« Souviens-toi…que tu es un homme libre ! »

Initialement paru le 05 février 2013 et à nouveau publié, en cette période de « Pessah » (Pâque).

Le premier empereur chinois Chi Hoang Ti (260-210 av JC) se rendit célèbre en faisant construire la fameuse grande muraille de Chine.

Ce que l’on sait peut-être moins, c’est qu’il fit d’abord brûler tous les livres publiés antérieurement à son règne, à l’exception des ouvrages « pratiques », tels les traités de médecine, d’agriculture et de divination .

Cette stratégie redoutable, qui vise à asservir un peuple tout en cherchant à effacer le passé et l’histoire,  n’est pas vraiment nouvelle. En effet, le livre de l’Exode nous apprend qu’au temps où le peuple d’Israël, installé en Egypte depuis Jacob, se multiplia au point d’en remplir le pays(1v7), il s’éleva un nouveau pharaon. Celui-ci « n’avait point connu Joseph »(Ex.1v8), qui avait pourtant sauvé l’Egypte de la famine(Gen.41). Se sentant donc menacé par un peuple qui, jusque-là, fut une bénédiction pour l’Egypte, ce pharaon décide de recourir à la ruse, afin d’empêcher Israël de continuer de grandir et de prospérer au milieu des égyptiens(Ex.1v9-10) : il commence par réduire le peuple d’Israël en esclavage, l’accablant de corvées(v11, 13-14), avant d’ordonner la mise à mort de tous les premiers-nés mâles des israélites !(v15-16, 22)

Un enseignement pour chaque nouvelle générationEnfant par Alejandro Lizardo

Un enseignement pour chaque nouvelle génération
Enfant par Alejandro Lizardo

Il est possible de tirer de ce récit une application spirituelle et personnelle, pour chacun de nous encore aujourd’hui. Parce que les chrétiens, supposés « être dans le monde, sans être du monde » (Jean 17v11,14-16), constituent « le sel de la terre » et « la lumière du monde »(Matt.5v13-16), l’ennemi de nos âmes, utilise les mêmes ruses que ce pharaon d’Egypte :

Etouffer toute conscience d’identité en Christ, en occupant les esprits aux affaires-parfois légitimes- de ce monde(lire Matt.13v22). On parle de la spirale « métro-boulot-dodo » qui ne laisse plus  guère le temps de se consacrer à son conjoint et à ses enfants, encore moins de développer notre intimité avec Dieu.

Effacer le témoignage de Dieu, de Christ, rendu sur Terre(Lire Jér. 11v18-19 et Ps.83v2-4). La mort des nouveaux-nés(voir le crime d’Hérode, en Matt.2v16), et la tentative du roi de Sodome, en Gen.14v21(« prends les biens et laisse-moi les personnes » ) nous parlent de la menace que fait peser l’ennemi sur la jeune génération et les enfants, afin d’ empêcher ceux-ci de connaître Jésus-Christ et d’être de futurs témoins pour Lui. Pensons également aux projets, aux appels du Seigneur, qui peuvent être étouffés par d’autres « priorités »…

Face à un ennemi qui s’efforce d’étouffer et d’effacer, il est intéressant de constater, qu’à l’inverse, Dieu juge essentiel de nous exhorter de ne pas oublier, tout en nous commandant de nous souvenir. Une exhortation qui peut paraître étrange, tant la logique serait de regarder vers l’avenir et non vers le passé.

N'oublie pas ton ancien état !Pieds dans les chaînes par George Hodan

N’oublie pas ton ancien état !
Pieds dans les chaînes par George Hodan

1)Ne pas oublier…« Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton cœur… »(Deut.4v9 et v23). Dans le Pentateuque, Dieu  rappelle constamment la délivrance d’Egypte à son peuple. Le décalogue commence ainsi : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude » (Ex.20v1-2). De ce rappel de la libération semble découler tout le reste des commandements de Dieu(v3-17) : Dieu nous rend libres et nous offre la possibilité de vivre dans la liberté une nouvelle relation avec Lui. Dans ce cadre, il s’agit pour le peuple de ne pas oublier « d’où il vient » et « de qui il tient » le bon pays où il s’est installé, afin de vivre cette libération.

a)D’où l’on vient : pour le peuple d’Israël, ne pas oublier son passé d’esclave permet de ne pas retomber dans l’esclavage. En effet, oublier ce qu’avait été la vie en Egypte et ne retenir que ses « plaisirs »(« Le poisson, les concombres, les melons…» cf Nombres 11v5), c’est perdre de vue combien la servitude y était dure. De même, pour nous chrétiens, se voiler la face concernant le vrai visage d’un monde sans Dieu fait paraître ce dernier bien plus séduisant. A l’inverse, ne pas oublier notre nature pécheresse permet de « mieux nous voir » pour mieux réaliser que nous avons besoin quotidiennement de Dieu. La confession de nos manquements est ainsi le préalable nécessaire au maintien d’une communion saine et véritable avec le Seigneur (Lire1 Jean 1v6-9).

b)De qui l’on tient le pays promis : Le peuple introduit dans le pays promis devait se garder de ne pas oublier Dieu, une fois dans l’abondance : « Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d’oublier l’Éternel, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte…»(Deut.6v12-14) Il devait se souvenir que les bénédictions ne dépendaient pas de son travail, puisqu’il était entré en possession d’un pays cultivé déjà depuis des siècles par d’autres. Parce que l’on a pu être richement béni, on court le risque de se focaliser sur les seuls dons et d’oublier le donateur. Oublier que Dieu tient et a tenu ses promesses, c’est non seulement perdre de vue la fidélité de Dieu à notre égard, mais aussi faire preuve d’infidélité envers Lui.

En nous exhortant « de ne pas l’oublier », Dieu nous commande également « de nous souvenir » de Lui, parce que :

 

....et souviens-toi que tu es un homme libre !Heureux l'homme par Anna Langova

….et souviens-toi que tu es un homme libre !
Heureux l’homme par Anna Langova

2) Se souvenir conduit à la liberté : en effet, le souvenir n’a pas pour seul but de nous concentrer sur le passé d’esclave,  c’est aussi un regard vers l’avenir. Il nous permet de vivre le présent, en homme libre que nous sommes devenus. Se souvenir conduit aussi, surtout, à garder une relation réelle et intime avec celui dont on se souvient, et de mettre en pratique ce qu’il dit. Pour nous, chrétiens, cela implique, au quotidien, de :

a) Se souvenir de notre libérateur et de son œuvre rédemptrice.

Déjà, l’israélite, béni dans ses récoltes, devait rappeler à la fois son passé d’esclave et la puissance divine qui l’avait délivré pour l’introduire dans le bon pays promis, avant d’offrir à Dieu les prémices de ses récoltes(Deut.26v1-10). De même, pour nous aujourd’hui, il s’agit de nous souvenir que notre nouvelle vie n’a été rendue possible uniquement parce le Seigneur Jésus a expié notre péché à la croix. Dans ce cadre, la célébration de la Sainte Cène a cette importance : tout en nous souvenant de la personne de Christ, de son œuvre expiatoire à la croix et de sa résurrection(1 cor.11v23-26), nous lui exprimons notre reconnaissance, en Lui rendant gloire, et manifestant notre désir de le suivre.

b)Se souvenir de « qui nous sommes en Christ »

Il est possible de perpétuer un souvenir sans que cela soit une réalité pour nos vies. Ainsi, dans Jean 8v31-47, lors du dernier jour de la fête des tabernacles, le Seigneur Jésus promet la liberté à ceux qui ont cru en Lui (v31-32).  Cette merveilleuse promesse provoque une violente réaction de rejet de la part des juifs, pourtant croyants mais oublieux de leur passé d’esclaves, alors qu’ils vivaient sous domination romaine et qu’ils célébraient justement la fête de leur libération !(v33) Se souvenir sans application réelle et concrète dans nos vies, c’est courir le risque de voir ce souvenir « tourner à vide », du fait de la perte de son sens et d’un aveuglement sur notre propre état spirituel.

A l’inverse, un véritable souvenir qui a du sens entraîne à vivre les conséquences pratiques de la mort et de la résurrection de Christ.  Nous sommes conduits, une fois libéré de l’esclavage du péché, à prendre conscience de notre identité en Christ(nous sommes « morts et ressuscités»…« une nouvelle création », selon Rom. 6v6 et 2 Cor.5v17), et donc à marcher constamment, par la foi, dans cette liberté, à agir en conséquence, par la nouvelle vie qu’Il nous a donnée :

 « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude »(Gal.5v1) 

Quand Jésus-Christ vient renverser « l’ordre établi »

Quand Jésus vient troubler et perturber « l’ordre établi » de nos vies bien rangées…
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Les premières paroles de Celui qui est « la Parole faite chair » (Jean 1v14) est une prédication, nous dit Marc  l’évangéliste [et non pas « l’évangélique »]. Et quelle prédication ! Il s’agit de « l’Evangile de Dieu »(Marc 1v14), soit un message venant de la part de Dieu, lequel est « la meilleure des nouvelles » adressée, non pas à quelques « heureux élus », mais à tous les hommes.

Son contenu ? Non pas « Dieu vous aime….vous êtes une race choisie »…mais plutôt « le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché : repentez-vous et croyez à l’Evangile ! » (Marc 1v15)

Comment Jésus prêche-t-il ? Avec autorité ! 

Jugeons-en plutôt : il appelle 4 pêcheurs à le suivre (Marc 1v16-20). Aussitôt, ces hommes laissent tout et le suivent sans discuter/raisonner (de la même façon que Dieu a appelé « que la lumière soit » et la lumière fut…). Dans une synagogue, il prêche « avec autorité » et « pas comme les enseignants de son époque ». C’est à dire que Jésus chasse un mauvais esprit. Il commande à cet esprit de sortir d’un homme possédé, présent dans la synagogue, et l’esprit mauvais sort (Marc 1v21-27). « Il dit et la chose arrive » (Psaume 33v9). Sa Parole comprend des mots, mais aussi un événement.

Jésus vient et trouble, perturbe, renverse l’ordre établi, dans la synagogue.

Serait-il « populiste » ? « Anti-système » ? En vérité, Jésus n’est pas venu pour opposer « le peuple » (« la base ») aux « élites » et vice-versa. Il n’a pas mieux appelé « la foule » à l’insurrection lors du sermon sur la montagne et ne s’est pas servi d’elle pour prendre le pouvoir ou renverser les institutions.

Il est venu troubler, perturber, renverser « l’ordre établi » dans nos vies, nos habitudes, nos pensées, nos cultures, nos relations, nos allégeances…..non pour créer la division ou pour « faire le vide », mais pour y établir son règne. Son règne est « justice, paix, joie, dans l’Esprit saint » (Rom. 14v17). Son règne n’a pas de limite. Il commence là, dans ce domaine de ta vie, où il ne règne pas encore ou ne règne plus. « Quel ordre établi » Jésus veut-il renverser aujourd’hui ?

« Le temps est accompli et le règne de Dieu s’est approché : repentez-vous et croyez à l’Evangile ! » Telle est la prédication de Jésus-Christ au début de l’Evangile selon Marc (1v15), dans la synagogue, et durant tout son ministère.

Dans le même esprit, le message des prophètes de l’AT jusqu’à Jean-Baptiste ne se limitait pas à dénoncer les « élites (politiques, religieuses, économiques) corrompues » ou injustes, et n’avait pas pour finalité de pousser le peuple à s’abandonner dans les bras d' »hommes forts » (ou « providentiels »), du style Abimélek, Absalom…. Le message des prophètes avait pour finalité de conduire à la repentance et au retour au Dieu véritable, en se détournant des idoles ou de toute figure idolâtrique (cf 1 Thes.1v9)

C’est ainsi que la bonne théologie, comme la prophétie authentique, n’a pas pour vocation de cautionner/conforter nos options politiques, économiques ou nos croisades religieuses, comme elle n’a pas pour vocation de justifier nos espérances mal ajustées. Pas plus qu’elle n’a pour but d’entretenir le regret (qui n’a rien à voir avec la repentance) d’une espérance déçue : « vas-tu longtemps pleurer Saül ? C’est moi qui l’ait rejeté et il ne sera plus roi d’Israël »(1 Sam.16v1), dit Dieu à Samuel. Une parole à méditer aujourd’hui.

Jésus vient renverser l’ordre établi de nos vies pour y établir son règne de justice, de paix et de joie. Il attend le sacrifice de notre « oui » d’acceptation et nous invite à le suivre, comme à manifester que « le règne de Dieu s’est approché ».

Cela consiste à faire, au Nom de Jésus et à sa suite, des choses significatives dans la vie des gens, portant un fruit immédiat dans leur vie : « guérir les malades, chasser les démons, purifier les lépreux et ressusciter les morts » (Marc 16v15-18, Matt.10v7-8, Luc 10v1-9.…), mais aussi : laver les pieds des autres croyants, prendre un repas en Sa mémoire, baptiser et enseigner les personnes, même issues des nations non juives, – aimer les ennemis….

Et ce, « au Nom de Jésus », le seul Seigneur, « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit ». C’est ainsi que Jésus est venu aussi renverser les murs de séparation (ou de « confort » ?) (Eph.2v14 et ss), et non pour les renforcer ou en construire d’autres.

De tout temps et encore aujourd’hui, c’est au Nom de Jésus, avec amour et humilité, que les chrétiens agissent et font ce qu’ils ne sauraient pas faire par eux-mêmes : élargir l’horizon de leurs frères et/ou de leurs prochains en les faisant sortir de là où ils (se) sont enfermés, pour leur faire connaître « une vie (toujours plus) abondante », et autres choses significatives de nature à porter un fruit immédiat dans leur vie.

Aujourd’hui, ce n’est plus le temps des justifications ou des regrets. C’est le temps de chercher (et de revenir à) Christ, pour manifester son Règne.

 

 

*Pour la petite histoire, dimanche dernier, à plusieurs heures d’intervalle, j’ai eu l’occasion d’entendre deux messages complémentaires sur le même sujet : le Royaume – ou le Règne – de Dieu. Ce n’est sans doute pas « un canard blanc au long cou », mais certainement une invitation à considérer ce qui est prioritaire pour Dieu : « cherchez premièrement le Royaume de Dieu et sa justice… » Et tout le reste est du bonus ! (Matt.6v33)

 

 

 

 

 

 

En réponse à Adam qui échoue, Yeshouh, Celui qui réussit

Jésus n’est pas venu dans ce monde adulte, comme un « super-héro », mais bébé, passant par toutes les étapes de la vie. Source image : bibleetpartage.com

Merci Père de nous avoir donné Jésus.

Voyant que nous n’arrivions pas à vivre ton projet, tu nous as envoyé Celui qui a réussi à vivre le projet et à être en harmonie avec toi : Non pas « le premier Adam », celui qui échoue, mais « le Nouvel Adam », Yeshouh (Jésus),  qui réussit.

Et merci de ne pas nous l’avoir envoyé adulte, comme un « messie botté et casqué », mais bébé, dans la faiblesse même, le faisant passer par toutes les étapes de la vie. Ce que nous avons vécu, il l’a aussi vécu et a été éprouvé comme nous, à part le péché (cf Jean 8v46 et Hébr.4v15)

 

« C’est ainsi qu’il est écrit : le premier homme Adam fut un être animal doué de vie, le dernier Adam est un être spirituel donnant la vie. Mais ce qui est premier, c’est l’être animal, ce n’est pas l’être spirituel ; il vient ensuite.

Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel.

Tel a été l’homme terrestre, tels sont aussi les terrestres, et tel est l’homme céleste, tels seront les célestes. Et de même que nous avons été à l’image de l’homme terrestre, nous serons aussi à l’image de l’homme céleste ». (1 Cor.15v45-49)

« Oui, par un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a frappé tout le monde. Mais par le seul Jésus-Christ, les êtres humains reçoivent beaucoup plus de Dieu : il leur donne gratuitement ses bienfaits et il les rend justes. Par le Christ, ils vivront et ils seront rois avec lui.

 Finalement, la faute d’un seul a eu pour résultat de condamner tous les êtres humains. De même, l’action juste d’un seul a pour résultat de rendre justes tous les êtres humains, et par là, ils ont la vie.

Autrefois, un seul homme a refusé d’obéir à Dieu, et un grand nombre de gens sont devenus pécheurs. De même, un seul homme a obéi, et un grand nombre de gens seront rendus justes ». (Rom.5v17-19)

 

 

« La culture de l’honneur » du Père envers le Fils

Dieu sera toujours le modèle de l’amour et de l’attention d’un père pour son fils (Source image : public domain pictures)

« C’est que le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait… » (Jean 5v20)

Pour Dieu, « la culture de l’honneur » n’est pas un simple « slogan ».

En témoigne l’attention constante et touchante de Dieu le Père pour Dieu le Fils, particulièrement quand celui-ci était méprisé et haï par les hommes :

– Le roi Hérode veut tuer le futur roi des Juifs qui vient de naître. Mais au moyen d’une étoile, Dieu dirige des sages pour rendre au petit enfant Jésus les honneurs royaux (Matthieu 2. 11).

– Un homme religieux reçoit Jésus chez lui, mais l’accueille avec méfiance et sans grand respect : il ne lui offre pas d’eau pour se laver les pieds, selon la coutume. Mais Dieu pousse une femme à entrer au cours du repas pour répandre, par amour pour Jésus, un parfum sur ses pieds. Elle les arrose de ses larmes et les essuie avec ses cheveux, en signe d’adoration (Luc 7. 38).

– Judas, l’un des douze disciples, mûrit son sinistre projet, les chefs religieux complotent pour se débarrasser de Jésus. Mais Dieu conduit une autre femme, Marie de Béthanie, à offrir à Jésus ce qu’elle a de plus précieux : un vase rempli d’un parfum de très grande valeur. Quel réconfort fut pour lui cette adoration muette dans son chemin vers la croix (Jean 12. 3) ! (1)

– Judas l’a trahi, Pierre va le renier, Jésus va être pris, jugé et crucifié. À la perspective de porter nos péchés, il est saisi d’une terrible angoisse. Dieu lui envoie un ange pour le fortifier (Luc 22. 43).

– Jésus est sur la croix, entre deux malfaiteurs. Dieu pousse Pilate à mettre un écriteau qui établit la dignité royale du crucifié (Jean 19. 20-22).

– On va enterrer les crucifiés dans la fosse commune, mais Dieu envoie un homme riche qui met le corps de Jésus dans un tombeau neuf (Jean 19. 41)(2).

Je garde le meilleur pour la fin : qui parle ainsi de qui dans le passage qui suit ? 

« Il dit : Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. (….) Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! et : Le sceptre de la droiture est sceptre de ton règne. Tu aimas la justice et détestas l’iniquité, c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu te donna l’onction d’une huile d’allégresse, de préférence à tes compagnons. Et encore : C’est toi qui, aux origines, Seigneur, fondas la terre, et les cieux sont l’œuvre de tes mains. Eux périront, mais toi, tu demeures. Oui, tous comme un vêtement vieilliront et comme on fait d’un manteau, tu les enrouleras, comme un vêtement, oui, ils seront changés, mais toi, tu es le même et tes années ne tourneront pas court ».(Hébr.1v6-12)

 

 

Notes :

(1) Une très belle scène qui m’a inspiré cette méditation, au tout début de ce blogue.

(2) D’après le feuillet du dimanche 13/12/20, calendrier La Bonne Semence,

 

Notre Sauveur, le Christ Jésus (2 Tim.2v10)

« En lui était la vie et la vie était la lumière des hommes,
et la lumière brille dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point comprise » (Jean 1v4-5)

« Notre Sauveur, le Christ Jésus, a détruit la mort et fait briller la vie et l’immortalité par l’Evangile » (2 Tim.1v10)

Deux albums (sinon rien) pour parler du deuil et du pardon

Peut-on espérer une nouvelle vie quand tout est brisé ?

Voici deux albums récents, reçus en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie, pour nous parler de deux sujets sensibles et essentiels : « Plus jamais d’au-revoir » de Lauren Chandler (l’épreuve face à la maladie et le deuil suite au « départ » d’un proche) et « l’ami qui pardonne » de Dan Dewitt (le pardon de ce qui semble impardonnable et la restauration de relations brisées) – mon préféré. Tous deux superbement illustrés par Catalina Echeverri, dont j’ai aussi apprécié les partis pris graphiques.

« Plus jamais d’au revoir » ou l’espérance d’une vie où l’on dira « au revoir » à tous les « au revoir »….

Le premier album raconte « la vraie histoire », tirée de l’évangile selon Jean, de ce que n’a pas fait et a fait Jésus, lorsqu’il a appris que son ami Lazare est mort des suites d’une maladie.
Le second album raconte une autre « histoire vraie », également tirée des évangiles (Notamment Marc 14, Jean 18 et 21). « L’ami qui pardonne », c’est Jésus. Celui qui a eu besoin de son pardon est Simon Pierre, qui a fait semblant, par trois fois, de ne pas le connaître. Pourtant, il s’était déclaré ami de Jésus, prêt à mourir pour lui et jurant de ne jamais le laisser tomber.

Mais, par-delà ces sujets éternels, ces lectures sont autant d’occasions d’apprendre aux plus jeunes que ces « histoires vraies » ne sont pas uniquement des « histoires » (même « vraies »). Ce qui nous est raconté est toujours actuel. Il nous est ainsi possible d’espérer en une nouvelle vie et un avenir, surtout quand nous pensons que « tout est fini », et d’avoir toute confiance en Celui qui est la source de notre espérance.

Jésus est cet ami fidèle et fiable, qui nous pardonne.

Jésus est en effet ici présenté comme un ami, compatissant et consolateur, lorsque nous sommes dans le deuil, suite au « départ » d’un proche. Il est aussi celui qui nous aime, toujours fidèle et digne de confiance – alors que nous sommes pas du tout fiables et dignes de confiance – nous relevant (plutôt que de nous ‘ »enfoncer ») « encore, encore et encore » quand nous tombons « encore, encore et encore ».

Deux beaux albums touchants et parfois drôles, d’une grande portée théologique, et facilitant l’échange sur des sujets difficiles pour des enfants, comme pour des adultes. A découvrir et à faire découvrir, en guise de témoignage que Celui en qui nous mettons notre confiance fait « toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5) !

 

En bref : 

« Plus jamais d’au revoir. Jésus, Lazare et la tombe vide : la vraie histoire », de Lauren Chandler. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

« L’Ami qui pardonne. Pierre a mal agi et Jésus lui a pardonné : la vraie histoire », de Dan Dewitt. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

 

Jean 8v1-11 : Mais qu’écrivait donc Jésus, avec ses doigts, sur le sable…?

Le Christ et la femme adultère, de Nicolas Poussin (1653). Huile sur toile, exposée au musée du Louvre.

« Et Jésus gagna le mont des Oliviers. 

Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. 

Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 

Et s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 

Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, 

Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » 

Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8v1-11)

[D’après les notes prises par mon frère Pierre-Louis, lors d’une étude de ce passage de l’Evangile, dans le cadre de mon groupe biblique pour hommes. Qu’il en soit remercié !]

Contexte de l’action :

Où : Mont des Oliviers, puis dans le Temple de Jérusalem / Quand : dès le matin / Qui : Jésus, le peuple, scribes et pharisiens, la femme

Dans ce passage, nous retrouvons 4 principales interactions. En guise de jeu, nous allons les résumer comme si nous donnions un titre au passage :

· Jésus et le peuple.

· Jésus et les scribes/pharisiens.

· Jésus et la femme adultère.

· Le 4e titre apparaît tel un filigrane dans notre passage. Pour garder le suspens, il sera révélé aux persévérants qui liront la présente étude en entier.

1/ Jésus et le peuple

Après que tout le monde soit rentré de la fête des Tabernacles à sa maison, et que Jésus soit monté (pour la nuit ? en présence de ses disciples ?) au Mont des Oliviers, nous retrouvons Jésus (et ses disciples) de nouveau dans le Temple, « dès le matin » précise le verset 2.

Le peuple vient à Jésus, puis Jésus, assis, enseigne le peuple. Jésus semble prendre la même posture qu’au chapitre 6, lorsqu’il considère, ému de compassion, la foule qui vient à lui sur la montagne. Jésus connait le besoin de ce peuple, et il se positionne non du haut de sa chaire, mais à sa hauteur, assis dans le parvis du Temple.

2/ Jésus et les scribes/pharisiens

Sur ces faits, les scribes et pharisiens, connaisseurs de la loi mosaïque, amènent une femme devant Jésus. On peut éventuellement imaginer la manière dont ils l’amènent : molestée, insultée, raillée, traînée par les cheveux, « c’est une honte (& co) ».

Le motif invoqué par les scribes et pharisiens pour agir de telle manière est le suivant : cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or selon la loi (Deutéronome 22v23-24 / Lévitique 16), le châtiment de lapidation s’applique aux personnes (femmes… et hommes) qui agissent de cette sorte.

Au-delà de leur volonté d’appliquer la justice, la Parole nous précise que l’accusation tend également un piège à Jésus, pour lui faire perdre la face devant le peuple et peut-être pouvoir récupérer quelques chefs d’accusation pour le faire arrêter.

Leur vérité : « Moïse, dans la loi, dit de lapider de telles femmes. »

Leur question : « Toi donc que dis-tu ? »

Les scribes et pharisiens mettent Jésus face à une situation d’adultère, mais également et surtout face à la loi de Moïse.

Ce que dit Jésus, est-ce légitime ? Que dit donc précisément la loi de Moïse ? Deux choses :

Lévitique 18v20 : « Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. »

Deutéronome 22v23-24 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. TU ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Notons deux détails, intéressants justes pour questionner la démarche des scribes et pharisiens :

– Comment prendre en flagrant péché d’adultère une femme ?

– Et si l’homme et la femme sont condamnés par la loi, où est l’homme ? La justice des scribes et pharisiens fait elle finalement une différence entre les genres (de mémoire un autre titre proposé était : « Où sont les hommes ? ») ?

Par ailleurs, ce n’est pas leur 1ère tentative, (Cf. Jean 7v45-52).

La réponse de Jésus vient en 3 temps : un 1er mouvement, une question, et un 2nd mouvement.

Tout d’abord, Jésus, alors sur l’assise, se baisse pour écrire du doigt dans la poussière du sol, quelque chose (dessin, écriture…) qui n’est pas décrit. Que pourrions-nous imaginer ? Peut-être que Jésus a inscrit du doigt dans le sol les versets de la loi de Moïse – par exemple : « tu ne commettras pas d’adultère », sachant qu’ « adultère » est synonyme de « pécheur »? (1)… Nous ne pouvons que le supposer. Par ailleurs, le seul à écrire avec le doigt, dans la Bible, c’est Dieu écrivant les Dix commandements sur les tables de pierre (Ex.31v18, Deut.9v10). Ce passage nous rappelle également la mention du doigt présent en Daniel 5v5, lors du festin donné par le roi Balthazar. Enfin, l’acte d’écrire sur la terre n’apparaît que dans Jérémie, où le prophète menace ceux qui se détournent de l’Eternel d’ « être écrits sur la terre » (Jer.17v3). Ce geste peut donc nous évoquer l’autorité de Jésus, en lien avec la question qu’il pose par la suite aux scribes et pharisiens.

Jésus répond à la question (et autres interrogations non-nommées, v.7) par cette parole : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Nous notons que l’attitude physique de Jésus a changée. Il a dit cette parole après s’être levé, prenant une posture d’action, et d’autorité. Jésus renvoie les scribes et pharisiens à un examen en eux-mêmes pour s’interroger sur leur légitimité à porter une accusation d’adultère.

Jésus ayant terminé de parler, se baisse de nouveau, et continue d’écrire sur le sol(2). Les scribes et pharisiens ont donc leur réponse par une question implicite : quel homme n’a pas commis de péché d’adultère pour être digne de jeter le premier une pierre contre cette femme ?

La réaction des hommes présents, accusés par leur conscience, est de prendre la fuite, discrètement, sans bruit, comme en cachette. L’attitude de ces hommes fait penser à Adam qui se cache pour fuir Dieu alors qu’il découvre son état de péché. On peut ressentir que les scribes et pharisiens n’ont pas un cœur de repentance par rapport au péché démasqué en eux. Ils sont couverts de honte, des plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus, qui n’a pas péché d’adultère, reste donc seul avec la femme. Lui seul est digne de juger cette femme, lui seul est juste pour choisir de condamner ou de gracier.

3/ Jésus et la femme adultère

La première action de Jésus, une fois seul avec l’accusée, et de reprendre une position debout, signalant encore une fois un passage à l’action.

Puis Jésus pose deux questions à la femme : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il donc condamné ? »Par cette question, il redonne à la femme la liberté de s’exprimer, il lui redonne également la dignité d’un être humain doué de parole (ce qui ne semblait pas jusque-là être la conception des scribes et pharisiens).

Sa posture n’est donc pas de la condamner, alors qu’il est en mesure de le faire. Au lieu de cela, Jésus relève la femme en lui faisant constater qu’il l’a défendue de ses accusateurs, et qu’il lui donne la possibilité de lui parler et de s’avouer à lui.

La femme répond donc à Jésus : « Non, Seigneur », et reconnait par sa réponse que Jésus est bien celui qu’elle désire comme son Seigneur. Cette réponse donne également à Jésus l’autorité pour enlever la condamnation et la libérer tout en lui recommandant de ne plus pécher, c’est-à-dire de ne plus être esclave du péché. Il libère la femme, selon 3 étape :

  • Je ne te condamne pas : Jésus fait grâce.
  • Va : Jésus libère.
  • Et ne pèche plus :Jésus rend capable de ne plus être esclave du péché.

4/ Jésus et moi (le lecteur)

Entre les lignes de ce passage, nous observons plusieurs comportements face à Jésus, qui est Dieu. De la même manière que nous pouvons être une terre en bord du chemin, rocailleuse, couverte de ronces, ou au contraire une bonne terre fertile, bien retournée (cf. Matthieu 13, Marc 4, Luc 8), nous nous comportons également de plusieurs manières dans notre relation avec Jésus, notamment face à notre péché, et aux adultères que nous commettons envers Dieu lui-même (la notion d’adultère apparaît la première fois en Exode 20 et fait référence d’abord au fait de se faire « d’autres dieux » que notre Dieu).

Les scribes et pharisiens nous témoignent un comportement hypocrite (ils ne reconnaissent pas leur propre adultère), partial (il n’y en a que pour les femmes) et hautain (« notre classe/espèce/rang social » ne pèche pas, mais seulement ceux qui sont sans savoir).

La femme, elle, n’a rien fait que se tenir humblement devant Jésus, lui répondre, accepter la libération du joug, le pardon du péché. Cela lui permet d’être libre, d’aller, et de ne plus pécher, non pas parce que la loi l’interdit, mais par conscience de l’amour que Dieu a pour elle.

On peut se souvenir de Marie, qui était enceinte de Jésus hors-mariage. Selon la loi, Joseph aurait pu la condamner, mais parce qu’il a écouté l’ange, il lui a fait grâce et l’a prise pour femme.

Dans ce passage, le lecteur est finalement mis face à lui-même, et face à la Parole de Dieu pour évaluer sa position (est-il sans péché ?), décider de sa posture (humilité/orgueil) et finalement laisser Dieu opérer une libération du péché dans son cœur.

En appui de ce texte :

Galates 5v1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».

Proverbes 3v34 : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles ».

 

 

Notes :

(1) Erri de Luca estime que « l’assemblée du Sinaï, qui assiste à la scène, lit dans la poussière du sol : « tu ne tueras pas ». (Jésus) écrit sur la poussière du sol : pourquoi ? C’est peut-être samedi ? Les choses interdites du samedi comprennent aussi l’écriture, mais elle est autorisée sur la poussière ou le sable. L’étranger accomplit un geste permis un jour de fête. Mais ce ne peut être un samedi, on ne prononce aucun jugement et on n’exécute aucune condamnation le jour de shabbat. c’est précisément ce qu’il leur dit : quand il s’agit de condamnation à mort, tous les jours se transforment en shabbat. Il donne enfin le dernier dispositif du dénouement : que celui d’entre eux qui n’a jamais commis de faute jette la première pierre. Personne ne veut être le premier dans une lapidation. A plus forte raison, personne ne s’avancera devant sa communauté avec la pierre de celui qui est sans faute. » (Et il dit, pp71-72)

(2) Sur le site « 1001 questions », le Répondant souligne que « Jésus écrit deux fois (le verbe utilisé la première fois suggère une écriture multiple, le verbe utilisé la seconde fois suggère qu’il raye [ou qu’il efface] ».

Deux chants (sinon rien) sur Jésus

Voici deux chants dont le sujet n’est pas nous-mêmes mais tout simplement Jésus.

Parce que Jésus est non seulement « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs », et digne d’adoration. Il est, tout simplement.

1) « Jésus », de Chris Tomlin (2016).

Thomas, de La Rebellution, qui a consacré un article sur le chanteur-compositeur, propose la traduction suivante de ce chant :

« Cette vérité, plus vieille que les âges
Cette promesse, que des choses sont sur le point d’arriver
Il n’y a eu qu’un, né pour nous sauver, Jésus

Cette lumière, qui submerge les ténèbres
Et ce royaume, qui règne pour toujours
Cette délivrance des chaînes qui nous retiennent
Jésus, Jésus

Il marche sur l’eau, commande les océans,
Se tient près de moi dans la douleur
Il rugit comme un lion,
A saigné comme un agneau
Ses mains portent ma restauration
Il est Jésus.

Il y a un nom que j’appelle dans le combat
Et ce chant qui apaise dans la nuit
Il y a une voix qui calme les tempêtes
C’est Jésus, Jésus.

Messie ! Mon Sauveur ! Que ton nom est puissant !
Tu es mon Rocher, mon Rédempteur !
Que ton nom est puissant !

Tu marches sur l’eau, commande les océans
Te tiens près de moi dans la douleur
Tu rugis comme un lion
Tu as saigné comme un agneau
Tes mains portent ma restauration
Tu es Jésus. »

2) « Jésus est » de Matt Marvane (Album « Résistance », 2017)

Voici les paroles :

Emmanuel, il est venu sur Terre

Toujours fidèle à la voix de son Père

Sans dire un seul mot pour briller

Il a choisi d’aimer

Malgré la souffrance, les clous et la lance

Il a porté tous nos péchés

Ami du pécheur, notre rédempteur

Jésus est l’exemple parfait

Ressuscité Il a vaincu la mort

L’humanité a trouvé son trésor

Humble serviteur humilié

Que le Père a nommé Grand Roi Eternel, acclamé du Ciel

Par tous les saints et tous les anges

A lui la victoire, l’honneur et la gloire

Jésus est le Sauveur parfait

Nos cœurs sont prêts à partir avec lui

Il est la paix que nous avons choisie

Il revient bientôt nous chercher

Pour toute Eternité

Plus de cris, de larmes, sauveur de nos âmes

Nous bénirons son Divin Nom

Notre récompense, vivre en sa présence

Jésus est le Seigneur parfait

PEP’S CAFE a lu « une tête de nuage » et vu son auteur, Erri de Luca

« Une tête de nuage » : c’est la tête de celui « qui change de forme et de profil selon le vent »

Lui est un beau jeune homme de bonne famille, qui compte parmi ses ancêtres des noms illustres. Ce méridional au métier recherché, qui a émigré au Nord, s’est fait une situation.  Il s’apprête à épouser une splendide jeune fille de la région. Et voilà que le ciel lui tombe sur la tête, sa fiancée est enceinte avant le mariage, et pas de lui. Très rude épreuve pour un homme, dont nul ne peut juger s’il n’y a pas été confronté.

Lui, c’est Iosèf/Joseph. Elle, c’est Miriàm/Marie. Ils ne sont pas « deux personnes séparées mais un couple » (1)

Vous connaissez sans doute cette histoire, où il se passe « des choses invraisemblables » (2). Elle a été revisitée par Erri de Luca dans « une tête de nuage », un nouveau récit court mais dense(3), découvert « par hasard » (un hasard « avec un grand D », m’empresserais-je de rajouter) dans une librairie à la mi-mars.

Pour l’anecdote, j’ai aussi vu Erri de Luca, l’un des rares auteurs à me toucher personnellement et que j’ai découvert il y a 5 ans dans des circonstances particulières. J’en parle souvent sur ce blogue. J’ai eu l’occasion de le voir et de l’écouter le 27/03/18, à 18h30, à La Procure (Paris 6e), ayant appris le jour même qu’une telle rencontre se tiendrait là. Questionné par le responsable de la librairie, et face au public présent, l’auteur a parlé de son livre, et notamment de son travail de « modification de l’illustration officielle » de cette histoire bien connue : ainsi, par exemple, « Matthieu et Luc, les deux évangélistes qui racontent les faits précédant la naissance de Ièshu/Jésus, ne disent pas (que Iosèf/Joseph) était vieux. Il est donc probablement jeune, beau et très amoureux ».

Iosèf est aussi « celui qui ajoute » (en hébreu, du verbe iasàf, « ajouter») :

Il « ajoute sa foi seconde » à la vérité « invraisemblable », « scandaleuse » de la grossesse de sa fiancée. Quand celle-ci lui annonce qu’elle attend un enfant dont il n’est pas le père, Iosèf ne la dénonce pas aux autorités, comme la loi le prescrit. Il croit en sa parole. Il « croit Miriàm, il croit qu’elle est enceinte d’une annonce, même si elle est arrivée à l’improviste en chair et en os dans sa chambre en plein jour et accueillie sans un cri d’effroi(4). Iosèf croit à l’invraisemblable nouvelle parce qu’il aime Miriàm. En amour, croire n’est pas céder, mais renforcer, ajouter quelques poignées de confiance ardente » (5)

Il « ajoute » ensuite son rôle de « mari second », touchant, non une pierre pour être le premier à la lapider, selon la loi, mais la main de Miriàm pour l’épouser.

Il « ajoute » enfin le nom de Ièshu/Jésus comme « le fils de Joseph » sur le registre de naissance, l’inscrivant ainsi dans la lignée de David (cf Matt.1).

Nous le voyons, « une tête de nuage » est un beau petit livre très touchant, qui parle d’une famille et d’un couple où règne l’amour. Plus exactement encore, il nous parle des circonstances de la naissance, marquée par le danger et l’exil, ainsi que de l’appel et de la vocation d’un enfant unique en son genre. Sans oublier le rôle de ses parents dans la libération de cette vocation.

Le titre du livre, mystérieux et poétique, est une belle réponse à tous ceux qui voudraient que Jésus « ressemble à tout le monde », avec la tentation de l’instrumentaliser. Car non, dit Iosèf/Joseph agacé, Jésus « n’a pas une tête de nuage qui change de forme et de profil selon le vent » (6) : pourquoi le raccrocher au passé ? Il est essentiel de le laisser vivre la vie qu’il doit vivre et non celle que les autres rêvent qu’il vive. C’est aussi un encouragement à voir ce qu’un enfant « sera », plus ce qu’il « pourrait être » à nos yeux, et une invitation « à laisser tomber toutes les ressemblances ». Car lorsque (l’enfant Jésus) « sera grand, il aura une apparence bien à lui et définitive » (7).

« Une tête de nuage est (enfin) le destin de (Jésus) qui est pris pour quelqu’un d’autre » et « qui démissionne des attentes des autres » (8), ces autres qui attendent un roi ou un signe de sa part que « le grand soir » est arrivé.

J’ai dit plus haut que j’ai eu l’occasion de voir et d’écouter Erri de Luca. J’ai même pu repartir avec une dédicace du livre. En revanche – et c’est là ma grande déception – je n’ai pu lui parler (ou à peine, au moment de la dédicace : en gros, j’ai pu lui dire que j’étais heureux de le rencontrer et quel a été mon premier livre de lui. « Grazzie molto », m’a-t-il répondu), du fait des conditions de la rencontre, marquée par une absence totale d’interaction avec le public, le responsable de la librairie étant le seul à poser des questions.

Je note tout de même- en risquant ce parallèle – que, si Erri de Luca « écoute Dieu » très tôt, tous les matins, en lisant les Ecritures bibliques dans le texte, il se dit aussi « incapable » de Lui parler, « de le tutoyer » ou de l’interpeller. C’est l’une des raisons pour laquelle il se présente, non comme un athée, mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Selon lui, comme il nous l’a confié mardi soir, « la connaissance des Ecritures n’a rien à voir avec la foi ». Et « celui qui a la foi a une relation avec Dieu que lui n’a pas ».

Pourtant, le même Erri de Luca écrit ces mots à la page 81 d’ « une tête de nuages » : « dans une ultime énergie de souffle, le dernier vent entré dans sa poitrine écrasée par la position crucifiée, (Jésus) a remis sa vie à l’intérieur des pages de l’Ecriture sainte. Il l’enferme là-dedans afin que quiconque l’ouvre, la retrouve ».

Et l’Ecriture biblique rappelle que « celui qui cherche trouve » et que « la foi vient de ce que l’on entend, et ce que l’on entend par la Parole de Christ… » 

 

Découvrir les 20 premières pages ici.

 

 

Notes :

(1) « Une tête de nuage » d’Erri de Luca, p 51.

(2) op. cit., p 48

(3) Edité chez Gallimard, mars 2018 (Hors Serie Litterature), le livre est structuré par « une préface », « trois actes » et autant « d’appendices » : « dernières instructions (Jésus et les pélerins d’Emmaüs), « le discours » (ou le sermon sur la montagne) et « Dayènu, ça nous suffit » (sur la colline de Gethsémani)

(4) Ce qui la rend encore plus « insoutenable » d’un point de vue légal, pour présenter sa version, n’ayant pas crié face au Messager. Or, Deut.22v23-24 stipule que « si une jeune fille vierge est fiancée à un homme, et qu’un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous les deux à la porte de cette ville, vous les lapiderez et ils mourront : la jeune fille, du fait qu’étant dans la ville, elle n’a pas crié au secours ; et l’homme, du fait qu’il a possédé la femme de son prochain. Tu ôteras le mal du milieu de toi ».

(5) op.cit., p 10

(6) op. cit., p51

(7) op. cit. p48

(8) op. cit., p 57, 61

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….