En ce moment, j’écoute : « Güngör ». Question de style ou d’idée ?

"Tout seul au fond de l'espace" : ou comment parler(chanter sur) de ce qui nous dépasse ?

« Tout seul au fond de l’espace » : ou comment parler(chanter sur) de ce qui nous dépasse ?

Güngör (Comme le nom ne l’indique pas, cela se prononce simplement « Gungor »-les trémas étant là pour faire joli ou donner un style) est un groupe conduit par le couple Michael et Lisa Gungor, découvert en mai dernier, grâce à l’article(02 mai 2014) de « Nathan », de la « Réb’Team louange », publié sur le site de la Rebellution le 02 mai 2014, à l’époque où « le blog qui défie tes attentes » était encore en rouge et noir.

Sur la forme d’abord, ledit groupe est plutôt original et particulièrement intéressant dans le sens qu’il n’oublie pas de faire de la musique avant toute chose. Il prend d’ailleurs le parti de refuser l’appellation de groupe « chrétien »-une stratégie qui peut être payante, surtout si on vise un public plus large qu’un public « d’église » ou « chrétien » en général. Tout dépend le but final que l’on vise. Nous y reviendrons plus loin.

D’autre part, sa musique est plutôt déroutante et difficile à situer, à contre-courant du style « louange », rendant le groupe particulièrement inclassable : pour faire simple, on le qualifiera de « pop-folk chrétien alternatif » ou de « post-rock liturgique ».

Pour vous faire une idée, prenez le temps de découvrir leur premier opus « Beautiful Things » (2010)


Ou leur troisième album, « I Am Mountain »(2013), plutôt expérimental :

 

Question texte, il semble que l’on soit servi, notamment avec « Beautiful Things », justement,  « sorte d’encouragement puissant sur notre utilité sur Terre », ou avec « I Am Mountain » qui « explore subtilement la condition si particulière de l’homme (en tant que création), à la fois composé de poussières et de merveilles, nous ouvrant les yeux sur la complexité et la richesse de la création divine », comme le souligne Nathan, dans son article.

Ceci dit, écouter du Güngör est une expérience particulièrement intéressante, si vous voulez découvrir un style et un genre de nature à vous surprendre. Pour ma part, j’estime qu’il est bon que des artistes en général se distinguent du conformisme ou de la soupe ambiante, comme il est bon que des artistes se distinguent par leur talent, leur originalité et leur créativité. Sachant qu’un artiste-et chrétien, qui plus est, ne saura se distinguer exclusivement par son style musical, mais saura se distinguer aussi par la qualité de ses textes, porteurs de sens.
Concernant Güngör, on peut comprendre et apprécier ce refus d’une étiquette (« groupe chrétien »)de nature à enfermer dans un genre et empêcher d’atteindre un plus vaste public. Néanmoins, ce positionnement rendra-t-il le drapeau plus visible ?

En creusant un peu et en allant un peu au-delà de ce que l’on peut lire ici ou là sur des sites ou blogs français(si vous avez d’autres sources francophones complètes sur Güngör, merci de me les signaler en commentaires), il est possible de prendre connaissance de cet édifiant entretien* avec les Gungor(Pour ceux qui lisent l’anglais) : répondant à diverses questions, le couple s’exprime sur ses « positionnements théologiques »(sur ce qu’il croit, quoi), sur ce qu’implique « croire », et sur ce qu’est une vie juste, selon eux(si j’ai bien lu). Autant de positionnements susceptibles de soulever pal mal de discutions*.

Pour ma part, même si je peux comprendre certaines interrogations dans le détail, j’avoue ne pas les rejoindre sur la Bible**, « les origines »*** et l’historicité du déluge, tout en les rejoignant sur une nécessité d’une vie cohérente avec ce que l’on professe pour vrai. Cependant, une vie juste peut-elle l’être durablement, « en vérité », sans un fondement de vérité ou avec un fondement « sélectif » de vérités ?
Bref, si le chrétien « est dans le monde, quoique pas du monde », et si le royaume de Son Seigneur et maître, Jésus, « n’est pas de ce monde », il est important de ne pas être confondu (comme de ne pas se mettre à l’écart)avec le monde, mais de se distinguer(dans le sens d’être distinct), pour un témoignage vivant et vrai. Et quel est ce témoignage ? Celui de rendre visible (sans caricature et en vérité)le Seigneur Jésus-Christ lui-même, « le Dieu véritable et la vie éternelle »(1 Jean 5v20). Ce qui est valable pour le chrétien « lambda » l’est aussi pour le chrétien artiste.

Je conclue en rappelant que le Christ, qui a dit que les Ecritures « témoignaient de Lui »(Jean 5v39), a aussi dit : « Ne croyez pas que je sois venu pour abolir la loi ou les prophètes; je suis venu non pour abolir, mais pour accomplir. Car, je vous le dis en vérité, tant que le ciel et la terre ne passeront point, il ne disparaîtra pas de la loi un seul iota ou un seul trait de lettre, jusqu’à ce que tout soit arrivé. Celui donc qui supprimera l’un de ces plus petits commandements, et qui enseignera aux hommes à faire de même, sera appelé le plus petit dans le royaume des cieux; mais celui qui les observera, et qui enseignera à les observer, celui-là sera appelé grand dans le royaume des cieux. Car, je vous le dis, si votre justice ne surpasse celle des scribes et des pharisiens, vous n’entrerez point dans le royaume des cieux ».(Matt.5v17-20)
Ceci dit (et je pense qu’il convient de savoir à qui on a affaire exactement, comme de savoir ce que l’on chante vraiment), j’apprécie leur musique, particulièrement originale et déroutante. Une question demeure : être créatif, décalé et à contre-courant, est-ce inconciliable avec le fait de croire, par exemple, que la Bible est la Parole de Dieu et que les récits bibliques ne sont pas « des histoires »(dans le sens de « mythes ») ?

Et comme un morceau vaut mieux qu’un long discours, je vous laisse découvrir un petit dernier, en plus des deux premiers plus haut :

Bonne écoute et bon WE !

 

 

Notes :

* Lire, en contrepoint, cet autre article (plutôt vif) : http://blogs.answersingenesis.org/blogs/ken-ham/2014/09/01/christian-singer-michael-gungor-makes-more-outrageous-claims/

Voir aussi : http://www.todayschristianmusic.com/artists/gungor/biography/

 
**Tout dépend ce que l’on appelle « lecture littérale des Ecritures ». Ainsi, il importe, par exemple, d’interpréter selon une méthode « historico-grammaticale » : traiter comme historiques, à l’instar du Seigneur et des apôtres(concernant Abel, le déluge…par exemple)les récits qui se présentent comme tels dans l’Ecriture ; éviter une lecture « bêtement littérale ». Mais ne pas traiter hâtivement de « symbolique » une déclaration gênante avant d’avoir bien déterminé le style du texte, en se basant sur des critères littéraires précis ; lire la Bible comme Jésus lisait l’Ancien Testament et faire un usage biblique de la Bible ; tirer de chaque enseignement une application pratique valable. Lire humblement, dans la prière et dépendant du Saint-Esprit ; faire de la théologie de piété, du cœur et de terrain-et non « en chambre »(D’après WINSTON, George. L’Eglise avec un grand E. Ourania, 2010(Questions de foi), pp 19-20.

Sur la lecture de la Bible, voir : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/07/05/comment-lis-tu/ ; https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/01/25/les-10-commandements-de-linterprete-de-la-parole-de-dieu/

Et voir encore le blogue « Le Bon Combat », qui aborde régulièrement ces questions-là.

 

*** Quoiqu’on puisse ne pas être d’accord avec une création « en 6 jours de 24 heures », même si l’on pense que la théorie de l’évolution est plus philosophique et idéologique que véritablement scientifique, et même si l’on croit que « la Terre et l’univers » ont été créés par Dieu-cf position de Ralph Shallis dans « Il faut beaucoup de foi pour être athée ».
Dans tous les cas, l’important est la façon(avec quel esprit)on lit la Bible, et pourquoi. En se souvenant d’où elle nous vient et qui nous parle à travers elle.

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Oserez-vous prononcer son nom ?

Avez-vous des tabous ? Aucun ?
Nous allons voir….
Lisez cette histoire du début jusqu’à la fin et répondez à cette unique question ensuite :
Qui est le petit garçon ?
La façon dont vous répondrez à cette question fera toute la différence !

Bonne lecture !*

 

Il existe une adaptation du conte en dessin animée(1971, 25 minutes)** :

 

 

Ensuite et seulement ensuite, ceux qui le souhaitent pourront lire ce témoignage à ce sujet. Et par extension, cet autre texte.

 

 

Notes :

* Avec une version audio. Comparer avec cette autre version(attention aux variantes, qui ne sont pas des « points de détail de l’histoire » !)

**Version Française du 12 Août 1973 racontée par Charles Aznavour.(Des versions anglaise et en japonais sont consultables ici.

« Dire oui à la GPA est une attitude réactionnaire ! »*

¡No pasarán! Sachons dire non si nécessaire et faire preuve de discernement

¡No pasarán!
Sachons dire non si nécessaire et faire preuve de discernement

Vous pouvez dire « non » en signant cette pétition ici, sur le site de la Manif pour tous.

Il est urgent de l’exprimer, d’autant plus que la France ne pourra plus s’opposer à la GPA(Gestation Pour Autrui) à partir du 26 septembre :

En effet, comme le rappelle cette lettre ouverte de 10 députés** de la majorité, la décision du 26 juin de la CEDH(Cours européenne des Droits de l’Homme) enjoint à la France de donner un statut légal aux enfants nés par GPA à l’étranger, avec le risque de créer une « jurisprudence cheval de Troie » conduisant à légaliser un marché de mères porteuses, puis à légiférer sur le sujet en France. Or, l’article 43-1 de la convention permet à la France de porter le débat sur la GPA devant la grande chambre de la CEDH. Ce délai expire le 26 septembre.

Urgence, donc.

 

Voir aussi cet appel à manifester le 5 octobre des professionnels de l’enfance, relayé par le CPDH(Comité Protestant Evangélique pour la Dignité Humaine)

 

 

 

 

Notes :

* Selon la formule d’un internaute, en commentaire.

** Voir aussi cet article de La Croix

 

Recul du gouvernement espagnol sur l’IVG : « C’est aux naïvetés qu’il faut renoncer. Pas à l’engagement ».

« …Les hommes faits…dont le jugement est exercé par l’usage à discerner ce qui est bien et ce qui est mal ».(Hébr.5v14)

« Ne vous mettez pas avec les infidèles sous un joug étranger. Car quel rapport y a-t-il entre la justice et l’iniquité? ou qu’y a-t-il de commun entre la lumière et les ténèbres ? » (2 Cor.6v14)

« Si quelqu’un d’entre vous manque de sagesse, qu’il la demande à Dieu, qui donne à tous simplement et sans reproche, et elle lui sera donnée. Mais qu’il la demande avec foi, sans douter; car celui qui doute est semblable au flot de la mer, agité par le vent et poussé de côté et d’autre. Qu’un tel homme ne s’imagine pas qu’il recevra quelque chose du Seigneur: c’est un homme irrésolu, inconstant dans toutes ses voies ».(Jacq.1v5-8)
« Espagne : la droite renonce à limiter l’IVG* : Seuls les naïfs ne s’y attendaient pas », commente le journaliste Patrice de Plunkett  dans un billet du 23/09/14 sur son blogue, avec un petit air de « je vous l’avais bien dit » :
« C’était prévisible dès les grandes manifs espagnoles pour la famille, où le clergé défilait coude à coude avec la droite (le Parti populaire, alors dans l’opposition). Des Français naïfs affirmaient que le mélange catho-droite allait faire des miracles en Espagne, et qu’il n’y avait qu’à l’imiter dans l’Hexagone. Le Parti populaire [« conservateur », équivalent de l’UMP] étant revenu au gouvernement, nos naïfs ont pavoisé quand un ministre a parlé de faire voter une loi limitant l’IVG(…)puisqu’il suffisait de défiler avec la droite, les évêques de l’Hexagone avaient bien tort de s’en garder. Etc. On était en décembre 2013. Dès juin 2014, le projet de loi miraculeux s’est estompé. Le malaise s’est installé dans les rangs catholiques. On découvrait que le si catho M. Rajoy croit surtout aux intérêts du business, lesquels ne reprochent rien à l’IVG ».
Le 28 juillet dernier, en écho avec d’autres, Patrice de Plunkett prévenait déjà que « la majorité parlementaire et le gouvernement PP – Partido popular » étaient en passe d’ « enterrer discrètement » (selon les journaux espagnols) le projet de loi « sur la protection de la vie de l’être conçu et des droits de la femme enceinte »**. Et le 22 septembre, le projet de loi était retiré.
« Alors, faut-il renoncer à l’engagement ? » questionne le journaliste. Et de conclure : « Non : la naïveté n’est pas l’engagement. C’est aux naïvetés qu’il faut renoncer »***.
Nous sommes tous prévenus : cependant, quelle forme d’engagement reste-t-il ? Quelles alternatives ? Politiques(dans quel cadre ?), associatives, ecclésiales ?….

 

Notes :

* Voir aussi : Le gouvernement Rajoy veut lancer une croisade contre l’avortement en Europe (C’était dans LE MONDE, le 28.12.2013) ; « Le gouvernement espagnol renonce à limiter l’avortement : Adopté en avant-projet de loi en décembre 2013, le texte controversé ne sera pas transformé en projet », titre la Croix, le 23/9/14 : « C’est le premier recul du gouvernement conservateur sur une loi phare. Les pro-vie dénoncent une trahison » ; « Loi sur l’avortement : Rajoy fait marche arrière : C’était l’une des promesses électorales de Mariano Rajoy. Présenté fin 2013, le projet de loi réduisait considérablement le droit à l’IVG pour les Espagnoles. Face à la polémique suscitée, le chef du gouvernement vient d’annoncer l’annulation de cette réforme ». Un article de Courrier international (23 Septembre 2014) ; « Loi sur l’avortement en Espagne : Rajoy confirme sa reculade. » C’est sur Famille chrétienne, daté du 25/09/14.

**« L’interdiction de l’IVG ne passera pas en Espagne… » Par Laura Guien pour Slate (11.02.2014)… « …du moins telle qu’elle a été initialement présentée. Le projet Gallardón ne représente pas la volonté de la majorité des Espagnols, ni même du Partido Popular, au pouvoir ».  Un intéressant article qui relève que « …les décisions prises par le gouvernement Rajoy en amont sur le plan des politiques de santé n’ont eu pour but que d’écorner l’ancienne loi de 2010, beaucoup plus progressiste. La sécurité sociale a cessé de financer les contraceptifs hormonaux de dernière génération, ils n’ont pas prévu de mécanismes pour promouvoir l’accès aux services de planification familiale des communautés les plus vulnérables, explique le président de la Fédération de planification familiale et natale…[Et ce, d’autant plus que ledit gouvernement Rajoy s’était livré à des coupes sombres dans les budgets…de l’éducation et de la santé ! cf http://www.latribune.fr/actualites/economie/union-europeenne/20120410trib000692819/mariano-rajoy-place-l-education-et-la-sante-publique-sur-la-sellette.html  ; http://fr.myeurop.info/2012/04/10/l-espagne-sacrifie-la-sante-et-l-education-5174 ]Pour la gynécologue Isabel Serrano, cette position est très incongrue: «Tout le monde sait que le seul moyen de faire réduire les taux d’avortement, ce n’est pas de l’interdire mais de donner accès à une éducation sexuelle et aux moyens contraceptifs.» Une incohérence dans la politique qui a fini de polariser les professionnels de santé ».

*** En contrepoint, lire cette réponse ambigüe d’une personnalité qui vient de faire « son retour » sur un autre sujet. La dite réponse ayant entraîné plusieurs réactions ici, et . Et avec le point de vue de cette autre personnalité sur le même sujet et d’autres.

D’actualité encore, cette lettre ouverte de  députés de la majorité demandant à ce que la France porte le débat sur la GPA devant la grande chambre de la CEDH(Cours Européenne des Droits de l’Homme). Le délai expire le 26 septembre. Sont-ils courageux ou « candides » ?

Le seuil de tolérance du libraire

Quel est votre seuil de tolérance, demandions-nous il y a quelques jours ?
Pour aller plus loin encore dans la réflexion, voici, à ce sujet, une anecdote (qui n’est pourtant pas un « point de détail », comme on le verra) repérée sur la toile depuis mardi.
Voici les faits, tels qu’ils nous sont rapportés et commentés par Arrêt sur image(Enquête du 15/09/2014 par Robin Andraca), suivi par Bruno Roger-Petit dans un billet publié sur le site du « Nouvel Obs ».

 

Le journaliste et animateur Frédéric Taddeï avait invité à son émission du 12/09/14 de « Ce soir ou jamais »(en deuxième partie de soirée sur France 2), entre autres personnes, un certain Xavier de Marchis, pour débattre sur le livre de Valérie Trierweiler (est-il « indigne des libraires » ?).
M. de Marchis est libraire (Paris 7e), habitué du plateau de Télé Matin pour une chronique littéraire, et surtout, il fait partie de « ceux qui ont dit non » au livre de Valérie Trierweiler. Devenu une figure emblématique des libraires frondeurs, il avait apposé une affiche sur la devanture de sa librairie, expliquant qu’il ne vendrait pas le livre de l’ex-première dame*.

Sur le plateau de « Ce soir ou jamais », Xavier de Marchis, seul libraire à être convié, exprime sa colère sur « un livre qui est assez détestable », révélateur d’un « malaise français » et qui « ouvre des questions sur l’abêtissement intellectuel que l’on cherche à faire avaler aux gens ».
M. de Marchis plaide sa liberté de libraire. Et on saluera donc, à l’instar des autres invités présents, l’acte de résistance de celui qui, avec d’autres, « a dit non » pour sauver la culture et la littérature.
Or, s’il y a « malaise » (du moins français), celui-ci est en fait ailleurs. Car Xavier de Marchis n’est pas un libraire comme les autres. En tout cas, pas pour ce que l’on croit.
Comme par intuition (à moins qu’il n’ait été bien informé au préalable), le blogueur et chroniqueur de France Info, Guy Birenbaum, s’était rendu la veille de l’émission dans la librairie de Xavier de Marchis, histoire de voir ce que vendait le libraire frondeur. C’était « ce soir ou jamais ».

Et qu’a-t-il découvert ? « Que de la belle et bonne littérature (…)le Trierweiler était toujours présenté de manière spectaculaire comme non grata ». Hormis cela, constate-t-il, « la librairie est bien placée, bien tenue et les livres y sont tout à fait représentatifs de ce qu’un bon libraire de quartier peut offrir. Rien à dire ». Mais en observant de plus près, on remarque « la présence tout à fait visible (et nullement cachée) de livres moins ordinaires en rayons ». Soit plusieurs ouvrages rédigés par des essayistes d’extrême droite, y compris « les Cahiers d’Histoire du Nationalisme – qui invitent à s’abonner par son intermédiaire à un journal raciste et antisémite comme Présent ».

Guy Birenbaum en conclue qu’un libraire qui vend « des bouquins aussi discutables idéologiquement » est mal placé pour « venir donner de leçons » ou « prétendre expliquer ce que l’on doit lire et pas lire aux acheteurs. Ni censurer, donc, un livre qui n’est pas interdit. Encore moins jouer les outragés dans les médias ». Alors soit il vend « les deux (Trierweiler et les fachos) », soit il rejette « les deux » : une attitude plus cohérente qu’une tolérance à géométrie variable.

En cause donc, ce libraire, d’autant plus qu’il est, outre « habitué des plateaux télé » et « anti-Trierweiler », « fan du polémiste antisémite Alain Soral ».

« C’est ce que les téléspectateurs de Taddeï auraient eu aussi le droit de savoir », juge le chroniqueur Bruno Roger-Petit sur Le Nouvel Obs.
En cause également un animateur d’émission qui, contacté par Arrêt sur image, « assure qu’il n’était pas au courant ». Reste à s’interroger sur le bien fondé de ces émissions « de débat ».
Le plus drôle encore est que le même Nouvel Obs a publié cet autre article, le 08/09/14 : « Je refuse le brûlot de Trierweiler dans ma librairie: je vends des livres, pas des burgers ». Par….. Xavier de Marchis. Libraire.

Bref, ce dernier ne rejoindra sans doute pas la collection « ceux qui ont dit non », d’Actes sud junior.

Mais ne jetons pas la pierre trop vite. Que retenir de cette histoire ?
On pense bien sûr à « la paille et à la poutre »(Matt.7v1-5, 12), et à l’histoire du pharisien et du publicain(Luc 18v9-14).

Mais avant d’aller plus loin, prenons quelques minutes pour relire le sermon sur la montagne, dans les chapitres 5, 6 et 7 de l’évangile selon Matthieu.

C’est fait ?

De quoi nous remettre quelque peu à notre place, en rappelant combien les critères de Dieu(« la culture du Royaume des cieux »**)sont éloignés des nôtres, non ?
Et à quoi sommes-nous exhortés ? A nous évaluer d’abord nous-mêmes. A veiller à l’honnêteté(par rapport à nous-même cf Matt.7v1-5, Matt.6v22)et à l’équité(par rapport aux autres).  De nous garder de faire preuve de favoritisme, à l’image de qui est Dieu : soit, pas d’indignation sélective ou à géométrie variable, ou de hiérarchie dans le péché(cf Matt. 5). Quoique Dieu juge certaines choses comme étant des abominations : l’idolâtrie, l’orgueil, deux poids et deux mesures…
Veillons donc à ne pas être dans la posture de celui qui condamne les autres du haut de sa propre perfection. D’autant plus que, mieux que quiconque, nous savons d’où nous venons.

Nous sommes exhortés « à ne pas juger », et même à ne pas juger sur l’apparence.
Néanmoins, pour ne pas tomber dans un autre extrême, apprenons « à juger selon la justice » (Jean 7v24) ou à évaluer toute chose, en toute humilité : la légitimité de celui qui parle(préoccupons-nous de savoir d’où vient celui qui parle et pourquoi cf Deut.13) ou si certaines idées sont de l’ordre « de l’opinion »(Rom.14v1 et ss) ou du délit(1 Cor.15v6-13, Eph.4v17-5v18…).
Notre rôle ne sera pas celui d’un « moraliste », mais d’un « veilleur », en tant que « sel et lumière de la terre »(Matt.5v13-16 ; Eph. 5v8-10). Car il est des idées, comme des postures ou des comportements, qui ne sont pas de l’ordre du « bien ou du mal », mais qui sont susceptibles de nous entraîner tous dans des impasses, au point qu’il s’agisse d’une question de vie ou de mort. (Marc 7v15-23)

 

Notes :

* Voir, par exemple : sur Slate ; Le Point BFMTV ;  Le Figaro ; Le Parisien 

** Royaume dont on ne peut entrer que par ce chemin : cf Jean 3v1-21 et Matt.18v1-3

 

« Informer » ou « communiquer » : La cause des ours polaires

« La communication se distingue d’abord de l’information au sens strict en ce qu’elle consiste d’abord à produire un effet sur l’autre. La seconde est liée à la première. »

On m’a signalé que je publiais peu de « blagues » ou d’ « histoires drôles ». Alors…

En 2100, la Terre privée d'ours polaires* Dessin de Kal. Courrier international, 15/11/04 L'Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !  "Les mecs… je l'sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !  — Non !  — Tu rigoles !  — Qu'est-ce qu'on fait ?  — Faut trouver quelque chose qui attire l'attention des gens…  — Quelque chose d'irrésistible !"  Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

En 2100, la Terre privée d’ours polaires*
Dessin de Kal**. Courrier international, 15/11/04 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Dans quelle mesure adaptons-nous notre discours(par exemple, lorsque nous annonçons l’évangile)pour le rendre « présentable », ou pour attirer l’attention sur une cause qui nous semble juste ?

 

Notes :

* L’ours polaire : un exemple d’animal parfaitement adapté à son environnement, mais qui peut aussi en être la victime. Il est en effet incapable de vivre dans d’autres conditions et toute modification de son écosystème représente une menace pour sa survie.

 
** En VF : (Sur les panneaux) L’Arctique fond à grande vitesse ! Les pôles dégoulinent ! Un désastre écologique menace !
« Les mecs… je l’sens pas. Personne ne fait attention à nous, les ours polaires !
— Non !
— Tu rigoles !
— Qu’est-ce qu’on fait ?
— Faut trouver quelque chose qui attire l’attention des gens…
— Quelque chose d’irrésistible ! »
(Sur les nouveaux panneaux) Crise morale en Arctique ! Droit au mariage pour les ours polaires gay ! Un Esquimau antiavortement avalé par un épaulard gauchiste !

Votre seuil de « tolérance »

¡No pasarán! Sachons dire non si nécessaire et faire preuve de discernement

Que supportons-nous ? Jusqu’à quel point ?

Quel est-il ?

Pour le savoir, lisez attentivement la nouvelle « Ogres d’aujourd’hui »*, pages 6 à 11 du présent document PDF (Accessible également ici : ogrus histoires à digérer)publié par « L’Atelier du Poisson soluble », éditeur indépendant**. Elle fait partie du recueil « Ogrus-histoires à digérer » de Grégoire Kocjan, illustré par Pauline Comis.

En comparaison, quel est celui de Dieu ?*** De Jésus-Christ ? De David ?….

 

Bonne lecture !

 

 

 

Notes :

* « Ogres d’aujourd’hui » IN « Ogrus – Histoires à digérer » de Grégoire Kocjan
Illustrateur : Pauline Comis. Edition « Atelier du Poisson soluble », 2008(Collection : « En Queue-de-poisson »)

Des histoires d’ogres, qui nous ressemblent. Des contes « à digérer »…ou pas !
Et à lire à voix haute.

** Une maison d’édition indépendante fondée en 1989 par Olivier Belhomme et Stéphane Queyriaux, et qui a fêté ses 20 ans en 2009. Un catalogue(et des formats) qui se veut résolument éclectique, atypique et inclassable.

*** Voir aussi : Exode 2v23-25 ; Lévitique 18v24-30 ….

Car Dieu est un Dieu puissant

Voici un chant aux paroles simples, dont chaque mot doit être pesé.

 

Et un texte à méditer pour le week-end :

« A qui me comparerez-vous, pour que je lui ressemble, dit le Saint ?

Levez vos yeux en haut, et regardez ! Qui a créé ces choses ? Qui fait marcher en ordre leur armée ? Il les appelle toutes par leur nom ; Par son grand pouvoir et par sa force puissante, Il n’en est pas une qui fasse défaut.

Pourquoi dis-tu, Jacob, Pourquoi dis-tu, Israël : Ma destinée est cachée devant l’Éternel, Mon droit passe inaperçu devant mon Dieu ?

Ne le sais-tu pas ? ne l’as-tu pas appris ? C’est le Dieu d’éternité, l’Éternel, Qui a créé les extrémités de la terre ; Il ne se fatigue point, il ne se lasse point ; On ne peut sonder son intelligence.

Il donne de la force à celui qui est fatigué, Et il augmente la vigueur de celui qui tombe en défaillance.

Les adolescents se fatiguent et se lassent, Et les jeunes hommes chancellent ;

Mais ceux qui se confient en l’Éternel renouvellent leur force. Ils prennent le vol comme les aigles ; Ils courent, et ne se lassent point, Ils marchent, et ne se fatiguent point ».(Es.40v25-31)

 

Essayez ensuite une deuxième version de ce chant :

 

Et méditez le texte à nouveau !

Bon week-end !

 

Jésus-Christ aurait-il « refusé de payer pour ceux qui font des mauvais choix de vie » ?

Face au monde, écrivait John Stott, il existe deux attitudes pour les chrétiens : « la fuite ou l’engagement ».(« Le chrétien et les défis de la vie moderne », vol.1. Sator, 1987, p 26)

 

Obamacare : un parcours semé d'embûche ! Par Andy Singer

Obamacare : un parcours semé d’embûche !
Par Andy Singer

Décidemment, le parcours de la réforme-santé du président Obama(ou « Obamacare »-entré en vigueur en octobre dernier, qui a permis à environ 20 millions d’Américains d’obtenir une assurance maladie abordable*) semble être un vrai chemin de croix.

« Cet été », rappelle le magazine Slate, dans un article de Claire Levenson( « Comment les chrétiens conservateurs contournent la réforme de la santé d’Obama », le 02/09/14), « la Cour suprême a donné raison à des chefs d’entreprise chrétiens qui refusaient de rembourser la contraception de leurs employés en arguant que c’était en désaccord avec leurs convictions religieuses ». (Voir aussi http://www.bonnenouvelle.ch/bn2/index.php/en-bref/item/236-des-chretiens-font-recours-a-l-obamacare )

D’autre part, toujours selon Slate, certains chrétiens, dits « conservateurs », invoquant leur liberté de conscience pour refuser certaines clauses incluant les remboursements de l’avortement**,  ont alors recours à des alternatives pour contourner la réforme de santé :
« Au lieu de payer une assurance qui rembourse les procédures médicales de personnes qu’ils jugent immorales –comme les alcooliques ou les femmes qui se vont avorter– près de 300.000 Américains religieux préfèrent adhérer à des coopératives qui leur permettent de s’aider entre « bons chrétiens »(…)Ces organisations peu régulées existent depuis les années 1980, mais depuis le passage de la réforme de santé, le nombre de leurs adhérents a beaucoup augmenté. Leur fonctionnement est simple. Chaque membre donne de l’argent tous les mois dans un pot commun et, lorsqu’un adhérent est malade, tous unissent leurs ressources pour payer ses frais d’hôpital ».

 
L’alternative pourrait être intéressante et pertinente, mais souffre de certains défauts :

-Ces coopératives s’avèrent, en fin de compte, bien peu efficaces, puisque « contrairement aux assurances réglementées par la loi, il n’y a pas de garantie qu’un certain pourcentage minimum sera pris en charge. Si un malade coûte trop cher, il est possible que la coopérative n’ait pas les moyens de l’aider », explique Claire Levenson.

– D’autre part, « les contrats de ces organisations sont extrêmement contraignants. Celui de Samaritan(sic) Ministries, une des trois coopératives qui existent dans le pays, donne une liste de conditions préalables à l’adhésion (le tout doit être certifié par un pasteur, avec déclaration signée): Aller a l’église régulièrement (au moins trois ou quatre fois par mois) ; ne pas se droguer et ne pas fumer. Le contrat précise qu’«un cigare ou une pipe sont exceptionnellement autorisés, par exemple pour célébrer la naissance d’un enfant» ; Ne pas trop boire d’alcool (ne jamais être ivre) ; ne pas avoir de rapports sexuels hors mariage (avec la précision qu’il s’agit bien de mariage «biblique» entre un homme et une femme) ; le suivi de la grossesse d’une femme non mariée ne sera pas remboursé par le groupe ».

 
Invoquer la liberté de conscience pour certaines raisons est bien compréhensible. Là n’est pas le problème. C’est là une liberté que les protestants défendent traditionnellement. Elle est liée au respect des personnes et condamne toute tentative d’imposer de force une quelconque croyance. C’est l’usage que l’on en fait qui peut devenir problématique. Et combien révélateur est l’état d’esprit qui a conduit à créer et à recourir à de telles alternatives.

Voyons plutôt :

Aux Etats-Unis, environ 23 millions de personnes ne sont pas couvertes par une assurance-santé, malgré les avancées de l’ « Obamacare ». Les « organisations caritatives et dispensaires auront toujours beaucoup à faire pour soigner tous ceux qui sont dans l’angle mort de la réforme ».

Or, c’est là que le bas blesse pour ces coopératives.
Car, « malgré les discours sur le partage et l’amour du prochain (la Bible est citée abondamment dans les contrats), l’approche de ces coopératives est plutôt égoïste. L’assurance maladie telle qu’elle existe actuellement aux Etats-Unis implique une certaine solidarité forcée: ceux qui sont rarement malades paient en partie pour ceux qui accumulent les problèmes de santé. Or, les adhérents de ces groupes chrétiens choisissent de se désolidariser des «pécheurs» en refusant de payer pour ceux qui font des «mauvais choix de vie», relève Claire Levenson.
Car «Les chrétiens sont en meilleure santé que les autres. Songez à tous les problèmes médicaux qui résultent d’une vie de débauche», affirme un adhérent interviewé par le Washington Post, cité dans l’article de Slate.
C’est sans doute vrai. Mais même des non-chrétiens, du fait de leur hygiène de vie, sont « en meilleur santé que les autres ». Et tous les problèmes médicaux ne résultent pas « d’une vie de débauche » (comprendre : trop boire d’alcool, trop fumer, se droguer….) : une simple vie sédentaire, avec une alimentation trop grasse et trop riche (genre « mal bouffe »), sans exercices physiques, suffit à provoquer des « problèmes médicaux ». Sans oublier le stress au travail, un environnement pollué, les usages de pesticides, les OGM….
D’où l’importance de préserver l’accès aux soins de qualité pour tous.

« Interrogé par la radio publique NPR, un autre adepte de cette assurance alternative expliquait:
«J’aime bien ce système car cela me permet de ne pas payer pour quelqu’un qui ne prend pas soin de lui physiquement et spirituellement.»

Mais puisque la Bible est abondamment citée dans les contrats de ces coopératives chrétiennes, il est bon, à ce stade, de rappeler ce qu’elle dit. Ainsi, L’« adepte de cette assurance alternative qui ne veut pas payer pour celui qui ne prend pas soin de lui physiquement et spirituellement » oublie que quelqu’un a pourtant « payé pour lui », et ce, alors qu’il ne prenait pas soin de lui, du moins « spirituellement ». Jésus-Christ, qui a choisi « de payer pour des pécheurs »(Rom.5v6-8), approuverait-il un tel système et un tel état d’esprit ?
Ledit « adepte » oublie aussi que « celui qui dit qu’il est sans péché se séduit lui-même » cf 1 Jean 1v8-10.
La « loi » de ces coopératives, qui se veulent basées sur la Bible, témoigne d’un esprit légaliste***, plus qu’elle ne témoigne de Dieu qui déclare lui-même « ne pas faire de favoritisme » et protéger le faible cf Deutéronome 10v17-18.
On croirait également retrouver « une loi du talion » réactualisée. Qu’en dit Jésus-Christ, dans le sermon sur la montagne ?

« Vous avez appris qu’il a été dit: oeil pour oeil, et dent pour dent. Mais moi, je vous dis(…)Vous avez appris qu’il a été dit: Tu aimeras ton prochain, et tu haïras ton ennemi. Mais moi, je vous dis: Aimez vos ennemis, bénissez ceux qui vous maudissent, faites du bien à ceux qui vous haïssent, et priez pour ceux qui vous maltraitent et qui vous persécutent, afin que vous soyez fils de votre Père qui est dans les cieux; car il fait lever son soleil sur les méchants et sur les bons, et il fait pleuvoir sur les justes et sur les injustes. Si vous aimez ceux qui vous aiment, quelle récompense méritez-vous? Les publicains aussi n’agissent-ils pas de même? Et si vous saluez seulement vos frères, que faites-vous d’extraordinaire? Les païens aussi n’agissent-ils pas de même? Soyez donc parfaits, comme votre Père céleste est parfait ».
(Matt.5v18-48)

« Ne jugez point, afin que vous ne soyez point jugés. Car on vous jugera du jugement dont vous jugez, et l’on vous mesurera avec la mesure dont vous mesurez. Pourquoi vois-tu la paille qui est dans l’oeil de ton frère, et n’aperçois-tu pas la poutre qui est dans ton oeil? Ou comment peux-tu dire à ton frère: Laisse-moi ôter une paille de ton oeil, toi qui as une poutre dans le tien? Hypocrite, ôte premièrement la poutre de ton oeil, et alors tu verras comment ôter la paille de l’oeil de ton frère(…)Tout ce que vous voulez que les hommes fassent pour vous, faites-le de même pour eux, car c’est la loi et les prophètes ».
(Matt. 7v1-5, 12)

D’autre part, « en excluant tous ceux qui ont des comportements à risque –comme la consommation d’alcool, de tabac et de drogue–, ces associations se protègent de certains coûts », plus qu’elles ne protègent ceux qui en ont vraiment besoin. « Alors que la loi américaine oblige par exemple les assurances à rembourser des cures de désintoxication, ces coopératives n’auront jamais à prendre en charge ce type de frais ».
Ces coopératives, qui citent pourtant abondamment la Bible dans leurs contrats, semblent avoir oublié la réponse de Jésus-Christ, à qui les religieux de son temps reprochaient de manger « avec les publicains et les gens de mauvaise vie » : « ce ne sont pas ceux qui se portent bien qui ont besoin de médecin, mais les malades. Allez, et apprenez ce que signifie: Je prends plaisir à la miséricorde, et non aux sacrifices. Car je ne suis pas venu appeler des justes, mais des pécheurs »(Matt.9v10-13).
Pour ceux qui veulent vivre sous la loi, cette loi est sans appel : Gal.3v10-13, Jacq.2v1, 8-13
Et ceux qui veulent ainsi sanctionner « la débauche », parce qu’elle coûterait cher à la société, oublient que d’autres formes « de débauche » coûtent chers à la société.***
On pense aux exemples donnés dans Es.58, 1 Cor 5v10-13, et la liste d’Eph.5v5, incluant « la cupidité, qui est une idolâtrie » :
« Ces associations ne sont acceptées que dans une vingtaine d’Etats américains, notamment en raison des faibles garanties qu’elles donnent à leurs membres. A la fin des années 90, une enquête avait révélé que les leaders d’une de ces organisations avaient détourné plus de 25 millions de dollars payés par leurs adhérents pour s’offrir des maisons et des motos de luxe », précise encore Claire Levenson (cf http://www.christianitytoday.com/gleanings/2014/april/obamacare-bump-christians-sharing-health-care-costs-hcsm.html?paging=off  ).

Enfin, ceux qui veulent sanctionner « la débauche » oublient que pécher, c’est « manquer le but », en hébreu comme en grec. Notre but ou celui de Dieu. Le pasteur Gilles Boucomont explique que « l’on pense généralement que « pécher », c’est avoir un mauvais comportement, issu d’une mauvaise moralité »(Au nom de Jésus : mener le bon combat, p 45). Or, comme nous l’enseigne Genèse 3, « le péché est une histoire de relations. Dieu est un être relationnel, qui nous a créés à son image », c’est-à-dire, pour que nous soyons des êtres relationnels ». Avec Dieu, ainsi que les uns les autres. « Le péché est donc un état où je suis séparé de Dieu et/ou des autres »(op. cit. p 45). A l’inverse, la vie éternelle est une vie relationnelle (1 Jean 5v20, jean 17v3).
La sainteté n’est pas séparation, mais distinction.
Nous sommes « dans le monde », quoique « pas du monde » et sommes appelés à y être « sel et lumière »(Matt.5v13-14, Jean 17). Nos paroles doivent être « pleines de grâce », « assaisonnées de sel »(Col.4v6). Et « le fruit de la lumière », des enfants de lumière que nous sommes censés être, « consiste en toute sorte de bonté, justice et vérité »(Eph.5v9).
Sommes-nous suffisamment proches de Dieu, ancrés dans la vérité « qui est en Jésus », pour être en mesure de donner à voir « le Dieu véritable », et non une caricature moraliste et légaliste ?

 
Face au monde, écrivait John Stott, il existe deux attitudes pour les chrétiens : la fuite ou l’engagement.
L’on peut ainsi choisir de refuser d’être sel et lumière, soit en se confondant avec le monde, soit en s’isolant du monde(pour une autre histoire de fuite, pour des motifs de « pureté », lire l’histoire du prophète Jonas). « Mais si le sel perd sa saveur, à quoi sert-il ? »…(Matt.5v13)

L’on peut aussi choisir d’être ce à quoi le Seigneur nous appelle. Cependant, toujours selon John Stott, le fondement de notre engagement dans le monde reposera nécessairement sur une vision juste de Dieu, de Jésus Christ, de l’homme, du salut et de l’Eglise(« Le chrétien et les défis de la vie moderne. Sator, 1987, pp 26-47 ).

 
Notes :

*Il est bon de rappeler ici ce qu’est « l’obamacare » et ce qu’il n’est pas :

Ce qu’il est : une réponse, quoiqu’incomplète, à un système jusque-là injuste, cher et peu efficace, porté par le lobby des assurances privées. Lesquelles assurances privées n’assurent, à des prix exorbitants, que des malades en excellente santé. En clair,
« Promulgué le 30 mars 2010, il invite chacun des cinquante Etats américains à mettre en place un marché local des assurances (health insurance exchanges) permettant aux compagnies privées de promouvoir leurs produits et de concourir pour la signature d’un contrat avec l’Etat fédéral. Lequel récompense les heureux gagnants en leur affectant les usagers supplémentaires qui, bien que subventionnés pour la plupart, doivent payer au prix fort cette forme hybride de sécurité sociale : 8 400 dollars par an pour une famille de quatre personnes, à régler sous peine d’une amende d’au moins 2 000 dollars. Seules les personnes déjà couvertes par d’autres programmes sociaux, comme Medicare ou Medicaid, sont exemptées.
A l’évidence, le programme défendu par M. Obama recèle bien des insuffisances : il néglige vingt-trois millions de personnes, principalement des immigrés sans papiers, et permet aux Etats, majoritairement conservateurs, de restreindre son champ d’application et de tailler dans les remboursements prévus ; les patientes en attente d’une interruption volontaire de grossesse (IVG) doivent par ailleurs souscrire une assurance séparée. Tout en leur imposant certaines contraintes, la réforme comporte d’appréciables contreparties pour les compagnies d’assurances, qui empocheront une subvention publique de 447 milliards de dollars. Elles restent également libres d’augmenter leurs tarifs. « Une assurance au rabais hors de prix », résume le docteur Don McCanne, responsable de la politique de santé à l’organisation des Médecins pour un programme national de santé (PNHP) (2).
Malgré toutes ces lacunes, l’« Obamacare » présente l’avantage de fournir une couverture-maladie à trente-deux millions de personnes qui en étaient jusqu’alors dépourvues, parce que incapables de s’assurer au tarif normal. De plus, le texte interdit aux assureurs de refuser leurs services aux usagers « à risque », par exemple aux malades atteints d’une pathologie coûteuse ou jugée non rentable ».
http://www.monde-diplomatique.fr/2012/06/LAZARE/47889

Toutefois, les Etats-Unis restent aujourd’hui le seul pays industrialisé au monde ne proposant toujours pas de véritable couverture santé universelle, malgré certaines avancées. Pas de quoi crier au loup.

Ce qui n’empêche pas une opposition de principe à cette loi :

http://www.courrierinternational.com/article/2013/09/25/les-republicains-prets-a-tout-pour-couler-la-reforme-de-la-sante-d-Obama

 

** »Dans certains états, toutes les assurances maladie couvrent l’avortement sélectif, alors même que l’état fédéral exige que soit disponible au moins une couverture qui ne le prenne pas en compte. C’est ainsi le cas de Rhode Island et du Connecticut; » (cf http://www.aleteia.org/fr/international/article/etats-unis-le-systeme-de-sante-et-lavortement-une-reforme-en-trompe-lil-dobama-5785011038978048 )

*** Imaginerait-on « le Samaritain demandant au type en sang sur le bord du chemin s’il va régulièrement à la synagogue comme condition préalable à tout secours » ? ironise l’internaute « Robert M »-10 septembre 2014 • 15 h 49 min sur un blogue d' »actualités chrétiennes »[dont l’article que l’on peut lire sur le sujet n’est qu’un plagiat incomplet, sans analyse et non sourcé, de l’article de Slate]. Et encore, le samaritain serait-il considéré comme une personne « recommandable » selon les critères de ces coopératives ?

« Il y a aussi des formes fumeuses et sournoise de débauches comme celles : de ne rien partager avec son semblable, ni son temps, ni son argent, ni sa nourriture, ni sa maison
et surtout de ne pas s’occuper des problèmes des vilains débauchés …(c’est à dire des gens qui font actuellement ce que vous faisiez tous, pour la plupart d’entre vous, avant de connaitre Jésus Christ) » cf l’internaute Georges Parolier 11 septembre 2014 • 0 h 46 min, sur le même blogue.

Foireux liens(5) : « à fuir » ou « à éviter »…

Ce n’est pas une question de « morale », mais de « vie ou de mort »…
Face à la banalité ou à la « normalité »(ou ce que l’on veut nous présenter comme tels) de certaines situations, expressions, réactions, décisions, comportements ou même d’objets qui envahissent notre quotidien, certains ne manquent pas de faire de la résistance. Et de nous mettre en garde. Car l’apathie est un danger. Et si l’apathie, elle reviendra…
Nos « foireux liens » font donc leur rentrée de septembre, avec cette petite sélection, privilégiant certains blogs de « juristes » de la « cathosphère », sur le thème de ce qui est « à fuir » ou « à éviter ». De quoi réfléchir pour mieux résister, plutôt que de subir, au-delà de l’indignation simple, et nous inviter à privilégier le fondamental…
« C’est pourquoi, mes bien-aimés, fuyez l’idolâtrie »(1 Cor.10v14)

« Toutes choses me sont permises, mais toutes choses ne sont pas avantageuses; toutes choses me sont permises, mais je ne me laisserai, moi, asservir par aucune ».(1 Cor.6v12)

« Fuyez la fornication: quelque péché que l’homme commette, il est hors du corps, mais le fornicateur pèche contre son propre corps ». (2 Cor.6v18)

« Mais évite les discours vains et profanes, car ceux qui s’y livrent iront plus avant dans l’impiété ». (2 Tim.2v16)

« Pour toi, homme de Dieu, fuis ces choses, et poursuis la justice, la piété, la foi, l’amour, la patience, la douceur. Combat le bon combat de la foi… »(1 Tim.6v11-12)

 

« Les français sont-ils des veaux ? » ou Gleeden : place aux anticorps
Un billet de « Koztoujours », publié sur son blogue le 4 septembre 2014, par rapport à nos capacités de « résistance » ou de « tolérance » face à ce qui est affiché de façon ostentatoire, y compris sur les bus :

« Est-ce une coïncidence, un acte manqué, la Providence ? La société Gleeden semble choisir les moments où l’actualité la plus chaude étale crûment devant nos yeux les conséquences personnelles ultimes de l’infidélité – jusqu’à la tentative de suicide de la personne trompée – pour enfoncer un coin supplémentaire dans notre dignité collective par ses campagnes perverses.
Refuser ces campagnes doit être le réflexe de tous, doit être la réaction collective spontanée. Cela s’applique au site et à son principe, ainsi qu’à sa promotion publique, et cela va chercher au-delà, au rang même de notre capacité à former une société.
(…) Mais si votre conscience ne se révolte pas spontanément devant ces affiches, c’est que vous êtes des veaux. C’est que cette société, dans ce qu’elle a d’ultimement mercantile, individualiste, et oppressive, a fait de vous les veaux dont elle a besoin ».

Lire la suite sur http://www.koztoujours.fr/gleeden-place-aux-anticorps

 
Heureux celui par qui le scandale arrive !
Un « coup de griffe » d’Aliocha, journaliste, dans une note publiée sur son blogue le 05/09/14
« Tout le monde connait la formule « Malheur à celui par qui le scandale arrive » mais sait-on d’où elle vient ? De l’évangile de Luc : »Jésus dit à ses disciples : Il est impossible qu’il n’arrive pas des scandales ; mais malheur à celui par qui ils arrivent !
Il vaudrait mieux pour lui qu’on mît à son cou une pierre de moulin et qu’on le jetât dans la mer ». Rassurez-vous fidèles lecteurs, je ne m’en vais pas ici prêcher. La morale n’est pas dans l’air du temps. Elle heurte trop la liberté conçue comme absence de limite et surtout le droit de jouir sans entrave. Vous savez, ce droit dont les médias au sens large nous rappellent à chaque seconde qu’il est sacré et absolu, et pour cause, c’est en appuyant sur ce mécanisme que la société de consommation fourgue à un prix prohibitif le bonheur frelaté d’acheter n’importe quoi(…)Toujours est-il que je voulais juste attirer l’attention sur l’inversion de paradigme qu’est en train d’opérer notre société hyper médiatisée : le scandale désormais est la voie royale vers le bonheur ».

La suite : http://laplumedaliocha.wordpress.com/2014/09/05/test/

 

L’île au Trésor : la banque et les finances publiques
Par « Thomas More », qui signe son grand retour après une longue absence sur son blogue, dans un billet daté du 29 août 2014 :
« Vous vous souvenez, au Bourget, un dimanche de janvier 2012, François Hollande qui est encore candidat à la présidence de la République proclame « Mon véritable adversaire, il n’a pas de nom, pas de visage […], il ne sera pas élu, et pourtant il gouverne. Cet adversaire, c’est le monde de la finance » ! La lutte contre la finance devait passer notamment par la séparation des activités dites spéculatives des activités traditionnelles (collecte des dépôts et octroi de crédit) au sein des groupes bancaires remettant en cause le modèle français dit de la banque universelle. Lors d’un récent colloque organisé par Mustapha Mekki et nos centres de recherches respectifs sur le thème du lobbying responsable, j’ai eu l’occasion d’exposer les grandes lignes de l’action de lobbying menée par les banques pour entraver le projet de séparation bancaire en 2013. Parmi les leviers d’influence, il en est un qui semblait assez méconnu : il s’agit des liens entre la banque et l’Etat moderne, au sens large du terme. Ces liens ont permis une plus grande proximité entre le pouvoir et la finance, notamment en France pour de multiples raisons tenant tant à la formation des élites qu’à une longue période de nationalisation des banques mais aussi à une grande familiarité entre l’administration des finances publiques, notamment le Trésor, et la Banque de France, d’une part, et la direction des établissements de crédit, d’autre part…… »

La suite : http://thomasmore.wordpress.com/2014/08/29/lile-au-tresor-la-banque-et-les-finances-publiques/
Article que l’on peut compléter par cette TRIBUNE de Gaël Giraud du CNRS, sur Challenges : d’après le chercheur, le diagnostic de l’ex-ministre de l’Economie était juste: « la question de savoir qui, de l’industrie ou de la finance, est prioritaire en France ».

« L’ex-ministre de l’Economie Arnaud Montebourg avait au moins compris deux choses: la première, c’est qu’il n’y a pas de prospérité économique sans une industrie puissante ; la seconde, c’est que, pour ressusciter l’industrie française, il faut une politique interventionniste audacieuse de l’État.
C’est pour avoir défendu ce point de vue qu’il a été limogé et, du point de vue du débat économique, c’est pourtant lui qui a raison. La politique d’austérité européenne repose sur un diagnostic erroné: le déni du risque déflationniste qui pèse sur notre continent surendetté.
L’Etat n’est pas l’acteur le plus endetté en zone euro (90% du Pib en moyenne, sous forme de dette publique), c’est le secteur bancaire (350%) qui l’est. L’entêtement à donner la priorité au désendettement public a déjà fait la preuve de son inefficacité dans les pays du sud européen. Le seul acteur à qui une telle politique peut bénéficier, ce sont les banques, fragilisées par l’excès de dettes publiques qu’elles détiennent, et qui seraient au tapis si l’Etat français perdait sa côte d’amour avec les marchés….. »

La suite : http://www.challenges.fr/economie/20140828.CHA7074/et-si-montebourg-avait-raison.html

 

Dans la rubrique « ces nouveaux objets qui envahissent notre quotidien », La cigarette électronique, alternative inoffensive ou nouveau produit dangereux ?
Se questionne Thomas Clerget dans un article publié le 8 septembre 2014 sur Bastamag :
« Apparue il y a quatre ans, la cigarette électronique et ses volutes de vapeur garanties sans goudron ni cancérogènes inondent le marché. Au point d’apparaître, y compris pour une partie des milieux médicaux, comme une alternative possible au tabac, dont la consommation continue de tuer, en France, près de 73 000 personnes par an. Mais le risque existe aussi d’une banalisation de l’e-cigarette, ouvrant la porte à de nouvelles formes de dépendance à la nicotine. Cela d’autant plus que les majors du tabac s’intéressent de très près aux opportunités offertes par ce nouveau marché… Une enquête pour éviter l’enfumage ».

L’essentiel sur http://www.bastamag.net/La-cigarette-electronique

 

Après toutes ces mises en garde, « coups de gueule », « coups de griffe » ou « exhortations négatives », quelques exemples « positifs » :

Gaultier Bès et Marianne Durano : veilleurs au nom de leur foi
Le mouvement des Veilleurs, protestataires non-violents et actifs notamment contre le mariage pour tous, a frappé l’opinion ces derniers mois. Rencontre avec Gaultier Bès et Marianne Durano, militants, qui viennent de publier un petit livre percutant sur « l’écologie intégrale ». Si vous l’avez manqué…

Face à « certains étudiants qui [semblent] avoir perdu ce sens du bien commun, car témoignant d’une liberté poussée à l’extrême, dont le slogan dominant est le « pourquoi pas ? », lequel permet toutes les expériences. Une posture terriblement déshumanisante », le témoignage d’un autre cheminement : « la conversion au Christ, un fondement solide pour [notre] vie et [notre] réflexions », qui permet de « s’ouvrir à la différence de l’autre »..

Interview à découvrir ici : http://www.pelerin.com/L-actualite-autrement/Gaultier-Bes-et-Marianne-Durano-veilleurs-au-nom-de-leur-foi

Ou là : http://www.editions-lecenturion.fr/fr/actualites/actualite/82/un-entretien-avec-les-auteurs-de-nos-limites-dans-pelerin-magazine

 

Tu diras à ton fils…
Un billet sous le signe de la rentrée et du Deutéronome, par le bibliste Pneumatis, publié le 29 août 2014 sur son blogue éponyme

Ou l’on parle de transmission(« religieuse »), « des commandements bibliques », d’une « tradition fondatrice », et « de ce qui fait l’homme, de ce qui fait un homme »…d’abord et avant tout au sein de la famille, d’un père à son fils, et ce, sans exclure la pédagogie. Car, « il se trouve que, malgré leur incroyable talent et leur grande compétence pédagogique (pour ceux que je connais) », son auteur croit « que la transmission religieuse par l’école est vouée à l’échec, dans le cadre de l’idéologie scolaire actuelle. Au catéchisme scolaire, la tradition biblique n’est pas transmise, elle est apprise, comme le sont les mathématiques. Or la Bible, avant de s’apprendre – ce qui est nécessaire – doit d’abord, quand c’est possible, se transmettre ».

A lire la suite de cet excellent article : http://www.pneumatis.net/2014/08/tu-diras-a-ton-fils/

 

 

 

Bonnes lectures !