Foireux liens d’Avril (43) : projet de loi « principes républicains », « sécurité globale », « laïcité », « fin de vie », « inceste », « vaccination », « affaire Sarah Halimi »…

Les « Foireux liens » d’Avril : une actu sous le signe du respect, de la sécurité et de la liberté ! Vraiment ?

Chers amis, voici notre nouvelle édition de vos « foireux liens » tant attendus, depuis décembre 2020 : au menu, le projet de loi « confortant le respect des principes de la République » tel qu’il ressort des travaux et du vote du Sénat ; laïcité, la loi « sécurité globale », qui vient d’être votée ; « fin de vie », l’affaire Sarah Halimi, l’inceste, la vaccination et les vaccins et bien d’autres sujets ! A lire, non pas « cul sec », mais avec attention !

1)Le Sénat durcit le projet de loi confortant le respect des principes de la République

Les sénateurs ont modifié, lundi 12 avril, le projet de loi confortant le respect des principes de la République, en adoptant 139 amendements. Certaines évolutions à la portée symbolique très forte ou en lien avec l’actualité pourraient se heurter à un obstacle constitutionnel selon le gouvernement. Députés et sénateurs devront maintenant s’accorder en commission mixte paritaire.

Analyse de juristes ici. Pour en savoir plus sur le projet de loi, en l’état actuel, c’est .

Le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) analyse les amendements retenus par le Sénat et alerte sur l’arsenal excessif prévu dans ce projet de loi. Le dispositif actuel aboutit à une « laïcité de surveillance » dont tous les cultes feront les frais.

(Ré)écouter :

a)le podcast de l’émission L’invité de la FPF du 24 mars, dans laquelle Nicolas Cadène s’exprime sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République, dans ses apports comme ses limites, rejoignant ainsi certaines craintes soulevées dans le plaidoyer de la FPF.

b)la conférence Protestantisme & laïcité – hier, aujourd’hui, demain, organisée par le Pôle FPF – Île de France le 15 avril de 10h à 12h.  Autour de la table, Nicolas Cadène, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité et François Clavairoly, Président de la Fédération protestante de France, s’exprimeront sur la question de la laïcité et de son rapport aux religions. Ils reviendront également sur la proposition de loi renforçant le respect des principes de la République.  Ecouter la conférence (disponible en stream jusqu’au 29 avril 2021) sur https://www.twitch.tv/fpidf

Voir aussi sur le site de la Fédération Protestante de France (FPF).

A lire aussi le Texte commun de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France et de la Métropole orthodoxe de France (Patriarcat œcuménique).

Et à ne surtout pas manquer : l’historien Jean Baubérot a rencontré Marlène Schiappa lundi dernier, veille du lancement des Etats généraux de la laïcité. Malheureusement pour elle, l’historien a lu le petit livre [« Laïcité, point ! »]que la ministre déléguée avait consacré au sujet en 2018 et lui inflige une sérieuse correction de copie.

2)Le Parlement a définitivement adopté le 15/04/21 la proposition de loi sur la « sécurité globale », renommée « proposition de loi pour une sécurité globale préservant les libertés », dans les termes issus de la Commission mixte paritaire (CMP).
Le texte avait été déposé le 20 octobre 2020 par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot et plusieurs de leurs collègues. Il avait été adopté en première lecture avec modifications par l’Assemblée nationale le 24 novembre 2020, puis par le Sénat le 18 mars 2021. Le Sénat avait adopté le 7 avril 2021 le texte de compromis trouvé en commission mixte paritaire (CMP) le 29 mars.
Le gouvernement a engagé la procédure accélérée le 26 octobre 2020. La proposition de loi porte sur les outils de surveillance (caméras piétons, drones…) et la protection des forces de l’ordre (nouveau délit de provocation à l’identification d’un policier, pénalisation de l’achat de mortiers d’artifice…). Elle renforce, par ailleurs, les polices municipales et encadre les sociétés de sécurité privées.

L’Assemblée nationale s’est prononcée en seconde lecture par 75 voix contre 33 en faveur de ce texte très critiqué par les syndicats de journalistes et plusieurs ONG comme Amnesty International, qui estime qu’« entre les mains d’un gouvernement autoritaire, une telle loi deviendrait une dangereuse arme de surveillance et de répression de la population ».

3) Affaire Sarah Halimi : « …il y a 14 ans, un crime commis par un fou avait provoqué une telle émotion qu’on en avait fait une loi à des fins électorales… »

Kobili Traoré ne sera finalement pas jugé pour le meurtre de Sarah Halimi. La Cour de cassation a mis fin à quatre ans d’un vif débat médico-légal en rejetant, mercredi 14 avril, le pourvoi formulé par la famille de cette femme, une retraitée parisienne de confession juive âgée de 65 ans, tuée à son domicile parisien en avril 2017, qui contestait l’irresponsabilité pénale de son meurtrier prononcée, en décembre 2019, par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Une partie de l’opinion ne comprend pas cette décision et se demande si la grosse consommation volontaire de cannabis du meurtrier n’est pas justement à l’origine du meurtre.

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron. se la pose lui aussi, dans une interview au « Figaro » publiée dimanche 18/04 [«Prendre des stupéfiants et devenir comme fou ne devrait pas supprimer la responsabilité pénale»], demandant de changer « au plus vite » la loi sur l’irresponsabilité pénale après l’émotion suscitée par l’affaire Halimi.

Commentaire de l’avocat blogueur « Maître Eolas » sur twitter : « Ce qui est bien en France c’est que quelqu’un qui tombe dans le coma pendant 14 ans peut se réveiller et il n’est pas trop déboussolé. Car oui, il y a 14 ans, un crime commis par un fou avait provoqué une telle émotion qu’on en avait fait une loi à des fins électorales. C’était le début de la règle un fait divers = une loi. 13 ans après son vote, je vous laisse juger de l’efficacité de la loi du 25 février 2008 ». En effet, souvenez-vous

Invité lundi matin 19/04 sur Europe 1, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, s’exprime sur l’affaire Sarah Halimi : « La drogue ça ne peut pas être un permis de tuer, il faut changer la loi parce que la loi ne convient pas ». Sauf que « La drogue n’est pas et n’a jamais été une cause d’exonération de la responsabilité pénale, et Gabriel Attal, qui n’est pas un imbécile, le sait très bien quand il prononce ces paroles. C’est de la démagogie dans sa forme la plus pure », accuse Maître Eolas, sur twitter, 19/04.

Voir aussi, à ce sujet : « Drogue et alcool, discernement et responsabilité pénale », un article mis en ligne sur le blogue « Paroles de juges » de Michel Huyette en mai 2019, complété en janvier 2020, avant d’être remis à jour le 19/04/21. Et encore : « l’un des experts psy de l’affaire Sarah Halimi s’explique… » [à lire attentivement]

4) 12 raisons de dire non à l’euthanasie  et oui aux soins palliatifs.

Plus de 3 000 amendements avaient été déposés sur le texte pour « une fin de vie libre et choisie », du député Olivier Falorni (Libertés et territoires). En conséquence de quoi, les députés n’ont pas pu adopter dans les temps impartis le texte dans la soirée du 8 avril. Le texte, dont on voit mal l’urgence, alors que la France a dépassé jeudi 15/04 la barre des 100.000 morts du Covid, prévoit d’introduire un droit à une « aide médicalisée active » pour les patients atteints d’une maladie incurable, en phase avancée ou terminale. Seul l’article 1 a pu être voté, par une large majorité (240 voix pour, 48 contre). Invité de Parlement hebdo, sur Public Sénat et LCP-Assemblée nationale, Olivier Falorni souligne que le parcours du texte « n’est pas inachevé ». « Ce texte est suspendu momentanément. Il peut poursuivre son parcours », a-t-il affirmé, avant d’en « appeler au gouvernement et à la majorité » pour reprendre le flambeau, et l’inscrire à l’agenda. Le député de Charente-Maritime note qu’une « très large majorité s’est exprimée, transpartisane » et donc que le texte est « largement soutenu ».

En parallèle, voici 12 raisons de dire non à l’euthanasie (et oui aux soins palliatifs), établi par un collectif de plus de 175 associations de bénévoles en soins palliatifs. Ce collectif représente plusieurs milliers de bénévoles engagés quotidiennement dans l’accompagnement de patients en fin de vie. Leur respect pour la complexité de toute vie et de toute fin de vie, leur culture de la simple écoute voire du silence ne les conduit pas, ordinairement, à prendre la parole publiquement. Leur voix doit pourtant être entendue.

5) L’inceste : entendre, comprendre, dire

L’inceste a fait irruption dans le débat public il y a plus de trente ans, mais rien n’a été mis en place pour en finir avec ce fléau.

Voici un dossier réalisé en partenariat Basta/Politis à consulter ici.

Pour traiter de la vague #MeTooInceste et des violences sexuelles, la journaliste Nolwenn Weiler s’est entretenue avec l’anthropologue Dorothée Dussy. Un entretien publié en ligne sur basta!
Un thème de société qui est l’événement en Une du Portail des médias libres, une revue de presse des médias indépendants.

Voir aussi Violences sexuelles, la fin du silence ? Le livre de Camille Kouchner a brisé le silence qui entoure souvent les crimes d’inceste. Dans les familles, mais aussi dans le monde de l’art, de l’éducation, du spectacle, du sport… de plus en plus d’affaires de violences sexuelles éclatent au grand jour. Qu’en est-il de la prévention ? Que fait la justice ?

6) « Islamophobie » à Sciences Po Grenoble : de quoi s’agit-il ?

Le journaliste catholique Patrice de Plunkett se propose de revenir sur « l’affaire de Sciences Po Grenoble » dans un édito sur RCF… « De quoi s’agit-il ? Deux professeurs, discutant (avec d’autres) de l’intitulé d’un colloque universitaire sur les dangers idéologiques d’aujourd’hui, ont estimé que la notion d’ISLAMOPHOBIE n’était pas claire, et qu’on ne pouvait pas la mettre sur le même plan que l’ANTISÉMITISME – dont le sens, lui, est connu et indiscutable. Aussitôt la discussion a fait l’objet de fuites ! Des affiches étudiantes collées à l’entrée des bâtiments ont accusé les deux professeurs d’être (je cite) des “fascistes islamophobes”. Ces affiches, attaquant deux professeurs par leur nom, ont fait scandale et alerté les médias … La petite affaire est devenue un gros tapage.  Ainsi voilà un trouble à l’ordre public, fabriqué à partir d’une querelle de mots sur l’intitulé d’un colloque universitaire. Mais depuis le drame de Samuel Paty, on sait ce qui peut arriver quand on lance certaines rumeurs.On attend donc des pouvoirs publics qu’ils calment le jeu : or on les sent hésitants, pour deux raisons, expliquées par le journaliste Patrice de Plunkett dans une note de blogue.

A lire aussi l’édito de Guillaume Goubert, pour La Croix : Pour que « L’université (reste le) lieu du débat »

7) Vaccination obligatoire nécessaire dans une société démocratique

La Cour européenne des droits de l’homme, chargée de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l’homme, a estimé jeudi 08 avril que la vaccination obligatoire telle qu’elle est appliquée pour les enfants dans certains pays était « nécessaire dans une société démocratique ». Elle avait été saisie en République tchèque, où neuf vaccins sont obligatoires, par des enfants refusés à l’école maternelle car ils n’étaient pas vaccinés, ainsi que par un parent condamné à une amende pour ne pas avoir fait vacciner ses enfants.

« Cet arrêt vient conforter la possibilité d’une obligation vaccinale sous conditions dans l’actuelle épidémie de Covid-19 », a commenté Nicolas Hervieu, juriste spécialiste de la CEDH. Le juriste, qui enseigne à Sciences Po Paris, souligne «la marge d’appréciation laissée par la cour aux États dans leur politique de vaccination». Nicolas Hervieu relève également que la décision de la CEDH fait «le constat d’un consensus général sur les effets bénéfiques de la vaccination qui ne sont pas remis en cause par les effets secondaires inévitables, dès lors qu’il y a un contrôle scientifique strict». Et la cour, poursuit-il, endosse «le principe de solidarité sociale qui peut justifier que l’on impose la vaccination à tous, même ceux qui se sentent moins menacés par la maladie, dès lors qu’il s’agit de protéger les personnes les plus vulnérables»

8) »En toute bonne conscience » : Faut-il se faire vacciner malgré les essais sur des cellules issues d’avortement ?

Le Vatican a tranché. Le 21 décembre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – le bureau de surveillance du Vatican pour l’orthodoxie doctrinale – a estimé « moralement acceptable » pour les catholiques de recevoir les vaccins anti-Covid-19, bien que certains d’entre eux soient issus de recherches sur des cellules venant d’embryons avortés. Même les catholiques traditionalistes qui suivent l’enseignement de Mgr Lefèbvre, que l’on ne peut certainement pas taxer de complaisance avec l’avortement, se rangent à cette décision et recommandent la vaccination quel que soit le type de vaccin. 

Des protestants se montrent, eux aussi, favorables au vaccin. Tout en appelant à informer le grand public des différentes étapes de sa conception, faisant appel ou non à des cellules issues d’embryons avortés.

Voir aussi cet article du Dr Cambrelin [médecin généraliste et Vice-Président du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine – CPDH] qui engage une réflexion sur le « degré de responsabilité éthique » et le choix du « moindre mal », lorsqu’il le faut. Le lecteur trouvera également, en fin d’article, un tableau de classement des vaccins contre la Covid-19.  Enfin l’article résume la position actuelle du CPDH : « En l’absence de possibilité de choisir, nous recommandons aux personnes les plus fragiles de se faire vacciner, quel que soit le vaccin : cela ne constitue en rien une approbation des Interruptions Volontaires de Grossesse et ne va pas encourager ces dernières. Les vies à sauver grâce à la vaccination doivent être une considération première. Il serait toutefois souhaitable que les citoyens puissent avoir le choix du vaccin, et de la sorte se positionner sur une éthique qui n’encouragera pas les recherches scientifiques utilisant les lignées cellulaires d’origine fœtale. ».

9) Qu’y a-t-il dans le rapport de l’OMS sur l’origine de la pandémie?

Le rapport sur l’origine de la pandémie Covid-19 a été rendu public mardi 30 mars 2021 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui pilotait une mission internationale conjointe avec la Chine. Après plusieurs mois de travail, le constat reste décevant: aucune certitude n’a pu être établie concernant l’émergence de Sars-CoV-2. Le scénario le plus probable demeure celui d’une transmission du virus de l’animal à l’homme via un hôte intermédiaire, qui reste à identifier. L’OMS estime que «toutes les hypothèses restent sur la table». Analyse sur Heidi News.

10) Covid, climat, complot : matières à réflexion pour ceux qui cherchent des « infos complémentaires »

InfoChrétienne.com a publié du 16 au 19 mars 2021 une excellente série de 4 articles de Jean-François Mouhot, directeur d’A Rocha France. Cette série est consacrée à l’épidémie de complots en lien avec le Covid. Jean-François Mouhot y explore les liens entre ces « fake news » et le déni du changement climatique. Il montre également que ce sont souvent les mêmes personnes qui (a) diffusent des fausses informations mettant en doute la sévérité de la crise climatique ou la responsabilité de l’homme dans le rechauffement et (b) qui diffusent des intox concernant le Covid et les vaccins.

Retrouvez donc les différentes parties de l’article :

Covid, Climat, Complots: quelques pistes de réflexions… – Partie I

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions… – Partie II

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions… – Partie III

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions…- Partie IV

Sur la science du climat et le climato-scepticisme, la page « ressources » d’A Rocha France et la chaîne Youtube d’A Rocha France sont des bons points de départ pour nourrir sa réflexion.

11) Portrait d’Elisabeth Bik, chasseuse de fraudes des publications de Didier Raoult

Elisabeth Bik s’est fait un nom et une réputation sur Twitter. Elle y soulèves des énigmes depuis deux ans avec un seul fil conducteur: déceler les images frauduleuses dans les publications scientifiques. Du simple copié-collé à la manipulation caractérisée, les découvertes de la microbiologiste néerlandaise sont postées sous forme de rébus où elle invite sa communauté à deviner de quoi il s’agit. Son travail de fourmi a déjà permis de signaler 4000 publications sur le site spécialisé Pubpeer. En début de semaine, elle a publié sur Twitter une rafale d’images problématiques issues de publications scientifiques signées par le Pr Didier Raoult. Elle n’était pas à son coup d’essai puisqu’elle avait déjà questionné le travail du chercheur marseillais sur l’hydroxychloroquine en avril 2020. Didier Raoult l’a alors qualifiée de «chasseuse de sorcières» et, l’automne dernier, de «cinglée». Cela ne l’intimide pas du tout: elle continue son travail de vérification avec acharnement et surtout un certain plaisir. Heidi.news a pu échanger avec elle.

 «En fin de compte, si un scientifique est reconnu coupable d’une faute, ce n’est pas à cause des actions du lanceur d’alerte, mais à cause de ses propres actions.» (Elisabeth Bik)

12) Covid et lien social : l’ère de l’individualisme de masse

Chronique du journaliste-blogueur Patrice de Plunkett à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne. «  Les fêtes inciviques  se multiplient dans la rue en France : carnaval de six mille personnes à Marseille, manif dansante à Annecy, foule à Lorient… Le tout sans masques, sans distances sanitaires, et assorti de déclarations du genre : “Maintenant ces histoires de virus on s’en fout, ça ne nous concerne pas, on veut du fun et de la musique”, etc… » : ..Bien entendu les municipalités s’indignent : le maire UDI de Lorient dit que c’est « inadmissible », le maire socialiste de Marseille traite les fêtards d’ »irresponsables »… Qu’est-ce qui est “irresponsable” ? “Ce genre de comportements alors qu’on demande à nos concitoyens de respecter les gestes barrière”, expliquent les maires.  Bon. C’est irresponsable, en effet. Mais regardons pourquoi ces groupes ou ces foules tombent dans l’incivisme en ne respectant pas les gestes barrière… »

Voir aussi Covid-19 : pourquoi les médias continuent-ils à illustrer leurs sujets avec des images de foules en extérieur ? Depuis le début de la pandémie, les médias illustrent les risques liés au Covid par des photos de gens prenant le soleil sur la plage ou dans des parcs, alors que la plupart des contaminations se passent en lieux clos.

13) 34eme baromètre de confiance dans les médias ! La crise du Covid-19 réconcilie (un peu) les Français et les médias

Malgré son omniprésence et son caractère anxiogène, l’information sur la crise sanitaire a suscité un petit regain d’intérêt pour l’actualité. Les Français font preuve de lucidité dans les reproches adressés aux médias et dans l’utilité qu’ils leur confèrent. S’ils demeurent critiques envers le système d’information, ils se sentent plutôt bien informés par leurs médias de prédilection. Une enquête, à laquelle s’est associée la société Onepoint cette année, réalisée par Kantar Public pour La Croix entre le 7 et le 11 janvier, selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Voir aussi : Covid-19 : « Les journalistes ne sont pas là pour nous rassurer, mais pour nous informer » : Un an après le premier confinement, La Revue des médias revient avec Hélène Romeyer, professeure en science d l’information et de la communication (Université de Bougogne-Franche Comté], spécialiste de la médiatisation des questions de santé, sur le traitement médiatique hors norme de la crise liée à la Covid-19.

14) Stop au « journalistes-bashing »

Vous êtes leader spirituel ? Vous cassez du journaliste ? Ce n’est pas digne de Celui dont nous sommes ambassadeurs. Dans une société violente, ne cédons pas nous-mêmes à la surenchère. Frustrés, déçus, il y a parfois de quoi ! Ne jouons pas les victimes. Même si nous étions fondés à contester une déontologie, ne dérogeons pas à la nôtre : honorer Christ dans tous nos propos.

Mise au point d’Alain Stamp, nous invitant à tordre le cou à nos préjugés face à un article/reportage qui ne nous plaît pas, pour mieux comprendre certains des impératifs du journalisme. Et mieux respecter les hommes et les femmes qui composent cette profession, pour rester intègres.

15) Peut-on encore affirmer être un média — et toucher des aides à la presse — lorsqu’on ne rémunère pas sous le statut de journaliste? Interpellée par la rédaction de Science et Vie, la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot a ainsi missionné fin 2020 une enquête à ce sujet. Retardée à cause de l’hospitalisation de la ministre, touchée par le Covid-19, ses conclusions sont attendues fin juin 2021. Son rapport ayant été remis, il reste, selon Arrêts sur Images, «en cours d’analyse» par le ministère. Cette mission avait été accélérée par les appels à l’aide de la rédaction de Science & Vie, vampirisée par son propriétaire, Reworld. Depuis, la quasi-totalité des journalistes du magazine scientifique a claqué la porte.

La mission de réflexion sur les aides à la presse portera «sur les conditions d’accès aux aides à la presse et notamment celles relatives à la composition des rédactions» et livrera ses conclusions à «la mi-mars». Actuellement, «les titres de presse doivent» présenter un «apport éditorial significatif», mais «l’accès au régime économique de la presse (avec des aides à la clé: ndlr), via l’inscription sur les registres de la CPPAP, n’est assorti en tant que tel d’aucune condition quant à la présence de journalistes au sein des rédactions», explique le ministère de la Culture. Seules les rédactions des «services de presse en ligne d’information politique et générale doivent comporter au minimum un journaliste professionnel».

16) Les élus peuvent-ils bloquer l’accès ou restreindre la lecture de leurs comptes Twitter ?

A la suite d’une vague de cyberharcèlement, Marlène Schiappa a annoncé samedi 20/03 que son compte Twitter était passé en mode privé. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes ont déploré que le compte d’une ministre – jugé d’intérêt général – ne soit plus accessible au grand public. « Les comptes des membres du gouvernement doivent rester ouvert à toutes et tous », explique Guillaume Tatu, journaliste et élu local, qui a porté plainte en 2019 contre Richard Ferrand pour l’avoir bloqué sur Twitter.

La question s’était déjà posée aux Etats-Unis en 2018. Sept citoyens américains avaient déposé plainte contre le président Donald Trump, qui les avait bloqués sur le réseau social Twitter. La Cour fédérale avait alors considéré que le locataire de la Maison-Blanche n’était pas en mesure de les empêcher de le suivre, au nom de la liberté d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution américaine. « Le président présente le compte @realDonaldTrump comme un compte présidentiel par opposition à un compte personnel, et plus important encore, utilise le compte pour prendre des mesures qui ne peuvent être prises que par le président, en tant que président », avait alors déclaré la justice américaine.

De quoi créer une jurisprudence pour tous les élus et représentants de l’Etat qui utilisent les réseaux sociaux…analyse à lire ici.

17) Surprise pour Nicolas Sarkozy : les juges jugent en droit !

Les juges sont-ils en train d’empiéter sur le terrain politique au mépris de la séparation des pouvoirs ? C’est l’opinion du constitutionnaliste Bertrand Mathieu dans un entretien accordé à Actu-Juridique. Son collègue Dominique Rousseau lui répond : la condamnation de Nicolas Sarkozy n’est que l’application du principe de l’égalité de tous devant la loiC’est ainsi que Nicolas Sarkozy n’est pas victime des juges ; il est victime du principe d’égalité de tous devant la loi et devant la justice. Selon le code pénal, constitue un délit le fait pour une personne de solliciter d’une autre personne des informations privilégiées en échange d’une distinction ou de « toute autre décision favorable ».

18) Ecologie : La défense des mauvais biftecks

« Folie pour les uns, scandale pour les autres » : Tenons-nous en d’abord aux faits. La mairie écologiste de Lyon a reconduit une mesure prise par la majorité LREM précédente consistant à mettre en place dans les cantines scolaires un menu unique, sans viande mais avec œufs ou poisson, pendant le temps de la pandémie. Pourquoi un menu unique ? Pour fluidifier la file et limiter la transmission du virus dans la queue du self. Pourquoi sans viande ? Parce que cela permet de proposer un menu unique qui ne pose aucun problème rédhibitoire à quiconque.  En matière de végétarisme, le programme de la mairie n’est pas le menu unique vegan. C’est en toutes lettres dans le programme et le site de la ville : une alternative sans viande à chaque repas à l’horizon 2022.  Le tout avec une démarche de choix de produits locaux, 50% minimum des produits.  Qu’importe, on a vu Gérard Collomb, celui-là même qui avait pris la fameuse décision du menu unique, manifester juché sur un tracteur contre un délire idéologique s’attaquant à l’agriculture française. Et les médias locaux et nationaux d’emboîter le pas, omettant soigneusement de préciser l’initiateur réelle de la mesure, transformant le végétarien en vegan, le but sanitaire en « programme idéologique » et affirmant son caractère pérenne. Est-ce vrai, est-ce faux, aucune importance, l’important c’est de rappeler que « les écolos prennent des mesures idéologiques et délirantes ».

A lire, cette note de blogue de « Phylloscopus », chrétien naturaliste, qui s’interroge sur « les critères (à) remplir, pour qu’une décision écologiste ne soit pas qualifiée par principe de « délire idéologique imposé par une minorité ». De là, la triste leçon de cette histoire, c’est que peu importe la façon dont l’écologie est conduite ou déployée : si elle conduit à modifier, si peu que ce soit, notre horizon familier, elle fait scandale.

19) Emmanuel Faber évincé de son poste de PDG de Danone

Le conseil d’administration du groupe agroalimentaire Danone a annoncé (15/03) avoir « mis fin aux fonctions d’Emmanuel Faber comme président-directeur général ». Deux fonds d’investissement actionnaires du groupe français réclamaient son départ. Le président du fonds londonien Bluebell Capital, déclarait dans une interview au Monde fin février, qu’il fallait « laisser partir M. Faber », car « depuis sa prise de fonctions en tant que directeur général, en 2014, Danone délivre des résultats plus faibles que ceux de ses grands concurrents, Nestlé ou Unilever ». Le 1er mars, le conseil d’administration avait déjà voté la dissociation des fonctions de président et de directeur général, une mesure demandée par ce fonds. La décision prévoyait qu’un directeur général soit recruté. Dans une lettre du 3 mars, le fonds américain Artisan Partners souhaitait le départ d’Emmanuel Faber pour que le futur directeur général ait « la latitude nécessaire pour mettre en place une nouvelle orientation ».

Les fonds activistes, comme Bluebell Capital et Artisan Partners, sont des groupements d’investisseurs qui « cherchent à infléchir la stratégie des entreprises qu’ils jugent peu performantes en prenant une participation minoritaire à leur capital », explique dans le site The Conversation le professeur de finance Michel Albouy. Leur objectif est d’améliorer les résultats financiers et de faire ainsi remonter le cours de l’action de l’entreprise afin de réaliser une plus-value à la revente. Les fonds activistes ont tendance à cibler plus souvent les sociétés ayant un fort engagement en matière de responsabilité sociale des entreprises, c’est-à-dire celles qui intègrent ces préoccupations à leur activité en vue du bien commun, assurent dans une étude publiée en 2020 les professeurs en stratégie d’entreprise Rodolphe Durand, Mark DesJardine et Emilio Marti. Selon eux, ces fonds considèrent ces engagements sociaux et environnementaux comme « inutiles », car empêchant les actionnaires de maximiser leurs intérêts à court terme.

En savoir plus ici.

20) Le Mouvement de Lausanne

L’analyse mondiale de Lausanne cherche à fournir des informations stratégiques et crédibles et des connaissances issues d’un réseau international d’analystes évangéliques afin d’équiper les acteurs clés de la mission mondiale.

21) Le voyage musical : « histoire dont vous êtes le héros »

Parce que le confinement ne doit pas couper nos enfants de Dieu, voici le voyage musical » : Une proposition de catéchisme pour adolescents sous la forme d’une « histoire dont vous êtes le héros »

Et le dernier pour la route :

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« Biblical literalists when Jésus condemns the rich and blesses the poor » (Paru sur twitter, le 31/03/21)

Foireux liens de décembre (42) : protestantisme et laïcité, loi sécurité globale, immigration et héritage chrétien

Les « Foireux liens » de décembre : une actualité placée sous le signe des rapports entre laïcité et religions. Source image : public domain pictures

Chers lecteurs, voici la dernière édition de vos « Foireux liens » tant attendus, pour l’année 2020.  Au menu : Lois sécurité globale et séparatisme, protestantisme et laïcité, immigration et héritage chrétien, bilan de « la bataille des messes », « complots faciles », « pensée unique » et des témoignages….Bonne lecture !

 

1)INTERACTIF. Votre environnement est-il à risque? Calculez votre risque de contamination à la Covid-19 avec ce simulateur

Les chercheurs de l’Institut Max-Planck à Mayence ont développé un algorithme et ainsi démontré dans une étude publiée fin novembre qu’aérer régulièrement la pièce où vous vous trouvez permettait de faire baisser fortement le risque de transmission de la Covid-19. Grâce à leur modèle mathématique, Nice-Matin a construit ce simulateur pour nous aider à estimer le risque que présente notre environnement (et nos fêtes de fin d’année). La situation « de base » correspond à une pièce de 25m2 et de 2,50m de hauteur, sans ventilation ni fenêtre ouverte (un salon par exemple), dans laquelle nous resterions pendant 5 heures, avec 6 personnes sans masque dont une, infectée par le Sars-Cov-2 et contagieuse, parle environ 50% du temps (soit 2h30) à voix normale.Le risque individuel d’être contaminé serait de 30%. Avec une fenêtre ouverte 10 minutes toutes les heures, ce risque tombe à 12%.

À vous de modifier la taille de la pièce et ses caractéristiques (hauteur sous plafond, aération), le nombre de personnes qui s’y trouvent, la durée de l’événement, le port ou non du masque, le temps de parole et le volume sonore, pour les faire correspondre à votre situation.

https://pbs.twimg.com/media/EoZBJGWWEAID3AZ?format=jpg&name=4096x4096

2) Complots faciles

Vous êtes à court d’arguments face à un platiste, un antivax ou un Breton ? Plutôt que s’énerver inutilement, mieux vaut en rire… C’est ce que fait @ComplotsFaciles depuis quelques années, et ils s’apprêtent même à en faire un jeu.

En bonus, ce petit exercice : quand on vous parle d’une conspiration, au lieu d’essayer d’argumenter, rajoutez en une couche. Exemple – l’homme n’est jamais allé sur la lune – réponse : parce que tu crois vraiment que la lune existe ? Laissez mijoter quelques minutes et observez le résultat….

Sinon, vous pouvez toujours lire les témoignages de Julien (24 ans) et Leila (19 ans), lesquels racontent les raisons qui les ont attiré vers les théories conspirationnistes et la manière dont ils ont réussi à sortir de cet engrenage pour mieux appréhender le réel.

Voir aussi : « complotisme : mieux vaut prévenir que guérir », traduction d’un article d’Aleksandra Chichocka, directrice du département de psychologie politique à l’université du Kent, à Canterbury.

3) Peut-on être contre l’immigration et pour l’héritage chrétien ?

Certains leaders politiques confrontent le public à un dilemme. D’une part, ils veulent préserver l’héritage chrétien en Europe. Mais d’autre part, ils rivalisent d’idées pour accueillir le moins d’étrangers possible. Comment expliquer cette incohérence ?  Il est possible que ces politiques, notamment de droite, méconnaissent l’héritage chrétien. Lorsque le Pape François défend les migrants, leurs voix se lèvent pour dire qu’il serait un pape « de gauche ».  Or, depuis 70 ans, tous les papes ont défendu non seulement les migrants mais aussi un droit à l’immigration.

Le Pape François ne défend donc pas les immigrés parce qu’il serait « de gauche », mais parce qu’il est au sommet d’une institution dont la raison d’être est « d’agir en continuité avec la mission du Christ ».

4) Guiti News : un autre regard sur ce qui nous entoure

Vu sur l’hebdo protestant Réforme : Lancé par des journalistes français et étrangers ayant fui leur pays, le site d’information Guiti News porte un regard plus que bienvenu sur la situation des migrants, loin des fantasmes et des préjugés, et pour prendre conscience que l’on ne saurait réduire des personnes à un voyage qu’ils ont fait.

Découvrir le site https://guitinews.fr/

Voir aussi InfoMigrants, un site d’information destiné à lutter contre la désinformation dont sont victimes les migrants où qu’ils se trouvent : dans leur pays d’origine, sur la route, ou déjà dans le pays où ils espèrent bâtir une nouvelle vie

5) États-Unis. Donald Trump s’attaque à la loi Obama visant à encadrer et à améliorer l’alimentation des écoliers.

Dimanche 13 décembre, les États-Unis ont célébré les dix ans du Healthy, Hunger-Free Kids Act, littéralement la “loi pour des enfants en bonne santé et bien nourris”, adoptée par le Congrès américain en 2010 à l’initiative de Michelle Obama. Céréales complètes, baisse des quantités de sel et de “laits écrémés aromatisés”, le régime imposé aux écoles par son prédécesseur et grand adversaire n’a jamais convenu à Donald Trump. Quelques semaines avant de perdre le pouvoir, Donald Trump tente, encore une fois, de détricoter le travail de son prédécesseur, redoublant d’efforts pour rendre les normes alimentaires moins strictes, explique The Philadelphia Inquirer.

6) Bilan de la « Bataille des messes » : ni vainqueur, ni vainqueur

« La « bataille des messes » aura été l’un des fils rouges de cette année covidée, chez les catholiques et au-delà. Très au-delà », analyse le blogueur naturaliste catholique Phylloscopus. « Elle n’aura pas seulement fracturé l’Eglise de France [soit l’ensemble formé par les fidèles], ne sachant rien d’éventuelles divergences au sein de la CEF. Elles ont révélé [ce qui semble beaucoup plus grave pour le blogueur ] le gouffre qui sépare désormais les pratiquants, de quelque religion que ce soit, d’une part, et le reste de la société d’autre part ». Mais « comment en sommes-nous arrivés là ? Peut-être parce que l’esprit du temps est si imbibé d’utilitarisme qu’il récuse d’emblée tout ce qui ne lui semble pas rapporter, selon ses critères. (…..)  L’efficience du culte n’étant plus comprise, le culte a perdu toute valeur. Au mieux, il est assimilé à un spectacle : on met son autorisation sur un pied d’égalité avec l’accès aux cinémas ».

Et ce, d’autant plus que, dans ce contexte délirant, les théâtres jalousent les églises, lesquelles jalousent les centres commerciaux…

7) Foi & vie : « Protestantisme et laïcité, une histoire à reprendre »

Merci à Olivier Abel, professeur de philosophie éthique, pour m’avoir transmis l’information suivante : « Dans le contexte un peu tendu du « renforcement » législatif de la laïcité, et au cas probable où ce numéro de la revue (protestante et plus que centenaire) Foi & Vie nous aurait échappé,  voici le lien, sur lequel nous pouvons la télécharger librement. En bonus, Foi et vie protestantisme et laicité au format PDF, lequel nous donne un panel de diverses optiques sur la question, mais qui disent tous quelque chose de la sensibilité protestante sur la question. La revue Foi & Vie est passée intégralement au numérique depuis un peu plus d’un an, elle est gratuite, nous pouvons nous y inscrire pour recevoir gratuitement ses numéros (et ses archives !) en pdf d’une grande richesse. N’hésitez pas à diffuser ce lien autour de vous.

8) Matthieu Faucher lavé de toute accusation de prosélytisme

Accusé de prosélytisme, Matthieu Faucher, alors enseignant à Malicornay, est en conflit avec l’Education nationale depuis 2017. La cour administrative d’appel de Bordeaux estime que sa mutation d’office ne se justifiait pas. Par ailleurs, aucune faute professionnelle ne peut être retenue. « Il est (donc) enjoint au ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, d’affecter M. Faucher à l’école de Malicornay, dans un délai d’un mois », telle est la conclusion de la décision de la cour administrative de Bordeaux, laquelle estime que les lectures d’extraits de la Bible « ont présenté un caractère limité, et ne peuvent être regardées comme ayant eu pour objet ou pour effet de porter atteinte à la liberté de conscience des élèves ni comme ayant méconnu le principe de neutralité et de laïcité« .

Voir aussi cet article à lire dans La Nouvelle République.

9) 10 ans du CNEF: une inspiration pour la structuration de l’islam français ?

Le 15 décembre 2020, le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) a fêté ses dix ans d’existence.  Par rapport à la Fédération Protestante, l’autre grand réseau fédératif des protestants, c’est un petit nouveau.  Le CNEF n’a pas, pour l’heure, l’armature institutionnelle de son aînée. Et ses bases restent fragiles. Mais la dynamique enclenchée s’est révélée fructueuse au fil de la décennie 2010. Il rassemble aujourd’hui environ 60% du total protestant évangélique français (ce qui représente autour de 600.000 fidèles, sur un total d’environ un million, et a gagné sa crédibilité auprès des pouvoirs publics. L’ingrédient de la réussite? Une longue maturation « par le bas », sans incitation politique, portée par les églises, les réseaux (FEF d’un côté, pentecôtistes de l’autre). C’est au terme d’un lent parcours de rapprochement, de concertations multiples, d’échanges et de réflexions partagées, que ce projet d’œcuménisme intraprotestant, sur une base évangélique, s’est épanoui.  N’y a-t-il pas là des éléments à retenir dans les sempiternels débats sur la structuration de l’islam en France ? s’interroge l’historien Sébastien Fath dans une note de blogue.

10) Ce que le CNEF pense du projet de loi confortant les principes républicains….

Le projet de loi confortant les principes républicains a été adopté en conseil des ministres le 9 décembre. Il donne suite aux annonces du Président de la République pour lutter contre le séparatisme, lors de son discours du 2 octobre dernier.

Rendu public ces derniers jours, le texte a été étudié par le service juridique du CNEF, après échange avec le cabinet du ministre de l’Intérieur et le Bureau central des cultes qui ont demandé que des avis leurs soient retournés de la part du CNEF. Le Service pastoral du CNEF auprès des parlementaires se tient à l’écoute des députés et des sénateurs pour expliquer nos positionnements voire proposer des éléments pour des amendements. Le réseau des Délégués départementaux sera aussi consulté dans les prochains jours en vue de recueillir des avis de terrain.  Voici les principaux avis, synthèse de ce que le CNEF a envoyé au gouvernement sur ce texte. Un travail d’approfondissement et de propositions se poursuivra jusqu’à l’adoption du texte.

….Et ce qu’en pense la FPF dans une tribune critique dans les Echos

Le protestantisme français critique le projet de loi, présenté au conseil des ministres le 9 décembre 2020 et « renforçant les principes républicains » : une loi peu attractive pour l’islam, limitante et intrusive pour le protestantisme, l’un des principaux cultes concernés par le nombre des associations cultuelles.  Très concerné par ce projet de loi modifiant profondément une loi dont il a été un des plus fidèles soutiens, le protestantisme français constitue environ les deux tiers des associations cultuelles 1905. La FPF rappelle que la loi 1905, brandie comme un étendard par les tenants d’une laïcité restrictive de la liberté de culte, est en réalité une loi de liberté qui établit les termes du culte public. Elle rappelle en effet que si la République est laïque, la société elle-même dans son organisation ne l’est pas et doit être le lieu de la libre expression de tous les cultes. Les cultes signent par leur présence dans la société les deux dimensions qui se conjuguent : celle horizontale de la fraternité et celle verticale de la spiritualité.

11) Interview d’Emmanuel Macron sur Brut : a-t-il réussi à parler aux jeunes protestants ?

C’était l’événement politico-médiatique du vendredi 4 décembre. Ce jour-là, le président de la République a accordé une interview à Brut. Les vidéos du média en ligne sont regardées quotidiennement par 13 millions de spectateurs, dont plus de 60% ont moins de 35 ans. Ça tombe bien, Emmanuel Macron voulait tout particulièrement s’adresser aux jeunes. Ce jour-là, le chef de l’État a répondu aux questions de Rémy Buisine, journaliste de Brut, Yagmur Cengiz, journaliste qui travaille beaucoup dans les quartiers, et Thomas Snégaroff, journaliste professeur d’histoire. Ensemble, ils ont abordé les thèmes des violences policières, des contrôles au faciès, de la laïcité, de la place de l’islam dans la société, mais aussi du coronavirus, des Ouïghour, de l’environnement, etc.

Le ton était plus direct, plus détendu et les questions différentes de celles habituellement posées par les autres médias. Mais qu’en ont pensé les jeunes, notamment Elisabeth (19 ans) et Rosanne (26 ans), qui ont regardé « la version longue » ?

12) Rendez-vous manqué sur les religions entre des jeunes et leur secrétaire d’Etat

Retour sur le débat ayant eu lieu à Poitiers le 22 octobre dernier, entre Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat à la jeunesse, et une centaine de jeunes sélectionnés par la Fédération des centres sociaux, à propos de la laïcité et de la liberté d’expression, par La Vie et Politis.

13) Loi sécurité globale : vers une privatisation de la police ?

« Un homme […] est dans l’état de sécurité lorsqu’il peut prévoir qu’aucune violence ne lui sera faite, dont l’auteur ne serait empêché par » cet État « souverain à qui les hommes se sont tous assujettis ». Cette citation extraite du Leviathan de Thomas Hobbes de 1651 permet de rappeler que les États modernes se sont historiquement construits sur la promesse d’assurer la sécurité de leur population. Elle permet également de comprendre pourquoi ils se sont trouvés investis de ce que le sociologue Max Weber a qualifié de « monopole de la violence physique légitime » sur leur territoire. Mais ce monopole leur interdit-il de s’appuyer sur les forces du marché pour assurer le respect de l’ordre public établi par la loi ?

Non, à en croire la proposition de loi actuellement en discussion, relative à la sécurité globale. Le titre VII du texte contient en effet un certain nombre de dispositions renforçant le rôle du « secteur de la sécurité privée » présenté par ailleurs comme « un maillon essentiel du continuum de sécurité dans le pays, notamment dans un contexte de préparation de grands événements comme la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques de 2024 ». Le texte fait ce faisant œuvre de rupture dans la continuité

[A noter que le phénomène de la privatisation de la sécurité a déjà été analysé par le Tigre magazine en septembre 2009]

Voir aussi : Des outils pour un futur dirigeant autoritaire

Avec plusieurs lois adoptées ou en cours de débat en France, comme celle sur la diffusion d’images de policiers, Emmanuel Macron prend le risque de léguer des outils antidémocratiques à un futur dirigeant plus autoritaire, juge l’ancienne éditorialiste du New York Times Mira Kamdar dans le site The Atlantic (en anglais) :  « La France est assiégée et meurtrie. Le chômage de masse, la frustration que provoquent les restrictions liées au Covid-19 et la peur causée par de nouvelles attaques terroristes ne peuvent qu’exacerber les troubles et la division. Tout cela est évidemment une aubaine pour la dirigeante de l’extrême droite populiste, Marine Le Pen, adversaire la plus probable de Macron à l’élection présidentielle de 2022. La stratégie de Macron semble reposer sur trois volets : imposer un ordre strict, préparer des mécanismes de répression des manifestations de masse ; contrôler les reportages critiques dans la presse ; et s’approprier une partie du langage et des politiques de l’extrême droite pour la vaincre en lui volant suffisamment d’électeurs. Dans ce processus, la liberté que Macron défend si vigoureusement, et pour laquelle la France a tant sacrifié, est réduite par la loi, léguant à un futur dirigeant plus autoritaire une puissante palette d’outils antidémocratiques. » Mira Kamdar (https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2020/11/france-about-become-less-free/617195/)

En savoir plus sur la loi « Sécurité globale ».

14) Choix éditorial

 (Vu sur twitter le 02 décembre 2020) Vous l’avez certainement vu ou entendu en boucle sur les chaînes d’info : Le Président Emmanuel Macron a annoncé des « mesures restrictives et dissuasives » pour les Français voulant skier à l’étranger à Noël……Sauf que pour 10 millions de Français, la question n’est pas de savoir s’ils pourront skier à Noël, mais s’ils pourront manger à Noël.

15) La phrase du mois : « Plus on aide les gens, plus ils sont aptes à sortir de la trappe à pauvreté »  (Esther Duflo)

A moins que vous ne préfériez celle-ci :

« L’unicité de pensée de ceux qui ne suivent pas la pensée unique me laisse penser que la pensée unique n’est qu’une pensée parmi d’autres » (« Piquée » sur le compte twitter du pasteur Laurent Descos, 21/12/20)

16) Un pasteur auprès des sans-logis

La situation actuelle, en lien avec la pandémie de Covid-19, ne constitue pas uniquement un défi sanitaire. Elle entraîne également une explosion de la pauvreté en France. Entretien avec le pasteur Gilles Boucomont, président de la Mission évangélique Parmi les sans-logis à Paris.  Un contenu proposé par Croire et vivre le 7 décembre 2020

17) Christ & collecte 

Le confinement 2.0 a déjà promu comme palliatif à la fermeture générale la pratique du « click and collect ». Une fois dépassé l’agacement de l’expression anglaise, ce qui frappe c’est le primat du consumérisme qui se dégage de cette « solution » donnée à la société pour préserver la vie matérielle des consommateurs que nous sommes, quand bien même nous aurions envie d’être bien plus que des consommateurs…En Eglise nous vivons la pratique du Christ & collecte.

18) L’Évangile est une bonne nouvelle – pas un bon conseil (Timothy Keller)

Faire la distinction entre une nouvelle et un conseil est très important. Un conseil est un avis sur ce qu’il convient de faire. Une nouvelle est le récit Evènements qui se sont déjà produits. Un conseil vous incite à prendre une décision. Une nouvelle vous pousse à prendre acte de ce qui s’est produit pour agir en conséquence. Un conseil vous laisse la responsabilité d’agir. Une nouvelle indique que quelqu’un d’autre a déjà agi. Imaginons qu’une armée d’envahisseurs s’approche d’une ville. C’est d’experts militaires dont la ville a besoin ; elle a besoin de prendre conseil. Il faut que quelqu’un explique qu’il faudrait positionner des remparts de terre et creuser des tranchées là, que les tireurs doivent se poster là-haut et les chars ici, en bas.  Par contre, lorsqu’un grand roi a intercepté et défait une armée d’envahisseurs, de quoi la ville a-t-elle besoin ? Elle n’a pas besoin d’experts militaires ; elle a besoin de messagers, dont le mot correspondant en grec est angelos, les anges. Les messagers ne vont pas dire : « Voici ce qu’il faut que vous fassiez. » Ils vont plutôt dire : « Je vous apporte une nouvelle qui sera une grande joie. » Autrement dit: « Ne vous enfuyez plus ! Arrêtez la construction de fortifications. Arrêtez d’essayer de vous sauver vous-même. Le Roi vous a sauvé. » D’autres ont déjà agi, et cela change tout.

19) Comment devenir plus catholiques en s’inspirant des Evangéliques : Une belle recension du livre d’Henrik Lindell et de Pierre Jova par mon ami Alain Ledain, à lire sur son site « Ethique sociale chrétienne ». Ne manquez pas de le saluer de ma part, cela lui fera plaisir.

20) Pourquoi attachons nous du poids à telle ou telle idée ? Entretien avec Bertrand Labasse sur la valeur des informations

Pourquoi attachons nous du poids à telle ou telle idée ? La prolifération de discours parfois tout à fait délirants devrait inciter à réexaminer au fond les explications qu’on en donne. Bertrand Labasse est professeur aux départements de français et de communication de l’université d’Ottawa. Ses recherches concernent notamment l’étude des déterminants cognitifs et sociaux de la production et de la réception des informations médiatiques, scientifiques et culturelles. Il vient de publier en français « La valeur des informations. Ressorts et contraintes du marché des idées » (Presses de l’université d’Ottawa, 2020), dans lequel il propose un modèle pour expliquer la valeur que nous attribuons aux contenus qui nous sont proposés, mobilisant à la fois la pertinence cognitive (l’effort et l’effet, qui s’étagent tous les deux entre différents niveaux, du plus spontané au plus élaboré) et la convenance sociale (la proscription et la prescription, selon un continuum qui va, cette fois, de l’implicite et de l’explicite jusqu’au formel). Au risque, parfaitement assumé, de se voir reprocher de marier ainsi des registres d’explication relevant de disciplines différentes.

21) Contre l’hérésie numérique 

Les hérésies sont séduisantes et trompeuses mais elles ont un avantage : elles nous montrent que penser d’une façon ou d’une autre n’est pas indifférent. Il existe bien une hérésie numérique et nous sommes plongés dedans. Le numérique nous séduit, c’est sûr ; mais quand ça nous fait croire que ça nous rend libre, ça nous trompe : ça ne fait que nous mettre en capsule…

22) Lecteurs de sensibilité

Les « sensitivity readers » sont des personnes qui relisent des manuscrits pour en chasser les représentations fausses, les stéréotypes offensants, les propos racistes, homophobes ou négligents vis-à-vis des handicapés. Le site Cheek Magazine analyse ce phénomène, encore marginal et mal perçu en France. Certains y voient une forme de censure, quand d’autres estiment qu’il met en lumière un manque de diversité dans le domaine de l’édition

23) Insolite : Emprunter une personne

Au Danemark, il existe des bibliothèques où vous pouvez « emprunter » une personne. Chaque livre/humain porte un titre comme « autiste », « chômeur », « sidéen », « alcoolique », ou encore « musulman », « réfugié », « bipolaire », « obèse ». Une fois emprunté, votre « livre » vous racontera, pendant environ 30 minutes, son histoire fascinante. On demande au lecteur d’être curieux et de poser des questions, et aussi de respecter le livre et de le rapporter à temps pour que d’autres puissent en profiter. Au fil des pages, vous réaliserez peu à peu à quel point il ne faut pas juger un livre par sa couverture. Fondée il y a 19 ans à Copenhague, l’initiative du groupe The Human Library a pour objectif de lutter contre les préjugés par le dialogue. Aujourd’hui présent dans plus de 85 pays, l’organisme peut vous aider à organiser dans votre milieu une bibliothèque humaine. Ils sont aussi toujours à la recherche de nouveaux « livres à publier », si cela vous intéresse… pour autant que vous soyez plutôt du type « livre ouvert » !

Et le dernier pour la route :

« Brief me » : je vous ai déjà parlé sur ce blogue de ce média indépendant, sans publicité, au format épuré, qui explique et met en perspective l’actualité.

Brief me propose une newsletter chaque soir à 18h30. Le samedi matin, une édition du week-end permet d’approfondir en revenant à la source d’un sujet d’actualité de la semaine. Nous aimons, outre le format épuré, la profondeur des analyses et le service qui offre bien plus qu’une simple revue de presse ou ce qu’offrent habituellement les sites d’agrégation de contenu/d’ « actus commentées »/ »billets d’humeur » : l’équipe fait en effet un véritable travail journalistique, lequel consiste à mener une veille qui va bien au-delà des dépêches d’agences de presse. Des journalistes professionnels analysent chaque jour des centaines de sources pour sélectionner les informations qui leur semblent les plus pertinentes selon les rubriques. Chaque information retenue est d’abord vérifiée. Il leur arrive de renoncer à certains sujets s’il s’est avéré impossible de trouver des sources suffisamment fiables.

Il est possible de tester Brief me gratuitement pour se faire un avis.

 

Ces « foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en février 2021.

 

 

 

 

« Interpellant » ou « scandalisant », les Evangéliques ?

Les Évangéliques assumeront-ils, avec compassion et intégrité, leur « rôle prophétique dans la société » ou ne seront-ils qu’ « un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit », cf 1 Cor.13v1 ? Source : Pixabay.

J’ai déjà entendu ce dicton : « ne pose pas de question sur la foi mais vis de telle façon que ta vie pose questions ». Justement : quelles questions ?

L’on a pu déplorer le niveau de tensions et de bêtises autour des propos de « chrétiens en campagne », durant la présidentielle ou juger, à l’instar de Yannick Imbert, que ladite campagne a été, du côté chrétien[Évangéliques, en tout cas !], un relatif désastre, au point où les chrétiens ont pas été vraiment des « lumières du monde »(1)… Les Évangéliques se prépareront-ils mieux aux prochaines, à savoir les législatives ?

Dans cette perspective, voici quelques exemples de nature à inspirer une bonne (et intelligente) mobilisation politique des protestants évangéliques :

1) Dans la continuité avec son action auprès des candidats à la présidentielle, Michée France encourage les églises à écrire aux candidats aux élections législatives de leur circonscription. Son objectif est de faire entendre la voix des « sans voix » aux prochains députés afin qu’ils prennent des décisions en considérant la situation des plus démunis. Les propositions de Michée France faites aux candidats à la présidentielle seront jointes à cette lettre. Elles concernent 5 domaines d’action importants pour la lutte contre la pauvreté au niveau national et international :

L’aide publique au développement

La lutte contre la corruption

L’économie sociale et solidaire

Le respect de l’environnement

L’accueil des plus fragiles (SDF, handicapés, migrants, …)

La suite à lire ici sur le site de Michée France.

Inspiré par l’Évangile, Michée France œuvre pour mobiliser les protestants, notamment évangéliques, à lutter contre la pauvreté et les injustices ET pour leur donner les moyens d’interpeler les décideurs, en particulier politiques, sur les engagements qu’ils ont pris.

 

2) Si les Évangéliques choisissent de ne pas « interpeller » les puissants, de façon spirituelle et biblique, ils courent le risque d’être « interpellés » eux-mêmes, pour leur comportement estimé « interpellant » ou « scandalisant », comme en témoigne ce « rappel à l’ordre politique » du CNEF aux évangéliques français(2) :

Dans son allocution prononcé lors de l’Assemblée plénière du Conseil national des évangéliques français (Cnef), mardi 30 mai à Paris, [qui a notamment lancé à cette occasion Cnef Solidarité, qui regroupe toutes les actions sociales des chrétiens évangéliques]  son président Étienne Lhermenault  a regretté que la dernière campagne présidentielle ait révélé l’évolution politique de certains évangéliques vers l’adhésion à des « discours de rejet et de haines ».

Il a aussi déploré « une focalisation sur les questions de sexualité au détriment des questions sociales », assurant que nous devons être alertés par « les relais que trouve ce genre de propos sur les réseaux sociaux. Il circule dans notre milieu évangélique des discours trompeurs qui caricaturent la foi, ridiculisent l’Évangile et entraînent bien des nôtres dans de vains combats ». Au sein d’une société très sécularisée, certains« vibrent dès qu’ils perçoivent (ou imaginent) une inspiration vaguement chrétienne » susceptible de défendre des « valeurs » chrétiennes. Mais cette notion même de « valeur » est, à ses yeux, « ambiguë » car si une valeur « n’a plus Dieu », elle peut se transformer en « idole » et produire une « morale rigide asservissante ».

Une « idée folle, parce que naïve et toujours démentie, selon laquelle il suffirait qu’un chrétien emporte la magistrature suprême pour changer durablement la face d’un pays » (Dessin d’Andy Singer).

Un autre des « pièges » relevé par Étienne Lhermenault pour « l’évangélisme mondial et à un moindre degré pour l’évangélisme français », est « celui de la conquête du pouvoir politique ». Et le président du Cnef de dénoncer l’« idée folle, parce que naïve et toujours démentie, (selon laquelle) il suffirait qu’un chrétien emporte la magistrature suprême pour changer durablement la face d’un pays ».

Enfin, a-t-il encore souligné, « notre combat en tant que corps de Christ n’est pas de conquérir le pouvoir politique, mais de garder les mains libres pour assumer notre rôle prophétique dans la société ».

Lire l’intégralité du discours d’Etienne Lhermenault, prononcé lors de l’assemblée plénière du CNEF, mardi 30 mai.

 

3) Enfin, à écouter sur « Coram Deo », l’émission hebdomadaire du blogue « Le Bon Combat » et de CFOI-FM (station de radio québécoise qui diffuse de la programmation religieuse) qui propose « un regard chrétien sur le monde ».  Son « épisode 34 » aborde la question du « fondamentalisme » dit « évangélique » ou « suis-je un fondamentalo-legalisti-messianico-pietiste ? »

Résumé : Il fut un temps où l’expression « fondamentaliste » revêtait une connotation très positive. Or, de nos jours, être fondamentaliste est rarement considéré positivement. Comment ce mot a-t-il pu évoluer aussi mal ? À quoi reconnaît-on les tendances fondamentalistes et légalistes ? Fondamentalisme et conservatisme sont-ils deux termes synonymes ? En quoi sont-ils similaires et différents ?

Pour répondre à ces questions, les théologiens, pasteurs et animateurs de blogues, Guillaume Bourin et Pascal Denault, lequel avait déjà écrit un court billet sur cette question en répondant à la question : « Réformé et fondamentaliste….synonymes ? »

 

 

 

Notes :

(1) Voir ses prises de positions sur TGC – Evangile 21 https://www.thegospelcoalition.org/evangile21/article/je-me-repens-de-la-campagne-presidentielle et son propre blogue https://landofthebluemoon.wordpress.com/2017/05/08/la-politique-du-faux-temoignage/

(2) A lire, cet article paru dans la Croix, daté du 02/06/17.

 

 

 

Catholiques et protestants s’engagent, manifestent, et interpellent candidats et citoyens, à l’approche des élections présidentielle et législatives 2017

A l’approche de la présidentielle et des législatives 2017, les chrétiens s’engagent, manifestent leurs convictions et interpellent candidats et citoyens

Très prochainement, nous élirons notre nouveau président (premier tour : le 23 avril et second tour : 07 mai), dans un contexte extrêmement confus et tendu, ainsi que(ne l’oublions pas) nos députés à l’Assemblée nationale les 11 et 18 juin. Dans cette perspective, plutôt que d’écouter ceux qui prétendent « plus pragmatique » de jouer la facilité en se décidant sur l’étiquette, ne manquez pas de prendre le temps d’étudier les programmes de chaque candidat pour vous faire votre propre opinion et voter en conscience. Certains parmi vous diront peut-être : « je vais voter pour le candidat des valeurs chrétiennes« .  Mais qu’entend-t-on par « valeurs chrétiennes » ?

Justement, l’objet de ce billet est de vous inviter à découvrir les déclarations des protestants évangéliques et des protestants, dits « historiques », ainsi que des catholiques, qui ont choisi de s’engager, manifester leurs convictions et d’interpeller tout autant candidats et citoyens, chrétiens ou non.

Premièrement, nous pouvons constater que le protestantisme évangélique n’est pas qu’« obsédé » par les questions de sexualité et « d’éthique privée », puisqu’il saisit parfaitement les enjeux sociaux, laïques et environnementaux en ce contexte de campagne présidentielle 2017 en France, comme en témoignent plusieurs documents synthétiques, à vocation pédagogique, et s’inscrivant dans une vision holistique de la foi chrétienne :

Le livre collectif, édité par Croire-Publications dans le cadre des Cahiers de l’école pastoraleLa politique, parlons-en! (208p, Hors Série n°18), écrit par des auteurs très majoritairement évangéliques, est instructif en ce qu’il éclaire sur les questions que se posent ces derniers. Pour Louis Schweitzer, pasteur, théologien et professeur d’éthique, parce qu’« on ne parle pas de certains sujets, il ne faut pas s’étonner si des membres de nos Églises ont des idées ou des actions qui nous semblent peu en rapport avec l’Évangile ». Lui-même reste convaincu « que chaque grand rendez-vous électoral devrait être l’occasion de parler des grands principes éthiques chrétiens ». Or, « beaucoup de chrétiens réduisent leurs réflexions aux questions d’euthanasie ou de mariage pour tous » – autant « de vraies et importantes questions », s’il en est, « mais la réalité politique est beaucoup plus vaste. Peut-être faudrait-il revenir sur l’enseignement biblique de la justice et la place des personnes les plus fragiles, du pauvre, de l’étranger… Le texte que la commission a publié sur les grands principes d’une éthique sociale chrétienne pourrait être étudié à cette occasion ». Dans tous les cas, « le risque est de se décider sur un seul critère qui nous semble essentiel: la sécurité et l’attitude devant les migrants ou la justice sociale, la mondialisation ou l’attitude devant tel problème de société…. » et « il ne faudrait pas qu’une conviction forte ou qu’un engagement dans un domaine nous rende aveugles au reste de la réalité ».

Toujours du côté évangélique, l’on peut consulter le livret produit par le CNEF (en collaboration avec le SEL, le Défi Michée, A Rocha et le CPDH), qui communique aux candidats des convictions partagées en vue des élections 2017. Adressé aux responsables politiques, le texte est également destiné à éclairer les fidèles évangéliques eux-mêmes, certains étant par ailleurs tentés par les extrêmes.

La Fédération Protestante de France (FPF), quant à elle, choisit d’adresser…une « adresse » aux candidats de l’élection présidentielle 2017. Ladite « adresse protestante » est introduite par le pasteur Clavairoly, président de la FPF : « À l’approche des choix décisifs que devront faire nos concitoyens lors de l’élection du prochain président de la République, la Fédération protestante de France qui représente le protestantisme dans le pays, veut poser un certain nombre de questions, interpeller et aider chacun à avancer dans la réflexion ». Ces questions touchent aux secteurs suivants : Exil, accueil des réfugiés, Changements climatiques et écologie, Laïcité, Économie sociale et solidaire, Justice-prisons, Égalité hommes femmes, Corruption, Défense, Jeunesse et Handicap.

Enfin, du côté catholique, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié le 14 octobre 2016 un texte intitulé : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Une longue réflexion qui fait suite à l’appel au discernement, publié le 20 juin 2016, en vue des élections de 2017. Une contribution qui veut « ressusciter le politique », appelant « les habitants de notre pays »à cette tâche. Car s’il faut le ressusciter, c’est qu’il est mort. En effet, pour les évêques, « la » politique  a tué « le » politique : et le politique, c’est le service du bien commun, la conscience d’un « nous » qui « dépasse les particularités » ; mais la politique (pratiquée en France depuis des décennies) est « en crise », d' »une crise de confiance » envers ceux qui ont perdu le sens du bien commun pour se laisser aller aux « ambitions personnelles démesurées », aux « manoeuvres et calculs électoraux », aux « paroles non tenues », ainsi qu’aux lois et règlements[par exemple « sécuritaires »] produits « dans la précipitation et le contexte de l’émotion »…  D’où « le sentiment d’un personnel politique coupé des réalités, l’absence de projet ou de vision à long terme, des comportements partisans ou démagogiques » : choses « injustifiables » devenues « insupportables ».

 Bonne lecture ! 

 

 

Foireux liens de mars (20) : convictions évangéliques, « Pénélopegate », « secrets et mensonges », doughnut, exoplanètes, leaders lecteurs, réseaux sociaux….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les « Foireux liens » de mars : une actualité placée sous le signe des convictions, ancrées « dans le réel »….

Depuis janvier, une actualité particulièrement riche, avec une invitation à s’ancrer « dans le réel », qu’il s’agisse de convictions « évangéliques », « politiques » ou « sociales ». Bien entendu, ne pas tout lire « d’une traite » et surtout « pas en diagonale » !

 

1) « Convictions évangéliques », à rebours des clichés : Quelques mois après le petit livre de la Conférence des évêques de France (CEF) « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique », le CNEF publie un livret pédagogique, en collaboration avec le SEL, le Défi Michée, A Rocha et le CPDH, pour communiquer des convictions partagées aux candidats de la présidentielle française de 2017 : laïcité, écologie, pauvreté, accueil de l’étranger, famille et sexualité, éducation, liberté de culte et d’expression, dignité de la personne….autant de préoccupations diverses révélatrices d’une vision holistique de la foi chrétienne.

 

"Justificatif", par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

« Justificatif », par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

2) Vous ne comprenez rien au « Penelopegate » ? CFactuel vous explique « la triple affaire » frappant François Fillon, candidat victorieux de la primaire de la droite, à 75 jours du premier tour de la présidentielle française. cFactuel est un média dont je viens d’apprendre l’existence et dont l’ambition est de « rendre l’actualité claire et captivante ». Une équipe de 5 personnes à temps plein décrypte une information par jour, « sans parti pris, à travers des formats alternatifs aux articles » (vidéo, infographie, quiz). Plus d’infos sur la ligne éditoriale ici. Lancé en novembre 2015, cFactuel a été reconnu Service de presse en ligne par le Ministère de la Culture.

3) Pour en finir avec la séparation des pouvoirs :

Dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Fillon, une étrange argumentation juridique a fait son apparition qui, au-delà du fond de l’affaire, a de quoi laisser pantois. Rappelons brièvement les faits : des révélations successives par la presse ont mis au jour le fait que le candidat LR à la présidence de la République a longtemps salarié son épouse grâce à l’enveloppe attribuée à chaque député pour pouvoir salarier des assistants parlementaires, que ce soit à l’assemblée pour le travail parlementaire proprement dit ou dans la circonscription pour assurer une présence permanente de l’élu. Ce qui en soit est critiquable mais, en l’état des textes, légal. Là où le bat blesse, c’est qu’il semble n’y avoir eu aucune contrepartie réelle à un salaire largement au-dessus des montants habituels, les explications fournies par l’intéressée ou ses soutiens (dans le sens où la corde soutient le pendu) étant embrouillées, contradictoires, et parfois accablantes. Le parquet national financier a donc ouvert une enquête préliminaire sur ces faits, actuellement en cours. Et c’est dans ces circonstances qu’une tribune de juristes courroucés a été publiée sur Atlantico, prétendant opposer des arguments juridiques à l’existence même de ces poursuites. Promesse rarement tenue, comme nous l’explique le blogueur juriste « Maître Eolas ».

4) On ne sait plus trop comment qualifier ce qu’il se passe en ce moment aux Etats-Unis. Surréaliste? Réjouissant? Inquiétant? À vous de juger !

Le blog « The American Ballot Box » « braque les projecteurs » sur la démission de Michael Flynn, le controversé conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, lundi 13 février. Jamais un conseiller à la sécurité nationale n’était resté en poste aussi peu de temps. Vingt-quatre jours exactement. Pourquoi Michael Flynn a-t-il démissionné ? La presse avait révélé quelques jours plus tôt qu’il avait discuté de la levée des sanctions contre la Russie avec l’ambassadeur russe en poste à Washington, et ce avant même que Donald Trump ne prête serment et ne devienne officiellement le nouveau président des Etats-Unis. Pour y voir plus clair et tenter de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette affaire digne d’un polar, voici un petit bond dans le temps.

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (anti-immigration ?)

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (anti-immigration ?)

5) Pourquoi la politique d’immigration de Donald Trump provoque le chaos et l’indignation : Tout a commencé le vendredi soir, 27/01/17, lorsque Donald Trump a annoncé la signature d’un nouveau décret présidentiel (executive order), intitulé Protecting the Nation from Foreign Terrorist Entry into the United States (Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis). L’objectif affiché de ce décret est de prévenir le risque d’infiltration terroriste sur le territoire américain. Est-ce de l’amateurisme total ou une tendance à l’autoritarisme? En tout cas, il semble que le Département de la Sécurité Intérieure et le Département de la Justice n’aient pas été consultés par la Maison Blanche avant la signature du fameux décret. Autrement dit, la Maison Blanche aurait agi unilatéralement. Cela expliquerait la confusion qui a régné dans les aéroports du pays ce fameux week-end, personne n’ayant reçu de consignes claires quant à la manière d’appliquer le décret.

L’application dudit décret de Donald Trump a d’ailleurs été temporairement suspendue suite à la décision d’un juge fédéral, James Robart (nommé par le président George W. Bush et confirmé 99 voix à 0 par le Sénat en 2004). Décision maintenue par la cour d’appel.

6) États-Unis. Une journée de grève pour montrer à Trump ce que serait une Amérique sans immigrés : Pour protester contre la politique anti-immigration de Donald Trump, une “journée sans immigrés” a été organisée le 16 février aux États-Unis. Les personnes d’origine étrangère sont appelées à faire grève (« ne pas travailler, ne pas consommer ») afin de mettre en lumière le rôle fondamental qu’elles jouent dans la société et l’économie du pays.

7)  L’hospitalité envers les étrangers: moyen de sanctification oublié !
Voici deux questions jamais posées et qui concernent pourtant notre santé spirituelle : En quoi l’accueil et le dialogue avec les étrangers sont-ils importants pour la sanctification des chrétiens ? En quoi cette hospitalité et cette amitié avec les étrangers sont-elles incontournables pour l’Eglise destinée à être façonnée à l’image du Christ ? Un édifiant article, à l’angle étonnant, à découvrir sur TPSG.

8)  Trump et les religions : une relation complexe

Dans ce numéro de La Croix du 01/03, Donald Trump est présenté comme un « personnage très difficile à cerner, plein de contradictions » : « son univers religieux, inexistant, est par conséquent totalement incohérent ». Et les relations qu’il entretient avec les religions (les catholiques, les musulmans et les Juifs) s’avèrent « complexes ». Une partie importante de la communauté juive reproche d’ailleurs au milliardaire d’avoir – par sa rhétorique de campagne et ses propos virulents contre le « politiquement correct » –, libéré en quelques mois la parole de toute une frange gravitant autour des mouvances extrémistes américaines. Et d’avoir ainsi encouragé implicitement l’émergence d’un climat propice à la recrudescence des actes antisémites, qui se multiplient de fait depuis quelques semaines.

9) Quand l’avenir de l’humanité dépend d’un doughnut, symbole d’un « espace juste et sûr » pour tous :

L’avenir de l’humanité dépend-il d’un doughnut ? C’est à partir de cette image d’une viennoiserie américaine que l’économiste Kate Raworth explique le lien intrinsèque entre inégalités sociales et limites environnementales. Avec l’objectif d’assurer un bien être minimal à l’ensemble de l’humanité sans franchir les seuils physiques et écologiques – dérèglement climatique, disparition de la biodiversité, pénurie d’eau potable… – qui la mettraient en danger. « Le défi est aujourd’hui de repenser l’économie de sorte qu’elle ramène toute l’humanité au sein de cet espace juste et sûr, au lieu de nous en expulser », estime-t-elle. Entretien à lire sur Bastamag, sans forcément dévorer un doughnut.

10) Une alarmante surmortalité due à la grippe et… à l’austérité : L’épidémie de grippe touche à sa fin mais elle laisse derrière une augmentation alarmante de surmortalité. Les premières estimations de l’agence « Santé publique France », rendue publique mi février, font état d’une surmortalité de 17 000 personnes entre mi-décembre et mi-février. Des chiffres vertigineux qui rappellent ceux de l’hiver 2014-2015 au cours duquel une surmortalité de 18 000 personnes avait été observée, les trois quarts étant liés à la grippe. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus touchées. Pour Olivier Mans, secrétaire fédéral de Sud Santé, le lien entre cette hécatombe et les coupes budgétaires dans le budget des hôpitaux est « évident ». « Le rouleau compresseur des mesures d’austérité, la généralisation des contrats précaires, le manque d’effectifs et de moyens rendent les conditions de travail, et d’accueil, très difficiles », explique le syndicaliste sur Bastamag.

11) Vivre comme un pauvre, « le temps d’un week-end » et pour 69 dollars seulement !

Mission Waco est une organisation chrétienne qui a pour but de donner la parole aux pauvres et aux marginalisés, en sensibilisant les Américains de la classe moyenne. L’une de leurs activités consiste à proposer « une simulation de pauvreté » pour  quiconque le désire, durant 72 heures, et pour un tarif de 69 dollars par personne. Durant ces séances, les participants se retrouvent sans téléphone, sans montre, et sans programme d’activité, livrés à eux-mêmes. On leur donne des vêtements délabrés et ils apprennent à connaitre les lieux où les sans-abris dorment ou mangent. Des situations qui génèrent rapidement des sentiments d’anxiété et d’impuissance.
Une initiative se voulant « tendance » ou susceptible d’ « ouvrir les yeux des participants en créant un environnement qui provoquera un choc psychologique, les menant à une transformation de leurs façons de penser et de vivre », voire, pourquoi pas, d’inspirer une politique de lutte contre les causes structurelles de la pauvreté ? Chacun jugera…

12)  « Bijoutier de Nice » : du coup de feu aux pouces bleus

Le 11 septembre 2013, Stéphan Turk, tuait d’une balle dans le dos l’un des deux hommes qui venaient de braquer son commerce. Placé en garde à vue, il a rapidement défrayé la chronique et provoqué une mobilisation inédite : sur Facebook, plus de 1,5 million de personnes ont apporté sans hésiter leur soutien au désormais nommé « bijoutier de Nice ». Triste fait divers, son histoire est devenue phénomène social.

13) Comment les populistes utilisent les réseaux sociaux pour manipuler ?

Marine Lepen, Donald Trump, les partisans du Brexit, les anti-migrants sont des gens modernes. Et ont tout compris de nos réseaux sociaux. Le nouveau pouvoir : diffuser des contre vérités [ou faire croire qu’il ne faut croire personne…sauf eux !] Et vous allez les croire… Que vous soyez un citoyen intelligent, ou pas, comme nous l’apprend « Zeboute », sur son blogue…

14) Les leaders sont des lecteurs : Un excellent article tiré du livre La conviction de diriger par Albert Mohler, publié sur le site québecquois « Publications chrétiennes » et découvert via TPSG. Quand « Leader et lecteur sont indissociables. La raison en est simple : il n’existe aucun autre moyen que la lecture efficace pour développer et entretenir l’intelligence nécessaire à la tâche de diriger (…) Des pensées intelligentes, des idées et des informations doivent constamment alimenter le leadership. Il est impossible d’acquérir les fondements du leadership sans lire ».

15) Trappist-1 : sept exoplanètes, trois en zone habitable : que faut-il attendre de cette découverte ?
La Nasa vient d’annoncer la découverte du système solaire Trappist–1. Trois des sept planètes qui le composent sont dans une zone dite « d’habitabilité », pouvant accueillir la vie. Mais pour Michel Viso, responsable du programme exobiologie du Cnes, cela ne signifie pas qu’elles réunissent les conditions nécessaires, notamment la présence d’eau et les températures adéquates.

 

Sur ce, bonne lecture et bon week-end ! A mercredi prochain.

Foireux liens de janvier (19) : musulmans de France, revente ou échange de cadeaux, administration Trump, « christianisme identitaire », semaine universelle de prière 2017….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les premiers « Foireux liens » de l’année 2017 !

Enquête sur les musulmans de France, liste des infractions pouvant être sanctionnées à distance, revente ou échange de cadeaux, future administration Trump, affaire des cyberattaques russes, Semaine Universelle de Prière 2017, réédition de « Mein Kampf », scénario de « politique fiction » autour de l’élection de Marine Le Pen, et dilemme républicain autour de l’Obamacare….un menu post-fêtes plutôt copieux, pour ces « foireux liens » de janvier !

 

1) « Ces études sur l’Islam qui font polémique » : Découvert via un exemplaire de démonstration du « Monde des religions », reçu ce mois-ci : L’Institut Montaigne (un think tank créé en 2000) a publié, en septembre dernier, une enquête pionnière au fort potentiel polémique sur les musulmans de France intitulée : « Un islam français est possible », et qui a fait couler beaucoup d’encre. D’abord, parce qu’il est inhabituel de collecter des données personnelles religieuses pour les besoins d’un sondage. Ensuite, parce que ce sondage révèle que 28 % des musulmans interrogés peuvent être considérés comme « rigoristes ».  Si la majorité des musulmans ne s’y reconnaissent pas, pas moins de la moitié des 15-25 ans, eux, se rangent dans cette catégorie – ce qui ne signifie pas, préviennent les auteurs du rapport, qu’il s’agit d’individus « radicalisés ». Rapport à consulter ici ; En savoir plus sur le site du Monde ou du JDD.

 

2) Téléphone au volant et non-port de la ceinture verbalisables « à la volée » par caméra dès demain. Et même par radar automatique : Au travers d’un décret paru vendredi 30 décembre au Journal officiel, le gouvernement a modifié la liste des infractions pouvant être sanctionnées à distance, par le biais de caméras, ou même par radar automatique : téléphone au volant, non-port du casque, franchissement de lignes continues, dépassement dangereux, etc….A découvrir sur « nextinpact ».

3) « Déçu de vos cadeaux de Noël ? Votre joie d’hier a déjà fait « pschit » ? » BLF éditions croit tellement « qu’un excellent livre peut marquer durablement une vie » qu’ils sont prêts à vous proposer un étrange « deal » : Envoyez-leur vos cadeaux de Noël qui ne vous plaisent pas  et ils vous donnent le droit de choisir les livres de leur catalogue que vous souhaitez recevoir en échange. Question « à 100 euros » : pourquoi cette démarche et que feront-ils des cadeaux ? Comme je suis curieux, j’ai posé la question à Ruben Nussbaumer, le Directeur, lequel m’a aimablement répondu : « l’initiative de fin d’année est un clin d’œil à notre communauté. Elle est à la fois originale et décalée, comme on aime bien l’être ! Et à la fois tout à fait sérieuse : nous croyons vraiment qu’un livre peut durablement marquer une vie et nous aimons tout faire pour mettre nos livres entre les mains d’un maximum de lecteurs.  Et au vu de ce qu’on a reçu, je confirme qu’un bon livre a une portée beaucoup plus grande que certains cadeaux reçus. On y retrouve des foulards, de la nourriture pour poisson, des boucles d’oreilles, une paire de ballerines, un livre de recettes nutella etc. ! On va donner quelques nouvelles sur Facebook de l’opération. Tout ce que je sais pour l’instant, c’est qu’elle a produit le sourire escomptée chez nos lecteurs. » Affaire à suivre ! En attendant, voir ici.

4) Mais que penser de cette tendance révélatrice de notre temps – la revente ou l’échange de ses cadeaux de Noël ? Le journaliste Patrice de Plunkett relève que, « selon les journaux, plus de 500 000 cadeaux de Noël ont été mis en vente (quelques clics de smartphone) dans les heures qui ont suivi le réveillon. Les plates-formes comme PriceMinister ou Le Bon Coin comptent sur 3,5 millions de cadeaux à revendre d’ici la mi-janvier. Le réflexe est désormais acquis : un cadeau  – qu’il soit « de Noël » ou non –  est un objet à revendre. Selon deux critères……» à découvrir ici.

5) « Perdu…retrouvé » et publié par le Canard enchaîné : le programme santé du candidat F. Fillon : « Cette perle (était) devenue introuvable sur le site du candidat qui ne contient plus qu’un inoffensif résumé », explique l’hebdomadaire satirique paraissant le mercredi. En effet, poursuit-il, « au soir du 13 décembre, après le grand rétropédalage de Fillon sur la Sécu, son équipe a supprimé du site de campagne ses 16 pages de «propositions détaillées» sur la santé. »

6) « Les identitaires » veulent peser en politique. Une tendance révélatrice d’une évolution : le passage d’un Christianisme social et ouvert à un Christianisme davantage identitaire et tourné sur les questions de morale. « Être Chrétien » consiste alors essentiellement à défendre « une identité chrétienne ».  ….sauf que le christianisme « identitaire » est un piège.

7) Avec qui Trump va-t-il gouverner ? Son gouvernement sera-t-il « très chrétien » ? « Largement chrétien » ? Ou peut-il être vu comme « une réponse aux prières des chrétiens américains, réclamant à Dieu des chrétiens aux postes clés du gouvernement ? » Axelle Hazard, diplômée en sciences politiques, nous en dit un peu plus sur la future administration Trump, dans « The American Ballot Box – La politique américaine pour tous », un blogue passionnant et très bien informé. Cette administration sera composée de : Andrew Puzder, un patron de chaîne de fast-food opposé à l’augmentation du salaire minimum au ministère du Travail ; Steven Mnuchin, un ancien dirigeant de Goldman Sachs aux finances; Rex Tillerson, le PDG d’Exxon Mobil, aux Affaires étrangères(il entretient des relations très amicales avec Vladimir Poutine) ; Wilbur Ross, un milliardaire et un investisseur spécialisé dans le sauvetage d’entreprises au bord de la faillite, à l’économie…Et de Stephen Bannon, un journaliste à la tête de « Breitbart News Network » – un site web d’informations conservateur qui soutient Trump depuis le début de la campagne – comme « Chief Strategist and Senior Counselor », soit le plus proche conseiller et le responsable de la stratégie présidentielle, au sein de l’Executive Office of the President (EOP), l’équipe qui entoure directement le président à la Maison Blanche. Avant de prendre la tête de « Breitbart », Stephen Bannon a travaillé chez Goldman Sachs. Depuis qu’il a pris la direction de Breitbart, le site a de plus en plus régulièrement versé dans le nationalisme, la xénophobie et les théories du complot et est devenu l’une des références du mouvement alt-right, abréviation de « Alternative Right ». Ce groupe est informel et surtout actif sur le web, où il diffuse ses idées nationalistes (la nécessité de défendre la race blanche face au multiculturalisme notamment) et aussi sexistes.
Bref, les personnalités (la plupart sans expérience politique) choisies par Donald Trump pour former son gouvernement reflètent l’orientation très pro-business qu’il entend donner à sa future administration.
D’un coup d’œil, la liste régulièrement mise à jour. Et dans le détail, voir ici, ici et .

8) « Ensemble, prions pour la France » : La Semaine Universelle de Prière 2017 a débuté le 08 janvier et se terminera le 15 janvier. Une initiative placée sous le signe de la liberté de conscience, puisque 2017 marquera le cinquième centenaire de l’affichage par le réformateur Luther des 95 thèses contre les indulgences sur la porte de l’église de Wittemberg. Désireuse de mettre en valeur le précieux héritage spirituel de cette époque, l’Alliance évangélique européenne a choisi de baser la semaine universelle de prière sur la redécouverte des soli par la Réforme protestante : « le Christ seul, l’Écriture seule, la grâce seule, la foi seule » (mais pas « la gloire de Dieu seule » ?)….. Découvrir les sujets de prière proposés par le Conseil National des Évangéliques de France (CNEF) (pour nos autorités, nos départements, nos villes et nos quartiers, la liberté de dire et de vivre l’Evangile en France, être des réseaux de solidarité), les lieux de prière et les méditations quotidiennes proposées par l’Alliance Evangélique européenne.

9) “Le délit de solidarité avec les sans-papiers n’a pas disparu“ : Huit mois avec sursis requis contre un agriculteur pour avoir aidé des migrants.

10) Classes de défense globale : quand l’armée fait son entrée dans les écoles et les collèges : Des enfants coachés par l’armée dès l’école élémentaire ? C’est le cas en France, depuis quelques années, grâce à des partenariats établis entre l’armée et l’Éducation nationale. Il existe plus de 80 « classes de défense globale » visant souvent des « publics en difficulté », avec l’objectif notamment de « réduire d’éventuels problèmes d’incivilités ». Les enseignants des établissements concernés n’échappent pas à une formation obligatoire à la défense nationale.

11) L’affaire des cyberattaques russes. Préparez-vous à entendre encore beaucoup parler de la Russie et des cyberattaques qu’elle aurait menées contre le Parti Démocrate en 2017. Le point sur ce que vous devez savoir : De quoi la Russie est-elle accusée ?

12) « Mein Kampf », le bon combat ? Marteler sur Twitter « qu’il ne fallait pas rééditer Mein Kampf, pour protéger la démocratie », et parce que cela va « banaliser les idées nauséabondes », «  c’est au mieux jouer à se faire peur, au pire prendre les gens pour des imbéciles », relève le naturaliste catholique et blogueur Phylloscopus. « C’est prôner une démocratie où le peuple est dénigré au point qu’on le croit bien capable de se laisser berner par ce torchon ». Mais « qu’avons-nous fait de notre monde pour qu’en 2017, nous puissions craindre que la vision nazie puisse de nouveau, sachant ce qu’elle a fait, susciter l’enthousiasme ?(…) Un coup d’œil aux programmes des prochaines élections nous renseigne : rien. Pauvreté, précarité, pression – sans limites, à l’infini ».

13) Note au Premier ministre : que se passera-t-il si Marine Le Pen remporte l’élection présidentielle ? 7 mai 2017, 20h. Marine Le Pen est élue présidente de la République. Quelles seraient les conséquences pour les institutions ? Pourra-t-elle disposer d’une majorité parlementaire ? Quelle résistance opposeraient fonctionnaires, médias et société civile ? Dans une note fictive au chef du gouvernement, un haut fonctionnaire envisage froidement un scénario.

14) France Inter met fin aux ondes longues et dit bon vent à sa météo marine.

15) « Le dilemme de la semaine » : Etats-Unis, encore, pour terminer. Les Républicains semblent bien décidés à faire de l’abrogation de l’Affordable Care Act, plus connu sous le nom d’Obamacare, l’une de leurs priorités lors des prochaines semaines. Mais cela ne sera peut-être pas aussi simple que cela. En effet, des millions d’américains pourraient perdre leur couverture santé du jour au lendemain. C’est pourquoi les Républicains promettent non seulement d’abroger l’Obamacare mais aussi de le remplacer par une autre loi plus efficace. Quel est le problème? Il semblerait que cette nouvelle loi ne soit pas encore tout à fait prête. Par conséquent, les Républicains sont confrontés à un véritable dilemme. Faut-il abroger tout de suite l’Obamacare ou attendre que la loi de remplacement soit prête?

 

« Foireux liens » 2, le retour

Voici une nouvelle édition de nos « Foireux liens », inaugurés il y a plus de trois mois. Soit le « top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement des plus amusants/insolites) sites internet » des derniers mois.

Pour nos « foireux liens » de janvier, nous nous attarderons sur :

1) Quand l’internet (ou le virtuel) « bouffe » une énergie bien réelle. Laquelle ? La nôtre, bien sûr !

Une critique du film « Disconnect » dans « Croire et vivre », par Nicolas Ciarapica :

Jeune femme s'ennuie par Petr Kratochvil Il est essentiel de savoir se ménager du temps sans distraction, pour être à l'écoute de Dieu

Jeune femme s’ennuie par Petr Kratochvil
Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?

« Et si nous reprenions le temps que nous a volé la technologie ?
Sortir du virtuel pour se reconnecter à notre environnement immédiat. Reprendre pied avec notre quotidien et retrouver le chemin de la communication avec nos proches que nous négligeons. C’est tout le propos, assez peu à la mode il faut le dire, du film d’Henry Alex Rubin ».

 
Numérique : cette empreinte écologique que les consommateurs ont bien du mal à voir, un article de Nolwenn Weiler, à lire sur Basta Mag !
« L’économie virtuelle consomme une énergie bien réelle. Les « data centers », qui regroupent les serveurs indispensables à la navigation sur le Web et à la circulation des 300 milliards de courriels, pourriels, photos ou vidéos envoyés quotidiennement, peuvent consommer autant d’énergie qu’une ville de 200 000 habitants. Sans compter le coût environnemental de la fabrication d’équipements toujours plus nombreux. De quoi relativiser l’apport apparemment écologique de l’économie dématérialisée, avec ses « télé-réunions », son commerce en ligne ou ses téléchargements ».

2)Culture numérique versus culture du livre. Un « débat » classique avec une impression de « déjà vu »,  que d’aucun voudront zapper…à moins de le prendre sous un autre angle. Par exemple,  l’internet, le numérique : une culture taillée sur mesure pour un nouveau polythéisme ?

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Femme sms lecture par Petr Kratochvil

Extraits : « Avec l’humain multiconnecté de l’ère de l’Internet, des jeux vidéo et de leurs multiples écrans est en train de se constituer une nouvelle culture. Selon le psychiatre et psychanalyste Serge Tisseron, qui vient de publier «Rêver, fantasmer, virtualiser» (Dunod), sous-titré «Du virtuel psychique au virtuel numérique», cette nouvelle culture des écrans s’oppose à la culture du livre autant d’un point de vue strictement culturel que sur les plans cognitif et psychologique.
(…)D’une culture à l’autre, on change complètement de modèle. On pourrait dire que la culture du livre est taillée sur mesure pour des religions monothéistes : un Dieu, un livre… Et puis un auteur, un lecteur. La culture Internet, bien au contraire, semble faite pour le polythéisme et donc la multiplication des références ».

Entretien à lire également en mode PDF

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

Jeune lecteur par Francisco Farias Jr
Savoir renoncer au superflu pour mieux nous concentrer sur Dieu

3) Notre rapport au livre :

Le message du Farenheit 451 de Ray Bradbury, ou Des trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation). Par « Phil », un blogueur-lecteur :

Farenheit 451 décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé. Ce que l’on appelle une « dystopie ».

« Quelle est le message de Ray Bradbury à travers la description de cette société qui détruit les livres ? Tout d’abord les autodafés se focalisent sur les livres alors que l’important n’est pas le livre en lui-même mais bien les idées qu’il véhicule. Ce n’est qu’un medium. La télé ou la radio pourraient en ce sens être un outil qui aiguise le sens critique mais les programmes diffusés dans le roman servent plutôt l’abrutissement des masses.

Ray Bradbury fait dire à un de ses personnages que les hommes ont besoin de trois éléments.
Tout d’abord, la qualité de l’information. Dans le roman, les livres montrent le vrai visage des choses, ils montrent la vie. Deuxième élément nécessaire : le loisir d’assimiler cette information. C’est-à-dire qu’il ne faut pas être sans cesse dans l’action ou soumis à des messages en continu. Il faut pouvoir avoir du temps libre pour digérer l’information. Et le troisième élément est la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler. Un triptyque fait de libre circulation de l’information, de temps de loisir et de liberté. Voilà ce qui est fondamental pour l’homme ».

Bradbury donne l’espoir d’une nouvelle société qui se souvient, mais aura-t-elle le courage de créer la possibilité d’un échange créateur de nouvelles idées ?

La réponse ici, dans ce fort intéressant article de Tatjana Barazon :

Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce ou trois livres* qui parlent de livres pour saisir le rapport particulier que l’homme entretient avec eux, et qui montrent chacun une relation différente au livre en tant qu’objet :  Fahrenheit 451(encore), Auto-da-fé, et Ulysse.

Lecteur (ou homme) livre
Lecteur(ou homme) livré
Lecteur (ou homme) libre

« Fahrenheit 451 et Auto-da-fé font état de l’importance primordiale du livre pour l’individu et pour la société. Le livre est un symbole de la liberté créatrice de l’homme et de sa faculté d’exprimer ses émotions. Quand le livre est interdit et même brûlé, cette liberté est mise en danger. L’homme se perd dans le bonheur facile, et finit par s’anéantir. Le livre est considéré comme le plus grand obstacle au bonheur dans une société qui recherche l’absence de douleur.
L’isolement que constitue le livre et le rapport à lui reste cependant un danger quand la lecture devient enfermement. Dans Auto-da-fé d’Elias Canetti, c’est un savant sinologue, le professeur Kien, qui cherche à remplacer la vie par les livres. À la différence de Bradbury, Canetti n’imagine pas une société qui meurt par un manque de livre, mais plutôt un homme qui est anéanti par un « excès de littérature ». Le personnage de Kien démontre le danger d’un attachement total aux livres. Il finit aussi par se détruire parce qu’il ne cherche plus le contact de l’autre.

C’est chez Joyce, et notamment avec Ulysse que l’expérience du livre devient véritablement fructueuse, quand le lecteur arrive enfin à trouver goût à la vie à travers le livre ».

L’intégralité de l’article à découvrir ici :

Tatjana Barazon, « Des livres dans la tête : la bibliothèque imaginaire chez Bradbury, Canetti et Joyce », Conserveries mémorielles [En ligne], #5 | 2008, mis en ligne le 01 octobre 2008.

4) Respect de la vie : quels enjeux ?

– Qu’est-ce qui est « obscène » ?

« Les 85 personnes les plus riches du monde possèdent autant d’argent que la moitié de la planète, ou plus exactement, les trois milliards et demi de personnes les plus pauvres. C’est le message du rapport « Working for the Few », publié par l’organisation caritative Oxfam, spécialisée dans les initiatives de développement, qui décrit l’écart grandissant entre les plus riches et les pauvres. Selon Oxfam, la croissance rapide des fortunes des super-riches menace le progrès continu de l’humanité.(…)
« Les riches ont saisi des opportunités aux dépends des pauvres et cela a contribué à créer une situation dans laquelle 7 personnes sur 10 dans le monde vivent dans des pays où les inégalités ont augmenté depuis les années 1980 », indique le rapport.
Oxfam veut que les dirigeants rassemblés au Forum Economique Mondial de Davos s’engagent sur un certain nombre de points, incluant le soutien à une taxation progressive, et l’utilisation des fonds publics pour promouvoir des soins de santé, une éducation et une protection sociale pour tous les citoyens ».

« La Mort n’est pas toujours leur métier », un billet du blogueur-juriste catholique « Thomas More » , blogueur que nous avons récemment cité ici, qui rappelle, à l’occasion du cas de Vincent Lambert que La loi n° 2005-370 du 22 avril 2005 relative aux droits des malades et à la fin de vie, dite loi Léonetti, est fondée sur un double refus : refus de l’acharnement thérapeutique ; refus de l’euthanasie. Le législateur refuse de légitimer la transgression de l’interdit de tuer tout en autorisant l’arrêt des traitements disproportionnés : cet équilibre, un peu ambigu (…)est l’originalité du droit français ».

Et de conclure ainsi : « Les personnes en état végétatif ou en état pauci-relationnel, ne sont peut-être plus des patients ordinaires pour les équipes médicales : elles restent des personnes humaines, vivantes à l’égard desquelles notre commune humanité impose respect, soin et attention. Elles nous invitent en réalité à remettre en cause la démarche éthique dominante et à réfléchir à une éthique de communion (V. B. de Malherbe, Le respect de la vie humaine dans une éthique de communion : Parole & silence 2006). Après les ambiguïtés du rapport Sicard, et le rappel de l’engagement 21 du candidat Hollande, cela devient urgent : Il est donc nécessaire et urgent de poursuivre un véritable engagement de solidarité et de fraternité (CEF, Fin de vie) »

Voir aussi cet article de La Vie.

Et la position du Cnef sur la fin de vie.

-L’Eglise locale, havre de paix pour les homosexuels
Par Gilles Boucomont,  Eglise Protestante Unie du Marais,
publié dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15 des Cahiers de l’Ecole Pastorale.

Retour sur la période ayant débouché sur l’adoption finale du texte de loi dit du « mariage pour tous ». Gilles Boucomont relève que loin d’avoir été « un temps de débat, un temps de paroles », cela a été « plutôt un temps pour des cris. Cris de douleur de la communauté homosexuelle qui s’est souvent construite, à raison, mais parfois aussi à tort, dans une identité de rejet. Cris de colère des défenseurs du mariage, chrétiens ou non, attachés à une institution qui s’est forgée en France pour délimiter et encadrer natalité, filiation et transmission. Après tant de bruit », il est temps de « se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix.

(….) Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.
Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sures d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.
Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité ».

Voir aussi le texte de la commission d’éthique protestante évangélique “Aimer mon prochain homosexuel », en faveur d’une pastorale de l’homosexualité “qui soit digne, respectueuse et empreinte d’amour envers les personnes homosexuelles, tout en étant fidèle à la vérité biblique.

– « C’est de l’humour » : une phrase fétiche qui sert à justifier tout et n’importe quoi, à l’instar de « c’est de l’art » ou « c’est du débat ».
Mais peut-on souhaiter un « humour à tout prix », à l’instar d’une liberté « à tout prix » ou « totale » ? En réalité, l’humour est difficile à manier. Rare, donc difficile à trouver. Donc précieux.

Sa meilleure définition est peut-être celle du Père Bourgoin, curé de la paroisse de l’Immaculée Conception à Paris, après qu’une quinzaine de comédiens aient fait irruption en plein office le 12 janvier dernier, pour les besoins d’une émission de Canal + :

« L’humour c’est beaucoup d’humilité et beaucoup d’amour ».

-Pour finir, toujours sous le signe du « respect », qui pense à prier positivement pour le président François Hollande ? Qui pense à privilégier le « blessing », plutôt que le « bashing » ?

« Les Cahiers libres », semble-t-il, un blogue catholique au sous-titre très évangélique(« dans le monde sans en être »)qui espère que « François Hollande acceptera) Jésus pour Sauveur »!

« La visite du président François Hollande au pape François est très attendue. Après une année de rapports crispés entre le gouvernement et les catholiques français on se demande tous à quoi va ressembler cette rencontre. Certains – anonymement nommés « collectif de catholiques de France » –, inquiets que le Pape François soit en rade de sujet de conversation avec notre président,lui adressent une lettre ouverte sous forme de pétition (…)dans laquelle ils lui demandent d’officiellement faire état [à François Hollande] du profond malaise et de l’inquiétude grandissante de nombreux catholiques de France face à la promotion par son gouvernement d’atteintes majeures aux droits fondamentaux de la personne humaine(Loi Taubira, PMA-GPA, recherches sur l’embryon humain, euthanasie, Gender, etc.) et face aux attaques dont ils sont l’objet quotidiennement (…)Et puis, pour être honnête… je me demande si ça sert à quelque chose que le pape parle de La Manif Pour Tous à notre président.

Après tout …quand Jésus a débarqué chez Zachée, a-t-il commencé par lui parler de son rapport à l’argent ?
Imaginez… Et si la « méthode-Zachée » marchait encore ? Et si l’annonce cash de l’amour fou de Jésus crucifié était la meilleure méthode ? »

La suite ici

La fin du monde : une perspective fermée ou ouverte ?

Sur ce, bons clics et bonnes lectures !

Et on retrouvera dans trois mois de prochains « foireux liens » !

 

Notes :

*A lire ou à relire :
Bradbury, Ray, Fahrenheit 451, (1953) 2000, Paris, Folio Science Fiction Gallimard. Un classique, qui plaira même à ceux qui n’aiment pas ou n’ont pas l’habitude de la science fiction.

Canetti, Elias, 1935, 1949, Auto-da-fé (Die Blendung), Paris, L’imaginaire, Gallimard. Excellent. Le livre qui m’a fait aimer la littérature il y a plus de vingt ans. Si vous ne connaissez pas, plongez-vous vite dedans !

Joyce, James. Ulysse(1914-1921). Paris, Folio, Gallimard ou London, Penguin Books. Un classique de la littérature anglophone, que je n’ai toujours pas lu. Ce « troisième livre », dont il est fait question dans l’article précédent, ne pourrait-il pas être remplacé par La Sainte Bible,  en fin de compte ? Ce ne sont pas les traductions diverses et complémentaires (consultables partout et notamment dans la partie « liens » de notre blogue)qui manquent.