Pourquoi les « anti-passe » et « anti-vax » sont toujours actifs malgré la levée du passe vaccinal

Pour certains, le vaccin, c’est toujours non…même après la levée du passe vaccinal. Pourquoi ? Source image : public domain pictures

Loin d’être une simple « question indifférente », la question du vaccin contre la covid est bien une question éthique : car sont en jeu ici le rapport à son propre corps comme aussi la responsabilité pour la santé des autres. L’éthique doit ici trouver des réponses en examinant très sérieusement les données empiriques et scientifiques, car la qualité d’une réponse éthique dépend d’une bonne information sur le sujet en question.

Cependant, comment expliquer le rejet persistant de la vaccination – notamment le fait que les « anti-passe/anti-vax » soient toujours actifs, même après la levée du passe vaccinal –  et de façon sous-jacente le processus de « décroyance » en la science ? Une analyse de Dominique Crié, professeur des universités, et de Christelle Quero, Maître de Conférences, Université de Lille, paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation.

Le 15 mars 2022, lors de sa visite d’un centre de réfugiés, Emmanuel Macron était interpellé par une aide-soignante de 35 ans non-vaccinée. En pleurs, elle soulignait avoir perdu son travail et demandait l’arrêt de l’obligation vaccinale pour les soignants.

Les « anti-passe, anti-vax » sont en effet toujours actifs malgré la levée des restrictions sanitaires le 14 mars. À Toulouse le 5 mars, ils défilaient au nom de leurs « libertés », contre une « dictature sanitaire et numérique », persuadés d’être fichés et stigmatisés, réclamant la « liberté vaccinale ». Le même jour à Rodez, ils dénonçaient « la dérive sécuritaire du gouvernement », la « restriction des libertés collectives et individuelles », la fracturation de la société selon le statut vaccinal et surtout « l’absence de débat démocratique » permettant à chacun de se faire une opinion vis-à-vis du vaccin.

En juillet 2021, OpinionWay publiait un sondage indiquant que 16 % des Français n’avaient « pas l’intention de se faire vacciner ».

Mais l’hésitation vaccinale n’est pas un phénomène uniquement français, il s’agit même de l’une des dix plus grandes menaces pour la santé mondiale indiquait l’OMS en 2019.

Le groupe d’experts SAGE de l’OMS met en exergue, antérieurement et parallèlement au modèle classique des « 5 C » (confiance, complaisance, commodité/convenance, calcul du risque et la responsabilité collective), une conjonction de trois grandes dimensions au phénomène d’hésitation vaccinale face au Covid-19 :

  • liées au vaccin et à la vaccination (sécurité, accès à la vaccination, coût, résultat attendu),
  • liées aux individus (croyances, mythes et convictions, niveau de compréhension, normes sociales et communautaires),
  • liées à l’environnement (culturel, politique, socio-économique, médiatique).

Ces éléments se retrouvent essentiellement dans les pays démocratiques, à forte accessibilité et disponibilité vaccinale. Ils contribuent à générer un certain populisme « antivax », largement relayé par les médias numériques, et leur mise en avant démultipliée a pour conséquence que l’effet thérapeutique du vaccin n’est plus évalué à sa juste dimension.

Retour sur une défiance générale

La défiance envers la vaccination n’est ni récente ni figée, comme le rappelle en 2021 l’historien Laurent-Henri Vignaud.

Le phénomène trouve ses origines au XVIIIe siècle avec les premières inoculations varioliques, ancêtres de la vaccination. Des études menées alors à partir de tables de mortalité démontrent que la variole contractée par inoculation est dix fois moins mortelle que la variole après infection naturelle. On pouvait penser que les railleries « anti-variolisation » allaient cesser, mais c’est l’inverse qui se produisit. Les discours s’alimentent par la médiatisation de rares cas de complication et la publication de caricatures qui effraient.

Au XIXe siècle, la création de son institut par Pasteur va faire naître deux débats : l’un sur l’expérimentation animale, l’autre sur des accusations de profit de l’institut – préfigurant les attaques actuelles sur les « Big Pharma ».

Il faut attendre le XXe siècle pour voir la reconnaissance d’un bénéfice de la vaccination se développer. En France, depuis 1992, les baromètres santé assurent une veille de la perception de cette pratique. Comme le rapporte le spécialiste en prévention et maladies infectieuses Jocelyn Raude, en 2000 et 2005, environ 90 % des Français y étaient favorables.

Toutefois, plusieurs scandales sanitaires et la montée des théories conspirationnistes vont ensuite modifier le paysage statistique. En 2010, 40 % des Français auraient ainsi été défavorables à la vaccination en général. Ce rejet concerne en premier lieu la vaccination contre la grippe, qui chute de plus de 30 % l’année suivante.

Le cas du rejet de la vaccination anti-Covid

En novembre 2020, alors que la pandémie frappe la planète depuis près d’un an, Pfizer-BioNTech présente les résultats d’un essai clinique où leur vaccin anti-Covid-19 serait efficace à 90 %. Rapidement, en parallèle de l’espoir généré par cette annonce, émerge un phénomène de défiance. Fin décembre, 45 % des Français déclaraient ne pas souhaiter se faire vacciner, soit un taux des plus élevés au monde.

Les motifs de ce rejet sont nombreux. S’y mêlent oppositions religieuses (se soumettre à la volonté de Dieu) et spirituelles, écologiques (dégradation de l’environnement) ou naturalistes (laisser faire la nature), intentions néfastes prêtées à Big Pharma et à un État Big Brother (contrôle et atteinte des libertés) qui serait en plein développement, manque de confiance dans les institutions chargées de garantir la santé de chacun, remises en cause à l’égard du corps médical et de la science (la science n’explique pas tout)…

Cet ensemble disparate est repris et renforcé par le « documentaire » Hold-Up.

Internet et les réseaux sociaux vont faciliter la diffusion d’injonctions paradoxales, de fake news, de slogans tendancieux assurant le terreau des théories conspirationnistes.

La très populaire plate-forme de Podcast Spotify accueille ainsi l’animateur Joe Rogan qui va diffuser à ses 190 millions d’auditeurs beaucoup d’informations fausses (pas besoin de se vacciner si l’on est jeune, etc.) ou controversées sur le vaccin sans aucun avertissement. Au point que l’artiste Neil Young, également hébergé par la plate-forme, décide de la boycotter, se privant ainsi de 60 % de ses revenus.

Mésinformation, désinformation et malinformation

Les questions de mésinformation, de désinformation ou de malinformation deviennent ainsi essentielles pour appréhender l’hésitation vaccinale.

Au IVe siècle av. J.-C., le philosophe grec Aristote dénonçait déjà les ruses utilisées pour piéger un interlocuteur. Le « sophisme » par exemple part ainsi d’éléments vrais puis développe un raisonnement faussé pour aboutir à une conclusion erronée afin d’induire son interlocuteur en erreur.

En rhétorique, une autre technique est surnommée « empoisonnement de puits ». Elle consiste à donner de l’information négative, vraie ou fausse, à propos d’un adversaire dans le but de le discréditer. Une troisième à changer soudain de sujet et l’envoyer sur une autre piste que celle prévue.

« Affirmer », c’est avant tout s’affirmer et vaincre… Sur les réseaux sociaux, beaucoup se parlent sans « s’écouter », les dialogues solitaires y côtoient les monologues à plusieurs, laissant cette impression d’exister davantage.

Avec Internet, sophistes et rhétoriciens numériques disposent d’une arme de persuasion massive ! Des professionnels mixent algorithmes et neurosciences pour créer l’addiction aux réseaux et un accroissement d’audience… et donc de recettes publicitaires.

Un phénomène de repli sur soi

Dans un autre registre, l’engagement (envers une cause par exemple, basé sur la confiance et la satisfaction et l’attachement aux idées développées) est un puissant facteur de résistance à la persuasion, particulièrement en santé publique, par défaut de traitement approfondi de l’information « persuasive » diffusée. Avec pour effet là encore que les messages de prévention ne sont plus considérés à leur juste valeur.

De nombreuses recherches, notamment effectuées par Facebook comme l’a précisé la lanceuse d’alerte Frances Haugen, indiquent clairement qu’un contenu négatif, clivant ou incitant à la haine est facteur d’engagement donc d’audience et de diffusion.

Un taux de clic plus important sur les contenus publicitaires incite les plates-formes à une certaine « clémence algorithmique » dans leur filtration. Ceci rejoint l’appétence des individus à communiquer sur les événements négatifs et les dangers dans une « société de mise en scène de la peur » selon le philosophe Michel Serres. Les « agissants » sur les réseaux sociaux sont par définition des « engagés », par la répétition et la fréquence de leurs interventions.

La question d’infox (fake news) en santé interroge également. Des communautés virtuelles se forment et s’enferment dans une logique de renforcement de leurs points de vue. Il y a alors une réduction de la diversité des informations reçues et un rejet systématique des arguments alternatifs. C’est le phénomène de « chambres d’écho », à l’origine un lieu où augmente la résonance de propos similaires et de « bulles de filtre ».

Selon le spécialiste du cybermilitantisme Eli Pariser, qui utilise le terme d’« autopropagande », ces bulles sont le fruit de dispositifs algorithmiques de personnalisation et de partage des contenus en ligne. Elles appauvrissent intellectuellement leurs membres et façonnent la réalité des faits, conduisant parfois à la radicalisation des opinions.

Sur Internet, la moindre information persiste dans le temps et devient « searchable » sans mise en perspective ni contexte pour l’interpréter. Or les plates-formes digitales renvoient principalement vers un contenu souhaité, grâce aux données fournies implicitement par leurs utilisateurs qui entraînent leurs algorithmes. Ce qui alimente les « bulles de filtre », les résultats des moteurs de recherche proposant à l’internaute les idées (y compris alternatives et controversées) qui viendront renforcer ses positions initiales.

La part des biais cognitifs

Les individus peuvent également être sous l’influence de biais cognitifs, définis comme un écart systématique entre la réalité et la pensée logique et rationnelle lorsque celle-ci ne suffit plus à appréhender un événement ou un contexte.

La littérature distingue les biais individuels des biais collectifs. Les premiers sont liés à des erreurs de jugement, et donc de décision, qui restent propres à un individu. Les seconds naissent lorsque le jugement et la décision finale relèvent d’un contexte de groupe ou de communauté.

Très étudiés en psychologie, ces biais sont cognitifs, motivationnels ou émotionnels. Certains sont susceptibles d’expliquer le rejet total ou partiel des vaccins anti-Covid. Ils peuvent être directement attribuables (ou renforcés par) soit à une information mal contrôlée, soit à une mésinformation, désinformation ou malinformation sur les réseaux sociaux, soit encore à l’entourage social.

L’importance de la méfiance envers les institutions

L’opposition à l’État et aux institutions a canalisé une large partie du rejet des vaccins et des mesures sanitaires. Jean-François Monier/AFP

Plusieurs auteurs (Christophe Benavent, spécialiste des conséquences des technologies de l’information sur les stratégies ou le sociologue Alexis Spire montrent que le jugement de confiance envers les politiques dans la gestion de la pandémie, reflet de la confiance envers les institutions, s’impose comme l’une des variables principales du rejet vaccinal. Ces études identifient un facteur allant de 1 à 5 (de < 10 % à > 50 %) entre les citoyens qui ont une certaine confiance et ceux qui n’en ont aucune, et ce indépendamment de la catégorie socioprofessionnelle.

Comment expliquer cette remise en question de l’État ?

Dans la logique de protéger prioritairement les plus vulnérables, les autorités de santé ont sans doute délégitimé le vaccin chez les individus non éligibles en début de campagne. Or privilégier les personnes les plus à risque, c’est également tolérer plus d’effets indésirables du vaccin et apprendre à les connaître pour mieux les maîtriser ensuite.

D’autre part, la communication gouvernementale est restée ambiguë sur les notions d’immunité collective et de protection individuelle ou encore sur la possibilité de contamination malgré la vaccination. Les experts et les politiques ont souvent asséné leur(s) vérité(s) en amplifiant sporadiquement la gravité du Covid-19 afin de mieux sensibiliser la population, alors qu’il aurait fallu sans doute plus d’andragogie.

Enfin, il a pu y avoir l’impression d’une mise en cause de l’autorité scientifique par le politique (avec les premières annonces sur l’inutilité des masques, le refus de confinement fin janvier 2021, etc.). L’injonction politique envers des citoyens, qui s’estiment informés et responsables et revendiquent leurs droits individuels et leur liberté, scelle la rupture du contrat sanitaire jusqu’ici implicite.

Le détachement du politique vis-à-vis des scientifiques trouble un peu plus une lecture juste de la situation, d’autant que des mesures perçues comme liberticides sont prises en se référant au… conseil scientifique.

Une large méfiance envers les autorités de santé et l’industrie pharmaceutique

Deux faits notables, associés à la vaccination, sont fortement inscrits dans la mémoire des Français : la relation, non avérée, entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et l’échec de la campagne vaccinale H1N1.

En parallèle, les scandales du Mediator, du Levothyrox, de la Depakine, de la Thalidomide ou encore du sang contaminé vont cristalliser le phénomène de défiance. Ces crises politico-sanitaires installent des doutes à la fois sur la sécurité des vaccins ou des médicaments et l’aptitude des autorités à prendre des décisions indépendamment de l’industrie pharmaceutique.

Elles nourrissent la défiance et expliquent, en partie, le niveau important d’hésitation vaccinale.

Concernant la vaccination contre le Covid-19, la longue litanie des effets indésirables les plus dramatiques (maladies auto-immunes, thromboses, myocardites, péricardite, syndrome de Guillain et Barré, etc.), réels mais extrêmement rares, mais aussi les médicaments supposés être efficaces puis soustraits à la prescription comme l’hydroxychloroquine, vont venir remettre en cause la bienveillance de l’État et des scientifiques.

De plus, la rapidité du développement du vaccin, suspecté de passer outre les standards scientifiques habituels pour raison politico-économique, engendre de larges soupçons. Pourtant, les raisons principales de cette rapidité ont été un allègement de la bureaucratie et le recours à des procédures parallèles de validation des essais cliniques sans jouer sur la sécurité. Ceci aurait mérité une information honnête, transparente, répondant aux doutes légitimes en s’assurant de sa plus large diffusion – jusque dans les « bulles » évoquées précédemment.

Autre exemple : la polémique liée aux thromboses aurait pu être limitée en mettant largement en avant deux études. La première d’avril 2021, émanant de l’Université d’Oxford, démontre que « le risque de thrombose lié à une infection Covid-19 serait huit fois plus élevé qu’avec le vaccin AstraZeneca et 10 fois pour les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ». La seconde de juillet 2021, montre qu’en Angleterre depuis que le vaccin AstraZeneca est injecté uniquement aux plus de 40 ans, aucun cas de thrombose vaccinale n’a été signalé.

Une partie du corps médical présente également des signes de défiance. Différents facteurs sans lien avec la vaccination sont venus amplifier leur propre hésitation, comme la généralisation du tiers payant, la crise organisationnelle et financière des hôpitaux, le manque de reconnaissance, les problématiques de sous-effectif, etc. Aux phénomènes structurels s’ajoutent des incertitudes et doutes alimentés par la gestion de crise sanitaire, notamment le fait que des soignants Covid positifs, asymptomatiques ou paucisymptomatiques pouvaient (devaient) continuer à travailler.

L’évolution rapide des données et comptes-rendus sur lesquels s’appuient l’État et les autorités de santé pour mener la stratégie de lutte contre la propagation du SARS-CoV-2 ne permettent ainsi plus toujours de convaincre les professionnels de santé.

Certains soignants n’ont pas confiance dans les vaccins proposés, d’autres s’opposent au principe d’obligation vaccinale en s’appuyant sur le manque de recul par rapport aux traditionnels vaccins obligatoires pour l’exercice de leur métier… Tout cela se transformant en outil de protestation contre les politiques de santé.

Le rôle complexe des scientifiques

Les interventions publiques d’experts ont pour objectif de susciter l’adhésion à la stratégie de vaccination, de nombreux citoyens hésitants cherchant à être persuadés de ses bienfaits.

Cependant, la polémique portée par Andrew Wakefield (1998) sur la soi-disant relation entre vaccination anti-rougeole/oreillons/rubéole (ROR) et l’autisme, a généré une crise de confiance sur la vaccination infantile en Angleterre. En France, c’est le vaccin contre l’hépatite B qui est alors suspecté de provoquer la sclérose en plaques. Ces deux exemples de controverses mettent en avant le rôle des scientifiques en tant qu’influenceurs négatifs.

De plus, certaines publications diffusées avant validation par les pairs font l’objet d’une interprétation fallacieuse. Retransmises sur les réseaux sociaux, elles augmentent les doutes et le scepticisme sur l’information scientifique. Un exemple est celui de la célèbre revue Vaccines qui a publié le 28 juin 2021 une étude, validée scientifiquement, qui affirmait que le vaccin provoquait deux décès pour trois personnes protégées… Étude retirée quelques jours plus tard (le 2 juillet) en raison d’erreurs dans l’interprétation des conclusions.

D’autres grandes revues internationales (The _Lancet, New England Journal of Medicine et Annals of Internal Medicine_…) ont dû également retirer des publications litigieuses de leur site, renforçant l’idée que les scientifiques doivent mieux s’assurer de la robustesse de leurs travaux avant diffusion.

Pour l’OMS, les réseaux sociaux sont abondamment mobilisés par les « antivax » pour partager des résultats d’études scientifiques litigieuses dont la robustesse des travaux est questionnable, disponibles en pré-print et libre accès, elles sont susceptibles d’alimenter leurs thèses.

Cette grave pandémie, complexe et qui dure, responsable aujourd’hui de 6,23 millions de morts au niveau mondial, possiblement 2 à 3 fois plus selon l’OMS, pose ainsi la question générale des stratégies de communication à la fois des organismes de Santé publique et des mouvements alternatifs.

Initialement paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation

Voir aussi https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/10/15/communication-scientifique-en-situation-de-crise-sanitaire-profusion-richesse-et-derives/

Connaître l’évolution de la vaccination en France : quelle proportion de français vaccinés ? Combien faut-il encore vacciner de personnes avant d’atteindre l’immunité collective ? A la date du 02/05/22, 80,6 % des français ont reçu au moins une dose de vaccin ; 79,3 % ont reçu toutes les doses requises ; 54 % ont reçu une dose de rappel supplémentaire. Il reste à vacciner 19,04 % des français avant d’atteindre un taux de vaccination de 100 %. Au rythme actuel, on aurait vacciné l’ensemble de la population éligible (les plus de 12 ans) le 07 juin 2029 !

« Car la loi résiste au désir » (piqûre de rappel)

Et pourtant, « se mouiller un peu » ne fait pas de mal, dans le cadre d’un débat. La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

« La question vaccinale et plus encore celle de l’obligation vaccinale, du passe sanitaire et autres contraintes gouvernementales divisent la société. Les chrétiens n’échappent pas à ces questions et la polarisation n’est pas moins forte dans l’Église ». C’est le moins que l’on puisse dire, et c’est dit par Maxime, dans un article(1) paru le 03 janvier 2022 sur le blogue théologique Par la Foi. 

Comme l’a écrit le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett(2), « il est dommage de débuter ainsi l’année en parlant une fois de plus de l’épidémie, sujet qui nous rend claustrophobes depuis deux ans alors que le bout du tunnel n’est pas encore en vue ». Cependant, nous assure Maxime, « le but de cet article est d’expliquer pourquoi le vaccin peut poser des problèmes de conscience à certains chrétiens et pourquoi aimer son prochain et son frère, c’est aussi ne pas violer sa conscience mais la considérer. Mon objectif est que l’unité de l’Église soit préservée, non pas en taisant ce sujet en public pour murmurer dans les foyers mais en abordant avec réflexion et de front le problème ». Et l’auteur de se justifier, en croyant bon de préciser que son article « n’est pas un argumentaire contre la licéité du vaccin. Il n’a pas pour but de convaincre les chrétiens que le vaccin n’est pas éthique. Ainsi, il est inutile d’y répondre entre défendant la licéité du vaccin : j’admets tout-à-fait que quelqu’un puisse considérer les problèmes relevés et conclure qu’ils n’impliquent pas que prendre ce vaccin serait immoral ».

Dans ce cas, quel est l’intérêt d’un tel article ?  

« Dans cet article », explique encore Maxime, « je vise simplement 1) à expliquer quels sont les problématiques éthiques que ce vaccin pose, 2) pourquoi certains chrétiens ne peuvent pas prendre ce vaccin en bonne conscience en raison de ces problématiques… »  

Donc quand même un peu [convaincre les chrétiens que le vaccin n’est pas éthique] ! 😉

« Du reste, vaccinez-vous ou pas, c’est pas le propos de cet article. Ce n’est pas que je n’ai pas d’avis sur ce qu’il serait préférable de faire, c’est simplement que ça n’est pas le propos de mon article ».  

Pourtant, se mouiller un peu ne fait pas de mal

C’est ainsi que « les contestataires anti-pass sanitaire, puis vaccinal, n’avouent pas souvent le fond de leur pensée », analyse encore le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett, qui se demande aussi pourquoi, dans une note de blogue(2) : « avec les (récentes) annonces gouvernementales (et les débats aussitôt redéclenchés), une fois de plus il faut aborder la question.  Quelle question ? Eh bien justement : celle du bien-fondé de ces débats sur le sanitaire [qui me paraissent ressembler à un débat entre « pro-vie » et « pro-choice » – sauf que l’un et l’autre ne sont pas là où on les attendait !], débats qui donnent l’impression de tourner en rond. Pourquoi cette impression ? Parce qu’une partie des débatteurs ne disent pas ce qu’ils pensent vraiment, au fond. Aujourd’hui ils en sont à protester contre le futur “passe vaccinal” qu’il faudra montrer en janvier ; pour entrer dans les cinémas ou les centres sportifs, on devra désormais prouver que l’on est complètement vacciné. Beaucoup attaquent ce nouveau passe en tant qu’obligation vaccinale déguisée… Or la plupart de ceux qui s’y opposent n’en critiquent que l’aspect “obligation” : ils reconnaissent par ailleurs l’utilité des vaccins contre le Covid, suivant ainsi l’avis quasi-unanime du monde médical. Mais puisque ces opposants admettent que le vaccin est la seule arme dont on dispose actuellement face à une épidémie mondiale ; puisque une course de vitesse est engagée aujourd’hui entre le virus et la vaccination ; puisque l’intérêt national est de gagner au vaccin la petite minorité des antivax obstinés… alors que pèse l’argument de la “liberté menacée”, invoqué ces jours-ci par la gauche mélenchonniste et la droite lepéniste [y compris par certains chrétiens] ?  

A ceux qui estiment, à l’instar de Maxime dans son point N°3, que « nous ne devrions pas, en tant que chrétiens, participer à un système de contraintes/incitations tendant à faire plier les consciences de ces gens »(3), il est utile de rappeler, comme le fait d’ailleurs Patrice de Plunkett, que « réserver l’accès des stades ou des cinémas aux gens vaccinés, représente, oui, une certaine restriction de nos libertés. Mais ce n’est pas la seule : conduire une voiture est réservé aux titulaires du permis. Se dire citoyen français est réservé aux titulaires du passeport…  Vous me direz que justement, depuis peu, des voix s’élèvent contre le passeport ou le permis de conduire, jugés “discriminatoires”. C’est le point commun entre le passeport, le permis et le passe vaccinal ! Dans les trois cas c’est le ressort hyper-individualiste qui joue [l’influence de la philosophe et romancière Ayn Rand ? Laquelle considérait l’égoïsme comme une vertu, et l’altruisme comme une forme d’autodestruction. Cette pensée entraîne la suprématie de l’individu sur le groupe] : le refus, de plus en plus répandu, de laisser l’Etat faire son travail de gardien du vivre-ensemble [il le fait mal ? Mais il est le seul à pouvoir le faire. Ferions-nous mieux à sa place ? Prions plutôt pour lui, pour qu’il le fasse le mieux possible, ce qui sera toujours mieux de râler ou de cultiver un esprit de victime]. Le refus d’admettre que le passeport d’un citoyen de la République française montre qu’il n’est pas tout à fait la même chose qu’un citoyen d’ailleurs… Ou le refus d’admettre que l’existence du permis de conduire, papier réservant les routes à ceux qui savent piloter un véhicule, soit une sécurité pour les autres usagers de la voie publique : et c’est un peu la même chose pour le vaccin. Pensons aux autres !

Ce type de restriction, dans le cadre des mesures sanitaires, « n’est (en effet) pas la seule », d’autant plus que, comme le souligne l’internaute « Xavier » en commentaire (02/01/22) à l’article de Patrice de Plunkett, « si on comprend le mot « liberticide » dans un sens très large, chaque loi est liberticide… on peut même dire que chaque règle de vie en commun restreint nos libertés ». Car la loi résiste au désir et au fantasme de toute puissance, comme le seul interdit au milieu d’une foule de possibilités en Eden, et le rappel des « 10 Paroles ». Nous acceptons ainsi de « restreindre nos libertés » en laissant notre place à une femme enceinte dans le métro, le train ou le bus, ce qui s’appelle « morale », fruit d’un pacte social plus ou moins explicite, qui nous permet de désengorger les tribunaux.

« Nous sommes une espèce qui canalise les instincts », écrit Erri de Luca, dans son roman « Impossible » [Gallimard, 2020, pp 159-160], apprenant à l’enfant, comme tel sujet à la démesure, désirant « tout, tout de suite », à rentrer dans la mesure et la limite. C’est ce qui s’appelle « éducation », quand l’enfant cherche ses limites, le cadre de ce qui lui est permis. Puis il lâche brusquement la main qui le tient et court par instinct de liberté – ou fantasme de toute puissance – mais on le retient avant qu’il ne se fasse renverser par une voiture. Quand par instinct, l’enfant vide son intestin dans son lit, l’adulte responsable lui apprend à ne pas le faire. 

Et n’oublions pas le port de la ceinture de sécurité devenu obligatoire le 28 juin 1973 ! L’an précédente, en 1972, 18 034 personnes sont tuées sur les routes en France – la plus forte mortalité jamais atteinte dans notre pays (en comparaison, 3 464 personnes en 2015. Source : gouvernement.fr). Lors du débat qui a eu lieu à chaque fois qu’il a fallu l’imposer, d’abord aux conducteurs, puis au passager à l’avant du véhicule et enfin à ceux qui sont à l’arrière, à chaque fois, on convoquait la liberté individuelle comme argument imparable face à cette loi « liberticide ». Du style : « C’est mon choix, ma liberté, de ne pas me protéger » ;  « L’obligation de port systématique est ridicule. Dans certains cas, ça ne sert à rien » ; « C’est une décision purement politique, pour remplir les caisses de l’État… »(sic).

Décidemment, un vrai débat « pro-vie »/ »pro-choice » !

Notes :

(1) Lire son article ici.

(2) Lire la note de blogue ici.

(3) Veillons à ne pas confondre « liberté de conscience » et « liberté individuelle » :   comme le disait madame Georgina Dufoix, ancienne ministre en 2017, lors d’une conférence publique, « Liberté de conscience: cent pour cent oui. Mais attention! Si la liberté de conscience s’exerce sans foi et qu’elle disparaisse, comme c’est le cas aujourd’hui, chez des individus comme vous et moi, individualistes – car l’air du temps l’est -, attention! La liberté de penser pour laquelle je suis sans aucune réserve peut conduire à des impasses: à un individualisme excessif et à une arrogance démesurée, parce que «moi», «moi», «moi». Finalement, si on pousse cela, on en arrive à l’égoïsme et à l’égotisme. C’est ce que j’ai fait, du moins en ce qui concerne l’humanisme. Or, si l’humanisme s’installe et se marie avec une liberté de pensée métabolique, on en arrive à se croire «Dieu». C’est tout simple. L’air du temps peut nous conduire là. Si l’homme est «Dieu», Dieu n’est plus Dieu. Si ma vie est mon «Dieu», je n’ai pas besoin de Dieu. Et Dieu, petit à petit, de génération en génération, disparaît de ma vision du monde. (…) Pour moi, la responsabilité était le corollaire de la liberté de conscience (…)Cette liberté de conscience avait comme corollaire la responsabilité; pour moi, dire que j’étais responsable, cela voulait dire que je voulais bien répondre de, répondre à, que je sentais que c’était la grandeur de ce métier: répondre de…, répondre à… »

Voir aussi « Luther et la question de la conscience. Problématisation et esquisse d’enjeux contemporains », par Jean-Daniel Causse Dans Revue d’éthique et de théologie morale 2017/1 (n° 293), pages 43 à 52  : « La conscience au sens où Luther l’interprète (…) n’a rien à voir avec cette idée un peu journalistique d’une liberté de conscience comme l’exercice d’un libre examen, faisant du chrétien protestant celui qui se dresse dans la superbe et glorieuse souveraineté de son être et qui ne rend de compte qu’à lui-même. La conscience n’est pas une instance d’auto-décision ; elle est plutôt le lieu de l’Autre. (…)Dans la pensée de Luther la conscience n’est pas « une voix intérieure autonome qui rend l’homme indépendant et qui constitue le fondement de son autonomie ».   

(4) Cf https://www.ouest-france.fr/economie/automobile/dangereuse-ridicule-genante-quand-la-ceinture-de-securite-faisait-debat-b8236d6e-ef98-11eb-8f8e-fe71c11b7838

« Chrétien, majeur et vacciné » : les raisons qui éclairent une décision, au-delà du « mon choix, ma liberté »

Le « c’est mon choix, ma liberté » parodié par BROUTE, sur Canal +

« C’est mon choix » était le titre d’une émission controversée, connue pour ses sujets racoleurs, diffusée sur France 3 de 1999 à 2004, puis dans une nouvelle version sur Chérie 25 de 2015 à 2017.

« C’est mon choix, ma liberté » est la revendication de ce qui est considéré comme étant une valeur fondamentale, du moins dans le monde – mais aussi parmi certains chrétiens se disant attachés à « la liberté individuelle » – particulièrement pour justifier la décision de ne pas se faire vacciner.

Sur ce qui est fondamental, qu’en dit la Bible ? A la question de « ce qui est le plus important », le Seigneur Jésus-Christ, citant les Ecritures, n’a pas répondu : « tu respecteras le c’est mon choix, ma liberté! de ton prochain », mais « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de tout ton être et de toute ta pensée. C’est là le commandement le plus grand et le plus important. Et voici le second commandement, qui est d’une importance semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Toute la loi de Moïse et tout l’enseignement des prophètes dépendent de ces deux commandements. » (Matt.22v37-40)

Certes, Dieu se déclare comme le Dieu libérateur, dans la première des « 10 Paroles » (Exode 20v2), et Paul rappelle que nous avons été « appelés à la liberté » (Gal.5v13)….tout en précisant qu’il convient de nous auto-limiter à ce sujet, au nom de l’amour (v13-15) : 

Mais vous, frères et sœurs, vous avez été appelés à la liberté. Seulement, ne faites pas de cette liberté un prétexte pour vivre selon les penchants humains. Au contraire, laissez-vous guider par l’amour pour vous mettre au service les uns des autres. Car toute la Loi se résume dans cette seule parole : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » Mais si vous agissez comme des bêtes sauvages, en vous mordant et en vous dévorant les uns les autres, alors prenez garde : vous finirez par vous détruire les uns les autres.(Gal.5v13-15) [Lire aussi 1 Cor.6v12 et 1 Cor.10v23].

Le « c’est mon choix, ma liberté » n’est donc pas un absolu. L’amour, si.

Et c’est « l’amour du Christ » qui « nous étreint », qui « nous presse » (2 Cor.5v14), de ce poids de la gloire de Dieu.

D’autre part, si certains considèrent que « le plus grand pouvoir de l’homme » serait « le (libre) choix », un célèbre superhéros a rappelé qu’un « grand pouvoir implique de grandes responsabilités ».

Justement, face à l’épidémie de Covid-19, nous sommes tous responsables : non pas de l’apparition du virus, bien sûr, mais plutôt d’empêcher ou de freiner sa propagation [ceux qui ne veulent absolument pas se faire vacciner doivent alors nous expliquer comment ils comptent le faire, à moins qu’ils considèrent sans gravité la pandémie], comme nous sommes tous responsables de soutenir ceux qui soignent ou assistent les malades, cherchent et trouvent des vaccins, ou encore se battent pour que nous puissions continuer à nous nourrir, à communiquer….Nous sommes aussi responsables de notre prochain, notamment plus faible, isolé et fragilisé par l’épidémie(1), en respectant les gestes barrières et les consignes sanitaires, sans attendre les mesures du gouvernement ou du préfet. Le respect des gestes barrières implique aussi de ne pas se faire le relais de tout et n’importe quoi, comme de prendre la décision d’en finir avec le réflexe de repartager des idées/informations toxiques (surtout celles non fiables, non vérifiées et/ou lues « en diagonales »), et de pas (plus) s’y exposer.

C’est en prenant ainsi nos responsabilités (et dans la prière), que nous glorifierons notre Dieu et contribuerons à l’édification et à l’encouragement de tous.

Une de nos responsabilités devant les hommes est donc de les bénir, à l’instar des sacrificateurs de l’Ancien Testament devant le peuple, soit d’énoncer et de se mobiliser pour rendre possible ce que Dieu a déclaré comme étant « bien », « bon » ou « très bon », « très bien ». Et notre responsabilité devant Dieu est de lui exprimer notre reconnaissance. Et les sujets ne manquent pas : 

Ainsi, l’an dernier, nous avons beaucoup prié pour les vaccins. Voici aujourd’hui, non pas un, mais plusieurs vaccins disponibles. Merci donc pour ces vaccins aujourd’hui disponibles et produits à des centaines de millions d’exemplaires contre un virus en à peine dix huit mois ; merci pour les tests pcr gratuits, les vaccins gratuits, les soins gratuits, les salariés payés, les entreprises aidées et les aides pour les plus modestes ; merci parce que nous ne sommes pas à la place de nos gouvernants en charge de gérer cette crise (personnellement, j’en serai bien incapable)….

A-t-on rendu grâce à Dieu, notamment sur les blogues ou les réseaux @sociaux occupés par des chrétiens, pour tout cela ?

Quelqu’un pourrait-il me signaler les sites, blogues ou comptes FB/twitter chrétiens (ou non) exprimant de tels sujets de reconnaissances pour tout ce dont nous avons bénéficié en cette période de crise pandémique/sanitaire ? Merci par avance.

J’en connais au moins deux ou trois (ce qui me paraît insuffisant), tels le blogue d’Antoine Nouis, les comptes twitter et FB du pasteur Gilles Boucomont, et aussi cet article de Myriam Widmer, publié dans le mensuel mennonite « Christ Seul » : cette professionnelle de santé nous explique simplement et clairement que « se faire vacciner est une des multiples façons de choisir la Vie. La vie est un don de Dieu et je fais [non pas « ce que je veux », mais] ce que je peux pour la préserver : la mienne et celle des autres ». 

Lire cet article dans son intégralité pour découvrir la déclinaison de cette vérité biblique, concernant la vie comme un don de Dieu.

Extraits :  

Une information fiable

À titre personnel, je me suis posé la question en début d’année : vaccin ou pas ? On ne savait pas trop… C’est la lecture de la revue Prescrire qui m’a décidée. Prescrire est une revue médicale fiable, très sérieuse, indépendante des laboratoires car financée exclusivement par ses abonnés. Ses rédacteurs étudient toujours en détail les résultats des essais cliniques avant de donner leur avis sur un nouveau médicament. (Par exemple, ils ont toujours déconseillé de prescrire le Mediator® en raison de sa dangerosité). Leur analyse des études sur les vaccins était tout à fait favorable. Ils ont coté les vaccins contre le Covid « Intéressants ! », et une telle cotation de leur part est plutôt rare. L’efficacité des vaccins sur le variant Alpha était estimée à 95 % environ (Pfizer, Moderna) ou 70-80 % (Astra Zeneca). Les vaccins restent efficaces sur le variant Delta (2).

Solidaire

En me faisant vacciner, je suis solidaire des autres car je ne suis pas un ermite qui vit en autarcie sur une île déserte. En réduisant la contagiosité, je contribue à la protection des personnes à risque de forme grave (…) je suis aussi solidaire des enfants et des jeunes (….) des étudiants privés de cours en présentiel (…) En me faisant vacciner, je suis solidaire des soignants (…) en particulier aux personnels qui travaillent dans les services d’urgence et de réanimation et qui ont beaucoup donné ces derniers mois. J’ai discuté début août avec une infirmière de réanimation. Elle m’a confirmé qu’à cette période-là, tous les patients Covid présents dans son service étaient des non-vaccinés. On sentait une grosse lassitude de sa part… À l’échelle nationale, on estime que les non-vaccinés représentent 85 % des patients Covid en soins critiques. Alors si nous avons applaudi les soignants l’an dernier, soyons cohérents et encourageons-les aujourd’hui en nous faisant vacciner.(….)

Devant Dieu     

Certains chrétiens affirment : « Dieu me protège ! J’ai confiance en lui et je n’ai pas besoin du vaccin ! » Dieu me protège… et pourtant une Église sœur a été durement touchée par l’épidémie. Nos frères et sœurs ont droit à tout notre amour et notre compassion. L’épreuve qu’ils ont subie (eux et d’autres chrétiens) prouve qu’on peut être un enfant de Dieu et tomber malade quand même.

Il est écrit : « Tu ne tenteras pas le Seigneur, ton Dieu » (Dt 6.16 ; Mt 4.7). S’il existe un moyen de protection contre cette maladie contagieuse, et que je le néglige, qu’en pense Dieu ? » (…..)

Lire la suite de l’article ici.

Et « en bonus », une campagne pro-vaccination plutôt osée :

“Ne vous faites pas vacciner.” Signé: Pompes funèbres Wilmore. Photo « piquée » sur twitter

Une pub-choc au message simple pour se protéger contre le Covid, véhiculé par un camion noir des pompes funèbres Wilmore qui a sillonné les rues de la ville de Charlotte (Caroline du Nord) à la mi-septembre. Mission accomplie pour ce camion, au message retransmis par de nombreux médias locaux et nationaux et me paraissant illustrer ce verset biblique : « ….avertissez-les comme des frères » (Cf 2 Thes.3v15) !

Notes :

(1) D’après cette réponse à une question publiée sur 1001 questions.

(2) En complément, lire des réponses d’épidémiologistes à certaines objections sur les vaccins anti-covid, comme à certaines hésitations à se faire vacciner ici et . Sur ce qu’est un ARN Messager, lire ici et .

Comment exercer sa responsabilité pastorale, face à la question du vaccin contre la COVID-19 ?

« Un grand pouvoir implique de grandes responsabilités » : un sage enseignement que « Spiderman » a appris à ne jamais oublier…

Les chrétiens sont divisés sur la question : certains préconisent la vaccination par amour pour le prochain, d’autres laissent ce choix à la conscience de chacun et d’autres encore la proscrivent absolument.

Compte tenu de ces divergences, comment les pasteurs devraient-ils aborder le sujet du vaccin contre la COVID-19 avec leurs assemblées ? Devraient-ils encourager les gens de leur Église à se faire vacciner ?  Comment exercer sa « responsabilité pastorale » et comment équiper les membres de l’église dans un tel contexte ? Comment manifester concrètement l’amour du prochain ?….

 Cinq pasteurs américains ont bien voulu expliquer à Christianity Today comment des facteurs tels que l’origine ethnique, la théologie et la composition de la congrégation influencent leur approche du problème. Une chose est sûre, de l’aveu de certains d’entre eux : « nous ne devrions pas laisser la question nous diviser entre chrétiens » et « s’il y a une chose que la pandémie nous a montrée, c’est que nos vies et notre santé sont étroitement liées à celles des autres »(1).

En savoir plus dans cet article de Christianity Today, compilé par Rebecca Randall. Traduit en français par Simon Fournier et révisé par Léo Lehmann

Note :

(1) Commentaire d’un ami et frère pasteur français, exerçant son ministère en France, après la lecture de cet article : « Personnellement, et vues les circonstances entourant ce virus, je ne dirais pas aux gens de se faire vacciner ou pas. Ils sont libres de leur décision. Par contre, nous avons un devoir de dé-diaboliser le vaccin et d’informer le plus justement possible ceux qui souhaitent des conseils. Nous avons besoin de sagesse. Merci.

Tous les points de vue doivent être examinés. Ce qui est dommage, c’est que nous ne disposons pas d’enquête du même genre en France, car la situation américaine est totalement différente, la culture aussi ».

Covid-19 : ouverture de la vaccination à tous les adultes, comment ça marche ?

« Ouverture de la vaccination contre le Covid-19 : comment ça marche ? » Partagez le mode d’emploi !

À compter de ce mercredi 12 mai, les conditions d’accès aux vaccins sont plus « souples » : toute personne majeure volontaire peut se faire vacciner s’il reste des créneaux de libre. Nextinpact, le site d’actualités informatique et numérique au quotidien, nous explique comment ça se passe et les vaccins administrables en fonction de notre âge (et de notre condition physique).

En France, la campagne de vaccination contre la Covid-19 est ouverte depuis peu à toutes les personnes de plus de 50 ans, mais aussi aux majeurs répondant à certains critères : situation de handicap, indice de masse corporelle supérieur à 30, une ou plusieurs comorbidités, hospitalisation, etc. Les conditions sont détaillées sur cette page.

Dès mercredi 12 mai, la campagne s’ouvre à toutes les personnes majeures, quelle que soit leur condition physique, pour ne plus perdre de créneaux tout en laissant donc la priorité aux personnes les plus vulnérables. Pour cela, il faut « prendre rendez-vous pour se faire vacciner si des doses de vaccin sont disponibles la veille pour le lendemain ». 

La vaccination peut être faite dans un centre dédié, chez un médecin traitant ou le médecin du travail, en pharmacie, dans un cabinet infirmer, à domicile, etc. Pour cette ouverture à toutes les personnes majeures, les créneaux sont pour le moment limités aux centres de vaccination et pharmacies.

Sur son site Santé.fr, le service public d’information en santé permet d’avoir la liste des lieux de vaccination Covid-19 département par département et les créneaux disponibles pour les jours à venir. Attention par contre à un point : la date indiquée correspond parfois à un créneau uniquement pour une seconde injection ou pour certaines catégories de personnes, il faudra donc bien vérifier sur la plateforme avant de prendre rendez-vous.

Pour afficher ces informations, Santé.fr s’appuie sur les données du service Vite ma dose de CovidTracker, une plateforme disponible en open source, gratuite, sans inscription et sans publicité. Ce n’est pas un outil officiel, mais plutôt pratique et bien pensé. C’est ce qui explique qu’il soit régulièrement mis en avant par des officiels, dont le président de la République. 

Attention : depuis quelques jours, un faux site exploite le nom de Vitemadose avec un domaine en .fr/.com, dont on ne connait pas l’origine pour le moment. La bonne URL est vitemadose.covidtracker.fr.

En savoir plus sur la démarche et sur les vaccins injectés, avec leur taux d’efficacité, méthode de conservation, nombre d’injections, sur le site de Nextinpact.

Foireux liens d’Avril (43) : projet de loi « principes républicains », « sécurité globale », « laïcité », « fin de vie », « inceste », « vaccination », « affaire Sarah Halimi »…

Les « Foireux liens » d’Avril : une actu sous le signe du respect, de la sécurité et de la liberté ! Vraiment ?

Chers amis, voici notre nouvelle édition de vos « foireux liens » tant attendus, depuis décembre 2020 : au menu, le projet de loi « confortant le respect des principes de la République » tel qu’il ressort des travaux et du vote du Sénat ; laïcité, la loi « sécurité globale », qui vient d’être votée ; « fin de vie », l’affaire Sarah Halimi, l’inceste, la vaccination et les vaccins et bien d’autres sujets ! A lire, non pas « cul sec », mais avec attention !

1)Le Sénat durcit le projet de loi confortant le respect des principes de la République

Les sénateurs ont modifié, lundi 12 avril, le projet de loi confortant le respect des principes de la République, en adoptant 139 amendements. Certaines évolutions à la portée symbolique très forte ou en lien avec l’actualité pourraient se heurter à un obstacle constitutionnel selon le gouvernement. Députés et sénateurs devront maintenant s’accorder en commission mixte paritaire.

Analyse de juristes ici. Pour en savoir plus sur le projet de loi, en l’état actuel, c’est .

Le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) analyse les amendements retenus par le Sénat et alerte sur l’arsenal excessif prévu dans ce projet de loi. Le dispositif actuel aboutit à une « laïcité de surveillance » dont tous les cultes feront les frais.

(Ré)écouter :

a)le podcast de l’émission L’invité de la FPF du 24 mars, dans laquelle Nicolas Cadène s’exprime sur le projet de loi confortant le respect des principes de la République, dans ses apports comme ses limites, rejoignant ainsi certaines craintes soulevées dans le plaidoyer de la FPF.

b)la conférence Protestantisme & laïcité – hier, aujourd’hui, demain, organisée par le Pôle FPF – Île de France le 15 avril de 10h à 12h.  Autour de la table, Nicolas Cadène, Rapporteur général de l’Observatoire de la laïcité et François Clavairoly, Président de la Fédération protestante de France, s’exprimeront sur la question de la laïcité et de son rapport aux religions. Ils reviendront également sur la proposition de loi renforçant le respect des principes de la République.  Ecouter la conférence (disponible en stream jusqu’au 29 avril 2021) sur https://www.twitch.tv/fpidf

Voir aussi sur le site de la Fédération Protestante de France (FPF).

A lire aussi le Texte commun de la Conférence des évêques de France, de la Fédération protestante de France et de la Métropole orthodoxe de France (Patriarcat œcuménique).

Et à ne surtout pas manquer : l’historien Jean Baubérot a rencontré Marlène Schiappa lundi dernier, veille du lancement des Etats généraux de la laïcité. Malheureusement pour elle, l’historien a lu le petit livre [« Laïcité, point ! »]que la ministre déléguée avait consacré au sujet en 2018 et lui inflige une sérieuse correction de copie.

2)Le Parlement a définitivement adopté le 15/04/21 la proposition de loi sur la « sécurité globale », renommée « proposition de loi pour une sécurité globale préservant les libertés », dans les termes issus de la Commission mixte paritaire (CMP).
Le texte avait été déposé le 20 octobre 2020 par les députés Jean-Michel Fauvergue et Alice Thourot et plusieurs de leurs collègues. Il avait été adopté en première lecture avec modifications par l’Assemblée nationale le 24 novembre 2020, puis par le Sénat le 18 mars 2021. Le Sénat avait adopté le 7 avril 2021 le texte de compromis trouvé en commission mixte paritaire (CMP) le 29 mars.
Le gouvernement a engagé la procédure accélérée le 26 octobre 2020. La proposition de loi porte sur les outils de surveillance (caméras piétons, drones…) et la protection des forces de l’ordre (nouveau délit de provocation à l’identification d’un policier, pénalisation de l’achat de mortiers d’artifice…). Elle renforce, par ailleurs, les polices municipales et encadre les sociétés de sécurité privées.

L’Assemblée nationale s’est prononcée en seconde lecture par 75 voix contre 33 en faveur de ce texte très critiqué par les syndicats de journalistes et plusieurs ONG comme Amnesty International, qui estime qu’« entre les mains d’un gouvernement autoritaire, une telle loi deviendrait une dangereuse arme de surveillance et de répression de la population ».

3) Affaire Sarah Halimi : « …il y a 14 ans, un crime commis par un fou avait provoqué une telle émotion qu’on en avait fait une loi à des fins électorales… »

Kobili Traoré ne sera finalement pas jugé pour le meurtre de Sarah Halimi. La Cour de cassation a mis fin à quatre ans d’un vif débat médico-légal en rejetant, mercredi 14 avril, le pourvoi formulé par la famille de cette femme, une retraitée parisienne de confession juive âgée de 65 ans, tuée à son domicile parisien en avril 2017, qui contestait l’irresponsabilité pénale de son meurtrier prononcée, en décembre 2019, par la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris. Une partie de l’opinion ne comprend pas cette décision et se demande si la grosse consommation volontaire de cannabis du meurtrier n’est pas justement à l’origine du meurtre.

Le chef de l’Etat, Emmanuel Macron. se la pose lui aussi, dans une interview au « Figaro » publiée dimanche 18/04 [«Prendre des stupéfiants et devenir comme fou ne devrait pas supprimer la responsabilité pénale»], demandant de changer « au plus vite » la loi sur l’irresponsabilité pénale après l’émotion suscitée par l’affaire Halimi.

Commentaire de l’avocat blogueur « Maître Eolas » sur twitter : « Ce qui est bien en France c’est que quelqu’un qui tombe dans le coma pendant 14 ans peut se réveiller et il n’est pas trop déboussolé. Car oui, il y a 14 ans, un crime commis par un fou avait provoqué une telle émotion qu’on en avait fait une loi à des fins électorales. C’était le début de la règle un fait divers = une loi. 13 ans après son vote, je vous laisse juger de l’efficacité de la loi du 25 février 2008 ». En effet, souvenez-vous

Invité lundi matin 19/04 sur Europe 1, Gabriel Attal, porte-parole du gouvernement, s’exprime sur l’affaire Sarah Halimi : « La drogue ça ne peut pas être un permis de tuer, il faut changer la loi parce que la loi ne convient pas ». Sauf que « La drogue n’est pas et n’a jamais été une cause d’exonération de la responsabilité pénale, et Gabriel Attal, qui n’est pas un imbécile, le sait très bien quand il prononce ces paroles. C’est de la démagogie dans sa forme la plus pure », accuse Maître Eolas, sur twitter, 19/04.

Voir aussi, à ce sujet : « Drogue et alcool, discernement et responsabilité pénale », un article mis en ligne sur le blogue « Paroles de juges » de Michel Huyette en mai 2019, complété en janvier 2020, avant d’être remis à jour le 19/04/21. Et encore : « l’un des experts psy de l’affaire Sarah Halimi s’explique… » [à lire attentivement]

4) 12 raisons de dire non à l’euthanasie  et oui aux soins palliatifs.

Plus de 3 000 amendements avaient été déposés sur le texte pour « une fin de vie libre et choisie », du député Olivier Falorni (Libertés et territoires). En conséquence de quoi, les députés n’ont pas pu adopter dans les temps impartis le texte dans la soirée du 8 avril. Le texte, dont on voit mal l’urgence, alors que la France a dépassé jeudi 15/04 la barre des 100.000 morts du Covid, prévoit d’introduire un droit à une « aide médicalisée active » pour les patients atteints d’une maladie incurable, en phase avancée ou terminale. Seul l’article 1 a pu être voté, par une large majorité (240 voix pour, 48 contre). Invité de Parlement hebdo, sur Public Sénat et LCP-Assemblée nationale, Olivier Falorni souligne que le parcours du texte « n’est pas inachevé ». « Ce texte est suspendu momentanément. Il peut poursuivre son parcours », a-t-il affirmé, avant d’en « appeler au gouvernement et à la majorité » pour reprendre le flambeau, et l’inscrire à l’agenda. Le député de Charente-Maritime note qu’une « très large majorité s’est exprimée, transpartisane » et donc que le texte est « largement soutenu ».

En parallèle, voici 12 raisons de dire non à l’euthanasie (et oui aux soins palliatifs), établi par un collectif de plus de 175 associations de bénévoles en soins palliatifs. Ce collectif représente plusieurs milliers de bénévoles engagés quotidiennement dans l’accompagnement de patients en fin de vie. Leur respect pour la complexité de toute vie et de toute fin de vie, leur culture de la simple écoute voire du silence ne les conduit pas, ordinairement, à prendre la parole publiquement. Leur voix doit pourtant être entendue.

5) L’inceste : entendre, comprendre, dire

L’inceste a fait irruption dans le débat public il y a plus de trente ans, mais rien n’a été mis en place pour en finir avec ce fléau.

Voici un dossier réalisé en partenariat Basta/Politis à consulter ici.

Pour traiter de la vague #MeTooInceste et des violences sexuelles, la journaliste Nolwenn Weiler s’est entretenue avec l’anthropologue Dorothée Dussy. Un entretien publié en ligne sur basta!
Un thème de société qui est l’événement en Une du Portail des médias libres, une revue de presse des médias indépendants.

Voir aussi Violences sexuelles, la fin du silence ? Le livre de Camille Kouchner a brisé le silence qui entoure souvent les crimes d’inceste. Dans les familles, mais aussi dans le monde de l’art, de l’éducation, du spectacle, du sport… de plus en plus d’affaires de violences sexuelles éclatent au grand jour. Qu’en est-il de la prévention ? Que fait la justice ?

6) « Islamophobie » à Sciences Po Grenoble : de quoi s’agit-il ?

Le journaliste catholique Patrice de Plunkett se propose de revenir sur « l’affaire de Sciences Po Grenoble » dans un édito sur RCF… « De quoi s’agit-il ? Deux professeurs, discutant (avec d’autres) de l’intitulé d’un colloque universitaire sur les dangers idéologiques d’aujourd’hui, ont estimé que la notion d’ISLAMOPHOBIE n’était pas claire, et qu’on ne pouvait pas la mettre sur le même plan que l’ANTISÉMITISME – dont le sens, lui, est connu et indiscutable. Aussitôt la discussion a fait l’objet de fuites ! Des affiches étudiantes collées à l’entrée des bâtiments ont accusé les deux professeurs d’être (je cite) des “fascistes islamophobes”. Ces affiches, attaquant deux professeurs par leur nom, ont fait scandale et alerté les médias … La petite affaire est devenue un gros tapage.  Ainsi voilà un trouble à l’ordre public, fabriqué à partir d’une querelle de mots sur l’intitulé d’un colloque universitaire. Mais depuis le drame de Samuel Paty, on sait ce qui peut arriver quand on lance certaines rumeurs.On attend donc des pouvoirs publics qu’ils calment le jeu : or on les sent hésitants, pour deux raisons, expliquées par le journaliste Patrice de Plunkett dans une note de blogue.

A lire aussi l’édito de Guillaume Goubert, pour La Croix : Pour que « L’université (reste le) lieu du débat »

7) Vaccination obligatoire nécessaire dans une société démocratique

La Cour européenne des droits de l’homme, chargée de veiller au respect de la Convention européenne des droits de l’homme, a estimé jeudi 08 avril que la vaccination obligatoire telle qu’elle est appliquée pour les enfants dans certains pays était « nécessaire dans une société démocratique ». Elle avait été saisie en République tchèque, où neuf vaccins sont obligatoires, par des enfants refusés à l’école maternelle car ils n’étaient pas vaccinés, ainsi que par un parent condamné à une amende pour ne pas avoir fait vacciner ses enfants.

« Cet arrêt vient conforter la possibilité d’une obligation vaccinale sous conditions dans l’actuelle épidémie de Covid-19 », a commenté Nicolas Hervieu, juriste spécialiste de la CEDH. Le juriste, qui enseigne à Sciences Po Paris, souligne «la marge d’appréciation laissée par la cour aux États dans leur politique de vaccination». Nicolas Hervieu relève également que la décision de la CEDH fait «le constat d’un consensus général sur les effets bénéfiques de la vaccination qui ne sont pas remis en cause par les effets secondaires inévitables, dès lors qu’il y a un contrôle scientifique strict». Et la cour, poursuit-il, endosse «le principe de solidarité sociale qui peut justifier que l’on impose la vaccination à tous, même ceux qui se sentent moins menacés par la maladie, dès lors qu’il s’agit de protéger les personnes les plus vulnérables»

8) »En toute bonne conscience » : Faut-il se faire vacciner malgré les essais sur des cellules issues d’avortement ?

Le Vatican a tranché. Le 21 décembre, la Congrégation pour la Doctrine de la Foi – le bureau de surveillance du Vatican pour l’orthodoxie doctrinale – a estimé « moralement acceptable » pour les catholiques de recevoir les vaccins anti-Covid-19, bien que certains d’entre eux soient issus de recherches sur des cellules venant d’embryons avortés. Même les catholiques traditionalistes qui suivent l’enseignement de Mgr Lefèbvre, que l’on ne peut certainement pas taxer de complaisance avec l’avortement, se rangent à cette décision et recommandent la vaccination quel que soit le type de vaccin. 

Des protestants se montrent, eux aussi, favorables au vaccin. Tout en appelant à informer le grand public des différentes étapes de sa conception, faisant appel ou non à des cellules issues d’embryons avortés.

Voir aussi cet article du Dr Cambrelin [médecin généraliste et Vice-Président du Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine – CPDH] qui engage une réflexion sur le « degré de responsabilité éthique » et le choix du « moindre mal », lorsqu’il le faut. Le lecteur trouvera également, en fin d’article, un tableau de classement des vaccins contre la Covid-19.  Enfin l’article résume la position actuelle du CPDH : « En l’absence de possibilité de choisir, nous recommandons aux personnes les plus fragiles de se faire vacciner, quel que soit le vaccin : cela ne constitue en rien une approbation des Interruptions Volontaires de Grossesse et ne va pas encourager ces dernières. Les vies à sauver grâce à la vaccination doivent être une considération première. Il serait toutefois souhaitable que les citoyens puissent avoir le choix du vaccin, et de la sorte se positionner sur une éthique qui n’encouragera pas les recherches scientifiques utilisant les lignées cellulaires d’origine fœtale. ».

9) Qu’y a-t-il dans le rapport de l’OMS sur l’origine de la pandémie?

Le rapport sur l’origine de la pandémie Covid-19 a été rendu public mardi 30 mars 2021 par l’Organisation mondiale de la santé (OMS), qui pilotait une mission internationale conjointe avec la Chine. Après plusieurs mois de travail, le constat reste décevant: aucune certitude n’a pu être établie concernant l’émergence de Sars-CoV-2. Le scénario le plus probable demeure celui d’une transmission du virus de l’animal à l’homme via un hôte intermédiaire, qui reste à identifier. L’OMS estime que «toutes les hypothèses restent sur la table». Analyse sur Heidi News.

10) Covid, climat, complot : matières à réflexion pour ceux qui cherchent des « infos complémentaires »

InfoChrétienne.com a publié du 16 au 19 mars 2021 une excellente série de 4 articles de Jean-François Mouhot, directeur d’A Rocha France. Cette série est consacrée à l’épidémie de complots en lien avec le Covid. Jean-François Mouhot y explore les liens entre ces « fake news » et le déni du changement climatique. Il montre également que ce sont souvent les mêmes personnes qui (a) diffusent des fausses informations mettant en doute la sévérité de la crise climatique ou la responsabilité de l’homme dans le rechauffement et (b) qui diffusent des intox concernant le Covid et les vaccins.

Retrouvez donc les différentes parties de l’article :

Covid, Climat, Complots: quelques pistes de réflexions… – Partie I

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions… – Partie II

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions… – Partie III

Covid, Climat, Complots : quelques pistes de réflexions…- Partie IV

Sur la science du climat et le climato-scepticisme, la page « ressources » d’A Rocha France et la chaîne Youtube d’A Rocha France sont des bons points de départ pour nourrir sa réflexion.

11) Portrait d’Elisabeth Bik, chasseuse de fraudes des publications de Didier Raoult

Elisabeth Bik s’est fait un nom et une réputation sur Twitter. Elle y soulèves des énigmes depuis deux ans avec un seul fil conducteur: déceler les images frauduleuses dans les publications scientifiques. Du simple copié-collé à la manipulation caractérisée, les découvertes de la microbiologiste néerlandaise sont postées sous forme de rébus où elle invite sa communauté à deviner de quoi il s’agit. Son travail de fourmi a déjà permis de signaler 4000 publications sur le site spécialisé Pubpeer. En début de semaine, elle a publié sur Twitter une rafale d’images problématiques issues de publications scientifiques signées par le Pr Didier Raoult. Elle n’était pas à son coup d’essai puisqu’elle avait déjà questionné le travail du chercheur marseillais sur l’hydroxychloroquine en avril 2020. Didier Raoult l’a alors qualifiée de «chasseuse de sorcières» et, l’automne dernier, de «cinglée». Cela ne l’intimide pas du tout: elle continue son travail de vérification avec acharnement et surtout un certain plaisir. Heidi.news a pu échanger avec elle.

 «En fin de compte, si un scientifique est reconnu coupable d’une faute, ce n’est pas à cause des actions du lanceur d’alerte, mais à cause de ses propres actions.» (Elisabeth Bik)

12) Covid et lien social : l’ère de l’individualisme de masse

Chronique du journaliste-blogueur Patrice de Plunkett à Radio Présence (Toulouse Midi-Pyrénées) et Radio Fidélité Mayenne. «  Les fêtes inciviques  se multiplient dans la rue en France : carnaval de six mille personnes à Marseille, manif dansante à Annecy, foule à Lorient… Le tout sans masques, sans distances sanitaires, et assorti de déclarations du genre : “Maintenant ces histoires de virus on s’en fout, ça ne nous concerne pas, on veut du fun et de la musique”, etc… » : ..Bien entendu les municipalités s’indignent : le maire UDI de Lorient dit que c’est « inadmissible », le maire socialiste de Marseille traite les fêtards d’ »irresponsables »… Qu’est-ce qui est “irresponsable” ? “Ce genre de comportements alors qu’on demande à nos concitoyens de respecter les gestes barrière”, expliquent les maires.  Bon. C’est irresponsable, en effet. Mais regardons pourquoi ces groupes ou ces foules tombent dans l’incivisme en ne respectant pas les gestes barrière… »

Voir aussi Covid-19 : pourquoi les médias continuent-ils à illustrer leurs sujets avec des images de foules en extérieur ? Depuis le début de la pandémie, les médias illustrent les risques liés au Covid par des photos de gens prenant le soleil sur la plage ou dans des parcs, alors que la plupart des contaminations se passent en lieux clos.

13) 34eme baromètre de confiance dans les médias ! La crise du Covid-19 réconcilie (un peu) les Français et les médias

Malgré son omniprésence et son caractère anxiogène, l’information sur la crise sanitaire a suscité un petit regain d’intérêt pour l’actualité. Les Français font preuve de lucidité dans les reproches adressés aux médias et dans l’utilité qu’ils leur confèrent. S’ils demeurent critiques envers le système d’information, ils se sentent plutôt bien informés par leurs médias de prédilection. Une enquête, à laquelle s’est associée la société Onepoint cette année, réalisée par Kantar Public pour La Croix entre le 7 et le 11 janvier, selon la méthode des quotas, auprès d’un échantillon de 1 000 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus.

Voir aussi : Covid-19 : « Les journalistes ne sont pas là pour nous rassurer, mais pour nous informer » : Un an après le premier confinement, La Revue des médias revient avec Hélène Romeyer, professeure en science d l’information et de la communication (Université de Bougogne-Franche Comté], spécialiste de la médiatisation des questions de santé, sur le traitement médiatique hors norme de la crise liée à la Covid-19.

14) Stop au « journalistes-bashing »

Vous êtes leader spirituel ? Vous cassez du journaliste ? Ce n’est pas digne de Celui dont nous sommes ambassadeurs. Dans une société violente, ne cédons pas nous-mêmes à la surenchère. Frustrés, déçus, il y a parfois de quoi ! Ne jouons pas les victimes. Même si nous étions fondés à contester une déontologie, ne dérogeons pas à la nôtre : honorer Christ dans tous nos propos.

Mise au point d’Alain Stamp, nous invitant à tordre le cou à nos préjugés face à un article/reportage qui ne nous plaît pas, pour mieux comprendre certains des impératifs du journalisme. Et mieux respecter les hommes et les femmes qui composent cette profession, pour rester intègres.

15) Peut-on encore affirmer être un média — et toucher des aides à la presse — lorsqu’on ne rémunère pas sous le statut de journaliste? Interpellée par la rédaction de Science et Vie, la ministre française de la Culture Roselyne Bachelot a ainsi missionné fin 2020 une enquête à ce sujet. Retardée à cause de l’hospitalisation de la ministre, touchée par le Covid-19, ses conclusions sont attendues fin juin 2021. Son rapport ayant été remis, il reste, selon Arrêts sur Images, «en cours d’analyse» par le ministère. Cette mission avait été accélérée par les appels à l’aide de la rédaction de Science & Vie, vampirisée par son propriétaire, Reworld. Depuis, la quasi-totalité des journalistes du magazine scientifique a claqué la porte.

La mission de réflexion sur les aides à la presse portera «sur les conditions d’accès aux aides à la presse et notamment celles relatives à la composition des rédactions» et livrera ses conclusions à «la mi-mars». Actuellement, «les titres de presse doivent» présenter un «apport éditorial significatif», mais «l’accès au régime économique de la presse (avec des aides à la clé: ndlr), via l’inscription sur les registres de la CPPAP, n’est assorti en tant que tel d’aucune condition quant à la présence de journalistes au sein des rédactions», explique le ministère de la Culture. Seules les rédactions des «services de presse en ligne d’information politique et générale doivent comporter au minimum un journaliste professionnel».

16) Les élus peuvent-ils bloquer l’accès ou restreindre la lecture de leurs comptes Twitter ?

A la suite d’une vague de cyberharcèlement, Marlène Schiappa a annoncé samedi 20/03 que son compte Twitter était passé en mode privé. Sur les réseaux sociaux, beaucoup d’internautes ont déploré que le compte d’une ministre – jugé d’intérêt général – ne soit plus accessible au grand public. « Les comptes des membres du gouvernement doivent rester ouvert à toutes et tous », explique Guillaume Tatu, journaliste et élu local, qui a porté plainte en 2019 contre Richard Ferrand pour l’avoir bloqué sur Twitter.

La question s’était déjà posée aux Etats-Unis en 2018. Sept citoyens américains avaient déposé plainte contre le président Donald Trump, qui les avait bloqués sur le réseau social Twitter. La Cour fédérale avait alors considéré que le locataire de la Maison-Blanche n’était pas en mesure de les empêcher de le suivre, au nom de la liberté d’expression protégée par le premier amendement de la Constitution américaine. « Le président présente le compte @realDonaldTrump comme un compte présidentiel par opposition à un compte personnel, et plus important encore, utilise le compte pour prendre des mesures qui ne peuvent être prises que par le président, en tant que président », avait alors déclaré la justice américaine.

De quoi créer une jurisprudence pour tous les élus et représentants de l’Etat qui utilisent les réseaux sociaux…analyse à lire ici.

17) Surprise pour Nicolas Sarkozy : les juges jugent en droit !

Les juges sont-ils en train d’empiéter sur le terrain politique au mépris de la séparation des pouvoirs ? C’est l’opinion du constitutionnaliste Bertrand Mathieu dans un entretien accordé à Actu-Juridique. Son collègue Dominique Rousseau lui répond : la condamnation de Nicolas Sarkozy n’est que l’application du principe de l’égalité de tous devant la loiC’est ainsi que Nicolas Sarkozy n’est pas victime des juges ; il est victime du principe d’égalité de tous devant la loi et devant la justice. Selon le code pénal, constitue un délit le fait pour une personne de solliciter d’une autre personne des informations privilégiées en échange d’une distinction ou de « toute autre décision favorable ».

18) Ecologie : La défense des mauvais biftecks

« Folie pour les uns, scandale pour les autres » : Tenons-nous en d’abord aux faits. La mairie écologiste de Lyon a reconduit une mesure prise par la majorité LREM précédente consistant à mettre en place dans les cantines scolaires un menu unique, sans viande mais avec œufs ou poisson, pendant le temps de la pandémie. Pourquoi un menu unique ? Pour fluidifier la file et limiter la transmission du virus dans la queue du self. Pourquoi sans viande ? Parce que cela permet de proposer un menu unique qui ne pose aucun problème rédhibitoire à quiconque.  En matière de végétarisme, le programme de la mairie n’est pas le menu unique vegan. C’est en toutes lettres dans le programme et le site de la ville : une alternative sans viande à chaque repas à l’horizon 2022.  Le tout avec une démarche de choix de produits locaux, 50% minimum des produits.  Qu’importe, on a vu Gérard Collomb, celui-là même qui avait pris la fameuse décision du menu unique, manifester juché sur un tracteur contre un délire idéologique s’attaquant à l’agriculture française. Et les médias locaux et nationaux d’emboîter le pas, omettant soigneusement de préciser l’initiateur réelle de la mesure, transformant le végétarien en vegan, le but sanitaire en « programme idéologique » et affirmant son caractère pérenne. Est-ce vrai, est-ce faux, aucune importance, l’important c’est de rappeler que « les écolos prennent des mesures idéologiques et délirantes ».

A lire, cette note de blogue de « Phylloscopus », chrétien naturaliste, qui s’interroge sur « les critères (à) remplir, pour qu’une décision écologiste ne soit pas qualifiée par principe de « délire idéologique imposé par une minorité ». De là, la triste leçon de cette histoire, c’est que peu importe la façon dont l’écologie est conduite ou déployée : si elle conduit à modifier, si peu que ce soit, notre horizon familier, elle fait scandale.

19) Emmanuel Faber évincé de son poste de PDG de Danone

Le conseil d’administration du groupe agroalimentaire Danone a annoncé (15/03) avoir « mis fin aux fonctions d’Emmanuel Faber comme président-directeur général ». Deux fonds d’investissement actionnaires du groupe français réclamaient son départ. Le président du fonds londonien Bluebell Capital, déclarait dans une interview au Monde fin février, qu’il fallait « laisser partir M. Faber », car « depuis sa prise de fonctions en tant que directeur général, en 2014, Danone délivre des résultats plus faibles que ceux de ses grands concurrents, Nestlé ou Unilever ». Le 1er mars, le conseil d’administration avait déjà voté la dissociation des fonctions de président et de directeur général, une mesure demandée par ce fonds. La décision prévoyait qu’un directeur général soit recruté. Dans une lettre du 3 mars, le fonds américain Artisan Partners souhaitait le départ d’Emmanuel Faber pour que le futur directeur général ait « la latitude nécessaire pour mettre en place une nouvelle orientation ».

Les fonds activistes, comme Bluebell Capital et Artisan Partners, sont des groupements d’investisseurs qui « cherchent à infléchir la stratégie des entreprises qu’ils jugent peu performantes en prenant une participation minoritaire à leur capital », explique dans le site The Conversation le professeur de finance Michel Albouy. Leur objectif est d’améliorer les résultats financiers et de faire ainsi remonter le cours de l’action de l’entreprise afin de réaliser une plus-value à la revente. Les fonds activistes ont tendance à cibler plus souvent les sociétés ayant un fort engagement en matière de responsabilité sociale des entreprises, c’est-à-dire celles qui intègrent ces préoccupations à leur activité en vue du bien commun, assurent dans une étude publiée en 2020 les professeurs en stratégie d’entreprise Rodolphe Durand, Mark DesJardine et Emilio Marti. Selon eux, ces fonds considèrent ces engagements sociaux et environnementaux comme « inutiles », car empêchant les actionnaires de maximiser leurs intérêts à court terme.

En savoir plus ici.

20) Le Mouvement de Lausanne

L’analyse mondiale de Lausanne cherche à fournir des informations stratégiques et crédibles et des connaissances issues d’un réseau international d’analystes évangéliques afin d’équiper les acteurs clés de la mission mondiale.

21) Le voyage musical : « histoire dont vous êtes le héros »

Parce que le confinement ne doit pas couper nos enfants de Dieu, voici le voyage musical » : Une proposition de catéchisme pour adolescents sous la forme d’une « histoire dont vous êtes le héros »

Et le dernier pour la route :

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« Biblical literalists when Jésus condemns the rich and blesses the poor » (Paru sur twitter, le 31/03/21)