Le 1er janvier 2020 : un jour comme les autres

Encourageons-nous à ne pas trop parler en ce 1er janvier ( Source : Pixabay)

Chers lecteurs, nous sommes aujourd’hui le 1er janvier 2020. Lequel 1er janvier (à l’instar des autres jours de l’année) ne nous donne aucun pouvoir surnaturel en soi.

Dès lors, amis chrétiens, essayons donc de ne pas trop parler devant Dieu à l’occasion du changement d’année.

« Ne te rends pas à la légère dans la maison de Dieu. Vas-y avec l’intention d’écouter. Cela vaut mieux que d’offrir le sacrifice des gens stupides qui ne comprennent pas qu’ils agissent mal ». (Eccl.4v17) et « Devant Dieu, ne te presse pas de parler, ne te hâte pas d’énoncer une parole ; Dieu est dans les cieux et toi, tu es sur la terre. Mesure donc tes paroles. En effet, plus on a de soucis, plus on rêve ; et plus on parle, plus on dit de sottises. Si tu fais une promesse à Dieu, accomplis-la sans retard, car Dieu n’aime pas ceux qui agissent sans réfléchir. C’est pourquoi tiens ce que tu promets. Il vaut mieux ne pas promettre que de promettre sans tenir parole. Évite de te rendre coupable par tes propos. Ne dis pas au prêtre : « C’est une erreur. » Autrement, Dieu s’irritera à cause de tes paroles et détruira ce que tu entreprends. Les paroles abondantes sont aussi vaines que les rêves en grand nombre. Reconnais donc l’autorité Dieu ». (Eccl.5v1-6).

Le mieux que je puisse nous souhaiter, à nous qui sommes « en Christ » (cf Eph.1) et nous reconnaissons parmi ceux qui Lui appartiennent (Jean 17v6, 9, 24), est de sortir des crispations identitaires et postures clivantes, pour mieux vivre cette prière de Notre Seigneur, avec pour seul soucis (qui est aussi celui de Dieu) de le rendre visible auprès de ceux qui ne lui n’appartiennent pas encore. De sorte que ceux qui nous rencontrent ne nous rencontrent pas nous, mais plutôt fassent une réelle rencontre avec Jésus-Christ, « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5v20), et « le Prince de la paix » (Es.9v5).

Pour vous, lecteurs, qui n’appartenez pas encore à Jésus-Christ, Celui-ci ne prie pas seulement pour les siens, mais aussi pour ceux qui croiront en Lui grâce à ce que les siens diront de Lui (Jean 17v20).

C’est aussi notre prière et le but de ce blogue : que ceux qui connaissent pas Jésus-Christ viennent à Lui, que ceux qui se sont éloignés de Jésus-Christ reviennent à Lui, et que ceux qui sont en Christ demeurent en Lui. Et, globalement, que tous le Suivent. En Lui se manifeste cette promesse : « voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5)

Pourquoi Christianity Today ne doit pas oublier que « le Créateur s’est sali les mains »

Voici l’Affaire.

Pour la première fois, « Christianity Today », dans un édito de Marc Galli, son rédacteur en chef, paru le 19 décembre 2019 dans le magazine évangélique américain de référence, affirme que Donald Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (2) devrait « être démis de ses fonctions » et appelle ses lecteurs évangéliques, « après plusieurs années de retenue », à cesser de le soutenir. Une telle prise de position « politique » résonne comme un véritable « coup de tonnerre » dans le ciel évangélique, commente-t-on dans la presse dite chrétienne et séculière.

En effet, pour CT, dont « la mission ordinaire » est de « rester au-dessus de la mêlée », « il (serait) temps d’appeler un chat un chat », car Trump est « un président moralement perdu et confus », coupable « d’abus d’autorité à des fins personnelles ». Prendre position à ce sujet serait d’une « question de loyauté au créateur des Dix commandements ».

En réalité, il y a plutôt de quoi être « consterné » à la lecture de cet édito. Non pas à la façon d’un Jerry Falwell Junior ou d’un Franklin Graham (fils ainé de Billy Graham), qui l’ont condamné ou désavoué (3), mais plutôt à la manière de Joëlle SutterRazanajohary, pasteur de l’église Baptiste d’Annecy.

Dans une note de blogue (4) dont je vous recommande la lecture, celle-ci salue ironiquement l’initiative de « Christianity Today », qui « ose enfin appeler un chat un chat ! », vu qu’il n’y a, en réalité, « rien de nouveau sous le soleil américain motivant cette sortie de retenue ».

En effet, analyse-t-elle, l’on « reconnait (pourtant) un arbre à ses fruits » et « cela fait bien longtemps déjà que Mr Trump s’est emmêlé les pinceaux dans cette histoire de chat sans que (le magazine évangélique) n’espère sa destitution ! » Dans une « vidéo qui tournait sur le Web quelques mois avant les élections », Trump se vantait de pouvoir, grâce à sa position, faire violence à n’importe quelle femme (…) Et pourtant les évangéliques qui le soutenaient n’ont pas vu à ce moment-là un candidat « moralement perdu et confus » ! Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait déjà là d’un « abus d’autorité à des fins personnelles ». Ils n’ont pas appelé ce chat un chat, ce qui (…) était pourtant déjà clairement un signe d’absence de loyauté au créateur des dix commandements, aussi bien de la part du candidat en question que des électeurs. La mention de ce que le magazine éditait pour Bill Clinton en 1998 aurait donc dû s’appliquer immédiatement pour le candidat Trump » (4).

Voilà pourquoi, à l’instar de Joëlle Sutter-Razanajohary, l’on ne peut que saluer timidement (à défaut ironiquement) cet édito, et « espérer qu’à l’avenir, tant qu’à réagir, Christianity Today hésite moins longtemps à descendre dans la mêlée ». Quitte à « oser » courageusement prendre position « pour dire qu’un candidat à la présidentielle de l’un des plus grands pays du monde qui se permet de maltraiter les femmes n’est pas digne d’être président », autant « le dire tout de suite, quelle que soit la manière dont il traite ensuite les dignitaires étrangers ou ses opposants politiques », sans craindre de « se salir les mains ». Après tout, « le Dieu de la Bible » n’a pas hésité à le faire, lorsqu’il a « formé l’humain » (cf Gen.2v7) (4). De là sa mise en garde cinglante contre toute diabolisation (« Tout démocrate n’est pas ‘antichrétien’ et tout républicain n’est pas ‘chrétien’ non plus ») et contre tout clivage, ce qui permettrait « d’exprimer d’infinies nuances, sous peine de prendre conscience un jour que l’on a gobé des couleuvres et d’être obligé de ‘retourner’ sa veste » (4).

Et puisque nous parlons de clivage, il nous est par ailleurs annoncé régulièrement que la procédure de destitution du président Trump, votée par la majorité démocrate à la Chambre des représentants (5), n’aurait que « peu de chance d’aboutir », du fait du positionnement partisan des élus républicains au Sénat, chargés du procès. Une telle posture partisane me paraît inquiétante dans son mépris de la vérité et de la justice, et de nature à interpeller le chrétien, lequel est censé vouloir penser et agir comme Christ. Et, en tant que tel, ayant à cœur de « faire ce qui plaît » à son Seigneur, il « annonce (la) justice (de Dieu) », sans retenue et « sans la dissimuler », « dans la grande assemblée » (Ps.40v9-11).

Le chrétien sait que « Dieu est amour » (1 Jean 4v8) et « l’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6). Et non dans une quelconque posture partisane.

Le Christ qu’il sert a d’ailleurs averti les siens de « (prendre) garde que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront en prenant mon nom ; ils diront : “C’est moi, le Messie”, et ils égareront bien des gens (…) Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira ; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Matt.24v4-5, 12-13).

Et tout lecteur de la Bible se doit de prendre au sérieux les avertissements de 2 Thes.2v3-12 : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, ‘adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés ».

Et comme « notre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ » ne serait être polluée par le sentimentalisme (6) ou la partialité (cf Jacq.2v1), les « hommes faits » ou matures sont invités au discernement pur (Hébr.5v14). Leur responsabilité est de « jauger » ou d’évaluer le réel – particulièrement la façon de vivre de ceux qui se prétendent chrétiens – en toute humilité – et non à fuir/dénier le réel.

Face à ceux qui affirment « que le président ait fait quelque chose de mal ou non, même s’il l’a fait et que c’est immoral, cela exige le pardon et demande un coup de main, si vous êtes chrétien », aimant rappeler « que Jésus, quand il était sur la terre, n’a pas jugé les gens » (7), les mêmes « hommes faits » (se) rappelleront que cela ne sert à rien de nous justifier ou de minimiser notre péché. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas « pourquoi » mais « quoi », quand nous péchons (Gen.4v9). Il ne demande pas au pécheur de se justifier, mais l’invite à reconnaître la vérité de la rupture. Tout pécheur ainsi repentant (et non « excusé ») est pardonné, réconcilié et restauré, selon les principes bibliques (Luc 5v32, 15v7 et 1 Jean 1v9).

 

 

 

Notes :

(1) L’original ici et la traduction française .

(2) Comprendre le processus et les raisons

(3) Voir https://theweek.com/speedreads/885611/christianity-todays-editorial-sparked-family-fight-about-billy-graham-trump et http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html ).

(4) Cf https://www.actus-mots.com/post/christianity-today-ose-enfin-appeler-un-chat-un-chat

(5) Cf https://americanballotbox.com/2019/12/19/breaking-news-donald-trump-is-impeached/

(6) Cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/02/22/ton-christianisme-est-il-sentimental/

(7) http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html

 

Résister !

Face à la vague : résister, surfer complaisamment ou se laisser emporter ? (Source image : public domain pictures)

Visitant un jour le camp des Milles, à proximité d’Aix-en-Provence, je parcourais en quelques heures l’histoire des idéologies antisémites, eugénistes (vouloir des êtres humains parfaits) et  sélectives (« l’euthanasie » des enfants handicapés ou bien les stérilisations forcées) qui conduisirent l’Europe dans le chaos épouvantable de la seconde guerre mondiale. « Vivant la même apathie que des millions d’autres individus, je laissais venir les choses. Elles vinrent » [1]. Ces mots de Sébastien Haffner, jeune magistrat allemand dans les années 1930, percutent et blessent mon esprit. Comment aurait-il fallu agir ? En un mot : RESISTER.

Dans un ouvrage publié sous la direction d’Alain Chouraqui (Pour résister, les repères de l’expérience, éditions « Cherche midi »), directeur de recherche émérite au Centre national de la recherche scientifique (CNRS), nous lisons que « l’histoire a montré tragiquement que tenter de résoudre les difficultés sociétales par un « ciment » imposé, national, social ou religieux ne fait qu’aviver les tensions, en nourrissant une spirale d’enfermement, d’intolérances, de réactions et souvent de violences »[2]. L’ouvrage décrit alors trois étapes qui jalonnent le glissement vers toutes les barbaries. Les voici.

« La première étape de cet engrenage vers le pire s’enclenche dans un contexte de déstabilisation sociétale. Des crises sociales, économiques ou morales affectent la société et entrainent une peur de l’avenir, une perte de repères »[3]. C’est une étape durant laquelle s’exerce la manipulation du langage : « une des armes utilisées par les minorités agissantes pour répandre leurs idées est la manipulation du discours ». Les mensonges s’imposent progressivement et ceux qui ne font aucun mal sont accusés d’être la source du mal. Les contresens et les contradictions sont fréquents. « Quand les mots deviennent fous, les hommes deviennent fous »[4].

« La deuxième étape est franchie quand une minorité accède au pouvoir par la force ou par les urnes (…). On voit se mettre en place une législation contraire aux libertés conduisant la puissance publique à alimenter voire accélérer le processus vers le pire. Le régime devient alors autoritaire, voire totalitaire. La violence devient une violence d’Etat »[5]. Quels en sont les signes ? Institutions confisquées (elles peuvent être consultées mais jamais écoutées), contre-pouvoirs éliminés, médias manipulés, promotion de « nouvelles valeurs », liberté d’expression et de conscience muselée.

Avec la troisième étape, « on assiste non seulement à l’exclusion systématique des personnes ou des groupes cibles voire à l’organisation de crimes de masse, mais également à une extension des persécutions »[6]. Comment cela se traduit-il ? Conformisme accepté ou imposé, insécurité généralisée, peur de s’exprimer, disparition des opposants, déshumanisation, menace permanente.

Cette spirale est-elle inéluctable ? Pour les auteurs, il faut résister : « nous sommes responsables de ce que nous ne faisons pas ». Pour eux les formes de résistance sont multiples et leur convergence est efficace. Plus la résistance est précoce et forte plus elle a de chance d’aboutir. L’effet de groupe, la propension de l’être humain au conformisme peut être contrecarrée.

Lire la suite de l’article « Pourquoi faut-il résister ? » de Franck Meyer, Président du CPDH, Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, paru le 13/12/19 sur le site de l’organisme.

 

 

Notes :

[1] Histoire d’un allemand, souvenirs 1914-1933. Sebastian Haffner (de son vrai nom, Raimund Pretzel)

[2] « Pour résister… à l’engrenage des extrémismes, des racismes et de l’antisémitisme ». Alain Chouraqui dir., Cherche-Midi, 2015.

[3] Ibidem, p. 86

[4] Ibidem, p. 164

[5] Ibidem, p. 90

[6] Ibidem, p. 94

 

 

L’action du mois : pourquoi il ne t’est plus possible d’acheter sur Amazon

Après les librairies, Amazon menace les supermarchés (Dessin de Chappatte, dans The New York Times. 22/06/17)

« Acheter un livre sur Amazon. Rien d’immoral là-dedans ! » (sic)

Peut-être partages-tu ce point de vue (lu sur la toile) de celui qui « ne peut pas s’empêcher de rester fasciné par l’entreprise Amazon et l’ambition(re-sic) du fondateur Jeff Bezos ».

Effectivement, lorsque tu achète sur Amazon, « tout est fluide, rapide et simple » (1) comme un simple « clic », promesse d’un « monde meilleur » où tous les services et les plaisirs sont à portée de main, « sans effort »(2). A quel prix ?

Comme le souligne « Zeboute » sur son blogue(1), il n’est pas question ici du prix de ce que tu achètes, mais « du prix de (ta) petite conscience ». En effet, préfère-tu « rester un citoyen qui a une conscience, une éthique ou oublier ce qui se cache ? »

Tu peux revendiquer la meilleure vision biblique du monde, pour mieux glorifier Dieu dans tous les aspects de ta vie, et être en décalage avec cette même vision en achetant (ou en encourageant à faire ses courses) sur Amazon !

Tu pourrais être surpris en osant « regarder dans l’arrière-boutique d’Amazon », dans laquelle « tout n’est pas aussi simple. Ni fluide. C’est plutôt une dure réalité »(1).  Et même une « utopie bidon », selon la formule du documentariste Pierre Carles, car « ce monde meilleur » est en réalité « synonyme de sang et de larmes pour la majorité de la population mondiale… » (2)

Ok, ok. Tu en as certainement déjà entendu sur ce sujet. Tu choisis de zapper. « Mais si (tu mets) bout à bout tous les sujets autour de l’entreprise Amazon, (tu pourras) prendre conscience, en toute objectivité sur l’intégralité de l’attitude tellement formidable d’Amazon ! » (1)

Ainsi, veux-tu t’offrir « le beau produit pas cher, en écrasant les salariés ? »

Serais-tu « d’accord d’être licencié par une machine ? » [En un an, l’entreprise est capable de licencier sur un même site 300 personnes.- soit de recycler et jeter des salariés, notamment des salariés à faible formation. Qui finiront au chômage].

Veux-tu « cautionner le désastre écologique et cynique d’Amazon ? » [Alors qu’en France, les restos du coeur demandent à lutter contre la pauvreté. Alors que les associations humanitaires se battent au quotidien pour offrir à Noel à des enfants nécessitant des cadeaux, Amazon, lui détruit des millions d’objets neufs (pour) éviter les taxes sur les stocks que chaque entreprise doit payer (…)ces produits qu’Amazon stocke sont ceux de leurs vendeurs de la market place. Amazon laisse libre choix (sic) aux vendeurs de payer des frais inconsidérés de stockage, ou de détruire leurs produits, pour une bouchée de pain]

Veux-tu être surveillé dans ta chambre par Amazon ?

Veux-tu laisser Amazon vendre les techniques de reconnaissance faciale aux gouvernements ?

Veux-tu laisser Amazon devenir un monopole du commerce mondial ? [Qui dit monopole – lequel n’est pas que d’Etat –  dit arrangement, pratiques déloyales, fin de la concurrence. Et l’impossibilité de laisser la place à de nouveaux acteurs sur le marché ! Et laisser le monopole décider. Vous n’aurez plus le choix. Même si aujourd’hui est propice : rapidité, bon prix…..]

Veux-tu te promener dans des centres ville morts ? [Estime-tu que voir disparaître les librairies des villes où elles sont présentes physiquement est « un progrès » ?]

Veux-tu qu’Amazon pille les logiciels gratuits et ouverts, développés par toute la communauté de développeur dans le monde entier. Pour les reconditionner sous forme de services managés payants ?

[Veux-tu la mort de la diversité culturelle ?]

Veux-tu que le monde suive les « bonnes pratiques » d’Amazon ? (1)

(…)

 

Personnellement, je n’achète plus sur Amazon depuis longtemps, sachant tout cela, et pour une question de cohérence. J’achète mes livres en librairie.

« Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité » (Eph.5v8-9).

« Tu ne voleras pas (…)Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire […]. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur ».

Tel est le commentaire d’Erri de Luca de l’une des « 10 Paroles » du Deutéronome (Et il dit, Gallimard, 2012, « Du Monde entier », pp 79-80)

A toi de jouer !

 

 

Notes : 

(1) https://zeboute-infocom.com/2019/05/28/pourquoi-ne-pas-acheter-amazon-boycott/  (Voir aussi https://antigone21.com/2016/02/16/4-bonnes-raisons-ne-pas-commander-chez-amazon/)

(2) http://www.acrimed.org/article3488.html

 

 

Comment bien terminer l’année : avec espérance !

« Soyons plein d’espérance ! »

« Cette espérance, nous la possédons comme une ancre de l’âme, sûre et solide… » (Hébr.6v19)

 

Chers lecteurs, je vous remercie pour votre fidélité et vous souhaite de passer une belle fin d’année 2018 pleine d’espérance. Je vous donne rendez-vous le 09 janvier 2019, pour les 6 ans du blogue…si le Seigneur n’est pas revenu d’ici là !

Profitez notamment de cette pause pour lire – ou relire – les textes suivants, en vous posant les questions essentielles :

Suis-je un « croyant » ? https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/03/02/en-ce-moment-jecoute-mon-ancre-et-ma-voile-de-david-durham/

Quel est mon regard sur la justice ?  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/06/03/notre-regard-sur-la-justice-ou-le-conte-des-balances/

Est-ce que j’obéis immédiatement lorsque Dieu me demande quelque chose ? Est-ce que je mets tout mon zèle pour faire exactement ce qu’il demande ? Pour mieux y répondre, voir « Mission impossible pour Jonas », une étude biblique en deux temps, trois mouvements, qui nous parle du caractère universel de l’Evangile

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/20/mission-impossible-pour-jonas-lecture-suivie-1/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/22/mission-impossible-pour-jonas-lecture-suivie-2/

Et pour finir,

Une histoire connue, où il se passe des choses invraisemblables https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/04/04/peps-cafe-a-lu-une-tete-de-nuage-et-vu-son-auteur-erri-de-luca/

Une histoire vécue, aux allures de parabole moderne https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/20/la-carte-de-linconnu-celle-que-vous-navez-pas/

Un article disponible jusqu’au 07 janvier, à consulter (avec d’autres) sur le site de la revue Projet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/12/12/lhumiliation-un-sentiment-trop-souvent-ignore/

 

L’action du mois : dire non au « Black Friday », journée (au) rabais

« Piqué » sur le compte Twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/11/18)….

“Je crois fondamentalement dans le marché, mais nous devons admettre qu’il ne fonctionne pas” :  cette phrase extraordinaire a été prononcée le 18 novembre par Timothy D. Cook, successeur de Steve Jobs au poste de directeur général d’Apple…

« Chaque mot de sa phrase mérite examen », souligne le journaliste Patrice de Plunkett dans une note de blogue. « Elle pose que le marché est “fondamentalement” objet de foi : Tim Cook “croit dans le marché” tout-puissant (comme le Credo dit : “I believe in God the Father Almighty”) ; attitude propre à la religion, non à l’analyse économique. Le libéralisme n’est pas une science, c’est un culte… Mais Tim Cook constate aussi que le marché “ne fonctionne pas”. En conclura-t-il, comme les théologiens chrétiens, que la toute-puissance de ce dieu Marché – comme celle du Père (almighty) au sein de la Trinité –  s’exprime non en termes de fonctionnel utilitaire mais de don gratuit ?  Impossible, puisque le dieu Marché est celui de l’échange vénal !  Première impasse.

Deuxième impasse : c’est précisément dans le domaine de l’échange vénal, son exclusif domaine, que ce dieu objet de foi – le Marché – ne fonctionne pas” selon Tim Cook. Du coup, la foi de ce patron dans le Marché paraît vouée à l’avis méprisant du prophète (1 Samuel 12v21) sur les idoles :   “Ces choses de néant…”

Fort de ce constat d’iconoclaste, prenons du recul sur un phénomène venu des Etats-Unis et imposé en France par la grande distribution et les marques : il s’agit du « Black Friday » (vendredi noir), une journée (au) rabais aux USA.

En effet, comme tous les ans, les Américains se ruent littéralement dans les magasins ce vendredi 23 novembre, au lendemain de Thanksgiving, espérant profiter d’ une semaine de promotions démentielles avec réductions allant jusqu’à 80%. Un véritable phénomène donnant lieu à des scènes de liesse(sic) chaque année et avec des rues « noires de monde ». Cette « folie » préventive est censée être la stratégie choisie par les consommateurs pour éviter cette autre folie du mois de Décembre en magasins, à l’approche de la fête de Noël.

En France, comme son nom ne l’indique pas, le « Vendredi Noir » s’étend en réalité sur tout un week-end, les Français ne disposant pas dans leur calendrier d’un jour férié dédié à cette fête religieuse de la consommation….

Certes, un tel événement commercial « boostera certainement l’économie » (au profit de qui ?), mais elle a surtout de quoi interroger sur les coûts environnementaux et sociaux de cette consommation de masse : un « vendredi noir » pour la planète et les êtres humains, réduits à l’état de troupeaux de « con-sommateurs » !. Et ce, alors qu’autour de nous certains ont le courage de dire leurs difficultés à remplir le frigo, à acheter un jouet à leurs enfants, …et ce alors que les lignes SNCF secondaires ferment, des départements sont sans médecins, des villes étouffent, qu’il n’y a plus d’aménagement du territoire….au nom de la seule loi du bankable, justifiant d’abandonner le reste.

Ceci dit, que faire ?

A Sao Paulo, le 9 décembre 2013, les étudiants de l’école de communication et d’art de l’université de Sao Paulo investissent un centre commercial de Natal, pour une marche des zombis « blind ones » contre le consumérisme aveugle.

D’abord ouvrir les yeux.

Les lecteurs se souviendront sans doute de cette forme « d’artivisme », nous invitant à la réflexion et à l’action responsable et juste. Un certain lundi 9 décembre 2013, alors que la classe aisée brésilienne prépare fébrilement les fêtes de fin d’année, un défilé original investit un temple de la consommation, le centre commercial de Natal, interrompant un temps la frénésie consumériste. « Quarante personnes déambulent en silence dans les galeries, avançant lentement comme des automates, les yeux bandés et le corps recouvert d’une épaisse couche d’argile. A l’origine de cette performance artistique intitulée « Blind Ones », les étudiants de l’école de communication et d’art de Sao Paulo. Ils ont interprété une oeuvre créée par leurs professeurs, les metteurs en scène et chorégraphes Marcos Bulhoes et Marcelo Denny. Eux-mêmes se sont inspirés du tableau de Pieter Bruegel, « La Parabole des aveugles »[1568], où les personnages, non-voyants, s’accrochent désespérément les uns aux autres avant de vaciller ensemble dans le fossé. Le titre de l’oeuvre fait référence à la parole du Christ adressée aux Pharisiens : « Laissez-les. Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Or, si un aveugle guide un aveugle, ils tomberont tous deux dans la fosse » (Matthieu 15v14-24). En réactualisant cette parabole, les auteurs souhaitent « provoquer une réflexion sur notre aveuglement face à la consommation ». Dans un monde qui érige en vertu cardinale la transparence, qui veut pour autant savoir les conditions de fabrications des objets achetés ? Qui s’interroge sur l’origine de son désir consumériste et de ses conséquences irréversibles ?

Mettant en scène l’acte de dévotion permanent des populations occidentales envers la marchandise, dénonçant l’instinct grégaire et la désolante condition de l’homme vide aux mains pleines, cette performance artistique invite à agir et à réfléchir ».

Et pour cela, il convient de prendre le temps de s’arrêter…

« Intégration biblique » dans les écoles chrétiennes : quelles finalités ?

L’école est le lieu où l’on apprend à penser (…) par soi-même, non seulement pour devenir un être responsable et autonome mais aussi pour ne pas être fataliste face aux « horreurs » de notre histoire passée ou présente, que « le petit d’homme » va découvrir peu à peu en s’ouvrant au monde réel.

L’une des questions que la plupart des personnes (chrétiennes ou non-chrétiennes) posent à Renaud (1) concerne l’enseignement de la Bible et la place de Dieu dans son enseignement et dans sa salle de classe. Une question tout à la fois primordiale pour lui et complexe, sur laquelle il revient régulièrement pour tenter « de la formuler, de la comprendre, et de l’approfondir ». Il a d’ailleurs écrit à ce sujet un article intitulé « l’intégration biblique » dans les écoles chrétiennes, paru le 09 février 2018 sur Le Bon Combat et dans lequel il tente de nous expliquer ce que l’intégration biblique n’est pas, tout en proposant des pistes pour nous aider à mieux discerner, en pratique, ce qu’elle pourrait être véritablement.

Voici quelques réflexions suscitées par son article. L’enjeu étant d’anticiper les écueils à éviter lorsque nous abordons la question de l’intégration biblique dans les écoles chrétiennes en particulier, ainsi que la question de la finalité de telles écoles (qui sont avant tout des écoles, ne l’oublions pas) en général :

Ainsi, Renaud estime que « Les matières académiques viennent en renforcement du temps biblique pour qu’ils apprennent à véritablement connaître qui il est. Il faut donc toujours partir de Dieu et rechercher les principes bibliques qui se trouvent derrière chaque matière scolaire. Pourquoi étudions-nous l’histoire ? Parce que Dieu est le Dieu qui agit par le biais de sa Providence au milieu de l’histoire des hommes. Il est le Dieu trinitaire qui s’est incarné et qui, à un moment bien précis, est carrément entré dans notre histoire. Pourquoi faire de l’art plastique ? Parce que Dieu est celui en qui se trouve la beauté absolue. Cette beauté qui se reflète dans la diversité de sa Création et dans les instructions qu’il a données à Salomon pour la construction du Temple, etc ».

Si l’on admet l’axiome comme quoi « Tout vient de Dieu », ce que je partage personnellement mais qui ne sera pas le cas du lecteur non croyant par exemple, je rejoins l’idée qu’étudier les matières académiques permet de « connaitre » Dieu. Et je dirai même plus : « aimer » Dieu (il serait d’ailleurs bon d’expliquer ce que veut dire « connaitre » au sens biblique mais la place nous manque pour le faire ici). Mais ce que je veux surtout souligner, c’est que les études académiques n’ont pas cet unique but. Elles ont aussi pour but de connaitre le monde dans lequel l’homme vit au passé, présent et futur : le monde physique, géographique, politique, pour s’émerveiller, certes, mais aussi pour mieux le préserver.

Elles ont aussi pour but de se connaitre soi-même – sur le plan physique, psychique, psychologique, « pour naître de nouveau », mais aussi devenir un homme ou une femme responsable, bienheureux – et de connaitre les autres dans toutes leurs diversités personnelles et culturelles, pour devenir un être socia(b)l(e) capable de s’adapter, d’aller à la rencontre de celui qui lui semble étranger, en vue d’être un facteur de changement tout au long de sa vie.

D’autre part, si l’on admet encore que le but principal de l’école – ou des études – serait de « connaitre », ce n’est pas le seul. La connaissance à elle seule « enfle mais n’édifie pas »[d’après 1 Cor.8v1], y compris quand l’objet de notre connaissance serait, ô paradoxe, Dieu lui-même. Je dirai que l’école est le lieu où l’on apprend à penser, pour penser par soi-même, non seulement pour devenir un être responsable et autonome mais aussi pour ne pas être fataliste face aux « horreurs » de notre histoire passée ou présente, que « le petit d’homme » va découvrir peu à peu en s’ouvrant au monde réel. C’est ainsi l’encourager à proposer des solutions, lesquelles, si elles sont inspirées de Dieu et « christocentrées », seront comme du sel dans un plat, pas forcément ostentatoires mais bien présentes.

Par ailleurs, l’auteur constate que les jeunes « abandonnaient la foi et l’Église après leurs études. Pourquoi ? Parce que ces jeunes n’apprenaient que des versets par cœur, mais ne connaissaient pas Dieu ni leur Bible, même après toutes ces années. Ils n’avaient pas reçu ce tissage de vérités et de principes bibliques qui leur auraient permis de tenir ferme lors de leur retour dans le monde. Ils n’étaient pas équipés pour l’envoi. Cela ne veut pas dire qu’ils ne reviendront jamais à Dieu si ce dernier les a choisis, mais une meilleure intégration biblique leur aurait probablement évitée beaucoup de dérives ».

« Le but final de cette intégration biblique est que les enfants puissent naître de nouveau, entrer dans leur vocation, prendre des responsabilités dans l’Église, devenir des disciples du Christ. Chaque matin, je me dis qu’en face de moi j’ai peut-être de futurs pasteurs, de futurs missionnaires, de futurs théologiens, de futurs coiffeuses ou garagistes qui amèneront des dizaines de personnes à Christ. Et tout cela pour la gloire de Dieu ».

Je rejoins en partie la première moitié de ce paragraphe mais voudrais nuancer la seconde pour que le lecteur lambda – ne connaissant pas les écoles chrétiennes ou pire en ayant déjà une idée peu flatteuse – ne fasse pas le raccourci suivant qui consiste à croire que les écoles chrétiennes forment de petits théologiens dans un univers clos (hors monde) comme des écoles coraniques peuvent bourrer le crâne des petits, pour ne pas dire : les endoctriner.

Autant il est important, en effet, que les professeurs qui enseignent la Bible fassent des études de théologie pour ne pas enseigner des inepties, ni des points d’interprétation personnels comme la sélection divine ici évoquée, autant il est crucial que les professeurs soient également formés aux sciences de l’éducation et aux pédagogies pour ne pas avoir une approche seulement pastorale (ou évangéliste) de leurs élèves, comme dans une église. Oui, il faut dénoncer le rabâchage (qu’il soit biblique ou autre) de versets déconnectés de leur sève, comme il convient de dénoncer le « faire » se retrouvant déconnecté de « l’être » : c’est en cela qu’il est juste de rappeler qu’une école est avant tout un cadre de vie (« un laboratoire » ?) pour apprendre à apprendre et pour apprendre à penser, à douter, à observer, à découvrir, à interroger, à avoir une démarche scientifique, à vivre, à aimer…et la liste est longue. Et ces écoles ne sont pas « des sanctuaires », retirées du monde duquel les élèves seraient à nouveau « envoyés » une fois formés : ils y sont déjà ! Pour avoir écouté le témoignage d’anciens élèves d’une école chrétienne, devenus jeunes adultes, sur les choses à y changer, je sais qu’ils ont répondu unanimement que tout était à garder sauf…. le fait de ne pas avoir été assez préparé à vivre dans CE monde-là.

 

 

Note : 

(1) Renaud est enseignant dans une école chrétienne privée et évangélique où il a la charge d’une classe multi-niveau de CE2-CM1-CM2. Il est également titulaire d’une licence en théologie de l’éducation à l’Institut Supérieur Protestant Mathurin Cordier en Alsace. Il lui arrive également d’écrire pour le blogue Le Bon Combat.

Comment savoir si tu es retourné en Egypte

Un étonnant tract, plutôt bien vu, de la CGT(“Christ Gloire à Toi” ?)

(La citation de la semaine) « Si tu ne te reposes pas le 7ème jour, c’est que tu es retourné en Egypte ! »  

Textes bibliques :

« le Seigneur vous a dit : non, vous ne retournerez plus par cette route [vers l’Egypte, ce pays où tu étais esclave 24/7] ! » (Deut.17v16)

« Qu’on garde le jour du sabbat pour le sanctifier, comme le SEIGNEUR ton Dieu te l’a ordonné. Tu travailleras six jours, faisant tout ton ouvrage, mais le septième jour, c’est le sabbat du SEIGNEUR ton Dieu. Tu ne feras aucun ouvrage, ni toi, ni ton fils, ni ta fille, ni ton serviteur, ni ta servante, ni ton bœuf, ni ton âne, ni aucune de tes bêtes, ni l’émigré que tu as dans tes villes, afin que ton serviteur et ta servante se reposent comme toi. Tu te souviendras qu’au pays d’Egypte tu étais esclave, et que le SEIGNEUR ton Dieu t’a fait sortir de là d’une main forte et le bras étendu ; c’est pourquoi le SEIGNEUR ton Dieu t’a ordonné de pratiquer le jour du sabbat ». (Deut.5v12-15)

« Read it (again) » : la Déclaration de Barmen (1934) ou quand l’Église sait dire « non »

L’Eglise saura-t-elle être l’Eglise aujourd’hui et dire « Oui » à son Seigneur Jésus et « Non, non, non et non ! » à « cette fausse doctrine », selon laquelle, en plus et à côté de la seule Parole de Dieu, « l’Eglise pourrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu…. » ?

L’Église n’a pas à s’inquiéter d’être « dans le monde » mais plutôt de savoir « comment » être dans le monde, « sous quelle forme et dans quel but ». Elle n’a pas non plus à choisir entre être ou « dans le monde et politiquement responsable » (1)  ou être « hors du monde et irresponsable, introvertie », estiment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, dans Étrangers dans la cité (2). Publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014, ce livre, co-écrit par deux pasteurs et théologiens méthodistes américains, garde une étonnante actualité. 

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours autoritaire, outrancier et raciste, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique/biblique (3), il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Représentatif de cette résistance spirituelle, un texte – cité par Stanley Hauerwas et William H. Willimon – est à découvrir absolument, puisqu’il garde toute son actualité aujourd’hui. Il s’agit de la déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934(4), laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » (op. cit., p 92).

Notons, comme nous y invitent en guise de commentaire Stanley Hauerwas et William H. Willimon, « la nature exclusive et non inclusive de cette déclaration, sa détermination non pas d’abord à faire ce qui est juste, mais à entendre ce qui est juste et à faire valoir la dimension impériale de la Seigneurie du Christ. La déclaration de Barmen tranche avec une Eglise toujours prête à altérer sa proclamation en fonction des désirs de César » (op. Cit., p 92).

 

 

Notes :

(1) Appel « à la responsabilité » perceptible, à travers, par exemple, « cette offre d’emploi » du Président Macron à l’Église.

(2) Ed. du Cerf, Paris 2016, p.91. Les auteurs se réjouissent de la fin historique du christianisme comme religion civile de l’Occident, qui a pour effet de pousser les chrétiens à retrouver la radicalité de la foi : l’Église, en tant que « communauté », « îlot culturel au milieu d’une culture étrangère », doit dorénavant se préoccuper d’être fidèle à l’Évangile sans chercher à s’adapter à la culture du temps. Parmi d’autres, ces recensions et analyses de l’ouvrage parus dans Hokhma et Etudes, la revue de culture contemporaine.

(3) Ainsi, le Brésil s’apprête à élire un candidat d’extrême-droite [très populaire parmi les électeurs chrétiens, 81 % de la population : les évangéliques votent pour lui à 36 %, et les catholiques à 24 %] à la présidentielle, revendiquant « des valeurs » dites « chrétiennes ». Une analyse à lire ici.

(4) Texte intégral de la déclaration de Barmen à consulter iciCe texte de la charte de la résistance spirituelle au nazisme a été adoptée à Barmen (Wuppertal), en Allemagne, en 1934, par des membres d’Eglises luthériennes, réformées et unies. 

Autres extraits :

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle il y aurait des domaines de notre vie dans lesquels nous n’appartiendrions pas à Jésus-Christ, mais à d’autres seigneur et dans lesquels nous n’aurions plus besoin de justification et de sanctification ».

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait abandonner le contenu de son message et son organisation à son propre bon plaisir ou aux courants successifs et changeants des convictions idéologiques et politiques ».

(…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».

Faites 5 bonnes lectures intelligentes par jour !

(Source : Rawpixel) « Qu’on nous donne des légumes à manger et de l’eau à boire. Puis tu regarderas si nous avons meilleure mine que ceux qui mangent la viande et le vin du roi… » (Dan.1v12-13)

Une recommandation utile pour la santé, au même titre que la consommation de 5 fruits et légumes par jour !

Mais qu’est-ce qu’une « bonne lecture intelligente » ?

A l’instar de la consommation de 5 fruits et légumes par jour, elle est premièrement diverse et variée en contenu, style et genre, et surtout, régulière !

Une bonne lecture intelligente est celle qui nous ouvre de nouveaux horizons, au contraire de la « mauvaise » qui ne nous offre que de « l’attendu ». A la condition que nous soyons nous-mêmes ouverts et disponibles pour les bonnes lectures intelligentes.


Dynamique, une bonne lecture intelligente n’est pas à notre service : elle doit, au contraire, nous stimuler et nous énerverquitte à bousculer nos idées reçues et inspirer l’échange et la discussion. Car, rien de plus dangereux qu’une lecture à 100 % fascinante ou satisfaisante, ou pire, « débilitante », « qui nous délasse », justifiant que nous laissions notre cerveau et notre esprit critique au placard, sous prétexte de ne chercher que du simple « divertissement » ou la seule distraction (laquelle rime avec « diversion »).

Une bonne lecture intelligente a l’ambition de nous faire réfléchir  – et non de nous dire ce qu’il faut penser – et de réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien.

Une bonne lecture intelligente ne nous poussera pas à être défaitiste/fataliste/catastrophiste ou à tomber dans l’indignation stérile.

Une bonne lecture intelligente est celle qui nous apprend et nous explique des choses, nous invite au recul et nous engage à (bien) agir, comme à démonter les discours de la peur, plutôt que d’alimenter cette dernière.

 

A nous de jouer !

Quelles seront nos cinq bonnes lectures intelligentes du jour ?