Un peuple libre est un peuple qui honore la justice (Deutéronome 1v9-18)

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

 « Je ne peux pas vous porter à moi tout seul [rappelle Moïse au peuple] : le SEIGNEUR votre Dieu vous a rendus nombreux, et voici que vous êtes aujourd’hui aussi nombreux que les étoiles du ciel. Que le SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, vous multiplie encore mille fois plus, et qu’il vous bénisse comme il vous l’a promis : comment, à moi tout seul, porterais-je vos rancœurs, vos réclamations et vos contestations ? Amenez ici, pour vos tribus, des hommes sages, intelligents et éprouvés ; je les mettrai à votre tête. » Et vous m’avez répondu : « Cette chose que tu nous dis de faire est bonne. » J’ai donc pris vos chefs de tribu, des hommes sages et éprouvés, et j’en ai fait vos chefs : des chefs de millier, de centaine, de cinquantaine, de dizaine, et des scribes, pour vos tribus. Alors j’ai donné des ordres à vos juges : « Vous entendrez les causes de vos frères, et vous trancherez avec justice les affaires de chacun avec son frère, ou avec l’émigré qu’il a chez lui. Vous n’aurez pas de partialité dans le jugement : entendez donc le petit comme le grand, n’ayez peur de personne, car le jugement appartient à Dieu. Si une affaire vous paraît trop difficile, soumettez-la-moi, et je l’entendrai. » Et alors, je vous ai donné des ordres sur tout ce que vous aviez à faire. (Deut.1v9-18)

« Un pays où les juges sortent dans la rue pour manifester est un pays où toutes les lignes ont été franchies ».

Ce pays est Israël au XXIe siècle et la personne qui tient ces propos connaît bien la question puisqu’il s’agit d’Ayala Procaccia, ancien juge de la cour suprême.

Ce dernier était présent parmi les 80 000 personnes rassemblées sur la place Habima, à Tel Aviv, samedi soir dernier, pour manifester contre le controversé projet de réforme de la justice voulu par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Un événement que vous avez peut-être « vu passer », à moins qu’il ne vous ait complètement échappé.

En effet, depuis son investiture il y a deux semaines, le gouvernement de coalition très marqué à (l’extrême-)droite de Netanyahou (il rassemble son parti, le Likoud, et ses alliés suprémacistes juifs et ultraorthodoxes) “s’est embarqué dans une série d’initiatives législatives”, note le Washington Post cité dans Courrier international(1). « Le camp au pouvoir parle de corriger des déséquilibres dans les trois branches du gouvernement »(sic). Mais, précise le quotidien américain, « les critiques disent que ces mesures s’apparentent à un coup d’État qui détruira le système de séparation des pouvoirs, sauvera Netanyahou de l’inculpation dans trois cas de corruption et encouragera ses partenaires extrémistes religieux à mettre en avant des législations soutenant l’expansion de colonies juives en Cisjordanie ».

La réforme comprend entre autres, indique le quotidien israélien Haaretz, autre source de Courrier international(1), l’introduction d’une clause « dérogatoire » permettant au Parlement, de passer outre une décision de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple, et la modification du processus de nomination des juges, qui devront entre autres être désignés par des responsables politiques. D’où les manifestations pour dénoncer ce projet, car, en l’absence de Constitution, la Cour suprême, plus haute juridiction israélienne, fait office de garde-fou du pouvoir politique et se pose en garant des libertés individuelles. Son rôle est d’autant plus important lorsqu’un bloc politique détient une majorité nette au Parlement, comme c’est le cas à la suite des dernières élections(1).

A ce sujet, qu’en dit la Bible ?

Le premier chapitre du livre du Deutéronome, cité en en-tête de cet article, nous révèle que la première instruction, de ce qui peut être considéré comme le testament de Moïse, concerne l’instauration d’un système judiciaire.  La condition la plus importante d’une vie en société est que les différends puissent être réglés, non pas selon « la loi du plus fort », mais selon les critères de la justice.

Pour rendre une justice équitable, prévoit Moïse, ces juges doivent être « sages, intelligents et éprouvés (ou « connus ») cf le v15.

« Etre sage », c’est savoir que l’on ne sait pas et reconnaître lorsqu’une affaire est hors de sa compétence (à l’instar de Moïse lui-même en Nombres 27v5); c’est aussi ne pas se laisser guider par la passion et toujours rechercher l’intérêt général.

« Etre intelligent », c’est être capable de lire entre les lignes (d’un discours ou d’un événement).

« Etre éprouvé » (ou « connu »), c’est avoir bonne réputation auprès de ses proches et de ses voisins, témoigner de son intégrité et de sa fiabilité.

Autre exigence : Les juges ne doivent pas faire preuve « de partialité dans le jugement » (à l’instar de Dieu lui-même en Deutéronome 10v17. Comp. avec Jacques 2), entendant « le petit comme le grand » (cf Lévitique 19v15) et sans avoir « peur de personne, car le jugement appartient à Dieu ». Au moment de juger et à mille lieux du « juge inique » de la parabole des Evangiles, le juge doit avoir conscience qu’il se tient devant le Dieu de la justice. Et qui craint Dieu ne peut craindre autre chose.

Au final, nommer de tels juges est tout « ce qui reste à faire » au peuple (Deut.1v18).

La nomination des juges (voir aussi Exode 18v13-27), ainsi que des prêtres (Exode 29 et Lévitique 8) et des anciens (Nombres 11v16), correspond à une première séparation des pouvoirs entre le judiciaire, le religieux, et le politique. 

C’est ainsi qu’un peuple libre est un peuple qui honore la justice et dont les institutions reposent sur cette claire séparation (et distinction) des pouvoirs.

Pour Montesquieu « le bon régime » n’est pas nécessairement républicain ni monarchique, il est nécessairement modéré, c’est-à-dire qu’il est partagé, à la différence du tyran qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Ce n’est pas un hasard si la démocratie au sens moderne du terme s’est d’abord développée dans les pays de tradition judéo-chrétienne(2).

Notes :

(1) Voir https://www.courrierinternational.com/article/israel-80-000-personnes-contre-la-reforme-de-la-justice-en-israel-un-pays-ou-meme-les-juges-manifestent et Israël: une réforme de la justice à venir qui bouscule l’équilibre des pouvoirs

(2) D’après La Bible. Le Pentateuque/1. Commentaire intégral verset par verset, par Antoine Nouis. Olivétan/Salvator, 2021, pp 527, 618-620.

Voir aussi :

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : envoi 2

« Allez dans le monde entier proclamer la bonne nouvelle à toute la création ». Marc 16 : 15 (Source image : public domain pictures)

Nous voici au terme de cette série ! Dans cet « Envoi 2 », une étude comparée des finales des 4 Evangiles sur ce que nous sommes censés dire et faire en Son Nom, d’après 28v19-20, Marc 16v15-20, Luc 24v45-49 et Jean 20v21-23 et 21v15-22. Par Louis-Michel, notre plume invitée du jour, que je remercie !

Qu’étaient sensés dire et faire les disciples selon Jésus ?

Par extension : Que sommes-nous sensés dire et faire nous-mêmes ?

Recensons d’abord les éléments correspondant aux disciples à la fin de chaque écrit évangélique :

            – Matthieu 28 : 19-20 = a. vivre en tant que disciples envoyés, b. faire des nations des disciples, c. baptiser les disciples au nom du Dieu Tri-Un, d. former les disciples à la pratique de l’évangile selon l’enseignement de Jésus (tout cela dans la présence de Dieu Jésus).

            – Marc 16 : 15-20 = a. vivre dans le monde, proclamer l’évangile, b. baptiser ceux qui croient (tout cela aussi dans la présence de Dieu Jésus avec des signes de cette présence).

            – Luc 24 : 45-49 = a. vivre déjà dans Jérusalem en tant que témoins de ce que Dieu accomplit, b. vivre avec la puissance du Saint-Esprit (tout cela dans la présence de Dieu Jésus – v.45 et 49).

            – Jean 20 : 21-23 puis 21 : 15-22 = a. l’envoi des disciples est ordonné par Jésus, b. transmettre le pardon des péchés, c. nourrir le « troupeau » de Dieu, d. quoi qu’il arrive dans le futur, les disciples suivent en premier Jésus.

Les quatre témoignages des disciples et autres écrivains sont utiles à nous aussi en notre temps. Nous avons reçu l’Esprit aussi en vue de témoigner de la Bonne Nouvelle ! Cela me donne à réfléchir personnellement … MERCI Seigneur de m’avoir « envoyé » dans ce monde ! Je n’en suis pas digne, mais tu m’as choisi, tu m’as établi sur les nations (Jérémie 1 : 10) pour en faire des disciples !

C’est une grande responsabilité ! Mais l’amour de Dieu nous aide à l’accomplir … Nous pouvons compter sur l’oeuvre du Saint-Esprit qui touche les coeurs à salut car n’oublions pas que nous vivons concrètement l’envoi du Christ uniquement à travers Son amour pour ceux et celles qui n’ont pas Christ en eux.

Et toi, ami(e) lecteur(trice), qu’en penses-tu ? Tu le sais, le Seigneur, par le bain de la régénération (lire la Lettre à Tite), t’a amené(e) à une vie nouvelle, puis comme il l’a fait avec ses premiers disciples, Jésus t’a envoyé(e) et/ou t’envoie de par le monde pour exercer un ministère dans son éternelle présence !

Alors, que te dire pour finir ? Va ! au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit !!!

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Envoi 1

Dans l’envoi des 70, et lors de leur retour, Jésus nous parle encore d’évangélisation ! (Source image : public domain pictures)

Quand Jésus…..envoie ses disciples deux par deux : ou de ses recommandations et du faible contenu apparent du message à donner, par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie…D’après Luc 10v1-20.

Voici (presque) arrivée la fin de cette série. Jésus a montré la voie de l’annonce de la Bonne nouvelle. Loin des paillettes et des slogans tape-à-l’oeil, Jésus nous montre une voie plus simple, et plus exigeante. Dans l’envoi des soixante-dix, et lors de leur retour, Jésus nous parle encore d’évangélisation.

Jésus fait des affirmations : vous êtes agneaux au milieu de loups (v. 3). L’avons-nous oublié ? Ou pensons-nous être des agneaux au milieu d’autres agneaux. Le monde dans lequel nous vivons est opposé au Seigneur.

Jésus fait des recommandations : en particulier celle d’annoncer la bonne nouvelle du royaume (v.  9) ! Quelle grâce de proclamer la même chose que Jésus lui-même annonçait. 

Jésus fait des promesses : nous sommes ses ambassadeurs. Celui qui entend le message de l’Evangile entend Jésus lui-même. Celui qui rejette cette parole rejette Jésus ; celui qui l’accueille, accueille Jésus (v. 16). Quelle merveilleuse promesse ! Dieu fait son œuvre à travers nous.

Jésus termine par une parole, le mot final concernant notre évangélisation : nos œuvres ne sont rien. Dieu bénira peut-être notre campagne d’évangélisation. Dieu fera peut-être doubler notre Eglise. Dieu utilisera peut-être puissamment notre prédication. Oui, car Dieu et fidèle et utilise le peu de chose que nous sommes. Cependant… « cependant, ne vous réjouissez pas de ce que les esprits vous sont soumis, mais réjouissez-vous de ce que vos noms sont inscrits dans les cieux. » (v. 20)

Ne transformons pas la proclamation de la Bonne nouvelle en règne des œuvres humaines. Alors que nous devrions proclamer le règne de Jésus, est-ce nous proclamerons la grandeur de nos œuvres ? Il y a des rois qui ont mis à mort leurs ambassadeurs pour moins que ça ! En face du roi, venu par amour marcher dans la poussière, que dirons-nous ? Nous n’avons fait que ce qui était attendu de nous. Nous avons été serviteurs du grand roi dont le nom vaut pour nous plus que toute autre chose.

Gardons ces paroles précieusement à l’esprit. Dieu, en Jésus, nous donne la merveilleuse grâce d’être ses co-ouvriers, d’être ses ambassadeurs. Nous portons le nom du Seigneur, nous annonçons son règne. Nous témoignons de sa compassion. Réjouissons-nous de ce que Dieu a fait son œuvre et que nous sommes comptés parmi ses enfants. Dans son livre, nous portons son nom. Au sein de nos actions d’évangélisation, voilà la bonne nouvelle pour nous.

Quand tu es tenté de dégainer tes versets bibliques « plus vite que ton ombre…. » ou « le B ABBA » du disciple de Jésus

Un épisode de la série « Le B ABBA DU DISCIPLE » avec un message de Julien Coffinet sur l’importance de lire la Bible pour mieux connaître et aimer la Parole de Dieu.  

Et ce, à mille lieux de « dégainer » ses versets bibliques « plus vite que son ombre », à l’instar du célèbre adversaire de Jésus en Matthieu 4.

Lecture : Matthieu 4:1-11

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : épisode 5, d’après Marc 2v1-12

Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ?(Source image Wikipédia : « le penseur », d’Auguste Rodin.1881-1882)

Dans cet épisode de notre série Pep’s café, Jésus nous pose « une colle » sur ce qui est « le plus facile (ou difficile) de dire…. ». Par Josiane, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Marc 2v1-12

Cette semaine, Jésus est interrompu en plein enseignement par l’irruption d’un paralytique sur son brancard, descendu du toit de la maison par ses quatre amis.

En effet, c’était le moyen le plus efficace pour attirer son attention au milieu d’une foule si nombreuse que la maison ne peut accueillir toutes les personnes venues écouter Jésus.

Interpellé par la foi des amis de cette personne, il lui annonce le pardon de ses péchés…un peu contre toute attente. En effet, seul Dieu pouvait pardonner le péché des personnes, une fois qu’elles s’étaient acquittées de rituels bien précis.
“Pour qui se prend ce Jésus? Comment ose-t-il déclarer ce que seul l’Eternel peut dire?” Telles étaient les pensées des scribes autour de lui. Bien versés dans les Ecritures et la Loi, ils ne concevaient pas que Dieu puisse agir en dehors du temple, en dehors de leurs schémas religieux bien intégrés…et pourtant, Jésus a mis à mal leurs raisonnements : avec le pardon des péchés du paralytique et la guérison qui a suivi, il leur a montré que  Dieu pouvait bien agir “hors les murs” (physiques ou immatériels)…et que son autorité lui venait bien de Dieu.

Certains récits anciens, rapportent l’existence à l’époque où Jésus a vécu, de guérisseurs, opérant des “miracles” en Judée. Certains utilisaient cela pour se présenter comme des “messies”. Les docteurs de la Loi, ayant entendu parler de Jésus et de son ministère, s’attendaient surement à ce qu’il agisse comme ces guérisseurs, et donc opère un miracle en faveur de cet infirme…mais surtout pas qu’il annonce le pardon des péchés!

Jésus est venu annoncer un évangile à contre-pied des réflexes religieux, qui mettraient Dieu (et les autres!) dans une boîte. Notre Dieu fait ce qu’il veut (Psaumes 115 v3). Et surtout, il annonce le pardon à celui ou celle qui aurait peur de son jugement, de sa colère: voilà une bonne nouvelle!

Jésus ne s’arrête pas là: connaissant les pensées des Pharisiens, il leur pose une simple question, à laquelle il ne répond pas directement : Est-il plus facile de dire au paralysé : “Tes péchés sont pardonnés”, ou de dire : “Lève-toi, prends ton brancard et marche” ? (v.9)

Il n’y répond pas, mais dans la foulée il prononce une parole d’autorité dont l’effet est la guérison du paralytique, qui prend son brancard et s’en va en marchant. Pour ceux qui pensaient que la paralysie de cet homme était liée à son péché cet acte a confirmé qu’il a vraiment été pardonné par Dieu ! (et que Jésus avait bien l’autorité pour le déclarer)

En guérissant le paralytique, Jésus vient confirmer la puissance et l’autorité qui sont les siennes en tant que “Fils de l’homme” (terme utilisé par Jésus, peut être en référence au passage dans Daniel 7:13-14 décrivant le Messie attendu par les Hébreux): il est le seul habilité à guérir à l’intérieur (pardon des péchés) et à l’extérieur (guérison physique). Rien n’est “plus facile” ou “plus difficile” pour lui, au final ! Il a l’autorité pour les deux.

La bonne nouvelle qu’il annonce est une nouvelle qui libère l’être entier et s’inscrit parfaitement dans la suite de l’expulsion de l’esprit mauvais dans la synagogue, en Marc 1: des paroles, des actes, de l’autorité…avec pour résultat une foule frappée de stupeur et louant Dieu!

Et nous, quelle nouvelle annonçons-nous le plus facilement? Le pardon des péchés ou la guérison divine?

Ne serions-nous pas en train de rater la cible de l’évangélisation selon Jésus, en restant focalisé sur l’un des deux aspects au détriment de l’autre?

Que le Seigneur nous éclaire chacun face à cette question, et qu’il nous accorde audace, autorité et puissance dans notre témoignage individuel et en église.

En bonus, une prédication de Josiane sur le même sujet et le même texte, donnée (cette fois-ci en avance sur l’article !) dimanche 20/11/22 :

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 4, d’après Jean 5v1-16

Evangélisation au bord d’une piscine (Source image : rawpixel)

Dans cet épisode de notre série Pep’s café, une « évangélisation au bord d’une piscine » !  Mais pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne qui n’attendait plus rien ? Par Louis-Michel, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Jean 5v1-16.

Nous sommes à Jérusalem, au bord d’une piscine nommée Béthesda. Sous les cinq portiques de l’établissement, un grand nombre de malades y venait chaque jour …

L’apôtre Jean nous raconte que Jésus se tenait au bord de la piscine. Il vit alors un homme qui était malade depuis 38 ans !… Il était couché et attendait que quelqu’un veuille bien le porter jusque dans l’eau lorsqu’un ange apparaissait pour l’agiter … Beaucoup étaient guéris, mais jamais lui. Quelle tristesse !

Jésus lui fit grâce, il le guérit ! Comment ? Jésus s’est approché de l’homme, lisons ensemble cet événement : « Jésus le vit couché … il lui dit : Veux-tu être guéri ? » Là, il fait appel au plus profond désir de l’âme. Derrière la guérison il y a tant de réalités à découvrir et à vivre ! Continuons : « Lève-toi ! lui dit Jésus, prends ton grabat et marche ! Aussitôt, cet homme fut guéri » … Jésus, après le désir, fait un appel à la foi de l’infirme et à son obéissance. C’est l’une des merveilles de Dieu : la guérison … Le hic, c’est que l’on était jour de sabbat … Voyez de suite la réaction des religieux qui voulaient sans cesse le faire mourir ! Cependant, ils avaient tort puisque la loi de Moïse n’empêchait pas le transport de charges (l’interdiction venait de l’interprétation de la tradition).

Une question se pose : « Pourquoi Jésus ne sauve-t-il pas tout le monde au lieu de cibler une seule personne ? ».

L’enseignement qui suit cet événement répond à cette question. Jésus est le FILS DE DIEU, DIEU LUI-MÊME (Jean ch.1) … mais « les siens ne le reçurent pas » … C’est le drame des hommes religieux. C’était le drame du fils aîné qui ne comprenait pas la joie du père quand le cadet est revenu … C’était le drame de cet homme qui n’avait pas « d’habit de noces » (Matthieu 22v1-14).

Eh oui, tu ne peux pas entrer dans la salle des noces si tu n’as pas reçu, selon la coutume, l’habit remis par l’hôte à ses invités. Le roi est venu dans la salle du festin pour constater la joie de la foule rassemblée. Mais il voit un homme tout seul, sans habit. Alors, Jésus s’approche du convive et lui demande amicalement avec compassion (il dit « mon ami ») pourquoi il n’a pas d’habit. Vous le savez, l’homme avait triché pour entrer, il n’a donc pas reçu l’habit de fête !

Oh ! Jésus n’est-il pas Lui-même notre vêtement ? Paul nous exhorte : « Revêtez Christ ! ». Un jour, au Retour de Jésus, dans le sabbat éternel, nous participerons au festin des noces de l’Agneau (Apocalypse 19), quelle fête ce sera !!!

Oui mais, celui qui n’aura pas revêtu Christ n’en fera pas partie. Jésus n’a-t-il pas dit : « Ce ne sont pas ceux qui me disent Seigneur Seigneur qui entreront dans le royaume des cieux … je ne vous connais pas ouvriers d’iniquité, retirez-vous de moi …! (Matt.7v21 et ss)

Heureusement que Jésus-Christ a donné Sa vie, et qu’il s’est fait péché pour porter le jugement divin à notre place. Non, tout le monde ne veut pas de « ce si grand salut » (Héb.2v3) ! Alors Jésus connaissant le coeur de l’homme choisit une relation personnelle. Il a vu la patience et le désir de ce vieil homme, il a vu sa foi, il y a répondu !!!

Si vous êtes dans la situation de cet homme à Béthesda, alors prenez la guérison de Dieu pour vous et louez Dieu ! Soli Deo Gloria !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : épisode 3, d’après Jean 6v1-71

La scène de la multiplication des pains dans « l’Evangile de Jean »(2014), de la série « 4 Evangiles – les films », de David Batty.

Voici, au cœur de l’épisode 3 de notre série Pep’s café, « une méga campagne d’évangélisation » (et un pique-nique géant !) de Jésus, mais avec bien peu de fruits, semble-t-il….. Par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après  Jean 6v1-1522-71

S’il y avait plus de miracles lors de nos campagnes d’évangélisation, nos contemporains seraient plus attirés à Christ. Vivons la puissance de l’Evangile ! Si nous nous contentons du peu que nous avons, l’Eglise ne grandira jamais. Demandons à Dieu les signes qu’il nous donnera si nous les lui demandons dans la foi.

Sauf que les miracles n’ont jamais amené plus facilement à Jésus. Ah ! Je sais, c’est osé, alors laissez-moi qualifier cela. Dans l’Evangile de Jean, les miracles ne font pas de vraie différence dans l’évangélisation. Oups. Non, laissez-moi préciser encore. En fait, bien sûr que les miracles ont un impact. Ils permettent de distinguer ceux qui ont vraiment cru de ceux qui disent simplement avoir cru. Les miracles ont un effet d’éloignement. Ils n’attirent pas plus qu’ils éloignent.

Prenez Jean 6. Dans les 15 premiers versets, nous trouvons ce miracle quand même impressionnant de la multiplication des pains. Si vous voulez du miracle bien frappant qui devrait attirer des foules, là il y a du lourd ! D’ailleurs ce miracle a bien attiré les foules… qui ont voulu faire de Jésus un roi politique.

Jésus vient de faire un miracle très semblable… à celui de la manne. Jésus est le Yahweh de l’Ancien Testament. Et pourtant ! Voilà certains des juifs qui ne peuvent que lui dire : « Quel miracle fais-tu donc, lui dirent-ils, afin que nous le voyions et que nous te croyions ? Quelle œuvre fais-tu ? » (v. 30) Ironique aussi qu’ils disent à Jésus que Dieu, « leur Dieu », a donné à manger à Israël dans le désert… oui parce que Jésus, lui, il a fait quoi ? Inviter tout le monde au resto ?

Ironie, incompréhension, et abandon. Plusieurs de ceux qui avaient suivi Jésus finissent par l’abandonner (v. 66). Une campagne d’évangélisation qui avait pourtant bien commencé, avec un bon gros miracle, finit presque en queue de poisson. Certains s’éloignent de Jésus… ils ont vu, ont marché sur le chemin, et choisissent de le quitter. D’autres sont renforcés dans leur rejet : le miracle leur voile les yeux. Leur absence de foi est un aveuglement. Par la grâce de Dieu, certains confessent que Jésus a « les paroles de la vie éternelle » (v. 68). Le miracle vient trancher, séparer, épurer. Il est presque une occasion de jugement, de discernement.

Lorsque nous nous demandons comment « attirer » des gens à Christ, n’oublions pas pourquoi ils ne croient pas. Ce n’est pas d’abord à cause d’un manque de preuves, de miracles, ou de beau discours. C’est un aveuglement spirituel. C’est d’abord à cela que nous avons à faire. C’est pour cela que l’annonce de la bonne nouvelle se fait par Christ et en l’Esprit ! En nous rappelant de cela, nous mettrons nos œuvres et nos miracles à la bonne place : sous la providence de Dieu, qui fera en sorte que pas un seul de ceux qu’il sauvera ne se perde (v. 39).

En bonus : une prédication de Raphaël, donnée le dimanche 27/11/22, sur un sujet à peu près « voisin » et d’après Jean 4v27-42 : « le pain d’en haut », qui est « la nourriture de Jésus », nous paraît-il suffisant ? Ou ce que Jésus nous enseigne quant à la volonté du Père.

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 2, d’après Marc 1v21-28

Jésus aurait pu être un « prédicateur » ou un « rabbi » parmi d’autres. Mais à peine commence-t-il à prêcher qu’il frappe les esprits – dans tous les sens du terme ! (Enrique Irazoqui dans l’Evangile selon Saint Matthieu de Pasolini)

Dans cet épisode, une prédication de Jésus dans une synagogue et « une nouvelle doctrine » d’autant plus frappante que Jésus n’enseigne pas comme les autres : non pas « en paroles seulement », mais « en puissance », « avec autorité ». D’après Marc 1v21-28, par Caroline, notre plume invitée du jour que je remercie.

Au moment où Jésus commence son ministère en Galilée, il est loin d’être un prédicateur isolé ou le seul rabbi qui fait parler de lui. Avant lui, Jean-Baptiste, son cousin, a déjà enseigné les foules et baptisé ceux qui voulaient changer de vie en se repentant de leurs péchés. Un peu partout en Israël, des rabbis forment leurs disciples et prêchent dans les synagogues. Des docteurs de la loi coupent les cheveux en quatre, tandis que des prophètes se lèvent et annoncent la fin des temps. Jésus aurait pu passer presque inaperçu au milieu de cette effervescence religieuse. Mais à peine commence-t-il à prêcher qu’il frappe les esprits – à tous les sens du terme !

Sa première prédication dans la synagogue de Capernaum en est une parfaite illustration : ce qui frappe d’abord, c’est qu’il parle « avec autorité » (l’évangéliste Marc emploie ici deux fois le terme grec « exousia » qui signifie autorité) et aussi qu’il parle d’une manière nouvelle. Mais plutôt que de nous donner le contenu de son message, l’évangeliste choisit de nous livrer la prédication de Jésus en actes, à travers le récit de la délivrance d’un homme tourmenté par un esprit impur qui se trouve de manière très étonnante dans la synagogue. Ce premier exorcisme nous fait découvrir que la présence et la parole de Jésus provoquent une sorte de « coming out » des esprits mauvais (le phénomène se répète d’ailleurs tout au long de l’évangile).

Le message est clair : quand le règne de Dieu s’approche, l’ennemi tremble, il se manifeste car il sait que sa fin est proche. Jésus ne se contente pas d’annoncer le règne de Dieu, il l’illustre et l’incarne dans cette autorité qu’il déploie en paroles et en actes contre les esprits mauvais. Sa prédication est en quelque sorte une prédication de combat.

Ce que nous comprenons aussi c’est que l’autorité de Jésus n’est pas simplement due à une éloquence particulière ni à sa personnalité charismatique. La prédication de Jésus est une prédication qui, de manière visible, fait ce qu’elle dit. Sa parole est performative, à l’instar de celle du Dieu créateur, au chapitre premier de la Genèse : « il dit et la chose arrive ». C’est sans doute cela qui la rend tout à la fois nouvelle, puissante et déconcertante.

En bonus : une prédication de Caroline sur le même sujet et le même texte, délivré dimanche 13/11/22

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode 1, d’après Marc 1v14-15

Imaginez, au milieu d’une réunion de préparation pour la prochaine campagne d’évangélisation, quelqu’un se lève et lance : « voilà ce que nous devons dire : repentez-vous et croyez ». Source image : Affiche du film « Jimmy Hall » de Ken Loach, (2014)

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu, le cœur de son message ne commence pas par un « Dieu vous aime », mais par l’annonce de la venue d’un règne et d’un appel à la repentance ! C’est « une bonne nouvelle », ça ? Voici l’épisode 1 de notre série Pep’s café, par Yannick, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Marc 1 v14-15.

Annoncer l’Evangile ? D’accord mais par quoi commencer ? Le Nouveau Testament nous offre des angles d’approches multiples tu « toi suis-moi » au salut par la seule foi. L’Evangile de Marc nous peint une image surprenante. Re-découvrons-là : « Après que Jean eut été livré, Jésus alla dans la Galilée ; il prêchait la bonne nouvelle de Dieu et disait : Le temps est accompli et le royaume de Dieu est proche. Repentez-vous, et croyez à la bonne nouvelle. » (1.14-15)

Je ne sais pas si Jésus ferait bien sensation de nos jours. Imaginez une réunion de préparation pour la prochaine campagne d’évangélisation. Tout le monde cherche les moyens les plus pertinents pour « rejoindre » les personnes là où elles sont. Comment construire des ponts avec ce que nos contemporains croient ? Et là, en plein milieu d’un brainstorming intense, quelqu’un que personne n’avait vu entrer se lève et lance : « Repentez-vous et croyez à Jésus… voilà ce qu’on devrait leur dire ! » Entre vous et moi… personne ne serait partant. Pas assez « sexy » comme message. Pas assez attirant. C’est un message qui ne peut pas être entendu. C’est pourtant le message de Jésus.

Frappant dans ces deux versets ? Marc ne nous dit pas ce qu’est la « bonne nouvelle ». Du moins… il faut revenir au verset 1 : « Commencement de l’Évangile de Jésus-Christ, Fils de Dieu. » La bonne nouvelle c’est tout ce que Marc vient de décrire : l’Ancien Testament accompli (v. 2), la promesse du Messie et de l’Esprit (v. 8), le Fils serviteur et humble dans son baptême (v. 8), la venue du Fils bien-aimé (v. 11), la soumission des anges au Christ (v. 14). Tout cela, c’est la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Cette annonce est bonne parce que c’est l’accomplissement de la fidélité de Dieu qui veut sauver son peuple en se faisant lui-même homme.

Voilà ce que nous devons dire : Repentez-vous, et croyez. Croyez en Dieu qui s’est fait homme. Croyez en Dieu qui est fidèle. Croyez en un Dieu qui par amour envoie son Fils bien-aimé.

Dans un monde prêt à se soumettre à n’importe quelle autorité, n’importe quelle tyrannie, même la plus douce, continuons de dire la force de la Bonne nouvelle : la repentance est une libération parce qu’elle brise les liens de nos idoles. Dieu se fait homme et serviteur. Dieu est pour nous.

Dans ces deux versets de Marc, la double annonce de la repentance et de la bonne nouvelle sont unis dans la proclamation du royaume. Chez Marc, le cœur de la proclamation de Jésus c’est le royaume : Dieu vient régner sur son peuple. Jésus proclame la venue du royaume, et donc du roi… tous sont invités à venir à sa suite en reconnaissant son règne.

Le roi qui règne, la repentance, la bonne nouvelle de Jésus-Christ. Voilà ce qui est, pour Marc, notre évangélisation.

Bonus : Egalement à écouter, sur le même sujet et le même texte, une prédication de Thomas, du Temple du Marais (Paris), que je remercie !

Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu : Episode « pilote », d’après Luc 4

La façon dont Jésus prêche l’Evangile de Dieu a de quoi changer notre regard sur le marketing de l’Évangile (Source image : public domain pictures)

« Quand Jésus prêche l’Evangile de Dieu », il veut que la lettre morte devienne vivante, que l’information devienne bonne nouvelle, et que la Parole ancienne devienne nouveauté de vie. Episode « pilote » de notre série Pep’s café par Gilles, notre plume invitée du jour que je remercie, et d’après Luc 4.

Au tout début de l’évangile de Luc, Jésus est mis en situation d’être un « simple prédicateur » à l’occasion d’une lecture de la parasha, le texte du jour à la synagogue. Il lit le rouleau d’Esaïe dans ce passage que nous avons référencé comme Esaïe 61 : « L’Esprit du Seigneur est sur moi, Parce qu’il m’a oint pour annoncer une bonne nouvelle aux pauvres; il m’a envoyé pour guérir ceux qui ont le cœur brisé, pour proclamer aux captifs la délivrance, et aux aveugles le recouvrement de la vue, pour renvoyer libres les opprimés, pour publier une année de grâce du Seigneur. »

La Bonne nouvelle c’est que tout est accompli déjà, alors qu’on est encore très loin du « tout est accompli » de la Croix. Tout est accompli parce que Jésus ne se contente pas de lire le texte, de prêcher sur ce passage, il est le texte, il est la manifestation de ce qui est dit dans le texte.

Trop souvent nous considérons l’évangélisation comme une forme de campagne d’information. Nous informons sur la perdition, nous informons sur le salut, nous informons sur Dieu et son Fils. Mais pour Jésus, il s’agit d’incarner la Parole. Et sa façon de se réapproprier le texte (y compris en le tordant, vous pourrez aller relire Esaïe), c’est pour que la Bonne nouvelle ne soit pas une information mais une puissance de transformation. Ce que Paul dit quand il exprime en 1 Corinthiens 2,4-5 : « Ma parole et ma prédication ne reposaient pas sur les discours persuasifs de la sagesse, mais sur une démonstration d’Esprit et de puissance, afin que votre foi fût fondée, non sur la sagesse des hommes, mais sur la puissance de Dieu. »

Ce qui nous donne à penser que l’évangélisation ne doit pas être d’abord une campagne d’information, mais une puissance de transformation. Il ne suffit pas de dire des choses justes, mais il faut les acter. Il ne suffit pas de promettre le changement de vie et le renouvellement, il faut l’offrir, comme le Dieu qui offrait la lumière au monde en disant « Que la lumière soit ! ».

Donc non seulement, si nous sommes de vrais suiveurs de Jésus, nous transformons la lettre morte en parole vivante par la présence et l’action du Saint-Esprit, mais, mieux encore, nous prenons des paroles anciennes, vues par nos interlocuteurs comme des paroles vétustes, et les faisons advenir au statut de paroles de vie, de Paroles vivantes, qui apportent la vie à l’oreille et à tout l’être de ceux qui l’entendent. Paul ne s’y était pas trompé : « La foi vient de ce qu’on entend, et ce qu’on entend vient de la parole de Christ. » (Romains 10,17).

De quoi changer notre regard sur le marketing de l’Évangile et autres séductions qui donnent à penser que la qualité de l’emballage donnera envie aux consommateurs de choisir notre produit plutôt que celui qu’essayent de vendre les autres.