Week-end « Discipleshift » à Paris : entretien avec Raphaël Anzenberger sur la « transition ecclésiologique »

C’est une première en France : Une rencontre francophone « discipleshift » aura lieu les 25 et 26 novembre 2022 à Paris ! Raphaël Anzenberger, l’un des organisateurs, a bien voulu se prêter au jeu des questions-réponses pour nous en dire plus : qu’il en soit remercié !

Bonjour Raphaël Anzenberger, peux-tu te présenter ?

Je suis Alsacien, et j’habite à Montréal ! Je dirige l’Union des Eglises Baptistes Francophones du Canada. Je suis également enseignant-chercheur en missiologie.

Caroline Bretones, Pasteure au temple du Marais, Paris [que je remercie], m’a parlé d’un prochain événement auquel elle est associée et qu’elle estime intéressant pour les églises. Il s’agit d’une rencontre francophone autour du « discipulat », qui sera organisée sur deux jours à Paris, à l’Espace Charenton (25 et 26 novembre prochains), par Exponential Europe.

Qu’est-ce que « Exponential » ? Quel est son but et pourquoi ce nom ?

Nous définissons Exponential comme une « communauté de praticiens préoccupés par la question de multiplication ». Il y a plusieurs occurrences du mot « multiplier » dans le livre des Actes. On y voit que l’évangile se multiplie (Ac 6v7, 12v24), les disciples se multiplient (Ac 6v1, 6v7), et les églises se multiplient (Ac 9v31). C’est notre préoccupation ! Exponential est un mouvement international avec des rencontres en Amérique (Exponential.org) et en Europe (Exponential.eu).

Qu’est-ce qui a conduit à l’organisation de la rencontre des 25 et 26 novembre prochains, à Paris ?

Tous les deux ans, nous organisons une rencontre Européenne francophone sur un sujet. C’est la première cette année de ce cycle de deux ans. Les autres années, nous organisons des rencontres par ville.

Quel est ton rôle, dans cette rencontre ?

Je suis l’un des organisateurs du côté Français et Québécois. J’animerai la table ronde du Samedi matin avec Anne-France de Boissière d’Alpha France, et un atelier sur la formation de disciples dans un monde sécularisé l’après-midi.

Que peux-tu nous dire quant à son esprit et son but, ainsi que le public visé ?

Nous aurons deux jours de travaux. Le 25, la journée sera consacrée à la réflexion sur les modèles de transition vers des paroisses qui favorisent la formation et la multiplication d’églises. Sous format de communauté d’apprentissage, 300 pasteurs et responsables d’œuvres échangeront, débattront et proposerons des modèles propres au terreau francophone Européen.

Le 26, nous attendons 900 participants pour réfléchir autour du thème de la formation de disciples : qu’est qu’un disciple, comment former des disciples, qui forme qui, quels types d’églises favorisent la formation de disciples. Il y aura 17 ateliers, 4 tables rondes, des études bibliques, un village d’experts et des livres offerts !

Qu’est-ce qui a motivé le choix des intervenants, durant ce week-end ?

A Exponential, nous voulons mettre en avant les meilleures pratiques sur le sujet en puisant dans l’expérience des collègues, qu’ils soient protestants, évangéliques ou catholiques. C’est ainsi que vous trouverez des responsables de différents milieux qui partagent tous la préoccupation de l’annonce de l’évangile. Ce que Sébastien Fath appelle « l’œcuménisme kerygmatique » [de « Kerygme », ou « l’annonce première » selon 1 Corinthiens 15v3-4. NDLR]. Ce sont des hommes, des femmes, des prêtres, des pasteurs, des laïcs, bref une pluralité d’intervenants qui reflètent la pluralité de l’Eglise !

Par exemple, qui pourra-t-on croiser, parmi les intervenants, lors de cette rencontre ?

On est encore en train de confirmer mais sont déjà assurés: Caroline Bretonnes, Anne-France de Boissière, Daniel Liechti, Eric Zander, Christian Kuhn, Mario St Pierre, David Nolent, Alain Stamp, Grégori Reyes pour les plus connus du circuit..  

Il sera question de « DiscipleShift » : de quoi s’agit-il exactement ?

DisciplesShift est un jeu de mot anglais qui parle de « shift », c’est-à-dire de transition, dans la façon de concevoir la formation de disciples. L’expérience montre que la catéchèse, ou l’enseignement didactique dans nos paroisses, n’aboutissent pas forcément à la formation de disciples de Jésus. Les raisons sont multiples et beaucoup y voient une conséquence du manque d’engagement missionnaire de l’église dans le monde. Il nous faut un « shift » dans notre manière de s’y prendre !

Après « la transition écologique », voici maintenant « la transition ecclésiologique » : pourquoi ce choix d’angle, pour une rencontre sur le discipulat ?

Parce que nos structures ecclésiastiques ne sont pas neutres. Elles racontent une histoire. Dans certaines traditions historiques, la formation de disciples est systémique, le plus souvent au travers du schéma baptême, catéchèse, confirmation/communion. Dans d’autres traditions, la formation de disciples relève du mandat pastoral. Dans d’autres encore, chaque disciple est appelé à former d’autres disciples. Nous partons du principe qu’une bonne transition ecclésiologique vise à faire converger ces trois approches : systémique, pastorale et de chaque membre. C’est à la rencontre de ces trois réalités que nous voyons une formation de disciples féconde.

En quoi le programme peut-il être intéressant pour les églises ? Pourquoi s’inscrire ?

Ce programme de deux jours s’adresse en particulier aux collègues pasteurs, responsables de ministères ou d’œuvres, qui souhaitent échanger et partager sur le sujet. Nous ne prétendons pas avoir réponse à tout. Mais nous croyons que dans l’échange des meilleurs pratiques, dans la richesse et le respect de nos différentes traditions ecclésiales, s’opère la dynamique apostolique que nous recherchons tous. Si vous avez à cœur que tout l’évangile soit proclamé par l’Eglise au monde entier, ce rendez-vous est pour vous !

En mai 2020, tu participais à la troisième édition du séminaire « L’Eglise qui croît », organisé via zoom par les Attestants, sous l’angle de ce qui va, peut ou doit « Mourir, survivre ou vivre », avec Anne-France de Boissière, et bien d’autres. Aujourd’hui, ton engagement pour une rencontre axée « discipulat » et « transition » : est-ce « un hasard » ? Ou alors « un hasard avec un grand D » ?

Nous en parlions justement avec les amis à l’époque ! L’idée est d’aller plus loin dans une mise en pratique de nos réflexions. Je suis heureux de voir que deux ans après, nous sommes au rendez-vous Divin !

Le dernier mot est pour toi !

Je crois que c’est la première fois que nous voyons une telle mobilisation œcuménique autour de la question de la formation de disciples. C’est une première en France en tout cas. Le Saint Esprit nous invite à aller plus loin ensemble. Je veux le rejoindre dans sa mission. C’est ma préoccupation, et celle de beaucoup de ceux qui nous lisent aujourd’hui. Alors rejoignez le mouvement ! 

Merci, Raphaël !

Faire parler la Bible ou la laisser nous parler d’elle-même ?

Plutôt que de tenter de « faire parler » la Bible, laissons-la nous parler (d’)elle-même…

Devrions-nous être rassurés d’entendre des références à Dieu, le christianisme, ou la Bible (parfois accolée à « balles » – de fusil – et à « bœufs »] dans les discours politiques de leader de parti extrême, revendiquant un héritage fasciste ?

De même, serions-nous rassurés à chaque fois que le diable cite la Bible ?

Souvenons-nous, c’est avec des versets de l’Ecriture que Jésus a été tenté au désert (Luc 4v1-13. Voir aussi Matt.4v1-11). C’est aussi avec des versets qu’il a résisté à la tentation et qu’il a parlé sur la croix.

Citer des versets ne suffit pas, encore faut-il qu’ils soient en cohérence avec l’ensemble du livre.

De là un 1er critère : L’interprétation d’un passage de la Bible ne peut pas être en contradiction avec l’ensemble de son enseignement.

Plutôt que de tenter de faire parler la Bible, écoutons-la nous parler (d’) elle-même.

Outre Luc, trois textes du Nouveau Testament, qui parlent de l’Ancien Testament, nous permettent de dégager deux autres critères de lecture :

Jésus est l’accomplissement de la Loi (Mt 5.17-20) Jésus interprète la Loi, ce sera une des raisons de sa condamnation. 

2e critère : Si nous devons écouter ce que dit chaque texte pour lui-même, au moment d’en tirer des enseignements nous sommes appelés à le lire à travers la personne de Jésus-Christ. 

Depuis 3000 ans, Dieu dit : « Aujourd’hui » (Hé 3.7-4.13). L’aujourd’hui de Dieu a été annoncé dans l’Exode, relu dans les Psaumes, puis dans l’épître aux Hébreux. Maintenant, il s’adresse à nous. 

3e critère : L’Écriture parle à notre présent, nous sommes invités à la faire résonner dans notre aujourd’hui. 

4. Sara ou Agar, la foi ou la Loi, la liberté ou l’esclavage (Ga 4.21-31) : Paul ne craint pas de réinterpréter une vieille histoire pour expliquer l’opposition entre la foi et la loi, et pour rappeler l’exigence de la liberté.

Ceci posé, que faire des passages [qui nous paraissent] difficiles de la Bible ? Les critères relevés plus haut peuvent nous aider à les interpréter :

1. La création du monde en sept jours (Gn 1)

Même si nous avons du mal à croire (ou à comprendre) que le monde a été créé en sept jours [de 24 h ?], ce passage nous dit que Dieu est créateur et qu’aujourd’hui encore, il met fin à notre chaos et peuple notre solitude.

2. La prière de certains Psaumes

Même si nous ne nous reconnaissons pas toujours dans tous les Psaumes, ces prières nous aident à élargir notre propre prière et à prier en communion avec les cris et la souffrance de notre monde.

3. La question de l’esclavage dans l’épître à Philémon

Au-delà de la question de l’esclavage, cette épître nous invite à réfléchir à nos relations sociales et à nos hiérarchies.

Envoi : manger la Parole 

La Bible est à écouter, manger, savourer, digérer… Lorsque nous y cherchons une parole pour notre vie, la question de son inspiration devient évidente.

D’après Antoine Nouis. Un catéchisme protestant. Edition Olivetan-OPEC, 2010, pp 20-21 (Egalement disponible ici).

« Les Anneaux de pouvoir », d’après Tolkien : une série tv pour notre édification

« Le Seigneur des anneaux : les anneaux de pouvoir »: une série TV pour découvrir en quoi le royaume de Numenor de Tolkien a encore des choses à nous apprendre….

Un démagogue charismatique séduit un puissant empire, prenant le pouvoir en promettant de restaurer la gloire passée. Un peuple trahit ses principes fondateurs, délaissant la foi de ses pères pour poursuivre des rêves d’immortalité. Leur capitale vacille jusqu’au bord de la guerre civile. Les fidèles restants sont traqués comme des traîtres par une foule déterminée à les anéantir.

Non, il ne s’agit pas là d’un résumé des prophètes de l’Ancien Testament ou de notre actualité récente, mais de quelques-unes des histoires contenues dans le Silmarillion [pas encore lu] de J. R. R. Tolkien, « la bible » des traditions de la Terre du Milieu.

Longtemps négligées, ces histoires ont enfin trouvé leur place sous les feux de la rampe, puisqu’Amazon vient de lancer sa série [pas encore vue] Le Seigneur des Anneaux : Les Anneaux du Pouvoir.

Réputée série télévisée la plus chère jamais produite, ce projet d’un milliard de dollars est une adaptation d’une toute petite partie de l’œuvre de Tolkien. Dans la chronologie fictive de l’auteur, l’histoire de la Terre du Milieu se déroule sur trois âges. La plupart du Silmarillion concerne le Premier Âge. La trilogie de livres et de films la plus célèbre et la plus appréciée [lus et vus], Le Seigneur des Anneaux, couvre la fin du Troisième Âge. La nouvelle série télévisée d’Amazon se situe entre les deux.

Tolkien n’a presque rien écrit sur cette période. Pourtant, le peu qu’il a élaboré fourmille de résonances politiques. Dans les 23 courtes pages d’« Akallabêth », un chapitre du Silmarillion, Tolkien raconte la gloire du royaume de Númenor, mais aussi son orgueil démesuré et sa folie.

Dans la moitié du chapitre suivant, « Les anneaux de pouvoir », Tolkien évoque ces fameux anneaux et décrit ce qui ressemble fondamentalement à la troisième guerre mondiale — un conflit cataclysmique si destructeur que le monde ne s’en est jamais remis, bien que les bons aient remporté la victoire.

C’est un récit extraordinaire (et extraordinairement pertinent), fait de passion, d’ambition, de manipulation et de tromperie politiques, d’intrigues géopolitiques, de guerre religieuse, de théodicée et d’apocalypse. C’est l’histoire de personnes qui parviennent à s’imposer par l’honneur, la tromperie ou la conquête, et une mise en garde contre les destructions que des hommes et des femmes ambitieux peuvent engendrer lorsqu’ils disposent d’un pouvoir considérable. Pour tous ceux qui s’intéressent à cette série, voici ce qu’il y a à savoir sur l’histoire dont elle s’inspire – et en quoi le royaume de Númenor décrit par Tolkien a encore des choses à nous apprendre aujourd’hui – dans un passionnant article de Paul D. Miller, professeur à l’université de Georgetown et chargé de recherche à l’Ethics & Religious Liberty Commission. C’est à lire en français sur le site web de Christianity Today.

Une série adaptée de Tolkien jugée audacieuse par Paul D. Miller, d’autant plus que « quand  la plupart des divertissements commerciaux répondent à la demande de résolutions complètes, il (en) faut de l’audace pour raconter une histoire mature sur un monde brisé et jugé, où tous les héros sont imparfaits et où chaque victoire terrestre reste conditionnelle.

Cette histoire est une source d’inspiration parce qu’elle est réaliste, même si elle est peuplée [d’êtres imaginaires]. Plus la série « Les Anneaux de pouvoir » sera fidèle à ces vérités, plus importante sera sa contribution, non seulement à notre divertissement, mais aussi à notre édification ».

De l’intérêt de la monarchie britannique : une limitation saine du pouvoir politique

Le discours d’un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Vous n’y avez pas échappé, mais voici un « point de vue » édifiant, découvert via l’édition du 12/09/22 de Brief Me : Charles III a été officiellement proclamé roi du Royaume-Uni samedi 10/09, à Londres, deux jours après le décès de sa mère, Elizabeth II. Si le rôle des monarques britanniques s’est réduit avec le temps, celui-ci reste essentiel au bon fonctionnement de la vie politique, estime Juliet Samuel, éditorialiste pour le quotidien britannique The Daily Telegraph, dans une chronique publiée vendredi :

« La couronne remplit une fonction primordiale, celle d’empêcher nos responsables politiques d’accéder au statut convoité de monarque ou de chef d’État. Il n’y a guère de choses plus saines que de mettre un frein à l’ambition du pouvoir politique. En permettant au Parlement et au gouvernement de contrôler la politique, mais en leur refusant le droit d’être vénérés ou célébrés en tant que symboles nationaux, le monarque protège l’identité du pays tout en soumettant nos dirigeants politiques à un examen minutieux. Une monarchie constitutionnelle maintient le véritable pouvoir politique à sa place en limitant son prestige et en le soumettant à une autorité morale. Qu’un responsable politique respecte ou non la Couronne, il est certainement intimidé par la considération que lui porte le pays ».

Cette réflexion en appelle une autre : Proclamant qu’ils ne réclament pas le pouvoir suprême, les chrétiens « en politique », gagneraient ainsi en crédibilité. « Venus, non pour être servis, mais pour servir » – à l’image de Celui qu’ils reconnaissent comme « le seul Seigneur » – et « craignant Dieu », ils se seraient alors plus inspirés de se concentrer sur le champ de la réalité quotidienne, au niveau local, départemental et régional. Et ce, pour montrer sur le terrain comment et pourquoi leurs solutions changent la vie et contribuent à améliorer les quotidiens des citoyens. 

Un interdit radical

« Abomination » ! (Personnage « Marvel »)

Une lecture biblique de « l’interdit » des peuples de Canaan, qui éclaire sur ce que Dieu appelle « abomination ».

Une raison de la politique génocidaire de « l’interdit » se trouve dans le livre du Deutéronome, explique le Pasteur Antoine Nouis, dans un commentaire paru dans Réforme, le 31/10/16 : « Lorsque tu entreras dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras pas à imiter les abominations de ces nations-là. Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à la magie, qui cherche des présages, qui pratique la divination ou la sorcellerie, qui jette des sorts, qui interroge les spirites ou les médiums, qui consulte les morts. En effet, quiconque se livre à ces pratiques est une abomination pour le Seigneur ; c’est à cause de ces abominations que le Seigneur, ton Dieu, dépossède ces nations devant toi. » (Deut. 18,9-12).

« L’interdit des peuples de Canaan est une protection contre la contagion de pratiques qui seraient mortifères pour les Hébreux. Rappelons que les sacrifices d’enfants étaient courants au Moyen-Orient. Ils correspondent à une approche archaïque de la religion qui consiste à croire que si nous offrons à Dieu ce que nous avons de plus cher, il nous bénira à la mesure de notre sacrifice ».

Bien que sévèrement condamnée par le livre du Lévitique : « Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer au Molek ; tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur. » (Lv 18,21), « cette pratique abominable a perduré en Israël [voir notamment le roi Acaz, en 2 chroniques 28v1-3, ou même le roi Manassé] puisque les prophètes Jérémie et Ezéchiel en ont fait la raison de l’exil à Babylone (Jr 19,5 ; Ez 16,20-21).

Quant à la divination, la sorcellerie et la consultation des morts, elles sont des asservissements qui sont contraires au commandement de liberté. Les pratiques occultes cherchent à maintenir le peuple sous la tutelle de magiciens qui manipulent le religieux pour leur plus grand profit.

Entre ces pratiques superstitieuses et mortifères et le Dieu de la libération, il n’y a pas de compromis possible, c’est la raison pour laquelle l’interdit est radical ».

Cherche et trouve : 8 histoires du Nouveau Testament 

« Cherche et trouve », nous encourage Jésus dans son grand discours sur la montagne, « car celui qui cherche trouve » (Matt.7v7-8).

Une parole assortie d’une promesse que chacun est invité à s’approprier, dès le plus jeune âge. Et quoi de plus précieux que de « chercher et trouver » Jésus !

Par exemple, à l’occasion d’une lecture d’un album à paraître le 23 septembre, chez Bibli’O, et intitulé… « cherche et trouve : 8 histoires du Nouveau Testament » !

Un album de Sarah Parker (pour le texte) et d’André Parker (pour les illustrations), qui fait suite au succès du « Cherche et trouve » consacré à l’Ancien Testament.

Chaque double-page est consacré à un épisode de sa vie raconté dans les Evangiles : « Jésus est né », « Jésus au temple de Jérusalem », « Jésus guérit un homme paralysé », « Jésus calme la tempête », « Jésus bénit les enfants », « Jésus et Zachée », « un repas spécial », « Jésus est vivant ! »

L’enfant s’amuse d’abord à observer les illustrations amusantes et colorées, avant de « chercher et trouver » les multiples choses cachées dans chaque scène : paniers tressés, pots de confiture, crabes effrayés, romains en armure, lampes à huile… et bien sûr Jésus !

Puis, l’enfant retrouve et lit le texte dans la version « Parole de vie », à l’aide de la référence biblique du récit de l’Evangile, indiquée dans la page.

Au final, ce qui peut paraître au départ comme un simple « où est Charlie » en mode biblique, est une véritable occasion, pour le jeune lecteur, d’apprendre à connaître un peu plus Jésus, et d’entamer une réflexion sur l’action de Dieu dans sa vie : se réjouir de la naissance du Sauveur, « le Christ, le Seigneur » ; découvrir que Jésus enfant était déjà « un vrai sage » ; apprendre et expérimenter personnellement que Jésus peut nous pardonner et que nous pouvons vraiment avoir confiance en lui ; prendre conscience d’être « spécial » et important aux yeux de Jésus ; mais aussi, qu’il peut changer notre cœur, qu’il est mort pour nous et vivant pour toujours.

Autant de bonnes raisons de « chercher et trouver » Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5v20), à travers ces 8 histoires du Nouveau Testament. A toi de jouer !

Ouvrage reçu gracieusement en « service presse », de la part de l’Alliance Biblique Française et des éditions Bibli’O, que je remercie !

Disponible chez l’éditeur, ou dans toutes les bonnes librairies.

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec

C’est un bien curieux recueil de prières à Dieu que les Psaumes, cette partie de la Bible, qui semblent dire tout et son contraire, soit à la fois l’absence et « le silence » de Dieu, la détresse et la misère de l’homme, le sentiment d’être abandonné et entourés d’ennemis ; mais aussi la louange, la victoire, la grande affirmation du pardon et de la bienveillance de Dieu.

De même, c’est là un bien curieux objet que ce « premier livre des Psaumes », édité par Bibli’O et reçu gracieusement en « service presse » cet été,  de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication auprès de l’Alliance Biblique Française, que je remercie chaleureusement, avant sa parution prévue le 23 septembre 2022.

Certes, les ouvrages de qualité sur les Psaumes ne manquent pas. Mais celui-ci est une excellente surprise !

Original à plus d’un titre, il nous propose une traduction comparée des versions en hébreu, mais aussi…en grec de la Septante, du premier livre des Psaumes (1–40), assortie de commentaires à la fois linguistique et spirituel, nous invitant à « avancer en eaux profondes ». En fin d’ouvrage, un lexique inédit avec plus de 110 pages d’aide à la lecture du texte grec.

L’auteure est Soeur Marie-Vincent, membre de la communauté catholique des Oblates de l’Eucharistie. Un ordre féminin contemplatif de droit diocésain. Elle vit en solitude depuis de nombreuses années. D’abord autodidacte dans l’étude du grec et de l’hébreu bibliques, elle a ensuite suivi une formation par correspondance avec la faculté de théologie de Toulouse.

L’ouvrage s’organise ainsi :

Pour chaque page occupée par les textes et les traductions, le lecteur peut lire, verset par verset, à gauche le texte hébreu massorétique, et à droite le texte grec de la Septante. L’un et l’autre sont suivis d’une traduction dont la typographie permet de visualiser rapidement les correspondances et les différences.

Suit un commentaire livre, au fil du texte, avec l’objectif d’éviter de redire ce que nous lisons dans les notes de nos Bibles.

Soeur Marie-Vincent précise que si elle n’a pas voulu « christianiser les Psaumes », des références sont toutefois données dans ce commentaire, signifiantes pour un mot ou une forme verbale qu’un lecteur chrétien saura apprécier.

Ce parti pris d’une traduction comparée pourra sans doute surprendre ou dérouter, mais l’auteure le justifie ainsi, dans l’avant-propos de l’ouvrage : « savoir que la traduction grecque de la Bible est le reflet de textes antérieurs au texte [hébreu] massorétique donne envie de s’y intéresser, de comparer et donc, de traduire ». Et la traduction dite de « la Septante rappelle au chrétien qui lit les Psaumes que ce texte a influencé les lectures postérieures de la Bible : celle d’écrivains juifs, des auteurs du Nouveau Testament et aussi des Pères de l’Eglise. Elle lui rappelle également que, de nos jours, des églises d’Orient lisent et prient la Parole de Dieu dans la Septante » (Le Premier livre des Psaumes. Avant propos, p 7).

Ce travail [réalisé dans le cadre d’une vie de solitude, il n’était initialement pas destiné à être publié] peut aussi sembler s’adresser à des initiés ou à des étudiants, en tant qu’outil d’étude idéal pour se préparer à une rentrée universitaire – ce qu’il peut être.

Cependant, souligne encore l’auteure dans son avant-propos, « tout être humain peut se reconnaître dans les Psaumes, avec les joies, les questions, les souffrances et les violences qui l’habitent, devant quelqu’un qui écoute, répond ou garde le silence, Dieu. Parce que les Psaumes permettent aux hommes et aux femmes de toute génération d’espérer, ce livre ne peut qu’être ouvert à tous ». Ce qui est la prière d’Israël est devenu la prière des chrétiens, demandant « d’y appliquer son intelligence et son cœur ; c’est le prix à payer pour en savourer tous les fruits » (op. cit., pp 7-8)

Un frère en Christ qui dit aimer la poésie, au point de la lire et de l’écrire, me partage « ne jamais sortir indemne », lorsqu’il se plonge dans les Psaumes : il a en effet l’impression que « la main de Dieu prend la (sienne) et (le) tire vers des lieux élevés ». Il y découvre « un Dieu du cœur » et apprend sans cesse à s’exprimer librement devant Lui. « Le livre des Psaumes me ramène sans cesse au Dieu Tri-Un Père, Fils, et Saint-Esprit. C’est mon livre de prière. C’est aussi mon plus agréable loisir ».

Qu’un tel plaisir soit partagé est ce que l’on peut souhaite de mieux à tout lecteur ! Puisse également cet ouvrage être utile au plus grand nombre, suscitant le désir et la joie d’approfondir la lecture des Psaumes dans les deux langues bibliques ! Une « invitation au voyage » assortie d’une promesse :

Comme le souligne Sœur Marie-Vincent dans son commentaire du psaume 25 [qui reste mon préféré], « méditer [celui-ci] en suivant le psalmiste, et nous aurons envie d’entrer dans le chemin de l’Alliance ; et nous serons étonnés de nous sentir corps et âme en repos devant Dieu plein d’amour et de vérité » (op. cit., p 186).

Et « l’homme qui craint Dieu, en se tenant dans le chemin de l’Alliance, qui est chemin d’amour et de vérité, connaît une intimité particulière ; il est dans le secret de Dieu » (op. cit., p 184).

En bref :

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec – Traductions et commentaires, de Sœur Marie-Vincent. Editions Bibli’O, septembre 2022. Disponible chez l’éditeur et/ou dans toutes les bonnes librairies.

Pierre et sa Montgolfière : un conte musical pour « se donner des ailes »

« S’il te plaît, donne-moi des ailes » est l’élan du coeur des élèves de l’école privée Protestante Les Sarments-93, de Villemomble, ainsi que le thème de leur année scolaire 2021-2022. 

Tout d’abord, les  élèves de maternelle et d’élémentaire ont découvert le conte musical « Pierre et sa montgolfière » de Serge Hubert et Elvine, sorti à l’automne 2021 et édité par les éditions Scriptura. Le travail commun – auteur, illustratrice, éditrice – a fait l’unanimité de tous, au sein de la communauté éducative !
Puis, invités dans les locaux de l’établissement par l’association « Dessine-moi une école », gestionnaire de l’école, l’auteur et l’illustratrice se sont prêtés avec enthousiasme au jeu de l’interview, répondant aux questions préparées par les élèves, le vendredi 25 mars après-midi. Enfants comme adultes ont vécu un moment de partage inoubliable !

L’équipe pédagogique a ensuite élaboré une comédie musicale inspirée de l’album. Les élèves de la compagnie des « Petits Sarments » ont ainsi joué leur première représentation le mardi 24 mai 2022 au théâtre Georges Brassens de Villemomble.

Ce qui suit est le message donné à cette occasion :

Pierre et sa Montgolfière est une histoire qui a germé dans l’imagination de son auteur Serge Hubert, après un voyage humanitaire au Sénégal, quand il a rencontré de nombreux orphelins qui vivaient dans des conditions vraiment difficiles.

Cette histoire est une parabole, une histoire tirée de la vie réelle et quotidienne, qui contient une vérité cachée à découvrir.

Cette histoire n’est pas seulement l’histoire de Pierre, mais la nôtre. Elle nous émeut et nous interpelle, cette histoire d’orphelin en quête de reconnaissance et d’adoption. Elle nous concerne même intimement.

Au début, Pierre survit dans sa décharge, ramassant des bouteilles qu’il espère voir acceptées à leur juste valeur.  Puis, il reçoit cette invitation inattendue à rejoindre « le pays des adoptés » qui lui « donne des ailes » et lui ouvre des horizons pour vivre autre chose, quelque chose de beaucoup plus beau et de beaucoup plus grand.

Cette bonne nouvelle lui vient du « semeur d’espoir ». L’Evangile nous apprend que ce « semeur d’espoir » n’est autre que Jésus-Christ, lequel se présente comme « le chemin », le seul chemin vers Dieu le Père.

Dieu est Père : c’est un langage pour dire qu’il est un Dieu relationnel. Dans l’Evangile, ce Père nous aime tellement qu’il nous appelle ses enfants. Il est un Père adoptif qui nous cherche jusqu’à ce qu’il nous trouve, pour adopter comme ses enfants tous ceux qui auront confiance en Lui et accepteront son amour.

La bonne nouvelle est que le Dieu de la Bible, de l’Evangile, pratique le recyclage : avec Lui, c’est « zéro déchet ». Comme pour Pierre, le Dieu de la Bible veut et peut s’emparer des « détritus de nos vies » pour en faire quelque chose de beau, de noble, de bon, et de juste.

Mais si ce Dieu existe, ce Dieu qui me cherche, attend-il quelque chose de moi ? Y-a-t-il quelque chose à faire pour attirer son attention, le convaincre, lui plaire ?

Autre bonne nouvelle : comme Pierre dans le conte, nous n’avons pas besoin de « mériter de vivre », de justifier notre vie par des actes pour être reconnus et aimés du Père.

C’est ainsi que « le juste vivra par la foi ». Cette affirmation de la Bible a une puissance libératrice. Elle nous dit que Dieu attend de l’homme la foi, rien que la foi, la confiance en Son amour de Père. La foi nous libère donc de notre quête désespérée d’être reconnus : se savoir accepté tel que nous sommes nous « donne des ailes », en nous redonnant confiance en nous-même et en nous permettant de l’accorder aux autres. Toutes nos actions de solidarités humaines, d’engagements associatifs ou politiques, en sont alors transformées : elles expriment désormais notre «merci », notre reconnaissance d’être accepté et aimé par Dieu. C’est ainsi qu’elles peuvent être des actions bonnes et gratuites.

En bref :

Pierre et sa montgolfière, un conte musical de Serge Hubert (auteur) et Elvine (illustratrice). Editions Scriptura, 2021

Album accompagné d’un CD audio, qui comporte le conte raconté ainsi que 7 chansons composées et chantées par Serge Hubert.

Disponible aussi en MP3 (à télécharger grâce à un mot de passe présent dans le livre)

Pour les 6-10 ans, mais les plus petits et les plus grands apprécieront également :

Le message d’espérance de l’Evangile est ainsi mis à la portée du plus grand nombre. Ferez-vous partie du voyage aérien ?

Renseignements : www.ecolelessarments.fr
Se procurer le livre chez l’éditeur, ou dans toutes les bonnes librairies.

Interview de l’auteur, Serge Hubert :

L’Ecole Les Sarments-93 remercie les auteurs Serge Hubert et Elvine pour leur participation et leur encouragement, ainsi que l’Alliance Biblique Française* et les éditions Scriptura pour leur soutien au projet de comédie musicale des « petits Sarments ».

*Voir le numéro de juin 2022 de son Biblioscope, en page 9.

Es-tu prêt pour le retour du Seigneur Jésus-Christ ? (Luc 12v22-48)

A quand remonte votre dernière prédication entendue sur le thème du retour de Jésus-Christ ?

Voici un message du Pasteur Gilles Boucomont, de Belleville, sur ce qu’implique « être prêt » pour le retour du Seigneur, sur le texte de l’Evangile selon Luc 12v22-48 (à partir de 30’58’’)

Bonne écoute édifiante !

De l’urgence de la metanoia : « un mouvement de retour au Seigneur. Non pas utilitaire mais relationnel »

« Dans sa révolte, l’humanité blessée refuse la metanoia. Et nous ? » (Source image : public domain pictures)

A l’heure où, pour un certain chef d’Etat, dans un certain contexte, la recherche de « la vérité » et de « la reconnaissance » serait plus importante que la « repentance », une note de blogue du Pasteur Gérard Pella, datée du 19/08/22, nous rappelle que, selon l’Evangile de Jésus-Christ, « la repentance » (ou « la metanoia ») n’est pas un luxe : c’est même une urgence.

Un message utile à (re)découvrir, particulièrement en cette période où les chrétiens sont exhortés, comme à chaque rentrée, « à mettre à part un jour spécialement consacré à la reconnaissance envers Dieu, à la metanoia et à la prière », soit une période de Jeûne « pour se tourner humblement vers le Seigneur Vivant ».

Synthèse/extraits : 

En effet, rappelle Gérard Pella, cet appel à la metanoia fait partie du cœur du message que Jésus confie à ses disciples : dans l’évangile selon Luc, chapitre 24v45-49, Jésus ressuscité ouvre l’intelligence à ses disciples pour qu’ils comprennent les Ecritures bibliques et sachent ce qu’ils allaient pouvoir et devoir communiquer au monde en son Nom. Nous, qui sommes aussi ses disciples, prions pour « qu’il nous ouvre aussi l’intelligence ».

Sur l’instruction de Jésus dans cet Evangile, leur message essentiel aura 4 piliers comme une table solide a 4 pieds :

46et il leur dit : « Voici ce qui est écrit : le Christ souffrira, et ressuscitera d’entre les morts le troisième jour

47et l’on proclamera son nom devant toutes les populations, en commençant par Jérusalem ; on appellera chacun à changer de vie (metanoia) et à recevoir le pardon des péchés

La « Metanoia », l’un de ces piliers, vient de Meta = le changement, et noia indique ce qui est changé : ce mot vient du grec « noûs », qui a plusieurs sens : L’intelligence (c’est le mot que Luc utilise au v. 45 : il leur ouvrit l’intelligence) mais aussi l’état d’esprit, la mentalité, l’attitude profonde.

Metanoia signifie donc « changement de façon de penser, changement de mentalité ou changement d’attitude profonde qui conduit à un changement de comportement ».

Ce passage de l’évangile de Luc nous fait ainsi découvrir l’importance de la metanoia, laquelle est au cœur du message chrétien, puisque c’est la metanoia qui donne accès au pardon.

« Comme beaucoup de pasteurs ou d’évangélistes, j’ai surtout appelé les gens à la foi ; je leur ai surtout parlé de l’amour de Dieu, tel qu’il s’est manifesté en Christ, pour les inviter à mettre leur confiance en lui », témoigne Gérard Pella. « Le salut par la foi seule, c’est non seulement protestant, c’est biblique ! » témoigne Gérard Pella…tout en se rendant compte, avec le recul, «  que la foi sans metanoia, c’est insuffisant.

Prenons un exemple : quelqu’un est attiré – plus ou moins consciemment – par la puissance. Quand il se met à croire en Jésus, sans metanoia, il va continuer à vénérer la puissance : il va rechercher la puissance spirituelle, ou le pouvoir (et même le pouvoir dans l’Eglise !). Et s’il n’y parvient pas, il se consolera avec une voiture puissante !

Autre exemple : quelqu’un recherche avant tout la sécurité. Quand il se met à croire en Jésus, sans metanoia, il va se servir de Jésus pour se sécuriser mais il restera aux commandes et refusera tout ce qui, dans la Bible ou dans la vie, bousculera sa sécurité. Il empêchera le Seigneur de le faire sortir de sa zone de confort !

Le mécanisme est le même avec l’amour de l’argent, le besoin de séduire ou la peur du changement. Sans metanoia, ce sont ces réalités qui vont orienter nos choix, nos pensées ou nos soucis. L’Évangile nous appelle au changement de nos attitudes profondes : La metanoia, ce n’est pas seulement me repentir pour ce que j’ai fait de mal ; c’est aussi me distancer de ce que j’ai cru ou pensé de faux; c’est encore me démarquer de toutes mes idoles plus ou moins conscientes ».

 De là « deux conséquences » déduites :

1° L’Église est pleine de chrétiens qui ont besoin de metanoia ! (….)

2° C’est un processus qui dure toute notre vie et réclame une vigilance constante. D’où les derniers mots de la première épitre de Jean :« Gardez-vous des idoles ! »

Cet appel à la metanoia fait donc partie du cœur du message que Jésus confie à ses disciples. De tout temps !

Mais il revêt une urgence particulière aujourd’hui.

L’urgence de la metanoia

Le monde est gravement malade en ce moment : la pandémie de covid-19, la guerre en Ukraine, le dérèglement climatique, la crise énergétique… Nous commençons tous à en ressentir certains effets, même dans [nos pays privilégiés en Occident] ».

Et « en Occident, on cherche avant tout à résoudre ces crises au niveau matériel : médical, économique, technique, militaire. On semble croire par exemple qu’il suffira de panneaux solaires, de voitures électriques et de pompes à chaleur pour que tout soit résolu ! C’est bien, mais il faut compléter ces thérapies « matérielles » : il faut que le changement soit plus profond, plus profond même qu’un changement de comportement ou de consommation.

Ces crises, ou cette crise en plusieurs vagues, appellent un changement spirituel, une metanoia, un retour vers le Seigneur.

Comme les prophètes

Vous avez peut-être entendu l’appel prophétique de Tom Bloomer et de l’Equipe de Prière et Discernement (EPED), ou celui de Werner Woivode. Ils sont convaincus que Dieu nous appelle de façon insistante à la metanoia. Ils rejoignent ainsi les prophètes de l’Ancien Testament, qui interprètent les événements politiques ou climatiques comme des appels à revenir au Seigneur. C’est comme si toute la création criait de sa part : « Arrêtez et reconnaissez que je suis Dieu ! » (Ps 46, 11).

 Lisez par exemple les deux premiers chapitres de Jérémie ou de Joël (1v12-14). Pour ces prophètes, c’est l’infidélité du peuple qui provoque la sécheresse, la famine ou les invasions ennemies. D’où l’appel à la metanoia. (…)

J’ai été longtemps réticent à croire que les crises d’aujourd’hui pourraient être des appels que Dieu nous adresse : « Revenez à Moi ! » Jésus nous révèle un Dieu tellement bon et prêt à pardonner. C’est vrai… mais c’est une lecture partielle du Nouveau Testament. La bonté de Dieu n’efface pas sa sainteté ».

Comme Jésus (Luc 19, 41-44. NFC) 

Comme Paul (Romains 11, 21-22. NFC) 

Comme l’Apocalypse (Apocalypse 16, 4-9. NFC) 

Mais « dans sa révolte, l’humanité blessée refuse la metanoia.

Et nous ? (…)

De quoi devons-nous « nous repentir » ?

Gérard Pella évoque, en fin de message, « plusieurs domaines où la metanoia peut s’avérer nécessaire. A vous de voir là où le Seigneur vous appelle à changer et à revenir à Lui. C’est un chemin de discernement à parcourir – avec l’aide de la Bible et du Saint-Esprit – [particulièrement en vue d’un Jeûne]. 

Il se peut que vous soyez aussi fidèles et intègres que Daniel et que vous ne voyiez pas pour quoi vous devriez implorer le pardon de Dieu. Vous pourriez alors suivre l’exemple de Daniel. Il se sent pleinement solidaire de son peuple infidèle et demande pardon pour lui dans le livre de Daniel au chapitre 9 (vv13 et 19) »….

Attention ! Risques de malentendus

On pourrait tordre le message de Tom Bloomer en pensant que la metanoia va atténuer les effets de la crise. On se livrerait alors à une metanoia utilitaire !

On pourrait également tordre le message de Werner Woivode en pensant que la metanoia est un moyen de provoquer le réveil de l’Eglise. Ce serait alors une façon d’obtenir quelque chose de Dieu.

Rappelons donc avec l’Ancien Testament que la metanoia est essentiellement un mouvement de retour au Seigneur. Non pas utilitaire mais relationnel.(….)

L’essentiel de la metanoia consiste à se détourner de toutes nos idoles pour nous tourner résolument vers le Seigneur, l’accueillir pour qui il EST et non pour ce qu’il FAIT ou devrait faire.

La seule raison d’aimer le Seigneur, c’est le Seigneur lui-même !(….)

Dans quels domaines de ma vie la metanoia est-elle nécessaire ?

La suite à découvrir sur le blogue de Gérard Pella