Foireux liens de juillet-août(22) : « mission/démission », « réformer/déformer »

Les « Foireux liens » de l’été 2017 : une actualité placée sous le signe de la « réforme », laquelle soulève des protestations !

Voici nos « foireux liens » de juillet-août : il y sera question, entre autres, de « génération Y », de « super-pouvoirs », de réformes autour du code du travail en France et de la santé aux USA, et de la meilleure façon de la théologie avec le hand-spinner ! A lire, bien entendu pas « d’un seule traite » mais à votre rythme, pendant l’été.

 

1) Pourquoi la génération Y est-elle en train de démissionner ?

« Née dans les années 80, elle est réputée difficile à manager, à rester concentrée, accusée d’être instable, paresseuse même parfois, elle fait l’objet de diverses études cherchant à comprendre pourquoi elle rencontre tant de difficultés à s’intégrer en entreprise. Ceux qui la composent disent rechercher une mission davantage qu’un travail, un mentor plutôt qu’un chef et veulent avant tout avoir de l’impact, de l’influence dans ce qu’ils font. Quitte à prendre le risque de tout abandonner s’ils ne l’obtiennent pas. (…) La génération Y continuera de démissionner tant que l’on sera incapable de faire le bon diagnostic et réorganiser le travail de façon à s’adapter aux modes de vies d’aujourd’hui ».

« Je vais sauver notre mariage », « Tu vas arrêter de boire, de me tromper, de me battre et tu vas consulter? », « Mon Dieu non ! Je vais voter pour interdire le mariage gay ! »

2) « Dieu est-il homophobe » ? Un rapport soumis au vote du Synode de l’Église anglicane en 2016 réaffirmait la vue traditionnelle du mariage entre un homme et une femme. Ce rapport valorisait toutefois certains aspects de l’homosexualité. Sam Allberry, chrétien et pasteur, et aussi attiré par les personnes du même sexe, s’est réjouit du maintien de cette vue traditionnelle. Il s’inquiète pourtant devant la forte pression qui est faite pour permettre à l’Église anglicane de bénir les couples homosexuels. Il est l’auteur du livre Dieu est-il homophobe ?, paru aux éditions BLF le 15 juin 2017.

Écouter sa prise de position, à cette occasion, ici, dans cette vidéo.

Et lire le témoignage de celui « qui a su replacer l’attirance pour les personnes du même sexe dans la perspective d’une vie de disciple. Loin de présenter une injuste spécificité des personnes attirées par le même sexe, en réalité », Sam relève que la vie de disciple a un coût, « qui est le même pour tous » : renoncer à « laisser libre-court à ses convoitises en matière de désirs charnels ».

3) Qu’est-ce qui constitue une approche pastorale ? Ou qu’est-ce que signifie « être pastoral » ? Par Kevin DeYoung. Selon nous, une «approche pastorale» implique la douceur, la patience et beaucoup d’écoute. Si quelqu’un est «pastoral», il est relationnel, sensible et a un effet calmant sur le autres. Le « soin pastoral », cela suppose de réconforter les malades, rendre visite aux veuves et prêter une épaule pour pleurer. Ce sont tous de bons exemples qui qualifient un bon pasteur. (…) ‪Mais ces exemples ne viennent pas à bout de ce que la Bible entend par le «ministère pastoral». Nous ne devons pas permettre aux vertus douces du soin pastoral d’en éclipser les vertus dures, de sorte qu’une «approche pastorale» devienne synonyme de ce qui est inoffensif, thérapeutique et réconfortant….

4) « Vaincre les idoles cachées » : une méditation de 2 Rois 17v9-19 proposée par Laurent Descos, pasteur et blogueur : C’est donc « en secret » que les Israélites s’étaient bâti des hauts lieux, qu’ils s’étaient fait des pierres levées et des poteaux cultuels sur toutes les collines. Étonnant, n’est-ce pas ? En secret de qui, si c’était à la vue de tous ? En secret d’eux-mêmes ! Combien de compromis en effet, cachés à nos propres yeux, faisons-nous avec l’ennemi dans nos vies ?

« Grand pouvoir….grandes responsabilités ! » (Source : blog du SEL)

5) Des pistes d’action contre la pauvreté en dessinVoici la 3ème série de dessins que le SEL publie sur le sujet de la pauvreté. Après une série sur le combat contre la pauvreté et une autre sur les causes de la pauvreté, cette série a pour but de nous amener à réfléchir sur certains passages de la Bible. Bien souvent on les connait bien, mais on les applique peu… Que le Seigneur nous change, au moyen de ces dessins, pour nous amener à vivre une vie d’amour et de service auprès des autres !

6) L’intox du « grand remplacement musulman »L’Europe a peur. Un des épouvantails agité aujourd’hui par les partis xénophobes et nationalistes qui prospèrent sur le Vieux Continent est le « grand remplacement ». Décryptage par le sociologue Sébastien Fath.

 7) Vivre en « chrétien engagé » est-il (in)compatible avec un engagement d’homme politique ? Bien entendu, un chrétien peut s’engager en politique, s’il perçoit un appel particulier à ce sujet, et même, pourquoi pas, faire partie des hautes instances dirigeantes d’un parti. Néanmoins, personne ne devrait douter que sa foi est plus importante, à ses yeux, que la politique. Et comme par un fait exprès, l’éternel débat de la compatibilité de la foi chrétienne avec l’engagement politique me paraît être relancé par la récente décision de l’ « évangélique » britannique Tim Farron, qui est aussi le chef du parti libéral-démocrate. « Déchiré » entre sa foi chrétienne et son rôle d’homme politique, Tim Farron a finalement choisi…..de démissionner de ses fonctions, le 14 juin, à la surprise générale. Deux journalistes chrétiens, l’évangélique Henrik Lindell, pour « La Vie », et le catholique Pierre Jova, pour « Famille chrétienne », analysent l’un et l’autre les raisons dans deux articles complémentaires. 

8) Le chiffre insolite au second tour des élections législatives françaises- surtout postprésidentielles : 57 % d’abstentions. Ailleurs en Europe, l’élection nationale aurait été invalidée faute de participants !

9) « Un incroyable talent », et bientôt « des superpouvoirs ». Pour quoi faire ? (Publié avant les résultats des législatives). Le président Emmanuel Macron va obtenir « des super-pouvoirs que de Gaulle n’avait pas eus. Sa victoire annoncée est énorme. Pratiquement pas d’opposition ; une vie parlementaire circonscrite à des centaines de députés macroniens, au garde-à-vous dans les débuts ; néanmoins, des ordonnances pour mener au pas de charge des réformes graves dont il aurait fallu débattre. Jusqu’à quel point peut-on déréguler ? Peut-on accepter que ce gouvernement exhume le faux dogme du « ruissellement », selon lequel enrichir les plus riches finit par profiter aux pauvres ? Peut-on laisser plafonner les dommages-intérêts dus aux salariés abusivement licenciés (ce qui encouragera les abus) ? Voilà le genre de questions qui ne seront posées à l’Assemblée que par une poignée de gens, dans l’indifférence de l’énorme majorité », représentant « les heureux de la mondialisation ».

10)  Non à une République qui marche «au pas»! Une note de blogue publiée le 15 juin de Barbara Romagnan, député sortante candidate à sa succession…avant d’être « sortie » le 18 juin face à une candidate LREM : « En République, c’est le Parlement qui contrôle le Gouvernement, et non l’inverse. En République, c’est aux citoyens qu’il appartient de décider si les représentants sont dignes de confiance. En République, un député élu par des citoyens libres doit être une voix libre – et non pas la voix du Président. En somme, une République qui « marche », ce n’est pas une République qui marche « au pas ».

 

11) Faut-il assouplir le code du travail ? Flexibiliser le code du travail, comme le gouvernement projette de le faire à la rentrée, est-il efficace pour lutter contre le chômage ? En réalité, 30 ans de dérégulation n’ont pas réussi à endiguer le phénomène… Mais le mauvais procès instruit contre le code du travail est tenace. Explications en vidéo. Trois minutes pour comprendre.

12) Loi travail bis : La France va-t-elle suivre le modèle allemand et transformer ses chômeurs en travailleurs pauvres ? Après les lois Macron, Rebsamen et El-Khomri(1) sous le précédent quinquennat, le gouvernement d’Edouard Philippe prépare une réforme encore plus profonde du droit du travail(2), précédant une remise à plat de l’assurance chômage. Ce big bang annoncé a un modèle : les réformes « Hartz »(3), engagées en Allemagne au début des années 2000, aujourd’hui parées de toutes les vertus par de nombreux commentateurs avec, en apparence, l’un des taux de chômage les plus bas d’Europe. La réalité des chiffres montrent au contraire que ces réformes du marché du travail n’ont pas radicalement réduit le chômage et la sous-activité et, surtout, ont provoqué une explosion des travailleurs pauvres, dont le nombre est l’un des plus élevés d’Europe.

13) La libéralisation du transport ferroviaire « en marche », en France ? Deux sénateurs ont mis en chantier une proposition de loi qui pourrait encadrer l’ouverture à la concurrence du transport ferroviaire de voyageurs. Une chose à ne pas faire, vu qu’au Royaume-Uni, « 20 ans après », « la privatisation des chemins de fer déraille » : Hausse incontrôlée du prix des billets, trains supprimés et réduction du personnel, conduisant près de deux Britanniques sur trois à souhaiter une renationalisation complète.

14) Pollution atmosphérique et hausse du prix des titres de transport en IDF :  Gel du tarif des tickets « origine-destination » et du ticket de métro, augmentation du Pass Navigo, ticket Mobilis « grande banlieue »… Voyager en illimité dans toute l’Île-de-France coûtera plus cher à partir du 1er août 2017. Le prix du Pass Navigo augmentera de 3% pour atteindre 75,20 euros contre 73 euros aujourd’hui, comme l’annoncera Valérie Pécresse, la présidente de la région d’IDF lors du conseil d’administration du Stif (Syndicat des Transports d’Île-de-France), le 28 juin prochain, dévoile Le Parisien mardi. Les usagers ne manqueront pas de s’interroger sur de telles hausses, alors que le service rendu ne s’est guère amélioré ces derniers mois. Et ce, alors que s’est déclenchée une nouvelle procédure d’information et de recommandation(4) par la préfecture de police, pour la journée du mardi 20 juin, en IDF, concernant la pollution atmosphérique, selon les données transmises par AIRPARIF.

 

« Jésus-Christ guidant Donald Trump dans son offensive contre l' »Obamacare » ? Un chromo délirant et inquiétant qui se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 !

15)  USA : Comment Trump tente de défaire l’Obamacare…..

Les Etats-Unis détiennent deux tristes records. Celui des coûts de santé par habitant, qui s’élevaient à plus de 9 451 dollars en 2015, contre 3 612 dollars en France, selon l’OCDE. Et celui des inégalités de santé. C’est un pays riche en équipements de pointe pour soigner et réparer les corps. C’est en même temps un pays où des individus se retrouvent lourdement endettés après une opération chirurgicale dont le coût peut atteindre plusieurs dizaines de milliers de dollars. Alors que le président Donald Trump lance une virulente offensive législative pour revenir sur l’Obamacare, l’emblématique réforme du système de santé de son prédécesseur, essayons de comprendre ce qui se joue outre-Atlantique. Que peut-il advenir de ce système d’assurance maladie particulièrement complexe, à l’issue des manœuvres en cours ?

….. et se retrouve dans le bourbier de la réforme de santé : Après avoir promis d’abroger l’assurance santé mise en place par Obama, Donald Trump est confronté à la division des sénateurs républicains, et à l’opposition de citoyens (dont des handicapés) attachés à l' »Obamacare ».

16) Insolite(bis) : le « Covfefe Act » : Le député démocrate Mike Quigley a introduit une proposition de loi baptisée Covfefe Act (abréviation de Communications Over Various Feeds Electronically for Engagement ) !! L’objectif de cette proposition de loi est de modifier le Presidential Records Act pour y inclure les publications du Président des Etats-Unis sur les réseaux sociaux. Cela inclurait notamment les tweets publiés par Donald Trump et ses successeurs sur leur compte Twitter personnel. Ces publications ne pourraient ainsi plus être effacées et devraient être obligatoirement archivées en tant que communications présidentielles officielles, au même titre que les communiqués de la Maison Blanche et autres documents écrits.

Et pour finir :

17) Insolite (ter) : Faire de la théologie avec le « hand spinner » ? C’est possible !

 C’est le gadget à la mode : un petit objet que l’on fait tourner entre ses doigts et aurait des effets positifs contre le stress et pour la concentration. Vertus auxquelles on pourrait donc ajouter… la théologie trinitaire.

 

 

 

Notes : 

(1) Code du travail 2017 – PDF en ligneLe texte intégral du Code du travail de 2017, à jour de la loi Macron, de la loi Rebsamen et de la loi travail parues en 2015 et 2016, est librement téléchargeable ici sous la forme d’un fichier PDF de 3040 pages. Ce document comprend tous les articles figurant dans les parties législative et réglementaire du Code du travail. Vous pourrez notamment y retrouver les règles applicables au licenciement, au paiement du salaire, aux congés payés, à la période d’essai, à la procédure de rupture conventionnelle ou à la démission.

Important : le Code du travail a été modifié en profondeur en 2016 avec la nouvelle loi travail promulguée en août dernier. Pour en savoir plus sur les changements intervenus, voir loi El Khomri (loi travail) – Ce qui a changé. Le contenu du Code devrait à nouveau être grandement modifié en 2017 avec l’entrée en vigueur de la réforme du Code du travail voulue par Macron.

(2) Code du travail, la réforme Macron : Le président Macron souhaite que la réforme du Code du travail soit mise en oeuvre dès cet été 2017. Le point sur le contenu de cette réforme qui modifiera en profondeur le droit du travail français.

(3) La loi dite Hartz, du nom de Peter Hartz, ancien DRH de Volkswagen qui a dirigé la commission ayant concocté ces réformes sous le gouvernement du social-démocrate Gerhard Schröder. Trois autres réformes ont suivi, lesquelles se sont attaquées à l’assurance chômage, en réduisant la durée d’allocation et en renforçant les contrôles et la surveillance des chômeurs, et ont ouvert grand la porte au développement des emplois à bas-salaire. A noter que pour le sociologue Sébastien Fath, ce que Gerhard Schröder a accompli en Allemagne  est comparable, en dépit de différences notables, avec les propositions  qu’il estime « assez proches et profondément respectables » – et qu’il range sous la « bannière réformiste du courage politique » – d’ Emmanuel Macron et François Fillon, deux hommes selon lui « pondérés et très déterminés ».

(4) Pour en savoir plus sur la procédure.

 

 

Catholiques et protestants s’engagent, manifestent, et interpellent candidats et citoyens, à l’approche des élections présidentielle et législatives 2017

A l’approche de la présidentielle et des législatives 2017, les chrétiens s’engagent, manifestent leurs convictions et interpellent candidats et citoyens

Très prochainement, nous élirons notre nouveau président (premier tour : le 23 avril et second tour : 07 mai), dans un contexte extrêmement confus et tendu, ainsi que(ne l’oublions pas) nos députés à l’Assemblée nationale les 11 et 18 juin. Dans cette perspective, plutôt que d’écouter ceux qui prétendent « plus pragmatique » de jouer la facilité en se décidant sur l’étiquette, ne manquez pas de prendre le temps d’étudier les programmes de chaque candidat pour vous faire votre propre opinion et voter en conscience. Certains parmi vous diront peut-être : « je vais voter pour le candidat des valeurs chrétiennes« .  Mais qu’entend-t-on par « valeurs chrétiennes » ?

Justement, l’objet de ce billet est de vous inviter à découvrir les déclarations des protestants évangéliques et des protestants, dits « historiques », ainsi que des catholiques, qui ont choisi de s’engager, manifester leurs convictions et d’interpeller tout autant candidats et citoyens, chrétiens ou non.

Premièrement, nous pouvons constater que le protestantisme évangélique n’est pas qu’« obsédé » par les questions de sexualité et « d’éthique privée », puisqu’il saisit parfaitement les enjeux sociaux, laïques et environnementaux en ce contexte de campagne présidentielle 2017 en France, comme en témoignent plusieurs documents synthétiques, à vocation pédagogique, et s’inscrivant dans une vision holistique de la foi chrétienne :

Le livre collectif, édité par Croire-Publications dans le cadre des Cahiers de l’école pastoraleLa politique, parlons-en! (208p, Hors Série n°18), écrit par des auteurs très majoritairement évangéliques, est instructif en ce qu’il éclaire sur les questions que se posent ces derniers. Pour Louis Schweitzer, pasteur, théologien et professeur d’éthique, parce qu’« on ne parle pas de certains sujets, il ne faut pas s’étonner si des membres de nos Églises ont des idées ou des actions qui nous semblent peu en rapport avec l’Évangile ». Lui-même reste convaincu « que chaque grand rendez-vous électoral devrait être l’occasion de parler des grands principes éthiques chrétiens ». Or, « beaucoup de chrétiens réduisent leurs réflexions aux questions d’euthanasie ou de mariage pour tous » – autant « de vraies et importantes questions », s’il en est, « mais la réalité politique est beaucoup plus vaste. Peut-être faudrait-il revenir sur l’enseignement biblique de la justice et la place des personnes les plus fragiles, du pauvre, de l’étranger… Le texte que la commission a publié sur les grands principes d’une éthique sociale chrétienne pourrait être étudié à cette occasion ». Dans tous les cas, « le risque est de se décider sur un seul critère qui nous semble essentiel: la sécurité et l’attitude devant les migrants ou la justice sociale, la mondialisation ou l’attitude devant tel problème de société…. » et « il ne faudrait pas qu’une conviction forte ou qu’un engagement dans un domaine nous rende aveugles au reste de la réalité ».

Toujours du côté évangélique, l’on peut consulter le livret produit par le CNEF (en collaboration avec le SEL, le Défi Michée, A Rocha et le CPDH), qui communique aux candidats des convictions partagées en vue des élections 2017. Adressé aux responsables politiques, le texte est également destiné à éclairer les fidèles évangéliques eux-mêmes, certains étant par ailleurs tentés par les extrêmes.

La Fédération Protestante de France (FPF), quant à elle, choisit d’adresser…une « adresse » aux candidats de l’élection présidentielle 2017. Ladite « adresse protestante » est introduite par le pasteur Clavairoly, président de la FPF : « À l’approche des choix décisifs que devront faire nos concitoyens lors de l’élection du prochain président de la République, la Fédération protestante de France qui représente le protestantisme dans le pays, veut poser un certain nombre de questions, interpeller et aider chacun à avancer dans la réflexion ». Ces questions touchent aux secteurs suivants : Exil, accueil des réfugiés, Changements climatiques et écologie, Laïcité, Économie sociale et solidaire, Justice-prisons, Égalité hommes femmes, Corruption, Défense, Jeunesse et Handicap.

Enfin, du côté catholique, le Conseil permanent de la Conférence des évêques de France a publié le 14 octobre 2016 un texte intitulé : « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique ». Une longue réflexion qui fait suite à l’appel au discernement, publié le 20 juin 2016, en vue des élections de 2017. Une contribution qui veut « ressusciter le politique », appelant « les habitants de notre pays »à cette tâche. Car s’il faut le ressusciter, c’est qu’il est mort. En effet, pour les évêques, « la » politique  a tué « le » politique : et le politique, c’est le service du bien commun, la conscience d’un « nous » qui « dépasse les particularités » ; mais la politique (pratiquée en France depuis des décennies) est « en crise », d' »une crise de confiance » envers ceux qui ont perdu le sens du bien commun pour se laisser aller aux « ambitions personnelles démesurées », aux « manoeuvres et calculs électoraux », aux « paroles non tenues », ainsi qu’aux lois et règlements[par exemple « sécuritaires »] produits « dans la précipitation et le contexte de l’émotion »…  D’où « le sentiment d’un personnel politique coupé des réalités, l’absence de projet ou de vision à long terme, des comportements partisans ou démagogiques » : choses « injustifiables » devenues « insupportables ».

 Bonne lecture ! 

 

 

Trump, « prompt au deal » ? Ou qu’attendre du nouveau président des USA ?

Éléphant par Anna Langova « un éléphant, ça trump énormément ! » Le nouveau président tournerait-il déjà le dos à ses promesse s(« propos de campagne ») de candidat, lesquelles, comme on le sait, n’engage que ceux qui veulent bien y croire….

Éléphant par Anna Langova
« un éléphant, ça trump énormément ! » Le nouveau président tournerait-il déjà le dos à ses promesses (« propos de campagne ») de candidat, lesquelles, comme on le sait, n’engage que ceux qui veulent bien y croire….

« Eh bien ! nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi. Qu’en sera-t-il donc pour nous ? » (Matt.19v27. TOB)

 

 

A l’heure où j’écris ces lignes, Donald Trump, au terme d’une campagne d’une violence et d’un bas niveau inédits, devrait être le 45ème président des Etats-Unis. « Devrait être », puisqu’il a en effet remporté la majorité des grands électeurs, le 8 novembre, soit 306 contre 232 pour sa rivale démocrate, qui a pourtant bénéficié d’un nombre de voix plus élevé (plus d’un million à ce jour). Ces grands électeurs éliront à leur tour directement le président et le vice-président, le 19 décembre.   Le nouveau président prendra ses fonctions le 20 janvier 2017, ce qui nous laisse un peu de temps pour nous habituer à la nouvelle….Et ladite nouvelle en a surpris, interpellé ou inquiété plus d’un, quand d’autres se sont ouvertement « réjouit », à défaut de se sentir « soulagé »(1).

Pour ma part, ceci dit en toute modestie, ce résultat ne m’a pas « franchement surpris », même si j’espérais autre chose. Certes, me disait-on, « mieux vaut que D. Trump remporte la primaire républicaine plutôt que M. Rubio ou T. Cruz. Car les chances de le voir « neutralisé » par son adversaire démocrate lors des élections générales seraient alors plus grandes ». Mais dans mon article sur les primaires américaines (publié le 30/03), je me demandais s’il n’y avait pas un risque de voir un candidat « incontrôlable » tel que Trump devenir « le gagnant » républicain de la primaire[et « le gagnant tout court » de cette élection], surtout face à une H. Clinton apparaissant plus « progressiste » sur certains sujets de société ou même comme étant la représentante de « l’establishment » justement combattu par Trump ou Bernie Sanders(2).

Cette victoire de Donald Trump était-elle « prévisible », comme l’ont affirmé la plupart des commentateurs(3) ? Néanmoins et dans tous les cas, une telle victoire peut paraître « dans l’air du temps », ou comme « une anomalie », révélatrice du désaveu des peuples vis-à-vis de leurs systèmes politiques. Et les américains eux-mêmes n’échappent pas à cette tendance, semblant incapables de faire la différence entre « un âne » et « un éléphant »(4).

Pour comprendre ce qui s’est passé, il convient de souligner que Donald Trump doit son élection à de nombreux facteurs – avant tout économiques et sociaux, et non « moraux ». Plus précisément, comme nous l’explique Axelle Hazard, diplômée en sciences politiques, sur son blogue « The American Ballot Box, la politique américaine pour tous »(5) : « si Donald Trump a gagné, c’est parce qu’il est parvenu à remporter presque tous les fameux swing states[ou « État pivot », soit un État au vote indécis, susceptible de changer de camp, d’un scrutin à l’autre, entre les deux partis dominants et faire basculer le résultat du vote final], comme la Floride ou l’Ohio. Mais aussi, des états comme la Pennsylvanie, le Wisconsin et le Michigan. Ces trois états de la Rust Belt[« ceinture de rouille »], frappés par la désindustrialisation, n’avaient plus voté pour le candidat républicain à la présidence depuis 1984 ou 1988 ! » Mais « si les victoires de Trump dans les états de la Rust Belt s’expliquent sans doute par ses promesses en matière d’économie (renégocier les traités commerciaux pour empêcher les délocalisations), l’économie n’est pas le seul facteur qui explique son succès », ajoute encore Axelle Hazard. « En effet, d’après les sondages de sortie des urnes, 52% des électeurs estimant que l’économie était le problème le plus important dans le pays ont voté pour Hillary Clinton, et non pour Donald Trump. Donald Trump a en revanche remporté la majorité des voix des électeurs estimant que le problème principal était le terrorisme (57%) et l’immigration (64%). En réalité, la victoire de Donald Trump s’explique très certainement par une combinaison de plusieurs facteurs: la peur du déclassement économique dans certains états, de l’immigration et du terrorisme dans d’autres, mais aussi et surtout la colère contre la classe politique traditionnelle et les faiblesses d’Hillary Clinton », mal aimée et réputée « belliciste » ou « autoritaire », quoique plus expérimentée.

Concernant cette dernière, au-delà de certains scandales (« l’affaire des emails » ou les sources de financement de la fondation Clinton), ce qui lui a coûté le plus cher semble être son association au monde de la haute finance et du grand capital. Bien entendu, c’est aussi le cas de Trump, à ceci près qu’il a fait campagne contre le libre-échangisme et le néolibéralisme économique mondialisé et qu’il n’est pas interventionniste sur le plan géopolitique, comme l’est son ex-rivale démocrate ou même ses ex-rivaux républicains (M. Rubio, par exemple) aux primaires.

Donald Trump a ainsi réussi à capter le vote des mécontents/inquiets/en colère/aspirant à « un nouvel Eden », en se présentant en « homme fort » et leur tenant à peu près ce langage : « vous avez peur ? Très peur ? Vous avez raison. Je vous comprends. Voici les coupables » [des groupes ethniques/religieux, des « systèmes »…]. Face à une crise d’identité, s’il affirme que « le rêve américain est mort », il promet de « rendre sa grandeur à l’Amérique »( Make America great again »)Soit le retour d’un rêve américain, tel qu’il est défini par Donald Trump, qui « ne concerne que la seule population blanche et protestante »constate l’historien Romain Huret(6).

En somme, « D. Trump a brassé large », pour reprendre l’expression de Chady Hage-Ali, chercheur en relations internationales et animateur du blogue « Stratpolitix »« l’Amérique profonde (qui est aussi la base du tea party), les libertaires, anti-étatiques et isolationnistes (qui constituent également la tendance dominante du Tea Party), les déçus d’Obama (qui ont l’impression d’une Amérique faible, molle, dont l’hégémonie est sur le déclin) et les chrétiens les plus droitistes et orientés vers la prophétie »(7).

Bref, il paraît clair que les américains, décrits comme « en colère » ou « inquiets », ont voulu avant tout « du changement, maintenant », quitte à faire des choix risqués, déjouant tous les pronostics.

Mais le « président Trump », qui veut l’être « pour tous les américains », est-il de nature à nous rassurer pour autant, après le spectacle offert d’un « candidat Trump » excessif et imprévisible ?

Au-delà de toutes les questions soulevées par cette élection, une me vient à l’esprit : qu’attendre du nouveau président des USA ? Peut-on « implorer le Ciel », dans l’espoir « que le diable tienne ses promesses » (8), sachant que le diable « est le père du mensonge » ? (Jean 8v44)

Je pense à un verset biblique, que l’on pourrait mettre dans la bouche de tous ceux qui l’ont soutenu : « Eh bien ! Nous, nous avons tout laissé et nous t’avons suivi. Qu’en sera-t-il donc pour nous ? » (Matthieu 19v27) Ceux-ci déchanteront-ils ? On pourrait le craindre, tant on peut « s’étonner » (relativement) de ce que Trump semble se « détourner promptement » (Cf Gal.1v6) de certaines de ses promesses de campagne. Voir ses déclarations sur l’Obamacare, « le mariage gay », le fameux mur ou les immigrants illégaux(9).

D’autre part, il est important de rappeler que le nouvel élu n’a aucune expérience politique et n’a exercé aucune charge publique (« ministre » ou « secrétaire », député, sénateur, gouverneur de l’état, maire…). Certes, ce n’est peut-être « un drame », dès lors qu’il sait bien s’entourer et se laisser conseiller, tout en faisant preuve des qualités requises pour être « un bon président » : sagesse, « sobre bon sens », justice et équité, être « un homme de vision » pour prendre les bonnes/meilleures/nécessaires décisions. Bien sûr, l’homme sera jugé « à ses œuvres » et pourra nous surprendre tant en bien qu’en mal. Mais comme l’a dit mon pasteur : « si tu es libre de tes choix, tu n’es pas libre des conséquences de tes choix »….

Mais le problème de cette inexpérience de la « chose publique » est ailleurs : Trump est un milliardaire ayant fait fortune dans l’immobilier, à la tête d’un empire de l’hôtellerie et du divertissement. Il est propriétaire des concours de beauté « Miss USA » et « Miss Univers », et reconverti dans la téléréalité. Ce qui fait que cet homme, jugé, non comme « un idéologue » mais « un pragmatique », a toujours défendu ses propres intérêts ou des intérêts privés. Sera-t-il capable de privilégier « le bien commun » ou les intérêts publics ? Rien n’est moins sûr puisque le milliardaire Trump est exposé à de sérieux conflits d’intérêts, « étant impliqué dans 500 sociétés, selon sa déclaration de patrimoine, dont certaines en Chine, Russie et Arabie saoudite – des pays avec lesquels Washington entretient des relations complexes »(10).

Et ce, d’autant plus qu’un homme d’affaires « fait des deals » ou des compromis.

Les « deals » seront sans doute inévitables, car si M. Trump « n’est (peut-être) pas un idéologue », plusieurs de ceux qu’il recrute le sont. Ainsi, ceux qui ont cru en sa rhétorique anti-libérale, et sa dénonciation du libre-échange, des délocalisations et des excès de la finance, risquent fort de déchanter. Le nouveau président se prépare en effet à nommer une équipe qui accordera une large place aux intérêts économiques. Avec notamment un ancien dirigeant de Goldman Sachs au Trésor et le patron d’une firme pétrolière au secrétariat à l’Énergie(11).

Mike Pence, le vice-président, présenté comme « un chrétien, un conservateur et un Républicain »(12) est « un fan du libre-échangisme et partisan de tous les TAFTA possibles[Accords de libre échange entre l’UE et les USA : une multinationale pourrait attaquer un Etat dont les politiques publiques nuiraient à ses intérêts]…russophobe et otano-belliciste », comme le souligne le journaliste Patrice de Plunkett. « Alors que le Pentagone vient d’annoncer (via l’OTAN) la formation d’une armée de 300 000 hommes en Europe pour « faire face à la Russie », que pèseront quelques phrases de Trump sur la nécessité de discuter avec Poutine ?(…) Et d’autres points d’interrogation se lèvent par dizaines. En termes empruntés à Sanders (qui doivent rappeler le « communiste Roosevelt » aux plus durs des républicains), Trump annonce une politique de relance budgétaire et de grands travaux : ponts, routes, aéroports, télécoms.  Ce serait restaurer le rôle de l’Etat : donc rompre avec trois décennies d’ultralibéralisme. Le fera-t-il réellement ? »(13)

Enfin, plus inquiétant, peut-être, Stephen Bannon devient son influent conseiller stratégique : Stephen Bannon, qui a dirigé « Breitbart News », un site de propagande d’extrême droite — raciste, antisémite, misogyne(14)… Une nomination qui a été saluée par le Ku Klux Klan !(15) Ce qui donne à penser au journal « Le Devoir » que « se met en place dans ce contexte une présidence qui devra nécessairement faire preuve de pragmatisme en certaines circonstances, mais aussi une présidence populiste qui saura, au besoin, exciter sa base électorale bien blanche et bien en colère…… »(16)

Mais il n’est pas tout à fait exact de dire que Donald Trump n’est pas « un idéologue ». Il s’était présenté, dans sa campagne, comme « la voix des abandonnés ». « Mais ces abandonnés, d’où vient leur abandon ? » demande encore Patrice de Plunkett.  « De l’ultralibéralisme des élites, qui repose sur le pire mensonge : le dogme du trickle-down, ce « ruissellement » magique en vertu duquel enrichir les plus riches redescendrait en pluie d’or sur les pauvres ! »  Un dogme, jamais vérifié, « qui fut l’un des piliers du reaganisme (1981-1989) » et « le pilier unique du clintonisme (1993-2001)…..Il eût été le pilier de l’hillaroclintonisme (….) si Hillary avait été élue… Mais Trump lui-même professe le dogme du trickle-down ! »(17)

Il est aussi « un croyant »….en la « positive theology » (« la théologie positive ») du révérend Norman Vincent Peale, qui « enseigne que : Dieu est facile à connaître, la Bible se résume facilement, le Christ donne le pouvoir de réussir. « Je suis un succès », faut-il se rappeler sans cesse ». Une foi (diraient nos amis les Belges) qui ressemble plus à une « absolue confiance en soi » (ou en l’homme) qu’en une véritable confiance dans le Dieu véritable(18)….Bref, autant de dogmes qui rappellent le faux « évangile de prospérité »…..

 

Enfin, et les Evangéliques américains, dans tout cela ?  

Le soutien des « 81 % d’évangéliques » (blancs- les évangéliques noirs ou hispaniques ayant majoritairement soutenu H. Clinton.) a été jugé comme étant décisif. Comme le prévoyait Chady Hage-Ali« les chrétiens évangéliques conservateurs (je ne parle pas des évangéliques de gauche), choisiront tout sauf un candidat de gauche progressiste/libérale, relativiste et internationaliste comme Obama » et « seront prêts à accepter en dernier ressort un “clown” dès lors qu’il se montre patriote, s’aligne personnellement, inconditionnellement sur la politique coloniale et sécuritaire d’Israël (…) ». Alors, bien sûr, « Trump n’est pas un “candidat chrétien” (…) d’ailleurs, dans l’absolu, il n’y en a aucun. Mais la vision qu’il promeut est ostensiblement celle d’une Amérique plus centrée sur elle-même. Son discours anti-islam peut plaire aux évangéliques les plus conservateurs voire aux fondamentalistes ».

Dans ce contexte, « le vocable “valeurs chrétiennes” est, sous ce rapport, très élastique. Il y a les valeurs mais il y a aussi les intérêts. Et les intérêts chrétiens et étatiques bien compris et bien défendus (à l’intérieur et à l’extérieur) se mélangent entre eux, et peuvent aussi contribuer à préserver ces mêmes valeurs ». En définitive, conclut Chady Hage-Ali« les évangéliques, en majorité à droite, [agissant plus par pragmatisme et utilitarisme que selon les principes bibliques], reviendront toujours à l’essentiel qui est, politiquement et religieusement : la fiscalité, l’état minimal, le soutien indéfectible à Israël, la lutte antiterroriste et l’endiguement de l’islam. Ils ne sont pas tous forcément partisans de l’interventionnisme (l’aventure irakienne les a douchés). Si les promesses de Trump leur semblent crédibles sur ces cinq points[en y ajoutant l’avortement], leurs voix lui seront acquises »(19). Et c’est ce qui s’est passé, semble-t-il !

 

Quelles conséquences spirituelles et morales peut-on craindre d’un tel soutien ? [autant de signaux pour nous aussi, chrétiens, en Europe]

Le soutien d’ »un homme fort » dont « la nature » est « de faire des deals » risque de décrédibiliser les Evangéliques, en les entraînant dans une « économie du deal », du compromis et de la compromission, bien éloignée du véritable Evangile, qui est « grâce et paix », et en les enfermant dans un « christianisme moralisateur », « identitaire », « de club » ou « exclusif », « partisan ». Pour le dire autrement sans langue de bois,  Jean-René Moret estime, sur le site « Questions suivantes »(20), qu’il est à craindre que « beaucoup d’évangéliques aient cédé à la tentation de vendre leur âme pour obtenir du pouvoir. Trump leur fait miroiter d’être de leur côté sur des questions jugées importantes, et certains se montrent prêts à renier des valeurs qui leur sont chères pour obtenir ce résultat. À témoin, un sondage montrant qu’en 2011 seul 30 % des évangéliques pensaient qu’une personne immorale dans sa vie personnelle pouvait remplir des fonctions publiques de manière éthique, mais qu’ils étaient 72 % en 2016 ! » Et « changer de principe pour justifier de voter pour un certain candidat revient à vendre son âme. C’est un des effets pernicieux de la politique partisane : tout devient acceptable chez son candidat, tout devient intolérable chez son adversaire. Dans tout cela, les évangéliques américains ont voté comme des êtres humains, confrontés à des options limitées. Paradoxalement, la volonté de façonner une Amérique à l’image de leurs idéaux peut les avoir conduits à transiger sur certains de ces idéaux. La focalisation sur un faisceau de valeurs ou une idée de leur identité nationale leur a peut-être fait oublier ou négliger d’autres valeurs chrétiennes, tels que l’accueil de l’étranger et le respect dû au plus faible[cf Deutéronome 10v19, Matt.25v35…]. D’une manière, le grand danger où je les vois est de penser que le « salut » pour leur nation peut venir d’une politique particulière, et de faire de l’obtention du pouvoir politique nécessaire un objectif en soi. La conviction chrétienne fondamentale doit rester que le secours doit venir de Dieu, et que s’attacher à la justice prime l’obtention du pouvoir »(20).

D’autre part, soutenir un homme « qui fait des deals » et qui s’est fait connaître par ses outrances verbales et injures (publiques) conduit à décrédibiliser la puissance de la parole. Il est alors possible de faire le rapprochement troublant avec « la bête d’Apocalypse 13 », laquelle a « une bouche pour proférer arrogances et blasphèmes »(v5). Attention, je ne dis pas que Trump serait « la bête », mais un tel trait de caractère est de nature à alerter ceux qui sont censés fonder leur vie plus sur l’écoute et l’obéissance à la Parole de Dieu(cf Matt.7v24 et ss) et moins sur les discours démagogues et populistes. Et ce, d’autant plus qu’il est une évidence pour les contemporains du texte biblique qu’il n’y a pas « de paroles en l’air ». Genèse 1 montre que l’acte créateur de Dieu passe par la Parole : quand Dieu dit, la chose arrive. Il n’y a donc pas, comme dans notre culture occidentale ou en politique, une mise en opposition entre les paroles et les actes.

Ensuite, le chrétien, tout en veillant au poids de la parole donnée, est appelé à « bénir » et non à « maudir ». Et maudir, c’est dire « de mauvaises choses », pas dans un sens « moral ou moralisant », mais dans le sens de dire une chose qui n’est pas la vérité » [cf Matt.5v44, Luc 6v28, Rom.12v14]

Enfin, il est à craindre que « le problème » le plus important des Evangéliques[qui n’est pas que celui des Américains »] soit un « problème » (ou une crise) d’identité. Souvenons-nous que nous avons été créés « à l’image et à la ressemblance de Dieu » (cf Gen.1v26-27, cf Col.1v15). Or, quand on nous regarde, que voit-on ? Que Dieu règne sur la création ? Ou que Trump (ou un autre….) « règne » ? Nous saurons qui nous sommes, si nous savons à qui nous appartenons !

La priorité est donc bien « la restauration de notre image », de notre identité profonde d’enfants de Dieu. « Reconstruisons le temple en chassant les marchands » (Jean 2v14 et ss) – et nos corps sont « le temple du Saint-Esprit » (1 Cor.3v16,  1 Cor.6v19): Christ y est-il adoré ? Est-il « le Seigneur de tout » ? A moins qu’il ne subsiste des « zones de non-droit », « des autels » à Mammon(l’argent), la peur, la colère, la haine…. ? Si c’est oui, alors c’est que nous tolérons une Seigneurie autre que « Christ seul ». Soyons conscients que l’ennemi de nos âmes a gagné, lorsque nous nous laissons gagner par la colère, la peur, la haine, la cupidité, pour mieux nous jeter dans les bras d’un autre « Seigneur »/ « expert »/ « Messie »(politique) !

 

 

 

Notes :

(1)  http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2016/11/09/seisme-electoral-de-magnitude-10-donald-trump-elu-president-des-usa.html ; http://leboncombat.fr/donald-trump-president-fin-monde/ ; http://www.questionsuivante.fr/?p=1988 ; http://www.unefoidesactes.com/2016/11/10/leffet-trump/

(2)  Voir la note 12 de l’article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/03/30/des-primaires-americaines-2016-vraiment-primaires-ou-une-campagne-en-trump-loeil/ )

(3) Tels que le réalisateur Michaël Moore ou même…. « les Simpsons » ! http://www.lavie.fr/actualite/monde/donald-trump-une-victoire-choc-pourtant-previsible-09-11-2016-77540_5.php ; http://www.lavie.fr/actualite/monde/non-tout-le-monde-n-est-pas-surpris-par-l-election-de-donald-trump-14-11-2016-77697_5.php ; http://www.slate.fr/story/106219/simpson-donald-trump-president-2000 ; http://www.huffingtonpost.fr/michael-moore/cinq-raisons-pour-lesquelles-trump-va-gagner/

(4) Les emblèmes des deux partis américains principaux, démocrates et républicains.

(5) L’objectif du blogue « The American Ballot Box, la politique américaine pour tous » https://americanballotbox.com/2016/11/15/le-bilan-de-la-nuit-electorale-2016/#more-2287 « est de fournir une information de qualité en français sur l’actualité politique américaine en général, et plus particulièrement sur la campagne pour l’élection présidentielle de 2016. Les articles se veulent accessibles à un large public. La plupart des informations qu’ils contiennent proviennent des sources suivantes : Washington Post / CNN / Politico / USA Today / TIME / Vox / The Atlantic / Pew Research Center / Real Clear Politics / Voice of America / The New York Times / New Yorker / Huffington Post / PolitiFact / Slate / Texas Monthly etc. Sans oublier bien sûr les comptes Twitter et sites web officiels des différents candidats ».

(6) Cf http://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Le-reve-americain-selon-Donald-Trump-2016-11-10-1200802147

(7) Cf l’entretien sur notre blogue https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/03/30/des-primaires-americaines-2016-vraiment-primaires-ou-une-campagne-en-trump-loeil/

(8) Cf http://cahierslibres.fr/2016/11/diable-trump-tiendra-t-promesses/

(9) Cf https://americanballotbox.com/2016/11/17/weekly-news-flash-55-edition-post-electorale/#more-2322

(10) Cf http://www.lesechos.fr/monde/elections-americaines/0211484671512-conflits-dinterets-tous-azimuts-pour-le-president-milliardaire-2042431.php

(11) Cf http://www.bastamag.net/Dans-la-future-administration-Trump-un-ancien-de-Goldman-Sachs-au-Tresor-un + http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/11/15/et-voila-le-vrai-trump-deregulation-a-tout-va-en-avant-pour-5874550.html#more

(12) Cf https://americanballotbox.com/2016/09/08/mike-pence-chretien-conservateur-et-republicain/

(13)  http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/11/09/trump-elu-les-premieres-questions-5871873.html#more

(14) « Breitbart News Network est un site web d’informations conservateur. Il a été fondé en 2007 par Andrew Breitbart, un homme qui avait pour ambition de proposer une autre lecture de l’actualité, différente de celle proposée par l’ « establishment médiatique » libéral. En 2012, Andrew Breitbart succombe à un arrêt cardiaque. Stephen Bannon, l’homme qui vient d’être recruté par Trump, le remplace. Il va rapidement faire évoluer le site. Avant de prendre la tête de Breitbart, Stephen Bannon a servi dans la marine américaine et a travaillé chez Goldman Sachs. Il a aussi été l’un des conseillers de Sarah Palin. Depuis qu’il a pris la direction de Breitbart, le site a de plus en plus régulièrement versé dans le nationalisme, la xénophobie et les théories du complot. (….)Depuis le début de la campagne, Breitbart soutient Donald Trump (…) Le site est désormais devenu l’une des références du mouvement alt-right, abréviation de Alternative Right. Ce groupe est informel et surtout actif sur le web, où il diffuse ses idées nationalistes (la nécessité de défendre la race blanche face au multiculturalisme notamment) et aussi sexistes. (https://americanballotbox.com/2016/11/17/weekly-news-flash-55-edition-post-electorale/#more-2322 ). Ce qu’en pensent la plupart des responsables d’associations juives américaines et autres personnalités juives : http://fr.timesofisrael.com/ce-que-les-dirigeants-juifs-disent-de-stephen-bannon/

(15)  Et ce, d’autant plus que Le FBI a publié son rapport annuel sur les crimes de haine (= tout acte criminel – meurtre, agression physique ou verbale, harcèlement, etc. – motivé par l’identité raciale, religieuse ou sexuelle de la victime). En 2015, 5,818 crimes de haine ont été recensés aux Etats-Unis. La majorité d’entre eux (59%) étaient motivés par l’identité raciale, l’ethnicité ou la nationalité de la victime. Viennent ensuite les motifs de la religion et de l’orientation sexuelle. Les victimes les plus nombreuses de ces crimes de haine restent les afro-américains. (Source: http://www.fbi.gov ) La conclusion la plus alarmante du rapport du FBI est que les crimes de haine ont connu une forte augmentation en 2015 par rapport à 2014. +9% pour les crimes racistes contre les afro-américains mais aussi +7,5% pour les crimes racistes contre les blancs. Et surtout, +67% (!) pour les crimes contre les musulmans. Même si le lien est difficile à prouver, certains y voient l’influence de la campagne de Donald Trump, qui a débuté en juin 2015. (https://americanballotbox.com/2016/11/17/weekly-news-flash-55-edition-post-electorale/#more-2322 )

(16) Cf http://www.ledevoir.com/international/etats-unis/484909/donald-trump-la-maison-des-blancs

(17) Cf http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/11/09/trump-elu-les-premieres-questions-5871873.html#more

(18) Cf http://www.lemondedesreligions.fr/une/pourquoi-donald-trump-se-refere-a-la-foi-24-05-2016-5519_115.php

(19) Cf l’entretien sur notre blogue https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/03/30/des-primaires-americaines-2016-vraiment-primaires-ou-une-campagne-en-trump-loeil/

(20) Cf http://www.questionsuivante.fr/?p=1988#fnref-1988-4

 

 

 

Foireux liens(4) : le mondial « battra-t-il sa coulpe » ?

De nouveaux foireux liens pour une coupe foireuse…..

 

"Eduquons, éduquons ! Pas besoin de la coupe !"

« Eduquons, éduquons ! Pas besoin de la coupe ! »

Voici un pays qui, à lui seul, est 15 fois plus grand et 3 fois plus peuplé que la France. Un pays qui est la 8e économie du monde.

Ce pays sera(il l’est déjà) particulièrement au centre de l’attention médiatique, à partir du 12 juin 2014(en attendant les JO d’été de 2016) :
En effet, des millions de supporters du monde entier se préparent à vivre  « la coupe des Coupes »,  dans un pays où tout le monde est « fou de foot ». Mais comment ce gigantesque événement est-il organisé au Brésil ? Avec quelles conséquences économiques, sociales et morales, sur les Brésiliens ?

Or, le Mondial n’a pas encore commencé qu’il se fait déjà tacler :

-Par les brésiliens eux-mêmes : « des manifestations ont déjà rassemblé plus d’un million de personnes qui s’offusquent des dépenses d’argent public engendrées par cet événement : des 10 milliards prévus, la douloureuse s’élève déjà à plus de 11 milliards d’euros », une somme astronomique qui aurait pu être utilisé pour les transports, la santé ou encore l’éducation. Et ce, alors que le Brésil se trouve dans une importante crise économique. « Ex-star du ballon rond, idole nationale après avoir été sacré champion du monde en 1994, Romario, aujourd’hui député, avoue lui-même que « les 3,5 milliards de reais [environ 1,1 milliard d’euros] qu’il a fallu ajouter au pot du Mondial permettraient de construire près de 500 nouveaux établissements d’enseignement technique au Brésil ». On pouvait déjà le lire le 22 octobre 2013, dans le journal « L »âge de faire ».

Par les évêques brésiliens : A quelques jours du coup d’envoi entre le Brésil et la Croatie, ces derniers dénoncent le gaspillage de l’argent public par les organisateurs alors qu’une partie de la population n’a pas accès aux services de base, dans une brochure distribuée dans toutes les paroisses du pays.

Par les graffeurs de rue, qui,  à Rio de Janeiro et São Paulo, ont décoré les murs de leur quartier avec des graffitis qui accusent la FIFA d’exploiter le Brésil et avec des dessins qui dénoncent la négligence de leur gouvernement sur les besoins des pauvres(particulièrement à l’heure où l’on privilégie des politiques libérales de « baisses de dépenses publiques »), et le choix prioritaire de donner de l’argent à cet évènement sportif.

Parmi ces graffitis, celui-ci

La coupe du monde, vu par l'artiste Paulo Ito. Lequel a peint ce graffiti à l'entrée d'une école de São Paulo

La coupe du monde, vu par l’artiste Paulo Ito. Lequel a peint ce graffiti à l’entrée d’une école de São Paulo

a fait le tour du monde.

 

Bref,  »était-ce vraiment le moment d’organiser un Mondial quand des millions de Brésiliens manquent de tout  », s’interrogent des journaux brésiliens ? « Les gaspillages financiers pour la Coupe constituent un problème moral », relève le journaliste Patrice de Plunkett, lequel brosse un bilan de la politique économique et sociale de Dilma Roussef.

 

Il est de fait pertinent de regarder en dessous du tapis et de découvrir les dessous de « la coupe des coupes ». A ce sujet, voici une enquête effectuée dans l’une des 12 villes hôtes, Fortaleza, capitale du Céara, l’un des Etats les plus pauvres du Brésil :  « Copa Para Quem ? » , un webdoc sur les conséquences sociales de la Coupe du Monde de football, réalisé par Maryse Williquet et Clémentine Delisse, deux journalistes indépendantes. Un webdocumentaire disponible sur http://copaparaquem.com/fr/
Voir aussi ce dossier consacré à la coupe du monde sur http://www.autresbresils.net/

 

Décidément, « la coupe est pleine ». Le Mondial « battra-t-il sa coulpe » ?
Mais « l’espérance » ou « l’espoir » est peut-être ailleurs, puisque la coupe du monde a son magazine « 100 % chrétien », informe La Vie. Ce magazine pour la Suisse romande(et quelques points en France), au format rappelant le « 20 minutes », a pour ambition d’offrir « Le Quart d’heure pour l’essentiel ».
Préparé pour la coupe du monde et distribué dans les boites aux lettres et les clubs de foot, l’objectif de la publication-intéressant en soi-est de « proposer un lieu de dialogue sur des questions existentielles autour de grands évènements », et de « mettre en contact le grand public avec les valeurs chrétiennes » : « entendre des joueurs qui ont la foi, comprendre la foi qui se développe sur le terrain à partir de gestes qui font penser parfois à de la superstition, ou apprendre à gérer vos échecs, et à faire survivre votre couple au-delà d’un Mondial ».

Cependant, Le « quart d’heure essentiel » sera-t-il accordé aux brésiliens qui déclarent « ne pas avoir besoin de la coupe », mais que l’on se préoccupe d’un meilleur usage des biens publics…pour « le bien public », justement ? (les transports, la santé ou encore l’éducation) ? Lira-t-on des témoignages de chrétiens (joueurs ou non)brésiliens prenant position, « au nom de l’Évangile et du Christ », à ce sujet ?

Concernant le  Christianisme au Brésil, et notamment de « l’évangélisme », c’est la « croissance » de celui-ci, « passé de 6,6% à 22,2% de la population en dix ans », qui a beaucoup attiré l’attention : « Un christianisme démonstratif et prosélyte, tout dernièrement exprimé par des « Marches pour Jésus » qui ont rassemblé des centaines de milliers de manifestants », comme le relève le sociologue Sébastien Fath.

Néanmoins, on peut s’étonner du décalage entre cette « croissance évangélique » et la situation brésilienne, ainsi que du peu d’effet apparent de cette « croissance », comme lumière et sel, sur ladite société. On peut s’étonner de ce qu’un pays à ce point si christianisé, et comportant tant d’évangéliques, puisse témoigner d’ une situation à ce point dégradée économiquement, socialement et moralement*.

A quand « une marche » pour les pauvres et contre l’injustice sociale, « au nom de Jésus » ?

 

Mais en guise de mot de la fin, pour celles et ceux qui l’auraient manquée, voici une déclaration de Michel Platini, président de l’UEFA et candidat à la présidence de la FIFA, en réponse aux protestations toujours croissantes, qui menacent de « casser l’ambiance », la veille du coup d’envoi :

Une déclaration qui aura inspiré à Jérôme Latta ce commentaire sur son blog, taclant au passage l’ex-international français : « Le football peut encore faire efficacement diversion, mais il fait de moins en moins illusion. Quel que soit son pouvoir narcoleptique, au-delà d’un certain seuil il ne suffit pas à anesthésier les souffrances et les injustices au milieu desquelles il plante son chapiteau, ni à masquer le caractère de plus en plus obscène de sa propre prospérité »

« C’était le mot de la fin ! »

 

 

Note :
*Une question à laquelle Landa Cope, doyenne à l’Université des Nations de JEM, apporte une réponse, ou du moins, des pistes pour une vision du monde biblique,  dans « Modèles pour la société »(JEM édition).

 

 

 

Le chrétien et sa mission pour les nuls(2) : changeons de perspective !

Pour la discerner sans se tromper et répondre à l’appel de Dieu, il est essentiel de changer de perspective, et de s’aligner sur les pensées de Dieu. C’est pourquoi, à contre-courant des habituels conseils des coachs en développement personnel, le SEL, association protestante d’entraide et de liaison, nous propose une solution simple, en 4 points étonnants :

– Vise plus bas

– Pense plus petit

– Lâche prise

– Et va prendre un café  !

 

Découvrez de quoi il retourne ici :

http://www.enseignemoi.com/sel/video/vise-plus-bas-pense-plus-petit-lache-prise-10551.html

 

A lire, également : Matt. 18v10-14 ; Rom.12v1-16 ; 1 Cor.12v12-27 ; Philip.2v1-21

« Action » mais pas « réaction » !

"300, naissance d'un empire"(2014)

« 300, naissance d’un empire »(2014)

Depuis environ une semaine, l’affiche du film(sorti hier) « 300, naissance d’un empire »* se voit à peu près partout.

Une affiche troublante, extrêmement sanglante et violente, avec les « slogans »  : « Gloire et vengeance », ou(pour une autre) « Athènes brûlera »….L’ensemble reflètant un esprit vindicatif et revanchard.

Et le chrétien, dans son engagement personnel ou dans l’exercice du mandat divin, quel que soit son champ de mission ? Quel esprit doit-il manifester ?

« Il importe de ne pas agir par réaction », ai-je entendu le week-end dernier… Par réaction ou avec un esprit revanchard ?

On se souviendra que Christ est venu, non avec un esprit de (re)conquête, de domination(c’était l’une des trois tentations du diable et Il l’a rejetée !), de revanche, ou pour chercher une vaine gloire…mais « pour servir et donner Sa vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45).

Dans Matt.12v18-21, Il est présenté comme « le serviteur » choisi par Dieu(« Mon bien-aimé en qui mon âme a pris mon plaisir ». Je mettrai mon Esprit sur lui »), « qui annoncera la justice aux nations, il ne contestera point, il ne criera point, et personne n’entendra sa voix dans les rues. Il ne brisera point le roseau cassé, et il n’éteindra point le lumignon qui fume, jusqu’à ce qu’il ait fait triomphé la justice ». et les nations espéreront en son nom. »(D’après Es.42v1-4)
Ce serviteur annoncé par les prophètes, bien-aimé, choisi et oint de Dieu, annonce la justice à toutes les nations. Mais remarquez comment :
« Sans argumenter  sans arrêt—il n’est pas politicien !
Sans crier — ce n’est pas un molosse[ou un pitbull] !
Sans s’imposer — il n’est pas colporteur »

Et nous, qui portons Son nom ? Venons-nous servir, étant appelés dans notre champ de mission(quel qu’il soit), en aimant les hommes, comme Dieu les a aimés ?(Jean 3v16)**.

Notes :

*Suite de 300(que je n’ai pas vu), adaptation cinématographique(2007)de la bande dessinée de Frank Miller sur la bataille des Thermopyles(480 av JC), 300 : la naissance d’un Empire(qui ne me tente pas) de Noam Murro(2014) se déroule cette fois en mer, puisque « le général grec Thémistocle doit affronter l’invincible armada perse, emmenée par le dieu-roi Xerxès et la redoutable Artémise, à la tête de la marine perse.
Conscient que son seul espoir de vaincre son ennemi consiste à fédérer toutes les forces de la Grèce, Thémistocle s’engage dans une bataille qui changera à jamais le cours de la guerre ».(Source : Première. Lire aussi cette analyse)

D’autres préféreront sans doute les 300 de Gédéon ?

**L’on peut poursuivre la réflexion avec cet excellent article : « la mission en trois M ».

Béatrice Bourges : la grève de la faim justifie-t-elle les moyens ?

Ou décryptage d’un chantage inutile.

Voici une intéressante analyse : « Béatrice Bourges et la grève de la faim », à propos d’un événement récent, publiée le 29 janvier 2014 dans « Les Cahiers libres ».

[Précision : quoique, chrétien protestant évangélique,  je sois attaché au respect du modèle biblique du mariage, de la famille-structure de base de la société, et de la vie-que je ne limite pas au début ou à la fin de vie, ou à « l’éthique » et aux questions exclusivement sociétales, je tiens à dire d’emblée que je ne suis ni proche de Mme Bourges-concernant l’esprit de ce qui l’anime, ses moyens et ses buts, ni proche de son mouvement, le « Printemps français », que je considère par ailleurs contradictoire avec LMPT, ainsi qu’avec la nature et l’esprit de l’évangile de Jésus-Christ].

Ceci dit, voici quelques extraits de l’analyse des « Cahiers » :

« On ne s’engage pas sans trembler pour traiter un tel sujet … La grève de la faim est une arme politique extrêmement puissante. Relayée par des journalistes avides d’infos sensationnelles, elle bénéficie souvent d’une bonne couverture médiatique.
(….) probablement consciente de la violence que peut avoir l’expression pour nos convictions évangéliques, Béatrice Bourges » déclare avoir entamé un « jeûne spirituel ». « Mais les médias ne s’y sont pas trompés : elle est entrée en grève de la faim, et ce tant que des députés n’initieront pas une procédure de destitution du Président de la République*.
[une grève de la faim, qui a par ailleurs suscité plusieurs réactions ironiques ]

Soyons clairs : cette grève de la faim est choquante, absurde et inutile, pour trois raisons.
Madame Bourges a-t-elle pris conseil avant de prendre sa décision ? (…)Arrêter de (nourrir son corps), le réduire à être le porte-drapeau d’une cause (même si elle est bonne … ce qu’il faut également discerner), c’est être complice volontaire de ma propre chosification : je ne suis plus quelqu’un, je suis quelque chose ! Je marche le long d’une ligne rouge, je joue avec ma vie, ma santé, mes nerfs, au gré de mon succès médiatique.
Bref, cette action est choquante car elle participe justement de la logique que nous avons combattue toute l’année dernière : la chosification de l’homme.

D’autant plus que cette action est parfaitement inutile, puisqu' »en appeler à l’article 68 est impossible. La procédure de la destitution n’a pas fait l’objet d’une loi organique.… »

Lire la suite ici.

Cette initiative, que je trouve personnellement malsaine, pose plusieurs problèmes d’ordre éthique et spirituel :

– L’usage du jeûne :  compte-tenu du sens du jeûne, ce dernier  ne saurait être banalisé ou dévoyé, au risque de perdre sa pertinence.

Le chrétien est appelé « le sel de la Terre » Mais « si le sel se dénature, comment redeviendra-t-il du sel ? Il n’est plus bon à rien : on le jette dehors et les gens le piétinent ».(Matt.5v13) » dit Jésus.

 
-Le respect des autorités : Rom.13, 1 Pierre 2v11-17
Nous connaissons l’expression « toute autorité vient de Dieu » (Romains 13v1). Toutefois, il importe de bien la comprendre en prenant en compte son contexte littéraire, pour éviter tout fantasme, emballement, abus et prétexte pour asseoir toutes les formes d’autorité, même les plus oppressives. Sans oublier le contexte historique et politique(avec pour cadre de référence le pouvoir impérial romain des années 54 ap JC)
Bref, de quelle autorité Paul parle-t-il ? Quelles sont les caractéristiques principales d’une autorité qui peut se réclamer d’origine divine ?
« En effet, les magistrats ne sont pas à craindre quand on fait le bien, mais quand on fait le mal. Veux-tu n’avoir pas à craindre l’autorité? Fais le bien et tu recevras des éloges ; car elle est un instrument de Dieu pour te conduire au bien. Mais crains, si tu fais le mal ; car ce n’est pas pour rien qu’elle porte le glaive : elle est un instrument de Dieu pour faire justice et châtier qui fait le mal ». (Rom 13,3-4)

Quel est le rôle de l’autorité ?** Que doit-elle garantir ? Comment comprendre le passage « toute autorité vient de Dieu » ?
Dans quel cadre serait permise une « désobéissance civile », selon le moment où « il faut obéir à Dieu et non aux hommes » ?(relire le contexte en Actes 4v19)

D’autre part, Les chrétiens sont également exhortés, « comme étrangers et voyageurs sur la terre, à (s’)abstenir des convoitises charnelles qui font la guerre à l’âme.  (Ayant) au milieu des païens une bonne conduite, afin que, là même où ils (les) calomnient comme s'(ils étaient) des malfaiteurs, ils remarquent (leurs) bonnes œuvres, et glorifient Dieu, au jour où il les visitera ».
Soyons « soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité établie parmi les hommes, soit au roi comme souverain, soit aux gouverneurs comme envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour approuver les gens de bien. Car c’est la volonté de Dieu qu’en pratiquant le bien (nous réduisions) au silence les hommes ignorants et insensés, étant libres, sans faire de la liberté un voile qui couvre la méchanceté, mais agissant comme des serviteurs de Dieu ». Exerçons « la culture de l’honneur » : (Honorons) tout le monde; (aimons) les frères; (craignons) Dieu; honorez le roi ». (1 Pie.2v11-17)

Ceci dit,  je trouve qu’il y a là quelque chose d’hypocrite dans cet appel à  la destitution du président de la république :

on critique généralement les grèves et les manifs à caractère social ou pour la paix, le respect de l’environnement, ou en faveur des étrangers, sous prétexte qu’il s’agirait là de « contestations », d’un « non-respect des autorités », et on appelle à la révolte et à la rébellion contre un pouvoir légitimement élu. Appel variable selon le bord politique, bien entendu : a-t-on d’ailleurs entendu ou lu de tels appels ou initiatives contre la présidence précédente ?

Contradiction ?

On relèvera que ce qui permet notamment de discerner les faux enseignants est leur mépris de l’autorité (2 Pierre 2 v9-10). De par leur influence néfaste et dangereuse, ils séduisent d’autres croyants pour les inciter à les suivre. Nous sommes enfin avertis que « dans les derniers jours », nous assisterons à un renversement du respect du à l’autorité (2 Timothée 3 v1-5). Sommes-nous déjà dans ces temps ?

Devons-nous nous étonner de ce climat de rébellion ? Non, puisque la Bible nous révèle que Satan est  « le prince de ce monde » (2 Corinthiens 4 :4), « le prince de la puissance de l’air, de l’esprit qui agit maintenant dans les fils de la rébellion », et qui influence(ou brouille) la communication.(Ephésiens 2 :2).
Notre défi et notre responsabilité, en tant que chrétiens, est de vivre à contre-courant des sirènes ou des buzz médiatiques, et de faire preuve de discernement(1 Jean 4 :1), caractéristique des « hommes faits ».

De fait, cette volonté de remise en question une autorité, au nom de la « démocratie » et de la défense de « nos libertés » ne cacherait-elle pas une volonté de pouvoir et de puissance ?

A propos du « Printemps français », de ses buts et de ses moyens d’action, l’internaute exhine (29 janvier 2014 • 21 h 20 min) donne à lire « ce qui est proposé sur le site du printemps français »:

« Nous promulguons la supériorité du « Droit naturel classique », hissant la sagesse au-dessus du consentement, sur le « Droit naturel égalitaire », faisant primer le consentement sur la sagesse.

Non pas que nous soyons opposés à la démocratie, mais cette dernière suppose des citoyens capables d’être gouvernés ET de gouverner, ce qui demeure, vu sous un angle réaliste, problématique. »

Et l’internaute de commenter : « On y parle de la « Trinité romaine , à savoir la trilogie : Tradition – Religion – Autorité » et s’inquiète pour le catholicisme[ou une certaine vision du catholicisme ? Dans l’esprit de l’Eglise et du Pape actuel ?], et pas pour le christianisme.

D’après certains, ce groupe serait proche de Civitas [mouvement intégriste, proche des lefebvristes et sans aucun rapport avec l’Eglise catholique. Son actuel secrétaire général est Alain Escadas, ancien du Front National de Belgique et candidat aux législatives belges sur les listes du parti d’extrême-droite Zut]et quand on lit un peu ce qu’ils espèrent voir arriver comme système de gouvernement, on peut le croire assez facilement. Ils voudraient voir des « sages » vous diriger, mais ils seraient, bien entendu, ceux qui désignent qui est sage et qui ne l’est pas. Les protestants seraient probablement mieux traités que les athées, mais resteraient-ils des citoyens de première catégorie?

Pour la méthode de communication, c’est simple, c’est expliqué sur leur site.

Principe 1: Pour révéler au grand jour les mensonges du pouvoir et l’injustice des nouveaux codes moraux qu’il tente de nous imposer, la transgression des règles est un mode d’action légitime. Nous ne sommes pas de ceux qui confondent la légalité avec la légitimité, les instruments du régime avec le bien fondé du pouvoir. Nous devons repousser les limites du système en révélant son impuissance face à la transgression. Affronter un pouvoir injuste passe par l’irrévérence, qui exerce sur lui une pression psychologique permanente… Sachons-nous en servir !

Principe3: Notre troisième mode d’action est la création de situations concrètes. L’événement provoqué devient le média du militantisme. Nous devons rechercher l’efficacité politique du témoignage jusque dans sa mise en scène. Il s’agit de perturber la codification convenue de l’information pour créer un sens différent. Le nouvel impératif de la politique est d’installer l’événement au centre du débat. C’est de cette manière que nous briserons l’encerclement médiatique ».

Bref, « la fin justifie les moyens », le mensonge est érigé en vertu(le chrétien sait pourtant que le diable est « le père du mensonge »), et une forme de dictature(une domination de « despotes » soit-disant « éclairés » ?) que l’on appelle de ses vœux : un nouvel évangile ? Plutôt un « autre » évangile, cf Galates 1. Mais cet « autre » n’est plus l’évangile. C’est une tromperie.

 

 

 

Notes :

*Voir : http://www.leparisien.fr/societe/manif-anti-hollande-la-porte-parole-du-printemps-francais-en-greve-de-la-faim-27-01-2014-3532819.php   et http://plunkett.hautetfort.com/archive/2014/01/29/on-ne-lache-rien-slogan-anti-catholique-par-excellence-5284532.html

**A lire avec profit :

Besoin d’un chef mais lequel ? par Michel Bertrand, IPT Montpellier : Quand les sondages parlent de défiance, retrouver un chemin de confiance.
Un texte toujours d’actualité, pour éviter les confusions.

Sur l’autorité : http://www.evangile-et-liberte.net/auteur_94_Bertrand-Michel

Et une conférence de Michel Bertrand : ET SI NOUS PRENIONS LA PAROLE ? Aix-en-Provence 11.10.2012
Question judicieuse ! L’essentiel étant de savoir comment et pourquoi !

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant (nous) paraît monstrueuse…

A quoi rêvent les petits garçons ? Et les petites filles ?

Pourquoi nous ne devons pas nous laisser aller au désespoir…

Aujourd’hui il pleut et notre monde paraît toujours plus désespérant, notamment touché par ces trois fléaux que sont la peur, l’ignorance et l’avidité. Les repères de notre société sont bouleversés. Et ce, dans tous les domaines : éducatif, sociétal et familial, économique et social, environnemental…A cela s’ajoutent montée des extrêmes et complaisances cyniques ou fatalistes avec lesdits extrêmes…

De quoi remonter le moral, n’est-ce pas ? 😉

Que nous reste-t-il pour ne pas tomber dans le désespoir ? Lors de l’édition de « Protestants en fête » de 2013, les Protestants avaient été encouragés à être des « semeurs d’espérance ». Vaste, noble et beau programme.

Ce matin, j’ai été conduit à feuilleter à nouveau mon exemplaire de « L’Invention de la Solitude » de Paul Auster*, lu il y a une douzaine d’années. Et particulièrement cet extrait qui m’était revenu en mémoire :

« Par ce que le monde est monstrueux. Par ce que le monde ne peut mener un homme qu’au désespoir, un désespoir si total, si absolu, que rien n’ouvrira la porte de cette prison, l’absence de toute espérance, A. s’efforce de regarder à travers les barreaux de sa cellule et découvre une pensée, une seule, qui le console quelque peu : l’image de son fils. Et pas uniquement son fils, mais un fils, une fille, nés de n’importe quel homme ou de n’importe quelle femme.
Par ce que le monde est monstrueux. Par ce qu’il ne paraît proposer aucun espoir d’avenir, A. regarde son fils et comprend qu’il ne doit pas se laisser aller au désespoir. Il y a la responsabilité de ce petit être, et par ce qu’il l’a engendré, il ne doit pas désespérer. Minute par minute, heure par heure, lorsqu’il demeure en présence de son fils, attentif à ses besoins, dévoué à cette jeune vie qui constitue une injonction permanente à demeurer dans le présent, il sent s’évanouir son désespoir. Et même si celui-ci persiste, il ne se l’autorise plus.

Doc 6

Gotlib ou « le drame du Biafrogallistan ». Source : Gotlib. « Désamorçage » In La rubrique à brac tome 4, 1973, PP 64-65

 

C’est pourquoi l’idée de la souffrance d’un enfant lui paraît monstrueuse. Plus monstrueuse encore que la monstruosité du monde lui-même.
Car elle prive le monde de sa seule consolation, et par ce qu’un monde dépourvu de consolation est imaginable, elle est monstrueuse ».
(Auster, Paul. L’invention de la solitude. pp98-99)

 

 

 

Par association d’idées, était-il facile à Hénoc de ne pas sombrer dans le désespoir, compte tenu du monde dans lequel il vivait ? Son monde était-il plus facile que le nôtre aujourd’hui ?

"Soyons plein d'espérance !" Dans le tunnel par Adrian Paulino

« Soyons plein d’espérance ! »
Dans le tunnel par Adrian Paulino

Qu’est-ce qui « l’a fait tenir » ? Et lui a permis de vivre à contre-courant, de façon positive ? Et dont nous pourrions nous inspirer ?

« Hénoc(…)marcha avec Dieu trois cents ans; et il engendra des fils et des filles »(Gen.5v22). Un homme de foi qui, avant son enlèvement, « avait reçu le témoignage qu’il était agréable à Dieu« (Hébr.11v5).

Une foi qui parle encore aujourd’hui.

 

 

 

 

Notes :

* Paul Auster(né en 1947) : l’écrivain new-yorkais le plus doué de sa génération et dont j’ai apprécié sa « Trilogie new-yorkaise » et « L’Invention de la Solitude », son premier livre, dont il est question plus haut. L’ouvrage comprend deux récits, écrits entre 1979 et 1981 :

– « Portrait d’un homme invisible », une nouvelle autobiographique dans lequel l’auteur retrace la vie de son père, un homme qui a toujours vécu sans bruit et en marge des autres et qui vient de mourir de façon inattendue.

-« Le Livre de la mémoire », une succession de textes (notés « Livre de la mémoire »), comme autant de quêtes solitaires de l’auteur sur  la solitude, la mémoire et le temps. On y retrouve le « Pinocchio » de Collodi, les prophètes Jonas et Jérémie, les Mille et une nuits…Et la citation publiée aujourd’hui sur ce blogue.

« Maintenant, vous êtes le peuple de Dieu… »(1 Pierre 1v22-2v10)

Retour, en ce début d’année 2014, à notre étude la première épître de Pierre, entamée ici.

Dernièrement, nous avions vu que le chrétien est caractérisé par l’obéissance et la sainteté.

Sachant qu’il est exhorté à marcher individuellement « en espérance » et « dans la sainteté« , étudions maintenant à travers notre passage du jour(1 Pierre 1v222v10*) ce que sont les chrétiens ensemble et comment doivent-ils vivre ensemble.

Que forment les chrétiens ensemble ?(le corps de Christ ou l’Église)

Comment Pierre parle-t-il de l’Église dans ce passage, sachant qu’il utilise quatre images :

Q 1 : quelle est la première image utilisée pour désigner ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.1v22-23)

Pourquoi ?

Q1a : que partagent-ils ? Qu’ont-ils en commun ?(v22)

Qu’apprenons-nous sur cet amour dont parle Pierre ?

(A noter que l’apôtre utilise deux mots différents pour parler de l’amour : « philadelphia »-amour fraternel-et « agape »-l’amour de Dieu, qui est allé jusqu’au sacrifice)

Nature et origine de cet amour ? Lire Rom.5v5, Gal.5v22-23

Etapes et processus de cet amour ?(vv22-23) :

Que doit-il s’opérer d’abord ? Et ensuite ?(ce qui rend possible un véritable amour fraternel : lire 1 Jean 4v7-21 ; Col.3v16 ; Eph.5v18)

De quelle manière devons-nous aimer nos frères ? (v22)

Q1b : qu’ont-ils tous connu, initialement ?(1 Pie.1v23-25)

Comment entrons-nous dans « la famille de Dieu » ? (Jean 3v1-16, 1 Cor.12v13)

Comment sommes-nous « régénérés » ? (v23)

Quel est le rapport entre la Nouvelle naissance et l’amour fraternel ?(cf 1 Jean 4v7-21)

Q1c : que partagent-ils encore ?(1 Pie.2v1-3)

Que demande Pierre à ses lecteurs ? Pourquoi ? Un commandement « négatif »(cad, de rejeter…) cf 1 Pie.2v1, et un commandement « positif » cf 1 Pie.2v2-3 – comparer avec Ps.34v9.

Q2 : quelle est la deuxième image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v4-8)

Q2a : comment le Seigneur Jésus-Christ est-il désigné ici(v6) ? Cette idée vient-elle de la seule imagination de Pierre ou était-elle familière des lecteurs de l’apôtre ? (cf Es.28v16 ; 8v14 ; Ps.118v22 – comparer avec Matt.21v42 et Actes 4v11)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

Comment Pierre « innove-t-il » en utilisant cette image pour parler de Christ ? Comment est cette « pierre » ? Quel est son rôle ? Qui sont alors ceux qui sont édifiés sur Lui ?(vv4-8)

Pierre lui-même avait été désigné par le Seigneur comme « la pierre » sur laquelle Jésus « bâtirait son Eglise »(Matt.16v18). Est-ce à dire qu’il en est le « fondement vivant » ?(comparer avec 1 Pierre 1v4-8)

Q2b : que sont les chrétiens et que forment-ils ?(1 Pie.2v5, 9)

Sachant que l’apôtre écrit à des chrétiens qui vivent dans cinq provinces différentes….

Q3 : quelle est la troisième image de ce que sont les chrétiens ensemble ? Ce que Dieu a fait d’eux ?(1 Pie.2v5,9, cf Exode 19v6)

A noter que dans l’Ancien Testament, le peuple avait une sacrificature ou un sacerdoce. Dans le temple de Jérusalem, elle était exercée par ceux (et eux seuls)qui étaient aptes à cette charge. Quelle est la durée de cette sacrificature ? Et qui sont aujourd’hui « sacrificateurs » ? (Hebr.10v19-25)

A noter encore que seul Christ est sacrificateur et roi(Hebr.7). Dans l’Ancien Testament, un roi ne pouvait être sacrificateur et le seul qui tenta de l’être fut puni(2 Chron.26v16-21).

Comment alors les chrétiens peuvent-ils être à la fois « Rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5,9, cf Apoc.1v6 ; 2v26-27 ; 20v6)

Q3a : Dans quels buts les chrétiens sont-ils « rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5, 9)

Quels sont les sacrifices qui sont offerts ? (Rom.12v1 ; Hébr.13v15, 16 ; Philip.4v10-20) Et comment les offrir à Dieu ?(Hebr.13v15)

1 Pierre 1v9 : comparer avec Eph.5v8-14, Col.1v12. Qu’est-ce que « les vertus » de Celui qui « nous a appelé des ténèbres à sa merveilleuse lumière » ? Et  comment les annoncer ?(cf Matt.5v16, Hebr.13v16)

Q4 : quelle est la quatrième et dernière image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v9-10)

Le v10 est une citation d’Osée 1v6,9(comparer avec Rom.9v25) : que veut dire Pierre à ses destinataires en faisant allusion à ce prophète de l’Ancien Testament ?

 

 

Notes :

*1Pie.1
22    Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un coeur pur,
23    vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu:
24    parce que « toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe: l’herbe a séché et sa fleur est tombée,
25    mais la parole du Seigneur demeure éternellement ». Or c’est cette parole qui vous a été annoncée.

1Pie.2
1    Rejetant donc toute malice et toute fraude, et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances,
2    désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut,
3    si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon;
4    duquel vous approchant comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu,
5    vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, un sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ.
6    Parce qu’on trouve dans l’écriture: « Voici, je pose en Sion une maîtresse pierre de coin, élue, précieuse; et celui qui croit en elle ne sera point confus ».
7    C’est donc pour vous qui croyez, qu’elle a ce prix; mais pour les désobéissants, « la pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin »,
8    et une pierre d’achoppement et un rocher de chute, lesquels heurtent contre la parole, étant désobéissants, à quoi aussi ils ont été destinés.
9    Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière;
10    vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.