« A perfect day » : « touriste, s’abstenir ! »

"A perfect" : ici, les cadavres ne se trouvent pas dans les placards mais dans les puits...A moins que la vérité n'y surgisse, ce "jour comme un autre"... Affiche du film de Fernando León de Aranoa

« A perfect day » : ici, les cadavres ne se trouvent pas dans les placards mais dans les puits…A moins que la vérité n’y surgisse, ce « jour comme un autre »…Affiche du film de Fernando León de Aranoa

1995 : Cinq personnes en mission humanitaire pour l’ONU en Bosnie – officiellement, sortant de guerre – confrontés au manque de moyens et à l’absurdité de leur tâche : une jeune française, Sophie, nouvelle recrue idéaliste ; le chef d’équipe, Mambru, désabusé, qui veut rentrer chez lui ; Damir, l’interprète, qui veut que le conflit se termine ; B, le vétéran imprévisible, qui se réfugie derrière un certain humour noir ; et Katya, ancienne maîtresse de Mambru, qui vient jeter le trouble dans l’équipe …Tous croisent le chemin d’un jeune garçon, Nikola, qui cherche un ballon et ses parents. Leur travail se complique quand ils apprennent que le cadavre d’un homme, coincé dans un puits, pollue l’unique source d’eau potable des environs…Mais pour le sortir de là et purifier l’eau, il leur faut une corde….

 

« En zone de guerre, sors de ta zone de confort ! »

Un film choisi « un peu comme cela », sans savoir à quoi m’attendre, et vu lundi soir. Il est à découvrir absolument, surtout si vous vous sentez découragés et/ou en colère, car il vous permet de relativiser quelque peu votre situation, qui ne serait ni « la fournaise » (1 Pie.4v12), ni une question « de vie ou de mort ». Comparée à d’autres.

D’autre part, il démystifie toute vocation humanitaire, susceptible d’être idéalisée et motivée par la seule volonté de « mettre du fun » dans une vie nous paraissant « mortellement morne ».

Or, ici, dans une zone de guerre – par exemple – telle qu’elle est décrite dans le film, tout « tourisme », même humanitaire, doit être exclu, face à un impératif de « quitter sa zone de confort » pour un engagement durable bien peu valorisant, au service de ceux qui ont tout perdu.

Un engagement qui implique de lutter contre l’absurdité au quotidien, avec des moyens bien dérisoires, pour trouver ne serait-ce qu’une simple corde nécessaire pour sortir un cadavre d’un puits.

Le jeune Nikola (Eldar Rešidović) et Mambrú (Benicio Del Toro); un homme au coeur de père. Scène du film "A perfect day"

Le jeune Nikola (Eldar Rešidović), en recherche de son père et Mambrú (Benicio Del Toro), un homme au coeur de père.
Scène du film « A perfect day »

Dans « ce monde de brutes » et au milieu d’un humour souvent noir et désespéré, on relèvera heureusement une part d’émotion, avec cette relation « fils-père » entre le jeune Nikola (Eldar Rešidović), à la recherche de ses parents et d’un ballon, volé par des plus grands que lui, et Mambrú (joué par Benicio Del Toro), qui l’aidera à aller jusqu’au bout de sa démarche (c’est à cela que l’on reconnaît « un père).

Pour finir, « la moralité » de l’histoire pourrait être bien celle-là : suivre « le bon sens » (pour ne pas dire « le sentier ») d’une vieille paysanne – qui elle-même, suit ses vaches pour échapper aux mines – peut nous sauver la vie !

 

 

En bref :

A perfect day : un jour comme un autre

Comédie dramatique espagnole réalisée par Fernando León de Aranoa

Scénario : Fernando León de Aranoa, Diego Farias. D’après le livre Dejarse Llover de Paula Farias

Avec : Benicio Del Toro (Mambrú), Tim Robbins (B.), Olga Kurylenko (Katya), Mélanie Thierry (Sophie), Fedja Štukan (Damir), Eldar Rešidović (Nikola), Sergi López (Goyo)…

Date de sortie: 16 mars 2016

Durée: 1h46

 

Bande annonce en VOST

 

Pour les anglophones, une deuxième, en VO : 

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 « Man in the Wilderness » : ou un « revenant » qui trouve « des raisons d’être sans colère ».

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness) de Richard C. Sarafian (1971) appartient à ce type de film « revenant », sorti en édition DVD en 2012, pour montrer que « Revenant » n’a rien de novateur…

J’ai eu l’occasion de revoir récemment un film sur le sujet suivant : « 1820. Un trappeur, laissé pour mort après avoir été blessé par un grizzly, tente de survivre au sein d’une nature hostile avec une seule idée en tête : se venger de ses anciens compagnons… »

Le film, d’après le « pitch »,  c’est « The Revenant », me diriez-vous !

Ce film d’aventure américain(pas vu) avec Léonardo Di Caprio, réalisé, coécrit et coproduit par Alejandro González Iñárritu, sorti en 2015, plusieurs nominés et récompensés aux Oscars(1).

 
Avant « The Revenant », il y a « Le Convoi sauvage ».

Le réalisateur Alejandro González Iñárritu, ainsi que son acteur principal Leonardo Di Caprio, ont bien eu leur Oscar, mais sans que soit « rendu à César » ce qui lui appartient ! En effet, l’histoire – « incroyable mais vraie » – racontée par The Revenant, a  déjà fait l’objet d’un film, réalisé en 1971, par Richard C. Sarafian, d’origine arménienne : « Le Convoi sauvage » (« Man in the Wilderness »), avec Richard Harris et John Huston dans les rôles principaux.

Je me souviens de l’avoir vu sur une vieille télévision en noir et blanc, en famille, lorsque j’étais enfant. Je garde en mémoire le bateau monté sur roues, tiré par des mules, traversant la prairie, avec son capitaine tout en noir et coiffé d’un haut-de-forme…lequel ordonnant à un moment « de tirer » au canon « sur rien ». Je me souviens du trappeur (Zachary Bass), laissé pour mort après avoir été déchiqueté par un ours (scène que je n’avais pas vue) et veillé par ses compagnons, avant d’être abandonné par eux. Puis s’efforçant de survivre et lisant sa Bible à un lapin qu’il a recueilli. J’ai oublié de quel passage il s’agit, mais je me souviens avoir été surpris par la fin, par l’attitude du héros envers ceux qui l’ont abandonné, qui était toute autre de ce à quoi je m’attendais. Je me souviens aussi des flash-backs, dont « un cours de religion », où le jeune Zachary Bass est censé répondre à coups de baguettes que « Dieu est celui qui a créé la terre et les cieux ! »

"Le convoi sauvage" : ici, tiré par une vingtaine de mules.

« Le convoi sauvage » : ici, tiré par une vingtaine de mules.

Bien des années après, j’ai pu le revoir il y a une dizaine de jours, profitant d’une édition DVD(Wildside), sortie en mars 2016. Je peux dire qu’il supporte parfaitement de nouvelles visions. Le rythme est tranquille, contemplatif, avec quelques scènes d’action.

Il s’agit d’un film qui parle beaucoup de Dieu. J’ai fini par comprendre que le verset lu par le héros, Zachary Bass, à son lapin, est Job 14v14-15 : « si l’homme une fois mort pouvait revivre, J’aurais de l’espoir tout le temps de mes souffrances, Jusqu’à ce que mon état vînt à changer ».

Il est intéressant de constater que le v.15 de Job 14 dit ceci : « Tu appellerais alors, et je te répondrais ».

Mais, dès son plus jeune âge, Zachary Bass a plutôt choisi de tourner le dos à Dieu, du fait d’un parcours personnel particulièrement tragique : à sa belle-mère qui l’invite à « faire avec » un drame personnel (je ne dirai pas lequel) par un « c’est la volonté de Dieu » (on dirait aujourd’hui : « Dieu est au contrôle »), il répond ne pas accepter « cette volonté-là ».

Mais face à ce révolté, Dieu « surprend » en ne faisant pas ce que nous attendrions qu’Il fasse :

Ainsi, il y a cette scène où le héros se résout à arracher quelques pages de sa Bible(les pages blanches ?) quand il ne trouve rien d’autre pour allumer le feu qui l’empêchera de mourir de froid. L’on pourrait y voir un geste sacrilège – car peut-on brûler un texte sacré, quelle qu’en soit la raison ? – ou se dire que « oui, on peut », pour une question de vie ou de mort, et y trouver là un signe de la miséricorde divine. Les lecteurs de la Bible se souviendront peut-être des pains de propositions que seuls les prêtres pouvaient manger et que David, pourchassé par Saül, a pu manger (cf 1 Sam. 21v3-5, Lévit. 24v8-9, et cf le commentaire du Seigneur Jésus-Christ à ce propos en Matt.12v2-4).

Je reviens sur un autre élément important, que je n’avais pas perçu, lors de ma première vision du film, il y a très, très longtemps : il y est question de pères – de père biologique et de père d’adoption – et de leurs relations/non relations avec leurs fils. Ainsi, l’on apprend que Zachary Bass est le protégé du capitaine Henry, lequel l’a recueilli et adopté enfant comme son propre fils, alors qu’il avait fui le pensionnat, orphelin et en révolte contre Dieu. Son « père spirituel » l’abandonnera pourtant – donnant même l’ordre de l’achever, le croyant à l’article de la mort, comme Zachary avait lui-même abandonné son fils qu’il n’a pas vu naître, dans sa colère contre Dieu.

Enfin, il faut parler de la fin, qui est plutôt édifiante. La connaître ne vous empêchera pas d’apprécier le film, si vous décidez de le voir, mais vous pouvez « zapper » le paragraphe qui suit.

Laissé pour mort, le héros survivra et « renaîtra ». Il se tiendra debout, réapprendra à marcher, à survivre, puis à (re)vivre. Il assistera même à une scène insolite et particulièrement belle : l’accouchement d’une Indienne en pleine nature, et ce (rappelons-le) alors qu’il n’a pas assisté à la naissance de son fils.

D’abord porté par sa soif de vengeance, il prendra conscience de l’absurdité de celle-ci, face à la force et à la valeur de la vie et de l’amour. Comme je l’ai lu ailleurs, il n’ira pas jusqu’à « embrasser » ses ennemis quand il les retrouve, mais, ayant « appris »(« par ce qu’il a souffert ») « que la vengeance est un plat qui ne se mange pas »(2),  il sera en mesure d’accorder le pardon libérateur, tout autant à ceux qui l’ont abandonné qu’à lui-même.

La dernière réplique, qui m’avait déjà marqué la première fois – « j’ai un fils. Je vais le chercher » – me fait aujourd’hui penser à Malachie 4v6, où il est question de (l’esprit d’) « Elie le prophète », qui « fera retourner le cœur des pères (biologiques et/ou spirituels) vers les fils, et le cœur des fils vers leurs pères…. »

A l’heure où l’on parle beaucoup (trop ?) de « la culture d’honneur », sans savoir peut-être ce que c’est, on notera enfin que Richard Harris n’a décroché aucune récompense pour son rôle dans « le Convoi sauvage », sauf erreur de ma partRichard Sarafian, le réalisateur, explique dans un bonus fort intéressant, que le film a été quelque peu « plombé » au moment de sa sortie par la concurrence de « Jeremiah Johnson », film à plus gros budget de Sydney Pollack, avec Robert Redford. Le producteur ayant préféré tout miser sur ce dernier, et rien sur le premier. C’est l’inverse « de la culture d’honneur », qui est de « donner plus à ceux qui ont moins ».

A vous maintenant « d’honorer ce travail », en découvrant sur DVD une véritable épopée initiatique (et un cheminement spirituel), certes modeste(3), mais non moins émouvante, de Richard C. Sarafian, susceptible de vous marquer longtemps.

 

En bref :

Le Convoi sauvage (Man in the Wilderness)
États-Unis – 1971
Réalisation : Richard C. Sarafian
Scénario : Jack DeWitt
Image : Gerry Fisher
Montage : Geoffrey Foot
Musique : Johnny Harris
Producteur : Sandy Howard
Interprétation : Richard Harris (Zachary Bass), John Huston (Cpt. Filmore Henry), Prunella Ransome (Grace Bass), Percy Herbert (Fogarty)…
Durée : 1h44

Edition DVD : WildSide vidéo, mars 2016

 

Pour se donner une idée :

 

Et à écouter, la bande originale du film :

 

Notes :

(1)Partiellement adapté du roman Le Revenant de Michael Punke, fondé sur une histoire vraie, celle de l’exploit accompli en 1823 par le trappeur Hugh Glass. Il a bénéficié de douze nominations aux oscars 2016 et en a remporté seulement trois : celui du meilleur réalisateur pour Alejandro González Iñárritu, celui du meilleur acteur pour Leonardo DiCaprio, et celui de la meilleure photographie pour Emmanuel Lubezki, ainsi que trois Golden Globes, dans les catégories meilleur film dramatique, meilleur réalisateur et meilleur acteur dans un film dramatique

(2)Formule géniale piquée dans « Le Convoi sauvage, le film avant « Revenant », sur le site « Salon littéraire ». L’article comporte quelques autres perles et un ou deux parallèles(qui m’étaient également venus à l’idée), que je me suis permis de reprendre. Autre critique à lire, par exemple sur Dvdclassik.

(3)Tourné en Espagne avec un petit budget et des Gitans dans le rôle des Indiens !

20 livres que tout chrétien devrait avoir lu (2)

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Comment les choisissons-nous ?

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les « bons livres » ? Comment les choisissons-nous ?

Dans un billet précédent, nous vous invitions à jouer à ce « jeu sérieux » consistant à nous proposer vos 20 titres de livres, « que tout chrétien devrait avoir lu ». Deux personnes (et même une troisième), de générations différentes, ont bien voulu se prêter au jeu.

Voici maintenant les propositions de Pep’s café : dans le même esprit que les listes précédentes, on y trouvera (en français) certains incontournables, les titres m’ayant marqué et impacté durant ma vie chrétienne, depuis ma conversion (certains malheureusement épuisés), ainsi que d’autres correspondant aux sujets qui me passionnent ou me préoccupent depuis un certain temps, dont l’accompagnement pastoral et la formation, l’éducation, l’écologie, la justice sociale….

Fondements

1)La Paix avec Dieu, de Billy Graham. Editions Groupes missionnaires, 1994. Une présentation claire de l’Evangile de Jésus-Christ et des vérités de la foi/grands principes de la vie chrétienne. Un grand classique. Nouvelle édition revue et corrigée.

2)Si tu veux aller loin, de Ralph Shallis. Farel, 1998. Ou « les sept colonnes de la vie en Christ ». Le type d’ouvrage à conseiller pour toute personne venant d’accepter Jésus-Christ comme son Sauveur et Seigneur.

3)Connaître Dieu, de James Packer. Ed. Grâce et vérité, 2006. Un autre classique.

Evangélisation/témoignage

4)La saveur partagée : évangéliser, une façon de vivre, de Rebecca Pippert. Farel, 1986. Quand « Evangéliser » ou « communiquer sa foi », n’est pas du « marketing », mais quelque chose « que le chrétien ne peut pas ne pas faire » : l’évangélisation est quelque chose de « naturel », « automatique », « spontanée ». « Une manière d’être », avec Jésus Christ comme source. » Un livre découvert il y a presque 20 ans et déterminant dans ma vie chrétienne. J’en ai parlé iciRéédité sous le titre moins inspiré (à mon goût) : « Sortir de sa bulle : l’évangélisation, un style de vie ». Ed. Emmaüs, 2015.

5)« Lire la Bible avec les exclus », de Bob Ekblad. Ed. Olivetan, 2008 : pour une lecture réellement libératrice de la Bible avec les exclus ou les « damnés de la terre » (détenus, drogués, travailleurs clandestins, mères seules…). Le livre que tout passionné d’étude biblique devrait lire. Recommandable, avec quelques nuances toutefois.

Vie chrétienne / Formation du disciple

6)A l’école de la grâce, de Jerry Bridges. Excelsis, 2015. Réédition bienvenue de « Vivre sous la grâce ». Ed. Farel, 1996.

7)Me voici, envoie-moi, de Cor Bruins. BPC, 1986. Ou de l’appel et de la préparation au service pour le Seigneur. Le récit d’un homme de foi, ayant appris à écouter Dieu. Très impactant. Je le relis tous les 10 ans.

8)L’Audace de la foi, de Georges Müller / Alfred Kuen. Edition Emmaüs, 2002, ou l’histoire d’un homme de foi qui a su mener une vie utile et pleine de sens.

9)Les Langages d’amour de Dieu, de Gary Chapman. Farel, 2004. Une manière de s’initier aux fameux « langages de l’amour »…mais cette fois-ci du point de vue de Dieu, qui les parle tous !

10)Laissez-vous transformer, d’Alfred Kuen. Farel, 2000 (voir aussi Du Baptême à la plénitude, de John Stott. Emmaüs, 1977)

11)Sur la brèche, de Norman Grubb. CLC, 1979. Ou l’histoire de Rees Howells, un mineur, qui a connu le réveil de 1904 au Pays de Galles, et a vécu « en simple radical », au service exclusif du Seigneur Jésus-Christ. Une lecture bouleversante, faite en deux jours (pour la première fois sur kindle-qui est moins pratique qu’un « vrai livre » !), et qui m’a permis de prendre « un peu mieux » conscience des enjeux de l’intercession. Voir mon billet à ce sujet. (Voir aussi, sur le même sujet, La prière, de Georges André ; Cent prières possibles, d’André Dumas ; Le Servir dans Sa présence et Sa Présence, d’André Adoul )

12)Dieu, l’écologie et moi, de Dave Bookless. Je sème, 2014 (Voir aussi La Pollution et la mort de l’homme, de Francis Schaeffer. BLF, 2015). Pour une vision juste et biblique de la création et de nos rapports avec elle. « Les clés pour réformer notre vie de disciple, notre louange, notre style de vie et notre mission, afin d’honorer Dieu en répondant pleinement à son appel à prendre soin du monde merveilleux qu’il a créé ». Par le directeur théologique d’A Rocha international.

13)A la reconquête de l’Education chrétienne, d’Albert Greene. ACSI francophonie, 2013 . Ou l’histoire philosophique et culturelle de l’éducation, doublée du récit d’une expérience personnelle de l’auteur. Un livre indispensable pour tout enseignant chrétien convaincu d’un appel particulier dans l’éducation scolaire chrétienne.

14)Just people, du Défi Michée. Ed. LLB, 2015. Mener « juste » sa vie ou mener une vie « juste » ? Un ouvrage de formation et de réflexion destiné à aider les chrétiens et les Eglises intéressés par la problématique de la pauvreté et de la justice sociale à s’investir de manière plus concrète. Voir aussi « Le chrétien et les défis de la vie moderne »(vol.1) de John Stott. Ed. Sator, 1987(collection alliance). Entre être « lumière du monde » et » sel de la terre », faut-il choisir ? Malheureusement épuisé.

15)La force d’aimer, de Martin-Luther King. Ed. Empreinte, 2013(nouvelle édition) : 17 sermons du célèbre pasteur et militant pour les droits civiques des noirs. « Nous ne devons pas être des thermomètres qui indiquent la température de la majorité, mais des thermostats qui transforment et règlent la température de la société. » (Voir aussi : « Le Royaume équilibrée de Dieu » de Richard Borgman. Ed. Le lion et l’agneau, 1995 : « Le Royaume de Dieu » ou « Son règne sur tous les domaines de la vie »… « Jésus-Christ, le souverain roi, et rien d’autre »)

Accompagnement pastoral / Eglise

16)Au nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit (Au nom de Jésus, T. 1) et Mener le Bon combat (Au nom de Jésus, T.2), de Gilles Boucomont. Ed. Première partie, 2010 et 2011. Une série essentielle sur la question de « la délivrance » et de l’accompagnement. A découvrir absolument. Un rappel précieux(surtout de nos jours !) de ce qu’est une vision anthropologique biblique (Voir aussi L’Evangélisation des profondeurs, de Simone Pacot. Ed. du Cerf, 1997)

17)Former des disciples, de W. Henrichsen. Farel, 1995. Des conseils pratiques et concrets pour nous aider dans la formation de disciples en Jésus-Christ.

18)L’Essentiel dans l’Eglise : apprendre de la vigne et du treillis, de Colin Marshall/Tony Payne. Ed. Clé, 2014. Ou comme le dit si bien Stéphane K., « ce n’est pas parce qu’on fait les choses rapidement qu’on est productif. Le secret de la productivité n’est pas de faire les choses plus rapidement, mais de faire les choses importantes ». A lire pour soi-même et à offrir à ses pasteurs/anciens d’église. 

19)L’Eglise avec un grand E, de Georges Winston. Ed. Ourania, 2010. Un autre livre essentiel pour découvrir que l’Eglise ne se résume pas à « des clochers dans nos villes et à des noms différents sur des bâtiments différents ».

Les hommes, c’est pour vous

20)Le Silence d’Adam : devenir des hommes de courage dans un monde chaotique, de Larry Crabb (avec la participation de Don Hudson et Al Andrews). Ed. La clairière, 2003. Un excellent ouvrage (recommandé par Anthon sur ce blogue), qui aborde la question des luttes masculines avec sérieux et profondeur, tout en soulignant la vocation extraordinaire de l’homme : « refléter Dieu avec une force pleine de tendresse ». Voir aussi : La dynamique de l’amitié : vers de nouvelles relations, de Rodney L. Cooper. EBV, 1998 (Empreinte). Comment développer des liens d’amitié fraternelle entre hommes, généralement incités à être seuls. Un livre pertinent à lire et à étudier en groupe.

 

Et toi ? Que recommanderais-tu ? (Editions non épuisées, si possible, et en français) Ton avis m’intéresse !

 

 

20 livres que tout chrétien devrait avoir lu (1)

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Comment les choisissons-nous ?

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les « bons livres » ? Comment les choisissons-nous ?

Cher et fidèle lecteur, pour ce billet du mercredi, à l’approche des grandes vacances d’été, voici un jeu sérieux « à la manière de » :

Si l’on lui demande quels sont « les (20) livres que tout chrétien devrait avoir lu », voici ce que Christophe Paya répond sur son blog « théologique et pratique » : « Ce sont des livres de premier niveau, normalement accessibles à tous ; les livres de référence, dictionnaires et autres gros volumes, qui souvent contiennent l’équivalent de plusieurs ouvrages plus brefs, sont hors liste.

A quelques exceptions près, tous pourraient trouver des équivalents, donc la liste est plus indicative que prescriptive; et cette liste est aussi volontairement limitée… Mais c’est en tout cas ce genre de livre (qu’il recommanderait) », dans les catégories 1) doctrine chrétienne, Jésus-Christ, Bible 2) vie chrétienne 3) Eglise/Culte 4) Apologétique 5) Mission, monde, religions, 6) histoire de l’Eglise.

A noter une certaine ambiguïté dans la formulation « les livres que tout chrétien devrait avoir lu » : s’agit-il de recommander des « livres chrétiens » ? « Chrétiens » exclusivement « protestants-évangéliques » ? Des livres dont les auteurs sont chrétiens ? Des livres destinés à un public (déjà) chrétien, ou pas encore chrétien ? Des livres, pas nécessairement écrits par des chrétiens, mais dont le contenu exprime des principes chrétiens ?

Autant de possibilités offrant autant de pistes bibliographiques !

Voici, en attendant, ce que m’ont répondu deux évangéliques (et même un troisième), de générations différentes(merci à eux !), en y ajoutant mes propres propositions dans un billet suivant (en gras, dans la liste, les auteurs répétés plus d’une fois) :

Nicolas B., du blogue jeunesse La Rebellution :

« Voici ma liste !  Elle est profondément personnelle (avec des sujets qui me passionnent, comme le discipulat, l’évangélisation…ou l’Evangile !) mais je suis persuadé que tout lecteur de ce billet pourra piocher l’un ou l’autre des titres mentionnés ici.  Je suis convaincu que la croissance spirituelle se fait aussi au travers de la lecture de livres de qualité. C’est ce qui s’est passé pour moi, qu’il en soit de même pour vous : relevons le défi d’être toujours en train de lire un (bon) livre ! »

Si tu veux aller loin, de Ralph Shallis

Connaître Dieu, de James Packer

Démission de la raison, de Francis Schaeffer

Que les nations se réjouissent, de John Piper

Panorama de la Bible, de Vaughan Roberts

L’évangélisation et la souveraineté de Dieu, de James Packer

Le chemin du calvaire, de Roy Hession

Suis-moi, de David Platt

Les idoles du coeur, de Timothy Keller

La croix de Jésus Christ, de John Stott

La croix est un scandale, de Donald Carson

La croix de Jésus-Christ et l’évangélisation, de Ruben Saillens (épuisé, mais disponible en ligne)

Le secret spirituel de Hudson Taylor

Le mal et la croix, de Henri Blocher

Tactique du diable, de Clive Staples Lewis

Crazy love, de Francis Chan

Replacer Dieu au cœur de la prédication, de John Piper

Tout par grâce, de Charles Spurgeon

Une Bible un café des disciples, de Neil Cole

Et si Dieu voulait autre chose pour moi, Kevin DeYoung

 

Anthon, un abonné au blogue et fidèle lecteur/commentateur :

« Les 20 livres que je recommande.
Bien entendu, le choix est forcément subjectif et il ne repose pas sur un critère de qualité littéraire. Je n’en ai pas les compétences et surtout ce sont les livres qui m’ont marqué dans ma vie de chrétien depuis ma conversion. C’est donc très personnel. Donc (sans le désordre) :

– Précis de doctrine chrétiennes – J M Nicole
– Démocratiquement vôtre – C.S Lewis
– Dieu au banc des accusés – C.S Lewis
– Les fondements du christianisme – C.S Lewis
– La croix de Jésus-Christ – John Stott
– La foi évangélique – John Stott
– Comprendre la Bible – John Stott
– Le chrétien à l’ aube du XXI siècle – John Stott
– Le disciple une vie radicale – John Stott
– Une vie, une passion, une destinée – Rick Warren
– Une vie transformée par la puissance de Dieu – Rick Warren
– Les questions de la vie – Nicky Gumbel
– Où est Dieu dans l’ épreuve ? – Philip Yancey
– La prière fait-elle une différence ? – Philip Yancey
– Christ, Seigneur et Fils de Dieu – Bernard Sesboüé
– Comment devenir un chrétien contagieux – Bill Hybells
– Si tu veux aller loin – Ralph Shallis
– La raison est pour Dieu – Timothy Keller
– Jésus, une royauté différente – Timothy Keller
– Bien plus qu’ un charpentier – Josh McDowell

« Ils sont tous en français, par contre je ne sais pas si les éditions sont épuisées ».

 

Stéphane K., de « Tout Pour Sa Gloire » (anciennement « notre église point com »), « site de ressources chrétiennes pour développer une vision chrétienne du monde » : « Bien que la plupart des titres de (sa) liste serait en anglais », voici, par exemple (tous chez BLF) :

Le principe du trésor, de Randy Alcorn

Crazy love, de Francis Chan

Au risque d’être heureux, de John Piper

Que les nations se réjouissent, de John Piper

 

 (La suite, dans un prochain billet)

« Your words »

C’est le Week-end. Il est temps, non pas « de se vider l’esprit », mais, au contraire, de se décharger sur le Seigneur Jésus-Christ, en répondant à Son invitation, qui est « de venir à l’écart »(Marc 6v31) près de Lui, pour se reposer. En effet, « auprès de qui irions-nous ? » Il a « les Paroles de la vie éternelle » (Jean 6v68 et ss)

Dans cet esprit, voici « your words » du groupe « Third day », dont j’ai déjà parlé sur ce blogue :

Avec une autre version, ici :

Pour les anglophones, voici les paroles, dont certaines vous rappeleront peut-être Deut.32v1-2 :

Let me hear Your words
Above all other voices
Above all the distractions in this world

Let me hear Your words
Above all other voices
Above all the distractions in this world

For Your words bring life
And Your voice speaks promises
Lord, Your love offers more
Than anything else in this world

Your words give us life that’s never ending
Your words bring us love that never fails
Everything else will fade away
But what will remain
Are Your words
Let us speak Your words
More than ours, more than ever
Let us share Your love with all the world

The grass will wither and the flowers will fall
But the word of our God will last forever
The grass will wither and the flowers will fall
But the word of our God will last forever

« Car nous sommes ouvriers avec Dieu », pas « prolétaires »

"Prolétaire à la chaîne". Par Colloghan.

« Prolétaire à la chaîne ». Par Colloghan.

« Car nous sommes ouvriers avec Dieu. Vous êtes le champ de Dieu, l’édifice de Dieu. » (1 Cor.3v9. Colombe)

 

Lu récemment, ce qui n’a pas manqué de m’interpeller : « L’ouvrier, comme son nom ancien d’ « oeuvrier » l’indique assez, est celui qui porte une œuvre en lui et qui la réalise. Le prolétaire – à ne pas confondre avec ouvrier – est celui à qui l’on a confisqué l’œuvre. Pour obtenir un prolétaire à partir d’un ouvrier, il faut commencer par ne pas appliquer ce que Hobbes appelait « la loi de l’égalité naturelle » entre les êtres, ce qui crée une situation où certains ont plus [que leur part], cependant que d’autres ont moins. Pour réaliser ce tour, il faut et il suffit de vider la tête de l’ouvrier afin de le délester de l’œuvre qu’il porte en lui. On obtient alors un être spolié de l’œuvre dont il était porteur puisque le dessin, la forme de cette œuvre, a été transféré de sa tête à celle de l’ingénieur. Elle est alors devenue hors de portée et, lorsqu’elle revient, c’est sous une forme parcellarisée en tâches fonctionnelles, vidée du sens qu’elle portait. Le résultat, c’est que cet ouvrier, devenu prolétaire, n’utilise plus des outils en se servant d’eux pour fabriquer son œuvre mais est transformé en un servant de la machine en charge d’une tâche parcellaire auxquelles tous les prolétaires, dans leur ensemble, se trouvent assujettis »( Dany-Robert Dufour. « L’individu qui vient… ». Folio, 2015, pp 203-204)

Réflexion, transposable dans un contexte d’Eglise :

Ce que nous faisons a-t-il du sens ?

Dans quelles mesures les conditions sont-elles réunies, au sein de nos églises locales, pour que chacun soit en mesure d’être pleinement « ouvrier avec Dieu », réalisant « l’œuvre en lui », qu’il est appelé à accomplir ? Nos pratiques « créent-elles du prolétariat », plus qu’elles n’encouragent véritablement des ouvriers dignes de ce nom ?

Dans notre travail en équipe, donnons-nous à voir le sens global d’une oeuvre collective en train de se faire, ou nous bornons-nous  à confier des « micro-tâches » à nos collaborateurs ?

Et par associations d’idées, dans quelles mesures l’industriel (celui qui produit en série) a-t-il remplacé l’artisan ? Dans quelles mesures avons-nous substitué la rentabilité et l’efficacité à la qualité et à l’authenticité ?

Qu’est-ce que « faire sa part » ? Faire sa « juste part » ?

Inspi cinéma : voir la scène du travail à la chaîne, dans « Le Roi et l’oiseau » de Paul Grimault (1980) ; « la classe ouvrière va au paradis » d’Elio Pétri (1971).

Passages à lire et à étudier ensemble :

« Pendant qu’il fait jour, nous devons accomplir les œuvres de celui qui m’a envoyé. La nuit s’approche, où personne ne peut travailler ».(Jean 9v4. BFC)

« Dès avant ma naissance, le Seigneur m’a appelé ; j’étais encore au ventre de ma mère quand il a prononcé mon nom. Il a fait de ma parole une épée tranchante et il me cache à l’abri de sa main. Il a fait de mon message une flèche pointue, dissimulée dans son carquois. Il m’a dit : « C’est toi qui es mon serviteur, l’Israël dont je me sers pour manifester ma gloire. » Quant à moi, je pensais m’être donné du mal pour rien, avoir usé mes forces sans résultat, pour du vent. Or le Seigneur garantit mon droit, mon Dieu détient ma récompense ».(Es.49v1-4)

« Car c’est lui qui nous a faits ; nous avons été créés en Jésus Christ pour les œuvres bonnes que Dieu a préparées d’avance afin que nous nous y engagions » (Eph.2v10. TOB)

« Je ne vous appelle plus serviteurs, car le serviteur reste dans l’ignorance de ce que fait son maître ; je vous appelle amis, parce que tout ce que j’ai entendu auprès de mon Père, je vous l’ai fait connaître. Ce n’est pas vous qui m’avez choisi, c’est moi qui vous ai choisis et institués pour que vous alliez, que vous portiez du fruit et que votre fruit demeure. » (Jean 15v15-16. TOB)

« Je t’ai glorifié sur la terre, j’ai achevé l’œuvre que tu m’as donnée à faire. Et maintenant, Père, glorifie-moi auprès de toi de cette gloire que j’avais auprès de toi avant que le monde fût ».(Jean 17v4-5)

 

 

« Au nom de Dieu »

Et si les croyants refusaient de se laisser instrumentaliser ?

 

Pour Erri de Luca – dont les propos prennent une nouvelle actualité, « aucune guerre récente de notre Méditerranée n’a tenu le nom de Dieu à l’écart de ses prétextes. Il est invoqué par celui qui se fait exploser dans un autobus en Israël, par les égorgeurs de femmes en Algérie, par les trois parties de la Bosnie en guerre, en Tchétchénie, en Irlande… »(1). Plus récemment, par l’Etat islamique en Syrie, en France ou aux Etats-Unis (2).

« La modernité consiste précisément dans ce besoin d’une justification de Dieu », remarque encore Erri de Luca. « A la fin d’un siècle de guerres athées qui ont montré la suprématie des démocraties sur les tyrannies, de nouvelles guerres veulent prouver la suprématie d’un autel sur un autre. Plutôt que de croire en Dieu, les nouveaux guerriers au nom de la foi pensent que c’est à lui de croire en eux, en leur confiant certaines de ses missions expéditives ».

A ce sujet, les chrétiens, témoins de Christ, et censés être « lumière du monde » et « sel de la terre »(Matt.5v13-14), devraient être ceux qui rappellent les Paroles et commandements de Dieu. Notamment ce qui est écrit « sur le premier volet des deux tables » de la loi : « Tu ne soulèveras pas le nom de l’Eternel ton Dieu pour l’imposture »(3).

Erri de Luca explique que « le verbe « nasà » précise qu’on soulève le nom de Dieu chaque fois qu’on le prononce, et qu’on en porte tout le poids(4). Celui qui le hisse sur des armes doit assumer en plus le poids d’un blasphème à des fins de massacres ». C’est là « un tort irréparable, sans rémission pour la divinité. Profanée pour soutenir le faux, c’est un blasphème sans rachat. Comme dans toutes les guerres faites au nom de cette divinité(5).

Témoins fidèles et vrais, nous devrions refuser toute instrumentalisation de la foi, qu’elle soit « religieuse » ou « politique »(6), et refuser «  l’abus de confiance ». Nous devrions être connus comme « parlant bien » de Dieu, à l’instar de Job (de l’aveu même de Dieu, cf Job 42v7-8) qui a su dire « tu » à Dieu, de ce « tu » effronté et familier, de ce « tu » pronom de la révélation et donc de la relation entre créatures et créateur. Nous devrions être aussi connus comme ceux qui dénoncent et refusent le « tu » qui veut impliquer Dieu dans les aversions, les injustices, les rancunes(7). Contre ce type d’abus, « le simple lecteur des Saintes Ecritures » (tel Erri de Luca)saura répondre par le verset 12 du psaume 39 de David : « car je suis un étranger chez toi ». Nous habitons en effet cette terre, « comme la vie et comme la foi elle-même, à titre de prêt et non de propriété »(7). Refusons donc cet esprit « du propriétaire », qui se donnerait des droits sur la vie d’autrui, mais cultivons plutôt « l’esprit d’appartenance ». Soit la conscience d’appartenir à quelqu’un d’autre de plus grand, qui nous a créé à son image. Ce « plus grand », le seul véritable propriétaire de toutes choses, nous met à disposition ce qu’il a créé et nous en confie la bonne(juste et sage) gestion, dont nous aurons à rendre compte devant Lui, sachant que ces biens ne sont pas inépuisables et que nous ne sommes que « de passage » et « locataires », sur la terre.

 

Notes :

(1) « Au nom de Dieu » IN « Alzaia ». Bibliothèque Rivages, 1998, pp 99-100.

(2) Sur l’Etat islamique, voir : http://www.thegospelcoalition.org/evangile21/article/9-infos-au-sujet-de-letat-islamique-que-tout-chretien-devrait-savoir . Sur les derniers attentats revendiqués cette semaine par ce groupe : un couple de policiers assassiné à coups de couteau par un dihadiste à leur domicile, dans les Yvelines ; l’attaque meurtrière d’une boîte de nuit LGBT à Orlando(USA) par un autre jihadiste, se réclamant de Daech.

(3)Ou pour « trumper », dirait-on aujourd’hui. Comme le souligne très bien Erri de Luca dans un autre ouvrage, « Et Il dit » : « rien à voir avec la version où on lit : tu ne nommeras pas en vain »(op. cit., p63).

(4) « Tu ne soulèveras pas le nom » : il s’agit d’appeler la divinité comme garant d’un témoignage et d’affirmations…. ». Or, l’on ne saurait oser « soulever ce nom pour soutenir une imposture (…)car n’absoudra pas l’Eternel celui qui soulèvera son nom pour l’imposture [Lashàue], pour l’imposture, dit l’hébreu, rien à voir avec en vain. On le comprend bien grâce à une autre ligne : tu ne répondras pas en témoin pour l’imposture(Lashàue) contre ton prochain » cf Deutéronome/Devarim 5v20 (Erri de Luca. Et Il dit. Gallimard, 2012, pp63-65)

(5) Erri de Luca. Et Il dit. Gallimard, 2012, p64.

(6) Sur ces types d’instrumentalisation, voir la note de blogue de Patrice de Plunkett : « Un jihadiste fait un carnage dans un night-club ? Des médias incriminent la religion catholique. Un  jihadiste poignarde un officier de police et sa femme ?  La droite et gauche incriminent la CGT (parce qu’elle a diffamé la police lors des manifestations sociales) ! Voilà le chaos mental. Il sévit aussi dans d’autres domaines… Dans son discours du 8 juin, M. Sarkozy vitupère le « communautarisme » dont il donne trois exemples en vrac : »cette poignée d’islamistes qui prennent en otage un quartier », « ces gens du voyage qui bloquent scandaleusement une autoroute », et… « ces casseurs qui bloquent une loi de réforme du marché du travail ». Pour compléter l’amalgame, M. Sarkozy entonne le refrain de la France-fille-aînée-de-l’Eglise (formule ne datant que du XIXe siècle), et proclame : »ici c’est un pays chrétien ». Slogan creux, puisque 95% des Français de 2016 ignorent le contenu de la foi chrétienne ! Faire référence à Jehanne et aux Rogations pour orner un discours antisocial, mêler la religiosité et les manoeuvres politiciennes, prétendre faire du catholicisme l’annexe d’un parti, c’est donner des armes aux cathophobes… Qu’on ne s’étonne pas de lire ensuite des tweets qui exhalent un désir de violence contre le chrétien croyant. Ceux qui haïssent le christianisme et ceux qui veulent s’en servir sont jumeaux (alors qu’ils prétendent se combattre) »

Et celle du sociologie Sébastien Fath, appelant à « un devoir de clarté. Directe et pédagogique », face à « l’effroyable tuerie d’Orlando », pour « faire barrage aussi bien à ceux qui « noient le poisson » (confusion) qu’à ceux qui « jettent de l’huile sur le feu » (surenchère) ». Ainsi, « quand Trump veut interdire aux musulmans l’accès au sol américain, et que Sarkozy exalte en France les « moeurs chrétiennes » (sic), ils entrent tous deux dans un piège, font exactement ce que Daech veut qu’ils fassent. Ils font des distinctions selon les citoyens en fonction de leur passé ou de leur religion, encouragent la catégorisation et la relégation des minoritaires. Ils nourrissent, sans même s’en rendre compte (?), le jeu des ennemis de la liberté, entrent dans le « piège Daech »(…) et alimentent des ferments de guerre civile ».

Dans un autre billet – remarquable –#JeSuis #JeSuis … tout seul,  le naturaliste catholique « Phylloscopus » commente ainsi : « Deux attaques en deux jours ; qu’importe qu’elles aient touché deux pays distincts, qu’importe qu’il y ait derrière une initiative solitaire vite récupérée ou la force d’un réseau ; les réponses sont les mêmes : gesticulations, peur et recherche de coupable idéal ». En attendant, « le problème avec ces « Je suis Untel » qui, désormais, ne signifient plus que « Je suis en larmes pour Untel ». « Je suis » surtout planté tout seul sur ma chaise, dans le noir, et j’ai peur. Et nous avons beau arborer chacun sur notre profil le même filtre hâtivement programmé par Facebook, chacun de nous est enfoncé seul dans sa peur ».

Sinon, un bel exemple d’instrumentalisation de la foi par le politique est donné par le roi Jéroboam en 1 Rois 12v26-33, 1 Rois 13v33 et ss (Lequel Jéroboam « consacrait prêtre des hauts lieux…quiconque en avait le désir »)

(7)Erri de Luca. « Au nom de Dieu » IN « Alzaia », op. cit., p 100.

« Le père des orphelins, le défenseur des veuves, C’est Dieu dans sa demeure sainte » : études de 2 Rois 4v1-7 et 2 Rois 8v1-6

Lucky Luke. Jesse James, par Morris http://www.bangbangluckyluke.com/les_dossiers/analyse_une_bd_lucky_luke.php

Lucky Luke, « le défenseur de la veuve et de l’orphelin ». Un pâle reflet de ce qu’est Dieu, le « vrai justicier ». Planche de l’album « Jesse James », par Morris

« Une femme d’entre les femmes des fils des prophètes cria à Elisée, en disant: Ton serviteur mon mari est mort, et tu sais que ton serviteur craignait l’Eternel; or le créancier est venu pour prendre mes deux enfants et en faire ses esclaves ». (2 Rois 4v1)

Une femme s’approche d’Elisée et « crie » au prophète. Il s’agit d’une veuve, d’un des « fils des prophètes » décédé. Un homme « craignant Dieu », témoigne la femme…mais endetté. Elle est aussi une mère, mais le créancier s’apprête[« il est route pour »] à prendre tout ce qui reste à la femme, soit ses deux enfants, pour en faire ses esclaves.

Le créancier n’avait sans doute pas lu Lévitique 25v35-42, qui précise que « si ton frère devient pauvre et qu’il manque de ressources près de toi, tu le soutiendras, même s’il s’agit d’un étranger ou d’un immigré, afin qu’il vive avec toi. Tu ne tireras de lui ni intérêt ni profit, tu craindras ton Dieu et ton frère vivra avec toi. Tu ne lui prêteras pas ton argent à intérêt et tu ne lui prêteras pas ta nourriture pour en tirer un profit. Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui vous ai fait sortir d’Egypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu(…) En effet, ils sont mes serviteurs, ceux que j’ai fait sortir d’Egypte; on ne les vendra pas comme on vend des esclaves ». On ne vendra pas son prochain israélite adulte comme esclave, et encore moins si c’est un enfant.

Le cri de la veuve est une prière. Que répondra le prophète ? Quelle sera la réponse la plus appropriée à une situation de détresse, et, surtout, la plus libératrice ?

  1. Ton mari n’aurait pas dû s’endetter ! Ne connaissait-il pas « les principes de bonne gestion » et ce que signifie « être responsable » ?
  2. Je te propose un prêt, mais avec un tutorat en échange
  3. Que puis-je pour toi ? Qu’as-tu chez toi ?

Bien entendu, la bonne réponse est la réponse 3. qui correspond au v2 de 2 Rois 4. C’est une parole de vie, et non culpabilisante ou infantilisante, qui encourage à considérer les ressources à disposition, même si cela peut paraître « rien du tout »(v2).

Et le « rien du tout » de la veuve « n’est qu’un vase d’huile »(v2). Mais c’est suffisant pour Dieu, comme les cinq pains et les deux poissons d’un petit garçon étaient suffisants pour Jésus, pour nourrir 5000 personnes. Et Elisée dit: « Va demander au dehors des vases chez tous tes voisins, des vases vides, et n’en demande pas un petit nombre. Quand tu seras rentrée, tu fermeras la porte sur toi et sur tes enfants; tu verseras dans tous ces vases, et tu mettras de côté ceux qui seront pleins »(vv3-4). La suite nous dit que la femme obéit en tous points à ce que lui dit Elisée. On remarquera une richesse particulière de la femme, outre sa foi en Dieu : ses bonnes relations avec son voisinage, ce qui lui a permis d’obtenir des vases en grand nombre. « Elle ferma la porte sur elle et sur ses enfants »(v5). Elisée n’est pas présent, mais un véritable « travail d’équipe » s’opère dans cette famille, avec une interaction entre la mère et les enfants. Ces derniers, qui ne sont plus vus « comme un problème », « lui présentaient les vases, et elle versait. Lorsque les vases furent pleins, elle dit à son fils: Présente-moi encore un vase. Mais il lui répondit: Il n’y a plus de vase. Et l’huile s’arrêta.  Elle alla le rapporter à l’homme de Dieu, et il dit: Va vendre l’huile, et paie ta dette; et tu vivras, toi et tes fils, de ce qui restera »(vv6-7).

A la fin, la dette est comblée grâce à l’huile et il y a un surplus (Comparer avec Luc 9v16-17). Le « tu vivras, toi et tes fils », qui contraste avec le terrible v1 (« mon mari est mort » et « mes enfants vont être pris comme esclaves »), rappelle le « Mais en ce jour je te délivrerai, dit l’Eternel, et tu ne seras pas livré entre les mains des hommes que tu crains. Je te sauverai, et tu ne tomberas pas sous l’épée; ta vie sera ton butin, parce que tu as eu confiance en moi, dit l’Eternel », adressé par Jérémie à l’éthiopien Ebed-Melek, l’éthiopien, qui l’avait sorti de la fosse (Jer.39v17-18).

La veuve a donc eu cette « audace de la foi » pour « crier » au « père des orphelins, le défenseur des veuves », qui est « Dieu dans sa demeure sainte » (Psaume 68v5)

D’autant plus que Dieu commande de ne pas « affliger la veuve, ni l’orphelin. Si tu les affliges, et qu’ils viennent à moi, j’entendrai leurs cris; ma colère s’enflammera, et je vous détruirai par l’épée », dit l’Eternel (Ex.22v22-24), le justicier par excellence.

« Car l’Eternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve… » (Deut.10v17-18).

Dans un autre passage(2 Rois 8v1-6), on retrouve la sunamite de 2 Rois 4v8-9 et ss, devenue veuve avec un enfant, qui, au retour d’une absence de sept ans pour cause de famine, se retrouve dépossédée  de sa maison et de son champ. Plutôt que de faire sienne cette idéologie comme quoi « l’Etat ne (serait) pas la solution, mais le problème », elle va « implorer le roi »(v2), comme la première veuve avait « crié » au prophète. Et elle a raison, puisque le roi est censé « ouvrir sa bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés », « juger avec justice, et défendre le malheureux et l’indigent » (Prov.31v8-9). Mais aussi écrire pour lui une copie de la loi(cf Deut.17v18), laquelle enseigne sur Dieu ce qui précède plus haut !

Et le roi n’a pas besoin « de revoir sa copie », puisqu’à la fin du récit, il fait justice à la femme, ordonnant qu’on lui restitue tout ce qui lui appartient, « avec tous les revenus du champ », soit sept ans de revenus !(2 Rois 8v6)

He Is Alive

Tout compte fait, c’est la seule bonne nouvelle qu’il vaille la peine d’être publiée aujourd’hui. Car, sans cela, « notre foi est vaine » (1 Cor.15v14) :

« He is alive » (« Il – Jésus – est vivant ») de « Third day », un groupe de rock chrétien(1) au nom bien inspiré(2).

Jésus, « le Seigneur est réellement ressuscité » (Luc 24v34). Il est Celui qui proclame : « Je suis le premier et le dernier, et le vivant. J’étais mort ; et voici, je suis vivant aux siècles des siècles. Je tiens les clefs de la mort et du séjour des morts » (Apoc.1v18).

« Si tu confesses de ta bouche le Seigneur Jésus, et si tu crois dans ton coeur que Dieu l’a ressuscité des morts, tu seras sauvé »(Rom.10v9).

 

Notes : 

(1)Un groupe formé à Atlanta (Georgie, États-Unis) en 1991 et fondé par le chanteur Mac Powel et le guitariste Mark Lee.

(2) »Third day » ou « troisième jour », en « bon français ». Une référence manifeste à la résurrection d’entre les morts de Jésus-Christ, le troisième jour après sa crucifixion. Référence qui n’aura échappé à personne, oserai-je espérer…

 

« La culture de l’honneur : apprendre à lire à voix haute la gloire de Dieu »

Sommes-nous ouverts et disponibles pour les "bons livres" ? Comment les choisissons-nous ?

Une invitation à « lire » l’autre, comme un livre ouvert et tel que Dieu l’appelle à être. Pas « en chuchotant, mais « à voix haute ».

Une prédication(au titre absolument génial) du pasteur Pierre Bader portant sur 2 Cor.3v2-4, 7-11, 15-18 (version du Semeur), à écouter sur le site de la paroisse de Corsier-Corseaux(Suisse), dans la perspective des deux articles précédents, publiés cette première semaine de juin(1) : « La culture de l’honneur : apprendre à lire à voix haute la gloire de Dieu ».

Soit une invitation à « lire » l’autre, tel que Dieu l’appelle, et non tel qu’on le voit maintenant.

 

Lecture de 2 Cor.3 : 

Notre lettre c’est vous-mêmes, une lettre écrite dans notre cœur, que tout le monde peut connaître et lire. Il est évident que vous êtes une lettre que le Christ a confiée à notre ministère et qu’il nous a fait écrire, non avec de l’encre, mais par l’Esprit du Dieu vivant, non sur des tablettes de pierre2, mais sur des tablettes de chair : sur vos cœurs. Telle est l’assurance que nous avons par le Christ, devant Dieu(v2-4). Le ministère de Moïse, au service de la Loi, dont les lettres ont été gravées sur des pierres, a conduit à la mort. Cependant, ce ministère a été glorieux, au point que les Israélites n’ont pas pu regarder Moïse en face, à cause de la gloire, pourtant passagère, dont rayonnait son visage. Mais alors, le ministère au service de l’Esprit ne sera-t-il pas bien plus glorieux encore ? En effet, si le ministère qui a entraîné la condamnation des hommes a été glorieux, combien plus glorieux est celui qui conduit les hommes à être déclarés justes par Dieu ! On peut même dire que cette gloire du passé perd tout son éclat quand on la compare à la gloire présente qui lui est bien supérieure. Car si ce qui est passager a été touché par la gloire, combien plus grande sera la gloire de ce qui demeure éternellement ! (v7-11) Aussi, jusqu’à ce jour, toutes les fois que les Israélites lisent les écrits de Moïse, un voile leur couvre l’esprit. Mais, comme le dit l’Ecriture : Lorsque Moïse se tournait vers le Seigneur, il ôtait le voile. Le Seigneur dont parle le texte ; c’est l’Esprit, et là où est l’Esprit du Seigneur, là règne la liberté. (v15-17)

 

Bonne écoute et bon week-end !

 

Notes : 

(1) A retrouver ici et .