Le Berger, métier ancestral et utile, menacé de précarisation

Berger : métier et vocation en voie de disparition ? Dessin de Coolus

Lorsque le Seigneur Jésus reviendra sur Terre, trouvera-t-il encore des « bergers » ou des pasteurs, nous interrogions-nous dans une note de blogue de fin juin dernier(1) ?

Par « bergers » ou « pasteurs », nous entendions ceux qui, sans être forcément des « clercs » ou des « docteurs », passent l’essentiel de leur temps à prendre soin et à accompagner « les brebis », au sein de l’Église de Jésus-Christ.

Et comme par un fait exprès, je découvre ce reportage d’Elsa Hellemans, pour Bastamag, qui souligne que la question se pose aussi pour ce métier bien connu : En effet, entre juin et septembre, ils sont un petit millier d’hommes et de femmes à garder d’immenses troupeaux de moutons dans les Alpes, les Pyrénées ou encore le Massif Central. Un métier de berger de plus en plus utile pour assurer la protection des troupeaux, alors que les syndicats agricoles pestent contre le loup ou l’ours. Seuls, en couple ou en famille, les bergers transhumants s’isolent du reste du monde, dans des conditions difficiles. Déjà menacé par l’agriculture industrielle, leur métier est désormais rongé par la précarité, quand ce n’est pas par le harcèlement moral ou sexuel. Mais quelques voix s’élèvent des alpages pour briser les tabous, et défendre des droits fragilisés.

L’intégralité de l’article est à découvrir sur Bastamag

Mais nous sentons-nous concernés par cette situation sociale ? Celle-ci est-elle le reflet (ou fait-elle écho à) d’une réalité spirituelle ?

Qu’en pensez-vous ? A vous la parole, que vous soyez bergers, pasteurs, anciens d’église, ou « laïcs » engagés dans un ministère d’accompagnement et de soin pastoral !

 

Notes :

(1) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/06/21/quand-le-seigneur-reviendra-sur-la-terre-trouvera-t-il-encore-des-pasteurs/

Voir aussi : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/03/26/le-berger-et-le-mercenaire/

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Dieu a-t-il besoin d’être disculpé de la responsabilité de la tentation ?

Depuis le 03 décembre 2017, comme décidé et annoncé par la Conférence des Évêques de France, les catholiques ne seront plus « soumis à la tentation » en disant le Notre Père….

Ou quelles sont les raisons – et ses conséquences pratiques – du changement catholique  dans la formulation commune du Notre Père ?

 

La juriste-blogueuse « Aliocha » est revenue sur le fait qu’ « un million d’auditeurs ont entendu le philosophe Raphaël Enthoven affirmer [le 21/11/17] sur Europe 1  que les catholiques avaient modifié la célèbre prière du Notre Père par pure islamophobie. Il est exact que [depuis le 3 décembre], la phrase « Et ne nous soumet pas à la tentation » du Notre Père [a été] remplacée par « Et ne nous laisse pas entrer en tentation ». Ceci dit, Aliocha nous invite à « (observer) la chronique de plus près », décomposant le raisonnement[qu’elle estime peu argumenté] du philosophe : les deux formules sont équivalentes, ne diffère que le verbe « soumettre ». Or le verbe « soumettre » renvoie nécessairement et uniquement à l’Islam (…). Donc si les catholiques suppriment « soumettre », c’est qu’ils le font à cause de l’Islam (…). Et s’ils le font à cause de l’Islam c’est pour s’en démarquer (…). Et s’ils s’en démarquent, ce ne peut être que par islamophobie (….).

« En réalité », souligne-t-elle, « et contrairement à ce qu’affirme le « philosophe », « les deux formules de cette prière sont si peu équivalentes que les débats ayant abouti à cette nouvelle traduction remontent aux années 60. (…) L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures. De fait, l’intervention de ce « philosophe » relève de l’erreur de débutant : affirmer sans la démontrer l’existence d’une corrélation entre deux événements, ici la modification d’une prière catholique et l’Islam ».

L’utilisation du verbe « soumettre » ne renvoie donc pas à l’Islam, mais au rapport que les catholiques entretiennent avec leurs propres écritures…..A moins qu’elle ne soit le reflet d’un rapport à (et d’une vision de) Dieu ? A ce propos, au-delà de la polémique soulevée par les propos de M. Enthoven [qui est, par la suite, revenu sur ses déclarations, en faisant son « mea culpa »], l’intéressante question de l’internaute « David » (cette « nouvelle traduction du Notre Père par l’Église catholique est-elle meilleure que la traduction œcuménique actuelle ? ») posée sur « 1001 questions », un site animé par le courant confessant protestant des « Attestants », permet de creuser un peu plus les raisons d’un tel changement.

Selon les « répondants » pasteurs et théologiens du site, « l’Église catholique a décidé ce changement dans la formulation commune du Notre Père : « Ne nous soumets pas à la tentation » est remplacé par « ne nous laisse pas entrer en tentation »Le problème est que le verbe grec eispherein, que l’on trouve aussi bien dans le texte de Matthieu que dans celui de Luc, signifie bien « transporter, mener,  induire, conduire, faire entrer dans ». Et non pas « laisser entrer ». Ce n’est pas la même chose ! Les tentatives de justifier ce changement sur la base d’une source littérale araméenne de la prière de Jésus paraissent très conjecturales, et surtout guidées par un présupposé : « Dieu ne peut pas nous tenter, c’est l’œuvre du Diable ». Mais Dieu a-t-il « besoin » d’être « disculpé » de la responsabilité de la tentation ?

Les répondants Attestants relèvent que Jésus lui-même a été poussé au désert par l’Esprit Saint pour y être tenté, éprouvé, le Diable lui-même étant soumis à la volonté de Dieu. Jésus a été tenté (y compris à Gethsémané et sur la croix) dans sa foi, dans sa relation au Père ; La tentation est la condition de tout croyant. Dès que je crois, je suis exposé au combat -contre le doute. Et Paul précise que Dieu nous donne, avec l’épreuve-tentation, le moyen d’en sortir (1 Corinthiens 10v13).

La suite de la réponse à découvrir sur le site 1001 questions.

 

 

Pauvreté et précarité : les préjugés face à la réalité

« Fainéants », « profiteurs », « incapables »: Trois préjugés sur les pauvres qui ne résistent pas à la réalité (Source : Secours catholique)

La pauvreté ne faiblit pas. Les préjugés non plus, malheureusement. À l’occasion de la publication de son rapport 2017 sur l’état de la pauvreté en France, réalisé en partenariat avec la fondation Crédit coopératif, le Secours Catholique, avec le sociologue Serge Paugam, dénonce les discours qui stigmatisent les personnes et familles en précarité.

Parmi ces préjugés, en voici trois :

(1)« Les étrangers profitent du système social français ». Quatre Français sur dix le croient.

(2)« Les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales ».  Un tiers des Français le croient.

(3)« Si on cherche du travail, on trouve ». Un Français sur deux le croit et l’argumente (à partir de petits exemples empruntés au monde des TPE)

Or, tout cela est faux, démontre le Secours Catholique. Face aux préjugés sur la pauvreté, l’association et le chercheur opposent la réalité vécue sur le terrain. En 2016, les équipes du Secours Catholique ont accompagné 1,5 million de personnes partout en France. C’est de ces rencontres au quotidien que l’association tire son expertise. Bienvenue dans la réalité.

Rendez-vous sur le site : prenez connaissance du rapport pauvreté 2017, faites défiler les préjugés avec votre souris et découvrez comment agir pour les déconstruire.

Voir aussi la campagne de sensibilisation #Jesuisriche, qui a pour but d’interpeller le grand public et la société dans son ensemble, mais également de faire changer le regard que l’on porte sur les personnes confrontées à la pauvreté. Celles-ci s’expriment tour à tour sur leurs richesses. Ainsi, par exemple, « Clémentine », membre du groupe jeune ATD Quart Monde s’exprime sur ce que toutes ses rencontres ont pu lui apporter.

Rencontre avec le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », préfacier du livre « Ils ont aimé leur prochain », dimanche 19/11

Enfin, des réponses à la pauvreté et à la précarité, illustrés par des exemples édifiants et inspirants de solidarité passés et présents, qui n’attendent que nos exemples à venir, sont à découvrir dans « ils ont aimé leur prochain »(Co-édition BLF/SEL, 2017), cet ouvrage récent de Nicolas Fouquet, chargé de mission Education au développement au SEL, préfacé par le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes ». L’un et l’autre seront d’ailleurs présents au CEIA (Centre Evangélique d’Information et d’Action) à Dammarie-les-Lys, ce dimanche 19/11. Une belle occasion de les rencontrer et d’échanger avec eux sur la solidarité et l’authentique esprit de service. Ce sera aussi une belle occasion de prendre conscience combien Notre Dieu est un Dieu vivant et combien Il a pu et peut encore agir dans le monde.

 

« Foireux liens » de novembre (24) : « Big Bang »

« La suppression des emplois aidés… »
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

Bonjour ! Les « Foireux liens » sont de retour ! Cette édition de Novembre témoigne d’une actualité dense et diversifiée. Il y est notamment question de « Big Bang » (territorial et institutionnel, social), de Glyphosate, du procès Merah, de terrorisme et d’Halloween, d’avortement, d’hyperconnexion et de droit à la déconnexion, des 500 ans de la Réforme protestante abordés sous certains angles, et de « Fake niouze ». Bonne lecture  (bien entendu, pas d’une traite) !

1) « Big bang » institutionnel et territorial : Comment Macron veut remodeler l’Ile-de-France
Cela vous a peut-être échappé, mais le chef de l’Etat souhaite fusionner les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) avec la Métropole du Grand Paris. Un projet de réforme qui suscite l’inquiétude des sept départements franciliens. Le département de Seine-Saint-Denis a décidé d’en appeler à ses citoyens pour interpeller Emmanuel Macron et le gouvernement via une pétition intitulée « comment ferons-nous demain ? », laquelle réclame « le maintien des services publics de proximité » et demande « plus de démocratie ».

Mais ledit « Big Bang » institutionnel annoncé par nos gouvernants « pour faire des économies », au-delà de la question de sa pertinence, est-il possible ? Gilbert Meyer, Maire de Colmar, Président de la Communauté d’Agglomération de Colmar et Député honoraire, répond « non » et explique pourquoi, dans un article daté…de 2014.

« ….ne pose strictement aucun problème ».
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

2) « Big Bang » social : « Des contrats vraiment pas aidés »
Emmanuel Macron a raison, les CUI-CAE, c’est bidon. Mais ce qui vient est bien pire. À commencer par la brutalité du méga-plan social que suppose la suppression de dizaines de milliers de ces emplois « aidés ». Enquête par CQFD, mensuel indépendant de critique et d’expérimentation sociales – par ailleurs mis en difficulté, du fait notamment de la suppression de leurs deux contrats aidés.

3) « Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »
Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. Bastamag les a rencontrés.

4) Glyphosate : l’ombre de Monsanto plane sur l’Europe
Les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer le 9 novembre sur la réautorisation du glyphosate. Ce pesticide est le principe actif du Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, commercialisé par la firme américaine Monsanto, rachetée en 2016 par le géant allemand de la chimie Bayer. Produit depuis les années 1970, il a été classé en 2015 comme un cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une évaluation qui a dû peser sur la position du gouvernement français, lequel a déclaré le 30 août qu’il voterait contre le renouvellement pour dix ans de l’autorisation de cette substance. Réautorisation, proposée par la Commission européenne.

Voir aussi :
Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ?
Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.

5) Beurre : une « pénurie » liée aux pratiques des multinationales
Le beurre manque dans les linéaires de certains magasins. Une absence qui ne relève pas d’une pénurie de lait chez les producteurs, mais d’ « un problème de négociations commerciales entre industriels laitiers et distributeurs », selon la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers. Ces derniers jours, plusieurs actions ont été organisées par des agriculteurs dans des grandes surfaces précisant dans des tracts : « Ce magasin manque de beurre parce qu’il ne veut pas le payer à son juste prix ! ».

 

« La théorie du Ruissellement expliquée par les chiens ». Dessin de Nicolas de la Casinière. Paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique « Chien méchant ».

6) Le “ruissellement“ coule-t-il de source ?
Peut-on vaincre la pauvreté en passant les riches à l’écumoire ? L’idée est alléchante. Mais assécher et empaler un riche bien dodu comme un lièvre à la broche est du gâchis : c’est quand il ruisselle et dégouline du portefeuille que le riche est le plus utile, car il irrigue l’économie. Il ne s’agit pas d’un secret de cuisine, mais d’une théorie économique : la « théorie du ruissellement ». Coule-t-elle de source ? Décryptage dans La Vie.

7) La robe en lambeaux
« Au procès Merah, l’opinion publique a eu beau tirer sur la manche du juge, elle n’a rien obtenu ; alors pleine de colère et de dépit elle s’en est allée déchiqueter la robe de l’avocat. EDM [Eric Dupond-Moretti] a dit à l’antenne que le procès de Nuremberg, souvent cité par les parties civiles lors du procès Merah, était plus digne notamment parce que nul n’avait songé à contester la présence des avocats. Il a précisé plus tard dans une interview qu’à Nuremberg on n’avait pas non plus traité les accusés d’animaux. Quel constat terrifiant », analyse la juriste-blogueuse « Aliocha ».

8) New York – « Contre la terreur » : Halloween !!!
L’Ouzbek de Manhattan a bien choisi son jour. Tuer huit personnes au moment de Halloween, c’était attirer l’inéluctable « réponse » occidentale : « Tout ça est pour nous empêcher de faire la fête mais nous la faisons quand même. » Réponse imbécile, puisque les djihadistes (commandos organisés ou lumpenterroristes comme dit Bauer) ont bien d’autres objectifs que de nous empêcher de faire la fête… Mais réponse terriblement éloquente quand la « fête » en question est celle de… Halloween, où l’on défile déguisés en vampires et en zombies. Se grimer en cadavres de cinéma pour effacer les cadavres réels….L’analyse de Patrice de Plunkett sur son blogue.

9) Ne faites pas (la) peur
Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se) faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, dont les plus jeunes (du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ». Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir (eu) peur ?…L’un de nos anciens articles, qui garde toute son actualité, à redécouvrir sur Pep’s café !

10) Avortement : la question qui tue
Le test du mois à découvrir sur « Visiomundus », un blogue d’apologétique culturelle : Dans une série de tweets récents, Patrick Tomlinson, auteur de science-fiction et humoriste, affirme ceci : « Depuis maintenant une dizaine d’années, à chaque fois que les partisans de l’idée que « La vie commence dès la conception » se mettent à parler de l’avortement, il y a une question que je leur pose. En dix ans, JAMAIS aucun d’entre eux n’y a répondu honnêtement ». Après cette introduction accrocheuse, il poursuit en évoquant un scénario imaginaire, proposé avant lui par Michael Sandel (philosophe américain, professeur à Harvard) lors d’une réunion du Conseil Présidentiel de Bioéthique, et encore avant eux, par George Annas (professeur de droit à Harvard et spécialiste en droit médical, bioéthique et droits de l’homme)……

11) Hyperconnection
Alors que neuf français sur dix possèdent un téléphone portable, le gouvernement veut étendre l’accès au haut débit. Voilà l’occasion de lire ou relire l’ensemble de la chronique de La Croix, parue en août, autour de l’hyperconnexion grandissante – qui modèle notre société – et des pistes esquissées pour prendre du recul. En guide d’introduction, Dominique Boullier, sociologue du numérique, fait le point sur les effets de la généralisation du smartphone sur nos comportements : « Le téléphone portable est une façon de vivre ensemble séparé (…) la question de l’hyper connexion pose la question de la présence, à l’Autre, à une œuvre d’art, à Dieu, à une relation amoureuse… On pense être présent à tout le monde grâce à la connexion. Mais en réalité, on finit par ne plus jamais être présent à rien ni à personne, on est sans arrêt ailleurs. Pendant ce temps-là, les concepteurs des applications dans la Silicon valley font des cours de méditation et envoient leurs enfants dans des écoles sans écran… »

Notre sélection pour les 500 ans de la Réforme protestante :

12) La liberté chrétienne selon Martin Luther
Le Traité de la Liberté Chrétienne rédigé par le Réformateur allemand Martin Luther en 1520 et dédié au pape Léon X (un an avant sa rupture définitive avec la papauté) est l’un des plus grands et plus beaux écrits de son auteur, mais aussi de la littérature chrétienne en général. Bien qu’écrit il y a bientôt cinq siècles, son contenu reste d’une actualité et d’une profondeur sans pareille. Le thème de la liberté chrétienne y est développé en relation avec la foi (…), une liberté (qui) s’exprime dans une relation du croyant avec le monde, dans le combat propre de la foi qui lie le chrétien à ses semblables par une relation fondamentale de service.

13) Etre sauvé(e) et reconnaissan(e) – 500 ans de la réforme protestante : ou comment ne pas tomber dans « la routine » de savoir que nous sommes sauvées par grâce. A lire sur le blogue chrétien féminin « elle croit ».

14) Petit plaidoyer pour la liberté de conscience, par le pasteur Matthieu Sanders, qui reste « frappé ces derniers temps par l’évolution, plus ou moins assumée, d’une petite partie du milieu évangélique français vers un positionnement qu’on pourrait qualifier d’identitaire ».Or, ajoute-t-il, « si nous maintenons- comme nous l’avons toujours fait – que la foi est affaire de conscience et non de naissance ou de contrainte ; si nous nous croyons enjoints à aimer notre prochain, quel qu’il soit, comme nous-mêmes ; si, enfin, nous faisons confiance à Dieu pour que l’Evangile prévale sur toute autre vision du monde, comment pouvons-nous refuser à l’autre la liberté d’expression et de culte que nous revendiquons pour nous-mêmes ? »
A découvrir sur le tout nouveau site d’Évangile 21.

15) Les projets de Marlène Schiappa sur la laïcité inquiètent
Des voix s’inquiètent d’un risque de dérive après l’annonce de la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes de soumettre une charte de la laïcité aux associations subventionnées.

16) « Une religion trop libérale aura du mal à survivre » : Jörg Stolz, sociologue des religions à l’université de Lausanne, analyse la désaffection des églises – protestantes ou catholiques – et le succès de l’évangélisme protestant : les Evangéliques « ont plus d’enfants que la moyenne et ils se défendent davantage contre les alternatives séculières », par exemple en mettant l’accent « sur la socialisation religieuse de leurs enfants », en faisant en sorte « qu’ils aient des contacts avec d’autres familles évangéliques » et « régulent l’accès à Internet, à la télévision, aux médias, pour les éloigner des alternatives qui pourraient entrer en concurrence. Les protestants traditionnels, eux, sont plus libéraux et ouverts sur le monde extérieur. Leurs enfants sont plus exposés à la concurrence d’autres influences, ils vont donc se séculariser plus facilement ».

17) « Fake news » : si vous l’avez manqué, voici le rappel d’un nouvel épisode de la guerre de la désinformation : « la prière musulmane (supposée) imposée en Angleterre ». En à peine 24 heures, une vidéo datée du 09 août dernier montrant, à première vue, un imam récitant une prière lors du conseil municipal d’Oldham, une ville dans le nord de l’Angleterre, est devenue virale sur Facebook et sur Twitter. Elle a été visionnée près de 355.000 fois sur Facebook et retweetée plus de 1.500 fois sur Twitter.
L’idée partagée de cette « info scandaleuse » émanant des réseaux d’extrême-droite français, et trouvant (hélas) écho dans certains réseaux chrétiens évangéliques, consiste à dire «Voici ce qui nous attend en France ». Décryptage proposé par Le Sarment, pour une « désintox » salutaire.

18) Quand vous priez, dites : « Notre Père ». Une saynète écrite pour un culte famille et construite principalement autour du texte de Luc 11v1-13.

« Mieux vaut être une brute, un persécuteur, un harceleur, un violeur, qu’un rapporteur »

« Ce moment gênant où la délation s’appelle parole libérée », disent les uns… « On parle, ça ne va pas, on ne parle pas, ça ne va pas, on parle tout de suite, ça ne va pas, on parle plus tard, ça ne va pas non plus, on cite les noms ça ne va pas, on ne les cite pas ça ne va pas non plus », rétorquent les autres.

#Balancetonporc aurait été « Balance ton Juif » en d’autres temps, assène Eric Zemmour. Fermez le ban », analyse  fort pertinemment Phylloscopus, naturaliste catholique et blogueur.

Lequel souligne « ce moment gênant où dénoncer une agression sans citer de nom devient de la délation.

Et comme tout va très vite, ce mercredi a été atteint le moment gênant où porter plainte pour un délit ou un crime subi devient de la délation – alors déjà que d’effrayantes statistiques montrent que la voie légale est un chemin semé d’embûches qui n’aboutit que dans 5% des cas. On imagine d’ailleurs l’état d’esprit de la victime hésitante à qui l’on a généreusement rappelé que sa démarche n’était pas fondamentalement différente de celle d’un mouchard vichyste.

Quelle différence après tout, quoi, c’est vrai.

Dès l’école primaire on nous l’apprend : quand le souffre-douleur de la classe, celui qui se fait cogner dessus à chaque récré, voler ou détériorer ses affaires dès qu’il a le dos tourné, a le front de se plaindre aux adultes, il est généralement renvoyé dans ses vingt-deux avec ce commentaire : « j’aime pas les petits rapporte-paquets » (….).

Troublante injonction contradictoire : l’autorité même vous enseigne que tant pis pour vous, si vous ne savez pas vous faire justice vous-même, et discrètement ; que le dépositaire de la violence légitime et de la loi, finalement, préfère livrer le faible à l’injustice, parce que dénoncer, c’est le mal absolu.

Mieux vaut être une brute, un persécuteur, un harceleur, un violeur, qu’un rapporteur.

(…) Dénoncer, c’est mal. C’est lâche, c’est faible. Perpétuelle injonction rabâchée par des générations de brutes pour fonder leur pouvoir sur leurs victimes. C’est facile d’être courageux quand on est sûr d’être le plus fort.

Curieusement, pour moi, ça serait plutôt la définition même de la lâcheté.

Comment en arrive-t-on là ? »

La suite de la réflexion à lire sur le blogue de Phylloscopus.

Sous un autre angle : “Parler de harcèlement sexuel ne peut être salutaire que si c’est suivi d’effets“. Interrogée par La Vie, la religieuse dominicaine Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui accompagne depuis longtemps des victimes d’abus sexuels estime que  « La prise en parole n’est pas salutaire en elle-même, elle ne l’est que si elle est suivie d’effets. C’est-à-dire, en premier lieu, une prise de conscience globale de la population sur ces méfaits ou ces crimes. Une sorte de révolte morale dans les transports en commun, dans les entreprises, dans la vie réelle. On peut aussi agir sur l’encadrement juridique. Mais la loi sera toujours insatisfaisante si elle n’est pas accompagnée d’un changement de comportement dans les relations humaines ».

Voir aussi : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/10/16/01016-20171016ARTFIG00299-le-hashtag-balancetonporc-pousse-des-hommes-a-s-interroger-sur-leur-attitude.php

 

 

Préparons nos enfants à un combat inattendu : « la guerre des intelligences »

Comment préparer la génération d’aujourd’hui (et de demain) à un combat inattendu : non pas « la guerre des machines » mais « la guerre des intelligences » ?

 « L’école forme des enfants qui vont être laminés par l’intelligence artificielle » (Laurent Alexandre)

Dans La Matinale du 03/10/17  de la RTS, média suisse, le chirurgien et neurobiologiste Laurent Alexandre plaide pour une refonte du système de formation: « Aujourd’hui, l’école dans le monde forme les enfants à des métiers où ils vont être laminés majoritairement par l’intelligence artificielle. Il faut faire le contraire, il faut former nos enfants à aller là où l’intelligence artificielle ne sait pas aller »

Où ne pas aller et où aller ? Selon le chercheur, qui publie « La guerre des intelligences » : « Il ne faut pas aller vers des métiers trop techniques, car l’intelligence artificielle va nous écraser sur le plan technique. » Les humanités, la culture générale, l’esprit critique, la capacité à être multidisciplinaire sont pour lui les clés qui permettront de résister à l’intelligence artificielle.

(Ré)écouter l’interview ici.

Le pseudonymat n’est pas un anonymat

« On the Internet, nobody knows you’re a dog » (de l’anglais : « Sur l’Internet, personne ne sait que tu es un chien ») : un adage trouvant son origine dans ce dessin de presse de Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993

Certains blogueurs se fixent une règle personnelle, qui consiste à toujours commenter avec ses vrais prénom et nom. Ceci pour se souvenir « qu’Internet est un lieu public et que ce que l’on dit est dit pour toujours. Ça calme un peu ». Effectivement.

Cependant, il convient de nuancer un peu le propos, sans remettre en cause la nécessité d’écrire et de publier de façon responsable. Car, comme le rappellent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au « pseudonymat sur internet », « l’anonymat numérique est toujours utile, et il l’est même plus que jamais. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle. L’anonymat sur le web n’est pas le fait de ne pas signer ses propos tel un vulgaire corbeau. L’anonymat sur le web est en réalité un pseudonymat, soit le fait de signer d’une identité qu’on s’est choisi, qui individualise les écrits et en identifient l’auteur ». Pour le dire autrement, « le pseudonymat est le fait de masquer sa véritable identité par un procédé d’avatarisation, là où l’anonymat repose sur le fait de ne laisser aucune trace de son passage ». Mais pour l’internaute lambda, monsieur « A. Nonym » se définit avant tout par la création d’un faux profil.

« L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent encore Marie Bastian et Justine Pate-Koenig. « Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ». Sauf que, relèvent fort à propos Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, « l’anonymat est aussi un moyen utile pour libérer la parole. Quid des forums dédiés à certaines maladies, aux employés en souffrance ou aux débats politiques si l’anonymat disparaît ? » Et quid d’un droit à l’oubli vis à vis de l’internet où tout ce qui est publié est indexé et archivé, avec la possibilité offerte de se rattraper si l’on se plante, pour avoir posté un commentaire vieux de dix ans ou un commentaire à l’époque de notre adolescence, que l’on peut regretter par la suite ? Je dirai même plus : comment manifester un esprit chrétien sur le web, et ce, alors que Celui dont nous sommes les disciples supposés a dit à la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » ?

Cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée est peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques. Voir l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013) de Marc-Alain Ouaknin.

Pour ma part, j’ai choisi et défends « le pseudonymat », qui n’est pas un anonymat.

En effet, je ne profite pas de mon pseudonymat pour écrire des choses que je n’assumerais pas, ou pour m’inventer un personnage. Voici quelques bonnes raisons de justifier une telle pratique :

A une certaine époque, chaque participant au Tigre magazine (2006-2014), occasionnel ou régulier, signait sous un pseudonyme de son choix. Le Tigre s’était expliqué sur ce choix, à partir des remarques entendues ici et là :

RQ 1 : « J’aime bien savoir qui écrit (…) quand j’aime le travail de quelqu’un »
Par le biais du pseudonyme « fixe », les lecteurs peuvent s’attacher à une “plume” régulière du journal, sans pour autant lier leur jugement à la notoriété publique de la personne.

RQ 2 : « Quand on assume ses propos, on les signe ».

Le pseudonyme est une signature. Le pseudonyme ne dispense en rien de ne pas assumer ses propos. Lorsqu’on dit « j’aime Johnny Halliday » (…), on parle d’une personne, alors qu’il s’agit de pseudonyme. Les lecteurs peuvent s’adresser à tel ou tel auteur de la publication en écrivant à la rédaction qui fera suivre.

RQ 3 : N’y a-t-il pas de conflits d’intérêts entre la déontologie journalistique et l’usage du pseudonyme ? Le pseudonyme ne peut-il pas servir à « cacher » qu’on ne parle pas d’un point de vue « neutre » ?
Le cas le plus flagrant serait de faire une critique positive d’un ouvrage par un ami de l’auteur de cet ouvrage (voir l’auteur lui-même) (…) On ne parle jamais d’un point de vue « neutre ». Si « monsieur Dupont » défend tel point de vue, que « monsieur Dupont » soit ou non un pseudo ne change rien à la qualité de son point de vue. La confiance que l’on accorde à un journal se fonde sur l’écriture de ses articles, non sur les sonorités des noms au bas de ces articles. Le Canard est très largement anonyme et nourri de sources anonymes, et pourtant, les lecteurs lui font confiance, alors qu’on pourrait imaginer une publication mensongère « avec signatures » qui publie n’importe quoi. Si l’anonymat peut parfois générer le soupçon, c’est dans des publications à but injurieux ou partisan (…) C’est la tonalité globale qui fait le sérieux d’un journal, non la signature au bas d’un article. Mieux vaut alors être un journal sous pseudo qui précise constamment ses sources qu’un journal « nominatif » qui reprend [sans les vérifier] et fait enfler des choses dites ici et là, en tablant sur la confiance aveugle que lui accordent ses lecteurs.

RQ 4 : « On peut écrire n’importe quoi ».
C’est faux. Un pseudonyme ne dispense pas un article d’être sourcé : au contraire, il rend parfois le lecteur plus exigeant sur ce qu’il lit (…) une écriture sous pseudonyme ne (dispense) en aucun cas de faire usage de déontologie journalistique (…) Aujourd’hui encore, l’hebdomadaire britannique The Economist allie anonymat total, succès notable et sérieux reconnu : « En cette période narcissique, être différent est un atout. L’absence de signature rend le magazine cohérent, constant dans le style et évite d’être associé à des points de vue partisans de chroniqueurs particuliers »(…)

En ce qui concerne les enquêtes, un pseudonyme protège en effet la personne qui écrit l’article. Il ne s’agit pas de lâcheté, mais d’exercice du journalisme (…) Là encore, seule la qualité rédactionnelle finale et l’exactitude des faits relatés comptent.

RQ 5 : « Ah mais si *** écrit dans vos lignes et qu’on ne le sait pas ? »
Ah ben si **** écrit dans nos colonnes, et que le lecteur lambda ne s’en rend pas compte, de deux choses l’une : soit le lecteur est choqué par ce qui est dit, soit le lecteur est choqué par le fait que ce soit **** qui le dise. Tant mieux si le pseudonyme peut pousser le lecteur à être vigilant, et à se demander « est-ce que je suis vraiment d’accord avec ce que je lis ? » Un article de journal ne doit pas être une parole sacralisée. Tant mieux si l’usage du pseudonyme pousse le lecteur à avoir un regard critique sur ce qu’il lit. Les dérives médiatiques seraient plus rares !
(…)
RQ 7 : Alors, qu’est-ce qu’on perd ?
Sur les bandeaux télévisés et les encadrés journalistiques fleurissent les « M. ***, psychologue », « ***, expert », « ***, dernier livre publié chez *** », « ***, une des révélations de l’année ».

Alors oui, Le Tigre refuse ce support confortable du prêt-à-penser, en ôtant la facilité de la reconnaissance. Oui, Le Tigre complique la tache du lecteur qui ne peut pas s’appuyer sur le « il est connu » ou « j’en ai entendu parler » ou « c’est un ponte » ou « il publie aussi chez *** » pour en venir au fait : les propos tenus, les images proposées sont-elles dignes d’intérêt ? M’apprennent-elles quelque chose ? Et ce faisant, on met sur un pied d’égalité le jeune dessinateur débutant avec ****, reconnu. (…) En ces temps où chacun est prompt à critiquer l’égocentrisme et la vanité de l’époque, le Tigre propose juste un nouveau regard.
Une proposition parmi d’autres : créer un nouveau rapport aux textes pour le lecteur, qui peut poser un regard neuf et sans a priori sur ce qu’il lit.

En guise de conclusion :
La solution proposée par l’internaute « Francine » sur « Le Bon combat », « pour contenir la foire aux vanités évangélique dans des bacs à sable de dimensions raisonnables, tout en faisant un pied de nez à « Big Brother ». Cette solution, c’est l’anonymat obligatoire. Sous la boîte à commentaires, l’on pourrait remplacer la ligne habituelle : « Merci d’utiliser vos vrais noms et prénoms pour commenter » par : « Merci de garder privée votre identité en choisissant un pseudo ; nous n’acceptons pas de mélange entre le réel et le virtuel sur ce site ». Non seulement notre désir de gloriole se verra rogner les ailes par cette mesure, mais encore les discussions et les échanges y gagneront en profondeur, puisque les commentaires seront davantage jugés sur leur contenu que sur leur conteneur.

Voir aussi « Radicalement ordinaire », un livre d’un auteur…volontairement anonyme paru aux éditions BLF en avril 2017

 

 

 

« Foireux liens » de septembre (23) : « the mortal storm »

Dessin de Chappatte paru dans Le Temps (Suisse)

Au menu de ces « Foireux liens » de rentrée, des catastrophes et des débats : ouragans, terrorisme et réchauffement climatique, bras de fer entre Trump et la Corée du Nord, « sexe neutre », réforme du code du travail 2017, l’économie selon Jésus, les mensonges du sucre, épouser un robot…. A lire, bien entendu pas d’une seule traite mais à votre rythme.

1) « Vous êtes victime d’un cyclone ? Soyez positif : vous êtes en vie »
« La planète est menacée. Multiplions les initiatives positives dans le monde entier. » Bienvenue au « Global Positive Forum », qui a réuni le 1er septembre dernier 1.200 personnes, « les principaux acteurs mondiaux appelés à accélérer et réussir cette révolution positive dans l’intérêt des générations futures ». Qu’est-ce que c’est, « penser positif ? » Comment se remonter le moral, alors que « les médias » nous assaillent de nouvelles plus négatives les unes que les autres ? Alors que l’on n’a plus que trois ans pour limiter le changement climatique à 2 degrés, ou encore que les pluies torrentielles au Bangladesh, en Inde et au Népal auraient affecté des millions de personnes ? « Pour cesser de nous démotiver », une journaliste a décidé d’aller chercher une bouffée d’optimisme en se rendant à la journée organisée par l’économiste et proche du président de la République, Jacques Attali, pour que « demain soit meilleur qu’aujourd’hui ».

2) Un journaliste conservateur accuse les alertes ouragans d’être « un complot des médias de gauche »
Avant que l’ouragan Irma ne fasse au moins huit morts et 23 blessés dans les îles de Saint-Martin et Saint-Barthélémy, Rush Limbaugh, l’animateur radio le plus populaire des États-Unis a dit à ses millions d’auditeurs que les médias créent la panique au sujet des ouragans pour faire croire au réchauffement climatique et forcer les gens à acheter des bouteilles d’eau.

Voir aussi : Pourquoi le changement climatique renforce l’intensité des ouragansInterview – L’effet de serre et la montée du niveau des mers qui en résulte rendent les ouragans plus dévastateurs, explique la climatologue Valérie Masson-Delmotte. Et encore sur https://theconversation.com/avec-le-changement-climatique-des-cyclones-plus-intenses-66862 (un article datant initialement du12 octobre 2016, mis à jour le 6 septembre 2017)

3) « Terrorisme et réchauffement, quelle tambouille ! »

Lorsqu’Emmanuel Macron a abandonné l’espace de cinq secondes son générateur xyloglotte automatique pour la formule choc : « on ne peut pas prétendre lutter efficacement contre le terrorisme, si on n’a pas une action résolue contre le réchauffement climatique », cette phrase a suscité pis que l’incompréhension, l’hilarité. Selon de nombreux commentateurs, Emmanuel Macron aurait par cette phrase défendu l’idée ahurissante que le réchauffement climatique était la cause du terrorisme – et donc que les terroristes avaient une très bonne excuse. Pour d’autres, le raisonnement présidentiel envisagerait de couper les vivres à Daech en cessant d’utiliser le pétrole dont il tire ses revenus, et ce serait « une incongruité monumentale ». En effet. Sauf que ce n’est pas le propos présidentiel. Pas du tout.

4) Trump et la Corée du Nord : les États-Unis perdants à tous les coups
Le sixième essai nucléaire nord-coréen, réalisé dimanche 3 septembre, montre que le régime de Pyongyang pourrait bientôt mettre au point une ogive nucléaire miniaturisée, à même d’être déployée dans un missile balistique intercontinental. En effet, la secousse tellurique de magnitude 6,3 sur l’échelle de Richter qui a été enregistrée en Corée du Nord a été provoquée par une explosion nucléaire qui pourrait être celle d’une bombe à hydrogène. Ce séisme artificiel a été approximativement 10 fois plus puissant que celui enregistré lors des derniers essais nucléaires nord-coréens, en septembre 2016. La crise diplomatique créée par l’explosion nord-coréenne place les États-Unis dans une situation dont ils sortiraient à tous les coups perdants. Cette impasse aggrave d’ailleurs la crise, puisque la réaction de l’administration américaine à cet essai nucléaire peut s’avérer très ferme. Prenons donc le temps d’envisager quelques scénarios.

Voir aussi : Lim Ji Hyun : « piégée au Nord et au sud ».

5) Réforme du Code du travail 2017 (réforme Macron) : ce qui va changer
Le président Macron souhaite que la réforme du Code du travail entre en vigueur par ordonnances dès cet automne. Explications sur le contenu de cette réforme qui modifiera en profondeur le droit du travail français.

6) Faut-il reconnaître le « sexe neutre » ? Saisie du cas d’une personne intersexuée, la Cour de cassation a refusé que la mention « sexe neutre » figure à l’état civil. Lourde de sens sur le plan anthropologique, la question divise les juristes.
Voir aussi : « Reconnaître le sexe neutre change l’ordre juridique et social ». Le point de vue du Père Bruno Saintôt, jésuite, responsable du département Éthique biomédicale au Centre Sèvres. Entretien.

7) Théologie : La déclaration de Nashville sur le genre et la sexualité
Le Conseil pour la masculinité et la féminité bibliques (Council on Biblical Manhood and Womanhood – CBMW) a annoncé le 29 août 2017 la parution de la Déclaration de Nashville (Nashville Statement), un communiqué officiel de la coalition pour une sexualité biblique.

Que devons-nous faire de cette déclaration ?

Etienne Omnès, qui l’a signée et qui y adhère, a repéré plusieurs points de confusion lors des débats, qu’il se propose d’éclaircir par cet article publié sur son blogue, notamment pour expliciter quel genre de démarche est cette déclaration de foi. Selon lui Nashville est un cadre théorique qui attend une mise en pratique.

8) N.T. Wright : « la justification par la foi n’est pas au cœur du message du Nouveau Testament »
Certes, un titre un peu racoleur, mais dont le contenu est très pertinent :  Pourquoi ce spécialiste du Nouveau Testament mondialement connu et proche des milieux évangéliques estime que faire de la justification par la foi seule le cœur du message des Réformateurs du XVIe siècle est un « résumé infidèle » à ce qui est l’essentiel du message du Nouveau Testament.

9) Chrétiens : vous vous trompez de combat !

Personne n’a oublié le sociologue Tony Campolo qui, s’adressant à des chrétiens, commence généralement ses discours ainsi : « Aujourd’hui, je souhaite vous dire trois choses. La première, c’est que, cette nuit, alors que vous étiez dans votre lit, 30 000 enfants sont morts de faim, de maladie, de malnutrition. La deuxième, c’est que la plupart d’entre vous n’en a absolument rien à foutre. La dernière chose et non la moindre, c’est que vous êtes plus indignés du fait que j’aie dit « rien à foutre » que du fait que 30 000 enfants soient décédés la nuit dernière ». Certains ont alors réagi de la sorte : « D’accord, je vois. Néanmoins, il aurait pu le dire d’une manière plus correcte… » Mais c’est justement là la clé de son propos. Car l’essentiel de son discours n’est pas le décès des enfants — c’est bien évidemment le sujet le plus important. Mais le but de son argumentaire est plutôt de démontrer la manière dont nous, chrétiens, nous offusquons des mauvaises choses.

10) Libéralisme ou collectivisme? Le discours économique de Jésus décrypté
Alors que l’actualité nous présente souvent des personnalités politiques conjuguant les références à leur foi chrétienne et un goût prononcé pour le libéralisme dérégulé, le discours de Jésus s’inscrit dans une perspective complexe, entre reconnaissance de la propriété et mépris de l’argent.

Voir aussi : Ingalls n’aurait jamais travaillé pour Monsanto
Les évangéliques entretiennent un rapport ambigu avec l’économie et le consumérisme. A témoin, la nomination d’un ministre de l’Agriculture évangélique qui roule pour l’industrie agro-chimique.
Onzième épisode d’une série sur les enjeux du protestantisme évangélique à l’échelle de la francophonie, Une contribution de l’historien du CNRS Sébastien Fath.

11)  Education. La bataille de la mixité sociale au collège

82 expérimentations ont été mises en place par des villes volontaires, dans le cadre du plan « Agir pour la mixité sociale et scolaire au collège » initié par la précédente ministre de l’Education nationale, Najat Vallaud-Belkacem, en novembre 2015. Une vingtaine d’expériences ont débuté à la rentrée 2016. Les autres suivent cette année. Ce plan s’appuyait sur un constat : la forte concentration d’élèves issus d’un milieu social défavorisé dans certains collèges. En effet, parmi les 7 075 collèges de l’Hexagone, 70 accueillent plus de 82 % d’élèves d’origine sociale défavorisée, selon le ministère de l’Education nationale. A contrario 10 % des collèges en comptent moins de 15 %. Or, la ségrégation sociale creuse les inégalités scolaires. Mais quid de l’expérimentation avec le nouveau ministre, Jean-Michel Blanquer, qui considère que « l’ennemi du service public, c’est l’égalitarisme » ?

12) Vieillissement. « Veiller sur mes parents » : faire payer la relation humaine rend les facteurs mal à l’aise

La Poste a lancé le service « Veiller sur mes parents » le 22 mai 2017 à grand renfort de publicité. Elle propose un ou plusieurs passages par semaine du facteur au domicile de personnes âgées, suivi d’un compte rendu de la visite par le biais d’une application sur smartphone. Un service payant pour se positionner sur le marché du vieillissement de la population, alors que les politiques publiques tardent à répondre à cet enjeu démographique.

13) A voir et à revoir : « Sucre, le doux mensonge »

Une enquête édifiante de Michèle Hozer (All/Can, 2015, 90 min) sur la manière dont l’industrie du sucre s’ingénie à en augmenter la consommation, faisant fi des risques sanitaires (initialement diffusé sur Arte à 20 h 50 le 01/08/17).

Ou :  https://youtu.be/wZR5_0c0BYc

« Insolite » :
14) J’ai épousé un robot, Elisa
Une expérience fictive, qui fait froid dans le dos, partagée durant l’été sur le blog de « Zeboute ». Si vous avez manqué ce récit surréaliste, voici une séance de rattrapage. Mais est-ce encore de la science-fiction de nos jours ?

« Insolite » (bis) :
15) Nemo, chien de transparence
Connaissez-vous Nemo ? Il s’agit du chien adopté par le couple présidentiel. Nemo n’est pas un chien de race acheté en élevage mais un labrador croisé avec un griffon que le couple a trouvé à la SPA.  Analyse « d’Aliocha » sur son blog à propos de l’importance accordée à un non-événement relevant de l’ordre de l’intime. Où nous mène cette transparence ? Vers « une société positive » qui éradique totalement le négatif et donc toute forme de dialectique….

 

 

 

Travailler le dimanche ? C’est toujours non !

Un étonnant tract, plutôt bien vu, de la CGT(“Christ Gloire à Toi” ?)

Emmanuel Macron avait promis qu’une fois élu, il « améliorerait » la loi travail par une réforme encore plus large et légiférerait par ordonnances au cours de l’été. Les négociations avec les syndicats ont lieu en ce moment. C’est dans ce contexte que la CGT publie ce tract pour le moins étonnant contre le travail du dimanche
Il y est notamment rappelé (voir ci-contre) la loi Sarrien du 13 juillet 1906 qui stipule que « le repos hebdomadaire doit être donné le dimanche ». Et c’est enfin une invitation à dire « toujours non ! » au travail du dimanche, via une pétition en ligne.

Contactée par Le Figaro, la Fédération CGT du Commerce et des Services explique aux journalistes la genèse de la campagne de publicité : «nous avions créé un forum de débat contre le travail dominical et décidé de nous inspirer des internautes pour notre communication sur le sujet. Parmi les réactions, une jeune femme qui déclarait préférer aller à la messe que travailler le dimanche». Considérant l’argument légitime, le syndicat n’a pas hésité à s’en servir, et a adopté le point de vue du prêtre, qui lui, ne peut « se dérober » au travail dominical.

Largement partagée sur les réseaux sociaux, elle a suscitée des réactions diverses. Accueillie avec méfiance par certains croyants, cette initiative est vue comme un « clin d’œil complice » par plusieurs prêtres, dont l’Abbé Pierre-Hervé Grosjean (voir son message sur twitter daté sur 01/07/17). Ce dernier se dit d’ailleurs en accord avec le message de la CGT («nous partageons avec certains syndicats et responsables politiques divers le souci de préserver des espaces de gratuité, de repos légitime», dit-il), faisant référence à la doctrine sociale de l’Église, qui a toujours prôné le repos dominical.

La CGT, quant à elle, assume totalement le lien avec l’Église sur cette question. Mais sa campagne a surtout pour objectif de lutter contre les effets de la loi Macron adoptée en août 2015, et qui a facilité le travail dominical en élargissant les autorisations administratives dans les zones touristiques, et en donnant plus de latitude aux maires pour fixer le nombre de dimanches travaillés. De nombreuses chaînes de magasins peuvent ainsi demander à leurs salariés de venir travailler le dimanche 12 fois par an. Cantonnée aux 20 zones touristiques internationales que compte la France (dont huit pour la seule ville de Paris), cette libéralisation du travail dominical pourrait bien devenir une nouvelle norme sociale. C’est en tout cas ce que craint la CGT, qui critique également son inutilité« Le travail du dimanche dans le commerce n’est pas utile car il ne participe pas à la lutte contre le chômage. En revanche, il complique énormément la vie de famille des salariés », déclarait ainsi au journal Le Parisien Olivier Champetier, secrétaire local de la CGT, en marge d’une manifestation organisée en juin dans le centre commercial d’Évry 2.

Enfin, pour Hélène Bodenez, il s’agit là d’une « excellente initiative ». Professeure agrégée de lettres dans un lycée jésuite parisien et blogueuse, elle cherche, entre autres, l’encadrement du dimanche chômé en France et en Europe. Dans une note de blogue pour Radio Notre Dame, le 03 juillet, elle nous invite à comprendre le message « qu’il y a derrière » le tract de la CGT, lequel rappelle que « le dimanche reste le jour privilégié de « l’élévation spirituelle » dont la messe ou le culte est un sommet et ses ministres les ouvriers de la vigne. Utiliser cette photo pour rappeler l’importance du repos dominical dérange sans doute car nous voudrions ne plus retenir la racine religieuse de ce noyau historique culturel de notre Europe. Combien d’entre nous veulent bien aller une petite heure à la messe mais oublie que c’est tout le jour qui est voué au Seigneur, au don A qui de le défendre ? Les syndicats prennent leur part du combat. A nous de prendre la nôtre ! »

Qu’en pensent, quant à eux, les protestants « historiques » et les protestants-évangéliques ? Estiment-ils qu’il s’agit là d’un « bon combat », dont ils doivent « prendre leur part » ?

Pour aller plus loin : (re)lire une ancienne note de blogue sur le sujet, toujours actuelle : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/06/03/le-chretien-peut-il-faire-greve-ou-notre-regard-sur-le-travail-et-les-manifestations-contre-la-loi-travail/

 

Foireux liens de juillet-août(22) : « mission/démission », « réformer/déformer »

Les « Foireux liens » de l’été 2017 : une actualité placée sous le signe de la « réforme », laquelle soulève des protestations !

Voici nos « foireux liens » de juillet-août : il y sera question, entre autres, de « génération Y », de « super-pouvoirs », de réformes autour du code du travail en France et de la santé aux USA, et de la meilleure façon de la théologie avec le hand-spinner ! A lire, bien entendu pas « d’un seule traite » mais à votre rythme, pendant l’été.

 

1) Pourquoi la génération Y est-elle en train de démissionner ?

« Née dans les années 80, elle est réputée difficile à manager, à rester concentrée, accusée d’être instable, paresseuse même parfois, elle fait l’objet de diverses études cherchant à comprendre pourquoi elle rencontre tant de difficultés à s’intégrer en entreprise. Ceux qui la composent disent rechercher une mission davantage qu’un travail, un mentor plutôt qu’un chef et veulent avant tout avoir de l’impact, de l’influence dans ce qu’ils font. Quitte à prendre le risque de tout abandonner s’ils ne l’obtiennent pas. (…) La génération Y continuera de démissionner tant que l’on sera incapable de faire le bon diagnostic et réorganiser le travail de façon à s’adapter aux modes de vies d’aujourd’hui ».

« Je vais sauver notre mariage », « Tu vas arrêter de boire, de me tromper, de me battre et tu vas consulter? », « Mon Dieu non ! Je vais voter pour interdire le mariage gay ! »

2) « Dieu est-il homophobe » ? Un rapport soumis au vote du Synode de l’Église anglicane en 2016 réaffirmait la vue traditionnelle du mariage entre un homme et une femme. Ce rapport valorisait toutefois certains aspects de l’homosexualité. Sam Allberry, chrétien et pasteur, et aussi attiré par les personnes du même sexe, s’est réjouit du maintien de cette vue traditionnelle. Il s’inquiète pourtant devant la forte pression qui est faite pour permettre à l’Église anglicane de bénir les couples homosexuels. Il est l’auteur du livre Dieu est-il homophobe ?, paru aux éditions BLF le 15 juin 2017.

Écouter sa prise de position, à cette occasion, ici, dans cette vidéo.

Et lire le témoignage de celui « qui a su replacer l’attirance pour les personnes du même sexe dans la perspective d’une vie de disciple. Loin de présenter une injuste spécificité des personnes attirées par le même sexe, en réalité », Sam relève que la vie de disciple a un coût, « qui est le même pour tous » : renoncer à « laisser libre-court à ses convoitises en matière de désirs charnels ».

3) Qu’est-ce qui constitue une approche pastorale ? Ou qu’est-ce que signifie « être pastoral » ? Par Kevin DeYoung. Selon nous, une «approche pastorale» implique la douceur, la patience et beaucoup d’écoute. Si quelqu’un est «pastoral», il est relationnel, sensible et a un effet calmant sur le autres. Le « soin pastoral », cela suppose de réconforter les malades, rendre visite aux veuves et prêter une épaule pour pleurer. Ce sont tous de bons exemples qui qualifient un bon pasteur. (…) ‪Mais ces exemples ne viennent pas à bout de ce que la Bible entend par le «ministère pastoral». Nous ne devons pas permettre aux vertus douces du soin pastoral d’en éclipser les vertus dures, de sorte qu’une «approche pastorale» devienne synonyme de ce qui est inoffensif, thérapeutique et réconfortant….

4) « Vaincre les idoles cachées » : une méditation de 2 Rois 17v9-19 proposée par Laurent Descos, pasteur et blogueur : C’est donc « en secret » que les Israélites s’étaient bâti des hauts lieux, qu’ils s’étaient fait des pierres levées et des poteaux cultuels sur toutes les collines. Étonnant, n’est-ce pas ? En secret de qui, si c’était à la vue de tous ? En secret d’eux-mêmes ! Combien de compromis en effet, cachés à nos propres yeux, faisons-nous avec l’ennemi dans nos vies ?

« Grand pouvoir….grandes responsabilités ! » (Source : blog du SEL)

5) Des pistes d’action contre la pauvreté en dessinVoici la 3ème série de dessins que le SEL publie sur le sujet de la pauvreté. Après une série sur le combat contre la pauvreté et une autre sur les causes de la pauvreté, cette série a pour but de nous amener à réfléchir sur certains passages de la Bible. Bien souvent on les connait bien, mais on les applique peu… Que le Seigneur nous change, au moyen de ces dessins, pour nous amener à vivre une vie d’amour et de service auprès des autres !

6) L’intox du « grand remplacement musulman »L’Europe a peur. Un des épouvantails agité aujourd’hui par les partis xénophobes et nationalistes qui prospèrent sur le Vieux Continent est le « grand remplacement ». Décryptage par le sociologue Sébastien Fath.

 7) Vivre en « chrétien engagé » est-il (in)compatible avec un engagement d’homme politique ? Bien entendu, un chrétien peut s’engager en politique, s’il perçoit un appel particulier à ce sujet, et même, pourquoi pas, faire partie des hautes instances dirigeantes d’un parti. Néanmoins, personne ne devrait douter que sa foi est plus importante, à ses yeux, que la politique. Et comme par un fait exprès, l’éternel débat de la compatibilité de la foi chrétienne avec l’engagement politique me paraît être relancé par la récente décision de l’ « évangélique » britannique Tim Farron, qui est aussi le chef du parti libéral-démocrate. « Déchiré » entre sa foi chrétienne et son rôle d’homme politique, Tim Farron a finalement choisi…..de démissionner de ses fonctions, le 14 juin, à la surprise générale. Deux journalistes chrétiens, l’évangélique Henrik Lindell, pour « La Vie », et le catholique Pierre Jova, pour « Famille chrétienne », analysent l’un et l’autre les raisons dans deux articles complémentaires. 

8) Le chiffre insolite au second tour des élections législatives françaises- surtout postprésidentielles : 57 % d’abstentions. Ailleurs en Europe, l’élection nationale aurait été invalidée faute de participants !

9) « Un incroyable talent », et bientôt « des superpouvoirs ». Pour quoi faire ? (Publié avant les résultats des législatives). Le président Emmanuel Macron va obtenir « des super-pouvoirs que de Gaulle n’avait pas eus. Sa victoire annoncée est énorme. Pratiquement pas d’opposition ; une vie parlementaire circonscrite à des centaines de députés macroniens, au garde-à-vous dans les débuts ; néanmoins, des ordonnances pour mener au pas de charge des réformes graves dont il aurait fallu débattre. Jusqu’à quel point peut-on déréguler ? Peut-on accepter que ce gouvernement exhume le faux dogme du « ruissellement », selon lequel enrichir les plus riches finit par profiter aux pauvres ? Peut-on laisser plafonner les dommages-intérêts dus aux salariés abusivement licenciés (ce qui encouragera les abus) ? Voilà le genre de questions qui ne seront posées à l’Assemblée que par une poignée de gens, dans l’indifférence de l’énorme majorité », représentant « les heureux de la mondialisation ».

10)  Non à une République qui marche «au pas»! Une note de blogue publiée le 15 juin de Barbara Romagnan, député sortante candidate à sa succession…avant d’être « sortie » le 18 juin face à une candidate LREM : « En République, c’est le Parlement qui contrôle le Gouvernement, et non l’inverse. En République, c’est aux citoyens qu’il appartient de décider si les représentants sont dignes de confiance. En République, un député élu par des citoyens libres doit être une voix libre – et non pas la voix du Président. En somme, une République qui « marche », ce n’est pas une République qui marche « au pas ».

 

11) Faut-il assouplir le code du travail ? Flexibiliser le code du travail, comme le gouvernement projette de le faire à la rentrée, est-il efficace pour lutter contre le chômage ? En réalité, 30 ans de dérégulation n’ont pas réussi à endiguer le phénomène… Mais le mauvais procès instruit contre le code du travail est tenace. Explications en vidéo. Trois minutes pour comprendre.

12) Loi travail bis : La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ? Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri(1) sous le précédent quinquennat, le gouvernement d’Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail(2), précédant une remise à plat de l’assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz »(3), engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd’hui parées de toutes les vertus par de nombreux commentateurs avec, en apparence, l’un des taux de chômage les plus bas d’Europe. La réalité des chiffres montrent au contraire que ces réformes du marché du travail n’ont pas radicalement réduit le chômage et la sous-activité et, surtout, ont provoqué une explosion des travailleurs pauvres, dont le nombre est l’un des plus élevés d’Europe.

13) La libéralisation du transport ferroviaire « en marche », en France ? Deux sénateurs ont mis en chantier une proposition de loi qui pourrait encadrer l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Une chose à ne pas faire, vu qu’au Royaume-Uni, « 20 ans après », « la privatisation des chemins de fer déraille » : Hausse incontrôlée du prix des billets, trains supprimés et réduction du personnel, conduisant près de deux Britanniques sur trois à souhaiter une renationalisation complète.

14) Pollution atmosphérique et hausse du prix des titres de transport en IDF :  Gel du tarif des tickets « origine-destination » et du ticket de métro, augmentation du Pass Navigo, ticket Mobilis « grande banlieue »… Voyager en illimité dans toute l’Île-de-France coûtera plus cher à partir du 1er août 2017. Le prix du Pass Navigo augmentera de 3% pour atteindre 75,20 euros contre 73 euros aujourd’hui, comme l’annoncera Valérie Pécresse, la présidente de la région d’IDF lors du conseil d’administration du Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France), le 28 juin prochain, dévoile Le Parisien mardi. Les usagers ne manqueront pas de s’interroger sur de telles hausses, alors que le service rendu ne s’est guère amélioré ces derniers mois. Et ce, alors que s’est déclenchée une nouvelle procédure d’information et de recommandation(4) par la préfecture de police, pour la journée du mardi 20 juin, en IDF, concernant la pollution atmosphérique, selon les données transmises par AIRPARIF.

 

« Jésus-Christ guidant Donald Trump dans son offensive contre l' »Obamacare » ? Un chromo délirant et inquiétant qui se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 !

15)  USA : Comment Trump tente de défaire l’Obamacare…..

Les Etats-Unis détiennent deux tristes records. Celui des coûts de santé par habitant, qui s’élevaient à plus de 9 451 dollars en 2015, contre 3 612 dollars en France, selon l’OCDE. Et celui des inégalités de santé. C’est un pays riche en équipements de pointe pour soigner et réparer les corps. C’est en même temps un pays où des individus se retrouvent lourdement endettés après une opération chirurgicale dont le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. Alors que le président Donald Trump lance une virulente offensive législative pour revenir sur l’Obamacare, l’emblématique réforme du système de santé de son prédécesseur, essayons de comprendre ce qui se joue outre-Atlantique. Que peut-il advenir de ce système d’assurance maladie particulièrement complexe, à l’issue des manœuvres en cours ?

….. et se retrouve dans le bourbier de la réforme de santé : Après avoir promis d’abroger l’assurance santé mise en place par Obama, Donald Trump est confronté à la division des sénateurs républicains, et à l’opposition de citoyens (dont des handicapés) attachés à l' »Obamacare ».

16) Insolite(bis) : le « Covfefe Act » : Le député démocrate Mike Quigley a introduit une proposition de loi baptisée Covfefe Act (abréviation de Communications Over Various Feeds Electronically for Engagement ) !! L’objectif de cette proposition de loi est de modifier le Presidential Records Act pour y inclure les publications du Président des Etats-Unis sur les réseaux sociaux. Cela inclurait notamment les tweets publiés par Donald Trump et ses successeurs sur leur compte Twitter personnel. Ces publications ne pourraient ainsi plus être effacées et devraient être obligatoirement archivées en tant que communications présidentielles officielles, au même titre que les communiqués de la Maison Blanche et autres documents écrits.

Et pour finir :

17) Insolite (ter) : Faire de la théologie avec le « hand spinner » ? C’est possible !

 C’est le gadget à la mode : un petit objet que l’on fait tourner entre ses doigts et aurait des effets positifs contre le stress et pour la concentration. Vertus auxquelles on pourrait donc ajouter… la théologie trinitaire.

 

 

 

Notes : 

(1) Code du travail 2017 – PDF en ligneLe texte intégral du Code du travail de 2017, à jour de la loi Macron, de la loi Rebsamen et de la loi travail parues en 2015 et 2016, est librement téléchargeable ici sous la forme d’un fichier PDF de 3040 pages. Ce document comprend tous les articles figurant dans les parties législative et réglementaire du Code du travail. Vous pourrez notamment y retrouver les règles applicables au licenciement, au paiement du salaire, aux congés payés, à la période d’essai, à la procédure de rupture conventionnelle ou à la démission.

Important : le Code du travail a été modifié en profondeur en 2016 avec la nouvelle loi travail promulguée en août dernier. Pour en savoir plus sur les changements intervenus, voir loi El Khomri (loi travail) – Ce qui a changé. Le contenu du Code devrait à nouveau être grandement modifié en 2017 avec l’entrée en vigueur de la réforme du Code du travail voulue par Macron.

(2) Code du travail, la réforme Macron : Le président Macron souhaite que la réforme du Code du travail soit mise en oeuvre dès cet été 2017. Le point sur le contenu de cette réforme qui modifiera en profondeur le droit du travail français.

(3) La loi dite Hartz, du nom de Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen qui a dirigé la commission ayant concocté ces réformes sous le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder. Trois autres réformes ont suivi, lesquelles se sont attaquées à l’assurance chômage, en réduisant la durée d’allocation et en renforçant les contrôles et la surveillance des chômeurs, et ont ouvert grand la porte au développement des emplois à bas-salaire. A noter que pour le sociologue Sébastien Fath, ce que Gerhard Schröder a accompli en Allemagne  est comparable, en dépit de différences notables, avec les propositions  qu’il estime « assez proches et profondément respectables » – et qu’il range sous la « bannière réformiste du courage politique » – d’ Emmanuel Macron et François Fillon, deux hommes selon lui « pondérés et très déterminés ».

(4) Pour en savoir plus sur la procédure.