Débat sur la fin de Marc 16 : les chrétiens ont-t-ils reçu l’autorité de guérir et faire des miracles « au nom de Jésus » ?

« Problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus » ?

En Marc 16v17-20, le Seigneur Jésus énumère « les signes qui accompagneront ceux qui auront cru : en (son) nom, ils chasseront les démons, ils parleront des langues nouvelles, ils prendront dans leurs mains des serpents, et s’ils boivent quelque poison mortel, cela ne leur fera aucun mal ; ils imposeront les mains à des malades, et ceux-ci seront guéris. » 

1. Une affirmation « problématique »

Nous comprenons de ce passage que l’Église a reçu de Dieu l’autorité de guérir et de réaliser des miracles « au Nom de Jésus ». Mais le pasteur Florent Varak, s’exprimant sur les blogues Le Bon Combat – lors de l’émission « Que dit la Bible ? » le 26/10/17 (1) – et TPSG (2), ne croit pas que ce soit la bonne interprétation. Il estime même « problématique » l’affirmation comme quoi les chrétiens sont appelés à guérir et qu’ils ont reçu l’autorité de guérir « au nom de Jésus ».

De sensibilité « cessationiste » [certains dons ont été donnés à l’Église pour un temps et pour un objectif précis. Une fois cet objectif réalisé ou accompli, ces dons ont cessé], Il croit que Dieu guérit quand il le souhaite et comme il le souhaite, notamment en réponse à la prière, parfois avec l’onction d’huile mais que le mandat confié aux apôtres d’accomplir des miracles « en nom et place du Seigneur » est révolu.

D’après lui, les miracles mentionnés en Marc 16 se retrouvent dans le livre des Actes, où ils ne sont exercés que par deux catégories de personnes liées à l’apostolat [Les Apôtres et les diacres]. Il souligne que dans Marc 16, Jésus reproche aux apôtres leur incrédulité, de sorte que la clause « ceux qui auront cru » est très probablement à comprendre comme « ceux qui auront cru parmi les apôtres ».

Sauf que…..

Si l’on peut se sentir soi-même incrédule, à l’instar de l’internaute Francine (1) dont nous reprenons et synthétisons l’argumentaire, ce n’est paradoxalement pas sur ce que rapporte la fin de Marc, mais plutôt sur les propos de Florent Varak, lesquels s’avèrent « problématiques ». Et comme les apôtres en entendant les femmes qui leur rapportaient que le tombeau était vide au matin de la résurrection, nous pourrions même penser « qu’il plaisante ».

1) Ainsi, dire : Ceux qui ont cru parmi les apôtres, implique en bonne logique française, qu’il y en avait donc parmi les apôtres qui n’ont pas cru, et qui par conséquent n’avaient pas à faire des miracles. Si ce n’est pas ce que veut dire l’intervenant, il faut qu’il reformule autrement : parmi ceux qui auront cru, seuls les apôtres etc… mais ce n’est pas ce que dit le texte de Marc 16.

D’autre part, si l’on tient compte du contexte du passage, ce que ne fait pas Florent Varak, l’incrédulité reprochée aux apôtres v. 11, est celle qu’ils ont manifestée au récit des femmes. Jean lui-même n’a cru qu’au moment où il a vu le tombeau vide, il le déclare. Pierre s’en est retourné de sa course au tombeau tout perplexe, il n’a donc cru réellement qu’après. L’incrédulité du v. 13 se rapporte à celle qui suit le récit des pèlerins d’Emmaüs ; Thomas en particulier est incrédule. Plus tard il s’écrie devant le Seigneur ressuscité : Mon Seigneur et mon Dieu !

Par conséquent le contexte de Allez dans tout le monde, prêchez l’Evangile à toute créature. Celui qui croira, et qui sera baptisé, sera sauvé ; mais celui qui n’aura pas cru, sera condamné ne peut se rapporter aux apôtres qui ont déjà surmonté leur incrédulité naturelle, et que le Seigneur envoie maintenant dans le monde. Du reste ne savons-nous pas que Pierre et Jean qui n’avaient pas cru auparavant, ont fait ensuite de grands miracles ?

2) Ensuite, il est faux de dire que du temps de Paul, seuls les apôtres et les diacres à qui ils avaient imposé les mains accomplissaient des miracles. Nous lisons dans 1 Corinthiens 12v7-10 : « Or, à chacun la manifestation de l’Esprit est donnée pour l’utilité commune. En effet, à l’un est donnée par l’Esprit une parole de sagesse; à un autre, une parole de connaissance, selon le même Esprit ; à un autre, la foi, par le même Esprit; à un autre, le don des guérisons, par le même Esprit ; à un autre, le don d’opérer des miracles ; à un autre, la prophétie; à un autre, le discernement des esprits; à un autre, la diversité des langues; à un autre, l’interprétation des langues ».

Paul inclut dans la liste des dons celui de faire des miracles ; il serait d’une mauvaise foi éhontée, de répondre qu’il ne pensait alors qu’à lui-même et aux autres apôtres. Tout le contexte montre qu’il parle des églises en général, et de leurs membres en général. La question de savoir si ce don a ensuite cessé est sans rapport avec celle de savoir combien l’avaient au temps des apôtres !

3) Enfin, Florent Varak n’assume toujours pas la mesure [ou la cohérence] de sa position dite « cessationiste ». D’après lui, dans toute l’Histoire de l’Église, seuls une vingtaine de croyants ont reçu le don d’accomplir des miracles, de manière plus ou moins suivie (12 apôtres + 7 diacres). De nature généreuse, Florent Varak est probablement prêt à doubler ce nombre, sachant qu’il faut toujours laisser au Seigneur une certaine marge ; 40 témoins donc au premier siècle faisant des miracles, sur au plus une ou deux centaines de milliers.

A présent au 21ième siècle, c’est par centaines de millions que se comptent les chrétiens charismatiques. Supposons qu’il en existe 500 millions ; d’après leur théologie ils croient que le don des miracles est encore accordé par le Saint Esprit aujourd’hui. Mais c’est rare ils en conviennent : 1/10000 peut-être on ne sait pas… ce qui fait toujours 500 M/10000= 50 000 chrétiens ayant le don des miracles ! et s’ils en font 10 chacun, on arrive à 500 000 miracles contemporains. Qu’est cette pauvre quarantaine d’apôtres et de diacres du livre des Actes en comparaison ?

Si Monsieur Varak veut être cohérent au niveau de son cessationisme, il faut qu’il dise que ce n’est pas 1/10000 qui reçoivent le don, mais ZÉRO ; TOUS les charismatiques (seraient alors) dans l’erreur. Une grave erreur puisqu’ils se permettent d’attribuer au Saint Esprit ce qui ne vient pas de lui. En conséquence, le Pasteur Varak doit immédiatement avertir le CNEF de sa découverte, et prendre les mesures appropriées, en cas de non-réaction. Sinon cela reste du cessationisme d’opérette : Il est donc incohérent et bassement opportuniste pour les cessationistes de se regrouper avec les charismatiques sous l’étiquette générale d’ « Évangéliques de France ».

 

Nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour mener le bon combat…

2. Ceci dit, pour revenir à la question de départ, les chrétiens ont-ils reçu l’autorité de guérir et de faire des miracles « au nom de Jésus » ?

Si l’on considère l’Eglise, à l’instar de Florent Varak dans son « conte de la circulation routière »(2), comme un automobiliste lambda qui ne saurait se prévaloir d’une quelconque autorité pour réguler la circulation, à l’inverse du policier en fonction « revêtu de son uniforme », l’on déniera alors à l’Église tout mandat pour guérir « au nom de Jésus-Christ », c’est-à-dire en son nom, en tant que son représentant, muni de son autorité. En concédant que le chrétien « garderait le privilège d’intercéder auprès du Père, grâce à la médiation accomplie de Jésus et de prier « au nom de Jésus », c’est-à-dire selon l’accès que Christ nous permet d’avoir au Père par la rédemption »(2).

Position peu cohérente là encore, puisque dans ce cas, la logique serait de dénier à l’Eglise toute capacité d’agir « au nom de Jésus » (lier et délier, baptiser et faire des disciples, demander quoique ce soit au nom de Jésus – même pour seulement intercéder….cf Matt.18v18-20, 28v18-20 et Jean 14v13-14, 15v16, 17v18….)

A l’inverse, souligne le pasteur Gilles Boucomont(3), si nous considérons que « baptisés en Christ, nous avons revêtu Christ » (Gal.3v27), nous comprenons alors que nous ne nous prenons pas pour Jésus, mais que nous sommes revêtus de l’autorité du Christ, avec le devoir de l’exercer pour continuer son œuvre. Dans ce cas, nous nous trouvons dans la position du policier en fonction revêtu de son uniforme.

A l’instar d’une secrétaire qui refuserait (avec pour sanction le licenciement pour faute professionnelle) d’écrire une lettre sur les instructions de son patron, alors que cette tache entre dans ses attributions les plus élémentaires, nous passons notre temps à dire à Dieu de faire des choses que Lui nous a demandé de faire dans les Ecritures…. tout en dépensant une énergie folle à vouloir faire ce que lui seul peut faire [nous sauver tout seul ou sauver, convaincre les autres] ! Et ce, alors qu’Il nous a donné toutes une série d’indications très précises quant à ce qui nous incombe, et inversement ce qui est de son registre(3).

Ainsi, certains considèrent comme « un privilège » d’ « intercéder » pour les malades(2), soit de demander à Dieu qu’Il intervienne pour leur guérison. Ce n’est pas faux dans le sens où la guérison est toujours un don de Dieu. Sauf que les Ecritures bibliques présentent la guérison comme un charisme (cf 1 Cor.12v4-11) qui doit être exercé par les croyants au nom de Jésus, et non pas demandé par les croyants à Dieu.

Et ce, d’autant plus, comme le souligne Gilles Boucomont, qu’aucune allusion à la demande de guérison ne se trouve dans le Notre Père, et qu’aucun texte biblique ne nous dise de prier pour les malades en demandant à Dieu la guérison. Même « la prise en charge des malades par la communauté et les Anciens décrite par Jacques dans son épître (ch.5v14-16) est très active, puisque dans l’onction d’huile est manifestée la guérison, pas seulement espérée. C’est une démarche active de l’Eglise, corps de Christ contre la maladie qui abîme l’un de ses membres »(3).

A l’inverse, de nombreux passages nous donnent pour instruction de guérir les malades, ressusciter les morts, purifier les lépreux, chasser les démons cf Matt.10v8 ; Luc 10v9, 17-20 ; Marc 16v15-20

Ayant « revêtus Christ », nous avons, non à intercéder ou à demander à Dieu d’intervenir à notre place, mais à exercer la prière d’autorité, laquelle est une prière où l’on va chercher sa légitimité et son autorité pour intervenir nous-mêmes sur le réel. Parce que Jésus ne nous demande pas d’intercéder pour les malades mais bien de les guérir. Pas d’intercéder pour les lépreux mais de les purifier. Pas d’intercéder pour les morts mais de les ressusciter. Pas d’intercéder pour la délivrance, mais de chasser nous-mêmes les esprits mauvais.

Soit d’agir « au Nom de Jésus » de manière significative dans la vie des gens, et de manifester ainsi cette annonce impérative que « le Règne de Dieu s’est approché ».

Encore une fois, il ne s’agit pas de nous prendre pour Dieu, en nous croyant personnellement aptes à guérir, comme s’il s’agissait d’un automatisme – il s’agit de guérir les malades au Nom de Jésus et selon la volonté de Dieu, au moment opportun, et non de manière stéréotypée. Dieu nous appelle à collaborer avec Lui (cf Marc 16v20), en nous demandant d’assumer l’autorité qu’Il nous donne, à la manière de Christ.

« Se dérober à nos prérogatives, c’est retarder la venue du Règne de Dieu, en nous-mêmes et dans ceux que nous voudrions bénir »(3).

 

 

Notes : 

(1) Cf http://leboncombat.fr/fin-marc-serpents/

(2) Cf https://florentvarak.toutpoursagloire.com/miracles-guerisons-et-marc-16-1ere-partie/

(3) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le bon combat. Editions Première Partie, 2011, pp 227-231. Du même : Au Nom de Jésus, libérer le corps, l’âme, l’esprit. Editions Première Partie, 2010.

Comment déplacer des montagnes et ne plus se faire une montagne d’une taupinière ?

« Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous… »

Lectures bibliques
Esaïe 41:14-16Les montagnes tu les écraseras
Matthieu 17:19-21Montagne, transporte-toi d’ici à là
Matthieu 21:21-22Montagne, jette-toi dans la mer
1 Corinthiens 13:1-3Une foi à transporter des montagnes

 

 

« En entendant ces quatre textes, on croirait que la seule fonction de la montagne, c’est d’être rasée, mise en miettes, écrasé, ou déplacées. Il s’agit sûrement d’un fantasme de base dans toutes les civilisations : restructurer l’espace, manifester qu’on est forts parce qu’on a changé concrètement cette nature qui nous domine si souvent. Et même à l’ère où une armada de bulldozer peut déplacer une colline pour la construction d’une autoroute, nous restons avec ce rêve : que nous puissions laisser notre marque sur l’espace.
Ceci dit, ni Esaïe, ni Jésus, ni Paul n’avaient une vocation à travailler dans les travaux publics. En réalité, ils nous parlent de notre rapport à Dieu au travers de ces images. Comment, effectivement, pourrions-nous prétendre déplacer les montages tous seuls ? C’est Pharaon qui prétend construire des montagnes pyramidales. C’est pharaon et ses successeurs, qu’ils s’appellent Haussmann, Bouygues ou autres, qui rêvent de déplacer les collines par leur propre force. Mais Esaïe, Jésus et Paul essayent d’utiliser cette image pour nous dire que nous aussi nous pouvons déplacer des montagnes. A la différence des grandes entreprises du BTP, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, ni de beaucoup de force comme en avaient besoin les architectes de Ramsès II, mais nous avons seulement besoin de renouveler notre alliance avec le constructeur d’origine, celui qui a fait les plans et qui a réalisé cette construction incroyable qu’on appelle la nature. Bref, Jésus dit bien à deux reprises dans l’évangiles de Matthieu qu’avec un peu de foi, on peut entrer dans un registre de la puissance de Dieu qui nous associe à son pouvoir créateur. Dieu a créé les montagnes. Si nous nous mettons d’accord avec lui et qu’il donne son approbation, nous pouvons déplacer les montagnes. C’est le mandat de l’humanité que d’administrer la création. Non pas pour le plaisir de déplacer les montagnes, mais pour aménager un territoire et en faire une terre à vivre, une terre où il fait bon vivre.
Pour autant, comme nous l’avons déjà suggéré, il ne s’agit pas d’un traité de Travaux Publics, et c’est assurément à d’autres montagnes que le prophète, le Sauveur et l’apôtre font référence. [Car ]ne dit-on pas dans notre langue : « Il s’en fait toute une montagne » ?
Dans cette expression, on évoque cette étrange capacité de l’être humain à mal évaluer les proportions. Quelque chose qui n’était pas si grand que cela à escalader devient un sommet alpin. Ne dit-on pas aussi « Se faire une montagne d’une taupinière » ? (…)
Il y a donc devant nous une grande diversité de montagnes à escalader (….)Mais bizarrement, les cimes les plus hautes dans notre tête ne sont pas forcément les plus hautes dans la réalité.
Prendre la parole en public va être pour beaucoup d’entre nous un sommet inatteignable ! Alors que ce n’est pas plus compliqué d’aligner quelques phrases devant 100 personnes que devant une.
Dire à quelqu’un qu’on l’aime pourra être pour nous un pic rocheux tout à fait inaccessible. Alors que c’est si bon pour l’autre d’entendre qu’il est aimé.
Que de taupinières qui deviennent des montagnes.
Finalement, nos problèmes sont parfois bizarrement évalués et bizarrement traités. Nous passons énormément de temps à solder des dossiers finalement très simples, et nous bâclons l’essentiel en ne voyant pas son importance. Bref, nous prenons cordes, mousquetons, et chaussures crantées pour escalader la taupinière et nous partons en tong sur l’Everest.
Une des capacités que Dieu veut restaurer en nous est de revenir à un peu de réalisme et de pragmatisme. Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous. Car il ne dit même pas qu’avec un peu de foi on pourra escalader les plus hauts sommets, mais bien qu’on déplacera la montagne. Ça c’est une solution à laquelle la plupart d’entre nous ne pense jamais. Quand vous avez une grosses montagne devant vous et que vous devez aller de l’autre côté, vous pensez à la contourner, à éviter le problème, à le fuir, à l’esquiver. Vous pensez, si vous êtes un peu plus courageux, à l’escalader. Mais Jésus propose une solution somme toute beaucoup plus simple : déplacer la montagne… Eh oui, il fallait y penser ! »

Lire la suite de cette prédication du pasteur Gilles Boucomont (2008) sur son blog vraiment net.

Et ne surtout pas manquer la fin, qui donne tout son sens au message !

 

L’antidote au discours paranoïaque anti-église ou comment gérer les prédicateurs qui disent de se méfier de tous les autres… qu’eux

Dans le choix d’une église, il est important de se souvenir qu’il n’y a pas d’Eglise parfaite. Or si vous avez visité de nombreuses Eglises sans trouver une qui soit à peu près bien pour vous, rappelez vous que l’ensemble des Eglises à qui écrivait Paul avaient des problèmes. Source : Pixabay

Voici un pertinent et percutant article du Pasteur Gilles Boucomont, intitulé « Quand la paranoïa se mort la queue », et publié le 13 mai (2018) sur son blogue « Au Nom de Jésus » : 

L’expérience de Christ est celle du serviteur souffrant et d’un ressuscité puissant. Bien que sans faute qu’on puisse lui imputer, il a été condamné. Et à sa suite, il nous avertit à de nombreuses reprises : « Souvenez-vous de la parole que je vous ai dite : ‘Le serviteur n’est pas plus grand que son maître.’ S’ils m’ont persécuté, ils vous persécuteront aussi ; s’ils ont gardé ma parole, ils garderont aussi la vôtre. » (Jean 15v20). Nous savons donc que nous serons persécutés, mais pire encore, Jésus nous avertit que la persécution la pire viendra de l’intérieur, de la synagogue, de l’Eglise (comme expliqué en Luc 12v11).

Nous sommes avertis.

Il est donc légitime d’enseigner les chrétiens sur la difficulté qu’on peut rencontrer dans certaines Eglises. Sur le fait que dans certaines d’entre elles on y persécute vraiment ceux qui essayent de croire en vérité et de s’impliquer dans une théologie du Royaume. Et j’en sais quelque chose pour l’avoir moi-même expérimenté. Cela peut être le cas parce que ce sont de fausses Eglises dont Christ n’est pas le centre, empreintes d’un faux amour. Ou parce que ce sont des Eglises autoritaires, où Dieu n’est pas le Père mais que quelqu’un s’est mis à la place du Père. Soit parce que ce sont des Eglises légalistes où l’Esprit ne peut pas souffler. Nous devons enseigner les chrétiens à discerner comment une assemblée peut être un lieu de vie ou un lieu de mort.

Mais la difficulté, c’est qu’il n’y a pas d’Eglise parfaite. Or si vous avez visité de nombreuses Eglises sans trouver une qui soit à peu près bien pour vous, rappelez vous que l’ensemble des Eglises à qui écrivait Paul avaient des problèmes, et que donc, c’est peut-être qu’il y a un problème… en vous.
Comme il n’y a pas d’Eglise parfaite, les gens vont toujours trouver des choses qui ne vont pas ; et ils ont raison. Et c’est là où s’engouffrent quelques prédicateurs qui produisent un discours anti-Eglises, et anti-pasteurs, avec une radicalité qui est souvent née d’un zèle très beau et pur au premier regard, mais qui devient à force un discours paranoïaque : « Aucune Eglise ne peut apporter quelque chose de bon ; aucun pasteur ne peut être de bon conseil. » C’est là que le bât blesse. Car ces prédicateurs n’appliquent pas cette règle à eux-mêmes. Ils se marketisent sur les réseaux sociaux, ils créent des adeptes, visent des publics influençables, et posent une emprise sur eux. Désormais il faut se méfier de tout le monde. Sauf d’eux(1). Et si par malheur, en tant que pasteur, vous voulez alerter un frère ou une soeur en train de se mettre sous emprise, vous prouvez par là même que vous êtres un pasteur terrible rempli d’un esprit de contrôle, et que donc… il faut faire attention à vous. La boucle paranoïaque est bouclée. Le poisson est harponné.

Alors qu’il y aurait de bonnes raisons d’être prudents car Jésus n’a pas voulu que nous entrions dans le discours paranoïaque.

La suite à découvrir sur le blogue « Au Nom de Jésus ».

 

 

Note : 

(1) Voir aussi la proposition de réponse à la question « J’ai entendu dire qu’un pasteur était un gourou. Qu’est-ce qu’un gourou ? Comment vérifier que notre pasteur ne l’est pas ? »

Etre délivré du sentiment « de l’étrangeté de l’étranger » ou « l’Eglise doit être un lieu transgressif »

« Je viens vers toi les mains ouvertes, pour te montrer que je n’ai rien de dangereux, ni d’intentions malveillantes à ton égard… »

Voici une prédication particulièrement audacieuse du pasteur Gilles Boucomont, le dimanche 20/08/17, au temple de Belleville (Paris).

Les passages lues en introduction étaient Esaïe 56v1, 6-7 et Matthieu 15v21-28.

Deux textes qui nous parlent des étrangers. « Le problème est l’étranger mais le problème est que, selon la Bible, nous sommes tous des étrangers »….Justement, comment Jésus, « 100 % Dieu » mais aussi « 100 % homme »(1), « vraiment juif », a-t-il répondu à une demande d’une étrangère, une syro-phénicienne…..?

La suite à écouter ici [Voir tout en bas de la liste et choisir 2017-08-20 – Gilles.mp3].

Bonne écoute !

 

 

 

 

Note : 

(1) ….à part le péché, nous rappelle Hébr.4v15.

 

Quel est notre « élan » ?

"300, naissance d'un empire"(2014)

Ce qui est censé « nous faire nous déplacer », ce n’est pas « un esprit guerrier », de « conquête », de « revanche »….Mais « nous nous bougeons » pour installer la paix ». Affiche du film « 300, naissance d’un empire »(2014)

Nous connaissons bien ce passage d’Ephésiens 6v10-17, consacré aux fameuses « armes de Dieu » que nous sommes exhortés à « revêtir ». Notamment, « comme chaussures aux pieds, l’élan pour annoncer l’Evangile de la paix » (v15. TOB)

C’est là une expression bien compliquée, rendue de façon plus ou moins claire par les différentes traductions bibliques : « mettez pour chaussures à vos pieds les bonnes dispositions que donne la bonne nouvelle de la paix » (NBS) ; « mettez comme chaussures le zèle à annoncer la Bonne Nouvelle de la paix » (BFC) ; « mettez pour chaussure à vos pieds le zèle que donne l’Évangile de paix » (LSG)…..Les « chaussures » ou « les sandales » (mais non « les scandales » !)
Cette expression signifie que ce qui nous fait nous déplacer, ce n’est pas un esprit guerrier, ou « revanchard », bien que nous soyons en train de parler d’armes. Au passage, les plus attentifs d’entre nous auront noté que seule la dernière arme – « l’épée de l’esprit, qui est la Parole de Dieu » – est offensive et que toutes les autres sont défensives, pour notre protection. Ce qui nous fait « nous bouger », c’est donc la motivation, non pas de « faire la guerre pour faire la guerre », mais bien pour installer la paix. La paix n’est pas « l’absence de ce qui dérange », mais l’établissement de quelque chose de bon. La paix véritable est en Christ, « Prince de la Paix » (Es.9v5).
Et si nous venons en Son Nom, nous dirons alors « au diable (au sens propre donc, les croisades, les reconquista, les inquisitions, les Jihad…. ! » (1)

Pour aller plus loin :

Esaïe 52v7 affirme combien « sont beaux sur les montagnes, les pieds de celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie la paix ! De celui qui apporte de bonnes nouvelles, qui publie le salut ! De celui qui dit à Sion : ton Dieu règne ! »

A la naissance de Jésus-Christ, annoncée par les anges à des bergers, « l’armée céleste en masse chantait les louanges de Dieu », disant : « Gloire à Dieu au plus haut des Cieux ; sur la Terre : paix : pour les hommes, bienveillance » (Luc 2v13-14).

 

Notes :

(1) D’après Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Ed. Première Partie, 2010, p 219.

Quand Jésus-Christ libère, Il libère vraiment : Marc 5v1-20

Jésus et l'homme de Gedara : une libération totale mise en oeuvre !

Jésus et l’homme de Gedara : une libération totale mise en oeuvre !

Nous connaissons l’histoire de l’homme possédé par l’esprit de « légion », à Gédara, en Marc 5. « Cet homme avait sa demeure dans les sépulcres, et personne ne pouvait plus le lier, même avec une chaîne. Car souvent il avait eu les fers aux pieds et avait été lié de chaînes, mais il avait rompu les chaînes et brisé les fers, et personne n’avait la force de le dompter. Il était sans cesse, nuit et jour, dans les sépulcres et sur les montagnes, criant, et se meurtrissant avec des pierres »(Marc 5v3-5). Jésus y opère une délivrance à tous les niveaux. L’homme était nu, incontrôlable et malade : il ne l’est plus. Le voici désormais « assis aux pieds de Jésus »(Luc 8v35), « vêtu et dans son bon sens »(v15). C’est bien la totalité des plans de sa vie personnelle qui est guérie et sauvée : son corps, son âme, son esprit, ses relations, sa place dans la société.

Mais la libération ne se limite pas à un seul individu et à son réseau, puisque c’est aussi toute une économie locale (la principale de la région) qui est libérée de l’élevage du porc, animal impur par excellence pour les Juifs. Selon Gilles Boucomont, il s’agit d’« une souillure contingente de la dégradation sociale qui consistait à ce qu’un membre d’une communauté vive dans un cimetière, hurle et soit enchaîné dans ses crises les plus terribles. La purification de cet homme conduit à la purification d’un système marchand qui avait une influence sur toute une région. D’autant plus qu’à la corruption sociale et économique s’ajoutait l’impureté politique : le démon s’appelait en effet « légion ». Cela veut dire qu’il est lié à la domination romaine et c’est ce qui explique qu’on élève dans le coin des porcs, afin de nourrir les armées de l’envahisseur »(1), ou de l’occupant, dirai-je. Soit une région entièrement sous la tutelle de l’ennemi, l’ennemi physique et l’ennemi spirituel, depuis les plans les plus intimes de la vie des gens jusqu’au système économique et politique(1).

Bref,

« Quand Dieu libère une personne, il enclenche la libération d’une famille.

Quand Dieu libère un citoyen, il libère sa nation.

Quand Dieu libère sur un des plans de la vie, il veut libérer sur tous les plans »(1).

N’oublions jamais que Dieu est le créateur de la Terre et que la Terre lui appartient(Ps.24v1). « Le pays est à Lui » et « nous sommes ici chez Lui comme des émigrés et des hôtes »(Lévit.25v23. TOB), bien qu’elle soit trop souvent, par nos compromissions, sous la domination du malin, qui se fait appeler « le prince de ce monde »(Jean 16v11), alors que Lui est le Roi de l’Univers(Ps.93v1). Et Jésus est « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs »(Apoc.19v16)

L’homme intelligent ou l’homme sage, selon la sagesse de Christ(1 Cor.1v19 et ss ; Col.2v3), est celui qui fait le lien, sachant que tous les problèmes sont liés, et qu’il n’y a pas de domaines cloisonnés, où Christ ne serait pas appelé à régner. Le mandat de l’homme intelligent, de l’homme sage, est celui de la réconciliation(2 Cor.5v19). A tous les niveaux.

Quel sera notre impact, en tant que témoin de Christ ? Il est facile, aujourd’hui, de trouver une actualisation de ce qui précède.

Examinons-nous : quel Evangile proclamons-nous ?(2) De même, examinons si notre implication, en tant que chrétiens, disciples de Jésus-Christ, dans les domaines de l’économie, l’éducation, la politique…comporte des effets réellement salutaires et réellement significatifs des principes du Royaume de Dieu…..

 

Notes : 

(1) Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus (T.2): Mener le Bon Combat. Ed. Première Partie, 2011, pp 323-324. L’essentiel de cette étude provient de là.

(2) Sachant que « l’Evangélisation prend toujours trois P » : « Présence »(« incarnation »), « Parole », « Puissance », comme le rappelle ce billet sur le blogue « Théologeek ». Ou alors l’Evangélisation se dit « CCP » : « Compassion, Communication(proclamation, affirmation), Puissance ».

 

 

« Tu es doué pour donner » : Méditation de 1 Pierre 4v10-11

De l'art d'être "doué"...de "talents" ! Extrait de l'album "Astérix et Cléopâtre"(1965) de Goscinny et Uderzo

De l’art d’être « doué »…en « talents » !
Extrait de l’album « Astérix et Cléopâtre »(1965) de Goscinny et Uderzo

Ou plutôt : tu as été « doué » pour donner….

« Mettez-vous, chacun selon le don qu’il a reçu, au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, variée en ses effets. Si quelqu’un parle, que ce soit pour transmettre les paroles de Dieu ; si quelqu’un assure le service, que ce soit avec la force que Dieu accorde, afin que par Jésus Christ Dieu soit totalement glorifié, lui à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles. Amen ! » (1 Pie.4v10-11. TOB)

Mercredi, nous abordions les enjeux écologiques, soit « la bonne gestion » ou « la bonne intendance » de « notre maison commune », dont les richesses sont finies. « Administrateurs » ou « Intendants », nous, chrétiens, sommes également appelés à l’être, concernant ce que le Nouveau Testament appelle « les charismes », ou (c’est le sens en grec de ce mot et de sa racine)de la « grâce infiniement variée »de Dieu(v10). Les charismes sont donc des aptitudes que l’Esprit donne à notre esprit et ils sont offerts par pure grâce. Ils sont aussi appelés « dons spirituels », pour bien signifier qu’ils nous sont donnés. Mais ces charismes sont donnés par le Saint-Esprit à toute personne connaissant Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur(1), avant tout pour édifier la communauté chrétienne. Sans le Saint-Esprit, nous ne pourrions, ni servir le Seigneur, ni même faire Sa volonté. Le propre d’un charisme est d’être « utile », « en vue du bien de tous », comme le rappelle 1 Cor.12v7(TOB).

Il existe quatre passages principaux sur les dons spirituels, sujet qui ne constitue qu’une partie de l’œuvre du Saint-Esprit : Rom.12v3-8, 1 Cor.12-14, Eph.4v1-16 et 1 Pie.4v10-11. Pour avoir une compréhension juste et équilibrée du sujet, il importe de lire et de connaître tous ces passages.

Nous concernant, nous nous bornerons à l’étude du dernier passage, 1 Pie.4v10-11, lu ce matin. Dans cette épître, l’apôtre Pierre exhorte ses destinataires(des chrétiens qui vivent « exilés », en « étrangers » dans ce monde), à utiliser, « chacun, le don reçu… » – c’est donc que chacun a au moins un don – non pour « jouer avec » ou pour « améliorer sa vie spirituelle », mais en étant « au service les uns des autres, comme de bons administrateurs de la grâce de Dieu, (infiniement) variée(ou « multicolore », comme le spectre de la lumière) en ses effets ». Qu’il s’agisse de ressources terrestres finies, ou de « la grâce variée » de Dieu, nous sommes appelés à être « de bons administrateurs ». A l’image du Maître, le Seigneur Jésus-Christ, nous sommes sur Terre, « non pour être servi »(ou « nous servir »), mais pour « servir »(Marc 10v45).

Ici, Pierre ne semble pas « ajouter de nouveaux dons, comparativement aux épîtres de Paul mentionnées plus haut, mais voit ces derniers divisés en deux catégories :

1) »Si quelqu’un parle »,

2) »si quelqu’un assure le service », ou le ministère(2)

Dans le premier cas, que ce soit alors « pour transmettre les paroles de Dieu » ou « comme oracle de Dieu », vérités divines révélées, et non (par ) notre propre sagesse, nos propres raisonnements, nos propres visions/choix idéologiques ou politiques, nos propres sentiments….Seul le Saint-Esprit convainc (cf Jean 16v8), sachant que Dieu réduit à néant même la plus grande sagesse humaine(1 Corinthiens 1v19 et ss). Pour connaître les pensées de Dieu, vivons une communion réelle avec Lui, laissons-nous conduire « dans toute la vérité » par Son Esprit(Jean 16v13. Colombe) et passons du temps à « sonder les Ecritures »(Jean 5v39), la Parole de Dieu, « qui est la vérité »(Jean 17v17) et qui témoigne de Christ(Jean 5v39).

Dans le second cas, « que ce soit avec la force que Dieu accorde », mais aussi, par voie de conséquence, à notre rythme, et non « aux pièces », selon une « cadence infernale », à des fins de rendements ».

La fin est plutôt de rendre toute la gloire et la puissance (que nous pourrions être tentés de rechercher via l’exercice des dons ou d’un ministère) à Dieu, « par Jésus Christ »,  « lui à qui appartiennent gloire et domination pour les siècles des siècles »(1 Pie.4v11).

 

Notes : 

(1) Voir, par exemple : Jean 1v12, Jean 7v37-39, Jean 14-16, Ephésiens 1v13-14, Galates 3v2….

(2)Le pasteur Gilles Boucomont insiste sur le fait qu’il convient de bien distinguer les charismes des talents et des ministères, sachant notre tendance à tout confondre en la matière. Ainsi, « un talent est quelque chose que Dieu a déposé dans ma vie durablement, depuis longtemps et pour longtemps. C’est à moi de le gérer(…)pour le mieux, non pour ma gloire, mais pour celle de Dieu, dans l’action de grâce, dans la joie de l’avoir reçu(…). Nous pouvons recevoir de nouveaux talents si nous avons bien administré les talents déjà obtenus précédemment. Bien prêcher l’Evangile peut-être un talent oratoire, comme faire de la bonne cuisine pour réjouir les assemblées dominicales est un talent communautaire, etc. Les ministères, quant à eux, sont des aptitudes reconnues par les humains. Le ministère n’est pas donné directement par Dieu en réalité. Dieu a pu nous appeler au ministère, mais c’est l’Eglise qui donne(confirme, reconnaît) les ministères. Le ministère est un service, et non un honneur ou une responsabilité, sinon on l’appelerait magistère(…). Le ministère est en bas (« mini-stère »). Son attitude n’est pas d’être devant ou en haut, mais de laver les pieds des personnes censées être en dessous de nous(…)Le charisme est donné par le Saint-Esprit, « comme Il le veut », et il n’est reçu qu’au niveau de l’Esprit de la personne. La durée est ponctuelle, selon les besoins (Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit. Ed.Première Partie, 2010, pp 124-131)

Sur les dons et notamment un commentaire de 1 Pie.4v10-11, voir aussi Shallis, Ralph. Explosion de vie. Ed. Farel, 1992, pp 317 -321.

« La liberté de choix » : une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute (2)

Dans un billet précédent, nous soulevions le fait que la liberté dans le sens où nous l’entendons (« la liberté de choix ») n’est pas la liberté dont Dieu parle, mais une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute, conséquence du péché, selon les auteurs bibliques. Etre vraiment libre, ce n’est pas « avoir le choix » entre le bien et le mal, mais être positionné du côté de Dieu.

D’autre part, le chrétien devrait en réalité préférer à la « liberté », concept « statique », celui de « libération », qui inclue un processus et une « dynamique ». En effet, selon le pasteur Gilles Boucomont (1), l’on ne saurait parler « de liberté sans libération », car, juge-t-il avec humour sur twitter,

Scène de la série "Le Prisonnier" de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

Scène de la série « Le Prisonnier » de et avec Patrick Mac Goohan (1967)

l’ « on n’a jamais entendu un prisonnier se dire libre parce qu’il faisait ce qu’il voulait dans sa cellule » ! Pour pouvoir vivre la liberté, il nous faut donc passer par la libération, soit le fait d’être toujours portée en avant dans un processus d’émancipation(2), contrairement à l’inertie d’une liberté qui, elle, s’étiole, quand on ne la vit pas activement au quotidien. Il est intéressant de constater que la première des « 10 Paroles », dans Exode 20v2 et Deutéronome 5v6, est justement le rappel d’une libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte, de la maison de servitude ». Suivent ensuite les commandements de Dieu à suivre pour vivre cette libération. Nous sommes donc invités à entendre chacune des « Paroles » de Dieu comme étant précédé par la libération : « Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Egypte…et toi, tu n’auras pas d’autre dieu et tu ne t’en feras pas d’images », etc…A vous de poursuivre !

Dans le Nouveau Testament, Paul rappelle fort opportunément aux Galates-tentés de se remettre sous un joug-que « c’est pour la liberté que Christ nous a libérés »(Gal.5v1). Et il y a un prix à payer, pour « garder cette liberté chèrement acquise par un autre à la croix : « tenir ferme » et ne pas se remettre « sous le joug de l’esclavage »(v1). Nous sommes donc intégrés dans un processus de « libération continue », dont l’événement fondateur est la libération en Jésus, « livré à la mort à cause de nos péchés et ramené à la vie (par Dieu) pour nous rendre justes devant lui »(Rom.4v25. BFC)

Jésus-Christ est d’ailleurs le seul homme qui a pu être véritablement libre sur la terre : personne n’a pu « le convaincre de péché »(Jean 8v46), il n’y avait en lui aucune source de mal, et même Satan n’a eu aucune prise sur lui (cf Matt.4v1-11). Et pourtant, Jésus a choisi le contraire de la liberté que nous poursuivons avec tant d’ardeur : Il est « venu, non pour faire (sa) volonté, mais pour faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé »(Jean 6v38)…. « non pour être servi mais pour servir et donner (sa) vie en rançon pour plusieurs »(Marc 10v45), parce qu’il avait une libération totale à conquérir : la libération de toutes nos servitudes, du pouvoir du péché, de la crainte de la mort(Hébr.2v15), et la restauration d’une relation qui avait été rompue : « Dieu était en Christ, réconciliant le monde avec lui-même » (2 Cor.5v19)

Jusque à présent, je pouvais croire que choisir de ne pas mettre ma confiance en Jésus et de ne pas le suivre, Lui et ses commandements, était justement l’expression de ma liberté. En réalité, je ne deviens libre qu’en refusant l’exercice de cette pseudo-liberté de pouvoir vivre sans Dieu. Je ne suis pas libre d’exercer ou non la miséricorde(ou la bonté), mais vu que j’appartiens à Jésus, je deviens miséricordieux, car c’est là « le fruit de l’Esprit »(Gal.5v22) et parce que mon Père céleste est « miséricordieux »(Matt.6v36). Je ne suis pas libre d’être, soit doux, soit violent, car j’appartiens à Jésus, qui est lui-même « doux et humble de cœur »(Matt.11v29), et le fruit de l’Esprit est ma douceur(1). Enfin, je ne suis pas libre d’aimer ou de ne pas aimer, mais parce que « Dieu est amour »(1 Jean 4v16) et parce que mon Père Céleste m’aime personnellement(1 Jean 3v1), je peux « aimer mon Dieu de toute ma force… » et mon prochain, « comme moi-même ».

Si je choisi de suivre Jésus, le Seigneur, alors mes choix sont simples(1) : j’abandonne « l’idolâtrie de soi » qui réside dans la vénération du libre-arbitre, je lâche prise sur « la liberté de choix » qui est devenue aujourd’hui un véritable dogme, et je me réjouis d’entrer dans les projets de mon libérateur : « si quelqu’un est en Christ, c’est une nouvelle création: les choses vieilles sont passées; voici, toutes choses sont faites nouvelles » (2 Cor.5v17) ;« Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté » (2 Cor.3v17). Et je me réjouis de cette nouvelle relation avec Jésus : « plus esclave…mais ami » (Jean 15v15), et je vois « de quel amour le Père m’a fait don, que je sois appelé enfant de Dieu » (1 Jean 3v1 ; Jean 1v12-13)

 

Notes :

(1) Boucomont, Gilles. Au Nom de Jésus : Mener le Bon Combat. Editions Première Partie, 2011, pp 152-155

(2) C’est le sens d' »éducation » : « conduire hors de », pour élever, faire grandir(cf Jean 10v3).

 

« La liberté de choix » : une « illusion », une « malédiction » héritée de la chute

La liberté consiste-t-elle à "choisir" entre "ces deux options" ? Par Andy Singer

La liberté consiste-t-elle à « choisir » entre « ces deux options » ?
Par Andy Singer

Dans notre vie, nous menons beaucoup de batailles. L’une d’elle-primordiale, à remporter-est une bataille sémantique : « Les mots ont un sens », et aussi un usage. Encore faut-il connaître et comprendre lesquels.

Ainsi, par exemple, qu’est-ce que la liberté ? L’on dira alors que c’est « pouvoir faire ce que l’on veut, sans avoir besoin d’obéir à personne », « le mépris des influences et des préjugés », « vivre à son idée, sans contraintes et sans attaches »…. La liberté, nous savons ce que c’est, et surtout, nous la chérissons, nous y tenons particulièrement, « comme une perle rare ». Nous tenons à penser, parler, sortir, manger, nous amuser, nous réunir ou nous associer, circuler, choisir, décider librement….

Certains ont même payé le prix de notre liberté et de ces libertés-là.

De tous les peuples, les Français sont peut-être « les plus experts » en matière de « Liberté » (du moins le croient-ils), puisque cette notion est inscrite dans leur devise et figure dans l’article 2 de la Constitution française de 1958.

Néanmoins, la liberté est-elle bien ce que l’on affirme qu’elle est ?

Le chrétien, quant à lui, prétend se fonder sur la Bible, et ce que Dieu en dit, pour penser, de comprendre, d’expliquer ou de vivre la liberté. Et ce, à l’opposé de « la pensée humaniste » de l’époque moderne (des XVI-XVIIe siècle), notamment « la philosophie des Lumières »(XVIIIe siècle). Or, relève le pasteur Gilles Boucomont (1), nous serions bien avisés « de ne pas minimiser l’influence-aussi bien positive que négative-de la pensée des Lumières » sur notre compréhension bien française de la liberté.

Car, dénoncer trop vite « l’humanisme des Lumières », c’est oublier « que celui-ci a permis à l’homme d’être à nouveau au centre, alors que des institutions(la Royauté ou l’institution ecclésiale issue des croisades) étaient devenues le centre ». On notera que la Réforme protestante du XVIe siècle, avec son retour aux sources bibliques, participe du même mouvement de réflexion sur l’identité et la place de l’être humain. Pourtant, « il est vrai, nuance Gilles Boucomont, « que la liberté née du Siècle des Lumières s’est d’abord énoncée comme une liberté de refuser ces institutions, c’est-à-dire de préférer un régime républicain [quand d’autres choisissent de s’appeler « Les républicains »] à la royauté, ou préférer de ne plus être considérés comme membre de l’église de Rome. Sauf que ce refus s’est opéré sur un mode « destruction », dans un esprit de rébellion. Ainsi, plutôt que de se positionner contre les abus du Roi ou du Pape, beaucoup ont glissé vers un désir d’être libérés de l’emprise de Dieu Lui-même, « jetant le bébé(Jésus) avec l’eau du bain(l’église de Rome). Quitte à être libres, autant être libres de tout »(1), à l’instar des « gens de (la) génération » du prophète Jérémie(Jer.2v31)

Ainsi, « l’homme moderne »(des XVII-XVIIIe siècle, dont nous sommes l’héritier direct), s’affirmant comme un « sujet pensant » et « un être doué de raison », revendique son droit à juger par lui-même de ce qui est vrai ou faux, ou à décider souverainement « de ce qui est bien ou mal », « libre » de toute autorité susceptible de lui imposer de croire à des vérités établies(2). C’est là la réalisation de la promesse du serpent, en Genèse 3 : « vous serez comme des dieux… ».

Dans le domaine moral et religieux, « l’homme libre moderne » renonce à conquérir le paradis (futur et céleste), pour établir son propre bonheur terrestre « ici et maintenant ». Enfin, dans le domaine technique et politique, « l’homme entièrement libre » est « propriétaire de lui-même comme de son destin ». Devenu « maître et possesseur de la nature », selon l’expression de Descartes, il (auto)entreprend de mettre la nature à son entière disposition. Politiquement, il se considère également comme « affranchi » de toute appartenance à une communauté ou à une lignée naturelles, la seule société légitime n’étant plus désormais à ses yeux qu’une libre association [et non plus une « alliance »] fondée sur un « contrat »(de confiance)juridique(2), que l’on peut rompre(après « 30 jours d’essai »). Bref, faites le lien avec les conceptions « modernes » du mariage ou de l’Eglise dans notre XXIe siècle…..

Ainsi, sur ces critères résolument « modernes », la liberté s’est notamment définie comme la possibilité de croire ou ne pas croire. Le caractère principal de cette liberté née des Lumières, c’est le triomphe du choix, ou de « la liberté de choix », chère-notamment-aux libéraux.

Etre libre, c’est pouvoir choisir. Et « le plus grand pouvoir que Dieu aurait donné à l’Homme, ce serait le choix », estime-t-on.

Sauf que….cette liberté-là, « la liberté de choix », n’est pas la liberté dont Dieu parle, souligne Gilles Boucomont(1). Cette liberté que nous revendiquons et poursuivons, défendons, avec tant d’ardeur…n’est « qu’une illusion » et même « une malédiction » héritée de la chute, conséquence du péché, selon les auteurs bibliques.

« Etre vraiment libre, ce n’est pas avoir le choix entre le bien et le mal, c’est être positionné du côté de Dieu. Ce qui veut dire que, contrairement à ce que l’on pense souvent, le texte biblique ne promeut pas la notion de « libre arbitre » qui est un concept moderne lié aux Lumières ». Et, paradoxalement, notre compréhension de la liberté-que nous croyons « biblique »-s’avère en réalité plus nourrie de la philosophie des Lumières que de la pensée (réellement) biblique ! « Luther insistera sur l’idée, provocatrice, du serf arbitre. C’est parce que ma conscience se fait « servante », « esclave »(« serf ») du Christ, que je deviens libre ».

Cette idée était déjà très présente dans l’Ancien Testament, dans l’offre faite par Moïse au nom de l’Eternel, quand il s’adresse ainsi au peuple : « J’en prends aujourd’hui à témoin contre vous le ciel et la terre : j’ai mis devant toi la vie et la mort, la bénédiction et la malédiction. Choisis la vie, afin que tu vives, toi et ta postérité »(Deut.30v19-20)

« Certes, dans ce passage », commente Gilles Boucomont, « il est clair que les grandes étapes de la vie se présentent comme des choix. Mais chacun de ces choix n’est pas une alternative équilibrée, laissée à la discrétion de celui qui doit se prononcer. Moïse dit bien : « choisis la vie ». Ce n’est pas un choix « libre » selon nos catégories modernes, puisque la bonne solution est nommée immédiatement….et pourtant, le texte marque bien, par le choix d’abord énoncé, qu’il y aura des gens qui vont choisir la malédiction et la mort ! »

Cela signifie que nos choix fondamentaux ne sont pas faits par nous, contrairement à ce que nous croyons, mais du fait d’influences de notre éducation, de la mode, de notre grille de lecture de telle ou telle situation…..

"Nudge", de Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein

« Nudge », de Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein

A ce sujet, d’intéressants auteurs, Ha-Joon Chang(3), Richard H. Thaler et Cass R. Sunstein(4), nous expliquent que cette liberté totale que nous revendiquons est en réalité « pipée » : nous ne sommes en effet que de « simples mortels faillibles », faisant « de notre mieux pour nous en sortir dans un monde complexe »(4). Hélas, notre « rationalité »(3, 4) et notre « maîtrise de soi » sont « limitées », et nous sommes « vulnérables aux influences sociales »[et même environnementales], d’où des erreurs fréquentes ou des décisions prises de manière plus irrationnelle que rationnelle(3, 4). C’est la combinaison « des problèmes de maîtrise de soi et de choix irréfléchis qui provoque des catastrophes dans la vraie vie » (4). C’est pour cela que nous avons besoin de restreindre délibérément notre liberté de choix pour réduire la complexité des problèmes que nous devons affronter-et en général, c’est ce que nous faisons(5).

Ceci dit, celui qui doit déterminer nos choix, c’est celui qui dirige notre vie. Mais qu’est-ce qui est le plus « déterminant » dans notre vie ? « Notre identité nationale », notre éducation, notre métier ou « notre ministère », nos habitudes alimentaires, les discours ou les programmes politiques, les « news-magazines », « ce que l’on a vu à la TV » ? Ou le Seigneur Jésus-Christ, dont nous avons (normalement)choisi qu’Il dirige notre vie ?(1)

 

(A suivre. Suite et fin mercredi prochain).

A noter que ce billet est le prolongement de cet autre sur la liberté d’expression.

 

Notes :

(1) Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : mener le bon combat(T2). Ed. Première Partie, 2011, pp 151-155.

(2) D’après Clerget-Gurnaud, Damien. Vivre passionnément avec Kierkegaard. Eyrolles, 2015, pp 55-57

(3) Dans « 2 ou 3 choses que l’on ne vous dit jamais sur le capitalisme ». Points Seuil, 2015, p 231 et ss)

(4) Dans « Nudge : la méthode douce pour inspirer la bonne décision ». Pocket, 2012, p 76, 85, 135-136

(5) « Souvent, la réglementation publique fonctionne, notamment dans des milieux complexes comme le marché financier moderne, non parce que l’Etat en sait plus long, mais parce qu’il restreint les choix, donc la complexité des problèmes immédiats, ce qui réduit les risques de dérapage », relève Ha-Joon Chang (op.cit., pp231-232). « Or, dans la marche à la crise financière mondiale de 2008, notre aptitude à prendre de bonnes décisions a été submergée, parce qu’avec l’innovation financière, on a laissé évoluer les choses vers trop de complexité…au point que même les experts de la finance n’y comprenaient plus rien !(op. cit., p 242)

Notre prise de position sur l’homosexualité : faut-il invoquer Lévitique 18 ?

"Abomination" ! (Personnage "Marvel")

« Abomination » !
(Personnage « Marvel »)

Ou quand l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume…..et devrait être la nôtre.

Retour sur une ironique-mais non moins pertinent-note de blogue de « Pasteur Zed », publiée en décembre 2015. Ce dernier commente les commentaires de la décision de justice frappant Christine Boutin de 5000 euros d’amende pour avoir qualifié l’homosexualité « d’abomination » :
« D’un coup d’un seul, la voilà devenu aux yeux de ces hérauts de l’évangile l’incarnation du courage, celle qui ose « proclamer la vérité biblique » contrairement à tous ces chrétiens mous du genou qui se cachent derrière l’amour du prochain pour ne plus dire la Vérité avec un grand V. Car, bien sûr, si on vous pose la question de votre opinion concernant l’homosexualité, la Vérité biblique vous enjoint de dire que c’est une abomination (…)C’est le lévitique qui le dit, et celui qui a du courage redira la même chose. Les autres sont des lâches ».
« Soit », dit Pasteur Zed, qui souligne que « quand même (…) l’Ancien Testament dit aussi que l’adultère est une abomination (Ez. 22.11)….condamné au même titre que l’homosexualité (…) dans le code de Sainteté d’Israël auquel appartient notre citation du Lévitique ».
Et sans oublier [c’est moi qui souligne] l’idolâtrie (Deut.7v25-26 et 27v12), le fait de manger des fruits de mer(1)-« les éboueurs de la planète »(Lévit.11v9-12), le fait de sacrifier à l’Éternel « un bœuf ou un agneau qui ait quelque défaut ou difformité » (Deut.17v1) ; et bien d’autres choses.

Comment, alors, prendre position sur ces questions de société ? Quelle devrait être notre norme ? Faut-il invoquer le Lévitique ?

Il se trouve, relève encore Pasteur Zed, « que Jésus a eu affaire à un cas d’adultère pour lequel on lui a demandé son avis (Jean 8.1-11) ». En réalité, nous dit l’évangile (v6), « ils disaient cela pour l’éprouver, afin de pouvoir l’accuser ». Un piège « grossier », dans le même esprit avec lequel les journalistes interrogent un chrétien sur l’homosexualité. « Jésus, quand on lui tendait un piège, avait l’art et la manière de s’en sortir habilement ». Et si nous répondions comme Lui ? « Vous imaginez la tête des journalistes si, au lieu de crier : Rhaaa ! Abomination ! Lévitique 18 ! », l’on parlait de Jésus plutôt que du Lévitique », comme nous y invite Pasteur Zed ?

Bref, quelle devrait alors être la position de l’Eglise ? Certainement pas de répondre par le moralisme ou par plus de moralisme. Et encore moins de s’aligner sur les évolutions de la société (ce qui serait adopter un autre « moralisme »). A ce sujet, dans le prolongement de Pasteur Zed, Gilles Boucomont, pasteur du Marais, à Paris, et l’un des initiateurs du courant des « attestants », explique sans langue de bois que notre positionnement au sujet de l’homosexualité, « un piège majeur de notre époque », ne devrait pas être « moral », mais « dans le même registre que celui de Jésus » : celui-ci, en effet, n’est pas venu pour « faire la morale aux gens », ou « pour accuser, condamner, faire chuter ». Mais « pour relever les personnes » ; « les faire passer de la mort à la vie ». On notera que dans la scène avec la femme adultère, en Jean 8v11, Jésus donne pour consigne, après le refus de condamner, « d’avancer ». Mais « pas de rechuter ».
L’exemple vivant d’une des communautés réformées en France où il y a le plus d’homosexuels est susceptible de nous édifier : ce qui y est proposé à ces derniers, « s’ils le veulent », c’est « un chemin qui est au-delà de la condamnation, mais qui consiste à aller », soit « à sortir de la prison dans laquelle les autres et soi-même, conjointement, les ont enfermés ». C’est le pas choisi par « beaucoup », témoigne Gilles Boucomont. Lequel ne craint pas de dire que « l’homosexualité est mortifère (et non « pas morale ») car « elle prive de cette libération de nos incomplétudes qu’offre l’union à la personne de l’autre sexe ». Certes, les homosexuels ont eux aussi le sens de l’altérité. Sauf que ledit sens de l’altérité « ne se fixe pas sur les bons objets » : « L’homosexualité, comme tous les autres troubles de la sexualité » serait donc « une structure idolâtrique ». Relevant, non « d’abord » du psychique, de la génétique, ou du moral, mais du spirituel. En cela, « l’homosexualité n’est pas en rien différente du célibat ou du « multipartenariat », ou de la violence conjugale, ou encore de l’adultère ; c’est une stratégie de survie par rapport à une souffrance qu’on n’arrive pas à gérer. »(2)

Enfin, il ne s’agit pas de distribuer des Bibles avec des lames de rasoir, pour permettre à chacun de couper les pages qui ne lui conviendrait pas, et il serait bon de considérer que tous les péchés décrits en 1 Cor.6v9-10 sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où l’Ecriture affirme qu’ils nous privent du Royaume de Dieu. « Les injustes n’hériteront point le royaume de Dieu ». Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume.

Et l’on se souviendra encore du « péché de Sodome », tel que le relève l’Eternel, en Ezech.16v49-50 !

 

Notes :
(1)La plupart des poissons, dits « impurs », sont soit des habitants des profondeurs, soit des prédateurs qui font office « d’éboueurs ». L’interdiction de manger des poissons sans écailles nous protège des substances toxiques qu’ils sécrètent. Ainsi, le homard, ou encore les crabes « éboueurs professionnels » des fonds des lacs, des rivières, des bords de mer, des baies et des océans, et animaux « nécrophages » qui mangent presque tout. A noter que dans Gen.9v3, Dieu déclare à l’homme que « tout ce qui se meut et qui a vie (leur) servira de nourriture », et leur est donné « comme l’herbe verte » ; et que 1 Tim.4v4 stipule que « tout ce que Dieu a créé est bon, et rien ne doit être rejeté, pourvu qu’on le prenne avec actions de grâces ».

(2)Voir notre note de blogue à ce sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/05/20/pourquoi-ce-nest-pas-bon-de-benir-les-couples-homosexuels/