« Christ notre gardien : lecture suivie de la lettre de Jude (2)

Au-delà de cette étude, « rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement ! »

Suite et fin de la visite guidée de l’épître (ou lettre) de Jude, entamée mercredi.

JUDE 1 : 14-16

  • C’est aussi pour qu’Hénoc, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Il s’agit d’Hénoc qui a marché avec Dieu et qui été enlevé sans passer par la mort physique (Genèse 5 / 1 Chroniques 1 / Hébreux 11 : 5 ). Hénoc a prophétisé le retour de Christ et le Jugement Dernier selon Mc Arthur (1 Th 3).
  • Voici que le Seigneur est venu avec ses saintes troupes : D’autres versions proposent « ses saintes myriades ». Il s’agit des anges qui Le servent (v.14).
  • … pour exercer un jugement contre tous : Ce jugement concerne les actes d’impiété et les paroles dures. Cela m’amène à demander à Dieu qu’en tant que chrétien je ne prononce que des « paroles assaisonnées de sel », remplies de Sa saveur (v.15) !
  • Toujours mécontents, ces hommes se plaignent sans cesse de leur sort : Les gens qui se plaignent de tout et tout le temps sont des plaies pour eux-mêmes et pour les autres !
  • Et marchent suivant leurs désirs : Ils sont incapables de s’intégrer dans la société, et refusent de se plier joyeusement à la volonté de Dieu ! Leurs discours impressionnent et flattent les autres mais ils sont creux et ne servent que leur intérêt personnels (v.16). Ils ne sont pas remplis de l’amour de Dieu (1 Cor. 13).

JUDE 1 : 17-19

  • Quant à vous, bien-aimés : Jude s’adresse à ses frères en Christ comme au verset 3. Il leur montre son tour pour eux. L’expression « quant à vous » révèle son désir de les responsabiliser.
  • Souvenez-vous : Dans le Livre des Actes, la communauté chrétienne persévérait dans l’enseignement des Apôtres (des 12 choisis par Jésus avec Matthias à la place de Judas). Cet enseignement était fondé sur Jésus-Christ (v.17).
  • Ils vous disaient : D’abord, les Apôtres ont enseigné sur « la fin des temps ». L’une des caractéristiques est la moquerie. Des « moqueurs » vivront donc selon leurs propres voies (désirs, souhaits, volontés …). Dans ce cas, le « désir » est le moteur dont le carburant est l’impiété (injustice, iniquité …) – (v.18).
  • Ce sont ceux qui provoquent des divisions : Ces divisions concernent d’une part la doctrine (par exemple, on enseignera une fausse paix …), d’autre part la pratique de la doctrine (par exemple, on vivra selon une paix sociale obligatoire selon une pensée unique …). Ces gens n’ont pas l’Esprit Saint en eux. C’est leur « chair » ou « nature propre » qui domine leur volonté !!! (v.19).

JUDE 1 : 20-25

  • Quant à vous, bien-aimés … Jude répète cette formule (ouverture v.17) pour insister sur l’importance de son exhortation.
  • Edifiez-vous sur votre très sainte foi et priez par le Saint-Esprit : En quelque sorte, l’Église ne doit pas oublier l’enseignement de Christ et de ses apôtres, mais doit en plus, s’édifier (se construire) sur la foi lui venant de Dieu (Ephésiens 2 / Hébreux 11), et vivre (respirer) dans la prière par l’Esprit (peut-être les « soupirs inexprimables » de l’épître aux Romains ?). En tout cas, rien de charnel ne doit s’y mêler !!! (v.20).
  • Maintenez-vous dans l’amour de Dieu en attendant le jour … D’un côté il y a l’enracinement dans l’amour (selon l’apôtre Paul), de l’autre il y a le maintien dans l’amour. C’est là que se révèle la volonté d’être fidèle à Jésus-Christ. Il faut toujours garder à l’esprit que nous vivons de l’amour de Dieu, que nous dépendons de Lui, et c’est bien cet amour divin qui nous permet d’attendre Son retour et la vie éternelle (v.21).
  • Ayez compassion … La compassion vient de l’amour de Dieu. C’est une émotion divine qui était en Christ. Mais afin qu’elle accomplisse la volonté de Dieu, cette compassion est accompagnée du discernement. Dans ce cas, il s’agit en particulier des personnes qui contestent (version Genève 1979). Il faut donc aimer les contestataires sans accepter l’esprit et le contenu de la contestation (v.22).
  • Quant aux autres : Ceux qui vivent dans le péché peuvent être « arrachés au feu » (à la condamnation). C’est avec une sainte crainte (celle d’être fidèle à Dieu) que nous les approchons, sans faire de compromis avec leur péché (symbolisé par la souillure du vêtement – voir Apocalypse 22 : 14) – (v.23).
  • A celui : Il s’agit de Dieu bien sûr. Les versets 24 et 25 forment la « doxologie » de la lettre de Jude (la note finale à son discours).
  • Qui peut vous garder de toute chute … Il met tout à notre disposition pour que nous ne chutions pas pendant notre marche avec Lui.
  • Et vous faire paraître devant Sa gloire irréprochables et dans l’allégresse : Cette gloire représente tout ce qui émane du trône de Dieu. Paul désirait présenter l’Église sans tache, sans ride au Jour du Seigneur. Jean aussi dans Apoc.22 : 14 en parlant de « laver leur robe ». Même idée dans le mot « irréprochables ». Ceci n’est pas une œuvre humaine. Nous devenons irréprochables par Jésus, son sang versé pour le pardon. Avec la grâce il y a l’allégresse, une joie puissante explosant en louange. Jésus nous permet de nous purifier, de nous sanctifier pour le « grand jour » !
  • Oui, à Dieu seul sage, qui nous a sauvés par Jésus-Christ, appartiennent gloire, majesté, force et puissance : Nous rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement !

 

Lecture suivie proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur, que je remercie chaleureusement. Base de l’étude : Bible Thompson 21 / Bible avec commentaires de McArthur /  Le Christ dans toutes les Écritures (A-M Hodgkin) / La Bible du Semeur / BS 21 (archéologie et histoire) / L’Epître de Jude (Samuel Benetreau).

« Christ, notre Gardien » : lecture suivie de la lettre de Jude (1)

Une épître adressée « à ceux qui sont appelés », c’est à dire « gardés pour Jésus-Christ »….et un appel à la vigilance.

Avez-vous déjà lu au moins une fois l’épître (ou la lettre) de Jude ?

Si la réponse est non, ou si vous la connaissez mal, voici une visite guidée de ce très petit livre de la Bible, mais au contenu essentiel, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur. Qu’il en soit remercié, d’autant plus que les commentaires/prédications sur le sujet sont peu courantes. Bonne étude !

JUDE 1 : 1-2

  • De la part de Jude … Il convient, en commençant notre lecture, de se demander qui est cet homme, dans quel contexte il vit et exerce son ministère, et à qui il adresse sa lettre, découvrir enfin quelle en est la raison. C’est un texte très court. La Thompson 21 ne numérote aucun chapitre. Jude semble donc être l’auteur à cause de l’expression introductive « de la part de » qui précède le prénom. Lorsque j’ai reçu le témoignage du réveil, j’ai réalisé combien nos églises pouvaient se laisser aller à la négligence, et parfois même à la perversité dans le péché de façon consciente. À ce jour, je vois que c’est mon propre cœur qui est la cible de l’épître de Jude ! Cet homme, frère de Jacques (responsable de l’Église à Jérusalem), ne croyait pas que Jésus était le Messie (Matthieu 13 / Marc 6 / Jean 7) lorsque le Seigneur est apparu. Mais, par la grâce de Dieu, Jude est devenu un pilier de la foi pour édifier l’Église de Jésus-Christ. Il se déclare, comme Paul, serviteur de Jésus-Christ. Il sait que Jésus est mort et ressuscité. Il ne sert pas un mort, mais un Dieu vivant.
  • À ceux qui ont été appelés … Le mot « appelés » nous ramène au but divin : amener chacun au salut éternel. Dieu connait ces « appelés », il les aime (lire Jean 3 : 16) en tant que « Père ». Ces « appelés » sont gardés pour Jésus-Christ. Ces quelques mots peuvent nous pousser à faire une étude approfondie de ce que signifie « être gardé ». Il y a le sens « d’être mis à part » pour le service de l’Évangile. Il y a celui « d’être protégé » pour accomplir une mission. Mais ici, Jude relie le mot gardés à celui de Jésus-Christ. Hodking donne le titre suivant à cette épître : Christ, notre gardien. Il nous garde donc pour nous avoir avec lui, dans sa présence. Cette volonté est liée à l’agape [amour] de Dieu. Certaines versions ont écrit par Jésus-Christ, ce qui nous ferait comprendre le statut de gardien qu’a Jésus, et sa fonction de médiateur.
  • Que la compassion, la paix et l’amour vous soient multipliés ! Les mots compassion et paix sont des termes courants de salutations entre les hébreux. Le mot amour a été rajouté dans les usages de l’Église. La « compassion » représente une empathie de l’un en rapport avec la souffrance de l’autre (il y a l’idée de miséricorde). La « paix » est la recherche sans relâche de la concorde, et le souhait du bien pour autrui. Enfin, l’amour est une pleine identification avec Dieu qui prend la forme d’homme jusqu’au sacrifice ultime à Golgotha, pour le salut de ceux qu’Il aime (v.2). À travers la salutation, Jude transmet à ses destinataires ce qui est sur le coeur de Dieu, ce qui est de sa nature et qui doit l’être de la nature des chrétiens.

JUDE 1 : 3-4

  • Bien-aimés, alors que j’avais le vif désir de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun … Dès fois, il nous faut changer de plan dans nos projets même s’ils viennent d’un vif désir. Jude pensait écrire un texte doctrinal, sans doute pour fonder un peu plus la foi des convertis, mais il change d’avis. Il écrit finalement une lettre polémique (Benetreau). Le salut est en général le sujet préféré des écrivains du N-T. Mais là, vue la situation, il convient d’aller droit au but, et aborder nécessairement les problèmes (v.3a).
  • j’ai été contraint de vous envoyer cette lettre afin de vous encourager à combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes : Il s’agit de la contrainte du Saint-Esprit et non d’un groupe ou d’un homme d’influence. Le but du courrier est clairement annoncé : la foi éternelle (v.3b).
  • Il s’est en effet glissé parmi vous certains hommes dont la condamnation est écrite depuis longtemps : L’impiété de ces individus est donc connue de Jude (v.4a). Mais quelle est la nature de cette impiété ? La grâce de Dieu est transformée en débauche. Ces gens renient Dieu (Maître – ainsi que Jésus-Christ) ! (v.4b). Il faut aussi être réaliste, il y a de ces gens qui se glissent dans les églises pour les détruire, mais Dieu leur annonce déjà leur jugement (à moins qu’ils ne se repentent).

JUDE 1 : 5-7

  • Je veux vous rappeler, à vous qui le savez bien, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple en le faisant sortir d’Égypte, a fait ensuite mourir ceux qui s’étaient montrés incrédules : Jude compare ici les impies de son temps (v.3,4) avec les incrédules qui vivaient parmi les hébreux au temps du désert. Si peu de personnes ont été fidèles et obéissants, ils ont attirés le jugement divin sur eux ! Et Dieu est resté le même jusqu’à ce jour (v.5) !
  • Quant aux anges qui n’ont pas conservé leur rang, mais ont abandonné leur demeure propre : Ces anges sont les « anges déchus », devenus des démons, des serviteurs du diable et de l’iniquité, des ennemis de Dieu et des hommes. Ils vivent dans les chaînes et les ténèbres, esclaves des passions les plus épouvantables. Un théologien disait : « Si nous devions voir la multitude des puissances dans les airs, nous ne pourrions subsister tellement c’est effrayant ! ». Ils sont dans l’attente du jugement de grand jour c’est-à-dire du Jugement Dernier (v.6).
  • De même, Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se sont livrées comme eux à l’immoralité sexuelle et à des relations contre nature, sont données en exemple et subissent la peine d’un feu éternel : Sodome, Gomorrhe et quelques autres cités étaient connues pour leurs moeurs dépravées. Leur exemple doit nous servir à réfléchir. Dieu n’accepte pas l’immoralité sexuelle. Jude précise que cela concerne aussi les relations homosexuelles. Ce n’est pas un sujet à débattre dans les églises, car c’est la volonté absolue de Dieu ! Si la société veut débattre, c’est son choix, et elle en paiera le prix par la suite … Ce ne sera pas la faute de Dieu car Il a averti clairement tous les hommes (v.7). Ceux qui se dressent contre Dieu à travers un comportement immoral ont pour fin le feu éternel (une effroyable impression de brûler éternellement).

JUDE 1 : 8-11

  • Malgré cela, ces hommes adoptent une attitude semblable : Il s’agit des mêmes personnes depuis le début de l’épitre. Ils sont entrainés (ou emportés) par leurs rêveries (état de confusion, délires et désordre des sens), ils souillent leur corps (aucune retenue morale), rejettent toute autorité (esprit de rébellion et d’insoumission contre toute forme d’autorité, spirituelle ou non), et insultent (des injures !) les êtres glorieux (ceux qui ont part à la gloire de Dieu, peut-être des anges). L’archange Michel n’a porté aucun jugement sur le diable, mais l’a amené devant Dieu, le seul habilité à punir ! Entre l’époque de Lot et celle de Jude, difficile de voir une modulation du péché. Le coeur de l’homme est le même (v.8-9) !
  • Eux, par contre, parlent d’une manière insultante … Leur esprit est dans les ténèbres de l’ignorance et dans la bestialité (des bêtes sans raison). L’analogie posée par Jude est redoutable mais correspond à une attitude sans frein (v.10).
  • Malheur à eux, car ils ont suivi la voie de Caïn … Comme lui, ils ont préféré leur plaisir et leur propre volonté aux droits accordés par Dieu (v.11a) !
  • … ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam … Comme lui, ils ont préféré le camp des ennemis de Dieu pour de l’argent (v.11b) !
  • … ils se sont perdus en se révoltant comme Koré : 250 chefs ont suivi Koré pour se rebeller contre Moïse. Ils voulaient imposer leur volonté à Dieu (McArthur). Jude donne cet exemple pour étayer ses accusations des versets 8 et 9 (v.11c).

JUDE 1 : 12-13

  • Ce sont des écueils dans vos agapes … Ces hommes posent problème. Ils provoquent des discussions vaines, provoquent des polémiques, se tiennent mal ; ils sont des obstacles, des occasions de chute ! Veillons quand nous mangeons entre chrétiens. Le mot « écueil » signifie « point qui fait tache », comme des souillures sur un vêtement.
  • … où ils festoient sans scrupule et ne prennent soin que d’eux-mêmes : Sans gène et égoïstes !
  • Ce sont des nuages sans eau emportés par les vents : Ils font illusion, ne produisant que la sécheresse ! Le coeur vide … comme des arbres sans fruits deux fois morts, déracinés, qui ne servent à personne (v.12). Jude utilise le lexique de la mer avec ces vagues et l’écume qui emporte leurs impuretés, puis celui du ciel avec les astres qui s’enfoncent dans les ténèbres plutôt que de briller (v.13). Jude ajoute à la fin du verset 13 la notion d’éternité.

 

(A suivre….Deuxième et dernière partie de l’étude à paraître vendredi)

« Stratégiquement vôtre » : David et Goliath ou l’histoire d’une victoire annoncée

« Goliath avait autant de chance face à David qu’un guerrier avec une épée de l’âge de bronze face à un calibre 45 ! » (Georges Hilton, dans « le temps du massacre », un « western spaghetti » de Lucio Fulci, 1966)

Les Philistins étaient vers la montagne d’un côté, et Israël était vers la montagne de l’autre côté: la vallée les séparait. Un homme sortit alors du camp des Philistins et s’avança entre les deux armées. Il se nommait Goliath, il était de Gath, et il avait une taille de six coudées et un empan. Sur sa tête était un casque d’airain, et il portait une cuirasse à écailles du poids de cinq mille sicles d’airain. Il avait aux jambes une armure d’airain, et un javelot d’airain entre les épaules. Le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserand, et la lance pesait six cents sicles de fer. Celui qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin s’arrêta; et, s’adressant aux troupes d’Israël rangées en bataille, il leur cria: Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en bataille? Ne suis-je pas le Philistin, et n’êtes-vous pas des esclaves de Saül? Choisissez un homme qui descende contre moi! S’il peut me battre et qu’il me tue, nous vous serons assujettis; mais si je l’emporte sur lui et que je le tue, vous nous serez assujettis et vous nous servirez. Le Philistin dit encore: Je jette en ce jour un défi à l’armée d’Israël! Donnez-moi un homme, et nous nous battrons ensemble. Saül et tout Israël entendirent ces paroles du Philistin, et ils furent effrayés et saisis d’une grande crainte (…) A la vue de cet homme, tous ceux d’Israël s’enfuirent devant lui et furent saisis d’une grande crainte. Chacun disait: Avez-vous vu s’avancer cet homme? C’est pour jeter à Israël un défi qu’il s’est avancé! Si quelqu’un le tue, le roi le comblera de richesses, il lui donnera sa fille, et il affranchira la maison de son père en Israël.(1 Sam. 17v3-25)

Ce récit est l’un des plus connus de la Bible. Son interprétation classique, d’après la tradition, en est que David, un petit berger de 17 ans, affronte Goliath un homme de guerre aguerris mesurant plus de 2,90 m. Sa victoire est perçue comme hautement improbable, et relève du miracle, d’une aide divine expliquée par les motifs purs de David.

En stratégie, l’histoire de David et Goliath est devenue un archétype, celui du challenger de l’adversaire sous-estimé victorieux. Ce concept est popularisé en anglais sous le terme « Underdog ». Nous percevons cette histoire comme un miracle. Pour nous, David n’aurait techniquement pas du vaincre. Pour nous, Goliath était le plus fort et David le plus faible. 

Et si nous avions tort et si nous n’avions pas compris la portée stratégique de cette histoire ? Et si le sens original de ce qui est maintenant légende avait été perdu avec la création de la tradition ? Et si notre conception de la force et des géants était incorrect ?

Lorsqu’on eut entendu les paroles prononcées par David, on les répéta devant Saül, qui le fit chercher. David dit à Saül: Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin! Ton serviteur ira se battre avec lui. Saül dit à David: Tu ne peux pas aller te battre avec ce Philistin, car tu es un enfant, et il est un homme de guerre dès sa jeunesse. David dit à Saül: Ton serviteur faisait paître les brebis de son père. Et quand un lion ou un ours venait en enlever une du troupeau, je courais après lui, je le frappais, et j’arrachais la brebis de sa gueule. S’il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frappais, et je le tuais. C’est ainsi que ton serviteur a terrassé le lion et l’ours, et il en sera du Philistin, de cet incirconcis, comme de l’un d’eux, car il a insulté l’armée du Dieu vivant. David dit encore: L’Eternel, qui m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. Et Saül dit à David: Va, et que l’Eternel soit avec toi! Saül fit mettre ses vêtements à David, il plaça sur sa tête un casque d’airain, et le revêtit d’une cuirasse. David ceignit l’épée de Saül par-dessus ses habits, et voulut marcher, car il n’avait pas encore essayé. Mais il dit à Saül: Je ne puis pas marcher avec cette armure, je n’y suis pas accoutumé. Et il s’en débarrassa. Il prit en main son bâton, choisit dans le torrent cinq pierres polies, et les mit dans sa gibecière de berger et dans sa poche. Puis, sa fronde à la main, il s’avança contre le Philistin.

Le Philistin s’approcha peu à peu de David, et l’homme qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin regarda, et lorsqu’il aperçut David, il le méprisa, ne voyant en lui qu’un enfant, blond et d’une belle figure. Le Philistin dit à David: Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons? Et, après l’avoir maudit par ses dieux, il ajouta: Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. David dit au Philistin: Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot; et moi, je marche contre toi au nom de l’Eternel des armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insultée. (1 Sam.17v31-45)

Les Goliath sont grands mais ils ne sont pas forts partout.

Les anciennes armées avaient trois catégories de guerriers :

1- la cavalerie: Des hommes montés sur des chevaux ou des chars.

2- l’infanterie: Des hommes à pied en armure avec des boucliers et des épées

3- l’artillerie: Des archers et des frondeurs.

Etre un frondeur demande énormément de compétences. Et l’histoire retient que la fronde fut une arme puissante. Un frondeur expérimenté pouvait tuer ou blesser grièvement à une distance de plus de 180 m.

Selon l’historien Baruch Halpern, la fronde était si importante qu’un équilibre entre les trois armées existe. La cavalerie, par sa vitesse, échappe à l’artillerie et l’écrase. Mais l’infanterie la stoppe, infanterie qui ne peut faire face longtemps à la cavalerie. C’est un jeu de pierre papier ciseaux.

Goliath est donc « de l’infanterie lourde ». Cependant il ne se comporte pas exactement comme un homme de guerre victorieux. Goliath est dans l’attente de David, il lui demande de s’approcher de lui, c’est une position statique qui ne convient pas à son identité d’homme de guerre (V.33). Un homme porte son bouclier et fait rempart entre lui et David (V.41). De plus ses armes sont nombreuses et peu complémentaires. Certes, elles sont imposantes mais Goliath ne peut pas manipuler l’épée le bouclier et la lance et le javelot simultanément. Il a 2 bras et 4 armes dont 2 plutôt similaires. Goliath a des problèmes de vue: il observe plusieurs bâtons (V.43). Or, David n’en a qu’un (V.42). Certains commentateurs parlent d’une maladie – l’acromégalie – causée par une tumeur de l’hypophyse, augmentant la production d’hormone de croissance, ce qui expliquerait la taille de Goliath mais aussi ses problèmes de vue (la glande finissant par pincer les nerfs optiques).

Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains, je t’abattrai et je te couperai la tête; aujourd’hui je donnerai les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre. Et toute la terre saura qu’Israël a un Dieu. Et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Eternel sauve. Car la victoire appartient à l’Eternel. Et il vous livre entre nos mains. Aussitôt que le Philistin se mit en mouvement pour marcher au-devant de David, David courut sur le champ de bataille à la rencontre du Philistin. Il mit la main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa fronde; il frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans le front du Philistin, qui tomba le visage contre terre. Ainsi, avec une fronde et une pierre, David fut plus fort que le Philistin; il le terrassa et lui ôta la vie, sans avoir d’épée à la main. Il courut, s’arrêta près du Philistin, se saisit de son épée qu’il tira du fourreau, le tua et lui coupa la tête. Les Philistins, voyant que leur héros était mort, prirent la fuite.(1 Sam.17v46-51)

David, quant à lui est stratégiquement le plus fort : il reste calme et choisit ses armes et son terrain. (V.39) Il impose son rythme au combat et bénéficie de l’effet de surprise et de la rapidité de sa condition physique (V.49).

Selon Eitan Hirsch, un expert en balistique des forces de défense Israélienne, une pierre du type qu’a utilisé David lancé par un frondeur expérimenté à une distance de 35 mètres aurait frappé la tête de Goliath avec une vitesse de 34 mètres par secondes. Plus que suffisant pour pénétrer le crâne d’un homme. David était en mesure de toucher Goliath en moins de 1 seconde, ce qui laisse très peu de temps à ce dernier pour parer le coup. Qu’aurait pu faire Goliath ? Son équipement très lourd l’a rendu complétement vulnérable à l’attaque de David. Il a d’abord observé David avec mépris puis avec surprise pour certainement terminer par de l’horreur.

Pour l’historien Robert Dohrenwend, Goliath avait autant de chance face à David qu’un guerrier avec une épée de l’âge de bronze face à un calibre 45 !

Interprétation stratégique : L’identité

« Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous -même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous »(Sun TZU)

Pourquoi n’avons-nous pas compris ? La tradition, le manque de compréhension contextuelle, le manque de curiosité et de révélation.

La victoire de David est logique ! Mais pas automatique. David  est ouvert aux suggestions. Mais il se connait et reste ferme dans ses voies quand elles sont justes. Si David avait écouté Saul, il serait mort. La compréhension de son identité est une clé.

Se connaitre, c’est connaitre Christ et l’Esprit de Dieu en nous [si c’est bien le cas cf Rom.8v9]. Mais c’est aussi s’accepter.

Accepter ce que Dieu dit de nous et ainsi reconnaitre les armes qui sont les nôtres, afin de livrer le combat sur le bon terrain et avec notre plein potentiel.

C’est aussi accepter nos limites, et ne pas chercher à les compenser mais plutôt tirer profit de nos forces. David n’a pas voulu affronter Goliath en face à face viril comme les grands héros de son temps le faisaient. Il a accepté sa condition sociale et a cherché son point fort. Il ne s’agit donc pas de se satisfaire de ce que l’on a mais de savoir qui l’on est profondément.

Le combat entre David et Goliath est une partie de « pierre-feuille-papier-ciseau ». Goliath est une pierre très dure. Mais David, le meilleur frondeur, une feuille de papier. C’est ainsi que les frondeurs battent l’infanterie lourde.

 

[De notre plume invitée « Iyasou Antoine », un frère en Christ. Qu’il soit remercié pour sa contribution]

 

 

 

 

« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

L’Evangile : pas un devoir, mais une bonne nouvelle à annoncer, qui exige une réponse immédiate !

Suite et fin de la lecture suivie du prophète Jonas, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. 

JONAS 3 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une deuxième fois : C’est en quelque sorte une seconde chance pour le prophète (v.1). E. Stegen raconte l’histoire d’un prédicateur qui avait à coeur de prêcher trois fois le même message lors d’une tournée. Mais il était accompagné par un pasteur qui ne connaissait pas le Réveil. Après un temps d’hésitation, l’homme de Dieu décida de donner ce message trois fois de suite. Sur la route du retour, le pasteur lui dit : Heureusement que tu as donné le même message trois fois car c’est au troisième que j’ai vraiment compris ce que Dieu voulait me dire !

–    « Lève-toi, va à Ninive et fais-y la proclamation que je t’ordonne » : Dieu ne se lasse pas de me répéter Sa pensée. Il insiste auprès de Jonas pour que Ninive reçoive le Salut. Et Jonas doit apprendre de son erreur, maintenant il doit faire exactement ce que Dieu veut (c’est un ordre !). Ma question : Est-ce que je désire apprendre à faire la volonté de mon Dieu ? (v.2).

JONAS 3 : 3-10

–    Jonas se leva et alla à Ninive, conformément à la parole de l’Éternel : On peut se dire que c’est un peu tard, mais le proverbe populaire dit « Mieux vaut tard que jamais ! » … Si je suis capable, après m’être détourné du Seigneur, de revenir à Lui et de me conformer à Sa Parole, alors je peux prétendre vivre selon le standard de ce prophète (v.3a).

–    Or Ninive était une immense ville : Le tour de la partie fortifiée de la ville faisait 12 km. Il fallait trois jours de marche pour faire le tour de la cité, ce qui fait un peu plus de 50 km à parcourir … (Archeo, BS21, Guide Biblique, Dictionnaire Culturel de la Bible …). McArthur parle de 100 km de circonférence !

–    Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche : Pour approcher le coeur de l’homme, Dieu utilise différentes méthodes. L’approche de Jonas est intéressante, il se fait voir par le peuple, il le voit, et proclame un message tout simple, mais très provocateur : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite » (v.4). C’est important de chercher la pensée de Dieu pour savoir comment approcher nos contemporains.

–    Les habitants de Ninive crurent à Dieu : Honnêtement, au premier regard, je me dis qu’il manque quelque chose au message de Jonas … Pourtant, il est conforme à l’ordre de Dieu. Moi, j’aurais prêché la personne de Dieu, Son plan d’amour pour les païens, la repentance … mais le prophète annonce un JUGEMENT IMMINENT. Dans notre époque, on parlerait d’un « fou », d’un « prophète de malheur » ou d’un « gouru évangélique » … Je dois PROCLAMER ce que Dieu veut. Jonas n’est pas dans la situation d’enseigner ceux qui appartiennent à Dieu (ce que font les docteurs de la loi, ou par moments d’autres prophètes). Mais les habitants de Ninive prennent la menace à coeur et mettent leur foi dans le Dieu de Jonas ! Je n’ai pas de mot en français pour exprimer cette merveille (v.5a). Ils manifestent leur repentance par les signes de deuil et d’humiliation qui se pratiquaient en Orient (v.5b).

–    Le roi apprit la nouvelle : Il peut être inquiet pour la religion de son royaume et même pour l’économie (le commerce des idoles est très important). Mais rien ne l’arrête, il va dans le sens du peuple, son coeur est saisi, il retire son manteau (signe de sa royauté) pour se soumettre à l’Éternel – (v.6) ; puis il proclame un jeûne total pour les humains et les animaux. Chacun est appelé à changer de conduite, espérant ainsi que Dieu reviendra sur Son jugement … En fait, Jonas a provoqué par quelques mots, et le Roi de Ninive a donné la suite. Il est ainsi devenu pasteur de son peuple. Jonas repartira certainement, alors le Roi s’occupe de cette affaire … (v.7-9).

–    Dieu vit : Oui, Dieu voit ! Il voit le péché (Jonas 1 : 2), et il voit la repentance. Dieu est vivant ! Le texte dit : « Dieu regretta le mal dont il les avait menacés ». Ainsi est mon Dieu, prêt à s’adapter aux élans de mon coeur. Combien il aime celui dont le coeur est brisé et l’esprit contrit (Psaume 51) ! Et l’Éternel renonce à Son jugement (v.10). C’est pour cela que je dois me conformer absolument à ce que Dieu me dit par Sa Parole, par l’Esprit Saint (Romains 8).

Jonas 4 : 1-11

–    Jonas le prit très mal : On touche ici au coeur du problème qui tourmente Jonas. Le prophète réagit à la grâce de Dieu négativement. Combien de fois, dans ma vie, n’ai-je pas réagi comme cela ? Dieu aurait quand même pu leur montrer la vraie valeur de leur iniquité … Et puis, ce serait la justice … etc.

–    … et fut irrité : L’irritation (ou la colère) vient souvent d’une opinion personnelle qui ne correspond pas à ce que Dieu fait ou laisse faire …

–    Il pria l’Éternel en disant … J’aime cet échange quasi permanent entre Dieu et Jonas. Même si le prophète est coriace, le dialogue n’est pas rompu. Dieu fait tout pour que Son plan s’accomplisse à travers Jonas. Dans son irritation, il prie, il dit à son Dieu ce qu’il pense, honnêtement et sans hypocrisie. Il est sûr de lui et de sa doctrine. Il pense même que Dieu se trompe, et le lui dit !!!

–    Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais … c’est ce que je voulais éviter en fuyant à Tarsis … Voilà l’explication de la fuite (v.2a). Le prophète pense réellement qu’il sait mieux que Dieu ce qu’il faut faire envers Ninive. Il est un peu « moralisateur » ! D’ailleurs, je vois bien que j’en suis aussi tout à fait capable !

–    En effet, je savais que tu es un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté : À la question « Qui est Dieu ? », on peut donner la définition de Jonas. Si Dieu n’est pas grâce , qui peut être sauvé ? (v.2b). Paul dit que là où le péché a abondé, la grâce surabonde … L’attitude du Seigneur envers les habitants de Ninive nous laisse beaucoup d’espoir pour notre génération. Jonas aurait du se réjouir, mais il déprime … et le Seigneur, avec beaucoup de tendresse, lui demande s’il fait bien de se fâcher (v.3-4), parce qu’il voudrait tant que son prophète se réjouisse aussi de la repentance de Ninive, objectif de sa mission (CB Emmaüs).

–    Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville … Pourquoi ne reste-t-il pas dans la ville, au milieu du peuple qui s’humilie ? Il préfère s’éloigner, se construire une cabane de fortune, pour observer la suite (v.5). Suis-je un chrétien « qui observe » ou un chrétien « qui participe » ? Lors de l’arrestation de Jésus, la Bible dit que « Pierre suivait de loin … » . Dommage !

–    L’Eternel Dieu fit pousser une plante … Dieu est Créateur dans Son éternité. Pourtant, il donne vie à un végétal pour protéger Jonas (à travers le vent chaud d’Arabie qu’on nomme Sirocco). Il semble que la cabane construite par le prophète ne le protégeait pas assez car il avait mal à la tête ! Ce cadeau de Dieu donne une grande joie à Jonas (v.6). Quand nous sommes dans la faveur de Dieu, nous ressentons si fort le bonheur. Mais quand nous « pédalons » dans les difficultés, nous pouvons alors murmurer si facilement … Le lendemain, un ver fait sécher la plante protectrice (v.7) et le soleil étourdit Jonas au point qu’il défaille (v.8a). N’en pouvant plus, le prophète réclame la mort, c’est la déprime, la colère (v.8b) …

–    Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Il répondit : « Je fais bien de m’irriter jusqu’à la mort » … De nouveau cette question pleine de tendresse. Dieu est patient, vraiment ! Ce ricin est un signe de Dieu. Le Seigneur parle souvent par les circonstances, et nous ne le comprenons pas. Le mécontentement aveugle le serviteur de Dieu (v.9).

–    Dieu dit : « Tu as pitié de la plante qui ne t’a coûté aucune peine … et moi, je n’aurai pas pitié de Ninive ? » : L’homme est tellement égocentrique, souffrant de ses maux, tournant autour de ses problèmes, sans jamais se poser la question si les autres ne souffrent pas davantage !!! Au fond, Jonas a-t-il pitié du ricin ? Il a pitié de lui-même, ça c’est sûr !… Cette parole de Dieu nous rappelle que son coeur est compatissant. La grande ville est composée de 120 000 humains dans l’aveuglement, et beaucoup d’animaux (Pour McArthur, il s’agit de 120 000 enfants car l’expression « leur droite de leur gauche » concerne traditionnellement les enfants). Oui, Dieu veut leur faire du bien. Evidemment, nous n’avons pas la fin de l’affaire. Qu’est devenu Jonas ? Le plus important est pour moi : Ce que je deviens après ma lecture !

 

En effet, je termine l’histoire de Jonas, le prophète récalcitrant, et je m’y retrouve ! Maintenant, je me pose les questions suivantes :

1)    Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ?

2)    Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ?

3)    Est-ce que je suis capable de m’humilier lorsque je suis en échec ?

4)    Est-ce que j’ai le courage de repartir à zéro pour accomplir le plan de Dieu ?

5)    Est-ce que je suis prêt à faire ce que Dieu veut même si je ne comprends pas ?

6)    Est-ce que j’ai la liberté d’ouvrir mon coeur à Dieu comme Jonas l’a fait ?

7)    Est-ce que je suis prêt à annoncer le message de Dieu, selon la forme et le contenu qu’Il a choisi pour les personnes concernées ?

8)    Est-ce que j’accepte de ne pas comprendre, d’obéir quand même, avec patience, sans irritation ?

9)    Est-ce que je suis un acteur de l’Évangile ou un observateur (prêt à critiquer) ?

10) Enfin, est-ce que je désire vraiment le salut des âmes (même lorsque j’estime qu’elles n’en sont pas dignes !) ?

 

Mission (im)possible pour Jonas : lecture suivie (1)

« La colombe n’est pas le symbole de la paix, mais le signe de la présence de Dieu Esprit Saint ». Première de couverture de « Noyau d’olive », d’Erri de Luca

« Il devait y avoir quelque chose de spécial dans le timbre de voix de Iona pour que Dieu aille le choisir lui précisément, le plus récalcitrant, le plus rebelle de tous les prophètes de l’Histoire sainte. » Erri de Luca. Quatre pas avec Iona/ Jonas IN Noyau d’olive. Gallimard, 2012 (Folio), pp 97-98.

Le message de ce prophète est le plus court de toute la section des « Prophètes », dans l’Ancien Testament, puisqu’il se résume à un demi-verset. L’essentiel de son message est donc ailleurs, plus particulièrement dans sa personne et son comportement. 

Voici une LECTURE SUIVIE DU LIVRE DU PROPHÈTE JONAS (2018), proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. Qu’il en soit remercié !

Base de l’étude : Thompson 21 / BS 21 (archéologie) / Bible McArthur / La Bible en BD (LLB) / Le Christ dans toutes les Écritures (Hodgkin) / Bible du Semeur / L’Ancien Testament Bridel 1872 / Les prophètes de l’A-T (P. de Benoit) / Jonah and Micah (J. Vernon McGee) / Old Testament Survey (P. Hammond) / Introduction à l’AT (G.L Archer) / Commentaire Biblique d’Emmaüs (CB) …

 

Première Remarque : La BS 21 propose une lecture à deux entrées, l’une qui serait historique, l’autre fictive (une légende avec une leçon spirituelle). Comme McGee et P. Hammond, je n’arrive pas à lire ce récit comme étant fictif … Ce texte annonce clairement, par avance, le rôle rédempteur de Jésus-Christ (ch.2), il se situe dans un contexte historique précis qui est la décadence de l’Empire dont Ninive était le flambeau. Même l’histoire du « grand poisson » est plausible, selon BS21 et d’autres spécialistes … Aucun doute chez GL Archer, H. Blocher, J-M Nicole, etc.

Seconde remarque : Le Livre de Jonas est de la plus haute importance puisqu’il a été mentionné par Jésus lui-même lorsque les religieux lui demandaient un signe. Jésus explique que CE SIGNE DE JONAS annonçait la mort et la résurrection du Messie (Matthieu 12 : 38-42). Il précise même que le SIGNE du « Fils de l’homme » pour cette génération était semblable à celui de Jonas pour sa génération (Luc 11 : 30) – (Y. I-Bing Cheng, entretienschrétiens.com).

Troisième remarque : Qu’est-ce qu’un SIGNE ? C’est la chose qui permet de comprendre le contenu d’un message. Quand nous voyons le signe « L’Eléphant Bleu », nous savons tous qu’il s’agit d’une station de lavage de voitures. Quand nous considérons Jonas, nous savons tous qu’il s’agit de la mort de Jésus et de sa résurrection.

JONAS 1 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï : On date ce récit dans la première moitié du 8ème siècle avant J-C (793-753 av.J-C). Le nom de Jonas signifie colombe(1). Celui de son père signifie fidèle. La colombe n’est pas le symbole de la paix(2), mais elle est le signe de la présence de Dieu Esprit Saint. Nous avons ici un père fidèle qui a engendré un fils vivant de l’Esprit de Dieu. N’est-ce pas une belle image de la transmission divine entre le Père céleste et Jésus le Fils, et entre les aînés et la jeune génération ? Dieu parle à Jonas car il a une mission à lui donner. Cette mission, on le verra, sera une bénédiction pour Ninive et pour Jonas lui-même.

–    Lève-toi, va à Ninive … : Ninive a été la capitale de l’Empire assyrien dans les années 700 av. J-C, basée sur la rive est du Tigre à plus de 400 km de Babylone. Nahum l’a qualifiée de « ville sanguinaire » (3:1). Dans la ville, il y avait deux tertres  dont un nommé « Prophète Jonas » (un tertre est un mémorial). La découverte du palais de Sanchérib a révélé la grandeur et le luxe de Ninive. C’est pour cela que Dieu la nomme « grande ville » (découverte de H. Layard en 1845). Pour parler à cette extraordinaire cité, le Seigneur a choisi Jonas. Il lui demande de SE LEVER pour se rendre à Ninive. Jonas devait être « assis », dans une position de stabilité, de confort, de routine. Tout allait bien. Sa vision concernait son peuple. D’un seul coup, l’Eternel lui demande l’impossible … aller chez les païens, les ennemis … (v.2a).

–    … la grande ville, et crie contre elle, car sa méchanceté est montée jusqu’à moi » : L’auteur du récit (on ne le connait pas) révèle tout d’abord la méthode voulue par Dieu pour toucher le coeur des habitants de « la grande ville » : Jonas devra CRIER. Ensuite, on découvre le contenu qui sera de DÉNONCER LA MÉCHANCETÉ de Ninive. Lorsqu’on sert le Seigneur, il est important de comprendre ce qu’il attend de nous, dans la forme comme dans le contenu. L’expression « montée à moi » signifie que Dieu a vu, entendu, senti, et ressenti ce qu’il se passait à cet endroit parmi ses habitants. Dieu n’ignore rien de nos vies ! (v.2b).

JONAS 1 : 3-16

–    Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis loin de la présence de l’Eternel : Il prend le bateau à Jaffa (nom signifiant « beauté », vers l’ouest, donc dans le sens opposé de Ninive). On ne sait pas de quelle Tarsis le livre de Jonas fait mention : Tarsis en Espagne (ce qui justifie le mot « loin », Tarsis en Sardaigne (selon un écrit phénicien), Tarsis au nord de l’Afrique (selon la version latine ce serait Carthage ou dans sa proximité), Tarsis en Anatolie (l’actuelle Turquie) ou tout simplement « en haute mer » (selon Saint Jérôme, père de l’Église). En fait, le lieu a peu d’importance, c’est le fait de s’enfuir loin de Dieu qui met Jonas en danger. Lorsque nous sortons de la présence de Dieu, nous prenons de gros risques ! (v.3).

–    L’Eternel fit souffler sur la mer un vent impétueux : Ce vent se transforme en « grande tempête », le bateau part à la dérive et risque de « faire naufrage ». C’est Dieu qui dirige le vent. Il en est le créateur et l’utilise pour que sa volonté soit faite. Jonas pense fuir Dieu, mais Dieu le poursuit jusque sur la mer Méditerranée ! (v.4).

–    Les marins eurent peur ; ils implorèrent chacun leur Dieu : C’est intéressant de voir comment ces marins sont terrorisés par la tempête. Comme ils sont religieux, ils prient. Aujourd’hui, des païens, des moqueurs, des blasphémateurs se mettent à prier Dieu quand les choses tournent mal … le coeur de l’homme est étonnant ! Les marins allègent leur navire pour essayer de le maintenir à flots. Pendant ce temps, Jonas « dormait profondément » au fond du bateau. Le capitaine le lui reproche car il veut que Jonas prie aussi son Dieu … qui sait ? L’homme en danger est prêt à essayer n’importe quelle religion ou superstition pour sauver sa propre vie ! (v.5-6).

–    Puis ils se dirent l’un à l’autre : « Venez, tirons au sort … » : Le sort tomba sur Jonas ! Incroyable ! Dieu répond à la détresse des marins au sein de leur idolâtrie.

–    Alors, ils lui dirent : « Dis-nous qui nous attire ce malheur » : On a du mal à imaginer ce dialogue au milieu d’une tempête, mais il est crucial pour les marins, ils jouent leur vie ! Le dialogue peut faire ressortir des choses intéressantes et peut permettre une guérison morale ou sociale. Le capitaine demande des comptes à Jonas sur son identité … (v.7-8).

–    Il leur répondit … La réponse de Jonas est à peine croyable. Il est hébreu. Et il déclare « craindre l’Éternel ». En passant, il désigne son Dieu comme étant le Créateur, donc au-dessus des dieux des marins. Cette expression CRAINDRE signifiait qu’il rendait un culte à une divinité. Un repère social à cette époque (v.9). Puis, il leur explique qu’il est en train de fuir son Dieu … Ce que ses interlocuteurs ne comprennent pas. On ne défie pas une divinité … La peur saisit leur âme (v.10).

–    Ils lui dirent : « Que te ferons-nous ? » … L’idée est d’éloigner la tempête et la mort, le jugement de ce Dieu de Jonas. Ils lui posent la question car Jonas s’est désigné lui-même coupable. La mer est en furie, il faut trouver une solution ! D’ailleurs, le prophète en propose une : de le jeter à la mer. Il est conscient de sa faute et accepte la mort comme châtiment (v.11-12).

–    Ces hommes ramèrent pour gagner la terre ferme, mais ils ne purent pas y arriver : La mer est puissante lorsqu’elle est déchainée ! Les voiles ? Plus rien ! Les rames ? Comment quelques marins peuvent triompher d’une tempête meurtrière ? Impossible ! Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe : l’équipage se met à prier le Dieu de Jonas ! Chacun le reconnait comme souverain (v.13-14).

–    Puis ils prirent Jonas et le jetèrent dans la mer : Lorsque Jonas a reconnu sa faute, les marins auraient pu le jeter hors du navire, mais ils ont pardonné la faute. Seulement, là, ça ne suffisait pas. C’est pourquoi ils appliquent la parole de Jonas.Ils le condamnent à mort … Mais cela les chargeait terriblement. Dès que la mer est calmée, ils offrent un sacrifice, non pas à leurs dieux, mais à l’Éternel (v.15-16). Je me dis que Dieu est bon, il utilise la désobéissance de son prophète pour amener ces hommes à une rencontre avec Lui ! Le comble de Son amour ! Bien sûr, il n’est pas question de se laisser aller à faire n’importe quoi dans notre société, en pensant que Dieu va l’utiliser pour sauver les gens dans notre entourage !!! Il y a une autre leçon à apprendre pour Jonas et pour nous. En effet, le prophète rencontre des non-juifs, et à travers la tempête, Dieu l’humilie face à eux. Il se croit plus grand qu’eux, et cela ne peut pas être. On retrouvera cet état de coeur un peu plus tard lorsque Jonas reprochera à Dieu sa compassion à l’égard des Ninivites.

JONAS 2 : 1-11

–    L’Éternel fit venir un grand poisson … La Bible Archéo dit qu’il s’agit, non d’une baleine (qui n’avale que des petits animaux marins), mais d’une GRANDE CRÉATURE MARINE. Le débat au sujet du poisson est bien animé par Satan qui voudrait bien nous faire oublier que c’est Dieu qui commande aux éléments naturels, et qui oriente les animaux selon Sa volonté. Il ne faut jamais oublier que les animaux, les végétaux, et les humains sont au service de Dieu.

–    … pour avaler Jonas : Donc Jonas est resté entier, protégé de la noyade dans le « ventre » du poisson (Le texte ne parle pas de l’estomac – Le mot « ventre » est un terme employé au sens général).

–    Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson : Selon McArthur, il faut compter trois jours. C’est la culture hébraïque. Il s’agit d’un laps de temps d’environ trois jours. La connaissance de cette tradition permet d’effacer toutes les interprétations concernant les fameux trois jours entre la mort et la résurrection de Jésus. En tout cas, pour Jonas, ce fut certainement un temps bien difficile à vivre, un profond désespoir ! (v.1).

–    Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel son Dieu : Que fait-on quand tout va bien ? On oublie le Seigneur ! Et quand tout va mal ? On le prie ! Que nous sommes méchants !!! Mais ce qui est beau ici, c’est que Dieu a entendu Jonas. Il l’avait conduit dans le ventre de ce poisson, attendant un élan de son coeur d’homme perdu, une repentance … (v.2).

–    Dans ma détresse, j’ai fait appel à l’Éternel, et il m’a répondu … On a l’impression de lire l’histoire de la relation entre Israël et son Dieu. Déjà, le prophète récalcitrant reconnait qu’il est en situation de détresse. Ensuite, il demande le secours à Dieu. Enfin, Dieu répond (pas seulement des mots, mais des actes !). Avec ce début de prière nous avons un texte digne du Livre des Psaumes.

–    Du milieu du séjour des morts … Cette expression est à rapprocher des mots « Dans ma détresse ». En fait, Jonas fait face à la mort, elle est imminente.

–    Tu as entendu ma voix : Répétition de « Il m’a répondu ». La première partie de ce verset fait partie du récit, la seconde est la prière à Dieu (v.3).

–    Tu m’as jeté dans l’abîme, dans les profondeurs de la mer, et les courants m’ont environné ; toutes tes vagues et tes flots sont passés sur moi : Jonas reconnait la main de Dieu dans le jugement à son encontre (v.4).

–    Je disais : « Je suis chassé loin de ton regard, mais je verrai encore ton Saint Temple » : Jonas se voit perdu, mais l’espérance de Dieu est toujours dans son coeur. Paul déclare que l’amour, la foi et l’espérance demeureront (1 Cor. 13) … Je crois qu’il y avait ces trois choses dans le coeur de Jonas, au-delà de son péché (v.5).

–    L’eau m’a couvert … Jonas décrit la terreur que représentaient l’élément marin dans lequel il s’enfonçait, vers la mort … (v.6-7).

–    Quand mon âme était abattue en moi … « Ô mon âme, pourquoi es-tu abattue en dedans de moi ? ». On reconnait l’Esprit des psaumes. N’avons-nous jamais vécu cette détresse de l’âme ? C’est ce ressenti profond qui pousse Jonas vers Dieu. C’est pourquoi, si nous sommes dans la dépression, ou dans le découragement, nous avons une grâce, nous sommes prêts à chercher l’Éternel ! (v.8).

–    Ceux qui s’attachent à des idoles sans consistance : Il dit cela pour montrer la consistance de Dieu. En même temps, l’idolâtre peut comprendre son péché l’éloigne de Dieu (v.9).

–    Quant à moi, je t’offrirai des sacrifices : Dans sa détresse, Jonas pense à ce qu’il donnera à Dieu lorsqu’il sera libéré. Ces sacrifices seront remplis de reconnaissance … Il faudra se rappeler de cet engagement quand nous lirons le dernier chapitre du Livre (v.10). La prière est courte mais puissante, violente, remplie d’espoir !

–    L’Éternel parla au poisson : Dieu continue à diriger sa créature au bénéfice de son prophète. Le poisson vomit Jonas sur un rivage de la mer. On peut imaginer dans quel pitoyable état devait se trouver Jonas, mais sauvé (v.11) ! En effet, avec lui, nous pouvons proclamer « Le salut vient de l’Éternel » (v.10b) !

A suivre vendredi….

 

Notes : 

(1) [Jonas = Iona, en hébreu]. C’est la même Iona qui a été envoyée par Noé depuis l’arche après le déluge, mais aussi le participe présent du verbe iana, opprimer.

(2) La colombe tenant un rameau d’olivier a été rendue célèbre en tant que symbole de la paix au XXe siècle à travers « la Colombe de la paix », dessinée par Picasso en 1949, à la demande du Parti Communiste dont il était membre. En même temps, l’Union soviétique préparait son premier essai nucléaire le 29 août 1949… Et puisque l’on parle de symbole, les LGBT, quant à eux, ont repris l’arc-en-ciel qui représente l’alliance avec Dieu.

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » : Focus sur une mauvaise interprétation d’un texte que l’on croit bien mal interprété…

Gaston Lagaffe par Franquin : « le gag » des « crêpes foireuses » !

L’article qui suit commence pourtant bien. Mais la suite prend des allures de gag.

Michael Patton, dans cet article publié sur son blog, Credo House, le 8 octobre 2012. et traduit en français par Elodie Meribault pour Le Bon Combat, estime que le fameux verset “Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.”
(Matthieu 18.20) est généralement mal interprété. De quoi le rendre « hara » ! (de l’hébreu «courroucé», «furieux»)

Nous invitant à regarder « ce verset de plus près », l’auteur nous fait la démonstration suivante :

« Mais quelle est la signification de ce verset ? Cela veut-t-il dire que Christ est davantage enclin à répondre à nos prières si nous prions en commun ? Cela signifie-t-il que Christ est physiquement présent au milieu de notre réunion de prière, comme… un fantôme, une entité flottante ? Après tout, peut-être est-il est là, et il nous tient la main. Et puis, qu’est-ce que cela veut dire, de toute façon ? Comment cela, deux ou trois ? L’idée véhiculée est la suivante : il faut nécessairement plus d’une seule personne pour invoquer cette présence à la fois réelle et mystique de Christ. De cette idée, certains en ont même fait un sacrement. Et pourtant, ce n’est pas ce que signifie ce verset. Et, dans un certain sens, cela m’irrite un peu, car cela peut nous induire en erreur sur la puissance de Dieu et sur notre vie de prière.

Matthieu 18:20, comme chaque passage des Écritures, s’inscrit dans un contexte. Et lorsque nous analysons ce contexte, nous découvrons que la péricope (la plus petite unité de pensée) dans laquelle s’inscrit ce verset commence au verset 15 : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t‘écoute, tu as gagné ton frère » (Matthieu 18:15).

« Au final », conclue-t-il, « ce passage fait tout simplement référence à la discipline d’Église et la validation d’un processus par Christ. Il n’a donc rien à voir avec une présence mystique de Christ au moment d’une réunion de prière (…). Cette prière mal interprétée pourrait bien ressembler à une formule d’incantation dénuée de tout pouvoir, à une manœuvre manipulatrice d’un système polythéiste qui dépend en permanence de la présence physique de ses dieux pour que les bénédictions arrivent. Nous ne sommes pas limités par ces choses. Notre Dieu est tellement plus grand. Alors réfléchissons à deux fois avant de prier de la sorte ».

Une fois n’est pas coutume, les commentaires qui ont suivi cette analyse sont bien plus intéressants que l’analyse elle-même.

Car, comme le relèvent finement les internautes, l’exposé a beau paraître magistral, il présente l’écueil majeur suivant : « Prétendre regarder le verset de près et ne pas même citer celui qui précède ! » C’est là se planter… magistralement ! Car lequel verset dit justement : « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux »(v19).

Et l’un des internautes de souligner que « l’enfant le moins déluré voit immédiatement que la discipline de l’Église est ici un sujet complètement étranger à la pensée que Jésus veut communiquer à ses disciples. L’auteur, qui ne manque de nous informer de sa grande familiarité avec le mot hébreu hara, le complète malheureusement pour lui par le japonais kiri, sur le plan intellectuel ».

Un message de vérité pour Laodicée, une église (auto)suffisante mais « imbuvable »

« Imbuvables », ces Laodicéens ! Comme leur eau…

« A l’ange de l’Eglise qui est à Laodicée, écris : Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu : Je sais tes œuvres : tu n’es ni froid ni bouillant. Que n’es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche.

Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir, et des vêtements blancs pour te couvrir et que ne paraisse pas la honte de ta nudité, et un collyre pour oindre tes yeux et recouvrer la vue.
Moi, tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi !
Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi.
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai remporté la victoire et suis allé siéger avec mon Père sur son trône.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ». (Apoc.3v14-22)

« Je sais qui je suis », chantons-nous parfois, sans doute reconnaissants de notre identité en Christ.

« Je suis qui je suis », dit Don Quichotte, « le chevalier à la triste figure », dans le roman espagnol éponyme du XVIIe siècle. « Je sais qui je suis, et sais que je peux être non seulement que j’ai dits, mais aussi tous les douze pairs de France et tous les neuf preux de la Renommée (1) : car mes hauts faits et gestes surpasseront ceux qu’ils ont jamais faits tous ensemble et un chacun d’eux à part soi ! »(2). Mais ce monomaniaque opiniâtre, victime d’une imagination déréglée, ne veut d’autre code, pour déchiffrer le monde, que celui qu’il a trouvé dans ses romans de chevalerie dont il fait sa nourriture quotidienne.

Identité en Christ ou en crise ?

Nous pouvons avoir une certaine opinion de nous-mêmes, mais l’important est davantage le point de vue de Jésus (celui dont nous portons le Nom) sur nous-mêmes et notre état spirituel.

Ainsi, les dernières paroles de Jésus-Christ à son Église, représentée par 7 églises locales d’Asie mineure au Ier siècle, dans cette section de l’Apocalypse de Jean appelée « lettres aux anges des 7 églises » (Apoc.1v9-3v22), sont particulièrement édifiantes à cet égard. Rappelons que l' »Eglise » (du grec ‘‘ekklesia » : “hors de” et “appelé”) désigne, non pas un bâtiment, mais plutôt ceux qui sont appelés par Jésus-Christ pour être assemblés en Son Nom.

L’une de ces 7 églises nous intéresse particulièrement aujourd’hui : il s’agit de celle de Laodicée. Et ce qui nous intéresse aussi est la manière dont Jésus-Christ se présente à cette église, pour lui délivrer son message personnel.

Laodicée est une église. Une église qui s’estime auto-suffisante, n’ayant besoin de personne : « je suis riche, je me suis enrichi [j’ai fait de bonnes affaires], je n’ai besoin de rien », affirme-t-elle en effet en Apoc.3v17. Riche et opulente, elle revendique sa réussite et ses capacités à surmonter seule ses plus grandes difficultés ou « challenges », dirions-nous aujourd’hui.

Effectivement, comme nous l’apprennent les commentaires et les notes de nos Bibles d’étude, Laodicée, située à l’époque au sud de la Turquie, près de la mer, est une ville nouvelle, qui ne manque pas d’atouts et de ressources, lesquels sont considérables(3). Laodicée, l’église qui s’associe à la réussite de la ville, se croit donc auto-suffisante alors qu’elle n’est en réalité que « suffisante » (orgueilleuse), suffisance masquant avec peine son véritable état spirituel démasqué par Jésus.

Le Seigneur Jésus-Christ ressuscité et glorifié lui transmet un message de vérité sur la réalité de son état spirituel : « tiède » (même pas « froid » ou « bouillant »), « à vomir », et Lui-même, Jésus-Christ, à la porte !

Il se présente à elle comme « l’Amen, le témoin fidèle et véritable et le commencement de la création de Dieu ». Pourquoi ? Il s’agit de titres se référant à l’Eternel (YHWH) dans l’Ancien Testament, et autant de rappels à retourner aux fondamentaux.

Jésus est « l’Amen » : C’est une allusion à un titre de l’Eternel (YHWH) qui se trouve dans Esaïe 65v16, le Dieu d’Amen [vérité] », dont la parole est certaine. Le terme « Amen » met généralement en évidence la fidélité ou la fiabilité. Parce que les chrétiens de Laodicée, éloignés de la source de la vérité, ont besoin d’ouvrir les yeux sur leurs illusions et d’être ramenés à Celui qui est « la vérité ».

Il est “le témoin fidèle et véritable”, jusqu’à la mort de la croix, de ce qu’Il a personnellement vu/entendu/connu, garant d’un message de vérité à une époque où l’on se plait aux illusions et aux mensonges. Et ce, pour rappeler que le centre du témoignage n’est pas nous-mêmes, nos réussites, nos compétences, nos atouts, mais Jésus Lui-même, « le Dieu véritable ».

Il est enfin « le commencement de la création de Dieu » (cf Gen. 1v1 et Jean 1v1-3), c’est-à-dire le principe, la source, l’origine de la création de Dieu. Jésus est « le commencement », « le premier né de toute la création cf Colossiens 1v15, c’est-à-dire Celui qui est au-dessus de toute la création et a toute autorité sur elle, Celui qui occupe une place prééminente et qui, seul, reçoit toute la gloire et toute l’adoration. Un rappel important surtout quand Laodicée pense s’auto-édifier, en recherchant la gloire et les louanges pour elle seule (pour sa position, sa renommée et ses innombrables richesses matérielles et intellectuelles), sans l’aide de Jésus, lequel reste à la porte ! (cf aussi Jer.9v22-23 : « que le fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi le Seigneur… »)

Jésus reproche à l’église de Laodicée de n’être « ni froid ni bouillant ». Certains commentateurs y voient une allusion à la qualité des eaux de Laodicée et de ses deux voisines, Hiérapolis et Colosses, par ailleurs révélatrices des témoignages/ministères de ces églises : ainsi, si Laodicée avait été « bouillante », comme les eaux de Hiérapolis, elle aurait pu soigner au Nom de Jésus. Si elle avait été « froide », comme les eaux de Colosses, son autre voisine, son témoignage serait « pur » et « potable », « source de vie ». Mais les eaux de Laodicée sont tièdes et nauséeuses.

Les chrétiens de Laodicée sont donc comparés à l’eau de leur ville : « tièdes », « imbuvables », « à gerber », que le Seigneur Jésus lui-même « vomit de sa bouche » (3v16), et donc « impropres » pour le témoignage et le ministère (le salut n’est pas ici remis en question).

Ce constat, ces reproches et ce verdict implacable (rien à sauver ?) nous paraissent choquants, d’autant plus que Christ s’adresse à une église. Mais tout ce que dit Jésus à son sujet est vrai. Toutefois, Jésus n’abandonne pas Laodicée à son triste sort. Ses propos sans concessions ont pour but de la réveiller et de la ramener « dans le monde réel » : « En fait », lui dit Jésus, « tu ne sais pas combien tu es malheureux et misérable ! Tu es pauvre, nu et aveugle » (v17).  C’est pourquoi Il lui recommande « d’acheter chez lui ». « D’acheter », certes « sans argent, ni or » (Es.55v1, 1 Pie.1v18-19), mais « d’acheter » quand même, parce que la grâce a un coût : pour Jésus, qui s’est donné lui-même pour nous à la croix et pour nous, parce que la grâce exige d’abord notre repentance, puis le renoncement à nos illusions et à nos prétentions à la toute-puissance ; et enfin notre obéissance.

« Acheter » quoi ? Paradoxalement pour cette église, « de l’or purifié au feu [une foi éprouvée, séparée de l’idolâtrie, du compromis cf 1 Pie.1v7], pour devenir réellement riche », « des vêtements blancs pour s’en couvrir et n’avoir plus la honte de paraître nu, d’acheter de lui des vêtements blancs”[symboles de pardon et de pureté], afin “que la honte de sa nudité [Dans l’AT, un signe de défaite, de jugement et de pauvreté] ne paraisse pas, ainsi qu’un remède pour soigner ses yeux et lui rendre la vue » (v18), afin d’acquérir un discernement spirituel sur sa propre situation et comprendre « ce qui est bon, agréable et parfait » selon Dieu (Rom.12v2)

Non seulement Jésus « ne la laisse pas tomber », mais mieux encore Il la « reprend », dans le sens de l’exposer pour la guérir et la corriger, et Il « châtie tous ceux qu’il aime » (v19). C’est une bonne nouvelle, car être châtié par Dieu le Père est un signe que nous sommes bien ses enfants et que nous faisons bien partie de sa famille (cf Héb.12v6).

Ensuite, Jésus lui recommande d’avoir « du zèle », après être revenu aux racines du problème et au fondement de sa vraie richesse. Etre « zélé » est le propre du disciple de Jésus-Christ, qui est aussi, à l’image de son Seigneur, un témoin aimant, véritable et fidèle, passionné (= « souffrant » pour la cause de Christ cf 2 Tim.1v8, 2v3, Hébr.12v2-3), ardent, « bouillant » pour Lui.

L’on pourrait alors craindre l’extrémisme du zélé. Mais le zèle sera bien orienté sur le bon objet si ce zèle s’exerce dans l’amour et la compassion, le respect de l’autre, la recherche de la paix, de la justice, et du pardon. Être zélé pour Dieu que l’on aime est un style de vie, qui se traduit par l’amour et le service du prochain/des frères.

 Jésus invite Laodicée à la repentance, une constance tout au long de ces sept lettres aux églises d’Asie mineure. La repentance est la clé de la vie chrétienne et aussi un style de vie sain. Car être continuellement dans une attitude de repentance nous fait changer de point de vue et de direction de sorte que nous serons alignés sur Christ pour marcher avec Lui et à sa suite.

La repentance n’est donc ni seulement une action initiale, ni exclusivement pour les non-chrétiens. Elle est le signe que nous sommes bien « réveillés », « ranimés » (passés de la mort à la vie) et en bonne santé spirituelle.

Une chose importante dont Laodicée doit certainement se repentir est de s’être cru « riche » et « auto-suffisante », alors que Celui qui devrait être son tout, son fondement, reste à la porte ! Et personne, dans cette église, ne semble s’en être rendu compte !

Jésus déclare en effet « se tenir (et continuer à se tenir) à la porte », continuant de « frapper » (v20). Certes, l’église de Laodicée n’a reçu aucun éloge, contrairement aux autres, mais elle reçoit une invitation chaleureuse de la part de Christ. Cette invitation, actuelle, n’est pas une invitation à devenir Chrétien, contrairement à ce que l’on pense souvent, puisqu’elle est adressée aux membres de l’église, de sorte qu’ils reviennent à la communion vitale avec Christ.

Une promesse certaine y est associée à la condition suivante, que « si quelqu’un entend sa voix et ouvre la porte », c’est-à-dire s’il se repent, s’ouvre à la présence et à la seigneurie de Christ dans sa vie. Jésus frappe encore aujourd’hui et il attend notre réponse pour vivre une relation placée sous les signes de l’alliance, de l’amour et de la communion.

Jésus promet alors d’entrer chez celui qui lui ouvrira et ils souperont ensemble.

Il le fera « asseoir avec lui sur son trône » (v21), dans un esprit de communion et d’inclusion, « comme lui a vaincu et s’est assis avec son Père sur son trône ».

« Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, il nous reniera aussi ; Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle ; il ne peut se renier lui-même ». (2 Tim.2v1-14)

 

Notes : 

(1) « Les Neuf de la Renommée » (los Nueve de la Fama) sont trois Hébreux (Josué, David et Judas Macchabee) ; trois gentils (Hector, Alexandre et César) ; et trois chrétiens (Artus, Charlemagne et Godefroy de Bouillon).

(2) Miguel de Cervantès. L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche I. Gallimard, 2004, Folio classique, p97

(3) Construite en 250 avant J.C, elle porte le nom de l’épouse de son fondateur, le roi séleucide Antiochos II, qui est un mot composé de deux mots grecs « laos » ( « peuple ») et « diké », (qui signifie à la fois le droit, la justice ou la vengeance). C’est l’une des trois villes situées dans la vallée du Fleuve Lycos (les autres villes étaient Colosse et Hiérapolis, dans lesquelles avaient été également fondé des églises). Sa position est privilégiée,  sur un site naturellement protégé et une route commerciale majeure reliant l’est et l’ouest. Sa région fertile est particulièrement adaptée à un élevage de moutons noirs, célèbre dans le monde entier. Il en résulte une production massive d’un tissu noir appelé “Trimeta.” Elle est aussi célèbre pour son centre médical ophtalmologique et son fameux collyre est exporté dans tout l’empire romain. Elle est enfin connue comme un grand centre bancaire. Ses ressources lui permettent même de reconstruire la ville, détruite par un terrible tremblement de terre en l’an 60 après J.C, sans l’aide du gouvernement romain.

Sources :  « Nouveau dictionnaire biblique Emmaüs », édition 1992 (Article « Laodicée) ; notes de la Bible d’étude « Semeur » 2000 ; commentaire de l’Apocalypse par le Dr Bob Utley.

« Le changement, c’est maintenant ! »….dit la Bible

"Le changement" ? " Yes, we can", dit la Bible ! Et "c'est maintenant !"

« Le changement » ?  » Yes, we can », dit la Bible ! Et « c’est maintenant ! »

Est-il possible de changer ?

Vaste question ! Mais la Bible répond sans hésiter : « oui ». « Yes, we can », en Jésus-Christ. « Le changement, c’est (même) maintenant » !

Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui a changé pour vous, qui êtes peut-être chrétien et connaissez le Christ comme votre Sauveur et Seigneur personnel ?

En quoi Dieu nous transforme-t-il ? Qu’est-ce que « devenir chrétien » ?

Le changement s’opère-t-il au niveau de nos pensées ? Pour « penser juste » ?

Est-ce au niveau de nos émotions ? Pour « ressentir juste » ?

Est-ce au niveau de nos actions, de notre éthique ? Pour « agir juste » ?

Aucun des trois !

La réponse, dans cette prédication d’Olivier Keshavjee, « animateur paroissial » suisse, sur Ephésiens 4v17-24 : « vivre une vie nouvelle ».

Bonne écoute et bon week-end !