« Read it (again) » : 5 méditations (et un bonus) pour célébrer et donner tout son sens à Pâque/Pessah

Faisons la fête : Notre Pâque a été sacrifiée pour nous. (I Corinthiens 5v7).

Cette année, Pessah et Pâque(s) tombent aux mêmes dates, ce qui est un phénomène très rare. Ainsi, alors que les Juifs célèbrent Pessah du 19 avril au soir jusqu’au 27 avril, les chrétiens d’Occident célèbrent Pâques le dimanche 21 avril et les chrétiens d’Orient le dimanche 28 avril.

S’y préparer est l’occasion de redécouvrir des billets déjà publiés à ce sujet sur Pep’s café, pour comprendre le sens de (la) Pâque(s) et vivre cette fête de façon la plus biblique possible :

Deux lectures originales pour Pâque(s), à partir de l’Évangile selon Jean :

« C’est maintenant ou jamais où se décide le sort de ce monde » et « deux verbes et une phrase-clé pour comprendre » des paroles du Seigneur Jésus-Christ…. »dures à entendre » !

Si demain, ton fils te demande « que signifie ceci ? » que lui répondras-tu ?

Vivre l’esprit de (la) Pâque(s)

Et parce que Pessah/Pâque(s) commémore une libération, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré et qui nous libère aujourd’hui.

Le savoir nous conduit à remercier notre Libérateur pour toutes ses oeuvres de libération. Voici une façon quelque peu « décoiffante » de le faire !

Hag Pessah Sameah ! « Le Seigneur est réellement ressuscité ! »

Emmanuel Macron reporte sa réponse à la crise des gilets jaunes suite au drame de Notre-Dame

« Cet incendie montre notre misère et notre faiblesse » (Source photo wikipédia : feu dans la charpente de Notre-Dame, à Paris, le 15/04/19)

«Je sais ce qu’ils ressentent (…) ce soir, je veux avoir un mot d’espérance pour nous tous »(1).

C’est ce qu’aurait pu dire Emmanuel Macron, le chef de l’Etat, lundi soir 15/04, dans son très attendu discours de réponse à la crise des Gilets jaunes et au Grand débat.

Sauf que, comme par « un fait exprès », ladite allocution n’a pas eu lieu. Le chef de l’Etat venait de l’enregistrer, lorsque sont apparues les images de l’incendie de Notre-Dame(2). Celui-ci s’est déclaré à 18h50, comme je l’ai appris alors que j’assistais le soir même à une conférence à l’Institut Protestant de Théologie (IPT) sur le thème « Face à la crise sociale actuelle; quel rôle pour les religions ? »(3).

Le drame de Notre Dame a conduit Emmanuel Macron à se rendre sur place « au chevet » de Notre Dame, dans le cœur historique de la capitale, dans l’île Saint-Louis…..et donc à reporter sa réponse à la crise actuelle. Pour combien de temps encore ?

« Moralité », pourrait-on conclure philosophiquement : laisser traîner (ou traiter superficiellement) une situation problématique constatée de longue date, c’est courir le risque de le payer encore plus cher plus tard.

A ce sujet, l’intervention de l’historien de l’art et défenseur du patrimoine Jean-Michel Leniaud, président du conseil scientifique de l’Institut national du patrimoine, me paraît particulièrement bienvenue. Et ce, d’autant plus que son intervention est publiée dans La Croix (4) sous forme d’entretien titré « c’est à l’Etat de prendre en charge la reconstruction » [de Notre-Dame]. Ce qui est en soit une ironie face aux politiques du « moins d’Etat » et du « libre marché » !

Selon Jean-Michel Leniaud, s’« il est encore prématuré d’évaluer l’étendue des dégâts », il s’agit « d’une atteinte grave, d’une mutilation effrayante de l’histoire de notre pays (…)Ce qui lui arrive est (…) une atteinte symbolique pour le patrimoine, pour l’histoire de notre pays, mais aussi pour les rapports entre religion et pouvoir politique qui s’y jouent depuis les origines. L’heure va venir où l’on cherchera les responsabilités des uns et des autres, mais au regard du caractère symbolique de cet édifice, chercher des responsabilités individuelles n’a aucune importanceCette catastrophe relève de toute façon d’une responsabilité collective. Cet incendie montre notre misère et notre faiblesse ».

En effet, précise-t-il, « la flèche de Notre-Dame qui était en cours de restauration, et où l’incendie a pris, n’avait pas été restaurée depuis les années 1930. Et nous savons tous que dans des édifices de ce genre, en raison de conflits puérils entre l’Église et l’État, la vétusté des réseaux électriques est effrayante. C’était le cas à Notre-Dame comme dans de nombreuses églises, même importantes. Ce qui arrive devait arriver. Le manque d’un réel entretien et d’une attention au quotidien à un édifice majeur est la cause de cette catastrophe. Il ne s’agit pas de chercher des responsables, la responsabilité est complètement collective parce que c’est le monument le plus collectif du pays »

De fait, Jean-Michel Leniaud ne se fait « pas beaucoup d’illusion sur la reconstruction. On fera comme on a fait ailleurs : on reconstruira à bon marché (…) Nous verrons dans les moyens que nous mettrons en œuvre un symbole de notre affaissement collectif ». Mais « le président de la République doit dire que ce monument est le cœur de notre Nation, et que la Nation va s’en occuper personnellement. Or voyez, le sinistre n’est pas encore achevé que, déjà, on va faire la quête pour trouver de l’argent ! » Or, « c’est à l’État de prendre en charge cette reconstruction. Ce monument est plus central dans notre histoire que le château de Versailles, la cathédrale de Reims, la basilique Saint-Denis ou l’Arc de triomphe. Notre-Dame fait partie des pénates. On ne fait pas la charité publique pour les pénates ».

Comme on ne saurait « faire la charité publique » pour les Gilets jaunes ?

 

Notes :

(1) Une pensée en réalité adressée aux « catholiques de France » et « un mot d’espérance pour nous tous », face au drame de Notre-Dame.

(2) https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/15/incendie-en-cours-dans-la-cathedrale-notre-dame-de-paris_5450533_3224.html

(3) Conférence modérée par Isabelle de Gaulmyn, rédactrice en chef de La Croix, et avec Belmadi Abderrahmane, responsable pédagogique de la formation des imams et des aumôniers à l’institut Al Ghazali, Grande Mosquée de Paris ; Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique à l’Institut protestant de théologie (IPT), faculté de Montpellier ; L’archiprêtre Pierre Argouet, médecin et co-responsable de la communauté chrétienne orthodoxe de Brest ; Elena Lasida, professeur à la Faculté de Sciences Sociales et Economique (FASSE) de l’Institut Catholique de Paris.

(4) https://www.la-croix.com/Culture/Incendie-Notre-Dame-Cest-lEtat-prendre-charge-reconstruction-2019-04-16-1201015952?from_univers=lacroix 

Eduquer à la paix : une urgence

A quelle condition peut-on avoir une paix durable…une « vraie paix » ?

Le 8ème Salon de l’Education chrétienne a eu lieu le week-end des 12-13 avril. Son thème était « Eduquer à la paix : quelles alternatives ? »

Plus qu’un thème d’actualité, éduquer à la paix est avant tout une urgence : « recherche la paix et poursuis-la », tel est l’impératif du psaume 34 de David, qui s’adresse à nous encore aujourd’hui. Et ce, d’autant plus que la paix ne nous est pas naturelle : il nous faut l’apprendre sans cesse, d’une génération à l’autre.

Ainsi, par exemple, pour commémorer le centenaire de la guerre de 1914-1918, les élèves de CM2 ont été invités à participer à un grand projet pédagogique national en Histoire-géographie et en Education aux médias, intitulé « les enfants pour la paix », avec des journées académiques prévues (« le printemps pour la paix ») en avril, dans le but de développer leurs connaissances sur la première guerre mondiale mais aussi à les amener à réfléchir et à débattre sur la notion de paix. Cela est fondamental, d’autant plus que la guerre de 1914-1918 s’est terminée par une fausse paix, laquelle a préparé la guerre suivante !

Ceci dit, pour paraphraser Jacques Ellul, le fait de parler sans cesse de paix est à la fois une bonne chose et un très mauvais signal. Car, écrit le penseur protestant, « quand on parle avec insistance d’une chose, c’est qu’elle n’existe pas »(1). Tant parler de paix est en soi révélateur que nous ne vivons pas la paix, quand bien même nous jouirions d’une relative tranquillité.

De fait, chaque génération doit redécouvrir et vivre la paix véritable, laquelle n’est pas l’absence de ce qui nous dérange, mais l’établissement de ce qui est juste et bon.

A ce sujet, et en guise d’illustration, voici une anecdote(2) de l’écrivain napolitain Erri De Luca, à l’époque où il était chauffeur de convois humanitaires en Bosnie, fin 1993, à la demande d’un groupe de catholiques d’Emilie-Romagne (Italie du Nord). Ces « pratiquants fervents recueillent toute une masse de dons spontanés dans leur région et les distribuent là-bas en différents endroits, chez les Bosniaques : catholiques, musulmans et Serbes, là où on en a besoin. Au milieu de cette guerre minutieuse dont les multiples fronts passent même entre deux maisons, ils cherchent un geste de paix et d’amitié. ils ne vont pas décharger leurs camions dans des dépôts(….)mais dans de nombreuses localités, apportant avec leurs marchandises de dépannage la valeur ajoutée d’un petit groupe, escorte solidaire ». Erri De Luca les accompagne, car, seul, reconnaît-il, il n’aurait « jamais trouvé ou même pas cherché la paix, la piste pour y accéder ». Il se contente de nous partager le témoignage exemplaire de ce petit groupe, qui a compris le sens de la prière et l’impératif du psaume 34 de David : « recherche la paix et poursuis-la ».

 

[Prochain billet mercredi prochain]

 

 

Note :

(1) Ellul, Jacques. Vivre et penser la liberté. Labor et Fides, 2019, p 157

(2) De Luca, Erri. L’ordre de D. IN Alzaia. Bibliothèque Rivages, 1998, pp 105-106

 

 

N’attendez pas d’avoir le temps mais prenez le temps d’une pause Pep’s café

« Prenez le temps » d’une pause pep’s café salutaire, car le temps disponible ne se donnera jamais.
(Source : rawpixel)

S’arrêter sur ce blogue, c’est d’abord répondre à une invitation.

Une invitation à prendre le temps de s’arrêter, deux fois par semaine, les mercredi et vendredi.

Une invitation à prendre le temps d’une véritable pause, à l’heure du café (ou du thé), pour une rencontre salutaire, propice au partage et à la réflexion, avant de reprendre la route.

J’écris bien : « prendre le temps », car le temps disponible ne se donnera jamais.

Pour Erri de Luca, ces « heures prises au reste de la journée » est un « bout d’oreille », une « patte (qu’il a) retirée au gaspillage inexorable, grand dévorateur du temps accordé », à l’instar du berger du livre d’Amos, lequel « sauve de la gueule du lion deux jambes ou un bout d’oreille… »(Amos 3v12)

Comme Erri de Luca l’explique lui-même dans la préface de son livre, « Première heure »(Folio, pp 9-10), « tout au long de (ses)années de vie d’ouvrier », celui qui est maintenant un écrivain feuilletait « les Saintes Ecritures et leur hébreu ancien une heure avant de partir au travail. Il (lui)semblait ainsi saisir un peu de chaque jour nouveau avant qu’il ne soit dérobé par la fatigue(…)Encore maintenant, alors (qu’il)n’exerce plus ce métier, (ll a)gardé cette habitude et cet horaire. »

« Un bout d’oreille, deux jambes »…des morceaux qui peuvent paraître dérisoires, mais quels morceaux ! « Un bout d’oreille » pour prendre le temps d’écouter la Parole d’un autre que nous même ; et « deux jambes », pour « marcher », mettre en pratique ce que l’on aura reçu et compris de cette Parole du jour.

« Rendre productifs les conflits : mission (im)possible ? » Olivier Abel au 8ème Salon de l’Education chrétienne

Comment tirer le meilleur du conflit ? Avec Olivier Abel, dans le cadre du 8ème Salon de l’Education chrétienne (13 avril 2019), consacré à l’éducation à la paix. Source : ADMUE

Comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique et qui débutera samedi 13 avril, à 9h30 !

Vous êtes jeunes adultes, parents, grands-parents, acteurs de l’éducation ou de l’instruction, professionnels, les inscriptions des adultes sont individuelles, gratuites (libre participation aux frais) et obligatoires avant le 8 avril. Voir ici.

Pensez à inscrire aussi vos enfants de 3 à 12 ans aux animations prévues, si vous souhaitez qu’ils y participent !

Et, en ouverture du Salon, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure » ! Destiné à tous les publics, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

Informations et programme détaillé ici.

« Foireux liens » de mars (32) : « retour à la source »

Les « Foireux liens » de Mars : une actualité à temps et à contre-temps….

Bonjour ! Voici notre 32ème édition des « Foireux liens ». Au menu, des sujets économiques et sociaux, sociologiques, médiatiques et théologiques classés par ordre alphabétique : Attentats, Babel, contrôle médiatique, Dieu et nous, engagement et témoignage de l’Eglise, immigration, impôts, la Poste, les jeunes et l’information, santé et sécurité au travail, Trinité….

Bonne lecture !

 

Babel : plaidoyer pour la diversité culturelle

Et s’il fallait lire autrement la fameuse histoire de la tour de Babel ? À la suite des récits de Caïn et Abel et du Déluge, l’histoire de Babel (c’est-à-dire Babylone) a une portée théologique, présentant les suites de la rupture en Éden. Au-delà de l’événement, elle dénonce un phénomène récurrent au travers des âges. Ésaïe et l’Apocalypse, dans la suite des Écritures, évoqueront ainsi Babylone comme l’archétype de la cité orgueilleuse des hommes, en contraste avec Jérusalem, cité et montagne de Dieu. Le récit de Babel, bien compris, nous interroge sur notre rapport au monde et à la diversité culturelle.

Cinq mythes au sujet de la Trinité

Réfutations de 5 affirmations – qui sont autant de mythes – sur la Trinité : « c’est réservé aux experts en théologie », « une invention de l’église primitive », « ça sert à rien pour la vie spirituelle »

Comment La Poste tente de constituer une base de données géantes sur « tous les Français »

Une entreprise française sait beaucoup de choses sur vous : où vous habitez, quand vous déménagez, de combien de membres se compose votre famille, quel type de colis vous recevez et de qui… Cette entreprise, c’est La Poste, déjà connue pour revendre des fichiers d’adresses à des entreprises pour leurs prospections commerciales. Un nouveau cap pourrait être franchi : La Poste a racheté une start-up grenobloise spécialisée dans l’intelligence artificielle, qui permet de collecter et d’organiser des milliards de données personnelles.

Le Postillon, journal local isérois partenaire de Basta !, a enquêté sur ces pratiques. Ou comment l’ex-établissement public utilise sa position pour s’approprier un gigantesque patrimoine de données privées.

Comment les jeunes s’informent-ils ?

Une question à laquelle répond le Cnesco* (Conseil national d’évaluation du système scolaire) dans une enquête dévoilée fin février.

La plupart des jeunes s’informent (54% en 3e, 68% en Terminale), surtout par le biais de la télévision (à 80%). Viennent ensuite l’entourage, les réseaux sociaux, les vidéos en ligne. Qu’on ne s’y trompe pas « les élèves sont perspicaces », souligne l’enquête : ils ne font que très peu confiance aux réseaux sociaux et s’en remettent plutôt aux médias traditionnels. L’enquête pointe que les élèves issus de milieux défavorisés s’informent moins que les autres (46% contre 67% en 3e, 59% contre 78% en Terminale). Ils font aussi davantage confiance aux réseaux sociaux que les autres élèves. De manière générale « les enfants dont les parents ne s’intéressent pas à l’actualité sont moins nombreux à s’informer eux-mêmes ».

* supprimé et remplacé par un « Conseil d’évaluation de l’Ecole » sous tutelle du ministère de l’Éducation nationale, dans le projet de loi « pour une école de la confiance », actuellement en débat et adopté en première lecture à l’Assemblée nationale le 19 février. Le projet de loi sera examinée au Sénat dans un calendrier qui n’est pas encore connu, mais peut-être pas avant avril-mai, avant passage en commission mixte paritaire.(https://www.vousnousils.fr/2019/02/19/que-retenir-de-la-loi-pour-une-ecole-de-la-confiance-621003 ). Intégré en partie dans « les attributions actuelles du Conseil national d’évaluation du système scolaire »(CNESCO), ce conseil « permettra l’existence, pour la première fois, d’un système d’évaluation de toutes [les] écoles et [des] établissements ».

 

Comment une nouvelle « loi travail » pourrait bientôt s’attaquer à la santé et à la sécurité des salariés

Le gouvernement s’apprête-il à faire voler en éclat la législation sur les risques professionnels, censée protéger les salariés des atteintes à leur santé ? La ministre du Travail Muriel Pénicaud pourrait bientôt s’inspirer du récent rapport Lecocq pour modifier les lois actuelles. Ce dernier recommande d’assouplir plusieurs règles, notamment en renvoyant leur négociation à l’entreprise et non plus à la loi, dans la droite ligne des précédentes réformes. Et d’exonérer le plus possible la responsabilité de l’employeur en cas d’accident du travail ou de maladie professionnelle. Syndicats, experts et associations de victimes craignent un grand retour en arrière. Explications.

Dieu a-t-il besoin de nous ?

Nous n’oserions jamais dire que Dieu a besoin de quelque chose, comme s’il avait un manque. Nous savons qu’il est Dieu, et qu’il se suffit donc à lui-même. Pourtant, je crains que souvent, dans notre manière de parler de Dieu ou dans certains de nos chants, nous laissons penser que Dieu a besoin de nous. (Au risque) de faire le rabat joie, mais voici des exemples qui me semblent ne pas refléter la manière dont la Bible parle de Dieu.

Dieu est-il contre les impôts ?

Une question qui implique des enjeux politiques forts si Celui qui gouverne l’univers doit servir de référence. Quelle est la position de Jésus : conservateur, ou libéral ? Et s’il y avait une troisième voie ?

Voir aussi « Que dit la Bible des impôts ? » 

Emmanuel Macron, le journalisme de cour et le contrôle des médias

Quand le Président de la république « réfléchit à voix haute » : son inquiétant projet de contrôle des médias.

Lors d’un échange avec quelques journalistes triés sur le volet, comme dans «l’ancien monde», le président a confié ses projets de mise au pas de la presse…

L’ensauvagement du web

À l’heure où plusieurs rédactions sont en ébullition suite aux révélations sur les agissements de la « Ligue du LOL », The conversation republie l’analyse d’Arnaud Mercier sur la propagation de l’agressivité en ligne.

L’ordre et les regrets

Le nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, élu début janvier 2019, affiche ouvertement sa foi chrétienne. Les Églises – catholiques comme protestantes – ont eu un rôle déterminant dans cette élection. Mais peut-on se dire « pro-vie » tout en affichant autant de sympathie pour un candidat ouvertement pro-armes et anti-paysans ?

La (bonne) fiction stimule le cerveau

88% des Français sont lecteurs. Pourtant, peu d’études ont été réalisées sur le cerveau durant cette activité. L’une d’elles a montré que lire de la fiction littéraire améliore notre compréhension du comportement des autres, plus que la lecture de fiction dite populaire. Deux zones du cerveau sont stimulées et interagissent davantage. De quoi nous aider à choisir nos prochaines lectures

La méditation : le nouvel « esprit » du capitalisme ?

Comment cette pratique, qui fut longtemps associée (en Occident) à des conduites jugées « exotiques » voir excentriques, a-t-elle pu se retrouver légitimée par la science, l’économie et le politique ? Pourquoi un tel engouement et surtout qu’est-ce que ce succès peut-il nous dire en retour sur nos sociétés ? Trois éléments pouvant expliquer – bien que partiellement – les raisons de la diffusion de la méditation aujourd’hui.

La théologie face à l’amélioration de l’homme

La discussion théologique à propos de l’homme augmenté oscille entre deux arguments : d’un côté, le human enhancement est considérée comme un essai de playing God ou comme une conséquence de l’hybrisdes humains ; de l’autre, il passe comme une réalisation positive de la vocation de l’homme et de sa capacité d’intervenir sur la création, en la modifiant et en créant une culture. L’appréciation théologique d’un projet concret d’enhancement se fera cas par cas ; elle dépendra de plusieurs critères qui s’inspirent de l’anthropologie biblique, comme notamment le souci pour le corps et ses besoins, la lutte contre les maladies et les souffrances, le respect pour autrui qui ne doit jamais devenir une création ou une fabrication d’autrui, la protection des plus faibles, la justice et la prudence par rapport à des projets à risque.

Une passionnante contribution du théologien Karsten Lehmkühler dans la Revue d’éthique et de théologie morale 2015/4 (n° 286)

La Trinité est-elle une notion juive ?

Toutes les idées sur le Christ [=le Messie] sont anciennes : la nouveauté, c’est Jésus » : la Trinité chrétienne, « plus juive que grecque ».

La Trinité est-elle juive ? Cette question peut paraître iconoclaste. Le dogme de la Trinité et l’affirmation que Jésus est Dieu ne sont-ils pas précisément ce qui distingue le christianisme du judaïsme ? Pourtant, l’étude du judaïsme antique conduit à nuancer cette opposition confessionnelle : les idées théologiques ayant abouti à la formulation de la doctrine de la Trinité, comme la nature divine du Messie, sont acceptées par certains courants juifs de l’Antiquité avant même la naissance du christianisme.

Le débat du mois, sur la revue « Projet » : L’éducation a-t-elle un genre ?

Parler du genre permet de révéler les inégalités entre hommes et femmes. C’est aussi l’occasion de se confronter à ce qui nous est le plus intime : le rapport de chacun à son corps et les représentations transmises d’une génération à l’autre. Comment le fait d’être un garçon ou une fille influe-t-il sur l’éducation reçue à l’école ou en famille ? Ils et elles sont sociologues, historiens, éducateurs, chercheurs, philosophes, intervenants en milieu scolaire, parfois militants … et ont accepté de confronter leurs opinions…

Les Attestants ont quatre ans

Près de quatre ans après la naissance des Attestants, où en est le mouvement ? Quelle est sa place dans l’EPUdF ? Sa naissance a permis de limiter du moins en partie le départ de pasteurs et de fidèles après le synode de 2015. Mais en vue de quoi ? Pour vivre quoi dans notre Église qui, pour une large part ne comprend pas ce que représente ce mouvement. Sur cette question Pascal Geoffroy propose quelques réflexions à l’usage des Attestants dont il est membre, élu au conseil d’administration comme à usage de l’EPUdF dont il est un ministre.

“Les chrétiens face aux migrants”

Une enquête de Pierre Jova, co-fondateur de Limite et journaliste au Pélerin, sur un sujet qui déboussole tant de catholiques français…..

Nietzsche a-t-il tué Dieu ?

« Dieu est mort ! » : c’est sans nul doute l’expression la plus connue de Nietzsche, tirée du Gai savoir . Ainsi, Nietzsche est devenu le père des déicides libérés de l’esclavage du divin. Vous entendrez dire que grâce à Nietzsche, la science et l’homme ont échappé à l’emprise du divin. « Hommes, femmes, vivons pleinement, car Dieu est mort ! » Des blogs athées aux livres de Michel Onfray, tous, y compris les chrétiens, prennent cette affirmation pour argent comptant, comme si elle résumait une revendication anti-chrétienne de Nietzsche. Ce serait tout d’abord oublier le reste de cette fameuse citation….

Pour une approche réaliste de l’immigration

François Héran, sociologue, anthropologue et démographe français, directeur de recherche à l’INED et professeur au Collège de France sur la chaire « Migrations et sociétés », règle leur compte aux polémiques et aux discours irréalistes sur l’immigration.

Pourquoi l’Eglise ferait bien de ne « prendre position » sur rien
Parce qu’ il est contre-productif, voire dangereux de s’engager dans ces dénonciations, prises de positions et déclarations officielles que l’on demande de partout à l’Eglise.

Pourquoi notre relation avec Dieu est unique et précieuse

La défaite des israélites lors d’un bataille nous rappelle ce qui est vraiment important dans notre relation avec Dieu, à quel point elle est unique et précieuse. Mais comme les israélites nous pouvons passer complètement à côté de l’essentiel…Une méditation de 1 Samuel 4v1-11.

Pourquoi regarde-t-on la vidéo d’un homme qui en massacre d’autres ?

La vidéo du massacre de Christchurch en Nouvelle-Zélande, commis dans deux mosquées par un suprémaciste blanc, se revendiquant ouvertement identitaire et fasciste, s’est produite le 15 mars. Elle était encore en ligne le 16 mars au matin à 8h30 sur Twitter. Le lendemain de l’attentat. Elle était même la première qui ressortait lorsque l’on cliquait sur le hashtag #Christchurch dans l’onglet vidéo.

« Ce que nous tolérons indique ce que nous sommes vraiment ». Ce que nous tolérons à l’échelle d’une société dont nous ne cesserons jamais d’être acteurs même si nous avons l’impression de n’en être que spectateurs, ce que nous tolérons indique ce que notre société est vraiment. Le 15 Mars 2019 nous avons toléré qu’un homme se filme en direct en train de répandre froidement la mort sur une plateforme réunissant plus de deux milliards et demi d’utilisateurs.

Voir aussi les 4 réflexions du sociologue Sébastien Fath sur ces Attentats terroristes islamophobes

Qu’est-ce qu’une communauté inspirante ?

Parmi les communautés qui inspirent, questionnent et encouragent le pasteur Philippe Golaz dans son ministère, en voici une qui se définit et se distingue dans le fait que « laïc » est « un mot interdit », « honorer » « un mot-clé », « diversité » est « une réalité à vivre »…..

Quelles pédagogies pour quelles finalités ?

La notion de « pédagogies alternatives » recouvre des réalités hétérogènes et conduit à se poser des questions sur la finalité des pédagogies et de la mission de l’éducation.

Trop occupés pour aimer : vaincre l’indifférence et le consumérisme dans l’Église

A l’heure où les chrétiens sont pointés du doigt pour leur soutien dans la montée au pouvoir du nouveau président brésilien Jair Bolsonaro, ou encore dans l’affirmation de la mandature de Donald Trump à l’occasion des midterms, la perception du christianisme dans le monde semble en crise.

Aux yeux de beaucoup, l’amour du prochain et la défense des plus vulnérables paraissent s’éclipser pour laisser place au populisme, à l’homophobie ou encore au sectarisme. Une réaction naturelle et intuitive serait de critiquer un traitement médiatique défavorable, clairement caricatural (….) Mais ne passons-nous pas ainsi devant l’opportunité d’adresser un mea-culpa (« ma faute » en latin) ou de nous mettre aux bénéfices d’une remise en question ? Car si les fléaux évoqués précédemment ne sont pas les caractéristiques de la plupart des chrétiens qui (nous) entourent, un peu d’honnêteté (nous) pousse à affirmer qu’ils restent une réalité. Il apparaît plus que jamais nécessaire pour les chrétiens de renouer avec l’ADN de l’Église « primitive » !

Une réflexion de Joseph Gotte, à lire sur son blog, lequel encourage à « Vivre sa jeunesse autrement », pour livrer un nouveau regard sur le monde et présenter ce qu’être jeune chrétien signifie réellement aujourd’hui.

 

 

 

Ces « Foireux liens » sont terminés : merci d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en mai.

 

 

 

 

 

 

Le « Brief » de l’animation biblique

« L’animation de groupe biblique vise à cadrer et conduire à une rencontre entre des hommes et le texte biblique…. » ( Source : Pixabay)

Tu aimes la Bible, Parole de Dieu, et tu souhaites être formé pour la comprendre et l’expliquer autour de toi, conduire un groupe d’étude et de partage biblique, par exemple, dans le cadre de ton église locale ou ta paroisse… ? Et, au-delà, devenir un homme de la Parole et de parole ?

Ce qui suit(*) est pour toi !

(*) D’après les notes de préparation de mon frère Pierre-Louis(que je remercie), lequel se forme à l’animation biblique au sein de mon groupe Pep’s (Partage et Etude de la Parole – Soutien). Le contexte est celui d’un groupe pour hommes se réunissant mensuellement mais « le brief » peut être aisément adapté à d’autres groupes, dans d’autres situations.

 

L’animation de groupe biblique vise à cadrer et conduire à une rencontre des hommes avec Dieu :

–          Une rencontre entre l’homme et le texte biblique

–          Une rencontre des hommes les uns avec les autres

Les objectifs d’un groupe d’étude et de partage biblique pour chaque homme :

–          Croître en caractère : connaître l’identité et l’œuvre de Christ, nous comprendre en Christ

–          Croître en conviction : vivre en homme affranchi, à l’image et à la ressemblance de Dieu, et en lequel Dieu a établi son royaume de justice, de paix et de joie

–          Croître en compétence : connaître toute la Parole et la transmettre à d’autres, conduire d’autres personnes dans la compréhension (sans oublier l’application) du texte biblique

Au final, devenir « un homme de la Parole et de parole », à l’image de Jésus-Christ !

Les moyens de l’étude :

–          Le modèle de Jésus-Christ, notre Sauveur et Seigneur

–          La Parole de Dieu comme fondement de vérité

–          Le Saint-Esprit, notre conseiller

Grands principes de l’animation :

–          L’animateur fixe le cadre, et il n’est pas dans le cadre : l’animation n’est pas à propos de lui, ni pour lui, mais elle est à propos de la Parole et des membres du groupe qui la rencontre.

–          L’animateur favorise l’échange, mais conserve la légitimité d’intervenir à tout instant

–          Le co-animateur est un soutien d’intervention, de prière, discernant le besoin du groupe pour faire avancer la rencontre par une intervention pertinente le cas échéant.

–          La posture des animateurs ne sert pas à moraliser ou à édifier, elle reste factuelle.

–          Une bonne étude nous conduit à l’humilité, exalte le sauveur et promeut la sainteté.

 

Déroulement d’une séance-type (19h-21h) :

  Activités
18h45 Arrivée des animateurs
19h00 Arrivée du groupe

Temps de prière

Temps de communion (inviter chacun à parler, évacuer sa journée, climat de confiance)

19h30 Démarrage de la séance (on range les nourritures salées)

–        Introduction de l’animateur

–        Prière du co-animateur (engagement dans l’étude, la recherche active de Dieu)

–        Débrief de la séance précédente par un membre

–        Introduction au thème principal de la séance (par ex. sous la forme d’un jeu inclusif)

19h40 1.       Phase d’observation (Où, Quand, Qui, Quoi) – Cadré et conduit

–        Poser les règles (lecture silencieuse et active, repérage des paramètres OQQQ, des acteurs, actions, des indicateurs clés tels que les mots redondants et les liaisons).

–        Partage interactif du produit commun sur paperboard.

20H00 2.       Phase de compréhension (Comment, Pourquoi) – Interactivité et construction

–        Lecture et mise en relation d’1 ou 2 passages bibliques relatifs au thème principal de la séance

–        Remettre le texte dans le contexte de l’Evangile pour détourer sa position et son objectif

20H30 3.       Phase d’appropriation (Décision/Prise de position face à la vérité) – Communion

–        Synthèse et remise en contexte du thème principal

–        Amener le groupe à prendre position (par ex. les ténèbres VS la lumière, l’isolement VS la communion etc.)

–        Temps de prière introduit par les animateurs ou en prière conversationnelle 

 

Aller plus loin :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/12/03/sortez-de-votre-zone-de-confort-quelle-est-votre-vision-pour-les-hommes-dans-votre-eglise/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/01/06/pourquoi-creer-une-cellule-de-vie-pour-hommes/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/11/02/de-lunite-en-crise-a-lunite-en-christ-le-defi-des-hommes-reunis-pour-letude-biblique/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/01/19/laction-du-mois-soyons-des-hommes-de-la-parole-et-de-parole/

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/01/11/laction-du-mois-soyons-des-hommes-de-la-parole-et-de-parole-2/

 

 

 

« Une année de grâce » : genèse d’un recueil de méditations quotidiennes

« Une année de grâce » : des pensées partagées avec le lecteur, pour son édification et son encouragement….

Louis-Michel Fillatre, un frère et un ami pasteur, a bien voulu « jouer le jeu » des questions-réponses par mail pour PEP’S CAFE, pour nous parler d’ « une année de grâce », un ouvrage dont il est l’auteur, paru aux éditions du Cèdre, et présenté comme « un recueil plutôt insolite de pensées contemporaines et de réflexions un peu plus anciennes ».  

Qu’il en soit remercié !

 

Bonjour Louis-Michel,

Présente-toi (en quelques mots !)

Marié depuis 40 ans avec Aline, nous avons eu 5 enfants, et pour l’instant 9 petits-enfants. Après des études écourtées, j’ai travaillé en usine, puis, appelé par le Seigneur, j’ai étudié la Parole de Dieu et me suis engagé dans le ministère. A la fin des années 80, avec d’autres personnes, nous avons créé une école chrétienne.

Quels sont tes engagements actuels ? Quels seront ceux à venir et pourquoi ?

Actuellement, je suis surtout occupé par le service pastoral et je travaille encore dans le domaine éducatif et scolaire. L’avenir ? Je ne sais pas … Dieu seul sait ce qu’Il me demandera d’accomplir pour Lui et mon prochain. Avec mon épouse, nous avons confiance qu’Il nous conduira dans les verts pâturages, que ce soit à travers l’épreuve ou par la voie royale …

Tu es aussi l’auteur d’ « une année de grâce », un recueil de « pensées journalières » publié en 2016 aux éditions du Cèdre. Est-ce là ton premier livre ?

En termes de livre, j’ai déjà publié « L’école en Poésie », un recueil de poèmes aux styles divers, modernes et classiques, adaptés aux enfants comme aux adultes.

Un recueil de méditations quotidiennes « de plus », pourrait-on dire ! En quoi se distingue-t-il des autres ?

Il y en a plein effectivement. Je n’ai jamais eu la prétention d’écrire des « méditations ». Ce ne sont que des pensées que j’ai accepté de partager avec le lecteur. C’est ce qu’il y a dans mon coeur, dans ma tête, dans mon quotidien avec Dieu et mon environnement proche ou lointain … Une différence notable avec les autres ? Je ne suis pas Surgeon, Chambers, F. Berger, ou Bob Gass … donc la différence est grande. J’ai quand même une originalité : la diversité des thèmes proposés. Ce n’est pas toujours des versets bibliques à méditer, mais des pensées à partir des fêtes, de la Création, des habitudes humaines, etc.

Ton livre a pour titre « Une année de grâce » : que signifie une telle expression ? Pour un tel choix de titre ?

Dans Luc 4v18-19, Jésus reprend le prophète Esaïe (chapitre 61). Jésus a reçu l’onction du Père pour proclamer l’Evangile (Bonne Nouvelle) : Guérir ceux qui ont le coeur brisé, proclamer la délivrance et la liberté, annoncer l’année de Grâce. Cette « année de grâce » n’est pas terminée tant que Christ n’est pas de retour ! C’est le message de mon livre : la Grâce ! C’est merveilleux ! Vraiment ! Ce n’est pas seulement un mot, un concept, c’est Jésus qui nous accorde Sa présence et qui agit dans notre vie de chaque jour …

Quelle a été la genèse de ce livre ? Comment et pourquoi as-tu choisi de révéler au grand public des pensées bibliques initialement recueillies dans l’intimité « du lieu secret » (Matt.6v6) ?

Une maison d’édition m’avait demandé un écrit de ce genre, mais j’ai finalement répondu à l’attente des Editions du Cèdre. Nous avons travaillé en équipe. Je désirais faire profiter au lecteur des découvertes précieuses, des réflexions positives, joyeuses, propres à fortifier la foi et le courage. On a tous un jardin secret, mais le garder tout le temps fermé serait égoïste ! Il faut dire que si on ne m’avait rien demandé, ce projet n’aurait pas vu le jour.

Es-tu le seul auteur de ces textes ? Quels ont été les critères de sélection des différents textes de différents auteurs qui composent ton recueil ? Pourquoi ce grand nombre de textes d’Adèle Pelaz (1850-1940) ?

Je suis l’auteur dans le sens où j’ai écrit mes textes et collecté des textes « en voie de disparition ». Je ne suis pas le seul à pouvoir apporter un « bout de pain » … d’autres, avant moi, ont dit ou écrit des choses tellement formidables ! Ces « anciens sentiers » peuvent aussi contribuer à la construction de l’édifice aujourd’hui. Le passé reste un fondement. Il ne faut pas en faire un « haut-lieu » mais le prendre comme un héritage utile. Quant à Adèle Pélaz, sa vie et son ministère ont été une grande bénédiction pour Genève, la France frontalière, et le reste de la Suisse. Son message était direct, fondé sur la Parole. Elle défiait la jeunesse, et triomphait par la foi de leurs détresses. Des délinquants sont devenus des hommes d’affaire … Ce fut un bon temps de Réveil. Pour la petite histoire, mon père et mon beau-père étaient issus de ce mouvement de l’Esprit.

Erri de Luca, auteur napolitain de nombreuses méditations bibliques et qui se présente, non comme un athée mais comme « quelqu’un qui ne croit pas », confiait que « ces pages (rédigées) ne sont pas le fruit d’insomnies, mais de réveils » (Première heure. Folio, p 9). Est-ce aussi le cas pour les pages rédigées d’ « une année de grâce » ?

J’ai eu aussi mon lot d’insomnies, mais honnêtement, tous ces textes n’ont rien à voir avec elles. J’ai une image pour expliquer : un enfant, lorsqu’il joue à l’extérieur, est capable de mettre tant de choses dans ses poches, jusqu’à les faire craquer ! Et pour lui, tout ce qu’il ramasse est beau ! Là, je dois remercier mon éditeur car il a su me conseiller pour faire le tri, parfois même enlever des choses « belles pour moi » mais inutiles pour les autres ….

Toi-même, que souhaite-tu « éveiller » (ou « réveiller ») chez ton lecteur ?

L’amour ! Que chacun arrive à « aimer Dieu de tout son coeur » parce qu’Il nous a aimés en premier, de tout son coeur. Ce qu’Il a fait pour moi est sans prix. Comment aurais-je pu payer le prix de mon salut, de ma guérison ? Le psalmiste déclare : « Je t’aime, Ô mon Dieu ». Si nous avons la Bible sans l’Amour, nous devenons légalistes. Si nous avons l’Amour sans la Bible, nous n’avons pas de fondement et nous risquons de dévier…

Ton livre comprend également une préface de Dominique-Jean Pelou, fondateur du magazine « Invitation ». A quoi cette publication nous invite-t-elle ?

Dominique-Jean a accepté de préfacer ce livre, et cela m’a bouleversé. Je l’ai connu à travers mon éditeur. C’est un homme qui ressemble à un alpiniste accroché à la paroi, et qui veut sans cesse s’élever pour arriver au sommet. La qualité de sa foi fait la qualité de son magazine : magnifique (photos professionnelles), pertinent dans son contenu, connecté avec le monde qui l’entoure tant avec l’héritage du passé qu’avec la modernité, et si vivant. Quand on ouvre ce magazine, on a l’impression d’un album de famille. Il est vrai que j’aime beaucoup ce qui vient de la Suisse, puisque mon épouse est Suissesse… « Invitation » nous pousse à la louange, à l’adoration, à la reconnaissance envers notre Créateur.

 

Le mot de la fin est pour toi !

Je souhaite que ce livre « Une année de grâce » soit comme une petite goutte d’eau dans l’océan de la littérature évangélique ; qu’elle contribue à l’édification du Corps de Christ (l’Eglise), qu’elle encourage chaque croyant à persévérer … et qu’elle s’intègre dans la marche du peuple du Seigneur (Apoc.7 et 14) pour la seule Gloire de Dieu.

Merci !

 

 

En bref : Fillatre, Louis-Michel. Une année de grâce : pensées quotidiennes. Editions du Cèdre, 2016.  Disponible dans toutes les bonnes librairies chrétiennes ou chez l’éditeur.

La question « théo » du mois : Dieu va-t-il détruire la Terre lors du retour de Jésus-Christ ?

Nommez ces marques ; nommez ces plantes (Source : Adbusters)

Il y a quelques années, j’ai eu l’occasion de proposer ce test « nommez ces logos, nommez ces plantes » à trois leaders d’église évangélique, respectivement âgés de la vingtaine, 30 et 50 ans. Evidemment, si les trois ont su rapidement (en quelques secondes) nommer les marques, ils ont eu quelques difficultés pour nommer ne serait-ce qu’un quart des plantes. Mais le plus éloquent a été leur incapacité unanime d’en tirer des conclusions théologiques, sociologiques et pratiques (en gros, ils « ne voyaient pas le problème », « n’y pouvant de toute façon rien »), estimant les enjeux écologiques « secondaires »….Ils ne sont sans doute pas les seuls parmi les chrétiens évangéliques.

Pour nous aider à discerner la portée de cet enjeu, voici une question « théo » posée sur le site « 1001 questions » : « lors du retour du Seigneur, la Terre sera-t-elle régénérée ou bien complètement détruite, puis remplacée par la Jérusalem céleste ? »

Comme l’explique le répondant, « certains passages de l’Ecriture abordant la fin des temps décrivent une sorte de destruction totale, effectivement, comme dans la 2e lettre de Pierre, au chapitre 3, qui rappelle le précédent du déluge. Mais ce qui disparaîtra, est-il précisé au v.10, ce sont les éléments célestes (les astres etc), qui désignent, dans ce langage codé qu’est le style dit « apocalyptique », l’ordre actuel du monde. Les astres y figurent les puissances spirituelles qui prétendent le régenter à la place de Dieu (comparer avec Marc 13,24-25). La Terre et ce qu’elle contient sera, pour sa part, jugée, toujours selon le même verset. Ce passage de l’épître (de Pierre) se termine par le célèbre « nous attendons de nouveaux cieux et une nouvelle terre où la justice habitera », au v 13.

L’adjectif utilisé dans le texte grec original pour « nouveau » est kainos, ce qui est « renouvelé », et non neos, ce qui est neuf, au sens d’inédit. Autrement dit, ce n’est pas un autre monde que le Seigneur prépare par son règne à venir, c’est ce monde abîmé, blessé, en souffrance, marqué par le mal et la mort, mais qu’il vient totalement relever, purifier, transformer, délivrer (1)…..Le jugement du monde ancien est intervenu à Golgotha, à la mort de Jésus[…..] et la nouvelle création a commencé le 3e jour après, au matin de sa Résurrection ».

De fait, loin d’être « secondaire », cette question est en réalité très pertinente, entraînant une réponse aux conséquences pratiques très importantes, comme nous pouvons le constater en lisant la suite de l’explication du répondant sur 1001 questions.
Note : 
(1) Nous retrouvons la même idée dans « Dieu, l’écologie et moi » de Dave Bookless, directeur théologique d’A Rocha, selon laquelle, à la fin des temps, Dieu ne va pas détruire ou anéantir la terre, mais va plutôt la renouveler et la purifier. Et comme toute bonne orthodoxie entraîne une bonne orthopraxie, de telles convictions théo-écologiques, fondées bibliquement, entraînent plusieurs conséquences pratiques, liées à la formation de disciple, la louange, le style de vie et la mission.

 

Comment déplacer des montagnes et ne plus se faire une montagne d’une taupinière ?

« Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous… »

Lectures bibliques
Esaïe 41:14-16Les montagnes tu les écraseras
Matthieu 17:19-21Montagne, transporte-toi d’ici à là
Matthieu 21:21-22Montagne, jette-toi dans la mer
1 Corinthiens 13:1-3Une foi à transporter des montagnes

 

 

« En entendant ces quatre textes, on croirait que la seule fonction de la montagne, c’est d’être rasée, mise en miettes, écrasé, ou déplacées. Il s’agit sûrement d’un fantasme de base dans toutes les civilisations : restructurer l’espace, manifester qu’on est forts parce qu’on a changé concrètement cette nature qui nous domine si souvent. Et même à l’ère où une armada de bulldozer peut déplacer une colline pour la construction d’une autoroute, nous restons avec ce rêve : que nous puissions laisser notre marque sur l’espace.
Ceci dit, ni Esaïe, ni Jésus, ni Paul n’avaient une vocation à travailler dans les travaux publics. En réalité, ils nous parlent de notre rapport à Dieu au travers de ces images. Comment, effectivement, pourrions-nous prétendre déplacer les montages tous seuls ? C’est Pharaon qui prétend construire des montagnes pyramidales. C’est pharaon et ses successeurs, qu’ils s’appellent Haussmann, Bouygues ou autres, qui rêvent de déplacer les collines par leur propre force. Mais Esaïe, Jésus et Paul essayent d’utiliser cette image pour nous dire que nous aussi nous pouvons déplacer des montagnes. A la différence des grandes entreprises du BTP, nous n’avons pas besoin de beaucoup d’argent, ni de beaucoup de force comme en avaient besoin les architectes de Ramsès II, mais nous avons seulement besoin de renouveler notre alliance avec le constructeur d’origine, celui qui a fait les plans et qui a réalisé cette construction incroyable qu’on appelle la nature. Bref, Jésus dit bien à deux reprises dans l’évangiles de Matthieu qu’avec un peu de foi, on peut entrer dans un registre de la puissance de Dieu qui nous associe à son pouvoir créateur. Dieu a créé les montagnes. Si nous nous mettons d’accord avec lui et qu’il donne son approbation, nous pouvons déplacer les montagnes. C’est le mandat de l’humanité que d’administrer la création. Non pas pour le plaisir de déplacer les montagnes, mais pour aménager un territoire et en faire une terre à vivre, une terre où il fait bon vivre.
Pour autant, comme nous l’avons déjà suggéré, il ne s’agit pas d’un traité de Travaux Publics, et c’est assurément à d’autres montagnes que le prophète, le Sauveur et l’apôtre font référence. [Car ]ne dit-on pas dans notre langue : « Il s’en fait toute une montagne » ?
Dans cette expression, on évoque cette étrange capacité de l’être humain à mal évaluer les proportions. Quelque chose qui n’était pas si grand que cela à escalader devient un sommet alpin. Ne dit-on pas aussi « Se faire une montagne d’une taupinière » ? (…)
Il y a donc devant nous une grande diversité de montagnes à escalader (….)Mais bizarrement, les cimes les plus hautes dans notre tête ne sont pas forcément les plus hautes dans la réalité.
Prendre la parole en public va être pour beaucoup d’entre nous un sommet inatteignable ! Alors que ce n’est pas plus compliqué d’aligner quelques phrases devant 100 personnes que devant une.
Dire à quelqu’un qu’on l’aime pourra être pour nous un pic rocheux tout à fait inaccessible. Alors que c’est si bon pour l’autre d’entendre qu’il est aimé.
Que de taupinières qui deviennent des montagnes.
Finalement, nos problèmes sont parfois bizarrement évalués et bizarrement traités. Nous passons énormément de temps à solder des dossiers finalement très simples, et nous bâclons l’essentiel en ne voyant pas son importance. Bref, nous prenons cordes, mousquetons, et chaussures crantées pour escalader la taupinière et nous partons en tong sur l’Everest.
Une des capacités que Dieu veut restaurer en nous est de revenir à un peu de réalisme et de pragmatisme. Quand Jésus nous dit qu’avec un peu de foi on peut déplacer une montagne, il veut nous dire qu’il faut bien voir ce qu’il y a devant nous. Car il ne dit même pas qu’avec un peu de foi on pourra escalader les plus hauts sommets, mais bien qu’on déplacera la montagne. Ça c’est une solution à laquelle la plupart d’entre nous ne pense jamais. Quand vous avez une grosses montagne devant vous et que vous devez aller de l’autre côté, vous pensez à la contourner, à éviter le problème, à le fuir, à l’esquiver. Vous pensez, si vous êtes un peu plus courageux, à l’escalader. Mais Jésus propose une solution somme toute beaucoup plus simple : déplacer la montagne… Eh oui, il fallait y penser ! »

Lire la suite de cette prédication du pasteur Gilles Boucomont (2008) sur son blog vraiment net.

Et ne surtout pas manquer la fin, qui donne tout son sens au message !