« En exil à Babylone », les chrétiens protestent sans crainte face au projet de loi « contre le séparatisme »

« Etrangers », mais pas « victimes », dans la cité (Source image : première de couverture de « Etrangers dans la cité » de Hauerwas/Willimon)

Voici un très intéressant et très encourageant article à lire en français sur Christianity Today (20 avril 2021), avec, en bonus, un « flash prière » du CNEF et bien d’autres choses encore.

Les protestants français sont en profond désaccord avec un projet de loi sur le séparatisme, mais n’adoptent pas pour autant une mentalité de victime dans leur défense de la liberté religieuse.

Alors que la forme finale du projet de loi pour le « respect des principes républicains », désormais appelé « Loi pour l’affirmation des principes républicains et la lutte contre les séparatismes » (1) [actuellement débattue en commission mixte paritaire, après que le Sénat a adopté une version durcie du texte de loi le 12 avril 2021] reste en suspens et que des organismes chrétiens tels que la Fédération Protestante de France (FPF) et le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) poursuivent leurs efforts afin de faire mieux prendre en compte leurs positions et font pression pour que l’impact de la loi soit moins contraignant, les Églises françaises commencent à se préparer à ce que pourraient être les nouvelles règles.

Cependant, malgré l’évolution du projet de loi qui s’éloigne de la laïcité intelligente telle qu’ils la conçoivent, la stratégie des dirigeants protestants français – tant à l’égard du gouvernement que des fidèles – a été remarquablement exempte d’alarmisme. Au lieu de cela, ils ont demandé à leurs sœurs et frères d’éviter d’adopter une posture de victimisation, même s’ils reconnaissent la gravité du moment (…).

« Faut-il avoir peur ? Non », déclare C. Diedrichs, du CNEF. « Dans Jérémie, il est dit que nous devons rechercher le bien de la ville dans laquelle nous nous trouvons. Cette ville n’est pas Jérusalem, c’est Babylone. Beaucoup d’évangéliques préféreraient que nous soyons à Jérusalem plutôt qu’à Babylone. Beaucoup d’évangéliques aimeraient bien être encore dans une société chrétienne qui les protège ». Mais puisqu’ils ne sont plus dans une société chrétienne, dit-il encore, les évangéliques français doivent être des témoins de l’Évangile comme l’étaient les premiers chrétiens dans leur société non chrétienne.(…)

L’ article à lire en français

En bonus, voir aussi le FLASH PRIÈRE du CNEF (sur sa page FB) ou quelques sujets de prière à partager largement afin qu’ensemble nous restions mobilisés pour favoriser l’annonce et la pratique de l’Évangile en France :

🙏 Prions pour que les membres de la commission mixte paritaire en passe d’être nommés le soient pour de bonnes raisons [Composition inconnue à cette date]

🙏 Prions que notre Dieu incline le cœur des membres de la commission mixte paritaire pour qu’ils prennent conscience de leur responsabilité vis-à-vis de la liberté de conscience, de religion et d’éducation.

🙏 Prions que cette commission puisse parvenir à un équilibre du texte et plus particulièrement qu’elle évite l’accumulation de mesures restrictives envers les cultes.

🙏 Prions que les deux hautes juridictions (Conseil constitutionnel et Conseil d’État) aient une juste appréciation du texte et de ses effets sur la vie des cultes en France.

[Le Conseil d’État a ainsi admis en premier dans son avis : « Les mesures du projet de loi concernent pratiquement tous les droits et libertés publiques ». Le Conseil a également souligné, tout comme le Défenseur des droits, que [le contrat d’engagement républicain] comporte des « notions sujettes à interprétations antagonistes » et des « incertitudes » qui ne manqueraient pas d’introduire de sérieux risques d’arbitraire. Par ailleurs, le Défenseur des droits s’inquiète de ce que ce projet participe d’un « renforcement global du contrôle de l’ordre social »]

🙏 Prions que face à cette inflexion de la politique religieuse du gouvernement, majoritairement soutenue par les parlementaires, les Églises protestantes évangéliques ne se découragent pas mais au contraire prient, comme les fils d’Issacar autrefois, pour discerner les temps. [1 Chroniques 12.32]

En savoir plus sur le site du CNEF.

 

Aller plus loin :

Notre recension de « Etrangers dans la cité » de Hauerwas/Willimon ou quand l’Eglise ne doit plus avoir honte d’être l’Eglise ;

Notre recension de « Plaidoyer pour la véritable liberté, égalité, fraternité » d’Edouard Nelson ;

Notre analyse : « Doit-on espérer en un « défenseur de la chrétienté » pour des questions de « survie » ?

Un article d’Olivier Keshvajee, le « théologeek », publié sur son blogue : « Évangéliser dans le contexte de la sécularisation »

 

 

 

 

 

Note :

(1) Mesure phare du projet de loi, le contrat d’engagement républicain (Chapitre II – Dispositions relatives aux associations. Article 6 : « Art. 10‑1 ») prévoit que « toute association qui sollicite l’octroi d’une subvention au sens de l’article 9‑1 de la présente loi auprès d’une autorité administrative ou d’un organisme chargé de la gestion d’un service public industriel et commercial s’engage, par un contrat d’engagement républicain, à respecter les principes de liberté, d’égalité, notamment entre les femmes et les hommes, de fraternité, de respect de la dignité de la personne humaine et de sauvegarde de l’ordre public ». A noter que les associations disposant d’un agrément sont également concernées. Le projet de loi prévoit que la délivrance de ces agréments soit désormais soumise au respect de ce contrat.

Ce qui intéresse Dieu n’est pas pour qui tu votes ou comment ton groupe est appelé

Qu’est-ce qui fait ta réputation ? Ta loyauté à un leader politique ou ton appartenance à un groupe ? Ou d’être connu comme quelqu’un qui connaît Jésus et, surtout, est connu de Lui ?

Suite à la publication par le CNEF sur sa page Facebook (03/03/21) de cette Lettre ouverte de représentants d’Églises évangéliques américaines, condamnant la « radicalisation » de certains chrétiens (1), j’ai trouvé interpellant, pour ne pas dire inquiétant, certaines réactions d’internautes plutôt curieuses.

Parmi ces réactions [notamment de la part de théologiens/jeunes étudiants en théologie], nous lisons certaines revendications identitaires « d’étiquettes », protestations/indignations/reproches au CNEF pour avoir « osé » publier un tel sujet, justifications de certains votes, ou même déni de réalité [en gros, « il ne s’est rien passé » au Capitole le 06/01/21] (2).

En réalité, nous nous fichons « royalement » [pour parler comme ceux qui déclarent qu’ils ne sont pas « républicains »] de ces revendications et justifications d’internautes publiées en réaction sur la page FB du CNEF. Ce qui devrait nous intéresser, à l’instar de Bonnie Kristian dans un excellent article de Christianity Today traduit en français(3), « ce n’est pas de savoir qui obtient nos votes ou comment nous sommes appelés [voire, nos prétentions à certaines postures identitaires restrictives et exclusives], mais plutôt comment se fait-il qu’un groupe de chrétiens puisse si facilement – et si rapidement – devenir aussi fortement associé à une autre personne [ou à tout autre nom ou « isme » et « iste »] que le Christ », au point où il serait « tabou » d’oser une simple remise en question ou une dénonciation.

En témoignent les curieuses réactions sur la page FB du CNEF citée plus haut, révélatrices d’une sacralisation de certains noms (ou idée/idéologie), élevant ces derniers plus haut que Dieu, au point où en parler serait les « profaner » [quand ce ne serait pas « blasphématoire »], ce qui ne devrait pas manquer de nous inquiéter.

« Qu’est-ce que cela dit de nous si le premier nom qui vient à l’esprit de nos voisins lorsqu’ils entendent « évangélique » [ou « chrétien »] n’est pas « Jésus » ?  Certes, s’inquiéter de notre réputation peut sembler frivole. « Il faut obéir à Dieu plutôt qu’aux hommes » (Ac 5.29). Le verdict de Dieu à notre égard passe avant les moqueries ou les éloges des autres.

Mais la Bible se préoccupe aussi de la réputation. « Ayez une bonne conduite au milieu des païens. Ainsi, dans les domaines mêmes où ils vous calomnient en vous accusant de faire le mal, ils verront vos bonnes actions et loueront Dieu le jour où il interviendra dans leur vie » (1 P 2.12). Le proverbe dit : « Bon renom vaut mieux que grandes richesses » (Pr 22.1). Et la volonté de Jésus à cet égard est évidente quand il dit que c’est par notre amour les uns pour les autres que « tous connaîtront » qui nous sommes (Jn 13.35).  Le fait que des chrétiens aient acquis une mauvaise réputation n’est pas nécessairement un signe de désobéissance à ces commandements. On se rappellera que l’église primitive a été accusée d’athéisme (pour avoir refusé d’adorer des idoles), de cannibalisme (pour avoir pris la Cène) et d’inceste (pour avoir appelé leur conjoint « frère » ou « sœur » en Christ). Une critique, rapportée par un écrivain chrétien du troisième siècle nommé Minucius Felix, qualifiait l’église de « faction infâme et désespérée » issue de « la lie du peuple » et « s’attaqu[ant] impunément aux dieux ».

Mais il y a tout de même un fossé béant entre la mauvaise réputation acquise par des chrétiens s’efforçant simplement d’obéir aux ordonnances de leur foi (c.-à-d. l’adoration, la sainte cène et la communion fraternelle) et la mauvaise réputation acquise par un groupe pour son allégeance manifeste à un politicien [ou une politicienne, ou à une idéologie érigeant la nation en absolue, adorée comme une idole, se traduisant par la haine des autres peuples. Car tout ce qui prétend prendre la place qui revient à Dieu seul conduit au rejet de l’autre, « pas assez pur » ou « menaçant » pour moi].  Notre problème de réputation [soit d’être considéré comme « un problème »] n’a rien à voir avec le leur. L’Empire des Césars soupçonnait que l’insistance des adeptes de cette étrange secte à affirmer que Jésus est Seigneur les rendait incapables d’être de bons citoyens. Ceux qui considèrent les évangéliques comme un bloc pro-[mettre ici le nom d’un politicien], ou comme un bloc de « istes »/ »identitaires », ne sont pas en train de se demander si ceux-ci ne sont pas un peu trop centrés sur Christ.

Malgré cette différence, le remède est le même dans chaque cas. L’Église primitive réfutait ces fausses accusations sur la place publique, et elle a connu une croissance exponentielle parce que les chrétiens avaient « une bonne conduite au milieu des païens » et partageaient cette Bonne Nouvelle si extraordinaire et porteuse d’espérance : Dieu aime toute l’humanité. Notre tâche ne diffère en rien. Peu importe que cela rehausse notre crédibilité ou pas, que cela sauve l’étiquette « évangélique » ou non, nous devrions nous aussi vivre si fidèlement et intégralement que notre allégeance ne fasse plus aucun doute ». Car « le fait de revendiquer une appellation ne signifie pas automatiquement que l’on correspond à ce qu’elle signifie », souligne Bonnie Kristian, et il n’y a pas de place pour deux loyautés.

 

 

Pour aller plus loin sur ce sujet du nationalisme/populisme/Evangéliques : 

Voir cette mise au point du CNEF.

Voir aussi « Les Catholiques sont-ils devenus identitaires ? »  Dans le cadre d’un entretien donné à Marianne (06/05/19), le journaliste Pierre Jova et le politologue Yann Raison du Cleuziou analysent l’évolution des catholiques conservateurs. Le premier est journaliste à La Vie et rédacteur en chef politique de la revue d’écologie intégrale Limite. Il vient de publier « Les chrétiens face aux migrants » (Tallandier), une enquête passionnante auprès des migrants et des chrétiens, autant qu’un témoignage personnel. Le second est maître de conférences en science politique à l’université de Bordeaux et chercheur au Centre Émile-Durkheim (CNRS). Connu pour sa typologie des catholiques pratiquants (« observants », « charismatiques », « émancipés » et « conciliaires »), il vient de publier « Une contre-révolution catholique : Aux origines de la Manif pour tous » (Seuil).

Extraits :

Yann Raison du Cleuziou : « Il y a aujourd’hui un paradoxe en France, qui se retrouve dans beaucoup de sociétés européennes. Des partis populistes ou de droite mobilisent de plus en plus la référence aux « racines chrétiennes » dans leur discours. Elles sont utilisées comme une frontière culturelle afin d’essentialiser l’appartenance à la nation. Cette instrumentalisation permet d’affirmer que les musulmans ne seront jamais des Français ou des Européens comme les autres. Ce recours aux racines chrétiennes n’est pas un retour du religieux. Au contraire, il manifeste une étape supplémentaire dans la sécularisation. La symbolique religieuse devient un pur instrument identitaire et est donc totalement subordonnée à une rationalité politique. Mettre une crèche dans une mairie ce n’est pas religieux ».

Pierre Jova : « ….dans la question des migrants, je dirais qu’il y a un facteur supplémentaire qui apparaît : le racialisme. Ce n’est pas seulement la défense du catholicisme comme religion civile de la France. Sinon, ils se féliciteraient de voir que certains migrants permettent de renouveler les paroisses. Mais nous assistons à la progression d’un vrai discours racialiste porté par les identitaires – au sens du courant politique et de Génération identitaire –, les reliquats de la Nouvelle droite comme Jean-Yves Le Gallou, et les phénomènes Internet comme Renaud Camus, Boris Le Lay, etc. Ils ont une forte audience sur les réseaux sociaux, où se nourrissent beaucoup de jeunes sortis des structures de pensée ou religieuses.  C’est là qu’il y a une contradiction avec la réalité du christianisme français. Comme je l’ai énormément dit, celui-ci est aujourd’hui métissé, des catholiques aux protestants en passant par les orthodoxes. Cela nuit également à l’espérance des chrétiens d’évangéliser les musulmans et les non-croyants. S’ils veulent vraiment une France chrétienne, ils doivent reconnaître que cette France est déjà métissée. Cependant, l’Église ne doit pas condamner en bloc les gens qui ont peur, doutent ou se sentent menacés. Il existe un discours politico-médiatique de grande condescendance et de mépris social, qui ne fait que radicaliser les craintes et les positions. L’Église doit par contre tracer une ligne rouge entre ce qui s’oppose à l’universalisme chrétien et à l’anthropologie chrétienne. »

 

 

 

Notes :

(1) »Nous reconnaissons que l’évangélisme, et en particulier l’évangélisme blanc, a été exposé à l’hérésie du nationalisme chrétien à cause d’une longue tradition de directeurs de la foi s’accommodant de la thèse de la suprématie blanche » et « Nous appelons les pasteurs à dire clairement que l’engagement pour Jésus-Christ est incompatible avec les appels à la violence, le soutien d’un nationalisme chrétien blanc, des théories de la conspiration et toutes les discriminations raciales et religieuses » cf https://www.infochretienne.com/etats-unis-plus-de-100-leaders-evangeliques-condamnent-le-nationalisme-chretien/  et https://saynotochristiannationalism.org/#signers

(2) Florilège :

« L’évangélisme blanc » exposé à l’hérésie du nationalisme chrétien en France et à la « suprématie blanche ». C’est franchement une rhétorique choquante pour moi. Adopter le vocabulaire du gouvernement pour stigmatiser un sous-groupe imaginaire (pouvez-vous seulement nommer un théologien ou un pasteur d’influence français qui ait soutenu pareille chose ?!) et ensuite s’en dissocier par un « c’est pas nous », je pense qu’on peut faire mieux ! »

« Autant directement demander à ce cher ministre des cultes de diligenter une enquête sur le dangereux phénomène de « l’evangelisme blanc » et « l’hérésie du nationalisme chrétien » qui menace la France, non ? »

« Les « nationalistes blancs » ne sont pas une menace en France, mais plutôt une victime de la « cancel culture », autre produit américain d’importation. Publier cela le jour de la dissolution de Génération identitaire est fort mal à propos » [j’avoue ne pas comprendre ce qui chagrine vraiment cet internaute].

« Pourquoi le CNEF relaie ces informations puisque cela n’a rien à voir avec le milieu évangélique en France. En dehors des églises ethniques, avez vous constaté du racisme chez nous? »

Le CNEF explique ainsi cette publication sur sa page Facebook :  « Les raccourcis récents de Mr DARMANIN et Mme SCHIAPPA entre les évangéliques français et certains évangéliques US méritent justement ces 2 éclaircissements :

1 – Tous les évangéliques US ne sont pas blancs, ni nationalistes ou racistes.

2 – La sociologie et les convictions éthiques des évangéliques de France ne sont pas 100% identiques à celles des évangéliques américains, même si notre foi est partagée sur l’essentiel.  Nos politiques sont capable d’entendre ces arguments, c’est pourquoi nous relayons cette lettre ouverte (qui n’est ni écrite ni signée par le CNEF) ».

(3) 81% des évangéliques ont-ils vraiment voté pour Trump ?

 

 

 

 

« Loi contre les séparatismes », ou « loi pour conforter les principes républicains » ? Le « top des flops » d’un projet

 

Depuis lundi 18 janvier, un projet de loi « confortant les principes républicains » est soumis à l’assemblée nationale. Il sera examiné par une commission spéciale avant d’être débattu en séance plénière à partir du 1er février. Auparavant appelé « projet de loi contre le séparatisme », il comprend 51 articles en débat, et fait l’objet de 1700 amendements (1).

Visant à lutter contre le séparatisme et les atteintes à la citoyenneté, il entend apporter des réponses au repli communautaire et au développement de l’islamisme radical [dont les plus récentes victimes ont été le professeur Samuel Paty et trois fidèles catholiques dans la basilique Notre-Dame de Nice], en renforçant le respect des principes républicains et en modifiant les lois sur les cultes.

Il est pourtant reproché à ce texte de porter paradoxalement atteinte aux libertés sans réussir à imposer suffisamment les principes républicains.

Jugeons-en plutôt : les religions organisées juridiquement sous forme de «cultes» devront prouver leur caractère religieux tous les cinq ans, sous peine d’être dissoutes; si elles reçoivent des fonds de l’étranger, elles devront faire certifier leurs comptes par un expert indépendant.  Sauf que l’islam n’est pas organisé juridiquement sous forme de «culte», mais «d’association» (1901). Cette nouvelle loi ne s’appliquera donc pas, de fait, à la religion musulmane. Quelles sont les religions organisées juridiquement sous forme de culte (1905) ? Le judaïsme et le protestantisme. Ce sont donc les synagogues, les temples protestants et les Églises évangéliques qui prendront de plein fouet les dispositions restrictives de la nouvelle loi, les catholiques ayant un statut à part (en 1907) (2).

De là ce « top des flops », pointé par le pasteur baptiste Laurent Descos, dans son analyse (en vidéo) du fameux projet de loi  :

Bon diagnostique, mauvaises solutions  

Les musulmans ne sont pas vraiment touchés 

Les protestants sont les premiers concernés / sanctionnés  

 

Alors, « Loi contre les séparatismes », ou « loi pour conforter les principes républicains » ? « Toi qui joues le jeu et respecte les règles, puisque tu es dans le viseur du législateur, voici de quoi comprendre et agir » avec la vidéo à consulter plus haut.

Vous l’avez peut-être vu passer : du même Laurent Descos, « préserver son image, trois règles à suivre » :

 

 

 

Notes : 

(1) https://www.vie-publique.fr/loi/277621-loi-separatisme-confortant-le-respect-des-principes-de-la-republique

(2) https://www.reformes.ch/politique/2021/01/separatisme-protestants-sacrifies-au-nom-de-la-lutte-anti-terrorisme-france-monde

 

Comment gérer une « gueule de bois » post-électorale ou quand mieux vaut perdre un vote que son âme

« Impossible » : jusqu’à ce que cela produit…(Source image : première de couverture du récit « Impossible » d’Erri de Luca, paru en 2020 chez Gallimard, « du Monde entier »)

Certains chrétiens (y compris en France) ont affiché leur déception et leur incompréhension suite à la défaite de leur candidat favori à l’élection présidentielle américaine du 3 novembre : « Et pourtant il y a eu plusieurs prophéties prédisant sa victoire » ; « et pourtant Dieu nous l’avait révélé » ; « et pourtant c’était le candidat qui défendait le mieux les valeurs chrétiennes »(sic) ; « je ne comprends pas le Seigneur dans ce résultat, mais c’est lui qui sait, c’est lui qui sait… ».

Soyons clairs : nous, français, comme les citoyens d’autres nations, ne sommes pas concernés par cette élection, à laquelle nous n’avons pas voté. Le Président des Etats-Unis n’est pas notre suzerain. Néanmoins, il y a là autant de questions interpellantes et édifiantes, susceptibles d’inspirer autant de remises en question salutaires, espérons-le.

Déjà, premièrement, quid du sérieux des fameuses « prophéties » ? La Bible, rappelons-le, définit un prophète authentique lorsque ce que ce dernier annonce se réalise. Si ce n’est pas le cas, c’est qu’il ne s’agit pas d’une parole du Seigneur. C’est par présomption que le « prophète » a dit cette « parole du Seigneur ». Nous ne devons pas nous laisser impressionner cf Deut.18v22(1).

Ensuite, quid de nos façons d’écouter Dieu ou de demander, en priant ? Demandons-nous pour savoir la vérité ou demandons-nous pour obtenir [voir arracher] confirmation de ce que nous croyons savoir ? Prendrions-nous nos désirs pour la réalité et notre volonté pour celle de Dieu ? Et si notre candidat battu n’était pas, en fin de compte, « le candidat des valeurs chrétiennes » (sic) ou « le champion de Dieu » ?

Autant de questions qu’il est essentiel de ne pas censurer.

Paul, dans sa deuxième lettre aux Thessaloniciens ch.2v2, nous demande de ne pas nous laisser facilement ébranler dans notre bon sens. Dans certains cas, nous avons besoin de discernement spirituel et dans d’autres cas, quand la situation est tellement évidente, énorme même, nous n’en avons pas besoin : il suffit d’exercer notre « sobre bon sens » ou « bon sens équilibré ».

Et la question que peut se poser toute personne de bon sens est celle-ci : comment un chrétien peut-il soutenir un candidat dont la personnalité et le discours sont à ce point diamétralement opposés, en paroles et en actes, aux valeurs chrétiennes ? Comment peut-on considérer comme étant le candidat de ces mêmes « valeurs chrétiennes » quelqu’un d’aussi clivant que Donald Trump, lequel joue avec la vérité et les faits, au point de nier une pandémie (mettant en danger ses concitoyens, avec pour résultats + de 230.000 morts aux USA et + 9,968000 de cas, dont Trump lui-même) et de nier/chercher d’interrompre un processus électoral [au point d’inquiéter fortement Israël(2)], quand Christ est le « prince de paix », « la vie » et « la vérité » ?

Autres questions soulevant l’incompréhension : comment un mouvement censé être basé sur des principes chrétiens et fortement influencé par des préoccupations sur le comportement et la personnalité des candidats a-t-il pu contribuer à la victoire de Donald Trump [en 2016 et failli récidiver en 2020] ? Et comment d’un parti censé être le parti ayant « toujours défendu les valeurs chrétiennes », a pu émerger Donald Trump, milliardaire, trois fois marié et propriétaire de casinos et clubs de strip tease, aux propos outranciers, racistes [sur les « minorités ethniques »], extravagants, misogynes et marqués par des revendications arrogantes concernant ses adultères, niant « connaître le KKK tout en refusant de se prononcer au sujet de ce genre de groupes », comme de dénoncer le mouvement suprémaciste blanc…?

Lequel Trump a encore prétendu être « chrétien » mais sans avoir jamais eu besoin de se repentir de quoi que ce soit…mais avec « le droit absolu » [donc divin] de « se gracier lui-même ». Comment excuser un tel fantasme de toute puissance et une telle absence de crainte de Dieu ? (3)

Comment peut-on être évangélique et soutenir Donald Trump ?(4) Ce soutien sans faille apporté par les évangéliques américains à Donald Trump, lors de l’élection présidentielle du 03 novembre, pose question, à l’intérieur même des Etats-Unis, comme le souligne le mennonite Frédéric de Coninck dans une analyse publiée sur son blogue(5). Des chercheurs, dont Mokhtar Ben Barka de l’université de Valencienne(6), ou encore André Gagné, professeur titulaire au Département d’études théologiques de l’université Concordia, à Montréal(7), cherchent à comprendre le vote évangélique pour Donald Trump.

Mais, quel que soit le résultat du vote, les chrétiens américains sortent déjà perdants de cette élection, estiment plusieurs observateurs chrétiens, catholiques et protestants, avec un avertissement pour nous, chrétiens francophones.

Constater cela et le déplorer n’est pas “contraire à l’amour” : l’amour n’est pas une complicité avec les fautes objectives. Tirer au clair un problème est au contraire le moyen de le résoudre, et le don de repentance – après la conviction de péché, de justice, de jugement – accorde le pardon et la libération au pécheur. Il s’agit là de l’application difficile mais nécessaire de l’amour fraternel, comme nous y exhortent le Christ dans les Evangiles ou Paul, en 1 Corinthiens 13 par exemple. Notre Christianisme ne saurait être un « christianisme sentimental »(8), déconnecté du réel.

Dans « Perdre son vote ou perdre son âme ? »(9), une pertinente analyse (dont je vous recommande la lecture) publiée sur Le Verbe, excellent média catholique québecquois, Alex Deschênes relève que la façon dont cette élection s’est jouée outre-atlantique est édifiante à plus d’un titre, parce que nous, chrétiens, par ailleurs citoyens, « sommes aussi appelés régulièrement à participer à l’exercice démocratique. Et la façon dont, en tant que chrétiens, nous exerçons ce devoir civique est un enjeu plus grand que le nom du candidat qui l’emporte » [ou ne l’emporte pas].

Alex Deschênes confesse par ailleurs regarder depuis 2016, « avec beaucoup d’inquiétude la manière dont les catholiques américains participent à la démocratie ». Ce qui le préoccupe n’est pas tant pour qui ses frères et sœurs dans la foi votent, mais comment ils votent. « Le danger est, d’un côté, pour l’Église, de perdre son identité et sa vocation de prophète des nations et d’être ainsi divisée à cause d’allégeances politiques. De l’autre, de mettre son âme au ballot en même temps que son vote.  Il y a toujours une grande tentation de chercher inconsciemment le salut à travers la politique », comme dans un messie politique, ce qui nous conduit à l’idolâtrie. « Mais comme l’exprime le théologien Brett Salkeld : « reconnaitre que le Christ est Roi devrait relativiser les prétentions des politiciens sur nos vies.

Le psaume 146 nous exhorte ainsi : « Ne mettez pas votre foi dans les princes : ce ne sont que des êtres humains, ils sont impuissants à sauver. » Et lorsque Jésus nous dit de donner à César ce qui est à César, et à Dieu ce qui est à Dieu, il ne s’agit pas seulement d’une invitation à payer nos dus à la société civile, mais plus radicalement de reconnaitre que César n’est pas Dieu. (…)Le danger ultimement est l’idolâtrie : transformer des politiciens en idoles. Quand un influenceur catholique prête allégeance à un candidat ou à un parti sans aucune retenue critique, quand un prêtre se fait photographier bien en vue avec son col romain dans un rassemblement partisan ou prêche en chaire en faveur d’un candidat, ou lorsqu’une religieuse délivre un discours dans un congrès officiel de parti, l’Église sacrifie sa voix de prophète et devient le valet d’un parti politique. Et les partis aiment ces blocs d’électeurs faciles à gagner et qui viennent à eux sans trop d’engagements de leur part.

Or, le prix à payer n’est pas le moindre, il s’agit de la crédibilité même de l’Église, de son autorité morale et de sa vocation prophétique [sinon, elle ne sera plus qu’un instrument à des fins idéologiques et partisanes]. C’est d’ailleurs une des raisons pour lesquelles la loi canonique interdit aux prêtres de faire de l’activisme politique ».

Dans l’Eglise protestante, concernant le vote, il n’y a pas d’autre autorité que la Parole de Dieu telle qu’elle se donne à entendre dans la Bible. Il n’y a pas de magistère qui dirait du haut de la chaire comment être un « bon » chrétien, que ce soit au niveau de la foi, de la piété, de la morale, de la politique, etc. Car aussi Dieu peut s’adresser à chacun de manière différente. On parlera alors plus volontiers d’une « éthique de la responsabilité » : chacun est responsable devant Dieu des choix qu’il pense être les meilleurs, les plus fidèles à l’Évangile. Tout discours ou décision qui irait contre la seule autorité des Ecritures bibliques, la Parole de Dieu (sola scriptura), serait nul et non avenu .

Un « chrétien d’étiquette » : ça n’emballe pas ! (Source image : public domain pictures)

Donner son vote à un candidat qui fait état de sa foi chrétienne et se présenterait comme « le candidat des valeurs chrétiennes » supposerait: 1) qu’il dit vrai ! Et qu’il ne cherche pas simplement à gagner la confiance d’une partie de l’électorat (cela s’est vu en bien des lieux du monde et certains chrétiens ont refusé d’être instrumentalisé à cette fin). 2) qu’il existe un parti exclusivement « chrétien », une politique « chrétienne », autrement dit une façon « chrétienne » de gouverner, des choix « chrétiens » en matière économique, sociale, écologique, éthique…

S’il n’y a pas de « politique chrétienne », il y a, en revanche, une manière chrétienne de faire de la politique : par exemple, le refus d’exercer le pouvoir à son profit (ou de s’accrocher au pouvoir), le respect des règles [par exemple, un processus électoral] et de la vérité [et non « vérité alternative »], le sens du service et du bien commun, le souci des plus faibles…

D’autre part, on trouve des chrétiens engagés dans des formations politiques aux options presque diamétralement opposées. Et ceux qui proclament que l’Evangile serait « de gauche » ou « de droite » me paraissent bien téméraires.

Au cours de la campagne Donald Trump avait souvent accusé son adversaire d’être “opposé à Dieu”. Or, Joe Biden et Kamala Harris, respectivement nouveaux président et vice-président américains, sont des chrétiens [catholique pour le premier et évangélique baptiste pour la seconde] qui affichent leur foi.

Lors de son discours samedi soir, le président élu, qui descendrait aussi de huguenots français, a évoqué à de multiples reprises sa foi personnelle, citant même un hymne religieux “On Eagle’s wings”, un chant important pour sa famille et pour son fils Beau, décédé d’une tumeur au cerveau en 2015. Samedi, Joe Biden a conclu son discours en racontant que son grand-père lui disait toujours de “garder la foi”, tandis que sa grand-mère l’encourageait, elle, à la “propager”. Il a cité la Bible (Ecc.3v1-3) : « il y a un temps pour détruire et un temps pour reconstruire. Un temps pour guérir. Ce moment est venu. » Une citation pertinente dans le contexte d’une Amérique profondément polarisée et divisée. Selon Richard Mouw, ancien président du Fuller Theological Seminary, membre du Pro-Life Evangelicals pour Biden, cité par Christianity Today, le nouveau président Biden  est considéré comme ayant une foi authentique. «Il n’est peut-être pas le catholique conservateur que beaucoup d’évangéliques voudraient qu’il soit, mais quand il parle de sa foi, cela sonne vrai. », témoigne-t-il à CT(10).

Alors que l’insistance dangereuse de Donald Trump pour l’arrêt du dépouillement et ses accusations sans preuves de fraude provoquent des inquiétudes et font écho à Jérusalem(11), Joe Biden est considéré comme un véritable ami de l’État juif, comme les amis et même les adversaires politiques du nouveau président élu en conviennent.  Particulièrement pro-sioniste, Biden a été élevé par des parents catholiques qui soutenaient fermement Israël et lui ont inculqué un grand respect pour l’État juif.

Quant à Kamala Harris, elle a épousé un Américain de confession juive, très attaché à Israël(12). Pour celle-ci, évangélique baptiste, «la foi doit s’incarner en actes» : comme nous le rapporte le site Réformés.ch, elle a accepté de répondre à différentes questions relatives à sa foi personnelle, notamment les liens profonds entre ses croyances et son engagement politique(13).

Il est donc faux de penser qu’un parti aurait le monopole de la foi chrétienne.

Alors, certes, parmi les catholiques américains, les positions de Joe Biden en faveur de l’avortement et du mariage entre personnes de même sexe cristallisent de très nombreuses critiques. Aux États-Unis, l’épineuse question du droit à l’avortement reste extrêmement polarisante, et oriente pratiquement à elle seule le vote des chrétiens(14).

« Sauf que [comme déjà souligné plus haut] le vote est une affaire de jugement prudentiel et un tel jugement ne consiste pas uniquement en une hiérarchie de valeurs. Si le vote était un référendum sur un bien moral, le choix s’imposerait à toute conscience bien formée. Mais il n’en est pas ainsi », constate encore Alex Deschênes(15).

« Il ne s’agit même pas de décider quelle valeur prime sur toutes les autres. Puisque, même en défendant les mêmes valeurs (celle notamment de la dignité de la vie intra-utérine) deux personnes peuvent arriver à des positions différentes, tout en étant tous les deux « pro-vie » et convaincus des bonnes raisons philosophiques (et pas seulement religieuses) pour rendre l’avortement illégal ».

Ainsi, un chrétien pourrait arriver à la conclusion que la meilleure façon de mettre fin à l’avortement serait de mettre en place des juges à la Cour suprême ou de légiférer à ce sujet, alors qu’un autre pourrait penser qu’avec une nouvelle majorité de juges conservateurs à la Cour suprême, nul besoin de Donald Trump [un candidat « bien peu catholique » en paroles et en actes] pour faire avancer la cause pro-vie et que le moyen le plus efficace pour réduire le nombre d’avortements serait d’alléger la pauvreté et d’offrir plus de soutien aux femmes enceintes, ou encore de miser sur l’éducation, la prévention, d’assurer l’accès égal des soins à tous (ce qui implique de ne pas s’opposer à toute réforme de couverture santé publique)….

« Je vais sauver notre mariage », « Tu vas arrêter de boire, de me tromper, de me battre et tu vas consulter? », « Mon Dieu non ! Je vais voter pour interdire le mariage gay ! »

Alors, Il est vrai que les questions liées à l’avortement, au mariage et à l’euthanasie, engagent, et pour longtemps, des choix de société dont la facture se paiera dans une ou deux générations. Une discussion autour de l’avortement est absolument essentielle et elle ne doit pas cesser. Faut-il pour autant faire de ces sujets l’alpha et l’oméga du choix à faire devant l’urne ? Faut-il insister davantage sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, des dizaines de millions de citoyens vivants ?

Il ne serait donc pas pertinent, pour les chrétiens, de sacrifier toutes leurs autres valeurs pour ce seul enjeu, car il y a d’autres moyens d’être pro-vie : dans une vision éthique pro-vie globale(16), « la culture de vie » ne se limite pas à condamner l’avortement et l’euthanasie. Être pro-vie c’est reconnaitre la dignité de tous les êtres humains, dans tous les domaines et à toutes les étapes de la vie. Ainsi, être « pro-vie », c’est aussi lutter contre le racisme et la xénophobie ou l’exploitation des salariés, défendre les droits du migrant (et ne pas réduire celui-ci à un voyage qu’il a fait), promouvoir l’écologie/le respect de la création, l’impartialité et l’indépendance de la justice, la santé, l’éducation….

En 2100, la Terre privée d’ours polaires*
Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04
L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

Se déclarer « pro-vie » implique aussi une certaine cohérence.

Car si nous ne pouvons pas supporter la vie dans toutes ses étapes, cela n’a aucun sens de se concentrer sur le seul avortement. Et comment se déclarer « pro-vie », tout en défendant le « business » et l’industrie de la mort » soutenu par le lobby pro-armes, vu le nombre de morts par fusillades, notamment dans les écoles, les collèges et les lycées ? Tuer un homme n’est pas seulement tuer un homme, c’est tuer le genre humain. Et tuer des enfants, des jeunes, par balles, c’est aussi tuer des nations.

C’est là effectivement « ouvrir des portes » sur un plan spirituel. Banaliser le racisme, la xénophobie et exalter le nationalisme [la nation placée en absolu, plus haut que Dieu], comme banaliser le mensonge en sacrifiant la vérité ou bénir le déni du réel, aussi.

« L’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité » est celui qui s’est débarrassé du mensonge et qui vit cette exhortation de l’apôtre Paul : « que chacun dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres » (Eph 4v24-25).

Il sait que « l’amour ne ne se réjouit pas de l’injustice mais trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6), que « nous avons purifié nos âmes en obéissant à la vérité, pour pratiquer un amour fraternel sans hypocrisie » (1 Pie.1v22), que « Dieu est lumière » et qu’ « il n’y en a en lui aucune ténèbres » (1 Jean 1v5-7) et que « le SEIGNEUR (notre) Dieu est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l’impartial et l’incorruptible, qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’émigré en lui donnant du pain et un manteau. Vous aimerez l’émigré, car au pays d’Egypte vous étiez des émigrés. C’est le SEIGNEUR ton Dieu que tu craindras et que tu serviras, c’est à lui que tu t’attacheras, c’est par son nom que tu prêteras serment » (Deut.10v17-20), sachant que l’on ne saurait soulever le nom de l’Eternel (notre) Dieu [l’invoquant comme garant de témoignage ou d’affirmation ou de soutien à une cause] pour l’imposture, car n’absoudra pas l’Eternel celui qui soulèvera son nom pour l’imposture » (Deut. 5v11).

Existe-t-il un « vote chrétien » ? Jésus serait-il le « président d’honneur » d’un parti quelconque ?
(Source : « Mockingbird »)

Pour un témoignage fidèle, véritable et audible, les chrétiens ont ce devoir d’intégrité, d’impartialité et d’indépendance, sans oublier la crainte de l’Eternel, pour être véritablement cette voix prophétique dans le monde« Mes frères, ne mêlez pas des cas de partialité à votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus Christ » (Jacq.2v1). De même que ce qu’annonce le prophète véritable arrive vraiment, le message du prophète incite à un retour au « Dieu véritable ». A l’inverse, « s’il dit Suivons et servons d’autres dieux, tu n’écouteras pas les paroles de ce prophète » (Deut 13v2-6).

Il est essentiel de garder à l’esprit, qu’en tant que chrétiens, nous n’adorons que Dieu, et nous refusons d’adorer ou de sacraliser les pouvoirs qui prétendent prendre sa place dans le coeur et la vie des hommes : pouvoirs totalitaires idéologiques, religieux, politiques (« Messie politique »), économiques (Mammôn)… « Nous pouvons avoir nos propres convictions politiques, mais notre foi ne se résumera jamais à ces options, lesquelles nous met, d’ailleurs, toujours en porte à faux avec un mouvement politique quel qu’il soit. Ce n’est pas forcément confortable, mais le chrétien est toujours un peu ailleurs », ajoute encore Frédéric de Conninck(17).  A l’image de Jésus-Christ qui a refusé le pouvoir qui lui était offert par les hommes (et le Diable!), et a choisi de régner dans l’abaissement de la croix, les chrétiens ont un rôle essentiel à jouer : rester vigilants à l’égard de toutes les dérives auxquelles le pouvoir peut conduire, plutôt que de cautionner ou d’excuser sans cesse de telles dérives, comme si la fin justifiait les moyens.

C’est ainsi que notre fidélité à Jésus-Christ [et non à un messie politique], Notre seul Seigneur, peut nous exposer à être marginalisés, voire persécutés dans certains pays, quand nous refusons les compromis, les mensonges, les injustices auxquels ces pouvoirs cherchent à nous entraîner. Mais nous n’avons rien à craindre, puisque le dernier livre de la Bible, l’Apocalypse, proclame la victoire du Christ crucifié et ressuscité, à laquelle nous sommes associés. C’est en cela que nous devons mettre notre confiance et notre espérance, et non dans le résultat d’une élection, que celui-ci annonce la victoire ou la défaite d’un candidat. Mieux vaut perdre un vote que perdre son âme.

 

En guise de conclusion :

Un nouveau président a été élu : les partisans du sortant battu doivent en faire leur deuil, et comprendre qu’il convient de prier pour le nouveau chef de l’Etat, ainsi que pour l’unité, la paix civile et la guérison de leur pays.

« C’est aussi », comme nous invite le pasteur Gilles Boucomont, « au nom de l’évangile que nous devons réhabiliter la considération pour les institutions politiques, car sans cette considération et ce respect, rien ne peut fonctionner (…) Jésus n’a pas voulu de ces royautés temporaires et temporelles. Et pourtant il a habité cette figure du roi, il s’est prêté au jeu de l’entrée à Jérusalem, avec le prix qu’il devra payer pour cette audace… Son autorité est d’un autre genre. Elle ne jette aucun discrédit, au contraire, sur les pouvoirs humains, mais le Royaume dont il est roi n’est pas de ce monde.  Comment prendrons-nous au sérieux l’autorité de Dieu si nous avons été structurés dans la contestation de l’autorité de l’Etat ? Comment grandirons-nous dans la foi en Dieu le Père, si les figures de la paternité sont toutes détruites, dans une vague d’extermination massive, et que trop peu de nos enfants ne savent vraiment ce qu’est un père ? Comment pourrons-nous annoncer une parole sur la Paix qui vient de Dieu si les uns et les autres n’ont pas goûté à la paix même imparfaite d’une société apaisée ? Celui qui est entré à Jérusalem, qui est passé par le mont Golgotha et qui est sorti du tombeau appelle aujourd’hui des personnes à laisser tomber l’agitation de leurs rameaux [cf la parabole des arbres en quête d’un roi en Juges 9v7-15] pour habiter les figures de la paternité, militer pour la paix, et s’engager dans la réhabilitation des structures de nos sociétés où les institutions ont été discréditées. Que Dieu nous donne de comprendre la nature des enjeux prophétiques de ces guérisons collectives que nous avons à vivre » (18)

« Nous pouvons réellement participer au changement que nous espérons pour notre monde, si nous laissons Dieu changer d’abord notre cœur » : une très belle conclusion aux accents évangéliques, de la part du catholique Alex Deschênes ! (19)

 

 

 

Notes :

(1) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/05/01/quand-dieu-na-jamais-autant-parle-au-point-ou-lon-souhaiterait-presque-une-famine-de-sa-parole-pour-enfin-avoir-soif-de-lentendre-pour-de-vrai/ [Depuis début janvier 2021, nous assistons à une cascade de repentances de « prophètes » ayant « prophétisé à tort » la réélection de Donald Trump, balayant ainsi les rumeurs de « fraudes « électorales », et s’estimant coupables d’avoir placé cet homme « sur un piédestal ».  A noter que les « faux prophètes du Covid-19 ne se sont pas encore manifestés…]

(2) « L’insistance dangereuse de Donald Trump pour l’arrêt du dépouillement et ses accusations sans preuves de fraude provoquent des inquiétudes et font écho à Jérusalem, sachant que l’engagement de l’Amérique en tant que force de stabilité et de liberté, dans le respect des institutions et du processus démocratique, est un élément essentiel de la défense stratégique d’Israël » cf https://fr.timesofisrael.com/attaque-intolerable-de-trump-contre-la-democratie-et-ses-repercussions-en-israel/

(3) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/08/quand-un-chef-detat-pretend-avoir-le-droit-absolu-de-se-gracier-lui-meme-eclairage-biblique-et-consequences-spirituelles/

Donald Trump se présente également comme « un croyant »….en la « positive theology » (« la théologie positive ») du révérend Norman Vincent Peale, qui « enseigne que : Dieu est facile à connaître, la Bible se résume facilement, le Christ donne le pouvoir de réussir. « Je suis un succès », faut-il se rappeler sans cesse ». Une foi qui ressemble plus à une « absolue confiance en soi » (ou en l’homme) qu’en une véritable confiance dans le Dieu véritable.

(4) http://blog.lesoir.be/lalibertesinonrien/2018/02/04/comment-peut-on-etre-un-evangelique-sous-donald-trump/

(5) https://societeesperance.home.blog/2020/11/09/la-droite-religieuse-americaine-histoire-dun-naufrage/

(6) http://journals.openedition.org/rrca/940

(7) https://www.reformes.ch/politique/2020/08/le-hold-politique-des-evangeliques-charismatiques-religion-etats-unis

(8) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/02/22/ton-christianisme-est-il-sentimental/

(9) https://le-verbe.com/idees/perdre-son-vote-ou-perdre-son-ame/

(10) https://www.la-croix.com/Religion/Joe-Biden-deuxieme-president-catholique-lAmerique-2020-11-07-1201123493 ; https://www.reforme.net/gratuit/2020/11/08/elu-president-joe-biden-appelle-a-restaurer-lame-de-lamerique/ ; https://www.evangeliques.info/2020/11/09/usa-joe-biden-46eme-president-des-etats-unis-appelle-a-la-paix-et-a-lunite/

(11) https://fr.timesofisrael.com/attaque-intolerable-de-trump-contre-la-democratie-et-ses-repercussions-en-israel/

(12) https://fr.timesofisrael.com/biden-lami-disrael-contre-les-implantations-serait-en-desaccord-sur-liran/

(13) https://www.xn--rforms-bvae.ch/politique/2020/10/kamala-harris-la-foi-doit-sincarner-en-actes-etats-unis-presidence-elections-foi

(14) https://www.la-croix.com/Religion/Joe-Biden-deuxieme-president-catholique-lAmerique-2020-11-07-1201123493

(15) https://le-verbe.com/idees/perdre-son-vote-ou-perdre-son-ame/

(16) (https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2020/10/17/appel-a-la-repentance-et-a-defendre-une-ethique-pro-vie-globale-il-serait-temps/)

(17) https://societeesperance.home.blog/2020/11/09/la-droite-religieuse-americaine-histoire-dun-naufrage/

(18) http://1001questions.fr/aunomdejesus/pourquoi-prier-pour-les-autorites/

(19) https://le-verbe.com/idees/perdre-son-vote-ou-perdre-son-ame/

 

 

 

 

 

 

Foireux liens de mai (33) : « fuir le monde » ou « s’engager dans le monde »

Les « Foireux liens » de mai : Européennes, réforme, feuilletons…

Bonjour ! Voici notre 33ème édition des « Foireux liens ». Au menu, Européennes 2019, projet de réforme « de la défiance », nouveaux épisodes de feuilletons politico-médiatico-judiciaires, Notre Dame de Paris, Vincent Lambert, GAFA, Transhumanisme, Fake news, travail dominical, Amazon….

Bonne lecture !

 

1) Européennes : « Tout ça pour ça » : Le score RN se ramène finalement à 23,3 %, soit 0,9 % d’avance sur la liste LREM (d’où même nombre de sièges à Strasbourg), et font moins bien qu’en 2014. Les macronistes se retrouvent un peu ballots après avoir clamé pendant des semaines qu’une vague brune déferlait et que seul M. Macron pouvait en préserver les peuples… Il n’y avait pas de vague brune : on le savait d’avance.

Voir aussi : Européennes 2019 : Les résultats des élections dans toute l’Union

Ce scrutin modifie les équilibres politiques dans l’hémicycle. « Contexte », média web français spécialisé sur les institutions, les politiques publiques et la fabrique de la loi, publie une série d’infographies sur les résultats, à comparer avec la composition du Parlement 2014-2019.

Et : découvrez les 74 députés français du Parlement européen

RN : 5 millions d’euros d’argent public détournés, une 20aine d’élus mis en examen, 40 collaborateurs soupçonnés dont la tête de liste aux Européennes 2019. Résultat : 1er parti français au Parlement européen durant les 5 prochaines années…

2) Ecole : Le projet de loi « de la défiance » amendé et adopté par le Sénat

Mardi 21 mai, le Sénat a approuvé le projet de loi « pour une école de la confiance » par 213 voix contre 95, après l’avoir largement amené (60 amendements adoptés, dont certains controversés, telle la possibilité d’une retenue sur les allocations familiales pour lutter contre l’absentéisme, ou cet autre amendement LR visant à interdire les signes religieux ostentatoires pour les parents accompagnateurs lors des sorties scolaires). Les sénateurs ont également supprimé l’amendement qui prévoyait la création des établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF), des structures qui regroupent un collège avec plusieurs écoles. Cette annonce avait suscité la colère grandissante des enseignants et des parents d’élèves. Députés et Sénateurs vont maintenant tenter de se mettre d’accord pour une adoption définitive rapide d’un texte inspirant, jusqu’à présent « la défiance » des enseignants et des parents.

Voir aussi le projet de loi « Pour une école de la confiance ».

3) Notre-Dame de Paris : une étrange manoeuvre financière risque de disperser les donateurs
Président de la Fondation du patrimoine depuis 2017, Guillaume Poitrinal décide unilatéralement de clore la souscription Notre-Dame et de diriger une partie de l’argent vers d’autres chantiers. Désarroi chez les donateurs. Désapprobation au ministère de la Culture, aux Monuments nationaux, à la Fondation Notre-Dame, à la Fondation de France. Et perplexité de l’opinion….

4) Affaire Vincent Lambert : le monde politique divisé après la reprise des traitements

La reprise des traitements étant acquise, les parents du patient réclament désormais son transfert, tandis que les responsables politiques opposent droit à la vie et droit à mourir dans la dignité.

Voir aussi : Vincent Lambert : quels enjeux juridiques et éthiques ?

5)  Pourquoi vous ne pouvez plus acheter chez Amazon

Lorsque vous achetez sur Amazon, tout est fluide, rapide. Tout est simple pour vous. Et c’est une réalité. Mais à quel prix ? Je ne parle pas du prix de ce que vous achetez. Mais le prix de votre petite conscience. Préférez-vous rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? Ainsi, voulez-vous vous offrir le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? Seriez vous d’accord d’être licencié par une machine ? Voulez-vous cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? Voulez-vous être surveillé dans votre chambre par Amazon ? Etc….

Voir aussi : Sept femmes enceintes licenciées par Amazon : 7 procès en 8 ans

Et Chez Amazon, un algorithme vire les employés « pas productifs »

6) Vous n’arrivez pas à vous déconnecter des GAFA ? Embrouillez-les !

Vous n’échapperez pas à la surveillance de masse, mais vous pouvez la gêner. Le livre « Obfuscation, vie privée, mode d’emploi » explique comment…

7) Quand Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel

Nous nous sommes trompés sur un point essentiel : Internet n’est pas une utopie mais un outil. Et pour comprendre cet outil nous devrions nous replonger dans les lectures d’Ivan Illich. Pour lui dès qu’un outil est institutionnalisé et s’impose comme ce qu’il qualifie de « monopole radical », un outil dont personne ne peut se passer et dont l’usage devient une injonction de consommation, il devient dysfonctionnel et détruit l’objectif qu’il est censé servir (…) En quelques années, Internet est devenu un objet mutant dysfonctionnel. Il était censé rapprocher les hommes, il les fracture. Au lieu de rendre la planète plus intelligente, il développe une sous-culture de la médiocrité.

8) Non, les « digital natives » ne sont pas tous des geeks, ils ne savent pas forcément utiliser les outils disponibles en ligne et ils ne font pas preuve d’un esprit critique à toute épreuve devant les flots d’information. Ne confondons pas la familiarité avec un médium et la connaissance approfondie de la manière de s’en servir. La ligne de partage ne passe pas par la date de naissance mais par la culture générale et l’éducation aux médias numériques.

9) Quand la paresse intellectuelle nous rend plus facilement manipulable

Aujourd’hui, l’information doit se faire la plus brève possible pour être susceptible d’attirer l’attention du chaland au risque de paraître “relou” et se faire zapper. Combien de fois ai-je entendu : “Mais tu es sûre que tu ne veux pas transmettre ton témoignage aussi en vidéo car tu attirerais plus de monde, tu sais les gens de nos jours n’aiment plus lire blablablablabla?” Sauf que l’information de qualité ne peut pas se résumer en quelques caractères….

10) «Attaque» de la Pitié-Salpêtrière. La fake news venait de l’Intérieur

Non, contrairement à ce qu’a affirmé Christophe Castaner, le ministre de l’intérieur, l’hôpital parisien n’a pas été pris d’assaut et dégradé par des manifestants mercredi 1er mai. Décryptage d’un emballement inquiétant.

11) Quand Marine Le Pen prônait l’interdiction des manifestations en période d’urgence

En mai 2016, en plein mouvement contre la loi travail, Marine Le Pen [qui se présente aujourd’hui comme la « grande défenseure des Gilets jaunes »] fustigeait les manifestations, appelant à leur interdiction, ainsi qu’au renforcement des forces de répression. A (re)découvrir, cet article publié sur Public Sénat et datant de 2016….

12) Le Conseil économique, social et environnemental : une institution méconnue, méprisée… et précieuse

La Ve République dispose avec lui d’une institution capable d’anticiper les grands mouvements sociaux, d’apprécier les évolutions de la société et de s’en faire le porte-voix. Plutôt que de créer de toutes pièces de nouvelles institutions, il serait sage d’utiliser celles qui existent déjà et dont c’est le rôle tel que prévu par la Constitution. Par exemple, le conseil économique, social et environnemental, de nature à être force de proposition sur tous les grands thèmes de société et anticiper d’éventuels difficultés ou blocages. C’est ainsi qu’il était en mesure d’anticiper le mouvement des « gilets jaunes », sans forcément avoir été écouté…..

13) Licenciements chez Cora : le «chaos législatif» du travail dominical

Le licenciement pour faute grave de deux salariés de la chaîne d’hypermarchés, opposés au travail le dimanche, pose à nouveau la question de son encadrement. Si les employés sont censés avoir le droit de refuser, ils n’en ont pas souvent la possibilité concrète.

14) Le succès du coaching à l’épreuve du professionnalisme

L’émoi suscité par l’émission de France Inter, diffusée en novembre 2018, sur « les dérives du coaching », met en exergue l’enjeu de la professionnalisation des coachs. Dans ce secteur en pleine expansion, la certification par les associations professionnelles (ICF, SF Coach…) ou écoles est un premier pas, mais elle n’est pas suffisante à la formation de professionnels compétents. Ceux-ci ont besoin de s’ouvrir à des approches leur permettant de mieux comprendre les contextes dans lesquels ils interviennent et d’instruire les dilemmes et tensions qui surgissent de leur pratique (…). Trois critiques alimentent de manière récurrente les analyses sociologiques du coaching.

15) Écriture inclusive et exclusion sociale

Les complexités de l’écriture inclusive ne sont pas seulement techniques si l’on considère les conséquences sociales éventuelles. Ne nuiraient-elles pas à l’égalité sociale ?

16) Des médias s’unissent pour documenter les effets du changement climatique en France

Fin 2018, Basta !MediapartPolitisReporterre et la Revue Projet se sont associés pour constituer un groupe de journalistes sur le climat. Jeudi dernier, 18 avril, ces médias ont poursuivi ce travail collectif en publiant sur leurs sites respectifs, une deuxième série d’articles concernant l’impact de la crise climatique en France chez les jeunes, les victimes de catastrophes naturelles, les agriculteurs, les personnes souffrant d’allergies… Un site baptisé « Jiec.fr » pour « Journalistes d’investigation sur l’écologie et le climat » est dédié à ces publications communes.

17) Bygmalion :Sarkozy sera bien jugé en correctionnelle

C’est un nouveau pas vers un procès en correctionnelle pour Nicolas Sarkozy. Le Conseil constitutionnel a estimé, vendredi 17 mai, que rien ne s’opposait à ce que l’ancien président soit jugé dans l’affaire Bygmalion pour financement illégal de sa campagne présidentielle de 2012.

La justice reproche à Nicolas Sarkozy d’avoir dépensé au moins 42,8 millions d’euros, soit plus de 20 millions d’euros au-dessus du plafond autorisé, grâce à un système de facturation frauduleux. L’ex-chef de l’Etat a été renvoyé en février 2017 devant le tribunal correctionnel pour répondre de ce délit, mais sa défense a soulevé une question prioritaire de constitutionnalité (QPC) pour contester cette décision. Franceinfo répond à cinq questions sur cette décision.

18) Mais que devient François Fillon ?

François Fillon sera bel et bien jugé pour détournement de fonds publics, recel de détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et manquement aux obligations déclaratives de la Haute autorité pour la transparence de la vie publique. Son épouse, Pénélope Fillon, est quant à elle renvoyée devant le tribunal pour complicité et recel de détournement de fonds publics et recel d’abus de biens sociaux. S’il va donc bien devoir répondre de ses actes passés devant la justice, l’ancien premier ministre de Nicolas Sarkozy coule, depuis sa retraite forcée de la vie politique, des jours plutôt heureux. Il ne lui a, en effet, pas fallu plus de trois mois après sa cuisante défaite lors du premier tour de l’élection présidentielle pour décrocher un job en or, en devenant associé du prestigieux fonds d’investissement Tikehau Capital.

19) Etats-Unis : Comment le parti républicain a abandonné la question du porno

Autrefois, la lutte contre la pornographie était au coeur du combat culturel américain. Aujourd’hui, la porno est une énorme industrie – nocive – sans réels adversaires. Qu’est-il arrivé ?

20) Nationalisme, populisme, politiques et identité des évangéliques

Contribution de l’alliance évangélique européenne (EEA), extrait du projet Issachar à une période où, en Europe, beaucoup s’engagent dans des politiques identitaires , il est très important que les chrétiens aient une juste compréhension de leur propre identité et sachent que penser et comment prier et s’engager dans les questions politiques. C’est notamment le cas devant la tentation de réagir en se conduisant comme un groupe identitaire en présence des défis du libéralisme et de l’islam….

21) L’État, la Société se porteraient-ils mieux ou moins bien si les chrétiens étaient mêlés au pouvoir ?

A la dernière présidentielle, suite aux résultats du premier tour (Macron-Le Pen), certains chrétiens voire pasteurs, sur les réseaux sociaux ou blogs avaient appellé à « investir la société, ne pas juste être spectateur mais acteur ». Investir, d’accord, mais de quelle manière ?

22) Comment faire Église aujourd’hui ? Le point de vue d’un Attestant

Pascal Geoffroy, pasteur, membre des Attestants, revient sur la création de ce mouvement, au regard de l’histoire.

23) Une communauté nourrie par la prière

Dans un précédent article, le pasteur Philippe Golaz expliquait que « la prière était ce qui permettait de rester spirituellement vivant, en étant relié au Père ». Plus récemment, lui-même a mis un frein à sa frénésie du faire et à la pile de projets en attentes pour prendre un temps d’écoute et de discernement. De là cette conviction que la première chose à faire, était de réinvestir le domaine de la prière. Que si la relation au Père n’était pas entretenue en amont, alors tout le reste serait vide de sens et ne porterai pas de fruit, ou alors beaucoup plus difficilement.

24) « The Bible Project » maintenant en français

Connaissez-vous le site “The Bible Project” ? Lancé en 2014, ce site qui contient de nombreuses vidéos est une véritable mine d’or pour tous ceux qui veulent creuser les Écritures. A l’occasion des fêtes de Pâques, une version du site et des vidéos est désormais accessible en français.

25) Quand je croyais que Dieu voulait que je sois avec un non croyant

Une note de blogue adressée aux “missionnaires de l’amour” autrement dit tous ceux et celles qui pensent que Dieu les appellent à être en couple avec des personnes ne partageant pas leur foi pour les convertir par la suite.

26) Quand Rien créa Tout

Toi, tu crois en rien », réplique Paul (joué par Edouard Baer), musicien tendance punk-anar à son fils, dans « la lutte des classes » de Michel Leclerc(2019). Olivier Keshavjee, le théologeek, nous partage sa traduction autorisée d’un article de Joe Carter, lequel propose une tentative de méta‐narratif athée‐matérialiste simple et compréhensible qui explicite la question de la compréhension de soi. Il s’agit donc du regard constructif d’un chrétien sur une vision du monde scientifique réductionniste ontologique…..

27) Le corps, humus sans espoir

Nous vivons, et nous mourons. C’est un fait indépassable de la vie humaine. Qui que nous soyons, dans ce monde dans lequel nous vivons maintenant, nous vivons et nous mourons. Pour ceux qui voient s’éteindre des proches, que cela signifie-t-il ? Douleur, perte, deuil. Séparation. Dans ce processus de deuil, ce qui arrive au corps de la personne décédée a de l’importance. L’humanité a d’ailleurs toujours eu conscience de cela, d’où l’importance des rites funéraires qui apparaissent très tôt dans l’histoire humaine. Les deux « rites » autorisés en France sont la crémation et l’inhumation. Mais une autre alternative a fait le titre d’un article du Monde : l’humusation, c’est à dire la transformation du corps en humus.

28)Aux origines du transhumanisme

Le récit transhumaniste commence dès le livre de la genèse, le premier livre du pentateuque avec cette promesse « vous ne mourrez pas », tous les mythes et légendes anciennes, celles des sumériens de la Mésopotamie, des fables de l’odyssée de Homère, l’élixir des alchimistes des chinois et leurs pilules d’immortalité, nous rapportent des rêves de dépassement de l’humanité et de conquêtes contre la mort.

L’histoire très ancienne de ces récits nous évoquent de fait la mémoire d’une humanité à la quête de son paradis perdu et sa volonté de conquérir le fruit interdit en gommant si possible le récit construit de la civilisation humaine fondée depuis la chute, sur l’idée de la mort. Décryptage sur le blog « La Déconstruction de l’homme » d’Eric Lemaître, partenaire de Pep’s café.

29)Sortir ! Recension du livre de Natalia Trouiller, un essai sur la stratégie que l’église devrait adopter pour traverser notre époque post-moderne.

Comment se fait-il que nous soyons plus prompt à considérer l’impureté du monde et vouloir le fuir, plutôt que de vouloir comme Christ nous incarner dedans et embrasser à pleine bouche son impureté et sa crasse pour la purifier par l’Esprit?

Réponse, selon l’auteur: Parce que nous avons développé une disposition collective de type gnostique. Nous séparons le corps de l’âme, nous rejetons la matière pour embrasser le pur spirituel, nous fuyons le monde pour embrasser la Connaissance Salvatrice. Nous nous satisfaisons de connaissance et de saine doctrine, en refusant de nous laisser transformer par elle pour agir ensuite. Nous avons développé un habitus de cathare. Et ce n’est pas un compliment. La suite sur Phileo-sophia, le blog d’Etienne Omnès.

Et le dernier pour la route :

30) « Les plantes sont extraordinaires : c’est un modèle décentralisé dont tous les membres participent à la décision »

Pour Stefano Mancuso, fondateur du laboratoire de neurobiologie végétale, tout ce que nous construisons au niveau de nos organisations sociales est bâti sur le modèle du corps animal. Or les animaux – humains compris – ne représentent que 0,3 % de la vie sur la terre, bien moins que les trois autres catégories que sont les végétaux, les champignons et les êtres monocellulaires. L’écrasante majorité des êtres vivants utilise des modèles différents du nôtre, qui est très fragile. Il suffit d’enlever la tête et toute l’organisation s’écroule. Il y a eu des empires, comme ceux des Aztèques et des Incas, des civilisations très avancées, dont l’organisation reposait exclusivement sur l’Empereur. Il a suffi aux Espagnols de s’attaquer à ce dernier pour que tout le système s’écroule instantanément. Par son organisation horizontale, une plante survit même si, par exemple, un animal mange ou détruit une partie de son corps, quand un animal meurt dès qu’un de ses organes vitaux ou son cerveau sont ôtés ou détruits. Comment ce modèle peut nous inspirer dans l’organisation des sociétés humaines ?

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en juillet.

 

 

Le Nouveau Catéchisme pour la cité : 52 méditations pour s’attacher aux vérités de Dieu

« Le Nouveau Catéchisme pour la Cité » ou la redécouverte d’une pratique ancienne, nous permettant de revisiter les bases essentielles de la foi, en nous posant les bonnes questions sur « la saine doctrine ».

« Catéchisme » est un terme qui peut sembler suspect, pour ne pas dire inutile, à beaucoup, pour peu que l’on en garde un mauvais souvenir, et « bien peu protestant » à tout évangélique qui se respecte.

Pourtant, « Catéchisme » (du grec « katechein ») signifie « enseigner oralement ou instruire avec des paroles », sous forme de questions-réponses. Et « les catéchètes » font partie des « dons-personnes » que Dieu a donné à l’Eglise, « afin de mettre les saints en état d’accomplir le ministère pour bâtir le corps du Christ, jusqu’à ce que nous parvenions tous ensemble à l’unité dans la foi et dans la connaissance du Fils de Dieu, à l’état d’adultes, à la taille du Christ dans sa plénitude » (Eph.4v11-13. TOB).

Dans le même esprit, « Le Nouveau Catéchisme pour la Cité », co-édité par BLF (que je remercie pour me l’avoir gracieusement envoyé) et Evangile 21(1),  est une adaptation pour notre temps du catéchisme de Genève de Calvin(1541), des Petit et Grand catéchismes de Westminster (1648) et, surtout, du Catéchisme de Heidelberg(1563), l’un et l’autre représentatifs des richesses et des connaissances que l’on peut trouver dans tous les grands catéchismes de l’ère de la Réforme.

Cette édition dite « dévotionnelle » comprend 52 questions-réponses (soit une par semaine), chacune associée avec un texte biblique, un commentaire d’une figure historique (Augustin, Richard Baxter, John Bunyan, Jean Calvin, Martin Luther, Théodore Monod, Francis Schaeffer…), un commentaire contemporain anglophone ou francophone (Dominique Angers, Henri Blocher, Mike Evans, Kent Hughes, John Piper, Tim Keller, Kevin DeYoung, Paul Wells…) et une courte prière.

Il est divisé en trois sections :
Partie 1 : Dieu, la création et la chute, la loi (20 questions)
Partie 2 : Christ, la rédemption, la grâce (15 questions)
Partie 3 : Christ, la restauration, la croissance dans la grâce (17 questions)

Ce Nouveau Catéchisme nous permet de redécouvrir un type d’exercices auquel nous ne sommes pas(plus) habitués : revisiter les bases essentielles de la foi, en (nous) posant les bonnes questions sur « la saine doctrine » (par exemple : « quelle est notre unique assurance dans la vie comme dans la mort ? » « qui est Dieu ? »), pour une vie plus cohérente, à contre courant du conformisme ambiant, et pour être en mesure de répondre aux interrogations de nos contemporains, sur des bases solides et véritables, et ce, dans un contexte d’incertitudes et remises en cause permanentes.

Excellente idée que ce support agréable, lequel est prévu, non pour soi-même individuellement, mais pour un échange par semaine, au minimum à deux ou trois et à un niveau communautaire : en couple, dans le cadre familial ou dans le cadre d’un groupe de maison, d’un ministère aux enfants (pour peu qu’on l’adapte), voire pour toute l’église, pendant le culte ou une réunion d’étude/de prière. Le principe des questions-réponses favorise l’interaction et l’apprentissage par le dialogue et la mémorisation. Il permet « à la vérité biblique de s’enraciner profondément dans nos cœurs » (Tim Keller) et nourrit également notre vie de prière, nous conduisant dans l’adoration.

« Le Nouveau Catéchisme pour la Cité » est disponible en livre, à l’unité ou par pack de 5, chez l’éditeur et dans toutes les bonnes librairies, mais aussi accessible gratuitement au moyen d’une application web intégrée au site d’Evangile 21.

 

 

Note : 

(1) Cette édition est la version française du « New City Catechism », rédigé sous la direction de Tim Keller. De nombreux articles en anglais ont été traduits en français ; d’autres textes de la version originale ont été remplacés par des articles rédigés par des auteurs francophones.

Le buzz évangélique du mois : « la repentance » de Benny Hinn sur la théologie de la prospérité

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

« Plusieurs articles parus (il y a plus d’un mois) affirment que Benny Hinn [le célèbre télévangéliste controversé] se repent d’avoir prêché l’évangile de la prospérité »(1), peut-on lire sur la toile. Une information,  que nous sommes invités à partager à tous nos contacts, et qui a alimenté toutes les discussions et spéculations pendant une semaine.

En réalité, il est plus exact de dire que plusieurs sites (2) se sont mis à relayer la même nouvelle, dans la semaine qui a suivi sa publication initiale, le 21 février, dans un “live” Facebook en anglais sans sous-titres, sur le propre compte de Benny Hinn.

Certes, les mois prochains nous permettront sans doute de vérifier ces déclarations, et, surtout, les raisons de leur publication, mais à l’heure actuelle, nous ne savons toujours rien de plus.

J’en profite pour souligner au passage que lesdites déclarations, basées sur une seule vidéo « live », sont actuellement largement diffusées sans pourtant avoir été vérifiées au préalable (cf 2 Cor.13v1, Deut.19v15). A ce sujet, questionnés par mes soins, les administrateurs du site « Soyons vigilants » m’ont répondu « qu’une certaine prudence s’impose dans tous les cas. Car si l’on visionne l’entier de la vidéo dans laquelle Benny Hinn fait sa déclaration, celle-ci perd un peu de son impact ».

Un peu comme lorsqu’un verset cité hors contexte conduit à de mauvaises interprétations ?

« Sur son site » (bennyhinn.org, tag « prosperity »), si nous prenons la peine d’aller vérifier, comme nous y invitent les administrateurs de « Soyons vigilants », «  il semble que rien n’a changé et que la promesse de prospérité soit toujours utilisée pour récolter des fonds ».

« Moralité » : si ces déclarations ne sont pas fondées, nous n’aurons eu que du buzz (évangélique, mais du buzz quand même) sans lendemain ou un simple coup de com’, ou les deux à la fois, et rien d’autre.

La question reste donc : Le croyons-nous (parce que c’est vrai) ? Ou l’espérons-nous ? Dans le second cas, nous ne chercherions pas « information » mais « confirmation » de ce que nous pensons/spéculons. Dit autrement : nous prendrions nos rêves pour la réalité.

 

Voir aussi, publié sur notre blogue : « si tu entends dire, vérifie avant de publier ! » 

 

 

Notes : 

(1) Sur la théologie dite de la prospérité, voir ce document du comité théologique du CNEF, et ces divers articles : de Christianisme aujourd’hui, de La Vie, La Croix….

(2) Par exemple, plusieurs blogs et magazines US, et, en France, Le Bon Combat et bien d’autres sites.

 

 

« Foireux liens » de mars : identité « en crise » ou « en Christ » ? (26-b)

Les « Foireux liens » de Mars, deuxième sélection : une actualité placée sous le signe des fondements de la foi et de la liberté

Deuxième sélection de nos « Foireux liens » de Mars, suite de la première. Au menu : décès de Billy Graham ; la réaction du mouvement R3 au dossier « orientations sexuelles » du journal suisse « Réformés » ; être évangélique sous Donald Trump ; renforcement du contrôle des écoles hors contrat en France ; laïcité : le rapport Clavreul contesté ; la foi au cinéma en 2018 ; deux blogues récents à découvrir….

1) Décès de Billy Graham (1918-2018) à 99 ans : les hommages de Sébastien Fath et de Mike Evans

2) Le mouvement suisse « R3 » réagit au dossier « Orientations sexuelles » du journal « Réformés »

Le R3 (« Rassemblement pour un Renouveau Réformé »), cet équivalent suisse du mouvement français des Attestants, qui « se veut et se vit comme une dynamique de communion et d’encouragement entre croyants », a décidé d’exprimer « haut et fort » son désaccord au dossier « orientations sexuelles » (qu’il estime « désastreux ») du magazine Réformés(1) (février 2018). Certes, « avec beaucoup de réticences, parce que cela risque d’alimenter l’idée que le R3 est un mouvement réactionnaire », mais avec la conviction qu’il n’est pas possible de « garder le silence devant une telle manipulation ». C’est pour dire !

R3 nous propose donc deux contributions, à consulter sur son site : Des lettres à la rédaction parvenues à leur connaissance, lesquelles ne représentent qu’un petit échantillon des nombreuses réactions envoyées à la rédaction de Réformés mais qui présentent une grande diversité d’approches, puisqu’émanant de chrétiens de toutes sensibilités évangéliques et réformées, et pas forcément membres du R3 ; Une excellente étude biblique de Martin Hoegger : « Comment interpréter les Ecritures sur la question de l’homosexualité ? »

3) « Je sais qui je suis » : notre identité en crise ou en Christ ? Une série en deux parties à découvrir sur le blogue du théologien Philippe Golaz : https://philippegolaz.ch/identite-christ-1-2/ et https://philippegolaz.ch/identite-christ-2-2/

4) Comment peut-on être un évangélique sous Donald Trump ?

Sous Barack Obama, les évangéliques blancs faisaient de la vie privée des politiciens un marqueur essentiel. Aujourd’hui, sous Donald Trump, une majorité d’entre eux dit ne pas s’en soucier. Hypocrisie ? Opportunisme, explique le chroniqueur évangélique Michael Gerson, ex-conseiller de George W. Bush. « La droite religieuse est devenue un groupe d’intérêts qui cherche à tirer avantage de son homme fort. Ses prophètes sont devenus des clients, ses prêtres des acolytes. Ces évangéliques de cour participent à la dérégulation morale de la vie politique ».

5) Le sénat vote pour le renforcement du contrôle des écoles hors contrat

Le Sénat a adopté le 21 février la proposition de loi déposée par la sénatrice centriste, Françoise Gatel, par 240 voix pour et 94 contre. Le texte en question porte sur la simplification et le renforcement des écoles privées hors contrat. Parmi les 12 millions d’élèves scolarisés en France, quelque 65 000 sont inscrits dans des écoles hors contrat. Alors que ces établissements ont connu un certain engouement ces dernières années, les polémiques sur les dérives et les lacunes des enseignements qui pourraient y être inculqués ont alerté les parlementaires. (Suivre l’évolution du processus législatif ici)

6) Laïcité : « Le rapport Clavreul met en péril le droit à la liberté de croyance »

Les Protestants s’inquiètent à leur tour du rapport Clavreul, remis au ministre de l’Intérieur, et qui présente une vision idéologique de la laïcité. Historiquement, ils connaissent bien le danger d’un Etat qui se mêle de religion et de liberté de conscience….

Voir aussi : http://www.lejdd.fr/politique/laicite-le-rapport-clavreul-vivement-critique-3583010

7) Le SEL lance une nouvelle campagne intitulée « Faire le bien et bien le faire »Voici une série de dessins de Jouak (interview ici), lesquels nous interpellent avec humour sur cet enjeu !

Voir aussi : L’association Oxfam est éclaboussée par un scandale sexuel. Pour le journaliste H. Lindell, l’un des invités du « Débat de la semaine » sur RDN, le 16/02/18, « ce scandale est extrêmement intéressant. Ce qui me surprend beaucoup c’est que ça tarde autant d’en parler et de se lamenter. Est-ce que c’est parce que les humanitaires incarnent le bien ? Quand les prêtres et pasteurs sont pris dans des scandales, ça déclenche tout de suite des rubriques dans tous les journaux. Ça montre que les humanitaires ne sont pas des saints mais des gens comme les autres ». Voir aussi Scandale Oxfam : peut-on vraiment contrôler la vie privée des employés dans les ONG ?

8) Eglise verte : « laissez-vous recycler » ou participez à la conversion écologique de votre église ! 

Le label Église verte s’adresse aux communautés chrétiennes qui veulent s’engager pour le soin de la création : paroisses, Églises locales et aussi œuvres, mouvements, monastères et établissements chrétiens. Dès aujourd’hui vous pouvez découvrir en quoi consiste ce label et remplir, avec votre communauté, l’Eco-diagnostic.

9) Films à suivre : La foi au cinéma en 2018

Ironiquement, je tombe récemment sur cette interpellation (« et si on arrêtait de croire que Dieu existe ? ») dans un journal culturel local, introduction à la description du spectacle « La décroyance ou comment je suis devenu athée sans me fâcher avec ma famille » de Jean-Philippe Smadja, ancien doctorant en histoire des religions (aujourd’hui auteur, metteur en scène…). Or, l’année de cinéma 2018 semble plutôt démarrer avec un regain d’intérêt pour ce qui touche à la foi chrétienne. En témoignent les films suivants, déjà sortis ou prochainement annoncés : « Jésus, l’enquête », de Jon Gunn ; « L’apparition » de l’agnostique Xavier Giannoli, avec Vincent Lindon (sur un sujet similaire au film précédent mais avec un angle différent) ; et (sortie prévue le 21 mars) « La Prière », réalisé par Cédric Kahn, lui aussi agnostique et qui raconte l’histoire de Thomas, jeune toxico accro à l’héroïne, qui atterrit dans une communauté chrétienne pour rompre avec la dépendance.

10) Pourquoi on se déguise à Pourim

En attendant Pessah, revenons sur la fête de Pourim, laquelle commémore les revirements du sort qui sauvèrent les juifs de l’extermination au Ve siècle avant notre ère. Ces événements relatés dans le Livre d’Esther ont été célébrés cette année les 28 février et 1ermars. L’occasion de dons, de repas festifs et de déguisements.

11) Deux blogues chrétiens à découvrir : 

Phileosophia, le blogue d’Etienne Omnès, lequel vise à nous faire découvrir la sagesse véritable, vient de fêter sa première année d’existence : une occasion de l’explorer !

Plumes chrétiennes, « l’incubateur audacieux des auteurs chrétiens » : un blog collectif d’écrivains et de poètes chrétiens qui souhaitent faire connaître leurs productions et trouvailles littéraires (« romans à suivre », poèmes, nouvelles, BDs…), ainsi que leurs réflexions autour de la littérature. Si vous aimez écrire, ils sont preneurs !

 

 

Notes :

(1) Journal indépendant financé par les Eglises réformées suisses des cantons de Vaud, Neuchâtel, Genève, Berne et Jura, ce mensuel se veut « soucieux des particularités régionales romandes ». Il a également pour ambition de présenter « un regard protestant ouvert aux enjeux contemporains, et, se revendiquant « fidèle à l’Evangile, il s’adresse à la part spirituelle de tout être humain ».

 

« Interpellant » ou « scandalisant », les Evangéliques ?

Les Évangéliques assumeront-ils, avec compassion et intégrité, leur « rôle prophétique dans la société » ou ne seront-ils qu’ « un airain qui résonne, ou une cymbale qui retentit », cf 1 Cor.13v1 ? Source : Pixabay.

J’ai déjà entendu ce dicton : « ne pose pas de question sur la foi mais vis de telle façon que ta vie pose questions ». Justement : quelles questions ?

L’on a pu déplorer le niveau de tensions et de bêtises autour des propos de « chrétiens en campagne », durant la présidentielle ou juger, à l’instar de Yannick Imbert, que ladite campagne a été, du côté chrétien[Évangéliques, en tout cas !], un relatif désastre, au point où les chrétiens ont pas été vraiment des « lumières du monde »(1)… Les Évangéliques se prépareront-ils mieux aux prochaines, à savoir les législatives ?

Dans cette perspective, voici quelques exemples de nature à inspirer une bonne (et intelligente) mobilisation politique des protestants évangéliques :

1) Dans la continuité avec son action auprès des candidats à la présidentielle, Michée France encourage les églises à écrire aux candidats aux élections législatives de leur circonscription. Son objectif est de faire entendre la voix des « sans voix » aux prochains députés afin qu’ils prennent des décisions en considérant la situation des plus démunis. Les propositions de Michée France faites aux candidats à la présidentielle seront jointes à cette lettre. Elles concernent 5 domaines d’action importants pour la lutte contre la pauvreté au niveau national et international :

L’aide publique au développement

La lutte contre la corruption

L’économie sociale et solidaire

Le respect de l’environnement

L’accueil des plus fragiles (SDF, handicapés, migrants, …)

La suite à lire ici sur le site de Michée France.

Inspiré par l’Évangile, Michée France œuvre pour mobiliser les protestants, notamment évangéliques, à lutter contre la pauvreté et les injustices ET pour leur donner les moyens d’interpeler les décideurs, en particulier politiques, sur les engagements qu’ils ont pris.

 

2) Si les Évangéliques choisissent de ne pas « interpeller » les puissants, de façon spirituelle et biblique, ils courent le risque d’être « interpellés » eux-mêmes, pour leur comportement estimé « interpellant » ou « scandalisant », comme en témoigne ce « rappel à l’ordre politique » du CNEF aux évangéliques français(2) :

Dans son allocution prononcé lors de l’Assemblée plénière du Conseil national des évangéliques français (Cnef), mardi 30 mai à Paris, [qui a notamment lancé à cette occasion Cnef Solidarité, qui regroupe toutes les actions sociales des chrétiens évangéliques]  son président Étienne Lhermenault  a regretté que la dernière campagne présidentielle ait révélé l’évolution politique de certains évangéliques vers l’adhésion à des « discours de rejet et de haines ».

Il a aussi déploré « une focalisation sur les questions de sexualité au détriment des questions sociales », assurant que nous devons être alertés par « les relais que trouve ce genre de propos sur les réseaux sociaux. Il circule dans notre milieu évangélique des discours trompeurs qui caricaturent la foi, ridiculisent l’Évangile et entraînent bien des nôtres dans de vains combats ». Au sein d’une société très sécularisée, certains« vibrent dès qu’ils perçoivent (ou imaginent) une inspiration vaguement chrétienne » susceptible de défendre des « valeurs » chrétiennes. Mais cette notion même de « valeur » est, à ses yeux, « ambiguë » car si une valeur « n’a plus Dieu », elle peut se transformer en « idole » et produire une « morale rigide asservissante ».

Une « idée folle, parce que naïve et toujours démentie, selon laquelle il suffirait qu’un chrétien emporte la magistrature suprême pour changer durablement la face d’un pays » (Dessin d’Andy Singer).

Un autre des « pièges » relevé par Étienne Lhermenault pour « l’évangélisme mondial et à un moindre degré pour l’évangélisme français », est « celui de la conquête du pouvoir politique ». Et le président du Cnef de dénoncer l’« idée folle, parce que naïve et toujours démentie, (selon laquelle) il suffirait qu’un chrétien emporte la magistrature suprême pour changer durablement la face d’un pays ».

Enfin, a-t-il encore souligné, « notre combat en tant que corps de Christ n’est pas de conquérir le pouvoir politique, mais de garder les mains libres pour assumer notre rôle prophétique dans la société ».

Lire l’intégralité du discours d’Etienne Lhermenault, prononcé lors de l’assemblée plénière du CNEF, mardi 30 mai.

 

3) Enfin, à écouter sur « Coram Deo », l’émission hebdomadaire du blogue « Le Bon Combat » et de CFOI-FM (station de radio québécoise qui diffuse de la programmation religieuse) qui propose « un regard chrétien sur le monde ».  Son « épisode 34 » aborde la question du « fondamentalisme » dit « évangélique » ou « suis-je un fondamentalo-legalisti-messianico-pietiste ? »

Résumé : Il fut un temps où l’expression « fondamentaliste » revêtait une connotation très positive. Or, de nos jours, être fondamentaliste est rarement considéré positivement. Comment ce mot a-t-il pu évoluer aussi mal ? À quoi reconnaît-on les tendances fondamentalistes et légalistes ? Fondamentalisme et conservatisme sont-ils deux termes synonymes ? En quoi sont-ils similaires et différents ?

Pour répondre à ces questions, les théologiens, pasteurs et animateurs de blogues, Guillaume Bourin et Pascal Denault, lequel avait déjà écrit un court billet sur cette question en répondant à la question : « Réformé et fondamentaliste….synonymes ? »

 

 

 

Notes :

(1) Voir ses prises de positions sur TGC – Evangile 21 https://www.thegospelcoalition.org/evangile21/article/je-me-repens-de-la-campagne-presidentielle et son propre blogue https://landofthebluemoon.wordpress.com/2017/05/08/la-politique-du-faux-temoignage/

(2) A lire, cet article paru dans la Croix, daté du 02/06/17.

 

 

 

Pourquoi les autorités des églises protestantes parlent-elles plus de politique que de Jésus ?

Voter est une affaire de conscience et de conviction personnelle, responsable, devant Dieu et sans pression. « Bien voter », ou ne pas voter « comme ses pieds », c’est aussi refuser « les crispations identitaires » et les sirènes populistes.

J’aime beaucoup le site « 1001 questions », parce que l’on peut généralement y trouver la question que j’aimerai poser, et surtout, parce que les réponses données sont aussi précises que concises.

Ainsi, par exemple, cette question susceptible de brûler toutes les lèvres et que je reformule quelque peu : « Pourquoi les autorités des églises protestantes (et évangéliques) parlent-elles plus de politique que de Jésus ? »

Réponse donnée par le site : « Il faudrait le leur demander ! » Mais l’actualité électorale explique peut-être cela.

Ceci dit(1), pour répondre à ceux qui souhaitent avoir le maximum de points de repères pour déterminer le choix du candidat que chacun est appelé à faire[quand d’autres ne viennent pas « carrément » demander « pour qui il faut voter ». Ne riez pas, cela existe !], il convient de rappeler qu’il n’y a pas (ou ne devrait pas y avoir) dans l’Église protestante/protestante évangélique d’autre autorité que les Écritures bibliques, Parole de Dieu, et qu’il n’y a pas de « magistère » (« pasteur », « docteur », « prophète » ou « apôtre ») ou de « gourou », susceptible de nous dire, du haut de la chaire, « comment être un bon chrétien », que ce soit au niveau de la foi, de la piété, de la morale, ou même, de la politique. Car aussi Dieu peut s’adresser à chacun de manière différente. On parlera alors plus volontiers d’une « éthique de la responsabilité » : chacun est personnellement (et intimement) responsable devant Dieu des choix qu’il pense être les meilleurs et les plus fidèles à l’Évangile. Tout discours ou décision qui irait contre la seule autorité de la Parole biblique serait nul et non avenu (sola scriptura).

D’autre part, nos responsables d’églises, pasteurs et anciens, (à qui Dieu a confié la direction) ont le souci de faire partager les valeurs de l’Évangile à la société dans laquelle Dieu nous a placés. C’est notamment le cas quant à l’exercice du pouvoir dans l’intérêt des gens, quant à l’accueil des petits, des faibles, des précaires et des étrangers, par exemple(2).

Il ne convient donc pas de s’attacher à ce qui apparaît de leurs choix partisans (vous pouvez en avoir légitimement d’autres – et il ne saurait y avoir un candidat « idéal » ou un « vote chrétien idéal »), mais à ce qui les fonde (et qui peut aussi fonder les vôtres) : à savoir Jésus-Christ seul – lequel a notamment dit : « le Fils de l’homme est venu non pour être servi, mais pour servir et donner sa vie en rançon pour la multitude » (Marc 10v45. TOB) ; «  j’ai eu faim et vous m’avez donné à manger ; j’ai eu soif et vous m’avez donné à boire ; j’étais un étranger et vous m’avez recueilli ; nu, et vous m’avez vêtu ; malade, et vous m’avez visité ; en prison, et vous êtes venus à moi » (Matt. 25v35-36)…..(3)

Car la prédication chrétienne s’inscrit dans le monde (donc dans un contexte précis) même si elle ne lui appartient pas (cf. Jean 17). Elle se doit donc d’être pertinente, cohérente et non déconnectée du réel.

 

 

Notes :

(1)Le présent texte s’inspire de la réponse donnée sur le site « 1001 questions », en l’enrichissant.

(2) Ce qui explique que nous ne devrions pas nous focaliser sur les sujets qui nous paraissent exclusivement « non négociables », à savoir la politique familiale ou le domaine de l’éthique (bioéthique, fin de vie, procréation, etc.). Ces sujets, certes très importants, ne doivent pas occulter d’autres préoccupations tout aussi importantes et bien présentes dans les Écritures bibliques, telles la justice (ou l’injustice) sociale, les causes structurelles de la pauvreté et de la précarité, les questions d’environnement (« garder et protéger » la création, être de bons et sages « intendants » des ressources de Dieu), l’accueil de l’étranger…

(3) Autres passages bibliques importants : 1 Jean 1v5-7 ; Eph.2v14-16 ; Eph.4v24-25, 29-31 ; Deut.10v17-19 ; (Exhortation donnée à un roi) Prov.31v8-9 ; Jean 16v13-14 ; Rom.5v5 ; 1 Cor.13v6 ; Zach.8v17 ; Es.61v8 ; Matt.4v1-11….A vous d’en trouver d’autres !