Dans le repas de la Pâque, il y a aussi des herbes amères…

[Le présent billet fait suite à cette première accroche, publiée ici : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/03/19/six-jours-avant-la-paque-a-bethanie/
L’un et l’autre sont également à lire en parallèle avec cet autre billet, plus axé sur le souvenir : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/05/souviens-toique-tu-es-un-homme-libre/ ]

« Pessah » (ou « Pâque » sans « s ») a déjà commencé pour les juifs, depuis le 25/03(jusqu’au 01/04), tandis que « Pâques »(avec « s », ce qui  ne veut rien dire) débutera le 31 mars pour les chrétiens qui suivent le calendrier liturgique.
Pour  le repas de la Pâque, il faut l’agneau, des pains sans levains, et des herbes amères (Exode 12v8) : ces trois éléments (auxquels les juifs en ont rajouté d’autres) constituent un véritable livre d’histoire, puisqu’il est destiné à commémorer la sortie d’Egypte du peuple d’Israël, racontée dans le livre de l’Exode.
De ce repas, on retient bien entendu ce qui nous paraît être l’essentiel, à savoir l’agneau pascal. Néanmoins, ai-je envie de rappeler,

Herbes par Petr Kratochvil

Herbes par Petr Kratochvil

dans le repas de la Pâque, il y a aussi des herbes amères.
Composées de laitues sauvages, raifort ou chicorée, les herbes amères figurent l’état de souffrance dans lequel Israël avait vécu pendant ses 400 ans d’esclavage en Egypte et dont il allait sortir (cf Exode 1v14 : « Ils leur rendirent, la vie amère »).
Sur ce sujet, une fort intéressante et pertinente parabole- Une tarte à la citrouille avec du raifort– est à lire ici.
Elle est, certes, en rapport avec la façon de célébrer Pessah, mais tout chrétien saura en faire une application personnelle :
Imaginez une famille américaine rassemblée autour d’une table le jour de l’action de grâces. Ils célèbrent la survie des pèlerins lors de leur premier hiver sur le sol du nouveau monde, le futur continent américain. Placé près de la dinde, se trouve un bol de neige, symbolisant le froid féroce que les pèlerins endurèrent. Juste à côté on a posé l’emblème d’un cimetière en souvenir des 45 personnes sur 102 qui moururent. Et la tarte à la citrouille (plat traditionnel de ce jour) est recouverte de raifort afin que personne n’oublie combien ils souffrirent
La question : « quel est le but de la souffrance » plane sur le Seder.
En réalité, aucun américain ne rendrait amère sa célébration de l’action de grâces avec des symboles de souffrance. Pourtant, c’est précisément ce que nous les juifs, faisons pendant le repas du seder de Pessah. Nous mettons du sel en souvenir des larmes que les hébreux versèrent, de la ‘harosset en souvenir du mortier utilisé pour les pénibles tâches de construction et des herbes amères afin d’expérimenter l’amertume que connurent nos ancêtres. Et même la galette de Pessah, la matsa, appelée pain de la liberté, est aussi appelée le pain de l’affliction, la pitance des esclaves. La Haggadah, histoire de la délivrance, contient de longs passages et de nombreux détails de la servitude et de la souffrance en Egypte. Est-ce une manière de célébrer notre rédemption?
En fait, le seder force à se poser la question qui est l’énigme de la célébration pascale: nous célébrons le fait que Dieu nous ait sortis d’Egypte, mais c’est bel et bien Lui qui nous y avait mis? Le rôle des plaies était de rappeler aux juifs, mais aussi aux égyptiens, que Dieu a un pouvoir absolu sur la nature et qu’Il la contrôle minutieusement. Il aurait pu stopper l’immense souffrance des hébreux bien avant. Pourquoi la souffrance? Cette question que le peuple juif se pose avec entêtement depuis l’époque de Moïse, plane sur le seder comme une mystérieuse présence.
Clairement, le seder traite de la connexion entre la souffrance et la délivrance. Il avance l’argument retentissant que la délivrance est le résultat de la souffrance. Cette dernière nous débarrasse de la superficialité et du superflu et nous amène à la vérité. Elle dévoile chez ceux qui souffrent des niveaux de don de soi et de transcendance qu’ils n’imaginaient pas posséder. Evidemment, l’être humain a le libre arbitre, on peut choisir de réagir à la souffrance avec amertume et ressentiment. Mais pour celui qui réagit différemment, il peut atteindre la véritable grandeur.
Les sages surnomment les années de torture en Egypte: le creuset de fer.

Le feu par Petr Kratochvil"Ma Parole n'est-elle pas comme un feu...?"

Le feu par Petr Kratochvil
« Ma Parole n’est-elle pas comme un feu…? »

Le creuset est l’instrument que les orfèvres utilisent pour raffiner l’argent. Il y a quelques années, des femmes étudiant le livre biblique de Malachie, furent frappées d’étonnement par le verset suivant: « Dieu s’assiéra comme un raffineur et un épurateur d’argent et Il épurera (le peuple d’Israël) » (Malachie 3:3). Curieuse de savoir en quoi le fait de faire fondre de l’argent s’appliquait au traitement de Dieu envers le peuple d’Israël, une des femmes partit regarder un orfèvre au travail.
Pendant qu’il passait une pièce d’argent au feu, l’artisan lui expliqua qu’il était obligé de la placer à l’endroit le plus chaud de la flamme afin d’enlever toutes les impuretés. La femme, en référence au verset, lui demanda s’il avait besoin de s’asseoir pendant le processus d’épuration. Il répondit que non seulement il devait rester assis pendant tout le processus mais aussi qu’il devait garder un œil vigilant sur la pièce, car si l’argent restait un moment de trop dans la flamme, il serait détruit.
« Comment savez-vous quand l’argent est entièrement raffiné? » demanda la femme.
« C’est facile, c’est lorsque j’y vois mon visage apparaître » répondit-il.
La métaphore du prophète Malachie était éclaircie: Dieu maintient le peuple d’Israël dans la partie la plus forte du feu des souffrances afin de complètement le purifier; mais Il reste avec lui pendant tout ce processus et ne le lâche jamais du regard, de même il ne le laissera pas être détruit. La purification sera complète seulement lorsque Dieu pourra voir Son image en nous.

 

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

De même, quelle la place de ces « herbes amères » (dans un sens spirituel, dans le Nouveau testament) dans le repas du souvenir de la mort du Seigneur (la Sainte cène, que j’ai envie d’appeler notre « plateau de seder ») ?
On le mangera avec des herbes amères, car :
Elles signifient les souffrances de Christ.
Elles signifient la crucifixion de notre chair (Gal 6.14)
Elles signifient la mise à mort du vieil homme (Rom 6.6)
Renoncer à notre Moi pécheur : chose amère pour la nature charnelle!
http://www.promesses.org/arts/74p6-8f.html

« Séparer » ou « distinguer » ?

« Vous serez saints, car moi, l’Éternel votre Dieu, je suis saint. »(Lévitique 19v2 et 1 Pie.1v15-16)

Dans notre désir d’être saint, comme Dieu nous y appelle,

notre façon de vivre nous isole-t-elle des autres, ou permet-elle que « l’on fasse la différence », ou que l’on distingue que nous appartenons bien à Dieu ?

Rebecca Pippert écrivait, dans La Saveur partagée (Ed. Farel) : « si notre conception de la spiritualité nous isole de nos semblables, il est à craindre que nous ressemblions aux pharisiens[qui, par ailleurs, ont rejeté et condamné Jésus].

Si nous avions la notion de sainteté qu’avait Jésus, alors nous ne nous isolerions pas des autres, mais en même temps nous ne serions pas confondus avec eux. »(op. ci., p 96)

« Etre saint », c’est être « mis à part »(pour Dieu)et être pur.

L'eau et les verres par George Hodan

L’eau et les verres par George Hodan

« Pur », c’est être « sans mélange ». Une attitude intérieure( cf Marc 7v14-23) sans aucune ambiguïté ou confusion(de personnes, de rôles ou de fonctions-par exemple : confusion croyants/incroyants, confusion des sexes-masculin, féminin…)

Ainsi, Dieu a créé les cieux, la Terre, la mer…et a distingué chacun de ces éléments. Il n’a pas attendu la fin du chaos pour créer mais a d’abord créé la lumière au milieu du chaos.(Gen.1v1-3)

Sa création est donc distincte du chaos, comme Lui-même est distinct(et au-dessus) de Sa création.

Que dit Lévitique 19-20 sur la façon d’être saint, questionne encore Rebecca Pipert ? « Honore tes parents, ne mens pas, ne vole pas, accorde le juste salaire, ne commets pas d’injustice, ne triche pas…Si nous sommes tentés de ne voir la sainteté qu’au ciel où est Dieu, nous constatons qu’elle doit nous accompagner sur les routes et dans nos maisons, là où se déroule notre vie. Nous qui concevons la sainteté en terme de séparation, nous constatons qu’elle se vit dans nos relations aux autres. Nous qui associons la sainteté à la divinité, nous découvrons qu’elle se démontre dans notre humanité, par la manière dont nous traitons notre prochain. »(Op. cit. pp 99-100)

A l’inverse, la conception de Jésus de la sainteté l’a conduit à une « identification totale » aux pécheurs qu’il est venu sauver, « dans une séparation radicale »(cf Hébr.4v15)

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

« Vous êtes la lumière du monde », dit Jésus de ceux qui lui appartiennent(Matt.5v13-16). Et « le fruit de la lumière consiste en toute sorte de bonté, de justice et de vérité. »(Eph.5v9)

De fait, le chrétien doit afficher sa différence :

-En ayant soif de justice(celle de Dieu-et en se conformant à cette justice), en procurant la paix et en ayant le coeur pur.

– Etre sel et lumière

-En rendant un culte sincère à Dieu, « en Esprit et en vérité »

-En cherchant d’abord la gloire de Dieu

-En servant les autres et non en les critiquant, jugeant, condamnant

-En obéissant à Christ comme Seigneur

(Rebecca Pippert, op. cit., pp 104-105)

« En Lui, nous avons le souffle…et nous vivons »

Neige et fleurs par George HodanLe miracle de la vie...

Neige et fleurs par George Hodan
Le miracle de la vie…

Depuis quelques temps (au moins depuis février de cette année), je suis particulièrement préoccupé par le « souffle ». Le souffle de Dieu, s’entend. Soit de la vie et de l’inspiration.
On se souvient que lorsque « l’Éternel Dieu forma l’homme, poussière du sol », Il « souffla dans ses narines une respiration de vie, et l’homme devint une âme vivante. »(Gen.2v7)
De fait, il est vital de maintenir une communion avec Celui qui, seul, donne la vie.
Dépendre de Lui seul nous donne la fraîcheur du pain du jour dont nous avons besoin.
Dépendre de Lui seul nous permet d’abattre nos idoles et nos traditions, qui ont peut-être une apparence de vie, mais ne sont pas la vie.
A ce sujet, je notais dernièrement dans mon carnet, le 21 février, qu’Ezéchias « fit ce qui est droit aux yeux de l’Eternel, selon tout ce qu’avait fait David, son père. Il ôta les hauts lieux, et brisa les statues, et coupa les ashères, et mit en pièces le serpent d’airain que Moïse avait fait, car jusqu’à ces jours-là les fils d’Israël lui brûlaient de l’encens; et il l’appela: Nehushtan. »(2 Rois 18v3-4 )
Le serpent (cf Nombres 21v8-9 et cf Jean 3v14), s’il est une préfiguration de Christ, représente le passé. L’erreur est d’en faire une idole, une tradition, qui prendrait la place du seul Dieu, vivant et vrai.
De même, si nous nous basons sur nos réserves au lieu de rechercher la fraîcheur du pain du jour (et donc de dépendre de Dieu), « ça pue », cf épisode de la manne dans Exode 16v19-20, alors que Dieu est le Dieu du présent et de l’avenir, le Dieu vivant et vrai, qui nous donne le souffle.

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Jésus dit qu’il est « la résurrection et la vie »(Jean 11v25).
Du souffle, il en fallu au Seigneur, pour pousser un grand cri à la croix, avant d’expirer (Marc 15) : comment a-t-il eu ce souffle pour pousser un tel cri, quand on connaît la façon dont on meurt sur une croix ?
Du souffle (divin), il en faut pour courir la course (de fond, celle d’un marathonien)de la foi.

 

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Girl blowing bubbles par Petr Kratochvil

Il faut enfin du souffle, pour être la bonne odeur de Christ, une odeur de vie donnant la vie (2 Cor.2v14-16)

 
Du souffle, enfin, il en a fallu pour animer des corps qui, autrement, n’auraient eu qu’une apparence de vie, selon Ezéchiel 37v1-9 : « Et je vis, et voici, il vint sur eux des nerfs et de la chair, et de la peau les recouvrit par-dessus; mais il n’y avait pas de souffle en eux. Et il me dit: Prophétise au souffle, prophétise, fils d’homme, et dis au souffle: Ainsi dit le Seigneur, l’Éternel: Esprit, viens des quatre vents, et souffle sur ces tués, et qu’ils vivent. »

Le fait de nous entretenir sur le  souffle ne doit pas nous limiter à un nouveau billet pour ce blogue ou au stade d’une simple ou seule réflexion théorique. En effet,  il nous arrive normalement à tous de soupirer après un « second souffle » ou un « nouveau souffle ». Nous pouvons alors expérimenter que Dieu « souffle » de façon pratique sur notre âme et sur le quotidien de nos vies personnelles et de nos actions, tel un souffle qui vient de l’intérieur et qui souffle vers l’extérieur : « Le vent souffle où il veut, et tu en entends le son; mais tu ne sais pas d’où il vient, ni où il va: il en est ainsi de tout homme qui est né de l’Esprit » (Jean 3v8)

 
S’attendre à Lui avec foi nous permet d’expérimenter Proverbes 25v13 : « La fraîcheur de la neige au temps de la moisson, tel est le messager fidèle pour ceux qui l’envoient: il restaure l’âme de son maître. »
La neige avait surpris, à cette époque de l’année. Cependant, sa fraîcheur est une bénédiction en un temps de labeur. De même aussi, le souffle de Dieu, qui donne vie(parfois de façon inattendue) à ce que nous faisons pour Lui, et à tout ce qui se construit pour Lui.
Dieu est vivant, Dieu est bon et donne de bonnes choses à Ses enfants. Dieu répond à nos soupirs, en Son temps, mais Son temps est toujours convenable.

Une nouvelle manif dimanche contre le « mariage pour tous » : et après ?….

Hier, dimanche 24 mars, des centaines de milliers de gens-sans doute plus d’un million, selon les organisateurs-ont à nouveau manifesté dans Paris leur opposition au projet de loi du « mariage pour tous ».

« Et après ? »

Il s’agit là, non d’une question futile ou méprisante, mais d’une question essentielle, dépassant la simple analyse « à chaud »(voire les réactions purement polémiques, au risque d’être stériles à comparer avec ces témoignages) des événements d’hier. Il s’agit de s’interroger de façon positive, raisonnée et constructive sur « l’après ».

Cette réflexion, Patrice de Plunkett  nous la propose justement sur son blog, dans un fort pertinent billet (24/03/2013) intitulé : « Marée humaine dans Paris – Et ensuite ? Le temps du travail en profondeur commence… »
« La question qui se pose maintenant est : par où continuer ? », questionne le journaliste catholique, qui ne manque pas de souligner que, et L’UMP, et l’extrême droite,  espèrent récupérer les bénéfices(électoraux) d’une manif(dont ils ne sont ni les initiateurs, ni les promoteurs ou les organisateurs). Néanmoins, poursuit PdP, « ce n’est évidemment ni avec l’UMP, ni avec l’extrême droite, qu’un phénomène nouveau peut naître. C’est sur d’autres bases, avec une autre profondeur de champ.
Le phénomène nouveau naîtra, non « de » ces immenses (donc éphémères) rallyes de masse, mais « à partir » d’eux. Plus précisément : à partir du plus grand nombre possible de ceux qui se sont mobilisés dans tout le pays pour les réussir, avec une énergie significative.
Significative de quoi ? D’une intuition qui se propage : beaucoup sentent que le problème est la forme de société que nous subissons. Il faut leur proposer, dans tout le pays, des rencontres pour étudier réellement ce problème qui est le seul décisif, donc le seul urgent : il faut étudier le système pour savoir ce qu’il est, comment le combattre et par quoi le remplacer.

Comment réaliser ces rencontres ? …»

La suite et le détail du billet, ainsi que les commentaires qui suivent, ici.

« Eprouver ce qui est bon » : c’est aussi (surtout !) sur internet…

L’Internet tel qu’il est aujourd’hui, ainsi que la masse informationnelle (d’aucun parleront de « déluge ») qui résulte de son essor, nous placent face à un véritable défi, doué d’un enjeu. En effet, nous ne pouvons esquiver l’inévitable question de la fiabilité de l’information disponible sur internet :

Aider par Kosta Kostov

Aider par Kosta Kostov

D’où vient-elle ? Et, surtout, peut-on la croire ?

Chacun connaît le constat classique, que l’on nous présente comme une évidence, à savoir que  « Les jeunes savent mieux que les adultes se servir d’internet ». Ladite évidence se vérifiera sans doute concernant l’utilisation d’un ordinateur, d’un portable ou de tablettes permettant entre autre de jouer à des jeux de voiture….Mais ladite évidence le sera peut-être moins (évidente) concernant une navigation pertinente ou vigilante d’internet.

Dans ce contexte, il est essentiel,

autant pour les jeunes que pour les moins jeunes, d’acquérir « une culture de l’information », pour une recherche « éveillée ».

Qu’est-ce que la culture de l’information ?

Il s’agit d’une culture qui comprend les savoirs suivants :

« Lire » : décoder et comprendre
« Ecrire » : créer et diffuser ses propres productions
« Evaluer » : évaluer la qualité et la pertinence de l’information

C’est ce dernier volet-l’évaluation de l’information sur internet-qui nous occupera maintenant, le temps du présent billet.  En guise de précision, j’ajouterai que, dans le cadre professionnel, je travaille régulièrement avec mes élèves de collège-notamment de troisièmes-sur ces questions de l’origine de l’information, notamment de ce qui a motivé sa publication et sa diffusion.

Concernant l’évaluation de l’évolution sur internet, il est peut-être utile de rappeler, à l’instar des enseignants responsables de « La Commission Français et Informatique » (http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html ; http://fr.sarto.free.fr/b2i/exemples_lycee/questionnement.pdf ), « qu’un document Internet reste un document, même si son support est particulier », et qu’ « à ce titre, il (convient) de lui appliquer les règles normales de la critique externe du document, qui s’appliquent d’abord (…) au site qui présente les informations ».

Ces règles reposent sur un questionnement, qui s’avère être le même que celui du journaliste :

Qui ? Quel est «l’hôte» de la page ? Qui héberge le site ? Un site éducatif,  commercial, gouvernemental, politique, religieux…. ?  La page d’accueil est-elle bien indiquée ?

L’auteur est-il clairement indiqué ? Que sait-on de son parcours, sa formation, sa réputation, son domaine et son expérience d’expertise ?
Au nom de qui, de quelle idéologie, s’exprime-t-il ? S’agit-il d’un auteur recommandé, recommandable ?

 Quoi ? (Quelles informations ?) S’agit-il d’une source primaire (des données d’enquête) ? D’une source secondaire (Document qui fait état d’un rapport d’enquête déjà réalisé) ? Les données sont-elles vérifiables ? L’auteur me permet-il de recouper l’information donnée ? L’information communiquée est-elle contradictoire avec d’autres sources déjà consultées ?

L’auteur présente-t-il différents points de vue, notamment lorsqu’il s’agit d’une question polémique ou controversée ?
Son article est-il documenté, argumenté ?
Son langage est-il nuancé ? Très catégorique ? Partisan ?
Est-on en mesure de faire la différence entre ce qui relève de l’information et de la promotion, de la publicité ?
Y-a-t-il des indices qui permettent de douter de la qualité du document ?(fautes d’orthographe, de syntaxe…Références inexactes ? Ou incomplètes ?…)

Suis-je en mesure de comprendre l’information contenue dans l’article ?
L’article est-il en rapport avec le sujet ou hors-sujet ?
Est-ce que je me sens à l’aise avec les conclusions de l’article ?

 Comment ? (comment se présente et est organisée l’information),
Quand ? (L’information est-elle régulièrement mise à jour ? La date de création est-elle indiquée ? Y a t il plusieurs liens inactifs-ce qui indique que les mises à jour ne sont pas faites régulièrement ?…)
Où ? (Quelle partie du site contient l’information ?)
Pourquoi ? (Question liée à l’objectivité de l’information)

Quel semble être le but premier de l’auteur ? Est-il évident, clair ? Pourquoi l’auteur me communique-t-il cette information ?

A-t-il pour but d’informer, d’aider, d’éduquer, d’expliquer ? De donner son opinion personnelle ? De vendre ? Défendre ou servir une cause ? A-t-il des visées publicistes, propagandistes, lobbyistes ?

(http://www.bibliotheques.uqam.ca/InfoSphere/fichiers_communs/feuilles_travail/feuille5.pdf )

Les enseignants responsables de « La Commission Français et Informatique » parlent, quant à eux, « d’altruisme »(« aider son prochain en diffusant la connaissance »), d’ « égoïsme »(« Regardez comme je suis intéressant; ma page personnelle n’est-elle pas admirable ? »), de « capitalisme »(« Achetez mon produit ! ») et « prosélytisme »(« adhérez à mes idées ! »)
(http://users.skynet.be/ameurant/francinfo/validite/evaluer.html ; http://fr.sarto.free.fr/b2i/exemples_lycee/questionnement.pdf )

Toutes ces questions doivent être, bien entendu, prises ensemble : déterminer la fiabilité ou non d’une information dépend de la convergence des réponses obtenues.

En guise d’application de ce qui précède, nous suggérons l’analyse de « Novopress », qui se présente comme une « agence de presse indépendante ».

A ce sujet, Ludovic Finez, dans un article initialement paru sur le site du Club de la Presse Nord-Pas-de-Calais le 22 juillet 2005 (et publié sur le site Acrimed le 27 juillet 2005 ), ainsi que Loïc Blache, dans un article plus récent publié le 14 mars 2013, ont su formuler le questionnement présenté ci-dessus :

Au début, on pouvait croire « à une nouvelle agence de presse qui donne des infos sur la région », commente Ludovic Finez. « Sur sa page d’accueil, le site Novopress se présente comme une agence de presse internationale, iconoclaste et réactive. (…)  Novopress affirme défendre une information alternative et sans tabous pour lutter contre le monde de la pensée et de l’information unique, un monde où Big Brother voit, entend, lit et dirige tout. Ce n’est qu’en lisant plus attentivement certains textes mis en ligne que l’on comprend mieux ce que Novopress appelle une information alternative et sans tabous.

Question contenu, l’agence de presse ne fait pas preuve d’une « grande originalité par rapport aux commentaires faits par la presse régionale. Et pour cause… puisque nombre d’entre eux, vérification à l’appui, sont des articles intégralement pompés dans les éditions de La Voix du Nord. Évidemment, une telle pratique est déjà en soi répréhensible mais ce n’est pas le plus grave. Loin de là. Le plus grave, c’est le ton d’autres « articles », qui dégagent une nauséabonde odeur de xénophobie et d’incitation à la haine raciale (…)

A ce stade de la lecture, l’envie démange d’en savoir un peu plus sur les responsables de ce site ». (…)Pour savoir qui se trouve derrière le nom de domaine Novopress, il est « inutile de chercher sur le site des coordonnées, à part des adresses e-mail impersonnelles. En revanche, une simple requête sur le site Gandi.net nous en apprend beaucoup plus. Le nom de domaine Novopress (…) a été déposé par un certain Fabrice Robert. Un inconnu ? Pas vraiment…

(…)Ex-conseiller municipal FN à La Courneuve, ex-membre du Conseil national du MNR (de Bruno Mégret), c’est aussi l’ancien porte-parole d’Unité radicale. C’est à cette organisation, interdite depuis, qu’appartenait Maxime Brunerie, qui avait tenté de tirer sur Jacques Chirac le 14 juillet 2002. Parmi d’autres « exploits », Fabrice Robert est aussi le fondateur du groupe de rock radical Fraction Hexagone, qui promet « une balle pour les sionistes, une balle pour le cosmopolitisme, et une balle pour la police » ou rend hommage à la croix celtique, symbole depuis longtemps récupéré par les groupuscules fascistes.
Aujourd’hui, Fabrice Robert est président du Bloc identitaire* (qui, entre autres, dit « son opposition totale au dogme du métissage ethnique »), créé en 2003, après la dissolution d’Unité Radicale. Tout soupçon d’homonymie est à écarter : l’adresse postale (à Nice) du Bloc identitaire (précisée sur son site) et celle du dépositaire de Novopress sont les mêmes. La filiation entre les deux structures est de toute façon évidente. Un lien sur le site de Novopress renvoie vers ID Magazine (domicilié à Nivelles, en Belgique), publication commune au Bloc Identitaire et aux Jeunesses Identitaires, présidées par un comparse de Fabrice Robert. Par ailleurs, Novopress a relayé la campagne, pour une élection partielle à Nice, d’un « candidat identitaire », « soutenu par Fabrice Robert, président du Bloc Identitaire ».

Et voilà comment, pensant trouver le site d’une nouvelle agence de presse, on tombe en fait sur une émanation d’un groupuscule de l’extrême droite la plus radicale»

[*qui se classe à l’extrême-droite de l’échiquier politique français.]

Lampe par bruna pires

Lampe par bruna pires

En règle générale, nombre d’informations(ou présentées comme telles-surtout celles à tendance polémique), « piquées » ici ou là, sont souvent relayées en boucle d’un site à l’autre ou d’un forum à l’autre. Et ce, sans vérification, semble-t-il, autant de la validité de ladite information, que de la source. Dans le cas de Novopress, il est tout à fait possible de savoir quel site l’utilise fréquemment(en connaissance de cause ou non-c’est une autre histoire), en rédigeant une équation de recherche sur votre moteur de recherche favori : nom du site + Novopress ;  Novopress + sujet (Ex : Bible King James ou redoute + propagande…)

Éprouvez toutes choses; retenez ce qui est bon. 22 Abstenez-vous de toute apparence de mal.(1 Thes.5v21-22)

A lire :

http://tempsreel.nouvelobs.com/le-dossier-de-l-obs/20120921.OBS3171/reacosphere-le-cas-novopress.html

http://owni.fr/2011/05/16/les-familles-dextreme-droite-sur-internet/

 

Six jours avant la Pâque, à Béthanie….

Jésus donc, six jours avant la Pâque, vint à Béthanie où était Lazare, le mort, que Jésus avait ressuscité d’entre les morts. On lui fit donc là un souper; et Marthe servait, et Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Marie donc,

ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux; et la maison fut remplie de l’odeur du parfum. (Jean 12v1-3. Version Darby)

Un repas est préparé pour Jésus, à Béthanie. Matthieu (26v6-13) et Marc (14v3-9) nous apprennent que cela se passe dans la maison de Simon le lépreux (ou l’ancien lépreux). Il est important de s’attarder sur les principaux « personnages » présents dans ce récit : Jésus est l’hôte d’honneur, au centre de la scène. Des amis intimes sont présents : il s’agit d’une famille composé du frère (Lazare) et de ses deux sœurs (Marthe et Marie). Lazare est à table avec lui, Marthe sert et Marie décide d’honorer Jésus d’une manière particulière. Cette scène nous parle à la fois de trois façons d’adorer le Seigneur Jésus, de trois degrés d’adoration progressive, ainsi que de trois préfigurations du Seigneur Jésus.

 

Les trois (Lazare, Marthe et Marie) paraissent comme « en retrait », à leur manière, pour rendre hommage à Jésus. L’important, et l’essentiel, étant le résultat de leur adoration. De plus, chacun des trois semble avoir appris à discerner la volonté de Dieu à ce sujet, exprimant respectivement ce qui est bon (pour Lazare), agréable (Marthe) et parfait (pour Marie), selon Rom.12v2.

Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

Lazare : on nous précise qu’il s’agit du mort, que Jésus avait ressuscité. Ce rappel est important, car la nouvelle naissance est le point de départ de toute relation avec Jésus. Lazare était un de ceux qui étaient à table avec lui. Il est assis et ne semble pas très actif mais il a su trouver sa place auprès de Jésus. C’est la bonne et la meilleure place. Le passage ne nous dit pas de quoi Lazare s’entretient avec Jésus, mais il nous est permis de penser qu’il lui rend hommage, en rappelant ce que Jésus a fait pour lui. De même, nous pouvons aisément nous imaginer le contenu de cet entretien, tout simplement parce que nous avons « beaucoup de choses à dire » à Jésus (pour le louer et lui rendre gloire…), depuis que nous le connaissons comme sauveur et seigneur. Lazare est à table avec Jésus et bénéficie donc d’une certaine intimité avec lui, étant honoré avec Lui (il est servi avec et comme lui).

Marthe : le passage nous dit qu’elle servait. Elle est debout et en mouvement. Ce n’est plus ici la Marthe décrite en Luc 10v40-41 : la Marthe « agitée » et « stressée ». Au contraire, son service semble plus apaisé, serein, agréable et humble. Le service rendu par amour paraît efficace et intelligent, raisonnable, spirituel, à l’image du culte auquel nous sommes appelés à rendre, en Rom.12v1, et en Jean 4v 23-24 (une adoration « en esprit et en vérité »)

Marie : nous apprenons qu’ayant pris une livre de parfum de nard pur de grand prix, elle oignit les pieds de Jésus et lui essuya les pieds avec ses cheveux. Elle offre ce qu’elle a de meilleur, de plus précieux et de plus coûteux pour Jésus (le prix du parfum représente une année de travail). Elle adore et « déverse » ce qu’elle a reçu, manifestant l’expression de son amour pour Jésus : un amour dont elle a été elle-même remplie au préalable. Le résultat en est une bénédiction pour l’ensemble des personnes présentes : la maison fut remplie de l’odeur du parfum (v3).

 

Ces trois formes d’adoration peuvent être également perçues comme trois degrés d’adoration progressive :

Nous sommes invités, chacun, à nous approcher de Jésus, en expérimentant ces trois étapes. Lazare et Marthe illustrent les deux premières : On goûte ce qui est bon (Lazare), c’est-à-dire, la présence de Jésus, et le service qui suit est rendu agréable pour soi et les autres (Marthe). Mais le point culminant correspond à l’adoration de Marie, qui entre dans une intimité plus grande : elle est très proche de Jésus, en contact direct avec Lui, lui oignant et lui essuyant les pieds avec ses cheveux. Son exemple nous montre ce à quoi nous sommes appelés et exhortés : à offrir (nos) corps comme un sacrifice vivant, saint, agréable à Dieu (Rom.12v1). Son sacrifice peut également être considéré comme parfait, parce qu’il est total, effectué dans l’amour.

Enfin, nous pouvons voir dans les actes de Lazare, Marthe et Marie, trois préfigurations du Seigneur Jésus :

Traverser par Radu Pasca

Traverser par Radu Pasca

Lazare, par anticipation, s’identifie au Seigneur, dans sa mort et sa résurrection ; Marthe illustre le serviteur parfait, humble et qui s’efface ; et Marie nous révèle, quant à elle, Jésus, le sacrifice parfait brisé pour nous (Es.53v5) et dont le nom est comme un parfum répandu (Cant.1v3) :

Christ (…) nous a aimés, et (…) s’est livré lui-même à Dieu pour nous comme une offrande et un sacrifice de bonne odeur (Eph.5v2)

Le nouveau pape François : « une synthèse réussie » entre la défense de la famille et la lutte contre la pauvreté ?

Je n’ai jamais écrit sur un pape.

Le présent billet constitue une exception, pour plusieurs raisons :
d’une part, du fait du caractère du nouveau pape et, d’autre part, par ses positions qui me paraissent constituer une synthèse intéressante(justice sociale, famille, place du Seigneur Jésus-Christ, vérité et souffle contre tradition…), de nature à inspirer les protestants évangéliques.

Il n’était pas le favori, mais François est le Premier pape latino-américain depuis hier soir : « il portera la voix du Sud », selon « La Croix », daté du 13/03/13.

Son portrait dressé par le quotidien catholique peut se résumer ainsi :

« Un ascète, qui a toujours fait

Pauvres par Lee WagL'election du nouveau pape : la promesse du rappel que la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ?

Pauvres par Lee Wag
L’élection du nouveau pape : la promesse du rappel que la bonne nouvelle est annoncée aux pauvres ?

du combat pour les pauvres sa priorité ». [comparer cette affirmation du Seigneur Jésus, comme quoi « la bonne nouvelle a été annoncée aux pauvres »,  en Luc 4v16-21 et 7v18-23]
« Un homme discret et très efficace, fidèle à l’Église »

« Un sens pastoral affirmé : L’homme est en effet connu pour parler peu mais écouter beaucoup(…), confessant régulièrement dans sa cathédrale « et faisant tout pour rester proche de ses prêtres pour lesquels il a ouvert une ligne téléphonique directe. On le voit d’ailleurs souvent déjeuner d’un sandwich dans un restaurant avec un de ses curés et il n’a pas hésité, en 2009, à venir loger dans un bidonville chez un de ses prêtres menacé de mort par des narcotrafiquants ».

« Pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation : Ayant fait de la pauvreté un de ses combats – « une violation des droits de l’homme », affirmait-il en 2009 – ce pourfendeur du néolibéralisme et de la mondialisation est ainsi devenu une autorité morale incontestable en Argentine et au-delà. Au point où il apparaît aujourd’hui, dans un pays où l’opposition est quasi inexistante, la seule véritable force à s’opposer au couple Kirchner [Christina est l’actuelle présidente de l’Argentine depuis 2007, succédant à son mari Nestor, président, à sa mort en exercice] dont il ne cesse de dénoncer l’autoritarisme ».

Sur ce dernier point, sachant qu’ « un autre » François(le président français Hollande) avait déclaré au Bourget, en janvier 2012, que « la finance était l’ennemie », parce elle a « pris le contrôle de l’économie, de la société et même de nos vies », une « emprise qui est devenue un empire » et « s’est affranchie de toute règle » , la comparaison(et le contraste, entre les paroles et les actes) ne manque pas de sel.

Pour une église témoin du Christ et non d’une tradition….

Pour le journaliste catholique Patrice de Plunkett, « François met son pontificat sous le signe de la prière, de l’humilité, de la fraternité et d’une sainte liberté envers les usages[ou la tradition]…un programme de simplicité fraternelle, pour que le monde comprenne que l’Eglise n’est que l’outil du Christ».

Et de relever que « Le pape sud-américain prend le nom de François. Ce premier pape jésuite se place sous le patronage du Poverello[cad Saint François d’Assise-dont l’une des prières a été mise en musique par Noël Colombier : « Seigneur, fais de nous… » in JEM 1 numéro 199 ] : l’heure(…)d’une deuxième révolution franciscaine : A l’intérieur de l’Eglise qui va accueillir l’élan nouveau, capable de faire craquer les vieilles coutures. Et vers l’extérieur, pour faire connaître le contenu de la foi chrétienne : ce monde ne peut découvrir le Christ qu’à travers des témoins qui Lui sacrifieront leurs « traditions » et leur confort. «Le Christ s’est désigné comme la Vérité et non pas comme la coutume », disait Tertullien.

A Buenos-Aires, l’archevêque Bergoglio ne vivait pas à l’archevêché mais dans un simple appartement. Il n’avait ni domestique ni voiture, prenait le métro, lavait les pieds des sidéens dans un hôpital le Jeudi Saint. Cet habitué des bidonvilles mit fin au scandale de prêtres refusant la communion aux mères célibataires. Certes il s’est battu contre l’avortement et le mariage gay, mais loin de lui l’idée de réduire à ça la doctrine sociale de l’Eglise (et le tout n’est pas de faire des enfants : on doit aussi pouvoir les nourrir). Ce pape est l’homme de la justice sociale et de l’évangélisation, qui forment un tout indissociable ».

Bref, comme souligné précédemment, des positions qui me paraissent constituer une synthèse intéressante, de nature à inspirer les protestants évangéliques.

L’hebdomadaire protestant « Réforme », enfin, qualifie le nouveau pape d’«homme simple et pragmatique »  : « …récemment prononcé en faveur de la contraception et du baptême des enfants hors mariage. Mais en 2010 il s’était violemment opposé au mariage entre homosexuels voté en Argentine, défendant la famille. Il s’est engagé contre la mondialisation « sauvage » (…) Très engagé auprès des pauvres, il passe du temps avec les prêtres des quartiers défavorisés de Buenos Aires. Il se dit plutôt ouvert au dialogue œcuménique et interreligieux. L’avenir le dira ».

« Ma Parole est comme un feu et comme un marteau qui brise le roc », dit le Seigneur…

Lu aujourd’hui sur le blog de Stéphane Kapitaniuk (Rubrique : « Mardi c’est Myriam ») cette citation de Franz Kafka : « …un livre doit être la hache qui brise la mer gelée en nous ».

Et ladite citation m’en rappelle une autre, du prophète Jérémie. Ce dernier compare les songes(de ceux qui se prétendent prophètes, dans le passage qui suit) à « de la paille » et la Parole de Dieu « à du froment » ou du grain, ainsi

Ammonite et rockhammer par Jennifer P

Ammonite et rockhammer par Jennifer P

qu’à « un marteau qui brise le roc » :

« Moi, le Seigneur, j’ai entendu ce que disent les prophètes. Ils prétendent parler de ma part, mais c’est faux. Ils annoncent : «J’ai eu un rêve, une vision !» Jusqu’à quand en sera-t-il ainsi ? Qu’y a-t-il dans l’esprit de ces prophètes, quand ils proclament ce qui est faux, ce qui n’est qu’invention trompeuse ? Avec leurs visions, qu’ils se racontent l’un à l’autre, ils ne visent qu’à faire oublier à mon peuple qui je suis, comme ses ancêtres, qui m’avaient oublié au profit du dieu Baal. Si un prophète a un rêve, eh bien, qu’il raconte son rêve ! Mais s’il a un message de moi, eh bien, qu’il le proclame fidèlement !

Il ne faut pas confondre
la paille avec le grain,
déclare le Seigneur.

Le feu par Petr Kratochvil"Ma Parole n'est-elle pas comme un feu...?"

Le feu par Petr Kratochvil
« Ma Parole n’est-elle pas comme un feu…? »

Ma parole est comme un feu,
comme un puissant marteau
qui brise le rocher ».

(Jér. 23v25-29 – Français courant)

A ce sujet, Neil Anderson explique, dans son livre Le Libérateur, que « Dieu a souvent parlé à des personnages de la Bible [Note : et parle même encore aujourd’hui] par des songes. Mais comparés au froment nourrissant de sa Parole, les songes ne sont que de la paille. Si vous donnez à manger uniquement de la paille à du bétail, il mourra. Il se couchera dessus, mais il n’en mangera pas car elle ne contient pas d’éléments nutritifs. De même, les songes ont une certaine valeur, mais ils ne doivent jamais être mis sur un pied d’égalité avec la Parole de Dieu, ni servir de base à notre foi. Ce sont les songes qui doivent être en accord avec la Parole de Dieu- jamais l’inverse.

Et de Jérémie de poursuivre, au nom de l’Eternel : Ma parole n’est-elle pas comme un feu, et comme un marteau qui fait éclater le roc ? » (v29)

Et qu’est-ce que cette parole de Dieu, qui est comme un feu et comme un marteau qui fait éclater le roc ? Une parole qui vient vraiment de Dieu aura pour effet d’inciter le peuple de Dieu à marcher dans la justice, et non de le tranquilliser dans un péché caché, non confessé.

Car « Dieu se soucie plus de la pureté de l’Eglise que de sa croissance, car la pureté de l’Eglise est une condition préalable à sa croissance. Le réconfort est apporté uniquement à ceux qui souffrent et qui sont persécutés à cause de la justice. »

(Neil Anderson op. cit. pp 213-214)

Moralité : ne confondons pas la paille avec le grain !

« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes(bis)

Ce billet fait suite au précédent, intitulé « c’est pas juste ! » et qui peut être considéré comme une amorce à celui-ci.

L’ensemble constituera une leçon pour enfants/préados(10-14 ans), dans le cadre d’une leçon d’ «école du dimanche ». Néanmoins, il peut tout à fait convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe. Le livre de James Packer «Connaître Dieu », ainsi que celui de Jerry Bridges-« L’évangile de la semaine »- a été une grande source d’inspiration concernant la notion de propitiation.

Femme jeunesse d'esprit par Petr Kratochvil

Femme jeunesse d’esprit par Petr Kratochvil

Hier, nous nous interrogions sur ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », selon l’homme, à travers trois exemples.

Et pour Dieu ?

Qu’est-ce qui « est juste » ou « pas juste », selon Lui ?

 

Lisons ensemble Romains 1v18-21 ; 3v9-12, 19-20, 23

Que nous dit Dieu au sujet de l’homme ? (Il est pécheur et coupable)

Que mérite l’homme ? (Il mérite la colère de Dieu)

Arrêtons-nous un instant sur l’ expression « Colère de Dieu » : Dieu est saint et Il ne peut voir le mal sans le punir. La « colère de Dieu », c’est sa juste et sainte condamnation du péché, qu’il ne peut tolérer. Car le péché-qui est une rébellion à son égard-nous sépare de Lui. Le « salaire du péché, c’est la mort »(Rom.6v23)

Que peut faire l’homme pour échapper à la colère de Dieu ? Rien ! Il est impuissant et ne peut ni manipuler Dieu, ni faire fléchir Dieu.

Quelle issue nous reste-t-il alors ?

Inscrivez-vous - Une façon par Andrew SchmidtPlus d'issue ? Si ! Une !

Inscrivez-vous – Une façon par Andrew Schmidt
Plus d’issue ? Si ! Une !

Nous sommes coincés !

Il nous reste, soit à subir la colère et le jugement de Dieu, soit à demander pardon et à implorer le secours de Dieu.

Comment se manifeste la justice de Dieu ? Que nous offre-t-il ?

Lire Rom.3v21-26

Il nous offre la paix. Sa paix. La paix avec Lui.

Comment cette paix avec le Dieu saint et juste est-elle possible, pour nous pécheurs ?

 La colère de Dieu qui nous était destinée a été apaisée, ou plutôt absorbée, drainée :

C’est ce que la Bible appelle « la propitiation ».

Trois croix sur une colline par Lucy TonerTrois croix...Sur l'une, un seul s'est donné volontaire comme "propitiation" ou sacrifice pour nous sauver.

Trois croix sur une colline par Lucy Toner
Trois croix…Sur l’une, un seul s’est donné volontairement comme « propitiation » ou sacrifice pour nous sauver.

C’est-à-dire une offrande, une victime, offerte à Dieu pour apaiser ou absorber sa colère.

Trois choses, concernant la propitiation :

1) La propitiation est l’œuvre, l’initiative de Dieu. Et de Dieu seul.

Lire Jean 3v16, 1 Jean 4v8-10

Dieu manifeste ainsi sa grâce envers nous, pécheurs, donc non méritants. La grâce est complètement à l’opposée du mérite. Dieu nous a aimé et a voulu nous sauver, alors que nous n’étions pas aimables. De même, en Genèse 1, Dieu a créé les cieux et la terre alors que c’était encore le chaos. Si c’est le chaos dans ta vie, Dieu veut faire de toi une nouvelle création : il a le pouvoir de changer ta vie, pour que tu repartes à zéro.

Cette grâce s’est manifestée « par le moyen de la rédemption (salut par le rachat)en Jésus-Christ ».

Et cette « offrande », cette « victime propitiatoire », c’est le Seigneur Jésus, qui a été choisi par Dieu pour nous sauver. Dieu a voulu, depuis le début, nous sauver de cette façon là. Et le Seigneur est d’accord : il s’est aussi offert volontairement en sacrifice pour nous sauver, pour que la colère de Dieu soit apaisée ou absorbée (et donc ne nous touche pas).

Lire Jean 10v10-18

2) Très important : ce qui a apaisé, absorbé, drainé, la colère de Dieu, ce n’est pas la vie du Seigneur Jésus. Ce n’est pas sa vie parfaite, ni son enseignement, ni même ses miracles ou le bien qu’il a fait. C’est sa mort à la croix, comme sacrifice.

Lire Gal.3v13 ; 1 Pie.1v18-20 ; 1 Pie.2v24 ; 1 Pie.3v18

Le Seigneur Jésus a été notre substitut : lui le juste, il est mort à notre place, nous injustes et a absorbé, drainé la colère de Dieu.

Pour bien comprendre l’œuvre de Dieu, voir l’exemple et l’image des deux boucs, dans Lévitique 16v5, 7-10, 15, 21-22 :

Le jour des expiations, un premier bouc est sacrifié pour le péché.

Un deuxième -appelé le « bouc émissaire »- est chargé des péchés du peuple par le souverain sacrificateur, qui les confessait à haute voix pour que tout le monde entende. Puis le bouc était chassé et éloigné dans le désert.

Le premier bouc sacrifié représente la propitiation : la colère de Dieu s’apaise ainsi par ce sacrifice, qui annonce à l’avance celui -parfait- de Jésus.

Avant la venue de Jésus, Dieu avait « patienté » vis-à-vis de la punition du péché. Par ce sacrifice de bouc, Dieu montre qu’il est juste, car le châtiment a eu lieu.

Le deuxième bouc représente l’expiation : le péché, éloigné, ne trouble plus notre relation avec Dieu.

Quel est le résultat de cette œuvre de Dieu, de ce sacrifice ?

La paix de Dieu et la paix avec Dieu : la paix, ce n’est pas la tranquillité, l’absence de ce qui nous embête. C’est la venue de ce qui est bon.

Nous bénéficions ainsi d’une nouvelle relation avec Dieu. Il ne nous voit plus comme des pécheurs, mais comme des fils, qu’il a adoptés pour Lui.

Résumé :

-La justice des hommes : le mérite

-La justice de Dieu : la grâce

Le cœur de l’évangile : la grâce et la paix.

Qu’est-ce qui prime ou domine réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?

 

Il est possible de terminer par une prière(silencieuse) : que j’apprenne à vivre par la foi (en faisant confiance en Dieu)selon la justice de Dieu et non par la mienne.

Remercier Dieu pour ce qu’Il a fait pour que nous ayons la paix avec Lui.

Versets à retenir : Rom.5v1, 6-8 et Eph.2v4-9

« C’est pas juste ! » Justice de Dieu, justice des hommes…

Très tôt, l’enfant devient sensible aux notions de justice, d’injustice.

Mieux que personne, il sait pousser ce cri du cœur :

L'une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt"Pourquoi lui et pas moi ?"

L’une sur la plus haute chaise par Frits Ahlefeldt
« Pourquoi lui et pas moi ? »

« C’est pas juste ! »

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Caïn, quand Dieu a agréé l’offrande d’Abel, son jeune frère, plutôt que la sienne…alors qu’il avait tant peiné pour faire sortir des fruits d’une terre si ingrate, car maudite…(Gen.4v3-8 et 3v17-19)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur des ouvriers de la première heure, quand les ouvriers de la dernière heure ont reçu un denier, soit tout autant qu’eux pour une heure de travail !(Matt.20v1-16)

« C’est pas juste ! »

C’est sans doute le cri du cœur de Jonas, constatant que des coupables pouvaient être sauvés. Rivon Krygier, Rabbin de la communauté massorti Adath Shalom(Paris), rappelle, dans « le monde inversé de Jonas »( une fort intéressante étude sur le prophète consultable ici) que « Dieu avait décidé après le déluge qu’Il ne provoquerait plus de destruction sans appel. Dieu a réprimé Sa puissance justicière pour offrir au monde l’occasion du repentir. Mais pour Jonas, la modération ressemble à du laxisme… Il se refuse à en être l’agent, le promoteur(…)

Le livre de Jonas offre le spectacle hallucinant de païens prompts au repentir face à un Juste si confortablement installé dans ses certitudes qu’il juge indigne de sauver de la perdition une ville de 120.000 êtres humains. Un simple ricin, une plante qui lui apporte un petit supplément d’ombrage par rapport à celui que lui offrait la cabane dans laquelle il s’abritait, trouve plus de grâce à ses yeux que la vie des humains trop humains, entachés par le péché ! ».

 

Et Dieu alors ?

Qu’est-ce qui « n’est pas juste » ou « qui est juste », pour Dieu ?

Ses standards sont-ils les nôtres et inversement ?

Car l’un et l’autre peuvent se résumer ainsi :

-Notre standard : le mérite

-Le standard de Dieu : la grâce

Lequel prime réellement dans notre vie, votre vie, ma vie ?

Notre propre justice…ou la justice de Dieu ?