Contagion (de l’info et du virus) : l’intelligence des gestes barrières

Face à la « contagion » (du virus, mais aussi de l’info), l’intelligence… Source image : affiche du film de Steven Soderbergh (2011)

Avez-vous déjà vu « contagion » ? Ce film catastrophe au réalisme quasi-documentaire de Steven Soderbergh (2011, soit neuf ans après l’épidémie de SRAS et deux ans après celle du H1N1), avec Laurence Fishburne, Kate Winslet, Jude Law, Marion Cotillard, Matt Damon, Gwyneth Paltrow et bien d’autres, a connu un regain d’intérêt auprès du public en 2020 pour une raison bien compréhensible : dotée d’un bon scénario (sur les conseils d’un épidémiologiste de renom, Larry Brillant), cette production hollywoodienne suit en effet la progression d’un mystérieux virus mortel, le MEV-1, qui tue en quelques jours. Cela vous rappelle quelque chose ? A notre ère du pas encore post-Covid, « Contagion », en film factuel et peu enclin à l’emphase ou au spectaculaire, s’avère pertinent dans sa mise en scène de la propagation de l’information, autant que d’un virus(1).

De quoi ça parle ? 

Beth Emhoff, une femme d’affaires (Gwyneth Paltrow), retrouve son mari, Mitch (Matt Damon) et leur fils Clark chez elle, à Minneapolis, après un séjour à Hongkong. Malheureusement, elle revient de son voyage pâle et fiévreuse, et apparemment contagieuse puisque Clark montre déjà des symptômes lui-aussi. Mitch s’inquiète et il a raison : Beth n’a pas une grippette. Elle est en réalité victime d’une attaque virale fulgurante et meurt quarante-huit heures plus tard aux urgences. Quand Mitch rentre chez lui, il est déjà trop tard : Clark est mort aussi. Mitch est aussitôt mis en quarantaine puis relâché car il semble immunisé.

Très vite, l’épidémie prend de l’ampleur. Des cas similaires se développent aux Etats-Unis, avec les mêmes symptômes : une toux convulsive accompagnée de fièvre, puis des crises en rafale, une hémorragie ­cérébrale, et la mort. La maladie se répand sur tous les continents, provoquant plusieurs centaines de millions de morts.

Le département de la Sécurité Intérieure rencontre le docteur Ellis Cheever (Laurence Fishburne) pour savoir s’il s’agit d’une attaque bio-terroriste. L’épidémiologiste Erin Mears (Kate Winslet) est dépêchée sur place pour retrouver le « patient zéro » et mieux comprendre l’origine de ce virus mystérieux. Elle explique comment une telle épidémie a pu se répandre à une telle vitesse [« Un individu se touche le visage deux à trois mille fois par jour. Soit trois à cinq fois par minute. Il faut ajouter à cela le contact avec les poignées de portes, les fontaines à eau, les boutons d’ascenseur et les gens que nous croisons. »]….avant de contracter le virus à son tour.

Un bloggeur, Alan Krumwiede (Jude Law), se met alors à parler de théorie du complot, publiant les images d’une des premières victimes du virus sur son site web, avant de s’autoproclamer « voix du peuple » et pourfendeur du « Big pharma ». Il se prétend guéri grâce à un « remède miracle »,  le Forsythia – un traitement homéopathique – déclenchant au passage des mouvements de foules dans les pharmacies.

Moralité : « Face à la contagion, l’intelligence des gestes barrières ».

Le virus est mondial et ne saurait s’arrêter aux frontières, comme certains le pensaient pour le nuage de Tchernobyl (1987). Sa propagation, extrêmement rapide, est favorisée par l’interconnexion des réseaux commerciaux et touristiques. C’est le prix à payer d’une société mondialisée (manger des fraises « quand on veut », y compris en hiver ; passer une commande en un clic et être livré le lendemain……) mais aussi d’un monde privé de vie privée, où l’intimité est sacrifiée face aux déluges médiatiques (2).

[Attention, « divulgâchage », comme on dit : A la fin du film, le voile est levé sur l’origine exacte du virus : une chauve-souris, chassée de son habitat naturel par la déforestation (la faute à l’entreprise employant Beth Emhoff !), contamine un fruit mangé par un cochon qui sera manipulé, à mains nues, par un cuisinier hongkongais, pour finir dans l’assiette de Beth Emhoff….]

Enfin, la « contagion » est aussi celle du « buzz », lequel naît de la bêtise, ou de l’inconscience : bêtise (ou inconscience) d’Alan Krumwiede, qui fait le buzz avec son « remède miracle » [D’aucun verront une troublante coïncidence entre ce personnage de blogueur et l’infectiologue français Didier Raoult, qui joue aujourd’hui ce rôle de dissident en promulguant la chloroquine, jugée inefficace contre le Covid-19 (3)]. Bêtise des porteurs du virus qui, dans le film, semblent ignorer le principe même des gestes barrière, les uns toussant sans retenue au nez de leurs proches et les autres se côtoyant sans protection particulière. Parmi eux, Beth Emhoff, qui fait l’erreur de s’arrêter à Chicago pour tromper son mari et facilite ainsi la propagation du virus ; Erin Mears, qui comprend trop tard qu’elle n’est pas immunisée contre le virus de par son statut d’épidémiologiste…

On retiendra que, pour ne pas infecter les autres, il est possible de faire preuve d’intelligence. C’est à dire 1)de porter un masque quand c’est nécessaire, même si c’est contraignant [Et de comprendre qu’il n’est pas nécessaire d’attendre les règles du préfet ou du gouvernement pour savoir si nous devons mettre un masque et prendre les distanciations sociales. Nous respectons les consignes sanitaires en tant qu’individus majeurs, responsables et vaccinés(sic), conscients que « porter le masque protège les autres » et sans craindre « une atteinte à nos libertés »] ; 2)de se laver les mains régulièrement ; et, surtout 3) en évitant de se faire le relais de tout et n’importe quoi(4). Ce qui implique de prendre la décision d’en finir avec le réflexe de repartager des idées/informations toxiques (surtout celles non vérifiées et/ou lues « en diagonales »), et de pas (plus) s’y exposer.

L’intelligence (mais aussi l’humilité – face à l’orgueil de vouloir ou de croire « tout savoir », « tout contrôler » – et l’amour) reste donc le seul rempart contre la bêtise et notre seul vaccin contre le buzz. Il faut donc garder les yeux ouverts (faire preuve de discernement et de sobre bon sens), tout en « faisant un pacte avec nos yeux » (cf Job 31v1), s’abstenant de regarder, quitte à « arracher et à jeter loin de soi son œil droit », si celui-ci est pour nous « une occasion de chute » (Matt.5v29).  « L’oeil est la lampe du corps. Si ton oeil est en bon état, tout ton corps sera éclairé », dit Jésus (Matt.6v22).

Alors, pour 2021, « on arrête les bêtises » ?
Bande annonce du film : 
 
 
Notes : 
(1) Inspis pour le présent article : des analyses dans Critikat et le mag du ciné, ainsi qu’une explication du film.
(3) D’autant plus que ledit Didier Raoult admet en partie que l’hydroxychloroquine ne fonctionne pas….
(4) Ne pas relayer tout ou n’importe quoi, car les « infox » et autres théories du complot propagées sur Internet ont une influence sur les politiques de santé. Une étude a été menée dès 2009, lors de l’apparition de la grippe A (H1N1) : « quels effets pouvaient avoir les théories néoconspirationnistes, » démontrant « qu’il y avait bien un lien entre l’adhésion à une vision conspirationniste en matière de santé et un moindre recours aux pratiques de prévention recommandées par les pouvoirs publics.
De même, répandre des théories conspirationnistes sur la fraude électorale créé les conditions de violence politique, et plus particulièrement de la violence liée aux élections, comme cela a été le cas aux États-Unis, avec l’affaire des émeutiers du capitole.Des recherches universitaires ont montré que des discours politiques complotistes alimentent le risque de violences électorales. Les enjeux des élections sont très élevés, puisque c’est à cette occasion que se réalise le transfert du pouvoir politique. Lorsque des représentants du gouvernement rabaissent et discréditent les institutions démocratiques alors qu’un conflit politique est en cours, des élections contestées peuvent déclencher des violences commises par des foules en colère. [de même que lorsqu’on rabaisse et discrédite les institutions judiciaires, alors qu’un procès est en cours]

Pour un témoignage « chrétien », pas « crétin »

« Evangelicals explaining to the church martyrs how getting banned from social media for inciting violence is a violation of religious liberty and also persecution » (publié le 11/01 sur le compte twitter de « Not Permanently Banned Josh »). Source image : Mel Gibson assis aux côtés de Jim Caviezel, tous deux respectivement réalisateur et interprète principal du film « la passion du Christ » (2004)

Christianity Today, le principal périodique évangélique américain, s’interroge en ces termes : « Si les chrétiens diffusent des théories complotistes au sujet des élections [mais aussi, peut-on rajouter, du covid-19 – « qui ferait moins de morts » qu’une « grippette » – des vaccins ou des masques….], quelle crédibilité ont-ils lorsqu’ils annoncent la Bonne Nouvelle d’un Sauveur ressuscité? » [« If Christians are broadcasting conspiracy theories about elections, what credibility do we have when telling the world of the Good News of a resurrected Savior? »]

Pour ceux qui lisent l’anglais, c’est ici.

 

En parallèle, et en français, à lire, cet entretien inédit avec Stanley Hauerwas, accordé à l’équipe de l’hebdomaire Réforme.

Né en 1940 à Dallas, aux États-Unis, le méthodiste Stanley Hauerwas est l’un des grands théologiens protestants contemporains. Auteur prolifique, il a notamment consacré de nombreux travaux aux questions d’éthique. Peu de ses ouvrages ont été traduits en français, tels Etrangers dans la cité, co-écrit avec William H. Willimon (Cerf, 2016) et L’Amérique, Dieu et la guerre (Bayard culture, 2018). Dans cet entretien donné à Réforme à la fin de l’année 2020, il dresse un bilan sans concession des défis auxquels son pays est confronté, et expose ce qu’être chrétien signifie aujourd’hui dans un monde marqué par la pandémie. Ce constat du théologien, spécifique aux USA, où la Nation a remplacé la Réforme comme référence chez beaucoup de protestants américains, est-il généralisable ailleurs, par exemple dans notre beau pays ?

Extraits :

Quel est votre regard sur la situation inédite qu’ont traversée les États-Unis lors de la dernière élection présidentielle ?

Nous avons connu une crise constitutionnelle d’une extrême gravité. Comme toute démocratie digne de ce nom, la démocratie américaine repose sur l’État de droit, et l’État de droit a tant été malmené par Donald Trump que je crains qu’il ne soit difficile de s’en remettre. Le rôle qu’ont joué les chrétiens, tout au long du mandat de Trump, a été profondément ambigu. En le soutenant sans ambages, la droite religieuse et plus particulièrement les évangéliques se sont discrédités, au point que nous risquons d’assister je pense à la fin du témoignage évangélique aux États-Unis. Le problème, avec les évangéliques américains, est qu’ils sont américains avant d’être chrétiens, et on l’a vu de façon très nette dans leur soutien sans faille au président. Dans les années 1990, ces mêmes évangéliques tenaient un discours extrêmement critique à l’endroit de Bill Clinton, le président d’alors. C’était d’ailleurs justifié à bien des égards. Pourquoi n’ont-ils pas maintenu cette exigence avec Donald Trump ? Pourquoi ont-ils fermé les yeux sur chacune de ses frasques ? Voilà ce dont je parle quand j’emploie le mot « ambigu ».

(….)

Quelles devraient être les priorités pour l’Église aujourd’hui ?

C’est une bien vaste question, mais si je devais choisir un élément de réponse, je parlerais du commandement nous enjoignant à ne pas mentir. Car si mettre en œuvre la non-violence est chose exigeante pour le chrétien, parvenir à rester honnête et fidèle toute notre vie à une même personne n’a rien d’une évidence. (….) Maintenir, tout au long de notre vie, des relations honnêtes, sincères, est un grand défi pour les chrétiens.

(….)

Quel serait votre conseil pour les Églises chrétiennes, alors que le christianisme est en déclin aux États-Unis ?

Mon conseil serait le suivant : cessons de nous lamenter sur la perte d’influence politique et sociale des Églises, prenons cela comme la façon qu’a choisie Dieu de rendre à l’Église sa liberté. Et sur un plan plus individuel, demandons-nous chaque jour comment vivre de manière à ce que le témoignage d’un sauveur mort sur la Croix puis ressuscité détermine le caractère même de nos vies. Je vois cela comme un don, un don que nous devrions célébrer dans un monde qui ne croit plus qu’il est béni.

L’essentiel de l’entretien à lire ici.

 

 

Pep’s café a 8 ans !

Et de 8 ! « Happy birthday », Pep’s café! (Source image : rawpixel)

Chers lecteurs, Je vous souhaite d’entrer dans l’année 2021 dans l’espérance et la confiance renouvelées en Celui qui ne déçoit jamais, « fait toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5 et 2 Cor.5v17) et dont la volonté est que « tous les hommes soient sauvés et parviennent à la connaissance de la vérité » (1 Tim.2v3-4).

Puissiez-vous marcher comme des « enfants de lumière », manifestant « le fruit de la lumière », lequel s’appelle « bonté, justice et vérité »(Eph.5v8-9).
Recevez de Notre Seigneur Jésus (= « Dieu sauve » et « Dieu élargit »), lequel est « le même » notamment « aujourd’hui », la guérison en Son Nom, et premièrement, la guérison de la confiance malade ou blessée !

Sinon, Pep’s café! le blogue souffle ses 8 bougies ce 09 janvier. Huit ans que ce blogue chrétien vous invite, depuis le 09 janvier 2013, à l’heure du café (pour d’autres, ce sera du thé) du matin ou de l’après-midi, à la lecture, la méditation, l’étude et au partage de la Bible, dans un but d’encouragement et d’édification ; et plus largement, à écouter, discerner, réfléchir, comprendre, croire, recevoir, s’ouvrir, discuter, se laisser surprendre…

La vision du blogue reste toujours de casser les cloisonnements habituels entre les sujets, en donnant au lecteur un aperçu de choses qu’il ne soupçonne pas. Et surtout, en l’invitant à découvrir que Dieu est concerné par toutes les réalités de la vie et qu’il n’y a pas de domaine où Jésus-Christ ne régnerait pas.
J’espère que ce but est atteint. Et si c’est le cas, n’hésitez pas à exprimer au pied du présent article ce que ce blogue vous apporte régulièrement, au point d’y être fidèle, et en quoi il a pu vous encourager et vous édifier en 2020.
Dans tous les cas, ce blogue n’aurait pas de sens sans vous, lectrices et lecteurs fidèles : merci à vous, pour vos lectures attentives et bienveillantes, vos « likes », vos commentaires pertinents et constructifs (certains inspirant des articles), comme pour vos relais de nos articles que vous avez estimé être les plus édifiants ! Merci, notamment, à Eric, Etienne, Alain, Anthon, Yannick, David M – dont l’amitié est précieuse et compte plus que l’issue de discussions !

Enfin, 2020 a également été une excellente année, à ce jour la meilleure, toutes années confondues, pour le blogue, en matière de visites et de visiteurs, mais aussi en augmentation d’abonnés. Merci à tous ceux qui ont découvert le blogue d’une manière ou d’une autre, qui l’ont fait découvert à d’autres, qui y sont revenus et restés !

Merci également aux contributeurs occasionnels ou réguliers du blogue, qui nous ont apporté des articles particulièrement enrichissants en 2020 :

La vingtaine de contributrices et contributeurs, qui ont accepté de relever joyeusement le défi biblique de l’été 2020 ;
Etienne et Joseph, pour leurs contributions à cet éternel sujet : « comment, pour le chrétien, jouer (et pas qu’aux jeux vidéos) pour la gloire de Dieu ? » ;
Etienne, encore, pour nos échanges suite à mon article « gérer une gueule de bois post-électorale », nous inspirant réciproquement d’autres articles. D’autres échanges sur la page FB du blogue « Par la foi » m’ont inspiré cet autre article sur la question des migrants : celle-ci concernerait-t-elle « davantage le citoyen que le chrétien, le magistrat plutôt que le pasteur ? »
Josiane (et Joseph, encore), pour m’avoir permis de relayer leur compte-rendu d’atelier « ce que l’Eglise peut apporter à la génération Z », lors du séminaire « Une Eglise qui croît » ;
Franck Meyer et le CPDH, pour le relai sur leur site de mon article « Vivre, penser (et éduquer) à la liberté : oui, mais laquelle ? »
Alain Ledain, pour son relai sur la page facebook d' »Ethique sociale chrétienne », de mon article autour de la vie privée, inspiré par « l’affaire Mila » ;
Gilles Boucomont, pour son relai sur son compte twitter de mon article consacré aux origines du capitalisme ;
Pierre-Louis, pour sa réflexion sur « la bonne » et « la mauvaise foi » ;
L’auteure de ce témoignage d’un « Noël habité » ;
David M et le blogue collectif « Plumes chrétiennes », pour le relai des articles consacrés à la fiction littéraire (chrétienne ou non), contribuant ainsi à faire connaître Pep’s café! le blogue.
………

Merci également à mon ami Louis-Michel pour son soutien et ses encouragements.

Et surtout, merci à « La Pep’sette », ma moitié, qui reste ma meilleure source d’encouragement et d’inspiration, après le Seigneur – à Lui Seul la Gloire !

Parmi les articles publiés en 2020, les plus lus/les plus téléchargés : 

Ce compte-rendu de l’intervention de la chercheuse danay boyd au sujet de l’éducation aux médias

Ces plans de lecture de la Bible : l’Ancien et le Nouveau Testament

« 20 livres que tout chrétien devrait avoir lu »

« L’aveugle et le boiteux n’enteront pas dans la maison » (l’un de mes premiers articles, paru en novembre 2013)

Vous pouvez (re)lire :

(Prochain billet vendredi prochain)

Cette guerre est une guerre d’information

« La Guerre est déclarée ». Il s’agit d’une guerre d’information qui se tient contre une incroyable puissance de désinformation de la part de celui que Jésus appelle « le père du mensonge »
(« La Guerre est déclarée » : affiche du film-2011- de Valérie Donzelli)

Vingt ans après la seconde guerre mondiale, des soldats japonais ont été retrouvés dans les forêts des Philippines et d’Indonésie, qui n’étaient pas informés que la guerre était terminée et que leur camp avait perdu. Pendant toutes ces années, ils avaient vécu comme en temps de guerre, et ce fut très difficile pour eux d’accepter qu’ils s’étaient en quelque sorte laissé berner par leur propre zèle, à défaut d’avoir la bonne information. Ces 20 ans furent perdus pour eux(1).

Plus proche de nous : presque deux mois après la présidentielle américaine, Donald Trump refuse toujours de concéder sa défaite. A trois semaines de l’investiture de Joe Biden, le milliardaire continue de clamer qu’il a été victime d’une fraude électorale, même si la quasi-totalité de la cinquantaine de recours qu’il a engagés (dont deux devant la Cour suprême) ont été rejetés par la justice ou abandonnés. Alors que le Congrès doit avaliser la victoire de Biden le 6 janvier, le républicain s’accroche encore à un improbable retournement de situation au Capitole. Et il a appellé ses supporters à manifester ce jour-là à Washington pour accentuer la pression. Ces derniers ont d’ailleurs envahi le capitole où le congrès débattait de la certification de l’élection de Joe Biden (aujourd’hui confirmée), avec les dérapages que l’on sait. Selon Gallup, Trump recueille en décembre 87% d’approbation parmi les électeurs républicains, un chiffre toutefois en baisse par rapport à octobre (95%). Un autre sondage, réalisé mi-décembre par CBS News, montre que ses partisans le soutiennent dans sa cabale contre Joe Biden. 82% d’entre eux ne considèrent pas le démocrate comme légitime et 75% jugent que les républicains au Congrès devraient faire tout leur possible pour maintenir Donald Trump au pouvoir. 85% estiment enfin qu’il « dispose de preuves solides » quant aux fraudes qu’il dénonce. (2).

Et ce, alors que plusieurs autorités électorales américaines ont indiqué jeudi 12 novembre dans un communiqué commun, plus d’une semaine après la présidentielle, n’avoir trouvé « aucune preuve » de bulletins perdus ou modifiés, ou de systèmes de vote piratés.  « L’élection du 3 novembre a été la plus sûre de l’histoire des États-Unis », ont affirmé ces autorités locales et nationales en charge de la sécurité du scrutin – l’agence de cybersécurité et de sécurité des infrastructures (CISA), qui dépend du ministère de la sécurité intérieure [l’administration même du Président !], ainsi que le Conseil de coordination de l’infrastructure électorale et les Comités exécutifs de coordination de l’infrastructure électorale.  « Il n’existe aucune preuve d’un système de vote ayant effacé, perdu ou changé des bulletins, ou ayant été piraté de quelque façon que ce soit », soulignent-elles dans leur communiqué.  « Bien que nous sachions que notre processus électoral fasse l’objet de nombreuses affirmations sans fondement et de campagnes de désinformation, nous pouvons vous assurer que nous avons une confiance absolue dans la sécurité et l’intégrité de nos élections », insistent-elles (3).

Sur un plan spirituel, nous sommes aujourd’hui dans une guerre d’information de ce type. La victoire de Christ a été obtenue. La reddition de Satan est assurée. L’ennemi a été vaincu et ses soldats ont eu l’obligation de déposer les armes. C’est un état de fait, depuis maintenant 2000 ans ! Mais les gens ne sont pas (ou sont mal) informés et ils perdent des années de leur vie à lutter contre un ennemi déjà vaincu.

Comme dans toute reddition, des poches de résistance se forment avec des soldats ennemis qui refusent de se rendre, continuant de se battre, ne sachant pas qu’ils peuvent s’arrêter, ni qu’ils doivent même arrêter. Leur guerre n’a plus rien de légitime, dans la mesure où leurs autorités se sont rendues [c’est encore plus compliqué quand ce sont lesdites autorités qui refusent de se rendre et de reconnaître leur défaite], et pourtant ils tentent le baroud d’honneur. Ils n’en ont pas le droit mais ils le font quand même, par la simple ignorance de la réalité de la situation de celui qu’ils servent (cf Jean 12v31-32).

Tout le bluff spirituel de Satan aujourd’hui tient à cette guerre d’information. Beaucoup de chrétiens font comme si le diable n’avait pas perdu, comme s’il avait le droit de nous dominer et comme s’il était encore le prince régnant de ce monde. Ils sont responsables d’informer le monde entier de la victoire du Christ, étant équipés pour (cf Actes 1v8) mais ne la vivent pas eux-mêmes ! Ils se font prendre eux-mêmes au mensonge qu’ils dénoncent.

La guerre d’information nous conduit sur trois champs d’action au moins, avec des destinataires bien différents : les chrétiens, les non-chrétiens et les puissances des ténèbres.

« Piqué » sur le compte twitter du Pasteur Gilles Boucomont (19/12/18)

Aux chrétiens, nous avons à rappeler par l’encouragement, l’enseignement et la prédication, qu’ils sont vainqueurs avec Christ et qu’il est hors de question d’être dans le monde comme si Dieu n’en était pas le créateur, comme il est inimaginable d’être dans la vie comme si Jésus n’était pas ressuscité, et impensable d’être dans le combat de chaque jour comme si une puissance d’en haut (le Saint-Esprit) ne nous avait pas été donnée par Dieu le Père.

Aux non-chrétiens, « la guerre d’information » consiste tout simplement à leur annoncer l’Evangile, qui n’est pas « un conseil » (4) ou « une opinion », mais un fait, une grande nouvelle, et même « la meilleure des nouvelles » qui appelle une réponse immédiate (5). Cette nouvelle que nous annonçons est une parole de vie et une parole aussi puissante qu’une prédication, dans la mesure où elle aura manifesté ce que Dieu aura fait pour nous, dans notre vie personnelle (cf Rom.1v16 et 1 Cor.4v20)

Aux puissances des ténèbres, enfin, il s’agit de rappeler, lors de nos cultes et au travers de notre piété, mais aussi de notre vie, nos actions, nos décisions, nos pensées, notre libération et celle de nos frères et soeurs, qu’elles ont bel et bien perdu la bataille et qu’un seul est le Roi des rois et le Seigneur des seigneurs (Apoc.19v16) : Jésus-Christ, Lui-même étant aussi « le chemin, la vérité et la vie » (Jean 14v6).

Dans une telle guerre, notre mission, si nous l’acceptons, est d’être son témoin fidèle et véritable.

L’enjeu est grand, car cette guerre d’information se tient contre une incroyable puissance de désinformation de la part de celui que Jésus appelle « le père du mensonge » (Jean 8v44). Ce dernier tente de nous impressionner par du spectaculaire, en faisant le show, comme il tente de nous faire croire que le Roi des rois lui aurait rétrocédé ses droits, alors qu’il n’est pas sans ignorer sa propre défaite et la destitution qui a déjà eu lieu : lui, « le prince de ce monde », sera en effet « jeté dehors » (Jean 12v31) !

 

D’après « Au Nom de Jésus : mener le bon combat », de Gilles Boucomont. Ed. Première Partie, 2011, pp 265-269.

 

 

 

Notes :

(1) Au total, cent vingt-sept soldats japonais restants, aussi appelés straggler (« traînards ») en anglais, ont été retrouvés, de 1947 à 1974, errant dans les différentes îles d’Asie du Sud-Est. Les raisons de la poursuite de la guerre sont soit un fort dogmatisme ou des principes militaires qui les ont empêchés de croire en une défaite, soit une ignorance de la fin de la guerre à cause de communications entre ces soldats et le Japon coupées lors de la stratégie du saute-mouton utilisée par les États-Unis. Teruo Nakamura, qui vivait sur Morotai en Indonésie et qui se rend en décembre 1974, est le dernier straggler confirmé.  Hirō Onoda, qui s’est rendu sur l’île de Lubang, Philippines, en mars 1974, avant-dernier straggler confirmé, est quant à lui, mort en janvier 2014. (Source https://fr.wikipedia.org/wiki/Soldats_japonais_restants )

(2) Le président sortant a pourtant été « lâché » par Mitch McConnell, le chef de la majorité républicaine au Sénat, redoutable stratège parlementaire qui, sur le tard, s’était rallié à lui.  Au lendemain du vote du Collège électoral, le 15 décembre, celui-ci a félicité Joe Biden et appelé les élus républicains à certifier ce résultat le 06 janvier. Onze sénateurs [trois sénateurs, dont Kelly Loeffler, battue en Géorgie, retireront leur objection au vote du collège électoral, en raison des violences jugées « inacceptables », provoquées par les supporters de Trump au capitole] et une centaine de députés républicains entendent s’y opposer le jour J. Donald Trump a aussi perdu le soutien d’un de ses conseillers respectés, l’ancien gouverneur du New Jersey Chris Christie, ou même de son ministre de la Justice, Bill Barr [dont le départ a été annoncé mi-décembre], qui a admis n’avoir vu aucune fraude organisée dans l’élection. Cf  Etats-Unis : deux mois après sa défaite, qui soutient encore Donald Trump et qui l’a lâché? et https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210103-%C3%A9tats-unis-onze-s%C3%A9nateurs-r%C3%A9publicains-vont-refuser-de-certifier-la-victoire-de-joe-biden ; voir aussi https://www.washingtonpost.com/politics/trump-raffensperger-call-georgia-vote/2021/01/03/d45acb92-4dc4-11eb-bda4-615aaefd0555_story.html et https://www.liberation.fr/planete/2021/01/04/pression-sur-les-resultats-de-georgie-les-outrances-de-trump-destructrices-pour-le-parti-republicain_1810269 ; https://www.france24.com/fr/am%C3%A9riques/20210106-en-direct-suivez-la-certification-de-la-victoire-de-joe-biden-et-les-s%C3%A9natoriales-en-g%C3%A9orgie

(3) Source : Présidentielle américaine : « aucune preuve » de fraude, affirment les autorités

(4) Cf https://www.reveniralevangile.com/l-evangile-est-une-bonne-nouvelle-pas-un-bon-conseil-timothy-keller/

(5) Cf http://www.theologeek.ch/2015/02/27/evangeliser-dans-le-contexte-de-la-secularisation/

 

 

L’action du mois : rater sa vie

« Si à 50 ans on n’a pas de rolex, c’est qu’on a raté sa vie », a dit un jour le publicitaire Jacques Séguéla. Celle-ci donne bien le sens des aiguilles mais illustre malheureusement le non-sens d’une telle vie…(Dessin de Louison).

Ce texte est de Simon Lessard, tiré du magazine québecois Le Verbe, Janvier 2020(1). Merci à l’auteur pour m’avoir aimablement autorisé à le partager ici.

L’an passé, j’étais résolu à ne plus prendre de résolution, parce que ça marche jamais c’t’affaire-là. J’ai déjà essayé le gym(1), la méditation, la diète, le gym(2), le jeûne, le journal personnel, le gym… et j’ai enfin compris que le gym, c’est pas fait pour moi.

Ça marche tellement pas que, cette année, j’ai même brisé ma résolution de ne plus en prendre. Alors, j’ai enfin pris l’ultime résolution.

J’ai pris la résolution de rater ma vie.

Après tout, ça fait 33 ans que j’essaie de réussir ma vie, et je ne peux pas dire que c’est un succès. Après deux grands échecs de vie, un burnout et une dépendance au défilement de pages Web sur mon écran, j’ai commencé à comprendre que – comme pour le gym – une vie réussie, c’est peut-être pas fait pour moi.

Mais avant de désespérer de moi, j’ai ouvert LE livre (ou ton biblion pour les philologues parmi vous… [écho dans la salle]). Puis là, je suis tombé par hasard sur un gars qui se prenait pour Dieu et qui disait: «Qui cherche sa vie la perdra, qui perdra sa vie à cause de moi la trouvera.»

Ça a comme fait clic dans ma tête.

Depuis 33 ans que j’essaie d’être un winner, et voilà que le gars le plus sage de toute l’histoire me dit que le secret, c’est d’essayer d’être un loser. Ou bien il est fou raide, ou bien il a compris quelque chose de vraiment profond!

En tout cas, lui, on peut dire qu’il prêche par l’exemple, parce que sa vie ressemble pas mal à un échec. Le gars a même fini sur l’échafaud, ridiculisé par la foule et abandonné par ses plus proches groupies.

Rater sa vie

Tout le monde cherche à réussir sa vie et personne n’y arrive. Mais tous ceux qui cherchent à rater leur vie y arrivent royalement.

Mon ami Charles a réussi à rater sa vie en ne pensant plus du tout à lui, mais juste à son épouse et à six petits êtres humains: il est papa.

Mon amie Sarah a réussi à rater sa vie en n’ayant plus une seconde de libre parce qu’elle se donne sans compter pour les malades: elle est (très) bonne sœur.(….)

Et vous savez quoi?

Tout ce beau monde qui a raté sa vie est tellement léger. Léger, libre et joyeux.

Rater sa vie, c’est le meilleur moyen de ne plus être obligé de vivre dans une logique de croissance personnelle perpétuelle. C’est enfin respirer dans la décroissance.

Rater sa vie, c’est travailler à réussir celle des autres. Cette année, je prends soin de moi d’une manière différente: je choisis de sacrifier ma réussite pour au moins réussir mon sacrifice.

 

 

 

Notes :

(1) Pour consulter la version numérique, cliquez ici. Egalement disponible sur le blogue du Verbe.

Le Verbe.com témoigne de l’espérance chrétienne dans l’espace médiatique en conjuguant foi catholique et culture contemporaine. La joyeuse équipe produit un magazine bimensuel de 20 pages (distribué gratuitement dans les places publiques), un dossier spécial biannuel  (mook) d’environ 100 pages (envoyé gratuitement par la poste, sur demande), un site web animé par une vingtaine de collaborateurs réguliers et une émission de radio hebdomadaire, On n’est pas du monde (diffusée sur les ondes de Radio Galilée, Radio VM et aussi disponible en baladodiffusion).

(2) Comme me l’a expliqué Simon, les québécois disent « le » gym dans le sens d’aller au gymnase (masculin) et non dans celui de faire de la gymnastique (féminin).

 

 

Foireux liens de décembre (42) : protestantisme et laïcité, loi sécurité globale, immigration et héritage chrétien

Les « Foireux liens » de décembre : une actualité placée sous le signe des rapports entre laïcité et religions. Source image : public domain pictures

Chers lecteurs, voici la dernière édition de vos « Foireux liens » tant attendus, pour l’année 2020.  Au menu : Lois sécurité globale et séparatisme, protestantisme et laïcité, immigration et héritage chrétien, bilan de « la bataille des messes », « complots faciles », « pensée unique » et des témoignages….Bonne lecture !

 

1)INTERACTIF. Votre environnement est-il à risque? Calculez votre risque de contamination à la Covid-19 avec ce simulateur

Les chercheurs de l’Institut Max-Planck à Mayence ont développé un algorithme et ainsi démontré dans une étude publiée fin novembre qu’aérer régulièrement la pièce où vous vous trouvez permettait de faire baisser fortement le risque de transmission de la Covid-19. Grâce à leur modèle mathématique, Nice-Matin a construit ce simulateur pour nous aider à estimer le risque que présente notre environnement (et nos fêtes de fin d’année). La situation « de base » correspond à une pièce de 25m2 et de 2,50m de hauteur, sans ventilation ni fenêtre ouverte (un salon par exemple), dans laquelle nous resterions pendant 5 heures, avec 6 personnes sans masque dont une, infectée par le Sars-Cov-2 et contagieuse, parle environ 50% du temps (soit 2h30) à voix normale.Le risque individuel d’être contaminé serait de 30%. Avec une fenêtre ouverte 10 minutes toutes les heures, ce risque tombe à 12%.

À vous de modifier la taille de la pièce et ses caractéristiques (hauteur sous plafond, aération), le nombre de personnes qui s’y trouvent, la durée de l’événement, le port ou non du masque, le temps de parole et le volume sonore, pour les faire correspondre à votre situation.

https://pbs.twimg.com/media/EoZBJGWWEAID3AZ?format=jpg&name=4096x4096

2) Complots faciles

Vous êtes à court d’arguments face à un platiste, un antivax ou un Breton ? Plutôt que s’énerver inutilement, mieux vaut en rire… C’est ce que fait @ComplotsFaciles depuis quelques années, et ils s’apprêtent même à en faire un jeu.

En bonus, ce petit exercice : quand on vous parle d’une conspiration, au lieu d’essayer d’argumenter, rajoutez en une couche. Exemple – l’homme n’est jamais allé sur la lune – réponse : parce que tu crois vraiment que la lune existe ? Laissez mijoter quelques minutes et observez le résultat….

Sinon, vous pouvez toujours lire les témoignages de Julien (24 ans) et Leila (19 ans), lesquels racontent les raisons qui les ont attiré vers les théories conspirationnistes et la manière dont ils ont réussi à sortir de cet engrenage pour mieux appréhender le réel.

Voir aussi : « complotisme : mieux vaut prévenir que guérir », traduction d’un article d’Aleksandra Chichocka, directrice du département de psychologie politique à l’université du Kent, à Canterbury.

3) Peut-on être contre l’immigration et pour l’héritage chrétien ?

Certains leaders politiques confrontent le public à un dilemme. D’une part, ils veulent préserver l’héritage chrétien en Europe. Mais d’autre part, ils rivalisent d’idées pour accueillir le moins d’étrangers possible. Comment expliquer cette incohérence ?  Il est possible que ces politiques, notamment de droite, méconnaissent l’héritage chrétien. Lorsque le Pape François défend les migrants, leurs voix se lèvent pour dire qu’il serait un pape « de gauche ».  Or, depuis 70 ans, tous les papes ont défendu non seulement les migrants mais aussi un droit à l’immigration.

Le Pape François ne défend donc pas les immigrés parce qu’il serait « de gauche », mais parce qu’il est au sommet d’une institution dont la raison d’être est « d’agir en continuité avec la mission du Christ ».

4) Guiti News : un autre regard sur ce qui nous entoure

Vu sur l’hebdo protestant Réforme : Lancé par des journalistes français et étrangers ayant fui leur pays, le site d’information Guiti News porte un regard plus que bienvenu sur la situation des migrants, loin des fantasmes et des préjugés, et pour prendre conscience que l’on ne saurait réduire des personnes à un voyage qu’ils ont fait.

Découvrir le site https://guitinews.fr/

Voir aussi InfoMigrants, un site d’information destiné à lutter contre la désinformation dont sont victimes les migrants où qu’ils se trouvent : dans leur pays d’origine, sur la route, ou déjà dans le pays où ils espèrent bâtir une nouvelle vie

5) États-Unis. Donald Trump s’attaque à la loi Obama visant à encadrer et à améliorer l’alimentation des écoliers.

Dimanche 13 décembre, les États-Unis ont célébré les dix ans du Healthy, Hunger-Free Kids Act, littéralement la “loi pour des enfants en bonne santé et bien nourris”, adoptée par le Congrès américain en 2010 à l’initiative de Michelle Obama. Céréales complètes, baisse des quantités de sel et de “laits écrémés aromatisés”, le régime imposé aux écoles par son prédécesseur et grand adversaire n’a jamais convenu à Donald Trump. Quelques semaines avant de perdre le pouvoir, Donald Trump tente, encore une fois, de détricoter le travail de son prédécesseur, redoublant d’efforts pour rendre les normes alimentaires moins strictes, explique The Philadelphia Inquirer.

6) Bilan de la « Bataille des messes » : ni vainqueur, ni vainqueur

« La « bataille des messes » aura été l’un des fils rouges de cette année covidée, chez les catholiques et au-delà. Très au-delà », analyse le blogueur naturaliste catholique Phylloscopus. « Elle n’aura pas seulement fracturé l’Eglise de France [soit l’ensemble formé par les fidèles], ne sachant rien d’éventuelles divergences au sein de la CEF. Elles ont révélé [ce qui semble beaucoup plus grave pour le blogueur ] le gouffre qui sépare désormais les pratiquants, de quelque religion que ce soit, d’une part, et le reste de la société d’autre part ». Mais « comment en sommes-nous arrivés là ? Peut-être parce que l’esprit du temps est si imbibé d’utilitarisme qu’il récuse d’emblée tout ce qui ne lui semble pas rapporter, selon ses critères. (…..)  L’efficience du culte n’étant plus comprise, le culte a perdu toute valeur. Au mieux, il est assimilé à un spectacle : on met son autorisation sur un pied d’égalité avec l’accès aux cinémas ».

Et ce, d’autant plus que, dans ce contexte délirant, les théâtres jalousent les églises, lesquelles jalousent les centres commerciaux…

7) Foi & vie : « Protestantisme et laïcité, une histoire à reprendre »

Merci à Olivier Abel, professeur de philosophie éthique, pour m’avoir transmis l’information suivante : « Dans le contexte un peu tendu du « renforcement » législatif de la laïcité, et au cas probable où ce numéro de la revue (protestante et plus que centenaire) Foi & Vie nous aurait échappé,  voici le lien, sur lequel nous pouvons la télécharger librement. En bonus, Foi et vie protestantisme et laicité au format PDF, lequel nous donne un panel de diverses optiques sur la question, mais qui disent tous quelque chose de la sensibilité protestante sur la question. La revue Foi & Vie est passée intégralement au numérique depuis un peu plus d’un an, elle est gratuite, nous pouvons nous y inscrire pour recevoir gratuitement ses numéros (et ses archives !) en pdf d’une grande richesse. N’hésitez pas à diffuser ce lien autour de vous.

8) Matthieu Faucher lavé de toute accusation de prosélytisme

Accusé de prosélytisme, Matthieu Faucher, alors enseignant à Malicornay, est en conflit avec l’Education nationale depuis 2017. La cour administrative d’appel de Bordeaux estime que sa mutation d’office ne se justifiait pas. Par ailleurs, aucune faute professionnelle ne peut être retenue. « Il est (donc) enjoint au ministre de l’éducation nationale, de la jeunesse et des sports, d’affecter M. Faucher à l’école de Malicornay, dans un délai d’un mois », telle est la conclusion de la décision de la cour administrative de Bordeaux, laquelle estime que les lectures d’extraits de la Bible « ont présenté un caractère limité, et ne peuvent être regardées comme ayant eu pour objet ou pour effet de porter atteinte à la liberté de conscience des élèves ni comme ayant méconnu le principe de neutralité et de laïcité« .

Voir aussi cet article à lire dans La Nouvelle République.

9) 10 ans du CNEF: une inspiration pour la structuration de l’islam français ?

Le 15 décembre 2020, le Conseil National des Evangéliques de France (CNEF) a fêté ses dix ans d’existence.  Par rapport à la Fédération Protestante, l’autre grand réseau fédératif des protestants, c’est un petit nouveau.  Le CNEF n’a pas, pour l’heure, l’armature institutionnelle de son aînée. Et ses bases restent fragiles. Mais la dynamique enclenchée s’est révélée fructueuse au fil de la décennie 2010. Il rassemble aujourd’hui environ 60% du total protestant évangélique français (ce qui représente autour de 600.000 fidèles, sur un total d’environ un million, et a gagné sa crédibilité auprès des pouvoirs publics. L’ingrédient de la réussite? Une longue maturation « par le bas », sans incitation politique, portée par les églises, les réseaux (FEF d’un côté, pentecôtistes de l’autre). C’est au terme d’un lent parcours de rapprochement, de concertations multiples, d’échanges et de réflexions partagées, que ce projet d’œcuménisme intraprotestant, sur une base évangélique, s’est épanoui.  N’y a-t-il pas là des éléments à retenir dans les sempiternels débats sur la structuration de l’islam en France ? s’interroge l’historien Sébastien Fath dans une note de blogue.

10) Ce que le CNEF pense du projet de loi confortant les principes républicains….

Le projet de loi confortant les principes républicains a été adopté en conseil des ministres le 9 décembre. Il donne suite aux annonces du Président de la République pour lutter contre le séparatisme, lors de son discours du 2 octobre dernier.

Rendu public ces derniers jours, le texte a été étudié par le service juridique du CNEF, après échange avec le cabinet du ministre de l’Intérieur et le Bureau central des cultes qui ont demandé que des avis leurs soient retournés de la part du CNEF. Le Service pastoral du CNEF auprès des parlementaires se tient à l’écoute des députés et des sénateurs pour expliquer nos positionnements voire proposer des éléments pour des amendements. Le réseau des Délégués départementaux sera aussi consulté dans les prochains jours en vue de recueillir des avis de terrain.  Voici les principaux avis, synthèse de ce que le CNEF a envoyé au gouvernement sur ce texte. Un travail d’approfondissement et de propositions se poursuivra jusqu’à l’adoption du texte.

….Et ce qu’en pense la FPF dans une tribune critique dans les Echos

Le protestantisme français critique le projet de loi, présenté au conseil des ministres le 9 décembre 2020 et « renforçant les principes républicains » : une loi peu attractive pour l’islam, limitante et intrusive pour le protestantisme, l’un des principaux cultes concernés par le nombre des associations cultuelles.  Très concerné par ce projet de loi modifiant profondément une loi dont il a été un des plus fidèles soutiens, le protestantisme français constitue environ les deux tiers des associations cultuelles 1905. La FPF rappelle que la loi 1905, brandie comme un étendard par les tenants d’une laïcité restrictive de la liberté de culte, est en réalité une loi de liberté qui établit les termes du culte public. Elle rappelle en effet que si la République est laïque, la société elle-même dans son organisation ne l’est pas et doit être le lieu de la libre expression de tous les cultes. Les cultes signent par leur présence dans la société les deux dimensions qui se conjuguent : celle horizontale de la fraternité et celle verticale de la spiritualité.

11) Interview d’Emmanuel Macron sur Brut : a-t-il réussi à parler aux jeunes protestants ?

C’était l’événement politico-médiatique du vendredi 4 décembre. Ce jour-là, le président de la République a accordé une interview à Brut. Les vidéos du média en ligne sont regardées quotidiennement par 13 millions de spectateurs, dont plus de 60% ont moins de 35 ans. Ça tombe bien, Emmanuel Macron voulait tout particulièrement s’adresser aux jeunes. Ce jour-là, le chef de l’État a répondu aux questions de Rémy Buisine, journaliste de Brut, Yagmur Cengiz, journaliste qui travaille beaucoup dans les quartiers, et Thomas Snégaroff, journaliste professeur d’histoire. Ensemble, ils ont abordé les thèmes des violences policières, des contrôles au faciès, de la laïcité, de la place de l’islam dans la société, mais aussi du coronavirus, des Ouïghour, de l’environnement, etc.

Le ton était plus direct, plus détendu et les questions différentes de celles habituellement posées par les autres médias. Mais qu’en ont pensé les jeunes, notamment Elisabeth (19 ans) et Rosanne (26 ans), qui ont regardé « la version longue » ?

12) Rendez-vous manqué sur les religions entre des jeunes et leur secrétaire d’Etat

Retour sur le débat ayant eu lieu à Poitiers le 22 octobre dernier, entre Sarah El Haïry, secrétaire d’Etat à la jeunesse, et une centaine de jeunes sélectionnés par la Fédération des centres sociaux, à propos de la laïcité et de la liberté d’expression, par La Vie et Politis.

13) Loi sécurité globale : vers une privatisation de la police ?

« Un homme […] est dans l’état de sécurité lorsqu’il peut prévoir qu’aucune violence ne lui sera faite, dont l’auteur ne serait empêché par » cet État « souverain à qui les hommes se sont tous assujettis ». Cette citation extraite du Leviathan de Thomas Hobbes de 1651 permet de rappeler que les États modernes se sont historiquement construits sur la promesse d’assurer la sécurité de leur population. Elle permet également de comprendre pourquoi ils se sont trouvés investis de ce que le sociologue Max Weber a qualifié de « monopole de la violence physique légitime » sur leur territoire. Mais ce monopole leur interdit-il de s’appuyer sur les forces du marché pour assurer le respect de l’ordre public établi par la loi ?

Non, à en croire la proposition de loi actuellement en discussion, relative à la sécurité globale. Le titre VII du texte contient en effet un certain nombre de dispositions renforçant le rôle du « secteur de la sécurité privée » présenté par ailleurs comme « un maillon essentiel du continuum de sécurité dans le pays, notamment dans un contexte de préparation de grands événements comme la Coupe du monde de rugby en 2023 et les Jeux olympiques de 2024 ». Le texte fait ce faisant œuvre de rupture dans la continuité

[A noter que le phénomène de la privatisation de la sécurité a déjà été analysé par le Tigre magazine en septembre 2009]

Voir aussi : Des outils pour un futur dirigeant autoritaire

Avec plusieurs lois adoptées ou en cours de débat en France, comme celle sur la diffusion d’images de policiers, Emmanuel Macron prend le risque de léguer des outils antidémocratiques à un futur dirigeant plus autoritaire, juge l’ancienne éditorialiste du New York Times Mira Kamdar dans le site The Atlantic (en anglais) :  « La France est assiégée et meurtrie. Le chômage de masse, la frustration que provoquent les restrictions liées au Covid-19 et la peur causée par de nouvelles attaques terroristes ne peuvent qu’exacerber les troubles et la division. Tout cela est évidemment une aubaine pour la dirigeante de l’extrême droite populiste, Marine Le Pen, adversaire la plus probable de Macron à l’élection présidentielle de 2022. La stratégie de Macron semble reposer sur trois volets : imposer un ordre strict, préparer des mécanismes de répression des manifestations de masse ; contrôler les reportages critiques dans la presse ; et s’approprier une partie du langage et des politiques de l’extrême droite pour la vaincre en lui volant suffisamment d’électeurs. Dans ce processus, la liberté que Macron défend si vigoureusement, et pour laquelle la France a tant sacrifié, est réduite par la loi, léguant à un futur dirigeant plus autoritaire une puissante palette d’outils antidémocratiques. » Mira Kamdar (https://www.theatlantic.com/ideas/archive/2020/11/france-about-become-less-free/617195/)

En savoir plus sur la loi « Sécurité globale ».

14) Choix éditorial

 (Vu sur twitter le 02 décembre 2020) Vous l’avez certainement vu ou entendu en boucle sur les chaînes d’info : Le Président Emmanuel Macron a annoncé des « mesures restrictives et dissuasives » pour les Français voulant skier à l’étranger à Noël……Sauf que pour 10 millions de Français, la question n’est pas de savoir s’ils pourront skier à Noël, mais s’ils pourront manger à Noël.

15) La phrase du mois : « Plus on aide les gens, plus ils sont aptes à sortir de la trappe à pauvreté »  (Esther Duflo)

A moins que vous ne préfériez celle-ci :

« L’unicité de pensée de ceux qui ne suivent pas la pensée unique me laisse penser que la pensée unique n’est qu’une pensée parmi d’autres » (« Piquée » sur le compte twitter du pasteur Laurent Descos, 21/12/20)

16) Un pasteur auprès des sans-logis

La situation actuelle, en lien avec la pandémie de Covid-19, ne constitue pas uniquement un défi sanitaire. Elle entraîne également une explosion de la pauvreté en France. Entretien avec le pasteur Gilles Boucomont, président de la Mission évangélique Parmi les sans-logis à Paris.  Un contenu proposé par Croire et vivre le 7 décembre 2020

17) Christ & collecte 

Le confinement 2.0 a déjà promu comme palliatif à la fermeture générale la pratique du « click and collect ». Une fois dépassé l’agacement de l’expression anglaise, ce qui frappe c’est le primat du consumérisme qui se dégage de cette « solution » donnée à la société pour préserver la vie matérielle des consommateurs que nous sommes, quand bien même nous aurions envie d’être bien plus que des consommateurs…En Eglise nous vivons la pratique du Christ & collecte.

18) L’Évangile est une bonne nouvelle – pas un bon conseil (Timothy Keller)

Faire la distinction entre une nouvelle et un conseil est très important. Un conseil est un avis sur ce qu’il convient de faire. Une nouvelle est le récit Evènements qui se sont déjà produits. Un conseil vous incite à prendre une décision. Une nouvelle vous pousse à prendre acte de ce qui s’est produit pour agir en conséquence. Un conseil vous laisse la responsabilité d’agir. Une nouvelle indique que quelqu’un d’autre a déjà agi. Imaginons qu’une armée d’envahisseurs s’approche d’une ville. C’est d’experts militaires dont la ville a besoin ; elle a besoin de prendre conseil. Il faut que quelqu’un explique qu’il faudrait positionner des remparts de terre et creuser des tranchées là, que les tireurs doivent se poster là-haut et les chars ici, en bas.  Par contre, lorsqu’un grand roi a intercepté et défait une armée d’envahisseurs, de quoi la ville a-t-elle besoin ? Elle n’a pas besoin d’experts militaires ; elle a besoin de messagers, dont le mot correspondant en grec est angelos, les anges. Les messagers ne vont pas dire : « Voici ce qu’il faut que vous fassiez. » Ils vont plutôt dire : « Je vous apporte une nouvelle qui sera une grande joie. » Autrement dit: « Ne vous enfuyez plus ! Arrêtez la construction de fortifications. Arrêtez d’essayer de vous sauver vous-même. Le Roi vous a sauvé. » D’autres ont déjà agi, et cela change tout.

19) Comment devenir plus catholiques en s’inspirant des Evangéliques : Une belle recension du livre d’Henrik Lindell et de Pierre Jova par mon ami Alain Ledain, à lire sur son site « Ethique sociale chrétienne ». Ne manquez pas de le saluer de ma part, cela lui fera plaisir.

20) Pourquoi attachons nous du poids à telle ou telle idée ? Entretien avec Bertrand Labasse sur la valeur des informations

Pourquoi attachons nous du poids à telle ou telle idée ? La prolifération de discours parfois tout à fait délirants devrait inciter à réexaminer au fond les explications qu’on en donne. Bertrand Labasse est professeur aux départements de français et de communication de l’université d’Ottawa. Ses recherches concernent notamment l’étude des déterminants cognitifs et sociaux de la production et de la réception des informations médiatiques, scientifiques et culturelles. Il vient de publier en français « La valeur des informations. Ressorts et contraintes du marché des idées » (Presses de l’université d’Ottawa, 2020), dans lequel il propose un modèle pour expliquer la valeur que nous attribuons aux contenus qui nous sont proposés, mobilisant à la fois la pertinence cognitive (l’effort et l’effet, qui s’étagent tous les deux entre différents niveaux, du plus spontané au plus élaboré) et la convenance sociale (la proscription et la prescription, selon un continuum qui va, cette fois, de l’implicite et de l’explicite jusqu’au formel). Au risque, parfaitement assumé, de se voir reprocher de marier ainsi des registres d’explication relevant de disciplines différentes.

21) Contre l’hérésie numérique 

Les hérésies sont séduisantes et trompeuses mais elles ont un avantage : elles nous montrent que penser d’une façon ou d’une autre n’est pas indifférent. Il existe bien une hérésie numérique et nous sommes plongés dedans. Le numérique nous séduit, c’est sûr ; mais quand ça nous fait croire que ça nous rend libre, ça nous trompe : ça ne fait que nous mettre en capsule…

22) Lecteurs de sensibilité

Les « sensitivity readers » sont des personnes qui relisent des manuscrits pour en chasser les représentations fausses, les stéréotypes offensants, les propos racistes, homophobes ou négligents vis-à-vis des handicapés. Le site Cheek Magazine analyse ce phénomène, encore marginal et mal perçu en France. Certains y voient une forme de censure, quand d’autres estiment qu’il met en lumière un manque de diversité dans le domaine de l’édition

23) Insolite : Emprunter une personne

Au Danemark, il existe des bibliothèques où vous pouvez « emprunter » une personne. Chaque livre/humain porte un titre comme « autiste », « chômeur », « sidéen », « alcoolique », ou encore « musulman », « réfugié », « bipolaire », « obèse ». Une fois emprunté, votre « livre » vous racontera, pendant environ 30 minutes, son histoire fascinante. On demande au lecteur d’être curieux et de poser des questions, et aussi de respecter le livre et de le rapporter à temps pour que d’autres puissent en profiter. Au fil des pages, vous réaliserez peu à peu à quel point il ne faut pas juger un livre par sa couverture. Fondée il y a 19 ans à Copenhague, l’initiative du groupe The Human Library a pour objectif de lutter contre les préjugés par le dialogue. Aujourd’hui présent dans plus de 85 pays, l’organisme peut vous aider à organiser dans votre milieu une bibliothèque humaine. Ils sont aussi toujours à la recherche de nouveaux « livres à publier », si cela vous intéresse… pour autant que vous soyez plutôt du type « livre ouvert » !

Et le dernier pour la route :

« Brief me » : je vous ai déjà parlé sur ce blogue de ce média indépendant, sans publicité, au format épuré, qui explique et met en perspective l’actualité.

Brief me propose une newsletter chaque soir à 18h30. Le samedi matin, une édition du week-end permet d’approfondir en revenant à la source d’un sujet d’actualité de la semaine. Nous aimons, outre le format épuré, la profondeur des analyses et le service qui offre bien plus qu’une simple revue de presse ou ce qu’offrent habituellement les sites d’agrégation de contenu/d’ « actus commentées »/ »billets d’humeur » : l’équipe fait en effet un véritable travail journalistique, lequel consiste à mener une veille qui va bien au-delà des dépêches d’agences de presse. Des journalistes professionnels analysent chaque jour des centaines de sources pour sélectionner les informations qui leur semblent les plus pertinentes selon les rubriques. Chaque information retenue est d’abord vérifiée. Il leur arrive de renoncer à certains sujets s’il s’est avéré impossible de trouver des sources suffisamment fiables.

Il est possible de tester Brief me gratuitement pour se faire un avis.

 

Ces « foireux liens » sont terminés. J’espère qu’ils ont retenu toute votre attention. Prochaine édition en février 2021.

 

 

 

 

Noël habité

« C’est alors qu’une simple lumière jaillit de mon esprit : pourquoi ne pas inviter Jésus à la fête de Noël, là, chez moi, dans ma toute petite maison ? » Source image : rawpixel

Pep’s me demande de vous raconter mon histoire, celle d’une ex maman seule, un soir de Noël….

Noël, avant de connaître personnellement Jésus, ne signifiait pas grand-chose pour moi. Je n’attendais donc rien de cette fête.

Dans le pays d’Afrique de mon enfance,  de janvier à décembre, il n’y avait ni sapins, ni guirlandes, ni nuits enneigées, ni cadeaux démesurés, ni parfums de chocolat et ni rencontres de famille, car la nôtre habitait à l’autre bout du monde. Je garde toutefois ce souvenir de notre dernier Noël ensoleillé, avant de rentrer définitivement en France, avec le prêtre de ma paroisse me demandant de réparer la crèche de l’église. Peut-être parce que j’avais l’habitude, les jours de messes,  d’y apporter une des rares fleurs de mon jardin de sable pour décorer l’autel ? Dans mon âme d’enfant, mon action candide était pour Dieu lui-même, bien que je ne le connaissais pas. Je fus davantage saisi par la confiance que ce « père » m’accordait avec sa demande de rénovation de crèche que par la compréhension du symbole de ces figurines de plâtre, chacune à peine plus grande que mes deux mains. Elles évoquaient vaguement cette histoire, qu’on raconte aux enfants, qu’un Dieu si grand était venu sur terre en prenant la forme d’un enfant. Me voilà donc, du haut de mes tout juste 11 ans, en train de refaire la corne cassée du bœuf avec l’aide de ma mère et de repeindre avec ardeur l’âne, le petit Jésus, Joseph, Marie et les mages…afin de me montrer digne de cette confiance accordée.

Quelques décennies plus tard, je compris un peu mieux l’ambiance réelle de la crèche dans laquelle Jésus est né. Lui le Dieu créateur, le Roi des rois,  est né dans une vulgaire mangeoire loin d’être douillette, éclairée et parfumée, probablement entourée de vaches qui meuglent, de poules qui volent et de l’odeur de leur fiente. J’imagine mieux l’atmosphère glaciale des prairies où les bergers effrayés reçoivent des anges cette extraordinaire nouvelle et témoignage de la venue tant attendue d’un Sauveur,  eux dont on se fie peu et dont la parole est sans importance. Belle et étrange histoire…Mais rien qui ne change ma vie, mon quotidien. D’ailleurs tout semble me sourire car je suis d’un naturel enjouée et gaie. Je n’attendais rien. Le devrais-je ?

Jusqu’à ce soir de Noël où je fus seule avec ma jeune fille. Mes parents, eux-mêmes divorcés, habitaient chacun un bout de la France. Mon frère faisait le mort depuis longtemps. J’étais loin d’eux et il semble que j’étais loin de voir un de mes désirs profonds être comblé,  loin de l’essentiel : la joie d’aimer et d’être aimée d’une famille. J’étais triste…à en mourir. Bien sûr, je n’étais pas vraiment seule car j’étais avec ma fille, tendre rayon de soleil. Des chrétiens qui chantent de tout leur cœur le dimanche, lisent la Bible et parlent d’amour, étaient certes mes frères et mes soeurs. Peut-être espérais-je que l’un d’eux m’invite ou me rende visite au coeur de ma nuit ? L’attente d’un appel. Néant. Mon coeur était triste.

C’est alors qu’une simple lumière jaillit de mon esprit : pourquoi ne pas inviter Jésus à la fête de Noël, là, chez moi, dans ma toute petite maison qui ressemblait d’ailleurs plus à une crèche qu’à une maison ? Après tout, c’est bien Lui le principal protagoniste de l’histoire ! Repoussant ma profonde tristesse, attisée sans doute pour le son de publicités, des gling gling des décorations de Noél dans les rues ou les maisons, l’atmosphère aimante des familles au coin de feu des films romantiques, je l’appelle Lui, lui fais une place à ma table décorée modestement pour l’occasion et invite ma fille à en faire autant.

C’est alors que nous avons mangé ce repas de Noël comme celui de la Pâque et célébrant une alliance éternelle avec ce Dieu mort puis ressuscité, avec mon ami, mon frère et mon père, celui qui vit éternellement et qui me rejoint toujours au coeur de mes ténèbres afin de me faire passer à son admirable lumière, du pays de l’esclavage à celui de la liberté, celui de la froide solitude à celui de l’intimité chaleureuse, celui de la pauvreté matérielle et morale à la prospérité intérieure.

Quel Noël !

En réponse à Adam qui échoue, Yeshouh, Celui qui réussit

Jésus n’est pas venu dans ce monde adulte, comme un « super-héro », mais bébé, passant par toutes les étapes de la vie. Source image : bibleetpartage.com

Merci Père de nous avoir donné Jésus.

Voyant que nous n’arrivions pas à vivre ton projet, tu nous as envoyé Celui qui a réussi à vivre le projet et à être en harmonie avec toi : Non pas « le premier Adam », celui qui échoue, mais « le Nouvel Adam », Yeshouh (Jésus),  qui réussit.

Et merci de ne pas nous l’avoir envoyé adulte, comme un « messie botté et casqué », mais bébé, dans la faiblesse même, le faisant passer par toutes les étapes de la vie. Ce que nous avons vécu, il l’a aussi vécu et a été éprouvé comme nous, à part le péché (cf Jean 8v46 et Hébr.4v15)

 

« C’est ainsi qu’il est écrit : le premier homme Adam fut un être animal doué de vie, le dernier Adam est un être spirituel donnant la vie. Mais ce qui est premier, c’est l’être animal, ce n’est pas l’être spirituel ; il vient ensuite.

Le premier homme tiré de la terre est terrestre. Le second homme, lui, vient du ciel.

Tel a été l’homme terrestre, tels sont aussi les terrestres, et tel est l’homme céleste, tels seront les célestes. Et de même que nous avons été à l’image de l’homme terrestre, nous serons aussi à l’image de l’homme céleste ». (1 Cor.15v45-49)

« Oui, par un seul homme, par la faute d’un seul, la mort a frappé tout le monde. Mais par le seul Jésus-Christ, les êtres humains reçoivent beaucoup plus de Dieu : il leur donne gratuitement ses bienfaits et il les rend justes. Par le Christ, ils vivront et ils seront rois avec lui.

 Finalement, la faute d’un seul a eu pour résultat de condamner tous les êtres humains. De même, l’action juste d’un seul a pour résultat de rendre justes tous les êtres humains, et par là, ils ont la vie.

Autrefois, un seul homme a refusé d’obéir à Dieu, et un grand nombre de gens sont devenus pécheurs. De même, un seul homme a obéi, et un grand nombre de gens seront rendus justes ». (Rom.5v17-19)

 

 

« Et le Verbe s’est fait chair et il a demeuré parmi nous » (Jean 1v14)

Paroles :

Entrons dans la nuit en cette nuit bénie
Où le salut du monde a resplendi
Entrons l’adorer, l’enfant Dieu est né
Le verbe incarné vient nous sauver

Emmanuel, Emmanuel
Dieu se lève parmi nous
Emmanuel, Emmanuel
Voici l’heure éternelle

Un enfant nous est né
Un fils nous est donné
Voici venir le prince d’éternité
Unissons nos voix aux anges dans la joie
Honneur et louange à notre Roi

Emmanuel, Emmanuel
Dieu se lève parmi nous
Emmanuel, Emmanuel
Voici l’heure éternelle

Entrons dans la nuit en cette nuit bénie
Où le salut du monde a resplendi
Entrons l’adorer, l’enfant Dieu est né
Le verbe incarné vient nous sauver

Emmanuel, Emmanuel
Dieu se lève parmi nous

Emmanuel, Emmanuel
Dieu se lève parmi nous
Emmanuel, Emmanuel
Voici l’heure éternelle

Emmanuel, Emmanuel
Dieu se lève parmi nous
Emmanuel, Emmanuel
Voici l’heure éternelle

(« Emmanuel ». Glorious, 2013)

 

Lecture : Jean 1v1-18

En ce moment, j’écoute : « Voici Noël »

 

Paroles : 

Là dans l’ombre

Le silence

La terre espère un peu de lumière

Une voix s’élèvera

La voix de Celui qui vient pour nous

Il sauvera

L’humanité

Il vaincra notre péché

Voici Noël

L’Emmanuel

Est venu pour l’humanité

Voici Noël Il descend du ciel

Nous chantons pour l’éternité

Alleluia

La lumière

A percé

Les ténèbres de notre pensée

Et son coeur

A porté

Nos fardeaux et nos fragilités

Et sa vie

A gagné

Sur nos peurs à tout jamais

Il est là Il est roi

Voici Noël

L’Emmanuel

Est venu pour l’humanité

Les anges dans le ciel

Annoncent la nouvelle

Et chantent pour l’éternité

Alleluia

Jésus est là!

 

 

« Voici Noël », single de l’Ecole Pierre, une école de Louange, Leadership et d’Audiovisuel pour l’Eglise.

En savoir plus sur : https://www.ecolepierre.com/