Jean 8v1-11 : Mais qu’écrivait donc Jésus, avec ses doigts, sur le sable…?

Le Christ et la femme adultère, de Nicolas Poussin (1653). Huile sur toile, exposée au musée du Louvre.

« Et Jésus gagna le mont des Oliviers. 

Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. 

Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 

Et s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 

Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, 

Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » 

Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8v1-11)

[D’après les notes prises par mon frère Pierre-Louis, lors d’une étude de ce passage de l’Evangile, dans le cadre de mon groupe biblique pour hommes. Qu’il en soit remercié !]

Contexte de l’action :

Où : Mont des Oliviers, puis dans le Temple de Jérusalem / Quand : dès le matin / Qui : Jésus, le peuple, scribes et pharisiens, la femme

Dans ce passage, nous retrouvons 4 principales interactions. En guise de jeu, nous allons les résumer comme si nous donnions un titre au passage :

· Jésus et le peuple.

· Jésus et les scribes/pharisiens.

· Jésus et la femme adultère.

· Le 4e titre apparaît tel un filigrane dans notre passage. Pour garder le suspens, il sera révélé aux persévérants qui liront la présente étude en entier.

1/ Jésus et le peuple

Après que tout le monde soit rentré de la fête des Tabernacles à sa maison, et que Jésus soit monté (pour la nuit ? en présence de ses disciples ?) au Mont des Oliviers, nous retrouvons Jésus (et ses disciples) de nouveau dans le Temple, « dès le matin » précise le verset 2.

Le peuple vient à Jésus, puis Jésus, assis, enseigne le peuple. Jésus semble prendre la même posture qu’au chapitre 6, lorsqu’il considère, ému de compassion, la foule qui vient à lui sur la montagne. Jésus connait le besoin de ce peuple, et il se positionne non du haut de sa chaire, mais à sa hauteur, assis dans le parvis du Temple.

2/ Jésus et les scribes/pharisiens

Sur ces faits, les scribes et pharisiens, connaisseurs de la loi mosaïque, amènent une femme devant Jésus. On peut éventuellement imaginer la manière dont ils l’amènent : molestée, insultée, raillée, traînée par les cheveux, « c’est une honte (& co) ».

Le motif invoqué par les scribes et pharisiens pour agir de telle manière est le suivant : cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or selon la loi (Deutéronome 22v23-24 / Lévitique 16), le châtiment de lapidation s’applique aux personnes (femmes… et hommes) qui agissent de cette sorte.

Au-delà de leur volonté d’appliquer la justice, la Parole nous précise que l’accusation tend également un piège à Jésus, pour lui faire perdre la face devant le peuple et peut-être pouvoir récupérer quelques chefs d’accusation pour le faire arrêter.

Leur vérité : « Moïse, dans la loi, dit de lapider de telles femmes. »

Leur question : « Toi donc que dis-tu ? »

Les scribes et pharisiens mettent Jésus face à une situation d’adultère, mais également et surtout face à la loi de Moïse.

Ce que dit Jésus, est-ce légitime ? Que dit donc précisément la loi de Moïse ? Deux choses :

Lévitique 18v20 : « Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. »

Deutéronome 22v23-24 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. TU ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Notons deux détails, intéressants justes pour questionner la démarche des scribes et pharisiens :

– Comment prendre en flagrant péché d’adultère une femme ?

– Et si l’homme et la femme sont condamnés par la loi, où est l’homme ? La justice des scribes et pharisiens fait elle finalement une différence entre les genres (de mémoire un autre titre proposé était : « Où sont les hommes ? ») ?

Par ailleurs, ce n’est pas leur 1ère tentative, (Cf. Jean 7v45-52).

La réponse de Jésus vient en 3 temps : un 1er mouvement, une question, et un 2nd mouvement.

Tout d’abord, Jésus, alors sur l’assise, se baisse pour écrire du doigt dans la poussière du sol, quelque chose (dessin, écriture…) qui n’est pas décrit. Que pourrions-nous imaginer ? Peut-être que Jésus a inscrit du doigt dans le sol les versets de la loi de Moïse – par exemple : « tu ne commettras pas d’adultère », sachant qu’ « adultère » est synonyme de « pécheur »? (1)… Nous ne pouvons que le supposer. Par ailleurs, le seul à écrire avec le doigt, dans la Bible, c’est Dieu écrivant les Dix commandements sur les tables de pierre (Ex.31v18, Deut.9v10). Ce passage nous rappelle également la mention du doigt présent en Daniel 5v5, lors du festin donné par le roi Balthazar. Enfin, l’acte d’écrire sur la terre n’apparaît que dans Jérémie, où le prophète menace ceux qui se détournent de l’Eternel d’ « être écrits sur la terre » (Jer.17v3). Ce geste peut donc nous évoquer l’autorité de Jésus, en lien avec la question qu’il pose par la suite aux scribes et pharisiens.

Jésus répond à la question (et autres interrogations non-nommées, v.7) par cette parole : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Nous notons que l’attitude physique de Jésus a changée. Il a dit cette parole après s’être levé, prenant une posture d’action, et d’autorité. Jésus renvoie les scribes et pharisiens à un examen en eux-mêmes pour s’interroger sur leur légitimité à porter une accusation d’adultère.

Jésus ayant terminé de parler, se baisse de nouveau, et continue d’écrire sur le sol(2). Les scribes et pharisiens ont donc leur réponse par une question implicite : quel homme n’a pas commis de péché d’adultère pour être digne de jeter le premier une pierre contre cette femme ?

La réaction des hommes présents, accusés par leur conscience, est de prendre la fuite, discrètement, sans bruit, comme en cachette. L’attitude de ces hommes fait penser à Adam qui se cache pour fuir Dieu alors qu’il découvre son état de péché. On peut ressentir que les scribes et pharisiens n’ont pas un cœur de repentance par rapport au péché démasqué en eux. Ils sont couverts de honte, des plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus, qui n’a pas péché d’adultère, reste donc seul avec la femme. Lui seul est digne de juger cette femme, lui seul est juste pour choisir de condamner ou de gracier.

3/ Jésus et la femme adultère

La première action de Jésus, une fois seul avec l’accusée, et de reprendre une position debout, signalant encore une fois un passage à l’action.

Puis Jésus pose deux questions à la femme : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il donc condamné ? »Par cette question, il redonne à la femme la liberté de s’exprimer, il lui redonne également la dignité d’un être humain doué de parole (ce qui ne semblait pas jusque-là être la conception des scribes et pharisiens).

Sa posture n’est donc pas de la condamner, alors qu’il est en mesure de le faire. Au lieu de cela, Jésus relève la femme en lui faisant constater qu’il l’a défendue de ses accusateurs, et qu’il lui donne la possibilité de lui parler et de s’avouer à lui.

La femme répond donc à Jésus : « Non, Seigneur », et reconnait par sa réponse que Jésus est bien celui qu’elle désire comme son Seigneur. Cette réponse donne également à Jésus l’autorité pour enlever la condamnation et la libérer tout en lui recommandant de ne plus pécher, c’est-à-dire de ne plus être esclave du péché. Il libère la femme, selon 3 étape :

  • Je ne te condamne pas : Jésus fait grâce.
  • Va : Jésus libère.
  • Et ne pèche plus :Jésus rend capable de ne plus être esclave du péché.

4/ Jésus et moi (le lecteur)

Entre les lignes de ce passage, nous observons plusieurs comportements face à Jésus, qui est Dieu. De la même manière que nous pouvons être une terre en bord du chemin, rocailleuse, couverte de ronces, ou au contraire une bonne terre fertile, bien retournée (cf. Matthieu 13, Marc 4, Luc 8), nous nous comportons également de plusieurs manières dans notre relation avec Jésus, notamment face à notre péché, et aux adultères que nous commettons envers Dieu lui-même (la notion d’adultère apparaît la première fois en Exode 20 et fait référence d’abord au fait de se faire « d’autres dieux » que notre Dieu).

Les scribes et pharisiens nous témoignent un comportement hypocrite (ils ne reconnaissent pas leur propre adultère), partial (il n’y en a que pour les femmes) et hautain (« notre classe/espèce/rang social » ne pèche pas, mais seulement ceux qui sont sans savoir).

La femme, elle, n’a rien fait que se tenir humblement devant Jésus, lui répondre, accepter la libération du joug, le pardon du péché. Cela lui permet d’être libre, d’aller, et de ne plus pécher, non pas parce que la loi l’interdit, mais par conscience de l’amour que Dieu a pour elle.

On peut se souvenir de Marie, qui était enceinte de Jésus hors-mariage. Selon la loi, Joseph aurait pu la condamner, mais parce qu’il a écouté l’ange, il lui a fait grâce et l’a prise pour femme.

Dans ce passage, le lecteur est finalement mis face à lui-même, et face à la Parole de Dieu pour évaluer sa position (est-il sans péché ?), décider de sa posture (humilité/orgueil) et finalement laisser Dieu opérer une libération du péché dans son cœur.

En appui de ce texte :

Galates 5v1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».

Proverbes 3v34 : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles ».

 

 

Notes :

(1) Erri de Luca estime que « l’assemblée du Sinaï, qui assiste à la scène, lit dans la poussière du sol : « tu ne tueras pas ». (Jésus) écrit sur la poussière du sol : pourquoi ? C’est peut-être samedi ? Les choses interdites du samedi comprennent aussi l’écriture, mais elle est autorisée sur la poussière ou le sable. L’étranger accomplit un geste permis un jour de fête. Mais ce ne peut être un samedi, on ne prononce aucun jugement et on n’exécute aucune condamnation le jour de shabbat. c’est précisément ce qu’il leur dit : quand il s’agit de condamnation à mort, tous les jours se transforment en shabbat. Il donne enfin le dernier dispositif du dénouement : que celui d’entre eux qui n’a jamais commis de faute jette la première pierre. Personne ne veut être le premier dans une lapidation. A plus forte raison, personne ne s’avancera devant sa communauté avec la pierre de celui qui est sans faute. » (Et il dit, pp71-72)

(2) Sur le site « 1001 questions », le Répondant souligne que « Jésus écrit deux fois (le verbe utilisé la première fois suggère une écriture multiple, le verbe utilisé la seconde fois suggère qu’il raye [ou qu’il efface] ».

Deux chants (sinon rien) sur Jésus

Voici deux chants dont le sujet n’est pas nous-mêmes mais tout simplement Jésus.

Parce que Jésus est non seulement « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs », et digne d’adoration. Il est, tout simplement.

1) « Jésus », de Chris Tomlin (2016).

Thomas, de La Rebellution, qui a consacré un article sur le chanteur-compositeur, propose la traduction suivante de ce chant :

« Cette vérité, plus vieille que les âges
Cette promesse, que des choses sont sur le point d’arriver
Il n’y a eu qu’un, né pour nous sauver, Jésus

Cette lumière, qui submerge les ténèbres
Et ce royaume, qui règne pour toujours
Cette délivrance des chaînes qui nous retiennent
Jésus, Jésus

Il marche sur l’eau, commande les océans,
Se tient près de moi dans la douleur
Il rugit comme un lion,
A saigné comme un agneau
Ses mains portent ma restauration
Il est Jésus.

Il y a un nom que j’appelle dans le combat
Et ce chant qui apaise dans la nuit
Il y a une voix qui calme les tempêtes
C’est Jésus, Jésus.

Messie ! Mon Sauveur ! Que ton nom est puissant !
Tu es mon Rocher, mon Rédempteur !
Que ton nom est puissant !

Tu marches sur l’eau, commande les océans
Te tiens près de moi dans la douleur
Tu rugis comme un lion
Tu as saigné comme un agneau
Tes mains portent ma restauration
Tu es Jésus. »

2) « Jésus est » de Matt Marvane (Album « Résistance », 2017)

Voici les paroles :

Emmanuel, il est venu sur Terre

Toujours fidèle à la voix de son Père

Sans dire un seul mot pour briller

Il a choisi d’aimer

Malgré la souffrance, les clous et la lance

Il a porté tous nos péchés

Ami du pécheur, notre rédempteur

Jésus est l’exemple parfait

Ressuscité Il a vaincu la mort

L’humanité a trouvé son trésor

Humble serviteur humilié

Que le Père a nommé Grand Roi Eternel, acclamé du Ciel

Par tous les saints et tous les anges

A lui la victoire, l’honneur et la gloire

Jésus est le Sauveur parfait

Nos cœurs sont prêts à partir avec lui

Il est la paix que nous avons choisie

Il revient bientôt nous chercher

Pour toute Eternité

Plus de cris, de larmes, sauveur de nos âmes

Nous bénirons son Divin Nom

Notre récompense, vivre en sa présence

Jésus est le Seigneur parfait

PEP’S CAFE a lu « une tête de nuage » et vu son auteur, Erri de Luca

« Une tête de nuage » : c’est la tête de celui « qui change de forme et de profil selon le vent »

Lui est un beau jeune homme de bonne famille, qui compte parmi ses ancêtres des noms illustres. Ce méridional au métier recherché, qui a émigré au Nord, s’est fait une situation.  Il s’apprête à épouser une splendide jeune fille de la région. Et voilà que le ciel lui tombe sur la tête, sa fiancée est enceinte avant le mariage, et pas de lui. Très rude épreuve pour un homme, dont nul ne peut juger s’il n’y a pas été confronté.

Lui, c’est Iosèf/Joseph. Elle, c’est Miriàm/Marie. Ils ne sont pas « deux personnes séparées mais un couple » (1)

Vous connaissez sans doute cette histoire, où il se passe « des choses invraisemblables » (2). Elle a été revisitée par Erri de Luca dans « une tête de nuage », un nouveau récit court mais dense(3), découvert « par hasard » (un hasard « avec un grand D », m’empresserais-je de rajouter) dans une librairie à la mi-mars.

Pour l’anecdote, j’ai aussi vu Erri de Luca, l’un des rares auteurs à me toucher personnellement et que j’ai découvert il y a 5 ans dans des circonstances particulières. J’en parle souvent sur ce blogue. J’ai eu l’occasion de le voir et de l’écouter le 27/03/18, à 18h30, à La Procure (Paris 6e), ayant appris le jour même qu’une telle rencontre se tiendrait là. Questionné par le responsable de la librairie, et face au public présent, l’auteur a parlé de son livre, et notamment de son travail de « modification de l’illustration officielle » de cette histoire bien connue : ainsi, par exemple, « Matthieu et Luc, les deux évangélistes qui racontent les faits précédant la naissance de Ièshu/Jésus, ne disent pas (que Iosèf/Joseph) était vieux. Il est donc probablement jeune, beau et très amoureux ».

Iosèf est aussi « celui qui ajoute » (en hébreu, du verbe iasàf, « ajouter») :

Il « ajoute sa foi seconde » à la vérité « invraisemblable », « scandaleuse » de la grossesse de sa fiancée. Quand celle-ci lui annonce qu’elle attend un enfant dont il n’est pas le père, Iosèf ne la dénonce pas aux autorités, comme la loi le prescrit. Il croit en sa parole. Il « croit Miriàm, il croit qu’elle est enceinte d’une annonce, même si elle est arrivée à l’improviste en chair et en os dans sa chambre en plein jour et accueillie sans un cri d’effroi(4). Iosèf croit à l’invraisemblable nouvelle parce qu’il aime Miriàm. En amour, croire n’est pas céder, mais renforcer, ajouter quelques poignées de confiance ardente » (5)

Il « ajoute » ensuite son rôle de « mari second », touchant, non une pierre pour être le premier à la lapider, selon la loi, mais la main de Miriàm pour l’épouser.

Il « ajoute » enfin le nom de Ièshu/Jésus comme « le fils de Joseph » sur le registre de naissance, l’inscrivant ainsi dans la lignée de David (cf Matt.1).

Nous le voyons, « une tête de nuage » est un beau petit livre très touchant, qui parle d’une famille et d’un couple où règne l’amour. Plus exactement encore, il nous parle des circonstances de la naissance, marquée par le danger et l’exil, ainsi que de l’appel et de la vocation d’un enfant unique en son genre. Sans oublier le rôle de ses parents dans la libération de cette vocation.

Le titre du livre, mystérieux et poétique, est une belle réponse à tous ceux qui voudraient que Jésus « ressemble à tout le monde », avec la tentation de l’instrumentaliser. Car non, dit Iosèf/Joseph agacé, Jésus « n’a pas une tête de nuage qui change de forme et de profil selon le vent » (6) : pourquoi le raccrocher au passé ? Il est essentiel de le laisser vivre la vie qu’il doit vivre et non celle que les autres rêvent qu’il vive. C’est aussi un encouragement à voir ce qu’un enfant « sera », plus ce qu’il « pourrait être » à nos yeux, et une invitation « à laisser tomber toutes les ressemblances ». Car lorsque (l’enfant Jésus) « sera grand, il aura une apparence bien à lui et définitive » (7).

« Une tête de nuage est (enfin) le destin de (Jésus) qui est pris pour quelqu’un d’autre » et « qui démissionne des attentes des autres » (8), ces autres qui attendent un roi ou un signe de sa part que « le grand soir » est arrivé.

J’ai dit plus haut que j’ai eu l’occasion de voir et d’écouter Erri de Luca. J’ai même pu repartir avec une dédicace du livre. En revanche – et c’est là ma grande déception – je n’ai pu lui parler (ou à peine, au moment de la dédicace : en gros, j’ai pu lui dire que j’étais heureux de le rencontrer et quel a été mon premier livre de lui. « Grazzie molto », m’a-t-il répondu), du fait des conditions de la rencontre, marquée par une absence totale d’interaction avec le public, le responsable de la librairie étant le seul à poser des questions.

Je note tout de même- en risquant ce parallèle – que, si Erri de Luca « écoute Dieu » très tôt, tous les matins, en lisant les Ecritures bibliques dans le texte, il se dit aussi « incapable » de Lui parler, « de le tutoyer » ou de l’interpeller. C’est l’une des raisons pour laquelle il se présente, non comme un athée, mais comme « quelqu’un qui ne croit pas ». Selon lui, comme il nous l’a confié mardi soir, « la connaissance des Ecritures n’a rien à voir avec la foi ». Et « celui qui a la foi a une relation avec Dieu que lui n’a pas ».

Pourtant, le même Erri de Luca écrit ces mots à la page 81 d’ « une tête de nuages » : « dans une ultime énergie de souffle, le dernier vent entré dans sa poitrine écrasée par la position crucifiée, (Jésus) a remis sa vie à l’intérieur des pages de l’Ecriture sainte. Il l’enferme là-dedans afin que quiconque l’ouvre, la retrouve ».

Et l’Ecriture biblique rappelle que « celui qui cherche trouve » et que « la foi vient de ce que l’on entend, et ce que l’on entend par la Parole de Christ… » 

 

Découvrir les 20 premières pages ici.

 

 

Notes :

(1) « Une tête de nuage » d’Erri de Luca, p 51.

(2) op. cit., p 48

(3) Edité chez Gallimard, mars 2018 (Hors Serie Litterature), le livre est structuré par « une préface », « trois actes » et autant « d’appendices » : « dernières instructions (Jésus et les pélerins d’Emmaüs), « le discours » (ou le sermon sur la montagne) et « Dayènu, ça nous suffit » (sur la colline de Gethsémani)

(4) Ce qui la rend encore plus « insoutenable » d’un point de vue légal, pour présenter sa version, n’ayant pas crié face au Messager. Or, Deut.22v23-24 stipule que « si une jeune fille vierge est fiancée à un homme, et qu’un autre homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous les deux à la porte de cette ville, vous les lapiderez et ils mourront : la jeune fille, du fait qu’étant dans la ville, elle n’a pas crié au secours ; et l’homme, du fait qu’il a possédé la femme de son prochain. Tu ôteras le mal du milieu de toi ».

(5) op.cit., p 10

(6) op. cit., p51

(7) op. cit. p48

(8) op. cit., p 57, 61

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….

Un message de vérité pour Laodicée, une église (auto)suffisante mais « imbuvable »

« Imbuvables », ces Laodicéens ! Comme leur eau…

« A l’ange de l’Eglise qui est à Laodicée, écris : Ainsi parle l’Amen, le Témoin fidèle et véritable, le Principe de la création de Dieu : Je sais tes œuvres : tu n’es ni froid ni bouillant. Que n’es-tu froid ou bouillant ! Mais parce que tu es tiède, et non froid ou bouillant, je vais te vomir de ma bouche.

Parce que tu dis : je suis riche, je me suis enrichi, je n’ai besoin de rien, et que tu ne sais pas que tu es misérable, pitoyable, pauvre, aveugle et nu, je te conseille d’acheter chez moi de l’or purifié au feu pour t’enrichir, et des vêtements blancs pour te couvrir et que ne paraisse pas la honte de ta nudité, et un collyre pour oindre tes yeux et recouvrer la vue.
Moi, tous ceux que j’aime, je les reprends et les corrige. Sois donc fervent et repens-toi !
Voici, je me tiens à la porte et je frappe. Si quelqu’un entend ma voix et ouvre la porte, j’entrerai chez lui et je prendrai la cène avec lui et lui avec moi.
Le vainqueur, je lui donnerai de siéger avec moi sur mon trône, comme moi aussi j’ai remporté la victoire et suis allé siéger avec mon Père sur son trône.
Celui qui a des oreilles, qu’il entende ce que l’Esprit dit aux Eglises ». (Apoc.3v14-22)

« Je sais qui je suis », chantons-nous parfois, sans doute reconnaissants de notre identité en Christ.

« Je suis qui je suis », dit Don Quichotte, « le chevalier à la triste figure », dans le roman espagnol éponyme du XVIIe siècle. « Je sais qui je suis, et sais que je peux être non seulement que j’ai dits, mais aussi tous les douze pairs de France et tous les neuf preux de la Renommée (1) : car mes hauts faits et gestes surpasseront ceux qu’ils ont jamais faits tous ensemble et un chacun d’eux à part soi ! »(2). Mais ce monomaniaque opiniâtre, victime d’une imagination déréglée, ne veut d’autre code, pour déchiffrer le monde, que celui qu’il a trouvé dans ses romans de chevalerie dont il fait sa nourriture quotidienne.

Identité en Christ ou en crise ?

Nous pouvons avoir une certaine opinion de nous-mêmes, mais l’important est davantage le point de vue de Jésus (celui dont nous portons le Nom) sur nous-mêmes et notre état spirituel.

Ainsi, les dernières paroles de Jésus-Christ à son Église, représentée par 7 églises locales d’Asie mineure au Ier siècle, dans cette section de l’Apocalypse de Jean appelée « lettres aux anges des 7 églises » (Apoc.1v9-3v22), sont particulièrement édifiantes à cet égard. Rappelons que l' »Eglise » (du grec ‘‘ekklesia » : “hors de” et “appelé”) désigne, non pas un bâtiment, mais plutôt ceux qui sont appelés par Jésus-Christ pour être assemblés en Son Nom.

L’une de ces 7 églises nous intéresse particulièrement aujourd’hui : il s’agit de celle de Laodicée. Et ce qui nous intéresse aussi est la manière dont Jésus-Christ se présente à cette église, pour lui délivrer son message personnel.

Laodicée est une église. Une église qui s’estime auto-suffisante, n’ayant besoin de personne : « je suis riche, je me suis enrichi [j’ai fait de bonnes affaires], je n’ai besoin de rien », affirme-t-elle en effet en Apoc.3v17. Riche et opulente, elle revendique sa réussite et ses capacités à surmonter seule ses plus grandes difficultés ou « challenges », dirions-nous aujourd’hui.

Effectivement, comme nous l’apprennent les commentaires et les notes de nos Bibles d’étude, Laodicée, située à l’époque au sud de la Turquie, près de la mer, est une ville nouvelle, qui ne manque pas d’atouts et de ressources, lesquels sont considérables(3). Laodicée, l’église qui s’associe à la réussite de la ville, se croit donc auto-suffisante alors qu’elle n’est en réalité que « suffisante » (orgueilleuse), suffisance masquant avec peine son véritable état spirituel démasqué par Jésus.

Le Seigneur Jésus-Christ ressuscité et glorifié lui transmet un message de vérité sur la réalité de son état spirituel : « tiède » (même pas « froid » ou « bouillant »), « à vomir », et Lui-même, Jésus-Christ, à la porte !

Il se présente à elle comme « l’Amen, le témoin fidèle et véritable et le commencement de la création de Dieu ». Pourquoi ? Il s’agit de titres se référant à l’Eternel (YHWH) dans l’Ancien Testament, et autant de rappels à retourner aux fondamentaux.

Jésus est « l’Amen » : C’est une allusion à un titre de l’Eternel (YHWH) qui se trouve dans Esaïe 65v16, le Dieu d’Amen [vérité] », dont la parole est certaine. Le terme « Amen » met généralement en évidence la fidélité ou la fiabilité. Parce que les chrétiens de Laodicée, éloignés de la source de la vérité, ont besoin d’ouvrir les yeux sur leurs illusions et d’être ramenés à Celui qui est « la vérité ».

Il est “le témoin fidèle et véritable”, jusqu’à la mort de la croix, de ce qu’Il a personnellement vu/entendu/connu, garant d’un message de vérité à une époque où l’on se plait aux illusions et aux mensonges. Et ce, pour rappeler que le centre du témoignage n’est pas nous-mêmes, nos réussites, nos compétences, nos atouts, mais Jésus Lui-même, « le Dieu véritable ».

Il est enfin « le commencement de la création de Dieu » (cf Gen. 1v1 et Jean 1v1-3), c’est-à-dire le principe, la source, l’origine de la création de Dieu. Jésus est « le commencement », « le premier né de toute la création cf Colossiens 1v15, c’est-à-dire Celui qui est au-dessus de toute la création et a toute autorité sur elle, Celui qui occupe une place prééminente et qui, seul, reçoit toute la gloire et toute l’adoration. Un rappel important surtout quand Laodicée pense s’auto-édifier, en recherchant la gloire et les louanges pour elle seule (pour sa position, sa renommée et ses innombrables richesses matérielles et intellectuelles), sans l’aide de Jésus, lequel reste à la porte ! (cf aussi Jer.9v22-23 : « que le fort ne se vante pas de sa force ! Que le riche ne se vante pas de sa richesse ! Si quelqu’un veut se vanter, qu’il se vante de ceci : d’être assez malin pour me connaître, moi le Seigneur… »)

Jésus reproche à l’église de Laodicée de n’être « ni froid ni bouillant ». Certains commentateurs y voient une allusion à la qualité des eaux de Laodicée et de ses deux voisines, Hiérapolis et Colosses, par ailleurs révélatrices des témoignages/ministères de ces églises : ainsi, si Laodicée avait été « bouillante », comme les eaux de Hiérapolis, elle aurait pu soigner au Nom de Jésus. Si elle avait été « froide », comme les eaux de Colosses, son autre voisine, son témoignage serait « pur » et « potable », « source de vie ». Mais les eaux de Laodicée sont tièdes et nauséeuses.

Les chrétiens de Laodicée sont donc comparés à l’eau de leur ville : « tièdes », « imbuvables », « à gerber », que le Seigneur Jésus lui-même « vomit de sa bouche » (3v16), et donc « impropres » pour le témoignage et le ministère (le salut n’est pas ici remis en question).

Ce constat, ces reproches et ce verdict implacable (rien à sauver ?) nous paraissent choquants, d’autant plus que Christ s’adresse à une église. Mais tout ce que dit Jésus à son sujet est vrai. Toutefois, Jésus n’abandonne pas Laodicée à son triste sort. Ses propos sans concessions ont pour but de la réveiller et de la ramener « dans le monde réel » : « En fait », lui dit Jésus, « tu ne sais pas combien tu es malheureux et misérable ! Tu es pauvre, nu et aveugle » (v17).  C’est pourquoi Il lui recommande « d’acheter chez lui ». « D’acheter », certes « sans argent, ni or » (Es.55v1, 1 Pie.1v18-19), mais « d’acheter » quand même, parce que la grâce a un coût : pour Jésus, qui s’est donné lui-même pour nous à la croix et pour nous, parce que la grâce exige d’abord notre repentance, puis le renoncement à nos illusions et à nos prétentions à la toute-puissance ; et enfin notre obéissance.

« Acheter » quoi ? Paradoxalement pour cette église, « de l’or purifié au feu [une foi éprouvée, séparée de l’idolâtrie, du compromis cf 1 Pie.1v7], pour devenir réellement riche », « des vêtements blancs pour s’en couvrir et n’avoir plus la honte de paraître nu, d’acheter de lui des vêtements blancs”[symboles de pardon et de pureté], afin “que la honte de sa nudité [Dans l’AT, un signe de défaite, de jugement et de pauvreté] ne paraisse pas, ainsi qu’un remède pour soigner ses yeux et lui rendre la vue » (v18), afin d’acquérir un discernement spirituel sur sa propre situation et comprendre « ce qui est bon, agréable et parfait » selon Dieu (Rom.12v2)

Non seulement Jésus « ne la laisse pas tomber », mais mieux encore Il la « reprend », dans le sens de l’exposer pour la guérir et la corriger, et Il « châtie tous ceux qu’il aime » (v19). C’est une bonne nouvelle, car être châtié par Dieu le Père est un signe que nous sommes bien ses enfants et que nous faisons bien partie de sa famille (cf Héb.12v6).

Ensuite, Jésus lui recommande d’avoir « du zèle », après être revenu aux racines du problème et au fondement de sa vraie richesse. Etre « zélé » est le propre du disciple de Jésus-Christ, qui est aussi, à l’image de son Seigneur, un témoin aimant, véritable et fidèle, passionné (= « souffrant » pour la cause de Christ cf 2 Tim.1v8, 2v3, Hébr.12v2-3), ardent, « bouillant » pour Lui.

L’on pourrait alors craindre l’extrémisme du zélé. Mais le zèle sera bien orienté sur le bon objet si ce zèle s’exerce dans l’amour et la compassion, le respect de l’autre, la recherche de la paix, de la justice, et du pardon. Être zélé pour Dieu que l’on aime est un style de vie, qui se traduit par l’amour et le service du prochain/des frères.

 Jésus invite Laodicée à la repentance, une constance tout au long de ces sept lettres aux églises d’Asie mineure. La repentance est la clé de la vie chrétienne et aussi un style de vie sain. Car être continuellement dans une attitude de repentance nous fait changer de point de vue et de direction de sorte que nous serons alignés sur Christ pour marcher avec Lui et à sa suite.

La repentance n’est donc ni seulement une action initiale, ni exclusivement pour les non-chrétiens. Elle est le signe que nous sommes bien « réveillés », « ranimés » (passés de la mort à la vie) et en bonne santé spirituelle.

Une chose importante dont Laodicée doit certainement se repentir est de s’être cru « riche » et « auto-suffisante », alors que Celui qui devrait être son tout, son fondement, reste à la porte ! Et personne, dans cette église, ne semble s’en être rendu compte !

Jésus déclare en effet « se tenir (et continuer à se tenir) à la porte », continuant de « frapper » (v20). Certes, l’église de Laodicée n’a reçu aucun éloge, contrairement aux autres, mais elle reçoit une invitation chaleureuse de la part de Christ. Cette invitation, actuelle, n’est pas une invitation à devenir Chrétien, contrairement à ce que l’on pense souvent, puisqu’elle est adressée aux membres de l’église, de sorte qu’ils reviennent à la communion vitale avec Christ.

Une promesse certaine y est associée à la condition suivante, que « si quelqu’un entend sa voix et ouvre la porte », c’est-à-dire s’il se repent, s’ouvre à la présence et à la seigneurie de Christ dans sa vie. Jésus frappe encore aujourd’hui et il attend notre réponse pour vivre une relation placée sous les signes de l’alliance, de l’amour et de la communion.

Jésus promet alors d’entrer chez celui qui lui ouvrira et ils souperont ensemble.

Il le fera « asseoir avec lui sur son trône » (v21), dans un esprit de communion et d’inclusion, « comme lui a vaincu et s’est assis avec son Père sur son trône ».

« Si nous souffrons avec lui, nous régnerons aussi avec lui ; si nous le renions, il nous reniera aussi ; Si nous sommes infidèles, il demeure fidèle ; il ne peut se renier lui-même ». (2 Tim.2v1-14)

 

Notes : 

(1) « Les Neuf de la Renommée » (los Nueve de la Fama) sont trois Hébreux (Josué, David et Judas Macchabee) ; trois gentils (Hector, Alexandre et César) ; et trois chrétiens (Artus, Charlemagne et Godefroy de Bouillon).

(2) Miguel de Cervantès. L’Ingénieux Hidalgo Don Quichotte de la Manche I. Gallimard, 2004, Folio classique, p97

(3) Construite en 250 avant J.C, elle porte le nom de l’épouse de son fondateur, le roi séleucide Antiochos II, qui est un mot composé de deux mots grecs « laos » ( « peuple ») et « diké », (qui signifie à la fois le droit, la justice ou la vengeance). C’est l’une des trois villes situées dans la vallée du Fleuve Lycos (les autres villes étaient Colosse et Hiérapolis, dans lesquelles avaient été également fondé des églises). Sa position est privilégiée,  sur un site naturellement protégé et une route commerciale majeure reliant l’est et l’ouest. Sa région fertile est particulièrement adaptée à un élevage de moutons noirs, célèbre dans le monde entier. Il en résulte une production massive d’un tissu noir appelé “Trimeta.” Elle est aussi célèbre pour son centre médical ophtalmologique et son fameux collyre est exporté dans tout l’empire romain. Elle est enfin connue comme un grand centre bancaire. Ses ressources lui permettent même de reconstruire la ville, détruite par un terrible tremblement de terre en l’an 60 après J.C, sans l’aide du gouvernement romain.

Sources :  « Nouveau dictionnaire biblique Emmaüs », édition 1992 (Article « Laodicée) ; notes de la Bible d’étude « Semeur » 2000 ; commentaire de l’Apocalypse par le Dr Bob Utley.

La carte de l’Inconnu (celle que vous n’avez pas)

« Vous l’avez, la carte de l’inconnu ? » (Montage original par Jacques B.)

Un jour de soleil, j’arrivai avec mon neveu de 10 ans pour son cours de foot-bol.
A peine arrivé au terrain, il courut de l’autre côté du champ pour rejoindre une petite foule d’enfants réunis en cercle. Ces derniers criaient des noms que je ne pouvais pas comprendre. Au fur et à mesure que je m´approchais, l’un des noms est parvenu à mes oreilles : « Seigneur de la mort ! Ouais, trop bien ! Wesh, c’est la tête de la mort qui gagne ! »
J’ai été frappé ! Le coup de sifflet de l’entraineur a réveillé tout le monde, et les enfants se lancent et pendant 30 minutes ils courent avec un sourire aussi grand que leur sueur ! Fini le match, les enfants se réunissent rapidement au-dessous du toit. Ils s’installent par terre et de leurs sacs sortent des paquets de cartes ! « La pieuvre ! Lord Magus ! Soldat du trident ! Sorcière de Baal ! Zombie ! Troll vertigo ! L’aveugle tordu ! Angelo Furioso ! » Et j’ai crié : « LA CARTE DE L´INCONNU ! »
Les enfants se tournent vers moi avec les yeux grands comme des œufs ! Je leur dis : « vous l’avez, la carte de l’Inconnu ? »
-(L’un des enfants avec un T-shirt blanc) : il est comment, l’Inconnu ?
(silence)
– (Moi) Vous ne connaissez pas celui « qui a les yeux de feu ? (1) Par sa bouche sort une épée à double tranchant » (2) ?!
– (Enfant avec les yeux noirs) Quoi ?
-(Moi) L’Inconnu est celui qui vit au-dehors du temps et de l’espace, Il traverse le ciel et le centre de la terre jusqu’à l’extrémité de l’univers, il « monte sur un cheval blanc » indestructible et « derrière lui une armée de millions d’anges » (3) qui lui obéit, rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le vaincre. IL est le tout-puissant ! (4) Quand il n’y avait rien de créé, Il était déjà là ! (5)
Leur regard était fixé et leur bouche ouverte…
-(Moi) Vous voulez connaitre le mystère de l’Inconnu ?
-Oui ! continue s’il te plaît (dit un jeune de cheveux frisés) et j’ai continué :
– (Moi) la carte de l’Inconnu a « un Nom qui est au-dessus de tous les autres noms » des autres cartes créées ! « IL est le Roi » sur toutes les cartes ; tous les démons, les zombies, les dragons et les géants « fléchissent leurs genoux devant Lui » et le reconnaissent comme Le Héros imbattable ! (6) Le prince de l’obscurité et le seigneur de la mort tremblent de peur et s’enfuient devant Lui ! (7) Il est la vraie lumière et son visage brille mille fois plus fort et plus puissant que le soleil ! (8) Son feu purifie et détruit tout ! Quand il avance, le ciel et la terre font silence !
(Silence)
– (Moi) Je vais vous dire son nom… c’est un secret qui vient du ciel…vous êtes choisis aujourd’hui pour connaitre le nom de l’inconnu… Approchez-vous !
(Ils s’approchent avec une soif curieuse et retiennent leur respiration)
– (Moi, je leur murmure) …Yeshoua
– Trop bien ! ça veut dire quoi ?
– Oui ! ça veut dire quoi ?
– (Moi) Sauveur… ça veut dire Yeshoua Le sauveur.
– Trop cool ! Et il a sauvé qui ? (a répondu le plus petit d’entre eux, placé à ma droite.)
– Wesh, il les gagne comment ses ennemis ? (enfant à chemise bleu)
– (Moi) Vous avez tous écouté le mystère de la carte de l’inconnu et son Nom révélé est Yeshoua, parce qu’il a sauvé ses amis et sa famille avec son sang ! (9) Car ses ennemis l’ont tué ! Il est mort pendant trois jours et trois nuits (10) …
– Quoi ? Wesh ! pour l’Inconnu !
– Pas vrai ! Je savais que quelque chose était pas bien dans ce truc…
-(Moi) Écoutez la suite ! L’histoire continue… Il a vaincu la mort ! (11) Il s’est réveillé avec toute la force et la puissance de la vie en Lui ! Il a pris la tête de la mort et il l’a écrasé ! (Geste avec mon pied) CRASH !!!
(Encore les yeux comme des œufs)
Si ça vous dit, je vous la raconterai le prochain samedi.
Et j’ai pris mon neveu, qui en me regardant, me demande :
– Tonton, tu en as une ?
– (Moi) une quoi ?
– (Neveu) …et bien une carte de Yeshoua pour gagner tout le monde !
J´l´a trouve comment ?
(Et je souriais).

« La carte de l’Inconnu » (celle que vous n’avez pas). Anecdote inédite et véridique racontée par Jacques Broquet, notre plume invitée que je remercie chaleureusement. Jacques est artiste chorégraphe, danseur, metteur en scène, père de 3 filles – Gabriela, Clara et Camila. Plus de 37 ans marié et heureux avec Adriana. Le nom inconnu du sauveur s’est révélé à lui et maintenant il vit dans le royaume de Yeshoua en France avec toute sa famille.

 

Notes :

(1) Apoc.1v14, 2v18 
(2) Apoc.1v16 
(3) Apoc.19v11, v14 
(4) Apoc. 1v8 
(5) Prov.8v23 et ss, Jean 1v1-2
(6) Philip.2v9-11, Apoc. 17v14, 19v16 
(7) Cf Col.2v15, 1 Jean 3v8, Jacq.2v19 
(8) Apoc. 1v16, Jean 8v12 
(9) Apoc.1v5 
(10) Marc 9v31 
(11) 1 Cor.15v4, 1 Cor.15v24-26, Hébr.2v14 , Apoc.1v18

« L’imitation de Jésus-Christ » : veiller à son intimité

« On n’agit pas en cachette quand on veut s’affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! » disent ses frères à Jésus, alors qu’ils ne croyaient pas en lui.
(Dessin de Andy Singer)

Lectures :

« Dans la suite, Jésus continua à parcourir la Galilée ; il préférait en effet ne point parcourir la Judée, où les autorités juives cherchaient à le faire périr. Or c’était bientôt la fête juive des Tentes. Ses frères lui dirent : « Passe d’ici en Judée afin que tes disciples, eux aussi, puissent voir les œuvres que tu fais.  On n’agit pas en cachette quand on veut s’affirmer. Puisque tu accomplis de telles œuvres, manifeste-toi au monde ! En effet, ses frères eux-mêmes ne croyaient pas en lui.» (Jean 7v1-5)

« Le soir venu, après le coucher du soleil, on se mit à lui amener tous les malades et les démoniaques. La ville entière était rassemblée à la porte. Il guérit de nombreux malades souffrant de maux de toutes sortes et il chassa de nombreux démons ; et il ne laissait pas parler les démons, parce que ceux-ci le connaissaient. Au matin, à la nuit noire, Jésus se leva, sortit et s’en alla dans un lieu désert ; là, il priait.

Simon se mit à sa recherche, ainsi que ses compagnons, et ils le trouvèrent. Ils lui disent : « Où étais-tu ? Tout le monde te cherche. » (Marc 1v32-37. Traduction libre)

Ces deux textes des Évangiles résonnent en nous, étonnamment de façon très actuelle. « L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au pseudonymat sur internet (dont nous avions parlé ici« Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ».

Constat tout à fait partagé par le rabbin et philosophe Marc-Alain Ouaknin, qui relève, parmi toutes les crises (économiques, écologies, sociales…) que nous connaissons, « une crise de l’intime » : en effet, dénonce-t-il, « la communication nous assaille de toutes parts. Le téléphone, le téléphone cellulaire, l’ordinateur, l’ordinateur portable… régissent désormais nos vies. Chaque fois qu’on téléphone à quelqu’un, on lui demande: “Tu es où?” Comme si on ne pouvait plus être quelque part sans avoir à donner des explications et un compte rendu du lieu où on se trouve. À partir du moment où on est surexposé dans l’information de soi par rapport aux autres, il n’y a plus la possibilité de se retrouver “chez soi” et d’avoir une intimité, ce qu’on appelle en grec l’oikos, qui est le véritable sens de l’écologie. L’écologie c’est le discours, la raison, la pensée de la maison, c’est-à-dire la pensée de l’intime. Or, aujourd’hui, la question de l’intime est absolument dévastée par cette surexposition du sujet qui fait, en fin de compte, qu’il n’y a presque plus de sujet. Dans le passé, le sujet était un “Je” ou un “Je suis” qui avait la capacité de se retirer dans un “chez soi”.

Comment alors être (chez) soi ?

Face à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui, parce qu’elle promet de façon illusoire un monde sans vie privée, s’avère peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques, imitons plutôt Jésus-Christ, qui est « Je suis ». Et apprenons de sa théologie, plutôt que de se contenter de dire « le monde évolue », donc « suivons-le » ! Jésus, en effet, bien qu’étant un « personnage public », sait parfaitement protéger son intimité.

Il n’agit jamais sous la pression « médiatique », particulièrement quand il s’agirait de « prouver qui il est », et sait prendre son temps.

Il sait distinguer « le temps favorable » pour agir en public et le temps nécessaire et vital, à prendre régulièrement « à part » avec le Père, plutôt que de se laisser submerger par l’activisme.

Il comprend que tout ne doit pas être montré : Il raconte des paraboles en public, mais en privé, il explique tout à ses disciples (Marc 4v34).

Il recommande de se garder « de pratiquer (sa) religion devant les hommes pour attirer leurs regards ; sinon, pas de récompense pour (nous) auprès de (Dieu, notre) Père qui est aux cieux » (Matt.6v1-4) ; et quand nous voulons prier, d’entrer dans notre chambre « la plus retirée », de « verrouiller » notre porte et d’adresser notre prière à notre Père [qui est un Dieu relationnel et avec qui nous pouvons avoir une relation personnelle] qui est là dans le secret. Et notre Père, qui voit dans le secret, nous le rendra » (v6). Enfin, Jean 17 nous rapporte une très belle prière de Jésus, laquelle est faite, non en public, « au micro », mais en privé, dans l’intimité, en présence des siens.

Ce soin extrême porté à la sauvegarde de son intimité est-il de nature à dévaluer la portée du ministère public de Jésus ? Bien au contraire ! Il le renforce même.

Et nous-mêmes, qui nous disons « disciples de Jésus-Christ » ? « Le disciple n’est pas au-dessus de son maître, ni le serviteur au-dessus de son seigneur. Au disciple il suffit d’être comme son maître, et au serviteur d’être comme son seigneur », dit Jésus (Matt.10v24-25)

 

 

 

« L’imitation de Jésus-Christ » : être un homme équilibré

Quel devrait être notre référentiel, pour vivre en homme véritable, connecté au réel ? Jésus seul !
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Lecture de Marc 14v32-35 : « (Jésus et ses disciples) arrivent à un domaine du nom de Gethsémani (…) Il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Et il commença à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : « tout va bien. Je vais prier pour vous ». 

Si c’est là ce que tu lis dans ta Bible, change de Bible….

La véritable version est : « (Jésus et ses disciples) arrivent à un domaine du nom de Gethsémani (…) Il emmène avec lui Pierre, Jacques et Jean. Et il commença à ressentir frayeur et angoisse. Il leur dit : Mon âme est triste à en mourir. Demeurez ici et veillez. » 

Il vous est peut-être arrivé de répondre (ou de vous entendre répondre): « tout va bien », à la question « comment vas-tu ? », alors qu’au fond de vous, vous êtes « hyper-angoissé ». Et ce, en invoquant votre « caractère » ou votre « culture ».

En réalité, quel devrait être notre « référentiel » ? Ni « le caractère », ni « la culture », mais Jésus-Christ seul.

Lui-même, quoique parfaitement Dieu, n’a pas cherché autre chose qu’à être « parfaitement homme » (Phil.2v6-9), à part le péché (Hébr.4v15) : Il n’a pas estimé qu’il n’était « pas spirituel » de partager ses émotions avec ses amis. Il a pleuré avec ceux qui pleurent. A fait la fête avec ceux qui font la fête (et a même sauvé un mariage à Cana, en changeant l’eau en vin). S’est réjoui en esprit, a été ému de compassion et a été animé d’une sainte colère maîtrisée en découvrant que les marchands, établis dans le temple de Jérusalem, faisaient d’une « maison de prière » une « maison de trafic ». Jésus est donc bien autant un être de chair (incarné cf Jean 1v14, 1 Jean 4v2) qu’un être spirituel et nous montre ce qu’est une personne parfaitement équilibrée, à l’inverse de ces cloisonnements modernes tendant à présenter l’homme comme étant « plus rationnel et dans le faire » à l’inverse de la femme, censée, quant à elle, être « plus émotive et relationnelle ».

Or, Jésus est ni trop/ni peu « émotionnel, intellectuel, volontaire », mais tout à la fois « émotionnel, intellectuel et volontaire » de manière équilibrée. Il est d’ailleurs tellement relationnel qu’Il a appelé ses disciples, pour qu’ils soient premièrement avec lui, avant de les envoyer prêcher (Marc 3v14) ; et « le fils du charpentier », charpentier de métier(Marc 6v3), est un « manuel », autant qu’un « intellectuel »(Luc 2v47). Et « volontaire », Jésus l’est bien(Luc 9v51), sauf que « sa volonté est de faire la volonté de Celui qui l’a envoyé »(Jean 6v38).

Imiter le Christ, ce n’est donc pas « le détachement complet » ou « l’extinction de soi », vivre de manière spiritualisée, déconnectée du réel. Imiter le Christ, c’est vivre en être humain véritable, équilibré, « les pieds sur terre », et spirituel (1 Cor.15v45). C’est vivre la vie « en abondance »(Jean 10v10), la vie que Jésus nous donne et qui ne peut être vécue qu’en étant en relation avec Celui qui est « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20).

C’est aussi espérer changer et sortir ainsi des « catégories » dans lesquelles nous pouvons être enfermés. Car « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17). Celui qui est « spirituel » est conduit(Gal.5v18) par l’Esprit de Dieu. Il vit par l’Esprit et marche selon l’Esprit. Il peut alors manifester le fruit de l’Esprit, qui « est l’amour, la joie, la paix, la patience, la bonté, la bénignité, la fidélité, la douceur, la tempérance » (Gal.5v22-23).

 

« Priez le Père pour espérer donner et recevoir une éducation véritable »

Le sujet de la rentrée : Encourageons-nous à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « demandent, cherchent et frappent »

Lecture : Matt.7v7-11

« Demandez, on vous donnera ; cherchez, vous trouverez ; frappez, on vous ouvrira. En effet, quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira. Ou encore, qui d’entre vous, si son fils lui demande du pain, lui donnera une pierre ? Ou s’il demande un poisson, lui donnera-t-il un serpent ? Si donc vous, qui êtes mauvais, savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est aux cieux donnera-t-il de bonnes choses à ceux qui le lui demandent ».

Ce passage bien connu s’inscrit dans le contexte du « Sermon sur la montagne » (ch.5-7 de Matt.), un discours prononcé par le plus grand enseignant de tous les temps : Notre Seigneur Jésus-Christ. Il n’est pas « un » maître ou un enseignant, mais « le » maître et « le » Seigneur.

Il ne s’agit pas d’un « code moral » de « bonne conduite » pour devenir « un bon chrétien », mais de la charte de vie des enfants du Père Céleste. Il y est question de la justice du « royaume » ou plutôt, « du règne » de Dieu.

Nous pouvons y lire ce que devrait être la vie de famille des enfants du Père céleste, dont la vie est clairement placée sous le règne de Dieu. Et le règne de Dieu n’a pas de limite : il commence d’abord dans le domaine de ta vie où il ne règne pas. Quel est ce domaine de ta vie où Jésus ne règne pas ?

Ainsi, par exemple, l’éducation et l’instruction(1) : Christ règne-t-il dans ce domaine de vie, que tu estimes tellement vital pour tes enfants ? As-tu placé l’éducation et l’instruction de tes enfants sous le règne de Christ ? Si ce n’est pas lui, qui règne ?

C’est une question, non de « morale », relative à ce qui serait « bien ou mal », « bien vu » ou « mal vu », mais c’est une question de vie ou de mort. Pas moins. Et quoi de plus vital que de donner et recevoir une éducation véritable, là où Christ règne ?

Objectif : (S’)encourager à imiter la façon dont ceux, dont il est question dans la parabole, « « demandent, cherchent et frappent », mais aussi à imiter la façon dont le Père céleste répond. D’habitude, à l’école, celui qui copie sur le voisin ou qui imite le prof est punit, mais dans ce cadre, à l’école de Jésus, comme la Bible nous l’enseigne (ex : en Éphésiens), nous sommes invités à « copier », imiter Dieu, Notre Père (pas à le « singer »). Encourageons-nous donc à « demander, chercher et frapper » pour recevoir mais aussi donner une éducation véritable, centrée sur Christ.

Dans notre passage de Matt.7v7-11, l’accent est mis sur la disponibilité du Père qui invite ses enfants à s’approcher de lui, pour qu’ils lui expriment en toute authenticité et simplicité leurs besoins. C’est ainsi que l’éducation véritable est un sujet de prière – de nos prières – et une préoccupation constante, de la même façon que nous veillons avec soin à l’habillement et à la nourriture de nos enfants.

Ensuite, voici un deuxième élément particulièrement frappant : il est d’emblée considéré ici que ceux qui demandent, cherchent et frappent, le font, non seulement pour recevoir une réponse, mais aussi parce qu’ils savent que c’est juste et légitime. Et parce que c’est juste et légitime, ils osent faire preuve de hardiesse, sans crainte d’être jugés.

Nous-mêmes, en tant qu’enfants du Père, du Royaume, nous sommes invités à « demander », « chercher » et à « frapper », car il y a là autant de promesses : « en effet », dit Jésus, « quiconque demande reçoit, qui cherche trouve, à qui frappe on ouvrira » (v8).

Mais « demander » et « chercher » quoi ? « Frapper » pour quoi ? La fin du passage nous donne la clé : pour obtenir « de bonnes choses » (v11) et pour obtenir ce qui est juste, selon la volonté du Père. Il est bon de demander une bonne éducation et une bonne instruction pour nos enfants ; et il est aussi bon pour des enfants de demander une bonne éducation et une bonne instruction, car cela est juste.

« Demander » :

Tout parent cherche le meilleur pour ses enfants : si ses enfants demandent du pain, le parent ne lui donnera pas une pierre ; s’ils demandent du poisson, ils ne recevront pas un serpent, et, dit Luc, s’ils demandent un œuf, ils ne recevront pas un scorpion (Luc 11v12). Mais voilà, dit Jésus, nous sommes « méchants », « mauvais » et nous pouvons « nous planter ».

Nous demandons mal.

Jacques 4v2-3 dit : « Vous convoitez et ne possédez pas (….) Vous ne possédez pas parce que vous n’êtes pas demandeurs ; vous demandez et ne recevez pas parce que vos demandes ne visent à rien de mieux que de dépenser pour vos plaisirs ».  La pub prétend connaître mieux que vous ce que vous et vos enfants ont besoin…. Qui, d’ailleurs, oriente vos façons de vous nourrir, vous habiller, divertir ?

Nous n’osons pas « demander, chercher, frapper », doutant de la légitimité de notre démarche.

Nous avons aussi parfois un mauvais réflexe : juger ceux qui revendiquent, parce qu’ils nous paraissent bruyants. Comment ainsi considérer, par exemple, la démarche de ces étudiants québécois, qui avaient manifesté en 2012 contre la hausse des droits d’inscription à l’université ? (Là c’était « le printemps érable » au lieu du « printemps arabe »)

Mais apprenons du Père, qui Lui-même nous écoute avec bienveillance, pour accueillir avec la même bienveillance la démarche des autres. Apprenons du Père pour encourager nos enfants à demander ce qui est bon. Lui nous encourage en nous disant : « vas-y, mon enfant, c’est juste et bon ! »

Comme Lui, reconnaissons dans les cris des enfants,  les cris de ceux qui « défaillent sur les places de la Cité. A leurs mères ils disent : Où sont le blé et le vin ? [une éducation et une instruction nourrissantes, sources de vie et de joie]quand ils défaillent comme des blessés sur les places de la Ville, quand leur vie s’échappe au giron de leurs mères » (Lam.2v11-12).

Nous pouvons « nous planter », mais nous pouvons nous rattraper par la grâce de Dieu.

Comment avoir l’assurance « de ne pas nous planter » ?

En demandant la sagesse : Jacq.1v5-8 nous assure que « si la sagesse nous fait défaut », nous pouvons « la demander au Dieu qui donne à tous avec simplicité et sans faire de reproche ; elle (nous) sera donnée ». Mais il s’agit de « demander avec foi, sans éprouver le moindre doute ».

« Chercher » :

Comme pour « demander », il y a aussi une promesse : « Qui cherche, trouve ».

Nous trouvons, parce que nous avons longuement cherché.

Ce que mon épouse aime, c’est que je lui rapporte quelque chose que j’ai trouvé pour elle et je l’ai trouvé parce que je l’ai longuement cherché.

Le marchand de la parabole a longuement cherché des perles fines. Et en ayant trouvé une de grand prix [elle n’a pas de prix], il vend tout ce qu’il a pour l’acheter. Et qu’est-ce qui a plus de valeur qu’une perle ? La sagesse (Job 28v18) !

Jésus trouve Philippe après l’avoir longuement cherché (Jean 1v43), pour lui dire : « suis-moi ».

Nous-mêmes, nous sommes des « trouvés de Dieu ». Mon frère, ma sœur, réjouis-toi que Dieu te cherche, car tu peux espérer qu’il te trouve. Mais toi, te laisseras-tu trouver ?

Parent, tu espères que tes enfants se laissent trouver par le Seigneur, mais espères-tu trouver, comme le marchand de la parabole, une école dispensant une éducation et une instruction de grand prix, là où l’on dispense la sagesse de Christ ?

Enfin, « frapper »

Frapper à des portes fermées.

L’on peut frapper pour ne pas être ouvert, comme le roi Joas, qui avait frappé trois fois avant de s’arrêter. S’il a pu ensuite remporter quelques batailles, il n’a pu remporter la victoire finale (2 Rois 13v14-19).

L’on peut frapper pour être ouvert : avec détermination et foi, « 5 ou 6 fois », parce qu’il y a urgence, parce que c’est une question de vie ou de mort, pour remporter la victoire de l’éducation véritable, pour nos enfants. Pour que s’ouvrent les portes d’écoles où une éducation véritable est dispensée, parce que Christ est au centre de l’école.

Les portes peuvent s’ouvrir : il s’agit ensuite d’avoir foi pour entrer et y faire entrer nos enfants.

 

Note : 

(1) Éduquer : faire se développer (un être vivant). Prendre soin. Instruire : transmettre à la génération future un ensemble de connaissances (savoir et savoir-faire) et de valeurs considérées comme faisant partie d’une culture commune.

Etre délivré du sentiment « de l’étrangeté de l’étranger » ou « l’Eglise doit être un lieu transgressif »

« Je viens vers toi les mains ouvertes, pour te montrer que je n’ai rien de dangereux, ni d’intentions malveillantes à ton égard… »

Voici une prédication particulièrement audacieuse du pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 20/08/17, au temple de Belleville (Paris).

Les passages lues en introduction étaient Esaïe 56v1, 6-7 et Matthieu 15v21-28.

Deux textes qui nous parlent des étrangers. « Le problème est l’étranger mais le problème est que, selon la Bible, nous sommes tous des étrangers »….Justement, comment Jésus, « 100 % Dieu » mais aussi « 100 % homme »(1), « vraiment juif », a-t-il répondu à une demande d’une étrangère, une syro-phénicienne…..?

La suite à écouter ici [Voir tout en bas de la liste et choisir 2017-08-20 – Gilles.mp3].

Bonne écoute !

 

 

 

 

Note : 

(1) ….à part le péché, nous rappelle Hébr.4v15.