Je suis « Je suis »

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d'aujourd'hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?  (Source : convergence bolcho-catholiques)

Je sais « qui » je suis, si je sais « qui je suis » !
(Source : convergence bolcho-catholiques)

« Moi », dit Jésus, « je suis ».

Et moi, par la grâce de Dieu, « je suis ce que je suis ».

« Je (le) suis », quoiqu’il m’en coûte.

Et Lui, Jésus, me dit : « je suis avec toi, tous les jours ».

 

Textes à lire et à méditer : Jean 6v35 ; 8v12, 24, 58 ; Jean 5v18 ; 1v37 ; 21v19 ; 1 Cor.15v10 ; Matt.28v20.

« Demain = jamais »

"Demain" ne nous appartient pas : "aujourd'hui" est le temps favorable. "Le temps de"(2 Cor.6v2).

« Demain » ne nous appartient pas : « aujourd’hui » est le temps favorable. « Le temps de »(2 Cor.6v2).

« La route de demain mène au pays de jamais », dit un proverbe espagnol.

Car « demain », mot-piège, peut être perdu…à jamais(cf Actes 24v25), tandis qu' »aujourd’hui » est le temps qui peut être racheté.

Trois passages de la Bible, Ancien et Nouveau Testament, vous sont proposés aujourd’hui, en guise de méditation sur le temps :

Questions(1) : 

Comment peut-on « mal employer son temps » ?

Pensons-nous que « demain sera meilleur qu’aujourd’hui » ?

Espérons-nous seulement en des changements extérieurs, plus favorables et susceptibles de transformer notre temps ? Ex : quand je serai « plus grand », « plus sage », « plus mûr », « plus instruit »….Quand le WE, ou les vacances, ou la retraite, seront là….

Quels sont les moments « vides » et les moments « pleins » que nous avons vécus ? Distinguez le temps « quantité »(en nombre de minutes/d’heures passées pour quelque chose/avec quelqu’un) et le temps « qualité », où nous ne sommes plus conscients du temps qui s’écoule, car pleinement disponibles pour cet instant…?

Selon le psaume 90, pour quelle raison le temps m’échappe-t-il ? A quelle attitude nous invite le texte, face à cette fuite du temps ? La solution est-elle dans nos efforts ou nos bonnes résolutions ? Quelle est la piste proposée par le psaume ?

« Trois temps » nous sont présentés en Ecclesiaste 3v1-11 : cherchez le sens du « premier temps » (traduit en français par « moment »), le sens du « second temps »(traduit en français par « un temps »), dans l’original hébreu (voir l’outil « strong », pour cela), et le sens du « troisième temps »(v11 : en hébreu, « le olam »). Comment ces « trois temps » résument-ils le problème et sa solution ?

Pour quoi est-ce le temps maintenant, selon Ecclésiaste 3, Ephésiens 5v14-18 et 2 Cor.6v2 ? Comment « sauver », « racheter » mon temps ?

Bonne lecture et bonne méditation !

 

Notes : 

(1) D’après « Le temps pour vivre : du temps éclaté au temps réconcilié ». PBU, 1991(collection Espace), pp 73-89

Censure d’un document historique par un robot de Facebook : les leçons à retenir sur l’interprétation

Ce n'est pas "au nom de la morale", que cette célèbre photo a été censurée, mais du fait d'une absence de mémoire historique de la part des robots de Facebook... (La Fille au napalm, de Nick Ut Cong Huynh. 1972)

Ce n’est pas « au nom de la morale », que cette célèbre photo a été censurée, mais parce que les robots de Facebook sont dénués de mémoire historique…
(« La Fille au napalm », de Nick Ut Cong Huynh. 1972)

L’algorithme se trompe, ignorant l’histoire et dénué de véritable intelligence. Pourtant, c’est lui qui est aux commandes !
Incroyable mais vrai : un « robot de Facebook » a censuré une célèbre photo de la guerre du Vietnam « en la prenant pour… une image pédophile ! » (1)
Pourtant, cette photo n’est pas censée être une inconnue pour des êtres humains. Car, comme le rappelle le journaliste Patrice de Plunkett, dans une note de blogue, le document montre une fillette touchée par le napalm, courant en hurlant de douleur, et fuyant un bombardement aérien : « cette photo, l’une des plus célèbres du XXe siècle, a été prise le 8 juin 1972 près de Trang Bang,au Sud-Vietnam, par le photographe de presse Nick Ut Cong Huynh. La petite fille a 9 ans. Elle s’appelle Phan Thi Kim Phuc. Le photographe et l’un de ses confrères la conduiront à l’hôpital de Cu Chi, sur la route de Saigon. Au prix de 17 interventions chirurgicales et 14 mois de soins intensifs, Kim Phuc sera sauvée. Elle vit aujourd’hui à Toronto, a deux enfants, l’Unesco l’a nommée goodwill ambassador 

Néanmoins, cette photo ne dit rien à un robot « aveuglément programmé » et « dénué de mémoire historique », selon les termes de Patrice de Plunkett : « à la fin du mois d’août, l’algorithme de censure de Facebook efface cette célébrissime photo sur les pages de l’écrivain norvégien Tom Egeland  et d’internautes qui l’ont relayé ; parmi ceux-ci la Première ministre de Norvège Erna Solberg. Motif de cette censure : une fillette nue figurant sur la photo, le robot l’a interprétée comme pédopornographique. (Ce qui transforme d’ailleurs en suspects tous ceux qui l’ont relayée).(….) Il faudra trois jours avant que Facebook ne s’avise du scandale ; et cinq autres jours avant que M. Zuckerberg ne donne l’ordre de rétablir le post effacé ».

Jusqu'où s'arrêtera "le règne des machines" ?

Jusqu’où s’arrêtera « le règne des machines » ?

Pour Patrice de Plunkett, le fait « qu’une photo historique ait pu être censurée par un robot, démontre plusieurs choses », soulevant autant de questions :

  1. « Le robot seul est aux commandes. Jusqu’à une date récente, ce type de censure était géré par des êtres humains salariés de Facebook. Ils ont été licenciés »(2).
  2. « Facebook a mis plusieurs jours avant de réaliser qu’il y avait un problème ».
  3. Où s’arrêtera « le règne des algorithmes » ? (3) 

 

Pour ma part, l’erreur d’interprétation reste à souligner : « dénuée de mémoire historique », donc, et même d’intelligence tout court, les robots-censeurs se sont mépris sur le sens à donner à cette photo, en la lisant « au premier degré ».

Rappelons que le but de l’interprétation est de découvrir le sens originel (donné dès le départ) d’un document, d’une œuvre ou d’un événement : d’abord « ce que cela dit », puis « ce que cela veut dire », bien avant « ce que cela dit pour moi », au nom de « ma grille de lecture ». Bien interpréter, pour éviter les contresens, nécessite d’avoir de la mémoire et de la connaissance : ainsi, dans le cas de la photo qui nous occupe du contexte, des circonstances de prise – de l’auteur et de l’objet du document……

Cette mémoire et cette connaissance nous permettent de faire du lien entre différents éléments, pour en reconstituer le sens.

Ce qui est vrai pour l’interprétation de n’importe quel document est aussi vrai pour l’interprétation biblique. Lorsque nous lisons un passage, exerçons-nous notre « mémoire biblique » (de toute la Bible) et notre connaissance de Son auteur, Celui qui l’a inspiré, de sorte à relier ce que nous séparons/opposons si souvent ? Ou souffrons-nous d’ « amnésie spirituelle », d’absence de mémoire et de connaissance ?

D’autre part, l’enjeu de « bien interpréter » est lié à celui de faire preuve de discernement. Et discerner, c’est être capable d’évaluer. C’est la capacité de nommer, « d’appeler les choses par leur vrai nom ». Et nommer, c’est faire preuve d’autorité.

A ce sujet, l’anecdote de la censure de Facebook nous enseigne que le plus inquiétant n’est pas « à venir » : il est déjà présent, puisque les responsables de la firme ont estimé « plus rentable » de déléguer le discernement à des machines. Pourtant, exercer soi-même son jugement est le propre de toute personne responsable et mature (cf Hébr.5v14).

Enfin, le drame d’un peuple est de « périr, faute de connaissance » (Osée 4v6) , comme d’être esclave, pour avoir oublié son histoire. Et que dire d’un peuple qui aurait délégué sa mémoire…à des machines dénuée de mémoire ?

Humain et robot : même langage ? Par Andy Singer

Humain et robot : même langage ?
Par Andy Singer

Car, jadis, la mémoire de l’homme était liée à l’oral, avant d’être confiée à l’écrit…avant de l’être aux ordinateurs. Mais si un ordinateur stocke des images, il n’a pas d’imagination ; s’il stocke des processus, il ne sait pas innover. Et – dans le cas des algorithmes – si la machine cherche des mots, elle ne comprend pas le sens des phrases ou d’une requête.

Bref, l’être humain délègue de plus en plus à la machine, croyant ainsi être (plus libre). Mais il serait bien avisé de ne jamais déléguer sa pensée, son discernement, son jugement, sa mémoire, son autorité, ses libertés fondamentales…Car c’est en pensant faire des économies immédiates que l’on est perdant sur le long terme….

 

 

Notes :

(1) Voir aussi http://www.courrierinternational.com/article/censure-photo-de-la-petite-vietnamienne-facebook-fait-marche-arriere-la-polemique-enfle ; http://www.numerama.com/politique/193972-apres-avoir-censure-la-premiere-ministre-de-norvege-facebook-revoit-sa-politique.html

(2) « Le rapport de Facebook à l’information et sa modération des contenus sont régulièrement sous le feu des critiques », relève notamment une analyse des « Echos ». « Le rôle du réseau social dans la formation des idées politiques ou sa propension à enfermer les utilisateurs dans une bulle, en ne leur proposant que des articles relayant les idées dont ils se sentent proches, inquiètent particulièrement les observateurs.

Aux Etats-Unis, la rubrique « trending » est scrutée de près. Gérée à la fois par des algorithmes et des humains, cette sélection des articles de presse les plus populaires sur le réseau, pose question. Au printemps, Facebook a été accusé de manipuler ces contenus , omettant volontairement certains sujets comme ceux liés au parti républicain. Trois mois plus tard, la firme annonçait qu’elle allait limiter l’intervention humaine. Une initiative qui s’est soldée par un échec au bout de quelques jours seulement, lorsqu’ une fausse information inventée s’est incrustée de manière automatisée dans les « trending topics » . Une erreur particulièrement préoccupante au vu du poids du réseau social. Une étude récente du Pew Research Center souligne qu’en 2016, 44 % des adultes américains s’informent par le biais de Facebook » ( http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211274610889-nouveau-tolle-contre-facebook-apres-la-censure-dune-photo-historique-2026252.php )

Voir aussi : http://www.lesechos.fr/tech-medias/hightech/0211240016143-une-fausse-information-dans-les-trending-topics-automatises-de-facebook-2023628.php

(3)Il semble ne jamais s’arrêter ! Après le journalisme et l’édition, il suffit déjà de considérer l’évolution de la finance, avec l’irruption d’acteurs non humains sur les marchés financiers : le « trading à haute-fréquence ».  Cette (r)évolution d’une finance devenue automatisée, amorcée depuis des décennies « et en totale roue libre ces dernières années, est qualifiée par les critiques de « portrait vivant et atterrant » de « la course en avant démentielle qui agite les hautes sphères de la finance, entre soulèvement des machines, règne des algorithmes et dérèglements boursiers ». ( Cf notre billet de 2013 à ce sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/03/ce-nest-pas-la-cupidite-qui-plongea-le-monde-entier-dans-une-crise-financiere-sans-precedent-cest-lintelligence/  ). Sans compter cette pub(véridique) qui ne manque pas de sel !

 

 

Participez à la déconstruction des idées fausses sur les pauvres et la pauvreté !

Participons à la déconstruction des idées fausses sur les pauvres, la pauvreté et "l'assistanat"....

Participons à la déconstruction des idées fausses sur les pauvres, la pauvreté et « l’assistanat »….

Fondé en 1957 par Joseph Wresinski(1917-1988), le mouvement ATD[« Agir Tous pour la Dignité »] Quart Monde rassemble des femmes et des hommes de toutes cultures et origines sociales dans plus de 30 pays en Afrique, en Amérique du Nord et du Sud, dans l’Océan Indien, en Asie et en Europe.

Organisation non gouvernementale internationale sans affiliation religieuse ou politique, ATD Quart Monde a pour but d’éradiquer la misère en agissant sur trois plans :
– sur le terrain avec les personnes concernées pour obtenir l’application du droit pour tous
– auprès des institutions et parlementaires, pour faire changer les lois (DALO, CMU,
RMI…)
– auprès de l’opinion publique, par des campagnes citoyennes pour faire changer le
regard porté sur les plus pauvres
(En savoir plus : https://www.atd-quartmonde.fr/ )

En clair, le mouvement nous invite à « Agir Tous » pour (re)donner de la visibilité et de la Dignité à ceux qui en manquent, souffrant d’une « double peine » : du fait d’être pauvres, d’une part, et du fait d’être méprisés/stigmatisés parce que pauvres, d’autre part ! (cf 1 Cor.12v22-26 et 1 Cor.1v27-29). Il nous invite donc à « ouvrir la bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés », d' »ouvrir la bouche », de « juger avec justice », et de « défendre le malheureux et l’indigent »(Prov.31v8-9), soit celui qui souffre plus du « cancer de l’exclusion », que du « cancer de l’assistanat ».

Les "assistés" ne sont pas forcément ceux que l'on croit.... (Goodwin/Burr. Economix)

Les « assistés » ne sont pas forcément ceux que l’on croit….
(Goodwin/Burr. Economix)

C’est dans cet esprit que, suite au dossier de Valeurs actuelles intitulé « Les assistés : comment ils ruinent la France »(1), paru le 29 août 2016, ATD Quart Monde a envoyé une lettre ouverte au directeur de la rédaction du magazine afin de corriger les préjugés :

Montreuil, le 1er septembre 2016

Yves de Kerdrel
Directeur de la rédaction – Valeurs actuelles
24, rue Georges Bizet, 75116, Paris

Monsieur le directeur de la rédaction,

Je découvre avec consternation les articles que vous venez de publier sur papier et sur Internet, intitulés « Profession: assisté! » et « Voyage au pays des 1 001 allocs ». Les propos tenus sont presque tous erronés. Ils alimentent des discours anciens et trompeurs sur les personnes confrontées à la pauvreté.

Votre comparatif SMIC-RSA qui veut montrer que « les bénéficiaires de prestations sociales sont souvent bien mieux traités que ceux qui travaillent chaque jour » est faux. C’est le contraire qui est vrai : une famille qui travaille perçoit au moins 500 euros mensuels de plus qu’une famille sans emploi.

Vous écrivez que la CMU-C est « fréquemment piratée ». Savez-vous que la fraude à la CMU-C s’élève à 700 000 euros par an selon le Fonds CMU, pour environ 5 millions de bénéficiaires ? Cela équivaut à une fraude annuelle moyenne de 14 centimes par bénéficiaire. Vous parlez de fraude « massive »…

Vous écrivez que « le RSA est l’aide sociale la plus fraudée (70 % des cas) ». La fraude au RSA concerne en réalité moins de 1% des allocataires et s’élève à moins de 40 euros par foyer et par an, pour un total de 100 millions d’euros en 2014. La fraude fiscale atteint 3,18 milliards d’euros.

Des allégations telles que « la France est devenue la patrie mondiale de l’assistanat », « les prestations sociales encouragent à gagner plus en travaillant moins », « la France, championne du monde de la création d’impôts et de taxes », « les bénéficiaires ont des droits mais aucun devoir », « un assisté peut dissimuler un fraudeur », « une telle générosité attire les plus démunis de la planète », « les demandeurs d’asile sont choyés » et « des étrangers qui n’ont jamais travaillé en France touchent des retraites plus élevées que des millions de petits retraités » sont des discours erronés que nous décortiquons en détail, aux côtés de 109 autres, dans notre livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, dont je me permettrai de vous adresser la troisième édition à la fin de ce mois.

La question est de savoir si les pauvres sont victimes ou coupables de leur situation ? La réalité est qu’ils sont doublement victimes : ils sont confrontés à une vie très difficile et en plus ils sont jugés par les autres. Les propos que vous tenez aggravent leur exclusion.

Je vous prie de recevoir, Monsieur le directeur de la rédaction, mes meilleures salutations.

Claire Hédon, présidente

ATD Quart Monde donne rendez-vous le 3 octobre, sortie nationale de la 3e édition du livre En finir avec les idées fausses sur les pauvres et la pauvreté, à tous ceux qui souhaitent participer à la déconstruction de telles idées.

A lire, notre série d’études sur cette thématique du « regard(le nôtre ou celui de Dieu) sur le pauvre » : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/01/17/notre-regard-sur-le-pauvre-letranger-et-leprouve-introduction-de-la-serie-thematique/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/19/notre-regard-sur-le-pauvre-la-loi/  ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/03/28/notre-regard-sur-le-pauvre-rois-et-prophetes/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/22/les-miettes-du-riche-suffisent-elles-a-nourrir-le-pauvre/ ;  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/06/10/le-pere-des-orphelins-le-defenseur-des-veuves-cest-dieu-dans-sa-demeure-sainte-etudes-de-2-rois-4v1-7-et-2-rois-8v1-6/

A lire, encore, « L’Amérique pauvre » de l’historien Romain HURET (Thierry Magnier, 2010. Collec. « troisième culture », 121 p.) : «  J’ai compris qu’être pauvre, cela voulait dire ne pas être citoyen. » C’est par cette phrase significative, empruntée à un habitant de la Nouvelle-Orléans au lendemain du passage de l’ouragan Katrina en août 2005, que commence l’ouvrage de Romain Huret. L’historien y met en évidence le paradoxe américain en soulevant une question essentielle : comment se fait-il que dans un pays aussi prospère que les Etats-Unis, première puissance mondiale, temple de la réussite individuelle et de la consommation de masse, autant de gens soient si pauvres ? Plus de 3 millions de personnes y dorment encore chaque nuit sous les ponts ou dans des parcs. Quelles sont alors les implications de ce paradoxe sur la perception de la pauvreté aux Etats-Unis ?

Dans cet ouvrage très agréable à lire, Romain Huret s’intéresse avant tout à la représentation sociale de la pauvreté, en adoptant un point de vue historique.(Analyse de Pauline Gandré, « Romain Huret, L’Amérique pauvre », Lectures [En ligne], Les comptes rendus, 2010, mis en ligne le 31 août 2010, consulté le 15 septembre 2016. URL : http://lectures.revues.org/1128 )

 

Notes :

(1) Par ailleurs, « les assistés » ne sont pas forcément ceux que l’on croit. Ainsi, Le Figaro,  qui dénonce lui aussi régulièrement la «France des assistés», conserve confortablement la première place, avec plus de 15 millions d’euros d’aide publique. De même, ce sont les grands groupes qui se taillent la part du lion, dans la répartition des aides publiques à la presse. http://www.liberation.fr/societe/2015/06/12/en-attendant-la-reforme-les-aides-a-la-presse-varient-peu_1328616 ; https://www.data.gouv.fr/fr/datasets/aides-a-la-presse-les-200-titres-de-presse-les-plus-aides/

De son côté, Valeurs actuelles s’est vu « sucrer » ses aides publiques en 2015, du fait de sa condamnation pour «provocation à la discrimination, la haine ou la violence envers les Roms» : http://www.lemonde.fr/actualite-medias/article/2015/11/20/fleur-pellerin-et-valeurs-actuelles-s-opposent-sur-le-terrain-des-aides-a-la-presse_4814433_3236.html ; http://www.lexpress.fr/actualite/medias/valeurs-actuelles-condamne-en-appel-pour-son-dossier-sur-les-roms_1744259.html 

Qui suivrais-je ? Oserai-je « passer par la porte » ?

 

Aujourd'hui, Jésus met devant toi "une porte que personne ne peut fermer"(Apoc.3v8). Oseras-tu "franchir le pas" ?

Aujourd’hui, Jésus met devant toi « une porte que personne ne peut fermer »(Apoc.3v8). Oseras-tu « franchir le pas » ?

Lecture :

«  Jésus reprit : En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance.

Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis ». (Jean 10v7-11. TOB)

 

Voici un passage, dit « du Bon Berger », qui est vous est sans doute familier. Il est utile de rappeler qu’il s’insère dans le contexte d’une polémique particulièrement violente, amorcée au chapitre 9 du même évangile selon Jean, suite à la guérison de l’aveugle-né par Jésus. Un tel miracle ne peut laisser indifférent : les gens en général et les religieux, spécialistes de la loi, en particulier, sont divisés à son sujet (cf Jean 9v8, 16 et 10v19, cf Jean 7v7) : est-il un fou, un « démoniaque », un « pêcheur » ? Ou bien est-il véritablement (de) Dieu ? Le Messie promis, accomplissant les prophéties d’autrefois ? (1)

Autant de questions qui invitent à une prise de position claire, puisqu’Il est soit l’un, soit l’autre. Mais Jésus va plus loin, en déclarant que : « C’est pour un jugement (qu’il est) venu dans le monde, pour que ceux qui ne voyaient pas voient, et que ceux qui voyaient deviennent aveugles. Les Pharisiens qui étaient avec lui entendirent ces paroles et lui dirent : Est-ce que, par hasard, nous serions des aveugles, nous aussi ? Jésus leur répondit : « Si vous étiez des aveugles, vous n’auriez pas de péché. Mais à présent vous dites “nous voyons” : votre péché demeure ». (Jean 9v39-41).

De là l’enjeu, au-delà de la discussion : comment prétendre guider le peuple de Dieu, si l’on est en réalité aveugle, croyant voir ? Qui suivre ? Qui y voit clair ? Qui connaît le véritable chemin ? Qui « parle vrai » ? Qui peut nous conduire dans toute la vérité, sans être « un démagogue »(tonitruant ou non) ou un « gourou » ? Comment savoir si quelqu’un vient de Dieu ou non ? Osera-t-on le suivre, malgré les risques et l’opposition ?

Suite à sa déclaration « sans langue de bois », Jésus leur raconte une parabole – ce qui semble, de prime abord, sans rapport avec la discussion qui précède : « En vérité, en vérité, je vous le dis, celui qui n’entre pas par la porte dans l’enclos des brebis mais qui escalade par un autre côté, celui-là est un voleur et un brigand. Mais celui qui entre par la porte est le berger des brebis. Celui qui garde la porte lui ouvre, et les brebis écoutent sa voix ; les brebis qui lui appartiennent, il les appelle, chacune par son nom, et il les emmène dehors. Lorsqu’il les a toutes fait sortir, il marche à leur tête, et elles le suivent parce qu’elles connaissent sa voix. Jamais elles ne suivront un étranger ; bien plus, elles le fuiront parce qu’elles ne connaissent pas la voix des étrangers. » (Jean 10v1-5)

Et comme les religieux ne comprennent pas « la portée de ce qu’il (est en train de dire) » (v6), Jésus « en rajoute une couche » dans les versets suivants (cf notre passage plus haut) : « En vérité, en vérité, je vous le dis, je suis la porte des brebis. Tous ceux qui sont venus avant moi sont des voleurs et des brigands, mais les brebis ne les ont pas écoutés. Je suis la porte : si quelqu’un entre par moi, il sera sauvé, il ira et viendra et trouvera de quoi se nourrir. Le voleur ne se présente que pour voler, pour tuer et pour perdre ; moi, je suis venu pour que les hommes aient la vie et qu’ils l’aient en abondance. Je suis le bon berger : le bon berger se dessaisit de sa vie pour ses brebis ». (Jean 10v7-11. TOB )

Ici, « le bon berger »(2), c’est Jésus Lui-même. Il est (le) « bon », parce que d’autres sont « les mauvais » (bergers). Et « le bon » confronte et confond « les mauvais » (ou « les truands »).

1)En effet, on reconnaît « le bon berger », premièrement, peut-être, parce qu’il agit sans détours et entre directement par «  la porte dans l’enclos des brebis »(Jean 10v1). Il s’annonce (cf Apoc.3v20) et a été annoncé longtemps à l’avance par les prophètes (1). A l’inverse, « le voleur » ne s’annonce pas et s’introduit par effraction et par ruse. Il peut avoir belle apparence (celle d’un « vrai berger »), alors qu’il n’est en réalité qu’un « loup ravisseur »(Matt.7v15 ; Actes 20v29)

Mais « les brebis (re)connaissent » la « voix » du Bon Berger, qui leur est familière (v3-4). Elles connaissent le témoignage rendu par ses œuvres(Jean 5v36 ; Jean 10v25, 38  ;  et par le Père à son sujet(Matt.3v17).

2)Le Bon Berger les « conduit dehors », c’est-à-dire « les élève », leur donne une véritable éducation qui fait grandir. Son enseignement nourrit. Il rassemble le troupeau et assure son unité.

3)Il vient pour « donner la vie », « une vie abondante » et débordante(Jean 7v38), une « vie nouvelle » (sans rapport avec l’ancienne cf 2 Cor.5v17) et une « vie éternelle ».

Jésus, « le Bon Berger », nous invite à le suivre. Il est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6).

Pour cela, il convient de passer par « la porte », c’est-à-dire par Lui, et non « par la fenêtre », en « escaladant par un autre côté », « en douce » ou « en resquilleur ». Il s’agit de venir à lui de façon visible, sincère et honnête, et de lui ouvrir (la porte de) notre cœur.

4)Nous pouvons avoir toute confiance, car – et c’est le plus important – Son amour tout puissant le pousse à « donner sa vie ». Il ne nous laissera donc jamais tomber, puisqu’Il est prêt à nous aimer ainsi « jusqu’à l’extrême » (Jean 13v1). Il donne Sa vie de Lui-même : personne ne lui ôte. Il en a le pouvoir, comme Il a le pouvoir « de la reprendre »(Jean 10v18).

A l’inverse, le « mauvais berger » est un « mercenaire », « payé pour » garder des brebis.  Il « ne se soucie pas des brebis », mais seulement de son intérêt. Son activité doit être « rentable ». Et pour le mercenaire, « la rentabilité ultime », c’est de « sauver sa peau », au prix de l’abandon des brebis…..

Aujourd’hui, comme à l’époque de ce récit, ceux qui écoutent cette parole de Jésus ont un choix à faire : aller vers Lui, en se disant « à qui irai-je ? Il a les paroles de la vie éternelle », croyant et connaissant qu’Il est « le Christ, le Saint de Dieu… » (Jean 6v68-69)….ou « rentrer dans le rang », suivant le groupe, ne peur d’être exclu (Jean 9v22) !

Que déciderez-vous ? Aujourd’hui, Jésus frappe à votre porte. Cherchez-le, invoquez-le, ouvrez-lui, tandis (et tant) qu’il s’annonce (Es.55v6). C’est aujourd’hui, « le temps favorable », « non subi ». Pas demain.

                                                                                                                                                                                                                                           

 

Notes :

(1) Sur les prophéties concernant Jésus, le Messie, voir le site atoi2voir.

(2)Une image que l’on retrouve dans tout l’Ancien Testament. Une image d’abord associée à Dieu (cf Esaïe 40v11 ; Ezéchiel 34v12 ; Psaume 23v1 et ss ; Ps.80v1 et ss ; Jer31v10……), mais aussi au Messie, « Fils de David », et aux responsables (religieux ou même politique) d’Israël (Psaume 78v70-71 ;  Jérémie 3v15 ; Jérémie 23v 4 ; Ezéchiel 34v23 ; 1 Rois 22v17…..)

Concernant l’opposition entre « bon » et « mauvais bergers », on se reportera à Ezechiel 34.

 

 

« Le changement, c’est maintenant ! »….dit la Bible

"Le changement" ? " Yes, we can", dit la Bible ! Et "c'est maintenant !"

« Le changement » ?  » Yes, we can », dit la Bible ! Et « c’est maintenant ! »

Est-il possible de changer ?

Vaste question ! Mais la Bible répond sans hésiter : « oui ». « Yes, we can », en Jésus-Christ. « Le changement, c’est (même) maintenant » !

Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui a changé pour vous, qui êtes peut-être chrétien et connaissez le Christ comme votre Sauveur et Seigneur personnel ?

En quoi Dieu nous transforme-t-il ? Qu’est-ce que « devenir chrétien » ?

Le changement s’opère-t-il au niveau de nos pensées ? Pour « penser juste » ?

Est-ce au niveau de nos émotions ? Pour « ressentir juste » ?

Est-ce au niveau de nos actions, de notre éthique ? Pour « agir juste » ?

Aucun des trois !

La réponse, dans cette prédication d’Olivier Keshavjee, « animateur paroissial » suisse, sur Ephésiens 4v17-24 : « vivre un vie nouvelle ».

Bonne écoute et bon week-end !

Comment et pourquoi étudier la Bible (2) : La Bible ? Un livre, mais quel livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu'un livre !

La Bible est un livre, mais elle est plus qu’un livre !

Un nouvel article de la série « comment et pourquoi étudier la Bible », faisant suite au précédent (« Nos motivations »)

Aujourd’hui : la Bible est « un livre », mais « plus qu’un livre ».

 

I. La Bible est un livre

Qu’est-ce qu’un livre ?

« Livre » vient du grec : « biblion » et « biblos », mot qui signifie « écorce intérieure »(de l’arbre), « moelle du papyrus », « papier à écrire », « écrit », « livre »…..soit un mot qui désigne un support, un matériau(1) sur lequel on peut écrire pour garder trace, preuve, mémoire et sens, dans un but de transmission.

En latin, le livre se dit « liber » : mot de botanique qui désigne la partie profonde de l’écorce de l’arbre servant à écrire, et à faire des livres.

Mais « liber » signifie aussi « libre » ! (2)

Le terme « Bible » vient du grec « Ta biblia »(pluriel de « biblion »), « les livres ». La Bible est donc un ensemble (ou une bibliothèque) de livres (66 en tout) : « les livres » ou « Le livre ». Elle comprend l’Ancien Testament (écrit en hébreu et en araméen) et le Nouveau Testament (écrit en grec courant).

 

 Rédaction et transmission du texte biblique :

« Dieu a parlé » à l’homme dès sa création (Gen.1v28 ; Hébr.1v1…). Au cours des siècles, Il s’est adressé directement à des personnes choisies. Mais la validité de Ses Paroles n’étaient pas limitées au seul instant où elles étaient prononcées. Elles n’ont pas de « date de péremption », à l’inverse des nouvelles des quotidiens.

Il importait donc de les communiquer aux générations futures (Deut.6v6-7 ; Matt.24v35…), de même que les commandements de Dieu qui devaient être gardés en mémoire (Deut.4v9. Nous avons aussi l’assurance que les premières tables de la loi brisées par Moïse ont été réécrites par Dieu : Ex.34v1).

D’où la mise par écrit de tout ce dont il fallait se souvenir : un texte écrit permet de fixer définitivement ce qu’une tradition orale aurait pu déformer. C’est l’une des raisons d’être de la Bible en tant que livre.

 

La première mention d’un « livre » dans la Bible se trouve en Gen.5v1, où il est question du « livre des générations (ou : généalogies) d’Adam »(3).

En Ex.17v14, Dieu ordonne à Moïse d’ajouter au livre déjà existant le compte-rendu de la bataille contre Amalek, « pour mémoire ».

Le livre fut complété au fur et à mesure des événements et des révélations( voir, par exemple, Jos.24v26…).

Tous les écrits de l’AT furent terminés au 4ème siècle av. JC. La plupart d’entre eux avaient été rassemblés au 5ème siècle av JC (Voir la mention de « la Loi » dans Esd. 7v6-21)

Sont admis comme canoniques : les cinq livres de Moïse, aux environs de 444 av JC ; les prophètes, entre 300 et 200 av JC ; et l’ensemble des Ecritures, dès 165 av JC. Un canon de 39 livres au total est fixé, excluant tous les autres textes non inspirés, plus tardifs (postérieurs au 5ème siècle av JC et d’ailleurs non cités dans le NT)

Le classement de l’AT correspond à celui auquel le Seigneur Jésus se réfère en Luc 24v44 :

« La loi » (« Torah » – les 5 livres de Moïse, de la Genèse au Deutéronome)

« Les Prophètes » (« Neviim » – incluant Josué, Juges, 1-2 Samuel, 1-2 Rois, sauf Daniel, Chroniques et Lamentations)

« Les Psaumes et autres écrits » (« Ketouvim » : Psaumes, Job, Proverbes, Ruth, Cantique des cantiques, Ecclésiaste, Lamentations, Esther, Daniel, Esdras, Néhémie, 1-2 Chroniques)

Pour être certain de pouvoir conserver le texte, il fallait faire manuellement un grand nombre de copies. Ce fut là le rôle des scribes de Jérusalem (« les Sopherim »), dont la première tâche a été de compter le nombre exact de lettres que contenait chacun des livres bibliques, écrits sur parchemin. Un seul défaut (une lettre manquante, un espace de séparation non respecté….) suffisait à rendre le livre « inapte à la lecture ».

 

La formation du Nouveau Testament :

 Les épîtres (ou lettres) ont été écrites les premières pour répondre aux besoins des communautés chrétiennes et des croyants individuels. Les premières semblent être 1-2 Thessaloniciens et Galates (50-51 ; 50-55 ap JC). Les dernières sont les écrits de Jean (85-90 ap JC)

La rédaction des Evangiles devint nécessaire suite à la disparition des témoins oculaires de la vie de Jésus-Christ. Marc semble être le premier(63-68 ap JC)

Le Nouveau Testament (27 livres), rédigé sur papyrus et parchemins, fut achevé avant la fin du 1er siècle ap JC. La liste de ses livres inspirés a été fixée aux 2èmes-3èmes siècles. En 170 ap JC, le fragment de Muratori contient une liste des livres reconnus par l’Eglise primitive et qui est très proche de notre Nouveau Testament actuel.

Aux 4èmes siècles ap JC, le canon des 66 livres de la Bible fut confirmé (et non établi) par divers conciles de l’Eglise primitive (Laodicée en 360, Carthage en 397…)

 

Les témoins du texte biblique ou la question des manuscrits :

 Vous le savez sans doute déjà, mais nous ne disposons plus de manuscrits originaux : seulement des copies…mais des milliers de copies ! Ce qui nous assure un texte bien plus fiable que les textes connus de l’Antiquité, tels que « Les Annales » de Tacite(2 manuscrits), « La Guerre des Gaules de César »(10 copies valables) ou « L’Iliade » d’Homère(643 copies)….sans pour autant que l’on remette en doute leur authenticité.

Concernant l’Ancien Testament, nous disposons de 3000 copies : le texte massorétique (« codex de Léningrad », manuscrit de 1008-1009 ap JC), le Pentateuque samaritain, les manuscrits de la Septante (« codex Sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle ap JC), les manuscrits de la mer Morte découverts en 1947 à Qumran(3èmes-1er siècles av JC), les traductions araméennes ou « targums »(du 1er siècle av JC au 8ème siècle ap JC)……

Concernant le Nouveau testament, nous disposons plus de 5000 manuscrits sur parchemin : le texte « byzantin »(212 manuscrits en majuscule, datant des 5èmes-12 siècles) ; le texte « alexandrin »(« codex sinaïticus » et « codex vaticanus », datés du 4ème siècle) ; « le codex d’Ephrem »(450 ap JC), qui est actuellement à la Bibliothèque Nationale de Paris.

Les documents les plus anciens du NT sont des papyrus : le plus ancien est un extrait de l’évangile de Jean, datant de 130 ap JC.

 

 II. La Bible est plus qu’un livre : inspiration, autorité et unité de la Bible

Son contenu a été déterminé par Dieu Lui-même (2 Pie.1v19-21), qui a veillé à ce que Sa Parole soit transmise intacte (Matt.5v18 ; Es.40v8 ; 1 Pie.1v25…). Nous y avons accès aujourd’hui, en dépit de toutes les tentatives pour la détruire, la discréditer ou l’oublier (Jer.36).

L’inspiration de la Bible est nécessaire pour que Dieu soit connu.

Prenez maintenant une pause pour faire les exercices suivants :

Rom.1v19 et ss relève ce que l’on peut discerner de Dieu dans la création : ……………………………………………………………………………………………………………………

Comment entrer dans la pensée de Dieu ? (Es.55v7-9 ; Gal.1v11-12 ; 1 Cor.2v6-12)……………………………………………………………………………………………………………….

Et seulement si Dieu nous parle ! (Gen.1v28)

 

Inspirée, la Bible elle-même affirme l’être : 2 Tim.3v16 ; 2 Pie.1v20-21

Elle est la révélation, la Parole écrite de Dieu, et « non la parole des hommes »(1 Thes.2v13)

Qu’est-ce que « l’inspiration » ?

Lorsque Dieu « fait passer Son Esprit dans l’esprit de l’homme ».

C’est « l’action surnaturelle de l’Esprit de Dieu dans des hommes » afin que leurs écrits correspondent exactement à la vérité que Dieu veut nous communiquer.

Quel est le rôle de « l’Esprit de vérité » en Jean 14v7, 26 ; 16v13-14 ? ………………………………………………………………………………………………………………………………………………..

L’Ecriture biblique est infaillible et sans erreur (« inerrante ») : elle est une révélation parfaite donnée par un Dieu parfait (Matt.5v48).

L’inspiration est un miracle de Dieu, au même titre que la naissance miraculeuse de Jésus (Luc 1v35).

Cf 2 Pie.1v21, des hommes (et non des surhommes) ont été « poussés » par Dieu à parler. Ils ont été des instruments conscients (et non des « robots »), disponibles pour l’action de l’Esprit de Dieu (2 Sam.23v1-3 ; Jer.36v1-2 ; Actes 1v16…). La pensée de Dieu a été communiquée sans erreur, par des écrivains dont la personnalité a été préservée(en témoigne la diversité des écrits bibliques).

Comme Jésus-Christ est à la fois pleinement Dieu et pleinement homme, « Parole faite chair », « Christ venu en chair » (Jean 1v14 ; 1 Jean 4v2), la Bible est en même « Parole de Dieu » et « œuvre humaine », quoique sans erreur, de même que Christ est « sans péché »(Hébr.4v15).

 

L’autorité de la Bible

La qualité de notre marche chrétienne dépend de la reconnaissance de l’autorité, et donc, de l’inspiration de la Bible (Hébr.4v12-13 ; 2 Tim.3v16-17 ; Jean 8v31-32). La Bible fait autorité parce que Celui qui l’a inspirée ne cesse pas d’être Seigneur quand Il parle.

– Comment le peuple d’Israël voyait-il la Bible ?

 Comme la révélation de la volonté divine (Ex.24v4,7 ; Néh.8v1-6…), une norme divine pour la foi (Jos.1v8 ; Ps.1, 119…), des écrits devant être connus, lus, pratiqués, crus (Deut.27v26, 31v9-13…..)

La redécouverte de la Parole de Dieu écrite a été la source de réveils, comme celui sous le Roi Josias : 2 Rois 22-23v1-3 ; 2 Chron.34.

Voir aussi les réveils du passé (16ème, 19ème….)

– Comment Jésus-Christ, Fils de Dieu, voyait-il la Bible ?

Il est de bon ton, de nos jours, de prétendre que la Bible ne serait « pas la Parole de Dieu », et de l’opposer à « Jésus », qui est effectivement « la Parole de Dieu » (Jean 1v1-14)

Or, Christ Lui-même reconnaît l’autorité de la Parole écrite, qu’Il cite fréquemment :

 Il reconnaît que l’Ecriture est inspirée cf Matt.22v41-45 et l’oppose aux traditions humaines, en la plaçant au-dessus comme Parole de Dieu (Matt.15v3-6)

Il atteste globalement l’Ancien Testament dans ses trois parties : « Loi », « Prophètes » et « Psaumes » (Luc 24v44)

Il valide à l’avance les écrits du Nouveau Testament (Jean 14v26, 15v26-27, 16v13-14)

Il croit en l’historicité des récits, événements et personnes de l’Ancien Testament : la création (Matt.19v4), le sacrifice d’Abel, et la mort de ce dernier (« premier prophète » cf Luc 11v51, Noé et le déluge (Matt.24v37 et ss), l’épisode du serpent d’airain (Jean 3v14), Jonas (Matt.12v40-41)….

Il fait référence à Esaïe (Luc 4v16-21), appliquant la prophétie à Lui-même ;

Il interroge régulièrement les autorités religieuses de son temps : « n’avez-vous jamais lu ? »(Matt.21v42), « qu’est-il écrit ? »(Luc 10v26), « comment lis-tu ? »(v26) ;

Il réfute les Sadducéens, « qui disent qu’il n’y a pas de résurrection » en les jugeant « dans l’erreur », parce qu’ils ne connaissent « ni les Ecritures, ni la puissance de Dieu » (Matt.22v23-29) et leur répond par les Ecritures (vv31-32)

Il ne reproche pas aux religieux de son temps d’ « idolâtrer la Bible », mais de ne pas y croire (Jean 5v39, 46-47 ; Luc 10v28, 16v27-31 ; Matt.5v17-19…)

Il affirme que « l’Ecriture ne peut être anéantie » (Jean 10v35)

Il fait toute une étude biblique aux pèlerins d’Emmaüs pour leur prouver que les Ecritures parlent bien de Lui (Luc 24v25-27 cf vv44-47).

Il répond aux tentations du diable dans le désert par : « il est écrit »(Matt.4v4,10) ou « il est aussi écrit »(v7)

– Comment les apôtres et les croyants de l’Eglise primitive voyaient-ils la Bible ?

L’Ancien Testament : Actes 1v16, 4v25, 7v38, 13v47, 15v15-18, 17v2-3, 28v23 ; Gal.3v8 ; Rom.4v3…….

Le Nouveau Testament : 2 Pie.3v15-16 ; 1 Thes.2v13, 5v27 ; Gal.1v18….voir aussi la raison d’être de l’Ancien Testament expliqué dans l’épître aux Hébreux.

Qu'est-ce que la bible pour vous ? Faites le point !

Vous et la Bible : un « vieux bouquin » ou….Faites aujourd’hui le point !

– Et vous ? Comment voyez-vous la Bible ? Qu’est-elle pour vous ? Faites aujourd’hui le point !

A quoi reconnaît-on que la Bible fait autorité dans une vie ? Cf Jacq.1v22-25

 

 

III. Unité, structure et équilibre dans la Bible

La Bible est composée de 66 livres écrits par des auteurs très divers (plus de quarante), en de multiples circonstances, sur une très longue période(plus de 1500 ans entre le premier et le dernier auteur – fin 1er siècle), en des lieux très différents. Pourtant, cet ensemble présente une unité extraordinaire : un témoignage supplémentaire à l’inspiration divine des Ecritures !

Unité du message biblique :

De quoi ou de qui parle la Bible ? Découvrez le centre de la révélation biblique dans Luc 24v27, 44 : …………………..Et ce, annoncé dès la Genèse : Gen.1v1-4(comparer avec Jean 1v1-9, 1 Jean 1v1-5) et Gen.3v15-21, 4v4…..

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l'on cherche désespéremment

Le coeur du livre : un animal expiatoire que l’on cherche désespéremment

A noter que pour les « Sopherim »(scribes juifs), le cœur du livre(l’AT)se trouve en Lévitique 10v16, où il est question d’un bouc expiatoire que l’on cherche. Cette quête d’un animal que l’on offre pour les péchés est l’obsession de toute la Bible : « où est l’agneau pour l’holocauste ? » (Gen.22v7)…jusqu’à la pleine révélation que Jésus est « l’agneau de Dieu qui ôte le péché du monde » (Jean 1v29, 36)

Le plan du salut forme un tout cohérent, révélé par étapes. Les éléments de l’AT sont « l’ombre des choses à venir », révélées dans le NT (Hébr.8-10 ; Col.2v17) et les deux testaments se complètent. Ex : comparer cette vision de Dan.7v13-14 avec cette déclaration du Seigneur Jésus en Matt.28v18-20.

La Parole de Dieu est également équilibrée dans sa structure et dans son contenu(4) : il est essentiel de la prendre comme un tout et de la lire entièrement.

Ex. : 1 Corinthiens parle de l’abus de liberté (laxisme) et Galates, de l’abus de loi (légalisme). Ephésiens établit l’équilibre entre les deux.

Ex : Ephésiens 2v8-10 fait l’équilibre entre Romains, qui parle du « salut par la grâce sans les œuvres », et Jacques, qui parle de la nécessité des œuvres comme preuve de la foi.

Ex : Proverbes équilibre Job et Ecclésiaste. Ne lire que Job, centré sur la souveraineté de Dieu, conduit à au fatalisme (« Dieu contrôle tout », nous ne sommes que des « robots »). Ne lire que l’Ecclésiaste (vanité d’une vie sans Dieu), et le lire trop vite, sans sa clé (Eccl.12v13-15) conduit à une forme de scepticisme(où l’on doute de tout), de désespoir et d’indifférence.

Lisons donc Job, puis Ecclésiaste, et enfin Proverbes, pour comprendre que la vraie sagesse vient de Dieu et que nous avons à vivre cette sagesse.

 

(A suivre)

 

Notes : 

(1) Concernant l’écriture et les matériaux, l’invention de l’imprimerie datant du milieu du 15e siècle et celles de la photocopie et du scanner étant encore plus récentes, les textes bibliques devaient être copiés et recopiés à la main pour qu’ils traversent les générations et les siècles jusqu’à nous.

Au Proche-Orient, les civilisations de l’Antiquité développèrent très tôt différentes écritures : caractères pictographiques, hiéroglyphiques, cunéiformes…La découverte des caractères alphabétiques se généralisa vers 1500 av JC, simplifiant et rendant l’écriture accessible à un plus grand nombre de personnes. Les supports utilisés sont : les pierres et les briques (Job 19v24 ; Ex.32v15-16 ; Deut.27v2-3) ; le papyrus, d’origine végétale, connus dès le deuxième millénaire av JC, et se présentant sous forme de rouleaux (Esdr.6v2 ; Zach.5v1 ; Ezech.2v9 ; Jer.30v2…..) Inconvénient : sa fragilité. Le parchemin (2 Tim.4v13), d’origine animale, est mis au point au 2ème siècle av JC. Réutilisable, il est bien plus résistant que le papyrus et sans rival pour la conservation.

 (2) Tel que le souligne, par exemple, Marc-Alain OUAKNIN dans « Bibliothérapie ». Seuil, 2008(Points), p 232.

(3) Soit les « générations » ou « généalogies » d’Adam à Noé, relatées dans le chapitre 5 de la Genèse. Marc-Alain OUAKNIN, encore, en écho à l’ouvrage de Catherine CHALIER(« L’Histoire promise »), relève que « le livre fait son entrée en scène du texte juste après le chapitre 4 de la Genèse, où sont racontés la difficile et tragique existence d’Abel, sa presque non-vie et son assassinat » : le « livre des généalogies » est donc une « réparation » de la mort d’Abel (« Bibliothérapie », pp 327-328), restaurant une lignée menacée d’être interrompue.

(4) D’après Richard BORGMAN, dans « Le Royaume équilibré de Dieu ». Ed. Le Lion et l’Agneau, 1994, pp 171-174

L’action du mois : lire un (vrai) livre, pour mieux écouter et rester humble…

"Lire de vrais livres nécessite une certaine humilité - et de l'écoute - de la part du lecteur !"

« Lire de vrais livres nécessite une certaine humilité – et de l’écoute – de la part du lecteur ! »

Ce mois-ci, je vous invite à lire. A lire des livres. De vrais livres.

Je choisis de ne pas vous donner le choix entre le papier ou l’e-book, car, quoiqu’on en dise, le format importe beaucoup.

Vous connaissez certainement cette « doxa », que vous faites peut-être vôtre : la technologie (serait) neutre. Elle (ne serait) là que pour nous faciliter la vie. Or, souligne Cédric Biagini(1), « il est évident que les objets qui nous entourent, et les rapports de production qu’ils induisent, restructurent en profondeur les sociétés et nos existences ».

Ainsi, « indépendamment de son contenu », l’objet-livre en tant que tel « induit un certain rapport au texte »  et entraîne « un type de lecture : continue, profonde, linéaire, avec un fil conducteur », nécessitant que le lecteur suive la pensée d’un auteur et qu’il lui fasse, à un moment donné, confiance. Le temps de la lecture est alors suspendu où l’on s’extrait des sollicitations extérieures, de plus en plus invasives et distrayantes. Il permet de construire une pensée, de s’abandonner à des formes de contemplations et de développer une intériorité »…..

A l’inverse, « le livre numérique, dans sa forme hypermédia (avec des sons, vidéos, images, hyperliens…)….rend plus difficile la lecture continue et profonde. Car l’écran est un écosystème de technologies d’interruption qui font que l’on a du mal à se concentrer »(2).

Ceci dit, au-delà du débat, il y a un autre intérêt à redécouvrir et privilégier la lecture de (vrais) livres (de papier). Tout simplement parce que le livre papier sous-entend une nécessaire humilité du lecteur, à l’inverse du livre numérique où le lecteur est renvoyé à une forme de toute puissance.

Comment cela ?

En effet, relève encore Cédric Biagini(1), « ce sentiment de toute puissance est considérablement exacerbé par les objets numériques (…) qui n’a pas rêvé d’avoir une bibliothèque dans sa poche ? Je peux ainsi disposer en permanence de ce dont j’ai envie. Je peux aussi intervenir sur le texte, le reconfigurer. Bref, j’ai l’illusion de maîtriser (3). Lire un livre [un vrai livre de papier], comme écouter quelqu’un, suppose une capacité d’attention terriblement mise à mal aujourd’hui. Pourtant, jamais les gens n’ont eu autant besoin d’être entendus, notamment sur les réseaux sociaux, et jamais les autres n’ont été en si faible capacité de leur accorder du temps, car ils sont de plus en plus sollicités et passent du temps à communiquer frénétiquement.

Lire, c’est être capable d’écouter un auteur, de se dire « ce n’est pas moi qui donne mon avis sur tout ». Cela oblige à faire des efforts, à sortir de soi, à mettre de côté son narcissisme »(2).

A vous de jouer !

Dans le prolongement de ce qui précède, sur le thème de la lecture et de l’écoute, nous vous recommandons enfin les articles suivants :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/09/04/alzaia/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/03/quand-lecoute-est-un-puits-critique-de-et-il-dit-derri-de-luca/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/07/01/la-bible-est-elle-la-parole-de-dieu/

 

Notes :

(1)Coordonnateur du livre collectif intitulé « L’Assassinat des livres. Par ceux qui oeuvrent à la dématérialisation du monde » aux éditions « L’Echappée »(2015).

(2) « Lire, c’est écouter ». Entretien avec Cédric Biagini sur la lecture numérique. CQFD, septembre 2016, N°146, p V.

(3) Chacun sait que la Bible(du grec « Ta biblia » : « les livres ») est une bibliothèque(idéale ?) de livres à elle toute seule. Si nous vous souhaitons qu’elle vous devienne « familière », elle ne saurait être « domestiquée » ou « reconfigurée » à votre guise pour autant….

Revoir notre rapport au temps ?

Jésus, pour "président" ? (Source : "Mockingbird")

Jésus, pour « président » ?
(Source : « Mockingbird »)

Et si nous revoyions notre rapport au temps, afin de ne pas nous laisser influencer par la pression sociale, certaines « impatiences » individuelles ou collectives de notre entourage à notre égard ?

Et ce, à l’instar du Seigneur Jésus-Christ, lequel, n’étant pas « un homme pressé », a débuté son ministère à 30 ans et a su se retirer à l’écart lorsqu’on a voulu le faire roi…..(Jean 6v15)

A méditer, encore : Matt.12v38-40 ; Matt.4v1-11

Foireux liens de septembre (17) : « burkinigate », « neutralité de la technologie », « dictature laïque »….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les « Foireux liens » de septembre : une actualité placée sous le signe de « la rentrée » et de « la neutralité »….

« La rentrée », c’est aussi celle de l’actualité. Voici, parmi les faits, les plus significatifs selon nous :

1) Le « burkinigate », bien sûr ! Avec les regards et réflexions de :

Et pour bien comprendre comment tout a commencé (et s’est propagé), voir l’analyse de Nicolas VANDERBIEST, assistant universitaire à l’université catholique de Louvain.

2) « La technologie est-elle neutre » ? Mike COSPER, directeur d’un institut de recherche sur la foi et la culture aux États-Unis, répond à cette éternelle question – qui suscite beaucoup de réactions – sur le blogue « Tout Pour Sa Gloire » (anciennement « Notre église point com »).

3) D’autre part, et alors qu’ élèves et enseignants débutent leur rentrée en France, « BASTA MAG » nous invite à réfléchir à l’enjeu suivant : « L’Éducation nationale, champ de bataille entre logiciels libres et multinationales de l’informatique ? »

4) La rentrée scolaire le 1er septembre 2016, c’était aussi hier, en Israël. Néanmoins, les écoles chrétiennes d’Israël présentes là-bas sont menacées de fermeture, connaissant de graves difficultés financières. Le vicaire patriarcal à Nazareth, Mgr Giacinto Boulos MARCUZZO nous explique pourquoi, et avec quelles conséquences.

5) Enfin, serait-il « souhaitable » que la France devienne une « dictature laïque » ?  Si, comme le rappelle le blogueur « Koztoujours », Nicolas SARKOZY estime (sur TF1, « de façon générale et indifférenciée ») que « le meilleur moyen d’apaiser les tensions est que soit proscrit tout signe extérieur d’appartenance à une religion », le Front National, par la voix de Florian PHILIPPOT, « se montre plus large encore, souhaitant l’interdiction l’ensemble des signes ostensibles dans l’espace public (…) Une proposition portée de longue date par le Front National et justifiée par Marine LE PEN par une très surprenante formule : « Je remarque que dans les pays où il y a eu des dictatures laïques, les populations vivaient incontestablement mieux, avaient plus de libertés individuelles que sous des dictatures non pas religieuses, mais de fondamentalisme islamique. » En serions-nous donc à nous interroger sur le type de dictature sous laquelle nous préférons vivre, se demande « Koz » ? La suite de la réflexion, à lire sur son blogue.