En quelques mots : un Libérer! pour les parents

Un nouveau Libérer! sur les thèmes de la famille selon les Ecritures, de l’autorité et du pardon. Source image : liberer.fr

Le saviez-vous ? Libérer!, c’est aussi pour les parents !

Une formation spécifique pour eux aura lieu sur zoom le vendredi 10 février, de 20h30 à 22 heures, et au temple du Marais, 17 Rue Saint-Antoine, 75004 Paris (Métro Bastille), et de 9h30 heures à 12h30, le samedi 11 février.

Cette formation abordera les thèmes de la famille selon les Écritures, de l’autorité et du pardon.

Seules les personnes ayant participé à la rencontre sur zoom pourront participer à la rencontre du samedi. Attention : il n’y aura pas d’accueil/garderie pour les enfants le samedi matin. Les couples seront bienvenus, merci de vous inscrire conjointement sur le formulaire dédié.

Merci à Marie-Pierre Bavuz, membre de l’équipe de préparation de ce Libé! Parents, pour ses réponses à mes questions ! Et merci aux Pasteurs Gilles Boucomont (Temple de Belleville) et Caroline Bretones (Temple du Marais), pour avoir joué les facilitateurs.

1/Libérer parents c’est pour qui ? Par qui ?

A l’origine, une petite équipe du comité « Libérer »  a eu à cœur de réfléchir à ces questions liées à la parentalité. Tout en sentant que le sujet était très large, le Seigneur a affermi la conviction. Il fallait ensuite définir un format, des thèmes. Ainsi avec l’aide des pasteurs, nous avons pu proposer un programme qui reste un galop d’essai. C’est vraiment une première pour Libérer.

Nous avons opté pour ouvrir cette formation largement à tout parent (seul, marié avec un chrétien ou pas), et à toutes les personnes impliquées dans un ministère Enfance ou un ministère d’accompagnement et plus largement toute personne qui se questionne sur ce sujet de la famille et ses enjeux. 

2/ Pourquoi (constat, objectifs, finalité) un tel Libérer destiné aux parents

Nombreuses sont les problématiques spirituelles que nous rencontrons dans les accompagnements mais qui sont aussi les nôtres en tant que parents. Le but de cette formation est dans un premier temps de revenir aux Ecritures Bibliques : qu’est-ce que la famille ? Quelques exemples nous montrent qu’il n’y a pas de famille parfaite, contrairement à certaines représentations idéalisées dans nos églises.  Cela pose la question des mandats que le Seigneur nous confie en tant que parents. Ensuite nous avons choisi deux thématiques pratiques habituellement abordés dans nos formations : comment exercer son autorité spirituelle en tant que parents ? Comment vivre du pardon dans les relations familiales ?

3/ Il est possible, pour « monsieur et madame », d’alterner les participations à certaines séances

Le format choisi est : 

– une soirée zoom le vendredi 10 février au soir à 20h30, heure à laquelle les enfants sont couchés afin de laisser aux 2 parents l’opportunité d’être là.

– En présentiel le samedi matin 11 février au Marais. Ce n’est pas une formation générale sur la famille mais du « vrai » Libérer avec cette alternance enseignement/prière/témoignage. Donc l’idéal est de venir à deux, sans les enfants. Sinon chaque couple s’organise.

4/Choix des thèmes : la famille selon les Écritures, l’autorité et le pardon.

La soirée Zoom sera généraliste et permet à tout le monde d’être accueilli. L’autorité et le pardon sont des incontournables de Libérer, souvent des thèmes mal compris, sur lesquels il faut revenir et les mettre en application.

5/Intervenants/Partenariats

Plusieurs personnes du Comité Libérer.

6/ Ce Libé! Parents est-il le premier d’une série ? Si oui, quels pourraient être les « épisodes » suivants ? Selon quelle progression ?

Ce module Libé! parents est « une fois », un rendez-vous avec le Seigneur pour les familles, une séquence un peu expérimentale.  Nous ferons un bilan ensuite. Mais ce n’est pas la première étape d’une formation à ce jour. 

7/En quoi ce Libérer se rapprochera-t-il des Libérer habituels et en quoi s’en démarquera-t-il ?

Cette formation s’inscrit totalement dans nos formations Libérer : un enseignement fondé sur les Ecritures mais avec une dynamique pratique afin d’offrir rapidement des outils (prière, exercice de l’autorité, repentance/pardon).

8/Qu’attend l’équipe de ce Libérer! Parents ?

L’équipe Libérer s’attend à Dieu ! Notre expérience se construit sous l’impulsion du Saint esprit. Quand Dieu nous met à coeur un sujet, nous allons de l’avant. Et si les participants peuvent sortir mieux équipés, s’ils peuvent vivre une expérience personnelle ou en couple avec le Saint Esprit, nous serons vraiment comblés.

Merci !

En savoir plus sur la formation Libérer ! et sur les prochaines sessions.

« Le père des orphelins, le défenseur des veuves, C’est Dieu dans sa demeure sainte » : études de 2 Rois 4v1-7 et 2 Rois 8v1-6

Lucky Luke. Jesse James, par Morris http://www.bangbangluckyluke.com/les_dossiers/analyse_une_bd_lucky_luke.php Lucky Luke, « le défenseur de la veuve et de l’orphelin ». Un pâle reflet de ce qu’est Dieu, le « vrai justicier ». Planche de l’album « Jesse James », par Morris

 

« Une femme d’entre les femmes des fils des prophètes cria à Elisée, en disant: Ton serviteur mon mari est mort, et tu sais que ton serviteur craignait l’Eternel; or le créancier est venu pour prendre mes deux enfants et en faire ses esclaves ». (2 Rois 4v1)

Une femme s’approche d’Elisée et « crie » au prophète. Il s’agit d’une veuve, d’un des « fils des prophètes » décédé. Un homme « craignant Dieu », témoigne la femme…mais endetté. Elle est aussi une mère, mais le créancier s’apprête[« il est route pour »] à prendre tout ce qui reste à la femme, soit ses deux enfants, pour en faire ses esclaves.

Le créancier n’avait sans doute pas lu Lévitique 25v35-42, qui précise que « si ton frère devient pauvre et qu’il manque de ressources près de toi, tu le soutiendras, même s’il s’agit d’un étranger ou d’un immigré, afin qu’il vive avec toi. Tu ne tireras de lui ni intérêt ni profit, tu craindras ton Dieu et ton frère vivra avec toi. Tu ne lui prêteras pas ton argent à intérêt et tu ne lui prêteras pas ta nourriture pour en tirer un profit. Je suis l’Eternel, ton Dieu, qui vous ai fait sortir d’Egypte pour vous donner le pays de Canaan, pour être votre Dieu(…) En effet, ils sont mes serviteurs, ceux que j’ai fait sortir d’Egypte; on ne les vendra pas comme on vend des esclaves ». On ne vendra pas son prochain israélite adulte comme esclave, et encore moins si c’est un enfant.

Le cri de la veuve est une prière. Que répondra le prophète ? Quelle sera la réponse la plus appropriée à une situation de détresse, et, surtout, la plus libératrice ?

  1. Ton mari n’aurait pas dû s’endetter ! Ne connaissait-il pas « les principes de bonne gestion » et ce que signifie « être responsable » ?
  2. Je te propose un prêt, mais avec un tutorat en échange
  3. Que puis-je pour toi ? Qu’as-tu chez toi ?

Bien entendu, la bonne réponse est la réponse 3. qui correspond au v2 de 2 Rois 4. C’est une parole de vie, et non culpabilisante ou infantilisante, qui encourage à considérer les ressources à disposition, même si cela peut paraître « rien du tout »(v2).

Et le « rien du tout » de la veuve « n’est qu’un vase d’huile »(v2). Mais c’est suffisant pour Dieu, comme les cinq pains et les deux poissons d’un petit garçon étaient suffisants pour Jésus, pour nourrir 5000 personnes. Et Elisée dit: « Va demander au dehors des vases chez tous tes voisins, des vases vides, et n’en demande pas un petit nombre. Quand tu seras rentrée, tu fermeras la porte sur toi et sur tes enfants; tu verseras dans tous ces vases, et tu mettras de côté ceux qui seront pleins »(vv3-4). La suite nous dit que la femme obéit en tous points à ce que lui dit Elisée. On remarquera une richesse particulière de la femme, outre sa foi en Dieu : ses bonnes relations avec son voisinage, ce qui lui a permis d’obtenir des vases en grand nombre. « Elle ferma la porte sur elle et sur ses enfants »(v5). Elisée n’est pas présent, mais un véritable « travail d’équipe » s’opère dans cette famille, avec une interaction entre la mère et les enfants. Ces derniers, qui ne sont plus vus « comme un problème », « lui présentaient les vases, et elle versait. Lorsque les vases furent pleins, elle dit à son fils: Présente-moi encore un vase. Mais il lui répondit: Il n’y a plus de vase. Et l’huile s’arrêta.  Elle alla le rapporter à l’homme de Dieu, et il dit: Va vendre l’huile, et paie ta dette; et tu vivras, toi et tes fils, de ce qui restera »(vv6-7).

A la fin, la dette est comblée grâce à l’huile et il y a un surplus (Comparer avec Luc 9v16-17). Le « tu vivras, toi et tes fils », qui contraste avec le terrible v1 (« mon mari est mort » et « mes enfants vont être pris comme esclaves »), rappelle le « Mais en ce jour je te délivrerai, dit l’Eternel, et tu ne seras pas livré entre les mains des hommes que tu crains. Je te sauverai, et tu ne tomberas pas sous l’épée; ta vie sera ton butin, parce que tu as eu confiance en moi, dit l’Eternel », adressé par Jérémie à l’éthiopien Ebed-Melek, l’éthiopien, qui l’avait sorti de la fosse (Jer.39v17-18).

La veuve a donc eu cette « audace de la foi » pour « crier » au « père des orphelins, le défenseur des veuves », qui est « Dieu dans sa demeure sainte » (Psaume 68v5)

D’autant plus que Dieu commande de ne pas « affliger la veuve, ni l’orphelin. Si tu les affliges, et qu’ils viennent à moi, j’entendrai leurs cris; ma colère s’enflammera, et je vous détruirai par l’épée », dit l’Eternel (Ex.22v22-24), le justicier par excellence.

« Car l’Eternel, votre Dieu, est le Dieu des dieux, le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, fort et terrible, qui ne fait point acception des personnes et qui ne reçoit point de présent, qui fait droit à l’orphelin et à la veuve… » (Deut.10v17-18).

Dans un autre passage(2 Rois 8v1-6), on retrouve la sunamite de 2 Rois 4v8-9 et ss, devenue veuve avec un enfant, qui, au retour d’une absence de sept ans pour cause de famine, se retrouve dépossédée  de sa maison et de son champ. Plutôt que de faire sienne cette idéologie comme quoi « l’Etat ne (serait) pas la solution, mais le problème », elle va « implorer le roi »(v2), comme la première veuve avait « crié » au prophète. Et elle a raison, puisque le roi est censé « ouvrir sa bouche pour le muet, pour la cause de tous les délaissés », « juger avec justice, et défendre le malheureux et l’indigent » (Prov.31v8-9). Mais aussi écrire pour lui une copie de la loi(cf Deut.17v18), laquelle enseigne sur Dieu ce qui précède plus haut !

Et le roi n’a pas besoin « de revoir sa copie », puisqu’à la fin du récit, il fait justice à la femme, ordonnant qu’on lui restitue tout ce qui lui appartient, « avec tous les revenus du champ », soit sept ans de revenus !(2 Rois 8v6)

Initialement paru le 10 juin 2016

Dieu peut-il donner « des lois qui ne sont pas bonnes » ? (Ezéchiel 20v25-26)

Une question « théo » difficile à débrouiller….. (Source image : public domain pictures)

Vous ne rêvez pas : c’est bien écrit dans la Bible.

Dans Ezéchiel 20v25, de son propre aveu, Dieu déclare avoir donné à son peuple « des lois qui ne sont pas bonnes et des coutumes qui ne font pas vivre ». Est-ce possible ? Quelles sont ces lois ?

Dans les versets 18-26 de ce même livre d’Ezéchiel, Dieu nous dit que ses commandements « font obtenir la vie à ceux qui les appliquent », comme il est souligné dans la réponse donnée sur ce sujet via 1001 questions.

Or, poursuit le répondant, « Dieu dit aussi que les israélites n’ont pas appliqué ces commandements, entre autres, en profanant le sabbat et se sont attachés à des idoles et à des pratiques idolâtriques tels le sacrifice des premiers nés, tout cela étant absolument interdit dans la loi que Dieu a donné à son peuple » [cf Lévitique 18v21 et Deutéronome 12v31].

D’après les commentateurs, Ezéchiel ferait ici allusion à la loi sur l’offrande des premiers nés d’Exode 13v1-2. Ceux-ci appartenaient au Seigneur et grâce à la loi du rachat (Ex.13v12-13), les israélites n’avaient pas à les sacrifier pour Dieu. Certains israélites auraient-ils alors pris cette loi au pied de la lettre et, pensant obéir à Dieu, agis comme leurs voisins païens en faisant des sacrifices humains, malgré l’interdiction formelle de Dieu ? On trouve trace de telles pratiques en 2 Rois 16v3, 21v6, suscitant l’indignation de prophètes comme Jérémie (19v5)…et Ezéchiel.

D’autres commentaires soulignent également que la pratique du sacrifice humain, comme celle des vœux, relève d’une logique idolâtre du marchandage avec le divin, comme si l’on pouvait « acheter » la bienveillance de Dieu. Et ce, à l’inverse d’une démarche de foi au Seigneur, qui repose sur la fidélité, la miséricorde et la justice. Cette posture idolâtre, révélatrice d’une vision archaïque du religieux, est aggravée par le fait qu’un engagement tel qu’un vœu induit un sacrifice humain : lorsque l’humain est dans cette logique du marchandage, du « donnant donnant », il se place dans une spirale infernale qui le conduit à se dire « il faut payer le prrrrrix !» et donc à sacrifier au divin ou au nom d’une cause que l’on considère comme « sacro-sainte », ce qu’il a de meilleur, jusqu’à la vie de ses proches et de ses enfants. Voir, sur ce sujet, le vœu imprudent de Jephté en Juges 11v30-40.

Les répondants du site 1001 questions comprennent, quant à eux, que « ces lois qui ne font pas vivre sont les lois que les israélites suivaient quand ils refusaient la loi de Dieu. Ici, ce sont les lois des peuples polythéistes environnants qui semblent désignés ou la loi économique qui veut qu’on préfère travailler le jour du Sabbat. Que Dieu leur ait « donné ces lois » signifierait que Dieu les a abandonnés [ou livrés] à ces lois, dans sa souveraineté [cf Ezéchiel 20v25 dans la traduction NFC]. Nous pouvons ainsi, peut-être rapprocher ce passage du mécanisme décrit en Romains 1v22-25. Le passage d’Ezéchiel nous indique que l’humain n’est pas autonome : il suit toujours une loi, il répond toujours à des principes, la loi bonne de Dieu ou la loi des cultes idolâtriques, la loi de la consommation, la loi de quelques principes humains, la loi des sentiments…cette loi mauvaise, qui agit en l’homme, Paul l’appelle la « loi du péché » en Romains 7v21-23, par exemple.
Le Nouveau Testament dira, que la Loi de Dieu, bonne, ne peut pas faire vivre l’humain, parce l’homme ne peut pas la mettre en pratique, à cause de la loi du péché qui oeuvre en lui. Les chrétiens croient et confessent que Jésus a vaincu le péché et qu’il peut aujourd’hui nous faire vivre pas son Esprit (Romains 8v1-2). Cela implique plus que la loi : le changement de coeur qu’annonce Ezéchiel et qui s’accomplit en Jésus, par l’Esprit-Saint, qui rend capable d’obéir à Dieu en avançant dans le beau projet de vie qu’il a pour nous et pour les autres », comme nous le révèle « le beau passage d’Ezéchiel 36v25-27 ».

Quand l’esprit prophétique n’est pas celui de « madame soleil »

Les dessous de ces « prédictions » de presse souvent nébuleuses. Source image : public domain pictures

Le saviez-vous ? En 2020, comme chaque année, les prophètes américains de « la liste d’Elie » (« Elijah list »), qui se veulent influents, produisent fidèlement leurs bulletins prophétiques(sic) – aux accents de « madame Soleil » – pour la nouvelle année, lesquels sont toujours identiques, à savoir « prospérité pour le pays, beaucoup d’argent libéré par les cieux, du succès et de l’élargissement pour les Ministères ». Ce qui ne manque pas de sel vu la pandémie mondiale qui a suivi et que ces « prophètes » n’ont apparemment pas vu venir. On remarquera d’ailleurs que la préoccupation majeure de toutes ces prophéties américaines est l’argent, l’économie ou le succès du président [mais pas Obama ou Biden !].

Et puisque l’on parle de « madame Soleil », savez-vous, en cette période de « bonnes résolutions pour 2023 », comment sont faits les horoscopes « qui clignotent en kiosques et trustent les ventes des magazines entre décembre et janvier ? » Ils se trouvent en effet toujours des personnes empressées d’y trouver des « prédictions » pourtant souvent vagues et génériques sur leur semaine à venir. Qui écrit ces fameux horoscopes et comment sont-ils conçus ? Un édifiant et passionnant article à lire sur le site de « La revue des médias ».

Par contraste, la parole prophétique authentique, à mille lieux de « la prédiction de madame Soleil » annonçant fatalement un événement inéluctable (ou même « l’oracle » en mode « développement personnel »), est celle qui nous conduit à la repentance. C’est ainsi qu’elle nous édifie, instruit et encourage, en nous donnant les moyens de changer les choses. Et c’est parce qu’il sera authentiquement repentant au préalable que le prophète – qui écoute vraiment la Parole de Dieu et la met en pratique (Luc 11v28) – pourra être….authentiquement prophétique !

 A l’inverse, quand nous ne savons plus écouter comme écoutent les disciples (cf Jean 8v31), et quand nous n’avons plus les oreilles pour entendre « ce que l’Esprit dit aux Eglises », ou ce qu’il a déjà dit, et que nous persistons néanmoins à chercher des paroles auprès d’ « une foule de docteurs » ou « de prophètes » qui nous diront ce que nous souhaitons entendre, alors Dieu nous séduit par ces dispositions de nos cœurs qui sont comme des idoles : Ezéchiel prévient, au chapitre 14 de son livre, v1-11, que Dieu répondrait au peuple en séduisant le prophète qui se laisse séduire, lorsque le peuple demanderait une parole alors que son cœur sera rempli de ses propres idoles. Dieu dit qu’il lui répondra alors en fonction de ces mêmes idoles. Ainsi, si l’argent et la prospérité sont une obsession dans nos cœurs, nous recevrons des prophéties allant toujours dans ce sens, nous confortant dans nos attentes, parce que c’est ce que nous recherchons.

Soyons donc plutôt de ceux qui « se régalent » du plat préféré de Jésus (Jean 4v34), lequel est « de faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé et d’accomplir son oeuvre » ; faisons également nôtre la prière du petit Samuel (« parle Seigneur, car ton serviteur écoute » cf 1 Samuel 3v9) et surtout celle de Jésus : « non pas ma volonté [Seigneur], mais la tienne ! » (Luc 22v42)

Du témoignage chrétien (y compris en sciences)

Science et la technologie par Petr Kratochvil

Président Josiah Bartlet : Je suis désolé, vous êtes le Docteur Jenna Jacobs n’est-ce pas ?

Docteur Jenna Jacobs : Oui Monsieur

Président Josiah Bartlet : Bienvenue à cette soirée

Docteur Jenna Jacobs : Merci 

Président Josiah Bartlet : (…) Excusez-moi Docteur Jacobs, vous êtes docteur en Médecine ?

Docteur Jenna Jacobs : J’ai un doctorat.

Président Josiah Bartlet : En psychologie ?

Docteur Jenna Jacobs : Non Monsieur.

Président Josiah Bartlet : En théologie ?

Docteur Jenna Jacobs : Non.

Président Josiah Bartlet : En sciences sociales ?

Docteur Jenna Jacobs : J’ai un doctorat en littérature anglaise.

Président Josiah Bartlet : Je vous demande ça parce qu’à la radio, on vous appelle pour avoir des conseils et comme dans votre émission, on vous appelle « Docteur Jacobs », j’étais en train de me demander si vos auditeurs s’y retrouvent et s’ils ne croient pas que vous avez fait des études supérieures en psychologie, en théologie ou en médecine.

Ce dialogue, tiré de l’épisode 3 de la saison 2 de l’excellente série « A la Maison Blanche »(2000), avec Martin Sheen dans le rôle du « Président Josiah Bartlet », nous fait prendre conscience que, nous aussi, à l’instar des « auditeurs » de l’émission du « Docteur Jacobs », nous devons « nous y retrouver » face à ce qui nous est affirmé « d’autorité » et sur ce que l’on entend par « faire autorité » en la matière.

Par exemple, lors du dernier congrès « Bible et Science Mulhouse 2022 », qui s’est déroulé à l’église de la Porte Ouverte le 30 octobre. C’est dans ce cadre qu’un certain Etienne Vernaz a tenu une conférence dont le titre était « une réflexion au-delà des données scientifiques », suivie d’une interview dans laquelle il a mis en doute les travaux du GIEC (Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat).

C’est là qu’il convient de faire preuve de discernement, soit de faire confiance à notre capacité à juger clairement et sainement les choses. Ce discernement, pour être efficace, ne doit pas se limiter au message, mais concerner aussi le messager, ou l’émetteur du message, la source. Or, dans le domaine de l’information, tous les messages ne se valent pas et tous les émetteurs n’ont pas le même statut.

Ainsi le conférencier mentionné plus haut : Pour ceux qui ne le connaissent pas, Etienne Vernaz est ancien directeur de Recherche au CEA (Commissariat à l’Énergie Atomique et aux Énergies Alternatives) en France, spécialiste de la vitrification des déchets nucléaires, et pasteur d’une église de la famille Destinée-Francophonie. Il fait partie du comité francophone Bible et Science, laquelle (dixit Etienne Vernaz) « rassemble des scientifiques chrétiens de tout bord qui croient qu’il n’y a pas d’opposition entre la Bible et une science honnête.  Des gens qui n’ont pas peur de questionner le narratif officiel car nous croyons que la science qui ne peut pas être remise en question n’est pas la vraie science, mais de la propagande »

Dans son avis « Communication scientifique en situation de crise sanitaire : profusion, richesse et dérives  » (n°2021-42), approuvé le 25 juin 2021, le COMETS – comité d’éthique du CNRS – compte notamment parmi ses recommandations le rappel des droits et devoirs suivants des chercheurs intervenant dans l’espace public (op. cit., p 20): « En s’exprimant dans l’espace public, le chercheur engage sa responsabilité de scientifique. S’il fait état de sa qualité, il doit préciser à quel titre il prend la parole : en spécialiste apportant son expertise sur le sujet débattu, en tant que représentant de l’organisme de recherche ou d’une institution, ou bien à titre de citoyen engagé voire de militant. Le chercheur doit faire la distinction entre ce qui relève de connaissances validées par des méthodes scientifiques de ce qui relève d’hypothèses de travail ou fait l’objet de débats. Il convient par ailleurs de signaler les marges d’incertitude des résultats de la recherche ». 

Par ailleurs, le COMETS souligne que les expressions de « grand professeur », « scientifique prestigieux » ou encore « chercheur éminent », « utilisées à l’excès ont pu donner le sentiment au public que, du fait de leur statut, des individus singuliers étaient porteurs de la « vérité scientifique »Le COMETS l’a affirmé à plusieurs reprises dans ses avis, et la communauté scientifique le reconnaît dans son ensemble : la vérité s’exprime collectivement et non par la voix d’un seul, fut-il couronné de prix prestigieux, ou signataire d’un grand nombre de publications ».(p 16)

 Et le COMETS – qui s’est penché à plusieurs reprises sur la question de l’expertise scientifique – de rappeler « que la mission de l’expert est d’assurer, en toute indépendance, objectivité et transparence, le rôle d’intermédiaire entre les « producteurs de savoir » et les commanditaires à qui il apporte un éclairage scientifique. On attend donc de l’expert qu’il maîtrise un savoir au plus haut niveau dans un domaine de compétence et qu’il le transmette en précisant s’il s’agit de faits établis et avec quelle marge d’incertitude, ou bien s’il s’agit d’hypothèses encore en débat ». (pp 16-17)

Est-ce le cas d’Etienne Vernaz, sur ce sujet du réchauffement climatique et dont le domaine initial d’expertise est bien éloigné du climat et des travaux du GIEC ? Il est permis d’en douter.

Comme l’analyse le blogue Le Sarment, d’où je tiens cette information, « cette contribution [d’Etienne Vernaz] assez claire à la défiance contre la Science « officielle » s’inscrit (probablement involontairement) dans le grand mouvement post-moderne de notre société, qui consiste à remettre en question toute vérité établie, communément admise. C’est ce même mouvement qui est à la fois la source et la dynamique de la déchristianisation, et ses effets n’épargnent aucune forme d’autorité établie. Il ne s’agit pas ici de dire que la science a raison dans tout ce qu’elle dit, mais de rappeler les effets désastreux d’une remise en question de principe, qui va alimenter une défiance qui n’est pas étrangère au fait que 16% des jeunes interrogés (16-24) pensent que la terre est plate — et donc que la Science leur ment. 

On aura noté au passage la nature de la phraséologie d’Etienne Vernaz : il s’agit de « questionner le narratif officiel » et de remettre en cause le consensus scientifique mondial (par exemple sur le réchauffement climatique), taxé « de propagande », donc de manipulation — donc de mensonge. En reprenant les codes sémantiques complotistes, Etienne Vernaz se place en position de nous donner des infos « sûres », « vraies », parce qu’elles sont à la fois « scientifiques et chrétiennes ».   

Or, face à un certain nombre d’inexactitudes et d’erreurs décelées dans le propos du conférencier et susceptibles de poser de graves questions, plusieurs scientifiques chrétiens(1) – notamment ceux du réseau de l’association chrétienne de protection de l’environnement A Rocha, ont choisi d’apporter une réponse courte et une réponse longue plus argumentée, coordonnée par Jean-François Mouhot, directeur d’A Rocha France. 

D’une manière générale, dénoncent-ils, « Etienne Vernaz mélange des choses vraies, des choses partiellement fausses et des choses entièrement erronées. Beaucoup des arguments utilisés par le conférencier sont en quelque sorte un “pot pourri” d’arguments utilisés depuis de nombreuses années par des climato-sceptiques, et qui ont déjà été réfutés maintes fois; beaucoup sont aussi tirés des réseaux sociaux où les infox  (fausses informations ou canulars) climato-sceptiques pullulent ».

Et contrairement à ce que laisse entendre le conférencier, soulignent-ils dans leur argumentaire, « il y a de nombreux chrétiens qui sont aussi scientifiques, y compris de nombreux climatologues comme Katharine Hayhoe, une évangélique américaineou l’un des premiers coprésidents de la COP, John Houghton, qui affichait clairement sa foi évangélique (le rapport du GIEC de 2021 lui est d’ailleurs dédié, comme le rappelle un article de Christianity Today).

Ces chrétiens, dont fait partie le collectif de scientifiques d’A Rocha, ne partagent pas du tout les opinions d’Etienne Vernaz : « Nous ne sommes pas athées et c’est justement parce que nous sommes chrétiens que nous travaillons à la sensibilisation au réchauffement climatique et au changement de nos modes de vie« , expliquent-ils, en précisant être « mobilisés par amour pour nos prochains de nos enfants et de nos petits enfants et de nous-mêmes ; et par obéissance et amour pour Dieu. De nombreux livres offrent des témoignages venant de scientifiques chrétiens contemporains sur le lien entre la science et leur foi, cf. par exemple J. Berry et al., Real Science, Real Faith (Monarch Books, 1991) ou encore D. Haarsma, Delight in Creation : Scientists Share Their Work with the Church (Center for Excellence in Preaching, 2012).

Ces témoignages révèlent une harmonie entre la pratique scientifique et celle d’une foi vivante. La science y apparaît comme un outil qui leur permet d’explorer le monde, de déceler les lois qui le gouvernent, et d’y reconnaître la puissance de la main créatrice de Dieu. Nous ne sommes donc point dans le conflit ou la confrontation, et encore moins dans une “pensée anti-Dieu”. Nous sommes au contraire dans le registre de l’harmonie et de la (re)connaissance.

Ce qui est problématique dans le discours d’Etienne Vernaz est précisément cette insistance sur l’opposition entre la science, synonyme de mal, et la volonté de Dieu. Cette vision clivante empêche toute réflexion plus profonde telle que celle prônée par l’historien et sociologue protestant Jacques Ellul [J. Ellul, Le bluff technologique, Fayard, 2012], qui a su mettre en évidence la nature ambivalente du progrès scientifique et la science : ni bonne, ni mauvaise, et encore moins neutre. Si les applications de la science se retournent contre le Créateur, c’est d’abord parce que nous vivons dans un monde déchu, et sommes sous la coupe du péché ».

Au final, l’opposition entre la science et la foi (ou la Bible) : faux débat ?

Oui, si l’on considère que la science moderne se pose la question du « Comment » (Comment dater l’apparition de l’univers ? Comment la vie s’est-elle développée sur la terre ?) et que la Bible s’intéresse à la question du « Pourquoi » (Pourquoi suis-je sur cette Terre ? Pourquoi le Bien et le Mal existent-ils ?)

« Aujourd’hui », conclut Jérôme Prekel sur Le Sarment, « on pourrait se demander si Jésus, Paul, ou Pierre feraient de conférences sur le créationnisme, sur l’âge de la terre ou sur le déluge … et si nous trouvons une tel espace pour ça dans notre culture chrétienne contemporaine, c’est parce que nous avons un vide à combler » ! 

Or, suivre et annoncer Jésus, c’est suivre et annoncer Celui qui est « Dieu sauveur » et « Dieu élargit », nous appelant « à sortir hors de » l’angoisse et de l’étroitesse, notamment celles de nos oppositions stériles et de nos postures identitaires restrictives, pour une expression moins caricaturale de nos témoignages à la gloire de Dieu.

PS : Pour ceux qui en « ont marre » de « la guerre entre créationnistes et évolutionnistes », et qui se demandent « comment se positionner », voir cette réponse sur 1001 questions. 

Note :

(1)Signataires de la réponse d’A Rocha : 

Professeur Antoine Bret, Université de Castille-La Mancha, auteur de 119 articles scientifiques dans des revues à comité de lecture, fréquemment Professeur Invité à l’Université de Harvard, enseignant universitaire sur le thème énergie climat depuis 2004 et auteur d’un livre de cours sur le sujet (The Energy-Climate Continuum: Lessons from Basic Science and History, Springer 2014), et ambassadeur d’A Rocha.

Professeur Thierry Dudok de Wit, Université d’Orléans et International Space Science Institute (Berne), auteur de plus de 150 articles scientifiques dans des revues à comité de lecture, dont 6 en lien avec le forçage radiatif solaire et son rôle dans le réchauffement climatique. Co-éditeur du livre Earth’s climate response to a changing Sun (EDP Sciences, 2015) et ambassadeur d’A Rocha.

Dr. Joël White, vice-président d’A Rocha France, maître de conférences à l’Université Toulouse III (EDB UT3-CNRS-IRD). Chercheur en écologie, auteur de 30 articles scientifiques dans des revues internationales à comité de lecture dont Nature Ecology & Evolution, Proceedings of the National Academy of Science USA, Proceedings of the Royal Society, etc. 

Rachel Calvert, Présidente d’A Rocha France, engagée depuis une vingtaine d’années dans un travail d’implantation d’Églises et d’accompagnement pastoral au sein d’une union d’Églises protestantes évangéliques ; diplômée en histoire (Université d’Oxford), Études bibliques et interculturelles (All Nations Christian College) et titulaire d’un master professionnel en missiologie et implantation d’Eglises (FLTE).

Dr. Jean-François Mouhot, directeur d’A Rocha France, ancien enseignant et chargé de recherche aux Universités de Georgetown, Birmingham et Lille, auteur de « Des Esclaves énergétiques », réflexions sur le changement climatique et co-éditeur de « Evangile et changement climatique » et de plusieurs articles publiés dans des revues scientifiques à comité de lecture sur le changement climatique.

A l’exception d’une des signataires (qui signe en tant que présidente d’A Rocha), les auteurs de la mise au point sont universitaires et ont publié des articles et/ou ouvrages sur le réchauffement climatique et la crise écologique.

Voir aussi le thread, publié en août 2022 sur son compte twitter, par le physicien climatologue François-Marie Bréon, en réponse aux affirmations d’Etienne Vernaz.

En attendant les états généraux du droit à l’information, une « mission flash » sur l’éducation aux médias confiée à des députés RN et RE

Pour une éducation critique aux médias : oui, mais laquelle ?

En lisant la Croix de lundi 16/01/23, je découvre l’existence d’une « mission flash » sur l’éducation critique aux médias, lancée le 09 novembre 2022 par la commission des affaires culturelles et de l’éducation de l’Assemblée nationale, et dont les co-rapporteurs sont Philippe Balard, député Rassemblement National (ex-Front National, le parti de Marine Le Pen) et Violette Spillebout, député « Renaissance » (ex-« En Marche » et « La République En Marche », le parti du Président Emmanuel Macron).

L’objet de cette mission flash est d’étudier les dispositifs d’éducation critique aux médias proposés aux Français et aux jeunes en particulier : comment développer l’esprit critique face aux médias traditionnels et sur les réseaux sociaux ? Comment cette politique publique contribue-t-elle à la formation de la jeunesse à la citoyenneté ? Pour répondre à de telles questions, les co-rapporteurs organisent des auditions à l’Assemblée nationale et en circonscription pour recenser les initiatives sur le sujet. Leurs conclusions alimenteront ainsi les fameux états généraux du droit à l’information, lesquels, d’abord annoncés en juillet « pour novembre » (2022) par la Ministre de la Culture Rima Abdul-Malak(1), devraient « bientôt » avoir lieu « au début de l’année 2023 ». Au coeur de ces Etats généraux, les enjeux de lutte contre la désinformation, de concentration des médias ou encore de la liberté de la presse.

Ceci dit, curieux choix de co-rapporteurs pour une telle « mission flash », quand on se souvient que le programme de Marine Le Pen pour l’élection présidentielle de 2022 n’évoquait presque pas la question des médias(2), prévoyant même une privatisation de l’audiovisuel public susceptible de déboucher sur une situation de concentration dans le secteur.

Quant à Emmanuel Macron, son programme de 2022 n’évoquait pas mieux la question des médias et de leur indépendance(3). Le candidat, réélu depuis, a certes évoqué le lancement d’États Généraux de l’information (que l’on attend encore) sans en préciser les objectifs concrets et son gouvernement a déclaré se satisfaire de la législation actuelle en matière de lutte contre la concentration des médias. Sa proposition de supprimer la contribution à l’audiovisuel public (CAP), la fameuse redevance télé (votée par le Parlement en juillet et appliquée en septembre 2022), qui rapportait 3,7 milliards d’euros à l’Etat, d’après le site service public – a même été perçue comme une menace pour l’indépendance de l’audiovisuel public.

Ce choix de l’Assemblée nationale d’un député du Rassemblement national (RN) au poste de co-rapporteur d’une « mission flash sur l’éducation critique aux médias », aux côtés d’une députée Renaissance, a même ému les syndicats de journalistes (SNJ, le SNJ-CGT et la CFDT-Journalistes), comme nous pouvons le lire dans leur communiqué du 06 décembre 2022  : « Quel est donc le sens que souhaite donner la représentation nationale à l’éducation aux médias, en confiant le co-pilotage d’une mission d’étude à un membre d’un parti politique qui pratique le dénigrement et la défiance envers les médias régulièrement, et accorde du crédit à la diffusion des rumeurs, quand il n’en est pas lui-même le diffuseur ? » 

De fait, refusant de participer aux travaux de cette mission flash, les trois syndicats de journalistes suggèrent d’ailleurs au gouvernement de profiter des Etats généraux du droit à l’information (quand ils auront lieu !) pour réfléchir aux atteintes à la mission des journalistes.

C’est pourquoi il est vital de faire vivre l’écosystème des médias indépendants (4), non pas « d’opinion » ou véhiculant la vision du monde de tel magnat à la tête d’un empire médiatique, mais traitant sérieusement d’une information d’intérêt général pour contrer la saturation du débat public et proposer d’autres sujets que les obsessions identitaires et anti-immigrés.  Soutenir de tels médias indépendants qui reposent sur un modèle économique participatif, sans pub, sans subvention et sans actionnaires, c’est un outil de démocratie, et un bon moyen de s’informer et de débattre.

Réajustons-nous donc dans notre rapport avec la vérité et le réel, sachant que les faits résistent à l’interprétation, le réel résiste à l’imaginaire, et la loi résiste au désir. En tant que chrétiens, soyons de ceux qui aiment la vérité (2 Thes.2v10). Réapproprions-nous 1 Jean 1v8 et ss qui concerne le rapport à la vérité, et la façon dont nous pouvons nous replacer dans la justice de Dieu pour être en mesure d’être ces témoins « fidèles et véritables » dans ce monde.

Pour aller plus loin, une réflexion chrétienne sur les enjeux de l’information, et comment une éducation aux médias ainsi (mal) faite) peut être contre-productive et dangereuse ?

Notes :

(1) Ecouter à 0h23 min et 2h29mn13s au sujet des Etats généraux du droit à l’information

(2) Que propose Marine Le Pen pour les médias ? Aucune proposition sur la transparence de l’actionnariat des médias ; aucune garantie d’investissement dans la production d’une information de qualité ; aucune proposition pour établir une gouvernance démocratique des entreprises de médias.

(3) Que proposent les candidats pour les médias ?

(4) Voir notre article https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2021/04/21/laction-du-mois-soutenir-des-medias-independants-sans-pub/

L’action du mois : suivre la formation Libérer !

« Libérer ! » Le temps d’une formation pour vivre une transformation et expérimenter, sur un fondement de vérité, que Jésus « est le même » : certes « hier » mais aussi « aujourd’hui » et « éternellement ».

Libérer ! est une excellente formation certifiante à l’accompagnement spirituel, proposée par les Eglises protestante unies du Marais et de Belleville (Paris).

Pour qui ?

Libérer ! est avant tout destiné aux chrétiens de toutes dénominations (pasteurs/anciens, prêtres, et tout responsable « laïc » engagé dans un ministère) qui ont la volonté de s’engager en Eglise et/ou d’être renouvelés pour des ministères d’accompagnement spirituel, de relation d’aide et de conseil pastoral, incluant notamment les dimensions de la guérison spirituelle et de la délivrance.

Enracinée dans les Écritures Bibliques, elle s’appuie sur plus de 10 ans d’expérience-« maison » novatrice de l’Église Protestante Unie du Marais en matière d’accompagnement spirituel (50 personnes formées à l’accompagnement, soit un peu plus de 80 heures de formation).

Une formation équilibrée

J’ai déjà suivi les modules 1 et 2 en 2015, et le module 3 en juillet 2019 et peut attester que la formation est très équilibrée sur les plans théologiques et pratiques.

Libérer ! ne propose pas « de truc » ou de « technique », mais nous invite à nous exercer à l’écoute de la Parole de Dieu – plutôt que d’agir de manière systématique et stéréotypée – et à mettre cette Parole en pratique. Il ne s’agit pas de souhaiter d’être « plus » ou « mieux » informés, mais de nous laisser transformer pour expérimenter, sur un fondement de vérité, que Jésus « est le même » : certes « hier » mais aussi « aujourd’hui » et « éternellement »(Hébr.13v8). Cette formation se veut donc tout à la fois « un lieu d’enseignement et de témoignage de l’action du Saint-Esprit », toujours actuel, « dans la vie des chrétiens ». L’on peut venir aussi « pour soi », pour vivre une guérison et une libération personnelle, dans la perspective de le retransmettre à d’autres. Personnellement, j’y ai beaucoup appris quant aux enjeux pratiques liés à l’autorité et au mandat libérateur du chrétien (délivrance, combat spirituel, guérison).

Enfin, la vision tripartite de l’homme (Dieu nous a fait corps, âme, esprit) de Libérer! nous permet de résoudre certaines difficultés, liées aux limites des approches exclusivement « spirituelles »/ « spiritualisantes » ou exclusivement « psychiques » (celle de la « relation d’aide », avec une vision anthropologique et intellectuelle inspirée de la psychanalyse/la psychologie). Elle nous permet ainsi de discerner si nous avons à affaire à du somatique, du psychique ou du spirituel, et d’apporter un « traitement holistique » adapté, sachant qu’aucun de ces domaines n’est véritablement étanche. Elle nous permet enfin de sortir de l’impasse due à l’opposition entre « délivrance » et « accompagnement » (pastoral), alors que les deux sont liés. En effet, apprend-t-on dans cette formation, selon les situations, certaines personnes auront d’abord besoin d’être libérées, avant de pouvoir être accompagnées. Et dans les deux cas, la repentance joue un rôle majeur. Elle est même une clé de la vie chrétienne.

C’est où ? C’est quand ? Comment s’inscrire ? Ne manquez pas les Libé! à venir : 

Sur le plan pratique, le cycle de formation, qui forme un tout, se compose de trois modules, chacun comportant des séquences d’enseignements, de travail en groupes et des temps de prière.

Libérer! 1 : Libérer le corps, l’âme et l’esprit : Pour redécouvrir le ministère de la cure d’âme, mais actualisé au XXIème siècle, nous allons partir à la (re)découverte de l’anthropologie biblique, c’est-à-dire la façon dont la Bible vient défier nos représentations de ce qu’est l’être humain, dans le regard de Dieu, le père de Jésus-Christ. une formation multisites du vendredi 27 janvier 2023 au soir, jusqu’au dimanche 29 janvier au soir. Accessible en France, Suisse, et Île Maurice.

Libérer! 2 : Libérer, délier, délivrer
Nous ne luttons pas contre la chair et le sang, nous ne nous battons pas contre les personnes, mais en Christ nous obtenons la victoire sur des puissances spirituelles qui agissent. Forts de l’expérience de Jésus, des apôtres, d’une part, et de l’anthropologie moderne (psychologique notamment), comment marcher vers la liberté ? Le formulaire sera ouvert fin janvier pour une formation multisites du vendredi 14 avril au soir au dimanche 16 avril au soir. Cette formation permet d’aller beaucoup plus loin dans la pratique de l’accompagnement spirituel en Eglise, à la croisée des pratiques de relation d’aide, d’écoute pastorale, ou de délivrance.

Sinon, le saviez-vous ? Libérer!, c’est aussi pour les parents !

Une formation spécifique pour eux aura lieu sur zoom le vendredi 10 février, de 20h30 à 22 heures par Zoom, et au temple du Marais, 17 Rue Saint-Antoine, 75004 Paris (Métro Bastille), et de 9h30 heures à 12h30, le samedi 11 février.

Cette formation abordera les thèmes de la famille selon les Écritures, de l’autorité et du pardon.

Seules les personnes ayant participé à la rencontre sur zoom pourront participer à la rencontre du samedi.
Attention : il n’y aura pas d’accueil/garderie pour les enfants le samedi matin. Les couples seront bienvenus, merci de vous inscrire conjointement sur le formulaire dédié.

Un Libé 2 est également prévu à Londres les 24 et 26 février, ainsi qu’un Libé 3 à la Toussaint : Ce troisième niveau implique d’avoir fait les niveaux 1 et 2, et d’avoir une pratique de l’accompagnement en binôme. Il permet de se perfectionner après un temps de pratique de l’accompagnement et de faire le bilan de ses connaissances.

La formation est gratuite mais il est possible de faire une offrande pour soutenir ce ministère. Note : coût réel estimé au minimum à 200 euros/personne, sachant que les questions financières ne doivent pas être un frein à l’inscription).

Vous avez déjà participé à une formation Libérer! et vous connaissez certainement des personnes à qui elle ferait du bien : relayez l’information !

En savoir plus et pour suivre l’actualité des formations : http://www.liberer.fr/

Consultez la chaîne youtube Libérer ! 

Une première vidéo nous permet de découvrir une présentation « en bref » des formations Libérer! par la Pasteure Caroline Bretones, du temple du Marais (Paris) :

Une deuxième vidéo pour comprendre « en quelques mots » ce qu’est le ministère Libérer! Par le Pasteur Gilles Boucomont, du temple de Belleville (Paris) :

Cette autre vidéo sur l’articulation du « psy » et du « spi », par la Pasteure Caroline Bretones :

En s’abonnant à la chaîne Youtube, il est possible de visionner un nouveau contenu tous les 10 jours, avec trois formats d’une durée approximative :

EN BREF : 2 minutes
EN QUELQUES MOTS : 10 minutes
EN LARGE ET EN TRAVERS : 45 minutes

[Article mis à jour le 21/01/23]

Un peuple libre est un peuple qui honore la justice (Deutéronome 1v9-18)

Le Jugement de Salomon, par Nicolas Poussin (1649). Musée du Louvre. Richelieu, 2ème étage, salle 14.

 « Je ne peux pas vous porter à moi tout seul [rappelle Moïse au peuple] : le SEIGNEUR votre Dieu vous a rendus nombreux, et voici que vous êtes aujourd’hui aussi nombreux que les étoiles du ciel. Que le SEIGNEUR, le Dieu de vos pères, vous multiplie encore mille fois plus, et qu’il vous bénisse comme il vous l’a promis : comment, à moi tout seul, porterais-je vos rancœurs, vos réclamations et vos contestations ? Amenez ici, pour vos tribus, des hommes sages, intelligents et éprouvés ; je les mettrai à votre tête. » Et vous m’avez répondu : « Cette chose que tu nous dis de faire est bonne. » J’ai donc pris vos chefs de tribu, des hommes sages et éprouvés, et j’en ai fait vos chefs : des chefs de millier, de centaine, de cinquantaine, de dizaine, et des scribes, pour vos tribus. Alors j’ai donné des ordres à vos juges : « Vous entendrez les causes de vos frères, et vous trancherez avec justice les affaires de chacun avec son frère, ou avec l’émigré qu’il a chez lui. Vous n’aurez pas de partialité dans le jugement : entendez donc le petit comme le grand, n’ayez peur de personne, car le jugement appartient à Dieu. Si une affaire vous paraît trop difficile, soumettez-la-moi, et je l’entendrai. » Et alors, je vous ai donné des ordres sur tout ce que vous aviez à faire. (Deut.1v9-18)

« Un pays où les juges sortent dans la rue pour manifester est un pays où toutes les lignes ont été franchies ».

Ce pays est Israël au XXIe siècle et la personne qui tient ces propos connaît bien la question puisqu’il s’agit d’Ayala Procaccia, ancien juge de la cour suprême.

Ce dernier était présent parmi les 80 000 personnes rassemblées sur la place Habima, à Tel Aviv, samedi soir dernier, pour manifester contre le controversé projet de réforme de la justice voulu par le gouvernement de Benyamin Netanyahou.

Un événement que vous avez peut-être « vu passer », à moins qu’il ne vous ait complètement échappé.

En effet, depuis son investiture il y a deux semaines, le gouvernement de coalition très marqué à (l’extrême-)droite de Netanyahou (il rassemble son parti, le Likoud, et ses alliés suprémacistes juifs et ultraorthodoxes) “s’est embarqué dans une série d’initiatives législatives”, note le Washington Post cité dans Courrier international(1). « Le camp au pouvoir parle de corriger des déséquilibres dans les trois branches du gouvernement »(sic). Mais, précise le quotidien américain, « les critiques disent que ces mesures s’apparentent à un coup d’État qui détruira le système de séparation des pouvoirs, sauvera Netanyahou de l’inculpation dans trois cas de corruption et encouragera ses partenaires extrémistes religieux à mettre en avant des législations soutenant l’expansion de colonies juives en Cisjordanie ».

La réforme comprend entre autres, indique le quotidien israélien Haaretz, autre source de Courrier international(1), l’introduction d’une clause « dérogatoire » permettant au Parlement, de passer outre une décision de la Cour suprême avec un vote à la majorité simple, et la modification du processus de nomination des juges, qui devront entre autres être désignés par des responsables politiques. D’où les manifestations pour dénoncer ce projet, car, en l’absence de Constitution, la Cour suprême, plus haute juridiction israélienne, fait office de garde-fou du pouvoir politique et se pose en garant des libertés individuelles. Son rôle est d’autant plus important lorsqu’un bloc politique détient une majorité nette au Parlement, comme c’est le cas à la suite des dernières élections(1).

A ce sujet, qu’en dit la Bible ?

Le premier chapitre du livre du Deutéronome, cité en en-tête de cet article, nous révèle que la première instruction, de ce qui peut être considéré comme le testament de Moïse, concerne l’instauration d’un système judiciaire.  La condition la plus importante d’une vie en société est que les différends puissent être réglés, non pas selon « la loi du plus fort », mais selon les critères de la justice.

Pour rendre une justice équitable, prévoit Moïse, ces juges doivent être « sages, intelligents et éprouvés (ou « connus ») cf le v15.

« Etre sage », c’est savoir que l’on ne sait pas et reconnaître lorsqu’une affaire est hors de sa compétence (à l’instar de Moïse lui-même en Nombres 27v5); c’est aussi ne pas se laisser guider par la passion et toujours rechercher l’intérêt général.

« Etre intelligent », c’est être capable de lire entre les lignes (d’un discours ou d’un événement).

« Etre éprouvé » (ou « connu »), c’est avoir bonne réputation auprès de ses proches et de ses voisins, témoigner de son intégrité et de sa fiabilité.

Autre exigence : Les juges ne doivent pas faire preuve « de partialité dans le jugement » (à l’instar de Dieu lui-même en Deutéronome 10v17. Comp. avec Jacques 2), entendant « le petit comme le grand » (cf Lévitique 19v15) et sans avoir « peur de personne, car le jugement appartient à Dieu ». Au moment de juger et à mille lieux du « juge inique » de la parabole des Evangiles, le juge doit avoir conscience qu’il se tient devant le Dieu de la justice. Et qui craint Dieu ne peut craindre autre chose.

Au final, nommer de tels juges est tout « ce qui reste à faire » au peuple (Deut.1v18).

La nomination des juges (voir aussi Exode 18v13-27), ainsi que des prêtres (Exode 29 et Lévitique 8) et des anciens (Nombres 11v16), correspond à une première séparation des pouvoirs entre le judiciaire, le religieux, et le politique. 

C’est ainsi qu’un peuple libre est un peuple qui honore la justice et dont les institutions reposent sur cette claire séparation (et distinction) des pouvoirs.

Pour Montesquieu « le bon régime » n’est pas nécessairement républicain ni monarchique, il est nécessairement modéré, c’est-à-dire qu’il est partagé, à la différence du tyran qui concentre tous les pouvoirs entre ses mains. Ce n’est pas un hasard si la démocratie au sens moderne du terme s’est d’abord développée dans les pays de tradition judéo-chrétienne(2).

Notes :

(1) Voir https://www.courrierinternational.com/article/israel-80-000-personnes-contre-la-reforme-de-la-justice-en-israel-un-pays-ou-meme-les-juges-manifestent et Israël: une réforme de la justice à venir qui bouscule l’équilibre des pouvoirs

(2) D’après La Bible. Le Pentateuque/1. Commentaire intégral verset par verset, par Antoine Nouis. Olivétan/Salvator, 2021, pp 527, 618-620.

Voir aussi :

Réforme des retraites : derrière le projet, un choix de société et un enjeu d’éthique

Derrière le projet de réforme des retraites, un enjeu d’éthique : car ce qui est digne ne peut être soutenu que collectivement, de façon que soit défendue cette zone transcendantale renvoyant à ce qui n’a pas de prix, mais une dignité.

Mardi 10 janvier, le gouvernement a annoncé les grandes lignes de son projet pour réformer les retraites : report de l’âge légal de départ à 64 ans dès 2030, contre 62 ans aujourd’hui, et allongement de la durée de cotisation à 43 ans pour une retraite à taux plein. La Première ministre souhaite également la suppression des principaux régimes spéciaux de retraites, comme celui de la RATP.

L’exécutif justifie sa réforme par les prévisions de déficit du système de retraites formulées par le Conseil d’orientation des retraites, un organisme placé auprès du Premier ministre, et explique que cette réforme vise à garantir l’équilibre du système des retraites en 2030.

La réforme des retraites est-elle un enjeu d’éthique ? Pour le Comité Protestant évangélique pour la Dignité Humaine, la réponse est oui : bien que la participation aux débats entre les partenaires sociaux et le gouvernement sur ce sujet n’entre pas dans ses objectifs, le CPDH estime que cela touche à la dignité humaine dès lors qu’il s’agit de trouver un juste équilibre entre travail, santé et repos.

C’est là rappeler pertinemment que la défense de la dignité humaine ne saurait se limiter aux deux extrémités de la vie, puisqu’elle intègre tout ce qu’il y a entre les deux, c’est-à-dire, en l’occurrence, plus de 67 millions de personnes.

C’est aussi garder à l’esprit, plutôt que de s’enfermer dans un débat technique, qu’il s’agit de choix de société et qu’une société se juge à la façon dont elle traite les personnes âgées.

Au fait, qu’en dit la Bible ? Si elle en dit quelque chose !

Si la Bible ne mentionne pas d’âge de départ à la retraite (sauf erreur de ma part), elle nous rappelle de nous lever « devant les cheveux blancs » et d’honorer « la personne du vieillard » (Lévitique 19v32). Elle nous donne aussi l’exemple des Lévites, lesquels, chargés du service dans le tabernacle, prenaient leur retraite du service régulier à partir de 50 ans et cessaient de travailler tout en continuant à « aide[r leur]s frères » (Nombres 8v23-25). Ce chiffre ne devrait sans doute pas être pris littéralement comme une base devant inspirer nécessairement le gouvernement, mais, comme nous y invite le CPDH, « ne manquons pas de prier pour notre pays afin que des solutions respectueuses des citoyens soient trouvées ».

D’ailleurs, le saviez-vous ? Outre le report de l’âge de départ à la retraite défendu par le gouvernement, il existe d’autres alternatives pour générer des économies sur le système des retraites et atteindre l’équilibre.

À rebours du projet du gouvernement de décaler l’âge légal de départ à la retraite à 64, et soutenant que le système des retraites n’est pas véritablement menacé financièrement, les syndicats proposent plutôt d’augmenter les salaires, les cotisations salariales et patronales, et de lutter contre les inégalités.

Face aux déclarations chocs des Ministres et des membres de la majorité, pour tenter de convaincre de la nécessité d’une nouvelle réforme des retraites, le pure player Basta! se propose de faire le tri entre les arguments jugés sérieux et ceux qui lui paraissent de mauvaise foi. Ainsi, par exemple, en partant du postulat que le recul de l’âge légal de départ à la retraite serait la seule possibilité pour financer les retraites, le gouvernement exclut d’emblée les solutions alternatives. Sauf qu’il s’agit là d’un « choix politique » selon l’économiste Michaël Zemmour, alors que « tout est possible », assure le chercheur. « On pourrait choisir différents moyens pour maintenir le financement à son niveau actuel ».

Note :

(1) Quelles sont les prochaines étapes ? Le projet de loi de réforme des retraites sera présenté en Conseil des ministres le 23 janvier, puis au Parlement au premier trimestre en vue d’« une adoption en mars », précise le gouvernement dans le dossier de presse du projet de réforme. L’exécutif table sur une entrée en vigueur des principales mesures au 1er septembre. La réforme passera par un projet de loi de financement rectificative de la Sécurité sociale (PLFRSS). En l’absence de majorité à l’Assemblée nationale, la Première ministre, Élisabeth Borne, aura la possibilité de recourir au fameux article 49.3 de la Constitution, permettant de faire adopter sans vote un projet de loi de financement de la Sécurité sociale, un projet de loi de finances et un autre projet ou proposition de loi par session parlementaire. De plus, la Constitution limite le délai d’examen du PLFRSS par le Parlement à 50 jours.

Crainte de Dieu

« La crainte de Dieu dans les Écritures (…)libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose… » (Source : rawpixel)

« Sur lui reposera l’Esprit du SEIGNEUR : esprit (…) de crainte du SEIGNEUR – et il lui inspirera la crainte du SEIGNEUR ». (Esaïe 11v2-3)

« Les Saintes Ecritures reviennent souvent sur le sentiment de la crainte de Dieu. De toutes les émotions religieuses, c’est celle qui s’est le plus affaiblie au cours des temps modernes », constate l’écrivain napolitain Erri de Luca. Car, estime-t-il, « ceux qui ont la foi préfèrent alléguer d’autres manifestations de leur attachement. La crainte semble un sentiment inconvenant, irrationnel, antique. Et pourtant l’immense qui nous domine ne peut absolument pas être apaisé, apprivoisé par l’amour. La crainte de Dieu dans les Ecritures est une panique céleste, la réponse des nerfs à un ordre central lointain et abyssal (…). Et elle ne décourage pas, n’affaiblit pas, elle libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, craindre par exemple l’Adàm fait de terre et sa descendance humaine.

Le quatrième vers du psaume 130 enseigne aussi : « puisque près de toi est le pardon, pour que tu puisses être craint. Il y a aussi un autre aspect de la crainte que l’on doit à Dieu : non parce qu’Il est le Seigneur de l’immense, dispensateur de vie et de mort, mais aussi parce que de lui dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes. Il dit à Jérémie : car je pardonnerai à ceux que j’aurai fait demeurer de reste (50v20) : celui qui est pardonné a d’abord été gracié, laissé en vie, mis de côté comme un reste sauvé.

Cette puissance gigantesque du pardon pèse bien plus que l’immense et renforce, en celui qui croit, la crainte de Dieu. »

(Erri de Luca. Crainte IN Alzaia. Rivages, 1998. Bibliothèque Rivages, pp 211-212)

Initialement publié le 06 mars 2019