La « post-vérité » : un « bob’art »

La vérité est-elle morte, cédant la place à la « post-vérité » ?
(Couverture du Times du 23/03/17, avec une interview exclusive de Donald Trump)

« Post-vérité », c’est « le mot de l’année 2016 » pour le très sérieux et très prestigieux « Oxford English Dictionary ». Un choix qui a été jugé un peu trop « politique », en comparaison des années précédentes, quand le vapotage ou les émojis entraient dans le célèbre dictionnaire. « Clairement », précise le blogueur Alexandre Roberge sur « Thot cursus » (un site dédié à la promotion de la formation et de l’utilisation des outils numériques pour l’éducation et la culture), «  le dictionnaire anglais a voulu rappeler par son choix deux événements qui ont le plus marqué politiquement l’année 2016 : la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (le Brexit) et l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Dans les deux cas, les campagnes électorales ont fait surtout appel aux sentiments et aux aspects plus irrationnels des électeurs, quitte à devoir pour y arriver, mentir sciemment ».

Sinon, « étymologiquement », explique Alexandre Roberge «  le terme (post-vérité) est d’autant plus fascinant qu’il n’a pas le sens normal. « Post » veut d’habitude dire après mais ici il a perdu ce sens pour dire que cela ne s’applique pas. Ainsi, nous sommes donc dans une société « post-vérité » ou « post-factuelle » où les faits bruts sont supplantés par les émotions, l’opinion personnelle et même les mensonges »

Et comme « le dirait même plus » Jérôme Prekel dans un article intitulé « l’Ère de la post-vérité », publié sur son blogue « Le Sarment », ces mensonges « ne cherchent même pas à être crédibles », étant exprimés « de manière à faire vibrer les auditoires. Cette nouvelle expression (post-vérité) ne fait que remettre au goût du jour les ressorts du discours populiste, utilisé par les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes (synonyme de “fausses”) ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires ».

« À chacun sa vérité » sur Internet

Comment en est-on arrivé là ? La faute aux « auteurs postmodernes » comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur ? L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par le dernier numéro de « Sciences Humaines », rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

 Et les médias, là-dedans ?

S’il convient de se garder d’une attitude trop « sentimentale » et « naïve » à l’égard des médias (« tout serait vrai »), il convient également de se garder d’un autre extrême, tout aussi nocif (puisqu’ouvrant la porte au relativisme, au scepticisme et au complotisme), lequel prétend que « tout serait faux » dans les médias et sur internet (sauf celui qui affirme une telle chose !).

Néanmoins, un journaliste professionnel m’avait confié il y a deux ans que, pour lui, « la vérité », « ça ne veut pas dire grand-chose ». « Un bon journaliste », selon lui, est celui qui cherche à comprendre un événement et à vérifier l’information, en allant à la source. Néanmoins, selon lui, « il n’y (aurait) pas de vérité absolue », mais « des points de vue différents ». Une tendance confirmée par Jean-Luc Martin-Lagardette, lequel, journaliste et essayiste, relève qu’ « il y a belle lurette, en France, du moins », que ses collègues journalistes « ne croient plus en la vérité ! Et qu’ils ont cessé de la poursuivre. Selon eux, il serait « naïf » de croire que l’on peut atteindre la vérité », puisque « tout homme un tant soit peu cultivé sait bien que la vérité est hors d’atteinte » (Décryptez l’information, Dangles éditions, 2014, pp 14-15).

Bien entendu, souligne JL Martin-Lagardette, « idéalement parlant, ils ont raison : on ne peut pas parler de vérité absolue [plus exactement, nul ne peut prétendre « posséder » la vérité absolue, mais il peut s’en approcher, la connaître ou du moins, la désirer, la rechercher], mais pas moins, alors que de justice, de liberté, d’égalité ! Pour autant, devrions-nous abandonner toutes ces valeurs ? » Or, « nous avons besoin de la vérité », comme horizon à atteindre, d’autant plus que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible »(op. cit., pp 15-16).

Ironie du sort, les « clés de la presse », « la boîte à outils des professionnels de la presse », enquête, dans son dernier numéro de janvier 2017, sur la façon…..« dont les médias se mobilisent pour rétablir la vérité », à l’heure où le phénomène de « post-vérité » (leur) pose question !

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge»

Repère biblique

Jérôme Prekel, dans l’article cité plus haut, rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (nous en avons la preuve avec le phénomène de post-vérité qui se déploie actuellement sous nos yeux), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.

(…)Lorsque la société moderne décide de placer le mensonge exactement à la place de la vérité, en bricolant un élément de langage pour faire illusion, c’est le signe fort que nous sommes à une heure cruciale, proche de la situation décrite dans la prophétie de Paul. Nous voyons par exemple le Président du pays le plus puissant du monde se révéler comme un menteur compulsif, élu sur la base de ses mensonges, mais une grande partie des chrétiens continuent d’espérer avoir eu raison de voter pour lui. N’est-ce pas justement le signe d’un grand égarement ? » 

Ce débat amène toute la question de vérité avec un grand « V ». Et au-delà de la question philosophique de la réalité, beaucoup comptent sur la technologie pour lutter efficacement contre la désinformation. L’on citera les projets des géants Google, « Cross check » et de Facebook, « Crowd tangle », pour contrer les « fake news ». Toutefois, les algorithmes privilégient en général la popularité des articles. Sans compter qu’il serait surprenant qu’une intelligence artificielle puisse reconnaître la vérité quand cela n’est déjà pas évident pour des humains et, surtout,  d’autant plus qu’elle n’a pas de mémoire – historique….Signalons encore « le Décodex », lancé début février par l’équipe des « Décodeurs » du journal Le Monde, qui est un outil de vérification de la fiabilité des sites d’information. Sauf que tout n’est pas encore recensé et que l’on peut s’interroger sur la légitimité d’une source d’information à juger d’autres sources d’informations concurrentes fiables ou non, mais il s’agit déjà d’un début de réponse.

Resterait la solution éducative

« Éduquer la jeunesse » à l’information et au discernement (c’est le propre de la maturité, cf Hébr. 5v14) serait une façon de freiner le mouvement post-factuel. Par exemple, en rappelant que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible » ; en apprenant à adopter une démarche intellectuelle équilibrée se situant entre le « tout est vrai » et le « tout est faux » ; en apprenant à discerner le vrai du faux, la publicité(la communication) de l’information,  « l’infaux » parodique(ou non) de la véritable « info », l’information de l’opinion, et à savoir lâcher ses opinions pour mieux saisir la vérité….. Mais aussi en (ré)apprenant à lire….pas uniquement le titre mais tout un article, et pas « en diagonal » !

 

 

Aller plus loin :

http://www.e-media.ch/e-media/evenements/semaine_des_medias/mat_ped/theories_du_complot

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

http://www.meta-media.fr/2017/03/15/deux-fabricants-de-fake-news-sexpliquent.html

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

 

 

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Dieu est un Dieu joueur

Dieu a créé « les baleines et les dauphins pour jouer avec eux ».
Source : Pexels

« Que tes œuvres sont nombreuses, SEIGNEUR ! Tu les as toutes faites avec sagesse, la terre est remplie de tes créatures.
Voici la mer, grande et vaste de tous côtés, où remuent, innombrables, des animaux petits et grands.
Là, vont et viennent les bateaux, et les baleines et les dauphins(1) que tu as formés pour jouer avec eux »(Ps.104v24-26).

Dieu est un Dieu créateur. Par exemple, comme nous le rappellent ce psaume, ainsi que le livre de la Genèse, il a créé une très grande variété d’animaux marins, « vivants et remuants », appelés à « grouiller » et à « proliférer » dans les mers(Gen.1v21). En comparaison, l’homme, censé « garder et protéger » la création(cf Gen.) rend compte aujourd’hui d’un lourd bilan : une espèce animale ou de plante disparaît toutes les 20 minutes soit 26280 espèces disparues chaque année. Près d’un quart des espèces animales et végétales pourrait disparaître d’ici le milieu du siècle en raison des activités humaines(2).

Mais s’il est créateur, il est aussi « joueur » : il a ainsi créé « les baleines et les dauphins » pour « jouer avec eux ». Mais le plus bel exemple de jeu dans toute l’Ecriture Sainte se trouve dans le livre des Proverbes, au chant de la sagesse, où la sagesse elle-même dit avoir été aux côtés de Dieu pendant la création : « Je fus maître d’œuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes » (Prov.8v30-31). En somme, comme l’a si bien écrit Erri de Luca, « la fabrication fondamentale de l’univers s’est accompagnée d’une sagesse souriante. Le renfrogné, le savant qui ne rit pas [et qui ne joue pas], ne peut découvrir, ni imaginer le monde”(3).

 

Notes : 

(1) Dans le texte, il s’agit du « léviathan ». Ici, le terme désigne « les monstres marins », tels les baleines et les dauphins.

(2) Voir le site planetoscope.com.

(3) Voir notre note de blogue « Rire d’un roi ».

Ne dites plus « ne nous donnez plus de pizzas ! » Dites : « Je vous invite. C’est fait maison ».

« Quelles sont ces pizzas dont on sature les jeunes, mais qui ne rassasieront pas leur homme intérieur ? » Source : Pexels

« ….les disciples le pressaient : « Rabbi, mange donc. Mais il leur dit : J’ai à manger une nourriture que vous ne connaissez pas (…) Ma nourriture, c’est de faire la volonté de celui qui m’a envoyé et d’accomplir son œuvre ». (Jean 4v31-34. TOB)

Ce que j’apprécie le plus, lorsque je consulte un blogue ? Certains commentaires, publiés aux pieds des articles publiés. Certains sujets généreront beaucoup, peu ou pas du tout de commentaires, ce qui est en soi révélateur de l’intérêt accordé auxdits sujets. Bien entendu, nous pouvons trouver le pire comme le meilleur, quantité ne signifiant pas toujours qualité, loin de là.

Une fois n’est pas coutume : voici un exemple notable, où le commentaire d’un article s’avère aussi (sinon plus) bon que le billet commenté lui-même.

A l’origine, un billet de « Benjamin E. », 22 ans, étudiant à l’Institut Biblique Belge, coordo de l’excellent blogue jeunesse La Rébellution et blogueur sur christestmavie.fr., intitulé : « ne nous donnez pas des pizzas. Donnez-nous l’Evangile ! », publié le 20/03 sur le blogue « Le Bon Combat ».

« Comment intéresser les jeunes du 21ème siècle ? De quoi ont-ils besoin ? Que faut-il leur donner ? », se questionne l’auteur, lui-même « encore dans la tranche d’âge jeune » et conscient « que le ministère parmi les jeunes est un vrai casse-tête aujourd’hui ». En effet, « ils ne semblent plus intéressés par toutes les méthodes un peu vieilles du siècle passé. Dans une ère où Facebook est roi, où on tweet plus vite qu’on ne l’a jamais fait – comment intéresser les jeunes du 21ème siècle ?(…) On pense souvent que les jeunes d’aujourd’hui ont besoin de plus de [c’est moi qui souligne] jeux, plus d’attractions, plus de fun. On pense souvent que le Groupe de Jeunes doit se résumer à une soirée jeux-vidéo, des pizzas et 5 minutes de partage biblique hyper-simplifié pour pas perdre l’attention des jeunes. Non, le plus grand besoin des jeunes au 21ème siècle, c’est l’Evangile. Un Evangile clair, complet et fidèlement présenté.

Parce que les pizzas ne vont pas nourrir nos âmes ! Ce dont nous avons besoin, ce n’est pas de nouvelles méthodes, plus de fun ou quoi que ce soit d’autre. Notre vrai besoin, la vraie solution, c’est l’Evangile. La solution se trouve dans la Parole de Dieu, vivante et efficace. C’est de cette Parole dont nous avons besoin, cette Parole qui peut transformer nos cœurs et produire, par l’Esprit, la vie dans un cœur qui était spirituellement mort ».

Curieusement, l’article, publié par un jeune, ne suscite qu’un seul commentaire, et ce, et alors que les articles plus « théo » inspirent habituellement une pléiade de commentaires, et moults débats passionnés et enflammés.

Le commentaire est de l’internaute « Francine », habituée du blogue « Le Bon combat ». Et il vaut absolument le détour, dépassant même le billet commenté (ceci dit, sans préjudice pour l’article de Benjamin E.) pour la réflexion qu’il suscite. Jugez-en plutôt :

Il est bien votre article Benjamin ! Pour l’approfondir un peu, il faudrait, je pense développer votre illustration de la pizza. Pourquoi de la pizza ? Vous le savez d’expérience, la pizza est le plat de prédilection du programmeur, accompagnée éventuellement d’une bonne bière. Elle contient des calories faciles, plein de sel et de gras, vite engloutie, vous vous remettez immédiatement à votre code.

Seulement le règne spirituel ne s’étend pas sur de stupides machines qui obéissent à la commande, mais sur des esprits, des âmes, des volontés, et donc la pizza ne va pas le faire pour s’y aventurer. En clair, quelles sont ces pizzas dont on sature les jeunes, mais qui ne rassasieront pas leur homme intérieur ? Les slogans, les bouquins superficiels, les partis-pris, le vocabulaire philosophique pédant et creux. Vous avez raison de rappeler que le péché est notre principal problème à tous. Mais qu’est-ce que le péché une fois que l’on a mis de côté la drogue et la pornographie ? Tout mensonge, toute entorse consciente à la Vérité est un péché. Or la vanité, l’orgueil, l’esbroufe, la prétention, l’obstination personnelle sont des péchés, et très courants dans le ministère de la pizza évangélique.

La solution : faites votre cuisine vous-même ! Paul écrivait à Timothée : « Que personne ne méprise ta jeunesse ». N’offrir aux jeunes que des pizzas, c’est au fond les mépriser ; c’est supposer qu’ils sont trop bêtes pour se nourrir d’autre chose. Eh bien mettez en pratique le conseil de Paul « Applique-toi à la lecture » ; repoussez les pizzas du buzz, appliquez-vous à la lecture de vrais livres. Devenez pointu en exégèse biblique, maîtrisez le grec et l’hébreu, l’histoire de l’Église, et vous deviendrez un chef étoilé qui pourra cuisiner pour les autres.

Benjamin, ne dites donc plus aux vieux : « Arrêtez avec vos pizzas ! », car il n’y a pas grand-chose attendre des vieux. Jésus, Paul, et même Jean qui est mort presque centenaire, étaient jeunes d’esprit. Dites plutôt : « Je vous invite. C’est moi qui l’ai préparé ! Prenez et goûtez… »

 Et souhaitez, non pas « plus, plus de… » mais mieux. Le meilleur.

 

« La pollution et la mort de l’homme » : un point de vue chrétien sur l’écologie

La pollution et la mort de l’homme : un « classique » qui garde toute sa pertinence et son actualité, Plus de 40 ans après…

Lisez ce livre ou la planète va mourir !

 Pourquoi (re) parler d’un livre sur l’écologie, écrit pour la première fois en 1971 et réédité fin 2015(1), au moment où la COP 21 se déroulait à Paris, en France ?

Il y a plus d’un an, et parce qu’elle connaît ma sensibilité particulière sur le sujet, la blogueuse Ludivine(2) m’a mis sur la piste d’une réédition par BLF (sortie en octobre) : « la pollution et la mort de l’homme : un point de vue chrétien sur l’écologie » de Francis Schaeffer, philosophe et théologien calviniste (1912-1984).

Comme me l’a expliqué Ruben, directeur de BLF éditions, que je remercie pour sa disponibilité et pour m’avoir envoyé gracieusement le livre par la suite, « ce projet est né au Canada, chez notre partenaire Cruciforme. Ils avaient l’opportunité de rééditer quelques livres de Francis Schaeffer dont La Pollution et la mort de l’homme. À BLF Éditions, nous apprécions beaucoup l’auteur et le sujet abordé était on ne peut plus actuel. C’est pour cela qu’on l’a pris dans notre catalogue à la veille de la COP21. Entre les climato sceptiques et ceux qui ont une vision très humaniste de la Création, il nous semblait pertinent de porter une voix évangélique qui présente une vision biblique de la Création. Elle se résume très bien dans la citation de Francis Schaeffer : Nier la valeur de la création revient à insulter le Créateur ».

 Voilà une excellente initiative, de nature (sans jeux de mots !) à contribuer à promouvoir les enjeux écologiques !

Ecrit au moment des premières prises de conscience pour la cause écologique(3), La Pollution et la mort de l’homme reste toujours aussi actuel sur un sujet qui n’a jamais cessé de l’être (Plus de 40 ans plus tard, les premières alertes se sont malheureusement avérées exactes !), et le relire aujourd’hui se justifie pour ses multiples intérêts : historique, sociologique, philosophique et théologique. Il est également révélateur de l’intérêt des protestants évangéliques aux questions environnementales, et ce, depuis quarante ans, contrairement à ce qu’une vision caricaturale pourrait laisser entendre.

Le titre est explicite : il s’agit d’une question de vie ou de mort ! « La mort de l’homme ». Car, prévient Francis Schaeffer, « si l’homme est incapable de résoudre ses problèmes écologiques, ses ressources vont disparaître » et même « il n’aura plus tout l’oxygène nécessaire à sa respiration si l’équilibre des océans est trop dérangé » (p 11).

 Or, tout le monde (ou presque) s’en moque : Francis Schaeffer rappelle avec pertinence qu’ « à l’approche de sa mort, Darwin reconnut à plusieurs reprises dans ses écrits que deux choses auraient perdu de leur intérêt à mesure qu’il vieillissait » : la perte des plaisirs de l’art et de la nature. Et Francis Schaeffer déclarer être convaincu « que ce qui affecte aujourd’hui toute notre culture n’est rien d’autre que ce que Darwin avait vécu en son temps » (op. cit., p 10)(4). Les protestants évangéliques, pourtant « attachés à la saine doctrine » mais qui ne montrent pas « le bon exemple aux incroyants » en ne se préoccupant pas de nature et de culture, [là, c’est moi qui souligne] seraient-ils donc « darwinistes » sans le savoir ?

Dans le même ordre d’idée, Francis Schaeffer soulève, pour mieux la réfuter, une erreur d’interprétation relative au mandat créationnel de l’homme, commise depuis l’universitaire Lynn White en 1967 : le commandement donné par Dieu à l’Homme en Genèse 1 de « dominer » signifie-t-il « permis d’exploiter sans mesure » des ressources susceptibles d’être « infinies » ? Le Christianisme serait-il responsable de la pollution et de la crise écologique ? S’appuyant sur les Ecritures, Francis Schaeffer répond non : au contraire même, la foi chrétienne bibliquement fondée, bien comprise et vécue avec authenticité, conduit à garder (protéger) la terre et non à la détruire.

Cette vision juste, bonne et sage de la création reste le meilleur antidote, selon Schaeffer, aux impasses d’autres philosophies et visions du monde non bibliques de la nature : les  visions « romantiques » et panthéistes (« l’homme ne vaudrait pas plus qu’un brin d’herbe »), pragmatiques, techniciennes, utilitaristes et matérialistes (la nature n’aurait pas de valeur en elle-même, puisqu’elle ne servirait qu’à servir l’homme), lesquelles ne sauraient être de meilleures solutions pour résoudre les problèmes écologiques. Pas plus qu’un pseudo-christianisme « médiocre » et « platonique » (désincarné et déconnecté des réalités) ne saurait être une vision fidèle à la pensée biblique sur la création.

A l’inverse, selon Francis Schaeffer, « individuellement et collectivement », les chrétiens devraient être de ceux qui s’appliquent dans leur vie pratique à être, par la grâce de Dieu, un facteur de rédemption, de guérison et de réconciliation « entre Dieu et l’homme, entre l’homme et lui-même, entre l’homme et son prochain, entre l’homme et la nature et au sein de la nature elle-même ». (op. cit. pp77-78). Le chrétien qui connaît et aime le Dieu qui est amour et créateur, est censé agir avec amour, intégrité et respect envers ce que Dieu a créé.

Et à l’heure où le principe de précaution est sans cesse remis en question, quand il n’est pas dénigré(5), sous prétexte qu’il serait « un frein à l’innovation », le plaidoyer de Francis Schaeffer prend tout son sens et toute sa pertinence pour notre génération : le chrétien devrait être celui qui accepte de s’autolimiter, c’est-à-dire de « ne pas faire tout ce qu’il peut », pour en tirer un maximum de bénéfices. En toute cohérence, il saura dire « non » ou « stop » à tout abus de notre « sœur (la Terre) si pure, si belle », comme à toute tentative de traiter un homme « en objet de consommation, destiné à rapporter le plus de bénéfices possibles » (op. cit.pp 83-85).

Son devoir sera « de refuser aux hommes le droit de violer notre terre », comme il leur est refusé « de violer nos femmes » (op. cit. p 80). Loin de toute crainte de perdre, ce choix éthique, inspiré par une vision biblique, permettra au contraire à l’homme de recevoir « bien plus que cela », sur le long terme et de façon durable : l’amour et des relations authentiques, libératrices et porteuses de sens.

Conclusion : j’ai apprécié ce livre, reçu dans des circonstances particulières, et l’ai trouvé stimulant, fluide et facile à lire, quoique parfois répétitif. Mais cela reste un « défaut » mineur. Ceci dit, il me paraît tout à fait recommandable pour qui souhaite, avec « un cœur honnête (loyal) et bon »(Luc 8v15) examiner les bonnes raisons bibliques de se sentir concernés par l’écologie. D’autant plus que l’écologie, c’est la « bonne gestion » responsable et respectueuse de « notre maison commune », non pour notre seul intérêt mais aussi pour le bien des autres, avec le souci de « servir » la Terre comme nous servirions ou rendrions un culte à notre Dieu créateur(6).

 

 

 

Notes :

(1) La version anglaise fut publiée en 1971 et traduite en français en 1974 : Francis Schaeffer, La pollution et la mort de l’homme, Guebwiller, LLB, 1974. Réédition BLF, 2015.

(2) A lire, son excellente critique de l’ouvrage publiée sur son blogue.

(3) Nous pouvons dater le premier avertissement de la crise écologique, et peut-être le premier déclencheur du mouvement environnemental, en 1962, année marquée par la sortie du livre de la biologiste Rachel Carson, « le Printemps silencieux ».  C’est à ce moment que sont nés les mouvements comme « les verts » et que s’est développée une conscience écologique. En Europe, les premiers ministères de l’environnement datent de 1970(pour la GB) et 1971 (pour la France). Ensuite, la première conférence sur l’environnement a été organisée par les nations unies à Stockholm en 1972. Voir cette synthèse http://www.cemfrance.org/bibleecologie.pdf

(4) Bien avant lui, Hannah Arendt faisait ce même rapprochement troublant entre la nature et la culture : le mot « culture », d’origine romaine, vient de « cultiver », « demeurer », « prendre soin », « entretenir », « préserver », dans le sens « de culture et d’entretien de la nature en vue de la rendre propre à l’habitation humaine » (« la crise de la culture »; Folio essais, 2014, p 271). Mais alors que « les Romains tendaient à considérer l’art comme une espèce d’agriculture, de culture de la nature, les Grecs tendaient à considérer même l’agriculture comme un élément de fabrication, comme appartenant aux artifices techniques ingénieux et adroits, par lesquels l’homme, plus effrayant que tout ce qui est, domestique et domine la nature ». Les Grecs comprenaient l’activité de labourer la terre-« ce que nous considérons comme la plus naturelle et la plus paisible des activités humaines »-comme « une entreprise audacieuse, violente dans laquelle, année après année, la terre, inépuisable et infatigable, est dérangée et violée. Les Grecs ne savaient pas ce qu’est la culture parce qu’ils ne cultivaient pas la nature mais plutôt arrachaient aux entrailles de la terre les fruits que les dieux avaient caché aux hommes »….(op. cit., pp 272-273).

(5)Le principe de précaution a intégré la Constitution française en 2005, par Jacques Chirac alors que la droite était majoritaire au Parlement. Il y a bientôt vingt ans, le Conseil d’État s’appuyait sur le principe de précaution pour empêcher la culture de maïs transgénique en France. Depuis, le principe de précaution est invoqué pour tenter de freiner la banalisation de produits toxiques, des pesticides aux perturbateurs endocriniens, en passant par les nanoparticules.

(6) En effet, j’ai été frappé de découvrir qu’en hébreu, les verbes du travail et de la garde de la terre, avad et shamar, sont les mêmes que celui du service (ou du culte) dû à Dieu : laavod et haadama, « servir le sol » (Genèse 2v5) et laavod et Yod Elohenu, « servir Dieu notre Elohim » (Exode 10v26).

 

Comment Dieu nous parle-t-il ?

Ecoute ! Dieu te parle !

Voici un exemple de question posée à « 1001questions.fr », excellent site dont nous avons déjà parlé ici : « comment Dieu nous parle-t-il ? »

La réponse, postée le 18/03 :

De tas de manières différentes ; il est libre !

Mais l’outil qui m’est donné pour l’entendre, c’est le texte biblique. Ce qui suppose un certain nombre de précautions propres à ce media particulier. Ainsi, il faut d’abord lire intelligemment le texte, en usant des mêmes moyens que pour n’importe quel texte (les notes qui accompagnent le texte y aident parfois) : le sens des mots et expressions, le contexte littéraire (= la Bible elle-même, à commencer par ce qui entoure le texte choisi) et historique (= ce qu’on sait du temps et du lieu de l’écriture), etc. Et puis il faut se demander ce que le texte m’apprend, me dit sur Dieu, sur moi, sur mes relations aux autres. Enfin il faut demander à Dieu de me faire comprendre ce qu’il veut me faire entendre, lui qui est une vraie personne vivante, à moi qui en suis une autre.

Il faut aussi accepter que Dieu se taise, ou dise autre chose que le texte biblique (choisi à bon escient ou au hasard). Mais c’est toujours la Bible qui reste le critère : si j’entends Dieu me dire le contraire, alors ce n’est pas Dieu ! Comme toute parole, celle de Dieu est un acte relationnel, qui m’implique autant que lui. C’est ma foi, pas mes connaissances, qui est sollicitée, elle concerne ma propre vie. C’est la parole d’amour d’un père, par elle je reçois la vie du Christ qui est mort et ressuscité pour moi. Dans le concret de mon existence. À proprement parler, c’est lui, Jésus, qui est la parole de Dieu pour moi.

Le critère pour savoir si c’est Dieu qui parle et pas mon inconscient ou l’air du temps : « sola scriptura » ! L’Ecriture seule a autorité.

Je puis donc aussi entendre cette parole à travers l’Église, les autres, les événements, la tradition, la nature, etc. Mais dans tout ça, je n’ai pas de moyen de savoir que c’est Dieu plutôt que mon inconscient ou que l’air du temps. Là encore, le critère, c’est la fidélité de ce que j’entends à la révélation biblique. C’est ce que les théologiens protestants appellent le « sola scriptura » : l’Écriture seule a autorité…

A cette réponse claire et précise, je rajouterai ceci : il est toujours frappant(mais pas étonnant) de constater que ceux ou celles qui remettent en question une telle autorité ont généralement tendance à lui substituer une autre parole et donc une autre autorité. La leur, le plus souvent…..

 

Voir aussi cette autre question, sur le même site : « comment entendre la voix de Dieu ? »

Dieu est un Dieu de contact

Dieu est un Dieu de contact.

Non parce qu’il aurait un super annuaire dans son i-phone, mais parce qu’il est un Dieu « tactile », de contact physique. Il est le Dieu du réel et le réel ne s’oppose pas à ce qui est spirituel.

Voici quelques exemples :

Le prophète Esaïe, témoin de la gloire de Dieu, s’écrie : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées.
Mais l’un des séraphins vola vers (lui), tenant à la main une pierre ardente, qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha (sa) bouche, et dit: Ceci a touché tes lèvres; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié » (Es.6v1-7).

Découragé, le prophète Elie s’enfuit, se couche sous un genêt et réclame la mort, s’estimant « pas mieux que ses pères ». Et « voici, un ange le toucha, et lui dit: Lève-toi, mange… » (1 Rois 19v5 et ss.Voir aussi vv 11-13)

Daniel : « au bord du grand fleuve qui est Hiddékel », il a la vision d’un homme redoutable. Les forces lui manquent, et il tombe « frappé d’étourdissement, la face contre terre.
Et voici, une main (le) toucha, et secoua (ses) genoux et (ses) mains » et l’homme l’encourage par ses paroles et le fortifie (Dan.10v4-12, 16-19).

Jean, dans une scène comparable, est face à Jésus, qui se présente à lui dans un aspect également redoutable (Apocalypse 1v10-17). Il « tombe » alors « à ses pieds comme mort ». Mais Jésus « posa sur (lui) sa main droite en disant : Ne crains point ! »

D’autres scènes, dans les évangiles, sont à signaler, telles les scènes de la Transfiguration (Matt. 17v6-7), du lavement des pieds (Jean 13v1-17), ou de la pêche miraculeuse, scène magnifique et ô combien touchante, relatée en Jean 21.

Les scènes précédentes données en exemples nous enseignent premièrement qu’une attitude désinvolte ne saurait convenir, lorsque nous sommes face à Dieu. Néanmoins, si Dieu attend de nous que nous lui soyons disponibles et consacrés, tout en faisant preuve d’une « sainte crainte » à son égard, il est aussi ce Dieu qui nous révèle toute Sa bonté cf Exode 33v18-19, 34v6 ; Ps. 80 et Ps. 86.

Le toucher physique – un regard ou un geste – assorti d’une parole et parfois d’un élément matériel, rend ainsi tangible la grâce divine, au point de nous impliquer personnellement.

 

Arrête « d’éviter » mais commence « à inviter » (et à aimer) les « gens ennuyeux » dans ta vie….

Décidons-nous qui est « digne d’amour » ou d’attention ?

« Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, que faites-vous d’extraordinaire ?… »(Matt.5v46)

« Alors que nous n’étions pas aimables, et alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous »(Rom.5v7-8.Version perso).

« Les gens ennuyeux », c’est-à-dire ceux que tu juges « ennuyeux ».

Notre pensée est-elle véritablement « biblique », ou est-elle, en réalité, plutôt influencée par la vision du monde et les concepts de la psychologie moderne ?
Ainsi, « faire le tri », en décidant « qui entrera ou non » dans notre vie (qu’il s’agisse d’un chrétien ou d’un  « non chrétien ») est-il biblique ?

Comme par un fait exprès, je suis tombé sur cet article, traduit de l’anglais et publié le 12/03/17 sur « La Rebellution », que j’ai trouvé plutôt à contre-courant : « Arrête d’éviter (et commence à aimer) les gens ennuyeux de ta vie », par Haley Davidson(1).

« Il y a quelques semaines », l’auteure [une jeune américaine] faisait « défiler (son) fil d’actualité sur Facebook », lorsqu’elle est tombé sur un article intitulé « Les dix types de personnes toxiques que les gens mentalement forts évitent. »
« Curieuse », elle a « cliqué dessus », pour lire l’article, lequel « recommandait d’éliminer les interactions avec les « gens toxiques », dans le but ultime d’améliorer sa qualité de vie ».
Ce n’était pas là « un scoop » ou « une nouveauté », puisque ce message est en réalité particulièrement et « profondément enraciné dans notre culture. On nous dit de faire le nécessaire pour assurer notre propre bonheur.
Mais un problème imprévu vient avec cet état d’esprit : parce que personne n’est parfait, tout le monde va finir par t’ennuyer à un moment donné. Par conséquent, nous commençons à haïr tout le monde, devenant plus grincheux et solitaires qu’avant. Et nous grandissons éloignés des êtres humains mêmes pour lesquels Dieu nous a mis sur terre pour les servir ». Ou alors l’on ne fréquente plus que des « gens parfaits », ou « plus que parfaits » (2)….
« On nous dit que si mon voisin dégrade ma qualité de vie (que je sois irritable ou qu’il soit réellement ennuyeux), j’ai toutes les raisons d’éviter complètement la personne, de mettre fin à ma relation avec elle.
Leur valeur dans ma vie (dépendrait) du bonheur que je peux ou ne peux pas ressentir lorsque je suis avec eux.
On nous dit que nous devrions recevoir quelque chose pour qu’une relation mérite notre temps. Nous devons être remplis.

Or, la Bible raconte une histoire totalement différente ».

La suite à découvrir sur La Rebellution.

En complément, Rebecca Pippert écrivait, dans La Saveur partagée (Ed. Farel) : « si notre conception de la spiritualité nous isole de nos semblables, il est à craindre que nous ressemblions aux pharisiens [qui, par ailleurs, ont rejeté et condamné Jésus]. Et Si nous avions la notion de sainteté qu’avait Jésus, alors nous ne nous isolerions pas des autres, mais en même temps nous ne serions pas confondus avec eux. »(op. ci., p 96)

Dans Marc 7v14-23, Jésus donne un enseignement « théorique » sur « ce qui nous souille », avant de donner l’exemple d’une étonnante mise en pratique aux vv 24-30.
En Colossiens 3v1-17 (not.v12), nous voyons comment les chrétiens, ceux qui connaissent Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur, doivent vivre entre eux. Et pourquoi.

Et en Jacques 2v1-8(PDV), il nous expliqué pourquoi nous, qui croyons en Jésus-Christ, ne devons pas faire de différence entre les gens……

 

 

Notes : 

(2) Quoique de telles personnes pourront être estimées particulièrement « ennuyeuses », elles aussi…. 😉

« Chrétien » ou « crétin » ? Le pragmatisme : une « nouvelle (fausse) doctrine » ?

Avec cet autre enjeu : Face à une « urgence signalée » ou supposée, comment ne pas céder à la panique, à la désinformation et à la manipulation ?

« C’est vrai ! Quand vous parlez, la justice est muette. Fils des hommes, jugez-vous avec droiture ? »(Ps.58v2. TOB)

« De l’abondance du coeur, la bouche parle » (Matt.12v34)

Voici ce qui m’a été communiqué en début de semaine et qui m’a été présenté comme « une analyse claire, pragmatique et…spirituelle » ! Si « je suis d’accord », je suis « encouragé » à faire ce que l’auteur « préconise » et, bien sûr….. « à partager cet article à (tous) mes contacts ». Ce qui suit a été très difficile à écrire, d’autant plus que la personne qui m’a transmis cet article est une connaissance que j’estime.

De quoi s’agit-il exactement ? Voici un petit exercice de décryptage, sur la forme et le fond, avec une série de questions à vous poser pour affiner votre esprit critique. Prendre le temps de « jouer le jeu » vous permettra de « lever la tête » et de « respirer un peu » :

 Quel est ce texte que l’on communique ? D’où vient-il ? Qui en est l’auteur ? Est-il fiable, digne de confiance ? Pourquoi a-t-il été publié ? Pourquoi me le communique-t-on ?

Qui écrit et pourquoi ? Nicolas Ciarapica, ancien responsable du site Blogdei, nous explique, dans un article publié le 3 mars 2017 sur le site « Infochrétienne », « Pourquoi (il) estime qu’il est URGENT de prier pour que François Fillon reste en lice »(1).

Mais en vertu de quelle légitimité et de quelle autorité écrit-il ? Question importante, d’autant plus que l’auteur ne se contente pas d’exprimer une simple opinion (c’est son droit le plus strict) : il nous engage à le suivre dans son initiative, « un appel solennel aux chrétiens de France, ainsi qu’aux amis de la France », invitant à prier, non pas pour que la justice et la vérité éclatent, mais « pour que le candidat François Fillon reste en lice [coûte que coûte] – quelles que soient nos opinions politiques – et pour qu’il puisse poursuivre sa campagne en vue du premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril prochain ». Est-il « un leader spirituel » ayant autorité sur des millions de croyants ? A-t-il vocation à « rassembler » ainsi ?

Le texte est-il fiable, digne de confiance ? Puis-je le croire ? Faire ce qu’il m’est demandé de faire ? Pour le savoir, il convient de se questionner sur la nature de ce qui est publié et sur son contenu :

Ainsi, concernant l’article de Nicolas Ciarapica, il s’agit plus exactement, non d’une analyse(Étude minutieuse et précise, faite pour dégager les éléments qui constituent un ensemble, pour l’expliquer, l’éclairer et faisant appel à la raison), mais d’une tribune d’opinionexprimant une vision personnelle sur l’actualité. Il s’agit aussi d’un jugement : soit un énoncé persuasif, interprétatif, passionnel, s’adressant aux sens, aux émotions ou aux bas instincts (peur, désir, colère…) – et la Bible rappelle que « le cœur de l’homme est trompeur par dessus-tout » (Jer.17v9).

Le texte se veut « pragmatique ». Et même « pragmatique chrétien », de l’aveu même de l’auteur, mais ce n’est pas flatteur, comme nous le verrons plus loin.

Mais est-il « spirituel » ? Cela reste à voir, mais tout ce qui est « spirituel » ne vient pas que de Dieu. C’est pourquoi la première lettre de Jean nous invite à user de discernement et à éprouver les esprits(1 Jean 4v1). Quel est l’esprit de ce texte ? A qui invite-t-il d’aller ? Qui glorifie-t-il ? A noter que si l’auteur se base sur des médias tels que « Causeur », « Valeurs actuelles » ou « Dreuz », pour appuyer ses dires, son texte ne comprend pas une seule citation/référence biblique pour justifier si son action est « spirituelle » ou non.

Maintenant, passons au contenu de l’article en lui-même, lequel me pose plusieurs problèmes au regard de l’éthique biblique et même de l’éthique tout court.

D’abord, le mot « urgence » me fait tiquer, puisqu’il me pousse, avec une note alarmiste, à agir « vite », sans prendre le temps du discernement. Évidemment, nous sommes invités à « prier », de façon « urgente », certes, mais à prier. Où est le mal ? Or, si inviter à prier « c’est bien », encore faut-il savoir pour qui, pour quoi, et si c’est juste ou pertinent, et pour de bonnes raisons. « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions », nous prévient l’apôtre Jacques (4v3). Ce genre de questionnements est légitime, me semble-t-il. Parfois, quand nous n’ « obtenons pas » ce que nous demandons, il est plus sage et plus spirituel de ne pas s’obstiner, mais de chercher à (ré) ajuster notre demande, pour qu’elle soit conforme à la pensée de Dieu. Mais proclamer l’(état d’) urgence ne permet pas ce recul nécessaire.

Ensuite, l’article me paraît « pécher » par excès d’arguments et par diabolisation – tout serait « tout blanc, tout noir » – ou par exagération : il mêle les propos apologétiques, flatteurs (sur François Fillon, principalement : « le seul à… » ; sa femme Pénélope « l’émeut »), discriminants (« rêveurs gauchistes »). Il fait des rapprochements fallacieux ou tirés par les cheveux, des amalgames illicites  (il déclare ne pas « pouvoir non plus donner sa voix à Mme Le Pen », parce que son projet serait « socialiste. National socialiste plus exactement » ; ailleurs, il classe parmi « toutes les idées progressistes qui rongent la France depuis des années » « l’accueil de l’étranger », censé se « muer en invasion Islamique ») ; il use et abuse de généralisation/banalisation.

Il brandit l’argument dit « d’autorité », censé faire taire « toute critique » : le fait que « Sens commun » soit l’un des soutiens de François Fillon rendrait le soutien quasi-sacré, telle « une parole d’évangile », ou le fait que François Fillon se soit revendiqué des « valeurs chrétiennes », limitées à la lutte contre l’avortement(2).

De façon particulière, l’article pose problème, parce qu’il se permet de discréditer et de décrédibiliser de façon calomnieuse, et la justice, et les médias, en remettant en cause le travail et l’indépendance de l’un et l’autre. Jugeons plutôt :

« ….le Syndicat de la Magistrature qui le harcèle pile au moment de l’élection est manifestement au service de l’idéologie de Gauche et que François Fillon fait l’objet d’une « chasse aux sorcières » disproportionnée par rapport au « crime » qu’on lui reproche (avoir comme de nombreux élus fait travailler des membres de sa famille) »….

 « …il est plus que douteux que la totalité des médias (l’immense majorité des journalistes est de Gauche) et des sondeurs se liguent contre un homme et mettent en avant un poulain (Emmanuel Macron) qui ne touchera pas aux ignobles lois mises en place par le Socialisme durant les 5 années terribles que nous venons de vivre »…..

Ceci dit avec des accents « apocalyptiques »…..

Plus sérieusement, l’auteur pêche sur deux autres points, en particulier :

Il met en doute la probité et l’indépendance de la justice, l’accusant d’être « manifestement au service (ou d’être « vendue à…?) de l’idéologie de gauche » ; il minore la gravité de l’accusation(forcément fausse), en la déformant, comme s’il savait de quoi il retourne, sans attendre les résultats de l’enquête en cours.

Infographie sur les médias : plutôt que de se demander s’ils sont « de gauche » ou « de droite », demandons-nous plutôt à qui ils appartiennent et pourquoi. Source : Le Monde Diplomatique/ACRIMED, janvier 2017

D’autre part, s’il convient de ne pas être naïf, en croyant que « tout serait vrai » sur internet ou dans les médias, il est un autre extrême à éviter : croire ou faire croire que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes.

Ensuite, l’auteur relaye des rumeurs, des « intox », sans prendre la peine de les vérifier : « J’ai appris », écrit-il, « que (Pénélope Fillon) aurait été hospitalisée en début de semaine », et de plaider pour « que M. Fillon et sa famille soient protégés des pressions publiques énormes qui poussent au divorce, au suicide, etc »…Or, ces histoires de « divorce », de « suicide », n’étaient que des rumeurs(3).

Plus grave encore : « parce que si les deux seuls candidats de Droite ou d’Extrême-droite sont accablés d’affaires judiciaires, les risques de frustration populaire et de troubles à l’ordre public sont considérables ». Si je comprends bien l’auteur de ces lignes, il serait donc légitime de faire pression sur la justice et de remettre en question son indépendance, en faisant entrave au bon déroulement d’une enquête, par peur de la foule ? Il conviendrait donc d’accepter ou de subir toutes les compromissions et d’agir…par pure « pragmatisme » ?

Or, que dit la Parole de Dieu ?

« Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice(…) Tu ne prononceras point de sentence inique, et tu ne feras point mourir l’innocent et le juste; car je n’absoudrai point le coupable » (Exode 23v1-2, 7 )

« Tu établiras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Eternel, ton Dieu, te donne, selon tes tribus; et ils jugeront le peuple avec justice. Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point égard à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes. Tu suivras ponctuellement la justice, afin que tu vives et que tu possèdes le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne » (Deut.16v18-20).

« Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes. Supposez, en effet, qu’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu; si, tournant vos regards vers celui qui porte l’habit magnifique, vous lui dites: Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur! et si vous dites au pauvre: Toi, tiens-toi là debout! ou bien: Assieds-toi au-dessous de mon marchepied! ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l’inspiration de pensées mauvaises? Ecoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment? Et vous, vous avilissez le pauvre! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez? Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Ecriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. » (Jacq.2v1-9)

« L’amour ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt (…) il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité » (1 Cor.13v5-6)

 

Un mot maintenant sur « le pragmatisme » et plus précisément « le pragmatisme » dit « chrétien », qui est au cœur du sujetSerait-ce une nouvelle « doctrine » en vogue, dans les milieux évangéliques ? En réalité, le « pragmatisme », ce n’est pas « chrétien », c’est même « crétin ». C’est un sophisme postmoderne.

« Sophisme », du latin et du grec ancien « sophisma », signifie « habileté », « invention ingénieuse », « raisonnement trompeur ». Il se donne toutes les apparences de la « sagesse », d’autant plus qu’il est dérivé de « sophia », « sagesse », « savoir ».

Mais c’est là une « fausse sagesse », d’autant plus que « sophisme » rime avec « sottise ». Car les sophistes ne se soucient nullement de la vérité, contrairement aux véritables « amoureux de la sagesse ». Ils ne cherchent qu’à persuader leur auditoire quelle que soit la proposition à soutenir. Pour obtenir ce résultat, ils profitent donc des ambiguïtés du langage afin de produire des raisonnements en apparence solides, ayant l’apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice, volontaire ou non, permettant de provoquer l’adhésion de l’auditeur ». Avec cet esprit sophistique, le mal devient bien, le faux le vrai, le mensonge la vérité, l’esclavage la liberté, [la guerre la paix], le vice privé [ou l’égoïsme] la vertu, la corruption intégrité….

Il importe de les démasquer impérativement, car si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée et dénoncée pour ce qu’elle est – une bêtise – la porte est ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents.

Et le pragmatisme est ce sophisme postmoderne qui dit « adieu à la vérité ». Il voit son avènement avec William James, à la fin du XIXe siècle. Pour ce dernier, « le vrai », qui « n’existe tout simplement pas », est « ce qui marche ». Cette attitude pragmatique (et relativiste) implique « qu’il n’y ait plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences, des expériences infiniment multiples et variées. A noter que cette notion d’expérience, propre au pragmatisme, est au centre de la pensée de David Hume, ami d’Adam Smith et figure décisive du libéralisme anglais.

Or, l’on ne saurait avoir une bonne « orthopraxie » sans une bonne « orthodoxie »(4).

L’enjeu véritable n’est donc pas une question d’opinion (politique ou non) mais une question de justice et de vérité. Tient-on à la vérité et à la justice ? Ou à nos opinions ? A nos intérêts ?

Venons-en, maintenant, à ce qu’il me semble être les raisons fondamentales qui ont poussé Nicolas Ciarapica à écrire et publier cette tribune : Si j’ai bien lu et bien compris, par crainte de voir son candidat favori disqualifié et empêché de se présenter au premier tour de l’élection présidentielle, pour des raisons judiciaires, l’auteur nous explique, de façon plutôt maladroite, qu’il n’a pas pris le temps de consulter tous les programmes des candidats (pourtant connus depuis longtemps et librement consultables), en vue d’une élection présidentielle prochaine annoncée longtemps à l’avance. « Ils ont chacun un programme que je dois lire et sur lequel je dois me prononcer. On ne me demande rien d’autre [ce n’est déjà pas mal !] et ce n’est pas le moment de rêver à un autre candidat, fut-il chrétien : C’EST TROP TARD ! [ou trop dur de tout lire ?] Je peux y travailler, mais pour dans 5 ans ». Pourtant, « aujourd’hui », est le mot de Dieu…pourquoi attendre encore 5 ans, pour dire à nouveau « je peux y travailler, mais pour dans 5 ans », et ainsi de suite….? Et puisque l’on invoque souvent « l’excuse » de « l’imprévoyance » supposée des pauvres, pour expliquer la pauvreté et la précarité, l’imprévoyance manifeste de l’auteur explique la pauvreté de son raisonnement….Pourtant, il ne convient pas d’attendre « que les médias en parlent », pour s’intéresser à une élection (pas seulement présidentielle) et aux programmes des candidats. C’est le devoir de tout citoyen de s’informer.

Et, pressé par l’urgence (médiatique ?), le chantre « de la liberté » (de choix) se permet de réduire notre choix en nous disant clairement qui soutenir, à l’exclusion de tout autre (lequel « autre » est de toute façon ridiculisé ou diabolisé) : le « moins pire » des programmes (Ailleurs, dans la tribune, c’était « un programme cohérent ») et des candidats. Donc, pour lui, aujourd’hui c’est « Fillon ou rien ». Encore une fois, c’est son droit.

Mais cela devient problématique quand l’auteur de cette tribune nous pousse à brader nos convictions et à brader la justice et la vérité pour la compromission, sous prétexte de nous inviter « à prier ». Mais à prier pour quoi ? En espérant obtenir quoi ? Une « intervention providentielle » pour « sauver » son candidat, au mépris d’une procédure judiciaire en cours ? Peut-on imaginer une seconde que nous pouvons instrumentaliser Dieu, pour satisfaire nos ambitions personnelles ou nos plans les plus délirants ? Peut-on imaginer une seconde que Dieu cautionnerait l’injustice, l’iniquité et le mensonge ? Prier, ce n’est pas modifier le réel et le naturel, de façon surnaturelle, pour en tirer un bénéfice, au mépris de la justice et de la vérité. Rien n’est plus éloigné de cela que le surnaturel divin et les miracles du Christ.

« Dis à tout le peuple du pays et aux sacrificateurs: Quand vous avez jeûné et pleuré au cinquième et au septième mois, et cela depuis soixante-dix ans, est-ce pour moi que vous avez jeûné?(…)Ainsi parlait l’Eternel des armées: Rendez véritablement la justice, Et ayez l’un pour l’autre de la bonté et de la miséricorde. N’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre, Et ne méditez pas l’un contre l’autre le mal dans vos cœurs »(Zach.7v5,9)

« Voici ce que vous devez faire: dites la vérité chacun à son prochain; jugez dans vos portes selon la vérité et en vue de la paix; que nul en son coeur ne pense le mal contre son prochain, et n’aimez pas le faux serment, car ce sont là toutes choses que je hais, dit l’Eternel ».(Zach.8v16-17)

Et peut-on instrumentaliser le peuple de Dieu, en le divisant en « peuple de droite », lequel s’opposerait à un « peuple de gauche » ? En nous demandant d’être dans un camp (le « bon » : celui des « amis de la France ») ou dans un autre ? (« Le camp du mal » ?) Il n’y a qu’un seul peuple de Dieu et Il se rassemble autour d’un seul nom, le seul nom qui sauve et qui unit : Jésus-Christ.

De qui se moque-t-on ? Ne nous laissons pas séduire.

Personnellement, pour paraphraser l’auteur, « je sens très clairement qu’on cherche à m’imposer un choix (même si l’on prétend le contraire) en faisant porter le débat sur des réactions émotionnelles », dans le style : « le Syndicat de la Magistrature qui le harcèle pile au moment de l’élection est manifestement au service de l’idéologie de Gauche »,  « c’est un complot socialo-communiste », « c’est truqué », « François Fillon fait l’objet d’une chasse aux sorcières disproportionnée par rapport au « crime » qu’on lui reproche », « la majorité des journalistes sont de gauches(sic) », « cette élection va ENGAGER LE DESTIN DE NOTRE PAYS pendant les 5 prochaines années »[pas faux !], donc il n’y a personne d’autre comme messie politique pour sauver notre pays….etc…

C’est là une technique classique pour nous pousser dans les bras de démagogues ou d’ « hommes forts », dits « providentiels », de nouveaux « messies politiques »(5).

Voici, d’après ce que je comprends de l’Ecriture, ce qui doit animer le chrétien et ce qui doit le pousser à agir : Ephésiens 5v8-9 ; Ps.40v9 ; Prov.31v8-9  ; 1 Jean 1v7  ; 1 Jean 2v6 , sont autant de passages qui nous invitent, en tant que chrétiens, à « marcher dans la vérité, la lumière », « dire la justice », et à « produire le fruit de la lumière », soit marcher comme Jésus a marché lui-même.

Alors, « prions », oui. Pour que se manifestent la vérité, la sagesse et la justice, condition pour une paix véritable. La paix n’est pas la compromission. La paix est l’établissement de ce qui est bon.

Et l’Évangile ne saurait être annoncé, affirmé, « en toute tranquillité », sur la base de la compromission, au mépris de la justice et la vérité.

Soyons exigeants : prions pour de bons candidats à l’élection présidentielle (ou à toute autre élection nationale, locale, municipale) véritablement « honnêtes et droits, ne cédant pas aux idéologies politiques et religieuses mais soutiennent la liberté, la justice et vise uniquement le bien public ». Sachant que le Président de la République n’est pas celui « qui siffle la justice » avec mépris comme on sifflerait « La Marseillaise » dans un stade, mais qui est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire (art. 64 de la constitution française). Prions pour de bons candidats, qui ne remettront en question, ni l’intégrité/indépendance de la justice, ni celle de la presse à des fins démagogiques. Car personne ne nous fera confondre « information » avec « communication » ou « publicité »….

 

 

Notes : 

1)Les faits, le contexte : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Penelope_Fillon ;  http://www.voxe.org/emploi-fictif-detournement-fonds-recel/ 

2) A la question « François Fillon est-il vraiment chrétien ? » le site « 1001questions.fr » animé par des pasteurs et théologiens protestants, du courant des « Attestants » répond ceci : « Il est toujours très difficile et délicat de se prononcer sur la foi de quelqu’un. Cependant les écritures nous donnent certains critères de jugement;  j’en retiens deux: la confession de la bouche (Matthieu 10: 32). Mais ce critère n’est pas suffisant, s’il ne s’accompagne pas des actes (Matthieu 7: 21).

Sinon, sur ses positions et votes, sur le plan de « l’éthique privée », le candidat Fillon a fait en réalité peu de concessions à « Sens commun » : s’il s’est déclaré personnellement hostile à l’IVG, il a assuré ne pas vouloir remettre en cause ce droit ; et s’il a toujours assumé son opposition au mariage pour tous et à l’adoption par les couples de même sexe, il ne souhaite pas non plus remettre en cause la légalisation du « mariage pour tous ». Sur le plan économique et social, d’inspiration « Thatchérienne », comme me l’a expliqué un abonné à notre blogue, chercheur en géopolitique, « Fillon est un libéral qui veut mener une politique axée sur l’offre qui dégonfle le poids de l’État dans l’économie, diminue la pression fiscale sur le patronat et les grandes entreprises qu’il compense avec la taxation indirecte (TVA) et la flexibilité du travail, lesquelles n’améliorent pas le pouvoir d’achat des ménages, consacrent la précarisation de l’emploi (en visant moins de chômeurs mais plus de travailleurs pauvres) ni ne protègent assez les travailleurs des catégories populaires contre les licenciements abusifs. Sa base électorale est restreinte puisqu’il a visé durant les primaires de la droite et du centre les seniors de la bourgeoisie d’affaire et les CSP+ ». D’autre part, le même internaute précise que, « en rupture avec le gaullisme social », Fillon est aussi « un européiste qui prend opportunément une posture gaullienne et défend des idées chrétiennes conservatrices (“la marche pour tous”) ». Sauf qu’ « il a négligé pour l’instant le volet social, pourtant décisif pour espérer l’emporter en 2017, et qu’une partie de son électorat catholique, en théorie attaché aux valeurs de partage et de justice, a, semble-t-il, curieusement – et l’on peut espérer momentanément – perdu de vue ». Signalons enfin que le candidat Fillon souhaite « supprimer de notre Constitution » le principe de précaution (pourtant intégré en 2005, par Jacques Chirac alors que la droite était majoritaire au Parlement) estimé « dévoyé et arbitraire », pour mieux, selon lui « emprunter les voies de l’innovation et du progrès scientifique, ne pas renoncer aux projets d’avenir au nom du principe de précaution, qui sert aujourd’hui de prétexte à l’inaction ».

3) Révéler le faux suicide d’une personne est certes une faute très grave pour un média, sauf que si l’on prend la peine de vérifier, aucune télévision n’a fait de telles déclarations : http://www.lci.fr/elections/penelope-fillon-francoi-parle-enfin-jdd-pour-mettre-un-terme-aux-folles-rumeurs-et-a-demande-a-son-mari-d-aller-jusqu-au-bout-2028118.html ; http://www.lci.fr/elections/suicide-penelope-fillon-chaines-tele-mais-de-quoi-parle-francois-fillon-2028212.html

4) Voir notre article : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/07/01/dans-quelles-mesures-avez-vous-adopte-ces-sophismes-postmodernes/

5)  La “fascination pour l’homme fort” se perçoit dans les choix actuels des peuples (le Brexit, l’élection de Donald Trump, la victoire aux primaires de F. Fillon). Et chez Nicolas Ciarapica ? En 2012, il appelait à voter Nicolas Sarkozy, « le candidat des valeurs chrétiennes », sur son site « Blogdei ». Plus récemment, à l’annonce de l’élection de Donald Trump, il se fend d’un billet délirant, aux accents « messianiques », sur infochrétienne.

 

 

 

Lâcher prise

Deux passages lus le même jour, cette semaine, susceptibles de nous éclairer sur nous-mêmes, avant de trouver une application plus large :

Le premier relate un tournant dans la vie d’Ozias, un roi pourtant ingénieux et ingénieur, « aimant la terre » :

«Il rechercha Dieu pendant la vie de Zekaryahou, qui l’instruisait dans la crainte de Dieu, et pendant qu’il resta fidèle au SEIGNEUR, Dieu le fit prospérer. »(v5) Puis, « il fit à Jérusalem des machines spécialement inventées pour être placées sur les tours et les angles et pour lancer des flèches et de grosses pierres. Sa renommée se répandit au loin, car il fut merveilleusement aidé, jusqu’à devenir puissant. En raison de sa puissance, son cœur s’enorgueillit jusqu’à sa perte et il fut infidèle envers le SEIGNEUR son Dieu : il entra dans le temple du SEIGNEUR pour offrir de l’encens sur l’autel des parfums. Le prêtre Azaryahou entra derrière lui, accompagné par quatre-vingts courageux prêtres du SEIGNEUR. Ils se dressèrent contre le roi Ozias et lui dirent : « Ce n’est pas à toi, Ozias, d’offrir l’encens au SEIGNEUR, mais aux prêtres, fils d’Aaron, consacrés pour cette offrande ! Sors du sanctuaire, car tu as été infidèle ! Par l’action du SEIGNEUR Dieu, ce ne sera pas pour toi un titre de gloire ! » Ozias se mit en colère, alors qu’il avait en mains l’encensoir. Pendant sa colère contre les prêtres, la lèpre apparut sur son front, devant les prêtres, dans la Maison du SEIGNEUR, près de l’autel des parfums. Le grand prêtre Azaryahou et tous les prêtres regardèrent vers lui, et voilà qu’il était lépreux sur le front ! Vite ils l’expulsèrent de là et lui-même se dépêcha de sortir, car le SEIGNEUR l’avait frappé. Le roi Ozias resta lépreux jusqu’au jour de sa mort. Comme lépreux, il dut résider à part dans une maison, car il était tenu à l’écart de la Maison du SEIGNEUR ». (2 Chron.26v15-21) Cette même maison où il a voulu entrer, voulant avec obstination prendre plus que sa part.

Le second passage a trait au roi Amatsia, le père d’Ozias : « Il avait vingt-cinq ans lorsqu’il devint roi et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Yehoaddân, de Jérusalem. Il fit ce qui est droit aux yeux du SEIGNEUR, non pas toutefois d’un cœur intègre », ou « sans partage »(2 Chron.25v1-2).

« Il recruta en Israël cent mille vaillants guerriers, pour cent talents d’argent. Mais un homme de Dieu vint lui dire : « O roi ! qu’une armée d’Israël ne vienne pas avec toi, car le SEIGNEUR n’est pas avec Israël, tous ces fils d’Ephraïm ! En effet, si elle vient, tu auras beau, toi, être fort dans le combat, Dieu te fera trébucher devant tes ennemis, car c’est Dieu qui a la force de secourir ou de faire trébucher. » Amasias dit à l’homme de Dieu : « Et que faire des cent talents que j’ai donnés aux troupes d’Israël ? » L’homme de Dieu répondit : « Le SEIGNEUR a de quoi te donner bien plus que cela. » (vv6-9).

Comme quoi, il faut savoir lâcher prise pour gagner « bien plus » que ce que l’on craint de perdre. Par exemple, savoir lâcher nos opinions, le pouvoir…pour pouvoir saisir la vérité, la justice, l’intégrité….

Foireux liens de mars (20) : convictions évangéliques, « Pénélopegate », « secrets et mensonges », doughnut, exoplanètes, leaders lecteurs, réseaux sociaux….

Les "Foireux liens" de septembre : une actualité placée sous le signe de "la rentrée" et de "la neutralité"....

Les « Foireux liens » de mars : une actualité placée sous le signe des convictions, ancrées « dans le réel »….

Depuis janvier, une actualité particulièrement riche, avec une invitation à s’ancrer « dans le réel », qu’il s’agisse de convictions « évangéliques », « politiques » ou « sociales ». Bien entendu, ne pas tout lire « d’une traite » et surtout « pas en diagonale » !

 

1) « Convictions évangéliques », à rebours des clichés : Quelques mois après le petit livre de la Conférence des évêques de France (CEF) « Dans un monde qui change, retrouver le sens du politique », le CNEF publie un livret pédagogique, en collaboration avec le SEL, le Défi Michée, A Rocha et le CPDH, pour communiquer des convictions partagées aux candidats de la présidentielle française de 2017 : laïcité, écologie, pauvreté, accueil de l’étranger, famille et sexualité, éducation, liberté de culte et d’expression, dignité de la personne….autant de préoccupations diverses révélatrices d’une vision holistique de la foi chrétienne.

 

"Justificatif", par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

« Justificatif », par Xavier Gorce (Blog LeMonde)

2) Vous ne comprenez rien au « Penelopegate » ? CFactuel vous explique « la triple affaire » frappant François Fillon, candidat victorieux de la primaire de la droite, à 75 jours du premier tour de la présidentielle française. cFactuel est un média dont je viens d’apprendre l’existence et dont l’ambition est de « rendre l’actualité claire et captivante ». Une équipe de 5 personnes à temps plein décrypte une information par jour, « sans parti pris, à travers des formats alternatifs aux articles » (vidéo, infographie, quiz). Plus d’infos sur la ligne éditoriale ici. Lancé en novembre 2015, cFactuel a été reconnu Service de presse en ligne par le Ministère de la Culture.

3) Pour en finir avec la séparation des pouvoirs :

Dans ce qu’il est convenu d’appeler l’affaire Fillon, une étrange argumentation juridique a fait son apparition qui, au-delà du fond de l’affaire, a de quoi laisser pantois. Rappelons brièvement les faits : des révélations successives par la presse ont mis au jour le fait que le candidat LR à la présidence de la République a longtemps salarié son épouse grâce à l’enveloppe attribuée à chaque député pour pouvoir salarier des assistants parlementaires, que ce soit à l’assemblée pour le travail parlementaire proprement dit ou dans la circonscription pour assurer une présence permanente de l’élu. Ce qui en soit est critiquable mais, en l’état des textes, légal. Là où le bat blesse, c’est qu’il semble n’y avoir eu aucune contrepartie réelle à un salaire largement au-dessus des montants habituels, les explications fournies par l’intéressée ou ses soutiens (dans le sens où la corde soutient le pendu) étant embrouillées, contradictoires, et parfois accablantes. Le parquet national financier a donc ouvert une enquête préliminaire sur ces faits, actuellement en cours. Et c’est dans ces circonstances qu’une tribune de juristes courroucés a été publiée sur Atlantico, prétendant opposer des arguments juridiques à l’existence même de ces poursuites. Promesse rarement tenue, comme nous l’explique le blogueur juriste « Maître Eolas ».

4) On ne sait plus trop comment qualifier ce qu’il se passe en ce moment aux Etats-Unis. Surréaliste? Réjouissant? Inquiétant? À vous de juger !

Le blog « The American Ballot Box » « braque les projecteurs » sur la démission de Michael Flynn, le controversé conseiller à la sécurité nationale de Donald Trump, lundi 13 février. Jamais un conseiller à la sécurité nationale n’était resté en poste aussi peu de temps. Vingt-quatre jours exactement. Pourquoi Michael Flynn a-t-il démissionné ? La presse avait révélé quelques jours plus tôt qu’il avait discuté de la levée des sanctions contre la Russie avec l’ambassadeur russe en poste à Washington, et ce avant même que Donald Trump ne prête serment et ne devienne officiellement le nouveau président des Etats-Unis. Pour y voir plus clair et tenter de comprendre tous les tenants et aboutissants de cette affaire digne d’un polar, voici un petit bond dans le temps.

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (anti-immigration ?)

Trump, un « nouveau Cyrus » ? Ou « fanatisme sacrilège » ? Un chromo délirant et inquiétant se propage sur la toile de façon virale depuis le 20/01/17 : « Jésus-Christ guidant Donald Trump pour signer ses décrets » (anti-immigration ?)

5) Pourquoi la politique d’immigration de Donald Trump provoque le chaos et l’indignation : Tout a commencé le vendredi soir, 27/01/17, lorsque Donald Trump a annoncé la signature d’un nouveau décret présidentiel (executive order), intitulé Protecting the Nation from Foreign Terrorist Entry into the United States (Protéger la nation contre l’entrée de terroristes étrangers aux Etats-Unis). L’objectif affiché de ce décret est de prévenir le risque d’infiltration terroriste sur le territoire américain. Est-ce de l’amateurisme total ou une tendance à l’autoritarisme? En tout cas, il semble que le Département de la Sécurité Intérieure et le Département de la Justice n’aient pas été consultés par la Maison Blanche avant la signature du fameux décret. Autrement dit, la Maison Blanche aurait agi unilatéralement. Cela expliquerait la confusion qui a régné dans les aéroports du pays ce fameux week-end, personne n’ayant reçu de consignes claires quant à la manière d’appliquer le décret.

L’application dudit décret de Donald Trump a d’ailleurs été temporairement suspendue suite à la décision d’un juge fédéral, James Robart (nommé par le président George W. Bush et confirmé 99 voix à 0 par le Sénat en 2004). Décision maintenue par la cour d’appel.

6) États-Unis. Une journée de grève pour montrer à Trump ce que serait une Amérique sans immigrés : Pour protester contre la politique anti-immigration de Donald Trump, une “journée sans immigrés” a été organisée le 16 février aux États-Unis. Les personnes d’origine étrangère sont appelées à faire grève (« ne pas travailler, ne pas consommer ») afin de mettre en lumière le rôle fondamental qu’elles jouent dans la société et l’économie du pays.

7)  L’hospitalité envers les étrangers: moyen de sanctification oublié !
Voici deux questions jamais posées et qui concernent pourtant notre santé spirituelle : En quoi l’accueil et le dialogue avec les étrangers sont-ils importants pour la sanctification des chrétiens ? En quoi cette hospitalité et cette amitié avec les étrangers sont-elles incontournables pour l’Eglise destinée à être façonnée à l’image du Christ ? Un édifiant article, à l’angle étonnant, à découvrir sur TPSG.

8)  Trump et les religions : une relation complexe

Dans ce numéro de La Croix du 01/03, Donald Trump est présenté comme un « personnage très difficile à cerner, plein de contradictions » : « son univers religieux, inexistant, est par conséquent totalement incohérent ». Et les relations qu’il entretient avec les religions (les catholiques, les musulmans et les Juifs) s’avèrent « complexes ». Une partie importante de la communauté juive reproche d’ailleurs au milliardaire d’avoir – par sa rhétorique de campagne et ses propos virulents contre le « politiquement correct » –, libéré en quelques mois la parole de toute une frange gravitant autour des mouvances extrémistes américaines. Et d’avoir ainsi encouragé implicitement l’émergence d’un climat propice à la recrudescence des actes antisémites, qui se multiplient de fait depuis quelques semaines.

9) Quand l’avenir de l’humanité dépend d’un doughnut, symbole d’un « espace juste et sûr » pour tous :

L’avenir de l’humanité dépend-il d’un doughnut ? C’est à partir de cette image d’une viennoiserie américaine que l’économiste Kate Raworth explique le lien intrinsèque entre inégalités sociales et limites environnementales. Avec l’objectif d’assurer un bien être minimal à l’ensemble de l’humanité sans franchir les seuils physiques et écologiques – dérèglement climatique, disparition de la biodiversité, pénurie d’eau potable… – qui la mettraient en danger. « Le défi est aujourd’hui de repenser l’économie de sorte qu’elle ramène toute l’humanité au sein de cet espace juste et sûr, au lieu de nous en expulser », estime-t-elle. Entretien à lire sur Bastamag, sans forcément dévorer un doughnut.

10) Une alarmante surmortalité due à la grippe et… à l’austérité : L’épidémie de grippe touche à sa fin mais elle laisse derrière une augmentation alarmante de surmortalité. Les premières estimations de l’agence « Santé publique France », rendue publique mi février, font état d’une surmortalité de 17 000 personnes entre mi-décembre et mi-février. Des chiffres vertigineux qui rappellent ceux de l’hiver 2014-2015 au cours duquel une surmortalité de 18 000 personnes avait été observée, les trois quarts étant liés à la grippe. Les personnes âgées de plus de 65 ans sont les plus touchées. Pour Olivier Mans, secrétaire fédéral de Sud Santé, le lien entre cette hécatombe et les coupes budgétaires dans le budget des hôpitaux est « évident ». « Le rouleau compresseur des mesures d’austérité, la généralisation des contrats précaires, le manque d’effectifs et de moyens rendent les conditions de travail, et d’accueil, très difficiles », explique le syndicaliste sur Bastamag.

11) Vivre comme un pauvre, « le temps d’un week-end » et pour 69 dollars seulement !

Mission Waco est une organisation chrétienne qui a pour but de donner la parole aux pauvres et aux marginalisés, en sensibilisant les Américains de la classe moyenne. L’une de leurs activités consiste à proposer « une simulation de pauvreté » pour  quiconque le désire, durant 72 heures, et pour un tarif de 69 dollars par personne. Durant ces séances, les participants se retrouvent sans téléphone, sans montre, et sans programme d’activité, livrés à eux-mêmes. On leur donne des vêtements délabrés et ils apprennent à connaitre les lieux où les sans-abris dorment ou mangent. Des situations qui génèrent rapidement des sentiments d’anxiété et d’impuissance.
Une initiative se voulant « tendance » ou susceptible d’ « ouvrir les yeux des participants en créant un environnement qui provoquera un choc psychologique, les menant à une transformation de leurs façons de penser et de vivre », voire, pourquoi pas, d’inspirer une politique de lutte contre les causes structurelles de la pauvreté ? Chacun jugera…

12)  « Bijoutier de Nice » : du coup de feu aux pouces bleus

Le 11 septembre 2013, Stéphan Turk, tuait d’une balle dans le dos l’un des deux hommes qui venaient de braquer son commerce. Placé en garde à vue, il a rapidement défrayé la chronique et provoqué une mobilisation inédite : sur Facebook, plus de 1,5 million de personnes ont apporté sans hésiter leur soutien au désormais nommé « bijoutier de Nice ». Triste fait divers, son histoire est devenue phénomène social.

13) Comment les populistes utilisent les réseaux sociaux pour manipuler ?

Marine Lepen, Donald Trump, les partisans du Brexit, les anti-migrants sont des gens modernes. Et ont tout compris de nos réseaux sociaux. Le nouveau pouvoir : diffuser des contre vérités [ou faire croire qu’il ne faut croire personne…sauf eux !] Et vous allez les croire… Que vous soyez un citoyen intelligent, ou pas, comme nous l’apprend « Zeboute », sur son blogue…

14) Les leaders sont des lecteurs : Un excellent article tiré du livre La conviction de diriger par Albert Mohler, publié sur le site québecquois « Publications chrétiennes » et découvert via TPSG. Quand « Leader et lecteur sont indissociables. La raison en est simple : il n’existe aucun autre moyen que la lecture efficace pour développer et entretenir l’intelligence nécessaire à la tâche de diriger (…) Des pensées intelligentes, des idées et des informations doivent constamment alimenter le leadership. Il est impossible d’acquérir les fondements du leadership sans lire ».

15) Trappist-1 : sept exoplanètes, trois en zone habitable : que faut-il attendre de cette découverte ?
La Nasa vient d’annoncer la découverte du système solaire Trappist–1. Trois des sept planètes qui le composent sont dans une zone dite « d’habitabilité », pouvant accueillir la vie. Mais pour Michel Viso, responsable du programme exobiologie du Cnes, cela ne signifie pas qu’elles réunissent les conditions nécessaires, notamment la présence d’eau et les températures adéquates.

 

Sur ce, bonne lecture et bon week-end ! A mercredi prochain.