Quand « changer de régime » devient une nécessité face à l’infobésité

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Un article de « Jo », notre plume invitée, que je remercie !

Lorsque j’étais enfant, mes parents regardaient les infos et lisaient la presse quotidienne de manière plutôt assidue. Ils étaient au courant des infos locales et internationales et cela faisait partie de la culture familiale, d’être au courant de ce qui se passait autour de nous.

J’avoue avoir été contaminée par ce virus de l’information !

Cependant, depuis quelques années, je me sens trop sollicitée : les informations à portée de main, de clic, de swipe, défilent sans cesse grâce à la technologie. C’est super de pouvoir être au courant des évènements nationaux et internationaux quasi en temps réel.

Mais il s’agit, de mon point de vue, d’une évolution à double tranchant : l’exposition constante aux flux de nouvelles est aussi parfois source d’angoisse, surtout lorsque les nouvelles sont essentiellement négatives (repensez au premier confinement !).

Par ailleurs, il est difficile de savoir à quelle source s’abreuver tellement l’offre informationnelle est substantielle !

Aujourd’hui, avec un smartphone, je peux animer un podcast, produire des clips et vidéos, faire des directs via les réseaux sociaux. Je peux même ajouter des filtres, des effets, et embellir, voire modifier la réalité pour les regards non avertis…bref : n’importe qui pourrait s’autoproclamer journaliste ou “informateur” via internet, sans forcément passer un diplôme ou être affilié à un média reconnu pour son travail d’investigation.

Avec la pandémie covid, la guerre en Ukraine et les élections présidentielles qui se sont superposées, il est devenu capital pour moi de faire le tri entre les informations avérées et les fausses, entre les buzz éphémères et les sujets méritant une attention plus importante.

J’ai pour cela accepté un défi au détour d’une publication de Pep’s café ! : tester le “slow media” Brief.me(1) pendant 30 jours.

Je préfère le dire tout de suite : j’ai beaucoup aimé pour plusieurs raisons, et me suis même abonnée!

Tout d’abord, la sobriété de la newsletter et du traitement de l’information: pas de pub, pas de liens qui clignotent dans tous les sens. Juste l’essentiel, avec un ton neutre et sans agenda caché. A l’heure où la publicité sponsorise énormément de médias, je trouve leur parti pris courageux et très agréable pour la lectrice que je suis. Cela m’encourage à lire de façon plus concentrée.

Ensuite je sens, en lisant ou en écoutant les informations, que des journalistes ont vraiment travaillé les sujets. C’est flagrant dans leur rubrique “Panorama” qui regroupe des articles de fond sur des grands thèmes d’actualité. En les consultant, je ressors toujours “nourrie” : ce n’est donc pas du “fast food journalistique”.

Je n’ai pas peur de ressortir une information de Brief.me car je sais que des personnes se sont assuré qu’elles étaient véridiques. L’exactitude des informations m’est très chère.

Autre point apprécié : une forme de collaboration avec les lecteurs. Tous les mercredis, nous pouvons voter pour choisir le thème qui sera développé dans l’édition du week-end. Bien que je ne sois pas toujours dans la majorité, je trouve cette proposition originale et lorsque mon choix est le majoritaire, je lis l’édition du samedi avec d’autant plus d’attention!

Enfin, j’aime bien le côté “slow” de l’expérience.

Attendre 18h30 tous les soirs pour être informée sur la journée et savoir ce que seront des nouvelles de qualité (et sans parti pris catastrophiste!) me libère et me repose.

Je ne suis plus obligée de subir les avalanches de nouvelles et de notifications au fil de la journée, ni de passer trop de temps à trier le fil d’info 24/24 pour en extraire les sujets de fond. Je peux faire confiance au contenu de Brief.me pour ne pas orienter ma manière de penser, mais au contraire pour m’apporter assez d’éléments pour m’instruire et m’aider à faire des choix “informés”.

Je crois par ailleurs que c’est un bon exercice, dans nos vies sans répit, que de choisir de ralentir et patienter. Mon cerveau, fréquemment stimulé par des futilités, m’en remercie.

Sinon, « question existentielle » : vais-je rater des informations si je ne vérifie pas mes notifications?

Comme dirait une amie: « si c’est vraiment très important et critique, cela arrivera à tes oreilles quand même ». Il est vrai que, le 11 septembre 2001, je n’avais pas internet à la maison ni sur le téléphone, mais j’ai très vite su ce qu’il s’était passé à New York.

NB: Il en est de même pour les buzz et autres news people : elles finissent par arriver à nos oreilles ou sur nos écrans sans devoir trop les chercher. Par exemple, si je vous parle d’un scandale récent aux Oscars, il est fort probable que vous sachiez que je fais référence à une gifle devenue un meme célèbre en l’espace de quelques heures.

Par contre, dès qu’il s’agit de travail de recherche, d’une ligne non partisane, ou de sujets informatifs, éducatifs et avec du sens…vous devrez vous donner les moyens de les trouver !

Mais pourquoi insister autant sur la qualité de l’information et des sources ?

A l’ère du deep fake, et des fameuses fake news, l’information est un vrai enjeu :

Fausse, elle peut parasiter la vie entière d’individus, de groupes et même de pays entiers : elle est dans ce cas au service de la manipulation et du mensonge et engendre toujours plus de division.

Cela ne va pas sans rappeler l’oeuvre du Malin depuis Eden et jusqu’aujourd’hui : nourrir le doute et la suspicion, tromper, diviser. En tant que chrétienne, je crois qu’il est de mon devoir de résister activement à cette entreprise de mensonge et de division.

Comment faire ?

L’une des premières actions dans ce sens, c’est de m’assurer que moi-même je ne propage pas de faits non avérés ou de mensonges : balayer devant ma porte en priorité, faire du tri dans les sources d’information que je consulte.

Une autre action est de m’interroger sur mes motivations et leurs conséquences : dans quel but suis-je en train de relayer une information? Quel en sera le fruit pour celui ou celle qui va la recevoir, et pour moi?

Une troisième action serait de me former un peu à la détection des fausses informations, afin de progresser en vigilance, car nul n’est à l’abri un jour de se faire berner. Cela m’est arrivé plusieurs fois. Je pense que personne n’est imperméable à 100% aux fake news.

En même temps que je résiste activement à la division, je peux aspirer à adopter un positionnement pour la vérité (ce qui est vrai), l’unité, et la confiance : somme toute, un positionnement généré par l’Esprit Saint en nous !

Puisse-t-Il nous éclairer en toute chose et conduire nos choix “informatifs”, dans cette époque si spéciale que nous vivons et dans ce combat contre la désinformation.

De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!)  entre amis et en famille. 

Note :

(1) Brief.me se présente comme « un slow media » proposant “moins de contenu, mais plus de sens sous une forme épurée sans publicité.”

C’est un media également indépendant, sans intérêt politique ni de défense de telle ou telle tendance. Leur ambition: informer leurs lecteurs en faisant du travail de recherche et vérification sur chaque sujet abordé. L’équipe a également le souci d’apporter du sens.

Cela peut sembler évident mais force est de constater que les uns les autres nous relayons aujourd’hui beaucoup d’informations via des messageries et autres réseaux sociaux sans jamais se demander: “c’est vrai ça? qui en est à l’origine?”

Brief.me fait le choix de traiter régulièrement certaines thématiques: entre autres, l’écologie, la technologie et le numérique, l’international. Elles semblent importantes aux journalistes de l’équipe.

Brief.me c’est une lettre de nouvelles, tous les soirs à 18h30 (disponible en version audio également) sauf samedi matin.

Il est possible de tester Brief Me gratuitement pendant 30 jours ici.

 

Trois ressources (sinon rien) et un projet participatif à suivre pour s’informer, s’encourager, s’édifier 

De bonnes ressources et un projet participatif à partager, pour l’édification et l’encouragement de tous.

Chers lecteurs et fidèles abonnés, voici une sélection de ressources, avec un projet participatif, me paraissant édifiantes et utiles. Bonnes découvertes !

1)Brief Me, la newsletter pour nous réconcilier avec l’info. 

Brief.me est un mini-journal indépendant, sobre et sans publicité auquel je suis abonné et dont j’ai déjà parlé sur ce blogue, qui résume et explique l’actualité, chaque soir à 18h30, par e-mail ou sur une application mobile. Brief Me existe aussi en version audio, ce qui permet de l’écouter tout en faisant autre chose. Brief.me permet en quelques minutes de récapituler l’actualité de la journée, de mieux comprendre les événements importants. C’est aussi un média qui met en avant des informations positives et ouvertes sur le monde. 

A noter que Brief me n’est pas un service de « curation », ou un agrégateur de contenu, ou même une simple revue de presse, qui se contenterait de reprendre des articles déjà publiés sur d’autres sites.  L’équipe de journalistes expérimentés produit un contenu propre et réalise un véritable travail journalistique, en prenant le temps de sélectionner les informations qui leur semblent pertinentes, puis de les vérifier avant de les formuler de la manière la plus claire, précise et synthétique possible. Il arrive assez souvent qu’ils abandonnent un article en cours de route, faute de fiabilité. 

Depuis 2018, l’équipe de Brief.me édite aussi Brief.eco, un média pour comprendre l’économie en rebondissant sur l’actualité.  En novembre 2021, l’équipe de Brief.me lance Brief.science, un nouveau média qui explique l’actualité scientifique.

Egalement, depuis le 07 novembre, toutes les deux semaines, le dimanche, Brief Me édite sa newsletter « Des idées pour la France », dans laquelle la rédaction de Brief.me explique et met en perspective une proposition présente dans la campagne pour l’élection présidentielle (Ex : pour ou contre : la construction de nouveaux réacteurs nucléaires, la retraite à 60 ans…..).

Il est enfin possible de tester Brief Me gratuitement et sans aucun engagement pendant 30 jours en s’inscrivant simplement avec son mail sur cette page.

2)LaïCités.info : c’est terminé mais ses archives restent ouvertes

Le saviez-vous ? Lancée en 2016, la Lettre pédagogique LaïCités était un outil d’information, de compréhension et de décryptage de la laïcité et des faits religieux. Elle proposait un traitement factuel et laïque de ces sujets afin de les aborder de façon dépassionnée.  Chaque mois, LaïCités proposait des actualités décryptées, des éclairages d’experts, des ressources à utiliser en classe. Les contenus étaient envoyés par mail, une version imprimable y était attachée. LaïCités a malheureusement cessé de paraître en mars 2020, faute d’un nombre suffisant d’abonnés pour la maintenir la parution, mais il est désormais possible de consulter librement tous les anciens numéros disponibles en pdf. Merci à l’équipe ! 

A lire, notamment, ce numéro sur les protestants.

3)La chaîne youtube de Libérer!, un excellent ministère de formation à l’accompagnement spirituel qui réconcilie cure d’âme, relation d’aide, guérison, délivrance, et libération, dont j’ai déjà parlé ici : En s’abonnant à la chaîne, il est possible de visionner un nouveau contenu tous les 10 jours, avec trois formats d’une durée approximative :  EN BREF : 2 minutes / EN QUELQUES MOTS : 10 minutes / EN LARGE ET EN TRAVERS : 45 minutes. Déjà parues, les vidéos : « qu’est-ce que Libérer! », « que faire des morts », « l’abus », « la colère », « le psy et le spi »… 

Egalement, à suivre : le projet participatif « Coopérer sur la durée dans l’Eglise locale », coordonné par Marie-Christine Cayrol.

Issu d’une recherche action interdénominationnelle autour de la question de la coopération dans l’Église, ce projet a donné lieu à l’écriture d’un livre-outil de 320 pages en couleur illustré, auquel ont contribué plus de 50 personnes de différents milieux chrétiens.

Ce manuel servira d’outil à tous les responsables d’église qui ont envie de susciter et d’accompagner la coopération dans l’église et vivre une transition vers la gouvernance partagée.

Visionnez cette vidéo qui présente les thématiques de travail et de réflexion : 

Suivre les avancées du projet et/ou y participer sur cette page.

L’action du mois : Soutenir des médias indépendants, sans pub

Infographie sur les médias : plutôt que de se demander s’ils sont « de gauche » ou « de droite », demandons-nous plutôt à qui ils appartiennent et pourquoi. Source : Le Monde Diplomatique/ACRIMED, janvier 2017

Sur son compte twitter, Sébastien Fath remercie Médiapart de lui avoir proposé un entretien sur le thème « Pourquoi l’évangélisme est la nouvelle religion planétaire », sachant que plus d’un chrétien sur quatre, dans le monde, est évangélique. Lors de cet entretien, nourri par des questions jugées « pertinentes et détaillées » par l’historien [notamment sur l’adaptation à la pandémie], Sébastien Fath a expliqué « les raisons du succès de ce courant protestant radical en Afrique, en Asie du Sud-Est, en Amérique latine, mais aussi en France dans les quartiers populaires ». Pour ceux qui ne connaissent pas, Médiapart est un journal d’information en ligne participatif, indépendant, sans publicité ni subvention et qui ne vit que des abonnements de ses lecteurs. L’entretien est disponible en intégralité (pour les abonnés seulement) sur le site de Médiapart, depuis le 13 avril 2021.

Comme le souligne Sébastien Fath, soutenir de tels médias indépendants qui reposent sur ce modèle économique participatif, sans pub, sans subvention et sans actionnaires, « c’est un outil de démocratie, et un bon moyen de s’informer et de débattre ».

Parmi eux :

Basta! qui fait le pari « d’un média d’intérêt général, indépendant, sans publicité et en accès libre en ligne, investi sur les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques. Basta défend un journalisme d’impact, nourri de reportages et d’enquêtes, pour apporter sa contribution à la nécessaire transformation sociale, écologique et économique de notre société ».

Saviez-vous qu’il est possible de financer gratuitement Basta ! en utilisant Lilo, le moteur de recherche français et solidaire, qui ne collecte pas vos données ? Chaque recherche sur Lilo vous crédite d’une goutte d’eau, représentant quelques centimes d’euros. À tout moment, vous pouvez reverser vos gouttes à basta ! et contribuer ainsi à financer ce média gratuitement, sans débourser un euro. En savoir plus ici.

Brief Me, un autre média indépendant, nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes.

Il est aussi possible de tester Brief Me gratuitement et sans engagement ici, pendant 45 jours, pour mieux se rendre compte de la qualité du service.

 

« Informer, c’est choisir » : Rendez-vous avec un média indépendant pour comprendre comment

Bien informer ou l’art des choix. Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« Informer, c’est choisir ! » Et « choisir, c’est faire un beau geste », dit-on dans le monde des médias et du journalisme.

Informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Bref, vous en avez marre de l’info commentée ?

Marre des patchworks d’éditos et de billets d’humeur, où le ressenti prend le pas sur l’information…. ?

Marre du « bâtonnage de dépêches » [symbole de la paupérisation de la profession de journaliste, qui consiste à réécrire une dépêche fournie par une agence de presse en la remaniant à la marge et, au besoin, en rhabillant les titres, de façon à orienter la lecture dans un sens contraire au contenu initial…] ?

Marre de médias ou de newsletters prétendant à la « réinformation », substituant sa propre propagande sous prétexte d’en chasser une autre (supposée), se voulant mordant mais confondant l’ironie avec la diatribe ? Autant d’ « invitations au voyage », où « le LSD du jour » dérive en mauvais trip…

Enfin, marre de sites qui « ne nous informent pas » mais qui « affirment » les choses, ou prétendent « confirmer ce que l’on sait (ou croit savoir) déjà ?

Moi aussi. Mais n’en restons pas là.

Ce mercredi soir 17/03, 18h45, est l’occasion de rencontrer l’équipe de Brief Me pour découvrir les coulisses de ce média indépendant que je teste actuellement et qui nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes.

Ainsi, comment la rédaction de Brief Me choisit-elle les sujets ? Qui sont ses journalistes ? Comment fonctionne un média indépendant ?….Toutes les questions pourront être posées à l’équipe qui sera réunie pour nous, en direct sur Facebook et Youtube, ce mercredi 17 mars à 18h45.

Vous n’avez pas encore essayé Brief Me ? C’est le moment de le faire gratuitement et sans engagement ici, pendant 45 jours, pour mieux se rendre compte de la qualité du service.

 

 

Brief me : La newsletter qui libère de la peur de manquer « l’info à ne pas manquer ».

« Comment bien s’informer » : un enjeu d’aujourd’hui, d’autant plus que l’information n’est pas une marchandise à consommer, mais un bien commun à défendre…

Il n’est pas simple d’informer, comme de s’informer. L’un et l’autre est exigeant, assorti d’une très grande responsabilité.
Qu’attendre d’un journaliste ? Tout d’abord-cela paraît tellement évident – qu’il nous informe. Et donc qu’il soit capable de restituer correctement une information.
Ensuite, expliquer, décrypter, donner à comprendre et engager à l’action…avec « l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser » ou « Réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien. »
Une telle exigence est-elle facile à satisfaire ? Où la trouver ? Comment l’atteindre ?

Il existe pléthore de sites gratuits dits « d’information ». Du côté chrétien, le ton et le style varient d’un site à l’autre (du sérieux/mesuré au volontairement plus polémique, revendiquant un style d’« humour cool gras », cynique et vulgaire. Mais le modèle est généralement le même, rappelant les « breaking news » ou médias « d’info en continu » : parce que la société évangélique française serait assez consommatrice d’une info de qualité courte, qu’on peut lire le matin au petit déjeuner ou en allant au travail [ou même pendant le culte ou une réunion !], il est généralement proposé des choix de brèves/articles courts, revues de presse, et amorces d’articles (le plus souvent « rhabillés » par la rédaction qui change les titres) francophones/étrangers traduits qui renvoient aux contenus d’autres médias(l’important est la source de ces sites), ayant trait le plus souvent de la vie des Églises, des sujets de société, les chrétiens persécutés, la politique, parfois(mais plus rarement, à des degrés divers) la culture, la science/l’environnement et du socio-économique, et pas mal de « people et d’insolite » (avec la tentation du « buzz »). Les productions personnelles se traduisent pour l’essentiel par des chroniques/billets d’humeur – quand il ne s’agit pas « d’info commentée » – des membres de la rédaction et/ou d’auteurs « invités ». Mais vu que tous ces sites se trouvent dans un contexte d’hyper concurrence, je constate un phénomène de mimétisme dans le choix des sujets et des angles.

L’on pourrait croire que l’activité principale de ces sites consiste en un « recyclage de dépêches ». Mais il est plus exact de dire que qu’il consiste à condenser des dépêches. Un média composé de dépêches complètes, bien qu’effroyablement monotone, serait beaucoup plus complet que ce type de sites. De là le sentiment d’une absence totale de « ligne éditoriale » et donc que rien de ce qui est fait n’est pensé, réfléchi, argumenté ou qu’aucun sens n’est donné aux « infos brutes » présentées. Ce que l’on voit, c’est un conglomérat d’articles, où plein de choses (certaines pouvant être bonnes ou réellement édifiantes) qui se juxtaposent aléatoirement, ou selon l’humeur, ou selon les critères du rédacteur en chef. Ces sites, même les plus sérieux, n’échappent pas toujours à l’écueil de l’information sensationnelle ou émotionnelle, où il s’agit plus de « faire sentir ce qui se passe » que de mettre l’information en perspective(1).
Le danger serait alors de se contenter de « lire en diagonale »(le plus souvent les seuls titres et le paragraphe), de « râler » ou de s’indigner de façon stérile, avant d’oublier ce qu’on vient de lire(2).

Or, informer, c’est aussi donner du sens à l’information, en la contextualisant et en l’expliquant. S’informer, c’est se donner les moyens de comprendre la complexité du monde réel dans lequel on vit. Pour cela, « la fabrique de l’info » doit parcourir un trajet bien plus complexe que la simple transmission au public d’un « fait brut », aussi frappant soit-il.

Bref, vous en avez marre de l’info commentée ? Marre des patchworks d’éditos et de billets d’humeur, où le commentaire prend le pas sur l’information…. ? Marre de médias prétendant à la « réinformation », substituant sa propre propagande sous prétexte d’en chasser une autre (supposée), se voulant mordant mais confondant l’ironie avec la diatribe ? Autant d’ « invitations au voyage », où « le LSD du jour » dérive en mauvais trip…

Enfin, marre de sites qui « ne nous informent pas » mais qui « affirment » les choses, ou prétendent « confirmer ce que l’on sait (ou croit savoir) déjà ? Ou encore, marre de l’info konbinisée ? (3)

Moi aussi. Mais n’en restons pas là.

Brief me : un nouveau régime contre « l’infobésité » (Source image : public domain pictures)

Depuis plusieurs semaines, je teste Brief.me, une expérience de « slow media ». A l’opposé d’une certaine façon tonitruante de « faire de l’info », Brief me se veut plutôt simple, apaisé et apaisant, sans pollution sonore ou visuelle.

Le principe ? Un e-mail tous les soirs à 18h30 [et le samedi matin pour leur édition du week-end.] qui nous livre, de façon sobre, sans parti pris et sans pub, l’essentiel de l’actu triée, résumée et expliquée par une équipe de journalistes expérimentés.

Cette newsletter hiérarchise et condense l’actualité nationale et internationale la plus significative et la plus pertinente, ce qui exclue « le people », « l’insolite », les faits divers, les résultats sportifs, sauf s’ils ont une portée plus large, au-delà de l’événement lui-même, ou s’ils sont le reflet d’une tendance.

Le mardi, nous sommes invités à choisir entre trois sujets qui seront traités dans l’édition du samedi matin, laquelle « revient sur un sujet de la semaine avec une approche historique ». Par exemple, le Parquet national financier, le démantèlement des centrales nucléaires, ou le Venezuela. Finalement, c’est le sujet sur les centrales nucléaires qui a été choisi.

Brief me est donc un « slow média » que je trouve original sur plusieurs aspects :

A l’heure où l’on nous dit que « les e-mails, c’est fini », Brief me mise sur le format newsletter, lequel fait la force du média. On y retrouve la qualité éditoriale d’un vrai journal papier, avec la hiérarchisation (car « informer, c’est choisir » et choisir, « c’est faire un beau geste ») et la mise-en-page. Le mail – une lettre qui m’est personnellement destinée – a l’avantage de créer du lien avec le lecteur-abonné, favorisant l’échange et le contact direct.

Ensuite, Brief me se veut sans parti pris, revendiquant une ligne journalistique, mais pas de ligne politique – ce qui nous rappelle Albert Londres (« la seule ligne que je connaisse, c’est celle de chemin de fer »). Son objectif est d’apporter de l’information dite « neutre »(est-ce possible ? Le choix des sujets révèle forcément des préférences), permettant aux lecteurs de construire leurs propres opinions, et non d’exposer la sienne.

Autre originalité : Brief me n’est pas un service de « curation », ou un agrégateur de contenu, ou même une simple revue de presse, qui se contenterait de reprendre des articles déjà publiés sur d’autres sites.

L’équipe de journalistes expérimentés produit un contenu propre et réalise un véritable travail journalistique, en prenant le temps de sélectionner les informations qui leur semblent pertinentes, puis de les vérifier avant de les formuler de la manière la plus claire, précise et synthétique possible. Il arrive assez souvent qu’ils abandonnent un article en cours de route, faute de fiabilité. Des liens vers ces sources sont insérés dans la newsletter si le lecteur souhaite approfondir le sujet mais l’objectif n’est pas de faire cliquer.

Une démarche qui nous libère du temps pour la journée et nous libère de la peur de manquer « l’info à ne pas manquer ».

Car l’enjeu est bien savoir bien s’informer aujourd’hui. D’autant plus que l’information n’est pas une marchandise à consommer, mais un bien commun à défendre, au même titre que la santé ou l’éducation. Nous pouvons, à notre échelle, soutenir la presse/les médias indépendants (sans pub et financés avant tout par les lecteurs/les abonnés), en achetant ces journaux, en s’abonnant ou en faisant des dons de soutien. Il est aussi important d’apporter la question de l’indépendance des médias dans le débat public et de réfléchir ensemble sur ce qu’est une information véritable/en quoi consiste l’acte d’informer, comme à des solutions pour libérer la presse.

Dans son Farenheit 451, roman décrit une société totalitaire qui brûle les livres, dans un futur indéterminé, Ray Bradbury nous présente les trois éléments dont les hommes ont besoin, particulièrement à notre époque d’information(ou de surinformation) : la qualité de l’information, le loisir d’assimiler cette information, et la liberté d’accomplir des actions fondées sur ce que nous apprend l’interaction entre la qualité de l’information et le loisir de l’assimiler.  Voilà ce qui est fondamental pour l’homme.

Il est possible de tester Brief me gratuitement et sans aucun engagement pendant 45 jours, avant de choisir (ou non) l’abonnement payant (4,90 € par mois pour un abonnement annuel). En effet, produire une information d’intérêt général de qualité, accessible à tous, a un coût.

Je serai très intéressé par votre avis sur ce « slow média » !

 

 

 

Notes :

(1) Voir notre article « existe-t-il une information chrétienne ? »

(2) Voir notre article « un bon journaliste ne lit pas et ne nous donne pas à lire en diagonale

(3) Sur l’information « konbinisée » et autres « pièges à clics », voir notre article