Tous les médias mentent-ils ?

« On t’a fait connaître, ô homme,ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(publié le 3 mai 2017)

« Tous les médias » mentent-ils ? Nous trompent-ils, se trompent-ils tous sur Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (1)?

Un certain Guy Millière en est convaincu et nous le fait vivement savoir dans un texte publié initialement sur « Dreuz info » le 03/11/19, et relayé par certains sites sous le titre « Les médias mentent. « Non, Trump n’est pas “mis en difficulté” par une “procédure de destitution”. Il n’y a toujours pas de procédure de destitution conforme ». La version originale du titre de ladite tribune est encore plus éloquente : « Un procès de Moscou mené par des disciples de Staline se tient à Washington ».

Cet article m’a été communiqué récemment [comme sans doute à plein d’autres] par une connaissance chrétienne que j’estime. Mais le plus gênant dans l’affaire est que cette personne est certainement convaincue d’avoir un bon motif (spirituel ? A des fins d’édification ?) de le faire.

D’une manière générale, lorsque l’on nous communique une information, nous devons impérativement nous poser les questions suivantes, avant de relayer quoique ce soit à tous nos contactsQui me parle de quoi ? Avec quelle légitimité ? Dans quel contexte et avec quelles intentions réelles ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, et quand bien même elle proviendrait d’un ami/proche (quelles sont, d’ailleurs, ses propres motivations ?), celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée plusieurs fois. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Dit autrement et crûment : si nous croyons une chose uniquement parce qu’un proche/ami/figure d’autorité nous l’a dit, nous sommes mûrs pour la manipulation.

Ceci dit, voyons ensemble ce qu’il en est, concernant le texte de Guy Millière.

D’abord, son auteur. Les notices wikipédia et wikibéral nous renseignent sur cet « essayiste néo-conservateur français »(2).

Ensuite, le genre du texte. Cet article est une tribune d’opinionexprimant une vision personnelle sur l’actualité. Il s’agit aussi d’un jugement : soit un énoncé persuasif, interprétatif, passionnel, s’adressant aux sens, aux émotions ou aux bas instincts (peur, désir, colère…). Et non d’une analyse (Étude minutieuse et précise, faite pour dégager les éléments qui constituent un ensemble, pour l’expliquer, l’éclairer et faisant appel à la raison).

Le texte se distingue également par son style outrancier, aux accents pamphlétaires. Pour rappel, le pamphlet est un « court écrit satirique et polémique, souvent politique, d’un ton violent et polémique, qui défend une cause, se moque, critique ou calomnie quelqu’un ou quelque chose » (Synonymes : diatribe, libelle). Son principal défaut vient de son absence d’efficacité, due à sa violence excessive, l’usage fréquent de la mauvaise foi et le fait que son contenu se périme très vite, trop proche de l’actualité.

Son auteur, M. Millière, nous donne son opinion sur la politique américaine, ce qui est son droit le plus absolu, sauf qu’il la martèle avec force [par des « non », « non », « non »] pour lui donner le caractère de l’absolu.

« Tous les médias (Le Figaro, Le Point, Le Monde, La Croix…) mentent » donc….sauf celui qui affirme ceci« Quelques mots relevés dans des articles de la presse française concernant ce que manigancent les Démocrates en ce moment à Washington : “les Démocrates sont en position de force pour gagner en 2020”, “Trump a été élu in extremis”, “Trump est mis en difficulté par une procédure de destitution”, “Donald Trump a abusé de ses pouvoirs à des fins personnelles, notamment en gelant l’argent pour forcer Kiev à coopérer”. Bien sûr, tout est faux. Dire que les Démocrates ont mis en œuvre une procédure de destitution est faux aussi. Reprenons les choses dans l’ordre ».

L’article « pèche » par excès d’arguments et par diabolisation – tout serait « tout blanc, tout noir » (Républicains vs Démocrates) – ou par exagération, amalgame : il mêle les propos apologétiques, flatteurs (sur Donald Trump, principalement, mais aussi louant « le seul article publié sur le sujet dans la presse française qui soit présentable » – en l’occurrence, le mensuel « Causeur »), discriminants, discréditant, calomnieux et dépréciatifs. Il généralise et donc stigmatise :

« Non, les Démocrates ne sont pas “en position de force” pour gagner. Pour l’heure, les trois candidats qui sont en tête dans les élections primaires sont deux marxistes à penchants antisémites et très islamophiles, Elizabeth Warren et Bernie Sanders (qui montre qu’on peut être né juif, antisémite et islamophile), et un socialiste qui a des déficiences mentales, et un passé de corruption massive, Joe Biden (…)Non, Trump n’est pas “mis en difficulté” par une “procédure de destitution”. Il n’y a toujours pas de procédure de destitution conforme aux textes et à la loi. [Impeachment qualifiée de « BULLSHIT » par l’intéressé ](…) Le parti Démocrate aura tout juste fait un peu davantage la démonstration de ce qu’il est devenu un parti totalitaire et répugnant. Les grands médias américains auront eux-mêmes fait un peu davantage la démonstration de ce qu’ils sont devenus des officines de vile propagande et de désinformationLes grands médias français auront fait un peu plus la démonstration qu’ils sont des sous officines de propagande et de désinformation(….) Le reste de ce qui est publié sur le sujet en France est bon pour la poubelle, et si la poubelle est assez grande, on pourrait y jeter les auteurs des articles en même temps que les articles, ils y seraient à leur place(sic)….. La déontologie journalistique n’existe plus du tout. (…)Si des gens tels que Nancy Pelosi [Présidente de la Chambre des Représentants, à majorité démocrate], Bernie Sanders, Elizabeth Warren, Joe Biden, Pete Buttigieg, Adam Schiff, devaient l’emporter, c’en serait fini de la démocratie américaine. Je viens d’apercevoir un titre en concluant cet article : “Nancy Pelosi, la bête noire de Donald Trump”. Un titre exact pourrait être : “Nancy Pelosi, la bête immonde qui menace la démocratie américaine”(sic). Etc….

Le problème de cette critique, outre son style outrancier, c’est que, comme dans la fameuse parabole, le roi révèle aux aveugles qu’ils se trompent tous, sauf que, bien sûr, le roi n’est pas aveugle. Dans notre cas, affirmer ainsi que « tous les médias mentent », c’est soi-même prétendre détenir la vérité dans son ensemble, c’est professer que sa propre vision des choses/lecture de l’actualité est supérieure à toutes les autres. C’est là que le bât blesse. Car ce type de chroniqueur n’applique pas cette règle à lui-même. Désormais il faut se méfier de tout le monde. Sauf de lui.  S’il convient de ne pas être naïf, en croyant que « tout serait vrai » sur internet ou dans les médias, il est un autre extrême à éviter : croire ou faire croire que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes.

A l’inverse, souligne le Pasteur Gilles Boucomont dans un autre contexte, quand bien même le Seigneur connait ce qui est dans le cœur de l’homme et nous invite à la prudence, il ne veut pas que nous soyons pris dans un discours paranoïaque. Comme lui-même a été envoyé par le Père, Lui-même nous envoie proclamer et manifester le Règne de Dieu en faisant des choses significatives, propres à transformer positivement la vie des gens : guérir, purifier, libérer et rendre chacun acteur de sa libération.

Ainsi, un média digne de ce nom pourra « être critique, mordant à l’occasion, mais préférera l’ironie à la diatribe, ne sera jamais défaitiste et ne se revendiquera délibérément d’aucune mouvance politique. Il aura l’ambition de faire réfléchir et non de dire ce qu’il faut penser », et aura l’ambition de réveiller en nous, non pas nos bas instincts, mais plutôt une acuité perdue dans la banalité du quotidien (3).

Une bonne prédication est censée nous conduire à l’humilité [nous, pécheurs que nous sommes, du prédicateur qui se le prêche d’abord à lui-même, à l’auditeur], exalter le Sauveur et promouvoir la sainteté. En comparaison, celui qui prétend nous informer se doit de nous inviter au recul, expliquer, engager les gens à agir, ainsi que démonter les discours de la peur ou de haine et non d’alimenter ces derniers à coup de chroniques enflammées et lapidaires, au mépris de la dignité humaine, remplaçant un supposée propagande par une autre.

L’objectivité est la qualité de celui qui informe, soit de décrire des faits avec exactitude et juger sans parti pris [le parti pris est « un péché », rappelle Jacq.2v1, 9]. Certes, il est difficile de l’être « à 100 % », mais celui qui prétend nous informer sérieusement se doit avant tout d’être honnête (envers lui-même), équitable (envers les personnes), prudent (dans le jugement) et prendre en compte la diversité des points de vue.

Rien de tel dans cette tribune, laquelle, particulièrement clivante, est également dangereuse, puisqu’elle polarise sur autre chose (ici Trump) que Christ, ce qui s’appelle de l’idolâtrie, poussant les lecteurs à se diviser en partis antagonistes.

Il est stupéfiant qu’un tel article ait pu être relayé dans le milieu chrétien.

Nous, chrétiens, avons une très grande responsabilité, puisque nous sommes appelés au discernement, propre à l’adulte (Hébr.5v14). Exerçons-nous donc au discernement. Les médias peuvent se tromper et certains journalistes refuser de reconnaître leurs erreurs. C’est pourquoi nous avons besoin de discernement, lequel est un don de Dieu. « Et nous n’avons pas à faire des guides ecclésiaux avec des bons-points ou à produire de la haine et du dénigrement », rappelle encore Gilles Boucomont.

Demandons également la sagesse. Non pas une sagesse « bas de plafond ». Celle-là « ne vient pas d’en haut ; elle est terrestre, animale, démoniaque » (Jacq.3v15). Mais plutôt « la sagesse d’en haut », laquelle « est « tout d’abord pure, puis pacifique, douce et raisonnable ; riche en bonté et en actions bonnes ; sans parti pris et sans hypocrisie. Ceux qui créent la paix autour d’eux sèment dans la paix et la récolte qu’ils obtiennent, c’est une vie juste » (Jacq.3v17-18).

Pour aller plus loin, lire nos autres articles sur l’évaluation de l’information.

 

 

Notes : 

(1) Comprendre le processus et les raisons, concernant Donald Trump.

(2) Il est « l’un des rares professeurs d’université français qui ait publiquement soutenu George Walker Bush aux élections présidentielles américaines de 2000 et 2004, et à prédire sa réélection en 2004 ». En 2003, « il argumente en faveur de l’invasion de l’Irak » et « plaide même depuis des années pour que les États-Unis procèdent à une totale « recomposition » du monde (du monde arabe notamment), y compris par des moyens militaires. Il approuve l’usage de « méthodes fortes » par les États-Unis à l’égard de leurs ennemis, y compris l’emploi de la torture ». Durant la campagne de la dernière élection présidentielle américaine, il soutient Donald Trump. Après l’élection de ce dernier, il est « l’un des commentateurs francophones qui expliquent et soutiennent résolument l’action (du nouveau président américain) par de nombreux articles et par un livre ».

Ses positions économiques se rapprochent du libéralisme, façon Hayek, qu’il a co-traduit. De fait, « Guy Millière jette un regard très critique sur la France et est l’auteur de plusieurs ouvrages polémiques qui la décrivent comme gangrenée et condamnée à terme par l’étatisme de droite comme de gauche ».

Parmi ses propositions (qu’il espère voir mises en pratique par un « visionnaire » qu’il appelle de ses voeux), publiées le 07 février 2012 sur Dreuz info, sous le titre « une leçon d’économie pour les candidats(nuls) à l’élection présidentielle » et relayées notamment ici  : « Il a été démontré depuis longtemps que les administrations publiques fonctionnent sur un mode radicalement différent du monde de fonctionnement des entreprises. Une entreprise est incitée, c’est sa raison d’être, à faire des profits : c’est ainsi qu’elle se développe et contribue à la croissance. Une administration est incitée à faire des pertes : c’est là la condition qui lui permet de demander des budgets plus importants année après année. La privatisation de toutes les activités du gouvernement qui sont privatisables fera passer celles-ci du statut d’administration à celui d’entreprise, et doit impérativement être mise en œuvre.

D’une même façon, une réforme du système de santé mettant en place un système d’assurances privées et de comptes épargne santé devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de santé. Une réforme du système de retraite faisant passer celui-ci d’un fonctionnement de répartition, qui relève de l’escroquerie et ressemble à un plan façon Bernard Madoff, à un fonctionnement de capitalisation devra se trouver mise en place. A moins de courir vers la faillite du système de retraites ». Par les temps qui courent, une telle déclaration vaut son pesant de cacahuètes….

(3) Tel était le projet du défunt Tigre, « curieux magazine magazine » (2006-2014)

#30 secondes avant d’y croire : une formation pour lutter contre la désinformation

30 secondes de réflexion sur l’information pour l’analyser avant d’y croire, de l’aimer, de la partager ou de la commenter. Source : compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

Comment éveiller l’esprit critique des 13-17 ans et décrypter les « fake news » ? Le site 30secondes.org, créé et lancé depuis le 15 février 2018 par la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ) propose une formation spéciale destinée au public scolaire [mais pouvant intéresser tous les citoyens adultes, jeunes et moins jeunes], avec une méthodologie facile à transmettre : 30 secondes de réflexion sur l’information pour l’analyser avant d’y croire, de l’aimer, de la partager ou de la commenter.  

En bref :

30 sec pour lire

Vérifier la Source

Réveiller son Esprit critique

Comprendre le but du message

30 secondes, cela peut paraître peu, à moins qu’il ne s’agisse d’un minimum…Mais la plupart des conseils prodigués sont de « sobre bon sens », comme celui de revenir sur les émotions provoquées par la lecture, vérifier les URL, regarder la page « à propos » du site, ou de comprendre si l’on essaie de me faire peur, de me fâcher, de me manipuler ou de me vendre quelque chose ? Ou bien —ce qui est souhaitable— si l’on essaie vraiment de m’apprendre quelque chose, de m’aider à mieux comprendre le monde qui m’entoure ?

On peut également y apprendre ce qu’est réellement une « fausse nouvelle », pourquoi on les partage et quel est leur impact ; et être sensibilisé au rôle d’une presse responsable.

Les journalistes, enseignants et écoles intéressés à participer à ce projet peuvent s’inscrire sur le site.

Alors, testez-vous ! En « 30 secs » chrono !

Par exemple, voici une photo postée sur une page facebook :

Que voyez-vous ? Qu’en pensez-vous ?

A vous de jouer !

 

Le buzz évangélique du mois : « la repentance » de Benny Hinn sur la théologie de la prospérité

Comment éviter le piège et la tentation du « buzz » et de « l’attrape-clics » ? Source : Les Décodeurs du Monde.

« Plusieurs articles parus (il y a plus d’un mois) affirment que Benny Hinn [le célèbre télévangéliste controversé] se repent d’avoir prêché l’évangile de la prospérité »(1), peut-on lire sur la toile. Une information,  que nous sommes invités à partager à tous nos contacts, et qui a alimenté toutes les discussions et spéculations pendant une semaine.

En réalité, il est plus exact de dire que plusieurs sites (2) se sont mis à relayer la même nouvelle, dans la semaine qui a suivi sa publication initiale, le 21 février, dans un “live” Facebook en anglais sans sous-titres, sur le propre compte de Benny Hinn.

Certes, les mois prochains nous permettront sans doute de vérifier ces déclarations, et, surtout, les raisons de leur publication, mais à l’heure actuelle, nous ne savons toujours rien de plus.

J’en profite pour souligner au passage que lesdites déclarations, basées sur une seule vidéo « live », sont actuellement largement diffusées sans pourtant avoir été vérifiées au préalable (cf 2 Cor.13v1, Deut.19v15). A ce sujet, questionnés par mes soins, les administrateurs du site « Soyons vigilants » m’ont répondu « qu’une certaine prudence s’impose dans tous les cas. Car si l’on visionne l’entier de la vidéo dans laquelle Benny Hinn fait sa déclaration, celle-ci perd un peu de son impact ».

Un peu comme lorsqu’un verset cité hors contexte conduit à de mauvaises interprétations ?

« Sur son site » (bennyhinn.org, tag « prosperity »), si nous prenons la peine d’aller vérifier, comme nous y invitent les administrateurs de « Soyons vigilants », «  il semble que rien n’a changé et que la promesse de prospérité soit toujours utilisée pour récolter des fonds ».

« Moralité » : si ces déclarations ne sont pas fondées, nous n’aurons eu que du buzz (évangélique, mais du buzz quand même) sans lendemain ou un simple coup de com’, ou les deux à la fois, et rien d’autre.

La question reste donc : Le croyons-nous (parce que c’est vrai) ? Ou l’espérons-nous ? Dans le second cas, nous ne chercherions pas « information » mais « confirmation » de ce que nous pensons/spéculons. Dit autrement : nous prendrions nos rêves pour la réalité.

 

Voir aussi, publié sur notre blogue : « si tu entends dire, vérifie avant de publier ! » 

 

 

Notes : 

(1) Sur la théologie dite de la prospérité, voir ce document du comité théologique du CNEF, et ces divers articles : de Christianisme aujourd’hui, de La Vie, La Croix….

(2) Par exemple, plusieurs blogs et magazines US, et, en France, Le Bon Combat et bien d’autres sites.

 

 

De vraies solutions aux fausses nouvelles : Comment reconnaître les Fake news ?

Comment repérer des fausses informations ? Voici une excellente infographie de l’ IFLA, La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (1), disponible en plusieurs langues. Voici sa version en français.

Une infographie de l’IFLA (Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques) pour apprendre à détecter les Fake news

Une contribution essentielle, car l’enjeu est de taille : Les libertés d’accès à l’information et à l’expression en ligne sont menacées. La diffusion d’informations délibérément trompeuses, ou « fausses nouvelles », risque de compromettre la confiance en l’Internet, alors que des attitudes restrictives de la part de certaines autorités et de certains services limitent les droits de l’homme fondamentaux.

Pour l’IFLA, aucune de ces situations n’est souhaitable. Lorsque les gens sont déconnectés de l’Internet, ils risquent de perdre l’accès à des informations et des idées qui renforcent le développement de nos vies et les enrichissent. 

Afin de répondre à ces risques, l’IFLA a développé une infographie sur la détection des fausses nouvelles ; il s’agit d’un outil simple mais efficace pour procurer une alternative, basée sur la conviction que l’éducation est la meilleure manière de donner confiance aux utilisateurs, et de rendre inexcusable la censure abusive de la part des gouvernements.

Cette infographie a rencontré beaucoup de succès. Elle a été traduite dans 37 langues, et a été reprise dans des lettres d’information, des kits éducatifs, et sur CNN International. Ce succès est aussi le résultat d’un processus de réflexion de professionnels de l’information qui ont utilisé les infographies de différentes manières, en les adaptant à leurs besoins locaux.

La suite sur le site de l’IFLA.

Voir aussi ce tutoriel canadien (Québec) également proposé par des bibliothécaires, pour apprendre à connaître et à appliquer les critères d’évaluation de la qualité des sources d’information.

Et maintenant, à vous de jouer !

 

Note :

(1)La Fédération Internationale des Associations et Institutions de Bibliothèques (IFLA) est la principale organisation représentant les intérêts des bibliothèques et des services d’information et de leurs usagers. Au niveau mondial elle est le porte-parole de la profession des bibliothèques et de l’information.

 

 

La « post-vérité » : un « bob’art »

La vérité est-elle morte, cédant la place à la « post-vérité » ?
(Couverture du Times du 23/03/17, avec une interview exclusive de Donald Trump)

« Post-vérité », c’est « le mot de l’année 2016 » pour le très sérieux et très prestigieux « Oxford English Dictionary ». Un choix qui a été jugé un peu trop « politique », en comparaison des années précédentes, quand le vapotage ou les émojis entraient dans le célèbre dictionnaire. « Clairement », précise le blogueur Alexandre Roberge sur « Thot cursus » (un site dédié à la promotion de la formation et de l’utilisation des outils numériques pour l’éducation et la culture), «  le dictionnaire anglais a voulu rappeler par son choix deux événements qui ont le plus marqué politiquement l’année 2016 : la sortie de l’Angleterre de l’Union européenne (le Brexit) et l’élection présidentielle américaine de Donald Trump. Dans les deux cas, les campagnes électorales ont fait surtout appel aux sentiments et aux aspects plus irrationnels des électeurs, quitte à devoir pour y arriver, mentir sciemment ».

Sinon, « étymologiquement », explique Alexandre Roberge «  le terme (post-vérité) est d’autant plus fascinant qu’il n’a pas le sens normal. « Post » veut d’habitude dire après mais ici il a perdu ce sens pour dire que cela ne s’applique pas. Ainsi, nous sommes donc dans une société « post-vérité » ou « post-factuelle » où les faits bruts sont supplantés par les émotions, l’opinion personnelle et même les mensonges »

Et comme « le dirait même plus » Jérôme Prekel dans un article intitulé « l’Ère de la post-vérité », publié sur son blogue « Le Sarment », ces mensonges « ne cherchent même pas à être crédibles », étant exprimés « de manière à faire vibrer les auditoires. Cette nouvelle expression (post-vérité) ne fait que remettre au goût du jour les ressorts du discours populiste, utilisé par les démagogues qui mobilisent le peuple par des promesses électoralistes (synonyme de “fausses”) ou qui flattent ses « bas instincts » comme le nationalisme, la xénophobie, voire le racisme ou qui exacerbent les réflexes sécuritaires ».

« À chacun sa vérité » sur Internet

Comment en est-on arrivé là ? La faute aux « auteurs postmodernes » comme Jacques Derrida, qui à trop relativiser la vérité, aurait fini par en ruiner la valeur ? L’écrivain Ralph Kayes (L’Ère de la postvérité, 2004), cité par le dernier numéro de « Sciences Humaines », rappelle quant à lui que les réseaux sociaux deviennent la première source d’information, au détriment des médias traditionnels, décrédibilisés. Or, sur le Web 2.0, les informations erronées et les sources peu vérifiables abondent. Et à l’ère des réseaux sociaux, tous croient posséder leur propre vérité et cherchent, non pas tant des médias « d’information » que des médias « de confirmation ».

 Et les médias, là-dedans ?

S’il convient de se garder d’une attitude trop « sentimentale » et « naïve » à l’égard des médias (« tout serait vrai »), il convient également de se garder d’un autre extrême, tout aussi nocif (puisqu’ouvrant la porte au relativisme, au scepticisme et au complotisme), lequel prétend que « tout serait faux » dans les médias et sur internet (sauf celui qui affirme une telle chose !).

Néanmoins, un journaliste professionnel m’avait confié il y a deux ans que, pour lui, « la vérité », « ça ne veut pas dire grand-chose ». « Un bon journaliste », selon lui, est celui qui cherche à comprendre un événement et à vérifier l’information, en allant à la source. Néanmoins, selon lui, « il n’y (aurait) pas de vérité absolue », mais « des points de vue différents ». Une tendance confirmée par Jean-Luc Martin-Lagardette, lequel, journaliste et essayiste, relève qu’ « il y a belle lurette, en France, du moins », que ses collègues journalistes « ne croient plus en la vérité ! Et qu’ils ont cessé de la poursuivre. Selon eux, il serait « naïf » de croire que l’on peut atteindre la vérité », puisque « tout homme un tant soit peu cultivé sait bien que la vérité est hors d’atteinte » (Décryptez l’information, Dangles éditions, 2014, pp 14-15).

Bien entendu, souligne JL Martin-Lagardette, « idéalement parlant, ils ont raison : on ne peut pas parler de vérité absolue [plus exactement, nul ne peut prétendre « posséder » la vérité absolue, mais il peut s’en approcher, la connaître ou du moins, la désirer, la rechercher], mais pas moins, alors que de justice, de liberté, d’égalité ! Pour autant, devrions-nous abandonner toutes ces valeurs ? » Or, « nous avons besoin de la vérité », comme horizon à atteindre, d’autant plus que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible »(op. cit., pp 15-16).

Ironie du sort, les « clés de la presse », « la boîte à outils des professionnels de la presse », enquête, dans son dernier numéro de janvier 2017, sur la façon…..« dont les médias se mobilisent pour rétablir la vérité », à l’heure où le phénomène de « post-vérité » (leur) pose question !

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge»

Repère biblique

Jérôme Prekel, dans l’article cité plus haut, rappelle que « l’apôtre Paul décrit un contexte semblable dans une de ses lettres aux Thessaloniciens, dans laquelle il décrit une situation future de la grande scène du monde » : il y est question de « la place centrale du mensonge et la vérité dans une société en proie à la confusion spirituelle ».

«…L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge,… afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés.» (2 Thess. 2/9 à 12)

Pourquoi Dieu envoie-t-il une puissance d’égarement ?

Nous avons besoin d’une réponse à cette question. En effet, la plupart des chrétiens prient pour que Dieu améliore la situation du monde, et c’est tout-à-fait juste, sous un certain angle : nous prions pour les autorités, pour les gouvernements, mais il semble ici que cette prophétie intègre un interventionnisme divin négatif : alors que la situation est catastrophique, Dieu accentue le problème.

Il faut noter cependant que Dieu ne déclenche pas un phénomène d’incrédulité mais il l’entérine, ce qui a pour effet d’accélérer un processus de confusion qui semble être parvenu à un point de non-retour, à savoir une société qui se livre graduellement au mensonge, jusqu’à un stade irréversible.

Dien envoie une puissance d’égarement parce que le Monde VEUT croire dans ce que nous appelons «le mensonge» (nous en avons la preuve avec le phénomène de post-vérité qui se déploie actuellement sous nos yeux), c’est-à-dire dans une forme d’existence, de fonctionnement et de progrès, sans Dieu. C’est en quelque sorte l’aboutissement de l’errance loin de la vérité, qui a commencé le jour où le premier couple a fait son premier pas en dehors du jardin d’Eden. Et cette errance ne peut engendrer à terme que le chaos, si les appels à revenir au Créateur ne sont pas entendus.

(…)Lorsque la société moderne décide de placer le mensonge exactement à la place de la vérité, en bricolant un élément de langage pour faire illusion, c’est le signe fort que nous sommes à une heure cruciale, proche de la situation décrite dans la prophétie de Paul. Nous voyons par exemple le Président du pays le plus puissant du monde se révéler comme un menteur compulsif, élu sur la base de ses mensonges, mais une grande partie des chrétiens continuent d’espérer avoir eu raison de voter pour lui. N’est-ce pas justement le signe d’un grand égarement ? » 

Ce débat amène toute la question de vérité avec un grand « V ». Et au-delà de la question philosophique de la réalité, beaucoup comptent sur la technologie pour lutter efficacement contre la désinformation. L’on citera les projets des géants Google, « Cross check » et de Facebook, « Crowd tangle », pour contrer les « fake news ». Toutefois, les algorithmes privilégient en général la popularité des articles. Sans compter qu’il serait surprenant qu’une intelligence artificielle puisse reconnaître la vérité quand cela n’est déjà pas évident pour des humains et, surtout,  d’autant plus qu’elle n’a pas de mémoire – historique….Signalons encore « le Décodex », lancé début février par l’équipe des « Décodeurs » du journal Le Monde, qui est un outil de vérification de la fiabilité des sites d’information. Sauf que tout n’est pas encore recensé et que l’on peut s’interroger sur la légitimité d’une source d’information à juger d’autres sources d’informations concurrentes fiables ou non, mais il s’agit déjà d’un début de réponse.

Resterait la solution éducative

« Éduquer la jeunesse » à l’information et au discernement (c’est le propre de la maturité, cf Hébr. 5v14) serait une façon de freiner le mouvement post-factuel. Par exemple, en rappelant que « la recherche de la vérité est la condition d’une information digne de ce nom, crédible » ; en apprenant à adopter une démarche intellectuelle équilibrée se situant entre le « tout est vrai » et le « tout est faux » ; en apprenant à discerner le vrai du faux, la publicité(la communication) de l’information,  « l’infaux » parodique(ou non) de la véritable « info », l’information de l’opinion, et à savoir lâcher ses opinions pour mieux saisir la vérité….. Mais aussi en (ré)apprenant à lire….pas uniquement le titre mais tout un article, et pas « en diagonal » !

 

 

Aller plus loin :

http://www.e-media.ch/e-media/evenements/semaine_des_medias/mat_ped/theories_du_complot

http://www.acrimed.org/Post-verite-et-fake-news-fausses-clartes-et

http://www.meta-media.fr/2017/01/30/mais-qui-donc-a-invente-la-post-verite.html

http://www.meta-media.fr/2017/03/15/deux-fabricants-de-fake-news-sexpliquent.html

https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/01/31/dire-la-verite-toute-la-verite-rien-que-la-verite-dire-betement-la-verite-bete-ennuyeusement-la-verite-ennuyeuse-tristement-la-verite-triste/

 

 

 

 

« Chrétien » ou « crétin » ? Le pragmatisme : une « nouvelle (fausse) doctrine » ?

Avec cet autre enjeu : Face à une « urgence signalée » ou supposée, comment ne pas céder à la panique, à la désinformation et à la manipulation ?

« C’est vrai ! Quand vous parlez, la justice est muette. Fils des hommes, jugez-vous avec droiture ? »(Ps.58v2. TOB)

« De l’abondance du coeur, la bouche parle » (Matt.12v34)

Voici ce qui m’a été communiqué en début de semaine et qui m’a été présenté comme « une analyse claire, pragmatique et…spirituelle » ! Si « je suis d’accord », je suis « encouragé » à faire ce que l’auteur « préconise » et, bien sûr….. « à partager cet article à (tous) mes contacts ». Ce qui suit a été très difficile à écrire, d’autant plus que la personne qui m’a transmis cet article est une connaissance que j’estime.

De quoi s’agit-il exactement ? Voici un petit exercice de décryptage, sur la forme et le fond, avec une série de questions à vous poser pour affiner votre esprit critique. Prendre le temps de « jouer le jeu » vous permettra de « lever la tête » et de « respirer un peu » :

 Quel est ce texte que l’on communique ? D’où vient-il ? Qui en est l’auteur ? Est-il fiable, digne de confiance ? Pourquoi a-t-il été publié ? Pourquoi me le communique-t-on ?

Qui écrit et pourquoi ? Nicolas Ciarapica, ancien responsable du site Blogdei, nous explique, dans un article publié le 3 mars 2017 sur le site « Infochrétienne », « Pourquoi (il) estime qu’il est URGENT de prier pour que François Fillon reste en lice »(1).

Mais en vertu de quelle légitimité et de quelle autorité écrit-il ? Question importante, d’autant plus que l’auteur ne se contente pas d’exprimer une simple opinion (c’est son droit le plus strict) : il nous engage à le suivre dans son initiative, « un appel solennel aux chrétiens de France, ainsi qu’aux amis de la France », invitant à prier, non pas pour que la justice et la vérité éclatent, mais « pour que le candidat François Fillon reste en lice [coûte que coûte] – quelles que soient nos opinions politiques – et pour qu’il puisse poursuivre sa campagne en vue du premier tour de l’élection présidentielle du 23 avril prochain ». Est-il « un leader spirituel » ayant autorité sur des millions de croyants ? A-t-il vocation à « rassembler » ainsi ?

Le texte est-il fiable, digne de confiance ? Puis-je le croire ? Faire ce qu’il m’est demandé de faire ? Pour le savoir, il convient de se questionner sur la nature de ce qui est publié et sur son contenu :

Ainsi, concernant l’article de Nicolas Ciarapica, il s’agit plus exactement, non d’une analyse(Étude minutieuse et précise, faite pour dégager les éléments qui constituent un ensemble, pour l’expliquer, l’éclairer et faisant appel à la raison), mais d’une tribune d’opinionexprimant une vision personnelle sur l’actualité. Il s’agit aussi d’un jugement : soit un énoncé persuasif, interprétatif, passionnel, s’adressant aux sens, aux émotions ou aux bas instincts (peur, désir, colère…) – et la Bible rappelle que « le cœur de l’homme est trompeur par dessus-tout » (Jer.17v9).

Le texte se veut « pragmatique ». Et même « pragmatique chrétien », de l’aveu même de l’auteur, mais ce n’est pas flatteur, comme nous le verrons plus loin.

Mais est-il « spirituel » ? Cela reste à voir, mais tout ce qui est « spirituel » ne vient pas que de Dieu. C’est pourquoi la première lettre de Jean nous invite à user de discernement et à éprouver les esprits(1 Jean 4v1). Quel est l’esprit de ce texte ? A qui invite-t-il d’aller ? Qui glorifie-t-il ? A noter que si l’auteur se base sur des médias tels que « Causeur », « Valeurs actuelles » ou « Dreuz », pour appuyer ses dires, son texte ne comprend pas une seule citation/référence biblique pour justifier si son action est « spirituelle » ou non.

Maintenant, passons au contenu de l’article en lui-même, lequel me pose plusieurs problèmes au regard de l’éthique biblique et même de l’éthique tout court.

D’abord, le mot « urgence » me fait tiquer, puisqu’il me pousse, avec une note alarmiste, à agir « vite », sans prendre le temps du discernement. Évidemment, nous sommes invités à « prier », de façon « urgente », certes, mais à prier. Où est le mal ? Or, si inviter à prier « c’est bien », encore faut-il savoir pour qui, pour quoi, et si c’est juste ou pertinent, et pour de bonnes raisons. « Vous demandez, et vous ne recevez pas, parce que vous demandez mal, dans le but de satisfaire vos passions », nous prévient l’apôtre Jacques (4v3). Ce genre de questionnements est légitime, me semble-t-il. Parfois, quand nous n’ « obtenons pas » ce que nous demandons, il est plus sage et plus spirituel de ne pas s’obstiner, mais de chercher à (ré) ajuster notre demande, pour qu’elle soit conforme à la pensée de Dieu. Mais proclamer l’(état d’) urgence ne permet pas ce recul nécessaire.

Ensuite, l’article me paraît « pécher » par excès d’arguments et par diabolisation – tout serait « tout blanc, tout noir » – ou par exagération : il mêle les propos apologétiques, flatteurs (sur François Fillon, principalement : « le seul à… » ; sa femme Pénélope « l’émeut »), discriminants (« rêveurs gauchistes »). Il fait des rapprochements fallacieux ou tirés par les cheveux, des amalgames illicites  (il déclare ne pas « pouvoir non plus donner sa voix à Mme Le Pen », parce que son projet serait « socialiste. National socialiste plus exactement » ; ailleurs, il classe parmi « toutes les idées progressistes qui rongent la France depuis des années » « l’accueil de l’étranger », censé se « muer en invasion Islamique ») ; il use et abuse de généralisation/banalisation.

Il brandit l’argument dit « d’autorité », censé faire taire « toute critique » : le fait que « Sens commun » soit l’un des soutiens de François Fillon rendrait le soutien quasi-sacré, telle « une parole d’évangile », ou le fait que François Fillon se soit revendiqué des « valeurs chrétiennes », limitées à la lutte contre l’avortement(2).

De façon particulière, l’article pose problème, parce qu’il se permet de discréditer et de décrédibiliser de façon calomnieuse, et la justice, et les médias, en remettant en cause le travail et l’indépendance de l’un et l’autre. Jugeons plutôt :

« ….le Syndicat de la Magistrature qui le harcèle pile au moment de l’élection est manifestement au service de l’idéologie de Gauche et que François Fillon fait l’objet d’une « chasse aux sorcières » disproportionnée par rapport au « crime » qu’on lui reproche (avoir comme de nombreux élus fait travailler des membres de sa famille) »….

 « …il est plus que douteux que la totalité des médias (l’immense majorité des journalistes est de Gauche) et des sondeurs se liguent contre un homme et mettent en avant un poulain (Emmanuel Macron) qui ne touchera pas aux ignobles lois mises en place par le Socialisme durant les 5 années terribles que nous venons de vivre »…..

Ceci dit avec des accents « apocalyptiques »…..

Plus sérieusement, l’auteur pêche sur deux autres points, en particulier :

Il met en doute la probité et l’indépendance de la justice, l’accusant d’être « manifestement au service (ou d’être « vendue à…?) de l’idéologie de gauche » ; il minore la gravité de l’accusation(forcément fausse), en la déformant, comme s’il savait de quoi il retourne, sans attendre les résultats de l’enquête en cours.

Infographie sur les médias : plutôt que de se demander s’ils sont « de gauche » ou « de droite », demandons-nous plutôt à qui ils appartiennent et pourquoi. Source : Le Monde Diplomatique/ACRIMED, janvier 2017

D’autre part, s’il convient de ne pas être naïf, en croyant que « tout serait vrai » sur internet ou dans les médias, il est un autre extrême à éviter : croire ou faire croire que « tout serait faux » et qu’il ne faudrait croire personne…sauf celui qui énonce cette « vérité », une croyance de nature à nourrir tous les fantasmes et autres délires complotistes.

Ensuite, l’auteur relaye des rumeurs, des « intox », sans prendre la peine de les vérifier : « J’ai appris », écrit-il, « que (Pénélope Fillon) aurait été hospitalisée en début de semaine », et de plaider pour « que M. Fillon et sa famille soient protégés des pressions publiques énormes qui poussent au divorce, au suicide, etc »…Or, ces histoires de « divorce », de « suicide », n’étaient que des rumeurs(3).

Plus grave encore : « parce que si les deux seuls candidats de Droite ou d’Extrême-droite sont accablés d’affaires judiciaires, les risques de frustration populaire et de troubles à l’ordre public sont considérables ». Si je comprends bien l’auteur de ces lignes, il serait donc légitime de faire pression sur la justice et de remettre en question son indépendance, en faisant entrave au bon déroulement d’une enquête, par peur de la foule ? Il conviendrait donc d’accepter ou de subir toutes les compromissions et d’agir…par pure « pragmatisme » ?

Or, que dit la Parole de Dieu ?

« Tu ne répandras point de faux bruit. Tu ne te joindras point au méchant pour faire un faux témoignage. Tu ne suivras point la multitude pour faire le mal; et tu ne déposeras point dans un procès en te mettant du côté du grand nombre, pour violer la justice(…) Tu ne prononceras point de sentence inique, et tu ne feras point mourir l’innocent et le juste; car je n’absoudrai point le coupable » (Exode 23v1-2, 7 )

« Tu établiras des juges et des magistrats dans toutes les villes que l’Eternel, ton Dieu, te donne, selon tes tribus; et ils jugeront le peuple avec justice. Tu ne porteras atteinte à aucun droit, tu n’auras point égard à l’apparence des personnes, et tu ne recevras point de présent, car les présents aveuglent les yeux des sages et corrompent les paroles des justes. Tu suivras ponctuellement la justice, afin que tu vives et que tu possèdes le pays que l’Eternel, ton Dieu, te donne » (Deut.16v18-20).

« Mes frères, que votre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ soit exempte de toute acception de personnes. Supposez, en effet, qu’il entre dans votre assemblée un homme avec un anneau d’or et un habit magnifique, et qu’il y entre aussi un pauvre misérablement vêtu; si, tournant vos regards vers celui qui porte l’habit magnifique, vous lui dites: Toi, assieds-toi ici à cette place d’honneur! et si vous dites au pauvre: Toi, tiens-toi là debout! ou bien: Assieds-toi au-dessous de mon marchepied! ne faites-vous pas en vous-mêmes une distinction, et ne jugez-vous pas sous l’inspiration de pensées mauvaises? Ecoutez, mes frères bien-aimés: Dieu n’a-t-il pas choisi les pauvres aux yeux du monde, pour qu’ils soient riches en la foi, et héritiers du royaume qu’il a promis à ceux qui l’aiment? Et vous, vous avilissez le pauvre! Ne sont-ce pas les riches qui vous oppriment, et qui vous traînent devant les tribunaux? Ne sont-ce pas eux qui outragent le beau nom que vous portez? Si vous accomplissez la loi royale, selon l’Ecriture: Tu aimeras ton prochain comme toi-même, vous faites bien. Mais si vous faites acception de personnes, vous commettez un péché, vous êtes condamnés par la loi comme des transgresseurs. » (Jacq.2v1-9)

« L’amour ne fait rien de malhonnête, il ne cherche point son intérêt (…) il ne se réjouit point de l’injustice, mais il se réjouit de la vérité » (1 Cor.13v5-6)

 

Un mot maintenant sur « le pragmatisme » et plus précisément « le pragmatisme » dit « chrétien », qui est au cœur du sujetSerait-ce une nouvelle « doctrine » en vogue, dans les milieux évangéliques ? En réalité, le « pragmatisme », ce n’est pas « chrétien », c’est même « crétin ». C’est un sophisme postmoderne.

« Sophisme », du latin et du grec ancien « sophisma », signifie « habileté », « invention ingénieuse », « raisonnement trompeur ». Il se donne toutes les apparences de la « sagesse », d’autant plus qu’il est dérivé de « sophia », « sagesse », « savoir ».

Mais c’est là une « fausse sagesse », d’autant plus que « sophisme » rime avec « sottise ». Car les sophistes ne se soucient nullement de la vérité, contrairement aux véritables « amoureux de la sagesse ». Ils ne cherchent qu’à persuader leur auditoire quelle que soit la proposition à soutenir. Pour obtenir ce résultat, ils profitent donc des ambiguïtés du langage afin de produire des raisonnements en apparence solides, ayant l’apparence de la rigueur démonstrative, mais contenant en réalité un vice, volontaire ou non, permettant de provoquer l’adhésion de l’auditeur ». Avec cet esprit sophistique, le mal devient bien, le faux le vrai, le mensonge la vérité, l’esclavage la liberté, [la guerre la paix], le vice privé [ou l’égoïsme] la vertu, la corruption intégrité….

Il importe de les démasquer impérativement, car si la première bêtise n’est pas tout de suite réfutée et dénoncée pour ce qu’elle est – une bêtise – la porte est ouverte à toutes les autres qui peuvent alors s’agencer en autant de vrais systèmes bêtes qui paraissent très intelligents.

Et le pragmatisme est ce sophisme postmoderne qui dit « adieu à la vérité ». Il voit son avènement avec William James, à la fin du XIXe siècle. Pour ce dernier, « le vrai », qui « n’existe tout simplement pas », est « ce qui marche ». Cette attitude pragmatique (et relativiste) implique « qu’il n’y ait plus de « théorie », mais seulement de la « praxis », de l’action. Je ne peux donc voir ou concevoir aucune idée, mais seulement faire des expériences, des expériences infiniment multiples et variées. A noter que cette notion d’expérience, propre au pragmatisme, est au centre de la pensée de David Hume, ami d’Adam Smith et figure décisive du libéralisme anglais.

Or, l’on ne saurait avoir une bonne « orthopraxie » sans une bonne « orthodoxie »(4).

L’enjeu véritable n’est donc pas une question d’opinion (politique ou non) mais une question de justice et de vérité. Tient-on à la vérité et à la justice ? Ou à nos opinions ? A nos intérêts ?

Venons-en, maintenant, à ce qu’il me semble être les raisons fondamentales qui ont poussé Nicolas Ciarapica à écrire et publier cette tribune : Si j’ai bien lu et bien compris, par crainte de voir son candidat favori disqualifié et empêché de se présenter au premier tour de l’élection présidentielle, pour des raisons judiciaires, l’auteur nous explique, de façon plutôt maladroite, qu’il n’a pas pris le temps de consulter tous les programmes des candidats (pourtant connus depuis longtemps et librement consultables), en vue d’une élection présidentielle prochaine annoncée longtemps à l’avance. « Ils ont chacun un programme que je dois lire et sur lequel je dois me prononcer. On ne me demande rien d’autre [ce n’est déjà pas mal !] et ce n’est pas le moment de rêver à un autre candidat, fut-il chrétien : C’EST TROP TARD ! [ou trop dur de tout lire ?] Je peux y travailler, mais pour dans 5 ans ». Pourtant, « aujourd’hui », est le mot de Dieu…pourquoi attendre encore 5 ans, pour dire à nouveau « je peux y travailler, mais pour dans 5 ans », et ainsi de suite….? Et puisque l’on invoque souvent « l’excuse » de « l’imprévoyance » supposée des pauvres, pour expliquer la pauvreté et la précarité, l’imprévoyance manifeste de l’auteur explique la pauvreté de son raisonnement….Pourtant, il ne convient pas d’attendre « que les médias en parlent », pour s’intéresser à une élection (pas seulement présidentielle) et aux programmes des candidats. C’est le devoir de tout citoyen de s’informer.

Et, pressé par l’urgence (médiatique ?), le chantre « de la liberté » (de choix) se permet de réduire notre choix en nous disant clairement qui soutenir, à l’exclusion de tout autre (lequel « autre » est de toute façon ridiculisé ou diabolisé) : le « moins pire » des programmes (Ailleurs, dans la tribune, c’était « un programme cohérent ») et des candidats. Donc, pour lui, aujourd’hui c’est « Fillon ou rien ». Encore une fois, c’est son droit.

Mais cela devient problématique quand l’auteur de cette tribune nous pousse à brader nos convictions et à brader la justice et la vérité pour la compromission, sous prétexte de nous inviter « à prier ». Mais à prier pour quoi ? En espérant obtenir quoi ? Une « intervention providentielle » pour « sauver » son candidat, au mépris d’une procédure judiciaire en cours ? Peut-on imaginer une seconde que nous pouvons instrumentaliser Dieu, pour satisfaire nos ambitions personnelles ou nos plans les plus délirants ? Peut-on imaginer une seconde que Dieu cautionnerait l’injustice, l’iniquité et le mensonge ? Prier, ce n’est pas modifier le réel et le naturel, de façon surnaturelle, pour en tirer un bénéfice, au mépris de la justice et de la vérité. Rien n’est plus éloigné de cela que le surnaturel divin et les miracles du Christ.

« Dis à tout le peuple du pays et aux sacrificateurs: Quand vous avez jeûné et pleuré au cinquième et au septième mois, et cela depuis soixante-dix ans, est-ce pour moi que vous avez jeûné?(…)Ainsi parlait l’Eternel des armées: Rendez véritablement la justice, Et ayez l’un pour l’autre de la bonté et de la miséricorde. N’opprimez pas la veuve et l’orphelin, l’étranger et le pauvre, Et ne méditez pas l’un contre l’autre le mal dans vos cœurs »(Zach.7v5,9)

« Voici ce que vous devez faire: dites la vérité chacun à son prochain; jugez dans vos portes selon la vérité et en vue de la paix; que nul en son coeur ne pense le mal contre son prochain, et n’aimez pas le faux serment, car ce sont là toutes choses que je hais, dit l’Eternel ».(Zach.8v16-17)

Et peut-on instrumentaliser le peuple de Dieu, en le divisant en « peuple de droite », lequel s’opposerait à un « peuple de gauche » ? En nous demandant d’être dans un camp (le « bon » : celui des « amis de la France ») ou dans un autre ? (« Le camp du mal » ?) Il n’y a qu’un seul peuple de Dieu et Il se rassemble autour d’un seul nom, le seul nom qui sauve et qui unit : Jésus-Christ.

De qui se moque-t-on ? Ne nous laissons pas séduire.

Personnellement, pour paraphraser l’auteur, « je sens très clairement qu’on cherche à m’imposer un choix (même si l’on prétend le contraire) en faisant porter le débat sur des réactions émotionnelles », dans le style : « le Syndicat de la Magistrature qui le harcèle pile au moment de l’élection est manifestement au service de l’idéologie de Gauche »,  « c’est un complot socialo-communiste », « c’est truqué », « François Fillon fait l’objet d’une chasse aux sorcières disproportionnée par rapport au « crime » qu’on lui reproche », « la majorité des journalistes sont de gauches(sic) », « cette élection va ENGAGER LE DESTIN DE NOTRE PAYS pendant les 5 prochaines années »[pas faux !], donc il n’y a personne d’autre comme messie politique pour sauver notre pays….etc…

C’est là une technique classique pour nous pousser dans les bras de démagogues ou d’ « hommes forts », dits « providentiels », de nouveaux « messies politiques »(5).

Voici, d’après ce que je comprends de l’Ecriture, ce qui doit animer le chrétien et ce qui doit le pousser à agir : Ephésiens 5v8-9 ; Ps.40v9 ; Prov.31v8-9  ; 1 Jean 1v7  ; 1 Jean 2v6 , sont autant de passages qui nous invitent, en tant que chrétiens, à « marcher dans la vérité, la lumière », « dire la justice », et à « produire le fruit de la lumière », soit marcher comme Jésus a marché lui-même.

Alors, « prions », oui. Pour que se manifestent la vérité, la sagesse et la justice, condition pour une paix véritable. La paix n’est pas la compromission. La paix est l’établissement de ce qui est bon.

Et l’Évangile ne saurait être annoncé, affirmé, « en toute tranquillité », sur la base de la compromission, au mépris de la justice et la vérité.

Soyons exigeants : prions pour de bons candidats à l’élection présidentielle (ou à toute autre élection nationale, locale, municipale) véritablement « honnêtes et droits, ne cédant pas aux idéologies politiques et religieuses mais soutiennent la liberté, la justice et vise uniquement le bien public ». Sachant que le Président de la République n’est pas celui « qui siffle la justice » avec mépris comme on sifflerait « La Marseillaise » dans un stade, mais qui est le garant de l’indépendance de l’autorité judiciaire (art. 64 de la constitution française). Prions pour de bons candidats, qui ne remettront en question, ni l’intégrité/indépendance de la justice, ni celle de la presse à des fins démagogiques. Car personne ne nous fera confondre « information » avec « communication » ou « publicité »….

 

 

Notes : 

1)Les faits, le contexte : https://fr.wikipedia.org/wiki/Affaire_Penelope_Fillon ;  http://www.voxe.org/emploi-fictif-detournement-fonds-recel/ 

2) A la question « François Fillon est-il vraiment chrétien ? » le site « 1001questions.fr » animé par des pasteurs et théologiens protestants, du courant des « Attestants » répond ceci : « Il est toujours très difficile et délicat de se prononcer sur la foi de quelqu’un. Cependant les écritures nous donnent certains critères de jugement;  j’en retiens deux: la confession de la bouche (Matthieu 10: 32). Mais ce critère n’est pas suffisant, s’il ne s’accompagne pas des actes (Matthieu 7: 21).

Sinon, sur ses positions et votes, sur le plan de « l’éthique privée », le candidat Fillon a fait en réalité peu de concessions à « Sens commun » : s’il s’est déclaré personnellement hostile à l’IVG, il a assuré ne pas vouloir remettre en cause ce droit ; et s’il a toujours assumé son opposition au mariage pour tous et à l’adoption par les couples de même sexe, il ne souhaite pas non plus remettre en cause la légalisation du « mariage pour tous ». Sur le plan économique et social, d’inspiration « Thatchérienne », comme me l’a expliqué un abonné à notre blogue, chercheur en géopolitique, « Fillon est un libéral qui veut mener une politique axée sur l’offre qui dégonfle le poids de l’État dans l’économie, diminue la pression fiscale sur le patronat et les grandes entreprises qu’il compense avec la taxation indirecte (TVA) et la flexibilité du travail, lesquelles n’améliorent pas le pouvoir d’achat des ménages, consacrent la précarisation de l’emploi (en visant moins de chômeurs mais plus de travailleurs pauvres) ni ne protègent assez les travailleurs des catégories populaires contre les licenciements abusifs. Sa base électorale est restreinte puisqu’il a visé durant les primaires de la droite et du centre les seniors de la bourgeoisie d’affaire et les CSP+ ». D’autre part, le même internaute précise que, « en rupture avec le gaullisme social », Fillon est aussi « un européiste qui prend opportunément une posture gaullienne et défend des idées chrétiennes conservatrices (“la marche pour tous”) ». Sauf qu’ « il a négligé pour l’instant le volet social, pourtant décisif pour espérer l’emporter en 2017, et qu’une partie de son électorat catholique, en théorie attaché aux valeurs de partage et de justice, a, semble-t-il, curieusement – et l’on peut espérer momentanément – perdu de vue ». Signalons enfin que le candidat Fillon souhaite « supprimer de notre Constitution » le principe de précaution (pourtant intégré en 2005, par Jacques Chirac alors que la droite était majoritaire au Parlement) estimé « dévoyé et arbitraire », pour mieux, selon lui « emprunter les voies de l’innovation et du progrès scientifique, ne pas renoncer aux projets d’avenir au nom du principe de précaution, qui sert aujourd’hui de prétexte à l’inaction ».

3) Révéler le faux suicide d’une personne est certes une faute très grave pour un média, sauf que si l’on prend la peine de vérifier, aucune télévision n’a fait de telles déclarations : http://www.lci.fr/elections/penelope-fillon-francoi-parle-enfin-jdd-pour-mettre-un-terme-aux-folles-rumeurs-et-a-demande-a-son-mari-d-aller-jusqu-au-bout-2028118.html ; http://www.lci.fr/elections/suicide-penelope-fillon-chaines-tele-mais-de-quoi-parle-francois-fillon-2028212.html

4) Voir notre article : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2016/07/01/dans-quelles-mesures-avez-vous-adopte-ces-sophismes-postmodernes/

5)  La “fascination pour l’homme fort” se perçoit dans les choix actuels des peuples (le Brexit, l’élection de Donald Trump, la victoire aux primaires de F. Fillon). Et chez Nicolas Ciarapica ? En 2012, il appelait à voter Nicolas Sarkozy, « le candidat des valeurs chrétiennes », sur son site « Blogdei ». Plus récemment, à l’annonce de l’élection de Donald Trump, il se fend d’un billet délirant, aux accents « messianiques », sur infochrétienne.

 

 

 

« Si tu entends dire…. » : vérifie avant de publier !

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans "The Baltimore Sun" in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Cartoon de Kevin KAL Kallaugher. Publié, semble-t-il, pour la première fois, dans « The Baltimore Sun » in 1989. Et repris par The Economist, en Novembre 1997, pour sa couverture.

Et non le contraire !
« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu te hâteras de colporter la nouvelle à toute ta parenté, tes amis, tes voisins et tu les inviteras à faire promptement de même… » (Deut.13v13-15. TOB)

Si c’est ce que tu lis dans ta Bible, alors change de Bible. Et pourtant, c’est ce que certains d’entre nous ont tendance à faire : publier d’abord (sur twitter, sur facebook…) et vérifier ensuite, une fois les dégâts constatés. Quand la vérification est faite !

Le passage exact est en réalité celui-ci :

« Si, dans une des villes que le SEIGNEUR ton Dieu te donne pour y habiter, tu entends dire que des vauriens sont sortis du milieu de toi et ont entraîné les habitants de leur ville en disant : « Allons servir d’autres dieux » – des dieux que vous ne connaissez pas –, alors tu feras des recherches, tu t’informeras, tu mèneras une enquête approfondie…. » (Deut.13v13-15. TOB)

 
« Si tu entends dire…. »

Nous recevons des informations de toutes sortes, venant de canaux très différents qui nous sont plus ou moins familiers : famille, voisins, amis, collègues de travail, médias, institutions…
Une « masse » qu’il faut savoir trier, vérifier…et même « vérifier deux fois » (c’est une règle de base à la BBC). Quel que soit notre maturité ou nos connaissances, nous pouvons être soumis à la manipulation, à la propagande ou bien au marketing publicitaire. Si nous reprenons une nouvelle quelconque, celle-ci doit être absolument certaine et vérifiée. En aucun cas, nous ne pouvons la communiquer telle quelle. Nous devons aussi toujours citer la source exacte. Si nous ne la trouvons pas, nos « lanternes rouges » devraient aussitôt s’allumer.

Une information – qui n’est pas une opinion – répond généralement à ces six questions : qui, quoi, quand, où, comment, pourquoi. Je serai véritablement informé si j’ai des réponses claires à toutes ces questions. A noter que le rôle et la responsabilité de celui ou celle dont c’est le métier d’informer est « de rassurer, d’expliquer, d’engager les gens à agir », ainsi que de « démonter les discours de la peur et non d’alimenter cette dernière à coup de reportages ».
Parmi d’autres, le journaliste et essayiste Jean-Luc Martin-Lagardette(1) nous invite aux bons réflexes suivants, face à l’information :

Premièrement, il importe avant tout d’être conscient que si une information est collectée, mise en forme et diffusée par quelqu’un, c’est parce que ce quelqu’un a intérêt à le faire : par exemple, pour des raisons économiques/financières, mais aussi idéologiques, affectives ou morales. L’intérêt de l’émetteur (est-il également le producteur de l’info, ou juste un « relai » ?) n’est pas un mal en soi, surtout quand il est clairement affiché. « Mais il y a manipulation quand l’intérêt véritable de l’émetteur est caché, et quand il ne sert pas le contenu du message »(1).

Ensuite, dira-je, lorsque l’on me communique une information, je dois impérativement me poser les questions suivantes avant de relayer quoique ce soit à tous mes contacts : qui me le dit ? Pourquoi me le dit-il ? Est-il bien placé pour le savoir ? Comment le sait-il ? D’où le tient-il ? Est-ce vrai ? Puis-le vérifier ? L’ai-je vérifié ?

D’autre part, « informer, c’est choisir. Et choisir, c’est renoncer ». Néanmoins, il est essentiel d’être impartial, soit de manifester l’attitude « de celui qui voir les choses sans parti pris et de qui est capable de rendre des faits de la façon la plus complète possible, sans omettre ce qui nous gène »(1). Deux qualités permettent d’atteindre l’impartialité attendue : être honnête (par rapport à nous-mêmes) et équitable (par rapport aux personnes).

Ainsi, au cas où nous aurions « entendu dire », sommes-nous allés chercher l’information « à la source », sur le terrain ? Avons-nous pris l’avis de toutes les personnes concernées ? Ou bien n’avons-nous qu’une information de « seconde » ou de « troisième main » ?

Savons-nous de quand date l’information ?

Avons-nous négligé certaines sources, même si elles peuvent nous paraître « farfelues », « saugrenues » ?

Ex : « Ils tinrent ces discours pour des rêveries, et ils ne crurent pas ces femmes » (Luc 24v11)

Nous contentons-nous de sources « officielles » ou « institutionnelles » ? Reproduisons-nous sans enquête et sans vérification d’autres sources ?

Ex : « (les principaux sacrificateurs) après s’être assemblés avec les anciens et avoir tenu conseil, donnèrent aux soldats une forte somme d’argent, en disant : Dites : Ses disciples sont venus de nuit le dérober, pendant que nous dormions. Et si le gouverneur l’apprend, nous l’apaiserons, et nous vous tirerons de peine. Les soldats prirent l’argent, et suivirent les instructions qui leur furent données. Et ce bruit s’est répandu parmi les Juifs, jusqu’à ce jour ».(Matt.28v11-15)

Gardons-nous de la distance avec les sources « amies » ou proches de notre référentiel cognitif ou idéologique ? Avons-nous pris le temps d’étudier les sources « ennemies » ou opposées, ou « différentes » ?

Nous savons aussi qu’un « témoin unique » est un « témoin nul » : avons-nous pris la peine de multiplier les sources (au moins « deux ou trois » vrais « témoins » cf Deut.17v6), si possible concurrentes ?

Développons-nous une pensée personnelle, ou bien reproduisons-nous celle du groupe, de notre groupe ?

Avons-nous correctement « hiérarchisé » l’information ? C’est-à-dire, mettons-nous bien avant ce qui est capital, vital, le plus important, ce qui est de nature à édifier, et non à divertir, distraire ? Ne grossissons-nous pas des broutilles, pour créer et nourrir le scandale, au détriment de faits plus impliquants ?(1)
Bref, s’informer et informer correctement prend du temps, et peut être dangereux. Certains journalistes ou reporters en savent quelque chose ! Mais nous pouvons nous montrer moins exigeants et plus « légers », par paresse ou même…lâcheté.

 

Pour aller plus loin :

La fin de notre passage (vv15-16) peut nous paraître plutôt « raide ». Néanmoins, elle me paraît édifiante à deux points de vue :

  • Etre « bien informé », après une enquête sérieuse, est une chose. Agir en conséquence en est une autre. C’est même la suite logique.
  • Etre informé, c’est être responsable. Et les premiers informés – et donc les premiers responsables – restent les autorités et les habitants de la ville coupable d’idolâtrie, qui ont choisi le « laisser faire », croyant sans doute(à tort) « bien garder ». L’on comprend alors mieux la conséquence du jugement, en rapport avec la négligence relevée. Nul ne peut dire, dans ce cas : « je ne savais pas !… »

Maintenant, à vous de jouer, face à l’information !

 

 
Notes :

(1) D’après Martin-Lagardette, Jean-Luc. Décryptez l’information. Dangles éditions, 2014, PP 7-9, 46-47
Le même JL Martin-Lagardette, lors d’un atelier sur « la transparence comme outil », a estimé « qu’il faudrait instaurer politiquement, juridiquement, économiquement, professionnellement la base d’un droit à l’information. Il serait nécessaire de se battre pour cela. Il faudrait affirmer et inscrire, peut-être dans la Constitution, le droit du citoyen a être correctement informé, c’est-à-dire être éclairé le plus objectivement et impartialement possible sur tous les enjeux de la vie démocratique afin qu’il puisse former librement son opinion personnelle(…)La liberté d’expression ou d’opinion existe, pas celui du droit du public à être informé correctement. Cela n’a rien à voir. Il n’y a pas encore de droit à l’information ». (p 16 du doc)
Université d’été 2005 de la communication sur le développement durable de l’ACIDD(Association Communication et Information (& Innovation) pour le développement durable) et Comité 21. Sur « le droit à l’information », voir cet article du 27/10/14(« le droit à l’information, ses conditions et ses conséquences ») sur Acrimed.

Et encore :
Sur le site « 24h dans une rédaction ».

Notre article sur l’évaluation de l’information sur le web.

Le Mensonge que Nous Vivons – The Lie We Live

Pour montrer qu'ils sont "à poigne", certains élus n'hésitent pas à cogner sur les Rroms.

« Le mensonge que nous vivons » : le type de vidéo « coup de poing », dont le but semble plus de déclencher une force émotionnelle que de construire une démonstration objective…

Qui est Spencer Cathcart ? Avant-hier, je l’ignorai encore. Et j’ignore toujours qui il est.

La seule chose que je sais, outre que je ne sais rien, est qu’il a réalisé le 29 janvier 2015 une vidéo de 8 minutes et des poussières : « The Lie We Live » (« Le mensonge que nous vivons »)*. Il semble s’y questionner et nous invite à nous questionner sur tout ce qui fait de notre monde ce monde. Nous questionner ? Et pour décider de faire quoi ensuite ? Comment ? Sur quelles bases ? La balle est dans notre camp, semble-t-il….

Le film est sans doute à voir. Mais deux questions demeurent : Qui est Spencer Cathcart ? Pourquoi a-t-il diffusé cette vidéo ? (outre le fait de nous inviter à « nous bouger »)
Regardez donc et, surtout, « ne laissez pas votre cerveau au placard ».
Parallèlement, j’ai envie de poser ces autres questions :
Qui es-tu ? A qui appartiens-tu ? Qui veux-tu servir ? De façon durable, pour un impact durable ?
Deux choses sont véritablement durables, contrairement à une affirmation de Spencer Cathcart**(cf Vidéo à 7’02’’) et méritent que l’on s’y consacre toute notre vie, cf Jean 5v28-29 et Esaïe 40v8, sachant qu’annonce 2 Pie.3v10***.

Sinon, plutôt que de diffuser massivement cette vidéo sur la toile, un petit travail d’analyse s’impose :

Il ne s’agira pas de répondre aux thématiques/questions soulevées, mais de tenter de décrypter quelques-uns des procédés utilisés, afin de dépasser le premier stade de l’émotion et de prendre conscience de la contradiction du film : si Spencer Cathcart prétend que nous sommes manipulés, nous manipule-t-il à son tour pour faire valoir ses vues – encore bien mystérieuses à ce jour ? En bref, il s’agit de prendre du recul sur des sujets qui méritent tout de même réflexion et exigent un débat nécessaire face à un document dont le but semble plus de déclencher une force émotionnelle que de construire une démonstration objective.

Méthode proposée :

Regardez d’abord la vidéo sans le son, et concentrez-vous d’abord sur les images. Puis repassez-la, avec le son seul, sans les images. Ensuite, sans le son et sans les images, avec le texte seul Et enfin, la vidéo intégrale, avec le son, les images et le texte

Pendant les visionnages successifs, prenez des notes sur le film (résumez-le en une phrase), relevez les passages vous paraissant les plus marquants, vos impressions (ce que vous avez aimé/ou pas) et répondez aux questions suivantes :

1) Que venez-vous de voir ? Comment s’appelle ce genre de film ? S’agit-il d’un documentaire, comme on peut le lire ici ou là, sur le web ? Qu’est-ce qu’un film documentaire ?

2) Qui est l’auteur ? Pourquoi diffuse-t-il cette vidéo ?

3) Le film est-il composé d’images filmées par l’auteur ? De quoi est-il composé ?

4) De quoi est composé la bande son ? Quel est son rôle ?

5) Qui parle ?

6) Combien de points de vue nous donne-t-on ici ? La place est-elle donnée au « débat contradictoire », à l’échange d’idées ?

7) Qu’avez-vous appris de nouveau ?

8) Vous permet-on d’approfondir ce qui est présenté ?

Etc…. D’autres questions vous viendront certainement à l’esprit pour compléter ce qui précède.

 

Notes :

* Découvert via ici https://catherinenbocher.wordpress.com/2015/04/02/le-mensonge-que-nous-vivons-the-lie-we-live/ qui elle-même….
** Voir aussi le blogue de Spencer Cathcart, qui contient cette vidéo et la transcription du texte :

Traduction française d’Alain Adriaens :

En ce moment, vous pourriez être n’importe où, à faire n’importe quoi. Au lieu de cela, vous êtes assis seul devant un écran. Alors qu’est ce qui nous empêche de faire ce que nous voulons ? Être là où nous voudrions être?
Chaque jour nous nous réveillons dans la même pièce et suivons la même voie, nous vivons un jour semblable à celui d’hier. Pourtant, il fut un temps où chaque jour était une nouvelle aventure. Chemin faisant, quelque chose a changé. Avant nos jours étaient intemporels, maintenant nos jours sont minutés.
Est-ce cela qu’être adulte ? Être libre ? Mais sommes-nous vraiment libres ?
Aliments, eau, terres… les éléments dont nous avons besoin pour survivre sont la propriété de sociétés. Il n’y a pas de nourriture pour nous sur les arbres, pas d’eau douce dans les ruisseaux, pas de terrain pour construire une maison. Si vous essayez de prendre ce que la Terre fournit vous serez mis sous les verrous. Alors, nous obéissons à leurs règles.
Nous découvrons le monde dans un manuel. Pendant des années, nous restons assis et régurgitons ce qu’on nous raconte. Passant des examens et classés comme des cobayes dans un laboratoire. Élevés à ne pas être différents dans ce monde, éduqués à ne pas être différents. Nous sommes assez intelligents pour faire notre travail, mais pas assez pour nous remettre en question les raisons pour lesquelles nous le faisons. Donc, nous travaillons sans cesse et il ne nous reste plus de temps pour vivre la vie pour laquelle nous travaillons. Et puis vient le jour où nous sommes trop vieux pour faire notre travail. Alors, on nous laisse mourir. Et nos enfants prennent nous remplacent dans la partie.
Pour nous chacun de nous notre chemin est unique mais, tous ensemble, nous ne sommes rien de plus que du carburant. Le carburant qui alimente l’élite, l’élite qui se cache derrière les logos des sociétés. Ce monde leur appartient. Et leur ressource la plus précieuse n’est pas enfouie dans le sol : c’est nous. Nous construisons leurs villes, nous faisons tourner leurs machines, nous combattons dans leurs guerres. En fait, l’argent n’est pas ce qui les motive. C’est le pouvoir. L’argent est simplement l’outil qu’ils utilisent pour nous contrôler. Ces bouts de papier sans valeur, nous en dépendons pour nous nourrir, nous déplacer, nous divertir.
Ils nous ont donné de l’argent et en retour, nous leur avons donné le monde. Là où il y avait des arbres qui purifiaient notre air, maintenant il y a des usines qui l’empoisonnent. Là où il y avait de l’eau bonne à boire, il y a des déchets toxiques qui puent. Là où les animaux couraient libres, il y a des élevages industriels où les animaux naissent et sont abattus à la chaîne, pour notre satisfaction. Plus d’un milliard de personnes souffrent de la faim, bien que nous ayons assez de nourriture pour tout le monde. Où est-ce qu’elle part ? 70% des céréales que nous produisons pour l’alimentation sont utilisées pour nourrir et pour engraisser les animaux que nous mangeons pour le dîner. Pourquoi aiderions-nous les affamés? Ils ne génèrent aucun profit !
Nous sommes comme une peste balayant la Terre, détruisant l’environnement qui nous permet de vivre. Nous voyons tout comme quelque chose qui peut être vendu, comme un objet que nous pouvons détenir. Mais qu’est ce qui arrivera quand nous aurons pollué la dernière rivière, empoisonné le dernier souffle d’air, quand nous n’aurons plus de pétrole pour les camions qui nous apportent notre nourriture ? Quand allons-nous nous rendre compte que l’argent ne se mange pas, qu’il n’a pas de valeur ?
Nous ne sommes pas en train de détruire la planète : nous détruisons toute vie sur elle. Chaque année des milliers d’espèces disparaissent. Et le temps est compté avant que nous soyons l’espèce suivante. Si vous habitez en Amérique, vous avez une probabilité de 41% de développer un cancer. Les maladies du cœur vont tuer un Américain sur trois. On nous prescrit des médicaments pour faire face à ces problèmes mais les soins médicaux, eux-mêmes, sont la troisième cause de décès après le cancer et les maladies cardiaques. On nous dit que tout peut être résolu en donnant beaucoup d’argent à des scientifiques afin qu’ils puissent découvrir une pilule qui pourra résoudre tous nos problèmes. Mais les compagnies pharmaceutiques et les sociétés contre le cancer comptent sur notre souffrance pour faire du profit. Nous pensons que nous sommes à la recherche de remèdes mais, dans les faits, nous nous éloignons de trouver la cause de nos maux. Notre corps est le produit de ce que nous consommons mais la nourriture que nous mangeons est conçue uniquement dans un but lucratif. Nous nous gavons de produits chimiques toxiques. Les corps des animaux sont infestés par les médicaments et les maladies. Mais nous ne voyons pas cela. Le petit groupe de sociétés qui possèdent les médias ne veut pas que nous le réalisions. On nous raconte des balivernes et on nous dit que c’est la réalité.
C’est amusant de penser que l’homme croyait que la Terre était le centre de l’univers. Mais aujourd’hui, nous nous considérons comme le centre de la planète. Nous regardons notre technologie et nous nous disons que nous sommes les plus intelligents. Mais les ordinateurs, les voitures, et les usines nous montrent-ils que nous sommes très intelligents ? Ou bien montrent-ils à quel point nous sommes devenus paresseux. Nous nous sommes cachés sous le masque de « civilisés ». Mais quand on nous arrache ce masque, que sommes-nous ?
Comme nous oublions facilement qu’il y a moins de cent ans que nous permettons aux femmes de voter, que nous permettons aux noirs de vivre comme nos égaux. Nous agissons comme si nous étions des êtres omniscients, mais il y a beaucoup que nous ne voyons pas. Nous marchons dans les rues en ignorant toutes les petites choses. Les yeux qui nous regardent. Les histoires qu’ils racontent. Tout cela n’est qu’un décor pour Moi.
Peut-être craignons-nous de ne pas être seuls, de n’être qu’une partie d’un bien plus grand dessein. Mais nous ne parvenons pas à faire le lien. Nous sommes d’accord de tuer les cochons, les vaches, les poules, les étrangers de pays éloignés. Mais pas nos voisins, pas nos chiens, nos chats, pas ceux que nous avons appris à aimer et à comprendre. Nous appelons les autres créatures stupides mais nous les désignons comme responsables de nos actions. Mais le fait de tuer simplement parce que nous pouvons le faire, parce que nous l’avons toujours fait, cela nous en donne-t-il le droit ? Ou cela montre-t-il le peu de choses que nous avons apprises ? Nous continuons à agir en suivant nos pulsions d’agression primitive plutôt que de privilégier la réflexion et la compassion.
Un jour, cette sensation que nous appelons la vie va nous quitter. Notre corps va pourrir, nos objets de valeur seront récupérés. Les actions d’hier seront tout ce qui restera. La mort nous entoure constamment et pourtant elle semble tellement éloignée de notre réalité quotidienne. Nous vivons dans un monde sur le point de s’effondrer. Il n’y aura pas de gagnants dans les guerres de demain car la violence ne sera jamais la réponse. Elle va détruire toutes les solutions possibles.
Si nous examinons nos désirs les plus profonds, nous voyons que nos rêves ne sont pas si différents. Nous partageons un objectif commun : le bonheur. Nous dévastons le monde à la recherche de la joie, sans jamais regarder en nous-mêmes. Beaucoup des personnes les plus heureuses sont celles qui possèdent le moins. Sommes-nous vraiment si heureux avec nos iPhones, nos grandes maisons, nos voitures pour frimer ?
Nous sommes devenus déconnectés. Nous idolâtrons des personnes que nous n’avons jamais rencontrées. Nous assistons à des choses extraordinaires sur les écrans mais, partout ailleurs, il n’y a que de l’ordinaire. Nous attendons que quelqu’un apporte du changement sans même envisager de nous changer nous-mêmes.
Les élections présidentielles pourraient aussi bien se jouer à pile ou face. Ce sont les deux faces d’une même pièce. Nous choisissons le visage que nous voulons et l’illusion du choix, du changement est ainsi créée. Mais le monde reste le même. Nous ne parvenons pas à réaliser que les politiciens ne nous servent pas ; ils servent ceux qui les ont financés pour arriver au pouvoir.
Nous avons besoin de leaders, pas des politiciens. Mais dans ce monde de suiveurs, nous avons oublié de nous diriger nous-mêmes. Cessez d’attendre le changement et soyez le changement que vous voulez voir advenir. Nous ne sommes pas arrivés au point où nous en sommes en restant assis sur notre cul. Le genre humain a survécu non pas parce que nous sommes les plus rapides ou les plus forts, mais parce que nous avons travaillé ensemble.
Nous avons maîtrisé l’acte de tuer. Maintenant, nous allons maîtriser la joie de vivre.
La question n’est pas de sauver la planète. La planète sera toujours là que nous y soyons encore ou pas. La Terre est là depuis des milliards d’années et chacun de nous aura la chance s’il vit quatre-vingts ans. Nous sommes un éclair dans le temps mais notre impact sera là pour toujours.
« J’ai souvent désiré vivre à une époque où les ordinateurs n’existaient pas encore, quand nous n’avions pas des écrans pour nous distraire. Mais je me rends compte qu’il y a une raison pour laquelle c’est maintenant que je veux être en vie. C’est parce qu’aujourd’hui, une opportunité nous est offerte que nous n’avions jamais eue auparavant. »
Internet nous donne le pouvoir de partager un message et d’unir des millions de personnes dans le monde.
« Tant que nous le pouvons encore, nous devons utiliser nos écrans pour nous rapprocher, plutôt que de nous éloigner les uns des autres. »
Pour le meilleur ou pour le pire, notre génération va déterminer l’avenir de la vie sur cette planète. Nous pouvons soit continuer à servir ce système de destruction jusqu’à ce qu’il ne reste aucune trace de notre existence. Ou nous pouvons nous réveiller, nous rendre compte que nous ne sommes pas en train d’évoluer vers le haut mais plutôt de tomber… nous avons juste ces écrans devant nos visages et nous ne voyons pas où nous nous dirigeons.
Le moment présent est celui où chaque pas, chaque respiration et chaque mort nous a conduits. Nous sommes les visages de tous ceux qui ont vécu avant nous. Et maintenant c’est notre tour. Vous pouvez choisir de tailler votre propre chemin ou suivre la route que d’innombrables autres ont déjà prise.
La vie n’est pas un film. Le scénario n’est pas encore écrit. Nous sommes les auteurs.
C’est votre histoire, leur histoire, notre histoire

 

*** Nous avions consacré un billet à ces deux « choses durables » ici :  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/22/deux-choses-eternelles/

 

Du « Hollande bashing » à la télévision iranienne : et si on allait au-delà du « voile » ?

« Et nous ne faisons pas comme Moïse, qui mettait un voile sur son visage, pour que les fils d’Israël ne fixassent pas les regards sur la fin de ce qui était passager.
Mais ils sont devenus durs d’entendement. Car jusqu’à ce jour le même voile demeure quand, ils font la lecture de l’Ancien Testament,
et il ne se lève pas, parce que c’est en Christ qu’il disparaît.
Jusqu’à ce jour, quand on lit Moïse, un voile est jeté sur leurs coeurs ;
mais lorsque les coeurs se convertissent au Seigneur, le voile est ôté.
Or, le Seigneur c’est l’Esprit ; et là où est l’Esprit du Seigneur, là est la liberté ».(2 Cor.3v13-17)

« Christine Boutin, voilée sur une chaîne iranienne » :
Christine Boutin et Jean-Claude Martinez se sont livrés mardi 12 novembre à une attaque en règle de François Hollande sur une chaîne d’information internationale iranienne diffusée en langue anglaise.
Dans l’émission, Christine Boutin apparaît voilée…

Et c’est tout. Tel est la brève très brève et très « neutre », datée du 22 novembre 2013(avec un lien vers une vidéo publiée sur le site du Figaro) que consacre le blog « actualités chrétiennes » à cet événement.
Une brève plutôt préoccupée par l’anecdote du voile, puisque l’on retrouve ce terme deux fois : une fois dans le titre et une fois dans le corps de la brève.

Cette histoire de "voile" : du vent !

Cette histoire de « voile » : du vent !

Mais, puisque l’on attend d’un journaliste qu’il explique, décrypte, et nous donne à comprendre, il aurait été plus pertinent d’expliquer ou de préciser que « La télévision iranienne exige que les femmes, qu’elles soient étrangères ou non, se drapent d’un voile pour respecter les bonnes mœurs ». Il s’agit là d’« un choix de cohérence » pour madame Boutin, « qui s’était opposée à la loi sur le voile et avait soutenu le choix d’une candidate NPA (extrême gauche) d’apparaître voilée », comme le rappelle le Huffingtonpost.
Mais il aurait été encore plus pertinent de se questionner quant à la pertinence de l’intervention de Mme Boutin sur Press TV, une chaîne de télévision, par ailleurs créée en 2007 sur le modèle de Russia Today, par l’État iranien et opérée par l’Islamic Republic of Iran Broadcasting(IRIB). Press TV s’était fait retirer sa licence par le Royaume-Uni en janvier 2012 pour manque d’indépendance éditoriale par rapport à Téhéran. « La chaîne satellitaire relaye à l’envie la propagande radicale du régime iranien, versant fréquemment dans le conspirationnisme à caractère antisémite. Press TV accuse ainsi régulièrement les Juifs d’avoir organisé les attentats du 11-Septembre, d’être derrière la crise financière ou, plus récemment, d’avoir commandité la tuerie de l’école de Sandy Hook. Elle accueille également sur son antenne plusieurs propagandistes négationnistes. Elle compte enfin au nombre de ses collaborateurs réguliers l’ancien député britannique Derek Conway, l’ex-maire de Londres Ken Livingston, le leader du Respect Party, George Galloway, ou encore l’islamologue suisse Tariq Ramadan ».

Car quitte à respecter les traditions, pourquoi ne pas respecter celle pourtant en usage pour les responsables politiques de ne pas critiquer leur pays lorsqu’ils sont à l’étranger ? « Qui plus est lorsque celui-ci est engagé dans un bras de fer international ? »

Car, précisons-le, le Président François Hollande, cible des attaques de Mme Boutin, est partisan d’une ligne dure dans les négociations sur le nucléaire iranien.
Aurait-t-elle fait(et de façon maladroite, de surcroit) « le jeu de la propagande iranienne », s’interroge BFMTV ?

D’ailleurs, il peut paraître curieux que la source d’information du blog ait été « Le Figaro » et non justement BFMTV, qui a pourtant été le premier à relayer l’événement….

Mais il est vrai que BFMTV a l’inconvénient d’apporter les précisions suivantes :

Que Jean-Claude Martinez, qui était aux côtés de Mme Boutin, ait été cadre du FN et que les deux se soient « associés cet été pour présenter des listes pro-famille(sous le label « Force vie »)aux élections européennes de juin 2014″.

Mais de tout cela, on ne le lira pas sur le blog d' »actualités chrétiennes ».

Mais cette emphase(révélatrice)mise sur le « voile de Mme Boutin » contribuerait-il justement à couvrir pudiquement ce qui aurait été utile et nécessaire de soulever ? Car, après tout, le rôle du journaliste n’est-il pas d’informer et non de faire diversion(ou de divertir ?) ?
Du coup, pour répondre à une exigence d’éthique journalistique qui ne serait pas en toc, nous pourrions paraphraser le passage de 2 Corinthiens 3 en en-tête de cet article comme suit :
« Jusqu’à ce jour, quand on lit l’actualité avec certaines lunettes, un voile est jeté sur l’entendement….et jusqu’à ce jour le même voile demeure
quand on lit l’actualité avec certaines lunettes…
Mais lorsque l’on recherche réellement et ardemment la vérité(ou si l’on s’attache à la vérité) et non confirmation, le voile (peut être) ôté ».

« La vérité est en Jésus », nous dit encore l’Ecriture(Eph.4v21). Jésus, qui est « le chemin, la vérité et la vie »(Jean 14v6)

A lire et à voir :

« A la télé iranienne, l’offensive musclée et voilée de Boutin contre Hollande », avec une vidéo. Le 21/11/2013 à 17:31. Info mise à jour le 21/11/2013 à 18:03

Et ce compte-rendu ici.

« Foireux liens »

Qui ne connaît pas la foire aux liens* ?
Ou le top du top des meilleurs/plus intéressants(ou tout simplement les plus amusants/insolites) sites internet de la semaine ou du mois ?

Exercice presque obligé (mais on n’est pas obligé) de tout blogueur qui se respecte, il a l’avantage d’exhumer ici ou là une pépite au milieu des scories.

Mais sur quels critères faire la promotion de tel ou tel site ? Car qu’est-ce que « les meilleurs sites » ? Les « plus intéressants » ou « dignes d’intérêt » ? Par rapport à quoi ?
« Pertinence ou popularité ? »  SVP, que choisir ? Là est la question…

…. et « question » liens, voici la petite sélection de Pep’s Café !
Essentiellement des sites d’informations(avec des blogues chrétiens) qui nous paraissent remarquables pour les raisons que chacun discernera sans doute :

1) Le Gorafi : « depuis 1826, toute l’information de sources contradictoires »**, lit-on en sous-titre.
Le Gorafi est né sur Twitter en février 2012, pendant la campagne présidentielle. Il apparaît sous la forme d’un blogue en mai avant un sérieux relookage en septembre de la même année.

« Au hasard », par exemple :

http://www.legorafi.fr/2013/03/20/toulouse-il-se-fait-abattre-de-46-balles-dans-le-corps-pour-avoir-demande-un-pain-au-chocolat/ ***

http://www.legorafi.fr/2013/10/15/lutte-contre-le-fn-francois-hollande-pourrait-creer-la-surprise-en-proposant-dappliquer-son-programme-electoral/

http://www.legorafi.fr/2013/10/01/pole-emploi-un-autre-bug-aurait-permis-a-des-demandeurs-demploi-de-trouver-du-travail/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/76-des-conseillers-dorientation-affirment-avoir-ete-eux-memes-mal-orientes/

http://www.legorafi.fr/2013/06/10/fort-boyard-un-candidat-oublie-dans-la-cellule-dune-epreuve-retrouve-7-ans-plus-tard/

http://www.legorafi.fr/2012/09/03/trop-souriant-dans-le-metro-il-finit-en-garde-a-vue/

http://www.legorafi.fr/2013/10/14/lump-accuse-la-gauche-de-se-servir-du-desastre-de-la-primaire-de-marseille-pour-masquer-lechec-de-brignoles/

Ce vrai site « d’infaux » **** parodie les sites d’ « infos », en diffusant des scoops bidons-limite racoleurs-avec l’air de ne pas y toucher : multiples rubriques, austère apparence, ton et titres informatifs qui plaisent à Google…Toute ressemblance avec de « véritables » médias en ligne(« pure player », webzines…)n’est pas forcément une pure coïncidence…d’autant plus que certaines « infaux » sont parfois jugées crédibles au point d’être reprises telles quelles par la presse traditionnelle*****.

Car malheur au lecteur ou même au journaliste trop pressé/paresseux/lisant en diagonale ou croyant avoir trouvé le scoop : il court le risque d’être pris au piège !

Pour écrire leurs articles, les journalistes du Gorafi se mettent « dans la tête d’un journaliste stupide qui ne comprend pas ce dont il parle et qui s’adresse à des gens stupides ». Avec une exigence d’écriture : « Il faut que ça ressemble à un article avec les codes que l’on retrouve dans la presse française. Tous les petits détails sur lesquels le spectateur va se focaliser. »

Ingénieux, mais il fallait y penser ! De nature à faire réfléchir à la « fabrique de l’information » et, surtout,  à la tendance à relayer tout et n’importe quoi.
Plus que satirique, il nous paraît d’ailleurs plutôt « ironique », puisque « La satire s’affiche comme une force d’opposition, un discours critique sur le pouvoir. L’ironie, elle, est un trompe-l’œil, dont le plaisir est de se faire passer pour vraie pendant un certain laps de temps. C’est une construction du discours qui, à la différence des autres formes de dissimulation (mensonge, hypocrisie, flatterie), ne vaut que si elle est démasquée. Mais encore faut-il qu’elle le soit, démasquée ».

Le Gorafi serait-il l’exemple même d’un « engagement par l’ironie », forçant les lecteurs à se positionner sur ce qu’ils entendent ?****** « Faire prendre conscience des paroles dites, apprendre à réécouter les discours établis, faire douter : par le décalage, l’ironie redonne du sens aux mots employés par les politiciens ». C’est par l’ironie que l’on « (teste) la capacité de révolte d’un auditoire. »
Car comme le dit si bien lui-même Le Gorafi, qui renvoie d’ailleurs à la responsabilité du lecteur : «C’est aux gens de faire un travail pour avoir du recul, pour vérifier leurs informations. »

2) Basta mag : « site d’information indépendant sur l’actualité sociale et environnementale. Constitué d’une équipe de journalistes et de militants associatifs, Basta ! contribue à donner une visibilité aux enjeux écologiques, aux actions citoyennes, aux revendications sociales, aux mouvements de solidarité et aux alternatives mises en œuvre. Le site est édité depuis décembre 2008 par l’association Alter-médias ».
Basta !, comme l’explique les auteurs, « est d’abord un appel(…) face (aux différentes crises)en Europe et dans le monde : crise économique, crise environnementale, crise de la démocratie, crise sociale,… un appel qui suscite une résistance. (…) qui doit se traduire par un engagement en faveur d’une autre société….. »
L’équipe de journalistes de Basta ! se veut « engagée », de convictions, consciente de (devoir) « jouer un rôle. Pas un rôle de simple relais ou de rigide organe de presse, sûr de sa vérité, mais un rôle d’information, d’explication et d’interrogation ».
Sont ainsi privilégiés la diversité des sources – expertises d’ONG, « lanceurs d’alerte », chercheurs et universitaires, élus, représentants syndicaux, acteurs des mouvements sociaux, collectifs citoyens, journalistes indépendants, militants associatifs, réseaux de partenaires dans les pays du Sud… –ainsi que l’enquête journalistique, les reportages sur le terrain et les témoignages« Décryptages et ressources documentaires doivent accompagner la lecture d’un événement pour le mettre en perspective, offrir aux lecteurs des débouchés concrets à une prise de conscience (pistes d’alternatives, présentation d’initiatives, contacts d’associations…) et ne pas tomber dans l’analyse catastrophiste ou l’indignation stérile ».

« Au hasard », par exemple :
Des millions de réfugiés climatiques attendent un statut (15 juillet 2013)

Paradoxe : les êtres humains, dont les Français, n’ont jamais été aussi riches !(16 octobre 2013)
A Toulouse, un autre internet, solidaire et non-commercial, c’est possible ! (15 octobre 2013)
Délinquance : « Depuis dix ans, la frénésie sécuritaire est globalement inefficace » (7 octobre 2013)

Bref, un champ à occuper pour les protestants évangéliques. A ma connaissance, en dehors de « Réforme » et de « Christianisme aujourd’hui », pour la presse papier, et peut-être « Christnet », il n’existe rien d’équivalent(francophone, du moins) en ligne au Gorafi ou à Basta.
Deux sites chrétiens :

3)Ecbatane : « en chemin vers Ecbatane », soit « vers ton futur conjoint ou ta douce moitié… »

4)Génération Hillsong Nutella : Tu t’inquiètes et tu t’agites pour beaucoup de choses, mais une seule est vraiment nécessaire.
Deux blogues chrétiens(nous nous suivons respectivement)très différents(Hillsong est évangélique, Ecbatane catholique), mais avec un point commun : leur mystère, leur originalité, leur fraicheur, leur humour, leur sympathie, la qualité de la forme alliée à la qualité de contenu et, surtout, surtout, surtout, leur générosité : tous deux ne « cherchent rien » de particulier-en tout cas, pas le « buzz » ou la polémique-à part partager ce qu’ils ont reçu. Soit l’essentiel : Christ et l’amour de Christ. Bref, des blogues généreux, tout simplement et qui allient la qualité du fond à la qualité de la forme-c’est suffisamment rare pour être signalé. Et c’est ce qui les rend édifiants et conformes à l’esprit « évangélique ».
« Au hasard », par exemple :

La tarte au citron vert meringué et les licornes******* pour Ecbatane,

Un petit schéma, et un test(« quel veilleur êtes-vous ? ») pour Génération Hillsong Nutella, dont l’explication du nom du blogue se découvre ici !

Et le dernier pour la route :

5) « 10 conseils pour payer son carburant moins cher »[super !*]

Par Seb Musset, bloggueur qui se présente comme quelqu’un qui « Filme, écrit, blogue. N’appartient à aucun parti, organisation politique ou site reprenant les textes des blogueurs sans les rémunérer. Ce blog est la continuité de (ses) livres, ou l’inverse, et n’existe qu’avec (notre) soutien et (nos) commentaires… »

 

 

Notes :
* « La foire aux liens », que nous avons gentiment parodiée dans le titre du présent billet en « foireux liens », est une rubrique de « Notre église point com », un édifiant blogue ressource chrétien(nous nous suivons respectivement) « pour étrangers et voyageurs » à fréquenter. Son fondateur et animateur principal aime les livres et le sous-titre de son blogue me parle : j’aurai aimé l’inventer !(Le sous-titre, pas le blogue).

Mais si nos liens ne sont pas « foireux », nos jeux de mots le sont…

** Deux indices sont soumis à la sagacité des lecteurs dans cette présentation : sauriez-vous les retrouver ? A propos du Gorafi, lire « about » ce site.

*** Un article 1)qui a été tellement pris au sérieux que certains médias se sont faits l’écho d’une montée irrépressible de la délinquance dans la ville rose…et 2)qui a tellement circulé que le site serait passé à 984 000 visiteurs uniques en mars, selon les chiffres Google Analytics. Depuis sa publication le 20 mars 2013, l ‘article en question compterait à lui seul 824 000 pages vues. (http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php)

**** Une expression piquée à Rue 89.

***** Exemples :  http://www.lesinrocks.com/2013/06/11/actualite/le-gorafi-le-faux-site-dinfo-qui-cartonne-11400828/ ; http://www.20minutes.fr/medias/1104741-sites-parodiques-comme-garofi-sont-ils-si-inoffensifs ; http://www.telerama.fr/medias/le-gorafi-site-d-info-potache-parfois-pris-au-s-rieux,96091.php

****** Voir https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/10/04/inculture-au-poing-le-dico-de-peps-cafe/ (Entrée « ironie »)

******* Les licornes, ça existe ! Nous y croyons aussi sur Pep’s Café ! puisque nous en avons rencontrée au moins une ! 😉