« Une nuée de témoins »…différents les uns des autres ! (Hébreux 11v32-40)

Les témoins sont une nuée, ils sont aussi différents les uns des autres. Prédication d’Isabelle Coffinet (Temple de Cergy) sur le texte d’Hébreux 11.32-40.

Es-tu prêt à recevoir les miracles de Dieu ? Et aussi tout ce qui n’est pas miraculeux ? Es-tu prêt à vivre le glorieux, mais aussi tout ce qui ne l’est pas ?

Alors, ce message est pour toi ! Ou comment comprendre que s’attendre à Dieu, c’est être prêt à crucifier nos propres attentes.

De l’imagination, « cette faculté transversale »

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

« L’imagination est ici la faculté de nous mettre à la place d’autrui, mais sans nous croire véritablement à sa place, et sans nous en faire une image. C’est un art délicat. D’autant plus délicat que l’imagination baigne dans l’imaginaire dominant d’une époque, d’un milieu, d’une culture ».

(Olivier Abel. De l’humiliation : le nouveau poison de notre société. Les Liens qui Libèrent, 2022, p 78)

Pourquoi les « anti-passe » et « anti-vax » sont toujours actifs malgré la levée du passe vaccinal

Pour certains, le vaccin, c’est toujours non…même après la levée du passe vaccinal. Pourquoi ? Source image : public domain pictures

Loin d’être une simple « question indifférente », la question du vaccin contre la covid est bien une question éthique : car sont en jeu ici le rapport à son propre corps comme aussi la responsabilité pour la santé des autres. L’éthique doit ici trouver des réponses en examinant très sérieusement les données empiriques et scientifiques, car la qualité d’une réponse éthique dépend d’une bonne information sur le sujet en question.

Cependant, comment expliquer le rejet persistant de la vaccination – notamment le fait que les « anti-passe/anti-vax » soient toujours actifs, même après la levée du passe vaccinal –  et de façon sous-jacente le processus de « décroyance » en la science ? Une analyse de Dominique Crié, professeur des universités, et de Christelle Quero, Maître de Conférences, Université de Lille, paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation.

Le 15 mars 2022, lors de sa visite d’un centre de réfugiés, Emmanuel Macron était interpellé par une aide-soignante de 35 ans non-vaccinée. En pleurs, elle soulignait avoir perdu son travail et demandait l’arrêt de l’obligation vaccinale pour les soignants.

Les « anti-passe, anti-vax » sont en effet toujours actifs malgré la levée des restrictions sanitaires le 14 mars. À Toulouse le 5 mars, ils défilaient au nom de leurs « libertés », contre une « dictature sanitaire et numérique », persuadés d’être fichés et stigmatisés, réclamant la « liberté vaccinale ». Le même jour à Rodez, ils dénonçaient « la dérive sécuritaire du gouvernement », la « restriction des libertés collectives et individuelles », la fracturation de la société selon le statut vaccinal et surtout « l’absence de débat démocratique » permettant à chacun de se faire une opinion vis-à-vis du vaccin.

En juillet 2021, OpinionWay publiait un sondage indiquant que 16 % des Français n’avaient « pas l’intention de se faire vacciner ».

Mais l’hésitation vaccinale n’est pas un phénomène uniquement français, il s’agit même de l’une des dix plus grandes menaces pour la santé mondiale indiquait l’OMS en 2019.

Le groupe d’experts SAGE de l’OMS met en exergue, antérieurement et parallèlement au modèle classique des « 5 C » (confiance, complaisance, commodité/convenance, calcul du risque et la responsabilité collective), une conjonction de trois grandes dimensions au phénomène d’hésitation vaccinale face au Covid-19 :

  • liées au vaccin et à la vaccination (sécurité, accès à la vaccination, coût, résultat attendu),
  • liées aux individus (croyances, mythes et convictions, niveau de compréhension, normes sociales et communautaires),
  • liées à l’environnement (culturel, politique, socio-économique, médiatique).

Ces éléments se retrouvent essentiellement dans les pays démocratiques, à forte accessibilité et disponibilité vaccinale. Ils contribuent à générer un certain populisme « antivax », largement relayé par les médias numériques, et leur mise en avant démultipliée a pour conséquence que l’effet thérapeutique du vaccin n’est plus évalué à sa juste dimension.

Retour sur une défiance générale

La défiance envers la vaccination n’est ni récente ni figée, comme le rappelle en 2021 l’historien Laurent-Henri Vignaud.

Le phénomène trouve ses origines au XVIIIe siècle avec les premières inoculations varioliques, ancêtres de la vaccination. Des études menées alors à partir de tables de mortalité démontrent que la variole contractée par inoculation est dix fois moins mortelle que la variole après infection naturelle. On pouvait penser que les railleries « anti-variolisation » allaient cesser, mais c’est l’inverse qui se produisit. Les discours s’alimentent par la médiatisation de rares cas de complication et la publication de caricatures qui effraient.

Au XIXe siècle, la création de son institut par Pasteur va faire naître deux débats : l’un sur l’expérimentation animale, l’autre sur des accusations de profit de l’institut – préfigurant les attaques actuelles sur les « Big Pharma ».

Il faut attendre le XXe siècle pour voir la reconnaissance d’un bénéfice de la vaccination se développer. En France, depuis 1992, les baromètres santé assurent une veille de la perception de cette pratique. Comme le rapporte le spécialiste en prévention et maladies infectieuses Jocelyn Raude, en 2000 et 2005, environ 90 % des Français y étaient favorables.

Toutefois, plusieurs scandales sanitaires et la montée des théories conspirationnistes vont ensuite modifier le paysage statistique. En 2010, 40 % des Français auraient ainsi été défavorables à la vaccination en général. Ce rejet concerne en premier lieu la vaccination contre la grippe, qui chute de plus de 30 % l’année suivante.

Le cas du rejet de la vaccination anti-Covid

En novembre 2020, alors que la pandémie frappe la planète depuis près d’un an, Pfizer-BioNTech présente les résultats d’un essai clinique où leur vaccin anti-Covid-19 serait efficace à 90 %. Rapidement, en parallèle de l’espoir généré par cette annonce, émerge un phénomène de défiance. Fin décembre, 45 % des Français déclaraient ne pas souhaiter se faire vacciner, soit un taux des plus élevés au monde.

Les motifs de ce rejet sont nombreux. S’y mêlent oppositions religieuses (se soumettre à la volonté de Dieu) et spirituelles, écologiques (dégradation de l’environnement) ou naturalistes (laisser faire la nature), intentions néfastes prêtées à Big Pharma et à un État Big Brother (contrôle et atteinte des libertés) qui serait en plein développement, manque de confiance dans les institutions chargées de garantir la santé de chacun, remises en cause à l’égard du corps médical et de la science (la science n’explique pas tout)…

Cet ensemble disparate est repris et renforcé par le « documentaire » Hold-Up.

Internet et les réseaux sociaux vont faciliter la diffusion d’injonctions paradoxales, de fake news, de slogans tendancieux assurant le terreau des théories conspirationnistes.

La très populaire plate-forme de Podcast Spotify accueille ainsi l’animateur Joe Rogan qui va diffuser à ses 190 millions d’auditeurs beaucoup d’informations fausses (pas besoin de se vacciner si l’on est jeune, etc.) ou controversées sur le vaccin sans aucun avertissement. Au point que l’artiste Neil Young, également hébergé par la plate-forme, décide de la boycotter, se privant ainsi de 60 % de ses revenus.

Mésinformation, désinformation et malinformation

Les questions de mésinformation, de désinformation ou de malinformation deviennent ainsi essentielles pour appréhender l’hésitation vaccinale.

Au IVe siècle av. J.-C., le philosophe grec Aristote dénonçait déjà les ruses utilisées pour piéger un interlocuteur. Le « sophisme » par exemple part ainsi d’éléments vrais puis développe un raisonnement faussé pour aboutir à une conclusion erronée afin d’induire son interlocuteur en erreur.

En rhétorique, une autre technique est surnommée « empoisonnement de puits ». Elle consiste à donner de l’information négative, vraie ou fausse, à propos d’un adversaire dans le but de le discréditer. Une troisième à changer soudain de sujet et l’envoyer sur une autre piste que celle prévue.

« Affirmer », c’est avant tout s’affirmer et vaincre… Sur les réseaux sociaux, beaucoup se parlent sans « s’écouter », les dialogues solitaires y côtoient les monologues à plusieurs, laissant cette impression d’exister davantage.

Avec Internet, sophistes et rhétoriciens numériques disposent d’une arme de persuasion massive ! Des professionnels mixent algorithmes et neurosciences pour créer l’addiction aux réseaux et un accroissement d’audience… et donc de recettes publicitaires.

Un phénomène de repli sur soi

Dans un autre registre, l’engagement (envers une cause par exemple, basé sur la confiance et la satisfaction et l’attachement aux idées développées) est un puissant facteur de résistance à la persuasion, particulièrement en santé publique, par défaut de traitement approfondi de l’information « persuasive » diffusée. Avec pour effet là encore que les messages de prévention ne sont plus considérés à leur juste valeur.

De nombreuses recherches, notamment effectuées par Facebook comme l’a précisé la lanceuse d’alerte Frances Haugen, indiquent clairement qu’un contenu négatif, clivant ou incitant à la haine est facteur d’engagement donc d’audience et de diffusion.

Un taux de clic plus important sur les contenus publicitaires incite les plates-formes à une certaine « clémence algorithmique » dans leur filtration. Ceci rejoint l’appétence des individus à communiquer sur les événements négatifs et les dangers dans une « société de mise en scène de la peur » selon le philosophe Michel Serres. Les « agissants » sur les réseaux sociaux sont par définition des « engagés », par la répétition et la fréquence de leurs interventions.

La question d’infox (fake news) en santé interroge également. Des communautés virtuelles se forment et s’enferment dans une logique de renforcement de leurs points de vue. Il y a alors une réduction de la diversité des informations reçues et un rejet systématique des arguments alternatifs. C’est le phénomène de « chambres d’écho », à l’origine un lieu où augmente la résonance de propos similaires et de « bulles de filtre ».

Selon le spécialiste du cybermilitantisme Eli Pariser, qui utilise le terme d’« autopropagande », ces bulles sont le fruit de dispositifs algorithmiques de personnalisation et de partage des contenus en ligne. Elles appauvrissent intellectuellement leurs membres et façonnent la réalité des faits, conduisant parfois à la radicalisation des opinions.

Sur Internet, la moindre information persiste dans le temps et devient « searchable » sans mise en perspective ni contexte pour l’interpréter. Or les plates-formes digitales renvoient principalement vers un contenu souhaité, grâce aux données fournies implicitement par leurs utilisateurs qui entraînent leurs algorithmes. Ce qui alimente les « bulles de filtre », les résultats des moteurs de recherche proposant à l’internaute les idées (y compris alternatives et controversées) qui viendront renforcer ses positions initiales.

La part des biais cognitifs

Les individus peuvent également être sous l’influence de biais cognitifs, définis comme un écart systématique entre la réalité et la pensée logique et rationnelle lorsque celle-ci ne suffit plus à appréhender un événement ou un contexte.

La littérature distingue les biais individuels des biais collectifs. Les premiers sont liés à des erreurs de jugement, et donc de décision, qui restent propres à un individu. Les seconds naissent lorsque le jugement et la décision finale relèvent d’un contexte de groupe ou de communauté.

Très étudiés en psychologie, ces biais sont cognitifs, motivationnels ou émotionnels. Certains sont susceptibles d’expliquer le rejet total ou partiel des vaccins anti-Covid. Ils peuvent être directement attribuables (ou renforcés par) soit à une information mal contrôlée, soit à une mésinformation, désinformation ou malinformation sur les réseaux sociaux, soit encore à l’entourage social.

L’importance de la méfiance envers les institutions

L’opposition à l’État et aux institutions a canalisé une large partie du rejet des vaccins et des mesures sanitaires. Jean-François Monier/AFP

Plusieurs auteurs (Christophe Benavent, spécialiste des conséquences des technologies de l’information sur les stratégies ou le sociologue Alexis Spire montrent que le jugement de confiance envers les politiques dans la gestion de la pandémie, reflet de la confiance envers les institutions, s’impose comme l’une des variables principales du rejet vaccinal. Ces études identifient un facteur allant de 1 à 5 (de < 10 % à > 50 %) entre les citoyens qui ont une certaine confiance et ceux qui n’en ont aucune, et ce indépendamment de la catégorie socioprofessionnelle.

Comment expliquer cette remise en question de l’État ?

Dans la logique de protéger prioritairement les plus vulnérables, les autorités de santé ont sans doute délégitimé le vaccin chez les individus non éligibles en début de campagne. Or privilégier les personnes les plus à risque, c’est également tolérer plus d’effets indésirables du vaccin et apprendre à les connaître pour mieux les maîtriser ensuite.

D’autre part, la communication gouvernementale est restée ambiguë sur les notions d’immunité collective et de protection individuelle ou encore sur la possibilité de contamination malgré la vaccination. Les experts et les politiques ont souvent asséné leur(s) vérité(s) en amplifiant sporadiquement la gravité du Covid-19 afin de mieux sensibiliser la population, alors qu’il aurait fallu sans doute plus d’andragogie.

Enfin, il a pu y avoir l’impression d’une mise en cause de l’autorité scientifique par le politique (avec les premières annonces sur l’inutilité des masques, le refus de confinement fin janvier 2021, etc.). L’injonction politique envers des citoyens, qui s’estiment informés et responsables et revendiquent leurs droits individuels et leur liberté, scelle la rupture du contrat sanitaire jusqu’ici implicite.

Le détachement du politique vis-à-vis des scientifiques trouble un peu plus une lecture juste de la situation, d’autant que des mesures perçues comme liberticides sont prises en se référant au… conseil scientifique.

Une large méfiance envers les autorités de santé et l’industrie pharmaceutique

Deux faits notables, associés à la vaccination, sont fortement inscrits dans la mémoire des Français : la relation, non avérée, entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et l’échec de la campagne vaccinale H1N1.

En parallèle, les scandales du Mediator, du Levothyrox, de la Depakine, de la Thalidomide ou encore du sang contaminé vont cristalliser le phénomène de défiance. Ces crises politico-sanitaires installent des doutes à la fois sur la sécurité des vaccins ou des médicaments et l’aptitude des autorités à prendre des décisions indépendamment de l’industrie pharmaceutique.

Elles nourrissent la défiance et expliquent, en partie, le niveau important d’hésitation vaccinale.

Concernant la vaccination contre le Covid-19, la longue litanie des effets indésirables les plus dramatiques (maladies auto-immunes, thromboses, myocardites, péricardite, syndrome de Guillain et Barré, etc.), réels mais extrêmement rares, mais aussi les médicaments supposés être efficaces puis soustraits à la prescription comme l’hydroxychloroquine, vont venir remettre en cause la bienveillance de l’État et des scientifiques.

De plus, la rapidité du développement du vaccin, suspecté de passer outre les standards scientifiques habituels pour raison politico-économique, engendre de larges soupçons. Pourtant, les raisons principales de cette rapidité ont été un allègement de la bureaucratie et le recours à des procédures parallèles de validation des essais cliniques sans jouer sur la sécurité. Ceci aurait mérité une information honnête, transparente, répondant aux doutes légitimes en s’assurant de sa plus large diffusion – jusque dans les « bulles » évoquées précédemment.

Autre exemple : la polémique liée aux thromboses aurait pu être limitée en mettant largement en avant deux études. La première d’avril 2021, émanant de l’Université d’Oxford, démontre que « le risque de thrombose lié à une infection Covid-19 serait huit fois plus élevé qu’avec le vaccin AstraZeneca et 10 fois pour les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ». La seconde de juillet 2021, montre qu’en Angleterre depuis que le vaccin AstraZeneca est injecté uniquement aux plus de 40 ans, aucun cas de thrombose vaccinale n’a été signalé.

Une partie du corps médical présente également des signes de défiance. Différents facteurs sans lien avec la vaccination sont venus amplifier leur propre hésitation, comme la généralisation du tiers payant, la crise organisationnelle et financière des hôpitaux, le manque de reconnaissance, les problématiques de sous-effectif, etc. Aux phénomènes structurels s’ajoutent des incertitudes et doutes alimentés par la gestion de crise sanitaire, notamment le fait que des soignants Covid positifs, asymptomatiques ou paucisymptomatiques pouvaient (devaient) continuer à travailler.

L’évolution rapide des données et comptes-rendus sur lesquels s’appuient l’État et les autorités de santé pour mener la stratégie de lutte contre la propagation du SARS-CoV-2 ne permettent ainsi plus toujours de convaincre les professionnels de santé.

Certains soignants n’ont pas confiance dans les vaccins proposés, d’autres s’opposent au principe d’obligation vaccinale en s’appuyant sur le manque de recul par rapport aux traditionnels vaccins obligatoires pour l’exercice de leur métier… Tout cela se transformant en outil de protestation contre les politiques de santé.

Le rôle complexe des scientifiques

Les interventions publiques d’experts ont pour objectif de susciter l’adhésion à la stratégie de vaccination, de nombreux citoyens hésitants cherchant à être persuadés de ses bienfaits.

Cependant, la polémique portée par Andrew Wakefield (1998) sur la soi-disant relation entre vaccination anti-rougeole/oreillons/rubéole (ROR) et l’autisme, a généré une crise de confiance sur la vaccination infantile en Angleterre. En France, c’est le vaccin contre l’hépatite B qui est alors suspecté de provoquer la sclérose en plaques. Ces deux exemples de controverses mettent en avant le rôle des scientifiques en tant qu’influenceurs négatifs.

De plus, certaines publications diffusées avant validation par les pairs font l’objet d’une interprétation fallacieuse. Retransmises sur les réseaux sociaux, elles augmentent les doutes et le scepticisme sur l’information scientifique. Un exemple est celui de la célèbre revue Vaccines qui a publié le 28 juin 2021 une étude, validée scientifiquement, qui affirmait que le vaccin provoquait deux décès pour trois personnes protégées… Étude retirée quelques jours plus tard (le 2 juillet) en raison d’erreurs dans l’interprétation des conclusions.

D’autres grandes revues internationales (The _Lancet, New England Journal of Medicine et Annals of Internal Medicine_…) ont dû également retirer des publications litigieuses de leur site, renforçant l’idée que les scientifiques doivent mieux s’assurer de la robustesse de leurs travaux avant diffusion.

Pour l’OMS, les réseaux sociaux sont abondamment mobilisés par les « antivax » pour partager des résultats d’études scientifiques litigieuses dont la robustesse des travaux est questionnable, disponibles en pré-print et libre accès, elles sont susceptibles d’alimenter leurs thèses.

Cette grave pandémie, complexe et qui dure, responsable aujourd’hui de 6,23 millions de morts au niveau mondial, possiblement 2 à 3 fois plus selon l’OMS, pose ainsi la question générale des stratégies de communication à la fois des organismes de Santé publique et des mouvements alternatifs.

Initialement paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation

Voir aussi https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/10/15/communication-scientifique-en-situation-de-crise-sanitaire-profusion-richesse-et-derives/

Connaître l’évolution de la vaccination en France : quelle proportion de français vaccinés ? Combien faut-il encore vacciner de personnes avant d’atteindre l’immunité collective ? A la date du 02/05/22, 80,6 % des français ont reçu au moins une dose de vaccin ; 79,3 % ont reçu toutes les doses requises ; 54 % ont reçu une dose de rappel supplémentaire. Il reste à vacciner 19,04 % des français avant d’atteindre un taux de vaccination de 100 %. Au rythme actuel, on aurait vacciné l’ensemble de la population éligible (les plus de 12 ans) le 07 juin 2029 !

Forum des Attestants du 14 mai : « Transmettre l’Évangile, une question de vie ou de mort »

Source image : attester.fr

L’association des Attestants* organise un forum ouvert à tous le 14 mai 2022, de 9h30 à 17h00, autour du thème: Transmettre l’Évangile : Question de vie ou de mort.

Ce rendez-vous se fera 100 % par zoom.

Pourquoi cette thématique ?

Les organisateurs du forum le justifient ainsi : « Alors que la guerre vient de faire son tragique retour à l’est du continent européen, provoquant son cortège de morts, de blessés et de réfugiés, le thème de ce Forum 2022 est hélas particulièrement pertinent et actuel. Nous sommes en pleine fin de crise du Covid en France et alors que le thème de l’héritage s’invitait dans la campagne présidentielle, la guerre en Ukraine lui donne une très forte dimension.

Dans le contexte du débat synodal de l’EPUdF sur Mission de l’Église et ministères, le thème de la transmission de l’Évangile doit bien évidemment prendre une place primordiale. En effet, parmi toutes les facettes de la mission de l’Église, le témoignage de la foi et la transmission de l’Évangile tiennent une place centrale et unique pour tous les chrétiens.

Dans un monde post-moderne où l’individualisme et le prétendu accomplissement personnel sont devenus norme absolue, comment dire le plan de Dieu pour chaque homme et chaque femme de notre temps ? Comment assumer cet héritage formidable que nous avons reçu, en vivre pleinement et le transmettre à notre tour pour que la vie du Ressuscité vienne remplir l’existence d’un maximum de nos contemporains ? Comment transmettre l’Évangile en tout temps et en tout lieu en commençant au plus près de nous, au sein de nos familles, auprès de nos amis, de nos collègues, et de tous ceux avec qui nous vivons au quotidien ? Indépendamment des circonstances sanitaires ou géopolitiques, la transmission de cet Évangile, qui remplit toute notre existence et fonde notre espérance, revêt une urgence pour notre monde tourmenté. Cette urgence est brûlante pour nos Églises.

Cette mission n’est pas celle des seuls spécialistes, théologiens, biblistes, etc. ; elle est celle de chaque chrétien membre du corps du Christ. Chacun à notre niveau et avec les dons que nous avons reçus, nous devons assumer l’Évangile reçu en héritage pour le transmettre à notre tour. C’est pourquoi dans le cadre de notre Forum 2022 nous allons réfléchir et nous former ensemble sur ce thème essentiel, afin d’être à même de remplir la mission que le Christ lui-même nous a confiée ».

Au programme

De 9 h 30-12 h 30, table ronde animée par Marie-Christine CARAYOL, coach et intervenante en thérapie sociale, avec

  • Pierre-Yves KIRSCHLEGER, maître de conférences d’Histoire contemporaine, Université Paul-Valéry, Montpellier
  • Louis SCHWEITZER, professeur émérite d’éthique de la Faculté libre de théologie évangélique, Vaux-sur-Seine
  • Antoine NOUIS, docteur en théologie, co-fondateur de campusprotestant.com

14 h-17 h, Ateliers

  • Dire l’Évangile de façon compréhensible
  • Transmettre l’Évangile dans le scoutisme
  • Transmettre en manifestant son ouverture dans un accueil bienveillant, l’exemple des Parcours Alpha
  • Comment orienter sur l’essentiel en partant des préoccupations et questions posées ?
  • Transmettre l’Évangile dans une Œuvre sociale
  • Témoigner dans la famille
  • Transmettre et partager l’Évangile dans le couple
  • Témoigner auprès des enfants
  • Grands-parents témoins
  • Témoigner auprès des musulmans
  • Annoncer l’Évangile dans une société post-moderne
  • Témoigner en milieu sportif

Renseignements et inscription jusqu’à ce jeudi soir pour les ateliers et obtenir le lien zoom.

*Un événement organisé par les Attestants ; ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples de même sexe. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

Découvrir leur site et mes articles sur ce mouvement.

En quelques mots : Evangile VS culture ?

Dois-je abandonner ma culture pour suivre Jésus-Christ ? Qu’est-ce que la culture ? L’Évangile est-il une culture ? Est-ce la culture d’un groupe qui s’impose aux autres cultures ?….

Une vidéo Libérer!, avec Josiane Ngongang, du temple du Marais (Paris), pour comprendre « en quelques mots » comment s’y retrouver et faire des choix…

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses prochaines formations.

Plus de vidéos sur la chaîne youtube Libérer !

« De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”, d’Olivier Abel

Le philosophe Olivier Abel parle « du poison de l’humiliation » lors de l’émission « 28′ », sur Arte (26/04/22)

« ….Nous sommes très sensibles à la violence comme à l’injustice, et c’est certainement légitime. Mais nous sommes beaucoup moins sensibles à l’humiliation », constate Olivier Abel(1), professeur de philosophie et d’éthique à l’Institut protestant de théologie de Montpellier, dans « Arrêtons l’humiliation ! »(2).

Or, trop de femmes, d’hommes, d’enfants, se sentent régulièrement humiliés. Souvent ignoré, ce sentiment peut entraîner des dégâts considérables : se propager à toutes les sphères de la vie et amener l’humilié à devenir à son tour humiliant. Nos institutions permettent-elles à chacun de trouver sa place ?

Une interrogation pressante qui lui inspire “De l’humiliation, le nouveau poison de notre société”. Dans cet ouvrage (en cours) paru le 16 février 2022 aux éditions Les liens qui libèrent, Olivier Abel observe la dimension politique et sociale de l’humiliation : nous aurions d’un côté un discours humiliant, qui nous traite comme des “homo economicus”, avec l’injonction « consomme ! ». Et de l’autre des manipulations, de la peur ressentie par la population française.

L’humiliation joue également un rôle important dans l’histoire, vu que la Turquie et la Russie ont souvent été humiliées par l’Occident, et les Européens en paient le prix aujourd’hui.

Outre son intervention à ce sujet, lors de l’émission citée plus haut, le 26/04/22 sur Arte et que je vous recommande, Olivier Abel était également « l’invité du jour » de Paris direct, sur France 24 :

Bonne écoute !

Notes :

(1) Voir son site perso, qui présente ses travaux.

(2) Un article d’une troublante actualité, paru initialement dans la revue Projet le 17/11/16

Lutter contre le racisme, le genou à terre

Un nouvel article de « Jo », notre plume invitée, que je remercie !

Depuis bientôt deux ans, le sujet du racisme semble gagner de la visibilité en société et soulever des débats passionnés et des conversations sensibles entre amis, en famille et parfois en église. (*)

Mon constat au fil des années : tous nos efforts militants variés, et toute la bonne volonté du monde ne suffisent pas à faire reculer le racisme de manière significative dans les mentalités et dans la construction de la société. Bien qu’il y ait eu du progrès au fil des époques, les choses ne semblent pas avancer de manière notable et définitive dans la bonne direction. A chaque petite avancée, un mouvement de résistance ou répression vient se dresser en opposition.

En tant que croyant.e, vouloir lutter contre le racisme me semble légitime car c’est une forme d’injustice.

Il serait très tentant de réduire ce combat à la lutte contre les systèmes oppressifs – qui doivent effectivement être démantelés- pour rendre nos sociétés plus justes.

Il me semble que la justice est bien au coeur du projet de Dieu pour l’humanité et que les Ecritures bibliques regorgent d’exhortations à limiter ou éradiquer la prolifération de l’injustice sous toute forme dans les vies et dans les sociétés. S’engager pour plus de justice sociale est donc une démarche alignée avec le royaume de Dieu, et va surement au-delà de notre activisme moderne à base de “hashtags” (ou mots-balise).

Cependant, cette lutte contre des injustices à l’échelle de la société peut nous distraire d’un autre volet fondamental du combat contre le racisme -et contre toute autre cause d’injustice.

Voici ce que nous dit l’apôtre Paul :

Ephésiens 6.12 : « En effet, ce n’est pas contre l’homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes ».

Je déduis que les hommes et les institutions manifestent dans le monde visible ce qui se passe dans l’invisible. Et c’est bien dans le champ de l’invisible que se trouve l’autre aspect du combat contre le racisme : dans la prière.

Le combat que nous menons est d’abord spirituel : l’ennemi de Dieu continue d’utiliser le racisme pour diviser les humains alors que l’Esprit Saint œuvre à notre unité.
Il va falloir utiliser les armes spirituelles dont Christ nous équipe pour libérer complètement les captifs de ce système en commençant par nous-mêmes. (cf 2 Corinthiens 10.4)

Sans armure spirituelle il est facile de s’épuiser dans le militantisme et s’enfermer dans la frustration.

La prière est un sujet parfois négligé lorsque l’on s’intéresse aux sujets de justice sociale. Pourtant le combat spirituel est réel, à en croire Paul. Quel que soit le domaine concerné par le combat spirituel, nous ne pouvons pas y aller la fleur au fusil, sans un discernement de Dieu et sans comprendre les règles du combat.

Je suis persuadée que les systèmes ségrégationnistes de l’apartheid en Afrique du Sud ou de Jim Crow aux Etats unis sont tombés grâce à une conjonction de choses, dont la prière fidèle de chrétiens mobilisés spirituellement.

Quel rapport entre le combat spirituel et le racisme ?

Essayons de comprendre ce qu’il se passe.

Certains disent que les Noirs sont maudits et sont donc voués à l’échec et à la servitude (je l’ai entendu de Noirs eux-mêmes). Toute une théologie a été développée autour de cette idée à partir de l’histoire de Noé et son fils Cham, mais elle est fausse.

Pour moi toute l’humanité est maudite, quelle que soit notre expérience de vie, car désalignée du projet de Dieu pour les relations humaines.

Ce projet est résumé au début de la Genèse :

Lors de la création du monde, le mandat divin pour les humains était qu’ils dominent sur la terre (sans pour autant la maltraiter), qu’ils voyagent, fassent des bébés et qu’ils collaborent dans leur travail avec les autres humains en tant que représentants de Dieu sur Terre. Jamais un humain n’était censé être violent, maltraitant, dominant sur l’autre, que ce soit par la force, l’argent ou tout autre moyen.
Dans le projet de Dieu les humains ont pour seul “chef” ou “maître” le Seigneur lui-même.

Cependant, très rapidement, une autre dynamique relationnelle se met en place dans les premières pages de la Genèse. Cette dynamique a perduré jusqu’aujourd’hui : partout sur la planète des humains ont mis en place des systèmes basés sur la domination (économique, politique, etc) qui bénéficient aux uns et désavantagent les autres – de génération en génération…depuis très longtemps.
NB: ce type de système se voit le plus clairement dans toutes les structures de forme pyramidale (pensez “pharaon”) qui existent aujourd’hui. Et oui, même dans certaines églises.

Dominer sur un autre humain ne rend pas gloire à Dieu : c’est une œuvre satanique.
Ce qui honore Dieu c’est de se mettre volontairement au service de l’autre, dans une relation d’égal à égal et non plus de dominant et dominé.

C’était cela le projet, c’était l’exemple donné par Christ lors de sa vie sur Terre et c’est aujourd’hui notre défi dans l’Eglise.

L’Eglise doit résister à la tentation d’instituer des formes de domination en son sein ou collaborer avec les systèmes de domination en place dans la société.

Voilà où se situe le combat spirituel: vivre le projet d’égalité pensée par Dieu pour nous.

Comment faire?

L’étape incontournable se trouve au pied de la croix : nous devons tous y abandonner ce qui nous lie spirituellement aux dynamiques dominant-dominé.
Par exemple: des héritages (familiaux, ethniques, nationaux) ou des manières de penser basées sur de fausses identités (d’esclave, de maître, etc) et autres faux raisonnements. Mais ce n’est pas un exercice facile de s’humilier, se repentir pour recevoir de Dieu ce dont nous avons besoin: un coeur nettoyé, un esprit renouvelé.

Dans sa grâce Dieu nous donne en échange de ce que nous abandonnons, une identité en Lui, qui devient alors notre marqueur le plus important.
NB: Il ne nous appelle pas à gommer tout notre héritage culturel ou nos différences; il nous appelle à ne pas en faire un objet de fierté et à en garder ce qui est bon, ce qui porte la trace du royaume de Dieu.

Une fois habillés de cette nouvelle identité, nous pourrons manifester en tant que peuple de Dieu, qu’une autre manière de vivre est possible.

En effet, dans la famille de Dieu nous ne sommes plus considérés principalement par le prisme de la couleur de peau mais d’abord comme des enfants du Père, tous égaux devant Lui et vivant dans une logique à l’opposé des systèmes de ce monde: celle de la fraternité en Christ, le don, le partage, la justice.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes également appelés à devenir « le bon samaritain » pour les plus faibles : aider celui qui est victime du péché d’autrui (comme dans la parabole qui porte ce nom).
C’est notre confiance en Dieu qui nous poussera à faire de bonnes oeuvres en agissant concrètement pour l’avancée de la justice sociale. C’est un tout, on ne peut pas prendre l’un sans l’autre ou annoncer l’un sans l’autre.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’avoir renoncé à une identité de dominé ou dominant: notre nouvelle identité, si nous sommes prêts à la vivre pleinement, se manifestera forcément dans de nouveaux engagements et sur la durée.

De même, nous ne pourrons pas militer sur le long terme sans puiser à la source de vie, sans être renouvelés par le Saint Esprit.

Comment pourrions-nous nous engager à lutter contre le fléau du racisme (et tout autre cause que Dieu mettra dans nos coeurs) à petite et grande échelle?

Commençons par poser la question à Dieu lui-même: “Que puis-je faire à mon niveau, Seigneur ?” C’est l’Esprit de Dieu qui doit nous inspirer l’action, au risque de se perdre dans des projets vains.

Tous ne seront pas des Martin Luther King Jr, mais chacun de nous peut faire quelque chose à son niveau et il y a du travail.

Cela va forcément impliquer des changements dans nos priorités, nos emplois du temps, nos finances…et c’est normal : après tout, si l’Evangile ne nous fait pas changer, ne nous bouscule pas dans notre confort, est-ce vraiment l’Evangile?

Puisse le Seigneur attirer notre regard vers les plus faibles, nous sortir du silence et de l’indifférence en nous remplissant de courage chacun là où nous sommes. Le monde attend la révélation des enfants de Dieu, encore aujourd’hui. (selon Romains 8.19)

Le combat spirituel contre le racisme se mènera au quotidien sur les deux fronts de la prière et de l’action dans la société: le genou à terre, implorant le Seigneur et servant notre prochain.

Le genou à terre (comme certains manifestants lors des marches antiracistes!) implorons un déversement puissant du Saint Esprit, afin que nous retrouvions chacun notre identité en Lui, qui a préséance sur notre couleur de peau et notre nationalité.

Le genou à terre, remplis d’un courage venu d’en haut, mettons-nous au travail pour agir pour la paix, la justice, l’équité, la réconciliation, la guérison, pour notre monde et pour la gloire de Dieu.

Amen.

(*) Non que le sujet n’ait jamais fait l’objet d’étude et de lutte, mais depuis le meurtre de George Floyd, un mouvement beaucoup plus global s’est emparé du sujet. Sur tous les continents divers peuples font lumière et mémoire des réalités des faits coloniaux avérés, de l’esclavage trans-africain et transatlantique, des lois racistes instaurées pendant la période des empires coloniaux, et de leurs conséquences dans le monde du XXIème siècle. Des mobilisations importantes pour dénoncer les inégalités basées sur la notion de race ont commencé en Mai 2020 et se poursuivent, dans les rues et sur les réseaux sociaux.

Sur l’origine du « genou à terre », bien avant Georges Floyd, le football américain et Martin Luther King, voir aussi ici.

De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

Etre chrétiens et « prêtres de l’Eternel » après les élections : comment prier pour nous, corps de Christ, et pour le Président réélu

« Retrouver la joie de prier », notamment pour les autorités, n’est pas seulement le titre d’un excellent ouvrage : C’est notre grand privilège, en tant que « prêtres de l’Eternel »

Emmanuel Macron a été réélu Président de la République Française avec 58,5 % des suffrages exprimés, devant Marine Le Pen qui a obtenu 41,5 % des voix(1). Ce n’est peut-être pas votre choix, et vous avez certainement les meilleures raisons du monde de lui en vouloir, mais notre responsabilité en tant que chrétiens est désormais de prier positivement pour lui, comme nous l’avons certainement tous fait pour ses prédécesseurs – et comme d’autres l’auraient certainement fait si leur candidat(e)avait été élu(e) – et pour notre pays. Reste à savoir comment, dans quel but, et avec quel secours. 

Comme déjà souligné dans un autre article, être vraiment « chrétiens » – c’est à dire des femmes et des hommes, non seulement « pour le Christ », mais « du Christ »  durant l’actuelle saison électorale, à l’heure où souffle un « esprit de rébellion », est un véritable défi et un engagement spirituel, pour être en mesure de porter une véritable voix prophétique dans ce monde, plutôt que d’être réduits à l’état des « prophètes professionnels » du roi Achab, dans la Bible (1 Rois 22v1-28).

Etre chrétien, c’est manifester qui règne véritablement dans ce que nous sommes, ce que nous disons, pensons et faisons. C’est aussi espérer davantage dans le retour de Son Seigneur, en manifestant que Son règne s’est approché, que dans le résultat d’une élection. C’est donc prendre conscience que « le réveil de la France » n’est pas lié à l’élection d’un tel ou d’une telle.

Etre chrétien, être une femme ou un homme du Christ, se manifeste dans une façon particulière de prier pour les autorités cf Ex 22.28 et l Tim 2.1-2, mais aussi avant tout, pour soi-même, pour l’Eglise – le corps de Christ – dans un esprit d’humilité et de repentance.

Comme une internaute l’a très bien exprimé sur la toile, en réponse à cet article encourageant à prier pour le Président réélu, « nous chrétiens, au-delà de nos devoirs de citoyens, avons aussi des devoirs spirituels dont celui d’intercéder pour le « roi » [ici, le chef de l’Etat]. Ce devoir émane du Seigneur, nous devons donc l’appliquer que nous épousions ou non les sensibilités de nos dirigeants. Ma prière pour nous chrétiens est que nous arrivions à prendre de la hauteur et à vaquer à cette responsabilité. Nous ne pouvons pas toujours changer les choses par le moyen des urnes mais avec les genoux au sol nous pouvons faire en sorte que des montagnes soient transportées. Le cœur du roi est dans la main d’Elohim et il l’incline où il veut nous dit les proverbes. Nous devons être la différence dans une société en crise et dans un monde en totale confusion. Fléchissons donc nos genoux vers le Roi des rois qui sait toute chose mieux que nous ».

Souvenons que nous nous disons « sacrificateurs » ou « prêtres de l’Eternel », et que nous sommes effectivement « rois et sacrificateurs » pour Dieu, selon Apoc. 1v6 et 1 Chron.23v13. Comme tels, nous sommes « mis à part pour être (sanctifiés) comme (très saints), pour offrir les parfums devant l’Eternel, pour faire son service, et pour bénir à toujours en son nom ». Notre service consiste en la prière et l’intercession « dans le temple », à approcher le Dieu saint dans le lieu saint et « pour bénir (dire le bien de Dieu et non « mal dire ») à jamais en son nom ».  Pour cela, il nous faut être saint. C’est pour une vie de prière devant Dieu que les prêtres sont sanctifiés (par contraste, le rôle du diable consiste à accuser continuellement les saints). Jésus, en tant que souverain sacrificateur, prie et intercède pour nous, pour toi et ton frère. Que prie-t-il ? (« Père, pardonne-lui, car il ne sait ce qu’il fait… »)

« Si alors mon peuple, le peuple qui porte mon nom, fait preuve d’humilité et prie, (s’ils) me recherchent en renonçant à leur mauvaise conduite, moi, dans les cieux, je serai attentif, je pardonnerai leur péché et je guérirai leur pays » ( 2 Chron.7v14).

Avant de prier pour le Président réélu, prions pour que, de même que l’autorité de Jésus-Christ ne jette aucun discrédit sur les pouvoirs humains, sachant que son Royaume « n’est pas de ce monde », nous, chrétiens, exercions « la culture de l’honneur » envers les structures d’autorités, et prenions tous au sérieux l’autorité de Dieu. 

Prions pour que nous grandissions dans la foi en Dieu le Père, dans le respect des figures de la paternité.

Prions pour que Dieu soit bien le Père dans nos églises, et non quelqu’un d’autre qui se serait mis à la place du Père.

Prions pour que nous poursuivions la paix et contribuons à la paix, pour être en mesure d’ annoncer une parole sur la Paix qui vient du Dieu véritable.

Prions pour la cohérence de notre témoignage

Jésus-Christ, Notre seul Seigneur, qui est entré à Jérusalem, est passé par le mont Golgotha et qui est sorti du tombeau, nous appelle aujourd’hui à laisser tomber « l’agitation de nos rameaux » pour habiter les figures de la paternité, militer pour la paix, et s’engager dans la réhabilitation des structures de nos sociétés où les institutions ont été discréditées

C’est donc au nom de l’évangile que nous devons réhabiliter la considération pour les institutions politiques, car sans cette considération et de respect, rien ne peut fonctionner. Nous ne pouvons pas détruire ceux que nous avons fait monter en autorité, car c’est bien nous qui les avons placés à ces postes.

Rendons aussi grâce pour notre pays, et apprenons, dans la dépendance de l’Esprit Saint, à cultiver une attitude de reconnaissance, à l’instar de cette exhortation de Phil.4v6, rappelée par Timothée Minard sur son blogueEn cette période électorale, la tendance est à la colère, au rejet, à l’inquiétude. On focalise nos regards vers ce qui ne va pas, vers les difficultés de notre pays, vers le péché des uns et des autres. On nous montre le malaise ambiant, le chômage, les injustices, la corruption, l’immoralité… Et cela nous pousse notamment, en tant que chrétiens, à l’intercession. A juste titre. Toutefois, ce que ce verset de Philippiens nous rappelle, c’est que nous sommes appelés à prier « dans une attitude de reconnaissance ».

C’est alors que nous pourrons prier positivement pour le Président de la république réélu, de sorte qu’il reçoive humilité, conseil et sagesse, sachant que sa réélection « l’engage » effectivement.

Note :

(1) En savoir plus sur le vote des électorats dits confessionnels – protestants, catholiques, musulmans…- au second tour de l’élection présidentielle 2022.

Du risque de « filtrer le moucheron et d’avaler le chameau »

N’en rester qu’à un seul critère de vote, fût-il très important pour nous, entraîne le risque, dénoncé par Jésus dans les Evangiles, de « filtrer le moucheron et d’avaler le chameau ». Source image : Affiche du film « Super Size me » de et avec Morgan Spurlock (2004)

Dimanche, nous élirons notre Président de la république : qui, d’Emmanuel Macron ou de Marine Le Pen, les deux finalistes au soir du premier tour, sera élu ?

Pour rappel, nous élirons pour cinq ans au suffrage universel direct celui qui assure le fonctionnement régulier des pouvoirs publics ainsi que la continuité de l’État, selon la Constitution. Le Président de la république est également le garant de l’indépendance nationale, de l’intégrité du territoire et du respect des traités. Le président de la République dispose de pouvoirs propres, comme ceux de nommer le Premier ministre, de dissoudre l’Assemblée nationale ou de recourir au référendum. Il veille au respect de la Constitution. Chef des armées, le président ne peut pas déclarer la guerre sans l’accord du Parlement, mais il décide seul de l’emploi de la force nucléaire. Le Président de la République possède également des pouvoirs partagés, ses décisions devant alors être contresignées par le Premier ministre ou les ministres concernés. C’est le cas pour les nominations de préfets ou la signature d’ordonnances et de décrets ayant été délibérés en Conseil des ministres.

Ceci dit, comment voter, si aucun des deux finalistes de cette présidentielle, malgré leurs projets radicalement différents, ne correspond à notre vision de la société ? Les citoyens se retrouvent alors face à plusieurs dilemmes : voter, voter blanc ou ne pas voter. L’édition de La Croix l’Hebdo de la semaine du 15 avril relève même « 5 cas de conscience avant le deuxième tour ».

Dans ce cas, s’abstenir ou voter blanc, est-ce une solution ? La tentation de ne pas vouloir départager est grande, mais risquée. « S’abstenir, c’est trop facile, avance François Euvé, jésuite, rédacteur en chef de la revue Etudes, dans ce même article de La Croix l’Hebdo.

L’entre-deux tours est l’opportunité de confronter ses opinions, pour se plonger avec méthode et discernement, encore plus profondément dans les visions de chaque projet : « aucun candidat ne convient tout à fait », rappelle François Euvé. « Tout vote est un moindre mal », mais « quel est le moindre mal entre les deux est la première question à se poser, ou, à l’inverse, quel est le pire (….). Il y a un travail d’approfondissement personnel à faire. En pensant à ce que les personnes sont susceptibles de réellement mettre en œuvre au-delà de leurs propositions ». Pour cela, rien de mieux que d’élargir sa vision d’ensemble, en essayant de ne pas juger à partir d’un seul critère, qu’il soit économique, géopolitique, social ou éthique », ou même moral. « N’en rester qu’à un seul point, fût-il très important pour nous », poursuit François Euvé, « comporte le risque, dénoncé par Jésus en Matt.23v24, de « filtrer le moucheron et d’avaler le chameau ». Une boussole qui pourrait être mise en avant serait la question de la fraternité, décisive, ce qui exclue toute relation fondée sur la domination, l’infantilisation et l’attente de « chefs » charismatiques ou de personne prenant la place du Père céleste cf Matt.23v8-12.

Pour illustrer à quel point est périlleux un vote fondé sur un critère restrictif, qu’il s’agisse de « la moralité » ou de l’espérance en un supposé « défenseur de la chrétienté », voici un vieil article d’une revue évangélique, exhumé par La Free.ch en 2016 et ô combien édifiant sur les conséquences d’un tel vote.

Extrait : « Un premier indice de l’affinité de l’ensemble des protestants avec le nationalisme germanique apparaît déjà sous l’Empire allemand de 1871 à 1918 (…) Les idées sociales d’inspiration chrétienne, le pacifisme (on le taxait de blasphème), la libre-pensée et la démocratie étaient considérés comme des menaces auxquelles il fallait résolument s’opposer. La République de Weimar à partir de 1919 ne fut jamais véritablement reconnue par les chrétiens. Dans une allocution lors de la grande rencontre des Églises (Kirchentag) de 1919 à Dresde, le président de cette manifestation déclara: « La gloire de l’Empire allemand, le rêve de nos pères, c’est là que réside la fierté de chaque Allemand. » Pour cette raison de nombreux chrétiens essayèrent de défendre avec ardeur les valeurs et l’identité nationales. Ils se sentaient tenus à un programme national chrétien.  La peur de la pensée libérale naissante et du bolchevisme russe, menaçant depuis la Révolution d’octobre 1917, poussèrent de nombreux chrétiens à se rapprocher du Parti ouvrier national-socialiste allemand (NSDAP), fondé en 1920. Le programme politique du parti d’Adolf Hitler promettait un retour aux valeurs chrétiennes et la constitution d’un rempart contre le communisme et contre les idées libérales.  Les violences multiples contre ceux qui pensaient autrement, les déportations et les actes d’extermination, les Églises évangéliques ne les imputaient pas publiquement à la volonté d’Hitler, mais à des partisans dévoyés, enclins à l’exagération. Le régime national-socialiste réussit, fort bien et durablement, à éblouir les Églises évangéliques et à les abuser à son profit. En gage de reconnaissance, il octroya à ces Églises la possibilité d’évangéliser librement et de développer pleinement leurs activités chrétiennes. (…) En 1933, après la victoire du Parti national-socialiste, l’Église évangélique libre luthérienne loua cette accession au pouvoir comme un « engagement pour l’honneur et la liberté de l’Allemagne ». Elle fit l’éloge du NSDAP pour son « combat contre la saleté ». Les baptistes, dans le journal Wahrheitszeuge (Témoin de la vérité) parlèrent de l’accession d’Hitler comme de l’avènement d’un « temps nouveau » et vivement désiré. Les Communautés évangéliques libres firent l’éloge dans le journal Gärtner (Le Jardinier) du combat du NSDAP « contre la prostitution, contre l’habitude de fumer chez les femmes, contre le nudisme et contre les abus de la vie nocturne ». Lorsque des rumeurs d’exactions contre les juifs en Allemagne parvinrent à l’étranger, les Églises évangéliques allemandes les taxèrent immédiatement de « propagande scandaleuse ».

A méditer !

Face à ceux qui (se) disent « Pourquoi pas Le Pen », comment expliquer pourquoi « Pas Le Pen » ? (Version alternative)

Existe-t-il un « vote chrétien » ? Jésus serait-il le « président d’honneur » d’un parti quelconque ? (Source image : « Mockingbird »)

La réponse alternative des répondants Attestants, mouvement confessant protestant* – que je remercie – à cette question sur le site 1001 questions :

Nous n’allons pas vous dire pour qui voter.
Parce qu’il n’y a pas un vote chrétien.
Mais il y a des chrétiens qui votent.

Dans un second tour de présidentielle, il n’y a pas d’un côté un candidat qui serait du côté de Dieu, et de l’autre un candidat qui serait contre Dieu. Parce que le processus électoral républicain, bien qu’il soit plus démocratique que d’autres systèmes, permet juste au peuple de choisir son « César ».

Si l’on voulait cribler les propositions électorales des uns et des autres, on aurait bien du mal à savoir ce qui est conforme à notre foi ou ce qui ne l’est pas. Quels coefficients mettre à nos préoccupations ? L’éthique prime-t-elle sur le reste ? Jésus était tout sauf moral : il défendait ceux qui transgressaient des lois justes (une femme adultère), il brisait les interdits de la religion paisible en place (activité durant le sabbat), il promouvait des collaborateurs du système fiscal romain (Matthieu), etc.
Certains se sont récemment hasardé à lister les sujets et à cocher ce qui serait chrétien-compatible. Je pense que c’est une immense erreur : s’ils n’ont assurément pas oublié la question des unions civiles homosexuelles, presque tous ont oublié la préoccupation pour la justice sociale et l’équité, qui sont cent fois plus mobilisées dans les préoccupations du Dieu biblique…

Notre rôle de citoyens, c’est de voter, de faire des choix.
Notre rôle de chrétiens, c’est de prier pour la paix du pays, et prier pour les autorités afin qu’elles promeuvent la paix. Et dans cette paix, la liberté de conscience est de toute première importance.
Et là je ne suis pas sûr que les deux candidats soient à égalité.

Par ailleurs, en référence au statut d’Israël en Canaan et à l’identité de voyageurs et étrangers sur la terre qu’évoque Paul, les Écritures me semblent faire du respect des étrangers un point tout à fait crucial.
Et là je ne suis pas sûr que les deux candidats soient à égalité.

Ces deux candidats sont surtout à égalité sur le traitement privilégié de leurs collaborateurs, de leur compromission avec le pouvoir de l’argent (Mammon), leur caractère influençable par des grandes nations (USA et Russie par exemple), leur démagogie et leur désir de séduire, etc.

Bref, voter ne sera jamais élire la bonne personne contre la mauvaise personne.
Ce sera toujours choisir, faire un choix en conscience entre la peste d’un César-Jules et le choléra d’un César-Auguste. Mais n’oublions pas que le taux de létalité du choléra et de la peste n’est pas du tout le même… L’important sera donc de voter, parce que l’abstention est pour le coup la pire des lâchetés car elle consiste à se défaire de ses responsabilités (relisez la parabole de Jotam en Juges 9,7-21)

Aller plus loin : comment être chrétien en saison électorale ?

* Les Attestants : mouvement de chrétiens confessants né en 2015 « du désir de renforcer au sein de l’Eglise protestante unie de France (EPUdF) les piliers de la Réforme (Sola Scriptura, bien entendu, avec Sola Gratia, Sola Fide,, Solus Christus, Semper Reformanda et Soli Deo Gloria). Certaines décisions prises en synode leur ont semblé affaiblir la dynamique de l’Eglise et négliger son enracinement dans la révélation biblique ». De fait, les Attestants « partagent une même foi au Père créateur, au Christ Seigneur et sauveur [qu’ils confessent aussi comme étant pleinement Dieu et pleinement homme, mort pour nos péchés et ressuscité pour notre justification], à l’Esprit Saint consolateur et puissant. « Courant de conviction parmi d’autres dans l’EPUdF », ils souhaitent « promouvoir une façon de vivre la foi, la vie de famille, la formation, à la lumière d’une lecture exigeante de l’Evangile ». Ils se veulent, notamment, « force de proposition en matière de prière, de lecture de la Bible, d’édification pour la foi, de formation, d’accueil des plus humbles ».  Ils confessent enraciner leurs convictions dans les Ecritures. La liberté chrétienne (n’excluant) pas mais (impliquant) une interprétation respectueuse des textes, pour tout ce qui fonde la foi et structure la vie ».

Visiter leur site.