Le coronavirus « breveté » et « créé par les Français » ? Une rumeur virale par vidéo

« On t’a fait connaître », ô média chrétien, »ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : initialement publié le 03 mai 2017 sur le compte twitter de Gilles Boucomont.

Vous le savez sans doute déjà : un document présentant un brevet, censé être « la preuve » que le coronavirus aurait été « créé par des français » est en train de circuler sur la toile. Peut-être l’avez-vous déjà reçu. Pour ma part, j’en ai pris connaissance il y a trois jours, lorsque l’un des membres de notre cellule de partage et d’étude biblique pour hommes l’a posté dans le groupe whattsap dédié…

Ce document a été récupéré via une vidéo virale d’une durée de plus de 20 minutes, postée initialement sur Facebook mardi après-midi et échangée via Messenger et WhatsApp, dont il est possible de retrouver la trace sur la plateforme vidéo YouTube et sur Twitter. Dans cette vidéo, un homme explique que « l’heure est grave » et suggère que les pouvoirs publics mentent à propos de l’épidémie de Covid-19, un virus « breveté » et « inventé », une « attaque bio-chimique », « créée par les Français et l’Institut Pasteur ». Il cite également des chercheurs du CNRS et de l’Inserm.  Sur Facebook, en moins de 24 heures, la vidéo a été partagée au moins 96 000 fois et comptabilise plus de 15 000 likes. Elle a également été vue au moins 100 000 fois via les publications sur YouTube. Sur Twitter, elle a également été repostée des dizaines de fois par des utilisateurs du réseau social qui diffusent des copies d’écran des documents censés attester cette « vérité ».

Parmi ces documents, le fameux brevet. Ce document est authentique, sauf qu’il repose sur une mauvaise compréhension/interprétation : il s’agit d’un fascicule de brevet européen (« EP 1 694 829 B1 ») facilement téléchargeable en PDF. Il porte sur la découverte d’une autre souche de coronavirus, qui remonte au début des années 2000, et qui n’a rien à voir avec notre virus. Ce brevet n’est donc pas la preuve de la création d’un virus.

Sans compter que déposer un brevet sur un virus ne signifie pas qu’on l’a créé. C’est simplement une manière de protéger le fait de l’avoir découvert, les techniques utilisées pour le comprendre et l’analyser, les méthodes de recherche. Et donc de plancher sur un vaccin…..

Il s’agit donc là de savoir lire un document. L’enjeu est de se donner les moyens de le faire, dans de bonnes conditions, et en faisant preuve de lucidité et de recul, plutôt que de « diffuser massivement à tous ses contacts ».

Décryptage ici, ici et . Et la mise au point de l’Institut Pasteur.

D’une manière générale, soyons prudents, face à ce qui nous est présenté comme étant « une information ».

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois ». Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, et quand bien même elle proviendrait d’un ami/proche (quelles sont, d’ailleurs, ses propres motivations ? Pourquoi me le transmet-il, en me recommandant « de le diffuser à tous mes contacts » ?), celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée plusieurs fois. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Dit autrement et crûment : si nous croyons une chose uniquement parce qu’un proche/ami/figure d’autorité nous l’a dit, nous sommes mûrs pour la manipulation. Même chose dans un contexte de peur, lié à une épidémie/pandémie, conflit, crise….

Aller plus loin : Voir nos études à partir de Josué  22 et Deutéronome 13 ; Ne pas manquer non plus de prendre 30 secondes avant d’y croire !

 

 

 

 

« Foireux liens » de mars (38) : face au virus, quelles priorités ?

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité placée sous le signe du coronavirus…ce qui ne doit pas occulter d’autres sujets ! (Source image : public domain pictures)

Bonjour ! Voici vos « Foireux liens » tant attendus ! Au menu de cette édition de mars, une actualité certes placée sous le signe du coronavirus, avec un traitement sous plusieurs angles. Mais ceci ne doit toutefois pas occulter d’autres sujets importants : pertinence d’un système économique censé être « la seule alternative », élections municipales françaises et lobbies, campagne électorale américaine, dispositifs anti-SDF, écologie, fuite de données et manipulations sur les réseaux @sociaux, faits religieux à l’école, le pardon….Bonne lecture !

 

En introduction, pour commencer, voici quelques précisions extraites de l’allocution du Président de jeudi soir, qu’il est toujours utile de rappeler.
Le Président de la république a ainsi demandé, à « tous les Français de limiter leurs déplacements [dans les transports publics] au strict nécessaire. Le Gouvernement [a annoncé vendredi 13 mars et samedi 14 mars] des mesures pour limiter au maximum les rassemblements. »
Il a par ailleurs demandé « aux personnes âgées de plus de 70 ans », mais aussi « aux personnes souffrant de maladies chroniques [tels diabète, obésité ou cancer…..] ou de troubles respiratoires ainsi qu’aux personnes en situation de handicap de rester autant que possible à leur domicile ». D’autre part, la population est invitée à ne pas rendre visite aux personnes hébergées en Ehpad : « Chacun d’entre nous détient une part de la protection des autres, à commencer par ses proches. Je compte sur vous aussi pour prendre soin des plus vulnérables de nos compatriotes, ne pas rendre visite à nos aînés. C’est, j’en ai bien conscience, un crève-coeur. C’est pourtant nécessaire temporairement. Écrivez, téléphonez, prenez des nouvelles, protégez en limitant les visites….. ». 
Il a été également annoncé que « dès lundi et jusqu’à nouvel ordre, les crèches, les écoles, les collèges, les lycées et les universités seront fermés pour une raison simple : nos enfants et nos plus jeunes, selon les scientifiques toujours, sont celles et ceux qui propagent, semble-t-il, le plus rapidement le virus, même si, pour les enfants, ils n’ont parfois pas de symptômes et, heureusement, ne semblent pas aujourd’hui souffrir de formes aiguës de la maladie. C’est à la fois pour les protéger et pour réduire la dissémination du virus à travers notre territoire ».
Enfin, le Président a recommandé de « veiller au respect strict des gestes barrières contre le virus et des recommandations sanitaires », lesquelles « sont, aujourd’hui encore, trop peu appliquées. Cela veut dire se laver les mains suffisamment longtemps avec du savon ou avec des gels hydroalcooliques. Cela veut dire saluer sans embrasser ou serrer la main pour ne pas se transmettre le virus. Cela veut dire se tenir à distance d’un mètre. Ces gestes peuvent [nous] paraître anodins. Ils sauvent des vies, des vies. C’est pourquoi, [le Président nous] appelle solennellement à les adopter ».

1)Le coronavirus nuit gravement au libéralisme

“Ce que révèle cette pandémie, c’est qu’il est des biens et des services qui doivent être placés en dehors des lois du marché. Déléguer notre alimentation, notre protection, notre capacité à soigner notre cadre de vie au fond à d’autres est une folie. Nous devons en reprendre le contrôle, construire plus encore que nous ne le faisons déjà une France, une Europe souveraine, une France et une Europe qui tiennent fermement leur destin en main. Les prochaines semaines et les prochains mois nécessiteront des décisions de rupture en ce sens. Je les assumerai…”  Stupeur incrédule jeudi soir en entendant Emmanuel Macron recourir à de tels éléments de langage anti-libéraux dans son allocution !  Y aurait-il « le diable dans le beffroi » ? Le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett nous propose une réflexion sur cette bizarrerie significative…..

Voir aussi :

Le virus et le big business. Oui, il faut lutter contre le virus en prenant un maximum de précautions. Mais il ne faut pas céder à la panique, qui mène aux incivilités et augmente les dangers. Et il faut se poser des questions pour chercher à comprendre…  Par exemple : la propagation du virus ne serait-elle pas liée au système économique global ?  Réponse dans le New York Times édition internationale (qui jusqu’ici n’était pas précisément critique envers la mondialisation économique et le libre-échange sans frontières)

Les Français craignent pour leur avenir ? Ils ont bien tort, puisque ce serait « le moment de faire de bonnes affaires en bourse »

Sur CNews [le 10/03], la secrétaire d’Etat Pannier-Runacher nous assure, très officiellement que « La bourse a des réactions parfois rapides, notamment avec les robots qui passent de manière automatique les ordres d’achat et de vente… Moi, je regarde avec une certaine circonspection la situation : c’est plutôt le moment de faire des bonnes affaires en bourse aujourd’hui. » Oui, oui, nous avons bien lu !

2)Coronavirus : mais pourquoi les consommateurs ont-ils pris peur de la bière Corona ?

La fameuse bière, fierté de l’industrie mexicaine, dans la tempête ! Comme le signale YouGov Ratings, une organisation spécialisée qui mesure la popularité et la notoriété de tout en se basant sur des millions de réponses du public américain, l’image de la bière Corona connaît une chute vertigineuse auprès des consommateurs. En cause : l’arrivée du coronavirus et la crainte globale qui l’accompagne qui a fait chuter les intentions d’achat à un peu plus de 5 % des Américains, le pourcentage le plus bas depuis deux ans.

3)Chercheurs online et Coronavirus

Des scientifiques se sont réunis sur la plateforme de messagerie Slack pour échanger sur la crise du coronavirus. Avant d’être publiées dans des revues scientifiques, les dernières découvertes sont ainsi partagées sur les réseaux sociaux et dans des articles dits de préimpression, donc pas encore validés par la communauté scientifique. Cela permet de confronter rapidement les résultats des différentes équipes. On attend avec impatience de voir apparaître : « On a trouvé un vaccin ! »


« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (posté le 12/03/20)

4)Épidémie de coronavirus: plus de sainte cène pendant plusieurs semaines

L’épidémie de coronavirus oblige les églises à se réorganiser. Dans de nombreux endroits, la pratique de la communion est suspendue pour éviter toute propagation.

5)Les pires dispositifs anti-SDF « récompensés » par la Fondation Abbé Pierre

Ces prix visent à sensibiliser avec ironie sur « l’hostilité urbaine à l’égard des personnes sans domicile » et rappeler leurs droits.

6)La Cour de cassation requalifie en contrat de travail le lien entre un chauffeur et Uber

[Arrêt & communiqué] Patatras pour le modèle d’Uber. La Cour de cassation vient de requalifier le statut de travailleur indépendant d’un chauffeur en contrat de travail. Elle a deviné dans les relations contractuelles l’existence d’un lien de subordination suffisamment fort. Lire l’arrêt et la note explicative de la cour de cassation.

7)Pourquoi je crains le réchauffement climatique

« …..Avant que je n’explique pourquoi le refroidissement m’inquiète, je voudrais citer cet article présentant un point de vue contradictoire, publié dans la revue Nature, et qui explique que l’Antarctique perd ses glaces de plus en plus rapidement, et cet autre article prévoyant un réchauffement de dix degrés Celsius d’ici à 2021. D’autres points de vue contradictoires sont exprimés ici et ici. Les partisans de chaque camp s’empresseront sans doute de m’expliquer comment j’ai été dupé par leurs adversaires, mais l’objet de cet article n’est pas d’établir le bien-fondé de l’une ou l’autre opinion. Au contraire, je cherche à mettre en lumière ce qu’on perd de vue dans le feu de ce débat qui est devenu extrêmement polarisé et politisé. Pourquoi diable devrais-je me préoccuper d’un refroidissement planétaire ? Etant donné les dangers du réchauffement planétaire, on pourrait penser que les signes d’un refroidissement seraient les bienvenus. Ouf ! Catastrophe écologique évitée ! Maintenant les affaires peuvent reprendre leur cours normal.  C’est bien là ce qui m’inquiète. Le « cours normal des affaires» est en train de détruire la planète – que le climat soit dans une phase de réchauffement ou de refroidissement ». Réflexions de Charles Eisenstein [Enseignant, conférencier et écrivain] parues dans L’Ecologiste, avril juin 2020 et disponibles sur son site.

8)Fuite de données et manipulation sur les réseaux sociaux… Ce que révèle le livre du lanceur d’alerte de Cambridge Analytica

Le lanceur d’alerte Christopher Wylie publie un livre témoignage intitulé « Mindfuck ». Celui qui a été au cœur de la création de l’entreprise Cambridge Analytica dévoile les rouages d’un des plus gros scandales de fuite de données et de manipulation sur les réseaux sociaux ayant participé à l’élection de Donald Trump et au vote du Brexit. Extraits.

9)Retour sur l’« affaire WikiLeaks » : qu’ont changé les révélations de 2010 ?

Il y a 10 ans, le site WikiLeaks divulguait une série de documents classifiés qui allaient propulser l’organisation au premier plan médiatique. Démarrée en avril 2010 par la publication de « collateral murder » – l’enregistrement vidéo d’une bavure américaine en Irak –, l’une des plus grandes fuites de secrets de l’Histoire se conclut en apothéose le 29 novembre de la même année. L’organisation, en collaboration avec cinq grands titres de la presse internationale, commence alors à diffuser au compte-gouttes plus de 250 000 câbles diplomatiques américains. Entre-temps, WikiLeaks a également rendu publics quelque 500 000 documents confidentiels sur les guerres d’Afghanistan et d’Irak.  Les révélations de 2010 ont fait couler beaucoup d’encre. À l’instar de David Leigh et Luke Harding, de nombreux journalistes et commentateurs se sont empressés d’annoncer la fin du secret et le début d’une ère de la transparence, dont les outils du Web 2.0 seraient l’arme principale.  Ce sont ces révélations, souvent qualifiées d’« affaire WikiLeaks » par les médias, qui valent à Julian Assange, leader médiatique de l’organisation, son procès en extradition qui a débuté le lundi 24 février à Londres.  L’occasion de revenir sur un épisode fondamental de l’histoire de WikiLeaks et de tenter d’évaluer l’efficacité des méthodes de l’organisation de Julian Assange dans sa « guerre contre le secret ».

10)Twitter appose son tag “média manipulé” pour la première fois sur une vidéo retweetée par Trump

Twitter a mis à jour sa politique il y a maintenant plusieurs semaines. Le réseau social souhaite lutter contre la désinformation, particulièrement celle faite par les politiques et signaler aux utilisateurs tous les autres contenus altérés. Pour la première fois, dimanche 9 mars, Twitter a utilisé son tag “média manipulé” pour une vidéo publiée par Dan Scavino, responsable des réseaux sociaux de la Maison-Blanche et retweetée par Donald Trump.

11)Les « deepfakes », ces fausses vidéos créées pour nous influencer

Entre l’affaire Cambridge Analytica, les tentatives d’ingérence dans les élections françaises et les opérations d’influence en Ukraine, les méthodes visant à influencer les populations sont maintenant perçues comme une réalité par les opinions publiques occidentales. Or, un nouveau phénomène émerge depuis quelques années avec le développement de l’intelligence artificielle (IA) et ses potentialités de création et d’apprentissage : les deepfakes, ou hypertrucages en français. Quelle est la nature de ces contenus de synthèse ? Comment leur utilisation pourrait influencer les opinions publiques ?

12)Comment les sociétés tolérantes se laissent porter par la haine

L’attentat xénophobe qui s’est déroulé à Hanau, près de Francfort, le 19 février 2020 et a fait neuf morts dans un bar à chicha lors d’une fusillade, a plongé l’Allemagne dans la stupeur et la colère. «Le racisme est un poison» a ainsi martelé la chancelière Angela Merkel le lendemain de l’attaque. Ces événements sont alarmants car ils s’inscrivent dans une montée en puissance de la haine au niveau sociétal, un phénomène déjà disséqué il y a une décennie par le réalisateur autrichien Michael Haneke dans son film Le Ruban blanc.

13)Une foi à l’ère des réseaux sociaux

Une série en trois parties à découvrir sur Point Théo, pour comprendre comment les réseaux sociaux fonctionnent et quel impact peuvent-ils avoir sur nous.

Partie 1 : « Le moyen c’est le message » Ou comment un simple moyen de communication peut-il transformer la société ?

Partie 2 : « La bataille de notre temps »

Partie 3 : « (Dés)information & débat » ou les réseaux sociaux sont-ils ainsi réellement un lieu privilégié d’information et de débat ?

14)Replay : Débat sur la véracité historique sur France culture

Le 8 novembre 2019, l’émission « Le cours de l’histoire », sur France Culture, reçoit Isabelle Clarke et Daniel Costelle, réalisateurs de la série documentaire Apocalypse, dont France 2 diffuse alors une septième saison. En contrepoint, l’animateur a convié au micro un historien spécialiste de l’Asie et de la guerre froide, Pierre Grosser. Les discussions ne ronronnent pas longtemps. Les auditeurs, habitués au chuintement feutré de la station, comprennent qu’ils ne vont pas s’ennuyer. Exaspéré par le mépris des réalisateurs pour la recherche historique, Grosser pilonne une à une les fake news diffusées en première partie de soirée par France 2.

L’effet de révélation est saisissant. À la télévision, le pouvoir de conviction d’Apocalypse repose sur la magie hypnotique des images : on croit ce qu’on voit. La radio rompt le charme et laisse paraître l’intention…..

(Ré)écouter l’émission et lire cette analyse.

15)Des élus sous influence

Le scrutin municipal des 15 et 22 mars revêt un rôle symbolique majeur car il s’agit de l’échelon politique le plus proche des administrés, et celui pour lequel ils ont le plus confiance.  La première qualité évoquée par les Français pour accorder leur confiance envers les personnalités politique est l’honnêteté. Une solution pour développer ce sentiment d’honnêteté pour le décideur public est d’offrir de la transparence autour de ses décisions. Celle-ci permet au citoyen de comprendre les mécanismes orientant les choix de ses représentants et de mettre en lumière les actions d’influence exercées par les entreprises ou les lobbies sur les élus locaux. Or ces actions de lobbying au niveau local sont fréquentes, au point que certaines universités et cabinets d’influence proposent des formations dédiées au lobbying territorial.

16)Dans les villes gérées par le RN : budgets sociaux sabrés, démocratie entravée, indemnités des maires augmentées…

Que s’est-il passé pendant six ans au sein des quatorze villes gérées par le RN/FN ? Le collectif Vigilance et initiatives syndicales antifascistes livre, avec les éditions Syllepse, son bilan de la gestion communale par l’extrême droite. En voici quelques illustrations au sujet de six villes : Mantes-la-Ville (Yvelines), Hayange (Moselle), Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais), Orange (Vaucluse), Cogolin et Luc (Var).

17)Clap de fin pour « The American Ballot box »

Le blogue « The American Ballot Box, la politique américaine pour tous » va malheureusement cesser ses activités : son animatrice, Axel Azard, nous explique ici les raisons de l’annonce de ce « clap de fin ». Même si nous le comprenons, nous regrettons la fin de ce blogue passionnant,  dont le but était de fournir une information de qualité (et accessible à tous) en français sur l’actualité politique américaine en général, et plus particulièrement sur l’élection présidentielle américaine.  Ne manquez pas de l’explorer.

18)Juifs aux États-Unis : pour qui voteront-ils à l’élection présidentielle ?

Depuis l’élection de Donald Trump fin 2016, les juifs se sentent plus en danger aux États-Unis. Et le président américain ne s’appuie que sur une frange minoritaire proche d’Israël qui fait de la politique extérieure une priorité. Mais il ne mobilise pas pour autant la majorité des juifs américains. Voir aussi en vidéo.

19)Jésus est-il de droite ou de gauche ?

Question anachronique, certes. Mais comment le christianisme, de religion d’exclus, est devenu une religion de puissants, défiguré par Donald Trump ou Jair Bolsonaro ? Une chronique historique à découvrir.

20)Après Jean Vanier, sortir de l’idéalisation des figures charismatiques

Les révélations, samedi 22 février, d’abus perpétrés par Jean Vanier forcent les catholiques à revoir leur rapport à des hommes sans doute trop vite érigés en guides spirituels. Une réflexion valable et transposable pour toute personne érigée en « messie » politique ou « homme/femme providentiel(le) »….

21)Fait religieux à l’école : mobilisation autour de l’instituteur de Malicornay

L’enseignant sanctionné pour avoir fait étudier des extraits de la Bible dans sa classe n’a pas été réintégré dans sa classe, contrairement à l’injonction du tribunal administratif. Le ministère de l’Education nationale est donc dans l’illégalité. Ses soutiens se sont réunis mercredi 26 février pour plaider sa cause, en présence notamment de Régis Debray. La laïcité française serait-elle devenue folle ?

22)La transsubstantiation cachée de la louange contemporaine

Dans un nombre incalculable d’Églises à travers tout le paysage confessionnel d’Amérique, les pratiques de louange contemporaines l’ont emporté au nom de la pertinence culturelle et des préférences stylistiques. Mais il y a une dangereuse séparation entre le style et la substance inhérente à la louange contemporaine qui, si on n’y remédie pas, peut saccager le cœur même de l’orthodoxie chrétienne…..Ou quand la façon dont vous louez est la façon dont vous finissez par croire…..

23)Pardonner

a)« Notre société du relativisme et du chacun pour soi est-elle en position de lyncher Polanski ? », questionne le journaliste catholique Patrice de Plunkett dans sa chronique à Radio Présence et Radio Fidélité Mayenne. Estimant que « les abus sexuels sont graves, et que notre époque les favorise tout en feignant de les condamner  (au nom d’une morale introuvable, puisque c’est la morale du chacun pour soi, laquelle est bien incapable de fonder quoi que ce soit en société) », l’auteur souligne « qu’une époque qui ne comprend plus le pardon est mal partie pour son avenir. Le pardon n’empêche pas la justice. Nulle part dans l’Evangile le Christ ne dit que les coupables de crimes doivent rester impunis. Mais il fonde, au Golgotha, une justice supérieure qui est celle du pardon donné par la victime. Et la victime a le droit de pardonner – même si nos magazines ne comprennent plus ce mot ».

b)Pardonner n’est pas une option pour ceux qui déclarent suivre Jésus. En effet, le pardon est un des principaux piliers de la foi chrétienne, mais surtout un vrai chemin de vie qui libère, chez moi et chez l’autre, la capacité à devenir vraiment humain. En trois prédications, voici un petit parcours, qui, sans être une méthodologie, peut quand même constituer une incitation à vivre vraiment, jusqu’au bout, le programme du Christ.

Pardonner (1) – La correction fraternelle

Pardonner (2) – Comment pardonner ?

Pardonner (3) – Le non-pardon

 

Ces « Foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu votre attention. Prochaine édition en mai.

Au-delà du procès Fillon, l’autre scandale…

« Tu auras un poids juste », et non pas « deux poids deux mesures… », dit l’Eternel.

Depuis mercredi 26/02, François Fillon, son épouse Pénélope, ainsi que son ancien suppléant parlementaire Marc Joulaud, sont jugés jusqu’au 11 mars, à des degrés divers, pour détournement de fonds publics [un million d’euros] par personne chargée d’une mission de service public, complicité et recel de ce même délit, complicité et recel d’abus de bien sociaux et déclaration mensongère aux obligations déclaratives de la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP).  Des faits révélés par Le Canard enchaîné le 25 janvier 2017.

François Fillon est accusé d’avoir rémunéré son épouse comme collaboratrice parlementaire alors qu’elle n’exerçait pas de réelles fonctions, selon l’accusation. Voilà pour ce premier scandale.

Mais en marge du procès Fillon, « l’autre scandale [ce qui est une occasion de chute], celui qui est avéré ». selon Patrice de Plunkett, est le « soutien de (dizaines de) milliers d’électeurs catholiques (1) – et en tant que catholiques ! – à la candidature Fillon….». Un tel soutien dénote d’une « pathologie intellectuelle et morale qu’il serait urgent de soigner », tacle sévèrement le journaliste catholique.

Et du côté protestant-évangélique ?

A l’époque, « il n’y a pas eu de rejet massif de Fillon chez les protestants (20 % des votes), qui ont voté dans la même proportion que le vote national….» mais dans une proportion moindre que le vote catholique, comme l’analyse l’historien Sébastien Fath sur son blogue. Comme tente de m’en persuader un mail très orienté de la part d’une connaissance, reçu le 21 avril 2017, Fillon est même LE candidat censé « se rapprocher le plus de ce que recommande la Parole de Dieu », soit disant parce qu’il ne faut pas « lui jeter la première pierre » et parce que « les choses compliquées finissent par être simplifiées par la Parole de Dieu et le désir de s’y conformer ».

Mais en quoi ce vote était-il aberrant de la part de chrétiens, qu’ils soient catholiques ou protestants, me demanderez-vous, en écho à la question que pose Patrice de Plunkett ?

Le vote Fillon est déjà en soi aberrant pour les chrétiens protestants et catholiques, du fait premièrement des positions et votes du candidat Fillon sur le plan de « l’éthique privée ». Nous en avions alors parlé le 10 mars 2017 sur pep’s café. Si François Fillon s’est déclaré personnellement hostile à l’IVG, il a assuré ne pas vouloir remettre en cause ce droit ; et s’il a toujours assumé son opposition au mariage pour tous et à l’adoption par les couples de même sexe, il ne souhaite pas non plus remettre en cause la légalisation du « mariage pour tous »(2).

Sur le plan économique et social, le programme du candidat Fillon – par ailleurs qualifié par Sébastien Fath de « robuste et très travaillé »,  placé sous la « bannière réformiste du courage politique »– est d’inspiration « Thatchérienne », comme me l’a expliqué un abonné à notre blogue : « Fillon est un libéral qui veut mener une politique axée sur l’offre qui dégonfle le poids de l’État dans l’économie, diminue la pression fiscale sur le patronat et les grandes entreprises qu’il compense avec la taxation indirecte (TVA) et la flexibilité du travail, lesquelles n’améliorent pas le pouvoir d’achat des ménages, consacrent la précarisation de l’emploi (en visant moins de chômeurs mais plus de travailleurs pauvres) ni ne protègent assez les travailleurs des catégories populaires contre les licenciements abusifs. Sa base électorale est restreinte puisqu’il a visé durant les primaires de la droite et du centre les seniors de la bourgeoisie d’affaire et les CSP+ ». D’autre part, le même internaute précise que, « en rupture avec le gaullisme social », Fillon est aussi « un européiste qui prend opportunément une posture gaullienne et défend des idées chrétiennes conservatrices (“la manif pour tous”) ». Sauf qu’ « il a négligé pour l’instant le volet social, pourtant décisif pour espérer l’emporter en 2017, et qu’une partie de son électorat catholique, en théorie attaché aux valeurs de partage et de justice, a, semble-t-il, curieusement – et l’on peut espérer momentanément – perdu de vue ». Signalons enfin que le candidat Fillon souhaitait « supprimer de notre Constitution » le principe de précaution (pourtant intégré en 2005, par Jacques Chirac alors que la droite était majoritaire au Parlement) estimé « dévoyé et arbitraire », pour mieux, selon lui « emprunter les voies de l’innovation et du progrès scientifique, ne pas renoncer aux projets d’avenir au nom du principe de précaution, qui sert aujourd’hui de prétexte à l’inaction ».

Il est en effet curieux de voir « perdu de vue » ces valeurs bibliques de partage et de justice, du côté des chrétiens, au moment du vote.  Etonnement partagé dans cet article du 12 février 2017 signé d’Eve Charrin, et paru dans un journal non chrétien : Programme du « chrétien » Fillon : Jésus était-il ultralibéral ? « Posons une question candide, une question de fond qui survivra aux soubresauts de la campagne présidentielle : comment le catholicisme bon teint d’une bonne part de l’élite française peut-il s’accommoder de tant d’enthousiasme pour une réforme libérale “radicale” ? Comment croire avec une égale ferveur au Christ et au marché ? Par quelles voies impénétrables concilier les valeurs de l’Evangile avec celles du Medef, la doctrine sociale de l’Eglise et le catéchisme néo-thatchérien de la dérégulation ? La contradiction reste solidement enracinée (….) en vérité, le programme de Fillon ne paraît pas très catholique ! [et même plus généralement bien peu chrétien] Car, face à la détérioration de l’environnement, face au creusement des inégalités, « il faut éviter une conception magique du marché qui fait penser que les problèmes se résoudront tout seuls par l’accroissement des bénéfices des entreprises ou des individus ». Les lignes qui précèdent n’ont pas été écrites par Jean-Luc Mélenchon, mais bien par le pape François dans sa dernière encyclique Laudato Si’ publiée en juin 2015. De fait, «le principe de la maximalisation du gain, qui tend à s’isoler de toute autre considération, est une distorsion conceptuelle de l’économie», insiste le souverain pontife, qui dénonce à l’envi « l’argent idole », ce « fumier du diable », et fustige «l’emprise absolue des finances». Des propos révolutionnaires de la part du jésuite argentin… », dont « les propos développaient une position magistérielle (constante et croissante) de l’Eglise catholique depuis Léon XIII », souligne Patrice de Plunkett : « position actualisée, et exprimée de façon plus percutante, par le “jésuite argentin”.(….) Alors la question est : pourquoi cette position reste-t-elle théorique ? Autrement dit : de quel droit les catholiques de la droite libérale (nombreux parmi les catholiques français) se permettent-ils de tourner le dos à la position socio-économique du Magistère ? » (3)

Du côté protestant-évangélique, le décalage sera avec la pensée biblique, pour ne pas parler de la doctrine sociale de l’Eglise (catholique), sachant que plus de 2000 versets traitent des questions d’équité et de justice.

A ce scandale de la contradiction avec la pensée biblique, s’ajoute le scandale du « deux poids deux mesures » (en horreur à l’Eternel) et de la justice à deux vitesses, tout aussi contradictoire avec la pensée biblique : en témoignent Prov.11v1, 20v10, 23 ; Lévit.19v35-36 et Deut.25v13-16.

En guise d’illustration, ce fait éloquent : en mars 2017, une connaissance me transmet par mail ce qui m’est présenté comme étant « une analyse claire, pragmatique et…spirituelle ». Si « je suis d’accord », je suis « encouragé » à faire ce que l’auteur « préconise » et, bien sûr….. « à partager cet article à (tous) mes contacts ».  Mais en lieu et place d’une « analyse claire et spirituelle » [on y cherche en vain une seule citation/référence biblique pour justifier si ladite action est « spirituelle » ou non], ce texte stupéfiant aux accents de panique du blogueur évangélique Nicolas Ciarapica, publié le 3 mars 2017 sur le site « Infochrétienne », se voulant « un appel solennel aux chrétiens de France, ainsi qu’aux amis de la France », tente de justifier « pourquoi (il) estime qu’il est URGENT de prier »…..non pas pour que la justice et la vérité éclatent, mais « pour que le candidat François Fillon [alors en pleine tourmente judiciaire] reste en lice [coûte que coûte] – quelles que soient nos opinions politiques – et pour qu’il puisse poursuivre sa campagne en vue du premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril prochain ». Pour l’auteur de ce manifeste, il serait donc légitime de faire pression sur la justice et de remettre en question son indépendance, en faisant entrave au bon déroulement d’une enquête, au nom de considérations partisanes. Il est stupéfiant de lire un tel appel à la compromission avec la vérité et la justice.

Au final, les « prêtres de l’Eternel » que sont les chrétiens seront donc bien inspirés de se souvenir constamment que « la justice et la droit » constituent « la base du trône » de l’Eternel et que « marchent devant Lui l’amour/la fidélité et la vérité » (Ps.89v15).

En toute logique, le chrétien « biblique » laissera tomber toutes les postures identitaires et partisanes pour suivre ce commandement divin : « Tu ne commettras point d’iniquité dans tes jugements : tu n’auras point égard à la personne du pauvre, et tu ne favoriseras point la personne du grand, mais tu jugeras ton prochain selon la justice » (Lévit.19v15) ; « Vous ne commettrez point d’iniquité ni dans les jugements, ni dans les mesures de dimension, ni dans les poids, ni dans les mesures de capacité. Vous aurez des balances justes, des poids justes, des épha justes et des hin justes. Je suis l’Éternel, votre Dieu, qui vous ai fait sortir du pays d’Égypte. »(v35-36) « L’Eternel est juste dans toutes ses voies et bienveillants dans toutes ses oeuvres »(Ps.145v17) ; Il « fait droit aux opprimés »(Ps.146v7)-c’est à dire qu’Il entend leurs cris et considère que leurs plaintes « pèsent » suffisamment pour être intervenir en leur faveur. De là cette exhortation – adressée à un roi – dans Proverbes 31v8-9 : « ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés. Ouvre ta bouche, juge avec justice et défends le malheureux et l’indigent. »

Sans oublier que la « culture de vie » ne se limite pas à condamner l’avortement et l’euthanasie. Etre « pro-vie » n’est pas insister davantage et seulement sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, des millions de citoyens vivants, comme le souligne Philippe Malidor, journaliste à Réforme, auteur et traducteur (4) : « Quid de la justice, de l’équité, de l’honnêteté en affaires, de la santé, de l’emploi, de l’éducation, de la morale publique, du droit d’opinion et de religion ? »

 

 

 

Notes : 

(1) Plus de la moitié des catholiques pratiquants réguliers (55%) ont voté pour le candidat Les Républicains au premier tour de l’élection présidentielle, dimanche 23 avril.

(2) François Fillon, qui se dit catholique bien qu’« à la pratique irrégulière », déclare croire au « caractère sacré de la vie » (Faire, Albin Michel, 2015, p. 269) tout en défendant la légalisation de l’avortement : « J’ai voté tous les textes qui voulaient améliorer l’accès pour les femmes à l’IVG, y compris le dernier qui était proposé par la gauche. » (Europe 1, 23/11/16) Plus exactement, il a voté contre le remboursement par l’Assurance maladie (1982), la création du délit d’entrave (1993), l’allongement du délai à douze semaines de grossesse (2001), la suppression du délai de réflexion (2016), mais s’est abstenu sur la suppression de la notion de détresse (2014) et a voté pour la résolution réaffirmant le droit fondamental à l’IVG en France et en Europe (26 novembre 2014) alors que la majorité des députés n’a pas pris part au vote (151 votants sur 577 députés). Et il ne s’est par ailleurs pas opposé au projet de loi « pour l’égalité entre les hommes et les femmes » (28 janvier 2014), qui a renforcé le droit à l’avortement, en créant notamment un déli d’entrave tant « matérielle » que «psychologique». M. Fillon n’en est pas excommunié pour autant, mais ses positions le placent dans une situation problématique.

(3) Voir aussi https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/11/23/pourquoi-la-question-des-valeurs-comme-critere-de-vote-est-une-notion-piegee/

(4) Paru dans « Si j’étais président…  – Le sel du scrutin présidentiel », Publié le 16/02/2012. Voir aussi ces pistes pour étudier l’économie sous un angle chrétien.

 

« Comment s’informer » de Sophie Eustache : un guide pour initier les ados à la fabrication de l’info

« Comment s’informer » : un guide pratique pour les ados (mais aussi pour les adultes) pour s’initier aux coulisses des médias et de l’info !

« De l’info partout et tout le temps… » : aujourd’hui, dans notre société hyper-connectée, l’information colonise tous nos espaces, aussi bien publics qu’intimes.

Mais l’enjeu n’est pas tant de s’informer que de transformer cette information en connaissances, c’est à dire de se l’approprier et de l’analyser, pour comprendre le monde dans lequel nous vivons. Ainsi, comment faire le tri dans cette myriade d’informations qui nous parvient tous les jours ? Quel crédit leur porter ? Et ce, d’autant plus qu’une information n’est pas un produit naturel, puisqu’elle est produite par des êtres humains qui vivent en société et portent un certain regard sur le monde. Elle doit donc toujours être manipulée avec précaution. La journaliste Sophie Eustache propose un guide pertinent d’éducation aux médias, très utile et très accessible, pour aider les adolescents, dès 13 ans, à « naviguer sur les flots tumultueux et diluviens de l’information » (op. Cit., p 15). Il sera aussi lu avec profit par les adultes.

Publié dans la collection POCQQ (Pourquoi s’interroger ? Où s’informer ? Comment agir ? Qui est concerné ? Quand débattre ?), laquelle traite des sujets d’actualité pour les adolescents, « avec la distance qui permet à chacun de se faire son opinion » [déjà parus : qui sont les transhumanistes ? Où va le climat ? Pourquoi les végans ? …], cet ouvrage, illustré par Élodie Perrotin, aborde certaines questions. Les inévitables : « qu’est-ce que s’informer aujourd’hui ? Comment circule l’information ? Comment travaillent les journalistes ? »

Mais aussi : « l’information est-elle (réellement) libre ? A qui appartiennent les médias ? », nous sensibilisant à l’enjeu de l’indépendance de la presse – indépendance par rapport à l’Etat, mais aussi l’audience, les partis politiques, les industriels, les annonceurs, la publicité. En France, 10 milliardaires (des télécoms, des BTP, des banques et de l’armement) possèdent la majorité des médias.

Enfin, « l’objectivité est-elle possible ? », nous questionne encore l’auteure, nous invitant à prendre du recul par rapport au « fact checking », pratique journalistique visant à vérifier la véracité de propos tenus par des responsables politiques ou d’autres personnalités publiques. L’enjeu n’étant pas tant de savoir si les « factcheckers » font un bon travail ou pas, mais plutôt de comprendre qui en profite.

Le chapitre « Que pouvons-nous faire ? » nous pousse à l’engagement. Parce que l’information n’est pas une marchandise mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation, nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse indépendante (sans pub et financée avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble à des solutions pour libérer la presse.

Le « guide de l’apprenti journaliste » donne des conseils pour se forger un esprit critique et faire attention aux « fake news » ; un lexique nous permet de comprendre « les mots du journaliste » (qu’est-ce qu’un « angle », « bâtonner une dépêche », un « chemin de fer », un « marronnier » ?…), et pour aller plus loin, une bibliographie complète est à consulter sur le site de l’éditeur.

A mettre dans toutes les mains !

 

En bref :

Comment s’informer, de Sophie Eustache / Elodie Perrotin. Editions du Ricochet, 2019 (Collection POCQQ)

Les 30 premières pages.

 

 

 

 

 

 

 

 

Les Grands jours de l’inhumanité : Après « Globish et management », « Globish et politique », « Globish aussi dans l’Eglise » ?

Le « Globish » : la langue des « winners » ou la nouvelle Novlangue ? A moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne…

Dans une note de blogue récente, le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett braque le projecteur sur la « singulière inhumanité d’élues macronistes »lors du débat sur une proposition du groupe centriste UDI-Agir visant à allonger de cinq à douze jours le congé du salarié en cas de décès d’un enfant : cinq jours n’étant pas suffisants pour que les parents puissent “reprendre pied”, expliquait le rapporteur UDI de la proposition de loi, Guy Bricout. La proposition a été rejetée par le bloc macroniste, sur intervention personnelle de la ministre du Travail Muriel Pénicaud, traduite par un amendement de la députée MoDem Michèle de Vaucouleurs et soutenue (avec férocité) par la députée LREM Sereine Mauborgne. Les trois femmes se sont acharnées à dire que la proposition Bricout allait “pénaliser les entreprises”, et que si vraiment les parents en deuil d’un enfant avaient besoin d’un délai, ce n’était pas à l’employeur de le leur accorder : ils n’avaient qu’à se faire offrir des jours de RTT par leurs collègues de travail ! L’inhumanité des trois femmes a choqué les députés de gauche et de droite, qui ont fait part de leur “honte”.

Dans une autre note suivant la première et publiée le 02/02 (« Congé de deuil parental : carence humaine à LREM »), le même Patrice de Plunkett souligne également à quel point « l’attitude du député [LREM du Val de Marne] Frédéric Descrozaille [interrogé sur l’inhumanité de phrases proférées par la ministre du Travail et plusieurs députées LREM, lors du débat de LCI vers 23h, le 01/02] a fait voir au téléspectateur le mur mental qui sépare le logiciel des macroniens et les réalités humaines (…) Interrogé là-dessus, l’élu du Val-de-Marne, sueur au front, s’est évertué à parler hors du sujet. Il paraissait gêné d’avoir à répondre d’un manque d’humanité ; visiblement il eût préféré se lancer dans les litanies « techniques » sous lesquelles ce parti a coutume de noyer les problèmes. L’une des invité(e)s, la députée EELV Sandra Regol, lui a donc reproché – non sans ironie – de sembler incapable de reconnaître une faute de son camp : celle de Mmes Pénicaud, Vaucouleurs et Mauborgne (…..). Ainsi mis dos au mur, M. Descrozaille a fini par reconnaître la faute des trois macroniennes. Il l’a même reconnue deux fois. Une première fois en français – et une seconde fois en globish, comme pour valider le « oui, c’était une faute » par un « yes, it was a mistake » : le globish étant la langue des choses sérieuses dans le petit monde dont fait partie LREM… Voilà par quelle catégorie sociétale nous sommes gouvernés depuis 2017″, conclut avec ironie Patrice de Plunkett.

Pour rappel, le « globish » (un mot-valise signifiant « anglais global » ou « anglais planétaire ») est une version simplifiée – appauvrie ? – de l’anglais comprenant 1500 mots et une grammaire simplifiée. Cette novlangue (nouvelle langue), à moins qu’il ne s’agisse du « latin des médecins de Molière » moderne, est destinée à tous les étrangers qui ont besoin d’échanger de façon utilitaire en anglais, et pas forcement avec des anglophones. Promue par le français Jean-Paul Nerrière, ex cadre marketing chez IBM, le globish se présente comme une alternative simplifiée à l’anglais. Et qui fait notamment l’impasse sur l’apprentissage d’un accent anglophone.

De là, ces réactions intéressantes d’internautes à l’article de Patrice de Plunkett, concernant la place du « globish » dans notre quotidien, non seulement « séculier » mais aussi ecclésial. Extraits :

GLOBISH ET MANAGEMENT

1: Sur l’usage de l’anglais au milieu d’une conversation française:

Une personne qui parle globish dans une conversation en français veut généralement dire autre chose que la traduction mot-à-mot. Ainsi:
– Quelqu’un qui dit « why not » après une proposition en français ne dit pas « pourquoi pas » mais « ça me fait [……] ».
– Quelqu’un qui décrit une personne comme « open » ne dit pas qu’elle est « ouverte » mais qu’elle est un « imbécile heureux ».
– Quelqu’un qui dit qu’il a « challengé » son équipe ne dit pas qu’il l’a « mise au défi » mais plutôt qu’il « lui a mis une pression pas forcément saine ».
(…)
Depuis le temps que j’entends parler globish au travail je commence à mettre sur pied un lexique.

2: Sur l’opportunité de prolonger le congé pour enfant décédé:

Mme Pénicaud ira sûrement expliquer que les parents risquent de provoquer la mort de leur enfant pour se payer plus de congés. D’ailleurs, ça arrive tellement souvent qu’un salarié perde son enfant que cette réforme risquait de faire peser une contrainte énoooooorme sur les entreprises.
Je me rappelle, un soir qu’on venait de servir la soupe aux personnes de la rue, nous avions constaté que l’un d’entre eux était pâle et tournait de l’œil. Bref, il avait la grippe. Nous lui disions: « Ne va pas travailler demain, tu es malade. » (oui il bossait, comme un tiers des gens de la rue). Il a répondu: « Je ne peux pas, je risque des jours de carence. » Drôlement malin ces réformes pour « responsabiliser » les salariés. On épuise un travailleur malade qui ira contaminer ses collègues.

3: Sur la mentalité LREM:

Le message des chrétiens a toute sa place pour contrecarrer les schémas de pensée macronistes. Qu’est-ce qu’il y a de plus important que le profit d’une entreprise dans cette société matérialiste? Dieu serait mort alors qu’est-ce qui obligerait à prendre soin des autres? Les chrétiens ne cherchent pas à faire la preuve de l’existence de Dieu mais à montrer la dignité divine de chaque homme par Jésus-Christ. « Pour toi j’ai frappé l’Egypte, Kush et Seba à ta place. […] Tu as du prix à mes yeux » (Is 43). La bonne nouvelle des chrétiens, c’est cette dignité incommensurable qu’il y a dans le dernier des chômeurs et qui justifie les plus grands sacrifices économiques, y compris au détriment des ténors du CAC 40. « Si c’est un homme » aurait dit Primo Levi. Chrétien deviens ce que tu es… comme on dit.  Écrit par : Cyril B / | 03/02/2020

GLOBISH AUSSI DANS L’EGLISE

Globish au Palais-Bourbon, globish aussi dans l’Église avec ce titre qui en dit long : « Étudiant et chrétien, influenceur ou follower ? » On nage en pleine culture marketing : l’influenceur, selon la page Wikipedia qui lui est consacrée, « est une personne qui, par son statut, sa position ou son exposition médiatique, est capable d’être un relais d’opinion influençant les habitudes de consommation dans un but marketing ». ‘Influenceur’ est du globish hâtivement francisé (‘influencer’ en anglais) ; ‘suiveur’ eut sans doute été trop vieillot et franchouillard pour qu’on le préfère à son équivalent dans la langue de Shakespeare, évidemment dans le vent. Ces étudiants en grandes écoles se disent « gênés » de témoigner de leur foi : on les comprend car c’est la société libérale et liquide dans son ensemble qui va à contre-courant du message chrétien. Mais n’était-ce pas déjà le cas au temps du Christ ? (…) Ni ‘influenceurs’ ni ‘followers’ mais pleinement chrétiens dans les actes gratuits du quotidien (…), voilà le conseil que je donnerais humblement à ces étudiants : assurément, c’est par le témoignage concret et l’exemple donné que l’on évangélise, bien davantage que par toutes techniques de marketing qui parlent moins à Dieu qu’à Mammon. Des deux, il n’en est qu’un que nous puissions choisir. Écrit par : Philippe de Visieux / | 04/02/2020

Foireux liens de janvier (37) : « questions éthiques, éthiques en questions »

Les « Foireux liens » de janvier : des questions éthiques, sociales et théologiques

Bonjour ! Et voici de retour vos « Foireux liens » !

Au menu, des questions éthiques, sociales et théologiques sur les grèves, l’usage des écrans, le management, la PMA, l’homme augmenté, la fin du monde, la vie après la mort, le simple acte de lire ou d’acheter un livre, sans oublier nos façons de débattre !

 

1) Questions éthiques 

Pour avoir une vision synthétique sur les débats et les décisions des synodes, découvrez, sur le site de l’église protestante unie de France, une nouvelle rubrique consacrée aux « Questions éthiques » (écologie, économie, éthique médicale, famille, migrants et étrangers, violence et paix).

2) L’usage des écrans, un danger pour la démocratie ?

À l’occasion d’une nouvelle étude, Michel Desmurget, chercheur en neurosciences cognitives, revient sur l’impact des écrans sur le jeune public. « Mieux vaut éviter les écrans avant trois ans, martèle-t-on dans les médias (…) Je n’ai jamais réussi à trouver d’argument scientifique solide pour justifier cet âge. Trois ans, c’est un seuil lobbyiste. C’est le moment où l’enfant devient intéressant pour les annonceurs (formation de la mémoire, formulation des demandes…). Et puis, quand on affirme “pas d’écrans avant trois ans”, on dit surtout “après vous pouvez y aller”. Et, de fait, le temps passé devant les écrans explose à partir de trois ans. Pour les enfants de maternelle on parle de presque trois heures par jour. Au primaire, c’est quasiment cinq heures. Les ados dépassent six heures et demie ». Et « Une étude réalisée par l’université américaine Stanford, il y a trois ans, a analysé la capacité des enfants et des ados à trouver une information en ligne, à l’analyser et à évaluer les sources émettrices. Le niveau de compréhension et de compétence de ces jeunes était si bas que les chercheurs ont estimé que cela représentait une menace pour la démocratie« .

3) La justice rétablit les affiches d’Alliance Vita

Accusées de manquer de neutralité dans le débat sur la PMA, elles avaient été retirées des gares et des rues parisiennes vendredi 03 janvier….

4) Les « anti-PMA » s’inscrivent dans un combat de long terme 

 Alors que la révision des lois de bioéthique reprend au Sénat le 21 janvier, plusieurs organisations ont réclamé le retrait du texte, dimanche, en manifestant à Paris. Nombre de militants, cependant, ne limitent pas leur réflexion au sort du projet de loi et se situent dans une perspective plus longue. « Il y a 20 ans Gabriel Matzneff était encensé, l’écologie ridiculisée et le marché porté en triomphe. On voit où cela nous as mené. Dans 20 ans, l’on se demandera comment une telle loi a pu être votée, nos enfants nous demanderons des comptes… », estime Patrice Obert, le président des « Poissons Roses », courant de chrétiens de gauche.

5) Savons-nous encore débattre ?

En politique comme en famille, la mise en pratique du débat n’est pas toujours aisée. Et pourtant, sans son apprentissage, point de vie en société… Ce n’est pas le conflit qui est dangereux, mais la violence. Ce n’est pas le désaccord qui est problématique, mais l’absence de débat. C’est la raison pour laquelle la Revue Projet ouvre par la question du débat sa grande série politique : six dossiers pour réinterroger les fondements démocratiques et politiques, jusqu’à la présidentielle de 2022.

N’appelons pas « censure » l’hystérie des bulles d’opinion

Dans Le Monde (9/01), Michel Guerrin reprend lui aussi le thème de la « censure » invoqué par Riss, le patron de Charlie Hebdo. Mais il va beaucoup plus loin que Riss en incriminant la décomposition de la société en bulles d’opinion exclusives les unes des autres….

Cinq ans après, « Je suis Charlie » sonne creux

« Je suis Charlie ». La phrase a été répétée à l’envi depuis l’attentat contre le journal satirique le 7 janvier 2015 qui a fait 12 morts, plusieurs blessés et choqué l’opinion y compris au-delà des frontières hexagonales.  Mais derrière l’émotion toute compréhensible qui a accompagné ces élans de solidarité repose une réalité bien plus complexe.

6) Débattre avec un robot

Une intelligence artificielle a débattu avec deux humains sur les dangers de l’IA. Ses arguments étaient formulés à partir des réponses de 1100 personnes qu’elle analysait pour éviter les répétitions. Sur l’une des questions posées, l’IA a répondu qu’elle n’était pas capable de prendre une décision morale, car c’est une capacité propre aux humains. En anglais.

7) Voulez-vous une machine comme professeur ?

Les intelligences artificielles peuvent nous aider à apprendre…, mais la généralisation de l’apprentissage par les machines pose un problème éthique : le risque de standardiser les contenus et de formater les esprits. Aujourd’hui, de même que nous avons du mal à expliquer le fonctionnement de notre cerveau, nous comprenons difficilement le raisonnement d’une IA.

8) Transhumanisme : la conscience mécanisée – Un nouveau livre d’Eric Lemaître

À la suite d’un premier ouvrage intitulé « la déconstruction de l’homme », dont Pep’s café s’est fait l’écho, Éric LEMAITRE socio-économiste, blogueur et enseignant à l’école supérieure des Ingénieurs de Reims signe un nouveau essai théologique et philosophique sur le transhumanisme. Cet essai sonne comme un avertissement prophétique et prévient ses contemporains sur le combat titanesque qui est en jeu, qui est de nature à mettre en péril la conscience humaine.

9) Prochaines cibles des Gafa : dossiers médicaux et comptes bancaires

« Ils ont pressé le jus du citron médiatique et maintenant il faut qu’ils trouvent un autre millier de milliards de dollars de capitalisation boursière combinée ailleurs ». Deux domaines font saliver les géants de la tech américains plus que tout : la finance et la santé. Deux gigantesques réservoirs de croissance, jusqu’à présent préservés de leurs appétits par les réglementations sectorielles. L’assaut est lancé….

10) Lire sur papier, lire sur écran : en quoi est-ce différent ?

Depuis le début de ce siècle, plusieurs dizaines d’études ont été menées pour évaluer les effets du support de lecture sur les performances de compréhension de textes qui pouvaient être soit documentaires – manuels scolaires, ouvrages universitaires – soit narratifs – fictions, romans…  Les résultats de ces études ont été repris dans deux méta-analyses publiées en 2018 ; celle de Kong, Seo et Zhai, portant sur 17 études, publiée dans le journal Computers & Education, et celle de Delgado et de ses collègues, portant sur 54 études effectuées auprès d’un total d’environ 170 000 lecteurs, et publiée dans Educational Research Review. Il en ressort que la compréhension de textes est significativement meilleure lorsque la lecture s’effectue sur papier que sur écran.

11) Achetons nos livres dans des vraies librairies, en évitant d’acheter sur Amazon !

La technique ? Installer l’extension Amazon Killer pour les livres (Chrome ou Firefox). Comment cela fonctionne ? On cherche un livre sur Amazon, on clique dessus, et hop ! on est renvoyé vers le site de vraies librairies.

12) De la pacotille aux choses qui durent

Depuis la crise de 1929, les industriels fabriquent toujours plus de marchandises à la longévité toujours plus limitée. L’impératif environnemental implique de ralentir la consommation frénétique des biens. Mais comment remettre en cause le pilier d’un système que soutiennent presque tous les gouvernements ? Une idée simple et d’allure inoffensive pourrait ouvrir la brèche.

13) « Le manager malgré lui » : quand Molière éclaire la bêtise organisationnelle

Dans un essai intitulé « The stupidity paradox », les professeurs Mats Alvesson et André Spicer mettent en garde les managers des institutions bureaucratiques qui ne laissent aucune place à l’expression de l’intelligence humaine. À cet égard, ils parlent d’un phénomène de « stupidité fonctionnelle ». Au cœur de leur paradoxe, ils dénoncent l’affectation des salariés les plus compétents aux tâches les plus stupides.Quatre siècles avant Alvesson et Spicer, Molière s’intéressait lui aussi à la bêtise, mais dans un tout autre contexte que celui des organisations.

14) Mal-être chez les cadres de la R&D : quand les syndicats affrontent le déni patronal

« Nous, cadres sup, aux côtés des grévistes » : ainsi s’intitule la tribune parue lundi 7 janvier dans le journal Libération. Les auteurs (le collectif Les Infiltrés) rappellent par ce texte que les cadres sup’ sont, au même titre que de nombreux autres salariés, directement concernés par les mobilisations sociales, le bien-être au travail et le besoin de voir la pénibilité prise en charge. Pourtant, certaines recherches montrent que la gestion syndicale de la pénibilité mentale du travail des cadres, ingénieur et chercheurs de l’industrie se heurte bien souvent à la violence d’un profond déni patronal.

15) Retraites : guide d’auto-défense imagé pour les dîners en famille

Que rétorquer à votre oncle qui prétend que la réforme des retraites « ça fait les pieds aux fonctionnaires » ? Ou à la cousine qui assure que c’est le seul moyen de sauver un système des retraites équitable ? L’économiste Anaïs Henneguelle déconstruit « onze idées reçues » sur la réforme des retraites. Un guide illustré par les photos d’Anne Paq. Ainsi : Idée reçue n°1 : « Il n’y a pas de perdants à la réforme » Idée reçue n°2 : « Le système n’est pas viable financièrement : il faut réformer » Idée reçue n°3 : « L’espérance de vie augmente et il faut en profiter »……

16) BlackRock et les retraites : pourquoi et comment le gestionnaire d’actifs joue un rôle dans la réforme

Qu’est-ce que BlackRock ? Pourquoi cette société financière est-elle aussi puissante ? Quels sont ses liens avec les dirigeants politiques ? Et pourquoi s’intéresse-t-elle de si près à l’avenir de notre système de retraite ?

17) Réforme des retraites : le point de vue d’un pasteur

Christian Bouzy, pasteur du Foyer de la Duchère (Lyon) se demande de quelle justice parle le gouvernement.

18) « La fin du monde n’est qu’un éboulement »

Pour Olivier Abel, professeur de philosophie éthique à l’IPT de Montpellier, le catastrophisme ambiant est un discours très dangereux qui désarme notre capacité à continuer le monde.

19) Pour N.T. Wright, la justification par la foi n’est pas au cœur du message du Nouveau Testament

Dans la série des « read it again ». A l’issue de l’une de ses interventions à l’Université de Fribourg, le 19 juin 2017, dans le cadre des Journées d’études pour le renouveau théologique et sociétal, ce spécialiste du Nouveau Testament mondialement connu et proche des milieux évangéliques répond aux questions de lafree.ch sur la compréhension étriquée que peuvent avoir certains du cœur du message chrétien.

Voir aussi 5 erreurs répandues sur la vie après la mort

Dans cet article, J. Richard Middleton (professeur au Biblical Worldview and Exegesis au Northeastern Seminary, Rochester, NY) examine 5 idées fausses répandues parmi les chrétiens sur ce à quoi ressemblera la fin des temps (en grec eschaton).Pour commencer, voici cinq choses que la Bible n’enseigne pas.

20) « Mais qui suis-je donc en train d’adorer en ce moment ? » ou quand Adorer un veau d’or le dimanche matin est étonnement facile.

Le dimanche, nos Églises sont pleines de personnes qui veulent adorer Dieu, et pas une seule d’entre elles n’y entre en étant absolument neutre. Nous ne devons donc pas considérer comme acquis que, dans nos environnements religieux, c’est le Christ exalté qui y est adoré.

Municipales 2020 : une frange de la droite s’allie avec l’extrême droite

Autrefois associé à l’UMP (devenue Les Républicains), le Parti chrétien-démocrate de Christine Boutin et Jean-Frédéric Poisson a noué des alliances locales avec le Rassemblement national, dans la perspective des municipales 2020. Le même Poisson, à l’époque où il était candidat à la présidentielle, plaidait en 2016 pour la fin du « cordon sanitaire » qui, selon lui, « n’a ni sens ni raison d’être» autour de ce qui s’appelait alors Front National. 

CAC 40 : versements record aux actionnaires en 2019

A 60 milliards d’euros, les liquidités restituées aux actionnaires du CAC 40 dépassent le niveau record de 2007. Elles ont augmenté de 12 % par rapport à l’année dernière. Compte tenu des bons résultats 2019 attendus, les dividendes et les rachats d’actions devraient encore progresser cette année. Et en comparaison, surtout pas de coup de pouce au SMIC au 1er Janvier, « ça pourrait ralentir l’économie ».

Dans les kiosques : heureux comme Dieu(x) en France ?

La revue Zadig consacre le dossier de son numéro d’hiver aux relations que les Français entretiennent avec la religion. À travers des entretiens et des reportages, des Côtes-d’Armor à La Réunion en passant par le Val de Marne, à la rencontre de croyants de toute confession, il dresse un état des lieux du paysage spirituel de notre pays.

Et le dernier pour la route :

21) Comment la Chine va changer ce que nous allons voir à l’écran ?

Ça y est : en 2020, la Chine sera le plus gros marché du cinéma au monde. Ce leadership a déjà des conséquences sur ce que nous regardons. Entre censure, opportunisme et séduction : voici comment la bobine se fraye un chemin vers un marché de 1,4 milliard de spectacteurs.  En anglais.

 

Ces « foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en mars.

 

« L’Affaire Mila » : « vies privées »

« L’affaire Mila » ou le révélateur d’une crise de notre époque, dans laquelle nous vivons l’oubli ou la négation de l’intime….

« L’affaire Mila » – du prénom d’une lycéenne de 16 ans – est révélatrice d’un phénomène inquiétant : après avoir tenu des propos insultants envers la religion musulmane dans une « story » instagram, elle est persécutée et menacée par des milliers de jeunes, des deux sexes, nés en France et de nationalité française. « Outre les insultes et les menaces de mort ou de viol, certains internautes, qui l’ont reconnue, dévoilent son identité, son adresse, celle de son lycée » (1).

« Plusieurs vidéos massivement partagées et commentées sur les réseaux sociaux reprennent les extraits de cette story Instagram (…)Depuis la publication de ces vidéos, plusieurs hashtags ont émergé (#JesuisMila et #JesuispasMila), symbolisant un débat extrêmement polarisé autour de la jeune fille, désormais cible de cyberharcèlement »(2).

Ceci dit, ce qui se vit est également révélateur d’une crise de notre époque, à l’heure où il est normal, banal et « moderne » de s’exprimer « en live » et en public sur les réseaux @sociaux, sans soucis de protéger son identité numérique. Un peu comme si l’on ouvrait la porte de sa chambre à une foule d’inconnus. En effet, Internet, ce n’est pas « privé ». Cette crise est perçue par Marc-Alain Ouaknin, rabbin et docteur en philosophie, comme une « crise de l’intimité ».

Comme il l’explique très bien dans son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains » (3), nous vivons en effet « l’époque de l’oubli [ou de la négation ?] de l’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société ». Or, poursuit-il, « l’éthique n’est possible qu’à partir de l’existence de l’intime. L’intime de la maison n’est pas fuite du monde et de l’autre, mais la condition même de leur rencontre…. » (Zeugma, p 497).

Selon Ouaknin, le texte biblique est de nature à nous ouvrir de nouvelles perspectives sur cette question de l’intime. Il cite en particulier « cet épisode [de Genèse 9v20 et ss] où, après être sorti de l’arche, Noé (…) plante une vigne et s’énivre de son vin, pour finir dénudé dans l’intimité de sa tente. Un des trois fils, Cham, entre dans la tente et voit son père nu. « Et Cham, le père de Canaan, vit la nudité de son père et il raconta à ses deux frères à l’extérieur »[v22]. Des commentateurs estiment que « ce texte suggère (….) que la faute de Cham n’est pas d’avoir vu la nudité de son père, mais de n’avoir regardé que cette nudité et de l’avoir racontée à ses frères » (op .cit., p 499). Dès la sortie de l’arche, le langage est perverti dans son utilisation par Cham qui entre dans le monde de la médisance. Et, souligne Marc-Alain Ouaknin, « médire, ce n’est pas mentir, mais réduire la complexité d’une situation ou d’un être à une seule dimension. La médisance réduit la conscience que l’on peut avoir de la complexité d’autrui en le réduisant à une seule de ses fonctions, en n’en voyant qu’un point sans le mettre en relation avec les autres, sans prendre en considération les interactions, les liens et les marges (…). Cham est dans une pulsion qui transforme son voir en parole sans attendre que son père puisse prendre la parole, dire quelque chose, expliquer, s’expliquer. Cham est dans l’aussitôt. Il voit et aussitôt se met à parler sans laisser à son père le temps d’une parole, d’un commentaire, et sans se laisser à lui-même la possibilité d’élaborer un discours, une raison, un logos. Il ne se fait pas accueil pour une parole (…). Aucune parole ne peut résider chez lui, en lui. Il est sans intériorité et ne comprend ni ne respecte l’intériorité de l’autre, ici son père. Il raconte à ses frères qui sont à l’extérieur. Sa bouche est toujours tournée vers cette extériorité sans retenue, ce que l’hébreu nomme l’insolence, houtspa, mot qui veut dire littéralement « extérieur-bouche ».

La médisance, c’est nier chez l’autre le droit à l’intime et chez soi l’existence de cet intime, lieu d’un temps de maturation d’une parole qui pourra être dite ou retenue. Et en niant le droit de l’autre à l’intime, c’est le réduire à son dévoilement, son apocalypse [« révélation » et non « catastrophe »], sans lui donner le temps de retrouver son for intérieur dans lequel il pourrait se ressaisir et élaborer une parole d’explication et de transmission. Médire, c’est ne pas respecter la part de mystère qui est à l’origine de toute créature.

Cham maudit son père et est maudit en retour, comme s’il se maudissait lui-même. Pris dans l’émotion produite par la nudité de son père, aucune place n’est donnée au discours et aux commentaires qui auraient pu être faits. Une forme de ressenti obstrue la possibilité d’une pensée rationnelle et devient fondement du non-entendement, de la pulsion et de l’intolérance ».(op.cit., pp 500-501)

Le propre de cette génération, piégée par des polarisations extrêmement violentes ?

Face aux deux écueils d’une vie marquée par la démesure (la croyance dans le mythe moderne du « tout est possible »), et d’une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, il est heureusement permis d’espérer.

Marc-Alain Ouaknin, dans son commentaire de cet épisode biblique, rappelle que « Shem et Yafet, les deux autres frères, vont à la fois réparer la faute de Cham » et rendre possible « une éthique de la juste parole (4), du bien dire, (c’est-à-dire), de la bénédiction. Ils font réparation de la médisance, réparation qui sera ritualisée plus loin dans le texte biblique dans le rituel de guérison [et purification] du lépreux [l’ostracisé de l’époque, cf Lévitique 14].

Le bien dire de la bénédiction consiste tout d’abord à rétablir l’intime de l’autre. C’est ainsi que les frères prennent une couverture [qui est autre que les « couvertures médiatiques »] qu’ils posent sur leurs épaules pour la déposer sur le corps de leur père en marchant en arrière, sans regarder sa nudité. » (op.cit., p 502)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Vêtir ceux qui sont nus », telle est la réponse à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée. Sans doute l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques.

 

Aller plus loin : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/15/limitation-de-jesus-christ-veiller-a-son-intimite/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/20/le-pseudonymat-nest-pas-un-anonymat/

 

 

Notes :

(1) Le déroulé de l’histoire : https://www.lci.fr/justice/jesuismila-menacee-de-mort-et-de-viol-pour-avoir-insulte-l-islam-sur-instagram-mila-16-ans-porte-plainte-2143516.html

(2) https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/22/mila-une-jeune-femme-de-16-ans-a-t-elle-ete-exfiltree-de-son-lycee-par-la-police-suite-a-une-video-a_1774539

(3) Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013. Voir notre article sur l’ouvrage.

(4) Bénir, c’est effectivement dire du bien de quelqu’un, mais pas dans le sens de quelque chose que nous trouverions « sympa » ou « cool ». C’est tout simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : c’est ainsi que cette chose est juste et vraie. D’autre part, bénir, c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité.

 

 

Pourquoi Christianity Today ne doit pas oublier que « le Créateur s’est sali les mains »

Voici l’Affaire.

Pour la première fois, « Christianity Today », dans un édito de Marc Galli, son rédacteur en chef, paru le 19 décembre 2019 dans le magazine évangélique américain de référence, affirme que Donald Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (2) devrait « être démis de ses fonctions » et appelle ses lecteurs évangéliques, « après plusieurs années de retenue », à cesser de le soutenir. Une telle prise de position « politique » résonne comme un véritable « coup de tonnerre » dans le ciel évangélique, commente-t-on dans la presse dite chrétienne et séculière.

En effet, pour CT, dont « la mission ordinaire » est de « rester au-dessus de la mêlée », « il (serait) temps d’appeler un chat un chat », car Trump est « un président moralement perdu et confus », coupable « d’abus d’autorité à des fins personnelles ». Prendre position à ce sujet serait d’une « question de loyauté au créateur des Dix commandements ».

En réalité, il y a plutôt de quoi être « consterné » à la lecture de cet édito. Non pas à la façon d’un Jerry Falwell Junior ou d’un Franklin Graham (fils ainé de Billy Graham), qui l’ont condamné ou désavoué (3), mais plutôt à la manière de Joëlle SutterRazanajohary, pasteur de l’église Baptiste d’Annecy.

Dans une note de blogue (4) dont je vous recommande la lecture, celle-ci salue ironiquement l’initiative de « Christianity Today », qui « ose enfin appeler un chat un chat ! », vu qu’il n’y a, en réalité, « rien de nouveau sous le soleil américain motivant cette sortie de retenue ».

En effet, analyse-t-elle, l’on « reconnait (pourtant) un arbre à ses fruits » et « cela fait bien longtemps déjà que Mr Trump s’est emmêlé les pinceaux dans cette histoire de chat sans que (le magazine évangélique) n’espère sa destitution ! » Dans une « vidéo qui tournait sur le Web quelques mois avant les élections », Trump se vantait de pouvoir, grâce à sa position, faire violence à n’importe quelle femme (…) Et pourtant les évangéliques qui le soutenaient n’ont pas vu à ce moment-là un candidat « moralement perdu et confus » ! Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait déjà là d’un « abus d’autorité à des fins personnelles ». Ils n’ont pas appelé ce chat un chat, ce qui (…) était pourtant déjà clairement un signe d’absence de loyauté au créateur des dix commandements, aussi bien de la part du candidat en question que des électeurs. La mention de ce que le magazine éditait pour Bill Clinton en 1998 aurait donc dû s’appliquer immédiatement pour le candidat Trump » (4).

Voilà pourquoi, à l’instar de Joëlle Sutter-Razanajohary, l’on ne peut que saluer timidement (à défaut ironiquement) cet édito, et « espérer qu’à l’avenir, tant qu’à réagir, Christianity Today hésite moins longtemps à descendre dans la mêlée ». Quitte à « oser » courageusement prendre position « pour dire qu’un candidat à la présidentielle de l’un des plus grands pays du monde qui se permet de maltraiter les femmes n’est pas digne d’être président », autant « le dire tout de suite, quelle que soit la manière dont il traite ensuite les dignitaires étrangers ou ses opposants politiques », sans craindre de « se salir les mains ». Après tout, « le Dieu de la Bible » n’a pas hésité à le faire, lorsqu’il a « formé l’humain » (cf Gen.2v7) (4). De là sa mise en garde cinglante contre toute diabolisation (« Tout démocrate n’est pas ‘antichrétien’ et tout républicain n’est pas ‘chrétien’ non plus ») et contre tout clivage, ce qui permettrait « d’exprimer d’infinies nuances, sous peine de prendre conscience un jour que l’on a gobé des couleuvres et d’être obligé de ‘retourner’ sa veste » (4).

Et puisque nous parlons de clivage, il nous est par ailleurs annoncé régulièrement que la procédure de destitution du président Trump, votée par la majorité démocrate à la Chambre des représentants (5), n’aurait que « peu de chance d’aboutir », du fait du positionnement partisan des élus républicains au Sénat, chargés du procès. Une telle posture partisane me paraît inquiétante dans son mépris de la vérité et de la justice, et de nature à interpeller le chrétien, lequel est censé vouloir penser et agir comme Christ. Et, en tant que tel, ayant à cœur de « faire ce qui plaît » à son Seigneur, il « annonce (la) justice (de Dieu) », sans retenue et « sans la dissimuler », « dans la grande assemblée » (Ps.40v9-11).

Le chrétien sait que « Dieu est amour » (1 Jean 4v8) et « l’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6). Et non dans une quelconque posture partisane.

Le Christ qu’il sert a d’ailleurs averti les siens de « (prendre) garde que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront en prenant mon nom ; ils diront : “C’est moi, le Messie”, et ils égareront bien des gens (…) Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira ; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Matt.24v4-5, 12-13).

Et tout lecteur de la Bible se doit de prendre au sérieux les avertissements de 2 Thes.2v3-12 : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, ‘adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés ».

Et comme « notre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ » ne serait être polluée par le sentimentalisme (6) ou la partialité (cf Jacq.2v1), les « hommes faits » ou matures sont invités au discernement pur (Hébr.5v14). Leur responsabilité est de « jauger » ou d’évaluer le réel – particulièrement la façon de vivre de ceux qui se prétendent chrétiens – en toute humilité – et non à fuir/dénier le réel.

Face à ceux qui affirment « que le président ait fait quelque chose de mal ou non, même s’il l’a fait et que c’est immoral, cela exige le pardon et demande un coup de main, si vous êtes chrétien », aimant rappeler « que Jésus, quand il était sur la terre, n’a pas jugé les gens » (7), les mêmes « hommes faits » (se) rappelleront que cela ne sert à rien de nous justifier ou de minimiser notre péché. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas « pourquoi » mais « quoi », quand nous péchons (Gen.4v9). Il ne demande pas au pécheur de se justifier, mais l’invite à reconnaître la vérité de la rupture. Tout pécheur ainsi repentant (et non « excusé ») est pardonné, réconcilié et restauré, selon les principes bibliques (Luc 5v32, 15v7 et 1 Jean 1v9).

 

 

 

Notes :

(1) L’original ici et la traduction française .

(2) Comprendre le processus et les raisons

(3) Voir https://theweek.com/speedreads/885611/christianity-todays-editorial-sparked-family-fight-about-billy-graham-trump et http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html ).

(4) Cf https://www.actus-mots.com/post/christianity-today-ose-enfin-appeler-un-chat-un-chat

(5) Cf https://americanballotbox.com/2019/12/19/breaking-news-donald-trump-is-impeached/

(6) Cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/02/22/ton-christianisme-est-il-sentimental/

(7) http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html

 

Quand la grève rend visibles celles et ceux qui sont indispensables à la société

« Des récits et de mobilisations témoignant que ceux qui font fonctionner notre société relèvent la tête et souhaitent continuer à bien faire leur travail, dans de bonnes conditions pour eux et les citoyens à qui ils rendent service » (Source image : public domain pictures).

« Le fruit de la justice sera la paix : la justice produira le calme et la sécurité pour toujours » (Es.32v17).

« J’écoute ce que dit Dieu, le SEIGNEUR ; il dit : « Paix », pour son peuple et pour ses fidèles, mais qu’ils ne reviennent pas à leur folie ! Son salut est tout proche de ceux qui le craignent, et la gloire va demeurer dans notre pays. Fidélité et Vérité se sont rencontrées, elles ont embrassé Paix et Justice. La Vérité germe de la terre et la Justice se penche du ciel ». (Ps.85v9-12)

Ils sont accusés de bien des maux : « de paralyser le pays », « de défendre égoïstement leurs acquis », et même, selon un certain magazine, « de haïr le travail ». Paradoxe : la grève qu’ils mènent nous dit tout le contraire. Elle rend justement visible ce qui ne l’est pas, quand tout fonctionne normalement, quand ces centaines de milliers de salariés accomplissent bien leur travail, n’en déplaisent à certains, pour que les écoles accueillent nos enfants, pour que les trains, les métros ou les bus nous transportent, pour que les pompiers interviennent quand on les appelle, pour que les hôpitaux soignent les patients, pour que nos poubelles et déchets soient collectés. La grève rend justement visible le rôle primordial de tous ces métiers d’utilité publique dans notre société. C’est pourtant sur ces métiers que le gouvernement ne cesse de taper. Gel de salaires, coupes budgétaires, baisse d’effectifs, loi travail, et maintenant réforme des retraites… Ils endurent tout en continuant de travailler, ils alertent sans être écoutés. Leur malaise, qui dépasse largement la seule réforme des retraites, Basta ! pure player traitant de l’actualité économique, sociale et environnementale, nous le raconte depuis longtemps, tout en donnant la parole à celles et ceux qui proposent de véritables solutions alternatives. Autant de récits et de mobilisations témoignant que ceux qui font fonctionner notre société relèvent la tête et souhaitent continuer à bien faire leur travail, dans de bonnes conditions pour eux et les citoyens à qui ils rendent service.

Les urgentistes frôlent le « burn out » depuis plusieurs années, les pompiers s’inquiètent de leur « surcharge de travail », non pour eux mais pour les gens à qui ils portent secours, et déplorent des autorités « hermétiques » à leurs demandes, les policiers critiquent un travail devenu « vide de sens », encore dégradé par la nouvelle manière de maintenir l’ordre, quand des douaniers craignent d’être « broyés » par « le système ».

➡️Urgences en burn-out : « Nous sommes obligés d’être à la fois aide soignante, infirmière, vigile, secrétaire… »
➡️Chez les pompiers de l’Essonne : intimidations par la hiérarchie, colère des sapeurs
➡️Enquêtes bâclées, politique du chiffre, hiérarchie indifférente : des policiers critiquent un travail « vide de sens » 
➡️« Je me suis voué corps et âme à mon métier, et je m’y suis broyé » : en France, les douaniers aussi se suicident

Les sous-traitants du nucléaire, qui œuvrent à la maintenance et à la sûreté des centrales, sont, eux aussi, « fatigués d’être méprisés ». Les agents de l’Office nationale des forêts ne veulent pas s’occuper de ce bien commun « comme un conseiller bancaire gère des portefeuilles ». Est-ce cela haïr le travail ? C’est tout le contraire. La haine de ces métiers vient des managers qui n’y voit qu’un exercice comptable déshumanisé.

➡️ « Fatigués d’être méprisés » au détriment de la sécurité, les sous-traitants du nucléaire se mobilisent
➡️ Les agents de l’ONF lancent un mouvement contre la marchandisation des forêts françaises

Il suffit d’écouter cette institutrice et directrice d’école en Seine-Saint-Denis, parler de son métier, des enfants et du rôle émancipateur que devrait jouer l’école, pour être scandalisé par le sort réservé aux enseignants, déjà mal rémunérés, peu écoutés et parmi les grands perdants de la réforme des retraites.
➡️« Notre métier, c’est de former une génération qui prendra en main la destinée du monde d’ici 25 ans »

Pire : non seulement toutes ces paroles ne sont pas entendues, elles sont méprisées, masquées. Comme pour ces infirmières travaillant en Ehpad, sanctionnées pour avoir travaillé en sous-effectif. Comme pour ces employés d’un site Michelin, également sanctionnés quand un accident du travail se produit. Comme pour ces cordistes, profession particulièrement touchée par les accidents du travail mortels.
➡️Des soignantes sont obligées de travailler en sous-effectif dans un Ehpad, leur direction les sanctionne
➡️« On n’a jamais vu ça ! » : chez Michelin, deux salariés sanctionnés après avoir été victimes d’un accident du travail
➡️« Si vous n’y allez pas, vous n’êtes pas des hommes ! » : enquête sur la mort de Quentin, jeune technicien cordiste

Quand ce management déshumanisé tue, notre société a encore du mal à rendre justice. « 15 000 euros d’amende, ça fait cheap la vie humaine, non ? », lançait le romancier Alain Damasio au moment du procès des dirigeants de France Télécom, dont nous connaîtrons le résultat ce 20 décembre.
➡️Procès France Télécom : « 15 000 euros d’amende, ça fait cheap la vie humaine, non ? »

(Source : Bastamag)

 

« Le chrétien peut-il faire grève ? » Ou Notre regard sur les manifestations contre la réforme des retraites

Une réforme qui porte un coup final à la solidarité intergénérationnelle (Source image : public domain pictures)

Jeudi 05 décembre aura lieu une grève générale et nationale contre la réforme des retraites. Loin d’être une grève « corporatiste » menée par des « privilégiés », cette mobilisation interprofessionnelle (autant du public que du privé) s’annonce massive, ne se limitant pas aux secteurs concernés par des régimes spéciaux.

Au cœur de la réforme, le remplacement du système actuel par répartition(1), qui fonctionne par annuités (en fonction des trimestres travaillés) et par la prise en compte des meilleurs revenus pour calculer le montant de la pension, par un système à points. En garantissant un revenu après la « vie active », ce système par répartition a permis à la France d’afficher le taux de pauvreté le plus faible d’Europe parmi les plus de 65 ans : 8,3 % des retraités y vivent sous le seuil de pauvreté contre 15,9 % en moyenne pour l’Union européenne, et plus de 18 % en Allemagne ou au Royaume-Uni selon Eurostat. Tout l’inverse d’un système à points, dans lequel les travailleurs ne peuvent pas savoir au moment où ils cotisent à combien ils auront droit au moment de prendre leur retraite. Si cette réforme est mise en œuvre, c’est l’ensemble des pensions qui seront amenés à baisser avec le système par points, comme l’expliquait à des chefs d’entreprise….un certain François Fillon, candidat malheureux « de la droite et du centre » à la présidentielle, lors d’un petit-déjeuner à la Fondation Concorde en 2016.  Le même qui sera plus tard au centre du scandale connu comme le « Peneloppe Gate » affirmait à l’époque être « favorable » au système de retraite par points, expliquant très clairement qu’« il ne faut pas faire croire aux Français que cela va régler le problème des retraites », avant d’ajouter que « le système par points permet, chaque année, de baisser la valeur des points et donc de diminuer le niveau de pensions » [Voir cette séquence vidéo publiée sur Public Sénat à partir de 40’12 »-44’12 »]

D’autre part, cette réforme porte un coup final à la solidarité intergénérationnelle, comme nous l’explique en images la blogueuse Emmma.

Du côté du chrétien, c’est aussi l’occasion de chercher ensemble ce que serait « porter un regard biblique » sur le sujet, d’histoire d’aller plus loin que les éternels : « c’est le bazar en France », ou les « que font-ils à la France ? ». A condition, notamment, comme le recommande Etienne Omnès dans une passionnante analyse publiée sur son blogue, « d’interagir avec l’économie réelle plutôt qu’avec l’idée que l’on peut se faire de l’économie ». En clair : il s’agit « d’étudier des sujets concrets » et « d’éviter les sujets abstraits », puisque l’économie est avant tout quelque chose de vécu. Et « partir du réel » nous permet de prendre toute la mesure de la dureté (pour ne pas dire la cruauté) d’un système qui s’apprête à se mettre en place.

Ainsi, plutôt que dénoncer systématiquement ces travailleurs qui « se focaliseraient sans cesse sur leurs droits », comment rester à l’écoute des revendications de ceux qui manifestent pour leurs retraites ? Car, rappelons-le, les opposants au projet de réforme sont avant tout de ceux qui défendent leur dignité, soit leur droit de ne pas dire oui à tout et n’importe quoi.

De là, cette autre question récurrente, que certaines publications chrétiennes osent poser, sans oublier d’y répondre, sans crainte de se faire taxer de « gauchisme » !

Le chrétien peut-il se mettre en grève ?

Dans cet article faisant partie d’un numéro spécial « travail et chômage » de la revue « Promesses » (avril-juin 2015), Joël Prohin estime que  Dans les pays où le droit de grève est reconnu par la législation, lorsque la négociation n’a pas pu aboutir, on peut donc concevoir que le chrétien puisse user de ce droit comme un moyen de « dire la justice » (cf. Ps 40.9). Le danger est alors de glisser vers la défense d’intérêts matériels ou catégoriels, ou bien d’être entraîné dans des mouvements dont les fondements peuvent être diamétralement opposés à l’Évangile. Il est donc impossible d’édicter une règle de conduite générale et uniforme et il convient à chacun de se laisser diriger par l’Esprit pour vivre et montrer l’équilibre toujours délicat entre une soumission dans la douceur (Phil 4.5) et une dénonciation courageuse du mal »….surtout quand il y a soupçon de conflit d’intérêt au coeur de cette « réforme » des retraites.

« Le chrétien peut-il faire la grève » fait également l’objet de l’attention de Frédéric De Coninck, dans un numéro de « Christ seul » (1er mars 2008), une publication mennonite :  L’auteur rappelle que « les sociétés où le travail est régi par le salariat ont compensé le statut subordonné des salariés en organisant différentes instances de concertation et en octroyant, sous certaines conditions, le droit de grève qui est, notons-le, une forme de protestation non-violente qui a été autorisée, souvent, suite à des tueries à balles réelles »La participation du chrétien à de telles formes d’action entre dans la ligne des cas suivants : « Cela ne nous choque pas qu’Esther soit intervenue auprès de l’empereur du moment pour intercéder en faveur de son peuple. Néhémie a fait la même chose. Paul, lorsqu’il s’est retrouvé en procès, a usé des arguments juridiques qui existaient à son époque pour défendre sa cause. Paul et Jacques ont interpellé les maîtres d’esclaves et les riches pour qu’ils changent d’attitude. C’est ainsi que les choses se faisaient dans les sociétés d’autrefois. Le sort des plus faibles dépendait de la bienveillance des plus forts et, pour faire entendre leur voix, les faibles devaient adresser une supplique personnalisée à ceux dont leur sort dépendait. La soumission aux autorités que les apôtres ont recommandée n’a pas exclu des réclamations diverses, pour peu que ces réclamations respectent le cadre normal de la société de l’époque. Même dans l’Église primitive, il n’a pas paru choquant que certains récriminent (Actes 6), parce que leurs veuves n’étaient pas suffisamment prises en compte ».

D’autre part, il est relevé que «  la grève n’est pas un geste individuel. C’est un geste collectif. Les salariés protestent collectivement, et pas nécessairement pour eux-mêmes en particulier, contre des conditions de travail dangereuses ou indignes, contre un niveau de rémunération [ou de retraite] qu’ils considèrent comme injuste, contre des sanctions qu’ils estiment injustifiées. Ils engagent d’ailleurs d’autres qu’eux-mêmes et, en particulier, ceux qui les suivront dans l’avenir. Nous sommes tous au bénéfice des grèves (….) qui ont été menées par nos devanciers ».

 

 

Note :

(1) Pour ne pas dire « le cassage » de la retraite par répartition, comme l’explique François Hommeril, dirigeant du syndicat des cadres.

Voir aussi le dossier sur les retraites paru dans l’hebdo protestant Réforme.