Le Défi biblique de l’été : l’épître aux Romains, par Laurent

« Le message principal de Romains, c’est l’Evangile et l’égalité des croyants quelle que soit leur origine… » (Source image : public domain picture)

Laurent, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé un double défi biblique, nous présente l’épître (ou la lettre) de Paul aux Romains.

 

Quel est ce livre ?

Le message principal de Romains, c’est l’Évangile et l’égalité des croyants quelle que soit leur origine (juif, non-juif etc). En particulier, il présente soigneusement sa compréhension de l’Évangile, en particulier dans son rapport à la question des Juifs et des païens, de la Loi et de l’Évangile. Il fait tout cela pour plusieurs raisons :

  1. Pour se présenter aux chrétiens de Rome, les préparer à sa visite et obtenir leur soutien pour son projet missionnaire.
  2. Présenter les bases de la foi chrétienne car les chrétiens romains n’avaient jamais reçus un enseignement apostolique précis.
  3. Se défendre des futures accusations des judaïsants (qui prônent un retour au judaïsme) à Rome, prévenir et protéger l’Église de Rome des faux enseignements qu’il a déjà vu nuire aux Églises.
  4. Réconcilier les chrétiens juifs et chrétiens non-juifs de Rome (d’après les chapitres 13 à 15) en les unifiant autour de l’Évangile. (d’où le gros rappel de Romains 1-11).

Pourquoi sa lecture représente-t-elle un défi pour moi ?

Il y a beaucoup de passages compliqués et sur lesquels les chrétiens ne sont pas d’accord (Romains 7, 11). En plus, dans cette lettre, on trouve des parties argumentatives très développées qu’il faut étudier sérieusement pour les comprendre. Ça se voit comme il y a beaucoup de « car », « parce que », « afin », « pour », « c’est pourquoi » etc. En tout cas il y en a moins par exemple dans Philippiens, Ephésiens, Colossiens… Un autre défi est de trouver des applications des chapitres 9 à 11. Comme cette partie parle de la relation entre Israël et les autres nations, on a du mal à comprendre le rapport avec notre vie.

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

Juste le message de Romains :

  1. Notre incapacité à être innocent devant Dieu et à lui plaire (Romains 1-3), même après être devenu chrétien (Romains 6-7)
  2. L’Evangile (la mort / l’humiliation et la résurrection / la glorification de Jésus nous sauve de l’enfer et du péché) et sa beauté (Romains 1-4)
  3. Et son impact dans notre vie (Romains 5-8, 12-15).
  4. Aussi le fait que l’Evangile est ancré dans l’histoire. La preuve, c’est que Paul passe par Adam (Romains 5), Abraham, David (Romains 4), par Israël (Romains 2-3), l’ouverture du salut aux nations (Romains 9-10) jusqu’au jour où toutes les nations adoreront Dieu en étant soumis à son oint, le (Romains 15.9-12).

Le verset (de ce livre) qui m’inspire

Le verset qui m’inspire est celui qui, je trouve, résume le mieux Romains : « Paul, serviteur de Jésus-Christ, appelé à être apôtre, mis à part pour annoncer l’Evangile de Dieu, qui avait été promis auparavant de la part de Dieu par ses prophètes dans les Saintes Ecritures, et qui concerne son Fils né de la postérité de David, selon la chair, et déclaré Fils de Dieu avec puissance, selon l’Esprit de sainteté, par sa résurrection d’entre les morts, Jésus-Christ notre Seigneur » (Rom.1v1-4)

 

 

Le Défi biblique de l’été : La Genèse, par Laurent

La Genèse : un livre plein d’espérance pour des « résident aliens », des exilés « en terre étrangers » (Source image : première de couverture du livre de Hauerwas/Willimon, « Etrangers dans la cité »)

Laurent, que je remercie pour son texte et pour avoir relevé joyeusement un double défi biblique, commence par nous présenter le livre des commencements : la Genèse.

 

Quel est ce livre ?

Dieu fait des promesses à Adam et Eve, aux descendants de Seth, Noé, aux descendants de Sem, Abraham, Isaac, et Jacob. Mais le suspense, c’est qu’ils ne les verront pas s’accomplir véritablement dans leurs vies, mais seulement après leur mort. Ils doivent donc vivre par la foi, placer leur confiance en Dieu, en exil dans un monde hostile à Dieu en attendant leur arrivée dans la cité de Dieu. Parce que malgré tous ces obstacles auxquels ils font face (femmes stériles, rois kidnappeurs de femmes, tromperie, divisions familiales), Dieu fait avancer l’accomplissement de ses promesses. En particulier, le péché ne peut pas l’empêcher d’accomplir son plan. Plein de grâce, il pardonne et corrige son peuple avec amour.

C’est de cette manière que Genèse encourageait ses premiers destinataires (les Juifs exilés à Babylone) à garder l’espérance que Dieu accomplira bien ses promesses. Nous aussi, gardons une ferme assurance que Dieu sera fidèle à ses promesses lors de notre exil dans un monde hostile et pécheur.

Pourquoi sa lecture représente-t-elle un défi pour moi ?

Le début de ce livre soulève beaucoup de questions profondes sur des sujets en lien avec la science : la durée des 6 jours de la création, la mort avant la chute etc… Pour la partie sur les patriarches, j’ai été perturbé que tous n’étaient pas d’accord pour savoir si Jacob connaissait déjà Dieu avant sa rencontre à Péniel (Genèse 32). En fait, rien dans le texte ne nous dit que Jacob a mal agi, ni le Nouveau Testament. Pour sa tromperie avec Isaac, peut-être qu’il avait avec Rébecca une bonne intention car c’était les promesses de Dieu qui étaient en péril. Isaac voulait bénir un fils alors que Dieu avait choisi l’autre…

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

L’incroyable actualité du message pour nous chrétiens d’aujourd’hui qui vivons définitivement dans un monde hostile et marqué par la souffrance et la banalité du péché, des idoles. Sexe, divertissements à n’en plus finir, l’argent, le matérialisme, la prétention à la divinité (transhumanisme etc)… Comme Abraham, nous ne nous sentons vraiment pas à l’aise dans ce monde impie et éphémère. Comme les patriarches : « C’est dans la foi qu’ils sont tous morts, sans avoir obtenu les choses promises; mais ils les ont vues et saluées de loin, reconnaissant qu’ils étaient étrangers et voyageurs sur la terre. Ceux qui parlent ainsi montrent qu’ils cherchent une patrie. S’ils avaient eu en vue celle d’où ils étaient sortis, ils auraient eu le temps d’y retourner. Mais maintenant ils en désirent une meilleure, c’est-à-dire une céleste. C’est pourquoi Dieu n’a pas honte d’être appelé leur Dieu, car il leur a préparé une cité. » (Hébreux 11.13-16)

Le verset (de ce livre) qui m’inspire : Genèse 12.1-3 : « L’Éternel dit à Abram: Va-t-en de ton pays, de ta patrie, et de la maison de ton père, dans le pays que je te montrerai. Je ferai de toi une grande nation, et je te bénirai; je rendrai ton nom grand, et tu seras une source de bénédiction. Je bénirai ceux qui te béniront, et je maudirai ceux qui te maudiront; et toutes les familles de la terre seront bénies en toi. »

 

 

Le Défi biblique de l’été : Le Lévitique, par Eric

Une invitation à découvrir « un texte qui a pensé l’organisation sanitaire et sociale avant l’heure » (Source image : public domain picture)

Eric, que je remercie pour son texte, nous présente le Lévitique.

Quel est ce livre ?

Le lévitique, troisième livre du pentateuque. Selon la tradition judaïque, le livre est attribué à Moïse. Il est probable que ce livre dans sa forme actuelle n’a pas été entièrement écrit par Moïse, mais vraisemblablement, ce livre, il l’a inspiré.

En quoi (ou pourquoi)  la lecture de ce livre représente un défi pour moi ?

Ce livre n’est pas d’un abord si facile, c’est une compilation de textes juridiques et je n’ai jamais été en osmose avec cette matière au cours de mes études, autant dire que lire un livre qui est une forme de codes et de procédures ne le rendait pas si sympathique. D’autant que le livre n’engage pas son lecteur, tout semble si éloigné de nos pratiques. Puis nous chrétiens, nous avions fait comme un rejet de la forme légaliste des textes. Mais cet apriori est une formidable erreur d’appréciation. Ce texte s’avère d’une immense richesse et sa dimension nous révèle à la fois l’amour protecteur de Dieu envers son Peuple, mais pas que. Je vous invite donc à découvrir un texte qui a pensé l’organisation sanitaire et sociale avant l’heure, la vie économique, la défense des salariés. Il n’y a finalement pas beaucoup de textes au cours de l’antiquité qui couvre toutes ces dimensions de la protection de la vie humaine dans une réelle complétude.

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?

A l’heure du confinement, déconfinement, pendant plusieurs jours, je me suis ainsi plongé dans la lecture de ce livre le lévitique ; j’ai noté les consignes de sagesses répétées, déclinées dans les premiers chapitres, notamment tous ces principes de mise en quarantaine des israélites infectées par la lèpre, ces procédures sont avant tout des dispositifs de protection, d’immunisation et non des mécanismes sociaux visant à condamner ou à exclure, à rejeter les personnes infectées. Dans ces lois mosaïques, Il s’agit avant tout de mettre à l’abri, d’isoler la personne atteinte d’un virus pathogène, de protéger et de sauvegarder la vie sociale, les relations interpersonnelles. Ce livre très étonnant mêle à la fois les mesures de confinement et les grandes fêtes, notamment la fête des tentes et bien d’autres grandes fêtes comme le Jubilé. À la fois Dieu dans sa sagesse entend protéger les israélites pour éviter la diffusion de l’infection, mais en aucun cas ne décourage les grands rassemblements collectifs si en amont toutes les précautions et les bonnes mesures préventives ont été prises.  Après lecture, vous noterez que Dieu n’encourage pas l’esprit de cabane, mais au contraire la mise en quarantaine immédiate des personnes susceptibles de conduire à la contagion. Un autre point surprenant est le registre qui concerne la dette, une loi sociale celle du Jubilé établit comme règle l’annulation de toutes les dettes au terme de 7 septénaires d’années, c’est-à-dire tous les 50 ans. Un aspect à nouveau surprenant et qui pourrait s’appliquer à toutes les nations les plus pauvres socialement.

Le verset de ce livre qui m’inspire

«  Vous traiterez l’étranger en séjour parmi vous comme un indigène du milieu de vous ; vous l’aimerez comme vous-mêmes, car vous avez été étrangers dans le pays d’Égypte. Je suis l’Éternel, votre Dieu »(Lévit.19v33-34). Ce texte anti discriminant devrait inspirer nos conduites et notre engagement envers le prochain sans même s’interroger sur sa provenance. Le lévitique est un livre plein de sagesse et j’ai envie de vous le dire…prenez-en de la graine et du Pep’s.

 

Le Défi biblique de l’été : Habakuk, par Jean

Dieu laisse-t-il faire le mal ? Une question existentielle dans le livre du prophète Habakuk (Source image : rawpixel)

Voici le premier défi biblique, dont le principe a été présenté ici : Jean, que je remercie pour son texte et pour avoir été le premier à répondre, nous présente Habakuk.

Quel est ce livre ?

Le livre d’Habakuk est situé à la fin de l’Ancien Testament [première partie de la Bible], dans la série des petits prophètes. Ces prophètes recevaient des messages de Dieu à transmettre au peuple d’Israël. Dieu nous les a conservés car en plus de l’application directe à Israël à cette époque, Dieu nous parle par eux aujourd’hui. Comme toute la Bible, ce livre nous dit qui est Dieu et ce qu’il veut pour nous.

Pourquoi sa lecture représente-t-elle un défi pour moi ?
Pour son actualité saisissante, pourquoi Dieu laisse faire le mal, ce que Dieu propose au fidèle : de se réjouir

Qu’est-ce qui m’a bousculé/interpellé/impressionné dans cette lecture ?
Au chapitre 1, Dieu laisse faire le mal et le prophète ne comprend pas, Effrayé, il demande si le méchant sera puni.
Au chapitre 2, Dieu lui recommande d’être patient : les justes doivent être fidèles à leur foi. Les méchants seront châtiés pour leurs pillages, leur violence et leur idolâtrie.
Le chapitre 3 contient une prière d’Habacuc dans laquelle il reconnaît la justice de Dieu.

Le verset qui m’inspire :  « Car le figuier ne fleurira pas, et il n’y aura point de produit dans les vignes ; le travail de l’olivier mentira, et les campagnes ne produiront pas de nourriture ; les brebis manqueront dans le parc, et il n’y aura pas de bœufs dans les étables ; Mais moi, je me réjouirai en l’Éternel, je m’égayerai dans le Dieu de mon salut »(3.17.18)

C’est le verset anti-consommation par excellence. Notre bonheur n’est pas dans l’abondance matérielle.

 

 

 

 

« Reconquérir le terrain de la Sainteté » : une animation biblique pour Yom Kippour

Annoncées il y a environ deux semaines, les fêtes bibliques d’automne ont débuté avec Yom Terouah (le Jour des trompettes ou « la fête des trompettes »), pour se poursuivre avec le Yom Kippour (Jour d’expiation et du Grand Pardon), qui se fête ce 09 octobre, et se terminer avec Soukkot (Fête des tentes ou des tabernacles), qui aura lieu du 13 octobre au 20 octobre. 

Vu que Yom Kippour, « le jour le plus saint de l’année », a lieu aujourd’hui, voici une animation biblique possible (« testée » il y a deux ans, dans le cadre d’une soirée « entre frères »), de nature à nous faire entrer dans l’esprit de la fête, nous, « non-juifs ».

 Entrée en matière : « Cascade » (30 mn)

L’animateur annonce le thème choisi pour la cascade : « Saint ».

Il distribue papiers et stylos et demande à chacun de noter rapidement sur un papier 5 mots associés que lui suggère ce thème (des mots, pas des phrases !). Durée : 3 min.

Les participants se rassemblent ensuite par 2 et se mettent d’accord pour sélectionner 5 mots parmi les 10 dont ils disposent ensemble. Ils ne doivent ni ajouter de mots ni modifier ceux déjà notés. Durée : 5 min.

Rassembler ensuite 2 groupes de 2 personnes (groupes de 4). Ils choisissent 5 mots sur les 10 dont ils disposent, de la même manière. Durée : 5 min.

Enfin, 2 groupes de 4 personnes (groupes de 8) se rassemblent. Ils procèdent de la même façon qu’à l’étape précédente. Durée : 5 min

Sous total : 20 min. max

Pour terminer, l’animateur demande à 3 sous-groupes de dire les 5 mots qu’ils ont retenus et les note sur le paperboard. Il invite les autres sous-groupes à ajouter uniquement des mots très différents.

Si besoin, il demande aux groupes d’expliciter le sens qu’ils donnent aux mots choisis. L’animateur souligne d’une couleur les mots identiques (ou proches) et d’une autre couleur les mots qui n’apparaissent qu’une fois. C’est la fin de la cascade.

Total : 10 min.

 

Poursuivre avec « la visite guidée » du texte Lévit.16 (25-30 mn)

Intro :

Nous avons essayé de définir ensemble la sainteté ou ce qu’est un « saint ». Nous aurons rappelé que cela vient de l’hébreu « Qâdash » = « mettre à part ». Le saint est celui qui est « mis à part » par Dieu et pour Lui.

Or, la sainteté est un sujet difficile, qui ne fait pas l’objet d’un enseignement spécifique dans la Bible. Elle se découvre dans l’intimité d’une prière : Celle de Jésus qui prie pour la sainteté de ses disciples la veille de sa mort (Jean 17). La sainteté est le fruit de la prière de Jésus pour les siens, pour nous, ses disciples : « Père, sanctifie-les ».

« Soyez saints » ou « vous serez saints, car moi je suis saint ».

Il est difficile de parler de la sainteté de Dieu. Le mieux que nous puissions faire pour définir la sainteté, c’est de parler de la sainteté de l’homme, à travers celui qui est « au plus top » de la sainteté, le jour le plus saint : L’Ancien Testament nous parle du souverain sacrificateur, le seul à être appelé « le saint du Seigneur » (Ps.106v16) et censé nous donner à percevoir la sainteté de l’homme là où elle est la plus pure, la plus belle, la plus remarquable, lequel entre à la fête du Yom Kippour dans le sanctuaire (Lévitique 16), le seul jour de l’année où il peut aller « au-delà du voile », dans le lieu très saint, « le Saint des Saints », pour être face à face au Dieu « Trois fois Saint ».

Qui auriez-vous appelé à la fonction de souverain sacrificateur, « si vous étiez Dieu » ? Or, qui est le premier souverain sacrificateur ? C’est Aaron. En 1 Chron.23v13, il est rappelé qu’ « Aaron fut mis à part pour être sanctifié comme très saint, lui et ses fils à perpétuité, pour offrir les parfums devant l’Eternel, pour faire son service, et pour bénir à toujours en son nom ». Mais Aaron est l’auteur du veau d’or !

Nous vous invitons maintenant à une « visite guidée » d’un texte biblique (Lévit.16v1-34), pour nous aider à comprendre ce qu’est la sainteté et quelle est sa finalité.

Lecture à haute voix de Lévitique 16v1-34

A) Clés d’entrée dans le texte 

La première difficulté est que nous sommes chrétiens et pas juifs. Comment entrer dans cette fête et ce texte du Lévitique ? En suivant le chemin pris par l’auteur de l’épître aux Hébreux, laquelle est un commentaire de Yom Kippour.

Clé 1 : Jésus, notre « grand prêtre » (Hébr.4v14). Nous devons lire Lévit.16 en considérant que tout ce qui est dit d’Aaron concerne Jésus et le concerne de manière parfaite. Alors qu’Aaron [puis ses successeurs] doit vivre chaque année cette fête, Jésus l’a vécue une fois pour toutes par son sacrifice à la croix (9v12). Notre place est alors celle du peuple, en accomplissant tout ce qui lui est demandé et en nous mettant au bénéfice de tout ce que vit pour nous notre souverain sacrificateur.

Clé 2 : Nous sommes tous des « grands prêtres », parce que « Jésus est entré pour nous au-delà du voile comme notre précurseur » (6v20). Nous pouvons alors y entrer après lui.

Quel est le rôle d’un prêtre, dans l’AT ? Cf 1 Chron.23v13, leur service consiste en la prière/l’intercession dans le temple, à approcher le Dieu saint dans le lieu saint et « pour bénir (dire le bien de Dieu et non « mal dire ») à jamais en son nom ».  Pour cela, il faut être saint. C’est pour une vie de prière devant Dieu que les prêtres sont sanctifiés (par contraste, le rôle du diable consiste à accuser continuellement les saints). Jésus, en tant que souverain sacrificateur, prie et intercède pour nous, pour toi et ton frère. Que prie-t-il ? (« Père, pardonne-lui, car il ne sait ce qu’il fait… »)

Parmi tous les serviteurs de Dieu (rois, prêtres, prophètes…), les seuls à être mis à part sont les prêtres et les Lévites (2 chron.23v6), A noter que la Bible dit que tout le peuple est saint (Deut.14v2), « un peuple de prêtres » (Ex.19v6, 1 Pie.2v9), sanctifié par Dieu. C’est ce que les protestants appellent « le sacerdoce universel » : qui n’a rien à voir avec le pouvoir, la gouvernance de l’église (cf une démocratie), ou le privilège, mais qui signifie que tout membre du peuple de Dieu (et pas seulement « un homme de Dieu », un lieu, ou un objet) est considéré comme saint et peut s’approcher de Dieu dans la sainteté.

Clé 3 : quels sacrifices offerts ? En Hébr.9v25-26, Jésus n’a offert aucun animal sa vie entière mais il a offert sa propre vie. Et nous ? (Hébr.13v15, Rom.12v1). Le sacrifice saint et parfait a été offert une fois pour toute par Jésus seul. Nous, nous entrons en Christ, avec lui et en même temps que lui, au-delà du voile, avec nos vies offertes (« un sacrifice vivant » cf Rom.12) à Dieu.

Clé 4 : quel(s) sanctuaire(s) ? Sachant qu’il n’y a plus de temple depuis 70 ap JC, il existe un autre temple, encore plus grand et plus parfait que celui de Jérusalem, « non construit de main d’homme » (9v11), mais par Dieu lui-même(8v2) : un sanctuaire cosmique, qui englobe le ciel. Dieu n’a donc pas besoin que nous lui construisons de temple, Il en a un bien plus grand ! Un autre temple est décrit en Jer.31v31-34 (La loi de Dieu y est déposée, comme elle l’était dans l’arche) et en Jean 2v19-21, 1 Cor.3v16-17 (là où Dieu est) : il s’agit d’un sanctuaire intérieur. Notre corps est appelé par Jésus et par Paul « un temple », celui du Saint-Esprit.

Entrons maintenant dans Lévitique 16, munis de ces clés :

B) Un jour solennel, empreint de gravité 

Tout souverain sacrificateur doit connaître la liturgie détaillée dans Lévitique 16, laquelle commence par « Après la mort des deux fils d’Aaron… » (vv1-2) pour avoir offert des parfums devant Dieu.

Il s’agit d’un jour solennel, d’une grande gravité : « mourrais-je, moi aussi ? », alors que Dieu me demande d’entrer dans Sa présence pour lui présenter des parfums, doit se demander le souverain sacrificateur, qui « flippe à mort »….Mais Dieu lui enseigne un chemin.

Les vêtements (y compris les caleçons) d’Aaron (v4, 32) : ils sont saints. C’est lavé (Ex.30v18-21) et revêtu de sainteté, jusque dans la réalité la plus intime de sa chair, qu’il entre au-delà du voile. Et nous ? (Gal.3v27)

Comment vous habillez-vous, pour les jours les plus solennels de votre vie ? Et Aaron, pour le jour le plus saint ?

Aaron a deux séries de vêtements : « les vêtements en or » (Ex.28v1 et ss), pour les grandes fêtes, et les vêtements de lin pour les jours ordinaires (Lévit.6v3-5).

Or, c’est revêtu de lin, c’est à dire humblement, qu’il entre au-delà du voile, où il peut s’approcher le plus du Dieu « trois fois saint » ! Dieu invite le plus saint à s’approcher de lui revêtu d’humilité. Pourquoi ?

En Esaïe 6v2-3, les séraphins acclament l’Eternel : « Saint, saint, saint, l’Eternel » mais se voilent la face. Ils n’osent pas contempler la sainteté de Dieu. Esaïe, témoin de la scène, n’ose pas regarder non plus. Il constate d’ailleurs une chose surprenante dans cette scène : la position des séraphins et la position de Dieu ! Les séraphins se tiennent au-dessus de Dieu mais ils n’ont pas usurpé de place : c’est Dieu qui se tient au-dessous d’eux, par humilité.

Les séraphins ne disent pourtant pas « humble, humble, humble, est le Seigneur » mais « saint, saint, saint », car la sainteté de Dieu réside dans son humilité. Ce qui le rend unique et « tout autre ».

Seul un humble peut rencontrer un autre humble. Le chemin de sanctification est un chemin d’humilité.

Nous-mêmes, « baptisés en Christ, revêtus » de l’humble Christ (celui qui a lavé les pieds de ses disciples, donnant à voir ce qu’est le mini-stère), notre souverain sacrificateur, nous cheminons avec lui jusqu’au-delà du voile, à la rencontre du Dieu « trois fois saint », « parfaitement saint » et « parfaitement humble ». L’affaire, non d’un jour par an mais de tout le quotidien de la vie.

C) Le saint pécheur : Confession et prière de repentance

Le premier sacrifice offert par Aaron lors de Kippour ? Un sacrifice « d’action de grâce » ? Non. Lévit.16v3, 11 et 25 : un sacrifice pour le péché, pour lui-même, sa famille et le peuple. Il offre un taureau, un sacrifice qui ne passe pas inaperçu et qui rappelle un autre animal, le veau d’or.

Cela signifie que le plus saint du peuple…est un pécheur ! (« plus saint que moi tu meurs », je suis pécheur ! dirait Aaron)

C’est quoi être saint ? Pas d’être « sans péché », car il n’y aurait aucun saint (seul Christ est le saint sans péché), mais de prendre conscience de ses péchés et de toujours en demander pardon, humblement, sans cesse, jusqu’au bout, pour soi mais aussi pour les autres. Car tout pécheur convaincu de péché, repentant, est pardonné. La vraie repentance consiste pour nous à être brisé par la tristesse infinie d’une situation où nous nous sommes compromis. C’est parce que nous comprenons à quel point notre péché risque d’abîmer notre relation à Dieu et aux autres, que nous sommes dans une profonde conscience de notre culpabilité.

Prière : un domaine où je dois me repentir ? Où Jésus ne règne pas ?

Aaron confesse les péchés du peuple mais ne juge pas, car il sait qu’il est pécheur lui-même. Mais aussi parce que si le peuple pèche, c’est en partie à cause de lui, qui a entraîné tout le monde dans l’idolâtrie (la fête pour le veau d’or, présentée comme « une fête pour l’Eternel » !).

En Lévit.4, il est question des péchés involontaires, qui ne rendent pas les autres coupables, sauf quand il s’agit de ceux du souverain sacrificateur (Lévit.4v3). Et nous sommes tous souverains sacrificateurs ! Le plus responsable est aussi le plus coupable. Plus un homme est saint et plus la moindre de ses fautes, même involontaire, peut scandaliser/blesser les autres.

Le souverain sacrificateur est celui qui prie et intercède tout le temps. Il sait que les fautes involontaires, même cachées et inconnues des autres, polluent et troublent la prière et le discernement de celui qui doit conduire le peuple, mais aussi l’amour de celui qui doit transmettre au peuple l’amour même de Dieu. C’est pourquoi il ne doit pas cesser de se repentir.

La repentance est donc une clé de la vie chrétienne, de la sainteté.

La prière qui nous rapproche le plus de Dieu ? Le jour le plus saint de l’année, le jour où l’homme peut se rapprocher le plus de Dieu, Dieu attend de sa part une prière : une prière de repentance.

Les fautes non conscientes/collectives

Il est bon de ne pas attendre pour confesser ses fautes, une fois convaincu de péché par le Saint-Esprit. Mais que faire quand une faute reste cachée, non révélée ? Je peux avoir blessé et offensé quelqu’un sans le savoir.

Yom Kippour est le jour où le souverain sacrificateur demande à Dieu pardon pour toutes les fautes ignorées de ceux qui les ont commises mais connues de leurs victimes et de Dieu, aussi bien pour les fautes individuelles que collectives.

 La faute collective la plus grave, parce que souvent non consciente :

La mort de Christ à la croix. Qui a mesuré ce que cela a représenté pour le Père ? Jésus a prié : « Père, pardonne-leur… » (Luc 23v34)

« Tout bien portant est un pécheur qui s’ignore » ou pourquoi se culpabiliser alors que je ne me sens pas coupable ?

Nous ne faisons pas de nos fautes involontaires/non conscientes des sujets de repentance. Nous ne nous sentons pas coupables. La psychologie nous recommande de chasser tout sentiment de culpabilité. Mais en disant cela, nous pensons surtout à nous et pas à la victime de notre faute, qui, elle, souffre.

Mais l’appel à la repentance n’a rien à voir avec la culpabilisation.

Pierre, dans Actes 3v17, invite à la repentance en vue du pardon de Dieu, lorsque le peuple prend conscience de sa faute collective.

La repentance conduit au pardon et le pardon à la réconciliation, à la réparation et à la paix (non pas l’absence de ce qui dérange mais l’établissement de ce qui est bon. Et sans justice, pas de paix). Dieu pardonne le pécheur repentant et console celui qui a été blessé.

D) « Voir Dieu et mourir » : « Un feu étranger » (Lévit.10v1-2

Le début de Lévit.16v1-2 rappelle que s’approcher de Dieu dans la sainteté, c’est risqué. De quoi et pourquoi sont morts les fils aînés d’Aaron ?

La grâce faite aux deux fils aînés d’Aaron était de voir Dieu et ne pas mourir (Ex.24v9-11). « Cool », ont-ils dû se dire. Mais le risque est de « mal vivre » une telle grâce, comme les fils d’Aaron, qui se sont crus permis de prendre des initiatives et de faire ce que Dieu ne leur a pas demandé.

Se présenter devant Dieu avec « un feu(ou une passion) étranger(e) », tue et conduit à la mort. Ce feu est séducteur, autonome, subtil. Exemple : défier Dieu par orgueil ; abuser de son pouvoir pour manipuler les autres et même Dieu ; vaine gloire suite à des expériences spirituelles ; être « accro » aux expériences spirituelles au point de toujours en redemander sans jamais dire « merci »…..Il y a de nombreux chemins qui mènent à la mort.

Un seul chemin mène à la vie : Bien vivre la grâce comme Aaron, à qui Dieu promet deux fois : « Et il ne mourra pas… » 

Un chemin d’humilité et de repentance (car son péché – le veau d’or – a été grand) dans l’amour (pour Dieu et le peuple assoiffé du pardon de Dieu) et l’obéissance (aux prescriptions de Dieu pour Kippour).

Une promesse de Dieu : « J’apparaîtrai… » : Dieu invite au-delà du voile, non pas Moïse, mais Aaron, le fabriquant du veau d’or (fausse image de Dieu) et lui assure qu’Il se verra voir !

[« Tu as fait une fausse image de moi et égaré le peuple : je vais te révéler qui je suis vraiment et tu ne mourras pas de m’avoir vu »].

Le texte est très pudique à ce sujet : « j’apparaîtrai sur le propitiatoire », au-delà du voile et « dans la nuée »…une simple nuée produite par Aaron par sa cassolette à encens. Dieu choisit d’apparaître à travers l’inconsistance de la prière d’Aaron. Un rendez-vous dans le plus grand silence et dans l’intimité puisque sans témoin.

Un Dieu pressé, au point d’interrompre le sacrifice (v11-14) :

Dieu ordonne curieusement à Aaron d’interrompre le sacrifice pour offrir le parfum, avant l’aspersion du sang. Comme si Dieu était pressé d’apparaître à Aaron dans la nuée et avant que le Saint des Saints soit purifié par le sang et avant la confession des péchés.

Il veut montrer à Aaron sans délais qu’il ne mourra pas et que ses péchés sont pardonnés (cf le père dans la parabole coupant la confession du fils prodigue repentant dans Luc 15v20).

Kippour est donc une fête qui célèbre, non pas un « faire » de Dieu mais son « être » : sa bienveillance et sa miséricorde. Nous aussi, quittons « l’âge du faire »….

E) Après la vision

Aaron se rend compte qu’il est toujours vivant, par la grâce de Dieu. Il ne saute pas de joie mais poursuit la repentance, devenue plus douce et plus légère : (cf Luc 15v20-21) il peut confesser tous les péchés du peuple (v21), pour se libérer.

Pardonné, libéré, Aaron reçoit des forces nouvelles qui lui permettent de porter devant Dieu les fautes du peuple. Et pour lui dire « pardonne-nous nos offenses », délivre-nous et sois-nous favorable (= « kâphar », racine du mot « kippour ») en ce qui concerne nos fautes passées, présentes et à venir.

Deux boucs :

Dieu lui demande alors un autre sacrifice, d’expiation : celui d’un bouc, (v25), pour d’autres péchés plus profonds, cachés. (Existe-t-il un domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?)

Un deuxième -appelé le « bouc émissaire »- est chargé des péchés du peuple par Aaron, qui les confesse à haute voix pour que tout le monde entende. Puis le bouc était chassé et éloigné dans le désert.

Le premier bouc sacrifié représente la propitiation : la colère de Dieu s’apaise ainsi par ce sacrifice, qui annonce à l’avance celui -parfait- de Jésus. Avant la venue de Jésus, Dieu avait « patienté » vis-à-vis de la punition du péché. Par ce sacrifice de bouc, Dieu montre qu’il est juste, car le châtiment a eu lieu.

Le deuxième bouc représente l’expiation : ce n’est pas le pécheur que Dieu éloigne de lui mais le péché, qui, de la sorte, ne trouble plus notre relation avec Dieu.

Nous recevons ainsi, en vertu de ce sacrifice, la paix de Dieu et vivons la paix avec Dieu : la paix, ce n’est pas la tranquillité, l’absence de ce qui nous embête. C’est l’établissement de ce qui est bon. Nous bénéficions ainsi d’une nouvelle relation avec Dieu. Il ne nous voit plus comme des pécheurs, mais comme des fils, qu’il a adoptés pour Lui. Ex : dans la parabole, ce qui intéresse le père, c’est de retrouver son fils, « mort et revenu à la vie ».

Aux vv23-24, Aaron se lave, ôte ses vêtements de lin, revêt ses « vêtements d’or » et sort du sanctuaire. Pourquoi se laver pour sortir du lieu Très Saint vers un lieu moins saint, et pour quitter le Dieu « Trois fois saint » pour aller vers un peuple de pécheurs ?

Nous ne sommes pas faits pour vivre dans un face à face exclusif avec Dieu, à l’écart des autres. Mais pour être devant Dieu, pour mieux aller vers les autres et être avec eux.

Dehors, Aaron n’est plus seul et se retrouve avec le peuple, sur lequel il pose un nouveau regard – celui de Dieu : il n’a plus devant lui un peuple repentant, écrasé de péchés mais un peuple saint, purifié (v30), dont les péchés ont été expiés et emportés loin par le bouc émissaire. Un peuple qu’Aaron considère même comme plus saints que lui. Nous-mêmes, voyons-nous comme « une race élue, un sacerdoce royal, une nation sainte, un peuple acquis, afin que nous annonçons les vertus de celui qui nous a appelés des ténèbres à son admirable lumière », nous « qui autrefois n’étions pas un peuple, et qui maintenant sommes le peuple de Dieu, nous qui n’avions pas obtenu miséricorde, et qui maintenant avons obtenu miséricorde » (1 Pie.2v9-10) ?

Aaron, après avoir vu Dieu au-delà du voile, sait que le peuple est pardonné, purifié, sanctifié par la grâce de Dieu. Il peut maintenant prononcer la bénédiction et prononcer le nom de Dieu imprononçable pour que le peuple soit encore plus sanctifié.

La bénédiction se lit en Nombres 6v22-27. C’est Dieu qui bénit. La bénédiction dit « toi », parce que chaque membre du peuple, unique devant Dieu, est béni personnellement.  Mais aussi parce que c’est le peuple qui est tutoyé collectivement, pour souligner l’unité et la communion profondes du peuple face à Dieu, qui soude cette unité.

Cette bénédiction nous donne à voir la lumière de la face de Dieu, qui se lève sur nous. Pas le visage de Dieu blessé par l’offense de la mort de Son Fils, mais la lumière de l’amour de Dieu qui te pardonne mais aussi nous pardonne collectivement. Le visage de Dieu ne s’abaisse pas vers nous mais se lève vers nous, comme s’il était à nos pieds, à genoux peut-être devant nous, comme Jésus s’est abaissé devant ses disciples pour leur laver les pieds (Jean 13v5) ; et comme Jésus s’est abaissé pour écrire par terre, avant de lever son visage pour prononcer une parole de grâce (Jean 8v8).

Aaron, en tant que souverain sacrificateur, a vécu ce jour dans le silence, l’obéissance et la prière de repentance. Lorsqu’il a pris la parole devant tout le peuple, c’est, non pour le maudire mais pour le bénir, de la bénédiction de Dieu. La bénédiction n’est pas la prière ; elle n’est pas tournée vers Dieu ou vers soi, mais vers les autres. Elle donne ce qu’elle a reçu de Dieu dans la prière. Elle donne à voir la lumière du Dieu Trois fois saint, qui manifeste une sainte humilité.

 

Conclusion : Comparer les résultats de la visite guidée avec les 5 mots retenus. Demander aux participants si, suite à l’exploration du texte biblique, ils aimeraient changer les 5 mots retenus par leur groupe lors de la cascade et pourquoi.

 Prière 

 

 

Source/inspiration : Bourguet, Daniel. Père, sanctifie-les ! Edition Olivétan, 2008 (collection veillez et priez)

Jean 8v1-11 : Mais qu’écrivait donc Jésus, avec ses doigts, sur le sable…?

Le Christ et la femme adultère, de Nicolas Poussin (1653). Huile sur toile, exposée au musée du Louvre.

« Et Jésus gagna le mont des Oliviers. 

Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. 

Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 

Et s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 

Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, 

Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » 

Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8v1-11)

[D’après les notes prises par mon frère Pierre-Louis, lors d’une étude de ce passage de l’Evangile, dans le cadre de mon groupe biblique pour hommes. Qu’il en soit remercié !]

Contexte de l’action :

Où : Mont des Oliviers, puis dans le Temple de Jérusalem / Quand : dès le matin / Qui : Jésus, le peuple, scribes et pharisiens, la femme

Dans ce passage, nous retrouvons 4 principales interactions. En guise de jeu, nous allons les résumer comme si nous donnions un titre au passage :

· Jésus et le peuple.

· Jésus et les scribes/pharisiens.

· Jésus et la femme adultère.

· Le 4e titre apparaît tel un filigrane dans notre passage. Pour garder le suspens, il sera révélé aux persévérants qui liront la présente étude en entier.

1/ Jésus et le peuple

Après que tout le monde soit rentré de la fête des Tabernacles à sa maison, et que Jésus soit monté (pour la nuit ? en présence de ses disciples ?) au Mont des Oliviers, nous retrouvons Jésus (et ses disciples) de nouveau dans le Temple, « dès le matin » précise le verset 2.

Le peuple vient à Jésus, puis Jésus, assis, enseigne le peuple. Jésus semble prendre la même posture qu’au chapitre 6, lorsqu’il considère, ému de compassion, la foule qui vient à lui sur la montagne. Jésus connait le besoin de ce peuple, et il se positionne non du haut de sa chaire, mais à sa hauteur, assis dans le parvis du Temple.

2/ Jésus et les scribes/pharisiens

Sur ces faits, les scribes et pharisiens, connaisseurs de la loi mosaïque, amènent une femme devant Jésus. On peut éventuellement imaginer la manière dont ils l’amènent : molestée, insultée, raillée, traînée par les cheveux, « c’est une honte (& co) ».

Le motif invoqué par les scribes et pharisiens pour agir de telle manière est le suivant : cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or selon la loi (Deutéronome 22v23-24 / Lévitique 16), le châtiment de lapidation s’applique aux personnes (femmes… et hommes) qui agissent de cette sorte.

Au-delà de leur volonté d’appliquer la justice, la Parole nous précise que l’accusation tend également un piège à Jésus, pour lui faire perdre la face devant le peuple et peut-être pouvoir récupérer quelques chefs d’accusation pour le faire arrêter.

Leur vérité : « Moïse, dans la loi, dit de lapider de telles femmes. »

Leur question : « Toi donc que dis-tu ? »

Les scribes et pharisiens mettent Jésus face à une situation d’adultère, mais également et surtout face à la loi de Moïse.

Ce que dit Jésus, est-ce légitime ? Que dit donc précisément la loi de Moïse ? Deux choses :

Lévitique 18v20 : « Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. »

Deutéronome 22v23-24 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. TU ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Notons deux détails, intéressants justes pour questionner la démarche des scribes et pharisiens :

– Comment prendre en flagrant péché d’adultère une femme ?

– Et si l’homme et la femme sont condamnés par la loi, où est l’homme ? La justice des scribes et pharisiens fait elle finalement une différence entre les genres (de mémoire un autre titre proposé était : « Où sont les hommes ? ») ?

Par ailleurs, ce n’est pas leur 1ère tentative, (Cf. Jean 7v45-52).

La réponse de Jésus vient en 3 temps : un 1er mouvement, une question, et un 2nd mouvement.

Tout d’abord, Jésus, alors sur l’assise, se baisse pour écrire du doigt dans la poussière du sol, quelque chose (dessin, écriture…) qui n’est pas décrit. Que pourrions-nous imaginer ? Peut-être que Jésus a inscrit du doigt dans le sol les versets de la loi de Moïse – par exemple : « tu ne commettras pas d’adultère », sachant qu’ « adultère » est synonyme de « pécheur »? (1)… Nous ne pouvons que le supposer. Par ailleurs, le seul à écrire avec le doigt, dans la Bible, c’est Dieu écrivant les Dix commandements sur les tables de pierre (Ex.31v18, Deut.9v10). Ce passage nous rappelle également la mention du doigt présent en Daniel 5v5, lors du festin donné par le roi Balthazar. Enfin, l’acte d’écrire sur la terre n’apparaît que dans Jérémie, où le prophète menace ceux qui se détournent de l’Eternel d’ « être écrits sur la terre » (Jer.17v3). Ce geste peut donc nous évoquer l’autorité de Jésus, en lien avec la question qu’il pose par la suite aux scribes et pharisiens.

Jésus répond à la question (et autres interrogations non-nommées, v.7) par cette parole : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Nous notons que l’attitude physique de Jésus a changée. Il a dit cette parole après s’être levé, prenant une posture d’action, et d’autorité. Jésus renvoie les scribes et pharisiens à un examen en eux-mêmes pour s’interroger sur leur légitimité à porter une accusation d’adultère.

Jésus ayant terminé de parler, se baisse de nouveau, et continue d’écrire sur le sol(2). Les scribes et pharisiens ont donc leur réponse par une question implicite : quel homme n’a pas commis de péché d’adultère pour être digne de jeter le premier une pierre contre cette femme ?

La réaction des hommes présents, accusés par leur conscience, est de prendre la fuite, discrètement, sans bruit, comme en cachette. L’attitude de ces hommes fait penser à Adam qui se cache pour fuir Dieu alors qu’il découvre son état de péché. On peut ressentir que les scribes et pharisiens n’ont pas un cœur de repentance par rapport au péché démasqué en eux. Ils sont couverts de honte, des plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus, qui n’a pas péché d’adultère, reste donc seul avec la femme. Lui seul est digne de juger cette femme, lui seul est juste pour choisir de condamner ou de gracier.

3/ Jésus et la femme adultère

La première action de Jésus, une fois seul avec l’accusée, et de reprendre une position debout, signalant encore une fois un passage à l’action.

Puis Jésus pose deux questions à la femme : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il donc condamné ? »Par cette question, il redonne à la femme la liberté de s’exprimer, il lui redonne également la dignité d’un être humain doué de parole (ce qui ne semblait pas jusque-là être la conception des scribes et pharisiens).

Sa posture n’est donc pas de la condamner, alors qu’il est en mesure de le faire. Au lieu de cela, Jésus relève la femme en lui faisant constater qu’il l’a défendue de ses accusateurs, et qu’il lui donne la possibilité de lui parler et de s’avouer à lui.

La femme répond donc à Jésus : « Non, Seigneur », et reconnait par sa réponse que Jésus est bien celui qu’elle désire comme son Seigneur. Cette réponse donne également à Jésus l’autorité pour enlever la condamnation et la libérer tout en lui recommandant de ne plus pécher, c’est-à-dire de ne plus être esclave du péché. Il libère la femme, selon 3 étape :

  • Je ne te condamne pas : Jésus fait grâce.
  • Va : Jésus libère.
  • Et ne pèche plus :Jésus rend capable de ne plus être esclave du péché.

4/ Jésus et moi (le lecteur)

Entre les lignes de ce passage, nous observons plusieurs comportements face à Jésus, qui est Dieu. De la même manière que nous pouvons être une terre en bord du chemin, rocailleuse, couverte de ronces, ou au contraire une bonne terre fertile, bien retournée (cf. Matthieu 13, Marc 4, Luc 8), nous nous comportons également de plusieurs manières dans notre relation avec Jésus, notamment face à notre péché, et aux adultères que nous commettons envers Dieu lui-même (la notion d’adultère apparaît la première fois en Exode 20 et fait référence d’abord au fait de se faire « d’autres dieux » que notre Dieu).

Les scribes et pharisiens nous témoignent un comportement hypocrite (ils ne reconnaissent pas leur propre adultère), partial (il n’y en a que pour les femmes) et hautain (« notre classe/espèce/rang social » ne pèche pas, mais seulement ceux qui sont sans savoir).

La femme, elle, n’a rien fait que se tenir humblement devant Jésus, lui répondre, accepter la libération du joug, le pardon du péché. Cela lui permet d’être libre, d’aller, et de ne plus pécher, non pas parce que la loi l’interdit, mais par conscience de l’amour que Dieu a pour elle.

On peut se souvenir de Marie, qui était enceinte de Jésus hors-mariage. Selon la loi, Joseph aurait pu la condamner, mais parce qu’il a écouté l’ange, il lui a fait grâce et l’a prise pour femme.

Dans ce passage, le lecteur est finalement mis face à lui-même, et face à la Parole de Dieu pour évaluer sa position (est-il sans péché ?), décider de sa posture (humilité/orgueil) et finalement laisser Dieu opérer une libération du péché dans son cœur.

En appui de ce texte :

Galates 5v1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».

Proverbes 3v34 : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles ».

 

 

Notes :

(1) Erri de Luca estime que « l’assemblée du Sinaï, qui assiste à la scène, lit dans la poussière du sol : « tu ne tueras pas ». (Jésus) écrit sur la poussière du sol : pourquoi ? C’est peut-être samedi ? Les choses interdites du samedi comprennent aussi l’écriture, mais elle est autorisée sur la poussière ou le sable. L’étranger accomplit un geste permis un jour de fête. Mais ce ne peut être un samedi, on ne prononce aucun jugement et on n’exécute aucune condamnation le jour de shabbat. c’est précisément ce qu’il leur dit : quand il s’agit de condamnation à mort, tous les jours se transforment en shabbat. Il donne enfin le dernier dispositif du dénouement : que celui d’entre eux qui n’a jamais commis de faute jette la première pierre. Personne ne veut être le premier dans une lapidation. A plus forte raison, personne ne s’avancera devant sa communauté avec la pierre de celui qui est sans faute. » (Et il dit, pp71-72)

(2) Sur le site « 1001 questions », le Répondant souligne que « Jésus écrit deux fois (le verbe utilisé la première fois suggère une écriture multiple, le verbe utilisé la seconde fois suggère qu’il raye [ou qu’il efface] ».

Le « Brief » de l’animation biblique

« L’animation de groupe biblique vise à cadrer et conduire à une rencontre entre des hommes et le texte biblique…. » ( Source : Pixabay)

Tu aimes la Bible, Parole de Dieu, et tu souhaites être formé pour la comprendre et l’expliquer autour de toi, conduire un groupe d’étude et de partage biblique, par exemple, dans le cadre de ton église locale ou ta paroisse… ? Et, au-delà, devenir un homme de la Parole et de parole ?

Ce qui suit(*) est pour toi !

(*) D’après les notes de préparation de mon frère Pierre-Louis(que je remercie), lequel se forme à l’animation biblique au sein de mon groupe Pep’s (Partage et Etude de la Parole – Soutien). Le contexte est celui d’un groupe pour hommes se réunissant mensuellement mais « le brief » peut être aisément adapté à d’autres groupes, dans d’autres situations.

 

L’animation de groupe biblique vise à cadrer et conduire à une rencontre des hommes avec Dieu :

–          Une rencontre entre l’homme et le texte biblique

–          Une rencontre des hommes les uns avec les autres

Les objectifs d’un groupe d’étude et de partage biblique pour chaque homme :

–          Croître en caractère : connaître l’identité et l’œuvre de Christ, nous comprendre en Christ

–          Croître en conviction : vivre en homme affranchi, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et en lequel Dieu a établi son royaume de justice, de paix et de joie

–          Croître en compétence : connaître toute la Parole et la transmettre à d’autres, conduire d’autres personnes dans la compréhension (sans oublier l’application) du texte biblique

Au final, devenir « un homme de la Parole et de parole », à l’image de Jésus-Christ !

Les moyens de l’étude :

–          Le modèle de Jésus-Christ, notre Sauveur et Seigneur

–          La Parole de Dieu comme fondement de vérité

–          Le Saint-Esprit, notre conseiller

Grands principes de l’animation :

–          L’animateur fixe le cadre, et il n’est pas dans le cadre : l’animation n’est pas à propos de lui, ni pour lui, mais elle est à propos de la Parole et des membres du groupe qui la rencontre.

–          L’animateur favorise l’échange, mais conserve la légitimité d’intervenir à tout instant

–          Le co-animateur est un soutien d’intervention, de prière, discernant le besoin du groupe pour faire avancer la rencontre par une intervention pertinente le cas échéant.

–          La posture des animateurs ne sert pas à moraliser ou à édifier, elle reste factuelle.

–          Une bonne étude nous conduit à l’humilité, exalte le sauveur et promeut la sainteté.

 

Déroulement d’une séance-type (19h-21h) :

  Activités
18h45 Arrivée des animateurs
19h00 Arrivée du groupe

Temps de prière

Temps de communion (inviter chacun à parler, évacuer sa journée, climat de confiance)

19h30 Démarrage de la séance (on range les nourritures salées)

–        Introduction de l’animateur

–        Prière du co-animateur (engagement dans l’étude, la recherche active de Dieu)

–        Débrief de la séance précédente par un membre

–        Introduction au thème principal de la séance (par ex. sous la forme d’un jeu inclusif)

19h40 1.       Phase d’observation (Où, Quand, Qui, Quoi) – Cadré et conduit

–        Poser les règles (lecture silencieuse et active, repérage des paramètres OQQQ, des acteurs, actions, des indicateurs clés tels que les mots redondants et les liaisons).

–        Partage interactif du produit commun sur paperboard.

20H00 2.       Phase de compréhension (Comment, Pourquoi) – Interactivité et construction

–        Lecture et mise en relation d’1 ou 2 passages bibliques relatifs au thème principal de la séance

–        Remettre le texte dans le contexte de l’Evangile pour détourer sa position et son objectif

20H30 3.       Phase d’appropriation (Décision/Prise de position face à la vérité) – Communion

–        Synthèse et remise en contexte du thème principal

–        Amener le groupe à prendre position (par ex. les ténèbres VS la lumière, l’isolement VS la communion etc.)

–        Temps de prière introduit par les animateurs ou en prière conversationnelle 

 

Aller plus loin :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/12/03/sortez-de-votre-zone-de-confort-quelle-est-votre-vision-pour-les-hommes-dans-votre-eglise/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/01/06/pourquoi-creer-une-cellule-de-vie-pour-hommes/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/11/02/de-lunite-en-crise-a-lunite-en-christ-le-defi-des-hommes-reunis-pour-letude-biblique/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/01/19/laction-du-mois-soyons-des-hommes-de-la-parole-et-de-parole/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/01/11/laction-du-mois-soyons-des-hommes-de-la-parole-et-de-parole-2/

 

 

 

« Christ notre gardien : lecture suivie de la lettre de Jude (2)

Au-delà de cette étude, « rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement ! »

Suite et fin de la visite guidée de l’épître (ou lettre) de Jude, entamée mercredi.

JUDE 1 : 14-16

  • C’est aussi pour qu’Hénoc, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Il s’agit d’Hénoc qui a marché avec Dieu et qui été enlevé sans passer par la mort physique (Genèse 5 / 1 Chroniques 1 / Hébreux 11 : 5 ). Hénoc a prophétisé le retour de Christ et le Jugement Dernier selon Mc Arthur (1 Th 3).
  • Voici que le Seigneur est venu avec ses saintes troupes : D’autres versions proposent « ses saintes myriades ». Il s’agit des anges qui Le servent (v.14).
  • … pour exercer un jugement contre tous : Ce jugement concerne les actes d’impiété et les paroles dures. Cela m’amène à demander à Dieu qu’en tant que chrétien je ne prononce que des « paroles assaisonnées de sel », remplies de Sa saveur (v.15) !
  • Toujours mécontents, ces hommes se plaignent sans cesse de leur sort : Les gens qui se plaignent de tout et tout le temps sont des plaies pour eux-mêmes et pour les autres !
  • Et marchent suivant leurs désirs : Ils sont incapables de s’intégrer dans la société, et refusent de se plier joyeusement à la volonté de Dieu ! Leurs discours impressionnent et flattent les autres mais ils sont creux et ne servent que leur intérêt personnels (v.16). Ils ne sont pas remplis de l’amour de Dieu (1 Cor. 13).

JUDE 1 : 17-19

  • Quant à vous, bien-aimés : Jude s’adresse à ses frères en Christ comme au verset 3. Il leur montre son tour pour eux. L’expression « quant à vous » révèle son désir de les responsabiliser.
  • Souvenez-vous : Dans le Livre des Actes, la communauté chrétienne persévérait dans l’enseignement des Apôtres (des 12 choisis par Jésus avec Matthias à la place de Judas). Cet enseignement était fondé sur Jésus-Christ (v.17).
  • Ils vous disaient : D’abord, les Apôtres ont enseigné sur « la fin des temps ». L’une des caractéristiques est la moquerie. Des « moqueurs » vivront donc selon leurs propres voies (désirs, souhaits, volontés …). Dans ce cas, le « désir » est le moteur dont le carburant est l’impiété (injustice, iniquité …) – (v.18).
  • Ce sont ceux qui provoquent des divisions : Ces divisions concernent d’une part la doctrine (par exemple, on enseignera une fausse paix …), d’autre part la pratique de la doctrine (par exemple, on vivra selon une paix sociale obligatoire selon une pensée unique …). Ces gens n’ont pas l’Esprit Saint en eux. C’est leur « chair » ou « nature propre » qui domine leur volonté !!! (v.19).

JUDE 1 : 20-25

  • Quant à vous, bien-aimés … Jude répète cette formule (ouverture v.17) pour insister sur l’importance de son exhortation.
  • Edifiez-vous sur votre très sainte foi et priez par le Saint-Esprit : En quelque sorte, l’Église ne doit pas oublier l’enseignement de Christ et de ses apôtres, mais doit en plus, s’édifier (se construire) sur la foi lui venant de Dieu (Ephésiens 2 / Hébreux 11), et vivre (respirer) dans la prière par l’Esprit (peut-être les « soupirs inexprimables » de l’épître aux Romains ?). En tout cas, rien de charnel ne doit s’y mêler !!! (v.20).
  • Maintenez-vous dans l’amour de Dieu en attendant le jour … D’un côté il y a l’enracinement dans l’amour (selon l’apôtre Paul), de l’autre il y a le maintien dans l’amour. C’est là que se révèle la volonté d’être fidèle à Jésus-Christ. Il faut toujours garder à l’esprit que nous vivons de l’amour de Dieu, que nous dépendons de Lui, et c’est bien cet amour divin qui nous permet d’attendre Son retour et la vie éternelle (v.21).
  • Ayez compassion … La compassion vient de l’amour de Dieu. C’est une émotion divine qui était en Christ. Mais afin qu’elle accomplisse la volonté de Dieu, cette compassion est accompagnée du discernement. Dans ce cas, il s’agit en particulier des personnes qui contestent (version Genève 1979). Il faut donc aimer les contestataires sans accepter l’esprit et le contenu de la contestation (v.22).
  • Quant aux autres : Ceux qui vivent dans le péché peuvent être « arrachés au feu » (à la condamnation). C’est avec une sainte crainte (celle d’être fidèle à Dieu) que nous les approchons, sans faire de compromis avec leur péché (symbolisé par la souillure du vêtement – voir Apocalypse 22 : 14) – (v.23).
  • A celui : Il s’agit de Dieu bien sûr. Les versets 24 et 25 forment la « doxologie » de la lettre de Jude (la note finale à son discours).
  • Qui peut vous garder de toute chute … Il met tout à notre disposition pour que nous ne chutions pas pendant notre marche avec Lui.
  • Et vous faire paraître devant Sa gloire irréprochables et dans l’allégresse : Cette gloire représente tout ce qui émane du trône de Dieu. Paul désirait présenter l’Église sans tache, sans ride au Jour du Seigneur. Jean aussi dans Apoc.22 : 14 en parlant de « laver leur robe ». Même idée dans le mot « irréprochables ». Ceci n’est pas une œuvre humaine. Nous devenons irréprochables par Jésus, son sang versé pour le pardon. Avec la grâce il y a l’allégresse, une joie puissante explosant en louange. Jésus nous permet de nous purifier, de nous sanctifier pour le « grand jour » !
  • Oui, à Dieu seul sage, qui nous a sauvés par Jésus-Christ, appartiennent gloire, majesté, force et puissance : Nous rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement !

 

Lecture suivie proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur, que je remercie chaleureusement. Base de l’étude : Bible Thompson 21 / Bible avec commentaires de McArthur /  Le Christ dans toutes les Écritures (A-M Hodgkin) / La Bible du Semeur / BS 21 (archéologie et histoire) / L’Epître de Jude (Samuel Benetreau).

« Christ, notre Gardien » : lecture suivie de la lettre de Jude (1)

Une épître adressée « à ceux qui sont appelés », c’est à dire « gardés pour Jésus-Christ »….et un appel à la vigilance.

Avez-vous déjà lu au moins une fois l’épître (ou la lettre) de Jude ?

Si la réponse est non, ou si vous la connaissez mal, voici une visite guidée de ce très petit livre de la Bible, mais au contenu essentiel, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur. Qu’il en soit remercié, d’autant plus que les commentaires/prédications sur le sujet sont peu courantes. Bonne étude !

JUDE 1 : 1-2

  • De la part de Jude … Il convient, en commençant notre lecture, de se demander qui est cet homme, dans quel contexte il vit et exerce son ministère, et à qui il adresse sa lettre, découvrir enfin quelle en est la raison. C’est un texte très court. La Thompson 21 ne numérote aucun chapitre. Jude semble donc être l’auteur à cause de l’expression introductive « de la part de » qui précède le prénom. Lorsque j’ai reçu le témoignage du réveil, j’ai réalisé combien nos églises pouvaient se laisser aller à la négligence, et parfois même à la perversité dans le péché de façon consciente. À ce jour, je vois que c’est mon propre cœur qui est la cible de l’épître de Jude ! Cet homme, frère de Jacques (responsable de l’Église à Jérusalem), ne croyait pas que Jésus était le Messie (Matthieu 13 / Marc 6 / Jean 7) lorsque le Seigneur est apparu. Mais, par la grâce de Dieu, Jude est devenu un pilier de la foi pour édifier l’Église de Jésus-Christ. Il se déclare, comme Paul, serviteur de Jésus-Christ. Il sait que Jésus est mort et ressuscité. Il ne sert pas un mort, mais un Dieu vivant.
  • À ceux qui ont été appelés … Le mot « appelés » nous ramène au but divin : amener chacun au salut éternel. Dieu connait ces « appelés », il les aime (lire Jean 3 : 16) en tant que « Père ». Ces « appelés » sont gardés pour Jésus-Christ. Ces quelques mots peuvent nous pousser à faire une étude approfondie de ce que signifie « être gardé ». Il y a le sens « d’être mis à part » pour le service de l’Évangile. Il y a celui « d’être protégé » pour accomplir une mission. Mais ici, Jude relie le mot gardés à celui de Jésus-Christ. Hodking donne le titre suivant à cette épître : Christ, notre gardien. Il nous garde donc pour nous avoir avec lui, dans sa présence. Cette volonté est liée à l’agape [amour] de Dieu. Certaines versions ont écrit par Jésus-Christ, ce qui nous ferait comprendre le statut de gardien qu’a Jésus, et sa fonction de médiateur.
  • Que la compassion, la paix et l’amour vous soient multipliés ! Les mots compassion et paix sont des termes courants de salutations entre les hébreux. Le mot amour a été rajouté dans les usages de l’Église. La « compassion » représente une empathie de l’un en rapport avec la souffrance de l’autre (il y a l’idée de miséricorde). La « paix » est la recherche sans relâche de la concorde, et le souhait du bien pour autrui. Enfin, l’amour est une pleine identification avec Dieu qui prend la forme d’homme jusqu’au sacrifice ultime à Golgotha, pour le salut de ceux qu’Il aime (v.2). À travers la salutation, Jude transmet à ses destinataires ce qui est sur le coeur de Dieu, ce qui est de sa nature et qui doit l’être de la nature des chrétiens.

JUDE 1 : 3-4

  • Bien-aimés, alors que j’avais le vif désir de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun … Dès fois, il nous faut changer de plan dans nos projets même s’ils viennent d’un vif désir. Jude pensait écrire un texte doctrinal, sans doute pour fonder un peu plus la foi des convertis, mais il change d’avis. Il écrit finalement une lettre polémique (Benetreau). Le salut est en général le sujet préféré des écrivains du N-T. Mais là, vue la situation, il convient d’aller droit au but, et aborder nécessairement les problèmes (v.3a).
  • j’ai été contraint de vous envoyer cette lettre afin de vous encourager à combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes : Il s’agit de la contrainte du Saint-Esprit et non d’un groupe ou d’un homme d’influence. Le but du courrier est clairement annoncé : la foi éternelle (v.3b).
  • Il s’est en effet glissé parmi vous certains hommes dont la condamnation est écrite depuis longtemps : L’impiété de ces individus est donc connue de Jude (v.4a). Mais quelle est la nature de cette impiété ? La grâce de Dieu est transformée en débauche. Ces gens renient Dieu (Maître – ainsi que Jésus-Christ) ! (v.4b). Il faut aussi être réaliste, il y a de ces gens qui se glissent dans les églises pour les détruire, mais Dieu leur annonce déjà leur jugement (à moins qu’ils ne se repentent).

JUDE 1 : 5-7

  • Je veux vous rappeler, à vous qui le savez bien, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple en le faisant sortir d’Égypte, a fait ensuite mourir ceux qui s’étaient montrés incrédules : Jude compare ici les impies de son temps (v.3,4) avec les incrédules qui vivaient parmi les hébreux au temps du désert. Si peu de personnes ont été fidèles et obéissants, ils ont attirés le jugement divin sur eux ! Et Dieu est resté le même jusqu’à ce jour (v.5) !
  • Quant aux anges qui n’ont pas conservé leur rang, mais ont abandonné leur demeure propre : Ces anges sont les « anges déchus », devenus des démons, des serviteurs du diable et de l’iniquité, des ennemis de Dieu et des hommes. Ils vivent dans les chaînes et les ténèbres, esclaves des passions les plus épouvantables. Un théologien disait : « Si nous devions voir la multitude des puissances dans les airs, nous ne pourrions subsister tellement c’est effrayant ! ». Ils sont dans l’attente du jugement de grand jour c’est-à-dire du Jugement Dernier (v.6).
  • De même, Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se sont livrées comme eux à l’immoralité sexuelle et à des relations contre nature, sont données en exemple et subissent la peine d’un feu éternel : Sodome, Gomorrhe et quelques autres cités étaient connues pour leurs moeurs dépravées. Leur exemple doit nous servir à réfléchir. Dieu n’accepte pas l’immoralité sexuelle. Jude précise que cela concerne aussi les relations homosexuelles. Ce n’est pas un sujet à débattre dans les églises, car c’est la volonté absolue de Dieu ! Si la société veut débattre, c’est son choix, et elle en paiera le prix par la suite … Ce ne sera pas la faute de Dieu car Il a averti clairement tous les hommes (v.7). Ceux qui se dressent contre Dieu à travers un comportement immoral ont pour fin le feu éternel (une effroyable impression de brûler éternellement).

JUDE 1 : 8-11

  • Malgré cela, ces hommes adoptent une attitude semblable : Il s’agit des mêmes personnes depuis le début de l’épitre. Ils sont entrainés (ou emportés) par leurs rêveries (état de confusion, délires et désordre des sens), ils souillent leur corps (aucune retenue morale), rejettent toute autorité (esprit de rébellion et d’insoumission contre toute forme d’autorité, spirituelle ou non), et insultent (des injures !) les êtres glorieux (ceux qui ont part à la gloire de Dieu, peut-être des anges). L’archange Michel n’a porté aucun jugement sur le diable, mais l’a amené devant Dieu, le seul habilité à punir ! Entre l’époque de Lot et celle de Jude, difficile de voir une modulation du péché. Le coeur de l’homme est le même (v.8-9) !
  • Eux, par contre, parlent d’une manière insultante … Leur esprit est dans les ténèbres de l’ignorance et dans la bestialité (des bêtes sans raison). L’analogie posée par Jude est redoutable mais correspond à une attitude sans frein (v.10).
  • Malheur à eux, car ils ont suivi la voie de Caïn … Comme lui, ils ont préféré leur plaisir et leur propre volonté aux droits accordés par Dieu (v.11a) !
  • … ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam … Comme lui, ils ont préféré le camp des ennemis de Dieu pour de l’argent (v.11b) !
  • … ils se sont perdus en se révoltant comme Koré : 250 chefs ont suivi Koré pour se rebeller contre Moïse. Ils voulaient imposer leur volonté à Dieu (McArthur). Jude donne cet exemple pour étayer ses accusations des versets 8 et 9 (v.11c).

JUDE 1 : 12-13

  • Ce sont des écueils dans vos agapes … Ces hommes posent problème. Ils provoquent des discussions vaines, provoquent des polémiques, se tiennent mal ; ils sont des obstacles, des occasions de chute ! Veillons quand nous mangeons entre chrétiens. Le mot « écueil » signifie « point qui fait tache », comme des souillures sur un vêtement.
  • … où ils festoient sans scrupule et ne prennent soin que d’eux-mêmes : Sans gène et égoïstes !
  • Ce sont des nuages sans eau emportés par les vents : Ils font illusion, ne produisant que la sécheresse ! Le coeur vide … comme des arbres sans fruits deux fois morts, déracinés, qui ne servent à personne (v.12). Jude utilise le lexique de la mer avec ces vagues et l’écume qui emporte leurs impuretés, puis celui du ciel avec les astres qui s’enfoncent dans les ténèbres plutôt que de briller (v.13). Jude ajoute à la fin du verset 13 la notion d’éternité.

 

(A suivre….Deuxième et dernière partie de l’étude à paraître vendredi)

« Stratégiquement vôtre » : David et Goliath ou l’histoire d’une victoire annoncée

« Goliath avait autant de chance face à David qu’un guerrier avec une épée de l’âge de bronze face à un calibre 45 ! » (Georges Hilton, dans « le temps du massacre », un « western spaghetti » de Lucio Fulci, 1966)

Les Philistins étaient vers la montagne d’un côté, et Israël était vers la montagne de l’autre côté: la vallée les séparait. Un homme sortit alors du camp des Philistins et s’avança entre les deux armées. Il se nommait Goliath, il était de Gath, et il avait une taille de six coudées et un empan. Sur sa tête était un casque d’airain, et il portait une cuirasse à écailles du poids de cinq mille sicles d’airain. Il avait aux jambes une armure d’airain, et un javelot d’airain entre les épaules. Le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserand, et la lance pesait six cents sicles de fer. Celui qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin s’arrêta; et, s’adressant aux troupes d’Israël rangées en bataille, il leur cria: Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en bataille? Ne suis-je pas le Philistin, et n’êtes-vous pas des esclaves de Saül? Choisissez un homme qui descende contre moi! S’il peut me battre et qu’il me tue, nous vous serons assujettis; mais si je l’emporte sur lui et que je le tue, vous nous serez assujettis et vous nous servirez. Le Philistin dit encore: Je jette en ce jour un défi à l’armée d’Israël! Donnez-moi un homme, et nous nous battrons ensemble. Saül et tout Israël entendirent ces paroles du Philistin, et ils furent effrayés et saisis d’une grande crainte (…) A la vue de cet homme, tous ceux d’Israël s’enfuirent devant lui et furent saisis d’une grande crainte. Chacun disait: Avez-vous vu s’avancer cet homme? C’est pour jeter à Israël un défi qu’il s’est avancé! Si quelqu’un le tue, le roi le comblera de richesses, il lui donnera sa fille, et il affranchira la maison de son père en Israël.(1 Sam. 17v3-25)

Ce récit est l’un des plus connus de la Bible. Son interprétation classique, d’après la tradition, en est que David, un petit berger de 17 ans, affronte Goliath un homme de guerre aguerris mesurant plus de 2,90 m. Sa victoire est perçue comme hautement improbable, et relève du miracle, d’une aide divine expliquée par les motifs purs de David.

En stratégie, l’histoire de David et Goliath est devenue un archétype, celui du challenger de l’adversaire sous-estimé victorieux. Ce concept est popularisé en anglais sous le terme « Underdog ». Nous percevons cette histoire comme un miracle. Pour nous, David n’aurait techniquement pas du vaincre. Pour nous, Goliath était le plus fort et David le plus faible. 

Et si nous avions tort et si nous n’avions pas compris la portée stratégique de cette histoire ? Et si le sens original de ce qui est maintenant légende avait été perdu avec la création de la tradition ? Et si notre conception de la force et des géants était incorrect ?

Lorsqu’on eut entendu les paroles prononcées par David, on les répéta devant Saül, qui le fit chercher. David dit à Saül: Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin! Ton serviteur ira se battre avec lui. Saül dit à David: Tu ne peux pas aller te battre avec ce Philistin, car tu es un enfant, et il est un homme de guerre dès sa jeunesse. David dit à Saül: Ton serviteur faisait paître les brebis de son père. Et quand un lion ou un ours venait en enlever une du troupeau, je courais après lui, je le frappais, et j’arrachais la brebis de sa gueule. S’il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frappais, et je le tuais. C’est ainsi que ton serviteur a terrassé le lion et l’ours, et il en sera du Philistin, de cet incirconcis, comme de l’un d’eux, car il a insulté l’armée du Dieu vivant. David dit encore: L’Eternel, qui m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. Et Saül dit à David: Va, et que l’Eternel soit avec toi! Saül fit mettre ses vêtements à David, il plaça sur sa tête un casque d’airain, et le revêtit d’une cuirasse. David ceignit l’épée de Saül par-dessus ses habits, et voulut marcher, car il n’avait pas encore essayé. Mais il dit à Saül: Je ne puis pas marcher avec cette armure, je n’y suis pas accoutumé. Et il s’en débarrassa. Il prit en main son bâton, choisit dans le torrent cinq pierres polies, et les mit dans sa gibecière de berger et dans sa poche. Puis, sa fronde à la main, il s’avança contre le Philistin.

Le Philistin s’approcha peu à peu de David, et l’homme qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin regarda, et lorsqu’il aperçut David, il le méprisa, ne voyant en lui qu’un enfant, blond et d’une belle figure. Le Philistin dit à David: Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons? Et, après l’avoir maudit par ses dieux, il ajouta: Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. David dit au Philistin: Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot; et moi, je marche contre toi au nom de l’Eternel des armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insultée. (1 Sam.17v31-45)

Les Goliath sont grands mais ils ne sont pas forts partout.

Les anciennes armées avaient trois catégories de guerriers :

1- la cavalerie: Des hommes montés sur des chevaux ou des chars.

2- l’infanterie: Des hommes à pied en armure avec des boucliers et des épées

3- l’artillerie: Des archers et des frondeurs.

Etre un frondeur demande énormément de compétences. Et l’histoire retient que la fronde fut une arme puissante. Un frondeur expérimenté pouvait tuer ou blesser grièvement à une distance de plus de 180 m.

Selon l’historien Baruch Halpern, la fronde était si importante qu’un équilibre entre les trois armées existe. La cavalerie, par sa vitesse, échappe à l’artillerie et l’écrase. Mais l’infanterie la stoppe, infanterie qui ne peut faire face longtemps à la cavalerie. C’est un jeu de pierre papier ciseaux.

Goliath est donc « de l’infanterie lourde ». Cependant il ne se comporte pas exactement comme un homme de guerre victorieux. Goliath est dans l’attente de David, il lui demande de s’approcher de lui, c’est une position statique qui ne convient pas à son identité d’homme de guerre (V.33). Un homme porte son bouclier et fait rempart entre lui et David (V.41). De plus ses armes sont nombreuses et peu complémentaires. Certes, elles sont imposantes mais Goliath ne peut pas manipuler l’épée le bouclier et la lance et le javelot simultanément. Il a 2 bras et 4 armes dont 2 plutôt similaires. Goliath a des problèmes de vue: il observe plusieurs bâtons (V.43). Or, David n’en a qu’un (V.42). Certains commentateurs parlent d’une maladie – l’acromégalie – causée par une tumeur de l’hypophyse, augmentant la production d’hormone de croissance, ce qui expliquerait la taille de Goliath mais aussi ses problèmes de vue (la glande finissant par pincer les nerfs optiques).

Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains, je t’abattrai et je te couperai la tête; aujourd’hui je donnerai les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre. Et toute la terre saura qu’Israël a un Dieu. Et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Eternel sauve. Car la victoire appartient à l’Eternel. Et il vous livre entre nos mains. Aussitôt que le Philistin se mit en mouvement pour marcher au-devant de David, David courut sur le champ de bataille à la rencontre du Philistin. Il mit la main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa fronde; il frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans le front du Philistin, qui tomba le visage contre terre. Ainsi, avec une fronde et une pierre, David fut plus fort que le Philistin; il le terrassa et lui ôta la vie, sans avoir d’épée à la main. Il courut, s’arrêta près du Philistin, se saisit de son épée qu’il tira du fourreau, le tua et lui coupa la tête. Les Philistins, voyant que leur héros était mort, prirent la fuite.(1 Sam.17v46-51)

David, quant à lui est stratégiquement le plus fort : il reste calme et choisit ses armes et son terrain. (V.39) Il impose son rythme au combat et bénéficie de l’effet de surprise et de la rapidité de sa condition physique (V.49).

Selon Eitan Hirsch, un expert en balistique des forces de défense Israélienne, une pierre du type qu’a utilisé David lancé par un frondeur expérimenté à une distance de 35 mètres aurait frappé la tête de Goliath avec une vitesse de 34 mètres par secondes. Plus que suffisant pour pénétrer le crâne d’un homme. David était en mesure de toucher Goliath en moins de 1 seconde, ce qui laisse très peu de temps à ce dernier pour parer le coup. Qu’aurait pu faire Goliath ? Son équipement très lourd l’a rendu complétement vulnérable à l’attaque de David. Il a d’abord observé David avec mépris puis avec surprise pour certainement terminer par de l’horreur.

Pour l’historien Robert Dohrenwend, Goliath avait autant de chance face à David qu’un guerrier avec une épée de l’âge de bronze face à un calibre 45 !

Interprétation stratégique : L’identité

« Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous -même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous »(Sun TZU)

Pourquoi n’avons-nous pas compris ? La tradition, le manque de compréhension contextuelle, le manque de curiosité et de révélation.

La victoire de David est logique ! Mais pas automatique. David  est ouvert aux suggestions. Mais il se connait et reste ferme dans ses voies quand elles sont justes. Si David avait écouté Saul, il serait mort. La compréhension de son identité est une clé.

Se connaitre, c’est connaitre Christ et l’Esprit de Dieu en nous [si c’est bien le cas cf Rom.8v9]. Mais c’est aussi s’accepter.

Accepter ce que Dieu dit de nous et ainsi reconnaitre les armes qui sont les nôtres, afin de livrer le combat sur le bon terrain et avec notre plein potentiel.

C’est aussi accepter nos limites, et ne pas chercher à les compenser mais plutôt tirer profit de nos forces. David n’a pas voulu affronter Goliath en face à face viril comme les grands héros de son temps le faisaient. Il a accepté sa condition sociale et a cherché son point fort. Il ne s’agit donc pas de se satisfaire de ce que l’on a mais de savoir qui l’on est profondément.

Le combat entre David et Goliath est une partie de « pierre-feuille-papier-ciseau ». Goliath est une pierre très dure. Mais David, le meilleur frondeur, une feuille de papier. C’est ainsi que les frondeurs battent l’infanterie lourde.

 

[De notre plume invitée « Iyasou Antoine », un frère en Christ. Qu’il soit remercié pour sa contribution]