Pauvreté et précarité : les préjugés face à la réalité

« Fainéants », « profiteurs », « incapables »: Trois préjugés sur les pauvres qui ne résistent pas à la réalité (Source : Secours catholique)

La pauvreté ne faiblit pas. Les préjugés non plus, malheureusement. À l’occasion de la publication de son rapport 2017 sur l’état de la pauvreté en France, réalisé en partenariat avec la fondation Crédit coopératif, le Secours Catholique, avec le sociologue Serge Paugam, dénonce les discours qui stigmatisent les personnes et familles en précarité.

Parmi ces préjugés, en voici trois :

(1)« Les étrangers profitent du système social français ». Quatre Français sur dix le croient.

(2)« Les pauvres font des enfants pour toucher les allocations familiales ».  Un tiers des Français le croient.

(3)« Si on cherche du travail, on trouve ». Un Français sur deux le croit et l’argumente (à partir de petits exemples empruntés au monde des TPE)

Or, tout cela est faux, démontre le Secours Catholique. Face aux préjugés sur la pauvreté, l’association et le chercheur opposent la réalité vécue sur le terrain. En 2016, les équipes du Secours Catholique ont accompagné 1,5 million de personnes partout en France. C’est de ces rencontres au quotidien que l’association tire son expertise. Bienvenue dans la réalité.

Rendez-vous sur le site : prenez connaissance du rapport pauvreté 2017, faites défiler les préjugés avec votre souris et découvrez comment agir pour les déconstruire.

Voir aussi la campagne de sensibilisation #Jesuisriche, qui a pour but d’interpeller le grand public et la société dans son ensemble, mais également de faire changer le regard que l’on porte sur les personnes confrontées à la pauvreté. Celles-ci s’expriment tour à tour sur leurs richesses. Ainsi, par exemple, « Clémentine », membre du groupe jeune ATD Quart Monde s’exprime sur ce que toutes ses rencontres ont pu lui apporter.

Rencontre avec le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes », préfacier du livre « Ils ont aimé leur prochain », dimanche 19/11

Enfin, des réponses à la pauvreté et à la précarité, illustrés par des exemples édifiants et inspirants de solidarité passés et présents, qui n’attendent que nos exemples à venir, sont à découvrir dans « ils ont aimé leur prochain »(Co-édition BLF/SEL, 2017), cet ouvrage récent de Nicolas Fouquet, chargé de mission Education au développement au SEL, préfacé par le docteur Denis Mukwege, « l’homme qui répare les femmes ». L’un et l’autre seront d’ailleurs présents au CEIA (Centre Evangélique d’Information et d’Action) à Dammarie-les-Lys, ce dimanche 19/11. Une belle occasion de les rencontrer et d’échanger avec eux sur la solidarité et l’authentique esprit de service. Ce sera aussi une belle occasion de prendre conscience combien Notre Dieu est un Dieu vivant et combien Il a pu et peut encore agir dans le monde.

 

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« 1001 questions », le petit livre (rouge) des Attestants

Le livret rouge « 1001 questions » ou le soucis des Attestants de rejoindre vraiment leurs contemporains, en leur apportant des réponses se voulant fondées bibliquement, avec, au centre, l’Evangile de Jésus-Christ

Fin janvier 2017, je vous avais parlé de cet excellent site web, via lequel près de vingt pasteur(e)s et théologien(ne)s attestant(e)s(1) font preuve de disponibilité et de fidélité pour nous proposer quelques réponses à nos « 1001 questions ». Depuis janvier 2017, c’est une question par jour qui y a trouvé réponse !

Mais nombreux sont ceux qui ont souhaité connaître en version papier les réponses qui ont été les plus consultées, appréciées, « likées » et relayées sur les réseaux dits sociaux. C’est ainsi qu’est né un petit livre rouge – annoncé comme étant le premier d’une série plus large – édité par les Attestants (1), et qui présente un peu plus de 30 réponses. Celles-ci apparaissent avec leur formulation originale, le nom de la personne qui a posé la question et la réponse donnée – courte, pour correspondre à un format d’écriture typique d’internet.

Ceci dit, deux choses frappent à la lecture :

Premièrement, la bonne tenue des questions et des réponses (parmi celles-ci, certaines pouvant être estimées plus fluides que d’autres), fort bien élaborées ;

Ensuite, l’ordre apparemment aléatoire, pour ne pas dire incohérent, des questions. En réalité, elles sont listées par ordre décroissant, de la plus consultée à la moins consultée des trente premières, ce nous donne un aperçu de ce qui préoccupe nos contemporains.
Pour l’anecdote, deux questions parmi celles que j’ai déjà posées et qui ont obtenu des réponses, figurent respectivement en 9ème et 20ème places.

L’appellation « petit livre rouge » ne doit toutefois pas nous « enduire d’erreur », donnant à penser que ledit livre (à l’instar de sa version web) aurait pour ambition d’être un nouveau « magistère », pour dire ce qu’il faut penser et croire. Plus modestement, il témoigne du soucis des Attestants(1) de rejoindre vraiment leurs contemporains en leur apportant des réponses fondées bibliquement, avec, au centre, l’Évangile de Jésus-Christ.

L’enjeu est de taille, puisque Pasteurs et Théologiens sont généralement connus pour répondre en termes alambiqués à des questions que personne ne se pose jamais, quand ils ne font pas entre eux des blagues en grec ancien que personne ne comprend. D’autre part, à l’heure de la célébration des 500 ans de la Réforme protestante, il est encore possible d’entendre certains théologiens affirmer, par exemple, que la question du salut serait « secondaire » et qu’elle « ne préoccuperait pas nos contemporains »(2). Or, la question « que devient notre âme après la mort », qui figure en première position dans le recueil, est celle qui a été lue plus de 20.000 fois sur le site !

Vous pouvez vous procurer ce livre en l’achetant via le site des Attestants.
Il est plus avantageux de grouper vos commandes et plus sympa encore de passer les chercher à l’église de Belleville, à Paris, si vous habitez dans le coin. Ce sera là l’occasion de saluer et d’encourager ceux qui vous remettront les beaux petits livrets rouges (les miens ont été emballés dans une boîte à chaussures). Alors n’hésitez pas à en prendre plusieurs pour pouvoir en offrir, les laisser sur le comptoir de librairie de votre église ou encore les utiliser comme outil d’évangélisation.

 

Notes :

(1) Ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples homosexuels. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

(2) Voir par exemple ici ou .

Beaucoup de « followers » mais combien de disciples ?

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Lecture : Marc 3v7-14

« Une grande multitude » suit Jésus et vint à Lui, nous dit le texte de l’Evangile selon Marc (3v7-8). « Une grande multitude » de disciples ? Si Jésus avait aujourd’hui un compte twitter, se réjouirait-il de tous ces « followers » ?

En réalité, cette grande multitude « vint à lui, à la nouvelle de tout ce qu’il faisait » (v8). Or, Jésus, pour ne pas être écrasé par cette foule, décide de se tenir à distance dans une barque. Il tient aussi à distance les démons « qui se jettent à ses pieds », refusant leur témoignage à son sujet (v11-12).

En revanche, Il appelle à lui, à sortir « hors de » la multitude « ceux qu’il voulut, pour les avoir avec lui et les envoyer prêcher… » (v13-14). Ceux qui sont « sortis hors de » pour se rassembler/être ensemble autour de Christ et en Son Nom, sont ceux qui constituent ce que l’on appelle « l’Eglise ». C’est d’ailleurs le sens de ce terme (du grec, « Ekklesia »), qui ne désigne pas un bâtiment.

Si « la grande multitude » reste une foule d’anonymes, les disciples, en revanche, sont bien identifiés et connus individuellement et personnellement de Jésus. Ils sont aussi bien connus de nous, les lecteurs actuels de l’Evangile, qui connaissons leurs noms et même leurs nouveaux noms donnés par Jésus.

Ceci dit, qu’est-ce qu’un « disciple » ? Daniel Bourguet, dans son « Devenir disciple »(1), souligne que « le verbe suivre est fondamental pour comprendre le sens de la vocation d’un disciple, de tout disciple. Etre disciple, c’est bel et bien suivre Jésus. Ce verbe est extrêmement employé dans les évangiles, presqu’autant dans chacun des quatre (2) ».

A la lecture des Evangiles, nous constatons qu’il y a deux manières de suivre Jésus :

Soit à la manière des disciples, soit à la manière de « la grande multitude ».

La foule suit généralement Jésus « de sa propre initiative, par curiosité, par intérêt, ou pour d’autres raisons », le plus souvent du fait ce qu’elle « voit faire » -et non de ce qu’elle entend – de la part de Jésus (Comparer avec Deut. 4v12-15 Et Rom.10v8-11, 17). Mais cela reste « un feu de paille ». C’est sans lendemain.

« Il arrive », constate encore Daniel Bourguet, qu’un disciple ne suive plus « que de loin », comme ce fut le cas pour Pierre, par exemple (Marc 14v54). La suite du récit nous montre que cela conduit tôt ou tard au reniement. Le disciple peut donc lui aussi être infidèle, tout autant que la foule, mais s’il peut espérer le suivre encore, c’est grâce à la fidélité du Christ qui renouvelle son appel, comme il l’a fait pour Pierre (Jean 21v19, 22 ; cf Luc 22v31-32). La liberté du disciple peut conduire au reniement, mais la fidélité du Christ est telle qu’il invite sans cesse le disciple défaillant ». Ainsi, « m’aimes-tu ?», demande Jésus à Pierre qui l’a renié trois fois (Jean 21v15 et ss)(3). « Au disciple qui répond positivement », à l’instar du pécheur repentant qui se trouve pardonné, « Christ redit alors ce qu’il a dit au premier jour : suis-moi ! »(Jean 21v19), avivant ainsi le feu « du premier amour » dans un élan renouvelé.

 

 

Notes :

(1) BOURGUET, Daniel. Devenir disciple. Editions Olivetan, 2010 (« Veillez et priez »), PP 25- 26

(2) 25 fois chez Matthieu, 19 fois chez Marc, 17 chez Luc et 18 chez Jean, sauf erreur.

(3) Voir notre article, « soif d’utilité », autour de Jean 21v1-22 : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/04/23/soif-dutilite/

« Foireux liens » de novembre (24) : « Big Bang »

« La suppression des emplois aidés… »
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

Bonjour ! Les « Foireux liens » sont de retour ! Cette édition de Novembre témoigne d’une actualité dense et diversifiée. Il y est notamment question de « Big Bang » (territorial et institutionnel, social), de Glyphosate, du procès Merah, de terrorisme et d’Halloween, d’avortement, d’hyperconnexion et de droit à la déconnexion, des 500 ans de la Réforme protestante abordés sous certains angles, et de « Fake niouze ». Bonne lecture  (bien entendu, pas d’une traite) !

1) « Big bang » institutionnel et territorial : Comment Macron veut remodeler l’Ile-de-France
Cela vous a peut-être échappé, mais le chef de l’Etat souhaite fusionner les trois départements de la petite couronne (Hauts-de-Seine, Val-de-Marne et Seine-Saint-Denis) avec la Métropole du Grand Paris. Un projet de réforme qui suscite l’inquiétude des sept départements franciliens. Le département de Seine-Saint-Denis a décidé d’en appeler à ses citoyens pour interpeller Emmanuel Macron et le gouvernement via une pétition intitulée « comment ferons-nous demain ? », laquelle réclame « le maintien des services publics de proximité » et demande « plus de démocratie ».

Mais ledit « Big Bang » institutionnel annoncé par nos gouvernants « pour faire des économies », au-delà de la question de sa pertinence, est-il possible ? Gilbert Meyer, Maire de Colmar, Président de la Communauté d’Agglomération de Colmar et Député honoraire, répond « non » et explique pourquoi, dans un article daté…de 2014.

« ….ne pose strictement aucun problème ».
Dessin de Baptiste Alchourroun, paru dans CQFD n°158 (octobre 2017)

2) « Big Bang » social : « Des contrats vraiment pas aidés »
Emmanuel Macron a raison, les CUI-CAE, c’est bidon. Mais ce qui vient est bien pire. À commencer par la brutalité du méga-plan social que suppose la suppression de dizaines de milliers de ces emplois « aidés ». Enquête par CQFD, mensuel indépendant de critique et d’expérimentation sociales – par ailleurs mis en difficulté, du fait notamment de la suppression de leurs deux contrats aidés.

3) « Pôle emploi, c’est vraiment devenu une machine de guerre »
Ils sont près de 40 000 conseillers à suivre, au quotidien, les six millions de chômeurs inscrits au Pôle emploi. Mais ces agents, dont le métier évolue sans cesse au gré des décisions politiques, ne savent plus trop où ils en sont. Sommés de faire du chiffre sans en avoir les moyens, souvent au détriment du respect des droits des usagers, beaucoup s’interrogent sur le sens de leur travail, quand ils ne sont pas purement et simplement en grande souffrance. Bastamag les a rencontrés.

4) Glyphosate : l’ombre de Monsanto plane sur l’Europe
Les Etats membres de l’Union européenne doivent se prononcer le 9 novembre sur la réautorisation du glyphosate. Ce pesticide est le principe actif du Roundup, le désherbant le plus vendu au monde, commercialisé par la firme américaine Monsanto, rachetée en 2016 par le géant allemand de la chimie Bayer. Produit depuis les années 1970, il a été classé en 2015 comme un cancérogène probable par le Centre international de recherche sur le cancer (Circ), agence spécialisée de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Une évaluation qui a dû peser sur la position du gouvernement français, lequel a déclaré le 30 août qu’il voterait contre le renouvellement pour dix ans de l’autorisation de cette substance. Réautorisation, proposée par la Commission européenne.

Voir aussi :
Pourquoi la FNSEA est-elle accro au glyphosate ?
Alors que de plus en plus d’agriculteurs français dénoncent une « hécatombe » provoquée par les cancers liés aux pesticides, le principal syndicat agricole, la FNSEA, met tout en œuvre pour défendre l’usage du glyphosate, le plus longtemps possible, quitte à s’allier avec l’industrie des pesticides. Basta ! s’est penché sur les raisons d’une telle détermination, entre business et conflits d’intérêts.

5) Beurre : une « pénurie » liée aux pratiques des multinationales
Le beurre manque dans les linéaires de certains magasins. Une absence qui ne relève pas d’une pénurie de lait chez les producteurs, mais d’ « un problème de négociations commerciales entre industriels laitiers et distributeurs », selon la Fédération Nationale des Producteurs Laitiers. Ces derniers jours, plusieurs actions ont été organisées par des agriculteurs dans des grandes surfaces précisant dans des tracts : « Ce magasin manque de beurre parce qu’il ne veut pas le payer à son juste prix ! ».

 

« La théorie du Ruissellement expliquée par les chiens ». Dessin de Nicolas de la Casinière. Paru dans CQFD n°159 (novembre 2017), rubrique « Chien méchant ».

6) Le “ruissellement“ coule-t-il de source ?
Peut-on vaincre la pauvreté en passant les riches à l’écumoire ? L’idée est alléchante. Mais assécher et empaler un riche bien dodu comme un lièvre à la broche est du gâchis : c’est quand il ruisselle et dégouline du portefeuille que le riche est le plus utile, car il irrigue l’économie. Il ne s’agit pas d’un secret de cuisine, mais d’une théorie économique : la « théorie du ruissellement ». Coule-t-elle de source ? Décryptage dans La Vie.

7) La robe en lambeaux
« Au procès Merah, l’opinion publique a eu beau tirer sur la manche du juge, elle n’a rien obtenu ; alors pleine de colère et de dépit elle s’en est allée déchiqueter la robe de l’avocat. EDM [Eric Dupond-Moretti] a dit à l’antenne que le procès de Nuremberg, souvent cité par les parties civiles lors du procès Merah, était plus digne notamment parce que nul n’avait songé à contester la présence des avocats. Il a précisé plus tard dans une interview qu’à Nuremberg on n’avait pas non plus traité les accusés d’animaux. Quel constat terrifiant », analyse la juriste-blogueuse « Aliocha ».

8) New York – « Contre la terreur » : Halloween !!!
L’Ouzbek de Manhattan a bien choisi son jour. Tuer huit personnes au moment de Halloween, c’était attirer l’inéluctable « réponse » occidentale : « Tout ça est pour nous empêcher de faire la fête mais nous la faisons quand même. » Réponse imbécile, puisque les djihadistes (commandos organisés ou lumpenterroristes comme dit Bauer) ont bien d’autres objectifs que de nous empêcher de faire la fête… Mais réponse terriblement éloquente quand la « fête » en question est celle de… Halloween, où l’on défile déguisés en vampires et en zombies. Se grimer en cadavres de cinéma pour effacer les cadavres réels….L’analyse de Patrice de Plunkett sur son blogue.

9) Ne faites pas (la) peur
Comme chaque année, pendant la période fin octobre-début novembre, « le bon goût » a été de « jouer » à (se) faire peur. Certes, les festivités macabres sont derrière nous, mais le thème me paraît toujours d’actualité, d’autant plus que l’on connaît cette sorte de « fascination » pour la peur, de la part de notre prochain, dont les plus jeunes (du moins, ce qu’ils en disent)-illustré par exemple, via un certain goût pour les « films d’horreur ». Mais qu’est-ce que la peur ? D’où vient cette fascination pour la peur ? Est-elle saine ? Comment la gérer ? Est-on « moins » un « homme » parce que l’on a peur ou parce que l’on a avoue avoir (eu) peur ?…L’un de nos anciens articles, qui garde toute son actualité, à redécouvrir sur Pep’s café !

10) Avortement : la question qui tue
Le test du mois à découvrir sur « Visiomundus », un blogue d’apologétique culturelle : Dans une série de tweets récents, Patrick Tomlinson, auteur de science-fiction et humoriste, affirme ceci : « Depuis maintenant une dizaine d’années, à chaque fois que les partisans de l’idée que « La vie commence dès la conception » se mettent à parler de l’avortement, il y a une question que je leur pose. En dix ans, JAMAIS aucun d’entre eux n’y a répondu honnêtement ». Après cette introduction accrocheuse, il poursuit en évoquant un scénario imaginaire, proposé avant lui par Michael Sandel (philosophe américain, professeur à Harvard) lors d’une réunion du Conseil Présidentiel de Bioéthique, et encore avant eux, par George Annas (professeur de droit à Harvard et spécialiste en droit médical, bioéthique et droits de l’homme)……

11) Hyperconnection
Alors que neuf français sur dix possèdent un téléphone portable, le gouvernement veut étendre l’accès au haut débit. Voilà l’occasion de lire ou relire l’ensemble de la chronique de La Croix, parue en août, autour de l’hyperconnexion grandissante – qui modèle notre société – et des pistes esquissées pour prendre du recul. En guide d’introduction, Dominique Boullier, sociologue du numérique, fait le point sur les effets de la généralisation du smartphone sur nos comportements : « Le téléphone portable est une façon de vivre ensemble séparé (…) la question de l’hyper connexion pose la question de la présence, à l’Autre, à une œuvre d’art, à Dieu, à une relation amoureuse… On pense être présent à tout le monde grâce à la connexion. Mais en réalité, on finit par ne plus jamais être présent à rien ni à personne, on est sans arrêt ailleurs. Pendant ce temps-là, les concepteurs des applications dans la Silicon valley font des cours de méditation et envoient leurs enfants dans des écoles sans écran… »

Notre sélection pour les 500 ans de la Réforme protestante :

12) La liberté chrétienne selon Martin Luther
Le Traité de la Liberté Chrétienne rédigé par le Réformateur allemand Martin Luther en 1520 et dédié au pape Léon X (un an avant sa rupture définitive avec la papauté) est l’un des plus grands et plus beaux écrits de son auteur, mais aussi de la littérature chrétienne en général. Bien qu’écrit il y a bientôt cinq siècles, son contenu reste d’une actualité et d’une profondeur sans pareille. Le thème de la liberté chrétienne y est développé en relation avec la foi (…), une liberté (qui) s’exprime dans une relation du croyant avec le monde, dans le combat propre de la foi qui lie le chrétien à ses semblables par une relation fondamentale de service.

13) Etre sauvé(e) et reconnaissan(e) – 500 ans de la réforme protestante : ou comment ne pas tomber dans « la routine » de savoir que nous sommes sauvées par grâce. A lire sur le blogue chrétien féminin « elle croit ».

14) Petit plaidoyer pour la liberté de conscience, par le pasteur Matthieu Sanders, qui reste « frappé ces derniers temps par l’évolution, plus ou moins assumée, d’une petite partie du milieu évangélique français vers un positionnement qu’on pourrait qualifier d’identitaire ».Or, ajoute-t-il, « si nous maintenons- comme nous l’avons toujours fait – que la foi est affaire de conscience et non de naissance ou de contrainte ; si nous nous croyons enjoints à aimer notre prochain, quel qu’il soit, comme nous-mêmes ; si, enfin, nous faisons confiance à Dieu pour que l’Evangile prévale sur toute autre vision du monde, comment pouvons-nous refuser à l’autre la liberté d’expression et de culte que nous revendiquons pour nous-mêmes ? »
A découvrir sur le tout nouveau site d’Évangile 21.

15) Les projets de Marlène Schiappa sur la laïcité inquiètent
Des voix s’inquiètent d’un risque de dérive après l’annonce de la secrétaire d’État à l’égalité femmes-hommes de soumettre une charte de la laïcité aux associations subventionnées.

16) « Une religion trop libérale aura du mal à survivre » : Jörg Stolz, sociologue des religions à l’université de Lausanne, analyse la désaffection des églises – protestantes ou catholiques – et le succès de l’évangélisme protestant : les Evangéliques « ont plus d’enfants que la moyenne et ils se défendent davantage contre les alternatives séculières », par exemple en mettant l’accent « sur la socialisation religieuse de leurs enfants », en faisant en sorte « qu’ils aient des contacts avec d’autres familles évangéliques » et « régulent l’accès à Internet, à la télévision, aux médias, pour les éloigner des alternatives qui pourraient entrer en concurrence. Les protestants traditionnels, eux, sont plus libéraux et ouverts sur le monde extérieur. Leurs enfants sont plus exposés à la concurrence d’autres influences, ils vont donc se séculariser plus facilement ».

17) « Fake news » : si vous l’avez manqué, voici le rappel d’un nouvel épisode de la guerre de la désinformation : « la prière musulmane (supposée) imposée en Angleterre ». En à peine 24 heures, une vidéo datée du 09 août dernier montrant, à première vue, un imam récitant une prière lors du conseil municipal d’Oldham, une ville dans le nord de l’Angleterre, est devenue virale sur Facebook et sur Twitter. Elle a été visionnée près de 355.000 fois sur Facebook et retweetée plus de 1.500 fois sur Twitter.
L’idée partagée de cette « info scandaleuse » émanant des réseaux d’extrême-droite français, et trouvant (hélas) écho dans certains réseaux chrétiens évangéliques, consiste à dire «Voici ce qui nous attend en France ». Décryptage proposé par Le Sarment, pour une « désintox » salutaire.

18) Quand vous priez, dites : « Notre Père ». Une saynète écrite pour un culte famille et construite principalement autour du texte de Luc 11v1-13.

Au Nom de Jésus, crevons les bulles !

Lecture : « Ainsi, vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » (Eph.2v19. TOB).

Vous vivez certainement cette phase où, dans votre église locale ou votre paroisse, le rush de la rentrée est en train de passer : les activités sont lancées, les formations diverses bien avancées et l’annonce de la Bonne Nouvelle (re)déployée dans toute son ampleur. Pour un peu, nous serions déjà dans la période de Noël, avant d’avoir pris le temps de vivre l’Automne !

C’est pourquoi nous serions bien plus inspirés de répondre « présent », en étant pleinement et vraiment là où Notre Dieu nous appelle ; et d’apprendre, pour l’avenir, à ne plus vivre dans l’agitation, sachant que, comme nous le rappelle ce bon vieux Soren Kierkegaard (1813-1855), « de tout ce qui est ridicule dans ce monde ridicule, rien n’est plus ridicule que de s’agiter »(1).
En effet, lorsque notre course est si intense que nos pensées sont constamment occupées par les problèmes passés ou futurs, nous prenons le risque de devenir des étrangers pour ceux qui vivent avec nous. Avez-vous remarqué que les préoccupations construisent une bulle qui nous isole même quand nous sommes avec ceux que nous aimons ? Elles forment en nous un brouillard qui parasite les communications et nous éloigne les uns des autres…

Bientôt, si nous n’y prenons pas garde, nous ne serons plus des frères et des sœurs dans nos maisons, ni des parents et des enfants, ni mari et femme, ni même des étrangers, mais des ennemis.
Ce phénomène est une réalité dans nos foyers mais aussi dans notre relation avec Dieu. Ephésiens 2v22 nous rappelle fort opportunément que « c’est dans l’union avec (Christ), que (nous faisons)partie (nous) aussi de la construction pour devenir avec tous les autres la maison où Dieu habite par son Esprit ». C’est donc ensemble que nous faisons partie d’une même maison. Mais habitons-nous réellement cette maison avec Dieu, Notre Père, ou bien sommes-nous là « sans être là », enfermés dans nos bulles de stress ?

Dieu nous donne, comme autant de cadeaux, des frères et des sœurs qui nous sont précieux : allons-nous partager avec eux nos vies et l’amour de Christ ? Allons-nous, avec Jésus, abattre les murs de séparation pour découvrir en l’autre qui est différent une pierre importante pour l’édifice que l’Esprit construit, un frère que je peux soutenir ?
Car Christ « est notre paix : de ce qui était divisé, il a fait une unité. Dans sa chair, il a détruit le mur de séparation : la haine » (Eph.2v14). En Lui, nous pouvons vivre la paix – c’est-à-dire, non pas l’absence de ce qui nous dérange, mais l’établissement de ce qui est bon et juste – mais aussi l’unité : d’abord avec Notre Père Céleste, mais aussi dans nos foyers et au sein de la grande famille qu’est l’Eglise, corps de Christ.

Ceci dit, par où commencer ? A ce sujet, les Evangiles considèrent que le premier jour de la semaine n’est pas le lundi mais le dimanche (Luc 24v1). Et si, finalement, la saison 2017-2018 de notre église ou paroisse locale, ne commençait pas en septembre mais en juillet, un mois marqué par les temps fraternels de nos fêtes d’église et le début du repos estival ? Et si cette nouvelle saison était marquée, au Nom de Jésus, par l’explosion des bulles, la dissipation des brouillards et l’abattement des murs ? C’est ainsi que nous pourrons vivre, non plus en étrangers, mais en frères et sœurs, membres d’une même famille s’aimant les uns les autres comme Jésus nous a aimés et aimant être ensemble.

 

[Texte adapté d’après Thomas Keller, pasteur. « Vous n’êtes plus des étrangers (…) vous êtes de la famille de Dieu » IN La Flamme, lettre de l’Eglise protestante unie du Marais, Automne-Hiver 2017]

 

Notes : 

(1) Citation tirée de « Ou bien, ou bien », de S. Kierkegaard. Gallimard (Tel), p22.

L’argent : dieu ou don de Dieu

Un livre qui a la pertinence d’aborder le sujet de l’argent sous plusieurs angles plutôt que sous le seul angle de la prospérité financière

Voici un livre très important et bienvenu, que j’ai reçu en cadeau de la part des éditions BLF (merci à eux !), sur ces éternels tabous : « votre argent et Dieu » ! Deux sujets que nous avons tendance à éviter parce qu’en parler nous met mal à l’aise, quand il n’est pas une source de conflit. Pourtant, ces questions sont trop importantes pour être remises à plus tard, d’autant plus que l’argent a envahi l’espace public, et que l’Eglise est invitée à se positionner à son sujet : « s’en servir » pour servir Dieu ou « servir » l’argent – Mamon [la seule divinité appelée par son nom par Jésus en Matt.6v24] en croyant se servir, au risque d’être asservi.

L’auteur nous invite à consacrer « une heure ou deux » de notre temps à la lecture de son livre, pour aborder l’argent sereinement, que nous soyons « chrétien ou non, riche ou pauvre, ouvrier ou col blanc, retraité, travailleur à temps plein ou sans emploi », célibataire, marié ou parent (il est possible d’y trouver des principes pour enseigner et impliquer ses enfants dans la bonne gestion de l’argent), et « même si nous ne sommes pas prêts à parler d’argent ».

Ce ne sera pas du temps perdu, puisque le livre a cette pertinence d’aborder le sujet sous plusieurs angles plutôt que sous le seul angle de la prospérité financière.

Le livre débute de manière inattendue par un interpellant « de quoi avez-vous peur ? », une question qui est « le meilleur point de départ » parce qu’elle a valeur de test et d’évaluation au sujet de nos motivations les plus profondes concernant l’argent. Nous sommes donc invités à « haïr » l’argent comme (mauvais) maître au premier chapitre, avant de l’aborder dans le second, avec l’esprit, non « du propriétaire », mais « du gérant » ou « de l’intendant fidèle »(cf Luc 12v42), sachant que nous aurons à rendre compte devant Dieu de ce qu’Il nous aura confié.

L’auteur nous rappelle également fort opportunément que la Bible nous enseigne « une vérité plus belle » que toutes nos fausses théologies sur l’argent : sont ainsi tour à tour dénoncés les pièges de « la théologie de la prospérité » (qui sème la confusion en établissant un lien entre les richesses matérielles dans cette vie et la bénédiction/la faveur de Dieu) mais aussi l’impasse de « la théologie de la pauvreté » (être pauvre est considéré comme une forme de sainteté et être riche comme une forme de péché).

Les chapitres suivants, plus pratiques, sont à appréhender sur cette base de manière globale – et non cloisonnée, pour une approche équilibrée de l’argent : « budgétisez-le », « gagnez-le », « dépensez-le », « économisez-le », « investissez-le », « donnez-le » [un chapitre particulièrement important], « multipliez-le » et….« ne vous en souciez pas ».

Pour aller plus loin, l’on trouve en annexe un guide d’étude biblique pour examiner l’enseignement de ce livre en groupe pendant cinq semaines, avec Luc 12 comme base scripturaire, ainsi que plusieurs ouvrages et ressources (outils d’éducation, de budgétisation et de planification financière…) recommandées par l’auteur.

Au final – et c’est ce qui me paraît être le plus beau message de ce livre pertinent et interpellant – la vie ne réside pas dans une « liste de choses à faire » ou de « recettes-miracles » à appliquer pour « gagner » ou « garder » ce qui aurait le plus de valeur à nos yeux. Le message fondamental du livre est une invitation à la confiance et à la gratitude, mais aussi à l’espérance que ce domaine « tabou » de notre vie peut être placé sous le règne du Seigneur Jésus-Christ, pour vivre en homme (ou femme) réellement libre.

L’alternative est alors claire : soit nous considérons l’argent comme un dieu et un dû – quand nous ne considérons pas qu’en avoir serait de facto indu – et nous vivrons une vie placée sous le règne de la cupidité, de l’avidité, du mérite et de l’inquiétude ; soit nous le considérons comme un don de Dieu – « un don excellent, nécessaire et utile » – et nous vivrons une vie placée sous le règne de la grâce, empreinte de gratitude, et de la générosité.

Il s’agit donc pour nous d’apprendre et de nous encourager mutuellement, en faisant preuve d’humilité, à considérer que tout ce que nous avons, nous l’avons en réalité reçu. Ce que nous aimons aura ainsi toujours plus de valeur lorsque nous le verrons avec le regard de Dieu, comme un cadeau qui nous est offert, mais aussi, surtout, à offrir et à partager(cf Actes 20v35), plutôt que comme une propriété chèrement conquise !

Ne manquez pas de vous le procurer auprès des éditions BLF ou en vous rendant dans votre librairie chrétienne favorite !

 

En bref :

MUNSON, Jamie. L’Argent, dieu ou don de Dieu. BLF éditions/Cruciforme, 14/09/17

Extrait de la présentation éditeur : Pour nous aider « à remettre l’argent à sa juste place : un outil à utiliser pour glorifier Jésus, une jauge pour évaluer la santé spirituelle de votre cœur et une bénédiction de Dieu dont il est parfaitement légitime de profiter ».

L’auteur, Jamie Munson, est le coprésident de Storyville Coffee Company, une entreprise prospère et très respectée à Seattle, dans l’État de Washington. Il aime développer des outils utiles pour aider les leaders et les organismes à atteindre leur plein potentiel.

 

 

 

Le « shema » : prière d’écoute

Voici une étude du « Shema », qui s’inscrit dans le cadre d’une série proposée par « The Bible Project ». « Shema », qui signifie « écoute », est la première parole de la prière que l’on peut lire en Deutéronome 6v4-6 et qui a été reprise dans le Nouveau Testament, par exemple en Marc 12v29. Cependant, comme vous allez le voir, ce terme commun dans la Bible hébraïque signifie bien plus que « laisser des ondes sonores pénétrer votre oreille » :

 

Bonne vision et….bonne écoute !

« Mieux vaut être une brute, un persécuteur, un harceleur, un violeur, qu’un rapporteur »

« Ce moment gênant où la délation s’appelle parole libérée », disent les uns… « On parle, ça ne va pas, on ne parle pas, ça ne va pas, on parle tout de suite, ça ne va pas, on parle plus tard, ça ne va pas non plus, on cite les noms ça ne va pas, on ne les cite pas ça ne va pas non plus », rétorquent les autres.

#Balancetonporc aurait été « Balance ton Juif » en d’autres temps, assène Eric Zemmour. Fermez le ban », analyse  fort pertinemment Phylloscopus, naturaliste catholique et blogueur.

Lequel souligne « ce moment gênant où dénoncer une agression sans citer de nom devient de la délation.

Et comme tout va très vite, ce mercredi a été atteint le moment gênant où porter plainte pour un délit ou un crime subi devient de la délation – alors déjà que d’effrayantes statistiques montrent que la voie légale est un chemin semé d’embûches qui n’aboutit que dans 5% des cas. On imagine d’ailleurs l’état d’esprit de la victime hésitante à qui l’on a généreusement rappelé que sa démarche n’était pas fondamentalement différente de celle d’un mouchard vichyste.

Quelle différence après tout, quoi, c’est vrai.

Dès l’école primaire on nous l’apprend : quand le souffre-douleur de la classe, celui qui se fait cogner dessus à chaque récré, voler ou détériorer ses affaires dès qu’il a le dos tourné, a le front de se plaindre aux adultes, il est généralement renvoyé dans ses vingt-deux avec ce commentaire : « j’aime pas les petits rapporte-paquets » (….).

Troublante injonction contradictoire : l’autorité même vous enseigne que tant pis pour vous, si vous ne savez pas vous faire justice vous-même, et discrètement ; que le dépositaire de la violence légitime et de la loi, finalement, préfère livrer le faible à l’injustice, parce que dénoncer, c’est le mal absolu.

Mieux vaut être une brute, un persécuteur, un harceleur, un violeur, qu’un rapporteur.

(…) Dénoncer, c’est mal. C’est lâche, c’est faible. Perpétuelle injonction rabâchée par des générations de brutes pour fonder leur pouvoir sur leurs victimes. C’est facile d’être courageux quand on est sûr d’être le plus fort.

Curieusement, pour moi, ça serait plutôt la définition même de la lâcheté.

Comment en arrive-t-on là ? »

La suite de la réflexion à lire sur le blogue de Phylloscopus.

Sous un autre angle : “Parler de harcèlement sexuel ne peut être salutaire que si c’est suivi d’effets“. Interrogée par La Vie, la religieuse dominicaine Véronique Margron, présidente de la Conférence des religieux et religieuses de France (Corref), qui accompagne depuis longtemps des victimes d’abus sexuels estime que  « La prise en parole n’est pas salutaire en elle-même, elle ne l’est que si elle est suivie d’effets. C’est-à-dire, en premier lieu, une prise de conscience globale de la population sur ces méfaits ou ces crimes. Une sorte de révolte morale dans les transports en commun, dans les entreprises, dans la vie réelle. On peut aussi agir sur l’encadrement juridique. Mais la loi sera toujours insatisfaisante si elle n’est pas accompagnée d’un changement de comportement dans les relations humaines ».

Voir aussi : http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/10/16/01016-20171016ARTFIG00299-le-hashtag-balancetonporc-pousse-des-hommes-a-s-interroger-sur-leur-attitude.php

 

 

« Faux témoin »

« Sa parole à charge est un coup qui est porté à l’autre, à sa dignité, à son nom ».

« Le verset 13 du chapitre 20 du livre « Shmot »(Les noms)/Exode, est le début de l’agglomérat le plus dense d’interdictions.

« Tu ne tueras pas,

Tu ne seras pas adultère,

Tu ne voleras pas,

Tu ne répondras pas dans ton camarade en témoin de faux » (vv13-16).

C’est une rafale que les tables de pierre scandent par quatre retours à la ligne et autant de mots de commandement. Ils sont côte à côte parce qu’ils se rapportent au mal que les personnes peuvent se faire, l’une envers l’autre. Ce sont des interdictions dressées comme des barrages.

En fin de verset, se trouve le délit de faux témoignage aux dépens d’un autre »(v16).

A ce propos, précisons qu’un témoin n’est pas celui qui donne son avis ou son opinion mais celui qui certifie ou qui peut certifier ce qu’il a vu ou entendu. Le témoin peut être « à charge » ou « à décharge », il peut être « fidèle et vrai » ou « un faux témoin ».

« Avec le mot « camarade », l’Écriture Sainte rappelle au témoin que l’accusé est, et reste, son prochain, un égal, et que lui-même pourrait se trouver à la place d’un autre. Elle emploie l’expression « répondre dans », tu ne répondras pas « dans » ton camarade, selon la formule légale d’une personne appelée à déposer devant les magistrats de son peuple.

Elle enseigne ainsi que sa réponse à leurs questions, posées en audience publique, va se graver dans une personne accusée et qu’elle produit toujours une lésion. Sa parole à charge est un coup qui est porté à l’autre, à sa dignité, à son nom. Elle n’est pas qu’un souffle, mais un fouet aussi. Maudit celui qui répond faussement « dans » son camarade.

Le livre des Proverbes, attribué à Salomon le roi sage en justice, a cette définition : « marteau et épée et flèche acérée est un homme qui répond dans son camarade en témoin de faux » (Prov.25v18).

Un grand commentateur hébraïque, le Gaon de Vilna, explique : « Pour éviter d’impardonnables erreurs, l’Ecriture Sainte exige du magistrat qu’il ne s’appuie pas uniquement sur la parole d’un seul témoin : « sur la bouche de deux témoins ou sur la bouche de trois témoins se lèvera la parole » (« Devarim/Deutéronome » 19v15). Un seul témoin n’est ni vrai ni faux, simplement il ne suffit pas. Dieu prononce ces lois ».

Ainsi, le tort d’un homme envers un autre ne regarde pas qu’eux deux, mais il foule aux pieds l’alliance entre créateur et œuvre. Ceux qui n’arrivent pas à voir les fautes humaines comme un sabotage de la création reconnaissent du moins la prudence juridique qui fonde un verdict sur plusieurs voix concordantes. C’est une mesure souvent négligée aujourd’hui. Et pourtant, le juge qui écrit une condamnation sur la parole d’un seul accusateur est aussi un témoin de faux ».

(D’après Erri de Luca. Le faux témoin IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 71-73)

Voir encore sur cet inépuisable sujet : http://www.unlabo.net/dixcommandements9.htm

 

« Devenir chrétien ! Pour quoi faire ??? »

Telle est la question posée sur le site « 1001 questions » par l’internaute « Daniel ». Et voici la réponse donnée, laquelle, inédite, choisit de prendre à contre-pied l’obsession utilitariste :

« Devenir chrétien ! Pour quoi faire ??? »  Et bien… Pour rien. Non, objectivement, je n’ai pas de bonne raison à vous soumettre pour vous convaincre de devenir chrétien. J’en aurais plutôt plein de mauvaises… Mais que vous connaissez sans doute déjà si j’en juge par la ponctuation de votre question.
En fait on ne devient pas chrétien « pour faire quelque chose »; on devient chrétien parce qu’à un moment on ne peut pas faire autrement. C’est un peu comme si je vous demandais : « Tomber amoureux ! Pour quoi faire ??? » Là aussi nous sommes tous capables de lister les conséquences désastreuses de ce genre de chute, tout en connaissant la puissance de ce sentiment… Mais sérieusement, qui décide qu’il (elle) va tomber amoureux ??? Ce genre de choses vous arrive, et puis après on voit ce que l’on fait avec. Dans le cas de la relation amoureuse, cela peut devenir une belle histoire ou faire souffrir. Dans tous les cas, il y a un « avant » et un « après ».

La suite ici.