« Devenir chrétien ! Pour quoi faire ??? »

Telle est la question posée sur le site « 1001 questions » par l’internaute « Daniel ». Et voici la réponse donnée, laquelle, inédite, choisit de prendre à contre-pied l’obsession utilitariste :

« Devenir chrétien ! Pour quoi faire ??? »  Et bien… Pour rien. Non, objectivement, je n’ai pas de bonne raison à vous soumettre pour vous convaincre de devenir chrétien. J’en aurais plutôt plein de mauvaises… Mais que vous connaissez sans doute déjà si j’en juge par la ponctuation de votre question.
En fait on ne devient pas chrétien « pour faire quelque chose »; on devient chrétien parce qu’à un moment on ne peut pas faire autrement. C’est un peu comme si je vous demandais : « Tomber amoureux ! Pour quoi faire ??? » Là aussi nous sommes tous capables de lister les conséquences désastreuses de ce genre de chute, tout en connaissant la puissance de ce sentiment… Mais sérieusement, qui décide qu’il (elle) va tomber amoureux ??? Ce genre de choses vous arrive, et puis après on voit ce que l’on fait avec. Dans le cas de la relation amoureuse, cela peut devenir une belle histoire ou faire souffrir. Dans tous les cas, il y a un « avant » et un « après ».

La suite ici.

 

 

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Aimez-vous les uns les autres

Ce passage de Jean 13v34-35 nous est tellement familier que l’on pourrait poursuivre notre parcours chrétien exactement comme Pierre dans cette conversation. Source : Rawpixel

Voici une contribution de notre « plume invitée » du jour. Merci à elle !

Jean 13v34-36 (Parole Vivante) : Je vous donne une directive nouvelle: aimez-vous les uns les autres. Oui, tel est mon commandement: comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres. La marque par laquelle tous les hommes pourront reconnaître si vous êtes mes vrais disciples, c’est l’amour que vous aurez les uns pour les autres. Simon Pierre lui demanda: Seigneur, où vas-tu?

Si nous avons choisi la transcription dynamique de ces paroles de Jésus données à ses disciples peu de temps avant d’être livré et crucifié, c’est pour attirer notre attention. En effet, ce passage nous est tellement familier que l’on pourrait poursuivre notre parcours chrétien exactement comme Pierre dans cette conversation : Il se croit prêt à « remuer ciel et terre » pour suivre Jésus mais ne prête pas vraiment attention à Ses paroles, ni à l’exemple qu’il vient de laisser en lavant les pieds de Ses disciples ! (voir aussi les v 12 à 17)
Ici, Jésus choisit de nous confier le moyen de Le suivre : l’amour fraternel. Si nous voulons Le suivre et « entrer dans notre destinée », alors la mise en pratique de ce commandement nouveau est la clef d’accès ainsi que l’oxygène indispensable pour cheminer en Christ. Le Premier Testament enseignait « d’aimer notre prochain comme nous-mêmes », ce qui semble difficile même pour le chrétien aguerri. Mais Jésus va plus loin en nous demandant d’aimer nos frères et sœurs en Christ comme lui-même nous a aimés. (Voir Jean 13v14 et 15 et Jean 15 v 8 à 10)

Alors devant cette impossibilité apparente, il se peut que nous inventions le chemin de « l’entre deux », nous imaginant que Dieu l’acceptera. Pourtant, il n’y a que deux chemins : l’étroit qui mène à la vie et l’autre qui mène à la mort. Peut-être nous mentons-nous à nous-mêmes, nous rassurant que nous faisons mieux que certains, pratiquant ainsi le péché d’orgueil spirituel ? Ou alors, nous donnons-nous des excuses en argumentant que tel frère ou telle sœur ne marche pas assez dans l’amour, ou la vérité, ou la sainteté ? Et qu’être dans sa proximité nous empêcherait de vivre une plénitude spirituelle, de trouver notre place ou de rentrer dans notre appel ? Quels mensonges! « Or si quelqu’un prétend aimer Dieu tout en détestant son frère, c’est un menteur. Car s’il ne peut aimer son frère qui est là sous ses yeux, il ne saurait aimer Dieu qu’il ne voit pas »(1 Jean 4 v20.Voir aussi chap 3 et 4 de l’épître)

Justement, Dieu a placé dans Son Corps juste à côté de nous, des membres différents, qui peuvent sembler plus faibles ou pénibles à supporter. Cela nous donne l’occasion de crucifier notre chair qui, ELLE, nous empêchera toujours de saisir notre destinée individuelle et collective. Ainsi, puisque nous faisons tous partie du Corps de Christ, étant des membres interdépendants, il s’agit  donc de vivre concrètement cet amour aussi bien avec tous les chrétiens (sans exception volontaire) de notre assemblée locale, de nos églises sœurs mais aussi des églises d’une même ville ou région, en nous donnant nous-mêmes les uns aux autres.

Saisissons donc le don de repentance sur ce point, par lequel Dieu nous donnera le moyen de mettre en pratique d’un cœur entier ce commandement « de nous aimer les uns les autres », à l’instar de Jésus.

(La Pep’sette, « Plume invitée »)

 

Le pseudonymat n’est pas un anonymat

« On the Internet, nobody knows you’re a dog » (de l’anglais : « Sur l’Internet, personne ne sait que tu es un chien ») : un adage trouvant son origine dans ce dessin de presse de Peter Steiner paru dans le New Yorker du 5 juillet 1993

Certains blogueurs se fixent une règle personnelle, qui consiste à toujours commenter avec ses vrais prénom et nom. Ceci pour se souvenir « qu’Internet est un lieu public et que ce que l’on dit est dit pour toujours. Ça calme un peu ». Effectivement.

Cependant, il convient de nuancer un peu le propos, sans remettre en cause la nécessité d’écrire et de publier de façon responsable. Car, comme le rappellent les juristes Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, dans un fort intéressant document consacré au « pseudonymat sur internet », « l’anonymat numérique est toujours utile, et il l’est même plus que jamais. Mais encore faut-il savoir de quoi on parle. L’anonymat sur le web n’est pas le fait de ne pas signer ses propos tel un vulgaire corbeau. L’anonymat sur le web est en réalité un pseudonymat, soit le fait de signer d’une identité qu’on s’est choisi, qui individualise les écrits et en identifient l’auteur ». Pour le dire autrement, « le pseudonymat est le fait de masquer sa véritable identité par un procédé d’avatarisation, là où l’anonymat repose sur le fait de ne laisser aucune trace de son passage ». Mais pour l’internaute lambda, monsieur « A. Nonym » se définit avant tout par la création d’un faux profil.

« L’anonymat dans la vie réelle comme sur Internet devient de plus en plus difficile », constatent encore Marie Bastian et Justine Pate-Koenig. « Les notions de «protection de la vie privée», «d’intimité», « de droit à l’image » s’effacent. Tout devient public. La transparence est le maître mot. Si vous n’avez rien à cacher, vous n’avez pas à vous inquiéter », dit-on. « Or, il faut être capable de se justifier pour tout et tout le temps, et votre « jardin secret » n’a pas de raison d’être selon les tenants de la transparence ». Sauf que, relèvent fort à propos Marie Bastian et Justine Pate-Koenig, « l’anonymat est aussi un moyen utile pour libérer la parole. Quid des forums dédiés à certaines maladies, aux employés en souffrance ou aux débats politiques si l’anonymat disparaît ? » Et quid d’un droit à l’oubli vis à vis de l’internet où tout ce qui est publié est indexé et archivé, avec la possibilité offerte de se rattraper si l’on se plante, pour avoir posté un commentaire vieux de dix ans ou un commentaire à l’époque de notre adolescence, que l’on peut regretter par la suite ? Je dirai même plus : comment manifester un esprit chrétien sur le web, et ce, alors que Celui dont nous sommes les disciples supposés a dit à la croix : « Père, pardonne-leur, car ils ne savent ce qu’ils font » ?

Cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée est peut-être l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques. Voir l’excellent « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains »(Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013) de Marc-Alain Ouaknin.

Pour ma part, j’ai choisi et défends « le pseudonymat », qui n’est pas un anonymat.

En effet, je ne profite pas de mon pseudonymat pour écrire des choses que je n’assumerais pas, ou pour m’inventer un personnage. Voici quelques bonnes raisons de justifier une telle pratique :

A une certaine époque, chaque participant au Tigre magazine (2006-2014), occasionnel ou régulier, signait sous un pseudonyme de son choix. Le Tigre s’était expliqué sur ce choix, à partir des remarques entendues ici et là :

RQ 1 : « J’aime bien savoir qui écrit (…) quand j’aime le travail de quelqu’un »
Par le biais du pseudonyme « fixe », les lecteurs peuvent s’attacher à une “plume” régulière du journal, sans pour autant lier leur jugement à la notoriété publique de la personne.

RQ 2 : « Quand on assume ses propos, on les signe ».

Le pseudonyme est une signature. Le pseudonyme ne dispense en rien de ne pas assumer ses propos. Lorsqu’on dit « j’aime Johnny Halliday » (…), on parle d’une personne, alors qu’il s’agit de pseudonyme. Les lecteurs peuvent s’adresser à tel ou tel auteur de la publication en écrivant à la rédaction qui fera suivre.

RQ 3 : N’y a-t-il pas de conflits d’intérêts entre la déontologie journalistique et l’usage du pseudonyme ? Le pseudonyme ne peut-il pas servir à « cacher » qu’on ne parle pas d’un point de vue « neutre » ?
Le cas le plus flagrant serait de faire une critique positive d’un ouvrage par un ami de l’auteur de cet ouvrage (voir l’auteur lui-même) (…) On ne parle jamais d’un point de vue « neutre ». Si « monsieur Dupont » défend tel point de vue, que « monsieur Dupont » soit ou non un pseudo ne change rien à la qualité de son point de vue. La confiance que l’on accorde à un journal se fonde sur l’écriture de ses articles, non sur les sonorités des noms au bas de ces articles. Le Canard est très largement anonyme et nourri de sources anonymes, et pourtant, les lecteurs lui font confiance, alors qu’on pourrait imaginer une publication mensongère « avec signatures » qui publie n’importe quoi. Si l’anonymat peut parfois générer le soupçon, c’est dans des publications à but injurieux ou partisan (…) C’est la tonalité globale qui fait le sérieux d’un journal, non la signature au bas d’un article. Mieux vaut alors être un journal sous pseudo qui précise constamment ses sources qu’un journal « nominatif » qui reprend [sans les vérifier] et fait enfler des choses dites ici et là, en tablant sur la confiance aveugle que lui accordent ses lecteurs.

RQ 4 : « On peut écrire n’importe quoi ».
C’est faux. Un pseudonyme ne dispense pas un article d’être sourcé : au contraire, il rend parfois le lecteur plus exigeant sur ce qu’il lit (…) une écriture sous pseudonyme ne (dispense) en aucun cas de faire usage de déontologie journalistique (…) Aujourd’hui encore, l’hebdomadaire britannique The Economist allie anonymat total, succès notable et sérieux reconnu : « En cette période narcissique, être différent est un atout. L’absence de signature rend le magazine cohérent, constant dans le style et évite d’être associé à des points de vue partisans de chroniqueurs particuliers »(…)

En ce qui concerne les enquêtes, un pseudonyme protège en effet la personne qui écrit l’article. Il ne s’agit pas de lâcheté, mais d’exercice du journalisme (…) Là encore, seule la qualité rédactionnelle finale et l’exactitude des faits relatés comptent.

RQ 5 : « Ah mais si *** écrit dans vos lignes et qu’on ne le sait pas ? »
Ah ben si **** écrit dans nos colonnes, et que le lecteur lambda ne s’en rend pas compte, de deux choses l’une : soit le lecteur est choqué par ce qui est dit, soit le lecteur est choqué par le fait que ce soit **** qui le dise. Tant mieux si le pseudonyme peut pousser le lecteur à être vigilant, et à se demander « est-ce que je suis vraiment d’accord avec ce que je lis ? » Un article de journal ne doit pas être une parole sacralisée. Tant mieux si l’usage du pseudonyme pousse le lecteur à avoir un regard critique sur ce qu’il lit. Les dérives médiatiques seraient plus rares !
(…)
RQ 7 : Alors, qu’est-ce qu’on perd ?
Sur les bandeaux télévisés et les encadrés journalistiques fleurissent les « M. ***, psychologue », « ***, expert », « ***, dernier livre publié chez *** », « ***, une des révélations de l’année ».

Alors oui, Le Tigre refuse ce support confortable du prêt-à-penser, en ôtant la facilité de la reconnaissance. Oui, Le Tigre complique la tache du lecteur qui ne peut pas s’appuyer sur le « il est connu » ou « j’en ai entendu parler » ou « c’est un ponte » ou « il publie aussi chez *** » pour en venir au fait : les propos tenus, les images proposées sont-elles dignes d’intérêt ? M’apprennent-elles quelque chose ? Et ce faisant, on met sur un pied d’égalité le jeune dessinateur débutant avec ****, reconnu. (…) En ces temps où chacun est prompt à critiquer l’égocentrisme et la vanité de l’époque, le Tigre propose juste un nouveau regard.
Une proposition parmi d’autres : créer un nouveau rapport aux textes pour le lecteur, qui peut poser un regard neuf et sans a priori sur ce qu’il lit.

En guise de conclusion :
La solution proposée par l’internaute « Francine » sur « Le Bon combat », « pour contenir la foire aux vanités évangélique dans des bacs à sable de dimensions raisonnables, tout en faisant un pied de nez à « Big Brother ». Cette solution, c’est l’anonymat obligatoire. Sous la boîte à commentaires, l’on pourrait remplacer la ligne habituelle : « Merci d’utiliser vos vrais noms et prénoms pour commenter » par : « Merci de garder privée votre identité en choisissant un pseudo ; nous n’acceptons pas de mélange entre le réel et le virtuel sur ce site ». Non seulement notre désir de gloriole se verra rogner les ailes par cette mesure, mais encore les discussions et les échanges y gagneront en profondeur, puisque les commentaires seront davantage jugés sur leur contenu que sur leur conteneur.

Voir aussi « Radicalement ordinaire », un livre d’un auteur…volontairement anonyme paru aux éditions BLF en avril 2017

 

 

 

Un verset et une question (6) : « Heureux celui qui souffre l’insulte pour une bonne cause »

« Le lapin bleu » de Coolus

« Heureux celui qui souffre l’insulte pour une bonne cause » (Matt.5v10-12)

« Souffrir l’insulte »….A condition que l’insulte soit fausse. Injuste. Et que nous souffrions « pour la justice ». Est-ce mon cas ? Suis-je prêt à cela ?

Un verset et une question (5) : « Nous sommes maintenant plus près du salut que lorsque nous avons cru »

Où (en) es-tu ?
Enfant par Alejandro Lizardo

« Nous sommes maintenant plus près du salut que lorsque nous avons cru » (Rom.13v11).

Qui désigne ce « nous » ? Des (déjà) « chrétiens » ? Ou des « pas(encore) chrétiens » ?
Où (en) sommes-nous ? Dans une terre « déjà chrétienne » ou dans une terre « à évangéliser » ?

Un verset et une question (4) : « La résurrection des morts est proche, celle des justes et des injustes »

Sors !
Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

« La résurrection des morts est proche, celle des justes et des injustes » (cf Jean 5v25-29 ; Hébr.9v27 ; Actes 24v15)

En conséquence : « crains l’immortalité, car elle n’est que trop certaine », que nous le voulions ou non, et parce qu’elle est le jugement, ou la séparation (la distinction) des justes et des injustes.
Laquelle des résurrections te concernera ? Pourquoi ?

Un verset et une question (2) : « Et nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Qu’avons-nous donc à attendre ? »

Scène de « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

« Et nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Qu’avons-nous donc à attendre ? » (Matt.19v27)

Qu’avons-nous quitté, volontairement, pour suivre Jésus ? Pourquoi ?

Un verset et une question(1) : « Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu »

« Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu » (Eccl 4v17).

Pourquoi y viens-tu ? Es-tu sincère, quand tu te trouves dans la maison de Dieu et donc devant Dieu ?

Un verset et une question pour retrouver et vivre un christianisme véritable

Si les fameuses pensées de Kierkegaard nous « attaquent par derrière »….c’est pour mieux nous édifier !

Voici une nouvelle série pour l’été : chaque mercredi, pendant sept semaines, d’après « les pensées qui attaquent dans le dos » du penseur chrétien Soren Kierkegaard(1), un verset et une question pour méditer sur une condition nécessaire pour retrouver et vivre un Christianisme véritable.

Ces questions ne brossent pas dans le sens du poil mais engage celui qui ose s’y plonger. Et si elles l’« attaquent par derrière »….c’est pour l’édifier !

Bonne route, car, comme le rappelle Kierkegaard, « là, c’est avec toi-même que tu (auras) affaire au sens le plus profond, et il s’agit d’une affaire de conscience ».

Note :

(1)Ed. Première partie, 2014.