« L’imitation de Jésus-Christ » : être un homme équilibré

Quel devrait être notre référentiel, pour vivre en homme véritable, connecté au réel ? Jésus seul !
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Lecture de Marc 14v32-35 : « (Jésus et ses disciples) arrivent à un domaine du nom de Gethsémani (…) Il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Et il commença à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « tout va bien. Je vais prier pour vous ». 

Si c’est là ce que tu lis dans ta Bible, change de Bible….

La véritable version est : « (Jésus et ses disciples) arrivent à un domaine du nom de Gethsémani (…) Il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Et il commença à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez. » 

Il vous est peut-être arrivé de répondre (ou de vous entendre répondre): « tout va bien », à la question « comment vas-tu ? », alors qu’au fond de vous, vous êtes « hyper-angoissé ». Et ce, en invoquant votre « caractère » ou votre « culture ».

En réalité, quel devrait être notre « référentiel » ? Ni « le caractère », ni « la culture », mais Jésus-Christ seul.

Lui-même, quoique parfaitement Dieu, n’a pas cherché autre chose qu’à être « parfaitement homme » (Phil.2v6-9), à part le péché (Hébr.4v15) : Il n’a pas estimé qu’il n’était « pas spirituel » de partager ses émotions avec ses amis. Il a pleuré avec ceux qui pleurent. A fait la fête avec ceux qui font la fête (et a même sauvé un mariage à Cana, en changeant l’eau en vin). S’est réjoui en esprit, a été ému de compassion et a été animé d’une sainte colère maîtrisée en découvrant que les marchands, établis dans le temple de Jérusalem, faisaient d’une « maison de prière » une « maison de trafic ». Jésus est donc bien autant un être de chair (incarné cf Jean 1v14, 1 Jean 4v2) qu’un être spirituel et nous montre ce qu’est une personne parfaitement équilibrée, à l’inverse de ces cloisonnements modernes tendant à présenter l’homme comme étant « plus rationnel et dans le faire » à l’inverse de la femme, censée, quant à elle, être « plus émotive et relationnelle ».

Or, Jésus est ni trop/ni peu « émotionnel, intellectuel, volontaire », mais tout à la fois « émotionnel, intellectuel et volontaire » de manière équilibrée. Il est d’ailleurs tellement relationnel qu’Il a appelé ses disciples, pour qu’ils soient premièrement avec lui, avant de les envoyer prêcher (Marc 3v14) ; et « le fils du charpentier », charpentier de métier(Marc 6v3), est un « manuel », autant qu’un « intellectuel »(Luc 2v47). Et « volontaire », Jésus l’est bien(Luc 9v51), sauf que « sa volonté est de faire la volonté de Celui qui l’a envoyé »(Jean 6v38).

Imiter le Christ, ce n’est donc pas « le détachement complet » ou « l’extinction de soi », vivre de manière spiritualisée, déconnectée du réel. Imiter le Christ, c’est vivre en être humain véritable, équilibré, « les pieds sur terre », et spirituel (1 Cor.15v45). C’est vivre la vie « en abondance »(Jean 10v10), la vie que Jésus nous donne et qui ne peut être vécue qu’en étant en relation avec Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20).

C’est aussi espérer changer et sortir ainsi des « catégories » dans lesquelles nous pouvons être enfermés. Car « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17). Celui qui est « spirituel » est conduit(Gal.5v18) par l’Esprit de Dieu. Il vit par l’Esprit et marche selon l’Esprit. Il peut alors manifester le fruit de l’Esprit, qui « est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Gal.5v22-23).

 

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« Priez le Père pour espérer donner et recevoir une éducation véritable »

Le sujet de la rentrée : Encourageons-nous à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « demandent, cherchent et frappent »

Lecture : Matt.7v7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira. Ou encore, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ».

Ce passage bien connu s’inscrit dans le contexte du « Sermon sur la montagne » (ch.5-7 de Matt.), un discours prononcé par le plus grand enseignant de tous les temps : Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’est pas « un » maître ou un enseignant, mais « le » maître et « le » Seigneur.

Il ne s’agit pas d’un « code moral » de « bonne conduite » pour devenir « un bon chrétien », mais de la charte de vie des enfants du Père Céleste. Il y est question de la justice du « royaume » ou plutôt, « du règne » de Dieu.

Nous pouvons y lire ce que devrait être la vie de famille des enfants du Père céleste, dont la vie est clairement placée sous le règne de Dieu. Et le règne de Dieu n’a pas de limite : il commence d’abord dans le domaine de ta vie où il ne règne pas. Quel est ce domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?

Ainsi, par exemple, l’éducation et l’instruction(1) : Christ règne-t-il dans ce domaine de vie, que tu estimes tellement vital pour tes enfants ? As-tu placé l’éducation et l’instruction de tes enfants sous le règne de Christ ? Si ce n’est pas lui, qui règne ?

C’est une question, non de « morale », relative à ce qui serait « bien ou mal », « bien vu » ou « mal vu », mais c’est une question de vie ou de mort. Pas moins. Et quoi de plus vital que de donner et recevoir une éducation véritable, là où Christ règne ?

Objectif : (S’)encourager à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « « demandent, cherchent et frappent », mais aussi à imiter la façon dont le Père céleste répond. D’habitude, à l’école, celui qui copie sur le voisin ou qui imite le prof est punit, mais dans ce cadre, à l’école de Jésus, comme la Bible nous l’enseigne (ex : en Éphésiens), nous sommes invités à « copier », imiter Dieu, Notre Père (pas à le « singer »). Encourageons-nous donc à « demander, chercher et frapper » pour recevoir mais aussi donner une éducation véritable, centrée sur Christ.

Dans notre passage de Matt.7v7-11, l’accent est mis sur la disponibilité du Père qui invite ses enfants à s’approcher de lui, pour qu’ils lui expriment en toute authenticité et simplicité leurs besoins. C’est ainsi que l’éducation véritable est un sujet de prière – de nos prières – et une préoccupation constante, de la même façon que nous veillons avec soin à l’habillement et à la nourriture de nos enfants.

Ensuite, voici un deuxième élément particulièrement frappant : il est d’emblée considéré ici que ceux qui demandent, cherchent et frappent, le font, non seulement pour recevoir une réponse, mais aussi parce qu’ils savent que c’est juste et légitime. Et parce que c’est juste et légitime, ils osent faire preuve de hardiesse, sans crainte d’être jugés.

Nous-mêmes, en tant qu’enfants du Père, du Royaume, nous sommes invités à « demander », « chercher » et à « frapper », car il y a là autant de promesses : « en effet », dit Jésus, « quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (v8).

Mais « demander » et « chercher » quoi ? « Frapper » pour quoi ? La fin du passage nous donne la clé : pour obtenir « de bonnes choses » (v11) et pour obtenir ce qui est juste, selon la volonté du Père. Il est bon de demander une bonne éducation et une bonne instruction pour nos enfants ; et il est aussi bon pour des enfants de demander une bonne éducation et une bonne instruction, car cela est juste.

« Demander » :

Tout parent cherche le meilleur pour ses enfants : si ses enfants demandent du pain, le parent ne lui donnera pas une pierre ; s’ils demandent du poisson, ils ne recevront pas un serpent, et, dit Luc, s’ils demandent un œuf, ils ne recevront pas un scorpion (Luc 11v12). Mais voilà, dit Jésus, nous sommes « méchants », « mauvais » et nous pouvons « nous planter ».

Nous demandons mal.

Jacques 4v2-3 dit : « Vous convoitez et ne possédez pas (….) Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs ».  La pub prétend connaître mieux que vous ce que vous et vos enfants ont besoin…. Qui, d’ailleurs, oriente vos façons de vous nourrir, vous habiller, divertir ?

Nous n’osons pas « demander, chercher, frapper », doutant de la légitimité de notre démarche.

Nous avons aussi parfois un mauvais réflexe : juger ceux qui revendiquent, parce qu’ils nous paraissent bruyants. Comment ainsi considérer, par exemple, la démarche de ces étudiants québécois, qui avaient manifesté en 2012 contre la hausse des droits d’inscription à l’université ? (Là c’était « le printemps érable » au lieu du « printemps arabe »)

Mais apprenons du Père, qui Lui-même nous écoute avec bienveillance, pour accueillir avec la même bienveillance la démarche des autres. Apprenons du Père pour encourager nos enfants à demander ce qui est bon. Lui nous encourage en nous disant : « vas-y, mon enfant, c’est juste et bon ! »

Comme Lui, reconnaissons dans les cris des enfants,  les cris de ceux qui « défaillent sur les places de la Cité. A leurs mères ils disent : Où sont le blé et le vin ? [une éducation et une instruction nourrissantes, sources de vie et de joie]quand ils défaillent comme des blessés sur les places de la Ville, quand leur vie s’échappe au giron de leurs mères » (Lam.2v11-12).

Nous pouvons « nous planter », mais nous pouvons nous rattraper par la grâce de Dieu.

Comment avoir l’assurance « de ne pas nous planter » ?

En demandant la sagesse : Jacq.1v5-8 nous assure que « si la sagesse nous fait défaut », nous pouvons « la demander au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle (nous) sera donnée ». Mais il s’agit de « demander avec foi, sans éprouver le moindre doute ».

« Chercher » :

Comme pour « demander », il y a aussi une promesse : « Qui cherche, trouve ».

Nous trouvons, parce que nous avons longuement cherché.

Ce que mon épouse aime, c’est que je lui rapporte quelque chose que j’ai trouvé pour elle et je l’ai trouvé parce que je l’ai longuement cherché.

Le marchand de la parabole a longuement cherché des perles fines. Et en ayant trouvé une de grand prix [elle n’a pas de prix], il vend tout ce qu’il a pour l’acheter. Et qu’est-ce qui a plus de valeur qu’une perle ? La sagesse (Job 28v18) !

Jésus trouve Philippe après l’avoir longuement cherché (Jean 1v43), pour lui dire : « suis-moi ».

Nous-mêmes, nous sommes des « trouvés de Dieu ». Mon frère, ma sœur, réjouis-toi que Dieu te cherche, car tu peux espérer qu’il te trouve. Mais toi, te laisseras-tu trouver ?

Parent, tu espères que tes enfants se laissent trouver par le Seigneur, mais espères-tu trouver, comme le marchand de la parabole, une école dispensant une éducation et une instruction de grand prix, là où l’on dispense la sagesse de Christ ?

Enfin, « frapper »

Frapper à des portes fermées.

L’on peut frapper pour ne pas être ouvert, comme le roi Joas, qui avait frappé trois fois avant de s’arrêter. S’il a pu ensuite remporter quelques batailles, il n’a pu remporter la victoire finale (2 Rois 13v14-19).

L’on peut frapper pour être ouvert : avec détermination et foi, « 5 ou 6 fois », parce qu’il y a urgence, parce que c’est une question de vie ou de mort, pour remporter la victoire de l’éducation véritable, pour nos enfants. Pour que s’ouvrent les portes d’écoles où une éducation véritable est dispensée, parce que Christ est au centre de l’école.

Les portes peuvent s’ouvrir : il s’agit ensuite d’avoir foi pour entrer et y faire entrer nos enfants.

 

Note : 

(1) Éduquer : faire se développer (un être vivant). Prendre soin. Instruire : transmettre à la génération future un ensemble de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune.

Etre délivré du sentiment « de l’étrangeté de l’étranger » ou « l’Eglise doit être un lieu transgressif »

« Je viens vers toi les mains ouvertes, pour te montrer que je n’ai rien de dangereux, ni d’intentions malveillantes à ton égard… »

Voici une prédication particulièrement audacieuse du pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 20/08/17, au temple de Belleville (Paris).

Les passages lues en introduction étaient Esaïe 56v1, 6-7 et Matthieu 15v21-28.

Deux textes qui nous parlent des étrangers. « Le problème est l’étranger mais le problème est que, selon la Bible, nous sommes tous des étrangers »….Justement, comment Jésus, « 100 % Dieu » mais aussi « 100 % homme »(1), « vraiment juif », a-t-il répondu à une demande d’une étrangère, une syro-phénicienne…..?

La suite à écouter ici [Voir tout en bas de la liste et choisir 2017-08-20 – Gilles.mp3].

Bonne écoute !

 

 

 

 

Note : 

(1) ….à part le péché, nous rappelle Hébr.4v15.

 

Radicalement ordinaire : Un appel pressant à cultiver la joie de l’humilité

Un appel à choisir « d’embrasser l’obscurité », soit à nous satisfaire d’être « relativement inconnu », pour que Christ soit, Lui, « plus reconnu ».

Voici « Radicalement ordinaire », un livre….peu ordinaire sur un thème bien peu populaire, reçu gracieusement de la part des éditions BLF éditions, que je remercie pour leur amabilité. Le livre contient une invitation « pressante » à « cultiver la joie de l’humilité ». L’appel est « pressant », d’abord pour nous, chrétiens, parce que l’humilité ne nous est pas naturelle, et parce que nous oublions trop souvent que nos critères de ce que serait « une vie réussie » (conditionnés par les possessions et les positions)  sont plus influencés par les critères du monde qu’inspirés de Dieu. Mais pourquoi et comment cultiver l’humilité, « la vraie » ? Comment peut-elle être « une joie » ?

Son auteur a choisi d’être « anonyme », parce qu’il ne pouvait guère aborder ce sujet et se mettre en avant dans le même temps. Bien entendu, il est tentant de chercher à savoir de qui il s’agit. Mais ce serait là passer à côté de l’essentiel du message. De fait, ce choix volontaire de l’anonymat nous conduit à porter toute notre attention sur le contenu du livre, plus que sur les titres et renommée supposée de son auteur, à l’instar de cet autre anonyme, le mystérieux rédacteur de l’épître aux Hébreux, dans le Nouveau Testament.

Ce livre est quelque peu dérangeant, puisqu’il touche au plus profond de nos aspirations les plus secrètes, lesquelles sont liées à notre identité. Nous définissons généralement notre identité par ce qui nous rend unique. Notre préoccupation devient alors : comment le faire (sa)voir ? Comment réussir à « devenir quelqu’un », à « être connu » ?

Je saurai donc « qui suis-je » si je sais « qui » je suis ou ce à quoi je tiens le plus, après quoi est-ce que je cours, soit « ce qui me tient ».

Mais par quoi devrais-je être davantage préoccupé ? De laisser mes traces « quelque part dans ce monde », ou de suivre les traces de « mon humble roi », dont l’exemple m’est notamment rappelé en Philippiens 2v5-10, un passage biblique qui est aussi le « fil rouge » du livre ?

Enfin, ce livre édifiant, reçu « au bon moment », m’est aussi « défiant », en ce qu’il m’implique et m’invite à « choisir » :

Choisir de faire ce voyage « au cœur de l’humilité du Christ » et « d’embrasser l’obscurité », soit de nous satisfaire d’être « relativement inconnu », pour que Christ soit, Lui, « plus reconnu ».

Choisir, à l’instar du jeune garçon anonyme, dans la scène de la multiplication des pains(Jean 6v9), « d’avoir faim pour un temps pour que beaucoup d’autres soient nourris ».

Choisir de cultiver « l’esprit de service », plutôt que de faire « des actes de service ».

Choisir « le mystère » ou de paraître « fou » et « décalé » aux yeux du monde.

Choisir « les projecteurs », non « pour se brûler » mais pour briller de la lumière du Christ, pour Sa gloire et non la mienne.

En clair, invité à choisir, je suis invité à renoncer pour mieux saisir ce qui en vaut la peine. Soit, accepter, avec confiance, de « perdre » pour « mieux gagner » : gagner l’approbation de Dieu (« bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître »), plutôt que celle des hommes.

Alors ? Que choisirez-vous ?

Ce livre se trouve dans toute bonne librairie chrétienne proche de chez vous. Vous pouvez aussi le commander auprès de l’éditeur.

Bonne lecture et bonne réflexion !

 

 

En bref :

« Radicalement ordinaire : Un appel pressant à cultiver la joie de l’humilité », par un auteur anonyme (Titre original : Embracing obscurity : Becoming nothing in light of God’s everything ). JPC France – BLF Éditions, avril 2017

Table des matières

Introduction. Pourquoi choisir l’obscurité ?
1. Un sur un milliard
2. Choisir ce qui nous définit
3. Choisir l’humble roi
4. Choisir la vraie valeur
5. Choisir le vrai succès
6. Choisir de servir
7. Choisir la souffrance
8. Choisir le mystère
9. Choisir les projecteurs
10. Choisir l’espérance

Extraits :

L’intro : « pourquoi choisir l’obscurité ? » et le premier chapitre : « un sur un milliard ».

http://www.blfeditions.com/tu-es-une-capsule-magique/

http://www.blfeditions.com/se-mefier-des-reseaux-sociaux/

« The Bible Project » : une aide pour mieux comprendre que les livres de la Bible sont une seule et même histoire qui conduit à Jésus

The Bible Project : « le plan B » pour qui ne comprend rien à la Bible !

Bien que la Bible soit la Parole de Dieu, il nous est arrivé de trouver (sans oser l’avouer) au moins une fois dans notre vie certains livres ou passages peu intéressants, « ennuyants » (sic) ou même particulièrement incompréhensibles. Pas de complexe ! Pierre lui-même reconnaissait que Paul est difficile à comprendre et certains disciples de Jésus trouvaient les paroles de Celui-ci « dures à entendre ».

Mais voici « The Bible Project », un outil novateur et créatif, pour nous aider à mieux comprendre la Bible, que j’ai découvert sur le blogue jeunesse « La Rebellution ».

« The Bible Project » est un organisme basé à Portland (USA) qui a commencé à poster des vidéos sur Youtube en 2014. Si vous aimez les chiffres, vous serez sans doute intéressés d’apprendre que la chaîne compte aujourd’hui près de 450 000 abonnés. L’objectif de « The Bible project » est non seulement de faire comprendre la Bible de façon simple et intéressante, mais aussi surtout d’aider les gens à réaliser combien la Bible n’est qu’une seule et même histoire qui conduit à Jésus grâce à des vidéos. Ces vidéos présentent soit un thème particulier (Ciel & Terre, Le Messie, Les alliances, La sainteté de Dieu, Le sacrifice et l’expiation, La loi, L’Evangile du Royaume, L’image de Dieu, Shema – « Écouter », Le Saint-Esprit), soit un livre de la Bible en expliquant son contexte, sa composition et son contenu, ou comment approcher la Bible, si nous la découvrons pour la première fois (qu’est-ce que la Bible ? Comment la lire ?). L’on y trouve même des films d’animation sur la Torah(les 5 premiers livres de Moïse), les livres de la sagesse (Job, Proverbes, Ecclésiaste) et les Evangiles Marc et Luc. D’autres vidéos viendront s’ajouter à celles qui existent déjà.

En savoir plus :

La chaîne youtube (les vidéos sont en anglais mais il est possible d’activer les sous-titres en français, en allant dans les paramètres).

Le site de « The Bible Project ».

Enfin, en guise d’exemples, voici 1)une vidéo expliquant le « Lévitique », qui se trouve dans l’Ancien Testament (première partie de la Bible), car il s’agit d’un livre que nous avons tendance à « esquiver », du fait de son caractère quelque peu…étrange pour notre temps.

Ces autres vidéos ont trait à l’Evangile selon Matthieu, le premier livre du Nouveau Testament (seconde partie de la Bible) :

 

Bonne exploration !

« Aimez-vous les uns les autres », c’est aussi sur le web !

"La solidarité protestante évangélique" devrait être "nettement" sur le net !

« La solidarité protestante évangélique » devrait être « nettement » sur le net !

Imagine : je suis ton voisin et je passe régulièrement devant ta maison. Puis je me décide enfin à venir te rendre une visite, et ma première remarque porte sur la déco, l’ameublement ou la maison en elle-même, que je juge « pas terrible », dans le style : « ça fait un bout de temps que je voulais faire à mon voisin cette remarque : allons-y franco ».

« Dans la vraie vie », cela ne serait ni correct, ni poli et ni respectueux. Qu’en dis-tu ?

D’autant plus que l’essentiel me paraît être ailleurs : la visite devrait être motivée parce que je porte un véritable et sincère intérêt au voisin (et à ce qu’il fait), dans le fond et l’esprit, et dans un soucis de réciprocité. C’est là le principe du corps de Christ(cf 1 Cor.12).
Mais ce que nous savons fondamental de faire à l’autre « dans la vraie vie », le faisons-nous aussi sur le web (et inversement) ? Ou estimons-nous que l’un et l’autre « n’ont rien à voir » ?

Bref,  « Aimez-vous les uns les autres », ce commandement du Christ, c’est aussi sur le web !

Et « Aimez-vous les uns les autres ou la solidarité (réformée) sur le web » est aussi une excellente initiative d’Olivier Keshavjee, « théologeek » et animateur paroissial réformé suisse, concrétisée via ce site : http://www.aimez.ch/index.html

L’auteur fait avant tout référence au monde réformé, mais l’initiative peut tout à fait s’appliquer au protestantisme évangélique.

La page du site débute par un constat : Le monde [protestant] est bien présent sur la toile, et regorge d’idées, d’initiatives et de compétences. Malgré cela, il y a peu d’interactions entre les différents acteurs, très peu de réjouissance et solidarité envers les projets les uns des autres [ou alors, certains se regroupent par affinité/hobbies, cultivant un certain entre-soi]. En plus d’être triste et décourageant, cela nuit à la visibilité de l’ensemble.

Suivi par le rappel d’un appel particulièrement clair : «Aimez-vous les uns les autres », nous a commandé Jésus. Si nous ne vivons pas cela sur le web, où le vivrons-nous? Le but de ces pages est d’aider de manières très concrètes à répondre à cet appel, en manifestant plus de solidarité entre protestants.

Ensuite, « pourquoi s’aimer sur le net », questionne Olivier Keshavjee ?

Parce que, d’abord, ça fait plaisir : Aimer, commenter ou partager [ce que mon frère ou ma soeur a écrit] — ça fait plaisir. C’est une manière peu coûteuse de dire à l’autre qu’il existe, et ça fait du bien.

Ensuite, cela contribue à une certaine visibilité : Plus nous « likons », suivons, commentons et partageons (plus « nous nous aimons les uns les autres », Jean 13v34, Jean 15v12,17) plus grande est la visibilité des protestants sur le web (et « plus le monde verra… » Jean 13v35).

Mais aimer ne signifie pas être d’accord : On peut « liker » / suivre quelqu’un sans pour autant être d’accord avec tout ce qu’il dit et fait. « Liker » / suivre est néanmoins une manière de dire que l’autre est important, et que je suis solidaire avec lui/elle.

Comment faire concrètement ?

"Droit d'auteur" : La question n’est pas : « quel est le bien de l’auteur », mais « quel est le bien de la communauté ». Ou, « est-ce que je me sers de la communauté, ou est-ce que je sers la communauté? »

Partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire !

« Aimez », « commentez », « partagez », « suivez »…. !

Commencez par découvrir et aimer de (nouveaux blogues/sites protestants). Aimez ensuite le contenu sur ces pages, remerciez et encouragez son auteur, puis partagez plus loin!

Faites à d’autres ce que vous voudriez qu’on vous fasse !

Car partager et encourager l’autre ne me fait pas de l’ombre — au contraire, cela contribue à la visibilité du protestantisme en général.

Alors ? A quand « la solidarité protestante évangélique sur le web » ?

« Aimons-nous les uns les autres….comme Christ nous a aimé Lui-même ! » Dans « la vraie vie », mais aussi sur le web !

 

 

 

 

 

 

 

“Le discours d’un roi” : qui est « plus fort » que « plus fort que lui » ?

Le discours d'un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Le discours d’un roi, film britannique de Tom Hooper(2010), avec Colin Firth et Geoffrey Rush

Ces derniers jours, j’ai eu l’occasion de revoir pour la première fois sur DVD « Le Discours d’un roi »(1), un film vu en salle à sa sortie.

En gros, il s’agit de l’histoire d’un roi appelé à faire quelque chose qu’il est incapable de faire : parler en public.
Il y parvient finalement, surmontant sa peur – moteur de son handicap – en plaçant sa confiance en quelqu’un de pourtant « peu recommandable », « qui n’avait rien pour attirer le regard » (Es.52v14, 53v1-3), et qui est devenu pour toujours son ami, son confident.

Son fameux discours final sera prononcé, non pour « le monde entier », mais pour cette seule personne, qui recevra l’Ordre royal de Victoria, le 11 mai 1937 et sera élevé au rang de Commander (CVO) en 1944. « Tout ce que vous faites, faites-le comme pour le Seigneur et non pour les hommes », nous enseigne Colossiens 3v23.

Cette histoire, édifiante, telle une parabole, nous rappelle que si nous disons que quelqu’un ou quelque chose « est plus fort que nous », Celui qui est « en nous » – et en qui nous avons placé notre confiance – est plus fort que tous les hommes forts réunis(Luc 11v21-22 et cf Hébr.2v14-15. Ce qui nous paraît « plus fort que nous » n’est, en définitive, « pas plus fort que nous ».

D’autre part, tenter d’aider quelqu’un à faire ce qu’il n’était pas capable de faire, dans le « un à un », peut nous paraître parfois dérisoire. Mais au final, le tandem « George VI/Lionel Logue » révèle le bénéfice de la démarche, au profit d’une nation entière et même au-delà.

 

 

Notes :

(1) Le Discours d’un roi (The King’s Speech)
Angleterre – 2010 (Sortie française, le 2 février 2011)
Réalisation: Tom Hooper
Durée: 1h58

Avec Colin Firth (George VI), Helena Bonham-Carter (Elizabeth), Geoffrey Rush (Logue)…

Résumé : D’après l’histoire vraie et méconnue du père de l’actuelle Reine Elisabeth, qui va devenir, contraint et forcé, le Roi George VI (Colin Firth), suite à l’abdication de son frère Edouard VIII (Guy Pearce). D’apparence fragile, incapable de s’exprimer en public, considéré par certains comme inapte à la fonction, George VI tentera de surmonter son handicap grâce au soutien indéfectible de sa femme (Helena Bonham Carter) et d’affronter ses peurs avec l’aide d’un thérapeute du langage (Geoffrey Rush) aux méthodes peu conventionnelles. Il devra vaincre son bégaiement pour assumer pleinement son rôle, et faire de son empire le premier rempart contre l’Allemagne nazie. Source : allociné.

Pas de révélation particulière….mais une richesse insoupçonnée.

Tu souhaites inviter Jésus "dans ton coeur" ? Mais es-tu vraiment disponible pour l'accueillir et être avec Lui ?

Tu souhaites inviter Jésus « dans ton coeur » ? Mais es-tu vraiment disponible pour l’accueillir et être avec Lui ?

Imaginons ensemble : nous nous trouvons dans un lieu calme et paisible, chaleureux, à l’abri de toute distraction. Ce peut-être au sommet d’une montagne, sur le bord d’une plage océane ou chez soi, dans un salon, par exemple. Soudain, Jésus vient vers nous. Le soir approche. Nous l’invitons à « rester avec nous » et à « demeurer avec nous », le temps de la soirée ou de la nuit. Nous lui passons une guitare ou tout autre instrument de musique, et Il nous en joue. Puis, Il ouvre la Bible qui se trouve là et nous partage les Ecritures. « Notre coeur brûle » alors « au-dedans de nous »(Luc 24v32), parce qu’Il est là avec nous et parce que Sa présence nous édifie.

Bref : pas de « révélation particulière » dans ce que je vous raconte ici, mais plutôt le rappel que nous pouvons jouir d’une richesse (parfois)insoupçonnée : la présence du Christ parmi ceux qui l’invitent et sont vraiment disponibles pour l’accueillir et le recevoir.

A méditer, pour aller plus loin :

  • La célèbre scène chez Marthe et Marie, en Luc 10v38-41 : qui reçoit ? Et qui est vraiment disponible pour accueillir ? Entre « s’agiter » et « choisir », que préférons-nous ?
  • Psaume 40v3 et ss.
  • Eccl.3v1 : « il y a un moment pour tout et un temps pour chaque chose… » (TOB). Les deux termes ne sont pas synonymes. Le premier mot, traduit par « moment », est « z’man » en hébreu. Il n’indique pas un temps précis mais la durée, la saison. C’est le temps naturel, « de la pendule », traduit en grec par « chronos » dans la version de la Bible dite « des Septantes ». Le second mot, traduit par « temps », et que l’on retrouve dans les vv2-8, est « eth » : il désigne l’occasion favorable, l’heure opportune à discerner…et à trouver. C’est « le temps de l’homme », traduit dans la « Septante » par « Kairos ».

 

Un chant : « Ta bienveillance », de Christensen/Ostrini

 

Prochain billet : mercredi prochain.

« Êtes-vous miséricordieux ? Pourquoi ? Parce que Jésus…. » est sorti de sa zone de confort !

Une très belle trouvaille qui tombe à pic par les temps qui courent, repérée sur l’excellent blogue de Philippe Golaz, théologien suisse et amateur de sport et de photographie.

Texte du Dr Arturo G. Azurdia, Professeur de Théologie Pastorale au Western Seminary à Portland, Oregon. Mis en musique par Beautiful Eulogy. La vidéo, en « VO » :

Et une partie du texte traduit en français par Philippe Golaz lui-même :

« Êtes-vous miséricordieux ? Pourquoi ? Parce que Jésus a guéri le malade. Parce que Jésus a nourri les foules. Parce que Jésus a donné des jambes à l’estropié. Parce que Jésus a rendu la vue à l’aveugle. Parce que Jésus a ouvert les oreilles du sourd.

Parce que Jésus a trouvé des prostituées et des collecteurs d’impôts, et les a attirés dans la sphère de Son amour ! Parce que Jésus a touché l’intouchable, aimé le détestable, pardonné l’impardonnable, et accueilli l’indésirable ! Parce que Jésus, même maintenant, sauve celui qui autrement serait perdu. Pourquoi ? Parce qu’ils le méritent ?! (…) Nous sommes ici car Jésus Christ n’a pas dit dans une froide indifférence « Donne-leur ce qu’ils méritent, ils en sont les seuls responsables. » Jésus Christ est la miséricorde de Dieu, et nous voyant dans notre misère et dans notre besoin, il ne se contente pas de compatir pour nous : il prend les actions nécessaires pour nous libérer de notre détresse.

Il quitte la gloire éternelle des Cieux et la parfaite communion de la Trinité, Il s’abaisse vers nous, vit avec nous, souffre comme nous, meurt pour nous ! Comprenez-vous cela ? En avez-vous fait l’expérience ? »

L’intégralité de la traduction à lire ici.

Autre version : https://youtu.be/npaZ0ez1080

Ecologie et accueil de réfugiés en Auvergne-Rhône-Alpes : ou comment renier tout un héritage et un enseignement

Accueillir le réfugié, c'est "chrétien" ? (Dessin de "PrincessH", pour "La Croix", octobre 2016)

Accueillir le réfugié, c’est « chrétien » ? (Dessin de « PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

Comment est-il possible de renier un héritage ? Un héritage historique, spirituel et moral, par exemple ? Ou même tout un enseignement et l’esprit de cet enseignement ?

Voici deux faits récents, particulièrement révélateurs, en guise d’illustration : l’un ayant trait aux migrants et l’autre à l’écologie.

Premièrement, un reportage de France 3 Auvergne, diffusé en septembre 2016, rappelle que Le Chambon-sur-Lignon(43), 2500 habitants, seul village d’Auvergne à avoir été reconnu comme « Justes parmi les Nations », a été depuis des siècles une terre d’accueil pour tous les persécutés.  En effet, depuis le Moyen-Âge, il « n’a cessé d’accueillir la misère du monde. Des protestants persécutés par les catholiques, aux républicains espagnols ; des orphelins, aux enfants juifs cachés ici et dans toutes les communes environnantes pendant la guerre, les habitants du Haut-Lignon ont fait preuve de générosité ».

Or, si la majorité du conseil municipal, tout comme les élus de l’opposition, ont déclaré leur volonté d’accueillir des réfugiés et, notamment, ceux qui sortiront de Calais après le démantèlement de sa « Jungle », madame la maire de cette petite commune auvergnate, Eliane Wauquiez, préfère temporiser : elle refuse de soumettre l’accueil des réfugiés au vote du conseil municipal, « (souhaitant) au final que le procès-verbal n’enregistre pas cet engagement [d’accueillir des migrants] et ne le manifeste pas », a ainsi expliqué sur France 3 Auvergne Hervé Routier, conseiller municipal de l’opposition.

Elle s’aligne ainsi sur la position de son fils, Laurent Wauquiez, qui préfèrerait ne pas voir un seul (migrant) arriver en Auvergne Rhône-Alpes. Le président de la Région avait ainsi déclaré qu’il aiderait les maires à trouver des solutions juridiques pour ne pas avoir à accueillir de réfugiés sur leurs communes(1)…

Selon Alain Jakubovitz, le président de la LICRA, Laurent Wauquiez (par ailleurs, agrégé d’histoire)  renie l’héritage du Chambon sur Lignon, en refusant d’accueillir 1784 migrants (aux frais de l’Etat)en Auvergne Rhône Alpes, la deuxième région plus riche de France, peuplée de près de 8 millions d’habitants…..(2)

 

"Pardonnez-moi, Seigneur, car j'ai surpêché", dit ce "grand pêcheur" devant l'Eternel... (Dessin de Patrick Chapatte)

« Pardonnez-moi, Seigneur, car j’ai surpêché », dit ce « grand pêcheur » devant l’Eternel…
(Dessin de Patrick Chapatte)

Deuxièmement, on note, à l’instar de Mahaut Herrmann, dans la revue d’écologie intégrale « Limite », la multiplication de déclarations insultantes et outrancières contre les écologistes, par le même Laurent Wauquiez  : En décembre 2015, une lettre aux agriculteurs dénonçait les dangereux alliés du PS, les « ayatollahs écologistes ». Sitôt élu, il promettait d’évincer « toutes ces structures doryphores qui vivent sur la bête et ne se préoccupent que de la beauté du paysage, mais se moquent de l’agriculture », comprendre les associations de protection de l’environnement. Et pour justifier la suppression des fonds alloués par conventions aux associations de protection de l’environnement et la convention à trois millions d’euros signée avec les chasseurs, son vice-président délégué à la chasse et à la pêche déclarait sans vergogne : « il y a deux façons de voir la ruralité, la préservation de la biodiversité, l’aménagement du territoire : soit on le voit du côté des bobos des villes, soit on discute avec les acteurs du monde rural qui connaissent le territoire parce qu’ils le pratiquent tous les jours et tous les week-ends lorsqu’ils chassent ». « Terroristes, insectes ravageurs des pommes de terre, et non des moindres, « les doryphores » étaient aussi, pendant la dernière guerre, le surnom de l’occupant allemand : voilà de quoi un président de région qui est allé draguer le vote catholique traite ceux qui se consacrent à la sauvegarde de la maison commune ».

Bref, c’est tout un héritage, mais aussi tout un enseignement, qui est ainsi renié par celui qui est généralement présenté comme un « catholique engagé avec réalisme dans le monde tel qu’il est », dont « les idées politiques (seraient) ancrées dans une foi chrétienne pleinement assumée avec intelligence », mais dont le discours se résume à : « vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ».

 Pourtant, le rôle de Laurent Wauquiez,  en tant que responsable politique et élu, devrait être de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir. Son rôle, en tant que chrétien convaincu, devrait être de démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de discours « twittables ». La peur nourrit la peur. Un chrétien(qui suit le Christ et son enseignement) responsable devrait, au contraire, 1) expliquer que le plus célèbre des jeunes réfugiés en Egypte a dit : « j’étais étranger et vous ne m’avez pas accueilli » (Matt.25v 43-45  cf Jean 1v11), et 2) rappeler qui a (re)commandé « d’aimer l’étranger… » et de « ne pas porter atteinte à ses droits »( Lév 19v33, Deut 10v18-19 ; Deut 24v17, 27v19)

Un chrétien responsable devrait aussi rappeler que, lorsqu’il créa le monde, Dieu a confié à l’Homme la responsabilité de « cultiver, garder » et protéger la terre(Gen.2v15). L’homme devait se comporter en sage et responsable intendant. Et vu que seul Dieu est le propriétaire de toute chose, nous ne sommes chez Lui qu’en tant qu’ « émigrés et hôtes » (Lévitique 25v23 ; 1 Chron.29v14-16 ;  Ps.50v9-15… cf 1 Pie. 1v1 ; 1 Pie.2v11). Comme le souligne Erri de Luca dans « Noyau d’olive », les verbes du travail et de la garde de la terre, « avad » et « shamar » sont les mêmes que celui du service[ou du culte] dû à Dieu (cf Exode 10v26). D’autre part, « le verbe shamar est traduit par « garder » quand il s’agit de la terre et « observer » quand on se réfère aux commandements de Dieu. De fait, La terre nous est confiée, comme Ecriture transmise. Or, le nombre d’espèces en voie d’extinction ou la dégradation manifeste de l’environnement trace un sombre bilan. Sans conteste, l’être humain s’est éloigné du mandat originel et a lamentablement « raté la cible ». Et « rater la cible », c’est pécher.

Bref, il nous faudrait aujourd’hui un nouveau prophète Jérémie, pour se tenir « à la porte de la maison de l’Eternel » et proclamer : « Ecoutez la parole de l’Eternel, Vous tous, hommes de Juda, qui entrez par ces portes, Pour vous prosterner devant l’Eternel! Ainsi parle l’Eternel des armées, le Dieu d’Israël: Réformez vos voies et vos oeuvres, Et je vous laisserai demeurer dans ce lieu. Ne vous livrez pas à des espérances trompeuses, en disant: C’est ici le temple de l’Eternel, le temple de l’Eternel, Le temple de l’Eternel! Si vous réformez vos voies et vos oeuvres, Si vous pratiquez la justice envers les uns et les autres, Si vous n’opprimez pas l’étranger, l’orphelin et la veuve….. » (Jer.7v2-6)

Et un nouveau prophéte Osée, appelant à écouter la parole de l’Eternel, et à faire le lien entre l’activité humaine et le désastre écologique : « Parce qu’il n’y a point de vérité, point de miséricorde, Point de connaissance de Dieu dans le pays. Il n’y a que parjures et mensonges, Assassinats, vols et adultères; On use de violence, on commet meurtre sur meurtre. C’est pourquoi le pays sera dans le deuil, Tous ceux qui l’habitent seront languissants, Et avec eux les bêtes des champs et les oiseaux du ciel; Même les poissons de la mer disparaîtront »(Osée 4v1-3)

En attendant, comme le relève encore Mahaut Herrmann dans « Limite », c’est, entre autres, le blogueur Koz, hérissé par la multiplication des discours politiques anti-réfugiés et inquiet de leur succès auprès des chrétiens, qui choisit de monter au créneau : « Un homme politique n’est jamais obligé de se présenter comme croyant. S’il décide de le faire, il doit assumer une certaine cohérence pour lui-même et parce qu’il n’engage pas que lui », juge-t-il. « Cette cohérence n’est certes facile pour personne, et il faut accepter des divergences d’interprétation. Mais quand un politique cherche manifestement à bénéficier de la bienveillance politique des catholiques et prend des chemins qui s’écartent visiblement de la doctrine sociale de l’Eglise, il faut à un moment donné refuser de suivre, et faire comprendre que le catholicisme n’est pas un argument de campagne. C’est aussi à nous, simples fidèles, de ne pas laisser préempter la doctrine sociale de l’Église. »

"Ce dont cet homme a besoin" ou le point de vue du dominant-bis, par Andy Singer

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

Dans le cas de Laurent Wauquiez , celui-ci « a clairement choisi, par pur souci de communication, de rechercher le vote des catholiques. Il a également manifestement choisi d’occuper un créneau, en se faisant connaître au moyen d’interventions publiques dénonçant les migrants et l’assistanat », poursuit le blogueur. « On peut certes avoir une position réservée sur la question difficile de l’accueil des migrants, on peut diverger sur le traitement social du chômage. Mais voir avant tout des assistés quand on voit des pauvres ou des chômeurs, voir avant tout une nuisance quand on voit des migrants[ou des écologistes], tout en se revêtant soi-même d’une onction catholique, ça n’est plus acceptable. Il nous appartient de dire que nous ne sommes pas dupes, et que nous ne cautionnons pas. »  L’association Sœur Emmanuelle a elle aussi haussé le ton après la tentative de Laurent Wauquiez de placer ses propos intransigeants sous le patronage de celle qu’on surnomme « petite sœur des chiffonniers ». Le communiqué ne laisse aucune place au doute : « étant donné sa faible connaissance de Sœur Emmanuelle, Monsieur Wauquiez n’est pas autorisé à parler à la place de celle-ci »(3). Et pas mieux à la place des pauvres…

 

Pour aller plus loin sur cette thématique des migrations et des étrangers, par ailleurs centrale et presque omniprésente dans la Bible, voir :

Sur le site catholique interbible, quelques textes bibliques à lire et à étudier, avec ces questions : Lesquels des textes bibliques vous inspirent le plus ? Devant l’étranger, la Bible prescrit diverses attitudes : du génocide à l’amour. Quelle est l’attitude biblique dominante selon vous? Quel est votre rapport à l’étranger? Et pourquoi ?

Et sur le même site, un quizz sur cet inépuisable sujet.

Deux articles évangéliques :
– Celui d’Emile Nicole : « L’attitude à l’égard de l’étranger d’après l’Ancien Testament », dans « Promesses », revue de réflexion biblique.

– Cet autre d’Eric Lemaître sur l’accueil de l’étranger, paru sur le site « Info Chrétienne ».

Et sur l’écologie :

« Bible, création et écologie » de Scott Mac Carty, dans la revue « Promesses ».

Ces autres ressources sur le site « Ethique sociale chrétienne ».

Et ces autres, sur Pep’s café, dont quelques livres : « La pollution et la mort de l’homme », de Francis Schaeffer ; « Dieu, l’écologie et moi », de Dave Bookless ; « Laudato si », du Pape François.

 

 

 

Notes :

(1) Cf http://www.rue89lyon.fr/2016/09/22/migrants-famille-wauquiez-fait-barrage-tradition-accueil-chambon-sur-lignon/. Laurent Wauquiez a lancé une pétition nationale pour « dire non au Plan Cazeneuve de répartition des migrants dans nos régions », invoquant le risque de la multiplication des « jungles » de Calais dans le pays. Argument réfuté par le ministère de l’Intérieur cité par Libération : « près de 6000 personnes de Calais ont déjà été orientées vers des CAO (centres d’accueil et d’orientation) depuis le 27 octobre 2015, parfois même dans la région de Laurent Wauquiez, sans même qu’il s’en aperçoive ! »( http://www.liberation.fr/france/2016/10/02/refugies-les-francais-les-bras-a-demi-ouverts_1518484 ) Et comme l’indiquait Le Dauphiné le 15 septembre dernier, la région que préside Laurent Wauquiez, a accueilli 1390 migrants ses 12 derniers mois et dispose au total de 8000 places d’accueil. http://www.ledauphine.com/politique/2016/09/14/1-784-migrants-iront-dans-la-region

http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/09/21/les-intox-de-laurent-wauquiez-sur-la-repartition-des-migrants-de-calais_5001453_4355770.html

http://www.lepoint.fr/societe/migrants-la-lettre-au-vitriol-de-jacques-livchine-a-laurent-wauquiez-20-09-2016-2069962_23.php



(2) A noter cette anecdote, partagée par LW à La Vie en 2012, et qui s’avère aujourd’hui savoureuse : Visitant le Mont-Saint-Michel, il découvre, « dans l’abbatiale, une statue montre l’archange saint Michel en lutte contre le diable. Ce qui lui inspire cette réflexion : « Satan n’est pas enraciné dans le mal. Il est d’abord un serviteur de Dieu, puis il fait le choix du mal. Le mal est dans la vie, inscrit dans notre diversité. Que l’on soit chrétien ou non, il faut toujours se rappeler ce choix. De même, la politique est dans un équilibre entre cynisme, dureté des affrontements, et idéal. Les deux sont liés. Il serait utopique de dire qu’il n’y a pas de rapports de force. Pour autant, il serait caricatural de penser qu’il n’y a pas d’idéaux et de convictions. Il faut réussir à trouver le juste équilibre entre les deux ». Ce qui n’est pas toujours aisé », conclut l’article de La vie (http://www.lavie.fr/actualite/france/laurent-wauquiez-le-catholique-engage-24-01-2012-23375_4.php ). En effet !

Interrogé par le même hebdomadaire, l’agrégé d’histoire estime que les risques pour une démocratie qui n’écoute par la détresse de ses classes moyennes restent « l’extrémisme, la haine de l’autre, l’intolérance », estimant que « l’exemple le plus marquant reste la république de Weimar » : le « premier régime démocratique en Allemagne dans l’entre-deux-guerres » a été « incapable de s’occuper de ses classes moyennes. Hitler a prospéré sur ce terreau d’inquiétude pour le transformer en vote nazi. Une société qui n’écoute pas la détresse de ses classes moyennes tourne le dos à son avenir ». Et que dire de celle qui n’écoute pas la détresse des migrants ? Et écoute ceux qui « prospère sur (cet autre) terreau d’inquiétude » pour le transformer en vote ? http://www.lavie.fr/actualite/france/laurent-wauquiez-je-ne-veux-pas-d-une-droite-des-riches-27-01-2012-23529_4.php

 

(3) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/migrants-laurent-wauquiez-rappele-a-l-ordre-par-l-association-soeur-emmanuelle_1835272.html