Jean 8v1-11 : Mais qu’écrivait donc Jésus, avec ses doigts, sur le sable…?

Le Christ et la femme adultère, de Nicolas Poussin (1653). Huile sur toile, exposée au musée du Louvre.

« Et Jésus gagna le mont des Oliviers. 

Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. 

Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 

Et s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 

Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, 

Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » 

Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8v1-11)

[D’après les notes prises par mon frère Pierre-Louis, lors d’une étude de ce passage de l’Evangile, dans le cadre de mon groupe biblique pour hommes. Qu’il en soit remercié !]

Contexte de l’action :

Où : Mont des Oliviers, puis dans le Temple de Jérusalem / Quand : dès le matin / Qui : Jésus, le peuple, scribes et pharisiens, la femme

Dans ce passage, nous retrouvons 4 principales interactions. En guise de jeu, nous allons les résumer comme si nous donnions un titre au passage :

· Jésus et le peuple.

· Jésus et les scribes/pharisiens.

· Jésus et la femme adultère.

· Le 4e titre apparaît tel un filigrane dans notre passage. Pour garder le suspens, il sera révélé aux persévérants qui liront la présente étude en entier.

1/ Jésus et le peuple

Après que tout le monde soit rentré de la fête des Tabernacles à sa maison, et que Jésus soit monté (pour la nuit ? en présence de ses disciples ?) au Mont des Oliviers, nous retrouvons Jésus (et ses disciples) de nouveau dans le Temple, « dès le matin » précise le verset 2.

Le peuple vient à Jésus, puis Jésus, assis, enseigne le peuple. Jésus semble prendre la même posture qu’au chapitre 6, lorsqu’il considère, ému de compassion, la foule qui vient à lui sur la montagne. Jésus connait le besoin de ce peuple, et il se positionne non du haut de sa chaire, mais à sa hauteur, assis dans le parvis du Temple.

2/ Jésus et les scribes/pharisiens

Sur ces faits, les scribes et pharisiens, connaisseurs de la loi mosaïque, amènent une femme devant Jésus. On peut éventuellement imaginer la manière dont ils l’amènent : molestée, insultée, raillée, traînée par les cheveux, « c’est une honte (& co) ».

Le motif invoqué par les scribes et pharisiens pour agir de telle manière est le suivant : cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or selon la loi (Deutéronome 22v23-24 / Lévitique 16), le châtiment de lapidation s’applique aux personnes (femmes… et hommes) qui agissent de cette sorte.

Au-delà de leur volonté d’appliquer la justice, la Parole nous précise que l’accusation tend également un piège à Jésus, pour lui faire perdre la face devant le peuple et peut-être pouvoir récupérer quelques chefs d’accusation pour le faire arrêter.

Leur vérité : « Moïse, dans la loi, dit de lapider de telles femmes. »

Leur question : « Toi donc que dis-tu ? »

Les scribes et pharisiens mettent Jésus face à une situation d’adultère, mais également et surtout face à la loi de Moïse.

Ce que dit Jésus, est-ce légitime ? Que dit donc précisément la loi de Moïse ? Deux choses :

Lévitique 18v20 : « Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. »

Deutéronome 22v23-24 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. TU ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Notons deux détails, intéressants justes pour questionner la démarche des scribes et pharisiens :

– Comment prendre en flagrant péché d’adultère une femme ?

– Et si l’homme et la femme sont condamnés par la loi, où est l’homme ? La justice des scribes et pharisiens fait elle finalement une différence entre les genres (de mémoire un autre titre proposé était : « Où sont les hommes ? ») ?

Par ailleurs, ce n’est pas leur 1ère tentative, (Cf. Jean 7v45-52).

La réponse de Jésus vient en 3 temps : un 1er mouvement, une question, et un 2nd mouvement.

Tout d’abord, Jésus, alors sur l’assise, se baisse pour écrire du doigt dans la poussière du sol, quelque chose (dessin, écriture…) qui n’est pas décrit. Que pourrions-nous imaginer ? Peut-être que Jésus a inscrit du doigt dans le sol les versets de la loi de Moïse – par exemple : « tu ne commettras pas d’adultère », sachant qu’ « adultère » est synonyme de « pécheur »? (1)… Nous ne pouvons que le supposer. Par ailleurs, le seul à écrire avec le doigt, dans la Bible, c’est Dieu écrivant les Dix commandements sur les tables de pierre (Ex.31v18, Deut.9v10). Ce passage nous rappelle également la mention du doigt présent en Daniel 5v5, lors du festin donné par le roi Balthazar. Enfin, l’acte d’écrire sur la terre n’apparaît que dans Jérémie, où le prophète menace ceux qui se détournent de l’Eternel d’ « être écrits sur la terre » (Jer.17v3). Ce geste peut donc nous évoquer l’autorité de Jésus, en lien avec la question qu’il pose par la suite aux scribes et pharisiens.

Jésus répond à la question (et autres interrogations non-nommées, v.7) par cette parole : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Nous notons que l’attitude physique de Jésus a changée. Il a dit cette parole après s’être levé, prenant une posture d’action, et d’autorité. Jésus renvoie les scribes et pharisiens à un examen en eux-mêmes pour s’interroger sur leur légitimité à porter une accusation d’adultère.

Jésus ayant terminé de parler, se baisse de nouveau, et continue d’écrire sur le sol(2). Les scribes et pharisiens ont donc leur réponse par une question implicite : quel homme n’a pas commis de péché d’adultère pour être digne de jeter le premier une pierre contre cette femme ?

La réaction des hommes présents, accusés par leur conscience, est de prendre la fuite, discrètement, sans bruit, comme en cachette. L’attitude de ces hommes fait penser à Adam qui se cache pour fuir Dieu alors qu’il découvre son état de péché. On peut ressentir que les scribes et pharisiens n’ont pas un cœur de repentance par rapport au péché démasqué en eux. Ils sont couverts de honte, des plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus, qui n’a pas péché d’adultère, reste donc seul avec la femme. Lui seul est digne de juger cette femme, lui seul est juste pour choisir de condamner ou de gracier.

3/ Jésus et la femme adultère

La première action de Jésus, une fois seul avec l’accusée, et de reprendre une position debout, signalant encore une fois un passage à l’action.

Puis Jésus pose deux questions à la femme : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il donc condamné ? »Par cette question, il redonne à la femme la liberté de s’exprimer, il lui redonne également la dignité d’un être humain doué de parole (ce qui ne semblait pas jusque-là être la conception des scribes et pharisiens).

Sa posture n’est donc pas de la condamner, alors qu’il est en mesure de le faire. Au lieu de cela, Jésus relève la femme en lui faisant constater qu’il l’a défendue de ses accusateurs, et qu’il lui donne la possibilité de lui parler et de s’avouer à lui.

La femme répond donc à Jésus : « Non, Seigneur », et reconnait par sa réponse que Jésus est bien celui qu’elle désire comme son Seigneur. Cette réponse donne également à Jésus l’autorité pour enlever la condamnation et la libérer tout en lui recommandant de ne plus pécher, c’est-à-dire de ne plus être esclave du péché. Il libère la femme, selon 3 étape :

  • Je ne te condamne pas : Jésus fait grâce.
  • Va : Jésus libère.
  • Et ne pèche plus :Jésus rend capable de ne plus être esclave du péché.

4/ Jésus et moi (le lecteur)

Entre les lignes de ce passage, nous observons plusieurs comportements face à Jésus, qui est Dieu. De la même manière que nous pouvons être une terre en bord du chemin, rocailleuse, couverte de ronces, ou au contraire une bonne terre fertile, bien retournée (cf. Matthieu 13, Marc 4, Luc 8), nous nous comportons également de plusieurs manières dans notre relation avec Jésus, notamment face à notre péché, et aux adultères que nous commettons envers Dieu lui-même (la notion d’adultère apparaît la première fois en Exode 20 et fait référence d’abord au fait de se faire « d’autres dieux » que notre Dieu).

Les scribes et pharisiens nous témoignent un comportement hypocrite (ils ne reconnaissent pas leur propre adultère), partial (il n’y en a que pour les femmes) et hautain (« notre classe/espèce/rang social » ne pèche pas, mais seulement ceux qui sont sans savoir).

La femme, elle, n’a rien fait que se tenir humblement devant Jésus, lui répondre, accepter la libération du joug, le pardon du péché. Cela lui permet d’être libre, d’aller, et de ne plus pécher, non pas parce que la loi l’interdit, mais par conscience de l’amour que Dieu a pour elle.

On peut se souvenir de Marie, qui était enceinte de Jésus hors-mariage. Selon la loi, Joseph aurait pu la condamner, mais parce qu’il a écouté l’ange, il lui a fait grâce et l’a prise pour femme.

Dans ce passage, le lecteur est finalement mis face à lui-même, et face à la Parole de Dieu pour évaluer sa position (est-il sans péché ?), décider de sa posture (humilité/orgueil) et finalement laisser Dieu opérer une libération du péché dans son cœur.

En appui de ce texte :

Galates 5v1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».

Proverbes 3v34 : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles ».

 

 

Notes :

(1) Erri de Luca estime que « l’assemblée du Sinaï, qui assiste à la scène, lit dans la poussière du sol : « tu ne tueras pas ». (Jésus) écrit sur la poussière du sol : pourquoi ? C’est peut-être samedi ? Les choses interdites du samedi comprennent aussi l’écriture, mais elle est autorisée sur la poussière ou le sable. L’étranger accomplit un geste permis un jour de fête. Mais ce ne peut être un samedi, on ne prononce aucun jugement et on n’exécute aucune condamnation le jour de shabbat. c’est précisément ce qu’il leur dit : quand il s’agit de condamnation à mort, tous les jours se transforment en shabbat. Il donne enfin le dernier dispositif du dénouement : que celui d’entre eux qui n’a jamais commis de faute jette la première pierre. Personne ne veut être le premier dans une lapidation. A plus forte raison, personne ne s’avancera devant sa communauté avec la pierre de celui qui est sans faute. » (Et il dit, pp71-72)

(2) Sur le site « 1001 questions », le Répondant souligne que « Jésus écrit deux fois (le verbe utilisé la première fois suggère une écriture multiple, le verbe utilisé la seconde fois suggère qu’il raye [ou qu’il efface] ».

Le « Brief » de l’animation biblique

« L’animation de groupe biblique vise à cadrer et conduire à une rencontre entre des hommes et le texte biblique…. » ( Source : Pixabay)

Tu aimes la Bible, Parole de Dieu, et tu souhaites être formé pour la comprendre et l’expliquer autour de toi, conduire un groupe d’étude et de partage biblique, par exemple, dans le cadre de ton église locale ou ta paroisse… ? Et, au-delà, devenir un homme de la Parole et de parole ?

Ce qui suit(*) est pour toi !

(*) D’après les notes de préparation de mon frère Pierre-Louis(que je remercie), lequel se forme à l’animation biblique au sein de mon groupe Pep’s (Partage et Etude de la Parole – Soutien). Le contexte est celui d’un groupe pour hommes se réunissant mensuellement mais « le brief » peut être aisément adapté à d’autres groupes, dans d’autres situations.

 

L’animation de groupe biblique vise à cadrer et conduire à une rencontre des hommes avec Dieu :

–          Une rencontre entre l’homme et le texte biblique

–          Une rencontre des hommes les uns avec les autres

Les objectifs d’un groupe d’étude et de partage biblique pour chaque homme :

–          Croître en caractère : connaître l’identité et l’œuvre de Christ, nous comprendre en Christ

–          Croître en conviction : vivre en homme affranchi, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et en lequel Dieu a établi son royaume de justice, de paix et de joie

–          Croître en compétence : connaître toute la Parole et la transmettre à d’autres, conduire d’autres personnes dans la compréhension (sans oublier l’application) du texte biblique

Au final, devenir « un homme de la Parole et de parole », à l’image de Jésus-Christ !

Les moyens de l’étude :

–          Le modèle de Jésus-Christ, notre Sauveur et Seigneur

–          La Parole de Dieu comme fondement de vérité

–          Le Saint-Esprit, notre conseiller

Grands principes de l’animation :

–          L’animateur fixe le cadre, et il n’est pas dans le cadre : l’animation n’est pas à propos de lui, ni pour lui, mais elle est à propos de la Parole et des membres du groupe qui la rencontre.

–          L’animateur favorise l’échange, mais conserve la légitimité d’intervenir à tout instant

–          Le co-animateur est un soutien d’intervention, de prière, discernant le besoin du groupe pour faire avancer la rencontre par une intervention pertinente le cas échéant.

–          La posture des animateurs ne sert pas à moraliser ou à édifier, elle reste factuelle.

–          Une bonne étude nous conduit à l’humilité, exalte le sauveur et promeut la sainteté.

 

Déroulement d’une séance-type (19h-21h) :

  Activités
18h45 Arrivée des animateurs
19h00 Arrivée du groupe

Temps de prière

Temps de communion (inviter chacun à parler, évacuer sa journée, climat de confiance)

19h30 Démarrage de la séance (on range les nourritures salées)

–        Introduction de l’animateur

–        Prière du co-animateur (engagement dans l’étude, la recherche active de Dieu)

–        Débrief de la séance précédente par un membre

–        Introduction au thème principal de la séance (par ex. sous la forme d’un jeu inclusif)

19h40 1.       Phase d’observation (Où, Quand, Qui, Quoi) – Cadré et conduit

–        Poser les règles (lecture silencieuse et active, repérage des paramètres OQQQ, des acteurs, actions, des indicateurs clés tels que les mots redondants et les liaisons).

–        Partage interactif du produit commun sur paperboard.

20H00 2.       Phase de compréhension (Comment, Pourquoi) – Interactivité et construction

–        Lecture et mise en relation d’1 ou 2 passages bibliques relatifs au thème principal de la séance

–        Remettre le texte dans le contexte de l’Evangile pour détourer sa position et son objectif

20H30 3.       Phase d’appropriation (Décision/Prise de position face à la vérité) – Communion

–        Synthèse et remise en contexte du thème principal

–        Amener le groupe à prendre position (par ex. les ténèbres VS la lumière, l’isolement VS la communion etc.)

–        Temps de prière introduit par les animateurs ou en prière conversationnelle 

 

Aller plus loin :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/12/03/sortez-de-votre-zone-de-confort-quelle-est-votre-vision-pour-les-hommes-dans-votre-eglise/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/01/06/pourquoi-creer-une-cellule-de-vie-pour-hommes/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/11/02/de-lunite-en-crise-a-lunite-en-christ-le-defi-des-hommes-reunis-pour-letude-biblique/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/01/19/laction-du-mois-soyons-des-hommes-de-la-parole-et-de-parole/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/01/11/laction-du-mois-soyons-des-hommes-de-la-parole-et-de-parole-2/

 

 

 

« Christ notre gardien : lecture suivie de la lettre de Jude (2)

Au-delà de cette étude, « rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement ! »

Suite et fin de la visite guidée de l’épître (ou lettre) de Jude, entamée mercredi.

JUDE 1 : 14-16

  • C’est aussi pour qu’Hénoc, le septième depuis Adam, a prophétisé en ces termes : Il s’agit d’Hénoc qui a marché avec Dieu et qui été enlevé sans passer par la mort physique (Genèse 5 / 1 Chroniques 1 / Hébreux 11 : 5 ). Hénoc a prophétisé le retour de Christ et le Jugement Dernier selon Mc Arthur (1 Th 3).
  • Voici que le Seigneur est venu avec ses saintes troupes : D’autres versions proposent « ses saintes myriades ». Il s’agit des anges qui Le servent (v.14).
  • … pour exercer un jugement contre tous : Ce jugement concerne les actes d’impiété et les paroles dures. Cela m’amène à demander à Dieu qu’en tant que chrétien je ne prononce que des « paroles assaisonnées de sel », remplies de Sa saveur (v.15) !
  • Toujours mécontents, ces hommes se plaignent sans cesse de leur sort : Les gens qui se plaignent de tout et tout le temps sont des plaies pour eux-mêmes et pour les autres !
  • Et marchent suivant leurs désirs : Ils sont incapables de s’intégrer dans la société, et refusent de se plier joyeusement à la volonté de Dieu ! Leurs discours impressionnent et flattent les autres mais ils sont creux et ne servent que leur intérêt personnels (v.16). Ils ne sont pas remplis de l’amour de Dieu (1 Cor. 13).

JUDE 1 : 17-19

  • Quant à vous, bien-aimés : Jude s’adresse à ses frères en Christ comme au verset 3. Il leur montre son tour pour eux. L’expression « quant à vous » révèle son désir de les responsabiliser.
  • Souvenez-vous : Dans le Livre des Actes, la communauté chrétienne persévérait dans l’enseignement des Apôtres (des 12 choisis par Jésus avec Matthias à la place de Judas). Cet enseignement était fondé sur Jésus-Christ (v.17).
  • Ils vous disaient : D’abord, les Apôtres ont enseigné sur « la fin des temps ». L’une des caractéristiques est la moquerie. Des « moqueurs » vivront donc selon leurs propres voies (désirs, souhaits, volontés …). Dans ce cas, le « désir » est le moteur dont le carburant est l’impiété (injustice, iniquité …) – (v.18).
  • Ce sont ceux qui provoquent des divisions : Ces divisions concernent d’une part la doctrine (par exemple, on enseignera une fausse paix …), d’autre part la pratique de la doctrine (par exemple, on vivra selon une paix sociale obligatoire selon une pensée unique …). Ces gens n’ont pas l’Esprit Saint en eux. C’est leur « chair » ou « nature propre » qui domine leur volonté !!! (v.19).

JUDE 1 : 20-25

  • Quant à vous, bien-aimés … Jude répète cette formule (ouverture v.17) pour insister sur l’importance de son exhortation.
  • Edifiez-vous sur votre très sainte foi et priez par le Saint-Esprit : En quelque sorte, l’Église ne doit pas oublier l’enseignement de Christ et de ses apôtres, mais doit en plus, s’édifier (se construire) sur la foi lui venant de Dieu (Ephésiens 2 / Hébreux 11), et vivre (respirer) dans la prière par l’Esprit (peut-être les « soupirs inexprimables » de l’épître aux Romains ?). En tout cas, rien de charnel ne doit s’y mêler !!! (v.20).
  • Maintenez-vous dans l’amour de Dieu en attendant le jour … D’un côté il y a l’enracinement dans l’amour (selon l’apôtre Paul), de l’autre il y a le maintien dans l’amour. C’est là que se révèle la volonté d’être fidèle à Jésus-Christ. Il faut toujours garder à l’esprit que nous vivons de l’amour de Dieu, que nous dépendons de Lui, et c’est bien cet amour divin qui nous permet d’attendre Son retour et la vie éternelle (v.21).
  • Ayez compassion … La compassion vient de l’amour de Dieu. C’est une émotion divine qui était en Christ. Mais afin qu’elle accomplisse la volonté de Dieu, cette compassion est accompagnée du discernement. Dans ce cas, il s’agit en particulier des personnes qui contestent (version Genève 1979). Il faut donc aimer les contestataires sans accepter l’esprit et le contenu de la contestation (v.22).
  • Quant aux autres : Ceux qui vivent dans le péché peuvent être « arrachés au feu » (à la condamnation). C’est avec une sainte crainte (celle d’être fidèle à Dieu) que nous les approchons, sans faire de compromis avec leur péché (symbolisé par la souillure du vêtement – voir Apocalypse 22 : 14) – (v.23).
  • A celui : Il s’agit de Dieu bien sûr. Les versets 24 et 25 forment la « doxologie » de la lettre de Jude (la note finale à son discours).
  • Qui peut vous garder de toute chute … Il met tout à notre disposition pour que nous ne chutions pas pendant notre marche avec Lui.
  • Et vous faire paraître devant Sa gloire irréprochables et dans l’allégresse : Cette gloire représente tout ce qui émane du trône de Dieu. Paul désirait présenter l’Église sans tache, sans ride au Jour du Seigneur. Jean aussi dans Apoc.22 : 14 en parlant de « laver leur robe ». Même idée dans le mot « irréprochables ». Ceci n’est pas une œuvre humaine. Nous devenons irréprochables par Jésus, son sang versé pour le pardon. Avec la grâce il y a l’allégresse, une joie puissante explosant en louange. Jésus nous permet de nous purifier, de nous sanctifier pour le « grand jour » !
  • Oui, à Dieu seul sage, qui nous a sauvés par Jésus-Christ, appartiennent gloire, majesté, force et puissance : Nous rendons gloire à Dieu (en Jésus-Christ) en qui tout ce qu’il y a de plus beau et de plus grand réside aujourd’hui et éternellement !

 

Lecture suivie proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur, que je remercie chaleureusement. Base de l’étude : Bible Thompson 21 / Bible avec commentaires de McArthur /  Le Christ dans toutes les Écritures (A-M Hodgkin) / La Bible du Semeur / BS 21 (archéologie et histoire) / L’Epître de Jude (Samuel Benetreau).

« Christ, notre Gardien » : lecture suivie de la lettre de Jude (1)

Une épître adressée « à ceux qui sont appelés », c’est à dire « gardés pour Jésus-Christ »….et un appel à la vigilance.

Avez-vous déjà lu au moins une fois l’épître (ou la lettre) de Jude ?

Si la réponse est non, ou si vous la connaissez mal, voici une visite guidée de ce très petit livre de la Bible, mais au contenu essentiel, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère Pasteur. Qu’il en soit remercié, d’autant plus que les commentaires/prédications sur le sujet sont peu courantes. Bonne étude !

JUDE 1 : 1-2

  • De la part de Jude … Il convient, en commençant notre lecture, de se demander qui est cet homme, dans quel contexte il vit et exerce son ministère, et à qui il adresse sa lettre, découvrir enfin quelle en est la raison. C’est un texte très court. La Thompson 21 ne numérote aucun chapitre. Jude semble donc être l’auteur à cause de l’expression introductive « de la part de » qui précède le prénom. Lorsque j’ai reçu le témoignage du réveil, j’ai réalisé combien nos églises pouvaient se laisser aller à la négligence, et parfois même à la perversité dans le péché de façon consciente. À ce jour, je vois que c’est mon propre cœur qui est la cible de l’épître de Jude ! Cet homme, frère de Jacques (responsable de l’Église à Jérusalem), ne croyait pas que Jésus était le Messie (Matthieu 13 / Marc 6 / Jean 7) lorsque le Seigneur est apparu. Mais, par la grâce de Dieu, Jude est devenu un pilier de la foi pour édifier l’Église de Jésus-Christ. Il se déclare, comme Paul, serviteur de Jésus-Christ. Il sait que Jésus est mort et ressuscité. Il ne sert pas un mort, mais un Dieu vivant.
  • À ceux qui ont été appelés … Le mot « appelés » nous ramène au but divin : amener chacun au salut éternel. Dieu connait ces « appelés », il les aime (lire Jean 3 : 16) en tant que « Père ». Ces « appelés » sont gardés pour Jésus-Christ. Ces quelques mots peuvent nous pousser à faire une étude approfondie de ce que signifie « être gardé ». Il y a le sens « d’être mis à part » pour le service de l’Évangile. Il y a celui « d’être protégé » pour accomplir une mission. Mais ici, Jude relie le mot gardés à celui de Jésus-Christ. Hodking donne le titre suivant à cette épître : Christ, notre gardien. Il nous garde donc pour nous avoir avec lui, dans sa présence. Cette volonté est liée à l’agape [amour] de Dieu. Certaines versions ont écrit par Jésus-Christ, ce qui nous ferait comprendre le statut de gardien qu’a Jésus, et sa fonction de médiateur.
  • Que la compassion, la paix et l’amour vous soient multipliés ! Les mots compassion et paix sont des termes courants de salutations entre les hébreux. Le mot amour a été rajouté dans les usages de l’Église. La « compassion » représente une empathie de l’un en rapport avec la souffrance de l’autre (il y a l’idée de miséricorde). La « paix » est la recherche sans relâche de la concorde, et le souhait du bien pour autrui. Enfin, l’amour est une pleine identification avec Dieu qui prend la forme d’homme jusqu’au sacrifice ultime à Golgotha, pour le salut de ceux qu’Il aime (v.2). À travers la salutation, Jude transmet à ses destinataires ce qui est sur le coeur de Dieu, ce qui est de sa nature et qui doit l’être de la nature des chrétiens.

JUDE 1 : 3-4

  • Bien-aimés, alors que j’avais le vif désir de vous écrire au sujet du salut qui nous est commun … Dès fois, il nous faut changer de plan dans nos projets même s’ils viennent d’un vif désir. Jude pensait écrire un texte doctrinal, sans doute pour fonder un peu plus la foi des convertis, mais il change d’avis. Il écrit finalement une lettre polémique (Benetreau). Le salut est en général le sujet préféré des écrivains du N-T. Mais là, vue la situation, il convient d’aller droit au but, et aborder nécessairement les problèmes (v.3a).
  • j’ai été contraint de vous envoyer cette lettre afin de vous encourager à combattre pour la foi transmise aux saints une fois pour toutes : Il s’agit de la contrainte du Saint-Esprit et non d’un groupe ou d’un homme d’influence. Le but du courrier est clairement annoncé : la foi éternelle (v.3b).
  • Il s’est en effet glissé parmi vous certains hommes dont la condamnation est écrite depuis longtemps : L’impiété de ces individus est donc connue de Jude (v.4a). Mais quelle est la nature de cette impiété ? La grâce de Dieu est transformée en débauche. Ces gens renient Dieu (Maître – ainsi que Jésus-Christ) ! (v.4b). Il faut aussi être réaliste, il y a de ces gens qui se glissent dans les églises pour les détruire, mais Dieu leur annonce déjà leur jugement (à moins qu’ils ne se repentent).

JUDE 1 : 5-7

  • Je veux vous rappeler, à vous qui le savez bien, que le Seigneur, après avoir sauvé le peuple en le faisant sortir d’Égypte, a fait ensuite mourir ceux qui s’étaient montrés incrédules : Jude compare ici les impies de son temps (v.3,4) avec les incrédules qui vivaient parmi les hébreux au temps du désert. Si peu de personnes ont été fidèles et obéissants, ils ont attirés le jugement divin sur eux ! Et Dieu est resté le même jusqu’à ce jour (v.5) !
  • Quant aux anges qui n’ont pas conservé leur rang, mais ont abandonné leur demeure propre : Ces anges sont les « anges déchus », devenus des démons, des serviteurs du diable et de l’iniquité, des ennemis de Dieu et des hommes. Ils vivent dans les chaînes et les ténèbres, esclaves des passions les plus épouvantables. Un théologien disait : « Si nous devions voir la multitude des puissances dans les airs, nous ne pourrions subsister tellement c’est effrayant ! ». Ils sont dans l’attente du jugement de grand jour c’est-à-dire du Jugement Dernier (v.6).
  • De même, Sodome et Gomorrhe et les villes voisines, qui se sont livrées comme eux à l’immoralité sexuelle et à des relations contre nature, sont données en exemple et subissent la peine d’un feu éternel : Sodome, Gomorrhe et quelques autres cités étaient connues pour leurs moeurs dépravées. Leur exemple doit nous servir à réfléchir. Dieu n’accepte pas l’immoralité sexuelle. Jude précise que cela concerne aussi les relations homosexuelles. Ce n’est pas un sujet à débattre dans les églises, car c’est la volonté absolue de Dieu ! Si la société veut débattre, c’est son choix, et elle en paiera le prix par la suite … Ce ne sera pas la faute de Dieu car Il a averti clairement tous les hommes (v.7). Ceux qui se dressent contre Dieu à travers un comportement immoral ont pour fin le feu éternel (une effroyable impression de brûler éternellement).

JUDE 1 : 8-11

  • Malgré cela, ces hommes adoptent une attitude semblable : Il s’agit des mêmes personnes depuis le début de l’épitre. Ils sont entrainés (ou emportés) par leurs rêveries (état de confusion, délires et désordre des sens), ils souillent leur corps (aucune retenue morale), rejettent toute autorité (esprit de rébellion et d’insoumission contre toute forme d’autorité, spirituelle ou non), et insultent (des injures !) les êtres glorieux (ceux qui ont part à la gloire de Dieu, peut-être des anges). L’archange Michel n’a porté aucun jugement sur le diable, mais l’a amené devant Dieu, le seul habilité à punir ! Entre l’époque de Lot et celle de Jude, difficile de voir une modulation du péché. Le coeur de l’homme est le même (v.8-9) !
  • Eux, par contre, parlent d’une manière insultante … Leur esprit est dans les ténèbres de l’ignorance et dans la bestialité (des bêtes sans raison). L’analogie posée par Jude est redoutable mais correspond à une attitude sans frein (v.10).
  • Malheur à eux, car ils ont suivi la voie de Caïn … Comme lui, ils ont préféré leur plaisir et leur propre volonté aux droits accordés par Dieu (v.11a) !
  • … ils se sont jetés pour un salaire dans l’égarement de Balaam … Comme lui, ils ont préféré le camp des ennemis de Dieu pour de l’argent (v.11b) !
  • … ils se sont perdus en se révoltant comme Koré : 250 chefs ont suivi Koré pour se rebeller contre Moïse. Ils voulaient imposer leur volonté à Dieu (McArthur). Jude donne cet exemple pour étayer ses accusations des versets 8 et 9 (v.11c).

JUDE 1 : 12-13

  • Ce sont des écueils dans vos agapes … Ces hommes posent problème. Ils provoquent des discussions vaines, provoquent des polémiques, se tiennent mal ; ils sont des obstacles, des occasions de chute ! Veillons quand nous mangeons entre chrétiens. Le mot « écueil » signifie « point qui fait tache », comme des souillures sur un vêtement.
  • … où ils festoient sans scrupule et ne prennent soin que d’eux-mêmes : Sans gène et égoïstes !
  • Ce sont des nuages sans eau emportés par les vents : Ils font illusion, ne produisant que la sécheresse ! Le coeur vide … comme des arbres sans fruits deux fois morts, déracinés, qui ne servent à personne (v.12). Jude utilise le lexique de la mer avec ces vagues et l’écume qui emporte leurs impuretés, puis celui du ciel avec les astres qui s’enfoncent dans les ténèbres plutôt que de briller (v.13). Jude ajoute à la fin du verset 13 la notion d’éternité.

 

(A suivre….Deuxième et dernière partie de l’étude à paraître vendredi)

« Stratégiquement vôtre » : David et Goliath ou l’histoire d’une victoire annoncée

« Goliath avait autant de chance face à David qu’un guerrier avec une épée de l’âge de bronze face à un calibre 45 ! » (Georges Hilton, dans « le temps du massacre », un « western spaghetti » de Lucio Fulci, 1966)

Les Philistins étaient vers la montagne d’un côté, et Israël était vers la montagne de l’autre côté: la vallée les séparait. Un homme sortit alors du camp des Philistins et s’avança entre les deux armées. Il se nommait Goliath, il était de Gath, et il avait une taille de six coudées et un empan. Sur sa tête était un casque d’airain, et il portait une cuirasse à écailles du poids de cinq mille sicles d’airain. Il avait aux jambes une armure d’airain, et un javelot d’airain entre les épaules. Le bois de sa lance était comme une ensouple de tisserand, et la lance pesait six cents sicles de fer. Celui qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin s’arrêta; et, s’adressant aux troupes d’Israël rangées en bataille, il leur cria: Pourquoi sortez-vous pour vous ranger en bataille? Ne suis-je pas le Philistin, et n’êtes-vous pas des esclaves de Saül? Choisissez un homme qui descende contre moi! S’il peut me battre et qu’il me tue, nous vous serons assujettis; mais si je l’emporte sur lui et que je le tue, vous nous serez assujettis et vous nous servirez. Le Philistin dit encore: Je jette en ce jour un défi à l’armée d’Israël! Donnez-moi un homme, et nous nous battrons ensemble. Saül et tout Israël entendirent ces paroles du Philistin, et ils furent effrayés et saisis d’une grande crainte (…) A la vue de cet homme, tous ceux d’Israël s’enfuirent devant lui et furent saisis d’une grande crainte. Chacun disait: Avez-vous vu s’avancer cet homme? C’est pour jeter à Israël un défi qu’il s’est avancé! Si quelqu’un le tue, le roi le comblera de richesses, il lui donnera sa fille, et il affranchira la maison de son père en Israël.(1 Sam. 17v3-25)

Ce récit est l’un des plus connus de la Bible. Son interprétation classique, d’après la tradition, en est que David, un petit berger de 17 ans, affronte Goliath un homme de guerre aguerris mesurant plus de 2,90 m. Sa victoire est perçue comme hautement improbable, et relève du miracle, d’une aide divine expliquée par les motifs purs de David.

En stratégie, l’histoire de David et Goliath est devenue un archétype, celui du challenger de l’adversaire sous-estimé victorieux. Ce concept est popularisé en anglais sous le terme « Underdog ». Nous percevons cette histoire comme un miracle. Pour nous, David n’aurait techniquement pas du vaincre. Pour nous, Goliath était le plus fort et David le plus faible. 

Et si nous avions tort et si nous n’avions pas compris la portée stratégique de cette histoire ? Et si le sens original de ce qui est maintenant légende avait été perdu avec la création de la tradition ? Et si notre conception de la force et des géants était incorrect ?

Lorsqu’on eut entendu les paroles prononcées par David, on les répéta devant Saül, qui le fit chercher. David dit à Saül: Que personne ne se décourage à cause de ce Philistin! Ton serviteur ira se battre avec lui. Saül dit à David: Tu ne peux pas aller te battre avec ce Philistin, car tu es un enfant, et il est un homme de guerre dès sa jeunesse. David dit à Saül: Ton serviteur faisait paître les brebis de son père. Et quand un lion ou un ours venait en enlever une du troupeau, je courais après lui, je le frappais, et j’arrachais la brebis de sa gueule. S’il se dressait contre moi, je le saisissais par la gorge, je le frappais, et je le tuais. C’est ainsi que ton serviteur a terrassé le lion et l’ours, et il en sera du Philistin, de cet incirconcis, comme de l’un d’eux, car il a insulté l’armée du Dieu vivant. David dit encore: L’Eternel, qui m’a délivré de la griffe du lion et de la patte de l’ours, me délivrera aussi de la main de ce Philistin. Et Saül dit à David: Va, et que l’Eternel soit avec toi! Saül fit mettre ses vêtements à David, il plaça sur sa tête un casque d’airain, et le revêtit d’une cuirasse. David ceignit l’épée de Saül par-dessus ses habits, et voulut marcher, car il n’avait pas encore essayé. Mais il dit à Saül: Je ne puis pas marcher avec cette armure, je n’y suis pas accoutumé. Et il s’en débarrassa. Il prit en main son bâton, choisit dans le torrent cinq pierres polies, et les mit dans sa gibecière de berger et dans sa poche. Puis, sa fronde à la main, il s’avança contre le Philistin.

Le Philistin s’approcha peu à peu de David, et l’homme qui portait son bouclier marchait devant lui. Le Philistin regarda, et lorsqu’il aperçut David, il le méprisa, ne voyant en lui qu’un enfant, blond et d’une belle figure. Le Philistin dit à David: Suis-je un chien, pour que tu viennes à moi avec des bâtons? Et, après l’avoir maudit par ses dieux, il ajouta: Viens vers moi, et je donnerai ta chair aux oiseaux du ciel et aux bêtes des champs. David dit au Philistin: Tu marches contre moi avec l’épée, la lance et le javelot; et moi, je marche contre toi au nom de l’Eternel des armées, du Dieu de l’armée d’Israël, que tu as insultée. (1 Sam.17v31-45)

Les Goliath sont grands mais ils ne sont pas forts partout.

Les anciennes armées avaient trois catégories de guerriers :

1- la cavalerie: Des hommes montés sur des chevaux ou des chars.

2- l’infanterie: Des hommes à pied en armure avec des boucliers et des épées

3- l’artillerie: Des archers et des frondeurs.

Etre un frondeur demande énormément de compétences. Et l’histoire retient que la fronde fut une arme puissante. Un frondeur expérimenté pouvait tuer ou blesser grièvement à une distance de plus de 180 m.

Selon l’historien Baruch Halpern, la fronde était si importante qu’un équilibre entre les trois armées existe. La cavalerie, par sa vitesse, échappe à l’artillerie et l’écrase. Mais l’infanterie la stoppe, infanterie qui ne peut faire face longtemps à la cavalerie. C’est un jeu de pierre papier ciseaux.

Goliath est donc « de l’infanterie lourde ». Cependant il ne se comporte pas exactement comme un homme de guerre victorieux. Goliath est dans l’attente de David, il lui demande de s’approcher de lui, c’est une position statique qui ne convient pas à son identité d’homme de guerre (V.33). Un homme porte son bouclier et fait rempart entre lui et David (V.41). De plus ses armes sont nombreuses et peu complémentaires. Certes, elles sont imposantes mais Goliath ne peut pas manipuler l’épée le bouclier et la lance et le javelot simultanément. Il a 2 bras et 4 armes dont 2 plutôt similaires. Goliath a des problèmes de vue: il observe plusieurs bâtons (V.43). Or, David n’en a qu’un (V.42). Certains commentateurs parlent d’une maladie – l’acromégalie – causée par une tumeur de l’hypophyse, augmentant la production d’hormone de croissance, ce qui expliquerait la taille de Goliath mais aussi ses problèmes de vue (la glande finissant par pincer les nerfs optiques).

Aujourd’hui l’Eternel te livrera entre mes mains, je t’abattrai et je te couperai la tête; aujourd’hui je donnerai les cadavres du camp des Philistins aux oiseaux du ciel et aux animaux de la terre. Et toute la terre saura qu’Israël a un Dieu. Et toute cette multitude saura que ce n’est ni par l’épée ni par la lance que l’Eternel sauve. Car la victoire appartient à l’Eternel. Et il vous livre entre nos mains. Aussitôt que le Philistin se mit en mouvement pour marcher au-devant de David, David courut sur le champ de bataille à la rencontre du Philistin. Il mit la main dans sa gibecière, y prit une pierre, et la lança avec sa fronde; il frappa le Philistin au front, et la pierre s’enfonça dans le front du Philistin, qui tomba le visage contre terre. Ainsi, avec une fronde et une pierre, David fut plus fort que le Philistin; il le terrassa et lui ôta la vie, sans avoir d’épée à la main. Il courut, s’arrêta près du Philistin, se saisit de son épée qu’il tira du fourreau, le tua et lui coupa la tête. Les Philistins, voyant que leur héros était mort, prirent la fuite.(1 Sam.17v46-51)

David, quant à lui est stratégiquement le plus fort : il reste calme et choisit ses armes et son terrain. (V.39) Il impose son rythme au combat et bénéficie de l’effet de surprise et de la rapidité de sa condition physique (V.49).

Selon Eitan Hirsch, un expert en balistique des forces de défense Israélienne, une pierre du type qu’a utilisé David lancé par un frondeur expérimenté à une distance de 35 mètres aurait frappé la tête de Goliath avec une vitesse de 34 mètres par secondes. Plus que suffisant pour pénétrer le crâne d’un homme. David était en mesure de toucher Goliath en moins de 1 seconde, ce qui laisse très peu de temps à ce dernier pour parer le coup. Qu’aurait pu faire Goliath ? Son équipement très lourd l’a rendu complétement vulnérable à l’attaque de David. Il a d’abord observé David avec mépris puis avec surprise pour certainement terminer par de l’horreur.

Pour l’historien Robert Dohrenwend, Goliath avait autant de chance face à David qu’un guerrier avec une épée de l’âge de bronze face à un calibre 45 !

Interprétation stratégique : L’identité

« Si vous connaissez vos ennemis et que vous vous connaissez vous -même, mille batailles ne pourront venir à bout de vous »(Sun TZU)

Pourquoi n’avons-nous pas compris ? La tradition, le manque de compréhension contextuelle, le manque de curiosité et de révélation.

La victoire de David est logique ! Mais pas automatique. David  est ouvert aux suggestions. Mais il se connait et reste ferme dans ses voies quand elles sont justes. Si David avait écouté Saul, il serait mort. La compréhension de son identité est une clé.

Se connaitre, c’est connaitre Christ et l’Esprit de Dieu en nous [si c’est bien le cas cf Rom.8v9]. Mais c’est aussi s’accepter.

Accepter ce que Dieu dit de nous et ainsi reconnaitre les armes qui sont les nôtres, afin de livrer le combat sur le bon terrain et avec notre plein potentiel.

C’est aussi accepter nos limites, et ne pas chercher à les compenser mais plutôt tirer profit de nos forces. David n’a pas voulu affronter Goliath en face à face viril comme les grands héros de son temps le faisaient. Il a accepté sa condition sociale et a cherché son point fort. Il ne s’agit donc pas de se satisfaire de ce que l’on a mais de savoir qui l’on est profondément.

Le combat entre David et Goliath est une partie de « pierre-feuille-papier-ciseau ». Goliath est une pierre très dure. Mais David, le meilleur frondeur, une feuille de papier. C’est ainsi que les frondeurs battent l’infanterie lourde.

 

[De notre plume invitée « Iyasou Antoine », un frère en Christ. Qu’il soit remercié pour sa contribution]

 

 

 

 

« Mission (im)possible » pour Jonas : lecture suivie (2)

L’Evangile : pas un devoir, mais une bonne nouvelle à annoncer, qui exige une réponse immédiate !

Suite et fin de la lecture suivie du prophète Jonas, proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. 

JONAS 3 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas une deuxième fois : C’est en quelque sorte une seconde chance pour le prophète (v.1). E. Stegen raconte l’histoire d’un prédicateur qui avait à coeur de prêcher trois fois le même message lors d’une tournée. Mais il était accompagné par un pasteur qui ne connaissait pas le Réveil. Après un temps d’hésitation, l’homme de Dieu décida de donner ce message trois fois de suite. Sur la route du retour, le pasteur lui dit : Heureusement que tu as donné le même message trois fois car c’est au troisième que j’ai vraiment compris ce que Dieu voulait me dire !

–    « Lève-toi, va à Ninive et fais-y la proclamation que je t’ordonne » : Dieu ne se lasse pas de me répéter Sa pensée. Il insiste auprès de Jonas pour que Ninive reçoive le Salut. Et Jonas doit apprendre de son erreur, maintenant il doit faire exactement ce que Dieu veut (c’est un ordre !). Ma question : Est-ce que je désire apprendre à faire la volonté de mon Dieu ? (v.2).

JONAS 3 : 3-10

–    Jonas se leva et alla à Ninive, conformément à la parole de l’Éternel : On peut se dire que c’est un peu tard, mais le proverbe populaire dit « Mieux vaut tard que jamais ! » … Si je suis capable, après m’être détourné du Seigneur, de revenir à Lui et de me conformer à Sa Parole, alors je peux prétendre vivre selon le standard de ce prophète (v.3a).

–    Or Ninive était une immense ville : Le tour de la partie fortifiée de la ville faisait 12 km. Il fallait trois jours de marche pour faire le tour de la cité, ce qui fait un peu plus de 50 km à parcourir … (Archeo, BS21, Guide Biblique, Dictionnaire Culturel de la Bible …). McArthur parle de 100 km de circonférence !

–    Jonas fit d’abord dans la ville une journée de marche : Pour approcher le coeur de l’homme, Dieu utilise différentes méthodes. L’approche de Jonas est intéressante, il se fait voir par le peuple, il le voit, et proclame un message tout simple, mais très provocateur : « Dans 40 jours, Ninive sera détruite » (v.4). C’est important de chercher la pensée de Dieu pour savoir comment approcher nos contemporains.

–    Les habitants de Ninive crurent à Dieu : Honnêtement, au premier regard, je me dis qu’il manque quelque chose au message de Jonas … Pourtant, il est conforme à l’ordre de Dieu. Moi, j’aurais prêché la personne de Dieu, Son plan d’amour pour les païens, la repentance … mais le prophète annonce un JUGEMENT IMMINENT. Dans notre époque, on parlerait d’un « fou », d’un « prophète de malheur » ou d’un « gouru évangélique » … Je dois PROCLAMER ce que Dieu veut. Jonas n’est pas dans la situation d’enseigner ceux qui appartiennent à Dieu (ce que font les docteurs de la loi, ou par moments d’autres prophètes). Mais les habitants de Ninive prennent la menace à coeur et mettent leur foi dans le Dieu de Jonas ! Je n’ai pas de mot en français pour exprimer cette merveille (v.5a). Ils manifestent leur repentance par les signes de deuil et d’humiliation qui se pratiquaient en Orient (v.5b).

–    Le roi apprit la nouvelle : Il peut être inquiet pour la religion de son royaume et même pour l’économie (le commerce des idoles est très important). Mais rien ne l’arrête, il va dans le sens du peuple, son coeur est saisi, il retire son manteau (signe de sa royauté) pour se soumettre à l’Éternel – (v.6) ; puis il proclame un jeûne total pour les humains et les animaux. Chacun est appelé à changer de conduite, espérant ainsi que Dieu reviendra sur Son jugement … En fait, Jonas a provoqué par quelques mots, et le Roi de Ninive a donné la suite. Il est ainsi devenu pasteur de son peuple. Jonas repartira certainement, alors le Roi s’occupe de cette affaire … (v.7-9).

–    Dieu vit : Oui, Dieu voit ! Il voit le péché (Jonas 1 : 2), et il voit la repentance. Dieu est vivant ! Le texte dit : « Dieu regretta le mal dont il les avait menacés ». Ainsi est mon Dieu, prêt à s’adapter aux élans de mon coeur. Combien il aime celui dont le coeur est brisé et l’esprit contrit (Psaume 51) ! Et l’Éternel renonce à Son jugement (v.10). C’est pour cela que je dois me conformer absolument à ce que Dieu me dit par Sa Parole, par l’Esprit Saint (Romains 8).

Jonas 4 : 1-11

–    Jonas le prit très mal : On touche ici au coeur du problème qui tourmente Jonas. Le prophète réagit à la grâce de Dieu négativement. Combien de fois, dans ma vie, n’ai-je pas réagi comme cela ? Dieu aurait quand même pu leur montrer la vraie valeur de leur iniquité … Et puis, ce serait la justice … etc.

–    … et fut irrité : L’irritation (ou la colère) vient souvent d’une opinion personnelle qui ne correspond pas à ce que Dieu fait ou laisse faire …

–    Il pria l’Éternel en disant … J’aime cet échange quasi permanent entre Dieu et Jonas. Même si le prophète est coriace, le dialogue n’est pas rompu. Dieu fait tout pour que Son plan s’accomplisse à travers Jonas. Dans son irritation, il prie, il dit à son Dieu ce qu’il pense, honnêtement et sans hypocrisie. Il est sûr de lui et de sa doctrine. Il pense même que Dieu se trompe, et le lui dit !!!

–    Ah! Éternel, n’est-ce pas ce que je disais … c’est ce que je voulais éviter en fuyant à Tarsis … Voilà l’explication de la fuite (v.2a). Le prophète pense réellement qu’il sait mieux que Dieu ce qu’il faut faire envers Ninive. Il est un peu « moralisateur » ! D’ailleurs, je vois bien que j’en suis aussi tout à fait capable !

–    En effet, je savais que tu es un Dieu de grâce et de compassion, lent à la colère, riche en bonté : À la question « Qui est Dieu ? », on peut donner la définition de Jonas. Si Dieu n’est pas grâce , qui peut être sauvé ? (v.2b). Paul dit que là où le péché a abondé, la grâce surabonde … L’attitude du Seigneur envers les habitants de Ninive nous laisse beaucoup d’espoir pour notre génération. Jonas aurait du se réjouir, mais il déprime … et le Seigneur, avec beaucoup de tendresse, lui demande s’il fait bien de se fâcher (v.3-4), parce qu’il voudrait tant que son prophète se réjouisse aussi de la repentance de Ninive, objectif de sa mission (CB Emmaüs).

–    Jonas sortit de la ville et s’assit à l’est de la ville … Pourquoi ne reste-t-il pas dans la ville, au milieu du peuple qui s’humilie ? Il préfère s’éloigner, se construire une cabane de fortune, pour observer la suite (v.5). Suis-je un chrétien « qui observe » ou un chrétien « qui participe » ? Lors de l’arrestation de Jésus, la Bible dit que « Pierre suivait de loin … » . Dommage !

–    L’Eternel Dieu fit pousser une plante … Dieu est Créateur dans Son éternité. Pourtant, il donne vie à un végétal pour protéger Jonas (à travers le vent chaud d’Arabie qu’on nomme Sirocco). Il semble que la cabane construite par le prophète ne le protégeait pas assez car il avait mal à la tête ! Ce cadeau de Dieu donne une grande joie à Jonas (v.6). Quand nous sommes dans la faveur de Dieu, nous ressentons si fort le bonheur. Mais quand nous « pédalons » dans les difficultés, nous pouvons alors murmurer si facilement … Le lendemain, un ver fait sécher la plante protectrice (v.7) et le soleil étourdit Jonas au point qu’il défaille (v.8a). N’en pouvant plus, le prophète réclame la mort, c’est la déprime, la colère (v.8b) …

–    Dieu dit à Jonas : « Fais-tu bien de t’irriter à cause de la plante ? Il répondit : « Je fais bien de m’irriter jusqu’à la mort » … De nouveau cette question pleine de tendresse. Dieu est patient, vraiment ! Ce ricin est un signe de Dieu. Le Seigneur parle souvent par les circonstances, et nous ne le comprenons pas. Le mécontentement aveugle le serviteur de Dieu (v.9).

–    Dieu dit : « Tu as pitié de la plante qui ne t’a coûté aucune peine … et moi, je n’aurai pas pitié de Ninive ? » : L’homme est tellement égocentrique, souffrant de ses maux, tournant autour de ses problèmes, sans jamais se poser la question si les autres ne souffrent pas davantage !!! Au fond, Jonas a-t-il pitié du ricin ? Il a pitié de lui-même, ça c’est sûr !… Cette parole de Dieu nous rappelle que son coeur est compatissant. La grande ville est composée de 120 000 humains dans l’aveuglement, et beaucoup d’animaux (Pour McArthur, il s’agit de 120 000 enfants car l’expression « leur droite de leur gauche » concerne traditionnellement les enfants). Oui, Dieu veut leur faire du bien. Evidemment, nous n’avons pas la fin de l’affaire. Qu’est devenu Jonas ? Le plus important est pour moi : Ce que je deviens après ma lecture !

 

En effet, je termine l’histoire de Jonas, le prophète récalcitrant, et je m’y retrouve ! Maintenant, je me pose les questions suivantes :

1)    Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ?

2)    Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ?

3)    Est-ce que je suis capable de m’humilier lorsque je suis en échec ?

4)    Est-ce que j’ai le courage de repartir à zéro pour accomplir le plan de Dieu ?

5)    Est-ce que je suis prêt à faire ce que Dieu veut même si je ne comprends pas ?

6)    Est-ce que j’ai la liberté d’ouvrir mon coeur à Dieu comme Jonas l’a fait ?

7)    Est-ce que je suis prêt à annoncer le message de Dieu, selon la forme et le contenu qu’Il a choisi pour les personnes concernées ?

8)    Est-ce que j’accepte de ne pas comprendre, d’obéir quand même, avec patience, sans irritation ?

9)    Est-ce que je suis un acteur de l’Évangile ou un observateur (prêt à critiquer) ?

10) Enfin, est-ce que je désire vraiment le salut des âmes (même lorsque j’estime qu’elles n’en sont pas dignes !) ?

 

Mission (im)possible pour Jonas : lecture suivie (1)

« La colombe n’est pas le symbole de la paix, mais le signe de la présence de Dieu Esprit Saint ». Première de couverture de « Noyau d’olive », d’Erri de Luca

« Il devait y avoir quelque chose de spécial dans le timbre de voix de Iona pour que Dieu aille le choisir lui précisément, le plus récalcitrant, le plus rebelle de tous les prophètes de l’Histoire sainte. » Erri de Luca. Quatre pas avec Iona/ Jonas IN Noyau d’olive. Gallimard, 2012 (Folio), pp 97-98.

Le message de ce prophète est le plus court de toute la section des « Prophètes », dans l’Ancien Testament, puisqu’il se résume à un demi-verset. L’essentiel de son message est donc ailleurs, plus particulièrement dans sa personne et son comportement. 

Voici une LECTURE SUIVIE DU LIVRE DU PROPHÈTE JONAS (2018), proposée par Louis-Michel, un ami et un frère pasteur qui me l’a aimablement transmise et autorisé à la publier ici, pour l’édification de chacun. Qu’il en soit remercié !

Base de l’étude : Thompson 21 / BS 21 (archéologie) / Bible McArthur / La Bible en BD (LLB) / Le Christ dans toutes les Écritures (Hodgkin) / Bible du Semeur / L’Ancien Testament Bridel 1872 / Les prophètes de l’A-T (P. de Benoit) / Jonah and Micah (J. Vernon McGee) / Old Testament Survey (P. Hammond) / Introduction à l’AT (G.L Archer) / Commentaire Biblique d’Emmaüs (CB) …

 

Première Remarque : La BS 21 propose une lecture à deux entrées, l’une qui serait historique, l’autre fictive (une légende avec une leçon spirituelle). Comme McGee et P. Hammond, je n’arrive pas à lire ce récit comme étant fictif … Ce texte annonce clairement, par avance, le rôle rédempteur de Jésus-Christ (ch.2), il se situe dans un contexte historique précis qui est la décadence de l’Empire dont Ninive était le flambeau. Même l’histoire du « grand poisson » est plausible, selon BS21 et d’autres spécialistes … Aucun doute chez GL Archer, H. Blocher, J-M Nicole, etc.

Seconde remarque : Le Livre de Jonas est de la plus haute importance puisqu’il a été mentionné par Jésus lui-même lorsque les religieux lui demandaient un signe. Jésus explique que CE SIGNE DE JONAS annonçait la mort et la résurrection du Messie (Matthieu 12 : 38-42). Il précise même que le SIGNE du « Fils de l’homme » pour cette génération était semblable à celui de Jonas pour sa génération (Luc 11 : 30) – (Y. I-Bing Cheng, entretienschrétiens.com).

Troisième remarque : Qu’est-ce qu’un SIGNE ? C’est la chose qui permet de comprendre le contenu d’un message. Quand nous voyons le signe « L’Eléphant Bleu », nous savons tous qu’il s’agit d’une station de lavage de voitures. Quand nous considérons Jonas, nous savons tous qu’il s’agit de la mort de Jésus et de sa résurrection.

JONAS 1 : 1-2

–    La parole de l’Éternel fut adressée à Jonas, fils d’Amitthaï : On date ce récit dans la première moitié du 8ème siècle avant J-C (793-753 av.J-C). Le nom de Jonas signifie colombe(1). Celui de son père signifie fidèle. La colombe n’est pas le symbole de la paix(2), mais elle est le signe de la présence de Dieu Esprit Saint. Nous avons ici un père fidèle qui a engendré un fils vivant de l’Esprit de Dieu. N’est-ce pas une belle image de la transmission divine entre le Père céleste et Jésus le Fils, et entre les aînés et la jeune génération ? Dieu parle à Jonas car il a une mission à lui donner. Cette mission, on le verra, sera une bénédiction pour Ninive et pour Jonas lui-même.

–    Lève-toi, va à Ninive … : Ninive a été la capitale de l’Empire assyrien dans les années 700 av. J-C, basée sur la rive est du Tigre à plus de 400 km de Babylone. Nahum l’a qualifiée de « ville sanguinaire » (3:1). Dans la ville, il y avait deux tertres  dont un nommé « Prophète Jonas » (un tertre est un mémorial). La découverte du palais de Sanchérib a révélé la grandeur et le luxe de Ninive. C’est pour cela que Dieu la nomme « grande ville » (découverte de H. Layard en 1845). Pour parler à cette extraordinaire cité, le Seigneur a choisi Jonas. Il lui demande de SE LEVER pour se rendre à Ninive. Jonas devait être « assis », dans une position de stabilité, de confort, de routine. Tout allait bien. Sa vision concernait son peuple. D’un seul coup, l’Eternel lui demande l’impossible … aller chez les païens, les ennemis … (v.2a).

–    … la grande ville, et crie contre elle, car sa méchanceté est montée jusqu’à moi » : L’auteur du récit (on ne le connait pas) révèle tout d’abord la méthode voulue par Dieu pour toucher le coeur des habitants de « la grande ville » : Jonas devra CRIER. Ensuite, on découvre le contenu qui sera de DÉNONCER LA MÉCHANCETÉ de Ninive. Lorsqu’on sert le Seigneur, il est important de comprendre ce qu’il attend de nous, dans la forme comme dans le contenu. L’expression « montée à moi » signifie que Dieu a vu, entendu, senti, et ressenti ce qu’il se passait à cet endroit parmi ses habitants. Dieu n’ignore rien de nos vies ! (v.2b).

JONAS 1 : 3-16

–    Jonas se leva pour s’enfuir à Tarsis loin de la présence de l’Eternel : Il prend le bateau à Jaffa (nom signifiant « beauté », vers l’ouest, donc dans le sens opposé de Ninive). On ne sait pas de quelle Tarsis le livre de Jonas fait mention : Tarsis en Espagne (ce qui justifie le mot « loin », Tarsis en Sardaigne (selon un écrit phénicien), Tarsis au nord de l’Afrique (selon la version latine ce serait Carthage ou dans sa proximité), Tarsis en Anatolie (l’actuelle Turquie) ou tout simplement « en haute mer » (selon Saint Jérôme, père de l’Église). En fait, le lieu a peu d’importance, c’est le fait de s’enfuir loin de Dieu qui met Jonas en danger. Lorsque nous sortons de la présence de Dieu, nous prenons de gros risques ! (v.3).

–    L’Eternel fit souffler sur la mer un vent impétueux : Ce vent se transforme en « grande tempête », le bateau part à la dérive et risque de « faire naufrage ». C’est Dieu qui dirige le vent. Il en est le créateur et l’utilise pour que sa volonté soit faite. Jonas pense fuir Dieu, mais Dieu le poursuit jusque sur la mer Méditerranée ! (v.4).

–    Les marins eurent peur ; ils implorèrent chacun leur Dieu : C’est intéressant de voir comment ces marins sont terrorisés par la tempête. Comme ils sont religieux, ils prient. Aujourd’hui, des païens, des moqueurs, des blasphémateurs se mettent à prier Dieu quand les choses tournent mal … le coeur de l’homme est étonnant ! Les marins allègent leur navire pour essayer de le maintenir à flots. Pendant ce temps, Jonas « dormait profondément » au fond du bateau. Le capitaine le lui reproche car il veut que Jonas prie aussi son Dieu … qui sait ? L’homme en danger est prêt à essayer n’importe quelle religion ou superstition pour sauver sa propre vie ! (v.5-6).

–    Puis ils se dirent l’un à l’autre : « Venez, tirons au sort … » : Le sort tomba sur Jonas ! Incroyable ! Dieu répond à la détresse des marins au sein de leur idolâtrie.

–    Alors, ils lui dirent : « Dis-nous qui nous attire ce malheur » : On a du mal à imaginer ce dialogue au milieu d’une tempête, mais il est crucial pour les marins, ils jouent leur vie ! Le dialogue peut faire ressortir des choses intéressantes et peut permettre une guérison morale ou sociale. Le capitaine demande des comptes à Jonas sur son identité … (v.7-8).

–    Il leur répondit … La réponse de Jonas est à peine croyable. Il est hébreu. Et il déclare « craindre l’Éternel ». En passant, il désigne son Dieu comme étant le Créateur, donc au-dessus des dieux des marins. Cette expression CRAINDRE signifiait qu’il rendait un culte à une divinité. Un repère social à cette époque (v.9). Puis, il leur explique qu’il est en train de fuir son Dieu … Ce que ses interlocuteurs ne comprennent pas. On ne défie pas une divinité … La peur saisit leur âme (v.10).

–    Ils lui dirent : « Que te ferons-nous ? » … L’idée est d’éloigner la tempête et la mort, le jugement de ce Dieu de Jonas. Ils lui posent la question car Jonas s’est désigné lui-même coupable. La mer est en furie, il faut trouver une solution ! D’ailleurs, le prophète en propose une : de le jeter à la mer. Il est conscient de sa faute et accepte la mort comme châtiment (v.11-12).

–    Ces hommes ramèrent pour gagner la terre ferme, mais ils ne purent pas y arriver : La mer est puissante lorsqu’elle est déchainée ! Les voiles ? Plus rien ! Les rames ? Comment quelques marins peuvent triompher d’une tempête meurtrière ? Impossible ! Alors, quelque chose d’extraordinaire se passe : l’équipage se met à prier le Dieu de Jonas ! Chacun le reconnait comme souverain (v.13-14).

–    Puis ils prirent Jonas et le jetèrent dans la mer : Lorsque Jonas a reconnu sa faute, les marins auraient pu le jeter hors du navire, mais ils ont pardonné la faute. Seulement, là, ça ne suffisait pas. C’est pourquoi ils appliquent la parole de Jonas.Ils le condamnent à mort … Mais cela les chargeait terriblement. Dès que la mer est calmée, ils offrent un sacrifice, non pas à leurs dieux, mais à l’Éternel (v.15-16). Je me dis que Dieu est bon, il utilise la désobéissance de son prophète pour amener ces hommes à une rencontre avec Lui ! Le comble de Son amour ! Bien sûr, il n’est pas question de se laisser aller à faire n’importe quoi dans notre société, en pensant que Dieu va l’utiliser pour sauver les gens dans notre entourage !!! Il y a une autre leçon à apprendre pour Jonas et pour nous. En effet, le prophète rencontre des non-juifs, et à travers la tempête, Dieu l’humilie face à eux. Il se croit plus grand qu’eux, et cela ne peut pas être. On retrouvera cet état de coeur un peu plus tard lorsque Jonas reprochera à Dieu sa compassion à l’égard des Ninivites.

JONAS 2 : 1-11

–    L’Éternel fit venir un grand poisson … La Bible Archéo dit qu’il s’agit, non d’une baleine (qui n’avale que des petits animaux marins), mais d’une GRANDE CRÉATURE MARINE. Le débat au sujet du poisson est bien animé par Satan qui voudrait bien nous faire oublier que c’est Dieu qui commande aux éléments naturels, et qui oriente les animaux selon Sa volonté. Il ne faut jamais oublier que les animaux, les végétaux, et les humains sont au service de Dieu.

–    … pour avaler Jonas : Donc Jonas est resté entier, protégé de la noyade dans le « ventre » du poisson (Le texte ne parle pas de l’estomac – Le mot « ventre » est un terme employé au sens général).

–    Jonas fut trois jours et trois nuits dans le ventre du poisson : Selon McArthur, il faut compter trois jours. C’est la culture hébraïque. Il s’agit d’un laps de temps d’environ trois jours. La connaissance de cette tradition permet d’effacer toutes les interprétations concernant les fameux trois jours entre la mort et la résurrection de Jésus. En tout cas, pour Jonas, ce fut certainement un temps bien difficile à vivre, un profond désespoir ! (v.1).

–    Jonas, dans le ventre du poisson, pria l’Éternel son Dieu : Que fait-on quand tout va bien ? On oublie le Seigneur ! Et quand tout va mal ? On le prie ! Que nous sommes méchants !!! Mais ce qui est beau ici, c’est que Dieu a entendu Jonas. Il l’avait conduit dans le ventre de ce poisson, attendant un élan de son coeur d’homme perdu, une repentance … (v.2).

–    Dans ma détresse, j’ai fait appel à l’Éternel, et il m’a répondu … On a l’impression de lire l’histoire de la relation entre Israël et son Dieu. Déjà, le prophète récalcitrant reconnait qu’il est en situation de détresse. Ensuite, il demande le secours à Dieu. Enfin, Dieu répond (pas seulement des mots, mais des actes !). Avec ce début de prière nous avons un texte digne du Livre des Psaumes.

–    Du milieu du séjour des morts … Cette expression est à rapprocher des mots « Dans ma détresse ». En fait, Jonas fait face à la mort, elle est imminente.

–    Tu as entendu ma voix : Répétition de « Il m’a répondu ». La première partie de ce verset fait partie du récit, la seconde est la prière à Dieu (v.3).

–    Tu m’as jeté dans l’abîme, dans les profondeurs de la mer, et les courants m’ont environné ; toutes tes vagues et tes flots sont passés sur moi : Jonas reconnait la main de Dieu dans le jugement à son encontre (v.4).

–    Je disais : « Je suis chassé loin de ton regard, mais je verrai encore ton Saint Temple » : Jonas se voit perdu, mais l’espérance de Dieu est toujours dans son coeur. Paul déclare que l’amour, la foi et l’espérance demeureront (1 Cor. 13) … Je crois qu’il y avait ces trois choses dans le coeur de Jonas, au-delà de son péché (v.5).

–    L’eau m’a couvert … Jonas décrit la terreur que représentaient l’élément marin dans lequel il s’enfonçait, vers la mort … (v.6-7).

–    Quand mon âme était abattue en moi … « Ô mon âme, pourquoi es-tu abattue en dedans de moi ? ». On reconnait l’Esprit des psaumes. N’avons-nous jamais vécu cette détresse de l’âme ? C’est ce ressenti profond qui pousse Jonas vers Dieu. C’est pourquoi, si nous sommes dans la dépression, ou dans le découragement, nous avons une grâce, nous sommes prêts à chercher l’Éternel ! (v.8).

–    Ceux qui s’attachent à des idoles sans consistance : Il dit cela pour montrer la consistance de Dieu. En même temps, l’idolâtre peut comprendre son péché l’éloigne de Dieu (v.9).

–    Quant à moi, je t’offrirai des sacrifices : Dans sa détresse, Jonas pense à ce qu’il donnera à Dieu lorsqu’il sera libéré. Ces sacrifices seront remplis de reconnaissance … Il faudra se rappeler de cet engagement quand nous lirons le dernier chapitre du Livre (v.10). La prière est courte mais puissante, violente, remplie d’espoir !

–    L’Éternel parla au poisson : Dieu continue à diriger sa créature au bénéfice de son prophète. Le poisson vomit Jonas sur un rivage de la mer. On peut imaginer dans quel pitoyable état devait se trouver Jonas, mais sauvé (v.11) ! En effet, avec lui, nous pouvons proclamer « Le salut vient de l’Éternel » (v.10b) !

A suivre vendredi….

 

Notes : 

(1) [Jonas = Iona, en hébreu]. C’est la même Iona qui a été envoyée par Noé depuis l’arche après le déluge, mais aussi le participe présent du verbe iana, opprimer.

(2) La colombe tenant un rameau d’olivier a été rendue célèbre en tant que symbole de la paix au XXe siècle à travers « la Colombe de la paix », dessinée par Picasso en 1949, à la demande du Parti Communiste dont il était membre. En même temps, l’Union soviétique préparait son premier essai nucléaire le 29 août 1949… Et puisque l’on parle de symbole, les LGBT, quant à eux, ont repris l’arc-en-ciel qui représente l’alliance avec Dieu.

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….

« Là où deux ou trois sont assemblés en mon nom » : Focus sur une mauvaise interprétation d’un texte que l’on croit bien mal interprété…

Gaston Lagaffe par Franquin : « le gag » des « crêpes foireuses » !

L’article qui suit commence pourtant bien. Mais la suite prend des allures de gag.

Michael Patton, dans cet article publié sur son blog, Credo House, le 8 octobre 2012. et traduit en français par Elodie Meribault pour Le Bon Combat, estime que le fameux verset “Car là où deux ou trois sont assemblés en mon nom, je suis au milieu d’eux.”
(Matthieu 18.20) est généralement mal interprété. De quoi le rendre « hara » ! (de l’hébreu «courroucé», «furieux»)

Nous invitant à regarder « ce verset de plus près », l’auteur nous fait la démonstration suivante :

« Mais quelle est la signification de ce verset ? Cela veut-t-il dire que Christ est davantage enclin à répondre à nos prières si nous prions en commun ? Cela signifie-t-il que Christ est physiquement présent au milieu de notre réunion de prière, comme… un fantôme, une entité flottante ? Après tout, peut-être est-il est là, et il nous tient la main. Et puis, qu’est-ce que cela veut dire, de toute façon ? Comment cela, deux ou trois ? L’idée véhiculée est la suivante : il faut nécessairement plus d’une seule personne pour invoquer cette présence à la fois réelle et mystique de Christ. De cette idée, certains en ont même fait un sacrement. Et pourtant, ce n’est pas ce que signifie ce verset. Et, dans un certain sens, cela m’irrite un peu, car cela peut nous induire en erreur sur la puissance de Dieu et sur notre vie de prière.

Matthieu 18:20, comme chaque passage des Écritures, s’inscrit dans un contexte. Et lorsque nous analysons ce contexte, nous découvrons que la péricope (la plus petite unité de pensée) dans laquelle s’inscrit ce verset commence au verset 15 : « Si ton frère a péché, va et reprends-le entre toi et lui seul. S’il t‘écoute, tu as gagné ton frère » (Matthieu 18:15).

« Au final », conclue-t-il, « ce passage fait tout simplement référence à la discipline d’Église et la validation d’un processus par Christ. Il n’a donc rien à voir avec une présence mystique de Christ au moment d’une réunion de prière (…). Cette prière mal interprétée pourrait bien ressembler à une formule d’incantation dénuée de tout pouvoir, à une manœuvre manipulatrice d’un système polythéiste qui dépend en permanence de la présence physique de ses dieux pour que les bénédictions arrivent. Nous ne sommes pas limités par ces choses. Notre Dieu est tellement plus grand. Alors réfléchissons à deux fois avant de prier de la sorte ».

Une fois n’est pas coutume, les commentaires qui ont suivi cette analyse sont bien plus intéressants que l’analyse elle-même.

Car, comme le relèvent finement les internautes, l’exposé a beau paraître magistral, il présente l’écueil majeur suivant : « Prétendre regarder le verset de près et ne pas même citer celui qui précède ! » C’est là se planter… magistralement ! Car lequel verset dit justement : « Je vous dis encore que, si deux d’entre vous s’accordent sur la terre pour demander une chose quelconque, elle leur sera accordée par mon Père qui est dans les cieux »(v19).

Et l’un des internautes de souligner que « l’enfant le moins déluré voit immédiatement que la discipline de l’Église est ici un sujet complètement étranger à la pensée que Jésus veut communiquer à ses disciples. L’auteur, qui ne manque de nous informer de sa grande familiarité avec le mot hébreu hara, le complète malheureusement pour lui par le japonais kiri, sur le plan intellectuel ».