Forum des Attestants du 14 mai : « Transmettre l’Évangile, une question de vie ou de mort »

Source image : attester.fr

L’association des Attestants* organise un forum ouvert à tous le 14 mai 2022, de 9h30 à 17h00, autour du thème: Transmettre l’Évangile : Question de vie ou de mort.

Ce rendez-vous se fera 100 % par zoom.

Pourquoi cette thématique ?

Les organisateurs du forum le justifient ainsi : « Alors que la guerre vient de faire son tragique retour à l’est du continent européen, provoquant son cortège de morts, de blessés et de réfugiés, le thème de ce Forum 2022 est hélas particulièrement pertinent et actuel. Nous sommes en pleine fin de crise du Covid en France et alors que le thème de l’héritage s’invitait dans la campagne présidentielle, la guerre en Ukraine lui donne une très forte dimension.

Dans le contexte du débat synodal de l’EPUdF sur Mission de l’Église et ministères, le thème de la transmission de l’Évangile doit bien évidemment prendre une place primordiale. En effet, parmi toutes les facettes de la mission de l’Église, le témoignage de la foi et la transmission de l’Évangile tiennent une place centrale et unique pour tous les chrétiens.

Dans un monde post-moderne où l’individualisme et le prétendu accomplissement personnel sont devenus norme absolue, comment dire le plan de Dieu pour chaque homme et chaque femme de notre temps ? Comment assumer cet héritage formidable que nous avons reçu, en vivre pleinement et le transmettre à notre tour pour que la vie du Ressuscité vienne remplir l’existence d’un maximum de nos contemporains ? Comment transmettre l’Évangile en tout temps et en tout lieu en commençant au plus près de nous, au sein de nos familles, auprès de nos amis, de nos collègues, et de tous ceux avec qui nous vivons au quotidien ? Indépendamment des circonstances sanitaires ou géopolitiques, la transmission de cet Évangile, qui remplit toute notre existence et fonde notre espérance, revêt une urgence pour notre monde tourmenté. Cette urgence est brûlante pour nos Églises.

Cette mission n’est pas celle des seuls spécialistes, théologiens, biblistes, etc. ; elle est celle de chaque chrétien membre du corps du Christ. Chacun à notre niveau et avec les dons que nous avons reçus, nous devons assumer l’Évangile reçu en héritage pour le transmettre à notre tour. C’est pourquoi dans le cadre de notre Forum 2022 nous allons réfléchir et nous former ensemble sur ce thème essentiel, afin d’être à même de remplir la mission que le Christ lui-même nous a confiée ».

Au programme

De 9 h 30-12 h 30, table ronde animée par Marie-Christine CARAYOL, coach et intervenante en thérapie sociale, avec

  • Pierre-Yves KIRSCHLEGER, maître de conférences d’Histoire contemporaine, Université Paul-Valéry, Montpellier
  • Louis SCHWEITZER, professeur émérite d’éthique de la Faculté libre de théologie évangélique, Vaux-sur-Seine
  • Antoine NOUIS, docteur en théologie, co-fondateur de campusprotestant.com

14 h-17 h, Ateliers

  • Dire l’Évangile de façon compréhensible
  • Transmettre l’Évangile dans le scoutisme
  • Transmettre en manifestant son ouverture dans un accueil bienveillant, l’exemple des Parcours Alpha
  • Comment orienter sur l’essentiel en partant des préoccupations et questions posées ?
  • Transmettre l’Évangile dans une Œuvre sociale
  • Témoigner dans la famille
  • Transmettre et partager l’Évangile dans le couple
  • Témoigner auprès des enfants
  • Grands-parents témoins
  • Témoigner auprès des musulmans
  • Annoncer l’Évangile dans une société post-moderne
  • Témoigner en milieu sportif

Renseignements et inscription jusqu’à ce jeudi soir pour les ateliers et obtenir le lien zoom.

*Un événement organisé par les Attestants ; ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples de même sexe. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

Découvrir leur site et mes articles sur ce mouvement.

En quelques mots : Evangile VS culture ?

Dois-je abandonner ma culture pour suivre Jésus-Christ ? Qu’est-ce que la culture ? L’Évangile est-il une culture ? Est-ce la culture d’un groupe qui s’impose aux autres cultures ?….

Une vidéo Libérer!, avec Josiane Ngongang, du temple du Marais (Paris), pour comprendre « en quelques mots » comment s’y retrouver et faire des choix…

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses prochaines formations.

Plus de vidéos sur la chaîne youtube Libérer !

Lutter contre le racisme, le genou à terre

Un nouvel article de « Jo », notre plume invitée, que je remercie !

Depuis bientôt deux ans, le sujet du racisme semble gagner de la visibilité en société et soulever des débats passionnés et des conversations sensibles entre amis, en famille et parfois en église. (*)

Mon constat au fil des années : tous nos efforts militants variés, et toute la bonne volonté du monde ne suffisent pas à faire reculer le racisme de manière significative dans les mentalités et dans la construction de la société. Bien qu’il y ait eu du progrès au fil des époques, les choses ne semblent pas avancer de manière notable et définitive dans la bonne direction. A chaque petite avancée, un mouvement de résistance ou répression vient se dresser en opposition.

En tant que croyant.e, vouloir lutter contre le racisme me semble légitime car c’est une forme d’injustice.

Il serait très tentant de réduire ce combat à la lutte contre les systèmes oppressifs – qui doivent effectivement être démantelés- pour rendre nos sociétés plus justes.

Il me semble que la justice est bien au coeur du projet de Dieu pour l’humanité et que les Ecritures bibliques regorgent d’exhortations à limiter ou éradiquer la prolifération de l’injustice sous toute forme dans les vies et dans les sociétés. S’engager pour plus de justice sociale est donc une démarche alignée avec le royaume de Dieu, et va surement au-delà de notre activisme moderne à base de “hashtags” (ou mots-balise).

Cependant, cette lutte contre des injustices à l’échelle de la société peut nous distraire d’un autre volet fondamental du combat contre le racisme -et contre toute autre cause d’injustice.

Voici ce que nous dit l’apôtre Paul :

Ephésiens 6.12 : « En effet, ce n’est pas contre l’homme que nous avons à lutter, mais contre les puissances, contre les autorités, contre les souverains de ce monde de ténèbres, contre les esprits du mal dans les lieux célestes ».

Je déduis que les hommes et les institutions manifestent dans le monde visible ce qui se passe dans l’invisible. Et c’est bien dans le champ de l’invisible que se trouve l’autre aspect du combat contre le racisme : dans la prière.

Le combat que nous menons est d’abord spirituel : l’ennemi de Dieu continue d’utiliser le racisme pour diviser les humains alors que l’Esprit Saint œuvre à notre unité.
Il va falloir utiliser les armes spirituelles dont Christ nous équipe pour libérer complètement les captifs de ce système en commençant par nous-mêmes. (cf 2 Corinthiens 10.4)

Sans armure spirituelle il est facile de s’épuiser dans le militantisme et s’enfermer dans la frustration.

La prière est un sujet parfois négligé lorsque l’on s’intéresse aux sujets de justice sociale. Pourtant le combat spirituel est réel, à en croire Paul. Quel que soit le domaine concerné par le combat spirituel, nous ne pouvons pas y aller la fleur au fusil, sans un discernement de Dieu et sans comprendre les règles du combat.

Je suis persuadée que les systèmes ségrégationnistes de l’apartheid en Afrique du Sud ou de Jim Crow aux Etats unis sont tombés grâce à une conjonction de choses, dont la prière fidèle de chrétiens mobilisés spirituellement.

Quel rapport entre le combat spirituel et le racisme ?

Essayons de comprendre ce qu’il se passe.

Certains disent que les Noirs sont maudits et sont donc voués à l’échec et à la servitude (je l’ai entendu de Noirs eux-mêmes). Toute une théologie a été développée autour de cette idée à partir de l’histoire de Noé et son fils Cham, mais elle est fausse.

Pour moi toute l’humanité est maudite, quelle que soit notre expérience de vie, car désalignée du projet de Dieu pour les relations humaines.

Ce projet est résumé au début de la Genèse :

Lors de la création du monde, le mandat divin pour les humains était qu’ils dominent sur la terre (sans pour autant la maltraiter), qu’ils voyagent, fassent des bébés et qu’ils collaborent dans leur travail avec les autres humains en tant que représentants de Dieu sur Terre. Jamais un humain n’était censé être violent, maltraitant, dominant sur l’autre, que ce soit par la force, l’argent ou tout autre moyen.
Dans le projet de Dieu les humains ont pour seul “chef” ou “maître” le Seigneur lui-même.

Cependant, très rapidement, une autre dynamique relationnelle se met en place dans les premières pages de la Genèse. Cette dynamique a perduré jusqu’aujourd’hui : partout sur la planète des humains ont mis en place des systèmes basés sur la domination (économique, politique, etc) qui bénéficient aux uns et désavantagent les autres – de génération en génération…depuis très longtemps.
NB: ce type de système se voit le plus clairement dans toutes les structures de forme pyramidale (pensez “pharaon”) qui existent aujourd’hui. Et oui, même dans certaines églises.

Dominer sur un autre humain ne rend pas gloire à Dieu : c’est une œuvre satanique.
Ce qui honore Dieu c’est de se mettre volontairement au service de l’autre, dans une relation d’égal à égal et non plus de dominant et dominé.

C’était cela le projet, c’était l’exemple donné par Christ lors de sa vie sur Terre et c’est aujourd’hui notre défi dans l’Eglise.

L’Eglise doit résister à la tentation d’instituer des formes de domination en son sein ou collaborer avec les systèmes de domination en place dans la société.

Voilà où se situe le combat spirituel: vivre le projet d’égalité pensée par Dieu pour nous.

Comment faire?

L’étape incontournable se trouve au pied de la croix : nous devons tous y abandonner ce qui nous lie spirituellement aux dynamiques dominant-dominé.
Par exemple: des héritages (familiaux, ethniques, nationaux) ou des manières de penser basées sur de fausses identités (d’esclave, de maître, etc) et autres faux raisonnements. Mais ce n’est pas un exercice facile de s’humilier, se repentir pour recevoir de Dieu ce dont nous avons besoin: un coeur nettoyé, un esprit renouvelé.

Dans sa grâce Dieu nous donne en échange de ce que nous abandonnons, une identité en Lui, qui devient alors notre marqueur le plus important.
NB: Il ne nous appelle pas à gommer tout notre héritage culturel ou nos différences; il nous appelle à ne pas en faire un objet de fierté et à en garder ce qui est bon, ce qui porte la trace du royaume de Dieu.

Une fois habillés de cette nouvelle identité, nous pourrons manifester en tant que peuple de Dieu, qu’une autre manière de vivre est possible.

En effet, dans la famille de Dieu nous ne sommes plus considérés principalement par le prisme de la couleur de peau mais d’abord comme des enfants du Père, tous égaux devant Lui et vivant dans une logique à l’opposé des systèmes de ce monde: celle de la fraternité en Christ, le don, le partage, la justice.

En tant qu’enfants de Dieu, nous sommes également appelés à devenir « le bon samaritain » pour les plus faibles : aider celui qui est victime du péché d’autrui (comme dans la parabole qui porte ce nom).
C’est notre confiance en Dieu qui nous poussera à faire de bonnes oeuvres en agissant concrètement pour l’avancée de la justice sociale. C’est un tout, on ne peut pas prendre l’un sans l’autre ou annoncer l’un sans l’autre.
Nous ne pouvons pas nous contenter d’avoir renoncé à une identité de dominé ou dominant: notre nouvelle identité, si nous sommes prêts à la vivre pleinement, se manifestera forcément dans de nouveaux engagements et sur la durée.

De même, nous ne pourrons pas militer sur le long terme sans puiser à la source de vie, sans être renouvelés par le Saint Esprit.

Comment pourrions-nous nous engager à lutter contre le fléau du racisme (et tout autre cause que Dieu mettra dans nos coeurs) à petite et grande échelle?

Commençons par poser la question à Dieu lui-même: “Que puis-je faire à mon niveau, Seigneur ?” C’est l’Esprit de Dieu qui doit nous inspirer l’action, au risque de se perdre dans des projets vains.

Tous ne seront pas des Martin Luther King Jr, mais chacun de nous peut faire quelque chose à son niveau et il y a du travail.

Cela va forcément impliquer des changements dans nos priorités, nos emplois du temps, nos finances…et c’est normal : après tout, si l’Evangile ne nous fait pas changer, ne nous bouscule pas dans notre confort, est-ce vraiment l’Evangile?

Puisse le Seigneur attirer notre regard vers les plus faibles, nous sortir du silence et de l’indifférence en nous remplissant de courage chacun là où nous sommes. Le monde attend la révélation des enfants de Dieu, encore aujourd’hui. (selon Romains 8.19)

Le combat spirituel contre le racisme se mènera au quotidien sur les deux fronts de la prière et de l’action dans la société: le genou à terre, implorant le Seigneur et servant notre prochain.

Le genou à terre (comme certains manifestants lors des marches antiracistes!) implorons un déversement puissant du Saint Esprit, afin que nous retrouvions chacun notre identité en Lui, qui a préséance sur notre couleur de peau et notre nationalité.

Le genou à terre, remplis d’un courage venu d’en haut, mettons-nous au travail pour agir pour la paix, la justice, l’équité, la réconciliation, la guérison, pour notre monde et pour la gloire de Dieu.

Amen.

(*) Non que le sujet n’ait jamais fait l’objet d’étude et de lutte, mais depuis le meurtre de George Floyd, un mouvement beaucoup plus global s’est emparé du sujet. Sur tous les continents divers peuples font lumière et mémoire des réalités des faits coloniaux avérés, de l’esclavage trans-africain et transatlantique, des lois racistes instaurées pendant la période des empires coloniaux, et de leurs conséquences dans le monde du XXIème siècle. Des mobilisations importantes pour dénoncer les inégalités basées sur la notion de race ont commencé en Mai 2020 et se poursuivent, dans les rues et sur les réseaux sociaux.

Sur l’origine du « genou à terre », bien avant Georges Floyd, le football américain et Martin Luther King, voir aussi ici.

De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

« On n’échappe pas à l’amour » : l’exposition immersive de Pâques

Source visuel de l’expo immersive de Pâques : Temple du Marais, Paris

« On n’échappe pas à l’amour » : « Habituellement, on dit qu’on n’échappe pas à la mort  (c’est le lot de toute l’humanité) mais pour le chrétien, il y a une autre perspective avec la passion et Pâques, c’est qu’ultimement nous n’échappons pas à l’amour de Dieu. C’est sa grâce qui nous sauve… ».

C’est ce que m’explique fin mars Caroline Bretones, Pasteure du temple du Marais (Paris), que je remercie, tout en me présentant un projet particulièrement original :

« On n’échappe pas à l’amour » est le titre d’une exposition immersive qui aura lieu les vendredi 15 et samedi 16 avril au Temple du Marais, à Paris, et une manière de faire réfléchir au sens de Pâques.

Par là même, la paroisse protestante, initiatrice et organisatrice du projet, nous invite à découvrir les évangiles dits de la passion. L’expo est conçue comme un cheminement existentiel et spirituel à travers les différentes étapes qui ont mené le Christ au tombeau, du temple de Jérusalem au Mont Golgotha où il fut crucifié.

 « Le projet est venu au cours d’une réflexion sur « comment vivre différemment les temps forts de la semaine sainte ? », me raconte encore Caroline Bretones. « L’an dernier, nous avions réalisé deux vidéos, l’une pour le jeudi saint et le dernier repas, l’autre pour le vendredi saint (lecture méditative et musicale).

Cette année, nous avions envie de vivre quelque chose de différent et de faire en sorte de pouvoir inviter largement, d’où l’expo.

On s’est vite aperçus que le temple se prêtait merveilleusement à un tel projet : le parcours que nous [une équipe de théologiens et d’artistes] avons conçu part du temple (juste après que Jésus a chassé les marchands), et se poursuit dans les différents espaces (choeur, grande sacristie, courettes, crypte, petite crypte) jusqu’à aboutir dans la petite loge attenante au temple qui donne sur la rue… Les gens ne se croiseront à aucun moment ! Nous avons imaginé aussi une bande son [réalisée par Estienne Rylle] qui accompagnera les visiteurs dans chaque espace pour favoriser le côté « immersif », ainsi que le livret qui donnera accès aux textes bibliques et à des petites méditations sur chaque scène. Nous avons aussi bénéficié de la créativité de nos artistes pour imaginer les mise-en-scènes ».

Le parcours à travers les différentes pièces « s’est imposé d’emblée », « de telle sorte que cela forme un vrai cheminement, qui va du chaos dans le temple (surabondance d’objets divers) au dépouillement extrême de la petite crypte qui représentera le tombeau. Nous avons ensuite travaillé à partir des textes bibliques que nous avons relus ensemble avec les artistes. Chacun est venu avec ses idées, des propositions de mise en scène, des impressions, des images. Idem pour la bande son. Nous avons fait des choix ».

Le temple du Marais souhaite « inviter largement », au-delà de la paroisse et du « cercle chrétien ». Mais comment quelqu’un, qui ne s’estime « pas croyant », ou même « sans culture biblique » (pour ne pas dire « religieuse »), peut-il se sentir concerné et entrer dans ce parcours immersif ? Et comment peut-il espérer en ressortir ?

« Notre principale cible cette année, ce sont justement ceux qui ne sont pas familiers des églises et de tout ce que représente la semaine sainte », précise encore Caroline Bretones. « Nous profiterons du fait que notre bâtiment attire le regard et que les gens ont spontanément envie d’y entrer pour visiter…

A partir de là, nous parions sur le fait que les mise en scènes et le livret vont leur permettre de vivre quelque chose de fort spirituellement. Et pourquoi pas, leur donner envie de venir célébrer Pâques le dimanche !! »

Merci, Pasteure Caroline Bretones, pour ce projet et pour toutes vos explications !

Chers lecteurs, à vous de jouer ! Et en vous souhaitant une « Joyeuse Pâques immersive » ce week-end !

En bref : 

 « On n’échappe pas à l’amour » : exposition immersive de Pâques

Lieu : Temple du Marais, 17 rue Saint Antoine 75004 Paris

Horaires de l’expo :

Vendredi 15 avril de 15h à 21h.

Samedi 16 avril de 11h à 17h.

Suivi d’un Culte de Pâques au temple du Marais, dimanche 17 avril 10h30 et 17h30 (culte en ligne : 10h25)

Le parcours :

1 – La purification du temple

2 – Le dernier repas

3 – Le mont des oliviers

4 – Le reniement de Pierre

5 – Le procès de Jésus

6 – Les outrages

7 – La crucifixion

8 – Le tombeau

« Grand remplacement » : origines et conséquences d’une expression raciste

« Un documentaire effrayant et d’utilité publique », paru sur LCP

« Le Grand Remplacement : histoire d’une idée mortifère », un documentaire de l’historien Nicolas Lebourg et du journaliste Thomas Zribi, disponible sur LCP, revient sur l’expression « grand remplacement », largement utilisée pendant la campagne présidentielle par Éric Zemmour. Historiens, politistes et journalistes analysent les racines d’une idéologie qui peut entraîner des passages à l’acte assassins.

« On ne lutte pas assez contre les idées de l’extrême droite radicale. Même si le terrorisme tue, ce qui m’inquiète le plus, c’est que des extrémistes soient capables de s’organiser et peut-être même d’être élus. » Ces mots sont ceux de Peter Hessen, rescapé de la tuerie d’Utoya en Norvège en 2011. Il avait alors 21 ans et se rendait au camp d’été de la Jeunesse travailliste. Anders Breivik, terroriste d’ultra-droite, y a tué 69 personnes au nom de la nécessité de protéger son pays d’une « invasion musulmane » imminente.

La droite identitaire doit cette formule à l’écrivain Renaud Camus, condamné pour provocation à la haine en 2014 (…) L’idéologie associée à ces mots, elle, date du XIXe siècle, selon l’historien Pascal Blanchard : à l’époque de l’empire colonial français, « le mélange des races (était vu comme) quelque chose de dangereux ».

Que ce soit il y a deux siècles ou aujourd’hui, de telles théories ne sont que des « fantasmes qui ne reposent sur aucune donnée statistique ». Historiens, politistes et journalistes analysent avec finesse une croyance qui, bien que banalisée dans le débat public, brasse de très nombreuses idées dangereuses : antisémitisme, islamophobie, racisme, xénophobie, misogynie… Des mots qui entraînent des passages à l’acte assassins. En 2017, huit attentats de cette nature ont été déjoués en France.

(Source : « Grand remplacement » : origines et conséquences d’une expression raciste )

Pour le chrétien lecteur de la Bible, « rien de nouveau », hélas, « sous le soleil ». Il sait en effet que cette expression ne date pas d’hier, puisqu’on la retrouve dans les craintes du Pharaon « qui n’avait pas connu Joseph » et qui voyait dans les Hébreux une menace, ainsi que dans les craintes d’Hérode, qui a eu peur d’être « remplacé » par un nouveau-né [lequel nouveau-né, par ailleurs plus jeune réfugié de la Bible, aurait pu être refoulé à la frontière de l’Egypte, si celle-ci avait mis en place une politique migratoire restrictive]. On connaît la suite logique de telles craintes en Exode 1 (épisode qui sera rappelé à Pâques) et en Matthieu 2.

Découvrir le documentaire de l’historien Nicolas Lebourg et du journaliste Thomas Zribi, disponible sur LCP.

Le mois de la Bible se clôture « en live »

Pour terminer en beauté l’édition 2022 du Mois de la Bible, l’Alliance Biblique Française, dont la mission consiste à mettre la Bible à la portée de tous, s’associe à la Plateforme protestante des radios pour proposer un live exceptionnel le jeudi 31 mars de 20h00 à 22h30. Chanteur, réalisateur ou encore acteur se succèderont sur le plateau pour livrer leur éclairage sur la thématique de cette année : « Quand la Bible inspire les artistes ».

L’émission sera diffusée sur la chaîne YouTube de l’Alliance biblique française et sur les réseaux sociaux des différents partenaires (parmi lesquels la Fédération protestante de France et Radio Arc-en-ciel). Au programme de cette soirée exceptionnelle, des artistes (Meak – auteur compositeur, la conteuse Myriam de Beaurepaire, Estienne Rylle – d’Epiclèse, Claire Oberkampf etc.) mais aussi des chroniqueurs (Jean-Luc Gadreau – Solaé, sur France culture, Sara Le Levier – de l’Alliance Biblique Française, David Métreau – de Christianisme aujourd’hui, Claire Bernole – de Réforme, PRIXM – le média qui nous fait redécouvrir la Bible, etc.).

Pour ne rien manquer, il vous suffit de cliquer sur « définir un rappel » en vous rendant sur la page Youtube dédiée.  

En savoir plus sur l’Alliance Biblique Française et ses projets.

En attendant : vous l’avez peut-être « vu passer », mais ne manquez pas le nouvel épisode du podcast « au commencement », proposé par l’Alliance Biblique Française, ou « la grande histoire » biblique vue par le biais d’histoires personnelles qui l’émaillent. Plongez dans une histoire où la bienveillance et la loyauté permettent de traverser les épreuves. Celle de deux femmes : Noémi, brisée par les deuils successifs, et Ruth, fidèle et dévouée dans l’adversité.

Dans un autre genre et dans la même idée, il y a aussi « The Chosen », la première série multi-saisons sur la vie de Jésus-Christ et -particulièrement – de celles et ceux qui l’ont rencontré [à moins que ce ne soit le contraire] et entouré durant son ministère public.

Jean Hus et le hussitisme ou la subversion d’un christianisme « sans conservateur »

« A trop recourir au christianisme pour défendre un Ordre qu’ils fantasment, (les conservateurs) risquent in fine d’en saper les fondements »

S’il est un lieu commun sur lequel « réactionnaires » et « progressistes » s’accordent, c’est que la religion chrétienne est nécessairement du côté du conservatisme politique et social. Jadis remisée sur le banc de l’obscurantisme par les esprits les plus « éclairés », elle tend aujourd’hui à être instrumentalisée par les courants nationalistes ou conservateurs qui, alléguant des « racines chrétiennes » réduites à un simple patrimoine identitaire [en gros, se dire « pour l’Eglise et contre le Christ » ?], vantent une chrétienté idéalisée afin de sanctifier l’ordre établi et de justifier la sacralisation du pouvoir politique. C’est hélas oublier que le christianisme a très fréquemment été, au cours de son histoire, un facteur de subversion plutôt que de conservation. Des premiers martyrs chrétiens au théologien Jacques Ellul, en passant par le réformateur Thomas Müntzer, le philosophe Søren Kierkegaard ou encore le penseur hétérodoxe Nicolas Berdiaev, de nombreux auteurs justifient leur révolte contre l’ordre établi au nom de leur foi chrétienne, allant quelquefois jusqu’à prêcher, pour certains d’entre eux, une forme de révolution sociale. Une autre figure, à bien des égards inclassable, mériterait d’être citée : celle de Jean Hus (vers 1372-1415), peu connu en France [sinon de la plupart des protestants/évangéliques] mais pourtant révéré en République tchèque comme un héros national.

A découvrir, un article d’Adrien Boniteau intitulé « Jean Hus et le hussitisme : du martyr évangélique à la révolution chrétienne » et paru sur le site de la revue « Philitt »*, le 10 mars 2022, assorti d’un avertissement aux « conservateurs » de tout poil : car, « à trop recourir au christianisme pour défendre un Ordre qu’ils fantasment, ils risquent in fine d’en saper les fondements ».

*Philitt se définit comme une revue antimoderne. Ni « conservateurs » ni « réactionnaires » ni « traditionalistes », et pas non plus « postmodernes », ses auteurs ont « parfaitement conscience d’être des modernes », ne souhaitant « pas un retour folklorique au passé ni pasticher l’ancien monde. Nous sommes donc (…) fatalement modernes tout en restant hostiles aux dérives de l’idéologie du progrès (…). Contre le matérialisme, nous valorisons la spiritualité. Contre l’individualisme, nous prônons les anciennes solidarités. Contre l’homme unidimensionnel, nous défendons l’idée d’une nature humaine plurielle. Nous pensons par ailleurs que, sans Dieu, l’homme se défait ».

En quelques mots : l’abus

L’abus peut être de multiples natures (sexuel, moral ou/et spirituel), mais il a pour point commun « un détournement » de ce qui n’était pas mauvais au départ, soit un rapport de domination qui s’est mis en place et qui ne saurait correspondre aux relations telles que Dieu les a imaginées pour nous.

Une vidéo Libérer! pour découvrir ce qui se passe quand personne n’est à sa juste place ou quand quelqu’un a pris « la place de… ».

Depuis 2008, Libérer! propose une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, qui inclue la relation d’aide, la prière de guérison et la délivrance. Avec les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris.

Plus d’infos sur le ministère Libérer! et ses formations. Prochainement, dans plusieurs lieux en France, en Suisse et à l’Île Maurice, il sera possible de suivre les 1,2,3 avril 2022 une formation Libérer!1 dite hybride, au sens où l’enseignement sera reçu en direct par internet dans les différents lieux où il sera diffusé, et les temps d’appropriation et de prière seront vécus de façon unique et originale dans chaque lieu relai. Préinscription ici.

Retrouver le sens « du » politique avec Clémenceau !

Ce qui est digne « ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité » : par exemple, en retrouvant le sens « du » politique ?

« Nous assistons depuis quelque temps à l’évolution d’un certain genre de patriotisme que la France n’avait pas connu jusqu’à présent. C’est un patriotisme haineux et bruyant, qui ne fait pas œuvre d’union et d’apaisement, mais qui semble avoir pris pour programme de diviser et d’exciter les citoyens les uns contre les autres ».

Qui est l’auteur de tels propos ?

Vous séchez ?

Il s’agit de CLEMENCEAU, dans un DISCOURS DU 24 JUILLET 1887 !

Yannick Imbert repère le propos, au cours d’une lecture de la biographie du personnage, écrite par Michel Winock, spécialiste de l’histoire de la république française.

« Clemenceau prononça ce discours à un moment de grande tension, la IIIe république vivant une crise politique qui risquait de se transformer en crise civile et militaire sous l’influence et la réputation grandissante du général Boulanger », explique Yannick dans une note de blogue intitulée « leçons de Clémenceau ». « Lorsque ce dernier [le général Boulanger, donc] perdit le ministère de la guerre à la suite de l’un des changements de gouvernements dont la IIIe république avait le secret, un mouvement nationalisme fut prêt à le porter au pouvoir en 1889… mais par quels moyens ? L’attaque de Clemenceau se porte très tôt contre lui… dès 1887, mais elle est aussi dirigée vers ses concitoyens appelés aux urnes ».

De là cette question posée par Yannick Imbert dans sa note de blogue : « Quel est le rôle de l’homme, ou de la femme, qui a choisi comme vocation le service civil ? Pas la politique… mais bien le service de la société ». Ce que l’on appelle aussi « le » politique », soitla recherche du bien commun et de l’intérêt général.

« Clemenceau nous offre ici des indications… ou du moins ce sont quelques leçons tirées de ce Clemenceau de juillet 1887 », et par là même « un programme » idéal auquel lui, Yannick, « pourrait souscrire ».

Tout d’abord, « un premier rôle du politicien, le serviteur de la communauté civile, est de faire d’œuvre d’union et d’apaisement. Quelle règle étonnante dans le climat social, politique, et médiatique ! Faisons preuve d’imagination… peignez devant vos yeux une société qui serait guidée, par l’exemple, par une volonté d’unir et d’apaiser, non d’opposer et de blâmer. Ne pas être bruyant, afin de gagner par le volume plutôt que par l’argument, mais conduire dans l’humilité et le service ».

Yannick ne prétend pas « que le vieux Clemenceau soit un bon exemple, ni même que la possibilité se trouve au coin de la rue. Imaginons cependant ! Une société où personne ne serait exciter à tweeter au vitriol, où la parole publique serait écrite, construite, imaginée, pour unir ».

Lire la suite sur son blogue « De la Grâce dans l’encrier ».

L’action du mois : (re)découvrir qu’après « Mozart, que l’on assassine », c’est « le Christ que l’on refoule aux frontières »

Comment la Bible inspire les artistes…mais aussi nous rend créatifs pour aider Notre prochain ? (Source image : ABF)

Voici Mars, et nous sommes en plein mois de la Bible !

A l’initiative de l’Alliance Biblique Française (ABF), et en collaboration avec le syndicat des libraires de littérature religieuse, cet événement annuel vise à faire connaître la Bible, mais aussi ses différentes traductions et éditions, dans le but de susciter l’intérêt de tous envers Le Livre des livres.

Cette édition est aussi l’occasion de découvrir l’influence de la Bible sur notre culture et notre société – vous parlez en effet « Bible » sans le savoir ! (1)– et à quel point elle inspire « en bien et en beau », dans divers domaines de l’art, ou, tout simplement, la vie des artistes, écrivains, cinéastes, peintres, musiciens ou chanteurs !

Visitez le site dédié pour découvrir les libraires participantes proches de chez vous, ainsi que les médias partenaires et les kits d’animations, qu’il s’agisse d’un magazine gratuit, d’un ciné – ou d’un livre – débat, d’une activité de création artistique destinée aux enfants et faisant le lien entre l’écologie et Dieu, ou d’une activité réflective autour d’un tableau de Rembrandt….et bien d’autres choses encore sur la Bible !

Se (re)plonger dans la Bible nous permet aussi de (re)découvrir ce qu’elle dit exactement à propos de l’accueil et de l’amour de l’étranger, en guise d’antidote à toute instrumentalisation, et à l’heure de l’exode de centaines de milliers d’Ukrainiens qui fuient la guerre, suite à l’invasion de leur pays par la Russie, le 24/02/22, selon le dernier recensement de l’ONU. L’Alliance Biblique Française nous explique comment il est possible de soutenir la Société biblique ukrainienne, dans son aide aux civils.

Erri de Luca – lequel compte parmi les auteurs tirant leur inspiration de la Bible à découvrir sur le site du Mois de la Bible, relève dans « Comme une langue au palais » (2) que « Le début du Nouveau Testament ne part pas de zéro, à partir de Jésus, mais ressent le besoin de nommer les générations qui l’ont précédé. Ces dernières croisent David, ancêtre obligatoire du Messie, pour les juifs et les chrétiens (…)Trois douzaines et demie de générations se succèdent dans l’espace des seize premiers vers de Matthieu, des noms d’hommes devenus des stations d’une ligne aboutissant au terminus du monde, au Messie. Au milieu de la liste, exceptionnellement et par contraste, se détachent trois femmes [étrangères] ». Une est Rahab, la prostituée de Jéricho qui sauva les espions envoyés par Josué. Les deux autres étrangères au peuple du livre sont Tamar, la cananéenne, et Ruth, la moabite. Elles épousent des juifs, restent veuves sans enfants. Elles se dépensent sans compter pour rester dans la maison et dans la foi rencontrée. Puissantes de fertilité réprimée et inexaucée, elles donneront des fils à la terre et aux gens de Judas, quatrième fils de Jacob. Elles donneront des fils à la descendance du Messie.

Tamar et Ruth : deux femmes d’autres peuples entrent dans la lignée la plus sacrée et ont le très pur privilège d’être les premiers noms féminins du Nouveau Testament, avant même celui de Marie. La vie de Ruth se passe au temps des Juges (….), la période qui suit la conquête de la Terre promise mais non offerte en cadeau (….) Quand disparaît la génération du désert, témoin des colossales interventions de Dieu, manne comprise, les Hébreux se dispersent. Ils subissent les offensives des autres peuples(…).

Parmi les différents peuples qui arrivaient à l’emporter alors sur Israël, il y eut les Moabites, qui vivaient à l’est du Jourdain. Leur domination sera brisée par un téméraire attentat. Ehud, un gaucher de la descendance de Benjamin, réussira à plonger sa courte épée jusqu’à la garde dans le surabondant embonpoint d’Eglon, roi de Moab. Et il parviendra aussi à s’échapper et à appeler à l’insurrection. Pendant la révolte, dix mille Moabites tombent (…) aux gués du Jourdain [Juges 3v15-30]. Quand on lit, en ouverture du livre de Ruth, qu’une famille juive émigre en terre de Moab au temps des Juges, il faut savoir que les relations entre les deux peuples n’étaient pas cordiales. Et pourtant, la famille d’Elimélekh, une femme et deux fils, fuyant la famine de la terre de Judée, est accueillie avec générosité. Les habitants de Moab les hébergent, donnent une épouse aux deux fils. Ce peuple, malgré les deuils de la guerre, a accueilli les émigrants de la nécessité (…). C’est une des histoires que les générations apprennent et se transmettent. Tout lecteur a le droit de se sentir héritier du tout, d’en souligner un verset, une figure. Ici, on célèbre Ruth, femme de conjonction des deux alliances, les testaments réunis pour nous dans le format Bible » (2).

Ainsi, Antoine Nouis souligne que le commandement stipulant, en Exode 22v19-23, que « Celui qui offre des sacrifices à d’autres dieux qu’au SEIGNEUR (YHWH) seul sera frappé d’anathème » précède cet autre qui dit : « Tu n’exploiteras pas l’immigré, tu ne l’opprimeras pas : vous avez été des immigrés en Egypte. Vous n’affligerez jamais la veuve ni l’orphelin. Si tu les affliges et qu’ils crient vers moi, j’entendrai leurs cris ; je me mettrai en colère, et je vous tuerai par l’épée : vos femmes seront veuves, et vos enfants orphelins » (3).

Les commentateurs en déduisent que la fidélité au Seigneur induit les instructions sur les prochains. Autant il faut rejeter les dieux étrangers, autant il faut être bienveillant avec les étrangers eux-mêmes. Les devoirs envers les étrangers sont évoqués à 36 reprises dans la Torah (les 5 premiers livres de l’Ancien Testament, la première partie de la Bible), soit plus souvent que les commandements relatifs à l’amour de Dieu, à la circoncision et à l’interdiction du mensonge et du vol. Les étrangers sont associés aux veuves et aux orphelins, car ce sont les catégories les plus fragiles de la population qui ont besoin d’être protégées par la loi. En associant la veuve, l’orphelin et l’étranger, la Bible nous invite à avoir le même regard d’accueil pour l’étranger que pour les précaires de notre pays. Si le thème de la protection de l’étranger est répété si souvent, c’est que notre réaction première consiste à nous méfier de l’étranger, à redouter qu’il ne soit une menace pour notre confort et notre sécurité. C’est pourquoi la Bible appelle à la mémoire du temps où le peuple était en esclavage en Egypte cf Deutéronome 26v5-9 (3).

Les chrétiens doivent s’en souvenir aussi, sachant qu’ils sont eux-mêmes « étrangers et voyageurs sur la terre » et « vivant dans la dispersion » cf 1 Pie.1v1 et Hébr.11v13.

Certains sages sont allés jusqu’à dire que l’asservissement en Egypte n’avait d’autre but que d’enseigner l’amour de l’étranger (cf Matt.7v12). Ceux qui ont été étrangers savent ce que cela signifie de vivre au milieu d’un peuple différent(3), et se souviennent de la décision de Pharaon, inspirée par la peur d’un supposé et fantasmatique « grand remplacement », en Exode 1v9-10 : « Voici que le peuple des fils d’Israël est trop nombreux et trop puissant pour nous. Prenons donc de sages mesures contre lui, pour qu’il cesse de se multiplier. En cas de guerre, il se joindrait lui aussi à nos ennemis, il se battrait contre nous et il sortirait du pays ». Initiative sans doute louée à l’époque par certains comme étant « une décision courageuse » et « de bon sens »….

Une société qui ne prête pas attention à l’étranger, la veuve et à l’orphelin est une société du chacun pour soi, ce qui finit par dégénérer dans la violence entre ses membres (3) : Rappelons également, en attendant la fête de Pourim, l’intrigue d’Haman (motivée par la haine pour un seul au départ) auprès du roi Xerxès, en Esther 3v8 et ss, pour se débarrasser d’un peuple jugé « à part. Ils sont partout, infiltrés parmi tous les peuples, dans toutes les provinces de ton royaume ; leurs lois les distinguent de tout peuple, et ils n’agissent pas selon les lois du roi : il n’est pas dans ton intérêt de les laisser en repos… ».

Après « Mozart », que « l’on assassine »(4), voici comment le Christ Lui-même, par ailleurs l’un des plus jeunes refugiés de l’histoire, pourrait être refoulé aux frontières par une politique migratoire restrictive, martelée – ô ironie du sort – par de prétendus « défenseurs de la chrétienté » sans le Christ. Car, dit le Christ aux nations, qui seront notamment jugées sur leur accueil ou leur non-accueil, rendant vaines toutes les justifications (théologiques ou non) possibles : « … j’étais étranger et vous m’avez recueilli (….) Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous avez fait cela pour l’un de ces plus petits, l’un de mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait. (….) J’étais étranger, et vous ne m’avez pas recueilli (….) Amen, je vous le dis, dans la mesure où vous n’avez pas fait cela pour l’un de ces plus petits, c’est à moi que vous ne l’avez pas fait. » (Matt.25v35,40, 43, 45).

Notes :

(1) « Travailler à la sueur de son front », « baisser les bras », « rien de nouveau sous le soleil », « récolter ce que l’on sème », « s’en laver les mains »…autant d’expressions de la Bible !

(2) A lire dans le recueil éponyme d’Erri de Luca. Arcades Gallimard, 2006, pp 85-91. Du même, l’on retrouve ce commentaire de la généalogie du Messie : « Les Saintes du scandale ». Folio, 2014.

(3) D’après Nouis, Antoine.  La Bible. Commentaire intégral verset par verset/1. Le pentateuque. Olivetan/Salvator, 2021, pp 329-330. Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies.

(4) Expression de Saint-Exupéry, dans « Terre des hommes » (1939) – reprise par Gilbert Cesbron pour le titre de l’un de ses romans (1966) : « Ce qui me tourmente, les soupes populaires ne le guérissent point. Ce qui me tourmente, ce ne sont ni ces creux, ni ces bosses, ni cette laideur. C’est un peu, dans chacun de ces hommes, Mozart assassiné. » (Saint-Exupéry, op. cit., Folio, p 182)