L’action du mois : (re)lire les Evangiles

Les quatre premiers livres du Nouveau Testament retracent les événements marquants de la vie de Jésus. Ces récits, les Evangiles, à lire comme un tout, visent à authentifier l’existence et la mission divine du Christ et ainsi encourager la foi des lecteurs.

Cette vidéo nous explique en 5 minutes pourquoi ces récits ont été écrits et comment les lire de manière plus éclairée.

Notre rapport à la vérité ou « chérie, j’ai rétréci la complexité du réel ! »

Dans cette vidéo enregistrée le 24 juin 2021 (dans la cadre de la formation des Ambassadeurs d’A Rocha France – branche de l’organisation chrétienne internationale de conservation de la nature), le Pasteur Gilles Boucomont parle du rapport à la vérité et des raisons qui nous amènent à chercher des réponses simples à des questions complexes. Ce thème d’actualité a été choisi, suite au constat que ce sont souvent les mêmes raisonnements qui entraînent certains vers le complotisme et la négation de la science climatique, notamment.

La Méditation introductive est d’Eglantine Eldin, pasteure stagiaire et diplômée de la Faculté de Théologie de Vaux sur Seine.

Gilles Boucomont a été pasteur en Afrique de l’Est, puis à l’Eglise Réformée à Rouen, puis à l’Eglise Protestante Unie (EPUdF) du Marais, à Paris. Il est aujourd’hui pasteur de l’EPUdF de Paris-Belleville. Il a étudié, en plus de la théologie, les sciences politiques, l’écoute pastorale et les soins palliatifs. Depuis quelques années, il a développé une expérience d’accompagnement et de libération, redécouvrant la guérison divine, et l’autorité de Christ, pour la délivrance. En conciliant cette pratique avec les exigences intellectuelles de la modernité, il a donné cet enseignement dans des milieux chrétiens très divers, en Europe et aux Etats-Unis.

Découvrir A Rocha France et le programme Ambassadeurs

Comment, pour des pasteurs, « bien parler » du haut de la chaire des vaccins contre la covid-19- ainsi que de politique sanitaire en vigueur ?

« On t’a fait connaître ce qui est bien…. » de poster ou de dire (Michée 6v8). Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« Tout est permis, mais tout ne convient pas. Tout est permis, mais tout n’édifie pas » (1 Cor.10v23) ; « …faites tout pour la gloire de Dieu. Ne soyez pour personne une occasion de chute… » (1 Cor.10v31-32) ; « que tout se fasse pour l’édification commune » (1 Cor.14v26).

Oh là là ! Les pasteurs peuvent-ils se risquer à se prononcer sur des sujets hautement sensibles dans notre beau pays, tels les vaccins et la vaccination, ainsi que l’obligation de se faire vacciner contre la covid-19, ou de présenter un certificat sanitaire pour accéder à certains lieux ou autres moyens de transport publics, voire à son travail ? Pour la plupart des pasteurs, il est périlleux de parler de ce que l’on ne maîtrise pas, sachant que ce qui est dit au micro par un pasteur a un poids particulier.

On peut aussi comprendre que le rôle d’un prédicateur n’est pas de prescrire à l’assemblée, réunie à l’écoute de la Parole de Dieu, ce que chacun doit faire ou ne pas faire, pour qui voter ou ne pas voter, contre qui ou quoi manifester…. Cela engendrerait certainement des discussions sans fin, mais aussi des divisions.

Le prédicateur est redevable devant Dieu d’annoncer la Parole de Dieu et non pas d’exprimer ses options personnelles. Annoncer, prêcher l’Evangile de Jésus-Christ, c’est aider à vivre selon la volonté du Seigneur, à se garder du mal et à faire des choix libres, inspirés non par la peur (alimentée notamment par des théories complotistes, dans le cas de la covid, qui fleurissent sur les réseaux @sociaux) mais par l’amour. Aimer le Seigneur et son prochain est la plus grande liberté qu’il nous soit donné d’exercer. Et « l’amour bannit toute crainte » (1 Jean 4,18). L’amour ne soupçonne pas le mal (1 Cor.13v5).

L’apôtre Paul, sur le rapport du chrétien aux autorités et aux lois, le rappelle en Romains 13, versets 1 à 8. Après avoir traité du rôle de l’Etat (préserver l’ordre et l’harmonie d’un monde toujours menacé par le mal), et de ce que nous lui devons (notamment l’impôt), Paul conclut : la seule dette que vous avez, c’est de vous aimer les uns les autres (verset 8 qu’il faut rattacher à ce qui précède et pas seulement à ce qui suit)

Sur cette base, à chacun de décider devant le Seigneur comment, concrètement, il manifestera l’amour envers son prochain dans la période de pandémie que nous traversons. En la matière, ne s’agit-il que de ma propre santé ou aussi de celle des autres ? S’agit-il seulement de me protéger ou de protéger aussi les autres ?(1) Dois-je attendre les consignes du gouvernement ou du préfet pour cela ?

Et parlant de prière, votre communauté a certainement beaucoup prié et intercédé, l’an dernier, comme beaucoup d’autres, notamment pour les vaccins.  Aujourd’hui, voici non pas un, mais plusieurs vaccins produits à des centaines de millions d’exemplaires contre un virus en à peine dix-huit mois et disponibles gratuitement ! Merci Seigneur !

Merci aussi Seigneur, parce que dans notre beau pays, durant cette crise sanitaire, nous avons eu (et avons) des tests PCR gratuits, des soins gratuits, des salariés payés, des entreprises aidées et des aides pour les plus modestes.

Et enfin merci Seigneur, parce que nous ne sommes pas à la place de nos gouvernants en charge de gérer cette crise, qu’ils ont pris au sérieux. Personnellement, j’en serai bien incapable.

C’est pourquoi la Parole de Dieu nous invite, outre à la soumission et au respect, à prier pour nos autorités (1 Tim.2v1-4) et pour nos institutions (politiques, législatives, scientifiques, judiciaires, médiatiques….), et c’est au nom de l’évangile que nous devons réhabiliter la considération pour les institutions systématiquement dénigrées, moquées et discréditées. Car sans cette considération et ce respect, rien ne peut fonctionner. 

En comparaison, le Royaume de Notre Seigneur n’est certes « pas de ce monde », mais sa royauté ne jette aucun discrédit, bien au contraire, sur les pouvoirs humains.

Alors qu’il y aurait de bonnes raisons d’être prudents, Jésus n’a pas voulu que nous entrions dans le discours paranoïaque. Lui seul a été fidèle jusqu’au bout. C’est pourquoi il nous faut absolument déminer tout discours inspirant et nourrissant la suspicion et la crainte. Ainsi, comment prendrons-nous au sérieux l’autorité de Dieu si nous avons été structurés dans la contestation/diabolisation de l’autorité de l’Etat, comme de toute autorité ? Il n’y a pas de gouvernement parfait, mais toute autorité vient de Dieu (cf Rom.13v1). Nous rendrons service au gouvernement en priant pour lui, pour que des mesures justes et sages soient prises pour l’intérêt général, et nous contribuerons ainsi à la réhabilitation des structures de nos sociétés où les institutions ont été discréditées.

Que Dieu nous donne de comprendre la nature des enjeux prophétiques de ces guérisons collectives (notamment de la confiance malade/blessée) que nous avons à vivre en ce moment.(2)

PS : il est possible de répondre à ceux qui ont des doutes ou des craintes légitimes, hésitant à se faire vacciner en orientant vers des explications de spécialistes du domaine. Voici, parmi d’autres, des questions/réponses de médecins épidémiologistes :  Que répondre à ceux qui hésitent à se faire vacciner contre la Covid-19 ? (theconversation.com) et Vrai ou faux : les arguments des anti-vaccins Covid-19 passés au crible (france24.com) un article recommandé par le CPDH (Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine).

Voir aussi ce récent avis du Comité d’éthique du CNRS (COMETS), relatif à la communication scientifique en situation de crise sanitaire. Lire un court résumé de l’avis ici, et l’avis complet .

Notes :

(1) D’après cette réponse pleine de sagesse du répondant sur 1001 questions.

(2) D’après cette prédication « pourquoi prier pour les autorités ? »

« Nous sommes tous des étrangers et voyageurs sur la terre » : entretien avec Manior, auteur de « Les deux pieds en Afrique »

Un récit instructif et constructif, acteur de la déconstruction de préjugés

Aujourd’hui, nous recevons, pour la première fois sur notre blogue, le dessinateur Manior, pour nous parler de son roman graphique « Les deux pieds en Afrique », co-réalisé avec son épouse Maya, et paru le 08 octobre 2021 aux éditions Scriptura. Qu’il en soit remercié pour s’être ainsi prêté par mail au jeu des questions-réponses pour Pep’s café ! le blogue, contribuant à la richesse de cet entretien.

Merci également à Laurène de La Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française, et à Coraline Fouquet, éditrice chez Scriptura, pour l’envoi de ce beau livre en service presse, en avant-première, comme pour m’avoir mis en contact avec l’auteur.

Intro « brise-glace »

Bonjour Manior, je te remercie de te prêter ainsi au jeu des questions-réponses pour Pep’s café! le blogue. Comment te présentes-tu, habituellement ?

Je m’appelle Romain, j’ai 35 ans, marié à Maya et papa de 3 petits garçons. J’habite à Angers, et je travaille pour le CNEF, Conseil national des évangéliques de France. J’ai été enseignant en Sciences de la Vie et de la Terre (collège, lycée), puis j’ai travaillé pour des associations chrétiennes, dans le domaine de la communication principalement.

D’où vient ce nom de « Manior » ?

Manior est une anagramme de mon prénom, Romain. Il y avait aussi « Marion », mais ça collait moins avec mon genre ! J’ai pris ce pseudonyme de « Manior » dès l’adolescence, pour signer les dessins que je faisais pour les copains, ou sur les tables de la fac… 

1/ « Les deux pieds en Afrique », un roman graphique : « spécial origines »

Cette publication – un roman graphique alternant entre planches de bande dessinée et pages de carnet de voyage – est l’aboutissement d’un projet personnel, original : pourquoi cette BD ? Quelle est sa genèse ? Dans quelles circonstances a-t-elle été réalisée ?

Dans l’avion pour le Cameroun, lors de notre départ en volontariat [en 2014-2015], j’ai commencé à prendre des notes dans un petit carnet noir. Je voulais me souvenir des émotions ressenties, des premières surprises, des premières découvertes… C’était un récit assez intime, une sorte de journal personnel. Après quelques semaines, je ne ressentais plus ce besoin de noter mes impressions, mais j’ai par contre continué à noter des petits détails, dessiner quelques objets, et de plus en plus de situations surprenantes, qui me faisaient rire. Après 6 mois au Cameroun, et quelques semaines au Sénégal, j’ai cherché à dessiner ces anecdotes en bande dessinée. Je suis allé trouver un artisan qui m’a aidé à faire une table lumineuse, j’avais déjà un peu de matériel pour dessiner, et je me suis lancé. Et ce fut assez prolifique : je dessinais 2 à 3 planches tous les soirs ! 

En parallèle, Maya et moi tenions un blog, illustré de photos, de dessins et de vidéos, pour raconter à notre entourage ce que nous étions en train de vivre.

Quel a été le rôle des Editions Scriptura dans l’accompagnement de ton projet ?

En fait, j’avais dessiné plus de 100 planches de BD au Cameroun, mais elles sont restées dans un carton, faute de temps pour donner une suite à ce projet. Mais fin 2020, j’ai cherché une maison d’édition pour concrétiser ce projet de bande dessinée. J’ai tout de suite pensé à l’Alliance Biblique Française, qui mène (comme Wycliffe, pour qui nous étions volontaires) des projets de traduction de la Bible dans le monde. L’Alliance Biblique Française a répondu avec beaucoup d’enthousiasme, au travers de sa branche des Éditions Scriptura et son éditrice, Coraline Fouquet. Avec elle, nous avons retravaillé tout le projet, pour arriver à ce format un peu atypique, mêlant mes planches de bande dessinées, des passages repris du blog, et des photographies et illustrations complémentaires.

L’album est co-signé « Maya et Manior » (et non « Manior et Maya ») : quelle a été la participation de ton épouse dans sa réalisation ?

Par galanterie, j’ai préféré faire figurer le nom de Maya en premier. Au niveau du contenu, les textes (carnet de bord) étaient le plus souvent rédigés à 2 mains, et les photographies sont très majoritairement celles de Maya. Cette mention « Maya et Manior » est à la fois celle des auteurs, mais aussi des personnages, comme on lirait « Une aventure d’Astérix et Obélix ». Le caractère autobiographique permet de mêler ces 2 objets en une seule mention, au risque d’apporter un peu de confusion pour les lecteurs.

Pourquoi ce choix du roman graphique (un livre) pour raconter votre expérience en couple de volontariat en Afrique, et pas une vidéo, alors que ta spécialité est la communication digitale ?

Je suis très attaché au livre, au papier, à l’objet. Je dessine de manière très traditionnelle (crayon, pinceau, etc), donc le choix de ce format est très naturel pour moi. En parallèle, nous avons aussi réalisé quelques vidéos, tenu un blog, et animé les réseaux sociaux autour de notre année de volontariat… donc bien utilisé la communication digitale.

2/L’envoi en mission, « un déplacement »

 Le samedi 18 septembre 2021, le Défap – le Service protestant de mission – a fêté ses 50 ans au service de l’interculturalité. A cette occasion, d’anciens envoyés – dont votre couple – répondant à un appel à témoins du Défap, ont pu témoigner de ce que leur mission a changé dans leur vie. L’achèvement de votre BD et sa sortie prévue le 08/10 est-il « un hasard » (avec un grand « D ») de calendrier, avec cet anniversaire ?

C’est en effet un appel du Défap, dès fin 2020, qui a « réveillé » ce projet qui sommeillait dans un carton ! Nous avons travaillé activement avec le Défap et les Éditions Scriptura pour réussir à sortir ce livre à temps pour participer aux animations prévues autour des 50 ans du Défap. Je me réjouis de ces partenariats, parce qu’ils montrent que notre projet et notre année de volontariat ne s’est pas fait de manière isolée, mais au bénéfice de plusieurs structures différentes. 

Si l’on considère que la mission est « déplacement » et « rencontre », et, au-delà de la rencontre elle-même, « foi mise en action qui permet de mettre en relation même ce qui était destiné à ne jamais se rencontrer », en quoi votre vie à tous les deux n’est-elle plus la même, depuis cet envoi en mission ?

Dès notre retour, nous avons ressenti la nécessité de mettre en relation ce que nous avions vu, entendu, vécu, et nos proches ici en France : nos amis et famille doivent savoir ! Savoir ce qu’est le Cameroun, le Sénégal, qui sont les gens là-bas, savoir dans quel contexte social et politique ils naissent, grandissent, vivent et sont heureux. Il y a tellement de clichés et de généralisations à déconstruire, tellement de non-dits sur la Françafrique, que nous avions envie de jouer notre rôle de témoin : voilà ce que nous avons vu !

Avec quelques années de recul, je considère que nous avons vraiment eu de la chance de vivre cette année de volontariat, et qu’elle a façonné les individus, le couple et la famille que nous formons maintenant ! Il est difficile d’imaginer qui nous serions sans cette expérience, mais impossible de nier son impact.

En dehors des défis techniques décrits dans l’album (problème d’accessibilité à l’internet pour votre travail au quotidien….), quel a été votre plus gros défi de communication au Cameroun ?

Notre plus grand défi a été culturel : nous n’avons pas toujours pu appliquer nos idées telles quelles. Un exemple : nous avons souhaité mettre en place un envoi papier à tous les adhérents de l’association, mais impossible : la grande majorité de la population n’a pas d’adresse postale. Il fallait faire confiance aux relais de l’association dans les Églises pour assurer une distribution large de nos documents, et à notre grande surprise, ça fonctionne ! Ça a été une belle leçon d’humilité quant à l’expertise que nous pensions avoir, confrontée à la réalité du pays.

A quel point t’estimes-tu moins privilégié en France, en comparaison des camerounais qui ont « tout » chez eux ?

Sur place, il y a effectivement le beau temps, la facilité des relations humaines et la bière pas chère, qui font envie ! Avec du recul, et mon retour en France, je dirais qu’il y a aussi au Cameroun une liberté plus importante : les espaces vierges sont plus grands, la propriété privée est peu délimitée, les lois sont moins nombreuses, et tout est négociable… Les opportunités (créatives, de business, etc..) sont plus nombreuses car la société semble « en construction » ! Le retour en France a été dur pour moi sur ce point !

3/ L’art de la chute et inspirations diverses

Qu’as-tu appris de l’art de la chute, de la construction d’un gag, lors de l’élaboration de cet album ? [Voir en comparaison, la « vraie chute » en moto, en dernière partie de l’album !]

En BD comme en moto, je ne maîtrise pas l’art de la chute ! Je ne me considère pas comme un bon scénariste, et j’ai un humour assez second degré, voir sarcastique. J’ai donc écrit certains gags qui me font rire personnellement, mais qui sont loin d’être universels ! La construction des planches s’est faite de manière très spontanée : je cherchais davantage à dire ce qui m’avait fait sourire, plutôt qu’à faire sourire. Peut-être que ce qui est perdu en humour est gagné en authenticité… 

Ton « road trip » en moto te donne l’occasion de partager à tes lecteurs quelques extraits de « Nous rêvions tous de liberté », roman écrit par Henri Loevenbruck. En quoi cet ouvrage fait-il résonance avec ta propre aventure ?

En fait, c’est mon frère qui, en venant nous rendre visite au Cameroun, a ramené ce livre que j’avais acheté. C’est donc par coïncidence que je l’ai emmené dans mon sac et que j’ai commencé à le lire en partant en road-trip. Cette lecture m’a vraiment touchée, je me suis identifié à cette quête de liberté des personnages, et les chapitres que je lisais le soir mettaient des mots sur mes émotions de la journée, c’était incroyable ! J’ai souhaité garder cet aspect dans le livre.

De ton propre aveu, « Les deux pieds en Afrique » a été réalisé en mode « Le retour à la Terre » de Larcenet, ou les « Chroniques de jeunesse » de Guy Deslisle. Comment se gère une influence artistique pour un dessinateur, au point où tu as pu partager sur un forum que « ce que (tu fais) rappelle trop le retour à la Terre de Larcenet ? » 

Pour moi, le dessin est toujours resté un loisir : je n’ai pas suivi de formation, je n’y ai jamais consacré énormément de temps. Ce que j’ai apprécié chez Guy Deslisle (Chroniques de PyongYang) ou certains ouvrages de Manu Larcenet (Le retour à la Terre), c’est que la simplicité du trait n’était pas un handicap à la profondeur du récit, et ça m’a rassuré ! J’ai donc fait des choix proches de ce qu’on peut lire dans « Le retour à la Terre » : nombre de personnages limités, décors minimalistes, dessin et couleurs simples… Mon seul problème c’est que je n’ai ni le trait de Manu Larcenet, ni l’expertise scénaristique de Ferri ! J’assume donc l’inspiration de ces artistes, tout en reconnaissant le côté très amateur de mon travail.

Avec le recul, comment répondrais-tu aujourd’hui à ta propre question posée en cours de réalisation : « Y a-t-il une limite éthique, un moment où je dois choisir de faire différemment parce que ça ressemble trop à autre chose ? »

Au final, je ne me suis pas tellement éloigné du style de « Le retour à la Terre » donc… ma réponse est là ^^. Je pense que tout artiste est influencé par des créateurs de renom qu’il estime particulièrement, que ce soit moi ou Manu lui-même. Ici, la comparaison est légitime, mais se limite à certains choix graphiques, sans copier le thème, les personnages ou les gags. Je pense donc être resté du côté de l’inspiration (assez visible) sans avoir mordu le champ du plagiat ! 

Quel est ton regard final sur ton travail, aujourd’hui achevé ?

Je suis heureux d’avoir mené ce projet à terme, et d’avoir un beau livre sur mon étagère ! C’est mon 3ème projet abouti, après une auto-édition de mes dessins de blog en 2012 et l’illustration d’un livre pour enfants en 2016 (Fungo, ou l’aventure des mots).

En parallèle, je suis honoré de pouvoir proposer ce témoignage au sujet du volontariat, de la traduction de la Bible, qui se veut aussi une approche humble du choc culturel qui touche tout voyageur qui s’installe dans une culture qu’il ne connaît pas.

Le mot de la fin est pour toi !

Je me réjouis de lire les retours des lecteurs de ce livre, qui était à l’origine un projet assez personnel et est devenu un témoignage diffusé assez largement ! J’espère que ce récit sera instructif et constructif, acteur de la déconstruction de préjugés tenaces sur les étrangers, rappelant que nous sommes tous des « étrangers et voyageurs sur la Terre » ! 

Merci beaucoup, Manior, pour la richesse et l’authenticité de tes réponses !

Puisse ton partage nourrir l’intérêt de beaucoup pour ce livre !

En bref :

Les deux pieds en Afrique : carnet de voyage, de Maya et Manior. Editions Scriptura, 2021, 19.90€. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

Découvrir l’Alliance Biblique Française, dont la mission consiste à mettre la Bible à la portée de tous.

Le compte instagram « Not Art, Just Fun », de Manior.

 

« ZeBible », celle des 15-25 ans, fait peau neuve

Source image : site des éditions Bibli’O

Jeudi 14/10, 18h00, j’ai eu la joie de compter parmi les conviés de la soirée de lancement de la nouvelle édition de ZeBible, celle des 15-25 ans, laquelle a eu lieu à la maison de la conférence des évêques de France, à Paris. Merci à Laurène de La Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française (ABF) pour l’envoi de l’invitation et de la nouvelle ZeBible en service presse.

Au-delà de la présentation d’un projet éditorial, cette soirée s’est déroulée dans un esprit créatif, de convivialité et de partage, autour d’interventions (en présentiel mais aussi en vidéo) sur l’importance de la Bible chez les jeunes aujourd’hui, mais aussi de témoignages édifiants et émouvants de jeunes protestants et catholiques sur leur rapport à la Bible, sans oublier des lectures (Jean 1v1-13 et Esaïe 55v10-11) et scènes artistiques musicales (sketchs, violon) autour de la Bible.

ZeBible, c’est d’abord un remarquable travail collaboratif interconfessionnel, avec pas mal de monde autour. Soit une douzaine d’églises, associations et œuvres chrétiennes parmi la jeunesse*, oeuvrant ensemble pour offrir aux jeunes une Bible « pour eux », et faciliter la rencontre avec Dieu via Sa Parole.

*Alliance biblique française, Armée du salut, Apprentis d’Auteuil, Aumônerie catholique de l’enseignement public, Conférence des Évêques de France, Éclaireuses et éclaireurs unionistes de France, Église protestante unie de France, Fédérations des Églises adventistes, La Ligue pour la Lecture de la Bible, Les Parcours Alpha, Scouts et Guides de France, Union des Églises protestantes d’Alsace et de Lorraine, Zileos.

ZeBible a reçu le soutien du Conseil d’églises chrétiennes de France (CECEF).

ZeBible, c’est aussi un outil très complet s’adressant à des jeunes croyants (ou non) de confessions chrétiennes diverses (protestantes, évangéliques et catholiques), « connaisseurs » ou « néophytes », avec un nouveau graphisme et une nouvelle traduction, ainsi que + de 3200 commentaires remis à jour, en prenant au sérieux les questionnements et interrogations des jeunes. A cela s’ajoutent des outils (programmes de lecture, portraits de personnages bibliques, textes bibliques classés par thèmes et questions…) pour découvrir, lire, explorer et étudier la Bible, seul ou à plusieurs, en suivant son propre parcours, au gré de ses questionnements et de ses centres d’intérêt. La version utilisée est la Nouvelle Français Courant (NFC), révision complète, pertinente et bienvenue de la fameuse Français Courant. L’ordre des livres de l’ancien Testament suit l’ordre hébraïque, pour bien rappeler les racines juives de la foi chrétienne.

Conçue pour des jeunes de confessions chrétiennes différentes, susceptibles de lire la Bible ensemble, et de permettre à chacun de découvrir, non seulement « la » Bible, mais aussi « sa » Bible, ZeBible existe avec les livres deutérocanoniques, lesquels sont bien présentés, avec la distinction de livres « sources d’enseignement » pour les catholiques et les orthodoxes, et « sources de renseignements » pour les protestants et les Evangéliques.

Au final, une nouvelle édition de Bible recommandable pour toute personne en recherche, et un bel objet de relation à soi, à d’autres…et à Dieu !

En savoir plus sur le site et la page Facebook de ZeBible. Disponible chez l’éditeur (Bibli’O) ou dans toutes les bonnes librairies.

Communication scientifique en situation de crise sanitaire : profusion, richesse et dérives

Un retour bienvenu sur la délicate et importante question de la communication scientifique en situation de crise sanitaire (source image : public domain picture)

Le Comité d’éthique du CNRS (COMETS) a récemment rendu public un très intéressant rapport à lire absolument, sur la délicate (et importante) question de la communication scientifique en situation de crise sanitaire, découvert via cet article de Nextinpact. Vu que cela fait maintenant un peu moins de deux ans que la Covid-19 est entrée de force dans nos vies, les chercheurs ont suffisamment de matière pour un premier retour sur ce sujet.

Pour ceux qui ne le connaîtraient pas, Nextinpact rappelle que le COMETS est « une instance de réflexion » visant à apporter des éclaircissements sur des questions éthiques et sociétales, sans s’intéresser à des cas particuliers. « Ce n’est ni un comité opérationnel d’éthique chargé de donner une accréditation à des projets, ni une instance de déontologie traitant des infractions aux règles d’intégrité scientifique ».

Comme exposé en préambule de l’avis, le comité se réunissait en visioconférence, comme beaucoup, durant le premier confinement en mars 2020. À cette époque, ces membres évoquaient déjà « le grand malaise qu’ils éprouvaient face au traitement public des informations scientifiques »… et ce n’était que le début.  D’un côté ils se félicitaient de voir des chercheurs invités en masse dans les médias, mais « d’un autre côté, la parole des scientifiques se trouvait en butte à des controverses publiques, à des menaces, voire à des attaques virulentes conduites par toutes sortes d’acteurs étrangers à la science, qu’il s’agisse de prétendus experts, de personnalités charismatiques en quête de gloire ou de polémistes ».

Le COMETS reconnait volontiers que son rapport est loin d’être parfait, mais précise qu’il a néanmoins le mérite de dresser « un panorama vaste des questions posées par la communication scientifique ». Il est le fruit de 16 « longues et éprouvantes réunions » et d’une demi-douzaine de plénières ; il a été rédigé entre juin 2020 et août 2021. Les événements récents ne sont donc pas forcément pris en compte pour le moment. Pour mettre en perspective le déluge de travaux qui ont été menés, le COMETS rappelle que « 272 000 publications et 42 000 prépublications » ont été répertoriées pour l’année 2020 dans la base de données Dimensions. À défaut de pouvoir analyser avec le recul suffisant une telle abondance de littérature, le comité d’éthique propose dès à présent de « porter un éclairage sur ses forces et faiblesses ».

Résumé de l’avis du COMETS « Communication scientifique en situation de crise sanitaire : profusion, richesse et dérives  » (n°2021-42), approuvé le 25 juin 2021 et publié le 21/09/21.

Le COMETS traite, dans cet avis, des multiples formes prises par la communication scientifique dans le contexte de la crise sanitaire provoquée par la pandémie de COVID-19, due au SARS-CoV-2. Le recul de près de deux ans de crise permet de dresser un premier bilan des forces et faiblesses de cette communication. Nous examinons tout d’abord de quelle manière la crise a impacté la communication au sein de la communauté scientifique. Puis nous montrons combien la pertinence de la communication offerte au public par l’entremise de diverses sources d’informations a été déterminante dans la perception que les citoyens ont eu de la crise et dans leur adhésion au discours scientifique. Nous abordons la question de l’articulation entre la mission des experts scientifiques et les impératifs des décideurs. Enfin, nous évoquons les difficultés rencontrées par les scientifiques lorsqu’ils sont confrontés à la défiance des citoyens envers la science et à l’émergence d’un « populisme scientifique ». 

L’avis débute par un constat optimiste : les connaissances sur le SARS-CoV-2 et la COVID-19 ont très rapidement évolué grâce à une mobilisation inédite de la communauté scientifique internationale, au partage des données et à une politique éditoriale d’ouverture des publications, toutes initiatives qui sont les conséquences des récentes avancées permises par la Science Ouverte. Mais, le COMETS porte aussi un regard critique sur certaines dérives éditoriales et notamment sur les écarts à l‘intégrité scientifique, à la déontologie et à l’éthique qui ont accompagné la publication de travaux contestables portant sur des traitements de la COVID-19 par l’hydroxychloroquine. D’une manière plus générale, le COMETS déplore le comportement irresponsable de certains chercheurs qui ignorent, ou veulent ignorer, les fondements de la démarche scientifique que sont la rigueur, l’honnêteté, la fiabilité et la transparence des méthodes utilisées et l’évaluation critique des publications par les pairs. Les dérives constatées sont lourdes de conséquences par leur impact sur la santé et parce qu’elles contribuent à la défiance des citoyens vis-à-vis de la science et des scientifiques. Cette défiance est d’autant plus difficile à lever que les connaissances sur le virus et la pandémie étant en constante évolution, toute information, considérée comme vérité un jour, peut se trouver démentie le lendemain. Les diverses sources d’informations — institutionnelles, presse, médias, mais aussi réseaux sociaux — ont été des vecteurs déterminants pour éclairer les citoyens. Le COMETS tient à souligner le souci de partage des connaissances avec le public de l’ensemble de la communauté scientifique et salue le difficile et indispensable travail des journalistes. Cependant, force est de constater que les dérives ont été nombreuses : certains médias de grande écoute ont favorisé une « communication spectacle » volontiers polémique et entretenu la confusion entre vérité scientifique et opinion. Des médias ont également servi de tribune à des scientifiques pour y développer des thèses contestables. Les nouveaux médiateurs de l’information que sont internet et les réseaux sociaux ont aussi contribué à la désinformation du public et à la propagation des croyances complotistes. Le COMETS tente d’analyser les raisons qui ont conduit certains citoyens à adhérer à ces croyances complotistes et comment a pu se propager une vague de « populisme scientifique » dans laquelle l’opinion prime sur le fait scientifique.

Le COMETS s’est aussi penché sur la délicate question de l’articulation entre expertise scientifique et décision politique dans un contexte de crise et in fine sur la recevabilité du message de l’expert lorsqu’il est communiqué aux citoyens. 

En conclusion, la communication de crise a mis à jour une crise de la communication scientifique aux multiples facettes et d’une portée générale. L’un des enjeux pour la résoudre est indubitablement d’élever le niveau de culture scientifique des citoyens mais aussi des décideurs politiques, un devoir éthique auquel les chercheurs doivent contribuer.

Accéder à l’avis, à lire et à partager.

Plan de l’avis :

Impact de la crise sanitaire sur la communication scientifique 

La communication au sein de la communauté scientifique Publier la science.

Des initiatives bienvenues mais aussi des dérives 

Des écarts à l’intégrité scientifique, à la déontologie et à l’éthique lourds de conséquences 

Une croissance inédite des prépublications. Un progrès mais des dérives 

Vers le développement d’une communication « virtuelle » entre scientifiques 

Communication scientifique à destination du public 

La communauté scientifique au service de l’information du public 

L’information scientifique dans les médias 

Communication scientifique à destination des politiques : des experts pour éclairer leurs décisions 

Défiance envers la science. Quand la parole du scientifique est confrontée au « populisme scientifique » 

L’avis se termine par 13 recommandations, notamment :   

4) En s’exprimant dans l’espace public, le chercheur engage sa responsabilité de scientifique. S’il fait état de sa qualité, il doit préciser à quel titre il prend la parole : en spécialiste apportant son expertise sur le sujet débattu, en tant que représentant de l’organisme de recherche ou d’une institution, ou bien à titre de citoyen engagé voire de militant. 

5) Le chercheur doit faire la distinction entre ce qui relève de connaissances validées par des méthodes scientifiques de ce qui relève d’hypothèses de travail ou fait l’objet de débats. Il convient par ailleurs de signaler les marges d’incertitude des résultats de la recherche

L’action du mois : lisons et prions ensemble les psaumes

Dieu la lumière de l’espoir par Robert Nacke Le psaume, un curieux chant d’adoration à Dieu

Curieuses prières à Dieu que les psaumes, cette partie de la Bible, qui disent à la fois l’absence de Dieu, la misère de l’homme, le sentiment d’être abandonné et entourés d’ennemis ; et la louange, le cri de victoire, la grande affirmation du pardon et de la bienveillance de Dieu.

Si nous considérons les psaumes dans le registre de la dogmatique, ils sont incohérents, car ils disent une chose et son contraire.

En revanche, si nous les entendons comme la parole de l’homme en lutte avec ses contradictions, ses échecs et ses ambivalences, ils sont à l’image de notre humanité.

Lorsque nous abordons les Psaumes, nous avons tendance à relire les plus beaux : les 8, 23, 33, 91, 103, 121, la première partie du 139… Quant aux autres, ceux qui parlent de maladie, de haine, de persécutions et de violence, ou ceux franchement imprécatoires (ps.9v5-6 ; ps 35v3, 8 ; ps.59v12-13 ; ps. 69v22-28 ; 109v9-15, 137v8-9 ; 140v10-11…), nous les oublions et nous avons tort, car ils disent aussi la vérité de notre intériorité. Que ceux qui n’ont aucune ténèbres, aucune rancune, aucun combat, et qui sont totalement transparents à la lumière de Dieu, oublient ces psaumes [voire carrément tous les psaumes, en les censurant de la Bible]. Mais que tous les autres, ceux qui sont intérieurement partagés, divisés, troublés… trouvent dans ces prières la vérité de leur cœur !

Le Seigneur Jésus lui-même a prié les psaumes et a même formulé une prière particulière, dans un moment crucial de sa vie.

André Chouraqui a dit des Psaumes qu’ils étaient « cent-cinquante miroirs de nos révoltes et de nos fidèlités, de nos agonies et de nos résurrections. Davantage qu’un livre, un être vivant qui parle, qui souffre, qui gémit et qui meurt, qui ressuscite et chante, au seuil de l’éternité – et vous prend et vous emporte, vous et les siècles, du commencement à la fin ».

Un commentaire rabbinique raconte que David est tombé en dépression après que Dieu lui a refusé la construction du temple, car il avait trop de sang sur les mains. Nous trouvons une marque de cette dépression dans le verset qui dit : « Je me fatigue à force de gémir ; chaque nuit je baigne mon lit de mes pleurs, j’arrose mon lit de mes larmes. » C’est la rédaction acharnée des Psaumes qui lui a permis de s’en sortir.Tous ceux qui souffrent de dépression devraient écrire leur psaume pour accompagner leur traversée de la nuit.

D’après Antoine Nouis. Les psaumes IN Découvrir la Bible en 100 pages. Editions Bibli’O, 2001, pp 52-53.

Si l’auto-censure (particulièrement violente) avait été imposée aux psalmistes, sommés de « ne pas contrarier Dieu » avec leurs plaintes et donc de « souffrir en silence », pour ne pas se faire traiter « d’assistés » ou se voir reprocher « leur esprit de victime », il n’y aurait jamais eu les psaumes.

Heureusement, il n’y pas d’auto-censure devant Dieu !

« En Christ nous avons donc, par la foi en lui, liberté [de tout dire, avec franchise et hardiesse] et accès[auprès de Dieu] en toute confiance ». (Eph.3v12)

La vérité vous rendra libres

« Le processus de mise en vérité est douloureux pour notre ego. Il est éblouissant de la lumière de Dieu » (Source image : public domain pictures)

Dans l’Evangile selon Jean, chapitre 8, versets 31-36, Jésus parle ainsi à quelques Juifs qui viennent de reconnaître qu’Il est et qui se mettent à croire en Lui :

« Si vous restez fidèles à ma parole, vous êtes vraiment mes disciples ; vous connaîtrez la vérité et la vérité vous rendra libres. » Ils lui répondirent : « Nous sommes les descendants d’Abraham et nous n’avons jamais été les esclaves de personne. Comment peux-tu nous dire : “Vous deviendrez libres” ? »

Jésus leur répondit : « Oui, je vous le déclare, c’est la vérité : toute personne qui pèche est esclave du péché. Un esclave ne fait pas pour toujours partie de la famille, mais un fils en fait partie pour toujours. Si donc le Fils vous libère, vous serez vraiment libres ».

Être dans la vérité, c’est être baigné dans la parole du Christ. Le ministère du Christ, qui est le nôtre aujourd’hui, consiste à aider notre prochain ou notre frère à vivre en vérité, contre toutes les forces qui s’acharnent à les faire vivre dans le mensonge : du monde au diable, en passant par leurs désirs ou même des membres de leur famille (cf 1 Jean 2). C’est un vrai combat que d’être là en vérité.

L’apôtre Paul utilise une formule étrange, à bien y regarder, pour évoquer les modalités de cette liberté : « C’est pour que nous soyons vraiment libres que Christ nous a libérés. Tenez donc ferme et ne vous laissez pas remettre sous le joug de l’esclavage » (Gal.5v1). Nous sommes libérés par le Christ, c’est une certitude. Il nous sauve de notre perte et nous libère. Mais il ne nous libère pas une fois pour toute et de tout : nous devons nous placer dans un chemin de libération continue, qui passe par le fait de délier les multiples emprises qui se mettent sur nous au fur et à mesure de notre chemin, sans compter tous les liens dont nous ne sommes encore défaits, issus de notre vie passée. Nous sommes libérés pour la liberté.

Appartenant au Seigneur Jésus-Christ, nous sommes revêtus de Son autorité pour produire cette action de libération continue. Prendre soin des personnes qui nous sont confiées ne consiste pas seulement à panser des plaies, mais à donner les moyens à la personne d’une automédication permanente en lien avec le Christ ressuscité et vivant.

En quoi consistent ces mensonges dans lesquels nous sommes empêtrés ? Fondamentalement, ils sont toujours une version déclinée de l’idolâtrie fondamentale qui refuse que Dieu soit à Sa place et nous à la nôtre. Voici comment Jésus analyse les choses, dans la suite du passage de Jean 8 cité plus haut :

« Je sais que vous êtes les descendants d’Abraham. Mais vous cherchez à me faire mourir, parce que vous n’accueillez pas ma parole. Moi, je parle de ce que j’ai vu auprès du Père ; vous aussi, faites donc ce que vous avez entendu auprès du Père. »

Ils répliquèrent : « Notre père, c’est Abraham. » – « Puisque vous êtes les enfants d’Abraham, leur dit Jésus, faites ce que faisait Abraham. Mais non, vous cherchez à me faire mourir, moi qui vous ai dit la vérité que j’ai apprise de Dieu. Abraham n’a rien fait de semblable ! Vous, vous faites les mêmes actions que votre père. » Ils lui répondirent : « Nous ne sommes pas des enfants illégitimes. Nous avons un seul Père, Dieu. »

Jésus reprit : « Si Dieu était vraiment votre Père, vous m’aimeriez, car je suis venu de Dieu et je suis ici de sa part. Je ne suis pas venu de ma propre autorité, mais c’est lui qui m’a envoyé. Pourquoi ne comprenez-vous pas ce que je vous dis ? Parce que vous êtes incapables d’entendre ma parole. Vous avez pour père le diable et vous voulez faire ce que votre père désire. Il a été meurtrier depuis le commencement. Il ne s’est jamais tenu dans la vérité parce qu’il n’y a pas de vérité en lui. Quand il dit un mensonge, c’est en accord avec son caractère, parce qu’il est menteur et père du mensonge. Et moi, parce que je dis la vérité, vous ne me croyez pas ». (vv 37-45)

Un proverbe français dit que la vérité blesse. C’est vrai. Mais qu’est-ce qui est blessé quand la vérité est dite ? C’est en fait l’orgueil, la clé de voûte des constructions idolâtriques à l’intérieur de nous. C’est bon que l’orgueil soit blessé, car il doit être détruit. Mais cela ne peut être constructif que chez quelqu’un qui a assimilé le caractère néfaste de l’orgueil, et qui ne l’a pas déguisé dans sa terminologie positive que l’on appelle l’amour-propre ou la fierté. Sauf que l’amour-propre est toujours un peu sale…

Le processus de mise en vérité est douloureux pour notre ego. Il est éblouissant de la lumière de Dieu : « il n’est rien de caché qui ne doive être découvert, rien de secret qui ne doive être mis au jour », dit encore Jésus dans Marc 4v22.

Vivre en Christ, c’est accepter que Sa lumière pénètre les tréfonds de notre être, y compris ses parties les plus ténébreuses. Tout peut être bien tranquille en latence à l’intérieur de nous, mais sitôt la lumière de Christ braquée sur les saletés de l’intériorité, nous voyons tout ce qui n’est pas lumineux en soi…..

Dit autrement (et fort bien) par Jean Cassien, un père de l’Eglise, « un homme se croit patient et humble tant qu’il n’est en relation avec personne, mais dès que se présentera l’occasion d’une contrariété, il reviendra à sa première nature. Les défauts cachés réapparaissent aussitôt, tels des chevaux sans mors après un long repos, bondissent à l’envi hors de l’écurie, avec une violence et une férocité qui causent la perte du cocher. En effet, toutes relations humaines cessant, nos vives se développent en nous s’ils n’ont pas été purifiés auparavant » (Institutions cénobitiques, VIII, 18).

Une fois que la vérité a été dite, il importe de de pouvoir mener une vie vraie, durablement. Une fois que nous avons été libérés, il importe que nous marchions dans la liberté.

A ce sujet, parmi les armes du chrétien décrites en Ephésiens 6, nous avons premièrement « la ceinture de la vérité ». La ceinture est ce qui entoure les reins, lieu symbolique, dans la culture juive, de la force la plus fondamentale de l’humain. Le coeur du coeur de notre vie doit donc être un amour pour la vérité (cf 1 Cor.13v6), qui nous englobe et nous ceint pour nous faire tenir debout.

(D’après « Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit », de Gilles Boucomont. Editions Première Partie, 2010, pp 215-219)

Un vaccin contre la mort

La croix : « scandale pour les uns, folie pour les autres », mais pour ceux qui croient : « vaccin contre la mort » ! (Source image : public domain pictures)

« Si nous n’avons pas prêché la croix, nous n’avons pas annoncé l’Evangile », a-t-on coutume de dire, avec raison.

Justement, voici une manière inédite, inspirante et inspirée, de « prêcher la croix », « scandale pour les uns, folie pour les autres », mais, « pour nous qui croyons, puissance et sagesse de Dieu » ! (1 Cor.1v23-24) Bonne lecture !

« Se faire vacciner, c’est accepter que soit injectée en nous une micro-dose de la maladie afin que notre corps puisse y réagir. Notre système immunitaire communique l’information partout, comme quoi désormais, nous aurons les moyens de résister à la maladie, si elle venait vraiment nous attaquer. Tout notre être a les codes secrets pour la contre-attaque ! 

Quand Jésus est mort, personne n’a vraiment réussi à comprendre pourquoi il n’avait pas évité la mort. S’il était le fils de Dieu, il pouvait mettre en œuvre des tas de moyens pour rester en vie, pour échapper à cette destinée. Mais en réalité, le but de sa venue, c’était d’écraser la mort, et donc d’envoyer l’information de sa victoire sur le fléau qu’est la mort jusqu’aux extrémités de la création. Il a donc accepté de mourir, vraiment, pendant trois jours, afin de pouvoir ressusciter pour l’éternité. Ce qui fait dire à Esaïe qu’il « a pris sur lui toutes nos maladies » (Matt.8v17). En acceptant que la mort le saisisse, en se laissant ramener à la vie par Dieu son Père, il a en quelque sorte vacciné l’humanité contre la mort. Elle pourra nous attaquer, mais à tous ceux qui auront reçu l’information, il sera donné que la mort n’ait plus le dernier mot. Ils seront affectés pour un temps, mais Dieu les relèvera, les ressuscitera, en quelque sorte les guérira de la mort pour une vie éternelle. 

Quand Jésus va sur la croix, c’est donc l’humanité qui entre dans l’incroyable processus de vaccination contre la mort ».

Initialement publié le 12 mai 2021 sur Jesus.fr, ce texte a été écrit par le Webpasteur Gilles Boucomont, que je remercie chaleureusement de m’avoir autorisé à le republier ici le 15 mai.

Amis de Jésus-Christ : « AJC ! »

Ensemble, les Amis de Jésus-Christ sont porteurs de la meilleure des nouvelles : annoncer et manifester le règne de Celui qui est « Dieu sauve » et « Dieu élargit » (Source : Pixabay)

Une proposition de texte pour s’encourager mutuellement à vivre et manifester ce que nous sommes ensemble en Jésus-Christ, et pour vivre l’amitié en Jésus-Christ sur la toile et dans la vraie vie.

Nous nous déclarons Amis de Jésus-Christ, au-delà des frontières de nos « étiquettes » respectives, étant appelés ainsi par Celui que nous reconnaissons comme seul Seigneur : Jésus-Christ.

Nous revendiquons le nom d’Amis de Jésus-Christ, parce que nous croyons que le Nom de Jésus est le seul Nom qui sauve, le seul Nom qui rassemble et le Nom qui est élevé au-dessus de tout nom, et au-dessus de tout « isme », de tout « iste », comme de toute étiquette religieuse, politique, et sociale, rendant ainsi vaine toute prétention identitaire.

Nous ne revendiquons et n’acceptons d’autres « marques », « noms » ou « étiquettes » que celles que Jésus nous a déjà donnés : « Saints et fidèles en Jésus-Christ », « amis de Jésus-Christ », « enfants de Dieu », « connus de Jésus-Christ », « appartiennent à Jésus-Christ », « frères en Jésus-Christ »…

En tant qu’Amis de Jésus-Christ, nous n’adorons que Dieu (Père, Fils, Saint-Esprit), et nous refusons d’adorer ou de sacraliser ou de prêter allégeance à des pouvoirs ou des personnes qui prétendent prendre sa place dans nos vies, qu’il s’agisse de pouvoirs idéologiques, politiques, économiques, religieux ou spirituels…

Nous nous encourageons les uns les autres à aimer Jésus-Christ, en faisant ce qu’Il commande.

En tant qu’Amis de Jésus-Christ, « nous avons purifié nos âmes, en obéissant à la vérité, pour pratiquer un amour fraternel sans hypocrisie ». Nous nous encourageons à nous aimer les uns les autres  « d’un cœur pur, avec constance, ayant été « engendrés à nouveau par une semence non pas corruptible mais incorruptible, par la parole de Dieu vivante et permanente » (1 Pie 1v22-23), croyant que Dieu ne cesse pas d’être Seigneur lorsqu’Il nous parle par Sa Parole.

Nous refusons toute relation infantilisante et/ou marquée par la domination, ayant « un seul Maître », « un seul Père dans les cieux » et étant « tous frères » (Matt.23v8-9).

Amis de Jésus, dont le Nom signifie « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit », nous croyons que Notre Seigneur, sacrifice ultime « pour nos fautes et ressuscité pour nous rendre justes » (Rom.4v25 et Hébr.10v10), nous élargit de l’étroitesse et de l’angoisse.

De même, à la suite de Jésus et en Son Nom, nous souhaitons relever Son défi inclusif face à nos tentations exclusives : élargir les horizons de nos frères et de notre prochain.

Amis de Jésus-Christ : AJC !