Foireux liens de mai (27) : comment ne plus être privé de « vie privée »

Mark Zuckerberg, sous les feux des projecteurs, lui qui est bien peu friand des caméras. Durant près de quatre heures, le patron de Facebook a dû répondre aux questions des parlementaires américains le 10/04/18 (Source : France 24)

Nos « foireux liens » sont de retour, avec une nouvelle sélection de ce qui a marqué l’actualité depuis ces deux derniers mois. Cette édition de mai a, cette fois-ci, la couleur et le goût de la « culture de l’internet et du numérique », avec des enjeux touchant au respect de notre vie privée dont nous parlons régulièrement sur ce blogue. Nous le voyons d’autant plus « nettement » aujourd’hui : la nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée est peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques décrits dans l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013) de Marc-Alain Ouaknin.

1) Facebook – Cambridge Analytica : un scandale en quatre temps

Le 17 mars 2018 dernier, des médias anglo-saxons ont révélé qu’une entreprise de collecte et traitement de données, Cambridge Analytica, était au cœur d’un vaste scandale de manipulations de data collectées via Facebook. Celles-ci qui auraient influencé la campagne présidentielle de Donald Trump, mais aussi le vote sur le Brexit. Explications sur La Croix.

Voir aussi : Cambridge Analytica et Facebook : « Le respect de votre vie privée nous tient à cœur. » #OuPas

Alors que la société est dans la tourmente, l’affaire Cambridge Analytica en lien avec l’élection de Donald Trump révèle comment le premier réseau social du monde utilise les données des utilisateurs de son service gratuit. Savoir quelles sont les données collectées (et surtout comment) peut permettre de limiter l’immixtion dans sa vie privée, mais l’ampleur de la collecte rend la poursuite de cet objectif bien illusoire, car c’est bien connu : « si c’est gratuit, c’est toi le produit ! »  Analyse sur The Conversation.

2) Le site internet des impôts offre à Google des données de millions de Français, qui ne disent pas « Bercy » 

On est certes loin du scandale « Facebook-Cambridge Analytica, mais cela fait tout de même « un peu tâche ». Next Inpact relève qu’en obligeant à regarder une vidéo informative hébergée sur YouTube, Bercy a permis au géant américain de récupérer des informations sur les internautes.

Ce n’est pas la première fois qu’un site gouvernemental utilise trop librement les services de Google. Next INpact rappelle également que l’Élysée multiplie les mauvaises habitudes sur son site. Et l’utilisation de Google peut aller encore plus loin, au ministère des Armées par exemple, où des services manipulant des données sensibles (mais non classifiées) utilisent à titre professionnel des messageries Gmail, y compris en opérations extérieures.

Un modèle plébiscité par les utilisateurs. Source : Reflets.info

3) Face au pillage de nos données personnelles, la guerre est ouverte entre le Parlement européen et les géants du Net

Données partagées sur Facebook, pistage via des cookies ou grâce à la géolocalisation de votre smartphone… les informations que nous laissons sur Internet sont de plus en plus nombreuses et sensibles. Pendant qu’en France, certains députés veulent faire des données personnelles un patrimoine à monétiser, le Parlement européen souhaite au contraire mieux les protéger. Un nouveau texte sur la protection de ces données intimes est en discussion à Bruxelles et soumis à un intense lobbying des géants du Net. Un règlement européen doit entrer en vigueur en mai. Quel sont les enjeux ? Ces règlements peuvent-ils mieux nous protéger ? Le point sur Bastamag.

4) La fin de la Neutralité du net : quelles conséquences ?

A la fin de 2017, les États Unis, par Donald Trump, ont décidé d’abroger une décision d’Obama sur la neutralité d’internet. Un vrai séisme pour vous tous internautes. « zeboute » nous explique pourquoi.

5) « Apocalypse (now)de l’information » :  Aviv Ovadya, responsable des nouvelles technologies au Center for Social Media Responsability de l’Université du Michigan, avait prédit la crise des Fake News de 2016, sans être entendu. Aujourd’hui il nous annonce une apocalypse de l’information : en clair, que se passe-t-il quand n’importe qui peut faire croire que n’importe quoi est arrivé, que ce soit vrai ou pas ? La réponse ici.

6) Cyberviolence : certains clics sont pires que des claques !

Qu’il est loin le temps du discours utopique sur l’Internet ! Loin le temps où des esprits enthousiastes pensaient que la technologie du world wide web avait vocation à servir les idéaux démocratiques, participatifs et autogestionnaires. On a vu, durant la décennie écoulée, combien les logiques mercantiles s’en étaient emparées ; combien certains opérateurs agissaient en prédateurs pour s’assurer un monopole ; combien les groupuscules extrémistes l’utilisaient pour répandre leur haine ; combien les terroristes l’instrumentalisaient pour attirer à eux de nouveaux adeptes ; combien les États avaient eux aussi appris à s’en servir pour en faire un support d’influence ou de déstabilisation ; combien des enfants pouvaient en faire un moyen de cyberharcèlement. Et si des usages démocratiques et participatifs ont pu éclore çà ou là, force est de constater que le côté obscur de la force est bien représenté dans le cyberespace. La suite de l’analyse sur The Conversation.

7) LaïCités, la lettre d’information française sur la laïcité et les religions

Tout observateur du terrain français sait l’importance qu’y occupe le thème de la laïcité. Le débat public autour de ces thèmes témoigne parallèlement de raidissements laïcistes et d’interprétations de la laïcité comme cadre de gestion ouverte d’un pluralisme religieux et culturel. Cela engendre aussi des attentes en matière d’information sur les religions dans une société sécularisée. Après les interruptions du site Fait religieux en 2015, et de la lettre professionnelle Laïcité & Religions du Monde des Religions, en juin 2016, est paru en octobre 2016 le premier numéro de LaïCités, un mensuel de 12 pages  diffusé sur abonnement sous forme électronique (format PDF), dont le sous-titre affiche clairement le projet : Lettre pédagogique des faits religieux et de la laïcité. Elle s’adresse d’abord aux enseignants, premiers concernés par les questions et réactions d’élèves, mais aussi à tous les curieux qui souhaitent mieux appréhender ces sujets sensibles. En savoir plus sur Religioscope, un site indépendant qui propose des informations et des analyses sur les religions dans le monde contemporain.

8) États-Unis : quelques tendances sociales et religieuses selon les enquêtes d’un groupe de recherche évangélique

Centre de recherche d’orientation évangélique, le Barna Group mène de nombreuses enquêtes statistiques, principalement sur la société et la religion aux États-Unis. Si beaucoup de résultats présentent avant tout un intérêt pastoral pour des milieux chrétiens, Religioscope a lu le dernier volume annuel publié par Barna pour en tirer quelques observations.

9) Ecoles privées : après le vote du Sénat, celui de l’Assemblée Nationale

Une proposition de loi centriste du Sénat, « visant à simplifier et mieux encadrer le régime d’ouverture et de contrôle des établissements privés hors contrat « , a été adoptée, le 29/03 à l’Assemblée nationale, pour mieux contrôler dès la rentrée 2019 ces écoles et s’opposer plus facilement aux ouvertures suspectes de nouveaux établissements. La loi a été promulguée le 13 avril 2018 et a été publiée au Journal officiel du 14 avril 2018. Les précisions sur LCP, la chaîne parlementaire.

Pour ceux qui souhaitent approfondir la question, voir ici le processus législatif.

10) Zoom sur….les Librairies chrétiennes, à la croisée de la foi et de la culture

Via l’interview de Jean-Baptiste Passé, 36 ans, directeur général de la libraire La Procure depuis octobre 2016, coup de projecteur sur la pratique de la lecture religieuse et l’industrie du livre.

« La théorie du Ruissellement expliquée par les chiens ». Dessin de Nicolas de la Casinière. Paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique « Chien méchant ».

11) Emmanuel Macron a déclaré dimanche 15/04 ne « pas croire à la théorie du ruissellement », (ou « trickle down »), selon laquelle l’enrichissement des riches profiterait mécaniquement aux pauvres… Plus qu’une théorie, c’est un véritable dogme libéral, d’ailleurs rejeté par les français. Or, relève Patrice de Plunkett sur son blogue, ni Jean-Jacques Bourdin(RMC), ni Edwy Plenel (Médiapart) qui l’ont interrogé ne l’ont amené à dire si un dispositif légal allait obliger les français les plus riches à investir dans l’économie réelle les cadeaux fiscaux macroniens (dont l’exemption d’isf pour les biens spéculatifs). Sauf que rien n’est prévu dans ce sens. Si Emmanuel Macron ne croit pas au ruissellement, tout se passe comme si ce dogme (« gravé dans le marbre » ?) inspirait son action…Pour (re)voir l’intégralité de l’interview, c’est ici.

12) Dans quelle stratégie générale s’inscrit la « réforme » de la SNCF ? Une analyse de Patrice de Plunkett sur son blogue pour ne pas être dupe « de la version officielle…. »

« L’hôpital public gère des flux de patients selon le budget de la Sécurité sociale, quitte à renvoyer chez eux des malades incapables de se débrouiller seuls, plutôt que de produire des soins en fonction des besoins de la population. L’université, créée pour former des esprits critiques et les pousser vers les plus hauts accomplissements, travaille désormais à l’équilibre des comptes et aligne ses exigences sur celles du marché du travail. La Poste, fondée pour rendre un service universel de communication, se transforme en prestataire pour Amazon. France Télécom, séparée de la Poste puis privatisée, n’a plus vocation à équiper le pays en infrastructures ni à servir ses usagers, mais à vendre des produits, à conquérir des parts de marché, à satisfaire des actionnaires. Installée sur le marché international de l’énergie, EDF rachète des entreprises privatisées au Royaume-Uni. Quant à la SNCF, son obsession des lignes rentables à grande vitesse l’a conduite à sacrifier le transport de marchandises au profit de la route et à négliger les lignes conventionnelles… »

Voir aussi, sur The Conversation : « Réforme de la SNCF : en finir avec les données fausses sur les chemins de fer ».

Pendant ce temps, l’Assemblée a approuvé le principe du changement de statut de la SNCF.  Sur quoi porteront alors les négociations ?

13) Grâce aux grèves…..

Par Babouse

 

14) « Incroyable mais vrai » : la direction #Carrefour a proposé 150€ de bon d’achat aux salariés afin d’apaiser la colère des grévistes suite à la baisse de leur participation de 610 à 57€….

15) Biodiversité : des réserves ? Il n’y en a pas !

Pour en finir avec ce dernier classique, à s’arracher les cheveux par poignée : « Il y a toujours eu des espèces qui disparaissent et d’autres qui apparaissent ! Où est le problème ? Pourquoi parler de crise ? » Transposons : « Il y a toujours eu des gens qui meurent et des gens qui naissent. Pourquoi parler d’attentat, d’épidémie, de guerre mondiale ? Qu’est-ce qui fait la différence ? » Vous avez compris. Fichus scientifiques. Saletés d’indicateurs, foutue réalité liberticide…L’intégralité de l’analyse à lire sur le blogue de Phylloscopus, naturaliste catholique blogueur.

16) La Cimade s’insurge contre la loi Asile et Immigration adoptée dans la nuit du 22 au 23 avril 2018 par la majorité présidentielle à l’Assemblée nationale. La France n’est pas submergée par des demandes d’asile, comme prétendent certains. Le pays des droits de l’homme n’a accepté que 81 950 demandes d’asile depuis 2015, soit 0,12 % de la population française, 10 fois moins que la Suède, 8 fois moins que l’Allemagne, 3 fois moins que le Danemark et la Belgique…

La Cimade continue donc de défendre une autre vision de l’asile et des migrations et réclame au Sénat la fin de l’enfermement des enfants en rétention, l’abrogation du délit de solidarité et la suppression du doublement de la durée de rétention. L’occasion de découvrir cette association loi de 1901, fondée par des mouvements protestants dont certains liés au scoutisme(Éclaireuses Éclaireurs de France) et membre de la Fédération protestante de France.

17) Ce qu’est et ce que n’est pas un engagement chrétien « équilibré »

Le « point théo » : La Déclaration de la NAE (National Association of Evangelicals) sur la responsabilité civique affirme : « La Bible fait bien comprendre que Dieu se préoccupe beaucoup du bien-être du mariage, de la famille, du caractère sacré de la vie humaine, de la justice pour les pauvres, du soin de la création, de la paix, de la liberté et de la justice raciale. » La conclusion que le texte en tire est que la communauté évangélique dans son ensemble devrait avoir une feuille de route équilibrée bibliquement : elle ne peut s’identifier à un combat qui ne porterait que sur un seul de ces sujets.

18) Les deux sous de la veuve : intéressante analyse de la scène de la veuve et de son offrande, à lire sur Point théo. Faut-il y lire un modèle individuel de générosité ou la dénonciation d’une injustice structurelle ?

19) Une nouvelle série prometteuse de Timothée Minard, à découvrir sur son blogue : La prophétie chrétienne d’après le Nouveau Testament

Tout chrétien qui veut réfléchir sérieusement sur l’ecclésiologie ou la pneumatologie biblique ne peut passer à côté de cet aspect exprimé dans l’Écriture : premièrement, l’Église est présentée comme un peuple-prophète inspiré par le Saint-Esprit et, deuxièmement, la pratique de la prophétie doit avoir une place de choix au sein des rencontres de l’église locale. Malgré cela, pour certains chrétiens, la pratique de la vraie prophétie, comme des autres dons miraculeux, n’est plus d’actualité.

20) Prophètes itinérants à l’heure d’internet

À l’heure d’Internet, les prophètes itinérants et les prédicateurs de passage s’invitent… sur nos écrans et dans nos salons. Pratiquons- nous un discernement éclairé ? Ils pourraient être « déguisés en moutons » (Mt 7.15). Comment les recevons-nous ? Ils pourraient être envoyés par le Grand Patron, nous interpelle le mensuel mennonite Christ Seul.

21) Arnaud Beltrame : ce que sa mort nous apprend sur notre nation : une chronique d’Etienne Omnès, dans le cadre « des Fils d’Issacar ». « Les Fils d’Issacar » sont connus, dans la Bible (1 Chr.12v32), pour « savoir discerner les temps ». C’est aussi le titre d’une analyse audio hebdomadaire d’événements et nouvelles depuis une vision du monde chrétienne, tenue par Étienne Omnès et Timothée Davi, disponible sur le blogue « Phileo-sophia ». Ne ratez pas son générique inimitable ! 😉

22) Un sujet presque passé inaperçu : Pendant que le monde entier a les yeux rivés sur la Syrie, la Chine de Xi Jinping met un nouveau tour de vis sur l’opposition, en visant cette fois les rappeurs et les religieux. Après les bouddhistes persécutés au Tibet, les musulmans ouïghours, c’est aujourd’hui au tour des catholiques chinois de faire les frais de la censure gouvernementale. Il est impossible de se procurer une Bible en Chine, dans les librairies depuis longtemps, mais depuis deux jours [08/04] cette interdiction touche aussi les ventes de Bibles en ligne. Et « en même temps », le Bureau des Affaires religieuses fait part de son projet de promotion d’un « christianisme chinois », avec à la clé une retraduction et une réinterprétation de la Bible.

23) « Secret des affaires » : La proposition de loi « sur le secret des affaires », adoptée en toute discrétion par les députés le 27/03, dans le cadre d’une procédure accélérée, a été adoptée mercredi 18/4 par le Sénat. Ce texte, durci par la Chambre haute, vise à renforcer la protection des informations au sein des entreprises. Mais il inquiète journalistes, lanceurs d’alerte et ONG. Une pétition contre ce texte a d’ailleurs recueilli plus de 350 000 signatures

 

Bonne lecture ! Prochain rendez-vous avec de nouveaux « Foireux liens » début juillet.

 

Emmanuel Macron aux Bernardins : Discours « très brillant » ou « drôle de discours » ?

« Drôle de discours » ou « discours très brillant », « séduisant » ?

Invité par la Conférence des Évêques de France (CEF) à une soirée inédite au Collège des Bernardins, lundi 9 avril, le Président de la République a tenu, pour les uns, un « très brillant discours », ou pour les autres, « un drôle de discours » aux catholiques de France.

Ainsi, dans une récente note de blogue, le sociologue et historien du protestantisme Sébastien Fath nous partage son ressenti sur le fameux discours d’Emmanuel Macron, discours qu’il qualifie de « très brillant sur la laïcité et les relations entre l’Etat et les religions »(1). Une façon de le percevoir, bien sûr, car « Phylloscopus », un autre blogueur, catholique et naturaliste, le qualifie à l’inverse de « drôle de discours », dans lequel il perçoit la volonté manifeste du Président de « réparer le lien abîmé entre l’Église et l’État ». Mais, (se) questionne-t-il, s’agit-il vraiment d’un problème de lien entre l’Église et l’appareil d’État ? A moins qu’il ne s’agisse d’un problème de lien entre l’Église et la société ? Là est la nuance.

Voici, en complément de l’opinion de Sébastien Fath sur la question, cette intéressante analyse du blogueur, dont la pensée peut se résumer ainsi :

« Emmanuel Macron n’a pas cherché à dialoguer avec l’Église. Il lui a transmis une offre d’emploi, sans cacher le moins du monde le rapport de subordination qui s’ensuit. Il attend une Église En Marche, adhérente et soumise à la discipline de son parti. Il a proposé [le 09/04] à l’Église un poste de Chief Humanisation Officer dans la startup France. Ce poste, c’est un job, ou plutôt un stage non rémunéré, sous l’autorité du Président de la République, consistant à lubrifier sa politique en lui assurant un vernis d’humanisme qui servirait à faire taire les râleurs d’un côté et de l’autre. Le service d’humanisme-washing dont sa politique a besoin ».

En clair, ce discours serait celui d’un « commercial » ou d’un « manager », seule réalité connue par Emmanuel Macron. Je pense alors à « Huguenau », personnage du roman « Les Somnambules » d’Hermann Broch : dans ce roman, les hommes y sont établis dans des systèmes de valeurs différents, aucune entente n’est finalement possible entre eux. Certes, le personnage d’ Huguenau converse encore avec autrui, mais il y a cette lettre qu’il envoie, à la fin du livre, à un autre personnage, la veuve Esch, où il s’exprime entièrement dans son langage propre : le langage de l’individu entièrement commercial.

Voir aussi l’analyse du journaliste-blogueur Patrice de Plunkett, à consulter sur son blogue. Et lequel Patrice de Plunkett nous invite à lire le discours, qu’il qualifie de « long, riche en références érudites dans sa forme », mais « réduit au fond à trois signaux :

Je connais la maison Eglise, son histoire et son langage ;

Je saurai vous écouter ; 

Ça ne m’influencera en rien. 

Les deux premiers signaux sont là pour enrober le troisième, qui perce en plusieurs passages du discours ».

Enfin, les plus pressés se contenteront d’un résumé du discours.

 

Et vous, qu’en pensez-vous ?

 

 

Note :

(1) Normalement, ce ne sont pas les relations entre « les Eglises et l’Etat » ?

 

« Foireux liens » de mars : identité « en crise » ou « en Christ » ? (26-b)

Les « Foireux liens » de Mars, deuxième sélection : une actualité placée sous le signe des fondements de la foi et de la liberté

Deuxième sélection de nos « Foireux liens » de Mars, suite de la première. Au menu : décès de Billy Graham ; la réaction du mouvement R3 au dossier « orientations sexuelles » du journal suisse « Réformés » ; être évangélique sous Donald Trump ; renforcement du contrôle des écoles hors contrat en France ; laïcité : le rapport Clavreul contesté ; la foi au cinéma en 2018 ; deux blogues récents à découvrir….

1) Décès de Billy Graham (1918-2018) à 99 ans : les hommages de Sébastien Fath et de Mike Evans

2) Le mouvement suisse « R3 » réagit au dossier « Orientations sexuelles » du journal « Réformés »

Le R3 (« Rassemblement pour un Renouveau Réformé »), cet équivalent suisse du mouvement français des Attestants, qui « se veut et se vit comme une dynamique de communion et d’encouragement entre croyants », a décidé d’exprimer « haut et fort » son désaccord au dossier « orientations sexuelles » (qu’il estime « désastreux ») du magazine Réformés(1) (février 2018). Certes, « avec beaucoup de réticences, parce que cela risque d’alimenter l’idée que le R3 est un mouvement réactionnaire », mais avec la conviction qu’il n’est pas possible de « garder le silence devant une telle manipulation ». C’est pour dire !

R3 nous propose donc deux contributions, à consulter sur son site : Des lettres à la rédaction parvenues à leur connaissance, lesquelles ne représentent qu’un petit échantillon des nombreuses réactions envoyées à la rédaction de Réformés mais qui présentent une grande diversité d’approches, puisqu’émanant de chrétiens de toutes sensibilités évangéliques et réformées, et pas forcément membres du R3 ; Une excellente étude biblique de Martin Hoegger : « Comment interpréter les Ecritures sur la question de l’homosexualité ? »

3) « Je sais qui je suis » : notre identité en crise ou en Christ ? Une série en deux parties à découvrir sur le blogue du théologien Philippe Golaz : https://philippegolaz.ch/identite-christ-1-2/ et https://philippegolaz.ch/identite-christ-2-2/

4) Comment peut-on être un évangélique sous Donald Trump ?

Sous Barack Obama, les évangéliques blancs faisaient de la vie privée des politiciens un marqueur essentiel. Aujourd’hui, sous Donald Trump, une majorité d’entre eux dit ne pas s’en soucier. Hypocrisie ? Opportunisme, explique le chroniqueur évangélique Michael Gerson, ex-conseiller de George W. Bush. « La droite religieuse est devenue un groupe d’intérêts qui cherche à tirer avantage de son homme fort. Ses prophètes sont devenus des clients, ses prêtres des acolytes. Ces évangéliques de cour participent à la dérégulation morale de la vie politique ».

5) Le sénat vote pour le renforcement du contrôle des écoles hors contrat

Le Sénat a adopté le 21 février la proposition de loi déposée par la sénatrice centriste, Françoise Gatel, par 240 voix pour et 94 contre. Le texte en question porte sur la simplification et le renforcement des écoles privées hors contrat. Parmi les 12 millions d’élèves scolarisés en France, quelque 65 000 sont inscrits dans des écoles hors contrat. Alors que ces établissements ont connu un certain engouement ces dernières années, les polémiques sur les dérives et les lacunes des enseignements qui pourraient y être inculqués ont alerté les parlementaires. (Suivre l’évolution du processus législatif ici)

6) Laïcité : « Le rapport Clavreul met en péril le droit à la liberté de croyance »

Les Protestants s’inquiètent à leur tour du rapport Clavreul, remis au ministre de l’Intérieur, et qui présente une vision idéologique de la laïcité. Historiquement, ils connaissent bien le danger d’un Etat qui se mêle de religion et de liberté de conscience….

Voir aussi : http://www.lejdd.fr/politique/laicite-le-rapport-clavreul-vivement-critique-3583010

7) Le SEL lance une nouvelle campagne intitulée « Faire le bien et bien le faire »Voici une série de dessins de Jouak (interview ici), lesquels nous interpellent avec humour sur cet enjeu !

Voir aussi : L’association Oxfam est éclaboussée par un scandale sexuel. Pour le journaliste H. Lindell, l’un des invités du « Débat de la semaine » sur RDN, le 16/02/18, « ce scandale est extrêmement intéressant. Ce qui me surprend beaucoup c’est que ça tarde autant d’en parler et de se lamenter. Est-ce que c’est parce que les humanitaires incarnent le bien ? Quand les prêtres et pasteurs sont pris dans des scandales, ça déclenche tout de suite des rubriques dans tous les journaux. Ça montre que les humanitaires ne sont pas des saints mais des gens comme les autres ». Voir aussi Scandale Oxfam : peut-on vraiment contrôler la vie privée des employés dans les ONG ?

8) Eglise verte : « laissez-vous recycler » ou participez à la conversion écologique de votre église ! 

Le label Église verte s’adresse aux communautés chrétiennes qui veulent s’engager pour le soin de la création : paroisses, Églises locales et aussi œuvres, mouvements, monastères et établissements chrétiens. Dès aujourd’hui vous pouvez découvrir en quoi consiste ce label et remplir, avec votre communauté, l’Eco-diagnostic.

9) Films à suivre : La foi au cinéma en 2018

Ironiquement, je tombe récemment sur cette interpellation (« et si on arrêtait de croire que Dieu existe ? ») dans un journal culturel local, introduction à la description du spectacle « La décroyance ou comment je suis devenu athée sans me fâcher avec ma famille » de Jean-Philippe Smadja, ancien doctorant en histoire des religions (aujourd’hui auteur, metteur en scène…). Or, l’année de cinéma 2018 semble plutôt démarrer avec un regain d’intérêt pour ce qui touche à la foi chrétienne. En témoignent les films suivants, déjà sortis ou prochainement annoncés : « Jésus, l’enquête », de Jon Gunn ; « L’apparition » de l’agnostique Xavier Giannoli, avec Vincent Lindon (sur un sujet similaire au film précédent mais avec un angle différent) ; et (sortie prévue le 21 mars) « La Prière », réalisé par Cédric Kahn, lui aussi agnostique et qui raconte l’histoire de Thomas, jeune toxico accro à l’héroïne, qui atterrit dans une communauté chrétienne pour rompre avec la dépendance.

10) Pourquoi on se déguise à Pourim

En attendant Pessah, revenons sur la fête de Pourim, laquelle commémore les revirements du sort qui sauvèrent les juifs de l’extermination au Ve siècle avant notre ère. Ces événements relatés dans le Livre d’Esther ont été célébrés cette année les 28 février et 1ermars. L’occasion de dons, de repas festifs et de déguisements.

11) Deux blogues chrétiens à découvrir : 

Phileosophia, le blogue d’Etienne Omnès, lequel vise à nous faire découvrir la sagesse véritable, vient de fêter sa première année d’existence : une occasion de l’explorer !

Plumes chrétiennes, « l’incubateur audacieux des auteurs chrétiens » : un blog collectif d’écrivains et de poètes chrétiens qui souhaitent faire connaître leurs productions et trouvailles littéraires (« romans à suivre », poèmes, nouvelles, BDs…), ainsi que leurs réflexions autour de la littérature. Si vous aimez écrire, ils sont preneurs !

 

 

Notes :

(1) Journal indépendant financé par les Eglises réformées suisses des cantons de Vaud, Neuchâtel, Genève, Berne et Jura, ce mensuel se veut « soucieux des particularités régionales romandes ». Il a également pour ambition de présenter « un regard protestant ouvert aux enjeux contemporains, et, se revendiquant « fidèle à l’Evangile, il s’adresse à la part spirituelle de tout être humain ».

 

« Foireux liens » de novembre (24) : « Big Bang »

« La suppression des emplois aidés… »
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

Bonjour ! Les « Foireux liens » sont de retour ! Cette édition de Novembre témoigne d’une actualité dense et diversifiée. Il y est notamment question de « Big Bang » (territorial et institutionnel, social), de Glyphosate, du procès Merah, de terrorisme et d’Halloween, d’avortement, d’hyperconnexion et de droit à la déconnexion, des 500 ans de la Réforme protestante abordés sous certains angles, et de « Fake niouze ». Bonne lecture  (bien entendu, pas d’une traite) !

1) « Big bang » institutionnel et territorial : Comment Macron veut remodeler l’Ile-de-France
Cela vous a peut-être échappé, mais le chef de l’Etat souhaite fusionner les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) avec la Métropole du Grand Paris. Un projet de réforme qui suscite l’inquiétude des sept départements franciliens. Le département de Seine-Saint-Denis a décidé d’en appeler à ses citoyens pour interpeller Emmanuel Macron et le gouvernement via une pétition intitulée « comment ferons-nous demain ? », laquelle réclame « le maintien des services publics de proximité » et demande « plus de démocratie ».

Mais ledit « Big Bang » institutionnel annoncé par nos gouvernants « pour faire des économies », au-delà de la question de sa pertinence, est-il possible ? Gilbert Meyer, Maire de Colmar, Président de la Communauté d’Agglomération de Colmar et Député honoraire, répond « non » et explique pourquoi, dans un article daté…de 2014.

« ….ne pose strictement aucun problème ».
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

2) « Big Bang » social : « Des contrats vraiment pas aidés »
Emmanuel Macron a raison, les CUI-CAE, c’est bidon. Mais ce qui vient est bien pire. À commencer par la brutalité du méga-plan social que suppose la suppression de dizaines de milliers de ces emplois « aidés ». Enquête par CQFD, mensuel indépendant de critique et d’expérimentation sociales – par ailleurs mis en difficulté, du fait notamment de la suppression de leurs deux contrats aidés.

3) « Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »
Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. Bastamag les a rencontrés.

4) Glyphosate : l’ombre de Monsanto plane sur l’Europe
Les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer le 9 novembre sur la réautorisation du glyphosate. Ce pesticide est le principe actif du Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, commercialisé par la firme américaine Monsanto, rachetée en 2016 par le géant allemand de la chimie Bayer. Produit depuis les années 1970, il a été classé en 2015 comme un cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une évaluation qui a dû peser sur la position du gouvernement français, lequel a déclaré le 30 août qu’il voterait contre le renouvellement pour dix ans de l’autorisation de cette substance. Réautorisation, proposée par la Commission européenne.

Voir aussi :
Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ?
Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.

5) Beurre : une « pénurie » liée aux pratiques des multinationales
Le beurre manque dans les linéaires de certains magasins. Une absence qui ne relève pas d’une pénurie de lait chez les producteurs, mais d’ « un problème de négociations commerciales entre industriels laitiers et distributeurs », selon la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers. Ces derniers jours, plusieurs actions ont été organisées par des agriculteurs dans des grandes surfaces précisant dans des tracts : « Ce magasin manque de beurre parce qu’il ne veut pas le payer à son juste prix ! ».

 

« La théorie du Ruissellement expliquée par les chiens ». Dessin de Nicolas de la Casinière. Paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique « Chien méchant ».

6) Le “ruissellement“ coule-t-il de source ?
Peut-on vaincre la pauvreté en passant les riches à l’écumoire ? L’idée est alléchante. Mais assécher et empaler un riche bien dodu comme un lièvre à la broche est du gâchis : c’est quand il ruisselle et dégouline du portefeuille que le riche est le plus utile, car il irrigue l’économie. Il ne s’agit pas d’un secret de cuisine, mais d’une théorie économique : la « théorie du ruissellement ». Coule-t-elle de source ? Décryptage dans La Vie.

7) La robe en lambeaux
« Au procès Merah, l’opinion publique a eu beau tirer sur la manche du juge, elle n’a rien obtenu ; alors pleine de colère et de dépit elle s’en est allée déchiqueter la robe de l’avocat. EDM [Eric Dupond-Moretti] a dit à l’antenne que le procès de Nuremberg, souvent cité par les parties civiles lors du procès Merah, était plus digne notamment parce que nul n’avait songé à contester la présence des avocats. Il a précisé plus tard dans une interview qu’à Nuremberg on n’avait pas non plus traité les accusés d’animaux. Quel constat terrifiant », analyse la juriste-blogueuse « Aliocha ».

8) New York – « Contre la terreur » : Halloween !!!
L’Ouzbek de Manhattan a bien choisi son jour. Tuer huit personnes au moment de Halloween, c’était attirer l’inéluctable « réponse » occidentale : « Tout ça est pour nous empêcher de faire la fête mais nous la faisons quand même. » Réponse imbécile, puisque les djihadistes (commandos organisés ou lumpenterroristes comme dit Bauer) ont bien d’autres objectifs que de nous empêcher de faire la fête… Mais réponse terriblement éloquente quand la « fête » en question est celle de… Halloween, où l’on défile déguisés en vampires et en zombies. Se grimer en cadavres de cinéma pour effacer les cadavres réels….L’analyse de Patrice de Plunkett sur son blogue.

9) Ne faites pas (la) peur
Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se) faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, dont les plus jeunes (du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ». Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir (eu) peur ?…L’un de nos anciens articles, qui garde toute son actualité, à redécouvrir sur Pep’s café !

10) Avortement : la question qui tue
Le test du mois à découvrir sur « Visiomundus », un blogue d’apologétique culturelle : Dans une série de tweets récents, Patrick Tomlinson, auteur de science-fiction et humoriste, affirme ceci : « Depuis maintenant une dizaine d’années, à chaque fois que les partisans de l’idée que « La vie commence dès la conception » se mettent à parler de l’avortement, il y a une question que je leur pose. En dix ans, JAMAIS aucun d’entre eux n’y a répondu honnêtement ». Après cette introduction accrocheuse, il poursuit en évoquant un scénario imaginaire, proposé avant lui par Michael Sandel (philosophe américain, professeur à Harvard) lors d’une réunion du Conseil Présidentiel de Bioéthique, et encore avant eux, par George Annas (professeur de droit à Harvard et spécialiste en droit médical, bioéthique et droits de l’homme)……

11) Hyperconnection
Alors que neuf français sur dix possèdent un téléphone portable, le gouvernement veut étendre l’accès au haut débit. Voilà l’occasion de lire ou relire l’ensemble de la chronique de La Croix, parue en août, autour de l’hyperconnexion grandissante – qui modèle notre société – et des pistes esquissées pour prendre du recul. En guide d’introduction, Dominique Boullier, sociologue du numérique, fait le point sur les effets de la généralisation du smartphone sur nos comportements : « Le téléphone portable est une façon de vivre ensemble séparé (…) la question de l’hyper connexion pose la question de la présence, à l’Autre, à une œuvre d’art, à Dieu, à une relation amoureuse… On pense être présent à tout le monde grâce à la connexion. Mais en réalité, on finit par ne plus jamais être présent à rien ni à personne, on est sans arrêt ailleurs. Pendant ce temps-là, les concepteurs des applications dans la Silicon valley font des cours de méditation et envoient leurs enfants dans des écoles sans écran… »

Notre sélection pour les 500 ans de la Réforme protestante :

12) La liberté chrétienne selon Martin Luther
Le Traité de la Liberté Chrétienne rédigé par le Réformateur allemand Martin Luther en 1520 et dédié au pape Léon X (un an avant sa rupture définitive avec la papauté) est l’un des plus grands et plus beaux écrits de son auteur, mais aussi de la littérature chrétienne en général. Bien qu’écrit il y a bientôt cinq siècles, son contenu reste d’une actualité et d’une profondeur sans pareille. Le thème de la liberté chrétienne y est développé en relation avec la foi (…), une liberté (qui) s’exprime dans une relation du croyant avec le monde, dans le combat propre de la foi qui lie le chrétien à ses semblables par une relation fondamentale de service.

13) Etre sauvé(e) et reconnaissan(e) – 500 ans de la réforme protestante : ou comment ne pas tomber dans « la routine » de savoir que nous sommes sauvées par grâce. A lire sur le blogue chrétien féminin « elle croit ».

14) Petit plaidoyer pour la liberté de conscience, par le pasteur Matthieu Sanders, qui reste « frappé ces derniers temps par l’évolution, plus ou moins assumée, d’une petite partie du milieu évangélique français vers un positionnement qu’on pourrait qualifier d’identitaire ».Or, ajoute-t-il, « si nous maintenons- comme nous l’avons toujours fait – que la foi est affaire de conscience et non de naissance ou de contrainte ; si nous nous croyons enjoints à aimer notre prochain, quel qu’il soit, comme nous-mêmes ; si, enfin, nous faisons confiance à Dieu pour que l’Evangile prévale sur toute autre vision du monde, comment pouvons-nous refuser à l’autre la liberté d’expression et de culte que nous revendiquons pour nous-mêmes ? »
A découvrir sur le tout nouveau site d’Évangile 21.

15) Les projets de Marlène Schiappa sur la laïcité inquiètent
Des voix s’inquiètent d’un risque de dérive après l’annonce de la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes de soumettre une charte de la laïcité aux associations subventionnées.

16) « Une religion trop libérale aura du mal à survivre » : Jörg Stolz, sociologue des religions à l’université de Lausanne, analyse la désaffection des églises – protestantes ou catholiques – et le succès de l’évangélisme protestant : les Evangéliques « ont plus d’enfants que la moyenne et ils se défendent davantage contre les alternatives séculières », par exemple en mettant l’accent « sur la socialisation religieuse de leurs enfants », en faisant en sorte « qu’ils aient des contacts avec d’autres familles évangéliques » et « régulent l’accès à Internet, à la télévision, aux médias, pour les éloigner des alternatives qui pourraient entrer en concurrence. Les protestants traditionnels, eux, sont plus libéraux et ouverts sur le monde extérieur. Leurs enfants sont plus exposés à la concurrence d’autres influences, ils vont donc se séculariser plus facilement ».

17) « Fake news » : si vous l’avez manqué, voici le rappel d’un nouvel épisode de la guerre de la désinformation : « la prière musulmane (supposée) imposée en Angleterre ». En à peine 24 heures, une vidéo datée du 09 août dernier montrant, à première vue, un imam récitant une prière lors du conseil municipal d’Oldham, une ville dans le nord de l’Angleterre, est devenue virale sur Facebook et sur Twitter. Elle a été visionnée près de 355.000 fois sur Facebook et retweetée plus de 1.500 fois sur Twitter.
L’idée partagée de cette « info scandaleuse » émanant des réseaux d’extrême-droite français, et trouvant (hélas) écho dans certains réseaux chrétiens évangéliques, consiste à dire «Voici ce qui nous attend en France ». Décryptage proposé par Le Sarment, pour une « désintox » salutaire.

18) Quand vous priez, dites : « Notre Père ». Une saynète écrite pour un culte famille et construite principalement autour du texte de Luc 11v1-13.

Foireux liens de septembre (17) : « burkinigate », « neutralité de la technologie », « dictature laïque »….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les « Foireux liens » de septembre : une actualité placée sous le signe de « la rentrée » et de « la neutralité »….

« La rentrée », c’est aussi celle de l’actualité. Voici, parmi les faits, les plus significatifs selon nous :

1) Le « burkinigate », bien sûr ! Avec les regards et réflexions de :

Et pour bien comprendre comment tout a commencé (et s’est propagé), voir l’analyse de Nicolas VANDERBIEST, assistant universitaire à l’université catholique de Louvain.

2) « La technologie est-elle neutre » ? Mike COSPER, directeur d’un institut de recherche sur la foi et la culture aux États-Unis, répond à cette éternelle question – qui suscite beaucoup de réactions – sur le blogue « Tout Pour Sa Gloire » (anciennement « Notre église point com »).

3) D’autre part, et alors qu’ élèves et enseignants débutent leur rentrée en France, « BASTA MAG » nous invite à réfléchir à l’enjeu suivant : « L’Éducation nationale, champ de bataille entre logiciels libres et multinationales de l’informatique ? »

4) La rentrée scolaire le 1er septembre 2016, c’était aussi hier, en Israël. Néanmoins, les écoles chrétiennes d’Israël présentes là-bas sont menacées de fermeture, connaissant de graves difficultés financières. Le vicaire patriarcal à Nazareth, Mgr Giacinto Boulos MARCUZZO nous explique pourquoi, et avec quelles conséquences.

5) Enfin, serait-il « souhaitable » que la France devienne une « dictature laïque » ?  Si, comme le rappelle le blogueur « Koztoujours », Nicolas SARKOZY estime (sur TF1, « de façon générale et indifférenciée ») que « le meilleur moyen d’apaiser les tensions est que soit proscrit tout signe extérieur d’appartenance à une religion », le Front National, par la voix de Florian PHILIPPOT, « se montre plus large encore, souhaitant l’interdiction l’ensemble des signes ostensibles dans l’espace public (…) Une proposition portée de longue date par le Front National et justifiée par Marine LE PEN par une très surprenante formule : « Je remarque que dans les pays où il y a eu des dictatures laïques, les populations vivaient incontestablement mieux, avaient plus de libertés individuelles que sous des dictatures non pas religieuses, mais de fondamentalisme islamique. » En serions-nous donc à nous interroger sur le type de dictature sous laquelle nous préférons vivre, se demande « Koz » ? La suite de la réflexion, à lire sur son blogue.

 

 

 

Foireux liens de janvier(13) : « treize embêtant ! »

« Si cela vous fait plaisir…cela ne coûte pas cher ! » Dessin d’Yves Montagne, publié le 18 novembre 2014, le lendemain de « soirée des dupes » de Sens commun

« Si cela vous fait plaisir…cela ne coûte pas cher ! » Ou l’enjeu de la crédibilité en politique.
Dessin d’Yves Montagne, publié le 18 novembre 2014, le lendemain de « soirée des dupes » de Sens commun

Voici nos treizièmes « foireux liens », par aileurs-comme par un fait exprès-au nombre de treize. Ce qui sera « treize embêtant » pour certains superstitieux. Mais au-delà du calembour facile, les divers enjeux soulevés sont de taille, puisqu’ils touchent, tour à tour, à la crédibilité politique, la laïcité, l’éducation, le code du travail, le TAFTA, la concentration multimédia, la figure du « self made man », la croissance, la prospérité…et même la fragilité, « bonne » ou « mauvaise ». Prenez donc le temps d’une bonne lecture et d’une bonne réflexion !

1) « C’était couru : Sarkozy ne touchera pas à la loi Taubira », annonce le journaliste Patrice de Plunkett sur son blogue, avec un petit air de « je vous avais prévenu ! »

« Après le livre d’Alain Juppé, qui n’a jamais caché son approbation du « mariage pour tous », voici le livre de Nicolas Sarkozy qui ne l’a jamais désapprouvé… mais laissa croire le contraire. Le Figaro nous apprend que si l’ex-président de la République est élu en 2017, il ne touchera pas à la loi Taubira.
Ce n’est pas une surprise… mais la seule surprise, c’est que certains (qui ont sans doute cru que NS pouvait être « le candidat des valeurs chrétiennes ») en soient surpris : En 2011 M. Sarkozy était vaguement favorable à l’idée d’un mariage gay. En 2013 il s’est gardé de prendre position. En 2016 il continue dans la même ligne ».

A lire, également, les réactions du blogueur « Koztoujours », qui soulève tout l’enjeu de la crédibilité du politique.

2) Le Premier Ministre serait-il le « pompier pyromane » de la laïcité ? s’interroge le sociologue Sébastien Fath sur son blogue :

« On est en plein paradoxe. Le premier Ministre français Manuel Valls, qu’on a connu beaucoup mieux inspiré, a quelque peu égratigné l’exigence laïque en volant au secours, devant les amis du CRIF, d’une intellectuelle retraitée(1) de plus en plus citée par le Front National, dont de récents propos sur Europe 1 contribuent à banaliser l’islamophobie . Et pourtant, le Premier ministre actuel de la République française s’est cru compétent, tel un pompier pyromane, pour donner des leçons de laïcité à l’excellent travail d’équipe conduit par Nicolas Cadène (rapporteur) et Jean-Louis Bianco (président) à la tête de l’Observatoire de la Laïcité, une structure publique qui s’évertue à défendre et sauver le socle laïque dont la France se réclame ».

En réaction, 150 universitaires et chercheurs(2) rappellent, dans une lettre de soutien adressée au président de la République, le «travail salutaire» à la tête de l’Observatoire de la laïcité de Jean-Louis Bianco et Nicolas Cadène alors qu’ils sont contestés par le Premier ministre.

Voir aussi :
http://plunkett.hautetfort.com/archive/2016/01/20/l-absurde-querelle-de-la-laicite-5747747.html ; http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/01/19/quel-debat-autour-de-la-laicite_4850049_4355770.html ; http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/archive/2016/01/20/nouvelles-3064766.html

3) Un site pour décrypter la réforme du collège
Par une équipe d’une vingtaine de personnes, très majoritairement des professeurs en poste en collège, et accueillant aussi des parents d’élèves dans leur équipe.
Ils sont aujourd’hui 28 à rédiger et mettre en forme les remarques et les questionnements de bien plus d’enseignants et de parents d’élèves.

 

4) Débat sur le code du travail : vous avez certainement déjà entendu ça et là que le code du travail français serait « trop gros », quand il ne serait pas « un carcan » empêchant « la libération des richesses de ce pays ». Parallèlement au projet de réforme Badinter, voici quelques rappels sur ce qu’est un code du travail, et sur ce qu’il en est vraiment du nôtre, en comparaison de ses voisins européens, pour casser quelques idées reçues, ainsi qu’une analyse sur les raisons de vouloir « moderniser » le code du travail.
5) Les grandes manœuvres de concentration multimédia :
Un phénomène qui pose un vrai problème de pluralisme de l’information et donc de bonne santé de la démocratie. Chrétiens, vous êtes tout autant concernés par ce phénomène que les « non chrétiens », vu que l’acte s’informer est sans doute « une seconde nature » pour vous.
D’autant plus que l’on assiste, ces derniers mois, à une accélération inédite des rachats de médias, de nature à soulever l’inquiétude ou l’indignation des journalistes.

A lire, ces analyses de Julia Cagé, économiste de la presse, et d’Acrimed, qui soulève que si les journalistes « ont largement posé la question de l’indépendance éditoriale dans un univers médias très concentré, ils ont aussi largement éludé celle des raisons profondes de ces vagues de concentrations ».

6) Est-il possible de « bloquer les funestes accords dits de « libre échange » en 2016… ?
L’économiste Jean Gadrey « positive », mais pour inciter à poursuivre les mobilisations contre le traité transatlantique entre l’UE et les Etats-Unis ou « TAFTA ». Il relève « plusieurs bonnes nouvelles récentes », et rappelle que dans le passé ont été bloqués 1) l’AMI (Accord multilatéral sur l’investissement), un projet proche du Tafta, abandonné en 1998 à la suite d’une opposition française, 2) l’ACTA, accord commercial dit anti-contrefaçon, rejeté par le Parlement européen en 2012 à la suite de fortes mobilisations, 3) et même L’AGCS (Accord général sur le commerce des services), plus ou moins gelé à l’OMC depuis 2005/2006.

Rappels ici, si vous avez raté le début de l’épisode : https://www.laquadrature.net/fr/TAFTA ; http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/10/13/si-vous-n-avez-rien-suivi-au-tafta-le-grand-traite-qui-effraie_4788413_4355770.html ; http://multinationales.org/Tafta-l-elaboration-des-normes-et-des-lois-bientot-confiee-aux-lobbies ; http://www.bastamag.net/Accord-Europe-Etats-Unis-que-nous et cf http://www.bastamag.net/Tafta-comment-la-cooperation-reglementaire-permet-deja-aux-lobbys-industriels-d

7) Nous sommes entrés dans « Le troisième âge du suffrage universel », selon Alain Garrigou :
Une intéressante réflexion d’actualité sur le suffrage universel, qui, depuis son origine, a reposé sur « un fondement élémentaire : que les citoyens s’en servent(…)correctement, en somme qu’ils deviennent des électeurs réguliers ». Le deuxième âge du suffrage universel est « celui de son évidence », celui de « la participation, comprise à la fois comme désir spontané et comme devoir intériorisé de s’exprimer. Tout au long d’un siècle environ, ce fut une assurance d’efficacité. Cette croyance est en train de se déliter ». Bienvenue dans « le troisième âge du suffrage universel », qui est « celui qui voit, après les électeurs apprentis, les citoyens arbitres des luttes politiques devenir leurs otages » : ces derniers « refusent le jeu et lorsqu’ils reprennent éventuellement le chemin des bureaux de vote », c’est pour être « plus contre que pour ».

8) « Une croissance contre nature ». Extrait du prochain livre d’Eric Jaffrain « la guérison de l’économie ». Sortie prévue en 2016 aux Editions Jouvence. A lire sur le site de l’auteur cette réflexion sur « la croissance », tant attendue par les politiques et industriels « comme un messie qui semble être le seul capable de résorber le chômage et d’augmenter le niveau de vie de la population, ou encore de réduire la pauvreté ». Mais cette croissance-dont la venue certaine est sans cesse annoncée par les prophètes du XXIe siècle, mais que l’on attend toujours-en avons-nous vraiment besoin ? A-t-elle du sens aujourd’hui ?

Et puisque l’on parle de « croissance »,

9) Voici le compte-rendu par Steve Morales de sa visite d’une « megachurch » prônant l’évangile de la prospérité, publié sur TGC Evangile21. L’article va bien au-delà d’une dénonciation « classique », et c’est ce qui fait tout son intérêt : « Nul besoin de partager une nouvelle vidéo montrant des pratiques ridicules des églises prônant l’évangile de la prospérité. Partageons l’Évangile lors de tête-à-tête, et démontrons patiemment en quoi le Seigneur Jésus vaut bien plus que toutes les promesses de richesses terrestres ». En clair, « arrêtez de dénoncer sur votre page facebook ces faux docteurs. Cherchez plutôt à amener avec douceur ceux qui les écoutent à Christ ».

Peut-être le pendant de cet autre article sur une certaine « abomination ».

10) Une urgence : casser le mythe du self made man, « un mythe dangereux » qui mène inévitablement à l’idolâtrie et à la fin d’un peuple, comme nous le rappelle l’Ecriture.

Ce « mythe moderne », le documentariste Pierre Carles appelait déjà à « le briser », dans une interview sur Acrimed : Cessons « d’appréhender la société par le seul biais de l’individu, soit la figure du self made man, du héros entrepreneur ou du sauveur providentiel qui ont contaminé les JT et les magazines d’information, avec le message implicite que la collectivité n’a pas d’importance, que l’individu existe en dehors d’elle, qu’il s’est forgé tout seul. Car c’est ça, l’idéologie de l’information télévisée, sa propagande »
11) « Pour ou contre le baptême d’enfant ? Et si c’était plus compliqué que ça… ? »
Comment dépasser le fameux « choix binaire de type baptême / pas baptême »(des enfants), avec l’alternative(plus biblique) de la présentation d’enfant (ou bénédiction d’enfant)-que nous pratiquons dans notre église.
Une intéressante et honnête réflexion sur le blogue du théologien suisse Philippe Golaz.

12) « Et si l’on parlait du sacerdoce universel, plutôt que de se limiter à un lectorat exclusif de pasteurs » ? A lire sur TGC – Evangile 21 : L’auteure-qui est une femme- n’est « pas intéressée par la prédication dominicale ». Mais elle chérit « l’espoir qu’un jour tout cela se soldera par un sermon sur le sacerdoce universel des croyants : Mes frères, nous ne sommes pas tous des frères. Chérissez la fraternité du ministère pastoral, mais pour l’amour de l’église, invitez vos sœurs à trouver leur place dans le ministère, une place que vous auriez voulu offrir à un homme par réflexe ».
Et si vous n’êtes pas superstitieux, voici un treizième et dernier lien, dans la série « Leurs Meilleurs vœux : en guise de rattrapages » :
13)Celui d’Alain Ledain, publié fin 2015 sur son blog « Ethique chrétienne » : « Une courte méditation sur la fragilité », où il s’agit « de choisir entre la bonne et la mauvaise fragilité, entre la vie et la mort (c’est-à-dire entre la relation ou la séparation relationnelle), entre l’acceptation de ce que nous sommes (fragiles) ou le masque lassant de la performance et de la compétitivité ».

 

 

 

Notes :

(1) Qui s’était « taillée la part du lion » dans les colonnes du journal « le 1 » , pour expliquer « comment parler de la laïcité à nos enfants », et ce, alors qu’elle n’est pas spécialiste de la question.

 
(2) Dont Olivier ABEL, professeur de philosophie, IPT de Paris, Fonds Ricoeur, Jean BAUBEROT, président honoraire EPHE, ancien titulaire chaire Histoire et sociologie de la laïcité, fondateur du Groupe Sociétés, religions, laïcités, Rachid BENZINE, historien, herméneutique coranique, IPT Paris, Jean-Dominique DURAND, professeur émérite histoire contemporaine, université Jean-Moulin, Lyon-3, Etienne FOUILLOUX, professeur émérite en histoire contemporaine, université Lumière, Lyon 2, Sébastien FATH, chargé de recherche CNRS, Groupe Sociétés Religions Laïcités, Raphaël LIOGIER, professeur, IEP Aix-en-Provence, Collège International de Philosophie, Paris, coresponsable du réseau Sociologie et Religions de l’AFS, Michel WIEVIORKA, directeur d’études, EHESS, European Research Council, Président du directoire de la Fondation Maison des Sciences de l’Homme, Jean-Paul WILLAIME, directeur d’études émérite EPHE, ancien directeur du Groupe Sociétés, Religions, Laïcités…….

« Dans le cochon, tout est bon » (pour créer la division)

« Positiver » un laïcisme intolérant et sectaire à des fins électoralistes ? Du « grand lard » !
« Que votre privilège [la liberté] ne soit pas un sujet de calomnie. Car le royaume de Dieu, ce n’est pas le manger et le boire, mais la justice, la paix et la joie, par le Saint-Esprit. Celui qui sert Christ de cette manière est agréable à Dieu et approuvé des hommes. Ainsi donc, recherchons ce qui contribue à la paix et à l’édification mutuelle ». (Rom.14v16-19)

« Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui souille l’homme; mais ce qui sort de la bouche, c’est ce qui souille l’homme(…) Mais ce qui sort de la bouche vient du coeur, et c’est ce qui souille l’homme. Car c’est du coeur que viennent les mauvaises pensées, les meurtres, les adultères, les impudicités, les vols, les faux témoignages, les calomnies ». (Matt.15v11, 18-19)

Que ne ferait-on pas « au nom de la laïcité », particulièrement en pleine campagne électorale pour les départementales 2015 (enjeu de proximité et de solidarité envers les plus faibles, rappelons-le) ?
« Si vous voulez que vos enfants aient des habitudes alimentaires confessionnelles, vous allez dans l’enseignement privé confessionnel. » En une phrase, Nicolas Sarkozy (avait) tenté de relancer, à quelques jours des élections départementales, un débat sur la laïcité dans les cantines scolaires, relève Lucie Delaporte dans  « Cantines scolaires et laïcité : Sarkozy tente un hold-up sur un non-sujet », article publié sur Médiapart, le 22/03/15*.
L’ancien président de la République, invité du JT de TF1 mardi soir, 17/03, apportait ainsi un soutien appuyé au maire UMP de Chalon-sur-Saône, qui venait d’annoncer – lui aussi avec un sens aigu de l’agenda politique – qu’il allait mettre un terme à la pratique du menu de substitution dans les cantines de sa ville lorsque du porc était servi. Une pratique en place dans sa commune depuis plus de trente ans. Gilles Platret, ne craignant pas de tordre ces concepts, avait justifié sa décision en expliquant qu’il était « indispensable de revenir à une pratique exigeante du vivre-ensemble », et que les repas de substitution constituaient une forme de « discrimination »*.
Cette instrumentalisation de la question des repas différenciés dans les cantines scolaires n’a, semble-t-il, échappé à personne. « Dans le cochon, tout est bon (pour créer de la division »), avait twitté le pasteur Gilles Boucomont le 24 mars. Instrumentalisation désavouée par le propre parti de Nicolas sarkozy…alors même que l’UMP a voté contre la loi du 12/03 qui autorise l’accès de tous les élèves à la restauration scolaire. Un texte qui pose justement une base légale aux menus de substitution…..**

Or, on se souviendra peut-être que le même Nicolas Sarkozy [celui que l’on présentait en 2012 comme « le candidat des valeurs chrétiennes »], avant d’être élu président de la république, avait signé en 2004 « La République, les religions, l’espérance »***, un livre d’entretien avec Thibaud Collin et Philippe Verdin, dans lequel il affirmait que « les religions constituent un enjeu majeur pour notre société car elles sontle support d’une espérance. Le fait religieux est un élément primordial en ce qu’il inscrit la vie dans un processus qui ne s’arrête pas avec la mort. C’est pourquoi », disait-il, « je n’ai pas une conception sectaire de la laïcité. Pas même la vision d’une laïcité indifférente. Je crois au besoin de religieux pour la majorité des femmes et des hommes de notre siècle. La place de la religion dans la France de ce début de troisième millénaire est centrale(…)Je crois(…)en une laïcité positive, c’est à dire une laïcité qui garantit le droit de vivre sa religion comme un droit fondamental de la personne. La laïcité n’est pas l’ennemie des religions. Bien au contraire. La laïcité, c’est la garantie pour chacun de pouvoir croire et vivre sa foi(…)Celui qui croit n’a pas à s’excuser de croire et celui qui ne croit pas n’a pas à se justifier de son incroyance. »(op. cit., pp15-16, 207)****
A ma grande surprise(et sauf erreur de ma part), aucun média ne semble avoir souligné ce fait, à part peut-être (pour l’instant) le sociologue Sébastien Fath, dont j’ai découvert peu après le billet « coup de gueule » publié le 26/03 sur son blogue : il y souligne, outre ce qui précède, que « cinq ans après la parution de cet ouvrage, il avait également affirmé en 2009 être « totalement d’accord y compris avec la question du voile » islamique, avec Barack Obama, qui dans son discours du Caire avait critiqué l’Europe pour sa tendance à gêner les musulman(e)s dans la pratique de la religion, en particulier en matière de vêtement. Il appelait à l’époque à dédramatiser le débat, rappelant seulement l’importance d’un choix libre de la part de la jeune-fille ».

Mais ça, « c’était avant ». Autre temps, autre discours, de la part de celui qui déclarait encore, page 36 de son livre que « L’extrémisme [religieux] commence avec la projection de son absolu sur l’autre, assortie de la volonté de le dominer, de l’asservir, de le priver de son libre arbitre ».
Ou comment passer de la « laïcité positive à la « laïcité punitive… »
On est à mille lieux de ce roi selon le cœur de Dieu, qui peut déclarer en toute bonne conscience que « sa parole ne dépasse pas (sa) pensée »(Ps.17v3). Mais comme le rappelle Benoît, dans son édito du mardi pour « les Cahiers libres », il est essentiel de se rappeler et de rappeler que « l’homme providentiel, ce ne sera jamais Sarkozy, Hollande ou Marine. L’homme de la providence c’est le Messie-Roi, Sauveur et Seigneur… »

 

 
Notes :

* « Cantines scolaires et laïcité : Sarkozy tente un hold-up sur un non-sujet » de Lucie Delaporte, publié le 22/03/15 sur Médiapart. Article relayé ici : https://groupegaullistesceaux.wordpress.com/2015/03/22/cantines-scolaires-et-laicite-sarkozy-tente-un-hold-up-sur-un-non-sujet/

** Voir :
http://www.lemonde.fr/politique/article/2015/03/24/sarkozy-irrite-des-elus-ump-sur-les-menus-de-substitution-a-l-ecole_4600378_823448.html

http://www.liberation.fr/politiques/2015/03/18/menace-par-le-fn-sarkozy-se-rallie-a-la-laicite-punitive_1222882

Le rapport de la députée Gilda Hobert(4 mars 2015), fait AU NOM DE LA COMMISSION DES AFFAIRES CULTURELLES ET DE L’ÉDUCATION SUR LA PROPOSITION DE LOI visant à garantir le droit d’accès à la restauration scolaire (http://www.assemblee-nationale.fr/14/rapports/r2616.asp ).

Il y est notamment rappelé :

1)que l’accès quotidien de tous les enfants à un repas complet, varié et équilibré, est une absolue nécessité pour la santé et l’aptitude à étudier des enfants les plus vulnérables.

2) que la restauration scolaire remplit très fréquemment une mission d’éducation nutritionnelle et concourt à ce titre à l’objectif de santé publique et aux ambitions de l’éducation.

3) que les cantines scolaires sont un lieu irremplaçable de socialisation et d’acquisition de règles de vie, d’hygiène et d’autonomie.

Le texte adopté le 12/03/15 : http://www.assemblee-nationale.fr/14/ta/ta0483.asp
*** Nicolas SARKOZY, La République, les religions, l’espérance. Paris, Éditions du Cerf, coll. «Pocket», 2004, 209 p
Cf L’article de Véronique Altglas, « Nicolas SARKOZY, La République, les religions, l’espérance », Archives de sciences sociales des religions [En ligne], 148 | octobre-décembre 2009, document 148-120, mis en ligne le 31 décembre 2009, consulté le 29 mars 2015. URL : http://assr.revues.org/21671 http://assr.revues.org/21671
L’auteur s’intéresse notamment aux présupposés idéologiques qui accompagnent la notion de «laïcité positive» défendue par N.Sarkozy, dans le contexte d’une approche(déjà, à l’époque) de plus en plus politique et polémique de la dite laïcité.

Sur la position de NS sur la laïcité (une laïcité dite « positive ») cf en 2008 et 2012 les interventions du sociologue Jean Bauberot :
http://www.huffingtonpost.fr/jean-bauberot/sarkozy-laicite_b_1267613.html ; http://www.la-croix.com/Actualite/France/Nicolas-Sarkozy-de-la-laicite-positive-a-la-laicite-restrictive-_NG_-2012-02-15-768811 ; http://www.lemonde.fr/politique/chat/2008/01/21/laicite-sarkozy-remet-il-en-cause-la-loi-de-1905_1001604_823448.html

Et les billets(2007 et 2008) de Sébastien Fath à ce sujet :
http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2007/12/21/discours-de-latran-quand-nicolas-sarkozy-fait-un-pied-de-nez.html ; http://blogdesebastienfath.hautetfort.com/archive/2008/02/26/nicolas-sarkozy-et-la-la%C3%AFcit%C3%A9-suite.html

Foireux liens(8) : face à une actualité « chaude », ne laissons pas refroidir notre engagement !

Les "Foireux liens" de Mars : une actualité "chaude", qui ne devrait pas vous laisser "froid"...

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité « chaude », qui ne devrait pas vous laisser « froid »…

Les « Foireux liens » sont de retour ! Au menu : actualité plus ou moins « chaude » appelant à la vigilance (« Fin de vie », éducation, « neutralité religieuse », « identité et culture »…) ou pistes d’expérimentation/d’engagement possibles (écologie, pauvreté, éducation, culture…) ; questions sur les médias ; questions « théo » mais non moins pratiques….

Questions « Théo » pratiques :

– « Le Bon combat » s’interroge : « Quand baptiser les « nouveaux convertis » ? Ou comment respecter « le bon ordre » : « sûrs », puis « matures ».

 
– Toujours sur « Le Bon Combat » : « Masculinité et féminité bibliques: la déclaration de Danvers » pour remettre les choses à l’endroit. Un thème particulièrement d’actualité, qui appelle à une réponse fondée sur la Bible…..

– Sur TGC : « Est-ce important de croire en l’historicité d’Adam  et Ève comme le premier couple humain, créés à l’image de Dieu, qui ont péché contre leur Créateur, plongeant ainsi la création dans la futilité de la corruption ? » 
Oui, c’est important. C’est même très important. La raison ici.

Médias :

– Une information, rapportée par le «Washington Post», révèle que la chaîne d’information Fox News vient en effet d’être élue «chaîne d’information la plus digne de confiance», par 29% des Américains interrogés, dans le cadre d’une étude de l’université de Quinnipiac. L’intérêt étant de connaître la méthode utilisée, qui a permis d’obtenir un tel résultat…

 – « Réinformation » et désinformation  : l’extrême droite des médias en ligne : c’est sur ACRIMED.
 
– Et parce qu’il convient d’être toujours « constructif » : des propositions pour une refonte des aides à la presse.

 

« Actualité (plus ou moins)chaude », appelant à la vigilance :


– Un curieux débat, entre un historien chrétien et un intellectuel néopaïen, découvert via le blog de Patrice de Plunkett, a eu lieu à la paroisse Saint-Lambert de Vaugirard (Paris XVe), « le quatrième jour du mois dédié au dieu Mars ». Sujet : « le christianisme et l’Europe : un mariage heureux ou contre-nature ?  ». Son analyse, sur le site « Le Rouge et le Noir », par le blogueur catholique « Bougainville ». La conclusion est à lire avec attention, et à rechercher avec ce qui suit :

– Cela  s’est installé ou « s’installe sans bruit ». L’argument pour dissuader « les contre » : s’y opposer, c’est « du conservatisme ».
….Ainsi, l’euthanasie : réaction sur « Koztoujours » et « Les Cahiers libres ».

 
–  Un autre débat refait surface : celui sur la neutralité religieuse des crèches (encore) relancé
La proposition de loi Laborde(RDSE) « visant à étendre l’obligation de neutralité à certaines personnes ou structures privées accueillant des mineurs et à assurer le respect du principe de laïcité »( cf sur le site du Sénat  et celui de l’Assemblée nationale ) a soulevé l’opposition aussi bien des catholiques que des musulmans mais aussi de l’Observatoire de la laïcité. Cette proposition de loi, dont l’examen prévu le 12 mars a été reporté suite aux contestations exprimées, a relancé un débat devenu lancinant. A lire sur La Vie

 
– Autre sujet : un entretien avec Alexis Escudero, auteur de La Reproduction artificielle de l’humain, publié dans Article 11.
Une prise de position qui n’a pas fait l’unanimité dans la rédaction, laquelle a tout de même décidé de la publier…. C’est le double intérêt de lire l’article…
 

– Réforme du collège : ce qui va changer en 2016
 Quelques « échos » ici et des réactions, .  
 
 – Évasion fiscale, fraudes et manipulations : découvrez le casier judiciaire de votre banque….
…..si elle ne spécule pas sur la faim dans le monde

 

Champs d’expérimentation ou d’engagement :

-Ils font plus que protester : ils agissent.  Sur plusieurs fronts
 
– Un projet de café associatif culturel et premier espace « catho-friendly » de coworking(un lieu de travail qui accueille une communauté d’auto-entrepreneurs, de créateurs d’entreprise et de travailleurs indépendants) à Lyon: « Le Simone », en hommage à la philosophe Simone Weil.
“Culture, convivialité et création” sont ses trois grands piliers.
Découvert grâce aux « Cahiers libres ». Il peut être une source d’inspiration, même pour les protestants/protestants-évangéliques.


– Casser les idées reçues sur les pauvres : « Hackons la misère »
Testez-vous ! 

 

 

 

Laïcité : Que dire à nos enfants d’« 1-dispensable » ?

"Je sais mais je dirai tout" : d'abord un film de et avec Pierre Richard(1973). Aujourd'hui, il semble que ce soit un nouveau crédo...

« Je sais rien mais je dirai tout » : d’abord un film de et avec Pierre Richard(1973). Aujourd’hui, il semble que ce soit un nouveau crédo…

Connaissez-vous « Le 1 » ? L’hebdo d’idées « qui ne se feuillette pas, mais se déplie », lancé depuis le 09/04/14 par Eric Fottorino, l’ancien directeur du Monde.
Cette « nouvelle expérience de presse », qui se veut « 1-dispensable », comme l’explique Eric Fottorino , est d’abord un curieux objet. Une grande feuille pliée trois fois sur elle même en format A4.
Ensuite, « Le 1 » traite d’un seul thème par semaine sur différents angles, à travers les regards d’écrivains, chercheurs ou artistes pour «comprendre et ressentir le monde qui vient ». Il ne demande pas plus d’une heure de lecture, mais tout de même plus de 20 minutes. Il paraît chaque Mercredi et est vendu 2,80€. Sans publicité*.

Bref, un format original, agréable et une bonne intention de départ(dans le traitement de l’info)qui n’est pas pour me déplaire. Mais quels regards privilégie-t-il ? A ce sujet, le numéro 41 du 28 janvier dernier, intitulé « Que dire à nos enfants ? »**, a récemment retenu mon attention.

Après la tuerie de Charlie Hebdo et ses répercussions, l’école se trouve au centre des interrogations. Comment répondre aux questions des élèves tout en déjouant les provocations ? Comment combattre l’intolérance, l’obscurantisme et transmettre les valeurs républicaines de liberté, de laïcité et de respect ? Il faut plus que jamais faire de l’éducation une priorité et ne pas abandonner les élèves en état de rupture républicaine.

La question est légitime et mérite d’être traitée. Néanmoins, j’ai trouvé le numéro plutôt déséquilibré, me paraissant donner une large place aux points de vue véhiculés par de non-spécialistes de la laïcité (mais vrais dogmatiques, partisans d’une « laïcité stricte »). Ainsi, l’académicienne Danièle Sallenave*** et la philosophe Elisabeth Badinter****, se taillent la part du lion*****. Mais pour dire quoi ? Ou pour que l’on dise quoi, à nos enfants ? D’autant plus que, rappelons-le, l’une et l’autre ne sont aucunement des spécialistes de la laïcité.

Mme Sallenave appelle à un « Un devoir de tolérance réciproque » (titre de l’article qui peut être consulté dans son intégralité ici), même s’il semble que dans l’esprit de son auteur, sauf erreur, il ne soit pas certain que ce devoir soit si réciproque que cela- certains se devraient-ils d’être « plus tolérants que d’autres » ? Extrait : « Ceux qui depuis des années se battent pour que l’école conserve ou retrouve ses valeurs fondatrices se sont félicités de voir les plus hautes autorités de l’État rappeler le lien qui unit l’école à la République, et la charger expressément de réparer un scandale, pourtant prévisible : celui de voir des enfants de familles musulmanes refuser de se joindre au mouvement de protestation unanime de la nation, et se déclarer plus proches de la religion caricaturée que des caricaturistes(Sic). Mais suffira-t-il pour les ramener dans le giron de la République(Re-sic) de décréter une journée de la laïcité, de les faire se lever à l’entrée du maître et ânonner en chœur qu’ils sont « pour la liberté d’expression » ? Je n’en crois rien. Certains de ces enfants, dans les quartiers périphériques ou les cités, ne se sont pas sentis solidaires de ce vaste sursaut patriotique (re-re-sic) parce que, à tort ou à raison, ils n’ont pas le sentiment que leur cité, leur quartier, leur famille même, leurs parents, appartiennent au même monde que celui des centres-villes, des professeurs, des docteurs et des juges. Voilà pourquoi certains refusent l’humour ou l’ironie quand ils visent ce qu’ils considèrent comme leur appartenance de naissance ». (re-re-re-sic : et pourquoi pas « d’origine », pendant qu’on y est ? Faut-il envoyer de tels « déviants » dans des camps de redressement ? Faut-il donc « arracher » ces élèves à tous les « déterminismes » ? Nous ne sommes pas loin de Nathalie Saint-Cricq****** )
Mais, dit-elle, « on ferait mieux de méditer la formule sans ambiguïté du président de la République selon laquelle « les religions n’ont pas leur place à l’école ». Même si elle est aujourd’hui difficile à comprendre et plus encore à mettre en œuvre, il convient de rappeler qu’elle a régné longtemps sur l’école républicaine, et tout le bénéfice que celle-ci, et la République, en ont longtemps tiré ».

Chacun appréciera et fera sa propre analyse.
Pour Mme Badinter, « Il faudrait d’abord enseigner la laïcité aux parents »*******.
Et quelle serait sa définition de la laïcité ? Comment l’expliquerait-elle devant une classe ?
Elle dirait « que toutes les religions sont admises au sein de la République, pas les sectes. C’est cela la laïcité. L’État garantit une protection générale à tous afin que les personnes puissent pratiquer leur religion, mais il ne se mêle de rien. Chacun doit comprendre que les religions n’ont pas à faire la loi en politique. Et j’insisterai, en second lieu, sur la séparation du public et du privé. C’est déterminant. La religion doit se limiter à l’espace familial et aux lieux de culte. La religion, c’est une affaire personnelle ». Mais, de même que « la rue ne saurait gouverner », elle estime « saisissant » que, désormais, les religions se trouvent dans la rue [à moins qu’il ne s’agisse de l’espace public ?]: « dans le grand débat national, en 2013, sur le mariage pour tous », elle déclare avoir été « extrêmement surprise par la réaction militante (sic) d’une grande partie des catholiques. Ce qui n’était habituellement pas visible-le poids des convictions religieuses sur le politique-, nous l’avons tous vu réapparaître comme jamais. La discrétion n’était soudain plus de mise(re-re-sic) et c’est vrai pour beaucoup de pratiquants des trois grandes religions. »

Cachez donc ce croyant ou « ce religieux »(« fanatique » et « terroriste » en puissance ?) que je ne saurais voir ! L’article aurait pu être rebaptisé : « il faudrait d’abord enseigner les religions (mais aussi ce que signifie « tolérance » et « liberté de conscience ») à Elisabeth Badinter », laquelle fait preuve d’une certaine intolérance, liée à un mépris certain. On sera édifié par sa remarque sur la kippa : « je suis stupéfaite de voir des jeunes juifs dans la rue avec une kippa. C’est quoi une kippa ? On se couvre la tête quand on prie. Cela signifie qu’on met une kippa quand on entre dans une synagogue et qu’on l’enlève quand on sort. Quand on va chez son épicier, on a peu de chances de parler à Dieu ! [pourtant, il est possible de prier ou de parler à Dieu en servant le vin, que l’on porte ou non une kippa cf Néh.2v1-5]Nous sommes en présence de revendications identitaires très fortes(…)et c’est désastreux. Depuis une vingtaine d’année, la laïcité recule, recule, recule…Que l’on puisse revendiquer des plats halal, des plats casher dans les crèches ou les écoles, c’est pour moi incompréhensible ! Quand on fréquente l’école publique, on mange comme tout le monde. Les minoritaires n’ont pas à imposer leur régime aux autres ».
Les « minoritaires » apprécieront.
Mais nous restons stupéfaits devant tant d’inculture religieuse. La laïcité serait-elle l’ignorance ? Ou le mépris ?
En guise de « rattrapage », nous suggérons la lecture des articles suivants : l’un d’Akadem, campus numérique juif, et cet autre, tiré du Monde daté du 24/09/12  : « En réaction aux propos de Marine Le Pen, qui a suggéré d’interdire le port du voile islamique et de la kippa dans l’espace public, [celui qui était à l’époque ministre de l’intérieur-et donc des cultes] a tenu à rassurer des fidèles partagés entre incrédulité, inquiétude et mépris pour des propos jugés « antirépublicains ». « Chaque religion a ses rites et ses traditions ; la liberté de croyance, c’est la liberté de porter la kippa, de manger casher, de réaliser la circoncision(…)Je me méfie de ceux qui, comme Marine Le Pen, se disent avocats de la laïcité et sont en fait des incendiaires du débat public. La laïcité n’est pas faite pour jeter les uns contre les autres. Les juifs de France peuvent porter avec fierté leur kippa(…) C’est la responsabilité des politiques de ne pas répondre à ces provocations. »

Et aussi la responsabilité des journalistes et des intellectuels ?

Bref, les intéressées sont-elles les mieux placées, ou les plus pertinentes, pour parler et même pour expliquer ce qu’est la laïcité ? D’autant plus que ce numéro s’est fait sans Jean Bauberot ********(Professeur émérite de la chaire « Histoire et sociologie de la laïcité » à l’EPHE) ou même Raphaël Liogier(sociologue, Professeur à l’Institut d’études politiques d’Aix-en-Provence et directeur de l’Observatoire du religieux), lesquels ont pourtant des choses à nous apprendre sur la question. Et même de quoi répondre aux deux personnalités citées plus haut :

– Ainsi, Raphaël Liogier, de façon indirecte à l’une et l’autre, rappelle que « la laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint[ou restreint] en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité »…..(Lire absolument ces articles sur BastamagLa Provence,  et  sur un blogue de Médiapart)

– et de façon plus directe, Jean Bauberot avait réagi sur son blog aux propos d’ Elisabeth Badinter, qui, lors d’une interview pour le Monde des religions(Le Monde du jeudi 29 septembre 2011 en avait publié de larges extraits) avait déclaré qu’ « en dehors de Marine Le Pen, plus personne ne défend la laïcité.»

Le même Jean Bauberot avait aussi répondu dans une autre note de blogue à Danielle Sallenave*********, suite à l’intervention de celle-ci sur France culture, lui rappelant que « JAMAIS la laïcité (…) n’aurait triomphé en France si elle n’avait pas su se montrer accommodante. Sans cela le conflit des deux France aurait dégénéré en guerre civile et que la France, avec la laïcité intégrale que certains souhaitaient, aurait quitté l’épure démocratique ». Ce que, reproche-t-il, Mme Sallenave, « inconsciemment ou non peu importe », souhaite « masquer », parce qu’elle ne le supporte pas. Il reste convaincu que prôner « une laïcité non accommodante, l’exact contraire de la laïcité historique (du moins, celle qui, heureusement, s’est imposé politiquement) », c’est là engager « la France dans une voie désastreuse. »

Etonnant choix de la part d’un journal qui se fait fort de proposer chaque mercredi « plusieurs regards sur une question d’actualité »….

On peut aussi s’étonner de ne trouver quasiment aucun représentant des diverses religions-du moins monothéistes : chrétienne (catholique, orthodoxe, protestante-FPF, CNEF ou même CPDH), juive et musulmane, à part la seule contribution (« ne pas insulter la foi des autres ») du prêtre-éducateur Guy Gilbert.
Il aurait été aussi pertinent (plus que de donner une parole excessive à celles qui méprisent les confessions et convictions des autres, y compris celles des enfants) de rappeler qu’ « en France, l’école publique est laïque et accueille ainsi des élèves et des parents de convictions très diverses, en toute neutralité. Toutefois, si l’école est laïque, ses usagers ne le sont pas. Leurs convictions, de toutes natures, ne restent pas à la maison », et ils sont « libres de les dire à l’école », n’en déplaise à Mesdames Sallenave et Badinter. Un petit livre nous invite à réfléchir sur la liberté de conscience et à son libre exercice (comme à son bon usage), particulièrement dans un contexte qui lui semble peu évident et bien peu favorable, de prime abord. L’enjeu restant le « bien vivre ensemble ».

A l’inverse, « Le 1 » nous donne à  lire « Enseigner l’histoire des religions, c’est enseigner l’histoire du doute », de Gérard Mordillat et Jérôme Prieur : respectivement cinéaste et journaliste, par ailleurs auteurs du fameux « corpus christi » diffusé sur Arte en 1997(+ L’Apocalypse, l’origine du Christianisme)…Il est utile de rappeler que l’un et l’autre n’ont aucune formation philosophique, théologique ou biblique. Ils sont encore moins historiens ou exégètes, mais avant tout des metteurs en scène, faisant parler les spécialistes en les scénarisant selon un plan bien précis.
Selon eux, « Il est primordial de montrer aux élèves la dimension historique du fait religieux. Ils auront ainsi la possibilité de prendre du recul par rapport aux croyances dans lesquelles ils ont été élevés. Apprendre à douter éveille l’esprit critique…. »

Bien vu ! Et pourquoi ne pas « montrer aux élèves la dimension historique » de la laïcité, pour leur donner la possibilité de prendre un recul bienvenu ?
Commentant le numéro du Monde du Week-end dernier dans une note de blogue, Patrice de Plunkett relève que « Jean Baubérot y souligne avec ironie qu’un enseignement de la laïcité ne peut se fonder que sur la connaissance historique(…), mais que la connaissance historique serait dangereuse pour nos marchands de prêt-à-penser qui croient, par exemple, que laïcité et féminisme marchent du même pas : « Apprendra-t-on aux élèves que la France a été le seul pays démocratique où a existé un siècle d’écart entre l’instauration du suffrage masculin (1848) et le suffrage universel (1944) ? Or c’est en invoquant la laïcité que des parlementaires ont régulièrement refusé d’accorder la citoyenneté politique aux femmes, considérées comme  »soumises » au clergé. Un silence sur ce point serait très significatif. »
Il n’est donc pas inutile de rappeler, à l’instar de Jean Bauberot, que « comme toute réalité sociétale, la laïcité doit faire l’objet d’une démarche de connaissance ». De même, sur un plan plus général, que l’histoire reste une science. Et une science exigeante, qui plus est, nécessitant une certaine rigueur, valable pour tous. Bien entendu, l’histoire n’appartient pas aux historiens. Mais sans eux, l’analyse risque de se réduire à la simple expression d’une simple opinion sans fondement scientifique.
Or, il semble que, aujourd’hui, tout le monde prétende informer, enseigner ou même faire(de)l’histoire. En réalité, beaucoup s’expriment. Le plus souvent sur ce qu’ils ne connaissent pas…**********
Il est pourtant « 1-dispensable » d’en prendre conscience, non ?
A lire, dans le Nouveau Testament, Actes 4, où l’on retrouve cette tentation de la foi « en chambre ». Et où comment l’on peut rendre visible ce que l’on croit…

 

 

 
Notes :

* Plus exactement, « Le 1 » est uniquement financé pour le moment par un seul actionnaire, Henry Hermand, 89 ans, entrepreneur et dirigeant d’entreprises. Lequel Henry Hermand a construit l’un des premiers groupes français d’immobilier commercial et a joué un rôle de premier plan dans de nombreux organes de presse comme Esprit, Quinzaine, Tribune des peuples, Faire, Le Matin de Paris…. Il finance notamment le cercle de réflexion Terra Nova, proche du PS). Ont également des parts dans le titre Éric Fottorino lui-même, Laurent Greilsamer(ancien directeur adjoint du Monde, aujourd’hui directeur de la rédaction de l’hebdomadaire Le 1 et enseignant à Sciences-Po)et Natalie Thiriez, la directrice artistique. Informations disponibles sur le site du « 1 ».
** Le numéro est construit ainsi :

Le temps de l’émotion
Victor Hugo, Écrit après la visite d’un bagne
Un devoir de tolérance réciproque Danièle Sallenave
Brouillages Robert Solé
Pardon ? Oui, pardon. Jean-Daniel Magnin
Le dessin de Céline Devaux

Le temps de la réflexion
Repères : état et religions depuis 1789 François Olislaeger
« Il faudrait d’abord enseigner la laïcité aux parents » Élisabeth Badinter
École : le handicap des enfants d’immigrés Loup Wolff
Ne pas insulter la foi des autres Guy Gilbert

Le temps de l’évasion
« Je crois à l’interculturel »J.M.G. Le Clézio
Pour la laïque Jean Jaurès
Les « Français » et « nous »Jean-pierre Obin
Déverrouiller l’institution Jean-Michel Croissandeau
Communiquer la sagesse du genre humainJules Ferry
« Je me suis senti en difficulté »Hugo Billard
De la maternelle à l’université Anne-Marie Cocula
Désarroi dans les classes Elsa Delaunay
« Enseigner l’histoire des religions, c’est enseigner l’histoire du doute »Gérard Mordillat Jérôme Prieur
De vives crispations
Je suis Charlie et je suis prof WEBONLYGabrielle Tuloup
Des histoires – WEBONLYThomas Vinau
*** Egalement normalienne et agrégée de lettres classiques. Elle a enseigné la littérature et l’histoire du cinéma à l’université Paris-X Nanterre de 1968 à 2001.

**** Spécialiste du siècle des lumières, féministe et milliardaire : présidente du conseil de surveillance de « Publicis », fondé par son père. En 2014, elle est la deuxième actionnaire de ce groupe.

***** Mme Sallenave bénéficie d’une pleine page, en deux colonnes, en p 3 ; Mme Badinter, de quatre colonnes, étalées sur les pp 5 et 6.

******  Nathalie Saint-Cricq est responsable, depuis juin 2012, du service politique de France 2. Lundi 12 janvier 2015, au journal de 13h, interrogée par Elise Lucet sur la marche républicaine qui a eu lieu la veille un peu partout en France et sur ses conséquences, elle avait déclaré : « C’est justement ceux qui ne sont pas « Charlie » qu’il faut repérer, ceux qui, dans certains établissements scolaires ont refusé la minute de silence, ceux qui « balancent » sur les réseaux sociaux et ceux qui ne voient pas en quoi ce combat est le leur. Eh bien ce sont eux que nous devons repérer, traiter*, intégrer ou réintégrer dans la communauté nationale ». (http://blogs.mediapart.fr/blog/gerard-becquet/130115/reperer-et-traiter-ceux-qui-ne-sont-pas-charlie-la-traque-est-ouverte-la-france-est-mure-les-med )
******* Article commentée par Joseph Gynt, dans son édito pour « Les Cahiers libres ».
******** Voir ses blogues : http://jeanbauberotlaicite.blogspirit.com/ ; http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-bauberot

********* Voir aussi ce débat récent publié dans Le Monde du WE dernier : Après les attentats début janvier, le gouvernement a engagé une « grande mobilisation« de l’éducation nationale pour transmettre les « valeurs de la République ». Mesure pour combattre le fanatisme ou risque de religion laïque ? Deux points de vue :
Les religions n’ont pas leur place dans les établissements scolaires, par Danièle Sallenave (écrivain et membre de l’Académie française). Confrontée à des adolescents qui revendiquent leurs appartenances identitaires, l’école doit tenir à distance et arracher les élèves à toutes les déterminations grâce à l’exercice de l’esprit critique.
– Adopter des politiques incantatoires est inutile, par Jean Baubérot (historien et sociologue). Les récentes annonces faites par la ministre de l’éducation, Najat Vallaud-Belkacem, visent d’abord les élèves et leurs parents, avec notamment la signature d’une charte de la laïcité. L’exercice risque d’être vain tant l’institution scolaire échappe à toute remise en question.
********** Lundi, sur le plateau de BFM-TV, l’ex-ministre UMP Nathalie Kosciusko-Morizet s’est exprimée pour dénoncer la radicalisation des jeunes, s’appuyant sur un «exemple très concret »(en réalité très fantaisiste) : de nombreux enfants arriveraient en retard le matin à cause de la prière. Elle a aussi déclaré que la religiosité des parents était une « radicalisation », que cette radicalisation était de la « maltraitance » envers les enfants, et qu’il fallait donc retirer ces enfants à leurs parents….

Voir : http://plunkett.hautetfort.com/archive/2015/02/03/delire-antireligieux-dans-la-classe-politique-5551073.html#more

http://www.liberation.fr/politiques/2015/02/02/les-enfants-musulmans-a-la-priere-plutot-qu-a-l-ecole-nathalie-kosciusko-morizet-en-pleine-derive_1193977

http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20150202.OBS1483/quand-nkm-se-prend-les-pieds-dans-le-tapis-de-priere.html

« Seules les montagnes sont éternelles… »

"Seules les montagnes sont éternelles"...Vraiment ?

« Seules les montagnes sont éternelles »…Vraiment ?

« Seules les montagnes sont éternelles… »

Peut-être un proverbe indien, en partie vrai. Et aussi le titre d’un premier cycle d’épisodes de la mini-série « Colorado »*(1979-diffusée en France en 1980), d’après l’œuvre de James A. Michener, auteur américain spécialisé dans le roman historique. L’un des personnages de cette saga, le trappeur français « Pasquinel »(interprété par Robert Conrad) explique que puisque « seules les montagnes sont éternelles », il s’agit de « vivre intensément ». Soit de se donner à fond dans ce que l’on fait, dans le but de donner réalité à ses rêves.

Plus exactement, je dirai : « vivre intensément », en se donnant à fond dans ce que l’on croit être bon, juste, vrai et sage(une cause plus grande que soi), et-tout aussi essentiel-vivre de façon responsable et respectueuse, envers soi et les autres.

Dans le but d’alimenter cette réflexion, voici, outre la série mentionnée plus haut, quelques textes :

-Les premiers tirés du livre de l’Ecclésiaste, dont l’enseignement nous fait passer du « rien »(ou du néant, des futilités) au « tout » : voir Eccl.11v9-10 ; Eccl. 12v1-8, 13-14[la clé du livre]

– Le résumé de « la loi et les prophètes », dont le mot-clé reste le « tout »(ce qui est plus essentiel que de philosopher sans fin sur le « rien ») : Matt.22v36-40

– Une autre « loi », de la nature, porteuse d’enseignement pratique en Galates 6v7-10.

– Cet autre rappel, en Hébreux 9v27

– Je disais plus haut que le « proverbe » cité plus haut était en partie vrai, puisque Actes 24v15 rappelle qu' »il y aura une résurrection des justes et des injustes »(voir l’analyse qu’en fait le philosophe Kierkegaard, dans l’une de ses « pensées qui attaquent dans le dos ». Ed. Première partie, 2014, pp 83-100)

– Un article du linguiste Alain Bentolila, publié dans le « Nouvel Obs » et repéré grâce au CPDH : http://leplus.nouvelobs.com/contribution/1307412-charlie-hebdo-l-ecole-laique-doit-remettre-l-ethique-au-coeur-de-l-enseignement.html

Au lendemain des attentats contre « Charlie Hebdo », et alors que la notion de laïcité et la nature de l’enseignement français animent le débat public, il est urgent d’inscrire chaque démarche d’apprentissage dans sa dimension sociale : l’affirmation de soi-même et le respect de l’Autre. En clair, « l’école laïque doit remettre l’éthique au cœur de l’enseignement. »

– Et puisque l’on parle de laïcité, voici encore, si vous l’avez raté, cette autre analyse du philosophe et sociologue Raphaël Liogier, dans « Basta mag » : http://www.bastamag.net/Raphael-Liogier-Ce-populisme-qui

Il y est notamment rappelé que « La laïcité, c’est deux choses : la séparation des églises et de l’État, définie par la loi de 1905 – et non pas la séparation du religieux et du politique – et la neutralité des agents publics. Ce qui n’est pas la neutralité de l’espace public ! Si l’espace public devient un espace contraint en ce qui concerne l’expression des opinions, qu’elles soient politiques ou religieuses, c’est une régression. Ce qu’on nous propose aujourd’hui, ce n’est même pas la neutralité de l’espace public, c’est sa neutralisation, donc un retour à une situation antérieure à 1789, au nom de la laïcité. »

Sur ce, bonnes lectures et bonne réflexion !

Et un bon week-end !

 

Notes :

* Excellente « mini-série » en 2 épisodes de 150 minutes et 10 épisodes de 80 minutes, à la distribution étourdissante. Nous en reparlerons ultérieurement.