Comment (mieux) prier et prophétiser sans se laisser dicter un agenda

Le risque est alors de se laisser entraîner par le diable dans son cortège médiatique, lequel souhaiter capter toute notre attention(cf Eph.2v1-5), alors que nous devrions sans cesse rappeler ce qui est la vérité et la réalité : c’est Christ qui entraîne l’ennemi vaincu dans son cortège triomphal (Source image : public domain pictures)

Dans son dernier essai, « Les Émotions contre la démocratie » (Éditions Parallèle, octobre 2022), la sociologue Eva Illouz s’attaque à la matrice émotionnelle du populisme. L’occasion d’identifier quatre affects sur lesquels s’appuient des leaders populistes actuels pour nourrir leur propagande et asseoir leur légitimité : le ressentiment, la peur, le dégoût et l’amour de la patrie

Un passionnant entretien à lire sur le site de Usbek & Rica, « le média qui explore le futur ».

De même que nos émotions peuvent être instrumentalisées, notre prière peut rester collée à notre âme, peinant à s’élever vers Dieu, si nous prions uniquement selon nos émotions, nos désirs ou nos pensées. 

En effet, ce que nous demandons à Dieu vient la plupart du temps de notre âme : nous lui soumettons notre désir le plus cher, les soucis qui nous pèsent, nos questionnements, nos inquiétudes pour nos proches… Il arrive aussi régulièrement que nous calions notre intercession sur le journal de 20h : les gros titres de l’actualité deviennent la liste de nos prières, pour l’Ukraine, pour les migrants échoués en bord de Méditerranée, pour les élections au Brésil [ou aux Etats-Unis], la politique intérieure, etc.

A lire, une édifiante note de blogue de la Pasteure Caroline Bretones, nous expliquant ce qui se passe lorsque nous faisons taire notre âme et que nous faisons de la place à l’Esprit – notre esprit et le Saint Esprit – de sorte que notre prière soit guidée sur le modèle de celle faite par Jésus à un moment critique de sa vie : « Non pas ce que je veux mais ce que tu veux ». 

Il est enfin permis de s’étonner de voir à quel point les chrétiens d’aujourd’hui sont tributaires des évènements « du moment » pour tenter de dégager la perspective divine ou décrypter la prophétie biblique.

Un message donné à Paris en avril 2019 par Eliane Colard († juillet 2020), et publié le 08/11/22 sur le blogue « Le Sarment », contient des éléments importants pour la compréhension du prophétique.  Il y est question « des temps de la fin, de ce qu’ils annoncent, des signes qui les annoncent, puis dans un deuxième temps du positionnement de l’Église face à ces signes et à leurs avertissements. La fin des temps est évoquée dans la Bible non pas principalement pour parler catastrophes, mais pour parler avant tout d’un merveilleux évènement : le retour de Jésus-Christ qui viendra mettre un terme au temps présent et inaugurer un autre ». 

De là cet avertissement et cette exhortation de « rester sur la fréquence du Seigneur pour ne pas devenir des chrétiens-thermomètres bougeant avec la température extérieure du monde », à la merci du « prophétisme de circonstance », sous peine d’être « condamnés à avoir toujours un train de retard pour ce qui est de la perspective spirituelle. En Jérémie 10, Dieu dit ceci (français courant) : « Ne vous mettez pas à l’école des Païens » Il s’agissait là de ne pas interpréter les signes à leur manière car leurs repères sont illusoires. Mais Dieu avait aussi dit la même chose au travers d’Ésaïe (Chapitre 8/11) : « Le Seigneur me saisit et m’avertit de ne pas marcher dans la voie de ce peuple. Voici ce qu’il me déclara : n’appelez pas « conjuration » (complot, conspiration) tout ce que ce peuple appelle conjuration; ne craignez pas ce qu’il craint et ne soyez pas effrayés » (…) La suite du verset indique que si nous craignons ce que le monde craint, alors cela signifie que nous sommes sous le même règne, le même gouvernement. Or (…)le Seigneur nous demande de marcher à contre-courant du monde et non pas en nous conformant à ce qu’il dit et fait pour finir par craindre ce qu’il craint. 

Le risque est alors de se laisser entraîner par le diable dans son cortège médiatique, lequel souhaiter capter toute notre attention(cf Eph.2v1-5), alors que nous devrions sans cesse rappeler ce qui est la vérité et la réalité : c’est Christ qui entraîne l’ennemi vaincu dans son cortège triomphal. En effet, Christ « a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Col.2v15).  C’est ainsi que nous sommes exhortés à différer nos attentes de spectacles qui ne sont que distractions et diversions, et à cesser de servir de caisse de résonance à tous les tapages médiatiques, pour mieux nous exercer à regarder dans la bonne direction.  A la suite de Notre Seigneur Jésus-Christ, plutôt que d’être à la suite de ceux qui veulent nous imposer leur agenda, nous serons alors en mesure de porter une authentique voix prophétique pour le monde.

De là une meilleure compréhension de la nature du combat qui est le nôtre et quant à l’identité « de l’adversaire à vaincre », lequel « n’est jamais pour un camp humain contre un autre camp humain », « une religion contre une autre », ou « un parti politique contre un autre ».

A tous les abandonnés

« Quand je suis abandonné, quand je vois que d’autres sont rejetés, ma seule espérance est de me tourner vers Jésus, l’abandonné »
(Source image : public domain pictures)

« Comment rendrai-je au SEIGNEUR tous ses bienfaits envers moi ? Je lèverai la coupe du salut et j’invoquerai le nom du SEIGNEUR » (Psaume 116v12-13)

Parole du jour : 

« Et à trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Eloï, Eloï, lama sabaqthani ? » ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15v34)

Méditation

Voici ce qu’a coûté le salut du monde. La grâce est gratuite, mais elle n’est pas bon marché. Jésus, qui durant toute sa vie a vécu dans la présence de Dieu, meurt avec le sentiment que Dieu s’est éloigné. La mort de Jésus est la mort de tous ceux qui se sent trahis, abasourdis, perdus sans aucun espoir. Quand je suis abandonné, quand je vois que d’autres sont rejetés, ma seule espérance est de me tourner vers Jésus, l’abandonné.

Prends la décision aujourd’hui d’abandonner quelque chose de valeur et qui compte pour toi. Donne à cette oeuvre de bienfaisance plus que tu n’avais envisagé. Donne le temps qu’il faudra à cette personne qui va prendre de ton précieux temps plus que tu n’aurais souhaité. Laisse à quelqu’un la place que tu voulais, la priorité que tu voulais, et que tu méritais.

Prière

Dieu souffrant, garde-moi attentif aujourd’hui aux besoins de ceux qui se sentent dupés et perdus. Préserve-moi des paroles bon marché et des gestes vains. Donne-moi le courage d’aller au-delà de mes certitudes confortables et ainsi de m’abandonner à toi afin de pouvoir apporter réconfort et confiance à ceux qui sont délaissés, et sans ressources, par Jésus le Christ, notre Seigneur crucifié.

(D’après Sheppy, Paul. Chaque matin, chaque soir. Un compagnon pour la prière quotidienne. Editions Olivetan, 2011, p 84)

Pour chaque jour de carême, « une discipline, un programme d’entraînement », pour aller à la rencontre du Christ ressuscité

« Bientôt pâques ! » Comment te préparer à la rencontre du Christ ressuscité ? Source image : première de couverture de l’ouvrage édité chez BLF)

« Cherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez. Et ainsi le Seigneur, le Dieu des puissances sera avec vous » (Amos 5v14)

L’un des articles les plus visités de ce blogue est celui intitulé Un protestant-évangélique peut-il « faire le carême » ? Comment jeûner de façon « non religieuse » mais « biblique » ? Article rédigé le 1er mars 2017, suite à la question d’une connaissance. Merci à vous tous, pour l’avoir lu et partagé !

Le temps de carême m’est offert en vue de me préparer pour Pâques. Comme un athlète, je laisse derrière moi tout ce qui m’environne dans ma course vers le Christ ressuscité. L’Evangile nous rapporte qu’au désert, Jésus a décidé qu’il n’y avait pas de raccourci pour accomplir la volonté de Dieu : les gestes spectaculaires auraient attiré l’attention sur lui, mais dans leur émerveillement, les spectateurs auraient manqué Dieu. La sainteté commence par l’obéissance quotidienne.

Etablis pour chaque jour une discipline, un programme d’entraînement, pour aller à la rencontre du Christ ressuscité. Chaque jour, cherche le bien de ceux qui font surtout l’expérience du mal. Donne du courage à ceux qui ne rencontrent que déceptions. Donne de l’espoir à ceux qui l’ont perdu. Abandonne un peu de ton temps, de ta sympathie, de toi-même, afin que, de ton dépouillement, d’autres puissent être enrichis.

Prière

Alors que je prends le chemin solitaire qui mène vers le Christ ressuscité, apprends-moi à nourrir les autres comme tu me nourris. Apprends-moi à un être un lieu de rafraîchissement tout comme tu es une oasis pour moi. Apprends-moi à ne pas m’accrocher à ce que je possède, puisque tu m’appelles à me vider de moi-même devant toi. Garde-moi tout près de toi, de sorte que je puisse te rencontrer dans ceux qui ont besoin de moi, comme moi j’ai besoin de toi, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

(D’après Sheppy, Paul. Chaque matin, chaque soir. Un compagnon pour la prière quotidienne. Editions Olivetan, 2011, p 80)

« Watch it (again) » : les émotions de la foi

Les émotions sont au cœur de la rencontre entre les humains et Dieu. Cette réalité est vécue par deux étudiantes, Camille à Turin et Léa à Paris, à une étape décisive de leur existence, via deux mini-séries vidéos à voir ou à revoir :

Saison 1 : Comment retrouver la confiance en soi après une rupture amoureuse ? Camille va ainsi éprouver plusieurs émotions, de la tristesse, la peur, l’espoir, la confiance, la joie et l’amour.

Saison 2 : Peut-on rencontrer Dieu en faisant son jogging ? Cette expérience unique, Léa, une étudiante va la vivre à un rythme à couper le souffle dans un marathon jalonné d’émotions, de rencontres et peut être aussi de révélation…

Ces deux mini-séries vidéos de six épisodes chacune, proposées par l’Eglise protestante unie de France et l’Eglise évangélique vaudoise d’Italie, et initialement diffusées du 05 au 18 décembre 2021, sont à (re)voir dans leur intégralité sur youtube, instagram, facebook , ainsi que sur différents sites web. Avec le soutien de la Conférence des Églises protestantes des pays latins (CEPPLE), elles sont disponibles en français et en italien, puis seront traduites en janvier 2022 en espagnol, portugais, néerlandais et en allemand.

Un rendez-vous privilégié pour témoigner de la présence bienveillante de Dieu auprès des jeunes de 15 à 25 ans. De cette rencontre surprenante, les séries Les émotions de la foi traduisent en paroles et par des gestes de foi la vie quotidienne de ces deux étudiantes.

Saison 1

Saison 2

« Un moi pour aimer l’essentiel », de Gilles Geiser ou comme un « geyser d’amour » de Dieu

Ces derniers mois, je note dans mon carnet les réflexions et méditations suivantes :

Le 13/09/21 : « un seul mot peut tout changer ». Un seul mot ou une seule parole confessée, donnée, accueillie…pour se réconcilier, revenir, se réajuster, révéler, relever, encourager, édifier, libérer…tels : « pardon », « je me repens », « je te pardonne », « je t’aime d’un amour éternel », « viens (et bois, mange, gratuitement) »….

Le 14/09/21 : « ma nourriture (dit Jésus) est de faire la volonté de Celui qui m’a envoyé et d’accomplir Son œuvre » (Jean 4v34).

Le 28/09/21, d’après une lecture d’Ezéchiel 14v1-11 : « quand je me présente devant Dieu pour le consulter [mais aussi pour le prier, l’adorer), qu’y-a-t-il dans mon cœur ? »

Autant d’interrogations et de préoccupations sur ce qui est prioritaire pour Dieu, lesquelles trouvent un écho particulier dans un recueil de méditations quotidiennes reçu il y a quelques mois en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie : « Un moi pour aimer l’essentiel : 30 jours pour trouver ta joie en Dieu », de Gilles Geiser, sorti le 15/09/21. Envoi particulièrement bienvenu : je cherchais justement un tel recueil inspirant !

Et inspirant, « un moi pour aimer l’essentiel » l’est particulièrement.

Ce livre étonnant et unique, déstabilisant et souvent drôle, n’est pas un livre à lire d’une traite, comme on boirait « cul sec ». Il est un livre à vivre chaque jour, seul, ou mieux, en couple, « à deux ou (même) trois » (ce qui est le minimum ecclésial » selon Jésus), comme un parcours ou une aventure autour de ce qui fait l’essentiel de notre existence. Nous concernant, mon épouse et moi, nous l’avons vécu à deux, en lisant un chapitre par jour, suivi de temps d’échange et de prière, pour s’encourager mutuellement et concrètement à passer, comme nous y invite l’auteur, « du savoir à l’avoir », pour relever le défi d’« un moi pour aimer mieux ».

L’essence de l’essentiel est d’aimer. Non pas d’en savoir « plus, plus, plus » sur ce qu’est l’amour et aimer. Ni même d’« aimer plus, plus, plus », comme un puits sans fond jamais satisfait. Mais de vivre l’appel de Jésus-Christ pour ma vie, qui est d’aimer l’essentiel. Et l’essence de l’essentiel est d’aimer de manière mieux ajustée : aimer « le Seigneur ton Dieu » et aimer « ton prochain, comme toi-même » (Matt.22v36-40).

Ce parcours quotidien nous invite donc à nous focaliser sur l’essentiel de Dieu, enseigné par le Seigneur Jésus-Christ. Comprendre et vivre l’essentiel est en effet là tout l’essentiel, car si on en manque, il nous manque tout, même si nous avons tout le reste, qui reste encombrant et inutile. Et si nous avons cet essentiel, nous avons tout !

Il vaut donc la peine de se plonger dans ce parcours, où nous sommes invités à « aller en eaux profondes », qui est aussi « un torrent d’amour » de Dieu à traverser ensemble, d’abord « avec l’eau aux chevilles », puis « à la taille », et enfin « en nageant », sans jamais nous « noyer » (Ezéch.47v1-5).

Ce parcours percutant nous est proposé par Gilles Geiser, l’auteur, dont le nom me fait penser à « geyser », comme « geyser d’amour ». A l’image de celui que Dieu déverse dans notre cœur par l’Esprit qu’Il nous a donné ! (Rom.5v5)

Au final, nous n’oublions pas d’en ressortir et nous en ressortons « lavés d’une eau pure » (Ezéch.36v25), encouragés et inspirés à vivre cet essentiel.

L’aventure n’attend plus que vous !

Disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, par exemple ici ou .

Extraits :

[Un antidote, selon moi, aux tentations du tribalisme et du nationalisme et autres replis identitaires]

« Si nous aimons notre famille par-dessus tout, nous finirons par choisir le bien de notre famille au détriment du bien d’autres familles.

Si nous aimons notre pays par-dessus tout, nous choisirons les intérêts de notre pays et nous ignorerons ceux des autres pays.

Si nous aimons notre intérêt personnel par-dessus tout, nous choisirons de nous servir nous-même au détriment des besoins des autres.

C’est seulement si nous aimons Dieu lui-même par-dessus-tout que nous pourrons aimer et servir tout le monde, toutes les familles, toutes les catégories, tous les peuples » (Jonathan Edwards, cité par Gilles Geiser, « un moi pour aimer l’essentiel », p 127)

« Il y a parfois deux essentiels. Jésus le souligne dans son enseignement [en Matthieu 22v36-40]…..Aimer Dieu, c’est aimer son prochain. Ne pas aimer son prochain, c’est ne pas aimer Dieu. Puisque l’homme est créé à l’image de Dieu, il est impossible d’adorer Dieu en méprisant celui qui en est son image. Impossible d’aimer une personne et piétiner son portrait (….). Quand Dieu nous regarde, il nous voit à travers nos rapports humains. Nous ne nous présentons pas seul devant Dieu. Nos relations, bonnes ou mauvaises, restaurées ou détruites, sont présentes à nos côtés et font partie intégrante de qui nous sommes. Rien ne lui est caché (….) Où es-tu ? C’est la première parole que Dieu adresse à l’homme après que celui-ci a délibérément choisi de lui désobéir. Il n’est pas question uniquement ici de localisation géographique. Il s’agit aussi de localisation relationnelle (….). Laissons-nous interpeller par notre créateur encore aujourd’hui. Tu en es où dans tes relations : avec Dieu et avec ton prochain ? » (op. cit., pp 49-52)

Titulaire d’un master en sciences de l’éducation et en théologie, Gilles Geiser est pasteur à Aigle, en Suisse, depuis 12 ans. Marié et père de trois adolescents, il travaille aussi comme aumônier dans un foyer pour adolescents, et s’est lancé dans un one-man-show mêlant rire, émotion et profondeur.

L’auteur nous parle de son livre ici, lors d’une émission de radio.

PS : je viens de me rendre compte que j’avais déjà lu, il y a quelques années, quelque chose de Gilles Geiser, lequel est notamment l’auteur du premier article [« la sexualité : un constat, un sens, un défi»] du dossier de la revue Promesses (N°183, janvier-mars 2013) intitulé « en attendant le mariage ».

« Le changement, c’est maintenant ! »….dit la Bible

"Le changement" ? " Yes, we can", dit la Bible ! Et "c'est maintenant !"

« Le changement » ?  » Yes, we can », dit la Bible ! Et « c’est maintenant ! »

Est-il possible de changer ?

Vaste question ! Mais la Bible répond sans hésiter : « oui ». « Yes, we can », en Jésus-Christ. « Le changement, c’est (même) maintenant » !

Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui a changé pour vous, qui êtes peut-être chrétien et connaissez le Christ comme votre Sauveur et Seigneur personnel ?

En quoi Dieu nous transforme-t-il ? Qu’est-ce que « devenir chrétien » ?

Le changement s’opère-t-il au niveau de nos pensées ? Pour « penser juste » ?

Est-ce au niveau de nos émotions ? Pour « ressentir juste » ?

Est-ce au niveau de nos actions, de notre éthique ? Pour « agir juste » ?

Aucun des trois !

La réponse, dans cette prédication d’Olivier Keshavjee, « theologeek » et pasteur suisse, sur Ephésiens 4v17-24 : « vivre une vie nouvelle ».

Bonne écoute et bonne rentrée à tous !

Initialement paru le 09/09/2016.

Unifie mon cœur !

« La crainte de Dieu dans les Écritures », écrit Erri de Luca, « libère…une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose… » (Source image : rawpixel)

« Ce qui intéresse l’insensé n’est pas de comprendre, mais de faire étalage de son opinion », nous dit le Proverbe (Prov. 18v2. NFC)

A l’inverse, notre prière devrait être plutôt celle-ci :

« SEIGNEUR, montre-moi ton chemin
et je me conduirai selon ta vérité.
Unifie mon cœur
pour qu’il craigne ton nom ». (Ps.86v11. TOB)

« Unifie mon cœur » : une expression curieuse qui signifie à peu près : « Fais que mes pensées, mes décisions et mes sentiments n’aient qu’un seul but… »

Quel sera le vôtre ?

 

Souffrance intérieure du chrétien : « Jusques à quand ? »

Une réflexion rafraîchissante et édifiante sur le phénomène de la souffrance du chrétien

Une recension du livre de Pascal Denault : Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, par mon frère Pierre-Louis. Qu’il soit remercié pour ce partage, comme je remercie BLF éditions de m’avoir gracieusement envoyé l’ouvrage en « service presse » !

La vie en Christ n’est pas toujours rose !

Au Psaume 13, la Bible illustre un phénomène que tout converti expérimente – tôt mieux que tard – lorsqu’il décide de faire de Christ son Chemin. David s’écria lui-même : « Jusques à quand, Eternel ! m’oublieras-tu sans cesse ? ». Bienheureusement, son psaume termine en allégresse, et l’Eternel ne laisse pas David sans réponse à ses doutes profonds.

Dans son ouvrage Le côté obscur de la vie chrétienne : Les doutes de la foi, la dépression de l’âme et le manque de croissance spirituelle, publié aux Editions Cruciforme, Pascal Denault, pasteur de l’Eglise évangélique de Saint-Jérôme au Québec [et par ailleurs « hérault dans le net »], accompagne le disciple de Christ – lui-même étant appelé à « faire des disciples » – dans une réflexion rafraîchissante et édifiante, autour des trois problèmes éponymes cités en titre, et plus largement sur le phénomène de la souffrance du chrétien.

Cet ouvrage amène le lecteur, sur la base d’une lecture méditative et d’une étude approfondie des Ecritures, à fonder et étayer sa pensée et s’outiller spirituellement et pratiquement pour traiter de manière appropriée la souffrance d’une âme non-encore parvenue à son complet renouvellement. Les problématiques-clés qui sont mises en avant ne le sont pas par le fruit du hasard, elles sont bien souvent des échardes douloureuses, tant pour ceux qui les expérimentent que pour les pasteurs et leaders chargés de soigner les âmes dans l’Eglise.

Levons le voile.

 

  1. « Je ne suis pas certain d’être sauvé. »

Le psaume 88 est un passage de choix pour présenter ce premier « dénominateur commun » des souffrances dans l’âme du chrétien. L’auteur y expose tout d’abord la différence entre le salut – un fait accompli à la croix de Jésus-Christ au bénéfice de celui qui met sa foi en Lui – et l’assurance du salut – aptitude spirituelle qui se travaille et grâce à laquelle le chrétien trouvera progressivement la sécurité de son âme.

Ainsi, l’auteur nous met face à deux aspects du salut :

  • Ce pour quoi nous sommes inutiles, c’est ce que Jésus-Christ a accompli une fois pour toute. En souffrant la croix, il a reçu à notre place le châtiment qui nous était réservé depuis le péché d’Adam.
  • Ce dont nous avons la responsabilité pour le bien de notre âme et pour le témoignage de l’Esprit en et au travers de nous, c’est de nous approprier subjectivement l’œuvre de Jésus-Christ. Concrêtement et sous forme interrogative : « Ma foi est-elle fondée et solidement ancrée dans l’œuvre que Christ a accompli à ma place sur la croix pour la rémission de tous mes péchés ? » « Est-ce que je vis ou bien est-ce que c’est Christ qui vit en moi ? » « Ai-je bien reçu le Saint Esprit et quel est son témoignage en moi ? »

A mon sens, le lecteur est ramené dans cette première partie à « ce dont il a toujours eu et aura besoin », l’Evangile de Jésus-Christ. Cet Evangile soutient la foi, guérit l’âme, et encourage le croyant. Il lui rappelle d’où provient sa foi et vers quoi elle le mène. Si nous croyons qu’un jugement dernier vient et que Christ nous a sauvé de la colère à venir, non-seulement en nous rachetant par son sang précieux, mais aussi en nous donnant une vie abondante en Lui, nous trouvons là notre exhortation à le chercher, à le connaître et à le servir de toute notre être.

Boîte à outil. Le lecteur trouvera dans cette partie une méthode directement issue des Ecritures pour « tester son salut » : sonder son cœur pour savoir si Christ est en lui (2 Corinthiens 13 v.5). Ainsi, il trouve la preuve de son élection.

 

  1. « Mes larmes sont ma nourriture jour et nuit. »

Le deuxième volet de son ouvrage, Pascal Denault nous amène à considérer le cas du chrétien en proie à la dépression spirituelle, un état de tristesse profond et complexe, dont la provenance est difficile à déterminer.

L’auteur décomplexe le lecteur en affirmant que la déprime n’est pas un péché. Bien plutôt, c’est un point de départ duquel un choix s’opère : soit je cherche Dieu (Psaumes 51), soit je me cache de Lui (Genèse 4 v.9). Les passages bibliques cités dans ces chapitres nous amènent à un jugement sobre à propos du diagnostic à porter sur la souffrance de l’âme, et en particulier concernant le discernement de la déprime chez « les autres » dans l’approche pastorale.

Si la dépression tire son origine des conséquences du péché – loi qui gouvernait notre ancienne nature et produisant en elle la mort –, la cause distincte d’un état de dépression peut s’avèrer très complexe. A titre d’exemple, au-delà de l’origine dans le péché, l’auteur présentera un chapitre dédié au phénomène de l’épuisement et du stress excessif.

J’ai trouvé particulièrement appréciable la « posologie pour une vie heureuse », présentée sous forme de 7 conseils à mettre en prière et en actions. Ces préceptes se rapportent tant à l’équilibre spirituel que naturel et, une fois personnellement appropriés, ils seront des gardes-fous, un cadre sain pour entretenir son âme en bonne santé et cultiver ma joie, indépendemment des circonstances.

Boîte à outils. Pour la tranquilité de mon âme, je choisis de cesser de me préocuper outre raison de mon travail !

Mieux vaut une main pleine avec repos, que deux mains pleines avec travail et poursuite du vent. (Ecclésiastes 4 v.6).

 

  1. « Je ne porte pas beaucoup de fruits. »

De la loi du péché et de la mort à la loi de l’Esprit et de la vie, nous avons tous besoin d’éclairages sur le cheminement étroit vers le renouvellement entier de notre âme. Et c’est tout un programme !

Dans la troisième partie du corps de son œuvre, l’auteur nous appelle à la vigilance pour identifier nos ennemis et discerner des clés pour vivre en hommes affranchis, pour Christ. Il y a ceux que nous connaissons trop bien, et ceux dont nous ne nous flatterons pas d’avoir fait la rencontre.

En effet, si la rémanence du péché nous rappelle quelque chose du sombre vieux temps – celui que nous devons racheter – le piétisme – de la ville de « Légalisme » – et l’antinomisme évangélique – cousin de Surgrâce – nous attendent tous les deux en chemin, bien présentables et poignées de main tendues.

Le bénéfice de cette partie est de nous présenter des notions pour aiguiser notre vigilance, pour nous-même d’abord, puis pour notre frère. Par là nous comprendrons comment construire une vie enracinée sur Christ, notre fondation, et à reconnaître Ses priorités dans nos vies pour éviter de tomber dans les bas-côtés du Chemin. A ce titre, l’auteur présentera un chapitre sur chacun de ces deux fruits de la vie chrétienne : l’amour et la consécration.

Boîte à pensée. La consécration que Dieu veut est la vie « normale » du chrétien (P.228). Elle n’est pas réservée aux « grands hommes de Dieu », mais elle se manifeste quotidiennement, dans la somme des grandes et surtout des petites choses, nous amenant à l’humilité et exalter Dieu.

 

Avis : une lecture plus que bénéfique pour le disciple et faiseur de disciples.

Sur la forme, l’œuvre se lit facilement. Le vocabulaire est adapté à tous et les mots inhabituels tels que « piétisme » et « antinomisme évangélique » font l’objet de paragraphes dédiés. Rien n’est laissé dans le flou.

Heureusement, le lecteur est invité à chaque fin de chapitre à méditer un passage des Ecritures pour s’approprier les notions abordées de manière personnelle. Sans cela, le format fluide du livre pourrait nous permettre de tout lire sans marquer de pause.

Sur le fond, j’ai reçu un encouragement profond dans cet ouvrage, en ce que, par les Ecritures, l’auteur adresse le message si inhabituel… de l’Evangile. Christ aurait mérité une couronne d’or, sertie de diamants, et il a accepté des épines à la place. Les considérations de l’auteur nous font à nouveau prendre conscience du sens de la souffrance pour Christ et pour nous. Fort de cette méditation, le lecteur sera encouragé, non-pas à rejeter la souffrance – ce que nous prêcherait un Evangile du bien-être – mais à communier dans les souffrances de Christ, en vue de l’espérance d’une gloire éternelle. Nous ne vivons pas notre meilleure vie maintenant.

Je remercie tout particulièrement PEP’S CAFE ! de m’avoir encouragé non-seulement à la lecture de ce livre, mais aussi à réaliser ce travail critique, utile à l’appropriation de sa substance.

(Titre écouté durant la rédaction : Why, de Michael Card)

 

Quels sont les plaisirs défendus ?

« Il semble préférable de poser quelques principes motivant le renoncement à certains plaisirs »….(Source image : public domain pictures)

“Tout m’est permis, dites-vous, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit” (1 Cor.6v12)

“Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’édifie pas” (1 Cor.10v23)

 

Vous me demandez : « Quels sont les plaisirs interdits ? »

Que faut-il que je vous réponde ? Qui peut le faire ? Si l’on faisait une liste des plaisirs interdits, n’y figureraient pas le roman infect publié demain ni le spectacle malsain affiché dans quelques semaines !

C’est pourquoi, il semble préférable de poser quelques principes motivant le renoncement à certains plaisirs. Un chrétien doit se priver des plaisirs qui peuvent :

  • Altérer l’intégrité de sa conscience,
  • Arrêter sa croissance spirituelle,
  • Fausser son jugement ou sa raison,
  • Souiller son imagination,
  • Altérer sa santé et ses facultés intellectuelles ou manuelles,
  • Donner une fausse notion des devoirs conjugaux,
  • Prendre du temps inutilement,
  • Utiliser vainement de l’argent…

Vous-mêmes dites que vous constatez avec douleur la dislocation de bien des familles à cause des plaisirs de ce monde (….)

C’est pourquoi, ne vous accordez que les plaisirs auxquels Jésus puisse s’associer !

D’ailleurs, la barrière entre ce qui vous est « permis » et ce qui vous est « défendu » est le respect que vous vous devez à vous-même, en tant que Temple du Saint-Esprit.

(D’après “Quels sont les plaisirs défendus” de Ruben Torrey IN “Une année de grâce” : pensées journalières, de Louis-Michel Fillatre. Editions du Cèdre, 2016, p 391)

Louer Dieu : c’est facile et compliqué « en même temps »

« Louez Dieu » ? Répondre à la question est un jeu d’enfant. Le vivre est plus compliqué…

« Louez Dieu », ça veut dire quoi ?

La réponse à cette question n’est pas difficile. Louer Dieu fait partie de notre vie : par son Esprit, Dieu fait monter en nous une reconnaissance de qui il est et pour qui il est. La louange est donc une attitude qui, tout à la fois, dit qui est Dieu et l’honore. C’est l’oeuvre du Saint Esprit en nous.

Nous trouvons dans les Ecritures plusieurs versets qui nous parlent de ce sujet :

  • Dans le Premier Testament, le livre de louange par excellence, c’est le livre des Psaumes. Les psalmistes invitent les fidèles à dire comment Dieu est bon, fidèle, puissant, miséricordieux et juste. Cet appel est lancé non seulement aux peuples, mais aussi à toute la création – les montagnes, la mer, la lune, les astres, le monde animal.
  • Dans le psaume 33, il est dit que la louange de Dieu est quelque chose qui est propre aux justes ; comme il est propre aux oiseaux de voler et aux poissons de nager, il est propre aux hommes droits de louer Dieu. Mais louer uniquement en paroles n’est pas ce que désire Dieu.
  • Dans le livre du prophète Esaïe, Il reproche à son peuple de le louer avec leurs bouches, tandis que leurs cœurs sont éloignés de lui (Esaïe 29:13).
  • Jésus reprend cette idée, en disant que « l’heure vient, et elle est déjà là, où les vrais adorateurs adoreront le Père en esprit et en vérité. En effet, ce sont là les adorateurs que recherche le Père » (Jean 4:23).
  • Dans ce même évangile, Jésus explique que le Père sera glorifié si nous portons beaucoup de fruit (Jean 15:8). Dieu attend donc de nous que nous le louions par nos actes. Et plus tard, l’apôtre Pierre écrira que même les non-croyants seront amenés à louer Dieu quand ils remarqueront notre « belle manière d’agir » (1 Pierre 2:12).

Alors, oui, il n’est pas si difficile de répondre à la question : « qu’est-ce que la louange? ». Ce qui est très compliqué, c’est d’appliquer cette réponse à notre vie de tous les jours.

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