La justice expliquée par The Bible Project

Si vous étiez une mante religieuse, ce serait « socialement acceptable » de dévorer votre conjoint ; et si vous étiez un panda avec des jumeaux, il serait « normal » d’en abandonner un pour s’occuper de l’autre. Mais si les humains font une seule de ces choses, nous disons que « c’est mal », « incorrect » ou « injuste ». Oui, mais pourquoi ? Pourquoi les humains se préoccupent-ils tellement de la justice ? A cette question, la Bible offre une réponse fascinante.

A découvrir, ces explications en vidéo de « The Bible Project » :

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« The big question » du mois : « Si Dieu est bon et omnipotent, pourquoi y a-t-il du mal et de la souffrance dans le monde ? »

Calvin et Hobbes, par Bill Watterson : discussion sur la problématique du mal

C’est effectivement THE (Big) question posée par l’internaute Henri sur le site « 1001 questions »… La fameuse question sans réponse. Pourtant les théologiens ont cherché depuis longtemps à l’apporter, cette réponse qu’on appelle la « théodicée »(1)…..sans pouvoir la trouver !

Et « heureusement », répond le répondant du site « 1001 questions » – ce qui peut paraître étonnant ou paradoxal (2) – « qu’on ne peut pas la trouver », cette réponse, « car alors on aurait expliqué la présence du mal. Et en l’expliquant, on aurait déjà justifié, en quelque sorte, la réalité scandaleuse et injustifiable du mal (On parle ici du mal subi. Le mal commis, on peut en rendre l’homme responsable).

Le livre de Job aborde ce problème. Pourquoi Job souffre-t-il, pourquoi -pire- Dieu permet-il qu’il souffre ? Les amis de Job essaient de lui expliquer que c’est sa faute (toujours la tentation de la « théodicée », défendre Dieu !). Et Job résiste à leurs arguments : il voit bien que des justes souffrent et que des méchants vivent paisiblement. Donc, expliquer le mal comme une rétribution méritée ne tient pas la route. A la fin du livre, Dieu répond enfin à Job… mais sans lui donner d’explication, et même en lui demandant, après lui avoir rappelé qu’il est après tout le Créateur et lui simple créature, comment il ose ainsi l’interroger (Job 38,1ss; 40,1-2). Et Job se soumet. Mais il le fait parce qu’il ne souhaitait qu’une chose : que Dieu lui parle, qu’il réponde à son appel de révolte qui est toujours un cri de foi ».

Lire la suite ici.

Voir aussi ce diptyque (Part.1 et part.2) consacré à « La Cabane » (roman et son adaptation cinématographique), essai de «  théodicée narrative – une tentative de répondre à la question du mal et du caractère de Dieu par le moyen d’une histoire », selon les termes d’Albert Mohler.

 

 Notes :

(1) Terme créé par Leibniz (cf. Essais de théodicée sur la bonté de Dieu, la liberté de l’homme et l’origine du mal, 1710), qui désigne la justification de la bonté de Dieu en dépit du mal qui existe dans le monde.

(2) Ce qui est « para-doxal », au sens premier, est à contre-courant de la doxa [ensemble des opinions reçues sans discussion, comme évidentes, dans une civilisation donnée] dominante.

 

 

 

« La Cabane » : un double défi doctrinal et pastoral pour l’Eglise aujourd’hui (2)

La Cabane, roman de William Paul Young (2009)

Suite de la partie précédente [à lire en premier] consacrée à « La Cabane » de W. Paul Young. Comment expliquer son succès alors que son contenu est problématique ? Quelle est la vision du monde de W. Paul Young, laquelle rend la théologie de l’œuvre problématique ?

Et, question cruciale soulevée à juste titre par Albert Moehler, « ces doctrines aberrantes sont-elles des détails de l’histoire ou le message de l’œuvre ? »(8)

Il semble bien qu’il s’agisse là, non d’un « détail » mais bien du message de l’œuvre. François Brooks(9),  philosophe québécois, souligne que « William P. Young propose quelques innovations dans son roman », tout en surfant sur l’air du temps. « Sans toucher aux attributs classiques de Dieu — bonté, omniprésence, omnipotence, éternité — il insiste sur l’idée que Dieu est d’un amour invincible et d’une liberté totale qui n’exige aucune contrepartie, aucun rituel ou engagement ». En effet, ce Dieu selon W. Paul Young ne juge pas, ne condamne pas et n’intervient pas dans la vie des gens : en présentant une trinité de type familial, l’auteur propose, selon François Brooks(9), « une nouvelle relation à Dieu à l’image de notre devoir parental contemporain », postulant « l’état relationnel, sorte d’état de grâce qu’il oppose à l’autonomie considérée comme néfaste. Déjà présente dans l’air du temps, l’idée est reformulée avec une grande netteté », vu que « la chrétienté est aujourd’hui réduite au simple rôle de consolation individuelle — exempte de rituels — dans un monde morcelé par les médias luttant férocement pour notre temps de cerveau ». Et, poursuit François Brooks(9), « le programme des valeurs proposées par Young fournit une perspective intéressante et novatrice puisqu’il permet à chacun de rallonger une mythologie chrétienne (sic) déjà présente dans les esprits (mêmes occidentaux très répandus) en se la réappropriant pour l’adapter [à sa sauce] aux principales valeurs de l’époque : féminisme, écologisme, individualisme, anticonsumérisme sentimentalisme, populisme et onirisme fantastique ».

Ainsi, cet engouement pour « La Cabane » serait-il révélateur d’une soif de relation avec Dieu, à l’opposé d’une vision jugée « rituelle ou légaliste de la spiritualité parfois reprochée aux chrétiens » ?(10)

En réalité, comme l’analyse finement une journaliste britannique, son succès tient surtout « à  l’appétit sans limite des Américains pour l’auto-édification spirituelle : plus c’est horriblement sucré, mieux c’est ». « La Cabane » semble répondre à un nouveau besoin de spiritualité sans Église, libérée de toute orthodoxie(11). D’autant plus que, de l’aveu de W. Paul Young lui-même : « Je n’aime pas la religion organisée. L’Oregon est l’État où la pratique religieuse est la plus basse, et pourtant je trouve que les gens sont intéressés par les discussions sur Dieu, sur Jésus, sur le sens de la vie et de la mort. Pour moi, les églises se trouvent n’importent où, même dans une cuisine où on partage un repas avec des amis. C’est pour cette raison que j’ai inclus la trinité dans (« La Cabane ») : pour moi, la base de la foi, c’est la certitude que Dieu est là pour aimer, pour faciliter les relations avec les autres.» (12)

« Le chemin du pardon », film de, adaptation de « La Cabane » de W.P. Young.

Nous le voyons donc, du fait de son succès et en dépit de son contenu problématique, « La Cabane » nous lance un double défi doctrinal et pastoral en ce que l’œuvre bouscule nos propres représentations de Dieu, tout en nous interpellant (indirectement) quant à nos façons de répondre et d’accompagner ceux qui souffrent ou sont en quête de pardon (de pardon à ceux qui nous font du mal – un mal « impardonnable », à soi ou même à Dieu) et de sens.

Comment répondre de façon pertinente à ce double défi ? Si je ne m’abuse, les réponses apportées ont été surtout « doctrinales » – contre les erreurs effectives, décelées et dénoncées dans « la Cabane » – et bien peu « pastorales ».

Certes, d’excellentes réponses/pistes doctrinales ont été apportées et celles-ci ne sont pas à négliger(13). En voici encore quatre, parmi d’autres, particulièrement pertinentes, d’autant plus que trois d’entre elles ne concernent pas directement « La Cabane »:

Pour Albert Moehler, déjà cité, « le fait le plus troublant et que tant de lecteurs sont attirés par le message théologique de ce livre, et manque de voir où il contredit la Bible en tant de points.  La réponse n’est pas de bannir la Cabane ou de l’arracher des mains des lecteurs. Nous n’avons pas besoin d’avoir peur des livres – nous devons être capable de leurs répondre. Nous avons désespérément besoin d’une guérison théologique qui ne peut venir que par la pratique du discernement biblique. Cela requiert que nous identifiions les dangers doctrinaux de la Cabane, bien sûr. Cependant, notre vraie tâche est de réhabituer les évangéliques aux enseignements bibliques sur ces questions même, et de déclencher un réarmement doctrinal des croyants chrétiens. La Cabane est un appel au réveil pour les évangéliques chrétiens »(14).

Paul Washer, dont les propos relatifs à l’ouvrage Justification et régénération de Charles Leiter trouvent toute leur actualité (à croire qu’ils aient été écrits pour « La Cabane » !), répond, quant à lui : « Il semble y avoir un énorme abîme entre le théologien biblique et le chrétien ordinaire. Tandis que le théologien réussit à grimper l’Everest de la vérité de Dieu et ainsi être transformé par cette vision, il communique souvent cette vision dans un langage inaccessible. Par conséquent, nous sommes à la merci de la littérature chrétienne populaire qui bien souvent n’est rien d’autre qu’un ramassis d’histoires pittoresques, empreint de pragmatisme et de psychologie christianisée. L’Église contemporaine n’a pas besoin de stratégies, de démarches, ou de clés additionnelles pour comprendre et vivre la vie chrétienne. L’Église a besoin de la vérité, et en particulier, des grandes vérités fondamentales du christianisme historique ». Ainsi, par exemple, « les grandes doctrines de la justification et de la régénération », qui « ne peuvent qu’être considérées dans le contexte d’autres grandes doctrines de la foi, entre autres le caractère saint et juste de Dieu, la dépravation humaine, la propitiation, la repentance, la foi et la sanctification ». Il ne s’agit pas seulement de donner « un aperçu équilibré de chacune de ces doctrines », mais de démontrer à quel point « elles sont étroitement liées pour former la base de la vie chrétienne »(15).

Michel Block, pasteur EPUdF à Brest, lors du forum des Attestants 2018 à Paris, déclare être « très sensible à cet avertissement que Paul lance aux Corinthiens : Autrement, vous auriez cru en vain  (1 Cor.15v2). « Si, comme les Corinthiens du temps de Paul, l’Évangile que nous avons reçu, dans lequel nous avons persévéré et par lequel nous sommes sauvés devait être désormais retenu dans d’autres termes (c’est-à-dire selon un autre fond) que ceux dans lesquels il nous a été annoncé, alors, nous aurions cru en vain, notre foi serait vaine, et la raison d’être de l’Église serait caduque. Je ne veux pas dire que je sois attaché à un conservatisme figé quant à la lettre des formulations de la foi ; je crois même qu’il est nécessaire de chercher les expressions les plus adéquates pour nous faire entendre de nos contemporains, mais cet effort ne doit pas être fourni au prix de l’évacuation de la vérité que ces manières de dire doivent exprimer »(16).

Enfin, le pasteur et « theologeek » Olivier Keshavjee s’interroge, dans un article quelque peu ancien mais toujours actuel lui aussi, sur ce devrait être « la tâche de l’Église dans une société sécularisée » et ce qu’est l’évangélisation dans un tel contexte. Il constate que « de nombreux chrétiens ont accueillis à bras ouvert la sécularisation comme une forme de libération rendue possible par l’Évangile, comme un espace libre de tout contrôle religieux ou idéologique, qui laisse la place à l’individu d’exercer en toute liberté sa propre rationalité et moralité. Pourtant, les dogmes ne disparaissent pas simplement parce qu’on bannit le terme (…) Nous avons besoin d’idoles pour remplir l’espace vacant crée par l’abandon du Dieu vivant. Au final, notre société n’est pas séculière, mais païenne, une société dans laquelle hommes et femmes donnent leur allégeance à des non-dieux. La société sécularisée n’est donc pas un espace neutre et libre dans lequel nous pouvons projeter le message chrétien. C’est un territoire occupé par d’autres dieux. Nous avons à faire à des principautés et pouvoirs(17).

Ceci dit, une réponse pertinente au double défi soulevé par « La Cabane », le livre et le film, se doit d’être équilibrée, et donc toute à fois doctrinale et pastorale, face à ceux qui, aujourd’hui, peinent à saisir la pertinence de l’Eglise avec un grand « E » et de son expression locale, l’église avec un petit « e ».

Face au peu d’importance que W. Paul Young accorde, dans « La Cabane », à l’Eglise en particulier et plus largement à la collectivité/communauté, le même Olivier Keshvajee rappelle fort à propos que « l’Eglise fait partie de la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. La solitude est une des formes de précarité les plus violentes de notre société. L’Eglise est le moyen privilégié par lequel Dieu répond à cette aliénation: c’est le lieu où nous pouvons êtres sauvés socialement, redressés, réintégrés dans un tissu relationnel vital et retrouver notre dignité dans dans le regard d’un·e autre. Dieu nous sauve en nous réconciliant les uns aux autres, en nous unissant par des liens plus solides que ceux de la famille biologique. Tout le monde est invité — y compris ceux que la société considère comme ses déchets, ces gens parfois un peu pénibles, qui nous mettent mal à l’aise, qui sentent parfois mauvais, qui ont souvent mauvaise réputation — ceux vers qui Jésus allait, quoi. Et puis c’est dans l’Église, dans ce contexte d’amour et de vérité que la Parole puissante et guérissante du Christ est appliquée à nos vies, jour après jour, prière après prière, cène après cène, pour nous faire goûter toujours d’avantage à sa libération. Y compris libération de l’alcool, de la coke ou de l’héro »(18).

Et pour finir (provisoirement) sur ce long argumentaire(merci d’avoir lu jusqu’au bout !), voici la propre démarche d’accompagnement du Seigneur Jésus-Christ vis-à-vis des disciples d’Emmaüs en Luc 24v13-35, laquelle devrait nous inspirer, étant remarquable à plusieurs égards :

L’accompagnement de Jésus consiste d’abord à rejoindre l’autre là où il en est et à faire route avec lui ; il se base sur l’écoute, « l’art de poser les bonnes questions » mais aussi sur les Ecritures bibliques, sources de foi et d’autorité pour le chrétien, et témoignant du Dieu véritable.

L’accompagnement, enfin, implique de prendre le temps d’un arrêt pour partager le pain avec celui ou ceux qui souffrent ou qui doutent. Comme nous pouvons le voir en Luc 24v28-35, c’est ce partage du pain qui révèle (ouvre les yeux sur) Christ ressuscité et pousse les disciples « relevés » à revenir vers leurs frères pour leur annoncer la bonne nouvelle (19).

Il en ressort que cette « expérience » des disciples d’Emmaüs d’une rencontre personnelle avec Jésus est plus qu’une simple « expérience » subjective. Elle s’ancre dans la vérité, autant que dans l’amour et la compassion.

Car l’accompagnement véritable en Christ nous permet de connaître la vérité, « une vérité qui affranchit » et rend « réellement libre »(Jean 8v32). Et, n’en déplaise à W. Paul Young, pour pouvoir vivre la liberté, il nous faut donc passer par la libération, soit le fait d’être toujours portée en avant dans un processus d’émancipation(20). Et l’accompagnement s’opère, non pas en « électron libre », mais dans un cadre communautaire. Ce qui implique aussi que se lèvent des personnes appelées, disposés et disponibles pour former, équiper et accompagner.

 

Notes :

(8) https://phileosophiablog.wordpress.com/2017/06/26/la-cabane-ou-lart-perdu-du-discernement-evangelique/

(9) http://www.philo5.com/Cogitations/121018DieuPlaideCoupable.htm

(10) http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/la-cabane-polar-spirituel-de-l-ete-3233.html

(11) https://www.books.fr/dieu-est-une-femme/

(12) http://www.lapresse.ca/arts/livres/200902/15/01-827524-un-succes-bati-sur-le-drame-et-la-spiritualite.php

(13) A lire, notamment ici https://www.larebellution.com/2017/10/20/la-cabane/ ou https://soyonsvigilants.org/2017/03/27/la-cabane-la-verite-sur-son-auteur-wm-paul-young/)

(14) https://phileosophiablog.wordpress.com/2017/06/26/la-cabane-ou-lart-perdu-du-discernement-evangelique/

(15) http://www.blfeditions.com/justification-regeneration/

(16) https://lesattestants.fr/transmettre-ou-temoigner/

(17) http://www.theologeek.ch/2015/02/27/evangeliser-dans-le-contexte-de-la-secularisation/ 

(18) http://www.theologeek.ch/2014/08/15/leglise-bonne-nouvelle/

(19) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/06/21/quand-le-seigneur-reviendra-sur-la-terre-trouvera-t-il-encore-des-pasteurs/

(20) https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/01/27/la-liberte-de-choix-une-illusion-une-malediction-heritee-de-la-chute/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/02/03/la-liberte-de-choix-une-illusion-une-malediction-heritee-de-la-chute-2/

 

« La Cabane » : un double défi doctrinal et pastoral pour l’Eglise aujourd’hui

La Cabane, roman de William Paul Young (2009)

« La Cabane : là où la tragédie se confronte à l’éternité », le roman (lu au moment de sa sortie) de William Paul Young paru en 2010, s’est vendu à plus de 10 millions d’exemplaires et a été traduit en plus de 30 langues. C’est maintenant un best-seller. Il a même été qualifié de « polar spirituel de l’été » [à moins qu’il ne s’agisse de « polar thérapie » – voir plus loin] et de « fiction spirituelle audacieuse » au moment de sa sortie, dans un article de Christianisme aujourd’hui daté du 17 juin 2009 (1).

« En essence », explique Albert Mohler, « il peut être décrit comme une théodicée narrative – une tentative de répondre à la question du mal et du caractère de Dieu par le moyen d’une histoire » (2). Et ladite histoire raconte comment un homme, « Mack », éperdu de douleur après le meurtre sordide de sa petite fille, rencontre la Trinité dans une cabane perdue dans le bois – et discute des mystères de la vie en tête à tête avec le Père (« Papa », une femme afro-américaine) ; le Fils (représenté par un charpentier juif) ; et le Saint-Esprit (« Sarayu » une femme asiatique). Rêve ou réalité ? Peu importe, semble-t-il, car l’essentiel est que Mack ait fait une expérience.

« La cabane » (ou « le chemin du pardon ») est aussi un film que je n’ai pas encore vu – réalisé par Stuart Hazeldine en 2016, avec Sam Worthington dans le rôle de Mack, adapté du  roman éponyme cité plus haut. Directement sorti en DVD en France, il est distribué par M6 et « Paul et Séphora », et vendu dans plusieurs librairies chrétiennes(3). Aux USA, le film a été le plus gros succès cinématographique sur la foi en 2017, avec 57.386.418 dollars de recettes.

Selon Young, le livre était écrit à l’origine pour ses propres enfants. Pour l’anecdote, aucun éditeur américain n’était intéressé pour publier « La Cabane ». Il a donc publié son livre à compte d’auteur avec, pour tout support publicitaire, un site web à 200 $. Le bouche-à-oreille a ensuite fonctionné. Un an plus tard, « La Cabane » reste en tête de la liste des best-sellers du « New York Times », et vendu à près de 5 millions d’exemplaires(4).

Son succès peut s’expliquer par son contenu, le genre auquel il appartient, et le public qui s’y retrouve. Il plaît parce « qu’il fait du bien » et se fait fort de donner des réponses satisfaisantes aux grandes questions existentielles des lecteurs.

Ainsi, l’éditeur français – Guy Trédaniel, spécialisé en « bien-être », ésotérisme et spiritualité, nous laisse entrevoir une lecture révélatrice, en nous vendant le livre comme novateur et libérateur. Ainsi, comme nous pouvons le lire sur la quatrième de couverture : « Dans ce monde où règnent d’indicibles souffrances, où donc est Dieu ? Les réponses qui seront données à Mack vous ébahiront et… de la douleur, vous passerez à un fantastique message d’espoir ». Et sur le site de l’éditeur consacré au livre : « À la quête policière se mêle une autre recherche, personnelle, littéralement initiatique (…) Une incroyable rencontre a lieu, impensable, que chacun pourra interpréter selon sa sensibilité. Ce n’est plus l’arrestation du coupable de l’enlèvement et du meurtre de Missy qui importe. Ce qui s’impose au lecteur est le merveilleux sentiment d’aller mieux grâce à ce roman. À vous de tourner la première page de La Cabane et de vous laisser guider par Paul Young, à travers ce fascinant suspense initiatique… » Rien moins !

Aujourd’hui, le même W. Paul Young semble croire à fond à l’inspiration et à la puissance de l’impact universel de son livre. A la fin de son roman, il écrit ce qui suit à l’adresse de ses lecteurs : « Le processus de guérison que [le livre] a engendré ne saurait être que l’œuvre d’un Être plus grand que nous tous – pour Sa plus grande gloire. La troisième partie [de l’histoire de la genèse de ce livre] vous concerne donc beaucoup plus qu’elle ne nous concerne. Nous ignorons jusqu’où elle ira et nous nous contentons de la regarder se déployer en poursuivant le plus merveilleux périple de notre vie. » Face aux critiques, Young, interviewé par « Christianisme aujourd’hui »,  estime même son livre « puissant psychologiquement mais aussi théologiquement correct. Théologiquement correct dans l’optique des Pères de l’Eglise »(5).

« Le chemin du pardon », film de Stuart Hazeldine (2016), adaptation de « La Cabane » de W.P. Young.

Ceci dit, il y a de quoi s’interroger sur ce qui pousse certains – la plupart étant des croyants – à chercher des réponses dans un tel livre.  Et du fait de son succès, « La Cabane » nous lance un double défi doctrinal et pastoral en ce que l’œuvre bouscule nos propres représentations de Dieu, tout en nous interpellant (indirectement) quant à nos façons de répondre et d’accompagner ceux qui souffrent ou sont en quête de pardon (de pardon à ceux qui nous font du mal – un mal « impardonnable », à soi ou même à Dieu), d’amour et de sens.

Qu’en est-il exactement ? Passons maintenant à l’analyse de l’œuvre (Je ferai surtout référence au roman, que j’ai lu), autant dans la forme – son genre – et son contenu.

Tout d’abord, peut-on qualifier, à la suite de son auteur, le livre (et le film) « La Cabane » de « Puissant psychologiquement » et « théologiquement correct » ?

Plus exactement, pour Egbert Egberts, pasteur de l’Église Protestante Évangélique à Liège (Belgique), lequel fait une « appréciation » bienveillante de « La Cabane » (6), il ne s’agirait « pas d’un livre théologique, même s’il est rempli de théologie », mais plutôt d’« un genre de thérapie, puisqu’au travers de l’écriture de ce texte, l’auteur écrit sa propre histoire ». Et effectivement, à l’époque où je l’ai lu, j’ai d’abord pensé, « pour sa défense », que « La Cabane » peut être utile de ce point de vue à tous ceux qui traversent une épreuve ou un drame personnel. Néanmoins, s’empresse de préciser Egbert Egberts – et je suis d’accord avec lui – « une thérapie peut vous aider comme elle peut ne pas vous aider. Elle est limitée et subjective par la force des choses [elle n’est donc pas « dogmatique »]. Elle n’est pas toute la réalité, mais seulement cette petite partie observée à travers des lunettes colorées, comme toutes nos lunettes ! Ce livre résume le cheminement personnel d’un homme qui voyage de la souffrance vers la joie. En nous invitant d’entrer dans son histoire, l’auteur nous invite à participer pour un temps à ses tâtonnements et à ses découvertes »(6)

Bref, comme « un aveugle conduisant d’autres aveugles » ? Car, nous prévient Egbert Egberts, « la Cabane n’est pas une réponse totale ou finale aux questions qui sont soulevées. Lire ce livre comme s’il représente tout ce que Dieu veut nous dire est une erreur fondamentale. Le fait même qu’il est une allégorie, un genre de parabole, indique ses limites. C’est pourquoi la cabane peut nous apprendre des choses importantes. Mais, ensuite, notre lecture doit nous mener aux pages de la Bible pour que notre image de Dieu soit juste. Sans cela, notre image serait tordue. Comme tout livre, même quand il nous parle de Dieu et se fonde sur la Bible,  La Cabane est limitée par son auteur (…) On ne doit pas se fier à un auteur, qui qu’il soit. Le service que rend l’auteur est de nous ramener à la Bible et d’en présenter le message de telle façon qu’il éclaire notre foi. Cela conduit naturellement à la vraie limite de ce livre. Ce n’est pas la limite de l’auteur, mais la limite du lecteur »(6).

Tout cela est fort bien dit et l’analyse d’Egbert Egberts peut nous paraître optimiste et rassurante sur certains points, mais le lecteur fera-t-il cette démarche, de « la Cabane » à la Bible ? Cela pourrait être le cas, si « La Cabane » est réellement « théologiquement correct », propre à favoriser une telle démarche et à « éclairer notre foi ». Mais est-ce bien le cas ?

Cette question en appelle une autre : « la Cabane », qui est une œuvre de fiction, peut-elle être un bon outil pédagogique pour parler du Dieu véritable avec ceux qui ne le connaissent pas encore et souhaitent le connaître mieux ? Et que répondre à ceux qui ont « aimé les images de cette fiction », les estimant propres à donner « un élan pour mieux connaître Dieu et continuer de vivre (sa) vie sous son regard » ? Que répondre à ceux qui, coupant court à toute critique, nous répondent que « La Cabane »  n’est « pas un livre de théologie », affichant leur « surprise de la critique qui lui est adressée comme si c’était le cas » ? Car, pour ses défenseurs, « il faut bien dire qu’une fiction reste toujours une fiction », et qu’un film ou un roman, « par définition, n’a pas pour but de reproduire exactement la vérité »…..(7)

Premièrement, face à l’affirmation de Egbert Egberts comme quoi « La Cabane » ne serait pas un livre de doctrine et pas « un livre théologique, même s’il est rempli de théologie », Albert Moehler objecte, au contraire, qu’il s’agit d’« un long argument théologique », qui « ne peut tout simplement pas être nié », d’autant plus que ledit argumentaire théologique (sur la trinité, l’universalité du salut, mais aussi la religion et l’Eglise…) est effectivement de nature problématique. Le fait qu’il s’agisse d’un roman ne change rien, car « beaucoup de romans remarquables et d’œuvres littéraires ont contenus des théologies aberrantes, et même des hérésies »(8).

D’autre part, Yannick Imbert, professeur d’apologétique à la faculté Jean Calvin, que j’ai questionné à ce sujet, me répond : « Je pense honnêtement que ce livre n’est pas très bon pédagogiquement. Je comprends bien que l’auteur ait voulu écrire une « fiction »… cependant je ne suis pas convaincu que nous puissions vraiment faire de la fiction avec la nature de Dieu. De nombreuses affirmations mises dans la bouche de « dieu » dans le livre sont particulièrement problématiques. Là aussi on pourrait se dire que c’est une fiction. Mais si l’auteur fait parler ses personnages comme si c’était Dieu, quelle est la différence avec la fiction ? Il aurait fallu que l’auteur présente cette nouvelle image de Dieu dans un « autre monde ». Je crains qu’utilisé avec des amis non chrétiens ce bouquin donne une image plus problématique de Dieu… pas très pertinente et parfois pas très biblique. On pourrait craindre une certaine confusion. Alors personnellement je dirai qu’un film ou un livre ne décrit pas nécessairement ce que nous voyons, mais qu’il a toujours un rapport à ce que nous pensons être vrai. Du coup pour La Cabane, on peut utiliser cet argument, mais le livre démontrera toujours quelque chose que pense l’auteur. De la même manière que même dans un truc imaginaire, que je le veuille ou non ma « vision du monde » se dévoilera toujours un peu ».

Justement, quelle est cette vision du monde de W. Paul Young, laquelle rend la théologie de l’œuvre problématique ?

(A suivre)

 

Notes :

(1)http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/la-cabane-polar-spirituel-de-l-ete-3233.html

(2)https://phileosophiablog.wordpress.com/2017/06/26/la-cabane-ou-lart-perdu-du-discernement-evangelique/.

(3) Avec toutefois des réserves concernant le roman, de la part de La Maison de la Bible : cf https://maisonbible.fr/fr/9879-cabane-la-9782844459886.html

(4) Voir la fiche Wikipedia https://fr.wikipedia.org/wiki/La_Cabane laquelle précise que les informations sur W. Paul Young et son roman proviennent uniquement des interviews données par l’auteur, sans que cela soit corroboré par des témoignages ou d’autres sources.

(5) http://www.christianismeaujourdhui.info/articles.php/en-dieu-il-n-y-a-que-de-la-relation-4587.html

(6) http://www.aepeb.be/liege/Croire/comprendre/LaCabane.pdf

(7) Voir http://cecilebeaulieu.com/ma-lecture-du-livre-le-shack-de-paul-young/ et certains commentaires publiés en réaction à cet article de La Rebellution.

(8) https://phileosophiablog.wordpress.com/2017/06/26/la-cabane-ou-lart-perdu-du-discernement-evangelique/

 

La neige : chute ! Mais pas les commentaires…

Source : Météo France

La neige tombe sur notre beau pays et bloque tout….sauf les commentaires « des grands de notre temps aux calamités météorologiques », constate Phylloscopus, naturaliste catholique, dans une surprenante mais hilarante note de blogue. Jugez en vous-mêmes et relevez le défi de cet jeu édifiant, propre à occuper nos longues soirées d’hiver (qu’il y ait de la neige ou pas) : « retrouvez la source de ces vraies fausses déclarations ! »

Ainsi :

Sylvain Maillard, député du parti La République en marche (LREM) de Paris et membre de la commission des Affaires sociales à l’Assemblée nationale : « La grande majorité des flocons choisissent librement de tomber. » 

Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat auprès du Premier ministre, chargée de l’Egalité entre les femmes et les hommes : « Assurer l’égalité des droits des flocon.n.es à atteindre le point de chute de leur choix est une priorité du gouvernement. »

Christian Estrosi, maire de Nice: « Grâce à notre réseau de vidéosurveillance, le premier d’Europe, pas un flocon n’a pu frapper les rues de Nice. »

Christophe Barbier, éditorialiste de l’hebdomadaire l’Express : « Les Français doivent apprendre à renoncer à leur cinquième centimètre de neige et aller travailler. »

WeDemain, une revue trimestrielle « pour changer d’époque » : « Il invente un mode de transport sur neige révolutionnaire grâce à deux planches de récupération fixées sous ses pieds, reliées à une application météo »

Les Echos, quotidien français d’information économique et financière d’orientation libérale : « Les fonctionnaires qui vident les sacs de neige sur nos têtes sont-ils trop nombreux ? »

Grégory Coupet, footballeur international français: « Cette chute de neige, je l’aurais arrêtée. »

Etc….

La suite à lire ici

 

 

De vraies solutions aux fausses nouvelles : Comment reconnaître les Fake news ?

Comment repérer des fausses informations ? Voici une excellente infographie de l’ IFLA, La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (1), disponible en plusieurs langues. Voici sa version en français.

Une infographie de l’IFLA (Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques) pour apprendre à détecter les Fake news

Une contribution essentielle, car l’enjeu est de taille : Les libertés d’accès à l’information et à l’expression en ligne sont menacées. La diffusion d’informations délibérément trompeuses, ou « fausses nouvelles », risque de compromettre la confiance en l’Internet, alors que des attitudes restrictives de la part de certaines autorités et de certains services limitent les droits de l’homme fondamentaux.

Pour l’IFLA, aucune de ces situations n’est souhaitable. Lorsque les gens sont déconnectés de l’Internet, ils risquent de perdre l’accès à des informations et des idées qui renforcent le développement de nos vies et les enrichissent. 

Afin de répondre à ces risques, l’IFLA a développé une infographie sur la détection des fausses nouvelles ; il s’agit d’un outil simple mais efficace pour procurer une alternative, basée sur la conviction que l’éducation est la meilleure manière de donner confiance aux utilisateurs, et de rendre inexcusable la censure abusive de la part des gouvernements.

Cette infographie a rencontré beaucoup de succès. Elle a été traduite dans 37 langues, et a été reprise dans des lettres d’information, des kits éducatifs, et sur CNN International. Ce succès est aussi le résultat d’un processus de réflexion de professionnels de l’information qui ont utilisé les infographies de différentes manières, en les adaptant à leurs besoins locaux.

La suite sur le site de l’IFLA.

Voir aussi ce tutoriel canadien (Québec) également proposé par des bibliothécaires, pour apprendre à connaître et à appliquer les critères d’évaluation de la qualité des sources d’information.

Et maintenant, à vous de jouer !

 

Note :

(1)La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA) est la principale organisation représentant les intérêts des bibliothèques et des services d’information et de leurs usagers. Au niveau mondial elle est le porte-parole de la profession des bibliothèques et de l’information.

 

 

« Chrétien lifestyle », le coloriage pour adultes ?

Le coloriage, « ce n’est pas que pour les enfants ! » Mais son versant pour adultes, inspiré de l’art bouddhiste, peut-il être « chrétien lifestyle » ?
Affiche du film « Etre et avoir » de Nicolas Philibert(2002)

Les livres de coloriage sont généralement destinés aux enfants, mais il en existe aussi pour adultes. Cela vous fait-il sourire ?

A ce sujet, vous vous souvenez sans doute encore comment Francesco Totti a parfaitement su jouer du « coloriage pour adultes ». Souvent moqué pour ses gaffes, le footballeur romain Francesco Totti, plein d’autodérision, avait fini par retourner la situation à son avantage en publiant un livre intitulé « Toutes les blagues sur Totti » (2003), un recueil d’histoires éculées dont il est le héros. Ainsi, par exemple : « Tragique nouvelle dans les journaux : la bibliothèque de Totti a brulé. Elle contenait deux livres. Réaction de Totti : « Oh, non, le deuxième, je n’avais pas encore fini de le colorier ». Le livre est un succès phénoménal : plus de 800.000 exemplaires vendus ! Une partie des bénéfices ont été versés à plusieurs associations à but humanitaires.

Aujourd’hui, l’art du coloriage pour adultes ne fait plus sourire puisqu’il est en pleine expansion. Au cas où cette tendance étrange vous aurait échappé, rappelons qu’elle a débuté en 2012, simultanément en France et aux Etats-Unis. Le coup de génie (marketing) des maisons d’édition a été de rajouter aux titres de ces livres les termes « art thérapie», «mindfulness» (« pleine conscience ») ou « anti-stress », situant l’acte de colorier quelque part entre la psychothérapie et la méditation.
Ainsi, ces livres de coloriage pour adultes nous invitent à nous détendre grâce à une activité créative et relaxante, se présentant comme une manière de se recentrer sur soi, de lutter contre le stress et la dépendance aux écrans, mais aussi comme un retour à l’enfance permettant ainsi de libérer son esprit et de se livrer à une expression artistique.

Et aujourd’hui, les chrétiens ont leurs propres cahiers, que l’on peut se procurer dans toutes les librairies (chrétiennes) ou en ligne, sur les sites dits « chrétiens lifestyle » (un autre coup marketing ?), et qui leur offrent la possibilité de méditer un verset ou une promesse de la Bible.

Mais ces « nouveaux coloriages pour adultes » chrétiens sont-ils de bons moyens – « sans danger » – de méditer la Bible ?

A ce sujet, il est bon de savoir que ces fameux coloriages pour adultes, chrétiens ou non, s’inspirent des techniques de Mandala, un art bouddhiste très ancien, pratiqué depuis des siècles….La première ouverture dans l’utilisation thérapeutique du mandala vient de Carl Gustav Jung, psychiatre suisse et élève de Freud.

Sachant cela, « où serait le problème », vous demandez-vous peut-être ?
Questionné sur ce sujet, le répondant du site « 1001 questions » souligne qu’ « à la différence de ce que nous vivons en Occident, la séparation entre le sacré et le profane, le spirituel et le culturel est très floue en Orient. Dès qu’il s’intéresse à une pratique ou à une pensée orientale, le chrétien occidental est donc appelé à la vigilance ».
En effet, le Mandala, dont le terme sanskrit signifie « cercle » et par extension « sphère », « environnement », « communauté », désigne avant tout l’entourage sacré d’une divinité. Ce diagramme symbolique peut alors servir de support de méditation en lien avec cette divinité. Le méditant se projette dans le Mandala avec lequel il se fond.
Comme le relève encore le répondant de « 1001 questions », les mandalas bouddhistes sont aussi faits « pour aider à la procuration de certaines émotions, comme peuvent le faire un chant, une position du corps ou la décoration d’un lieu de rassemblement. D’ailleurs, le rôle de certaines décorations (telles que les rosaces) d’églises catholiques ressemble fort à celui des mandalas pour les bouddhistes. Si un coloriage est fait dans le but d’aider à la relation avec le Dieu unique adoré par les chrétiens, cela peut être un support comme un autre à la spiritualité chrétienne ». Or, comme déjà souligné plus haut, le mandala permet plutôt à la personne qui le colorie de se recentrer sur elle-même.

D’autre part, il importe aussi de comprendre, comme nous l’explique le Pasteur Gilles Boucomont dans son « Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » (Ed. Première partie, 2010, p 270), que « méditer », selon les techniques inspirées des spiritualités extrêmes orientales, « consiste à fixer son attention spirituelle sur un objet de façon à dissocier son esprit de la partie affective et sensible de l’âme, ce qui nous fait dissocier », ou, « beaucoup plus dangereux, si une induction de type hypnotique est posée, sortir en esprit ». La « sortie en esprit » n’a rien de « cool » ou de positif, car « notre esprit est fait pour être [protégé] dans notre âme, notre âme dans notre corps et notre corps les pieds sur terre » ! (op. cit.) A l’inverse, rappelons-le, « méditer » un texte biblique ne signifie pas « faire le vide » en soi pour privilégier une sorte de « fuite », mais plutôt mettre en relation ou relier ce que nous séparons si souvent : pensée et action, vie intérieure et extérieure, l’esprit et le corps.

C’est pourquoi, comme nous y invite le répondant de « 1001 questions » cité plus haut, « nous pouvons sérieusement nous interroger sur une certaine fascination des chrétiens occidentaux pour des pratiques orientales, et plus généralement liées au mouvement New Age. Y aurait-il une carence dans les pratiques des églises occidentales pour accompagner à la croissance en Christ ? Ou bien cet attrait est-il (au moins potentiellement) idolâtre ? »

La discussion est ouverte ! Et l’enjeu est de taille : car, comme le rappelle encore Gilles Boucomont (Au Nom de Jésus : mener le bon combat. Ed. Première Partie, 2011, p 329), « les cultures sont des religions. Rien n’est simplement culturel, dans la mesure où une culture est ce qui relie plusieurs personnes, ce qui est l’exacte définition d’une religion ! Et quand l’Eglise s’inculture en profondeur [en faisant sienne une certaine pratique ou une certaine mode], cela veut dire la plupart du temps, qu’elle plie le genou devant des autorités spirituelles [liées à ladite pratique] et qu’elle laisse le témoignage aux gens de l’extérieur l’image d’un Christ pliant le genou avec elle » !

Le livre du mois : « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hughes

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hugues : un livre que tout homme se doit de lire….un livre qui nous saisit et nous provoque…

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété ! » C’est d’abord une exhortation de Paul à son disciple et « enfant spirituel » Timothée (1 Timothée 4v7-8). Mais Timothée n’est pas le seul concerné, puisque tout « homme de Dieu » peut s’approprier cette exhortation pour lui-même. Et, connaissant Jésus comme sauveur et seigneur, nous sommes tous des « hommes de Dieu » !

La piété est une thématique qui m’a beaucoup interpellé à un certain moment de ma vie, il y a 9 ans, et qui continue de m’interpeller encore maintenant. Dans les épîtres à Timothée, c’est un mot-clé qui revient avec une certaine insistance, et la clé de notre vie chrétienne, ce qui fait toute la différence. La « piété » est ce qui plaît à Dieu et le propre d’un homme « attaché à Dieu ». Nous sommes exhortés à la rechercher (1 Tim.6v11) et à nous y exercer (1 Tim.4v7, 6v6), ce qui devrait être un élan du cœur, un don de l’être tout entier par amour, avec ces promesses : « Le Seigneur sait délivrer de l’épreuve les hommes pieux » (2 Pie.2v9) ; Dieu « aime la piété et non les sacrifices… » (Osée 6v6)

Ensuite, « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », est le titre de l’ouvrage de Kent Hughes, paru aux éditions BLF/Cruciforme en octobre 2017, et qui a attiré mon attention.

Il s’agit d’un livre que tout homme se doit de lire, puisqu’il traite de ces sujets dont on parle curieusement peu, mais pourtant  largement abordés dans les Écritures : la piété et la discipline, ou plutôt, « l’exercice de la piété » ! Une expression qui, aux dires de l’auteur, « sent l’odeur de la sueur », celle « qui vient d’un bon entraînement ».

Ce livre nous saisit et nous provoque, comme nous provoquerait de façon franche et directe, mais toujours avec grâce, un aîné ou un père qui aurait fait du chemin avec Dieu, tout en étant conscient qu’il n’est pas encore « arrivé », lui non plus : « Et si vous recherchiez toujours plus à ressembler au Christ ?  Pour cela, exercez-vous à [la discipline qui conduit à] la piété ! »

C’est aussi un livre exigeant avec lequel on lutte au corps à corps – tant son sujet, l’exercice de la piété nous est à ce point bien peu naturel – avec la détermination « de ne pas le lâcher avant qu’il ne nous ait bénit »(cf Gen.32v26). A l’instar de Jésus, « qui, bien qu’il fut Fils,  a du apprendre l’obéissance par les choses qu’il a souffertes »(Hebr.5v8), nous avons en effet à apprendre à devenir des hommes pieux, attachés à Dieu, et ne pas nous complaire dans « une grâce à bon marché » – la véritable grâce de Dieu étant en effet « une grâce qui a coûté » (à Christ) et « qui coûte » parce qu’elle appelle à l’obéissance (selon la formule de Dietrich Bonhoeffer et selon 1 Tim.4v7-10). Mais c’est « à cause de sa piété que Christ a été exaucé » (cf Hébr.5v7).

Ce livre nous rend conscient que la piété n’est pas « un truc religieux » ou « un truc de femme », puisqu’elle est concernée par tous les domaines de la vie. En clair, « s’exercer à la piété » implique de travailler ses relations [en veillant à sa pureté, à son mariage, mais aussi ses amitiés], de prendre soin de son âme [ses pensées, son temps de recueillement et sa vie de prière…] et de son caractère[sa langue, sa façon d’être au travail…], et de porter une attention particulière à son ministère[son regard sur l’Église ; sa façon d’exercer le leadership, de donner et de servir….] (1). A ce sujet, mes luttes/défis ne seront sans doute pas les vôtres. Dans tous les cas, il ne convient pas de « choisir » l’une ou l’autre des disciplines, décrites dans ce livre d’une manière inédite, mais de comprendre qu’elles forment un tout, comme autant de facettes d’une vie complète, pleine de sens et d’espérance de l’homme pieux authentique.

Ensuite, la discipline n’est en rien « une lubie légaliste », car le moteur de la discipline prend sa source dans l’amour et la grâce de Dieu. D’ailleurs, dans son chapitre introductif intitulé « la discipline au service de la piété », Kent Hughes nous explique que tout débute par une sorte de « coup de foudre », lequel nous enseigne « que la discipline personnelle est la clé pour accomplir quoi que ce soit dans cette vie. Si cela est vrai, cela est doublement vrai pour les questions spirituelles. Dans d’autres domaines, nous pouvons peut-être revendiquer quelque avantage naturel. Un athlète peut être né avec un corps robuste, un musicien avec une oreille parfaite ou un artiste avec la perspective dans l’œil. Mais aucun de nous ne peut se vanter de posséder une supériorité spirituelle innée. En fait, nous sommes tous tout autant désavantagés. Aucun de nous ne cherche Dieu de façon naturelle, personne n’est intrinsèquement juste, personne ne fait instinctivement le bien(cf. Romains 3 : 9-18). Par conséquent, en tant qu’enfants de la grâce, tout est dans la discipline spirituelle – tout ! Je le répète… tout est dans la discipline. »

Mais l’exercice de la discipline qui conduit à la piété, pour devenir un « homme de Dieu » accompli, est tout à la fois un commandement et une promesse de Dieu : « Car (si) l’exercice corporel est utile à peu de chose (…) la piété est utile à tout, ayant la promesse de la vie présente et de celle qui est à venir. C’est là une parole certaine et entièrement digne d’être reçue ». Et parce que la clé de la victoire consiste aussi à jouer en équipe et non en solo, « nous travaillons, en effet, et nous combattons, parce que nous mettons notre espérance dans le Dieu vivant, qui est le Sauveur de tous les hommes, principalement des croyants » (1 Tim.4v8-10).

Un véritable défi pour les hommes, déjà peu portés vers les choses spirituelles et moins disciplinés dans ce domaine que les femmes, et par ailleurs individualistes de nature !

Ce livre rencontrera-t-il un large écho auprès des hommes de cette génération ? D’ailleurs, comment se fait-il qu’un tel livre [datant de 1980] ne soit traduit en français que maintenant ?

Comme me l’a expliqué Ruben(2), des éditions BLF, et que je remercie pour m’avoir envoyé gracieusement le livre, « c’est un titre qui existe depuis plusieurs années en Français. Il avait été publié par un institut biblique québecois (Sembeq) et nous avons pu le récupérer dans notre catalogue. Nous en avons profité pour faire une révision de fond en comble de la traduction pour la moderniser (plusieurs centaines d’heures de travail) et nous avons refait la couverture aussi. Nous le ressortons maintenant après un temps où il n’était plus disponible en librairie. Et nous espérons clairement toucher une nouvelle génération qui n’a pas connu ce livre. Et visiblement, c’est réussi puisque tu ne connaissais pas le livre avant qu’on te l’envoie 🙂 Son contenu, même s’il date des années 80 est assez intemporel dans ses principes ».

Sur ce, bonne lecture et bonne découverte !

En bref : « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété : les disciplines spirituelles d’un homme attaché à Dieu », de Kent Hughes. BLF éditions/Cruciforme, 24/10/17.
Kent Hughes a été pasteur pendant 41 ans à Wheaton, aux États-Unis. Il est marié à Barbara, auteur de Femme de Dieu, exerce-toi à la piété, livre chroniqué ici. Ils ont quatre enfants et vingt-et-un petits-enfants.

 

Notes :

(1) Le livre est construit en 5 parties, composées chacune de 4 ou 5 chapitres en moyenne – chapitres suivis de « questions de réflexion » pour faire le point après la lecture.

PREMIÈRE PARTIE : LES RELATIONS 
2. La discipline de la pureté
3. La discipline du mariage
4. La discipline de la paternité
5. La discipline de l’amitié

DEUXIÈME PARTIE : L’ÂME
6. La discipline de l’esprit
7. La discipline du recueillement
8. La discipline de la prière
9. La discipline de l’adoration

TROISIÈME PARTIE : LE CARACTÈRE
10. La discipline de l’intégrité
11. La discipline de la langue
12. La discipline du travail
13. La discipline de la persévérance

QUATRIÈME PARTIE : LE MINISTÈRE
14. La discipline de l’Église
15. La discipline du leadership
16. La discipline de l’offrande
17. La discipline du témoignage
18. La discipline du ministère

CINQUIÈME PARTIE : LA DISCIPLINE
19. La grâce de la discipline

RESSOURCES
Témoignage de James et Deby Fellowes
Plan de lecture biblique quotidienne de M’Cheyne
À travers la Bible
Proverbes concernant l’usage de la langue
Psaumes de louange pour vos temps personnels avec Dieu
Notes
Index des références bibliques

(2) Pour l’anecdote, le même Ruben m’a permis de faire la connaissance de Daniel Henderson, des éditions Publications chrétiennes, lors du CEIA de Dammarie-les-lys, le 19 novembre 2017, me le présentant comme étant celui « qui est derrière (le livre) Homme de Dieu, exerce-toi à la piété ».

Bientôt, « pour vous, les gars » : ma recension de « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété » de Kent Hughes

« Homme de Dieu, exerce-toi à la piété », de Kent Hughes : la recension du livre, bientôt sur PEP’S CAFE !

Chers lecteurs, prochainement, ma recension du livre « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété : les disciplines spirituelles d’un homme attaché à Dieu », de Kent Hughes, sorti le 24/10/17 aux éditions BLF.

A très bientôt !

L’action du mois : soyons « des hommes de la Parole et de parole »

Relevons ensemble le défi d’être des « hommes de la Parole et de parole » ! Photo du film indien « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

« 1, 2, 3… STOP ! » [Et non pas « Go ! »]

Le début de l’année 2018 est déjà entamé, et chacun se fait fort de donner suite à ses bonnes résolutions, avec des résultats plus ou moins heureux. Nous avons marqué une pause durant les fêtes et nous nous retrouvons dans une dynamique de « reprise ».

Néanmoins, nous, chrétiens, nous nous souvenons que nous sommes « en chemin » à la suite du Christ, Notre Seigneur, (plus qu’ « en marche ») vers notre destination finale : Lui ressembler.

Nous sommes « en chemin », mais non pas « en marche », puisque, comme le souligne le répondant du site 1001 questions, la véritable dynamique du croyant ne vient pas de l’homme « en marche » mais de Dieu Lui-même. La vie chrétienne n’est pas un do it yourself, qui nous ferait sortir d’une théologie de la promesse et de la grâce, conforme à l’enseignement de Jésus, pour passer à une sorte de théologie des œuvres.

Ceci dit, et par rapport à ce qui va suivre, je voudrais ajouter que si des hommes et des femmes me lisent – et je les en remercie – je voudrais aujourd’hui m’adresser plus spécifiquement aux hommes. J’espère que mes lectrices ne m’en voudront pas. Mais peut-être pourront-elles s’approprier ce qui suit d’une manière qui leur sera propre. Et ce qui suit n’est pas « un prêche ». En l’écrivant et en vous le partageant, je « me le prêche à moi-même ».

Ainsi, au sein de mon groupe d’étude et de partage de la Bible pour hommes, dans le cadre de mon église locale, nous avons pris ensemble le temps d’une pause pour penser « à vérifier notre équipement, (re)nouer nos lacets, faire un topo, lire la carte »(1), et à considérer cette action du mois, qui nous lance un défi individuel et collectif : être « des hommes de la Parole et de parole ».

1)« Des hommes de parole » : soit des hommes d’engagement

Comme déjà souligné par ailleurs sur ce blogue, il est édifiant de noter qu’alors que notre époque tend à nier ou effacer les différences sexuelles, l’hébreu se permet le luxe de distinguer le masculin du féminin à l’intérieur du verbe et du pronom. Ainsi, les 10 commandements ont été donnés initialement en hébreu, au genre masculin. Ainsi, par exemple, le « tu ne tueras pas » (« lo tirtzàh ») s’adresse d’abord à un homme. D’autre part, le « mâle » se dit « zakar » en hébreu, qui signifie « celui qui se souvient ». Mâle et souvenir ont la même racine. Dieu a employé le masculin pour lui confier la charge « du souvenir », afin d’être « l’arbre de transmission » de sa loi pour les générations.

Comme l’écrit mon ami Alain Ledain (2), nous ne sommes peut-être pas tous appelés à être « des hommes (publics), nous exprimant face à la nation, mais nous sommes tous appelés à nous exprimer – en paroles et/ou en actes – dans notre entourage, dans nos activités, dans nos engagements (associatif, humanitaire, politique, social, économique, syndical, culturel, artistique…), dans nos sphères d’autorité (c’est-à-dire dans l’espace où s’exercent nos responsabilités) ». Et, ajoute-t-il, « pour pouvoir nous exprimer, il est nécessaire de connaître, et donc de rechercher, les valeurs du royaume des cieux là où Dieu nous a placés »(2). Dit autrement encore, pour que l’homme soit en mesure « de se souvenir » et « de transmettre » fidèlement la Parole de Dieu dans toutes ses sphères d’influence et d’autorité mentionnées plus haut, il lui est donc nécessaire de bien connaître cette Parole.

Ce qui implique donc d’être :

2)« Des hommes de la Parole » : C’est-à-dire, des hommes qui ont soif de la Parole de Dieu et qui veulent être formés pour comprendre et partager la Parole.

« Toutefois », souligne encore Alain Ledain, « nous ne sommes pas appelés à rechercher seuls la justice du Royaume mais à nous réunir ensemble pour prier, réfléchir et partager nos expériences, pour contextualiser et incarner cette Parole ». Et « ne pas rester silencieux suppose de décloisonner notre vie spirituelle du dimanche matin »(2).

D’autre part, seuls, nous nous heurtons à des limites : Dieu nous a offert des dons complémentaires. C’est pourquoi, intégrer un groupe d’étude biblique pour hommes, au sein de l’église locale, est un bon cadre pour nous permettre d’apprendre ensemble et de connaître toute la Parole, en nous soutenant les uns les autres.

Nous ne sommes pas appelés à être chrétien « tout seul », mais à nous aimer sans hypocrisie (sans masque, sans jouer un rôle), en nous laissant sonder, travailler, encourager par les autres (1 Pierre 1v 22-23 nous commande de nous « aimer les uns les autres d’un cœur pur, avec ardeur (ou encore avec constance) ». Si nous sommes appelés à « aimer notre prochain comme nous-mêmes », nous devons « aimer notre frère comme Jésus nous a aimés ».

Ensuite, des hommes de la Parole et de parole sont des chrétiens qui sont et restent « rocheux » et non « sableux »(cf Matt.7v24 et ss) : nous devons écouter et mettre en pratique les enseignements de la Bible, et non seulement les écouter seulement, en « auditeur oublieux » (cf Jacq.1v22-25).

Des hommes de la Parole et de parole sont également des hommes « inflammables » : c’est-à-dire, non pas animés d’un « feu étranger », que Dieu ne saurait agréer(Lévit.10v1-2), mais animés d’une passion plus pure. 1 Pierre 1v22 nous rappelle encore que ce n’est pas la vérité mais l’obéissance à la vérité qui purifie. Nous devrons aller au contact du feu de l’esprit et brûler pour éprouver notre consistance véritable. Serons-nous alors « un feu de paille » « ou un feu de braise », contagieux ?

 Enfin, des hommes de la Parole et de parole veillent à leur croissance qualitative : ils veulent croître « en conviction, en caractère (notre Parole doit prendre du poids cf. Psaumes 33) et en compétence »(3).

Nos réunions d’étude et de partage de la Bible se basent sur de bons principes : elle vise à notre humilité – celle du pécheur – à exalter le Seigneur Jésus et à promouvoir la sainteté (la nôtre)(4).

Chacun est enfin invité à s’engager dans un mini-stère au service de ses frères, dans le cadre des réunions, qu’il s’agisse d’envoyer « les piqûres de rappel » informant des dates des rencontres, d’accueillir le jour J, de préparer/ranger la salle, de s’occuper de l’intendance, de « tenir la montre », de co-animer les temps d’étude, de rédiger les comptes-rendus ou de tenir la bibliothèque tournante du groupe.

Prions ensemble pour :

  • Un contenu qualitatif des enseignements de cette année.
  • L’engagement de chacun au sein de nos groupes d’études et de partages pour hommes, dans le cadre de nos communautés respectives.
  • La Parole est intarissable : que chaque homme ait une soif à la hauteur.
  • Contrer les imprévus qui empêchent régulièrement les hommes de s’engager  et notamment de venir aux réunions : il n’y a toutefois pas de fatalité, puisque « gouverner c’est prévoir » et qu’ « en Christ, nous sommes une nouvelle création » (2 Cor.5v17)

 

Notes :

(1) Selon les propos de mon frère Pierre-Louis, qui rédige avec fidélité et fiabilité les comptes-rendus de nos réunions mensuelles. L’essentiel du présent article reprend d’ailleurs les éléments de ce qu’il a retenu d’une de nos réunions d’hommes de septembre 2017.

(2) Cf Son article « Un regard chrétien sur notre société » (III) : « où sont les hommes… ». Alain Ledain est enseignant dans le secondaire et Président de l’association Actes 6, au service des églises. Il fait également un remarquable travail de transmission et de sensibilisation autour de la question de l’éthique sociale chrétienne. A ce sujet, ne manquez pas de visiter son blogue dédié à ce sujet http://www.ethiquechretienne.com/alain-ledain-qui-suis-je-a629449  et de le saluer de ma part : cela lui fera plaisir !

(3) Voir Marshall/Payne. L’essentiel dans l’église : apprendre de la vigne et du treillis. Clé/IBG, 2014.

(4) Helm, David. La Prédication textuelle : comment bien communiquer la Parole de Dieu aujourd’hui. BLF éditions, 2017.