Quel est le premier livre à lire en tant que chrétien ?

« Lire de vrais livres – et surtout LE Livre des livres – nécessite une certaine humilité – et de l’écoute – de la part du lecteur ! » (Source image : public domain pictures)

Voici une question qui revient souvent, conduisant certains internautes sur ce blogue : « quel est le premier livre à lire en tant que chrétien ? » Réponse : La Bible, bien sûr !

Certes, mais comment débuter avec ce livre qui peut rebuter ? Car la Bible n’est pas « un livre » (comprendre : « comme un roman », qui se lit du début à la fin), mais une véritable bibliothèque !Voici donc quelques pistes pour débuter un parcours avec LE livre des livres, lequel comprend deux parties : l’Ancien Testament et le Nouveau Testament : 

Tout d’abord, être chrétien, c’est comprendre toute la Bible, la Parole de Dieu, à partir de ce que Jésus a fait pour nous, les humains. En toute logique, votre première lecture sera donc un Évangile [« la bonne nouvelle » ou « la meilleure des nouvelles »], un récit de la vie de Jésus. On trouve quatre Evangiles dans la Bible, au début du Nouveau Testament : les Evangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. Marc est généralement recommandé en premier : il est assez court, contient peu de discours de Jésus et beaucoup d’actions. Il entre d’emblée dans le vif du sujet, sans parler de la naissance de Jésus. C’est pourquoi il peut frustrer celui qui « en veut plus ». L’évangile selon Jean se démarque des trois autres par son approche particulière, laquelle peut surprendre. On dit aussi que c’est l’évangile de l’amour. Son auteur – un témoin de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus- précise son intention de développer la foi de ses lecteurs et pars du principe que les principaux événements de la vie de Jésus-Christ sont déjà connus de ces derniers. Je le recommanderai donc en second. C’est ainsi que Matthieu (écrit par un autre témoin de Jésus, qui contient pas mal de paraboles ou histoires racontées par Jésus) ou Luc sont probablement de meilleurs points de départ.  Cet évangile, écrit par un médecin et un historien, est d’ailleurs le plus complet qui soit de la vie de Jésus. 

Les épîtres (ou lettres) du Nouveau Testament exposent le contenu de la foi des premiers chrétiens. Ecrites par les apôtres Paul, Pierre, Jacques, Jean et Jude à des communautés chrétiennes ou à des individus, les épîtres peuvent nous aider à comprendre en quoi la vie, la mort et la résurrection de Jésus peuvent changer notre vie, aujourd’hui. Après la lecture des Evangiles, il est possible de commencer par les épîtres les plus courtes [Je recommande, par exemple, les trois petites – mais ô combien fondamentales – lettres de Jean ; puis celles de Paul écrites aux Galates, aux Philippiens – une lettre très affectueuse, avant de lire sa première lettre aux Corinthiens ; et les deux de Pierre, pleines d’espérance], dans une traduction simple, comme la version « Parole de vie », la NFC ou la Semeur.

A ce stade, il est temps d’entreprendre la lecture de l’Ancien Testament, qui raconte ce qui est advenu entre Dieu et les hommes avant la venue de Jésus. Sa lecture est donc importante pour tout chrétien. Je recommande de commencer par la section « des autres écrits » ou « livres poétiques/de sagesse », dont la portée est particulièrement universelle : on y trouve des exemples de prières, avec les Psaumes, ainsi que des conseils pratiques avec les Proverbes (il y en a 31, soit un chapitre par jour de chaque mois) et des réflexions « existentielles » sur le sens de la vie ou l’énigme de la souffrance du juste (Ecclésiaste, Job), mais aussi un beau poème d’amour (Le Cantique des cantiques)….Il est frappant de constater que des textes dérangeants ou pouvant paraître « osé » – tels les interpellations de Job, très éprouvé, ou les cris vengeurs du psalmiste, l’un et l’autre tutoyant Dieu, ou encore le langage intime, franc mais pur du Cantique des cantiques – n’ont pas été « censurés » dans la Bible.
Ensuite, l’on peut enchaîner avec les livres qui nous parlent de la condition de l’homme qui veut vivre sans Dieu (Genèse 1-11), mais aussi de la promesse de Dieu d’envoyer un sauveur pour que l’humain soit réconcilié avec Lui (Esaïe 9 ou 53) ; avant de poursuivre avec ceux qui nous racontent ce que Dieu a fait, à travers les âges, pour appeler, sauver son peuple esclave en Egypte et lui donner des repères nécessaires pour vivre la liberté (l’Exode et le Deutéronome, le livre de la « seconde génération » qui n’a pas connu la sortie d’Egypte).

Pour apprendre comment est né la première Eglise, ou l’histoire de ceux qui ont cru, se sont organisés et ont annoncé Jésus après sa mort, sa résurrection et son ascension, il convient de retourner dans le Nouveau Testament pour lire les Actes des Apôtres, écrit par Luc, qui est la suite directe de l’Evangile du même auteur. 
Enfin, pour toute question sur la fin de l’histoire, le livre de l’Apocalypse est judicieux : le dernier livre de la Bible veut en effet dire, non pas « catastrophe », mais « révélation », celle de Jésus-Christ !  


Le lecture de la Bible n’est pas toujours aisée. Mais vous pouvez humblement demander avec confiance à Dieu, dans la prière, de vous éclairer par son Esprit : il vous sera alors donné de comprendre bien des choses sur Dieu et sur vous-même. Ne vous inquiétez pas de ce que vous ne comprenez pas pour le moment…réjouissez-vous de ce que vous comprenez et n’hésitez pas à rejoindre une communauté chrétienne pour apprendre de vos frères et sœurs dans la foi.

La lecture de la Bible, Parole de Dieu aura probablement deux effets sur vous : car la Bible est avant tout un sujet agissant qui nous interroge, interpelle, console ; c’est par elle que Dieu nous fait découvrir nos limites, donne naissance à la foi et nous oriente dans nos choix de vie. La Parole de Dieu peut « exiger » et « accuser » (nous corriger), ou elle peut « consoler » et « promettre » (nous mettre debout). C’est ainsi que la Bible est « loi et Evangile » : elle nous enseigne ce qui est juste et agréable à Dieu et qui condamne tout ce qui est péché, tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu. Elle apprend également à celui qui n’a pas observé la Loi et qui est condamné par elle, ce qu’il doit croire, à savoir que le Christ a expié tous les péchés et a acquis et obtenu pour l’homme, sans aucun mérite de la part de celui-ci, la rémission des péchés, la justice valable devant Dieu et la vie éternelle. 
La Bible est donc « loi et évangile », ou les deux façons de Dieu de s’adresser à l’homme. L’une et l’autre vont ensemble. Car « la loi sans l’Evangile mène soit à la justification par les œuvres, soit au désespoir. L’Evangile sans la loi n’est plus l’Evangile, il est réponse sans question, grâce sans jugement » (D’après Karsten Lehmkühler).

En vous souhaitant tout le bonheur voulu dans votre parcours de lecture !


A lire, ces témoignages de lectrices et de lecteurs de la Bible, chacune et chacun nous parlant de son « livre préféré ».
En parallèle de la Bible, d’autres lectures utiles sont conseillées ici et . Sachant que « tout m’est permis », mais « tout n’est pas utile », « tout n’édifie pas », et « je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit ». (1 Cor. 6v12 ; 10v23).Le seul livre qui fait autorité en matière de foi et de vie pour le chrétien, et dans lequel Dieu se fait connaître personnellement à moi, lecteur, c’est la Bible, laquelle est « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne. » (2 Tim. 3 / 16-17).

 

(Inspi pour la structure de cet article : d’après la réponse à une question posée par un internaute sur 1001questions.fr)

« Ce pain vous rappellera que vous avez quitté l’Egypte très vite » (Deut.16v3)

Pessah Matsa par Marina Shemesh

« Au repas de la fête, vous mangerez seulement du pain sans levain. Vous mangerez de ce pain pendant sept jours, et il vous rappellera que vous avez quitté l’Égypte très vite. En mangeant ce pain de misère, vous vous souviendrez pendant toute votre vie du jour où vous êtes sortis d’Égypte ». (Deut.16v3)

Ce samedi soir, 27 mars, débute la fête biblique de Pessah (Pâque), laquelle se déroule jusqu’au dimanche soir 04 avril. A noter que la fin de la fête coïncide avec le jour de la « fête chrétienne » de Pâques.

A l’instar du plus jeune de l’assistance, vous (vous) poserez sans doute cette question : « pourquoi cette fête ? Qu’est-ce que cela veut dire ? »

De là la réponse : cette fête est la Pâque, une fête de la Bible [Exode 115] qui raconte l’histoire d’un passage, d’une sortie et d’une naissance d’un peuple. Ceux qui fêtent la Pâque se souviennent, pour ne jamais oublier, de Celui qui les a fait sortir : « Je suis l’Eternel  ton Dieu, Celui qui t’a fait sortir d’Egypte, du pays où tu étais esclave », du pays où tu étais très à l’étroit et très angoissé (Exode 20v2), pour vivre une vie nouvelle, abondante et débordante.

A l’instar du plus jeune, encore, vous (vous) poserez sans doute cette autre question : « pourquoi mangeons-nous [lors de cette fête] des choses que nous ne mangeons pas d’habitude ? »

Durant le repas de cette fête, l’on mange ce qu’ont mangé les israélites la première nuit de la Pâque (Exode 12), avec d’autres choses rajoutées :

1) Des herbes amères, pour se souvenir que les conditions d’esclavage du peuple en Egypte n’étaient pas drôles du tout. Le peuple était même à « à l’étroit » en Egypte. Ils ne s’arrêtaient jamais de travailler. Imaginez : tous les jours, pendant des heures, sous le soleil brûlant, des milliers d’hébreux devaient fabriquer des briques, des briques et des briques pour le pharaon, pour construire des villes. Ils n’avaient jamais le temps de faire une fête pour Dieu. Vous-mêmes, si vous ne savez jamais vous arrêter, c’est peut-être le signe que vous êtes « restés (ou revenus) en Egypte » !

2) Pour se rappeler ces briques que les Hébreux devaient fabriquer, on mange aussi le « harosset », composé de pâte d’amande de noix, de pommes et de dattes. C’est doux, parce que le peuple s’était habitué à vivre en Egypte, après 430 ans.

3) De l’agneau rôti, pour se souvenir de celui qu’ont mangé les israélites cette première nuit de la sortie d’Egypte. Et cette fameuse nuit, où l’Eternel a frappé les premiers nés de l’Egypte (Ex.11v4-8, 12v29-30), le peuple était confiné : Dieu avait donné à tous l’interdiction formelle de quitter leurs maisons, seuls lieux sûrs cette nuit-là, car marquées par le sang de l’agneau pascal sacrifié (Ex.12v21-28). Dieu a vu le sang sur les portes, ce signe manifeste que du sang a déjà coulé. Il n’est plus besoin de faire couler du sang à nouveau. Dieu a passé au-dessus de leurs maisons sans s’arrêter et il a protégé les familles des Hébreux. De là le nom de la fête : « pessah », « pâque », « passer par-dessus ».

4) Des pains sans levain : Pendant la fête de la Pâque, on ne mange pas de pain et d’aliment à base de levain. On ne devait même pas trouver de levain dans la maison. Avant la fête, on nettoie toute la maison pour être sûr qu’il n’y a plus de levain. On mange des pains sans levain pour se rappeler que le peuple était parti très, très vite d’Egypte, tellement vite qu’ils n’ont pas eu le temps de laisser lever le pain et que ce sont des galettes d’eau et de farine qu’ils ont mangé la nuit de leur libération. Ils ont mangé debout, à la va-vite, parce qu’ils allaient vite, vite quitter l’Egypte cette nuit-là.

Pourquoi sont-ils sortis très vite ?

Parce que les Egyptiens, terrifiés, les ont chassé d’Egypte : Ils ont eu très peur après la dixième plaie et ils ont eu très peur d’une onzième plaie. Dix fois, le Pharaon d’Egypte avait été forcé de libérer le peuple [parce que Dieu envoyait des plaies], dix fois le Pharaon était revenu sur sa parole [une fois la plaie arrêtée] : « une fois oui, une fois non. Une fois oui, une fois non. Une fois oui, une fois non…. », pour enfin dire OUI ! après la dernière plaie. « Les Egyptiens pressaient le peuple, et avaient hâte de le renvoyer du pays, car ils disaient [terrifiés par la dernière plaie et à l’idée de subir d’autres plaies] : Nous périrons tous. Le peuple emporta sa pâte avant qu’elle fût levée… » (Exode 12v33-34).

Parce qu’il n’y avait pas de temps à perdre. Ce n’était plus le moment de réfléchir en se demandant si c’est une bonne idée ou une mauvaise idée de partir. Et surtout, parce que le peuple, esclave pendant 430 ans en Egypte s’était habitué à la vie en Egypte : « c’est parfois dur, mais la vie n’était pas si mal après tout. On mangeait de bonnes choses… ». Si Dieu avait demandé son avis au peuple s’il voulait partir ou rester, le peuple aurait dit qu’il voulait plutôt rester en Egypte. C’est pourquoi Dieu l’a fait sortir très vite.

Enfin, on ne mange pas de levain, parce que le levain, c’est ce qui fait gonfler la pâte : on dit bien « gonflé d’orgueil ».

C’est là le reproche et l’avertissement de l’apôtre Paul, s’adressant aux chrétiens de Corinthe dans 1 Cor.5v6-8 : « Vous avez bien tort d’être pleins d’orgueil ! Un peu de levain fait lever toute la pâte, vous ne savez donc pas cela ? Enlevez le vieux levain du péché pour devenir purs. Alors, vous serez comme une pâte nouvelle et sans levain, ce que vous êtes déjà. En effet, le Christ a été offert en sacrifice, comme notre agneau de Pâque. Fêtons donc la Pâque, non pas avec du pain fait avec du vieux levain, le levain des mauvaises actions et du mal. Mais avec du pain sans levain, avec un cœur pur et sincère ».

« Faire la fête (de la Pâque) en mangeant des pains sans levain illustre une rupture avec l’ancienne vie : en Christ, nous voyons les choses d’une manière toute nouvelle : non plus, « je nais, je vis, je meurs » mais « je meurs, je vis » la vie (nouvelle) après la vie (cette vie). Non plus : « c’était mieux avant, maintenant c’est de pire en pire » mais « avant, c’était l’amertume de l’esclavage, maintenant c’est la joie de la libération » ; « avant, il y avait des sacrifices sans fin pour plaire à Dieu, et puis Jésus vint comme le sacrifice ultime, mettant fin à tous ces sacrifices ».

Jésus, c’est « l’agneau de Dieu [comme l’agneau de la Pâque] qui enlève le péché du monde », notre péché, pour que nous soyons pardonnés, réconciliés avec Dieu, et pour que nous vivions une vie nouvelle, débordante, et une relation nouvelle avec Dieu qui nous aime tant.

5) Enfin, durant le repas de cette fête, on boit en plus des verres pleins de fruit de la vigne, pour dire merci à Dieu pour sa délivrance et pour nous avoir donné une vie débordante : plus de tristesse ! De la joie !

A la fin du repas, on remercie Dieu en disant des prières et en chantant [les psaumes 113 à 118. et le psaume 136], en dansant. Ceux qui chantent et ceux qui dansent se souviennent ainsi que Dieu les a fait sortir du pays où ils étaient très à l’étroit et très angoissés.

« Sortir », c’est une libération et une naissance :

« Je t’ai fait sortir (d’Egypte) », dit Dieu : c’est une libération et une naissance (comme se trouver projeté à l’air libre).

Ils se souviennent aussi pourquoi Dieu les a fait sortir.  Ils sont sortis pour servir Dieu et pour annoncer la victoire de leur libérateur sur leurs oppresseurs. Ce libérateur, c’est Jésus, mort et ressuscité, dont le nom signifie « Dieu sauve » et « Dieu élargit » du pays de l’étroitesse et de l’angoisse.

Hag Pessah Sameah ! [Bonne fête de Pâque !]

« Car nous sommes sans pouvoir contre la vérité »

« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

« Nous avons dit non aux procédés secrets et honteux, nous nous conduisons sans fourberie, et nous ne falsifions pas la parole de Dieu, bien au contraire, c’est en manifestant la vérité que nous nous recommandons nous-mêmes devant Dieu à la confiance de tous ». (2 Cor.4v2)

« Car nous sommes sans pouvoir contre la vérité, nous n’en avons que pour la vérité » (2 Cor.13v8).

En attendant « Pessah », le passage (à l’heure d’été)

« Veillez donc, car vous ne savez ni le jour, ni l’heure », dit Jésus dans une parabole, pour nous encourager à nous préparer à Son retour soudain.

« Une invitation à remettre les pendules à l’heure »

Ceci dit, si vous ne savez « ni le jour, ni l’heure » du retour de Jésus (« seul le Père le connaît »), et alors qu’ont lieu actuellement les préparatifs de la fête biblique de « Pessah » (Pâque ou « passage », qui commence samedi), vous pouvez déjà vous préparer….au passage à l’heure d’été, qui aura lieu ce weekend !

Comment nous y préparer ?

En avançant nos montres, pendules et réveils d’une heure dans la nuit de samedi à dimanche (à 2H du matin il sera donc 3H).

Un album et un manga pour nous sensibiliser au retour de Jésus

Le Maître revient ! Ses serviteurs qui l’ont attendu auront « une très grande surprise » !

Jésus nous surprend toujours, car il n’est jamais là où on l’attend : par exemple, Lui, le créateur de l’Univers, est venu sur Terre – surprise ! – comme un bébé ! Et alors que le peuple de Dieu attendait un libérateur charismatique, venu chasser l’envahisseur, Il a eu la surprise de découvrir un curieux Messie, qui « n’avait ni la beauté ni le prestige qui attirent les regards.  Son apparence n’avait rien pour plaire » (Es.53v2) !

Jésus est décidemment bien surprenant….mais ceux qui lui appartiennent et déclarent le servir, Lui « le Seigneur et le Maître », se préparent à l’accueillir, lorsqu’Il reviendra. Un magnifique album nous rapporte une histoire jadis racontée par Jésus, lequel nous explique comment l’attendre. Au final, « une très grande surprise » attend ces serviteurs…qui ne s’y attendaient pas, comme les auditeurs d’hier de l’histoire !
Et nous, lecteurs d’aujourd’hui ? Comment serons-nous surpris ?
[En bref : Jésus et la très grande surprise, de Catalina Echeverri. BLF éditions, 2021]
Jésus est encore plus surprenant dans ce manga, le dernier de la série « La Bible en manga », édité par BLF et disponible depuis le 17 mars 2021 : dans cette adaptation réussie de « l’Apocalypse » de Jean, Il apparaît en effet, non plus comme « l’humble charpentier » ou « le Roi serviteur », mais comme « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs », dans toute sa Majesté.

« Majesté » : un manga « dédié à tous ceux qui attendent l’élu », tel qu’il est annoncé et présenté dans les Ecritures bibliques.

Le livre de « l’Apocalypse », que l’on pourrait qualifier de « science fiction » de la littérature biblique, vient conclure la Bible de manière déroutante. Comme tout genre apocalyptique, il contient des images et des symboles, donnant à lire un code difficile à déchiffrer, d’où le pari risqué d’adapter un tel livre en BD. Face à ce défi, comme nous l’explique l’éditeur, les auteurs du Manga ont fait le choix de limiter au strict minimum les interprétations du texte et de raconter au maximum la vision telle que l’apôtre Jean l’a reçue. Ce qu’on perd en lisibilité, on gagne en fidélité au texte biblique, avec quelques petites adaptations nécessaires dans le texte. A noter une annexe bienvenue nous donnant une vue d’ensemble synthétique du déroulé de « l’Apocalypse ».

« Majesté » débute par une introduction – non présente dans le livre de l’Apocalypse –  qui a pour but de contextualiser ce que nous allons voir : après la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus-Christ, ses disciples propagent Sa Bonne Nouvelle dans le monde entier. Ils se heurtent à l’opposition des autorités religieuses juives et de l’empire romain, qui contre-attaque – le pouvoir impérial exigeant de tous les citoyens qu’ils lui rendent un culte. Les chrétiens, ne connaissant que le Christ comme Seigneur, s’exposent de fait à des persécutions, se voyant exclure de la vie sociale et économique, au point où ils (se) demandent « où est Dieu » et si ce n’est pas là « la fin de l’histoire » et le triomphe du pouvoir romain et des puissances du mal. « Apocalypse Now » ?
Heureusement, « Apocalypse » ne signifie pas du tout « catastrophes/cataclysmes/effondrement » mais
« révélation/dévoilement » de Jésus-Christ. Il contient en effet « les réalités cachées que Jésus-Christ a fait connaître clairement. Dieu lui a fait connaître ces réalités, pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. Le Christ les a fait comprendre à son serviteur Jean en lui envoyant son ange. Voici ce que Jean a affirmé : tout ce que j’ai vu, c’est bien la parole de Dieu, et c’est bien le témoignage de Jésus-Christ ». (Apoc.1v1-2)
Le manga « Majesté », dédié « à tous ceux qui attendent l’élu » tel qu’il est annoncé et présenté dans les Ecritures bibliques [pour ne pas se tromper et attendre « d’autres élu(e)s »], nous donne un rendu en images assez impressionnant des visions de l’Apocalypse – un livre déjà assez visuel – quoique celles-ci devaient être encore plus impressionnantes pour Jean, lorsqu’il les a reçues un certain dimanche, sur l’île de Patmos où il était exilé.
Mais le parti pris graphique, impressionnant, n’est pas qu’inquiétant : certaines planches sont mêmes lumineuses, pour nous dévoiler le mystère de la présence de Dieu dans ce monde, en toutes circonstances, y compris dans les temps d’épreuves où tout semble perdu pour le peuple de Dieu.
C’est ainsi que ce livre, qui nous parle de l’avenir, garde toute son actualité pour notre présent, en particulier du présent de tout croyant, aujourd’hui aux prises avec l’incompréhension, l’incertitude, l’illusion, la tromperie, l’injustice mais aussi l’espérance et la présence de Dieu. Face aux prétendues « révélations » sur « ce qui se passe en ce moment » ou « la fin des temps », « l’Apocalypse » est LA révélation de Jésus-Christ, qui, loin de susciter le fatalisme, le cynisme ou l’indignation stérile, constitue un message d’espérance et une bonne nouvelle pour tous ceux qui souffrent pour leur foi. En effet, les chrétiens, en « témoins fidèles et véritables », n’adorent que Dieu et refusent d’adorer, d’accorder leur loyauté ou de sacraliser tout pouvoir (qu’il soit politique, idéologique, religieux ou économique…) prétendant prendre la place du Dieu véritable dans le coeur et la vie des hommes. Ils savent que leur loyauté et leur fidélité à Jésus-Christ peuvent les exposer à être marginalisés ou persécutés (jusqu’à la mort), quand ils refusent les compromis, les mensonges et les injustices auxquels ces pouvoirs cherchent à les entraîner.
Mais au final, l’Apocalypse proclame la victoire et le règne du Christ crucifié, ressuscité et glorifié, à laquelle ceux qui lui appartiennent sont associés.
C’est pourquoi, « il est heureux, celui qui lit ce livre ! [en écho au début du psaume 1 et aux béatitudes de l’Evangile selon Matthieu] Ils sont heureux, ceux qui écoutent ces paroles venues de Dieu et qui obéissent aux choses écrites ici ! Oui, le moment fixé pour ces événements est bientôt là » (Apoc.1v3).
C’est tout le bonheur que je puisse vous souhaiter !
[En bref : Manga. Majesté (vol.6) : le combat apocalyptique de l’élu, de Ryo Azumi. BLF éditions, 2021]
Ouvrages reçus gracieusement en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie.

« Le guichet sait déjà »

Certains considèrent leur religion comme « un crédit » acquis en haut, obtenu au « guichet » de Dieu, auquel ils se rendent régulièrement pour solliciter quelque chose… (Source image : public domain pictures)

L’écrivain allemand Heinrich Heine (1797-1856) parle dans son livre « idées » de l’époque où, jeune, il apprenait le français, rapporte Erri de Luca(1). « Un jour, son maître lui demanda six fois de suite comment on disait « glaube », foi, en français. Et six fois de suite, d’une voix brisée par les larmes, le jeune Heine répondit : « le crédit ».

A la septième, le maître, rouge comme un coq, s’écria : « on dit religion ! » Et il fit pleuvoir des coups sur son dos sous les ricanements de la classe. En conclusion, Heine dit que lorsqu’il entend ce mot-là , ses joues s’empourprent et un frisson de terreur parcourt son échine.

L’erreur quelque peu comique de l’écrivain a pu être contagieuse. Certains considèrent leur religion comme un « crédit » acquis en haut, obtenu au « guichet » de Dieu, auquel ils se rendent régulièrement pour solliciter quelque chose. Comme les requêtes sont abondantes, ils se rendent dans les nombreuses chapelles des saints munis d’une liste de demandes de grâces qui vont de la note en classe à l’emploi, de la fortune en amour au succès sportif…..Cela tient plutôt du crédit que de la religion ».

Et lorsque la prière est tellement centrée sur elle-même ou sur celui qui prie, au point que celui avec qui je suis censé être en relation ne compte plus, alors ce n’est déjà plus une prière….Or, prier ne devrait être qu’une façon de s’adresser à Dieu, sans rien demander. « Car Dieu votre Père sait de quoi vous avez besoin, avant même que vous le lui demandiez », rappelle Matt.6v8. « C’est ce que dit Jésus lorsqu’il enseigne comment prier et réciter pour la première fois le Notre Père. Le guichet sait déjà »(1).

A mille lieux du « deal avec l’invisible », en vue d’en retirer quelque avantage, « la prière est le principal moyen d’expression de la vraie foi »(2), que nous accueillons avec reconnaissance, et le principal moyen de la confiance authentique dans le Dieu vivant et vrai, lequel est un Dieu relationnel parce que « Trine », Père, Fils, Saint-Esprit.

 

Notes :

(1)De Luca, Erri. Crédit IN Alzaia. Rivages, 1998 (Bibliothèque Rivages), pp 49-50.

(2) Comme le rappelle Michael Reeves dans « Retrouver la joie de prier », citant une expression de Jean Calvin.

 

 

« Ceux qui sont remplis de l’Esprit se parlent »

La convivialité retrouvée ou comment parler ensemble de ce qui est édifiant et encourageant.
Affiche du film « Jimmy’s Hall » de Ken Loach, (2014)

Ceux qui sont remplis de l’Esprit se parlent et s’encouragent…..« par des psaumes, des hymnes et des cantiques spirituels », nous dit l’Ecriture. Ils chantent et célèbrent le Seigneur de tout leur cœur…. (Eph.5v18-19).

Et quitte à parler ensemble, profitez-en pour parler de Pep’s café! autour de vous.

Invitez vos amis, à l’heure du café du matin ou de l’après-midi, à prendre le temps d’une pause « Pep’s café! » sur ce blogue d’édification, deux à trois fois dans la semaine [mercredi, vendredi et samedi], pour échanger, partager, discuter, se laisser surprendre…. et découvrir à quel point Jésus-Christ est le « Dieu sauveur » et le « Dieu qui élargit », non seulement « hier », mais « aujourd’hui » et « toujours », comme à découvrir à quel point Il est concerné par toutes les réalités de la vie, et qu’il n’y a pas de domaine où il ne règne pas !

Pep’s café! : un blogue diversifié, proposant fidèlement, depuis 2013, des articles documentés et de fond et invitant très simplement son lecteur à pousser sa réflexion un peu plus loin ; un blogue témoignant d’une manière de parler de la foi, de sa foi.

Parmi les articles proposés : des méditations et études bibliques, des encouragements et conseils pour lire et étudier la Bible seul ou en groupe, des rencontres/grands entretiens avec des personnes engagées, des articles culturels et des analyses sur ce qu’est (s’)informer dans une perspective chrétienne, une revue de presse bimestrielle…..

 

En bonus, voici quelques heureuses (ou résultats de) rencontres avec des personnes engagées : 

Dans les coulisses de « Promesses », revue de réflexion biblique

« Ils ont aimé leur prochain », 4 ans après : interview exclusive de Nicolas Fouquet

Pep’s café a lu « un tête de nuage et vu son auteur, Erri de Luca

« Une année de grâce » : genèse d’un recueil de méditations quotidiennes

Ce que l’Eglise, communauté chrétienne, peut apporter à la génération Z : compte-rendu d’atelier

Et avec des témoignages de l’actualité de la Bible dans une vie

 

Dans la joie de vous lire prochainement !

« Informer, c’est choisir » : Rendez-vous avec un média indépendant pour comprendre comment

Bien informer ou l’art des choix. Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« Informer, c’est choisir ! » Et « choisir, c’est faire un beau geste », dit-on dans le monde des médias et du journalisme.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Bref, vous en avez marre de l’info commentée ?

Marre des patchworks d’éditos et de billets d’humeur, où le ressenti prend le pas sur l’information…. ?

Marre du « bâtonnage de dépêches » [symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, qui consiste à réécrire une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge et, au besoin, en rhabillant les titres, de façon à orienter la lecture dans un sens contraire au contenu initial…] ?

Marre de médias ou de newsletters prétendant à la « réinformation », substituant sa propre propagande sous prétexte d’en chasser une autre (supposée), se voulant mordant mais confondant l’ironie avec la diatribe ? Autant d’ « invitations au voyage », où « le LSD du jour » dérive en mauvais trip…

Enfin, marre de sites qui « ne nous informent pas » mais qui « affirment » les choses, ou prétendent « confirmer ce que l’on sait (ou croit savoir) déjà ?

Moi aussi. Mais n’en restons pas là.

Ce mercredi soir 17/03, 18h45, est l’occasion de rencontrer l’équipe de Brief Me pour découvrir les coulisses de ce média indépendant que je teste actuellement et qui nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes.

Ainsi, comment la rédaction de Brief Me choisit-elle les sujets ? Qui sont ses journalistes ? Comment fonctionne un média indépendant ?….Toutes les questions pourront être posées à l’équipe qui sera réunie pour nous, en direct sur Facebook et Youtube, ce mercredi 17 mars à 18h45.

Vous n’avez pas encore essayé Brief Me ? C’est le moment de le faire gratuitement et sans engagement ici, pendant 45 jours, pour mieux se rendre compte de la qualité du service.

 

 

Ce qui intéresse Dieu n’est pas pour qui tu votes ou comment ton groupe est appelé

Qu’est-ce qui fait ta réputation ? Ta loyauté à un leader politique ou ton appartenance à un groupe ? Ou d’être connu comme quelqu’un qui connaît Jésus et, surtout, est connu de Lui ?

Suite à la publication par le CNEF sur sa page Facebook (03/03/21) de cette Lettre ouverte de représentants d’Églises évangéliques américaines, condamnant la « radicalisation » de certains chrétiens (1), j’ai trouvé interpellant, pour ne pas dire inquiétant, certaines réactions d’internautes plutôt curieuses.

Parmi ces réactions [notamment de la part de théologiens/jeunes étudiants en théologie], nous lisons certaines revendications identitaires « d’étiquettes », protestations/indignations/reproches au CNEF pour avoir « osé » publier un tel sujet, justifications de certains votes, ou même déni de réalité [en gros, « il ne s’est rien passé » au Capitole le 06/01/21] (2).

En réalité, nous nous fichons « royalement » [pour parler comme ceux qui déclarent qu’ils ne sont pas « républicains »] de ces revendications et justifications d’internautes publiées en réaction sur la page FB du CNEF. Ce qui devrait nous intéresser, à l’instar de Bonnie Kristian dans un excellent article de Christianity Today traduit en français(3), « ce n’est pas de savoir qui obtient nos votes ou comment nous sommes appelés [voire, nos prétentions à certaines postures identitaires restrictives et exclusives], mais plutôt comment se fait-il qu’un groupe de chrétiens puisse si facilement – et si rapidement – devenir aussi fortement associé à une autre personne [ou à tout autre nom ou « isme » et « iste »] que le Christ », au point où il serait « tabou » d’oser une simple remise en question ou une dénonciation.

En témoignent les curieuses réactions sur la page FB du CNEF citée plus haut, révélatrices d’une sacralisation de certains noms (ou idée/idéologie), élevant ces derniers plus haut que Dieu, au point où en parler serait les « profaner » [quand ce ne serait pas « blasphématoire »], ce qui ne devrait pas manquer de nous inquiéter.

« Qu’est-ce que cela dit de nous si le premier nom qui vient à l’esprit de nos voisins lorsqu’ils entendent « évangélique » [ou « chrétien »] n’est pas « Jésus » ?  Certes, s’inquiéter de notre réputation peut sembler frivole. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5.29). Le verdict de Dieu à notre égard passe avant les moqueries ou les éloges des autres.

Mais la Bible se préoccupe aussi de la réputation. « Ayez une bonne conduite au milieu des païens. Ainsi, dans les domaines mêmes où ils vous calomnient en vous accusant de faire le mal, ils verront vos bonnes actions et loueront Dieu le jour où il interviendra dans leur vie » (1 P 2.12). Le proverbe dit : « Bon renom vaut mieux que grandes richesses » (Pr 22.1). Et la volonté de Jésus à cet égard est évidente quand il dit que c’est par notre amour les uns pour les autres que « tous connaîtront » qui nous sommes (Jn 13.35).  Le fait que des chrétiens aient acquis une mauvaise réputation n’est pas nécessairement un signe de désobéissance à ces commandements. On se rappellera que l’église primitive a été accusée d’athéisme (pour avoir refusé d’adorer des idoles), de cannibalisme (pour avoir pris la Cène) et d’inceste (pour avoir appelé leur conjoint « frère » ou « sœur » en Christ). Une critique, rapportée par un écrivain chrétien du troisième siècle nommé Minucius Felix, qualifiait l’église de « faction infâme et désespérée » issue de « la lie du peuple » et « s’attaqu[ant] impunément aux dieux ».

Mais il y a tout de même un fossé béant entre la mauvaise réputation acquise par des chrétiens s’efforçant simplement d’obéir aux ordonnances de leur foi (c.-à-d. l’adoration, la sainte cène et la communion fraternelle) et la mauvaise réputation acquise par un groupe pour son allégeance manifeste à un politicien [ou une politicienne, ou à une idéologie érigeant la nation en absolue, adorée comme une idole, se traduisant par la haine des autres peuples. Car tout ce qui prétend prendre la place qui revient à Dieu seul conduit au rejet de l’autre, « pas assez pur » ou « menaçant » pour moi].  Notre problème de réputation [soit d’être considéré comme « un problème »] n’a rien à voir avec le leur. L’Empire des Césars soupçonnait que l’insistance des adeptes de cette étrange secte à affirmer que Jésus est Seigneur les rendait incapables d’être de bons citoyens. Ceux qui considèrent les évangéliques comme un bloc pro-[mettre ici le nom d’un politicien], ou comme un bloc de « istes »/ »identitaires », ne sont pas en train de se demander si ceux-ci ne sont pas un peu trop centrés sur Christ.

Malgré cette différence, le remède est le même dans chaque cas. L’Église primitive réfutait ces fausses accusations sur la place publique, et elle a connu une croissance exponentielle parce que les chrétiens avaient « une bonne conduite au milieu des païens » et partageaient cette Bonne Nouvelle si extraordinaire et porteuse d’espérance : Dieu aime toute l’humanité. Notre tâche ne diffère en rien. Peu importe que cela rehausse notre crédibilité ou pas, que cela sauve l’étiquette « évangélique » ou non, nous devrions nous aussi vivre si fidèlement et intégralement que notre allégeance ne fasse plus aucun doute ». Car « le fait de revendiquer une appellation ne signifie pas automatiquement que l’on correspond à ce qu’elle signifie », souligne Bonnie Kristian, et il n’y a pas de place pour deux loyautés.

 

 

Pour aller plus loin sur ce sujet du nationalisme/populisme/Evangéliques : 

Voir cette mise au point du CNEF.

Voir aussi « Les Catholiques sont-ils devenus identitaires ? »  Dans le cadre d’un entretien donné à Marianne (06/05/19), le journaliste Pierre Jova et le politologue Yann Raison du Cleuziou analysent l’évolution des catholiques conservateurs. Le premier est journaliste à La Vie et rédacteur en chef politique de la revue d’écologie intégrale Limite. Il vient de publier « Les chrétiens face aux migrants » (Tallandier), une enquête passionnante auprès des migrants et des chrétiens, autant qu’un témoignage personnel. Le second est maître de conférences en science politique à l’université de Bordeaux et chercheur au Centre Émile-Durkheim (CNRS). Connu pour sa typologie des catholiques pratiquants (« observants », « charismatiques », « émancipés » et « conciliaires »), il vient de publier « Une contre-révolution catholique : Aux origines de la Manif pour tous » (Seuil).

Extraits :

Yann Raison du Cleuziou : « Il y a aujourd’hui un paradoxe en France, qui se retrouve dans beaucoup de sociétés européennes. Des partis populistes ou de droite mobilisent de plus en plus la référence aux « racines chrétiennes » dans leur discours. Elles sont utilisées comme une frontière culturelle afin d’essentialiser l’appartenance à la nation. Cette instrumentalisation permet d’affirmer que les musulmans ne seront jamais des Français ou des Européens comme les autres. Ce recours aux racines chrétiennes n’est pas un retour du religieux. Au contraire, il manifeste une étape supplémentaire dans la sécularisation. La symbolique religieuse devient un pur instrument identitaire et est donc totalement subordonnée à une rationalité politique. Mettre une crèche dans une mairie ce n’est pas religieux ».

Pierre Jova : « ….dans la question des migrants, je dirais qu’il y a un facteur supplémentaire qui apparaît : le racialisme. Ce n’est pas seulement la défense du catholicisme comme religion civile de la France. Sinon, ils se féliciteraient de voir que certains migrants permettent de renouveler les paroisses. Mais nous assistons à la progression d’un vrai discours racialiste porté par les identitaires – au sens du courant politique et de Génération identitaire –, les reliquats de la Nouvelle droite comme Jean-Yves Le Gallou, et les phénomènes Internet comme Renaud Camus, Boris Le Lay, etc. Ils ont une forte audience sur les réseaux sociaux, où se nourrissent beaucoup de jeunes sortis des structures de pensée ou religieuses.  C’est là qu’il y a une contradiction avec la réalité du christianisme français. Comme je l’ai énormément dit, celui-ci est aujourd’hui métissé, des catholiques aux protestants en passant par les orthodoxes. Cela nuit également à l’espérance des chrétiens d’évangéliser les musulmans et les non-croyants. S’ils veulent vraiment une France chrétienne, ils doivent reconnaître que cette France est déjà métissée. Cependant, l’Église ne doit pas condamner en bloc les gens qui ont peur, doutent ou se sentent menacés. Il existe un discours politico-médiatique de grande condescendance et de mépris social, qui ne fait que radicaliser les craintes et les positions. L’Église doit par contre tracer une ligne rouge entre ce qui s’oppose à l’universalisme chrétien et à l’anthropologie chrétienne. »

 

 

 

Notes :

(1) »Nous reconnaissons que l’évangélisme, et en particulier l’évangélisme blanc, a été exposé à l’hérésie du nationalisme chrétien à cause d’une longue tradition de directeurs de la foi s’accommodant de la thèse de la suprématie blanche » et « Nous appelons les pasteurs à dire clairement que l’engagement pour Jésus-Christ est incompatible avec les appels à la violence, le soutien d’un nationalisme chrétien blanc, des théories de la conspiration et toutes les discriminations raciales et religieuses » cf https://www.infochretienne.com/etats-unis-plus-de-100-leaders-evangeliques-condamnent-le-nationalisme-chretien/  et https://saynotochristiannationalism.org/#signers

(2) Florilège :

« L’évangélisme blanc » exposé à l’hérésie du nationalisme chrétien en France et à la « suprématie blanche ». C’est franchement une rhétorique choquante pour moi. Adopter le vocabulaire du gouvernement pour stigmatiser un sous-groupe imaginaire (pouvez-vous seulement nommer un théologien ou un pasteur d’influence français qui ait soutenu pareille chose ?!) et ensuite s’en dissocier par un « c’est pas nous », je pense qu’on peut faire mieux ! »

« Autant directement demander à ce cher ministre des cultes de diligenter une enquête sur le dangereux phénomène de « l’evangelisme blanc » et « l’hérésie du nationalisme chrétien » qui menace la France, non ? »

« Les « nationalistes blancs » ne sont pas une menace en France, mais plutôt une victime de la « cancel culture », autre produit américain d’importation. Publier cela le jour de la dissolution de Génération identitaire est fort mal à propos » [j’avoue ne pas comprendre ce qui chagrine vraiment cet internaute].

« Pourquoi le CNEF relaie ces informations puisque cela n’a rien à voir avec le milieu évangélique en France. En dehors des églises ethniques, avez vous constaté du racisme chez nous? »

Le CNEF explique ainsi cette publication sur sa page Facebook :  « Les raccourcis récents de Mr DARMANIN et Mme SCHIAPPA entre les évangéliques français et certains évangéliques US méritent justement ces 2 éclaircissements :

1 – Tous les évangéliques US ne sont pas blancs, ni nationalistes ou racistes.

2 – La sociologie et les convictions éthiques des évangéliques de France ne sont pas 100% identiques à celles des évangéliques américains, même si notre foi est partagée sur l’essentiel.  Nos politiques sont capable d’entendre ces arguments, c’est pourquoi nous relayons cette lettre ouverte (qui n’est ni écrite ni signée par le CNEF) ».

(3) 81% des évangéliques ont-ils vraiment voté pour Trump ?

 

 

 

 

Prise de dette ou bris de dette : choisis ta juridiction ! (Matt. 18v21-35)

« Si je ne brise pas la dette(….) j’échappe à la législation du Ciel, à sa jurisprudence et à ses codes », mais non sans conséquences…. (Source image : Plaque par Anna Langova)

Une histoire pour des banquiers et des juristes, mais pas seulement !

 

Les chrétiens aiment à dire qu’ils sont « dans le monde, mais pas du monde », pour reprendre la formule du Christ à ce sujet, soit qu’ils sont citoyens du Royaume de Dieu. Mais comme nous sommes également bien « dans le monde », les chrétiens ont en réalité la double citoyenneté, puisque, pour prendre un exemple français, ils sont citoyens de la République et citoyens du Royaume. Ce qui signifie que, pour les affaires matérielles et humaines, nous sommes sous la compétence des lois du monde, tandis que pour les affaires spirituelles, nous nous plaçons sous l’autorité d’une loi bien plus exigeante qui est celle que le Christ est venue révéler. Si nous désirons avoir cette deuxième citoyenneté, celle du Ciel, l’obéissance à la loi de pardon n’est pas une option, elle est une condition

Ce qui va suivre nous parle d’une question de compétence judiciaire. Si vous êtes citoyens du Royaume de Dieu, vous savez que la loi du Royaume est une loi du pardon. Si vous ne vivez pas cette loi du pardon, vous quittez la compétence du Royaume, et on vous remet sous la loi du monde. Et vous aurez à en tirer les conséquences. Car le monde ne pardonne pas, le monde punit et sa justice est basée sur la rétribution, fort heureusement, puisque c’est là normalement la base même de l’équité. En témoigne la récente (01/03/21) condamnation de Nicolas Sarkozy [ex-président de la république française de 2007 à 2012, normalement censé être le garant des institutions et « de l’indépendance de l’autorité judiciaire » cf art. 64 de la constitution de la Ve république française], à 3 ans de prison, dont un ferme, par le tribunal correctionnel de Paris, pour corruption et trafic d’influence, lui reprochant d’avoir tenté d’obtenir en 2014 des informations confidentielles sur une procédure judiciaire le concernant(1).

Cette décision nous rappelle que personne n’est au-dessus des lois. Nicolas Sarkozy est le premier président de la Ve République à être condamné à de la prison ferme. Avant lui, l’ancien président Jacques Chirac (1995-2007) avait été condamné en décembre 2011 par le tribunal correctionnel de Paris à deux ans de prison avec sursis pour détournement de fonds publics, abus de confiance et prise illégale d’intérêts dans une affaire d’emplois fictifs quand il était maire de Paris au début des années 1990.

Mais Nicolas Sarkozy, qui déclarait sur son compte twitter (27 mars 2012) qu' »Il faut que les peines soient exécutées. La non-exécution des peines, c’est l’impunité », souhaitant (3 nov. 2015) « qu’il n’y ait pas de mesures d’aménagement de peine pour les peines supérieures à 6 mois »; a fait appel de cette décision. Le 05 mars, le parquet national financier annonce son intention de faire appel de la décision du tribunal de Paris. Un appel du ministère public permet à une cour d’appel de prononcer des peines plus lourdes qu’en première instance(2).

Christian Delporte, professeur d’histoire contemporaine (université de Versailles), estime, dans une interview à Libération, que cette condamnation résulte d’une plus grande exigence de probité de la part de l’opinion, à mille lieux d’une certaine vision de la justice à deux vitesses : « Il y avait toute cette idée avec Balladur ou Pasqua, que les politiques s’en tirent toujours, que lorsqu’on est corrompu, la justice ne vous rattrapera pas. Même Pasqua n’a jamais fait de prison, il est mort avant d’avoir à en faire. Ce fait a nourri la défiance de l’opinion publique. Là, coup sur coup, Balkany et Sarkozy sont condamnés. La justice prend une certaine revanche. […] L’idée qu’on peut tout faire quand on est au pouvoir est en train de dépérir. On en voit les limites pour la première fois. Je pense que c’est une façon de revaloriser la politique et de remettre un certain nombre de principes au jour. […] Il y a une exigence de transparence aujourd’hui. » (3).

Ceci dit, après avoir vu comment « marche la justice des hommes », écoutons maintenant le texte de l’Evangile selon Matthieu, chapitre 18v21-35.

Il s’agit d’un texte bien connu, qui, contrairement à ce que l’on pense, n’est ni une illustration imagée du fait qu’il faille pardonner « 70 fois 7 fois », ni une explication des causes théologiques de ce pardon total voulu par Dieu. Il s’agit plutôt d’un récit des conséquences concrètes de l’exigence divine (qui nous semble) démesurée du pardon dans nos vies, nous expliquant « comment ça marche » dans le Royaume de Dieu, dans ce plan d’existence où nous vivons, plan qui s’ajoute au seul plan terrestre de notre vie matérielle, affective, humaine.  Ce récit va même très loin puisqu’à notre grande surprise, au lieu de parler des conséquences du pardon, ce récit imagé va nous décrire les conséquences du non-pardon. « Si jamais vous refusez d’entrer dans ce projet de pardon total, voilà ce qui se passera pour vous. » Ouvrez vos oreilles ! Et comme dans tous les textes du nouveau testament, celui-ci déploie à la fois une promesse d’une grâce réjouissante et d’une exigence incontournable. Retenons les deux facettes de l’enseignement de Jésus, et pas seulement celle qui nous ferait plaisir (celle de dire que Dieu trouve que tout est beau et que tout le monde est gentil), mais bien la totalité du tableau que Jésus dessine sous nos yeux, avec ses lumières et ses ombres, l’un n’ayant pas de sens sans l’autre.

La première chose que me rappelle ce texte de l’Evangile, c’est que le pardon, outre qu’il n’est pas une option, est toujours une histoire de remise de dette. C’est comme si nous avions un compte en banque non pas en euros mais en joie et en paix (…..). Et à chaque fois que nous traverse un ressentiment, c’est comme si nous devions payer un impôt très lourd à la haine. A chaque fois que nous viennent des regrets amers, nous devons faire un chèque en blanc à l’adversaire du Christ, cet adversaire qui se paye de nos joies abîmées et de nos tranquillités troublées. Autant dire que sur le compte de la paix et de la joie, si nous n’acceptons pas de vivre avec le mode de vie spirituelle de Jésus, nous sommes toujours dans le rouge, et parfois proche de l’interdiction de chéquier, et peut-être pour certains qui ont accumulé les traites au Ministère de la Colère, vous êtes franchement interdits bancaire. Cette situation consiste donc en l’absence totale de paix et l’inexistence concrète du bonheur.

Mais voici que le projet de Dieu est tout à fait étonnant. C’est un projet de remise de dette qui va jusqu’au bout. Dieu a eu une grande idée, c’est d’inciter tous les propriétaires de comptes en banque en paix et en joie à administrer différemment leurs porte-monnaie.
La première incitation consiste à ne pas laisser à droite et à gauche des chèques en blanc de haine ou d’inquiétude, car ils nous mettent dans une situation permanente de surendettement (….).
La deuxième incitation du Seigneur est remarquable, puisque Dieu a décidé que tous ceux qui veulent bien lâcher prise et lui faire confiance, reçoivent une option dans leurs services bancaires, qui est bien mieux que toutes les offres — scandaleuses, soit dit en passant — de découvert. Dieu prend à sa charge (pour vous qui voulez bien vous confier en lui) tous vos découverts sur vos comptes en banque en paix et en joie. C’est formidable, non ? En réalité, ce n’est pas un puits sans fond, car normalement, dès la première fois où Dieu règle la différence et nous remet dans le positif, nous héritons en même temps d’une soudaine lucidité de gestion qui nous permet de ne plus administrer bêtement nos ressources, et nous mettons fin définitivement aux pratiques dispendieuses que sont la rancune, l’animosité, la malveillance, et la colère.

Ce qui est grave, donc, d’après la parabole de Jésus, ce n’est pas le fait que Dieu ait à dépenser des mille et des cents pour nous désendetter, au début de tout ce processus, mais c’est notre inconséquence par rapport à ce désendettement massif et soudain. Car aussitôt que Dieu nous libère d’un passif dont nous n’aurions jamais pu nous tirer sans sa clémence et sa douceur, nous nous sentons tout légers et nous retournons à des modes de fonctionnement qui sont ceux du monde et non ceux du Royaume. Nous oppressons les autres pour fêter la fin de notre propre sentiment d’oppression… La loi du Royaume de Dieu consiste à briser la dette, quoi qu’il en coûte, quoi qu’il en coûte à Dieu, et pour mes affaires à moi, quoi qu’il m’en coûte. Si je ne brise pas la dette, si je ne déchire pas les chèques en blanc que les autres me font en m’agressant, j’échappe à la législation du Ciel, à sa jurisprudence et à ses codes. 

La conséquence est simple : comme déjà signifié en introduction, si vous êtes citoyens du Royaume, vous savez que la loi du Royaume est une loi du pardon. Si vous ne vivez pas cette loi du pardon, vous quittez la compétence du Royaume, et on vous remet sous la loi du monde. Et vous aurez à en tirer les conséquences.   « Voilà ce qui vous arrivera si vous ne pardonnez pas de tout votre cœur ». Ce qui vous arrivera, c’est que vous serez remis, tout simplement, à la seule compétence du monde, y compris pour les affaires spirituelles. Et le monde est régi par la compensation et la rétribution, je l’ai déjà dit : pour toutes vos haines et vos ressentiments, vous serez accablés, sans espérance et déçus. Pour toutes vos amertumes vous serez dans l’atermoiement, le sentiment d’une culpabilité qui n’en finit jamais. En somme pour tous vos non-pardons et parce que c’est vous qui refusez de briser la logique de la dette, parce que c’est vous qui refusez que se déploie la compétence du Royaume dans votre vie, vous serez endettés, débiteurs, sans cesse redevables des agios exponentiels de la rancœur qui s’installe au fond du cœur comme un horizon inéluctable.

Considérez le projet de Dieu. Vous avez envie de continuer à vous culpabiliser sans fin ? Vous êtes très attirés par la bile qui marine dans votre cœur et y laisse des ulcères acides ? Vous avez un goût certain pour les regrets et le sentiment de ne jamais y arriver ? Vous aspirez à une vie terne et repliée sur elle-même ? Vous sentez un désir qui pointe de vous complaire dans la morgue et les sentiments funestes ? Eh bien, désormais, vous savez quoi faire.  Surtout, ne pardonnez pas. Vous ne serez pas déçus…(4)

 

Pour reprendre l’exemple cité plus haut avec Nicolas Sarkozy, certes, « nous ne sommes pas dans sa tête » et « c’est Dieu qui sait » (le concernant), mais vu sa présence en tant qu' »invité exceptionnel » au JT de TF1 (03/03) pour se justifier, deux jours après sa condamnation, continuant à manifester un « esprit de victime » et vu sa volonté passée d' »en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi » et « une mode exécrable »(5), alors que l’Evangile nous exhorte à manifester « des fruits de la repentance » (Matt.3v8, Luc 3v8, cf Actes 26v20 et Eph.5v8-9…), l’intéressé témoigne-t-il d’être réellement dans « le projet de Dieu » ? Dans le cas contraire, y entrer vraiment est ce que nous pouvons lui souhaiter de mieux, après s’être mis en règle avec la justice des hommes !

 

 

 

Notes : 

(1) En comparaison, un trafiquant de drogue est condamné à 10 ans de prison ferme  https://www.20minutes.fr/justice/2956647-20210119-grenoble-dix-ans-prison-encontre-trafiquant-drogue-lyonnais

(2) Les détails de l’affaire sur https://www.dalloz-actualite.fr/flash/affaire-bismuth-ecoutes-au-coeur-de-condamnation#.YD91DWhKgdU ; Voir aussi https://www.liberation.fr/checknews/2017/11/27/parmi-les-anciens-chefs-d-etats-de-la-ve-republique-lesquels-n-ont-jamais-eu-affaire-a-la-justice-me_1652791/

(3) Cf https://www.liberation.fr/politique/sarkozy-condamne-la-justice-nest-pas-moins-laxiste-ce-sont-les-lois-qui-ont-evolue-20210301_TAGOOZLGUZFLLHFJMFYQ2FF3WM/ ; Voir aussi https://theconversation.com/le-proces-sarkozy-montre-aussi-comment-letat-se-preserve-des-affaires-nefastes-a-son-economie-156423 ; et sur la question d’une « justice à deux vitesses », qui serait « clémente envers les puissants » : https://www.franceculture.fr/droit-justice/la-justice-est-elle-moins-severe-pour-les-puissants

Voir aussi, ces commentaires de l’étranger :

Dans un éditorial, El Pais salue la “condamnation exemplaire” rendue contre l’ancien chef d’État. Elle illustre la vigueur de la séparation des pouvoirs dans la démocratie française, selon le quotidien espagnol. https://www.courrierinternational.com/article/vu-despagne-nicolas-sarkozy-condamne-la-democratie-renforcee

Nicolas Sarkozy condamné à trois ans de prison, c’est une information qui a fortement interpellé outre-Rhin. Un éditorialiste de la Süddeutsche Zeitung lui trouve même quelque chose de “révolutionnaire” quand on connaît le système politique hexagonal : un système présidentiel “qui conserve des caractéristiques fondamentalement monarchiques définissant le tempérament politique national : dirigiste, centralisé et, à certains égards, absolutiste”.

Ici, affirme la SZ, la politique “repose sur la personnalité du président de la République, qui doit être à la fois une figure lumineuse et un père attentionné pour ses concitoyens. L’idée que cette conception invite à toutes sortes d’abus, qu’elle repose sur la force de caractère individuelle qui peut donc être corruptible, appartient au contrat implicite que les électeurs passent tous les cinq ans avec leur président-monarque.”

Tous les présidents font l’objet de soupçons, explique le journaliste. Mais dans le cas de Nicolas Sarkozy, “qui aimait à peu près autant les magouilles qu’il redoutait la lumière [sur ces mêmes magouilles]”, ce pacte a franchement raté.

Et c’est ici que l’importance du verdict prend tout son sens. Le fait que l’ancien président soit traité aujourd’hui comme un citoyen ordinaire devant la justice est la preuve, pour le quotidien, que “l’enquête a enfin été menée à l’abri des influences politiques”. Car si la France est un État de droit, elle est aussi marquée par “une forme de justice parallèle où les juges sont davantage soumis aux injonctions politiques que leurs confrères allemands, ce qui a plus d’une fois fait douter de leur impartialité”.

Et la Süddeutsche Zeitung de conclure : Cette condamnation donne non seulement des sueurs froides à l’ensemble de la classe politique française, mais elle ébranle aussi l’élitisme et l’absolutisme qui caractérisent l’appareil politique et les rapports de force dans la société en général. Deux ans après l’apparition des ‘gilets jaunes’ et un an avant la prochaine élection présidentielle, la pression monte dans la République.” Vu d’Allemagne. La condamnation de Sarkozy, une révolution dans une France “monarchique” et élitiste

(4) D’après une prédication de Gilles Boucomont, le 30/07/06 http://1001questions.fr/aunomdejesus/pardonner-3-le-non-pardon/

(5) Déclaration faite dans un certain contexte : Dans son tout premier discours de président élu, au soir de l’élection, le 6 mai 2007, Nicolas Sarkozy déclarait vouloir « en finir avec la repentance qui est une forme de haine de soi », dénonçant lors de sa campagne « la repentance, mode exécrable à laquelle (il demandait) de tourner le dos », fustigeant la « concurrence des mémoires qui nourrit la haine des autres ». https://www.vie-publique.fr/discours/166432-declaration-de-m-nicolas-sarkozy-president-de-lump-et-candidat-lelhttps://www.challenges.fr/monde/memoire-repentance-quatre-presidents-quatre-postures_255175

De là ce commentaire de l’époque d’un lecteur de La Croix : « comment peut-on être à la fois sarkozyste et adepte du Christ dès lors que, selon Marc (1-15), « Jésus proclamait en Galilée en ces termes la Bonne Nouvelle venue de Dieu : (…) Repentez-vous et croyez à la Bonne Nouvelle » ? Le Catéchisme de l’Église catholique, quant à lui, utilise expressément le terme de repentance. Il précise que « par le baptême, le chrétien est sacramentellement assimilé à Jésus. (…) Il doit entrer dans ce mystère d’abaissement humble et de repentance. » Enfin, Jean-Paul II, l’un des principaux adeptes de cette « mode exécrable » de la repentance, proclamait en 1994 que « reconnaître les fléchissements d’hier est un acte de loyauté et de courage qui nous fait percevoir les tentations et les difficultés d’aujourd’hui et nous prépare à les affronter. »https://www.la-croix.com/Archives/2007-06-07/Au-soir-des-elections-dans-son-tout-premier-discours-de-president-elu-Nicolas-Sarkozy-a-ete-tres-clair-Je-veux-en-finir-avec-la-repentance-qui-est-une-forme-de-haine-de-soi.-Deja-au-cours-de-la-campagne-il-avait-denonce-la-repentance-mode-execrable-a-laquelle-je-vous-demande-de-tourner-le-dos.-_NP_-2007-06-07-293230