vers Varsovie afin de tenir un grand discours dans la synagogue. Il était un grand savant mais venait d’un pays très pauvre et il voyageait en troisième classe, vêtu comme un paysan. D’autres Hébreux dans le même wagon se moquaient de lui, de ce pauvre. Lorsqu’il arrive dans la synagogue, il est accueilli en grand honneur, il fait son discours et les Hébreux du train s’approchent de lui pour lui demander pardon pour leur attitude et il leur répond : « Je vous pardonnerais volontiers, mais vous devez demander pardon à celui du train, pas à moi, c’est lui que vous avez offensé. » Cela signifie que dans la même situation, il ne faudra pas avoir la même attitude. C’est la seule chose possible, la seule façon d’avoir le pardon de celui du train. Le pardon n’existe pas, il existe la possibilité d’oublier si tu as subi le mal et la possibilité de ne pas le refaire si tu l’as fait. Les religions disent le contraire, il faut bien dire le contraire, mais je n’y arrive pas, c’est pour ça que je ne suis pas religieux ».

Qu’en pensez-vous ? Comment répondriez-vous à Erri de Luca sur le pardon ?

Selon Guillaume Bourin, du blogue « Le bon combat », que j’ai sollicité à ce sujet, mais qui a du décliner, une clé serait de « travailler sur la définition du pardon, car visiblement nous n’avons pas la même que celle de ce monsieur ».

Mais voici la contribution d’Anthon, chrétien évangélique et fidèle lecteur/abonné du blogue, et que je remercie pour avoir été le premier à relever le défi :

« Je ne connais pas Erri de Luca (ou très peu, au travers de ton blog notamment) mais si l’on s’en réfère à son entretien avec Irène Fenoglio (Cf. ton lien) il ne lit pas beaucoup et le peu qu’il lit se cantonne à l’A.T.
On peut donc en conclure, qu’il a « occulté » le Christ et tout ce que le N.T nous apprend sur Lui. Or, sans le Christ et son enseignement, difficile, voire impossible, d’accéder à Dieu (Jean 14 : 6). De fait, son discours frappe par l’absence de référence à Dieu. Étonnant, du reste, pour quelqu’un dont la (quasi seule) lecture quotidienne est celle de l’ A.T ?!
Sans cette référence à Dieu, la notion de pardon, devient donc subjective et chacun peut en donner sa définition et/ou conception. Je peux pardonner ceci mais pas cela, de telle manière (en oubliant comme dit E. de Luca) en fonction de telle circonstance plutôt que telle autre, etc.
Pour le croyant, le pardon est avant tout, le moyen de se rapprocher de son Créateur. Comme l’exprime si bien David :
« Je t’ai avoué ma faute,
Je n’ai plus caché mes torts,
J’ai dit : je reconnaîtrai devant l’Éternel les péchés que j’ai commis.
Alors tu m’as déchargé du poids de ma faute. ».

Cette repentance nous permet d’obtenir le pardon de Dieu et d’entrer dans cette nouvelle relation par la foi en l’œuvre du Christ à la croix.
Sans ce pardon de Dieu, l’homme reste livré à lui-même en proie à ses propres conceptions philosophiques et existentielles.
A la période de son entretien avec I. Fenoglio, De Luca lisait Esaïe …. Si sa lecture est attentive, il s’apercevrait pourtant – entre autres – que l’Éternel est le Créateur unique et souverain de notre histoire. Histoire qui aura ici bas une fin et dont le Christ est un acteur principal :
« Il adviendra en ce jour là que le descendant d’Isaïe se dressera comme un étendard pour les peuples, et toutes les nations se tourneront vers lui. Et le lieu où il se tiendra resplendira de gloire ». Esaïe 11 : 10
Par ailleurs, le livre d’ Esaïe relate le sort dramatique de ce peuple d’ Israël et de Juda qui se détourne de Dieu. A cet effet, le péché le plus souvent dénoncé par Esaïe est l’orgueil, l’autosuffisance de l’homme qui compte sur ses seuls moyens et prétend pouvoir se passer de Dieu.
Enfin, je recommanderai à De Luca de méditer longuement sur l’incontournable chapitre 53 du même livre qui nous décrit – et de quelle manière – l’œuvre expiatoire du Christ, venu pour endurer à notre place le châtiment du péché, puis ressusciter pour nous procurer le pardon de Dieu.
Mais voilà, il y a un préalable au pardon, c’est la reconnaissance du péché ! Comme l’a écrit Lord David Cecil : « le jargon de la philosophie du progrès nous a appris à penser que l’état sauvage et primitif du l’homme était derrière nous … mais la barbarie n’est pas derrière nous, elle est en nous » (« Jésus, une royauté différente » p 105 – Timothy Keller).
Passage terriblement d’actualité ….

Pour terminer, voir le magnifique reportage « les mystères de la foi » ( Dans les yeux d’ Olivier) et notamment les 5ères minutes où l’on voit ce couple de chrétiens dont le fils de 19 ans a été abattu froidement et sans raison par un vigile.
Le processus de pardon décrit par le couple est extraordinaire et il exprime tout le contraire de la pensée de De Luca, sur le sujet. Ici point d’oubli, mais pourtant, une vraie libération et la vraie expression de miséricorde divine !! Je conseillerai même à De Luca de regarder l’ensemble des épisodes, car une fois n’est pas coutume, on a un beau et honnête reportage sur la foi chrétienne, sans a priori ».

Merci, Anton, pour cette réflexion !

Personnellement, j’ai bien aimé la façon dont notre contributeur a rattaché le problème du pardon à la connaissance personnelle de Dieu. Justement, un autre « verrou » empêche Erri de Luca de croire : cette incapacité, pour lui, de « s’adresser directement à Dieu »(de « tutoyer » ou d' »interpeller » Dieu, à l’instar de Job, et donc de prier). D’autre part, un article de Nicolas Bonnet(2) en rapport avec cet auteur « en mal de la foi » nous apprend que De Luca se définit négativement comme « quelqu’un qui ne croit pas ». C’est un agnostique qui refuse la dénomination d’athée. Néanmoins, il affirme attacher « de la valeur à l’usage du verbe aimer et à l’hypothèse qu’il existe un créateur ». Il se proclame sans ambiguïté « incroyant » mais se dit aussi mû par « l’aiguillon du manque » et l’insatiable soif de sens que nulle explication ne saurait combler.
De fait, il me semble que, à défaut « de connaître Dieu personnellement », et de lui parler directement, Erri de Luca parle tout de même de Dieu, livrant de magnifiques exégèses sur les noms ou le rire de Dieu (ex : « nous sommes » ou « rire », dans « Noyau d’olives » – relayés sur notre blogue). D’autre part, l’on peut relever dans le parcours exégétique de l’écrivain un glissement progressif de l’Ancien au Nouveau Testament. Si la référence aux Évangiles est pratiquement absente de ses premiers écrits, elle devient majoritaire dans ses dernières publications (voir, par exemple, « les saintes du scandale », qui s’intéresse aux cinq femmes présentes dans la généalogie du Messie, et bien d’autres méditations dans les recueils « Première heure », « Noyau d’olive »…).

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Vous pouvez nous partager vos réflexions en commentaire, au pied de l’article, ou même, nous faire parvenir votre propre contribution pour enrichir la discussion. Au plaisir de vous lire !

 

 

Notes :

(1)Source : Irène Fenoglio, «« Je ne suis pas un écrivain, je suis un rédacteur de variantes »», Item [En ligne], Mis en ligne le: 09 mars 2009. Disponible sur: http://www.item.ens.fr/index.php?id=418000 .

(2) Nicolas Bonnet, « Erri De Luca, en mal de la foi », Cahiers d’études italiennes [En ligne], 9 | 2009, mis en ligne le 15 janvier 2011, consulté le 25 novembre 2015. URL : http://cei.revues.org/200

Les voeux de Pep’s Café pour 2014 : pour une année d’harmonie et d’équilibre

Premier janvier 2014.

Le début d’une nouvelle année et presqu’un an pour ce blogue, né le 11 janvier 2013. Et le temps des voeux.

Justement, quels vœux formuler, outre « une bonne année, une bonne santé et prospérité » ?

Deux séries de mots me sont venus à l’esprit, durant la semaine suivant Noël, ainsi que deux CDs et deux livres que l’on m’a offert.

« Force et pertinence »

Tout d’abord, un premier CD que j’ai en ma possession depuis douze ans environ et que j’ai été incité à réécouter durant Noël : il s’agit de « Place Grand Clément »(Bésaou production) de Jean-Marc L., album enregistré et mixé au « studio de la cave »(Lyon 8ème) entre janvier et septembre 1998. Jean-Marc est membre de mon ancienne église de la banlieue lyonnaise(que j’ai fréquentée dans les années 1990, jusqu’à début 2000)et qui était engagé à l’époque dans un ministère dans les prisons et auprès des jeunes délinquants(infos supplémentaires bienvenues !).

Douze ans après, en réécoutant ce CD(précieux car devenu rare : je n’ai retrouvé aucune trace sur internet et je ne suis plus certain qu’il soit encore disponible en librairie chrétienne), je reste frappé par la force de ces textes et de cette musique(écrits et composée pour l’essentiel par Jean-Marc L), ainsi que pour leur pertinence et leur sincérité.

L’album est dédié « à tous les enfants qui un jour ont eu froid, peur, faim, et qui n’ont pas eu le privilège d’être aimés ». A ceux-là, l’auteur-compositeur leur dit : « Pardonne à la bêtise humaine. Jésus t’aime : Il est le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), et rend « grâce » et « donne gloire » à Dieu pour la force donnée pour l’écriture et l’accomplissement de cet album ».

Extraits :

« Quand j’ai froid ou quand j’ai peur, quand j’ai mal au fond du coeur, Quand le monde est trop grand pour moi, Seigneur, je tends les mains vers toi(bis)…Toute ma vie elle est à toi, toi qui pour moi es seul roi, tout mon être t’appartient Seigneur tiens moi fort par la main »(bis) – « Quand j’ai froid » – Auteur et compositeur inconnu

« Prendre quelques instants, vivre le temps présent, et faire silence. Dans cette paix du moment, du soleil au firmament, j’aspire à ta présence. Te chercher ABBA Père, te faire une prière, pour te dire je t’aime, je t’aime…. » – Ma Prière – Jean-Marc L.

« Force et pertinence », également, pour « La Force d’aimer » de Martin Luther King, ouvrage essentiel dont la réédition toute récente(2013) est salutaire, assortie d’une préface inédite du sociologue et historien du protestantisme(CNRS) Sébastien Fath(Critique ici ). Là aussi, je reste frappé par la force et l’actualité de ces 17 sermons, publiés en 1963. L’on en retire qu' »aimer », face à la haine, à l’extrémisme, au fanatisme, au fatalisme ou au cynisme, est une grande force à la portée révolutionnaire(dans le sens d’un pouvoir de transformation et de changement radical). Et  certainement pas la caractéristique des « bisounours », comme voudraient nous le faire croire les promoteurs d’un esprit « pitbull », placé sous le sceau du « bon sens ».

« Harmonie et équilibre »

« La Force d’aimer » de Martin Luther King, soit d’aimer de l’amour de Christ, avec l’amour de Christ et comme Christ(Rom.5v5)trouve sa pertinence dans l’harmonie d' »un coeur tendre et d’un esprit ferme » : Un « esprit ferme », capable de discerner le vrai du faux, et (non pas « ou »)un « coeur tendre », capable de compassion authentique(celle de Christ). « La grandeur de notre Dieu tient au fait qu’Il est à la fois ferme d’esprit et tendre de coeur »(op.cit., p26)

Une harmonie qui n’est possible qu’en Christ : « c’est pourquoi (une telle)espérance ne trompe point »(Rom.5v5).

Cette harmonie en Christ, du Christ , est celle des (quatre)évangiles.

« L’harmonie des évangiles » est le titre d’un autre ouvrage que l’on m’a offert à Noël, dont l’auteur est Cor Bruins, ex-missionnaire au Moyen-Orient. Cette harmonie est celle d’un message toujours actuel(le seul véritablement « révolutionnaire »), celui de « la Bonne nouvelle de Jésus-Christ »(Marc 1v1)qui réconcilie : d’abord avec Dieu, puis avec les autres et avec soi.

Enfin, pour célébrer une « harmonie retrouvée », voici des « Improvisations » dites « messianiques » : une « musique messianique » par des Juifs qui ont trouvé leur identité dans leur foi en « Jésus, le Messie ».

A écouter ici.

Bref, pour 2014, nous vous souhaitons une nouvelle, heureuse et harmonieuse année, « équilibrée » :

L’harmonie avec vous-même(corps, âme et esprit), avec les autres, avec et en Dieu par Jésus-Christ. Jésus-Christ, pleinement Dieu et pleinement homme, sans péché (Hébr.4v14-16, Jean 8v6)

L’harmonie et l’équilibre(qui n’est pas la compromission), pour nous garder de tout extrémisme et pour que nous ne soyons ni paresseux, ni fanatique(1 Pie.4v7)

Bonne année harmonieuse 2014 !

Sur ce, je vous donne rendez-vous après le 11 janvier, jour anniversaire du blogue.

« L’aveugle et le boiteux n’entreront pas dans la maison ! »

Et pourtant…
(Méditation sur 2 Sam.5v6-8 et 9v1-13)

« Et le roi marcha avec ses hommes sur Jérusalem, contre les Jébusiens qui habitaient le pays ». (2 Sam.5v6)
Les Jébusiens, censés être chassés du pays de Canaan du temps de Josué, (Jos.15v63) ont encore le contrôle de Jérusalem au temps du Roi David. Ce dernier souhaite prendre le pouvoir de cette ville. Les Jébusiens se moquent de David (« Tu n’entreras pas ici, à moins que tu n’aies repoussé les aveugles et les boiteux ! C’était pour dire : David n’entrera point ici. »), mais le roi remporte tout de même la victoire, « (s’emparant) de la forteresse de Sion : c’est la cité de David. Et David dit ce jour-là : Quiconque battra les Jébusiens et atteindra les créneaux, et les boiteux et les aveugles, ennemis de David… C’est pourquoi l’on dit : L’aveugle et le boiteux n’entreront point dans la maison. » (2 Sam.5v6-8)
Comment comprendre une telle parole, si dure, contre « l’aveugle et le boiteux » ? Cela ne signifie nullement que Dieu rejette les handicapés. L’aveugle et le boiteux symbolisent les hommes pécheurs et évoquent une imperfection morale et spirituelle : La loi précise qu’un boiteux est exclu du service du Temple : «quiconque a un défaut corporel ne s’approchera pas: l’homme aveugle, ou boiteux (…) Nul homme de la semence d’Aaron, le sacrificateur, en qui il y aura quelque défaut corporel, ne s’approchera pour présenter les sacrifices de l’Éternel… » (Lévit.21 v17-21). De même, aucun sacrifice présentant un défaut corporel ne peut être sacrifié à Dieu et agréé par Lui (Lévit. 22v20 et Deut.15v19, 21). La parole de David  exclut les aveugles et les boiteux de la maison de Dieu et donc de la présence de Dieu. L’expression « Qui sont les ennemis de David » témoigne de cette haine de David pour le mal,  à l’image de l’attitude de Dieu face au péché : « Tes yeux sont trop purs pour voir le mal » (Habakuk 1v13) ; « tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu » (Rom.3v23)
Plus tard, David est roi et vainqueur de tous ses ennemis.  Il se souvient alors d’une promesse : « … Est-ce qu’il y a encore quelque survivant de la maison de Saül ? Et je lui ferai du bien pour l’amour de Jonathan. » (2 Sam.9v1) David manifeste-là une bien grande bienveillance, pour l’époque ! Alors même lorsque Saül le pourchasse, cherchant à le tuer, David a eu deux occasions de tuer son ennemi mais l’a toujours épargné, voyant en lui l’ « oint de l’Eternel » et le père de Jonathan (1 Samuel 24 et 26). David aimait Jonathan, et « Jonathan » aimait David « comme son âme » (1 Sam.18v1). Ils s’étaient jurés une amitié inébranlable (1 Samuel 20v12-17). Plutôt que de se venger, David, au contraire,  souhaite manifester « une bonté de Dieu » (v3), c’est-à-dire, une très grande bonté, semblable à celle de Dieu, à celui que l’on trouverait de la maison de Saül qui l’avait tant persécuté.

« Et il y avait un serviteur de la maison de Saül, nommé Tsiba. Et on le fit venir vers David, et (…) le roi dit : Ne reste-t-il personne de la maison de Saül pour que j’use envers lui de la bonté de Dieu ? Et Tsiba dit au roi : Il y a encore un fils de Jonathan perclus des deux pieds. » (2 Sam.9v2-3)

Ce fils de Jonathan cumule un double handicap :

– Il est « Boiteux ». 2 Samuel 4:4 nous informe de l’origine de son infirmité, en même temps que son identité : à la « nouvelle de la mort de Saül et de Jonathan; sa nourrice le prit et s’enfuit, et, comme elle précipitait sa fuite, il tomba et resta boiteux ; son nom était Mephiboscheth » (qui signifie « exterminant la honte » des idoles).

– Il est « de la maison de Saül ».

Il avait donc deux raisons de craindre David ! Par nature, il aurait pu être compté parmi les boiteux et les aveugles qui avaient mérité la haine du roi. (Voir 2 Sam.5v8) Sans ressources,

Mephibosheth se cache, « à l’est du Jourdain, non loin de Mahanaïm à Lodebar » (nom qui signifie « lieu sans pâturage »), où quelqu’un l’a recueilli (v4).
« Et le roi David l’envoya chercher (…) Et quand Méphiboseth, fils de Jonathan, fils de Saül, fut arrivé auprès de David, il tomba sur sa face et se prosterna. Et David dit : Méphiboseth ! Et il dit : Voici ton serviteur.Et David lui dit : Ne crains point, car certainement je te ferai du bien pour l’amour [ou à cause] de Jonathan, ton père ; et je te ferai rendre toutes les terres de Saül, ton père, et toi tu mangeras toujours à ma table.» (2 Sam.9v4-7)

Mephiboseth pouvait s’attendre à être mis à mort, puisqu’il est boiteux et ennemi de David. De sa propre volonté, il ne serait jamais allé vers lui. Ainsi, l’homme qui se sait pécheur et qui ne connaît pas la grâce de Dieu ne peut que fuir la lumière divine. Or, il faut venir à la lumière et confesser son péché, pour être pardonné (1 Jean 1v7-9). David répète à nouveau (v 7) son intention bienveillante devant Mephiboseth et lui dit : « ne crains pas ». Cela nous rappelle les paroles du Seigneur Jésus à Pierre quand ils étaient ensemble dans la barque (Luc 5:8-11).

En entendant la parole de David, Mephibosheth « se prosterna de nouveau devant le roi et dit : « Qu’est ton serviteur, que tu aies regardé un chien mort tel que moi ?» (2 Sam.9v8) Il se sent indigne, conscient n’avoir aucun mérite de cette bienveillance à son égard. Il sait que David tient sa vie entre ses mains. Il se considère comme « un chien mort » (v 8). On se souviendra peut-être que David lui-même s’était estimé tel devant Saül (1 Sam. 24.15) : Mephibosheth se trouve donc devant « un sauveur » qui s’était lui-même abaissé et qui peut le comprendre. De même, nous connaissons l’abaissement du Seigneur Jésus jusqu’à la mort de la croix (Phil. 2.8) et sa « compassion pour nos faiblesses » (Heb.4v15).
Ainsi, de même que Méphiboseth était boiteux (incapable, indigne) et ennemi de David : « … lorsque nous étions encore sans force [boiteux], Christ, au temps marqué, est mort pour des impies. (….) Mais Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs [indignes], Christ est mort pour nous.(….)Car si, lorsque nous étions ennemis [«de la maison de Saül], nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils » et « sauvés par sa vie ». (…) « Nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation. » (Rom.5v6-11). David dit à Mephibosheth que certainement il lui fera du bien « à cause de Jonathan ». De même, Dieu nous pardonne en Jésus, Son Fils : « (nous sommes) justifiés (rendus justes) gratuitement par (la) grâce (de Dieu), au moyen de la rédemption (du salut) qui est en Jésus-Christ. »(Rom.3v24).

Mais David fait encore plus que pardonner à Mephibosheth : il l’enrichit et l’admet à sa table, comme quelqu’un de sa famille. « Méphiboseth mangea à la table [de David] comme un des fils du roi (…) et il était boiteux des deux pieds. » (2 Sam.9v11, 13). « Mephibosheth mangera à la table du roi ». Cette promesse, répétée 3 fois (v.7, 10,11) est respectée (v.13). En plus d’être élevé à la table du roi, les biens et les serviteurs de sa famille lui sont rendus (v10). Dieu nous invite « à Sa table », alors que nous sommes indignes. Il nous regarde avec bienveillance, de « cette bonté de Dieu », nous voyant à travers la justice de Son Fils.

On lira ou relira avec profit d’autres histoires de boiteux dans la Bible : la guérison des aveugles et des boiteux dans le temple par Jésus, marquant l’irruption dans le sanctuaire des rejetés et des exclus, « aveugles et boiteux », à qui Jésus redonne un accès direct à Dieu (Matt.21v1-17), une autre guérison d’un boiteux, « à la porte du temple »( Actes 3v1-26, 4v1-4) et la parabole des noces, qui se conclut par cette invitation : « convies les pauvres, les estropiés, les boiteux, les aveugles » (Luc 14v21)

Parler, c’est toujours mieux que crier…

« Vous vous êtes approchés(…)de Jésus qui est le médiateur de la nouvelle alliance, et du sang de l’aspersion[ou de son sang répandu] qui parle mieux que celui d’Abel ».(Hebr.12v23-24).

 

Curieux…un sang répandu qui parle !

Ce passage de l’épître aux Hébreux nous apprend qu’il s’agit là du sang répandu de Jésus-Christ, par ailleurs médiateur d’une nouvelle alliance.

Ce sang de Jésus parle mieux que celui d’Abel.

Car celui d’Abel ne parle pas : il crie. Il hurle. Il crie, il hurle vengeance, parce que son propre frère l’a assassiné(Gen.4v8-10).

A l’inverse, le sang de Jésus parle mieux, car, bien que versé par ses frères, il parle de pardon, de réconciliation, de nouvelle alliance*.

 

 

Écoutons donc ,

 

au milieu des bruits, des cris, des hurlements, la voix douce et subtile : la voix de la grâce, la voix du pardon et de la réconciliation.

 

Y répondre, c’est se donner la possibilité d’un nouveau recommencement. Soit de repartir à zéro.

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

* 1 Pierre 1v18-19 ; Ephésiens 2v13 ; 1 Jean 1v7;  Apoc.1v5

« Aujourd’hui, vendredi 13….la veille du Jour des Expiations »

Il y a exactement 10 jours, nous vous invitions à réfléchir(à partir d’un article de David Brickner, publié dans la dernière lettre de nouvelles de Juifs pour Jésus*) sur le sens de la Fête des Trompettes (« Roch Hachanah »), qui a été célébrée mercredi 4 septembre.

10 jours plus tard, nous sommes vendredi. Vendredi 13 (septembre). Jour de malheur, pour ceux qui lui donnent un caractère « néfaste ».
Mais, comme on dit, « ça porte malheur, d’être superstitieux » !

Plus sérieusement, l’on devrait plutôt se réjouir en ce vendredi 13, puisqu’ il est justement la veille du « Jour des Expiations »(« Yom Kippour »), fête biblique** qui suit(10 jours plus tard) la Fête des Trompettes dont nous avions déjà parlé. A la fin de notre billet sur ce sujet, nous vous proposions d’ailleurs l’énigme suivante :

« Sur quoi était centrée l’observance de cette fête ? »

Aviez-vous trouvé ?
Non ? Lisez alors ce qui suit :

Dans la suite de son article-« Christ dans les Grands Jours de Fête », David Brickner écrit :  « tandis que la Fête des trompettes signalait que Dieu entrait en jugement avec Israël, le Jour des Expiations apportait la rédemption et le pardon des péchés. L’observance biblique de ce jour férié était centré sur le sacrifice offert dans le Temple et le rôle indispensable du Grand Prêtre, un descendant d’Aaron. Après la destruction du Temple par les Romains en l’an 70 après JC et la cessation ultérieure de la prêtrise d’Aaron, les Juifs ne pouvaient plus observer les prescriptions bibliques à ce sujet. Finalement, ils observaient la consigne en Lévitique 23v27 : vous vous humilierez. Ce commandement fut interprété comme un devoir de jeûne, et ainsi dans la communauté juive de nos jours, le jeûne est le devoir fondamental associé au Jour des expiations… »
Mais nombreux sont ceux qui jeûnent parce que « c’est une coutume juive de le faire », sans se préoccuper du sens véritable du Jour des Expiations.
Ce « détachement » est « préoccupant », poursuit David Brickner. Mais il est lié à la disparition du Temple et de la prêtrise.

Une colle est posée :

Comment, alors, « diriger la compréhension spirituelle du peuple et consolider leur identité spirituelle », après la destruction du Temple ? Qui va faire l’expiation ?
C’est là tout le défi pour « ceux qui devenaient les gardiens du Judaïsme ». Mais c’est aussi justement là que l’accomplissement de la Fête des Expiations par Jésus devint une apologétique incontestable pour la foi chrétienne.
Jésus se rendait parfaitement compte de l’impact radical de ses paroles lorsqu’il proclama : détruisez ce temple et en trois jours je le relèverai« .
Par ses paroles-qui scandalisèrent les dirigeants juifs de son temps et qui devinrent l’accusation principale durant son procès***-
« Il annonçait en fait sa mort et sa résurrection,**** et comment il allait accomplir le but ultime et la signification de ce que représentait le Temple ».
Mais, précise David Brickner, Jésus a aussi accompli le rôle des prêtres : bien que n’étant pas un descendant d’Aaron, Jésus est identifié par l’auteur de l’épître aux Hébreux comme étant un Grand Prêtre supérieur, selon l’ordre de Melchisédek (Hebr.5-7)
Pour cette raison, Il était capable de faire une fois pour toutes l’expiation pour nous après sa mort et sa résurrection. Le jour où notre Grand Prêtre Jésus « pénétra derrière le voile »(Hébr.6v19) était l’ultime Jour des Expiations, le jour où Il obtient un pardon durable du péché pour tous ceux qui placent leur confiance en Lui.
Assurément, le Jour des expiations, les sacrifices du Temple et la prêtrise ont tous été accomplis en la personne de Jésus-Christ ».

Autant de raisons, conclut David Brickner, pour célébrer cette fête(au même titre que la précédente), durant ce mois de septembre.
Et ce, afin que Christ soit (re)connu dans les Grands Jours de Fête et afin que quiconque reçoive le salut éternel en Jésus-Christ.

Alors, « bon vendredi 13 » 😉 et, surtout, bon Jour des Expiations !

HAG SAMEAH !

 

 

Notes :
*Brickner, David. « Christ dans les Grands Jours de Fête ». Article publié dans la dernière lettre de nouvelles de Juifs Pour Jésus(septembre 2013, numéro 48)
**Voir Lévitique 23v27 et Lévitique 16, pour son détail et la conclusion(v30) : « en ce jour, on fera propitiation sur vous afin de vous purifier; vous serez purs de tous vos péchés devant l’Éternel. »
*** Marc 14v57-58
****Voir Jean 2v18-22 : « Les Juifs, prenant la parole, lui dirent : Quel miracle nous montres-tu, pour agir de la sorte ? Jésus leur répondit : Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai.Les Juifs dirent : Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce temple, et toi, en trois jours tu le relèveras ! Mais il parlait du temple de son corps. C’est pourquoi, lorsqu’il fut ressuscité des morts, ses disciples se souvinrent qu’il avait dit cela, et ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite ».