Faire parler la Bible ou la laisser nous parler d’elle-même ?

Plutôt que de tenter de « faire parler » la Bible, laissons-la nous parler (d’)elle-même…

Devrions-nous être rassurés d’entendre des références à Dieu, le christianisme, ou la Bible (parfois accolée à « balles » – de fusil – et à « bœufs »] dans les discours politiques de leader de parti extrême, revendiquant un héritage fasciste ?

De même, serions-nous rassurés à chaque fois que le diable cite la Bible ?

Souvenons-nous, c’est avec des versets de l’Ecriture que Jésus a été tenté au désert (Luc 4v1-13. Voir aussi Matt.4v1-11). C’est aussi avec des versets qu’il a résisté à la tentation et qu’il a parlé sur la croix.

Citer des versets ne suffit pas, encore faut-il qu’ils soient en cohérence avec l’ensemble du livre.

De là un 1er critère : L’interprétation d’un passage de la Bible ne peut pas être en contradiction avec l’ensemble de son enseignement.

Plutôt que de tenter de faire parler la Bible, écoutons-la nous parler (d’) elle-même.

Outre Luc, trois textes du Nouveau Testament, qui parlent de l’Ancien Testament, nous permettent de dégager deux autres critères de lecture :

Jésus est l’accomplissement de la Loi (Mt 5.17-20) Jésus interprète la Loi, ce sera une des raisons de sa condamnation. 

2e critère : Si nous devons écouter ce que dit chaque texte pour lui-même, au moment d’en tirer des enseignements nous sommes appelés à le lire à travers la personne de Jésus-Christ. 

Depuis 3000 ans, Dieu dit : « Aujourd’hui » (Hé 3.7-4.13). L’aujourd’hui de Dieu a été annoncé dans l’Exode, relu dans les Psaumes, puis dans l’épître aux Hébreux. Maintenant, il s’adresse à nous. 

3e critère : L’Écriture parle à notre présent, nous sommes invités à la faire résonner dans notre aujourd’hui. 

4. Sara ou Agar, la foi ou la Loi, la liberté ou l’esclavage (Ga 4.21-31) : Paul ne craint pas de réinterpréter une vieille histoire pour expliquer l’opposition entre la foi et la loi, et pour rappeler l’exigence de la liberté.

Ceci posé, que faire des passages [qui nous paraissent] difficiles de la Bible ? Les critères relevés plus haut peuvent nous aider à les interpréter :

1. La création du monde en sept jours (Gn 1)

Même si nous avons du mal à croire (ou à comprendre) que le monde a été créé en sept jours [de 24 h ?], ce passage nous dit que Dieu est créateur et qu’aujourd’hui encore, il met fin à notre chaos et peuple notre solitude.

2. La prière de certains Psaumes

Même si nous ne nous reconnaissons pas toujours dans tous les Psaumes, ces prières nous aident à élargir notre propre prière et à prier en communion avec les cris et la souffrance de notre monde.

3. La question de l’esclavage dans l’épître à Philémon

Au-delà de la question de l’esclavage, cette épître nous invite à réfléchir à nos relations sociales et à nos hiérarchies.

Envoi : manger la Parole 

La Bible est à écouter, manger, savourer, digérer… Lorsque nous y cherchons une parole pour notre vie, la question de son inspiration devient évidente.

D’après Antoine Nouis. Un catéchisme protestant. Edition Olivetan-OPEC, 2010, pp 20-21 (Egalement disponible ici).

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec

C’est un bien curieux recueil de prières à Dieu que les Psaumes, cette partie de la Bible, qui semblent dire tout et son contraire, soit à la fois l’absence et « le silence » de Dieu, la détresse et la misère de l’homme, le sentiment d’être abandonné et entourés d’ennemis ; mais aussi la louange, la victoire, la grande affirmation du pardon et de la bienveillance de Dieu.

De même, c’est là un bien curieux objet que ce « premier livre des Psaumes », édité par Bibli’O et reçu gracieusement en « service presse » cet été,  de la part de Laurène de La Chapelle, chargée de communication auprès de l’Alliance Biblique Française, que je remercie chaleureusement, avant sa parution prévue le 23 septembre 2022.

Certes, les ouvrages de qualité sur les Psaumes ne manquent pas. Mais celui-ci est une excellente surprise !

Original à plus d’un titre, il nous propose une traduction comparée des versions en hébreu, mais aussi…en grec de la Septante, du premier livre des Psaumes (1–40), assortie de commentaires à la fois linguistique et spirituel, nous invitant à « avancer en eaux profondes ». En fin d’ouvrage, un lexique inédit avec plus de 110 pages d’aide à la lecture du texte grec.

L’auteure est Soeur Marie-Vincent, membre de la communauté catholique des Oblates de l’Eucharistie. Un ordre féminin contemplatif de droit diocésain. Elle vit en solitude depuis de nombreuses années. D’abord autodidacte dans l’étude du grec et de l’hébreu bibliques, elle a ensuite suivi une formation par correspondance avec la faculté de théologie de Toulouse.

L’ouvrage s’organise ainsi :

Pour chaque page occupée par les textes et les traductions, le lecteur peut lire, verset par verset, à gauche le texte hébreu massorétique, et à droite le texte grec de la Septante. L’un et l’autre sont suivis d’une traduction dont la typographie permet de visualiser rapidement les correspondances et les différences.

Suit un commentaire livre, au fil du texte, avec l’objectif d’éviter de redire ce que nous lisons dans les notes de nos Bibles.

Soeur Marie-Vincent précise que si elle n’a pas voulu « christianiser les Psaumes », des références sont toutefois données dans ce commentaire, signifiantes pour un mot ou une forme verbale qu’un lecteur chrétien saura apprécier.

Ce parti pris d’une traduction comparée pourra sans doute surprendre ou dérouter, mais l’auteure le justifie ainsi, dans l’avant-propos de l’ouvrage : « savoir que la traduction grecque de la Bible est le reflet de textes antérieurs au texte [hébreu] massorétique donne envie de s’y intéresser, de comparer et donc, de traduire ». Et la traduction dite de « la Septante rappelle au chrétien qui lit les Psaumes que ce texte a influencé les lectures postérieures de la Bible : celle d’écrivains juifs, des auteurs du Nouveau Testament et aussi des Pères de l’Eglise. Elle lui rappelle également que, de nos jours, des églises d’Orient lisent et prient la Parole de Dieu dans la Septante » (Le Premier livre des Psaumes. Avant propos, p 7).

Ce travail [réalisé dans le cadre d’une vie de solitude, il n’était initialement pas destiné à être publié] peut aussi sembler s’adresser à des initiés ou à des étudiants, en tant qu’outil d’étude idéal pour se préparer à une rentrée universitaire – ce qu’il peut être.

Cependant, souligne encore l’auteure dans son avant-propos, « tout être humain peut se reconnaître dans les Psaumes, avec les joies, les questions, les souffrances et les violences qui l’habitent, devant quelqu’un qui écoute, répond ou garde le silence, Dieu. Parce que les Psaumes permettent aux hommes et aux femmes de toute génération d’espérer, ce livre ne peut qu’être ouvert à tous ». Ce qui est la prière d’Israël est devenu la prière des chrétiens, demandant « d’y appliquer son intelligence et son cœur ; c’est le prix à payer pour en savourer tous les fruits » (op. cit., pp 7-8)

Un frère en Christ qui dit aimer la poésie, au point de la lire et de l’écrire, me partage « ne jamais sortir indemne », lorsqu’il se plonge dans les Psaumes : il a en effet l’impression que « la main de Dieu prend la (sienne) et (le) tire vers des lieux élevés ». Il y découvre « un Dieu du cœur » et apprend sans cesse à s’exprimer librement devant Lui. « Le livre des Psaumes me ramène sans cesse au Dieu Tri-Un Père, Fils, et Saint-Esprit. C’est mon livre de prière. C’est aussi mon plus agréable loisir ».

Qu’un tel plaisir soit partagé est ce que l’on peut souhaite de mieux à tout lecteur ! Puisse également cet ouvrage être utile au plus grand nombre, suscitant le désir et la joie d’approfondir la lecture des Psaumes dans les deux langues bibliques ! Une « invitation au voyage » assortie d’une promesse :

Comme le souligne Sœur Marie-Vincent dans son commentaire du psaume 25 [qui reste mon préféré], « méditer [celui-ci] en suivant le psalmiste, et nous aurons envie d’entrer dans le chemin de l’Alliance ; et nous serons étonnés de nous sentir corps et âme en repos devant Dieu plein d’amour et de vérité » (op. cit., p 186).

Et « l’homme qui craint Dieu, en se tenant dans le chemin de l’Alliance, qui est chemin d’amour et de vérité, connaît une intimité particulière ; il est dans le secret de Dieu » (op. cit., p 184).

En bref :

Le Premier livre des Psaumes : texte hébreu et texte grec – Traductions et commentaires, de Sœur Marie-Vincent. Editions Bibli’O, septembre 2022. Disponible chez l’éditeur et/ou dans toutes les bonnes librairies.

Es-tu prêt pour le retour du Seigneur Jésus-Christ ? (Luc 12v22-48)

A quand remonte votre dernière prédication entendue sur le thème du retour de Jésus-Christ ?

Voici un message du Pasteur Gilles Boucomont, de Belleville, sur ce qu’implique « être prêt » pour le retour du Seigneur, sur le texte de l’Evangile selon Luc 12v22-48 (à partir de 30’58’’)

Bonne écoute édifiante !

Ascension

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Ascension de Jésus, par John Singleton Copley (1775)

Le livre des Actes des Apôtres, dans le Nouveau Testament, « commence avec le dernier éloignement de Jésus, son élévation au ciel(1). Jésus a continué à apparaître aux siens durant quarante jours et Luc, dans son évangile, tient à nous écrire qu’ils le virent vivant, donc non pas comme une vision, mais dans sa plénitude physique(2). C’est la belle promesse de la résurrection : qu’elle restitue les formes concrètes, que les sens en soient les témoins.

De ce jour d’adieu, après lequel Jésus ne devait plus apparaître à ses apôtres, il reste écrit un bref dialogue en ouverture du livre des Actes des Apôtres ; deux répliques seulement, mais essentielles. Certains demandent à Jésus si le moment du royaume d’Israël est proche, celui qui marque le temps final du monde. En réponse, ils obtiennent un refus, car il ne leur appartient pas de connaître ce temps-là. En revanche, ajoute Jésus, c’est à eux que revient la force de devenir ses témoins dans le monde. Jésus enseigne ainsi qu’il est vain de s’interroger sur les temps de l’échéance de la confection du monde, il est vain de chercher dans les Saintes Ecritures ou ailleurs, dans les livres d’astronomie, sa date d’extinction. De nombreuses prévisions d’apocalypse ont été tentées, mais il ne nous appartient pas de connaître le terme de l’histoire. Il appartient à l’homme, s’il a la foi, de devenir témoin auprès des autres de la nouvelle sacrée[« l’Evangile »]. Et de sentir dans cette foi la force d’accomplir ce devoir [ou cette mission]. Et pour écarter morgue et orgueil, qu’il sache[ce témoin]que cette force[ou cette puissance(3)] vient d’en haut et non pas d’eux-mêmes, qu’elle leur a été donnée par grâce et non par mérite.

Au terme du bref entretien, les apôtres le voient se hisser au-dessus d’eux et flotter en l’air pour disparaître dans un nuage. Ils ne voient pas plus loin, les sens ne vont pas plus loin, ni les leurs, ni les nôtres. Plus loin, il y a seulement la foi et cette force[cette puissance]qui descend d’en haut, saisit une personne et la lance dans le monde pour raconter.

Tel est le témoin direct, celui qui vient au nom de Dieu ». Mais les autres ? « Tous ceux qui n’ont ni force ni foi » ? Ils « peuvent du moins reconnaître dans ces personnes l’empreinte digitale, la trace du soulier de Dieu. Alors, même celui qui a du mal avec le ciel peut devenir un témoin indirect. Même s’il n’a pas vu Jésus se hisser dans les airs, il peut dire qu’il a vu la force de la foi descendre dans un de ses semblables. Il peut dire qu’il a vu la nouvelle dans un autre. »(Erri de Luca. Ascension IN Noyau d’olive. Folio, 2012, pp 36-38)

Nous-mêmes, ayant à la fois « la foi et la force », et qui n’étions pas présents, pouvons témoigner : « Jésus ? Nous « l’aimons sans l’avoir vu et nous croyons en Lui sans le voir encore, nous réjouissant d’une joie ineffable et glorieuse »(1 Pie.1v8). D’autant plus qu’il « viendra de la même manière » qu’il a été vu s’en être allé au ciel »(Actes 1v11)

Ecouter aussi, sur France culture : « l’Ascension, bien plus qu’un départ », avec la pasteure Caroline Bretones, de la paroisse du Marais, qui nous invite à observer ce récit biblique qui raconte la montée de Jésus au ciel, raconté par deux fois par l’évangéliste Luc, et qui plonge les disciples dans une sorte « d’entre deux » déstabilisant, mais ô combien nécessaire pour aller plus loin.

Initialement paru le 06 mai 2016 et mis à jour pour l’occasion.

Notes : 

(1) Lire le récit en Actes 1v1-11, livre dont Luc est également l’auteur.

(2) Résurrection sans laquelle « notre foi est vaine » cf 1 Cor.15v1-18. Voir aussi Luc 24.

(3) Cette « force » ou cette « puissance » est en réalité une personne divine : le Saint-Esprit(Actes 1v8, cf Jean 14v1616)

Etre chrétiens et « prêtres de l’Eternel » après les élections : comment prier pour nous, corps de Christ, et pour le Président réélu

« Retrouver la joie de prier », notamment pour les autorités, n’est pas seulement le titre d’un excellent ouvrage : C’est notre grand privilège, en tant que « prêtres de l’Eternel »

Emmanuel Macron a été réélu Président de la République Française avec 58,5 % des suffrages exprimés, devant Marine Le Pen qui a obtenu 41,5 % des voix(1). Ce n’est peut-être pas votre choix, et vous avez certainement les meilleures raisons du monde de lui en vouloir, mais notre responsabilité en tant que chrétiens est désormais de prier positivement pour lui, comme nous l’avons certainement tous fait pour ses prédécesseurs – et comme d’autres l’auraient certainement fait si leur candidat(e)avait été élu(e) – et pour notre pays. Reste à savoir comment, dans quel but, et avec quel secours. 

Comme déjà souligné dans un autre article, être vraiment « chrétiens » – c’est à dire des femmes et des hommes, non seulement « pour le Christ », mais « du Christ »  durant l’actuelle saison électorale, à l’heure où souffle un « esprit de rébellion », est un véritable défi et un engagement spirituel, pour être en mesure de porter une véritable voix prophétique dans ce monde, plutôt que d’être réduits à l’état des « prophètes professionnels » du roi Achab, dans la Bible (1 Rois 22v1-28).

Etre chrétien, c’est manifester qui règne véritablement dans ce que nous sommes, ce que nous disons, pensons et faisons. C’est aussi espérer davantage dans le retour de Son Seigneur, en manifestant que Son règne s’est approché, que dans le résultat d’une élection. C’est donc prendre conscience que « le réveil de la France » n’est pas lié à l’élection d’un tel ou d’une telle.

Etre chrétien, être une femme ou un homme du Christ, se manifeste dans une façon particulière de prier pour les autorités cf Ex 22.28 et l Tim 2.1-2, mais aussi avant tout, pour soi-même, pour l’Eglise – le corps de Christ – dans un esprit d’humilité et de repentance.

Comme une internaute l’a très bien exprimé sur la toile, en réponse à cet article encourageant à prier pour le Président réélu, « nous chrétiens, au-delà de nos devoirs de citoyens, avons aussi des devoirs spirituels dont celui d’intercéder pour le « roi » [ici, le chef de l’Etat]. Ce devoir émane du Seigneur, nous devons donc l’appliquer que nous épousions ou non les sensibilités de nos dirigeants. Ma prière pour nous chrétiens est que nous arrivions à prendre de la hauteur et à vaquer à cette responsabilité. Nous ne pouvons pas toujours changer les choses par le moyen des urnes mais avec les genoux au sol nous pouvons faire en sorte que des montagnes soient transportées. Le cœur du roi est dans la main d’Elohim et il l’incline où il veut nous dit les proverbes. Nous devons être la différence dans une société en crise et dans un monde en totale confusion. Fléchissons donc nos genoux vers le Roi des rois qui sait toute chose mieux que nous ».

Souvenons que nous nous disons « sacrificateurs » ou « prêtres de l’Eternel », et que nous sommes effectivement « rois et sacrificateurs » pour Dieu, selon Apoc. 1v6 et 1 Chron.23v13. Comme tels, nous sommes « mis à part pour être (sanctifiés) comme (très saints), pour offrir les parfums devant l’Eternel, pour faire son service, et pour bénir à toujours en son nom ». Notre service consiste en la prière et l’intercession « dans le temple », à approcher le Dieu saint dans le lieu saint et « pour bénir (dire le bien de Dieu et non « mal dire ») à jamais en son nom ».  Pour cela, il nous faut être saint. C’est pour une vie de prière devant Dieu que les prêtres sont sanctifiés (par contraste, le rôle du diable consiste à accuser continuellement les saints). Jésus, en tant que souverain sacrificateur, prie et intercède pour nous, pour toi et ton frère. Que prie-t-il ? (« Père, pardonne-lui, car il ne sait ce qu’il fait… »)

« Si alors mon peuple, le peuple qui porte mon nom, fait preuve d’humilité et prie, (s’ils) me recherchent en renonçant à leur mauvaise conduite, moi, dans les cieux, je serai attentif, je pardonnerai leur péché et je guérirai leur pays » ( 2 Chron.7v14).

Avant de prier pour le Président réélu, prions pour que, de même que l’autorité de Jésus-Christ ne jette aucun discrédit sur les pouvoirs humains, sachant que son Royaume « n’est pas de ce monde », nous, chrétiens, exercions « la culture de l’honneur » envers les structures d’autorités, et prenions tous au sérieux l’autorité de Dieu. 

Prions pour que nous grandissions dans la foi en Dieu le Père, dans le respect des figures de la paternité.

Prions pour que Dieu soit bien le Père dans nos églises, et non quelqu’un d’autre qui se serait mis à la place du Père.

Prions pour que nous poursuivions la paix et contribuons à la paix, pour être en mesure d’ annoncer une parole sur la Paix qui vient du Dieu véritable.

Prions pour la cohérence de notre témoignage

Jésus-Christ, Notre seul Seigneur, qui est entré à Jérusalem, est passé par le mont Golgotha et qui est sorti du tombeau, nous appelle aujourd’hui à laisser tomber « l’agitation de nos rameaux » pour habiter les figures de la paternité, militer pour la paix, et s’engager dans la réhabilitation des structures de nos sociétés où les institutions ont été discréditées

C’est donc au nom de l’évangile que nous devons réhabiliter la considération pour les institutions politiques, car sans cette considération et de respect, rien ne peut fonctionner. Nous ne pouvons pas détruire ceux que nous avons fait monter en autorité, car c’est bien nous qui les avons placés à ces postes.

Rendons aussi grâce pour notre pays, et apprenons, dans la dépendance de l’Esprit Saint, à cultiver une attitude de reconnaissance, à l’instar de cette exhortation de Phil.4v6, rappelée par Timothée Minard sur son blogueEn cette période électorale, la tendance est à la colère, au rejet, à l’inquiétude. On focalise nos regards vers ce qui ne va pas, vers les difficultés de notre pays, vers le péché des uns et des autres. On nous montre le malaise ambiant, le chômage, les injustices, la corruption, l’immoralité… Et cela nous pousse notamment, en tant que chrétiens, à l’intercession. A juste titre. Toutefois, ce que ce verset de Philippiens nous rappelle, c’est que nous sommes appelés à prier « dans une attitude de reconnaissance ».

C’est alors que nous pourrons prier positivement pour le Président de la république réélu, de sorte qu’il reçoive humilité, conseil et sagesse, sachant que sa réélection « l’engage » effectivement.

Note :

(1) En savoir plus sur le vote des électorats dits confessionnels – protestants, catholiques, musulmans…- au second tour de l’élection présidentielle 2022.

« La paix soit avec vous : comme le Père m’a envoyé, moi aussi je vous envoie » (Jean 20v21)

« La Semaine sainte » (« Piqué » sur le compte twitter du « webpasteur » Gilles Boucomont, 29/03/21)

« Le SEIGNEUR est roi.
Que la terre exulte,
que tous les rivages se réjouissent ! »
(Psaume 97v1)

Parole du jour

« Pourquoi cherchez-vous le vivant parmi les morts ? Il n’est pas ici, mais il est ressuscité » (Luc 24v5-6).

Méditation

« C’est bien vrai ! Le Seigneur est Ressuscité ! » (Luc 24v34) Il est réellement ressuscité ! Alléluia ! C’est la grande salutation pascale de l’Eglise chrétienne qui résonne tout au long de l’histoire. Ce que la mort pouvait faire de pire a été fait. La destruction la plus totale qu’elle pouvait imaginer a été accomplie. Et maintenant Dieu a répondu dans l’obscurité de nos peurs, au silence de nos attentes. Dieu a parlé et la Parole faite chair a été relevée de la mort. Nous ne comprenons pas comment, mais « Christ est ressuscité, Alléluia ! Il est vraiment ressuscité, Alléluia ! »

Prière

Fais entendre ta parole de résurrection à ceux dont les espoirs sont morts, ceux dont l’avenir a été dérobé, ceux dont les vies sont vides. Rassemble le peuple de Pâques, et envoie-nous dehors, dans ton monde, comme tu as envoyé le Christ. Envoie ton Esprit de mission sur l’Eglise, et particulièrement sur ceux qui reçoivent le baptême aujourd’hui. Que la Parole que tu as prononcée le jour de Pâques résonne aujourd’hui et mène ta création vers une vie nouvelle et vers l’unité en toi, par Jésus le Christ, notre Seigneur ressuscité.

(D’après Sheppy, Paul. Chaque matin, chaque soir : un compagnon pour la prière quotidienne. Editions Olivétan, 2011, p 88)

A tous les abandonnés

« Quand je suis abandonné, quand je vois que d’autres sont rejetés, ma seule espérance est de me tourner vers Jésus, l’abandonné »
(Source image : public domain pictures)

« Comment rendrai-je au SEIGNEUR tous ses bienfaits envers moi ? Je lèverai la coupe du salut et j’invoquerai le nom du SEIGNEUR » (Psaume 116v12-13)

Parole du jour : 

« Et à trois heures, Jésus cria d’une voix forte : « Eloï, Eloï, lama sabaqthani ? » ce qui signifie : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Marc 15v34)

Méditation

Voici ce qu’a coûté le salut du monde. La grâce est gratuite, mais elle n’est pas bon marché. Jésus, qui durant toute sa vie a vécu dans la présence de Dieu, meurt avec le sentiment que Dieu s’est éloigné. La mort de Jésus est la mort de tous ceux qui se sent trahis, abasourdis, perdus sans aucun espoir. Quand je suis abandonné, quand je vois que d’autres sont rejetés, ma seule espérance est de me tourner vers Jésus, l’abandonné.

Prends la décision aujourd’hui d’abandonner quelque chose de valeur et qui compte pour toi. Donne à cette oeuvre de bienfaisance plus que tu n’avais envisagé. Donne le temps qu’il faudra à cette personne qui va prendre de ton précieux temps plus que tu n’aurais souhaité. Laisse à quelqu’un la place que tu voulais, la priorité que tu voulais, et que tu méritais.

Prière

Dieu souffrant, garde-moi attentif aujourd’hui aux besoins de ceux qui se sentent dupés et perdus. Préserve-moi des paroles bon marché et des gestes vains. Donne-moi le courage d’aller au-delà de mes certitudes confortables et ainsi de m’abandonner à toi afin de pouvoir apporter réconfort et confiance à ceux qui sont délaissés, et sans ressources, par Jésus le Christ, notre Seigneur crucifié.

(D’après Sheppy, Paul. Chaque matin, chaque soir. Un compagnon pour la prière quotidienne. Editions Olivetan, 2011, p 84)

Etre chrétien en saison électorale : prier pour les autorités

« Etre chrétien en saison électorale » se manifeste aussi et premièrement dans notre façon de prier pour les autorités (Source image : rawpixel)

S’il devait y avoir « un 11ème commandement », ce serait celui-ci : « tu ne copieras pas sur le voisin », soit le commandement, pour le peuple de Dieu, de se distinguer des autres peuples.

De là cet enjeu et ce défi : comment être vraiment « chrétiens » – c’est à dire des femmes et des hommes, non seulement « pour le Christ », mais « du Christ »  durant l’actuelle saison électorale, à l’heure où souffle un « esprit de rébellion » ? Etre chrétien, c’est manifester qui règne véritablement dans ce que nous sommes, ce que nous disons, pensons et faisons. C’est aussi espérer davantage dans le retour de Son Seigneur, en manifestant que Son règne s’est approché, que dans le résultat d’une élection ou d’un sondage. 

C’est pourquoi, comme me l’a récemment rappelé un ami, les femmes et les hommes du Christ savent et se doivent de s’exhorter à ce sujet – particulièrement quand nous sommes tentés de nous mettre « en campagne » -, à savoir que la saison électorale n’est pas celle de l’ouverture de la chasse, « où l’on se tire dessus à vue ». 

En effet, nous avons beaucoup mieux à faire. Par exemple, prier pour les autorités, une exhortation biblique (selon 1 Timothée 2v1-4) toujours vraie, et encore plus vraie aujourd’hui.

Etre chrétien, être une femme ou un homme du Christ, se manifeste dans une façon particulière de prier pour les autorités.

A ce propos, je me permets de citer et renvoyer à une « ancienne » méditation du pasteur Gilles Boucomont sur le sujet(1), datant de 2020, introduite par la fable des arbres de Yotam. Celle-ci, relatée dans Juges 9v7-15, est très édifiante en ce qu’elle nous dit « comment on fait les rois », et parce que « le rapport avec les élections n’est en aucun cas fortuit ou indépendant de (la) volonté (du prédicateur) » !

En effet, « Jésus savait bien que la gloire d’un jour allait le mener à la croix. C’est pour cela qu’il n’arrive pas sur un char doré, mais bien sur un ânon, pour signifier qu’on ne l’aura pas au jeu de la gloriole. Sa gloire, il ne la tire pas de l’acclamation des humains mais de l’approbation de Dieu lui-même. Il n’est pas le roi que les humains veulent, de toute façon ». Dans la parabole de Yotam, les arbres « plébiscitent » un candidat-roi supposé « pour ses qualités ». Et « ils en plébiscitent tout une série, les uns après les autres. Mais le besoin d’avoir un roi n’a d’égal que le dénigrement permanent que les arbres ont pour le pouvoir en place.  Voyez leur dédain : Ces politiques sont tous pourris ! (ce qui est parfaitement faux) et c’est nous qui les avons élus. Voyez la contradiction méprisante. Les arbres crient pour avoir un chef et en même temps quand c’est leur tour de prendre des responsabilités, on voit le mépris réel qu’ils ont pour les structures d’autorité, puisqu’ils qualifient le pouvoir qu’on leur demande d’exercer « d’agitation ». ‘Est-ce que je vais abandonner… pour aller m’agiter au-dessus des autres arbres ?’ 

Et le résultat est là [dans la fable], c’est le buisson d’épine qui va gouverner. C’est donc au nom de l’évangile que nous devons réhabiliter la considération pour les institutions politiques [mais aussi médiatiques, religieuses…], car sans cette considération et se respect, rien ne peut fonctionner. Nous ne pouvons pas détruire ceux que nous avons fait monter en autorité, car c’est bien nous qui les avons placés à ces postes. Nous nous comportons comme cette foule qui s’enthousiasme aux portes de Jérusalem au jour des Rameaux, et pour le coup, nous devenons des rameaux qui s’agitent, qui s’agitent pour rien car ils ont été taillés sur les arbres alentours et dans trois jours ils seront complètement secs. 

(…..) Jésus n’a pas voulu de ces royautés temporaires et temporelles. Et pourtant il a habité cette figure du roi, il s’est prêté au jeu de l’entrée à Jérusalem, avec le prix qu’il devra payer pour cette audace… Son autorité est d’un autre genre. Elle ne jette aucun discrédit, au contraire, sur les pouvoirs humains, mais le Royaume dont il est roi n’est pas de ce monde.  

Comment prendrons-nous au sérieux l’autorité de Dieu si nous avons été structuré dans la contestation de l’autorité de l’Etat ? Comment grandirons-nous dans la foi en Dieu le Père, si les figures de la paternité sont toutes détruites, dans une vague d’extermination massive, et que trop peu de nos enfants ne savent vraiment ce qu’est un père ? Comment pourrons-nous annoncer une parole sur la Paix qui vient de Dieu si les uns et les autres n’ont pas goûté à la paix même imparfaite d’une société apaisée ? 

Celui qui est entré à Jérusalem, qui est passé par le mont Golgotha et qui est sorti du tombeau [comme nous allons le célébrer à Pâques] appelle aujourd’hui des personnes à laisser tomber l’agitation de leurs rameaux pour habiter les figures de la paternité, militer pour la paix, et s’engager dans la réhabilitation des structures de nos sociétés où les institutions ont été discréditées

Que Dieu nous donne de comprendre la nature des enjeux prophétiques de ces guérisons collectives que nous avons à vivre ».

Note :

(1) A lire sur http://1001questions.fr/aunomdejesus/pourquoi-prier-pour-les-autorites/

Pour chaque jour de carême, « une discipline, un programme d’entraînement », pour aller à la rencontre du Christ ressuscité

« Bientôt pâques ! » Comment te préparer à la rencontre du Christ ressuscité ? Source image : première de couverture de l’ouvrage édité chez BLF)

« Cherchez le bien et non le mal, afin que vous viviez. Et ainsi le Seigneur, le Dieu des puissances sera avec vous » (Amos 5v14)

L’un des articles les plus visités de ce blogue est celui intitulé Un protestant-évangélique peut-il « faire le carême » ? Comment jeûner de façon « non religieuse » mais « biblique » ? Article rédigé le 1er mars 2017, suite à la question d’une connaissance. Merci à vous tous, pour l’avoir lu et partagé !

Le temps de carême m’est offert en vue de me préparer pour Pâques. Comme un athlète, je laisse derrière moi tout ce qui m’environne dans ma course vers le Christ ressuscité. L’Evangile nous rapporte qu’au désert, Jésus a décidé qu’il n’y avait pas de raccourci pour accomplir la volonté de Dieu : les gestes spectaculaires auraient attiré l’attention sur lui, mais dans leur émerveillement, les spectateurs auraient manqué Dieu. La sainteté commence par l’obéissance quotidienne.

Etablis pour chaque jour une discipline, un programme d’entraînement, pour aller à la rencontre du Christ ressuscité. Chaque jour, cherche le bien de ceux qui font surtout l’expérience du mal. Donne du courage à ceux qui ne rencontrent que déceptions. Donne de l’espoir à ceux qui l’ont perdu. Abandonne un peu de ton temps, de ta sympathie, de toi-même, afin que, de ton dépouillement, d’autres puissent être enrichis.

Prière

Alors que je prends le chemin solitaire qui mène vers le Christ ressuscité, apprends-moi à nourrir les autres comme tu me nourris. Apprends-moi à un être un lieu de rafraîchissement tout comme tu es une oasis pour moi. Apprends-moi à ne pas m’accrocher à ce que je possède, puisque tu m’appelles à me vider de moi-même devant toi. Garde-moi tout près de toi, de sorte que je puisse te rencontrer dans ceux qui ont besoin de moi, comme moi j’ai besoin de toi, par Jésus le Christ, Notre Seigneur.

(D’après Sheppy, Paul. Chaque matin, chaque soir. Un compagnon pour la prière quotidienne. Editions Olivetan, 2011, p 80)

Un défi spirituel : « Rester calme aujourd’hui »

« Lâchez les armes ! Reconnaissez que je suis Dieu !
Je triomphe des nations, je triomphe de la terre ».
(Psaume 46v11. TOB)

« Dis plutôt : ils sont heureux ceux qui écoutent la Parole de Dieu et qui lui obéissent » (Luc 11v28. PDV)

Parole du jour

Comme il est facile de lire ou d’entendre les mots de l’Ecriture et de les oublier ! Jésus dit à un auditeur enthousiaste que la véritable bénédiction vient de la persévérance. Les paroles de Jésus peuvent nous émouvoir par leur beauté ou leur idéal élevé ; mais la charge émotionnel ne conduit pas à l’action, son effet est semblable à celui d’une cartouche à blanc : un éclair, du bruit, un peu de fumée, et rien de plus.

Méditation

Rester calme aujourd’hui va demander de la concentration. Avant d’être agités par le stress de la journée, nous avons besoin de trouver le silence intérieur et de savoir que Dieu est Dieu. Devant tout ce qui réclame dans l‘urgence notre temps, notre attention et nos engagements, nous devons discerner ce qui est d’une importance centrale. Pour cela, nous avons besoin de tranquillité, la tranquillité du centre autour duquel tournent les événements, la tranquillité de Dieu qui agit selon son dessein, et non pas selon celui qui crie le dernier ou le plus fort.

Prière

Quand tu as parlé, Ô Dieu créateur, tu as fait sortir l’ordre du chaos. Mets de l’ordre dans ma vie, afin que je puisse ne pas être distrait par le bruit et la confusion de ce qui est urgent, en perdant de vue ce qui a une véritable importance. Dans toute cette clameur, aide-moi à entendre ta voix, et lorsque je l’entends, donne-moi la grâce de lui obéir, par Jésus, le Christ, notre Seigneur.

Notre Père

« Notre Père qui es aux cieux,
fais connaître à tous qui tu es,
fais venir ton Règne,
fais se réaliser ta volonté
sur la terre à l’image du ciel.
Donne-nous aujourd’hui le pain dont nous avons besoin,
pardonne-nous nos torts envers toi,
comme nous-mêmes nous avons pardonné à ceux qui avaient des torts envers nous,
et ne nous conduis pas dans la tentation,
mais délivre-nous du Tentateur ».

(Matt.6v9-13. TOB)

(Source : d’après « Chaque matin, chaque soir : un compagnon pour la prière quotidienne », de Paul Sheppy. Editions Olivétan, 2011, p32)