Un album et un manga pour nous sensibiliser au retour de Jésus

Le Maître revient ! Ses serviteurs qui l’ont attendu auront « une très grande surprise » !

Jésus nous surprend toujours, car il n’est jamais là où on l’attend : par exemple, Lui, le créateur de l’Univers, est venu sur Terre – surprise ! – comme un bébé ! Et alors que le peuple de Dieu attendait un libérateur charismatique, venu chasser l’envahisseur, Il a eu la surprise de découvrir un curieux Messie, qui « n’avait ni la beauté ni le prestige qui attirent les regards.  Son apparence n’avait rien pour plaire » (Es.53v2) !

Jésus est décidemment bien surprenant….mais ceux qui lui appartiennent et déclarent le servir, Lui « le Seigneur et le Maître », se préparent à l’accueillir, lorsqu’Il reviendra. Un magnifique album nous rapporte une histoire jadis racontée par Jésus, lequel nous explique comment l’attendre. Au final, « une très grande surprise » attend ces serviteurs…qui ne s’y attendaient pas, comme les auditeurs d’hier de l’histoire !
Et nous, lecteurs d’aujourd’hui ? Comment serons-nous surpris ?
[En bref : Jésus et la très grande surprise, de Catalina Echeverri. BLF éditions, 2021]
Jésus est encore plus surprenant dans ce manga, le dernier de la série « La Bible en manga », édité par BLF et disponible depuis le 17 mars 2021 : dans cette adaptation réussie de « l’Apocalypse » de Jean, Il apparaît en effet, non plus comme « l’humble charpentier » ou « le Roi serviteur », mais comme « le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs », dans toute sa Majesté.

« Majesté » : un manga « dédié à tous ceux qui attendent l’élu », tel qu’il est annoncé et présenté dans les Ecritures bibliques.

Le livre de « l’Apocalypse », que l’on pourrait qualifier de « science fiction » de la littérature biblique, vient conclure la Bible de manière déroutante. Comme tout genre apocalyptique, il contient des images et des symboles, donnant à lire un code difficile à déchiffrer, d’où le pari risqué d’adapter un tel livre en BD. Face à ce défi, comme nous l’explique l’éditeur, les auteurs du Manga ont fait le choix de limiter au strict minimum les interprétations du texte et de raconter au maximum la vision telle que l’apôtre Jean l’a reçue. Ce qu’on perd en lisibilité, on gagne en fidélité au texte biblique, avec quelques petites adaptations nécessaires dans le texte. A noter une annexe bienvenue nous donnant une vue d’ensemble synthétique du déroulé de « l’Apocalypse ».

« Majesté » débute par une introduction – non présente dans le livre de l’Apocalypse –  qui a pour but de contextualiser ce que nous allons voir : après la mort, la résurrection et l’ascension de Jésus-Christ, ses disciples propagent Sa Bonne Nouvelle dans le monde entier. Ils se heurtent à l’opposition des autorités religieuses juives et de l’empire romain, qui contre-attaque – le pouvoir impérial exigeant de tous les citoyens qu’ils lui rendent un culte. Les chrétiens, ne connaissant que le Christ comme Seigneur, s’exposent de fait à des persécutions, se voyant exclure de la vie sociale et économique, au point où ils (se) demandent « où est Dieu » et si ce n’est pas là « la fin de l’histoire » et le triomphe du pouvoir romain et des puissances du mal. « Apocalypse Now » ?
Heureusement, « Apocalypse » ne signifie pas du tout « catastrophes/cataclysmes/effondrement » mais
« révélation/dévoilement » de Jésus-Christ. Il contient en effet « les réalités cachées que Jésus-Christ a fait connaître clairement. Dieu lui a fait connaître ces réalités, pour montrer à ses serviteurs ce qui doit arriver bientôt. Le Christ les a fait comprendre à son serviteur Jean en lui envoyant son ange. Voici ce que Jean a affirmé : tout ce que j’ai vu, c’est bien la parole de Dieu, et c’est bien le témoignage de Jésus-Christ ». (Apoc.1v1-2)
Le manga « Majesté », dédié « à tous ceux qui attendent l’élu » tel qu’il est annoncé et présenté dans les Ecritures bibliques [pour ne pas se tromper et attendre « d’autres élu(e)s »], nous donne un rendu en images assez impressionnant des visions de l’Apocalypse – un livre déjà assez visuel – quoique celles-ci devaient être encore plus impressionnantes pour Jean, lorsqu’il les a reçues un certain dimanche, sur l’île de Patmos où il était exilé.
Mais le parti pris graphique, impressionnant, n’est pas qu’inquiétant : certaines planches sont mêmes lumineuses, pour nous dévoiler le mystère de la présence de Dieu dans ce monde, en toutes circonstances, y compris dans les temps d’épreuves où tout semble perdu pour le peuple de Dieu.
C’est ainsi que ce livre, qui nous parle de l’avenir, garde toute son actualité pour notre présent, en particulier du présent de tout croyant, aujourd’hui aux prises avec l’incompréhension, l’incertitude, l’illusion, la tromperie, l’injustice mais aussi l’espérance et la présence de Dieu. Face aux prétendues « révélations » sur « ce qui se passe en ce moment » ou « la fin des temps », « l’Apocalypse » est LA révélation de Jésus-Christ, qui, loin de susciter le fatalisme, le cynisme ou l’indignation stérile, constitue un message d’espérance et une bonne nouvelle pour tous ceux qui souffrent pour leur foi. En effet, les chrétiens, en « témoins fidèles et véritables », n’adorent que Dieu et refusent d’adorer, d’accorder leur loyauté ou de sacraliser tout pouvoir (qu’il soit politique, idéologique, religieux ou économique…) prétendant prendre la place du Dieu véritable dans le coeur et la vie des hommes. Ils savent que leur loyauté et leur fidélité à Jésus-Christ peuvent les exposer à être marginalisés ou persécutés (jusqu’à la mort), quand ils refusent les compromis, les mensonges et les injustices auxquels ces pouvoirs cherchent à les entraîner.
Mais au final, l’Apocalypse proclame la victoire et le règne du Christ crucifié, ressuscité et glorifié, à laquelle ceux qui lui appartiennent sont associés.
C’est pourquoi, « il est heureux, celui qui lit ce livre ! [en écho au début du psaume 1 et aux béatitudes de l’Evangile selon Matthieu] Ils sont heureux, ceux qui écoutent ces paroles venues de Dieu et qui obéissent aux choses écrites ici ! Oui, le moment fixé pour ces événements est bientôt là » (Apoc.1v3).
C’est tout le bonheur que je puisse vous souhaiter !
[En bref : Manga. Majesté (vol.6) : le combat apocalyptique de l’élu, de Ryo Azumi. BLF éditions, 2021]
Ouvrages reçus gracieusement en service presse de la part de l’éditeur, que je remercie.

« Plus », ce n’est pas forcément « mieux »…

Qui n’a pas déjà soupiré : « plus de toi, Seigneur ! » ?

« Plus », « plus, « plus »….

Mais ce désir de « plus de Dieu » ne cacherait-il pas en réalité un désir de…..« mieux (connaître Dieu) » ?

« La vie éternelle », a dit le Seigneur Jésus, « c’est de te connaître, toi seul vrai Dieu et celui que tu as envoyé, Jésus-Christ » (Jean 17v3).
Et « le peuple qui connaît son Dieu sera fort et agira » (Daniel 11v32).

Concernant cette connaissance de (mieux de)Dieu, l’ exemple de Moïse* est particulièrement édifiant et fort actuel pour nous aujourd’hui :

Moïse est né de parents pieux. Il aurait pu « en rester à la foi de ses parents ». Néanmoins, il a eu, au cours de sa vie,

une révélation progressive de Dieu. Pas « plus », mais « toujours davantage », jusqu’à ce que Dieu « parle (avec lui) bouche à bouche » (Nombres 12v8)
Un élément fondamental du trait de caractère et de la vie de Moïse est à souligner : Moïse est connu comme un homme de prière, mais il est intéressant de noter que Moïse écoute Dieu beaucoup plus « qu’il ne parle à Dieu »* (cf les expressions récurrentes « l’Eternel dit à Moïse »)

Le secret de la vie de prière de Moïse : la prière d’écoute

Nombres 7v89 révèle le secret de toute la vie de prière de Moïse : celui-ci « entrait dans la tente d’assignation pour parler avec Lui, il entendait la voix qui lui parlait de dessus le propitiatoire qui était sur l’arche du témoignage, d’entre les deux chérubins; et il Lui parlait ». Moïse allait à l’écart, comme plus tard le Seigneur Jésus, pour un entretien personnel et quotidien avec Dieu. Il « entrait dans la tente d’assignation », d’abord pour écouter Dieu, puis pour lui parler.

Que trouvait-on dans la tente d’assignation, où Moïse entrait pour son « face à face avec Dieu » ?* Il s’y trouvait le propitiatoire (ou couvercle de l’arche, dans le lieu très saint du tabernacle), l’arche (contenant notamment les tables de la loi) et les chérubins.
Plus exactement, sur ce propitiatoire étaient deux chérubins, leurs faces tournées vers le propitiatoire et contemplant donc le sang mis sur le propitiatoire lors du grand jour des expiations (Lévit. 16:12-14).
Pour mémoire, le propitiatoire parle de l’œuvre de Christ à la croix(cf 1 Jean 2v1-2 et 1 Jean 4v10) ; l’arche, de la Parole de Dieu, et les chérubins, de la sainteté de Dieu.

Ces éléments pris dans leur ensemble (et non séparément)nous enseigne que :

Nous nous approchons de Dieu, sur la base de l’œuvre de Christ (accomplie) à la croix : « Dieu est amour. En ceci a été manifesté l’amour de Dieu pour nous, c’est que Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde, afin que nous vivions par lui; en ceci est l’amour, non en ce que nous, nous ayons aimé Dieu, mais en ce que lui nous aima et qu’il envoya son Fils pour être la propitiation pour nos péchés »(1 Jean 4v8-10).
Sa Parole doit demeurer en nous, pour que nos prières soient selon Sa volonté. (Jean 15v7)
Il est enfin essentiel de ne pas perdre de vue que Dieu est saint (« soyez saints, car je suis saint », cf Lévit.19v2 et 1 Pie.2v11)

Persévérer dans ce temps de communion avec Dieu nous permet d’apprendre à mieux discerner Sa volonté et Son plan pour nous. D’autant plus que ce temps est voulu de Dieu, qui nous attend pour ce rendez-vous avec lui, « dans le lieu secret »(Matt.6)

Moïse : un intercesseur pour son peuple

Intercéder, c’est se placer entre Dieu et un autre, et prier pour cet « autre ».

Moïse a bien des fois intercédé pour le peuple d’Israël, mais nous vous invitons à étudier en particulier trois événements :

-Rephidim, en Ex.17v8-13 ;

Le veau d’or en Ex.32v7-14 ;

-Les douze espions en Nombres 14v11-20

Les deux derniers cas sont similaires, et il est édifiant de considérer ce que Moïse a prié ou demandé, ce que Dieu Lui a proposé et ce que Moïse a répondu.

Enfin, Moïse a découvert progressivement qui est Dieu(lire, en parallèle, le Ps.90)

1)Une « première rencontre » a eu lieu au « Buisson ardent » (Ex.3v1-14). Dieu se présente et se révèle à lui comme le « Dieu de son père » (v6), le Dieu des promesses, le Dieu qui agit (v7) et « Celui qui est »(cf le premier élément de la foi en Hébr.11v6)
2)En Ex.19v16-21, une seconde révélation de Dieu permet à Moïse de découvrir que Dieu est saint(cf Hébr.12v18-29)
3)En Ex.33v18-23, et Ex.34v5-7, Moïse découvre enfin la bonté de Dieu.

En Exode 34 se manifeste là sans doute « l’un des sommets de la révélation de Dieu, dans tout l’Ancien Testament »**. Moïse se trouve sur le Sinaï pour recevoir les secondes tables de la loi-les premières ayant été brisées par Moïse face à l’idolâtrie du veau d’or.

« Moïse tailla deux tables de pierre comme les premières, et se leva de bon matin, et monta sur la montagne de Sinaï, comme l’Éternel le lui avait commandé, et prit en sa main les deux tables de pierre.
Et l’Éternel descendit dans la nuée, et se tint là avec lui, et cria le nom de l’Éternel.
Et l’Éternel passa devant lui, et cria: L’Éternel, l’Éternel! Dieu, miséricordieux et faisant grâce, lent à la colère, et grand en bonté et en vérité,
gardant la bonté envers des milliers de générations, pardonnant l’iniquité, la transgression et le péché, et qui ne tient nullement celui qui en est coupable pour innocent, qui visite l’iniquité des pères sur les fils, et sur les fils des fils, sur la troisième et sur la quatrième génération!«  (Ex.34v4-7)

La tradition hébraïque compte treize adjectifs dans les versets 6 et 7 de ce passage, relève Erri De LUCA**. « Israël répète ces vers dans les prières de sa journée la plus solennelle, le Yom Kippour. Ces deux vers contiennent un détail unique : le nom [de l »Eternel-ou plutôt le tétragramme : YHVH***] n’est répété deux fois qu’ici, une après l’autre(…)la tradition hébraïque enseigne que le nombre du tétragramme coïncide avec le mot un, qui est l’attribut par excellence de Dieu, plus le mot amour. C’est ainsi qu’à travers ces treize attributs et cette répétition unique du nom sacré nous apprenons que ces secondes tables ont été données avec encore plus d’amour que les premières, de la part de l’Eternel, caché dans un nuage du Sinaï.

Ces secondes tables, bien qu’égales aux premières, contiennent un amour plus intense. »**

Le résultat(Ex.34v29) en est que « Moïse descendit de la montagne de Sinaï, ayant les deux tables du témoignage dans sa main, en descendant de la montagne; et il ne savait pas que la peau de son visage rayonnait, parce qu’il avait parlé avec l’Éternel ».

 

 

 

 

Notes :

*D’après « La Prière », de Georges ANDRE(Dépôt de Bibles et Traités Chrétiens, 1986), pp 47-54

**D’après « Nous sommes », d’Erri De LUCA. IN « Premières heures ». Gallimard, 2012(Folio), pp59-61

*** autre traduction, celle du Rabbinat français : « L’Éternel descendit dans la nuée, s’arrêta là, près de lui et proclama nominativement l’Éternel. 6 La Divinité passa devant lui et proclama: « ADONAÏ est l’Étre éternel, tout puissant, clément, miséricordieux, tardif à la colère, plein de bienveillance et d’équité… »(Ex.34v5-6)