« Plus rien ne semble évident ». Après le mariage : l’écriture, le savoir…

Antenne par Teodoro S Gruhl La transmission : une affaire de plus en plus compliquée à l'ère du numérique

Antenne par Teodoro S Gruhl
La transmission : une affaire de plus en plus compliquée à l’ère du numérique

« Le tout numérique » à l’école : ce que cela change pour la transmission

Rien n’est évident, dit-on.
Une telle « évidence » n’a jamais été aussi vraie aujourd’hui. Ainsi, par exemple, un mariage entre un homme et une femme (ou une famille composée d’un papa, d’une maman et d’au moins un enfant)sera-t-il encore une évidence demain ?
Ou bien, suite à une décision récente de 45 États d’Amérique de rendre optionnelle l’apprentissage de l’écriture manuelle, au nom de « la révolution informatique », sera-t-il encore évident de savoir écrire  ?*

La fumée de cigarette par Darren Lewis Multiplier les écrans dans les classes : un écran de fumée ?

La fumée de cigarette par Darren Lewis
Multiplier les écrans dans les classes : un écran de fumée ?

Cette « ‘Ère numérique », le ministre de l’éducation nationale Vincent Peillon veut la faire entrer dans l’école(ou plutôt « faire entrer l’école dans l’ère du numérique ») et multiplier les écrans dans les classes, présentant cette « révolution » comme « une évidence ». Au point de couper court à toute critique du bien fondé d’une telle volonté ?

Dans le dernier numéro de juin de « La Décroissance« **, on peut lire aux pages 14-15 un fort intéressant débat entre Bernard Legros, enseignant en Belgique, co-auteur de « L’Enseignement face à l’urgence écologique »(Aden, 2009) et de « L’Ecole et la peste publicitaire(Aden, 2007), Angélique del Rey, professeur de philosophie, auteur de « A l’école des compétences »(La Découverte, 2010) et de « La tyrannie de l’évaluation(La découverte, 2013), et « Petithendieck », professeur agrégé de mathématiques, qui participe à la revue « Sortir de l’économie ».
Autant de points de vue complémentaires, de par leur champ disciplinaire ou d’expertise, pour répondre à la question : « comment faire entrer la décroissance à l’école » ?
Néanmoins, au-delà d’une simple question de l’éveil à l’objection de croissance, on trouve une réflexion pertinente sur les enjeux que pose le « tout numérique à l’école » sur la transmission et les savoirs.

1)Bernard Legros relève les différentes réactions des professeurs belges-face aux technologies de l’information et de la communication(TIC) envahissant les établissements-et qui se divisent  entre « une minorité de fanaTIC(…)une grande majorité de pragmaTIC-progressistes technophiles mais prudents réclamant des balises-et enfin, une autre minorité, encore plus petite, d’héréTIC qui ose interroger le bien-fondé même des TICE(E pour Ecole) ». Certes, « après la décision, au pays de l’Oncle Sam, de rendre optionnel l’enseignement de l’écriture manuelle à l’école primaire au profit de l’écriture au clavier, le ministre de l’Éducation belge francophone promet de maintenir à égalité les deux types d’écriture…pour l’instant. Cet enfer cybernétique à venir est bien entendu pavé des meilleurs intentions » : lutter contre la menace de la ringardisation de l’école en la numérisant « au pas de charge », pour prendre de court les entreprises de soutien scolaire. Un choix qui révèle notamment que « la question de la technique n’a absolument rien de technique. Elle est philosophique et politique. »
Quelle peut-être alors la place de l’enseignement ? « Comment, enserré dans un tel système technique, l’enseignement pourra-t-il donner de l’importance(…) »à l’imagination, la poésie, le langage, la sensibilité esthétique, l’émotion, l’autonomie morale(…)?

Pour Bernard Legros, « l’école devrait devenir le lieu de l’émergence d’un nouveau sens commun conforme à la sauvegarde des communautés humaines et des écosystèmes, un sanctuaire contre l’oubli, un conservatoire d’idées philosophiques et de savoirs pratiques… »

2)Angélique del Rey s’interroge sur la notion de « compétences »[qui s’impose au détriment des « savoirs »]et la systématisation de l’évaluation à l’école. « Évaluer, c’est attendre un retour sur investissement. Les compétences attendues d’un élève sont calquées sur les compétences attendues plus tard sur le marché du travail(…)Dès la maternelle, l’enfant est évalué dans un livret de compétences qui le suit tout au long de sa scolarité.

Tricycle utilitaire par Scott Meltzer Les dérives de la pédagogie, à visée de plus en plus utilitaire

Tricycle utilitaire par Scott Meltzer
Les dérives de la pédagogie, à visée de plus en plus utilitaire

Toutes les réformes de l’évaluation et des programmes de plus en plus resserrés dans une perspective utilitariste, soumettent la pédagogie à la logique de l’économie. (…)il faut faire entrer l’école dans l’ère numérique, c’est forcément bien car cela va dans le sens du capital cognitif, de la croissance, de la compétitivité. Or les politiques abstraites qui imposent les outils numériques en norme sont dangereuses et cassent inventivité. Ce qui ne devrait être qu’un instrument à la disposition des enseignants pour éventuellement favoriser de nouvelles pratiques d’apprentissage devient une obligation à laquelle tout le monde doit se soumettre. Cela vient remplacer et même faire table rase de pratiques pédagogiques qui existaient depuis longtemps. Ces nouvelles technologies sont diffusées avant même de prendre conscience des conséquences sur l’apprentissage(…)

Le point d’ancrage d’une résistance, au sens de pouvoir créer autre chose, c’est la transmission. Et elle est de plus en plus compliquée. Beaucoup d’observateurs parlent de coupure de transmission. Transmettre, c’est permettre que des valeurs, des savoirs, des savoirs-faire soient intégrés par les nouvelles générations, qu’elles s’en imprègnent et les transforment à leur façon.

Grand-père et petit-fils par George Hodan Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Grand-père et petit-fils par George Hodan
Une ère où tout ce qui est vieux est dévalorisé

Cette transmission est devenue délicate, car avec les nouvelles technologies tout ce qui est vieux est dévalorisé. On doit en permanence apprendre à apprendre, remettre en question les savoirs acquis. C’est une injonction qui va comme un gant à l’informatique, où tout tombe très vite en désuétude, mais qui ne peut pas s’appliquer à l’histoire, la philosophie ou les savoir-faire artisanaux.
Pour transmettre à nouveau, il faut s’appuyer sur les connaissances et le vêcu des jeunes afin de retrouver l’ancien dans le nouveau ». Selon Angélique del Rey « c’est un travail fondamental pour redonner du sens à l’école. »

3)Pour « Petithendieck », enfin, dans un contexte où « l’école n’est plus le lieu de transmission du savoir avec la généralisation de l’approche par compétences(…), le savoir(…)n’est plus aujourd’hui une fin en soi, mais un simple moyen, parmi d’autres, permettant d’acquérir les savoir-faire et des savoir-être utiles au bon fonctionnement du système technico-économique ». Au sein de ce nouveau système, il a été trouvé une nouvelle utilité aux mathématiques, devenues le moyen d’utiliser les TICE, autrement dit de développer l’usage de l’informatique… »

En ce qui concerne les mathématiques, la volonté de faire entrer l’école dans l’ère du numérique « s’était heurtée à une discipline consistante dont les principes qui la régissent portaient des valeurs, des modes de comportements et de pensées(concentration, calme, calcul réflexif, abstraction, symbolisation…)radicalement opposés à ceux du ludisme technicien(distraction permanente, réactions instantanées et impulsives, zapping…).
Car il faut bien se rendre à l’évidence : la technique n’est pas neutre ! Celle-ci, indépendamment de son usage, induit, façonne et produit des effets qui modifient la société, les rapports sociaux, les attitudes…dans un sens bien déterminé(…)
Aussi, pour que le système technicien pénètre au cœur de l’enseignement des mathématiques, une modification en profondeur du contenu des programmes était-elle devenue nécessaire. C’est chose faite ! »

Notes :

*Voir aussi : http://www.affutdesombres.fr/spip.php?article40

**La Décroissance, juin 2013, numéro 100. « Comment faire entrer la décroissance à l’école », pp 14-15.

Banalisation (de l’)extrême : séduction

Fascination, tentation, hésitation…

Bamboo Flute par Junior Libby

Bamboo Flute par Junior Libby

Les occasions d’être séduits sont nombreuses. La Parole de Dieu en donne plusieurs exemples, assorties d’autant de mises en garde.

« Prenez garde que personne ne vous séduise », dit Jésus(Matt.24v4), qui annonce la venue de ceux qui ne manqueront pas de venir soit-disant en son nom, « disant: Moi, je suis le Christ; et ils en séduiront plusieurs(…)il s’élèvera de faux christs et de faux prophètes; et ils montreront de grands signes et des prodiges, de manière à séduire, si possible, même les élus. »(v5, 24)

« Plusieurs faux prophètes s’élèveront, et ils séduiront beaucoup de gens. Et, parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira. Mais celui qui persévérera jusqu’à la fin sera sauvé ».(v11-13)

« Prenez garde que vous ne soyez troublés », lorsque « vous entendrez parler de guerres et de bruits de guerres »[ou de crises]car il faut que tout arrive », dit encore Jésus… (v6)

« Que personne ne vous séduise en aucune manière », dit Paul, mettant en garde contre « l’inique qui viendra avec la puissance de Satan, « en toute sorte de miracles et signes et prodiges de mensonge, et en toute séduction d’injustice pour ceux qui périssent, parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés ». (2 Thes.2 v8-10)

Sous l’Ancien Testament, il fallait aussi se garder de tout prophète, ou « songeur de songes », qui donnerait « un signe ou un miracle, et que le signe arrive, ou le miracle dont il (avait) parlé lorsqu’il disait: Allons après d’autres dieux, des dieux que tu n’as point connus, et servons-les. »(Deut.13v1-3)

Mis à part les faux prophètes, la Parole donne encore des exemples de démagogues qui ont su séduire le peuple et attirer des foules à eux : Abimélek(Juges 9) ou encore Absalom(2 Sam.15 et ss)

Pourquoi cette séduction, jusqu’à la tentation totalitaire ?

« …parce que l’iniquité se sera accrue, l’amour du plus grand nombre se refroidira… »

Un parti politique français, le Front national, séduit, semble-t-il. De plus en plus, si l’on en croit un nouveau sondage sur le sujet.*
Il séduit, promettant le miracle, lui aussi, sous couvert du « bon sens » et de répondre aux attentes des gens :

Chèvre par Charles Rondeau

Chèvre par Charles Rondeau

« vous avez peur ? Vous avez raison d’avoir peur. On vous comprend. Voilà le problème. Voilà ceux qui sont le problème. Voilà les boucs émissaires. »

Se laisser prendre à ce qui frappe les yeux semble rassurant-« l’autre », c’est le problème-et sécurisant-s’abandonner à un « (vrai)chef »…
Pourtant, pousser à prendre une décision(« donnez-nous le pouvoir »)par la peur est dangereux, car la peur pousse à des actes irrationnels.

A l’inverse, le véritable « bon sens » serait plutôt d’examiner le fond idéologique et l’esprit du FN (est-il le mieux placé pour répondre à un besoin de ce qui relie pour contrer ce qui divise ?), ainsi que de décoder ces énièmes sondages sur « la banalisation du FN »**.

Le « bon sens » serait aussi de refuser, et de séduire les électeurs du FN(sous prétexte que celui-ci « progresserait »), et de banaliser ses idées, en se persuadant « qu’il n’est pas un danger » ou en tentant de reprendre ses thématiques sous prétexte de répondre à « des besoins réels ».***

Et les chrétiens ? Seront-ils « séduits », « fascinés »(par des discours de puissance et sécuritaires sécurisants) ou hésiteront-ils longtemps avant de prendre clairement position ?

« Chrétiens ». « Petits Christ ». A l’origine, un surnom dérisoire.
« Chrétiens », disciples de Christ.

Comment, face à la montée(masquée)d’un parti extrême, réagiront ceux qui portent le nom de Celui qui a dit : « J’étais étranger, et vous m’avez recueilli » ? (Matt.25v35)

Lui, qui a été étranger, même parmi les siens(Jean 1v11).
Lui, dont « les compatriotes » savaient où il devait naître, mais qui ne se sont pas déplacés pour l’adorer. Alors que des savants étrangers, venant de loin, sans savoir où il était, se sont donné cette peine ou plutôt cette joie. (Matt.2v1-12)

Les « chrétiens », « petits Christs » se souviendront certainement qu’ils sont appelés, dans la Bible, « étrangers et voyageurs(ou en séjour)sur la terre ».(1 Pierre 1v1).
Et que le Dieu qu’ils adorent aime l’étranger, interdit d’opprimer celui-ci(Ex.22v21 ; Lévitique 19v33-34 ; Deut.10v17-19), et déclare « maudit celui qui porte atteinte au droit de l’étranger »(Deut.27v19).

Ils se souviendront que la recherche d’un bouc émissaire n’est pas neuve(Esther 3v8-9 et ss), et qu’un seul a pu être ce « bouc-émissaire » qui a expié nos péchés.

Ils se souviendront de la « solution »(jugée sans doute « courageuse » et « de bon sens », à l’époque) d’un Pharaon, « qui ne se sentait plus chez lui », face à un peuple étranger jugé trop nombreux…(Ex.1v8-22)

Ils se souviendront que c’est un éthiopien, un immigré, qui a tiré le prophète Jérémie de la fosse dans laquelle ses « compatriotes » l’avaient jeté(Jér.38v1-13)

Et que le prochain de l’homme israélite attaqué par des voleurs était un samaritain.(Luc 10v25-37)

Ils se souviendront ensuite que, même lorsque les étrangers sont éloignés, on trouvera toujours plus étrange(r)que soi, même parmi ses « compatriotes »(Juges 12v5-6)

Main, main, main par George Hodan

Main, main, main par George Hodan

Ils se souviendront qu’ils constituent le corps de Christ, caractérisé par l’unité, l’interdépendance des membres et la solidarité, surtout envers le plus faible et le plus insignifiant, en apparence…(1 Cor.12v12-27)

Et que Celui dont ils portent le nom est Celui qui « est notre paix, lui qui des deux n’en a fait qu’un, et qui a renversé le mur de séparation, l’inimitié. »(Eph.2v14 et ss)
Notes :

* 26% des Français « pourraient voter » pour le Front national à une élection nationale, et 29% « pourraient le faire » à une élection locale, « des proportions qui marquent des progrès de la formation d’extrême droite, selon un sondage BVA pour l’émission « CQFD » de i-Télé publié vendredi 21 juin ». Enquête réalisée par internet les 19 et 20 juin auprès d’un échantillon de 1.060 personnes, représentatif de la population française âgée de 18 ans et plus, recruté par téléphone. Méthode des quotas ( http://www.lcp.fr/actualites/politique/149809-les-francais-de-plus-en-plus-nombreux-a-voter-fn-selon-un-sondage )

Mais « il se pourrait » à presque 100 % que ce soit encore un sondage qui confond  « les français » et les « sondés ». D’autre part, quid de sa pertinence, alors que les municipales auront lieu en mars 2014 et que les prochaines élections nationales sont prévues pour dans quatre ans ? D’autre part, j’aurai aimé retrouvé les questions posées sur BVA, ainsi que sur les conditions dudit sondage.

** A noter que la perversité de la méthode du sondage en ligne a été brillamment mise en lumière par Alain Garrigou, directeur de l’Observatoire des sondages, dans « Le sondage de trop » (publié sur son blog intitulé « Régime d’opinion » :  http://blog.mondediplo.net/2013-01-29-Le-sondage-de-trop )
Voir aussi http://www.rue89.com/2013/01/30/les-francais-pensent-ils-vraiment-comme-marine-le-pen-239111 ; http://3asseh.tumblr.com/post/41776444505/sondage-ipsos-remettre-le-commun-au-centre-de-la

Voir aussi : http://television.telerama.fr/television/une-vague-de-racisme-deferle-sur-france-2,95115.php

***Séduire et dé-diaboliser le FN? Certainement pas!
Par Véronique le Goaziou, sociologue (Laboratoire méditerranéen de sociologie, Aix-en-Provence). http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/250412/seduire-et-de-diaboliser-le-fn-certainement-pas

Voir aussi :

http://www.m2014.fr/17/la-strategie-en-deux-temps-du-front-national.htm

http://elections-municipales2014.fr/2013/06/20/et-si-le-fn-sortait-affaibli-des-municipales/

Hier, je suis devenu encore un peu plus « anti-P »

Aucun signe par Piotr Siedlecki Non merci

Aucun signe par Piotr Siedlecki
Non merci

Comme il est important de pouvoir joindre quelqu’un et être joignable, si nécessaire, je me rends avec ma chère et tendre chez l’opérateur X, hier après-midi, afin de recharger une carte, et être en mesure d’utiliser l’un des portables traînant à la maison.
Fouillant dans la jungle des diverses offres, nous cherchons une formule pertinente pour quelqu’un comme moi, un naïf qui considère (peut-être abusivement) qu’un téléphone sert à appeler et à être appelé, et pense n’utiliser son portable que tous les tremblements de terre, ou plus exactement, qu’en cas de besoin.

œufs de mille ans par Scott Meltzer Du durable ou du limité dans le temps ?

œufs de mille ans par Scott Meltzer
Du durable ou du limité dans le temps ?

Malheureusement, on nous propose, au mieux, que des « illimités limités » dans le temps (une semaine, un mois…) : « si vous n’utilisez pas votre compte dans la semaine, les points non utilisés sont perdus », nous explique la vendeuse…qui a du s’en mordre les doigts par la suite, puisqu’en fin de compte nous déclarons « vouloir réfléchir ». Une façon polie de dire que nous n’achetons rien.

C’est alors que je comprends mieux la raison d’être de certaines habitudes idiotes, comme de téléphoner pour un oui ou pour un non : des systèmes d’abonnements poussant à une consommation excessive (jusqu’à l’inutile) et injustifiée du portable.

C’est alors que deux histoires de science-fiction, lues il y a une vingtaine d’années, me reviennent en mémoire. Quel rapport avec le portable, me diriez-vous ?
A vous de juger :

Quand garder sa paye même vingt-quatre heures, c’est une sorte de suicide moral :
Dans la première partie de son roman « Le Guérisseur de cathédrales »* (1969), l’auteur de science-fiction Philip K. Dick imagine une société, où la monnaie,  sous forme de timbres-prime, se dévaluait très vite par l’inflation. Lorsque l’on recevait sa paye, il fallait s’élancer chaque jour le plus vite possible « vers le Gub, le superhypermarchécentrederédemption universel le plus proche, où l’on échangeait rapidement ses billets contre n’importe quoi : de la nourriture, des magazines, des pilules, un nouveau pull, pendant que l’argent avait encore quelque valeur. Tout le monde faisait la même chose. C’était une obligation ; garder l’argent du gouvernement même vingt-quatre heures, c’était s’imposer le désastre, une sorte de suicide moral. En deux jours, l’argent public perdait quatre-vingts pour cent de sa valeur rédemptrice ».(pp 12-13)

« Comment un homme peut-il devenir « anti-P » ? Il a toujours eu les mêmes idées ? Ou quelle mouche l’a piqué ? »**
Dans une de ses nouvelles, « Foster, vous êtes mort »(1955), le même Philip K. Dick nous décrit un monde marqué par la peur d’une guerre nucléaire, il est bon ton de posséder un abri antinucléaire dernier cri dans son jardin.
Mike Foster est un adolescent considéré comme « anormal » par ses camarades de classe et ses amis, parce que sa famille ne dispose toujours pas d’abri. Il rêve d’être comme tout le monde, afin d’échapper à cette pression sociale qui s’exerce sur lui.

Mais Foster a le malheur d’avoir pour père un homme un « anti-P ». « P » pour « portable » ? Plutôt pour « protection». Car le père de Foster refuse de « jouer le jeu » et d’acheter ce qu’il considère comme une vente forcée. En effet, profitant d’une privatisation à tout crin, y compris la défense(censé être l’un des rares domaines régaliens de l’état), et ce, « pour réduire la dette publique »(en 1955 !)***, des industriels proposent sur le marché des abris anti-atomiques familiaux, chaque année de plus en plus performants, donc forcément de plus en plus chers, et surtout aussitôt démodés.

« Science-fiction », vous avez dit ?

 

*Ed. Pocket(science-fiction), 2006

** »Foster, vous êtes mort », de Philip K. Dick, IN « Histoires de fins du monde ». Le livre de poche, 1974(La grande anthologie de la science-fiction), p30.

**« Une question de concurrence entre les villes pour voir laquelle achèterait le plus de matériel dans le minimum de temps. Améliorer notre cité tout en stimulant l’activité commerciale.  Bien sûr, ils faisaient valoir que si nous devions acheter nos masques à gaz et nos abris contre les bombes, nous en prendrions plus de soin. Comme si nous n’avions jamais endommagé les téléphones et les trottoirs ! Ou les autoroutes sous prétexte que c’est l’Etat qui les a payées. Ou les armées. N’y a- t- il pas toujours eu des forces armées? Est- ce que ce n’est pas le gouvernement qui a toujours organisé des hommes à lui pour la défense ? J’imagine que la défense coûte trop cher. J’imagine que par ce moyen, ils économisent une quantité d’argent et qu’ils réduisent la dette publique. »(op. cit., pp 36-37)

Le cantique de Moïse : cantique-témoin, cantique pour le souvenir

Éléphant par Anna Langova Souviens-toi de la fidélité de Dieu, alors que tu lui tournais le dos.

Éléphant par Anna Langova
Souviens-toi de la fidélité de Dieu, alors que tu lui tournais le dos.

Le cantique dit de Moïse, que l’on peut lire dans Deutéronome 32*, semble souffrir, de prime abord, de plusieurs handicaps pour des personnes du XXIe siècle :
Il est long-très long, même-et surtout, bien peu « fun ».
Pourtant, à l’heure où l’on peut déplorer le manque de profondeur de certains « chants de louange » d’aujourd’hui, « coupables » d’être trop répétitifs, trop niais ou trop guimauves, ce cantique mérite grandement d’être (re)découvert.

Premièrement, il commence par Dieu. Ce qui nous rappelle pour qui un cantique doit être chanté.
Ensuite, il nous apprend un certains nombre de choses sur Dieu, et sur Ses œuvres, ainsi que, par contraste, sur l’homme. Sur nous.
Lisez attentivement. Relevez. Puis comparez.

 

Lecteur MP3 par Junior Libby

Lecteur MP3 par Junior Libby

Ce cantique est long, mais il est à apprendre, pour servir de « témoin » aux générations présentes et futures(Deut.31v19 et ss).

Il s’agit, pour le peuple, de prendre  » au sérieux les commandements (…)donnés aujourd’hui ». Et de les transmettre à leurs descendants, « pour qu’ils veillent à mettre en pratique tout ce qu’exige la loi de Dieu. En effet, ces commandements ne sont pas des paroles creuses. Ils (leur) permettront de vivre et de passer de nombreuses années dans le pays dont ils allaient prendre possession au-delà du Jourdain ». (Deut.32v46-47)

Il est un réquisitoire contre l’homme pécheur, mais aussi un plaidoyer.
Ainsi, dit Dieu, « je te rappellerai toutes ces choses et qui je suis, afin que tu te souviennes du passé, et que tu rougisses, afin que tu n’ouvres plus la bouche et que tu sois confus, quand je te pardonnerai tout ce qu tu as fait ».(Ezech.16v61-63)

Il commence par Dieu, et se termine par Dieu. Car Dieu(et sa grâce, qui ne saurait contredire ce qu’Il est) a le dernier mot.

Alors ? Oserons-nous chanter « le cantique de Moïse » ? Intégralement ?

Dans le genre « vis ta vie sur le dancefloor de Dieu, wouuuuuh et on tapeuh dans les mains ! » comme dit Génération Hillsong nutella(dont je recommande la lecture de l’excellent blog, fort bien écrit) ? 😉

Mais si quelqu’un se sent de composer une musique inspirée et inspirante pour ce chant, en respectant ses paroles, qu’il se lance**. Pour la seule gloire de Dieu.
Avis aux amateurs et aux musiciens-compositeurs !

*Note : le cantique dans Deut.32v1-43

1    Cieux, prêtez l’oreille, et je parlerai: et toi terre, écoute les paroles de ma bouche.
2    Ma doctrine distillera comme la pluie; ma parole descendra comme la rosée, comme une pluie fine sur l’herbe tendre, et comme des ondées sur l’herbe mûre.
3    Car je proclamerai le nom de l’Éternel: Attribuez la grandeur à notre Dieu!
4    Il est le Rocher, son oeuvre est parfaite; car toutes ses voies sont justice. C’est un Dieu fidèle, et il n’y a pas d’iniquité en lui; il est juste et droit.
5    Ils se sont corrompus à son égard, leur tache n’est pas celle de ses fils; c’est une génération tortue et perverse.
6    Est-ce ainsi que vous récompensez l’Éternel, peuple insensé et dénué de sagesse? N’est-t-il pas ton père, qui t’a acheté? C’est lui qui t’a fait et qui t’a établi.
7    Souviens-toi des jours d’autrefois, considérez les années de génération en génération: interroge ton père, et il te le déclarera, tes anciens, et ils te le diront.
8    Quand le Très-haut partageait l’héritage aux nations, quand il séparait les fils d’Adam, il établit les limites des peuples selon le nombre des fils d’Israël.
9    Car la portion de l’Éternel, c’est son peuple; Jacob est le lot de son héritage.
10    Il le trouva dans un pays désert et dans la désolation des hurlements d’une solitude; il le conduisit ça et là; il prit soin de lui, il le garda comme la prunelle de son oeil.
11    Comme l’aigle éveille son nid, plane au-dessus de ses petits, étend ses ailes, les prend, les porte sur ses plumes,
12    L’Éternel seul l’a conduit, et il n’y a point eu avec lui de Dieu étranger.
13    Il l’a fait passer à cheval sur les lieux hauts de la terre; et il a mangé le produit des champs, et il lui a fait sucer le miel du rocher, et l’huile du roc dur;
14    Le caillé des vaches, et le lait des brebis, et la graisse des agneaux et des béliers de la race de Basan, et des boucs, avec la fine graisse du froment; et tu as bu le vin pur, le sang du raisin.
15    Mais Jeshurun s’est engraissé, et a regimbé: tu es devenu gras, gros, replet; et il a abandonné le +Dieu qui l’a fait, et il a méprisé le Rocher de son salut.
16    Ils l’ont ému à jalousie par des dieux étrangers; ils l’ont provoqué à colère par des abominations.
17    Ils ont sacrifié aux démons qui ne sont point +Dieu, à des dieux qu’ils ne connaissaient pas, dieux nouveaux, venus depuis peu, que vos pères n’ont pas révérés.
18    Tu as oublié le Rocher qui t’a engendré, et tu as mis en oubli le Dieu qui t’a enfanté.
19    Et l’Éternel l’a vu et les a rejetés, par indignation contre ses fils et ses filles.
20    Et il a dit: Je leur cacherai ma face, je verrai quelle sera leur fin, car ils sont une génération perverse, des fils en qui il n’y a point de fidélité.
21    Ils m’ont ému à jalousie par ce qui n’est point Dieu, ils m’ont provoqué à colère par leurs vanités; et moi, je les exciterai à la jalousie par ce qui n’est pas un peuple, je les provoquerai à la colère par une nation insensée.
22    Car un feu s’est allumé dans ma colère, et il brûlera jusqu’au shéol le plus profond, et dévorera la terre et son rapport, et embrasera les fondements des montagnes.
23    J’accumulerai sur eux des maux; j’épuiserai contre eux mes flèches.
24    Ils seront consumés par la famine et rongés par des ardeurs dévorantes, et par une peste maligne; Et j’enverrai contre eux la dent des bêtes, avec le venin de ce qui rampe dans la poussière.
25    Au dehors l’épée, et au dedans la terreur, détruiront le jeune homme et la vierge, l’enfant qui tette et l’homme à cheveux blancs.
26    Je dirais: Je les disperserai, j’abolirai du milieu des hommes leur mémoire,
27    si je ne craignais la provocation de l’ennemi, que leurs adversaires ne s’y méprissent et qu’ils ne dissent: Notre main est élevée, et ce n’est pas l’Éternel qui a fait tout cela.
28    Car ils sont une nation qui a perdu le conseil, et il n’y a en eux aucune intelligence.
29    Oh! s’ils eussent été sages, ils eussent compris ceci, ils eussent considéré leur fin!
30    Comment un seul en eût-il poursuivi mille et deux en eussent-ils mis en fuite dix mille, si leur Rocher ne les avait pas vendus, et si l’Éternel ne les avait pas livrés?
31    Car leur rocher n’est pas comme notre Rocher, et nos ennemis en sont juges.
32    Car leur vigne est de la vigne de Sodome et du terroir de Gomorrhe; leurs raisins sont des raisins vénéneux, et leurs grappes sont amères;
33    Leur vin est un venin de monstres et un poison cruel d’aspic.
34    Cela n’est-il pas caché par devers moi, scellé dans mes trésors?
35    A moi la vengeance et la rétribution, au temps où leur pied bronchera. Car le jour de leur calamité est proche, et ce qui leur est préparé se hâte.
36    Car l’Éternel jugera son peuple, et se repentira en faveur de ses serviteurs, quand il verra que la force s’en est allée, et qu’il n’y a plus personne, homme lié ou homme libre.
37    Et il dira: Où sont leurs dieux, le rocher en qui ils se confiaient,
38    Qui mangeaient la graisse de leurs sacrifices, et buvaient le vin de leurs libations? Qu’ils se lèvent, et qu’ils vous secourent, qu’ils soient une retraite pour vous!
39    Voyez maintenant que c’est moi, moi, le Même, et il n’y a point de dieu à côté de moi; Moi, je tue, et moi, je fais vivre; moi, je blesse, et moi, je guéris; et il n’y a personne qui délivre de ma main.
40    Car je lève ma main aux cieux, et je dis: Je vis éternellement.
41    Si j’aiguise l’éclair de mon épée et que ma main saisisse le jugement, je rendrai la vengeance à mes adversaires et je récompenserai ceux qui me haïssent.
42    J’enivrerai mes flèches de sang, et mon épée dévorera de la chair; je les enivrerai du sang des tués et des captifs, de la tête des chefs de l’ennemi.
43    Réjouissez-vous, nations, avec son peuple: car il vengera le sang de ses serviteurs, et il rendra le sang à ses adversaires, et il pardonnera à sa terre, à son peuple.

**Combien de couplets ?

Qui Jésus appelle-t-il ?

Éclaboussures grunge par Karen Arnold

Éclaboussures grunge par Karen Arnold

Aujourd’hui, je vous propose d’explorer un passionnant passage, peut-être bien connu de certains d’entre vous.

Vous êtes prêts ? Alors, ouvrez vos Bibles au chapitre 1 de l’évangile selon Matthieu et lisez les versets 1 à 16 :

1. »Livre de la généalogie de Jésus Christ, fils de David, fils d’Abraham:
2.Abraham engendra Isaac; et Isaac engendra Jacob; et Jacob engendra Juda et ses frères;
3.et Juda engendra Pharès et Zara, de Thamar; et Pharès engendra Esrom; et Esrom engendra Aram;
4.et Aram engendra Aminadab; et Aminadab engendra Naasson; et Naasson engendra Salmon;
5.et Salmon engendra Booz, de Rachab; et Booz engendra Obed, de Ruth;
6.et Obed engendra Jessé; et Jessé engendra David le roi; et David le roi engendra Salomon, de celle qui avait été femme d’Urie;
7.et Salomon engendra Roboam; et Roboam engendra Abia; et Abia engendra Asa;
8.et Asa engendra Josaphat; et Josaphat engendra Joram; et Joram engendra Ozias;
9.et Ozias engendra Joatham; et Joatham engendra Achaz; et Achaz engendra Ézéchias;
10. et Ézéchias engendra Manassé; et Manassé engendra Amon; et Amon engendra Josias;
11.et Josias engendra Jéchonias et ses frères, lors de la transportation de Babylone;
12.et après la transportation de Babylone, Jéchonias engendra Salathiel; et Salathiel engendra Zorobabel;
13.et Zorobabel engendra Abiub; et Abiub engendra Éliakim; et Éliakim engendra Azor;
14.et Azor engendra Sadok; et Sadok engendra Achim; et Achim engendra Éliud;
15.et Éliud engendra Éléazar; et Éléazar engendra Matthan; et Matthan engendra Jacob;
16.et Jacob engendra Joseph, le mari de Marie, de laquelle est né Jésus, qui est appelé Christ ».

Comment ça, une blague ?

Est-il possible de faire une prédication ou un enseignement sur un passage ne comportant qu’une liste de noms ?

La plupart des pré-ados que j’enseignais dans le cadre de l’école du dimanche, ont répondu : « non ». Mais l’un d’eux a eu cette remarque plutôt fine : « il faudrait connaître tous ces noms. Derrière un nom, il y a une histoire. »

Alors, que peut nous apprendre une telle liste de noms. Et quel rapport ce passage a-t-il avec notre sujet ?

Note : ce sujet, inspiré par un chapitre de « Lire la Bible avec les exclus » de Bob Ekblad(Ed. Olivétan, 2008) peut également convenir à des adultes réunis pour une étude de groupe.

« Spécial origines » :
Il est possible de commencer par la question suivante :

« Quelle peut être l’origine, la généalogie d’un héros ? Imaginez ! »

– « Es-tu fier de tes origines ? »

I. « Quelle est l’origine de Jésus ? »
Lecture de Marc 1v1 : que sait-on de lui ?
Et dans Jean 1v1-2, 14 : de qui parle-t-on ? (Jésus). Comment l’apôtre Jean parle-t-il de Jésus ? (Il est celui qui a été « fait chair » : c’est à dire que Dieu s’est fait homme, s’est incarné en Jésus)

Comment Jésus est-il venu sur terre ?
Quelle est la généalogie de Jésus ?
Reprenons maintenant notre lecture de Matt.1v1-16 : vous aurez certainement reconnu certains noms, plus célèbres que d’autres(des noms d’hommes). Mais prenez le temps d’ identifier les femmes mentionnées en v3, v5, et v6.
Qui sont-elles ? (Lire leur histoire en Gn 38.1-26 ; Jos 2.1 [Comparer avec Hé 11.31] ; Ruth 1.4 et 4.13 ; 1 Sam. 11.3-5)

Quelle est la particularité commune de chacune de ces femmes ?
Elles n’auraient pas du être acceptées dans la généalogie du Messie, puisqu’elles étaient respectueusement : incestueuse, adultère, prostituée, païenne(idolâtre) et étrangère.(Comp. avec Deut.23v3-4, Lévitique 21v13-15)

Que penser de cette généalogie du Christ ? N’est-elle pas un « boulet » ? Ne fait-elle pas un peu « tache » ? Si vous aviez été à la place de Matthieu, n’auriez-vous pas tenté de faire disparaître ces femmes « encombrantes » de la lignée du Messie ?

Mais qu’est-ce que la présence de ces femmes qui n’auraient pas du se trouver là nous apprend sur la personne et la mission de Jésus ?
Cela nous parle de l’humanité de Jésus et nous apprend que Dieu est proche des hommes-pas distant-, qu’Il « assume » une telle généalogie et appelle qui il veut, y compris des personnes indignes, pour accomplir ses plans.
Cette généalogie nous enseigne également que le Messie est venu sauver les pécheurs : voir comment la divinité de Jésus est évoqué par Matthieu en Matt.1 v16.

II. A qui s’intéresse Jésus ? Qui appelle-t-il ?

Lire Matt.11v25 :

« En ce temps-là, Jésus répondit et dit: Je te loue, ô Père, Seigneur du ciel et de la terre, parce que tu as caché ces choses aux sages et aux intelligents, et que tu les as révélées aux petits enfants. »

Matt. 11 v28-30 :

« Venez à moi, vous tous qui vous fatiguez et qui êtes chargés, et moi, je vous donnerai du repos. Prenez mon joug sur vous, et apprenez de moi, car je suis débonnaire et humble de coeur; et vous trouverez le repos de vos âmes. Car mon joug est aisé et mon fardeau est léger ».

Et…..
Matt.9v9-13 (lecture)

Identifiez les personnages : Qui sont-ils ? (Matthieu et Jésus).
Où est Matthieu ? Que fait-il quand Jésus l’appelle ? Il est en train de prier, de lire la Bible ? Il assiste à un culte, une messe ? A moins qu’il ne soit en train de faire du bien à son prochain ?
(Il collecte les impôts, car il est « publicain » ou collecteur d’impôts. Pour qui ? Pour l’occupant romain.  Les publicains sont méprisés par leurs compatriotes, qui les considèrent comme des traitres et des voleurs, puisqu’ils en profitent pour demander plus, afin d’en garder une partie pour eux. L’histoire d’un autre publicain célèbre peut se lire ici : Luc 19v1-10)

Bref : Matthieu, l’auteur de l’évangile qui porte son nom et que vous lisez en ce moment, était un « collabo » et un « escroc », avant de rencontrer Jésus.

Que fait Jésus en voyant Matthieu ?
Il le traite de « vendu » ? Il lui dit qu’il agit mal ?
(Il appelle Matthieu à le suivre)

Quelle condition demande Jésus pour le suivre ?
(Rien)

Est-ce que cela veut dire que l’on peut suivre Jésus et continuer à vivre comme avant, à vivre dans le péché ?

Que fait Matthieu ?

(Il se lève et suit Jésus. Il abandonne tout. Il abandonne son ancienne vie. Il s’est peut-être demandé : « qui est celui qui m’appelle ? Pourquoi m’appelle-t-il à Le suivre, moi l’escroc et le collabo ? »)

Que fait Jésus ensuite ? Où va-t-il ? Avec qui est-il ?

Cela plaît-il à tout le monde ? Qui n’est pas d’accord ?(les pharisiens, des religieux)

Que répond Jésus ? Pour qui est-il venu ? (Matt.9v12-13)

« Les personnes en bonne santé n’ont pas besoin de médecin, ce sont les malades qui en ont besoin. Allez apprendre ce que signifient ces mots prononcés par Dieu : «Je désire la bonté et non des sacrifices d’animaux.  Car je ne suis pas venu appeler ceux qui s’estiment justes, mais ceux qui se savent pécheurs ».

Qui sont « ceux qui se portent bien » dans ce passage ?(ceux qui se croient justes : ici, les pharisiens)

« Qui sont les malades ? »
(voir notamment ce que Dieu dit de l’homme : 1 Jean 1v8-10)

Si nous sommes malades, de quoi avons-nous besoin ?
Dans le passé, comme dans le présent, Dieu appelle des personnes indignes ou qui se sentent indignes pour les délivrer de leur honte et de ce qui les rend esclaves. Il a une place pour de telles personnes pour accomplir ses plans et se glorifier.

Où (en)êtes-vous en ce moment présent ?

Aujourd’hui, Jésus t’appelle : que réponds-tu ?

« Si vous entendez la voix de Dieu aujourd’hui, ne refusez pas de comprendre, comme lorsque vous vous êtes révoltés contre lui »?(Hebr.3v15)

« Eh bien, voici maintenant le moment d’accepter la faveur de Dieu ; voici le jour du salut »(2 Cor.6v2)

 « S’il m’appelle au secours, je lui répondrai.
Je serai à ses côtés dans la détresse,
je le délivrerai, je lui rendrai son honneur.
Je lui donnerai une vie longue et pleine,
et je lui ferai voir que je suis son sauveur ».(Ps.91v15-16)

« Sors ! »(L’autorité de Jésus)

N'oublie pas ton ancien état

N’oublie pas ton ancien état

« Sans ta grâce, Seigneur, je serai cette brûte, ce bandit déchaîné en proie à 7 démons, ce maudit qui, partout, va, semant la terreur. Ce forcené que, jusqu’ici, nul n’a pu vaincre, et qui, la haine au coeur, suit son âpre chemin.
Mais comment et par qui sera-t-il délivré ?
Qui rompra les maillons de cette triple chaîne ?
Sinon, le Dieu d’amour qui, seul, a triomphé(après s’être chargé du poids de nos forfaits)du péché, de la mort, du prince des ténèbres. »
(E.A. « Après avoir vu la première partie du film japonais « Rashomon » à l’école des Roches », 1965)

On se souvient peut-être que la voix du Seigneur Jésus a le pouvoir et l’autorité de réveiller les morts : « Lazare, sors !…déliez-le »(Jean 11v1-44)

Dans Marc 5v1-19, nous découvrons un démoniaque nommé « légion », capable de briser ses chaînes de fer, mais impuissant et incapable de se libérer de celles qui le lient vraiment…

Il trouve sur son chemin le Seigneur Jésus, dont la voix chasse les esprits impurs(« sors de cet homme, esprit impur ! »), et délivre, libère ceux qui sont dans les chaînes.

Aujourd’hui, Jésus a toujours le pouvoir de t’aider, qui que tu sois, qui est dans les chaînes…

« Je ne mettrai point dehors celui qui viendra à moi », te promet-t-il(Jean 6v37).

Il est le même, hier, aujourd’hui et éternellement(Hébr.13v8).

Quelles sont tes motivations pour agir ?

Objectif pour le saut par Shari Weinsheimer Quelles sont mes motivations "pour y aller" ?

Objectif pour le saut par Shari Weinsheimer
Quelles sont mes motivations « pour y aller » ?

« Rien n’est plus trompeur que le cœur humain. On ne peut pas le guérir, on ne peut rien y comprendre. « Moi, dit le Seigneur, je vois jusqu’au fond du coeur, je perce le secret des consciences. Ainsi je peux traiter chacun selon sa conduite et le résultat de ses actes ». (Jer.17v9-10)

« C’est pourquoi, ne portez de jugement sur personne avant le moment fixé. Attendez que le Seigneur vienne : il mettra en lumière ce qui est caché dans l’obscurité et révélera les intentions secrètes du cœur des hommes. Alors chacun recevra de Dieu la louange qui lui revient ». (1 Cor.4v5)

 « Or, tout ce qui est dévoilé est mis en pleine lumière… » (Eph.5v13)

« Jésus ne se fiait point à eux, parce qu’il les connaissait tous, et parce qu’il n’avait pas besoin qu’on lui rendît témoignage d’aucun homme ; car il savait lui-même ce qui était dans l’homme »(Jean 2v24-25)

Voilà autant de versets bibliques, sans doute connus par la plupart d’entre vous, pouvant être illustrés par le western « Rio Conchos ».

L’histoire en gros :

Auteur d’un massacre d’indiens, perpétré avec un fusil à répétition provenant d’un chargement volé à l’armée américaine, le sudiste Lassiter se fait arrêter par le capitaine Haven. Afin d’empêcher que le fameux chargement ne tombe aux mains des indiens, une équipe improbable se constitue alors pour le retrouver et le détruire : Haven, chef du commando, Franklyn,  son sergent noir, Lassiter lui-même, contraint de guider les militaires jusqu’au receleur des fusils – et un bandit mexicain condamné à mort enrôlé de force, l’amusant Rodriguez.

« Rio Conchos », que j’ai découvert de la même façon que pour « Texas », est intéressant à plus d’un titre. Certes, cette phrase introductive fait quelque peu « cliché », et pourrait valoir pour n’importe quelle œuvre. Néanmoins, l’intérêt est réel et multiple, puisque « Rio Conchos » est un pré-western spaghetti, sorti en 1964, soit quelques mois avant le « pour une poignée de dollars » de Léone.

Et surtout, en dépit d’un pitch de base banal sur le papier (une mission commando à la sauce western), son scénario est plus riche, complexe et imprévisible qu’il n’y paraît, jusqu’au final sidérant.
L’intérêt vient aussi des caractères respectifs des personnages dépeints : ce qui anime chacun, peu à peu mis en lumière, s’avère en réalité très ambigu et bien éloigné des « valeurs » habituellement mises en avant dans les westerns classiques : du sens et du  respect de la loi, de l’honneur, de la famille, de la liberté….point de tout cela.
Au contraire, dans « Rio Conchos », les personnages sont cyniques, tourmentés et individualistes : entre Lassiter, rongé par la haine et la vengeance, le capitaine nordiste, rongé par la culpabilité (et peut-être animé par une ambition secrète), ou le renégat mexicain décomplexé, rongé par la cupidité(ne parlons pas du vieil officier sudiste qui refuse la fin de la guerre, rongé par la folie des grandeurs), qui pourrait nous (re)donner foi en la grandeur et la dignité humaine ? La jeune femme apache, qui intègre le groupe, et le sergent noir, semblent tous deux « n’être rongés par rien ». Mais sont-ils réellement positifs ?

L’indienne pourrait être la véritable héroïne du film, puisqu’elle aide le commando à faire disparaître les fusils. Mais ce faisant, elle découvre à ses dépends que l’on ne saurait faire d’omelettes sans casser d’œufs : trahir ses frères, au risque de causer des morts parmi eux, pour mieux sauver encore plus de vies humaines de massacres à venir…. cruel dilemme.

Et Franklyn, le sergent noir ? Sous ses dehors de fidèle « yes man », il est le plus discret, mais aussi le plus difficile à cerner. En tous cas, il ne semble pas avoir de mobiles inavouables, malgré une vacherie de Lassiter qui pourrait nous inciter à le soupçonner d’ambition carriériste. La présence d’un tel personnage de couleur peut être aussi perçue comme un geste progressiste de la part du réalisateur, particulièrement dans le contexte de l’Amérique et le Hollywood du début des années 60 (et sachant que la ségrégation raciale n’a été officiellement abolie qu’en juillet 1964-le film date d’octobre). Néanmoins, il reste « trop froid » et « trop parfait », pour nous permettre de nous identifier à lui.
En fin de compte, « Rio Conchos » montre qu’une véritable équipe n’est pas un assemblage d’individus aux intérêts secrets et contradictoires. Une mission dite « officielle » censée fédérer le groupe ne suffit pas. Ici, pour chacun des membres du commando, la « cause » (retrouver et détruire des fusils à répétition volés) n’est qu’un prétexte pour privilégier sa « propre vision ».
Il leur manque donc à tous l’indispensable et vitale (et véritable) unité et « communion ». Ainsi qu’une véritable adhésion à une cause. De cette notion d’ « adhésion » ou « d’adhérence », nous en parlerons une prochaine fois, avec deux nouveaux films pour l’illustrer !

En bref :

Rio Conchos(1964). USA. Coul. 107 min.
Réal. Gordon Douglas
Avec:
Richard Boone : Lassiter
Stuart Whitman : Capitaine Haven
Tony Franciosa : Juan Luis Rodriguez
Jim Brown : Sergent Franklyn
Wende Wagner : la jeune femme Apache
Edmond O’Brien : Colonel Theron Pardee
Très belle musique de Jerry Goldsmith (voir aussi ici)

Rio Conchos est disponible en DVD dans la collection « Westerns de Légende » de l’éditeur Sidonis-Calysta.

« C’est complet !… »

Privé No Entry par George Hodan

Privé No Entry par George Hodan

Il y a deux mille ans, le Fils de Dieu a failli venir au monde dans la rue, car il n’y avait pas de place pour Lui dans l’hôtellerie(Luc 2v7).

 
Il est donc solidaire de tous les SDF et assure que toutes les fois que l’on accueille l’étranger, c’est Lui que l’on accueille (Matt.25v31-40)

« Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont point reçu. »(Jean 1v11)
Il est venu dans l’indifférence totale des grands et des religieux.
Il n’est pas né dans un palais, mais dans une humble crèche.

Et vous ? 
Y a-t-il une place pour Lui-toute la place-dans votre coeur ?

Lui-même vous promet « qu’à tous ceux qui l’ont reçu, il leur a donné le droit d’être faits enfants de Dieu, savoir, à ceux qui croient en son nom« (Jean 1v12)

Lui-même vous assure qu’Il ne mettra point dehors celui qui vient à Lui(Jean 6v37)

Liberté

Plante verte par George Hodan

Plante verte par George Hodan

Qu’est-ce que n’est pas la liberté ?

Croire que l’on peut être libre des conséquences de ses choix.
Qu’est-ce que la (vraie)liberté ?
Être libre, c’est être capable de plaire à un autre que soi
Être libre, c’est être capable de vivre sans tricher et sans prendre de raccourcis
Être libre, c’est être capable de persévérer dans ce qui en vaut la peine, et récolter le fruit attendu. (2 Tim.2v4-6)

Nous avons été rendus capables de vivre cette vraie liberté, parce que nous avons mis notre confiance en Celui qui a le pouvoir de nous affranchir, et donc de nous rendre réellement libre. (Jean 8v31-32).
Celui que la mort n’a pu retenir (Actes2v22-24 ; Hébr.2v14-15)

Le prisonnier enferme une graine dans son poing
Il attend qu’elle germe en brisant son étreinte
(Erri De Luca. Liberté. Aller simple)