Vous avez entendu qu’il a été dit « que l’on ne peut plus rien dire », mais moi, je vous dis….

Accueillir le réfugié – et le mineur isolé – c’est « chrétien » ? (Dessin de « PrincessH », pour « La Croix », octobre 2016)

« Dans la demeure qui lui appartient, Dieu est un père pour les orphelins, un justicier qui défend les veuves » (Ps.68v6).

Imaginez qu’après la lecture de ces commandements et exhortations de l’apôtre Paul, dans ses lettres adressées aux chrétiens Corinthiens et Philippiens [« que tout se fasse pour la gloire de Dieu », « que tout se fasse pour l’édification » ; « que tout est vrai, honorable, juste, pur…occupe vos pensées… »], ces derniers réagissent de la sorte : « mais alors, on ne peut plus rien dire ! » 
Ne riez pas : c’est pourtant ce que l’on peut entendre dans la sphère médiatique ou lire sur la toile, dans un esprit victimaire.
Les chrétiens protestants évangéliques (entre autres), attachés à la Bible, qu’ils reconnaissent comme « la Parole de Dieu », savent que (faire) croire que l’on peut tout dire, tout faire, sans se soucier d’aucune conséquence et sans avoir à rendre compte d’une telle « liberté », est un mensonge vieux comme le monde. Comme de parler plus de l’interdit de ce qui est permis. Et pour cause, il vient du serpent menteur et tentateur, en Eden (cf Genèse 3). Et depuis la chute, les humains n’en sont pas ressortis « plus adultes », puisqu’ils ont tendance à se justifier ou à se renvoyer la balle, en s’accusant mutuellement, de manière irresponsable.

Ainsi, par exemple, la réaction du polémiste – et pourtant candidat à la prochaine élection présidentielle – Eric Zemmour – à sa troisième condamnation par la justice (1) : ayant été en effet condamné le 17/01 par le tribunal correctionnel de Paris à 10 000 euros d’amende  – et, solidairement avec le directeur de la publication de CNEWS, à verser 19 000 euros aux associations de défense des droits de l’homme – pour « complicité de provocation à la haine raciale » envers les mineurs isolés étrangers, Eric Zemmour dénonce ce qu’il appelle « la condamnation d’un esprit libre (sic) par un système judiciaire envahi par les idéologues ». De fait, le candidat à l’Élysée entend, s’il est élu, abroger la législation antiraciste, qu’il qualifie de « liberticide ».

Le parquet de Paris avait par ailleurs requis 5 000 euros d’amende pour le directeur de publication de CNews, Jean-Christophe Thiery de Bercegol du Moulin, jugé aux côtés d’Eric Zemmour comme c’est l’usage dans les procès de presse. Il a été condamné à 3 000 euros d’amende. A ce jour, CNEWS est la seule, parmi les autres chaînes françaises, à être condamnée par la justice.

En guise de devoir de mémoire, les propos incriminés avaient été prononcés le 29 septembre 2020, sur CNews, lors d’une émission de « Face à l’info ». Le 18 mars 2021, le Conseil supérieur de l’audiovisuel avait déjà prononcé une sanction financière inédite d’un montant de 200 000 € à l’encontre de la chaîne, propriété de Vincent Bolloré, estimant que, ce jour-là, celle-ci avait manqué à ses obligations, et que les « limites à la liberté de communication et à la liberté éditoriale des médias audiovisuels » avaient été franchies. Éric Zemmour avait alors déclaré au sujet des mineurs étrangers non accompagnés« Ils sont voleurs, ils sont assassins, ils sont violeurs, c’est tout ce qu’ils sont[sic]. » Puis, contredit par l’animatrice Christine Kelly, il avait fini par nuancer : « La plupart. »(sic)

Une idée en rappelle une autre, mais ce rappel me paraît utile, face au même qui plaide aussi, pour les mêmes raisons ou pour d’autres, pour l’abolition des lois dites mémorielles : qui se souvient du décret-loi « Marchandeau »(du nom de celui qui a été Député radical-socialiste de la Marne, maire de Reims,  ministre de la Justice entre novembre 1938 et septembre 1939)portant sur la répression de la diffamation par voie de presse lorsque « la diffamation ou l’injure, commise envers un groupe de personnes appartenant, par leur origine, à une race ou à une religion déterminée, aura pour but d’exciter à la haine entre les citoyens ou les habitants » ?

Pour l’anecdote (qui n’est pas un « point de détail de l’histoire »), l’une des premières mesures du régime Vichy, mis en place depuis à peine un mois(Il n’existe plus de Parlement, et les lois l’œuvre du Maréchal Pétain qui, selon l’article 1 § 2 de l’acte constitutionnel n°2 du 11 juillet 1940, exerce le pouvoir législatif, en conseil des ministres), a été d’abroger ce fameux décret-loi Marchandeau, le 27 août 1940(2). Sachant que l’armistice avec l’Allemagne, mettant fin officiellement aux hostilités ouvertes par la déclaration de guerre du 3 septembre 1939, ne sera signé que plus tard,  le 22 juin 1940.
Avec l’abolition du décret-loi Marchandeau, la loi rend libre la tenue de propos racistes ou antisémites, et prononce une amnistie des poursuites*. Avec pour conséquences un boulevard pour la propagande xénophobe, raciste et antisémite, et une liberté de la presse au service du racisme et de l’antisémitisme.

Comme quoi, « rien de nouveau sous le soleil », comme l’a dit un grand sage de la Bible.

Et c’est ici qu’il convient de prendre un peu de recul : Car, enfin, ne jouons pas à nous faire peur en prenant au sérieux les plaintes de celui qui se croit « censuré », et donc victime d’un hypothétique « esprit de tyrannie ». Comme si le sort tout entier de la liberté d’expression était suspendu à une énième condamnation en justice d’Eric Zemmour (ou même de CNEWS), qui a toujours eu un espace médiatique pour diffuser ses idées. Car qu’est-ce qui est le plus dangereux ? La banalisation du discours injurieux, à caractère racial, et des provocations à la haine racial d’un polémiste pourtant candidat à la Présidentielle, à quelques mois de l’élection ? Ou le simple fait que la justice fasse son travail ? Dans quelle société voulons-nous vivre ? Celle bâtie sur les fondements de l’Evangile de Jésus-Christ (pas un pseudo « évangile » canada dry » identitaire) – ou, du moins, de celle bâtie par nos parents et nous-mêmes depuis 1945 – ou celle fantasmée [d’un « grand remplacement »] par Zemmour et consort ?

 « Liberté ! Que de bêtises on peut raconter en ton nom ! » Que de bêtises, mais aussi d’horreurs….

Vous entendez ici ou là que « la liberté d’expression » serait « à défendre », car « menacée », relativisant la gravité de propos relevant du délit et confondant celui-ci avec l’opinion. Or, il s’agit ici d’une question de limites nécessaires. C’est bien parce que la liberté d’expression est précieuse (3), qu’il importe de donner à  réfléchir sur les conséquences d’une liberté que l’on voudrait « totale » et « absolue », pour ne pas dire « sacrée ».

C’est ce que l’on appelle une idole, soit une chose, une force, une personne, un groupe, une doctrine ou un idéal que l’on regarde comme suprême. Or, un seul est suprême : Dieu, lequel interdit l’idolâtrie en Exode 20v4-6. Tout peut être idolâtré, dès que nous le considérons comme ultime.           

Une formule à la Jacques Ellul dirait peut-être que « ce n’est pas l’usage de la liberté d’expression qui asservit, mais le sacré transféré à la liberté d’expression ». On parle alors de « sacro-sainte » liberté (ici, d’expression).….liberté dont le « sacré » exige que l’on lui sacrifie tout ?

Faut-il tout sacrifier (la dignité humaine, l’honneur) sur l’autel du « dieu liberté (d’expression) », « Moloch »  moderne ? Ou sur l’autel de la recherche du buzz (que l’on croit « rentable ») à tout prix ? Lévitique 20v1-5 révèle ainsi à quel point l’idolâtrie conduit à la mort, et notamment à la mort de ceux qui nous sont le plus chers, nos enfants.

Dans ce cas, pour préserver la (précieuse) liberté d’expression et pour se préserver des abus, pour se libérer de ce qui asservit, faudra-t-il « profaner » cette sacrée liberté d’expression, en lui ôtant l’aura de sacré qui l’entoure, pour mieux y inclure cette prise de conscience : « qui dit grande liberté(ou « grand pouvoir ») dit aussi « grande responsabilité » ?

Responsabilité pour le média d’apporter de l’information de qualité (et non du scandale, de la désinformation) et responsabilité pour le citoyen (et non « consommateur de média ») de se positionner quant à l’éthique des médias. Le chrétien, lecteur de la Bible, qui ne se laissera pas avoir par le mot piégé de « valeurs », devrait normalement en conclure qu’il lui est impossible de cautionner la banalisation de certains discours, comme certains choix éditoriaux assumés par un média, parce qu’il sait que l’accueil de l’étranger est une préoccupation transversale de l’Ancien Testament et parce que la non stigmatisation des personnes (ou des groupes de personnes) est une préoccupation permanente du Nouveau Testament. Les devoirs envers les étrangers sont même évoqués à 36 reprises dans la Torah, soit plus souvent que les commandements relatifs à l’amour de Dieu, à la circoncision et à l’interdiction du mensonge ou du vol. Le Seigneur est « le Père des orphelins, le défenseur des veuves » (Ps.68v6). Celui qui les maltraite (en actes ou en paroles) s’attaque à Dieu Lui-même, lequel ne restera pas sourd au cri de l’étranger, de la veuve et de l’orphelin.

Elie Wiesel, cité par Antoine Nouis dans son commentaire verset par verset du Pentateuque (Olivétan/Salvator, 2021), a écrit : « je ne dois pas m’abaisser devant une idole, sinon je perds tout respect de ma personne non seulement devant Dieu, mais également devant mon peuple et donc devant l’humanité. Un homme qui s’abaisse devant une idole faite par d’autres hommes se renie lui-même ». Ce qui est en jeu dans cette parole, commente Antoine Nouis, est la liberté et la dignité de l’humain. Nous comprenons pourquoi [l’interdit de l’idole] se situe en tête des Dix Paroles [p 310].

Décidemment, même dans la Bible « on ne peut plus rien dire » ! Serait-ce là le signe de l’emprise de « l’esprit de tyrannie », de la « piraterie woke » ?

Pour aller plus loin, voir notre article « Il n’y a pas de tabou dans la Bible ».

Notes :

(1) Cf cet article de La Croix et d’Actu juridique. Le 18 février 2011, il a été reconnu coupable par le tribunal correctionnel de Paris de « provocation à la discrimination à l’égard d’un groupe de personnes à raison de leur origine ou de leur appartenance à une race » pour avoir prétendu que les employeurs avaient « le droit » de ne pas embaucher d’Arabes et de Noirs. N’ayant pas fait appel, cette condamnation est définitive. Plus récemment, le 17 septembre 2019, il a été reconnu coupable de « provocation à la discrimination et à la haine religieuse » par la Cour de cassation, plus haute juridiction de l’ordre judiciaire français, pour avoir déclaré qu’il laisserait aux musulmans « le choix entre l’islam et la France ». Jeudi 20 janvier, un autre procès attend l’ancien polémiste, pour « contestation de crime contre l’humanité ». Le 4 février 2021, en première instance, il avait cette fois été relaxé pour avoir déclaré que, pendant la collaboration, Philippe Pétain aurait « sauvé les juifs français ». Mais l’Union des étudiants juifs de France avait attaqué en appel cette décision.

Cette défense de Pétain est d’ailleurs une vieille obsession : certains d’entre nos lecteurs se souviendront peut-être que, Samedi 4 octobre 2014, l’émission de France 2 « On n’est pas couché »(ONPC) choisit d’inviter Eric Zemmour à l’occasion de la sortie de son nouveau livre, « Le Suicide français ». Ce dernier y critique notamment les travaux de l’historien américain Robert O. Paxton, le premier à avoir mis en lumière la collaboration entre Vichy et l’Allemagne nazie dans la déportation des Juifs, dans son ouvrage La France de Vichy 1940-1944 paru en 1973. Relativisant le rôle de Vichy dans la déportation des Juifs français, Eric Zemmour prétend que l’ “on oublie la complexité de l’Histoire” et que Pétain aurait permis de sauver “90% des Juifs de France”.  La journaliste Léa Salamé interpelle alors le polémiste, l’accusant de chercher à réhabiliter Pétain pour faire l’apologie de la préférence nationale. Ce même jour, les Juifs célébraient Kippour, la fête du Grand Pardon. En France, comme le veut la tradition, ils ont accompagné leurs recueillements d’une prière pour la République. Mais en rentrant chez eux le soir, ils ont pu assister à une sordide prière contre la République.

(2) Le Journal officiel du 30 août 1940, page 4844, publie la loi du 27 août 1940 portant abrogation du décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse :
« Art. 1°. – Est abrogé le décret-loi du 21 avril 1939, modifiant les articles 32, 33 et 60 de la loi du 29 juillet 1881 sur la liberté de la presse. Les dispositions antérieures des articles précités sont remises en vigueur.

« Art. 2. – Amnistie pleine et entière est accordée, pour tous les faits commis antérieurement à la promulgation de la présente loi, aux délits prévus par les dispositions abrogées par l’article 1° du présent décret ».

(3) L’article 11 de la Déclaration des droits de l’homme et du citoyen du 26 août 1789 déclare que « La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l’Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l’abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi ».

Combien de livres lirez-vous jusqu’à votre mort ?

Combien de livres lirons-nous jusqu’à notre mort ? Autant commencer le plus tôt possible ! (Source image : rawpixel)

« Le sage est celui qui connaît ses limites », dit le proverbe.

Et puisque nous parlons de limites, Moïse a été un « géant ». Sauf que, « comme pour tous les humains, sa mission n’a pas été couronnée de succès à cent pour cent puisqu’il est mort à la veille d’entrer en terre promise. Il a eu du mal à accepter cet inachèvement, mais personne n’est immortel, tout le monde a ses limites. Chacun à un Jourdain qu’il ne franchira jamais ! » (Antoine Nouis, Découvrir la Bible en 100 pages. Editions Bibli’O, 2021, p 24)

Votre « jourdain » à vous, lectrice et lecteur, est le nombre de livres que vous pourrez lire (à l’exclusion des autres) jusqu’à votre mort. Vous ne pourrez pas lire tous les livres du monde, mais vous pourrez en lire quelques-uns.

Lesquels ? Combien ? Lequel ou lesquels en priorité ?

Pour cela, il suffit de calculer son espérance de vie [à l’aide du site Lithub], laquelle est différente pour un homme et une femme, et son taux de lecture [le nombre de livres lus/an], sachant que le lecteur moyen lit douze ou treize livres par an, le lecteur sérieux en lit 26 par an, le lecteur zélé en lit cinquante et le boulimique quatre-vingt à 100. Ajoutez à cela le taux d’espérance de vie selon votre sexe (les femmes vivent un peu plus longtemps que les hommes) et vous obtiendrez le nombre de livres qu’il vous reste à lire avant de mourir.


Si vous êtes une femme âgée entre 25 et 34 ans, il vous reste :
> 672 à 732 livres si vous êtes une lectrice moyenne
> 2 800 à 3 050 livres si vous êtes une lectrice zélée
> 4 480 à 4 880 livres si vous êtes une lectrice boulimique
Si vous êtes un homme âgé entre 25 et 34 ans, il vous reste :
> 624 à 684  livres si vous êtes un lecteur moyen
> 2 600 à 2 850 livres si vous êtes un lecteur zélé
> 4 560 à 4 480 livres si vous êtes un lecteur boulimique
Si vous êtes une femme âgée entre 35 et 44 ans, il vous reste :
> 546 à 612 livres si vous êtes une lectrice moyenne
> 2 275 à 2 550 livres si vous êtes une lectrice zélée
> 3 640 à 4 080 livres si vous êtes une lectrice boulimique
Si vous êtes un homme âgé entre 35 et 44 ans, il vous reste :
> 504 à 564  livres si vous êtes un lecteur moyen
> 2 100 à 2 350 livres si vous êtes un lecteur zélé
> 3 260 à 3 670 livres si vous êtes un lecteur boulimique
Si vous êtes une femme âgée entre 45 et 54 ans, il vous reste :
> 372 à 486 livres si vous êtes une lectrice moyenne
> 1 550 à 2 025 livres si vous êtes une lectrice zélée
> 2 480 à 3 240 livres si vous êtes une lectrice boulimique
Si vous êtes un homme âgé entre 45 et 54 ans, il vous reste :
> 336 à 444 livres si vous êtes un lecteur moyen
> 1 400 à 1 850 livres si vous êtes un lecteur zélé
> 2 240 à 2 960 livres si vous êtes un lecteur boulimique

Lire le livre du dernier polémiste à la mode ou du prochain candidat à une élection nationale vaut-il alors le coup, vu que les livres qui me restent à lire sont comptés ? 

Albert Mohler nous rappelle que « la lecture prioritaire d’un chrétien est la Parole de Dieu. Notre maturité spirituelle ne surpassera jamais notre connaissance de la Bible ».

Faisons alors de la lecture de la Bible – le livre des livres – une priorité : allons-nous explorer la Bible ? La lire en entier durant l’année ? Etudier un livre en détail ? Mémoriser des versets-clés ou un psaume ? La lire en groupe ? Lisons donc la Bible un peu chaque jour – un peu le lundi, un peu le mardi, un peu le mercredi….

 Outre cette lecture, devraient suivre des livres chrétiens sérieux, soit des livres qui visent la santé spirituelle et la réflexion profonde. Au haut de la liste devraient se trouver les classiques de la pensée et de la dévotion chrétienne.

À cet égard, nous devrions accorder la priorité « aux vieux livres », à raison d’ « un livre ancien tous les trois livres modernes », selon CS Lewis.

L’on rajoutera aussi la fiction littéraire – romans, nouvelles, poésie, théâtre – de même que les meilleurs ouvrages de « non fiction » : biographies, histoire, sciences économiques et sociales, philosophie….

Voici quelques suggestions, « à la manière » des défis-lecture en vogue :

Lecteur « moyen » : 13 livres/an, soit 1 livre toutes les 4 semaines

Un livre publié l’an dernier

Des mémoires, un journal ou une correspondance

Un roman ou une œuvre classique [Ex : « le Rouge et le noir » de Stendhal ; « Don Quichotte », de Cervantès ; « la Divine Comédie » de Dante ; « Faust », de Goethe ; « Moby Dick », de Melville….]

Un livre écrit sur les livres et la lecture

Un livre écrit par une femme [Ex : La Maison de Noé, de Maryline Robinson …]

Un livre sur un livre [ou une partie] de la Bible [Ex : le Pentateuque, commentaire intégral verset par verset, de Antoine Nouis, ou un commentaire récent sur l’épître aux Ephésiens….]

Un livre avec le mot « Évangile » dans le titre [« cela ne peut pas faire de mal », dirait la Pep’sette !]

Un livre avec le mot « Bible » dans le titre ou le sous-titre

Le livre des psaumes

Un livre avec une image d’une personne sur la couverture [Ex : « monsieur Romain Gary », de Kerwin Spire]

Un livre que vous ne voulez pas (ou n’osez pas) lire

Un roman-jeunesse récent

Un livre de votre choix

Lecteur « sérieux » : 13 livres supplémentaires, soit 26 livres/an, soit 1 livre toutes les 2 semaines

Un livre qu’un membre de votre famille ou un ami vous a recommandé

Un livre sur la justice sociale

Un roman qui a gagné un prix [Ex : Celui qui veille, de Louise Erdrich]

Un livre écrit par 2 auteurs et + [ex : La Communion qui vient : Carnets politiques d’une jeunesse catholique. Seuil, 2021]

Une saga [Ex : Colorado saga, de James Michener] ou un roman d’aventure

Un livre de Romain Gary ou de Erri de Luca

Un BD ou un roman graphique

Un livre avec « disciple » dans le titre [Ex : Devenir disciple, de Daniel Bourguet]

Un livre recommandé par Le Monde des livres

Un livre sur comment prier

Un livre sur le mariage, le couple ou la vie sexuelle

Un recueil de nouvelles

Une pièce de théâtre de votre choix

Lecteur « zélé » : 26 livres supplémentaires, soit 52 livres/an, soit 1 livre/semaine

Un livre d’un point de vue théologique autre que votre tradition ecclésiale

Un livre par un auteur d’un continent autre que l’Europe ou l’Amérique du Nord

Un livre d’un auteur français du XIXe – début XXe

Un livre de poèmes /une anthologie poétique

Un livre vraiment drôle

Un récit ou un témoignage [Ex : « ma quête » de Josef Ben-Eliezer ; « accueillir l’exclu », de Bob Ekblad]

Un livre avec une illustration sur la couverture [ex : « Impossible », de Erri de Luca]

Un petit livre (100 pages ou moins)

Un livre pour prier, lire et méditer la Bible chaque jour, pendant un an

Un roman qui se déroule « ailleurs » que chez soi

Un livre pour prier et chanter les psaumes

Un livre sur l’Église [« Coopérer sur la durée dans l’Eglise locale », Marie-Christine Cayrol.]

Un roman d’un auteur chrétien [« la Puissance et la gloire » de Graham Greene, « Ben Hur », de Lew Wallace, « Le Seigneur des anneaux » de JRR Tolkien, « Guerre et paix » de Tolstoï, « les Frères Karamasov » de Dostoievski…]

Un livre qui nous donne des ailes

Un livre écrit par une auteure chrétienne

Un livre récent pour découvrir, explorer ou renouveler son rapport avec la Bible

Un livre écrit par un jeune auteur

Un livre sur l’espérance et la résurrection, dans une perspective biblique [Ex : « Surpris par l’espérance » de NT Wright]

Un livre du rayon « accompagnement spirituel »  [Ex : « l’Evangélisation des profondeurs », de Simone Pacot ou « Au Nom de Jésus : libérer le corps, l’âme, l’esprit », de Gilles Boucomont….]

Un livre d’un rabbin-philosophe

Un livre qui vous attend chez vous, que vous le lisiez

Un livre récent du rayon « histoire » [Ex : sur Vichy et les Juifs, ou la Révolution française…]

Un livre parmi « les livres à l’honneur » de votre librairie favorite

 Un livre du rayon « apologétique »

Un livre sur la Trinité [Ex : « sur les bords du Jourdain », de Daniel Bourguet]

Un livre d’un éditeur autre que votre éditeur favori

Un livre de votre choix

Lecteur « boulimique » : 80 livres/an, soit 1,5 livres/semaine ou 100 livres/an, soit 2 livres/semaine [ce qui ne serait guère raisonnable, puisque, si l’on lit comme l’on mange, l’on ne saurait se livrer à de la gloutonnerie en lecture. De même que l’on ne saurait apprécier la subtilité d’un vin en le buvant « cul sec », un bon livre ne se lit pas d’une traite mais à petites gorgées. Dans tous les cas, les propositions suivantes constituent « une réserve » de livres possibles]

 Un livre d’un philosophe contemporain [ex : un livre de Dany-Robert Dufour]

 Un livre de psychologie [mais pas de « développement personnel »]

 Un livre de sociologie

Un livre sur le management [en milieu associatif/d’entreprise]

Un livre en rapport avec l’art, l’histoire et la politique

Un livre sur les relations, les conflits ou le pardon

Un livre sur l’éducation ou la transmission

Un roman (ou un recueil de nouvelles) de science-fiction

Un roman (ou des nouvelles) fantastique(s)

Un livre sur le sens de la croix, dans l’Evangile

Un livre sur la laïcité et le fait religieux

Un livre sur la culture médiatique/informationnelle

Un livre sur un enjeu social/sociétal actuel

Un livre sur un sujet économico-social

Un livre sur le réveil ou les Camisards

Un livre sur/en rapport avec l’écologie [un essai ou un roman]

Un livre d’un père de l’Église

Un roman sur le racisme et la ségrégation [Ex : L’Enfant qui voulait disparaître, de Jason Mott]

Un livre d’un auteur-classique de littérature juive ancienne

Un livre d’un auteur contemporain de roman policier [Ex : Caryl Férey, Georges Pelecanos…]

Un roman d’aventure

Un livre de votre auteur préféré

Un livre que vous avez déjà lu

Une anthologie protestante de la poésie française

Un livre qu’on vous a offert

Un livre de votre choix

Un livre que vous n’avez pas terminé et abandonné

Le premier livre d’un auteur

Un livre sur (ou d’)un dirigeant/chef d’Etat

Un livre de la Bible que vous n’avez encore jamais lu/qui ne vous est pas ou peu familier

Un livre écrit par un auteur européen, hors France

Un livre qui pousse à s’engager ou à se positionner

Un livre pour lire et méditer la Bible chaque jour, en 1 an

Un livre écrit il y a plus de 100 ans

Un livre-jeunesse classique ou contemporain

Un livre que vous empruntez

Un livre sur comment prier ou pour prier chaque jour

Un livre que vous aviez toujours envie de lire

Un livre de Jean Calvin ou de Martin Luther

Un livre de Dietrich Bonhoeffer ou de Karl Barth

Un livre de Jacques Ellul ou de Paul Ricoeur

Une pièce de théâtre ou un livre d’un auteur de l’Antiquité

Une biographie, un mémoire ou une autobiographie

Un livre du rayon « éthique et sciences humaines » [ou sur « l’éthique du futur »]

Un livre qui parle de technologies et de relations humaines [Ex : « Seuls ensemble », de Sherry Turkle]

Un livre qui parle de sommeil

Un livre sur la vérité (ou notre rapport à la vérité)

Un livre sur la justice [Ex : « Michaël Kohlhaas » d’Heinrich Von Kleist, ou « les sphères de justice », de Michael Wälzer]

Un livre pour vivre et penser la liberté

« Ne les oublions pas » : En quoi les Huguenots nous parlent encore aujourd’hui

Ce que nous enseignent les Huguenots : résister, surfer complaisamment ou se laisser emporter ? (Source image : public domain pictures)

« Souviens-toi » est un commandement récurrent dans les Ecritures bibliques.

Cette parole est un indicateur de la liberté spirituelle, nous exhortant de prendre le temps de la contemplation et de la mémoire, ne serait-ce que pour prendre conscience que nous ne venons pas de nulle part, et que d’autres nous ont précédé. Ces « autres » sont les « Huguenots », dont nous (chrétiens dans son expression protestante ou protestante-évangélique) sommes les héritiers. L’article qui suit, publié initialement sur le blogue du Temple du Marais (Paris), est un témoignage et un encouragement édifiant pour notre foi. Il nous explique pourquoi il convient de ne pas les oublier, encore aujourd’hui, et en quoi ils restent actuels.

Les “Huguenots” sont le nom donné aux protestants français à partir des années 1560, au moment des guerres de religion. Le mot sera aussi utilisé pour parler des protestants français exilés du fait des persécutions, notamment après l’interdiction par Louis XIV du culte protestant et de la religion reformée en 1685. C’est avec cette émigration massive que le mot Huguenot sera connu internationalement pour désigner les protestants français, mais aussi, particulièrement dans « les pays du Refuge » (pays accueillant ces exilés : Pays-Bas, Suisse, Royaume-Uni, Amérique, Allemagne…), les émigrés ou descendants d’émigrés protestants français.

Les Huguenots sont nos ancêtres de la foi

Les Huguenots sont donc des protestants comme nous. Ils sont nos ancêtres dans la foi. Ils sont les premiers à avoir cru comme nous croyons. Ils ont la même foi que nous, luthérienne et/ou réformée [ou évangélique]. Jésus avait Abraham et Noé, comme ancêtres, nous avons les Huguenots ! Ils ont vécu une période très troublée, avec la guerre (8 guerres de religion au XVIème siècle et des heurts importants au XVIIème siècle comme le siège de la Rochelle ou au XVIIIème siècle comme la guerre des Camisards dans les Cévennes), les massacres comme la saint Barthélémy, l’exil et des persécutions. Malgré les problèmes vécus dès l’apparition de la Réforme, cette nouvelle façon de vivre sa foi, le protestantisme connaît un essor considérable dans toutes les couches de la société française et essaime à l’étranger. Mais ils sont restés une minorité, ce qui n’est pas forcément très facile à vivre.

Une histoire qui a marqué le protestantisme français

Cette histoire, difficile, a profondément marqué le protestantisme français et notre Eglise. L’idée même de persécution et de minorité est constitutive de notre identité. Inquiétés, emprisonnés, persécutés, traqués, mis au ban de la société, la vie n’a pas été simple pour ces Huguenots. Subissant des pressions, des brimades, des interdits, le risque de la mort, certains ont tenu bon, et se sont battus pour leur foi. D’autres se sont convertis au catholicisme, parfois de force. Et, d’autres encore ont fui. Certaines familles sont revenues, [comme le premier Pasteur du Temple du Marais, Paris], Paul Henri Marron, sa famille est revenue en France, d’autres non, comme les ancêtres des deux ministres allemands Lothar et Thomas de Maizière ou du président américain Franklin Delano Roosevelt.

Mais d’où vient ce mot ?

Vraisemblablement de l’allemand eidgenossen (“conjurés”, “confédérés”). Un mot allemand (comme Luther), utilisé à Genève (patrie de l’« hérésie » protestante), proche du nom du roi Huguet ou Hugon de Tours, qui, selon la légende, fut un fantôme cruel vivant la nuit, et la prononciation déformée permettent aussi de comprendre le caractère péjoratif et insultant du mot à l’origine. Mais les protestants français vont assumer et revendiquer ce mot comme leur appellation à partir de 1560. Ceux qui ont persévéré, ceux qui ont « protesté de leur foi », que peuvent-ils nous dire ? Nous vivons maintenant librement notre foi, avec des lieux de cultes publics et accessibles. Que nous apprennent les Huguenots ? Que nous laissent-ils en héritage ?

Les Huguenots nous apprennent à croire, quelle que soit la situation sociale, et politique autour de nous.

Même en des temps troublés, dans l’adversité, en étant persécutés, ils ont continué de croire, de vivre leur foi, de lire leur bible, de prier le Seigneur… Marie Durand enfermée à Aigues mortes en est un exemple extrême, elle ne renonce pas à sa foi. Ils nous redisent ce qu’est être une minorité, et combien cela peut être difficile un groupe stigmatisé. Cela peut nous parler aujourd’hui, où de nombreuses minorités ou des groupes de personnes vivant une différence sont souvent rejetés.

Ils nous rappellent les débuts de l’Eglise

Ils nous rappellent les débuts de l’Eglise, comment ils ont vécu et se sont organisés. Les pratiques communautaires avec des réunions discrètes chez l’un ou chez l’autre pour partager la lecture du Nouveau Testament, des psaumes et prier. La lecture de la bible dans sa propre langue et non en latin, une lecture seul mais aussi en famille et en groupe. Et un texte qui circule, car il est imprimé. C’est aussi un élément très important de leur vie : l’accès à l’écrit grâce à l’imprimerie. L’organisation des groupes, l’élection des représentants la désignation des pasteurs, la mise en place des sacrements (baptême et cène)… Comme l’Eglise primitive des Actes, ils nous parlent de comment on pratique, comment on vit la foi, comment on construit le corps du Christ au tout début. Ils nous permettent de retrouver les bases de notre foi, les prémices, les commencements. Les premiers textes aussi notamment les confessions de foi de La Rochelle (1571) comme celle d’Augsbourg (1530). Nous pouvons ainsi redécouvrir ce qui est permanent et qui fait le lien entre les générations.

Ils nous apprennent à rompre avec la société qui les entoure pour vivre mieux et en accord avec la foi.

Ils ont rompu avec les traditions, ils se sont singularisés et différenciés des autres, ils ont dû affirmer leurs particularités. Installant une pratique de la religion différente, ils ont souhaité épurer les pratiques, retrouver les origines, enlever les superstitions, refuser certains gestes. Ils ont dû rompre avec des pratiques communes, courantes et partagées. Ils se sont abstenus de tout un tas de pratiques et de croyances anciennes. Cette abstention implique une révolution mentale par rapport aux comportements ancestraux : il n’y a plus de temps, ni de lieu, ni d’image ou d’objet sacré. Ils ont bousculé les hiérarchies sociales et les valeurs de leur temps. Avec leur organisation et les élections de représentants, ils ont même pratiqué la démocratie avant sa mise en pratique. Calvin souhaitait que la Réforme pénètre tous les aspects de la vie quotidienne et que chacun puisse rendre compte de sa foi, à toute occasion. Les Huguenots nous invitent à faire la même chose avec notre société. Les Huguenots sont une source d’inspiration pour apprendre à rompre avec la société qui nous entoure quand elle va à l’encontre du Seigneur.

Les Huguenots nous parlent encore aujourd’hui

Enfin les Huguenots exilés nous parlent encore aujourd’hui, nous qui voyons tant de réfugiés, de migrants qui s’exilent de leur pays. Nous qui connaissons des chrétiens persécutés dans leur pays d’origine et qui viennent chez nous. Dans [nos églises] même nous vivons avec des frères et des sœurs venant de pays musulmans, de pays africains ou même de Chine où vivre leur foi était plus qu’un problème, une question de survie.

Terminons sur ce petit détail. Les Huguenots nous invitent aussi à retourner dans nos Bibles pour trouver des parallèles avec leur vécu. Ainsi le désert, référence à la traversée par Moise et son peuple du Sinaï, et l’espoir de la terre promise, est l’allégorie de la clandestinité des huguenots pendant les temps les plus forts des persécutions et de l’interdiction. Nous traversons aussi des déserts… Les Huguenots nous apprennent à résister, à tenir bon dans la foi, à s’appuyer, quoiqu’il arrive, sur le Seigneur. Ne les oublions pas…

Car c’est « ce que Dieu veut » (1 Pie.2v11-17)

« On t’a fait connaître », ô chrétien, »ce qui est bien » (Michée 6v8). Source : Découvert sur le compte twitter de Gilles Boucomont(3 mai 2017)

« Je vous y encourage, très chers amis, vous qui êtes des immigrés, des gens de passage sur cette terre : tenez-vous à l’écart des penchants mauvais qui font la guerre à votre être.

Ayez une bonne conduite parmi les païens ; ainsi, même s’ils vous calomnient en vous traitant de malfaiteurs, ils seront obligés de reconnaître le bien que vous faites et de remercier Dieu le jour où il viendra.

Soyez soumis, à cause du Seigneur, à toute autorité humaine : à l’empereur, qui a le pouvoir suprême, et aux gouverneurs, envoyés par lui pour punir les malfaiteurs et pour louer ceux qui font le bien.

En effet, ce que Dieu veut, c’est qu’en pratiquant le bien, vous réduisiez au silence les gens ignorants et stupides.

Conduisez-vous comme des personnes libres ; cependant, n’utilisez pas votre liberté comme un voile pour couvrir la malveillance, agissez plutôt comme des personnes qui sont au service de Dieu.

Respectez tous les êtres humains, aimez vos frères et vos sœurs en la foi, reconnaissez l’autorité de Dieu, respectez donc aussi l’empereur ».

(1 Pie.2v11-17)

Pep’s café a 9 ans !

« Happy birthday », Pep’s café! (Source image : rawpixel)

Chères lectrices et chers lecteurs, chers amis, chers frères et sœurs, chers proches et fidèles abonnés,

Voici, pour commencer, une énigme : « Qu’a créé Dieu le 7ème jour ? »

« Dieu a créé le repos le 7ème jour, pour que nous disions merci ! ».

Et pour que nous prenions le temps de considérer que tout ce que nous avons obtenu « par nos efforts » ou « nos mérites », croyons-nous, nous l’avons en réalité reçu. Comme un don, une faveur imméritée de Dieu. Ainsi, l’enfant que nous aimons a toujours plus de valeur lorsque nous le voyons comme un cadeau qui nous est offert, plutôt que comme une « propriété » chèrement conquise. L’homme ou la femme qui nous aime n’est rien tant que nous y voyons notre « conquête ». Il n’en va plus de même lorsque nous le (la) considérons comme un don gracieux, ainsi que l’est toute rencontre véritable avec cet « étrange étranger » différent de moi. Nos succès sont sans doute « mérités » par notre travail et notre persévérance. Mais d’autres tout aussi méritants n’ont pas connu le même succès.

L’infinie variété des façons de dire « merci », rendue possible par les langues multiples, est aussi un don de Dieu. 

« Aujourd’hui », je Lui dis « merci » parce que Pep’s café! a eu 9 ans, le 09 janvier (un multiple de 3 !), date anniversaire de création du blogue. Le 11 janvier étant la date anniversaire du premier article publié.

9 ans de grâce, que ce blogue chrétien vous invite, depuis le 09 janvier 2013, à l’heure du café (pour d’autres, ce sera du thé) du matin ou de l’après-midi, à la lecture, la méditation, l’étude et au partage de la Bible, dans un but d’encouragement et d’édification ; et plus largement, à écouter, discerner, réfléchir, comprendre, croire, recevoir, s’ouvrir, discuter, se laisser surprendre…

La vision du blogue est de casser les cloisonnements habituels entre les sujets, en donnant au lecteur un aperçu de choses qu’il ne soupçonne pas. Et surtout, en l’invitant à découvrir que Dieu est concerné par toutes les réalités de la vie et qu’il n’y a pas de domaine où Jésus-Christ ne règne pas.

« Aujourd’hui », je vous dis aussi « merci » à vous, chers lectrices et lecteurs fidèles : merci à vous, pour vos lectures attentives et bienveillantes, vos « likes », vos commentaires, comme pour vos relais de nos articles que vous avez estimé être les plus édifiants ! Et merci à chaque nouvel abonné !

Merci à mon ami Alain Ledain, pour avoir recommandé Pep’s café le blogue sur sa page FB « Ethique chrétienne », comme pour le relai du manifeste « AJC ! »

Merci à mon ami Etienne, pour la qualité de nos échanges en 2021, ainsi pour sa patience.

Merci à Yannick, pour ses retours bienveillants sur certains textes et sa disponibilité pour des échanges fraternels.

Merci à David, de « Plumes chrétiennes », pour le rappel d’un conseil de lecture de Pep’s café ! [« Michael Kohlhaas » d’Heinrich Von Kleist], lors de l’annonce de son défi d’écriture « une fenêtre de justice sur le monde ». Lecture qui a inspiré sa nouvelle « Hans Müller », dans le cadre de ce défi.

Merci à Gilles Geiser, pour son retour touchant par mail sur ma recension de son livre « Un moi pour aimer l’essentiel ».

Et merci aux éditions BLF –dont la mission est d’aider les chrétiens à nourrir une passion pour Dieu via la lecture de bons livres – pour cette très belle découverte, reçue gracieusement de leur part en service presse, ainsi que d’autres édifiants ouvrages, comme pour le relai de mes articles.

Merci au Pasteur Gilles Boucomont, pour avoir relayé certains de mes articles, dont celui consacré au film « Contagion », sur sa page FB.

Merci aux auteurs Manior et Nicolas Fouquet, pour leur disponibilité dans le cadre d’entretiens enrichissants pour Pep’s café!, autour de leurs ouvrages respectifs.

Merci pour cette rencontre, depuis mai 2021, avec l’équipe de l’Alliance Biblique Française, dont le cœur de mission est de mettre la Bible à la portée de tous et la transmettre aux futures générations, mais aussi créer des ponts entre le texte biblique et la société civile, de sorte que le premier soit lu et compris par le second. Merci particulièrement à Laurène de la Chapelle (chargée de communication), Ana Aurouze (chef de projet et bibliste) et Coraline Fouquet (éditrice aux éditions Bibli’O et Scriptura), pour les bons et beaux ouvrages de cette année, reçus gracieusement en service presse, ainsi que pour leur disponibilité et leur accueil, sans oublier les invitations chaleureuses à divers événements – Hack my Bible, la soirée de lancement de la nouvelle ZeBible…et le relai de mes articles, notamment celui consacré à la série multi-saisons « The Chosen ».

Merci également à mon ami Louis-Michel pour son soutien précieux, comme pour la gracieuse mise à disposition de ses lectures suivies de livres bibliques, pour Pep’s café !.

Merci encore pour mes proches, pour leur lecture bienveillante, leurs encouragements et le relais des articles.

Et merci encore à Pierre, Josiane, Mialy, et bien d’autres que je ne peux citer ici……..pour leurs messages bénissant en retour de lecture et pour leur intérêt pour le blogue.

Et surtout, merci à « La Pep’sette », ma moitié, qui reste ma meilleure source d’encouragement et d’inspiration, après le Seigneur – à Lui Seul la Gloire !

« Aujourd’hui », c’est aussi votre jour pour dire et exprimer au pied de cet article ce « merci » de diverses façons, à défaut de le faire à l’infini, de ce que ce blogue vous apporte régulièrement, au point d’y être fidèle, et en quoi il a pu vous encourager et vous édifier en 2021(*).

A vous de jouer ! Et dans la joie de vous lire !

(*)Une année 2021 endeuillée, marquée notamment par le départ brusque d’un ami et « éveilleur » des consciences le 14/04.

Le Discours

[Scène du film « l’Evangile de Matthieu », de la série « 4 Evangiles, les films », réalisé par David Batty, avec Selva Rasalingam dans le rôle de Jésus]

« Le plus célèbre et le plus long discours de Jésus, dit « des béatitudes », se trouve dans l’Evangile de Matthieu [ch.5] », constate l’écrivain napolitain Erri de Luca dans son récit « Sur la trace de Nives »(1). « Jésus monte sur une montagne, non identifiée, et la foule s’accroupit autour de ses pentes ». La foule qui se réunit autour de lui « débordait de toute part », précise encore Erri de Luca dans un autre texte : « S’il avait voulu, il aurait pu en faire à ce moment-là une troupe à dresser contre l’occupation (romaine) »(2), boutant l’envahisseur hors de Palestine [et, pendant qu’on y est, allant jusqu’à investir le capitole ?]

« La terre d’Israël était usurpée » par ces « envahisseurs venus d’outre-mer », lesquels « avaient placé la grosse face ronde de Jupiter devant le temple sacré de Jérusalem, demeure du Dieu Unique et Seul ». Mais Jésus « ne dit pas un mot au sujet du temps, du temple et autres actualités (…). Il ne dit pas un mot sur l’occupation, les impôts, la profanation »(2), pas plus qu’il n’eut recours à un slogan de campagne, aux accents nationalistes, promettant de rendre Israël à nouveau grande. « Les espions disséminés dans la foule n’auraient rien de pimenté et de suspect à rapporter sur ce rassemblement » (2).

« Bienheureux fut le premier mot » du discours. « Il convenait à l’heure et aux sentiments de la foule, qui est heureuse de se trouver unie, dense et en toute sécurité. Bienheureux : ainsi traduisons-nous le mot ashré, par lequel commence » le livre des psaumes (« Tehillim »). Plus que « bienheureux », « ashré » annonce la joie, qui est plus physique et concrète que la béatitude spirituelle. Ainsi, par exemple, « joyeux » comme celui qui est guéri et qui savoure le retour de ses forces(2).

Après le premier mot, on s’attendait à ce qu’il poursuivre avec le reste du Psaume 1. Mais la suite fut un nouveau chant : « Heureux [ou joyeux] les abattus de vent », traduit de façon plus littérale que ce «Heureux les pauvres d’esprit ». Jésus utilise une expression d’Isaïe, prophète qui lui vient souvent à l’esprit.

Isaïe dit: «Haut et saint moi je résiderai mais moi je suis avec le piétiné et l’abaissé de vent et pour faire vivre un vent aux abaissés et pour faire vivre un Cœur aux piétinés » (57, 15). Isaïe invente l’image de l’abaissé de vent, « shfal rùah », pour qui est humilié, opprimé, la tête penchée au point de mettre son propre souffle à ras de terre, à hauteur de poussière. «Shfal rùah» est aussi le souffle court de l’alpiniste à haute altitude. Abattu de vent : à qui souffre de cette respiration haletante appartient le royaume des cieux(1).

Un frisson passa dans l’écoute. L’homme se tenait debout, bien droit, sur le point le plus haut de l’horizon, tout comme « Haut et saint je siégerai » du verset d’Isaïe, dans lequel c’est la divinité qui parle (…). Joyeux est l’abattu de vent, ainsi que le piétiné dans le cœur (…), parce que le verset d’Isaïe dit que (Dieu) est avec eux », comme l’homme debout sur la hauteur.

« Quand les premiers deviennent les abattus de vent, le pouvoir et son droit n’existent plus. C’était une annonce qui réchauffait le cœur sans l’armer de colère ou de révolte. Contester la vaine puissance, privée de fondement au ciel et donc parasite sur terre, ne valait plus la peine, n’avait plus de sens. Donnez à César tous ses symboles de grandeur, ce ne sont que des jouets d’enfants »(2).

« Du haut d’une montagne, Jésus, avec sa liste de joies, met le monde sens dessus dessous, place en tête du classement tous les vaincus. Il le fait au sommet d’une montagne parce que c’est le point le plus éloigné du sol, le plus proche du royaume qu’il promet » et parce qu’« une montagne » est « un endroit inhabitable, d’où il faut toujours descendre » (1)

Mais notre « discours chrétien » est-il « resté en altitude » ? Est-il « descendu dans la vallée » ? « Les derniers » sont-ils « restés à leur place », dans notre théologie et notre service ?

Initialement paru le 20/01/21 sur Pep’s café!

Notes :

(1)Erri De Luca «Sur la trace de Nives ». Folio, 2013, pp.66-68.

(2)Erri de Luca. Le discours IN « Une tête de nuage ». Gallimard, 2016, p 84-89

« Car la loi résiste au désir » (piqûre de rappel)

Et pourtant, « se mouiller un peu » ne fait pas de mal, dans le cadre d’un débat. La pluie sur la fenêtre 2 par Mikaela Dunn

« La question vaccinale et plus encore celle de l’obligation vaccinale, du passe sanitaire et autres contraintes gouvernementales divisent la société. Les chrétiens n’échappent pas à ces questions et la polarisation n’est pas moins forte dans l’Église ». C’est le moins que l’on puisse dire, et c’est dit par Maxime, dans un article(1) paru le 03 janvier 2022 sur le blogue théologique Par la Foi. 

Comme l’a écrit le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett(2), « il est dommage de débuter ainsi l’année en parlant une fois de plus de l’épidémie, sujet qui nous rend claustrophobes depuis deux ans alors que le bout du tunnel n’est pas encore en vue ». Cependant, nous assure Maxime, « le but de cet article est d’expliquer pourquoi le vaccin peut poser des problèmes de conscience à certains chrétiens et pourquoi aimer son prochain et son frère, c’est aussi ne pas violer sa conscience mais la considérer. Mon objectif est que l’unité de l’Église soit préservée, non pas en taisant ce sujet en public pour murmurer dans les foyers mais en abordant avec réflexion et de front le problème ». Et l’auteur de se justifier, en croyant bon de préciser que son article « n’est pas un argumentaire contre la licéité du vaccin. Il n’a pas pour but de convaincre les chrétiens que le vaccin n’est pas éthique. Ainsi, il est inutile d’y répondre entre défendant la licéité du vaccin : j’admets tout-à-fait que quelqu’un puisse considérer les problèmes relevés et conclure qu’ils n’impliquent pas que prendre ce vaccin serait immoral ».

Dans ce cas, quel est l’intérêt d’un tel article ?  

« Dans cet article », explique encore Maxime, « je vise simplement 1) à expliquer quels sont les problématiques éthiques que ce vaccin pose, 2) pourquoi certains chrétiens ne peuvent pas prendre ce vaccin en bonne conscience en raison de ces problématiques… »  

Donc quand même un peu [convaincre les chrétiens que le vaccin n’est pas éthique] ! 😉

« Du reste, vaccinez-vous ou pas, c’est pas le propos de cet article. Ce n’est pas que je n’ai pas d’avis sur ce qu’il serait préférable de faire, c’est simplement que ça n’est pas le propos de mon article ».  

Pourtant, se mouiller un peu ne fait pas de mal

C’est ainsi que « les contestataires anti-pass sanitaire, puis vaccinal, n’avouent pas souvent le fond de leur pensée », analyse encore le journaliste-blogueur catholique Patrice de Plunkett, qui se demande aussi pourquoi, dans une note de blogue(2) : « avec les (récentes) annonces gouvernementales (et les débats aussitôt redéclenchés), une fois de plus il faut aborder la question.  Quelle question ? Eh bien justement : celle du bien-fondé de ces débats sur le sanitaire [qui me paraissent ressembler à un débat entre « pro-vie » et « pro-choice » – sauf que l’un et l’autre ne sont pas là où on les attendait !], débats qui donnent l’impression de tourner en rond. Pourquoi cette impression ? Parce qu’une partie des débatteurs ne disent pas ce qu’ils pensent vraiment, au fond. Aujourd’hui ils en sont à protester contre le futur “passe vaccinal” qu’il faudra montrer en janvier ; pour entrer dans les cinémas ou les centres sportifs, on devra désormais prouver que l’on est complètement vacciné. Beaucoup attaquent ce nouveau passe en tant qu’obligation vaccinale déguisée… Or la plupart de ceux qui s’y opposent n’en critiquent que l’aspect “obligation” : ils reconnaissent par ailleurs l’utilité des vaccins contre le Covid, suivant ainsi l’avis quasi-unanime du monde médical. Mais puisque ces opposants admettent que le vaccin est la seule arme dont on dispose actuellement face à une épidémie mondiale ; puisque une course de vitesse est engagée aujourd’hui entre le virus et la vaccination ; puisque l’intérêt national est de gagner au vaccin la petite minorité des antivax obstinés… alors que pèse l’argument de la “liberté menacée”, invoqué ces jours-ci par la gauche mélenchonniste et la droite lepéniste [y compris par certains chrétiens] ?  

A ceux qui estiment, à l’instar de Maxime dans son point N°3, que « nous ne devrions pas, en tant que chrétiens, participer à un système de contraintes/incitations tendant à faire plier les consciences de ces gens »(3), il est utile de rappeler, comme le fait d’ailleurs Patrice de Plunkett, que « réserver l’accès des stades ou des cinémas aux gens vaccinés, représente, oui, une certaine restriction de nos libertés. Mais ce n’est pas la seule : conduire une voiture est réservé aux titulaires du permis. Se dire citoyen français est réservé aux titulaires du passeport…  Vous me direz que justement, depuis peu, des voix s’élèvent contre le passeport ou le permis de conduire, jugés “discriminatoires”. C’est le point commun entre le passeport, le permis et le passe vaccinal ! Dans les trois cas c’est le ressort hyper-individualiste qui joue [l’influence de la philosophe et romancière Ayn Rand ? Laquelle considérait l’égoïsme comme une vertu, et l’altruisme comme une forme d’autodestruction. Cette pensée entraîne la suprématie de l’individu sur le groupe] : le refus, de plus en plus répandu, de laisser l’Etat faire son travail de gardien du vivre-ensemble [il le fait mal ? Mais il est le seul à pouvoir le faire. Ferions-nous mieux à sa place ? Prions plutôt pour lui, pour qu’il le fasse le mieux possible, ce qui sera toujours mieux de râler ou de cultiver un esprit de victime]. Le refus d’admettre que le passeport d’un citoyen de la République française montre qu’il n’est pas tout à fait la même chose qu’un citoyen d’ailleurs… Ou le refus d’admettre que l’existence du permis de conduire, papier réservant les routes à ceux qui savent piloter un véhicule, soit une sécurité pour les autres usagers de la voie publique : et c’est un peu la même chose pour le vaccin. Pensons aux autres !

Ce type de restriction, dans le cadre des mesures sanitaires, « n’est (en effet) pas la seule », d’autant plus que, comme le souligne l’internaute « Xavier » en commentaire (02/01/22) à l’article de Patrice de Plunkett, « si on comprend le mot « liberticide » dans un sens très large, chaque loi est liberticide… on peut même dire que chaque règle de vie en commun restreint nos libertés ». Car la loi résiste au désir et au fantasme de toute puissance, comme le seul interdit au milieu d’une foule de possibilités en Eden, et le rappel des « 10 Paroles ». Nous acceptons ainsi de « restreindre nos libertés » en laissant notre place à une femme enceinte dans le métro, le train ou le bus, ce qui s’appelle « morale », fruit d’un pacte social plus ou moins explicite, qui nous permet de désengorger les tribunaux.

« Nous sommes une espèce qui canalise les instincts », écrit Erri de Luca, dans son roman « Impossible » [Gallimard, 2020, pp 159-160], apprenant à l’enfant, comme tel sujet à la démesure, désirant « tout, tout de suite », à rentrer dans la mesure et la limite. C’est ce qui s’appelle « éducation », quand l’enfant cherche ses limites, le cadre de ce qui lui est permis. Puis il lâche brusquement la main qui le tient et court par instinct de liberté – ou fantasme de toute puissance – mais on le retient avant qu’il ne se fasse renverser par une voiture. Quand par instinct, l’enfant vide son intestin dans son lit, l’adulte responsable lui apprend à ne pas le faire. 

Et n’oublions pas le port de la ceinture de sécurité devenu obligatoire le 28 juin 1973 ! L’an précédente, en 1972, 18 034 personnes sont tuées sur les routes en France – la plus forte mortalité jamais atteinte dans notre pays (en comparaison, 3 464 personnes en 2015. Source : gouvernement.fr). Lors du débat qui a eu lieu à chaque fois qu’il a fallu l’imposer, d’abord aux conducteurs, puis au passager à l’avant du véhicule et enfin à ceux qui sont à l’arrière, à chaque fois, on convoquait la liberté individuelle comme argument imparable face à cette loi « liberticide ». Du style : « C’est mon choix, ma liberté, de ne pas me protéger » ;  « L’obligation de port systématique est ridicule. Dans certains cas, ça ne sert à rien » ; « C’est une décision purement politique, pour remplir les caisses de l’État… »(sic).

Décidemment, un vrai débat « pro-vie »/ »pro-choice » !

Notes :

(1) Lire son article ici.

(2) Lire la note de blogue ici.

(3) Veillons à ne pas confondre « liberté de conscience » et « liberté individuelle » :   comme le disait madame Georgina Dufoix, ancienne ministre en 2017, lors d’une conférence publique, « Liberté de conscience: cent pour cent oui. Mais attention! Si la liberté de conscience s’exerce sans foi et qu’elle disparaisse, comme c’est le cas aujourd’hui, chez des individus comme vous et moi, individualistes – car l’air du temps l’est -, attention! La liberté de penser pour laquelle je suis sans aucune réserve peut conduire à des impasses: à un individualisme excessif et à une arrogance démesurée, parce que «moi», «moi», «moi». Finalement, si on pousse cela, on en arrive à l’égoïsme et à l’égotisme. C’est ce que j’ai fait, du moins en ce qui concerne l’humanisme. Or, si l’humanisme s’installe et se marie avec une liberté de pensée métabolique, on en arrive à se croire «Dieu». C’est tout simple. L’air du temps peut nous conduire là. Si l’homme est «Dieu», Dieu n’est plus Dieu. Si ma vie est mon «Dieu», je n’ai pas besoin de Dieu. Et Dieu, petit à petit, de génération en génération, disparaît de ma vision du monde. (…) Pour moi, la responsabilité était le corollaire de la liberté de conscience (…)Cette liberté de conscience avait comme corollaire la responsabilité; pour moi, dire que j’étais responsable, cela voulait dire que je voulais bien répondre de, répondre à, que je sentais que c’était la grandeur de ce métier: répondre de…, répondre à… »

Voir aussi « Luther et la question de la conscience. Problématisation et esquisse d’enjeux contemporains », par Jean-Daniel Causse Dans Revue d’éthique et de théologie morale 2017/1 (n° 293), pages 43 à 52  : « La conscience au sens où Luther l’interprète (…) n’a rien à voir avec cette idée un peu journalistique d’une liberté de conscience comme l’exercice d’un libre examen, faisant du chrétien protestant celui qui se dresse dans la superbe et glorieuse souveraineté de son être et qui ne rend de compte qu’à lui-même. La conscience n’est pas une instance d’auto-décision ; elle est plutôt le lieu de l’Autre. (…)Dans la pensée de Luther la conscience n’est pas « une voix intérieure autonome qui rend l’homme indépendant et qui constitue le fondement de son autonomie ».   

(4) Cf https://www.ouest-france.fr/economie/automobile/dangereuse-ridicule-genante-quand-la-ceinture-de-securite-faisait-debat-b8236d6e-ef98-11eb-8f8e-fe71c11b7838

Les voeux de Pep’s café : tout l’amour de Dieu !

Piquée sue le compte twitter de « Foi et vie »

Chers lecteurs et chers abonnés, voici la nouvelle année, avec l’usage de transmission et déclaration de voeux et bénédictions en tous genres.

Comme je suppose que vous aimez les bénédictions, je vous souhaite, pour cette nouvelle année…tout l’amour de Dieu. 
C’est une bénédiction, ça, et un vœu, me répondriez-vous ? Et puis d’abord, qu’entendre par « l’amour de Dieu ? » C’est une vraie « colle », vu que « l’amour de Dieu » signifie à la fois l’amour dont Dieu nous aime et celui que nous devons lui porter, comme le souligne le théologien protestant Antoine Nouis : 


L’amour dont Dieu nous aime.

Dans un verset central du Nouveau Testament, « Jean 3v16« , « Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son fils unique ». Dans cet évangile, le mot « monde » n’évoque pas l’humanité qui aime Dieu, mais l’humanité rebelle. Quand l’évangile déclare que Dieu aime le monde, il ne le fait pas parce que le monde est aimable, mais parce que Dieu est amour. Et Paul le rappelle encore en Romains 5v8 : « ….Dieu nous a prouvé à quel point il nous aime : le Christ est mort pour nous alors que nous étions encore pécheurs ».

L’amour de Dieu se présente, dans les Evangiles, sous les traits d’un père qui laisse partir son fils, d’un Christ qui meurt pour ses amis et ses ennemis, d’un maître qui se retire pour que ses disciples grandissent. L’amour de Dieu est l’affirmation d’un Dieu qui se donne lui-même pour permettre à sa créature de se déployer dans toutes les dimensions de son humanité. Le signe de cet amour est le geste d’un Christ qui retire son vêtement et qui s’agenouille aux pieds de ses disciples pour leur laver les pieds. Le Dieu de la Bible est un Dieu qui règne, mais sa royauté ne s’exprime pas dans le registre de la domination et de la puissance, mais dans celui de l’offrande de sa personne et du don.

Dieu nous aime et nous appelle à l’aimer.

Le commandement de l’amour de Dieu est au cœur de la confession de foi d’Israël (Deut.6v4) : « Écoute Israël… le Seigneur est un… tu aimeras le Seigneur ton Dieu de toute ta personne ». L’expression aimer Dieu est un anthropomorphisme, c’est-à-dire que nous attribuons à Dieu des caractéristiques propres à l’homme, mais comment en parler autrement ? Il convient de l’interpréter.

Antoine Nouis se propose de le faire à l’aide des trois temps de la confession de foi.

1)« Ecoute Israël », l’amour de Dieu est d’abord une écoute. L’écoute de Dieu est la marque du disciple. Dieu est parole, et une parole qui n’est pas écoutée est vaine, elle se perd. Aimer Dieu, c’est prêter attention à sa parole, à l’étude, à son appel pour notre vie. La pire chose qui peut arriver à la foi est d’avoir un esprit habitué à l’Évangile, de laisser la grâce glisser sur nous comme l’eau sur la plume. (écoute = obéissance)Lorsque nous n’écoutons plus Dieu, nous laissons nos pensées sur Dieu prendre le pas sur le Dieu de la Bible. Or, l’écoute (ou l’obéissance) « vaut mieux que les sacrifices » (1 Sam.15v22).

2)« Le Seigneur est un ». En affirmant l’unicité de Dieu, l’amour est un renoncement à tous les autres dieux. C’est une ascèse qui nous conduit à refuser tous les faux dieux de notre monde, les dieux de l’argent, du pouvoir, de la séduction, du bien-être, de la politique, de la mode… tous ces dieux menteurs qui nous font croire que le sens de notre vie réside dans une idéologie, une réussite sociale ou une consommation. Cf 1 Thes.1v9-10 : l’amour, c’est abandonner les idoles pour se tourner vers Dieu, afin de le servir, lui, le Dieu vivant et vrai, en attendant que son Fils vienne des cieux. 

3)« Tu aimeras le Seigneur de toute ta personne » : ou « de tout ton cœur, de tout ton être, de toute ta force », selon Deutéronome 6v5, et même « de toute ta pensée », selon Jésus, en Marc 12v30. Nous pouvons comprendre cet appel comme le fait d’élever, de faire grandir, le nom de Dieu. Une lecture enfantine de la foi consiste à croire en Dieu parce que Dieu nous fait du bien, qu’il apaise nos craintes et comble nos émotions. Une foi adulte ne croit pas en Dieu pour ce qu’il apporte, elle est au service de l’Évangile et du prochain, à l’instar d’Abraham, qui a été une bénédiction pour les autres, plus qu’il n’a cherché les bénédictions des autres.  Bénir, c’est non seulement élever la voix ou prendre la plume, pour dire une chose que Dieu a déclaré bonne – une chose juste et vraie – c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité
La différence entre un croyant est un disciple et qu’un croyant compte sur Dieu alors que Dieu peut compter sur un disciple. L’évangile nous invite à aimer Dieu en devenant disciples [soit quelqu’un de foi, fiable et fidèle].

La confession de foi d’Israël n’inscrit pas l’amour de Dieu dans le registre du sentiment, mais de la quête, du refus de l’idolâtrie et de la conversion vers une foi désintéressée.

Pour terminer, une citation de Maître Eckart, un théologien du Moyen Age, qui a dit : « Certaines gens veulent regarder Dieu comme ils regardent une vache(1), avec les mêmes yeux ; ils veulent aimer Dieu comme on aime une vache. Tu aimes celle-ci pour le lait et le fromage et pour ton propre avantage. Ainsi font toutes ces personnes qui aiment Dieu pour la richesse extérieure ou la consolation intérieure. Ils n’aiment pas vraiment Dieu, ils aiment leur propre avantage. » 

D’après Antoine Nouis, dans ce podcast paru sur https://campusprotestant.com/podcast/episode-2-amour-de-dieu/
Voir aussi son commentaire intégral verset par verset de Genèse 12 et de Deutéronome 6, dans son « La Bible. Pentateuque », sorti en décembre 2021 aux éditions Olivetan/Salvator.

En vous souhaitant une bonne nouvelle année et d’excellentes lectures sur Pep’s café! le blogue !


Note :

(1) Comme une vache ou un poisson, selon ce dialogue évoqué par le Rabbin Abraham Twerski :

« Jeune homme, pourquoi manges-tu ce poisson? demande un rabbin. Parce que j’aime le poisson ! répond le jeune homme. — Oh, rétorque le rabbin. Tu aimes le poisson. C’est pour cela que tu l’as sorti de l’eau, que tu l’as tué et que tu l’as bouilli ? Ne me dis pas que tu aimes le poisson. Tu t’aimes toi-même, et parce que tu apprécies le goût du poisson, tu l’as sorti de l’eau, tu l’as tué et tu l’as bouilli. »(….) « Tant de ce que nous appelons “amour” est en réalité de “l’amour du poisson”. […] Chacun regarde à ses propres besoins. Ce n’est pas de l’amour pour l’autre. L’autre devient juste un prétexte pour sa propre satisfaction. […] Le véritable amour n’est pas à propos de ce que tu obtiens, mais à propos de ce que tu donnes. »

La carte de l’Inconnu (celle que vous n’avez pas)

« Vous l’avez, la carte de l’inconnu ? » (Montage original par Jacques B.)

Un jour de soleil, j’arrivai avec mon neveu de 10 ans pour son cours de foot-bol.
A peine arrivé au terrain, il courut de l’autre côté du champ pour rejoindre une petite foule d’enfants réunis en cercle. Ces derniers criaient des noms que je ne pouvais pas comprendre. Au fur et à mesure que je m´approchais, l’un des noms est parvenu à mes oreilles : « Seigneur de la mort ! Ouais, trop bien ! Wesh, c’est la tête de la mort qui gagne ! »
J’ai été frappé ! Le coup de sifflet de l’entraineur a réveillé tout le monde, et les enfants se lancent et pendant 30 minutes ils courent avec un sourire aussi grand que leur sueur ! Fini le match, les enfants se réunissent rapidement au-dessous du toit. Ils s’installent par terre et de leurs sacs sortent des paquets de cartes ! « La pieuvre ! Lord Magus ! Soldat du trident ! Sorcière de Baal ! Zombie ! Troll vertigo ! L’aveugle tordu ! Angelo Furioso ! » Et j’ai crié : « LA CARTE DE L´INCONNU ! »
Les enfants se tournent vers moi avec les yeux grands comme des œufs ! Je leur dis : « vous l’avez, la carte de l’Inconnu ? »
-(L’un des enfants avec un T-shirt blanc) : il est comment, l’Inconnu ?
(silence)
– (Moi) Vous ne connaissez pas celui « qui a les yeux de feu ? (1) Par sa bouche sort une épée à double tranchant » (2) ?!
– (Enfant avec les yeux noirs) Quoi ?
-(Moi) L’Inconnu est celui qui vit au-dehors du temps et de l’espace, Il traverse le ciel et le centre de la terre jusqu’à l’extrémité de l’univers, il « monte sur un cheval blanc » indestructible et « derrière lui une armée de millions d’anges » (3) qui lui obéit, rien ne peut l’arrêter, rien ne peut le vaincre. IL est le tout-puissant ! (4) Quand il n’y avait rien de créé, Il était déjà là ! (5)
Leur regard était fixé et leur bouche ouverte…
-(Moi) Vous voulez connaitre le mystère de l’Inconnu ?
-Oui ! continue s’il te plaît (dit un jeune de cheveux frisés) et j’ai continué :
– (Moi) la carte de l’Inconnu a « un Nom qui est au-dessus de tous les autres noms » des autres cartes créées ! « IL est le Roi » sur toutes les cartes ; tous les démons, les zombies, les dragons et les géants « fléchissent leurs genoux devant Lui » et le reconnaissent comme Le Héros imbattable ! (6) Le prince de l’obscurité et le seigneur de la mort tremblent de peur et s’enfuient devant Lui ! (7) Il est la vraie lumière et son visage brille mille fois plus fort et plus puissant que le soleil ! (8) Son feu purifie et détruit tout ! Quand il avance, le ciel et la terre font silence !
(Silence)
– (Moi) Je vais vous dire son nom… c’est un secret qui vient du ciel…vous êtes choisis aujourd’hui pour connaitre le nom de l’inconnu… Approchez-vous !
(Ils s’approchent avec une soif curieuse et retiennent leur respiration)
– (Moi, je leur murmure) …Yeshoua
– Trop bien ! ça veut dire quoi ?
– Oui ! ça veut dire quoi ?
– (Moi) Sauveur… ça veut dire Yeshoua Le sauveur.
– Trop cool ! Et il a sauvé qui ? (a répondu le plus petit d’entre eux, placé à ma droite.)
– Wesh, il les gagne comment ses ennemis ? (enfant à chemise bleu)
– (Moi) Vous avez tous écouté le mystère de la carte de l’inconnu et son Nom révélé est Yeshoua, parce qu’il a sauvé ses amis et sa famille avec son sang ! (9) Car ses ennemis l’ont tué ! Il est mort pendant trois jours et trois nuits (10) …
– Quoi ? Wesh ! pour l’Inconnu !
– Pas vrai ! Je savais que quelque chose était pas bien dans ce truc…
-(Moi) Écoutez la suite ! L’histoire continue… Il a vaincu la mort ! (11) Il s’est réveillé avec toute la force et la puissance de la vie en Lui ! Il a pris la tête de la mort et il l’a écrasé ! (Geste avec mon pied) CRASH !!!
(Encore les yeux comme des œufs)
Si ça vous dit, je vous la raconterai le prochain samedi.
Et j’ai pris mon neveu, qui en me regardant, me demande :
– Tonton, tu en as une ?
– (Moi) une quoi ?
– (Neveu) …et bien une carte de Yeshoua pour gagner tout le monde !
J´l´a trouve comment ?
(Et je souriais).

« La carte de l’Inconnu » (celle que vous n’avez pas). Initialement parue sur Pep’s café le 20/12/17. Anecdote inédite et véridique racontée par Jacques Broquet, notre plume invitée que je remercie chaleureusement. Jacques est artiste chorégraphe, danseur, metteur en scène, père de 3 filles – Gabriela, Clara et Camila. Plus de 37 ans marié et heureux avec Adriana. Le nom inconnu du sauveur s’est révélé à lui et maintenant il vit dans le royaume de Yeshoua en France avec toute sa famille.

Notes :

(1) Apoc.1v14, 2v18 
(2) Apoc.1v16 
(3) Apoc.19v11, v14 
(4) Apoc. 1v8 
(5) Prov.8v23 et ss, Jean 1v1-2
(6) Philip.2v9-11, Apoc. 17v14, 19v16 
(7) Cf Col.2v15, 1 Jean 3v8, Jacq.2v19 
(8) Apoc. 1v16, Jean 8v12 
(9) Apoc.1v5 
(10) Marc 9v31 
(11) 1 Cor.15v4, 1 Cor.15v24-26, Hébr.2v14 , Apoc.1v18

Bien s’informer, c’est déjà s’engager

A quoi rends-tu ton cerveau « disponible » ?

Vous le savez sans doute déjà : une grande « bataille de l’information » se prépare en toile de fond de la présidentielle 2022.

Et ce, d’autant plus que le phénomène de concentration dans les médias en France [avec un risque d’interventionnisme de milliardaires propriétaires, pour tenter d’influer sur ladite élection ?] interpellent et inquiètent particulièrement les parlementaires français, au point d’installer une commission d’enquête ad-hoc du Sénat, dont la liste de ses membres a été officiellement arrêtée 18 novembre, en séance. Au total, 21 sénateurs vont être chargés durant plusieurs mois de « mettre en lumière les processus ayant permis ou pouvant aboutir à une concentration dans les médias en France et d’évaluer l’impact de cette concentration sur la démocratie ». Parmi les sujets d’actualité mis en avant dans l’exposé des motifs de cette commission, figurent le projet de fusion entre TF1 et M6 mais aussi les « nombreuses prises de contrôle directes » de médias par le groupe Bolloré, notamment dans le groupe Lagardère (Europe 1, Journal du Dimanche). Sont également mentionnés les anciennes acquisitions et participations du groupe Drahi (BFMTV, Libération ou encore L’Express) ou encore le mouvement de concentration à l’œuvre dans la presse locale. « La presse quotidienne régionale est désormais aux seules mains de cinq ou six acteurs », ont rappelé les sénateurs (1).

Il est donc vital de faire vivre l’écosystème des médias indépendants, non pas « d’opinion » ou véhiculant la vision du monde de tel magnat à la tête d’un empire médiatique, mais traitant sérieusement d’une information d’intérêt général pour contrer la saturation du débat public et proposer d’autres sujets que les obsessions identitaires et anti-immigrés (2).

Soutenir de tels médias indépendants qui reposent sur un modèle économique participatif, sans pub, sans subvention et sans actionnaires, c’est un outil de démocratie, et un bon moyen de s’informer et de débattre (3).

Comme l’explique Christophe Deloire, secrétaire-général de Reporters Sans Frontières (RSF), à France culture (4): « On a vu aux États-Unis ce que peut produire un champ médiatique totalement polarisé, où des médias servent tel ou tel candidat et ne sont plus au service de l’information ou de l’intérêt public, mais au service de visions du monde opposées. Un monde où les médias scandent ces visions du monde plutôt que de faire de l’enquête et du reportage, plutôt que de faire du journalisme. C’est un grand risque pour notre paysage médiatique de se retrouver dans une telle dérive, avec des conséquences démocratiques au bout du compte ».

Dans un contexte où l’on confond opinion/vision du monde avec information et où place est laissée à l’individu d’exercer en toute liberté sa propre rationalité et moralité, et puisque certaines chaînes de TV sont célébrées comme menant une oeuvre de « réinformation culturelle chrétienne » dans le grand public, il est essentiel de comprendre ce que l’on entend justement par « Christianisme », « chrétiens », ou « Evangile ».

Or, comme le souligne le « théologeek » Olivier Keshavjee dans une note de blogue (5), l’Église est vue comme une association volontaire de gens qui veulent promouvoir certaines valeurs pour eux-mêmes et la société. Ces valeurs seraient affaire de choix personnel, pas des faits que tout le monde doit accepter. Et donc le succès de ces valeurs dépendrait du nombre de ses adhérents. Vu ainsi, selon un certain point de vue, « l’évangélisation » serait alors l’effort de répondre à un certain déclin de civilisation, dans une obsession permanente identitaire « de pureté de la race ». Il en découle l’angoisse existentielle suivante : il serait alors impératif que nous réussissions, quitte à vendre un nouveau « sauveur », attendu comme le « messie » politique, « défenseur de la chrétienté » et censé « sauver la France », au risque d’être « perdus ». Imaginez alors une telle vision du monde véhiculée via une stratégie d’achat/de rachat de médias, allant jusqu’à soutenir une personnalité controversée, multi-condamnée pour provocation à la haine raciale, et pourtant candidat à la prochaine Présidentielle…..

Il est pourtant édifiant de constater que la première évangélisation du Nouveau Testament est l’annonce par Jésus-Christ, non pas de ce Christianisme « Canada Dry »[« la couleur et le goût », mais « pas le Christianisme » de la Bible], mais que le Royaume de Dieu s’est approché. Il ne s’agit pas d’une nouvelle ecclésiale, « identitaire », « exclusive », mais mondiale et publique. Ce n’est pas une question de « valeur », mais de « fait ». C’est une grande nouvelle, qui exige une réponse immédiate. 

Ce Royaume advient quand toute la volonté de Dieu est accomplie, quand sa justice est observée, quand son règne de paix devient réalité, ainsi que le prédisaient les prophètes de l’Ancien Testament. Jésus résume la nature de ce royaume en deux grands commandements : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme, de toute ta pensée et de toute ta force », et « Tu aimeras ton prochain comme toi-même », soit deux priorités comme autant d’antidotes aux tentations du tribalisme, du nationalisme et d’un pseudo « christianisme » identitaire et d’exclusion.

Car : « Si nous aimons notre famille par-dessus tout, nous finirons par choisir le bien de notre famille au détriment du bien d’autres familles. Si nous aimons notre pays par-dessus tout, nous choisirons les intérêts de notre pays et nous ignorerons ceux des autres pays. Si nous aimons notre intérêt personnel par-dessus tout, nous choisirons de nous servir nous-même au détriment des besoins des autres. C’est seulement si nous aimons Dieu lui-même par-dessus-tout que nous pourrons aimer et servir tout le monde, toutes les familles, toutes les catégories, tous les peuples » (Jonathan Edwards, cité par Gilles Geiser, « un moi pour aimer l’essentiel », p 127)(6)

Jésus vient renverser l’ordre établi de nos vies pour y établir son règne de justice, de paix et de joie. Il attend le sacrifice de notre « oui » d’acceptation et nous invite à le suivre, comme à manifester que « le règne de Dieu s’est approché ».

Cela consiste à faire, au Nom de Jésus et à Sa suite, des choses significatives dans la vie des gens, portant un fruit immédiat dans leur vie : non pas rompre des lances avec des inconnus sur les réseaux @sociaux, relativement sur des sujets futiles ou clivants, ou servir de caisse de résonance à tous les tapages médiatiques, mais « guérir les malades, chasser les démons, purifier les lépreux et ressusciter les morts » (Marc 16v15-18Matt.10v7-8Luc 10v1-9.…), sans oublier : laver les pieds des autres croyants, prendre un repas en Sa mémoire, baptiser et enseigner les personnes, même issues des nations non juives, – aimer les ennemis….

Tout cela « au Nom de Jésus », le seul Seigneur, « Dieu sauve » mais aussi « Dieu élargit ». Et non pas « Dieu enferme » ou « nous nous enfermons » par crainte des autres (Jean 20v19). C’est ainsi que Jésus est venu aussi renverser les murs de séparation (ou de « confort » ?) (Eph.2v14 et ss), et non pour les renforcer ou en construire d’autres.

De tout temps et encore aujourd’hui, c’est au Nom de Jésus, avec amour et humilité, que les chrétiens agissent et font ce qu’ils ne sauraient pas faire par eux-mêmes : élargir l’horizon de leurs frères et/ou de leurs prochains en les faisant sortir de là où ils (se) sont enfermés, pour leur faire connaître « une vie (toujours plus) abondante », et autres choses significatives de nature à porter un fruit immédiat dans leur vie.

Profitons alors de cette période de fêtes de Noël et de fin d’année pour décoller nos yeux des discours politiques et faire une cure des chaînes d’opinion et autres plateaux TV, pour nous (re)plonger dans le message de l’Evangile et de la Bible :

« Jésus-Christ est venu pour détruire les œuvres du diable » (1 Jean 3v8), lequel est l’accusateur, le menteur, le diviseur et le meurtrier « dès le commencement ».

Jésus-Christ est le sacrifice ultime (Hébr.7v27), rendant vains et inutiles tous les discours et raisonnements du style « vous avez peur, vous avez raison d’avoir peur, on vous comprend, voici les bouc-émissaires ». 

Dieu, qui ne fait pas de favoritisme, est le Dieu des orphelins, des veuves, des pauvres et des étrangers (cf Deut.10v17-19). Nous ne sommes pas « ici chez nous » (justifiant que « d’autres » n’auraient pas leur place) mais bien « chez Lui », « comme des émigrants et des hôtes » (Lévit. 25v23).

« La véritable pratique religieuse » selon Dieu n’est pas «  saisir une bonne affaire, ni malmener ses employés », ou se quereller, se disputer, donner des coups de poing, mais plutôt, notamment : « libérer ceux qui sont injustement enchaînés, les délivrer des contraintes qui pèsent sur eux, rendre la liberté à ceux qui sont opprimés, supprimer tout ce qui les tient esclaves » (Esaïe 58v3-6. Voir aussi Jacques 1v27, pour « la vraie religion »).

Redécouvrons dans la Bible que l’accueil de l’étranger est une préoccupation transversale de l’Ancien Testament (cf Deut.10v17-19, Ps.146v9, Lévit.25v23, Ex.22v21, Deut.27v19….) et que la non stigmatisation des personnes (ou des groupes de personnes) est une préoccupation permanente du Nouveau Testament. Ainsi, par exemple, comme nous l’enseigne la généalogie de Jésus en Matt.1, le Messie n’est pas obsédé par « la pureté de la race » (7). Voir aussi Luc 9v51-56, 10v25-37 ; Eph.2v11-18…..

Souvenons-nous enfin, durant cette période de Noël, que Dieu est ancré dans le réel et nous a rejoints dans le réel, en Jésus-Christ, lequel est « la vérité » (Jean 14v6).

Méditons cette scène de « La Dernière Bataille », le dernier tome de la série « Les Chroniques de Narnia » de CS Lewis, où il y est notamment question de nains individualistes et sceptiques à un point qu’ils se retrouvent prisonniers dans une réalité alternative, « une prison mentale », celle qu’ils se sont forgée dans leur propre esprit. Ayant choisi « la rouerie plutôt que la foi » (ou la confiance), ils ne laissent plus personne les aider à discerner/reconnaître le réel [incapables de voir, sentir ou d’apprécier des mets succulents, persuadés de « manger du foin » ou de boire « de l’eau sale dans un auge qui aurait servi à un âne », quand il s’agit d’excellent vin dans une coupe d’or], « si soucieux de ne pas se faire avoir qu’on ne peut (plus) le leur faire savoir ».(CS Lewis. La Dernière Bataille, Les Chroniques de Narnia, T VII. Gallimard jeunesse 2008, folio junior, pp 169-175). Ils se retrouvent donc « immunisés » à la vérité, au réel.

Réajustons-nous donc dans notre rapport avec la vérité et le réel, sachant que « les faits résistent à l’interprétation, le réel résiste à l’imaginaire, et la loi résiste au désir » (8). Soyons de ceux qui aiment la vérité (2 Thes.2v10). Relisons 1 Jean 1v8 et ss qui concerne le rapport à la vérité, et la façon dont nous pouvons nous replacer dans la justice de Dieu en étant réalistes quant à ce que nous vivons vraiment intérieurement.

Et, particulièrement, reconnaissons nos limites, en réfrénant nos appétits. Apprenons de Moïse, qui a été un « géant ». Sauf que, « comme pour tous les humains, sa mission n’a pas été couronnée de succès à cent pour cent puisqu’il est mort à la veille d’entrer en terre promise. Il a eu du mal à accepter cet inachèvement, mais personne n’est immortel, tout le monde a ses limites. Chacun à un Jourdain qu’il ne franchira jamais ! » (9)

Notes :

(1) Le dossier « commission d’enquête sur la concentration des médias » est à découvrir sur Public Sénat. Avec des propositions pour réformer les dispositifs existants.

(2) A lire, cet excellent article de Caroline Bretones, intitulé « Qui a peur du grand remplacement »[ce vieux fantasme agité notamment par certains candidats à chaque élection] et publié sur le site des Attestants : « Cette peur tapie tout au fond de nous, vieille comme Caïn, qui nous fait voir en l’autre un danger plutôt qu’un frère et nous fait croire que notre place est menacée. L’étranger tout seul ne nous fait pas peur quand il s’agit d’une personne que nous pouvons identifier, accueillir, soutenir, aimer. Mais quand l’étranger se conjugue au pluriel, cette altérité nous questionne, nous déstabilise et nous inquiète. Parce qu’elle nous rappelle douloureusement que nous ne sommes pas capables d’assumer vraiment la diversité, qu’elle soit culturelle, ethnique, liturgique ou théologique ; mais plus encore, parce qu’elle vient questionner notre identité, tout autant que notre manque de convictions, d’enthousiasme et d’audace ».

(3) Parmi ces médias indépendants :

Bastamag, un média d’intérêt général, indépendant, sans publicité et en accès libre en ligne, investi sur les enjeux sociaux, écologiques et démocratiques. Un journalisme d’impact, nourri de reportages et d’enquêtes. [découvrir pourquoi et comment soutenir ce média, notamment via le moteur de recherche Lilo] ;

Brief Me, la newsletter qui nous donne rendez-vous chaque soir, par mail, pour tout comprendre des grands sujets de l’actualité, sans parti pris, de façon sobre et sans pub. L’accent est mis sur l’international, l’environnement et les technologies, avec une mise en avant des informations positives telles que des projets ou des initiatives permettant de trouver des solutions à des problèmes. Dans la perspective de la Présidentielle 2022, Brief Me propose également une édition spéciale, baptisée « Des idées pour la France ». Deux fois par mois, la rédaction de B‌r‌i‌e‌f‌.‌m‌e analyse une des propositions présentes dans le débat de la campagne, en nous expliquant le contexte de la proposition et en présentant les arguments pour et contre pour nous permettre d’affiner votre propre opinion.
Brief Me, c’est aussi, notamment une fois par mois un panorama, ou une synthèse complète sur un sujet d’actualité, qui le replace dans son contexte, en récapitule les grandes étapes et en explique les implications. Et encore : Brief Me éco et Brief Me science.

Il est possible de tester Brief Me gratuitement et sans engagement pendant 30 jours, comme de découvrir ses coulisses ici.

(4) Lire cet entretien sur le site de France culture

(5) Voir sur http://www.theologeek.ch/2015/02/27/evangeliser-dans-le-contexte-de-la-secularisation/

(6) Voir notre recension de cet ouvrage.

(7) Voir notre article à ce sujet

(8) Formule du Pasteur Boucomont, publiée sur son compte twitter (10/11/21)

(9) Antoine Nouis, Découvrir la Bible en 100 pages. Editions Bibli’O, 2021, p 24