« Vivre sa jeunesse autrement : 20 défis pour ma génération », de Joseph Gotte

Un livre écrit tout en vérité, sensibilité, lucidité et humilité, dans un souci de justesse

« Vivre sa jeunesse autrement : 20 défis pour ma génération » est le premier livre de Joseph Gotte, paru le 10 octobre 2019 aux éditions Première Partie.

L’auteur, que j’ai eu l’occasion et la joie de rencontrer à plusieurs reprises, est un jeune chrétien de 22 ans, graphiste de formation et étudiant en entrepreneuriat. Il a également créé en 2016 le blog « Vivre sa jeunesse autrement », au travers duquel il exhorte les jeunes de son âge à vivre leurs « jeunes » années sainement.

Le titre éponyme de son livre sonne comme un défi. Tout d’abord, un défi d’écriture pour celui qui nous partage, lors de la soirée de lancement de l’ouvrage (le 11/10, à la librairie CLC de Paris), que « l’écriture n’a jamais été intuitive » ou même « innée », ni même « une perspective » pour lui. Jusqu’à ce que « Dieu le surprenne », en venant « faire tomber petit à petit (toutes) les étiquettes faussées » collées « sur (sa) vie ».

En 2016, il vit une profonde remise en question qui le pousse à s’interroger sur le sens de la vie. Joseph se met alors en quête de vérité et commence à lire de nombreux livres, ce qui était alors inédit pour lui. A travers ses lectures, il trouve peu à peu des réponses et prend goût à l’écriture.

Dans la continuité de son blog qui fête ses trois ans, il « développe ce nouveau rêve » : celui « de compiler ses réflexions et expériences pour d’autres » et de « publier les grâces de l’Eternel », à la manière du prophète Esaïe, dans un « vrai livre en papier ».

Paradoxalement, le « digital native » qu’est Joseph prend sa génération à contre temps, en l’invitant, à l’heure de la surinformation et de l’omniprésence de la vidéo, à « se déconnecter des flux d’informations et des notifications… », pour prendre le temps de saisir un « vrai livre », soit de « prendre le temps de perdre le temps », pour mieux se retrouver face à soi-même et face à Dieu.

Au-delà du livre, « qui, désormais, ne lui appartient plus », son désir est de voir le lecteur de sa génération prendre conscience de son identité et du sens de sa vie, pour oser faire la différence dans ce monde. Chacun est alors invité à faire un pas dans une quête personnelle de vérité, même si la foi n’est pas une réalité pour tous.

Citant Elisabeth Eliot – « la peur débute lorsque nous commençons à croire que toutes choses dépendent de nous », lui-même témoigne à quel point il est libérateur – libérateur de la peur et de l’échec – de se confier en Quelqu’un de plus grand que soi, Tout Puissant et plein d’amour. Etre (r)assuré du regard de Dieu nous libère ainsi de la peur du regard des autres.

L’autre défi, relevé par le jeune auteur, a consisté à se dévoiler et à s’exposer devant ses lecteurs, au risque de se rendre vulnérable. C’est ainsi que Joseph aborde le besoin de redevabilité (envers ses parents et ceux qu’il appelle « ses mentors »), la quête de sens, l’image de soi, l’orientation scolaire et professionnelle, les relations amoureuses, l’amitié, la vie spirituelle et la religion, la vocation et l’engagement sous toutes ses formes au service d’une cause et des autres (humanitaire, missionnaire ou politique)….sans oublier ses zones d’ombre, qui sont celles de nombreux adolescents, tels le harcèlement scolaire, sa lutte pour sortir de la pornographie, le piège de l’activisme et son addiction aux technologies.

« Vivre sa jeunesse autrement » a été pensé en 20 chapitres, comme l’indique son sous-titre. Chaque chapitre est introduit par une citation – autant de portes d’entrée à la culture populaire ou biblique – et habillé par une illustration symbolique, au parti pris graphique étonnant, en lien avec le contenu. Joseph débute à chaque fois par un vécu personnel, ce qui permet au lecteur de mieux s’identifier et de se sentir concerné par ce qu’il lit. Chaque témoignage introduit avec authenticité un enjeu et une thématique susceptible de toucher la jeune génération, laquelle est invitée à la réflexion et au défi, pour agir en toute conscience et cohérence.

Certes, il existe d’autres ouvrages s’adressant aux jeunes, les invitant à « vivre une vie pleine de défis » – tels « Génération Challenges » des frères Harris ou encore le récent « une vie de défis » de Benjamin E. et Nicolas B., de La Rebellution. Tous ces livres s’apparentent à la démarche du livre de Joseph, mais, comme me l’explique ce dernier, « Vivre sa jeunesse autrement » est unique 1)dans l’importance qu’il accorde au témoignage, 2)dans sa volonté de dresser des ponts avec la culture et les grands sujets de société (l’écologie, le consumérisme…), 3) dans son approche plus axée « évangélisation » qu’ « édification », à destination d’un public non encore chrétien ou même se croyant chrétien, et 4) pour sa vocation œcuménique, à destination des milieux catholiques (voire réformés) et pas exclusivement évangéliques.

Pour ma part, j’ai apprécié l’esprit du livre, écrit tout en vérité, sensibilité, lucidité et humilité, dans un souci de justesse.

Si l’ouvrage s’adresse d’abord aux jeunes lecteurs (de 16 à 22 ans environ), il peut être également apprécié par des lecteurs plus âgés comme une ressource susceptible de les rendre plus lucides, bienveillants et inspirés pour mieux dialoguer avec les jeunes.

A noter que les droits d’auteur sont intégralement reversés à l’ONG FREE, qui lutte contre le traffic sexuel en Roumanie et en Europe.

 

En bref :

Vivre sa jeunesse autrement : 20 défis pour ma génération, de Joseph Gotte. Editions Première Partie, 2019

Disponible dans toutes les bonnes librairies ou chez l’éditeur.

En bonus, l’histoire derrière le livre :

 

Voir aussi ce portrait dans La Croix : « Joseph Gotte, un fils de pasteurs certifié anticonformiste ».

Passez votre prochain week-end Libérer !

« Libérer! », une formation très équilibrée sur les plans théologiques et pratiques, et se voulant un lieu d’enseignement et de témoignage de l’action du Saint-Esprit dans la vie des chrétiens.

Libérer! fait sa rentrée en France.

Cette excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel est proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville, à Paris. Elle s’inscrit dans le cadre du panier de formation inter-Eglises au sein de la Fédération protestante de France, intitulé byReformation.

Libérer! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance.

Enracinée dans les Écritures Bibliques, elle s’appuie sur plus de 10 ans d’expérience-« maison » novatrice de l’Église Protestante Unie du Marais en matière d’accompagnement spirituel (50 personnes formées à l’accompagnement, soit un peu plus de 80 heures de formation).

Une formation équilibrée

J’ai déjà suivi les modules 1 et 2 il y a deux ans, et le module 3 en juillet 2019 et peut attester que la formation est très équilibrée sur les plans théologiques et pratiques. Elle se veut un lieu d’enseignement et de témoignage de l’action du Saint-Esprit dans la vie des chrétiens.

Libérer ! 1 aura lieu les 5 et 6 octobre 2019 à Paris, au Palais de la Femme

Si vous souhaitez participer à cette session, vous avez jusqu’au 4 octobre pour vous inscrire via ce formulaire.

Libérer! 2 Paris aura également lieu les 17-19 janvier 2020. Attention, pour pouvoir faire Libérer! 2, il faut d’abord faire Libérer! 1.

Pour ceux qui n’habitent pas à Paris et qui ne souhaitent, ni ne peuvent se rendre dans la capitale, Libérer! vient à vous, en province :

Libérer! 1 à Strasbourg – 29 novembre-1er décembre 2019 

Libérer! 1 à Valence – 28 février – 01 mars 2020 

 

A lire, en guise de préparation aux séminaires, les ouvrages du Pasteur Gilles Boucomont : « Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit » (T.1) et « Au Nom de Jésus : mener le bon combat » (T.2), tous deux édités chez Première Partie.

« Création en crise ? » Un numéro de Promesses consacré à l’écologie

En 2100, la Terre privée d’ours polaires
Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04
L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

Contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre, l’intérêt des protestants évangéliques aux questions écologiques n’a jamais cessé, et ce, depuis quarante ans.

En témoigne ce numéro de juillet-septembre 2019 de la revue « Promesses »(1), lequel soumet « quelques approches bibliques de l’écologie » à notre réflexion, nous invitant à un regard équilibré à ce sujet. En prime, notre recension de « La pollution et la mort de l’homme » de Francis Schaeffer, initialement parue sur Pep’s Café le blogue !

Au-delà de ces pistes « théo-écologiques » sérieuses, non exhaustives – j’ai particulièrement apprécié « l’avenir de la création » de Joël Prohin (à propos des « nouveaux cieux » et de la « nouvelle terre ») et l’article documenté d’Hélène Farelly sur les OGM – il s’agira, pour le lecteur, d’en tirer des conséquences cohérentes et pratiques : louer Dieu pour sa création ; vivre dans ce monde en témoin, de manière responsable, et dans l’espérance…..C’est ainsi que ce numéro aura atteint son objectif !

Plus d’informations/s’abonner à la revue ici.

 

 

 

Note :

(1) A lire, nos articles sur la revue : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/04/05/la-revue-promesses-edification-reflexion-et-application/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/09/14/dans-les-coulisses-de-promesses-revue-de-reflexion-biblique/

Foireux liens de juillet (34) : « vivre avec son temps », « être moderne »

Les « Foireux liens » de juillet : une actualité « chaude » qui nous invite à réfléchir en toute lucidité sur ce qu’est « être moderne »….

Bonjour ! Vous l’attendiez, la voici un peu plus tôt que d’habitude : la 34ème édition de vos « Foireux liens » !

Au menu : PMA/GPA, préjugés, canicule et droit du travail, néo-management, réchauffement climatique et économie circulaire, biométrie, modernité, antisémitisme et protestantisme, droits de l’homme…..Bonne lecture !

 

1)Le casse-tête de la PMA pour toutes

Le projet de loi sur la bioéthique est examiné par le Conseil d’Etat, il sera arbitré en juillet par Emmanuel Macron, présenté le 26 juillet en conseil des ministres, et adopté à la rentrée, sans doute à une majorité écrasante puisque ce texte-là sera voté aussi par les députés de gauche et même une grande partie des députés de droite. Oui : d’anciens adversaires du “mariage pour tous” vont voter la “PMA pour toutes”, c’est-à-dire la reconnaissance d’un “droit à l’enfant”, y compris pour les couples de femmes homosexuelles. Ce “droit à l’enfant” va contraindre le législateur à modifier, de fil en aiguille, des chapitres entiers du Code civil : tout ce qui concerne le droit de la famille et de la filiation ! Il faudra résoudre des problèmes sans précédent.

Voir aussi : Marketing : et voici la GPA (qui n’aura pas tardé !)

2)Un regard protestant sur la PMA

La Faculté Jean Calvin vient de mettre en ligne l’ensemble des interventions de son Carrefour théologique dédiée à la question de la PMA. Cette conférence, qui a lieu début mars 2019, regroupait des spécialistes comme Donald Cobb, Michel Johner, Rodrigo de Sousa, Anthony Perrot, Marjorie Legendre, Henri Blocher, Matthieu Améra, Jean-Philippe Bru, et Pierre-Sovann Chauny. La publication de ces ressources n’est pas un hasard, vu le calendrier législatif à ce sujet. De quoi nous inciter à prendre le temps d’écouter ces ressources

3) « Vivre avec son temps », « être moderne »

« La droite doit apprendre à vivre avec son temps. À devenir moderne, non par idéologie mais par évidence. C’est l’exigence posée à notre génération (….) Je propose que la droite se pose au moins la question de l’ouverture de la procréation médicalement assistée, qui serait une avancée sociale comme le furent de fait le mariage pour tous, et avant le PACS, et avant l’IVG »…..Dixit Geoffroy Didier, secrétaire général des Républicains et directeur de la campagne européenne du pourtant très conservateur (et anti-IVG) François-Xavier Bellamy, après la défaite historique de son parti à ces élections….

4) C’est l’été : petite FAQ Nature sauvage (v2019)

Bien sûr, l’actualité, ce n’est pas ça. L’actualité, c’est les gilets jaunes, les migrants, la GPA, et beaucoup d’autres choses encore. Et le climat. Mais aussi, c’est vrai, parfois, la perte de biodiversité.  C’est l’été. C’est une saison où on est souvent dehors, où on rencontre la Nature plus souvent. Et tout aussi fréquemment, on observe un phénomène curieux… et on appelle le naturaliste du coin pour en savoir plus ! Alors, voici quelques-unes de ces questions classiques….

5) Travailler en cas de forte chaleur, que dit le droit ?

La canicule sévit depuis ce lundi 24 juin et des mesures exceptionnelles sont prises dans différents domaines. Le plan canicule proposé par le ministère des Solidarités et de la Santé précise les recommandations en cas de forte chaleur. Le brevet des collèges est reporté, des brumisateurs sont installés dans les maisons de retraite, mais qu’en est-il sur le lieu de travail ? Une rumeur urbaine tend à laisser croire que l’employeur est contraint par le code du travail au delà d’une certaine température. Or, il n’en est rien.

6) Occultisme en pack de six

Quand une marque d’eau minérale – propriété d’une multinationale – se met à tenir un inquiétant langage surnaturel…

7) Des sénateurs LR veulent une carte Vitale biométrique

Comment lutter contre la fraude aux prestations sociales ? Tout simplement en injectant un doigt de biométrie. C’est en tout cas l’idée portée par une proposition de loi présentée par les sénateurs LR Philippe Mouiller et Bruno Retailleau, soit Une carte embarquant les empreintes digitales du titulaire….

8) Néo-management ; « Looser », « opposant », « timide » : au CHU de Toulouse, un document suggère de cataloguer des soignants

Seriez-vous un « looser », fragilisé par des situations difficiles de travail ? Ou un « opposant » qui conteste trop souvent la direction ? Ou encore un « pessimiste » ? C’est en ces termes qu’une docteure influente a proposé de cataloguer les personnels soignants du centre hospitalier universitaire (CHU) de Toulouse qui participent à certaines réunions de crise, suite au décès d’un patient notamment. Une manière de « neutraliser » les avis divergents, et un exemple supplémentaire de la façon dont la parole des soignants est considérée par la hiérarchie, alors que les mouvements sociaux se multiplient au sein des hôpitaux publics.

9) Répondre aux préjugés

Marre de lire des commentaires mal informés sur les sites d’info en ligne ou sur les réseaux sociaux ?  Répondez-y ! Répondre aux idées reçues, mais pour quoi faire ? Le site Répondreauxpréjugés.com, de sensibilité progressiste et découvert via le blog de Zeboute, vise à décrypter les préjugés, idées reçues et fausses, que l’on trouve le plus souvent sur le net. Et surtout à proposer, avec un argumentaire thématique, des pistes de réponses. Ces réponses sont basées sur des sources en ligne, ainsi que sur des données factuelles ou chiffrées. A tester, en exerçant son discernement.

10) Réchauffement climatique : le déni

Comme il en a marre d’expliquer sur Twitter pourquoi il fallait agir contre le réchauffement climatique, Tristan Nitot [promoteur du libre et du respect de la vie privée, ancien président de Mozilla Europe et maintenant chez Qwant] explique tout dans un billet de blog intitulé « le déni ».

11) Pourquoi l’économie circulaire ne doit pas remplacer la sobriété

La double « externalité positive » de l’économie circulaire en fait un modèle pour l’économie de demain. Elle encourage la société à créer de la valeur tout en réduisant l’empreinte écologique de son activité, mais présente toutefois certaines limites, voire des effets pervers….

12) Affaire Torondel : coup dur pour la défense des droits humains en France

La Cour d’appel de Douai a confirmé, lundi 24 juin, la condamnation de Loan Torondel pour diffamation pour avoir publié sur Twitter une photographie de policiers se tenant au-dessus d’une des nombreuses personnes systématiquement expulsées des camps informels de Calais. Le communiqué d’Amnesty international.

13) Accueillir la souffrance qui dure

« ….la souffrance des autres nous met en échec, si nous nous donnons pour tâche de les aider à aller mieux. Il nous faut déplacer l’objectif ».

14) USA : « Les évangéliques soutiennent Trump par peur, pas pour des questions de foi. »

Éclairage en anglais.

15) Quand protestantisme rime avec antisémitisme

Retour sur un colloque qui s’est tenu à Oxford, en mai….

16) Sommes-nous prêts à accueillir une théologie du Royaume ?

Nous devons nous rendre prêts à accueillir une théologie du Royaume, ce qui très concrètement veut dire, à la suite de Paul (2 Cor 4) que l’évangile n’est pas que paroles, mais qu’il est une dynamique puissante, que le Saint-Esprit mobilise pour nous faire sortir de nos vies qui trop souvent manifestent plus la faillite et le désarroi, que la liberté et la joie qui résident en Christ.

Et les deux derniers pour la route :

17) Cet objet oublié : le petit commerce de proximité !

Le commerce de proximité, les magasins, les hyper marché ont disparu. Et on se retrouve seul devant un écran. Mais j’ai tout immédiatement et pas cher ! C’est génial ! Vraiment ?

18) S’accaparer ou conserver : Le choix des Poules

Admettons l’hypothèse suivante : vous possédez le même objet que votre voisin, le même. Mais celui-là a quelque chose de mieux que le vôtre : c’est votre voisin qui l’a.  La convoitise est un trait basique du comportement. Des poules en donnent même une illustration édifiante. Cela peut s’expliquer ainsi : deux systèmes, l’un intuitif et l’autre raisonné, agissent ensemble et il arrive que le premier prenne le pas sur le second.

 

Ces Foireux liens sont terminés. Je vous remercie d’avoir pris le temps de les lire attentivement. Prochaine édition en septembre.

 

 

« L’Europe s’est formée et reformée sur des conflits fondateurs » : Entretien avec Olivier Abel, professeur de philosophie

« Europe peut d’un instant à l’autre découvrir qu’elle n’est accrochée à rien, et sombrer dans les flots« (Olivier Abel).

Aujourd’hui, nous recevons, pour la première fois sur Pep’s café, Olivier Abel, auteur du « Vertige de l’Europe », paru chez Labor et Fides en avril 2019. Qu’il soit remercié pour avoir joué le jeu des questions/réponses. C’est là l’occasion de s’intéresser au passé, au présent et au futur de l’Europe, notre Europe, d’autant plus que les Européens éliront leurs députés au Parlement, du 23 au 26 mai 2019. En France, ces élections aux enjeux majeurs auront lieu le dimanche 26 mai. Les électeurs nationaux se sentent généralement peu concernés (42,61% de taux de participation aux élections européennes de 2014). Pourtant, les politiques et les loi adoptées au niveau européen auront un effet direct sur les cadres légaux nationaux, notamment pour les politiques d’asile et de migration, l’emploi, l’environnement, le libre-échange, l’alimentation, la santé…Mais le scrutin peut aussi, sur fond de montée des extrêmes, avoir de grandes conséquences sur l’avenir de l’Europe et de ses valeurs.

 

Bonjour Olivier, peux-tu te présenter ?

Je suis professeur de philosophie éthique à l’Institut Protestant de Théologie de Montpellier, après avoir enseigné 30 ans à l’Institut Protestant de Théologie de Paris, et auparavant au Tchad et quelques années à Istanbul. Cela fait plus de 40 ans que j’enseigne.

1) Comment justifie-tu « le vertige de l’Europe », ton récent ouvrage (avril 2019) foisonnant d’idées, après « la justification de l’Europe » (ton « essai d’éthique européenne » de 1992) – l’un et l’autre paru chez Labor et Fides ?

Les deux ouvrages sont au fond des « Essais d’éthique européenne », et le second est un approfondissement du premier, mais dans une ambiance incontestablement plus sombre. En trente ans, ce que j’appelais La justification de l’Europe a bien changé. La construction européenne s’est réduite à un système de protections, hérissé d’identités simplistes et noyé par un scepticisme néolibéral qui met tout au format d’opinions équivalentes. L’Europe est sur la défensive, sur tous les fronts, et manque de confiance en elle. Il m’a paru urgent, derrière les émois politiques de surface, de ne pas abandonner la question de l’identité aux identitaires de tout poils, et de reprendre la question de fond : qui sommes nous ? D’où venons nous ? Impossible de lever les yeux vers là où nous voulons aller sans revenir, et nous interroger sur le pourquoi en sommes nous là, pourquoi rester ensemble.. Bref quelles sont nos affirmations, nos approbations, nos orientations profondes. Le vertige de l’Europe déplore une construction européenne qui a supposé une sorte d’union, sinon de communion, qui en fait ne sont l’objet d’aucune attention, d’aucun soin, d’aucun travail sur nos conflits, et qui ne sont finalement rien : elle s’est construite sur un vide. On marche mal sur le vide !

2) Comment et pourquoi s’est effectué ce choix du tableau de Félix Valloton (1908), lequel traduit un déséquilibre et un malaise certain, et dont la composition rappelle celle du Titien en 1562, en guise d’illustration de couverture de ton livre ? 

Tu as raison, chaque figure renvoie à une histoire des figurations semblables. Il y a d’abord que j’aime Felix Valloton, sa perception des choses et que cette figure de la jeune Europe accrochée aux cornes de son Zeus de taureau est belle, qu’elle donne à penser. D’abord Europe vient d’ailleurs, sa provenance n’est pas autochtone, c’est un point important pour l’identité — et le rejet de la culture biblique dans la culture européenne actuelle est comme un déni de cela. Ensuite elle est accrochée aux cornes d’une divinité, dont on ne sait pas si elle existe, elle peut d’un instant à l’autre découvrir qu’elle n’est accrochée à rien, et sombrer dans les flots. Enfin cela me fait penser aux jeunes africains qui volent vers l’Europe sur des embarcations qui existent à peine, accroché aux cornes d’un rêve auquel nous mêmes ne croyons plus.

3) Tu présentes ton livre comme « une interrogation sur l’Europe, une déconstruction de l’idée d’Europe, qu’il faut certes critiquer dans ses oeuvres comme dans ses intentions, mais que l’on ne saurait sans risque laisser orwelliser dans le rejet de l’Occident ». Que veux-tu dire par cette expression « orwelliser » l’Europe ? 

Il y a des époques où le présent a été écrasé par le poids du passé, des traditions, de l’héritage. Je crois qu’aujourd’hui c’est l’inverse : le passé est très faible, et jamais sans doute le « présent » de nos sociétés en guerre (guerre économique, guerre des imaginaires) n’a été aussi puissant, capable de rayer jusqu’aux traces du passé, capable de le reconstruire à volonté, de le refabriquer complètement. À propos du passé chrétien, il ne s’agit justement pas de l’idéaliser dans une sorte d’identité mystique toute heureuse ! Mais il ne s’agit pas non plus de l’ « orwelliser » : Milan Kundera reprochait à Orwell d’avoir une manière totalitaire de parler du monde totalitaire, et préférait Kafka, montrant au milieu de l’absurde procès, de sa révoltante injustice, des scènes quotidiennes, ordinaires, remplies de vie, de confiance, de promesses. Comment faire mutuellement place à la diversité, à la délicate complexité de nos héritages, de nos perceptions, de nos attentes ? Oui, nous avons laissé «orwelliser» certains passés, le passé colonial, le passé catholique, le passé chrétien, désormais à la fois occultés dans un amalgame totalitaire, dissimulés, défigurés, et je dirai enterrés vifs dans ce qu’ils avaient aussi de prometteur, et simplement de vécu : c’est historiquement faux, et politiquement décourageant, car on ne peut plus prendre appui sur rien dans le passé, sinon sur un imaginaire amnésique et plaqué, qui empêche d’ailleurs toute véritable critique.

Comment alors opérer ce droit d’inventaire ?

Le problème c’est l’effondrement d’un espace public commun dans lequel ce conflit des mémoires pourrait s’installer et trouver place, s’apaiser jusque dans la conversation ordinaire. La peur du conflit fait qu’on attend seulement de l’usure du temps la solution pour les mémoires blessées (qui sont à nouveau blessées par la représentation du passé qui en est donné). Ce qui fait que les mémoires qui constituent l’Europe, loin de faire ce travail partagé d’inventaire critique dans lequel on entend ce que les autres ont à dire et réciproquement, se murent et s’enferment dans une identité mémorielle muette et bloquée, ou se perdent dans la surenchère de la compétition mémorielle.

4) Tu t’attardes sur ce qui fait « l’ethos européen » et soulignes que le « noyau éthico-mythique » (pour reprendre une expression de Paul Ricoeur) de l’Europe « a été mis en mouvement » par un « pluralisme éthique (ou un désaccord) fondateur ». Que veux-tu dire par là ? N’est-ce pas paradoxal et contradictoire ? 

Oui, je tiens beaucoup à cette expression de « noyau éthico-mythique » proposée par Ricœur. Ce que je développais déjà dans La justification de l’Europe, et que j’avais repris dans divers débats, avec des intellectuels turcs notamment ou chinois, c’est que l’ethos européen est foncièrement un mixte. Un mixte gréco-biblique, par exemple, mais aussi gréco-romain (il ne faut pas confondre les deux !), un mixte judéo-chrétien (là aussi il y a un différend profond qu’il faut comprendre et honorer), un mixte catholique-protestant, etc. Mais loin de prendre soin de ces différends qui forment son moteur, l’Europe, épuisée peut-être par ses guerres intestines, n’a cessé d’évacuer, d’évider, d’énucléer, son « noyau », qui n’était pas purement évangélique, bien sûr, mais où les sources bibliques s’étaient mêlées à d’autres sources, antiques, médiévales, à la Renaissance, la Réforme et la Contre-Réforme, les Lumières, le Romantisme, etc. Et ces sources sont inachevées, d’autres flots viennent se joindre à cette identité inachevée. Oui, cela semble paradoxal, mais il me semble que l’Europe s’est formée et reformée dans une série de conflits fondateurs, où aucune des forces en présence ne l’a emporté complètement, ce qui a obligé l’Europe à faire cohabiter des orientations hétérogènes, et c’est son dynamisme.

4b) Dès lors, si je te comprends bien, il ne serait pas question de nous laisser enfermer dans l’alternative « pour ou contre » l’Europe, ou dans de fausses alternatives entre ce que tu qualifies de « rationalité normative, standardisante et technocratique » d’inspiration néo-libérale actuellement dominante et « l’irrationnel démagogique de la manipulation des peurs » ou replis identitaires et démagogies nationalistes : ce qui nous manque, selon toi, ce serait de confronter plusieurs visions et traditions de l’Europe, qui poursuivent chacune une cohérence désirable, et qui se corrigent mutuellement.  Ce type de débat est-il actuellement ouvert ? Comment le rendre productif et fécond ?

Oui, je trouve lamentable ce débat rituel pour ou contre l’Europe, sans qu’il y ait le moindre débat sur la question de savoir de quelle Europe on parle ! Ce qu’il nous faudrait, ce serait des visions différentes de l’Europe, portées par des partis d’échelle européenne, et non pas nationales. Je ne voudrais pas me substituer à ce qui pourrait émerger d’un espace public européen qui entrerait en discussion sur ce que nous voudrions. Mais il est certains que nous voulons des choses différentes, et même contradictoires, et c’est ce débat sur les visées et les priorités de l’Europe qu’il nous faut organiser.

4c) Il s’agit aussi, comme tu l’écris, de « remettre au centre le questionnement », car « c’est par ce geste interrogatif que l’Europe affrontera la crise identitaire » : l’identité européenne serait-elle donc « interrogative » ou ne serait pas ? Jusqu’à quand ?

Cela c’est mon côté philosophe : je pense que ce que la remise au centre, à équidistance de tous (et sans que nul n’en puisse garder le monopole), du droit de questionner, c’est ce que l’Europe garde du socratisme, c’est à dire du geste initial de la philosophie, geste lui-même d’origine non philosophique, car il est archaïque ce cercle des citoyens dans un espace lui-même circulaire, où chacun tour à tour s’avance pour donner son avis. Cela donne une configuration démocratique, au sens radical du terme, sans cesse à réformer, qui est pour moi celle figurée sur le drapeau européen !

Quelle place pour les certitudes, les absolus, dans « ce geste interrogatif » ?

Tu me demandes jusqu’à quand « ce geste interrogatif » ? N’y a-t-il aucun absolu, aucune limite à ce geste ? J’ai envie de dire que non, ce geste est proprement infini, incessant, sans limite, et c’est cet infini questionnement qui donne sa forme à l’esprit européen. Dans le même temps, je voudrais dire, non plus en philosophe mais en théologien, que le seul absolu c’est Dieu. Ce n’est pas contradictoire pour moi, car c’est par ce Dieu seul absolu que tout le reste est désabsolutisé : nous ne pouvons nous faire une idole ni de la technique, ni de la nature, ni de l’Etat, ni de la science, ni de l’Histoire, etc. bref de rien. La confiance en Dieu nous permet d’interroger librement le monde.

Ce qui serait bon pour l’Europe est-il bon pour le reste du monde ?

C’est une question très juste. Il y a un profond ethnocentrisme européen, qui s’est longtemps cru le centre du monde, et longtemps estimée seule porteuse d’une culture universelle. Cette posture est d’autant plus dangereuse qu’aujourd’hui elle peut s’inverser dans la figure inverse : la civilisation européenne et occidentale est vue comme l’origine de tous les maux : colonialisme et impérialisme, destruction des autres cultures, jadis, ravages écologiques et nihilisme, aujourd’hui. Autrefois on parlait de la question orientale, aujourd’hui de la question occidentale ! Le problème est précisément que la découverte de la pluralité des civilisations est justement contemporaine du deuil de la prétention à avoir le monopole de la civilisation, et que ce deuil peut déterminer soit un raidissement dogmatique ou fondamentaliste, par lequel on s’enferme dans la prétention à avoir seul la vérité, soit à l’inverse dans un scepticisme, un relativisme, ce que Ricœur appelle un nihilisme, qui vide le noyau, le cœur de nos cultures — mon idée est que le cœur de nos cultures est d’abord cultuel, mais que la diversité des manières de rendre grâce, des formes de cultes, est au cœur de la pluralité des humanités. Nous ne connaissons l’humanité qu’au travers d’humanités, de langues et de cultes divers.

5) La suite logique d’un tel débat serait-elle les « Etats pluriels » d’Europe (où placer la capitale ?), plutôt que les « Etats-Unis » d’Europe ? Comment, concrètement, aller au bout de cette logique plurielle et construire l’Europe sur ce « désaccord fondateur » ? A quelle fin ?

Là aussi c’est une question qui me dépasse, c’est à voir ensemble, et il y a une véritable imagination institutionnelle déjà à l’œuvre, qui doit être prolongée et amplifiée. Mais la formule « Etats pluriels d’Europe » me plaît beaucoup : nous pouvons et devons aller bien plus loin dans le pluralisme politique, et c’est la quadrature du cercle, en même temps créer un espace avec des droits libertés, mais aussi des droits sociaux communs, coordonnés, et un espace respectueux et même favorable à la diversité des formes de vie, qui sont transmises dans des milieux familiaux, communautaires, qui ne peuvent que se dissoudre dans un formatage libéral et hyper-individualiste. Cela suppose en effet de ne pas avoir peur de rouvrir nos traditions, et ce que j’appelle nos conflits fondateurs. En ce sens pour moi le « Canon » des Ecritures bibliques est une magnifique illustration de cette imagination instituante, qui a su canoniser ensemble des Livres, des genres littéraires, et même des théologies différentes, pour les amener à témoigner ensemble, à s’admonester fraternellement, dans leur diversité et leur cohérence.

6) Comment, étant « sel et lumière », les chrétiens peuvent-ils se positionner dans ce débat, sachant que certains peuvent être séduits par l’une ou l’autre des alternatives piégées soulignées plus haut ?

Les chrétiens ne peuvent certes pas laisser dire que le christianisme est la culture de l’Europe ! D’abord le christianisme est vivant, depuis toujours et aujourd’hui plus que jamais dans bien d’autres contrées et pays que l’Europe, et nous avons besoin de toutes ces formes de christianisme qui ont su parler à des cultures et des époques différentes, nous leur devons un immense respect. Ensuite le christianisme n’est pas une culture, n’est pas une civilisation : c’est une foi capable de transcender et de traverser, de bouleverser et de réorienter, n’importe quelle culture et civilisation… Cependant il y a une tradition de l’Europe chrétienne, ou plutôt une longue histoire tissée de plusieurs traditions à la fois successives et simultanées, qui ont aussi chacune leur styles de traditionalité. Pour parler à très gros traits, je pense qu’entre les protestantismes américain et européen, ou bien européens et africains, il y a, plus profondément que des divergences théologiques, ou politiques ou morales, des différences de styles, presque des différences d’esthétique qui font qu’ils ne se comprennent pas — et ne comprennent pas qu’ils sont amenés à témoigner dans des situations profondément différentes, devant des auditoires différents. Le pire des témoignages serait de croire que le nôtre est le seul, ou le meilleur ! et de mépriser les autres.

7) Comment vois-tu l’accueil de ton livre, notamment à l’approche des Européennes ?

Je n’en sais rien, c’est une goutte d’eau dans l’océan des paroles, mais je voudrais tenter de tenir ma voix dans ce chœur, car je pense que « nous » (je veux dire ici les protestants français, dans notre situation minoritaire et mixte à bien des égards) sommes placés d’une manière à voir des choses qui passent trop souvent inaperçues, et qui sont pourtant importantes à redire pour rouvrir des promesses fondatrices pour notre petit coin du monde, et en tenir le cap.

 

Ce sera le mot de la fin ! Merci à toi et puisse ta voix « porter dans ce choeur » !

 

 

N’attendez pas d’avoir le temps mais prenez le temps d’une pause Pep’s café

« Prenez le temps » d’une pause pep’s café salutaire, car le temps disponible ne se donnera jamais.
(Source : rawpixel)

S’arrêter sur ce blogue, c’est d’abord répondre à une invitation.

Une invitation à prendre le temps de s’arrêter, deux fois par semaine, les mercredi et vendredi.

Une invitation à prendre le temps d’une véritable pause, à l’heure du café (ou du thé), pour une rencontre salutaire, propice au partage et à la réflexion, avant de reprendre la route.

J’écris bien : « prendre le temps », car le temps disponible ne se donnera jamais.

Pour Erri de Luca, ces « heures prises au reste de la journée » est un « bout d’oreille », une « patte (qu’il a) retirée au gaspillage inexorable, grand dévorateur du temps accordé », à l’instar du berger du livre d’Amos, lequel « sauve de la gueule du lion deux jambes ou un bout d’oreille… »(Amos 3v12)

Comme Erri de Luca l’explique lui-même dans la préface de son livre, « Première heure »(Folio, pp 9-10), « tout au long de (ses)années de vie d’ouvrier », celui qui est maintenant un écrivain feuilletait « les Saintes Ecritures et leur hébreu ancien une heure avant de partir au travail. Il (lui)semblait ainsi saisir un peu de chaque jour nouveau avant qu’il ne soit dérobé par la fatigue(…)Encore maintenant, alors (qu’il)n’exerce plus ce métier, (ll a)gardé cette habitude et cet horaire. »

« Un bout d’oreille, deux jambes »…des morceaux qui peuvent paraître dérisoires, mais quels morceaux ! « Un bout d’oreille » pour prendre le temps d’écouter la Parole d’un autre que nous même ; et « deux jambes », pour « marcher », mettre en pratique ce que l’on aura reçu et compris de cette Parole du jour.

« Rendre productifs les conflits : mission (im)possible ? » Olivier Abel au 8ème Salon de l’Education chrétienne

Comment tirer le meilleur du conflit ? Avec Olivier Abel, dans le cadre du 8ème Salon de l’Education chrétienne (13 avril 2019), consacré à l’éducation à la paix. Source : ADMUE

Comment tirer le meilleur du conflit ? Ne manquez pas la première plénière du 8e Salon de l’Education Chrétienne, animée par Olivier Abel, professeur de philosophie et d’éthique et qui débutera samedi 13 avril, à 9h30 !

Vous êtes jeunes adultes, parents, grands-parents, acteurs de l’éducation ou de l’instruction, professionnels, les inscriptions des adultes sont individuelles, gratuites (libre participation aux frais) et obligatoires avant le 8 avril. Voir ici.

Pensez à inscrire aussi vos enfants de 3 à 12 ans aux animations prévues, si vous souhaitez qu’ils y participent !

Et, en ouverture du Salon, retrouvez le spectacle unique et original de « Madame la Pasteure » ! Destiné à tous les publics, dès 10 ans jusqu’à 90 ans, il met en scène des personnages et événements de l’Ancien et du Nouveau Testament, transposés dans le cadre des années 2010 ! Peut-on faire rire en parlant de Dieu? Venez voir par vous-même le vendredi soir 12 avril !

Informations et programme détaillé ici.

« Une année de grâce » : genèse d’un recueil de méditations quotidiennes

« Une année de grâce » : des pensées partagées avec le lecteur, pour son édification et son encouragement….

Louis-Michel Fillatre, un frère et un ami pasteur, a bien voulu « jouer le jeu » des questions-réponses par mail pour PEP’S CAFE, pour nous parler d’ « une année de grâce », un ouvrage dont il est l’auteur, paru aux éditions du Cèdre, et présenté comme « un recueil plutôt insolite de pensées contemporaines et de réflexions un peu plus anciennes ».  

Qu’il en soit remercié !

 

Bonjour Louis-Michel,

Présente-toi (en quelques mots !)

Marié depuis 40 ans avec Aline, nous avons eu 5 enfants, et pour l’instant 9 petits-enfants. Après des études écourtées, j’ai travaillé en usine, puis, appelé par le Seigneur, j’ai étudié la Parole de Dieu et me suis engagé dans le ministère. A la fin des années 80, avec d’autres personnes, nous avons créé une école chrétienne.

Quels sont tes engagements actuels ? Quels seront ceux à venir et pourquoi ?

Actuellement, je suis surtout occupé par le service pastoral et je travaille encore dans le domaine éducatif et scolaire. L’avenir ? Je ne sais pas … Dieu seul sait ce qu’Il me demandera d’accomplir pour Lui et mon prochain. Avec mon épouse, nous avons confiance qu’Il nous conduira dans les verts pâturages, que ce soit à travers l’épreuve ou par la voie royale …

Tu es aussi l’auteur d’ « une année de grâce », un recueil de « pensées journalières » publié en 2016 aux éditions du Cèdre. Est-ce là ton premier livre ?

En termes de livre, j’ai déjà publié « L’école en Poésie », un recueil de poèmes aux styles divers, modernes et classiques, adaptés aux enfants comme aux adultes.

Un recueil de méditations quotidiennes « de plus », pourrait-on dire ! En quoi se distingue-t-il des autres ?

Il y en a plein effectivement. Je n’ai jamais eu la prétention d’écrire des « méditations ». Ce ne sont que des pensées que j’ai accepté de partager avec le lecteur. C’est ce qu’il y a dans mon coeur, dans ma tête, dans mon quotidien avec Dieu et mon environnement proche ou lointain … Une différence notable avec les autres ? Je ne suis pas Surgeon, Chambers, F. Berger, ou Bob Gass … donc la différence est grande. J’ai quand même une originalité : la diversité des thèmes proposés. Ce n’est pas toujours des versets bibliques à méditer, mais des pensées à partir des fêtes, de la Création, des habitudes humaines, etc.

Ton livre a pour titre « Une année de grâce » : que signifie une telle expression ? Pour un tel choix de titre ?

Dans Luc 4v18-19, Jésus reprend le prophète Esaïe (chapitre 61). Jésus a reçu l’onction du Père pour proclamer l’Evangile (Bonne Nouvelle) : Guérir ceux qui ont le coeur brisé, proclamer la délivrance et la liberté, annoncer l’année de Grâce. Cette « année de grâce » n’est pas terminée tant que Christ n’est pas de retour ! C’est le message de mon livre : la Grâce ! C’est merveilleux ! Vraiment ! Ce n’est pas seulement un mot, un concept, c’est Jésus qui nous accorde Sa présence et qui agit dans notre vie de chaque jour …

Quelle a été la genèse de ce livre ? Comment et pourquoi as-tu choisi de révéler au grand public des pensées bibliques initialement recueillies dans l’intimité « du lieu secret » (Matt.6v6) ?

Une maison d’édition m’avait demandé un écrit de ce genre, mais j’ai finalement répondu à l’attente des Editions du Cèdre. Nous avons travaillé en équipe. Je désirais faire profiter au lecteur des découvertes précieuses, des réflexions positives, joyeuses, propres à fortifier la foi et le courage. On a tous un jardin secret, mais le garder tout le temps fermé serait égoïste ! Il faut dire que si on ne m’avait rien demandé, ce projet n’aurait pas vu le jour.

Es-tu le seul auteur de ces textes ? Quels ont été les critères de sélection des différents textes de différents auteurs qui composent ton recueil ? Pourquoi ce grand nombre de textes d’Adèle Pelaz (1850-1940) ?

Je suis l’auteur dans le sens où j’ai écrit mes textes et collecté des textes « en voie de disparition ». Je ne suis pas le seul à pouvoir apporter un « bout de pain » … d’autres, avant moi, ont dit ou écrit des choses tellement formidables ! Ces « anciens sentiers » peuvent aussi contribuer à la construction de l’édifice aujourd’hui. Le passé reste un fondement. Il ne faut pas en faire un « haut-lieu » mais le prendre comme un héritage utile. Quant à Adèle Pélaz, sa vie et son ministère ont été une grande bénédiction pour Genève, la France frontalière, et le reste de la Suisse. Son message était direct, fondé sur la Parole. Elle défiait la jeunesse, et triomphait par la foi de leurs détresses. Des délinquants sont devenus des hommes d’affaire … Ce fut un bon temps de Réveil. Pour la petite histoire, mon père et mon beau-père étaient issus de ce mouvement de l’Esprit.

Erri de Luca, auteur napolitain de nombreuses méditations bibliques et qui se présente, non comme un athée mais comme « quelqu’un qui ne croit pas », confiait que « ces pages (rédigées) ne sont pas le fruit d’insomnies, mais de réveils » (Première heure. Folio, p 9). Est-ce aussi le cas pour les pages rédigées d’ « une année de grâce » ?

J’ai eu aussi mon lot d’insomnies, mais honnêtement, tous ces textes n’ont rien à voir avec elles. J’ai une image pour expliquer : un enfant, lorsqu’il joue à l’extérieur, est capable de mettre tant de choses dans ses poches, jusqu’à les faire craquer ! Et pour lui, tout ce qu’il ramasse est beau ! Là, je dois remercier mon éditeur car il a su me conseiller pour faire le tri, parfois même enlever des choses « belles pour moi » mais inutiles pour les autres ….

Toi-même, que souhaite-tu « éveiller » (ou « réveiller ») chez ton lecteur ?

L’amour ! Que chacun arrive à « aimer Dieu de tout son coeur » parce qu’Il nous a aimés en premier, de tout son coeur. Ce qu’Il a fait pour moi est sans prix. Comment aurais-je pu payer le prix de mon salut, de ma guérison ? Le psalmiste déclare : « Je t’aime, Ô mon Dieu ». Si nous avons la Bible sans l’Amour, nous devenons légalistes. Si nous avons l’Amour sans la Bible, nous n’avons pas de fondement et nous risquons de dévier…

Ton livre comprend également une préface de Dominique-Jean Pelou, fondateur du magazine « Invitation ». A quoi cette publication nous invite-t-elle ?

Dominique-Jean a accepté de préfacer ce livre, et cela m’a bouleversé. Je l’ai connu à travers mon éditeur. C’est un homme qui ressemble à un alpiniste accroché à la paroi, et qui veut sans cesse s’élever pour arriver au sommet. La qualité de sa foi fait la qualité de son magazine : magnifique (photos professionnelles), pertinent dans son contenu, connecté avec le monde qui l’entoure tant avec l’héritage du passé qu’avec la modernité, et si vivant. Quand on ouvre ce magazine, on a l’impression d’un album de famille. Il est vrai que j’aime beaucoup ce qui vient de la Suisse, puisque mon épouse est Suissesse… « Invitation » nous pousse à la louange, à l’adoration, à la reconnaissance envers notre Créateur.

 

Le mot de la fin est pour toi !

Je souhaite que ce livre « Une année de grâce » soit comme une petite goutte d’eau dans l’océan de la littérature évangélique ; qu’elle contribue à l’édification du Corps de Christ (l’Eglise), qu’elle encourage chaque croyant à persévérer … et qu’elle s’intègre dans la marche du peuple du Seigneur (Apoc.7 et 14) pour la seule Gloire de Dieu.

Merci !

 

 

En bref : Fillatre, Louis-Michel. Une année de grâce : pensées quotidiennes. Editions du Cèdre, 2016.  Disponible dans toutes les bonnes librairies chrétiennes ou chez l’éditeur.