Face au blasphème, deux confessions (de foi), sinon rien….

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (pour « garantir la sécurité du « plus grand pays du monde » ?)

« Quand le roi aura pris place sur le trône, on lui écrira dans un livre un double de cet enseignement sous le contrôle des prêtres-lévites. Il le gardera auprès de lui et le lira tous les jours de sa vie, afin d’apprendre à reconnaître l’autorité du Seigneur son Dieu en veillant à toujours mettre en pratique les exigences et les obligations qu’il contient. Cela lui évitera de se croire supérieur à ses frères et de désobéir aux commandements. Alors lui-même et ses descendants auront un long règne en Israël ». (Deut.17v18-20)

« Ozias fut si admirablement aidé par Dieu qu’il devint de plus en plus puissant et que sa renommée s’étendit au loin. Mais sa puissance le rendit orgueilleux, ce qui causa sa perte, et il cessa d’être fidèle au Seigneur son Dieu : un jour, il pénétra à l’intérieur même du temple pour faire brûler de l’encens sur l’autel du parfum. Le grand-prêtre Azaria, accompagné de quatre-vingts prêtres du Seigneur, tous très courageux, y pénétra derrière lui. Ils se placèrent en face du roi Ozias et lui dirent : « Le roi n’a pas le droit de présenter lui-même les offrandes de parfum au Seigneur. C’est le privilège des prêtres, les descendants d’Aaron, qui ont été mis à part pour ce service. Sors de ce sanctuaire, car tu es en train de te rendre coupable d’une faute grave, qui ne sera pas un acte de gloire pour toi devant le Seigneur Dieu. » Ozias, qui s’apprêtait à faire brûler l’encens, se mit en colère contre les prêtres. Aussitôt la lèpre apparut sur son front, là, dans la maison du Seigneur, près de l’autel du parfum et en présence des prêtres. Le grand-prêtre Azaria et tous les autres prêtres, qui le regardaient, virent la lèpre apparaître sur son front ; ils l’expulsèrent immédiatement, et lui-même, se sentant frappé par le Seigneur, se hâta de sortir de la maison du Seigneur ».(2 Chron.26v16-20)

« Alors, je vis monter de la mer une bête qui avait dix cornes et sept têtes, sur ses cornes dix diadèmes et sur ses têtes un nom blasphématoire (…)Il lui fut donné une bouche pour proférer arrogances et blasphèmes… » (Apoc.13v1,5 )

« Jésus répondit : « Mon règne n’appartient pas à ce monde ; si mon règne appartenait à ce monde, mes serviteurs combattraient pour que je ne sois pas livré aux autorités juives. Mais non, mon règne n’est pas d’ici. » (Jean 18v36)

« Et nous avons vu et nous témoignons que le Père a envoyé son Fils pour être le sauveur du monde ».(1 Jean 4v14)

 

Pourquoi tous ces passages bibliques en introduction ? Vous le comprendrez à la lecture de ce billet où il est notamment question de l’usage (et du non usage) de la Bible, de blasphème et de confessions de foi.

La vidéo de la mort de George Floyd, afro américain de 46 ans à Minneapolis le 25 mai, a choqué le monde entier. Aux États-Unis, elle a suscité une profonde indignation et des manifestations de protestation véhémentes(1).

Pour sa première prise de parole publique, en direct depuis la Maison Blanche, Donald Trump a fait plusieurs annonces martiales : déploiement de milliers de militaires à Washington, demande aux gouverneurs de « dominer les rues » de leurs États… Déstabilisé par la révolte qui embrase les villes américaines, Donald Trump sait qu’il joue sa réélection, sur fond de double crise sanitaire et économique.

Alors que l’autopsie officielle de la mort de George Floyd par asphyxie et arrêt cardiaque lors de son interpellation par la police de Minneapolis, il y a une semaine, confirme l’homicide [un genou du policier sur son cou lui ayant fatalement couper la respiration], et que les manifestations s’étendent à travers le pays, une photo surréaliste s’affiche à la Une des journaux américains mais aussi européens. Celle de Donald Trump, qui pose une Bible à la main devant l’église Saint-John (« l’église des présidents ») endommagée la veille par un incendie lors de manifestations pour dénoncer la mort de George Floyd. Les manifestants avaient été évacués par les forces de l’ordre qui ont fait usage de gaz lacrymogène.

Donald Trump a brandit sa Bible sans l’ouvrir. Il n’a pas non plus prié, ou cité [ou glorifié] Christ le Seigneur, ni même offert de message spirituel. Il a simplement exalté la nation avec force superlatifs, en disant « Notre pays est grand. C’est ce que je pense. C’est le plus grand pays du monde. Nous allons le rendre encore plus grand et cela ne prendra pas longtemps… »

Sur CNN, Mgr Mariann Edgar Budde, du diocèse épiscopal de Washington, qui n’était pas au courant de cette visite, s’est indignée : « Le président vient d’utiliser une Bible… et l’une des églises de mon diocèse, sans autorisation, comme décor pour un message contraire aux enseignements de Jésus et à tout ce que nos églises représentent… Je ne peux pas croire ce que mes yeux ont vu […] Je suis scandalisée », ajoutant « Et je veux juste que le monde sache que nous, dans le diocèse de Washington, conformément à Jésus et sa voie d’amour… nous nous éloignons du langage incendiaire de ce président. Nous suivons quelqu’un qui a vécu une vie de non-violence et d’amour sacrificiel […] Nous sommes du côté de ceux qui demandent justice pour la mort de George Floyd et d’innombrables autres. » Un prêtre épiscopalien a de son côté dénoncé un blasphème(1).

Les chrétiens qui soutiennent ce chef d’état seraient « des chrétiens solidement bibliques » et ayant « nettement plus de discernement spirituel que les autres », nous assure, non pas Le Gorafi, mais un internaute en commentaire sur un blog théologique

Or, ledit chef d’état a prétendu être chrétien mais sans avoir jamais eu besoin de se repentir de quoi que ce soit… Le même a aussi prétendu avoir « le droit absolu de « se gracier lui-même ». Un droit absolu serait un droit divin, obtenu de Dieu au-delà de la constitution. Sauf que la constitution américaine ne permet pas à un président de se gracier lui-même. Il s’agit donc d’un fantasme de toute-puissance. Ultimement, c’est bien Dieu qui pardonne et qui gracie. Nous pouvons être amenés à nous pardonner nous-mêmes pour des choses dont nous nous accuserions sans cesse, mais se gracier de ce que la justice des hommes aurait condamné en nous, quand on sait que toute autorité vient de Dieu, c’est une façon de… se mettre à la place de Dieu. Conséquence spirituelle : quand on craint si peu Dieu qu’on se met à sa place, on risque de le rencontrer. A savoir comment. Dans la conversion ? Alléluia. Dans le jugement ? Ça peut être plus chaud… » (2)

« Tu ne twitteras pas pour trumper » (Source image : compte twitter de Gilles Boucomont, le 28/05/20)

C’est ainsi que l’on ne saurait brandir la Bible, laquelle est Parole de Dieu et non parole des hommes, à la légère. D’autant plus que ces mêmes Ecritures commandent, entre autre : « Tu ne soulèveras pas le nom de l’Eternel ton Dieu pour l’imposture [pour tromper ou pour « trumper », dirait-on aujourd’hui]. Car n’absoudra pas l’Eternel celui qui soulèvera son nom pour l’imposture » (Ex.20v7) « Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations…. », explique Erri de Luca, en soulignant que l’on ne saurait oser « soulever ce nom pour soutenir une imposture « car n’absoudra pas l’Eternel celui qui soulèvera son nom pour l’imposture [Lashàue] ….Le verbe « nasà » précise qu’on soulève le nom de Dieu chaque fois qu’on le prononce, et qu’on en porte tout le poids. Celui qui le hisse sur des armes doit assumer en plus le poids d’un blasphème à des fins de massacres ». C’est là « un tort irréparable, sans rémission pour la divinité. Profanée pour soutenir le faux, c’est un blasphème sans rachat. Comme dans toutes les guerres faites au nom de cette divinité.(3)

A ce stade, il est bon, pour les chrétiens, soucieux de ne pas se laisser instrumentaliser, de prendre le temps d’une pause pour considérer ce en quoi ils croient, de quel règne et de quelle seigneurie ils se revendiquent. De là l’utilité de certaines confessions de foi.  En voici deux, qui me paraissent emblématiques :

1) La déclaration de Barmen

A l’heure où certains chrétiens d’aujourd’hui en viennent à soutenir des leaders pourtant « extrêmes » dans leur discours autoritaire, outrancier et raciste, leur programme, et leur comportement personnel bien peu éthique et biblique, il est frappant de constater, comme nous y invitent notamment Stanley Hauerwas et William H. Willimon, deux pasteurs et théologiens méthodistes américains dans Étrangers dans la cité. Publié pour la première fois en 1990, réédité et augmenté en 2014, que « l’Allemagne nazie fut un test dévastateur pour l’Église. Sous le IIIe Reich, l’Église était tout à fait disposée à « servir le monde ». La capitulation de l’Église devant le nazisme, son incapacité théologique à voir clairement les choses et à les nommer font [ou devraient faire] frissonner l’Église encore aujourd’hui. Pourtant, il s’en trouva quelques-uns pour se soucier de dire la vérité…. » (op. cit., pp 91-92), et pour « dire non à Hitler » – lequel Hitler, orateur de génie, s’était présenté « en tant que chrétien », dans son discours du 12 avril 1922, à Munich : « En tant que chrétien, mon sentiment me désigne mon Seigneur et mon Sauveur comme un combattant (…) En tant que chrétien, (…) j’ai le devoir d’être un combattant pour la vérité et la justice. (…) en tant que chrétien, j’ai aussi un devoir envers mon peuple ».

Représentatif de cette résistance spirituelle, un texte – cité par Stanley Hauerwas et William H. Willimon – est à découvrir absolument, puisqu’il garde toute son actualité aujourd’hui. Il s’agit de la déclaration de Barmen, principalement écrite par Karl Barth (avec la participation d’autres protestants allemands) en 1934, laquelle affirmait la position de l’Église confessante face à Hitler : « Jésus-Christ, selon le témoignage de l’Ecriture sainte est l’unique Parole de Dieu. C’est elle seule que nous devons écouter ; c’est à elle seule que nous devons confiance et obéissance, dans la vie et dans la mort. Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle, en plus et à côté de cette Parole de Dieu, l’Eglise pourrait et devrait reconnaître d’autres événements et d’autres pouvoirs, d’autres personnalités et d’autres vérités comme Révélation de Dieu et source de sa prédication » (op. cit., p 92).

Notons, comme nous y invitent en guise de commentaire Stanley Hauerwas et William H. Willimon, « la nature exclusive et non inclusive de cette déclaration, sa détermination non pas d’abord à faire ce qui est juste, mais à entendre ce qui est juste et à faire valoir la dimension impériale de la Seigneurie du Christ. La déclaration de Barmen tranche avec une Eglise toujours prête à altérer sa proclamation en fonction des désirs de César » (op. Cit., p 92).

Déclaration de Barmen à consulter ici dans son intégralité. Ce texte de la charte de la résistance spirituelle au nazisme a été adoptée à Barmen (Wuppertal), en Allemagne, en 1934, par des membres d’Eglises luthériennes, réformées et unies.

Autres extraits :

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle il y aurait des domaines de notre vie dans lesquels nous n’appartiendrions pas à Jésus-Christ, mais à d’autres seigneur et dans lesquels nous n’aurions plus besoin de justification et de sanctification ».

(…)Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait abandonner le contenu de son message et son organisation à son propre bon plaisir ou aux courants successifs et changeants des convictions idéologiques et politiques ».

(…)« Nous rejetons la fausse doctrine selon laquelle l’Eglise pourrait, en dehors de ce ministère, se donner ou se laisser donner un Chef muni de pouvoirs dictatoriaux ».

Et voici cette autre confession de foi, plus contemporaine et particulièrement originale :

2) « Double citoyenneté »

Je crois que j’ai reçu du Seigneur la double nationalité.
Je suis citoyen d’un autre pays
où l’on ne me demande jamais mes papiers,
où l’on m’accueille en tant que frère ou sœur,
et où la couleur de mon vêtement,
de ma peau ou de mon argent n’ont aucune importance.
Je suis citoyen d’un autre pays où les lois sont respectées
parce qu’elles sont écrites dans les cœurs
et pas seulement dans la pierre ou sur papier,
et où personne ne perd son temps à réclamer ses droits
parce que chacun préfère s’appliquer à être fidèle à ses devoirs.
Je suis citoyen d’un autre pays où Celui qui règne
n’a pas besoin de consacrer la moitié de ses mandats à sa réélection,
parce que sa légitimité est acquise et n’est pas à conquérir.
Je suis citoyen d’un autre pays où la fin est plus importante que les moyens,
où la relation est plus considérée que la domination,
où la parole et la confiance ne sont pas de vains mots.
Et parce que je suis citoyen de cet autre pays,
ma façon de penser, d’être et de vivre sur cette terre
a changé irrémédiablement.
Je vis, je me lève et je parle à mes contemporains
en tant qu’ambassadeur d’un autre monde où tout est possible
et je crois que ce possible est ouvert aux hommes et aux femmes de notre pays.
Amen

Gilles Boucomont, octobre 2006 (4)

 

 

 

Notes :

(1) https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Pourquoi-Donald-Trump-utilise-Bible-2020-06-02-1201097143 ; https://www.la-croix.com/Monde/Ameriques/Affaire-Floyd-Donald-Trump-menace-deployer-larmee-dactive-2020-06-02-1201097056 ; https://www.france24.com/fr/20200602-mort-de-george-floyd-donald-trump-menace-d-envoyer-l-arm%C3%A9e-pour-dominer-les-rues ; https://www.reformes.ch/politique/2020/06/pour-poser-avec-la-bible-trump-fait-evacuer-le-parvis-de-saint-john-etats-unis ; https://theconversation.com/ce-que-la-mort-de-george-floyd-et-ses-consequences-disent-de-lamerique-139776 ; https://www.nytimes.com/aponline/2020/06/01/us/ap-us-america-protests-trump-church.html  ; https://edition.cnn.com/2020/06/01/politics/cnntv-bishop-trump-photo-op/index.html ; https://www.christianitytoday.com/edstetzer/2020/june/bible-is-not-prop.html

(2) Voir notre article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/08/quand-un-chef-detat-pretend-avoir-le-droit-absolu-de-se-gracier-lui-meme-eclairage-biblique-et-consequences-spirituelles/

(3) Voir notre article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/06/15/au-nom-de-dieu/

(4) Initialement parue sur http://1001questions.fr/aunomdejesus/double-nationalite/ puis sur https://temple.dumarais.fr/double-citoyennete-confession-de-foi/

« Ça change tout ! » : L’Evangile qui transforme ta jeunesse

Vivre intégralement l’Évangile : « ça change tout ! »

« Ça change tout ! » pourrait être un nouveau slogan pour faire rêver. En réalité, il s’agit du constat d’une réalité : comment l’Évangile, « une puissance de Dieu pour le salut de quiconque croit », et comment aimer et suivre chaque jour Jésus, notre Seigneur, génèrent le changement intégral dans notre vie.

« Ça change tout ! L’Evangile qui transforme ta jeunesse » est le livre co-édité par la Rébellution(1) et BLF Éditions (28/04/18)– que j’ai trouvé fort bien écrit et construit – de Jaquelle Crowe, une « rebellutionnaire » américaine de 19 ans (2) qui s’adresse franchement à sa génération pour l’encourager : « de jeune à jeune et de disciple de Jésus à disciple de Jésus », elle partage avec simplicité et humilité ce qu’elle a elle-même appris dans les Écritures bibliques, Parole de Dieu, pour vivre une vie abondante. Particulièrement bienvenu, ce livre, que j’ai reçu gracieusement de l’éditeur (que je remercie), vient rappeler que la jeunesse a besoin avant tout de solide pour non seulement croire mais croître dans la foi, sur de bons fondements. Par moments, il m’a fait penser à « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété » de Kent Hughes, mais en version « jeune », pour son approche holistique. En effet, chacun des 8 chapitres composant ce livre aborde un thème classique de la vie chrétienne, comme autant d’illustrations complémentaires du changement opéré par l’Évangile. En utilisant le « nous » inclusif dans les titres de chapitres, Jaquelle Crowe invite d’ailleurs ses lecteurs, disciples de Jésus-Christ, à s’approprier pour eux-mêmes chacune de ces thématiques et à vivre personnellement que l’Évangile change tout, avec de nouvelles (meilleures) perspectives : « notre identité », « notre histoire » ; « notre communauté » (L’Église) et notre nouveau regard/rapport à celle-ci, « notre (attitude face au) péché » (que nous n’aimons plus mais haïssons et combattons – les péchés plus « ordinaires » étant les plus dangereux), nos priorités (aimer Jésus et désirer lui ressembler toujours mieux, soit les finalités de l’exercice des disciplines spirituelles), « notre croissance » (pour nous exercer au discernement), « notre (rapport au) temps » (parce qu’il est précieux) et « nos (façons de vivre nos) relations » avec les autres (parents, frères et sœurs, amis et personnes du sexe opposé).

Ce changement intégral, dans tous les domaines, nous rendra libre de vivre joyeusement à contre-courant de la culture ambiante, qui est un redoutable « faiseur de disciple », et libre d’aimer, glorifier et plaire à un autre que nous-même :  Jésus-Christ, notre Seigneur !

Au final, cette lecture est parfaitement recommandable pour tout jeune, particulièrement né dans une famille chrétienne et s’apprêtant à témoigner que Christ est le Seigneur de toute sa vie, dans le cadre de son baptême. Elle sera également rafraichissante pour les lecteurs moins jeunes. Dans tous les cas, elle est idéale pour l’été, période de défis et de tentations !

 

En savoir plus :

Le lien du livre et cette vidéo :

 

Notes :

(1) « Rébellution » est un mot-valise, composé de « rébellion » et de « révolution ». Une rébellion de jeunes chrétiens non pas contre des autorités instituées par Dieu, mais contre les exigences médiocres de notre société. Le blogue, écrit par des jeunes pour des jeunes, a du « pep’s » et contient quantité de ressources pour booster sa foi et nous encourager à vivre pour Dieu. Il est la version francophone d’un mouvement(« rebelution », avec un seul « l ») initié par Alex et Brett Harris. Si vous êtes anglophone, ne manquez pas de découvrir la version « originale », laquelle met également en avant des projets humanitaires, sociaux et caritatifs.

(2) Jaquelle Crowe est une jeune auteure de 19 ans qui vient de l’est du Canada. Elle est éditrice en chef de TheRebelution.com et contributrice de the Gospel Coalition, desiringGod.org et Unlocking the Bible. Elle anime aussi un atelier pour jeunes écrivains, le Young Writers Workshop. Ca change tout : l’Évangile qui transforme ta jeunesse est son premier livre.

 

 

 

Comment savoir si je suis vraiment chrétien : une question fondamentale

Le chrétien affirme que c’est Jésus le Seigneur qui a désormais autorité dans sa vie.
(Source : convergence bolcho-catholiques)

Une question fondamentale, soulevée par un article publié sur La Rebellution, un très bon blogue jeunesse que je recommande, est de « savoir si je suis vraiment chrétien », et comment peut-on le savoir.  Ce qui suit est une synthèse de ma contribution à la discussion suscitée par ledit article.

La question est effectivement importante, car, « comme l’a écrit J. C. Ryle », cité dans l’article de La Rebellution, « une des plus grandes erreurs de l’Église c’est de ne jamais avoir assez rassuré les chrétiens de leur salut (et du fait qu’ils ne le perdront jamais) et en même temps de ne pas avoir dit assez honnêtement aux non-chrétiens qu’ils allaient en enfer (même s’ils croient le contraire) ». L’article donne la définition « d’un chrétien selon la Bible », mais présente comme « une erreur répandue » de croire « que pour que quelqu’un soit chrétien, il faut forcément qu’il y ait un « avant » et un « après » conversion, qu’il passe par un changement radical (jamais mentionné dans la Bible). C’est bien sûr le cas de ceux qui viennent d’une famille non-chrétienne. Mais certains, par la grâce de Dieu, ont grandi dans une famille chrétienne, ont toujours sincèrement cru en Christ et portent des bons fruits (….) ». Si quelqu’un était dans ce dernier cas, il ne devrait pas attendre « le changement incroyable qui n’arrivera jamais » et ne plus douter.

Même si on peut lire de bonnes choses dans cet article, j’avoue que l’affirmation suivante me gêne un peu : « Une erreur répandue est de croire que pour que quelqu’un soit chrétien, il faut forcément qu’il y ait un « avant » et un « après » conversion, qu’il passe par un changement radical (jamais mentionné dans la Bible)…»

Effectivement, chaque vie est différente et il ne convient pas de se comparer avec d’autres qui ont pu avoir une vie plus bouleversée que d’autres avant leur conversion. Il importe donc de ne pas stéréotyper la façon dont devrait se réaliser/manifester la conversion en Jésus-Christ, qu’il s’agisse d’un enfant de chrétien ou d’une personne qui n’a eu aucun arrière-plan chrétien ou religieux, sur la base de notre vécu et de notre propre référentiel. Alors, oui, les expériences de conversions sont différentes. Elles peuvent être spectaculaires (pour un enfant de chrétien ou non) comme elles peuvent être peu visible (idem). Elles peuvent se produire à un instant précis ou être le résultat d’un parcours plus long, quelle que soit la personne, sa situation, son arrière-plan ou l’étape de sa vie.

Néanmoins, il y a forcément, pour chacun, quel que soit notre arrière-plan, « un avant » et « un après » : le Seigneur Jésus déclare d’ailleurs à un homme de très bonne réputation, sans doute déjà âgé (Nicodème), qu’il lui faut (je souligne) « naître de nouveau » (cf Jean 3v3, 5). Cet exemple édifiant nous révèle que notre vie peut basculer et changer à tout moment, et qu’à tout moment, nous pouvons être rejoint, trouvé et transformé par Jésus-Christ. Cette « nouvelle naissance » est un….changement radical, lequel engage toute notre personne dans ce processus de transformation.

C’est donc bien biblique : faire une rencontre personnelle avec Jésus-Christ, mourir avec Christ et ressusciter avec lui pour une vie nouvelle, être marqué par l’Esprit de Dieu qui fait de nous des enfants du Père céleste, devenir « une nouvelle création » en Christ…C’est « radical », comme changement, non ?

Ceci dit sans jugement (c’est un constat), le drame de certains jeunes, nés dans une famille chrétienne, est d’estimer qu’ils n’ont pas besoin de passer cette étape, confondant sans doute le fait d’avoir été élevé dans la foi avec leur responsabilité personnelle de prendre position pour Christ. Je ne sais pas s’il est juste de dire que des enfants de chrétiens auraient « toujours cru en Christ et vécu selon sa loi », mais ce qui me paraît fondamental est, qu’à un moment de notre vie, nous ayons confessé clairement que « Jésus-Christ est le Seigneur à la gloire de Dieu, le Père » (cf Philippiens 2v11). Pour ma part, bien que né dans une famille chrétienne, Jésus m’a trouvé lorsque j’avais 16 ans. Je lui appartiens aujourd’hui.

Dit autrement, au-delà des étapes/parcours de conversions différentes, nous savons que nous sommes chrétiens, quand nous témoignons, affirmons (par notre vie) et confessons (avec des mots) clairement qu’il y a eu et qu’il y a désormais un changement radical dans ce qui fait autorité dans notre vie. Et le chrétien affirme que c’est Jésus le Seigneur qui a cette autorité dans sa vie. C’est pourquoi l’on peut dire qu’il y a bien « un avant (Jésus Seigneur) et un après (Jésus Seigneur) ». A noter que prier à haute voix nous permet de manifester ouvertement notre confiance en la puissance de Dieu, qui seul nous sauve et nous transforme, plutôt que dans les hommes et/ou une forme de rituel « magique ».

L’enjeu de toute notre vie chrétienne est de vivre ensuite au quotidien cette Seigneurie de Jésus, en veillant à ce qu’il n’y ait plus de « zones réservées/privées », c’est-à-dire des domaines de vie qui ne concerneraient pas Jésus. Tout dans notre vie le concerne. Un témoignage de ce changement radical, après avoir rencontré Jésus, est la démarche logique dès que l’on a fait le pas de la foi : c’est le sens du baptême, qui permet à l’adulte qui se fait baptiser de marquer ce changement, comme sa volonté d’affirmer sa foi.

L’autre enjeu spirituel est de vivre, non plus en « bébé » ou en « enfant », mais en « chrétien adulte », manifestant un christianisme non « identitaire » mais « d’adhésion », affranchi de la foi/désirs de ses parents dans la chair/spirituels.

Concernant notre certitude d’être sauvé, Ephésiens 2v8 souligne que « c’est par la grâce que nous sommes sauvés, par le moyen de la foi. Et cela ne vient pas de nous, c’est le don de Dieu ». Le salut est donc l’œuvre de Dieu seul. Si donc c’est Dieu qui nous sauve, qui pourrait renverser ou détruire ce que Dieu fait ? Qui est plus puissant que Dieu pour détruire Son œuvre ?
En fin de compte, on ne peut pas « perdre son salut », sinon en choisissant de le refuser et de le renier.

Notre Sauveur et Seigneur Jésus-Christ a dit : « J’ai gardé ceux que tu m’as donnés, et aucun d’eux ne s’est perdu, sinon le fils de perdition, afin que l’Ecriture soit accomplie. » (Jean 17v12).

Toi, lecteur, qui es-tu ? A qui appartiens-tu ?

Pourquoi Jésus est le Messie

Jésus est le Messie. Mais pas un messie politique. Pas un messie comme certains peuvent en attendre…..(Source : « Mockingbird »)

Jésus est le Messie.

Parce qu’il a vaincu l’ennemi ultime.

Jésus est le Messie pour Israël. Il n’est pas un « messie politique », comme les juifs en attendaient pour chasser l’occupant romain, ou comme d’autres en attendent aujourd’hui, qu’ils aient pour noms « François », « Marine », « Marion », « Laurent », « Emmanuel » ou « Donald »….

Jésus est venu pour libérer Israël de son ennemi ultime, qui est aussi celui de tout le genre humain.

Cet ennemi est bien plus puissant que l’occupant romain de l’époque, et plus puissant que toutes les oppressions possibles, qu’elles soient politiques, religieuses, économiques, sociales ou physiques. Cet ennemi n’est pas « la Sécu », « les impôts » (servant normalement à financer les services publics, lesquels ne sont pas non plus l’ennemi), « le gauchisme », « les étrangers », « les pauvres », « les chômeurs », « les écologistes », « les grévistes »….

Pâque, c’est « sortir » et « faire sortir »…

Cet ennemi ultime est la mort. Et Jésus est venu libérer l’humanité de ce dernier ennemi(1 Cor.15v26), jusque-là considéré comme « faisant partie de la vie » et dont personne ne pouvait imaginer que l’on puisse en être délivré.

Jésus est le libérateur par excellence : crucifié et ressuscité durant la fête biblique de Pessah (Pâque ou « passage »), il est la Pâque ultime. En ressuscitant, il est celui qui nous fait passer de la mort à la vie.

La Pâque est le mémorial, le souvenir pour les juifs de la libération de l’esclavage en Égypte et la célébration du début d’une vie libre, libre de servir l’Éternel qui les a fait sortir du « pays des angoisses » à « main forte et à bras étendu ».

Aujourd’hui, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré : pour cela, il s’agit de pouvoir nommer ces oppressions.

Jésus a été – et est encore – le plus grand libérateur de l’histoire. Toujours vivant, il continue de libérer ceux qui sont prêts à accepter Son règne comme Seigneur dans ces parties de leur vie où Il ne règne pas encore….

La carte de l’Inconnu (celle que vous n’avez pas)

« Vous l’avez, la carte de l’inconnu ? » (Montage original par Jacques B.)

Un jour de soleil, j’arrivai avec mon neveu de 10 ans pour son cours de foot-bol.
A peine arrivé au terrain, il courut de l’autre côté du champ pour rejoindre une petite foule d’enfants réunis en cercle. Ces derniers criaient des noms que je ne pouvais pas comprendre. Au fur et à mesure que je m´approchais, l’un des noms est parvenu à mes oreilles : « Seigneur de la mort ! Ouais, trop bien ! Wesh, c’est la tête de la mort qui gagne ! »
J’ai été frappé ! Le coup de sifflet de l’entraineur a réveillé tout le monde, et les enfants se lancent et pendant 30 minutes ils courent avec un sourire aussi grand que leur sueur ! Fini le match, les enfants se réunissent rapidement au-dessous du toit. Ils s’installent par terre et de leurs sacs sortent des paquets de cartes ! « La pieuvre ! Lord Magus ! Soldat du trident ! Sorcière de Baal ! Zombie ! Troll vertigo ! L’aveugle tordu ! Angelo Furioso ! » Et j’ai crié : « LA CARTE DE L´INCONNU ! »
Les enfants se tournent vers moi avec les yeux grands comme des œufs ! Je leur dis : « vous l’avez, la carte de l’Inconnu ? »
-(L’un des enfants avec un T-shirt blanc) : il est comment, l’Inconnu ?
(silence)
– (Moi) Vous ne connaissez pas celui « qui a les yeux de feu ? (1) Par sa bouche sort une épée à double tranchant » (2) ?!
– (Enfant avec les yeux noirs) Quoi ?
-(Moi) L’Inconnu est celui qui vit au-dehors du temps et de l’espace, Il traverse le ciel et le centre de la terre jusqu’à l’extrémité de l’univers, il « monte sur un cheval blanc » indestructible et « derrière lui une armée de millions d’anges » (3) qui lui obéit, rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le vaincre. IL est le tout-puissant ! (4) Quand il n’y avait rien de créé, Il était déjà là ! (5)
Leur regard était fixé et leur bouche ouverte…
-(Moi) Vous voulez connaitre le mystère de l’Inconnu ?
-Oui ! continue s’il te plaît (dit un jeune de cheveux frisés) et j’ai continué :
– (Moi) la carte de l’Inconnu a « un Nom qui est au-dessus de tous les autres noms » des autres cartes créées ! « IL est le Roi » sur toutes les cartes ; tous les démons, les zombies, les dragons et les géants « fléchissent leurs genoux devant Lui » et le reconnaissent comme Le Héros imbattable ! (6) Le prince de l’obscurité et le seigneur de la mort tremblent de peur et s’enfuient devant Lui ! (7) Il est la vraie lumière et son visage brille mille fois plus fort et plus puissant que le soleil ! (8) Son feu purifie et détruit tout ! Quand il avance, le ciel et la terre font silence !
(Silence)
– (Moi) Je vais vous dire son nom… c’est un secret qui vient du ciel…vous êtes choisis aujourd’hui pour connaitre le nom de l’inconnu… Approchez-vous !
(Ils s’approchent avec une soif curieuse et retiennent leur respiration)
– (Moi, je leur murmure) …Yeshoua
– Trop bien ! ça veut dire quoi ?
– Oui ! ça veut dire quoi ?
– (Moi) Sauveur… ça veut dire Yeshoua Le sauveur.
– Trop cool ! Et il a sauvé qui ? (a répondu le plus petit d’entre eux, placé à ma droite.)
– Wesh, il les gagne comment ses ennemis ? (enfant à chemise bleu)
– (Moi) Vous avez tous écouté le mystère de la carte de l’inconnu et son Nom révélé est Yeshoua, parce qu’il a sauvé ses amis et sa famille avec son sang ! (9) Car ses ennemis l’ont tué ! Il est mort pendant trois jours et trois nuits (10) …
– Quoi ? Wesh ! pour l’Inconnu !
– Pas vrai ! Je savais que quelque chose était pas bien dans ce truc…
-(Moi) Écoutez la suite ! L’histoire continue… Il a vaincu la mort ! (11) Il s’est réveillé avec toute la force et la puissance de la vie en Lui ! Il a pris la tête de la mort et il l’a écrasé ! (Geste avec mon pied) CRASH !!!
(Encore les yeux comme des œufs)
Si ça vous dit, je vous la raconterai le prochain samedi.
Et j’ai pris mon neveu, qui en me regardant, me demande :
– Tonton, tu en as une ?
– (Moi) une quoi ?
– (Neveu) …et bien une carte de Yeshoua pour gagner tout le monde !
J´l´a trouve comment ?
(Et je souriais).

« La carte de l’Inconnu » (celle que vous n’avez pas). Anecdote inédite et véridique racontée par Jacques Broquet, notre plume invitée que je remercie chaleureusement. Jacques est artiste chorégraphe, danseur, metteur en scène, père de 3 filles – Gabriela, Clara et Camila. Plus de 37 ans marié et heureux avec Adriana. Le nom inconnu du sauveur s’est révélé à lui et maintenant il vit dans le royaume de Yeshoua en France avec toute sa famille.

 

Notes :

(1) Apoc.1v14, 2v18 
(2) Apoc.1v16 
(3) Apoc.19v11, v14 
(4) Apoc. 1v8 
(5) Prov.8v23 et ss, Jean 1v1-2
(6) Philip.2v9-11, Apoc. 17v14, 19v16 
(7) Cf Col.2v15, 1 Jean 3v8, Jacq.2v19 
(8) Apoc. 1v16, Jean 8v12 
(9) Apoc.1v5 
(10) Marc 9v31 
(11) 1 Cor.15v4, 1 Cor.15v24-26, Hébr.2v14 , Apoc.1v18

« A qui appartiens-tu ? » Ta vie chrétienne est-elle « réelle » ou « virtuelle » ?

"Qui est au contrôle ?" Moi ? C'te blague ! (Par Andy Singer)

« Qui est au contrôle ? »
Moi ? C’te blague !
(Par Andy Singer)

Notre vie chrétienne est-elle véritablement « authentique » ? A moins qu’elle ne souffre d’une faible perception(ou d’une perception superficielle) de la vérité et de la foi, de sorte que celles-ci n’ont plus aucune conséquence pratique. En clair, nous pouvons bien savoir ce qui est vrai, ou qu’il est important « d’avoir la foi », tout en vivant en total décalage avec l’une et l’autre. Nous ne marchons pas dans la vérité et ne vivons pas mieux par la foi.

De fait, c’est là vivre la vie chrétienne, la vie d’église (locale) comme une « vie virtuelle » (en « jouant à l’église », en mettant « le masque du bon chrétien »), sans conséquences ou exigences majeures de vivre de façon responsable. C’est là « aller à l’église » comme d’autres iraient en boîte de nuit, en étant « un autre » tout en croyant être « je ». Sans doute pour « se déconnecter » de « la vie réelle » ?

Pour Rebecca Pippert, une telle superficialité vient d’un « appauvrissement de notre conception du titre de Seigneur reconnu à Jésus-Christ »(« La Saveur partagée ». Ed. Farel, 1986, p 60*). Or, un évangile proclamé et affirmé, qui négligerait de préciser[ou alors en l’écrivant « en petits caractères » ?] qu’il implique la reconnaissance de Christ comme Seigneur, autant que comme Sauveur, n’est déjà plus l’Evangile. Et le fait que Jésus soit Seigneur n’est pas une opinion, un frisson ou une sensation : il est un fait qui exige une réponse claire et immédiate. Le salut dépend de ladite réponse. Que vous soyez d’accord ou non ne change rien au fait que « Jésus est Seigneur ».

Et si nous négligeons d’intégrer visiblement Christ dans notre vie, que signifient nos belles professions de foi », s’interroge Rebecca Pippert (op.cit., p61) ? Rien. Ce ne sera que du virtuel.

Mais que signifie « Jésus est Seigneur » de ma vie ? Comment s’exprime la Seigneurie de quelqu’un ou de quelque chose sur notre vie ?

Est seigneur tout ce qui exerce un pouvoir sur nous. Ainsi, relève encore Becky Pippert, « celui qui recherche la puissance a la puissance pour maître. Celui qui recherche l’approbation [ou la reconnaissance-par exemple, sur facebook, twitter, en publiant tout ce que l’on fait à l’instant « T »] des hommes a pour maîtres ceux ou celles à qui il cherche à plaire »(op.cit., p 61). Nous pourrions ajouter les divertissements, les séries TV**, l’argent, l’ambition, la performance, un titre ou une position….Cassons donc un vieux mythe ou un pieux (vieux ?) mensonge : nous ne pouvons pas être notre propre maître, étant toujours assujettis à un maître extérieur à nous.

Si Jésus est bien Notre Seigneur, alors c’est à Lui que revient l’autorité suprême dans notre vie. C’est sans conditions ou sans marchandages possibles. Soit Jésus est « Seigneur de tout », soit Il n’est « pas Seigneur du tout ». De notre décision (la plus grande de notre vie, après nos études, nos choix de carrière ou notre mariage) dépend l’orientation de notre vie, pour l’éternité. Un défi à relever, en ce temps où prédomine l’esprit « CDD » (du court-terme).

Jésus nous laisse libre et respecte nos choix : avec Lui ou sans Lui. Mais si nous sommes libres de nos choix, nous ne sommes pas libres des conséquences de nos choix.

Jésus nous appelle à Le choisir, Lui, prioritairement. Aujourd’hui, et pas plus tard. « Mais alors, Il s’engage », Lui, « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6), « à ne pas nous conduire sur une mauvaise voie, ni sur une voie facile[et illusoire], comme s’Il allait prendre les décisions à notre place[Il n’est donc pas « au contrôle », comme on l’entend souvent, mais est souverain]. Il nous dirige dans le droit chemin[un chemin qui a du sens]sur lequel Il reste ce qu’Il est, sans aucun compromis, et nous demande de devenir réellement ce à quoi nous sommes appelés**. Ce but ne peut être atteint que si nous le suivons, et si nous lui obéissons et si nous maintenons une relation vivante, chaleureuse et dynamique avec Lui »(op. cit., p 62). Jésus est venu, « pour que les hommes aient la vie, et la vie en abondance »(Jean 10v10). Et la vie qu’Il offre, « la vie éternelle », c’est de connaître « le Dieu véritable »(Jean 17v3). Lui, Jésus, est « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v21). « Séparé de Lui, nous ne pouvons rien faire »(Jean 15v5).

Il a donné sa vie pour nous. « Il a été livré pour nos offenses et est ressuscité pour que nous menions une vie juste », une vie pleine de sens, conforme à la volonté de Dieu (Rom.4v25).

Il importe de découvrir le vrai centre de gravité pour notre vie. Si notre vie gravite autour d’un autre sens que Jésus, alors nous ne vivons pas pleinement. « C’est pourquoi Jésus s’efforce de faire prendre conscience (aux hommes) de ce qui les gouverne réellement. C’est pourquoi Jésus se préoccupe davantage de (notre) vie concrète que de (nos) paroles pieuses. Plus que vos affirmations, (c’est la réalité de votre vie) qui indique votre véritable maître »(op. cit., pp 62-63) et manifeste ce en qui/en quoi vous croyez.

Ceci dit, revenons à cette expression si souvent entendue ici ou là – Dieu serait « au contrôle » – ou à l’obsession « du contrôle ». Car si nous ne sommes pas « contrôlés » par de mauvais maîtres, nous serons peut-être tentés d’exercer « un contrôle » sur les autres, voire sur Jésus Lui-même pour l’enfermer dans une boîte ou « l’amener dans nos vues ». Une tentative illusoire, et perdue d’avance concernant Jésus, car si le Seigneur « accepte bien notre foi, jamais Il ne tolérera la moindre emprise de notre part »(op. cit., p 63).

Beaucoup ont tenté d’assujettir Jésus, sans succès. Le premier, peut-être, à l’avoir tenté[sans jeu de mots !] est le diable, en Matt.4v1-11 et Luc 4v1-13 : « Jésus venait de passer quarante jours dans le désert sans prendre de nourriture. Aussi, tout naturellement, Satan tenta Jésus sur le plan de la nourriture. Jésus refusa à son appétit[ou à ses besoins, mêmes légitimes] le droit de diriger ses actes. Ensuite, Satan proposa de donner à Jésus le pouvoir sur tous les royaumes terrestres : il lui suffisait d’adorer Satan. A nouveau, Jésus refusa de reconnaître à la puissance le droit prioritaire dans sa vie ». Alors Satan décida de faire douter Jésus de sa propre identité : « si tu es le Fils de Dieu… »

Or, Jésus, lors de son baptême, avait entendu la voix de Son Père proclamer : « Tu es mon Fils bien-aimé, en qui j’ai trouvé mon plaisir… ». Mais maintenant, après 40 jours de jeûne, Jésus était en position de faiblesse. C’est à ce moment que le diable l’a attaqué sur ce point précis***.

Comment Jésus a-t-il déjoué la tentation relative à son identité ? Non pas en discutant ou en parlementant avec le diable, dans le style : « c’est étrange que tu aies amené cette question sur le tapis aujourd’hui, où je ne me sens pas très bien….peut-être serait-il bon qu’on en discute ensemble. Accorde-moi quelques instants d’introspection pour voir si je me sens bien être le Fils de Dieu. Il serait peut-être bon que je [réécoute cette prédication] ou que je relise ce livre (relatif à ) la prise de conscience de mon identité…. ». Mais non : la réponse de Jésus a été simple, claire et « basique » : « Il est écrit » ou « il est aussi écrit ». Jésus fondait et manifestait la réalité de Son identité, non sur ses sensations, le contexte du moment, ou sur ce peuvent en dire les autres, mais sur la base de la vérité de la Parole de Dieu écrite, ainsi que sur sa relation vivante et vraie avec le Père.

« Si Satan n’a pas hésité à combattre Jésus sur le terrain de la conscience de son identité, il ne serait pas surprenant qu’il nous attaque sur ce même terrain. » (op. cit., p64).

 

En clair, cette question de ce qui fait autorité dans notre vie(« qui est Seigneur ») est d’autant plus essentielle, qu’elle est liée à notre identité. Nous saurons qui nous sommes, si nous savons à qui nous appartenons.

 

Notes :

*Epuisé. Réédité sous le titre « Sortir de sa bulle : l’Evangélisation, un style de vie ». Ed. Emmaüs/GBU, 2015 (Je préfére l’ancien titre…)

**Puisque l’on parle de « chemin », Génération Hillsong Nutella »(GHN) nous en parle d’un (de chemin) « pour les petits combats du quotidien », soit comment résister aux tentations du quotidien. Ou « l’art » du chrétien authentique enseigné par la grâce, « source de salut pour tous les hommes », de savoir d’abord « dire non », avant de « dire oui » (cf Tite 2v11-12), à l’instar de Jésus Lui-même.

*** Et comme le dit si bien GHN : « Le truc de la tentation, c’est de vous prendre au moment de faiblesse ». Evidemment.

 

Qui est Jésus ? Que veut-il ?

Nous sommes un 4 décembre.

Le premier dimanche de l’Avent est passé. Vous vous préparez sans doute à Noël.

Noël est, semble-t-il, une période « idéale » pour parler, ou entendre parler, de Jésus.

Néanmoins, parmi toutes les questions que vous pourrez vous poser ou poser sur Jésus, deux seulement valent la peine d’être posées. Ou que vous(vous)les posiez :

Qui est Jésus ?

Que veut-il ?

Pour l’anecdote, ce sont deux questions posées par celui qui était à ce moment le plus grand adversaire de Jésus…avant de devenir son plus grand serviteur(Lire Actes 9v56).

Qui est Jésus ?

Que veut-il ?

Si l’on ne se pose pas la deuxième question, il est inutile de se poser la première !

Qui est Jésus ? Jésus est Seigneur !

Que veut-il ? Etre le Seigneur de ta vie !

Mais qu’est-ce que la Seigneurie de Jésus sur ma vie ?

Est « Seigneur de ma vie » est tout ce qui exerce un pouvoir, une autorité ou une domination sur moi. Ou ce que je sers. Par exemple, si je recherche la puissance, l’argent, ou l’approbation, j’ai la puissance, l’argent ou le regard des autres pour seigneurs ou maitres.(Voir Rom.6v16)

Que nous le voulions ou non, nous avons tous un maître. L’important est de savoir lequel.

Si c’est Jésus, alors c’est à Lui que revient l’autorité supérieure dans notre vie. C’est à Lui que nous confions les rênes de notre vie et que nous obéissons.

A ce stade, certains diront peut-être ; « j’ai le choix d’accepter ou non Jésus-Christ comme Seigneur, non ? »

Sans doute. Mais cela ne change absolument rien au fait que Jésus est Seigneur. En revanche, ce choix déterminera durablement et radicalement l’orientation de votre vie.

Pourquoi Jésus est-il Seigneur ?

Il est Seigneur en raison de sa nature même :

– Il est Dieu incarné(« La Parole faite chair », « Christ venu en chair », « l’empreinte de la substance » de Dieu…) : Col. 1v15, 2v9 ; Hébr.1v 3 ; Jean 1 et 1 Jean 4v2

– Le Seigneur de la création : Col.1v16-17, Hébr.1v3 ; Marc 4v35-41

– Le Maître de la vie : Jean 10v1-29

Il nous connaît parfaitement et peut sympathiser avec nous : Hébr.4v15

Son autorité s’exerce dans de nombreux domaines : Marc 1v27, 31 ; Marc 2v1-12 ; Marc 5v35-43

 

 

Par amour, Il est mort pour nous.

Il a toute légitimité pour guider notre vie.

 

 

 

« Qui es-tu Seigneur ? »

« Que veux-tu que je fasse ? »

Telles sont les questions essentielles que vous pourrez Lui poser, même si(et surtout), à l’heure actuelle, vous ne (re)connaissez pas(encore)Jésus comme Seigneur.

L’une de ces questions ne va pas sans l’autre, et il est inutile de se poser la première, si l’on ne s’est pas posé la seconde…

Sur ce, bonne préparation de Noël, avec ce chant : « Jésus est Seigneur ! »

Cette version, avec des « effets spéciaux », ou celle-ci, plus « décoiffante » !