Face à l’actualité, ce repère solide demeure….

Il est temps de lever le nez de l’info en continu et de certains programmes politiques, pour se replonger davantage dans les Ecritures bibliques !

(Vu récemment sur twitter) :

En cas de doute face à l’actualité, il est bon d’avoir un repère solide :

« Tu n’exploiteras, ni n’opprimeras l’émigré, [car au pays d’Egypte, vous étiez des émigrés]… » (Ex.22v20).

Sans oublier : « Car c’est le Seigneur votre Dieu qui est le Dieu des dieux et le Seigneur des seigneurs, le Dieu grand, puissant et redoutable, l’impartial et l’incorruptible, qui rend justice à l’orphelin et à la veuve, et qui aime l’émigré en lui du pain et un manteau. Vous aimerez l’émigré, car au pays d’Egypte vous étiez des émigrés ». (Deut.10v17-19)

Mon témoignage inspire-t-il la crainte de Dieu ?

Voici une récente lecture du psaume 40, de David :

J’ai attendu, attendu le SEIGNEUR :
il s’est penché vers moi, il a entendu mon cri,

il m’a tiré du gouffre tumultueux,
de la vase des grands fonds.
Il m’a remis debout, les pieds sur le rocher,
il a assuré mes pas.

Il a mis dans ma bouche un chant nouveau,
une louange pour notre Dieu.

Beaucoup verront, ils craindront et compteront sur le SEIGNEUR.

 

Dans son chant de louange, le psalmiste témoigne d’une délivrance personnelle.

Il déclare avoir « attendu, attendu [ou : espéré] le Seigneur » dans une situation particulière de détresse. L’espérance n’est pas « l’espoir » (le probable) mais le possible de la foi, qui croit qu’à Dieu, le seul sauveur, tout est possible (cf Marc 9v23).

Le Seigneur « s’est penché », incliné, pour entendre le cri du psalmiste (cf Exode 2v23-25). Ce cri est un cri de détresse face au constat d’une situation sans issue, dans laquelle il s’est littéralement embourbé.

Le mouvement est descendant, le Seigneur allant vers celui qui est perdu. Le Seigneur se penche et, ayant entendu le cri, il ne reste pas sourd mais répond en retirant le psalmiste « de la fosse de destruction », sans faire de reproche et sans condition, sinon celle de départ : le psalmiste reconnaissant sa détresse. En effet, le Seigneur est le sauveur de celui qui reconnaît en avoir besoin !

Le Seigneur le sauve, le redresse et le rétablit.

Le salut vient de Lui seul : nous ne participons, ni ne contribuons à notre salut. Notre naissance, notre intelligence, notre richesse, notre force, nos relations, ne nous sont d’aucun secours pour nous en sortir. Même « le chant nouveau », spontané, de louange du psalmiste ne vient pas de lui, puisque le Seigneur le lui met dans la bouche !

Dieu « dresse ses pieds sur le roc » et « affermit ses pas », l’encourageant à se garder de toute rechute (cf Jean 5v14).

« Beaucoup le verront et auront de la crainte, ils se confieront dans le Seigneur » (v4). La délivrance n’est pas un simple « truc cool » qui m’est arrivé « juste pour moi ». Témoigner de ma délivrance est censé conduire de nouveaux adorateurs au Seigneur.

Ainsi, notre vie transformée inspire-t-elle la crainte de Dieu à ceux qui en sont témoins ? Sont-ils ainsi conduits à se confier en Lui seul et à faire alliance avec Lui ?

Le Psaume des assassins

« David demande à être lavé de (sa) faute, à être rendu plus blanc que neige… » (Source : public domain pictures)

On appelle psaume de pénitence le psaume 51, mais il n’est pas triste, ni plaintif ; il est au contraire tumultueux. David répond d’une faute grave, il l’expie et il épuise l’éloquence de sa peine. [David, en tant que roi d’Israël, était le représentant officiel de Dieu parmi son peuple; Mais, il a trahi cette confiance sacrée en commettant un crime de façon intentionnelle] : il a envoyé à la mort au combat un homme pour épouser sa femme, la splendide Batshéba. Du haut de sa volonté de roi, il a donné l’ordre scélérat qui a été exécuté : Urie le Hittite est laissé seul dans la mêlée. Dieu, en colère contre lui, lui enlève l’enfant premier-né de cette union et l’éloigne même du trône pour une longue période  [2 Sam.11 et 12]

(….)

David expie la peine infligée et ensuite, par ce psaume, demande à Dieu [qu’il n’appelle pas ‘‘YHWH’’ alors que c’est le nom caractéristique du livre II des Psaumes] d’effacer sa faute. Il emploie le verbe mahà que le prophète Esaîe attribue à Dieu en annonçant qu’il effacera une larme sur chaque visage [Es.25v8]. David demande à être lavé de cette faute, à être rendu plus blanc que neige et, au cours de sa requête, il décharge son terrible impératif à Dieu : Hazzilèni middammim, « libère-moi des sangs »(v16). Ce n’est pas une prière mais un ordre [ !] et qui contient le plus brutal des « tu » d’un homme à l’adresse de Dieu.

David a participé à de nombreux combats. Il a commencé enfant en abattant le colosse Goliath et en lui tranchant sa grosse tête, puis il a combattu pour Saül et puis pour son royaume. Il a commis des massacres, mais il doit répondre d’un seul sang versé : celui de Urie le Hittite, le mari de Batshéba. Et il emploie le pluriel « sangs » comme est au pluriel celui d’Abel versé par Caïn [Gen.4v10]

« Libère-moi des sangs » : l’impératif de David ne laisse pas de répit à Dieu, il ne penche pas vers une prière que l’on peut éluder. Dans le vers précédent, il lui a dit : « j’enseignerai tes chemins aux coupables ». C’est ainsi : un homme qui se repent et obtient le pardon peut enseigner les autres, parce qu’il a connu les chemins, les a perdus et puis a su les retrouver. Ce n’est pas celui qui enseigne sans discontinuer qui est un maître, mais celui qui brusquement apprend.

A la fin, le psaume offre une parole chère à ceux qu’irrite le faste de certaines cérémonies religieuses. David leur assure que : « les sacrifices d’Elohim sont un esprit brisé, un cœur brisé ». Dieu accueille près de lui l’homme blessé, tel est le sacrifice qui lui plaît, non pas la grande pompe de l’indemme. David l’a appris de Samuel, prophète et prêtre en Israël, qui l’oignit roi à la place de Saül. Il avait déjà vainement enseigné [à ce dernier] : « obéir est préférable au sacrifice, écouter est préférable au gras des moutons » (1 Sam.15v22). David va plus loin et définit la manière d’écouter et d’obéir : un cœur brisé.

Et au terme de cette lecture d’un psaume d’aventures : le monde est plein d’assassins, verseurs des sans d’autrui(1). [L’on peut alors souhaiter] à chacun d’entre eux, à chaque assassin, d’arriver à atteindre l’impératif de David. Hazzilèni middammim, qu’il paie ou non sa dette envers les hommes, c’est le vers 16 du psaume 51 qui est son but. Car il y a un moment où tout assassin sera de nouveau seul avec sa victime. Tout autour, il n’y aura ni guerre ni haine pour le soutenir, le justifier, l’approuver. Il sera seul et, sans le vers de David, il ne sera rien.

(D’après  « le psaume des assassins » IN De Luca, Erri. Première heure. Folio, 2012, pp 123-125)

 

 

Note : 

(1) Cf Matt.5v21-22

Prier est un acte dangereux….

« Vous donc, priez ainsi : Notre Père qui es aux cieux…. » (Matt.6v9-13)

Le Notre Père à la sauce « Sketch-up »(1) !

Un homme récite mécaniquement le Notre Père et surprise ! Voilà que Dieu lui répond. Le dialogue qui s’ensuit montre combien chaque demande de cette prière engage celui qui la formule, au point de changer radicalement sa vie et d’impacter ses relations.

En bonus, une piste de réponse pour ceux qui n’aiment pas réciter une prière pourtant enseignée par Jésus à ses disciples, se demandant si « elle est obligatoire pour bien prier » !

 

 

 

Note : 

(1) La compagnie théâtrale ! Voir cette interview de l’un de ses fondateurs et acteurs.

 

 

Jean 8v1-11 : Mais qu’écrivait donc Jésus, avec ses doigts, sur le sable…?

Le Christ et la femme adultère, de Nicolas Poussin (1653). Huile sur toile, exposée au musée du Louvre.

« Et Jésus gagna le mont des Oliviers. 

Dès le point du jour, il revint au temple et, comme tout le peuple venait à lui, il s’assit et se mit à enseigner. Les scribes et les Pharisiens amenèrent alors une femme qu’on avait surprise en adultère et ils la placèrent au milieu du groupe. « Maître, lui dirent-ils, cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Dans la Loi, Moïse nous a prescrit de lapider ces femmes-là. Et toi, qu’en dis-tu ? » Ils parlaient ainsi dans l’intention de lui tendre un piège, pour avoir de quoi l’accuser.

Mais Jésus, se baissant, se mit à tracer du doigt des traits sur le sol. 

Comme ils continuaient à lui poser des questions, Jésus se redressa et leur dit : « Que celui d’entre vous qui n’a jamais péché lui jette la première pierre. » 

Et s’inclinant à nouveau, il se remit à tracer des traits sur le sol. 

Après avoir entendu ces paroles, ils se retirèrent l’un après l’autre, à commencer par les plus âgés, et Jésus resta seul. Comme la femme était toujours là, au milieu du cercle, 

Jésus se redressa et lui dit : « Femme, où sont-ils donc ? Personne ne t’a condamnée ? » 

Elle répondit : « Personne, Seigneur », et Jésus lui dit : « Moi non plus, je ne te condamne pas : va, et désormais ne pèche plus. » (Jean 8v1-11)

[D’après les notes prises par mon frère Pierre-Louis, lors d’une étude de ce passage de l’Evangile, dans le cadre de mon groupe biblique pour hommes. Qu’il en soit remercié !]

Contexte de l’action :

Où : Mont des Oliviers, puis dans le Temple de Jérusalem / Quand : dès le matin / Qui : Jésus, le peuple, scribes et pharisiens, la femme

Dans ce passage, nous retrouvons 4 principales interactions. En guise de jeu, nous allons les résumer comme si nous donnions un titre au passage :

· Jésus et le peuple.

· Jésus et les scribes/pharisiens.

· Jésus et la femme adultère.

· Le 4e titre apparaît tel un filigrane dans notre passage. Pour garder le suspens, il sera révélé aux persévérants qui liront la présente étude en entier.

1/ Jésus et le peuple

Après que tout le monde soit rentré de la fête des Tabernacles à sa maison, et que Jésus soit monté (pour la nuit ? en présence de ses disciples ?) au Mont des Oliviers, nous retrouvons Jésus (et ses disciples) de nouveau dans le Temple, « dès le matin » précise le verset 2.

Le peuple vient à Jésus, puis Jésus, assis, enseigne le peuple. Jésus semble prendre la même posture qu’au chapitre 6, lorsqu’il considère, ému de compassion, la foule qui vient à lui sur la montagne. Jésus connait le besoin de ce peuple, et il se positionne non du haut de sa chaire, mais à sa hauteur, assis dans le parvis du Temple.

2/ Jésus et les scribes/pharisiens

Sur ces faits, les scribes et pharisiens, connaisseurs de la loi mosaïque, amènent une femme devant Jésus. On peut éventuellement imaginer la manière dont ils l’amènent : molestée, insultée, raillée, traînée par les cheveux, « c’est une honte (& co) ».

Le motif invoqué par les scribes et pharisiens pour agir de telle manière est le suivant : cette femme a été prise en flagrant délit d’adultère. Or selon la loi (Deutéronome 22v23-24 / Lévitique 16), le châtiment de lapidation s’applique aux personnes (femmes… et hommes) qui agissent de cette sorte.

Au-delà de leur volonté d’appliquer la justice, la Parole nous précise que l’accusation tend également un piège à Jésus, pour lui faire perdre la face devant le peuple et peut-être pouvoir récupérer quelques chefs d’accusation pour le faire arrêter.

Leur vérité : « Moïse, dans la loi, dit de lapider de telles femmes. »

Leur question : « Toi donc que dis-tu ? »

Les scribes et pharisiens mettent Jésus face à une situation d’adultère, mais également et surtout face à la loi de Moïse.

Ce que dit Jésus, est-ce légitime ? Que dit donc précisément la loi de Moïse ? Deux choses :

Lévitique 18v20 : « Tu n’auras point commerce avec la femme de ton prochain, pour te souiller avec elle. »

Deutéronome 22v23-24 : « Si l’on trouve un homme couché avec une femme mariée, ils mourront tous deux, l’homme qui a couché avec la femme, et la femme aussi. Tu ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. Si une jeune fille vierge est fiancée, et qu’un homme la rencontre dans la ville et couche avec elle, vous les amènerez tous deux à la porte de la ville, vous les lapiderez, et ils mourront la jeune fille pour n’avoir pas crié dans la ville, et l’homme pour avoir déshonoré la femme de son prochain. TU ôteras ainsi le mal du milieu d’Israël. »

Notons deux détails, intéressants justes pour questionner la démarche des scribes et pharisiens :

– Comment prendre en flagrant péché d’adultère une femme ?

– Et si l’homme et la femme sont condamnés par la loi, où est l’homme ? La justice des scribes et pharisiens fait elle finalement une différence entre les genres (de mémoire un autre titre proposé était : « Où sont les hommes ? ») ?

Par ailleurs, ce n’est pas leur 1ère tentative, (Cf. Jean 7v45-52).

La réponse de Jésus vient en 3 temps : un 1er mouvement, une question, et un 2nd mouvement.

Tout d’abord, Jésus, alors sur l’assise, se baisse pour écrire du doigt dans la poussière du sol, quelque chose (dessin, écriture…) qui n’est pas décrit. Que pourrions-nous imaginer ? Peut-être que Jésus a inscrit du doigt dans le sol les versets de la loi de Moïse – par exemple : « tu ne commettras pas d’adultère », sachant qu’ « adultère » est synonyme de « pécheur »? (1)… Nous ne pouvons que le supposer. Par ailleurs, le seul à écrire avec le doigt, dans la Bible, c’est Dieu écrivant les Dix commandements sur les tables de pierre (Ex.31v18, Deut.9v10). Ce passage nous rappelle également la mention du doigt présent en Daniel 5v5, lors du festin donné par le roi Balthazar. Enfin, l’acte d’écrire sur la terre n’apparaît que dans Jérémie, où le prophète menace ceux qui se détournent de l’Eternel d’ « être écrits sur la terre » (Jer.17v3). Ce geste peut donc nous évoquer l’autorité de Jésus, en lien avec la question qu’il pose par la suite aux scribes et pharisiens.

Jésus répond à la question (et autres interrogations non-nommées, v.7) par cette parole : « Que celui de vous qui est sans péché lui jette la première pierre. »

Nous notons que l’attitude physique de Jésus a changée. Il a dit cette parole après s’être levé, prenant une posture d’action, et d’autorité. Jésus renvoie les scribes et pharisiens à un examen en eux-mêmes pour s’interroger sur leur légitimité à porter une accusation d’adultère.

Jésus ayant terminé de parler, se baisse de nouveau, et continue d’écrire sur le sol(2). Les scribes et pharisiens ont donc leur réponse par une question implicite : quel homme n’a pas commis de péché d’adultère pour être digne de jeter le premier une pierre contre cette femme ?

La réaction des hommes présents, accusés par leur conscience, est de prendre la fuite, discrètement, sans bruit, comme en cachette. L’attitude de ces hommes fait penser à Adam qui se cache pour fuir Dieu alors qu’il découvre son état de péché. On peut ressentir que les scribes et pharisiens n’ont pas un cœur de repentance par rapport au péché démasqué en eux. Ils sont couverts de honte, des plus âgés jusqu’aux derniers. Jésus, qui n’a pas péché d’adultère, reste donc seul avec la femme. Lui seul est digne de juger cette femme, lui seul est juste pour choisir de condamner ou de gracier.

3/ Jésus et la femme adultère

La première action de Jésus, une fois seul avec l’accusée, et de reprendre une position debout, signalant encore une fois un passage à l’action.

Puis Jésus pose deux questions à la femme : « Femme, où sont ceux qui t’accusaient ? Personne ne t’a-t-il donc condamné ? »Par cette question, il redonne à la femme la liberté de s’exprimer, il lui redonne également la dignité d’un être humain doué de parole (ce qui ne semblait pas jusque-là être la conception des scribes et pharisiens).

Sa posture n’est donc pas de la condamner, alors qu’il est en mesure de le faire. Au lieu de cela, Jésus relève la femme en lui faisant constater qu’il l’a défendue de ses accusateurs, et qu’il lui donne la possibilité de lui parler et de s’avouer à lui.

La femme répond donc à Jésus : « Non, Seigneur », et reconnait par sa réponse que Jésus est bien celui qu’elle désire comme son Seigneur. Cette réponse donne également à Jésus l’autorité pour enlever la condamnation et la libérer tout en lui recommandant de ne plus pécher, c’est-à-dire de ne plus être esclave du péché. Il libère la femme, selon 3 étape :

  • Je ne te condamne pas : Jésus fait grâce.
  • Va : Jésus libère.
  • Et ne pèche plus :Jésus rend capable de ne plus être esclave du péché.

4/ Jésus et moi (le lecteur)

Entre les lignes de ce passage, nous observons plusieurs comportements face à Jésus, qui est Dieu. De la même manière que nous pouvons être une terre en bord du chemin, rocailleuse, couverte de ronces, ou au contraire une bonne terre fertile, bien retournée (cf. Matthieu 13, Marc 4, Luc 8), nous nous comportons également de plusieurs manières dans notre relation avec Jésus, notamment face à notre péché, et aux adultères que nous commettons envers Dieu lui-même (la notion d’adultère apparaît la première fois en Exode 20 et fait référence d’abord au fait de se faire « d’autres dieux » que notre Dieu).

Les scribes et pharisiens nous témoignent un comportement hypocrite (ils ne reconnaissent pas leur propre adultère), partial (il n’y en a que pour les femmes) et hautain (« notre classe/espèce/rang social » ne pèche pas, mais seulement ceux qui sont sans savoir).

La femme, elle, n’a rien fait que se tenir humblement devant Jésus, lui répondre, accepter la libération du joug, le pardon du péché. Cela lui permet d’être libre, d’aller, et de ne plus pécher, non pas parce que la loi l’interdit, mais par conscience de l’amour que Dieu a pour elle.

On peut se souvenir de Marie, qui était enceinte de Jésus hors-mariage. Selon la loi, Joseph aurait pu la condamner, mais parce qu’il a écouté l’ange, il lui a fait grâce et l’a prise pour femme.

Dans ce passage, le lecteur est finalement mis face à lui-même, et face à la Parole de Dieu pour évaluer sa position (est-il sans péché ?), décider de sa posture (humilité/orgueil) et finalement laisser Dieu opérer une libération du péché dans son cœur.

En appui de ce texte :

Galates 5v1 : « C’est pour la liberté que Christ nous a affranchis. Demeurez donc fermes, et ne vous laissez pas mettre de nouveau sous le joug de la servitude ».

Proverbes 3v34 : « Il se moque des moqueurs, mais il fait grâce aux humbles ».

 

 

Notes :

(1) Erri de Luca estime que « l’assemblée du Sinaï, qui assiste à la scène, lit dans la poussière du sol : « tu ne tueras pas ». (Jésus) écrit sur la poussière du sol : pourquoi ? C’est peut-être samedi ? Les choses interdites du samedi comprennent aussi l’écriture, mais elle est autorisée sur la poussière ou le sable. L’étranger accomplit un geste permis un jour de fête. Mais ce ne peut être un samedi, on ne prononce aucun jugement et on n’exécute aucune condamnation le jour de shabbat. c’est précisément ce qu’il leur dit : quand il s’agit de condamnation à mort, tous les jours se transforment en shabbat. Il donne enfin le dernier dispositif du dénouement : que celui d’entre eux qui n’a jamais commis de faute jette la première pierre. Personne ne veut être le premier dans une lapidation. A plus forte raison, personne ne s’avancera devant sa communauté avec la pierre de celui qui est sans faute. » (Et il dit, pp71-72)

(2) Sur le site « 1001 questions », le Répondant souligne que « Jésus écrit deux fois (le verbe utilisé la première fois suggère une écriture multiple, le verbe utilisé la seconde fois suggère qu’il raye [ou qu’il efface] ».

Lui, il vous baptisera du Saint-Esprit et de feu

« Le baptême de l’Esprit doit produire le fruit du Seigneur, sinon il est vanité ou illusion… » (Adèle Pélaz)

« Moi, je vous baptise dans l’eau en vue de la conversion ; mais celui qui vient après moi est plus fort que moi : je ne suis pas digne de lui ôter ses sandales ; lui, il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu ». (Matt.3v11).

 

« Si nous n’avons pas le feu de Dieu, notre travail auprès des âmes est sans puissance. Le feu de l’Esprit Saint permet une démonstration de puissance de la part du Seigneur Jésus. Il peut renverser les forteresses de Satan dans les coeurs, convaincre de péché, de justice et de jugement.

Quand l’Esprit de Dieu rayonne sur le front du maître, l’élève comprend, saisit, et met son zèle à appliquer la leçon. Quand l’Esprit illumine le regard du prédicateur, il transfigure celui à qui la vérité se révèle !

Sans l’Esprit, sans ce rayon enflammé, notre vie serait languissante et sans intérêt. Mais si notre travail est traversé par le feu du Seigneur, toutes nos facultés seront renouvelées : l’imagination, la créativité, la foi, la volonté, le zèle…

Le baptême de l’Esprit doit produire le fruit du Seigneur, sinon il est vanité ou illusion. L’Esprit doit couler dans notre coeur et dans nos oeuvres, et le centre en est l’amour des âmes ! »

(Méditation d’Adèle Pélaz – 1850-1940 – IN Fillatre, Louis-Michel. Une année de grâce. Editions diffusion du Cèdre, 2016, p 185)

Un livre écrit pour moi

« Je viens moi-même à toi, ô Dieu, pour faire ta volonté, selon ce qui est écrit à mon sujet dans le saint livre.” Je suis donc concerné par ce que j’y lis !

« Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande,– tu m’as creusé des oreilles pour entendre– tu n’as demandé ni holocauste ni expiation.

Alors j’ai dit : « Voici, je viens avec le rouleau d’un livre écrit pour moi.
Mon Dieu, je veux faire ce qui te plaît, et ta loi est tout au fond de moi. » (Ps.40v7-9)

Telle est ma « portion-harpon » pour la semaine, reçue samedi dernier.

Pourquoi à ce moment ? Le fait que nos amis Juifs s’apprêtent à fêter Chavouot (Célébrant le don de la Torah) du 08 au 10 juin et que nous, chrétiens, fêterons Pentecôte (Célébrant le don du Saint-Esprit) le 09 juin – l’une et l’autre tombant à la même période ! – n’y est sans doute pas étranger.

Dans ce passage du psaume, David s’adresse à Dieu, et nous communique au passage ce qui est important pour ce dernier : « Tu n’as voulu ni sacrifice ni offrande (….) tu n’as demandé ni holocauste ni expiation » (cfr. Lévitique 1-7),  l’un et l’autre ne pouvant « rendre parfait le cœur de quiconque pratique ce culte » (Hébr.9v9).

Ces sacrifices s’avèrent donc inappropriés (et détournés en fin plutôt que moyen), mais, comme le souligne David en parlant à (de) Dieu, « tu m’as creusé des oreilles pour entendre » (ce qui te plaît).

« Tu m’as creusé des oreilles ». « Creuser » est un verbe qui n’a ce sens qu’ici. Erri de Luca souligne que « ce verbe de David est le verbe avec lequel, dans l’Écriture Sainte, on creuse des puits » [cf Gen. 26:25; Nombres 21:18]. « David est tout simplement en train de dire que les oreilles sont des puits » où l’eau de la révélation [les paroles de Dieu] – se dépose et se garde, sans qu’il s’en perde une seule goutte(1). Une façon poétique de définir l’écoute (ou l’obéissance), laquelle « vaut mieux que les sacrifices » (1 Sam.15v22)

En fin de compte, vu que les sacrifices mentionnés plus haut s’avèrent inappropriés, Dieu ne nous demande donc « rien d’autre » pour « sacrifice » que de « venir » vers lui et de Lui manifester notre disponibilité et notre disposition de cœur (avec ce cœur nouveau) à « faire ce qui (Lui) plaît » (cf Rom.12v1). Une seule offrande. Pas plusieurs.

Dieu nous a « creusé des oreilles » pour l’écouter et Lui obéir, sans doute avec le même doigt qui a écrit les « 10 Paroles » sur les tables de pierre (Ex.31v18 et Deut.9v10)

Mais, selon le psaume 40 et l’alliance nouvelle annoncée en Jérémie 31v31-34 et Ezech.36v26-27, Dieu « dépose » en réalité « ses directives au fond (de nous-mêmes), les inscrivant dans (notre) être » (Jer.31v33 et cf 2 Cor.3v3)

Dans le Nouveau Testament, en Hébreux 10v5-7, nous apprenons que ce psaume 40 a été accompli par le Seigneur Jésus-Christ : « Car le sang des taureaux et des boucs ne pourra jamais enlever les péchés. C’est pourquoi, au moment où il allait entrer dans le monde, le Christ dit à Dieu : « Tu n’as voulu ni sacrifice, ni offrande, mais tu m’as formé un corps. Tu n’as pris plaisir ni à des animaux brûlés sur l’autel, ni à des sacrifices pour le pardon des péchés. Alors j’ai dit : “Je viens moi-même à toi, ô Dieu, pour faire ta volonté, selon ce qui est écrit à mon sujet dans le saint livre.”  » Il déclare tout d’abord : « Tu n’as voulu ni sacrifices, ni offrandes, ni animaux brûlés sur l’autel, ni sacrifices pour le pardon des péchés, et tu n’y as pas pris plaisir. » Pourtant, ces sacrifices sont offerts conformément à la loi. Puis il ajoute : « Je viens moi-même pour faire ta volonté. » Il supprime donc les anciens sacrifices et les remplace par le sien. 

Jésus-Christ a fait la volonté de Dieu ; il s’est offert lui-même une fois pour toutes, et c’est ainsi que nous sommes purifiés du péché. Tout prêtre se tient chaque jour debout pour accomplir son service ; il offre souvent les mêmes sacrifices, qui ne peuvent cependant jamais enlever les péchés. Le Christ, par contre, a offert un seul sacrifice pour les péchés, et cela pour toujours, puis il s’est assis à la droite de Dieu.  Maintenant, c’est là qu’il attend que Dieu contraigne ses ennemis à lui servir de marchepied. Ainsi, par une seule offrande il a rendu parfaits pour toujours ceux qu’il purifie du péché.

Le Saint-Esprit nous l’atteste également. En effet, il dit tout d’abord : « Voici en quoi consistera l’alliance que je conclurai avec eux après ces jours-là, déclare le Seigneur : J’inscrirai mes instructions dans leur cœur, je les graverai dans leur intelligence. » Puis il ajoute : « Je ne me souviendrai plus de leurs fautes et de leurs péchés. » Or, si les péchés sont pardonnés, il n’est plus nécessaire de présenter une offrande à cet effet ». (Hébr.10v4-18)

C’est là une grâce de Dieu, une faveur imméritée. Mais cette grâce est une « grâce qui coûte », puisqu’elle a coûté le sacrifice de Notre Seigneur à la croix, et parce qu’elle nous coûte notre obéissance.

Comme David et le Seigneur, nous venons nous-même à Dieu, « avec le rouleau d’un livre où il y a quelque chose d’écrit à notre sujet ». C’est ainsi que nous sommes aussi concernés par ce qui est écrit dans la Bible (2).

 

 

 

Notes :

(1)Cf https://www.la-croix.com/Archives/2009-08-13/Dossier.-Entretien-Erri-De-Luca-ecrivain-Je-reste-incapable-de-donner-le-tu-a-la-divinite-_NP_-2009-08-13-351360 et https://messaje-ouest.fr/article/document-temoignage-erri-de-luca

Du même Erri de Luca : « L’écoute est une citerne dans laquelle se déverse une eau de ciel de paroles scandées à gouttes de syllabes (…) l’écoute est un puits qui les garde entières, on peut en prendre là chaque fois sans qu’il en manque une ».Et Il dit. Gallimard. « Du monde entier », 2012, p45)

(2) Ainsi Dietrich Bonhoeffer, pasteur et théologien allemand : se trouvant aux Etats-Unis en 1939, il a eu l’impression « d’être obligé de retourner en Europe pour être avec ses frères et sœurs en Allemagne, dans l’opposition contre le régime nazi. Juste avant son retour à l’Europe, il a lu le texte de 2 Timothée 4,21 : « Efforce-toi de venir avant l’hiver. » Dans son cahier personnel, il a noté que ce texte l’accompagnait pendant toute la journée, et il ajoutait : Ce n’est pas un abus de l’Ecriture si je laisse parler cette parole à moi-même ». cf http://lesattestants.fr/wp-content/uploads/2019/02/Lehmk-Attestants-Bible.pdf

 

 

 

La propriété est-elle « un droit sacré » ? Qu’en dit la Bible ?

« Possessions », par Andy Singer.
Quelqu’un peut posséder des maisons, des voitures, de très gros moyens, beaucoup de choses utiles ou non(….). Toutefois, ce que l’Evangile de Jésus-Christ ajoute au privilège de la propriété, c’est ce que ce droit ne peut être égoïste. Il confère des responsabilités et des devoirs

« Tu ne déroberas point » (Exode 20v15)

« La morale [libérale-] conservatrice affirme que « la propriété personnelle est un droit sacré ». C’est tellement vrai, dit-elle, que la loi divine, par le huitième commandement et la loi des hommes (….) s’accordent pour protéger la propriété en réprimant sévèrement le vol.

Personnellement, je n’aime pas du tout le rôle de « gardienne des coffres-forts » que d’aucuns attribuent ainsi à l’Eglise. En fait, j’ai franchement honte de l’histoire moyenâgeuse où l’Eglise, précisément, s’est laissé prendre au piège. L’Eglise dégénérée d’alors ou d’aujourd’hui, l’Eglise gardienne des richesses et grosse propriétaire elle-même, n’a-t-elle pas, par sa politique, freiné longtemps le progrès social ? N’est-elle pas co-responsable de l’éclosion des doctrines réactionnaires et de l’éloignement spirituel de beaucoup ? Il faudrait être de mauvaise foi ou tout ignorer de l’histoire pour ne pas reconnaître sa part de responsabilité dans ce domaine ».

[Ceci écrit sans langue de bois par Adolphe Hunziker, qui n’a rien d’un « communiste », ou d’un tenant du « néo-socialisme ». En réalité, ce pasteur suisse (1912-2007) est considéré comme l’un des pionniers du mouvement pentecôtiste en Suisse romande et fondateur de la première église évangélique du Réveil de Suisse en 1935. Il a tenu les propos ci-dessus, non pas dans « L’Humanité » ou « Politis », mais lors d’une « causerie radiodiffusée » sur Radio Réveil, consacrée au « droit à la propriété ». Les causeries ont été éditées sous forme de recueil, sous le titre « Les règles du vrai bonheur » d’A. Hunziker. Ed. Radio Réveil, ca 1970 (Epuisé).

Dans cadre, Adolphe Hunziker a su parfaitement éviter le piège dans lequel est tombé Dennis Peacocke, dans son « partenaire avec Dieu en affaires » (JEM éditions, 2008), ce dernier posant en effet pour « principe directeur numéro 1 » la propriété privée, et l’exploitation de biens et de ressources « aux dimensions et potentialités » qu’il estime « inimaginables »(op. cit., p 146)(1)]

Pourtant, poursuit Adolphe Hunziker, « c’est évident, quoique peu compris : les Eglises politico-financières ont adopté trop facilement un slogan fort utile à une politique d’arrière-garde quand elles ont affirmé ou affirment encore sans nuance : la propriété est un droit sacré ! (2) Mais peut-on attendre mieux des lois purement laïques ? Hélas !

Qu’en pensez-vous, les lois réprimant le vol ont-elles été uniquement promulguées par pur amour de la justice ? Ne seraient-elles pas aussi le reflet de l’égoïsme et de la frousse des possédants cherchant à se protéger contre ceux qui ne possèdent rien ? » [Que dirait Hunziker aujourd’hui, du Président brésilien Bolsonaro – largement soutenu par les Evangéliques, notamment la gigantesque Assembleia de Deus envers Bolsonaro, cette branche évangélique particulièrement prospère au Brésil de laquelle provient la nouvelle première dame – ouvertement proarmes (en faveur des propriétaires terriens) et antipaysans (sans terre) ?(3)]

« (…..) Non, en vérité, aucun code légalisant le droit à la propriété ne peut traduire tout l’enseignement moral contenu implicitement dans le commandement divin que nous examinons. Voyons maintenant ce que la Bible enseigne :

La Bible ne considère la propriété personnelle ni comme un péché, ni comme un droit « sacré ». La grosseur de notre compte en banque, comme la grosseur de nos biceps, n’est ni bonne ni mauvaise en soi. Tout dépend de ce que l’on en fait ! La Bible, donc, ne condamne pas la propriété personnelle comme étant une injustice. Mais elle déclare que c’est un prêt, un dépôt divin, une gérance de laquelle le possédant est responsable et dont il aura à rendre compte devant Dieu.

(….) « Tu ne déroberas point » [Ex.20] : ce commandement divin établit, certes, le droit à la propriété personnelle. Quelqu’un peut posséder des maisons, des voitures, de très gros moyens, beaucoup de choses utiles ou non, c’est là son droit évident et personne ne saurait le juger (….). Toutefois, ce que l’Evangile de Jésus-Christ ajoute au privilège de la propriété, c’est ce que ce droit ne peut être égoïste. Il confère des responsabilités et des devoirs de bienfaisance libre dont les possédants-gérants auront à rendre compte. C’est pourquoi, si nous ne devons pas oublier les pauvres dans nos prières, nous ne devons pas non plus oublier les possédants, car ils ont réellement besoin de la sagesse d’en haut pour accomplir leur beau et difficile ministère de bienfaisance »[Cette prière s’adresse à chacun de nous, car ayant tous reçu, nous sommes tous responsables, certes à des degrés divers : « à celui qui a beaucoup reçu, il lui sera beaucoup redemandé » cf Luc 12v48].

« Parlons maintenant de la violation du droit de propriété qu’est le vol. (Selon une définition inspirée par l’enseignement de la Bible) voler c’est dérober par ruse ou par force des valeurs qui se voient ou ne se voient pas ». Ainsi, « celui qui lance un pavé dans une vitrine pour s’emparer de montres et de bijoux est un voleur (…..) la ménagère glissant subrepticement un petit quelque chose dans son panier à provisions est également une voleuse (….). Mais sait-on assez que quiconque prend ou accepte la femme ou le mari de quelqu’un est un voleur ou une voleuse ? De même, celui qui enlève l’honneur de son prochain en répandant des choses vraies ou fausses est un voleur. Voleurs, ceux qui oublient de payer leurs dettes ou encore qui retiennent la part de leurs biens revenant à Dieu et à son œuvre. Voleurs, ceux qui profitent de la crédulité ou de l’ignorance pour réussir « une affaire ». Voleurs, ceux qui empoisonnent la santé publique en fabriquant des denrées frelatées. Voleurs, ceux qui vendent des remèdes qui ne guérissent pas ; des autos usées au bout de deux ans (……)(4)

Et parmi tous ces braves gens affirmant candidement qu’ils n’ont ni tué ni volé, plus d’un sait très habilement cacher sa malhonnêteté à l’intérieur de ce qui est légal, selon la loi des hommes. Mais Dieu a une autre mesure. Quand Jésus vit un jour certains marchands et spéculateurs légaux à l’intérieur du temple, Il les chassa en traitant ces braves gens d’éhontés voleurs. Ils durent être furieux, car ils n’étaient sans doute pas conscients de leur qualité de voleurs, eux dont la devise pouvait être tout simplement « les affaires sont les affaires ! »

Il semble toutefois « que les voleurs trouvent leur place dans l’une ou l’autre des deux catégories si divinement dévoilées par la parabole du Bon Samaritain. Il y a d’abord le brigand, « le sale voleur », celui qui, par violence ou par ruse, prend ce qui se voit et ce qui ne se voit pas. S’il n’est pas protégé par quelque personne influente, on le condamne généralement assez rapidement. Et puis, il y a le pharisien, « l’égoïste honnête », le voleur très propre, celui qui passe, dans sa dignité impeccable, sans rien faire pour son prochain ou qui fait quelque chose en sonnant de la trompette, comme le dit Jésus. Selon la Bible, en effet, voler c’est peut-être aussi bien garder que prendre ».

[C’est ainsi que, transgresseurs, nous sommes tous des voleurs, sous cette mesure divine]

Pourquoi vole-t-on ?

(….) par désir d’obtenir quelque chose pour rien, ou en tout cas, sans trop de peine. La loi naturelle est qu’il faut suer et semer pour récolter. Mais si seulement on était assez malin pour contourner cette loi ; si seulement on pouvait posséder vite et sans peine ce que l’on veut [toujours plus, plus, plus, plus !] ! Telle semble être l’amorale philosophie de beaucoup.(….) C’est le même désir de posséder de l’argent sans trop d’efforts qui a fait la fortune de tous les casinos et de toutes les loteries » (5)

De fait, une façon d’aimer nos enfants sera de leur enseigner « que l’on n’obtient rien de satisfaisant sans peine ». Ne leur vantons donc pas « la malignité de M. Z qui a réussi, sans coup férir, une affaire magnifique. Ne jouons jamais à l’argent ou avec de l’argent….. Payons d’exemple », en nous montrant intègres sur ce plan [et souvenons-nous, à l’instar de Dietrich Bonhoeffer, que la grâce est avant « une grâce qui coûte » (à l’opposé de la « grâce à bon marché »), puisqu’elle a coûté le sacrifice de Christ et parce qu’elle nous coûte notre obéissance en tant que disciple de Jésus-Christ].

Enfin, conclut Adolphe Hunziker, « le vol de ce qui se voit ou de ce qui ne se voit pas, le vol qui dérobe ou qui retient égoïstement est toujours l’indication d’une faillite morale et spirituelle. Le voleur, même le voleur « légal », et surtout celui qui ne s’est pas encore fait prendre, se châtie lui-même : il n’est jamais parfaitement tranquille, ni pleinement heureux [à moins d’avoir la conscience endurcie/dérèglée]. Mais, fait spirituel plus grave encore, le voleur étant animé de l’esprit [de celui qui est dès le commencement le type du trompeur], ne saurait songer à entrer dans le royaume de Dieu. Le trompeur, le malhonnête, l’égoïste, le voleur, tombent sous le coup du jugement divin. L’Ecriture Sainte le déclare formellement : le voleur n’entrera pas dans le Royaume de Dieu ! » (1 Cor.6v10).

[Heureusement, l’espérance du message de l’Evangile tient à ce que tout pécheur repentant est pardonné]. « Le salut (est pour) celui qui a conscience qu’un jour il a pris ce qui n’était pas légitimement à lui (…) », pour « celui qui réalise qu’il n’a pas toujours géré ses biens comme devant en rendre compte » et pour « quiconque se voit comme n’ayant pas été aussi honnête qu’il l’aurait dû, ce salut moral et spirituel se trouve dans la repentance, la réparation [de préjudice cf Ex.22v2 et ss, 2 Sam.12v1-15] et la conversion.

Jésus a dénoncé et chassé les voleurs embusqués ; il a chassé les voleurs du temple. Mais il a accueilli le voleur repentant et Il l’a introduit au paradis…. »

[Le droit à la propriété IN Hunziker, A. « Les règles du vrai bonheur » : causeries radiodiffusées. Ed. Radio Réveil, ca 1970, pp 109-118]

 

 

Notes :

(1) Et ce, alors que son « principe directeur numéro 9 » stipule que « les hommes ne sont pas égaux(« notre véritable égalité se mesure en terme de responsabilité envers Dieu ») et « la redistribution économique n’y changera rien »(op. cit., pp. 143-144). Un concept révélateur d’une vision conservatrice du monde, semblant légitimer les inégalités et, surtout, délégitimant toute tentative(de l’Etat, surtout – parce que ce serait « communiste » ?)de réguler, d’ajuster ou de corriger lesdites inégalités. op. cit., p 144 et p 154-le seul rôle de l’Etat étant de « maintenir l’ordre »…].

(2) Le Pape François a été traité de « marxiste » et de « néo-socialiste » par certains conservateurs américains (l’animateur radio Rush Limbaugh et Stuart Varney, commentateur de la chaîne Fox) pour avoir affirmé dans son exhortation apostolique Evangelii Gaudium (2013)que « la possession privée des biens se justifie pour les garder et les accroître de manière à ce qu’ils servent mieux le bien commun, c’est pourquoi la solidarité doit être vécue comme la décision de rendre au pauvre ce qui lui revient » ; « nous ne pouvons plus avoir confiance dans les forces aveugles et dans la main invisible du marché. La croissance dans l’équité exige quelque chose de plus que la croissance économique, bien qu’elle la suppose ; elle demande des décisions, des programmes, des mécanismes et des processus spécifiquement orientés vers une meilleure distribution des revenus, la création d’opportunités d’emplois, une promotion intégrale des pauvres qui dépasse le simple assistanat. Loin de moi la proposition d’un populisme irresponsable, mais l’économie ne peut plus recourir à des remèdes qui sont un nouveau venin, comme lorsqu’on prétend augmenter la rentabilité en réduisant le marché du travail, mais en créant de cette façon de nouveaux exclus ». Dans son encyclique Laudato Si (2015), il écrit que « le principe de subordination de la propriété privée à la finalité universelle des biens est donc au droit universel de leur usage est une règle d’or du comportement social et le premier principe de tout l’ordre éthico-social. La tradition chrétienne n’a jamais reconnu comme absolu et intouchable le droit à la propriété privée et a mis en relief la fonction sociale de toute forme de propriété privée ». Lors d’une audience générale le 08/11/18, il affirme encore « Personne n’est le possesseur absolu d’un bien : il n’en est que l’administrateur. Posséder est une responsabilité. Celui qui dit « moi j’ai tout… » a une responsabilité ».

Comment Hunziker serait-il accueilli aujourd’hui ?

(3) cf https://www.le-verbe.com/blogue/lordre-et-les-regrets/ et https://theconversation.com/avec-bolsonaro-lagrobusiness-contre-lamazonie-105426 ; Voir aussi https://www.la-croix.com/Monde/decret-Bolsonaro-millions-Bresiliens-peuvent-porter-arme-2019-05-09-1301020622

(4) Est aussi voleur celui qui vole ou détruit des emplois ! Cf https://pepscafeleblogue.wordpress.com/2014/09/05/lobsolescence-de-lhomme-programmee-ou-quand-lavenir-cest-la-machine/

La Bible rappelle encore « Que la loi est bonne, si l’on en fait bon usage. On se rappellera en particulier que la loi n’est pas établie pour ceux qui se conduisent bien, mais pour [notamment] les marchands d’esclaves… » (1 Tim.1v8-10)
Et la loi(les « 10 commandements » ou « les 10 paroles ») dit aussi à ce sujet « tu ne voleras pas » ou « tu ne commettras pas de vol »(Ex.20v15 ; Deut.5v19). Erri de Luca fait l’exégèse suivante dans « Et Il dit » (Folio) : « Tu ne voleras pas. » Non, mais tu pourras entrer dans le champ de ton voisin et manger le fruit de ce qu’il a semé. Tu ne prendras avec toi ni panier ni hotte à remplir et à transporter, parce que ça, c’est voler, soustraire le bien d’autrui. Mais dans son champ tu pourras te nourrir et tu n’oublieras pas de remercier son labeur, son bien et la loi qui te permet d’entrer. Et à la saison des récoltes, le propriétaire laissera une dixième partie de son champ au profit des démunis. Et encore : quand les moissonneurs seront passés avec leurs faux, ils ne pourront passer une deuxième fois pour terminer. Ce qui reste revient au droit de grappiller.
Ainsi, tu ne voleras pas poussé par la nécessité et tu ne maudiras pas la terre qui te porte et le ciel qui passe au-dessus de toi. Et si tu travailles pour un salaire, le prix de ta peine te sera payé le jour même. Ainsi est-il dit à celui qui t’engage : « Dans sa journée, tu lui donneras son salaire et le soleil ne passera pas au-dessus de lui, car il est pauvre et vers ce salaire il lève sa respiration. » (Deutéronome, 24, 15). Celui qui retient chez lui la paie due à l’ouvrier qui a fait son travail est semblable au voleur, mais il opprime un pauvre, ce qui est pire. Tu n’opprimeras pas un salarié, un pauvre et un indigent : un de tes frères et un des étrangers qui est sur ta terre(Deut.24v14). Cela fait également partie de la ligne : tu ne voleras pas, c’est voler la respiration. Un salarié qui vend sa force à la journée n’est ni un esclave, ni un forçat. Celui l’asservit devient un voleur de respiration, comme celui qui enlève en échange d’une rançon. Si la personne humaine est rabaissée au niveau d’une marchandise, d’un butin, celui qui la réduit à ça est un voleur.
Cette loi difficile [qui bouleverse une communauté sans cadenas, ni clé, sans prison, ni gardien]vient de l’amour, qui est intransigeant avec ceux qui oppriment les aimés. L’amour exige la justice sur terre, enflamme les humiliés. L’amour arme la main de l’opprimé. Cette loi veut le calmer à temps, lui accorde droit et dignité. Ce ne sont pas les affamés qui s’insurgent, mais les piétinés dans leur cœur. Tu ne voleras pas leur portion d’égalité ».(Et il dit, pp 79-80)

[Plus qu’une « atteinte à la propriété », le vol est une atteinte à la dignité humaine]

(5) A ce propos, le pasteur Gilles Boucomont relève que ce qui crée le plus de richesse aujourd’hui, c’est la spéculation sur les trends à la hausse et à la baisse en bourse, soit des paris sur la hausse et à la baisse de produits virtuels que sont les produits financiers inventés depuis les années 80. Ce sont ces mêmes produits qui font artificiellement chuter le système en quelques heures, avec trois clics sur un clavier d’ordinateur dans telle ou telle banque. Et ce sont ceux qui produisent les vraies richesses qui paient la facture, via l’Etat, pour refinancer un gigantesque casino virtuel, où quelques-uns s’amusent avec le plus grand sérieux”. Cf « Au nom de Jésus : mener le bon combat », T2, Ed. Première partie, pp188-189.

Quelle sera ta première prière ?

Ta première lecture de la Bible te conduira-t-elle à faire ta première prière ? (Source image : public domain pictures)

« Robinson Crusoe », roman  de Daniel De Foe (1719), est sans doute l’une des oeuvres les plus célèbres, mais aussi, paradoxalement, la plus mal connue. Qui peut, en effet, se vanter de l’avoir réellement lu ?

Autre paradoxe, « Robinson Crusoe » doit son succès à sa réputation de « livre pour la jeunesse » – un public pour lequel il n’était pas destiné à l’origine – et à des versions fort éloignées de celle de De Foe. En effet, le livre a été maintes fois dénaturé et mutilé par les éditeurs, pour être mis à la portée de leurs jeunes lecteurs. Il s’agit pourtant bien d’un ouvrage pour adultes, relatant d’abord le récit d’une conversion.

Pour ma part, je n’ai pas encore eu le loisir de le lire intégralement, mais, l’exhumant ces jours-ci des rayons ma bibliothèque, je tombe « par hasard » sur ce passage – point culminant du récit – où, dangereusement malade et accablé de solitude, Robinson en vient à se demander « Pourquoi Dieu a-t-il agi ainsi envers moi ? Qu’ai-je fait pour être ainsi traité ? » avant d’être repris dans sa conscience.

Cherchant à se soigner, il lui « revint en la pensée que les Brésiliens, dans toutes leurs maladies, ne prennent d’autres remèdes que leur tabac », et qu’il s’en trouve « un bout de rouleau tout à fait préparé » dans un de ses coffres.

« J’allai à ce coffre, conduit par le Ciel sans doute, car j’y trouvai tout à la fois la guérison de mon corps et de mon âme. Je l’ouvris et j’y trouvai ce que je cherchais, le tabac ; et, comme le peu de livres que j’avais sauvés y étaient aussi renfermés, j’en tirai une des Bibles dont j’ai parlé plus haut, et que jusqu’alors je n’avais pas ouvertes, soit faute de loisir, soit par l’indifférence. J’aveins donc une Bible, et je l’apportai avec le tabac sur ma table. (…) Durant ces opérations je pris la Bible et je commençai à lire ; mais j’avais alors la tête trop troublée par le tabac pour supporter une lecture. Seulement, ayant ouvert le livre au hasard, les premières paroles que je rencontrai furent celles-ci : — « Invoque-moi au jour de ton affliction, et je te délivrerai, et tu me glorifieras. »

Ces paroles étaient tout-à-fait applicables à ma situation ; elles firent quelque impression sur mon esprit au moment où je les lus, moins pourtant qu’elles n’en firent par la suite ; car le mot délivrance n’avait pas de son pour moi, si je puis m’exprimer ainsi. C’était chose si éloignée et à mon sentiment si impossible, que je commençai à parler comme le firent les enfants d’Israël quand il leur fut promis de la chair à manger — « Dieu peut-il dresser une table dans le désert ? » — moi je disais : — « Dieu lui-même peut-il me tirer de ce lieu ? » — Et, comme ce ne fut qu’après de longues années que quelque lueur d’espérance brilla, ce doute prévalait très souvent dans mon esprit ; mais, quoi qu’il en soit, ces paroles firent une très grande impression sur moi, et je méditai sur elles fréquemment. Cependant il se faisait tard (….) j’allai me mettre au lit ; mais avant de me coucher, je fis ce que je n’avais fait de ma vie, je m’agenouillai et je priai Dieu d’accomplir pour moi la promesse de me délivrer si je l’invoquais au jour de ma détresse (…)

Le 3. — La fièvre me quitta pour tout de bon ; cependant je ne recouvrai entièrement mes forces que quelques semaines après. Pendant cette convalescence, je réfléchis beaucoup sur cette parole : — « Je te délivrerai ; » — et l’impossibilité de ma délivrance se grava si avant en mon en mon esprit, qu’elle lui défendit tout espoir. Mais, tandis que je me décourageais avec de telles pensées, tout à coup j’avisai que j’étais si préoccupé de la délivrance de ma grande affliction, que je méconnaissais la faveur que je venais de recevoir, et je m’adressai alors moi-même ces questions : — « N’ai-je pas été miraculeusement délivré d’une maladie, de la plus déplorable situation qui puisse être et qui était si épouvantable pour moi ? Quelle attention ai-je fait à cela ? Comment ai-je rempli mes devoirs ? Dieu m’a délivré et je ne l’ai point glorifié ; c’est-à-dire je n’ai point été reconnaissant, je n’ai point confessé cette délivrance ; comment en attendrais-je une plus grande encore ? »

Ces réflexions pénétrèrent mon cœur ; je me jetai à genoux, et je remerciai Dieu à haute voix de m’avoir sauvé de cette maladie.

Le 4. — Dans la matinée je pris la Bible, et, commençant par le Nouveau-Testament, je m’appliquai sérieusement à sa lecture, et je m’imposai la loi d’y vaquer chaque matin et chaque soir, sans m’astreindre à certain nombre de chapitres, mais en poursuivant aussi longtemps que je le pourrais. Au bout de quelque temps que j’observais religieusement cette pratique, je sentis mon cœur sincèrement et profondément contrit de la perversité de ma vie passée. L’impression de mon songe se raviva, et ces paroles : — « Toutes ces choses ne t’ont point amené à repentance  » — m’affectèrent réellement l’esprit. C’est cette repentance que je demandais instamment à Dieu, lorsqu’un jour, usant la Sainte Écriture, je tombai providentiellement sur ce passage : — « Il est exalté prince et sauveur pour donner repentance et pour donner rémission. » — Je laissai choir le livre, et, élevant mon cœur et mes mains vers le ciel dans une sorte d’extase de joie, je m’écriai : — « Jésus, fils de David, Jésus, toi sublime prince et sauveur, donne-moi repentance ! »

Ce fut là réellement la première fois de ma vie que je fis une prière ; car je priai alors avec le sentiment de ma misère et avec une espérance toute biblique fondée sur la parole consolante de Dieu, et dès lors je conçus l’espoir qu’il m’exaucerait.

Le passage — « Invoque-moi, et je te délivrerai », — me parut enfin contenir un sens que je n’avais point saisi ; jusque-là je n’avais eu notion d’aucune chose qui pût être appelée délivrance, si ce n’est l’affranchissement de la captivité où je gémissais ; car, bien que je fusse dans un lieu étendu, cependant cette île était vraiment une prison pour moi, et cela dans le pire sens de ce mot. Mais alors j’appris à voir les choses sous un autre jour : je jetai un regard en arrière sur ma vie passée avec une telle horreur, et mes péchés me parurent si énormes que mon âme n’implora plus de Dieu que la délivrance du fardeau de ses fautes, qui l’oppressait. Quant à ma vie solitaire, ce n’était plus rien ; je ne priais seulement pas Dieu de m’en affranchir, je n’y pensais pas : tous mes autres maux n’étaient rien au prix de celui-ci. J’ajoute enfin ceci pour bien faire entendre à quiconque lira cet écrit qu’à prendre le vrai sens des choses, c’est une plus grande bénédiction d’être délivré du poids d’un crime que d’une affliction. (….)

Quoique ma vie fût matériellement toujours aussi misérable, ma situation morale commençait cependant à s’améliorer. Mes pensées étant dirigées par une constante lecture de l’Écriture sainte, et par la prière vers des choses d’une nature plus élevée, j’y puisais mille consolations qui m’avaient été jusqu’alors inconnues ; et comme ma santé et ma vigueur revenaient, je m’appliquai à me pourvoir de tout ce dont j’avais besoin et à me faire une habitude de vie aussi régulière qu’il m’était possible ».

(Daniel De Foe. Robinson Crusoe. Editions Rencontre, 1967, pp.122-127)

« Read it (again) » : 5 méditations (et un bonus) pour célébrer et donner tout son sens à Pâque/Pessah

Faisons la fête : Notre Pâque a été sacrifiée pour nous. (I Corinthiens 5v7).

Cette année, Pessah et Pâque(s) tombent aux mêmes dates, ce qui est un phénomène très rare. Ainsi, alors que les Juifs célèbrent Pessah du 19 avril au soir jusqu’au 27 avril, les chrétiens d’Occident célèbrent Pâques le dimanche 21 avril et les chrétiens d’Orient le dimanche 28 avril.

S’y préparer est l’occasion de redécouvrir des billets déjà publiés à ce sujet sur Pep’s café, pour comprendre le sens de (la) Pâque(s) et vivre cette fête de façon la plus biblique possible :

Deux lectures originales pour Pâque(s), à partir de l’Évangile selon Jean :

« C’est maintenant ou jamais où se décide le sort de ce monde » et « deux verbes et une phrase-clé pour comprendre » des paroles du Seigneur Jésus-Christ…. »dures à entendre » !

Si demain, ton fils te demande « que signifie ceci ? » que lui répondras-tu ?

Vivre l’esprit de (la) Pâque(s)

Et parce que Pessah/Pâque(s) commémore une libération, il est important de comprendre de quoi chacun doit être libéré et qui nous libère aujourd’hui.

Le savoir nous conduit à remercier notre Libérateur pour toutes ses oeuvres de libération. Voici une façon quelque peu « décoiffante » de le faire !

Hag Pessah Sameah ! « Le Seigneur est réellement ressuscité ! »