« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

L’Evangile : pas un devoir, mais une bonne nouvelle à annoncer, qui exige une réponse immédiate !

Suite et fin de la lecture suivie du prophète Jonas, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. 

JONAS 3 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une deuxième fois : C’est en quelque sorte une seconde chance pour le prophète (v.1). E. Stegen raconte l’histoire d’un prédicateur qui avait à coeur de prêcher trois fois le même message lors d’une tournée. Mais il était accompagné par un pasteur qui ne connaissait pas le Réveil. Après un temps d’hésitation, l’homme de Dieu décida de donner ce message trois fois de suite. Sur la route du retour, le pasteur lui dit : Heureusement que tu as donné le même message trois fois car c’est au troisième que j’ai vraiment compris ce que Dieu voulait me dire !

–    « Lève-toi, va à Ninive et fais-y la proclamation que je t’ordonne » : Dieu ne se lasse pas de me répéter Sa pensée. Il insiste auprès de Jonas pour que Ninive reçoive le Salut. Et Jonas doit apprendre de son erreur, maintenant il doit faire exactement ce que Dieu veut (c’est un ordre !). Ma question : Est-ce que je désire apprendre à faire la volonté de mon Dieu ? (v.2).

JONAS 3 : 3-10

–    Jonas se leva et alla à Ninive, conformément à la parole de l’Éternel : On peut se dire que c’est un peu tard, mais le proverbe populaire dit « Mieux vaut tard que jamais ! » … Si je suis capable, après m’être détourné du Seigneur, de revenir à Lui et de me conformer à Sa Parole, alors je peux prétendre vivre selon le standard de ce prophète (v.3a).

–    Or Ninive était une immense ville : Le tour de la partie fortifiée de la ville faisait 12 km. Il fallait trois jours de marche pour faire le tour de la cité, ce qui fait un peu plus de 50 km à parcourir … (Archeo, BS21, Guide Biblique, Dictionnaire Culturel de la Bible …). McArthur parle de 100 km de circonférence !

–    Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche : Pour approcher le coeur de l’homme, Dieu utilise différentes méthodes. L’approche de Jonas est intéressante, il se fait voir par le peuple, il le voit, et proclame un message tout simple, mais très provocateur : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite » (v.4). C’est important de chercher la pensée de Dieu pour savoir comment approcher nos contemporains.

–    Les habitants de Ninive crurent à Dieu : Honnêtement, au premier regard, je me dis qu’il manque quelque chose au message de Jonas … Pourtant, il est conforme à l’ordre de Dieu. Moi, j’aurais prêché la personne de Dieu, Son plan d’amour pour les païens, la repentance … mais le prophète annonce un JUGEMENT IMMINENT. Dans notre époque, on parlerait d’un « fou », d’un « prophète de malheur » ou d’un « gouru évangélique » … Je dois PROCLAMER ce que Dieu veut. Jonas n’est pas dans la situation d’enseigner ceux qui appartiennent à Dieu (ce que font les docteurs de la loi, ou par moments d’autres prophètes). Mais les habitants de Ninive prennent la menace à coeur et mettent leur foi dans le Dieu de Jonas ! Je n’ai pas de mot en français pour exprimer cette merveille (v.5a). Ils manifestent leur repentance par les signes de deuil et d’humiliation qui se pratiquaient en Orient (v.5b).

–    Le roi apprit la nouvelle : Il peut être inquiet pour la religion de son royaume et même pour l’économie (le commerce des idoles est très important). Mais rien ne l’arrête, il va dans le sens du peuple, son coeur est saisi, il retire son manteau (signe de sa royauté) pour se soumettre à l’Éternel – (v.6) ; puis il proclame un jeûne total pour les humains et les animaux. Chacun est appelé à changer de conduite, espérant ainsi que Dieu reviendra sur Son jugement … En fait, Jonas a provoqué par quelques mots, et le Roi de Ninive a donné la suite. Il est ainsi devenu pasteur de son peuple. Jonas repartira certainement, alors le Roi s’occupe de cette affaire … (v.7-9).

–    Dieu vit : Oui, Dieu voit ! Il voit le péché (Jonas 1 : 2), et il voit la repentance. Dieu est vivant ! Le texte dit : « Dieu regretta le mal dont il les avait menacés ». Ainsi est mon Dieu, prêt à s’adapter aux élans de mon coeur. Combien il aime celui dont le coeur est brisé et l’esprit contrit (Psaume 51) ! Et l’Éternel renonce à Son jugement (v.10). C’est pour cela que je dois me conformer absolument à ce que Dieu me dit par Sa Parole, par l’Esprit Saint (Romains 8).

Jonas 4 : 1-11

–    Jonas le prit très mal : On touche ici au coeur du problème qui tourmente Jonas. Le prophète réagit à la grâce de Dieu négativement. Combien de fois, dans ma vie, n’ai-je pas réagi comme cela ? Dieu aurait quand même pu leur montrer la vraie valeur de leur iniquité … Et puis, ce serait la justice … etc.

–    … et fut irrité : L’irritation (ou la colère) vient souvent d’une opinion personnelle qui ne correspond pas à ce que Dieu fait ou laisse faire …

–    Il pria l’Éternel en disant … J’aime cet échange quasi permanent entre Dieu et Jonas. Même si le prophète est coriace, le dialogue n’est pas rompu. Dieu fait tout pour que Son plan s’accomplisse à travers Jonas. Dans son irritation, il prie, il dit à son Dieu ce qu’il pense, honnêtement et sans hypocrisie. Il est sûr de lui et de sa doctrine. Il pense même que Dieu se trompe, et le lui dit !!!

–    Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais … c’est ce que je voulais éviter en fuyant à Tarsis … Voilà l’explication de la fuite (v.2a). Le prophète pense réellement qu’il sait mieux que Dieu ce qu’il faut faire envers Ninive. Il est un peu « moralisateur » ! D’ailleurs, je vois bien que j’en suis aussi tout à fait capable !

–    En effet, je savais que tu es un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté : À la question « Qui est Dieu ? », on peut donner la définition de Jonas. Si Dieu n’est pas grâce , qui peut être sauvé ? (v.2b). Paul dit que là où le péché a abondé, la grâce surabonde … L’attitude du Seigneur envers les habitants de Ninive nous laisse beaucoup d’espoir pour notre génération. Jonas aurait du se réjouir, mais il déprime … et le Seigneur, avec beaucoup de tendresse, lui demande s’il fait bien de se fâcher (v.3-4), parce qu’il voudrait tant que son prophète se réjouisse aussi de la repentance de Ninive, objectif de sa mission (CB Emmaüs).

–    Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville … Pourquoi ne reste-t-il pas dans la ville, au milieu du peuple qui s’humilie ? Il préfère s’éloigner, se construire une cabane de fortune, pour observer la suite (v.5). Suis-je un chrétien « qui observe » ou un chrétien « qui participe » ? Lors de l’arrestation de Jésus, la Bible dit que « Pierre suivait de loin … » . Dommage !

–    L’Eternel Dieu fit pousser une plante … Dieu est Créateur dans Son éternité. Pourtant, il donne vie à un végétal pour protéger Jonas (à travers le vent chaud d’Arabie qu’on nomme Sirocco). Il semble que la cabane construite par le prophète ne le protégeait pas assez car il avait mal à la tête ! Ce cadeau de Dieu donne une grande joie à Jonas (v.6). Quand nous sommes dans la faveur de Dieu, nous ressentons si fort le bonheur. Mais quand nous « pédalons » dans les difficultés, nous pouvons alors murmurer si facilement … Le lendemain, un ver fait sécher la plante protectrice (v.7) et le soleil étourdit Jonas au point qu’il défaille (v.8a). N’en pouvant plus, le prophète réclame la mort, c’est la déprime, la colère (v.8b) …

–    Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Il répondit : « Je fais bien de m’irriter jusqu’à la mort » … De nouveau cette question pleine de tendresse. Dieu est patient, vraiment ! Ce ricin est un signe de Dieu. Le Seigneur parle souvent par les circonstances, et nous ne le comprenons pas. Le mécontentement aveugle le serviteur de Dieu (v.9).

–    Dieu dit : « Tu as pitié de la plante qui ne t’a coûté aucune peine … et moi, je n’aurai pas pitié de Ninive ? » : L’homme est tellement égocentrique, souffrant de ses maux, tournant autour de ses problèmes, sans jamais se poser la question si les autres ne souffrent pas davantage !!! Au fond, Jonas a-t-il pitié du ricin ? Il a pitié de lui-même, ça c’est sûr !… Cette parole de Dieu nous rappelle que son coeur est compatissant. La grande ville est composée de 120 000 humains dans l’aveuglement, et beaucoup d’animaux (Pour McArthur, il s’agit de 120 000 enfants car l’expression « leur droite de leur gauche » concerne traditionnellement les enfants). Oui, Dieu veut leur faire du bien. Evidemment, nous n’avons pas la fin de l’affaire. Qu’est devenu Jonas ? Le plus important est pour moi : Ce que je deviens après ma lecture !

 

En effet, je termine l’histoire de Jonas, le prophète récalcitrant, et je m’y retrouve ! Maintenant, je me pose les questions suivantes :

1)    Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ?

2)    Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ?

3)    Est-ce que je suis capable de m’humilier lorsque je suis en échec ?

4)    Est-ce que j’ai le courage de repartir à zéro pour accomplir le plan de Dieu ?

5)    Est-ce que je suis prêt à faire ce que Dieu veut même si je ne comprends pas ?

6)    Est-ce que j’ai la liberté d’ouvrir mon coeur à Dieu comme Jonas l’a fait ?

7)    Est-ce que je suis prêt à annoncer le message de Dieu, selon la forme et le contenu qu’Il a choisi pour les personnes concernées ?

8)    Est-ce que j’accepte de ne pas comprendre, d’obéir quand même, avec patience, sans irritation ?

9)    Est-ce que je suis un acteur de l’Évangile ou un observateur (prêt à critiquer) ?

10) Enfin, est-ce que je désire vraiment le salut des âmes (même lorsque j’estime qu’elles n’en sont pas dignes !) ?

 

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Mission (im)possible pour Jonas : lecture suivie (1)

« La colombe n’est pas le symbole de la paix, mais le signe de la présence de Dieu Esprit Saint ». Première de couverture de « Noyau d’olive », d’Erri de Luca

« Il devait y avoir quelque chose de spécial dans le timbre de voix de Iona pour que Dieu aille le choisir lui précisément, le plus récalcitrant, le plus rebelle de tous les prophètes de l’Histoire sainte. » Erri de Luca. Quatre pas avec Iona/ Jonas IN Noyau d’olive. Gallimard, 2012 (Folio), pp 97-98.

Le message de ce prophète est le plus court de toute la section des « Prophètes », dans l’Ancien Testament, puisqu’il se résume à un demi-verset. L’essentiel de son message est donc ailleurs, plus particulièrement dans sa personne et son comportement. 

Voici une LECTURE SUIVIE DU LIVRE DU PROPHÈTE JONAS (2018), proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. Qu’il en soit remercié !

Base de l’étude : Thompson 21 / BS 21 (archéologie) / Bible McArthur / La Bible en BD (LLB) / Le Christ dans toutes les Écritures (Hodgkin) / Bible du Semeur / L’Ancien Testament Bridel 1872 / Les prophètes de l’A-T (P. de Benoit) / Jonah and Micah (J. Vernon McGee) / Old Testament Survey (P. Hammond) / Introduction à l’AT (G.L Archer) / Commentaire Biblique d’Emmaüs (CB) …

 

Première Remarque : La BS 21 propose une lecture à deux entrées, l’une qui serait historique, l’autre fictive (une légende avec une leçon spirituelle). Comme McGee et P. Hammond, je n’arrive pas à lire ce récit comme étant fictif … Ce texte annonce clairement, par avance, le rôle rédempteur de Jésus-Christ (ch.2), il se situe dans un contexte historique précis qui est la décadence de l’Empire dont Ninive était le flambeau. Même l’histoire du « grand poisson » est plausible, selon BS21 et d’autres spécialistes … Aucun doute chez GL Archer, H. Blocher, J-M Nicole, etc.

Seconde remarque : Le Livre de Jonas est de la plus haute importance puisqu’il a été mentionné par Jésus lui-même lorsque les religieux lui demandaient un signe. Jésus explique que CE SIGNE DE JONAS annonçait la mort et la résurrection du Messie (Matthieu 12 : 38-42). Il précise même que le SIGNE du « Fils de l’homme » pour cette génération était semblable à celui de Jonas pour sa génération (Luc 11 : 30) – (Y. I-Bing Cheng, entretienschrétiens.com).

Troisième remarque : Qu’est-ce qu’un SIGNE ? C’est la chose qui permet de comprendre le contenu d’un message. Quand nous voyons le signe « L’Eléphant Bleu », nous savons tous qu’il s’agit d’une station de lavage de voitures. Quand nous considérons Jonas, nous savons tous qu’il s’agit de la mort de Jésus et de sa résurrection.

JONAS 1 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï : On date ce récit dans la première moitié du 8ème siècle avant J-C (793-753 av.J-C). Le nom de Jonas signifie colombe(1). Celui de son père signifie fidèle. La colombe n’est pas le symbole de la paix(2), mais elle est le signe de la présence de Dieu Esprit Saint. Nous avons ici un père fidèle qui a engendré un fils vivant de l’Esprit de Dieu. N’est-ce pas une belle image de la transmission divine entre le Père céleste et Jésus le Fils, et entre les aînés et la jeune génération ? Dieu parle à Jonas car il a une mission à lui donner. Cette mission, on le verra, sera une bénédiction pour Ninive et pour Jonas lui-même.

–    Lève-toi, va à Ninive … : Ninive a été la capitale de l’Empire assyrien dans les années 700 av. J-C, basée sur la rive est du Tigre à plus de 400 km de Babylone. Nahum l’a qualifiée de « ville sanguinaire » (3:1). Dans la ville, il y avait deux tertres  dont un nommé « Prophète Jonas » (un tertre est un mémorial). La découverte du palais de Sanchérib a révélé la grandeur et le luxe de Ninive. C’est pour cela que Dieu la nomme « grande ville » (découverte de H. Layard en 1845). Pour parler à cette extraordinaire cité, le Seigneur a choisi Jonas. Il lui demande de SE LEVER pour se rendre à Ninive. Jonas devait être « assis », dans une position de stabilité, de confort, de routine. Tout allait bien. Sa vision concernait son peuple. D’un seul coup, l’Eternel lui demande l’impossible … aller chez les païens, les ennemis … (v.2a).

–    … la grande ville, et crie contre elle, car sa méchanceté est montée jusqu’à moi » : L’auteur du récit (on ne le connait pas) révèle tout d’abord la méthode voulue par Dieu pour toucher le coeur des habitants de « la grande ville » : Jonas devra CRIER. Ensuite, on découvre le contenu qui sera de DÉNONCER LA MÉCHANCETÉ de Ninive. Lorsqu’on sert le Seigneur, il est important de comprendre ce qu’il attend de nous, dans la forme comme dans le contenu. L’expression « montée à moi » signifie que Dieu a vu, entendu, senti, et ressenti ce qu’il se passait à cet endroit parmi ses habitants. Dieu n’ignore rien de nos vies ! (v.2b).

JONAS 1 : 3-16

–    Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis loin de la présence de l’Eternel : Il prend le bateau à Jaffa (nom signifiant « beauté », vers l’ouest, donc dans le sens opposé de Ninive). On ne sait pas de quelle Tarsis le livre de Jonas fait mention : Tarsis en Espagne (ce qui justifie le mot « loin », Tarsis en Sardaigne (selon un écrit phénicien), Tarsis au nord de l’Afrique (selon la version latine ce serait Carthage ou dans sa proximité), Tarsis en Anatolie (l’actuelle Turquie) ou tout simplement « en haute mer » (selon Saint Jérôme, père de l’Église). En fait, le lieu a peu d’importance, c’est le fait de s’enfuir loin de Dieu qui met Jonas en danger. Lorsque nous sortons de la présence de Dieu, nous prenons de gros risques ! (v.3).

–    L’Eternel fit souffler sur la mer un vent impétueux : Ce vent se transforme en « grande tempête », le bateau part à la dérive et risque de « faire naufrage ». C’est Dieu qui dirige le vent. Il en est le créateur et l’utilise pour que sa volonté soit faite. Jonas pense fuir Dieu, mais Dieu le poursuit jusque sur la mer Méditerranée ! (v.4).

–    Les marins eurent peur ; ils implorèrent chacun leur Dieu : C’est intéressant de voir comment ces marins sont terrorisés par la tempête. Comme ils sont religieux, ils prient. Aujourd’hui, des païens, des moqueurs, des blasphémateurs se mettent à prier Dieu quand les choses tournent mal … le coeur de l’homme est étonnant ! Les marins allègent leur navire pour essayer de le maintenir à flots. Pendant ce temps, Jonas « dormait profondément » au fond du bateau. Le capitaine le lui reproche car il veut que Jonas prie aussi son Dieu … qui sait ? L’homme en danger est prêt à essayer n’importe quelle religion ou superstition pour sauver sa propre vie ! (v.5-6).

–    Puis ils se dirent l’un à l’autre : « Venez, tirons au sort … » : Le sort tomba sur Jonas ! Incroyable ! Dieu répond à la détresse des marins au sein de leur idolâtrie.

–    Alors, ils lui dirent : « Dis-nous qui nous attire ce malheur » : On a du mal à imaginer ce dialogue au milieu d’une tempête, mais il est crucial pour les marins, ils jouent leur vie ! Le dialogue peut faire ressortir des choses intéressantes et peut permettre une guérison morale ou sociale. Le capitaine demande des comptes à Jonas sur son identité … (v.7-8).

–    Il leur répondit … La réponse de Jonas est à peine croyable. Il est hébreu. Et il déclare « craindre l’Éternel ». En passant, il désigne son Dieu comme étant le Créateur, donc au-dessus des dieux des marins. Cette expression CRAINDRE signifiait qu’il rendait un culte à une divinité. Un repère social à cette époque (v.9). Puis, il leur explique qu’il est en train de fuir son Dieu … Ce que ses interlocuteurs ne comprennent pas. On ne défie pas une divinité … La peur saisit leur âme (v.10).

–    Ils lui dirent : « Que te ferons-nous ? » … L’idée est d’éloigner la tempête et la mort, le jugement de ce Dieu de Jonas. Ils lui posent la question car Jonas s’est désigné lui-même coupable. La mer est en furie, il faut trouver une solution ! D’ailleurs, le prophète en propose une : de le jeter à la mer. Il est conscient de sa faute et accepte la mort comme châtiment (v.11-12).

–    Ces hommes ramèrent pour gagner la terre ferme, mais ils ne purent pas y arriver : La mer est puissante lorsqu’elle est déchainée ! Les voiles ? Plus rien ! Les rames ? Comment quelques marins peuvent triompher d’une tempête meurtrière ? Impossible ! Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe : l’équipage se met à prier le Dieu de Jonas ! Chacun le reconnait comme souverain (v.13-14).

–    Puis ils prirent Jonas et le jetèrent dans la mer : Lorsque Jonas a reconnu sa faute, les marins auraient pu le jeter hors du navire, mais ils ont pardonné la faute. Seulement, là, ça ne suffisait pas. C’est pourquoi ils appliquent la parole de Jonas.Ils le condamnent à mort … Mais cela les chargeait terriblement. Dès que la mer est calmée, ils offrent un sacrifice, non pas à leurs dieux, mais à l’Éternel (v.15-16). Je me dis que Dieu est bon, il utilise la désobéissance de son prophète pour amener ces hommes à une rencontre avec Lui ! Le comble de Son amour ! Bien sûr, il n’est pas question de se laisser aller à faire n’importe quoi dans notre société, en pensant que Dieu va l’utiliser pour sauver les gens dans notre entourage !!! Il y a une autre leçon à apprendre pour Jonas et pour nous. En effet, le prophète rencontre des non-juifs, et à travers la tempête, Dieu l’humilie face à eux. Il se croit plus grand qu’eux, et cela ne peut pas être. On retrouvera cet état de coeur un peu plus tard lorsque Jonas reprochera à Dieu sa compassion à l’égard des Ninivites.

JONAS 2 : 1-11

–    L’Éternel fit venir un grand poisson … La Bible Archéo dit qu’il s’agit, non d’une baleine (qui n’avale que des petits animaux marins), mais d’une GRANDE CRÉATURE MARINE. Le débat au sujet du poisson est bien animé par Satan qui voudrait bien nous faire oublier que c’est Dieu qui commande aux éléments naturels, et qui oriente les animaux selon Sa volonté. Il ne faut jamais oublier que les animaux, les végétaux, et les humains sont au service de Dieu.

–    … pour avaler Jonas : Donc Jonas est resté entier, protégé de la noyade dans le « ventre » du poisson (Le texte ne parle pas de l’estomac – Le mot « ventre » est un terme employé au sens général).

–    Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson : Selon McArthur, il faut compter trois jours. C’est la culture hébraïque. Il s’agit d’un laps de temps d’environ trois jours. La connaissance de cette tradition permet d’effacer toutes les interprétations concernant les fameux trois jours entre la mort et la résurrection de Jésus. En tout cas, pour Jonas, ce fut certainement un temps bien difficile à vivre, un profond désespoir ! (v.1).

–    Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel son Dieu : Que fait-on quand tout va bien ? On oublie le Seigneur ! Et quand tout va mal ? On le prie ! Que nous sommes méchants !!! Mais ce qui est beau ici, c’est que Dieu a entendu Jonas. Il l’avait conduit dans le ventre de ce poisson, attendant un élan de son coeur d’homme perdu, une repentance … (v.2).

–    Dans ma détresse, j’ai fait appel à l’Éternel, et il m’a répondu … On a l’impression de lire l’histoire de la relation entre Israël et son Dieu. Déjà, le prophète récalcitrant reconnait qu’il est en situation de détresse. Ensuite, il demande le secours à Dieu. Enfin, Dieu répond (pas seulement des mots, mais des actes !). Avec ce début de prière nous avons un texte digne du Livre des Psaumes.

–    Du milieu du séjour des morts … Cette expression est à rapprocher des mots « Dans ma détresse ». En fait, Jonas fait face à la mort, elle est imminente.

–    Tu as entendu ma voix : Répétition de « Il m’a répondu ». La première partie de ce verset fait partie du récit, la seconde est la prière à Dieu (v.3).

–    Tu m’as jeté dans l’abîme, dans les profondeurs de la mer, et les courants m’ont environné ; toutes tes vagues et tes flots sont passés sur moi : Jonas reconnait la main de Dieu dans le jugement à son encontre (v.4).

–    Je disais : « Je suis chassé loin de ton regard, mais je verrai encore ton Saint Temple » : Jonas se voit perdu, mais l’espérance de Dieu est toujours dans son coeur. Paul déclare que l’amour, la foi et l’espérance demeureront (1 Cor. 13) … Je crois qu’il y avait ces trois choses dans le coeur de Jonas, au-delà de son péché (v.5).

–    L’eau m’a couvert … Jonas décrit la terreur que représentaient l’élément marin dans lequel il s’enfonçait, vers la mort … (v.6-7).

–    Quand mon âme était abattue en moi … « Ô mon âme, pourquoi es-tu abattue en dedans de moi ? ». On reconnait l’Esprit des psaumes. N’avons-nous jamais vécu cette détresse de l’âme ? C’est ce ressenti profond qui pousse Jonas vers Dieu. C’est pourquoi, si nous sommes dans la dépression, ou dans le découragement, nous avons une grâce, nous sommes prêts à chercher l’Éternel ! (v.8).

–    Ceux qui s’attachent à des idoles sans consistance : Il dit cela pour montrer la consistance de Dieu. En même temps, l’idolâtre peut comprendre son péché l’éloigne de Dieu (v.9).

–    Quant à moi, je t’offrirai des sacrifices : Dans sa détresse, Jonas pense à ce qu’il donnera à Dieu lorsqu’il sera libéré. Ces sacrifices seront remplis de reconnaissance … Il faudra se rappeler de cet engagement quand nous lirons le dernier chapitre du Livre (v.10). La prière est courte mais puissante, violente, remplie d’espoir !

–    L’Éternel parla au poisson : Dieu continue à diriger sa créature au bénéfice de son prophète. Le poisson vomit Jonas sur un rivage de la mer. On peut imaginer dans quel pitoyable état devait se trouver Jonas, mais sauvé (v.11) ! En effet, avec lui, nous pouvons proclamer « Le salut vient de l’Éternel » (v.10b) !

A suivre vendredi….

 

Notes : 

(1) [Jonas = Iona, en hébreu]. C’est la même Iona qui a été envoyée par Noé depuis l’arche après le déluge, mais aussi le participe présent du verbe iana, opprimer.

(2) La colombe tenant un rameau d’olivier a été rendue célèbre en tant que symbole de la paix au XXe siècle à travers « la Colombe de la paix », dessinée par Picasso en 1949, à la demande du Parti Communiste dont il était membre. En même temps, l’Union soviétique préparait son premier essai nucléaire le 29 août 1949… Et puisque l’on parle de symbole, les LGBT, quant à eux, ont repris l’arc-en-ciel qui représente l’alliance avec Dieu.

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » : Focus sur une mauvaise interprétation d’un texte que l’on croit bien mal interprété…

Gaston Lagaffe par Franquin : « le gag » des « crêpes foireuses » !

L’article qui suit commence pourtant bien. Mais la suite prend des allures de gag.

Michael Patton, dans cet article publié sur son blog, Credo House, le 8 octobre 2012. et traduit en français par Elodie Meribault pour Le Bon Combat, estime que le fameux verset “Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.”
(Matthieu 18.20) est généralement mal interprété. De quoi le rendre « hara » ! (de l’hébreu «courroucé», «furieux»)

Nous invitant à regarder « ce verset de plus près », l’auteur nous fait la démonstration suivante :

« Mais quelle est la signification de ce verset ? Cela veut-t-il dire que Christ est davantage enclin à répondre à nos prières si nous prions en commun ? Cela signifie-t-il que Christ est physiquement présent au milieu de notre réunion de prière, comme… un fantôme, une entité flottante ? Après tout, peut-être est-il est là, et il nous tient la main. Et puis, qu’est-ce que cela veut dire, de toute façon ? Comment cela, deux ou trois ? L’idée véhiculée est la suivante : il faut nécessairement plus d’une seule personne pour invoquer cette présence à la fois réelle et mystique de Christ. De cette idée, certains en ont même fait un sacrement. Et pourtant, ce n’est pas ce que signifie ce verset. Et, dans un certain sens, cela m’irrite un peu, car cela peut nous induire en erreur sur la puissance de Dieu et sur notre vie de prière.

Matthieu 18:20, comme chaque passage des Écritures, s’inscrit dans un contexte. Et lorsque nous analysons ce contexte, nous découvrons que la péricope (la plus petite unité de pensée) dans laquelle s’inscrit ce verset commence au verset 15 : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t‘écoute, tu as gagné ton frère » (Matthieu 18:15).

« Au final », conclue-t-il, « ce passage fait tout simplement référence à la discipline d’Église et la validation d’un processus par Christ. Il n’a donc rien à voir avec une présence mystique de Christ au moment d’une réunion de prière (…). Cette prière mal interprétée pourrait bien ressembler à une formule d’incantation dénuée de tout pouvoir, à une manœuvre manipulatrice d’un système polythéiste qui dépend en permanence de la présence physique de ses dieux pour que les bénédictions arrivent. Nous ne sommes pas limités par ces choses. Notre Dieu est tellement plus grand. Alors réfléchissons à deux fois avant de prier de la sorte ».

Une fois n’est pas coutume, les commentaires qui ont suivi cette analyse sont bien plus intéressants que l’analyse elle-même.

Car, comme le relèvent finement les internautes, l’exposé a beau paraître magistral, il présente l’écueil majeur suivant : « Prétendre regarder le verset de près et ne pas même citer celui qui précède ! » C’est là se planter… magistralement ! Car lequel verset dit justement : « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux »(v19).

Et l’un des internautes de souligner que « l’enfant le moins déluré voit immédiatement que la discipline de l’Église est ici un sujet complètement étranger à la pensée que Jésus veut communiquer à ses disciples. L’auteur, qui ne manque de nous informer de sa grande familiarité avec le mot hébreu hara, le complète malheureusement pour lui par le japonais kiri, sur le plan intellectuel ».

Un message de vérité pour Laodicée, une église (auto)suffisante mais « imbuvable »

« Imbuvables », ces Laodicéens ! Comme leur eau…

« A l’ange de l’Eglise qui est à Laodicée, écris : Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu : Je sais tes œuvres : tu n’es ni froid ni bouillant. Que n’es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche.

Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir, et des vêtements blancs pour te couvrir et que ne paraisse pas la honte de ta nudité, et un collyre pour oindre tes yeux et recouvrer la vue.
Moi, tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi !
Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi.
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai remporté la victoire et suis allé siéger avec mon Père sur son trône.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ». (Apoc.3v14-22)

« Je sais qui je suis », chantons-nous parfois, sans doute reconnaissants de notre identité en Christ.

« Je suis qui je suis », dit Don Quichotte, « le chevalier à la triste figure », dans le roman espagnol éponyme du XVIIe siècle. « Je sais qui je suis, et sais que je peux être non seulement que j’ai dits, mais aussi tous les douze pairs de France et tous les neuf preux de la Renommée (1) : car mes hauts faits et gestes surpasseront ceux qu’ils ont jamais faits tous ensemble et un chacun d’eux à part soi ! »(2). Mais ce monomaniaque opiniâtre, victime d’une imagination déréglée, ne veut d’autre code, pour déchiffrer le monde, que celui qu’il a trouvé dans ses romans de chevalerie dont il fait sa nourriture quotidienne.

Identité en Christ ou en crise ?

Nous pouvons avoir une certaine opinion de nous-mêmes, mais l’important est davantage le point de vue de Jésus (celui dont nous portons le Nom) sur nous-mêmes et notre état spirituel.

Ainsi, les dernières paroles de Jésus-Christ à son Église, représentée par 7 églises locales d’Asie mineure au Ier siècle, dans cette section de l’Apocalypse de Jean appelée « lettres aux anges des 7 églises » (Apoc.1v9-3v22), sont particulièrement édifiantes à cet égard. Rappelons que l' »Eglise » (du grec ‘‘ekklesia » : “hors de” et “appelé”) désigne, non pas un bâtiment, mais plutôt ceux qui sont appelés par Jésus-Christ pour être assemblés en Son Nom.

L’une de ces 7 églises nous intéresse particulièrement aujourd’hui : il s’agit de celle de Laodicée. Et ce qui nous intéresse aussi est la manière dont Jésus-Christ se présente à cette église, pour lui délivrer son message personnel.

Laodicée est une église. Une église qui s’estime auto-suffisante, n’ayant besoin de personne : « je suis riche, je me suis enrichi [j’ai fait de bonnes affaires], je n’ai besoin de rien », affirme-t-elle en effet en Apoc.3v17. Riche et opulente, elle revendique sa réussite et ses capacités à surmonter seule ses plus grandes difficultés ou « challenges », dirions-nous aujourd’hui.

Effectivement, comme nous l’apprennent les commentaires et les notes de nos Bibles d’étude, Laodicée, située à l’époque au sud de la Turquie, près de la mer, est une ville nouvelle, qui ne manque pas d’atouts et de ressources, lesquels sont considérables(3). Laodicée, l’église qui s’associe à la réussite de la ville, se croit donc auto-suffisante alors qu’elle n’est en réalité que « suffisante » (orgueilleuse), suffisance masquant avec peine son véritable état spirituel démasqué par Jésus.

Le Seigneur Jésus-Christ ressuscité et glorifié lui transmet un message de vérité sur la réalité de son état spirituel : « tiède » (même pas « froid » ou « bouillant »), « à vomir », et Lui-même, Jésus-Christ, à la porte !

Il se présente à elle comme « l’Amen, le témoin fidèle et véritable et le commencement de la création de Dieu ». Pourquoi ? Il s’agit de titres se référant à l’Eternel (YHWH) dans l’Ancien Testament, et autant de rappels à retourner aux fondamentaux.

Jésus est « l’Amen » : C’est une allusion à un titre de l’Eternel (YHWH) qui se trouve dans Esaïe 65v16, le Dieu d’Amen [vérité] », dont la parole est certaine. Le terme « Amen » met généralement en évidence la fidélité ou la fiabilité. Parce que les chrétiens de Laodicée, éloignés de la source de la vérité, ont besoin d’ouvrir les yeux sur leurs illusions et d’être ramenés à Celui qui est « la vérité ».

Il est “le témoin fidèle et véritable”, jusqu’à la mort de la croix, de ce qu’Il a personnellement vu/entendu/connu, garant d’un message de vérité à une époque où l’on se plait aux illusions et aux mensonges. Et ce, pour rappeler que le centre du témoignage n’est pas nous-mêmes, nos réussites, nos compétences, nos atouts, mais Jésus Lui-même, « le Dieu véritable ».

Il est enfin « le commencement de la création de Dieu » (cf Gen. 1v1 et Jean 1v1-3), c’est-à-dire le principe, la source, l’origine de la création de Dieu. Jésus est « le commencement », « le premier né de toute la création cf Colossiens 1v15, c’est-à-dire Celui qui est au-dessus de toute la création et a toute autorité sur elle, Celui qui occupe une place prééminente et qui, seul, reçoit toute la gloire et toute l’adoration. Un rappel important surtout quand Laodicée pense s’auto-édifier, en recherchant la gloire et les louanges pour elle seule (pour sa position, sa renommée et ses innombrables richesses matérielles et intellectuelles), sans l’aide de Jésus, lequel reste à la porte ! (cf aussi Jer.9v22-23 : « que le fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi le Seigneur… »)

Jésus reproche à l’église de Laodicée de n’être « ni froid ni bouillant ». Certains commentateurs y voient une allusion à la qualité des eaux de Laodicée et de ses deux voisines, Hiérapolis et Colosses, par ailleurs révélatrices des témoignages/ministères de ces églises : ainsi, si Laodicée avait été « bouillante », comme les eaux de Hiérapolis, elle aurait pu soigner au Nom de Jésus. Si elle avait été « froide », comme les eaux de Colosses, son autre voisine, son témoignage serait « pur » et « potable », « source de vie ». Mais les eaux de Laodicée sont tièdes et nauséeuses.

Les chrétiens de Laodicée sont donc comparés à l’eau de leur ville : « tièdes », « imbuvables », « à gerber », que le Seigneur Jésus lui-même « vomit de sa bouche » (3v16), et donc « impropres » pour le témoignage et le ministère (le salut n’est pas ici remis en question).

Ce constat, ces reproches et ce verdict implacable (rien à sauver ?) nous paraissent choquants, d’autant plus que Christ s’adresse à une église. Mais tout ce que dit Jésus à son sujet est vrai. Toutefois, Jésus n’abandonne pas Laodicée à son triste sort. Ses propos sans concessions ont pour but de la réveiller et de la ramener « dans le monde réel » : « En fait », lui dit Jésus, « tu ne sais pas combien tu es malheureux et misérable ! Tu es pauvre, nu et aveugle » (v17).  C’est pourquoi Il lui recommande « d’acheter chez lui ». « D’acheter », certes « sans argent, ni or » (Es.55v1, 1 Pie.1v18-19), mais « d’acheter » quand même, parce que la grâce a un coût : pour Jésus, qui s’est donné lui-même pour nous à la croix et pour nous, parce que la grâce exige d’abord notre repentance, puis le renoncement à nos illusions et à nos prétentions à la toute-puissance ; et enfin notre obéissance.

« Acheter » quoi ? Paradoxalement pour cette église, « de l’or purifié au feu [une foi éprouvée, séparée de l’idolâtrie, du compromis cf 1 Pie.1v7], pour devenir réellement riche », « des vêtements blancs pour s’en couvrir et n’avoir plus la honte de paraître nu, d’acheter de lui des vêtements blancs”[symboles de pardon et de pureté], afin “que la honte de sa nudité [Dans l’AT, un signe de défaite, de jugement et de pauvreté] ne paraisse pas, ainsi qu’un remède pour soigner ses yeux et lui rendre la vue » (v18), afin d’acquérir un discernement spirituel sur sa propre situation et comprendre « ce qui est bon, agréable et parfait » selon Dieu (Rom.12v2)

Non seulement Jésus « ne la laisse pas tomber », mais mieux encore Il la « reprend », dans le sens de l’exposer pour la guérir et la corriger, et Il « châtie tous ceux qu’il aime » (v19). C’est une bonne nouvelle, car être châtié par Dieu le Père est un signe que nous sommes bien ses enfants et que nous faisons bien partie de sa famille (cf Héb.12v6).

Ensuite, Jésus lui recommande d’avoir « du zèle », après être revenu aux racines du problème et au fondement de sa vraie richesse. Etre « zélé » est le propre du disciple de Jésus-Christ, qui est aussi, à l’image de son Seigneur, un témoin aimant, véritable et fidèle, passionné (= « souffrant » pour la cause de Christ cf 2 Tim.1v8, 2v3, Hébr.12v2-3), ardent, « bouillant » pour Lui.

L’on pourrait alors craindre l’extrémisme du zélé. Mais le zèle sera bien orienté sur le bon objet si ce zèle s’exerce dans l’amour et la compassion, le respect de l’autre, la recherche de la paix, de la justice, et du pardon. Être zélé pour Dieu que l’on aime est un style de vie, qui se traduit par l’amour et le service du prochain/des frères.

 Jésus invite Laodicée à la repentance, une constance tout au long de ces sept lettres aux églises d’Asie mineure. La repentance est la clé de la vie chrétienne et aussi un style de vie sain. Car être continuellement dans une attitude de repentance nous fait changer de point de vue et de direction de sorte que nous serons alignés sur Christ pour marcher avec Lui et à sa suite.

La repentance n’est donc ni seulement une action initiale, ni exclusivement pour les non-chrétiens. Elle est le signe que nous sommes bien « réveillés », « ranimés » (passés de la mort à la vie) et en bonne santé spirituelle.

Une chose importante dont Laodicée doit certainement se repentir est de s’être cru « riche » et « auto-suffisante », alors que Celui qui devrait être son tout, son fondement, reste à la porte ! Et personne, dans cette église, ne semble s’en être rendu compte !

Jésus déclare en effet « se tenir (et continuer à se tenir) à la porte », continuant de « frapper » (v20). Certes, l’église de Laodicée n’a reçu aucun éloge, contrairement aux autres, mais elle reçoit une invitation chaleureuse de la part de Christ. Cette invitation, actuelle, n’est pas une invitation à devenir Chrétien, contrairement à ce que l’on pense souvent, puisqu’elle est adressée aux membres de l’église, de sorte qu’ils reviennent à la communion vitale avec Christ.

Une promesse certaine y est associée à la condition suivante, que « si quelqu’un entend sa voix et ouvre la porte », c’est-à-dire s’il se repent, s’ouvre à la présence et à la seigneurie de Christ dans sa vie. Jésus frappe encore aujourd’hui et il attend notre réponse pour vivre une relation placée sous les signes de l’alliance, de l’amour et de la communion.

Jésus promet alors d’entrer chez celui qui lui ouvrira et ils souperont ensemble.

Il le fera « asseoir avec lui sur son trône » (v21), dans un esprit de communion et d’inclusion, « comme lui a vaincu et s’est assis avec son Père sur son trône ».

« Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, il nous reniera aussi ; Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle ; il ne peut se renier lui-même ». (2 Tim.2v1-14)

 

Notes : 

(1) « Les Neuf de la Renommée » (los Nueve de la Fama) sont trois Hébreux (Josué, David et Judas Macchabee) ; trois gentils (Hector, Alexandre et César) ; et trois chrétiens (Artus, Charlemagne et Godefroy de Bouillon).

(2) Miguel de Cervantès. L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche I. Gallimard, 2004, Folio classique, p97

(3) Construite en 250 avant J.C, elle porte le nom de l’épouse de son fondateur, le roi séleucide Antiochos II, qui est un mot composé de deux mots grecs « laos » ( « peuple ») et « diké », (qui signifie à la fois le droit, la justice ou la vengeance). C’est l’une des trois villes situées dans la vallée du Fleuve Lycos (les autres villes étaient Colosse et Hiérapolis, dans lesquelles avaient été également fondé des églises). Sa position est privilégiée,  sur un site naturellement protégé et une route commerciale majeure reliant l’est et l’ouest. Sa région fertile est particulièrement adaptée à un élevage de moutons noirs, célèbre dans le monde entier. Il en résulte une production massive d’un tissu noir appelé “Trimeta.” Elle est aussi célèbre pour son centre médical ophtalmologique et son fameux collyre est exporté dans tout l’empire romain. Elle est enfin connue comme un grand centre bancaire. Ses ressources lui permettent même de reconstruire la ville, détruite par un terrible tremblement de terre en l’an 60 après J.C, sans l’aide du gouvernement romain.

Sources :  « Nouveau dictionnaire biblique Emmaüs », édition 1992 (Article « Laodicée) ; notes de la Bible d’étude « Semeur » 2000 ; commentaire de l’Apocalypse par le Dr Bob Utley.

« Le changement, c’est maintenant ! »….dit la Bible

"Le changement" ? " Yes, we can", dit la Bible ! Et "c'est maintenant !"

« Le changement » ?  » Yes, we can », dit la Bible ! Et « c’est maintenant ! »

Est-il possible de changer ?

Vaste question ! Mais la Bible répond sans hésiter : « oui ». « Yes, we can », en Jésus-Christ. « Le changement, c’est (même) maintenant » !

Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui a changé pour vous, qui êtes peut-être chrétien et connaissez le Christ comme votre Sauveur et Seigneur personnel ?

En quoi Dieu nous transforme-t-il ? Qu’est-ce que « devenir chrétien » ?

Le changement s’opère-t-il au niveau de nos pensées ? Pour « penser juste » ?

Est-ce au niveau de nos émotions ? Pour « ressentir juste » ?

Est-ce au niveau de nos actions, de notre éthique ? Pour « agir juste » ?

Aucun des trois !

La réponse, dans cette prédication d’Olivier Keshavjee, « animateur paroissial » suisse, sur Ephésiens 4v17-24 : « vivre une vie nouvelle ».

Bonne écoute et bon week-end !

Relisons ensemble l’épître « aux Ephésiens »

Depuis quelques temps, il me semble que tout semble converger-ou inciter-à (re)lire et (re)découvrir l’épître de Paul dite « aux Ephésiens ».

Ce constat vient notamment 1)de préoccupations personnelles récurrentes relatives à la façon dont nous sommes censés vivre en tant qu' »expression locale du corps de Christ »(soit la vie de l’église locale) ; 2)de la relecture(répétée et encore récente) d’articles* relatives à cette lettre, ainsi que 3)du choix de mon pasteur d’étudier « Ephésiens » pendant toute l’année lors des cultes du dimanche. Ce n’est sans doute pas « un hasard ». Ou alors « un hasard avec un grand D ».

Que nous enseigne cette épître ?

Déjà, il s’agit d’une des lettres dites « de la captivité de Paul »(avec Philippiens, Philémon et Colossiens). Ensuite, une remarque, concernant l’intitulé et l’adresse de cette épître particulière impersonnelle : plusieurs manuscrits(et des meilleurs)laissent d’ailleurs « en blanc » la mention du destinataire (« aux Ephésiens »)dans la salutation(1v1). De quoi donner à penser que l’épître de Paul, dite « aux Ephésiens », ne serait pas vraiment(ou exclusivement)adressée « aux Ephésiens »**, mais qu’il s’agirait en réalité d’une sorte de lettre circulaire adressée aux église d’Asie mineure. Elle s’adresse à l’Eglise universelle ou au corps de Christ, composé de tous les croyants en Christ. Vous pouvez donc tout à fait la lire aujourd’hui, comme si elle était adressée à votre propre communauté(« A l’église-ou « aux Saints »-réunie à Paris, Lyon, Marseille », etc…) Une lettre actuelle, donc.

Quel est son contenu ?

Son thème central est « le mystère de Dieu » pour le salut du monde, voilé durant les siècles, accompli en Christ, et maintenant révélé, « déployé » dans l’Eglise. Paul n’écrit pas en réaction contre des fausses doctrines(à l’instar de l’épître aux Colossiens ou aux Galates), ou pour répondre à des questions(Corinthiens), mais pour transmettre un exposé de la doctrine, des vérités divines, pour consolider la foi des croyants.

Une épître courte et dense, riche en enseignements, à une époque où ce qui est « doctrinal » semble actuellement dévalorisé au profit de « l’expérience », et tout à fait cohérente.

Elle est aussi très bien structurée : On relève une première partie(ch.1-3) sur Dieu(le « Dieu trinitaire » cf ce que l’on y apprend de Christ et du Saint-Esprit, par exemple : wow !), ce qu’Il a fait(voir les verbes d’action du ch.1 le concernant, et ce qui nous reste à « faire », de notre côté), l’Eglise, notre position en Christ, ainsi que sur ce à quoi nous sommes prédestinés et ce pourquoi nous avons été adoptés(Eph.1v1-12). Suit une seconde partie(ch.4-6), relative aux applications pratiques de ce qui précède et que l’on pourrait résumer en gros : « vous êtes[et vous savez pourquoi], soyez », ou « vivez comme tels ». Ainsi : ne cherchez pas à « faire »(ou à « fabriquer »)l’unité : « vivez (dans) l’unité » ou « gardez l’unité »(Eph.4v3. Comp. avec 2v11-19) ; ou ne cherchez pas à « faire pour être »… « des enfants lumière », mais « marchez comme des enfants de lumière », produisant « le fruit de la lumière »(Eph.5v8-9). « Soyez » ou « ne soyez pas », non parce que « ce serait bien » ou parce que « ce serait mal », mais parce que « c’est ce que vous êtes », ou parce que « c’est contre-nature ». Et vivez, non pas de manière individuelle, individualiste, mais dans la communion, l’amour, la réciprocité…

Un élément marquant, pour moi, aujourd’hui, dans cette lettre : aux chapitre 1-2, il est fait question des « richesses infinies » de Dieu, réservées et au bénéfice, non pas d’une personne, ou d’un petit groupe de personnes, mais de toute la communauté. Face à ces « richesses infinies »(célestes, spirituelles), quelle attitude devons-nous adopter, nous croyants ? Sera-t-elle différente de celle que nous devons adopter ou manifester, face aux « richesses(ressources) finies »(ou terrestres) ? Comment manifesterons-nous ainsi le caractère de Dieu, marqué par l’abondance, la générosité, la sagesse et la justice ?

En étant de « bons (et fidèles) intendants des diverses grâces de Dieu », servant les autres et non nous-mêmes ! (1 Pie.4v10. Comp. avec Marc 6v43-44)

 

 

Notes :

* « Connaître le Dieu trine »(prédication pêchée sur le blogue « Théologeek ») et « voler et copier dans le cadre de la communauté »(article auquel je fais référence ici)

**Ephèse, une cité grecque d’Asie mineure dont la fortune ou la prospérité semblait venir de toute une industrie au service de la déesse Artémis(ou Diane). Comparer avec Actes 19.

« Apocalypse No(é) » : ou quand l’adaptation personnelle d’un épisode biblique est prétexte à raconter ses propres obsessions

La façon de mettre en scène les catastrophes en dit long sur nous-mêmes Par Andy Singer

La façon de mettre en scène les catastrophes en dit long sur nous-mêmes
Par Andy Singer

Difficile d’y échapper, du fait d’une campagne de promotion tapageuse et omniprésente.
Il s’agit bien entendu du film « Noé » (que je n’ai pas vu), de Darren Aronofsky*.
Le film n’était même pas encore sur les écrans français qu’il faisait déjà l’objet d’un déluge de critiques**.
La plus sévère étant celle de Jeremy Sourdril(«Pourquoi vous ne devriez pas aller voir le film NOÉ au cinéma ») , dans enseignemoi.com, mettant en garde les croyants contre les ajouts et l’esprit du film*** : « Le film Noé vous ment sur la véritable histoire de Noé. Il vous ment sur Dieu et sur les démons ».

Et de pointer le contraste entre l’acteur principal Russel Crowe****-qui, « fier de son film », a déclaré que « Beaucoup de gens pensent qu’ils connaissent l’histoire de Noé, mais ce ne sont que de vagues souvenirs de catéchisme, pas ce que la Bible dit vraiment » !-et le réalisateur, « qui, lui, athée », aurait déclaré[je n’ai pas pu vérifier] que « c’était le film biblique le moins biblique jamais réalisé ».

Qu’a voulu exprimer le réalisateur avec ce film ? Faut-il aller le voir ? Peut-il être un « vecteur d’évangélisation »(gros mot pour certains) ?

 

Les américains, des raconteurs d'histoire : la leur ! (Scène du film : "Mud, sur les rives du Mississipi)

Les américains, des raconteurs d’histoire : la leur !
(Scène du film : « Mud, sur les rives du Mississipi », de Jeff Nichols-2012)

Avant d’aller plus loin, il convient de garder à l’esprit une évidence, soit que l’adaptation du récit de Noé est américaine. Or, comme le soulignait fort pertinemment le chercheur en relations internationales Chady Hage-ali (Voir son blog « Stratpolitix ») dans un commentaire daté du 13 mars 2014, en réaction à l’un de nos billets « action mais pas réaction » :
« Le cinéma américain[ou un certain « cinéma américain »*****], qu’on l’aime ou pas, n’est jamais neutre et gratuit, comme, du reste, toute œuvre artistique ou production humaine. Qu’il s’agisse de faire de la propagande ou de l’argent [ou dans l’idéal, les deux à la fois], le cinéma US est une « machine à rêves », une « arme idéologique » qui s’intègre au « soft power », donc à une stratégie de séduction, de diffusion des idées et valeurs, de rayonnement culturel ou de « conquête des esprits » douce et affûtée. Il faut toujours appréhender une œuvre en pleine connaissance de cause et pleine conscience. Hélas, on n’incite certainement pas les jeunes à développer leur esprit critique afin de ne pas inhiber leurs (si rentables) pulsions consuméristes. Même lorsque l’on regarde un film américain portant sur un épisode de la Bible (actuellement, c’est « Noé » qui fait l’objet d’une promotion tapageuse), il faut avant tout se mettre en tête que la Bible est un prétexte que les Américains utilisent pour se raconter eux-mêmes… »

Tirer parti d’une adaptation littéraire ou-ici, biblique-pour raconter tout autre chose, et, surtout, soi-même.

Effectivement, sur ce point, l’une des critiques(non chrétienne-celle du site Critikat) les plus intéressantes du film, parce qu’elle en dit long sur les objectifs et obsessions du réalisateur, relève qu’« Au-delà de sa relecture apocryphe du mythe(sic), Noé est avant tout la chronique – presque minimaliste – d’une obsession, cette aliénation de l’esprit à l’idée(…) Ici, cela revient à jouer des trous du texte : qu’est-ce qui a pu amener Noé, élu de Dieu et sauveur de toute race vivante, à finir ivrogne, nu, endormi sur une plage, maudissant sa progéniture ? »

Ce qui est vrai en journalisme dans le traitement de l’information est aussi vrai dans la façon de raconter une histoire(en l’adaptant) : tout est une question d’angle (de point de vue) et de regard. Et ici, quel est le regard du réalisateur-adaptateur sur ce récit de Noé, contenu dans les chapitres 6-9 de la Genèse ? Quel est son regard sur Dieu, l’homme, l’engagement de Dieu par rapport à l’homme ? Qui est valorisé, glorifié, en fin de compte ? La question semble être là.

Un autre internaute, au sujet de la mini-série « The Bible », jugeait déjà que le propre d’un film (ce qui est aussi son problème) vient « de ce que les images (et les sons) s’impriment dans nos mémoires. Il suffit d’une expression du visage ou de quelques mots inventés pour nous donner une autre compréhension de l’Evangile… » qui risque de ne plus être l’évangile.
Une telle « superproduction » aura-elle un impact positif sur les spectateurs ? Peut-elle donner à connaître fidèlement et véritablement le message de la Bible ?

Avec « Noé, le film », il semble que l’on en soit loin. Car, ici, comme l’analyse Critikat, l’idée du film « est de transformer, par une suite de glissements parfois rocambolesques, son super-héros primitif en dément obtus, dévoué à sa mission jusqu’à l’absurde. À savoir que Noé, pris d’une sorte de folie fondamentaliste, aurait condamné l’humanité dans son ensemble, jusqu’à en dessouder sa descendance (….) ». L’idée, jugée «belle», « parce qu’elle conjugue, pour les mettre en crise, les deux pôles élémentaires des genres cinématographiques invoqués par le mythe de Noé : le film biblique et le film catastrophe. Côté Bible : le récit des pionniers en mission pour Dieu, vieille lubie hollywoodienne, qui consiste à rabattre l’Ancien Testament sur l’histoire de l’Amérique. Côté apocalypse : la famille en crise, éternel envers du disaster movie, qui profite du cataclysme pour renouer les liens. Dans le fond, Noé a moins à voir avec Les Dix Commandements ou 2012 qu’avec Shinning ou (…)Take Shelter******. C’est-à-dire des films où la cellule familiale se retrouve menacée par les obsessions entropiques du patriarche. Le film d’Aronofsky partage avec celui de Jeff Nichols le motif de l’abri servant à trouver refuge autant qu’à attiser une angoisse – et avec celui de Kubrick l’idée du film-labyrinthe, une boîte-cerveau ici prétexte à un duel à distance entre deux pères prédateurs, repliant ainsi à échelle humaine l’interrogation à double tranchant du récit : un conflit entre obédience divine (l’homme doit se résigner aux voies du Seigneur – mais jusqu’à quel point ?) et humanisme vaguement nietzschéen (l’homme ne doit pas obéir à Dieu mais à sa propre volonté – de puissance) ?….. »

Bref, si l’on en croit ce qui précède, la simplicité du message biblique semble noyée dans « Noé », film se voulant complexe et ambitieux. Pourra-t-on encore faire un « Noé biblique » après celui-ci ? A moins que cela ne soit « Noé, le film : après moi, le déluge ? »

Pour ma part, je ne suis guère tenté (pour l’instant) d’aller voir ce film, mais si vous souhaitez absolument(et légitimement)vous faire votre propre opinion, il me paraît judicieux de vous conseiller de lire avant le récit original de la vie de Noé et du déluge, dans le livre de la Genèse (chapitres 5v29 et 610).
A noter que l’on reparle de Noé dans l’Ancien Testament : Premier livre des Chroniques 1v4 ; Esaïe 5v:9 ; Ezéchiel 14v14, 20
Et dans le Nouveau Testament.
A propos de Noé et de son arche : http://bibliorama.fr/archeo_deluge.html

Un article de la revue Promesses, sur « l’après-Noé ».

 

 

 
Notes :

*« Noé » de Darren Aronofsky(USA, 2013. Sortie française 9 avril 2014) Avec Russell Crowe (Noé), Jennifer Connelly (Naameh), Douglas Booth (Sem), Logan Lerman (Cham), Emma Watson (Ila), Anthony Hopkins (Mathusalem), Ray Winstone (Tubal-Caïn)

 

** D’autres critiques :

http://cahierslibres.fr/2014/04/faut-il-bruler-noe-darren-aronofsky/

http://evangelion116.fr/noah/

http://www.fait-religieux.com/-noe-de-darren-aronofsky-face-a-un-deluge…de-critiques

http://www.filmdeculte.com/cinema/film/Noe-5020.html

http://www.la-croix.com/Religion/Actualite/Le-film-Noe-s-attire-les-foudres-de-chretiens-et-de-musulmans-2014-03-11-1118731

http://cinema.jeuxactu.com/news-cinema-noe-que-pense-la-critique-americaine-du-film-22995.htm

http://www.huffingtonpost.fr/2014/04/09/noe-bible-darren-aronofsky-blockbuster_n_5110985.html

Et le point de vue du réalisateur :
http://www.metronews.fr/culture/darren-aronofsky-noe-c-est-mon-film-de-super-heros/mndh!1qNui8yW7icug/

http://www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Darren-Aronofsky-il-fallait-que-le-spectacle-de-Noe-soit-enorme-que-les-miracles-soient-sur-l-ecran-3978671 : « J’essayais d’être fidèle au Livre et je voulais qu’il y ait une petite ambigüité à la fin. C’est l’histoire d’une seconde chance donnée à l’humanité. Et cette seconde chance, c’est nous », explique le réalisateur.

*** des éléments(« les ajouts » au récit biblique)dénoncés par la critique sur enseignemoi.com corroborés ici : « Dans cette Terre d’avant le Déluge, quelques générations seulement se sont écoulées depuis qu’Adam et Eve ont été chassés de l’éden, la mue du Serpent (oui LE serpent) est une relique presque magique et des anges déchus appelés Gardiens désormais prisonniers de corps de Pierre cohabitent avec les hommes. Ainsi cet univers ne nous semble pas si éloigné finalement des Terres du Milieu de Tolkien ou de l’Age Hyborien de Robert E.Howard toile de fond des aventures de Conan le Barbare(…)
La seconde partie s’ouvre sur une séquence que n’aurait pas reniée un Mallick ou un Kubrick, Noé raconte la création de l’univers, Aronowsky tente de concilier le récit biblique et la science montrant que les « jours » évoqués dans la Genèse couvrent des millions d’années.
Le film troque alors sa dimension épique pour un huis-clos, Noé devenant un antagoniste quand il annonce, menaçant qu’il n’y a pas de place dans ce nouveau monde pour l’humanité et qu’elle doit s’éteindre avec eux. On retrouve le thème du sacrifice très présent dans l’Ancien Testament Noé étant prêt à sacrifier ses futurs petits enfants à ce qu’il croit être la volonté divine(…)un vilain plus complexe qu’il n’y parait, traversé lui aussi d’interrogations sur ce Créateur dont il attend des réponses qui ne viennent jamais. Il développe une philosophie intéressante sur la place de l’homme dont le destin d’après lui est de dominer la création (…)
Plus mythologique que biblique, plus chamanique que religieux, aussi ésotérique qu’épique, Noé bien qu’imparfait est un film d’une ambition démesurée qui par sa puissance évocatrice reste longtemps à l’esprit ».

 

**** Lequel Russel Crowe avait pensé faire appel au Pape François pour faire « la promo du film » : « Sur Twitter, l’acteur a ainsi interpellé lundi 24 février @Pontifex : « Cher Saint-Père… le film Noé : une projection ? Le message du film est puissant, parlant, retentissant… » Un message immédiatement suivi d’un appel aux internautes à relayer le message : « Compte tenu de son message environnemental et de ses connaissances savantes, j’essaie d’organiser une projection de Noé pour le pape François… Vous m’aidez ? »
Sans réponse de l’évêque de Rome, Russell Crowe s’est montré particulièrement déterminé en insistant le 25 février : « Cher Saint-Père, désolé d’avoir mis le bazar dans vos réseaux sociaux… Je pense sincèrement que le film Noé va vous fasciner. » Appel qu’il a encore ponctué un peu plus tard d’un « peut-être que ça se fera, Inch’Allah ».

 

***** Je nuance, car, je tiens à le préciser, j’apprécie beaucoup « un certain cinéma américain »(d’auteur-classique et contemporain : voir les différentes critiques de films sur ce blogue)

 
******Take Shelter
Drame réalisé en 2011 par Jeff Nichols
Avec Michael Shannon , Jessica Chastain , Tova Stewart …
Date de sortie : 04 janvier 2012

Histoire d’un homme ordinaire, mari et père concerné, ouvrier de chantier, dont les nuits et bientôt les jours sont hantés par des visions de catastrophes et de menaces sur sa famille et sa communauté. Leur persistance le conduisant à les prendre pour prémonitoires, il s’attelle à la sécurisation de son foyer, sous le regard impuissant de son entourage observant son comportement de plus en plus obsessionnel et paranoïaque – notamment à la restauration de l’abri anti-tempête enfoui dans son jardin… (http://www.critikat.com/actualite-cine/critique/take-shelter.html )

 

 

 

 

 

« Maintenant, vous êtes le peuple de Dieu… »(1 Pierre 1v22-2v10)

Retour, en ce début d’année 2014, à notre étude la première épître de Pierre, entamée ici.

Dernièrement, nous avions vu que le chrétien est caractérisé par l’obéissance et la sainteté.

Sachant qu’il est exhorté à marcher individuellement « en espérance » et « dans la sainteté« , étudions maintenant à travers notre passage du jour(1 Pierre 1v222v10*) ce que sont les chrétiens ensemble et comment doivent-ils vivre ensemble.

Que forment les chrétiens ensemble ?(le corps de Christ ou l’Église)

Comment Pierre parle-t-il de l’Église dans ce passage, sachant qu’il utilise quatre images :

Q 1 : quelle est la première image utilisée pour désigner ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.1v22-23)

Pourquoi ?

Q1a : que partagent-ils ? Qu’ont-ils en commun ?(v22)

Qu’apprenons-nous sur cet amour dont parle Pierre ?

(A noter que l’apôtre utilise deux mots différents pour parler de l’amour : « philadelphia »-amour fraternel-et « agape »-l’amour de Dieu, qui est allé jusqu’au sacrifice)

Nature et origine de cet amour ? Lire Rom.5v5, Gal.5v22-23

Etapes et processus de cet amour ?(vv22-23) :

Que doit-il s’opérer d’abord ? Et ensuite ?(ce qui rend possible un véritable amour fraternel : lire 1 Jean 4v7-21 ; Col.3v16 ; Eph.5v18)

De quelle manière devons-nous aimer nos frères ? (v22)

Q1b : qu’ont-ils tous connu, initialement ?(1 Pie.1v23-25)

Comment entrons-nous dans « la famille de Dieu » ? (Jean 3v1-16, 1 Cor.12v13)

Comment sommes-nous « régénérés » ? (v23)

Quel est le rapport entre la Nouvelle naissance et l’amour fraternel ?(cf 1 Jean 4v7-21)

Q1c : que partagent-ils encore ?(1 Pie.2v1-3)

Que demande Pierre à ses lecteurs ? Pourquoi ? Un commandement « négatif »(cad, de rejeter…) cf 1 Pie.2v1, et un commandement « positif » cf 1 Pie.2v2-3 – comparer avec Ps.34v9.

Q2 : quelle est la deuxième image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v4-8)

Q2a : comment le Seigneur Jésus-Christ est-il désigné ici(v6) ? Cette idée vient-elle de la seule imagination de Pierre ou était-elle familière des lecteurs de l’apôtre ? (cf Es.28v16 ; 8v14 ; Ps.118v22 – comparer avec Matt.21v42 et Actes 4v11)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

Comment Pierre « innove-t-il » en utilisant cette image pour parler de Christ ? Comment est cette « pierre » ? Quel est son rôle ? Qui sont alors ceux qui sont édifiés sur Lui ?(vv4-8)

Pierre lui-même avait été désigné par le Seigneur comme « la pierre » sur laquelle Jésus « bâtirait son Eglise »(Matt.16v18). Est-ce à dire qu’il en est le « fondement vivant » ?(comparer avec 1 Pierre 1v4-8)

Q2b : que sont les chrétiens et que forment-ils ?(1 Pie.2v5, 9)

Sachant que l’apôtre écrit à des chrétiens qui vivent dans cinq provinces différentes….

Q3 : quelle est la troisième image de ce que sont les chrétiens ensemble ? Ce que Dieu a fait d’eux ?(1 Pie.2v5,9, cf Exode 19v6)

A noter que dans l’Ancien Testament, le peuple avait une sacrificature ou un sacerdoce. Dans le temple de Jérusalem, elle était exercée par ceux (et eux seuls)qui étaient aptes à cette charge. Quelle est la durée de cette sacrificature ? Et qui sont aujourd’hui « sacrificateurs » ? (Hebr.10v19-25)

A noter encore que seul Christ est sacrificateur et roi(Hebr.7). Dans l’Ancien Testament, un roi ne pouvait être sacrificateur et le seul qui tenta de l’être fut puni(2 Chron.26v16-21).

Comment alors les chrétiens peuvent-ils être à la fois « Rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5,9, cf Apoc.1v6 ; 2v26-27 ; 20v6)

Q3a : Dans quels buts les chrétiens sont-ils « rois et sacrificateurs » ?(1 Pie.2v5, 9)

Quels sont les sacrifices qui sont offerts ? (Rom.12v1 ; Hébr.13v15, 16 ; Philip.4v10-20) Et comment les offrir à Dieu ?(Hebr.13v15)

1 Pierre 1v9 : comparer avec Eph.5v8-14, Col.1v12. Qu’est-ce que « les vertus » de Celui qui « nous a appelé des ténèbres à sa merveilleuse lumière » ? Et  comment les annoncer ?(cf Matt.5v16, Hebr.13v16)

Q4 : quelle est la quatrième et dernière image de ce que sont les chrétiens ensemble ?(1 Pie.2v9-10)

Le v10 est une citation d’Osée 1v6,9(comparer avec Rom.9v25) : que veut dire Pierre à ses destinataires en faisant allusion à ce prophète de l’Ancien Testament ?

 

 

Notes :

*1Pie.1
22    Ayant purifié vos âmes par l’obéissance à la vérité, pour que vous ayez une affection fraternelle sans hypocrisie, aimez-vous l’un l’autre ardemment, d’un coeur pur,
23    vous qui êtes régénérés, non par une semence corruptible, mais par une semence incorruptible, par la vivante et permanente parole de Dieu:
24    parce que « toute chair est comme l’herbe, et toute sa gloire comme la fleur de l’herbe: l’herbe a séché et sa fleur est tombée,
25    mais la parole du Seigneur demeure éternellement ». Or c’est cette parole qui vous a été annoncée.

1Pie.2
1    Rejetant donc toute malice et toute fraude, et l’hypocrisie et l’envie, et toutes médisances,
2    désirez ardemment, comme des enfants nouveau-nés, le pur lait intellectuel, afin que vous croissiez par lui à salut,
3    si toutefois vous avez goûté que le Seigneur est bon;
4    duquel vous approchant comme d’une pierre vivante, rejetée par les hommes, mais choisie et précieuse auprès de Dieu,
5    vous-mêmes aussi, comme des pierres vivantes, êtes édifiés une maison spirituelle, un sainte sacrificature, pour offrir des sacrifices spirituels, agréables à Dieu par Jésus Christ.
6    Parce qu’on trouve dans l’écriture: « Voici, je pose en Sion une maîtresse pierre de coin, élue, précieuse; et celui qui croit en elle ne sera point confus ».
7    C’est donc pour vous qui croyez, qu’elle a ce prix; mais pour les désobéissants, « la pierre que ceux qui bâtissaient ont rejetée, celle-là est devenue la maîtresse pierre du coin »,
8    et une pierre d’achoppement et un rocher de chute, lesquels heurtent contre la parole, étant désobéissants, à quoi aussi ils ont été destinés.
9    Mais vous, vous êtes une race élue, une sacrificature royale, une nation sainte, un peuple acquis, pour que vous annonciez les vertus de celui qui vous a appelés des ténèbres à sa merveilleuse lumière;
10    vous qui autrefois n’étiez pas un peuple, mais qui maintenant êtes le peuple de Dieu; vous qui n’aviez pas obtenu miséricorde, mais qui maintenant avez obtenu miséricorde.