« En août, on s’arrête, on réfléchit »

Source image : couverture du Monde Diplomatique d’août 2020

Et on fait une pause nécessaire et bienvenue sur Pep’s café!, avant de reprendre en septembre.

Profitez-en pour vous consacrer à la lecture de notre série de l’été : « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal), à partir des lettres aux anges de 7 églises de l’Apocalypse.

Bon été et à bientôt !

(Paru initialement le 11/08/21 et mis à jour pour l’occasion)

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Laodicée

La lettre à Laodicée Ou quand la tiédeur de l’indifférence fait froid dans le dos (Source : Bolligan)

Septième et dernier épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) ! Je vous remercie d’avoir suivi jusqu’au bout cette série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Laodicée, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

« Parce que tu es tiède et que tu n’es ni froid ni bouillant, je vais te vomir de ma bouche » : Aïe ! Alors là ça fait vraiment mal. Dire à l’Eglise de Sardes, « tu penses être vivante, mais tu es morte », c’est presque moins violent !

Il faut dire que la tiédeur de l’indifférence me fait froid dans le dos. Je dis parfois à mes étudiants que c’est plus facile de discuter avec un athée ou un bouddhiste convaincu qu’avec quelqu’un qui n’a que « bof » à la bouche. Avec l’indifférence, vous avez beau faire tout ce que vous voulez, dire tout ce que vous voulez… cela n’a aucun effet. Cela ne fait ni chaud, ni froid ! C’était exactement ce qui se passait à Laodicée. On avait l’impression que, même dans une Eglise, la Parole de Jésus lui-même… ne leur faisait ni chaud ni froid.

Nous pourrions penser être au-dessus de tout cela. Nous… nous sommes zélés ! Jusqu’au moment où nous ouvrons les yeux sur notre condition. Nous réalisons alors que nous aussi nous pensons avoir tout ce dont nous avons besoin. Nous ne sommes pas si misérables que cela. Nous sommes plutôt de bons disciples. Notre orgueil revient toujours : cette Eglise de Laodicée quand même, quel contre-exemple !

Attention quand même, ne soyons pas trop sévères… ce qui est malheureusement notre réaction immédiate avec les autres croyants. Cette Eglise reste destinatrice de la parole de Jésus. La solution que propose le Seigneur ? Tout d’abord, prendre conscience que nous sommes « malheureux, misérable, pauvre, aveugle et nu » (3.17) Cette confession nous conduit ensuite à reconnaître qu’en Jésus seul nous serons riches et purs.

 L’avertissement est fort, mais la promesse est là, toute aussi forte : « je te conseille d’acheter chez moi de l’or éprouvé par le feu, afin que tu deviennes riche… » (3.18) Venez ! Venez à Jésus ! Oui, il dit : « Moi, je reprends et je corrige tous ceux que j’aime. Aie donc du zèle et repens-toi. » (3.19) Jésus aime, et c’est pour cela qu’il nous reprend fermement, avec des paroles de grâce. Ecoutons sa voix, venons à lui, car tout est gratuit (cf. Es 55.1) !

Venir à lui pour trouver la vraie richesse, c’est ce que Laodicée avait oublié. Que l’Esprit nous aide à ne pas faire pareil. Qu’il nous aide à toujours entendre sa voix, et le suivre. Le suivre… avec la promesse que nous mangerons avec lui !

Cette série est terminée : j’espère qu’elle vous a été encourageante et édifiante. Si c’est le cas, ne manquez pas de nous le dire en commentaire et/ou de la partager autour de vous.

Si vous venez d’arriver, ne manquez pas non plus de la reprendre au début.

Et encore mille merci aux contributeurs, Louis-Michel, Mialy, Yannick, nos « plumes invitées de l’été », pour leur participation !

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : lettre à l’église de Philadelphie

Lorsque l’ange évoque une porte ouverte qui ne ferme pas, en mentionnant celui qui tient les clés de David, les chrétiens de cette Église comprennent que le Christ, celui qui détient les clés de David, est celui qui peut les protéger des ennemis.

Sixième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Philadelphie, par Mialy, que je remercie pour sa contribution.

Article écrit à partir du passage biblique en Apocalypse 3:7-13

Philadelphie bénéficiait à cette époque d’une situation géographique particulière : peuplée par une population mixte, la ville se situait à la croisée des grandes voies, comme une porte ouverte sur des chemins. Philadelphie était un centre administratif avec de bonnes relations avec la ville de Rome. Cette région volcanique subissait de nombreux tremblements de terre. Lorsque l’ange évoque une porte ouverte qui ne ferme pas (Apoc.3v8), en mentionnant celui qui tient les clés de David (Apoc.3v7), les chrétiens de cette Église comprennent que le Christ, celui qui détient les clés de David (cf Es.22v22), est celui qui peut les protéger des ennemis. Dans le contexte géographique et politique dans lequel évoluent les chrétiens de Philadelphie, ils savent que la ville est un lieu de passage, un lieu dans lequel on entre facilement, tout en restant une ville dépendante de Rome. Une ville bien située, certes, mais sans réel pouvoir. La mention du Christ qui détient les clés rappelle aux chrétiens de Philadelphie que c’est Christ qui a tout pouvoir. Il peut garder une porte ouverte, ou la fermer, personne ne pourra s’y opposer. Hier comme aujourd’hui, les chrétiens sont encouragés à se rappeler que Christ a tous les pouvoirs, même face aux grands de ce monde.

Plus loin, lorsque l’ange évoque la promesse d’un nom gravé sur des piliers (Apoc.3v12), ces chrétiens, habitués des tremblements de terre, comprennent avec leur expérience que les piliers représentent la stabilité et qu’ils peuvent se confier fermement en Dieu. Cela vient en complément de la première idée : Christ a tout pouvoir. Les chrétiens peuvent aussi complètement se confier à Dieu.

Même s’il n’est pas fait de reproches à cette Église et à partir de ces deux encouragements personnalisés, remarquons que Dieu connaît les faiblesses de cette Église. Le messager précise même “tu n’as pas beaucoup de force, pourtant tu as gardé ma parole et tu n’as pas dit que tu ne me connaissais pas” (Apoc.3v8), ce qui signifie “tu ne m’as pas renié”. La caractéristique de cette Église est sa faiblesse ! Ce n’est pas un reproche, c’est un constat : elle est faible, aux yeux du monde. L’Église de Philadelphie et les chrétiens sont encouragés à persévérer, malgré la faiblesse. Persévérer, car ils seront gardés de l’épreuve : malgré l’épreuve, le Seigneur les gardera, il marchera avec eux, les protégera. C’est le sens de la prière de Jésus pour ses disciples “Je ne te demande pas de les retirer du monde mais je te demande de les protéger du Mauvais » (Jean 17v15).

Dans une société comme la nôtre, où il est de plus en plus difficile de tenir des engagements, et parfois dans une relation il est plus facile de se séparer que de persévérer, … persévérons ! Les circonstances changent, nous changeons, les autres changent, le monde change, mais les chrétiens sont encouragés à persévérer, à rester confiants en Dieu, fermement, au milieu de ces temps troublés.

Références bibliographiques :

FOCANT C., MARGUERAT D., Le Nouveau Testament commenté, Labor et Fides, Paris, 2014. p 1163.

PRIGENT, Pierre, L’apocalypse de Jean, Commentaire du Nouveau Testament, Labor et Fides, Genève, 2000.

Versions de la Bible utilisées : TOB et NBS

Dernier épisode, la semaine prochaine : Laodicée

« Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal) : Lettre à l’Église de Sardes

Ephèse ou Philadelphie sont les lettres de l’Apocalypse qui nous attirent naturellement. Et puis…et puis, il y a la lettre à Sardes, où tout semble être négatif…. (Source image : Éclaboussures grunge par Karen Arnold)

Cinquième épisode de notre série de l’été – « Dans Evangélique, il y a évangile » (ça ne peut pas faire de mal). Une série en 7 épisodes pour découvrir ce que peuvent nous enseigner les interpellations et encouragements de Jésus-Christ aux 7 églises de l’Apocalypse. Aujourd’hui, la lettre à l’ange de l’Eglise de Sardes, par Yannick, que je remercie pour sa contribution.

Si vous aviez le choix, quelle lettre de l’Apocalypse choisiriez-vous de lire ? Sur laquelle choisiriez-vous de vous arrêter ? De nombreuses lettres sont édifiantes et encourageantes ! Jésus dit à celle de Philadelphie : « j’ai mis devant toi une porte ouverte que nul ne peut fermer » (3.8). S’il a des reproches envers Éphèse, il commence par une exhortation: « Je connais tes œuvres, ton travail et ta persévérance. » (2.2). L’encouragement est au cœur de la lettre à Smyrne : « Je connais ta tribulation et ta pauvreté — et pourtant tu es riche… » (2.9)

Éphèse ou Philadelphie sont les lettres qui nous attirent naturellement. Et puis… et puis il y a la lettre à Sardes, où tout semble être négatif. Le constat du moins est sans appel : « Tu as le renom d’être vivant, mais tu es mort. » (3.1) Quel constat amer, tragique ! La voici cette Eglise qui a la réputation d’être dynamique, avec des projets sociaux, des groupes d’Eglise, et des formations de disciples. La voici cette Eglise qui tente de se faire une place dans le monde. La voici encore cette Eglise qui pense être au-dessus des autres parce plus équilibrée, moins extrémiste… ou plus orthodoxe.

Le problème ? C’est que c’est une réputation, non une réalité. Le problème c’est que notre orgueil marque cette Eglise, jusqu’à la séparer de ce qui compte vraiment. Le problème ? C’est de ne pas avoir gardé et suivi la parole qui avait été entendue et reçue. La possibilité est là, malgré tout ce qui pourrait être considéré comme une trahison du Seigneur : nos alliances discutables, notre éthique chancelante, notre théologie hésitante, et nos médisances envers les autres croyants. Malgré tout cela, ta repentance est là présente. La main du Seigneur ne s’est pas encore fermée.

Cette repentance est d’autant plus possible que dans l’Eglise il y a toujours un reste « qui n’ont pas souillé leurs vêtements » (3.4) La possibilité est là, mais associée à une exhortation : « Sois vigilant et affermis le reste qui allait mourir… » Sois vigilant, affermis-toi… une repentance est possible. La main du Seigneur est encore ouverte, jusqu’à ce que le livre soit fermé. Mais ce n’est pas encore le temps… Pour le moment, le Seigneur nous appelle encore : « Ainsi le vainqueur se vêtira de vêtements blancs, je n’effacerai pas son nom du livre de vie et je confesserai son nom devant mon Père et devant ses anges. » (3.5) Entendons la voix de Jésus, et demandons qu’il nous renouvelle par son Esprit, celui qui parle encore aux Eglises.

Prochain épisode, la semaine prochaine : Philadelphie.