En finir avec la théologie « hors sol »

Où il est question des effets concrets de l’instrumentalisation « des racines chrétiennes », coulées dans « le béton » identitaire et national-populiste…(source image : public domain pictures)

Mark Zuckerberg l’a annoncé en grande pompe : le groupe Facebook va devenir « Meta ». Ce changement a pour but de mettre en avant la création d’un « métaverse », un monde virtuel et persistant en trois dimensions, dans lequel il va investir 50 millions de dollars. L’idée semble de s’affranchir de la réalité physique, en espérant que ce nouveau monde, voulu parfait, séduise le plus grand nombre pour le plus grand bénéfice de l’entreprise.

L’ex-dirigeant battu aux dernières élections Donald Trump, quant à lui banni à vie de twitter pour y avoir publié plusieurs messages encourageant les émeutiers qui ont pris d’assaut le Capitole, le 6 janvier 2021, a lancé le 21/02/22 son propre réseau social sur lequel il a tout pouvoir. Ce réseau a pour nom (défense de rire) « truth » (« vérité »).

Décidemment, la réalité ne semble pas avoir la cote, ces derniers temps…

En réalité (!), nul besoin de haute technologie ou d’internet pour vivre dans un monde parallèle. Ce monde est celui de la théologie hors sol.

Dans ce monde étrange, comme je l’ai lu sur la toile, il est en effet possible de se déclarer « chrétien (protestant) confessant » (donc, forcément « pour le Christ ») et, « dans le même temps », de confesser ouvertement soutenir un candidat Z à la présidentielle se disant « pour l’Église et contre le Christ »(1). C’est là nous prendre pour des idiots

Soutenir un tel candidat, bien d’extrême-droite et d’inspiration maurrassienne, est l’illustration de la dérive d’une théologie hors sol, déconnectée du réel, vu que ledit candidat est lui-même un nationaliste hors sol, comme le souligne l’historien Laurent Joly, lors d’un entretien pour Akkadem, le campus numérique juif, avec le journaliste Patrick Anidjar.

Ce que dit ce candidat n’est pas en lien avec le monde réel, et ce qu’il préconise n’est pas tenable, susceptible de provoquer la guerre civile dans le monde réel. Ce candidat « se sert de l’Histoire pour légitimer la violence et l’exclusion, pour promouvoir une vision raciste et misogyne de l’Humanité. Il fait mentir le passé pour mieux faire haïr au présent… et ainsi inventer un futur détestable » (selon le constat d’un collectif de 16 historiens)(2). D’aucun diraient « un ordre social satanique », à savoir un ordre social basé sur le mensonge (cf la falsification de l’histoire), la division et l’accusation (cf la recherche de boucs émissaires). 

C’est là un enjeu spirituel de l’ordre du « status confessionis », soit une situation où le centre du message chrétien et de l’Evangile est mis en cause, en danger d’être vidé de sa substance par la récupération partisane. Ce type de récupération tente de nous faire croire qu’un certain passé idéalisé serait mieux que le présent…sauf que la Bible (Eccl.7v10) nous rappelle « que ce n’est pas la sagesse qui nous fait dire cela ».

Car, en quoi ce type de soutien contribue-t-il à la lisibilité de l’Evangile, comme à glorifier (rendre visible) le Seigneur ? Quel est le rapport entre le nationalisme, les rêves de « grandeur », la promotion d’idées anti-immigrés et l’Evangile ? Aucun. 

Ce type de soutien me rappelle ce qu’écrivait Robert Baxter (1615-1691), dans son « pasteur chrétien », à savoir que certains [notamment au temps du Seigneur Jésus-Christ] espéraient le réveil comme d’autres attendaient le Messie : « ils attendaient un messie glorieux qui devait leur apporter la puissance et la liberté. C’est ainsi que plusieurs d’entre nous envisageaient la réforme. Ils espéraient une réforme qui leur procurerait la richesse, l’honneur, le pouvoir »  (Robert Baxter, op. cit., Ed. Publications chrétiennes, 2016. Impact Héritage, pp 163-164).

Ce type de prise de position est fort mal venu, alors que l’invasion de l’Ukraine par Vladimir Poutine, le 24 Février 2022, bénie et justifiée par le patriarche orthodoxe Kirill de Moscou et de toute la Russie (3), dans son discours du 06 mars, nous donne une idée des effets concrets de l’instrumentalisation des « racines chrétiennes », coulées dans « le béton » identitaire et national-populiste », pour reprendre une expression de l’historien Sébastien Fath

Ce discours à lire de près – traduit pour la première fois en français et commenté ligne à ligne par le doctorant à la Sorbonne Jean-Benoît Poulle sur le site « Le Grand continent » – est marqué par les tonalités apocalyptiques (« Ce qui se passe aujourd’hui ne relève pas uniquement de la politique… Il s’agit du Salut de l’homme, de la place qu’il occupera à droite ou à gauche de Dieu le Sauveur, qui vient dans le monde en tant que Juge et Créateur de la création. »).  Ce n’est pas une surprise ceux « qui ont suivi de près l’évolution de l’Église orthodoxe russe qui, depuis plusieurs années, se pose en ultime défenseur de la morale sociale et des valeurs traditionnelles russes dans le cadre de « la guerre culturelle »  menée par un Occident « décadent », relève Jean-Benoît Poulle, lequel nous invite à remarquer « que l’Église orthodoxe russe et les bureaucraties de sécurité (FSB) sont les seules grandes institutions centrales à avoir survécu à l’effondrement du système communiste, en se greffant organiquement au régime de Poutine. 

Avec ce discours nous sommes face à une vision du monde qui dépasse de très loin le storytelling politique et la définition d’un narratif auxquels nous sommes habitués dans nos espaces politiques. Au fond, et c’est ce qui rend la lecture de ce texte urgente, depuis l’invention de la bombe atomique nous n’avions peut-être jamais vécu le moment le plus intense du théologico-politique : une puissance nucléaire engagée dans une « guerre sainte ».

Lire le discours commenté sur La guerre sainte de Poutine – Le Grand Continent 

Là encore, il s’agit d’un enjeu spirituel de l’ordre du « status confessionis », soit une situation où le centre du message chrétien et de l’Evangile est mis en cause, en danger d’être vidé de sa substance par la récupération partisane.

En effet, « La politique de Poutine menace le témoignage de l’Église. Nous avons à apprendre de la Russie : ne traitons pas la religion comme un outil de préservation du pouvoir »écrit Russell Moore dans « Christianity Today » (28/02/22) : « Alors que la Russie de Vladimir Poutine tente d’écarter la possibilité d’une Ukraine libre de son influence, il serait facile pour les évangéliques du reste du monde de conclure qu’il ne s’agit là que d’une plus ou moins lointaine question de politique étrangère.  Cependant, le « poutinisme » est bien plus qu’une menace géopolitique ; la menace est aussi religieuse. La question qui se pose aux chrétiens évangéliques est de savoir si les Églises d’autres pays emprunteront la voie de Vladimir Poutine (…). De vraies questions se posent également pour les évangéliques du monde entier, non seulement sur la façon dont nous réagissons à l’utilisation de la religion par Poutine à des fins politiques, mais aussi sur la question de savoir si nous allons l’imiter (…) Les chrétiens évangéliques devaient se garder de la voie de Poutine, et nous aurions reconnu la reconnaissance chaque fois qu’il nous est dit que nous avons besoin d’un Pharaon, d’un Barabbas ou d’un César [ou d’un Cyrus] pour nous protéger de nos ennemis, réels ou supposés.  Chaque fois que cela se produit, il nous faut rappeler notre responsabilité de dire « niet », quelle que soit notre langue »(4).

C’est ainsi qu’une « société chrétienne [et un « défenseur de la chrétienté »] avant que vienne le Royaume de Dieu » n’est sans doute pas ce que « les  chrétiens confessants », ceux qui appartiennent à Jésus-Christ, doivent attendre, si l’on en croît l’Evangile et les Ecritures.

Ceux qui appartiennent à Jésus-Christ sont censés être les ambassadeurs du Roi des rois et Seigneur des seigneurs, pour signifier que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Annoncer le règne de Dieu consiste à faire des choses significatives dans la vie des gens, portant un fruit immédiat dans leur vie, selon l’ordre de Jésus-Christ : « libérer », « guérir », « purifier », « ressusciter » (Marc 16v15-18, Matt.10v7-8, Luc 10v1-9.…), et ce, au Nom de Jésus, le seul Seigneur et seul Sauveur. Où voit-on, que, dans cet ordre, il y ait aussi : « soutenir »/« voter » (et/ou pousser à voter) pour un nouveau messie politique » et soutenir sa croisade ?

« Revenir à l’Evangile » est le nom d’un excellent blogue chrétien : c’est, je crois, ce que nous avons de mieux à faire, comme de revenir aux Ecritures. Il est en effet toujours essentiel de revenir sans cesse à l’Ecriture pour chercher le coeur de Dieu, par rapport à ce que l’actualité – ou à ce qu’un homme/une femme dit « providentiel(le) » – proclame.

Finissons-en également avec les théologies hors sol, pour les remplacer par une bien meilleure théologie : par exemple, à l’approche de Pâques, celle qui nous fait tirer des conséquences pratiques de l’incarnation et de la résurrection de Jésus-Christ ? Lequel Christ fait justement droit à la complexité du réel et dont la mort à la croix met fin à la logique et à la stratégie de recherche du bouc-émissaire.

Notes : 

(1) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2022/02/19/dieu-au-fond-a-droite-quand-les-populistes-instrumentalisent-le-christianisme/

(2) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2022/02/12/zemmour-contre-lhistoire-faire-mentir-le-passe-pour-mieux-faire-hair-au-present-et-ainsi-inventer-un-futur-detestable/

(3) Par ailleurs interpellé par les représentants catholiques et protestants en France Cf https://www.protestants.org/articles/93259-ukraine-protestants-et-catholiques-interpellent-lorthodoxie-russe

(4) Dans le même ordre d’idée, notons encore que si Luther a su redécouvrir l’Evangile du salut par la grâce, par le moyen de la foi et pour la seule gloire de Dieu, « dans le même temps », sa réforme s’est accompagnée d’une compromission complexe à assumer pour les générations à venir : notamment le massacre des paysans et des « schwärmer » [ou « exaltés », les « charismatiques » d’aujourd’hui], ainsi que la négociation permanente et la soumission des églises aux princes des länders allemands, pour « sauver sa réforme ».

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique/biblique, il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon dans « Etrangers dans la cité », que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Et comme fort à propos, je tombe sur un article de La Free.ch datant de 2016, lequel exhume un vieil article d’une revue évangélique, édifiante quant aux rapports entre les protestants et le IIIe Reich. Ce rappel pour nous mettre en garde contre les messies en politique, quel que soit leur nom, et particulièrement ceux qui prétendent « défendre la chrétienté » .

Extrait : « Un premier indice de l’affinité de l’ensemble des protestants avec le nationalisme germanique apparaît déjà sous l’Empire allemand de 1871 à 1918. La monarchie prussienne, fondée sur une base idéologique et éthique proche du vieux protestantisme luthérien, passait pour être l’ « Empire protestant allemand ». Les idées sociales d’inspiration chrétienne, le pacifisme (on le taxait de blasphème), la libre-pensée et la démocratie étaient considérés comme des menaces auxquelles il fallait résolument s’opposer. La République de Weimar à partir de 1919 ne fut jamais véritablement reconnue par les chrétiens. Dans une allocution lors de la grande rencontre des Églises (Kirchentag) de 1919 à Dresde, le président de cette manifestation déclara: « La gloire de l’Empire allemand, le rêve de nos pères, c’est là que réside la fierté de chaque Allemand. » Pour cette raison de nombreux chrétiens essayèrent de défendre avec ardeur les valeurs et l’identité nationales. Ils se sentaient tenus à un programme national chrétien.  La peur de la pensée libérale naissante et du bolchevisme russe, menaçant depuis la Révolution d’octobre 1917, poussèrent de nombreux chrétiens à se rapprocher du Parti ouvrier national-socialiste allemand (NSDAP), fondé en 1920. Le programme politique du parti d’Adolf Hitler promettait un retour aux valeurs chrétiennes et la constitution d’un rempart contre le communisme et contre les idées libérales.  Les violences multiples contre ceux qui pensaient autrement, les déportations et les actes d’extermination, les Églises évangéliques ne les imputaient pas publiquement à la volonté d’Hitler, mais à des partisans dévoyés, enclins à l’exagération. Le régime national-socialiste réussit, fort bien et durablement, à éblouir les Églises évangéliques et à les abuser à son profit. En gage de reconnaissance, il octroya à ces Églises la possibilité d’évangéliser librement et de développer pleinement leurs activités chrétiennes. Les Églises évangéliques utilisèrent ces libertés gagnées et se rendirent utiles dans la lutte contre le bolchevisme et la libre-pensée. De leur propre gré et au profit de l’« autorité bienveillante ». Après la chute du IIIe Reich, la direction de la Fédération des Églises évangéliques (de tendance baptiste) déclara qu’un non à l’État et au pouvoir ne lui aurait été permis que si l’annonce de l’Évangile et la possibilité de mener une vie selon les principes chrétiens lui avaient été interdites. Cela n’avait jamais été le cas ! (…) En 1933, après la victoire du Parti national-socialiste, l’Église évangélique libre luthérienne loua cette accession au pouvoir comme un « engagement pour l’honneur et la liberté de l’Allemagne ». Elle fit l’éloge du NSDAP pour son « combat contre la saleté ». Les baptistes, dans le journal Wahrheitszeuge (Témoin de la vérité) parlèrent de l’accession d’Hitler comme de l’avènement d’un « temps nouveau » et vivement désiré. Les Communautés évangéliques libres firent l’éloge dans le journal Gärtner (Le Jardinier) du combat du NSDAP « contre la prostitution, contre l’habitude de fumer chez les femmes, contre le nudisme et contre les abus de la vie nocturne ». Lorsque des rumeurs d’exactions contre les juifs en Allemagne parvinrent à l’étranger, les Églises évangéliques allemandes les taxèrent immédiatement de « propagande scandaleuse ». 

L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible, de Bob Ekblad

« Malheur à vous, pauvres, car vous n’êtes que des assistés ! » (Luc 6v24 et Jacques 5v1)

« L’Esprit du Seigneur est sur moi, il m’a choisi pour son service afin d’apporter la bonne nouvelle aux riches » (Luc 4v18)

« Heureux celui qui s’intéresse au riche ! Au jour du malheur l’Éternel le délivre… » (Psaume 41v1)

« Opprimer le riche, c’est outrager celui qui l’a fait; Mais avoir pitié de lopulent, c’est l’honorer (Prov.14v31).

Si c’est là ce que vous lisez dans votre Bible, changez de Bible.

Pourtant, c’est ce qui est parfois dit du haut de la chaire, ou ailleurs, donnant à penser que les affirmations ci-dessus se trouveraient réellement dans la Bible, et que Jésus serait venu apporter « une (bien) mauvaise nouvelle aux pauvres ».

C’est ainsi que « dans l’expérience de nombreuses personnes, la Bible a été utilisée comme une arme contre elles par des gens en position d’autorité », qu’il s’agisse des parents, des enseignants, des évangélistes, des pasteurs, des prêtres ou des missionnaires », souligne Bob Ekblad dans « L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible » (p33), paru aux éditions Scriptura en février 2022.

« Un pasteur dit à une jeune femme séropositive qu’elle ne doit pas toucher la Bible parce qu’elle est impure ». Un autre « pasteur conseille à une femme victime d’abus répétés de la part de son mari de continuer à se soumettre à lui ». Ou encore, « une famille chrétienne dit à l’un des siens sans emploi que son chômage est une punition de Dieu pour son péché », quand une autre « laisse son enfant handicapé à la maison pour aller à l’église, parce que son échec à être guéri fait honte à la famille (….). A chaque fois, la Bible est utilisée pour proclamer cette mauvaise nouvelle » (op. cit., p 10)

Alors que « le mois de la Bible » approche, événement organisé par l’Alliance Biblique Française, en collaboration avec le syndicat des libraires de littérature religieuse, quoi de mieux que cet ouvrage de Bob Ekblad que j’attendais (et l’un des meilleurs lus à ce jour), pour (re)découvrir en quoi l’Evangile est le message libérateur et renversant qui se trouve dans l’Écriture [une bonne nouvelle « proclamée premièrement aux pauvres » cf Luc 4v18-19] et le plus clairement énoncé dans la vie et l’enseignement de Jésus de Nazareth ?

Ecrit 12 ans après « Lire la Bible avec les exclus »(Olivetan, 2008), qui décrit une première tentative de communiquer une lecture libératrice de la Bible avec les personnes « aux marges », « ce livre donne un aperçu de cet Évangile de la résistance » et « inclut des perspectives et des suggestions sur la façon de recevoir et de préparer des études de la Bible qui engendrent une transformation holistique. Le point central de ce livre est de proposer des manières pratiques d’animer des conversations autour de la Bible dans des situations de marginalité, avec des personnes qui n’ont pas l’habitude d’être appelées par Dieu » (op. cit., p 16).

Mais, « bonne nouvelle » : cette bonne nouvelle découverte parmi les détenus, les toxicomanes et les membres de gangs peut aussi « enflammer les cœurs des personnes participant à des cercles plus ordinaires ou du courant majoritaire, qui trouvent la Bible terne, sans lien avec leurs vies, ou bien étrangère et problématique ». Bob Ekblad est ainsi « convaincu que lire la Bible peut nourrir notre foi et inspirer des actions de libération qui apporteront des transformations personnelles et sociales » (op. cit., p 17).

 « L’Évangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible » est un manuel de « formation » attendu et bienvenu, qui cherche à aider ses lecteurs à oser « envisager l’étendue de la révolution de Jésus pour que nous puissions y participer plus pleinement » (op. cit, p 18).

La partie 1 du livre nous invite à nous « préparer à des rencontres libératrices » :

Dans le chapitre 1, il s’agit de suivre le « commandant Jésus », né dans un monde marqué par l’oppression et l’injustice pour annoncer et incarner ce que Bob Ekblad appelle « le mouvement de libération globale de Dieu », et de découvrir sa stratégie « d’infiltration derrière les lignes ennemies de façon clandestine ».

Le chapitre 2 identifie les postulats essentiels sous-jacents à des lectures libératrices de l’Ecriture (« Jésus est la révélation de Dieu » et « incarne l’amour acharné de Dieu » ; Jésus inaugure une nouvelle façon de combattre le mal qui fait la différence entre les ennemis « en chair et en os » et les ennemis spirituels ; « le péché ne nous sépare pas de Dieu » ou si notre péché nous fait nous détourner de Dieu, Dieu n’est pas « empêché » de nous chercher activement…) , ainsi que les pièges à éviter : s’attendre à de mauvaises nouvelles en lisant la Bible, domestiquer l’Ecriture, les lectures « moralistes » et « héroïques » (en cherchant des modèles « exemplaires » à imiter), la passivité, le fatalisme, l’incroyance et le cynisme….

Le chapitre 3 décrit la mission plus large de Dieu à travers l’Ecriture, avec un excellent et pertinent « survol » de l’Ancien et du Nouveau Testament, qui vaut le détour.

Le chapitre 4 nous propose une étude de cas avec la rencontre entre Jésus et la femme samaritaine, sans oublier sa communauté.

La partie 2 se concentre sur les manières d’animer des études bibliques interactives ou « rencontres libératrices » :

Comment nous caler sur la vision de Jésus (chapitre 5)

Comment pouvons-nous entendre et percevoir des révélations prophétiques (chapitre 6)

Comment préparer des messages libérateurs (chapitre 7)

Comment animer des études bibliques dans différents contextes (chapitre 8)

Comment employer les dons de l’Esprit décrits en 1 Corinthiens 12 et en Romains 12 comme « des tactiques de guérilla » ou « de résistance », pour la gloire de Dieu, en « bons intendants de la grâce si diverse de Dieu » (1 Pierre 4v10-11), que l’on conduise des études bibliques, que l’on prêche ou que l’on enseigne(chapitre 9).

Au final, une approche audacieuse – qui pourra rebuter – et salutaire, privilégiant une saine déconstruction/reconstruction dans une perspective libératrice, dont nous avons le plus grand besoin. Stimulant, dense et éclairant, « L’Evangile renversant » m’a beaucoup apporté sur le plan personnel, et encouragé à poursuivre et transmettre une pratique d’enseignement et d’animation biblique dans cet esprit.

Manuel pratique solidement étayé sur le plan biblique, à mi-chemin entre la théologie et le témoignage, le livre est aussi particulièrement recommandable en ce qu’il invite à nous attacher et à nous laisser conduire par le « Dieu véritable » –Père, Fils et Saint-Esprit (lequel ne connaît pas de frontière dénominationnelle). Car si Jésus-Christ peut nous être familier, il ne saurait être domestiqué, puisqu’Il ne cesse d’être Seigneur quand il parle.

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En bref : « L’Evangile renversant : pour une lecture libératrice de la Bible », de Bob Ekblad*. Editions Scriptura, 2022. Reçu gracieusement en service presse de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication à l’Alliance Biblique Française, que je remercie, ainsi que les éditions Scriptura.

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, notamment ici.

*Par l’auteur de « Lire la Bible avec les exclus » (Olivetan, 2008) et « accueillir l’exclu » (Scriptura, 2019).

Pasteur de l’Eglise presbytérienne des Etats-Unis, docteur en théologie en Ancien Testament, aumônier à la prison de Skagit, Bob Ekblad est directeur exécutif de Tierra Nueva et du séminaire du peuple à Burlington, Etat de Washington. Il enseigne et anime de nombreux groupes de lecture de la Bible à travers le monde. Avec sa femme Gracie, ils vivent près de Seattle sur la côte Ouest des Etats-Unis mais se rendent régulièrement en France pour donner des formations.

En savoir plus sur l’auteur : écouter son témoignage et découvrir l’origine de son appel et de sa vocation

En savoir plus sur son ministère.

Vous avez entendu qu’il a été dit « que l’on ne peut plus rien dire », mais moi, je vous dis….

Accueillir le réfugié – et le mineur isolé – c’est « chrétien » ? (Dessin de « PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

« Dans la demeure qui lui appartient, Dieu est un père pour les orphelins, un justicier qui défend les veuves » (Ps.68v6).

Imaginez qu’après la lecture de ces commandements et exhortations de l’apôtre Paul, dans ses lettres adressées aux chrétiens Corinthiens et Philippiens [« que tout se fasse pour la gloire de Dieu », « que tout se fasse pour l’édification » ; « que tout est vrai, honorable, juste, pur…occupe vos pensées… »], ces derniers réagissent de la sorte : « mais alors, on ne peut plus rien dire ! » 
Ne riez pas : c’est pourtant ce que l’on peut entendre dans la sphère médiatique ou lire sur la toile, dans un esprit victimaire.
Les chrétiens protestants évangéliques (entre autres), attachés à la Bible, qu’ils reconnaissent comme « la Parole de Dieu », savent que (faire) croire que l’on peut tout dire, tout faire, sans se soucier d’aucune conséquence et sans avoir à rendre compte d’une telle « liberté », est un mensonge vieux comme le monde. Comme de parler plus de l’interdit de ce qui est permis. Et pour cause, il vient du serpent menteur et tentateur, en Eden (cf Genèse 3). Et depuis la chute, les humains n’en sont pas ressortis « plus adultes », puisqu’ils ont tendance à se justifier ou à se renvoyer la balle, en s’accusant mutuellement, de manière irresponsable.

Ainsi, par exemple, la réaction du polémiste – et pourtant candidat à la prochaine élection présidentielle – Eric Zemmour – à sa troisième condamnation par la justice (1) : ayant été en effet condamné le 17/01 par le tribunal correctionnel de Paris à 10 000 euros d’amende  – et, solidairement avec le directeur de la publication de CNEWS, à verser 19 000 euros aux associations de défense des droits de l’homme – pour « complicité de provocation à la haine raciale » envers les mineurs isolés étrangers, Eric Zemmour dénonce ce qu’il appelle « la condamnation d’un esprit libre (sic) par un système judiciaire envahi par les idéologues ». De fait, le candidat à l’Élysée entend, s’il est élu, abroger la législation antiraciste, qu’il qualifie de « liberticide ».

Le parquet de Paris avait par ailleurs requis 5 000 euros d’amende pour le directeur de publication de CNews, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin, jugé aux côtés d’Eric Zemmour comme c’est l’usage dans les procès de presse. Il a été condamné à 3 000 euros d’amende. A ce jour, CNEWS est la seule, parmi les autres chaînes françaises, à être condamnée par la justice.

En guise de devoir de mémoire, les propos incriminés avaient été prononcés le 29 septembre 2020, sur CNews, lors d’une émission de « Face à l’info ». Le 18 mars 2021, le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait déjà prononcé une sanction financière inédite d’un montant de 200 000 € à l’encontre de la chaîne, propriété de Vincent Bolloré, estimant que, ce jour-là, celle-ci avait manqué à ses obligations, et que les « limites à la liberté de communication et à la liberté éditoriale des médias audiovisuels » avaient été franchies. Éric Zemmour avait alors déclaré au sujet des mineurs étrangers non accompagnés« Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont[sic]. » Puis, contredit par l’animatrice Christine Kelly, il avait fini par nuancer : « La plupart. »(sic)

Une idée en rappelle une autre, mais ce rappel me paraît utile, face au même qui plaide aussi, pour les mêmes raisons ou pour d’autres, pour l’abolition des lois dites mémorielles : qui se souvient du décret-loi « Marchandeau »(du nom de celui qui a été Député radical-socialiste de la Marne, maire de Reims,  ministre de la Justice entre novembre 1938 et septembre 1939)portant sur la répression de la diffamation par voie de presse lorsque « la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants » ?

Pour l’anecdote (qui n’est pas un « point de détail de l’histoire »), l’une des premières mesures du régime Vichy, mis en place depuis à peine un mois(Il n’existe plus de Parlement, et les lois l’œuvre du Maréchal Pétain qui, selon l’article 1 § 2 de l’acte constitutionnel n°2 du 11 juillet 1940, exerce le pouvoir législatif, en conseil des ministres), a été d’abroger ce fameux décret-loi Marchandeau, le 27 août 1940(2). Sachant que l’armistice avec l’Allemagne, mettant fin officiellement aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, ne sera signé que plus tard,  le 22 juin 1940.
Avec l’abolition du décret-loi Marchandeau, la loi rend libre la tenue de propos racistes ou antisémites, et prononce une amnistie des poursuites*. Avec pour conséquences un boulevard pour la propagande xénophobe, raciste et antisémite, et une liberté de la presse au service du racisme et de l’antisémitisme.

Comme quoi, « rien de nouveau sous le soleil », comme l’a dit un grand sage de la Bible.

Et c’est ici qu’il convient de prendre un peu de recul : Car, enfin, ne jouons pas à nous faire peur en prenant au sérieux les plaintes de celui qui se croit « censuré », et donc victime d’un hypothétique « esprit de tyrannie ». Comme si le sort tout entier de la liberté d’expression était suspendu à une énième condamnation en justice d’Eric Zemmour (ou même de CNEWS), qui a toujours eu un espace médiatique pour diffuser ses idées. Car qu’est-ce qui est le plus dangereux ? La banalisation du discours injurieux, à caractère racial, et des provocations à la haine racial d’un polémiste pourtant candidat à la Présidentielle, à quelques mois de l’élection ? Ou le simple fait que la justice fasse son travail ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Celle bâtie sur les fondements de l’Evangile de Jésus-Christ (pas un pseudo « évangile » canada dry » identitaire) – ou, du moins, de celle bâtie par nos parents et nous-mêmes depuis 1945 – ou celle fantasmée [d’un « grand remplacement »] par Zemmour et consort ?

 « Liberté ! Que de bêtises on peut raconter en ton nom ! » Que de bêtises, mais aussi d’horreurs….

Vous entendez ici ou là que « la liberté d’expression » serait « à défendre », car « menacée », relativisant la gravité de propos relevant du délit et confondant celui-ci avec l’opinion. Or, il s’agit ici d’une question de limites nécessaires. C’est bien parce que la liberté d’expression est précieuse (3), qu’il importe de donner à  réfléchir sur les conséquences d’une liberté que l’on voudrait « totale » et « absolue », pour ne pas dire « sacrée ».

C’est ce que l’on appelle une idole, soit une chose, une force, une personne, un groupe, une doctrine ou un idéal que l’on regarde comme suprême. Or, un seul est suprême : Dieu, lequel interdit l’idolâtrie en Exode 20v4-6. Tout peut être idolâtré, dès que nous le considérons comme ultime.           

Une formule à la Jacques Ellul dirait peut-être que « ce n’est pas l’usage de la liberté d’expression qui asservit, mais le sacré transféré à la liberté d’expression ». On parle alors de « sacro-sainte » liberté (ici, d’expression).….liberté dont le « sacré » exige que l’on lui sacrifie tout ?

Faut-il tout sacrifier (la dignité humaine, l’honneur) sur l’autel du « dieu liberté (d’expression) », « Moloch »  moderne ? Ou sur l’autel de la recherche du buzz (que l’on croit « rentable ») à tout prix ? Lévitique 20v1-5 révèle ainsi à quel point l’idolâtrie conduit à la mort, et notamment à la mort de ceux qui nous sont le plus chers, nos enfants.

Dans ce cas, pour préserver la (précieuse) liberté d’expression et pour se préserver des abus, pour se libérer de ce qui asservit, faudra-t-il « profaner » cette sacrée liberté d’expression, en lui ôtant l’aura de sacré qui l’entoure, pour mieux y inclure cette prise de conscience : « qui dit grande liberté(ou « grand pouvoir ») dit aussi « grande responsabilité » ?

Responsabilité pour le média d’apporter de l’information de qualité (et non du scandale, de la désinformation) et responsabilité pour le citoyen (et non « consommateur de média ») de se positionner quant à l’éthique des médias. Le chrétien, lecteur de la Bible, qui ne se laissera pas avoir par le mot piégé de « valeurs », devrait normalement en conclure qu’il lui est impossible de cautionner la banalisation de certains discours, comme certains choix éditoriaux assumés par un média, parce qu’il sait que l’accueil de l’étranger est une préoccupation transversale de l’Ancien Testament et parce que la non stigmatisation des personnes (ou des groupes de personnes) est une préoccupation permanente du Nouveau Testament. Les devoirs envers les étrangers sont même évoqués à 36 reprises dans la Torah, soit plus souvent que les commandements relatifs à l’amour de Dieu, à la circoncision et à l’interdiction du mensonge ou du vol. Le Seigneur est « le Père des orphelins, le défenseur des veuves » (Ps.68v6). Celui qui les maltraite (en actes ou en paroles) s’attaque à Dieu Lui-même, lequel ne restera pas sourd au cri de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin.

Elie Wiesel, cité par Antoine Nouis dans son commentaire verset par verset du Pentateuque (Olivétan/Salvator, 2021), a écrit : « je ne dois pas m’abaisser devant une idole, sinon je perds tout respect de ma personne non seulement devant Dieu, mais également devant mon peuple et donc devant l’humanité. Un homme qui s’abaisse devant une idole faite par d’autres hommes se renie lui-même ». Ce qui est en jeu dans cette parole, commente Antoine Nouis, est la liberté et la dignité de l’humain. Nous comprenons pourquoi [l’interdit de l’idole] se situe en tête des Dix Paroles [p 310].

Décidemment, même dans la Bible « on ne peut plus rien dire » ! Serait-ce là le signe de l’emprise de « l’esprit de tyrannie », de la « piraterie woke » ?

Pour aller plus loin, voir notre article « Il n’y a pas de tabou dans la Bible ».

Notes :

(1) Cf cet article de La Croix et d’Actu juridique. Le 18 février 2011, il a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris de « provocation à la discrimination à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une race » pour avoir prétendu que les employeurs avaient « le droit » de ne pas embaucher d’Arabes et de Noirs. N’ayant pas fait appel, cette condamnation est définitive. Plus récemment, le 17 septembre 2019, il a été reconnu coupable de « provocation à la discrimination et à la haine religieuse » par la Cour de cassation, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français, pour avoir déclaré qu’il laisserait aux musulmans « le choix entre l’islam et la France ». Jeudi 20 janvier, un autre procès attend l’ancien polémiste, pour « contestation de crime contre l’humanité ». Le 4 février 2021, en première instance, il avait cette fois été relaxé pour avoir déclaré que, pendant la collaboration, Philippe Pétain aurait « sauvé les juifs français ». Mais l’Union des étudiants juifs de France avait attaqué en appel cette décision.

Cette défense de Pétain est d’ailleurs une vieille obsession : certains d’entre nos lecteurs se souviendront peut-être que, Samedi 4 octobre 2014, l’émission de France 2 « On n’est pas couché »(ONPC) choisit d’inviter Eric Zemmour à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Le Suicide français ». Ce dernier y critique notamment les travaux de l’historien américain Robert O. Paxton, le premier à avoir mis en lumière la collaboration entre Vichy et l’Allemagne nazie dans la déportation des Juifs, dans son ouvrage La France de Vichy 1940-1944 paru en 1973. Relativisant le rôle de Vichy dans la déportation des Juifs français, Eric Zemmour prétend que l’ “on oublie la complexité de l’Histoire” et que Pétain aurait permis de sauver “90% des Juifs de France”.  La journaliste Léa Salamé interpelle alors le polémiste, l’accusant de chercher à réhabiliter Pétain pour faire l’apologie de la préférence nationale. Ce même jour, les Juifs célébraient Kippour, la fête du Grand Pardon. En France, comme le veut la tradition, ils ont accompagné leurs recueillements d’une prière pour la République. Mais en rentrant chez eux le soir, ils ont pu assister à une sordide prière contre la République.

(2) Le Journal officiel du 30 août 1940, page 4844, publie la loi du 27 août 1940 portant abrogation du décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse :
« Art. 1°. – Est abrogé le décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les dispositions antérieures des articles précités sont remises en vigueur.

« Art. 2. – Amnistie pleine et entière est accordée, pour tous les faits commis antérieurement à la promulgation de la présente loi, aux délits prévus par les dispositions abrogées par l’article 1° du présent décret ».

(3) L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 déclare que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

« Car la loi résiste au désir » (piqûre de rappel)

Et pourtant, « se mouiller un peu » ne fait pas de mal, dans le cadre d’un débat. La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

« La question vaccinale et plus encore celle de l’obligation vaccinale, du passe sanitaire et autres contraintes gouvernementales divisent la société. Les chrétiens n’échappent pas à ces questions et la polarisation n’est pas moins forte dans l’Église ». C’est le moins que l’on puisse dire, et c’est dit par Maxime, dans un article(1) paru le 03 janvier 2022 sur le blogue théologique Par la Foi. 

Comme l’a écrit le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett(2), « il est dommage de débuter ainsi l’année en parlant une fois de plus de l’épidémie, sujet qui nous rend claustrophobes depuis deux ans alors que le bout du tunnel n’est pas encore en vue ». Cependant, nous assure Maxime, « le but de cet article est d’expliquer pourquoi le vaccin peut poser des problèmes de conscience à certains chrétiens et pourquoi aimer son prochain et son frère, c’est aussi ne pas violer sa conscience mais la considérer. Mon objectif est que l’unité de l’Église soit préservée, non pas en taisant ce sujet en public pour murmurer dans les foyers mais en abordant avec réflexion et de front le problème ». Et l’auteur de se justifier, en croyant bon de préciser que son article « n’est pas un argumentaire contre la licéité du vaccin. Il n’a pas pour but de convaincre les chrétiens que le vaccin n’est pas éthique. Ainsi, il est inutile d’y répondre entre défendant la licéité du vaccin : j’admets tout-à-fait que quelqu’un puisse considérer les problèmes relevés et conclure qu’ils n’impliquent pas que prendre ce vaccin serait immoral ».

Dans ce cas, quel est l’intérêt d’un tel article ?  

« Dans cet article », explique encore Maxime, « je vise simplement 1) à expliquer quels sont les problématiques éthiques que ce vaccin pose, 2) pourquoi certains chrétiens ne peuvent pas prendre ce vaccin en bonne conscience en raison de ces problématiques… »  

Donc quand même un peu [convaincre les chrétiens que le vaccin n’est pas éthique] ! 😉

« Du reste, vaccinez-vous ou pas, c’est pas le propos de cet article. Ce n’est pas que je n’ai pas d’avis sur ce qu’il serait préférable de faire, c’est simplement que ça n’est pas le propos de mon article ».  

Pourtant, se mouiller un peu ne fait pas de mal

C’est ainsi que « les contestataires anti-pass sanitaire, puis vaccinal, n’avouent pas souvent le fond de leur pensée », analyse encore le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett, qui se demande aussi pourquoi, dans une note de blogue(2) : « avec les (récentes) annonces gouvernementales (et les débats aussitôt redéclenchés), une fois de plus il faut aborder la question.  Quelle question ? Eh bien justement : celle du bien-fondé de ces débats sur le sanitaire [qui me paraissent ressembler à un débat entre « pro-vie » et « pro-choice » – sauf que l’un et l’autre ne sont pas là où on les attendait !], débats qui donnent l’impression de tourner en rond. Pourquoi cette impression ? Parce qu’une partie des débatteurs ne disent pas ce qu’ils pensent vraiment, au fond. Aujourd’hui ils en sont à protester contre le futur “passe vaccinal” qu’il faudra montrer en janvier ; pour entrer dans les cinémas ou les centres sportifs, on devra désormais prouver que l’on est complètement vacciné. Beaucoup attaquent ce nouveau passe en tant qu’obligation vaccinale déguisée… Or la plupart de ceux qui s’y opposent n’en critiquent que l’aspect “obligation” : ils reconnaissent par ailleurs l’utilité des vaccins contre le Covid, suivant ainsi l’avis quasi-unanime du monde médical. Mais puisque ces opposants admettent que le vaccin est la seule arme dont on dispose actuellement face à une épidémie mondiale ; puisque une course de vitesse est engagée aujourd’hui entre le virus et la vaccination ; puisque l’intérêt national est de gagner au vaccin la petite minorité des antivax obstinés… alors que pèse l’argument de la “liberté menacée”, invoqué ces jours-ci par la gauche mélenchonniste et la droite lepéniste [y compris par certains chrétiens] ?  

A ceux qui estiment, à l’instar de Maxime dans son point N°3, que « nous ne devrions pas, en tant que chrétiens, participer à un système de contraintes/incitations tendant à faire plier les consciences de ces gens »(3), il est utile de rappeler, comme le fait d’ailleurs Patrice de Plunkett, que « réserver l’accès des stades ou des cinémas aux gens vaccinés, représente, oui, une certaine restriction de nos libertés. Mais ce n’est pas la seule : conduire une voiture est réservé aux titulaires du permis. Se dire citoyen français est réservé aux titulaires du passeport…  Vous me direz que justement, depuis peu, des voix s’élèvent contre le passeport ou le permis de conduire, jugés “discriminatoires”. C’est le point commun entre le passeport, le permis et le passe vaccinal ! Dans les trois cas c’est le ressort hyper-individualiste qui joue [l’influence de la philosophe et romancière Ayn Rand ? Laquelle considérait l’égoïsme comme une vertu, et l’altruisme comme une forme d’autodestruction. Cette pensée entraîne la suprématie de l’individu sur le groupe] : le refus, de plus en plus répandu, de laisser l’Etat faire son travail de gardien du vivre-ensemble [il le fait mal ? Mais il est le seul à pouvoir le faire. Ferions-nous mieux à sa place ? Prions plutôt pour lui, pour qu’il le fasse le mieux possible, ce qui sera toujours mieux de râler ou de cultiver un esprit de victime]. Le refus d’admettre que le passeport d’un citoyen de la République française montre qu’il n’est pas tout à fait la même chose qu’un citoyen d’ailleurs… Ou le refus d’admettre que l’existence du permis de conduire, papier réservant les routes à ceux qui savent piloter un véhicule, soit une sécurité pour les autres usagers de la voie publique : et c’est un peu la même chose pour le vaccin. Pensons aux autres !

Ce type de restriction, dans le cadre des mesures sanitaires, « n’est (en effet) pas la seule », d’autant plus que, comme le souligne l’internaute « Xavier » en commentaire (02/01/22) à l’article de Patrice de Plunkett, « si on comprend le mot « liberticide » dans un sens très large, chaque loi est liberticide… on peut même dire que chaque règle de vie en commun restreint nos libertés ». Car la loi résiste au désir et au fantasme de toute puissance, comme le seul interdit au milieu d’une foule de possibilités en Eden, et le rappel des « 10 Paroles ». Nous acceptons ainsi de « restreindre nos libertés » en laissant notre place à une femme enceinte dans le métro, le train ou le bus, ce qui s’appelle « morale », fruit d’un pacte social plus ou moins explicite, qui nous permet de désengorger les tribunaux.

« Nous sommes une espèce qui canalise les instincts », écrit Erri de Luca, dans son roman « Impossible » [Gallimard, 2020, pp 159-160], apprenant à l’enfant, comme tel sujet à la démesure, désirant « tout, tout de suite », à rentrer dans la mesure et la limite. C’est ce qui s’appelle « éducation », quand l’enfant cherche ses limites, le cadre de ce qui lui est permis. Puis il lâche brusquement la main qui le tient et court par instinct de liberté – ou fantasme de toute puissance – mais on le retient avant qu’il ne se fasse renverser par une voiture. Quand par instinct, l’enfant vide son intestin dans son lit, l’adulte responsable lui apprend à ne pas le faire. 

Et n’oublions pas le port de la ceinture de sécurité devenu obligatoire le 28 juin 1973 ! L’an précédente, en 1972, 18 034 personnes sont tuées sur les routes en France – la plus forte mortalité jamais atteinte dans notre pays (en comparaison, 3 464 personnes en 2015. Source : gouvernement.fr). Lors du débat qui a eu lieu à chaque fois qu’il a fallu l’imposer, d’abord aux conducteurs, puis au passager à l’avant du véhicule et enfin à ceux qui sont à l’arrière, à chaque fois, on convoquait la liberté individuelle comme argument imparable face à cette loi « liberticide ». Du style : « C’est mon choix, ma liberté, de ne pas me protéger » ;  « L’obligation de port systématique est ridicule. Dans certains cas, ça ne sert à rien » ; « C’est une décision purement politique, pour remplir les caisses de l’État… »(sic).

Décidemment, un vrai débat « pro-vie »/ »pro-choice » !

Notes :

(1) Lire son article ici.

(2) Lire la note de blogue ici.

(3) Veillons à ne pas confondre « liberté de conscience » et « liberté individuelle » :   comme le disait madame Georgina Dufoix, ancienne ministre en 2017, lors d’une conférence publique, « Liberté de conscience: cent pour cent oui. Mais attention! Si la liberté de conscience s’exerce sans foi et qu’elle disparaisse, comme c’est le cas aujourd’hui, chez des individus comme vous et moi, individualistes – car l’air du temps l’est -, attention! La liberté de penser pour laquelle je suis sans aucune réserve peut conduire à des impasses: à un individualisme excessif et à une arrogance démesurée, parce que «moi», «moi», «moi». Finalement, si on pousse cela, on en arrive à l’égoïsme et à l’égotisme. C’est ce que j’ai fait, du moins en ce qui concerne l’humanisme. Or, si l’humanisme s’installe et se marie avec une liberté de pensée métabolique, on en arrive à se croire «Dieu». C’est tout simple. L’air du temps peut nous conduire là. Si l’homme est «Dieu», Dieu n’est plus Dieu. Si ma vie est mon «Dieu», je n’ai pas besoin de Dieu. Et Dieu, petit à petit, de génération en génération, disparaît de ma vision du monde. (…) Pour moi, la responsabilité était le corollaire de la liberté de conscience (…)Cette liberté de conscience avait comme corollaire la responsabilité; pour moi, dire que j’étais responsable, cela voulait dire que je voulais bien répondre de, répondre à, que je sentais que c’était la grandeur de ce métier: répondre de…, répondre à… »

Voir aussi « Luther et la question de la conscience. Problématisation et esquisse d’enjeux contemporains », par Jean-Daniel Causse Dans Revue d’éthique et de théologie morale 2017/1 (n° 293), pages 43 à 52  : « La conscience au sens où Luther l’interprète (…) n’a rien à voir avec cette idée un peu journalistique d’une liberté de conscience comme l’exercice d’un libre examen, faisant du chrétien protestant celui qui se dresse dans la superbe et glorieuse souveraineté de son être et qui ne rend de compte qu’à lui-même. La conscience n’est pas une instance d’auto-décision ; elle est plutôt le lieu de l’Autre. (…)Dans la pensée de Luther la conscience n’est pas « une voix intérieure autonome qui rend l’homme indépendant et qui constitue le fondement de son autonomie ».   

(4) Cf https://www.ouest-france.fr/economie/automobile/dangereuse-ridicule-genante-quand-la-ceinture-de-securite-faisait-debat-b8236d6e-ef98-11eb-8f8e-fe71c11b7838

« The Chosen », ou quand « le Verbe s’est fait chair et a habité parmi nous »

Bande annonce de la saison 1 de the Chosen

Vous n’y avez sans doute pas échappé : « The Chosen » est d’emblée présentée comme « la » première série multi-saisons phénomène sur la vie de Jésus-Christ et – particulièrement – de ceux qui l’ont rencontré et entouré durant son ministère public.

La trame de fond est l’Evangile selon Jean, avec d’autres scènes tirées des évangéliques synoptiques (Matthieu, Marc et Luc).

Sortie aux Etats-Unis en 2019, la série a trouvé son public outre-Atlantique, grâce notamment à un modèle de diffusion gratuite via la plateforme VidAngel et l’application the Chosen, soutenu par un financement entièrement participatif, et non par de grands studios américains. A ce jour, deux saisons de huit épisodes chacune sont disponibles. Une troisième est en cours de financement et devrait être visible en 2022. Sept, au final, sont prévues.

Réalisée par le chrétien évangélique Dallas Jenkins, dont le but est d’atteindre, à terme, un milliard de vues pour découvrir un « Jésus authentique », elle est considérée comme « une série catholiquement correcte » par le site web Le Verbe.com et a fait l’objet de commentaires favorables de la part d’autres médias catholiques, mais aussi de quelques sites protestants et évangéliques, dont TGC – Evangile 21.

En France, « The Chosen » est distribué par la société de distribution de films d’inspiration chrétienne Saje [lire l’interview de son directeur ici] et par la fondation ZeWatchers, qui investit dans des sociétés ou associations fondées par des chrétiens. Une première diffusion « en prime time » de la saison 1 à la télévision, sur une chaîne privée, est prévue durant les vacances de Noël, les 20 et 27 décembre 2021.

Certains reconnaissent en être devenus « accros », au point de visionner « en rafale » (ou d’une traite) plusieurs épisodes, voire même les deux saisons (8 épisodes chacun) actuellement disponibles en une nuit…. Et je #bingeJesus [littéralement « devenir obsessionnel pour Jésus »] est le hashtage promotionnel de la série !

Sinon, il est possible de visionner simplement et gratuitement, sans qu’il soit nécessaire de créer un compte, les premières saisons disponibles sur la plateforme VidAngel citée plus haut. Mais déjà, le premier épisode de la saison 1 (que j’ai vu, ainsi que les épisodes 2 à 8, et toute la deuxième saison, à ce jour, depuis samedi 18/12) permet de se faire une idée.

[La série est regardable en anglais sous-titrés. Pour sélectionner les sous-titres en français, disponibles parmi 100 autres langues, cliquer en bas, à droite, de chaque vidéo et choisir « french »]

Pour ceux qui s’apprêtent à visionner le premier épisode sans savoir à quoi s’attendre et en ayant en tête les adaptations précédentes de la vie et de l’œuvre de Jésus-Christ, il me paraît utile de les prévenir qu’ils risquent d’être surpris, vu l’angle choisi de la série. Celle-ci, très intelligente et subtile, est fort bien réalisée et interprétée avec justesse. Elle tourne autour des personnes évoquées dans les Évangiles, adultes et enfants, hommes et femmes, qui ont rencontré le Christ, tout à la fois « vrai Dieu et vrai homme », venu les rejoindre dans « le creux de leur vie », et montre en quoi leur vie a ainsi changé à son contact. De là certaines extrapolations qui ne sont pas dans les textes bibliques, mais aussi certains éléments intéressants et bienvenus de contexte politique et religieux de l’époque.

En cela, « The Chosen » est distinct des « 4 Évangiles, les films » (Lumno, 2014-2015 et édités en France par Bibli’O, en 2019, sous la forme d’un coffret de 4 DVD), lesquels proposaient déjà une expérience immersive pour découvrir la vie, les actes et les enseignements du Christ, avec le texte intégral narré, sans rien enlever/rajouter, et magnifié par l’image.

Certains dialogues ou choix narratifs de The Chosen peuvent surprendre, ou paraître très anachroniques, voire même franchement osés, mais la plupart sont bien vus et sonnent paradoxalement justes, avec une certaine cohérence et fidélité avec les Evangiles.

Alors, certes, on est tout à la fois en terrain connu et désarçonnés, puisque l’on retrouve Simon Pierre et André, Marie de Magdala, Matthieu, Nicodème, Jean le Baptiste, Thomas, Marie et Joseph….et Jésus, qui tarde à apparaître au début [par la suite, il se fera bien plus présent], dans des situations inattendues. Sont aussi surprenantes dans leur traitement et l’angle choisi, certaines scènes marquantes des Évangiles (ou susceptibles d’être connues de la plupart), telles que Jésus et les enfants(épisode 3 – mon préféré), la pêche miraculeuse (épisode 4), les noces de Cana (épisode 5), le paralytique conduit à Jésus (épisode 6), ou encore la rencontre nocturne entre Jésus et Nicodème (épisode 7).

Le déroulé de l’action peut être aussi difficile à suivre au début, et certains enjeux paraîtront complexes, voire incompréhensibles, pour qui n’est pas familier des Évangiles. D’où la nécessité de s’accrocher et/ou de se référer aux textes bibliques pour ne pas être perdu.

Au final, un parti pris artistique qui nous garde d’un Christ désincarné ou d’une lecture « mythologique, moralisante et édifiante » de l’Evangile, pour nous donner à découvrir la foi de gens réels, résultat d’une rencontre non moins réelle, dans des lieux réels, avec une personne bien réelle : Celui qui est « le Verbe (ou la Parole) fait chair » (Jean 1v14).

De l’aveu du réalisateur, l’idée est de donner envie à ceux qui connaissent (ou croient connaître) les Evangiles, comme à ceux qui ne les connaissent pas, peu ou mal, de s’y (re)plonger.

Néanmoins, une telle série peut-elle être de nature à rapprocher du Christ ?

A condition de bien faire la différence entre la réalité et la fiction, entre les choix artistiques, l’imagination et l’interprétation des scénaristes, et ce que dit vraiment le texte de l’Évangile.

Et à condition de ne pas passer tout son temps à « binger » [visionner d’une traite] cette série ;-), au point de devenir obsessionnel d’un produit artistique – « l’ombre » – qui deviendrait « culte » (un comble !), en oubliant Celui qui est la réalité, Christ – d’autant plus que 7 saisons sont annoncées (ce qui me paraît beaucoup), avec un premier tome du livre de la série !

Il s’agit en effet de se laisser rejoindre, dans notre vie réelle, non pas par un Christ d’une série télévisée, ou interprété par un acteur, aussi juste soit-il, mais par le Christ authentique des Evangiles et de la Bible, Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5v20). Et ce, pour vivre une relation vivante et véritable, d’amour et de confiance, avec Lui, en découvrant à quel point que Dieu est concerné par toutes les réalités et qu’il n’y a pas de domaine de notre vie où Jésus-Christ ne règne pas.

The Chosen me paraît donc être une approche originale à tester et à découvrir. Mais je recommanderai toutefois de prendre le temps de lire ou de relire les 4 Evangiles, avant de commencer cette série, comme de revenir sur les textes déjà lus entre chaque épisode, pour mieux échanger ensuite en petits groupes ou entre amis.

En bonus, une scène de l’épisode 3 de la première saison, illustrant combien Jésus est l’ami des enfants et rappelant à quel point il convient d’être « comme les enfants », pour entrer dans le Royaume de Dieu (Marc 10v14) :

Ces morts « encombrants » : vivre « avec eux » ou « séparés d’eux » ?

Cette vidéo « en quelques mots » de la chaîne Libérer! nous interroge sur la posture de Jésus, étonnante et décalée, par rapport à nos habitudes culturelles ou à nos intuitions quant au statut de morts et des vivants. Par le pasteur Gilles Boucomont de l’Église protestante unie de Belleville.

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses formations.

Plus de vidéos de la chaîne Libérer!

L’action du mois : suivre la formation Libérer !

« Libérer ! » Le temps d’une formation pour vivre une transformation et expérimenter, sur un fondement de vérité, que Jésus « est le même » : certes « hier » mais aussi « aujourd’hui » et « éternellement ».

Libérer ! est une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris. Elle s’inscrit dans le cadre du panier de formation inter-Eglises au sein de la Fédération protestante de France, intitulé byReformation.

Ne manquez pas la prochaine session Libérer! 1 d’automne, laquelle aura lieu du 08 octobre au 10 octobre 2021 au temple de Belleville, Paris.

Pour qui ?

Libérer ! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou d’être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance.

Enracinée dans les Écritures Bibliques, elle s’appuie sur plus de 10 ans d’expérience-« maison » novatrice de l’Église Protestante Unie du Marais en matière d’accompagnement spirituel (50 personnes formées à l’accompagnement, soit un peu plus de 80 heures de formation).

Une formation équilibrée

J’ai déjà suivi les modules 1 et 2 en 2015, et le module 3 en juillet 2019 et peut attester que la formation est très équilibrée sur les plans théologiques et pratiques.

Libérer ! ne propose pas « de truc » ou de « technique », mais nous invite à nous exercer à l’écoute de la Parole de Dieu – plutôt que d’agir de manière systématique et stéréotypée – et à mettre cette Parole en pratique. Il ne s’agit pas de souhaiter d’être « plus » ou « mieux » informés, mais de nous laisser transformer pour expérimenter, sur un fondement de vérité, que Jésus « est le même » : certes « hier » mais aussi « aujourd’hui » et « éternellement »(Hébr.13v8). Cette formation se veut donc tout à la fois « un lieu d’enseignement et de témoignage de l’action du Saint-Esprit », toujours actuel, « dans la vie des chrétiens ». L’on peut venir aussi « pour soi », pour vivre une guérison et une libération personnelle, dans la perspective de le retransmettre à d’autres. Personnellement, j’y ai beaucoup appris quant aux enjeux pratiques liés à l’autorité et au mandat libérateur du chrétien (délivrance, combat spirituel, guérison).

Enfin, la vision tripartite de l’homme (Dieu nous a fait corps, âme, esprit) de Libérer! nous permet de résoudre certaines difficultés, liées aux limites des approches exclusivement « spirituelles »/ « spiritualisantes » ou exclusivement « psychiques » (celle de la « relation d’aide », avec une vision anthropologique et intellectuelle inspirée de la psychanalyse/la psychologie). Elle nous permet ainsi de discerner si nous avons à affaire à du somatique, du psychique ou du spirituel, et d’apporter un « traitement holistique » adapté, sachant qu’aucun de ces domaines n’est véritablement étanche. Elle nous permet enfin de sortir de l’impasse due à l’opposition entre « délivrance » et « accompagnement » (pastoral), alors que les deux sont liés. En effet, apprend-t-on dans cette formation, selon les situations, certaines personnes auront d’abord besoin d’être libérées, avant de pouvoir être accompagnées. Et dans les deux cas, la repentance joue un rôle majeur. Elle est même une clé de la vie chrétienne.

C’est où ? C’est quand ? Comment s’inscrire ?

Sur le plan pratique, le cycle de formation, qui forme un tout, se compose de trois modules, chacun comportant des séquences d’enseignements, de travail en groupes et des temps de prière.

Libérer! 1 : Libérer le corps, l’âme et l’esprit (prochaine session : du 08 octobre au 10 octobre 2021, au temple de Belleville, Paris. Les personnes qui vivent Libé 1 pour la première fois seront prioritaires).
En développant une conception tripartite de l’humain (corps, âme, esprit), le Nouveau Testament nous éclaire sur les strates où doit se déployer la guérison de notre être. Le règne de Dieu s’étend sur toutes ces zones de notre intériorité.

Libérer! 2 : Libérer, délier, délivrer
Nous ne luttons pas contre la chair et le sang, nous ne nous battons pas contre les personnes, mais en Christ nous obtenons la victoire sur des puissances spirituelles qui agissent. Forts de l’expérience de Jésus, des apôtres, d’une part, et de l’anthropologie moderne (psychologique notamment), comment marcher vers la liberté ?

Libérer! 3 : Pratique de l’accompagnement spirituel et transmission (prochaine session : du 01 novembre au 05 novembre 2021, au temple du Marais, Paris)

Pour être éligible au Certificat Libérer! il faut avoir fait les trois stages et avoir validé l’examen final.

La formation est gratuite mais il est possible de faire une offrande pour soutenir ce ministère. Note : coût réel estimé au minimum à 200 euros/personne, sachant que les questions financières ne doivent pas être un frein à l’inscription)

En savoir plus et pour connaître les prochaines dates de formation : http://www.liberer.fr/

Une nouveauté : Libérer ! lance sa chaîne youtube !

Une première vidéo nous permet de découvrir une présentation des formations Libérer! par la Pasteure Caroline Bretones, du temple du Marais (Paris) :

En s’abonnant à la chaîne Youtube, il est possible de visionner un nouveau contenu tous les 10 jours, avec trois formats d’une durée approximative :

EN BREF : 2 minutes
EN QUELQUES MOTS : 10 minutes
EN LARGE ET EN TRAVERS : 45 minutes

[Article mis à jour le 21/09/21]

Le moyen le plus sûr de savoir qu’une élection approche

Accueillir le réfugié, c’est « chrétien » ? (Dessin de « 

« Accueillir le réfugié, c’est chrétien ? » (Source image : dessin de PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

Le moyen le plus sûr de savoir qu’une élection approche :

« Macron demande plus de fermeté sur l’expulsion des étrangers irréguliers », titre un article publié sur 20 minutes, le 10/06/21.

A ce propos, les migrants seraient-ils « un sujet » qui concernerait davantage le citoyen que le chrétien, le magistrat plutôt que le pasteur ? Ma contribution à cette question ici.

Dieu et le débat transgenre : que dit vraiment la Bible sur l’identité de genre ?

Attention : Ceci n’est pas un débat !

« Attention, ceci n’est pas un débat ! », nous prévient d’emblée Andrew Walker, l’auteur d’un ouvrage publié en 2021 chez BLF éditions.

Et c’est ce que j’ai apprécié de sa part, à la lecture de ce livre : nous sommes en effet invités à aller au-delà des termes piégés « débat » et « transgenre » du titre, pour garder ainsi en permanence à l’esprit qu’il s’agit avant tout d’êtres humains.

Je ne sais si Andrew Walker est le premier (chrétien, évangélique, du moins) à aborder ce sujet délicat. Mais l’intérêt (mais aussi les limites, de l’aveu même de l’auteur) du livre est de poser les bases pour une réflexion et une réponse compatissante de la part (et au sein) de l’Eglise, à la suite (et dans l’esprit) de Jésus-Christ et de l’Evangile, à un défi d’aujourd’hui. En effet, « Jésus savait affronter les questions qui font débat. Mais avant tout, il aimait les gens », rappelle Andrew Walker en ouverture de son livre.

C’est dans cet esprit que nous refléterons le plus fidèlement possible qui est Dieu, en évitant les écueils de la condamnation, de la fuite, du conformisme et du relativisme, autant de postures à mille lieux de l’amour, de la grâce, de la vérité et de la justice.

Dans le même esprit, nous chercherons alors ensemble des réponses aux questions et enjeux suivants : Qu’est-ce que la Bible dit réellement à propos de l’identité de genre ? Qu’est-ce qu’être un humain créé à l’image de Dieu ? Qu’est-ce qu’être un homme et une femme ? Que faire concrètement le jour où nous serons confrontés à cette question d’identité ? Pas seulement en étant interpellés par des personnes « extérieures », mais en étant directement concernés, touchés dans notre intimité, confrontés à nos propres luttes et questionnements ou celles de nos proches, mes enfants… ?

Comme l’explique Andrew Walker, « ce livre est un début » et « pas une fin ». Il pose les bases et un cadre, nous invitant à aller plus loin.  A nous d’aller ensemble de l’avant, avec compassion, à la suite de Jésus-Christ, qui lui-même nous envoie deux par deux, pour annoncer que le règne de justice et de paix de Dieu – Dieu qui « fait toutes choses nouvelles » – est proche.

Le champ nous est donc ouvert pour des actions appropriées et significatives, voire même pour d’autres ouvrages complémentaires – plus approfondis encore sur d’autres pistes qui n’ont pu être développées dans le livre, mais aussi pratiques, dans une perspective plus « pastorale » et éducative sur la question.

A nous de jouer !

En bref :

« Dieu et le débat transgenre : que dit vraiment la Bible sur l’identité de genre ? » d’Andrew Walker. BLF éditions, 2021. Préface de Sam Allberry, auteur de « Dieu est-il homophobe ? ». Reçu gracieusement en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie chaleureusement. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

Table des matières

Préface de Sam Allberry

1. Il était plein de compassion

2. Comment en sommes-nous arrivés là ?

3. Le vocabulaire

4. Ce qui motive nos décisions

5. Une conception parfaite

6. Beaux, mais abîmés

7. Un avenir meilleur

8. Aime ton prochain

9. Le chemin n’est pas facile

10. Le défi de l’Église

11. En parler aux enfants

12. Des questions épineuses

13. Des mains ouvertes

Remerciements

Glossaire

Index

Avec quelles « lunettes » lis-tu l’Apocalypse ? Avec les lunettes « fin des temps » ou « premier siècle » ?

Ta lecture de l’Apocalypse est-elle celle « de la fin des temps » ou du « premier siècle » ? (Source image vidéo Is the COVID vaccine the “mark of the beast”? par Curtis Chang

Le vaccin contre le COVID est-il la « marque de la bête » ?

Notre façon de répondre à une telle question dépend beaucoup de notre lecture du livre de l’Apocalypse, le dernier livre de la Bible. Cette lecture de l’Apocalypse est-elle celle « de la fin des temps » ou du « premier siècle » ?

Laquelle est la plus fidèle aux intentions de l’apôtre Jean, l’auteur de l’Apocalypse ?

Analyse à lire (en anglais, mais se traduisant aisément) ici ou (en vidéo) .

Vous l’avez peut-être vu passer :

« Ceux qui refuseront la marque de la bête auront-ils de quoi manger et vivre ? »

Notre recension du manga « Majesté », sur l’Apocalypse