« Captain fantastic » : un film dérangeant sur l’éducation et la transmission d’une vision du monde

"Captain fantastic", de Matt Ross(2016) : "préparer au monde", là est la question !

« Captain fantastic », de Matt Ross(2016) : « préparer au monde », là est la question !

« Captain fantastic »(1) est le titre trompeur d’un curieux film américain vu cet été, donnant à penser qu’il s’agit d’un énième « blockbuster » mettant en scène des super-héros !

En réalité, si « personnages d’exception » il y a, ils n’ont pas de « super pouvoirs ». Le film traite plutôt de la liberté de choix : liberté de choix d’éducation et de vie, de croyance…et de fin de vie, indépendamment – et de façon alternative – aux institutions/modèles/ idées dites « classiques »/« dominantes » (sociales, économiques, religieuses…). Ainsi, le refus du matérialisme, de la société de consommation, de l’hypocrisie et de l’égoïsme grégaire….

Pour mieux l’analyser et l’apprécier, il convient premièrement de bannir le mot « intéressant » de notre vocabulaire, et de prendre pour fil conducteur la scène-clé de l’analyse de « Lolita » de Nabokov par Kielyr, l’une des filles de la famille. De même que ce roman « ose affronter le malaise du lecteur en adoptant le point de vue de Humbert Humbert »(2), l’on pourra juger ce film particulièrement dérangeant, puisqu’il présente un point de vue susceptible de remettre en question nos principes fondateurs, valeurs et « philosophies de vie ».

Et justement, il s’agit justement de ne pas perdre de vue qu’il s’agit là d’un point de vue : celui d’un père entraînant ses enfants dans son choix de vie, dont la légitimité peut être elle-même questionnée et remise en question. Néanmoins, le film, via son personnage principal, nous pousse à nous interroger sur la normalité, ce qu’est « connaître », et sur ce qu’est une « éducation véritable », cohérente, ouverte sur le monde et ancrée dans le monde réel, qui élève vraiment et conduit sur le chemin de l’autonomie.

D’autre part, le chrétien que vous êtes, et qui avez vu le film, a pu être choqué par la façon dont votre foi est ici déconsidérée, alors qu’une philosophie spécifique(le bouddhisme – il faut bien compenser le refus de Dieu par une autre forme de spiritualité !) est mise en avant. La meilleure attitude sera sans doute de prendre un certain recul et d’être prêt à répondre de la meilleure façon possible aux défis soulevés par le film, d’autant plus qu’un christianisme bien compris ne devrait pas conduire à cautionner une vie matérialiste, consumériste, irresponsable, injuste, égoïste, au mépris des autres et de la création. « Aimer son Dieu de tout son cœur, de toute son âme, de toute sa force »(Deut.6v5), et « de toute sa pensée », ajoute le Seigneur Jésus-Christ(Luc 10v27), conduit à « aimer son prochain, comme soi-même »(Lévit.19v8). Et « la grâce » de Dieu, « source de salut pour tous les hommes, nous enseigne…à vivre pieusement, sagement, justement » (Tite 2v12 ).

Et l’on se souviendra qu’ « Eduquer, ou élever un enfant, c’est « conduire hors de »(educere), cf Jean 10v3. « C’est l’aider à tirer de lui-même ce qui y est en germe, en sommeil. C’est l’aider à grandir, à se hausser (elevare) dans son corps et son âme, dans tout son être spirituel », soit lui apprendre « à sortir de lui » et à rencontrer les autres. « Par éducation », l’on entend aussi « la somme totale des processus par lesquels une société transmet d’une génération à l’autre son expérience et son héritage accumulés dans les domaines social, intellectuel et religieux »(3).

 

 

 

 

Notes :

(1)  « Captain fantastic ». Réalisation : Matt Ross(USA, 2016). Avec : Viggo Mortensen, Frank Langella, George Mackay

Prix de la mise en scène dans la catégorie « Un certain regard » au Festival de Cannes 2016.

Résumé : Dans les forêts reculées du nord-ouest des États-Unis, vivant isolé de la société, Ben, un père dévoué, a consacré sa vie toute entière à faire de ses six jeunes enfants d’extraordinaires adultes. Mais quand le destin frappe sa famille, ils doivent abandonner ce paradis qu’il avait créé pour eux. La découverte du monde extérieur va l’obliger à questionner ses méthodes d’éducation et remettre en cause tout ce qu’il leur a appris.

Niveau/âge : à partir du lycée – jeune adulte

Extrait : 

(2) http://www.critikat.com/panorama/festival/festival-de-cannes-2016/captain-fantastic.html

Autres critiques :

http://www.leblogducinema.com/critiques/captain-fantastic-lutopie-melodramatique-94457/

http://www.cinechronicle.com/2016/05/cannes-2016-captain-fantastic-de-matt-ross-critique-104505/

(3) Voir http://larevuereformee.net/articlerr/n244/leducation-protestante-chemin-vers-la-liberte 

 

« Alors que nous étions encore….Christ… »

Car, alors que nous étions encore "dans notre confort", Christ a quitté sa "zone de confort" pour nous...

Car, alors que nous étions encore « dans notre confort », Christ a quitté sa « zone de confort » pour nous…

« Car, lorsque nous étions encore sans force, Christ, au temps marqué, est mort pour des impies »(Rom.5v6)

« ….Dieu prouve son amour envers nous, en ce que, lorsque nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous »(v8)

« …lorsque nous étions ennemis, nous avons été réconciliés avec Dieu par la mort de son Fils »(v10)

« …. Dieu, qui est riche en miséricorde, à cause du grand amour dont il nous a aimés, nous qui étions morts par nos offenses, nous a rendus à la vie avec Christ (…) Car c’est par la grâce que vous êtes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de vous, c’est le don de Dieu. Ce n’est point par les oeuvres, afin que personne ne se glorifie »(Eph.2v3-5, 8-9)

« Étant donc justifiés par la foi, nous avons la paix avec Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, à qui nous devons d’avoir eu par la foi accès à cette grâce, dans laquelle nous demeurons fermes, et nous nous glorifions dans l’espérance de la gloire de Dieu(…)nous nous glorifions en Dieu par notre Seigneur Jésus Christ, par qui maintenant nous avons obtenu la réconciliation » (Rom.5v1-2, 11)

En ce moment, j’écoute « Dieu de toute grâce »

Bonjour ! Voici un chant(1) inspirant à (re) découvrir pour l’été, propre à l’adoration, et pour apprendre à donner et à recevoir :

Bonne écoute, dans Sa présence !

Texte biblique à méditer : 

« Mon Dieu, je veux faire ce qui te plaît,
et ta loi est tout au fond de moi. »
Dans la grande assemblée, j’ai annoncé ta justice ;
non, je ne retiens pas mes lèvres,
SEIGNEUR, tu le sais !
Je n’ai pas caché ta justice au fond de mon cœur,
j’ai parlé de ta loyauté et de ton salut,
je n’ai pas dissimulé ta fidélité et ta vérité
à la grande assemblée.
Toi, SEIGNEUR, tu ne retiendras pas loin de moi ta miséricorde,
ta fidélité et ta vérité me préserveront toujours ». (Ps.40v9-12. TOB)

 

Notes : 

(1) »Dieu de toute grâce » (JEM 3, N° 745). Paroles et musique de Thérèse Motte(2000)/ soliste Estelle Ghyselinck/ flûtes Jean-Louis Olivier/ Violon Emilie Le Van/ Piano Thérèse Motte.

Paroles et accords sur le site shir.fr.

 

« La discipline positive » de Dieu

"Et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils"(Deut.8v5).

« Et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils »(Deut.8v5).

Proposer une étude biblique sur le sujet de la discipline, même « positive », n’est sans doute pas ce qui est le plus populaire. Néanmoins, une telle thématique me paraît garder toute sa pertinence en cette période d’été, où chacun est invité au relâchement, comme à « laisser son cerveau au placard ». Voici donc, en guise de réflexion et de méditation, avec quelques prolongements possibles :

Hébreux 12v7-13 : « C’est pour votre éducation que vous souffrez. C’est en fils que Dieu vous traite. Quel est, en effet, le fils que son père ne corrige pas ? Si vous êtes privés de la correction, dont tous ont leur part, alors vous êtes des bâtards et non des fils. Nous avons eu nos pères terrestres pour éducateurs, et nous nous en sommes bien trouvés ; n’allons-nous pas, à plus forte raison, nous soumettre au Père des esprits et recevoir de lui la vie ? Eux, en effet, c’était pour un temps, selon leurs impressions, qu’ils nous corrigeaient ; lui, c’est pour notre profit, en vue de nous communiquer sa sainteté. Toute correction, sur le moment, ne semble pas sujet de joie, mais de tristesse. Mais plus tard, elle produit chez ceux qu’elle a ainsi exercés un fruit de paix et de justice. Redressez donc les mains défaillantes et les genoux chancelants, et pour vos pieds, faites des pistes droites, afin que le boiteux ne s’estropie pas, mais plutôt qu’il guérisse »(TOB).

Deutéronome 8v2-5 : « Tu te souviendras de toute la route que le SEIGNEUR ton Dieu t’a fait parcourir depuis quarante ans dans le désert, afin de te mettre dans la pauvreté ; ainsi il t’éprouvait pour connaître ce qu’il y avait dans ton cœur et savoir si tu allais, oui ou non, observer ses commandements. Il t’a mis dans la pauvreté, il t’a fait avoir faim et il t’a donné à manger la manne(1) que ni toi ni tes pères ne connaissiez, pour te faire reconnaître que l’homme ne vit pas de pain seulement, mais qu’il vit de tout ce qui sort de la bouche du SEIGNEUR. Ton manteau ne s’est pas usé sur toi, ton pied n’a pas enflé depuis quarante ans, et tu reconnais, à la réflexion, que le SEIGNEUR ton Dieu faisait ton éducation comme un homme fait celle de son fils« (TOB).

2 Samuel 7v12-15 : « Lorsque tes jours seront accomplis et que tu seras couché avec tes pères, j’élèverai ta descendance après toi, celui qui sera issu de toi-même, et j’établirai fermement sa royauté. C’est lui qui bâtira une Maison pour mon Nom, et j’établirai à jamais son trône royal. Je serai pour lui un père, et il sera pour moi un fils. S’il commet une faute, je le corrigerai en me servant d’hommes pour bâton et d’humains pour le frapper. Mais ma fidélité ne s’écartera point de lui…. » (TOB)

2 Timothée 4v1-5 : « Je t’adjure en présence de Dieu et du Christ Jésus, qui viendra juger les vivants et les morts, au nom de sa manifestation et de son Règne : proclame la Parole, insiste à temps et à contretemps, reprends, menace, exhorte, toujours avec patience et souci d’enseigner. Viendra un temps, en effet, où certains ne supporteront plus la saine doctrine, mais, au gré de leurs propres désirs et l’oreille leur démangeant, s’entoureront de quantité de maîtres. Ils détourneront leurs oreilles de la vérité, vers les fables ils se retourneront. Mais toi cependant, sois sobre en toutes choses, supporte la souffrance, fais œuvre d’évangéliste, remplis ton ministère »(TOB).

Tite 2v11-12 : « Car elle s’est manifestée, la grâce de Dieu, source de salut pour tous les hommes. Elle nous enseigne à renoncer à l’impiété et aux désirs de ce monde, pour que nous vivions dans le temps présent avec réserve[ou : sagesse], justice et piété »(TOB).

Prolongements :

  • « Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son oeuvre », dit Jésus(Jean 4v34). « Dieu est amour », rappelle l’apôtre Jean (1 Jean 4v8). Dieu est « amour pour sa création et amour personnel pour chacun. Jésus dit que sa nourriture est de faire la volonté de Dieu. C’est sa joie, le moteur de sa vie, le but de son existence. Ce ne peut donc être ni pesant ni de l’ordre du devoir. Cela relève du désir, de l’élan de vie, de la relation aimante de celui qui se sait aimé. C’est un acte de vie que de faire la volonté de Dieu(…). Faire la volonté de Dieu est la réponse personnelle de chaque individu au dessein de Dieu(…). La volonté, le désir de Dieu ne peuvent en aucun cas être en contradiction avec nos désirs et nos aspirations les plus authentiques(…)car Dieu est créateur de ces désirs-là(….)Le désir est essentiel à la vie. Dans le désir est la vie ; en éteignant le désir, nous éteignons la vie. Il n’est pas possible de tuer, de nier, d’interdire le désir, sous peine d’être des morts-vivants. Mais nous ne pouvons pas non plus désirer n’importe quoi, n’importe comment, sous prétexte que l’essentiel est de nous faire plaisir, car alors nous allons vers la destruction »(D’après Simone PACOT. L’Evangélisation des profondeurs. Cerf, 2001. Epiphanie initiations, pp. 141-144).

 

  • « Dans la nouvelle école – « détruite en temps de paix » – à reconstruire, « il s’agit(…)d’accéder à toutes les disciplines(…)de transposition de la démesure en mesure(…). La maîtrise des passions, savamment conduite, permet tout simplement [à l’élève]de se rendre maître de lui-même[de se discipliner le corps et l’esprit], c’est à dire de s’avoir », conditions nécessaires, au préalable, « de l’accès possible aux savoirs[disciplinaires] »….Cette nouvelle école permettrait « à chacun, non de vivre ses passions[et d’avoir « tout, tout de suite »], comme le dit la publicité, mais de les rendre productives, autant pour lui que pour les autres »(D’après Dany-Robert DUFOUR. L’individu qui vient. Folio essais, 2015, pp.350-361)

 

  • A lire, encore : Jane NELSEN(Adapt. de Béatrice SABATE). La Discipline positive. Poche Marabout, 2014.

 

Bonnes lecture, étude et méditation !

 

Note :

(1)Laquelle manne « était comme de la graine de coriandre(…)blanc, avec un goût de beignets au miel »(Ex.16v31).

Vas-y doucement

"De nos jours, on fait des ravages avec l'utilisation impropre des automobiles"(Erri de Luca). Dessin d'Andy Singer

« De nos jours, on fait des ravages avec l’utilisation impropre des automobiles »(Erri de Luca).
Dessin d’Andy Singer

« Avec une mâchoire d’âne, j’ai tué mille hommes ». C’est le résultat éclatant et un peu fanfaron proclamé par Samson après avoir abattu tout seul une quantité démesurée de Philistins (Juges 15v16). Ce morceau d’anatomie n’a jamais servi dans un autre combat. Samson rend célèbre l’avènement de l’arme impropre. Avant lui, on sait qu’un autre homme valeureux, Samgar, armé d’un aiguillon à boeufs, avait abattu six cents Philistins, d’après le livre des Juges (3v31)…..

De nos jours, on fait des ravages avec l’utilisation impropre des automobiles. Ainsi, ces récits édifiants prennent tout à coup une valeur de conseil : vas-y doucement. Ne te transforme pas en mâchoire d’âne mort [en aiguillon à boeufs]. Bon voyage »(1).

Et un jeu pour la route : ce célèbre chauffard de l’Ancien Testament a fait au moins deux victimes, sinon trois. De qui s’agit-il ? Bon courage !

Sur ce, Pep’s café le blogue va prendre une pause durant l’été, avec quelques publications (très) irrégulières. Retour « normal » prévu fin août-début septembre.

 

 

Notes :

(1) D’après Erri de Luca. Vas-y doucement IN Alzaia. Rivages, 2002 (Rivages poche/Petite bibliothèque), pp 221-222.

 

Foireux liens de juillet (16) : et si l’on réapprenait à dialoguer, à échanger, et à apprécier ce qui a de la valeur ?

Les "Foireux liens" de Mars : une actualité "chaude", qui ne devrait pas vous laisser "froid"...

Les « Foireux liens » de Juillet : réapprendre à dialoguer et porter un nouveau regard sur l’engagement…

L’été est là, et bientôt le temps pour « Pep’s café » de marquer une pause. En attendant, voici de nouveaux « foireux liens », placés « sous le signe » de l’échange, la discussion, la valeur de l’engagement, et de bien d’autres choses encore !

Pourquoi échanger ses opinions, ses idées, débattre ? http://www.ellecroit.com/echanger-opinions-idees-debattre/

« Le plus embêtant ce n’est pas forcement de parler avec celui qui est à l’opposé de mes opinions, de mes croyances mais celui avec qui il n’y a pas de dialogue, avec qui on ne peut pas donner son avis. Pourquoi il est intéressant de pouvoir échanger des idées, ses opinions et débattre ? » 

Il veut se convertir : que dois-je faire ? Et ne pas faire… http://toutpoursagloire.com/veut-se-convertir-dois-faire/

« Vite ! Il/elle vient de me poser la question: « Que dois-je faire pour être sauvé? » Qu’est-ce que je lui dis ? » Et ne lui dis surtout pas ?

Aimez-vous les défis ?  En voici un, « apologétique », à propos du pardon, à relever pour l’été : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/06/03/de-toutes-nos-forces-aimons-notre-dieu/

A la recherche de films pour vos « cinés-débats » ? C’est « pour vous les hommes » :

-« Courageous », ou comment le « vrai courage », c’est de « sortir de sa zone de confort » ! https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/12/12/courageous-le-film-ou-oser-sexposer/

-« De toutes nos forces », https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/06/03/de-toutes-nos-forces-aimons-notre-dieu/  ou quand « le fort porte le faible » et « le faible tire le fort vers le haut ».

NDL : l’écologie ? Un coup de pelle ! https://phylloscopus.wordpress.com/2016/06/27/notre-dame-des-landes-lecologie-un-coup-dpelle/

« À force de regarder notre monde comme une arène de compétition, une jungle amorale où chacun ne se battrait que pour lui-même et contre tous, l’idée même d’un positionnement altruiste, d’une volonté de donner pour le bien commun n’est plus jugée crédible. À force de voir les lobbys se battre, nous en voyons partout, et en tous. « L’altruisme n’existe pas, c’est humain ! » Circulez, y’a rien à voir. Et comme il est un peu délicat de suspecter le salarié d’asso à douze cents euros par mois d’être mû par la vénalité, on l’accusera de haine de soi transformée par « transfert » en haine de l’homme ».
Ou quand l’engagement (écologique, par exemple) peut être considéré « comme le serpent dans le jardin : une vermine à éradiquer à coups de pelle sur la tête » !

Ce livre écorné qu’on maltraite et qu’on adore https://zeboute-infocom.com/2016/06/25/ce-livre-ecorne-quon-maltraite-et-quon-adore/

Ou comment « les nouveaux usages nous font oublier le bon livre de papier, qu’on avait dans sa poche. Qu’on emportait même dans des endroits improbables. Les livres numériques, e-book, tablettes feront-ils disparaître le livre d’antan, comme la musique sur le net fait disparaître les CD et bon vieux vynils ? » Pourtant, voici quelques bonnes raisons d’aimer le livre (de papier) « pour ses attraits que n’a pas[et n’aura pas] le livre numérique »…..

 

Et encore :

Si vous l’avez raté, le sondage de Pep’s café ! https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/02/05/peps-cafe-et-vous/

Dans quelle mesure avez-vous adopté ces « sophismes » postmodernes ?

"L'individu" serait encore à venir, selon Dany-Robert Dufour, puisque nous ne serions pas des "individualistes", mais des égoïstes grégaires", pour qui "les vices privés font les vertus publiques" !

« L’individu » serait encore « à venir », selon Dany-Robert Dufour, puisque nous ne serions pas des « individualistes », mais des « égoïstes grégaires », pour qui « les vices privés font la vertu publique » !

« Veillez à ce que nul ne vous prenne au piège de la philosophie, cette creuse duperie à l’enseigne de la tradition des hommes, des forces qui régissent l’univers et non plus du Christ » (Col.2v9. TOB)

« Mais si vous ne pensez à rebours, vous périrez tous également »(Luc 13v3)

« Ne vous conformez pas au siècle présent, mais soyez transformés par le renouvellement de l’intelligence, afin que vous discerniez quelle est la volonté de Dieu, ce qui est bon, agréable et parfait ». (Rom.12v2)

Le postmodernisme, vous connaissez sans doute, surtout après avoir lu « les défis de la postmodernité » d’Alfred Kuen. Mais connaissez-vous les deux courants de pensée qui en sont au cœur et que la plupart semble avoir adopté aujourd’hui ?

Ces courants, Dany-Robert Dufour les appelle des « sophismes », dans son ouvrage sur le postmodernisme : « L’individu qui vient… » (Denoël, 2015. Folio Essais).

Qu’est-ce qu’un « sophisme » ? Et qu’est-ce qu’un « sophiste » ?

« Sophisme » vient du latin « sophisma », « sophisme », venant du grec ancien « sophisma », « habileté », « invention ingénieuse », « raisonnement trompeur ». Il se donne toutes les apparences de la « sagesse », d’autant plus qu’il n’aura échappé à personne qu’il est dérivé de « sophia », « sagesse », « savoir ». (Source : http://www.cnrtl.fr/lexicographie/sophisme )

Mais c’est là une « fausse sagesse », d’autant plus que « sophisme » rime avec « sottise ».

Les « sophistes », quant à eux, rappelle Dany-Robert Dufour, « ne se soucient nullement de la vérité », contrairement aux véritables « amoureux de la sagesse ». « Ils ne cherchent qu’à persuader leur auditoire quelle que soit la proposition à soutenir. Pour obtenir ce résultat, ils profitent donc des ambiguïtés du langage afin de produire des raisonnements en apparence solides, ayant l’apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice, volontaire ou non, permettant de provoquer l’adhésion de l’auditeur ».(op. cit., pp110-111). Avec cet esprit sophistique, le mal devient bien (ou « progrès »), le faux le vrai, l’esclavage la liberté, [la guerre la paix], le vice privé [ou l’égoïsme] la vertu…. (op. cit., p 114)

Il importe de les démasquer impérativement, « car si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée et dénoncée pour ce qu’elle est – une bêtise – la porte est ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents ».

Pour Dany-Robert Dufour, ces deux sophismes sont l’utilitarisme et le pragmatisme (op. cit. pp 113-121).

1) L’utilitarisme(1), ou « l’adieu aux idéaux » (qualifiés de « discours »), incite à croire « qu’on n’a plus du tout à se soucier de savoir si une action est vertueuse au départ ; la seule chose qui importe est qu’elle soit vertueuse à l’arrivée ». Il « se caractérise par un oubli volontaire des causes et une valorisation exclusive des conséquences. C’est là ce qu’on appelle depuis la fin des années 1950 un « conséquentialisme ». Peu importe donc au nom de quoi on entreprend une action, ce qui importe, c’est qu’elle soit censée engendrer le plus de bonheur pour l’ensemble de tous les agents – le bonheur étant défini comme la maximisation des plaisirs et la minimisation des peines [ou des désagréments, des embêtements] ». Ainsi, par exemple, ajouterai-je, l’utilitarisme me paraît privilégier « le consommateur » (l’essentiel étant qu’il soit « content/satisfait » d’un service rendu le plus efficacement possible « ou remboursé »), au détriment du citoyen.

En « conséquence », cette nouvelle « morale conséquentialiste » permet le plus grand cynisme de la part des décideurs de l’action qui pourront alors dire à leurs administrés ou à leurs salariés quelque chose qui ressemble à Jean 11v50. En gros, « ne voyez-vous pas que nous faisons cette action [vous licencier, détruire des emplois, par exemple] pour le bien futur du plus grand nombre ? Ne seriez-vous pas un peu égoïste », à toujours vous préoccuper que de vos seuls droits ? Dans ces conditions, la dignité humaine (ne pas dire « oui » à tout) ne pèse pas bien lourd….

D’autre part, le conséquentialisme est également « im-prudent, puisqu’il incite à agir en fonction d’un futur (toujours hypothétique) en refoulant (ou ignorant) l’examen du présent (toujours certain). Et il rend « désuète la morale (ce qui vaut pour tous), au profit de l’éthique (ce que j’ose faire, y compris contre tous) ».

2) Le pragmatisme (terme que l’on emploi souvent à tort et à travers) ou « l’adieu à la vérité », voit son avènement avec William James, à la fin du XIXe siècle. Pour ce dernier, « le vrai », qui « n’existe tout simplement pas », est « ce qui marche ». Cette attitude pragmatique implique « qu’il n’y ait plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences, des expériences infiniment multiples et variées »(2). Une philosophie qui se retrouve d’ailleurs au cœur d’une certaine théorie de l’éducation de John Dewey.

Or, l’on ne saurait avoir une bonne « orthopraxie » sans une bonne « orthodoxie ».

Evaluez-vous maintenant : lequel de ces sophismes avez-vous adopté, « avalé », même inconsciemment ? Comment ? Pourquoi ? Lequel est le plus dominant autour de vous ?

A méditer :

« Vous, frères, c’est à la liberté que vous avez été appelés. Seulement, que cette liberté ne donne aucune prise à la chair ! Mais, par l’amour, mettez-vous au service les uns des autres. Car la loi tout entière trouve son accomplissement en cette unique parole : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. Mais, si vous vous mordez et vous dévorez les uns les autres, prenez garde : vous allez vous détruire les uns les autres. Ecoutez-moi : marchez sous l’impulsion de l’Esprit et vous n’accomplirez plus ce que la chair désire »(Gal.5v13-16. TOB)

Voir aussi : Ephésiens 5v8-9 ; Ps.40v9 ; Prov.31v8-9  ; 1 Jean 1v7  ; 1 Jean 2v6. L’un et l’autre des passages suivants nous invitent, en tant que chrétiens, à « marcher dans la vérité, la lumière », « dire la justice », et « produire le fruit de la lumière », marcher comme Jésus a marché lui-même.

 

Aller plus loin :

Un article parmi d’autres, sous forme de parabole, sur la justice : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2015/06/03/notre-regard-sur-la-justice-ou-le-conte-des-balances/

Qui comprend le test suivant : lisez attentivement cet article : « Amazon, l’envers de l’écran » de Jean-Baptiste Malet, paru en novembre 2013 dans « Le Monde diplomatique » : ou les dessous de la célèbre multinationale organisée selon une idéologie bien définie. Comme le relève le célèbre journaliste Günter Wallraff, son système ne nous pose pas la simple question, « neutre », « de savoir si nous voulons ou non consommer sur son site Internet », ou s’il est « moral ou non » d’acheter sur internet  ; « il nous pose des questions politiques : celles de notre choix de société. »

Puis réagissez. Pourquoi réagissez-vous comme vous réagissez à cet article ? De quel côté vous positionnez-vous ? Pourquoi ?

Et ces deux autres articles sur la vérité : http://www.ethiquechretienne.com/relativisme-et-verite-a2143759 ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

Notes :

(1) Lequel utilitarisme (Bentham, puis John Stuart Mill) vient du libéralisme anglais.

(2) A noter que cette notion d’expérience, propre au pragmatisme, est au centre de la pensée de David Hume, ami d’Adam Smith et figure décisive du libéralisme anglais.

« A perfect day » : « touriste, s’abstenir ! »

"A perfect" : ici, les cadavres ne se trouvent pas dans les placards mais dans les puits...A moins que la vérité n'y surgisse, ce "jour comme un autre"... Affiche du film de Fernando León de Aranoa

« A perfect day » : ici, les cadavres ne se trouvent pas dans les placards mais dans les puits…A moins que la vérité n’y surgisse, ce « jour comme un autre »…Affiche du film de Fernando León de Aranoa

1995 : Cinq personnes en mission humanitaire pour l’ONU en Bosnie – officiellement, sortant de guerre – confrontés au manque de moyens et à l’absurdité de leur tâche : une jeune française, Sophie, nouvelle recrue idéaliste ; le chef d’équipe, Mambru, désabusé, qui veut rentrer chez lui ; Damir, l’interprète, qui veut que le conflit se termine ; B, le vétéran imprévisible, qui se réfugie derrière un certain humour noir ; et Katya, ancienne maîtresse de Mambru, qui vient jeter le trouble dans l’équipe …Tous croisent le chemin d’un jeune garçon, Nikola, qui cherche un ballon et ses parents. Leur travail se complique quand ils apprennent que le cadavre d’un homme, coincé dans un puits, pollue l’unique source d’eau potable des environs…Mais pour le sortir de là et purifier l’eau, il leur faut une corde….

 

« En zone de guerre, sors de ta zone de confort ! »

Un film choisi « un peu comme cela », sans savoir à quoi m’attendre, et vu lundi soir. Il est à découvrir absolument, surtout si vous vous sentez découragés et/ou en colère, car il vous permet de relativiser quelque peu votre situation, qui ne serait ni « la fournaise » (1 Pie.4v12), ni une question « de vie ou de mort ». Comparée à d’autres.

D’autre part, il démystifie toute vocation humanitaire, susceptible d’être idéalisée et motivée par la seule volonté de « mettre du fun » dans une vie nous paraissant « mortellement morne ».

Or, ici, dans une zone de guerre – par exemple – telle qu’elle est décrite dans le film, tout « tourisme », même humanitaire, doit être exclu, face à un impératif de « quitter sa zone de confort » pour un engagement durable bien peu valorisant, au service de ceux qui ont tout perdu.

Un engagement qui implique de lutter contre l’absurdité au quotidien, avec des moyens bien dérisoires, pour trouver ne serait-ce qu’une simple corde nécessaire pour sortir un cadavre d’un puits.

Le jeune Nikola (Eldar Rešidović) et Mambrú (Benicio Del Toro); un homme au coeur de père. Scène du film "A perfect day"

Le jeune Nikola (Eldar Rešidović), en recherche de son père et Mambrú (Benicio Del Toro), un homme au coeur de père.
Scène du film « A perfect day »

Dans « ce monde de brutes » et au milieu d’un humour souvent noir et désespéré, on relèvera heureusement une part d’émotion, avec cette relation « fils-père » entre le jeune Nikola (Eldar Rešidović), à la recherche de ses parents et d’un ballon, volé par des plus grands que lui, et Mambrú (joué par Benicio Del Toro), qui l’aidera à aller jusqu’au bout de sa démarche (c’est à cela que l’on reconnaît « un père).

Pour finir, « la moralité » de l’histoire pourrait être bien celle-là : suivre « le bon sens » (pour ne pas dire « le sentier ») d’une vieille paysanne – qui elle-même, suit ses vaches pour échapper aux mines – peut nous sauver la vie !

 

 

En bref :

A perfect day : un jour comme un autre

Comédie dramatique espagnole réalisée par Fernando León de Aranoa

Scénario : Fernando León de Aranoa, Diego Farias. D’après le livre Dejarse Llover de Paula Farias

Avec : Benicio Del Toro (Mambrú), Tim Robbins (B.), Olga Kurylenko (Katya), Mélanie Thierry (Sophie), Fedja Štukan (Damir), Eldar Rešidović (Nikola), Sergi López (Goyo)…

Date de sortie: 16 mars 2016

Durée: 1h46

 

Bande annonce en VOST

 

Pour les anglophones, une deuxième, en VO : 

 « Man in the Wilderness » : ou un « revenant » qui trouve « des raisons d’être sans colère ».

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

J’ai eu l’occasion de revoir récemment un film sur le sujet suivant : « 1820. Un trappeur, laissé pour mort après avoir été blessé par un grizzly, tente de survivre au sein d’une nature hostile avec une seule idée en tête : se venger de ses anciens compagnons… »

Le film, d’après le « pitch »,  c’est « The Revenant », me diriez-vous !

Ce film d’aventure américain(pas vu) avec Léonardo Di Caprio, réalisé, coécrit et coproduit par Alejandro González Iñárritu, sorti en 2015, plusieurs nominés et récompensés aux Oscars(1).

 
Avant « The Revenant », il y a « Le Convoi sauvage ».

Le réalisateur Alejandro González Iñárritu, ainsi que son acteur principal Leonardo Di Caprio, ont bien eu leur Oscar, mais sans que soit « rendu à César » ce qui lui appartient ! En effet, l’histoire – « incroyable mais vraie » – racontée par The Revenant, a  déjà fait l’objet d’un film, réalisé en 1971, par Richard C. Sarafian, d’origine arménienne : « Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), avec Richard Harris et John Huston dans les rôles principaux.

Je me souviens de l’avoir vu sur une vieille télévision en noir et blanc, en famille, lorsque j’étais enfant. Je garde en mémoire le bateau monté sur roues, tiré par des mules, traversant la prairie, avec son capitaine tout en noir et coiffé d’un haut-de-forme…lequel ordonnant à un moment « de tirer » au canon « sur rien ». Je me souviens du trappeur (Zachary Bass), laissé pour mort après avoir été déchiqueté par un ours (scène que je n’avais pas vue) et veillé par ses compagnons, avant d’être abandonné par eux. Puis s’efforçant de survivre et lisant sa Bible à un lapin qu’il a recueilli. J’ai oublié de quel passage il s’agit, mais je me souviens avoir été surpris par la fin, par l’attitude du héros envers ceux qui l’ont abandonné, qui était toute autre de ce à quoi je m’attendais. Je me souviens aussi des flash-backs, dont « un cours de religion », où le jeune Zachary Bass est censé répondre à coups de baguettes que « Dieu est celui qui a créé la terre et les cieux ! »

"Le convoi sauvage" : ici, tiré par une vingtaine de mules.

« Le convoi sauvage » : ici, tiré par une vingtaine de mules.

Bien des années après, j’ai pu le revoir il y a une dizaine de jours, profitant d’une édition DVD(Wildside), sortie en mars 2016. Je peux dire qu’il supporte parfaitement de nouvelles visions. Le rythme est tranquille, contemplatif, avec quelques scènes d’action.

Il s’agit d’un film qui parle beaucoup de Dieu. J’ai fini par comprendre que le verset lu par le héros, Zachary Bass, à son lapin, est Job 14v14-15 : « si l’homme une fois mort pouvait revivre, J’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu’à ce que mon état vînt à changer ».

Il est intéressant de constater que le v.15 de Job 14 dit ceci : « Tu appellerais alors, et je te répondrais ».

Mais, dès son plus jeune âge, Zachary Bass a plutôt choisi de tourner le dos à Dieu, du fait d’un parcours personnel particulièrement tragique : à sa belle-mère qui l’invite à « faire avec » un drame personnel (je ne dirai pas lequel) par un « c’est la volonté de Dieu » (on dirait aujourd’hui : « Dieu est au contrôle »), il répond ne pas accepter « cette volonté-là ».

Mais face à ce révolté, Dieu « surprend » en ne faisant pas ce que nous attendrions qu’Il fasse :

Ainsi, il y a cette scène où le héros se résout à arracher quelques pages de sa Bible(les pages blanches ?) quand il ne trouve rien d’autre pour allumer le feu qui l’empêchera de mourir de froid. L’on pourrait y voir un geste sacrilège – car peut-on brûler un texte sacré, quelle qu’en soit la raison ? – ou se dire que « oui, on peut », pour une question de vie ou de mort, et y trouver là un signe de la miséricorde divine. Les lecteurs de la Bible se souviendront peut-être des pains de propositions que seuls les prêtres pouvaient manger et que David, pourchassé par Saül, a pu manger (cf 1 Sam. 21v3-5, Lévit. 24v8-9, et cf le commentaire du Seigneur Jésus-Christ à ce propos en Matt.12v2-4).

Je reviens sur un autre élément important, que je n’avais pas perçu, lors de ma première vision du film, il y a très, très longtemps : il y est question de pères – de père biologique et de père d’adoption – et de leurs relations/non relations avec leurs fils. Ainsi, l’on apprend que Zachary Bass est le protégé du capitaine Henry, lequel l’a recueilli et adopté enfant comme son propre fils, alors qu’il avait fui le pensionnat, orphelin et en révolte contre Dieu. Son « père spirituel » l’abandonnera pourtant – donnant même l’ordre de l’achever, le croyant à l’article de la mort, comme Zachary avait lui-même abandonné son fils qu’il n’a pas vu naître, dans sa colère contre Dieu.

Enfin, il faut parler de la fin, qui est plutôt édifiante. La connaître ne vous empêchera pas d’apprécier le film, si vous décidez de le voir, mais vous pouvez « zapper » le paragraphe qui suit.

Laissé pour mort, le héros survivra et « renaîtra ». Il se tiendra debout, réapprendra à marcher, à survivre, puis à (re)vivre. Il assistera même à une scène insolite et particulièrement belle : l’accouchement d’une Indienne en pleine nature, et ce (rappelons-le) alors qu’il n’a pas assisté à la naissance de son fils.

D’abord porté par sa soif de vengeance, il prendra conscience de l’absurdité de celle-ci, face à la force et à la valeur de la vie et de l’amour. Comme je l’ai lu ailleurs, il n’ira pas jusqu’à « embrasser » ses ennemis quand il les retrouve, mais, ayant « appris »(« par ce qu’il a souffert ») « que la vengeance est un plat qui ne se mange pas »(2),  il sera en mesure d’accorder le pardon libérateur, tout autant à ceux qui l’ont abandonné qu’à lui-même.

La dernière réplique, qui m’avait déjà marqué la première fois – « j’ai un fils. Je vais le chercher » – me fait aujourd’hui penser à Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

A l’heure où l’on parle beaucoup (trop ?) de « la culture d’honneur », sans savoir peut-être ce que c’est, on notera enfin que Richard Harris n’a décroché aucune récompense pour son rôle dans « le Convoi sauvage », sauf erreur de ma partRichard Sarafian, le réalisateur, explique dans un bonus fort intéressant, que le film a été quelque peu « plombé » au moment de sa sortie par la concurrence de « Jeremiah Johnson », film à plus gros budget de Sydney Pollack, avec Robert Redford. Le producteur ayant préféré tout miser sur ce dernier, et rien sur le premier. C’est l’inverse « de la culture d’honneur », qui est de « donner plus à ceux qui ont moins ».

A vous maintenant « d’honorer ce travail », en découvrant sur DVD une véritable épopée initiatique (et un cheminement spirituel), certes modeste(3), mais non moins émouvante, de Richard C. Sarafian, susceptible de vous marquer longtemps.

 

En bref :

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness)
États-Unis – 1971
Réalisation : Richard C. Sarafian
Scénario : Jack DeWitt
Image : Gerry Fisher
Montage : Geoffrey Foot
Musique : Johnny Harris
Producteur : Sandy Howard
Interprétation : Richard Harris (Zachary Bass), John Huston (Cpt. Filmore Henry), Prunella Ransome (Grace Bass), Percy Herbert (Fogarty)…
Durée : 1h44

Edition DVD : WildSide vidéo, mars 2016

 

Pour se donner une idée :

 

Et à écouter, la bande originale du film :

 

Notes :

(1)Partiellement adapté du roman Le Revenant de Michael Punke, fondé sur une histoire vraie, celle de l’exploit accompli en 1823 par le trappeur Hugh Glass. Il a bénéficié de douze nominations aux oscars 2016 et en a remporté seulement trois : celui du meilleur réalisateur pour Alejandro González Iñárritu, celui du meilleur acteur pour Leonardo DiCaprio, et celui de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki, ainsi que trois Golden Globes, dans les catégories meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dans un film dramatique

(2)Formule géniale piquée dans « Le Convoi sauvage, le film avant « Revenant », sur le site « Salon littéraire ». L’article comporte quelques autres perles et un ou deux parallèles(qui m’étaient également venus à l’idée), que je me suis permis de reprendre. Autre critique à lire, par exemple sur Dvdclassik.

(3)Tourné en Espagne avec un petit budget et des Gitans dans le rôle des Indiens !

20 livres que tout chrétien devrait avoir lu (2)

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Comment les choisissons-nous ?

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les « bons livres » ? Comment les choisissons-nous ?

Dans un billet précédent, nous vous invitions à jouer à ce « jeu sérieux » consistant à nous proposer vos 20 titres de livres, « que tout chrétien devrait avoir lu ». Deux personnes (et même une troisième), de générations différentes, ont bien voulu se prêter au jeu.

Voici maintenant les propositions de Pep’s café : dans le même esprit que les listes précédentes, on y trouvera (en français) certains incontournables, les titres m’ayant marqué et impacté durant ma vie chrétienne, depuis ma conversion (certains malheureusement épuisés), ainsi que d’autres correspondant aux sujets qui me passionnent ou me préoccupent depuis un certain temps, dont l’accompagnement pastoral et la formation, l’éducation, l’écologie, la justice sociale….

Fondements

1)La Paix avec Dieu, de Billy Graham. Editions Groupes missionnaires, 1994. Une présentation claire de l’Evangile de Jésus-Christ et des vérités de la foi/grands principes de la vie chrétienne. Un grand classique. Nouvelle édition revue et corrigée.

2)Si tu veux aller loin, de Ralph Shallis. Farel, 1998. Ou « les sept colonnes de la vie en Christ ». Le type d’ouvrage à conseiller pour toute personne venant d’accepter Jésus-Christ comme son Sauveur et Seigneur.

3)Connaître Dieu, de James Packer. Ed. Grâce et vérité, 2006. Un autre classique.

Evangélisation/témoignage

4)La saveur partagée : évangéliser, une façon de vivre, de Rebecca Pippert. Farel, 1986. Quand « Evangéliser » ou « communiquer sa foi », n’est pas du « marketing », mais quelque chose « que le chrétien ne peut pas ne pas faire » : l’évangélisation est quelque chose de « naturel », « automatique », « spontanée ». « Une manière d’être », avec Jésus Christ comme source. » Un livre découvert il y a presque 20 ans et déterminant dans ma vie chrétienne. J’en ai parlé iciRéédité sous le titre moins inspiré (à mon goût) : « Sortir de sa bulle : l’évangélisation, un style de vie ». Ed. Emmaüs, 2015.

5)« Lire la Bible avec les exclus », de Bob Ekblad. Ed. Olivetan, 2008 : pour une lecture réellement libératrice de la Bible avec les exclus ou les « damnés de la terre » (détenus, drogués, travailleurs clandestins, mères seules…). Le livre que tout passionné d’étude biblique devrait lire. Recommandable, avec quelques nuances toutefois.

Vie chrétienne / Formation du disciple

6)A l’école de la grâce, de Jerry Bridges. Excelsis, 2015. Réédition bienvenue de « Vivre sous la grâce ». Ed. Farel, 1996.

7)Me voici, envoie-moi, de Cor Bruins. BPC, 1986. Ou de l’appel et de la préparation au service pour le Seigneur. Le récit d’un homme de foi, ayant appris à écouter Dieu. Très impactant. Je le relis tous les 10 ans.

8)L’Audace de la foi, de Georges Müller / Alfred Kuen. Edition Emmaüs, 2002, ou l’histoire d’un homme de foi qui a su mener une vie utile et pleine de sens.

9)Les Langages d’amour de Dieu, de Gary Chapman. Farel, 2004. Une manière de s’initier aux fameux « langages de l’amour »…mais cette fois-ci du point de vue de Dieu, qui les parle tous !

10)Laissez-vous transformer, d’Alfred Kuen. Farel, 2000 (voir aussi Du Baptême à la plénitude, de John Stott. Emmaüs, 1977)

11)Sur la brèche, de Norman Grubb. CLC, 1979. Ou l’histoire de Rees Howells, un mineur, qui a connu le réveil de 1904 au Pays de Galles, et a vécu « en simple radical », au service exclusif du Seigneur Jésus-Christ. Une lecture bouleversante, faite en deux jours (pour la première fois sur kindle-qui est moins pratique qu’un « vrai livre » !), et qui m’a permis de prendre « un peu mieux » conscience des enjeux de l’intercession. Voir mon billet à ce sujet. (Voir aussi, sur le même sujet, La prière, de Georges André ; Cent prières possibles, d’André Dumas ; Le Servir dans Sa présence et Sa Présence, d’André Adoul )

12)Dieu, l’écologie et moi, de Dave Bookless. Je sème, 2014 (Voir aussi La Pollution et la mort de l’homme, de Francis Schaeffer. BLF, 2015). Pour une vision juste et biblique de la création et de nos rapports avec elle. « Les clés pour réformer notre vie de disciple, notre louange, notre style de vie et notre mission, afin d’honorer Dieu en répondant pleinement à son appel à prendre soin du monde merveilleux qu’il a créé ». Par le directeur théologique d’A Rocha international.

13)A la reconquête de l’Education chrétienne, d’Albert Greene. ACSI francophonie, 2013 . Ou l’histoire philosophique et culturelle de l’éducation, doublée du récit d’une expérience personnelle de l’auteur. Un livre indispensable pour tout enseignant chrétien convaincu d’un appel particulier dans l’éducation scolaire chrétienne.

14)Just people, du Défi Michée. Ed. LLB, 2015. Mener « juste » sa vie ou mener une vie « juste » ? Un ouvrage de formation et de réflexion destiné à aider les chrétiens et les Eglises intéressés par la problématique de la pauvreté et de la justice sociale à s’investir de manière plus concrète. Voir aussi « Le chrétien et les défis de la vie moderne »(vol.1) de John Stott. Ed. Sator, 1987(collection alliance). Entre être « lumière du monde » et » sel de la terre », faut-il choisir ? Malheureusement épuisé.

15)La force d’aimer, de Martin-Luther King. Ed. Empreinte, 2013(nouvelle édition) : 17 sermons du célèbre pasteur et militant pour les droits civiques des noirs. « Nous ne devons pas être des thermomètres qui indiquent la température de la majorité, mais des thermostats qui transforment et règlent la température de la société. » (Voir aussi : « Le Royaume équilibrée de Dieu » de Richard Borgman. Ed. Le lion et l’agneau, 1995 : « Le Royaume de Dieu » ou « Son règne sur tous les domaines de la vie »… « Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre »)

Accompagnement pastoral / Eglise

16)Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit (Au nom de Jésus, T. 1) et Mener le Bon combat (Au nom de Jésus, T.2), de Gilles Boucomont. Ed. Première partie, 2010 et 2011. Une série essentielle sur la question de « la délivrance » et de l’accompagnement. A découvrir absolument. Un rappel précieux(surtout de nos jours !) de ce qu’est une vision anthropologique biblique (Voir aussi L’Evangélisation des profondeurs, de Simone Pacot. Ed. du Cerf, 1997)

17)Former des disciples, de W. Henrichsen. Farel, 1995. Des conseils pratiques et concrets pour nous aider dans la formation de disciples en Jésus-Christ.

18)L’Essentiel dans l’Eglise : apprendre de la vigne et du treillis, de Colin Marshall/Tony Payne. Ed. Clé, 2014. Ou comme le dit si bien Stéphane K., « ce n’est pas parce qu’on fait les choses rapidement qu’on est productif. Le secret de la productivité n’est pas de faire les choses plus rapidement, mais de faire les choses importantes ». A lire pour soi-même et à offrir à ses pasteurs/anciens d’église. 

19)L’Eglise avec un grand E, de Georges Winston. Ed. Ourania, 2010. Un autre livre essentiel pour découvrir que l’Eglise ne se résume pas à « des clochers dans nos villes et à des noms différents sur des bâtiments différents ».

Les hommes, c’est pour vous

20)Le Silence d’Adam : devenir des hommes de courage dans un monde chaotique, de Larry Crabb (avec la participation de Don Hudson et Al Andrews). Ed. La clairière, 2003. Un excellent ouvrage (recommandé par Anthon sur ce blogue), qui aborde la question des luttes masculines avec sérieux et profondeur, tout en soulignant la vocation extraordinaire de l’homme : « refléter Dieu avec une force pleine de tendresse ». Voir aussi : La dynamique de l’amitié : vers de nouvelles relations, de Rodney L. Cooper. EBV, 1998 (Empreinte). Comment développer des liens d’amitié fraternelle entre hommes, généralement incités à être seuls. Un livre pertinent à lire et à étudier en groupe.

 

Et toi ? Que recommanderais-tu ? (Editions non épuisées, si possible, et en français) Ton avis m’intéresse !