« L’Affaire Mila » : « vies privées »

« L’affaire Mila » ou le révélateur d’une crise de notre époque, dans laquelle nous vivons l’oubli ou la négation de l’intime….

« L’affaire Mila » – du prénom d’une lycéenne de 16 ans – est révélatrice d’un phénomène inquiétant : après avoir tenu des propos insultants envers la religion musulmane dans une « story » instagram, elle est persécutée et menacée par des milliers de jeunes, des deux sexes, nés en France et de nationalité française. « Outre les insultes et les menaces de mort ou de viol, certains internautes, qui l’ont reconnue, dévoilent son identité, son adresse, celle de son lycée » (1).

« Plusieurs vidéos massivement partagées et commentées sur les réseaux sociaux reprennent les extraits de cette story Instagram (…)Depuis la publication de ces vidéos, plusieurs hashtags ont émergé (#JesuisMila et #JesuispasMila), symbolisant un débat extrêmement polarisé autour de la jeune fille, désormais cible de cyberharcèlement »(2).

Ceci dit, ce qui se vit est également révélateur d’une crise de notre époque, à l’heure où il est normal, banal et « moderne » de s’exprimer « en live » et en public sur les réseaux @sociaux, sans soucis de protéger son identité numérique. Un peu comme si l’on ouvrait la porte de sa chambre à une foule d’inconnus. En effet, Internet, ce n’est pas « privé ». Cette crise est perçue par Marc-Alain Ouaknin, rabbin et docteur en philosophie, comme une « crise de l’intimité ».

Comme il l’explique très bien dans son « Zeugma : mémoire biblique et déluges contemporains » (3), nous vivons en effet « l’époque de l’oubli [ou de la négation ?] de l’intime, catégorie essentielle fondatrice de toute société ». Or, poursuit-il, « l’éthique n’est possible qu’à partir de l’existence de l’intime. L’intime de la maison n’est pas fuite du monde et de l’autre, mais la condition même de leur rencontre…. » (Zeugma, p 497).

Selon Ouaknin, le texte biblique est de nature à nous ouvrir de nouvelles perspectives sur cette question de l’intime. Il cite en particulier « cet épisode [de Genèse 9v20 et ss] où, après être sorti de l’arche, Noé (…) plante une vigne et s’énivre de son vin, pour finir dénudé dans l’intimité de sa tente. Un des trois fils, Cham, entre dans la tente et voit son père nu. « Et Cham, le père de Canaan, vit la nudité de son père et il raconta à ses deux frères à l’extérieur »[v22]. Des commentateurs estiment que « ce texte suggère (….) que la faute de Cham n’est pas d’avoir vu la nudité de son père, mais de n’avoir regardé que cette nudité et de l’avoir racontée à ses frères » (op .cit., p 499). Dès la sortie de l’arche, le langage est perverti dans son utilisation par Cham qui entre dans le monde de la médisance. Et, souligne Marc-Alain Ouaknin, « médire, ce n’est pas mentir, mais réduire la complexité d’une situation ou d’un être à une seule dimension. La médisance réduit la conscience que l’on peut avoir de la complexité d’autrui en le réduisant à une seule de ses fonctions, en n’en voyant qu’un point sans le mettre en relation avec les autres, sans prendre en considération les interactions, les liens et les marges (…). Cham est dans une pulsion qui transforme son voir en parole sans attendre que son père puisse prendre la parole, dire quelque chose, expliquer, s’expliquer. Cham est dans l’aussitôt. Il voit et aussitôt se met à parler sans laisser à son père le temps d’une parole, d’un commentaire, et sans se laisser à lui-même la possibilité d’élaborer un discours, une raison, un logos. Il ne se fait pas accueil pour une parole (…). Aucune parole ne peut résider chez lui, en lui. Il est sans intériorité et ne comprend ni ne respecte l’intériorité de l’autre, ici son père. Il raconte à ses frères qui sont à l’extérieur. Sa bouche est toujours tournée vers cette extériorité sans retenue, ce que l’hébreu nomme l’insolence, houtspa, mot qui veut dire littéralement « extérieur-bouche ».

La médisance, c’est nier chez l’autre le droit à l’intime et chez soi l’existence de cet intime, lieu d’un temps de maturation d’une parole qui pourra être dite ou retenue. Et en niant le droit de l’autre à l’intime, c’est le réduire à son dévoilement, son apocalypse [« révélation » et non « catastrophe »], sans lui donner le temps de retrouver son for intérieur dans lequel il pourrait se ressaisir et élaborer une parole d’explication et de transmission. Médire, c’est ne pas respecter la part de mystère qui est à l’origine de toute créature.

Cham maudit son père et est maudit en retour, comme s’il se maudissait lui-même. Pris dans l’émotion produite par la nudité de son père, aucune place n’est donnée au discours et aux commentaires qui auraient pu être faits. Une forme de ressenti obstrue la possibilité d’une pensée rationnelle et devient fondement du non-entendement, de la pulsion et de l’intolérance ».(op.cit., pp 500-501)

Le propre de cette génération, piégée par des polarisations extrêmement violentes ?

Face aux deux écueils d’une vie marquée par la démesure (la croyance dans le mythe moderne du « tout est possible »), et d’une vie marquée par la seule nécessité, conduisant au déterminisme et au fatalisme, il est heureusement permis d’espérer.

Marc-Alain Ouaknin, dans son commentaire de cet épisode biblique, rappelle que « Shem et Yafet, les deux autres frères, vont à la fois réparer la faute de Cham » et rendre possible « une éthique de la juste parole (4), du bien dire, (c’est-à-dire), de la bénédiction. Ils font réparation de la médisance, réparation qui sera ritualisée plus loin dans le texte biblique dans le rituel de guérison [et purification] du lépreux [l’ostracisé de l’époque, cf Lévitique 14].

Le bien dire de la bénédiction consiste tout d’abord à rétablir l’intime de l’autre. C’est ainsi que les frères prennent une couverture [qui est autre que les « couvertures médiatiques »] qu’ils posent sur leurs épaules pour la déposer sur le corps de leur père en marchant en arrière, sans regarder sa nudité. » (op.cit., p 502)

« (Car j’étais) nu, et vous m’avez vêtu (…) Alors les justes lui répondront : “Seigneur (….) quand nous est-il arrivé de te voir (…) nu et de te vêtir ? Et le roi leur répondra : “En vérité, je vous le déclare, chaque fois que vous l’avez fait à l’un de ces plus petits, qui sont mes frères, c’est à moi que vous l’avez fait ! » (Matt.25v36, 38, 40)

« Vêtir ceux qui sont nus », telle est la réponse à cette nouvelle « théoulogie » [de : « t’es où ? »] qui promet, de façon illusoire, un monde sans vie privée. Sans doute l’un des plus grands dangers qui nous menace, à l’instar des déluges contemporains médiatiques.

 

Aller plus loin : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/12/15/limitation-de-jesus-christ-veiller-a-son-intimite/ et https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/09/20/le-pseudonymat-nest-pas-un-anonymat/

 

 

Notes :

(1) Le déroulé de l’histoire : https://www.lci.fr/justice/jesuismila-menacee-de-mort-et-de-viol-pour-avoir-insulte-l-islam-sur-instagram-mila-16-ans-porte-plainte-2143516.html

(2) https://www.liberation.fr/checknews/2020/01/22/mila-une-jeune-femme-de-16-ans-a-t-elle-ete-exfiltree-de-son-lycee-par-la-police-suite-a-une-video-a_1774539

(3) Seuil, 2008 et en édition de poche chez « Points seuil », 2013. Voir notre article sur l’ouvrage.

(4) Bénir, c’est effectivement dire du bien de quelqu’un, mais pas dans le sens de quelque chose que nous trouverions « sympa » ou « cool ». C’est tout simplement dire une chose que Dieu a déclaré bonne : c’est ainsi que cette chose est juste et vraie. D’autre part, bénir, c’est aussi se mobiliser pour que ce bien énoncé par la parole devienne une réalité.

 

 

Genèse 1

« La création commence petite, mais gestante »…

Genèse 1v1 commence avec « le commencement de la création par Dieu du ciel et de la terre ».

« La création commence petite, mais gestante. Elle se complexifie jusqu’à son apogée le 6ème jour, avec la création des êtres humains à l’image de Dieu. Puis, le 7ème jour, un silence : un repos, une pause gravide – en d’autres termes, un s(h)abbat ».

(D’après « Surpris par l’espérance » de NT Wright. Excelsis, 2019, p 349)

 

Lecture : Gen.1v1-31, 2v1-4

A l’école de Jésus pour le service : Jean 13v1-17

« Beaucoup veulent être « leaders », mais combien veulent être « serviteurs », à la suite de Jésus-Christ ? » (Source : convergence bolcho-catholiques)

« S’équiper pour servir », telle est le thème de la Semaine Universelle de Prière 2020. Tout un programme ! La formation dure toute la vie. Notre diplôme ? Entendre cette approbation : « c’est bien, bon et fidèle serviteur, entre dans la joie de ton maître ».

Les meilleurs « lieux de formation » restent : « à la suite de Jésus », « venir à Jésus » et « demeurer en Lui », car il n’y a pas de meilleure école que celle de Jésus pour s’équiper pour le service.

Lecture : Jean 13v1-17

1Avant la fête de la Pâque, Jésus sachant que son heure était venue, l’heure de passer de ce monde au Père, lui, qui avait aimé les siens qui sont dans le monde, les aima jusqu’à l’extrême.

2Au cours d’un repas, alors que déjà le diable avait jeté au cœur de Judas Iscariote, fils de Simon, la pensée de le livrer,

3sachant que le Père a remis toutes choses entre ses mains, qu’il est sorti de Dieu et qu’il va vers Dieu,

4Jésus se lève de table, dépose son vêtement et prend un linge dont il se ceint.

5Il verse ensuite de l’eau dans un bassin et commence à laver les pieds des disciples et à les essuyer avec le linge dont il était ceint.

6Il arrive ainsi à Simon-Pierre qui lui dit : « Toi, Seigneur, me laver les pieds ! »

7Jésus lui répond : « Ce que je fais, tu ne peux le savoir à présent, mais par la suite tu comprendras. »

8Pierre lui dit : « Me laver les pieds à moi ! Jamais ! » Jésus lui répondit : « Si je ne te lave pas, tu ne peux pas avoir part avec moi. »

9Simon-Pierre lui dit : « Alors, Seigneur, non pas seulement les pieds, mais aussi les mains et la tête ! »

10Jésus lui dit : « Celui qui s’est baigné n’a nul besoin d’être lavé, car il est entièrement pur : et vous, vous êtes purs, mais non pas tous. »

11Il savait en effet qui allait le livrer ; et c’est pourquoi il dit : « Vous n’êtes pas tous purs. »

12Lorsqu’il eut achevé de leur laver les pieds, Jésus prit son vêtement, se remit à table et leur dit : « Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ?

13Vous m’appelez “le Maître et le Seigneur” et vous dites bien, car je le suis.

14Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ;

15car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi.

16En vérité, en vérité, je vous le dis, un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie.

17Sachant cela, vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique.

 

Une scène particulièrement touchante, forte en émotions, d’une grande portée spirituelle, et particulièrement interpellante. Une certaine actualité pour nous, qui entendons à nouveau ce récit. Soyons conscients que Jésus est bien présent et qu’il nous enseigne ce soir, nous ses disciples, nous les siens, comme il a enseigné ses premiers disciples, il y a 2000 ans. Par la foi, nous ne lisons/n’écoutons pas ce récit comme une simple « histoire », mais nous devenons « contemporains du Christ ».

C’est pourquoi nous pouvons faire nôtre cette prière : « parle Seigneur, tes serviteurs/servantes t’écoutent » (cf 1 Sam.3v10).

Nous voyons ici, d’une manière spéciale et touchante, à quel point Jésus « aima les siens jusqu’à l’extrême » (a mis « le comble de son amour pour eux ») et à quel point Jésus est soucieux de prendre soin de ceux qui lui ont été confiés. Il avait une véritable pédagogie de la foi et nous a laissé des consignes explicites quant à la manière de « rendre visible (tangible) la grâce invisible », « la grâce multicolore » de Dieu (1 Pie.4v10).

Il nous ordonne certaines pratiques : « faites ceci » (en mon nom, en mémoire de moi) pour le baptême et la Cène ; et ici, pour le lavement des pieds, « ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi », « vous serez heureux si vous le mettez en pratique ».

Jésus lave les pieds de ses disciples. Ces derniers ne l’ont pas fait. Il s’agit là d’une tâche habituellement effectuée par l’esclave de la maison. Même les rabbins ne permettaient pas cela de la part de leurs disciples. Mais Jésus lava volontairement les pieds de ses disciples, y compris Judas. Juste avant le repas, ils s’étaient disputés pour savoir « qui serait le plus grand » (Luc 22v24-30)
Pourtant Il nous demande de faire comme lui. « Vous serez heureux si vous le mettez en pratique » : il y a là une promesse certaine liée à la pratique, non seulement de ce geste mais aussi de tout l’enseignement qui y est associé.

A ce sujet, il est toujours frappant et interpellant de constater que, de ces trois commandements du Seigneur (Baptême, Cène et lavement des pieds), c’est le lavement des pieds qui est le moins pratiqué, quand il n’est pas pratiqué du tout. Alors qu’il est tout aussi biblique que les deux autres et alors qu’une promesse certaine est liée à la pratique de ce commandement.

Comment expliquer que nous soyons à ce point en décalage avec ce commandement explicite du Seigneur ?

Peut-être parce que, des trois, il est le plus impliquant sur les plans émotionnel et physique ?

Combien d’entre nous, nous identifions-nous à Pierre, dans cette scène ?

Pourtant, ce commandement du lavement des pieds, en plus d’être porteur d’une promesse, nous transmet un enseignement de Jésus sur le ministère, c’est à dire le service, la thématique qui nous occupe en cette semaine universelle de prière.

Le ministère n’est pas un honneur ou une responsabilité. Sinon, on l’appellerait « magi-stère ». C’est une position, de service : ni en haut ou devant, ou derrière, mais en dessous, au niveau des pieds de ceux que nous servons. Les pieds des personnes supposées être en dessous de nous. C’est un « mini-stère ».

Dans sa pédagogie de la foi, Jésus nous enseigne lui-même cette posture et cet esprit du service.

Ailleurs, il est assis au centre comme LE Maître – et non pas comme un maître – qui enseigne. Qu’il soit assis ou abaissé, il nous enseigne, en nous regardant par en-dessous, d’en bas, pas de haut. Cette position nous enseigne sur l’autorité en Jésus-Christ, « le Roi-serviteur ». Beaucoup veulent être « leaders », mais combien veulent être « serviteurs », à la suite de Jésus-Christ ?
Il nous encourage à le suivre : « Comprenez-vous ce que j’ai fait pour vous ? Vous m’appelez “le Maître et le Seigneur” et vous dites bien, car je le suis. Dès lors, si je vous ai lavé les pieds, moi, le Seigneur et le Maître, vous devez vous aussi vous laver les pieds les uns aux autres ; car c’est un exemple que je vous ai donné : ce que j’ai fait pour vous, faites-le vous aussi. En vérité, en vérité, je vous le dis, un serviteur n’est pas plus grand que son maître, ni un envoyé plus grand que celui qui l’envoie. Sachant cela, vous serez heureux si du moins vous le mettez en pratique »(Jean 13v12-17).
Le Seigneur nous enseigne ainsi : « Aimez-vous les uns les autres comme je vous ai aimés » (Jean 13v34-35) ; « Par amour, soyez serviteurs les uns des autres » (Gal.5v13). Car, quand même bien je donnerai ma vie pour mes frères, « si je n’ai pas l’amour, cela ne me sert de rien » (1 Cor.13v3). Mais aussi : « pardonnez-vous réciproquement, comme Dieu vous a pardonnés en Christ » (Eph.4v32), et « accueillez-vous les uns les autres comme Christ vous a accueillis » (Rom.15v7). En effet, le lavement des pieds est lié à l’hospitalité – « l’amour de l’étranger ».

L’esprit d’un tel service contribue à la réconciliation et donc à l’unité et à l’édification des croyants.

Le lavement des pieds est source de guérison, car il brise notre orgueil, notre tendance à chercher à savoir « qui sera le plus grand ? ». Prendre cette posture d’humilité nous ouvre un espace pour vivre le pardon. Sans cela, je ne peux, ni laver les pieds, ni me laisser laver les pieds par celui ou celle avec qui je ne me suis pas réconcilié (même chose pour l’adoration cf Matt.5v23-24) ou à qui je n’ai pas demandé pardon.

C’est ainsi que la réconciliation contribue à l’unité du corps de Christ, lequel ne saurait être divisé, car ce serait diviser Christ. « Christ est-il divisé ? » (cf 1 Cor.1v13). « Pas un de ses os ne sera cassé ». Il n’y a pas « l’église de Pierre », « l’église de Jacques », « l’église de Jean » ou « l’église d’André », mais l’église de Jésus-Christ.

Jésus nous enseigne (et nous commande) de l’imiter, mais aussi de vivre la réciprocité : un jour, je serai celui qui lave et un autre jour, je serai celui qui a besoin qu’on lui lave les pieds. Cette réciprocité permet la purification et la restauration, lorsque nous chutons/nous nous salissons dans notre marche : cette restauration/purification n’est pas seulement pour moi ou mon frère, mais au bénéfice de l’Eglise entière.

C’est ainsi que notre service contribuera à l’unité et à l’édification du corps de Christ en entier.

 

(Message donné à l’occasion de la Semaine Universelle de Prière, le 14/01/20 à Livry Gargan. La Semaine Universelle de Prière est une dynamique proposée par l’Alliance Evangélique Européenne, mise en place en France par le CNEF)

Deux albums (sinon rien) pour parler du deuil et du pardon

Peut-on espérer une nouvelle vie quand tout est brisé ?

Voici deux albums récents, reçus en service presse de la part de BLF éditions, que je remercie, pour nous parler de deux sujets sensibles et essentiels : « Plus jamais d’au-revoir » de Lauren Chandler (l’épreuve face à la maladie et le deuil suite au « départ » d’un proche) et « l’ami qui pardonne » de Dan Dewitt (le pardon de ce qui semble impardonnable et la restauration de relations brisées) – mon préféré. Tous deux superbement illustrés par Catalina Echeverri, dont j’ai aussi apprécié les partis pris graphiques.

« Plus jamais d’au revoir » ou l’espérance d’une vie où l’on dira « au revoir » à tous les « au revoir »….

Le premier album raconte « la vraie histoire », tirée de l’évangile selon Jean, de ce que n’a pas fait et a fait Jésus, lorsqu’il a appris que son ami Lazare est mort des suites d’une maladie.
Le second album raconte une autre « histoire vraie », également tirée des évangiles (Notamment Marc 14, Jean 18 et 21). « L’ami qui pardonne », c’est Jésus. Celui qui a eu besoin de son pardon est Simon Pierre, qui a fait semblant, par trois fois, de ne pas le connaître. Pourtant, il s’était déclaré ami de Jésus, prêt à mourir pour lui et jurant de ne jamais le laisser tomber.

Mais, par-delà ces sujets éternels, ces lectures sont autant d’occasions d’apprendre aux plus jeunes que ces « histoires vraies » ne sont pas uniquement des « histoires » (même « vraies »). Ce qui nous est raconté est toujours actuel. Il nous est ainsi possible d’espérer en une nouvelle vie et un avenir, surtout quand nous pensons que « tout est fini », et d’avoir toute confiance en Celui qui est la source de notre espérance.

Jésus est cet ami fidèle et fiable, qui nous pardonne.

Jésus est en effet ici présenté comme un ami, compatissant et consolateur, lorsque nous sommes dans le deuil, suite au « départ » d’un proche. Il est aussi celui qui nous aime, toujours fidèle et digne de confiance – alors que nous sommes pas du tout fiables et dignes de confiance – nous relevant (plutôt que de nous ‘ »enfoncer ») « encore, encore et encore » quand nous tombons « encore, encore et encore ».

Deux beaux albums touchants et parfois drôles, d’une grande portée théologique, et facilitant l’échange sur des sujets difficiles pour des enfants, comme pour des adultes. A découvrir et à faire découvrir, en guise de témoignage que Celui en qui nous mettons notre confiance fait « toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5) !

 

En bref : 

« Plus jamais d’au revoir. Jésus, Lazare et la tombe vide : la vraie histoire », de Lauren Chandler. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

« L’Ami qui pardonne. Pierre a mal agi et Jésus lui a pardonné : la vraie histoire », de Dan Dewitt. Illustrations de Catalina Echeverri. Blf éditions, 2019.

 

Pep’s café a 7 ans !

« Chapter 7 », Par Nick Youngson

Pep’s café le blogue vient de passer le cap des 7 ans le 09 janvier.

7, le chiffre de la perfection ! Plus exactement « la perfection divine dans les choses spirituelles, mais aussi dans le rapport des choses de Dieu avec la terre. L’Ecriture présente sept alliances de Dieu avec des hommes.
Le Notre Père contient sept demandes, trois relatives à Dieu et quatre à l’homme. (…)
Chiffre aussi de repos, de ce qui est complet, accompli. Dieu s’est reposé le septième jour (…) Christ a prononcé sept paroles sur la Croix.« (1).

Merci, premièrement au Seigneur, puis à ma chère moitié « la pep’sette », pour l’inspiration et les encouragements nécessaires dans la tenue de ce blogue, lequel est une sorte de café, avec ses conversations qui ne s’arrêtent jamais – en voici quelques exemples ici et – et un endroit propre et bien éclairé où l’on aime se rendre.

En témoigne l’année 2019, laquelle a été, à ce jour, la meilleure pour le blogue, en terme de fréquentation. Merci à vous, visiteurs et lecteurs de tous pays et horizons, et merci aux nouveaux abonnés qui se sont ajoutés aux précédents.

Merci aussi à vous d’apprécier Pep’s café comme étant « un blogue diversifié, proposant des articles documentés et de fond, invitant très simplement son lecteur à pousser sa réflexion un peu plus loin », et comme étant « un blogue témoignant d’une manière de parler de la foi, de sa foi ».

Parmi les articles les plus vus (dans l’ordre) :

« 20 livres que tout chrétien devrait avoir lu… »

« L’aveugle et le boiteux n’entreront pas dans la maison… »

« Ma Parole est comme un feu… »

« Un protestant évangélique peut-il faire carême ? »

« Jésus-Christ a le pouvoir de transformer ta vie »

Enfin, si vous estimez que ce blogue vous bénit, vous avez l’occasion de le bénir aujourd’hui, via un petit témoignage au pied du présent article. Vous pouvez ainsi relever un aspect que vous aimez bien dans Pep’s café! le blogue et en quoi il a pu vous encourager et vous édifier en 2019, si c’est le cas. J’en serai très honoré et encouragé à mon tour.

N’hésitez pas ! Car bénir, c’est bon ! C’est dire ce que Dieu a déclaré Lui-même comme bon, et aussi se mobilier concrètement pour que ce bien énoncé par la parole (ici, l’écrit) devienne une réalité.

Donc, pour bien commencer l’année, ne manquez pas une occasion de bénir aujourd’hui, et surtout, de bénir sans cesse !

 

 

 

 

 

 

 

Note :

(1) https://www.promesses.org/la-signification-des-nombres-dans-la-bible/

« Vous n’avez qu’un seul guide, le Christ »

En quête de sens ? Vers qui se tourner ?

« Mais vous, ne vous faites pas appeler “rabbi”, car vous êtes tous égaux et vous n’avez qu’un seul maître. N’appelez personne sur la terre votre “père”, car vous n’avez qu’un seul père, celui qui est au ciel. Ne vous faites pas non plus appeler “guide”, car vous n’avez qu’un seul guide, le Christ. », dit Jésus (Matt.23v8-10)

« Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles qui donnent la vie éternelle » (Jean 6v68)

Le drame serait que l’on vienne nous voir, nous chrétiens, notamment engagés dans des services d’accompagnement spirituel/de « relation d’aide », comme on va voir un « gourou » ou « un marabout » (aujourd’hui, on dirait : « un homme de Dieu » ou « un saint homme »), à l’instar de ce personnage décrit par La Bruyère dans ses « caractères » :

Irène se transporte à grands frais en Épidaure, voit Esculape dans son temple, et le consulte sur tous ses maux. D’abord elle se plaint qu’elle est lasse et recrue de fatigue ; et le dieu prononce que cela lui arrive par la longueur du chemin qu’elle vient de faire. Elle dit qu’elle est le soir sans appétit ; l’oracle lui ordonne de dîner peu. Elle ajoute qu’elle est sujette à des insomnies ; et il lui prescrit de n’être au lit que pendant la nuit. Elle lui demande pourquoi elle devient pesante, et quel remède ; l’oracle répond qu’elle doit se lever avant midi, et quelques fois de se servir de ses jambes pour marcher. Elle lui déclarer que le vin lui est nuisible : l’oracle lui dit de boire de l’eau ; qu’elles a des indigestions : et il ajoute qu’elle fasse la diète.

« Ma vue s’affaiblit, dit Irène. Prenez des lunettes, dit Escupale. Je m’affaiblis moi-même, continue-t-elle, et je ne suis ni si forte ni si saine que je l’ai été. C’est, dit le dieu, que vous vieillissez. 

Mais quel moyen de guérir cette langueur ? 

Le plus court, Irène, c’est de mourir, comme on fait votre mère et votre aïeul. 

Fils d’Apollon, s’écrit Irène, quel conseil me donnez-vous ? Est-ce là toute cette science qui vous fait révérer de toute la terre, Que m’apprenez-vous de rare et de mystérieux, et ne savais-je pas tous ces remèdes que vous m’enseignez ? 

Que n’en usiez-vous donc, répond le dieu, sans venir me chercher de si loin, et abréger vos jours par un long voyage ?

[La Bruyère. Les Caractères, « De l’homme », 35. GF, 1994, pp 271-272]

 

Dans le même ordre d’idée, voici ce qu’il est possible de répondre à ceux qui nous demandent « de prier pour eux ».

 

 

L’Espérance ultime des chrétiens

Qu’est-ce que les chrétiens espèrent de l’avenir ? Vous serez surpris de l’apprendre !

Noël est derrière nous !

Mais savez-vous que les premiers chrétiens ne fêtaient pas Noël, mais uniquement la Résurrection corporelle du Christ, avec la grande fête de Pâques – sans oublier une célébration hebdomadaire ?

Ce qui en dit long sur le fondement de l’espérance future et ultime du christianisme des premiers temps, laquelle était fermement centrée sur cet événement historique. Et il y a de quoi être « surpris par (une telle) espérance », souligne le théologien N.T. Wright dans un passionnant ouvrage récemment publié(1), que je suis en train de lire.

« Les premiers chrétiens ne se satisfaisaient pas simplement de croire en la vie après la mort ; ils n’ont quasiment jamais parlé d’un transfert vers le ciel après la mort (….). Et lorsque ces chrétiens parlaient du ciel comme d’une destination post-mortem, ils semblaient envisager cette vie céleste comme une étape temporaire en route vers la résurrection finale du corps. Lorsque Jésus rassure le brigand sur la croix » qu’« aujourd’hui », il sera avec lui « au paradis » (Luc 23v43), ce « paradis » ne peut être leur destination finale, comme l’atteste Luc au chapitre suivant. « Le paradis » est plutôt le lieu où les morts en Christ (cf 1 Cor.15) se ressourcent en attendant la résurrection. Lorsque Jésus déclare à ses disciples « qu’il y a de nombreuses demeures dans la maison de (son) père » (Jean 14v2), le terme employé en grec, monè, désigne un séjour provisoire, une halte. Lorsque Paul désire « s’en aller pour être avec Christ, ce qui est bien préférable » (Philippiens 1,21-23), « il pense effectivement au bonheur de vivre auprès de son Seigneur immédiatement après sa mort, mais ce n’est qu’un prélude à la résurrection elle-même » (2).

En clair, explique encore N.T. Wright, l’espérance chrétienne d’un avenir en Dieu repose sur la conviction « d’un processus futur en deux étapes » (2) : 1) A la mort, « le corps de l’homme s’en retourne à la terre d’où il a été tiré [Gen.3v9] et le souffle de vie (l’esprit) retourne à Dieu qui l’a donné » (cf Ecclésiaste 12v7 et aussi Luc 23v46). L’espérance du chrétien est de demeurer auprès du Seigneur, dans l’attente de 2) son espérance ultime, laquelle est la Résurrection des morts, et une existence nouvelle dans une Création renouvelée [des « nouveaux cieux » et une « nouvelle terre »], selon Apocalypse 21v1, 4, où « la mort ne sera plus » et où « il n’y aura plus ni deuil, ni cri, ni souffrance. »

Au final, « Surpris par l’espérance » nous montre que ce que nous croyons à propos de la vie après la mort affecte directement ce que nous croyons de la vie avant la mort. En effet, si Dieu veut renouveler toute la création et non la détruire, cela signifie que la mission de l’Église ne peut se limiter au seul « salut des âmes » : elle doit travailler pour le royaume (ou le règne) de Dieu, dans le monde entier, en apportant guérison et espérance dès la vie présente.

Qu’en est-il pour vous ?

Une bonne idée de première lecture, pour bien débuter la nouvelle année !

Voir aussi, sur le même sujet, cette question « théo » très pratique :  https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2019/03/20/la-question-theo-du-mois-dieu-va-t-il-detruire-la-terre-lors-du-retour-de-jesus-christ/

 

Notes :

(1)Wright, N.T. Surpris par l’espérance. Excelsis, 2019 (Sel et lumière). Voir ici ou dans toutes les bonnes librairies.

(2) Ibid, p 85

Le 1er janvier 2020 : un jour comme les autres

Encourageons-nous à ne pas trop parler en ce 1er janvier ( Source : Pixabay)

Chers lecteurs, nous sommes aujourd’hui le 1er janvier 2020. Lequel 1er janvier (à l’instar des autres jours de l’année) ne nous donne aucun pouvoir surnaturel en soi.

Dès lors, amis chrétiens, essayons donc de ne pas trop parler devant Dieu à l’occasion du changement d’année.

« Ne te rends pas à la légère dans la maison de Dieu. Vas-y avec l’intention d’écouter. Cela vaut mieux que d’offrir le sacrifice des gens stupides qui ne comprennent pas qu’ils agissent mal ». (Eccl.4v17) et « Devant Dieu, ne te presse pas de parler, ne te hâte pas d’énoncer une parole ; Dieu est dans les cieux et toi, tu es sur la terre. Mesure donc tes paroles. En effet, plus on a de soucis, plus on rêve ; et plus on parle, plus on dit de sottises. Si tu fais une promesse à Dieu, accomplis-la sans retard, car Dieu n’aime pas ceux qui agissent sans réfléchir. C’est pourquoi tiens ce que tu promets. Il vaut mieux ne pas promettre que de promettre sans tenir parole. Évite de te rendre coupable par tes propos. Ne dis pas au prêtre : « C’est une erreur. » Autrement, Dieu s’irritera à cause de tes paroles et détruira ce que tu entreprends. Les paroles abondantes sont aussi vaines que les rêves en grand nombre. Reconnais donc l’autorité Dieu ». (Eccl.5v1-6).

Le mieux que je puisse nous souhaiter, à nous qui sommes « en Christ » (cf Eph.1) et nous reconnaissons parmi ceux qui Lui appartiennent (Jean 17v6, 9, 24), est de sortir des crispations identitaires et postures clivantes, pour mieux vivre cette prière de Notre Seigneur, avec pour seul soucis (qui est aussi celui de Dieu) de le rendre visible auprès de ceux qui ne lui n’appartiennent pas encore. De sorte que ceux qui nous rencontrent ne nous rencontrent pas nous, mais plutôt fassent une réelle rencontre avec Jésus-Christ, « le Dieu véritable et la vie éternelle » (1 Jean 5v20), et « le Prince de la paix » (Es.9v5).

Pour vous, lecteurs, qui n’appartenez pas encore à Jésus-Christ, Celui-ci ne prie pas seulement pour les siens, mais aussi pour ceux qui croiront en Lui grâce à ce que les siens diront de Lui (Jean 17v20).

C’est aussi notre prière et le but de ce blogue : que ceux qui connaissent pas Jésus-Christ viennent à Lui, que ceux qui se sont éloignés de Jésus-Christ reviennent à Lui, et que ceux qui sont en Christ demeurent en Lui. Et, globalement, que tous le Suivent. En Lui se manifeste cette promesse : « voici, je fais toutes choses nouvelles » (Apoc.21v5)

Pourquoi Christianity Today ne doit pas oublier que « le Créateur s’est sali les mains »

Voici l’Affaire.

Pour la première fois, « Christianity Today », dans un édito de Marc Galli, son rédacteur en chef, paru le 19 décembre 2019 dans le magazine évangélique américain de référence, affirme que Donald Trump, actuellement sous le coup d’une procédure d’impeachment (2) devrait « être démis de ses fonctions » et appelle ses lecteurs évangéliques, « après plusieurs années de retenue », à cesser de le soutenir. Une telle prise de position « politique » résonne comme un véritable « coup de tonnerre » dans le ciel évangélique, commente-t-on dans la presse dite chrétienne et séculière.

En effet, pour CT, dont « la mission ordinaire » est de « rester au-dessus de la mêlée », « il (serait) temps d’appeler un chat un chat », car Trump est « un président moralement perdu et confus », coupable « d’abus d’autorité à des fins personnelles ». Prendre position à ce sujet serait d’une « question de loyauté au créateur des Dix commandements ».

En réalité, il y a plutôt de quoi être « consterné » à la lecture de cet édito. Non pas à la façon d’un Jerry Falwell Junior ou d’un Franklin Graham (fils ainé de Billy Graham), qui l’ont condamné ou désavoué (3), mais plutôt à la manière de Joëlle SutterRazanajohary, pasteur de l’église Baptiste d’Annecy.

Dans une note de blogue (4) dont je vous recommande la lecture, celle-ci salue ironiquement l’initiative de « Christianity Today », qui « ose enfin appeler un chat un chat ! », vu qu’il n’y a, en réalité, « rien de nouveau sous le soleil américain motivant cette sortie de retenue ».

En effet, analyse-t-elle, l’on « reconnait (pourtant) un arbre à ses fruits » et « cela fait bien longtemps déjà que Mr Trump s’est emmêlé les pinceaux dans cette histoire de chat sans que (le magazine évangélique) n’espère sa destitution ! » Dans une « vidéo qui tournait sur le Web quelques mois avant les élections », Trump se vantait de pouvoir, grâce à sa position, faire violence à n’importe quelle femme (…) Et pourtant les évangéliques qui le soutenaient n’ont pas vu à ce moment-là un candidat « moralement perdu et confus » ! Ils n’ont pas compris qu’il s’agissait déjà là d’un « abus d’autorité à des fins personnelles ». Ils n’ont pas appelé ce chat un chat, ce qui (…) était pourtant déjà clairement un signe d’absence de loyauté au créateur des dix commandements, aussi bien de la part du candidat en question que des électeurs. La mention de ce que le magazine éditait pour Bill Clinton en 1998 aurait donc dû s’appliquer immédiatement pour le candidat Trump » (4).

Voilà pourquoi, à l’instar de Joëlle Sutter-Razanajohary, l’on ne peut que saluer timidement (à défaut ironiquement) cet édito, et « espérer qu’à l’avenir, tant qu’à réagir, Christianity Today hésite moins longtemps à descendre dans la mêlée ». Quitte à « oser » courageusement prendre position « pour dire qu’un candidat à la présidentielle de l’un des plus grands pays du monde qui se permet de maltraiter les femmes n’est pas digne d’être président », autant « le dire tout de suite, quelle que soit la manière dont il traite ensuite les dignitaires étrangers ou ses opposants politiques », sans craindre de « se salir les mains ». Après tout, « le Dieu de la Bible » n’a pas hésité à le faire, lorsqu’il a « formé l’humain » (cf Gen.2v7) (4). De là sa mise en garde cinglante contre toute diabolisation (« Tout démocrate n’est pas ‘antichrétien’ et tout républicain n’est pas ‘chrétien’ non plus ») et contre tout clivage, ce qui permettrait « d’exprimer d’infinies nuances, sous peine de prendre conscience un jour que l’on a gobé des couleuvres et d’être obligé de ‘retourner’ sa veste » (4).

Et puisque nous parlons de clivage, il nous est par ailleurs annoncé régulièrement que la procédure de destitution du président Trump, votée par la majorité démocrate à la Chambre des représentants (5), n’aurait que « peu de chance d’aboutir », du fait du positionnement partisan des élus républicains au Sénat, chargés du procès. Une telle posture partisane me paraît inquiétante dans son mépris de la vérité et de la justice, et de nature à interpeller le chrétien, lequel est censé vouloir penser et agir comme Christ. Et, en tant que tel, ayant à cœur de « faire ce qui plaît » à son Seigneur, il « annonce (la) justice (de Dieu) », sans retenue et « sans la dissimuler », « dans la grande assemblée » (Ps.40v9-11).

Le chrétien sait que « Dieu est amour » (1 Jean 4v8) et « l’amour ne se réjouit pas de l’injustice, mais trouve sa joie dans la vérité » (1 Cor.13v6). Et non dans une quelconque posture partisane.

Le Christ qu’il sert a d’ailleurs averti les siens de « (prendre) garde que personne ne vous égare. Car beaucoup viendront en prenant mon nom ; ils diront : “C’est moi, le Messie”, et ils égareront bien des gens (…) Par suite de l’iniquité croissante, l’amour du grand nombre se refroidira ; mais celui qui tiendra jusqu’à la fin, celui-là sera sauvé » (Matt.24v4-5, 12-13).

Et tout lecteur de la Bible se doit de prendre au sérieux les avertissements de 2 Thes.2v3-12 : « Que personne ne vous séduise d’aucune manière; car il faut que l’apostasie soit arrivée auparavant, et qu’on ait vu paraître l’homme du péché, le fils de la perdition, ‘adversaire qui s’élève au-dessus de tout ce qu’on appelle Dieu ou de ce qu’on adore, jusqu’à s’asseoir dans le temple de Dieu, se proclamant lui-même Dieu. Ne vous souvenez-vous pas que je vous disais ces choses, lorsque j’étais encore chez vous? Et maintenant vous savez ce qui le retient, afin qu’il ne paraisse qu’en son temps. Car le mystère de l’iniquité agit déjà; il faut seulement que celui qui le retient encore ait disparu. Et alors paraîtra l’impie, que le Seigneur Jésus détruira par le souffle de sa bouche, et qu’il anéantira par l’éclat de son avènement. L’apparition de cet impie se fera, par la puissance de Satan, avec toutes sortes de miracles, de signes et de prodiges mensongers, et avec toutes les séductions de l’iniquité pour ceux qui périssent parce qu’ils n’ont pas reçu l’amour de la vérité pour être sauvés. Aussi Dieu leur envoie une puissance d’égarement, pour qu’ils croient au mensonge, afin que tous ceux qui n’ont pas cru à la vérité, mais qui ont pris plaisir à l’injustice, soient condamnés ».

Et comme « notre foi en notre glorieux Seigneur Jésus-Christ » ne serait être polluée par le sentimentalisme (6) ou la partialité (cf Jacq.2v1), les « hommes faits » ou matures sont invités au discernement pur (Hébr.5v14). Leur responsabilité est de « jauger » ou d’évaluer le réel – particulièrement la façon de vivre de ceux qui se prétendent chrétiens – en toute humilité – et non à fuir/dénier le réel.

Face à ceux qui affirment « que le président ait fait quelque chose de mal ou non, même s’il l’a fait et que c’est immoral, cela exige le pardon et demande un coup de main, si vous êtes chrétien », aimant rappeler « que Jésus, quand il était sur la terre, n’a pas jugé les gens » (7), les mêmes « hommes faits » (se) rappelleront que cela ne sert à rien de nous justifier ou de minimiser notre péché. D’ailleurs, Dieu ne nous demande pas « pourquoi » mais « quoi », quand nous péchons (Gen.4v9). Il ne demande pas au pécheur de se justifier, mais l’invite à reconnaître la vérité de la rupture. Tout pécheur ainsi repentant (et non « excusé ») est pardonné, réconcilié et restauré, selon les principes bibliques (Luc 5v32, 15v7 et 1 Jean 1v9).

 

 

 

Notes :

(1) L’original ici et la traduction française .

(2) Comprendre le processus et les raisons

(3) Voir https://theweek.com/speedreads/885611/christianity-todays-editorial-sparked-family-fight-about-billy-graham-trump et http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html ).

(4) Cf https://www.actus-mots.com/post/christianity-today-ose-enfin-appeler-un-chat-un-chat

(5) Cf https://americanballotbox.com/2019/12/19/breaking-news-donald-trump-is-impeached/

(6) Cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2017/02/22/ton-christianisme-est-il-sentimental/

(7) http://www.evangeliques.info/articles/2019/12/23/etats-unis-180-leaders-evangeliques-reagissent-a-l-edito-du-christianity-today-appelant-a-la-destitution-de-donald-trump-20791.html

 

Quels sont les plaisirs défendus ?

« Il semble préférable de poser quelques principes motivant le renoncement à certains plaisirs »….(Source image : public domain pictures)

“Tout m’est permis, dites-vous, mais tout n’est pas utile ; tout m’est permis, mais je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit” (1 Cor.6v12)

“Tout m’est permis, mais tout n’est pas utile ; tout est permis, mais tout n’édifie pas” (1 Cor.10v23)

 

Vous me demandez : « Quels sont les plaisirs interdits ? »

Que faut-il que je vous réponde ? Qui peut le faire ? Si l’on faisait une liste des plaisirs interdits, n’y figureraient pas le roman infect publié demain ni le spectacle malsain affiché dans quelques semaines !

C’est pourquoi, il semble préférable de poser quelques principes motivant le renoncement à certains plaisirs. Un chrétien doit se priver des plaisirs qui peuvent :

  • Altérer l’intégrité de sa conscience,
  • Arrêter sa croissance spirituelle,
  • Fausser son jugement ou sa raison,
  • Souiller son imagination,
  • Altérer sa santé et ses facultés intellectuelles ou manuelles,
  • Donner une fausse notion des devoirs conjugaux,
  • Prendre du temps inutilement,
  • Utiliser vainement de l’argent…

Vous-mêmes dites que vous constatez avec douleur la dislocation de bien des familles à cause des plaisirs de ce monde (….)

C’est pourquoi, ne vous accordez que les plaisirs auxquels Jésus puisse s’associer !

D’ailleurs, la barrière entre ce qui vous est « permis » et ce qui vous est « défendu » est le respect que vous vous devez à vous-même, en tant que Temple du Saint-Esprit.

(D’après “Quels sont les plaisirs défendus” de Ruben Torrey IN “Une année de grâce” : pensées journalières, de Louis-Michel Fillatre. Editions du Cèdre, 2016, p 391)