L’action du mois : lisons et prions ensemble les psaumes

Dieu la lumière de l’espoir par Robert Nacke Le psaume, un curieux chant d’adoration à Dieu

Curieuses prières à Dieu que les psaumes, cette partie de la Bible, qui disent à la fois l’absence de Dieu, la misère de l’homme, le sentiment d’être abandonné et entourés d’ennemis ; et la louange, le cri de victoire, la grande affirmation du pardon et de la bienveillance de Dieu.

Si nous considérons les psaumes dans le registre de la dogmatique, ils sont incohérents, car ils disent une chose et son contraire.

En revanche, si nous les entendons comme la parole de l’homme en lutte avec ses contradictions, ses échecs et ses ambivalences, ils sont à l’image de notre humanité.

Lorsque nous abordons les Psaumes, nous avons tendance à relire les plus beaux : les 8, 23, 33, 91, 103, 121, la première partie du 139… Quant aux autres, ceux qui parlent de maladie, de haine, de persécutions et de violence, ou ceux franchement imprécatoires (ps.9v5-6 ; ps 35v3, 8 ; ps.59v12-13 ; ps. 69v22-28 ; 109v9-15, 137v8-9 ; 140v10-11…), nous les oublions et nous avons tort, car ils disent aussi la vérité de notre intériorité. Que ceux qui n’ont aucune ténèbres, aucune rancune, aucun combat, et qui sont totalement transparents à la lumière de Dieu, oublient ces psaumes [voire carrément tous les psaumes, en les censurant de la Bible]. Mais que tous les autres, ceux qui sont intérieurement partagés, divisés, troublés… trouvent dans ces prières la vérité de leur cœur !

Le Seigneur Jésus lui-même a prié les psaumes et a même formulé une prière particulière, dans un moment crucial de sa vie.

André Chouraqui a dit des Psaumes qu’ils étaient « cent-cinquante miroirs de nos révoltes et de nos fidèlités, de nos agonies et de nos résurrections. Davantage qu’un livre, un être vivant qui parle, qui souffre, qui gémit et qui meurt, qui ressuscite et chante, au seuil de l’éternité – et vous prend et vous emporte, vous et les siècles, du commencement à la fin ».

Un commentaire rabbinique raconte que David est tombé en dépression après que Dieu lui a refusé la construction du temple, car il avait trop de sang sur les mains. Nous trouvons une marque de cette dépression dans le verset qui dit : « Je me fatigue à force de gémir ; chaque nuit je baigne mon lit de mes pleurs, j’arrose mon lit de mes larmes. » C’est la rédaction acharnée des Psaumes qui lui a permis de s’en sortir.Tous ceux qui souffrent de dépression devraient écrire leur psaume pour accompagner leur traversée de la nuit.

D’après Antoine Nouis. Les psaumes IN Découvrir la Bible en 100 pages. Editions Bibli’O, 2001, pp 52-53.

Si l’auto-censure (particulièrement violente) avait été imposée aux psalmistes, sommés de « ne pas contrarier Dieu » avec leurs plaintes et donc de « souffrir en silence », pour ne pas se faire traiter « d’assistés » ou se voir reprocher « leur esprit de victime », il n’y aurait jamais eu les psaumes.

Heureusement, il n’y pas d’auto-censure devant Dieu !

« En Christ nous avons donc, par la foi en lui, liberté [de tout dire, avec franchise et hardiesse] et accès[auprès de Dieu] en toute confiance ». (Eph.3v12)

Trois livres et un site web (sinon rien) pour découvrir, explorer et comprendre la Bible

« Explorer la Bible » : le guide pour qui veut suivre le parcours de découverte du Livre des livres en huit sessions

Des outils et ressources en réponse à la « malnutrition biblique » :

Sur Pep’s café! le blogue, nous aimons tellement la Bible, la considérant comme une réelle richesse, Parole de Dieu vivante et agissante, que nous nous réjouissons de chaque contribution à l’éradication de la « pauvreté » biblique. En effet, et c’est là le paradoxe : bien que la Bible soit ce livre faisant partie du patrimoine de l’humanité, inspirant pour de nombreux artistes et pour tous ceux qui ont aimé leur prochain, au point de servir dans « les champs de mission » aussi divers que l’éducation, la santé, l’humanitaire, la lutte contre l’esclavage et toutes formes d’exclusions et d’oppressions….la Bible est aussi ce « best-seller » tout à la fois bien connu et fort mal connu.

D’où le cœur de mission d’une œuvre comme l’Alliance biblique française (ABF) : mettre la Bible à la portée de tous et la transmettre aux futures générations ; créer des ponts entre le texte biblique et la société civile, de sorte que le premier soit lu et compris par le second.

Bonne nouvelle ! Voici justement plusieurs outils et ressources récentes proposés par l’ABF, ayant pour but de répondre de manière complémentaire et pertinente à cet ordre de mission : «Explorer la Bible », « itinéraires », et (en avant-première) « découvrir la Bible ». Tous reçus gracieusement en « service presse » de la part de Laurène de la Chapelle, chargée de communication pour l’Alliance Biblique Française, que je remercie chaleureusement, ainsi que les éditions Bibli’O.

1) »Explorer la Bible »

« Donne un poisson à un homme, tu le nourris pour un jour. Apprends-lui à un pêcher, il se nourrira toute sa vie ». Ce célèbre proverbe chinois (à moins qu’il ne soit indien)trouve son application avec « Explorer la Bible », un parcours simple et convivial en 8 séances, pour suivre « la grande histoire » biblique, et la comprendre par soi-même.

Initié par la Société biblique britannique, ce programme connait un franc succès avec plus de 5 000 groupes créés dès les premiers mois de lancement au Royaume-Uni. Le voici maintenant en France et en français !

« Explorer la Bible » s’adresse à un public de 15 à 99 ans, et se vit en groupe sous la conduite d’un animateur.

Un site internet donne accès à des vidéos et des fiches d’animation pour aider l’animateur à mener chaque session. Pour y accéder, il suffit de se créer un compte gratuit. Enfin, un livret [commandable sur le site des éditions Bibli’O]a été élaboré dans le but de faciliter le suivi du parcours pour chaque participant : Il reprend les grandes lignes de chaque session, offre des espaces pour des notes personnelles, ainsi qu’un glossaire pour se familiariser avec le vocabulaire de la Bible.

Au cours des 8 sessions, on se familiarise avec la Bible, son histoire, sa composition, son impact et ses personnages. Chaque session suit le même rythme avec 2 vidéos d’environ 15 minutes chacune. Les séances sont interactives, incluant des temps d’enseignement, de discussion et de réflexion personnelle. Entre chaque session, un programme de lectures bibliques quotidiennes prépare pour la session suivante

Il ne vous manque plus qu’à vous procurer une Bible avant de vous lancer dans ce parcours ludico-utile ! Cela tombe bien : le livret comprend aussi des recommandations de lectures de la Bible en support papier/audio/sur le web, pour ceux qui la lisent pour la première fois ou souhaitent renouveler leur lecture,

L’aventure n’attend plus que vous !

En avant-goût, la bande annonce d’ « explorer la Bible ».

2) « ITINÉRAIRES : Balises pour explorer la Bible » ou « le guide du routard biblique »

« La Bible, un livre austère ? » Et si l’austérité était plutôt du côté du lecteur ? Des itinéraires provocateurs et rafraichissants.

Ce guide décapant, au ton décalé, de Jean-Claude Verrecchia, vient secouer son lecteur sûr de ses idées (reçues) sur la Bible, alors qu’il ne la connaît pas ou mal, ou prétend même la connaître trop bien. Ainsi, est-ce vrai que la Bible est « austère » et « ennuyeuse » ? Ou que la Bible est un livre « à défendre » ? Faut-il se réjouir de ce que la Bible soit ce « best-seller », le livre « le plus vendu » au monde ? Est-ce aussi vrai qu’il est « facile » de lire la Bible et qu’elle n’a « pas besoin d’être interprétée » ?…

Autant de questions soulevées dans cet ouvrage se voulant une vulgarisation éclairée, « grand public », non seulement en guise d’introduction à la Bible (pour découvrir d’où elle vient, comment elle a été composée et comment elle nous est parvenue jusqu’à aujourd’hui), mais – et c’est là son originalité – pour expliquer que si la Bible est un livre, celui-ci est fait pour être lu, quoique pas simple à lire, d’où la nécessité de bien connaître son mode d’emploi, ses clés de lecture et règles d’interprétation, pour bien la comprendre et l’utiliser..

Autre originalité, ces itinéraires, qui partent de la Bible, ont un point d’arrivée plutôt inattendu : le lecteur lui-même ! Celui-ci est en effet invité à se positionner au bout du parcours, pour répondre à cette question existentielle particulièrement impliquante : « qui es-tu (lecteur), toi qui veux comprendre (la Bible) ? ». « Que viens-tu chercher, toi qui t’approches de la Bible ? »

Et le lecteur de découvrir quel lecteur unique il est (ou veut être) et dont la Bible, qui attend patiemment d’être ouverte, lue et interprétée, a besoin aujourd’hui !

« ITINÉRAIRES : Balises pour explorer la Bible » ou une vulgarisation originale, passionnante et réussie, propre à réveiller le lecteur et sa curiosité pour Le Livre des livres. Disponible (comme les Bibles) dans toutes les bonnes librairies, ou chez l’éditeur.

Voir aussi : une présentation de l’ouvrage par l’auteur.

3) Et paru le 10 septembre 2021 : « Découvrir la Bible en 100 pages ».

« Papa, raconte-moi tout la Bible ! » « En 100 pages ? » « Oui ! »

La Bible, comme l’indique son nom, n’est pas « un livre » mais plutôt une bibliothèque rédigée sur plusieurs siècles par plusieurs dizaines d’auteurs. Une bibliothèque multipliant les styles littéraires les plus divers, des récits fondateurs aux récits apocalyptiques, en passant par les textes de loi et de sagesse, les prières, les chants d’amour, les songes et visions, les paraboles, les discours ou les lettres.

Comment alors s’y retrouver ?

Ce petit ouvrage d’Antoine Nouis relève le défi de nous présenter toute la Bible en 100 pages et cinquante-deux courts chapitres, soit autant de réflexions profondes : une invitation au voyage pour faire la connaissance des personnages, visiter les lieux et découvrir les épisodes marquants de la Bible, de la Genèse à l’Apocalypse.

Mieux encore : chaque chapitre est suivi d’une piste d’actualisation pour susciter la réflexion, engager le dialogue et jauger de la pertinence de la Bible pour notre temps et notre quotidien.

Ainsi, par exemple :

« La Bible et la science » ou « quand la Bible ne dit pas tant comment le monde a été créé que pourquoi, et pour quoi il l’a été ». Alors que les scientifiques reconnaissent que l’univers a eu un commencement, sans pouvoir dire les raisons de ce commencement, « la Bible pose une affirmation forte : l’humain n’est pas le résultat d’une rencontre entre le hasard et la nécessité, il est le fruit du désir de Dieu pour habiter le monde, à côté des animaux » (op. cit., p 3)

« La grammaire des commandements » : « la plupart des [10] paroles [données par Dieu à Son peuple] ne sont pas conjuguées à l’impératif, mais à un temps qui est assimilé au futur. Les dix paroles ne disent pas : n’aies pas d’autres dieux, ne te fais pas d’idole, ne tues pas et ne convoite pas, mais : tu ne te feras pas d’idole, tu ne tueras pas, tu ne convoiteras pas. Derrière cette conjugaison, se trouve une promesse : je te le promets, dit Dieu, il te sera possible de…. Il ne nous enferme pas dans une règle, il ouvre un chemin de liberté » (op. cit., p 23)

« Contre le mariage des jeunes filles » : « un verset énigmatique du Cantique [des cantiques] dit : nous avons une petite sœur qui n’a pas encore de seins ; que ferons-nous pour notre sœur le jour où on la demandera en mariage ? Le verset qui suit laisse entendre que si la jeune sœur oppose une muraille à cette demande, il faut l’encourager ; et que si elle ouvrage sa porte il faut l’en empêcher. Un des messages du livre est son opposition au mariage des jeunes filles pré-pubères, car il nie leur féminité et les destine à devenir la propriété de leur mari. » (op. cit., p 51).

« Le souffle et la respiration » : « le mot que l’on traduit par Esprit veut aussi dire le vent, le souffle, la respiration. S’il n’y avait pas de vents, le monde serait une fournaise ; sans souffle, la flûte n’émet aucun son ; et sans respiration, il n’y a pas de vie. Comme le disait un patriarche orthodoxe : sans l’Esprit Saint, le Christ reste dans le passé, l’Evangile une simple lettre morte, l’Eglise une organisation, l’autorité une domination, la mission une propagande, la prière personnelle un monologue stérile et l’agir chrétien une morale d’esclave ». (op. cit., p 81)

Disponible en librairie ou chez l’éditeur depuis le 10 septembre 2021.

[Article initialement paru le 04/08/21]

« Le changement, c’est maintenant ! »….dit la Bible

"Le changement" ? " Yes, we can", dit la Bible ! Et "c'est maintenant !"

« Le changement » ?  » Yes, we can », dit la Bible ! Et « c’est maintenant ! »

Est-il possible de changer ?

Vaste question ! Mais la Bible répond sans hésiter : « oui ». « Yes, we can », en Jésus-Christ. « Le changement, c’est (même) maintenant » !

Mais qu’est-ce qui change ? Qu’est-ce qui a changé pour vous, qui êtes peut-être chrétien et connaissez le Christ comme votre Sauveur et Seigneur personnel ?

En quoi Dieu nous transforme-t-il ? Qu’est-ce que « devenir chrétien » ?

Le changement s’opère-t-il au niveau de nos pensées ? Pour « penser juste » ?

Est-ce au niveau de nos émotions ? Pour « ressentir juste » ?

Est-ce au niveau de nos actions, de notre éthique ? Pour « agir juste » ?

Aucun des trois !

La réponse, dans cette prédication d’Olivier Keshavjee, « theologeek » et pasteur suisse, sur Ephésiens 4v17-24 : « vivre une vie nouvelle ».

Bonne écoute et bonne rentrée à tous !

Initialement paru le 09/09/2016.

« Voici maintenant » : 3 questions

Le temps favorable, c’est maintenant ! (Source image : convergence bolcho-catholiques)

« Voici maintenant », non pas une, mais trois questions existentielles :

Quel est le meilleur moment pour agir ?

Quelle est la personne la plus importante ? 

Quelle est la meilleure chose à faire ?

Réponse :

Il y a un seul moment important dans la vie, et ce moment c’est maintenant. La personne la plus importante est toujours celle avec laquelle tu es. Et la chose la plus importante est d’être bon avec la personne qui est à tes côtés.

(D’après 3 questions de Léon Tolstoï IN Dernières Paroles Traduction par J.-Wladimir Bienstock. Mercure de France, 1905)

ἰδοὺ νῦν

καιρὸς εὐπρόσδεκτος,

ἰδοὺ νῦν

ἡμέρα σωτηρίας.

[« Voici, maintenant, le temps favorable, Voici, maintenant, le temps du salut », lit-on dans la Bible dans 2 Corinthiens 6v2b]

Et « voici maintenant » l’occasion de savoir un peu de grec !

Lectures : Jean 4, Luc 19v1-10, Marc 1v40-45

Aller plus loin : lire notre article Arrête « d’éviter » mais commence « à inviter » (et à aimer) les « gens ennuyeux » dans ta vie….

Un « bobard » cru et vous êtes cuits ! (1 Rois 13)

Voici un récit peu banal et riche en enseignements, où il est question d’un homme de Dieu qui se fait avoir par un vieux prophète « pas vraiment net », atteint de « dieumadisme » (une maladie encore répandue aujourd’hui). Le plus troublant dans cette histoire est que c’est celui qui a cru « le bobard » qui est puni…mais pas celui qui lui a fait avaler le bobard !

Une prédication du pasteur Isabelle Coffinet de Cergy, sur 1 Rois 13v1-34*.

* Un passage de l’Ancien Testament situé peut après le schisme qui a vu les royaumes d’Israël et de Juda se séparer, du temps de Roboam et Jéroboam. Malgré tout, Dieu n’abandonne pas le royaume du Nord et continue d’envoyer des prophètes.

Pentecôte, « l’anti-Babel » ou « la bonne idée » de Dieu

« La grande Tour de Babel » de Brueghel l’Ancien (1563)

Cette année, nos amis Juifs ont célébré Chavouot (« pentecôte ») du 16 mai au 18 mai.

En hébreu, Chavouot est la fête des semaines, célébrée sept semaines après la Pâque. Sept est un chiffre évoquant dans la Bible l’achèvement et la perfection.

Cette fête très importante rappelle le don des Dix Paroles (la Torah) par Dieu à son peuple, après l’avoir sorti « à main forte et à bras étendu » d’Egypte, « la maison de servitude ». Elle est aussi l’anniversaire de la naissance du peuple d’Israël, peuple du Dieu qui se révèle et offre alliance, et dont on remémore l’action dans l’histoire d’Israël. « Chavouot » vient ainsi conclure le processus de libération initié à Pessah, la Pâque, avec le don de la Torah qui donne un sens à cette liberté. La période entre les deux fêtes peut être vue comme une sorte de préparation spirituelle pour recevoir la loi de Dieu. Et « Il n’y a d’homme libre que celui qui s’adonne à l’étude de la Torah », selon le chapitre 6v2 du traité Avot (« Éthique de nos Pères »).

En Actes 2v1-11, la Pentecôte [du grec pentékosté, « cinquantième »] est devenue pour les disciples de Jésus-Christ, qui la fêtent cette année le dimanche 23 mai, l’événement fondateur de l’Eglise chrétienne, avec le don de l’Esprit Saint. En effet, l’Esprit du Christ crucifié et ressuscité est offert ce jour-là aux Apôtres, et avec eux, les foules de Juifs pieux originaires « de toutes les nations qui sont sous le ciel » (Actes 2v5), rassemblées pour le temps de la fête à Jérusalem [les non-Juifs recevront ce même Esprit plus tard, en Actes 10]. Les multitudes peuvent désormais connaître « les merveilles de Dieu » (Actes 2v11) et comprendre quelque chose du Royaume de Dieu annoncé par Jésus et les Apôtres, malgré la barrière de la langue, abattue en ce jour par l’effusion de l’Esprit.

Pentecôte, c’est « l’anti-Babel ».

Peut-être connaissez-vous ce récit des plus célèbres et des plus habiles maçons de l’histoire, qui se mirent à construire une tour capable d’atteindre le ciel ? Une petite histoire racontée au chapitre 11 du premier livre de la Bible, que nous appelons « Genèse », mais que les Juifs intitulent « Bereshit ». L’histoire se passe dans la vallée de Chinéar, sans doute en Mésopotamie. Une entreprise gigantesque, totalisante et particulièrement visionnaire, de rassemblement : après le déluge, construire un lieu qui ne serait plus jamais englouti et une hauteur qui fonderait une alliance avec le ciel(1).

Ceux qui ont lu (ou entendu) l’histoire savent que cette entreprise échoua d’une manière retentissante. Non du fait d’une lassitude des constructeurs ou du constat de limites techniques, mais à la suite d’une confusion : ils cessèrent brusquement de se comprendre, de parler la même langue. Dieu les détourna ainsi de cette impasse de croire qu’il était possible d’atteindre le ciel avec des pierres et de la chaux.

L’Ecriture biblique nous dit que cette humanité du début employait des mots uniques (« devarim ahadim »). En réalité, ce ne fut pas vraiment une privation, mais un don venant de Dieu, celui des langues multiples, de l’infinie variété des façons de désigner le même pain, la même vague, le même soleil. Sur le moment, les hommes ne l’apprécièrent pas, et ce fut Dieu qui les dispersa sur toute la surface de la terre, nous dit l’Ecriture (Gen.11v1-9).

Voici qu’avec les multiplications des langues se multiplient les horizons.

Par la suite, les hommes n’ont plus tenté de « fabriquer le ciel », mais ont érigé d’autres constructions monumentales servant, non plus à rassembler, mais à séparer : de « vrais » murs autour des villes ou des frontières, ou encore des murs – ou des systèmes d’idées – « identitaires »….(1)

La « Pentecôte chrétienne » est un anti-Babel, en ce qu’elle inaugure une nouvelle alliance de Dieu, lequel fait une unité de ce qui était alors divisé, renversant les barrières de langues et les murs de séparation.

Mosaïque de la Pentecôte. Basilique Constantin de Trêves, Allemagne ( (Holger Schué / Pixabay).

Le « souffle du violent coup de vent » (Actes 2v2) est venu mettre de l’ordre dans le désordre et la cacophonie des nations, mais pas selon un projet à la Babel, par une réunification de l’humanité où tout le monde parlerait une même langue, utilisant les mêmes mots. Dieu invente un projet inédit et visionnaire où chacun comprend une même vérité dans sa propre langue, dans son environnement culturel, dans ses représentations, et dans sa réalité (Actes 2v7-11).

Aucun humain n’aurait pu ne serait-ce qu’imaginer un tel projet : Dieu créé l’Eglise chrétienne en ordonnançant le chaos de la diversité des religions et des langues, par la puissance de son Souffle, comme « au commencement » décrit au premier chapitre de la Genèse, où le Souffle de Dieu a ordonnancé un monde qui était un chaos, informe et vide(Gen.1v2). Et par là même, Dieu marque l’humanité du sceau de la réconciliation.

Alors, préparons-nous à célébrer « la bonne idée » de Dieu !

Note :

(1) D’après Erri de Luca. Maçons IN Première heure. Folio, 2012, pp 17-19 ; et (du même auteur) Babel IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 56-58

« Ne vous conformez pas au monde présent » : lisez Pep’s café! le blogue

Eau turbulente par Daniele Pellati : Suivre le courant, au risque de se laisser emporter…ou vivre à contre-courant ?

« Ne vous conformez pas au monde présent, mais soyez transformés par le renouvellement de votre intelligence, pour discerner quelle est la volonté de Dieu : ce qui est bien, ce qui lui est agréable, ce qui est parfait » (Rom.12v2).

Et puisque vous ne suivez pas « le train (médiatique) de ce monde »(Eph.2v1-5), lisez Pep’s café! le blogue, pour prendre un bain quotidien de ce qui est la vérité et la réalité : c’est Christ qui entraîne l’ennemi vaincu dans son cortège triomphal. En effet, Christ « a dépouillé les dominations et les autorités, et les a livrées publiquement en spectacle, en triomphant d’elles par la croix » (Col.2v15). Christ règne. Et son règne commence dans ce domaine de ta vie où il ne règne pas encore.

« Souviens-toi…que tu es un homme libre ! »

Initialement paru le 05 février 2013 et à nouveau publié, en cette période de « Pessah » (Pâque).

Le premier empereur chinois Chi Hoang Ti (260-210 av JC) se rendit célèbre en faisant construire la fameuse grande muraille de Chine.

Ce que l’on sait peut-être moins, c’est qu’il fit d’abord brûler tous les livres publiés antérieurement à son règne, à l’exception des ouvrages « pratiques », tels les traités de médecine, d’agriculture et de divination .

Cette stratégie redoutable, qui vise à asservir un peuple tout en cherchant à effacer le passé et l’histoire,  n’est pas vraiment nouvelle. En effet, le livre de l’Exode nous apprend qu’au temps où le peuple d’Israël, installé en Egypte depuis Jacob, se multiplia au point d’en remplir le pays(1v7), il s’éleva un nouveau pharaon. Celui-ci « n’avait point connu Joseph »(Ex.1v8), qui avait pourtant sauvé l’Egypte de la famine(Gen.41). Se sentant donc menacé par un peuple qui, jusque-là, fut une bénédiction pour l’Egypte, ce pharaon décide de recourir à la ruse, afin d’empêcher Israël de continuer de grandir et de prospérer au milieu des égyptiens(Ex.1v9-10) : il commence par réduire le peuple d’Israël en esclavage, l’accablant de corvées(v11, 13-14), avant d’ordonner la mise à mort de tous les premiers-nés mâles des israélites !(v15-16, 22)

Un enseignement pour chaque nouvelle générationEnfant par Alejandro Lizardo

Un enseignement pour chaque nouvelle génération
Enfant par Alejandro Lizardo

Il est possible de tirer de ce récit une application spirituelle et personnelle, pour chacun de nous encore aujourd’hui. Parce que les chrétiens, supposés « être dans le monde, sans être du monde » (Jean 17v11,14-16), constituent « le sel de la terre » et « la lumière du monde »(Matt.5v13-16), l’ennemi de nos âmes, utilise les mêmes ruses que ce pharaon d’Egypte :

Etouffer toute conscience d’identité en Christ, en occupant les esprits aux affaires-parfois légitimes- de ce monde(lire Matt.13v22). On parle de la spirale « métro-boulot-dodo » qui ne laisse plus  guère le temps de se consacrer à son conjoint et à ses enfants, encore moins de développer notre intimité avec Dieu.

Effacer le témoignage de Dieu, de Christ, rendu sur Terre(Lire Jér. 11v18-19 et Ps.83v2-4). La mort des nouveaux-nés(voir le crime d’Hérode, en Matt.2v16), et la tentative du roi de Sodome, en Gen.14v21(« prends les biens et laisse-moi les personnes » ) nous parlent de la menace que fait peser l’ennemi sur la jeune génération et les enfants, afin d’ empêcher ceux-ci de connaître Jésus-Christ et d’être de futurs témoins pour Lui. Pensons également aux projets, aux appels du Seigneur, qui peuvent être étouffés par d’autres « priorités »…

Face à un ennemi qui s’efforce d’étouffer et d’effacer, il est intéressant de constater, qu’à l’inverse, Dieu juge essentiel de nous exhorter de ne pas oublier, tout en nous commandant de nous souvenir. Une exhortation qui peut paraître étrange, tant la logique serait de regarder vers l’avenir et non vers le passé.

N'oublie pas ton ancien état !Pieds dans les chaînes par George Hodan

N’oublie pas ton ancien état !
Pieds dans les chaînes par George Hodan

1)Ne pas oublier…« Seulement, prends garde à toi et veille attentivement sur ton âme, tous les jours de ta vie, de peur que tu n’oublies les choses que tes yeux ont vues, et qu’elles ne sortent de ton cœur… »(Deut.4v9 et v23). Dans le Pentateuque, Dieu  rappelle constamment la délivrance d’Egypte à son peuple. Le décalogue commence ainsi : « Je suis l’Éternel, ton Dieu, qui t’ai fait sortir du pays d’Égypte, de la maison de servitude » (Ex.20v1-2). De ce rappel de la libération semble découler tout le reste des commandements de Dieu(v3-17) : Dieu nous rend libres et nous offre la possibilité de vivre dans la liberté une nouvelle relation avec Lui. Dans ce cadre, il s’agit pour le peuple de ne pas oublier « d’où il vient » et « de qui il tient » le bon pays où il s’est installé, afin de vivre cette libération.

a)D’où l’on vient : pour le peuple d’Israël, ne pas oublier son passé d’esclave permet de ne pas retomber dans l’esclavage. En effet, oublier ce qu’avait été la vie en Egypte et ne retenir que ses « plaisirs »(« Le poisson, les concombres, les melons…» cf Nombres 11v5), c’est perdre de vue combien la servitude y était dure. De même, pour nous chrétiens, se voiler la face concernant le vrai visage d’un monde sans Dieu fait paraître ce dernier bien plus séduisant. A l’inverse, ne pas oublier notre nature pécheresse permet de « mieux nous voir » pour mieux réaliser que nous avons besoin quotidiennement de Dieu. La confession de nos manquements est ainsi le préalable nécessaire au maintien d’une communion saine et véritable avec le Seigneur (Lire1 Jean 1v6-9).

b)De qui l’on tient le pays promis : Le peuple introduit dans le pays promis devait se garder de ne pas oublier Dieu, une fois dans l’abondance : « Lorsque tu mangeras et te rassasieras, garde-toi d’oublier l’Éternel, qui t’a fait sortir du pays d’Égypte…»(Deut.6v12-14) Il devait se souvenir que les bénédictions ne dépendaient pas de son travail, puisqu’il était entré en possession d’un pays cultivé déjà depuis des siècles par d’autres. Parce que l’on a pu être richement béni, on court le risque de se focaliser sur les seuls dons et d’oublier le donateur. Oublier que Dieu tient et a tenu ses promesses, c’est non seulement perdre de vue la fidélité de Dieu à notre égard, mais aussi faire preuve d’infidélité envers Lui.

En nous exhortant « de ne pas l’oublier », Dieu nous commande également « de nous souvenir » de Lui, parce que :

 

....et souviens-toi que tu es un homme libre !Heureux l'homme par Anna Langova

….et souviens-toi que tu es un homme libre !
Heureux l’homme par Anna Langova

2) Se souvenir conduit à la liberté : en effet, le souvenir n’a pas pour seul but de nous concentrer sur le passé d’esclave,  c’est aussi un regard vers l’avenir. Il nous permet de vivre le présent, en homme libre que nous sommes devenus. Se souvenir conduit aussi, surtout, à garder une relation réelle et intime avec celui dont on se souvient, et de mettre en pratique ce qu’il dit. Pour nous, chrétiens, cela implique, au quotidien, de :

a) Se souvenir de notre libérateur et de son œuvre rédemptrice.

Déjà, l’israélite, béni dans ses récoltes, devait rappeler à la fois son passé d’esclave et la puissance divine qui l’avait délivré pour l’introduire dans le bon pays promis, avant d’offrir à Dieu les prémices de ses récoltes(Deut.26v1-10). De même, pour nous aujourd’hui, il s’agit de nous souvenir que notre nouvelle vie n’a été rendue possible uniquement parce le Seigneur Jésus a expié notre péché à la croix. Dans ce cadre, la célébration de la Sainte Cène a cette importance : tout en nous souvenant de la personne de Christ, de son œuvre expiatoire à la croix et de sa résurrection(1 cor.11v23-26), nous lui exprimons notre reconnaissance, en Lui rendant gloire, et manifestant notre désir de le suivre.

b)Se souvenir de « qui nous sommes en Christ »

Il est possible de perpétuer un souvenir sans que cela soit une réalité pour nos vies. Ainsi, dans Jean 8v31-47, lors du dernier jour de la fête des tabernacles, le Seigneur Jésus promet la liberté à ceux qui ont cru en Lui (v31-32).  Cette merveilleuse promesse provoque une violente réaction de rejet de la part des juifs, pourtant croyants mais oublieux de leur passé d’esclaves, alors qu’ils vivaient sous domination romaine et qu’ils célébraient justement la fête de leur libération !(v33) Se souvenir sans application réelle et concrète dans nos vies, c’est courir le risque de voir ce souvenir « tourner à vide », du fait de la perte de son sens et d’un aveuglement sur notre propre état spirituel.

A l’inverse, un véritable souvenir qui a du sens entraîne à vivre les conséquences pratiques de la mort et de la résurrection de Christ.  Nous sommes conduits, une fois libéré de l’esclavage du péché, à prendre conscience de notre identité en Christ(nous sommes « morts et ressuscités»…« une nouvelle création », selon Rom. 6v6 et 2 Cor.5v17), et donc à marcher constamment, par la foi, dans cette liberté, à agir en conséquence, par la nouvelle vie qu’Il nous a donnée :

 « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude »(Gal.5v1) 

Quel est le premier livre à lire en tant que chrétien ?

« Lire de vrais livres – et surtout LE Livre des livres – nécessite une certaine humilité – et de l’écoute – de la part du lecteur ! » (Source image : public domain pictures)

Voici une question qui revient souvent, conduisant certains internautes sur ce blogue : « quel est le premier livre à lire en tant que chrétien ? » Réponse : La Bible, bien sûr !

Certes, mais comment débuter avec ce livre qui peut rebuter ? Car la Bible n’est pas « un livre » (comprendre : « comme un roman », qui se lit du début à la fin), mais une véritable bibliothèque !Voici donc quelques pistes pour débuter un parcours avec LE livre des livres, lequel comprend deux parties : l’Ancien Testament et le Nouveau Testament : 

Tout d’abord, être chrétien, c’est comprendre toute la Bible, la Parole de Dieu, à partir de ce que Jésus a fait pour nous, les humains. En toute logique, votre première lecture sera donc un Évangile [« la bonne nouvelle » ou « la meilleure des nouvelles »], un récit de la vie de Jésus. On trouve quatre Evangiles dans la Bible, au début du Nouveau Testament : les Evangiles selon Matthieu, Marc, Luc et Jean. Marc est généralement recommandé en premier : il est assez court, contient peu de discours de Jésus et beaucoup d’actions. Il entre d’emblée dans le vif du sujet, sans parler de la naissance de Jésus. C’est pourquoi il peut frustrer celui qui « en veut plus ». L’évangile selon Jean se démarque des trois autres par son approche particulière, laquelle peut surprendre. On dit aussi que c’est l’évangile de l’amour. Son auteur – un témoin de la vie, de la mort et de la résurrection de Jésus- précise son intention de développer la foi de ses lecteurs et pars du principe que les principaux événements de la vie de Jésus-Christ sont déjà connus de ces derniers. Je le recommanderai donc en second. C’est ainsi que Matthieu (écrit par un autre témoin de Jésus, qui contient pas mal de paraboles ou histoires racontées par Jésus) ou Luc sont probablement de meilleurs points de départ.  Cet évangile, écrit par un médecin et un historien, est d’ailleurs le plus complet qui soit de la vie de Jésus. 

Les épîtres (ou lettres) du Nouveau Testament exposent le contenu de la foi des premiers chrétiens. Ecrites par les apôtres Paul, Pierre, Jacques, Jean et Jude à des communautés chrétiennes ou à des individus, les épîtres peuvent nous aider à comprendre en quoi la vie, la mort et la résurrection de Jésus peuvent changer notre vie, aujourd’hui. Après la lecture des Evangiles, il est possible de commencer par les épîtres les plus courtes [Je recommande, par exemple, les trois petites – mais ô combien fondamentales – lettres de Jean ; puis celles de Paul écrites aux Galates, aux Philippiens – une lettre très affectueuse, avant de lire sa première lettre aux Corinthiens ; et les deux de Pierre, pleines d’espérance], dans une traduction simple, comme la version « Parole de vie », la NFC ou la Semeur.

A ce stade, il est temps d’entreprendre la lecture de l’Ancien Testament, qui raconte ce qui est advenu entre Dieu et les hommes avant la venue de Jésus. Sa lecture est donc importante pour tout chrétien. Je recommande de commencer par la section « des autres écrits » ou « livres poétiques/de sagesse », dont la portée est particulièrement universelle : on y trouve des exemples de prières, avec les Psaumes, ainsi que des conseils pratiques avec les Proverbes (il y en a 31, soit un chapitre par jour de chaque mois) et des réflexions « existentielles » sur le sens de la vie ou l’énigme de la souffrance du juste (Ecclésiaste, Job), mais aussi un beau poème d’amour (Le Cantique des cantiques)….Il est frappant de constater que des textes dérangeants ou pouvant paraître « osé » – tels les interpellations de Job, très éprouvé, ou les cris vengeurs du psalmiste, l’un et l’autre tutoyant Dieu, ou encore le langage intime, franc mais pur du Cantique des cantiques – n’ont pas été « censurés » dans la Bible.
Ensuite, l’on peut enchaîner avec les livres qui nous parlent de la condition de l’homme qui veut vivre sans Dieu (Genèse 1-11), mais aussi de la promesse de Dieu d’envoyer un sauveur pour que l’humain soit réconcilié avec Lui (Esaïe 9 ou 53) ; avant de poursuivre avec ceux qui nous racontent ce que Dieu a fait, à travers les âges, pour appeler, sauver son peuple esclave en Egypte et lui donner des repères nécessaires pour vivre la liberté (l’Exode et le Deutéronome, le livre de la « seconde génération » qui n’a pas connu la sortie d’Egypte).

Pour apprendre comment est né la première Eglise, ou l’histoire de ceux qui ont cru, se sont organisés et ont annoncé Jésus après sa mort, sa résurrection et son ascension, il convient de retourner dans le Nouveau Testament pour lire les Actes des Apôtres, écrit par Luc, qui est la suite directe de l’Evangile du même auteur. 
Enfin, pour toute question sur la fin de l’histoire, le livre de l’Apocalypse est judicieux : le dernier livre de la Bible veut en effet dire, non pas « catastrophe », mais « révélation », celle de Jésus-Christ !  


Le lecture de la Bible n’est pas toujours aisée. Mais vous pouvez humblement demander avec confiance à Dieu, dans la prière, de vous éclairer par son Esprit : il vous sera alors donné de comprendre bien des choses sur Dieu et sur vous-même. Ne vous inquiétez pas de ce que vous ne comprenez pas pour le moment…réjouissez-vous de ce que vous comprenez et n’hésitez pas à rejoindre une communauté chrétienne pour apprendre de vos frères et sœurs dans la foi.

La lecture de la Bible, Parole de Dieu aura probablement deux effets sur vous : car la Bible est avant tout un sujet agissant qui nous interroge, interpelle, console ; c’est par elle que Dieu nous fait découvrir nos limites, donne naissance à la foi et nous oriente dans nos choix de vie. La Parole de Dieu peut « exiger » et « accuser » (nous corriger), ou elle peut « consoler » et « promettre » (nous mettre debout). C’est ainsi que la Bible est « loi et Evangile » : elle nous enseigne ce qui est juste et agréable à Dieu et qui condamne tout ce qui est péché, tout ce qui est contraire à la volonté de Dieu. Elle apprend également à celui qui n’a pas observé la Loi et qui est condamné par elle, ce qu’il doit croire, à savoir que le Christ a expié tous les péchés et a acquis et obtenu pour l’homme, sans aucun mérite de la part de celui-ci, la rémission des péchés, la justice valable devant Dieu et la vie éternelle. 
La Bible est donc « loi et évangile », ou les deux façons de Dieu de s’adresser à l’homme. L’une et l’autre vont ensemble. Car « la loi sans l’Evangile mène soit à la justification par les œuvres, soit au désespoir. L’Evangile sans la loi n’est plus l’Evangile, il est réponse sans question, grâce sans jugement » (D’après Karsten Lehmkühler).

En vous souhaitant tout le bonheur voulu dans votre parcours de lecture !


A lire, ces témoignages de lectrices et de lecteurs de la Bible, chacune et chacun nous parlant de son « livre préféré ».
En parallèle de la Bible, d’autres lectures utiles sont conseillées ici et . Sachant que « tout m’est permis », mais « tout n’est pas utile », « tout n’édifie pas », et « je ne me laisserai pas asservir par quoi que ce soit ». (1 Cor. 6v12 ; 10v23).Le seul livre qui fait autorité en matière de foi et de vie pour le chrétien, et dans lequel Dieu se fait connaître personnellement à moi, lecteur, c’est la Bible, laquelle est « inspirée de Dieu et utile pour enseigner, pour convaincre, pour redresser, pour éduquer dans la justice, afin que l’homme de Dieu soit adapté et préparé à toute œuvre bonne. » (2 Tim. 3 / 16-17).

 

(Inspi pour la structure de cet article : d’après la réponse à une question posée par un internaute sur 1001questions.fr)

« Ce pain vous rappellera que vous avez quitté l’Egypte très vite » (Deut.16v3)

Pessah Matsa par Marina Shemesh

« Au repas de la fête, vous mangerez seulement du pain sans levain. Vous mangerez de ce pain pendant sept jours, et il vous rappellera que vous avez quitté l’Égypte très vite. En mangeant ce pain de misère, vous vous souviendrez pendant toute votre vie du jour où vous êtes sortis d’Égypte ». (Deut.16v3)

Ce samedi soir, 27 mars, débute la fête biblique de Pessah (Pâque), laquelle se déroule jusqu’au dimanche soir 04 avril. A noter que la fin de la fête coïncide avec le jour de la « fête chrétienne » de Pâques.

A l’instar du plus jeune de l’assistance, vous (vous) poserez sans doute cette question : « pourquoi cette fête ? Qu’est-ce que cela veut dire ? »

De là la réponse : cette fête est la Pâque, une fête de la Bible [Exode 115] qui raconte l’histoire d’un passage, d’une sortie et d’une naissance d’un peuple. Ceux qui fêtent la Pâque se souviennent, pour ne jamais oublier, de Celui qui les a fait sortir : « Je suis l’Eternel  ton Dieu, Celui qui t’a fait sortir d’Egypte, du pays où tu étais esclave », du pays où tu étais très à l’étroit et très angoissé (Exode 20v2), pour vivre une vie nouvelle, abondante et débordante.

A l’instar du plus jeune, encore, vous (vous) poserez sans doute cette autre question : « pourquoi mangeons-nous [lors de cette fête] des choses que nous ne mangeons pas d’habitude ? »

Durant le repas de cette fête, l’on mange ce qu’ont mangé les israélites la première nuit de la Pâque (Exode 12), avec d’autres choses rajoutées :

1) Des herbes amères, pour se souvenir que les conditions d’esclavage du peuple en Egypte n’étaient pas drôles du tout. Le peuple était même à « à l’étroit » en Egypte. Ils ne s’arrêtaient jamais de travailler. Imaginez : tous les jours, pendant des heures, sous le soleil brûlant, des milliers d’hébreux devaient fabriquer des briques, des briques et des briques pour le pharaon, pour construire des villes. Ils n’avaient jamais le temps de faire une fête pour Dieu. Vous-mêmes, si vous ne savez jamais vous arrêter, c’est peut-être le signe que vous êtes « restés (ou revenus) en Egypte » !

2) Pour se rappeler ces briques que les Hébreux devaient fabriquer, on mange aussi le « harosset », composé de pâte d’amande de noix, de pommes et de dattes. C’est doux, parce que le peuple s’était habitué à vivre en Egypte, après 430 ans.

3) De l’agneau rôti, pour se souvenir de celui qu’ont mangé les israélites cette première nuit de la sortie d’Egypte. Et cette fameuse nuit, où l’Eternel a frappé les premiers nés de l’Egypte (Ex.11v4-8, 12v29-30), le peuple était confiné : Dieu avait donné à tous l’interdiction formelle de quitter leurs maisons, seuls lieux sûrs cette nuit-là, car marquées par le sang de l’agneau pascal sacrifié (Ex.12v21-28). Dieu a vu le sang sur les portes, ce signe manifeste que du sang a déjà coulé. Il n’est plus besoin de faire couler du sang à nouveau. Dieu a passé au-dessus de leurs maisons sans s’arrêter et il a protégé les familles des Hébreux. De là le nom de la fête : « pessah », « pâque », « passer par-dessus ».

4) Des pains sans levain : Pendant la fête de la Pâque, on ne mange pas de pain et d’aliment à base de levain. On ne devait même pas trouver de levain dans la maison. Avant la fête, on nettoie toute la maison pour être sûr qu’il n’y a plus de levain. On mange des pains sans levain pour se rappeler que le peuple était parti très, très vite d’Egypte, tellement vite qu’ils n’ont pas eu le temps de laisser lever le pain et que ce sont des galettes d’eau et de farine qu’ils ont mangé la nuit de leur libération. Ils ont mangé debout, à la va-vite, parce qu’ils allaient vite, vite quitter l’Egypte cette nuit-là.

Pourquoi sont-ils sortis très vite ?

Parce que les Egyptiens, terrifiés, les ont chassé d’Egypte : Ils ont eu très peur après la dixième plaie et ils ont eu très peur d’une onzième plaie. Dix fois, le Pharaon d’Egypte avait été forcé de libérer le peuple [parce que Dieu envoyait des plaies], dix fois le Pharaon était revenu sur sa parole [une fois la plaie arrêtée] : « une fois oui, une fois non. Une fois oui, une fois non. Une fois oui, une fois non…. », pour enfin dire OUI ! après la dernière plaie. « Les Egyptiens pressaient le peuple, et avaient hâte de le renvoyer du pays, car ils disaient [terrifiés par la dernière plaie et à l’idée de subir d’autres plaies] : Nous périrons tous. Le peuple emporta sa pâte avant qu’elle fût levée… » (Exode 12v33-34).

Parce qu’il n’y avait pas de temps à perdre. Ce n’était plus le moment de réfléchir en se demandant si c’est une bonne idée ou une mauvaise idée de partir. Et surtout, parce que le peuple, esclave pendant 430 ans en Egypte s’était habitué à la vie en Egypte : « c’est parfois dur, mais la vie n’était pas si mal après tout. On mangeait de bonnes choses… ». Si Dieu avait demandé son avis au peuple s’il voulait partir ou rester, le peuple aurait dit qu’il voulait plutôt rester en Egypte. C’est pourquoi Dieu l’a fait sortir très vite.

Enfin, on ne mange pas de levain, parce que le levain, c’est ce qui fait gonfler la pâte : on dit bien « gonflé d’orgueil ».

C’est là le reproche et l’avertissement de l’apôtre Paul, s’adressant aux chrétiens de Corinthe dans 1 Cor.5v6-8 : « Vous avez bien tort d’être pleins d’orgueil ! Un peu de levain fait lever toute la pâte, vous ne savez donc pas cela ? Enlevez le vieux levain du péché pour devenir purs. Alors, vous serez comme une pâte nouvelle et sans levain, ce que vous êtes déjà. En effet, le Christ a été offert en sacrifice, comme notre agneau de Pâque. Fêtons donc la Pâque, non pas avec du pain fait avec du vieux levain, le levain des mauvaises actions et du mal. Mais avec du pain sans levain, avec un cœur pur et sincère ».

« Faire la fête (de la Pâque) en mangeant des pains sans levain illustre une rupture avec l’ancienne vie : en Christ, nous voyons les choses d’une manière toute nouvelle : non plus, « je nais, je vis, je meurs » mais « je meurs, je vis » la vie (nouvelle) après la vie (cette vie). Non plus : « c’était mieux avant, maintenant c’est de pire en pire » mais « avant, c’était l’amertume de l’esclavage, maintenant c’est la joie de la libération » ; « avant, il y avait des sacrifices sans fin pour plaire à Dieu, et puis Jésus vint comme le sacrifice ultime, mettant fin à tous ces sacrifices ».

Jésus, c’est « l’agneau de Dieu [comme l’agneau de la Pâque] qui enlève le péché du monde », notre péché, pour que nous soyons pardonnés, réconciliés avec Dieu, et pour que nous vivions une vie nouvelle, débordante, et une relation nouvelle avec Dieu qui nous aime tant.

5) Enfin, durant le repas de cette fête, on boit en plus des verres pleins de fruit de la vigne, pour dire merci à Dieu pour sa délivrance et pour nous avoir donné une vie débordante : plus de tristesse ! De la joie !

A la fin du repas, on remercie Dieu en disant des prières et en chantant [les psaumes 113 à 118. et le psaume 136], en dansant. Ceux qui chantent et ceux qui dansent se souviennent ainsi que Dieu les a fait sortir du pays où ils étaient très à l’étroit et très angoissés.

« Sortir », c’est une libération et une naissance :

« Je t’ai fait sortir (d’Egypte) », dit Dieu : c’est une libération et une naissance (comme se trouver projeté à l’air libre).

Ils se souviennent aussi pourquoi Dieu les a fait sortir.  Ils sont sortis pour servir Dieu et pour annoncer la victoire de leur libérateur sur leurs oppresseurs. Ce libérateur, c’est Jésus, mort et ressuscité, dont le nom signifie « Dieu sauve » et « Dieu élargit » du pays de l’étroitesse et de l’angoisse.

Hag Pessah Sameah ! [Bonne fête de Pâque !]