Ton christianisme est-il « sentimental » ?

Grande et grave question, qui revient régulièrement, dès qu’il s’agit de parler des relations dites « fraternelles », dans un contexte d’église, ou dès qu’il s’agit de se prononcer, par exemple, sur les actions (estimées « controversées ») de telle personnalité politique (chef d’état, candidat à une élection, élu national ou local…) :

En gros, puis-je dire à mon frère qu’il a péché ? Et « si mon frère a péché », suis-je légitime pour le reprendre ? (Matt.18v15). N’est-ce pas se mêler des affaires d’autrui ? Ne serait-ce pas faire preuve d’orgueil spirituel que de vouloir jouer les « redresseurs de tort » ? Qui suis-je, pour juger les autres ? Et d’ailleurs, pourquoi juger quelqu’un, par exemple, tel homme politique mis en cause pour ses actions publiques ?

Comme je l’ai lu ailleurs sur la toile, sous prétexte « que nous ne les connaissons pas et nous connaissons encore moins ce qu’il y a dans leur cœur », nous devrions, d’après la Bible, « aimer tous les hommes et de ne (surtout) pas les juger ».

Alors, certes, concernant le refus du jugement, je rejoins à 100 %  toute préoccupation de ne pas tomber dans un (pseudo)christianisme de condamnation et d’exclusion. Évidemment, un seul est juge (Dieu), comme un seul est sauveur (Christ) et un seul convainc(le Saint-Esprit). Je comprends aussi que lorsque Jésus nous demande « de ne pas juger » et « de ne pas condamner »(Matt.7v1-5, Luc 6v37) il nous met en garde contre une tendance à condamner les autres du haut de notre (supposée) perfection, dans le style « plus saint que moi tu meurs ».
Cependant, dans un autre passage, en Jean 7v24, si Jésus nous invite à « ne pas juger selon l’apparence », il nous invite aussi à « juger justement », « selon la justice ». Il nous demande donc bien de « juger » ! Plus exactement, de « jauger » ou « d’évaluer » le réel de ce que nos frères/soeurs vivent (et non à fuir le réel).

Je serai donc « la sentinelle de mon frère », « le gardien de mon frère » ? Bien sûr. Jacques 5v19-20 dit encore que « si quelqu’un parmi vous s’est égaré loin de la vérité, et qu’un autre l’y ramène, qu’il sache que celui qui ramènera un pécheur de la voie où il s’était égaré sauvera une âme de la mort et couvrira une multitude de péchés ».

Et voici encore ce passage d’Ezéchiel 33v7-8, qui ne manque jamais de nous faire frémir : « Et toi, fils de l’homme, je t’ai établi comme sentinelle sur la maison d’Israël. Tu dois écouter la parole qui sort de ma bouche, et les avertir de ma part. Quand je dis au méchant : Méchant, tu mourras ! si tu ne parles pas pour détourner le méchant de sa voie, ce méchant mourra dans son iniquité, et je te redemanderai son sang ».

Ailleurs, la Bible nous exhorte également au discernement et nous donnent des exemples d’interpellations des puissants (ainsi « responsabilisés »), surtout quand ils se montrent injustes : voir les exemples des prophètes dans l’Ancien Testament (Amos ; Malachie 3v5, Jérémie, Esaïe, Dan.4v27…), du livre des Proverbes (Prov.31v8-9) ou de l’apôtre Jacques, dans le Nouveau Testament, et même l’évangile selon Luc. Le rôle de tout responsable n’est-il pas de proclamer (et non pas de « chuchoter »)la justice de Dieu, au sein de la grande assemblée ? (Ps.40v9-10) Dieu cautionne-t-il l’injustice ? Voici ce qu’il déteste et ce qui l’indigne : Zacharie 7v8-12, 8v16-18.

Ceci dit, « sans prétention » et « sans fausse humilité », nous n’avons certes pas à nous comparer mais simplement à réaliser ce qui risque de nous arriver indirectement, car nous sommes un corps (le corps de Christ – nous pensons aussi au « corps social ») et pas une somme d’individus isolés. Comme nous le savons, dans tout corps physique, un organe en amont du système circulatoire perçoit les toxines qu’un autre organe malade produit et qui sont déversés dans le sang. Il se sent concerné et se prépare donc à lutter, car la maladie de l’organe en aval peut devenir la sienne. De même, au sein du corps de Christ, l’Eglise, nous devons « jauger », avec compassion mais aussi précision et vérité ce qui se passe chez nos frères/soeurs, afin de pouvoir être nous-mêmes guéris par leur guérison.

Se « corriger fraternellement », selon Matt.18v15 et ss, est donc une bénédiction, à condition d’être très au clair sur ce qui vient « gangréner » le corps de Christ, sans faire une classification des péchés, qui irait du « plus abominable » au « plus anodin »(selon nous et non selon Dieu, cf Deut.18v9-12, 17v1-4, 7v26….et 1 Cor.6v9-10, Eph.5v4-5….), ou sans faire de distinction entre les hommes (« arrangeants » ou « bienveillants » envers les puissants, « impitoyables » envers les plus  faibles/les plus pauvres).

Bref, nous avons à rejeter tout autant le pseudo christianisme légaliste de condamnation/d’exclusion et le pseudo christianisme dit « sentimental », pour affirmer le véritable christianisme biblique centré sur la compassion, la vérité, la guérison et la libération.
Au sujet du « christianisme sentimental », celui-ci, loin de toute lucidité et vérité, promeut un amour douçâtre, « rose bonbon », en prenant les gens dans le sens du poil. Il est une fuite, en refusant de voir et de nommer le « problème », alors que la situation est en réalité « problématique », et maintient le pécheur dans son péché. Prov.17v15 est pourtant très clair à ce sujet, et la problématique peut être étendue à d’autres domaines « non ecclesiaux », comme ceux, par exemple, relatifs à notre société dite démocratique.
Certes, nous avons à fuir certaines choses, selon la Parole : l’idolâtrie, la fornication(ou la débauche), les discussions vaines….mais pas le réel ! Et nous avons à rechercher « la justice, la foi, l’amour, la paix »(1 Tim.1v5, 14), caractéristiques du Dieu trinitaire auquel nous sommes censés appartenir. Et puisque « Dieu est lumière »(1 Jean 1v5), ses enfants (1 Jean3v1) produisent normalement « le fruit de la lumière » : « bonté, justice et vérité » (Eph.5v8-9)

Ne craignons donc pas de reconnaître et de dire notre propre péché et celui des autres, pour vivre sur un fondement de vérité. Mais à la condition de le dire avec amour, sans juger. Et certainement pas pour condamner en se plaçant plus du côté de ceux qui sont prompts à « jeter la pierre » (cf Jean 8v1-11) que du côté de Jésus, ou en se plaçant du côté du « moraliste » par un « va et ne pêche plus », oubliant ce qui précède : « je ne te condamne pas non plus »(v11).

 

 

 

Inspi : Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : mener le bon combat(T.2). Ed. Première Partie, 2011.

[Prochain billet : mercredi prochain]

Le Mexique sous emprise du Coca : comment résister ?

 

Au Mexique, Coca-Cola a acquis un pouvoir considérable. Dans le sud du pays, au Chiapas, l’un des états les plus pauvres, la multinationale américaine a fait main basse sur l’eau et sur la vie de ses habitants. Le Chiapas est considéré comme le réservoir d’eau du Mexique. Dans les années 80, la firme Coca Cola installe à San Cristobal de Las Casas sa plus grosse usine, qui emploie près de 300 personnes. Elle y pompe l’eau nécessaire à sa production, puisant directement dans la nappe phréatique de la ville jusqu’à en assécher certaines communautés alentours. Pour fabriquer 1 litre de Coca, il ne faudrait pas moins de 6 litres d’eau. Et les bénéfices de cette industrie ne semblent pas encourager les pouvoirs publics à affronter les problèmes de son réseau hydrique vétuste. Entré dans l’ALENA en 1994, le Mexique a suivi les pas des Etats Unis dans sa politique néolibérale. La multinationale américaine s’est ainsi immiscée partout. Pas un village qui ne soit labellisé aux couleurs rouges et blanches de la marque.

Les Mexicains sont devenus les plus gros consommateurs au monde de soda et notamment de Coca-Cola. Lors des cérémonies et rituels mayas, la boisson gazeuse remplace désormais les boissons fermentées d’autrefois. Des conséquences sanitaires désastreuses en découlent : 70 % de la population, sevrée également à la malbouffe, est en surpoids. Le diabète est l’une des principales causes de mortalité. Face à ce fléau, certains habitants tentent se mobilisent et tentent de se réapproprier leur ressource naturelle. 

« Mexique : sous l’emprise du Coca », un documentaire réalisé par Julie Delettre, produit par Wild Angle et diffusé sur « Public Sénat » le 01/10/16, dans le cadre de la série « Les Dessous de la Mondialisation », ou les faces cachées de la fabrication des produits que nous consommons.

A voir et à partager, pour mieux rejeter cette « règle du jeu » édictée par les puissants et qui nous est présenté comme « acquise » : nous voler ce qui est vital, « gratuit » et « de droit », pour nous faire payer à la place un produit « moins bien » et même néfaste pour la santé.

A lire et méditer, en complément :

« Holà, vous tous qui avez soif, voici de l’eau, venez. Même sans argent, venez ; prenez de quoi manger, c’est gratuit ; du vin ou du lait, c’est pour rien. A quoi bon dépenser de l’argent pour un pain qui ne nourrit pas, à quoi bon vous donner du mal pour rester sur votre faim ? Ecoutez-moi bien, et vous aurez à manger quelque chose de bon, vous vous régalerez de ce qu’il y a de meilleur » (Es.55v1-2. BFC).

« Jésus lui répondit : « Quiconque boit de cette eau aura de nouveau soif ; mais celui qui boira de l’eau que je lui donnerai n’aura plus jamais soif : l’eau que je lui donnerai deviendra en lui une source d’où jaillira la vie éternelle » (Jean 4v13-14. BFC).

« Vous le savez bien : si vous vous mettez au service de quelqu’un pour lui obéir, vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez » (Rom.6v16. BFC)

Voir aussi, comment, dans Marc 5v1-20, Jésus a libéré, non seulement un homme, mais aussi toute une économie locale d’un système « impur ».

 

Peut-on être chrétien et être obsédé par « la pureté de la race » ?

"Saint Matthieu écoutant l'ange lui dicter le Nouveau Testament" par le Caravage (Première version, 1602. Refusée par les commanditaires du tableau, détruit en 1945)

« Saint Matthieu écoutant l’ange lui dicter le Nouveau Testament » par le Caravage(1571-1610), peintre italien d’inspiration biblique. Première version de l’oeuvre (1602). Refusée par les commanditaires du tableau, détruit en 1945)

…. « Chrétien », c’est à dire « petit Christ », celui qui aime, suit et obéit au Christ, son Sauveur et son Seigneur.

La réponse, dans le chapitre 1, versets 1 à 16, de l’évangile selon Matthieu :

Ledit évangile « commence par une liste de noms », à l’instar du livre de l’Exode, dans l’ Ancien Testament, qui commence par un « voici les noms ».

« Elle hattoledot », elles, les générations

Il est édifiant de noter que « le début du Nouveau Testament ne part pas de zéro, à partir de Jésus, mais ressent le besoin de nommer les générations qui l’ont précédé. Ces dernières croisent David, ancêtre obligatoire du Messie, pour les juifs et les chrétiens (…)

Trois douzaines et demie de générations se succèdent dans l’espace des seize premiers vers de Matthieu, des noms d’hommes devenus des stations d’une ligne aboutissant au terminus du monde, au Messie. Au milieu de la liste, exceptionnellement et par contraste, se détachent trois femmes [étrangères]. Une est Rahab, la prostituée de Jéricho qui sauva les espions envoyés par Josué. Les deux autres étrangères au peuple du livre sont Tamar, la cananéenne, et Ruth, la moabite. Elles épousent des juifs, restent veuves sans enfants. Elles se dépensent sans compter pour rester dans la maison et dans la foi rencontrée. Puissantes de fertilité réprimée et inexaucée, elles donneront des fils à la terre et aux gens de Judas, quatrième fils de Jacob. Elles donneront des fils à la descendance du Messie.

Tamar et Ruth : deux femmes d’autres peuples entrent dans la lignée la plus sacrée et ont le très pur privilège d’être les premiers noms féminins du Nouveau Testament, avant même celui de Marie.

Le Messie qui contient en lui les semences et la concorde de peuples hostiles se déclare ainsi loin de toute pureté de sang. Deux femmes : pour enseigner que le mélange génétique n’est pas une exception, mais qu’il répond à une volonté. Deux fois : dans l’Ecriture la répétition est un sceau de confirmation [Cf Deut.19v6, 15 ; 2 Cor.13v1]….Ainsi se renouvelle la parole de l’Ancien Testament rapportée par Esaïe (1) : « Les fils de l’étranger qui s’attachent au SEIGNEUR pour assurer ses offices, pour aimer le nom du SEIGNEUR, pour être à lui comme serviteurs, tous ceux qui gardent le sabbat sans le déshonorer et qui se tiennent dans mon alliance, je les ferai venir à ma sainte montagne,
je les ferai jubiler dans la Maison où l’on me prie ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront en faveur sur mon autel, car ma Maison sera appelée : « Maison de prière pour tous les peuples » (Es.56v6-7. TOB).

Ruth : une étrangère au peuple de Dieu, qui se retrouve intégrée dans la généalogie du Messie et qui donne son nom à un livre de la Bible ! ("L'été ou Ruth et Booz" de Nicolas Poussin. 1660-1664. Musée du Louvre, Paris)

Ruth : une étrangère au peuple de Dieu, qui se retrouve intégrée dans la généalogie du Messie et qui donne son nom à un livre de la Bible !
(« L’été ou Ruth et Booz » de Nicolas Poussin. 1660-1664. Musée du Louvre, Paris)

Dans ce message d’accueil, le Nouveau Testament colle à l’Ancien et honore Tamar et Ruth, filles de l’étranger, en les nommant à l’entrée de sa maison.

La vie de Ruth se passe au temps des Juges (….), la période qui suit la conquête de la Terre promise mais non offerte en cadeau (….) Quand disparaît la génération du désert, témoin des colossales interventions de Dieu, manne comprise, les Hébreux se dispersent. Ils subissent les offensives des autres peuples(…).

Parmi les différents peuples qui arrivaient à l’emporter alors sur Israël, il y eut les Moabites, qui vivaient à l’est du Jourdain. Leur domination sera brisée par un téméraire attentat. Ehud, un gaucher de la descendance de Benjamin, réussira à plonger sa courte épée jusqu’à la garde dans le surabondant embonpoint d’Eglon, roi de Moab. Et il parviendra aussi à s’échapper et à appeler à l’insurrection. Pendant la révolte, dix mille Moabites tombent (…) aux gués du Jourdain[Juges 3v15-30]. Quand on lit, en ouverture du livre de Ruth, qu’une famille juive émigre en terre de Moab au temps des Juges, il faut savoir que les relations entre les deux peuples n’étaient pas cordiales. Et pourtant, la famille d’Elimélekh, une femme et deux fils, fuyant la famine de la terre de Judée, est accueillie avec générosité. Les habitants de Moab les hébergent, donnent une épouse aux deux fils. Ce peuple, malgré les deuils de la guerre, a accueilli les émigrants de la nécessité. Mais la famille d’Elimélekh porte en soi une grave faute : elle est la première, depuis la conquête de la Terre promise, à l’abandonner. C’est une désertion que les hommes de cette famille, responsables de la décision, paieront de leur vie.

Ce n’est qu’à la mort du dernier mâle que Naomi, veuve d’Elimélekh, sera libre de choisir et elle choisit vite : elle revient. Une des belles-filles moabites, Ruth, s’attache à elle et veut suivre sa belle-mère. Elle s’attache : l’hébreu emploie le verbe « davak », celui du psaume 137 (v6) : « s’attachera[tidebbak] ma langue à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne fais pas monter Jérusalem sur la tête de mon allégresse ». Comme la langue au palais, ainsi Ruth s’attache à Naomi par dévouement et par entraînement d’amour pour le peuple d’Israël, pour sa foi. Les gestes qui préparent le futur partent de sentiments inexorables.

C’est une des histoires que les générations apprennent et se transmettent. Tout lecteur a le droit de se sentir héritier du tout, d’en souligner un verset, une figure. Ici, on célèbre Ruth, femme de conjonction des deux alliances, les testaments réunis pour nous dans le format Bible »(2).

 

 

Notes : 

(1) La traduction d’Erri de Luca donne : « Et fils de l’étranger prêtés à Yod pour son culte et pour amour du nom de Yod, afin d’être pour lui des serviteurs ; ceux qui observent le sabbat sans le profaner et ceux qui se renforcent dans mon alliance. Et je les ferai venir vers ma montagne sainte et je les remplirai de joie dans la maison de ma prière, leurs offrandes et leurs sacrifices sont selon ma volonté sur mon autel : car ma maison, maison de prière sera appelée pour tous les peuples »(« Comme une langue au palais ». Arcades Gallimard, 2006, p88)

(2) D’après « Comme une langue au palais », dans le recueil éponyme d’Erri de Luca. Arcades Gallimard, 2006, pp 85-91). Du même, où l’on retrouve ce commentaire de la généalogie du Messie : « Les Saintes du scandale ». Folio, 2014.

Voir aussi, sur cette généalogie : Céline Rohmer, « L’écriture généalogique au service d’un discours théologique : une lecture de la généalogie de Jésus dans l’évangile selon Matthieu », Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires [En ligne], 17 | 2017, mis en ligne le 06 janvier 2017, consulté le 12 février 2017. URL : http://cerri.revues.org/1697 ; DOI : 10.4000/cerri.1697

Où en es-tu, dans ton parcours de foi ?

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d'aujourd'hui lui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ? (Source : convergence bolcho-catholiques)

Hier, les disciples de Jésus lui demandaient de leur apprendre à prier. Les disciples d’aujourd’hui oseront-ils lui demander de leur apprendre à Le suivre ?
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Tu es chrétien. C’est à dire que tu confesses Jésus-Christ comme ton Sauveur et ton Seigneur. Repentant, tu te sais pardonné, justifié et tu souhaites changer de vie, appartenir et suivre Jésus-Christ.

Mais où en es-tu, dans ton parcours de foi ?

Au début, tu es préoccupé par les péchés et redoute d’être un pécheur ou un injuste. Puis, prenant de la distance, tu deviens préoccupé d’être le plus ajusté possible à la Loi de Dieu, dans son ensemble, et non plus par rapport à des listes de péchés [ou certains péchés] dans lesquels tu constatais autrefois être embourbé.

Tu passes donc d’une préoccupation pour les péchés à une préoccupation pour le péché en toi. Puis vient le temps où tu peux passer d’une préoccupation pour l’iniquité(1) globale de ta vie à un souci plus dense encore d’harmonie et de cohérence avec le coeur de Dieu. Tu es passé d’une préoccupation pour la justice à une préoccupation pour la justesse. Tu es passé d’une représentation d’un Dieu juge, à un Dieu « maître d’école », puis à un Dieu Père aimant(2).

« En effet, le péché n’aura plus de pouvoir sur vous, puisque vous n’êtes pas soumis à la loi mais à la grâce de Dieu. Mais quoi ? Allons-nous pécher parce que nous ne sommes pas soumis à la loi mais à la grâce de Dieu ? Certainement pas ! Vous le savez bien : si vous vous mettez au service de quelqu’un pour lui obéir, vous devenez les esclaves du maître auquel vous obéissez ; il s’agit soit du péché qui conduit à la mort, soit de l’obéissance à Dieu qui conduit à une vie juste ». (Rom.6v14-16. BFC) (3)

 

 

Notes : 

(1) « Iniquité » : condition de celui qui est sans loi, sans frein.

(2) D’après Boucomont, Gilles. Au nom de Jésus : mener le bon combat. Ed. Première Partie, 2011, p 81

(3) Dans la version « Parole de Vie (PDV), cela donne :

« Ce n’est plus la loi qui vous commande, mais c’est l’amour de Dieu pour vous. Le péché ne peut donc plus avoir de pouvoir sur vous. Ce n’est plus la loi qui nous commande, mais c’est l’amour de Dieu pour nous. Alors, est-ce une raison pour faire le mal ? Sûrement pas ! Vous ne savez pas ceci ? Quand vous vous mettez au service de quelqu’un comme esclaves, vous êtes les esclaves du maître à qui vous obéissez. Alors, ou bien vous êtes esclaves du péché, et le péché vous conduit à la mort, ou bien vous êtes serviteurs de Dieu, et Dieu vous rend justes parce que vous lui obéissez » (Rom.6v14-16).

Phénomène(s)

"Si vous voyez un grand canard blanc au long cou, soyez sûr qu'il s'agit...d'un cygne !

« Si vous voyez un grand canard blanc au long cou, soyez sûr qu’il s’agit…d’un cygne !

« Il ne faut jamais perdre courage ; lorsque les malheurs s’accumulent le plus effroyablement autour de soi, c’est alors qu’on aperçoit une main secourable dans les nuages » ; ainsi parla le Révérend Jesper Morten(1) aux dernières vêpres. J’ai l’habitude d’aller et venir en plein air, mais n’ai jamais rien remarqué de semblable. Pourtant l’autre jour j’ai observé pendant une promenade un phénomène de ce genre. En vérité ce n’était pas à proprement parler une main, mais plutôt un bras qui sortait des nuages. Je me plongeai dans mes réflexions. L’idée me vint : « Ah ! Si seulement Jesper Morten était là pour me confirmer que c’est bien ce phénomène qu’il avait en vue ! » Au milieu de ces pensées, un passant m’interpelle et, tout en montrant les nuages, me dit : « Avez-vous vu cette trombe d’eau ? Il est rare d’en voir dans ces parages ; elles enlèvent parfois des maisons entières. » Ah, mon Dieu ! Pensai-je, c’est une trombe d’eau. Et je tirai mes chausses au plus vite. Qu’aurait-il donc fait à ma place, monsieur le Révérend Pasteur Jesper Morten ?(2)

« Cette génération méchante et adultère, qui demande un miracle, est incapable de discerner l’aspect du ciel, et ne sait pas mieux discerner les signes des temps », pourrait dire Jésus aujourd’hui…(Matt.16v3).

 

 

Notes : 

(1) Personnage imaginaire, dont le nom est à consonance péjorative.

(2) Parabole racontée par Søren Kierkegaard, penseur chrétien danois (1813-1855), dans « Ou bien, ou bien ». Gallimard, 1973 (Classiques de la philosophie), p 24.

Te connaître

….Seigneur Jésus, non pas « plus », mais « mieux »…

« Car mes pensées ne sont pas vos pensées…dit l’Eternel » (Es.55v8)

« Et je considère même toute chose comme une perte, à cause de ce bien suprême : connaître Jésus-Christ mon Seigneur, pour qui je me suis privé de tout avantage personnel ; je considère tout cela comme des déchets, afin de gagner le Christ » (Phil.3v8. BFC)

Tu es un cadeau !

 Irez-vous au fond de l'histoire ? A moins que vous ne craignez un "carton rouge" ?

Vois-tu en ton frère (ou ta soeur) un cadeau ? L’apprécieras-tu à sa juste valeur ?

Vous connaissez certainement ce passage d’Ephésiens 4, dans lequel l’on y voit une indication relative « aux dons » et à ce que l’on appelle « les 5 ministères ». Mais en réalité, si «  Dieu a fait des DONS aux hommes », les dons qu’Il a faits, ce sont des personnes : « Il a donné les uns pour être apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes,  les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’’œuvre du ministère et de l’’édification du corps de Christ. » (Eph.4v 8, 11)

De là ton action du mois, pour débuter Février : Dis à quelqu’un d’autre, en citant son prénom et en le regardant dans les yeux : « TU ES un cadeau pour les autres et pour moi ! »  Puis dis-lui ce que tu aimes chez lui.

A écouter, cette prédication d’Olivier Keshavjee, animateur à l’Eglise Evangélique Réformée de Corsier-Corseaux (Suisse) : « Je suis un cadeau » (Ephésiens 4v1-16)

https://soundcloud.com/eervcc/2016-08-14-okeshavjee?in=eervcc/sets/2016-ephesiens-de-lidentite-en

« 1001 questions » simples (et autant de réponses claires) « sur la foi, Jésus, la Bible, Dieu, la vie…et même le reste ! »

« Pasteurs et théologiens sont connus pour répondre en termes alambiqués à des questions que personne ne se pose jamais », constatait avec humour le « théologeek » Olivier Keshavjee sur son blogue. Quand ils ne font pas des blagues en grec ancien que personne ne comprend…..

Mais plutôt que d’interpeller par un « ok ! » le « conseiller spirituel le plus consulté de notre temps » (à savoir, le moteur de recherche « Google », qui ne sait que lire des suites de mots, sans comprendre le sens d’une question), l’on pourra estimer plus pertinent de recourir à « 1001 questions », un nouveau site créé le 1er janvier 2017 à l’initiative des « Attestants », et que j’ai découvert grâce au blogue « Une foi, des actes »(1). Ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète qui a vu autoriser la bénédiction des couples homosexuels. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants(2).

Sur 1001 Questions, des théologiens protestants, « Attestants » donc, se tiennent disponibles pour répondre de façon brève, claire et pertinente à vos questions simples « sur la foi, Jésus, la Bible, Dieu, la théologie, la vie, … et même le reste »(3). Ce qui est un exploit de nos jours ! Le site est lui aussi très clair : il comporte le classique nuage de mots-clés facilitant les recherches sur les occurrences populaires (telles que « baptême », « Bible », « Caïn », « Confession de foi », « esprit », « Jésus »….), ainsi qu’un classement des réponses par thèmes.

Bien entendu, à l’heure où j’écris, et vu que le site est très récent, nous sommes encore loin des « 1001 questions » et autant de réponses ! Mais vous pouvez contribuer à atteindre ce chiffre, en posant votre propre question : il n’y en a aucune qui soit idiote et ne pas la poser, c’est peut-être courir le risque de « rester idiot » toute sa vie !

Si vous n’osez pas, ou si vous connaissez toutes les réponses de toutes les questions passées, présentes ou à venir, vous pouvez toujours explorer le site pour découvrir les questions qui ont déjà trouvé une réponse. Bonne visite !

 

 

Exemples de questions déjà posées :

http://1001questions.fr/quel-est-le-sens-de-la-vie-selon-vous-question-peu-originale-mais-finalement-essentielle-non-nath/ ;

http://1001questions.fr/comment-comprendre-la-sainte-cene-quelle-frequence-sans-tomber-dans-lidolatrie-stephane/ ;

http://1001questions.fr/quest-ce-que-le-peche-est-il-inne-ou-acquis-peps/ ;

http://1001questions.fr/quest-ce-que-le-blaspheme-contre-lesprit-saint-dont-parle-jesus-pourquoi-est-il-impardonnable-tototte/ ;

http://1001questions.fr/est-ce-que-trader-son-argent-est-un-peche-laisser-son-argent-sur-un-compte-en-banque-est-il-vraiment-une-solution-meilleure-quand-on-sait-ce-qui-en-est-fait-hanna/ ;

http://1001questions.fr/si-dieu-a-cree-le-monde-quil-a-tant-aime-le-monde-et-quil-est-tout-puissant-pourquoi-y-a-t-il-tant-dinjustices-de-guerres-de-famine/ ;

http://1001questions.fr/le-chretien-est-il-condamne-a-ne-jamais-divorcer-sauf-violence-et-adultere-quand-dans-un-couple-apres-un-temps-de-discernement-lun-veut-divorcer-dans-la-paix-la-bible-le-lui-interdirait/

http://1001questions.fr/comment-evoquer-avec-les-parents-de-lecole-biblique-la-question-de-la-priere-en-famille-aude/

http://1001questions.fr/la-presentation-denfant-nest-elle-pas-un-bapteme-sec-cr/

 

Notes :

(1) Et non pas le contraire, comme diraient nos amis Belges… 😉

(2) Le site « Attester » des « Attestants » est consultable ici. Voir aussi leur déclaration d’intention.

(3) Explication de la démarche sur le site des Attestants. Les plus curieux pourront découvrir la composition de l’équipe des « répondants » ici.

« Inculture au poing » : « rompre le pain »

"Faites ceci en mémoire de moi", dit Jésus

« Faites ceci en mémoire de moi », dit Jésus

Le Talmud de Babylone raconte cette anecdote(1) où le grand rabbin Rav Achi jugeait de la question des rois d’Israël (pour savoir lesquels n’auront pas part au monde futur) et dit à ses collègues : « demain nous nous occuperons de notre « ami » Menaché (Ou : Manassé, un roi corrompu et idolâtre cf 2 Rois 21 et 2 Chron.33) ». La nuit, Menaché lui apparait en rêve et lui demande : « tu te permets de m’appeler ton « ami » ! (comment prétends-tu te mettre au même niveau que le mien). Alors je vais te poser une question : je voudrais savoir lorsqu’on rompt le pain(2) de quel côté doit-on le rompre ? » Rav Achi lui répondit qu’il n’en sait rien. Il lui dit : « tu ne sais même pas comment rompre le pain et tu m’appelles ton « ami » ! Je vais te l’apprendre et demain tu l’enseigneras, tu dois le rompre à l’endroit où il est le plus cuit », c’est-à-dire la croûte (sous-entendu : « et pas la mie ! »).

Que signifie ce geste de « rompre le pain » ?

« Avant de pouvoir manger, il faut, selon la tradition talmudique », et comme l’explique notammnt Marc-Alain Ouaknin (3), « premièrement s’assurer que les animaux domestiques ont reçu de quoi se nourrir, et deuxièmement rompre le pain même si l’on mange seul. Un symbole d’une « éthique au quotidien » : « je ne peux jamais commencer à manger sans avoir fait ce geste qui signifie que je suis prêt à partager le pain avec autrui. » C’est aussi dans ce geste que culmine le sens de la soirée pascale (le seder), par exemple inaugurée par l’invitation faite à l’autre homme de venir partager le pain.

L’invité est en hébreu un « oréah », mot dont la racine signifie aussi « chemin ». Nous pouvons également y lire les mots « or » et « réah », « lumière » et « parfum ». Toute personne avec qui nous partageons le pain et même ses proches sont considérés comme des invités. C’est pour cela que le mot « repas » se dit « arouha » en hébreu, de la même racine qu’ « oréah »/ « invité ». De fait, c’est le geste du partage qui confère à l’autre homme le statut d’invité. Ainsi, « partager le pain », c’est « ouvrir sa maison à la lumière et au parfum de la vie ». C’est en accueillant l’autre qu’on est soi-même accueilli par l’autre, accueilli par la lumière et le parfum. L’ambiguïté du « qui accueille qui » est bien soulignée par la langue française, qui utilise le même mot pour « l’invité » et « l’invitant » : l’hôte !

Le geste du partage du pain est l’un des plus essentiels du judaïsme : il est le signe que l’homme est toujours engagé dans une relation avec un autre homme. Etre, c’est « être avec ». La relation n’est pas un « en-plus-de-l’humanité-de-l’homme », mais le constitue ontologiquement.

Pourquoi alors « (casser) la croûte » ?

Parce que la croûte, c’est ce qui a durci, ce sont les habitudes ! Une vieille expression française parle d’ailleurs fort justement du risque de « s’encroûter ». Et manger, c’est partager, c’est « casser la croûte », c’est-à-dire refuser l’encrassement, l’engluement, la lourdeur des habitudes(3). C’est aussi inviter l’autre à « sortir de sa zone de confort ».

Dans le Nouveau Testament, la pratique de « rompre le pain » (ou du partage du pain) est  l’une des caractéristiques de la vie de la communauté chrétienne. Ce que l’on appelle « la Sainte Cène » (« Cène » = « repas du soir ») ou « le repas du Seigneur », évoque le geste même de Jésus rompant le pain lors de son dernier repas avec ses apôtres (cf Matt. 26v26-28 ; Marc 14v22 ; Luc 22v14). C’est même l’un des rares gestes que Jésus nous a explicitement commandé de reproduire : « Faites ceci en mémoire de moi » (Luc 22v 19). Il s’agit, pour nous qui suivons Jésus, d’annoncer « la mort du Seigneur », condition de nos rassemblements « en Eglise », « jusqu’à ce qu’Il vienne » (1 Cor.11v26).

« La fraction du pain » fait aussi partie de ces 4 choses dans lesquelles les premiers chrétiens persévéraient, avec «  l’enseignement des apôtres, la communion fraternelle et les prières » : « Ils persévéraient …dans la fraction du pain (Actes 2v42) Chaque jour, avec persévérance… ils rompaient le pain dans les maisons et prenaient leur nourriture avec joie et simplicité de cœur » (Actes 2v46).  Dans les premières assemblées chrétiennes, les repas étaient collectifs et étaient l’occasion du partage du pain et du vin avec le rappel de son institution par Jésus(cf 1 Cor.11, le plus ancien document à ce sujet). Dans Actes 2, le verbe «persévérer» a le même sens que «tenir fermement attaché à» (Rom 12v12 ; Col 4v2). La persévérance exige une discipline personnelle et collective (nous y reviendront plus loin). « Ils persévéraient », « ils se réunissaient pour » et ils ne comptaient pas le temps. Ils le faisaient « avec joie et simplicité de cœur ».

Le « pain rompu » est aussi (le rappel de) « la communion au corps de Christ » : « puisqu’il y a un seul pain », ceux qui « sont plusieurs » ne sont pas une somme d’individus mais « forment un seul corps », dont les membres sont interdépendants, « participant tous à un même pain ». (1Cor. 10v16).

Il est édifiant d’apprendre, comme nous le rappelle le pasteur Gilles Boucomont (4) que le verbe « accompagner » signifie « partager son pain avec » [ce qui a aussi donné « copain »]. L’accompagnement est un accompagnement fraternel. Il est donc enraciné dans la vie communautaire et le partage du pain ou de la cène, qui nous fait devenir tous enfants d’un même Père [céleste]. Quand je suis accompagné spirituellement ou que j’accompagne quelqu’un d’autre, je fais route avec lui jusqu’au partage du pain qui révèle la présence du Christ ressuscité »(4), comme l’illustre la scène( !) des pèlerins d’Emmaüs, lesquels reconnaissent Jésus ressuscité lors « de la fraction du pain » en Luc 24v28-35.

« Rompre le pain » rendrait-il donc « clairvoyant » ? Il est possible de faire un rapprochement édifiant avec le premier repas de communion de l’histoire : du pain et du vin, apporté par « le roi de justice et de paix » à Abraham, ce qui a rendu ce dernier « clairvoyant » sur un important enjeu spirituel (une tentation) cf Gen.14v18.

Pour Gilles Boucomont encore, « le partage de la Cène est [également] agent de guérison parce qu’il nous manifeste ce qu’est l’humanité concrètement réconciliée(…) Sont ainsi rendues visibles le fait qu’il n’y ait plus de distinctions entre les personnes, une puissance égalitaire que jusque-là seule la mort pouvait prétendre offrir aux humains. Le fait même d’utiliser deux aliments simples pour dire le corps et le sang de Jésus est une réconciliation. Ce sont des produits transformés, fruits du travail de la nature, de la création de Dieu, et du travail des hommes. La Cène est une vraie guérison des relations interpersonnelles, car elle brise tous les jeux d’autorité qui ne sont pas en Christ ou de Christ. Elle est aussi une guérison de la mémoire, car en mettant fin à la nécessité de répéter un sacrifice (Hébr.7v26-27 et 10v18), mais en le symbolisant, elle nous fait sortir de la tension entre l’oubli et la répétition qui hante nos histoires. Enfin, elle est une guérison fondamentale de toutes les tentations religieuses : c’est Dieu[ou Christ] qui invite à sa table, ce n’est pas un lieu de pouvoir religieux (cf 1 Cor.11v17-34 et cf 1 Cor.12), elle met fin à la logique sacrificielle…Autant de guérisons d’une humanité en manque de repères… »(5)

 

Enfin, quand prendre la Cène ? « Quelle fréquence sans tomber dans l’idolâtrie » (ou la routine) ? (6)

Doit-on craindre « une routine » ou « une lassitude », si nous prenons la Cène une fois par semaine ? Le danger n’est pas plus grand que de se réunir tous les dimanches pour le culte.

Néanmoins, l’on peut remarquer que, « dès le début, ce repas a été un point de vérification de la santé de la communauté : un problème dans la forme pouvait révéler un problème spirituel de fond ! (voir par exemple 1 corinthiens 11v17-23) »(6). D’autre part, prendre la Cène régulièrement implique ma responsabilité de suivre Jésus, de ne pas laisser un différend avec mon frère avec qui je partage ce repas et de ne pas vivre dans le péché. Le repas du Seigneur ne se prend pas à la légère. Le péché y est confessé et jugé. La Cène ne devient donc pas une simple habitude, car chaque fois « chacun s’éprouve », chacun se juge pour discerner s’il y a quelque chose qui le sépare de son Seigneur et de son frère (1 Cor 11v27-32). Cela signifie qu’il y a une discipline à la fois individuelle mais aussi collective, à la table du Seigneur. « Que chacun donc s’éprouve soi-même », pour ne pas s’abstenir de prendre la cène, mais pour « ainsi (manger) du pain et (boire) de la coupe… » (1Co 11v28)

Concernant la fréquence de la Sainte Cène, il n’y a pas « de règle » dans le Nouveau Testament, mais la mention d’une fréquence, d’une régularité (et non d’un caractère occasionnel ou exceptionnel).

Il est aussi mentionné, en Actes 20v7, que l’Eglise primitive a célébré la Cène lors d’un rassemblement « le premier jour de la semaine » (le dimanche).

La Didaché (un document de l’Eglise primitive datant de la fin du premier siècle) recommande : «Réunissez-vous le jour dominical du Seigneur, rompez le pain et rendez grâces après avoir confessé d’abord vos péchés» (paragr. XIV).

Jésus Lui-même est apparu à ses disciples, après sa résurrection (cf. Jean 20v19,26 ; 21v1 ; Luc 24v36 ; I Cor. 16v2) « le premier jour de la semaine ».

Pour terminer, « l’idolâtrie [ou la routine] peut se cacher dans une célébration hyper fréquente de la cène, comme dans une trop grande rareté de celle-ci. Et une foi authentique peut être manifestée dans des pratiques parfois surprenantes, mais réfléchies spirituellement. Bref, une Eglise saine aime la cène » (6)

 

 

Notes :

(1) Traité Yebamot Chapitre 4 Page 49b. Anecdote rapportée, avec quelques modifications, par Marc-Alain Ouaknin, dans « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains. Seuil, 2013(points), p 223. Voir aussi pp 226-228.

(2) Geste fondamental dans la tradition juive, repris ensuite par Jésus, qui consiste à rompre et partager le pain entre ceux qui participent à un repas, geste qui inaugure, en général, tout repas.

(3) Voir son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains ». Seuil, 2013(points), p 223. Voir aussi pp 226-228.

(4) Boucomont, Gilles. « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » Première partie, 2010, p.176

(5) Boucomont, Gilles. « Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit ». Première partie, 2010, p.223.

(6) Question « classique » notamment posée ici : http://1001questions.fr/comment-comprendre-la-sainte-cene-quelle-frequence-sans-tomber-dans-lidolatrie-stephane/