Quelles sont tes priorités dans le choix de ton député ?

Quelles seront nos priorités dans le choix d’un député ? Les mêmes que les siennes !

Que peuvent nous apprendre, pour le choix d’un député, des passages comme 1 Tim.3v1-13, Tite 1v6-8, Jacq.3v1, Actes 20v17-38 ou même Prov.31v4-9 ?

Les 11 (premier tour) et 18 juin (second tour), tu seras une nouvelle fois appelé aux urnes, dans le cadre des élections législatives, pour élire ton député.

Bien sûr, je pourrais aussi te dire : « Tu veux aller voter ? Fais-le. Tu ne veux pas voter ? Ne vote pas. Le plus important c’est d’être en parfaite cohérence avec ce que l’on croit, que l’on expérimente, et que l’on décide ».

Justement, sur quels critères ? Quels sont les enjeux ?

C’est d’abord, pour le député, un grand privilège d’être élu : 7.882 candidats (Soit 3.344 femmes et 4.538 hommes) sont en lice pour le premier tour, soit près de 14 par circonscription(1), et il n’y a que 577 sièges à l’Assemblée Nationale.

Mais tout privilège comporte de grandes responsabilités : élus au suffrage universel direct, par tous les citoyens en âge de voter et en ayant le droit, pour un mandat de cinq ans renouvelable, les députés occupent en effet une place centrale dans notre démocratie dite représentative.

Bien qu’ils soient élus dans une partie du pays (une circonscription), les députés représentent l’ensemble des Français, qu’ils résident dans l’Hexagone, dans les départements ou collectivités d’Outre-mer, ou encore à l’étranger. Quelque soit leur sensibilité politique ou leur parti d’appartenance, les députés représentent l’intérêt général de la nation, et non les intérêts de groupes particuliers/privés.

Les députés votent les lois et peuvent en proposer. Ils travaillent en commissions (lesquelles examinent les projets ou propositions de loi et préparent les débats en séance publique). Ils contrôlent l’action du gouvernement : ils peuvent ainsi interpeller les ministres pour leur demander de travailler sur certains sujets qu’ils estiment importants pour le pays, lors des « questions au gouvernement », les mardi et mercredi de la période parlementaire ; ils peuvent également renverser le gouvernement, si celui-ci n’a plus leur confiance.  Ils tissent des liens solides avec les assemblées des autres pays, tentent de répondre aux problématiques sociétales en allant à la rencontre des acteurs de terrain, reçoivent les citoyens à leur permanence, bureau d’accueil pour tous les citoyens, pour résoudre leurs problèmes quotidiens.

Le député bénéficie d’une immunité parlementaire : l’irresponsabilité, qui le protège de toute poursuite pour des actions accomplies dans l’exercice de son mandat ; et l’inviolabilité, pour éviter que son action ne soit entravée par des actions pénales visant des actes accomplis par les députés en tant que citoyens. Cela les protège contre les intimidations et les pressions politiques et privées et c’est censé être une garantie d’indépendance et de liberté d’action dans l’intérêt général.

Le député dispose de moyens matériels et financiers attachés à sa fonction : une indemnité parlementaire de 5000 euros par mois, une indemnité représentative de frais de mandat de 6000 euros par mois (frais de déplacement, d’habillement, de restauration…) et un crédit collaborateur (allant jusqu’à 9500 euros par mois) pour rémunérer ses collaborateurs (cinq maxi). Il a enfin à sa disposition un bureau personnel dans l’un des bâtiments de l’assemblée.

Quelles devraient être tes priorités dans le choix du député ? Les mêmes que ce dernier !

Que peuvent nous apprendre, à ce sujet, des passages comme 1 Tim.3v1-13, Tite 1v6-8, Jacq.3v1, Actes 20v17-38 ou même Prov.31v4-9 ? Ils ont trait aux critères de choix, comme aux devoirs et responsabilités, de tout responsable. Un responsable est celui qui a une position d’influence. Et un député est un responsable.

Tes priorités (dans le choix du député), comme les priorités du député, sont en rapport avec ses convictions (ce qu’il croit ou ce dont il est convaincu), son caractère (ce qu’il est), sa réputation (ce qu’on pense de lui) et ses compétences (ce qu’il sait faire).

Certes, « si quelqu’un aspire à la charge (de député), c’est une belle tache qu’il désire »(1 Tim.3v1). Notre pays a besoin de députés. C’est une tâche noble que de vouloir servir ainsi (et non pas se servir de) son pays. Pour paraphraser Jacq.3v1, nous ne devrions pas « être nombreux à vouloir être député, car nous serons jugés plus sévèrement. De fait, « on demandera davantage » à ceux qui se (re)trouvent sous les projecteurs.

1) Son caractère et sa réputation : Selon 1 Tim.3v2 et Tite 1v6-7, il est premièrement attendu d’un député qu’il soit « irréprochable ». Et plus encore d’un député se revendiquant « chrétien ». Une telle confession publique « doit impliquer non seulement une irréprochabilité pénale, mais également morale. Les discordances et les contradictions seront passées au scanner du jugement du monde, qui en évaluera la vérité et la cohérence ». La responsabilité de ces candidats n’en est que plus grande (Rom. 2v21), car s’il advenait que leur parole de chrétien ne soit qu’une posture religieuse ou politique, et que leur morale sois prise en défaut … alors leur réprobation serait aussi publique et retentissante que leurs déclarations. Elle rejaillirait non seulement sur eux et leurs familles, mais aussi et surtout sur le christianisme et sur le nom de Jésus, qui pourrait par ce moyen être davantage blasphémé qu’il ne l’est déjà.»(2).

Que veut dire irréprochable ? Sans reproche. Cela ne signifie pas qu’il soit parfait, mais plutôt qu’il est impossible d’avoir prise sur lui pour l’accuser, pour le critiquer ou pour l’attaquer. Cela signifie aussi qu’il a une bonne réputation et qu’il est digne de confiance (1 Tim.3v7).

Ensuite, il lui faut être « sobre, modéré, réglé dans sa conduite, hospitalier »(1 Tim.3v2). Sobre veut dire qu’il est vigilant, notamment quant à sa conduite et concernant les dossiers à traiter, l’action du gouvernement, la situation de notre pays. Etre hospitalier, c’est d’être disponible, à l’écoute et accueillant, surtout pour accueillir tout étranger.

Il ne doit être « ni adonné au vin, ni violent, mais indulgent, pacifique, désintéressé »(v3), et pas soumis à des lobbies/pris dans des conflits d’intérêt.

Prov.31v3-5 rappelle que le responsable ne doit pas « livrer sa vigueur aux femmes », et « ses voies à celles qui perdent » (les responsables). « Ce n’est point aux (responsables) de boire du vin, ou de rechercher des liqueurs fortes, de peur qu’en buvant ils n’oublient la loi, et ne méconnaissent les droits de tous les malheureux ». Car le député doit servir l’intérêt général et le bien commun, avec le souci constant de refuser toute stigmatisation de personnes, avant tout les plus faibles et les plus précaires : il « ouvrira sa bouche », non pour déplorer « le cancer de l’assistanat », mais « pour le muet, pour la cause de tous les délaissés ». Il « ouvrira sa bouche » pour « juger avec justice, et défendre le malheureux et l’indigent »(Prov.31v8-9).

2) Il doit aussi avoir des convictions claires et solides, pour prendre les meilleures décisions en toute sagesse et justice.

Ainsi, par exemple, estime-t-il que « la défense de la dignité humaine » se limite aux deux extrémités de la vie, ou intègre tout ce qu’il y a entre les deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, 67 millions de citoyens vivants ?

Considère-t-il les changements climatiques comme une question sociétale, éthique et spirituelle, posant un défi majeur aux générations présentes et à venir, en particulier du fait de l’interdépendance des causes ?

Pense-t-il que bâtir des hôpitaux, des routes, des écoles, c’est « dépenser de l’argent » ou qu’il est essentiel de refonder le lien social, pour régénérer nos communautés dévitalisées ?

Pense-t-il qu’il n’y ait « rien qu’on puisse appeler la société » et « qu’il n’existe que des individus » ? Et donc qu’il n’y a pas non plus de problèmes « sociaux » mais seulement « des problèmes individuels », des individus aux prises avec certaines difficultés, « des assistés » ayant certaines faiblesses mais sans le courage ou la volonté de les résoudre ?

Justifie-t-il une « responsabilisation » absolue de l’individu et un désengagement de l’État de plusieurs de ses missions ? Ou alors estime-t-il que « le principe de subsidiarité donne la liberté au développement des capacités présentes à tous les niveaux, tout en exigeant en même temps plus de responsabilité pour le bien commun de la part de celui qui détient plus de pouvoir » ? (3)

3) Enfin, sans être un « politicien professionnel », il devra être compétent et connaître les dossiers qu’il traite, en étant capable de comprendre les lois qui lui sont soumises et qu’il vote.

 

Prions donc pour les candidats-députés, qui aspirent et prétendent nous représenter au niveau national : qu’ils aient ce désir d’être irréprochables et de servir le bien commun, pour prendre les meilleures décisions en toute sagesse. Et prions pour nous-mêmes, que nous fassions de preuve de discernement, en prenant en compte le caractère, la réputation, les convictions et les compétences du candidat-député !

Et toi ? Quels sont tes critères de choix d’un candidat ?

 

Pour aller plus loin :

Que peut nous apprendre ce discours de Paul aux responsables de la communauté d’Éphèse (Actes 20v17-38), dans lequel l’apôtre fait un bilan de son activité et livre son testament spirituel ?

Sans justice, pas de paix

Deux mots sont essentiels aux yeux de Dieu pour retrouver la paix, laquelle est l’établissement de ce qui est bon : le droit et la justice.

« Je déteste, je méprise vos fêtes, je n’ai aucun goût pour vos assemblées. Quand vous me présentez des holocaustes et des offrandes, je ne les accueille pas ; vos sacrifices de bêtes grasses, je ne les regarde même pas. Éloignez de moi le tapage de vos cantiques ; que je n’entende pas la musique de vos harpes. Mais que le droit jaillisse comme une source ; la justice, comme un torrent qui ne tarit jamais ! » (Am 5v21-24)

 

 

Notes :

(1) Selon la liste publiée par le ministère de l’Intérieur, 461 candidats apparaissent sous l’étiquette de la République en marche (REM) d’Emmanuel Macron et 76 sous celle de son allié du Modem. 480 candidats sont inscrits sous l’étiquette Les Républicains (LR), 414 pour le Parti socialiste (PS), 571 pour le Front national (FN), 556 pour La France insoumise (LFI), 911 candidats écologistes et 388 pour Debout La France (DLF).

https://www.publicsenat.fr/article/politique/elections-legislatives-comment-ca-fonctionne-60393

http://www.vie-publique.fr/actualite/faq-citoyens/elections-legislatives-2017/

(2) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/04/21/pour-le-nouveau-directeur-de-la-cia-de-trump-jesus-christ-est-la-seule-solution-pour-notre-monde-un-temoignage-public-a-double-tranchant/

(3) Voir « Laudato si » du Pape François, paragraphe 196

Nucléaire, malbouffe : des sujets de débat citoyen en mode « Flash Talk »

Et si l’on débattait de sujets de débat citoyen, qui font rarement débat, « en mode flash mob » ?

Connaissez-vous « Flash Talk » ? Il s’agit d’un magazine diffusé depuis la rentrée 2015 sur France Ô et LCP où le débat citoyen passe en mode flash mob.

Le tournage a lieu dans un espace public et passant, tel un métro, un centre commercial, une université, ou une place publique.

L’émission est de type participatif et interactif :

En compagnie d’experts, Valérie Brochard anime la conversation tandis que Raphäl Yem donne la parole au public (en position debout), lequel est libre d’intervenir à tout moment.

Alternent « le Dataflash » (les chiffres et les mots clés), « le Storyflash » (les avis des internautes) et « l’Œil de Dycosh » (un youtubeur qui propose une version parodique du sujet du jour).

Exemples d’émissions, parmi d’autres, sur deux sujets censés « faire le débat citoyen », à voir entre amis sur LCP et ou Youtube, à l’approche des législatives de juin :

Le nucléaire, une liberté trop chère payée ?

Diffusée le 11/12/2016

Invités :
– Charlotte Mijeon, porte parole du collectif « Sortir du Nucléaire »
– Boris Le Ngoc, directeur de la communication de la Société Française d’Énergie Nucléaire (SFEN)

Malbouffe. Du poison dans nos assiettes ?

Diffusée le 13/11/2016

Invités :
– Perico Legasse, critique gastronomique,
– Florent Quellier, historien spécialiste de l’histoire de l’alimentation

Bonne vision et bonnes discussions !

Existe-t-il une « information chrétienne » ?

« On t’a fait connaître », ô média chrétien, »ce qui est bien et ce que l’Eternel demande de toi » (Michée 6v8). Image découverte sur le compte twitter de Gilles Boucomont (3 mai 2017)

…..une actu « chrétienne », ou même des infos « évangéliques » ?

 

Question susceptible d’être jugée « provocatrice », mais qui a son importance, puisqu’il convient de s’entendre sur ce qu’il convient d’appeler « information », et en quoi consiste l’acte d’informer.

Mais d’abord, que serait une « information chrétienne » ? Une information produite par un chrétien, selon des principes chrétiens ? Une information destinée (exclusivement) à un public chrétien ? Ou une information reflétant les valeurs de l’Évangile ? (1)

 

1) L’information produite par des chrétiens : cette approche définit la qualité de l’information produite et publiée en fonction de son producteur/rédacteur, qui peut se présenter comme « journaliste » ou non. Nous en déduisons alors qu’une information ne peut qu’être d’inspiration chrétienne si elle est réalisée par quelqu’un qui connaît le Christ comme son sauveur et seigneur personnel. Mais se pose alors la question de l’influence du péché/des principes du monde dans le travail du producteur d’info. Pour le dire autrement, la foi affichée du producteur d’info suffit-elle pour définir comme « chrétienne » une info qui peut être futile, mensongère ou traitée de façon peu rigoureuse ou racoleuse ? (2) A l’inverse, une information serait-elle moins chrétienne, si elle était réalisée dans le respect de la déontologie du journalisme (sans contradiction avec les principes bibliques) par un journaliste non chrétien ?

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

Ainsi, qu’est-il vital de relayer/publier ? Qu’un pasteur se noie/se fasse dévorer par des crocodiles en voulant marcher sur l’eau pour imiter le Christ ?(3) Des faits divers donnant l’impression d’une insécurité croissante ? Ou de rappeler « qu’il est rare que le terrorisme, dans un pays occidental, devienne une cause première de mortalité ». Et qu’ « en France, les accidents de la route tuent vingt fois plus, les accidents domestiques 70 fois plus, les suicides 60 fois, et le tabac trois cents (…) Si la sécurité est la première des libertés, rationnellement, c’est d’abord cette sécurité médicale et sanitaire qui devrait truster les unes ». Or, « il n’en est rien. Pourquoi ? »

2) L’information destinée (exclusivement) à un public chrétien : dans cette optique, la qualité chrétienne de l’information est déterminée par le public auquel elle est destinée. Quand une population compte suffisamment de personnes se considérant « chrétienne » (de conviction, de culture ou d’éducation), elle représente ce que l’on appelle « un marché » pour toutes sortes de médias qui s’affichent « chrétiens » ou sont conçus pour promouvoir une vision du monde et une communication au service d’œuvres chrétiennes. Reste à savoir si ces médias visent la pertinence (informer selon un besoin d’information et de façon fiable) ou la popularité et la rentabilité (qui ne sont pas des gages de qualité ou d’authenticité !)

3) L’information au service de l’Eglise/œuvres chrétiennes : Cette approche définit la qualité chrétienne d’une information par son contenu, à des fins de communication. Dans ce cas, le site chrétien jouera un rôle de « relai d’information pour les œuvres », avec un rôle de communication et de sensibilisation. Une approche « utilitariste », qui n’a rien de honteuse en soi, pourvu que l’objectif soit clairement affiché(4).

4) L’information reflétant les valeurs de l’Évangile : Une approche qui détermine la qualité chrétienne par son contenu mais aussi surtout par son processus d’élaboration. Mais comment définir des qualités chrétiennes ? Reconnaitrait-on une « info chrétienne » parce qu’elle serait « positive » ? Un reportage sur les dessous de nos portables serait-il « moins chrétien » ?

5) Parler de la contribution chrétienne aux médias et au traitement de l’information serait sans doute plus juste, mais dans ce domaine, les chrétiens sont-ils « les premiers dans les bonnes œuvres » ? Nous y reviendrons plus loin.

Vous connaissez certainement ces « pure players » du web de confession évangélique revendiquant ce label : « Actus chrétiennes »(2010), « Chrétiens.info » (édité par « Le Journal chrétien »), « Evangéliques info »(2015) du groupe Alliance Presse (qui édite notamment « Christianisme aujourd’hui »),  « infochrétienne » (Né en 2013 sous le titre de « info-évangélique », puis re-baptisé « infochrétienne » en 2015), et le dernier-né « l’observateur chrétien »(2016).

Qu’en penser ? Personnellement, même si le sérieux de certains d’entre eux n’est pas à remettre en cause (d’autres me paraissent toutefois à éviter), je n’en suis pas fan pour plusieurs raisons que je vais expliquer maintenant, en précisant au passage ce que j’attends d’un média digne de ce nom.

Premièrement, si le ton et le style varient d’un site à l’autre (sérieux ou mesuré pour « Journal chrétien » ou « Evangélique.info » ; volontairement plus polémique, revendiquant un style d’« humour cool gras », cynique et vulgaire, pour « Actus chrétiennes »….), le modèle est généralement le même, rappelant les « breaking news » ou médias « d’info en continu » : parce que « la société évangélique française » serait « assez consommatrice d’une info de qualité courte, qu’on peut lire le matin au petit déjeuner ou en allant au travail »(5) ou même pendant le culte ou une réunion, il est proposé des choix de brèves/articles courts, revues de presse, et amorces d’articles (le plus souvent « rhabillés » par la rédaction qui change les titres) francophones/étrangers traduits qui renvoient aux contenus d’autres médias(l’important est la source de ces sites), ayant trait le plus souvent de la vie des Églises, des sujets de société, les chrétiens persécutés, la politique, parfois(mais plus rarement, à des degrés divers) la culture, la science/l’environnement et du socio-économique, et pas mal de « people et d’insolite » (avec la tentation du « buzz »). Les productions personnelles se traduisent pour l’essentiel par des chroniques/billets d’humeur des membres de la rédaction et/ou d’auteurs « invités ». Mais vu que tous ces sites se trouvent dans un contexte d’hyper concurrence, l’on peut constater un phénomène de mimétisme dans le choix des sujets et des angles.
 Une chose me frappe : la place donnée au « storytelling » type « 2.0 », ou le récit dit « édifiant », avec l’impression de voir la société appréhendée uniquement par le seul biais de l’individu : la figure du « self made man », du « héros entrepreneur » ou du « sauveur providentiel », aurait-il contaminé ces médias chrétiens, après les JT et les magazines d’information séculiers, avec le message implicite que la collectivité n’aurait pas d’importance, que l’individu existe en dehors d’elle, et qu’il s’est forgé tout seul ?Autre écueil, auquel n’échappent pas certains sites : l’approche « moralisante »(6) et partisane(7).
L’on pourrait croire que l’activité principale de ces sites consiste en « recyclage de dépêches », mais il est plus exact de dire que qu’il consiste à condenser des dépêches. Un média composé de dépêches complètes, bien qu’effroyablement monotone, serait beaucoup plus complet que ce type de sites. De là le sentiment d’une absence totale de « ligne éditoriale » et donc que rien de ce qui est fait n’est pensé, réfléchi, argumenté ou qu’aucun sens n’est donné aux « infos brutes » présentées. Ce que l’on voit, c’est un conglomérat d’articles, où plein de choses (certaines pouvant être bonnes ou réellement édifiantes) qui se juxtaposent aléatoirement, ou selon l’humeur, ou selon les critères du rédacteur en chef. Ces sites, même les plus sérieux, n’échappent pas toujours à l’écueil de l’information sensationnelle ou émotionnelle, où il s’agit plus de « faire sentir ce qui se passe » que de mettre l’information en perspective(8).
Le danger serait alors de se contenter de « lire en diagonale »(le plus souvent les seuls titres et le paragraphe), de « râler » ou de s’indigner de façon stérile, avant d’oublier ce qu’on vient de lire.

Et maintenant, qu’est-ce que j’attends d’un média sérieux, digne de ce nom ? Quelle pourrait être une contribution chrétienne aux médias et au traitement de l’information ?

Que les chrétiens aient préalablement réfléchi à ce que sont respectivement l’information, l’acte d’informer, l’objectivité et le rôle du journaliste. Ensuite, qu’ils aient intégré les problématiques suivantes dans la construction de leur projet médiatique : à l’heure où nous pouvons presque tout savoir en temps réel, est-il indispensable de tout savoir ? Comment faire le tri entre les informations ? Comment faire la part des choses entre l’essentiel et le futile ? Comment distinguer le vrai du faux, le fictif du réel, le mensonge de la vérité ? S’informer est-il un besoin ou un devoir ? Une responsabilité ? Et pourquoi s’informer ?

Ainsi, une information ou l’acte d’informer est ce qui renseigne avec exactitude sur ce que l’on ignore et qui répond aux questions « qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi ». L’information n’est pas une opinion mais un élément de connaissance vérifiable, qui s’adresse/s’impose à tous. Et la condition d’une information digne de ce nom, crédible, est la recherche de la vérité. Sur ce point, le « journaliste chrétien » est censé avoir un avantage sur le journaliste séculier : il croit en la vérité absolue ou qu’il existe une vérité. A l’inverse, le journaliste non chrétien, qui estime que la vérité n’est pas atteignable, a renoncé à la chercher. Il ne lui reste alors plus que son honnêteté (ou sa mauvaise foi) par rapport à ses croyances (ce à quoi il tient) ou ses convictions (ce qui le porte) et non plus par rapport à la réalité.

Ensuite, informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

A l’inverse, le but de la communication est « autre » que d’informer avec exactitude : influencer/susciter un acte, un comportement, des valeurs, un style de vie…. La communication présente les meilleures facettes d’un produit/organisme/personne afin que celui qui reçoit ce message y réponde favorablement.

L’objectivité est la qualité de celui qui décrit des faits avec exactitude et juge sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais tout journaliste sérieux se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Contrairement à ce que l’on peut lire ici ou là, l’objectivité de celui nous informe me paraît possible à condition de : vérifier l’information sur le terrain, auprès des personnes concernées[ce qui implique de revaloriser le reportage], et donc de ne pas se contenter de rester derrière un écran à recycler des brèves ; privilégier la diversité des perceptions et des opinions, même contradictoires ; ne pas porter de jugement moral ou moralisant ; expliquer sa démarche (comment l’œuvre est construite) ;  préciser les limites et le cadre de l’enquête ; permettre au spectateur/lecteur de discuter/enrichir le contenu et d’apporter une contradiction/réfutation/ rectification de ce qu’il voit/lit(9).

L’on est donc en droit d’attendre des médias qu’ils expliquent, invitent au recul et nous engagent à agir, comme à démonter les discours de la peur, plutôt que d’alimenter cette dernière à coup de reportages.

Enfin, journaliste est une profession non réglementée : n’importe qui peut se revendiquer comme tel. Mais elle nécessite un minimum de formation, pour construire une pensée correcte, être capable de prendre de la distance avec ses propres émotions et présupposés, discerner le vrai du faux, l’essentiel du futile…. Le journaliste se distingue de toute autre personne s’exprimant dans un média, non parce que ses analyses seraient plus pertinentes, mais parce qu’il est chargé d’une mission d’intérêt général : rapporter des faits précis de façon exacte et impartiale, pour le public et en son nom. Il ne saurait donc être « un publiciste » ou « un propagandiste » au service d’intérêts privés. Ou alors il s’appellera « attaché de presse », « porte-parole », « communicant », mais pas « journaliste ».

Les médias véhiculent-ils une vision du monde ?
(Goodwin/Burr. Economix)

Ceci dit, un média (chrétien ou non) peut-il véhiculer une vision du monde ?

Bien entendu.

Interviewé par Society, le 09 décembre 2016, David Pujadas, le journaliste estimé « le plus crédible de France », est revenu sur le traitement de l’information dans son JT : « Oui, le journal véhicule sans doute une vision du monde: l’idée implicite que le salut et le bonheur résident dans la consommation ou l’accumulation des richesses. […] Or la croissance non mesurée, l’attention portée aux autres, […] c’est essentiel dans une société. Mais on ne la traite pas. En ce sens, oui, il y a une idéologie cachée »(10).

Basta !, un média indépendant centré sur l’actualité économique, sociale et environnementale, en défend une autre : constitué d’une équipe de journalistes et de militants associatifs, il a pour but de contribuer « à donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre ».

En comparaison, selon le journaliste Henrik Lindell (« Dieuetmoi », « Horizons évangéliques », « Témoignage Chrétien », et actuellement « La Vie »), un « média chrétien » doit être « ancré dans la foi en Christ, pédagogique, pratique et indépendant de toute institution ecclésiale (et même politique) ». Il doit « s’intéresser à l’innovation et s’inscrire résolument dans la fraternité ». Il doit être « un témoignage authentique de la relation entre l’individu et Dieu. Et être au service de tous les chrétiens et de tous ceux qui s’intéressent à la foi ».

Ceci dit, on gardera sans cesse à l’esprit qu’un média chrétien peut être « un mini-stère » (au service des autres) à soutenir et jamais « un magi-stère »(11). En clair, un média digne de ce nom aura l’ambition de faire réfléchir ses lecteurs, et non de dire ce qu’il faut penser.

 

Quelques médias (chrétiens ou non) aux projets me paraissant originaux/ambitieux, inspirés et inspirants :

 Le Tigre magazine, « curieux magazine curieux » (2006-2014) : voir aussi la conception du journalisme de la part de l’un de ses co-fondateurs, Raphaël Meltz, qui tient à préciser qu’il n’est pas journaliste.

Basta ! (depuis 2008) : Site d’informations indépendant sur les enjeux sociaux et environnementaux , dont nous avons parlé plus haut.

Les Cahiers libres (Depuis 2013) : « dans le monde sans en être ». Un excellent blog catholique collectif.

La Croix (depuis 1880 !) : « le meilleur quotidien de France », qui « fait le choix d’une information qui aide à comprendre, à agir et à dialoguer pour rendre, à sa manière de l’actualité nationale et internationale ».

Réforme : hebdomadaire protestant d’actualité, qui se démarque par sa manière de problématiser et de donner sa place à de vrais débats.

Et le manifeste de la Revue XXI qui privilégie « l’information en grand format » et les « grands papiers », à une époque où le public « lirait peu ».

 

 

 

Notes :

(1)Le questionnement et la structure du présent paragraphe s’inspire de l’article de Jonathan Hanley « existe-t-il un art chrétien ? », paru dans « GBU magazine », printemps 2016, semestriel N°13, pp 6-7.

(2) Exemples de ce manque de rigueur ou traitement racoleur : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/01/13/agressions-de-cologne-dun-certain-traitement-mediatique-qui-sappelle-batonnage/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/09/06/un-bon-journaliste-ne-lit-pas-et-ne-nous-donne-pas-a-lire-en-diagonale/

(3) Relayé par http://www.evangeliques.info/articles/1970/01/01/cameroun-un-pasteur-se-noie-pour-avoir-voulu-marcher-sur-l-eau-9654.html  ; https://actualitechretienne.wordpress.com/2015/05/20/noyade-dun-pasteur-il-a-voulu-imiter-jesus-en-marchant-sur-les-eaux/ ; https://www.infochretienne.com/devore-crocodiles-pasteur-voulait-marcher-leau/ [Supprimé, après sa parution il y a 4 jours] et plus récemment par https://actualitechretienne.wordpress.com/2017/05/18/derive-mystique-il-tente-de-recreer-un-miracle-de-jesus-et-se-fait-devorer-par-des-crocodiles/ . Mais il s’agit d’une « infaux », semble-t-il.

(4) Voir la différence entre information et communication.

(5)  http://www.evangeliques.info/articles/2015/06/07/encore-besoin-de-medias-chretiens-12487.html

(6) Il est ainsi possible d’analyser un dessin animé controversé de bien des manières : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/12/07/comment-bien-parler-du-film-sausage-party-ou-quand-informer-nest-pas-donner-son-opinion/

(7) Voir ces choix d’articles sur Donald Trump, Marine Le Pen et François Fillon, en comparaison avec ceux consacrés à Emmanuel Macron, par exemple : https://www.infochretienne.com/trumpette-a-sonne-lete-proche/ ; https://chretien.news/macron-vs-le-pen/ ; https://chretien.news/presidentielles-et-erreur-canadienne/ ; https://www.infochretienne.com/le-choix-de-la-france-vu-damerique-le-pen-ou-la-charia/https://www.infochretienne.com/jestime-quil-urgent-de-prier-francois-fillon-reste-lice/ ; https://chretien.news/la-france-a-elu-le-peche-sexuel-comme-president/ [Article supprimé et modifié] ; https://actualitechretienne.wordpress.com/2017/05/02/bishop-claudio-je-voyais-marine-le-pen-avec-une-couronne-et-emmanuel-macron-avec-des-cornes/ ; https://actualitechretienne.wordpress.com/?s=Donald+Trump ; https://actualitechretienne.wordpress.com/?s=Marine+Le+Pen

(8) Un effort à noter dans ce domaine, par exemple pour « Journal chrétien », qui invite son lecteur à vérifier l’origine de l’information et sa première date de parution… Une simple vérification permettant d’éviter « de s’indigner sans raison » !

(9) A ce sujet, certains médias choisissent de fermer la possibilité de commenter, tandis que d’autres (« Actus chrétiennes ») revendiquent d’être « l’espace libre du débat ». Mais l’on a de quoi rester perplexe face à des commentaires qui prennent des allures de « café du commerce » à l’échelle d’Internet, où n’importe qui vient discuter de n’importe quoi, sans sens ni raison. Il ne s’agit évidemment pas de critiquer cette forme de discussion, qui en tant que telle a une évidente utilité, mais de montrer l’hypocrisie flagrante de médias dits « chrétiens » prompts à dénoncer les ragots, rumeurs voire mensonges qui circulent sur Internet, en leur opposant leur sérieux, leur rigueur, leur sens de l’analyse — tout en laissant n’importe qui dire n’importe quoi au pied de leurs articles. Ainsi, on cherche encore l’utilité d’ouvrir un débat de ce type, qui a eu pour effet de libérer sans contrôle une parole décomplexée en faveur des idées d’un parti d’extrême-droite….

A l’inverse, voici ce qui me paraît être les conditions d’un bon débat : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/05/09/debat-sur-le-debat-les-questions-que-jaimerai-voir-posees/

(10) Cf http://www.lexpress.fr/actualite/medias/oui-il-y-a-une-ideologie-cachee-le-mea-culpa-de-david-pujadas-sur-son-20h_1858994.html (comparer avec ce que le documentariste Pierre Carles disait de David Pujadas en 2010, sur Acrimed : « Plein de gens pensent qu’il fait correctement et honnêtement son boulot. Le pouvoir qu’il exerce ne consiste pas à dire aux téléspectateurs ce qu’ils doivent penser, mais à orienter leur perception du monde, par exemple en minimisant l’existence des conflits sociaux par une importance excessive accordée aux informations institutionnelles, aux résultats sportifs, aux faits divers, au « people »… Il ne cire pas ouvertement les pompes des dominants, mais écarte ou minore les informations susceptibles de les mettre dans l’embarras, comme la hausse des inégalités entre riches et pauvres, ou la misère économique, relationnelle et intellectuelle à laquelle le pouvoir condamne les sans-grades. C’est en ce sens qu’il détient une lourde responsabilité : non pas en télécommandant les gens, mais en occupant le terrain par des sujets futiles et en nous imposant un vocabulaire partisan »)

(11) Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/04/11/leglise-vers-le-monde-ou-le-monde-dans-leglise-ou-blogueurs-culture-du-debat-et-eglise/

Foireux liens de mai (21) : Comment prier pour notre nouveau président et notre pays ?

Les « Foireux liens » de mai : comment être des « ouvriers de paix » et intercéder positivement, intelligemment et spirituellement, pour notre pays et notre nouveau président ?

Emmanuel Macron vient d’être élu 25ème président de la République Française à 66,10 % des voix [Avis – piqué sur twitter – aux complotistes « mystico-biblico-paranoïaques » : le vrai Chiffre de la Bête est en fait 665,9793 mais il a été arrondi]. Ce n’est peut être pas votre choix, mais notre responsabilité est désormais de prier positivement pour lui, comme nous l’avons certainement tous fait pour son prédécesseur, et pour notre pays. Reste à savoir comment, dans quel but, et avec quel secours. Les présents « foireux liens » sont là pour nous y aider.

1)En guise d’introduction, un peu d’anecdotique :

 « Présidentielle : élu à 100% des voix, abstention massive et choc des générations… les insolites du scrutin de 2017 »

2) 12 (pas moins) manières de prier pour le nouveau président, proposées par « Le Bon Combat ».

D’autres points d’accroche :

3) « L’Economie du Royaume » : prédication sur Luc 9v 23-27 donnée le 9 août 2015 par Gilles Boucomont au Temple du Marais à Paris.

Il est la seule « divinité » évoquée nommément par Jésus, et en plus ce dernier prend bien le soin de souligner la stricte impossibilité de servir Dieu et Mammon. Le choix est radical. Il va même joindre la parole au geste car Mammon a envahi le Temple de Jérusalem : il va tout casser dans le temple en renversant les tables des changeurs. Jésus est catégorique et nous appelle à l’être, dans un monde de capitalisme libéral avancé où Mammon est plus roi que jamais.

4) « Qui est dangereux pour qui ? » : une autre prédication à partir de Marc 13v9-13.

Au moment où Marc rédige son évangile, les chrétiens ont déjà commencé à avoir des problèmes. Ils proposent un type de vie qui est radicalement différent des autres propositions. Ce type de vie est suffisamment différent pour s’opposer au judaïsme dans sa forme de l’époque, parce que ce judaïsme s’était enfermé dans un type de religiosité qui lui faisait proposer de temps en temps de compromissions avec l’envahisseur romain. Ces Juifs convertis au Messie Jésus, ou ces païens de toutes origines, convertis encore plus à un Messie qu’ils n’attendaient même pas, se retrouvent dans une situation où ils sont en danger. Ils sont en danger parce qu’ils ne veulent pas se conformer au temps présent. Ils ne veulent pas se conformer à la pression du Temple et des prêtres, dont quelques histoires du Nouveau Testament nous font penser qu’elle était devenue plus économique qu’autre chose….

Et si l’on ne jouait plus « à (se) faire peur » ? Les chrétiens en premier ?

5) Comment journaux télévisés et chaînes d’information contribuent à la montée du Front National

Comment la télévision biaise-t-elle notre regard sur la société ? Quelle est son influence sur nos choix politiques, en cette période électorale ? Obsession sécuritaire des médias, reportages et micro-trottoirs contribuant à la banalisation de FN, journalistes acquis au néolibéralisme, éditorialistes convaincus de savoir ce que pensent les Français… Samuel Gontier, journaliste à Télérama et animateur du blog « Ma vie au poste », dresse le portrait de ce paysage télévisuel français, fortement droitisé, incapable de prendre du recul sur les idéologies qu’il distille à longueur d’antenne, et se nourrissant de son propre discours.

6) Complotisme : un internaute dénonce des « signes franc-maçonniques » dans un manuel de Maths. A peine remis du discours d’Emmanuel Macron devant la pyramide du Louvre, les complotistes ont déjà trouvé leur nouvelle cible : les manuels de mathématiques. Sur internet, un spécialiste de la question affirme y avoir décelé des dizaines de signes franc-maçonniques. Le fin mot de l’histoire à découvrir, pour qui saura lire avec attention, sur Edukactus.

7) Appelons les choses par leur nom : Est-ce Dieu qui commande de tuer les faux prophètes et de détruire en Deutéronome 13 ?

 Une question fondamentale, contenant deux éléments en un, et une proposition de réponse à lire sur 1001 questions.

8) Construire une paix qui ne vient pas

Il est rare – et prions certes et agissons pour qu’il en reste ainsi (…) – que le terrorisme, dans un pays occidental, devienne une cause première de mortalité. En France, les accidents de la route tuent vingt fois plus, les accidents domestiques 70 fois plus, les suicides 60 fois, et le tabac trois cents. À l’aune de la peur que nous inspire le terrorisme, le nombre de cancers mortels, et parmi eux, de cancers à cause environnementale, devrait nous inspirer une terreur permanente plongeant la population dans l’hypocondrie. Et aucun politique ne devrait pouvoir être pris au sérieux sans un projet en béton contre l’abus de pesticides et de perturbateurs endocriniens. Si la sécurité est la première des libertés, rationnellement, c’est d’abord cette sécurité médicale et sanitaire qui devrait truster les unes. Il n’en est rien. Pourquoi ? L’acte terroriste est vu comme intolérable, car évitable, anormal. C’est vrai. Il n’est pas question de « nous y faire ». Mais n’en va-t-il pas de même des suicides, des cancers à cause environnementale, des accidents de la route et de la plupart des accidents domestiques ? La suite de la réflexion sur le blogue de ce naturaliste catholique (parce que ça existe !).

On en oublierait presque de……

9) Rendre grâce pour notre pays !

Ou comment cultiver une attitude de reconnaissance, à l’instar de cette exhortation de Phil.4v6, rappelée par Timothée Minard sur son blogue : En cette période électorale, la tendance est à la colère, au rejet, à l’inquiétude. On focalise nos regards vers ce qui ne va pas, vers les difficultés de notre pays, vers le péché des uns et des autres. On nous montre le malaise ambiant, le chômage, les injustices, la corruption, l’immoralité… Et cela nous pousse notamment, en tant que chrétiens, à l’intercession. A juste titre. Toutefois, ce que ce verset de Philippiens nous rappelle, c’est que nous sommes appelés à prier « dans une attitude de reconnaissance » (traduction Segond 21).

Un antidote face à l’injonction assénée chaque jour, notamment via nos postes de TV, radios et écrans : « ayez peur ! » et « consommez » !

Voici deux articles plutôt « théo », sur le même thème, mais dont la lecture parallèle est édifiante :

10) De la Trinité sainte à l’inspiration des Écritures

Le souffle de l’Esprit, vie et force pour le monde

Ou comment, en cet anniversaire des 500 ans de la Réforme, il est légitime de se poser la question du rapport de l’Esprit avec les Ecritures. Et du coup celle de la relation entre l’Esprit, l’Ecriture et le croyant. Mais croire en un Dieu unique, et aussi relations en lui-même au point d’être trois, c’est tout de même un étrange mystère. D’autre part, en « ajoutant » le Fils et le Saint-Esprit à la foi au Dieu unique, les chrétiens ne rendent-ils pas le dialogue impossible avec les autres croyants ? Il y a donc un défi aujourd’hui à clarifier nos convictions pour que, sans renoncer à ce qui fonde notre foi, nous soyons suffisamment au clair en nous-mêmes pour poursuivre un dialogue avec d’autres. Quelle est notre image de Dieu ? Qui est Jésus par rapport au Père ? Comment le connaissons-nous ? Et quelle est notre vision de l’homme ?

11) Sur Point théo, « une version longue des grandes réponses théologiques face aux versions courtes » du site « 1001 questions » :  Le Saint-Esprit, « option + » de l’Évangile ?

En guise de conclusion :

12) On en a peu parlé le 7 mai mais voici une nouvelle d’importance…..

 

Ceux qui ne veulent pas et ceux qui ne veulent plus de facebook

Facebook est-il « notre ami » ? (Une du journal « Le 1 » du 04/10/2016)

Et ceux qui ne savent pas s’ils ne veulent plus de facebook….

 

Stéphane, blogueur et pasteur, rendait publique il y a plus d’un an « sa décision de fermer son compte facebook ». Pour une raison simple et parfaitement valable : du fait de « l’arrivée massive des vidéos sur Facebook », et parce que Facebook « est devenu le premier rival de (son) temps de lecture le soir ».

Malheureusement, la décision n’a pas fait long feu, comme nous l’apprend son témoignage plus récent sur « Le bon combat », puisque le compte a été rouvert (ou « pas vraiment fermé », c’est selon) au bout de deux mois après cette déclaration !

Ce geste simple, d’autres l’ont fait bien avant lui, de façon plus radicale et pour d’autres raisons, peut-être plus fondamentales encore (1).

Pour ma part, je ne suis pas sur Facebook et ne veux pas y être. Je dirai même plus : en écoutant certains s’exprimer sur le web et en lisant d’autres réflexions, je ne veux toujours pas y être.
Sinon, fermer son compte Facebook, c’est très bien. Et encore, à condition que cela soit radical et pas à moitié….Mais qu’en est-il des autres : twitter, instagram…?
Autant de « plateformes et outils » susceptibles de remplacer Facebook pour occuper le temps (resté) libre (plus pour l’instant)». Ainsi, qui a vu la fameuse vidéo virale ? Pas ceux qui ne sont, ni sur Facebook, ni sur twitter …!

Et pour du temps passé sur Facebook et autres réseaux dits « sociaux », combien de temps non passé, par exemple, à visiter les vrais gens dans la vie réelle (et pas seulement ceux de notre « cercle d’amis ») et à passer du temps de qualité, authentique et profond avec eux ? N’y a-t-il pas de contradiction avec le ministère du pasteur (« berger »), censé être « souterrain » ? J’estime que si Richard Baxter (1615-1691), auteur du « pasteur réformé », avait eu Facebook, il n’aurait pas pu exercer le remarquable ministère de visites qu’il a exercé en son temps.

D’autre part, nous resterons à la surface du problème, tant que nous resterons sur des postures du genre « …le problème ne vient pas de Facebook. Je pense que Facebook c’est comme toutes les technologies : Pas forcément mauvaises mais notre comportement et usage doit constamment être examiné » ou « Facebook est une(simple ?) interface d’interaction entre personnes qui se connaissent et s’apprécient ».
Justement : est-ce le cas ? Dans quel esprit Facebook a-t-il été conçu ?
Et au-delà de toutes les « bonnes raisons » de couper avec Facebook, ne s’agirait-il pas de lutter contre cette nouvelle « théoulogie »(2) qui promet (de façon illusoire)…. un monde sans vie privée, et lui substituer une meilleure théologie, pour l’instant totalement absente ou indigente sur ce sujet ?

Car là est le nœud ou l’essence (pas super) du problème : comme le souligne à juste titre l’internaute « Francine » sur « Le Bon Combat », « Facebook et ses concurrents utilisent la vanité de l’Adam déchu pour empiler du big data en gigantesques tours de Babel numériques, d’où ils surveillent et dominent la terre des vivants : déjà un milliard d’âmes documentées sur FB ! » Ce que « Le Tigre », « curieux, magazine curieux » qualifiait déjà, en 2011 de «  hold-up le plus stupéfiant de l’histoire de l’humanité ».

Comment se nourrit notre égo au quotidien. Dessin de John Holcroft

Mais voici la solution proposée par « Francine » sur « Le Bon combat », « pour contenir la foire aux vanités évangélique dans des bacs à sable de dimensions raisonnables, tout en faisant un pied de nez à « Big Brother ». Cette solution, c’est l’anonymat obligatoire. Sous la boîte à commentaires, l’on pourrait remplacer la ligne habituelle : Merci d’utiliser vos vrais noms et prénoms pour commenter par : Merci de garder privée votre identité en choisissant un pseudo ; nous n’acceptons pas de mélange entre le réel et le virtuel sur ce site.

Non seulement notre désir de gloriole se verra rogner les ailes par cette mesure, mais encore les discussions et les échanges y gagneront en profondeur, puisque les commentaires seront davantage jugés sur leur contenu que sur leur conteneur. Pour ne pas parler de ce que Baxter aurait fait des réseaux sociaux, voici, sans doute, ce qu’aurait fait Calvin s’il avait vécu de nos jours, comme en témoigne une petite liste non exhaustive des pseudos(3) qu’il a utilisés dans sa courte vie : Charles d’Espeville, Alcuinus, Faber Stapulensis, Martianus Lucanius, Deperçan, Joseph Calphurnius, J. de Bonneville, Eusebius, Pamphilus (Diatribe de Pseudonymia Calvini, » Amst. 1723. Sans compter bon nombre de documents anonymes mais que l’on pense être de sa main.). 

Bien sûr, l’on dira que « c’était pour fuir la persécution ! » Sauf que l’opposition du monde au règne de Dieu a pris aujourd’hui d’autres formes, mais l’orgueil reste le plus cruel des persécuteurs de l’âme. Le Calvin réel était introverti, timide, méditatif ; il examinait les écrits des pères de l’Église et de ses contemporains pour ce qu’ils disaient, et non pour faire savoir sur Facebook qu’il les avaient lus ; quand il les commentait en français et non en latin, c’était avec des mots rudes mais compréhensibles et dépourvus de prétention. Bref l’esprit du Calvin réel, c’est juste l’inverse de l’esprit du Calvin virtuel, dans le style : « Bavinkadit, Vantiladit, Dooyeweerdadit, Calvinadit, et Tolkienaussi ; et moi je les lis tous au petit déjeuner, c’est trop super ! »

 

Pour aller plus loin, voir les bonnes raisons du « Tigre magazine » de préconiser le « pseudonymat », qui n’est pas un anonymat !

Voir aussi « Radicalement ordinaire », un livre [reçu récemment et pas encore lu] d’un auteur…volontairement anonyme paru aux éditions BLF en avril 2017.

 

 

 

Notes : 

(1) Parmi toutes ces bonnes (ou meilleures) raisons, citons, parmi les réflexions/témoignages glanés ici et là :

En novembre 2016, sur « The conversation » : « si t’es pas sur Facebook, t’es un extra-terrestre ! » (Facebook permet une exposition médiatique immédiate. Cela comporte de nombreux dangers. Être sur Facebook serait pour finir, synonyme de ritualisation des gestes, assimilable à un acte religieux – du latin « religare », signifiant relier. Quand certains commencent leur journée par une prière, d’autres la commencent en vérifiant le statut Facebook de leurs amis…Essayez donc un dîner en tête à tête sans Facebook !)

En novembre 2015, sur « Les Cahiers libres » : pour que les relations deviennent authentiques, sans écrans.

En 2013, sur Libé : comment et pourquoi « critiquer(vraiment)Facebook » (Car « ce qui nous pousse vers Facebook est aussi ce qui nous fait[devrait ?] nous en méfier »).

Le 29 avril 2010, sur Owni :  http://owni.sabineblanc.net/pourquoi-je-n%25e2%2580%2599utiliserai-plus-facebook.pdf (Hugo Roy avait écrit ce billet après avoir pris connaissance des changements annoncés lors du F8 et largement relayés par la presse à l’époque : « Il s’agit donc d’une réaction personnelle. Le compromis que j’ai essayé de tenir en utilisant Facebook pour profiter de ses avantages en dépit de son architecture centralisée et hypermnésique a rompu, j’en explique ici les raisons », tout en soulevant «  le faux-problème de la vie privée sur Facebook »).

Et en 2011, d’autres choisissaient de ne jamais être sur facebook (ou même twitter).

(2) A ce sujet, l’on ne manquera pas de se référer à l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013), un vrai livre de Marc-Alain Ouaknin.

(3) Sans parler de Kierkegaard et de tous ses pseudos !

 

 

 

 

La « Macron-économie » est-elle un danger ?

« Dérégulation ». Par Clay Bennett. Times free press

Le monde est-il menacé par une nouvelle crise financière ?

 Un article de La Tribune dénonce l’idéologie financière de l’ex-banquier d’affaires, candidat à l’élection présidentielle :

« Emmanuel Macron ne veut pas être réduit à « quatre années » de sa vie au cours de laquelle il était banquier d’affaires. Mais la vraie question est ailleurs : c’est celle de sa vision de l’économie.

C’est sans doute un signe des temps. Alors que François Fillon et Marine Le Pen ne cessent de viser « la presse du système », lors de sa conférence de presse de présentation de son programme électoral le 2 mars, Emmanuel Macron a fait publiquement la leçon à un journaliste de Mediapart. Il l’a accusé de « faire le lit du Front National » en le « réduisant à quatre années de sa vie », celle où le candidat d’En Marche ! était banquier d’affaires. Irrésistiblement, ce genre de recadrage d’un journaliste par un politique fait penser à une autre conférence de presse, celle où Donald Trump dénonçait les « Fake News Medias » (les « médias de fausses nouvelles »). Du moins, ces attaques n’étaient, alors, pas saluées par des applaudissements.

Un problème de fond

Mais plus encore que la forme, c’est le fond qui interpelle. Emmanuel Macron entend ne pas être réduit à son expérience financière. Il en a le droit, bien évidemment. Mais le droit de la presse est évidemment de lui demander des comptes sur ce qu’un candidat à la magistrature suprême de la République a retenu de cette expérience. Elle en a d’autant plus le droit que l’enjeu n’est pas mince. Dix ans après le début de la crise financière, la France pourrait disposer de deux anciens banquiers à des postes clés : Emmanuel Macron à la présidence de la République et François Villeroy de Galhau au poste de gouverneur de la banque de France. Au moment même où le risque d’une nouvelle vague de dérégulation menace le monde par l’action de Donald Trump, cette disposition institutionnelle doit nécessairement conduire la presse à s’interroger sur ce sujet. Le « recadrage » du journaliste par le candidat n’en est alors que plus étonnant.

Emmanuel Macron revendique fièrement ces quatre années d’expérience dans la banque d’affaires. « Cela m’évite de dire beaucoup de bêtises et me permet de connaître la grammaire du monde des affaires de notre pays », explique-t-il. Autrement dit, pour le candidat en marche, la banque d’affaires permet d’atteindre la vérité économique. Ceci ne signifie rien d’autres qu’une acceptation d’un certain ordre économique, celui mis en place depuis quarante ans, selon lequel la finance dérégulée est le cœur de l’économie. Mais c’est précisément cet ordre – que Donald Trump va essayer de rétablir outre-Atlantique – qui a causé les désordres actuels ».

Car « faut-il rappeler que la crise de 2007 n’est pas une crise de la dépense publique excessive ou de la compétitivité de la France ? C’est une crise financière majeure qui s’est transmise à l’économie réelle comme une traînée de poudre et qui a perturbé l’ensemble de l’économie réelle. C’est une crise financière qui a appauvri les Etats et qui a mis à jour l’illusion du projet que sous-tend la réponse d’Emmanuel Macron : celle de la croissance menée par la finance dérégulée. Comme l’ont montré de nombreuses études économiques, notamment celles de Michel Aglietta en France, la financiarisation de l’économie et la prédominance de la priorité donnée à l’actionnaire, a conduit à un recul de l’investissement productif et à un affaiblissement généralisé de l’économie réelle ».

La suite, sur le site de La Tribune.

Pour aller plus loin encore, ces deux articles publiés sur le blogue « Les crises » : « 30 ans de dérégulation financière »  et « Too Big to Fail to Regulate ».

Il y est notamment rappelé que la crise financière est en grande partie survenue parce que, « depuis les années 1980, l’idéologie néoconservatrice a supprimé les règles de prudence mises en place après la crise de 1929. Or, l’éminent historien de l’économie Charles Kindleberg a montré dans son Histoire mondiale de la spéculation financière (Valor, 2004) qu’une crise financière avait éclaté à peu près tous les dix ans pendant les quatre cents dernières années. Sauf dans la période 1945-1971, où aucune crise n’est survenue, en raison du consensus général pour une régulation très forte du secteur financier…… »

D’autre part, « dans notre économie, nous attendons des entreprises et des individus qu’ils cherchent des profits mais qu’en même temps ils fournissent des biens et des services de qualité tout en se comportant correctement. Malheureusement, nous avons été témoins d’une érosion du sens des responsabilités et de l’éthique qui a exacerbé la crise financière. […] Accuser en premier lieu la cupidité et la démesure serait trop simpliste. C’est l’échec à prendre en compte la faiblesse humaine qui est la clé dans cette crise. » [Rapport Angelides sur la crise financière, 2011]

 

Si Marine Le Pen l’emporte, les frontières françaises se fermeront-elles au bout de trois semaines ?

« Limiter à 10 000 par an le nombre de nouveaux immigrants légaux en France ». D’où vint ce chiffre ? De quoi parle le FN et qui est concerné ?

Limiter à 10 000 par an le nombre de nouveaux immigrants légaux en France. C’est le chiffre avancé par le FN depuis six ans, comme mantra de sa politique anti-immigration. Le programme du FN n’en dit pas plus. Les déclarations de ses responsables varient sur le sujet. D’où vient ce chiffre ? De quoi parle le FN et qui est concerné ? Les étudiants étrangers, les parents étrangers de Français, les immigrés, étrangers ou devenus Français, et les Européens en cas de sortie de l’Union… ? Si ce plafond est appliqué, tout séjour légal en France sera interdit au bout de quelques semaines. Explications sur Bastamag.

Présidentielle : Jésus serait-il « le président honoraire d’un club d’investissement » ?

Existe-t-il un « vote chrétien » ? Jésus serait-il le « président d’honneur » d’un parti quelconque ?
(Source : « Mockingbird »)

Pourquoi le « vote chrétien » est un mythe, et pourquoi « c’est heureux » qu’il en soit ainsi :

Dans un billet publié sur « Point théo », Louis Schweitzer, pasteur de la fédération baptiste et professeur d’éthique, nous invitait à prendre conscience du caractère complexe et paradoxal d’une élection : « Sans nous faire d’illusion sur les résultats d’une élection, nous devons avoir conscience qu’ils ne seront pourtant pas sans conséquences sur la vie concrète dans notre pays. Une des difficultés est que ces conséquences toucheront des domaines très variés. S’il n’y en avait qu’un, les choses seraient plus simples : nous chercherions de quel candidat nous nous sentons le plus proche et nous voterions pour lui. Malheureusement, nous nous sentons souvent proche de l’un sur un thème et d’un autre sur un autre sujet. Le grand danger, pour les chrétiens comme pour bien d’autres, serait de tout réduire à une unique question. Cette manière de faire est passionnelle et surtout réductrice »

Une intervention à rapprocher de ces deux autres, faites jeudi 30/03, le matin sur France Inter. Lesquelles ont été rapportées et commentées par le journaliste catholique Patrice de Plunkett sur son blogue : des curés de paroisses parisiennes soulignent, l’un, que l’Eglise ne donne « aucune consigne de vote » ; l’autre, que M. Fillon se dit chrétien mais que ça n’oblige pas à voter pour lui. En positif, le recteur de ND des Victoires propose un critère réellement chrétien : « Comment notre société peut-elle tolérer que des gens soient privés du nécessaire ? ». Le curé de St-Paul-St-Louis rappelle que l’Eglise ne lance pas d’anathèmes, mais que sa paroisse « accueille une famille de réfugiés syriens demandeurs d’asile ». Etc. On peut rapprocher ces propos du très récent discours de Mgr Pontier (président des évêques français). « Voilà ce que dit l’Eglise, dont nous sommes les pierres vivantes. Tout catholique devrait être en phase avec elle. Est-ce le cas ? » questionne Patrice de Plunkett. « Pas vraiment », répond-t-il, en s’étonnant d’ « un bizarre « vote catholique » qui refuserait les préconisations de l’Eglise… », « tournant le dos aux encycliques et préférer la doxa d’HEC ou les bricolages de la jeune Marion », et ce, « au nom de son « identité catholique » .

D’où l’intérêt de la tribune publiée le 27/03 dans Le Monde par trois jeunes catholiques (Anne Guillard, Pierre-Louis Choquet, Jean-Victor Elie) qui « refusent de laisser à la droite le monopole des valeurs chrétiennes », que Patrice de Plunkett cite, en mettant en gras les passages significatifs :

« D’après un sondage Ifop réalisé pour Famille chrétienne au début du mois de janvier 2017, 30 % des électeurs catholiques se disent prêts à voter pour François Fillon au premier tour de l’élection présidentielle, 29 % pour Marine Le Pen et 16 % pour Emmanuel Macron. Nous, une poignée de jeunes catholiques, refusons de laisser à la droite le monopole des « valeurs chrétiennes ». Nous pensons qu’il est urgent de défendre la légitimité d’un vote radical, qui réponde aux exigences auxquelles nous appellent l’humanisme évangélique et les interpellations fréquentes du pape François : combattre le délitement des liens sociaux accéléré par la montée des inégalités économiques, se saisir résolument de la question écologique et repenser en profondeur notre manière de participer à la vie démocratique et citoyenne. Nous contestons la position des catholiques qui refusent a priori de considérer les candidatures de Benoît Hamon et de Jean-Luc Mélenchon au motif que ceux-ci porteraient l’héritage d’une gauche foncièrement antireligieuse : l’enjeu de l’élection présidentielle est trop important pour donner autorité aux préjugés et se soustraire à l’examen attentif des programmes ainsi que des projets de société qu’ils dessinent. Ce temps de campagne électorale devrait d’abord être l’occasion d’imaginer les contours d’un monde sorti de la spirale de l’accélération : ce n’est qu’en nous déliant davantage du capitalisme que nous pourrons nous risquer toujours plus à la rencontre et à l’hospitalité. En publiant sa lettre encyclique Laudato si’ il y a deux ans à peine, le pape François appelait tous les hommes et femmes de bonne volonté, et en particulier les chrétiens, à se rassembler pour œuvrer collectivement à la construction d’une société plus inclusive, capable de réinventer son inscription dans des écosystèmes fragiles. Il a réitéré cet appel en février dernier, dans une lettre adressée aux représentants des mouvements sociaux de Californie, dans laquelle il a énergiquement rappelé : »Ne tombons pas dans le déni. Le temps nous est compté. Agissons. » […] 

Évidemment, poursuit Patrice de Plunkett, certains chrétiens « s’écrieront qu’on ne peut pas voter pour M. Mélenchon qui veut constitutionnaliser (?) le droit à l’IVG. Mais M. Fillon et Mme Le Pen, quant à eux, garantissent qu’ils ne toucheront pas à l’IVG : c’est quasiment la même chose que M. Mélenchon, à part certaines positions de principe. Si la question de l’IVG devait être considérée comme le critère catholique absolu dans un débat électoral, alors les catholiques ne pourraient voter pour personne : aucun des candidats ne propose de revenir sur l’IVG telle qu’elle est pratiquée aujourd’hui. Tous certifient qu’ils veilleront sur son application ».

A l’inverse et à contre-courant, les jeunes signataires de la tribune du Monde rappellent qu’il existe d’autres critères chrétiens que la question (certes cruciale) du droit à la vie.  Mieux, ils les énumèrent. Les jeunes(et moins jeunes) chrétiens évangéliques sauront-ils faire de même ?

Lire l’intégralité de la note de blogue(partie 1) de Patrice de Plunkett ici. La partie 2 .

Catholiques et protestants s’engagent, manifestent, et interpellent candidats et citoyens, à l’approche des élections présidentielle et législatives 2017

A l’approche de la présidentielle et des législatives 2017, les chrétiens s’engagent, manifestent leurs convictions et interpellent candidats et citoyens

Très prochainement, nous élirons notre nouveau président (premier tour : le 23 avril et second tour : 07 mai), dans un contexte extrêmement confus et tendu, ainsi que(ne l’oublions pas) nos députés à l’Assemblée nationale les 11 et 18 juin. Dans cette perspective, plutôt que d’écouter ceux qui prétendent « plus pragmatique » de jouer la facilité en se décidant sur l’étiquette, ne manquez pas de prendre le temps d’étudier les programmes de chaque candidat pour vous faire votre propre opinion et voter en conscience. Certains parmi vous diront peut-être : « je vais voter pour le candidat des valeurs chrétiennes« .  Mais qu’entend-t-on par « valeurs chrétiennes » ?

Justement, l’objet de ce billet est de vous inviter à découvrir les déclarations des protestants évangéliques et des protestants, dits « historiques », ainsi que des catholiques, qui ont choisi de s’engager, manifester leurs convictions et d’interpeller tout autant candidats et citoyens, chrétiens ou non.

Premièrement, nous pouvons constater que le protestantisme évangélique n’est pas qu’« obsédé » par les questions de sexualité et « d’éthique privée », puisqu’il saisit parfaitement les enjeux sociaux, laïques et environnementaux en ce contexte de campagne présidentielle 2017 en France, comme en témoignent plusieurs documents synthétiques, à vocation pédagogique, et s’inscrivant dans une vision holistique de la foi chrétienne :

Le livre collectif, édité par Croire-Publications dans le cadre des Cahiers de l’école pastoraleLa politique, parlons-en! (208p, Hors Série n°18), écrit par des auteurs très majoritairement évangéliques, est instructif en ce qu’il éclaire sur les questions que se posent ces derniers. Pour Louis Schweitzer, pasteur, théologien et professeur d’éthique, parce qu’« on ne parle pas de certains sujets, il ne faut pas s’étonner si des membres de nos Églises ont des idées ou des actions qui nous semblent peu en rapport avec l’Évangile ». Lui-même reste convaincu « que chaque grand rendez-vous électoral devrait être l’occasion de parler des grands principes éthiques chrétiens ». Or, « beaucoup de chrétiens réduisent leurs réflexions aux questions d’euthanasie ou de mariage pour tous » – autant « de vraies et importantes questions », s’il en est, « mais la réalité politique est beaucoup plus vaste. Peut-être faudrait-il revenir sur l’enseignement biblique de la justice et la place des personnes les plus fragiles, du pauvre, de l’étranger… Le texte que la commission a publié sur les grands principes d’une éthique sociale chrétienne pourrait être étudié à cette occasion ». Dans tous les cas, « le risque est de se décider sur un seul critère qui nous semble essentiel: la sécurité et l’attitude devant les migrants ou la justice sociale, la mondialisation ou l’attitude devant tel problème de société…. » et « il ne faudrait pas qu’une conviction forte ou qu’un engagement dans un domaine nous rende aveugles au reste de la réalité ».

Toujours du côté évangélique, l’on peut consulter le livret produit par le CNEF (en collaboration avec le SEL, le Défi Michée, A Rocha et le CPDH), qui communique aux candidats des convictions partagées en vue des élections 2017. Adressé aux responsables politiques, le texte est également destiné à éclairer les fidèles évangéliques eux-mêmes, certains étant par ailleurs tentés par les extrêmes.

La Fédération Protestante de France (FPF), quant à elle, choisit d’adresser…une « adresse » aux candidats de l’élection présidentielle 2017. Ladite « adresse protestante » est introduite par le pasteur Clavairoly, président de la FPF : « À l’approche des choix décisifs que devront faire nos concitoyens lors de l’élection du prochain président de la République, la Fédération protestante de France qui représente le protestantisme dans le pays, veut poser un certain nombre de questions, interpeller et aider chacun à avancer dans la réflexion ». Ces questions touchent aux secteurs suivants : Exil, accueil des réfugiés, Changements climatiques et écologie, Laïcité, Économie sociale et solidaire, Justice-prisons, Égalité hommes femmes, Corruption, Défense, Jeunesse et Handicap.

Enfin, du côté catholique, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié le 14 octobre 2016 un texte intitulé : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Une longue réflexion qui fait suite à l’appel au discernement, publié le 20 juin 2016, en vue des élections de 2017. Une contribution qui veut « ressusciter le politique », appelant « les habitants de notre pays »à cette tâche. Car s’il faut le ressusciter, c’est qu’il est mort. En effet, pour les évêques, « la » politique  a tué « le » politique : et le politique, c’est le service du bien commun, la conscience d’un « nous » qui « dépasse les particularités » ; mais la politique (pratiquée en France depuis des décennies) est « en crise », d' »une crise de confiance » envers ceux qui ont perdu le sens du bien commun pour se laisser aller aux « ambitions personnelles démesurées », aux « manoeuvres et calculs électoraux », aux « paroles non tenues », ainsi qu’aux lois et règlements[par exemple « sécuritaires »] produits « dans la précipitation et le contexte de l’émotion »…  D’où « le sentiment d’un personnel politique coupé des réalités, l’absence de projet ou de vision à long terme, des comportements partisans ou démagogiques » : choses « injustifiables » devenues « insupportables ».

 Bonne lecture ! 

 

 

La « post-vérité » : un « bob’art »

La vérité est-elle morte, cédant la place à la « post-vérité » ?
(Couverture du Times du 23/03/17, avec une interview exclusive de Donald Trump)

« Post-vérité », c’est « le mot de l’année 2016 » pour le très sérieux et très prestigieux « Oxford English Dictionary ». Un choix qui a été jugé un peu trop « politique », en comparaison des années précédentes, quand le vapotage ou les émojis entraient dans le célèbre dictionnaire. « Clairement », précise le blogueur Alexandre Roberge sur « Thot cursus » (un site dédié à la promotion de la formation et de l’utilisation des outils numériques pour l’éducation et la culture), «  le dictionnaire anglais a voulu rappeler par son choix deux événements qui ont le plus marqué politiquement l’année 2016 : la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (le Brexit) et l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Dans les deux cas, les campagnes électorales ont fait surtout appel aux sentiments et aux aspects plus irrationnels des électeurs, quitte à devoir pour y arriver, mentir sciemment ».

Sinon, « étymologiquement », explique Alexandre Roberge «  le terme (post-vérité) est d’autant plus fascinant qu’il n’a pas le sens normal. « Post » veut d’habitude dire après mais ici il a perdu ce sens pour dire que cela ne s’applique pas. Ainsi, nous sommes donc dans une société « post-vérité » ou « post-factuelle » où les faits bruts sont supplantés par les émotions, l’opinion personnelle et même les mensonges »

Et comme « le dirait même plus » Jérôme Prekel dans un article intitulé « l’Ère de la post-vérité », publié sur son blogue « Le Sarment », ces mensonges « ne cherchent même pas à être crédibles », étant exprimés « de manière à faire vibrer les auditoires. Cette nouvelle expression (post-vérité) ne fait que remettre au goût du jour les ressorts du discours populiste, utilisé par les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes (synonyme de “fausses”) ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires ».

« À chacun sa vérité » sur Internet

Comment en est-on arrivé là ? La faute aux « auteurs postmodernes » comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur ? L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par le dernier numéro de « Sciences Humaines », rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

 Et les médias, là-dedans ?

S’il convient de se garder d’une attitude trop « sentimentale » et « naïve » à l’égard des médias (« tout serait vrai »), il convient également de se garder d’un autre extrême, tout aussi nocif (puisqu’ouvrant la porte au relativisme, au scepticisme et au complotisme), lequel prétend que « tout serait faux » dans les médias et sur internet (sauf celui qui affirme une telle chose !).

Néanmoins, un journaliste professionnel m’avait confié il y a deux ans que, pour lui, « la vérité », « ça ne veut pas dire grand-chose ». « Un bon journaliste », selon lui, est celui qui cherche à comprendre un événement et à vérifier l’information, en allant à la source. Néanmoins, selon lui, « il n’y (aurait) pas de vérité absolue », mais « des points de vue différents ». Une tendance confirmée par Jean-Luc Martin-Lagardette, lequel, journaliste et essayiste, relève qu’ « il y a belle lurette, en France, du moins », que ses collègues journalistes « ne croient plus en la vérité ! Et qu’ils ont cessé de la poursuivre. Selon eux, il serait « naïf » de croire que l’on peut atteindre la vérité », puisque « tout homme un tant soit peu cultivé sait bien que la vérité est hors d’atteinte » (Décryptez l’information, Dangles éditions, 2014, pp 14-15).

Bien entendu, souligne JL Martin-Lagardette, « idéalement parlant, ils ont raison : on ne peut pas parler de vérité absolue [plus exactement, nul ne peut prétendre « posséder » la vérité absolue, mais il peut s’en approcher, la connaître ou du moins, la désirer, la rechercher], mais pas moins, alors que de justice, de liberté, d’égalité ! Pour autant, devrions-nous abandonner toutes ces valeurs ? » Or, « nous avons besoin de la vérité », comme horizon à atteindre, d’autant plus que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible »(op. cit., pp 15-16).

Ironie du sort, les « clés de la presse », « la boîte à outils des professionnels de la presse », enquête, dans son dernier numéro de janvier 2017, sur la façon…..« dont les médias se mobilisent pour rétablir la vérité », à l’heure où le phénomène de « post-vérité » (leur) pose question !

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge»

Repère biblique

Jérôme Prekel, dans l’article cité plus haut, rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (nous en avons la preuve avec le phénomène de post-vérité qui se déploie actuellement sous nos yeux), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.

(…)Lorsque la société moderne décide de placer le mensonge exactement à la place de la vérité, en bricolant un élément de langage pour faire illusion, c’est le signe fort que nous sommes à une heure cruciale, proche de la situation décrite dans la prophétie de Paul. Nous voyons par exemple le Président du pays le plus puissant du monde se révéler comme un menteur compulsif, élu sur la base de ses mensonges, mais une grande partie des chrétiens continuent d’espérer avoir eu raison de voter pour lui. N’est-ce pas justement le signe d’un grand égarement ? » 

Ce débat amène toute la question de vérité avec un grand « V ». Et au-delà de la question philosophique de la réalité, beaucoup comptent sur la technologie pour lutter efficacement contre la désinformation. L’on citera les projets des géants Google, « Cross check » et de Facebook, « Crowd tangle », pour contrer les « fake news ». Toutefois, les algorithmes privilégient en général la popularité des articles. Sans compter qu’il serait surprenant qu’une intelligence artificielle puisse reconnaître la vérité quand cela n’est déjà pas évident pour des humains et, surtout,  d’autant plus qu’elle n’a pas de mémoire – historique….Signalons encore « le Décodex », lancé début février par l’équipe des « Décodeurs » du journal Le Monde, qui est un outil de vérification de la fiabilité des sites d’information. Sauf que tout n’est pas encore recensé et que l’on peut s’interroger sur la légitimité d’une source d’information à juger d’autres sources d’informations concurrentes fiables ou non, mais il s’agit déjà d’un début de réponse.

Resterait la solution éducative

« Éduquer la jeunesse » à l’information et au discernement (c’est le propre de la maturité, cf Hébr. 5v14) serait une façon de freiner le mouvement post-factuel. Par exemple, en rappelant que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible » ; en apprenant à adopter une démarche intellectuelle équilibrée se situant entre le « tout est vrai » et le « tout est faux » ; en apprenant à discerner le vrai du faux, la publicité(la communication) de l’information,  « l’infaux » parodique(ou non) de la véritable « info », l’information de l’opinion, et à savoir lâcher ses opinions pour mieux saisir la vérité….. Mais aussi en (ré)apprenant à lire….pas uniquement le titre mais tout un article, et pas « en diagonal » !

 

 

Aller plus loin :

http://www.e-media.ch/e-media/evenements/semaine_des_medias/mat_ped/theories_du_complot

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

http://www.meta-media.fr/2017/03/15/deux-fabricants-de-fake-news-sexpliquent.html

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/