Un interdit radical

« Abomination » ! (Personnage « Marvel »)

Une lecture biblique de « l’interdit » des peuples de Canaan, qui éclaire sur ce que Dieu appelle « abomination ».

Une raison de la politique génocidaire de « l’interdit » se trouve dans le livre du Deutéronome, explique le Pasteur Antoine Nouis, dans un commentaire paru dans Réforme, le 31/10/16 : « Lorsque tu entreras dans le pays que le Seigneur, ton Dieu, te donne, tu n’apprendras pas à imiter les abominations de ces nations-là. Qu’on ne trouve chez toi personne qui fasse passer son fils ou sa fille par le feu, personne qui se livre à la magie, qui cherche des présages, qui pratique la divination ou la sorcellerie, qui jette des sorts, qui interroge les spirites ou les médiums, qui consulte les morts. En effet, quiconque se livre à ces pratiques est une abomination pour le Seigneur ; c’est à cause de ces abominations que le Seigneur, ton Dieu, dépossède ces nations devant toi. » (Deut. 18,9-12).

« L’interdit des peuples de Canaan est une protection contre la contagion de pratiques qui seraient mortifères pour les Hébreux. Rappelons que les sacrifices d’enfants étaient courants au Moyen-Orient. Ils correspondent à une approche archaïque de la religion qui consiste à croire que si nous offrons à Dieu ce que nous avons de plus cher, il nous bénira à la mesure de notre sacrifice ».

Bien que sévèrement condamnée par le livre du Lévitique : « Tu ne livreras aucun de tes enfants pour le faire passer au Molek ; tu ne profaneras pas le nom de ton Dieu. Je suis le Seigneur. » (Lv 18,21), « cette pratique abominable a perduré en Israël [voir notamment le roi Acaz, en 2 chroniques 28v1-3, ou même le roi Manassé] puisque les prophètes Jérémie et Ezéchiel en ont fait la raison de l’exil à Babylone (Jr 19,5 ; Ez 16,20-21).

Quant à la divination, la sorcellerie et la consultation des morts, elles sont des asservissements qui sont contraires au commandement de liberté. Les pratiques occultes cherchent à maintenir le peuple sous la tutelle de magiciens qui manipulent le religieux pour leur plus grand profit.

Entre ces pratiques superstitieuses et mortifères et le Dieu de la libération, il n’y a pas de compromis possible, c’est la raison pour laquelle l’interdit est radical ».

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec

C’est un bien curieux recueil de prières à Dieu que les Psaumes, cette partie de la Bible, qui semblent dire tout et son contraire, soit à la fois l’absence et « le silence » de Dieu, la détresse et la misère de l’homme, le sentiment d’être abandonné et entourés d’ennemis ; mais aussi la louange, la victoire, la grande affirmation du pardon et de la bienveillance de Dieu.

De même, c’est là un bien curieux objet que ce « premier livre des Psaumes », édité par Bibli’O et reçu gracieusement en « service presse » cet été,  de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication auprès de l’Alliance Biblique Française, que je remercie chaleureusement, avant sa parution prévue le 23 septembre 2022.

Certes, les ouvrages de qualité sur les Psaumes ne manquent pas. Mais celui-ci est une excellente surprise !

Original à plus d’un titre, il nous propose une traduction comparée des versions en hébreu, mais aussi…en grec de la Septante, du premier livre des Psaumes (1–40), assortie de commentaires à la fois linguistique et spirituel, nous invitant à « avancer en eaux profondes ». En fin d’ouvrage, un lexique inédit avec plus de 110 pages d’aide à la lecture du texte grec.

L’auteure est Soeur Marie-Vincent, membre de la communauté catholique des Oblates de l’Eucharistie. Un ordre féminin contemplatif de droit diocésain. Elle vit en solitude depuis de nombreuses années. D’abord autodidacte dans l’étude du grec et de l’hébreu bibliques, elle a ensuite suivi une formation par correspondance avec la faculté de théologie de Toulouse.

L’ouvrage s’organise ainsi :

Pour chaque page occupée par les textes et les traductions, le lecteur peut lire, verset par verset, à gauche le texte hébreu massorétique, et à droite le texte grec de la Septante. L’un et l’autre sont suivis d’une traduction dont la typographie permet de visualiser rapidement les correspondances et les différences.

Suit un commentaire livre, au fil du texte, avec l’objectif d’éviter de redire ce que nous lisons dans les notes de nos Bibles.

Soeur Marie-Vincent précise que si elle n’a pas voulu « christianiser les Psaumes », des références sont toutefois données dans ce commentaire, signifiantes pour un mot ou une forme verbale qu’un lecteur chrétien saura apprécier.

Ce parti pris d’une traduction comparée pourra sans doute surprendre ou dérouter, mais l’auteure le justifie ainsi, dans l’avant-propos de l’ouvrage : « savoir que la traduction grecque de la Bible est le reflet de textes antérieurs au texte [hébreu] massorétique donne envie de s’y intéresser, de comparer et donc, de traduire ». Et la traduction dite de « la Septante rappelle au chrétien qui lit les Psaumes que ce texte a influencé les lectures postérieures de la Bible : celle d’écrivains juifs, des auteurs du Nouveau Testament et aussi des Pères de l’Eglise. Elle lui rappelle également que, de nos jours, des églises d’Orient lisent et prient la Parole de Dieu dans la Septante » (Le Premier livre des Psaumes. Avant propos, p 7).

Ce travail [réalisé dans le cadre d’une vie de solitude, il n’était initialement pas destiné à être publié] peut aussi sembler s’adresser à des initiés ou à des étudiants, en tant qu’outil d’étude idéal pour se préparer à une rentrée universitaire – ce qu’il peut être.

Cependant, souligne encore l’auteure dans son avant-propos, « tout être humain peut se reconnaître dans les Psaumes, avec les joies, les questions, les souffrances et les violences qui l’habitent, devant quelqu’un qui écoute, répond ou garde le silence, Dieu. Parce que les Psaumes permettent aux hommes et aux femmes de toute génération d’espérer, ce livre ne peut qu’être ouvert à tous ». Ce qui est la prière d’Israël est devenu la prière des chrétiens, demandant « d’y appliquer son intelligence et son cœur ; c’est le prix à payer pour en savourer tous les fruits » (op. cit., pp 7-8)

Un frère en Christ qui dit aimer la poésie, au point de la lire et de l’écrire, me partage « ne jamais sortir indemne », lorsqu’il se plonge dans les Psaumes : il a en effet l’impression que « la main de Dieu prend la (sienne) et (le) tire vers des lieux élevés ». Il y découvre « un Dieu du cœur » et apprend sans cesse à s’exprimer librement devant Lui. « Le livre des Psaumes me ramène sans cesse au Dieu Tri-Un Père, Fils, et Saint-Esprit. C’est mon livre de prière. C’est aussi mon plus agréable loisir ».

Qu’un tel plaisir soit partagé est ce que l’on peut souhaite de mieux à tout lecteur ! Puisse également cet ouvrage être utile au plus grand nombre, suscitant le désir et la joie d’approfondir la lecture des Psaumes dans les deux langues bibliques ! Une « invitation au voyage » assortie d’une promesse :

Comme le souligne Sœur Marie-Vincent dans son commentaire du psaume 25 [qui reste mon préféré], « méditer [celui-ci] en suivant le psalmiste, et nous aurons envie d’entrer dans le chemin de l’Alliance ; et nous serons étonnés de nous sentir corps et âme en repos devant Dieu plein d’amour et de vérité » (op. cit., p 186).

Et « l’homme qui craint Dieu, en se tenant dans le chemin de l’Alliance, qui est chemin d’amour et de vérité, connaît une intimité particulière ; il est dans le secret de Dieu » (op. cit., p 184).

En bref :

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec – Traductions et commentaires, de Sœur Marie-Vincent. Editions Bibli’O, septembre 2022. Disponible chez l’éditeur et/ou dans toutes les bonnes librairies.

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Laodicée

La lettre à Laodicée Ou quand la tiédeur de l’indifférence fait froid dans le dos (Source : Bolligan)

Septième et dernier épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) ! Je vous remercie d’avoir suivi jusqu’au bout cette série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Laodicée, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

« Parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche » : Aïe ! Alors là ça fait vraiment mal. Dire à l’Eglise de Sardes, « tu penses être vivante, mais tu es morte », c’est presque moins violent !

Il faut dire que la tiédeur de l’indifférence me fait froid dans le dos. Je dis parfois à mes étudiants que c’est plus facile de discuter avec un athée ou un bouddhiste convaincu qu’avec quelqu’un qui n’a que « bof » à la bouche. Avec l’indifférence, vous avez beau faire tout ce que vous voulez, dire tout ce que vous voulez… cela n’a aucun effet. Cela ne fait ni chaud, ni froid ! C’était exactement ce qui se passait à Laodicée. On avait l’impression que, même dans une Eglise, la Parole de Jésus lui-même… ne leur faisait ni chaud ni froid.

Nous pourrions penser être au-dessus de tout cela. Nous… nous sommes zélés ! Jusqu’au moment où nous ouvrons les yeux sur notre condition. Nous réalisons alors que nous aussi nous pensons avoir tout ce dont nous avons besoin. Nous ne sommes pas si misérables que cela. Nous sommes plutôt de bons disciples. Notre orgueil revient toujours : cette Eglise de Laodicée quand même, quel contre-exemple !

Attention quand même, ne soyons pas trop sévères… ce qui est malheureusement notre réaction immédiate avec les autres croyants. Cette Eglise reste destinatrice de la parole de Jésus. La solution que propose le Seigneur ? Tout d’abord, prendre conscience que nous sommes « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (3.17) Cette confession nous conduit ensuite à reconnaître qu’en Jésus seul nous serons riches et purs.

 L’avertissement est fort, mais la promesse est là, toute aussi forte : « je te conseille d’acheter chez moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche… » (3.18) Venez ! Venez à Jésus ! Oui, il dit : « Moi, je reprends et je corrige tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repens-toi. » (3.19) Jésus aime, et c’est pour cela qu’il nous reprend fermement, avec des paroles de grâce. Ecoutons sa voix, venons à lui, car tout est gratuit (cf. Es 55.1) !

Venir à lui pour trouver la vraie richesse, c’est ce que Laodicée avait oublié. Que l’Esprit nous aide à ne pas faire pareil. Qu’il nous aide à toujours entendre sa voix, et le suivre. Le suivre… avec la promesse que nous mangerons avec lui !

Cette série est terminée : j’espère qu’elle vous a été encourageante et édifiante. Si c’est le cas, ne manquez pas de nous le dire en commentaire et/ou de la partager autour de vous.

Si vous venez d’arriver, ne manquez pas non plus de la reprendre au début.

Et encore mille merci aux contributeurs, Louis-Michel, Mialy, Yannick, nos « plumes invitées de l’été », pour leur participation !

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : lettre à l’église de Philadelphie

Lorsque l’ange évoque une porte ouverte qui ne ferme pas, en mentionnant celui qui tient les clés de David, les chrétiens de cette Église comprennent que le Christ, celui qui détient les clés de David, est celui qui peut les protéger des ennemis.

Sixième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Philadelphie, par Mialy, que je remercie pour sa contribution.

Article écrit à partir du passage biblique en Apocalypse 3:7-13

Philadelphie bénéficiait à cette époque d’une situation géographique particulière : peuplée par une population mixte, la ville se situait à la croisée des grandes voies, comme une porte ouverte sur des chemins. Philadelphie était un centre administratif avec de bonnes relations avec la ville de Rome. Cette région volcanique subissait de nombreux tremblements de terre. Lorsque l’ange évoque une porte ouverte qui ne ferme pas (Apoc.3v8), en mentionnant celui qui tient les clés de David (Apoc.3v7), les chrétiens de cette Église comprennent que le Christ, celui qui détient les clés de David (cf Es.22v22), est celui qui peut les protéger des ennemis. Dans le contexte géographique et politique dans lequel évoluent les chrétiens de Philadelphie, ils savent que la ville est un lieu de passage, un lieu dans lequel on entre facilement, tout en restant une ville dépendante de Rome. Une ville bien située, certes, mais sans réel pouvoir. La mention du Christ qui détient les clés rappelle aux chrétiens de Philadelphie que c’est Christ qui a tout pouvoir. Il peut garder une porte ouverte, ou la fermer, personne ne pourra s’y opposer. Hier comme aujourd’hui, les chrétiens sont encouragés à se rappeler que Christ a tous les pouvoirs, même face aux grands de ce monde.

Plus loin, lorsque l’ange évoque la promesse d’un nom gravé sur des piliers (Apoc.3v12), ces chrétiens, habitués des tremblements de terre, comprennent avec leur expérience que les piliers représentent la stabilité et qu’ils peuvent se confier fermement en Dieu. Cela vient en complément de la première idée : Christ a tout pouvoir. Les chrétiens peuvent aussi complètement se confier à Dieu.

Même s’il n’est pas fait de reproches à cette Église et à partir de ces deux encouragements personnalisés, remarquons que Dieu connaît les faiblesses de cette Église. Le messager précise même “tu n’as pas beaucoup de force, pourtant tu as gardé ma parole et tu n’as pas dit que tu ne me connaissais pas” (Apoc.3v8), ce qui signifie “tu ne m’as pas renié”. La caractéristique de cette Église est sa faiblesse ! Ce n’est pas un reproche, c’est un constat : elle est faible, aux yeux du monde. L’Église de Philadelphie et les chrétiens sont encouragés à persévérer, malgré la faiblesse. Persévérer, car ils seront gardés de l’épreuve : malgré l’épreuve, le Seigneur les gardera, il marchera avec eux, les protégera. C’est le sens de la prière de Jésus pour ses disciples “Je ne te demande pas de les retirer du monde mais je te demande de les protéger du Mauvais » (Jean 17v15).

Dans une société comme la nôtre, où il est de plus en plus difficile de tenir des engagements, et parfois dans une relation il est plus facile de se séparer que de persévérer, … persévérons ! Les circonstances changent, nous changeons, les autres changent, le monde change, mais les chrétiens sont encouragés à persévérer, à rester confiants en Dieu, fermement, au milieu de ces temps troublés.

Références bibliographiques :

FOCANT C., MARGUERAT D., Le Nouveau Testament commenté, Labor et Fides, Paris, 2014. p 1163.

PRIGENT, Pierre, L’apocalypse de Jean, Commentaire du Nouveau Testament, Labor et Fides, Genève, 2000.

Versions de la Bible utilisées : TOB et NBS

Dernier épisode, la semaine prochaine : Laodicée

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Sardes

Ephèse ou Philadelphie sont les lettres de l’Apocalypse qui nous attirent naturellement. Et puis…et puis, il y a la lettre à Sardes, où tout semble être négatif…. (Source image : Éclaboussures grunge par Karen Arnold)

Cinquième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Sardes, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

Si vous aviez le choix, quelle lettre de l’Apocalypse choisiriez-vous de lire ? Sur laquelle choisiriez-vous de vous arrêter ? De nombreuses lettres sont édifiantes et encourageantes ! Jésus dit à celle de Philadelphie : « j’ai mis devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer » (3.8). S’il a des reproches envers Éphèse, il commence par une exhortation: « Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance. » (2.2). L’encouragement est au cœur de la lettre à Smyrne : « Je connais ta tribulation et ta pauvreté — et pourtant tu es riche… » (2.9)

Éphèse ou Philadelphie sont les lettres qui nous attirent naturellement. Et puis… et puis il y a la lettre à Sardes, où tout semble être négatif. Le constat du moins est sans appel : « Tu as le renom d’être vivant, mais tu es mort. » (3.1) Quel constat amer, tragique ! La voici cette Eglise qui a la réputation d’être dynamique, avec des projets sociaux, des groupes d’Eglise, et des formations de disciples. La voici cette Eglise qui tente de se faire une place dans le monde. La voici encore cette Eglise qui pense être au-dessus des autres parce plus équilibrée, moins extrémiste… ou plus orthodoxe.

Le problème ? C’est que c’est une réputation, non une réalité. Le problème c’est que notre orgueil marque cette Eglise, jusqu’à la séparer de ce qui compte vraiment. Le problème ? C’est de ne pas avoir gardé et suivi la parole qui avait été entendue et reçue. La possibilité est là, malgré tout ce qui pourrait être considéré comme une trahison du Seigneur : nos alliances discutables, notre éthique chancelante, notre théologie hésitante, et nos médisances envers les autres croyants. Malgré tout cela, ta repentance est là présente. La main du Seigneur ne s’est pas encore fermée.

Cette repentance est d’autant plus possible que dans l’Eglise il y a toujours un reste « qui n’ont pas souillé leurs vêtements » (3.4) La possibilité est là, mais associée à une exhortation : « Sois vigilant et affermis le reste qui allait mourir… » Sois vigilant, affermis-toi… une repentance est possible. La main du Seigneur est encore ouverte, jusqu’à ce que le livre soit fermé. Mais ce n’est pas encore le temps… Pour le moment, le Seigneur nous appelle encore : « Ainsi le vainqueur se vêtira de vêtements blancs, je n’effacerai pas son nom du livre de vie et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. » (3.5) Entendons la voix de Jésus, et demandons qu’il nous renouvelle par son Esprit, celui qui parle encore aux Eglises.

Prochain épisode, la semaine prochaine : Philadelphie.

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Thyatire

« Quelles sont les occasions de chute qui sont tapies à notre porte ? Ces choses tellement communes que nous n’y prenons pas garde ? »

Quatrième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Thyatire, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

L’importance de Thyatire au premier siècle n’était pas politique. Ce n’était pas un important centre administratif (comme Corinthe), religieux (comme Éphèse), ou culturel (comme Athènes). La valeur de Thyatire tenait à sa place financière et commerciale. Remarquons que ce que Jésus remet en cause, ce sont des attitudes qui sont nourries par cette importance commerciale de Thyatire : « Mais ce que j’ai contre toi, c’est que tu laisses la femme Jézabel, qui se dit prophétesse, enseigner et séduire mes serviteurs, pour qu’ils se livrent à l’inconduite et qu’ils mangent des viandes sacrifiées aux idoles. » (Ap. 2.20) L’inconduite et la viande sacrifiée aux idoles.

Ce n’est pas anodin, et nous devons prendre cela à cœur. La tentation de nous éloigner de Jésus passe par ce qui est le plus commun et le plus important dans la société autour de nous. À Thyatire, il est facile d’imaginer que les occasions de chute étaient liées aux attentes et structures commerciales de la ville, y compris les pratiques semi-cultuelles qui y étaient attachées. Et dans notre cas… quelles sont les occasions de chute qui sont tapies à notre porte ? Quelles sont ces choses tellement communes que nous n’y prenons pas garde et au sujet desquelles Jésus lui-même nous reprend, avec un avertissement aussi ferme que sérieux ? L’Esprit, qui parlait aux sept Églises peut nous donner la sagesse de le découvrir !

Laissons notre attention se porter sur le résultat de la tentation, le fruit de ce faux enseignement. Il n’est pas d’abord doctrinal, mais éthique. Il ne concerne pas premièrement un article de foi, mais la manière dont la foi est vécue. Le Jésus de la grande vision du chapitre 1 s’attend à ce que ses disciples vivent leur allégeance à ce nouveau Seigneur tout le temps, et pas simplement en mots. La bonne nouvelle se manifeste dans une vie vécue fidèlement, y compris lorsque cela suppose de vivre différemment.

Jésus nous appelle à vivre pleinement la foi qu’il a donnée. Il reprend fermement, mais il laisse aussi la porte ouverte au pardon. Lorsque nous serions tentés de condamner des frères ou des sœurs à cause de telle inconduite éthique ou politique, Jésus dit : « Mais à vous, à tous les autres de Thyatire, qui n’ont pas cette doctrine et n’ont pas, comme ils disent, connu les profondeurs de Satan, je dis : Je ne mets pas sur vous d’autre fardeau. Seulement, ce que vous avez, tenez-le ferme, jusqu’à ce que je vienne. » (Ap. 2.24-25). C’est une exhortation à être fermes en lui, à ne pas nous détacher de lui. C’est une parole d’espérance qu’il nous laisse !

Prochain épisode, la semaine prochaine : Sardes.

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Pergame

« Quand l’activité de l’ennemi est tellement forte, nous avons l’impression qu’il règne là. Mais le silence du Seigneur sur ce fameux « trône de Satan » laisse entendre que l’Eglise ne devait pas d’abord s’inquiéter des attaques de l’ennemi »
(Scène du film « 007 Spectre » de Sam Mendes (2015)

Troisième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Pergame, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

Il y a des fois où, dans notre vie chrétienne, les difficultés sont tellement grandes que nous ne savons plus quoi faire. C’est pareil dans la vie d’une Eglise : il y a tellement d’oppositions que nous avons l’impression de vivre une attaque directe de l’Ennemi, lui qui ne cesse pas de tenter de détruire le peuple de Dieu. Notre pasteur est en burn-out, l’Eglise vient de vivre une division, il y a eu des trahisons dans l’Eglise, et des destructions de propriétés. Le groupe d’évangélisation a même été insulté en pleine rue. Dans ces cas-là, nous pourrions avoir l’impression de vivre une attaque de Satan.

Et cela peut être le cas ! C’était bien cela pour l’Eglise de Pergame, car là était le trône de Satan (2.13). L’activité de l’Ennemi était tellement forte, qu’on pouvait avoir l’impression qu’il régnait là. Est-ce que nous pensons que le monde dans lequel nous vivons est le pire qui puisse être ? Peut-être. La question en fait n’est pas aussi essentielle. Ce qui importe ici c’est l’exhortation du Seigneur. Cet encouragement est double.

D’une part, le silence du Seigneur sur ce fameux « trône de Satan » laisse entendre que l’Eglise ne devait pas d’abord s’inquiéter des attaques de Satan, mais regarder à la sainteté de sa vie… à sa fidélité. Ceci est renforcé, d’autre part, par le reproche du Seigneur. Celui-ci est adressé à l’Eglise elle-même. Avec humilité, elle doit prendre conscience qu’elle s’est acclimatée à sa culture. Elle a accepté, et même encouragé, ce qui ne devrait pas l’être. Ce qui est dénoncé, et pour lequel il doit y avoir confession, c’est de prendre l’Evangile pour prétexte à une liberté absolue. Je fais ce que je veux, car de toute façon Jésus m’aime. Oui… il nous accueille comme nous sommes, mais ne veux pas que nous restions comme nous sommes. Il désire que nous devenions comme lui !

Enfin, il y a la merveilleuse promesse finale, qui est probablement la plus belle de toutes celles adressées aux Eglises de l’Apocalypse : « Au vainqueur, je donnerai de la manne cachée et un caillou blanc ; sur ce caillou est écrit un nom nouveau que personne ne connaît, sinon celui qui le reçoit » (2.17). Christ nous donne un nom nouveau, qu’il choisit pour nous ! Voilà une récompense merveilleuse surtout si… ce nom était le sien, comme dans le chapitre 14.

Porter le nom de Christ, voilà un beau résumé de l’Evangile !

Prochain épisode : Thyatire

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : lettre à l’église de Smyrne

Une LETTRE très courte et très simple à comprendre….(Source image : public domain pictures)

Deuxième épisode de notre série de l’été« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse.

Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Smyrne, par Louis-Michel, que je remercie pour sa contribution.

Il était une fois l’histoire incroyable d’une LETTRE envoyée par l’apôtre Jean à l’ange de l’assemblée de Smyrne (aujourd’hui son nom est Izmir) … (Apocalypse Ch.2 v.8-11).

Jean écrit ici une LETTRE très courte et très simple à comprendre par les destinataires de l’église de Smyrne (en Asie mineure). Cette LETTRE n’est pas du tout la même que celle adressée à l’ange de l’église d’Éphèse. Elle s’adapte aux chrétiens concernés. Le Seigneur rappelle quelques réalités dans le vécu de Smyrne : Je connais tes oeuvres, ta détresse et ta pauvreté … pourtant tu es riche … et le « Fils de l’homme » précise la présence épouvantable de calomnies de ceux qui se disent juifs et ne le sont pas (v.9).

Ce groupe de personnes forment une synagogue de SatanAu verset 10, les chrétiens de Smyrne sont avertis d’une persécution imminente orchestrée par le diable ! En effet, la divinité de Smyrne était LE CULTE DE ROME à travers l’image de Tibère. Les habitants de Smyrne ont reçu l’autorisation de construire ce Temple en l’an 26 ap. JC. Toute la ville, dont le port était le plus important de l’Asie, brillait de mille feux grâce une architecture moderne et efficace, avec des bâtiments splendides, des symboles de la spiritualité liée au culte de l’Empereur …

L’archéologie et l’histoire nous aident à comprendre ce que devaient vivre les chrétiens de cette grande et glorieuse cité. Face à l’abondance de Smyrne, les chrétiens semblaient si fragiles et si pauvres, des gens sans défense dont on pouvait profiter sans risque …

Et la LETTRE d’ambassade du Seigneur remet tout en cause !

Qui passera par l’épreuve ? Les chrétiens, c’est vrai.

Qui sera fidèle jusqu’à donner sa vie ? Les chrétiens c’est encore vrai.

Qui recevra la couronne de vie ? Alléluia ! Les chrétiens !!! Rappelons-nous que seule la victoire permettait au vainqueur de parader devant l’Empereur de Rome avec une couronne au-dessus de sa tête …

Qui n’aura pas à souffrir la seconde mort (celle du Jugement dernier) ? Les chrétiens que Dieu aura conduit à travers cette épreuve satanique courte mais violente (v.10).

Oui, la LETTRE annonce une épreuve terrible, mais elle annonce aussi la fin glorieuse de ceux qui se sont attachés au Seigneur jusqu’au bout !

Smyrne était UNE BELLE ÉGLISE ÉVANGÉLIQUE qui vivait un évangile authentique et puissant. Grâce à l’encouragement du Seigneur, cette église a pu passer le temps de l’épreuve.

On pourrait nommer ce groupe de croyants, au fil des ans, les « serviteurs souffrants » pour reprendre une expression du prophète Esaïe. En effet, plus tard, l’un des plus célèbres disciples de Jean, Polycarpe, mourra à Smyrne comme un martyr, en 155 ap. JC …

Qu’apprenons-nous aujourd’hui ? Si le temps actuel est difficile, la fin sera glorieuse, pourvu que nous restions sans cesse dans la présence de notre Bien-aimé Sauveur : Jésus.

AMEN !

Prochain épisode, la semaine prochaine, par un nouveau contributeur : Pergame.

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : lettre à l’église d’Ephèse

« Il était une fois, l’histoire incroyable d’une lettre…. ! » (Source image : public domain pictures)

Premier épisode de notre série de l’été« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse.

Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise d’Ephèse, par Louis-Michel, que je remercie pour sa contribution.

Il était une fois l’histoire incroyable d’une LETTRE envoyée par l’apôtre Jean à l’ange de l’assemblée d’Éphèse … (Apocalypse Ch.1 v.11, 19 et ch.2 v.1a)

Cette LETTRE est écrite de la main de Jean lorsqu’il se trouve sur l’île de Patmos au travail forcé dans les mines de sel de l’Empire Romain, vers la fin du 1er siècle de l’ère chrétienne.

Jean reçoit l’ordre du « Fils de l’homme » d’écrire la LETTRE et de l’envoyer à un ange … N’est-ce pas là une chose étrange digne d’un conte ? Ce « Fils de l’homme » se présente comme tenant dans sa main droite 7 étoiles … ce sont les anges des 7 églises d’Asie mineure concernée par la LETTRE. Il dit marcher au milieu des sept chandeliers (image de l’église universelle) qui sont les 7 églises (Ch.1, v.20 et Ch.2, v.1b).

Cela signifie :

  • que si le « Fils de l’homme » est Jésus (on le nomme ainsi dans d’autres textes du N-T), alors cette LETTRE est inspirée par l’Esprit du Christ.
  • que Jésus est réellement présent dans Son église quelque soit le lieu concerné : Éphèse, Pergame, Philadelphie, etc.
  • que c’est une sorte de LETTRE d’ambassade (Jean apparait comme un ambassadeur) de la plus haute importance pour les destinataires, les croyants d’Éphèse.

Les destinataires de la LETTRE doivent comprendre que Jésus est présent. Il veut que Son église soit vraiment « évangélique », vivant de l’Évangile, cette bonne nouvelle du Christ qui libère l’homme de l’esclavage de la loi du péché. L’église locale d’Éphèse, si précieuse pour Jésus, a toujours besoin d’être renouvelée dans l’Esprit, surtout dans des temps difficiles pour les chrétiens, sans cesse confrontés à de terribles menaces !

Ah oui ! J’allais oublier l’ange : Soit il s’agit d’un « messager » ou bien d’un « vrai » ange. Mais cela est secondaire en rapport avec Christ. Les Éphésiens doivent prendre cette LETTRE comme une évaluation, non de leur salut déjà acquis, mais de leur sanctification, en vue d’un avenir merveilleux (Ch.2, v.7).

Alors, où en sont-ils ?

Le Seigneur établit un BILAN précis de la vie de l’église d’Éphèse. Il commence par mettre en valeur des qualités telles que le travail dans les oeuvres (de charité probablement), la persévérance, le refus de la méchanceté, l’exercice du discernement, la fidélité, et continue par un avertissement lié à l’oubli du premier amour. Oui, dans son amour, Dieu exerce une pédagogie de l’encouragement envers les chrétiens Éphésiens afin qu’ils puissent se nourrir du fruit de l’arbre de vie (image de la vie éternelle) dans le jardin de Dieu (image de Sa présence permanente).

Pour conclure : Quand Dieu semble nous réprimander, ne pensons pas qu’il agite l’image terrifiante de l’enfer pour nous effrayer ! Non, il désire préserver ce qui est de Lui en nous, et nous fortifier dans l’alliance qui nous unit à Lui depuis le début.

Soli Deo Gloria ! AMEN.

Prochain épisode, la semaine prochaine : Smyrne.

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettres aux églises de l’Apocalypse

Une série pour considérer ce que peut nous enseigner l’objet des encouragements et interpellations de Jésus-Christ aux « 7 églises de l’Apocalypse » ( Source : Pixabay)

Le saviez-vous ? Le mot « évangélique » est dérivé du mot grec pour « évangile ». Originalement, cela signifiait pour les chrétiens que l’Évangile est le cœur et l’essence même de ce qu’ils sont chargés de transmettre, de la part de leur Seigneur Jésus-Christ.
Alors que ce terme est devenu péjoratif et connoté, souvenons-nous que, dans le livre de l’Apocalypse (= « révélation »), Jésus n’a pas adressé ses sept lettres à sept sièges de gouvernement des capitales du monde. Il les a écrites et envoyées aux Églises. Prenons quelques instants pour réfléchir au sens et aux conséquences de cette nuance quant à notre mission, comme pour considérer ce que peut nous enseigner l’objet des encouragements et interpellations de Jésus-Christ aux « 7 églises de l’Apocalypse ».

Voici donc la nouvelle série de l’été de Pep’s café en 7 épisodes, intitulée « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal), à partir des lettres aux anges des 7 églises de l’Apocalypse : Ephèse, Smyrne, Pergame, Thyatire, Sardes, Philadelphie, Laodicée.

Plusieurs contributeurs, Louis-Michel, Mialy et Yannick, ont accepté de relever joyeusement le défi de traiter un ou plusieurs de ces épisodes hebdomadaires, à paraître du 06 juillet au 17 août, et s’efforceront notamment de souligner :
Ce que les destinataires de chaque « lettre aux églises » devaient comprendre
Ce que les églises d’aujourd’hui peuvent comprendre quant à ses défis et à ses engagements d’aujourd’hui
.

Qu’ils en soient remerciés !

Et en vous souhaitant toute la joie d’une lecture édifiante !

Premier épisode mercredi prochain, avec Ephèse.