Foireux liens de juillet (34) : « vivre avec son temps », « être moderne »

Les « Foireux liens » de juillet : une actualité « chaude » qui nous invite à réfléchir en toute lucidité sur ce qu’est « être moderne »….

Bonjour ! Vous l’attendiez, la voici un peu plus tôt que d’habitude : la 34ème édition de vos « Foireux liens » !

Au menu : PMA/GPA, préjugés, canicule et droit du travail, néo-management, réchauffement climatique et économie circulaire, biométrie, modernité, antisémitisme et protestantisme, droits de l’homme…..Bonne lecture !

 

1)Le casse-tête de la PMA pour toutes

Le projet de loi sur la bioéthique est examiné par le Conseil d’Etat, il sera arbitré en juillet par Emmanuel Macron, présenté le 26 juillet en conseil des ministres, et adopté à la rentrée, sans doute à une majorité écrasante puisque ce texte-là sera voté aussi par les députés de gauche et même une grande partie des députés de droite. Oui : d’anciens adversaires du “mariage pour tous” vont voter la “PMA pour toutes”, c’est-à-dire la reconnaissance d’un “droit à l’enfant”, y compris pour les couples de femmes homosexuelles. Ce “droit à l’enfant” va contraindre le législateur à modifier, de fil en aiguille, des chapitres entiers du Code civil : tout ce qui concerne le droit de la famille et de la filiation ! Il faudra résoudre des problèmes sans précédent.

Voir aussi : Marketing : et voici la GPA (qui n’aura pas tardé !)

2)Un regard protestant sur la PMA

La Faculté Jean Calvin vient de mettre en ligne l’ensemble des interventions de son Carrefour théologique dédiée à la question de la PMA. Cette conférence, qui a lieu début mars 2019, regroupait des spécialistes comme Donald Cobb, Michel Johner, Rodrigo de Sousa, Anthony Perrot, Marjorie Legendre, Henri Blocher, Matthieu Améra, Jean-Philippe Bru, et Pierre-Sovann Chauny. La publication de ces ressources n’est pas un hasard, vu le calendrier législatif à ce sujet. De quoi nous inciter à prendre le temps d’écouter ces ressources

3) « Vivre avec son temps », « être moderne »

« La droite doit apprendre à vivre avec son temps. À devenir moderne, non par idéologie mais par évidence. C’est l’exigence posée à notre génération (….) Je propose que la droite se pose au moins la question de l’ouverture de la procréation médicalement assistée, qui serait une avancée sociale comme le furent de fait le mariage pour tous, et avant le PACS, et avant l’IVG »…..Dixit Geoffroy Didier, secrétaire général des Républicains et directeur de la campagne européenne du pourtant très conservateur (et anti-IVG) François-Xavier Bellamy, après la défaite historique de son parti à ces élections….

4) C’est l’été : petite FAQ Nature sauvage (v2019)

Bien sûr, l’actualité, ce n’est pas ça. L’actualité, c’est les gilets jaunes, les migrants, la GPA, et beaucoup d’autres choses encore. Et le climat. Mais aussi, c’est vrai, parfois, la perte de biodiversité.  C’est l’été. C’est une saison où on est souvent dehors, où on rencontre la Nature plus souvent. Et tout aussi fréquemment, on observe un phénomène curieux… et on appelle le naturaliste du coin pour en savoir plus ! Alors, voici quelques-unes de ces questions classiques….

5) Travailler en cas de forte chaleur, que dit le droit ?

La canicule sévit depuis ce lundi 24 juin et des mesures exceptionnelles sont prises dans différents domaines. Le plan canicule proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé précise les recommandations en cas de forte chaleur. Le brevet des collèges est reporté, des brumisateurs sont installés dans les maisons de retraite, mais qu’en est-il sur le lieu de travail ? Une rumeur urbaine tend à laisser croire que l’employeur est contraint par le code du travail au delà d’une certaine température. Or, il n’en est rien.

6) Occultisme en pack de six

Quand une marque d’eau minérale – propriété d’une multinationale – se met à tenir un inquiétant langage surnaturel…

7) Des sénateurs LR veulent une carte Vitale biométrique

Comment lutter contre la fraude aux prestations sociales ? Tout simplement en injectant un doigt de biométrie. C’est en tout cas l’idée portée par une proposition de loi présentée par les sénateurs LR Philippe Mouiller et Bruno Retailleau, soit Une carte embarquant les empreintes digitales du titulaire….

8) Néo-management ; « Looser », « opposant », « timide » : au CHU de Toulouse, un document suggère de cataloguer des soignants

Seriez-vous un « looser », fragilisé par des situations difficiles de travail ? Ou un « opposant » qui conteste trop souvent la direction ? Ou encore un « pessimiste » ? C’est en ces termes qu’une docteure influente a proposé de cataloguer les personnels soignants du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse qui participent à certaines réunions de crise, suite au décès d’un patient notamment. Une manière de « neutraliser » les avis divergents, et un exemple supplémentaire de la façon dont la parole des soignants est considérée par la hiérarchie, alors que les mouvements sociaux se multiplient au sein des hôpitaux publics.

9) Répondre aux préjugés

Marre de lire des commentaires mal informés sur les sites d’info en ligne ou sur les réseaux sociaux ?  Répondez-y ! Répondre aux idées reçues, mais pour quoi faire ? Le site Répondreauxpréjugés.com, de sensibilité progressiste et découvert via le blog de Zeboute, vise à décrypter les préjugés, idées reçues et fausses, que l’on trouve le plus souvent sur le net. Et surtout à proposer, avec un argumentaire thématique, des pistes de réponses. Ces réponses sont basées sur des sources en ligne, ainsi que sur des données factuelles ou chiffrées. A tester, en exerçant son discernement.

10) Réchauffement climatique : le déni

Comme il en a marre d’expliquer sur Twitter pourquoi il fallait agir contre le réchauffement climatique, Tristan Nitot [promoteur du libre et du respect de la vie privée, ancien président de Mozilla Europe et maintenant chez Qwant] explique tout dans un billet de blog intitulé « le déni ».

11) Pourquoi l’économie circulaire ne doit pas remplacer la sobriété

La double « externalité positive » de l’économie circulaire en fait un modèle pour l’économie de demain. Elle encourage la société à créer de la valeur tout en réduisant l’empreinte écologique de son activité, mais présente toutefois certaines limites, voire des effets pervers….

12) Affaire Torondel : coup dur pour la défense des droits humains en France

La Cour d’appel de Douai a confirmé, lundi 24 juin, la condamnation de Loan Torondel pour diffamation pour avoir publié sur Twitter une photographie de policiers se tenant au-dessus d’une des nombreuses personnes systématiquement expulsées des camps informels de Calais. Le communiqué d’Amnesty international.

13) Accueillir la souffrance qui dure

« ….la souffrance des autres nous met en échec, si nous nous donnons pour tâche de les aider à aller mieux. Il nous faut déplacer l’objectif ».

14) USA : « Les évangéliques soutiennent Trump par peur, pas pour des questions de foi. »

Éclairage en anglais.

15) Quand protestantisme rime avec antisémitisme

Retour sur un colloque qui s’est tenu à Oxford, en mai….

16) Sommes-nous prêts à accueillir une théologie du Royaume ?

Nous devons nous rendre prêts à accueillir une théologie du Royaume, ce qui très concrètement veut dire, à la suite de Paul (2 Cor 4) que l’évangile n’est pas que paroles, mais qu’il est une dynamique puissante, que le Saint-Esprit mobilise pour nous faire sortir de nos vies qui trop souvent manifestent plus la faillite et le désarroi, que la liberté et la joie qui résident en Christ.

Et les deux derniers pour la route :

17) Cet objet oublié : le petit commerce de proximité !

Le commerce de proximité, les magasins, les hyper marché ont disparu. Et on se retrouve seul devant un écran. Mais j’ai tout immédiatement et pas cher ! C’est génial ! Vraiment ?

18) S’accaparer ou conserver : Le choix des Poules

Admettons l’hypothèse suivante : vous possédez le même objet que votre voisin, le même. Mais celui-là a quelque chose de mieux que le vôtre : c’est votre voisin qui l’a.  La convoitise est un trait basique du comportement. Des poules en donnent même une illustration édifiante. Cela peut s’expliquer ainsi : deux systèmes, l’un intuitif et l’autre raisonné, agissent ensemble et il arrive que le premier prenne le pas sur le second.

 

Ces Foireux liens sont terminés. Je vous remercie d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en septembre.

 

 

Foireux liens de mai (33) : « fuir le monde » ou « s’engager dans le monde »

Les « Foireux liens » de mai : Européennes, réforme, feuilletons…

Bonjour ! Voici notre 33ème édition des « Foireux liens ». Au menu, Européennes 2019, projet de réforme « de la défiance », nouveaux épisodes de feuilletons politico-médiatico-judiciaires, Notre Dame de Paris, Vincent Lambert, GAFA, Transhumanisme, Fake news, travail dominical, Amazon….

Bonne lecture !

 

1) Européennes : « Tout ça pour ça » : Le score RN se ramène finalement à 23,3 %, soit 0,9 % d’avance sur la liste LREM (d’où même nombre de sièges à Strasbourg), et font moins bien qu’en 2014. Les macronistes se retrouvent un peu ballots après avoir clamé pendant des semaines qu’une vague brune déferlait et que seul M. Macron pouvait en préserver les peuples… Il n’y avait pas de vague brune : on le savait d’avance.

Voir aussi : Européennes 2019 : Les résultats des élections dans toute l’Union

Ce scrutin modifie les équilibres politiques dans l’hémicycle. « Contexte », média web français spécialisé sur les institutions, les politiques publiques et la fabrique de la loi, publie une série d’infographies sur les résultats, à comparer avec la composition du Parlement 2014-2019.

Et : découvrez les 74 députés français du Parlement européen

RN : 5 millions d’euros d’argent public détournés, une 20aine d’élus mis en examen, 40 collaborateurs soupçonnés dont la tête de liste aux Européennes 2019. Résultat : 1er parti français au Parlement européen durant les 5 prochaines années…

2) Ecole : Le projet de loi « de la défiance » amendé et adopté par le Sénat

Mardi 21 mai, le Sénat a approuvé le projet de loi « pour une école de la confiance » par 213 voix contre 95, après l’avoir largement amené (60 amendements adoptés, dont certains controversés, telle la possibilité d’une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme, ou cet autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires). Les sénateurs ont également supprimé l’amendement qui prévoyait la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), des structures qui regroupent un collège avec plusieurs écoles. Cette annonce avait suscité la colère grandissante des enseignants et des parents d’élèves. Députés et Sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d’accord pour une adoption définitive rapide d’un texte inspirant, jusqu’à présent « la défiance » des enseignants et des parents.

Voir aussi le projet de loi « Pour une école de la confiance ».

3) Notre-Dame de Paris : une étrange manoeuvre financière risque de disperser les donateurs
Président de la Fondation du patrimoine depuis 2017, Guillaume Poitrinal décide unilatéralement de clore la souscription Notre-Dame et de diriger une partie de l’argent vers d’autres chantiers. Désarroi chez les donateurs. Désapprobation au ministère de la Culture, aux Monuments nationaux, à la Fondation Notre-Dame, à la Fondation de France. Et perplexité de l’opinion….

4) Affaire Vincent Lambert : le monde politique divisé après la reprise des traitements

La reprise des traitements étant acquise, les parents du patient réclament désormais son transfert, tandis que les responsables politiques opposent droit à la vie et droit à mourir dans la dignité.

Voir aussi : Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?

5)  Pourquoi vous ne pouvez plus acheter chez Amazon

Lorsque vous achetez sur Amazon, tout est fluide, rapide. Tout est simple pour vous. Et c’est une réalité. Mais à quel prix ? Je ne parle pas du prix de ce que vous achetez. Mais le prix de votre petite conscience. Préférez-vous rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? Ainsi, voulez-vous vous offrir le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? Seriez vous d’accord d’être licencié par une machine ? Voulez-vous cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? Voulez-vous être surveillé dans votre chambre par Amazon ? Etc….

Voir aussi : Sept femmes enceintes licenciées par Amazon : 7 procès en 8 ans

Et Chez Amazon, un algorithme vire les employés « pas productifs »

6) Vous n’arrivez pas à vous déconnecter des GAFA ? Embrouillez-les !

Vous n’échapperez pas à la surveillance de masse, mais vous pouvez la gêner. Le livre « Obfuscation, vie privée, mode d’emploi » explique comment…

7) Quand Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel

Nous nous sommes trompés sur un point essentiel : Internet n’est pas une utopie mais un outil. Et pour comprendre cet outil nous devrions nous replonger dans les lectures d’Ivan Illich. Pour lui dès qu’un outil est institutionnalisé et s’impose comme ce qu’il qualifie de « monopole radical », un outil dont personne ne peut se passer et dont l’usage devient une injonction de consommation, il devient dysfonctionnel et détruit l’objectif qu’il est censé servir (…) En quelques années, Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel. Il était censé rapprocher les hommes, il les fracture. Au lieu de rendre la planète plus intelligente, il développe une sous-culture de la médiocrité.

8) Non, les « digital natives » ne sont pas tous des geeks, ils ne savent pas forcément utiliser les outils disponibles en ligne et ils ne font pas preuve d’un esprit critique à toute épreuve devant les flots d’information. Ne confondons pas la familiarité avec un médium et la connaissance approfondie de la manière de s’en servir. La ligne de partage ne passe pas par la date de naissance mais par la culture générale et l’éducation aux médias numériques.

9) Quand la paresse intellectuelle nous rend plus facilement manipulable

Aujourd’hui, l’information doit se faire la plus brève possible pour être susceptible d’attirer l’attention du chaland au risque de paraître “relou” et se faire zapper. Combien de fois ai-je entendu : “Mais tu es sûre que tu ne veux pas transmettre ton témoignage aussi en vidéo car tu attirerais plus de monde, tu sais les gens de nos jours n’aiment plus lire blablablablabla?” Sauf que l’information de qualité ne peut pas se résumer en quelques caractères….

10) «Attaque» de la Pitié-Salpêtrière. La fake news venait de l’Intérieur

Non, contrairement à ce qu’a affirmé Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, l’hôpital parisien n’a pas été pris d’assaut et dégradé par des manifestants mercredi 1er mai. Décryptage d’un emballement inquiétant.

11) Quand Marine Le Pen prônait l’interdiction des manifestations en période d’urgence

En mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, Marine Le Pen [qui se présente aujourd’hui comme la « grande défenseure des Gilets jaunes »] fustigeait les manifestations, appelant à leur interdiction, ainsi qu’au renforcement des forces de répression. A (re)découvrir, cet article publié sur Public Sénat et datant de 2016….

12) Le Conseil économique, social et environnemental : une institution méconnue, méprisée… et précieuse

La Ve République dispose avec lui d’une institution capable d’anticiper les grands mouvements sociaux, d’apprécier les évolutions de la société et de s’en faire le porte-voix. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles institutions, il serait sage d’utiliser celles qui existent déjà et dont c’est le rôle tel que prévu par la Constitution. Par exemple, le conseil économique, social et environnemental, de nature à être force de proposition sur tous les grands thèmes de société et anticiper d’éventuels difficultés ou blocages. C’est ainsi qu’il était en mesure d’anticiper le mouvement des « gilets jaunes », sans forcément avoir été écouté…..

13) Licenciements chez Cora : le «chaos législatif» du travail dominical

Le licenciement pour faute grave de deux salariés de la chaîne d’hypermarchés, opposés au travail le dimanche, pose à nouveau la question de son encadrement. Si les employés sont censés avoir le droit de refuser, ils n’en ont pas souvent la possibilité concrète.

14) Le succès du coaching à l’épreuve du professionnalisme

L’émoi suscité par l’émission de France Inter, diffusée en novembre 2018, sur « les dérives du coaching », met en exergue l’enjeu de la professionnalisation des coachs. Dans ce secteur en pleine expansion, la certification par les associations professionnelles (ICF, SF Coach…) ou écoles est un premier pas, mais elle n’est pas suffisante à la formation de professionnels compétents. Ceux-ci ont besoin de s’ouvrir à des approches leur permettant de mieux comprendre les contextes dans lesquels ils interviennent et d’instruire les dilemmes et tensions qui surgissent de leur pratique (…). Trois critiques alimentent de manière récurrente les analyses sociologiques du coaching.

15) Écriture inclusive et exclusion sociale

Les complexités de l’écriture inclusive ne sont pas seulement techniques si l’on considère les conséquences sociales éventuelles. Ne nuiraient-elles pas à l’égalité sociale ?

16) Des médias s’unissent pour documenter les effets du changement climatique en France

Fin 2018, Basta !MediapartPolitisReporterre et la Revue Projet se sont associés pour constituer un groupe de journalistes sur le climat. Jeudi dernier, 18 avril, ces médias ont poursuivi ce travail collectif en publiant sur leurs sites respectifs, une deuxième série d’articles concernant l’impact de la crise climatique en France chez les jeunes, les victimes de catastrophes naturelles, les agriculteurs, les personnes souffrant d’allergies… Un site baptisé « Jiec.fr » pour « Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat » est dédié à ces publications communes.

17) Bygmalion :Sarkozy sera bien jugé en correctionnelle

C’est un nouveau pas vers un procès en correctionnelle pour Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 17 mai, que rien ne s’opposait à ce que l’ancien président soit jugé dans l’affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

La justice reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé au moins 42,8 millions d’euros, soit plus de 20 millions d’euros au-dessus du plafond autorisé, grâce à un système de facturation frauduleux. L’ex-chef de l’Etat a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce délit, mais sa défense a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester cette décision. Franceinfo répond à cinq questions sur cette décision.

18) Mais que devient François Fillon ?

François Fillon sera bel et bien jugé pour détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Son épouse, Pénélope Fillon, est quant à elle renvoyée devant le tribunal pour complicité et recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. S’il va donc bien devoir répondre de ses actes passés devant la justice, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy coule, depuis sa retraite forcée de la vie politique, des jours plutôt heureux. Il ne lui a, en effet, pas fallu plus de trois mois après sa cuisante défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle pour décrocher un job en or, en devenant associé du prestigieux fonds d’investissement Tikehau Capital.

19) Etats-Unis : Comment le parti républicain a abandonné la question du porno

Autrefois, la lutte contre la pornographie était au coeur du combat culturel américain. Aujourd’hui, la porno est une énorme industrie – nocive – sans réels adversaires. Qu’est-il arrivé ?

20) Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques

Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar à une période où, en Europe, beaucoup s’engagent dans des politiques identitaires , il est très important que les chrétiens aient une juste compréhension de leur propre identité et sachent que penser et comment prier et s’engager dans les questions politiques. C’est notamment le cas devant la tentation de réagir en se conduisant comme un groupe identitaire en présence des défis du libéralisme et de l’islam….

21) L’État, la Société se porteraient-ils mieux ou moins bien si les chrétiens étaient mêlés au pouvoir ?

A la dernière présidentielle, suite aux résultats du premier tour (Macron-Le Pen), certains chrétiens voire pasteurs, sur les réseaux sociaux ou blogs avaient appellé à « investir la société, ne pas juste être spectateur mais acteur ». Investir, d’accord, mais de quelle manière ?

22) Comment faire Église aujourd’hui ? Le point de vue d’un Attestant

Pascal Geoffroy, pasteur, membre des Attestants, revient sur la création de ce mouvement, au regard de l’histoire.

23) Une communauté nourrie par la prière

Dans un précédent article, le pasteur Philippe Golaz expliquait que « la prière était ce qui permettait de rester spirituellement vivant, en étant relié au Père ». Plus récemment, lui-même a mis un frein à sa frénésie du faire et à la pile de projets en attentes pour prendre un temps d’écoute et de discernement. De là cette conviction que la première chose à faire, était de réinvestir le domaine de la prière. Que si la relation au Père n’était pas entretenue en amont, alors tout le reste serait vide de sens et ne porterai pas de fruit, ou alors beaucoup plus difficilement.

24) « The Bible Project » maintenant en français

Connaissez-vous le site “The Bible Project” ? Lancé en 2014, ce site qui contient de nombreuses vidéos est une véritable mine d’or pour tous ceux qui veulent creuser les Écritures. A l’occasion des fêtes de Pâques, une version du site et des vidéos est désormais accessible en français.

25) Quand je croyais que Dieu voulait que je sois avec un non croyant

Une note de blogue adressée aux “missionnaires de l’amour” autrement dit tous ceux et celles qui pensent que Dieu les appellent à être en couple avec des personnes ne partageant pas leur foi pour les convertir par la suite.

26) Quand Rien créa Tout

Toi, tu crois en rien », réplique Paul (joué par Edouard Baer), musicien tendance punk-anar à son fils, dans « la lutte des classes » de Michel Leclerc(2019). Olivier Keshavjee, le théologeek, nous partage sa traduction autorisée d’un article de Joe Carter, lequel propose une tentative de méta‐narratif athée‐matérialiste simple et compréhensible qui explicite la question de la compréhension de soi. Il s’agit donc du regard constructif d’un chrétien sur une vision du monde scientifique réductionniste ontologique…..

27) Le corps, humus sans espoir

Nous vivons, et nous mourons. C’est un fait indépassable de la vie humaine. Qui que nous soyons, dans ce monde dans lequel nous vivons maintenant, nous vivons et nous mourons. Pour ceux qui voient s’éteindre des proches, que cela signifie-t-il ? Douleur, perte, deuil. Séparation. Dans ce processus de deuil, ce qui arrive au corps de la personne décédée a de l’importance. L’humanité a d’ailleurs toujours eu conscience de cela, d’où l’importance des rites funéraires qui apparaissent très tôt dans l’histoire humaine. Les deux « rites » autorisés en France sont la crémation et l’inhumation. Mais une autre alternative a fait le titre d’un article du Monde : l’humusation, c’est à dire la transformation du corps en humus.

28)Aux origines du transhumanisme

Le récit transhumaniste commence dès le livre de la genèse, le premier livre du pentateuque avec cette promesse « vous ne mourrez pas », tous les mythes et légendes anciennes, celles des sumériens de la Mésopotamie, des fables de l’odyssée de Homère, l’élixir des alchimistes des chinois et leurs pilules d’immortalité, nous rapportent des rêves de dépassement de l’humanité et de conquêtes contre la mort.

L’histoire très ancienne de ces récits nous évoquent de fait la mémoire d’une humanité à la quête de son paradis perdu et sa volonté de conquérir le fruit interdit en gommant si possible le récit construit de la civilisation humaine fondée depuis la chute, sur l’idée de la mort. Décryptage sur le blog « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître, partenaire de Pep’s café.

29)Sortir ! Recension du livre de Natalia Trouiller, un essai sur la stratégie que l’église devrait adopter pour traverser notre époque post-moderne.

Comment se fait-il que nous soyons plus prompt à considérer l’impureté du monde et vouloir le fuir, plutôt que de vouloir comme Christ nous incarner dedans et embrasser à pleine bouche son impureté et sa crasse pour la purifier par l’Esprit?

Réponse, selon l’auteur: Parce que nous avons développé une disposition collective de type gnostique. Nous séparons le corps de l’âme, nous rejetons la matière pour embrasser le pur spirituel, nous fuyons le monde pour embrasser la Connaissance Salvatrice. Nous nous satisfaisons de connaissance et de saine doctrine, en refusant de nous laisser transformer par elle pour agir ensuite. Nous avons développé un habitus de cathare. Et ce n’est pas un compliment. La suite sur Phileo-sophia, le blog d’Etienne Omnès.

Et le dernier pour la route :

30) « Les plantes sont extraordinaires : c’est un modèle décentralisé dont tous les membres participent à la décision »

Pour Stefano Mancuso, fondateur du laboratoire de neurobiologie végétale, tout ce que nous construisons au niveau de nos organisations sociales est bâti sur le modèle du corps animal. Or les animaux – humains compris – ne représentent que 0,3 % de la vie sur la terre, bien moins que les trois autres catégories que sont les végétaux, les champignons et les êtres monocellulaires. L’écrasante majorité des êtres vivants utilise des modèles différents du nôtre, qui est très fragile. Il suffit d’enlever la tête et toute l’organisation s’écroule. Il y a eu des empires, comme ceux des Aztèques et des Incas, des civilisations très avancées, dont l’organisation reposait exclusivement sur l’Empereur. Il a suffi aux Espagnols de s’attaquer à ce dernier pour que tout le système s’écroule instantanément. Par son organisation horizontale, une plante survit même si, par exemple, un animal mange ou détruit une partie de son corps, quand un animal meurt dès qu’un de ses organes vitaux ou son cerveau sont ôtés ou détruits. Comment ce modèle peut nous inspirer dans l’organisation des sociétés humaines ?

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en juillet.

 

 

Emmanuel Macron reporte sa réponse à la crise des gilets jaunes suite au drame de Notre-Dame

« Cet incendie montre notre misère et notre faiblesse » (Source photo wikipédia : feu dans la charpente de Notre-Dame, à Paris, le 15/04/19)

«Je sais ce qu’ils ressentent (…) ce soir, je veux avoir un mot d’espérance pour nous tous »(1).

C’est ce qu’aurait pu dire Emmanuel Macron, le chef de l’Etat, lundi soir 15/04, dans son très attendu discours de réponse à la crise des Gilets jaunes et au Grand débat.

Sauf que, comme par « un fait exprès », ladite allocution n’a pas eu lieu. Le chef de l’Etat venait de l’enregistrer, lorsque sont apparues les images de l’incendie de Notre-Dame(2). Celui-ci s’est déclaré à 18h50, comme je l’ai appris alors que j’assistais le soir même à une conférence à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) sur le thème « Face à la crise sociale actuelle; quel rôle pour les religions ? »(3).

Le drame de Notre Dame a conduit Emmanuel Macron à se rendre sur place « au chevet » de Notre Dame, dans le cœur historique de la capitale, dans l’île Saint-Louis…..et donc à reporter sa réponse à la crise actuelle. Pour combien de temps encore ?

« Moralité », pourrait-on conclure philosophiquement : laisser traîner (ou traiter superficiellement) une situation problématique constatée de longue date, c’est courir le risque de le payer encore plus cher plus tard.

A ce sujet, l’intervention de l’historien de l’art et défenseur du patrimoine Jean-Michel Leniaud, président du conseil scientifique de l’Institut national du patrimoine, me paraît particulièrement bienvenue. Et ce, d’autant plus que son intervention est publiée dans La Croix (4) sous forme d’entretien titré « c’est à l’Etat de prendre en charge la reconstruction » [de Notre-Dame]. Ce qui est en soit une ironie face aux politiques du « moins d’Etat » et du « libre marché » !

Selon Jean-Michel Leniaud, s’« il est encore prématuré d’évaluer l’étendue des dégâts », il s’agit « d’une atteinte grave, d’une mutilation effrayante de l’histoire de notre pays (…)Ce qui lui arrive est (…) une atteinte symbolique pour le patrimoine, pour l’histoire de notre pays, mais aussi pour les rapports entre religion et pouvoir politique qui s’y jouent depuis les origines. L’heure va venir où l’on cherchera les responsabilités des uns et des autres, mais au regard du caractère symbolique de cet édifice, chercher des responsabilités individuelles n’a aucune importanceCette catastrophe relève de toute façon d’une responsabilité collective. Cet incendie montre notre misère et notre faiblesse ».

En effet, précise-t-il, « la flèche de Notre-Dame qui était en cours de restauration, et où l’incendie a pris, n’avait pas été restaurée depuis les années 1930. Et nous savons tous que dans des édifices de ce genre, en raison de conflits puérils entre l’Église et l’État, la vétusté des réseaux électriques est effrayante. C’était le cas à Notre-Dame comme dans de nombreuses églises, même importantes. Ce qui arrive devait arriver. Le manque d’un réel entretien et d’une attention au quotidien à un édifice majeur est la cause de cette catastrophe. Il ne s’agit pas de chercher des responsables, la responsabilité est complètement collective parce que c’est le monument le plus collectif du pays »

De fait, Jean-Michel Leniaud ne se fait « pas beaucoup d’illusion sur la reconstruction. On fera comme on a fait ailleurs : on reconstruira à bon marché (…) Nous verrons dans les moyens que nous mettrons en œuvre un symbole de notre affaissement collectif ». Mais « le président de la République doit dire que ce monument est le cœur de notre Nation, et que la Nation va s’en occuper personnellement. Or voyez, le sinistre n’est pas encore achevé que, déjà, on va faire la quête pour trouver de l’argent ! » Or, « c’est à l’État de prendre en charge cette reconstruction. Ce monument est plus central dans notre histoire que le château de Versailles, la cathédrale de Reims, la basilique Saint-Denis ou l’Arc de triomphe. Notre-Dame fait partie des pénates. On ne fait pas la charité publique pour les pénates ».

Comme on ne saurait « faire la charité publique » pour les Gilets jaunes ?

 

Notes :

(1) Une pensée en réalité adressée aux « catholiques de France » et « un mot d’espérance pour nous tous », face au drame de Notre-Dame.

(2) https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/15/incendie-en-cours-dans-la-cathedrale-notre-dame-de-paris_5450533_3224.html

(3) Conférence modérée par Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de La Croix, et avec Belmadi Abderrahmane, responsable pédagogique de la formation des imams et des aumôniers à l’institut Al Ghazali, Grande Mosquée de Paris ; Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique à l’Institut protestant de théologie (IPT), faculté de Montpellier ; L’archiprêtre Pierre Argouet, médecin et co-responsable de la communauté chrétienne orthodoxe de Brest ; Elena Lasida, professeur à la Faculté de Sciences Sociales et Economique (FASSE) de l’Institut Catholique de Paris.

(4) https://www.la-croix.com/Culture/Incendie-Notre-Dame-Cest-lEtat-prendre-charge-reconstruction-2019-04-16-1201015952?from_univers=lacroix 

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

La Déconstruction de l’homme : un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme

« La Déconstruction de l’homme » : un livre écrit par des chrétiens, qui n’est pas destiné aux seuls chrétiens, mais « aux hommes et femmes de bonne volonté »…

Alors que nous venons de fêter l’incarnation de Dieu, lequel s’est exposé et abaissé en se faisant homme et en demeurant parmi nous, à l’occasion de Noël, « La Déconstruction de l’homme » est un livre événement réjouissant.

Il s’agit d’un ouvrage collectif sur les enjeux du transhumanisme (l’homme voulant « s’augmenter » par la technologie et « se faire Dieu », avec une seule loi : « No limit » ), réalisé – c’est une première – à l’initiative et sous la direction d’un évangélique, Eric Lemaître(1), socio-économiste et auteur principal associé à d’autres contributeurs. Commencé en 2016 et achevé en 2017, il est paru aux Editions La Lumière le 12 octobre 2018. 

Eric, avec lequel je suis entré en contact l’an dernier, grâce à Alain Ledain, un ami commun, me l’a gracieusement offert : qu’il en soit remercié !

Ce livre, écrit par des chrétiens, n’est pas destiné aux seuls chrétiens, notamment ceux fascinés par la technologie, mais « aux hommes et femmes de bonne volonté », interpellés par des enjeux contemporains non pas « moraux » mais d’une question de vie ou de mort : la nature et l’avenir de l’homme, créé à l’image de Dieu !

L’ouvrage traite premièrement des « fondements philosophiques de la Déconstruction », avant d’aborder « les révolutions de la Déconstruction » (révolutions anthropologique, sociétale, économique, technologique, écologique), pour terminer par des « conclusions et perspectives »(2).

Le livre « La Déconstruction de l’homme », stimulant par la réflexion qu’il suscite, « n’est pas original en soi » (de l’aveu d’Eric Lemaître) quant à la thématique traitée, puisque des dizaines d’ouvrages ont déjà été publiés sur le sujet. La dimension inédite du livre tient à cette lecture collective et plurielle (pluridisciplinaire) du phénomène, impliquant plusieurs auteurs chrétiens issus des mathématiques, de la physique, de la génétique, de la socio-économie et de la philosophie. Il apporte aussi une réflexion théologique particulièrement poussée, soulignant à quel point les Écritures bibliques nous éclairent sur la condition de l’homme (post)moderne. 

« La Déconstruction de l’homme » nous donne une vision globale d’un phénomène totalisant (puisque « colonisant » l’être humain et son quotidien), montrant en quoi « tout est lié », et pourquoi il n’est pas pertinent de séparer/cloisonner certaines thématiques faisant habituellement l’objet de luttes isolées, qu’il s’agisse de la bioéthique, de la famille et du mariage, du numérique, de l’économie, de la consommation et de l’écologie. 

Ce livre bienvenu, d’un auteur « éveilleur des consciences », nous invite également à questionner la notion même de « progrès » et de ce qui est souhaitable et juste, à l’heure où il semble possible à l’homme « de tout faire » pour dépasser sa finitude. En cela, il dénonce fort à propos toute tentative et illusion de manipuler et de fuir le réel. A ce sujet, ne manquez surtout pas le magnifique texte d’Alain Ledain contenu dans l’ouvrage et intitulé « Renoncer à la toute-puissance et plaider pour la fragilité ». 

Toutes ces « révolutions de la Déconstruction » de l’homme sont bien inquiétantes, vu qu’il s’agit là, non d’une perspective pour demain, mais bien la réalité d’aujourd’hui. Mais comme l’explique Eric Lemaître, lors d’un entretien exclusif paru sur ce blogue, il nous est encore permis d’espérer. Son « livre n’est pas pessimiste », puisqu’« il offre au contraire une feuille de route pour ne pas subir le diktat imposé par la domestication engagée par les idéologies et les objets numériques, qui redéfinissent et remodèlent l’homme, conditionnent aujourd’hui notre existence ».

A noter ce curieux procédé, à savoir les interventions de l’éditeur sous forme de « Notes de l’éditeur » en bas de pages, exprimant « des nuances » et « (modulant) les convictions de l’auteur ». Certes, lesdites « nuances » ont été prises en compte par Eric, lequel tient à favoriser un débat constructif. Néanmoins, ces commentaires critiques – certains utiles, pertinents et éclairants – nous ont paru être de nature à rationaliser et à relativiser les propos d’Eric Lemaître, principalement sur les questions du réchauffement climatique. Une situation paradoxale, vu que « l’éditant » (ou l’éditeur) devrait normalement s’effacer derrière l’(auteur) édité !

Ceci dit, ce constat n’enlève en rien à la qualité de l’ouvrage, particulièrement recommandable. L’important étant avant tout le texte, sans la glose de l’éditeur, il appartient au lecteur de se laisser interpeller et de se forger sa propre opinion. L’important aussi, de l’aveu d’Eric, est de faire vivre un livre sans cesse « en mouvement »(3), en nourrissant des rencontres – du lecteur à l’auteur et inversement – « pour témoigner, interagir et incarner une véritable relation de face à face ».

Bref, prenez le temps de lire ce livre, qu’il est possible de se procurer à cette adresseSans oublier l’essentiel : prendre le temps de discuter ensemble des enjeux soulevés et d’agir de manière concrète et cohérente, selon de ce que nous aurons compris.

 

 

Notes :

(1) Eric est auteur de plusieurs autres ouvrages co-écrits avec Alain Ledain et d’autres auteurs : « Masculin et/ou Féminin : Peut-on choisir » publié en 2014 par la maison d’Editions FAREL et « Vers une société d’Uniformisation » publié par Ethique Chrétienne en 2015 qui préfigurait la sortie de l’essai « La Déconstruction de l’homme ». Il a contribué à plusieurs blogues (« Ethique sociale chrétienne », « Phileo-sophia »…) et anime actuellement son propre blogue « la déconstruction de l’homme » (partenaire avec Pep’s café) depuis juin 2018

(2) Plan du livre :

Première partie :

Les fondements philosophiques de la déconstruction 

1 – Un monde en mutation
2 – Critique du progressisme
3 – L’apparition du transhumanisme !
4 – Racines philosophiques et théologiques du transhumanisme
5 – Les humus du transhumanisme
6 – Les enjeux de la civilisation transhumaniste
7 – Le transhumanisme, une entreprise de déconstruction spirituelle
8 – Le transhumanisme, une vision et un système totalisants
9 – Le transhumanisme et la doctrine de la création
10 – Le transhumanisme, l’inversion théologique de l’anthropologie chrétienne

Deuxième partie :

Les révolutions de la déconstruction 

La révolution anthropologique 

11 – La révolution anthropologique : le concept de genre et ses conséquences bioéthiques
12 – La France in Vitro ou les États généraux de la bioéthique
13 – La révolution génétique, le nouvel eugénisme
14 – L’Europe a-t-elle enterré ses démons ?
15 – Le transhumanisme ou la fin de la femme ?
16 – La famille, le changement de paradigme

La révolution sociétale 

17 – Transhumanisme et révolution sociale
18 – Vers une nouvelle organisation sociale
19 – Transhumanisme et vision politique, la fin du modèle institutionnel
20 – La société iconoclaste, la nouvelle culture numérique
21 – Les mondes numériques et virtuels deviendront-ils demain des univers occultes ?

La révolution économique 

22 – La nouvelle vision économique du monde numérisé
23 – La dématérialisation de la monnaie, une quadruple menace géopolitique, économique, écologique et sociale
24 – Le culte de la consommation
25 – Babylone, la civilisation du nombre
26 – Serons-nous demain «biopucés» ?

La révolution technologique 

27 – L’avènement de la « singularité » technologique
28 – L’intelligence artificielle et le transhumanisme
29 – L’intelligence artificielle, fascination et déshumanisation
30 – Le fantasme de l’intelligence artificielle consciente
31 – Le « despotisme éclairé » de la technique

La révolution écologique 

32 – Ecologie et transhumanisme

33 – Renoncer à la toute-puissance et plaider pour la fragilité

34 – Vision sociale et économique dans une perspective biblique

 Conclusion et perspectives 

 

(3) A noter qu’une deuxième édition est en cours incluant de nouveaux chapitres, notamment une troisième partie qui s’intitulera « Alternatives » avec toute une réflexion sur l’économie de proximité et l’écologie repensée. La deuxième édition intégrera également une note de lecture pour présenter la nouvelle édition et permettre la digestion de l’essai, la bonne compréhension touchant à l’articulation de l’ouvrage en trois parties (Les fondements philosophiques du transhumanisme, les quatre révolutions transhumanistes et enfin une dernière partie consacrée aux solutions et à la nécessité de faire résilience face au monde des objets numériques). Le livre sera à nouveau préfacé par le philosophe Bertrand Vergely, lui même spécialiste du transhumanisme… Plus d’informations ici.

Gilets jaunes : 3 clés pour comprendre les raisons de leur colère

Face aux « Gilets jaunes », la sagesse serait d’apaiser la colère plutôt que de l’exacerber – et c’est là la responsabilité de celui qui a le plus de pouvoir, en l’occurrence le Président et le gouvernementDessin de « Tom », paru dans Courrier International (04/12/18)

Comment parler pertinemment du mouvement des « Gilets Jaunes », surtout après Ies nombreux « commentaires, contre-commentaires, super-commentaires, et méta-commentaires » déjà publiés sur le sujet (1) ?

De fait, « plutôt que de se précipiter pour mettre des mots d’allure savante sur des choses mal connues, ou pour fournir des interprétations toutes faites informant davantage sur les représentations de leurs auteurs que sur la réalité qu’ils prétendent éclairer »prenons du recul, comme nous y invite le chercheur Laurent Mucchielli dans « The Conversation »(2) et cherchons ensemble quels seraient « les verrous » à faire sauter, lesquels « verrous » nous empêchent de penser et de comprendre les raisons de la colère des Gilets Jaunes.

1) Premier « verrou » à faire sauter : le discours « sur » la violence

Avant tout, soyons conscients que « la violence n’est pas une catégorie d’analyse, ni un ensemble homogène de comportements. C’est une catégorie morale. La violence, c’est ce qui n’est pas bien. Dès lors, on comprend que le spectacle de la violence produise des effets de sidération-fascination-répulsion qui empêchent de penser [et délégitime globalement les manifestants]. De fait, les analyses que l’on développe généralement à partir de là sont, en réalité, triviales, donc sans intérêt. Qu’une partie des gens soient capables de comportements violents est trivial. Nous en sommes tous capables dans certaines circonstances. Et en l’occurrence, des circonstances sont réunies. Ce sont donc ces circonstances et non ces violences qu’il faut analyser.(2) 

Dit autrement par le journaliste catholique Patrice de Plunkett, si « toute violence est déplorable, déplorables aussi sont les causes de la violence ! »  Nous ne devrions alors pas être surpris par « lintervention de casseurs de tout poil, et la radicalisation” de gilets-jaunes », lesquels « sont inévitables puisque la vague de manifestations perdure. Et elle perdure parce que la rage des manifestants vient de loin ; que leurs griefs sont multiples … » et parce que le gouvernement leur répétait jusqu’à présent « qu’il n’y a rien à négocier. Ce qui équivaut à dire qu’il n’y a pas d’issue… » (3)

Or, « sans issue » ou « qu’il n’y a pas d’avenir, sinon terrible », tel est « le message débité en boucle aux Français depuis un quart de siècle », souligne encore le blogueur naturaliste « Phylloscopus » (4).

2) Deuxième « verrou » : la surpolitisation ou les tentatives de récupération politique du mouvement

Toutes les tentatives pour récupérer politiquement la colère spontanée d’un mouvement volontairement désorganisé et à la base non politisé, « sont aisément repérables et doivent être écartées. De même qu’il convient d’écarter les discours de ceux qui profitent de ces tentatives de récupération politique pour déconsidérer le mouvement »(5). 

3) Troisième « verrou » : la dépolitisation du mouvement

Il est aussi essentiel de ne pas se laisser prendre par certains discours de certains commentateurs, selon lesquels les gilets jaunes n’auraient « aucune conscience politique et rien d’autre à dire que l’essence est devenue trop chère » ou encore « qu’ils ne comprennent rien à l’économie ». Or, « les enquêtes d’opinion indiquent régulièrement que le problème n’est pas l’absence d’idées politiques de nos concitoyens mais le décalage grandissant – pour ne pas dire le gouffre béant – qui sépare ces idées de la compétition électorale et de la gouvernance politique qui en résulte, donnant ainsi l’impression à la majorité de ces mêmes citoyens que les responsables politiques se moquent d’eux et que la démocratie ne fonctionne pas ».(5)

Ces « verrous » une fois sautés, il importe de prendre au sérieux (et ne pas nous laisser surprendre par) la colère des gilets jaunes, sous laquelle se cache une très grande souffrance. Et leur manifestation est une manifestation pour la dignité, soit le droit de ne pas dire oui à tout et à n’importe quoi.

La colère des Gilets jaunes s’inscrit en effet « dans une évolution à la fois économique (le recul ou la stagnation du pouvoir d’achat), sociale (le creusement des inégalités, les difficultés du logement, de l’accès à l’université, la disparition des services publics de proximité…), territoriale (avec le déclassement réel ou ressenti des habitants des périphéries, des périurbains et des ruraux) et politique » (5)(6).

L’évolution politique implique à la fois le discrédit croissant des élites (politiques et journalistes ) et la crise de l’offre politique, avec une crise du système économique néolibéral, dans lequel les français n’ont plus confiance. Ces derniers commencent à comprendre que l’équation libérale « croissance = prospérité » est fausse et que le « trickle down » (ou dogme du « ruissellement », selon lequel l’enrichissement des riches profiterait mécaniquement aux pauvres) est un mensonge qui leur est demandé d’avaler. 

Derrière leur apparente hétéroclicité, l’on constate une certaine cohérence dans les revendications (7) : « Et si », constate le blogueur Phylloscopus, « protester à la fois contre les taxes et la perte des services publics, pour le climat et pour le droit d’utiliser sa voiture, n’avait plus rien de contradictoire ? S’il s’agissait au fond d’une revendication unique : défendre tout ce qui, jusque-là, nous a fait vivre ? »(8) Au-delà des revendications, l’exigence de justice sociale et la volonté de vivre dans l’espérance, et non plus seulement de « survivre ».

« En effet, il est écrit dans la loi de Moïse : Tu ne muselleras pas le bœuf qui foule le grain. Dieu s’inquiète-t-il des bœufs ? N’est-ce pas pour nous seuls qu’il parle ? Oui, c’est pour nous que cela a été écrit ; car il faut de l’espoir chez celui qui laboure, et celui qui foule le grain doit avoir l’espoir d’en recevoir sa part ». (1 Cor.9v9-10)

« La balle est dans le camp » du gouvernement : Apaiser la colère plutôt que l’exacerber

Dans un tel contexte, la sagesse serait d’apaiser la colère plutôt que de l’exacerber – et c’est là la responsabilité de celui qui a le plus de pouvoir, en l’occurrence le Président de la République et le gouvernement. Ce dernier « ne devrait pas attendre (espérer ?) un pourrissement de la situation pour faire la seule chose qui ramènera le calme et lui permettra de reprendre par la suite la main pour préparer plus sereinement l’indispensable transition écologique  : donner clairement raison aux gilets jaunes sur leurs revendications immédiates relatives au pouvoir d’achat (…) Emmanuel Macron a sciemment personnalisé son pouvoir, il est peut-être temps pour lui de l’assumer jusqu’au bout en faisant un vrai mea culpa sur sa politique économique et sociale »(9).

Emmanuel Macron devra aussi choisir entre ce à quoi il tient le plus ou ce qui le porte…..

[Ce à quoi il tient le plus : sa croyance en un dogme économique. Ce qui le porte : sa conviction que le respect de la dignité humaine est un non-négociable].

…..Sans oublier de méditer et de mettre en pratique cette exhortation que l’on peut lire en Esaïe 58v9-10, et que l’on croirait écrite pour notre temps ?

« Si tu éloignes du milieu de toi le joug, les gestes menaçants et les discours de rien du tout, Si tu offres à l’affamé  ce que tu désires toi-même, si tu rassasies l’appétit de l’indigent, ta lumière se lèvera sur les ténèbres, et ton obscurité sera comme le midi ».

Quant aux chrétiens, certains pourront sans doute reconnaître avec humilité, à l’instar d’Etienne Omnès dans « Phileo-sophia »(10), « qu’ils n’ont pas de réponses », et qu’ils leur restent à exercer leur ministère de « prêtre de l’Eternel » : soit la grâce (et non le mérite) de pouvoir se tenir constamment devant le Dieu « trois fois Saint », en se gardant de « tout feu (ou passion) étranger(e) », pour bénir et intercéder « dans les larmes chaque matin » : « Seigneur, aie pitié de ma nation, préserve mon pays. Donne nous la paix et l’union, la justice et la prospérité. Je ne sais pas comment ces choses doivent s’articuler Seigneur. Je te fais confiance pour trouver l’articulation parfaite. Que ton Règne vienne, que ta volonté soit faite » (10). Et les « prêtres de l’Eternel » de se souvenir constamment que « la justice et la droit » constituent « la base du trône » de l’Eternel et que « marchent devant Lui l’amour/la fidélité et la vérité » (Ps.89v15)

 

 

Notes :

(1)Voir aussi cet « essai de vision chrétienne sur les gilets jaunes » par Etienne Omnès, sur son blogue « Phileo-sophia ».

(2) « Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des Gilets jaunes ». Par Laurent MucchielliDirecteur de recherche au CNRS (Laboratoire méditerranéen de sociologie), Aix-Marseille Université, lequel nous partage « quelques enseignements tirés d’une expérience de sociologue ayant, dans un passé récent, travaillé sur diverses formes de violences sociales et politiques (notamment les émeutes), ainsi que sur les stratégies sécuritaires (notamment le maintien de l’ordre) déployées à leur encontre par les pouvoirs publics ».

(3) « Ca tourne mal. Quelles en sont les causes ? » Note de blogue de Patrice de Plunkett.  

(4) « Moratoire sur le désespoir ? » Note de blogue de « Phylloscopus » 

(5) « Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des Gilets jaunes »Laurent Mucchielli [Voir aussi « Gilets jaunes et niveau de vie, les dix graphiques de la colère », à lire sur Le Monde ]

(6) Concernant l’évolution territoriale, notons que « parmi les départements les plus mobilisés, on trouve la Haute-Loire et la Haute-Marne, territoires on ne peut plus ruraux et quasi sans ville, en tout cas sans agglomération dynamique » cf « Moratoire sur le désespoir ? » par « Phylloscopus ».

(7) Augmentation du Smic, salaire maximum, impôt sur la fortune et forte progressivité de l’impôt, Sécurité sociale pour tous, protection de l’activité économique nationale…Soit tout le contraire des « réformes » ultralibérales [toujours plus « moins d’Etat »] entreprises par le Président et sur lesquelles ce dernier ne veut pas céder, espérant le retour de la croissance sur le long terme. Sauf que, souligne Le Monde éco & entreprise du 6/12, « le désarroi du gouvernement Philippe devant la complexité contradictoire de la crise sociale actuelle pose une question de fond à laquelle personne jusqu’à présent n’a trouvé de réponse : comment concilier plus de croissance et plus de justice sociale. Dès que la croissance repart un peu, les inégalités – et leur perception par la population – se creusent au lieu de se réduire. Elle favorise les urbains et les plus qualifiés, au détriment des territoires et des chômeurs » [Cité dans « Ca tourne mal. Quelles en sont les causes ? » par Patrice de Plunkett] 

(8) « Moratoire sur le désespoir ? » par « Phylloscopus »

(9) « Deux ou trois choses dont je suis presque certain à propos des Gilets jaunes » par Laurent Mucchielli

(10) « Essai de vision chrétienne sur les gilets jaunes ». Note de blogue d’Etienne Omnès

 

 

 

Brésil : La vision non neutre du monde éducatif de Bolsonaro et de l’Ecole Sans Parti

Le projet de réforme éducative de « l’Ecole Sans Parti », actuellement en débat au Brésil, est-il « bien parti » ?

« Brésil : Le futur ministre de l’Education est un théologien évangélique », tel est le titre d’une dépêche parue le 27/11/18 sur le site « Evangéliques info »(1) et relative au programme éducatif de Bolsonaro, le nouveau président du Brésil et de son prochain ministre de l’Education, Ricardo Vélez-Rodriguez :

« …Tout comme Jair Bolsonaro, il entrera en fonction en janvier 2019. Ce théologien évangélique est un défenseur du projet «école sans parti», qui a pour objectif de limiter «l’abus de la liberté d’enseigner». Selon un article de La Croix, il affirme vouloir instaurer des conseils éthiques, qui s’assureraient que les élèves brésiliens reçoivent «une éducation moralement correcte». Professeur de philosophie à l’université de Juiz de Fora, le futur ministre de l’Education dénonce sur son blog Rocinante le système éducatif actuel qui, selon lui, «prend en otage les Brésiliens et leur impose une doctrine ancrée dans l’idéologie marxiste». Un choix essentiel pour le président brésilien, pour qui « la question de l’éducation a été au coeur de la campagne électorale » et qui « souhaite faire adopter un projet de loi stipulant que «les valeurs familiales doivent prévaloir sur l’enseignement scolaire pour ce qui est de l’éducation morale, sexuelle, et religieuse».

Cette dépêche est très exactement une reprise d’un article de La Croix (2) et d’un autre paru sur le « 20 minutes »(3). Elle nous donne à penser que le programme éducatif du Président Bolsonaro et de son futur ministre serait « évangélico-compatible » et empreint de « bonnes valeurs ». Cependant, cette reprise s’avère malheureusement partielle, ne tenant pas compte d’autres éléments importants, pourtant bien présents dans l’article-source de La Croix, et de nature à nous permettre de mieux évaluer ledit programme.

Ainsi, informer, c’est (toujours) choisir : choisir de parler d’un fait et pas d’un autre ; ou encore choisir un aspect d’une question – un « angle » – dans le traitement de ladite information. D’autre part, informer n’est pas communiquer. Informer implique de donner à voir la réalité dans toute sa complexité, tandis que communiquer ne vise qu’à montrer le meilleur. Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant, tandis que s’informer consiste à se donner les moyens de comprendre ce que l’on nous transmet.

Ainsi, une lecture plus complète de l’article-source (2) nous permet d’apprendre qu’ « après que les députés évangéliques [aient] posé leur veto (…) sur une autre personnalité du monde de l’éducation, pressentie pour le poste, mais jugée trop modérée, Jair Bolsonaro a finalement choisi ce théologien [catholique et non pas « évangélique ». NDLR] de 75 ans, diplômé en philosophie à l’Université pontificale Javeriana en 1964, et en théologie au séminaire conciliaire de Bogotá, en Colombie, avant de poursuivre ses activités au Brésil. (…) Inconnu de la communauté éducative, l’homme a été recommandé dans une vidéo Youtube par l’idéologue adulé par l’extrême droite brésilienne, Olavo de Carvalho, qui a lui-même refusé le poste (…). Dans un post publié sur son blog en 2017, Ricardo Vélez-Rodriguez juge aussi « patriotique et nécessaire » de commémorer la date du 31 mars 1964 (date du coup d’état militaire).…..il défend même l’instauration, dans toutes les écoles, de conseils d’éthique, qui viseraient à surveiller [je souligne] que les élèves brésiliens reçoivent bien « une éducation morale correcte ».

Cependant, poursuit l’article de La Croix (2), si les députés évangéliques ont été « enchantés » par cette nomination, beaucoup s’inquiètent. Qualifié « d’ayatollah » par l’éditorialiste Clovis Rossi, comparant ses conseils d’éthique à la « police morale de l’Iran », ce nouveau ministre « annonce un futur ténébreux pour l’éducation de notre pays », a réagi la Confédération des fonctionnaires municipaux (Confetam) dans un communiqué…… ».

Il est singulier qu’Evangéliques.info n’ait pas estimé fondamental de nous informer sur ces réalités-là….

Une telle nomination est toutefois logique, après examen du plan d’éducation du futur gouvernement Bolsonaro, lequel plan, estimé plutôt vague sur certains points, présente certaines priorités en la matière.

Au coeur de ces priorités, la volonté affichée de combattre ce que le Président nouvellement élu présente comme « l’un des plus grands maux [de l’éducation] aujourd’hui », lequel serait « le fort endoctrinement », mis en œuvre, d’après lui et ses partisans, par le Parti des travaileurs (PT) sous leur gouvernement (2003–2016, Lula puis Dilma Rousseff (4).

La vision éducative de Bolsonaro s’appuie sur « l’Ecole sans parti » (« Escola Sem Partido »), un projet de réforme de l’enseignement datant de 2004, actuellement examiné au Parlement fédéral et faisant l’objet d’un débat intense au Brésil, au point de diviser au sein même du corps enseignant et des familles. Les opposants l’appellent « Lei da mordaça » ou « loi de la muselière ». « À l’origine »peut-on apprendre sur le site bien documenté de « l’Observatoire Pharos du pluralisme culturel et religieux »(5), « il s’agit d’un mouvement civique de groupes de parents et d’enseignants inquiets de l’endoctrinement et de la pensée unique qu’ils constatent dans les écoles fréquentées par leurs enfants. De nombreux élèves, parents et enseignants se plaignent du fait que les enseignants imposent leur idéologie, leurs opinions politiques [souvent « de gauche »] ou religieuses. Le manifeste du mouvement réclame que soient affichés dans les écoles les « devoirs de l’enseignant ». Ce mouvement civique évolue ensuite aux stades politique et judiciaire, lorsqu’en 2014, certains partisans du mouvement déposent des projets de loi aux niveaux locaux ou nationaux, inspirés par le manifeste. Par la suite, certains parents font pression sur des enseignants ou portent plainte contre ceux qui ne respectent pas la nouvelle législation ».

Aujourd’hui, la proposition de réforme de l’enseignement – en discussion au Parlement fédéral – propose, entre autres, de proscrire l’enseignement de matières traitant du genre ou de l’orientation sexuelle. Elle prévoit aussi d’imposer à l’enseignant le devoir de « neutralité » en lui interdisant la promotion de ses préférences idéologiques ou religieuses en classe, ou de rendre obligatoire l’affichage dans les salles de classe d’ une plaque (de 90 centimètres de haut sur 70 de large) décrivant les « six devoirs du professeur » du manifeste initial – comme le respect du droit des parents pour que leur enfant reçoive une éducation morale et religieuse en accord avec leurs convictions – avec un numéro de téléphone anonyme pour que les élèves puissent dénoncer les enseignants qui chercheraient à les « endoctriner »(sur les questions politiques, religieuses ou liées à l’orientation sexuelle).

L’on peut comprendre toute la légitimité des préoccupations des parents, soucieux du respect de la liberté de conscience de l’élève et de l’éducation qu’ils donnent à leurs enfants. Les partisans du projet considèrent par ailleurs que « l’école est un lieu de transmission d’un savoir, qui doit viser autant que possible la neutralité. Considérant que toute interférence est une violation du droit des parents à élever leurs enfants suivant les principes qui leurs sont chers, ils accusent les enseignants de ne pas respecter la liberté d’opinion, de croyance et de conscience des familles et des élèves ». Sauf que l’enseignant n’est pas un simple « instructeur » ou « une machine » ayant pour seule vocation de « recracher » un contenu « neutre et objectif », sans aucune interaction avec ses élèves.  D’autre part, pour de nombreux observateurs, si les excès commis par des enseignants sont réels, ils demeurent marginaux (5).

Ceci dit, ce projet de « l’Ecole sans parti » s’avère en réalité dangereux et pervers, pour plusieurs raisons :

– Parce que le fond de ce projet se résume à :« vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ». Etantfondé sur « une crispation identitaire autour de questions de mœurs, de croyance et de sécularisation », il risque de provoquer « une judiciarisation des rapports enseignants-parents »(5), nourrissant un climat de peur et de méfiance mutuelle.

– Parce qu’il vise à neutraliser les professeurs – présentés non comme des acteurs de la formation des élèves mais comme « une menace à contenir » – en instaurant un état de censure et de chantage permanent, de nature à affaiblir leur autorité et à remettre en question leur droit constitutionnel à exercer leur liberté pédagogique. En outre, il est à craindre que, du fait de l’interdiction d’aborder certains sujets en classe [tels que liberté et orientation sexuelle, darwinisme], au nom du respect des opinions politiques, morales ou religieuses, et pour mieux combattre certaines idéologies sous-jacentes, il devienne difficile, voire impossible, de parler d’autres sujets, tels les droits des minorités et des femmes, le racisme, la violence, les inégalités/injustices, la dictature, les croyances…..

– Parce qu’il encourage la délation d’un enseignement dénoncé comme « politisé » : « Depuis cinq ans, on reçoit de plus en plus de témoignages de professeurs menacés, exposés sur les réseaux sociaux ou renvoyés », rapporte Diogo da Costa Salles, professeur d’histoire de 26 ans au primaire et au collège à Rio, et l’un des coordinateurs de « Professeurs contre l’École sans parti », un mouvement créé contre la loi « Escola sem partido » (École sans parti). La tendance s’est accentuée depuis la récente campagne électorale, d’autant plus qu’au lendemain de l’élection de Jair Bolsonaro, une députée de son parti a appelé dans une vidéo à filmer les professeurs qui « endoctrinent » pour dénoncer leurs « discours politico-partisan ». Un appel repris par Jair Bolsonaro quelques jours plus tard…..»(6)

–  Parce que sous couvert d’imposer « la neutralité » dans l’enseignement, ce programme éducatif favorise en réalité un nouvel endoctrinement à l’école, sous prétexte d’en extirper un autre. D’autant plus que choisir/imposer d’être « neutre », ou ne pas parler de certains sujets, est déjà en soi un acte politique ! (6)

Dans ce « package idéologique », nous trouvons une vision utilitariste et marchande, avec la volonté de faire de l’école un lieu de transmission d’une idéologie économique et sociale (le libéralisme) et un lieu de formation d’une main-d’oeuvre bon marché, plutôt qu’un lieu de stimulation d’une pensée critique, de pluralisme et de diversité. Cette volonté est illustrée par cette déclaration à l’agence de presse Agência Brasil du Président Bolsonaro lui-même – qui a nommé comme « super ministre » de l’économie Paulo Guedes, formé à la très libérale « école de Chicago » – comme quoi l’école devra être «un lieu où l’on apprend la physique, les mathématiques et la chimie pour faire en sorte d’avoir, à l’avenir, de bons emplois, de bons patrons et de bons libéraux »(3).

Un autre souhait du futur gouvernement est le retour aux programmes scolaires de l’éducation morale et civique, matière abolie après la fin de la dictature militaire. Ainsi, le général Aléssio Ribeiro Souto, l’un de ceux nommés par Bolsonaro pour élaborer le plan d’éducation, remet en question la théorie de l’évolution pour défendre le créationnisme dans l’enseignement scientifique. Mais il prêche aussi un révisionnisme historique de la période dictatoriale dans les cours d’histoire, exigeant que la «vérité» sur le régime soit dite. A noter que contrairement au matériel didactique utilisé par les écoles militaires brésiliennes [dans lesquelles est intervenu Aléssio Ribeiro Souto], qui parlent du coup d’Etat de 1964 comme de l’«évolution de 1964», les livres du Ministère de l’éducation définissent le régime comme une dictature ».

Autre priorité de Bolsonaro et de ses partisans « effacer l’idéologie de Paulo Freire » (1921-1997), en référence à l’une des grandes figures de l’éducation dans le pays, connu pour sa théorie de la pédagogie de l’opprimé. Sauf qu’à l’heure actuelle, ni les programmes de base ni les programmes de l’école secondaire ne se réfèrent aux méthodes de Freire – pas plus qu’ils ne contiennent le mot «genre», qui a déjà été retiré des plans d’éducation en raison de pressions politiques. En réalité, selon Daniel Cara, coordinateur de la campagne nationale pour le droit à l’éducation et ancien candidat au Sénat pour le PSOL, « le rejet de Paulo Freire est une stratégie parce qu’il symbolise la stimulation de la pensée critique. Ce que Freire défend est accepté dans le monde entier….».(4)

Bref, l’Ecole semble bien « mal partie » sous Bolsonaro, pour qui la mise en œuvre d’un tel plan éducatif ne sera pas aisée, puisque le Président brésilien se heurtera, l’an prochain, au Conseil national de l’éducation, un organe indépendant qui accompagne les décisions du ministère.

Ceci dit, Olavo Nogueira Filho, directeur du mouvement Tout pour l’Education, très critique envers le manque de profondeur des projets de Bolsonaro, regrette que le débat sur la politique éducative n’ait pas eu lieu durant la campagne électorale. Il espère que le nouveau gouvernement sera « disposé à écouter les nombreuses propositions à l’étude dans la sphère interpartis, afin de rechercher des progrès durables dans ce domaine.»(4)

Et quant à l’historienne Lilia Schwartz, elle regrette aussi, dans une tribune pour le journal en ligne Nexo, qu’autant d’énergie soit mobiliser à discuter d’un projet si obscurantiste, qui fragilise les maîtres et retire aux élèves le droit à une éducation critique ». Pour elle, le « problème majeur n’est pas “l’endoctrinement”– qui n’a d’ailleurs jamais été sérieusement étudié », mais « l’éducation défaillante que nous proposons. » (6)

Or, à l’inverse d’une telle conception « autoritaire » et « régressive » de l’éducation, laquelle fait de façon contradictoire « la promotion de l’endoctrinement à l’envers », l’école devrait être le lieu où l’on apprend à aimer la vérité et où l’on apprend à penser, pour penser par soi-même. Non seulement pour devenir un être responsable et autonome, mais aussi pour ne pas être fataliste face aux « horreurs » de notre histoire passée ou présente, que le petit d’homme va découvrir peu à peu en s’ouvrant au monde réel. Et non en s’enfermant dans un univers clos, fantasmé et idéalisé. L’école devrait aussi être un lieu de vie et d’apprentissage, où enfants et adultes apprennent à vivre réconciliés – avec eux-mêmes, les autres et leur environnement – bâtissant des relations de confiance, dans la paix et le respect.

Prions pour que de bons choix éducatifs soient faits au Brésil, pour de belles écoles où l’on ferme la porte au rejet, à la haine et à l’ignorance, et où l’on ouvre l’horizon des enfants.

 

 

Notes : 

(1) http://www.evangeliques.info/articles/2018/11/27/bresil-le-futur-ministre-de-l-education-est-un-theologien-evangelique-19138.html

(2) https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/theologien-tete-ministere-bresilien-leducation-2018-11-25-1200985390 [Ricardo Vélez-Rodriguez sera finalement limogé et remplacé, début avril 2019, par Abraham Weintraub, venu de la finance cf http://www.lefigaro.fr/flash-actu/bresil-bolsonaro-limoge-un-2e-ministre-celui-de-l-education-20190408 ]

(3) https://www.20minutes.fr/monde/2378723-20181123-bresil-nouveau-ministre-education-bolsonaro-philosophe-theologien

(4) https://alencontre.org/ameriques/amelat/bresil/bresil-bolsonaro-lance-la-bataille-contre-les-ideologies-nocives-dans-le-systeme-educatif.html

(5) https://www.observatoirepharos.com/pays/bresil/reforme-de-lenseignement-renforcer-ou-limiter-le-pluralisme-dopinions-pt/ (Voir aussi : https://journals.openedition.org/bresils/2856). Rappelons qu’au Brésil, l’État ne gère directement qu’une minorité des écoles. Les écoles sont en majorité privées ou semi-privées. Les programmes scolaires existent, mais peuvent varier d’un État à l’autre. Les manuels également. La marge de manœuvre pédagogique, didactique et idéologique des écoles est très grande. La religion est une matière enseignée dans le cadre scolaire. Les enseignants ont également le droit constitutionnel d’exercer leur liberté didactique. Ils doivent cependant respecter les principes de la Constitution qui protègent l’enfant de tout endoctrinement et qui garantissent la liberté éducative des parents.

(6) https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Au-Bresil-enseignants-sinquietent-detre-places-surveillance-2018-11-28-1200985996 

L’action du mois : dire non au « Black Friday », journée (au) rabais

« Piqué » sur le compte Twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/11/18)….

“Je crois fondamentalement dans le marché, mais nous devons admettre qu’il ne fonctionne pas” :  cette phrase extraordinaire a été prononcée le 18 novembre par Timothy D. Cook, successeur de Steve Jobs au poste de directeur général d’Apple…

« Chaque mot de sa phrase mérite examen », souligne le journaliste Patrice de Plunkett dans une note de blogue. « Elle pose que le marché est “fondamentalement” objet de foi : Tim Cook “croit dans le marché” tout-puissant (comme le Credo dit : “I believe in God the Father Almighty”) ; attitude propre à la religion, non à l’analyse économique. Le libéralisme n’est pas une science, c’est un culte… Mais Tim Cook constate aussi que le marché “ne fonctionne pas”. En conclura-t-il, comme les théologiens chrétiens, que la toute-puissance de ce dieu Marché – comme celle du Père (almighty) au sein de la Trinité –  s’exprime non en termes de fonctionnel utilitaire mais de don gratuit ?  Impossible, puisque le dieu Marché est celui de l’échange vénal !  Première impasse.

Deuxième impasse : c’est précisément dans le domaine de l’échange vénal, son exclusif domaine, que ce dieu objet de foi – le Marché – ne fonctionne pas” selon Tim Cook. Du coup, la foi de ce patron dans le Marché paraît vouée à l’avis méprisant du prophète (1 Samuel 12v21) sur les idoles :   “Ces choses de néant…”

Fort de ce constat d’iconoclaste, prenons du recul sur un phénomène venu des Etats-Unis et imposé en France par la grande distribution et les marques : il s’agit du « Black Friday » (vendredi noir), une journée (au) rabais aux USA.

En effet, comme tous les ans, les Américains se ruent littéralement dans les magasins ce vendredi 23 novembre, au lendemain de Thanksgiving, espérant profiter d’ une semaine de promotions démentielles avec réductions allant jusqu’à 80%. Un véritable phénomène donnant lieu à des scènes de liesse(sic) chaque année et avec des rues « noires de monde ». Cette « folie » préventive est censée être la stratégie choisie par les consommateurs pour éviter cette autre folie du mois de Décembre en magasins, à l’approche de la fête de Noël.

En France, comme son nom ne l’indique pas, le « Vendredi Noir » s’étend en réalité sur tout un week-end, les Français ne disposant pas dans leur calendrier d’un jour férié dédié à cette fête religieuse de la consommation….

Certes, un tel événement commercial « boostera certainement l’économie » (au profit de qui ?), mais elle a surtout de quoi interroger sur les coûts environnementaux et sociaux de cette consommation de masse : un « vendredi noir » pour la planète et les êtres humains, réduits à l’état de troupeaux de « con-sommateurs » !. Et ce, alors qu’autour de nous certains ont le courage de dire leurs difficultés à remplir le frigo, à acheter un jouet à leurs enfants, …et ce alors que les lignes SNCF secondaires ferment, des départements sont sans médecins, des villes étouffent, qu’il n’y a plus d’aménagement du territoire….au nom de la seule loi du bankable, justifiant d’abandonner le reste.

Ceci dit, que faire ?

A Sao Paulo, le 9 décembre 2013, les étudiants de l’école de communication et d’art de l’université de Sao Paulo investissent un centre commercial de Natal, pour une marche des zombis « blind ones » contre le consumérisme aveugle.

D’abord ouvrir les yeux.

Les lecteurs se souviendront sans doute de cette forme « d’artivisme », nous invitant à la réflexion et à l’action responsable et juste. Un certain lundi 9 décembre 2013, alors que la classe aisée brésilienne prépare fébrilement les fêtes de fin d’année, un défilé original investit un temple de la consommation, le centre commercial de Natal, interrompant un temps la frénésie consumériste. « Quarante personnes déambulent en silence dans les galeries, avançant lentement comme des automates, les yeux bandés et le corps recouvert d’une épaisse couche d’argile. A l’origine de cette performance artistique intitulée « Blind Ones », les étudiants de l’école de communication et d’art de Sao Paulo. Ils ont interprété une oeuvre créée par leurs professeurs, les metteurs en scène et chorégraphes Marcos Bulhoes et Marcelo Denny. Eux-mêmes se sont inspirés du tableau de Pieter Bruegel, « La Parabole des aveugles »[1568], où les personnages, non-voyants, s’accrochent désespérément les uns aux autres avant de vaciller ensemble dans le fossé. Le titre de l’oeuvre fait référence à la parole du Christ adressée aux Pharisiens : « Laissez-les. Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Or, si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse » (Matthieu 15v14-24). En réactualisant cette parabole, les auteurs souhaitent « provoquer une réflexion sur notre aveuglement face à la consommation ». Dans un monde qui érige en vertu cardinale la transparence, qui veut pour autant savoir les conditions de fabrications des objets achetés ? Qui s’interroge sur l’origine de son désir consumériste et de ses conséquences irréversibles ?

Mettant en scène l’acte de dévotion permanent des populations occidentales envers la marchandise, dénonçant l’instinct grégaire et la désolante condition de l’homme vide aux mains pleines, cette performance artistique invite à agir et à réfléchir ».

Et pour cela, il convient de prendre le temps de s’arrêter…

« Foireux liens » de novembre (30) : « une certaine conception de l’homme » (des droits et de la dignité)

Les « Foireux liens » de Novembre et autant de réflexions sur « une certaine conception de l’homme », de la dignité et des droits des minorités…

Bonjour ! Les « Foireux liens » tant attendus sont de retour ! Au menu de cette édition : Prix Nobel de la Paix pour Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes » et Nadia Murad ; acquittement d’Asia Bibi, Réforme de l’Etat et des services publics, réforme de la laïcité, rapport du Comité d’Ethique, « Pétain, Macron et la mémoire », hausse du prix à la pompe et dossier sur la chaussure, élection présidentielle au Brésil et « midterms » aux Etats-Unis, racisme et antisémitisme, Référendum en Nouvelle Calédonie….et bien d’autres encore ! Bonnes lectures !

 

1) Prix Nobel de la paix pour un médecin congolais et une yézidie, ancienne esclave de Daech

Le prix Nobel de la paix 2018 a été attribué au Congolais Denis Mukwege et à la yézidie (adepte d’une religion monothéiste) irakienne Nadia Murad, ancienne esclave de Daech, pour leur combat pour mettre fin à l’utilisation de la violence sexuelle comme arme de guerre.

2) Asia Bibi, nouvelle icône de l’indépendance de la justice pakistanaise ? 

L’arrivée au pouvoir d’Imran Khan a entraîné une série de changements institutionnels au Pakistan. Le chef de l’autorité judiciaire (Chief of Justice en anglais) a changé de visage : ce dernier devait être en accord avec les attentes progressistes du gouvernement dans un Pakistan toujours divisé, entre une zone au nord-ouest où les conflits, certes apaisés, existent toujours et un pays encore sous l’influence de certains leaders fondamentalistes cherchant constamment à instrumentaliser le fait religieux à des fins politiques. Il fallait pour lui, également, composer avec le pilier du régime pakistanais : l’armée. Quoiqu’il en soit, la trajectoire pakistanaise demeure fidèle à ces dernières années : elle est floue.
C’est finalement Asia Bibi* qui est devenue le point d’interrogation devant la Cour suprême. Existait-il suffisamment de preuves pour condamner cette jeune chrétienne sur le fondement du blasphème ? Ce même délit qui est devenu l’apanage de plusieurs religieux afin de réprimer les minorités au Pakistan et dont la définition et les contours sont aussi flous qu’ils sont juridiquement insaisissables.

*Accusée de blasphème et condamnée à mort, Asia Bibi a passé 8 ans en prison au Pakistan. Son acquittement a provoqué la paralysie du pays, bloqué par des manifestants islamistes….

3) L’Avis du comité d’éthique (rapport du 25/09) : des réactions catholiques et protestantes

« Face à la vague », une réflexion publiée sur le blogue « Les Cahiers libres »

Extension de la pma, tests génétiques, dépistage anténatal, autoconservation des ovocytes … Il y a de quoi être sonné par le rapport du CCNE publié le 25/09, tant il ouvre de vannes. Même s’il n’est que consultatif, on sent comme une grande vague prête à emporter les dernières digues d’une certaine conception de l’humanité. Chacun perçoit qu’il s’agit d’un mouvement de fond que deux- trois pétitions, et même des argumentaires de bon sens, ne feront pas reculer facilement.

Comment en est-on arrivé là ? Que peut-on faire ? Quelques tentatives de réponses en profondeur à ces deux questions, en prenant un peu de recul.

Produire la vie, produire sa mort ? Repères chrétiens face aux questions de bioéthique d’aujourd’hui

Le 1er novembre 2018 à l’Eglise d’Altkirch, la rencontre inter-Eglises mennonites a rassemblé environ 150 personnes. Luc Olekhnovitch, pasteur des Eglises évangéliques libres et président de  la Commission d’éthique protestante-évangélique, était l’orateur principal. A découvrir les enregistrements des 4 exposés, avec une bibliographie et l’accès à d’autres documents, « pour aller plus loin »

4) Réforme de l’Etat : l’Ere des managers de la fonction publique ?

Avec plus de six mois de retard, le Premier ministre Edouard Philippe a dévoilé le lundi 29/10 les annonces « transversales » sur la réforme de l’Etat. Le rapport CAP22, qui avait fuité dans la presse pendant l’été, laissait déjà augurer des pistes de réforme. Si l’intégralité dudit rapport n’a pas été conservée, l’état d’esprit de la réforme demeure dans la continuité de ce qui était prévu, avec pour objectifs d’atteindre les 3% de déficit public autorisés par la commission européenne et une diminution de 50 000 postes d’agents publics d’Etat à l’horizon 2022. Les trois quarts des recommandations du rapport CAP 22 sont conservées, notamment sur les questions posées par l’audiovisuel public, le fonctionnement du système de santé ou encore l’administration fiscale. La digitalisation des services occupe une grande place dans cette feuille de route. Il est ainsi envisagé que 100% des services publics soient dématérialisés d’ici 2022 en rendant la plupart des services accessibles depuis internet, comme par exemple la possibilité d’inscrire son enfant dans un établissement scolaire. Si la possibilité d’effectuer des démarches par internet n’est pas en soi une mauvaise chose, c’est quand elle devient un moyen de substitution à une présence de moyens humains sur le terrain que cela pose problème….

5) La Justice de demain : « prédictive » et « expéditive » !

Ou les conséquences du recours à un système judiciaire impacté par l’Intelligence Artificielle. Une analyse lucide et pertinente d’une réalité glaçante par Eric Lemaître, à lire sur « La Déconstruction de l’Homme », blogue partenaire de Pep’s café!

6) Comment La Poste se joue des élus et des usagers pour fermer toujours plus d’agences locales

Saviez-vous que La Poste est exemptée à 95 % de taxe foncière et de contribution économique territoriale ? Que cet argent économisé est censé lui permettre de « moderniser » les bureaux de poste grâce au « fonds postal national de péréquation territoriale » ? Mais que La Poste s’en sert en réalité pour en fermer un maximum en les transformant en petits relais postaux ? Connaissez-vous les « modes opératoires » publiés par La Poste pour expliquer à ses cadres locaux comment fermer habilement un bureau, même s’il ne désemplit pas ? Vous a-t-on dit que l’État et les élus locaux sont souvent complices de cette destruction du service public ? Grâce à quelques documents internes, Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, vous explique quelques combines de la direction de La Poste.

7) Quel est le rôle des pétroliers dans la hausse des prix à la pompe ?

Les mouvements sociaux de protestation contre les prix des carburants se multiplient sur le territoire français, avec notamment la grande action des « gilets jaunes » qui a eu lieu le 17 novembre. Or, dans ce contexte, les multinationales du secteur pétrolier, qui sont pourtant présentes sur toute la chaîne d’exploitation, de l’exploration à la distribution, ne font curieusement pas l’objet d’une véritable attention. L’ objectif du présent article est ici d’apprécier le lien qui pourrait exister entre la rentabilité de ces groupes et le cours du pétrole qui, in fine (et au-delà des taxes), est à l’origine de l’inflation actuelle des prix à la pompe. C’est ce qui permettra d’apprécier l’influence que ces groupes pourraient avoir ou non sur ce phénomène.

8) Ceci n’est pas un numéro sur la chaussure 

La revue « projet » a interviewé nos chaussures, lesquelles « n’ont rien caché de leurs conditions de fabrication, de leur empreinte écologique, de la répartition de leur prix de vente. Elles nous ont révélé un monde à côté de ses pompes. Et demandé, à coups de pied aux fesses : quand changerons-nous donc de modèle économique ? »

9) France : 10 000 étudiants en grandes écoles contre « le culte de la croissance » et pour un « réveil écologique »

Un manifeste, signé par plus de 10 000 étudiants, appelle le monde économique au réveil écologique. Dans ce texte, des étudiants issus des grandes écoles françaises s’engagent à ne pas travailler pour des entreprises polluantes.

10) Macron envisage d’amender la loi de 1905 sur la séparation de l’Eglise et de l’Etat

Une réflexion est en cours pour « réduire l’influence étrangère » et prévenir les dérives intégristes. Et au cœur de la réforme voulue par l’Elysée : l’argent…..

11) « La Laïcité n’est pas une recette de cuisine mais une exigence démocratique »

Un article de Valentine Zuber, historienne, relatif au débat actuel sur la laïcité.

Voir aussi : Lois religieuses, lois étatiques

Quels sont les rapports entre le droit de l’État et les normes religieuses ? Pour répondre à cette épineuse question en évitant les polémiques, il est important de regarder de plus près comment les juges et les États considèrent ces normes religieuses. Zoom sur la France et l’Europe.

12) « De Corvée de centenaire »

Ou comment « pour un décideur moderne, les vieilles histoires ne doivent pas déranger le business, un point c’est tout. Aussi le centenaire [de 1918] prend-il cette allure calamiteuse d’une cohorte présidentielle qui tient à faire savoir, de la manière la plus claire possible, qu’elle expédie là une insupportable corvée que seul le hasard calendaire et les puériles beautés d’un chiffre rond ont parachuté dans son agenda ».

Voir aussi « Pétain, Macron et la mémoire »

13) Référendum en Nouvelle Calédonie : la victoire en demi-teinte du non à l’indépendance

S’il donne un ancrage légitimé par les urnes à la France, ce vote ouvre aussi une nouvelle phase de dialogue avec des indépendantistes confortés par les résultats.

Voir aussi : https://theconversation.com/nouvelle-caledonie-un-vote-suivi-de-tres-pres-dans-la-region-pacifique-106114

14) Brésil : « apocalypse now »

Ce qui s’est passé au Brésil est d’une importance capitale pour les démocraties occidentales, déjà rongées par la montée de droites radicales, souvent dites « populistes ». Comment un pays, dont les habitants considèrent à 69 % la démocratie comme le meilleur des régimes, peut-il se précipiter dans les bras d’un ancien capitaine de parachutistes, politicien de troisième zone depuis 30 ans, dont la seule ligne claire, depuis ses débuts en politique, est l’apologie de la dictature, de la torture, du meurtre ?Le Brésil est actuellement le théâtre d’une hystérie et d’un aveuglement collectifs aux proportions inédites, lequel doit être analysé et médité à la mesure de sa gravité.

15) Une semaine après, voici les vrais résultats des midterms et ils sont mauvais pour Trump

Finalement, les résultats des midterms sont pires que prévu pour les républicains. Un signal dangereux pour Donald Trump à deux ans de l’élection présidentielle de 2020.

Voir aussi https://www.telerama.fr/medias/les-resultats-en-trompe-loeil-des-midterms,-symbole-des-failles-des-medias,n5893771.php

16) Aux États-Unis, la haine raciste et antisémite alimentée par les thèses du « post-nazisme »

Le samedi 27 octobre 2018, un homme entre dans une synagogue de la ville de Pittsburgh (Pennsylvanie), aux États-Unis, ouvre le feu en hurlant des insultes antisémites, entrecoupé de « Tous les Juifs doivent mourir ! ». Onze personnes meurent. L’an passé à Charlotteville (Virginie), ville moyenne de ces mêmes États-Unis, une manifestation de militants racistes et autres suprémacistes blancs criait : « Les Juifs vont nous remplacer ! » Les agressions physiques antisémites se multiplient dans ce pays. Selon un article du Monde, qui reprend les chiffres de l’Anti-defamation League, elles auraient même progressé de 57 % depuis deux ans. Selon le même article, les chiffres du vandalisme de lieux religieux auraient quant à eux augmenté de 86 % durant la même période. Cette haine antisémite se nourrit des thèses de l’extrême droite étatsunienne, très active et surtout très vivace.

17) Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

À l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise….Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural….Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ?

18) Le Musée de la Bible retire de faux manuscrits

Cinq fragments des manuscrits de Qumrân, exposés au Musée de la Bible à Washington, ont été reconnus comme faux. Ils ont été retirés de l’exposition et remplacés par trois autres fragments qui ne montrent pas les mêmes anomalies.

Voir aussi https://fr.aleteia.org/2018/10/25/ce-que-lon-sait-des-sept-faux-manuscrits-de-la-mer-morte/

19) L’Apôtre et le philosophe

Sénèque, le plus grand auteur classique du 1er siècle ap JC, était contemporain des Apôtres chrétiens et l’Apôtre Paul a séjourné à Rome en même temps que lui. En partant de là, une légende s’est diffusée dans l’Eglise chrétienne, selon laquelle Sénèque aurait connu Paul, se serait intéressé à son enseignement et peut-être même converti au christianisme par lui. Cette légende, longtemps marginale, a refait surface à la Renaissance chez des auteurs avides de « christianiser » les classiques païens nouvellement redécouverts. Qu’en est-il réellement ?

20) #Balancetonporc a passé 3000 ans !

« Un progrès moral de notre société, vraiment ? L’affaire Weinstein, ce producteur hollywoodien dénoncé par des dizaines d’actrices pour diverses atteintes sexuelles, a déclenché une libération de la parole des femmes. #meetoo, et #Balancetonporc en francophonie, ont mené bien des femmes à oser parler des actes abusifs dont elles sont les victimes. Certains se plaignent des évolutions morales négatives de leur société. Ici, au contraire, notre foi en la Providence divine nous amène à nous réjouir du réel progrès que constitue la possibilité même d’en parler ». Ou comment la foi chrétienne n’est en rien « pudibonde »…

21) Recension du livre « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître

Après notre interview de son auteur, découvrir une première recension du livre-événement consacré au transhumanisme sur le blogue Phileo-sophia.

22) Pourquoi « l’affaire Ghosn » ne devrait étonner personne : parce que « Greed is good ! »

Manager de l’alliance Renault-Nissan, demi-dieu de la finance globale, M. Ghosn gagnait 16 millions par an dont 9,18 millions chez Nissan à Tokyo. Néanmoins, il fraudait le fisc depuis des années ! (C’est Nissan qui le dénonce aujourd’hui). Frauder le fisc quand on dispose d’une telle fortune : pourquoi ? Parce que ! C’est une forme de démence décrite par le personnage de « Gordon Gekko » (joué par Michaël Douglas) dans « Wall Street », le film d’Oliver Stone (1987) : « Greed is good ! »

Ces « Foireux liens » sont terminés. Merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en janvier.

« Foireux liens » de septembre (29) : services publics, bioéthique, lobbying, démocratie…

« Ça coûte un pognon de dingue » aurait pu être le sous-titre du rapport du comité Action publique 2022 (et ses 22 propositions pour économiser une trentaine de milliards d’euros dans la sphère publique), sorti dans une indifférence quasi générale à l’heure où l’affaire Benalla focalise l’attention des Français, des journalistes et des organisations politiques…..

Les « Foireux liens » font leur rentrée ! Je suis certain que vous êtes impatients de les retrouver !

Au menu d’une sélection particulièrement dense (bien entendu, à ne pas lire d’une traite et de façon superficielle) : de grandes enquêtes – sur les enseignants et la laïcité, les multinationales et le lobbying ; des analyses sur le travail du dimanche, la puce électronique ; le très attendu – ou redouté – rapport du comité Action publique 2022 – et ses 22 propositions pour économiser une trentaine de milliards d’euros dans la sphère publique, la démission de Nicolas Hulot et la crise écologique, l’antisémisme et l’extrême-droite en Europe, « le macronisme » et la question de la séparation des pouvoirs en France, les enjeux bioéthiques….

Bonnes lectures !

 

1) Une grande enquête sur les enseignants et la laïcité

Le Comité Nationale d’Action Laïque (CNAL) – créé en 1953, qui rassemble les parents d’élèves de la FCPE, la fédération des DDEN, la Ligue de l’enseignement, le syndicat Unsa Education et le syndicat SE-Unsa – a mené une grande enquête sur les enseignants et la laïcité. Un sondage réalisé par l’Ifop auprès d’un échantillon représentatif de 650 enseignants en janvier 2018 permet d’obtenir des statistiques sur le vécu des professeurs du primaire et du secondaire, qu’ils exercent en REP ou non. Ce sondage a été complété d’une enquête qualitative menée par le CNAL auprès de 1 000 enseignants pour affiner les résultats.

2) Serons-nous demain « biopucés » ?

Il y a quelques années de cela, Eric Lemaître publiait sur un réseau social un texte portant sur l’émergence possible d’un identifiant cutané susceptible demain d’opérer une forme de contrôle des populations. Ce texte avait alors surpris un de ses amis, persuadé qu’il se laissait « conquérir, voir même vampirisé » par un quelconque site complotiste. Il revient aujourd’hui sur le sujet, sous une forme documentée, étayée et argumentée, à découvrir sur son blogue « Déconstruction de l’homme »(par ailleurs notre partenaire). Ainsi, au-delà d’une amusante « anecdote domestique »(le refus de faire tatouer électroniquement son chat Noé), voici comment subrepticement l’idée d’une puce électronique semble faire son chemin en Europe, n’ayant besoin d’aucun site complotiste pour en faire sa promotion.

3) « Service public, se réinventer pour mieux servir » : les 22 propositions « pour changer de modèle » du Comité Action public 2022

Le gouvernement voulait le garder secret, les médias (Le Figaro, Les Echos…) en avaient révélé certaines parties, le syndicat Solidaires Finances publiques – un syndicat de Bercy – l’a publié le 20 juillet. De quoi s’agit-il ? Du très attendu – ou redouté – rapport du Comité Action publique 2022 – et ses 22 propositions pour économiser une trentaine de milliards d’euros dans la sphère publique – désormais disponible. « Ca coûte un pognon de dingue » aurait pu être le sous-titre de ce rapport sorti dans une indifférence quasi générale, à l’heure où l’affaire Benalla focalise l’attention des Français, des journalistes et des organisations politiques. Pourtant, ce rapport, saturé par la terminologie managériale (viser la rentabilité et l’efficacité, ou « faire mieux en dépensant moins ») et d’inspiration néolibérale (visant le « moins d’Etat ») correspond à une véritable feuille de route pour le reste du quinquennat.

4) Noter ou ne pas noter à l’école ? Et si nous nous trompions de question ? 

La note à l’école fait régulièrement débat sous nos latitudes. D’un côté, on la condamne, car non seulement elle serait subjective, mais elle démotiverait les élèves, les humilierait, et servirait des finalités telles que la préservation des élites ou le maintien d’un pouvoir de l’enseignant sur sa classe. De l’autre, on la plébiscite, arguant notamment qu’elle donnerait des messages clairs, participerait à encourager une émulation au travail et récompenserait les méritants. Ces arguments, qu’ils soient représentatifs d’idées reçues ou issus de résultat de recherches, sont aujourd’hui devenus des poncifs qu’il s’agit de dépasser. Ultime déclinaison de cet affrontement, se demander s’il faut garder ou remplacer la note à l’école par un système alternatif est aujourd’hui un faux problème. Explications.

5) Selon une étude, 50 % des offres de Pôle emploi sont illégales voire inexistantes

Le Comité national des travailleurs privés d’emploi et précaires (CNTPEP-CGT) vient de publier les résultats d’une étude réalisée les 30 et 31 août 2018, portant sur les offres disponibles sur le site internet de Pôle emploi. Résultat : sur les 1708 offres étudiées, 50% contenaient, selon cette étude, des mentions illégales. « Cela signifie que ces annonces contreviennent au code du travail, mais aussi au référentiel interne de Pôle emploi qui reprend cette réglementation en y ajoutant quelques précisions techniques », précise Tennessee Garcia, coordinateur de l’étude et membre de la CGT.

6) Près de Rennes, 100 salariés de Cora manifestent contre le travail du dimanche

Et ce, devant des clients plutôt solidaires.

Le travail du dimanche, ce « serpent de mer » des débats publics, a à nouveau refait surface pendant l’été : Dans une tribune parue le 19 août dans le JDD, plusieurs députés de La République en marche (LRM) plaident pour un nouvel assouplissement de la législation encadrant le travail dominical. Or, les possibilités de dérogation à la législation encadrant le travail dominical, qui concerne un salarié sur cinq, sont déjà nombreuses, mais sans que des éléments objectifs ne viennent démontrer son bénéfice. On manque en effet d’un bilan officiel, car les derniers chiffres remontent à mars 2017. L’impact de la loi de 2015 sur le chiffre d’affaires et sur les créations d’emplois reste méconnu. Avant d’aller plus loin, un nouveau bilan serait utile.

7) Le véritable bilan annuel des grandes entreprises françaises 

L’Observatoire des multinationales (site d’investigation et de veille citoyenne sur les grandes entreprises françaises et leurs impacts sociaux, environnementaux et politiques partout dans le monde, lancé depuis 2013 par l’association Alter-médias, qui publie également le site d’informations Basta !) rend public le premier « véritable bilan annuel » des multinationales françaises. Cet exercice inédit permet à tout un chacun d’examiner ce que font réellement les grandes entreprises françaises dans des domaines aussi divers que le partage des richesses, la protection du climat, les droits des travailleurs, le lobbying ou la santé. Le rapport est à consulter ici.

8) Lobbying : comment les entreprises font leur loi en influant sur le Conseil constitutionnel et le Conseil d’Etat

Mal connus du grand public, Conseil d’État et Conseil constitutionnel disposent d’un pouvoir considérable sur le destin des législations fiscales, sociales ou environnementales. Les milieux d’affaires l’ont bien compris, qui ont réussi à se saisir de ces institutions pour imposer en toute discrétion une protection de plus en plus forte de la « liberté d’entreprendre » et des « attentes légitimes » des titulaires de droits de propriété contre toute réforme qui nuirait aux intérêts des multinationales et des investisseurs. Plongée dans un lobbying peu connu, mais extrêmement efficace pour les entreprises.

9) Lobbying (bis) : un document révèle comment les multinationales entravent toute action climatique ambitieuse

Derrière leurs beaux discours publics sur le climat, les multinationales continuent à s’opposer à tout objectif ambitieux de réduction des émissions de gaz à effet de serre. Nouvelle illustration avec un document interne de BusinessEurope, le plus important lobby patronal européen regroupant tout le gratin des multinationales du vieux continent, mais aussi des États-Unis. Ce document interne révélé par Greenpeace montre comment BusinessEurope, actuellement présidé par Pierre Gattaz, ancien patron du Medef, entend faire capoter le projet d’introduire des objectifs climatiques plus ambitieux au niveau de l’Union européenne à l’horizon 2030.

10) Démission de Nicolas Hulot : réactions de protestants

Nicolas Hulot, ministre de la Transition écologique et solidaire, a annoncé sa démission mardi 28 août. Réactions de deux protestants engagés sur les questions écologiques : Martin Kopp, Président de la commission écologie et justice climatique de la Fédération protestante de France (FPF) et Silvère Lataix, Coordinateur du réseau « Bible et Création » de l’ÉPUdF.

Voir aussi le verbatim de l’interview de Nicolas Hulot sur France Inter ; ou encore la note de blogue de « Phylloscopus », naturaliste catholique« Démission de Nicolas Hulot: n’attendons rien, exigeons tout ».

11) L’inaction en matière climatique : nouvelle cause de mal-être individuel et de défiance sociale ?

Après un été éprouvant marqué par des épisodes caniculaires dévastateurs, la rentrée politique et sociale française aura été placée sous le signe de la crise écologique : démission de Nicolas Hulot, suivie d’une mobilisation citoyenne sans précédent lors de marches « pour le climat », organisées un peu partout en France le 8 septembre dernier. Dans ce contexte où les préoccupations environnementales deviennent centrales, il est intéressant de relire les résultats 2017 de l’enquête sur les représentations sociales de l’effet de serre et du réchauffement climatique, conduite chaque année par l’Ademe depuis l’an 2000.

12) Ingérences de l’Elysée sur le Parlement : tout le monde s’en fout ?

Ferrand au Perchoir parce que Macron en a décidé ainsi ? L’Elysée qui interfère dans l’affaire Benalla ? Des faits d’ingérence dont personne n’est dupe, qui passent comme une lettre à la poste et qui pose la question de la séparation des pouvoirs.

13) Entretien avec Luc Rouban à propos du « Paradoxe du macronisme »

Luc Rouban est politologue, directeur de recherches au CNRS et rattaché au Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof). Il vient de publier Le paradoxe du marcronisme dans lequel il s’attache à décrypter ce qu’est réellement ce mouvement. Il a accepté de répondre à quelques questions pour « Nonfiction », pour présenter son livre.

14) Les démocraties « illibérales » et le vote

L’expression de « démocratie illibérale » a fait son apparition dans le lexique des régimes politiques. Elle a des allures d’oxymore tant il semble contradictoire qu’une démocratie ne soit pas libérale. À moins qu’au rang des objets flous, elle ne se situe dans ce qu’on appelle les zones grises. Les États qui occupent cette zone grise qui s’étend aujourd’hui, sont un défi bien plus grand pour les démocraties qui se sont astreintes à des règles strictes de probité électorale, que ne le sont les régimes qui s’affranchissent de toute consultation électorale sous couvert de pouvoir populaire. Ainsi de la Russie à l’Iran, du Venezuela au Nicaragua, au moins un point commun réunit ces régimes différents et d’autres : les élections y sont une compétition à faible incertitude. À la différence des régimes qui, ne se réclamant pas des suffrages, ne peuvent être taxés de tricherie, les démocraties illibérales adaptent les règles à leur avantage tout en violant les règles de droit, ou en les accommodant à leur façon. Pour employer une métaphore sportive, on pourrait parler d’absence de fair play…….Suite de l’analyse d’Alain Garrigou sur son blogue « Régime d’opinion ».

15) Face au cas Orban, l’urgence de refaire de la politique en Europe

Le Parlement européen a dénoncé, mercredi 12 septembre, les « risques de violation de l’État de droit » en Hongrie, et demandé aux États membres de déclencher l’article 7 de l’Union à l’encontre de Budapest. Cette procédure a déjà été mobilisée contre la Pologne, fin 2017, par la Commission, pour les mêmes raisons de fond : une dérive autoritaire contraire à l’esprit démocratique et libéral de l’Union européenne, qui réduit la liberté d’expression et bafoue la séparation des pouvoirs. Viktor Orban ajoute aux charges retenues contre lui « corruption et conflits d’intérêts », atteintes au « fonctionnement du système constitutionnel et électoral », menace contre « l’indépendance de la justice », les libertés individuelles et les droits des réfugiés. Le vote du 12 septembre (448 voix pour, 197 contre, 48 abstentions) montre certes que les démocrates existent encore en Europe. Mais il témoigne surtout des difficultés traversées par l’Union.

16) Montée des violences d’extrême-droite : le rôle déterminant des campagnes de haine sur les réseaux sociaux

Depuis dix jours, la ville de Chemnitz, en Saxe, est devenue le lieu de rendez-vous pour tout ce que l’Allemagne compte de militants d’extrême-droite, identitaires ou ouvertement néo-nazis. Ils s’y livrent à des manifestations et à de véritables chasses au réfugié. Ces violences ont été précédées de campagnes de haine orchestrées en ligne. Des études récentes montrent à ce sujet que plus la xénophobie et la haine verbales sont diffusées via les réseaux sociaux, plus elles facilitent le passage à l’acte dans la vie réelle.

17) Comment Steve Bannon veut conquérir l’Europe

Le plan de l’ancien stratége de Donald Trump est de bloquer l’Europe dès 2019. Comment ? En faisant élire un maximum de candidats d’extrême droite euro-sceptiques. Il compte donc bien faire adhérer ses éventuels gouvernements ou partis alliés à son nouveau mouvement, sa fondation, baptisée « Le Mouvement ». Steve Bannon est convaincu que les prochaines années vont voir l’arrivée massive des populistes au pouvoir en Europe.

18) Le conseil évangélique de Donald Trump accusé d’opacité

Une organisation qui s’est donné pour mission de contrôler les relations entre Église et État exige qu’on mette fin aux rencontres entre l’administration Trump et un groupe informel de conseillers évangéliques qui s’avèrent être les supporters les plus ardents du président. Les Américains unis pour la séparation de l’Église et de l’État affirment que le groupe est en violation avec l’Acte fédéral du Comité de conseil (FACA), une loi de 1972 qui prône la transparence et définit les normes procédurales pour les comités qui se forment pour rencontrer l’exécutif. L’organe de contrôle veut mettre fin aux rencontres de ce groupe et à leurs activités de conseil «sauf si et jusqu’à ce que» celui-ci se conforme à la loi.

19) Colloque théologique sur l’antisémitisme organisé par le CNEF à Paris

Conscients des enjeux liés à la montée de l’antisémitisme, les chrétiens ne sauraient rester indifférents. D’abord parce que l’impératif biblique de l’amour du prochain les invite à prendre la défense de tous ceux qui sont objet de haine. Ensuite parce que les disciples du Christ ont une dette à l’égard des israélites exprimée par Jésus en une formule : « Le salut vient des juifs ». C’est pourquoi le CNEF (Conseil national des évangéliques de France) organise un colloque théologique sur le sujet le vendredi 5 octobre, de 10h00 à 16h00, à Paris. Avec les théologiens J. Buchhold et E.Van de Poll, l’ethnologue Frank Labarbe, l’historienne A. Wievorka, le professeur JP Mahé…Entrée libre mais inscription obligatoire.

20) Le philosophe Olivier Abel interroge les fake news : comment comprendre ce phénomène, ces rumeurs qui intoxiquent la société ? (Ré)écouter l’émission diffusée le 30 août sur Radio Alliance, radio associative animée par des professionnels et des bénévoles.

21) Ce que valent nos adresses lorsque nous signons une pétition

Dès qu’il nous semble possible d’avoir une action sur le monde avec un simple clic, nous signons des pétitions. Il ne nous semble pas trop grave de fournir notre adresse mail pour vérifier la validité de notre signature. Mais c’est alors que des plateformes comme Change.org font de notre profil leur profit… Car ce que les signataires ne savent pas toujours, c’est que Change.org n’est pas une organisation caritative ou une ONG, mais bien une entreprise. Et son modèle économique repose sur la vente des données personnelles des utilisateurs, révèle, chiffres à l’appui, la journaliste de l’Espresso Stefania Maurizi dans cet article datant du 18 juillet 2016 et disponible en français sur Framablog.

22) Médias français : qui possède quoi ?

Voici une carte du paysage médiatique français, fruit d’un partenariat entre Acrimed et Le Monde diplomatique, qui permet de démêler l’écheveau des concentrations dans la propriété des grands médias.

23) Droit d’auteur : une réforme contestée de la directive européenne

Le 12 septembre 2018, le Parlement européen a voté en faveur de l’ouverture de négociations en vue d’adopter la directive sur le droit d’auteur dans le marché unique numérique (« directive copyright »). Les eurodéputés avaient précédemment voté contre ce mandat de négociation lors de la session de juillet 2018.

Voir aussi : Directive droit d’auteur : l’industrie culturelle et la presse réclament les miettes de l’économie de la surveillance de masse (le communiqué de La Quadrature du Net, association qui défend les droits et les libertés fondamentales à l’ère du numérique et propose des alternatives « pour un internet libre, décentralisé et émancipateur »)

Le 12 septembre 2018, le Parlement européen vient d’adopter la directive droit d’auteur, qu’il avait pourtant repoussée une première fois cet été. En ayant fait adopter cette directive, les industries culturelles et de la presse réclament les miettes de l’économie de la surveillance de masse. Plutôt que de combattre cette capitulation devant les GAFAM, le gouvernement français l’a vigoureusement encouragée. 

24) Usage thérapeutique du cannabis : la France engage officiellement la réflexion

Lundi 10 septembre, l’Agence Nationale de Sécurité du Médicament (ANSM) a annoncé, à la demande de la ministre de la Santé, la création d’un comité scientifique spécialisé sur « l’évaluation de la pertinence et de la faisabilité de la mise à disposition du cannabis thérapeutique en France ».Après de nombreux autres pays européens, comme l’Espagne, l’Italie ou l’Allemagne, la France va donc s’interroger sur l’usage médical du cannabis dans des pathologies chroniques mal soulagées par les traitements conventionnels.

25) Sur Genethique, premier site d’actualité bioéthique : l’Eugénisme et l’ultra libéralisme assumés devant la mission d’information pour la bioéthique

Le professeur Israël Nisand a été auditionné ce matin par la mission d’information parlementaire sur la bioéthique. Par le biais d’histoires de patientes, racontées sur un ton compassionnel et une ambivalence assumée, le gynécologue obstétricien au CHU de Strasbourg, fait passer plusieurs messages…..

Voir aussi Déclaration à venir de l’association médicale mondiale sur l’IMG : nouvelles menaces sur la clause de conscience : Grégor Puppinck, docteur en droit et directeur du Centre européen pour le droit et la justice (ECLJ) à Strasbourg,  dévoile la version la plus récente de la « Déclaration sur l’avortement médicalement prescrit (IMG) », susceptible de remettre en cause le droit à l’objection de conscience des professionnels de santé. Elle devrait être votée par les organisations nationales de médecins lors de l’Assemblée Générale de l’Association médicale mondiale (AMM) le 6 octobre 2018 à Reykjavik. Cette organisation internationale de médecins coopère notamment avec l’Organisation mondiale de la santé (OMS).

26) La question « théo » du mois : Jésus est-il pauvre ?

La question du niveau de vie de Jésus peut paraître à certains superficielle. Pourtant, à partir du moment où le Messie est un modèle à suivre pour les chrétiens, plusieurs interprétations ont été avancées sur le sujet et ont abouti à des comportements différents chez les croyants. C’est ainsi que l’on retrouve aux deux extrêmes : d’un côté, des adeptes d’une pauvreté volontaire, et de l’autre, des partisans de la théologie de la prospérité. Mais qu’en est-il vraiment ?

27) Insolite : il traverse la rue et se fait percuter par un emploi

Lucas n’a pas pris au sérieux les paroles du président Emmanuel Macron et a failli le payer de sa vie….