Dans les coulisses de « Promesses », revue de réflexion biblique

La revue « Promesses » : le résultat d’un travail d’équipe, dans le but d’être « une référence biblique solide dans un monde en perte de repères ». (Source : rawpixel)

Joël et Anne Prohin, que j’ai le plaisir de connaître, ont bien voulu « jouer le jeu » des questions-réponses par mail, pour PEP’S CAFE, afin de nous parler de « Promesses »(1) et de leur engagement au sein d’une revue édifiante et pratique, à la longévité étonnante (elle paraît depuis 1967 !) et dont la mission est « d’être une référence biblique solide dans un monde en perte de repères ».

Merci à eux pour le soin extrême avec lequel ils ont bien voulu nous éclairer !

 

Présentez-vous (en quelques mots) !

Nous sommes mariés depuis bientôt 25 ans. Nous avons deux filles adultes et, en parallèle avec nos activités professionnelles (dans la finance pour Joël, dans l’aide bénévole aux étrangers pour Anne), nous sommes impliqués dans notre église locale et dans l’enseignement biblique.

Comment vous êtes-vous engagés au sein de cette revue ? Est-ce là votre première collaboration de ce type ?

Le co-fondateur de la revue, Henri Lüscher, a pris contact avec nous par le moyen d’un ami commun au début des années 2000. Nous avons sympathisé et comme il souhaitait élargir le comité de rédaction de la revue pour préparer le passage de témoin à de plus jeunes, nous nous y sommes engagés… et nous y sommes encore.

Nous avions déjà eu l’occasion de collaborer à des travaux de rédaction : pour la série de commentaires bibliques « Sondez les Ecritures » dans les années 1990 et pour la revue d’édification quotidienne « Plaire au Seigneur ».

Comment définissez-vous votre travail au sein de « Promesses » ?

Notre rôle est principalement dans la rédaction : nous sommes responsables ou co-responsables de 1 ou 2 des 4 numéros annuels. Nous recherchons des articles, contactons les auteurs, réécrivons parfois des textes ou les mettons en forme, rédigeons nous-mêmes des articles. Ensuite nous les soumettons au comité de rédaction, intégrons les modifications proposées en coordination avec les auteurs et assurons la relation avec le graphiste et l’imprimeur pour la finalisation du numéro. Pour les numéros dont nous ne sommes pas directement responsables, nous relisons tous les articles et participons au comité de rédaction. Parfois s’ajoute un travail de correspondance avec les lecteurs qui posent des questions ou font des remarques.

Enfin, nous contribuons aux différentes réflexions autour de la revue (site internet, diffusion, etc.).

Et n’oublions pas la publicité ! Nous avons à coeur de faire connaître autour de nous la revue, en particulier lorsque nous sommes invités dans une nouvelle église ou que nous sommes en contact avec des chrétiens qui ne la connaissent pas.

1)Comment et pourquoi est né « Promesses « ? Comment définiriez-vous cette revue en une phrase ?

« Promesses » est né à l’initiative de deux chrétiens évangéliques suisses [RH. Guignard et H. Lüscher] qui souhaitaient mettre à disposition du public francophone (européen et africain) une revue de réflexion biblique.

En une phrase : « Promesses » est une revue évangélique interconfessionnelle qui vise à proposer une réflexion biblique à la fois accessible et approfondie, à destination des pasteurs, des responsables d’églises et de tout chrétien qui souhaite approfondir ses connaissances de l’Écriture et réfléchir aux enjeux actuels à la lumière de la Bible.

Comment s’est faite l’évolution de ce que l’on appelait au départ « un cahier d’études bibliques » à une « revue de réflexion biblique » ? (Cf l’intention affichée par les fondateurs dans l’édito du premier numéro de 1967)

Depuis que nous collaborons à « Promesses », la ligne n’a pas beaucoup changé. L’objectif est un peu plus large que simplement des « études bibliques » : il vise également à proposer des pistes de réflexion basées sur l’Écriture sur des thèmes théologiques, pratiques ou d’actualité. C’est pourquoi chaque année, nous consacrons un numéro à un livre biblique, un autre à un sujet théologique, un autre à un sujet pratique et enfin un autre à un sujet d’actualité.

2)« Passer le témoin » (« Promesses » de Jan-Mar 2009, N°167) est mon premier numéro d’abonné : comment cette transmission s’est-elle opérée, au sein de « Promesses », sachant la longévité remarquable de la revue (née en 1967) ? Qui est le plus ancien encore en activité et le plus « jeune » (dernier arrivé) dans l’équipe ?

Le plus ancien est le co-fondateur, Henri Lüscher, qui, à plus de 85 ans, est encore présent et impliqué dans la revue. Le plus jeune, Nathanaël Bourgeois, a une quarantaine d’années.

3)Qui lit « Promesses » et pourquoi ?

Le lectorat se répartit essentiellement entre les pays européens francophones ainsi que le Canada, et l’Afrique. Il se compose de pasteurs, enseignants de faculté de théologie, responsables d’églises, anciens, et aussi d’un bon nombre de chrétiens intéressés par une réflexion biblique. Il a tendance à vieillir et un de nos enjeux, comme pour d’autres revues, est de toucher les plus jeunes, moins enclins à s’abonner à une revue papier.

4) »Promesses » se qualifie-t-elle comme une revue indépendante ? Quel est son modèle économique ?

Les abonnements à prix plein couvrent les frais de mise en page, d’impression et d’envoi pour la personne abonnée et laissent une marge permettant de subventionner les revues qui sont expédiées en Afrique. Les dons et le surplus des abonnements dits « de soutien » permettent également de contribuer à ce fort subventionnement envers l’Afrique. La générosité des donateurs a permis d’accumuler « un petit matelas », mais qui s’amenuise chaque année. A terme, il faudra soit relever le prix des abonnements pour l’Afrique, soit diminuer le nombre d’envois. Ajoutons que les auteurs sont tous bénévoles et qu’il n’y a aucun droit d’auteur perçu.

Comment la revue se positionne-t-elle théologiquement et doctrinalement ? Quels sont vos liens avec les différentes dénominations évangéliques et même avec le protestantisme en général ?

La revue dispose d’une confession de foi disponible sur le site. Elle est protestante, évangélique, « fondamentaliste » dans le bon sens du terme c’est-à-dire attachée aux fondements bibliques de la foi chrétienne, en particulier à l’inerrance et à l’inspiration de la Bible. Elle accueille des signatures qui ne sont pas forcément en accord avec tous les points de cette confession de foi, mais qui sont en accord avec le point traité dans l’article.

Il n’y a aucun lien institutionnel avec une dénomination particulière, même s’il se trouve que le comité de rédaction est formé en majorité de chrétiens issus de l’Action biblique et des Assemblées de frères. La revue est ouverte aux diverses « plumes » évangéliques, quelles que soient leur rattachement ecclésiastique.

5)Comment réussissez-vous cette harmonie – des articles longs et profonds mais accessibles au non spécialiste ?  Comment vous démarquez-vous de ces autres publications, telles « La Revue réformée » ou « les cahiers de l’école pastorale » ?

La revue est moins ambitieuse sur le plan théologique que La Revue réformée ou Théologie évangélique mais propose aussi une réflexion plus biblique et moins axée sur l’actualité que Christianisme aujourd’hui. Les articles font en général entre 3 et 6 pages, ce qui laisse une place suffisante à un développement construit, sans pour autant tomber dans la dissertation pour spécialiste. Cet équilibre entre profondeur et accessibilité est toujours délicat à maintenir et c’est un exercice constant pour chaque numéro.

6) En témoigne votre façon de traiter certains sujets d’actualité/de société (Ex : la crise financière en 2008, la différence homme/femme, l’écologie, la justice sociale, le regard sur l’autre, la laïcité, le travail et le chômage – avec ces articles parmi d’autres : « un chrétien peut-il faire grève », « Dieu l’inventeur des congés payés »….), diriez-vous que « Promesses » est une revue « engagée », plutôt à « contre-courant » de certaines tendances dites « conservatrices » ou « libérales », sur ces sujets ? 

Promesses ne se veut pas « engagée » mais elle cherche à appliquer l’immuable Parole de Dieu au contexte actuel, dans toute sa complexité. Nous ne pouvons donc pas faire l’économie d’une approche mesurée, sensible à la complexité des enjeux contemporains. En même temps, nous ne cherchons à faire aucune compromission avec l’air du temps et nous visons avant tout à rester dans l’esprit du texte biblique.

7) Le numéro sur « en attendant le mariage »(183) a vite été épuisé : comment expliquez-vous ce succès ? Une réimpression est-elle à l’ordre du jour ?

Les relations entre garçons et filles — hommes et femmes, pourrions-nous dire — sont de plus en plus compliquées, alors même qu’elles paraissent extérieurement plus simples et plus directes. Voilà pourquoi, peut-être, ce numéro a-t-il rencontré un tel succès. Nous aborderons à nouveau ce thème dans un prochain numéro, car il est très important et les lecteurs y sont sensibles.

8) Les coulisses de « Promesses » : Comment se réalisent les numéros de « Promesses » ? Comment travaillez-vous ? Comment sélectionnez-vous les articles à paraître ? 

Les thèmes sont sélectionnés lors de l’assemblée générale annuelle. Chacun des 4 numéros annuels est attribué à un membre de l’équipe (parfois en duo) qui est alors responsable de rechercher les articles. La composition d’un numéro est toujours un exercice délicat : il faut équilibrer les styles, les approches, les divers aspects du thème retenu… Tous les membres du comité de rédaction contribuent à la recherche d’articles, mais c’est bien sûr le responsable du numéro qui a la part la plus lourde. Les articles sont soit des rédactions originales pour la revue, soit des reprises d’articles antérieurs de revues diverses, soit des transcriptions de messages bibliques donnés ici ou là, soit des extraits de livres épuisés. Certains sont traduits de l’anglais. Nous essayons de diversifier les origines des articles, mais il y a forcément un biais lié au cercle de connaissances du responsable de numéro.

Quelle est l’ambiance-type d’une conférence de rédaction de « Promesses » ? Est-il facile de « défendre »/d’être d’accord sur le choix de certains articles/sujets ? Comment les sensibilités évangéliques s’harmonisent-elles au sein de l’équipe ?

L’harmonie est toujours à rechercher… mais c’est un objectif qui n’est pas facile à atteindre ! Les sensibilités au sein du comité sont parfois diverses, certains étant par exemple plus attentifs à des dérives que d’autres. Certains détails d’interprétation peuvent parfois nourrir de vifs débats. Mais nous sommes unis dans un même objectif et notre convergence de vues sur les grandes doctrines nous aide à progresser vers un consensus à chaque numéro.

Quel est le rôle du « comité de soutien » ? Comment s’est-il constitué ?

Le comité de soutien regroupe des figures connues du monde évangélique ou des anciens membres du comité de rédaction qui, sans s’impliquer directement dans la confection des numéros, souhaitent contribuer au rayonnement de la revue et à sa crédibilité.

« Promesses », « une affaire d’hommes » ? Vous a-t-on déjà dit que la revue manquait peut-être d’un point de vue plus féminin ? (cf numéro sur le travail)

Nous essayons de diversifier les genres… (Anne a d’ailleurs ouvert la voie en étant la première femme à intégrer le groupe des collaborateurs de Promesses) mais les plumes féminines ne sont pas légion parmi les évangéliques. Si certaines lectrices de ce blog sont intéressées pour contribuer, ce sera volontiers. A bonne entendeuse salut !

Aujourd’hui, il est presque banal de dire que la presse papier traditionnelle serait en voie d’extinction : Pourquoi continuer à choisir le papier ? Quel est le rôle du site ? Le considérez-vous comme un complément de la revue, à moins que cela ne puisse – prochainement – être l’inverse ?

Le site se veut en complément de la revue papier. Nous y mettons les numéros avec un an de retard pour ne pas phagocyter la publication papier. Nous sommes encouragés par la fréquentation du site qui est orientée à la hausse. Mais le modèle économique repose quand même sur la revue papier. Cela étant, dans l’avenir, peut-être nous faudra-t-il reconsidérer les choses.

« Promesses » est-elle suffisamment connue, notamment en France, en Europe et ailleurs, selon vous ? Qu’est-ce qui contribue à faire connaître la revue ? Comment assurez-vous sa promotion ? 

Non, nous aimerions que la revue soit davantage connue ! La promotion se fait par le bouche à oreille et repose surtout sur les membres du comité de rédaction : lorsque nous allons dans une église locale, à l’occasion de forums chrétiens, lors de contacts avec des responsables chrétiens, nous en laissons quelques exemplaires. Nous avons également procédé à des publicités via la Maison de la Bible ou la CLC, en annexant un flyer à leurs publicités.

Comment soutenir la revue ? Comment pouvons-nous contribuer à la faire connaître ?

Par plusieurs moyens :
– en proposant des articles, de votre cru ou de personnes que vous connaissez,
– en prenant un abonnement « de soutien » pour aider à financer sa diffusion en Afrique,
– en donnant un numéro à un(e) ami(e) en lui suggérant de s’abonner,
– en priant pour qu’elle soit utile à l’édification des lecteurs.

 Comment voyez-vous « Promesses » dans 5 ans ?

Nous souhaitons qu’elle continue à remplir son rôle d’édification du peuple de Dieu, en particulier évangélique, en offrant un point de vue non doctrinaire mais fermement ancré dans la Bible. Nous prions pour que l’équipe de rédaction puisse se renforcer, en particulier de plus jeunes. Et peut-être le mode de diffusion sera-t-il prioritairement par internet, comme vous le suggériez plus haut !

Le « mot de la fin » est pour vous !

Un grand merci pour l’intérêt que vous portez à cette revue !

 

[Tout le plaisir est pour moi ! Merci à vous ! Remarque : la question sur le site web était quelque peu provocatrice. Mais je constate qu’elle a été prise très au sérieux. En réalité, j’espère que l’équipe de « Promesses » maintiendra le format papier, vu que l’objet revue, que l’on peut feuilleter et se passer de main en main, est de nature à créer du lien !] 

 

 

Note : 

(1)Nous avons en déjà parlé sur notre blogue ici ou là : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/07/27/quelles-spiritualites-le-dossier-inspire-de-promesses/ , https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/02/07/loccultisme-demasque-dans-promesses/ , https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/08/29/levangelisation-personnelle-le-prochain-dossier-de-promesses/ , https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/04/05/la-revue-promesses-edification-reflexion-et-application/

Merci !

Source : Rawpixel

Merci à vous :

Chers (notamment nouveaux) abonnés à ce blogue, pour manifester ainsi votre confiance en ce blogue et son auteur-animateur ;

Fidèles lecteurs – de prendre le temps nécessaire d’apprécier les articles publiés sur Pep’s café – commentateurs, dont j’apprécie la justesse et la pertinence de vos interventions – et relayeurs (notamment notre partenaire, le blogue « Déconstruction de l’Homme » d’Eric Lemaître, mais aussi « Phileo-sophia » d’Etienne Omnès, le SEL France….), pour votre contribution à la visibilité de certains articles ;

– Et enfin, merci à vous, chers contributeurs ou « plumes invitées », pour m’avoir offert vos super articles inédits :

« Aimez-vous les uns les autres » de « La Pep’sette », ma chère moitié :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/29/aimez-vous-les-uns-les-autres/

« La carte de l’Inconnu », une anecdote authentiquement vécue de Jacques Broquet, mon frère en Christ à qui je dis « Shalut » !

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/20/la-carte-de-linconnu-celle-que-vous-navez-pas/

« Mission (im)possible pour Jonas », une étude suivie en deux parties de Louis-Michel, ami et frère pasteur, au coeur de père :

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/20/mission-impossible-pour-jonas-lecture-suivie-1/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/06/22/mission-impossible-pour-jonas-lecture-suivie-2/

« Les 7 samouraïs : réflexion, action ! », une chronique cinéphile de Pierre-Louis, mon autre frère en Christ et fidèle « pep’s man » !

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2018/07/04/les-7-samourais-reflexion-action/

 

Ne manquez pas de les (re)découvrir et de les partager, voire de les commenter !

Sur ce, ce blogue prend quelque repos pour reprendre son activité fin août-courant septembre. Profitez de cette pause pour l’explorer.

Bon été !

Quelle(s) spiritualité(s) ? Le dossier inspiré de « Promesses »

« Le matérialisme, même en plein essor, ne suffit pas à combler les aspirations humaines. Il faut donc autre chose ! Mais quoi ? »
Affiche du film « Super Size me » de Morgan Spurlock (2004)

L’été est généralement propice aux lectures dites « spirituelles », mais l’offre disponible dans ce type de marché rime souvent avec « superficiel ». Il suffit d’aller dans les librairies ou de prendre le temps d’examiner les sélections de livres proposées par certains médias, où le meilleur côtoie le pire, pour s’en rendre compte.

Loin de surfer sur cette mode, « Promesses », revue de réflexion biblique, nous propose un édifiant dossier, curieusement intitulé « quelle(s) spiritualité(s) ? » dans son numéro de juillet-septembre, que j’ai reçu lundi.

Notre siècle sera-t-il « spirituel » ou « ne sera pas », selon ce que l’on attribue à André Malraux (1901 – 1976), à moins qu’il ne soit « religieux » ou « mystique » ? Telle est la première interrogation que nous pouvons lire dans l’édito de Jean Lacombe, en guise d’introduction.

Cette déclaration célèbre (sans doute apocryphe) du XXe siècle exprime une évidence : le matérialisme, même en plein essor, ne suffit pas à combler les aspirations humaines. Il faut donc autre chose ! Mais quoi ? « Le religieux » ? Il « fait toujours référence à une autorité supérieure ». « Le mystique » ? Trop irrationnel. Le « spirituel » est mieux accepté, mais le définir est peu aisé : il est généralement compris comme une recherche personnelle de « sa » vérité du sens et du but de son existence. Il n’y aurait donc pas « une » mais « des » spiritualités, chacun étant invité à trouver et à vivre « la sienne ». Justement : comment s’y retrouver ?

A ce sujet, « Promesses » nous propose quelques pistes, non exhaustive, mais suffisantes pour nous inciter à nous mettre en route vers la source d’une spiritualité authentique, marquée par l’amour et la vérité parfaits. Au menu, plusieurs articles divers et variés (études, méditations, recensions d’ouvrages) : « nouvelles spiritualités » (Florent Varak et Patrick Lüthert), « diverses formes de la spiritualité chrétienne » (Joël Prohin), « chrétien spirituel, chrétien charnel » (Bob Deffinbaugh) ; « dangers possibles des « disciplines spirituelles » (Don Carson), sans oublier le « remède contre le découragement spirituel » (Raphaël Charrier) et ces deux piliers de la spiritualité : « la prière personnelle » (Pierre Conod) et « méditer la Bible » (Bernard Sautel). Enfin, l’on trouvera la recension de « Homme de Dieu, exerce-toi à la piété » de Ken Hughes, initialement parue le 26/01/18 sur Pep’s café, le blogue.

 

La revue n’est disponible que sur abonnement et le numéro ne figure pas encore sur le site. Si vous souhaitez vous le procurer et/ou si vous vous intéressez à « Promesses », ne manquez pas d’aller voir ici.

Foireux liens de juillet (28) : consommations, mensonges et dépendances

Les « Foireux liens » de juillet : une édition « chaude »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien…

De nouveaux « foireux liens » pour l’été, avec une nouvelle sélection de ce qui nous a paru marquant depuis ces deux derniers mois. Cette édition de juillet, particulièrement « osée »,  vous propose des « sujets chauds »…..pour réveiller, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien, et nous encourager à rester vigilants, en cette période de défis et de tentations !

Nous vous souhaitons de bonnes lectures édifiantes ! 

 

1) Sexe sur grand écran : Les scènes de nudité sont plus réelles que vous ne le pensez.

« Qu’est-ce que ça vous ferait(…), maris, d’être d’accord que votre épouse dévoile ses seins et son corps devant une caméra? Qu’est-ce que ça vous ferait d’autoriser un autre homme à la déshabiller, l’embrasser, tomber avec elle sur un lit et simuler une relation sexuelle avec elle? Qu’est-ce que ça vous ferait d’être d’accord qu’une équipe de tournage filme la scène, image après image, angle après angle, jusqu’à ce que chaque détail soit parfaitement convaincant? Qu’est-ce que ça vous ferait d’approuver que la population entière regarde cette vidéo en tant que divertissement ? »

Voir aussi : Pourquoi la consommation de pornographie est-elle considérée comme un péché ? Est-ce que le porno est une forme de prostitution (puisque les femmes sont payées pour poser nue/faire des actes sexuels) ?

2) Enfant, smartphone et porno : l’alarme des médecins

Le 15 juin, des professionnels de santé parmi lesquels le Pr Nisand (président du Collège national des gynécologues et obstétriciens français) ont interpellé les pouvoirs publics sur un sujet tabou, l’exposition massive à la porno pour les enfants et les adolescents.
« Pourquoi ce sujet était-il tabou », s’interroge le journaliste-blogueur Patrice de Plunkett ? « Parce qu’il met directement en cause l’industrie des smartphones : business privé dont l’emprise sur les circuits nerveux de la société intimide les pouvoirs publics, qui s’en rendent de plus en plus complices ». « Les films pornographiques, gratuits et accessibles en un clic, sont visionnés principalement par l’intermédiaire des smartphones qui échappent au regard des parents », constate le Pr Nisand : par le smartphone, « la rencontre avec les images pornographiques peut se produire dès le plus jeune âge, dans la cour de récréation du primaire et parfois de façon non souhaitée…. »

3) L’OMS reconnaît l’addiction aux jeux vidéo comme une maladie

La pathologie est définie comme une « priorité accrue » et prolongée au jeu ayant des conséquences sur les « activités personnelles, familiales, sociales, professionnelles »…..

4) Un test simple pour les pasteurs pour savoir ce que les gens pensent que l’on pense
Où il est question d’un principe qui peut servir de test pour savoir quel est l’écart entre nos convictions théologiques et ce que les gens perçoivent de ces convictions. Ainsi, si personne ne confesse ses luttes avec la pornographie, nous communiquons implicitement que pour ce péché, ils doivent se débrouiller seuls. Si certains péchés semblent être absents de votre communauté, il y a seulement deux possibilités: soit ils n’existent pas, soit (et c’est plus probable) on n’ose pas en parler, par crainte d’être jugé…..

5) L’église locale indispensable à ma croissance

« J’arrive très bien à vivre ma foi tout seul » : bien des chrétiens ont pris le parti de ne pas fréquenter d’église locale. Ils se nourrissent spirituellement par un culte personnel quotidien ou des cultes de famille (c’est très bien), en écoutant des prédications sur internet (on ne peut que l’encourager si le prédicateur tient la route) ou en se connectant régulièrement sur [un site web d’édification chrétienne]. Mais est-ce suffisant ? Peut-on, sous prétexte qu’aucune église n’est parfaite, que les chrétiens nous déçoivent ou que les anciens sont faillibles, devenir un chrétien « non-églisé »? La Bible répond « non ».

6) Que veut vraiment dire « éduquer aux médias » ?
L’éducation aux médias est en vogue dans les discours politiques français. Mais que recouvre au juste cette notion, et quelles formes prend-elle ?

7) Pourquoi quitter Facebook ne sert à rien

La chercheuse danah boyd nous partage ses six croyances (idées) sur le sujet, qu’elle étaye dans ce billet qui n’est pas récent, puisqu’écrit le 23/05/10 [dispo en version française sur OWNI], à la lumière des discussions récentes [et toujours actuelles] sur l’opportunité d’un départ de Facebook, notamment suite au scandale mêlant le réseau (a)social et Cambridge analytica, qui a éclaté ce printemps.

Ainsi, par exemple :

Je ne crois pas qu’une alternative va émerger dans les 2 à 5 prochaines années et remplacera Facebook de quelque manière que ce soit.

Je crois que Facebook va être régulé, et j’aimerais qu’il y ait une discussion ouverte sur ce que cela signifie et quelle forme cela pourrait prendre.

Je crois qu’une minorité importante des utilisateurs court des risques à cause des décisions prises par Facebook et je pense que nous devons à ceux qui sont dans cette situation de travailler sur cette question.

Je crois que Facebook a besoin dès que possible d’engager un dialogue public avec ses utilisateurs et ceux qui sont concernés (…….) je pense que Facebook joue un rôle central dans la vie de beaucoup et je pense qu’il n’est pas sensé de dire qu’ils devraient “juste partir” si ils ne sont pas contents. C’est comme dire aux gens qu’ils devraient juste quitter leur appartement si ils ne sont pas satisfaits de leur proprio, quitter leur femme parce qu’ils ne sont mécontents d’une décision ou quitter leur boulot si ils sont mécontents de leur boss. La vie est plus compliquée qu’une série de choix simplifiés et on fait en permanence des décisions calculées, en comparant coûts et bénéfices. On garde nos boulots, appartements et époux(se) même si c’est le bazar parce qu’on espère rectifier le problème. Et ceux qui ont le plus à gagner de Facebook sont ceux qui sont le moins susceptible d’en partir, même s’ils sont ceux qui ont le plus à y perdre (…) Changer de réseau social est coûteux, comme quitter son logement ou son travail, ou partir en général. Plus la relation est profonde, plus il est difficile de s’en aller. Et la relation que Facebook a construit avec beaucoup de ses utilisateurs est très très très profonde.

 8) Parcours sup 

Cet étudiant en informatique de 22 ans a étudié le code source de Parcoursup pour savoir ce qui se cache derrière cette nouvelle plateforme d’inscription dans le supérieur. Voici ce qu’il a trouvé…

Voir aussi https://www.bastamag.net/Parcoursup-un-algorithme-kafkaien-qui-renforce-les-inegalites-sociales

9) Un monde de feed-back permanent ?

« Nous vivons dans une époque de feed-back généralisé », constate Zeboute, sur son blogue. « Tous nos actes demandent un feed-back. En entreprise, par le feed-back de ses collègues. Dans nos usages numériques. Les coachs virtuels des applications numériques : la course, le sommeil. Tout est matière à se mesurer. Et rétroactivement, nous conduire selon ces paramètres ». Alors voici son propre feed-back : « L’invention de la rétroaction ».

10) L’heure vient, de remettre en question « la propriété privée libérale »

« L’heure vient de mettre en cause la « propriété » libérale… » (titre de façon provocatrice Patrice de Plunkett sur son blogue – pour briser un tabou ?)…. « et de faire naître la culture qui  permettra ce changement : repenser la propriété des biens universels pour explorer la question des communs ».

« Croix de bois, croix de chemin de fer ». Paru dans CQFD n°166 (juin 2018), rubrique Chien méchant, par Soulcié

11) La réforme de la SNCF a été définitivement adopté par le Parlement en juin. Au fil des jours de grève, les syndicats de cheminots auraient bel et bien obtenu quelques garanties, notamment sur l’avenir de l’entreprise, comme quoi il n’y aurait pas de privatisation de la SNCF.

 

12) Les sans papiers privés d’AME

Asile : le Sénat adopte la restriction de l’aide médicale d’État. En adoptant, à une courte majorité, un article introduit par la droite, le Sénat est revenu sur le dispositif qui permet aux étrangers en situation irrégulière de bénéficier d’un accès aux soins. Il le remplace par une « aide médicale d’urgence », concentrée sur les maladies graves.(21/06/18)

Commentaire sur twitter(23/06/18) de Maître Eolas, juriste blogueur : « Mais bande de cretins, l’AME n’est pas un cadeau fait aux sans papiers, c’est une mesure de santé publique. Vous préférez sérieusement crever de la tuberculose plutôt que de permettre à un sans papier de se soigner avant de vous contaminer ? » Et cet autre sur le même réseau (a)social : « L’#AME permet à un hôpital, qui soigne tout patient quelle que soit sa situation administrative, d’être remboursé pour le coût des soins. Supprimer l’#AME, c’est creuser le déficit des hôpitaux. En plus d’être honteux, c’est crétin » (P.Y. Geoffard, économiste).

13) Aide aux migrants : le Conseil constitutionnel censure partiellement « le délit de solidarité » et consacre « le principe de fraternité ».

Au moment où les pays de l’Union européenne se déchirent sur les questions migratoires, face à la montée des droites dures sur le continent, cette décision constitue indéniablement une victoire importante pour les associations et les personnes qui avaient saisi le Conseil d’une question prioritaire de constitutionnalité. A l’origine de cette requête, notamment, l’agriculteur Cédric Herrou, devenu le symbole de la défense des migrants de la vallée de la Roya, l’un des principaux points de passage des migrants arrivés en Europe par l’Italie.

14) Réduction des contrats aidés : un « séisme » social pour les quartiers populaires et le monde associatif

La réduction drastique des contrats aidés – dont le nombre sera plus que divisé par deux d’ici fin 2018 – va priver le sport, la culture, l’accompagnement des personnes âgées ou le soutien scolaire, de plus d’un milliard d’euros de ressources. Une catastrophe selon de nombreux responsables associatifs, auxquels Bastamag a donné la parole. Rejoints par les constats de plusieurs parlementaires, ils s’inquiètent de l’effondrement prévisible de pans entiers du secteur. Partout, et d’abord sur les territoires et auprès des populations qui en ont le plus besoin, des activités vont être réduites, des services vont se dégrader. Enquête sur un gâchis à échelle industrielle.

15) Effondrement (bis) : Quand Edouard Philippe et Nicolas Hulot en parlent ensemble…

« Cette question me taraude beaucoup plus que certains ne peuvent l’imaginer », a assuré le Premier ministre Edouard Philippe, mardi 3 juillet, lors d’un Facebook Live organisé avec Nicolas Hulot, ministre d’Etat de la Transition écologique et solidaire. Le sujet ? L’effondrement, ce discours de plus en plus audible annonçant l’effondrement économique et écologique de notre civilisation. « Mais l’interprétation que fait le Premier ministre d’ « Effondrement », le livre du géographe et biologiste américain Jared Diamond, qu’il cite régulièrement comme référence pour expliquer que le géographe et biologiste américain (l’aurait) « converti » aux questions environnementales, est toute personnelle », constate Usbek & Rica, magazine trimestriel qui « explore le futur ». Cependant, « l’ironie de la situation est assez cruelle quand on constate les nombreux reculs du gouvernement sur les sujets environnementaux au cours des derniers mois : loi agriculture et alimentation vidée de sa substance par le Sénat, recul sur l’interdiction du glyphosate, autorisation d’une raffinerie basée sur l’huile de palme, entre autres échecs bien éloignés du slogan d’affichage Make the planet great again ».

Un article repéré grâce à « Déconstruction de l’homme », un blog inspiré par la pensée de Jacques Ellul et partenaire de Pep’s café, que vous pouvez explorer ici.

16) Donald Trump et les migrants : les raisons du jusqu’au-boutisme

Une vidéo a été partagée des centaines de milliers de fois et on y entend des cris d’enfants qui sont enfermés dans une cage. Qui aurait pu imaginer que cela se passerait aux États-Unis, au XXIe siècle, et qu’il s’agissait là du résultat d’une politique officielle, voulue par le gouvernement et totalement assumée ? La colère a alors bien souvent pris le pas sur la surprise et l’effroi, poussant finalement le Président à reculer….

17) Corée du Nord/USA : l’accord Kim-Trump

Stupeur des « Occidentaux » devant le spectacle de Singapour.  Annoncée et accompagnée par un fracas planétaire, la rencontre Trump-Kim n’aboutit à rien de compréhensible pour nos médias. Rivés qu’ils sont à l’homme de Washington, ils sont éberlués qu’il ne retire rien de ce face-à-face…

18) « Le pari Bénédictin », une série à découvrir et à suivre

A découvrir, sur Phileo-sophia, le blogue d’Etienne Omnès, toute une série d’articles consacrée au « pari bénédictin » (éd La Nef), le livre de Rod Dreher. « Le but du livre est de donner à l’église une stratégie pour survivre à cette époque post-moderne », laquelle n’est pas la « fuite dans le désert ». De l’aveu de l’auteur, comme nous l’explique Etienne Omnès, ce choix de cette « étiquette nouvelle et catchy Benedict option sert à désigner en fait une très vieille démarche : celle de vivre selon Soli Deo Gloria. Ou, selon les termes de Dreher « que l’Eglise soit l’Eglise ».

19) Quelques questions et autant de réponses tirées du site « 1001 questions », animé par des répondants « attestants », un courant confessant protestant. Et vous ? Comment auriez-vous répondu ?

Que faire d’un verset comme Lév 19:19 qui interdit le port de chaussettes en coton et polyamide ?

Pourquoi certains disent que c’est un péché d’aller au théâtre ou au cinéma ?

Se remarier après un divorce est-il accepté par la foi chrétienne ?

 

20) Et le dernier pour la route : A ta santé, Timothée !

En plein milieu d’un développement sur la rémunération, la discipline et la sélection des responsables d’Églises (1 Tm 5.17-25), Paul invite son disciple Timothée à « prendre un peu de vin » pour sa santé… Une exhortation surprenante que l’on pourrait supprimer sans perdre le fil de la pensée. Elle n’est pourtant pas là par hasard puisqu’elle est attestée, à cet endroit, par tous les manuscrits du Nouveau Testament… Quelques réflexions particulièrement bienvenues sur cet étonnant conseil, à l’heure où certains font un dogme de leur opinion sur le sujet …

 

Prochains « Foireux liens » courant septembre.

Quand l’homme dépasse les bornes…

« L’homme s’est affranchi au fil de son histoire, de son jardin, de ce modèle social dans lequel il est né pour aller conquérir tour à tour la matière et fonder la ville ». (Eric Lemaître)
Source image : Rawpixel

Quand l’homme « dépasse les bornes », il se retrouve déconnecté de ce qui lui est naturel, avec les conséquences suivantes décrites dans « Vision urbaine, sociale et économique dans une perspective biblique », une intéressante analyse d’Eric Lemaître, parue dans « La Déconstruction de l’homme ».  Ce nouveau blogue, par ailleurs partenaire de PEP’S CAFE, est consacré à la critique du système technicien, dans l’esprit de Jacques Ellul.

Dans son article, Eric nous rappelle que la ville est « devenue une création de l’homme à l’envers du jardin où l’homme avait été pourtant placé ». Or, un tel « projet d’urbanisme préfigure l’éloignement de l’homme de tout projet en contact avec la création (et) de tout projet en relation avec son créateur », bien présent dans les Ecritures bibliques. D’ailleurs, saviez-vous que nous pouvons y lire cette recommandation divine….de borner la ville d’une « ceinture verte » ?

Bonne découverte et bonne lecture !

 

Commencez la journée par un moment « pep’sial »

En quête de sens ? Commencez la journée par un moment « pep’sial » (Source : Rawpixel)

Plus saine que la « pause cigarette », et aussi énergique que la pause café, la pause « pep’s café » !

Selon votre rythme et vos besoins, quotidiennement ou deux fois par semaine, lentement mais sûrement, prenez le temps de vous arrêter sur ce blogue, et prenez le temps de lire, voir, écouter, pour réfléchir, comprendre, croire, recevoir, discuter, vous ouvrir et vous laisser surprendre, vous édifier…

Découvrez comment il est possible de casser les cloisonnements habituels entre les sujets, pour découvrir un aperçu de choses insoupçonnables. Notamment, que Dieu est concerné par toutes les réalités de la vie et qu’il n’y a pas de domaine où Jésus-Christ ne règnerait pas.

Born again

Josh Garrels est un artiste chrétien américain hors du commun, que j’ai découvert récemment grâce au blogue « Cep et sarment », mais dont on parle fort peu sur la toile francophone. Cela peut se comprendre vu à quel point il est « hors de nos communs », surtout si nous sommes habitués à la louange pop de type Hillsong, Jésus culture, ou Glorious.

Vincent M.T. qui a écrit une note de blogue à son sujet sur Visio Mundus, relève que cet auteur-compositeur-interprète indépendant s’est notamment fait connaître par sa chanson Farther along (2011), inspirée du cantique éponyme (attribué à W.B. Stevens), où il évoquait le mystère du mal et l’amour du Christ.

Son style musical est extrêmement varié, touchant notamment à la folk, à la country, ou au rap/hip-hop. S’il ne « cache pas son drapeau » (chrétien), ses chansons parlent aussi bien à des chrétiens qu’à des gens qui ne le sont pas, simplement parce qu’il nous donne à entendre ses états d’âmes, ses questions, ses prières et ses espoirs en toute transparence et authenticité.  Sa musique se prête donc plutôt bien à l’introspection, ayant pour effet de remuer en nous des sentiments que l’on n’ose pas toujours explorer.

Ainsi, par exemple, dans « Born again » (« Renaître »), une chanson « pour les heures les plus sombres », Josh Garrels fait référence à cette exigence que Jésus présente dans l’Evangile selon Jean à la dernière personne qui semble ne pas en avoir besoin : le vieux docteur de la loi Nicodème, un homme qui n’a plus rien à prouver…Aujourd’hui encore, cette exigence garde toute son actualité et s’adresse également à nous, que nous ayons ou non un arrière-plan chrétien.

Cette chanson (voir le clip plus haut) est le cri de celui qui se sait esclave d’une maladie déshumanisante qui ronge le cœur de l’homme : le péché. Avant de prendre vos jambes à votre cou à la lecture de ce qui précède, notez que, contrairement à ce que nous pensons souvent, le péché n’a rien à voir avec le fait d’avoir « un mauvais comportement » ou une « mauvaise moralité ». Pécher, étymologiquement(en hébreu comme en grec), veut dire « manquer le but », soit « être à côté de la plaque » et « passer à côté » du cadre de l’alliance de Dieu avec l’homme, en violant celle-ci. Sans ce cadre, la liberté devient une liberté de tous les désirs et le résultat est la dispersion et la cassure, puisque l’éloignement avec Dieu casse ce qui nous relie aux autres.

Cette chanson est enfin le cri de désespoir de celui qui sait pécheur et enfermé dans une impasse. C’est pour cela qu’elle est aussi pleine d’espérance, parce qu’elle nous montre le chemin vers celui qui n’est pas venu « nous faire la morale », mais pour nous faire passer de la mort à la vie, de sorte que nous pourrons prendre un nouveau départ sur des bases entièrement nouvelles.

Bonne écoute !

 

Des jeunes « pro-vie » contre « la culture et le supermarché de la mort »

Plus d’un million de personnes, dont de nombreux jeunes, ont marché sur Washington et dans de nombreuses villes des Etats-Unis, le 24 mars dernier, pour sensibiliser l’opinion américaine et les pouvoirs publics sur la question du contrôle des armes à feu et de la sécurité dans les établissements scolaires. Cette « Marche pour nos vies » a été initiée par les élèves survivants du lycée Stoneman Douglas, à Parkland, en Floride où a eu lieu une tuerie qui a fait 17 morts le 14 février dernier(1).

Une situation qui me rappelle quelque peu celle-ci et tant d’autres.

Jusqu’à présent et ce, en dépit des nombreuses tueries ayant notamment lieu dans les établissements scolaires (une fusillade tous les trois jours depuis janvier 2018), le « cycle infernal » est toujours le même aux USA : fusillade, indignation et prières, promesses, oubli. Malgré les bonnes volontés, la situation semble être condamnée à ne jamais évoluer, au nom « du culturel » (« la culture des armes ») et au nom du « sacro-saint » deuxième amendement, qui donne le droit constitutionnel aux Américains de « posséder et de porter des armes », et défendue âprement par le lobby des armes à feu, la National Rifle Association (NRA).

Sauf que là, non. C’est la plus grande manifestation jamais organisée en faveur d’une régulation des armes à feu aux Etats-Unis(1).

Ils ont marché. Maintenant, ils veulent mener jusqu’à son terme « le bon combat » pour leur vie et peser aux « midterm », les prochaines élections de mi-mandat, en novembre, avec pour mots d’ordre : « Never again » (plus jamais ça) », « Changez la législation sur les armes ou changez le congrès ».

Comme nous pouvons le lire sur le site du mouvement : “Be counted today, at the March For Our Lives in Washington DC and 800+ sibling marches across the globe. Be counted this November. And if you’ve already registered to vote – register your friends. Be counted next week, and the next, by continuing to show up and speak truth to power. Demand action. Join us in this Fight for our Lives”.

Saluons la prise de conscience de ces jeunes et de ceux qui les soutiennent, lesquels ont compris que la « culture de vie » ne se limite pas à condamner l’avortement et l’euthanasie. Et qu’être « pro-vie » n’est pas insister davantage et seulement sur les deux extrémités de l’existence terrestre au point d’occulter tout ce qu’il y a entre deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, des millions de citoyens vivants.

Ils ont aussi compris que les belles paroles et les seules prières ne suffisent plus(2) : ils veulent des actes et interpellent leurs élus – certains liés à la NRA, à l’instar du Président Trump, lui-même farouche défenseur de ce lobby.

Ils manifestent ainsi « leur volonté de vivre dans un monde qui ait du sens, avec des adultes qui soient conscients de leurs responsabilités », souligne la psychanalyste Claude Halmos« Ils réclament – et ils le disent – un monde normal. Un monde où ils puissent vivre sans risquer d’être, un beau matin, abattu comme du gibier, par un déséquilibré. Un déséquilibré qui aura pu s’acheter une arme de guerre, aussi facilement qu’il se serait acheté un portable, parce que les ventes d’armes rapportent beaucoup d’argent à des lobbies prêts à tout – et surtout au pire – pour en gagner ». Et il est « rassurant », estime encore Claude Halmos, « que ces lycéens soient capables de prendre, de cette façon, leur destin en mains, d’en appeler à la loi et de demander aux adultes de tenir leur place et de les protégerIl est important qu’en France, les enseignants, dans les écoles et les lycées, parlent de ces manifestations à leurs élèves, dont certains peuvent être fascinés par le maniement des armes. Parce que ces lycéens sont un exemple, et un exemple particulièrement positif ».

De fait, ceux qui ont manifesté ont également compris d’emblée quel est le vrai problème : il n’est pas impossible en soi de légiférer sur les armes, sauf que certaines forces empêchent toute réforme en ce sens.

Ainsi, dire « c’est culturel, on n’y peut rien », en réponse aux survivants et aux proches des victimes des tueries, sonne comme une malédiction aux relents (pourris) de fatalisme. C’est aussi un aveu d’impuissance et un aveu (et un témoignage) que l’Eglise (certains évangéliques soutiennent par ailleurs la NRA, à moins qu’ils ne soient soutenus par elle) et par là même le Christ, fléchit les genoux devant une culture et un culte, des puissants et des puissances. Car les cultures sont des cultes et qui dit cultes dit religions. En réalité, rien n’est simplement culturel dans la mesure où une culture est ce qui relie plusieurs personnes, ce qui est l’exacte définition d’une religion. Or, le Christ n’avait pas d’arme et ne m’a pas forcé à le suivre.

Où sont les Églises, dans cette lutte spirituelle contre la « culture » et l’« industrie de la mort » ?

Prions premièrement pour la détermination et la protection de ces jeunes « pro-vie ». Prions aussi pour la repentance des responsables évangéliques inactifs, ainsi que pour celle des dirigeants et des élus, pour que ceux-ci soient à même de légiférer avec courage, sans compromission et sans craindre la pression des lobbies. En effet, la repentance des plus hauts responsables est de nature à briser des verrous et à libérer une nation.

 

Et en France ? On le sait peut-être moins mais il existe aussi chez nous un « supermarché » et une « industrie de la mort ». Qu’en est-il du positionnement et de la réflexion des Églises sur ce sujet ?

Nous lirons avec intérêt cet article du magazine mennonite « Christ Seul », lequel braque le projecteur sur le salon de l’armement, « pudiquement baptisé « Eurosatory salon international de Défense et de Sécurité », (qui) se tiendra à Paris du 11 au 15 juin 2018. Comme tous les deux ans, une myriade de délégations et de professionnels viendront découvrir les mille et une façons les plus récentes de trucider son prochain, de surveiller sa population, ou, pour la bonne conscience du salon, de réagir à des situations de catastrophe. Car, ne nous y trompons pas, la motivation principale d’Eurosatory est bien la vente d’armes. Bien entendu, ce salon accueille sans hésitation des représentants de régimes répressifs, voire de dictatures ou de pays impliqués dans des crimes de guerre. Soyons certains que les contrats négociés ne rendront pas le monde plus sûr, ils ne font que préparer la mort ».

Les Églises mennonites de région parisienne y manifestent, depuis plusieurs années, contre ce salon et le marché des armes. Le réseau Church & Peace se joint souvent à eux et l’organisation de la manifestation se fait conjointement avec les Quakers. Sans doute, ce type action est peut-être moins médiatisé mais c’est bien comme Église de paix que les Mennonites prennent position contre ce commerce et toutes ses conséquences. Ils estiment en effet que la non-violence (« la force d’aimer », à l’heure où l’on célèbre les 50 ans de la mort de Martin Luther King) fait normalement partie du message de l’évangile…

A découvrir, cet article de Christ Seul, qui profite de cette occasion pour passer en revue quelques idées fausses sur le commerce des armes.…et cet autre, sur Bastamag, qui révèle qu’« un rapport pointe la responsabilité juridique du gouvernement français et de plusieurs entreprises de défense pour leurs ventes d’armes à l’Arabie Saoudite et aux Emirats Arabes Unis, deux pays fortement impliqués dans la guerre au Yémen. Ces équipements militaires, employés pour le blocus, serviraient à affamer les populations yéménites, et, utilisés pour les bombardements aériens, contribueraient au lourd bilan des civils tués. Or, exporter des armes dans un tel contexte, est interdit par les traités signés par la France et l’Union européenne ».

 

 

 

Notes :

(1)D’origine spontanée, cette initiative est devenue la plus grande manifestation contre les armes de l’histoire des Etats-Unis.

Plus d’un million de personnes, surtout des jeunes, se sont rassemblées samedi 24 mars dans plusieurs villes des Etats-Unis pour réclamer un encadrement plus strict de la vente d’armes à feu après une série de tueries de masse en milieu scolaire. Plus de 800 rassemblements ont été recensés à travers le pays et à l’étranger.

A New York, ils étaient 175 000 dans les rues, selon le maire Bill de Blasio. A Atlanta, Chicago, Dallas, Houston, Nashville, Seattle, Las Vegas, La Nouvelle-Orléans ou Los Angeles, des milliers de personnes sont descendues dans les rues. A Washington, le nombre de manifestants a atteint 800 000 personnes.

A l’étranger, les habitants sont aussi sortis en nombre à Londres, Montréal, Ottawa, Edimbourg. A Paris, une trentaine de personnes se sont réunies au Trocadéro pour soutenir cette cause.

Un résumé des faits et des principales étapes du mouvement ici.

(2) Et ce, à l’instar de l’actrice Mia Farrow, qui, très active sur Twitter, a répondu à un tweet de Donald Trump dans lequel il déclare envoyer ses «prières et condoléances aux familles des victimes, quand il ne propose pas, plutôt que de limiter la prolifération des armes individuelles, de « travailler avec les États » afin d’armer davantage les écoles en formant le personnel enseignant au maniement d’engins létaux (*): «Monsieur, nous avons besoin de plus que des prières et des condoléances. Nous avons besoin d’une législation rationnelle sur les armes » (Sir, we need more than prayers and condolences. We need rational gun legislation (14 févr. 2018 )

(*)En cela, il ne fait que reprendre les propositions de la NRA, qui avait suggéré, en réponse à la tuerie de Newtown (le carnage dans une école maternelle en décembre 2012) que « La seule façon de stopper un méchant avec une arme, c’est de lui opposer un gentil avec un arme ».

Citons aussi le twitt de l’acteur Mark Ruffalo : « Les prières sans action concordante sont des mensonges silencieux que l’on se dit à soi-même, elles ne sont entendues par aucun dieu et reviennent à ne rien faire. L’action est le langage de la vérité, la prière des saints » (« Prayers without accordant action are silent lies told to oneself, heard by no God, amounting to nothing. Action is the language of truth, the prayers of the Saints”. 23:51 – 14 févr. 2018)

Bonus pour Pessah : « Dayenu, Coming Home » – The Fountainheads Passover Song

« Dayènu » – « ça nous suffit », est un poème lyrique – certainement chanté par Jésus avec ses disciples, le dernier soir de sa mort – qui apparaît en première partie du seder juif et par lequel l’on remercie Dieu pour toutes ses œuvres de libération en Egypte. A chaque rappel de ces interventions divines, le choeur répond : « dayènu », « ça nous suffit ».

Voici, via ce clip vidéo, une version moderne, « décoiffante » et pleine d’humour, interprétée en 2011 par « The Fountainheads », un groupe composé de jeunes danseurs, de chanteurs et d’acteurs israéliens, tous diplômés ou étudiants de la « Ein Prat Academy », l’académie israélienne du leadership.

Le croyant en Christ, quant à lui, peut aussi dire « ça me suffit », puisqu’il n’est pas un « tonneau sans fond » réclamant toujours « plus, plus », à l’instar du consommateur rendu perpétuellement insatisfait par la publicité. Il est censé vivre par l’Esprit (Gal.5v25 Rom.8v914)et connaître ainsi perpétuellement la plénitude, au point de déborder positivement sur les autres (cf Eph.5v18 et ss). Celui qui est en Jésus, et le connaît comme Son Sauveur et Seigneur, n’a plus besoin de questionner. Il ne connaît pas « plus », mais mieux.