« Autrefois et maintenant » : Éphésiens 4v17-5v1-9

« Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière… »

Voici donc ce que je dis et atteste dans le Seigneur : ne vivez plus comme vivent les païens que leur intelligence conduit au néant. Leur pensée est la proie des ténèbres, et ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qu’entraîne chez eux l’endurcissement de leur cœur. Dans leur inconscience, ils se sont livrés à la débauche, au point de s’adonner à une impureté effrénée.

Pour vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins c’est bien de lui que vous avez entendu parler, si c’est lui qui vous a été enseigné, conformément à la vérité qui est en Jésus : il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité.

Vous voilà donc débarrassés du mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.

Êtes-vous en colère ? ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment. Ne donnez aucune prise au diable.

Celui qui volait, qu’il cesse de voler ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler honnêtement de ses mains, afin d’avoir de quoi partager avec celui qui est dans le besoin.

Aucune parole pernicieuse ne doit sortir de vos lèvres, mais, s’il en est besoin, quelque parole bonne, capable d’édifier et d’apporter une grâce à ceux qui l’entendent.

N’attristez pas le Saint Esprit, dont Dieu vous a marqués comme d’un sceau pour le jour de la délivrance.

Amertume, irritation, colère, éclats de voix, injures, tout cela doit disparaître de chez vous, comme toute espèce de méchanceté.

Soyez bons les uns pour les autres, ayez du cœur ; pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. (Eph.4v17-32)

Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. De débauche, d’impureté, quelle qu’elle soit, de cupidité, il ne doit même pas être question parmi vous ; cela va de soi pour des saints. Pas de propos grossiers, stupides ou scabreux : c’est inconvenant ; adonnez-vous plutôt à l’action de grâce. Car, sachez-le bien, le débauché, l’impur, l’accapareur – cet idolâtre – sont exclus de l’héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu.

Que personne ne vous dupe par de spécieuses raisons : c’est bien tout cela qui attire la colère de Dieu sur les rebelles.

Ne soyez donc pas leurs complices.

Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité. (Eph.5v1-9. TOB)

 

Après votre lecture et méditation personnelle de ce texte, vous pouvez aussi écouter cette prédication : « vivre l’esprit de la communauté » (Eph.4v25-5v2)

Où est notre Pâque, aujourd’hui ?

 

En cette période où l’on fête Pâque, beaucoup de questions sont posées. Ainsi, par exemple, sur le site « 1001 questions », « pourquoi continuons-nous à célébrer des fêtes chrétiennes (et/ou juives) ? Ca fait un peu célébration saisonnière et païenne, non ? » 

« Clairement », lit-on sur ce site en guise de réponse, « les fêtes religieuses peuvent honorer Dieu ou les idoles selon l’esprit qui nous pousse à les célébrer ! Mais dans le doute, abstenons-nous de juger hâtivement…Les fêtes juives sont bibliques, instituées dans l’Ancien Testament elles ont pour but de glorifier Dieu en se remémorant son action dans l’histoire d’Israël (exemple dans le livre de l’Exode 12, 24-27). Elles n’ont pas un sens seulement social ou « festif », elles servent à communiquer la présence de Dieu avec son peuple et à transmettre l’enseignement de la foi aux générations successives. Les fêtes chrétiennes ne sont pas instituées bibliquement mais commémorent aussi l’action de Dieu en prenant pour thème des moments importants de la vie de Jésus racontés dans les évangiles (Naissance du Christ, Mort et Résurrection, Ascension…) ou de l’action de l’Esprit (Pentecôte). L’hypocrisie religieuse et le conservatisme rituel sont clairement des gros problèmes dans le christianisme contemporain. Mais jeter ces occasions pédagogiques d’enseigner l’action de Dieu est-il plus pertinent que d’essayer de leur redonner leur connexion authentique ? »

Concernant Pâque(Pessah), une autre question se pose : « lorsque demain ton fils te demandera : Que signifie cela ? » Que lui répondras-tu ?.… (Exode 13v14).

Par exemple, s’il te demande : « pourquoi cette nuit-ci est-elle différente depuis que Jésus (ou Yechoua, en Hébreu) l’a observée ? » Et surtout, « où est notre pessah, notre sacrifice de la Pâque aujourd’hui ? »

Dans le processus du Seder, il y a quatre fils, quatre coupes de vin, quatre expressions de rédemption (Exode 6v6-7) et, peut-être les plus connues de toutes, « les quatre questions ». Aujourd’hui, ces quatre questions, énoncées comme des remarques, sont posées par le plus jeune enfant de la famille : Pourquoi cette nuit est-elle différente de toutes les autres nuits ? Les autres nuits, nous pouvons manger du hametz (levain) ou de la matzah (pain azyme) ; cette nuit nous ne mangeons que de la matzah. Les autres nuits, nous mangeons toutes sortes de légumes ; cette nuit nous mangeons seulement des herbes amères. Etc….

Le père explique alors l’histoire de la Pâque. Les rabbins auraient pu aussi bien choisir d’autres questions. Dans l’esprit de l’adaptation rabbinique, voici quelques questions supplémentaires que les enfants, et même les adultes, pouvaient poser.

POURQUOI PLAÇONS-NOUS TROIS MATZOT ENSEMBLE ?

Il y a un grand nombre de traditions à ce sujet : une de ces traditions enseigne qu’ils symbolisent les trois patriarches : Abraham, Isaac et Jacob. Une autre dit que c’est une image des « trois couronnes », la couronne de la Torah, la couronne de la Royauté et la couronne de la Prêtrise. Une troisième dit que deux des matzot représentent les deux portions de manne, ramassées chaque fin de semaine dans Exode 16v22, et la troisième matzah figure le pain spécial de la Pâque appelé le « pain d’affliction ». Et si cela n’est pas suffisant pour combler l’imagination de quelques-uns, en voici une autre : le rabbin Abraham Isaac Sperling a suggéré que les trois matzot représentent les trois mesures de fleur de farine que Sarah avait préparées pour les trois anges visitant Abraham (Genèse 18). La raison de cette interprétation réside dans le fait que cet événement arriva pendant la nuit de la Pâque !

Au-delà de toutes ces explications, comment pouvons-nous décider laquelle est la bonne, ou peut-il y en avoir une autre ? Pourquoi la matzah du milieu, l’afikomane, est-elle rompue pendant le temps du seder ? Est-ce que nous rompons Isaac, ou la couronne de la prêtrise, ou bien un des gâteaux préparés pour les visiteurs d’Abraham, ou encore le pain d’affliction ? Ou sommes-nous en train de symboliser le passage de la mer rouge (une autre explication) ? Si toutes ces interprétations sont correctes, pourquoi l’afikomane est-elle cachée, puis découverte, et ensuite mangée par tous “en mémoire de l’agneau pascal” comme l’indique un rituel sépharade ?

OÙ EST NOTRE PESSAH, NOTRE SACRIFICE DE LA PÂQUE AUJOURD’HUI ? Les réponses à ces questions peuvent être trouvées en examinant comment et pourquoi le déroulement du seder a changé de façon dramatique au cours du premier siècle.

LE SÉDER CELEBRÉ PAR JESUS ET SES DISCIPLES

Le « Dernier Repas » que prit Jésus fut un Séder et semble avoir suivi l’ordre indiqué dans la Michnah. Dans les récits du Nouveau Testament, nous trouvons la référence de la première coupe, pareille à la coupe de Kiddouch (Luc 22v17) ; à la matzah rompue (Luc 22v19) ; à la troisième coupe, la coupe de Rédemption, Kos Yechouot (Luc 22v20) ; au fait de s’allonger pour manger (Luc 22v14) ; au maror (Matthieu 26v23) et au Hallel (Matthieu 26v30).

Jésus donne un sens spécial à la matzah et à la troisième coupe : « Ensuite, il prit du pain, et après avoir rendu grâces, il le rompit et le leur donna en disant : Ceci est mon corps, qui est donné pour vous ; faites ceci en mémoire de moi. De même il prit la coupe, après le repas, et la leur donna en disant : cette coupe est la nouvelle alliance en mon sang, qui est répandu pour vous. » (Luc 22v19-20).

L’AGNEAU PASCAL

Les premiers Juifs messianiques considéraient Jésus comme l’accomplissement symbolique des agneaux de la Pâque sacrifiés chaque année. Puis Paul, un Juif croyant en Jésus élevé avec le rabbin Gamaliel, écrivit : « Le Messie, notre Pessah, a été sacrifié pour nous. » (1 Corinthiens 5v7).

Yohanan (l’apôtre Jean), un autre écrivain juif croyant en Jésus, a noté que Jésus est mort au moment même où les agneaux de la Pâque étaient immolés dans le Temple (Jean 19v14) et que, comme pour les agneaux pascals, aucun de ses os n’a été brisé (par contre, les soldats romains ont brisé les jambes des deux malfaiteurs crucifiés avec Jésus pour hâter leur mort – Jean 19v32-36). L’idée derrière tout cela était que, de même que les Israélites avaient été sauvés de l’esclavage égyptien par un agneau sans défaut, maintenant les hommes pouvaient être libérés de l’esclavage du péché par le Messie, l’Agneau donné par Dieu.

L’ARRÊT DES SACRIFICES DANS LE TEMPLE

Les premiers Chrétiens faisaient partie de la communauté juive jusqu’à la fin du premier siècle, époque où ils furent expulsés de la synagogue. Jusqu’à ce que le Temple fût détruit, ces Juifs messianiques participaient régulièrement à l’office avec ceux d’entre les Juifs qui ne croyaient pas en Jésus. En fait, des communautés entières reconnaissaient Jésus et persévéraient dans l’observance de la Torah. Une telle situation permit un grand brassage d’idées. Jésus déclara au sujet de la matzah : « Ceci est mon corps ». Puisque les croyants juifs de ce temps regardaient Jésus comme l’agneau pascal, il en découla qu’ils considérèrent la matzah comme un symbole de Jésus, l’agneau pascal. Par la suite, avec la destruction du Temple et l’arrêt des sacrifices, la grande majorité de la communauté juive a adopté aussi l’idée que la matzah commémorait l’agneau, même s’ils en refusaient le symbole messianique.

LA CÉRÉMONIE DE L’AFIKOMANE

Ainsi, la signification de la matzah du milieu et la cérémonie la concernant, sont ensevelies dans un mystère. Les dérivés du mot afikomane lui-même donnent quelques éclairages. Le mot vient du grec epikomion, « dessert », ou epikomioi, « festin ». Mais vient aussi de aphikomenos, « celui qui est arrivé ». Le mystère s’éclaircit plus loin lorsque l’on considère les parallèles étonnants entre ce qui est arrivé à Jésus, et ce qui est fait à la matzah du milieu (afikomane), qui est rompue, enveloppée dans du lin, cachée et rapportée. De façon similaire, après sa mort, Jésus fut drapé dans du lin, enterré et ressuscité trois jours plus tard. Est-il possible que la pratique courante ashkénaze – les enfants qui volent l’afikomane – soit un refus rabbinique de la résurrection impliquant que des pilleurs de tombes vidèrent le sépulcre ?

Ces faits suggèrent très fortement que la cérémonie de l’afikomane des judéo-chrétiens fut adoptée par la majorité de la communauté juive qui fit sienne également la cérémonie des trois matzot. Les Juifs messianiques affirment que ces trois matzot représentent la tri-unité de Dieu, et que l’afikomane qui est rompue, cachée et ramenée, représente Jésus, le Fils de Dieu, mort et ressuscité le troisième jour…

Source : « La Pâque » – « Pessah », sur le site de « Juifs Pour Jésus ».

 

Dieu est un Dieu joueur

Dieu a créé « les baleines et les dauphins pour jouer avec eux ».
Source : Pexels

« Que tes œuvres sont nombreuses, SEIGNEUR ! Tu les as toutes faites avec sagesse, la terre est remplie de tes créatures.
Voici la mer, grande et vaste de tous côtés, où remuent, innombrables, des animaux petits et grands.
Là, vont et viennent les bateaux, et les baleines et les dauphins(1) que tu as formés pour jouer avec eux »(Ps.104v24-26).

Dieu est un Dieu créateur. Par exemple, comme nous le rappellent ce psaume, ainsi que le livre de la Genèse, il a créé une très grande variété d’animaux marins, « vivants et remuants », appelés à « grouiller » et à « proliférer » dans les mers(Gen.1v21). En comparaison, l’homme, censé « garder et protéger » la création(cf Gen.) rend compte aujourd’hui d’un lourd bilan : une espèce animale ou de plante disparaît toutes les 20 minutes soit 26280 espèces disparues chaque année. Près d’un quart des espèces animales et végétales pourrait disparaître d’ici le milieu du siècle en raison des activités humaines(2).

Mais s’il est créateur, il est aussi « joueur » : il a ainsi créé « les baleines et les dauphins » pour « jouer avec eux ». Mais le plus bel exemple de jeu dans toute l’Ecriture Sainte se trouve dans le livre des Proverbes, au chant de la sagesse, où la sagesse elle-même dit avoir été aux côtés de Dieu pendant la création : « Je fus maître d’œuvre à son côté, objet de ses délices chaque jour, jouant en sa présence en tout temps, jouant dans son univers terrestre ; et je trouve mes délices parmi les hommes » (Prov.8v30-31). En somme, comme l’a si bien écrit Erri de Luca, « la fabrication fondamentale de l’univers s’est accompagnée d’une sagesse souriante. Le renfrogné, le savant qui ne rit pas [et qui ne joue pas], ne peut découvrir, ni imaginer le monde”(3).

 

Notes : 

(1) Dans le texte, il s’agit du « léviathan ». Ici, le terme désigne « les monstres marins », tels les baleines et les dauphins.

(2) Voir le site planetoscope.com.

(3) Voir notre note de blogue « Rire d’un roi ».

Comment Dieu nous parle-t-il ?

Ecoute ! Dieu te parle !

Voici un exemple de question posée à « 1001questions.fr », excellent site dont nous avons déjà parlé ici : « comment Dieu nous parle-t-il ? »

La réponse, postée le 18/03 :

De tas de manières différentes ; il est libre !

Mais l’outil qui m’est donné pour l’entendre, c’est le texte biblique. Ce qui suppose un certain nombre de précautions propres à ce media particulier. Ainsi, il faut d’abord lire intelligemment le texte, en usant des mêmes moyens que pour n’importe quel texte (les notes qui accompagnent le texte y aident parfois) : le sens des mots et expressions, le contexte littéraire (= la Bible elle-même, à commencer par ce qui entoure le texte choisi) et historique (= ce qu’on sait du temps et du lieu de l’écriture), etc. Et puis il faut se demander ce que le texte m’apprend, me dit sur Dieu, sur moi, sur mes relations aux autres. Enfin il faut demander à Dieu de me faire comprendre ce qu’il veut me faire entendre, lui qui est une vraie personne vivante, à moi qui en suis une autre.

Il faut aussi accepter que Dieu se taise, ou dise autre chose que le texte biblique (choisi à bon escient ou au hasard). Mais c’est toujours la Bible qui reste le critère : si j’entends Dieu me dire le contraire, alors ce n’est pas Dieu ! Comme toute parole, celle de Dieu est un acte relationnel, qui m’implique autant que lui. C’est ma foi, pas mes connaissances, qui est sollicitée, elle concerne ma propre vie. C’est la parole d’amour d’un père, par elle je reçois la vie du Christ qui est mort et ressuscité pour moi. Dans le concret de mon existence. À proprement parler, c’est lui, Jésus, qui est la parole de Dieu pour moi.

Le critère pour savoir si c’est Dieu qui parle et pas mon inconscient ou l’air du temps : « sola scriptura » ! L’Ecriture seule a autorité.

Je puis donc aussi entendre cette parole à travers l’Église, les autres, les événements, la tradition, la nature, etc. Mais dans tout ça, je n’ai pas de moyen de savoir que c’est Dieu plutôt que mon inconscient ou que l’air du temps. Là encore, le critère, c’est la fidélité de ce que j’entends à la révélation biblique. C’est ce que les théologiens protestants appellent le « sola scriptura » : l’Écriture seule a autorité…

A cette réponse claire et précise, je rajouterai ceci : il est toujours frappant(mais pas étonnant) de constater que ceux ou celles qui remettent en question une telle autorité ont généralement tendance à lui substituer une autre parole et donc une autre autorité. La leur, le plus souvent…..

 

Voir aussi cette autre question, sur le même site : « comment entendre la voix de Dieu ? »

Dieu est un Dieu de contact

Dieu est un Dieu de contact.

Non parce qu’il aurait un super annuaire dans son i-phone, mais parce qu’il est un Dieu « tactile », de contact physique. Il est le Dieu du réel et le réel ne s’oppose pas à ce qui est spirituel.

Voici quelques exemples :

Le prophète Esaïe, témoin de la gloire de Dieu, s’écrie : « Malheur à moi ! Je suis perdu, car je suis un homme dont les lèvres sont impures, j’habite au milieu d’un peuple dont les lèvres sont impures, et mes yeux ont vu le Roi, l’Eternel des armées.
Mais l’un des séraphins vola vers (lui), tenant à la main une pierre ardente, qu’il avait prise sur l’autel avec des pincettes. Il en toucha (sa) bouche, et dit: Ceci a touché tes lèvres; ton iniquité est enlevée, et ton péché est expié » (Es.6v1-7).

Découragé, le prophète Elie s’enfuit, se couche sous un genêt et réclame la mort, s’estimant « pas mieux que ses pères ». Et « voici, un ange le toucha, et lui dit: Lève-toi, mange… » (1 Rois 19v5 et ss.Voir aussi vv 11-13)

Daniel : « au bord du grand fleuve qui est Hiddékel », il a la vision d’un homme redoutable. Les forces lui manquent, et il tombe « frappé d’étourdissement, la face contre terre.
Et voici, une main (le) toucha, et secoua (ses) genoux et (ses) mains » et l’homme l’encourage par ses paroles et le fortifie (Dan.10v4-12, 16-19).

Jean, dans une scène comparable, est face à Jésus, qui se présente à lui dans un aspect également redoutable (Apocalypse 1v10-17). Il « tombe » alors « à ses pieds comme mort ». Mais Jésus « posa sur (lui) sa main droite en disant : Ne crains point ! »

D’autres scènes, dans les évangiles, sont à signaler, telles les scènes de la Transfiguration (Matt. 17v6-7), du lavement des pieds (Jean 13v1-17), ou de la pêche miraculeuse, scène magnifique et ô combien touchante, relatée en Jean 21.

Les scènes précédentes données en exemples nous enseignent premièrement qu’une attitude désinvolte ne saurait convenir, lorsque nous sommes face à Dieu. Néanmoins, si Dieu attend de nous que nous lui soyons disponibles et consacrés, tout en faisant preuve d’une « sainte crainte » à son égard, il est aussi ce Dieu qui nous révèle toute Sa bonté cf Exode 33v18-19, 34v6 ; Ps. 80 et Ps. 86.

Le toucher physique – un regard ou un geste – assorti d’une parole et parfois d’un élément matériel, rend ainsi tangible la grâce divine, au point de nous impliquer personnellement.

 

Arrête « d’éviter » mais commence « à inviter » (et à aimer) les « gens ennuyeux » dans ta vie….

Décidons-nous qui est « digne d’amour » ou d’attention ?

« Si vous n’aimez que ceux qui vous aiment, que faites-vous d’extraordinaire ?… »(Matt.5v46)

« Alors que nous n’étions pas aimables, et alors que nous étions encore des pécheurs, Christ est mort pour nous »(Rom.5v7-8.Version perso).

« Les gens ennuyeux », c’est-à-dire ceux que tu juges « ennuyeux ».

Notre pensée est-elle véritablement « biblique », ou est-elle, en réalité, plutôt influencée par la vision du monde et les concepts de la psychologie moderne ?
Ainsi, « faire le tri », en décidant « qui entrera ou non » dans notre vie (qu’il s’agisse d’un chrétien ou d’un  « non chrétien ») est-il biblique ?

Comme par un fait exprès, je suis tombé sur cet article, traduit de l’anglais et publié le 12/03/17 sur « La Rebellution », que j’ai trouvé plutôt à contre-courant : « Arrête d’éviter (et commence à aimer) les gens ennuyeux de ta vie », par Haley Davidson(1).

« Il y a quelques semaines », l’auteure [une jeune américaine] faisait « défiler (son) fil d’actualité sur Facebook », lorsqu’elle est tombé sur un article intitulé « Les dix types de personnes toxiques que les gens mentalement forts évitent. »
« Curieuse », elle a « cliqué dessus », pour lire l’article, lequel « recommandait d’éliminer les interactions avec les « gens toxiques », dans le but ultime d’améliorer sa qualité de vie ».
Ce n’était pas là « un scoop » ou « une nouveauté », puisque ce message est en réalité particulièrement et « profondément enraciné dans notre culture. On nous dit de faire le nécessaire pour assurer notre propre bonheur.
Mais un problème imprévu vient avec cet état d’esprit : parce que personne n’est parfait, tout le monde va finir par t’ennuyer à un moment donné. Par conséquent, nous commençons à haïr tout le monde, devenant plus grincheux et solitaires qu’avant. Et nous grandissons éloignés des êtres humains mêmes pour lesquels Dieu nous a mis sur terre pour les servir ». Ou alors l’on ne fréquente plus que des « gens parfaits », ou « plus que parfaits » (2)….
« On nous dit que si mon voisin dégrade ma qualité de vie (que je sois irritable ou qu’il soit réellement ennuyeux), j’ai toutes les raisons d’éviter complètement la personne, de mettre fin à ma relation avec elle.
Leur valeur dans ma vie (dépendrait) du bonheur que je peux ou ne peux pas ressentir lorsque je suis avec eux.
On nous dit que nous devrions recevoir quelque chose pour qu’une relation mérite notre temps. Nous devons être remplis.

Or, la Bible raconte une histoire totalement différente ».

La suite à découvrir sur La Rebellution.

En complément, Rebecca Pippert écrivait, dans La Saveur partagée (Ed. Farel) : « si notre conception de la spiritualité nous isole de nos semblables, il est à craindre que nous ressemblions aux pharisiens [qui, par ailleurs, ont rejeté et condamné Jésus]. Et Si nous avions la notion de sainteté qu’avait Jésus, alors nous ne nous isolerions pas des autres, mais en même temps nous ne serions pas confondus avec eux. »(op. ci., p 96)

Dans Marc 7v14-23, Jésus donne un enseignement « théorique » sur « ce qui nous souille », avant de donner l’exemple d’une étonnante mise en pratique aux vv 24-30.
En Colossiens 3v1-17 (not.v12), nous voyons comment les chrétiens, ceux qui connaissent Jésus-Christ comme Sauveur et Seigneur, doivent vivre entre eux. Et pourquoi.

Et en Jacques 2v1-8(PDV), il nous expliqué pourquoi nous, qui croyons en Jésus-Christ, ne devons pas faire de différence entre les gens……

 

 

Notes : 

(2) Quoique de telles personnes pourront être estimées particulièrement « ennuyeuses », elles aussi…. 😉

Lâcher prise

Deux passages lus le même jour, cette semaine, susceptibles de nous éclairer sur nous-mêmes, avant de trouver une application plus large :

Le premier relate un tournant dans la vie d’Ozias, un roi pourtant ingénieux et ingénieur, « aimant la terre » :

«Il rechercha Dieu pendant la vie de Zekaryahou, qui l’instruisait dans la crainte de Dieu, et pendant qu’il resta fidèle au SEIGNEUR, Dieu le fit prospérer. »(v5) Puis, « il fit à Jérusalem des machines spécialement inventées pour être placées sur les tours et les angles et pour lancer des flèches et de grosses pierres. Sa renommée se répandit au loin, car il fut merveilleusement aidé, jusqu’à devenir puissant. En raison de sa puissance, son cœur s’enorgueillit jusqu’à sa perte et il fut infidèle envers le SEIGNEUR son Dieu : il entra dans le temple du SEIGNEUR pour offrir de l’encens sur l’autel des parfums. Le prêtre Azaryahou entra derrière lui, accompagné par quatre-vingts courageux prêtres du SEIGNEUR. Ils se dressèrent contre le roi Ozias et lui dirent : « Ce n’est pas à toi, Ozias, d’offrir l’encens au SEIGNEUR, mais aux prêtres, fils d’Aaron, consacrés pour cette offrande ! Sors du sanctuaire, car tu as été infidèle ! Par l’action du SEIGNEUR Dieu, ce ne sera pas pour toi un titre de gloire ! » Ozias se mit en colère, alors qu’il avait en mains l’encensoir. Pendant sa colère contre les prêtres, la lèpre apparut sur son front, devant les prêtres, dans la Maison du SEIGNEUR, près de l’autel des parfums. Le grand prêtre Azaryahou et tous les prêtres regardèrent vers lui, et voilà qu’il était lépreux sur le front ! Vite ils l’expulsèrent de là et lui-même se dépêcha de sortir, car le SEIGNEUR l’avait frappé. Le roi Ozias resta lépreux jusqu’au jour de sa mort. Comme lépreux, il dut résider à part dans une maison, car il était tenu à l’écart de la Maison du SEIGNEUR ». (2 Chron.26v15-21) Cette même maison où il a voulu entrer, voulant avec obstination prendre plus que sa part.

Le second passage a trait au roi Amatsia, le père d’Ozias : « Il avait vingt-cinq ans lorsqu’il devint roi et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem. Le nom de sa mère était Yehoaddân, de Jérusalem. Il fit ce qui est droit aux yeux du SEIGNEUR, non pas toutefois d’un cœur intègre », ou « sans partage »(2 Chron.25v1-2).

« Il recruta en Israël cent mille vaillants guerriers, pour cent talents d’argent. Mais un homme de Dieu vint lui dire : « O roi ! qu’une armée d’Israël ne vienne pas avec toi, car le SEIGNEUR n’est pas avec Israël, tous ces fils d’Ephraïm ! En effet, si elle vient, tu auras beau, toi, être fort dans le combat, Dieu te fera trébucher devant tes ennemis, car c’est Dieu qui a la force de secourir ou de faire trébucher. » Amasias dit à l’homme de Dieu : « Et que faire des cent talents que j’ai donnés aux troupes d’Israël ? » L’homme de Dieu répondit : « Le SEIGNEUR a de quoi te donner bien plus que cela. » (vv6-9).

Comme quoi, il faut savoir lâcher prise pour gagner « bien plus » que ce que l’on craint de perdre. Par exemple, savoir lâcher nos opinions, le pouvoir…pour pouvoir saisir la vérité, la justice, l’intégrité….

Un protestant-évangélique peut-il « faire le carême » ? Comment jeûner de façon « non religieuse » mais « biblique » ?

« J’aimerai savoir pourquoi les chrétiens ne font pas le carême ? Seulement les catholiques ? Est-ce religieux ? Non biblique ? » (Christopher)

Excellente question, liée à la vie de foi personnelle du chrétien, et particulièrement d’actualité, vu que certains, parmi les chrétiens, s’apprêtent à « faire carême » à compter de ce mercredi 1er mars. Merci, Christopher, de l’avoir posée !

Il serait plus juste de demander : « pourquoi certains chrétiens (protestants-évangéliques) ne font pas le carême ? Seulement les catholiques ? ». Ensuite, est-ce une pratique « religieuse », « non biblique » ? Mais la vraie question est sans doute : « pourquoi jeûner » et « comment » ? Qu’est-ce qu’un « jeûne religieux » et qu’est-ce qu’un « jeûne biblique », pour le tourner à la positive ?

Pour mieux répondre, intéressons-nous d’abord à ce qu’est le carême, d’où il vient et par qui, et pour quoi, il est encore aujourd’hui pratiqué :

Sur le site de la Fédération Protestante de France, nous apprenons que ce terme est étymologiquement affilié au mot Quadragésime (quadragésima en latin) qui signifie littéralement « quarantième ». Ainsi, le Carême désigne la période de quarante jours précédant Pâques durant laquelle le croyant est invité à méditer sur sa propre vie en ayant à l’esprit le cheminement du Christ jusqu’à la Croix. Cette démarche spirituelle a notamment pour but de raviver la foi et de sortir le Chrétien de son inertie, de son endormissement en le poussant à abandonner sa routine quotidienne.

D’un point de vue historique, l’Eglise primitive organisait ce temps autour de la préparation au baptême des catéchumènes qui était célébré la nuit de Pâques.
A partir du IVe siècle le temps de Carême devient de plus en plus consacré à la pénitence et au renouvellement de toute la communauté croyante par la pratique du jeûne et de l’abstinence de certaines viandes.

L’Eglise orthodoxe a opté pour une application radicale de la pratique pénitentielle qui est encore aujourd’hui très stricte. Le catholicisme a à l’inverse peu à peu assoupli ses exigences en ne recommandant plus que le jeûne le mercredi des Cendres (premier jour de Carême) et le Vendredi Saint, ainsi que l’abstinence de viande tous les vendredi.
La Réforme n’a en rien contesté l’importance du Carême pour la spiritualité, mais elle n’impose pas la pratique de la pénitence. Il faut cependant relever que le luthéranisme a continué d’insister sur l’importance de la remise en question et du recueillement de sorte qu’une maigre forme de pratique pénitentielle a été maintenue (abstention de viande le Vendredi Saint et pendant longtemps interdiction de célébrer des mariages qui sont propices à la fête et au repas copieux).
Mais d’une manière générale le protestantisme est beaucoup moins directif que les autres confessions. Il part du principe que chacun est libre de vivre ce temps de préparation de Pâques selon ses convictions car aucune consigne particulière n’a été laissée par les Apôtres.
Actuellement, les Eglises de la Réforme ont malgré tout la volonté de marquer ce temps de Carême par l’organisation de nombreuses actions incitant le croyant à aller vers les autres (sous formes de don ou d’action humanitaire par exemple).

Ceci dit,  « vivre le carême », ce serait quoi, pour un protestant (et un évangélique), pour ne pas jeûner « de façon religieuse » mais « biblique » ?

Le jeûne fait partie de la discipline offerte par le Seigneur Jésus-Christ pour nous rendre un peu plus disponible, sur le plan spirituel. Le principe du jeûne est de se priver de quelque chose (pas que de nourriture, d’ailleurs !) pendant un certain temps, pour laisser la place à autre chose. Jésus insiste d’ailleurs sur le fait qu’il ne s’agit là que d’une pratique personnelle, qui doit rester discrète jusqu’au fait que les autres ne doivent pas le voir ou le savoir. Il rejoint, en les prolongeant ainsi, les aspirations des prophètes qui, avant lui, critiquaient justement les jeûnes proclamés, lesquels étaient en réalité l’occasion d’étaler une piété ostentatoire, plus préoccupée par les apparences :

« Lorsque vous jeûnez, ne prenez pas un air triste, comme les hypocrites, qui se rendent le visage tout défait, pour montrer aux hommes qu’ils jeûnent. Je vous le dis en vérité, ils reçoivent leur récompense. Mais quand tu jeûnes, parfume ta tête et lave ton visage, afin de ne pas montrer aux hommes que tu jeûnes, mais à ton Père qui est là dans le lieu secret; et ton Père, qui voit dans le secret, te le rendra. » (dit Jésus en Matthieu 6v16-18)

D’autre part, le jeûne biblique n’amène pas « de puissance ». Il offre simplement du temps et de l’espace (ou de la disponibilité) intérieur-e, comme nous l’avons écrit plus haut. Ce sont les sorciers –et non les chrétiens, disciples de Jésus-Christ – qui jeûnent « pour la puissance ».

Le prophète Esaïe a rappelé, de la part de Dieu, ce que doit être l’objectif du jeûne : un temps de consécration  ou de reconsécration, afin de permettre à la justice de Dieu de se manifester.

« Voici le jeûne auquel je prends plaisir : détache les chaînes de la méchanceté, dénoue les liens de la servitude, renvoie libres les opprimés, et que l’on rompe toute espèce de joug ; partage ton pain avec celui qui a faim, et fais entrer dans ta maison les malheureux sans asile ; si tu vois un homme nu, couvre-le, et ne te détourne pas de ton semblable. Alors ta lumière poindra comme l’aurore, et ta guérison germera promptement ; ta justice marchera devant toi, et la gloire de l’Éternel t’accompagnera. » (Esaïe 58,6-8)

Certains, en effet, voient dans le jeûne une façon de « négocier avec Dieu », de lui soutirer des grâces. C’est là « une conception marchande de Dieu », dans le but de l’instrumentaliser pour nos projets les plus autocentrés (et non Christocentrés !) ou….les plus religieux !

Voir aussi : http://1001questions.fr/jaimerais-savoir-a-quoi-ca-sert-de-jeuner-autrement-dit-pourquoi-dans-certains-cas-la-priere-ne-serait-pas-a-elle-seule-suffisante-yemi/

Une autre réponse, plus « longue » et plus détaillée sur le jeûne, avec cet article de John Stott, publié dans « Promesses », revue de réflexion biblique (N° 176, avril-juin 2011, pp 10-14) : Les pharisiens jeûnaient « deux fois par semaine » (Luc 18.12), le lundi et le mercredi. Jean-Baptiste et ses disciples jeûnaient assez régulièrement, et même « souvent », mais les disciples de Jésus ne jeûnaient pas (Mat 9.14) ; aussi est-il surprenant que Jésus attende de ses disciples qu’ils jeûnent et consacre une partie de son enseignement sur la colline aux détails de cette pratique. Nous-mêmes, nous vivons souvent comme si ce passage n’existait pas dans la Bible. La plupart des chrétiens insistent sur l’importance de la prière quotidienne et de la libéralité, mais peu nombreux sont ceux qui attachent de l’importance au jeûne. Les chrétiens des courants évangéliques qui insistent sur le caractère intérieur de la vie chrétienne, laissant une large place au cœur et à l’esprit, ne parviennent pas toujours à s’accommoder de cette discipline extérieure, corporelle qu’est le jeûne. Ne serait-ce pas une pratique de l’Ancienne Alliance ordonnée par Moïse le Jour des Propitiations, pratique exigée plusieurs fois l’an après le retour de Babylone, mais que le Christ serait venu abroger ? Les contemporains de Jésus ne sont-ils pas venus lui demander : « Pourquoi les disciples de Jean et les disciples des pharisiens jeûnent-ils et tes disciples ne jeûnent-ils pas ? » Le jeûne n’est-il pas une pratique propre à certaines Églises ou un reste de l’Église médiévale qui a élaboré un calendrier détaillé des jours de fête et des jours de jeûne ? N’est-il pas lié à une conception du culte rendu à Dieu qui attacherait beaucoup d’importance aux rites ?

En utilisant tantôt les Écritures, tantôt l’histoire de l’Église, on pourrait probablement répondre positivement à toutes ces questions. Mais quelques faits permettent de rétablir une vue plus globale de cette pratique.

 

Et encore, sur cet inépuisable sujet : https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2013/02/10/jeuner-pour-avoir-faim-de-dieu-soyons-des-champions-de-jeune/

Peut-on être chrétien et être obsédé par « la pureté de la race » ?

"Saint Matthieu écoutant l'ange lui dicter le Nouveau Testament" par le Caravage (Première version, 1602. Refusée par les commanditaires du tableau, détruit en 1945)

« Saint Matthieu écoutant l’ange lui dicter le Nouveau Testament » par le Caravage(1571-1610), peintre italien d’inspiration biblique. Première version de l’oeuvre (1602). Refusée par les commanditaires du tableau, détruit en 1945)

…. « Chrétien », c’est à dire « petit Christ », celui qui aime, suit et obéit au Christ, son Sauveur et son Seigneur.

La réponse, dans le chapitre 1, versets 1 à 16, de l’évangile selon Matthieu :

Ledit évangile « commence par une liste de noms », à l’instar du livre de l’Exode, dans l’ Ancien Testament, qui commence par un « voici les noms ».

« Elle hattoledot », elles, les générations

Il est édifiant de noter que « le début du Nouveau Testament ne part pas de zéro, à partir de Jésus, mais ressent le besoin de nommer les générations qui l’ont précédé. Ces dernières croisent David, ancêtre obligatoire du Messie, pour les juifs et les chrétiens (…)

Trois douzaines et demie de générations se succèdent dans l’espace des seize premiers vers de Matthieu, des noms d’hommes devenus des stations d’une ligne aboutissant au terminus du monde, au Messie. Au milieu de la liste, exceptionnellement et par contraste, se détachent trois femmes [étrangères]. Une est Rahab, la prostituée de Jéricho qui sauva les espions envoyés par Josué. Les deux autres étrangères au peuple du livre sont Tamar, la cananéenne, et Ruth, la moabite. Elles épousent des juifs, restent veuves sans enfants. Elles se dépensent sans compter pour rester dans la maison et dans la foi rencontrée. Puissantes de fertilité réprimée et inexaucée, elles donneront des fils à la terre et aux gens de Judas, quatrième fils de Jacob. Elles donneront des fils à la descendance du Messie.

Tamar et Ruth : deux femmes d’autres peuples entrent dans la lignée la plus sacrée et ont le très pur privilège d’être les premiers noms féminins du Nouveau Testament, avant même celui de Marie.

Le Messie qui contient en lui les semences et la concorde de peuples hostiles se déclare ainsi loin de toute pureté de sang. Deux femmes : pour enseigner que le mélange génétique n’est pas une exception, mais qu’il répond à une volonté. Deux fois : dans l’Ecriture la répétition est un sceau de confirmation [Cf Deut.19v6, 15 ; 2 Cor.13v1]….Ainsi se renouvelle la parole de l’Ancien Testament rapportée par Esaïe (1) : « Les fils de l’étranger qui s’attachent au SEIGNEUR pour assurer ses offices, pour aimer le nom du SEIGNEUR, pour être à lui comme serviteurs, tous ceux qui gardent le sabbat sans le déshonorer et qui se tiennent dans mon alliance, je les ferai venir à ma sainte montagne,
je les ferai jubiler dans la Maison où l’on me prie ; leurs holocaustes et leurs sacrifices seront en faveur sur mon autel, car ma Maison sera appelée : « Maison de prière pour tous les peuples » (Es.56v6-7. TOB).

Ruth : une étrangère au peuple de Dieu, qui se retrouve intégrée dans la généalogie du Messie et qui donne son nom à un livre de la Bible ! ("L'été ou Ruth et Booz" de Nicolas Poussin. 1660-1664. Musée du Louvre, Paris)

Ruth : une étrangère au peuple de Dieu, qui se retrouve intégrée dans la généalogie du Messie et qui donne son nom à un livre de la Bible !
(« L’été ou Ruth et Booz » de Nicolas Poussin. 1660-1664. Musée du Louvre, Paris)

Dans ce message d’accueil, le Nouveau Testament colle à l’Ancien et honore Tamar et Ruth, filles de l’étranger, en les nommant à l’entrée de sa maison.

La vie de Ruth se passe au temps des Juges (….), la période qui suit la conquête de la Terre promise mais non offerte en cadeau (….) Quand disparaît la génération du désert, témoin des colossales interventions de Dieu, manne comprise, les Hébreux se dispersent. Ils subissent les offensives des autres peuples(…).

Parmi les différents peuples qui arrivaient à l’emporter alors sur Israël, il y eut les Moabites, qui vivaient à l’est du Jourdain. Leur domination sera brisée par un téméraire attentat. Ehud, un gaucher de la descendance de Benjamin, réussira à plonger sa courte épée jusqu’à la garde dans le surabondant embonpoint d’Eglon, roi de Moab. Et il parviendra aussi à s’échapper et à appeler à l’insurrection. Pendant la révolte, dix mille Moabites tombent (…) aux gués du Jourdain[Juges 3v15-30]. Quand on lit, en ouverture du livre de Ruth, qu’une famille juive émigre en terre de Moab au temps des Juges, il faut savoir que les relations entre les deux peuples n’étaient pas cordiales. Et pourtant, la famille d’Elimélekh, une femme et deux fils, fuyant la famine de la terre de Judée, est accueillie avec générosité. Les habitants de Moab les hébergent, donnent une épouse aux deux fils. Ce peuple, malgré les deuils de la guerre, a accueilli les émigrants de la nécessité. Mais la famille d’Elimélekh porte en soi une grave faute : elle est la première, depuis la conquête de la Terre promise, à l’abandonner. C’est une désertion que les hommes de cette famille, responsables de la décision, paieront de leur vie.

Ce n’est qu’à la mort du dernier mâle que Naomi, veuve d’Elimélekh, sera libre de choisir et elle choisit vite : elle revient. Une des belles-filles moabites, Ruth, s’attache à elle et veut suivre sa belle-mère. Elle s’attache : l’hébreu emploie le verbe « davak », celui du psaume 137 (v6) : « s’attachera[tidebbak] ma langue à mon palais si je ne me souviens pas de toi, si je ne fais pas monter Jérusalem sur la tête de mon allégresse ». Comme la langue au palais, ainsi Ruth s’attache à Naomi par dévouement et par entraînement d’amour pour le peuple d’Israël, pour sa foi. Les gestes qui préparent le futur partent de sentiments inexorables.

C’est une des histoires que les générations apprennent et se transmettent. Tout lecteur a le droit de se sentir héritier du tout, d’en souligner un verset, une figure. Ici, on célèbre Ruth, femme de conjonction des deux alliances, les testaments réunis pour nous dans le format Bible »(2).

 

 

Notes : 

(1) La traduction d’Erri de Luca donne : « Et fils de l’étranger prêtés à Yod pour son culte et pour amour du nom de Yod, afin d’être pour lui des serviteurs ; ceux qui observent le sabbat sans le profaner et ceux qui se renforcent dans mon alliance. Et je les ferai venir vers ma montagne sainte et je les remplirai de joie dans la maison de ma prière, leurs offrandes et leurs sacrifices sont selon ma volonté sur mon autel : car ma maison, maison de prière sera appelée pour tous les peuples »(« Comme une langue au palais ». Arcades Gallimard, 2006, p88)

(2) D’après « Comme une langue au palais », dans le recueil éponyme d’Erri de Luca. Arcades Gallimard, 2006, pp 85-91). Du même, où l’on retrouve ce commentaire de la généalogie du Messie : « Les Saintes du scandale ». Folio, 2014.

Voir aussi, sur cette généalogie : Céline Rohmer, « L’écriture généalogique au service d’un discours théologique : une lecture de la généalogie de Jésus dans l’évangile selon Matthieu », Cahiers d’études du religieux. Recherches interdisciplinaires [En ligne], 17 | 2017, mis en ligne le 06 janvier 2017, consulté le 12 février 2017. URL : http://cerri.revues.org/1697 ; DOI : 10.4000/cerri.1697

Tu es un cadeau !

 Irez-vous au fond de l'histoire ? A moins que vous ne craignez un "carton rouge" ?

Vois-tu en ton frère (ou ta soeur) un cadeau ? L’apprécieras-tu à sa juste valeur ?

Vous connaissez certainement ce passage d’Ephésiens 4, dans lequel l’on y voit une indication relative « aux dons » et à ce que l’on appelle « les 5 ministères ». Mais en réalité, si «  Dieu a fait des DONS aux hommes », les dons qu’Il a faits, ce sont des personnes : « Il a donné les uns pour être apôtres, les autres comme prophètes, les autres comme évangélistes,  les autres comme pasteurs et docteurs, pour le perfectionnement des saints en vue de l’’œuvre du ministère et de l’’édification du corps de Christ. » (Eph.4v 8, 11)

De là ton action du mois, pour débuter Février : Dis à quelqu’un d’autre, en citant son prénom et en le regardant dans les yeux : « TU ES un cadeau pour les autres et pour moi ! »  Puis dis-lui ce que tu aimes chez lui.

A écouter, cette prédication d’Olivier Keshavjee, animateur à l’Eglise Evangélique Réformée de Corsier-Corseaux (Suisse) : « Je suis un cadeau » (Ephésiens 4v1-16)

https://soundcloud.com/eervcc/2016-08-14-okeshavjee?in=eervcc/sets/2016-ephesiens-de-lidentite-en