Vœux pour accueillir

Ce que l’on peut se souhaiter de mieux : recevoir et accueillir…. Source image : public domain pictures

Je te souhaite pour les temps qui viennent

Non pas de réussir dans toutes tes entreprises,

Mais de recevoir et d’accueillir

Dans ton cœur et dans ta vie,

Jour après jour et pas après pas,

L’amour de Dieu qui donne sens à l’existence.

Je te souhaite, non de ne subir aucun échec,

Mais d’accueillir comme un don

La force qui permet de rester debout malgré les lourds fardeaux.

Je te souhaite non des jours paisibles,

Mais la capacité de te laisser déranger par les autres,

D’accueillir celui qui est différent comme un envoyé de Dieu.

Je te souhaite non d’avoir réponse à toutes les questions,

Mais de savoir recevoir les interrogations des autres,

De porter avec eux leurs peines, leurs soucis, leurs conflits,

Pour être auprès d’eux une sœur, un frère solidaire,

Porteur d’amour et de paix.

(Chemin d’Avent, Ed. du Signe 1995, p 55. Texte cité par le Pasteur Didier Crouzet, le 25/07/21, en fin de culte, au moment de « l’envoi »)

Pique-nique géant au lac de Tibériade

La scène de la multiplication des pains dans « l’Evangile de Jean »(2014), de la série « 4 Evangiles – les films », de David Batty.

Voici une étonnante prédication, à l’angle original, sur le thème de l’accueil.

Passages bibliques : 2 Rois 4, 42-44 ;   Rm 15, 1-7 ; Jean 6, 1-15            

Contexte : Lors d’un culte protestant, Dimanche 25 juillet 2021

Texte original : Pasteur Didier Crouzet, que je remercie chaleureusement pour m’avoir aimablement autorisé à publier son message sur Pep’s café! le blogue.

Tout récemment, lors de fouilles au nord d’Israël, des archéologues ont découvert les archives d’un journal de l’époque de Jésus, « Galilée-Soir ». A la date du 6 mars de l’an 33, on peut lire à la Une : « Pique-nique géant au bord du lac de Tibériade. Plus de 5000 personnes se gavent de pain et de poisson ». (Suite de notre enquête exclusive en pages intérieures).

En pages intérieures, l’article poursuit : « D’après les témoins, une foule énorme était massée sur les pentes de la colline qui surplombe le lac. La raison ? Un homme, un certain Jésus, originaire de Nazareth, dont nos colonnes ont déjà relaté les exploits : d’après plusieurs témoins, il aurait changé de l’eau en vin lors d’un mariage dans le village de Cana; il aurait guéri un paralysé à Jérusalem. Au dire des nombreuses personnes qui l’ont rencontré, il émane de sa personne une sorte de magnétisme assez extraordinaire. Il parle avec une telle conviction que ceux qui l’écoutent sont subjugués. Tout laisse à penser qu’une belle carrière politique s’ouvre devant ce Jésus. L’avenir nous le dira.

Mais revenons à ce pique-nique géant. Une foule estimée à 5000 personnes avait donc suivi Jésus, espérant sans doute assister à un miracle ou au moins entendre quelques belles paroles. Ils n’ont pas été déçus ! Selon les témoins qui ont assisté à la scène (!), Jésus se retrouve en haut de la colline avec cinq pains et deux poissons. Il prononce quelques mots et il commence à distribuer pain et poisson. Pas seulement des miettes, mais des dizaines, des centaines de morceaux de pain et de poissons, tant et tant qu’il en est resté douze énormes paniers ».

Alerté par le bouche à oreille sur l’événement, notre correspondant en poste à Tibériade, s’est précipité sur les lieux et a pu retrouver plusieurs témoins de ce piquenique géant.

Madame Benbassa est encore sous le coup de l’émotion. « Je me trouvais là au pied de la colline avec mon mari et mes enfants. Mon mari est pécheur et comme ça ne mordait pas beaucoup, il nous avait emmenés dans sa barque voir ce Jésus. Dans notre petit village de Galilée, ce n’est pas tous les jours qu’on a de la distraction ! Donc on arrive sur la plage, on amarre le bateau et on commence à monter vers le haut de la colline où se trouvait Jésus. Mais à un moment, on ne pouvait plus avancer tellement il y avait de monde. Donc, on se pose sur l’herbe un peu n’importe comment et on attend. Rien ne se passe. Tout à coup, on voit Jésus se lever, prendre des pains et des poissons qu’il avait trouvé je ne sais où, et dire quelques mots, qu’on n’a pas bien entendus, parce qu’on était loin. Mais ceux qui étaient devant nous ont rapporté qu’il avait dit « Merci », comme un père de famille qui fait la prière avant le repas…

Et puis du pain a commencé à circuler. Je me suis dit : « il n’y en aura jamais assez pour tout le monde. Je sais bien les quantités qu’il faut pour nourrir une famille, et ce n’est pas avec ces cinq pains et ces deux poissons qu’il va pouvoir donner à manger à tous ces gens. ». Je me disais aussi que seuls les premiers rangs auraient la chance de recevoir une miette et que ça allait être la foire d’empoigne pour s’approcher de Jésus. Et alors, il s’est passé une chose incroyable. Les amis de Jésus, ses douze plus proches, nous ont fait mettre en rang, ils nous ont demandé de nous asseoir on nous disant que tout le monde allait être servi. Franchement, on n’y croyait pas. Et puis les paniers sont arrivés, on a pris un morceau, puis deux, puis trois puis autant qu’on en voulait. Plus on mangeait, plus y’en avait. On s’est gavés comme des malades. On n’avait pourtant rien réclamé mais c’est comme si Jésus avait deviné qu’on avait faim.

Vous vous rendez compte ! On était arrivés comme des curieux pour voir une vedette, on n’espérait même pas l’approcher, trop de monde, et c’est lui qui s’est approché de nous, c’est lui qui a pris soin de moi en me donnant à manger plus que je ne pouvais en recevoir. Moi, une anonyme, qui trime toute la journée, qui doit préparer les repas et donner à manger à toute la famille, voilà qu’il m’invite et me nourrit. Quelle bonté ! Quelle générosité ! Quel sens de l’accueil ! Un homme capable de distribuer autant, jamais je n’ai vu ça. Une telle abondance, c’est extraordinaire. Et puis inviter autant d’inconnus gratuitement sans faire de différence entre les gens, sans rien demander, c’est quand même super sympa ! Je dis « inconnus », mais en fait, en le regardant, en ayant entendu par le bouche à oreille qu’il avait parlé comme un  père de famille, on se sentait un peu ses enfants, comme si on était de la même famille, une seule et grande famille ». Madame Benbassa poursuit.

« Après coup, je me demande pourquoi il a fait ça, Jésus. Il n’était pas obligé. Il aurait pu simplement faire un discours ou guérir quelques malades. En tout cas, on dirait vraiment un prophète, comme ceux dont les anciens nous parlaient, comme Elisée qui avait aussi nourri cent personnes avec vingt pains. Mais alors si c’est un prophète, il parle et agit au nom de Dieu. Et s’il m’accueille moi et les autres comme un père, ça veut dire que je fais partie de la famille de Dieu, que Dieu m’accueille comme je suis, moi, la mère de famille qui n’ai jamais voix au chapitre, moi qui suis cantonnée à la maison et à la cuisine. Ça veut dire que pour Dieu et pour Jésus, je vaux autant qu’un homme. Ça, c’est un vrai miracle ! »

Après le témoignage très touchant de Madame Benbassa, notre correspondant a voulu retrouver celui sans qui rien ne serait arrivé, le petit garçon ! Grâce à une enquête minutieuse, il a fini par le localiser. Interview.

« Comment t’appelles-tu ? » – Gabriel.  « Gabriel, tu as quel âge ? » – 13 ans. « Que faisais-tu au bord du lac ? » – Ma mère m’avait mis cinq pains et deux poissons dans un panier que je devais apporter à mon père qui travaillait dans les champs. C’était son casse-croûte de la journée. « Et qu’est-ce qui s’est passé ? » – Je marchais sur la crête au-dessus du lac quand j’ai vu plein de gens qui arrivaient. J’ai accéléré pour passer avant qu’ils arrivent en haut et à un moment, un gars m’a arrêté et m’a pris par le bras. Il était avec une bande de copains dont un semblait être le chef. Il a pris mon panier, il l’a montré au chef et lui a dit quelque chose comme « Qu’est-ce que tu veux qu’on fasse avec cinq pains et deux poissons ? Il n’y en aura jamais assez ».

Je m’apprêtais à repartir, parce que mon  père attendait son casse-croûte. Et puis le chef a pris mon panier. Là, j’ai commencé à paniquer. Qu’est-ce que j’allais dire à mon père et à ma mère ? Mais, qu’est-ce que je pouvais faire ? Le chef a sorti les pains et les poisons, il a dit quelques mots et comme par magie, il a fait sortir du pain de partout et aussi du poisson. Et ça n’arrêtait pas. Comment c’est possible, je ne sais pas. Mais finalement, je suis reparti avec mon panier encore plus rempli qu’au départ. Quand j’ai raconté cette histoire à mes parents, ils m’ont pris pour un fou. Mais je leur ai dit que ce serait dans le journal. Quand même, heureusement que je passais par-là ! »

Merci Gabriel. Oui, sans toi, sans le peu que tu avais apporté, il n’y aurait pas eu de miracle. Comme dit, le proverbe, « on a toujours besoin d’un plus petit que soi ». Et Jésus avait besoin de toi à ce moment-là. Mais dis-moi, tu saurais reconnaître le gars qui t’a pris par le bras, le copain de Jésus ? – Oui, je crois.

Notre correspondant s’étant renseigné, il retrouve Jésus et sa bande à Capharnaüm, et avec l’aide du jeune Gabriel, il réussit à identifier celui qu’il cherchait, André. « André, vous faisiez partie du groupe qui était avec Jésus lorsqu’il a multiplié les pains et les poissons. Comment avez-vous vécu cet événement ? – Assez mal, je dois dire. Avec les copains, on se dit souvent que ce n’est pas facile de vivre avec Jésus. Il nous aime bien, mais il nous prend souvent pour des benêts. Remarquez, il n’a pas tort.

C’est vrai que parfois, il est difficile à suivre, on ne comprend pas tout ce qu’il dit, ce qu’il veut, ce qu’il attend de nous. Mais là, c’était le bouquet. Avec le recul, je l’ai un peu en travers de la gorge. On était sur la colline, au-dessus du lac pour prendre un peu de repos. Et puis la foule arrive. On a vite compris que la sieste était terminée ! Ensuite, Jésus nous demande comment on va nourrir la foule qui arrive. Comme si on le savait ! Philippe, qui sait bien compter, fait un rapide calcul : même avec 200 pièces d’argent, on n’aurait pas assez pour donner du pain à tout le monde. 200 pièces, c’est énorme ! C’est 200 jours de travail d’un ouvrier ! Et puis va trouver une boulangerie en pleine campagne capable de cuire du pain pour 5000 personnes ! Enfin bref, Jésus, il nous mettait vraiment dans l’embarras en nous faisant sentir nos limites. Alors qu’en fait, il savait très bien ce qu’il faisait !

On était là à se gratter la tête quand j’ai vu le garçon avec son panier. J’ai dit à voix haute ce que je pensais tout bas : « cinq pains et deux poissons, c’est rien du tout pour autant de gens ». Et là, Jésus nous a tous scotché : il nous a demandé de faire asseoir les gens en bon ordre, il a pris le pain et puis les poissons, il a fait une prière et paf, ce fut l’abondance. Il avait déjà fait le coup à Cana, avec l’eau changée en vin. Après il a fallu ranger, ramasser les restes et les mettre dans des paniers. Avec les copains, on n’a pas tout compris, mais au moins, en faisant le ménage, on a servi à quelque chose. »

Merci André pour ces informations. Je voudrais vous demander un service : est-ce que vous pensez que je pourrais avoir en exclusivité un entretien avec Jésus ? André alla trouver Jésus qui accepta bien volontiers, car il était toujours prêt à partager non seulement le pain et le vin, mais aussi la parole. Voici ce qu’il nous a confié.

« Oui, c’est vrai, j’y suis allé un peu fort avec mes compagnons, mais je voudrais tellement qu’eux et ceux qui nous liront, comprennent deux choses.

La première, c’est que j’accueille tout le monde sans exception. J’accueille chacun comme un membre de ma famille, sans conditions et je donne à chacun de quoi nourrir sa vie. Peu importe s’ils sont pratiquants, s’ils sont pauvres ou riches. Peu importe la couleur de leur peau. Peu importe avec qui ils passent leur nuit. Ce que je veux, c’est qu’ils se sachent accueillis et aimés par Dieu mon père et leur père.

Peut-être que dans 2000 ans, mes successeurs mettront des conditions pour participer à la Sainte Cène. Peut-être enfermeront-ils mes paroles dans des formulations dogmatiques, des abstractions intellectuelles, des consignes morales qui feront fuir les gens loin de moi. Moi, je voudrais que tous comprennent que c’est l’accueil inconditionnel qui constitue l’attitude fondamentale du chrétien. Et si je parlais dans 2000 ans, je dirais à tous mes disciples que nous n’accueillons pas parce que c’est poli, parce que ça se fait en société, mais parce que nous avons été nous-mêmes accueillis par Dieu qui appelle chacun par son nom. C’est fort de cette expérience que nous sommes à notre tour capables d’accueillir : sans jugement, sans a priori, sans condescendance. Que nous réservons les mêmes honneurs au nouveau venu et à celui qui est au Conseil presbytéral depuis 20 ans. Que nous avons la même considération pour celui qui fait un don généreux chaque année et pour celui qui ne donne que quelques sous à la collecte.

La deuxième chose que j’aimerais qu’ils comprennent, c’est que le pain, c’est-à-dire ce qui fait vivre, ce qui donne sens à la vie, c’est un don. Ce n’est pas une question d’argent. Je savais bien que nous n’aurions jamais assez d’argent pour acheter du pain à 5000 personnes. C’est pourquoi j’ai misé sur le partage et sur le don. Le pain-sens de la vie n’est pas plus lié à un combat politique. Je sais bien que la foule aurait voulu que je la mène à Jérusalem et que je prenne le pouvoir. Mais ce n’est pas comme ça qu’on donne un sens à sa vie. Le sens de la vie, le pain qui nourrit en profondeur, ce n’est ni l’argent, ni le pouvoir. C’est quelque chose qui se reçoit, c’est un don qui vient de Dieu votre père : un amour qui accueille sans conditions. Avec le Dieu de Jésus-Christ, c’est le règne de l’amour, quoi qu’on fasse, quoiqu’il arrive».

Voilà comment  « Galilée-soir », le grand quotidien du Nord de la Palestine, rendit compte du miracle que Jean raconta plus tard dans son Evangile.  Amen.         

« La culture de l’honneur » du Père envers le Fils

Dieu sera toujours le modèle de l’amour et de l’attention d’un père pour son fils (Source image : public domain pictures)

« C’est que le Père aime le Fils et lui montre tout ce qu’il fait… » (Jean 5v20)

Pour Dieu, « la culture de l’honneur » n’est pas un simple « slogan ».

En témoigne l’attention constante et touchante de Dieu le Père pour Dieu le Fils, particulièrement quand celui-ci était méprisé et haï par les hommes :

– Le roi Hérode veut tuer le futur roi des Juifs qui vient de naître. Mais au moyen d’une étoile, Dieu dirige des sages pour rendre au petit enfant Jésus les honneurs royaux (Matthieu 2. 11).

– Un homme religieux reçoit Jésus chez lui, mais l’accueille avec méfiance et sans grand respect : il ne lui offre pas d’eau pour se laver les pieds, selon la coutume. Mais Dieu pousse une femme à entrer au cours du repas pour répandre, par amour pour Jésus, un parfum sur ses pieds. Elle les arrose de ses larmes et les essuie avec ses cheveux, en signe d’adoration (Luc 7. 38).

– Judas, l’un des douze disciples, mûrit son sinistre projet, les chefs religieux complotent pour se débarrasser de Jésus. Mais Dieu conduit une autre femme, Marie de Béthanie, à offrir à Jésus ce qu’elle a de plus précieux : un vase rempli d’un parfum de très grande valeur. Quel réconfort fut pour lui cette adoration muette dans son chemin vers la croix (Jean 12. 3) ! (1)

– Judas l’a trahi, Pierre va le renier, Jésus va être pris, jugé et crucifié. À la perspective de porter nos péchés, il est saisi d’une terrible angoisse. Dieu lui envoie un ange pour le fortifier (Luc 22. 43).

– Jésus est sur la croix, entre deux malfaiteurs. Dieu pousse Pilate à mettre un écriteau qui établit la dignité royale du crucifié (Jean 19. 20-22).

– On va enterrer les crucifiés dans la fosse commune, mais Dieu envoie un homme riche qui met le corps de Jésus dans un tombeau neuf (Jean 19. 41)(2).

Je garde le meilleur pour la fin : qui parle ainsi de qui dans le passage qui suit ? 

« Il dit : Et que se prosternent devant lui tous les anges de Dieu. (….) Ton trône, Dieu, est établi à tout jamais ! et : Le sceptre de la droiture est sceptre de ton règne. Tu aimas la justice et détestas l’iniquité, c’est pourquoi, ô Dieu, ton Dieu te donna l’onction d’une huile d’allégresse, de préférence à tes compagnons. Et encore : C’est toi qui, aux origines, Seigneur, fondas la terre, et les cieux sont l’œuvre de tes mains. Eux périront, mais toi, tu demeures. Oui, tous comme un vêtement vieilliront et comme on fait d’un manteau, tu les enrouleras, comme un vêtement, oui, ils seront changés, mais toi, tu es le même et tes années ne tourneront pas court ».(Hébr.1v6-12)

 

 

Notes :

(1) Une très belle scène qui m’a inspiré cette méditation, au tout début de ce blogue.

(2) D’après le feuillet du dimanche 13/12/20, calendrier La Bonne Semence,

 

Je n’ai pas trouvé Dieu

Perdu, retrouvé ! Parce que cherché avec détermination et amour. Source : ZeBible

Je n’ai pas trouvé Dieu – Il n’était pas perdu. Moi si – C’est Dieu qui m’a trouvé.

Et Il m’a trouvé parce qu’Il m’a cherché.

Et Il m’a cherché parce qu’Il m’aime.

 

« Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis et qu’il en perde une, ne laisse pas les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour aller à la recherche de celle qui est perdue jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ? Et quand il l’a retrouvée, il la charge tout joyeux sur ses épaules, et, de retour à la maison, il réunit ses amis et ses voisins, et leur dit : “Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue !” 

Je vous le déclare, c’est ainsi qu’il y aura de la joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se convertit, plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes qui n’ont pas besoin de conversion ». (Luc 15v4-7)

Dieu est-il « omniscient », « omnipotent », « omni –un tas de choses » ?

Le fait de présenter Dieu comme descendant sur terre est vraiment une façon de dire un Dieu en relation avec l’humain, qui va au contact.
(BD de Marc-Antoine Mathieu. Edition Delcourt, 2009)

Telle est la question qui me paraît ressortir d’une autre question initialement posée à l’équipe de « 1001 questions » et dont la réponse a été publiée hier sur le site :

En fait, le concept d’omniscience ne vient pas de la culture biblique mais plutôt de la culture grecque. C’est une façon de parler de Dieu à partir de l’humain, ce que la théologie appelle « anthropomorphisme », c’est-à-dire que l’on fait prendre une forme humaine à Dieu. Dans ce cas, quand on dit que Dieu est omniscient, c’est juste une façon de définir Dieu comme un humain amélioré : l’humain peut savoir vraiment beaucoup, donc Dieu sait tout.

Or, le Dieu que présente la Bible est plutôt un Dieu relationnel.

C’est typiquement ce qu’exprime, par exemple, un passage comme Genèse 18v21. C’est vrai qu’on peut s’imaginer que Dieu aurait les informations sans descendre sur terre. Le fait de le présenter comme descendant sur terre, c’est vraiment une façon de dire un Dieu en relation avec l’humain, qui va au contact. Un peu comme quand il demande à Adam : « Où es-tu ? » — comme s’il ne savait pas… — juste pour qu’ils discutent à nouveau.

Bref, c’est plus le concept d’omniscience (tout savoir) qu’il faut questionner comme une sorte d’aspiration humaine trop humaine. Dans le même registre, nous savons que la toute-puissance de Dieu ne veut pas dire qu’il fait tout : il peut tout faire, mais choisit ce qu’il fait ou ne fait pas. Et c’est surtout son amour qui est tout-puissant, car… relationnel !

 

La révélation la plus extraordinaire de la Bible…

« De loin, l’Eternel se montre à (toi)« ….

Où cours-tu ? Loin de Lui ? Ou vers Lui, pour se jeter dans Ses bras ?

Il te dit : « je t’aime d’un amour éternel ; c’est pourquoi je te conserve ma bonté. »

Lire : Jérémie 31v3(Jérémie 30v21-22) et, sur l’amour de Dieu : 1 Jean 4v7-12

La parabole du « serviteur inutile » : une réponse « révolutionnaire » à l’esprit « utilitariste et comptable »

Nous sommes vendredi 09 janvier et cela fait aujourd’hui deux ans pour Pep’s café !, « né » un certain 09 janvier 2013. De même qu’à l’époque du premier anniversaire, je choisis de ne pas publier un bilan statistique du blogue, et vous propose à la place de méditer sur la parabole du « serviteur inutile », en Luc 17v7-10.

Le choix peut paraître singulier-surtout en pareille occasion-de prime abord. Mais avec un peu d’attention, il est possible de la trouver pleine d’enseignement pour nous, particulièrement à notre époque « utilitariste » et « comptable », où tout doit se justifier en terme de rentabilité, sous peine de disparaître. D’ailleurs, Notre Seigneur était-il « rentable », à vue humaine(voir l’ensemble du chap. 17 de Luc) ?

Mais commençons par le commencement. Dimanche 07/12, une discussion naturelle et spontanée a eu lieu, après le culte, entre quelques-uns(dont moi), à propos du « serviteur inutile ». Cette parabole soulève quelques difficultés, en plus d’être particulièrement dérangeante et « scandaleuse ». Plus exactement, ce qui est dérangeant et scandaleux ici est le terme « inutile ». Le texte biblique voudrait-il parler de « quelconque », ou « d’ordinaire » ? Il semble que non, puisque le mot grec « achreioi » utilisé ici renferme bien l’idée d’être « inutile » ou « sans profit »(ou « pas rentable »). Un terme que l’on retrouve dans la parabole des talents racontée par Matthieu(25v30), à propos de celui qui est jugé « inutile » ou « sans profit », parce qu’il avait caché(gâché ?)son talent.

Que veut nous enseigner le Seigneur à ce sujet ? Lancerait-il un « concours » de l’abnégation et de l’humilité, dans le genre « plus inutile que moi tu meurs » ? A moins qu’il n’y ait là une « voie alternative » du serviteur inutile(avec l’exemple de ce que Jésus a été Lui-même), applicable pour nous aujourd’hui ? Pour bien comprendre, il convient d’examiner ce qui précède et ce qui suit cette parabole dans tout le chapitre 17 de Luc. Quel est le rapport avec « le serviteur inutile » ?

 

Quelques réponses à notre appel à contributions : un grand merci à leurs auteurs !

Benoît (catholique, co-animateur du blogue « Les Cahiers libres ») :

Un texte qui m’a toujours beaucoup touché et notamment cette expression réputée dure « inutile ». Si le terme peut sembler difficile, il nous met cependant dans une belle humilité face à Dieu, sans qui nous ne pouvons rien faire (Jn 15) !

Claude (évangélique, un frère de mon église locale-du groupe d’où est partie la discussion originelle sur la parabole) :

Un qualificatif (« inutile ») qui caractérise tous ceux qui sont nés de nouveau et qui par voie de conséquence sont devenus des serviteurs. Mais de qui sommes-nous devenus des serviteurs?​ De Jésus, de nos prochains ou de nous-mêmes ? Aïe….Il est évident, avec une approche formatée par tout ce qui a contribué à faire de nous ce que nous étions avant notre nouvelle naissance, que l’on a plus tendance à vouloir se valoriser et non à se sentir inutile.

Avons-nous de la valeur ? Mais oui sinon Jean 3:16 ne s’expliquerait pas. Est-ce de cela que Luc 17:10 parle ? Pas du tout. Mais pourquoi donc parle-t-il de serviteur inutile ? Ce verset nous invite simplement à cultiver l’humilité, à donner sans attendre en retour, à pratiquer un amour désintéressé.

Quand ma main gauche donne à ma main droite, elle n’attend rien en retour, quand mon cerveau pense pour le reste de mon corps, il n’attend pas une récompense du reste du corps, quand mes pieds déplacent l’ensemble de mon corps d’un point à un autre à la demande de mon cerveau, ils n’attendent pas un remerciement de mon cerveau ni une valorisation quelconque. C’est ainsi que fonctionne le corps de Christ : nous sommes tous complémentaires. Je fais ce que j’ai à faire sans attendre un retour.

Ludivine (Evangélique. Bloggeuse de « Bible et partage ») :

Jésus avait-il décelé quelque chose dans leur coeur ?

Peut-être que certains pensent que Dieu a de la chance qu’on le serve, que Jésus est bien content et honoré qu’on le suive.  Il devrait nous donner tout ce que nous lui demandons et nous récompenser largement…..

« Vous de même dîtes nous sommes des serviteurs inutiles » : le Seigneur nous dit : voilà ce que devrait être votre état d’esprit : considérer votre service comme quelque chose de normal, après Dieu lui-même jugera de votre service.

 « unprofitable- unworthy » : peu lucratif, indigne >> pas de mérite, pas digne de.

 « Doit- il de la reconnaissance à ce serviteur ? » Non, le maître ne doit rien et Dieu ne nous doit rien. C’est nous qui lui devons cet honneur d’être à son service. En plus, nous serons payés pour notre travail, récompensés (cf paraboles des talents) mais cela ne fait pas de nous des personnes dignes de recevoir ses louanges. Nous les recevrons, car la Bible le dit, mais ce sera encore un effet de sa grâce, Dieu ne doit rien à personne.

 Je ne vois pas l’absence de profit dans ce passage comme elle est mentionnée dans la parabole des talents. Le serviteur inutile ne faisait « rien » là. Le serviteur fait quand même son boulot dans les champs. Je suis partisane du « c’est un honneur d’être utilisé par Dieu » et non le contraire. Je ne suis pas grand-chose mais il m’emploie dans ses champs. Ma réponse est « merci Seigneur je n’en étais pas digne » et non « Dieu me doit la reconnaissance et un bon repas en sa compagnie ».

La parabole des talents est plus un enseignement sur le fait qu’il est important de faire les oeuvres que Dieu a préparé pour nous et que nous les fassions en fonction des talents que nous recevons. Nous devons porter du fruit, c’est la normalité aux yeux de Dieu.

 

Pour ma part, tout en partageant les excellentes réflexions ci-dessus, je dirai, en complément, que cette parabole est révélatrice de ce dont Dieu se préoccupe le plus. Dieu se préoccupe en effet plus que nous le connaissions(ou cherchions à le connaître)-que de ce que nous faisons(ou cherchons à faire)pour Lui. De même, que nous nous intéressions plus aux autres-à ce qu’ils sont-qu’à ce qu’ils font ou à ce que nous pourrions faire pour eux. De cette priorité découle le reste.

L’esclave hébreu, en Exode 21v2-6, qui avait servi 6 années, était libre de partir la 7ème année. Mais seul, si son maître lui avait donné une femme, et que sa femme lui a donné des enfants entretemps. Or, il choisit de rester, déclarant aimer « son maître, sa femme et ses enfants », et ne souhaitant pas « sortir libre »(v5).

Mais nous sommes appelés à Le connaître sur un autre plan. Comme un Père. Et nous sommes invité à « voir de quel amour le Père nous a témoigné(ou fait don), que nous soyons appelés enfants de Dieu. »(1 Jean 3v1). Et c’est ce que nous sommes, « nés non du sang, ni de la volonté de l’homme, mais de Dieu », nous dit Jean (Jean 1v13). Soit « tous ceux qui ont reçu » Celui qui est « la lumière du monde », « ceux qui croient en Son nom »(Jean 1v12 et cf 1-11, 14 ; 8v12).

Dieu est-il Votre Père ? Savez-vous que « le Père Lui-même vous aime » ? (Jean 16v27). Comment Il vous a aimé ? (Jean 3v16). Et pourquoi ?(1 Jean 4v10)

De même, Jésus, le Fils de Dieu, souhaite que nous le connaissions, individuellement, comme « Seigneur et Maître », en tant que « serviteurs »(Jean 13v13), et en tant qu’ « amis »(Jean 15v13-15 ; 21), voire « frères »(Jean 20v17, Hébreux 2v11-17). Ainsi que, tous ensembles, en tant qu’ « épouse » (Eph. 5v22-32)Et, les uns les autres, en tant que membres d’un même corps(cf 1 Cor.12)

Bref, nous sommes appelés à vivre des relations « de famille », le seul cadre où l’humilité et la gratuité sont (devraient être) la seule norme(avec l’amour).

Enfin, Le connaître, Lui « le seul vrai Dieu, et Celui (qu’Il a)envoyé, Jésus-Christ »(Jean 17v3 cf 1 Jean 5v21), c’est là « la vie éternelle ». C’est pourquoi Dieu se préoccupe que nous le connaissions et que nous nous attachions à Lui.

L’attachement à Dieu, c’est la piété. Plus que jamais, c’est ce qui fait la différence (1 Tim.4v7 ; 1 Tim. 6 cf 1 Tim.3v16). Et ce n’est pas une question « intéressée » ou de performance !

 

Et vous ? Qu’en pensez-vous ? Partagez donc vos remarques au pied de cet article !

L’amour commence avec le verbe « donner »

C’est ce que mon pasteur a rappelé, lors du culte d’hier. C’est absolument vrai.

Un principe illustré par cette bouleversante parabole, intitulée « le don »(« Gift »), un court métrage de Daniel Yam :

 

Mais surtout, un principe que le Seigneur Jésus-Christ a enseigné et merveilleusement affirmé, par sa propre vie :

« Il y a plus de bonheur à donner qu’à recevoir »(Actes 20v35 : une parole de Jésus qui ne figure pas dans les évangiles)

« Car Dieu a tant aimé le monde, qu’il a, plus que livré, donné Son Fils unique, afin que quiconque croit en lui ne périsse pas, mais qu’il ait la vie éternelle. »(Jean 3v16)

« Je suis le bon berger », dit encore Jésus. « Le bon berger donne sa vie pour ses brebis(…)Le Père m’aime, parce que je donne ma vie, afin de la reprendre. Personne ne me l’ôte, mais je la donne de moi-même ; j’ai le pouvoir de la donner, et j’ai le pouvoir de la reprendre : tel est l’ordre que j’ai reçu de mon Père. »(Jean 10v11, 17-18)

« En vérité, en vérité, je vous le dis, si le grain qui est tombé en terre ne meurt, il reste seul ; mais s’il meurt, il porte beaucoup de fruit »(Jean 12v24)

« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus-Christ, qui pour vous s’est fait pauvre, de riche qu’il était, afin que par sa pauvreté vous soyez enrichis ». (2 Cor.8v9)

« Nous avons connu l’amour, en ce qu’il a donné sa vie pour nous ; nous aussi, nous devons donner notre vie pour les frères ». (1 Jean 3v16)

 

A notre tour, donnons aux personnes notre amour et non pas nos « j’aime ».

Nous le pouvons, parce que « l’amour de Dieu est répandu dans nos coeurs par le Saint-Esprit qui nous a été donné »(Rom.5v5 et ss. Voir aussi Actes 2, Eph.1v13, )

 

Soif d’utilité…

….surtout après un sentiment ou une expérience d’échec.

 

Note : Ce sujet a été proposé à des enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ « école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe.

Objectifs :

-Découvrir que le Seigneur Jésus s’intéresse avant tout « là où tu en es avec Lui »(si tu t’attaches à Lui)avant de te confier quelque chose(à faire)avec Lui et pour les autres.
-Une magnifique leçon de restauration et une toute aussi magnifique démonstration de l’amour de Jésus pour l’un de ses disciples.
-Qui peut être « utile » pour Dieu ? Comment et pourquoi ?

Accroche :

Faire jouer un sketch aux jeunes. L’histoire : un grand joueur de foot, renommé pour son talent et son honnêteté, a été accusé à tort par l’un des membres de son équipe(un proche, jaloux)d’avoir triché ou truqué un match. Les autres membres de l’équipe, qui sont aussi ses amis, l’abandonnent dans cette épreuve. Pire, son bras droit le renie au procès.
Plus tard, les membres de l’équipe ont arrêté le foot. L’ex bras droit décide de reprendre son ancien métier de pécheur en mer : six autres de l’ancienne équipe décident de l’accompagner. Mais la pêche s’avère infructueuse. A leur retour, quelqu’un les attend : leur ancien chef d’équipe. Comment celui-ci va-t-il les accueillir ? Et toi ? Comment accueillerais-tu tes anciens amis qui t’ont trahi, renié et abandonné ?

Lecture : Jean 21v1-22(not.v15-19)

Contexte :
Jésus est ressuscité. Il se montre à ses disciples à plusieurs reprises. Au v14 du dernier chapitre de l’évangile de Jean, nous apprenons qu’il s’agit « de la troisième fois ».
La première : aux disciples moins Thomas(absent) cf Jean 20v19v25
La seconde : huit jours plus tard, un dimanche, aux mêmes, plus Thomas
La troisième : dans le passage étudié(Jean 21v1-22)

Jésus est ressuscité et Il s’est montré au moins deux fois aux disciples. Ces derniers ont donc la preuve qu’Il est vivant. Pourtant, quelques-uns d’entre eux, emmenés par Pierre, décident de « retourner pécher » et donc de revenir à ce qui était leur première activité, avant que Jésus ne les appelle à Le suivre(cf Luc 5v1-11 ; Matt.4v18-22 ; Marc 1v14-20). Comme si cette période de trois ans avec Jésus(au cours desquels ils ont été témoins de ses miracles, ses enseignements…) n’avait qu’une « parenthèse » de leur vie. Comment cela se fait-il ? Découragement ? Constat d’échec ?(pour Pierre)

Premier temps : une pêche miraculeuse
Ils retournent(en arrière) pécher(ou reviennent à leur condition première de pécheurs !) : quel a été le résultat de leur activité nocturne ?(Jean 21v3-5). Pourquoi ?(Indice : Jean 15v1-6 – idée que, séparé de Jésus, toute entreprise est infructueuse, sans fruit)
A leur retour, quelqu’un sur le rivage. Les disciples ne savent pas qui c’est. L’inconnu leur donne un conseil. Ils obéissent, ce qui s’avère payant : une pêche miraculeuse, cf Luc 5.
L’un d’eux reconnaît le Seigneur. Pierre s’habille et se jette à l’eau pour rejoindre Jésus. Celui-ci les attend sur le rivage, ayant allumé un feu et préparé un repas pour eux. Les disciples s’approchent.

Deuxième temps : restauration de Pierre
Les disciples présents se retrouvent pour un temps particulier avec le Seigneur. Comment se sentent-ils, en sa présence ? Imaginez l’ambiance du repas ?
Tous l’avaient abandonné, mais Pierre l’avait renié trois fois. A ce propos, ce dernier a dû avoir un choc, puisque plusieurs éléments de la scène ont dû lui rappeler bien des souvenirs-certains douloureux pour lui.

Quels sont ces éléments (ceux qui viennent de se passer et ce qui se passe maintenant) ? Indices : Jean 21v6 (la pêche miraculeuse), 9 et 13(un feu de braises, du pain et du poisson préparés par Jésus), 15-17(les trois questions de Jésus)

Quels sont ces souvenirs douloureux pour Pierre ?
-La pêche miraculeuse rappelle la première à laquelle avait assisté Pierre en Luc 5v4-11, et, surtout, sa confession (v8)
-Le feu de braises rappelle un autre feu, celui du compromis, où Pierre était venu se chauffer avec les ennemis de Jésus pendant que son maître, arrêté, était interrogé, moqué et maltraité par les religieux. Cette même nuit où Pierre avait renié trois fois son maître, notamment avec imprécations ou jurons (Marc 14v71 ; Matt.26v74) : Jean 18v15-18, 25-27 ; Luc 22v54-62.
-Du pain et du poisson rappellent la multiplication des pains(Jean 6v1-13)par Jésus, qui, ému de compassion, avait nourri une foule affamée de 5000 personnes avec cinq pains et deux poissons.

Quel peut être le sentiment de Pierre, face à ces souvenirs ? Face à Jésus ? Que va lui dire Jésus ?
-Les trois questions de Jésus, comme insistantes (v15-17) lui rappellent ces trois fois où il avait renié son maître. Étudions ces questions et les réponses de Pierre(un dialogue qui a lieu en présence des autres disciples).
Lecture dans la version « Parole vivante », avec quelques modifications :

-Simon, fils de (Jonas), m’aimes-tu…plus que ceux-ci ?
-Oui Seigneur, tu sais bien que je suis ton ami
-Sois berger de mes agneaux
-Simon, fils de (Jonas), m’aimes-tu ?
-Oui Seigneur, tu sais que je suis ton ami
-Conduis (pais) mes petites brebis
-Simon, fils de (Jonas)….es-tu mon ami ?

Pierre est peiné de ce que cette troisième fois Jésus lui demande « es-tu mon ami ? »(es-tu attaché à moi ? Tiens-tu à moi ?) Il répond :
Seigneur, tu sais tout, tu sais que je suis ton ami.
-Sois un berger pour mes brebis

Remarques :
-Jésus appelle son disciple « Simon »(son vrai nom) et non pas Pierre(le surnom qu’il lui avait donné). Sans doute pour lui révéler ce qu’il est par nature, de lui-même(livré à lui-même cf Jacob et l’ange dans la Genèse)
Jésus utilise le mot grec « agapao »(« agapé ») pour dire « aimer » : c’est à dire un amour jusqu’au sacrifice(celui dont Dieu nous a aimé cf Jean 3v16 et 1 Jean 3v16, 4v9-10). Il ajoute « plus que ceux-ci ? » parce que Pierre, avant que Jésus soit livré et crucifié, s’était vanté de l’aimer jusqu’à la mort : Luc 22v33 ; Marc 14v29-31 ; Matt.26v31-35
-La réponse de Pierre : il l’appelle Jésus « Seigneur » et utilise à chaque fois le mot « phileo », moins fort qu’ « agapao », qui signifie « affection », « attachement », « amitié ». Il se rend compte qu’il ne peut pas aimer Jésus de cet amour de Dieu.
Mais « il est peiné » de ce que Jésus lui demande la troisième fois : « es-tu attaché à moi ? » Ou « es-tu mon ami ? »

Pierre peut-il prétendre même à cet amour-là, alors qu’il a renié…son ami ?
Pierre ne peut que se reposer sur Jésus, qui le connaît mieux que lui-même : « tu sais tout(mes manquements, mon infidélité, ma faiblesse, mon incapacité, ma réputation…), tu sais que je suis ton ami… » (et « je reconnais que je ne peux rien sans toi, sûrement pas diriger ma vie-ma barque-seul : Seigneur, prends en main la direction de ma vie-ma barque »)

Pierre est restauré, dans sa relation avec Jésus. Son attachement sincère(malgré ses manques) à Jésus est confessé, confirmé. Le maître peut donc le restaurer (le rétablir) dans le service qu’Il a prévu pour lui.

Quel service ? (Jean 21v15-17)
« Paître » les brebis, les agneaux (du Seigneur); « être un berger pour les agneaux »(du Seigneur)
Caractéristiques/qualités d’un berger et en quoi consiste le service de « paître » ?
Nourrir, guider, protéger, soigner et non « dominer sur » (cf Jean 10v1-4, 10-11, 14-15 ; Ezéch.34v11-16). Un service qui nécessite de la maturité, de la fidélité, de l’humilité, de l’amour et de la compassion.

Le caractère du service de l’appelé :
A la fois en rapport avec son domaine d’activité d’origine (« pêcheur d’hommes ») et éloigné (« pais mes brebis »). En fait, deux services complémentaires, à l’instar du métier de Jésus et ce qu’Il a été pendant son ministère terrestre (charpentier-construisant des maisons/ »Le Bon Berger »)
C’est ce que sera Pierre plus tard. Voici l’exhortation que lui-même donnera à d’autres bergers : 1 Pierre 5v1-4

"Comparaisons", par Andy Singer

« Comparaisons », par Andy Singer

Comment le serviteur inutile pourra-t-il être utile pour le maître ?
– En suivant personnellement Jésus, sans regarder(ou se comparer) aux autres (cf Jean 21v19-23)
-En s’attachant personnellement à Jésus (cf Jean 15v5)
-En se fiant, non à lui-même, mais à Jésus.

Important : Jésus s’intéresse davantage là où tu en es avec Lui, que de ce que tu prétends faire pour Lui. Car c’est de ton attachement, de ton amour sincère pour Lui que découle ton service pour lui et envers les autres. Plus tu aimeras Jésus, plus tu aimeras les autres et tu pourras les servir de la même façon que Jésus. : 1 Jean 4v7-11

Pierre sera-t-il capable d’ « aimer jusqu’à la mort », comme son maître ?
Apparemment oui : cf Jean 21v18-19
D’autant plus que, cette fois-ci, Pierre laisse vraiment ce qui aime le plus (son bateau, sa pêche) pour suivre Jésus. De même, Jésus « laisse » ce à quoi Il tient le plus, en les confiant à l’homme qu’il vient de restaurer et rétablir : ses brebis.

Les trois questions de Jésus à Pierre sont toujours d’actualité. Pour toi, qui veut servir Jésus, Celui-ci te demande : M’aimes-tu « plus que »…ce que tu aimes, tes ambitions…. ? M’aimes-tu sincèrement, sans te faire passer pour un autre que tu n’es pas…sans te vanter, malgré tes manques, tes défauts, tes faiblesses ?….Es-tu attaché à moi ? Es-tu mon ami ? Si oui, dit Jésus, alors, viens, suis-moi ! Tu seras utile avec moi et pour les autres !

 

 

A lire : Eph.2v8-10 ; Philémon v10-11(l’histoire d’un esclave inutile, qui a fini par bien porter son nom-« Onésime », qui signifie « utile »)

« Le Christianisme n’est pas une religion »

Le Christianisme n’est pas une religion, mais l’acceptation de l’amour de Dieu(cf Jean 3v16) et le désir de vivre pour Christ, « qui m’a aimé et qui s’est livré lui-même pour moi »(cf Galates 2v20), ai-je lu sur un feuillet du calendrier de la Bonne Semence, daté du 06 mars 2014.

C’est absolument vrai.

« Je dirai même plus », le Christianisme,

c’est aussi une rencontre et une relation avec Celui qui est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20). Une rencontre et une relation de nature à nous transformer et à nous réconcilier avec Dieu, nous-mêmes et les autres. Une relation à la fois « verticale » et « horizontale », qui nous permet de vivre véritablement avec et pour Dieu, et les autres.

Cette relation pleine de sens, Dieu la veut et l’a rendue possible, par Jésus-Christ. Resteras-tu en dehors ?