Quand l’esprit prophétique n’est pas celui de « madame soleil »

Les dessous de ces « prédictions » de presse souvent nébuleuses. Source image : public domain pictures

Le saviez-vous ? En 2020, comme chaque année, les prophètes américains de « la liste d’Elie » (« Elijah list »), qui se veulent influents, produisent fidèlement leurs bulletins prophétiques(sic) – aux accents de « madame Soleil » – pour la nouvelle année, lesquels sont toujours identiques, à savoir « prospérité pour le pays, beaucoup d’argent libéré par les cieux, du succès et de l’élargissement pour les Ministères ». Ce qui ne manque pas de sel vu la pandémie mondiale qui a suivi et que ces « prophètes » n’ont apparemment pas vu venir. On remarquera d’ailleurs que la préoccupation majeure de toutes ces prophéties américaines est l’argent, l’économie ou le succès du président [mais pas Obama ou Biden !].

Et puisque l’on parle de « madame Soleil », savez-vous, en cette période de « bonnes résolutions pour 2023 », comment sont faits les horoscopes « qui clignotent en kiosques et trustent les ventes des magazines entre décembre et janvier ? » Ils se trouvent en effet toujours des personnes empressées d’y trouver des « prédictions » pourtant souvent vagues et génériques sur leur semaine à venir. Qui écrit ces fameux horoscopes et comment sont-ils conçus ? Un édifiant et passionnant article à lire sur le site de « La revue des médias ».

Par contraste, la parole prophétique authentique, à mille lieux de « la prédiction de madame Soleil » annonçant fatalement un événement inéluctable (ou même « l’oracle » en mode « développement personnel »), est celle qui nous conduit à la repentance. C’est ainsi qu’elle nous édifie, instruit et encourage, en nous donnant les moyens de changer les choses. Et c’est parce qu’il sera authentiquement repentant au préalable que le prophète – qui écoute vraiment la Parole de Dieu et la met en pratique (Luc 11v28) – pourra être….authentiquement prophétique !

 A l’inverse, quand nous ne savons plus écouter comme écoutent les disciples (cf Jean 8v31), et quand nous n’avons plus les oreilles pour entendre « ce que l’Esprit dit aux Eglises », ou ce qu’il a déjà dit, et que nous persistons néanmoins à chercher des paroles auprès d’ « une foule de docteurs » ou « de prophètes » qui nous diront ce que nous souhaitons entendre, alors Dieu nous séduit par ces dispositions de nos cœurs qui sont comme des idoles : Ezéchiel prévient, au chapitre 14 de son livre, v1-11, que Dieu répondrait au peuple en séduisant le prophète qui se laisse séduire, lorsque le peuple demanderait une parole alors que son cœur sera rempli de ses propres idoles. Dieu dit qu’il lui répondra alors en fonction de ces mêmes idoles. Ainsi, si l’argent et la prospérité sont une obsession dans nos cœurs, nous recevrons des prophéties allant toujours dans ce sens, nous confortant dans nos attentes, parce que c’est ce que nous recherchons.

Soyons donc plutôt de ceux qui « se régalent » du plat préféré de Jésus (Jean 4v34), lequel est « de faire la volonté de Celui qui (l’a) envoyé et d’accomplir son oeuvre » ; faisons également nôtre la prière du petit Samuel (« parle Seigneur, car ton serviteur écoute » cf 1 Samuel 3v9) et surtout celle de Jésus : « non pas ma volonté [Seigneur], mais la tienne ! » (Luc 22v42)

Crainte de Dieu

« La crainte de Dieu dans les Écritures (…)libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose… » (Source : rawpixel)

« Sur lui reposera l’Esprit du SEIGNEUR : esprit (…) de crainte du SEIGNEUR – et il lui inspirera la crainte du SEIGNEUR ». (Esaïe 11v2-3)

« Les Saintes Ecritures reviennent souvent sur le sentiment de la crainte de Dieu. De toutes les émotions religieuses, c’est celle qui s’est le plus affaiblie au cours des temps modernes », constate l’écrivain napolitain Erri de Luca. Car, estime-t-il, « ceux qui ont la foi préfèrent alléguer d’autres manifestations de leur attachement. La crainte semble un sentiment inconvenant, irrationnel, antique. Et pourtant l’immense qui nous domine ne peut absolument pas être apaisé, apprivoisé par l’amour. La crainte de Dieu dans les Ecritures est une panique céleste, la réponse des nerfs à un ordre central lointain et abyssal (…). Et elle ne décourage pas, n’affaiblit pas, elle libère plutôt une grande force car celui qui craint Dieu ne peut craindre autre chose, craindre par exemple l’Adàm fait de terre et sa descendance humaine.

Le quatrième vers du psaume 130 enseigne aussi : « puisque près de toi est le pardon, pour que tu puisses être craint. Il y a aussi un autre aspect de la crainte que l’on doit à Dieu : non parce qu’Il est le Seigneur de l’immense, dispensateur de vie et de mort, mais aussi parce que de lui dépend le pardon, seliha. Crains le juge, non parce qu’il peut te condamner, mais parce que de son pouvoir dépend la remise de tes fautes. Il dit à Jérémie : car je pardonnerai à ceux que j’aurai fait demeurer de reste (50v20) : celui qui est pardonné a d’abord été gracié, laissé en vie, mis de côté comme un reste sauvé.

Cette puissance gigantesque du pardon pèse bien plus que l’immense et renforce, en celui qui croit, la crainte de Dieu. »

(Erri de Luca. Crainte IN Alzaia. Rivages, 1998. Bibliothèque Rivages, pp 211-212)

Initialement publié le 06 mars 2019

« Sois fort et très courageux »….pour mettre en pratique toute la loi de Dieu !

Josué lit les Paroles de la Loi (La Bible. Teriade 1956). Épreuve signée. Gravure originale de Marc Chagall pour illustrer La Bible éditée par Teriade en 1956. Planche n° 47 de la série des 105 gravures tirées sur Montval filigrané.

Dès le début du livre qui porte son nom, Josué reçoit du Seigneur « le top départ » – la mort de Moïse – pour se préparer à franchir le Jourdain et ainsi entrer en Terre promise aux pères. Une terre qui va de l’Euphrate à la mer méditerranée (Josué 1v1-4). Le Seigneur demande alors à Josué d’être « fort et très courageux » (v6) : un appel répété à trois autres reprises dans les versets suivants (vv7, 9 et 18), vu la difficulté de la mission confiée à Josué et les dangers qui l’attendent.

Pourquoi Josué doit-il être « fort et très courageux » ? Pour « mettre en pratique toute la loi (de Dieu) » et ne pas s’en écarter « ni à droite, ni à gauche »(v7). C’est ainsi que l’entrée en terre promise est plus le fruit d’une fidélité à la Parole de Dieu que d’une conquête militaire. Elle ne dépend pas de la valeur guerrière du peuple mais de son intégrité.

Les sages du judaïsme le disent bien : la force du peuple ne tient pas à son organisation militaire mais à la façon dont il reste accroché à l’étude de la Torah (la loi).

Nous pensons alors à cette recommandation faite à chaque futur roi d’Israël en Deutéronome17v18-20 : « Et quand (le roi) sera monté sur son trône royal, il écrira pour lui-même dans un livre une copie de cette Loi, que lui transmettront les prêtres lévites. Elle restera auprès de lui, et il la lira tous les jours de sa vie, pour apprendre à craindre le SEIGNEUR son Dieu en gardant, pour les mettre en pratique, toutes les paroles de cette Loi, et toutes ses prescriptions, sans devenir orgueilleux devant ses frères ni s’écarter à droite ou à gauche du commandement, afin de prolonger, pour lui et ses fils, les jours de sa royauté au milieu d’Israël ».

Car la loi résiste au désir et au fantasme de toute puissance, comme le seul interdit au milieu d’une foule de possibilités en Eden.

Cela nous enseigne aussi que plus on a de responsabilités, plus il est important de prendre des temps de recul pour éviter de se laisser noyer dans l’urgence. J’ai souvent entendu dire qu’il est bon, « en temps normal », de prendre une demi-heure par jour pour la méditation des Ecritures bibliques et la prière….et de prendre une heure quand on est surchargé de travail !

Cette recommandation de rester accroché à la Parole de Dieu sonne juste aux oreilles des chrétiens. La « sola scriptura » [« l’Ecriture seule »] n’est pas un slogan mais une exhortation.

Lorsque l’Eglise n’est plus accrochée à la Parole de Dieu, elle est une institution qui se conforme au monde dans lequel elle vit. Le théologien Karl Barth (1886-1968) a écrit : « toutes les fois que l’Eglise a été sérieusement éprouvée au cours de l’histoire, c’est parce qu’elle était trop peu soumise à la Parole de l’Ecriture. En revanche, toutes les fois qu’elle était forte, consciente de sa mission et sans peur devant le monde, toutes les fois qu’elle a su produire des héros et des saints, toutes les fois qu’elle a su apporter la consolation, susciter l’espérance et s’imposer ainsi au respect des hommes, c’est parce qu’elle a osé avoir l’humble courage de se soumettre à l’Ecriture au lieu de la considérer comme un simple à-côté »(1).

Quand certains, sur la toile, nous incitent à « décoller nos yeux de nos Bibles » pour regarder certains sujets « avec une vision plus élargie » (sic) ou libèrent de façon opportuniste la parole extrême, sous prétexte de « débat », il est toujours essentiel de revenir sans cesse à l’Ecriture pour chercher le cœur de Dieu par rapport à ce que l’actualité proclame.

Note : 

(1) D’après Antoine Nouis. La Bible : Commentaire intégral verset par verset. Les livres historiques/2. Olivetan/Salvator, 2022, pp 17-18 [disponible chez l’éditeur ou dans toutes les bonnes librairies, ici ou ]

Les voeux de Dieu pour 2023 : être « plein de sagesse pour faire le bien et toujours attentif à éviter le mal »

Des voeux pour la nouvelle année : être « plein de sagesse pour faire le bien » et « pur (ou sans mélange) pour éviter le mal » (Source image : public domain pictures)

« Frères et sœurs, voici ce que je vous demande : méfiez-vous des gens qui divisent la communauté. Ils risquent de faire tomber dans le péché les croyants en parlant contre l’enseignement que vous avez reçu. 

N’allez plus avec eux ! En effet, ces gens-là ne servent pas le Christ notre Seigneur, ils servent leur ventre ! 

Avec leurs paroles mielleuses et leurs beaux discours, ils trompent les gens simples. 

Oui, votre obéissance, tout le monde la connaît. Alors, à cause de vous, je suis dans la joie. 

Mais je veux que vous soyez pleins de sagesse pour faire le bien et toujours attentifs à éviter le mal. 

Le Dieu de la paix va bientôt écraser Satan sous vos pieds. Que notre Seigneur Jésus vous bénisse ! » (Romains 16v17-20. PDV)

A Noël, Dieu est « sur la paille »

Ne passons pas à côté de l’essentiel, à Noël (Source : Bolligan)

« Car vous connaissez la grâce de notre Seigneur Jésus Christ : lui qui était riche, il s’est fait pauvre pour vous, afin de vous enrichir par sa pauvreté » (2 Corinthiens 8v9).

Dans un monde du « tout-marchand », comment accueillir un Dieu désargenté ? 

A Noël, Dieu est sur la paille, non pas qu’il ait trop dépensé pour ses courses, pour fêter « dignement », comme on dit, ce temps de ripailles de fin d’année, mais il est sur la paille car le monde dans lequel il arrive est trop plein.

Pleine, l’auberge de Bethléem.

Pleins les estomacs et pleins les cœurs.

Plus de place pour accueillir du sens : on est dans l’écœurement du trop-plein, saouls de nous-mêmes et remplis du non-sens que le monde propose comme mode de vie.

A Noël, Dieu est sur la paille parce qu’il n’y avait plus que les moutons et les ânes pour lui laisser un peu de place dans la précarité de leur manque. Il est sur la paille non pas pour avoir trop dépensé, mais pour avoir trop donné, pour avoir tout donné. Dieu donne ce qu’il a de plus précieux, son fils. Un cadeau utile !

Puisse le Seigneur nous inspirer des façons de vivre Noël qui témoignent plus de la simplicité de l’étable que des profusions de l’auberge.

Puissions-nous aussi faire un peu de place dans les trop-pleins de nos agendas et de nos préoccupations.

Qu’il n’ait pas la portion congrue dans une festivité qui est sensée lui être offerte et faire mémoire de sa venue.

Quand Dieu est sur la paille, nous, où sommes-nous ?

« Dieu sur la paille » : Texte de Gilles Boucomont initialement publié sur sa page Facebook, et que l’auteur m’autorise aimablement à republier sur Pep’s café. Qu’il en soit remercié !

Gilles est Pasteur à l’église protestante unie de Belleville (Paris) et Président de la Mission Evangélique parmi les Sans-Logis.

Quand tu es tenté de dégainer tes versets bibliques « plus vite que ton ombre…. » ou « le B ABBA » du disciple de Jésus

Un épisode de la série « Le B ABBA DU DISCIPLE » avec un message de Julien Coffinet sur l’importance de lire la Bible pour mieux connaître et aimer la Parole de Dieu.  

Et ce, à mille lieux de « dégainer » ses versets bibliques « plus vite que son ombre », à l’instar du célèbre adversaire de Jésus en Matthieu 4.

Lecture : Matthieu 4:1-11

Concours de l’Alliance Biblique Française : « Ecrire à la manière d’un psaume » sur le thème de la solidarité

« Faites une pause dans le tourbillon de votre quotidien. Prenez un peu de temps pour poser sur le papier ce que vous avez sur le cœur et que vous voudriez confier à Dieu » (Source image : public domain pictures)

Chaque année, au mois de novembre, la Bible est à l’honneur. En effet, le jeudi 24 novembre aura lieu la Journée Internationale de la Bible. Cette date symbolique vise à inciter, croyants et non croyants, à la lecture de la Bible. 

Par où commencer, dans la Bible ? Pourquoi pas par les Psaumes ? De tous temps, ces derniers ont été une source d’inspiration inépuisable pour des croyants désireux de mettre des mots sur leur foi. Colère, joie, tristesse ou encore confiance, toutes les émotions humaines se reflètent dans ce qui compose le plus long livre de la Bible. Aujourd’hui encore, ces paroles constituent un modèle pour qui cherche à s’adresser à Dieu.

C’est pourquoi, à cette occasion, l’Alliance Biblique Française, dont la mission consiste à mettre la Bible à la portée de tous, invite tout un chacun à prendre sa plume et à rédiger un poème à la manière des psaumes bibliques

L’occasion de faire une pause dans le tourbillon de son quotidien, et de prendre le temps de poser sur le papier ce que l’on a sur le cœur et que l’on souhaite confier à Dieu.

L’un de ces textes sera retenu par l’équipe de l’Alliance Biblique Française et il sera publié dans le magazine du Mois de la Bible. Cette revue sera diffusée gratuitement à 20 000 exemplaires au mois de mars 2023 dans près de 200 librairies partenaires.

Les autres poèmes seront mis en ligne sur le site du Mois de la Bible.

L’Alliance Biblique Française fixe quelques consignes pour ceux qui voudraient participer à cette initiative :

– Votre poème doit être rédigé à la manière d’un psaume. Sans aller dans trop de complexité, vous trouverez plus loin, en note, quelques éléments qui présentent simplement la poésie hébraïque.

– Votre poème doit aborder la question de la solidarité qui sera le thème du Mois de la Bible 2023. Les angles possibles sont nombreux : pauvreté, générosité, amour du prochain, justice, etc.

– Votre poème doit avoir une longueur qui ne dépasse pas 1200 signes (espaces compris).

Transmettre son texte sous word à laurene.delachapelle(at)sbf.fr.

Pour qu’il soit éventuellement retenu dans le magazine du Mois de la Bible, il faut le transmettre à l’adresse indiquée avant le 15 décembre. À défaut, il est toujours possible de le faire parvenir à l’Alliance Biblique Française mais il sera de facto publié sur internet.

EN BREF

Thématique : Solidarité

Taille : 1200 signes (espaces compris)

Format doc : Word

Deadline 1 : 15 décembre 2022 (pour la parution dans le catalogue du Mois de la Bible)

Deadline 2 : 28 février 2023 (pour le site internet du MDB)

Age : De 7 à 107 ans Langue : Français

Contact : laurene.delachapelle(at)sbf.fr

Source : Alliance Biblique Française. Communiqué de Presse « À la manière d’un psaume ».

Inspi :

« Le premier livre des psaumes : texte hébreu et texte grec » édité par Bibli’O et chroniqué par Pep’s café!

Notre action du mois d’octobre 2021 : lire et prier ensemble les psaumes

Le livre des psaumes présenté par un contributeur régulier, lors du défi biblique de l’été 2020 

Note :

(1)Qu’est-ce qu’un psaume ? Il y a, dans la Bible, un livre appelé les Psaumes. Il s’agit d’une collection de prières et de chants, individuels ou collectifs. Avec des images variées, ils rappellent qui est Dieu, ce qu’il a fait dans l’histoire de son peuple et ce qu’il veut faire dans l’histoire de chacun. Ils permettent d’exprimer devant Dieu la souffrance, la joie, la peur, la colère… Les auteurs n’hésitent pas à extérioriser leurs sentiments et à dire leur foi en Dieu, créateur, juste juge, protecteur et défenseur des opprimés.

Certains psaumes expriment :

– La louange et l’adoration (cf Ps 111 ; 145),

– La complainte : elle peut être individuelle (ex : Ps 3 ; 5 ; 13) ou collective (65 ; 80). Le célèbre Psaume 51 est une supplication individuelle, mais aussi collective, tant le psalmiste se sent membre de son peuple.

Structure fréquente :

1. bref appel à Dieu,

2. développement sur la description de l’état du malheureux (malade, accusé ou persécuté que tourmentent ses adversaires),

3. repentir ou proclamation de son innocence,

4. proclamation de la bonté ou la puissance de Dieu,

5. conclusion par la proclamation de la confiance du psalmiste (déjà exaucée). – L’action de grâce, collective (Ps 66 ; 124) ou individuelle le plus souvent (Ps 18 ; 32). L’introduction est alors sous la forme de louange, mais le développement est plutôt narratif.

Leur rédaction peut suivre plusieurs règles. Par exemple :

– En suivant l’ordre alphabétique (la première phrase commence par A, la deuxième par B, etc) – cf. Ps 9 et 10, actuellement dédoublé, forme visiblement une unité, car chaque verset commence par une lettre différente de l’alphabet (dans la Bible suivant l’alphabet hébreu, dans notre cas, suivant l’alphabet français), et ces lettres se suivent d’après l’ordre alphabétique sans rupture entre 9 et 10.),

– En utilisant une structure chiasme (figure de style qui consiste en un croisement d’éléments dans un ensemble de phrases sur un modèle AB/BA – Ps 1),

 – En utilisant une phrase qui revient régulièrement (cf Ps 136 avec la répétition « car son amour dure toujours. »),

– En utilisant des impératifs comme des invitations en début de phrase – cf Ps 30.5 ; 43.1,

– En commençant par « Heureux… »

– cf Ps 1 ; 112.

Source : Alliance Biblique Française. Communiqué de Presse « À la manière d’un psaume » 

Rencontre avec Gilles Geiser, pasteur, auteur et « stand-upeur » engagé

Gilles Geiser, Pasteur, auteur, éducateur…et « stand-upeur » engagé, qui se lève et se tient debout « dans la grande assemblée pour annoncer la bonne nouvelle » (Source image : Gilles Geiser)

Souvenez-vous : le 15 septembre 2021, sortait chez BLF « un MOI pour AIMER l’essentiel » de Gilles Geiser, un parcours méditatif de 30 jours « pour trouver ta joie en Dieu » [à l’origine un outil conçu en 2019 pour dynamiser les groupes de maison] qui m’avait inspiré à l’époque un article.

Ce livre étonnant et unique, déstabilisant et souvent drôle, est à vivre chaque jour, seul, ou mieux, en couple, « à deux ou (même) trois » (ce qui est le minimum ecclésial » selon Jésus), comme un parcours ou une aventure autour de ce qui fait l’essentiel de notre existence. Mon épouse et moi l’avions vécu à deux, en lisant un chapitre par jour, suivi de temps d’échange et de prière, pour s’encourager mutuellement et concrètement à passer, comme nous y invite l’auteur, « du savoir à l’avoir », pour relever le défi d’« un MOI pour AIMER l’essentiel ». Un parcours quotidien bienvenu qui nous invite donc à nous focaliser sur l’essentiel de Dieu, enseigné par le Seigneur Jésus-Christ dans les Evangiles : aimer « le Seigneur ton Dieu » et aimer « ton prochain, comme toi-même » (Matt.22v36-40).

Son auteur est Gilles Geiser, un nom qui sonne comme « geyser »… »geyser d’amour » (cf Rom.5v5) : Marié et père de trois adolescents, ce pasteur, auteur et éducateur, est aussi un « stand-upeur » engagé qui gagne à être mieux connu en France, comme il l’est actuellement en Suisse [il a reçu « un prix de la personnalité », décerné en 2021 par le mensuel Christianisme aujourd’hui].  A l’instar du psalmiste qui se lève et se tient debout « dans la grande assemblée » pour « (annoncer) la bonne nouvelle : le Seigneur délivre ! », Gilles ne se tait pas non plus, mais il dit que Dieu est « un vrai sauveur, ne cachant « ni la bonté ni la vérité de Dieu » (Ps.40v10-11).

Au bout d’un an et 30 jours, après des échanges par mail suite à la parution de mon article sur son livre, nous parvenons enfin à caler un rendez-vous par zoom, samedi matin 01/10, à l’heure du café (ou du thé). Nous nous sommes entretenus ensemble de l’impact et de « l’après-un MOI pour AIMER l’essentiel », et bien plus encore. 

Ce qui suit est la « substantifique moelle » d’un échange fraternel, d’autant plus apprécié et appréciable qu’il a contribué à nous focaliser sur l’essentiel : merci à Gilles Geiser, pour sa disponibilité et pour s’être prêté au jeu des questions-réponses !

Un bilan de « Un MOI pour AIMER » : un outil au service des églises (source image : Gilles Geiser)

« Un MOI pour AIMER l’essentiel : un an après »

« Il y a eu beaucoup de retombées positives et plusieurs personnes ont été touchées », me témoigne Gilles, en guise de bilan. « Mais le plus positif est que trois églises (Château-d’Oex, Yverdon, Nyon) ont vécu en communauté « un MOI pour AIMER l’essentiel » et l’ont bien apprécié ».

En guise de rappel, « Un MOI pour AIMER est un parcours en ligne qui se veut un outil au service des églises. L’idée est de vivre « un MOI pour AIMER » chaque année, en église ou en groupe de maison, avec un thème spécifique, pour renforcer la communauté.

Pour suivre le parcours vécu en église, c’est chaque jour sur http://www.1mpa.ch, avec une méditation, un témoignage et un sondage. (celui de 2022 est actuellement disponible en ligne) 

Initialement, il y a eu « Un MOI pour AIMER l’essentiel » en 2019 [publié sous forme de livre en 2021], puis « Un MOI pour AIMER Dieu » en 2020, « Un MOI pour AIMER l’Eglise » en 2021, et « Un MOI pour AIMER la Bible » en 2022. Est prévu, pour 2023, « un MOI pour AIMER Jésus ». « L’idée de base, c’était un MOI pour AIMER Pâques, mais on le fera peut-être l’année prochaine », m’explique Gilles, qui aimerait bien faire un jour « un MOI pour AIMER Noël » et rêve d’une application « un MOI pour AIMER ». En attendant « un MOI pour AIMER » à vivre en famille ?

« Un MOI pour AIMER Dieu » 

Ce parcours, considéré comme « un cadeau de Dieu » par Gilles et initialement écrit pendant « l’année covid », sous forme de slam, a été vécu dans son église de Chable-Croix à Aigle, dans le Chablais vaudois.

« Le principe consiste à découvrir une qualité de Dieu chaque jour », car « ce que je sais de Dieu [ce qu’il est avant ce qu’il fait] me conduit à l’adoration et me transforme ». A l’inverse, souligne Gilles, « si j’ai du mal à adorer un Dieu jaloux, c’est que j’ai mal compris cette qualité ».

Un parcours au curieux titre, avec un jeu de mot « MOI/MOIS » 

« Ce n’est pas « un MOI à AIMER », mais « un MOI pour AIMER », précise Gilles, qui reconnaît bien aimer les jeux de mots. « Nous sommes avant tout créés pour aimer et non pas d’abord pour être aimés ».

« Tu aimeras » : un commandement ou une promesse ? »

« A la fois un commandement et une promesse, quand on se tourne vers Dieu » , dit Gilles, citant Saint Augustin : « Dieu donne ce qu’il ordonne ». « Nous pouvons ne pas commettre l’adultère ou ne pas voler, mais il nous est impossible d’aimer. Cette Parole du décalogue « tu aimeras » est une injonction qui souligne ma propre incapacité à aimer et mon besoin d’un amour venant d’ailleurs et ne se trouvant qu’en Dieu ». En clair, « pas d’amour pour Dieu sans lui ».

Une citation « culotée » de Jonathan Edwards, qui se trouve dans « un MOI pour AIMER l’essentiel », p 127 : « Si nous aimons notre famille par-dessus tout, nous finirons par choisir le bien de notre famille au détriment du bien d’autres familles.  Si nous aimons notre pays par-dessus tout, nous choisirons les intérêts de notre pays et nous ignorerons ceux des autres pays.  Si nous aimons notre intérêt personnel par-dessus tout, nous choisirons de nous servir nous-même au détriment des besoins des autres.  C’est seulement si nous aimons Dieu lui-même par-dessus-tout que nous pourrons aimer et servir tout le monde, toutes les familles, toutes les catégories, tous les peuples » (Jonathan Edwards, cité par Gilles Geiser, « un MOI pour AIMER l’essentiel », p 127). Un antidote aux tentations du tribalisme et du nationalisme et autres replis identitaires ?

« Cette hiérarchie des loyautés est tellement vraie », dit Gilles. L’idée, même enrobée de « couleur évangélique », qui consiste à mettre mon église avant toute chose, conduit au final à l’exclusion des autres. Et en cas de division, nous pouvons même ne pas souhaiter que celui avec qui l’on s’est divisé réussisse ou craindre que l’autre réussie mieux que nous !

Face à l’idée véhiculée que, pour affronter ce monde, il conviendrait de « se blinder », de « s’endurcir », 1 Thes.5v8 exhorte « ceux qui appartiennent au jour » à prendre « la foi et l’amour comme cuirasse… ». L’amour : non une faiblesse, mais une protection !

Gilles reconnaît ne pas avoir ce verset en tête, mais que celui-ci donne à réfléchir. En guise de moteurs, nous agissons soit par peur, soit par amour. Si en tant que communauté, nous nous protégeons, nous agissons par peur (d’être persécuté, « souillé » par l’autre…). Mais le moteur du chrétien devrait être l’amour, lequel « bannit la peur ». L’amour est plus forte que la peur. « La cuirasse de foi et d’amour », dont il est question en 1 Thes.5v8, nous protège, en ce que cette cuirasse (ou ce vêtement) n’est pas faite « avec des peaux de peur ». 

Gilles Geiser, « slameur » et « stand’upeur engagé » 

Les spectacles sont écrits pour des personnes qui trouvent « belles » les valeurs chrétiennes, mais sans pour autant avoir compris le coeur de la foi. D’une durée d’1h20, ils nous entraînent du rire au sens, en passant par les émotions, avec des sketchs, des slams, et la marionnette « Colette ». Gilles aborde ce qui l’irrite, tels les emballages garantis « ouvertures faciles », mais qui nous donnent en réalité du fil à retordre….lesquels nous renvoient à notre prétendue « ouverture (facile) d’esprit », alors que notre coeur n’est en réalité pas si facilement « ouvert » que cela ! Il invite à le suivre dans un parcours autour du handicap : celui de sa petite sœur Anne à laquelle il rend un hommage touchant et magnifique, celui que génère la peur, et celui de l’amour.

« Un MOI pour AIMER l’essentiel, est-ce une répétition des stand-up ? 

« Pas impossible ! », me répond Gilles après un moment de réflexion. « Les questionnements en fin de chapitres du livre correspondent à ce que la marionnette pourrait dire…. »

En savoir plus :

Le site perso de Gilles Geiser, le parcours « un MOI pour AIMER », et l’Église Évangélique de Châble-Croix | Aigle

« Un MOI pour AIMER l’essentiel », de Gilles Geiser. BLF éditions, 2021. Disponible dans toutes les bonnes librairies, ici ou , et chez l’éditeur.

Recension de l’ouvrage à (re)lire sur Pep’s café! le blogue

Soukkot : l’occasion de « la congaudia »

« Soukkot » : une fête du souvenir…de la précarité de la vie et où l’on ne se réjouit pas seul (Source image : public domain pictures)

« Quant à la fête des Tentes, tu la célébreras pendant sept jours lorsque tu auras rentré tout ce qui vient de ton aire et de ton pressoir. Tu seras dans la joie de ta fête avec ton fils, ta fille, ton serviteur, ta servante, le lévite, l’émigré, l’orphelin et la veuve qui sont dans tes villes. Sept jours durant, tu feras un pèlerinage pour le SEIGNEUR ton Dieu au lieu que le SEIGNEUR aura choisi, car le SEIGNEUR ton Dieu t’aura béni dans tous les produits de ton sol et dans toutes tes actions ; et tu ne seras que joie ». (Deut.16v13-15)

Comme déjà signalé il y a quelques jours, nos amis juifs fêtent actuellement « Soukkot », la fête des tabernacles (ou des tentes). Cette fête biblique d’automne est une occasion de « n’être que joie ».

Au départ agricole, la fête est devenue une occasion de faire mémoire de la période du désert, lorsque les hébreux vivaient dans des cabanes. En effet, l’israélite, enrichi par d’abondantes récoltes, pourrait oublier ses origines, comme il en est averti en Deutéronome 6v10-16 et en Deutéronome 8v11-20. En vivant dans des cabanes, il se souvient de la précarité de toute chose.

L’israélite « ne sera que joie » : tel est le commandement de Dieu (estimé par certains comme étant le plus difficile !) pour cette fête. Mais il ne doit pas se réjouir seul : il prendra soin d’y associer sa famille, ses serviteurs, les religieux, sans oublier les précaires, « l’immigré, l’orphelin et la veuve qui sont dans (ses) villes »(v14). Ces derniers doivent partager sa joie et se souvenir, eux aussi, de la précarité de la vie. Le mot « compassion » signifie « souffrir avec », « partager la souffrance de son prochain », mais quel est le mot pour « partager la joie de son prochain » ? Il faudrait inventer le mot « congaudia » (« se réjouir avec »). Car on ne peut faire la fête en sachant son voisin dans le besoin.

Pourquoi se réjouir ? Parce que « le Seigneur t’aura béni dans tous les produits de ton sol et dans toutes tes actions » (v15). Quand on est béni, il est important de le voir et de le célébrer. La fête devient une confession de foi selon la parole de Paul : « Qui te distingue en effet ? Qu’as-tu que tu n’aies reçu ? Et si tu l’as reçu, pourquoi en tirer fierté comme si tu ne l’avais pas reçu ? » (1 Cor.4v7)

Célébrer, enfin, est l’occasion de la reconnaissance, un mot qui évoque l’identification (je reconnais un bienfait, une faveur imméritée) et la gratitude (je rends grâce). Dans la célébration, on se souvient des bénédictions du Seigneur et on le glorifie !

(D’après Antoine Nouis. La Bible : commentaire intégral verset par verset/1. Le Pentateuque. Olivétan/Salvator, 2021, pp 684-685)

Faire parler la Bible ou la laisser nous parler d’elle-même ?

Plutôt que de tenter de « faire parler » la Bible, laissons-la nous parler (d’)elle-même…

Devrions-nous être rassurés d’entendre des références à Dieu, le christianisme, ou la Bible (parfois accolée à « balles » – de fusil – et à « bœufs »] dans les discours politiques de leader de parti extrême, revendiquant un héritage fasciste ?

De même, serions-nous rassurés à chaque fois que le diable cite la Bible ?

Souvenons-nous, c’est avec des versets de l’Ecriture que Jésus a été tenté au désert (Luc 4v1-13. Voir aussi Matt.4v1-11). C’est aussi avec des versets qu’il a résisté à la tentation et qu’il a parlé sur la croix.

Citer des versets ne suffit pas, encore faut-il qu’ils soient en cohérence avec l’ensemble du livre.

De là un 1er critère : L’interprétation d’un passage de la Bible ne peut pas être en contradiction avec l’ensemble de son enseignement.

Plutôt que de tenter de faire parler la Bible, écoutons-la nous parler (d’) elle-même.

Outre Luc, trois textes du Nouveau Testament, qui parlent de l’Ancien Testament, nous permettent de dégager deux autres critères de lecture :

Jésus est l’accomplissement de la Loi (Mt 5.17-20) Jésus interprète la Loi, ce sera une des raisons de sa condamnation. 

2e critère : Si nous devons écouter ce que dit chaque texte pour lui-même, au moment d’en tirer des enseignements nous sommes appelés à le lire à travers la personne de Jésus-Christ. 

Depuis 3000 ans, Dieu dit : « Aujourd’hui » (Hé 3.7-4.13). L’aujourd’hui de Dieu a été annoncé dans l’Exode, relu dans les Psaumes, puis dans l’épître aux Hébreux. Maintenant, il s’adresse à nous. 

3e critère : L’Écriture parle à notre présent, nous sommes invités à la faire résonner dans notre aujourd’hui. 

4. Sara ou Agar, la foi ou la Loi, la liberté ou l’esclavage (Ga 4.21-31) : Paul ne craint pas de réinterpréter une vieille histoire pour expliquer l’opposition entre la foi et la loi, et pour rappeler l’exigence de la liberté.

Ceci posé, que faire des passages [qui nous paraissent] difficiles de la Bible ? Les critères relevés plus haut peuvent nous aider à les interpréter :

1. La création du monde en sept jours (Gn 1)

Même si nous avons du mal à croire (ou à comprendre) que le monde a été créé en sept jours [de 24 h ?], ce passage nous dit que Dieu est créateur et qu’aujourd’hui encore, il met fin à notre chaos et peuple notre solitude.

2. La prière de certains Psaumes

Même si nous ne nous reconnaissons pas toujours dans tous les Psaumes, ces prières nous aident à élargir notre propre prière et à prier en communion avec les cris et la souffrance de notre monde.

3. La question de l’esclavage dans l’épître à Philémon

Au-delà de la question de l’esclavage, cette épître nous invite à réfléchir à nos relations sociales et à nos hiérarchies.

Envoi : manger la Parole 

La Bible est à écouter, manger, savourer, digérer… Lorsque nous y cherchons une parole pour notre vie, la question de son inspiration devient évidente.

D’après Antoine Nouis. Un catéchisme protestant. Edition Olivetan-OPEC, 2010, pp 20-21 (Egalement disponible ici).