Un verset et une question (6) : « Heureux celui qui souffre l’insulte pour une bonne cause »

« Le lapin bleu » de Coolus

« Heureux celui qui souffre l’insulte pour une bonne cause » (Matt.5v10-12)

« Souffrir l’insulte »….A condition que l’insulte soit fausse. Injuste. Et que nous souffrions « pour la justice ». Est-ce mon cas ? Suis-je prêt à cela ?

Un verset et une question (5) : « Nous sommes maintenant plus près du salut que lorsque nous avons cru »

Où (en) es-tu ?
Enfant par Alejandro Lizardo

« Nous sommes maintenant plus près du salut que lorsque nous avons cru » (Rom.13v11).

Qui désigne ce « nous » ? Des (déjà) « chrétiens » ? Ou des « pas(encore) chrétiens » ?
Où (en) sommes-nous ? Dans une terre « déjà chrétienne » ou dans une terre « à évangéliser » ?

Un verset et une question (4) : « La résurrection des morts est proche, celle des justes et des injustes »

Sors !
Tombes dans la roche par Petr Kratochvil

« La résurrection des morts est proche, celle des justes et des injustes » (cf Jean 5v25-29 ; Hébr.9v27 ; Actes 24v15)

En conséquence : « crains l’immortalité, car elle n’est que trop certaine », que nous le voulions ou non, et parce qu’elle est le jugement, ou la séparation (la distinction) des justes et des injustes.
Laquelle des résurrections te concernera ? Pourquoi ?

« Le coup du psaume 118 »

Ha, ha ! T’y attendais-tu ?

Quel est le chapitre le plus court de la Bible ? Le Psaume 117
Quel est le chapitre le plus long de la Bible ? Le Psaume 119
Quel chapitre est le centre de la Bible ? Le Psaume 118

Il y a 594 chapitres avant le Ps 118
Il y a aussi 594 chapitres après le Ps 118
Additionnez les deux nombres ci-dessus et vous obtenez 1188
Quel est le verset du centre de la Bible ? Psaume 118, verset 8

Et que dit ce fameux verset ?
“Il vaut mieux se réfugier près du SEIGNEUR que de compter sur les humains !”

 

« Piqué » sur blog vraiment net.

Un verset et une question (2) : « Et nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Qu’avons-nous donc à attendre ? »

Scène de « Lagaan »(« Once Upon a Time in India »), un film indien réalisé par Ashutosh Gowariker(2001)

« Et nous, nous avons tout quitté et nous t’avons suivi. Qu’avons-nous donc à attendre ? » (Matt.19v27)

Qu’avons-nous quitté, volontairement, pour suivre Jésus ? Pourquoi ?

Un verset et une question(1) : « Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu »

« Prends garde à ton pied quand tu entres dans la maison de Dieu » (Eccl 4v17).

Pourquoi y viens-tu ? Es-tu sincère, quand tu te trouves dans la maison de Dieu et donc devant Dieu ?

Un verset et une question pour retrouver et vivre un christianisme véritable

Si les fameuses pensées de Kierkegaard nous « attaquent par derrière »….c’est pour mieux nous édifier !

Voici une nouvelle série pour l’été : chaque mercredi, pendant sept semaines, d’après « les pensées qui attaquent dans le dos » du penseur chrétien Soren Kierkegaard(1), un verset et une question pour méditer sur une condition nécessaire pour retrouver et vivre un Christianisme véritable.

Ces questions ne brossent pas dans le sens du poil mais engage celui qui ose s’y plonger. Et si elles l’« attaquent par derrière »….c’est pour l’édifier !

Bonne route, car, comme le rappelle Kierkegaard, « là, c’est avec toi-même que tu (auras) affaire au sens le plus profond, et il s’agit d’une affaire de conscience ».

Note :

(1)Ed. Première partie, 2014.

 

 

« Kohélet 11v1 » ou quand le sang versé donne le sens d’un verset

« Jette ton pain – et pas ton poing – sur le visage des eaux et tu le retrouveras…. » : quand le sens d’un verset biblique peut venir d’un choc !

Voici une étonnante expérience d’exégèse(1), vécue et racontée par l’écrivain napolitain Erri de Luca, lequel, à l’époque où il était ouvrier maçon, lisait dans l’original « une page tous les matins entre cinq heures trente et six heures trente », heure à laquelle il sortait pour commencer sa journée de travail. Chose remarquable : il garde encore aujourd’hui cette habitude et ce même horaire, alors qu’il n’est plus maçon.

« Pendant ce temps paisible où la plupart des gens sont silencieux, je cherche à approfondir un verset auquel je me suis attaché », raconte-t-il. « A travers sa langue mère, il m’arrive de trouver d’autres sens possibles, confrontant ma lecture avec les autres traductions.

Un matin, je m’étais arrêté au chapitre 11 du livre que nous appelons Ecclésiaste » et que les Juifs appellent  « kohélet ». J’en lisais le premier verset : jette ton pain sur le visage des eaux, car après bien des jours tu le retrouveras. C’est la splendide invitation à se priver du nécessaire, le pain justement, pour accomplir une offrande. Même si la jeter dans les eaux est un pur gaspillage, cela relève malgré tout d’un échange total avec la création et avec les autres, un échange réglé par une générosité céleste, voire absurde. Un acte de pure offrande est tôt ou tard dédommagé : jette donc ton pain sur le visage des eaux.

Pourtant, la traduction de la deuxième moitié du verset ne me convainquait pas : après bien des jours tu le retrouveras. Il me paraissait pauvrement symétrique, un retour de courrier, cet intervalle de jours après lesquels la parabole de l’offrande, comme celle du boomerang, serait revenue tout entière dans les mains du lanceur. L’échange entre l’offrande et son retour était-il vraiment aussi mécanique ? Je n’avais plus le temps d’y penser, l’heure s’était écoulée, la lumière pâle des vitres avertissait de l’arrivée du jour. Je sortis donc, je partis travailler oubliant le beau verset du réveil.

(…) Sur le chantier, je prends mon rythme intérieur, j’exécute en mesure le travail avec le marteau, la pelle ou la truelle. Je me répète intérieurement ou à voix basse un refrain que j’ai trouvé dans la Bible et que chantaient les maçons quand ils reconstruisaient les défenses de Jérusalem :

Cashal coah hassabbal

Veafar arbè

Veanacnu lo nucal

Livnot bahoma

Ce qui veut dire : « la force manque au manœuvre, et la poussière est grande, et nous ne pourrons pas construire le mur ». Cette rengaine m’aide à garder un rythme, à travailler en mesure(…).

Le jour du verset 11v1 de Kohélet, je ne répétais pas l’habituelle cantilène, parce que je réfléchissais au sens des mots du matin, le pain jeté qui ensuite revenait. Ce fut une erreur : en échange de cette distraction, un coup de marteau rata le ciseau et arracha un bout de chair de ma main, faisant sortir plus de sang que nécessaire(…). Le sang coula sur les gravats et j’en fis gicler autour de moi en secouant la main. « Jette ton pain sur le visage des eaux », le verset du matin me revint à l’esprit comme une plaisante réplique, tandis que j’agitais la main en répandant mon pain-sang sur le visage des eaux-gravats. Cette petite facétie chassa le problème du coup reçu d’une bouffée de sourire. (…)Ma main endolorie me renvoyait encore au verset du matin : « après bien des jours tu le retrouveras ». Je continuais la plaisanterie avec moi-même : la blessure allait me gêner pendant bien des jours et non pas après bien des jours, pendant bien des jours et non pas après bien des jours. Je me le répétai deux, trois fois et soudain je compris : le verset de Kohélet devait être traduit autrement : « envoie ton pain sur le visage des eaux, car dans bien des jours tu le retrouveras ». Oui, tu retrouveras cette singulière offrande spontanée, insensée, tu la retrouveras la recevant en échange de nombreuses fois, dans bien des jours. Elle ne te sera pas restituée selon une simple symétrie, selon le raisonnable postulat de la physique par lequel à chaque action correspond une action égale et contraire, elle ne te sera pas rendue comme un prêt ou un remboursement, mais tu la retrouveras multipliée au fil des jours. Car la grâce ajoute du sien et largement, pour récompenser celui qui offre son propre pain au courant. Au généreux, elle rend avec excès. Kohélet a su qu’une loi mystérieuse de Dieu ressemble à celle de la nature selon laquelle la semence jetée par le paysan sur la surface de la terre revient, dans le temps, démesurément grandie sous forme de plante, d’arbre, de récolte.

Arrivé chez moi, je cherchai dans une justification grammaticale en interrogeant l’hébreu dans le vieux livre et je la trouvai, elle était là, à la surface des lettres. Le verset m’en offrait la confirmation, il employait la préposition « dans », qui avait été traduite librement par « après ». (….)  Je ne dois pas taire mon bonheur de ce jour-là. J’avais amendé pour mon compte et ma consommation la traduction d’un petit verset de l’histoire sacrée infinie et cela s’était passé avec le concours indispensable du corps, du fer, de la chair et d’une grimace de douleur. Je me surpris à penser que la vérité pouvait venir d’un choc, apparaître en même temps que le sang. »

 

Note :

(1)De Luca, Erri. Kohélet 11v1 IN Comme une langue au palais. Arcades/Gallimard, 2006, pp  77-82.

« Autrefois et maintenant » : Éphésiens 4v17-5v1-9

« Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière… »

Voici donc ce que je dis et atteste dans le Seigneur : ne vivez plus comme vivent les païens que leur intelligence conduit au néant. Leur pensée est la proie des ténèbres, et ils sont étrangers à la vie de Dieu, à cause de l’ignorance qu’entraîne chez eux l’endurcissement de leur cœur. Dans leur inconscience, ils se sont livrés à la débauche, au point de s’adonner à une impureté effrénée.

Pour vous, ce n’est pas ainsi que vous avez appris le Christ, si du moins c’est bien de lui que vous avez entendu parler, si c’est lui qui vous a été enseigné, conformément à la vérité qui est en Jésus : il vous faut, renonçant à votre existence passée, vous dépouiller du vieil homme qui se corrompt sous l’effet des convoitises trompeuses ; il vous faut être renouvelés par la transformation spirituelle de votre intelligence et revêtir l’homme nouveau, créé selon Dieu dans la justice et la sainteté qui viennent de la vérité.

Vous voilà donc débarrassés du mensonge : que chacun dise la vérité à son prochain, car nous sommes membres les uns des autres.

Êtes-vous en colère ? ne péchez pas ; que le soleil ne se couche pas sur votre ressentiment. Ne donnez aucune prise au diable.

Celui qui volait, qu’il cesse de voler ; qu’il prenne plutôt la peine de travailler honnêtement de ses mains, afin d’avoir de quoi partager avec celui qui est dans le besoin.

Aucune parole pernicieuse ne doit sortir de vos lèvres, mais, s’il en est besoin, quelque parole bonne, capable d’édifier et d’apporter une grâce à ceux qui l’entendent.

N’attristez pas le Saint Esprit, dont Dieu vous a marqués comme d’un sceau pour le jour de la délivrance.

Amertume, irritation, colère, éclats de voix, injures, tout cela doit disparaître de chez vous, comme toute espèce de méchanceté.

Soyez bons les uns pour les autres, ayez du cœur ; pardonnez-vous mutuellement, comme Dieu vous a pardonné en Christ. (Eph.4v17-32)

Imitez Dieu, puisque vous êtes des enfants qu’il aime ; vivez dans l’amour, comme le Christ nous a aimés et s’est livré lui-même à Dieu pour nous, en offrande et victime, comme un parfum d’agréable odeur. De débauche, d’impureté, quelle qu’elle soit, de cupidité, il ne doit même pas être question parmi vous ; cela va de soi pour des saints. Pas de propos grossiers, stupides ou scabreux : c’est inconvenant ; adonnez-vous plutôt à l’action de grâce. Car, sachez-le bien, le débauché, l’impur, l’accapareur – cet idolâtre – sont exclus de l’héritage dans le Royaume du Christ et de Dieu.

Que personne ne vous dupe par de spécieuses raisons : c’est bien tout cela qui attire la colère de Dieu sur les rebelles.

Ne soyez donc pas leurs complices.

Autrefois, vous étiez ténèbres ; maintenant vous êtes lumière dans le Seigneur. Vivez en enfants de lumière. Et le fruit de la lumière s’appelle : bonté, justice, vérité. (Eph.5v1-9. TOB)

 

Après votre lecture et méditation personnelle de ce texte, vous pouvez aussi écouter cette prédication : « vivre l’esprit de la communauté » (Eph.4v25-5v2)