Trois questions fondamentales que Dieu te pose aujourd’hui : épisode 2

Source image : public domain pictures. Quand « (la voix de Dieu) doit résonner plus fort que toute autre voix dans nos vies »

Une nouvelle série en 3 épisodes de Jo, notre plume invitée*, que je remercie, orientée « jeunes » (« et moins jeunes! ») et consacrée aux premières questions fondamentales que pose Dieu aux humains. Aujourd’hui, l’épisode 2 : « qui t’a appris… »

Résumé de l’épisode précédent:

Lors du billet précédent, nous nous sommes attardés sur la première question fondamentale que Dieu posait aux humains dans le livre de la Genèse, à savoir :

“Où es-tu?”

Cette question résonne encore aujourd’hui dans nos vies, à chaque fois que, tout honteux, nous avons envie de nous cacher de Dieu, conscients de nos errements ou mauvais choix et encore plus conscients de sa sainteté – du fait que Lui est “autre”, sans péché.

Je vous invite à retourner à ce premier épisode de notre série afin de “raccrocher les wagons”.

Aujourd’hui, nous continuons avec la deuxième question que Dieu pose à l’homme.

Nous sommes toujours dans ce jardin d’Eden, juste après la désobéissance de l’homme et la femme.

A la question “Où es tu?” la réponse de l’homme au verset 10 de Genèse 3 (NFC) est : L’homme répondit : « Je t’ai entendu dans le jardin. J’ai eu peur, car je suis nu, et je me suis caché ».

Dieu aurait pu répondre par une affirmation ou négation, mais il pose une nouvelle question au v11 (NFC) : “Qui t’a appris que tu étais nu ?”

A nouveau il semble que la préoccupation du Seigneur n’est pas d’enfoncer l’homme à cause de ce qu’il a fait. Il ne nie pas que l’homme soit nu, mais il veut savoir “qui” le lui a dit ou fait comprendre.

En effet, non seulement l’homme a pris conscience qu’il est nu mais, en plus, cela a généré chez lui la peur et l’envie de se cacher…une réaction en chaîne!

Avant cet instant là, ce type de peur menant à la fuite ou la cachette n’était pas présent dans le vécu de l’homme et de la femme.

Ils vivaient dans le jardin en pleine confiance, l’un en l’autre, avec la nature et avec Dieu.

Mais voilà que leur écart de la volonté de Dieu leur ouvre les yeux sur leur vulnérabilité et leur imperfection. Ils prennent donc peur de ce qui pourrait leur arriver dans ce jardin et face à Dieu.

Pourtant, rien n’a vraiment changé par rapport à avant: ils étaient déjà nus !

Leur nudité n’était pas l’essentiel ou du moins ce n’était pas le centre de leur attention.

Cet épisode me rappelle un épisode du Nouveau Testament, où Pierre, dans un élan de foi, commence à marcher sur l’eau en allant vers Jésus puis prend peur lorsque la tempête gronde… et commence à sombrer à partir de là.

Il a prêté plus attention à cette tempête plutôt qu’à la voix de Jésus qui l’appelait, quel dommage.

Dans le jardin, l’homme n’avait pas de tempête pour l’intimider mais quelque chose a détourné son attention de ce qui comptait vraiment : la confiance qu’il pouvait avoir en Dieu.

La question “qui t’a appris que tu étais nu?” avait peut-être pour rôle de signaler à l’homme qu’il avait écouté une autre voix que celle de son Créateur et ouvert ainsi la porte à la peur.

Et toi, quelles voix t’influencent-elles aujourd’hui et que produisent-elles en toi ? Arrives-tu à discerner la voix de Dieu dans tout le brouhaha de notre vie hyper connectée?

Si nous écoutons les messages autour de nous, on peut vite devenir anxieux ou inquiet voire apeuré comme l’homme et chercher à se réfugier dans notre coquille.

Le Seigneur, lui, nous invite à sortir de la coquille pour vivre une vie pleinement confiante en Lui, le Tout-puissant, celui qui nous aime parfaitement, veille sur nous et nous apporte la paix.

Pour cela, Sa voix doit résonner plus fort que toute autre voix dans nos vies.

Et si tu prenais le temps de faire le tri parmi toutes les voix qui veulent t’influencer, voire te contrôler?

Je te propose de prendre du temps au calme avec Dieu et te mettre à son écoute par la lecture de la Bible et par la prière : ose Lui demander comment Il te voit, ce qu’il pense de toi. C’est peut-être cela, que l’homme dans le jardin d’Eden aurait pu faire : retourner vers son Créateur pour connaître la vérité sur son identité plutôt que rester avec le gros malaise de se savoir nu et la peur.

Tu pourrais également te réunir avec d’autres croyants et partager tes questions : parfois, c’est par les autres que Dieu nous rappelle qui nous sommes en Lui et quels sont ses projets pour nous.

Une chose est sûre: c’est l’étendue de son amour que le Seigneur veut et va te révéler.

C’est de cet amour parfait qu’il veut t’entourer, de sorte que toutes tes craintes (la peur d’être puni par Lui, la peur de l’avenir, la peur d’être rejeté des autres…) s’éteignent et que tu sois en paix.

“Il n’y a pas de crainte dans l’amour ; l’amour parfait exclut la crainte” lit-on dans 1 Jean 4:18 (NFC)

*De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

Ascension

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Le livre des Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament, « commence avec le dernier éloignement de Jésus, son élévation au ciel(1). Jésus a continué à apparaître aux siens durant quarante jours et Luc, dans son évangile, tient à nous écrire qu’ils le virent vivant, donc non pas comme une vision, mais dans sa plénitude physique(2). C’est la belle promesse de la résurrection : qu’elle restitue les formes concrètes, que les sens en soient les témoins.

De ce jour d’adieu, après lequel Jésus ne devait plus apparaître à ses apôtres, il reste écrit un bref dialogue en ouverture du livre des Actes des Apôtres ; deux répliques seulement, mais essentielles. Certains demandent à Jésus si le moment du royaume d’Israël est proche, celui qui marque le temps final du monde. En réponse, ils obtiennent un refus, car il ne leur appartient pas de connaître ce temps-là. En revanche, ajoute Jésus, c’est à eux que revient la force de devenir ses témoins dans le monde. Jésus enseigne ainsi qu’il est vain de s’interroger sur les temps de l’échéance de la confection du monde, il est vain de chercher dans les Saintes Ecritures ou ailleurs, dans les livres d’astronomie, sa date d’extinction. De nombreuses prévisions d’apocalypse ont été tentées, mais il ne nous appartient pas de connaître le terme de l’histoire. Il appartient à l’homme, s’il a la foi, de devenir témoin auprès des autres de la nouvelle sacrée[« l’Evangile »]. Et de sentir dans cette foi la force d’accomplir ce devoir [ou cette mission]. Et pour écarter morgue et orgueil, qu’il sache[ce témoin]que cette force[ou cette puissance(3)] vient d’en haut et non pas d’eux-mêmes, qu’elle leur a été donnée par grâce et non par mérite.

Au terme du bref entretien, les apôtres le voient se hisser au-dessus d’eux et flotter en l’air pour disparaître dans un nuage. Ils ne voient pas plus loin, les sens ne vont pas plus loin, ni les leurs, ni les nôtres. Plus loin, il y a seulement la foi et cette force[cette puissance]qui descend d’en haut, saisit une personne et la lance dans le monde pour raconter.

Tel est le témoin direct, celui qui vient au nom de Dieu ». Mais les autres ? « Tous ceux qui n’ont ni force ni foi » ? Ils « peuvent du moins reconnaître dans ces personnes l’empreinte digitale, la trace du soulier de Dieu. Alors, même celui qui a du mal avec le ciel peut devenir un témoin indirect. Même s’il n’a pas vu Jésus se hisser dans les airs, il peut dire qu’il a vu la force de la foi descendre dans un de ses semblables. Il peut dire qu’il a vu la nouvelle dans un autre. »(Erri de Luca. Ascension IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 36-38)

Nous-mêmes, ayant à la fois « la foi et la force », et qui n’étions pas présents, pouvons témoigner : « Jésus ? Nous « l’aimons sans l’avoir vu et nous croyons en Lui sans le voir encore, nous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse »(1 Pie.1v8). D’autant plus qu’il « viendra de la même manière » qu’il a été vu s’en être allé au ciel »(Actes 1v11)

Ecouter aussi, sur France culture : « l’Ascension, bien plus qu’un départ », avec la pasteure Caroline Bretones, de la paroisse du Marais, qui nous invite à observer ce récit biblique qui raconte la montée de Jésus au ciel, raconté par deux fois par l’évangéliste Luc, et qui plonge les disciples dans une sorte « d’entre deux » déstabilisant, mais ô combien nécessaire pour aller plus loin.

Initialement paru le 06 mai 2016 et mis à jour pour l’occasion.

Notes : 

(1) Lire le récit en Actes 1v1-11, livre dont Luc est également l’auteur.

(2) Résurrection sans laquelle « notre foi est vaine » cf 1 Cor.15v1-18. Voir aussi Luc 24.

(3) Cette « force » ou cette « puissance » est en réalité une personne divine : le Saint-Esprit(Actes 1v8, cf Jean 14v1616)

« Faites la fête, pas la tête »… ou quand Dieu nous apprend à fêter

Comme Stromae l’exprime justement, dans « Alors on danse », la fête apparait comme un lieu pour fuir et oublier la vie dure et parfois même absurde. Et si Dieu nous apprenait à vraiment fêter ?

Dans nos sociétés, la fête semble omniprésente. Aux yeux d’un philosophe français, l’individu occidental contemporain serait même un homo festivus, un homme centré sur la fête. De plus, pour plusieurs, la festivité se serait déployée en se libérant de Dieu et des religions, qui apparaissent rabat-joies.

Et si ce n’était pas l’inverse qui est vrai ? Se pourrait-il que Dieu nous apprenne à pleinement fêter ? Alors que les chrétiens sont dans les cinquante jours où ils fêtent Pâques, c’est le bon moment pour réfléchir au sens de la fête.

[Un article de Jean-Philippe Murray initialement paru sur Le Verbe.com* et reproduit ici suite à l’aimable autorisation de l’équipe, que je remercie].

Deux visions de la fête

Commençons par mieux comprendre ce qu’est fêter. Derrière ce mot de « fête » se cachent deux réalités différentes et opposées : une plus contemporaine et une autre plus ancienne ou traditionnelle.

La vision contemporaine de la fête nous est assez bien connue. Elle apparait en pleine lumière dans la chanson à succès Alors on danse. Comme Stromae l’exprime justement, la fête apparait comme un lieu pour fuir et oublier la vie dure et parfois même absurde. Dans cette optique, la fête permet de sortir d’une réalité difficile et aide à y retourner par la suite. On comprend pourquoi l’alcool et la drogue occupent une place importante dans bon nombre de fêtes ! Évidemment, cette vision contemporaine de la fête n’est pas la seule qu’on connait aujourd’hui, mais elle représente plutôt une trame générale ou importante.

En effet, la vision ancienne ou traditionnelle de la fête ne nous est pas complètement étrangère. Dans cette approche classique, la fête est comprise comme une activité où l’on sort du quotidien pour faire mémoire d’une réalité qui est très bonne ou significative. Pour un temps, on s’arrête et on accueille d’une manière extraordinaire un évènement ou une réalité qui marque notre vie ordinaire et lui donne sens. C’est ce qu’on voit par exemple dans un anniversaire de mariage, lorsqu’un couple fait mémoire du moment fondateur de leur union. C’est aussi ce qu’on voit à Pâques, alors que les chrétiens s’arrêtent pour rendre à nouveau présentes la mort et la résurrection de Jésus-Christ, évènement fondateur de leur foi.

Évidemment, la fête ainsi comprise amène aussi une détente par rapport au quotidien. Cependant, ce repos n’est pas le cœur de la célébration, mais plutôt une conséquence ou un fruit de celle-ci.

Le vrai sens de la fête

Ce trop rapide survol met en lumière deux conceptions de la fête qui se distinguent et s’opposent. On peut fêter pour oublier et fuir la réalité qui est dure, ou on peut au contraire fêter pour faire mémoire et accueillir la réalité qui est fondamentalement bonne. Cependant, ce premier sens ressemble moins à la fête qu’à ce que le philosophe Pascal appelait le « divertissement ». La véritable fête n’a pas son origine dans la dureté ou l’absurdité de la vie, mais dans sa bonté profonde.

Ici, une précision importante s’impose : ne confondons pas la détente ou la pause qui est saine et bonne avec le divertissement qui disperse et fatigue. Quand on se détend, on ne cherche pas à fuir ou à oublier la réalité, mais on essaie de mieux vivre cette dernière en se reposant.

Dieu : le roi de la fête

On voit maintenant mieux comment Dieu entre dans le décor festif. Si la fête est comprise comme un lieu pour fuir la réalité difficile, il est préférable qu’il n’y ait personne pour m’empêcher de fêter comme je l’entends. Ici, Dieu risque d’apparaitre comme un trouble-fête. De plus, si Dieu ne fait pas partie de la réalité, on peut comprendre que cette dernière apparaisse encore plus dure et absurde.

Par contre, si la fête est comprise comme un lieu pour faire mémoire et mettre en lumière ce qui est bon dans notre vie et dans ce monde, alors Dieu apparait comme la source même de la festivité. En effet, dans un monde sans créateur, et donc dépourvu de sens, d’ordre et de bien, on voit difficilement ce qu’on pourrait fêter de bon. Ici, Dieu n’apparait pas comme un rabat-joie, mais plutôt comme la source ou le roi de la fête. D’ailleurs, dans l’Ancien Testament, fêter le Sabbat est même un commandement fondamental que Dieu donne à son peuple (Ex 20,8-11). Pour les chrétiens, c’est la résurrection de Jésus-Christ qui deviendra le nouveau Sabbat, la nouvelle fête fondamentale de leur vie.

Ainsi, loin d’être opposé à la fête, Dieu en est plutôt l’instigateur, celui qui la rend possible et qui nous invite à pleinement fêter. Évidemment, on peut fêter sans connaitre Dieu. Cependant, sans le savoir, on est alors comme ceux qui boivent l’eau de la rivière, mais qui ignorent sa source ou qui s’en coupent.

Cinq conseils pour cultiver la fête

Si Dieu lui-même met la fête en troisième place dans ses commandements, cela nous montre bien que c’est important et que ça n’est pas toujours simple. C’est aussi ce que notre expérience nous fait voir : il est souvent plus aisé de se divertir que d’entrer dans cette mémoire joyeuse de ce qui est très bon et digne de mention. Pour nous aider à cultiver le sens de la fête dans nos vies, voici cinq conseils non exhaustifs.

Nourrir notre mémoire et notre intelligence. Contrairement à ce qu’on pourrait penser, on ne fête pas mieux en perdant la tête : plus on nourrit la mémoire et l’intelligence de ce qui est bon et fondamental dans notre vie et plus on a de raisons de fêter. Comment pourrait-on fêter ce qu’on ignore ? Ainsi, la connaissance du sens profond de notre vie et de notre monde est à la source de la véritable fête.

Nourrir la gratuité et fuir l’activisme dans notre vie. En accordant plus de place à ce qui est gratuit ou inutile dans notre vie et en fuyant l’activisme, on se dispose à mieux fêter. En effet, celui qui pense toujours en matière d’utilité ou de production est peu disposé à accueillir et à fêter ce qui est très bon dans le monde. La mentalité utilitaire ou activiste veut moins contempler et fêter qu’inventer et travailler.

Veiller à la dimension matérielle de la fête. Étant donné que nous ne sommes pas de purs esprits, nous fêtons toujours avec notre corps. Cela nous demande de veiller à ce qu’il y ait de bonnes conditions matérielles pour fêter. Sans tomber dans une considération démesurée pour l’aspect matériel de la fête, il importe de veiller au choix des lieux, du temps, du nombre de personnes, de la musique, de la nourriture, des vêtements, etc. Idéalement, on ne fête pas un anniversaire de mariage ou Noël dans un dépotoir !

Veiller à vivre la discipline et la pénitence. Même si la fête se distingue du travail et de la pénitence, celui qui ne leur accorde pas de place dans sa vie ne peut pas pleinement fêter. Il en est ici comme pour l’artiste qui ne peut obtenir la joie d’un concert sans les efforts de la pratique. Une personne sans discipline ne peut pas pleinement vivre la fête au moment venu, car elle n’est pas maitre d’elle-même.

Favoriser la communion ou l’amitié. Ultimement, il importe de se rappeler que la fête est toujours orientée vers la communion ou l’amitié entre les personnes. Quelle que soit la fête, elle n’est jamais une activité solitaire ou impersonnelle, mais elle implique toujours une relation personnelle. Si la fête était privée de sa dimension personnelle, elle serait coupée de son fondement à la fois humain et divin, car l’homme est, à l’image de Dieu, un être personnel. Il importe ainsi que cette finalité imprègne et modèle notre manière de fêter.

*Le Verbe témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine. La joyeuse équipe produit un magazine bimensuel de 20 pages (distribué gratuitement dans les places publiques), un numéro spécial biannuel (mook) de 116 pages (envoyé gratuitement par la poste aux abonnés), un site web animé par une quarantaine de collaborateurs réguliers et une émission de radio hebdomadaire, On n’est pas du monde (diffusée sur les ondes de Radio Galilée, Radio VM et aussi disponible en baladodiffusion).

Trois questions fondamentales que Dieu te pose aujourd’hui : épisode 1

(News lovers in the)Planet of the Apps (2013) Huile sur toile 36” x 36” de Patrick McGrath Muñiz

 « La métaphysique », c’est l’art de (se) poser les bonnes questions, écrivions-nous il y a quelques années sur ce blogue.  Ces « bonnes questions » sont des questions dites « fondamentales » (en rapport au sens de la vie, à la mort, au bien et au mal, ou à Dieu…) que chaque être humain peut (ou est censé) se poser.

En réalité, comme nous le montre le début du premier livre de la Bible, la Genèse, ce n’est pas l’homme qui se les pose ou les pose à Dieu, ces questions. Mais c’est Dieu qui pose les toutes premières « questions premières » à l’humain, à un moment particulier où celui-ci est en faillite devant le projet divin. Dieu nous pose ces questions, non « pour savoir » (comme s’il ne savait pas !), mais parce qu’il est bon que nous les entendions.

Voici donc la nouvelle série en 3 épisodes de Jo, notre plume invitée*, que je remercie, orientée « jeunes » (« et moins jeunes! ») et consacrée à ces fameuses premières questions fondamentales que pose Dieu aux humains.

Aujourd’hui, l’épisode 1 : « où es-tu ? »

Un épisode sombre de l’histoire de l’humanité a lieu en Genèse 3.

Par leur désobéissance au seul interdit posé par Dieu sur leur vie, nos ancêtres, l’Homme et la Femme, deviennent conscients de leur nudité et surtout conscients que quelque chose s’est détérioré dans leur relation avec Dieu.

Genèse 3v7 : « Alors ils se virent tous deux tels qu’ils étaient, ils se rendirent compte qu’ils étaient nus. Ils attachèrent ensemble des feuilles de figuier, et ils s’en firent chacun une sorte de pagne ». (NFC)

Leur réaction : cacher leur nudité avec la première chose qu’ils trouvent ! Puis, lorsque qu’ils entendent Dieu le soir, dans le jardin, ils cherchent à se cacher de Lui.

Décidemment, se cacher ou cacher semble être un vrai sujet dans leur nouvel état.

T’es-tu déjà demandé pourquoi? Et surtout, si tu avais été à la place de Dieu, qu’aurais-tu fait ?

Pourquoi leur réflexe est-il de se cacher?

Pense à ton instinct lorsque tu fais ou faisais des bêtises et savais que cela arriverait aux oreilles de tes parents…Moi, j’aurais préféré être invisible.

Lorsque nous avons conscience que nous décevons des personnes qui nous ont fait confiance ou que nous avons désobéi à une consigne, nous avons tendance à culpabiliser ou même avoir honte. La culpabilité exprime notre conscience de notre mauvaise action, tandis que la honte a rapport plutôt à notre vision de nous-mêmes (“je suis mauvais.e”).

Ces deux sentiments sont parfois mélangés, et tous nous les avons expérimentés un jour (normalement!). L’Homme et la Femme, coupables et honteux, essayent de réparer ce qu’ils perçoivent comme une faute en se créant des pagnes en feuillage, puis ils essaient d’éviter la confrontation avec Dieu en se cachant car ils ont peut-être l’impression que Dieu ne les reconnaîtra plus comme ses créatures bien aimées.

Et toi, quelle est ta réaction lorsque tu sais que, devant Dieu, tu n’es pas tout à fait dans la cible ? Quelles pensées te traversent-elles? Et surtout, oses-tu en parler avec Lui?

Si j’étais Dieu (heureusement, je ne le suis pas) je les aurais cherchés pour les « engueuler un coup ». Après tout, ils avaient désobéi à la seule interdiction posée sur leurs vies !

La preuve que Dieu est loin de mes raisonnements humains, c’est qu’il s’approche de l’Homme et pose une question, comme si de rien n’était : “où es-tu?”.

Ceci m’interpelle car: Dieu ne les accuse pas, ne leur dit pas tout le mal qu’il pense d’eux, ne les rejette pas.

Au contraire, il cherche la relation: il veut savoir où se trouvent l’Homme et la Femme.

La relation semble être une priorité pour Dieu.

Il était surement bien au courant de ce qu’ils avaient fait, mais leur a donné l’occasion de venir à Lui, de rester connectés à Lui malgré leur erreur.

Y-a-t-il aujourd’hui une situation dans ta vie qui t’empêche de t’approcher de Dieu?

Sache qu’il est à ta recherche, et t’adresse cette même question “Où es-tu?”.

Dieu est au courant de ce qu’il s’est passé et veut un face à face avec toi : non pour ajouter à la honte et à la culpabilité mais pour t’aider à les évacuer définitivement.

A chaque fois que tu te sens loin de Dieu, ou indigne de t’approcher de Lui, souviens-toi que Lui te cherche. Il te précède dans les retrouvailles!

Prends le risque de répondre à son invitation, de lui dire “je suis là”. Peu importe la gravité de ta situation, ou l’intensité de ton combat contre la honte et la culpabilité.

Essaye.

* De notre plume invitée : Jo est ingénieure, amatrice de réflexion, de lecture et discussions pour refaire le monde (dont l’Eglise!) entre amis et en famille. 

Comment l’Eglise locale peut être un « havre de paix pour les homosexuels »

« Havre de paix pour toute personne fatiguée et chargée, lieu de sécurité pour le pécheur en reconversion, l’Eglise a un grand rôle à jouer dans un monde en perte de repères ». ( Source : Pixabay)

À l’occasion de la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie, le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) rappelle, le 17/05 sur twitter, qu’« aucune violence physique ou psychologique envers une personne en raison de son orientation sexuelle ou son identité de genre ne peut être justifiée par l’Evangile ou l’exemple de Christ.  Les protestants évangéliques sont attachés à la protection des personnes et sont opposés à toute forme d’abus, notamment ceux commis sur les personnes en questionnement à propos de leur orientation sexuelle et de leur identité de genre. La Bonne nouvelle est pour tous, car nous sommes tous loin de l’idéal biblique et de notre modèle : Jésus-Christ ! »

Cette prise de position, relayée par « infochrétienne » notamment sur sa page Facebook, provoque, de la part d’internautes, un déluge de commentaires indignés/scandalisés, certains particulièrement inquiétants, au point où je me demande s’il ne s’agit pas là d’un phénomène « d’astro-turfing » [ou technique consistant en la simulation d’un mouvement spontané ou populaire à des fins de manipulation pour fabriquer l’opinion] pour tenter de décrédibiliser le mouvement évangélique en le présentant sous un jour systématiquement caricatural et outrancier.

Au-delà du bruit et de la fureur, il serait plus sain, comme nous y invite le Pasteur Gilles Boucomont « de se retrouver en Eglise pour penser les questions qu’ont fait surgir ces débats, avec un impératif que le Christ nous soumet : être dans sa vérité, et être dans la paix. En somme être en Lui, qui est Vérité et Prince de paix ».

Dans un article initialement paru dans « Homosexuel, mon prochain », hors-série n° 15, 4ème trimestre 2013,  des Cahiers de l’Ecole Pastorale, l’auteur, actuellement pasteur au temple de Belleville, après avoir exercé au Marais, nous explique comment « l’église locale (peut être un) havre de paix pour les homosexuels » dans un monde en perte de repères, en précisant qu’il ne s’agit pas du tout d’être « dans une perspective morale mais [de se montrer] plus préoccupés par la sortie d’une idolâtrie qui menace tout humain et tout croyant, [l’auteur] le premier.  Ce dont nous sommes redevables devant Dieu, c’est de faire bon usage de la grâce incomparable que nous avons reçue ». 

Extraits : 

Morale « judéo-chrétienne » ?

Toute Eglise protestante ou évangélique va donc prendre la question comme elle en a l’habitude, à l’aune de ce qu’évoque le texte biblique, qui fait autorité en matière de foi et de règles (Sola Scriptura). L’Ecriture est une source centrale bien qu’elle ne soit jamais purement unique. Si c’est l’Ecriture seule qui fait foi, nous savons combien notre culture est marquée par le paternalisme et le puritanisme du XIXème siècle, que nous confondons avec la « morale judéo-chrétienne », concept créé par les sociologues athées et les journalistes de la fin du XXème siècle.  Et nous confondons sans nous en apercevoir l’Ecriture et ses interprétations, dont nous avons intégré les lignes fortes pour ne plus pouvoir revenir à la source sans y apporter un goût extérieur, extra-biblique. Après tout qui se choque encore du nombre d’épouses et concubines de Salomon ? Qui encore, sinon les pharisiens, crie au scandale quand Marie sèche les pieds de Jésus avec ses cheveux ? Qui s’étonne que Joseph aille sans problème à Bethléem avec une Marie enceinte avant le mariage, n’étant lui-même blessé que par le fait qu’il ne soit pas à l’origine de cette grossesse ?  

Bref, il est objectif que la Genèse pose la complémentarité homme-femme. Mais trouver une morale immanente à la Bible en matière de sexualité, de conjugalité et de famille nécessite de tordre et déformer le texte biblique, à partir de nos principes et de notre actualité. La morale au temps d’Abraham n’a rien à voir avec celle au temps d’Esaïe, qui n’a rien à voir avec celle au temps des apôtres. Elle n’a rien à voir avec la nôtre, qui s’est surtout forgée dans les 150 dernières années…  

Quatre textes bibliques normatifs nous parlent d’homosexualités. 

Ils ne structurent pas une morale mais bien une Loi civile et religieuse, avec son aspect pénal. C’est le code de sainteté d’Israël. La première chose que nous remarquons c’est que, contrairement à ce que beaucoup de gens pensent, seul un texte interdisant l’homosexualité en Israël se trouve dans le premier testament (Lévitique 18,22 avec la punition assortie en Lévitique 20,13). Dans l’histoire de Loth, c’est le viol qui est condamné surtout (Genèse 19,5). De la même façon à Guibéah dans le viol d’un lévite (Juges 19,22). 

Trois textes se trouvent dans le nouveau testament, plus particulièrement dans les épîtres de Paul (Romains 1,28-31 1 Corinthiens 6,91 Timothée 1,8-11).  En 1 Corinthiens 6,9, Paul crée des mots nouveaux pour parler de l’homosexualité dans ses deux modes, passif (malakoï) et actif (arsekoïtai).  En Romains 1, il inclue l’homosexualité dans une série d’idolâtries comportementales. Son but est d’aboutir à Romains 3,23 : « Tous ont péché et sont privés de la gloire de Dieu ». Il ne met pas un accent particulier au point que l’homosexualité fait partie d’une liste bien plus vaste.

En 1 Timothée 1,8-11, il déploie la même argumentation.     

La Loi et la morale  

Les Ecritures parlent donc clairement de l’homosexualité comme d’un péché. N’en déplaise à ceux qui sont prêts à tordre le texte pour affirmer le contraire, jusqu’à dire que Jésus l’admettrait, car sinon, il l’aurait condamnée explicitement…  En revanche, c’est la posture de Jésus face au péché et au pécheur qui nous importe pour comprendre l’économie nouvelle, la norme du Royaume. Comment nous positionner à notre tour non pas dans une attitude de jugement comme si c’était toujours la Loi qui prévalait pour nous, mais bien pour intégrer la grâce dont le Christ a voulu faire preuve, de la part du Père.  

Et c’est dans son attitude face aux pécheurs que nous pouvons comprendre la révolution Jésus.

En Jean 8, Jésus fait face à une femme adultère. Mais il n’est pas seul ; les tenants de la Loi sont avec lui, prêts à la lapider, mais rebroussant chemin dans la honte que fait monter en eux la conscience de leur péché.  Les tenants de la morale sont les nouveaux docteurs de la Loi et les nouveaux scribes ou pharisiens. A ceci près que, s’ils sont chrétiens désormais, ils se trompent de loi. C’est au nom d’une autre Loi que celle de Christ qu’ils agissent, au nom de cette loi morale prétendument judéo-chrétienne qui n’est autre qu’un paternalisme conservateur qui est surtout le fruit de la révolution industrielle, indispensable pour que les ouvriers soient disciplinés et serviles.  

Pourtant, bizarrement, si cette morale est très présente dans les Eglises, elle est exigeante contre l’homosexualité, mais elle est parfois moins véhémente contre l’adultère. Elle est tout à fait relâchée par rapport aux ivrognes, que l’on ne cherche pas toujours à sortir de leur mauvaise habitude au pays du bon vin. Que dire des cupides, qui eux sont dans les conseils pour administrer l’Eglise, alors que Paul en 1 Corinthiens 6,9-10 les met tous sur le même plan ? Sans distinction ni hiérarchie.     

L’amour et la vérité  

Il n’est pas insensé de considérer que tous ces péchés sont aussi graves les uns que les autres, dans la mesure où Paul proclame qu’ils nous privent du Royaume. Mais l’attitude de Christ en Jean 8 par rapport à la femme adultère devient la nouvelle norme du Royaume. L’Eglise, qui prolonge l’œuvre de Christ est donc le lieu où doit s’exprimer l’habile dosage de sévérité à l’égard du péché, et de compassion à l’égard du pécheur désireux de changer de vie.  C’est ainsi que les prostituées qui se convertissent sont souvent bien accueillies, les alcooliques en chemin vers la sobriété le sont aussi dans nos Eglises ; il doit en être de même pour ceux qui luttent en chemin contre l’homosexualité. L’Eglise est le lieu où les pécheurs (que nous sommes tous si nous relisons le sermon sur la montagne), viennent confesser leur misère devant celui qui les relève et leur dit : – Je ne te condamne pas, – Va, – Ne pèche plus.

Les trois éléments de ce cheminement sont capitaux. Jésus, par son délicat « ne pèche plus », signifie clairement qu’il n’a pas aboli le fait que l’adultère avéré de cette femme soit une occasion de rupture avec le monde, et avec Dieu et sa Loi. Il n’a pas aboli le code de sainteté. Et il n’hésite pas à dire les limites du possible. Il n’a pas de honte à dire que c’est invivable. Que c’est même contre Dieu. Il ne lui dit pas « Rien n’est grave, avance maintenant ». Selon le code de sainteté, elle devait être lapidée. Elle ne le sera pas. Mais combien de personne se disant homosexuelles sont lapidés verbalement ou simplement ostracisées jusqu’à ne plus revenir, dans des Eglises où leur péché a été promu au rang de péché supérieur. Qui sommes-nous pour établir des catégories que les Ecritures et le Christ n’ont pas posées, pour hiérarchiser les vertus ou les vices ? Sommes-nous ceux qui fixent la Loi ? De quelle autorité sortirions-nous un péché de cette liste, pour le rendre plus infâme ou le qualifier, au contraire, de bénin ?  Seul quelqu’un de totalement saint peut être en droit de mettre en application le code de sainteté, si nous sommes cohérents. Dieu seul peut donc punir l’adultère, en toute logique. Alors « que celui qui n’a jamais péché lui jette la première pierre », lance Jésus, qui est sans péché, et a donc autorité pour la lapider, lui ! Mais il choisit de ne pas le faire. Il ouvre la possibilité au changement de vie, qui commence avec la capacité à se repentir. « Car là où le péché a abondé, la grâce a surabondé. » (Romains 5:20). Et c’est pourquoi il peut lui dire : « Va ».     

Havres de paix  

Les Eglises sont donc appelées à être des lieux de sécurité et de refuge pour les personnes se disant homosexuelles, où elles peuvent être sûres d’être préservés de toute forme d’homophobie et de tout jugement. Nos Eglises doivent être des lieux où se dit la vérité, mais dans l’amour qui prévaut aux suiveurs de Christ. Elles sont appelées à être des lieux de grande sécurité spirituelle mais aussi émotionnelle pour que les pécheurs s’y retrouvent comme étant graciés, et apprenant à en tirer toutes les conséquences jusque dans chaque recoin de leur vie.  Mais comme pour tout pécheur, ce lieu de sécurité est aussi un lieu de vérité où la personne n’est pas confondue avec son comportement, mais définie dans ses vrais lieux d’identité. Personnellement, je ne suis pas un hétérosexuel, mais un homme marié à une femme. Nos Eglises ne bénissent pas des hétérosexuels. Elles bénissent des hommes et des femmes qui veulent vivre la conjugalité dans la fidélité que définit l’Ecriture, et qui fait de la vie comme de tout ce qui la constitue, une réalité éternelle.  

Tu n’es pas ce que tu fais  

Lire la suite sur le site de « Croire publications » ou sur le blogue de l’auteur.

Suffit-il- pour un chrétien se voulant « biblique »- que l’avortement soit interdit pour s’en réjouir ?

La première question que pose l’avortement est celle de la valeur de la vie humaine. Source image : public domain pictures

« Suffit-il- pour un chrétien se voulant biblique- que l’avortement soit interdit pour s’en réjouir ? Comment agir- de façon édifiante et glorifiant Dieu- pour prévenir l’avortement ? » 

Telle est la question posée par l’internaute « Nick » sur le site 1001 questions, et jugée « intéressante » par les répondants :

En effet, « être contre l’avortement, c’est bien. Mais comment faire, concrètement, pour rendre cet idéal possible ? L’avortement pose en effet des questions qui nous impliquent tous.

La première question que pose l’avortement me semble être celle de la valeur de la vie humaine dans notre culture. Qu’est-ce qui fait que nous valons quelque chose ? Nos capacités à réfléchir, à travailler ? Le regard que d’autres posent sur nous ? Le fait que nous soyons aimés, par un conjoint, par des parents, par des amis ? Notre richesse ? Dire que nous sommes contre l’avortement, c’est dire notre confiance dans le fait que la valeur de l’humain repose sur le fait que Dieu l’a désiré. Etre contre l’avortement, c’est donc agir pour que soit considérée la valeur de tout être humain. Je vous laisse donc imaginer à quel point ces considérations ont de larges implications, de la question de la maltraitance dans les EHPAD, à celle du harcèlement dans les collèges ou de la malnutrition dans les pays du Sud.


La seconde question que pose l’avortement est celle de la responsabilité. L’éthique chrétienne lie l’amour à l’engagement pour l’autre. Promouvoir une culture de l’engagement, c’est certainement limiter le nombre de femmes qui doivent avorter parce que leur conjoint ne veut pas de l’engagement que représente un enfant. C’est aussi permettre aux femmes de refuser les pressions qui laissent entendre qu’accueillir un enfant équivaut à gâcher sa vie.


La troisième implication relève de l’aide pratique. Comment peut-on épauler des femmes qui choisissent de garder leur enfant malgré des conditions économiques, psychologiques et relationnelles difficiles. Comment entourer les personnes qui ont des enfants et en particulier les femmes qui les élèvent seules ? Cette question s’adresse peut-être spécialement aux églises, qui se disent être une famille.

La quatrième relève de l’annonce de l’Evangile.

Lire l’intégralité de la réponse sur 1001 questions.

« Une nuée de témoins »…différents les uns des autres ! (Hébreux 11v32-40)

Les témoins sont une nuée, ils sont aussi différents les uns des autres. Prédication d’Isabelle Coffinet (Temple de Cergy) sur le texte d’Hébreux 11.32-40.

Es-tu prêt à recevoir les miracles de Dieu ? Et aussi tout ce qui n’est pas miraculeux ? Es-tu prêt à vivre le glorieux, mais aussi tout ce qui ne l’est pas ?

Alors, ce message est pour toi ! Ou comment comprendre que s’attendre à Dieu, c’est être prêt à crucifier nos propres attentes.

De l’imagination, « cette faculté transversale »

« Ce dont cet homme a besoin » ou le point de vue du dominant, par Andy Singer

« L’imagination est ici la faculté de nous mettre à la place d’autrui, mais sans nous croire véritablement à sa place, et sans nous en faire une image. C’est un art délicat. D’autant plus délicat que l’imagination baigne dans l’imaginaire dominant d’une époque, d’un milieu, d’une culture ».

(Olivier Abel. De l’humiliation : le nouveau poison de notre société. Les Liens qui Libèrent, 2022, p 78)

Pourquoi les « anti-passe » et « anti-vax » sont toujours actifs malgré la levée du passe vaccinal

Pour certains, le vaccin, c’est toujours non…même après la levée du passe vaccinal. Pourquoi ? Source image : public domain pictures

Loin d’être une simple « question indifférente », la question du vaccin contre la covid est bien une question éthique : car sont en jeu ici le rapport à son propre corps comme aussi la responsabilité pour la santé des autres. L’éthique doit ici trouver des réponses en examinant très sérieusement les données empiriques et scientifiques, car la qualité d’une réponse éthique dépend d’une bonne information sur le sujet en question.

Cependant, comment expliquer le rejet persistant de la vaccination – notamment le fait que les « anti-passe/anti-vax » soient toujours actifs, même après la levée du passe vaccinal –  et de façon sous-jacente le processus de « décroyance » en la science ? Une analyse de Dominique Crié, professeur des universités, et de Christelle Quero, Maître de Conférences, Université de Lille, paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation.

Le 15 mars 2022, lors de sa visite d’un centre de réfugiés, Emmanuel Macron était interpellé par une aide-soignante de 35 ans non-vaccinée. En pleurs, elle soulignait avoir perdu son travail et demandait l’arrêt de l’obligation vaccinale pour les soignants.

Les « anti-passe, anti-vax » sont en effet toujours actifs malgré la levée des restrictions sanitaires le 14 mars. À Toulouse le 5 mars, ils défilaient au nom de leurs « libertés », contre une « dictature sanitaire et numérique », persuadés d’être fichés et stigmatisés, réclamant la « liberté vaccinale ». Le même jour à Rodez, ils dénonçaient « la dérive sécuritaire du gouvernement », la « restriction des libertés collectives et individuelles », la fracturation de la société selon le statut vaccinal et surtout « l’absence de débat démocratique » permettant à chacun de se faire une opinion vis-à-vis du vaccin.

En juillet 2021, OpinionWay publiait un sondage indiquant que 16 % des Français n’avaient « pas l’intention de se faire vacciner ».

Mais l’hésitation vaccinale n’est pas un phénomène uniquement français, il s’agit même de l’une des dix plus grandes menaces pour la santé mondiale indiquait l’OMS en 2019.

Le groupe d’experts SAGE de l’OMS met en exergue, antérieurement et parallèlement au modèle classique des « 5 C » (confiance, complaisance, commodité/convenance, calcul du risque et la responsabilité collective), une conjonction de trois grandes dimensions au phénomène d’hésitation vaccinale face au Covid-19 :

  • liées au vaccin et à la vaccination (sécurité, accès à la vaccination, coût, résultat attendu),
  • liées aux individus (croyances, mythes et convictions, niveau de compréhension, normes sociales et communautaires),
  • liées à l’environnement (culturel, politique, socio-économique, médiatique).

Ces éléments se retrouvent essentiellement dans les pays démocratiques, à forte accessibilité et disponibilité vaccinale. Ils contribuent à générer un certain populisme « antivax », largement relayé par les médias numériques, et leur mise en avant démultipliée a pour conséquence que l’effet thérapeutique du vaccin n’est plus évalué à sa juste dimension.

Retour sur une défiance générale

La défiance envers la vaccination n’est ni récente ni figée, comme le rappelle en 2021 l’historien Laurent-Henri Vignaud.

Le phénomène trouve ses origines au XVIIIe siècle avec les premières inoculations varioliques, ancêtres de la vaccination. Des études menées alors à partir de tables de mortalité démontrent que la variole contractée par inoculation est dix fois moins mortelle que la variole après infection naturelle. On pouvait penser que les railleries « anti-variolisation » allaient cesser, mais c’est l’inverse qui se produisit. Les discours s’alimentent par la médiatisation de rares cas de complication et la publication de caricatures qui effraient.

Au XIXe siècle, la création de son institut par Pasteur va faire naître deux débats : l’un sur l’expérimentation animale, l’autre sur des accusations de profit de l’institut – préfigurant les attaques actuelles sur les « Big Pharma ».

Il faut attendre le XXe siècle pour voir la reconnaissance d’un bénéfice de la vaccination se développer. En France, depuis 1992, les baromètres santé assurent une veille de la perception de cette pratique. Comme le rapporte le spécialiste en prévention et maladies infectieuses Jocelyn Raude, en 2000 et 2005, environ 90 % des Français y étaient favorables.

Toutefois, plusieurs scandales sanitaires et la montée des théories conspirationnistes vont ensuite modifier le paysage statistique. En 2010, 40 % des Français auraient ainsi été défavorables à la vaccination en général. Ce rejet concerne en premier lieu la vaccination contre la grippe, qui chute de plus de 30 % l’année suivante.

Le cas du rejet de la vaccination anti-Covid

En novembre 2020, alors que la pandémie frappe la planète depuis près d’un an, Pfizer-BioNTech présente les résultats d’un essai clinique où leur vaccin anti-Covid-19 serait efficace à 90 %. Rapidement, en parallèle de l’espoir généré par cette annonce, émerge un phénomène de défiance. Fin décembre, 45 % des Français déclaraient ne pas souhaiter se faire vacciner, soit un taux des plus élevés au monde.

Les motifs de ce rejet sont nombreux. S’y mêlent oppositions religieuses (se soumettre à la volonté de Dieu) et spirituelles, écologiques (dégradation de l’environnement) ou naturalistes (laisser faire la nature), intentions néfastes prêtées à Big Pharma et à un État Big Brother (contrôle et atteinte des libertés) qui serait en plein développement, manque de confiance dans les institutions chargées de garantir la santé de chacun, remises en cause à l’égard du corps médical et de la science (la science n’explique pas tout)…

Cet ensemble disparate est repris et renforcé par le « documentaire » Hold-Up.

Internet et les réseaux sociaux vont faciliter la diffusion d’injonctions paradoxales, de fake news, de slogans tendancieux assurant le terreau des théories conspirationnistes.

La très populaire plate-forme de Podcast Spotify accueille ainsi l’animateur Joe Rogan qui va diffuser à ses 190 millions d’auditeurs beaucoup d’informations fausses (pas besoin de se vacciner si l’on est jeune, etc.) ou controversées sur le vaccin sans aucun avertissement. Au point que l’artiste Neil Young, également hébergé par la plate-forme, décide de la boycotter, se privant ainsi de 60 % de ses revenus.

Mésinformation, désinformation et malinformation

Les questions de mésinformation, de désinformation ou de malinformation deviennent ainsi essentielles pour appréhender l’hésitation vaccinale.

Au IVe siècle av. J.-C., le philosophe grec Aristote dénonçait déjà les ruses utilisées pour piéger un interlocuteur. Le « sophisme » par exemple part ainsi d’éléments vrais puis développe un raisonnement faussé pour aboutir à une conclusion erronée afin d’induire son interlocuteur en erreur.

En rhétorique, une autre technique est surnommée « empoisonnement de puits ». Elle consiste à donner de l’information négative, vraie ou fausse, à propos d’un adversaire dans le but de le discréditer. Une troisième à changer soudain de sujet et l’envoyer sur une autre piste que celle prévue.

« Affirmer », c’est avant tout s’affirmer et vaincre… Sur les réseaux sociaux, beaucoup se parlent sans « s’écouter », les dialogues solitaires y côtoient les monologues à plusieurs, laissant cette impression d’exister davantage.

Avec Internet, sophistes et rhétoriciens numériques disposent d’une arme de persuasion massive ! Des professionnels mixent algorithmes et neurosciences pour créer l’addiction aux réseaux et un accroissement d’audience… et donc de recettes publicitaires.

Un phénomène de repli sur soi

Dans un autre registre, l’engagement (envers une cause par exemple, basé sur la confiance et la satisfaction et l’attachement aux idées développées) est un puissant facteur de résistance à la persuasion, particulièrement en santé publique, par défaut de traitement approfondi de l’information « persuasive » diffusée. Avec pour effet là encore que les messages de prévention ne sont plus considérés à leur juste valeur.

De nombreuses recherches, notamment effectuées par Facebook comme l’a précisé la lanceuse d’alerte Frances Haugen, indiquent clairement qu’un contenu négatif, clivant ou incitant à la haine est facteur d’engagement donc d’audience et de diffusion.

Un taux de clic plus important sur les contenus publicitaires incite les plates-formes à une certaine « clémence algorithmique » dans leur filtration. Ceci rejoint l’appétence des individus à communiquer sur les événements négatifs et les dangers dans une « société de mise en scène de la peur » selon le philosophe Michel Serres. Les « agissants » sur les réseaux sociaux sont par définition des « engagés », par la répétition et la fréquence de leurs interventions.

La question d’infox (fake news) en santé interroge également. Des communautés virtuelles se forment et s’enferment dans une logique de renforcement de leurs points de vue. Il y a alors une réduction de la diversité des informations reçues et un rejet systématique des arguments alternatifs. C’est le phénomène de « chambres d’écho », à l’origine un lieu où augmente la résonance de propos similaires et de « bulles de filtre ».

Selon le spécialiste du cybermilitantisme Eli Pariser, qui utilise le terme d’« autopropagande », ces bulles sont le fruit de dispositifs algorithmiques de personnalisation et de partage des contenus en ligne. Elles appauvrissent intellectuellement leurs membres et façonnent la réalité des faits, conduisant parfois à la radicalisation des opinions.

Sur Internet, la moindre information persiste dans le temps et devient « searchable » sans mise en perspective ni contexte pour l’interpréter. Or les plates-formes digitales renvoient principalement vers un contenu souhaité, grâce aux données fournies implicitement par leurs utilisateurs qui entraînent leurs algorithmes. Ce qui alimente les « bulles de filtre », les résultats des moteurs de recherche proposant à l’internaute les idées (y compris alternatives et controversées) qui viendront renforcer ses positions initiales.

La part des biais cognitifs

Les individus peuvent également être sous l’influence de biais cognitifs, définis comme un écart systématique entre la réalité et la pensée logique et rationnelle lorsque celle-ci ne suffit plus à appréhender un événement ou un contexte.

La littérature distingue les biais individuels des biais collectifs. Les premiers sont liés à des erreurs de jugement, et donc de décision, qui restent propres à un individu. Les seconds naissent lorsque le jugement et la décision finale relèvent d’un contexte de groupe ou de communauté.

Très étudiés en psychologie, ces biais sont cognitifs, motivationnels ou émotionnels. Certains sont susceptibles d’expliquer le rejet total ou partiel des vaccins anti-Covid. Ils peuvent être directement attribuables (ou renforcés par) soit à une information mal contrôlée, soit à une mésinformation, désinformation ou malinformation sur les réseaux sociaux, soit encore à l’entourage social.

L’importance de la méfiance envers les institutions

L’opposition à l’État et aux institutions a canalisé une large partie du rejet des vaccins et des mesures sanitaires. Jean-François Monier/AFP

Plusieurs auteurs (Christophe Benavent, spécialiste des conséquences des technologies de l’information sur les stratégies ou le sociologue Alexis Spire montrent que le jugement de confiance envers les politiques dans la gestion de la pandémie, reflet de la confiance envers les institutions, s’impose comme l’une des variables principales du rejet vaccinal. Ces études identifient un facteur allant de 1 à 5 (de < 10 % à > 50 %) entre les citoyens qui ont une certaine confiance et ceux qui n’en ont aucune, et ce indépendamment de la catégorie socioprofessionnelle.

Comment expliquer cette remise en question de l’État ?

Dans la logique de protéger prioritairement les plus vulnérables, les autorités de santé ont sans doute délégitimé le vaccin chez les individus non éligibles en début de campagne. Or privilégier les personnes les plus à risque, c’est également tolérer plus d’effets indésirables du vaccin et apprendre à les connaître pour mieux les maîtriser ensuite.

D’autre part, la communication gouvernementale est restée ambiguë sur les notions d’immunité collective et de protection individuelle ou encore sur la possibilité de contamination malgré la vaccination. Les experts et les politiques ont souvent asséné leur(s) vérité(s) en amplifiant sporadiquement la gravité du Covid-19 afin de mieux sensibiliser la population, alors qu’il aurait fallu sans doute plus d’andragogie.

Enfin, il a pu y avoir l’impression d’une mise en cause de l’autorité scientifique par le politique (avec les premières annonces sur l’inutilité des masques, le refus de confinement fin janvier 2021, etc.). L’injonction politique envers des citoyens, qui s’estiment informés et responsables et revendiquent leurs droits individuels et leur liberté, scelle la rupture du contrat sanitaire jusqu’ici implicite.

Le détachement du politique vis-à-vis des scientifiques trouble un peu plus une lecture juste de la situation, d’autant que des mesures perçues comme liberticides sont prises en se référant au… conseil scientifique.

Une large méfiance envers les autorités de santé et l’industrie pharmaceutique

Deux faits notables, associés à la vaccination, sont fortement inscrits dans la mémoire des Français : la relation, non avérée, entre le vaccin contre l’hépatite B et la sclérose en plaques, et l’échec de la campagne vaccinale H1N1.

En parallèle, les scandales du Mediator, du Levothyrox, de la Depakine, de la Thalidomide ou encore du sang contaminé vont cristalliser le phénomène de défiance. Ces crises politico-sanitaires installent des doutes à la fois sur la sécurité des vaccins ou des médicaments et l’aptitude des autorités à prendre des décisions indépendamment de l’industrie pharmaceutique.

Elles nourrissent la défiance et expliquent, en partie, le niveau important d’hésitation vaccinale.

Concernant la vaccination contre le Covid-19, la longue litanie des effets indésirables les plus dramatiques (maladies auto-immunes, thromboses, myocardites, péricardite, syndrome de Guillain et Barré, etc.), réels mais extrêmement rares, mais aussi les médicaments supposés être efficaces puis soustraits à la prescription comme l’hydroxychloroquine, vont venir remettre en cause la bienveillance de l’État et des scientifiques.

De plus, la rapidité du développement du vaccin, suspecté de passer outre les standards scientifiques habituels pour raison politico-économique, engendre de larges soupçons. Pourtant, les raisons principales de cette rapidité ont été un allègement de la bureaucratie et le recours à des procédures parallèles de validation des essais cliniques sans jouer sur la sécurité. Ceci aurait mérité une information honnête, transparente, répondant aux doutes légitimes en s’assurant de sa plus large diffusion – jusque dans les « bulles » évoquées précédemment.

Autre exemple : la polémique liée aux thromboses aurait pu être limitée en mettant largement en avant deux études. La première d’avril 2021, émanant de l’Université d’Oxford, démontre que « le risque de thrombose lié à une infection Covid-19 serait huit fois plus élevé qu’avec le vaccin AstraZeneca et 10 fois pour les vaccins Pfizer-BioNTech et Moderna ». La seconde de juillet 2021, montre qu’en Angleterre depuis que le vaccin AstraZeneca est injecté uniquement aux plus de 40 ans, aucun cas de thrombose vaccinale n’a été signalé.

Une partie du corps médical présente également des signes de défiance. Différents facteurs sans lien avec la vaccination sont venus amplifier leur propre hésitation, comme la généralisation du tiers payant, la crise organisationnelle et financière des hôpitaux, le manque de reconnaissance, les problématiques de sous-effectif, etc. Aux phénomènes structurels s’ajoutent des incertitudes et doutes alimentés par la gestion de crise sanitaire, notamment le fait que des soignants Covid positifs, asymptomatiques ou paucisymptomatiques pouvaient (devaient) continuer à travailler.

L’évolution rapide des données et comptes-rendus sur lesquels s’appuient l’État et les autorités de santé pour mener la stratégie de lutte contre la propagation du SARS-CoV-2 ne permettent ainsi plus toujours de convaincre les professionnels de santé.

Certains soignants n’ont pas confiance dans les vaccins proposés, d’autres s’opposent au principe d’obligation vaccinale en s’appuyant sur le manque de recul par rapport aux traditionnels vaccins obligatoires pour l’exercice de leur métier… Tout cela se transformant en outil de protestation contre les politiques de santé.

Le rôle complexe des scientifiques

Les interventions publiques d’experts ont pour objectif de susciter l’adhésion à la stratégie de vaccination, de nombreux citoyens hésitants cherchant à être persuadés de ses bienfaits.

Cependant, la polémique portée par Andrew Wakefield (1998) sur la soi-disant relation entre vaccination anti-rougeole/oreillons/rubéole (ROR) et l’autisme, a généré une crise de confiance sur la vaccination infantile en Angleterre. En France, c’est le vaccin contre l’hépatite B qui est alors suspecté de provoquer la sclérose en plaques. Ces deux exemples de controverses mettent en avant le rôle des scientifiques en tant qu’influenceurs négatifs.

De plus, certaines publications diffusées avant validation par les pairs font l’objet d’une interprétation fallacieuse. Retransmises sur les réseaux sociaux, elles augmentent les doutes et le scepticisme sur l’information scientifique. Un exemple est celui de la célèbre revue Vaccines qui a publié le 28 juin 2021 une étude, validée scientifiquement, qui affirmait que le vaccin provoquait deux décès pour trois personnes protégées… Étude retirée quelques jours plus tard (le 2 juillet) en raison d’erreurs dans l’interprétation des conclusions.

D’autres grandes revues internationales (The _Lancet, New England Journal of Medicine et Annals of Internal Medicine_…) ont dû également retirer des publications litigieuses de leur site, renforçant l’idée que les scientifiques doivent mieux s’assurer de la robustesse de leurs travaux avant diffusion.

Pour l’OMS, les réseaux sociaux sont abondamment mobilisés par les « antivax » pour partager des résultats d’études scientifiques litigieuses dont la robustesse des travaux est questionnable, disponibles en pré-print et libre accès, elles sont susceptibles d’alimenter leurs thèses.

Cette grave pandémie, complexe et qui dure, responsable aujourd’hui de 6,23 millions de morts au niveau mondial, possiblement 2 à 3 fois plus selon l’OMS, pose ainsi la question générale des stratégies de communication à la fois des organismes de Santé publique et des mouvements alternatifs.

Initialement paru le 28/04/22 sur le site de The Conversation

Voir aussi https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/10/15/communication-scientifique-en-situation-de-crise-sanitaire-profusion-richesse-et-derives/

Connaître l’évolution de la vaccination en France : quelle proportion de français vaccinés ? Combien faut-il encore vacciner de personnes avant d’atteindre l’immunité collective ? A la date du 02/05/22, 80,6 % des français ont reçu au moins une dose de vaccin ; 79,3 % ont reçu toutes les doses requises ; 54 % ont reçu une dose de rappel supplémentaire. Il reste à vacciner 19,04 % des français avant d’atteindre un taux de vaccination de 100 %. Au rythme actuel, on aurait vacciné l’ensemble de la population éligible (les plus de 12 ans) le 07 juin 2029 !

Forum des Attestants du 14 mai : « Transmettre l’Évangile, une question de vie ou de mort »

Source image : attester.fr

Le 14 mai 2022, de 9h30 à 17h00, a eu lieu un forum ouvert à tous, 100 % zoom, organisé par l’association des Attestants*, autour du thème: Transmettre l’Évangile : Question de vie ou de mort.

Pourquoi cette thématique ?

Les organisateurs du forum le justifient ainsi : « Alors que la guerre vient de faire son tragique retour à l’est du continent européen, provoquant son cortège de morts, de blessés et de réfugiés, le thème de ce Forum 2022 est hélas particulièrement pertinent et actuel. Nous sommes en pleine fin de crise du Covid en France et alors que le thème de l’héritage s’invitait dans la campagne présidentielle, la guerre en Ukraine lui donne une très forte dimension.

Dans le contexte du débat synodal de l’EPUdF sur Mission de l’Église et ministères, le thème de la transmission de l’Évangile doit bien évidemment prendre une place primordiale. En effet, parmi toutes les facettes de la mission de l’Église, le témoignage de la foi et la transmission de l’Évangile tiennent une place centrale et unique pour tous les chrétiens.

Dans un monde post-moderne où l’individualisme et le prétendu accomplissement personnel sont devenus norme absolue, comment dire le plan de Dieu pour chaque homme et chaque femme de notre temps ? Comment assumer cet héritage formidable que nous avons reçu, en vivre pleinement et le transmettre à notre tour pour que la vie du Ressuscité vienne remplir l’existence d’un maximum de nos contemporains ? Comment transmettre l’Évangile en tout temps et en tout lieu en commençant au plus près de nous, au sein de nos familles, auprès de nos amis, de nos collègues, et de tous ceux avec qui nous vivons au quotidien ? Indépendamment des circonstances sanitaires ou géopolitiques, la transmission de cet Évangile, qui remplit toute notre existence et fonde notre espérance, revêt une urgence pour notre monde tourmenté. Cette urgence est brûlante pour nos Églises.

Cette mission n’est pas celle des seuls spécialistes, théologiens, biblistes, etc. ; elle est celle de chaque chrétien membre du corps du Christ. Chacun à notre niveau et avec les dons que nous avons reçus, nous devons assumer l’Évangile reçu en héritage pour le transmettre à notre tour. C’est pourquoi dans le cadre de notre Forum 2022 nous allons réfléchir et nous former ensemble sur ce thème essentiel, afin d’être à même de remplir la mission que le Christ lui-même nous a confiée ».

Au programme [cliquez sur chaque intervenant ci-dessous pour (re)découvrir leur contribution]

De 9 h 30-12 h 30, table ronde animée par Marie-Christine CARAYOL, coach et intervenante en thérapie sociale, avec

  • Pierre-Yves KIRSCHLEGER, maître de conférences d’Histoire contemporaine, Université Paul-Valéry, Montpellier
  • Louis SCHWEITZER, professeur émérite d’éthique de la Faculté libre de théologie évangélique, Vaux-sur-Seine
  • Antoine NOUIS, docteur en théologie, co-fondateur de campusprotestant.com

14 h-17 h, Ateliers

  • Dire l’Évangile de façon compréhensible
  • Transmettre l’Évangile dans le scoutisme
  • Transmettre en manifestant son ouverture dans un accueil bienveillant, l’exemple des Parcours Alpha
  • Comment orienter sur l’essentiel en partant des préoccupations et questions posées ?
  • Transmettre l’Évangile dans une Œuvre sociale
  • Témoigner dans la famille
  • Transmettre et partager l’Évangile dans le couple
  • Témoigner auprès des enfants
  • Grands-parents témoins
  • Témoigner auprès des musulmans
  • Annoncer l’Évangile dans une société post-moderne
  • Témoigner en milieu sportif

Renseignements sur cet événement.

*Un événement organisé par les Attestants ; ce courant de l’Eglise Protestante Unie de France (EPUdF) s’est constitué suite au synode de Sète en 2015, qui a vu autoriser la bénédiction des couples de même sexe. L’idée du mouvement est « de mettre au centre des préoccupations le fait d’être une Eglise de témoins ». Il s’agit pour ces protestants confessants, non plus de « protester » mais « d’attester » d’une foi solide dans le Père, le Fils et le Saint Esprit, comme « d’attester » de l’autorité souveraine de la parole biblique pour la foi et la vie des croyants. Ils proposent des outils pour le réveil des églises de la Réforme et au service de l’Evangile de Jésus-Christ.

Découvrir leur site et mes articles sur ce mouvement.

Initialement paru le 06 mai 2022 et mis à jour pour l’occasion