Avril 2015 : le temps des commémorations de génocides majeurs du XXe siècle

Les 100 ans du génocide arménien, le 24 avril 2015 à Paris

Les 100 ans du génocide arménien, le 24 avril 2015 à Paris

« Avril est le plus cruel des mois, il engendre des lilas qui jaillissent de la terre morte, il mêle
Souvenance et désir, il réveille par ses pluies de printemps les racines inertes », écrit Thomas Stearns Eliot*.

En effet, le mois d’avril 2015 voit se dérouler la commémoration de 3 génocides majeurs du XXe siècle : celui des Tutsi du Rwanda a eu lieu le 7 avril (date du début des massacres en avril 1994) ; celui de la Shoah, le 19 avril (correspondant au début de la révolte du ghetto de Varsovie le 19 avril 1943) ; et celui des Arméniens aura lieu le 24 avril (correspondant aux premières arrestations des intellectuels arméniens à Constantinople/Istanbul en avril 1915)**.
Leur point commun ? Toutes ces populations exterminées ont d’abord été discriminées et stigmatisées, avant d’être « marquées » comme « ennemies ». D’autre part, ces devoirs de mémoire sont liées à un enjeu majeur : lutter contre les négationnismes(toujours actuels), solidaires des génocidaires-lesquels visent à l’effacement total et organisé de peuples***.

Détruisons l’arbre avec son fruit! Retranchons-le de la terre des vivants, Et qu’on ne se souvienne plus de son nom !(Jér.11v19)
Nous nous arrêtons un instant sur la prochaine commémoration à venir, celle du génocide arménien, événement préfigurant les meurtres en masse du XXe siècle cités plus haut. A ce sujet, l’« intime conviction » de Serge Klarsfeld est que, « sans ce génocide, la Shoah n’aurait pas eu lieu »****.

A ne pas manquer, donc : Vendredi 24 Avril 2015, à Paris, la cérémonie officielle de commémoration du 100ème anniversaire du génocide des arméniens perpétré par le gouvernement jeune-turc en 1915 devant la statue de Komitas en présence du représentant du président de la république.

 

 
Des ressources, pour se souvenir et ne jamais oublier :

Imprescriptible.fr : Base documentaire sur le génocide arménien.
Une initiative qui revient à Arsène Kalaidjian, en réaction à la campagne négationniste menée sur les sites turcs francophones de l’Internet et consécutive à la loi de la République française du 29 janvier 2001 portant sur la reconnaissance du génocide des Arméniens de 1915.

Sur le même site, des citations d’intellectuels(dont celle de Serge Klarsfeld plus haut) au sujet du génocide arménien.

 
Nouvelles d’Arménie en ligne.

Collectifvan.org : « Vigilance Arménienne contre le Négationnisme ». Il a pour buts, notamment d’ « œuvrer pour la Reconnaissance du génocide des Arméniens par l’État turc et pour sa reconnaissance par l’ensemble des États et par toutes les instances nationales et internationales », d’ « œuvrer pour la reconnaissance de tous les génocides ou crimes contre l’humanité », de « lutter contre le négationnisme du génocide des Arméniens et contre tous les négationnismes quelle que soit leur forme »….
Sur le négationnisme, des articles de blogue de Denis Donikian, écrivain plasticien d’origine arménienne et d’expression française.

 

[Prochain billet début mai]

 

Notes :

*« La terre vaine et autres poèmes », traduits de l’anglais par Pierre Leyris (1976), Paris, Seuil, «Points», 2006, p. 94-97.

 

**Nous pouvons y associer les  génocides en Bosnie, à Srebrenica-dont le 20e anniversaire aura lieu en juillet prochain-ceux du Darfour et des Rroms, sans oublier les actions génocidaires du régime khmer rouge au Cambodge(une commémoration peu médiatisée) et la récente tentative d’extermination des Yézidis d’Irak par Daech…

 

*** On se souvient notamment sans doute qu’Eric Zemmour,  invité par l’UMP dans le cadre d’un grand débat programmé mercredi 2 mars 2011 sur l’accumulation au fil des ans de normes « attentatoires à la liberté » pour parler des lois qui « encadrent la liberté de pensée », avait appelé(dans un discours très applaudi par l’assemblée) à la suppression des lois mémorielles – la loi Gayssot, tendant à réprimer tout propos raciste, antisémite ou xénophobe, la loi Taubira, sur la reconnaissance des traites et des esclavages comme crime contre l’humanité, ou encore la loi sur la reconnaissance du génocide arménien…(http://www.20minutes.fr/politique/679836-20110302-politique-devant-membres-ump-eric-zemmour-appelle-suppression-lois-memorielles ; http://www.lemonde.fr/idees/article/2011/02/28/la-critique-des-lois-memorielles-menee-au-sein-de-l-ump-est-une-derive_1486220_3232.html )

 

****cf http://www.liberation.fr/societe/2012/01/23/sans-le-genocide-armenien-la-shoah-n-aurait-pas-eu-lieu_790322 . A relire : http://www.lemonde.fr/idees/article/2012/01/03/oui-les-lois-memorielles-sont-indispensables_1625135_3232.html )

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« Bien » ou « bon » ?

Etre "bon", ce n'est pas être "mou"...

Etre « bon », ce n’est pas être « mou »…

On ne dit pas de Dieu qu’Il est « bien », mais qu’Il est « bon »(et que « Sa bonté demeure à toujours »).

Considérant Ses œuvres, au commencement, Il n’a pas dit que cela était « bien », mais que cela était « bon », voire même « très bon », considérant l’homme et la femme qu’Il avait créés. Le pays promis est aussi un « très, très bon pays »(Nombres 14v7).
« Bonté est un mot intéressant », juge le philosophe Fabrice Midal(cf La vie, 12/03/15, p26*). Venant du grec**, « ce qui est bon évoque la complétude, ce qui est pleinement ». Ainsi, « pour savoir ce qu’est, par exemple, un cheval, il faut se demander ce qu’est un « bon » cheval(agathon) ». De même, les serviteurs de la parabole des talents ou des mines, qui ont accompli la volonté de leur maître, sont appelés par ce dernier de « bons et fidèles serviteurs ».
« On a perdu ce sens premier pour faire de la bonté quelque chose de sentimental qui passe pour de la naïveté, un manque de courage, de fermeté », souligne encore Fabrice Midal. « On ne nous demande plus d’être bons…c’est-à-dire d’être pleinement, mais d’être efficaces ! »

Discernons donc, non ce qui est « bien » à nos yeux, mais « bien » plutôt la volonté de Dieu, « ce qui est bon, agréable et parfait » !(Rom.12v2)

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

* Un numéro notamment consacré à « Etre bon, ça fait du bien ». Un dossier fort intéressant et pertinent, mais où(il faut le savoir) sont mêlées plusieurs influences bouddhistes.

** Il existe aussi le Mot hébreu hèsèd (חֶ֫סֶד), qui est si particulier qu’il n’a pas de correspondant strict dans notre langue : il signifie miséricorde, fidélité, amitié, faveur, bonté, loyauté, amour, grâce…Dans Osée 6v6, Dieu déclare vouloir « tendresse[bonté, miséricorde, loyauté]et non sacrifice. Et connaissance de Dieu plus que des holocaustes »(soit, dans l’original, à peu près : « Ki hésed hafatzti velo zavah »)

« Expliquer » ou « promouvoir » les idées d’extrême-droite auprès des ados ? Un numéro controversé de « L’Actu »…

Et qui n’est pas un « poisson d’avril ».

« Comment parle-on » aux ados ? De tel ou tel sujet ?
Après la laïcité, pour le journal « Le 1 », « L’Actu » se fait fort de nous expliquer pourquoi des jeunes « choisissent Marine Le Pen et le Front National ».
« L’Actu » est un quotidien édité par « Play Bac », qui paraît six jours par semaine (du lundi au samedi). Il se présente comme étant « le seul journal quotidien dédié aux jeunes, de 13 à 17 ans ». Il est vrai, que depuis la disparition des « Clés de l’actualité »(hebdo jeunesse) début 2009, le champ est plus qu’ouvert sur ce créneau. Et l’on peut s’en étonner, à défaut de s’en inquiéter. « En 8 pages », nos ados sont ainsi assurés de « s’ouvrir sur le monde chaque jour : décryptage d’événements marquants, tour de l’actualité dans le monde et en France, interviews de personnalités… En bref, un savant dosage d’infos pour comprendre le monde et de rubriques sur ses passions ». Il nécessite, non pas « 20 », mais « 10 minutes » de lecture.

 

Comment "expliquer le FN" aux jeunes, par L'Actu

Comment « expliquer le FN » aux jeunes, par L’Actu

Le 1er avril 2015, le quotidien destiné aux 13-17 ans décroche la une avec un sujet qui fait polémique* : « ces jeunes qui choisissent Marine Le Pen et le F. N.». En quoi ce choix serait-il contestable, critiquable ?
Le rédacteur en chef de « L’Actu » s’en est expliqué : « Nous l’avons fait en Une car ce témoignage intéresse nos lecteurs ados abonnés au quotidien.(…) Sur l’ensemble de cette double-page, le témoignage est remis dans son contexte, 100% factuel »**.
Sauf qu’informer, c’est choisir. Choisir de parler de tel fait et pas d’un autre. Choisir tel aspect ou tel angle (point de vue)…Justement, quels sont les choix de « L’Actu » pour traiter ce sujet ? L’info initiale a été « pêchée » sur ACRIMED, mais j’ai tenu à de me procurer un exemplaire du numéro pour me faire ma propre idée et approfondir certains points.

 
Description :

Le dossier est composé d’une photo de Une, de deux articles avec un dessin et une photo, étalés sur une double-page centrale, à l’intérieur. A cela s’ajoutent un bandeau « contexte », des « chiffres clés » et des mots clés.
Page 2, en haut de la page, « le contexte » est présenté en trois étapes : 
1) Ce qu’est le FN : « un parti politique d’extrême-droite ».
2) Le discours du FN : L’Actu le présente comme étant « centré sur les dangers de l’immigration (sic, sans guillemets), l’insécurité, le chômage et la corruption des autres partis politiques ». Il est relevé que son fondateur et ancien président a été « condamné plusieurs fois pour des propos racistes », mais qu’il a accédé au second tour de la présidentielle de 2002.
3) La succession (à la tête du parti) : « Marine Le Pen a succédé à son père en 2011. Elle s’emploie à « dédiaboliser » le parti. Depuis, le FN a amélioré ses résultats électoraux ».

Expliquer ou promouvoir ?

Expliquer ou promouvoir ?

Ensuite, toujours en page 2, un grand dessin de Bridoulot, occupant une demi-page, suivi, en dessous, d’un portrait (article principal du dossier) : celui de « Mohamed, 15 ans, habitant de banlieue parisienne, et qui, faisant de la politique, a adhéré au FN ».
Suit un deuxième article, page 3, consacré aux « enfants de la crise tentés par le vote FN ».

 

 
Réaction :
Dans un sens, le numéro tient ses promesses : il parle bien de « jeunes qui choisissent Marine Le Pen et le FN ». Un thème qui n’est pas une mauvaise idée en soi. Mais « L’Actu » est malheureusement tombé dans un double écueil : traiter un parti comme le FN d’une façon banale (voire plus), sur le mode « premier degré », sans recul. Et ce, d’autant plus que ses lecteurs sont des jeunes de 13-17 ans, en construction.
La bonne question est bien : Mais pourquoi le choisissent-ils ? Et, d’ailleurs, pourquoi le choisirait-on ? Parce que l’on peut être légitimement attiré ou séduit par ce parti et par la personnalité de sa nouvelle présidente [qui s’emploie d’ailleurs à « dédiaboliser » son parti], laisse entendre « L’Actu ». Mais d’une manière premier degré, semble-t-il, comme l’illustre le choix de la photo de Une, montrant une Marine Le Pen souriante au milieu d’enfants visiblement emballés et séduits à l’idée d’être à ses côtés.
Ce « premier degré » est confirmé par le dossier intérieur. Ses pièces maîtresses sont constituées, en page 2 :
du dessin qui illustre les thèmes de la victimisation des adhérents du FN(récurrent) et, surtout, de l’insécurité(omniprésent dans le dossier), avec un raccourci facile : «Insécurité = des noirs et des arabes»***.
– du témoignage qui suit, celui de « Mohamed, 15 ans »****, un jeune militant du Front national, présenté comme un profil type. Un choix « qui n’est pas anodin », selon ACRIMED : « Mohamed, 15 ans qui « vit dans une cité » [non précisée par l’Actu, mais il semble qu’il soit du Val d’Oise], appartient au « Rassemblement Racine-Lycées ». Pas très difficile à retrouver sur Twitter[et sur le site du Rassemblement], Mohamed Boudia, décrit dans l’Actu comme simple « membre d’un collectif de lycéens » en a, en réalité, été le fondateur. Il pense « qu’il faut retrouver la souveraineté nationale », est pour « une police municipale armée » et « pour la peine de mort, comme Marine ».
Or, un « témoignage unique » est un « témoignage nul ». « L’Actu » aurait du respecter la règle des « deux ou trois témoins » (au moins) différents, qui ne se connaissent pas, pour offrir une pluralité de points de vue.
Une autre demi-page(p 3) est consacrée « aux enfants de la crise tentés par le vote FN ». « Immigration, insécurité, refus de l’Europe, chômage…sont des thèmes qui leur parlent » et que l’on croirait sortis du programme du FN. Il aurait été plus pertinent de comparer ces thématiques (« immigration, sécurité, « tous pourris » »), en y ajoutant la crise économique, avec les années 20-30.
Il est aussi permis de s’interroger sur les choix des mots-clés « à expliquer ». Le plus parlant est, d’abord, ce qui n’y figure pas :
L’expression « dédiabolisation » n’est pas expliquée, sans doute parce qu’elle est jugée évidente à comprendre pour des ados de 13-17 ans. Et ce, d’autant plus que le journal se retrouve paradoxalement accusé de participer « pleinement (peut-être de façon involontaire, maladroite) à l’entreprise de dédiabolisation du FN », comme le dénonce ACRIMED…. !
Quant au terme « Extrême-droite », employé pour qualifier le parti, les jeunes lecteurs de 13-17 ans ne sauront pas mieux ce qu’il signifie, puisqu’il ne sera, ni repris, ni expliqué par la suite.
« Racisme », « antisémitisme », « xénophobie » n’y figurent pas non plus, mais on trouve expliqués : « Mondialisation », « Période de sûreté », « Préférence nationale »…

« Souveraineté nationale » (mot utilisé par le jeune Mohamed) est définie avec une énorme confusion entre les termes : « Ici, capacité du peuple (la nation) à décider pour lui-même, sans être soumis à des contraintes extérieures ou à un pouvoir tyrannique ». Or, « La souveraineté nationale est plutôt le principe selon lequel la souveraineté appartient à la nation qui est une entité collective abstraite, unique et indivisible. (…)Elle s’oppose (et n’est pas à confondre) avec la souveraineté populaire. La souveraineté nationale ne pouvant gouverner directement, elle implique un régime représentatif. Les représentants de la nation sont titulaires d’un mandat représentatif et œuvrent dans l’intérêt de la nation toute entière. Chacun représente la nation entière et non ses seuls électeurs ».*****
D’autres éléments sont présentés comme des évidences ou des faits : « les dangers de l’immigration », écrit sans guillemets, qui est une reprise sans recul d’une thématique FN. Certes, on trouve la mention des condamnations pour racisme de Jean-Marie Le Pen. Mais celles-ci pourraient être considérées comme un dérapage « anecdotique », « accidentel », propre à la seule personnalité du fondateur du FN, sans que cela nécessite un réel examen sur le fond idéologique du parti et de ses cadres. D’ailleurs, le jeune Mohamed ne déclare-il pas :  «j’ai découvert que ce parti n’est pas raciste. Je suis d’origine étrangère, je ne peux donc pas être raciste !» Une affirmation classique du FN  qui appelle tout de même une nuance, ou du moins, des contre-points : ainsi, il aurait été bon de rappeler, au minimum, les récentes déclarations des candidats frontistes aux dernières départementales.

D’autre part, le journal passe sous silence, outre le racisme avéré de certains des membres du FN, les affaires – quatre enquêtes judiciaires et une demande de commission d’enquête parlementaire – qui menacent aujourd’hui le parti ou ses dirigeants….qui dénoncent les « tous pourris » !

Bref, l’exercice(désolé pour la longueur) tend à montrer les limites ou les dangers, pour ne pas parler de l’illusion, de prétendre au « 100 % factuel », ou à de « l’info brut ».
D’ailleurs, à l’instar d’Acrimed, il est « utile de rappeler que l’éthique journalistique ne consiste pas uniquement à rester dans le « 100% factuel » mais de donner l’intégralité des éléments permettant aux lecteurs de se forger une opinion propre. Et lorsqu’on s’adresse à des adolescent-e-s, ce type de règle devrait s’appliquer de façon encore plus stricte ».
Ainsi, les auteurs du dossier se sont-ils posé la question essentielle : qui est mon témoin ? Pour quelles raisons me dit-il cela ? Quel intérêt a-t-il à le faire ?
Ont-ils pris le temps de chercher plusieurs sources, plusieurs témoins et même contre-témoins ?
Ont-ils su prendre de la distance, du recul nécessaire ? Se sont-ils contentés de rapporter telle quelle une information, un propos rapporté(avec le risque de « langue de bois », de manipulation…) ?
Ont-ils su faire la différence entre « informer » et « communiquer » ? Car l’un et l’autre diverge quant à leurs objectifs respectifs :
la communication fait la promotion d’un produit, d’une personne, d’une idée…auprès de consommateurs ou partisans potentiels, en les présentant sous leurs aspects les plus favorables, dans le but de séduire et de provoquer une réaction favorable : un acte d’achat, une adhésion…On dit qu’elle « arrange ».
– l’information, à l’inverse, montre la réalité dans toutes ses facettes et sa complexité, dans le but d’édifier et de permettre de prendre une décision de façon « éclairée », en connaissance de cause. On dit alors qu’elle « dérange »******.
Le choix de « L’Actu » de montrer Marine Le Pen et le Front National sous un jour favorable (sous couvert, paradoxalement, de « neutralité » ou d’être « à 100 % factuel »), « séduisant »(notamment ici auprès des jeunes)est déjà en soi un choix rédactionnel : celui de présenter une seule facette de la réalité. « L’Actu » en a le droit…sauf si d’autres aspects(négatifs ou « nocifs ») de la question, de nature à informer véritablement, sont volontairement écartés. C’est ce que l’on appelle du parti pris. Mais nous ne sommes plus dans le registre de l’info.

Pourquoi les malheureux votent-ils FN ? Par Charb

Pourquoi les malheureux votent-ils FN ?
Par Charb

Promotion, donc, sous couvert d’explication et du « factuel », d’un parti qui promet le miracle, sous couvert du « bon sens » et de répondre aux attentes légitimes des gens. Mais dont le programme se résume à « vous avez peur ? Vous avez raison d’avoir peur. On vous comprend. Voilà le problème. Voilà ceux qui sont le problème. Voilà les boucs émissaires. »*******
Se laisser prendre à ce qui frappe les yeux semble rassurant-« l’autre », c’est le problème-et sécurisant-s’abandonner à un « (vrai)chef »… « dont je suis proche », « qui me connaît » et « qui m’appelle par mon prénom… »********
Pourtant, pousser à prendre une décision(« donnez-nous le pouvoir »)par la peur est dangereux, car la peur pousse à des actes irrationnels.
A l’inverse, le véritable « bon sens » serait plutôt d’examiner le fond idéologique et l’esprit du FN : est-il le mieux placé pour répondre à un besoin de ce qui relie pour contrer ce qui divise ?

Alors, « non », il ne s’agit pas de s’en prendre « aux électeurs de Le Pen (qui sont aussi nos parents, grands-parents, cousins, voisins…) », mais « oui », il s’agit « de rompre le lien entre les angoisses et le mal-être quotidien (qui existeront toujours)et ce vote de la peur ». Et à ce sujet, l’on attend d’un journaliste [et plus encore d’un journaliste de la presse-jeunesse] qu’il « rassure, explique, engage les gens à agir, et démonte les discours de la peur. Et non d’alimenter cette dernière à coup de reportage. »*******

 

Notes :
* la secrétaire nationale du Parti de gauche Raquel Garrido est montée au créneau, annonçant sur Twitter qu’elle allait «désabonner ses enfants de L’Actu». Alexis Corbière, son conjoint et secrétaire national du Parti de gauche chargé notamment de la lutte contre l’extrême droite lui a emboité le pas en dénonçant, toujours sur Twitter, la une du quotidien sur laquelle on voit «Marine Le Pen souriante au milieu d’enfants». Des centaines de personnes n’adhérant à aucun parti ont aussi manifesté leur incompréhension sur Twitter –le tweet de Raquel Qarrido a été retweeté plus de 800 fois, pas seulement par des politiciens (cf http://www.slate.fr/story/100031/front-national-enfants )

** A propos de cette une, s’il n’y en avait qu’une….Mais déjà, au moins, en 2011, L’Actu se faisait fort d’expliquer le FN aux ados : « Et si Marine Le Pen était présidente, à quoi ressemblerait la France ? » 
Le dossier s’étale sur une double page avec trois entrées : le programme du FN, l’interview de Marine Le Pen (« comment décririez-vous le Front national à un ado ?… ») et l’expert, Nicolas Lebourg, en contrepoint.
François Dufour, le rédacteur en chef de l’Actu, s’expliquait sur le traitement donné à ce sujet : « Les faits, toujours les faits(…)Nous avons traité le sujet, sans jamais donner d’opinion. Le FN est un parti comme un autre.…. ».
Jean-Yves Camus, spécialiste des nationalismes et extrémismes en Europe, estime que pour traiter un tel sujet, de sorte d’éviter les écueils, « l’important, c’est le décryptage(…) le tout est d’induire une distance critique à l’égard de ce que les adolescents lisent. »

***Il y a un an, L’Actu s’était distingué par une autre Une controversée sur les cambriolages par des « voleurs des pays de l’Est ». Avec le même dessinateur.(http://pix.toile-libre.org/upload/original/1428148746.png et http://pix.toile-libre.org/upload/original/1428148323.jpg )
**** « Mohamed expliquait déjà, il y a un an, à l’hebdo « Le Point », en mars 2014, que le FN « n’est pas raciste ».

*****Cf http://www.cours-de-droit.net/cours-de-droit-constitutionnel/la-theorie-de-la-souverainete-populaire-et-de-la-souverainete-nationale,a4072797.html ; http://www.toupie.org/Dictionnaire/Souverainete_nationale.htm

****** D’après « Décryptez l’information » de Jean-Luc Martin-Lagardette. Dangles éditions, 2014(chap. 7 : information et communication : deux faux amis, pp 73-80)
******* http://rdereel.free.fr/NON.pdf

******** « Les jeunes militants se sentent proches de Marine. Je l’ai vue dix fois en deux ans ! Elle me connaît… » dit Mohamed, en page 2 de l’Actu.

Jésus-Christ, « pédagogue de la foi »

« Fixons les yeux sur Jésus, le chef et le consommateur de la foi »(Hébr.12v2)

« Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22v19)

« …je vous ai donné un exemple, afin que vous fassiez comme je vous ai fait » (Jean 13v15)

« Je suis le bon berger. Je connais mes brebis, et elles me connaissent, comme le Père me connaît et comme je connais le Père ; et je donne ma vie pour mes brebis. » (Jean 10v14-15)

 

« Jésus prenait soin de ceux qui lui étaient confiés. Il avait une véritable pédagogie de la foi, et il a laissé des consignes explicites quant à des gestes à pratiquer pour manifester la foi », souligne le pasteur Gilles Boucomont dans son « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » (Ed. Première partie, 2010, p.223).

Nous pouvons considérer comme « sacrements » ou « sacramentelles », à l’instar des Protestants, toutes les pratiques qui ont été ordonnées par Christ dans les Evangiles, « et qui font intervenir une parole, un geste, un élément matériel » : ainsi le baptême, que Jésus a ordonné(Matt.28v19-20 et Marc 16v16, Rom.6v3), le partage de la Cène en mémoire du dernier repas de Jésus avec ses disciples (Luc 22v19-20), et le lavement des pieds(Jeanv14-15)-non conservé par la plupart des Eglises protestantes et évangéliques, « alors qu’il est biblique »(op. cit., p 225).

Pour Gilles Boucomont, qui aborde cette question des « sacrements » dans un ouvrage consacré à la délivrance, « quand Jésus donne ces trois directions pour faire signe et rendre visible la grâce invisible, il pense aux vertus thérapeutiques de ces gestes :

Le baptême est ainsi thérapeutique parce qu’il permet à l’adulte qui se fait baptiser de marquer un changement de vie radical(…) ». Il « nous inclut dans la famille chrétienne, mais surtout dans la famille de Dieu, qui devient non seulement notre créateur mais aussi Notre Père(…)Le baptême nous guérit donc de notre animalité en nous faisant résolument entrer dans l’humanité réconciliée avec Dieu et réconciliée avec les autres humains(…)

Le partage de la Cène est aussi agent de guérison parce qu’il nous manifeste ce qu’est l’humanité concrètement réconciliée(…)Sont ainsi rendues visibles le fait qu’il n’y ait lus de distinctions entre les personnes, une puissance égalitaire que jusque-là seule la mort pouvait prétendre offrir aux humains. Le fait même d’utiliser deux aliments simples pour dire le corps et le sang de Jésus est une réconciliation. Ce sont des produits transformés, fruits du travail de la nature, de la création de Dieu, et du travail des hommes. La Cène est une vraie guérison des relations interpersonnelles, car elle brise tous les jeux d’autorité qui ne sont pas en Christ ou de Christ. Elle est aussi une guérison de la mémoire, car en mettant fin à la nécessité de répéter un sacrifice(Hébr.7v26-27 et 10v18), mais en le symbolisant, elle nous fait sortir de la tension entre l’oubli et la répétition qui hante nos histoires. Enfin, elle est une guérison fondamentale de toutes les tentations religieuses : c’est Dieu[ou Christ] qui invite à sa table, ce n’est pas un lieu de pouvoir religieux(cf 1 Cor.11v17-34 et cf 1 Cor.12) , elle met fin à la logique sacrificielle…Autant de guérisons d’une humanité en manque de repères(…)

Quant au lavement de pieds, il est lui aussi thérapeutique dans la mesure où il brise ce qui est le péché suprême de l’orgueil. C’est le péché le plus subtil(…), le plus religieux aussi, car il nous met comme dieux à la place de Dieu. Par l’humiliation volontaire, le lavement des pieds ouvre un espace pour vivre le pardon(…)et par le fait de s’incliner, il nous apprend ce que veut dir l’autorité en Jésus-Christ, qui n’est pas domination mais abaissement.(op.cit., pp223-227)

 

Et si nous passions le week-end ensemble avec Jésus ?

Lecture de Jean 1v35-42.

Voici là un passage qui m’a harponné voici quelques mois et qui semble me solliciter particulièrement depuis mardi.

Imaginez : « avant », vous suiviez quelqu’un, dont vous êtiez « le disciple ». Puis, un jour, vous entendez une proclamation, faite avec force : « voilà l’Agneau de Dieu qui ôte le péché du monde ! »(Jean 1v36). Vous en êtes tellement « retourné » que vous vous retournez et vous mettez alors à suivre Celui dont il est fait question : Jésus-Christ Lui-même.

Vous qui lisez ces lignes, vous êtes peut-être, à l’heure actuelle, chrétien. Vous avez accepté Jésus comme votre Sauveur personnel et comme le Seigneur de votre vie. « Vous suivez donc Jésus ». Pourtant, vous n’êtes peut-être pas heureux à l’heure actuelle. Pourquoi ? Que vous manque-t-il pour « vivre le bonheur » ?

Dans le récit de l’Evangile qui est notre lecture de ce jour, les deux disciples de Jean-Baptiste suivent Jésus jusqu’au moment où ce dernier se retourne et leur demande : « que cherchez-vous ? »(v38)

Oui, que cherchez-vous en suivant Jésus ? Avez-vous entendu sa question ? Vous êtes-vous arrêté pour y répondre ?

Que répondre ? Peut-être de la même façon que les deux disciples : « Maître, où demeures-tu ? »(v38)

La réponse de Jésus est simple : « venez et voyez »(v39). Et ils allèrent alors passer le week-end avec Lui, chez Lui.

La réponse à votre question existentielle est donc simple : il suffit de passer du temps avec Jésus. Certes, déjà individuellement, mais aussi « ensemble »(un minimum de « deux ou trois »)

Et si nous passions le week-end ensemble avec Jésus ?

Fin de la méditation.

Non.

Comment, non ? En effet, le récit de Jean 1 ne s’arrête pas là, puisque le séjour passé avec Jésus semble avoir transformé les deux disciples, au point de faire positivement « ricochet » cf vv40-42*.

Ne vous contentez donc pas de « suivre Jésus ». Passez du temps avec Lui. Ensemble. Puis sortez, et allez vers les autres, annoncer « la bonne nouvelle », inviter à rencontrer Celui qui vous a accueilli chez lui.

 

 

Notes :

* Dans le prolongement de cette méditation, voici une forme de parabole, axée sur l’image de la roue, qui a été imaginée par Dorothée de Gaza, un père de l’Église du VIe siècle : le centre est Christ, les rayons sont les frères et soeurs en Christ(une illustration de 1 Jean 1v7, semble-t-il) : plus on se rapproche des autres, plus on se rapproche du centre ; plus on se rapproche du centre, plus on se rapproche les uns des autres !

A l’Agneau

Un chant bien connu-et de circonstance, car « post-Pâque »*-revisité par mon « DJ » préféré :

Ce chant est du groupe « Exo ». Le mot vient du grec et signifie « Hors de ». « Exo » nous fait bien évidemment penser à « Exode ».

Un chant de circonstance, décidemment…

 

Note :

« A l’agneau »

Steve Thompson – Chris Christensen – Thierry Ostrini

© 2004 Exo JEM 725

 

Tous les anges louent sa sainteté.

L’univers crie sa majesté.

Chantons gloire et puissance,

Force et louange,

À l’Agneau, à l’Agneau immolé, À l’Agneau, à l’Agneau immolé.

Les ténèbres ont reculé

Devant l’œuvre de la croix,

Devant l’Agneau immolé

Et le sang versé pour moi.

De la vie qu’il a donnée

À la vie qui brûle en moi,

Tant d’amour et à jamais,

Ma reconnaissance au roi.

Pont

Vivant, vivant,

Puissant, puissant,

Vivant, Dieu vivant,

Puissant, tout puissant,

Dieu vivant, Dieu tout puissant,

Dieu vivant, Dieu tout puissant !

 

Vivre l’esprit de la Pâque

Lire Exode 12v1-14 et ss

La Pâque, c’est manger l’agneau pour prendre des forces, en vue d’un long voyage, et « sortir » d’une situation d’esclavage, d’angoisse, d’oppression, pour entrer dans la vraie liberté.
C’est aussi « faire sortir » de chez soi tout élément de compromis de nature à nous faire retomber dans la servitude.
La liberté, ce n’est plus être possédé. Et comme l’écrit Marc-Alain Ouaknin, « l’être libre est disponibilité au-delà des préoccupations et des affairements. Etre libre, c’est vivre en échappant à la volonté de maîtrise et de possession, qui pourrait se confondre-et est souvent confondue de fait-avec la définition de l’humain. »(Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains. Points essai, 2013, p 391)
Etre réellement libre, c’est donc être disponible.  Pour servir Dieu, Notre libérateur(Ex.7v16).
En Exode 12, « la sortie » du « pays » ou de « la maison de servitude » est le début de l’histoire d’un peuple, devenu véritablement « un peuple », le peuple de Dieu. Celui que Dieu a Lui-même libéré « à main forte et à bras étendu », et a protégé d’une manière particulière, lors d’une nuit particulière, préfiguratrice d’une meilleure et plus grande délivrance encore :
 « Christ, notre Pâque » (1 Cor.5v7-8), « le Dieu véritable »(Jean 5v18 ; 1 Jean 5v21) et celui qui nous libère pour que nous soyons véritablement « libre »(Jean 8v31-36)
Pour vous, aujourd’hui, cette sortie de l’esclavage est aussi le commencement d’une nouvelle histoire. D’un nouveau départ dans la vie. Et se souvenir d’où l’on a été « tiré » et d’où l’on est sorti a des conséquences éthiques : Deut.5v6, 15 ; Ex.20v2 ; Lévit.23v5-7
 
 Autres lectures proposées : Rom.6v23 (qui parle du don gratuit); Hébr.2v14-15 ; Jean 1v29, 36

« Enseigner »

« Enseigner, c’est être vigilant au visage de chacun, à la pierre apportée par chacun »* 

 

 

 

 

 

 

 

 

Notes :

*M.A. Ouaknin. Zeugma : Mémoire biblique et déluges contemporains (Point essai, 2013, p 483)

Le Mensonge que Nous Vivons – The Lie We Live

Pour montrer qu'ils sont "à poigne", certains élus n'hésitent pas à cogner sur les Rroms.

« Le mensonge que nous vivons » : le type de vidéo « coup de poing », dont le but semble plus de déclencher une force émotionnelle que de construire une démonstration objective…

Qui est Spencer Cathcart ? Avant-hier, je l’ignorai encore. Et j’ignore toujours qui il est.

La seule chose que je sais, outre que je ne sais rien, est qu’il a réalisé le 29 janvier 2015 une vidéo de 8 minutes et des poussières : « The Lie We Live » (« Le mensonge que nous vivons »)*. Il semble s’y questionner et nous invite à nous questionner sur tout ce qui fait de notre monde ce monde. Nous questionner ? Et pour décider de faire quoi ensuite ? Comment ? Sur quelles bases ? La balle est dans notre camp, semble-t-il….

Le film est sans doute à voir. Mais deux questions demeurent : Qui est Spencer Cathcart ? Pourquoi a-t-il diffusé cette vidéo ? (outre le fait de nous inviter à « nous bouger »)
Regardez donc et, surtout, « ne laissez pas votre cerveau au placard ».
Parallèlement, j’ai envie de poser ces autres questions :
Qui es-tu ? A qui appartiens-tu ? Qui veux-tu servir ? De façon durable, pour un impact durable ?
Deux choses sont véritablement durables, contrairement à une affirmation de Spencer Cathcart**(cf Vidéo à 7’02’’) et méritent que l’on s’y consacre toute notre vie, cf Jean 5v28-29 et Esaïe 40v8, sachant qu’annonce 2 Pie.3v10***.

Sinon, plutôt que de diffuser massivement cette vidéo sur la toile, un petit travail d’analyse s’impose :

Il ne s’agira pas de répondre aux thématiques/questions soulevées, mais de tenter de décrypter quelques-uns des procédés utilisés, afin de dépasser le premier stade de l’émotion et de prendre conscience de la contradiction du film : si Spencer Cathcart prétend que nous sommes manipulés, nous manipule-t-il à son tour pour faire valoir ses vues – encore bien mystérieuses à ce jour ? En bref, il s’agit de prendre du recul sur des sujets qui méritent tout de même réflexion et exigent un débat nécessaire face à un document dont le but semble plus de déclencher une force émotionnelle que de construire une démonstration objective.

Méthode proposée :

Regardez d’abord la vidéo sans le son, et concentrez-vous d’abord sur les images. Puis repassez-la, avec le son seul, sans les images. Ensuite, sans le son et sans les images, avec le texte seul Et enfin, la vidéo intégrale, avec le son, les images et le texte

Pendant les visionnages successifs, prenez des notes sur le film (résumez-le en une phrase), relevez les passages vous paraissant les plus marquants, vos impressions (ce que vous avez aimé/ou pas) et répondez aux questions suivantes :

1) Que venez-vous de voir ? Comment s’appelle ce genre de film ? S’agit-il d’un documentaire, comme on peut le lire ici ou là, sur le web ? Qu’est-ce qu’un film documentaire ?

2) Qui est l’auteur ? Pourquoi diffuse-t-il cette vidéo ?

3) Le film est-il composé d’images filmées par l’auteur ? De quoi est-il composé ?

4) De quoi est composé la bande son ? Quel est son rôle ?

5) Qui parle ?

6) Combien de points de vue nous donne-t-on ici ? La place est-elle donnée au « débat contradictoire », à l’échange d’idées ?

7) Qu’avez-vous appris de nouveau ?

8) Vous permet-on d’approfondir ce qui est présenté ?

Etc…. D’autres questions vous viendront certainement à l’esprit pour compléter ce qui précède.

 

Notes :

* Découvert via ici https://catherinenbocher.wordpress.com/2015/04/02/le-mensonge-que-nous-vivons-the-lie-we-live/ qui elle-même….
** Voir aussi le blogue de Spencer Cathcart, qui contient cette vidéo et la transcription du texte :

Traduction française d’Alain Adriaens :

En ce moment, vous pourriez être n’importe où, à faire n’importe quoi. Au lieu de cela, vous êtes assis seul devant un écran. Alors qu’est ce qui nous empêche de faire ce que nous voulons ? Être là où nous voudrions être?
Chaque jour nous nous réveillons dans la même pièce et suivons la même voie, nous vivons un jour semblable à celui d’hier. Pourtant, il fut un temps où chaque jour était une nouvelle aventure. Chemin faisant, quelque chose a changé. Avant nos jours étaient intemporels, maintenant nos jours sont minutés.
Est-ce cela qu’être adulte ? Être libre ? Mais sommes-nous vraiment libres ?
Aliments, eau, terres… les éléments dont nous avons besoin pour survivre sont la propriété de sociétés. Il n’y a pas de nourriture pour nous sur les arbres, pas d’eau douce dans les ruisseaux, pas de terrain pour construire une maison. Si vous essayez de prendre ce que la Terre fournit vous serez mis sous les verrous. Alors, nous obéissons à leurs règles.
Nous découvrons le monde dans un manuel. Pendant des années, nous restons assis et régurgitons ce qu’on nous raconte. Passant des examens et classés comme des cobayes dans un laboratoire. Élevés à ne pas être différents dans ce monde, éduqués à ne pas être différents. Nous sommes assez intelligents pour faire notre travail, mais pas assez pour nous remettre en question les raisons pour lesquelles nous le faisons. Donc, nous travaillons sans cesse et il ne nous reste plus de temps pour vivre la vie pour laquelle nous travaillons. Et puis vient le jour où nous sommes trop vieux pour faire notre travail. Alors, on nous laisse mourir. Et nos enfants prennent nous remplacent dans la partie.
Pour nous chacun de nous notre chemin est unique mais, tous ensemble, nous ne sommes rien de plus que du carburant. Le carburant qui alimente l’élite, l’élite qui se cache derrière les logos des sociétés. Ce monde leur appartient. Et leur ressource la plus précieuse n’est pas enfouie dans le sol : c’est nous. Nous construisons leurs villes, nous faisons tourner leurs machines, nous combattons dans leurs guerres. En fait, l’argent n’est pas ce qui les motive. C’est le pouvoir. L’argent est simplement l’outil qu’ils utilisent pour nous contrôler. Ces bouts de papier sans valeur, nous en dépendons pour nous nourrir, nous déplacer, nous divertir.
Ils nous ont donné de l’argent et en retour, nous leur avons donné le monde. Là où il y avait des arbres qui purifiaient notre air, maintenant il y a des usines qui l’empoisonnent. Là où il y avait de l’eau bonne à boire, il y a des déchets toxiques qui puent. Là où les animaux couraient libres, il y a des élevages industriels où les animaux naissent et sont abattus à la chaîne, pour notre satisfaction. Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, bien que nous ayons assez de nourriture pour tout le monde. Où est-ce qu’elle part ? 70% des céréales que nous produisons pour l’alimentation sont utilisées pour nourrir et pour engraisser les animaux que nous mangeons pour le dîner. Pourquoi aiderions-nous les affamés? Ils ne génèrent aucun profit !
Nous sommes comme une peste balayant la Terre, détruisant l’environnement qui nous permet de vivre. Nous voyons tout comme quelque chose qui peut être vendu, comme un objet que nous pouvons détenir. Mais qu’est ce qui arrivera quand nous aurons pollué la dernière rivière, empoisonné le dernier souffle d’air, quand nous n’aurons plus de pétrole pour les camions qui nous apportent notre nourriture ? Quand allons-nous nous rendre compte que l’argent ne se mange pas, qu’il n’a pas de valeur ?
Nous ne sommes pas en train de détruire la planète : nous détruisons toute vie sur elle. Chaque année des milliers d’espèces disparaissent. Et le temps est compté avant que nous soyons l’espèce suivante. Si vous habitez en Amérique, vous avez une probabilité de 41% de développer un cancer. Les maladies du cœur vont tuer un Américain sur trois. On nous prescrit des médicaments pour faire face à ces problèmes mais les soins médicaux, eux-mêmes, sont la troisième cause de décès après le cancer et les maladies cardiaques. On nous dit que tout peut être résolu en donnant beaucoup d’argent à des scientifiques afin qu’ils puissent découvrir une pilule qui pourra résoudre tous nos problèmes. Mais les compagnies pharmaceutiques et les sociétés contre le cancer comptent sur notre souffrance pour faire du profit. Nous pensons que nous sommes à la recherche de remèdes mais, dans les faits, nous nous éloignons de trouver la cause de nos maux. Notre corps est le produit de ce que nous consommons mais la nourriture que nous mangeons est conçue uniquement dans un but lucratif. Nous nous gavons de produits chimiques toxiques. Les corps des animaux sont infestés par les médicaments et les maladies. Mais nous ne voyons pas cela. Le petit groupe de sociétés qui possèdent les médias ne veut pas que nous le réalisions. On nous raconte des balivernes et on nous dit que c’est la réalité.
C’est amusant de penser que l’homme croyait que la Terre était le centre de l’univers. Mais aujourd’hui, nous nous considérons comme le centre de la planète. Nous regardons notre technologie et nous nous disons que nous sommes les plus intelligents. Mais les ordinateurs, les voitures, et les usines nous montrent-ils que nous sommes très intelligents ? Ou bien montrent-ils à quel point nous sommes devenus paresseux. Nous nous sommes cachés sous le masque de « civilisés ». Mais quand on nous arrache ce masque, que sommes-nous ?
Comme nous oublions facilement qu’il y a moins de cent ans que nous permettons aux femmes de voter, que nous permettons aux noirs de vivre comme nos égaux. Nous agissons comme si nous étions des êtres omniscients, mais il y a beaucoup que nous ne voyons pas. Nous marchons dans les rues en ignorant toutes les petites choses. Les yeux qui nous regardent. Les histoires qu’ils racontent. Tout cela n’est qu’un décor pour Moi.
Peut-être craignons-nous de ne pas être seuls, de n’être qu’une partie d’un bien plus grand dessein. Mais nous ne parvenons pas à faire le lien. Nous sommes d’accord de tuer les cochons, les vaches, les poules, les étrangers de pays éloignés. Mais pas nos voisins, pas nos chiens, nos chats, pas ceux que nous avons appris à aimer et à comprendre. Nous appelons les autres créatures stupides mais nous les désignons comme responsables de nos actions. Mais le fait de tuer simplement parce que nous pouvons le faire, parce que nous l’avons toujours fait, cela nous en donne-t-il le droit ? Ou cela montre-t-il le peu de choses que nous avons apprises ? Nous continuons à agir en suivant nos pulsions d’agression primitive plutôt que de privilégier la réflexion et la compassion.
Un jour, cette sensation que nous appelons la vie va nous quitter. Notre corps va pourrir, nos objets de valeur seront récupérés. Les actions d’hier seront tout ce qui restera. La mort nous entoure constamment et pourtant elle semble tellement éloignée de notre réalité quotidienne. Nous vivons dans un monde sur le point de s’effondrer. Il n’y aura pas de gagnants dans les guerres de demain car la violence ne sera jamais la réponse. Elle va détruire toutes les solutions possibles.
Si nous examinons nos désirs les plus profonds, nous voyons que nos rêves ne sont pas si différents. Nous partageons un objectif commun : le bonheur. Nous dévastons le monde à la recherche de la joie, sans jamais regarder en nous-mêmes. Beaucoup des personnes les plus heureuses sont celles qui possèdent le moins. Sommes-nous vraiment si heureux avec nos iPhones, nos grandes maisons, nos voitures pour frimer ?
Nous sommes devenus déconnectés. Nous idolâtrons des personnes que nous n’avons jamais rencontrées. Nous assistons à des choses extraordinaires sur les écrans mais, partout ailleurs, il n’y a que de l’ordinaire. Nous attendons que quelqu’un apporte du changement sans même envisager de nous changer nous-mêmes.
Les élections présidentielles pourraient aussi bien se jouer à pile ou face. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Nous choisissons le visage que nous voulons et l’illusion du choix, du changement est ainsi créée. Mais le monde reste le même. Nous ne parvenons pas à réaliser que les politiciens ne nous servent pas ; ils servent ceux qui les ont financés pour arriver au pouvoir.
Nous avons besoin de leaders, pas des politiciens. Mais dans ce monde de suiveurs, nous avons oublié de nous diriger nous-mêmes. Cessez d’attendre le changement et soyez le changement que vous voulez voir advenir. Nous ne sommes pas arrivés au point où nous en sommes en restant assis sur notre cul. Le genre humain a survécu non pas parce que nous sommes les plus rapides ou les plus forts, mais parce que nous avons travaillé ensemble.
Nous avons maîtrisé l’acte de tuer. Maintenant, nous allons maîtriser la joie de vivre.
La question n’est pas de sauver la planète. La planète sera toujours là que nous y soyons encore ou pas. La Terre est là depuis des milliards d’années et chacun de nous aura la chance s’il vit quatre-vingts ans. Nous sommes un éclair dans le temps mais notre impact sera là pour toujours.
« J’ai souvent désiré vivre à une époque où les ordinateurs n’existaient pas encore, quand nous n’avions pas des écrans pour nous distraire. Mais je me rends compte qu’il y a une raison pour laquelle c’est maintenant que je veux être en vie. C’est parce qu’aujourd’hui, une opportunité nous est offerte que nous n’avions jamais eue auparavant. »
Internet nous donne le pouvoir de partager un message et d’unir des millions de personnes dans le monde.
« Tant que nous le pouvons encore, nous devons utiliser nos écrans pour nous rapprocher, plutôt que de nous éloigner les uns des autres. »
Pour le meilleur ou pour le pire, notre génération va déterminer l’avenir de la vie sur cette planète. Nous pouvons soit continuer à servir ce système de destruction jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de notre existence. Ou nous pouvons nous réveiller, nous rendre compte que nous ne sommes pas en train d’évoluer vers le haut mais plutôt de tomber… nous avons juste ces écrans devant nos visages et nous ne voyons pas où nous nous dirigeons.
Le moment présent est celui où chaque pas, chaque respiration et chaque mort nous a conduits. Nous sommes les visages de tous ceux qui ont vécu avant nous. Et maintenant c’est notre tour. Vous pouvez choisir de tailler votre propre chemin ou suivre la route que d’innombrables autres ont déjà prise.
La vie n’est pas un film. Le scénario n’est pas encore écrit. Nous sommes les auteurs.
C’est votre histoire, leur histoire, notre histoire

 

*** Nous avions consacré un billet à ces deux « choses durables » ici :  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/22/deux-choses-eternelles/

 

La Bible, « super-manne » pour Hollywood : bientôt trois suites et un spin-off

Après la série « The Bible » adaptée au cinéma, « Noé », « Exodus : Gods & Kings »…..2016 sera-t-elle « l’année de la Bible bis » ?

Cela faisait plusieurs siècles que les fans de la série l’attendaient, Hollywood vient d’annoncer la mise en production de trois suites et d’un spin-off à la Bible. Le premier, sous la forme d’un long-métrage, devrait sortir dans les salles à l’été 2016, tandis qu’un spin-off  centré autour d’un personnage secondaire devrait voir le jour d’ici la fin de l’été. Reportage.

C’est Harvey Wenstein, le célèbre producteur, qui a annoncé ce matin dans une conférence de presse avoir enfin lancé la production de trois suites avec un premier opus,  La Bible 2 : le testament inédit. Un projet que le producteur gardait dans ses cartons depuis plusieurs années.

En savoir plus ici.

 

« Que celui qui lit comprenne »(Matt.24v15)